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Synthèse
Analyse de la présence en ligne des salles de cinéma
indépendantes et d’art et essai
Cécile Blanchard - 2017
SOMMAIRE
1.Préambule
Le cinéma n’est pas un yaourt !
2.Synthèse des analyses
3.Recommandations pour
des sites optimisés
•	 Plus qu’une billetterie en ligne
•	 Accompagner le spectateur
•	 Etablir le dialogue
•	 Renforcer le lien
•	 Applis mobiles et sites respon-
sives
•	 L’importance de la data
•	 L’ère de l’expérience : l’UX de-
sign au service des sites internet
des salles
4.Des initiatives à suivre
5. Conclusion
Des sites Etoile Cinémas,
MK2,
Le Cinéma des Cinéastes,
Le Café des Images,
Les écrans de Paris
Préambule
Le cinéma n’est pas un yaourt !
Une industrie et des consommateurs pas comme les autres
1.
Antoine va au cinéma une ou deux fois par semaine, et en discute ensuite avec son cercle d’amis. Antoine est cinéphile et
fier de l’être. Ginette, elle, s’y rend une fois par semaine, l’après-midi. C’est l’avantage de la retraite. Jean et Carine, eux, y
emmènent de temps en temps leurs enfants. C’est l’occasion d’une sortie en famille. Quant à Jules, 15 ans, il adore y aller
avec ses copains le mercredi, quand sa salle de cinéma programme un film de super héros ou une comédie.
Tous ces publics sont des consommateurs occasionnels ou réguliers du cinéma. Et ils n’y vont pas comme on achète des
yaourts. Ils y vont avec bonheur, parfois passion, toujours satisfaction. Car même si le film ne leur a pas plu, l’expérience
d’une sortie au cinéma reste encore aujourd’hui magique.
Les salles de cinéma vendent certes des places (et des popcorns) mais elles ont la chance de disposer d’un public qui est déjà
conquis, quand il n’est pas carrément passionné. Le spectateur en salle aime l’expérience procurée par la salle obscure, son
ambiance, le grand écran, le son, l’immersion totale dans une histoire.
Mieux, il est friand des contenus supplémentaires proposé par les salles : tout ce qui lui permet de s’impliquer, ou d’entre-
voir les coulisses du 7ème art.
Le public du cinéma, en un mot, ne vient pas dans les salles pour consommer, il vient pour l’expérience
qu’elles lui procurent.
La salle de cinéma c’est aussi souvent SA salle. Or, actuellement il ne retrouve pas, ou peu, cette expérience en ligne.
Pour la plupart des salles de cinéma, le site Internet est un moyen d’informer leur public des films à l’affiche et de leur pro-
poser d’acheter leur billet en ligne.
Mais le spectateur potentiel peut faire exactement la même chose sur Allociné !
Qu’est ce qui pourrait convaincre le public d’aller sur le site de la salle plutôt que sur Allociné (et
consorts)  ?
Est-il possible de penser le site Internet comme une partie de l’expérience vécue par les spectateurs en sal-
le ?
Le site Internet de la salle, plus qu’une simple billetterie en ligne, peut en être le prolongement virtuel. Elle peut nourrir l’in-
térêt de son public pour le cinéma, et même l’attiser avec des contenus exclusif qu’il ne trouvera nulle part ailleurs. Elle peut
lui permettre de se projeter dans l’ambiance de la salle, en lui offrant un dialogue, des contenus inédits, un service.
En quelques mots : un avant goût ou un rappel de son expérience en salle.
Le cinéma est une industrie. C’est aussi un loisir, une passion commune, un sujet de débat.
La salle de cinéma est un espace de vente. C’est aussi un lieu de partage, de culture.
Le public de cinéma est un consommateur. C’est aussi un curieux, un cinéphile.
Et le site Internet est un moyen unique d’instaurer une relation durable et qualitative avec lui, en miroir et
en accord avec son expérience en salle.
Sur l’ensemble des sites observés, quelques grandes tendances se dégagent.
Les tendances
•	 Majoritairement, les sites Internet des salles servent à informer des films à l’affiche, des événements dans les salles, et à
proposer l’achat de billets et de cartes de fidélité en ligne.
•	 Majoritairement, les salles ne capitalisent ni sur le profil de leur public (cinéphile, curieux, amateur de culture et
de divertissement), ni sur l’essence même de leur activité (établir une programmation, montrer des films, organiser des ren-
contres et autres événements).
Synthèse des analyses2.
C’est comme si, une fois sur Internet,
elles oubliaient ce qui fait leur spécifi-
cité et qui elles veulent toucher.
•	 Les sites des salles sont peu édi-
torialisés. Il n’y a pas de mise en scène
de l’information, de storytelling, ou de
contenus supplémentaires et exclusifs. ll
n’y pas non plus de capitalisation sur les
événements, ni en termes de rappels de
ce qui s’est passé dans la salle (captaItion
vidéo des rencontres avec les réalisateurs
ou des masterclass, interview des cinéas-
tes par exemple), ou de teaser de ce qu’il
va s’y passer.
•	 Le dialogue avec les internautes est
rare, que ce soit sur les réseaux sociaux
ou sur le site même. Les réseaux sociaux
sont majoritairement peu utilisés ou n’in-
citent pas à la conversation.
•	 A part le site Etoile, tous les sites
ont bénéficié d’une refonte, essentielle-
ment visuelle (MK2) parfois ergonomique
et éditoriale (Cinéma des Cinéastes…),
qui leur permet de bénéficier d’un design
moderne et épuré.
Les bonnes pratiques
•	 Le Café des images qui mélange informations sur les films à l’affiche, possibilité de réserver sa place en ligne,
et contenus exclusifs (textes et vidéos en fonction des cinéastes invités) s’adresse véritablement à un public spécifique de
passionnés, cinéphiles. Il met l’accent sur les contenus et les spécificités de la salle plus que sur la vente de places.
•	 La plupart des sites misent désormais sur des « home » assez épurées avec plusieurs entrées possibles, et permettent
ainsi à l’utilisateur de ne pas se perdre dans un surplus d’information. Elles sont une manière de classer l’information.
•	 Les écrans de Paris éditorialisent bien leurs homes en proposant un slider pleine page mettant en avant les grands
événements des salles : 4 événements maximum. Ce qui donne un aperçu de la programmation (riche) du groupe.
•	 Le design des sites Les Ecrans de Paris, et le Café des images allie modernité et ergonomie.
•	 L’application mobile MK2, très pratique et ergonomique, avec une option de géolocalisation, a une véritable utilité en
mobilité.
•	 Les billetteries en ligne des sites (sauf Balzac) sont faciles d’accès, pratiques. Malheureusement, elles occasionnent sou-
vent des frais supplémentaires pour l’utilisateur.
Basées sur l’observation des différents sites internet des salles de cinéma, et sur la mise en avant des bonnes pratiques, les
recommandations suivantes s’appuient également sur le rapport du CNC paru en septembre 2016 et intitulé : « La salle de
cinéma de demain » qui liste les grandes tendances pour l’avenir et formule des recommandations pour moderniser la com-
munication numérique des salles en France.
Ces recommandations s’appuient également sur une démarche d’UX design pour faire véritablement entrer les salles de ci-
néma indépendantes et d’art et essai dans l’ère de l’expérience.
3. Recommandations pour des sites optimisés
1.	 Plus qu’une billetterie en ligne
Notre observation a montré que, sauf exception, les salles de cinéma, une fois sur Internet, oubliait à la fois ce qui fait leur
spécificité (une programmation et des événements exclusifs et qualitatifs) et ce qui caractérise leur public (curiosité, ciné-
philie, culture). Or, le site Internet est un prolongement de la salle sur le numérique. Une façon soit de se projeter dans l’am-
biance, soit de se replonger dans un événement.
Recommandations
Plus qu’une simple billetterie en ligne, le site Internet de la salle devrait en être un véritable prolongement virtuel, qui
vient nourrir l’intérêt de son public pour le cinéma et le projette dans l’ambiance.
-	 Une salle de cinéma, c’est une programmation, des événements, des rencontres avec les réalisateurs ou les équipes des
films, des débats, des masterclasses… Des propositions à forte valeur ajoutées qui sont autant de contenus majoritairement
inexploités en ligne et qui, pourtant, participent fortement à l’identité du lieu et à la fidélisation du public.
-	 Une salle de cinéma c’est l’écrin où l’on va voir des films, qui donnent ensuite souvent lieu à des échanges, des débats,
des critiques. Le site de la salle pourrait s’en faire l’écho, en allant plus loin que la seule communication sur les films à l’affi-
che mais en devenant un lieu de dialogue et d’interactivité avec (ou pour) les spectateurs.
Or, le numérique permet d’offrir des contenus supplémentaires et à forte valeur ajoutée, qui correspondent à l’image
de la salle et la renforcent.
Le rapport du CNC va également dans ce sens, en préconisant aux salles de « cultiver leur différence » : « Face à l’attractivité
grandissante des loisirs domestiques audiovisuels, et des autres salles  », la salle doit « cultiver sa différence » indique-t-il.
Or, cette différence se cultive dans les lieux physiques, avec une programmation bien pensée et affirmée, une culture de l’ac-
cueil client renforcée, un confort accru (par exemple). Mais elle doit se cultiver également dans l’espace numérique.
Le site Internet de la salle, c’est la salle. Il doit être pensé comme elle, pour offrir une expérience client unique et dif-
férente.
L’importance du storytelling
Les salles, véritables « hébergeurs d’histoires » pourraient miser plus sur le storytelling, ou l’art de raconter une histoire pour
faire passer un message de communication : faire entrer le spectateur dans les coulisses d’un événement, lui donner envie en
lui offrant des contenus inédits, etc.
2. 	 Accompagner le spectateur partout, sur les réseaux sociaux et le numérique
Notre observation a montré que la salle de cinéma était bien présente sur le numérique, avec, majoritairement, deux objec-
tifs clairs : informer le public sur les films à l’affiche et les événements en salle, et leur permettre d’acheter leurs billets à dis-
tance.
Accompagner le spectateur dans son choix de film
Elle n’accompagne en revanche pas le spectateur dans le choix de son film ou de son événement, puisque rien ne lui permet
de comprendre ce qui est fait pour lui : les fiches des films à l’affiche sont souvent brèves, les critiques ne sont pas présentes,
il n’y a pas de fonctions de recommandation (« vous avez aimé ce film, vous pourriez aimer celui là » ou, plus simplement, «
le choix des équipes de la salle (du guichetier / du projectionniste etc.) »), les événements ne sont pas détaillés, il n’y a pas
de retour sur les événements ayant déjà eu lieu dans la salle (ce qui pourrait donner envie d’en voir de nouveaux)…
Certes, la salle de cinéma est aussi un commerce. Alors, l’exploitant peut-il se permettre de critiquer les films qu’il met à l’af-
fiche ?
En tant qu’indépendant, il propose une vraie programmation, avec de vrais choix. C’est la raison pour laquelle le spectateur
va venir dans sa salle plutôt que dans une salle plus grand public. Ce choix peut se retranscrire sur le site Internet.
Même pour les cinémas indépendants plus grand public, l’aide au choix du spectateur est pertinente.
De plus, une aide au choix n’est pas forcément une critique « J’aime / J’aime pas  », elle peut prendre la forme d’un entre-
tien avec un cinéaste dont le film est actuellement à l’affiche dans la salle, une étude de ses précédents films, un focus sur sa
filmographie ou sur ses thèmes de prédilection, etc.
C’est ce que fait le magazine Trois Couleurs, qui parle de tous les films programmés dans les cinémas MK2 sans pour autant
les critiquer. Et c’est d’autant plus étonnant qu’il n’y ait pas de passerelles entre les deux sites.
Accompagner le spectateur dans son envie (future) de cinéma
Dans l’accompagnement des spectateurs, les appli mobiles et news-
letters peuvent tenir un rôle important, notamment pour lui donner
envie, bien en amont, de venir en salle.
Notre observation a montré que les newsletters, au même titre que
les sites, avaient majoritairement pour objectif d’informer le public
des films à l’affiche, des événements, et de l’inciter à réserver son
billet.
- 	 Aucune d’entre elles n’a développé un ton particulier, n’a ins-
tauré une proximité avec son lecteur, ni ne lui propose un accom-
pagnement au choix : elles comportent peu de textes, pas d’édito,
et ne s’adressent pas directement au lecteur.
On pourrait imaginer une newsletter avec l’édito rédigé par le di-
recteur du cinéma, le programmateur, un cinéaste invité exception-
nellement, etc. Un édito qui donnerait un ton plus personnel, plus
engageant, et pas seulement purement informatif ?
-	 La plupart du temps, les newsletters ne voient pas loin dans
le temps. Elles pourraient « teaser » sur un événement à venir, no-
tamment avec des vidéos (MK2 semble avoir récemment embauché
un motion designer dans ce but...), faire monter l’envie, et inci-
ter les gens à prévoir plus en amont leur venue à l’occasion d’un
événement. Une newsletter permet d’éditorialiser beaucoup plus
l’événement, au delà du simple partage sur Facebook et les réseaux
sociaux.
Accompagner le spectateur dans son envie im-
médiate de cinéma
C’est notamment le rôle des applications mobiles
qui permettent de vérifier les horaires, se géoloca-
liser pour trouver le cinéma le plus proche de soi,
réserver son billet rapidement...
Seuls deux groupes indépendants possèdent leur
application mobile : MK2 et Etoile. Toutes deux
pratico pratiques, elles permettent de connaître les
films à l’affiche, les événements dans tous les ciné-
mas du groupe, et d’acheter son billet.
L’appli MK2, particulièrement bien pensée se dis-
tingue par son ergonomie fluide et sa fonction de
géolocalisation qui répond bien à cette fonction
d’immédiateté.
Accompagner le spectateur après sa séance de
cinéma
Après avoir vu un film le spectateur cinéphile peut
avoir envie d’en discuter avec d’autres, de raconter
son expérience, de donner son avis sur le film ou sur
la salle.
De même après avoir assisté à un événement.
Enfin, les spectateurs qui n’ont pas l’occasion d’aller
à un événement qui les intéressait devraient pou-
voir le retrouver en ligne (comme est censé le faire
la Société des Réalisateurs Français qui met en ligne
malheureusement de façon très irrégulières, toutes
les rencontres et masterclasses qu’elle organise), lire
les avis des autres, les témoignages.
Recommandations
Accompagner le spectateur ce n’est pas seulement lui donner l’information et la possibilité d’acheter son billet, c’est aussi
l’aider dans son choix de film, et rester à sa disposition bien au-delà de son expérience de la salle.
C’est donc par exemple :
- Lui proposer des contenus pour l’aider à choisir
- Lui offrir des recommandations
- Lui montrer à quoi ont ressemblés les précédents événements organisés par la salle
- Lui proposer des newsletters fortement éditorialisées, qui les distinguent des autres courriels et des simples publicités pour
la salle, en instaurant un ton et du contenu spécifique.
Comme l’indique le rapport du CNC : « Face à un public de plus en plus connecté, la salle de demain devra elle-même être
hyper connectée, afin de répondre à ses usages qui touchent désormais aussi bien les jeunes générations que les seniors, de
plus en plus familiarisés avec les outils numériques. »
Le but ?
-	 Aller chercher le spectateur où il se trouve.
-	 L’accompagner.
-	 Lui offrir un service et une expérience de qualité supérieure afin qu’il ait envie de revenir.
-	 Simplifier au maximum son parcours grâce au digital.
3. 	 Établir le dialogue, engager la conversation
Notre observation a montré que la communication sur les réseaux sociaux est souvent peu exploitée ou peu ciblée. Les
posts Facebook incitent rarement à la conversation. Les internautes sont peu sollicités pour donner leur avis sur le film / la
salle / le cinéma en général etc. Ils sont aussi peu écoutés, leurs avis ne semblent pas pris en compte.
A noter tout de même :
• les réseaux sociaux de MK2, en utilisant un ton de proximité et en faisant usage de vidéos, sont plutôt bien suivis. Ces
posts avec un ton « léger » et sympathique, et les codes actuels des réseaux sociaux interpellant l’internaute et l’incitant à la
conversation, font d’ailleurs partie des plus partagés.
• Depuis peu (fin août ?) MK2 fait appel à un motion designer qui publie des vidéos sur les réseaux sociaux. Une initiative
bien dans l’air du temps et dans les usages, mais qui mériterait plus d’éditorialisation pour être mieux exploitée.
• Le Café des Images a beaucoup plus d’abonnés Facebook (9000) que les Cinémas Etoile (1300 abonnés) alors que la taille
de son réseau est largement moindre (une salle unique dans le Calvados versus un réseau de 5 salles à Paris et en Provin-
ce). On peut supposer que la forte éditorialisation du site, et la forte identité du lieu rejaillit sur les réseaux sociaux, et incite
les spectateurs à suivre son actualité, à conserver le lien avec la salle bien au-delà du lieu physique.
• Le Cinéma des Cinéastes a créé un espace dédié à la conversation sur son site, où les spectateurs posent des questions,
donnent leur avis, et obtiennent des réponses du directeur du cinéma.
Recommandations :
Outre donner de l’information sur le cinéma et les films à l’affiche,
la communication sur les réseaux sociaux pourrait permettre au
spectateur de dialoguer avec l’exploitant, lui poser des questions,
donner son avis sur les films, les événements organisés par la salle,
voire de s’impliquer d’avantage dans la vie de sa salle.
Pour conserver le lien avec le spectateur et instaurer une relation de
proximité durable avec lui :
•	 Initier le dialogue avec lui sur les réseaux sociaux
•	 Cibler la communication sur les réseaux sociaux en fonction du pu-
blic de ces réseaux, et l’entretenir.
•	 Lui montrer la vie de la salle, voire ses coulisses, pour l’impliquer
d’avantage
Une recommandation également formulée par le rapport du CNC en ces
termes :
« La présence de la salle sur Internet doit permettre d’apporter plus aux
spectateurs :
-	 réserver plus facilement ses billets
-	 s’impliquer dans la vie de la salle
-	 instaurer une conversation : l’exploitant devra par ailleurs ap-
prendre à réagir et rebondir sur ce qui se dit de lui (sur) internet et les
réseaux sociaux, tenter de l’utiliser à son profit mais aussi anticiper et
résoudre les éventuels conflits et la mauvaise publicité comme il le fait
déjà dans le foyer physique du cinéma. ».
4. 	 La nécessité d’établir un lien renforcé avec le spectateur
Dans la lignée des recommandations précédentes, notre observation a montré que le lien avec le spectateur était rarement
entretenu par les salles sur le numérique.
Pour établir un lien durable avec lui, il faut connaître son public.
Or, comme le montrent les études effectuées sur le public des salles de cinéma d’art et d’essai, celui-ci a un profil bien parti-
culier, qui peut être appréhendé par les salles afin de renforcer le lien.
On y apprend notamment que le public est :
- assidu dans sa consommation
- fidèle à sa salle et au cinéma d’auteur
- attentif à la politique éditoriale des salles, dont il aime qu’elle soit claire et affirmée
- friand de contenus supplémentaires et de moments de convivialité.
Recommandations :
Pour renforcer le lien avec le public, il faut répondre à ses attentes. Il y a de nombreux moyens pour cela. Comme :
- Affirmer une ligne éditoriale sur le numérique, en accord avec la politique de la salle
- Lui offrir des contenus bonus
- Lui prescrire des contenus personnalisés
- Lui parler, de cinéphile à cinéphile
- Maintenir le contact, avant et après sa venue en salle (par le biais de newsletters éditorialisées mais aussi de dialogues sur
les réseaux sociaux, et de captation des événements)
- Bâtir une communauté autour d’événements (cf l’expérience du Bio Paradis et des Black Sundays) et la fidéliser en la faisant
participer.
Pour cela, le numérique ne devrait pas exister uniquement en renfort de ce qui se passe dans la salle, mais comme
une entité propre, constamment actualisée, offrant des contenus liés à la politique éditoriale de la salle mais qui
peuvent également exister en propre.
L’univers numérique participe à construire l’image de la salle, à faire ressentir l’ambiance de la salle pour donner envie au
spectateur de se déplacer, certes, mais aussi de s’engager d’avantage, de s’identifier à la salle, d’être fier d’appartenir à
ses spectateurs. C’est tout cela qui contribue à renforcer le lien.
Le rapport du CNC affirme également :
« Contenus alternatifs (spectacles vivants, réalité virtuelle, conférences…) transformeront la salle en lieu de débats et de
transmission des savoirs.» La salle de demain devra également « renforcer son rôle d’éditorialisation, de prescripteur, et son
lien avec le public. »
« Les exploitants doivent désormais acquérir et développer un véritable savoir-faire en matière de communication digitale,
développer leur présence sur internet et les réseaux sociaux pour tirer le meilleur parti des potentialités offertes par l’écosys-
tème numérique. Pour cela, ils doivent investir dans les outils, le matériel et les compétences humaines pour rester toujours
à la page et en phase avec des usages et des pratiques numériques en évolution constante. »
5. 	 Des sites responsives et des appli mobiles
Selon notre observation, peu de salles disposent d’une application mobile.
En revanche tous les sites des salles observés sont responsive SAUF celui de MK2 qui ne l’est pas mais propose une naviga-
tion simplifiée sur un site mobile dédié.
Résultat :
Les sites responsive, s’ils s’adaptent à la taille de l’écran, ne s’adaptent en revanche pas spécifiquement à une utilisation en
mobilité. En l’absence d’applications mobiles ou tablettes, aucun support n’est spécifiquement adapté à une consultation en
mobilité.
Or, le spectateur est aujourd’hui constamment sur son smartphone : il y recherche des informations, peut acheter en ligne,
être géolocalisé pour trouver le cinéma le plus proche du lieu où il se trouve à l’instant T, ou veut simplement passer du
temps à regarder des bande-annonces, et à lire des articles. La salle de cinéma, sur Internet, peut s’inscrire dans tous ces mo-
ments et apporter au spectateur / mobinaute le service qui peut lui être le plus utile lors de ses déplacements.
Comme le signale le rapport du CNC : « No smartphone. No bu-
siness »
« La salle de demain sera en interaction constante avec un public de
plus en plus connecté grâce aux smartphones et aux outils de com-
munication numérique, et devra maîtriser et utiliser ces nouveaux
outils pour simplifier le parcours du spectateur, mieux cerner ses
attentes et mieux communiquer avec lui. »
Ainsi :
-	 La salle de cinéma doit faire l’effort de concevoir et de mainte-
nir un site mobile et/ou responsive qui soit le plus « user friendly »,
c’est-à-dire le plus facile à comprendre et à utiliser pour l’internaute.
-	 Elle doit également consacrer le temps et l’argent nécessaires
pour le mettre à jour et constamment l’adapter, en fonction des évo-
lutions et de l’arrivée de nouvelles fonctionnalités ou de nouveaux
concepts.
6. La data, un enjeu majeur pour les années à venir
Nos observations ont montré que les salles de cinéma sur Internet
n’intervenaient majoritairement pas pour aider le public à faire son
choix, ni ne tentaient de le connaître pour lui permettre de faire le
choix (de film, d’événement, voire de salle) le plus conforme à ses
goûts.
Recommandations :
A court terme, on peut imaginer des moyens purement éditoriaux qui
aident le public à faire son choix :
- des articles plus étoffés
- des avis d’autres spectateurs
- des avis des équipes de la salle
- des mises en avant claires
- des bonus ou infos complémentaires pour accompagner la sortie
d’un film / la tenue d’un événement
etc.
A long terme, le big data est un moyen de mieux connaître son public
et de répondre, de manière véritablement personnalisée, à ses attentes
et à ses goûts :
Avec des outils de recommandations sur le site du type :
- Vous avez aimé ce film, vous aimerez celui-là
- Ceux qui ont aimé ce film ont aussi aimé celui-là
- Vous aimez ce réalisateur, assistez à sa masterclass
- Vous avez assisté à la masterclass de ce réalisateur, vous serez peut
être intéressé par cet autre événement.
Avec des newsletters réellement personnalisées, proposant des contenus spécifiques :
- des alertes sur un réalisateur particulier / un genre / un acteur
- des mises en avant personnalisées (un spectateur qui aime les comédies n’aura pas la même hiérarchisation de l’informa-
tion que celui qui aime les films d’horreur…)
Avec une home page personnalisée sur le site
-	 mises en avant différentes d’un internaute à l’autre,
-	 recommandations...
Le rapport sur les salles de demain souligne aussi l’importance du big data pour mieux connaître son public et répondre à
ses attentes personnalisées :
« Pour optimiser sa communication, la salle devra mieux connaître le spectateur. Elle devrait ainsi abandonner la communi-
cation de masse au profit d’une communication personnalisée grâce aux algorithmes. (…) La grande opportunité du Big Data
pour la salle de demain est de pouvoir récolter des données sur les spectateurs afin de mieux les connaître et de mieux cer-
ner leurs attentes, pour faire des propositions plus adaptées au goût de chacun et ainsi les fidéliser. »
Molotov propose d’être prévenu quand un programme est diffusé avec ses acteurs favoris
Netflix fait des recommandations personnalisées : vous avez regardé tel film, ces autres films pourraitent vous plaire.
7.	 L’ère de l’expérience : l’UX design au service des sites internet des salles
L’UX Design, qu’est ce que c’est ?
Le terme UX (acronyme de l’anglais : User eXperience) désigne la qualité de l’expérience vécue par l’utilisateur dans toute
situation d’interaction. L’UX qualifie l’expérience globale ressentie par l’utilisateur lors de l’utilisation d’une interface, d’un
appareil digital ou plus largement en interaction avec tout dispositif ou service.
Le design d’expérience ce n’est pas seulement l’usabilité ou l’ergonomie, c’est aussi l’émotion, le ressenti (le fait d’être heu-
reux et satisfait tout au long de son usage), et le design visuel, l’aspect agréable de l’interface.
Nous sommes aujourd’hui entrés dans l’ère de l’expérience. L’utilisateur veut pouvoir vivre une expérience unique et
satisfaisante en visitant le site Internet d’une salle de cinéma, une expérience qui est en accord avec son attente (ou qui la
dépasse), qui est en accord avec l’image de la marque, et sa promesse.
Les salles de cinéma indépendantes et d’art et essai proposent à leurs clients une expérience très particulière, avec de vrais
choix de programmation, un rôle de découverte ou de redécouverte d’auteurs ou de films de patrimoine, des rencontres
avec des cinéastes, des masterclasses avec des invités spécialistes, des échanges autour du cinéma et de la cinéphilie.
Venir dans une salle de cinéma indépendante ou d’art et essai, c’est faire un véritable choix, c’est être en accord avec la pro-
grammation du lieu, c’est parfois être militant pour une certaine forme de culture.
Or, ces salles de cinéma devraient être en mesure de proposer sur Internet (et sur les supports numériques en géné-
ral), une expérience qui prennent en compte leur public, qui le satisfasse au delà du simple service pratique (limité à
connaître les films en salle / réserver sa place).
Cela signifie :
-	 Connaître parfaitement son public, ses cibles pour mieux savoir à qui elles s’adressent et comment le satisfaire : faire la
synthèse des audiences en ligne, du public en salle, savoir si ce dernier se rend sur le site Internet et pourquoi (ou pas), etc.
Le personnifier.
-	 Connaître les besoins de son public. Ses envies. Ses usages réels.
-	 Définir des parcours utilisateurs faciles, ergonomiques... et satisfaisants.
Cela comprend l’aspect visuel, qui rend l’interface plus attractive, mais aussi la structure des pages, l’enchaînement des
écrans, leur lisibilité, leur facilité d’utilisation dès la première visite.
-	 Apporter au(x) public(s) cible(s) du contenu en conséquence, et des fonctionnalités qui lui permettront de vivre une
expérience satisfaisante, complète, en accord ou au delà de ses attentes. Qui lui apportera quelque chose qu’il ne trouve pas
ailleurs. Qui lui donneront envie de revenir.
Ces derniers temps, quelques initiatives ont vu le jour qui sont à signaler car elles s’inscrivent dans cette proposition d’ex-
périence en ligne qui prolonge ou complète celle de la salle.
La Toile
La Toile est un service de VOD qui s’intègre aux sites des cinémas. Plusieurs cinémas indépendants l’ont déjà adopté, com-
me Le Cinéma des Cinéastes dont il est question dans ce rapport.
-	 Chaque cinéma peut lui donner le nom de son choix. Pour le Cinéma des Cinéastes c’est la Home Cinéastes. Pour le
Lux, à Caen, c’est Netflux ! https://netflux.la-toile-vod.com/
-	 Chaque cinéma peut choisir de le promouvoir comme il veut, en créant une rubrique dédiée sur son site (Home Ci-
néaste) ou pas (Netflux)
-	 Chaque cinéma est maître de sa programmation sur son espace VOD, en collaboration avec les équipes de La Toile
qui proposent des cycles différents chaque mois, pour accompagner les nouveautés sorties en salle : revoir les films précé-
dents d’Haneke à la sortie de Happy End, revoir les films de Dupontel à la sortie d’Au revoir là haut, etc. C’est La Toile qui se
charge de négocier les droits sur cet espace.
-	 Les films sont disponibles à la location au prix de 3,99€ en moyenne. Il est également possible de souscrire un « pass
film » qui donne accès à 4 films pour 10 euros.
4. Des initiatives à suivre
Benshi.fr
Lancé par le Sudio des Ursulines, cinéma d’art et essai spécialisé dans
le cinéma jeune public, Benshi.fr est un site de découverte et de recom-
mandation de films à destination du jeune public, pour (selon leur pré-
sentation) :
- Aider les parents dans leur choix d’images : Benshi veut avant tout
accompagner les parents qui souhaitent montrer de beaux films à leurs
enfants, adaptés à leur âge et à leurs besoins.
- Faire la promotion des œuvres que nous aimons : Benshi promeut la
découverte des œuvres sur l’ensemble des supports disponibles. (...) En
2016, Benshi a soutenu 25 sorties salles, dont la moitié environ de patri-
moine.
- Développer notre réseau de salles par tenaires : Benshi a développé un
réseau tre en valeur la spécificité de leur travail.
de 120 salles de cinéma partenaires (...)
- Benshi souhaite mettre en avant une vision complémentaire entre les
supports : tout en développant un service SVOD, nous estimons que
c’est en salle que les films acquièrent à la fois leur statut et leur valeur.
- L’accès à 350 fiches films. Pour chaque film on trouve un synopsis, une
fiche technique, l’avis motivé de Benshi, les bonnes raisons de voir le
film, des liens pour approfondir un ou plusieurs aspects de l’œuvre, ainsi
que des films et des mots-clés associés.
Il est intéressant de noter que Benshi a lancé, le 8 novembre 2017, un
service SVOD, baptisé Benshi Studio pour 4,99€ par mois.
Sur Internet, la salle de cinéma devrait pleinement assumer son identité de
salle de cinéma, et prolonger, dans l’espace virtuel, le travail à destination du
public effectué dans le réel.
Certes, il ne s’agit pas de montrer des films sur Internet, mais de s’inscrire
autour de cette mission première d’exploitation cinématographique : ac-
compagner le public, lui donner envie de venir et de revenir, lui offrir de
quoi nourrir sa passion du cinéma et de la culture, interagir avec lui, partager
autour d’une passion commune : le cinéma.
Elle ne doit pas oublier ce qui fait sa spécificité et celle de son public
mais, au contraire, user de toutes les possibilités offertes par le numé-
rique pour prolonger cette relation avec lui et rendre son parcours de
spectateur, en ligne et hors ligne, plus fluide, plus simple, plus agréable,
en l’accompagnant à chaque étape : de son envie originelle de cinéma à
son expérience du film ou de l’événement, en passant par son achat de
billet.
Le numérique est un outil, désormais utilisé par tous les publics (le plus
jeune comme le senior), qui doit permettre de prolonger l’expérience vécue
en salle, de la rappeler, voire de la sublimer.
Ainsi, en offrant une véritable expérience à son utilisateur (une expérience
servicielle mais aussi riche en émotions positives), elle pourra se distinguer
des portails d’information sur le cinéma (type Allociné), des médias spécia-
lisés (type Télérama, ou Première) ou encore des sites de recommandation
(type Vodkaster), et fidéliser un public en ligne comme elle sait déjà le
faire avec un public en salle.
5. Conclusion
Le mémoire complet est consultable ici :
https://www.slideshare.net/CcileBlanchard1/analyse-de-la-prsence-en-
ligne-des-salles-de-cinma-indpendantes-et-dart-et-essai-82036635

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Synthese memoire

  • 1. Synthèse Analyse de la présence en ligne des salles de cinéma indépendantes et d’art et essai Cécile Blanchard - 2017
  • 2. SOMMAIRE 1.Préambule Le cinéma n’est pas un yaourt ! 2.Synthèse des analyses 3.Recommandations pour des sites optimisés • Plus qu’une billetterie en ligne • Accompagner le spectateur • Etablir le dialogue • Renforcer le lien • Applis mobiles et sites respon- sives • L’importance de la data • L’ère de l’expérience : l’UX de- sign au service des sites internet des salles 4.Des initiatives à suivre 5. Conclusion Des sites Etoile Cinémas, MK2, Le Cinéma des Cinéastes, Le Café des Images, Les écrans de Paris
  • 3. Préambule Le cinéma n’est pas un yaourt ! Une industrie et des consommateurs pas comme les autres 1. Antoine va au cinéma une ou deux fois par semaine, et en discute ensuite avec son cercle d’amis. Antoine est cinéphile et fier de l’être. Ginette, elle, s’y rend une fois par semaine, l’après-midi. C’est l’avantage de la retraite. Jean et Carine, eux, y emmènent de temps en temps leurs enfants. C’est l’occasion d’une sortie en famille. Quant à Jules, 15 ans, il adore y aller avec ses copains le mercredi, quand sa salle de cinéma programme un film de super héros ou une comédie. Tous ces publics sont des consommateurs occasionnels ou réguliers du cinéma. Et ils n’y vont pas comme on achète des yaourts. Ils y vont avec bonheur, parfois passion, toujours satisfaction. Car même si le film ne leur a pas plu, l’expérience d’une sortie au cinéma reste encore aujourd’hui magique.
  • 4. Les salles de cinéma vendent certes des places (et des popcorns) mais elles ont la chance de disposer d’un public qui est déjà conquis, quand il n’est pas carrément passionné. Le spectateur en salle aime l’expérience procurée par la salle obscure, son ambiance, le grand écran, le son, l’immersion totale dans une histoire. Mieux, il est friand des contenus supplémentaires proposé par les salles : tout ce qui lui permet de s’impliquer, ou d’entre- voir les coulisses du 7ème art. Le public du cinéma, en un mot, ne vient pas dans les salles pour consommer, il vient pour l’expérience qu’elles lui procurent. La salle de cinéma c’est aussi souvent SA salle. Or, actuellement il ne retrouve pas, ou peu, cette expérience en ligne. Pour la plupart des salles de cinéma, le site Internet est un moyen d’informer leur public des films à l’affiche et de leur pro- poser d’acheter leur billet en ligne. Mais le spectateur potentiel peut faire exactement la même chose sur Allociné ! Qu’est ce qui pourrait convaincre le public d’aller sur le site de la salle plutôt que sur Allociné (et consorts)  ? Est-il possible de penser le site Internet comme une partie de l’expérience vécue par les spectateurs en sal- le ? Le site Internet de la salle, plus qu’une simple billetterie en ligne, peut en être le prolongement virtuel. Elle peut nourrir l’in- térêt de son public pour le cinéma, et même l’attiser avec des contenus exclusif qu’il ne trouvera nulle part ailleurs. Elle peut lui permettre de se projeter dans l’ambiance de la salle, en lui offrant un dialogue, des contenus inédits, un service. En quelques mots : un avant goût ou un rappel de son expérience en salle. Le cinéma est une industrie. C’est aussi un loisir, une passion commune, un sujet de débat. La salle de cinéma est un espace de vente. C’est aussi un lieu de partage, de culture. Le public de cinéma est un consommateur. C’est aussi un curieux, un cinéphile. Et le site Internet est un moyen unique d’instaurer une relation durable et qualitative avec lui, en miroir et en accord avec son expérience en salle.
  • 5. Sur l’ensemble des sites observés, quelques grandes tendances se dégagent. Les tendances • Majoritairement, les sites Internet des salles servent à informer des films à l’affiche, des événements dans les salles, et à proposer l’achat de billets et de cartes de fidélité en ligne. • Majoritairement, les salles ne capitalisent ni sur le profil de leur public (cinéphile, curieux, amateur de culture et de divertissement), ni sur l’essence même de leur activité (établir une programmation, montrer des films, organiser des ren- contres et autres événements). Synthèse des analyses2.
  • 6. C’est comme si, une fois sur Internet, elles oubliaient ce qui fait leur spécifi- cité et qui elles veulent toucher. • Les sites des salles sont peu édi- torialisés. Il n’y a pas de mise en scène de l’information, de storytelling, ou de contenus supplémentaires et exclusifs. ll n’y pas non plus de capitalisation sur les événements, ni en termes de rappels de ce qui s’est passé dans la salle (captaItion vidéo des rencontres avec les réalisateurs ou des masterclass, interview des cinéas- tes par exemple), ou de teaser de ce qu’il va s’y passer. • Le dialogue avec les internautes est rare, que ce soit sur les réseaux sociaux ou sur le site même. Les réseaux sociaux sont majoritairement peu utilisés ou n’in- citent pas à la conversation. • A part le site Etoile, tous les sites ont bénéficié d’une refonte, essentielle- ment visuelle (MK2) parfois ergonomique et éditoriale (Cinéma des Cinéastes…), qui leur permet de bénéficier d’un design moderne et épuré.
  • 7. Les bonnes pratiques • Le Café des images qui mélange informations sur les films à l’affiche, possibilité de réserver sa place en ligne, et contenus exclusifs (textes et vidéos en fonction des cinéastes invités) s’adresse véritablement à un public spécifique de passionnés, cinéphiles. Il met l’accent sur les contenus et les spécificités de la salle plus que sur la vente de places. • La plupart des sites misent désormais sur des « home » assez épurées avec plusieurs entrées possibles, et permettent ainsi à l’utilisateur de ne pas se perdre dans un surplus d’information. Elles sont une manière de classer l’information. • Les écrans de Paris éditorialisent bien leurs homes en proposant un slider pleine page mettant en avant les grands événements des salles : 4 événements maximum. Ce qui donne un aperçu de la programmation (riche) du groupe. • Le design des sites Les Ecrans de Paris, et le Café des images allie modernité et ergonomie. • L’application mobile MK2, très pratique et ergonomique, avec une option de géolocalisation, a une véritable utilité en mobilité. • Les billetteries en ligne des sites (sauf Balzac) sont faciles d’accès, pratiques. Malheureusement, elles occasionnent sou- vent des frais supplémentaires pour l’utilisateur.
  • 8. Basées sur l’observation des différents sites internet des salles de cinéma, et sur la mise en avant des bonnes pratiques, les recommandations suivantes s’appuient également sur le rapport du CNC paru en septembre 2016 et intitulé : « La salle de cinéma de demain » qui liste les grandes tendances pour l’avenir et formule des recommandations pour moderniser la com- munication numérique des salles en France. Ces recommandations s’appuient également sur une démarche d’UX design pour faire véritablement entrer les salles de ci- néma indépendantes et d’art et essai dans l’ère de l’expérience. 3. Recommandations pour des sites optimisés
  • 9. 1. Plus qu’une billetterie en ligne Notre observation a montré que, sauf exception, les salles de cinéma, une fois sur Internet, oubliait à la fois ce qui fait leur spécificité (une programmation et des événements exclusifs et qualitatifs) et ce qui caractérise leur public (curiosité, ciné- philie, culture). Or, le site Internet est un prolongement de la salle sur le numérique. Une façon soit de se projeter dans l’am- biance, soit de se replonger dans un événement. Recommandations Plus qu’une simple billetterie en ligne, le site Internet de la salle devrait en être un véritable prolongement virtuel, qui vient nourrir l’intérêt de son public pour le cinéma et le projette dans l’ambiance. - Une salle de cinéma, c’est une programmation, des événements, des rencontres avec les réalisateurs ou les équipes des films, des débats, des masterclasses… Des propositions à forte valeur ajoutées qui sont autant de contenus majoritairement inexploités en ligne et qui, pourtant, participent fortement à l’identité du lieu et à la fidélisation du public. - Une salle de cinéma c’est l’écrin où l’on va voir des films, qui donnent ensuite souvent lieu à des échanges, des débats, des critiques. Le site de la salle pourrait s’en faire l’écho, en allant plus loin que la seule communication sur les films à l’affi- che mais en devenant un lieu de dialogue et d’interactivité avec (ou pour) les spectateurs. Or, le numérique permet d’offrir des contenus supplémentaires et à forte valeur ajoutée, qui correspondent à l’image de la salle et la renforcent. Le rapport du CNC va également dans ce sens, en préconisant aux salles de « cultiver leur différence » : « Face à l’attractivité grandissante des loisirs domestiques audiovisuels, et des autres salles  », la salle doit « cultiver sa différence » indique-t-il. Or, cette différence se cultive dans les lieux physiques, avec une programmation bien pensée et affirmée, une culture de l’ac- cueil client renforcée, un confort accru (par exemple). Mais elle doit se cultiver également dans l’espace numérique. Le site Internet de la salle, c’est la salle. Il doit être pensé comme elle, pour offrir une expérience client unique et dif- férente. L’importance du storytelling Les salles, véritables « hébergeurs d’histoires » pourraient miser plus sur le storytelling, ou l’art de raconter une histoire pour faire passer un message de communication : faire entrer le spectateur dans les coulisses d’un événement, lui donner envie en lui offrant des contenus inédits, etc.
  • 10. 2. Accompagner le spectateur partout, sur les réseaux sociaux et le numérique Notre observation a montré que la salle de cinéma était bien présente sur le numérique, avec, majoritairement, deux objec- tifs clairs : informer le public sur les films à l’affiche et les événements en salle, et leur permettre d’acheter leurs billets à dis- tance. Accompagner le spectateur dans son choix de film Elle n’accompagne en revanche pas le spectateur dans le choix de son film ou de son événement, puisque rien ne lui permet de comprendre ce qui est fait pour lui : les fiches des films à l’affiche sont souvent brèves, les critiques ne sont pas présentes, il n’y a pas de fonctions de recommandation (« vous avez aimé ce film, vous pourriez aimer celui là » ou, plus simplement, « le choix des équipes de la salle (du guichetier / du projectionniste etc.) »), les événements ne sont pas détaillés, il n’y a pas de retour sur les événements ayant déjà eu lieu dans la salle (ce qui pourrait donner envie d’en voir de nouveaux)…
  • 11. Certes, la salle de cinéma est aussi un commerce. Alors, l’exploitant peut-il se permettre de critiquer les films qu’il met à l’af- fiche ? En tant qu’indépendant, il propose une vraie programmation, avec de vrais choix. C’est la raison pour laquelle le spectateur va venir dans sa salle plutôt que dans une salle plus grand public. Ce choix peut se retranscrire sur le site Internet. Même pour les cinémas indépendants plus grand public, l’aide au choix du spectateur est pertinente. De plus, une aide au choix n’est pas forcément une critique « J’aime / J’aime pas  », elle peut prendre la forme d’un entre- tien avec un cinéaste dont le film est actuellement à l’affiche dans la salle, une étude de ses précédents films, un focus sur sa filmographie ou sur ses thèmes de prédilection, etc. C’est ce que fait le magazine Trois Couleurs, qui parle de tous les films programmés dans les cinémas MK2 sans pour autant les critiquer. Et c’est d’autant plus étonnant qu’il n’y ait pas de passerelles entre les deux sites.
  • 12. Accompagner le spectateur dans son envie (future) de cinéma Dans l’accompagnement des spectateurs, les appli mobiles et news- letters peuvent tenir un rôle important, notamment pour lui donner envie, bien en amont, de venir en salle. Notre observation a montré que les newsletters, au même titre que les sites, avaient majoritairement pour objectif d’informer le public des films à l’affiche, des événements, et de l’inciter à réserver son billet. - Aucune d’entre elles n’a développé un ton particulier, n’a ins- tauré une proximité avec son lecteur, ni ne lui propose un accom- pagnement au choix : elles comportent peu de textes, pas d’édito, et ne s’adressent pas directement au lecteur. On pourrait imaginer une newsletter avec l’édito rédigé par le di- recteur du cinéma, le programmateur, un cinéaste invité exception- nellement, etc. Un édito qui donnerait un ton plus personnel, plus engageant, et pas seulement purement informatif ? - La plupart du temps, les newsletters ne voient pas loin dans le temps. Elles pourraient « teaser » sur un événement à venir, no- tamment avec des vidéos (MK2 semble avoir récemment embauché un motion designer dans ce but...), faire monter l’envie, et inci- ter les gens à prévoir plus en amont leur venue à l’occasion d’un événement. Une newsletter permet d’éditorialiser beaucoup plus l’événement, au delà du simple partage sur Facebook et les réseaux sociaux.
  • 13. Accompagner le spectateur dans son envie im- médiate de cinéma C’est notamment le rôle des applications mobiles qui permettent de vérifier les horaires, se géoloca- liser pour trouver le cinéma le plus proche de soi, réserver son billet rapidement... Seuls deux groupes indépendants possèdent leur application mobile : MK2 et Etoile. Toutes deux pratico pratiques, elles permettent de connaître les films à l’affiche, les événements dans tous les ciné- mas du groupe, et d’acheter son billet. L’appli MK2, particulièrement bien pensée se dis- tingue par son ergonomie fluide et sa fonction de géolocalisation qui répond bien à cette fonction d’immédiateté. Accompagner le spectateur après sa séance de cinéma Après avoir vu un film le spectateur cinéphile peut avoir envie d’en discuter avec d’autres, de raconter son expérience, de donner son avis sur le film ou sur la salle. De même après avoir assisté à un événement. Enfin, les spectateurs qui n’ont pas l’occasion d’aller à un événement qui les intéressait devraient pou- voir le retrouver en ligne (comme est censé le faire la Société des Réalisateurs Français qui met en ligne malheureusement de façon très irrégulières, toutes les rencontres et masterclasses qu’elle organise), lire les avis des autres, les témoignages.
  • 14. Recommandations Accompagner le spectateur ce n’est pas seulement lui donner l’information et la possibilité d’acheter son billet, c’est aussi l’aider dans son choix de film, et rester à sa disposition bien au-delà de son expérience de la salle. C’est donc par exemple : - Lui proposer des contenus pour l’aider à choisir - Lui offrir des recommandations - Lui montrer à quoi ont ressemblés les précédents événements organisés par la salle - Lui proposer des newsletters fortement éditorialisées, qui les distinguent des autres courriels et des simples publicités pour la salle, en instaurant un ton et du contenu spécifique. Comme l’indique le rapport du CNC : « Face à un public de plus en plus connecté, la salle de demain devra elle-même être hyper connectée, afin de répondre à ses usages qui touchent désormais aussi bien les jeunes générations que les seniors, de plus en plus familiarisés avec les outils numériques. » Le but ? - Aller chercher le spectateur où il se trouve. - L’accompagner. - Lui offrir un service et une expérience de qualité supérieure afin qu’il ait envie de revenir. - Simplifier au maximum son parcours grâce au digital.
  • 15. 3. Établir le dialogue, engager la conversation Notre observation a montré que la communication sur les réseaux sociaux est souvent peu exploitée ou peu ciblée. Les posts Facebook incitent rarement à la conversation. Les internautes sont peu sollicités pour donner leur avis sur le film / la salle / le cinéma en général etc. Ils sont aussi peu écoutés, leurs avis ne semblent pas pris en compte. A noter tout de même : • les réseaux sociaux de MK2, en utilisant un ton de proximité et en faisant usage de vidéos, sont plutôt bien suivis. Ces posts avec un ton « léger » et sympathique, et les codes actuels des réseaux sociaux interpellant l’internaute et l’incitant à la conversation, font d’ailleurs partie des plus partagés. • Depuis peu (fin août ?) MK2 fait appel à un motion designer qui publie des vidéos sur les réseaux sociaux. Une initiative bien dans l’air du temps et dans les usages, mais qui mériterait plus d’éditorialisation pour être mieux exploitée. • Le Café des Images a beaucoup plus d’abonnés Facebook (9000) que les Cinémas Etoile (1300 abonnés) alors que la taille de son réseau est largement moindre (une salle unique dans le Calvados versus un réseau de 5 salles à Paris et en Provin- ce). On peut supposer que la forte éditorialisation du site, et la forte identité du lieu rejaillit sur les réseaux sociaux, et incite les spectateurs à suivre son actualité, à conserver le lien avec la salle bien au-delà du lieu physique. • Le Cinéma des Cinéastes a créé un espace dédié à la conversation sur son site, où les spectateurs posent des questions, donnent leur avis, et obtiennent des réponses du directeur du cinéma.
  • 16. Recommandations : Outre donner de l’information sur le cinéma et les films à l’affiche, la communication sur les réseaux sociaux pourrait permettre au spectateur de dialoguer avec l’exploitant, lui poser des questions, donner son avis sur les films, les événements organisés par la salle, voire de s’impliquer d’avantage dans la vie de sa salle. Pour conserver le lien avec le spectateur et instaurer une relation de proximité durable avec lui : • Initier le dialogue avec lui sur les réseaux sociaux • Cibler la communication sur les réseaux sociaux en fonction du pu- blic de ces réseaux, et l’entretenir. • Lui montrer la vie de la salle, voire ses coulisses, pour l’impliquer d’avantage Une recommandation également formulée par le rapport du CNC en ces termes : « La présence de la salle sur Internet doit permettre d’apporter plus aux spectateurs : - réserver plus facilement ses billets - s’impliquer dans la vie de la salle - instaurer une conversation : l’exploitant devra par ailleurs ap- prendre à réagir et rebondir sur ce qui se dit de lui (sur) internet et les réseaux sociaux, tenter de l’utiliser à son profit mais aussi anticiper et résoudre les éventuels conflits et la mauvaise publicité comme il le fait déjà dans le foyer physique du cinéma. ».
  • 17. 4. La nécessité d’établir un lien renforcé avec le spectateur Dans la lignée des recommandations précédentes, notre observation a montré que le lien avec le spectateur était rarement entretenu par les salles sur le numérique. Pour établir un lien durable avec lui, il faut connaître son public. Or, comme le montrent les études effectuées sur le public des salles de cinéma d’art et d’essai, celui-ci a un profil bien parti- culier, qui peut être appréhendé par les salles afin de renforcer le lien. On y apprend notamment que le public est : - assidu dans sa consommation - fidèle à sa salle et au cinéma d’auteur - attentif à la politique éditoriale des salles, dont il aime qu’elle soit claire et affirmée - friand de contenus supplémentaires et de moments de convivialité. Recommandations : Pour renforcer le lien avec le public, il faut répondre à ses attentes. Il y a de nombreux moyens pour cela. Comme : - Affirmer une ligne éditoriale sur le numérique, en accord avec la politique de la salle - Lui offrir des contenus bonus - Lui prescrire des contenus personnalisés - Lui parler, de cinéphile à cinéphile - Maintenir le contact, avant et après sa venue en salle (par le biais de newsletters éditorialisées mais aussi de dialogues sur les réseaux sociaux, et de captation des événements) - Bâtir une communauté autour d’événements (cf l’expérience du Bio Paradis et des Black Sundays) et la fidéliser en la faisant participer. Pour cela, le numérique ne devrait pas exister uniquement en renfort de ce qui se passe dans la salle, mais comme une entité propre, constamment actualisée, offrant des contenus liés à la politique éditoriale de la salle mais qui peuvent également exister en propre.
  • 18. L’univers numérique participe à construire l’image de la salle, à faire ressentir l’ambiance de la salle pour donner envie au spectateur de se déplacer, certes, mais aussi de s’engager d’avantage, de s’identifier à la salle, d’être fier d’appartenir à ses spectateurs. C’est tout cela qui contribue à renforcer le lien. Le rapport du CNC affirme également : « Contenus alternatifs (spectacles vivants, réalité virtuelle, conférences…) transformeront la salle en lieu de débats et de transmission des savoirs.» La salle de demain devra également « renforcer son rôle d’éditorialisation, de prescripteur, et son lien avec le public. » « Les exploitants doivent désormais acquérir et développer un véritable savoir-faire en matière de communication digitale, développer leur présence sur internet et les réseaux sociaux pour tirer le meilleur parti des potentialités offertes par l’écosys- tème numérique. Pour cela, ils doivent investir dans les outils, le matériel et les compétences humaines pour rester toujours à la page et en phase avec des usages et des pratiques numériques en évolution constante. »
  • 19. 5. Des sites responsives et des appli mobiles Selon notre observation, peu de salles disposent d’une application mobile. En revanche tous les sites des salles observés sont responsive SAUF celui de MK2 qui ne l’est pas mais propose une naviga- tion simplifiée sur un site mobile dédié. Résultat : Les sites responsive, s’ils s’adaptent à la taille de l’écran, ne s’adaptent en revanche pas spécifiquement à une utilisation en mobilité. En l’absence d’applications mobiles ou tablettes, aucun support n’est spécifiquement adapté à une consultation en mobilité. Or, le spectateur est aujourd’hui constamment sur son smartphone : il y recherche des informations, peut acheter en ligne, être géolocalisé pour trouver le cinéma le plus proche du lieu où il se trouve à l’instant T, ou veut simplement passer du temps à regarder des bande-annonces, et à lire des articles. La salle de cinéma, sur Internet, peut s’inscrire dans tous ces mo- ments et apporter au spectateur / mobinaute le service qui peut lui être le plus utile lors de ses déplacements.
  • 20. Comme le signale le rapport du CNC : « No smartphone. No bu- siness » « La salle de demain sera en interaction constante avec un public de plus en plus connecté grâce aux smartphones et aux outils de com- munication numérique, et devra maîtriser et utiliser ces nouveaux outils pour simplifier le parcours du spectateur, mieux cerner ses attentes et mieux communiquer avec lui. » Ainsi : - La salle de cinéma doit faire l’effort de concevoir et de mainte- nir un site mobile et/ou responsive qui soit le plus « user friendly », c’est-à-dire le plus facile à comprendre et à utiliser pour l’internaute. - Elle doit également consacrer le temps et l’argent nécessaires pour le mettre à jour et constamment l’adapter, en fonction des évo- lutions et de l’arrivée de nouvelles fonctionnalités ou de nouveaux concepts.
  • 21. 6. La data, un enjeu majeur pour les années à venir Nos observations ont montré que les salles de cinéma sur Internet n’intervenaient majoritairement pas pour aider le public à faire son choix, ni ne tentaient de le connaître pour lui permettre de faire le choix (de film, d’événement, voire de salle) le plus conforme à ses goûts. Recommandations : A court terme, on peut imaginer des moyens purement éditoriaux qui aident le public à faire son choix : - des articles plus étoffés - des avis d’autres spectateurs - des avis des équipes de la salle - des mises en avant claires - des bonus ou infos complémentaires pour accompagner la sortie d’un film / la tenue d’un événement etc. A long terme, le big data est un moyen de mieux connaître son public et de répondre, de manière véritablement personnalisée, à ses attentes et à ses goûts : Avec des outils de recommandations sur le site du type : - Vous avez aimé ce film, vous aimerez celui-là - Ceux qui ont aimé ce film ont aussi aimé celui-là - Vous aimez ce réalisateur, assistez à sa masterclass - Vous avez assisté à la masterclass de ce réalisateur, vous serez peut être intéressé par cet autre événement.
  • 22. Avec des newsletters réellement personnalisées, proposant des contenus spécifiques : - des alertes sur un réalisateur particulier / un genre / un acteur - des mises en avant personnalisées (un spectateur qui aime les comédies n’aura pas la même hiérarchisation de l’informa- tion que celui qui aime les films d’horreur…) Avec une home page personnalisée sur le site - mises en avant différentes d’un internaute à l’autre, - recommandations... Le rapport sur les salles de demain souligne aussi l’importance du big data pour mieux connaître son public et répondre à ses attentes personnalisées : « Pour optimiser sa communication, la salle devra mieux connaître le spectateur. Elle devrait ainsi abandonner la communi- cation de masse au profit d’une communication personnalisée grâce aux algorithmes. (…) La grande opportunité du Big Data pour la salle de demain est de pouvoir récolter des données sur les spectateurs afin de mieux les connaître et de mieux cer- ner leurs attentes, pour faire des propositions plus adaptées au goût de chacun et ainsi les fidéliser. » Molotov propose d’être prévenu quand un programme est diffusé avec ses acteurs favoris Netflix fait des recommandations personnalisées : vous avez regardé tel film, ces autres films pourraitent vous plaire.
  • 23. 7. L’ère de l’expérience : l’UX design au service des sites internet des salles L’UX Design, qu’est ce que c’est ? Le terme UX (acronyme de l’anglais : User eXperience) désigne la qualité de l’expérience vécue par l’utilisateur dans toute situation d’interaction. L’UX qualifie l’expérience globale ressentie par l’utilisateur lors de l’utilisation d’une interface, d’un appareil digital ou plus largement en interaction avec tout dispositif ou service. Le design d’expérience ce n’est pas seulement l’usabilité ou l’ergonomie, c’est aussi l’émotion, le ressenti (le fait d’être heu- reux et satisfait tout au long de son usage), et le design visuel, l’aspect agréable de l’interface. Nous sommes aujourd’hui entrés dans l’ère de l’expérience. L’utilisateur veut pouvoir vivre une expérience unique et satisfaisante en visitant le site Internet d’une salle de cinéma, une expérience qui est en accord avec son attente (ou qui la dépasse), qui est en accord avec l’image de la marque, et sa promesse. Les salles de cinéma indépendantes et d’art et essai proposent à leurs clients une expérience très particulière, avec de vrais choix de programmation, un rôle de découverte ou de redécouverte d’auteurs ou de films de patrimoine, des rencontres avec des cinéastes, des masterclasses avec des invités spécialistes, des échanges autour du cinéma et de la cinéphilie. Venir dans une salle de cinéma indépendante ou d’art et essai, c’est faire un véritable choix, c’est être en accord avec la pro- grammation du lieu, c’est parfois être militant pour une certaine forme de culture. Or, ces salles de cinéma devraient être en mesure de proposer sur Internet (et sur les supports numériques en géné- ral), une expérience qui prennent en compte leur public, qui le satisfasse au delà du simple service pratique (limité à connaître les films en salle / réserver sa place).
  • 24. Cela signifie : - Connaître parfaitement son public, ses cibles pour mieux savoir à qui elles s’adressent et comment le satisfaire : faire la synthèse des audiences en ligne, du public en salle, savoir si ce dernier se rend sur le site Internet et pourquoi (ou pas), etc. Le personnifier. - Connaître les besoins de son public. Ses envies. Ses usages réels. - Définir des parcours utilisateurs faciles, ergonomiques... et satisfaisants. Cela comprend l’aspect visuel, qui rend l’interface plus attractive, mais aussi la structure des pages, l’enchaînement des écrans, leur lisibilité, leur facilité d’utilisation dès la première visite. - Apporter au(x) public(s) cible(s) du contenu en conséquence, et des fonctionnalités qui lui permettront de vivre une expérience satisfaisante, complète, en accord ou au delà de ses attentes. Qui lui apportera quelque chose qu’il ne trouve pas ailleurs. Qui lui donneront envie de revenir.
  • 25. Ces derniers temps, quelques initiatives ont vu le jour qui sont à signaler car elles s’inscrivent dans cette proposition d’ex- périence en ligne qui prolonge ou complète celle de la salle. La Toile La Toile est un service de VOD qui s’intègre aux sites des cinémas. Plusieurs cinémas indépendants l’ont déjà adopté, com- me Le Cinéma des Cinéastes dont il est question dans ce rapport. - Chaque cinéma peut lui donner le nom de son choix. Pour le Cinéma des Cinéastes c’est la Home Cinéastes. Pour le Lux, à Caen, c’est Netflux ! https://netflux.la-toile-vod.com/ - Chaque cinéma peut choisir de le promouvoir comme il veut, en créant une rubrique dédiée sur son site (Home Ci- néaste) ou pas (Netflux) - Chaque cinéma est maître de sa programmation sur son espace VOD, en collaboration avec les équipes de La Toile qui proposent des cycles différents chaque mois, pour accompagner les nouveautés sorties en salle : revoir les films précé- dents d’Haneke à la sortie de Happy End, revoir les films de Dupontel à la sortie d’Au revoir là haut, etc. C’est La Toile qui se charge de négocier les droits sur cet espace. - Les films sont disponibles à la location au prix de 3,99€ en moyenne. Il est également possible de souscrire un « pass film » qui donne accès à 4 films pour 10 euros. 4. Des initiatives à suivre
  • 26. Benshi.fr Lancé par le Sudio des Ursulines, cinéma d’art et essai spécialisé dans le cinéma jeune public, Benshi.fr est un site de découverte et de recom- mandation de films à destination du jeune public, pour (selon leur pré- sentation) : - Aider les parents dans leur choix d’images : Benshi veut avant tout accompagner les parents qui souhaitent montrer de beaux films à leurs enfants, adaptés à leur âge et à leurs besoins. - Faire la promotion des œuvres que nous aimons : Benshi promeut la découverte des œuvres sur l’ensemble des supports disponibles. (...) En 2016, Benshi a soutenu 25 sorties salles, dont la moitié environ de patri- moine. - Développer notre réseau de salles par tenaires : Benshi a développé un réseau tre en valeur la spécificité de leur travail. de 120 salles de cinéma partenaires (...) - Benshi souhaite mettre en avant une vision complémentaire entre les supports : tout en développant un service SVOD, nous estimons que c’est en salle que les films acquièrent à la fois leur statut et leur valeur. - L’accès à 350 fiches films. Pour chaque film on trouve un synopsis, une fiche technique, l’avis motivé de Benshi, les bonnes raisons de voir le film, des liens pour approfondir un ou plusieurs aspects de l’œuvre, ainsi que des films et des mots-clés associés. Il est intéressant de noter que Benshi a lancé, le 8 novembre 2017, un service SVOD, baptisé Benshi Studio pour 4,99€ par mois.
  • 27. Sur Internet, la salle de cinéma devrait pleinement assumer son identité de salle de cinéma, et prolonger, dans l’espace virtuel, le travail à destination du public effectué dans le réel. Certes, il ne s’agit pas de montrer des films sur Internet, mais de s’inscrire autour de cette mission première d’exploitation cinématographique : ac- compagner le public, lui donner envie de venir et de revenir, lui offrir de quoi nourrir sa passion du cinéma et de la culture, interagir avec lui, partager autour d’une passion commune : le cinéma. Elle ne doit pas oublier ce qui fait sa spécificité et celle de son public mais, au contraire, user de toutes les possibilités offertes par le numé- rique pour prolonger cette relation avec lui et rendre son parcours de spectateur, en ligne et hors ligne, plus fluide, plus simple, plus agréable, en l’accompagnant à chaque étape : de son envie originelle de cinéma à son expérience du film ou de l’événement, en passant par son achat de billet. Le numérique est un outil, désormais utilisé par tous les publics (le plus jeune comme le senior), qui doit permettre de prolonger l’expérience vécue en salle, de la rappeler, voire de la sublimer. Ainsi, en offrant une véritable expérience à son utilisateur (une expérience servicielle mais aussi riche en émotions positives), elle pourra se distinguer des portails d’information sur le cinéma (type Allociné), des médias spécia- lisés (type Télérama, ou Première) ou encore des sites de recommandation (type Vodkaster), et fidéliser un public en ligne comme elle sait déjà le faire avec un public en salle. 5. Conclusion
  • 28. Le mémoire complet est consultable ici : https://www.slideshare.net/CcileBlanchard1/analyse-de-la-prsence-en- ligne-des-salles-de-cinma-indpendantes-et-dart-et-essai-82036635