Instruction au sosie

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Quelques mots d'explication sur l'instruction au sosie résumés par Vincent Michiels (Analyste au Segec)

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Instruction au sosie

  1. 1. CCSP 24 février 2016 L’instruction au sosie : une méthode pour analyser le travail. Cette méthode a été développée par Y. Clot, psychologue du travail, qui l’a lui-même reprise d’Ivar Oddone, médecin du travail chez Fiat (années 70). Ivar Oddone souhaitait « découvrir » ou « redécouvrir » l’« expérience ouvrière » (Oddone et al., 1981 : 17) qu’ont constituée les ouvriers avec lesquels il travaille, dans l’industrie automobile de l’Italie du Nord des années 1970. Cette expérience existe dans l’action incorporée, dans leurs gestes, mais ces ouvriers ne savent pas l’énoncer verbalement. Le dispositif appelé instruction au sosie vise précisément à « récupérer » cette expérience ouvrière, pour la connaître et la transmettre. L’instruction au sosie est une méthode qui permet d’aider le professionnel à prendre conscience des différentes composantes présentes dans une situation professionnelle ainsi que des processus mobilisés dans l’activité. Il y a une focalisation de l’expérimentation sur les détails du travail. Selon Ivar Oddone, et après lui, ceux qui travaillent en clinique de l’activité, c’est en s’adressant à quelqu’un supposé être un double très ressemblant qu’il est possible de réaliser une description très précise de ce qui est réellement accompli. La description est obtenue par la fiction méthodologique d’avoir à instruire un sosie, d’où le nom du dispositif, et non un quelconque remplaçant. Y. Clot définit l’instruction au sosie comme un « outil d’analyse de l’activité qui permet la découverte d’un écart entre le travail prescrit et le travail réel » (Clot, 2000) Le but est de pouvoir expliciter sa propre expérience professionnelle afin de développer sa compréhension de l’action en y intégrant la part subjective. L’instruction au sosie permet une réflexivité chez l’instructeur sur ses actes professionnels. Instruction au sosie
  2. 2. Objectif de l’atelier « instruction au sosie » L’objectif de l’atelier est de décrypter une situation professionnelle qui va de soi afin de pouvoir l’expliciter, d’identifier les compétences nécessaires à une situation, de comprendre, analyser et ordonner ce qui se fait en situation. Contexte de l’exercice v Deux acteurs en présence: un instructeur (personne qui décrit la tâche) et un sosie (personne qui pose des questions) v Il s’agit de permettre au sosie de bien saisir les détails de la situation de travail pour pouvoir remplacer l’instructeur. Celui-ci doit projeter dans un futur proche (demain) une situation passée, revécue au cours de l'exercice d'instruction et retraversée avec le sosie. Mise en pratique : • Se regrouper par deux, de pratique, de contexte professionnel différent (pas deux collègues de même discipline ou qui ont l’habitude de travailler ensemble). • Avant de démarrer l’entretien, l’instructeur choisit une tâche précise, une séquence de travail bien délimitée, réduite dans le temps, avec un début et une fin (un accompagnement, un atelier….). • L’instructeur décrit la tâche. Le sosie pose des questions d'explicitation. • Après la description de la tâche, le sosie rédige un texte linéaire. Suite à la rédaction, le texte est relu par l’instructeur et le sosie afin de le compléter ou de le modifier.
  3. 3. L’instructeur (la personne qui décrit la tâche): L’instructeur doit essayer de décrire au mieux les manières par lesquelles il essaie d’accomplir la tâche prescrite, en entrant en détail dans l’activité. Il doit se voir agir et décrire cette activité à son sosie. L’instructeur parle en « TU » et non en « je » (Il instruit le sosie sur ce qu’il doit faire). L'instructeur se met en position de faire comprendre au sosie COMMENT (et non «pourquoi»!) il s'y prend; il décrit son activité propre. Le sosie (le questionneur bienveillant): Le sosie aborde le rapport aux tâches à effectuer, les relations de travail avec les pairs, les relations à la hiérarchie… Pour ce faire, il va utiliser la méthode … « Colombo » En tant que sosie, vous amenez votre interlocuteur à en dire le maximum sur la situation! Vous orientez les questions sur: • les gestes physiques • les gestes mentaux • les activités intellectuelles • les interactions à mener … pour pouvoir « endosser » pleinement les actions posées par l'instructeur ! Le sosie reste attentif à ne pas laisser d’implicite ou en laisser le moins possible. Il doit pouvoir visualiser la situation. Le sosie pose des questions en « JE » et rédige en « JE ». Les questions portent uniquement sur le « qui, quoi, comment, quand, où …» et non sur le « pourquoi ». Quelques principes de base sont à prendre en considération par le sosie : v Le sosie est bienveillant avec l’instructeur v Le sosie se met à la place de l’instructeur (il faut s’ancrer continuellement dans cette posture) v le sosie va adopter une position la plus similaire possible à celle de l’instructeur v le sosie positionne son questionnement sur le registre du «comment» (repasser par des données matérielles) pour faciliter la ré-évocation … quand il sentira que l’instructeur a besoin de souffler Ah oui, j’oubliais, une dernière question…
  4. 4. Consignes : J’ai un accompagnement la semaine prochaine à l’école Saint-Machin à CCSPLAND. Je te demande de me remplacer et de réaliser l’ensemble des actions prévues afin que les protagonistes ne se rendent pas compte du changement de personne. Suppose que je sois ton sosie et que demain je me trouve en situation de te remplacer dans ton travail. Quelles sont les instructions que tu devrais me transmettre afin que personne ne s’avise de la substitution ? Que dois-tu me dire pour que je puisse te remplacer demain matin au travail sans que personne ne s’aperçoive de la substitution ?

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