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Les amis de Jos Parker se
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lundi 3 septembre 1923, pour ...
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Les personnages du Pays de Fouesnant - -phpa o7pfs

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Les personnages du Pays de Fouesnant - -phpa o7pfs

  1. 1. Depuis, brisé par les angoisses des heures tragiques que nous vivons, terrassé par la maladie, le "roitelet" (al laouenan) comme il s'intitulait modestement, avait cessé son chant, et il s'est éteint doucement, comme il avait rêvé, comme il avait vécu. C'est une grande perte que font les lettres bretonnes, et nous devions nous associer aux regrets de tous ceux qui l'ont connu. " - Du "Finistère", sous la signature d'A. Verchin : "Les lettres bretonnes viennent de faire une perte cruelle en la personne de Jos Parker. Le bon poète s'est éteint dans son ermitage de Kergoadic, au milieu de ses bois, en face de la mer jolie et trompeuse qu'il avait chantée, fidèle à la devise qu'il avait faite sienne et qui fut directrice de sa vie : Allaouenan a gar ato E don a cornig ar vro. (Le roitelet aime toujours Son toit et son petit coin de pays.) La chanson du "roitelet", ainsi que s'intitulait modestement Parker, a dépassé les limites du bocage natal et tous les lettrés, tous ceux pour lesquels la poésie, la vraie, est restée l'amie douce et consolante, ont lu et relu les vers de cet enfant d'Armor qui vécut dans l'exclusivité même sauvage de son pays, le chanta comme Brizeux, et comme Brizeux le fit aimer. Le barde laisse une oeuvre importante dans laquelle on relèvera surtout les délicieuses pages qui constituent "Le livre champêtre". Dans "Le clerc de Kerne" il donna la mesure de ce que chez lui le prosateur pouvait produire, doublé du peintre si sincère qu'était Jos, car comme on l'a dit de Fromentin, notre regretté barde avait "un joli pinceau au bout de sa plume". Le "Journal de village" fut le dernier chant du "roitelet"; les tristesses de l'heure avaient chassé du bocage de Kergoadic toute douceur et toute gaieté. Plus de joie sous les ombrages, plus de douces rêveries dans les allées de rhododendrons que peuplait maintenant l’âme des hôtes de la veille, disparus dans la fournaise. Le coeur du poète s'est brisé, l'âme dolente du breton s'est éteinte. Il est retourné là-bas, aux Paradis du Rêve, dont il ne fut ici-bas qu'un exilé. Mais il restera vivant dans la mémoire de tous ceux qui chez nous sentent vibrer en eux l'âme bretonne et pour lesquels encore "Bretaigne est poésie". " Bien d'autres exprimèrent leurs regrets et leur profonde émotion: nous citerons les bardes François Gourvil de Morlaix, Francis Even de Tréguier, René Degoul et sa femme Madeleine Desroseaux, directeur du "Clocher breton" de Lorient, le druide Vallée de SaintBrieuc, André Me1lac trésorier de la Fédération de Lorient, le barde Loeiz Herrieu et sa femme, etc... sans oublier les journaux comme "Le Journal de Pontivy", "Le Progrès du Finistère", "Le Nouvelliste du Morbihan", "Le Courrier du Finistère"... Page 12
  2. 2. I’inauguration du lec’h Les amis de Jos Parker se retrouveront quelques années plus tard, le lundi 3 septembre 1923, pour inaugurer le "lec'h", simple pierre levée ornée d'une croix celtique, qu'ils ont tenu à ériger sur sa tombe. Ce fut une belle journée. Un gai soleil succède à la brume matinale qui a recouvert jusqu'à huit heures la campagne fouesnantaise. Sur la petite place de l'église arrivent successivement, de Quimper et de plus loin, automobiles et cars, avec tous ceux qui à un titre quelconque ont voué au poète et au peintre un indéfectible souvenir. Nous remarquons, outre les membres du comité directeur de la Fédération : MM. Anatole Le Braz, homme de lettres; Berthou, de Pleuhiben, Grand Druide du Gorseed; Daniélou et Jadé, députés du Finistère; Pierre Mocaër, conseiller général; Olivier, gérant de "Buhez Breiz"; Degou1, homme de lettres, fondateur du "Clocher breton"; Madeleine Desroseaux, femme de lettres; Kéroulin, maire de Fouesnant; Dottin, doyen de la Faculté de Rennes; les bardes Francis Gourvil, de Morlaix, et Jaffrennou, de Carhaix; Ronarc'h, notaire à Guingamp; les docteurs Morvan, Cocheril; Dubois, président des "Filets Bleus" à Concarneau, etc... La famille est représentée par Mme Moride, soeur du poète; MM. Alexandre Parquer père et fils; Mr et Mme ChérecParquer; et n'oublions pas la bonne vieille servante Anna Chiquet, qui jusqu'au dernier jour assista son maître avec un rare dévouement. A dix heures, un service religieux est chanté par les enfants des colonies de vacances de Quimper, et à onze heures le cortège, précédé de la bannière du Gorseed, offerte en 1907 par les Gallois, et du drapeau de la Fédération, se dirige vers le cimetière tout proche. Au bout de l'allée principale s'élève le "lec'h", destiné à résister à la fureur des temps et à perpétuer à travers les siècles la mémoire de Jos Parker. Le monument, très beau dans sa simplicité, est l'oeuvre de MM. Bouillé, architecte, et Le Quéré, sculpteur à Pont-Aven : une simple pierre en granit bleu de Nizon, portant en relief la croix celtique dont les branches s'engagent dans le cercle symbolique de l'existence. Au pied, une couronne de feuilles de chêne déposée par une nièce du poète et deux bouquets de bruyère dus aux soins du docteur Cocheril. Mr Léon Le Berre prend le premier la parole: il exalte le peintre et le poète dont il fut l'ami et le confident des derniers jours. Après avoir remercié le maire de Fouesnant et son conseil municipal, ainsi que les auteurs du monument qui fixera pour toujours la mémoire de Parker, il prononce en breton un discours où il évoque celui qui chanta l'éternelle beauté des pommiers en fleurs, des frais ombrages, de la mer ensoleillée et vibrante, des filles de Bretagne. Ce discours, un poème en prose allitérée caractéristique de l'art poétique breton, vaudra à son auteur les chaudes félicitations du doyen Dottin. Puis c'est Mr Berthou qui dit une fort belle poésie, exaltant l'homme de la terre, mort sur le sol même où il naquit et où il fut tour à tour heureux et triste. Mr Anatole Le Braz, dans une brillante improvisation, apporte son tribut d'admiration à l'ami de la première heure. Page 13
  3. 3. L’inauguration du « lec’h » : à l’heure des allocutions …La paysanne au premier plan serait la fidèle servante, Anna Chiquet, que Jos Parquer appelait familièrement « Chiquette » Il rappelle son séjour à Quimper, dans le site paisible de Stang ar C'hoat, sa fréquentation de Jos Parker jeune, "un vrai Rembrandt aux yeux bleus hérités de ses ancêtres irlandais". Parker avait le culte de la nature, de cette nature "naturante" qui n'est nulle part plus féconde, ni plus exubérante qu'en ce pays de Fouesnant. Aucun mieux que lui ne possédait le "don celtique" et ne sut mieux l'exprimer. Il avait pour ce faire deux arts à sa disposition: peinture et poésie. Du pinceau et de la plume, les accents les plus profonds, les plus spontanés, les plus naturels, les couleurs les plus douces sont sortis de l'inspiration de Jos Parker. "Les plus beaux poèmes sont ceux qui ne s'écrivent pas et résident dans le souvenir... C'est ce souvenir du poète de Kergoadic que je conserverai éternellement..." Puis Jaffrenou (Taldir) dit, en un breton très pur, toute l'admiration que l'on doit à Jos Parker, "amant des pommes et du cidre", et dit en français quelques extraits de ses oeuvres. Mr le docteur Dubois, de Concarneau, récite une ode au poète, qui fut l'un des parrains des "Filets bleus". Mr Pierre Mocaër, délégué des celtes d'Outre-Manche, félicite la Fédération Régionaliste qui a continué avec persévérance l’oeuvre de son premier président, lequel semait l'amitié tout autour de lui et fut toujours fidèle à la gloire de la Bretagne. Il adjure les fouesnantais de consacrer au barde un monument plus impérissable que celui élevé par la F.R.B. : le témoignage de leur inébranlable fidélité à la langue bretonne. Successivement prennent la parole le barde Yann Caroff (en breton), et Mr Marrec, Commissaire de l'Inscription Maritime, qui dit un poème aux vers bien scandés. Enfin le barde Degoul, de Lorient, dit quelques vers de Jos Parker, en hommage à son âme présente en ces lieux. Page 14
  4. 4. Page 15
  5. 5. Dès lors, biniou et bombarde retentissent dans le bourg, près de l'hôtel d'Arvor où aura lieu le banquet. Des cartes postales représentant le monument sont vendues par la petite Monique Le Quéré et son frère Pierre, tous deux portant l'ancien costume de Fouesnant. Plus de 150 personnes, bretons bretonnants ou touristes, s’assoient aux tables dressées dans la salle de danse. Au-dessus de la table d'honneur, le portait du poète, oeuvre de Mr Chérec-Parquer, dessinateur artiste et cousin de Jos. Lemordant se présente: son arrivée est saluée par des applaudissements frénétiques qui ne cessent qu'au moment où le célèbre artiste prend place près d'Anatole Le Braz. Gourvil et Yann Caroff chantent les meilleures oeuvres de leur répertoire, dont les refrains sont repris par toute l'assistance. Lemordant retenu par d'autres obligations, doit quitter le banquet avant la fin, et il supplie les bretons de rester "euxmêmes", fidèles au génie de la race dont les qualités remarquables ne doivent pas s'amoindrir. (Bravos...) Anatole Le Braz doit partir aussi; mais il ne quitte la salle qu’après une petite allocution en breton fort applaudie. Au café, Mr Choleau, président de la Fédération Régionaliste, présente les excuses de diverses personnalités artistiques, littéraires et politiques celles du comte Ollivier de Gourcuff, président du comité du monument; du marquis de L'Estourbeillon, président de l'Union Régionaliste, retenu à Concarneau; de Théodore Botrel; du baron de Wismes; de Charles Le Goffic; de Joseph Loth, retenu à Tréguier; de François Vallée, druide Abhervé; de MM Le Bail, Simon, Bouilloux-Lafont, députés; Bénac, Conseiller général du canton de Fouesnant; de Mr le maire de Fouesnant, etc... Page 16
  6. 6. Fédération et aussi de la généreuse subvention qu'ils ont bien voulu lui consentir. La gratitude des Fédérés va tout particulièrement à Mr Rousseau de Kerolland, dont l'influence fut toute à leur service, et ils n'oublient pas leur collègue Léon Le Berre, qui fut l’animateur de ces fêtes du souvenir si réussies et favorisées par un temps splendide. Dames et demoiselles, poètes, bardes, celtisants, associations diverses reçoivent leur tribut d'hommages en les personnes de Mlle de Cintré, de MM. Le Braz, Berthou, Dottin, Mocaër. Enfin, Mr Choleau adresse ses plus chauds remerciements aux Bretons de Paris représentés par MM. Marquer, Beaufrère et Gerieysse, aux Bretons d'Algérie qui ont délégué Mr Evenou-Norvez, inspecteur de l'Assistance Publique, aux Amitiés Américaines en la personne de Mme Anatole Le Braz, aux Filets Bleus, et à la presse locale et régionale, représentée par Mr Morvan, de "La Dépêche de Brest". Puis Yves Berthou dit quelques jolis vers sur le "pen baz", Jaffrennou chante son "Angelus breton" sur un air gallois. Enfin Mr Dottin, doyen de la Faculté de Rennes, s'excusant de n'être pas breton, mais cependant doublement celte par ses origines irlandaises, supplie les Bretons, non pas de défendre leur langue, mais de la maintenir pour en assurer la pérennité. Le bilingue, en effet, a deux âmes, et il est normal qu'il dispose de deux langues pour exprimer ses sentiments. Le provençal est enseigné dans certains établissements de l'État, Hôtel d’Arvor – Cérémonie en souvenir de Jos Parquer Lundi 3 septembre 1923 MENU Homard sauce mayonnaise – PoissonLangue de bœuf sauce tomatePetits pois à la française- Poulet rôti - Salade Crème au chocolat – Fruits - DessertVin blanc et vin rouge - Cidre bouché- CaféEau - de – vie de cidre Le président remercie le maire et son conseil municipal de l'accueil réservé à la Page 17

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