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THEME 2 :
LES DYNAMIQUES DE LA MONDIALISATION
La mondialisation, fonctionnement et territoire
Introduction :
Aujourd’hui, la mondialisation désigne une mise en relation des économies, des hommes et des espaces qui
renforce l’interdépendance des territoires à l’échelle mondiale en générant des flux de plus en plus intenses.
Si la mondialisation n’est pas un phénomène récent (pour les historiens, le processus a débuté au XVIème siècle,
voire même durant l’Antiquité), les progrès dans le domaine du transport et des moyens de communication
expliquent son intensité nouvelle.
Aujourd’hui, quasiment aucun territoire est à l’écart de la mondialisation, même si leur intégration est très inégale.
Quelles sont les dynamiques de la mondialisation à l’échelle mondiale et en quoi les territoires y
sont-ils inégalement intégrés ?
Etude de cas : Un produit mondialisé, l’iPhone d’Apple (doc 1 p 248)
1) Un produit de conception américaine…
L’iPhone est un produit de conception américaine mis au point par Apple, une FTN dont le siège social est à
Cupertino dans la Silicon Valley près de San Francisco. La Silicon Valley est le technopôle le plus puissant au
monde. Apple y a implanté ses fonctions de commandement (direction, conception, recherche et développement,
marketing, publicité…). L’ensemble des acteurs de la stratégie de l’entreprise est implanté aux Etats-Unis.
Grâce à sa stratégie commerciale et à ses innovations, Apple est devenue la 1ère
firme mondiale en termes de
capitalisation boursière et l’une des 10 plus importantes FTN mondiales en chiffre d’affaires. Par ailleurs, elle
bénéficie d’une excellente image, voire même parfois d’un véritable culte, auprès de ses clients.
2) …produit principalement en Asie…
Apple ne produit plus dans ses propres usines mais fait appel à des sous-traitants pour fabriquer les composants de
ses produits et les assembler, selon le principe de la « nouvelle division internationale du travail ».
Les composants qui nécessitent une main d’œuvre qualifiée sont fabriqués dans des pays développés (Europe,
Japon, Corée du Sud…).
Ces composants nécessitent l’utilisation de minerais rares, comme le coltan, qui sont importés de pays pauvres,
voire en guerre comme la RDC, ce qui contribue à financer le conflit dans ce pays.
L’assemblage est ensuite réalisé dans des pays émergents, et notamment en Chine (l’usine Foxconn à Shenzhen en
Chine (doc 9 p 251) est la plus importante et assemble également les Smartphones des concurrents d’Apple).
En sous-traitant la fabrication de ses produits, Apple cherche à diminuer ses coûts de main d’œuvre mais aussi à
bénéficier de la flexibilité du travail dans les pays émergents (le code du travail de ces pays impose moins de
contraintes…) et d’optimiser sa fiscalité... Cette stratégie permet également à Apple de ne pas être juridiquement
responsable des conditions de travail dans ces usines… Néanmoins, l’opinion publique commence à prendre
conscience des problèmes associés à ces pratiques et fait pression pour que des conditions de travail décentes
soient respectées (ex : scandale révélé à l’occasion de l’effondrement du toit d’une usine au Bangladesh fournissant
des marques de prêt-à-porter).
Un tel circuit de production est rendu possible par le faible coût (porte-conteneurs) et la rapidité (avion) des
moyens de transport qui empruntent les grandes routes commerciales reliant les pôles de la Triade.
3) …pour un marché planétaire en rapide évolution.
Le succès de l’iPhone accompagne la généralisation de la téléphonie mobile à l’échelle mondiale (doc 2 p 248), il
participe donc à l’homogénéisation du monde. Aujourd’hui, la majorité des téléphones mobiles vendus dans le
monde sont des Smartphones. Malgré le coût de ses produits, Apple annonce en 2015 avoir vendu plus de 700
millions d’iPhones depuis 2007.
Ce succès est lié aux innovations permanentes de l’iPhone (1 nouveau modèle/an en moyenne) rendues
indispensables par la pression de la concurrence (Samsung notamment) mais surtout en raison d’une stratégie
d’entreprise visant à rendre la marque très attractive, prestigieuse (d’où la création des Apple Stores) et par
conséquent à fidéliser les clients. Ex : Apple est devenue la 1ère
entreprise mondiale dans le domaine du placement
de produit publicitaire, elle apparait en moyenne dans 34 % des films ayant eu le plus de succès au box-office entre
2001 et 2011.
La diffusion de l’iPhone s’adapte également aux évolutions du marché. D’abord distribué dans les pays développés
à fort pouvoir d’achat, il est désormais massivement commercialisé dans les des pays émergents. Ainsi la Chine
est devenue le deuxième marché mondial pour ce produit.
Néanmoins, le marché mondial de l’iPhone reflète aussi les inégalités de la mondialisation, à différentes échelles.
Ainsi, les Apples Stores sont principalement situés dans les grandes métropoles, essentiellement dans les pays
développés.
Les fonctionnalités de l’iPhone pour une utilisation optimale sont adaptées aux territoires les mieux intégrés au
reste du monde (haut-débit, internet…), c’est-à-dire les espaces les plus développés (docs 3 et 5 p 249).
Les pays les plus pauvres demeurent en marge de ce marché.
I. Acteurs, flux et débats de la mondialisation
1) Les acteurs de la mondialisation
 Les FTN (Firmes transnationales) sont des acteurs majeurs de la mondialisation. Ce sont les plus
importantes entreprises mondiales. Elles sont aux 2/3 issues des pays développés (leur siège social y est
implanté, ainsi que leurs fonctions de commandement), et de plus en plus des pays émergents (1/3
aujourd’hui et en constante progression => doc 1 p 257). Cependant, elles réalisent l’essentiel de leur chiffre
d’affaires à l’étranger car elles délocalisent l’essentiel de leur outil de production dans les pays où la main
d’œuvre est bon marché et où la flexibilité du travail est la plus importante (nouvelles DIT). Les IDE
qu’elles réalisent mettent les territoires en concurrence.
Les FTN sont détenues par des actionnaires et sont cotées en bourse. Elles constituent de grands groupes
en fusionnant entre elles.
Les 80 000 FTN réalisent plus du quart du PIB mondial et sont à l’origine des 2/3 des flux du commerce
mondial.
 Les Etats sont des acteurs importants de la mondialisation.
Ils soutiennent leurs FTN dans leurs stratégies de développement (ex : le pouvoir politique encourage la
vente de produits nationaux lors de visites officielles à l’étranger), ils aménagent leurs territoires pour
mieux les intégrer aux échanges mondiaux (infrastructures portuaires, aéroportuaires, zones franches…).
Ils interviennent pour soutenir l’économie lors des crises financières.
Ils détiennent des fonds souverains qui leurs permettent d’investir à l’étranger et soutiennent des
investissements jugés stratégiques (ex : Port du Pirée racheté par une société chinoise).
Les Etats agissent également comme des régulateurs de la mondialisation, notamment pour corriger ses
aspects les plus négatifs (conditions de travail, fiscalité, règles commerciales…). Cependant, les Etats ont
parfois du mal à s’imposer face à des FTN beaucoup plus puissantes qu’eux (ex : Wal Mart a un chiffre
d’affaires équivalent au PIB de la Belgique, la capitalisation boursière de McDonald’s est supérieure au PIB
de 143 pays).
Les Etats s’organisent en associations régionales de coopération économique (UE, ALENA, ASEAN…).
 Les organisations internationales cherchent à réguler la mondialisation.
L’OMC, le FMI, la Banque mondiale… favorisent le processus de mondialisation.
Les ONG (Greenpeace, Amnesty international, Action contre la faim…) utilisent les réseaux médiatiques
mondiaux pour forger une opinion publique mondiale dénonçant les aspects les plus néfastes de la
mondialisation.
Les citoyens peuvent également s’organiser en groupes de pression pour dénoncer les inégalités produites
par la mondialisation et ses acteurs les plus puissants (mouvement des « indignés », lanceurs d’alertes,
associations de consommateurs, syndicats…)
 Les organisation criminelles et mafieuses utilisent également les circuits de la mondialisation et constituent
des marchés économiques parallèles (drogue, armes…) contre lesquels les Etats et les organisations
internationales luttent.
2) Les flux de la mondialisation
La mondialisation génère des flux intenses et en constante augmentation (doc p 258), visibles et invisibles, qui
structurent l’espace mondialisé et définissent une hiérarchisation des territoires en fonction de leur intégration
plus ou moins avancée dans cet ensemble.
 Parmi les flux visibles :
- Les flux du commerce mondial relient principalement les pôles de la Triade (plus de 80 % du commerce
mondial en incluant la Chine) et les pays émergents (doc 1 p 254). L’essentiel des flux est intrarégional (doc
4 p 231). Les échanges internes représentent les 2/3 du commerce de l’UE.
Plus de 80 % des marchandises transportées le sont par la voie maritime. Les 20 % restants le sont par la
voie aérienne, fluviale, et routière. 70 % des marchandises échangées sont des produits manufacturés.
- Les flux de matières premières ont principalement une logique « Sud-Nord » car l’essentiel des matières
premières sont présentes dans les pays du « Sud » mais ce sont principalement les pays du « Nord » et les
pays émergents qui les importent pour alimenter leurs industries et soutenir leur développement. Il s’agit
donc d’un commerce inégal car les pays du « Sud » profitent peu de la plus-value générée par ces échanges.
La matière première la plus échangée est le pétrole (doc 3 p 255).
- Les flux migratoires ont également une logique « Sud-Nord », qu’il s’agisse de migrations économiques (on
migre pour accéder à de meilleures conditions de vie ou de travail), ou politiques (on fuit un pays en guerre
ou des persécutions). Les flux migratoires sont en constante augmentation (x 3 en 30 ans) en raison de
l’accroissement des écarts de développement entre pays du « Nord » et pays du « Sud » et des conflits qui
perdurent (Syrie, Irak, Afghanistan).
Les flux migratoires sont les plus denses à proximité de la limite « Nord-Sud », là où les écarts de
développement sont les plus importants entre deux espaces (Méditerranée, frontière USA-Mexique…).
Pour réguler et contrôler ces flux, les pays d’immigration (UE, Etats-Unis) érigent des barrières à leurs
frontières, ce qui a des conséquences humanitaires importantes
- Les flux touristiques concernent essentiellement les pays du « Nord », même si le phénomène se développe
aussi dans les pays émergents (15 pays accueillent 2/3 des flux). Ils représentent environ 10 % du total des
flux migratoires et ont une logique « Nord-Nord » et « Nord-Sud » (doc 3 p 259).
L’essor du tourisme est avant tout lié à la démocratisation du transport aérien, depuis les années 70, et à
l’apparition des compagnies low-cost depuis les années 90 (Ryanair, Easy Jet).
La présence de 2 compagnies chinoises dans le classement des 10 premières compagnies aériennes
mondiales en 2014 témoigne de la croissance économique de la Chine mais aussi de la très forte
augmentation de touristes chinois depuis la fin des années 90.
 Parmi les flux invisibles :
- Les flux financiers et de capitaux sont en forte progression et relient principalement les pôles de la Triade.
Ils sont liés aux IDE réalisés par les FTN et à la capitalisation boursière (x 5 en 20 ans).
Les bourses mondiales sont interdépendantes et fonctionnent en réseaux (doc 2 p 255). Les principales
bourses sont situées dans les pays du Nord (85 % de la capitalisation mondiale), même si celles de Shanghai,
Hong Kong ou Bombay figurent désormais parmi les plus importantes.
Les flux migratoires participent aussi à l’augmentation de ces flux car les migrants, une fois installés dans
leur pays d’accueil, continuent d’envoyer des capitaux à leur famille restée dans leur pays d’origine. Ils
participent en cela au développement de leur pays de départ.
- Les flux d’informations et de communication ont connu un essor sans précédent depuis 20 ans en raison
des progrès technologiques liés à la généralisation de la téléphonie mobile et d’internet. Même si aucun
territoire n’est exclu de ces réseaux, les flux d’informations et de communication relient principalement les
espaces les plus développés et les pays émergents (doc 3 p 249).
Les NTIC (nouvelles technologies de l’information et de la communication) permettent aux citoyens de
s’affranchir des médias traditionnels, qui peuvent être contrôlés, et diffuser des informations en temps réel
à l’ensemble de la planète (doc 2 p 257). Ces outils peuvent donc avoir un impact géopolitique important
par leur capacité à informer et à mobiliser l’opinion publique mondiale sur un sujet ou un évènement
(printemps arabe en 2011, crise des migrants à partir de 2013…)
3) Les débats sur la mondialisation
L’accélération du processus de mondialisation suscite de nombreux débats, amplifiés par la généralisation des NTIC
et la diffusion des informations en temps réel (réseaux sociaux…).
Les altermondialistes dénoncent les aspects les plus négatifs de la mondialisation associés aux dérives du modèle
néolibéral, à savoir l’augmentation des écarts de richesse entre riches et pauvres, la mise à l’écart de certains
territoires à l’échelle nationale et mondiale, les délocalisations des FTN qui engendrent du chômage dans les pays
développés et favorisent l’exploitation d’une main d’œuvre quasiment servile dans les pays pauvres,
l’uniformisation culturelle sur le modèle occidental, mais aussi les dommages environnementaux liés au
réchauffement climatique, à la pollution générée par les moyens de transport, et à la surexploitation des
ressources qui met en danger la capacité des générations futures à répondre à leurs besoins.
Aujourd’hui, d’autres mouvements de contestation et de moyens d’action émergent à la suite de la crise
économique de 2008. Sur le modèle d’occupation de l’espace public du Printemps arabe, le mouvement des
« Indignés » proteste contre les mesures d’austérité des Etats. Le groupe d’activiste des Anonymous pirate les sites
internet des FTN…
II. Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
Quelle typologie des territoires peut-on établir en fonction de leur inégale intégration à la mondialisation et
quelles caractéristiques ont-ils ?
1) Les espaces moteurs de la mondialisation
Les pôles de la Triade constituent les espaces majeurs de la mondialisation. Ils regroupent l’essentiel des centres
d’impulsion (ville ou région motrice de la mondialisation où les pouvoirs de décision, économiques, politiques et
culturels, sont très concentrés) de la mondialisation. L’Union européenne, les Etats-Unis et le Japon (voire la Chine)
sont donc les principaux centres d’impulsion de la mondialisation car ils regroupent la majorité des sièges sociaux
des FTN, des bourses et des banques les plus influentes, des lieux de décision politique de rang mondial, des
organisations internationales, des technopôles, etc.
La Triade (Chine incluse) produit environ 70 % de la richesse mondiale (PIB mondial), attire la majorité des IDE et
réalise 90 % des flux financiers.
L’essentiel des flux de marchandises, de capitaux et de services ont donc lieu entre ces pôles. Les porte-conteneurs
des grandes compagnies maritimes (Maersk, MSC, CMA-CGM…) empruntent les grandes routes maritimes qui
relient les grands ports de la Triade (Shanghai, Tokyo, Singapour, Rotterdam, New York, Los Angeles…).
La notion de centre d’impulsion se comprend à plusieurs échelles : ce peut être un Etat mais aussi une région (ex :
Megalopolis, Ile de France…), une ville ou un territoire, très bien connecté au reste du monde et/ou qui concentre
des fonctions stratégiques de portée mondiale.
Ainsi, la Triade regroupe les villes-monde les plus puissantes (New York, Londres, Paris, Tokyo). Elles concentrent
des fonctions rares et de très haut niveau qui exercent une influence mondiale. Ces villes mondiales fonctionnent
en réseau et organisent le monde, on parle alors d’« Archipel métropolitain mondial ».
A plus grande échelle, de plus petits territoires attirent les IDE et s’affirment comme des centres d’impulsion de la
mondialisation. C’est le cas des paradis fiscaux qui attirent les flux financiers (îles vierges, Panama, Suisse, Etat du
Delaware aux Etats-Unis…), des zones franches (doc 1 p 261) ou des technopôles (Silicon Valley...).
Les centres d’impulsion de la mondialisation sont très bien reliés au reste du monde. Ils sont en position d’interface,
au cœur des réseaux d’échanges mondiaux, grâce à d’importantes infrastructures multimodales situées à
proximité : façades maritimes, hub aéroportuaire, nœud autoroutier….
2) Un monde de plus en plus multipolaire
Les pôles de la Triade sont de plus en plus concurrencés par les pays émergents (BRICS) (doc 2 p 261) et certains
pays en développement. Cependant, leur intégration à la mondialisation demeure incomplète et disparate. Seuls les
littoraux (façades maritimes) et les principales métropoles sont bien accessibles et reçoivent les IDE.
Certains espaces se sont affirmés en développant une activité spécifique. Ainsi les Emirats Arabes Unis, qui
souhaitent diversifier leur économie et anticiper la pénurie de pétrole, ont fortement investi dans le tourisme et le
transport aérien malgré les contraintes naturelles et le peu d’atouts dont dispose son territoire pour ces activités.
En quelques années, Dubaï s’est imposé comme l’un des plus grands hubs aéroportuaires mondiaux et les
compagnies aériennes Emirates et Etihad, parties de rien, figurent désormais parmi les plus importantes au monde.
La Qatar, quant à lui, investi énormément dans le domaine du sport.
3) A différentes échelles, des espaces en marge
Les espaces en marge de la mondialisation sont visibles à plusieurs échelles :
 A l’échelle des Etats :
La plupart des pays du Sud sont en marge, voire exclus, de la mondialisation.
Parmi les pays du « Sud », certaines caractéristiques sont facteurs d’exclusion :
- L’enclavement (absence d’accès à la mer et aux océans. Par extension, à l’écart des voies de
communication) : Niger, Mongolie, Bolivie…
- L’insularité à l’écart des grandes routes maritimes : Madagascar…
- Le manque d’infrastructures : Mozambique, Libéria, Salvador…
- L’instabilité politique (corruption, tensions, guerres…) : Somalie, Corée du Nord, Afghanistan…
Ces pays sont des périphéries dominées car ils ne bénéficient pas de la richesse créée par l’exploitation
(souvent par des firmes étrangères) et l’exportation de leurs matières premières (quand il y en a !), ils n’attirent
ni les IDE ni les touristes et font face au départ massif de leur population la plus qualifiée vers les pays
développés (fuite des cerveaux). Les PMA sont les pays les moins développés et les plus exclus (2 % des IDE).
Le faible développement est donc un frein à l’intégration à la mondialisation. Une faible intégration qui, en
retour, est un frein au développement…
 A l’échelle des régions :
La mondialisation renforce les disparités spatiales dans les pays du « Nord », comme dans ceux « Sud », même
si elles sont souvent plus marquées dans ces derniers. Les interfaces maritimes et continentales reçoivent
l’essentiel des IDE, ce qui marginalise des territoires plus enclavés (Chine littorale/Chine de l’Ouest,
Sudeste/Nordeste au Brésil…), à l’écart des flux.
 A l’échelle locale :
Les inégalités socio-spatiales témoignent également de ces disparités, au « Nord » comme au « Sud ». On
constate de forts écarts de revenus dans les grandes métropoles mondiales.
Dans les villes des pays émergents ou en développement, les écarts de richesse, d’équipements urbains et
d’accessibilité entre les quartiers qui concentrent des fortunes colossales et les bidonvilles adjacents (favelas au
Brésil, Slums en Inde, Townships en Afrique du Sud…) sont encore plus importants.
Au « Nord » comme au « Sud, la mondialisation produit également des inégalités entre populations urbaines et
rurales.
La mondialisation renforce la distinction centres/périphéries à toutes les échelles en produisant des disparités
spatiales au « Nord » comme au « Sud ».
III. Une approche géostratégique des espaces maritimes (doc 2 p 263)
- Pourquoi le contrôle des espaces maritimes est-il un enjeu géopolitique ?
- En quoi la géostratégie des espaces maritimes est-elle révélatrice de la hiérarchie des puissances
dans la mondialisation ?
1) Des espaces au cœur des enjeux économiques mondiaux
Les espaces maritimes sont au cœur des enjeux économiques mondiaux car la très grande majorité des
marchandises échangées dans le monde le sont par la voie maritime (80 %).
L’accélération de la mondialisation est indissociable de la généralisation de la conteneurisation, c’est-à-dire le
transport sur des porte-conteneurs géants. Le transport par conteneurs est le plus rentable par rapport à l’avion-
cargo et au transport routier.
La mondialisation accélère également la littoralisation des hommes et des activités (80 % des hommes vivent à
moins de 500 kms des côtes). Les grandes façades maritimes disposent d’infrastructures portuaires multimodales
puissantes connectées à de vastes hinterlands dotés de voies de communication denses (autoroutes, chemin de
fer, aéroports) pour acheminer et redistribuer les marchandises. Les façades maritimes sont donc des interfaces
(zones de contact) entre un hinterland et le reste du monde.
Cependant, les espaces maritimes témoignent également de la hiérarchisation des territoires induite par une
intégration plus ou moins poussée à la mondialisation. Ainsi, 21 Etats contrôlent 80 % de la flotte mondiale de
navires de marchandises et 25 ports polarisent la moitié des flux mondiaux.
Les routes maritimes qui concentrent les flux les plus importants sont celles qui relient les grands ports (hubs) des
façades maritimes de la Triade. Avec l’émergence de l’Asie orientale et le développement très rapide des ports
chinois, le centre de gravité du commerce mondial se déplace de l’Atlantique vers le Pacifique.
Les espaces maritimes sont également au cœur des enjeux économiques mondiaux en raison de l’importance des
ressources qui s’y trouvent :
- Des ressources halieutiques, dont l’exploitation a été multipliée par 5 depuis 1950 (90 millions de
tonnes/an), notamment en raison de la surpêche des principales espèces.
- Des ressources énergétiques. Le sous-sol marin recèlerait entre ¼ et 1/3 des réserves de gaz et de pétrole,
soit entre 30 et 40 ans de consommation mondiale. Ces ressources sont exploitées à partir de plates-formes
offshore.
2) Des espaces convoités
L’importance des espaces maritimes pour le développement économique engendre des tensions entre Etats et des
revendications territoriales (doc 2 p 265). Elles sont notamment liées à la présence de ressources énergétiques ou
halieutiques.
En 1982, la convention des Nations Unies de Montego Bay institue un nouveau droit de la mer pour éviter les
conflits. Elle crée les Zones économiques exclusives (ZEE) au-delà desquelles commencent les eaux internationales.
La délimitation des ZEE est source de tensions et de revendications de la part des Etats pour qui cherchent à
sécuriser leurs approvisionnements en ressources et exploiter de nouveaux gisements ou de nouvelles zones de
pêche (revendications autour des îles Spratleys, Paracels, conflit entre Argentins et Britanniques autour des îles
Malouines…).
En Arctique, la raréfaction des énergies fossiles et les perspectives de développement liées au réchauffement
climatique et à la fonte des glaces amènent les Etats cherchent à revendiquer une extension de leurs ZEE afin
d’exploiter les dernières réserves d’hydrocarbures et d’ouvrir de nouvelles routes commerciales.
3) Des espaces fragiles à sécuriser
En raison des enjeux économiques associés aux espaces maritimes et des tensions qu’ils suscitent, le contrôle et la
maîtrise des mers et des océans constituent un enjeu géopolitique majeur.
La domination des espaces maritimes a toujours été un facteur de puissance géopolitique et d’influence mondiale
(on parle de « diplomatie navale »). Seuls quelques pays disposent d’une marine militaire capable d’intervenir
partout dans le monde : Etats-Unis, Royaume-Uni, France, Russie. Il faut comprendre dans ce sens les efforts
considérables de la Chine (et dans une moindre mesure de l’Inde et du Brésil) pour se doter d’une marine de guerre
crédible et influente.
Les Etats les plus impliqués dans la mondialisation engagent donc des moyens militaires importants pour sécuriser
les routes maritimes et garantir la libre-circulation dans les détroits et les canaux stratégiques (Canal de Suez,
Canal de Panama, Détroits de Malacca, de Gibraltar, d’Ormuz, de Bab el Mandeb) où transite l’essentiel du trafic
mondial et les plus grands porte-conteneurs.
Les marines de guerre luttent contre la piraterie, en forte augmentation depuis 15 ans, notamment à proximité de
la Somalie, du Détroit de Malacca et dans les Caraïbes (docs p.266-267). Elles participent également à la lutte contre
le trafic de drogue et de migrants et contribuent à protéger l’équilibre environnemental en empêchant les
dégazages illégaux.
La convention de Montego Bay impose également la protection des espaces marins. Les espaces maritimes sont
des espaces fragiles exposés à la pollution générée par les activités humaines, mais aussi aux accidents (marées
noires…) qui menacent les écosystèmes (les océans seraient la plus grosse réserve de biodiversité sur terre, certains
parlent de 80 %) et les intérêts économiques (la pollution touche les zones de pêche).
A ce titre, l’exploitation d’hydrocarbures et l’ouverture de nouvelles routes maritimes commerciales en Arctique
pose un réel problème environnemental de portée mondiale.
Conclusion :
La mondialisation est un processus inégalitaire et sélectif. Elle met en relation les territoires entre eux mais produit
des inégalités, à toutes les échelles.
Seuls quelques territoires bénéficient de la mondialisation, la Triade, les principales métropoles, les grandes façades
maritimes, les principaux ports. Les autres sont maintenus en marge et dans une situation de dépendance.
L’émergence de nouveaux acteurs, la raréfaction des ressources associée à une accélération de la demande
mondiale, les conséquences environnementales des changements climatiques…constituent des enjeux qui
contribuent à accentuer ces disparités.

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  • 1. THEME 2 : LES DYNAMIQUES DE LA MONDIALISATION La mondialisation, fonctionnement et territoire Introduction : Aujourd’hui, la mondialisation désigne une mise en relation des économies, des hommes et des espaces qui renforce l’interdépendance des territoires à l’échelle mondiale en générant des flux de plus en plus intenses. Si la mondialisation n’est pas un phénomène récent (pour les historiens, le processus a débuté au XVIème siècle, voire même durant l’Antiquité), les progrès dans le domaine du transport et des moyens de communication expliquent son intensité nouvelle. Aujourd’hui, quasiment aucun territoire est à l’écart de la mondialisation, même si leur intégration est très inégale. Quelles sont les dynamiques de la mondialisation à l’échelle mondiale et en quoi les territoires y sont-ils inégalement intégrés ? Etude de cas : Un produit mondialisé, l’iPhone d’Apple (doc 1 p 248) 1) Un produit de conception américaine… L’iPhone est un produit de conception américaine mis au point par Apple, une FTN dont le siège social est à Cupertino dans la Silicon Valley près de San Francisco. La Silicon Valley est le technopôle le plus puissant au monde. Apple y a implanté ses fonctions de commandement (direction, conception, recherche et développement, marketing, publicité…). L’ensemble des acteurs de la stratégie de l’entreprise est implanté aux Etats-Unis. Grâce à sa stratégie commerciale et à ses innovations, Apple est devenue la 1ère firme mondiale en termes de capitalisation boursière et l’une des 10 plus importantes FTN mondiales en chiffre d’affaires. Par ailleurs, elle bénéficie d’une excellente image, voire même parfois d’un véritable culte, auprès de ses clients. 2) …produit principalement en Asie… Apple ne produit plus dans ses propres usines mais fait appel à des sous-traitants pour fabriquer les composants de ses produits et les assembler, selon le principe de la « nouvelle division internationale du travail ». Les composants qui nécessitent une main d’œuvre qualifiée sont fabriqués dans des pays développés (Europe, Japon, Corée du Sud…). Ces composants nécessitent l’utilisation de minerais rares, comme le coltan, qui sont importés de pays pauvres, voire en guerre comme la RDC, ce qui contribue à financer le conflit dans ce pays. L’assemblage est ensuite réalisé dans des pays émergents, et notamment en Chine (l’usine Foxconn à Shenzhen en Chine (doc 9 p 251) est la plus importante et assemble également les Smartphones des concurrents d’Apple). En sous-traitant la fabrication de ses produits, Apple cherche à diminuer ses coûts de main d’œuvre mais aussi à bénéficier de la flexibilité du travail dans les pays émergents (le code du travail de ces pays impose moins de contraintes…) et d’optimiser sa fiscalité... Cette stratégie permet également à Apple de ne pas être juridiquement responsable des conditions de travail dans ces usines… Néanmoins, l’opinion publique commence à prendre conscience des problèmes associés à ces pratiques et fait pression pour que des conditions de travail décentes soient respectées (ex : scandale révélé à l’occasion de l’effondrement du toit d’une usine au Bangladesh fournissant des marques de prêt-à-porter). Un tel circuit de production est rendu possible par le faible coût (porte-conteneurs) et la rapidité (avion) des moyens de transport qui empruntent les grandes routes commerciales reliant les pôles de la Triade.
  • 2. 3) …pour un marché planétaire en rapide évolution. Le succès de l’iPhone accompagne la généralisation de la téléphonie mobile à l’échelle mondiale (doc 2 p 248), il participe donc à l’homogénéisation du monde. Aujourd’hui, la majorité des téléphones mobiles vendus dans le monde sont des Smartphones. Malgré le coût de ses produits, Apple annonce en 2015 avoir vendu plus de 700 millions d’iPhones depuis 2007. Ce succès est lié aux innovations permanentes de l’iPhone (1 nouveau modèle/an en moyenne) rendues indispensables par la pression de la concurrence (Samsung notamment) mais surtout en raison d’une stratégie d’entreprise visant à rendre la marque très attractive, prestigieuse (d’où la création des Apple Stores) et par conséquent à fidéliser les clients. Ex : Apple est devenue la 1ère entreprise mondiale dans le domaine du placement de produit publicitaire, elle apparait en moyenne dans 34 % des films ayant eu le plus de succès au box-office entre 2001 et 2011. La diffusion de l’iPhone s’adapte également aux évolutions du marché. D’abord distribué dans les pays développés à fort pouvoir d’achat, il est désormais massivement commercialisé dans les des pays émergents. Ainsi la Chine est devenue le deuxième marché mondial pour ce produit. Néanmoins, le marché mondial de l’iPhone reflète aussi les inégalités de la mondialisation, à différentes échelles. Ainsi, les Apples Stores sont principalement situés dans les grandes métropoles, essentiellement dans les pays développés. Les fonctionnalités de l’iPhone pour une utilisation optimale sont adaptées aux territoires les mieux intégrés au reste du monde (haut-débit, internet…), c’est-à-dire les espaces les plus développés (docs 3 et 5 p 249). Les pays les plus pauvres demeurent en marge de ce marché.
  • 3. I. Acteurs, flux et débats de la mondialisation 1) Les acteurs de la mondialisation  Les FTN (Firmes transnationales) sont des acteurs majeurs de la mondialisation. Ce sont les plus importantes entreprises mondiales. Elles sont aux 2/3 issues des pays développés (leur siège social y est implanté, ainsi que leurs fonctions de commandement), et de plus en plus des pays émergents (1/3 aujourd’hui et en constante progression => doc 1 p 257). Cependant, elles réalisent l’essentiel de leur chiffre d’affaires à l’étranger car elles délocalisent l’essentiel de leur outil de production dans les pays où la main d’œuvre est bon marché et où la flexibilité du travail est la plus importante (nouvelles DIT). Les IDE qu’elles réalisent mettent les territoires en concurrence. Les FTN sont détenues par des actionnaires et sont cotées en bourse. Elles constituent de grands groupes en fusionnant entre elles. Les 80 000 FTN réalisent plus du quart du PIB mondial et sont à l’origine des 2/3 des flux du commerce mondial.  Les Etats sont des acteurs importants de la mondialisation. Ils soutiennent leurs FTN dans leurs stratégies de développement (ex : le pouvoir politique encourage la vente de produits nationaux lors de visites officielles à l’étranger), ils aménagent leurs territoires pour mieux les intégrer aux échanges mondiaux (infrastructures portuaires, aéroportuaires, zones franches…). Ils interviennent pour soutenir l’économie lors des crises financières. Ils détiennent des fonds souverains qui leurs permettent d’investir à l’étranger et soutiennent des investissements jugés stratégiques (ex : Port du Pirée racheté par une société chinoise). Les Etats agissent également comme des régulateurs de la mondialisation, notamment pour corriger ses aspects les plus négatifs (conditions de travail, fiscalité, règles commerciales…). Cependant, les Etats ont parfois du mal à s’imposer face à des FTN beaucoup plus puissantes qu’eux (ex : Wal Mart a un chiffre d’affaires équivalent au PIB de la Belgique, la capitalisation boursière de McDonald’s est supérieure au PIB de 143 pays). Les Etats s’organisent en associations régionales de coopération économique (UE, ALENA, ASEAN…).  Les organisations internationales cherchent à réguler la mondialisation. L’OMC, le FMI, la Banque mondiale… favorisent le processus de mondialisation. Les ONG (Greenpeace, Amnesty international, Action contre la faim…) utilisent les réseaux médiatiques mondiaux pour forger une opinion publique mondiale dénonçant les aspects les plus néfastes de la mondialisation. Les citoyens peuvent également s’organiser en groupes de pression pour dénoncer les inégalités produites par la mondialisation et ses acteurs les plus puissants (mouvement des « indignés », lanceurs d’alertes, associations de consommateurs, syndicats…)  Les organisation criminelles et mafieuses utilisent également les circuits de la mondialisation et constituent des marchés économiques parallèles (drogue, armes…) contre lesquels les Etats et les organisations internationales luttent.
  • 4. 2) Les flux de la mondialisation La mondialisation génère des flux intenses et en constante augmentation (doc p 258), visibles et invisibles, qui structurent l’espace mondialisé et définissent une hiérarchisation des territoires en fonction de leur intégration plus ou moins avancée dans cet ensemble.  Parmi les flux visibles : - Les flux du commerce mondial relient principalement les pôles de la Triade (plus de 80 % du commerce mondial en incluant la Chine) et les pays émergents (doc 1 p 254). L’essentiel des flux est intrarégional (doc 4 p 231). Les échanges internes représentent les 2/3 du commerce de l’UE. Plus de 80 % des marchandises transportées le sont par la voie maritime. Les 20 % restants le sont par la voie aérienne, fluviale, et routière. 70 % des marchandises échangées sont des produits manufacturés. - Les flux de matières premières ont principalement une logique « Sud-Nord » car l’essentiel des matières premières sont présentes dans les pays du « Sud » mais ce sont principalement les pays du « Nord » et les pays émergents qui les importent pour alimenter leurs industries et soutenir leur développement. Il s’agit donc d’un commerce inégal car les pays du « Sud » profitent peu de la plus-value générée par ces échanges. La matière première la plus échangée est le pétrole (doc 3 p 255). - Les flux migratoires ont également une logique « Sud-Nord », qu’il s’agisse de migrations économiques (on migre pour accéder à de meilleures conditions de vie ou de travail), ou politiques (on fuit un pays en guerre ou des persécutions). Les flux migratoires sont en constante augmentation (x 3 en 30 ans) en raison de l’accroissement des écarts de développement entre pays du « Nord » et pays du « Sud » et des conflits qui perdurent (Syrie, Irak, Afghanistan). Les flux migratoires sont les plus denses à proximité de la limite « Nord-Sud », là où les écarts de développement sont les plus importants entre deux espaces (Méditerranée, frontière USA-Mexique…). Pour réguler et contrôler ces flux, les pays d’immigration (UE, Etats-Unis) érigent des barrières à leurs frontières, ce qui a des conséquences humanitaires importantes - Les flux touristiques concernent essentiellement les pays du « Nord », même si le phénomène se développe aussi dans les pays émergents (15 pays accueillent 2/3 des flux). Ils représentent environ 10 % du total des flux migratoires et ont une logique « Nord-Nord » et « Nord-Sud » (doc 3 p 259). L’essor du tourisme est avant tout lié à la démocratisation du transport aérien, depuis les années 70, et à l’apparition des compagnies low-cost depuis les années 90 (Ryanair, Easy Jet). La présence de 2 compagnies chinoises dans le classement des 10 premières compagnies aériennes mondiales en 2014 témoigne de la croissance économique de la Chine mais aussi de la très forte augmentation de touristes chinois depuis la fin des années 90.  Parmi les flux invisibles : - Les flux financiers et de capitaux sont en forte progression et relient principalement les pôles de la Triade. Ils sont liés aux IDE réalisés par les FTN et à la capitalisation boursière (x 5 en 20 ans). Les bourses mondiales sont interdépendantes et fonctionnent en réseaux (doc 2 p 255). Les principales bourses sont situées dans les pays du Nord (85 % de la capitalisation mondiale), même si celles de Shanghai, Hong Kong ou Bombay figurent désormais parmi les plus importantes. Les flux migratoires participent aussi à l’augmentation de ces flux car les migrants, une fois installés dans leur pays d’accueil, continuent d’envoyer des capitaux à leur famille restée dans leur pays d’origine. Ils participent en cela au développement de leur pays de départ. - Les flux d’informations et de communication ont connu un essor sans précédent depuis 20 ans en raison des progrès technologiques liés à la généralisation de la téléphonie mobile et d’internet. Même si aucun territoire n’est exclu de ces réseaux, les flux d’informations et de communication relient principalement les espaces les plus développés et les pays émergents (doc 3 p 249). Les NTIC (nouvelles technologies de l’information et de la communication) permettent aux citoyens de s’affranchir des médias traditionnels, qui peuvent être contrôlés, et diffuser des informations en temps réel à l’ensemble de la planète (doc 2 p 257). Ces outils peuvent donc avoir un impact géopolitique important par leur capacité à informer et à mobiliser l’opinion publique mondiale sur un sujet ou un évènement (printemps arabe en 2011, crise des migrants à partir de 2013…)
  • 5. 3) Les débats sur la mondialisation L’accélération du processus de mondialisation suscite de nombreux débats, amplifiés par la généralisation des NTIC et la diffusion des informations en temps réel (réseaux sociaux…). Les altermondialistes dénoncent les aspects les plus négatifs de la mondialisation associés aux dérives du modèle néolibéral, à savoir l’augmentation des écarts de richesse entre riches et pauvres, la mise à l’écart de certains territoires à l’échelle nationale et mondiale, les délocalisations des FTN qui engendrent du chômage dans les pays développés et favorisent l’exploitation d’une main d’œuvre quasiment servile dans les pays pauvres, l’uniformisation culturelle sur le modèle occidental, mais aussi les dommages environnementaux liés au réchauffement climatique, à la pollution générée par les moyens de transport, et à la surexploitation des ressources qui met en danger la capacité des générations futures à répondre à leurs besoins. Aujourd’hui, d’autres mouvements de contestation et de moyens d’action émergent à la suite de la crise économique de 2008. Sur le modèle d’occupation de l’espace public du Printemps arabe, le mouvement des « Indignés » proteste contre les mesures d’austérité des Etats. Le groupe d’activiste des Anonymous pirate les sites internet des FTN… II. Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation Quelle typologie des territoires peut-on établir en fonction de leur inégale intégration à la mondialisation et quelles caractéristiques ont-ils ? 1) Les espaces moteurs de la mondialisation Les pôles de la Triade constituent les espaces majeurs de la mondialisation. Ils regroupent l’essentiel des centres d’impulsion (ville ou région motrice de la mondialisation où les pouvoirs de décision, économiques, politiques et culturels, sont très concentrés) de la mondialisation. L’Union européenne, les Etats-Unis et le Japon (voire la Chine) sont donc les principaux centres d’impulsion de la mondialisation car ils regroupent la majorité des sièges sociaux des FTN, des bourses et des banques les plus influentes, des lieux de décision politique de rang mondial, des organisations internationales, des technopôles, etc. La Triade (Chine incluse) produit environ 70 % de la richesse mondiale (PIB mondial), attire la majorité des IDE et réalise 90 % des flux financiers. L’essentiel des flux de marchandises, de capitaux et de services ont donc lieu entre ces pôles. Les porte-conteneurs des grandes compagnies maritimes (Maersk, MSC, CMA-CGM…) empruntent les grandes routes maritimes qui relient les grands ports de la Triade (Shanghai, Tokyo, Singapour, Rotterdam, New York, Los Angeles…). La notion de centre d’impulsion se comprend à plusieurs échelles : ce peut être un Etat mais aussi une région (ex : Megalopolis, Ile de France…), une ville ou un territoire, très bien connecté au reste du monde et/ou qui concentre des fonctions stratégiques de portée mondiale. Ainsi, la Triade regroupe les villes-monde les plus puissantes (New York, Londres, Paris, Tokyo). Elles concentrent des fonctions rares et de très haut niveau qui exercent une influence mondiale. Ces villes mondiales fonctionnent en réseau et organisent le monde, on parle alors d’« Archipel métropolitain mondial ». A plus grande échelle, de plus petits territoires attirent les IDE et s’affirment comme des centres d’impulsion de la mondialisation. C’est le cas des paradis fiscaux qui attirent les flux financiers (îles vierges, Panama, Suisse, Etat du Delaware aux Etats-Unis…), des zones franches (doc 1 p 261) ou des technopôles (Silicon Valley...). Les centres d’impulsion de la mondialisation sont très bien reliés au reste du monde. Ils sont en position d’interface, au cœur des réseaux d’échanges mondiaux, grâce à d’importantes infrastructures multimodales situées à proximité : façades maritimes, hub aéroportuaire, nœud autoroutier….
  • 6. 2) Un monde de plus en plus multipolaire Les pôles de la Triade sont de plus en plus concurrencés par les pays émergents (BRICS) (doc 2 p 261) et certains pays en développement. Cependant, leur intégration à la mondialisation demeure incomplète et disparate. Seuls les littoraux (façades maritimes) et les principales métropoles sont bien accessibles et reçoivent les IDE. Certains espaces se sont affirmés en développant une activité spécifique. Ainsi les Emirats Arabes Unis, qui souhaitent diversifier leur économie et anticiper la pénurie de pétrole, ont fortement investi dans le tourisme et le transport aérien malgré les contraintes naturelles et le peu d’atouts dont dispose son territoire pour ces activités. En quelques années, Dubaï s’est imposé comme l’un des plus grands hubs aéroportuaires mondiaux et les compagnies aériennes Emirates et Etihad, parties de rien, figurent désormais parmi les plus importantes au monde. La Qatar, quant à lui, investi énormément dans le domaine du sport. 3) A différentes échelles, des espaces en marge Les espaces en marge de la mondialisation sont visibles à plusieurs échelles :  A l’échelle des Etats : La plupart des pays du Sud sont en marge, voire exclus, de la mondialisation. Parmi les pays du « Sud », certaines caractéristiques sont facteurs d’exclusion : - L’enclavement (absence d’accès à la mer et aux océans. Par extension, à l’écart des voies de communication) : Niger, Mongolie, Bolivie… - L’insularité à l’écart des grandes routes maritimes : Madagascar… - Le manque d’infrastructures : Mozambique, Libéria, Salvador… - L’instabilité politique (corruption, tensions, guerres…) : Somalie, Corée du Nord, Afghanistan… Ces pays sont des périphéries dominées car ils ne bénéficient pas de la richesse créée par l’exploitation (souvent par des firmes étrangères) et l’exportation de leurs matières premières (quand il y en a !), ils n’attirent ni les IDE ni les touristes et font face au départ massif de leur population la plus qualifiée vers les pays développés (fuite des cerveaux). Les PMA sont les pays les moins développés et les plus exclus (2 % des IDE). Le faible développement est donc un frein à l’intégration à la mondialisation. Une faible intégration qui, en retour, est un frein au développement…  A l’échelle des régions : La mondialisation renforce les disparités spatiales dans les pays du « Nord », comme dans ceux « Sud », même si elles sont souvent plus marquées dans ces derniers. Les interfaces maritimes et continentales reçoivent l’essentiel des IDE, ce qui marginalise des territoires plus enclavés (Chine littorale/Chine de l’Ouest, Sudeste/Nordeste au Brésil…), à l’écart des flux.  A l’échelle locale : Les inégalités socio-spatiales témoignent également de ces disparités, au « Nord » comme au « Sud ». On constate de forts écarts de revenus dans les grandes métropoles mondiales. Dans les villes des pays émergents ou en développement, les écarts de richesse, d’équipements urbains et d’accessibilité entre les quartiers qui concentrent des fortunes colossales et les bidonvilles adjacents (favelas au Brésil, Slums en Inde, Townships en Afrique du Sud…) sont encore plus importants. Au « Nord » comme au « Sud, la mondialisation produit également des inégalités entre populations urbaines et rurales. La mondialisation renforce la distinction centres/périphéries à toutes les échelles en produisant des disparités spatiales au « Nord » comme au « Sud ».
  • 7. III. Une approche géostratégique des espaces maritimes (doc 2 p 263) - Pourquoi le contrôle des espaces maritimes est-il un enjeu géopolitique ? - En quoi la géostratégie des espaces maritimes est-elle révélatrice de la hiérarchie des puissances dans la mondialisation ? 1) Des espaces au cœur des enjeux économiques mondiaux Les espaces maritimes sont au cœur des enjeux économiques mondiaux car la très grande majorité des marchandises échangées dans le monde le sont par la voie maritime (80 %). L’accélération de la mondialisation est indissociable de la généralisation de la conteneurisation, c’est-à-dire le transport sur des porte-conteneurs géants. Le transport par conteneurs est le plus rentable par rapport à l’avion- cargo et au transport routier. La mondialisation accélère également la littoralisation des hommes et des activités (80 % des hommes vivent à moins de 500 kms des côtes). Les grandes façades maritimes disposent d’infrastructures portuaires multimodales puissantes connectées à de vastes hinterlands dotés de voies de communication denses (autoroutes, chemin de fer, aéroports) pour acheminer et redistribuer les marchandises. Les façades maritimes sont donc des interfaces (zones de contact) entre un hinterland et le reste du monde. Cependant, les espaces maritimes témoignent également de la hiérarchisation des territoires induite par une intégration plus ou moins poussée à la mondialisation. Ainsi, 21 Etats contrôlent 80 % de la flotte mondiale de navires de marchandises et 25 ports polarisent la moitié des flux mondiaux. Les routes maritimes qui concentrent les flux les plus importants sont celles qui relient les grands ports (hubs) des façades maritimes de la Triade. Avec l’émergence de l’Asie orientale et le développement très rapide des ports chinois, le centre de gravité du commerce mondial se déplace de l’Atlantique vers le Pacifique. Les espaces maritimes sont également au cœur des enjeux économiques mondiaux en raison de l’importance des ressources qui s’y trouvent : - Des ressources halieutiques, dont l’exploitation a été multipliée par 5 depuis 1950 (90 millions de tonnes/an), notamment en raison de la surpêche des principales espèces. - Des ressources énergétiques. Le sous-sol marin recèlerait entre ¼ et 1/3 des réserves de gaz et de pétrole, soit entre 30 et 40 ans de consommation mondiale. Ces ressources sont exploitées à partir de plates-formes offshore. 2) Des espaces convoités L’importance des espaces maritimes pour le développement économique engendre des tensions entre Etats et des revendications territoriales (doc 2 p 265). Elles sont notamment liées à la présence de ressources énergétiques ou halieutiques. En 1982, la convention des Nations Unies de Montego Bay institue un nouveau droit de la mer pour éviter les conflits. Elle crée les Zones économiques exclusives (ZEE) au-delà desquelles commencent les eaux internationales. La délimitation des ZEE est source de tensions et de revendications de la part des Etats pour qui cherchent à sécuriser leurs approvisionnements en ressources et exploiter de nouveaux gisements ou de nouvelles zones de pêche (revendications autour des îles Spratleys, Paracels, conflit entre Argentins et Britanniques autour des îles Malouines…). En Arctique, la raréfaction des énergies fossiles et les perspectives de développement liées au réchauffement climatique et à la fonte des glaces amènent les Etats cherchent à revendiquer une extension de leurs ZEE afin d’exploiter les dernières réserves d’hydrocarbures et d’ouvrir de nouvelles routes commerciales.
  • 8. 3) Des espaces fragiles à sécuriser En raison des enjeux économiques associés aux espaces maritimes et des tensions qu’ils suscitent, le contrôle et la maîtrise des mers et des océans constituent un enjeu géopolitique majeur. La domination des espaces maritimes a toujours été un facteur de puissance géopolitique et d’influence mondiale (on parle de « diplomatie navale »). Seuls quelques pays disposent d’une marine militaire capable d’intervenir partout dans le monde : Etats-Unis, Royaume-Uni, France, Russie. Il faut comprendre dans ce sens les efforts considérables de la Chine (et dans une moindre mesure de l’Inde et du Brésil) pour se doter d’une marine de guerre crédible et influente. Les Etats les plus impliqués dans la mondialisation engagent donc des moyens militaires importants pour sécuriser les routes maritimes et garantir la libre-circulation dans les détroits et les canaux stratégiques (Canal de Suez, Canal de Panama, Détroits de Malacca, de Gibraltar, d’Ormuz, de Bab el Mandeb) où transite l’essentiel du trafic mondial et les plus grands porte-conteneurs. Les marines de guerre luttent contre la piraterie, en forte augmentation depuis 15 ans, notamment à proximité de la Somalie, du Détroit de Malacca et dans les Caraïbes (docs p.266-267). Elles participent également à la lutte contre le trafic de drogue et de migrants et contribuent à protéger l’équilibre environnemental en empêchant les dégazages illégaux. La convention de Montego Bay impose également la protection des espaces marins. Les espaces maritimes sont des espaces fragiles exposés à la pollution générée par les activités humaines, mais aussi aux accidents (marées noires…) qui menacent les écosystèmes (les océans seraient la plus grosse réserve de biodiversité sur terre, certains parlent de 80 %) et les intérêts économiques (la pollution touche les zones de pêche). A ce titre, l’exploitation d’hydrocarbures et l’ouverture de nouvelles routes maritimes commerciales en Arctique pose un réel problème environnemental de portée mondiale. Conclusion : La mondialisation est un processus inégalitaire et sélectif. Elle met en relation les territoires entre eux mais produit des inégalités, à toutes les échelles. Seuls quelques territoires bénéficient de la mondialisation, la Triade, les principales métropoles, les grandes façades maritimes, les principaux ports. Les autres sont maintenus en marge et dans une situation de dépendance. L’émergence de nouveaux acteurs, la raréfaction des ressources associée à une accélération de la demande mondiale, les conséquences environnementales des changements climatiques…constituent des enjeux qui contribuent à accentuer ces disparités.