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1
Master Métiers de l’enseignement et de l’éducation et de la formation
Mention 2– MASTER 2
L’impact numérique
sur les fonctions cognitives des élèves :
développement de compétences nouvelles,
évolution des apprentissages
et posture de l’enseignant
Mémoire présenté en vue de l’obtention du Grade de Master soutenu par
Charlène THOMAS
Directeur de mémoire : Etienne TRIPIER
Année universitaire 2018-2019
2
3
L’impact numérique
sur les fonctions cognitives des élèves :
développement de compétences nouvelles,
évolution des apprentissages et posture de l’enseignant
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ENGAGEMENT DE NON PLAGIAT
Je, soussigné (e) Mlle THOMAS Charlène __________________________________________________,
étudiant (e) en M2 MEEF Option B DOCUMENTATION_______________________________________ ,
déclare être pleinement conscient(e) que le plagiat de documents ou d’une partie d’un document publiés sur
toutes formes de support, y compris internet, constitue une violation des droits d’auteur ainsi qu’une fraude
caractérisée. En conséquence, je m’engage à citer toutes les sources que j’ai utilisées pour écrire ce rapport
ou ce mémoire.
Date :
13/04/2019
Signature
Cet engagement de non plagiat doit être inséré en première page de tous les rapports, dossiers, mémoires.
4 sites de formation
Clermont-Chamalières
Aurillac
Le Puy-en-Velay
Moulins
ESPE Clermont-Auvergne
36, avenue Jean Jaurès C.S. 20001 - 63407 Chamalières Cedex
Tél. : +33 (0)4 73 31 71 50 - Fax : +33 (0)4 73 36 56 48
espe@univ-bpclermont.fr
5
Remerciements
Je tiens à remercier l’ensemble des personnes qui ont contribué à l’élaboration de ce mémoire
scientifique. Tout d’abord Mademoiselle Meggie Pothier, étudiante en Master Psychologie de
l’Education à l’Université Paris-Nanterre , qui a su m’apporter ses connaissances et ressources
d’une importance capitale.
Bien naturellement, je remercie gracieusement les laboratoires scientifiques et universitaires
qui ont su m’accorder de leur temps, et m’offrir un appui indéfectible malgré des
disponibilités de communication plus que limitées.
Ici, Monsieur Éric Roditi, Enseignant-chercheur en sciences de l’éducation , Didacticien des
mathématiques et directeur au Laboratoire EDA Paris Descartes.
Monsieur Antoine Delcroix enseignant chercheur au Laboratoire CRREF, à l’Université des
Antilles et à l'ESPE de l'académie de Guadeloupe, qui a pris le temps de converser avec moi
sur le sujet abordé, et à en redéfinir plus précisément les contours.
Ainsi que Madame Najoua Mohib, Maître de conférences en sciences de l’éducation
Responsable de l'équipe de recherche "Technologie et Communication", au Laboratoire
Interuniversitaire de Sciences de l'Éducation (LISEC), enseignante chercheuse à l'ESPE de
l’Académie de Strasbourg.
Je remercie également Monsieur Valentin Daval, ancien Ingénieur pédagogique, reconverti en
enseignant mathématicien, pour son regard professionnel et son point de vue critique des
pratiques de recherche.
Ma pensée se tourne à présent vers les personnes ressources issue des bibliothèques
universitaires et publiques.
Canopé Clermont et la Bibliothèque Universitaire de l’ESPE Clermont-Auvergne pour
m’avoir fourni rapidement un support numérique (Tablette) de rechange et des ressources
documentaires adaptées.
Mais également Canopé Moulins pour sa collection sur l’enseignement et l’inclusion scolaire
pour les élèves porteurs d’handicap. Enfin la Médiathèque Valéry Larbaud de Vichy sur la
gestion de ses collections, qui me semblent raisonnablement fournies, la pertinence de ses
ressources et l’accès à des lieux de travail optimaux.
Je reconnais bien naturellement l’implication de mes formateurs de ces deux années de Master
MEEF à l’ESPE Clermont-Auvergne.
Monsieur Etienne Tripier, pour sa formation à la méthodologie de mémoire et toute sa
bienveillance dans l'évaluation de ce mémoire. Mais également pour la totalité de son
accompagnement depuis ma troisième année de Licence Métiers du Livre, au cours de ses
deux années de Master MEEF Documentation; et de son soutien lors de la préparation au
concours.
6
Madame Valérie Founaud pour sa présence lors de l'évaluation orale de ce mémoire. Ainsi
que son fort investissement au cours de ses deux années de Master MEEF Documentation. Je
retiendrais cette passion à concevoir des cours de qualité, transmettre un savoir ; avec le
sourire et une remarquable patience. Formatrice qui a pleinement su apporter son opinion sur
les pratiques enseignantes, au regard de sa qualification de professeur documentaliste en
collège.
Je remercie Madame Valérie Orenes pour le dynamisme de ces interventions, de ces
conversations professionnelles extrêmement enrichissantes, notamment au sujet des
innovations pédagogiques.
Enfin je remercie Madame Floriane Jaud, qui a su apporter sa fraîcheur, son exigence et sa
vision créative de l'enseignement. Je relève le temps et le travail conséquent qu'elle a fourni
pour offrir des cours efficaces, prenant modèle sur des actions éducatives déjà mis en place
dans d'autres académies. Ainsi que tout son soutien pour la préparation au concours.
Enfin en dernier temps, je tenais à remercier mes collègues enseignants de promotion MEEF
Documentation, pour leur encouragement tout au long de ses années d’études.
Charlène THOMAS
7
Table des matières
Remerciements................................................................................................................................................5
Table des matières...........................................................................................................................................7
L'avant-propos.................................................................................................................................................9
Introduction...................................................................................................................................................10
CHAPITRE 1 : Fondement des réflexions scientifiques et éducationnelles autour de la réussite de l’élève11
1.1 - Les grands mouvements de la psychologie de l’éducation ............................................................12
1.2 - Les Sciences de l’Education : mouvement pluridisciplinaire ........................................................16
1.3 - Réadaptation des méthodes d’apprentissages traditionnelles pour une nouvelle génération.........54
CHAPITRE 2 : Pratiques informelles des élèves, levier à l’acquisition de futurs compétences ..................77
2.1 - L’élève-lecteur : Maitriser la multimodalité et comprendre l’Architecture Web .........................77
2.2 - L’élève-chercheur : Acquérir une méthodologie cognitive & une pensée critique........................92
2.3 - L’élève-contributeur : citoyen numérique actif et engagé............................................................108
CHAPITRE 3 : Redéfinir la posture enseignante: rôle pluriel, nouvelles responsabilités & nouvelles pratiques
.........................................................................................................................................................................122
3.1 - Redéfinition du cadre spatio-temporel de l'apprentissage, vers un enseignement d'assistance ...122
3.2 - Légitimité de l'enseignant: Praticien réflexif & chercheurs de structures....................................132
3.3- Le Numérique, instrument d'Inclusion scolaire et de remédiation cognitive ................................145
Conclusion...................................................................................................................................................152
SOURCES...................................................................................................................................................153
8
ANNEXE ....................................................................................................................................................170
ANNEXE I ...........................................................................................................................................171
ANNEXE II..........................................................................................................................................172
ANNEXE III ........................................................................................................................................173
ANNEXE IV ........................................................................................................................................174
ANNEXE V..........................................................................................................................................175
ANNEXE VI ........................................................................................................................................176
ANNEXE VII.......................................................................................................................................177
ANNEXE VIII .....................................................................................................................................178
ANNEXE IX ........................................................................................................................................179
ANNEXE X..........................................................................................................................................181
ANNEXE XI ........................................................................................................................................182
ANNEXE XII.......................................................................................................................................183
ANNEXE XIII .....................................................................................................................................185
ANNEXE XIV .....................................................................................................................................186
ANNEXE XV......................................................................................................................................187
ANNEXE XVI .....................................................................................................................................188
ANNEXE XVII....................................................................................................................................189
ANNEXE XVIII ..................................................................................................................................190
ANNEXE XIX .....................................................................................................................................191
ANNEXE XX.......................................................................................................................................192
ANNEXE XXI .....................................................................................................................................193
ANNEXE XXII....................................................................................................................................194
9
L'avant-propos
Le statut d’étudiante en Master Option B fait état de mon absence au sein un établissement
scolaire du second degré, comme normalement prescrit au cours du stage de titularisation se
déroulant à l’année.
C’est pourquoi je ne pouvais ancrer ma réflexion sur mes propres pratiques et constations
professionnelles. Il m’aurait été difficile de conclure à une réflexion probante si je devais
m’appuyer sur mes trois stages en établissement depuis la première année de Master MEEF.
La durée de ces stages étant trop courte (1 mois et demi) , je n’ai pas eu la possibilité de
m’impliquer fortement ou d’obtenir quelconques responsabilités dans ces établissements.
Il est donc légitime que ce mémoire de recherche ne soit pas totalement professionnel même
si le statut et le rôle de l’enseignant documentaliste est explicitement cité.
Ce travail de recherche pourrait cependant s’appliquer à un Master PIF (Pratique et ingénierie
de la formation). Puisque que le sujet tend à une formation des enseignants autour de leur
posture et leurs pratiques, pour une refondation des méthodes d’apprentissages intégrant
l’usage du Numérique dans une approche neuroscientifique.
Les sujets cités en remerciements ont apporté à leur échelle, des modifications et des
enrichissements à cette réflexion. Ils ont d’autre part, influencé le cours de la recherche, en
affichant un parti pris sur certains points essentiels de ce mémoire.
10
Introduction
L'enseignement a, depuis longtemps, placer l'élève au cœur de toutes les réflexions.
Il en répond par l'instauration d'une pédagogie novatrice: pédagogie différenciée, inversée,
accompagnement personnalisé... dans le but d'accroître le potentiel de l'élève, garantir sa
réussite scolaire mais aussi sa réussite dans tous les champs de la société.
Cependant l’émergence numérique a bouleversé l'ensemble de cette société. Il a entraîné une
mutation profonde du monde professionnel: de la façon travailler et à l'intégration d'outil
technologique dans les tâches humaines. Cela suppose la maîtrise de nouvelles compétences.
Le numérique a également transformer le modèle social, en lui offrant de nouveaux codes
culturels, de faisant émerger de nouvelles pratiques informelles, et transformant
le comportement humain.
Le monde de l'enseignement a lui aussi était impacté, le numérique lui imposant de redéfinir
ses priorités d'apprentissage. Cela induit d'inclure et d'enseigner le numérique à l'école, de
réévaluer les pratiques professionnelles par une formation enseignante plus actuelle.
En réponse aux nouveaux enjeux imposés par le Numérique. l'Enseignement devra porter un
nouveau regard plus particulièrement sur ses stratégies d'apprentissage, il aura le défi de
préparer les élèves à s'insérer et à s'engager dans la société à venir.
Pour cela les élèves devront acquérir de nouvelles compétences notamment relationnelles,
leur permettant de s'insérer socialement. Compétences techniques tenant compte des
recommandations du monde professionnel. Et connaissances approfondies, lui assurant une
réussite scolaire, tout en lui permettant d’agir et de s’engager comme citoyen modèle.
Il est donc nécessaire pour l’Enseignement, de s’appuyer sur le potentiel numérique, pratiques
des élèves, pratiques enseignantes et Neurosciences.
Il ne suffit donc plus de s’inspirer des activités informelles des élèves mais de comprendre le
fonctionnement cognitif de son processus d’apprentissage. De par l’analyse du comportement
et des effets du Numérique sur les élèves, l’Ecole en adaptera ses modalités apprentissage
ainsi que son enseignement.
Pour étayer cette étude sera abordé en premier lieu, les fondements des réflexions
scientifiques et éducationnelles autour de la réussite de l’élève. Le second chapitre mettre en
lumière les pratiques informelles des élèves comme levier à l’acquisition de futures
compétences. En dernier temps il sera question de prévenir du rôle pluriel, nouvelles
responsabilité et pratiques des enseignants.
11
CHAPITRE 1 : Fondement des réflexions scientifiques et
éducationnelles autour de la réussite de l’élève
Le Numérique impacte non seulement nos pratiques, nos comportements mais bien au-delà il
influent sur notre propre cerveau. Son usage quotidien et l’omniprésence des TIC dans notre
société implique à l’enseignement de reformuler ses desseins de formation et redéfinir les
stratégies et modalités d’apprentissage.
Le développement des compétences convient de répondre à des exigences sociales,
professionnelles, personnelles et universelles. Le bénéfice de compétences futures façonne la
société de demain. Héritage universelle qui accompagne ainsi les transmutations du monde
actuelle.
Ce questionnement riche de sens, touchent de multiples champs liés implicitement ou
explicitement à l’éducation. Cette réflexion de l’Education nationale se veut plurielle tant il
s’agit de prendre en compte ces exigences de formation, la physiologie et psychologie du
développement de l’enfant, et sa culture de l’élève ( ses habitudes, attitudes et actions.)
Multiplicité des racines de l’enseignement par l’évolution des regards pédagogues, résultant
toujours de découvertes scientifiques et technologiques . Ces pensées pédagogues impliquent
généralement des concepts en science de la psychologie, neurologie et biologie. L’appui sur
ses modèles « archaïques » sont pour chacun d’entre eux, une réponse à cette refondation de
l’apprentissage.
Ainsi dans ce premier chapitre nous exposerons l'ensemble de ces grands mouvements de la
psychologie cognitive, leur regard et leur apport à la pédagogie actuelle.
Dans un second temps sera démontré que les sciences de l'éducation sont issues de réflexions
multidisciplinaires. Il sera donc question de mettre en lumière ses évolutions à travers les
progrès technologiques, scientifiques et culturelles.
Enfin nous nous questionnerons sur l'impact du numérique sur les fonctions cérébrales,
cognitives et sur les compétences qu'elles induisent, comme un enjeu de société et
d'éducation.
12
1.1 - Les grandsmouvements de la psychologiedel’éducation
Ci- dessus - Frise chronologique desgrands mouvements de la psychologie du XXème et XXIème siècle, dont
nous auronsl’occasion d’étayer au court de cette première partie.
Illustration issue de l’ouvrage - Éléments de psychologie cognitive pour les sciences de l'information publié en
2006 par DENECKER Claire, KLOMAYER Élisabeth avec une Préface de ROUET Jean-François.Aux Editions
Presses de l’Enssib dans la collection:Les cahiers de l’Enssib
Les grands mouvements psychologiques se sont succédés, ont fusionnés ou se sont juxtaposés
dans le temps. Nous retenons ceux qui ont eu une influence profonde dans le domaine de
l’éducation et de l’enseignement.
Ainsi c’est véritablement fin XIXème, début XXème que le Behaviorisme, premier
mouvement psychologique a vu le jour. Son postulat affirme la validité d’une approche
fonctionnelle du psychisme, dont le but est d’étudier le comportement humain mais aussi
appréhender et contrôler le processus cognitif.
En clair, le Behaviorisme se base seulement sur le comportement observable, essentiellement
conditionné soit par les mécanismes de réponse, réflexe à un stimulus donné. Soit par
l'histoire d’interactions entre l'individu et son environnement (punitions et renforcements par
le passé.)
Ce mouvement a depuis longtemps était associé à « la boite noire » du fait qu’il ignore
volontairement les représentations mentales de l’individu, car non observables
scientifiquement. Il sera d’autant plus contesté par l’émergence d’un courant fondamental
dans le domaine de la psychologie et de l’éducation qu’est le cognitivisme.
A la base de ce mouvement, la Théorie du développement ou épistémologie biologique de
Piaget datant de 1960.
13
Jean William Fritz Piaget, biologiste, psychologue suisse est connu pour ses travaux
en psychologie du développement à travers ce qu'il a appelé l'épistémologie génétique.
Théorie dans laquelle il examine comment l'enfant, à différents stades de son développement,
comprend des concepts fondamentaux comme le temps, l'espace, la causalité.
Cette théorie de l'apprentissage exercera une influence notable sur la pédagogie et les
méthodes éducatives encore dès à présent.
La « révolution cognitivisme » a véritablement émergé dans les années 1955 -1960
Le mouvement cognitivisme accouchant des théories de Piaget, étudie le processus perceptif,
la structure et fonctionnement de la mémoire, l 'organisation des connaissances et la recherche
d'informations. Et plus particulièrement sur les représentations mentales, symboliques, et leur
transformation par le processus cognitif.
Ces représentations permettraient de comprendre le monde et d'agir sur lui. Elles se veulent
plus ou moins stables car elles sont donc toujours évolutives.
En effet les fonctions cognitives combineraient les données de l'environnement et ces
représentations mentales. Ces modèles sont dès lors utilisables par l'individu comme source
d'information et instrument de régulation et de planification des conduites.1
L’étude de ces représentations dans le mouvement du cognitivisme défend tout du moins
l’élaboration et la modulation de plusieurs formes de ces représentation2, telles que :
• Connaissances déclaratives qui font références a des faits, a des infos qu'il est possible
de décrire verbalement et dont l’organisation est flexible et contrôlée par le sujet
• Connaissances procédurales qui qualifient un type de connaissances peu accessible à
l'observation et qui est de l'ordre du Savoir Faire
• Chunks : Unité structurée de découpage de l'informations, intervenant dans la mise en
mémoire à court terme.
• Catégories et schémas, c’est-à-dire les représentations sémantiques (hiérarchique,
analogique, alphabétique etc.)
1 HAUTEFEUILLE Michel, VELEA Dan - Les addictions à Internet : De l'ennui à la dépendance,Paris, Edition
Payot, Collection : Petite Bibliothèque Payot, 2014, 264 p
2 Éléments de psychologie cognitive pourlessciences de l'information publié en 2006 par DENECKER Claire,
KLOMAYER Élisabeth avec une Préface de ROUET Jean-François. Aux Editions Presses de l’Enssib dans la
collection : Les cahiers de l’Enssib
14
En situation réelle d’apprentissage, le cognitivisme use de l’observation des actions de
décisions, langage et communication, lecture et assimilation des savoirs. Il soutient le rôle de
l'interaction et la mutualisation (l’ouverture sur d'autres concepts) & déplacement des liens
tissés avec d’autres disciplines (transdisciplinarité.)
Le cognitivisme est le premier mouvement qui s’interroge véritablement sur l'intelligence
artificielle.
Celui-ci sous entendant plusieurs micro courants, relatifs à différentes études sur le processus
et le fonctionnement de l’apprentissage. D’où la multiplicité des définitions du cognitivisme
et de recherches théoriques à ce sujet...
Concernant cette « Révolution cognitivisme » Vygotsky en est une figure majeure qui, au
cours de ses travaux, a fait évoluer considérablement les Neurosciences.
A vrai dire, Vygotsky sera le premier à contredire la vision Piaget, notamment à travers sa
théorie historico-culturelle du psychisme. Pour lui, le développement de l'enfant résulte de
l'appropriation de son environnement culturel et social. Théorie dont s’inspirera le
mouvement « interactionnisme » dans les années 60.
Ainsi en 1930 Il conçoit la théorie de la Zone Proximale de Développement, reconnue
mondialement comme une avancée dans le domaine de la Psychologie cognitive.
Cette zone proximale du développement serait en fait « l’estimation du développement potentiel,
à partir de ce que l'enfant est capable de réaliser avec l'aide d’un adulte, à un certain moment et qu’il
réalisera seul plustard. »
Il démontre l’influence des outils techniques sur le développement cognitif de l’individu.
L’acquisition de ces outils de communication linguistiques, techniques et technologiques
déterminerait notamment « l’instrument psychologique ».
Vygotsky soutient plus précisément l'idée que ces situations communicatives, par l'usage
d'outils culturels les plus élaborés de son temps, accroit le matériel sémiotique. C’est-à-dire la
médiatisation du processus cognitif et donc les fonctions mentales (attention volontaire,
mémoire logique, subvocalisation et pensée verbale.) Ainsi le processus de développement
cognitif n’aurait pu être possible sans interactions sociales.
Vygotsky conçoit la médiation, non seulement de l'expert (l'enseignant) et mais également des
outils techniques. Le pédagogue psychologue se veut en avance sur son temps car il impose
déjà une idée de l'intelligence artificielle (capable d’interagir avec l’usager).
C’est donc sur la base des travaux de Vygotsky que le courant de l’Interactionnisme
naquit en 1960 aux USA. Ici, il repose sur la dimension essentielle de la relation sociale
dans les comportements. Ainsi l'individu se construit dans ses relations avec son
environnement. Environnement social, humain, affectif, matériel...
15
Nombres de théories s’appuie sur cette dimension sociale modifiant le fonctionnement
comportemental de l’individu.
Jérôme Bruner en reprendra d’ailleurs nombre éléments issus de l’interactionnisme dans ses
théories. Bruner est reconnu comme l’un des fondateurs de la psychologie cognitiviste telle
que nous la connaissons.
Contrairement à Piaget qui examine les effets externes et fondamentaux (cadre spatio-
temporel et causalité) à différents stades du développement de l’enfant. Bruner examine plutôt
les processus psychologiques qui interviennent dans le développement cognitif pour voir si
l’on peut les influencer.
Il se penche sur ce concept de l’interaction par ce qu’il appelle « l’étayage
pédagogique. »
Lié au concept de zone proximale de développement, défini par Lev Vygotski, L’étayage
pédagogique désigne « l'ensemble des interactions d'assistance de l'adulte permettant à
l'enfant d'apprendre à organiser ses conduites afin de pouvoir résoudre seul un problème
qu'il ne savait pas résoudre au départ. »
Il démontre que cette activité cognitive s'enracine sur des ressources adaptatives (telles que la
comparaison des états, identification ce qui advient, évaluation et la pertinence) et qui
se construit par des liens (ou connexions neuronales) issus des rapports que les individus
entretiennent entre les actions et leurs effets.
Pour lui, l’interaction est une condition indispensable à l'apprentissage plus précisément la
médiation humaine entre enseignants ou entre élèves.
L’étayage pédagogique serait un soutien à l’autonomie, à la réflexion d’une
pensée personnelle. Une étape primordiale pour arriver à une situation « Insight » c’est-à-dire
la découverte soudaine la réponse par soi-même.
Dénommée par Bruner « l’instrumentalisme évolutionniste » en 1980, ce
mouvement se veut relatif à l’ensemble de ses théories.
Instrumentalisme : autour duquel les capacités humaines se sont amplifiées sous l'usage de
plus en plus sophistiquées des outils (radar, bicyclette, voiture, marteau, etc.)
Évolutionniste car, selon Bruner, le niveau des connaissances actuelles de l'espèce humaine
est une suite d'évolutions. Son développement résulterait de progrès technologiques
successifs.
Ainsi un enfant naissant et grandissant dans un milieu culturel particulier va accroître ses
capacités : via l’accès naturel à des moyens technologiques d'une culture qu’il s’approprie ; et
qui ont un fort impact sur la façon de penser de ses membres.
L’enfant reçoit de la culture, les connaissances (techniques) qu'elle véhicule.
16
La notion de culture est ici à prendre au sens large : connaissances dures, maitrise des notions,
quasi-conscience logiques pragmatiques, capital culturel, et comportements sociaux...
“La culture environnante,dont l'école est un instrument,joue un rôle essentiel pour former
l'individu qui est en constante interaction avec elle : les façons de penser, la technologie, les
moyens de communication de celle-ci vont influencer sa croissance intellectuelle »3
Bruner invente la métaphore de la pensée et l'ordinateur à travers ses théories du traitement de
l'information et de l'intelligence artificielle.
Nombre de ces courants psychologiques ont modulés les recherches et stratégies
d’apprentissage.
Chacun d’entre eux a su apporter un élément de réponse à l’apprentissage idéale. Ce n’est
donc pas un courant qui est plébiscité dans les Neurosciences et sciences de l’éducation mais
tous.
1.2 - Les Sciences de l’Education : mouvement pluridisciplinaire
Ses sciences de l’éducation reposent sur ce postulat aux convergences multiples, afin de
l’appliquer aux enjeux de la société et plus particulière aux enjeux éducatifs.
La pédagogie a ainsi connu bien des formes mais a suivi les évolutions techniques et
culturelles de son temps ; du moins jusqu’à maintenant...
Le terme de « Sciences de l’éducation » est apparu avec les travaux de Robert Mills
Gagné, psychologue américain et pionnier des sciences de l'éducation durant la Seconde
Guerre mondiale avec la formation des pilotes.
Il a notamment contribué aux théories de l'ingénierie pédagogique par sa formation sur
ordinateur et l'apprentissage multimédia.
La révolution numérique s’est imposée dans ces sciences comme une condition centrale de
l’apprentissage aussi bien en tant que motif d’enseignement que support pédagogique.
Milieu des années 1980, nombreuses ont été les modifications sur les apprentissages
académiques et la formation professionnelle. Intégrant de ce fait la maitrise de l’informatique
plus particulièrement de la programmation.
En 1990, l'apprentissage évolue grâce aux supports numériques (avancés dans la simulation,
la représentation des objets et concepts.) Il permet la conception d’outils adaptés aux
apprenants, en situation de handicap ou porteurs de troubles.
3 DUNCAN POLLETI – Essai sur les intelligences ludiques -Théories des Jeux – Observatoire des Mondes du
Numérique en Sciences Humaines, 2015
17
En 2010 ce fut la diffusion massive de tablettes numériques qui a donné un regain d’intérêt
pour la programmation informatique.
Tisseron en répondra cette année-là « Il est essentiel que les institutions scolaires
s’investissent dans l’éducation aux technologies numériques et plus encore dans
l’indispensable adaptation aux bouleversements culturels qui en résultent »
Depuis de nombreuses évolutions techniques ont vu le jour : Recherche vocale, Réalité
Virtuelle, et Robotique etc. Ces modifications de l'apprentissage liées au numérique ont
toujours impactées par :
- la façon dont les personnes s’engagent dans les apprentissages
- les traitements cognitifs opérés lors de ceux-ci,
- les tâches réalisées par les apprenants et, enfin,
- les processus d’apprentissage eux-mêmes.
Technologie, Pédagogie et Neurosciences ont tjrs étaient liés. Cet enrichissement disciplinaire
de la technique, des sciences et de l’éducation permet encore d’anticiper les évolutions et
appliquer des stratégies efficaces répondant aux grands enjeux de demain.
Les Sciences de l’éducation, comme indique sa pluralité, sont issues de réflexions
multidisciplinaires entre les recherches scientifiques (autour de données, résultats
et rapports), les pratiques et les expériences de terrain (rapport d’observation,
mutualisation professionnelle)
Même si leur étymologie reste floue, les Sciences de l’éducation offrent des points multiples
de réflexion.
Pour Jean-Claude Runao- Borbalan, Directeur du laboratoire HT2S-CNAM et Président de la
Commission Européenne, les sciences de l’éducation relèvent d’une interdisciplinarité
générale autour des domaines de la sociologie des usages et la psychologie. Mais aussi d’une
pluridisciplinarité externe autour des nouvelles technologies, de l’eye tracking, de
l’électronique. Et enfin d’une disciplinarité externe concernant les conditions scolaires, le
climat d’apprentissage, la psychologie de l’éducation. 4
S’ils s’enrichissent mutuellement, il existe un fossé entre le cadre scientifique et
enseignant.
Le scepticisme enseignant autour des Neurosciences est les résultat d’une méfiance et d’une
différence de point de vue (parfois opposé) des chercheurs scientifiques et des éducateurs. Il
est délicat de modeler les pratiques concrètes et journalières sur le rapport d’un modèle. Le
numérique offrent cependant un sujet commun permettant de rapprocher la recherche et les
pratiques au sujet de développement des nouveaux outils et usages des nouvelles technologies
éducatives.
4 RUANO-BORBALAN Jean-Claude, MILLET Sandra - Eduquer et Former : Les connaissances et les débats
en éducation et en formation - Paris, Editions Sciences Humaines, 2008, 540 p
18
Il a donc été question de créer une unité bien définie, conduite par le Ministère de l’Education
nationale dans le dessein de créer des dispositifs d’échanges. Susceptibles de réunir
chercheurs du CNRS et acteurs intéressés par les TIC ainsi que les enseignants afin de se
rencontrer, dialoguer et formaliser un programme de recherche ambitieux mais réaliste. 5
Le CNDP en est un exemple, où il est ici question de repérer les bonnes pratiques utilisant les
TIC et les diffuser auprès des enseignants (en collaboration avec les laboratoires de
recherches universitaires.)
De ce fait, l'objectif commun des sciences l'éducation est de développer les potentialités dites
"congénitales" c'est à dire la création de nouvelles aptitudes liées à la société (adaptation,
transformation, amélioration au contact de nouvelles situations.)
L'efficacité de cette croissance de potentialités congénitales étant due en partie aux nouvelles
méthodes d'apprentissage basées sur la notion de « feed-back.»
Cela pose question en matière de revalorisation de la méthodologie pour l'éducateur
(enseignants, parents et formateurs) puisque l'élève n'est plus seul dans son apprentissage.
Celui-ci est lié soit par une équipe soit appuyé par l'enseignant. L'extension de l'enseignement
peut être possible par un programme autonome, assisté par ordinateur.
Derechef, il est nécessaire de questionner cette méthodologie dans l'action ou sur le processus
d’apprentissage : les relations sociales, les actions éducatives, interaction directe ou différée...
Il implique forcément une redéfinition du statut de l’apprenant : sa place dans le groupe à
travers le tutorat, les activités d'échanges/de débats, ou bien même l'autoformation...
Les Sciences de l'éducation et de l’apprentissage sont certes multidisciplinaires mais
elles rejoignent conjointement la pensée des Lumières, en matière d'innovation pour
une école nouvelle. Ces idées prônent la défense de méthodes actives telles que les
expérimentations.
Montaigne préconisait déjà l "éducation au contrôle de l’esprit ». Mais nombres de mesures
se sont suivies dans l’Histoire de l’éducation et notamment à travers des réformes majeures
telle que celle de Célestin Freinet :
« Nous déplaçonsl’axe éducatif : le centre de l’école n’est plus le maître mais l‘enfant [...]
la vie de l’enfant ses besoins, ses possibilitéssont à la base de notre méthode d’éducation. »
En France c’est en 1967, que les sciences de l'éducation émergent. Tardivement et avec
l’arrivée des TIC, c’est en 1990, à travers la naissance de L'ARFISE (Association
francophone de recherche en science de l'éducation) qu’elle va s’imposer.
Les Sciences de l'Education ont depuis prisent en compte les progrès sociétales et ont porté un
regard précis sur les possibles mutations des élèves et des enseignants.
5 MIALARET Gaston - Les Sciences de l'éducation,Editions Presse Universitaire de France, Collection : Que
sais-je ? 2005, 128 p
19
Résultant des théories scientifiques, de travaux en Sciences Humaines et de la Psychologie
cognitive elles se sont ancrées dans le paysage éducatif par la création des IUFM et la mise en
place de la formation et recherche en son sein. De ce fait la recherche scientifique ne tient
plus compte de simples observations mais d'une relation à part entière avec les terrains de
pratique.6
A l’heure actuelle nous ne parlons plus de courants en éducation ou bien même de
grands mouvements en psychologie. Cette distinction n’est plus applicable car bien au
contraire, de cette synergie a naquit les Neurosciences, qui se sont enrichis à travers eux.
La prise en compte de ces Neurosciences dans les apprentissages a soudainement été source
de spéculations, d’interrogations. Malgré la mise en lumière des Neurosciences par le biais de
déclarations officielles du Ministère de l’Education nationale, il convient de rappelle qu’elles
ont toujours été partie intégrante des Sciences de l’éducation.
Travaux neurologiques et Connexionnisme sont reconnus comme le socle expérimental des
Neurosciences.7
Les Neurosciences sont composées de deux champs de recherches : la Neurologie & la
Psychologie cognitive. L'une se basant sur des outils techniques d'analyse cérébrales et l'autre
sur le développement cognitif et comportementales.
Pour les définir plus précisément : La neurologie est une science appartenant au domaine
médical qui étudie l’ensemble du système nerveux et de son fonctionnement, et plus
particulièrement le cerveau.
Le mouvement connexionnisme illustre l’avancée de cette science au travers le
développement et l’utilisation des outils scientifiques de plus en plus performants.
Implose la théorie de réseau neuronal formel du connexionnisme qui relève l’ensemble de
modèles formels automates et de systèmes formalisés (systématismes) développés sur la base
d'analogies avec le système nerveux central.
Ces modèles seraient destinés soit à réaliser des machines à connaitre dotées de capacités
d'apprentissage (algorithmes de l’Intelligence artificielle), soit à modéliser le fonctionnement
des réseaux biologiques voir des processus psychologiques (connexions et stimulus dans les
différentes strates de notre cerveau).
En 1861 le Professeur Broca, enseignant chercheur à la Faculté de Médecine de Paris a été le
premier à étudier les trépanations crâniennes, à entreprendre des recherches sur les
localisations (zones) cérébrales et sur leurs fonctions.
6 MIALARET Gaston - Les Sciences de l'éducation,Editions Presse Universitaire de France, Collection : Que
sais-je ? 2005, 128 p
7 BRIGITTE CHAMA - Sciencescognitiveset modèle de la pensée - Revue internationale International Web
Journal [En ligne]. 10 p. Septembre 2004, Site Sens Public : http://www.sens-
public.org/article.php3?id_article=30
20
En 1876, c’est au tour du neurologue John Hughlings Jackson de présenter ses travaux sur la
différenciation hémisphérique (cerveau gauche et droit).
En 1897, Charles Sherrington propose comme enrichissement, le concept de synapse.
En 1909, l'histologue Brodmann publie, quant à lui, ses travaux d’analyse sur le macaque et
expose une carte détaillée du cortex selon l’anatomie des neurones (aires) Il définit 6 couches
de ce cortex.
Il démontre à l’évidence la complexité cérébrale impossible à reproduire à travers
l’intelligence artificielle.
En 1937, James Papez proposera la construction du système limbique en étendant les idées de
Paul Broca. La Découverte la dopamine comme neuromédiateur cérébral date de 1958.
C’est dans les années 70 que les premières images anatomiques du cerveau humain sont
développées grâce au scanner. Ces années représentent également le début des applications de
l’IRM (imagerie par résonnance magnétique.)
Autour de 1985 jusqu’à 2000, les études scientifiques se portent exclusivement sur la
plasticité cérébrale (le processus d’apprentissage, la capacité de réorganisation et
d’adaptation).
Suite aux nombreuses avancées de 1970, sont analysées en 1992, les premières images
cérébrales de l’homme en action via IRMf (Imagerie par Résonnance Magnétique
fonctionnelle.)
Les années 2000 furent des années far puisqu’elles conviennent du bouleversement numérique
induisant tout naturellement la notion de « big data » en termes de stockage et traitement
automatisé de la masse de données sur internet.
Enfin en 2014, La découverte du système de positionnement spatial dans le cerveau (système
de mémorisation dans les différentes aires du cerveau) fut récompensée du Prix Nobel de
Physiologie et Médecine.
Ainsi progrès scientifiques, Informatiques et techniques d’information et de communication
sont d’autant de moyens au service d’une démarche cognitive.
La psychologie cognitive est le second champ qui se démarque des sciences de
l’éducation. Le premier étant le connexionnisme. Elle fait partie des nombreuses
branches issue de la psychologie, au même titre que la psychologie de l'éducation.
21
Les perspectives tracées par la psychologie cognitive rejoignent dans certains aspects, la
psychologie de l'éducation : au sujet de l'analyse biologique, le développement cognitif de
l'élève, les théories comportementales et théories de l'apprentissage.
Elle étudie les grandes fonctions cognitives de l’être humain (quel qu’il soit) comme la
mémoire, le langage, l’intelligence, le raisonnement, la résolution de problèmes, la
perception ou l’attention... 8
La psychologie cognitive fut institutionnalisée dans les années 50. Elle détermine dans le
champ de l’éducation, les apports psycho-cognitifs du processus d’apprentissage.
En accord avec les avancées connexionnistes, elle a su reconnaitre les stratégies mentales des
concepts et l’importance de la mémoire de travail. Dans cette continuité, elle a établi la
cartographie cérébrale des fonctions cognitives sur ces zones cérébrales. Pour elle, il était
inévitable que les formes pédagogiques mutent et que les interventions didactiques en soient
redéfinies.
Partant de ces définitions, nous pouvons par conséquent caractériser les Neurosciences
comme une composition réfléchie, reprenant les théories issues des grands mouvements de la
recherche scientifique, autour de la cognition.
Les Neurosciences lient de ce fait l’application des recherches sur les capacités
mentales ; et leur fonctionnement dans le cadre de l’apprentissage. Les liens qui se tissent
entre Neurosciences et pratiques pédagogiques apparaissent ainsi comme, non contradictoire,
mais s’enrichissant mutuellement.
L’Enseignement perçoit les Neurosciences non pas comme une nouveauté, mais sont
présentées comme une avancée majeure pour le système éducatif.
George Siemens directeur associé dans le Centre de technologies d'apprentissage à
l'Université du Manitoba, fut le premier à démontrer l’importance des Neurosciences dans
l’enseignement.
Ses travaux universitaires façonnent le mouvement connectivisme c'est à dire la théorie de
l'apprentissage dans une société basée sur les technologies numériques.
Siemens part du principe que le réseau est le point central de l'apprentissage, par la possibilité
de créer des liens entre les connaissances.
Ainsi la théorie du connectivisme exploite l'ensemble des potentialités des nouvelles sciences
& technologies de l'information et de la communication (TIC).
Pour Siemens les théories présentes de l'apprentissage ne tiennent absolument pas compte du
développement de nouvelles connaissances et nouvelles compétences associées...
8 DEHAENE Stanislas - Les quatre piliers de l’apprentissage,ou ce que nous disent les neurosciences - Ecole
des Neurosciences de Paris Ile-de-France / ENP / [En ligne]. 8 p. publié le 7 Novembre 2013, consultable et
téléchargeable au format PDF : http://www.neurosup.fr/fs/Root/bx17m-
Les_quatre_piliers_de_l_apprentissage_Stanislas_Dehaene.pdf
22
En effet à l’heure actuelle, et malgré l’avancée scientifique, il existe encore une profonde
méconnaissance des fonctions cérébrales, un décalage face à des routines pédagogiques on
parle alors de « scepticisme affirmé » des enseignants.
Cependant l'imagerie cérébrale autour des recherches cognitives s’est déjà appliquée en
milieu scolaire, elle permet de relever des données d’une importance capitale, dès la
maternelle et jusqu'au lycée.9
Sous l’accord des parents et de l’élève, celui-ci est préparé psychologiquement, sur une
longue durée à passer des tests et des exercices en laboratoire et même au sein de la classe
grâce à des appareils électro-scientifiques.
Ces appareils sont issus de l’Électroencéphalographie (EEG). Des capteurs posés sur la tête
enregistrent l'activité électrique neuronale et comment elle se modifie en fonction d'un
stimulus particulier qui peut être de la lumière, une image ou un son. Utilisation conjointe
avec d'autres techniques d'imagerie cérébrale telle que l'IRM.
L’IRM aspect structural a depuis remplacée certaines de ces techniques désuètes. Son
utilisation est considérable pour la recherche puisqu’il relève la spécificité de chaque cerveau.
Il apporte un éclairage pour l'éducation différenciée et sur l'aspect « anato-emotionnel » de
l’élève, déterminant le besoin d'apprentissage de l'enfant)
Cette batterie de technologies a fait progresser les recherches sur la génétique, concernant la
réceptivité de l'apprentissage (conséquence d’une production effective de dopamine.)
Ces expériences ont permis d’effectuer la reconstruction tridimensionnelle du cerveau des
élèves ; et l’analyse des stimuli et des zones cérébrales en activités au cours des tests.
Transfigurant ainsi le processus d’apprentissage sous images synthétisées.
9 RUANO-BORBALAN Jean-Claude, MILLET Sandra - Eduquer et Former : Les connaissances et les débats
en éducation et en formation - Paris, Editions Sciences Humaines, 2008, 540 p
23
Les Sciences cognitives dans le domaine de l’éducation, se rapportent par
conséquent au processus de l'apprentissage propre à chaque élève.
Elles déchiffrent et soutiennent en premier lieu les compétences dites fondamentales
: lire, écrire, compter, penser et raisonner. Et notamment par le biais d’applications
pédagogiques : mise en activité, transmission dynamique du savoir, répétitions efficientes et
contrôle inhibiteur du cerveau lors d’activités suscitant un raisonnement.)
Il est à présent question de s’appuyer sur ces faits dans un dessein de revalorisation de
pratiques pédagogiques. Tout d’abord par l’éveil et la réactivation des fonctions cognitives, à
travers des méthodes plus ou moins traditionnelles, en adéquation avec les habitudes
culturelles et informelles de l’élève, et à l’usage du Numérique par les élèves et les
enseignants.
De toute évidence les Neurosciences et l’éducation s’appuient et évoluent tous deux à travers
les innovations techniques et/ou technologiques.
Les années 2000, rappelons-le sont des années far qui ont proscrit une véritable révolution
numérique, que ce soit dans l’apparition d’Internet ou l’utilisation massives des Technologies
de l’Information et de la Communication.
Cette mutation sociétale se traduit par l’instauration de nouvelles formes d’interactions,
d’échanges en simultanée et à distance et à la mise en réseau planétaire des individus. Les
courriels et les Réseaux sociaux en sont un bon exemple.
Il est aussi question de nouveaux systèmes de circulation de l’information et la
création de nouveaux services. Leur impact dans la société se traduit par des
comportements, des activités quotidiennes, des modes de pensée tous différents ; mais qui
sont depuis ancré dans notre culture.
Harold Innis, professeur d’économie politique faisait déjà remarquer que « les médias
influencent notre société » Ils la façonne et la pérennise.
Dans cette continuité, Serge Proulx, professeur titulaire à l’École des médias de l’Université
du Québec à Montréal (UQAM).
Chercheur au Laboratoire de communication médiatisée par ordinateur (LabCMO) et membre
du Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie (CIRST), fonde ses
travaux sur la mutation des usages médiatiques et les grands enjeux de l’appropriation sociale
des technologies de l’information et de la communication (TIC) dans les sociétés
contemporaines.10
10 PROULX SERGE - Quelles conséquencespour une sociologie des usages ? La sociologie des usages, et
après ? Dossier n°6 | Usages et usagers de l'information à l'ère numérique, Revue française des SIC [En ligne].
Env. 12 p. - 2015 en consultable sur OpenEdition.org https://journals.openedition.org/rfsic/1230#author
24
Proulx met en évidence dans cette sociologie des usages, trois grandes approches de
« l’innovation sociologique » :11
La première étant l’approche de la « Diffusion » : théorie de Rogers relatant l’influence de la
société via l’accès à la technologie sous un certain temps (adoption par les nouvelles
générations puis les autres) L’usager se veut passif.
La seconde étant l’approche de la « Traduction » : théorie de Callon et Latour où la
massification puis banalisation du numérique se fait à partir de la création de réseaux et de
nouvelles pratiques répond aux propres besoins de l’internaute. (#Pharmakon repris par le
sociologue Dominique Cardon)
Enfin la dernière soutenue par Serge Proulx, il s’agit de « l’Appropriation » : où l'expérience
technique puis l’utilisation au quotidien entraine la modification de l'innovation technique et
sociale. L’usager-internaute intervient ici par la mutualisation entre les communautés.
L’internaute possèderait actuellement 3 facettes celui du citoyen, du consommateur, et du
producteur. Il aurait acquis par l’usage du numérique, des compétences spécifiques : dans la
maîtrise technique, en termes d’autonomie et autour de reflexes liés les contraintes
numériques.
Proulx parle également d'une complexification des conditions d’observation de ses situations
d’usage :
" Il s’agit ni plus ni moins que d’abandonner le focus descriptif orienté exclusivement vers
les objets techniques (et leurs usages)"
D'où l'importance de mettre les neurosciences au cœur des recherches sur l'apprentissage.
Michel Serres va plus loin dans son analyse en précisant que le numérique provoque « une
mutation anthropologique dans l’organisation des savoirs et l’utilisation de nos
facultés cognitives comme la mémoire, l’imagination ou le raisonnement. »12
Dans son ouvrage Petite Poussette13, paru en 2012 le philosophe épistémologue s’interroge
sur la problématique morale des progrès de la science et de ses effets.
« Le passage aux nouvellestechnologies tout aussi majeures s’accompagne de mutations
politiques, sociales et cognitives »
11 MONTUWY Angélique, JOSSE Amélie, PACOTTE Gwen, LE CLEC’H Jean Bernard - Analyse sociologique
de l’innovation -Anthropologie desusagesdu numérique - Module FOAD - Master2 USETIC TEF Rennes [En
ligne]. Env. 4 p. 2013 / 2014 – Site Anthropo Usage : anthropo-usages.angeliquemontuwy.fr/processus-et-
usages/analyse-sociologique-des-usages/
12 ABITEBOUL Serge, DOWEK Gilles - Conversation avec Michel Serres : les mutations du cognitif,The
conversation [En ligne]. le 27 Mars 2018 – Site The conversation : https://theconversation.com/conversation-
avec-michel-serres-les-mutations-du-cognitif-93214
13 *SERRES Michel Petite Poucette, Paris, Edition Le Pommier, 2012, 68 p.
25
Pour lui le numérique est une extension de l'écriture et l'imprimerie. L’apparition de chacune
de ces nouvelles technologies de communication (TV, Radio, Presse, Téléphone etc.) a
bouleversée la société autant dans les usages que dans les codes culturels qui s’en inspirent.
Petite Poussette est un ouvrage plutôt optimiste. Il met en avant le bénéfice de ses avancées
numériques et plus particulièrement autour de l’accès illimité aux personnes et aux savoirs.
Ainsi cette société en évolution est témoin d’une ère charnière, où les actes
sur la sphère numérique sont transformés en données numériques, elles-mêmes
stockées dans des serveurs. L’Homme n’est plus un individu, un internaute mais une
information, une cible. (Ertszcheid « Homo Documentum »)
Le numérique structure ainsi notre vie collective dans cet espace virtuel. Vie collective
devenue hyperconnectée & hypersurveillée.
Où l’effet de l’évaluation sociale (crowd wisdow) s’étend aux réalités du quotidien. Il va de
soi que ne pas utiliser ou être actif au sein de l’environnement numérique, fait de nous des
êtres en désuétude.
Être éminent dans les relations sociales, créer du lien relationnel, mutualiser ses ressources, se
valoriser pour accroitre son champ de connaissances, ou bien même pour trouver un emploi...
Le numérique impose sa présence dans le monde économique : de la monnaie virtuel Bitcoin,
à la création de l’Internet des Objets, Logiciels et Applications payantes, sites marchands,
jusqu’aux services et publicité en ligne.
Tout nous semble accessible en un seul clic : la collecte des données, la centralisation
via le Cloud, L’information en illimité... Le Numérique nous offre la rapidité, la capacité
illimitée de stocker nos informations, la possibilité de se promouvoir sur la Toile, l’attractivité
et la richesse de ces ressources et ses services.
Une liberté totale ou sans contrôle, de contribuer à la grande Toile, ou suis-je puis le
Capharnaüm ; en créant, diffusant, partageant des contenus plus ou moins d’intérêt.
Le numérique impose aux usagers des contraintes qui s’avèrent aussi expansibles que ses
avantages.
L’Abondance de l’information n’est surement plus perçue comme une force, une richesse. Le
Big Data (défini plus explicitement par le maître conférencier Hervé Le Crosnier) est devenu
un espace virtuel qui représente la multiplicité de liens et l’enrichissement de contenu
surchargé.
La désorientation de l’usager face ces problématiques est notable, principalement lors d’une
recherche Google. Retenons pour illustrer ce propos le terme « d’esprit dévoré par un média.»
(Carr)
26
Cependant cette problématique d’abondance de l’information n’est pas nouvelle, elle était
déjà présente avant la révolution numérique, seulement elle fût formalisée autrement.
Le dramaturge Lope de Vega en 1612 écrira un poème sur cette surabondance de l’écrit et de
l’édition papier et sa grande difficulté à se retrouver, à sélectionner les manuscrits de qualité.
« Tant de livres, tant de confusion
Tout autour de nous, une mer d’imprimés
Pourtant plupart couverts de boue »
La désorientation de l ’internaute résulte de l’abondance mais surtout de la désorganisation
des informations. Pour Nicholas Carr, auteur de Internet rend-il bête/ The Shallows paru en
2013« la cacophonie du Net cour cuite l'activité mentale, le cerveau devient alors une simple
unité d'informations rassemblant une forte quantités d'informations pour les oublier aussi
rapidement.»
Ainsi nombreux sont les outils servant à trier l’information en ligne et qui influencent nos
habitudes mentales et structurent nos pensées (référencement/ outils de filtrage suivant la
popularité, le nombre de vues etc.)
Rejoignant le discours de Nicholas Carr, Hervé Le Crosnier s’oppose farouchement à ce
système de référencement. Pour lui, Internet n’est pas une source de connaissances car les
moteurs de recherche proposeraient tjrs les mêmes sources d'informations. En déterminant le
référencement, il dicterait l'activité de recherche, et les mêmes informations retenues par les
internautes. Le Crosnier emploie alors le terme de « Rétrécissement du savoir »
L’abondance et la désorganisation des informations sont deux de ces Info pollutions que
définit Éric Sutter comme des obstacles à la potentialité d’utilisation du Numérique. La
contamination des informations impose à l’internaute de se questionner sur la fiabilité des
sources et donc à évaluer continuellement les contenus. 14
La fracture numérique dans son sens littérale ne fait plus partie de ces contraintes pourtant
Elizabeth Noel démonte une maitrise imprécise des technologies de l’Information et de la
Communication ainsi qu’une maitrise irraisonnée d’Internet (recherche et présence virtuelle)
L’Education nationale, en légitimant les pratiques du numérique et des TIC dans le cadre
scolaire, doit assurément exposer l’ensemble de ses contraintes aux élèves et les former à les
contourner...
14 SERRES Alexandre, Dans le labyrinthe : Évaluer l'information sur internet,Caen, Edition : C&F Editions,
2012, 224 p
27
Les Neurosciences ont d’autant plus leur place dans le champ de l’éducation et de
l’apprentissage puisqu’elles tentent de répondre à ces problématiques ou tente du
moins d’en maitriser les contours. Grâce aux multiples recherches sur le fonctionnement
adaptatif de l’être humain.
Dès lors, Enseignants et éducateurs ont la possibilité de mieux comprendre les évolutions
soudaines des comportements de leurs élèves face au savoir, aux pratiques informationnelles,
à l’attention et à la communication... à l'ère du Numérique.
L’éducation se doit d’être à l’affut de ces mutations afin de développer chez les élèves des
compétences pour survivre dans cet environnement sans contrôle et affronter ce futur dans les
meilleures conditions.
Compétences qui se veulent tout aussi déterminantes à l’insertion sociale et économique ; et
qui sont en charge d’être développées non seulement par les enseignants mais également par
les parents.
Elles répondent de cette façon aux nouvelles exigences professionnelles, domaine lui-
même affecté par la vague Numérique.
Les métiers traditionnels disparaissent avec le progrès techniques et l’efficacité des
machines et des algorithmes ; alors que d’autres métiers liés aux problématiques énoncées
précédemment voient ainsi le jour : Growth Hackers, Web Designer, Community Manager
etc.
L’enjeu est de déterminer avant tout les potentialités du numérique dans l’intégration des
Neurosciences sur le terrain scolaire ; et en ne s’arrêtant pas à une vision diabolisante de ce
phénomène. Il va de soi que s’approprier le numérique est nécessaire, et est déjà pour les
Neurosciences un appui indispensable à la recherche et son application dans la société.
Dans le cadre pédagogique le numérique sous forme d’accès à l’information, ressources et
connaissances bousculent les schémas éducatifs classiques.
Passant ainsi d’une réflexion autour du découpage disciplinaire à une approche cognitive
transversale.
Pour cela ces réflexions se basent sur deux idées : envisager l’avenir sur la base de notre
passé et de nos manques (fondement universel) ou développer de nvlles compétences pour
s’épanouir dans l’avenir.
“ l’émergence de cesnouvellescapacitésne signifie pas nécessairement qu’elles se substitue
à celles que nous possédons déjà.” (Carr, The Shallows - p.7)
28
Le savoir fondamental et fonctions cognitives primaires (lecture, écriture (alphabet), langage,
communication, raisonnement, esprit critique ...) sont d’autant de composants essentiels à
l’extension de ces compétences par le biais du numérique.
« Comprendre l’information ne veux pas dire l’acquérir et la maitriser »
La compréhension de futurs savoirs dépendra avant tout d’un exercice cognitif organisé
(conditions optimales d’attention, concentration, mise en activités qui les optimisent) & de
l’acquisition de connaissances connexes (exemple : résolution de problème passant par des
capacités de raisonnement par analogie, contrôle de l’inhibition ...)
Une pédagogie sur la base de Neurosciences et usant du Numérique se veut dans une
recherche constante à rendre l’élève « utilisateur du savoir plutôt qu’un détenteur du savoir »
L’objectif n’étant pas de créer un savoir purement utilitariste et pauvre en pensée/réflexion
mais bien de renforcer et favoriser l’accroissement de compétences, à appliquer dans tous les
domaines de la vie (personnel, informationnel, social, professionnel etc.)
Emmanuel Kant disait
« On ne doit pas seulement éduquer desenfants d’après l’état présent de l’espèce humaines
mais d’après son état futur, possible et meilleurc’est-à-dire conforme à l’idée de l’humanité
et de sa destination totale. »
Cette citation du philosophe représente parfaitement la pensée et la visée des
Humanités Digitales.
La notion d’Humanités Digitales ne renvoie pas seulement aux sciences humaines et sociales
liées au Numérique, mais bien à la transformation opérée par les nouvelles technologies sur
l’humain lui-même.
L’interrogation sur les apports des Sciences Humaines sur la conduite de la classe s’est
transformée en une nécessité de reconstruire en profondeur le cadrage théorique et de défaire
le « sens commun » des enseignements. Ces sciences humaines fournissent donc des repères
pour l’action pédagogique même avec des limites qui se veulent pragmatiques.
Les Humanistes s'intéressent au pourquoi de l’intégration et l’application des Neurosciences.
Cette pensée souhaite accoler le numérique et les sciences. Et à s’interroger sur les objectifs
d’études, plus approfondie, n’observant plus simplement les usages à reproduire mais les
modulations cognitives que cela impose.
Cette Double origine de recherche envisage une logique qui mêle les réalisations et les
réflexions, les savoirs et le savoir-faire.
29
Le Manifeste des humanités numériques du collectif THAT CAMP définissent celles-ci
comme une Transdiscipline, porteuse des méthodes, des dispositifs et des perspectives
heuristiques liés au numérique dans le domaine des Sciences humaines et sociales. 15
ANNEXE I
Le Collectif relève d’une communauté de pratique solidaire, ouverte, accueillante et libre
d’accès, multilingue et multidisciplinaire.
Leurs objectifs fixéssont le progrès de la connaissance, le renforcement de la qualité de la
recherche dans les disciplines, et l’enrichissement du savoir et du patrimoine collectif, au-
delà de la seule sphère académique.
Le collectif appelle à l’intégration de la culture numérique dans la définition de la culture
générale du XXIe siècle.
Cette injonction servirait à développer les soft skills et qui gagnerait toutes les sphères
éducatives, depuis l'enseignement secondaire et supérieur jusqu'à la formation
professionnelle.
Poursuite de ce mouvement, en France et pour la seconde fois, scientifiques,
chercheurs, enseignants et formateurs se sont réunis à la Colloque Pédagogies
Apprendre & Réussir.16
Réunion transdisciplinaire pour concilier les Neurosciences et l'enseignement et ainsi résoudre
cette distance entre connaissance considérable du domaine cérébrale et faible application de
ces recherches sur le terrain.
Avec le temps les situations d'éducation se sont ajoutées, transformées, fusionnées. En France,
les recherches scientifiques et scolaires se sont tournées vers l’analyse de l'influence de
facteurs tels que :
- La société (mœurs, culture, le système éducatif, les avancées techniques)
- L’environnement (les conditions sociales)
- Le climat scolaire (la relation à l'école, l'atmosphère d'apprentissage)
- Et les pratiques (informelles, informationnelles, culturelles)
Or en aucun cas l’Ecole n’a su prendre en compte les Neurosciences comme base d’analyse.
Du moins jusqu’à maintenant. Cette table ronde du 7 janvier 2019 a réunie pour la première
fois pédagogie, neurosciences et numériques.
15 DACOS Marin - Manifeste des humanitésnumériques THATCamp Paris , [En ligne] env. 3 p. 2010,
consultable sur Open Edition : https://tcp.hypotheses.org/318
16 APPRENDRE & REUSSIR - Table ronde : Vers des pédagogies adaptées aux cerveaux des apprenants ?
Colloque Pédagogies, Vidéo Conférence, 1 :39 :41 [En ligne]. Publié le 7 janvier 2019 – YouTube
https://www.youtube.com/watch?v=mdu7vG13e1M
30
Menée par Jean-Luc BERTHIER : proviseur passionné de sciences cognitives de l’éducation,
et président de la communauté scientifique d'Apprendre et Réussir, nombre d’intervenants aux
profils divers et variés ont pu échanger autour de ces trois concepts.
Olivier Houdé, professeur chercheur en psycho du développement à Paris Descartes la
Sorbonne. Éric Collin, ingénieur de formation de transmission de l’armée de terre. Sophie
Fadiga, responsable militant Amnesty international & Frédéric Guilleray enseignant
formateur en science cognitive appliquée dans le domaine de l’éducation, se sont exprimés.
Tous ont relevé la nécessité d’allier l’enseignement et la formation aux conclusions
neurocognitives de et par l’usage numérique non seulement dans le cadre des recherches
neuroscientifiques mais aussi dans le cadre scolaire.
La prise en compte des Neurosciences en éducation dont un nouveau point d’appui
aux formateurs, enseignants, pédagogues.
Il leur serait recommandé de prendre en compte les dits « piliers de l’apprentissage 17» dans
la mesure où ils jouent un rôle déterminant dans la vitesse et la facilité de l’ensemble des
apprentissages scolaires. L’attention ; l’engagement actif de l’enfant ; le retour rapide
d’informations ; et la consolidation quotidienne des apprentissages.
La connaissance des enseignants en Neurosciences rend possible la prise en compte les
aspects psychologiques, biologiques, et physiologique de l’élève. Il ne s’agit plus de s’adapter
au comportement et habitudes des élèves mais de comprendre le fonctionnement primaire de
leur système cognitif, pour en adapter les méthodes et stratégies d’apprentissage.
La compréhension de ce fonctionnement cognitif passe par la prise en compte
d’éléments neurologiques tel que la très grande plasticité du cerveau chez l’individu
et plus sensiblement chez l’enfant.
Cette plasticité ou malléabilité du cerveau dépendrait pour le philosophe Locke du vécu et des
expériences tout au long de la vie. Elle dépend aussi des changements de comportement
même mineurs et de la façon de vivre.
Le cerveau est un système dynamique qui ne cesse de se réorganiser en fonction des
nouveaux apprentissages.
Pour le Stanislas Dehaene psychologue cognitiviste et neuroscientifique, présidant le conseil
scientifique du Ministère de l’Education nationale, la plasticité du cerveau est innée. Elle juge
de l'adaptation des usages.
L’intelligence résulte forcément de cette plasticité : elle représente la faculté d’apprentissage
pour s'adapter ou modifier l'environnement selon ses propres besoins.
17 DEHAENE STANISLAS – Les quatre piliers de l’apprentissage ou ce que nous disent les Neurosciences
Ecoles des Neurosciences de Paris Ile de France
31
La plasticité cérébrale est d’autant plus importante à notre ère puisqu’elle convient de
développer une intelligence et donc des compétences dans l’utilisation des nouveaux outils
technologiques.
« Les neurones sont connectés par des synapses, synapses formaient d’épines dendritiques
plus ou moins longues. La taille et la forme caractérisent l’efficacité de la plasticité
cérébrale.
Le renforcement et/ou l’élimination des synapses permettent d'améliorer l'apprentissage.
Ces synapses sont des traces de mémoire. Mémoire qui active intuitivement la capacité à
oublier ou à en inhiber un souvenir. »
Les fonctions cognitives d’un individu combinent ainsi les données de l'environnement et ses
propres représentations mentales. Ici, Le mécanisme de mémoire met à jour, accueille et
reconstruit le souvenir. Les représentations mentales sont donc tjrs évolutives. (Stanislas
Dehaene- Education, plasticité cérébrale et recyclage neuronal - Cours Collège de France -
Janvier 2015)
Pour Piaget, cette malléabilité des fonctions cognitives se définit par le processus «
d’accommodation ». En effet, l’accommodation relève de l’ajustement et/ou la modification
des schèmes d'assimilation, lorsque ceux-ci s'avèrent inopérants dans une nouvelle situation.
Les schèmes étant ce qui est transposable, généralisable ou différenciable d'une situation à la
suivante ; autrement dit ce qu'il y a de commun, aux diverses répétitions, ou applications
d’une même action. Les habitudes quotidiennes deviennent donc des schèmes.
Ainsi la plasticité intervient par un haut degré d’organisation, qui tend à la réorientation des
synapses pour acquérir des compétences nouvelles. On parle alors de "recyclage neuronal."
"Les acquisitions nouvelles ne sont possibles que dansla mesure où elles sont compatibles
avec les architectures neurales préexistantes, qu’elles recyclent."
Pour cela les connaissances nouvelles devront avoir un rôle initiale proche de celles qu’elles
remplacent, et devront être tout aussi flexible pour être reconverti à un nouvel usage. C'est
sans aucun, cette modulation et cette stabilisation sélective des synapses qui est le support
même de l'apprentissage.
Et c’est dont ce que l’Ecole devra sans doute retenir des Neurosciences : le respect de cette
plasticité propre à chaque élève.
« Il n’existe pas de cerveaux qui n’apprennent pas. Tous les enfants apprennent,
différemment, à des vitesses différentes, mais ils apprennent tous. » Piaget
32
Nicholas Carr, journaliste et célèbre auteur de Internet rend il bête ? / The Shallows,
cite dans son ouvrage, les modifications du cerveau et de la pensée à l'ère du Numérique. Loin
d’être technophobe, Carr s’interroge simplement sur les effets plus ou moins bénéfiques du
celui-ci et donne alors des pistes pour l’apprivoiser efficacement.
C’est donc à travers les difficultés cognitives impliquant l’usage quotidien du numérique que
Carr tente de nous avertir et nous préparer à certaines problématiques futures. L’Expansion du
Numérique, les nouvelles habitudes et la complexification des usages, impliquent de s'adapter
pour tirer profit de tout son potentiel.
L’auteur reconnait son addiction au Web. Ce qui l’effraie, c'est cette « sensation » que son
propre cerveau est en train de changer, de se modifier au fur et à mesure qu'il utilise le
numérique.
Le Numérique a ainsi la faculté de faire oublier ou modifier rapidement nos anciens schèmes
et d’en acquérir d’autre. Il favorise la prompte extension de formatage à travers la fréquence
et la durée de son maniement.
Cependant cette faculté d’initialisation, avec ou sans numérique, est naturelle. Il s’agit pour la
neurologie du Phénomène de renouvellement neuronale inné à chaque individu.
Le cerveau générant de nouveaux neurones toute la vie, même à l’âge adulte. De nouveaux
circuits nerveux se forment et les anciens se transforment grâce à la Plasticité neuronale,
s’affaiblissent, se renforcent ou disparaissent radicalement.
« Si nous cessons d’exercer nos compétences mentales, nous les cultivons mais l’espace
cartographique qui leur est dédié est détourné aux profits de compétences que nous
sollicitons à leur place » Ici Carr indique une forme naturelle de régénération ou dégénération
mentales (Carr, The Shallows, p 81)
Il est cependant possible de reconstruire les compétences perdues mais cela sera moins facile,
la disparition et le renouvellement neuronal étant extrêmement rapide contrairement à
l’assimilation.
La remobilisation des compétences permet donc une meilleure survie des neurones
notamment de la zone de l'hippocampe (liée à la mémoire). Des neurones sont générés tous
les jours et disparaissent au bout de quelques semaines.
33
Ci – dessus Illustration issue de DARPA Targeted Neuroplasticity Training (TNT)
La remobilisation compétencess'appuie sur des conclusions portées sur les techniques de neurostimulation.Ces
expériencesneuroscientifiquesbooste pardes stimulations,le signal neuronal pour en déterminer les effets sur
les différentes zones cérébrales.
*Trad. : Dispositif de neurostimulation active les nerfs périphériques,Les neuromodulateurs stimulent la
plasticité synaptique,Les connexionsneuronales sont accordées pour améliorer les compétences cognitives
D’après Nicholas Carr, le Numérique aurait un impact cognitif quel que soit la génération
(aussi bien sur les jeunes que sur les adultes) à partir du moment où il y a utilisation
quotidienne.
L’influence des TIC s’illustre par l’altération progressive et sans la moindre résistance de
certains schémas de perception. Mais les conséquences sont d’autant plus sévères chez un
adolescent qui a appris très tôt à naviguer sur le Net.
Ainsi nombre de chercheurs tel que Serge Tisseron (psychanalyste) affirme que, l’utilisation
de ces nouvelles technologies et le flux incessant d’informations en simultanée, conduisent à
des modifications précoces du fonctionnement du cerveau des enfants et adolescents.
Le rapport Fourgous, Apprendre autrement à l’ère numérique publié en 2012 va dans ce sens.
« Les analphabètes du XXIe siècle ne seront pas ceux qui ne peuvent ni lire, ni écrire, mais
ceux qui ne peuvent apprendre, désapprendre, réapprendre. » 18
18 FOURGOUS Michel - « Apprendre autrement » à l’ère numérique Se former, collaborer,innover : Un
nouveau modèle éducatif pourune égalité des chances.Rapport de la mission parlementaire de Jean-Michel
Fourgous,député des Yvelines, sur l’innovation des pratiques pédagogiques parle numérique et la formation des
enseignants.[En ligne] 237 p. Février 2012, consultable et téléchargeable au format PDF :
https://missionfourgous-tice.fr/wp-content/uploads/2018/04/Rapport_Mission_Fourgous_2.pdf
34
Cependant « Le net donne précisément des stimuli sensoriels et cognitifs,répétitifs, intensifs, et
addictifs,du genre de ceux dont on a montré qu’ils altéraient fortement et rapidement les circuits et
les fonctions du cerveaux »(Carr The Shallows, P 168)
Il active alors très fortement la partie frontale gauche du cerveau qui correspond au cortex
préfrontal dorsolatéral.
Le Numérique est pour Carr, la technologie « la plus puissante, et la plus rapide » dans la
modification de l’esprit et de son appropriation comportementale. Les changements cognitifs
apportés au cerveau s’exerceraient sous 5 jours d’utilisation.
Lorsque Carr parle de sensation de changement cérébral, il prend en fait conscience de la
« réorganisation cognitive » et de la reprogrammation de la mémoire. Sa peur croissante de
cette modification cérébrale est insufflée par l’emploi quotidien et prolongé du Numérique.
Cette modification s’apparente ici comme un symptôme d’une maladie incurable, une
automatisation anormale de la pensée. Je cite : « symptôme de dégradation de l’esprit », ou
encore « l’impression de devenir une machine de base de données. »
Les cerveaux sont en profondeur, facilement, rapidement et durablement
remodelés par cette exposition ; de sorte qu’il y ait une forte répercussion
neurologique. On parle alors d’une création de cerveaux bien différents, du fait que
les câbles neuronaux ne s’activeraient pas ensemble.
Dans ce sens, si nous utilisons le numérique, nous ne pouvons pas utiliser simultanément ou
bien même renforcer nos compétences « traditionnelles. » Ces activités desservent les vieilles
fonctions intellectuelles, qui sont dès lors désuètes et commencent à se démanteler.
A l’avenir et sans intervention, ce reformatage tendrait vers un oubli de compétences
traditionnelles et l’assimilation des compétences liés aux pratiques numériques qui les
surpasseraient.
Le philosophe Descartes déclare dans ses nombreux travaux qu’un cerveau d’une
personne normalement constitué, est divisé en deux process. Le mécanisme du cerveau
(action) et L’esprit (la pensée, la réflexion, la personnalité.)
Le Numérique fait premièrement évoluer certaines fonctions cognitives dites primitives ;
telles que les réflexes, la coordination de la main, et de l’œil (concentration/attention visuelle)
par exemple le traitement des signaux visuels dans l’action de repérage.
L’action physique que nous portons sur les outils TIC entrainent l’apparition de des stimuli
sous formes actions répétés tels que le clic ou le pianotage. : ces stimuli sensoriels sont
différents de ceux que nous avons pour un livre (ouverture, feuilletage de pages).
Descartes insiste cependant sur « l’absence de lien entre l’appréhension sensori-motrice de la
matérialité et le traitement cognitif du contenu du texte. »
Dans le champ de l’esprit, Le numérique nous permet de s’interroger sur la réception du flux
continu visuel (vidéos, publicités, images) par des interfaces plus ou moins ergonomiques.
Cette réception actionne, elle aussi, des stimuli somato-sensoriel & auditive (ex : notifications
sonores).
Contrairement au livre, le numérique nous donne via nos « Click to Action », des récompenses
et des renforcements positifs qui incitent à réitérer les actions physiques et mentales...
35
Les voies vitales contenues dans le cerveau sont quant à elles, définit par le
philosophe Freud. D’après lui, un neurone est formé comme tel :
Axone (déclenche) Dendrite (reçoit)
Ci-dessus : Schéma d’un neurone et du processus de stimulation. Ce processus se composent de transmissions
de voies cellulairescomplexes, on parle alorsde feed-back ou d’interactions électrochimiques19
Le cerveau est composé de trois grandes parties : Le cortex préfrontal, le cortex pariétal et le
cortex temporal
L’anatomie du cerveau est complexe puisqu’elle constitué deux hémisphères cérébraux, eux-
mêmes constitués de substance blanche et de substance grise en superficie.
La substance blanche est composée de fibres, et représentant en quelque sorte le « câblage en
réalité. Cette matière blanche augmente la vitesse de transmission des stimuli. La substance
grise correspond quant à elle au corps des neurones et des synapses.
Ces synapses sont composées de fibres plus ou moins longues (d’épines dendritiques)
déterminant ainsi leur efficacité. Elles ont pour but de faire passer l'information dans les
différentes voie sensitives, motrices, intellectuelles (capacité d’analyse d’informations
provenant des autre voies) et les voies associatives, au carrefour des différents lobes
cérébraux.)
Les synapses dégagent des stimuli ou décharges cérébrales pouvant exciter un des appareils
récepteurs de l'organisme. Et permettent ainsi la réception des messages, l'élaboration et
l'analyse qui permettra de déclencher une réponse.
Ce que tente de reproduire l’Intelligence artificielle.
19 Le cerveau contient 100 milliards de neurones.
SOM
A
SOM
A
Synapse
(barrière de contact)
36
Le cortex cérébral est divisé en plusieurs lobes :
Illustration Creative Art - Les zones cérébrales et leurs fonctions cognitives associés - VULGARIS MEDICAL
– Définitions - Aires cérébrales [En ligne]. Env. 3 p. consulté en Octobre 2018,Site Vulgaris Medical :
https://www.vulgaris-medical.com/encyclopedie-medicale/aires-cerebrales
Le Lobe occipital (zone verte, en bas à droite) met en lien les nerfs optiques. C’est donc une
zone spécifique à la fonction sensorielle de la vision.
Le lobe frontal est la partie la plus volumineuse du cortex (en haut à gauche, zone rouge). Il
correspond à plusieurs activités cérébrales notamment concernant le processus de
planification, l'organisation intellectuelle et raisonnement (mémoire de travail) et assure le
langage et la motricité de l’individu.
Situé à l’arrière du cerveau le lobe frontal (zone bleue, en haut à droite) est le siège de la
sensibilité, il garantit la compréhension orale, et les fonctions visuo-spatiales.
Ce lobe assure également la gestion du geste (praxie), et la reconnaissance des concepts et
objets. (Mémoire sémantique.)
Enfin le lobe temporal (en bas à droite – zone jaune) assure les fonctions auditives et une
partie des aires du langage.
37
La fonction du langage ne se trouve pas dans un, mais dans plusieurs lobes du cerveau.
Elle permet l’enregistrement de l’information en suivant un cheminement d’étapes de la
réception à l’assimilation. On enregistre d’abord le son phonologique dans les aires dorsales,
puis l’information synthétique et, enfin, les représentations sémantiques dans la partie la plus
ventrale.
De son côté, le lobe temporal se charge de stocker de nouveaux mots et de récupérer les mots
stockés. Le lobe pariétal s’occupe du traitement analytique. Le lobe frontal, quant à lui, a une
importante fonction de synthèse. Il se charge de la compréhension et de l’expression. Enfin, il
faut souligner que l’aphasie se produit quand il y a une altération dans la capacité d’utilisation
du langage acquis.
Il est donc évident que même si le langage est latéralisé dans l’hémisphère gauche, plusieurs
parties de notre cerveau sont nécessaires pour le produire, le développer et le comprendre.20
Le lobe temporal contient notamment des zones limbiques. Il intervient dans le cadre de
l’intelligence émotionnelle et relevant du processus de mémorisation via l'hippocampe
(mémoire épisodique/événementielle.)
La mémoire à long terme, représente la mémoire dans laquelle l'information stockée est
disponible, de manière permanente, même si son accessibilité n'est pas garantie. La mémoire à
long terme est repartie dans ces zones associatives.
20
NOS PENSEES - Modèlesneuraux dulangage Savez-vousenquoi consistentlesmodèlesneurauxdu
langage ? - Article scientifique [Enligne].env.6p.publié le 28 Février2019 – Site de Nos pensées:
https://nospensees.fr/modeles-neuraux-du-langage/
38
Ci-dessus – Illustration - PANCRAT - Taxonomie des systèmes de mémoire à long terme, d'après Squire,
Memory systems of the brain : a brief history and current perspective, Neur of Learn. & mem, 2004 [En ligne].
Env. 4 p. publié en Novembre 2014 Site Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:MEMOIRE_LTM.jpg
Depuis peu la mémoire n’est plus considérée comme une chambre d'enregistrement, mais
comme un système dynamique de détection et de traitement de l'information nouvelle.
Le processus mnésique permet entre autres le traitement des informations par leur
transformation (définition s’inspirant du modèle algorithmique de l’ordinateur)
"La mémoire est d'abord une sélection de ce qui est à oublier, ensuite seulement une rétention
de ce qu'on entend mettre à l'abri de l'oubli qui la fonde"21- Pascal Quignard
Sont accrues les facultés mnésiques en encodage, consolidation et stockage, mise à jour,
effacement et la récupération. La multitude de ses tâches lui confère le rôle de processeur,
soumis à de fortes contraintes cognitives.
The Gutenberg Galaxy / War and Peace in the Global Village sont deux ouvrages du
théoricien canadien Marshall Macluhan, qui met en exergue l’impact psychologique des
nouvelles TIC sur le comportement et l’évolution humaine.
Pour N. Carr l’ignorance de cette puissance et de ses effets par les internautes conduit à une
« magie et des méfaits sur le système nerveux lui-même »
21 cf. au terme « d’inhibition »
39
Le bouleversement des processus mentaux était prévisible comme pour tout progrès
technique et invention technologie dans l’Histoire. (Imprimerie, presse, TV, radio,
cinéma etc.) Cela passe par une étape naturelle d’adaptation psychique et
d’appropriation.
Ces inventions sont d’autant de « moyens d’objectiver et d’amplifier certaines capacités de
l’esprit et donc de les augmenter. »
Appuyant la théorie de Descartes, Tisseron défend l’idée que deux modes de pensées
coexistent et se complètent.
La pensée traditionnelle est associée à la culture du livre, et des savoirs fondamentaux. Elle
est relative à la pensée organisée, linéaire ou chronologique. Dans les activités de lecture elle
prend le trait d’une linéarité horizontale de lecture (lignes, paragraphes) et d’une
temporalité/causalité des faits (dates, lieux et évènements remarquables.)
La pensée traditionnelle favorise une conception du savoir à la verticale où « celui qui connait
écrit, pour celui qui ignore. »
Elle se traduit par la capacité à faire une seule tâche à la fois.
La mémoire évènementielle prend une place importante dans la pensée traditionnelle (appris
par cœur, souvenir flou et imprécis, restitution objective et neutre.)
Depuis que l’Homme et la société utilisent massivement les nouvelles technologies et
notamment les TIC et d’Internet, notre mode de pensée a évoluée de manière fulgurante. La
pensée numérique tend à être associée à la culture des écrans. Celle-ci se veut interactive, en
réseau ou curriculaire.
Elle permet de rompre avec les habitudes mentales par l’accès au contredis. La pensée
numérique brise aussi les modalités spatio-temporelles, à travers un environnement virtuel
totalement déspatialisé et sans temporalité.
Dès lors, Le langage virtuel voit le jour et permet l’exploration et le relais des capacités
psychiques. Ainsi la relation au savoir devient horizontale, elle impose une implication
commune dans la réflexion et une diffusion du savoir « multiculturaliste ».
Le numérique développe cette polyvalence des tâches (actions simultanées.)
Il sollicite la mémoire déclarative à travers la manipulation :
« La nécessité de travailler avec diverses sources, de les croiser, de les concilier, de les
comparer et d’ne tirer une information pour un usage précis. »
(Tisseron - Du livre et des écrans : Plaidoyer pour une indispensable complémentarité 2013)
Elle garantit ainsi la maintenance de ces informations afin de les manipuler plus efficacement
en exerçant les fonctions mentales de recherche et d’analyse. La restitution se veut alors
unique et subjective.
L’instauration de ce nouveau mode de pensée pour l’Homme modifie l’ensemble de ces
fonctions cognitives et donc de ces compétences face au Numérique.
40
Cependant d’un point de vue psychologique, l’interdépendance entre ces deux pensées, qui se
veulent complémentaire plus qu’opposée, dépend d’une condition biologique qu’est la charge
mentale puisque « l’Homme fonctionne comme un outil de transmission et de traitement de
l'information à capacité limitée. (Olivier Le Deuff – Chronique n°2 : Ce qu’on apprend
aujourd’hui sera inutile en 2050 ? 2018,)
Activé ces deux modes de pensées reviendraient à s’épuiser mentalement...
La Charge mentale prend ainsi en compte l’atteinte du seuil qualifiée comme une sensation
émergeante lorsque la quantité d 'Energie cérébrale dépasse une certain niveau appelé seuil
absolu.
Nicholas Carr dans son ouvrage Internet rend-il bête ? parle d’une véritable « désintoxication
du Net » qu’il a dû subir afin de retrouver une concentration fonctionnelle.
Certes l’usage des NTIC provoquent toujours une agitation universelle. Chaque média a ses
désavantages (musique trop forte, Télévision abrutissante etc.)
Mais l’influence des TIC traditionnelles et maintenant du numérique ; est d’autant plus visible
sur les capacités cognitives : telles que : l’attention, la concentration, la mémorisation. Egale
influence sur les capacités dites fondamentales (lire, écrire, penser, raisonner) qui sont les
conditions primaires de l’apprentissage.
Pouvons-nous seulement en déduire qu’alterner ses deux modes de pensées, réguler sa charge
cognitive suffira-t-il à lui donner le qualificatif d’intelligence nouvelle, multiple.
41
 Ci-dessus : Dessin satirique relatif aux multiples activités de l’élève, qui augmenteraient ses capacités
intellectuelles...VOUSNOUSILS - Excellentsrésultats au bac : l’intelligence des élèves a-t-elle progressé ? Le
Dessin. Juillet 2013,Site VousNousIls l'e-mag de l'éducation
Le développement du Numérique et notamment du Web et de l’économie numérique
a changé nos pratiques de consommation ou comportementales notamment sur le
Net. Ce développement a généralisé la multiplicité et la simultanéité des activités.
Les internautes ne consultent plus les pages, mais intervient au sein même de cet espace
virtuel. L’abondance, l’omniprésence et l’ubiquité des informations ont amplifié nos pratiques
de « zapping ».
Devenue pour l’internaute une habitude, puisqu’elle semblerait être le seul moyen de combler
à ces trois contraintes, la pratique du zapping influe sur notre cerveau. Tout d’abord en
produisant une plus forte surcharge cognitive et donc une plus grande difficulté de
concentration sur une seule tâche.
Pour pallier cet obstacle, les Neurosciences réfléchissent actuellement à l’entrainement d’une
flexibilité cognitive, permettant de passer d'une tâche cognitive à une autre.
Dehaene préconise l’usage du contrôle exécutif de l’attention, par la planification, la
sélection, l’initiation, l’exécution et la supervision des comportements volontaire. Selon lui
« ces processus assurent une certaine flexibilité cognitive en permettant l’assemblage de
stratégies nouvelles et non-routinières » (Dehaene L'attention et le contrôle exécutif - 2015)
Il est évident, pour le docteur Michel Hautefeuille, que le numérique possède des bienfaits
non négligeables. Il soutient l’idée que le Numérique a permis le passage supérieur à la
conscience humaine. De par l’accès au Savoir que permet Internet et les moteurs de
recherche ; et la possibilité de partage et de liaison grâce aux réseaux sociaux.
Nicholas Carr défend plutôt l’idée que ces nouveaux comportements ne signifient pas être
plus intelligent ni être plus efficace.
Ainsi Plus « nous parcourons de pages sur la toile, moins nous lisons de livres. Plus nous
échangeons des messages, des textes par plusieurs octets, moins nous composons des phrases
et des paragraphes. Plus nous sautons de lien en lien moins nous réfléchissons dans le
calme. » (Carr, The Shallows p 173)
42
L’internaute ne possède donc pas un meilleur cerveau mais un cerveau différent.
Les activités de zapping et de multitasking ont traversé les âges. La polyvalence des tâches
n’est pas nouvelle, elle a seulement pris un caractère inclusif dans notre quotidien, à travers
l’emploi du numérique.
« Notre besoin de rapidesde diversions kaléidoscopiques n’est pas né avec l’invention du
Web. » (Carr, The Shallows p 163)
Contrairement à Carr, Bruce Friedman, Auteur de « How Google is changing our
information Seeking Behavior » (2008) affirme que le « zapping favorise l’enrichissement
intellectuel en parcourant une multitude de pages. » Rejoignant le point de vue de Tisseron, il
invoque l’accroissement de la curiosité par l’accès immédiat au Savoir et à l’abondance des
informations qui en découlent. Souvent inconscient, le zapping informationnel s’apparenterait
pour lui à de la veille informelle.
Dans le cas d’un usage raisonnée, la technologie dite « intellectuelle » soutien, développe et
prolonge le système nerveux. De ce fait le numérique serait un formidable levier dans
l’accroissement de compétences nouvelles et le renforcement des compétences traditionnelles.
Internet semble apparaître soudainement comme un fructificateur d’intelligence et Les TIC
comme des amplificateurs de compétences. L’émergence de ces activités multiples et
simultanées prépare à l’avenir l’extension du potentiel cérébral de l’Homme
La multiplicité des activités sur le Web en simultanée est appelée Multitasking, elle
se traduit par des actions diverses sur un même temps déterminé.
Le témoignage de Carr dans The Shallows met en cause et de façon concrète, la multitude
d’éléments incitatifs qui nous détournent de l’objectif initial.
« Toutefois mes yeux n’en tenaient pas en place et sautaient partout […] Les sources de
distraction se multipliaient. J’ai regardé ce que Wikipédia disait sur Dickens. […] Vingt
minutes plus tard je n’étais tjrs pas revenue à ma lecture initiale. (Carr, The Shallows, p.150)
La notification d'e-mails en est un autre exemple. Non contrôlées et sonores, elles détournent
de tout évidence l'attention de l’internaute.
De plus, les niveaux de dopamine augmentent lorsque nous consultons nos notifications et nos
e-mails. Il faudrait jusqu'à 25 minutes pour se reconcentrer sur la tâche qu'ils effectuaient
initialement !
Pour Nicholas Carr, nos activités sur le Web ne procèderaient plus qu’au morcèlement de
l'attention sur plusieurs tâches.
43
L’interaction multimodale fait partie de ce terme de Multitasking, mais elle ne relève pas
d’activités en simultanée mais d’usages de TIC en simultanée.
Nous vivons dans une société ou l’environnement virtuel qu’est le Net tend à la
consommation et à l’élévation d’un véritable écosystème de « technologies d’interruption »
L’usage de plusieurs moyens de communication entre l’utilisateur et la machine entraine elle
aussi, et inévitablement une forte inattention.
Cette inattention existait déjà à l’époque, à travers le papotage entre camarades ou le dessin
griffonné sur le coin d’un cahier, seulement elle semble maintenant plus visible.
« Je recherche les mots je m’interromps plus souvent. Je finispar terminer mon livre ce qui
me fait plaisir. Mais une semaine plus tard, j’ai vraiment du mal à me souvenir de ce que
j’ai lu. » (Carr, The Shallows p.151)
La capacité d’attention mais aussi de rétention d’une information est de 25 minutes.
L’attention sélective « qui peut être définie comme l’ensemble des mécanismes par lesquels le
cerveau sélectionne une information et en oriente le traitement » ; donne accès à un système
cérébral central dont la capacité est limitée.
Le cerveau ne parvenant pas à réaliser deux tâches simultanément, il produit des stimuli
invisibles (effet de clignement attentionnel ou attentional blink), naturelle pour réguler la
charge cognitive. Plusieurs opérations cognitives sous le contrôle de l’attention ou du moins
l’une des deux opérations sera forcément ralentie ou abolie....
L’attention étant pourtant essentiel dans le cadre de l’apprentissage . Elle relève de ce
tryptique indissociable de l’attention ; mémorisation et compréhension. Elle fait partie des
conditions primaires à l’acquisition de nouvelles connaissances et compétences.
Le psychologue américain Michael Posner distingue au moins trois systèmes attentionnels
enclenchés lors d’activités, le système de :
 L’alerte, qui module globalement le niveau de vigilance ;
 L’orientation de l’attention, qui sélectionne un objet (but, sous but)
 Et le contrôle exécutif, qui sélectionne la chaîne de traitements appropriée à une tâche
donnée et en contrôle l’exécution. (concentration, représentation mentale, mémorisation...)
Chacun de ces systèmes module massivement l’activité cérébrale et peut donc faciliter
l’apprentissage, mais aussi l’orienter dans la mauvaise direction. 22
Cette baisse de l’attention à travers les activités de multitâches engendre le plus souvent, une
compréhension faible des informations et une mémorisation sur le court terme.
22 DEHAENE Stanislas - L'attention et le contrôle exécutif - Fondements cognitifs des
apprentissages scolaires , Collège de France, Vidéo Conférence - 90min [En ligne] env. 4 p.,
Janvier 2015 consultable sur le site Collège de France : https://www.college-de-
france.fr/site/stanislas-dehaene/course-2015-01-13-09h30.htm
44
Elle ne permet donc pas l’acquisition des connaissances, et le transfert de ces connaissances
en nouveau savoir.
A présent mais aussi à l’avenir, l’internaute et plus particulièrement l’élève devra sans aucun
doute prêter attention à ses limites cognitives. Appelée « Métacognition », elle induit
l’activation du processus attentionnelle via système d’orientation, déterminant à quoi nous
prêtons attention. Ce système amplifie les signaux sélectionnés, mais réduit drastiquement
ceux qui sont jugés non-pertinents.
En outre elle conduit à cécité intentionnelle bénéfique, où la focalisation de l’attention de
l’internaute sur un objet de pensée le rend aveugle à d’autres stimuli (bruit documentaire ou
environnemental, informations sonores et visuelles, les sollicitations externes etc.)
La métacognition se veut être une inhibition des bruits brouillant l’attention.
Elle s’apparente à une veille constante de sa charge cognitive.
Le contrôle de notre état d’épuisement, lié aux écrans, à l’abondance d’informations est
néfaste au processus d’apprentissage. Opter pour une vigilance personnelle de ces capacités
cognitives permettrait de pour accueillir et traiter plusieurs flux d’informations, de manière
optimale.
A l’avenir, l’internaute devra développer personnellement une procédure d’alerte pro-active
Tout d’abord renoncer à certaines tâches pour mieux se retrouver. Puis par auto-réguler le
temps sur écrans, instaurer des pauses (méthode dites de « Pomodoro ») ou des contre-efforts
qui seront des activités de repos attentionnelles.23
Ce temps sera dédié à d’autres actions, considéré comme une prise de temps pour soi, pour
engager sa créativité mais sera nécessairement des activités qui prendraient le contrepied de
l’activité principale.
Cette procédure se veut indispensable : le temps de concentration étant de 25 min, au-delà les
efforts deviennent hypertrophiés, et ne permettent plus d’être conscient et efficace.
L’on peut se demander si cette question de conscience personnelle n’en n’est pas altérée par
l’usage intensif du numérique. Puisque cette existence virtuelle prend parfois le pas sur la vie
quotidienne.
23 DUNCAN POLLETI – ESSAI SUR LES INTELLIGENCES LUDIQUES - THEORIES DES JEUX –
OBSERVATOIRE DES MONDES DU NUMERIQUE EN SCIENCES HUMAINES, 2015
 L’impact numérique  sur les fonctions cognitives des élèves :  développement de compétences nouvelles,  évolution des apprentissages  et posture de l’enseignant
 L’impact numérique  sur les fonctions cognitives des élèves :  développement de compétences nouvelles,  évolution des apprentissages  et posture de l’enseignant
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L’impact numérique sur les fonctions cognitives des élèves : développement de compétences nouvelles, évolution des apprentissages et posture de l’enseignant

  • 1. 1 Master Métiers de l’enseignement et de l’éducation et de la formation Mention 2– MASTER 2 L’impact numérique sur les fonctions cognitives des élèves : développement de compétences nouvelles, évolution des apprentissages et posture de l’enseignant Mémoire présenté en vue de l’obtention du Grade de Master soutenu par Charlène THOMAS Directeur de mémoire : Etienne TRIPIER Année universitaire 2018-2019
  • 2. 2
  • 3. 3 L’impact numérique sur les fonctions cognitives des élèves : développement de compétences nouvelles, évolution des apprentissages et posture de l’enseignant
  • 4. 4 ENGAGEMENT DE NON PLAGIAT Je, soussigné (e) Mlle THOMAS Charlène __________________________________________________, étudiant (e) en M2 MEEF Option B DOCUMENTATION_______________________________________ , déclare être pleinement conscient(e) que le plagiat de documents ou d’une partie d’un document publiés sur toutes formes de support, y compris internet, constitue une violation des droits d’auteur ainsi qu’une fraude caractérisée. En conséquence, je m’engage à citer toutes les sources que j’ai utilisées pour écrire ce rapport ou ce mémoire. Date : 13/04/2019 Signature Cet engagement de non plagiat doit être inséré en première page de tous les rapports, dossiers, mémoires. 4 sites de formation Clermont-Chamalières Aurillac Le Puy-en-Velay Moulins ESPE Clermont-Auvergne 36, avenue Jean Jaurès C.S. 20001 - 63407 Chamalières Cedex Tél. : +33 (0)4 73 31 71 50 - Fax : +33 (0)4 73 36 56 48 espe@univ-bpclermont.fr
  • 5. 5 Remerciements Je tiens à remercier l’ensemble des personnes qui ont contribué à l’élaboration de ce mémoire scientifique. Tout d’abord Mademoiselle Meggie Pothier, étudiante en Master Psychologie de l’Education à l’Université Paris-Nanterre , qui a su m’apporter ses connaissances et ressources d’une importance capitale. Bien naturellement, je remercie gracieusement les laboratoires scientifiques et universitaires qui ont su m’accorder de leur temps, et m’offrir un appui indéfectible malgré des disponibilités de communication plus que limitées. Ici, Monsieur Éric Roditi, Enseignant-chercheur en sciences de l’éducation , Didacticien des mathématiques et directeur au Laboratoire EDA Paris Descartes. Monsieur Antoine Delcroix enseignant chercheur au Laboratoire CRREF, à l’Université des Antilles et à l'ESPE de l'académie de Guadeloupe, qui a pris le temps de converser avec moi sur le sujet abordé, et à en redéfinir plus précisément les contours. Ainsi que Madame Najoua Mohib, Maître de conférences en sciences de l’éducation Responsable de l'équipe de recherche "Technologie et Communication", au Laboratoire Interuniversitaire de Sciences de l'Éducation (LISEC), enseignante chercheuse à l'ESPE de l’Académie de Strasbourg. Je remercie également Monsieur Valentin Daval, ancien Ingénieur pédagogique, reconverti en enseignant mathématicien, pour son regard professionnel et son point de vue critique des pratiques de recherche. Ma pensée se tourne à présent vers les personnes ressources issue des bibliothèques universitaires et publiques. Canopé Clermont et la Bibliothèque Universitaire de l’ESPE Clermont-Auvergne pour m’avoir fourni rapidement un support numérique (Tablette) de rechange et des ressources documentaires adaptées. Mais également Canopé Moulins pour sa collection sur l’enseignement et l’inclusion scolaire pour les élèves porteurs d’handicap. Enfin la Médiathèque Valéry Larbaud de Vichy sur la gestion de ses collections, qui me semblent raisonnablement fournies, la pertinence de ses ressources et l’accès à des lieux de travail optimaux. Je reconnais bien naturellement l’implication de mes formateurs de ces deux années de Master MEEF à l’ESPE Clermont-Auvergne. Monsieur Etienne Tripier, pour sa formation à la méthodologie de mémoire et toute sa bienveillance dans l'évaluation de ce mémoire. Mais également pour la totalité de son accompagnement depuis ma troisième année de Licence Métiers du Livre, au cours de ses deux années de Master MEEF Documentation; et de son soutien lors de la préparation au concours.
  • 6. 6 Madame Valérie Founaud pour sa présence lors de l'évaluation orale de ce mémoire. Ainsi que son fort investissement au cours de ses deux années de Master MEEF Documentation. Je retiendrais cette passion à concevoir des cours de qualité, transmettre un savoir ; avec le sourire et une remarquable patience. Formatrice qui a pleinement su apporter son opinion sur les pratiques enseignantes, au regard de sa qualification de professeur documentaliste en collège. Je remercie Madame Valérie Orenes pour le dynamisme de ces interventions, de ces conversations professionnelles extrêmement enrichissantes, notamment au sujet des innovations pédagogiques. Enfin je remercie Madame Floriane Jaud, qui a su apporter sa fraîcheur, son exigence et sa vision créative de l'enseignement. Je relève le temps et le travail conséquent qu'elle a fourni pour offrir des cours efficaces, prenant modèle sur des actions éducatives déjà mis en place dans d'autres académies. Ainsi que tout son soutien pour la préparation au concours. Enfin en dernier temps, je tenais à remercier mes collègues enseignants de promotion MEEF Documentation, pour leur encouragement tout au long de ses années d’études. Charlène THOMAS
  • 7. 7 Table des matières Remerciements................................................................................................................................................5 Table des matières...........................................................................................................................................7 L'avant-propos.................................................................................................................................................9 Introduction...................................................................................................................................................10 CHAPITRE 1 : Fondement des réflexions scientifiques et éducationnelles autour de la réussite de l’élève11 1.1 - Les grands mouvements de la psychologie de l’éducation ............................................................12 1.2 - Les Sciences de l’Education : mouvement pluridisciplinaire ........................................................16 1.3 - Réadaptation des méthodes d’apprentissages traditionnelles pour une nouvelle génération.........54 CHAPITRE 2 : Pratiques informelles des élèves, levier à l’acquisition de futurs compétences ..................77 2.1 - L’élève-lecteur : Maitriser la multimodalité et comprendre l’Architecture Web .........................77 2.2 - L’élève-chercheur : Acquérir une méthodologie cognitive & une pensée critique........................92 2.3 - L’élève-contributeur : citoyen numérique actif et engagé............................................................108 CHAPITRE 3 : Redéfinir la posture enseignante: rôle pluriel, nouvelles responsabilités & nouvelles pratiques .........................................................................................................................................................................122 3.1 - Redéfinition du cadre spatio-temporel de l'apprentissage, vers un enseignement d'assistance ...122 3.2 - Légitimité de l'enseignant: Praticien réflexif & chercheurs de structures....................................132 3.3- Le Numérique, instrument d'Inclusion scolaire et de remédiation cognitive ................................145 Conclusion...................................................................................................................................................152 SOURCES...................................................................................................................................................153
  • 8. 8 ANNEXE ....................................................................................................................................................170 ANNEXE I ...........................................................................................................................................171 ANNEXE II..........................................................................................................................................172 ANNEXE III ........................................................................................................................................173 ANNEXE IV ........................................................................................................................................174 ANNEXE V..........................................................................................................................................175 ANNEXE VI ........................................................................................................................................176 ANNEXE VII.......................................................................................................................................177 ANNEXE VIII .....................................................................................................................................178 ANNEXE IX ........................................................................................................................................179 ANNEXE X..........................................................................................................................................181 ANNEXE XI ........................................................................................................................................182 ANNEXE XII.......................................................................................................................................183 ANNEXE XIII .....................................................................................................................................185 ANNEXE XIV .....................................................................................................................................186 ANNEXE XV......................................................................................................................................187 ANNEXE XVI .....................................................................................................................................188 ANNEXE XVII....................................................................................................................................189 ANNEXE XVIII ..................................................................................................................................190 ANNEXE XIX .....................................................................................................................................191 ANNEXE XX.......................................................................................................................................192 ANNEXE XXI .....................................................................................................................................193 ANNEXE XXII....................................................................................................................................194
  • 9. 9 L'avant-propos Le statut d’étudiante en Master Option B fait état de mon absence au sein un établissement scolaire du second degré, comme normalement prescrit au cours du stage de titularisation se déroulant à l’année. C’est pourquoi je ne pouvais ancrer ma réflexion sur mes propres pratiques et constations professionnelles. Il m’aurait été difficile de conclure à une réflexion probante si je devais m’appuyer sur mes trois stages en établissement depuis la première année de Master MEEF. La durée de ces stages étant trop courte (1 mois et demi) , je n’ai pas eu la possibilité de m’impliquer fortement ou d’obtenir quelconques responsabilités dans ces établissements. Il est donc légitime que ce mémoire de recherche ne soit pas totalement professionnel même si le statut et le rôle de l’enseignant documentaliste est explicitement cité. Ce travail de recherche pourrait cependant s’appliquer à un Master PIF (Pratique et ingénierie de la formation). Puisque que le sujet tend à une formation des enseignants autour de leur posture et leurs pratiques, pour une refondation des méthodes d’apprentissages intégrant l’usage du Numérique dans une approche neuroscientifique. Les sujets cités en remerciements ont apporté à leur échelle, des modifications et des enrichissements à cette réflexion. Ils ont d’autre part, influencé le cours de la recherche, en affichant un parti pris sur certains points essentiels de ce mémoire.
  • 10. 10 Introduction L'enseignement a, depuis longtemps, placer l'élève au cœur de toutes les réflexions. Il en répond par l'instauration d'une pédagogie novatrice: pédagogie différenciée, inversée, accompagnement personnalisé... dans le but d'accroître le potentiel de l'élève, garantir sa réussite scolaire mais aussi sa réussite dans tous les champs de la société. Cependant l’émergence numérique a bouleversé l'ensemble de cette société. Il a entraîné une mutation profonde du monde professionnel: de la façon travailler et à l'intégration d'outil technologique dans les tâches humaines. Cela suppose la maîtrise de nouvelles compétences. Le numérique a également transformer le modèle social, en lui offrant de nouveaux codes culturels, de faisant émerger de nouvelles pratiques informelles, et transformant le comportement humain. Le monde de l'enseignement a lui aussi était impacté, le numérique lui imposant de redéfinir ses priorités d'apprentissage. Cela induit d'inclure et d'enseigner le numérique à l'école, de réévaluer les pratiques professionnelles par une formation enseignante plus actuelle. En réponse aux nouveaux enjeux imposés par le Numérique. l'Enseignement devra porter un nouveau regard plus particulièrement sur ses stratégies d'apprentissage, il aura le défi de préparer les élèves à s'insérer et à s'engager dans la société à venir. Pour cela les élèves devront acquérir de nouvelles compétences notamment relationnelles, leur permettant de s'insérer socialement. Compétences techniques tenant compte des recommandations du monde professionnel. Et connaissances approfondies, lui assurant une réussite scolaire, tout en lui permettant d’agir et de s’engager comme citoyen modèle. Il est donc nécessaire pour l’Enseignement, de s’appuyer sur le potentiel numérique, pratiques des élèves, pratiques enseignantes et Neurosciences. Il ne suffit donc plus de s’inspirer des activités informelles des élèves mais de comprendre le fonctionnement cognitif de son processus d’apprentissage. De par l’analyse du comportement et des effets du Numérique sur les élèves, l’Ecole en adaptera ses modalités apprentissage ainsi que son enseignement. Pour étayer cette étude sera abordé en premier lieu, les fondements des réflexions scientifiques et éducationnelles autour de la réussite de l’élève. Le second chapitre mettre en lumière les pratiques informelles des élèves comme levier à l’acquisition de futures compétences. En dernier temps il sera question de prévenir du rôle pluriel, nouvelles responsabilité et pratiques des enseignants.
  • 11. 11 CHAPITRE 1 : Fondement des réflexions scientifiques et éducationnelles autour de la réussite de l’élève Le Numérique impacte non seulement nos pratiques, nos comportements mais bien au-delà il influent sur notre propre cerveau. Son usage quotidien et l’omniprésence des TIC dans notre société implique à l’enseignement de reformuler ses desseins de formation et redéfinir les stratégies et modalités d’apprentissage. Le développement des compétences convient de répondre à des exigences sociales, professionnelles, personnelles et universelles. Le bénéfice de compétences futures façonne la société de demain. Héritage universelle qui accompagne ainsi les transmutations du monde actuelle. Ce questionnement riche de sens, touchent de multiples champs liés implicitement ou explicitement à l’éducation. Cette réflexion de l’Education nationale se veut plurielle tant il s’agit de prendre en compte ces exigences de formation, la physiologie et psychologie du développement de l’enfant, et sa culture de l’élève ( ses habitudes, attitudes et actions.) Multiplicité des racines de l’enseignement par l’évolution des regards pédagogues, résultant toujours de découvertes scientifiques et technologiques . Ces pensées pédagogues impliquent généralement des concepts en science de la psychologie, neurologie et biologie. L’appui sur ses modèles « archaïques » sont pour chacun d’entre eux, une réponse à cette refondation de l’apprentissage. Ainsi dans ce premier chapitre nous exposerons l'ensemble de ces grands mouvements de la psychologie cognitive, leur regard et leur apport à la pédagogie actuelle. Dans un second temps sera démontré que les sciences de l'éducation sont issues de réflexions multidisciplinaires. Il sera donc question de mettre en lumière ses évolutions à travers les progrès technologiques, scientifiques et culturelles. Enfin nous nous questionnerons sur l'impact du numérique sur les fonctions cérébrales, cognitives et sur les compétences qu'elles induisent, comme un enjeu de société et d'éducation.
  • 12. 12 1.1 - Les grandsmouvements de la psychologiedel’éducation Ci- dessus - Frise chronologique desgrands mouvements de la psychologie du XXème et XXIème siècle, dont nous auronsl’occasion d’étayer au court de cette première partie. Illustration issue de l’ouvrage - Éléments de psychologie cognitive pour les sciences de l'information publié en 2006 par DENECKER Claire, KLOMAYER Élisabeth avec une Préface de ROUET Jean-François.Aux Editions Presses de l’Enssib dans la collection:Les cahiers de l’Enssib Les grands mouvements psychologiques se sont succédés, ont fusionnés ou se sont juxtaposés dans le temps. Nous retenons ceux qui ont eu une influence profonde dans le domaine de l’éducation et de l’enseignement. Ainsi c’est véritablement fin XIXème, début XXème que le Behaviorisme, premier mouvement psychologique a vu le jour. Son postulat affirme la validité d’une approche fonctionnelle du psychisme, dont le but est d’étudier le comportement humain mais aussi appréhender et contrôler le processus cognitif. En clair, le Behaviorisme se base seulement sur le comportement observable, essentiellement conditionné soit par les mécanismes de réponse, réflexe à un stimulus donné. Soit par l'histoire d’interactions entre l'individu et son environnement (punitions et renforcements par le passé.) Ce mouvement a depuis longtemps était associé à « la boite noire » du fait qu’il ignore volontairement les représentations mentales de l’individu, car non observables scientifiquement. Il sera d’autant plus contesté par l’émergence d’un courant fondamental dans le domaine de la psychologie et de l’éducation qu’est le cognitivisme. A la base de ce mouvement, la Théorie du développement ou épistémologie biologique de Piaget datant de 1960.
  • 13. 13 Jean William Fritz Piaget, biologiste, psychologue suisse est connu pour ses travaux en psychologie du développement à travers ce qu'il a appelé l'épistémologie génétique. Théorie dans laquelle il examine comment l'enfant, à différents stades de son développement, comprend des concepts fondamentaux comme le temps, l'espace, la causalité. Cette théorie de l'apprentissage exercera une influence notable sur la pédagogie et les méthodes éducatives encore dès à présent. La « révolution cognitivisme » a véritablement émergé dans les années 1955 -1960 Le mouvement cognitivisme accouchant des théories de Piaget, étudie le processus perceptif, la structure et fonctionnement de la mémoire, l 'organisation des connaissances et la recherche d'informations. Et plus particulièrement sur les représentations mentales, symboliques, et leur transformation par le processus cognitif. Ces représentations permettraient de comprendre le monde et d'agir sur lui. Elles se veulent plus ou moins stables car elles sont donc toujours évolutives. En effet les fonctions cognitives combineraient les données de l'environnement et ces représentations mentales. Ces modèles sont dès lors utilisables par l'individu comme source d'information et instrument de régulation et de planification des conduites.1 L’étude de ces représentations dans le mouvement du cognitivisme défend tout du moins l’élaboration et la modulation de plusieurs formes de ces représentation2, telles que : • Connaissances déclaratives qui font références a des faits, a des infos qu'il est possible de décrire verbalement et dont l’organisation est flexible et contrôlée par le sujet • Connaissances procédurales qui qualifient un type de connaissances peu accessible à l'observation et qui est de l'ordre du Savoir Faire • Chunks : Unité structurée de découpage de l'informations, intervenant dans la mise en mémoire à court terme. • Catégories et schémas, c’est-à-dire les représentations sémantiques (hiérarchique, analogique, alphabétique etc.) 1 HAUTEFEUILLE Michel, VELEA Dan - Les addictions à Internet : De l'ennui à la dépendance,Paris, Edition Payot, Collection : Petite Bibliothèque Payot, 2014, 264 p 2 Éléments de psychologie cognitive pourlessciences de l'information publié en 2006 par DENECKER Claire, KLOMAYER Élisabeth avec une Préface de ROUET Jean-François. Aux Editions Presses de l’Enssib dans la collection : Les cahiers de l’Enssib
  • 14. 14 En situation réelle d’apprentissage, le cognitivisme use de l’observation des actions de décisions, langage et communication, lecture et assimilation des savoirs. Il soutient le rôle de l'interaction et la mutualisation (l’ouverture sur d'autres concepts) & déplacement des liens tissés avec d’autres disciplines (transdisciplinarité.) Le cognitivisme est le premier mouvement qui s’interroge véritablement sur l'intelligence artificielle. Celui-ci sous entendant plusieurs micro courants, relatifs à différentes études sur le processus et le fonctionnement de l’apprentissage. D’où la multiplicité des définitions du cognitivisme et de recherches théoriques à ce sujet... Concernant cette « Révolution cognitivisme » Vygotsky en est une figure majeure qui, au cours de ses travaux, a fait évoluer considérablement les Neurosciences. A vrai dire, Vygotsky sera le premier à contredire la vision Piaget, notamment à travers sa théorie historico-culturelle du psychisme. Pour lui, le développement de l'enfant résulte de l'appropriation de son environnement culturel et social. Théorie dont s’inspirera le mouvement « interactionnisme » dans les années 60. Ainsi en 1930 Il conçoit la théorie de la Zone Proximale de Développement, reconnue mondialement comme une avancée dans le domaine de la Psychologie cognitive. Cette zone proximale du développement serait en fait « l’estimation du développement potentiel, à partir de ce que l'enfant est capable de réaliser avec l'aide d’un adulte, à un certain moment et qu’il réalisera seul plustard. » Il démontre l’influence des outils techniques sur le développement cognitif de l’individu. L’acquisition de ces outils de communication linguistiques, techniques et technologiques déterminerait notamment « l’instrument psychologique ». Vygotsky soutient plus précisément l'idée que ces situations communicatives, par l'usage d'outils culturels les plus élaborés de son temps, accroit le matériel sémiotique. C’est-à-dire la médiatisation du processus cognitif et donc les fonctions mentales (attention volontaire, mémoire logique, subvocalisation et pensée verbale.) Ainsi le processus de développement cognitif n’aurait pu être possible sans interactions sociales. Vygotsky conçoit la médiation, non seulement de l'expert (l'enseignant) et mais également des outils techniques. Le pédagogue psychologue se veut en avance sur son temps car il impose déjà une idée de l'intelligence artificielle (capable d’interagir avec l’usager). C’est donc sur la base des travaux de Vygotsky que le courant de l’Interactionnisme naquit en 1960 aux USA. Ici, il repose sur la dimension essentielle de la relation sociale dans les comportements. Ainsi l'individu se construit dans ses relations avec son environnement. Environnement social, humain, affectif, matériel...
  • 15. 15 Nombres de théories s’appuie sur cette dimension sociale modifiant le fonctionnement comportemental de l’individu. Jérôme Bruner en reprendra d’ailleurs nombre éléments issus de l’interactionnisme dans ses théories. Bruner est reconnu comme l’un des fondateurs de la psychologie cognitiviste telle que nous la connaissons. Contrairement à Piaget qui examine les effets externes et fondamentaux (cadre spatio- temporel et causalité) à différents stades du développement de l’enfant. Bruner examine plutôt les processus psychologiques qui interviennent dans le développement cognitif pour voir si l’on peut les influencer. Il se penche sur ce concept de l’interaction par ce qu’il appelle « l’étayage pédagogique. » Lié au concept de zone proximale de développement, défini par Lev Vygotski, L’étayage pédagogique désigne « l'ensemble des interactions d'assistance de l'adulte permettant à l'enfant d'apprendre à organiser ses conduites afin de pouvoir résoudre seul un problème qu'il ne savait pas résoudre au départ. » Il démontre que cette activité cognitive s'enracine sur des ressources adaptatives (telles que la comparaison des états, identification ce qui advient, évaluation et la pertinence) et qui se construit par des liens (ou connexions neuronales) issus des rapports que les individus entretiennent entre les actions et leurs effets. Pour lui, l’interaction est une condition indispensable à l'apprentissage plus précisément la médiation humaine entre enseignants ou entre élèves. L’étayage pédagogique serait un soutien à l’autonomie, à la réflexion d’une pensée personnelle. Une étape primordiale pour arriver à une situation « Insight » c’est-à-dire la découverte soudaine la réponse par soi-même. Dénommée par Bruner « l’instrumentalisme évolutionniste » en 1980, ce mouvement se veut relatif à l’ensemble de ses théories. Instrumentalisme : autour duquel les capacités humaines se sont amplifiées sous l'usage de plus en plus sophistiquées des outils (radar, bicyclette, voiture, marteau, etc.) Évolutionniste car, selon Bruner, le niveau des connaissances actuelles de l'espèce humaine est une suite d'évolutions. Son développement résulterait de progrès technologiques successifs. Ainsi un enfant naissant et grandissant dans un milieu culturel particulier va accroître ses capacités : via l’accès naturel à des moyens technologiques d'une culture qu’il s’approprie ; et qui ont un fort impact sur la façon de penser de ses membres. L’enfant reçoit de la culture, les connaissances (techniques) qu'elle véhicule.
  • 16. 16 La notion de culture est ici à prendre au sens large : connaissances dures, maitrise des notions, quasi-conscience logiques pragmatiques, capital culturel, et comportements sociaux... “La culture environnante,dont l'école est un instrument,joue un rôle essentiel pour former l'individu qui est en constante interaction avec elle : les façons de penser, la technologie, les moyens de communication de celle-ci vont influencer sa croissance intellectuelle »3 Bruner invente la métaphore de la pensée et l'ordinateur à travers ses théories du traitement de l'information et de l'intelligence artificielle. Nombre de ces courants psychologiques ont modulés les recherches et stratégies d’apprentissage. Chacun d’entre eux a su apporter un élément de réponse à l’apprentissage idéale. Ce n’est donc pas un courant qui est plébiscité dans les Neurosciences et sciences de l’éducation mais tous. 1.2 - Les Sciences de l’Education : mouvement pluridisciplinaire Ses sciences de l’éducation reposent sur ce postulat aux convergences multiples, afin de l’appliquer aux enjeux de la société et plus particulière aux enjeux éducatifs. La pédagogie a ainsi connu bien des formes mais a suivi les évolutions techniques et culturelles de son temps ; du moins jusqu’à maintenant... Le terme de « Sciences de l’éducation » est apparu avec les travaux de Robert Mills Gagné, psychologue américain et pionnier des sciences de l'éducation durant la Seconde Guerre mondiale avec la formation des pilotes. Il a notamment contribué aux théories de l'ingénierie pédagogique par sa formation sur ordinateur et l'apprentissage multimédia. La révolution numérique s’est imposée dans ces sciences comme une condition centrale de l’apprentissage aussi bien en tant que motif d’enseignement que support pédagogique. Milieu des années 1980, nombreuses ont été les modifications sur les apprentissages académiques et la formation professionnelle. Intégrant de ce fait la maitrise de l’informatique plus particulièrement de la programmation. En 1990, l'apprentissage évolue grâce aux supports numériques (avancés dans la simulation, la représentation des objets et concepts.) Il permet la conception d’outils adaptés aux apprenants, en situation de handicap ou porteurs de troubles. 3 DUNCAN POLLETI – Essai sur les intelligences ludiques -Théories des Jeux – Observatoire des Mondes du Numérique en Sciences Humaines, 2015
  • 17. 17 En 2010 ce fut la diffusion massive de tablettes numériques qui a donné un regain d’intérêt pour la programmation informatique. Tisseron en répondra cette année-là « Il est essentiel que les institutions scolaires s’investissent dans l’éducation aux technologies numériques et plus encore dans l’indispensable adaptation aux bouleversements culturels qui en résultent » Depuis de nombreuses évolutions techniques ont vu le jour : Recherche vocale, Réalité Virtuelle, et Robotique etc. Ces modifications de l'apprentissage liées au numérique ont toujours impactées par : - la façon dont les personnes s’engagent dans les apprentissages - les traitements cognitifs opérés lors de ceux-ci, - les tâches réalisées par les apprenants et, enfin, - les processus d’apprentissage eux-mêmes. Technologie, Pédagogie et Neurosciences ont tjrs étaient liés. Cet enrichissement disciplinaire de la technique, des sciences et de l’éducation permet encore d’anticiper les évolutions et appliquer des stratégies efficaces répondant aux grands enjeux de demain. Les Sciences de l’éducation, comme indique sa pluralité, sont issues de réflexions multidisciplinaires entre les recherches scientifiques (autour de données, résultats et rapports), les pratiques et les expériences de terrain (rapport d’observation, mutualisation professionnelle) Même si leur étymologie reste floue, les Sciences de l’éducation offrent des points multiples de réflexion. Pour Jean-Claude Runao- Borbalan, Directeur du laboratoire HT2S-CNAM et Président de la Commission Européenne, les sciences de l’éducation relèvent d’une interdisciplinarité générale autour des domaines de la sociologie des usages et la psychologie. Mais aussi d’une pluridisciplinarité externe autour des nouvelles technologies, de l’eye tracking, de l’électronique. Et enfin d’une disciplinarité externe concernant les conditions scolaires, le climat d’apprentissage, la psychologie de l’éducation. 4 S’ils s’enrichissent mutuellement, il existe un fossé entre le cadre scientifique et enseignant. Le scepticisme enseignant autour des Neurosciences est les résultat d’une méfiance et d’une différence de point de vue (parfois opposé) des chercheurs scientifiques et des éducateurs. Il est délicat de modeler les pratiques concrètes et journalières sur le rapport d’un modèle. Le numérique offrent cependant un sujet commun permettant de rapprocher la recherche et les pratiques au sujet de développement des nouveaux outils et usages des nouvelles technologies éducatives. 4 RUANO-BORBALAN Jean-Claude, MILLET Sandra - Eduquer et Former : Les connaissances et les débats en éducation et en formation - Paris, Editions Sciences Humaines, 2008, 540 p
  • 18. 18 Il a donc été question de créer une unité bien définie, conduite par le Ministère de l’Education nationale dans le dessein de créer des dispositifs d’échanges. Susceptibles de réunir chercheurs du CNRS et acteurs intéressés par les TIC ainsi que les enseignants afin de se rencontrer, dialoguer et formaliser un programme de recherche ambitieux mais réaliste. 5 Le CNDP en est un exemple, où il est ici question de repérer les bonnes pratiques utilisant les TIC et les diffuser auprès des enseignants (en collaboration avec les laboratoires de recherches universitaires.) De ce fait, l'objectif commun des sciences l'éducation est de développer les potentialités dites "congénitales" c'est à dire la création de nouvelles aptitudes liées à la société (adaptation, transformation, amélioration au contact de nouvelles situations.) L'efficacité de cette croissance de potentialités congénitales étant due en partie aux nouvelles méthodes d'apprentissage basées sur la notion de « feed-back.» Cela pose question en matière de revalorisation de la méthodologie pour l'éducateur (enseignants, parents et formateurs) puisque l'élève n'est plus seul dans son apprentissage. Celui-ci est lié soit par une équipe soit appuyé par l'enseignant. L'extension de l'enseignement peut être possible par un programme autonome, assisté par ordinateur. Derechef, il est nécessaire de questionner cette méthodologie dans l'action ou sur le processus d’apprentissage : les relations sociales, les actions éducatives, interaction directe ou différée... Il implique forcément une redéfinition du statut de l’apprenant : sa place dans le groupe à travers le tutorat, les activités d'échanges/de débats, ou bien même l'autoformation... Les Sciences de l'éducation et de l’apprentissage sont certes multidisciplinaires mais elles rejoignent conjointement la pensée des Lumières, en matière d'innovation pour une école nouvelle. Ces idées prônent la défense de méthodes actives telles que les expérimentations. Montaigne préconisait déjà l "éducation au contrôle de l’esprit ». Mais nombres de mesures se sont suivies dans l’Histoire de l’éducation et notamment à travers des réformes majeures telle que celle de Célestin Freinet : « Nous déplaçonsl’axe éducatif : le centre de l’école n’est plus le maître mais l‘enfant [...] la vie de l’enfant ses besoins, ses possibilitéssont à la base de notre méthode d’éducation. » En France c’est en 1967, que les sciences de l'éducation émergent. Tardivement et avec l’arrivée des TIC, c’est en 1990, à travers la naissance de L'ARFISE (Association francophone de recherche en science de l'éducation) qu’elle va s’imposer. Les Sciences de l'Education ont depuis prisent en compte les progrès sociétales et ont porté un regard précis sur les possibles mutations des élèves et des enseignants. 5 MIALARET Gaston - Les Sciences de l'éducation,Editions Presse Universitaire de France, Collection : Que sais-je ? 2005, 128 p
  • 19. 19 Résultant des théories scientifiques, de travaux en Sciences Humaines et de la Psychologie cognitive elles se sont ancrées dans le paysage éducatif par la création des IUFM et la mise en place de la formation et recherche en son sein. De ce fait la recherche scientifique ne tient plus compte de simples observations mais d'une relation à part entière avec les terrains de pratique.6 A l’heure actuelle nous ne parlons plus de courants en éducation ou bien même de grands mouvements en psychologie. Cette distinction n’est plus applicable car bien au contraire, de cette synergie a naquit les Neurosciences, qui se sont enrichis à travers eux. La prise en compte de ces Neurosciences dans les apprentissages a soudainement été source de spéculations, d’interrogations. Malgré la mise en lumière des Neurosciences par le biais de déclarations officielles du Ministère de l’Education nationale, il convient de rappelle qu’elles ont toujours été partie intégrante des Sciences de l’éducation. Travaux neurologiques et Connexionnisme sont reconnus comme le socle expérimental des Neurosciences.7 Les Neurosciences sont composées de deux champs de recherches : la Neurologie & la Psychologie cognitive. L'une se basant sur des outils techniques d'analyse cérébrales et l'autre sur le développement cognitif et comportementales. Pour les définir plus précisément : La neurologie est une science appartenant au domaine médical qui étudie l’ensemble du système nerveux et de son fonctionnement, et plus particulièrement le cerveau. Le mouvement connexionnisme illustre l’avancée de cette science au travers le développement et l’utilisation des outils scientifiques de plus en plus performants. Implose la théorie de réseau neuronal formel du connexionnisme qui relève l’ensemble de modèles formels automates et de systèmes formalisés (systématismes) développés sur la base d'analogies avec le système nerveux central. Ces modèles seraient destinés soit à réaliser des machines à connaitre dotées de capacités d'apprentissage (algorithmes de l’Intelligence artificielle), soit à modéliser le fonctionnement des réseaux biologiques voir des processus psychologiques (connexions et stimulus dans les différentes strates de notre cerveau). En 1861 le Professeur Broca, enseignant chercheur à la Faculté de Médecine de Paris a été le premier à étudier les trépanations crâniennes, à entreprendre des recherches sur les localisations (zones) cérébrales et sur leurs fonctions. 6 MIALARET Gaston - Les Sciences de l'éducation,Editions Presse Universitaire de France, Collection : Que sais-je ? 2005, 128 p 7 BRIGITTE CHAMA - Sciencescognitiveset modèle de la pensée - Revue internationale International Web Journal [En ligne]. 10 p. Septembre 2004, Site Sens Public : http://www.sens- public.org/article.php3?id_article=30
  • 20. 20 En 1876, c’est au tour du neurologue John Hughlings Jackson de présenter ses travaux sur la différenciation hémisphérique (cerveau gauche et droit). En 1897, Charles Sherrington propose comme enrichissement, le concept de synapse. En 1909, l'histologue Brodmann publie, quant à lui, ses travaux d’analyse sur le macaque et expose une carte détaillée du cortex selon l’anatomie des neurones (aires) Il définit 6 couches de ce cortex. Il démontre à l’évidence la complexité cérébrale impossible à reproduire à travers l’intelligence artificielle. En 1937, James Papez proposera la construction du système limbique en étendant les idées de Paul Broca. La Découverte la dopamine comme neuromédiateur cérébral date de 1958. C’est dans les années 70 que les premières images anatomiques du cerveau humain sont développées grâce au scanner. Ces années représentent également le début des applications de l’IRM (imagerie par résonnance magnétique.) Autour de 1985 jusqu’à 2000, les études scientifiques se portent exclusivement sur la plasticité cérébrale (le processus d’apprentissage, la capacité de réorganisation et d’adaptation). Suite aux nombreuses avancées de 1970, sont analysées en 1992, les premières images cérébrales de l’homme en action via IRMf (Imagerie par Résonnance Magnétique fonctionnelle.) Les années 2000 furent des années far puisqu’elles conviennent du bouleversement numérique induisant tout naturellement la notion de « big data » en termes de stockage et traitement automatisé de la masse de données sur internet. Enfin en 2014, La découverte du système de positionnement spatial dans le cerveau (système de mémorisation dans les différentes aires du cerveau) fut récompensée du Prix Nobel de Physiologie et Médecine. Ainsi progrès scientifiques, Informatiques et techniques d’information et de communication sont d’autant de moyens au service d’une démarche cognitive. La psychologie cognitive est le second champ qui se démarque des sciences de l’éducation. Le premier étant le connexionnisme. Elle fait partie des nombreuses branches issue de la psychologie, au même titre que la psychologie de l'éducation.
  • 21. 21 Les perspectives tracées par la psychologie cognitive rejoignent dans certains aspects, la psychologie de l'éducation : au sujet de l'analyse biologique, le développement cognitif de l'élève, les théories comportementales et théories de l'apprentissage. Elle étudie les grandes fonctions cognitives de l’être humain (quel qu’il soit) comme la mémoire, le langage, l’intelligence, le raisonnement, la résolution de problèmes, la perception ou l’attention... 8 La psychologie cognitive fut institutionnalisée dans les années 50. Elle détermine dans le champ de l’éducation, les apports psycho-cognitifs du processus d’apprentissage. En accord avec les avancées connexionnistes, elle a su reconnaitre les stratégies mentales des concepts et l’importance de la mémoire de travail. Dans cette continuité, elle a établi la cartographie cérébrale des fonctions cognitives sur ces zones cérébrales. Pour elle, il était inévitable que les formes pédagogiques mutent et que les interventions didactiques en soient redéfinies. Partant de ces définitions, nous pouvons par conséquent caractériser les Neurosciences comme une composition réfléchie, reprenant les théories issues des grands mouvements de la recherche scientifique, autour de la cognition. Les Neurosciences lient de ce fait l’application des recherches sur les capacités mentales ; et leur fonctionnement dans le cadre de l’apprentissage. Les liens qui se tissent entre Neurosciences et pratiques pédagogiques apparaissent ainsi comme, non contradictoire, mais s’enrichissant mutuellement. L’Enseignement perçoit les Neurosciences non pas comme une nouveauté, mais sont présentées comme une avancée majeure pour le système éducatif. George Siemens directeur associé dans le Centre de technologies d'apprentissage à l'Université du Manitoba, fut le premier à démontrer l’importance des Neurosciences dans l’enseignement. Ses travaux universitaires façonnent le mouvement connectivisme c'est à dire la théorie de l'apprentissage dans une société basée sur les technologies numériques. Siemens part du principe que le réseau est le point central de l'apprentissage, par la possibilité de créer des liens entre les connaissances. Ainsi la théorie du connectivisme exploite l'ensemble des potentialités des nouvelles sciences & technologies de l'information et de la communication (TIC). Pour Siemens les théories présentes de l'apprentissage ne tiennent absolument pas compte du développement de nouvelles connaissances et nouvelles compétences associées... 8 DEHAENE Stanislas - Les quatre piliers de l’apprentissage,ou ce que nous disent les neurosciences - Ecole des Neurosciences de Paris Ile-de-France / ENP / [En ligne]. 8 p. publié le 7 Novembre 2013, consultable et téléchargeable au format PDF : http://www.neurosup.fr/fs/Root/bx17m- Les_quatre_piliers_de_l_apprentissage_Stanislas_Dehaene.pdf
  • 22. 22 En effet à l’heure actuelle, et malgré l’avancée scientifique, il existe encore une profonde méconnaissance des fonctions cérébrales, un décalage face à des routines pédagogiques on parle alors de « scepticisme affirmé » des enseignants. Cependant l'imagerie cérébrale autour des recherches cognitives s’est déjà appliquée en milieu scolaire, elle permet de relever des données d’une importance capitale, dès la maternelle et jusqu'au lycée.9 Sous l’accord des parents et de l’élève, celui-ci est préparé psychologiquement, sur une longue durée à passer des tests et des exercices en laboratoire et même au sein de la classe grâce à des appareils électro-scientifiques. Ces appareils sont issus de l’Électroencéphalographie (EEG). Des capteurs posés sur la tête enregistrent l'activité électrique neuronale et comment elle se modifie en fonction d'un stimulus particulier qui peut être de la lumière, une image ou un son. Utilisation conjointe avec d'autres techniques d'imagerie cérébrale telle que l'IRM. L’IRM aspect structural a depuis remplacée certaines de ces techniques désuètes. Son utilisation est considérable pour la recherche puisqu’il relève la spécificité de chaque cerveau. Il apporte un éclairage pour l'éducation différenciée et sur l'aspect « anato-emotionnel » de l’élève, déterminant le besoin d'apprentissage de l'enfant) Cette batterie de technologies a fait progresser les recherches sur la génétique, concernant la réceptivité de l'apprentissage (conséquence d’une production effective de dopamine.) Ces expériences ont permis d’effectuer la reconstruction tridimensionnelle du cerveau des élèves ; et l’analyse des stimuli et des zones cérébrales en activités au cours des tests. Transfigurant ainsi le processus d’apprentissage sous images synthétisées. 9 RUANO-BORBALAN Jean-Claude, MILLET Sandra - Eduquer et Former : Les connaissances et les débats en éducation et en formation - Paris, Editions Sciences Humaines, 2008, 540 p
  • 23. 23 Les Sciences cognitives dans le domaine de l’éducation, se rapportent par conséquent au processus de l'apprentissage propre à chaque élève. Elles déchiffrent et soutiennent en premier lieu les compétences dites fondamentales : lire, écrire, compter, penser et raisonner. Et notamment par le biais d’applications pédagogiques : mise en activité, transmission dynamique du savoir, répétitions efficientes et contrôle inhibiteur du cerveau lors d’activités suscitant un raisonnement.) Il est à présent question de s’appuyer sur ces faits dans un dessein de revalorisation de pratiques pédagogiques. Tout d’abord par l’éveil et la réactivation des fonctions cognitives, à travers des méthodes plus ou moins traditionnelles, en adéquation avec les habitudes culturelles et informelles de l’élève, et à l’usage du Numérique par les élèves et les enseignants. De toute évidence les Neurosciences et l’éducation s’appuient et évoluent tous deux à travers les innovations techniques et/ou technologiques. Les années 2000, rappelons-le sont des années far qui ont proscrit une véritable révolution numérique, que ce soit dans l’apparition d’Internet ou l’utilisation massives des Technologies de l’Information et de la Communication. Cette mutation sociétale se traduit par l’instauration de nouvelles formes d’interactions, d’échanges en simultanée et à distance et à la mise en réseau planétaire des individus. Les courriels et les Réseaux sociaux en sont un bon exemple. Il est aussi question de nouveaux systèmes de circulation de l’information et la création de nouveaux services. Leur impact dans la société se traduit par des comportements, des activités quotidiennes, des modes de pensée tous différents ; mais qui sont depuis ancré dans notre culture. Harold Innis, professeur d’économie politique faisait déjà remarquer que « les médias influencent notre société » Ils la façonne et la pérennise. Dans cette continuité, Serge Proulx, professeur titulaire à l’École des médias de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Chercheur au Laboratoire de communication médiatisée par ordinateur (LabCMO) et membre du Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie (CIRST), fonde ses travaux sur la mutation des usages médiatiques et les grands enjeux de l’appropriation sociale des technologies de l’information et de la communication (TIC) dans les sociétés contemporaines.10 10 PROULX SERGE - Quelles conséquencespour une sociologie des usages ? La sociologie des usages, et après ? Dossier n°6 | Usages et usagers de l'information à l'ère numérique, Revue française des SIC [En ligne]. Env. 12 p. - 2015 en consultable sur OpenEdition.org https://journals.openedition.org/rfsic/1230#author
  • 24. 24 Proulx met en évidence dans cette sociologie des usages, trois grandes approches de « l’innovation sociologique » :11 La première étant l’approche de la « Diffusion » : théorie de Rogers relatant l’influence de la société via l’accès à la technologie sous un certain temps (adoption par les nouvelles générations puis les autres) L’usager se veut passif. La seconde étant l’approche de la « Traduction » : théorie de Callon et Latour où la massification puis banalisation du numérique se fait à partir de la création de réseaux et de nouvelles pratiques répond aux propres besoins de l’internaute. (#Pharmakon repris par le sociologue Dominique Cardon) Enfin la dernière soutenue par Serge Proulx, il s’agit de « l’Appropriation » : où l'expérience technique puis l’utilisation au quotidien entraine la modification de l'innovation technique et sociale. L’usager-internaute intervient ici par la mutualisation entre les communautés. L’internaute possèderait actuellement 3 facettes celui du citoyen, du consommateur, et du producteur. Il aurait acquis par l’usage du numérique, des compétences spécifiques : dans la maîtrise technique, en termes d’autonomie et autour de reflexes liés les contraintes numériques. Proulx parle également d'une complexification des conditions d’observation de ses situations d’usage : " Il s’agit ni plus ni moins que d’abandonner le focus descriptif orienté exclusivement vers les objets techniques (et leurs usages)" D'où l'importance de mettre les neurosciences au cœur des recherches sur l'apprentissage. Michel Serres va plus loin dans son analyse en précisant que le numérique provoque « une mutation anthropologique dans l’organisation des savoirs et l’utilisation de nos facultés cognitives comme la mémoire, l’imagination ou le raisonnement. »12 Dans son ouvrage Petite Poussette13, paru en 2012 le philosophe épistémologue s’interroge sur la problématique morale des progrès de la science et de ses effets. « Le passage aux nouvellestechnologies tout aussi majeures s’accompagne de mutations politiques, sociales et cognitives » 11 MONTUWY Angélique, JOSSE Amélie, PACOTTE Gwen, LE CLEC’H Jean Bernard - Analyse sociologique de l’innovation -Anthropologie desusagesdu numérique - Module FOAD - Master2 USETIC TEF Rennes [En ligne]. Env. 4 p. 2013 / 2014 – Site Anthropo Usage : anthropo-usages.angeliquemontuwy.fr/processus-et- usages/analyse-sociologique-des-usages/ 12 ABITEBOUL Serge, DOWEK Gilles - Conversation avec Michel Serres : les mutations du cognitif,The conversation [En ligne]. le 27 Mars 2018 – Site The conversation : https://theconversation.com/conversation- avec-michel-serres-les-mutations-du-cognitif-93214 13 *SERRES Michel Petite Poucette, Paris, Edition Le Pommier, 2012, 68 p.
  • 25. 25 Pour lui le numérique est une extension de l'écriture et l'imprimerie. L’apparition de chacune de ces nouvelles technologies de communication (TV, Radio, Presse, Téléphone etc.) a bouleversée la société autant dans les usages que dans les codes culturels qui s’en inspirent. Petite Poussette est un ouvrage plutôt optimiste. Il met en avant le bénéfice de ses avancées numériques et plus particulièrement autour de l’accès illimité aux personnes et aux savoirs. Ainsi cette société en évolution est témoin d’une ère charnière, où les actes sur la sphère numérique sont transformés en données numériques, elles-mêmes stockées dans des serveurs. L’Homme n’est plus un individu, un internaute mais une information, une cible. (Ertszcheid « Homo Documentum ») Le numérique structure ainsi notre vie collective dans cet espace virtuel. Vie collective devenue hyperconnectée & hypersurveillée. Où l’effet de l’évaluation sociale (crowd wisdow) s’étend aux réalités du quotidien. Il va de soi que ne pas utiliser ou être actif au sein de l’environnement numérique, fait de nous des êtres en désuétude. Être éminent dans les relations sociales, créer du lien relationnel, mutualiser ses ressources, se valoriser pour accroitre son champ de connaissances, ou bien même pour trouver un emploi... Le numérique impose sa présence dans le monde économique : de la monnaie virtuel Bitcoin, à la création de l’Internet des Objets, Logiciels et Applications payantes, sites marchands, jusqu’aux services et publicité en ligne. Tout nous semble accessible en un seul clic : la collecte des données, la centralisation via le Cloud, L’information en illimité... Le Numérique nous offre la rapidité, la capacité illimitée de stocker nos informations, la possibilité de se promouvoir sur la Toile, l’attractivité et la richesse de ces ressources et ses services. Une liberté totale ou sans contrôle, de contribuer à la grande Toile, ou suis-je puis le Capharnaüm ; en créant, diffusant, partageant des contenus plus ou moins d’intérêt. Le numérique impose aux usagers des contraintes qui s’avèrent aussi expansibles que ses avantages. L’Abondance de l’information n’est surement plus perçue comme une force, une richesse. Le Big Data (défini plus explicitement par le maître conférencier Hervé Le Crosnier) est devenu un espace virtuel qui représente la multiplicité de liens et l’enrichissement de contenu surchargé. La désorientation de l’usager face ces problématiques est notable, principalement lors d’une recherche Google. Retenons pour illustrer ce propos le terme « d’esprit dévoré par un média.» (Carr)
  • 26. 26 Cependant cette problématique d’abondance de l’information n’est pas nouvelle, elle était déjà présente avant la révolution numérique, seulement elle fût formalisée autrement. Le dramaturge Lope de Vega en 1612 écrira un poème sur cette surabondance de l’écrit et de l’édition papier et sa grande difficulté à se retrouver, à sélectionner les manuscrits de qualité. « Tant de livres, tant de confusion Tout autour de nous, une mer d’imprimés Pourtant plupart couverts de boue » La désorientation de l ’internaute résulte de l’abondance mais surtout de la désorganisation des informations. Pour Nicholas Carr, auteur de Internet rend-il bête/ The Shallows paru en 2013« la cacophonie du Net cour cuite l'activité mentale, le cerveau devient alors une simple unité d'informations rassemblant une forte quantités d'informations pour les oublier aussi rapidement.» Ainsi nombreux sont les outils servant à trier l’information en ligne et qui influencent nos habitudes mentales et structurent nos pensées (référencement/ outils de filtrage suivant la popularité, le nombre de vues etc.) Rejoignant le discours de Nicholas Carr, Hervé Le Crosnier s’oppose farouchement à ce système de référencement. Pour lui, Internet n’est pas une source de connaissances car les moteurs de recherche proposeraient tjrs les mêmes sources d'informations. En déterminant le référencement, il dicterait l'activité de recherche, et les mêmes informations retenues par les internautes. Le Crosnier emploie alors le terme de « Rétrécissement du savoir » L’abondance et la désorganisation des informations sont deux de ces Info pollutions que définit Éric Sutter comme des obstacles à la potentialité d’utilisation du Numérique. La contamination des informations impose à l’internaute de se questionner sur la fiabilité des sources et donc à évaluer continuellement les contenus. 14 La fracture numérique dans son sens littérale ne fait plus partie de ces contraintes pourtant Elizabeth Noel démonte une maitrise imprécise des technologies de l’Information et de la Communication ainsi qu’une maitrise irraisonnée d’Internet (recherche et présence virtuelle) L’Education nationale, en légitimant les pratiques du numérique et des TIC dans le cadre scolaire, doit assurément exposer l’ensemble de ses contraintes aux élèves et les former à les contourner... 14 SERRES Alexandre, Dans le labyrinthe : Évaluer l'information sur internet,Caen, Edition : C&F Editions, 2012, 224 p
  • 27. 27 Les Neurosciences ont d’autant plus leur place dans le champ de l’éducation et de l’apprentissage puisqu’elles tentent de répondre à ces problématiques ou tente du moins d’en maitriser les contours. Grâce aux multiples recherches sur le fonctionnement adaptatif de l’être humain. Dès lors, Enseignants et éducateurs ont la possibilité de mieux comprendre les évolutions soudaines des comportements de leurs élèves face au savoir, aux pratiques informationnelles, à l’attention et à la communication... à l'ère du Numérique. L’éducation se doit d’être à l’affut de ces mutations afin de développer chez les élèves des compétences pour survivre dans cet environnement sans contrôle et affronter ce futur dans les meilleures conditions. Compétences qui se veulent tout aussi déterminantes à l’insertion sociale et économique ; et qui sont en charge d’être développées non seulement par les enseignants mais également par les parents. Elles répondent de cette façon aux nouvelles exigences professionnelles, domaine lui- même affecté par la vague Numérique. Les métiers traditionnels disparaissent avec le progrès techniques et l’efficacité des machines et des algorithmes ; alors que d’autres métiers liés aux problématiques énoncées précédemment voient ainsi le jour : Growth Hackers, Web Designer, Community Manager etc. L’enjeu est de déterminer avant tout les potentialités du numérique dans l’intégration des Neurosciences sur le terrain scolaire ; et en ne s’arrêtant pas à une vision diabolisante de ce phénomène. Il va de soi que s’approprier le numérique est nécessaire, et est déjà pour les Neurosciences un appui indispensable à la recherche et son application dans la société. Dans le cadre pédagogique le numérique sous forme d’accès à l’information, ressources et connaissances bousculent les schémas éducatifs classiques. Passant ainsi d’une réflexion autour du découpage disciplinaire à une approche cognitive transversale. Pour cela ces réflexions se basent sur deux idées : envisager l’avenir sur la base de notre passé et de nos manques (fondement universel) ou développer de nvlles compétences pour s’épanouir dans l’avenir. “ l’émergence de cesnouvellescapacitésne signifie pas nécessairement qu’elles se substitue à celles que nous possédons déjà.” (Carr, The Shallows - p.7)
  • 28. 28 Le savoir fondamental et fonctions cognitives primaires (lecture, écriture (alphabet), langage, communication, raisonnement, esprit critique ...) sont d’autant de composants essentiels à l’extension de ces compétences par le biais du numérique. « Comprendre l’information ne veux pas dire l’acquérir et la maitriser » La compréhension de futurs savoirs dépendra avant tout d’un exercice cognitif organisé (conditions optimales d’attention, concentration, mise en activités qui les optimisent) & de l’acquisition de connaissances connexes (exemple : résolution de problème passant par des capacités de raisonnement par analogie, contrôle de l’inhibition ...) Une pédagogie sur la base de Neurosciences et usant du Numérique se veut dans une recherche constante à rendre l’élève « utilisateur du savoir plutôt qu’un détenteur du savoir » L’objectif n’étant pas de créer un savoir purement utilitariste et pauvre en pensée/réflexion mais bien de renforcer et favoriser l’accroissement de compétences, à appliquer dans tous les domaines de la vie (personnel, informationnel, social, professionnel etc.) Emmanuel Kant disait « On ne doit pas seulement éduquer desenfants d’après l’état présent de l’espèce humaines mais d’après son état futur, possible et meilleurc’est-à-dire conforme à l’idée de l’humanité et de sa destination totale. » Cette citation du philosophe représente parfaitement la pensée et la visée des Humanités Digitales. La notion d’Humanités Digitales ne renvoie pas seulement aux sciences humaines et sociales liées au Numérique, mais bien à la transformation opérée par les nouvelles technologies sur l’humain lui-même. L’interrogation sur les apports des Sciences Humaines sur la conduite de la classe s’est transformée en une nécessité de reconstruire en profondeur le cadrage théorique et de défaire le « sens commun » des enseignements. Ces sciences humaines fournissent donc des repères pour l’action pédagogique même avec des limites qui se veulent pragmatiques. Les Humanistes s'intéressent au pourquoi de l’intégration et l’application des Neurosciences. Cette pensée souhaite accoler le numérique et les sciences. Et à s’interroger sur les objectifs d’études, plus approfondie, n’observant plus simplement les usages à reproduire mais les modulations cognitives que cela impose. Cette Double origine de recherche envisage une logique qui mêle les réalisations et les réflexions, les savoirs et le savoir-faire.
  • 29. 29 Le Manifeste des humanités numériques du collectif THAT CAMP définissent celles-ci comme une Transdiscipline, porteuse des méthodes, des dispositifs et des perspectives heuristiques liés au numérique dans le domaine des Sciences humaines et sociales. 15 ANNEXE I Le Collectif relève d’une communauté de pratique solidaire, ouverte, accueillante et libre d’accès, multilingue et multidisciplinaire. Leurs objectifs fixéssont le progrès de la connaissance, le renforcement de la qualité de la recherche dans les disciplines, et l’enrichissement du savoir et du patrimoine collectif, au- delà de la seule sphère académique. Le collectif appelle à l’intégration de la culture numérique dans la définition de la culture générale du XXIe siècle. Cette injonction servirait à développer les soft skills et qui gagnerait toutes les sphères éducatives, depuis l'enseignement secondaire et supérieur jusqu'à la formation professionnelle. Poursuite de ce mouvement, en France et pour la seconde fois, scientifiques, chercheurs, enseignants et formateurs se sont réunis à la Colloque Pédagogies Apprendre & Réussir.16 Réunion transdisciplinaire pour concilier les Neurosciences et l'enseignement et ainsi résoudre cette distance entre connaissance considérable du domaine cérébrale et faible application de ces recherches sur le terrain. Avec le temps les situations d'éducation se sont ajoutées, transformées, fusionnées. En France, les recherches scientifiques et scolaires se sont tournées vers l’analyse de l'influence de facteurs tels que : - La société (mœurs, culture, le système éducatif, les avancées techniques) - L’environnement (les conditions sociales) - Le climat scolaire (la relation à l'école, l'atmosphère d'apprentissage) - Et les pratiques (informelles, informationnelles, culturelles) Or en aucun cas l’Ecole n’a su prendre en compte les Neurosciences comme base d’analyse. Du moins jusqu’à maintenant. Cette table ronde du 7 janvier 2019 a réunie pour la première fois pédagogie, neurosciences et numériques. 15 DACOS Marin - Manifeste des humanitésnumériques THATCamp Paris , [En ligne] env. 3 p. 2010, consultable sur Open Edition : https://tcp.hypotheses.org/318 16 APPRENDRE & REUSSIR - Table ronde : Vers des pédagogies adaptées aux cerveaux des apprenants ? Colloque Pédagogies, Vidéo Conférence, 1 :39 :41 [En ligne]. Publié le 7 janvier 2019 – YouTube https://www.youtube.com/watch?v=mdu7vG13e1M
  • 30. 30 Menée par Jean-Luc BERTHIER : proviseur passionné de sciences cognitives de l’éducation, et président de la communauté scientifique d'Apprendre et Réussir, nombre d’intervenants aux profils divers et variés ont pu échanger autour de ces trois concepts. Olivier Houdé, professeur chercheur en psycho du développement à Paris Descartes la Sorbonne. Éric Collin, ingénieur de formation de transmission de l’armée de terre. Sophie Fadiga, responsable militant Amnesty international & Frédéric Guilleray enseignant formateur en science cognitive appliquée dans le domaine de l’éducation, se sont exprimés. Tous ont relevé la nécessité d’allier l’enseignement et la formation aux conclusions neurocognitives de et par l’usage numérique non seulement dans le cadre des recherches neuroscientifiques mais aussi dans le cadre scolaire. La prise en compte des Neurosciences en éducation dont un nouveau point d’appui aux formateurs, enseignants, pédagogues. Il leur serait recommandé de prendre en compte les dits « piliers de l’apprentissage 17» dans la mesure où ils jouent un rôle déterminant dans la vitesse et la facilité de l’ensemble des apprentissages scolaires. L’attention ; l’engagement actif de l’enfant ; le retour rapide d’informations ; et la consolidation quotidienne des apprentissages. La connaissance des enseignants en Neurosciences rend possible la prise en compte les aspects psychologiques, biologiques, et physiologique de l’élève. Il ne s’agit plus de s’adapter au comportement et habitudes des élèves mais de comprendre le fonctionnement primaire de leur système cognitif, pour en adapter les méthodes et stratégies d’apprentissage. La compréhension de ce fonctionnement cognitif passe par la prise en compte d’éléments neurologiques tel que la très grande plasticité du cerveau chez l’individu et plus sensiblement chez l’enfant. Cette plasticité ou malléabilité du cerveau dépendrait pour le philosophe Locke du vécu et des expériences tout au long de la vie. Elle dépend aussi des changements de comportement même mineurs et de la façon de vivre. Le cerveau est un système dynamique qui ne cesse de se réorganiser en fonction des nouveaux apprentissages. Pour le Stanislas Dehaene psychologue cognitiviste et neuroscientifique, présidant le conseil scientifique du Ministère de l’Education nationale, la plasticité du cerveau est innée. Elle juge de l'adaptation des usages. L’intelligence résulte forcément de cette plasticité : elle représente la faculté d’apprentissage pour s'adapter ou modifier l'environnement selon ses propres besoins. 17 DEHAENE STANISLAS – Les quatre piliers de l’apprentissage ou ce que nous disent les Neurosciences Ecoles des Neurosciences de Paris Ile de France
  • 31. 31 La plasticité cérébrale est d’autant plus importante à notre ère puisqu’elle convient de développer une intelligence et donc des compétences dans l’utilisation des nouveaux outils technologiques. « Les neurones sont connectés par des synapses, synapses formaient d’épines dendritiques plus ou moins longues. La taille et la forme caractérisent l’efficacité de la plasticité cérébrale. Le renforcement et/ou l’élimination des synapses permettent d'améliorer l'apprentissage. Ces synapses sont des traces de mémoire. Mémoire qui active intuitivement la capacité à oublier ou à en inhiber un souvenir. » Les fonctions cognitives d’un individu combinent ainsi les données de l'environnement et ses propres représentations mentales. Ici, Le mécanisme de mémoire met à jour, accueille et reconstruit le souvenir. Les représentations mentales sont donc tjrs évolutives. (Stanislas Dehaene- Education, plasticité cérébrale et recyclage neuronal - Cours Collège de France - Janvier 2015) Pour Piaget, cette malléabilité des fonctions cognitives se définit par le processus « d’accommodation ». En effet, l’accommodation relève de l’ajustement et/ou la modification des schèmes d'assimilation, lorsque ceux-ci s'avèrent inopérants dans une nouvelle situation. Les schèmes étant ce qui est transposable, généralisable ou différenciable d'une situation à la suivante ; autrement dit ce qu'il y a de commun, aux diverses répétitions, ou applications d’une même action. Les habitudes quotidiennes deviennent donc des schèmes. Ainsi la plasticité intervient par un haut degré d’organisation, qui tend à la réorientation des synapses pour acquérir des compétences nouvelles. On parle alors de "recyclage neuronal." "Les acquisitions nouvelles ne sont possibles que dansla mesure où elles sont compatibles avec les architectures neurales préexistantes, qu’elles recyclent." Pour cela les connaissances nouvelles devront avoir un rôle initiale proche de celles qu’elles remplacent, et devront être tout aussi flexible pour être reconverti à un nouvel usage. C'est sans aucun, cette modulation et cette stabilisation sélective des synapses qui est le support même de l'apprentissage. Et c’est dont ce que l’Ecole devra sans doute retenir des Neurosciences : le respect de cette plasticité propre à chaque élève. « Il n’existe pas de cerveaux qui n’apprennent pas. Tous les enfants apprennent, différemment, à des vitesses différentes, mais ils apprennent tous. » Piaget
  • 32. 32 Nicholas Carr, journaliste et célèbre auteur de Internet rend il bête ? / The Shallows, cite dans son ouvrage, les modifications du cerveau et de la pensée à l'ère du Numérique. Loin d’être technophobe, Carr s’interroge simplement sur les effets plus ou moins bénéfiques du celui-ci et donne alors des pistes pour l’apprivoiser efficacement. C’est donc à travers les difficultés cognitives impliquant l’usage quotidien du numérique que Carr tente de nous avertir et nous préparer à certaines problématiques futures. L’Expansion du Numérique, les nouvelles habitudes et la complexification des usages, impliquent de s'adapter pour tirer profit de tout son potentiel. L’auteur reconnait son addiction au Web. Ce qui l’effraie, c'est cette « sensation » que son propre cerveau est en train de changer, de se modifier au fur et à mesure qu'il utilise le numérique. Le Numérique a ainsi la faculté de faire oublier ou modifier rapidement nos anciens schèmes et d’en acquérir d’autre. Il favorise la prompte extension de formatage à travers la fréquence et la durée de son maniement. Cependant cette faculté d’initialisation, avec ou sans numérique, est naturelle. Il s’agit pour la neurologie du Phénomène de renouvellement neuronale inné à chaque individu. Le cerveau générant de nouveaux neurones toute la vie, même à l’âge adulte. De nouveaux circuits nerveux se forment et les anciens se transforment grâce à la Plasticité neuronale, s’affaiblissent, se renforcent ou disparaissent radicalement. « Si nous cessons d’exercer nos compétences mentales, nous les cultivons mais l’espace cartographique qui leur est dédié est détourné aux profits de compétences que nous sollicitons à leur place » Ici Carr indique une forme naturelle de régénération ou dégénération mentales (Carr, The Shallows, p 81) Il est cependant possible de reconstruire les compétences perdues mais cela sera moins facile, la disparition et le renouvellement neuronal étant extrêmement rapide contrairement à l’assimilation. La remobilisation des compétences permet donc une meilleure survie des neurones notamment de la zone de l'hippocampe (liée à la mémoire). Des neurones sont générés tous les jours et disparaissent au bout de quelques semaines.
  • 33. 33 Ci – dessus Illustration issue de DARPA Targeted Neuroplasticity Training (TNT) La remobilisation compétencess'appuie sur des conclusions portées sur les techniques de neurostimulation.Ces expériencesneuroscientifiquesbooste pardes stimulations,le signal neuronal pour en déterminer les effets sur les différentes zones cérébrales. *Trad. : Dispositif de neurostimulation active les nerfs périphériques,Les neuromodulateurs stimulent la plasticité synaptique,Les connexionsneuronales sont accordées pour améliorer les compétences cognitives D’après Nicholas Carr, le Numérique aurait un impact cognitif quel que soit la génération (aussi bien sur les jeunes que sur les adultes) à partir du moment où il y a utilisation quotidienne. L’influence des TIC s’illustre par l’altération progressive et sans la moindre résistance de certains schémas de perception. Mais les conséquences sont d’autant plus sévères chez un adolescent qui a appris très tôt à naviguer sur le Net. Ainsi nombre de chercheurs tel que Serge Tisseron (psychanalyste) affirme que, l’utilisation de ces nouvelles technologies et le flux incessant d’informations en simultanée, conduisent à des modifications précoces du fonctionnement du cerveau des enfants et adolescents. Le rapport Fourgous, Apprendre autrement à l’ère numérique publié en 2012 va dans ce sens. « Les analphabètes du XXIe siècle ne seront pas ceux qui ne peuvent ni lire, ni écrire, mais ceux qui ne peuvent apprendre, désapprendre, réapprendre. » 18 18 FOURGOUS Michel - « Apprendre autrement » à l’ère numérique Se former, collaborer,innover : Un nouveau modèle éducatif pourune égalité des chances.Rapport de la mission parlementaire de Jean-Michel Fourgous,député des Yvelines, sur l’innovation des pratiques pédagogiques parle numérique et la formation des enseignants.[En ligne] 237 p. Février 2012, consultable et téléchargeable au format PDF : https://missionfourgous-tice.fr/wp-content/uploads/2018/04/Rapport_Mission_Fourgous_2.pdf
  • 34. 34 Cependant « Le net donne précisément des stimuli sensoriels et cognitifs,répétitifs, intensifs, et addictifs,du genre de ceux dont on a montré qu’ils altéraient fortement et rapidement les circuits et les fonctions du cerveaux »(Carr The Shallows, P 168) Il active alors très fortement la partie frontale gauche du cerveau qui correspond au cortex préfrontal dorsolatéral. Le Numérique est pour Carr, la technologie « la plus puissante, et la plus rapide » dans la modification de l’esprit et de son appropriation comportementale. Les changements cognitifs apportés au cerveau s’exerceraient sous 5 jours d’utilisation. Lorsque Carr parle de sensation de changement cérébral, il prend en fait conscience de la « réorganisation cognitive » et de la reprogrammation de la mémoire. Sa peur croissante de cette modification cérébrale est insufflée par l’emploi quotidien et prolongé du Numérique. Cette modification s’apparente ici comme un symptôme d’une maladie incurable, une automatisation anormale de la pensée. Je cite : « symptôme de dégradation de l’esprit », ou encore « l’impression de devenir une machine de base de données. » Les cerveaux sont en profondeur, facilement, rapidement et durablement remodelés par cette exposition ; de sorte qu’il y ait une forte répercussion neurologique. On parle alors d’une création de cerveaux bien différents, du fait que les câbles neuronaux ne s’activeraient pas ensemble. Dans ce sens, si nous utilisons le numérique, nous ne pouvons pas utiliser simultanément ou bien même renforcer nos compétences « traditionnelles. » Ces activités desservent les vieilles fonctions intellectuelles, qui sont dès lors désuètes et commencent à se démanteler. A l’avenir et sans intervention, ce reformatage tendrait vers un oubli de compétences traditionnelles et l’assimilation des compétences liés aux pratiques numériques qui les surpasseraient. Le philosophe Descartes déclare dans ses nombreux travaux qu’un cerveau d’une personne normalement constitué, est divisé en deux process. Le mécanisme du cerveau (action) et L’esprit (la pensée, la réflexion, la personnalité.) Le Numérique fait premièrement évoluer certaines fonctions cognitives dites primitives ; telles que les réflexes, la coordination de la main, et de l’œil (concentration/attention visuelle) par exemple le traitement des signaux visuels dans l’action de repérage. L’action physique que nous portons sur les outils TIC entrainent l’apparition de des stimuli sous formes actions répétés tels que le clic ou le pianotage. : ces stimuli sensoriels sont différents de ceux que nous avons pour un livre (ouverture, feuilletage de pages). Descartes insiste cependant sur « l’absence de lien entre l’appréhension sensori-motrice de la matérialité et le traitement cognitif du contenu du texte. » Dans le champ de l’esprit, Le numérique nous permet de s’interroger sur la réception du flux continu visuel (vidéos, publicités, images) par des interfaces plus ou moins ergonomiques. Cette réception actionne, elle aussi, des stimuli somato-sensoriel & auditive (ex : notifications sonores). Contrairement au livre, le numérique nous donne via nos « Click to Action », des récompenses et des renforcements positifs qui incitent à réitérer les actions physiques et mentales...
  • 35. 35 Les voies vitales contenues dans le cerveau sont quant à elles, définit par le philosophe Freud. D’après lui, un neurone est formé comme tel : Axone (déclenche) Dendrite (reçoit) Ci-dessus : Schéma d’un neurone et du processus de stimulation. Ce processus se composent de transmissions de voies cellulairescomplexes, on parle alorsde feed-back ou d’interactions électrochimiques19 Le cerveau est composé de trois grandes parties : Le cortex préfrontal, le cortex pariétal et le cortex temporal L’anatomie du cerveau est complexe puisqu’elle constitué deux hémisphères cérébraux, eux- mêmes constitués de substance blanche et de substance grise en superficie. La substance blanche est composée de fibres, et représentant en quelque sorte le « câblage en réalité. Cette matière blanche augmente la vitesse de transmission des stimuli. La substance grise correspond quant à elle au corps des neurones et des synapses. Ces synapses sont composées de fibres plus ou moins longues (d’épines dendritiques) déterminant ainsi leur efficacité. Elles ont pour but de faire passer l'information dans les différentes voie sensitives, motrices, intellectuelles (capacité d’analyse d’informations provenant des autre voies) et les voies associatives, au carrefour des différents lobes cérébraux.) Les synapses dégagent des stimuli ou décharges cérébrales pouvant exciter un des appareils récepteurs de l'organisme. Et permettent ainsi la réception des messages, l'élaboration et l'analyse qui permettra de déclencher une réponse. Ce que tente de reproduire l’Intelligence artificielle. 19 Le cerveau contient 100 milliards de neurones. SOM A SOM A Synapse (barrière de contact)
  • 36. 36 Le cortex cérébral est divisé en plusieurs lobes : Illustration Creative Art - Les zones cérébrales et leurs fonctions cognitives associés - VULGARIS MEDICAL – Définitions - Aires cérébrales [En ligne]. Env. 3 p. consulté en Octobre 2018,Site Vulgaris Medical : https://www.vulgaris-medical.com/encyclopedie-medicale/aires-cerebrales Le Lobe occipital (zone verte, en bas à droite) met en lien les nerfs optiques. C’est donc une zone spécifique à la fonction sensorielle de la vision. Le lobe frontal est la partie la plus volumineuse du cortex (en haut à gauche, zone rouge). Il correspond à plusieurs activités cérébrales notamment concernant le processus de planification, l'organisation intellectuelle et raisonnement (mémoire de travail) et assure le langage et la motricité de l’individu. Situé à l’arrière du cerveau le lobe frontal (zone bleue, en haut à droite) est le siège de la sensibilité, il garantit la compréhension orale, et les fonctions visuo-spatiales. Ce lobe assure également la gestion du geste (praxie), et la reconnaissance des concepts et objets. (Mémoire sémantique.) Enfin le lobe temporal (en bas à droite – zone jaune) assure les fonctions auditives et une partie des aires du langage.
  • 37. 37 La fonction du langage ne se trouve pas dans un, mais dans plusieurs lobes du cerveau. Elle permet l’enregistrement de l’information en suivant un cheminement d’étapes de la réception à l’assimilation. On enregistre d’abord le son phonologique dans les aires dorsales, puis l’information synthétique et, enfin, les représentations sémantiques dans la partie la plus ventrale. De son côté, le lobe temporal se charge de stocker de nouveaux mots et de récupérer les mots stockés. Le lobe pariétal s’occupe du traitement analytique. Le lobe frontal, quant à lui, a une importante fonction de synthèse. Il se charge de la compréhension et de l’expression. Enfin, il faut souligner que l’aphasie se produit quand il y a une altération dans la capacité d’utilisation du langage acquis. Il est donc évident que même si le langage est latéralisé dans l’hémisphère gauche, plusieurs parties de notre cerveau sont nécessaires pour le produire, le développer et le comprendre.20 Le lobe temporal contient notamment des zones limbiques. Il intervient dans le cadre de l’intelligence émotionnelle et relevant du processus de mémorisation via l'hippocampe (mémoire épisodique/événementielle.) La mémoire à long terme, représente la mémoire dans laquelle l'information stockée est disponible, de manière permanente, même si son accessibilité n'est pas garantie. La mémoire à long terme est repartie dans ces zones associatives. 20 NOS PENSEES - Modèlesneuraux dulangage Savez-vousenquoi consistentlesmodèlesneurauxdu langage ? - Article scientifique [Enligne].env.6p.publié le 28 Février2019 – Site de Nos pensées: https://nospensees.fr/modeles-neuraux-du-langage/
  • 38. 38 Ci-dessus – Illustration - PANCRAT - Taxonomie des systèmes de mémoire à long terme, d'après Squire, Memory systems of the brain : a brief history and current perspective, Neur of Learn. & mem, 2004 [En ligne]. Env. 4 p. publié en Novembre 2014 Site Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:MEMOIRE_LTM.jpg Depuis peu la mémoire n’est plus considérée comme une chambre d'enregistrement, mais comme un système dynamique de détection et de traitement de l'information nouvelle. Le processus mnésique permet entre autres le traitement des informations par leur transformation (définition s’inspirant du modèle algorithmique de l’ordinateur) "La mémoire est d'abord une sélection de ce qui est à oublier, ensuite seulement une rétention de ce qu'on entend mettre à l'abri de l'oubli qui la fonde"21- Pascal Quignard Sont accrues les facultés mnésiques en encodage, consolidation et stockage, mise à jour, effacement et la récupération. La multitude de ses tâches lui confère le rôle de processeur, soumis à de fortes contraintes cognitives. The Gutenberg Galaxy / War and Peace in the Global Village sont deux ouvrages du théoricien canadien Marshall Macluhan, qui met en exergue l’impact psychologique des nouvelles TIC sur le comportement et l’évolution humaine. Pour N. Carr l’ignorance de cette puissance et de ses effets par les internautes conduit à une « magie et des méfaits sur le système nerveux lui-même » 21 cf. au terme « d’inhibition »
  • 39. 39 Le bouleversement des processus mentaux était prévisible comme pour tout progrès technique et invention technologie dans l’Histoire. (Imprimerie, presse, TV, radio, cinéma etc.) Cela passe par une étape naturelle d’adaptation psychique et d’appropriation. Ces inventions sont d’autant de « moyens d’objectiver et d’amplifier certaines capacités de l’esprit et donc de les augmenter. » Appuyant la théorie de Descartes, Tisseron défend l’idée que deux modes de pensées coexistent et se complètent. La pensée traditionnelle est associée à la culture du livre, et des savoirs fondamentaux. Elle est relative à la pensée organisée, linéaire ou chronologique. Dans les activités de lecture elle prend le trait d’une linéarité horizontale de lecture (lignes, paragraphes) et d’une temporalité/causalité des faits (dates, lieux et évènements remarquables.) La pensée traditionnelle favorise une conception du savoir à la verticale où « celui qui connait écrit, pour celui qui ignore. » Elle se traduit par la capacité à faire une seule tâche à la fois. La mémoire évènementielle prend une place importante dans la pensée traditionnelle (appris par cœur, souvenir flou et imprécis, restitution objective et neutre.) Depuis que l’Homme et la société utilisent massivement les nouvelles technologies et notamment les TIC et d’Internet, notre mode de pensée a évoluée de manière fulgurante. La pensée numérique tend à être associée à la culture des écrans. Celle-ci se veut interactive, en réseau ou curriculaire. Elle permet de rompre avec les habitudes mentales par l’accès au contredis. La pensée numérique brise aussi les modalités spatio-temporelles, à travers un environnement virtuel totalement déspatialisé et sans temporalité. Dès lors, Le langage virtuel voit le jour et permet l’exploration et le relais des capacités psychiques. Ainsi la relation au savoir devient horizontale, elle impose une implication commune dans la réflexion et une diffusion du savoir « multiculturaliste ». Le numérique développe cette polyvalence des tâches (actions simultanées.) Il sollicite la mémoire déclarative à travers la manipulation : « La nécessité de travailler avec diverses sources, de les croiser, de les concilier, de les comparer et d’ne tirer une information pour un usage précis. » (Tisseron - Du livre et des écrans : Plaidoyer pour une indispensable complémentarité 2013) Elle garantit ainsi la maintenance de ces informations afin de les manipuler plus efficacement en exerçant les fonctions mentales de recherche et d’analyse. La restitution se veut alors unique et subjective. L’instauration de ce nouveau mode de pensée pour l’Homme modifie l’ensemble de ces fonctions cognitives et donc de ces compétences face au Numérique.
  • 40. 40 Cependant d’un point de vue psychologique, l’interdépendance entre ces deux pensées, qui se veulent complémentaire plus qu’opposée, dépend d’une condition biologique qu’est la charge mentale puisque « l’Homme fonctionne comme un outil de transmission et de traitement de l'information à capacité limitée. (Olivier Le Deuff – Chronique n°2 : Ce qu’on apprend aujourd’hui sera inutile en 2050 ? 2018,) Activé ces deux modes de pensées reviendraient à s’épuiser mentalement... La Charge mentale prend ainsi en compte l’atteinte du seuil qualifiée comme une sensation émergeante lorsque la quantité d 'Energie cérébrale dépasse une certain niveau appelé seuil absolu. Nicholas Carr dans son ouvrage Internet rend-il bête ? parle d’une véritable « désintoxication du Net » qu’il a dû subir afin de retrouver une concentration fonctionnelle. Certes l’usage des NTIC provoquent toujours une agitation universelle. Chaque média a ses désavantages (musique trop forte, Télévision abrutissante etc.) Mais l’influence des TIC traditionnelles et maintenant du numérique ; est d’autant plus visible sur les capacités cognitives : telles que : l’attention, la concentration, la mémorisation. Egale influence sur les capacités dites fondamentales (lire, écrire, penser, raisonner) qui sont les conditions primaires de l’apprentissage. Pouvons-nous seulement en déduire qu’alterner ses deux modes de pensées, réguler sa charge cognitive suffira-t-il à lui donner le qualificatif d’intelligence nouvelle, multiple.
  • 41. 41  Ci-dessus : Dessin satirique relatif aux multiples activités de l’élève, qui augmenteraient ses capacités intellectuelles...VOUSNOUSILS - Excellentsrésultats au bac : l’intelligence des élèves a-t-elle progressé ? Le Dessin. Juillet 2013,Site VousNousIls l'e-mag de l'éducation Le développement du Numérique et notamment du Web et de l’économie numérique a changé nos pratiques de consommation ou comportementales notamment sur le Net. Ce développement a généralisé la multiplicité et la simultanéité des activités. Les internautes ne consultent plus les pages, mais intervient au sein même de cet espace virtuel. L’abondance, l’omniprésence et l’ubiquité des informations ont amplifié nos pratiques de « zapping ». Devenue pour l’internaute une habitude, puisqu’elle semblerait être le seul moyen de combler à ces trois contraintes, la pratique du zapping influe sur notre cerveau. Tout d’abord en produisant une plus forte surcharge cognitive et donc une plus grande difficulté de concentration sur une seule tâche. Pour pallier cet obstacle, les Neurosciences réfléchissent actuellement à l’entrainement d’une flexibilité cognitive, permettant de passer d'une tâche cognitive à une autre. Dehaene préconise l’usage du contrôle exécutif de l’attention, par la planification, la sélection, l’initiation, l’exécution et la supervision des comportements volontaire. Selon lui « ces processus assurent une certaine flexibilité cognitive en permettant l’assemblage de stratégies nouvelles et non-routinières » (Dehaene L'attention et le contrôle exécutif - 2015) Il est évident, pour le docteur Michel Hautefeuille, que le numérique possède des bienfaits non négligeables. Il soutient l’idée que le Numérique a permis le passage supérieur à la conscience humaine. De par l’accès au Savoir que permet Internet et les moteurs de recherche ; et la possibilité de partage et de liaison grâce aux réseaux sociaux. Nicholas Carr défend plutôt l’idée que ces nouveaux comportements ne signifient pas être plus intelligent ni être plus efficace. Ainsi Plus « nous parcourons de pages sur la toile, moins nous lisons de livres. Plus nous échangeons des messages, des textes par plusieurs octets, moins nous composons des phrases et des paragraphes. Plus nous sautons de lien en lien moins nous réfléchissons dans le calme. » (Carr, The Shallows p 173)
  • 42. 42 L’internaute ne possède donc pas un meilleur cerveau mais un cerveau différent. Les activités de zapping et de multitasking ont traversé les âges. La polyvalence des tâches n’est pas nouvelle, elle a seulement pris un caractère inclusif dans notre quotidien, à travers l’emploi du numérique. « Notre besoin de rapidesde diversions kaléidoscopiques n’est pas né avec l’invention du Web. » (Carr, The Shallows p 163) Contrairement à Carr, Bruce Friedman, Auteur de « How Google is changing our information Seeking Behavior » (2008) affirme que le « zapping favorise l’enrichissement intellectuel en parcourant une multitude de pages. » Rejoignant le point de vue de Tisseron, il invoque l’accroissement de la curiosité par l’accès immédiat au Savoir et à l’abondance des informations qui en découlent. Souvent inconscient, le zapping informationnel s’apparenterait pour lui à de la veille informelle. Dans le cas d’un usage raisonnée, la technologie dite « intellectuelle » soutien, développe et prolonge le système nerveux. De ce fait le numérique serait un formidable levier dans l’accroissement de compétences nouvelles et le renforcement des compétences traditionnelles. Internet semble apparaître soudainement comme un fructificateur d’intelligence et Les TIC comme des amplificateurs de compétences. L’émergence de ces activités multiples et simultanées prépare à l’avenir l’extension du potentiel cérébral de l’Homme La multiplicité des activités sur le Web en simultanée est appelée Multitasking, elle se traduit par des actions diverses sur un même temps déterminé. Le témoignage de Carr dans The Shallows met en cause et de façon concrète, la multitude d’éléments incitatifs qui nous détournent de l’objectif initial. « Toutefois mes yeux n’en tenaient pas en place et sautaient partout […] Les sources de distraction se multipliaient. J’ai regardé ce que Wikipédia disait sur Dickens. […] Vingt minutes plus tard je n’étais tjrs pas revenue à ma lecture initiale. (Carr, The Shallows, p.150) La notification d'e-mails en est un autre exemple. Non contrôlées et sonores, elles détournent de tout évidence l'attention de l’internaute. De plus, les niveaux de dopamine augmentent lorsque nous consultons nos notifications et nos e-mails. Il faudrait jusqu'à 25 minutes pour se reconcentrer sur la tâche qu'ils effectuaient initialement ! Pour Nicholas Carr, nos activités sur le Web ne procèderaient plus qu’au morcèlement de l'attention sur plusieurs tâches.
  • 43. 43 L’interaction multimodale fait partie de ce terme de Multitasking, mais elle ne relève pas d’activités en simultanée mais d’usages de TIC en simultanée. Nous vivons dans une société ou l’environnement virtuel qu’est le Net tend à la consommation et à l’élévation d’un véritable écosystème de « technologies d’interruption » L’usage de plusieurs moyens de communication entre l’utilisateur et la machine entraine elle aussi, et inévitablement une forte inattention. Cette inattention existait déjà à l’époque, à travers le papotage entre camarades ou le dessin griffonné sur le coin d’un cahier, seulement elle semble maintenant plus visible. « Je recherche les mots je m’interromps plus souvent. Je finispar terminer mon livre ce qui me fait plaisir. Mais une semaine plus tard, j’ai vraiment du mal à me souvenir de ce que j’ai lu. » (Carr, The Shallows p.151) La capacité d’attention mais aussi de rétention d’une information est de 25 minutes. L’attention sélective « qui peut être définie comme l’ensemble des mécanismes par lesquels le cerveau sélectionne une information et en oriente le traitement » ; donne accès à un système cérébral central dont la capacité est limitée. Le cerveau ne parvenant pas à réaliser deux tâches simultanément, il produit des stimuli invisibles (effet de clignement attentionnel ou attentional blink), naturelle pour réguler la charge cognitive. Plusieurs opérations cognitives sous le contrôle de l’attention ou du moins l’une des deux opérations sera forcément ralentie ou abolie.... L’attention étant pourtant essentiel dans le cadre de l’apprentissage . Elle relève de ce tryptique indissociable de l’attention ; mémorisation et compréhension. Elle fait partie des conditions primaires à l’acquisition de nouvelles connaissances et compétences. Le psychologue américain Michael Posner distingue au moins trois systèmes attentionnels enclenchés lors d’activités, le système de :  L’alerte, qui module globalement le niveau de vigilance ;  L’orientation de l’attention, qui sélectionne un objet (but, sous but)  Et le contrôle exécutif, qui sélectionne la chaîne de traitements appropriée à une tâche donnée et en contrôle l’exécution. (concentration, représentation mentale, mémorisation...) Chacun de ces systèmes module massivement l’activité cérébrale et peut donc faciliter l’apprentissage, mais aussi l’orienter dans la mauvaise direction. 22 Cette baisse de l’attention à travers les activités de multitâches engendre le plus souvent, une compréhension faible des informations et une mémorisation sur le court terme. 22 DEHAENE Stanislas - L'attention et le contrôle exécutif - Fondements cognitifs des apprentissages scolaires , Collège de France, Vidéo Conférence - 90min [En ligne] env. 4 p., Janvier 2015 consultable sur le site Collège de France : https://www.college-de- france.fr/site/stanislas-dehaene/course-2015-01-13-09h30.htm
  • 44. 44 Elle ne permet donc pas l’acquisition des connaissances, et le transfert de ces connaissances en nouveau savoir. A présent mais aussi à l’avenir, l’internaute et plus particulièrement l’élève devra sans aucun doute prêter attention à ses limites cognitives. Appelée « Métacognition », elle induit l’activation du processus attentionnelle via système d’orientation, déterminant à quoi nous prêtons attention. Ce système amplifie les signaux sélectionnés, mais réduit drastiquement ceux qui sont jugés non-pertinents. En outre elle conduit à cécité intentionnelle bénéfique, où la focalisation de l’attention de l’internaute sur un objet de pensée le rend aveugle à d’autres stimuli (bruit documentaire ou environnemental, informations sonores et visuelles, les sollicitations externes etc.) La métacognition se veut être une inhibition des bruits brouillant l’attention. Elle s’apparente à une veille constante de sa charge cognitive. Le contrôle de notre état d’épuisement, lié aux écrans, à l’abondance d’informations est néfaste au processus d’apprentissage. Opter pour une vigilance personnelle de ces capacités cognitives permettrait de pour accueillir et traiter plusieurs flux d’informations, de manière optimale. A l’avenir, l’internaute devra développer personnellement une procédure d’alerte pro-active Tout d’abord renoncer à certaines tâches pour mieux se retrouver. Puis par auto-réguler le temps sur écrans, instaurer des pauses (méthode dites de « Pomodoro ») ou des contre-efforts qui seront des activités de repos attentionnelles.23 Ce temps sera dédié à d’autres actions, considéré comme une prise de temps pour soi, pour engager sa créativité mais sera nécessairement des activités qui prendraient le contrepied de l’activité principale. Cette procédure se veut indispensable : le temps de concentration étant de 25 min, au-delà les efforts deviennent hypertrophiés, et ne permettent plus d’être conscient et efficace. L’on peut se demander si cette question de conscience personnelle n’en n’est pas altérée par l’usage intensif du numérique. Puisque cette existence virtuelle prend parfois le pas sur la vie quotidienne. 23 DUNCAN POLLETI – ESSAI SUR LES INTELLIGENCES LUDIQUES - THEORIES DES JEUX – OBSERVATOIRE DES MONDES DU NUMERIQUE EN SCIENCES HUMAINES, 2015