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1
Faculté des lettres et des sciences humaines
Département de géographie
RAJOSOA RICA
Sous la direction de Madame Béatrice Moppert
Maître de conférences en géographie, université de La
Réunion
Mémoire de Master II
Mention : Géographie Aménagement Environnement et
Développement
2020-2021
Soutenu le 25 juin 2021 devant un jury composé de :
Monsieur Fabrice Folio, Maître de conférences en géographie
Madame Béatrice Moppert, Maître de conférences en géographie
La perception des touristes sur
l’environnement suite à une pratique éco-
touristique :
cas du parc national d’Ivoloina
Remerciements
Avant tout, je souhaite adresser mes sincères remerciements à ma directrice de mémoire,
Madame Béatrice Moppert, pour m’avoir accompagné dans mon mémoire de recherche pendant ces
deux années, orienté dans les différentes étapes exploratoires, pour les conseils très judicieux, pour
le temps accordé et ainsi que pour l’encouragement car cette année n’a pas été des plus facile.
Je tiens aussi à remercier l’ensemble des professeurs pour tous les cours qui m’ont beaucoup
aidé que ce soit dans la rédaction du mémoire ou encore dans les réflexions à adopter tout au long
du mémoire.
Je tiens à témoigner toute ma reconnaissance aux personnes qui vont suivre, pour leur aide
dans la réalisation de mon mémoire tant sur le plan morale que intellectuel :
Faiza Abdoussalami et Priscille Tailou qui m’ont accompagné tout au long du mémoire et qui m’ont
apporté un soutien moral à travers leurs encouragements.
Aux membres de ma famille qui ont toujours cru en moi, pour leur soutien inconditionnel et
leurs encouragements pendant toutes ces années.
Et enfin, un merci particulier à ma compagne qui a suivi de près mon mémoire, un merci pour ses
encouragements, son réconfort et sa compréhension.
De peur d’en oublier, je souhaite remercier toutes les personnes qui ont participé de près ou
de loin à la réalisation de ce mémoire ainsi qu’à la réussite de mon parcours universitaire.
2
-Sommaire-
Remerciements ................................................................................................2
Liste des abréviations utilisées ........................................................................4
Introduction......................................................................................................5
Etat des lieux de la situation environnementale...............................................7
I) Le tourisme :...............................................................................................7
II) La sociologie de l’environnement...............................................................11
III) Madagascar, un territoire propice à l’éco-tourisme : Cas du parc national
d’Ivoloina........................................................................................................15
IV) Orientations et Méthodologie de recherche..............................................21
V) Les e
ff
ets de la qualité expérientielle du parc national d’Ivoloina .............34
Rappel sur la méthodologie ...........................................................................34
Processus de la position du touriste après la visite.......................................58
Discussion des résultats et conclusion..........................................................62
Limites & retour critique .................................................................................63
Bibliographie ..................................................................................................64
Listes des annexes.........................................................................................67
1) Liste des commentaires de la catégorie A...............................................67
2) Liste des commentaires de la catégorie AA...............................................67
3) Liste des commentaires de la catégorie AAA ............................................67
4) Questionnaire & Résultats..........................................................................67
1) Liste des commentaires de la catégorie A.................................................68
2) Liste des commentaires de la catégorie AA...............................................77
3) Liste des commentaires de la catégorie AAA ............................................88
4) Questionnaire et résultats ..........................................................................89
Tables des matières .....................................................................................101
4e de couverture ..........................................................................................103
3
Liste des abréviations utilisées
REN21 : Renewable Energy Policy Network for the 21st Century
OMT : Organisation Mondiale du Tourisme
AP : Aires Protégées
CEE : Centre d’Education à l’Environnement
RS: Réseaux Sociaux
AR :Ariary (devise malgache)
4
Introduction
Aujourd'hui et plus que jamais nous voyons un peu partout aux quatre coins de la planète
une réelle baisse des ressources et une dégradation attristante de l’environnement. Du fait de la
raréfaction des ressources naturelles, de la baisse des réserves d’eau potable, l’extinction de
certaines espèces et les conséquences sur la santé humaine, le développement durable est, et le sera
encore pendant les décennies à venir une des préoccupations majeures de la société. Il advient
aujourd'hui dans le rôle de chacun de contribuer à ce changement mais pour certaines raisons cela
n’est pas le combat de tous. D’un côté nous avons ceux qui sont conscients des enjeux
environnementaux tandis que de l’autre côté nous avons des personnes que cela n’atteint pas. Une
des objectifs fixés par les nations unies (ODD ) est d’encourager cette deuxième catégorie :
1
comment peut-on sensibiliser efficacement ? Quels sont les services et méthodes en place pouvant
résoudre ce problème ?
Pour esquisser une solution à cette problématique, nous nous sommes penchés du côté du
tourisme et notamment à une notion qui est apparue suite à des mouvements environnementaux,
l’éco-tourisme. Il s’agit d’un mouvement qui s’est vu comme un élément pouvant prétendre
résoudre une partie des problématiques de par sa forme et que sa réussite implique chaque acteur de
la société.
L’éco-tourisme est une mouvance qui prétend subvenir aux pays en voie de développement,
étant donné qu’elle participe au développement de l’économie locale et valorise des zones
culturelles menacées. De ce fait, se sentir concerné en tant qu’acteur pour le développement d’un
territoire et pour la sauvegarde de l’environnement devrait donc pousser quiconque à aller dans ce
sens. C’est dans cette optique que nous avons voulu déterminer si la visite d’un lieu éco-touristique
(grâce à ce qu’il propose) pouvait avoir des effets de sensibilisation auprès des visiteurs. L’objectif
est donc de trouver un territoire qui concilie ces deux aspects et pas très loin du continent Africain,
au sud-ouest de l’Océan Indien se trouve un pays qui est parmi les pays les plus pauvres au monde,
Madagascar. Madagascar couvre une superficie de 587.040km2 et abrite des endroits les plus riches
en matière de biodiversité sur la planète, avec de nombreuses espèces de faunes et de flores
endémiques. L’isolement biogéographie de Madagascar, la variété des climats et des reliefs ont
Farigoul, S. (s. d.). Les Objectifs de développement durable. Développement durable, à l’adresse https://www.un.org/
1
sustainabledevelopment/fr/objectifs-de-developpement-durable/
5
favorisé le développement d’une faune et flore unique au monde, en partie endémique .
2
Malheureusement 96% des espèces de lémuriens sont considérées comme étant menacées
d’extinction et d’ici 2070, 95% de l’habitat des lémuriens pourrait être détruit du fait de la
déforestation et du réchauffement climatique. Près du tiers de la surface boisée de Madagascar se
trouve dans la province de Toamasina, cette partie orientale de la Grande Ile se caractérise par une
très forte pluviosité. Dans le cadre de la politique de préservation de l’environnement, de
nombreuses aires protégées ont été mises en place. Parmi les parcs existants dans la région de
Toamasina, celui d’Ivoloina, à une dizaine de kilomètres au Nord du Grand Port, mérite une
attention particulière. Depuis dix ans, outre son statut de centre régional de conservation, le parc
contribue à la promotion de l’éco-tourisme tout en s’occupant d’éducation environnementale. Le
parc d’Ivoloina est aujourd'hui reconnu comme site touristique de qualité. Entre 9.000 et 14.000
(donnée récolté suite à l’observation de 2019, Rajosoa Rica) personnes des quatre coins du globe y
effectuent chaque année des visites. Un nombre important de groupes scolaires y viennent aussi
assez souvent car le parc abrite un centre d’Education Environnementale pour mieux faire passer le
message de conservation.
Nous le savons, pour pouvoir comprendre un phénomène dans son entièreté il faut avant tout
le comprendre et dans certains cas la vivre pour s’apercevoir de la réalité. Il est indéniable que les
discours autours des enjeux environnementaux résonnent de plus en plus et c’est tout à fait normal
puisque nous sommes aujourd'hui à un seuil critique. Pour autant, si nous faisons un constat, à
l’échelle mondiale rien ne semble s’arranger avec pour exemple la directrice du rapport REN21 qui
3
affirme que « les promesses d’action climatique des 10 dernières années se révèlent être surtout des
paroles en l’air ». Pour cela nous avons voulu vérifier d’abord si à l’échelle de l’individu ces enjeux
suscitent intérêt. Nous allons donc nous pencher sur le cas du Parc National d’Ivoloina afin dans un
premier temps de savoir si la visite d’un lieu éco touristique crée une forme de sensibilisation à
l’environnement et dans un second temps si cela les incite à agir.
Madagascar, une île fragilisée. (s. d.). WWF France. Consulté le 22 juin 2021, à l’adresse https://www.wwf.fr/
2
espaces-prioritaires/madagascar
RENEWABLES 2020 GLOBAL STATUS REPORT. (2021). https://www.ren21.net/wp-content/uploads/2019/05/
3
gsr_2020_full_report_en.pdf
6
Etat des lieux de la situation environnementale
I) Le tourisme :
I.1)Les principes fondamentaux
Avant de vouloir s’intéresser à l’éco tourisme il est avant tout important de comprendre sa
genèse et à quel moment il s’est fait entendre. En effet même si la notion d’ « éco tourisme » est
apparue dans les années 70, il n’a été défini que récemment. Mais avant tout pour comprendre ce
terme, il est d’abord important de revoir ce qu’est le tourisme. Il existe plusieurs définitions du
tourisme allant d’une définition économique à une définition holistique, même si à ce jour plusieurs
domaines disciplinaires s’affrontent pour définir ce dernier jusqu’à même créer une nouvelle
discipline exclusive, la téorologie : « La téorologie se définira par cette capacité d’intégrer des
éléments disparates liés à l’espace et au temps, l’économie et à la politique, à la psychologie et à la
gestion et enfin à la culture et au patrimoine » (Stafford, 1992).
La difficulté des chercheurs à poser une définition claire et précise du tourisme réside surtout dans
la diversité des disciplines qui s’y intéressent. En géographie par exemple nous avons plusieurs
définitions qui ont été déterminées, le géographe Douglas Pearce (1987) lui définit le tourisme en
tant que qu’«ensemble des relations et des phénomènes résultat des voyages et des séjours
temporaires de personnes qui se déplacent essentiellement pour se divertir et se détendre », d’autres
géographes Stéphane Nahrath et Mathis Stock (2013) eux expliquent que :
« Le tourisme, invention des citadins, cristallise les valeurs et les pratiques urbaines, ou encore les
formes architecturales, et transfère cette urbanité en tous lieux mis en tourisme, même en ceux que
l'on juge à priori les plus éloignés du modèle urbain, tels que les stations ou les villages
touristiques, par exemple en montagne ou sur les littoraux. En effet, ces lieux s'urbanisent sous
l'effet de ce transfert d'urbanité, voire de centralité et voient émerger des problèmes d'urbanisme,
de circulation et de redistribution du capital économique, de rencontre de populations hétérogènes,
de gouvernance urbaine, de pollution, de violence, etc. De plus, les aménités urbaines sont la
condition sine qua non pour que le tourisme s'y développe ».
7
Mais au final tous semble se rapprocher de la définition établie par l’Organisation Mondiale
du Tourisme (OMT) qui voit le tourisme comme des « activités déployées par les personnes au
4
cours de leurs voyages et de leurs séjours, de leurs lieux situés en dehors de leur environnement
habituel pour une période consécutive qui ne dépasse pas une années, à des fins de loisirs, pour
affaires et autres motifs ».
Aujourd'hui il est donc difficile de donner une définition concrète au tourisme car elle
diffère selon les disciplines, mais il est indéniable qu’il est partie prenant de notre société et se
décline de plusieurs façons, par exemple :
I.2)L’émergence des mouvements environnementalistes et durables
En effet depuis l’accentuation des préoccupations environnementales, une branche du
tourisme se voit être au centre des intérêts, le tourisme durable. Le tourisme durable est défini par
l’OMT comme : « Un tourisme qui tient pleinement compte de ses impacts économiques, sociaux et
environnementaux actuels et futurs, en répondant aux besoins des visiteurs, des professionnels, de
l’environnement et des communautés d’accueil ». Le tourisme durable se voit donc comme
l’équilibre parfait pour les trois piliers du développement durable qui allie à la fois préservation de
l’environnement, satisfactions des besoins humains et développement économique. Au sein même
À propos | UNWTO. (s. d.). World Tourism Organization. https://www.unwto.org/fr/a-propos-omt
4
8
Rajosoa Rica
de cette branche, s’est développé au même moment que les mouvement environnementaux, la
notion d’éco-tourisme. La dégradation de l’environnement, l’intérêt que porte la population pour
l’environnement, un début de rejet du tourisme de masse, tout cela a d’autant plus renforcé cette
notion d’éco-tourisme et ce de manière exponentielle.
Au même titre que le tourisme, l’éco-tourisme est une notion difficile à définir puisqu’il n’y
a pas eu de consensus à proprement parler sur son origine. Certains auteurs affirment son apparition
pour la première fois dans la littérature anglaise dans un article de Romeril (1985) (Blamey, 2001),
encore plus tôt alors dans un article de Hertzer (1965) qui lui tentait d’expliquer la dynamique entre
le touriste, l’environnement et les cultures. Mais parmi tous les chercheurs celui à qui l’on se réfère
le plus afin de définir l’éco-tourisme, c’est Budowski (1976). En effet Budowski dans son article
Tourism and Environmental Conservation : Conflict, Coexsitence or Symbiosis ? exprime l’idée
qu’associer tourisme et environnement pourrait provoquer pour une partie des conflits, mais plus
important encore, qu’il est possible de tirer des bienfaits en alliant tourisme et environnement, ce
qui se rapprocherait de ce que veut être l’éco-tourisme.
Lors du premier Sommet mondial de l’éco-tourisme en 2002, les acteurs alors présents ont
tous été unanimes pour déclarer que l’éco-tourisme reflète les principes du tourisme durable mais
selon l’OMT ce qui le distingue des autres branches du tourisme durable c’est :
5 6
- Les formes de tourisme de nature, avec comme motivation l’observation et l’appréciation de la
nature ainsi que des cultures locales
- Possède une dimension éducative
- Souvent organisé, avec la participation des acteurs locaux
- Limite les impacts environnementaux/socioculturels
- Participe à la protection des espaces naturels menacés :
- retombés économiques
- création d’emplois et sources de revenues
- faire prendre conscience à l’habitant/touriste de l’importance de conserver le capital
naturel/culture
Ecotourisme et zones protégées. (s. d.). World Tourism Organization. https://www.unwto.org/fr/sustainable-
5
development/ecotourism-and-protected-areas
Michèle Laliberté, « Le tourisme durable, équitable, solidaire, responsable, social…: un brin de compréhension »,
6
Téoros [Online], 24-2 | 2005, Online since 01 February 2012, connection on 17 June 2021. URL : http://
journals.openedition.org/teoros/1542
9
I.3) L’éco-tourisme : une dimension éducative
Outre les avantages économiques de l’éco-tourisme, les dimensions qui intéressent notre
7
étude et que nous allons discuter sont principalement l’apprentissage, l’éducation et l’interprétation
que procure une expérience éco-touristique.
Avant tout il est important de définir ces trois termes car une certaine confusion peut être
amené entre notamment apprentissage et éducation. De façon simple, l’apprentissage consiste en
une acquisition de savoir-faire, de savoirs ou de connaissance. La définition la plus proche de notre
étude se trouve elle dans une autre discipline, la psychologie. En effet, à partir du paradigme du
béhaviorisme , il est défini que « l’apprentissage est vu comme la mise en relation entre un
8
événement provoqué par l’extérieur (stimulus) et une réaction adéquate du sujet, qui cause un
changement de comportement qui est persistant, mesurable, et spécifique ou permet à l’individu de
formuler une nouvelle construction mentale ou réviser une construction mentale préalable »9
Partant de cette définition l’objectif serait donc de trouver l’objet (stimulus) qui provoquerait chez
les individus un changement de comportement et par conséquent l’effet recherché, dans notre cas
par exemple l’effet serait la sensibilisation environnementale.
Contrairement à l’apprentissage qui lui survient tout au long de notre vie de façon naturelle,
l’éducation lui nécessite une volonté, organisée, de façon systématique et c’est ce qui distingue les
hommes : « L’éducation est l’ensemble des processus et des procédés qui permettent à tout enfant
humain d’accéder progressivement à la culture, l’accès à la culture étant ce qui distingue l’homme
de l’animal » (Olivier Reboul, 2018).
Quant à l’interprétation, il s’agit d’une action éducative à travers des biais cognitifs qui nous
permettent généralement de comprendre le monde qui nous entoure et les éléments avec lesquels il
interagit.
Selon Blamey (2001) parmi ces trois dimensions éducatives, l’éducation et l’interprétation
sont les éléments-clés et qui caractérisent l’éco-tourisme. Ainsi, il faudrait donc nous pencher sur
cette dimension qui allie à la fois l’environnement (représenté par l’éco-tourisme) et la société (à
Tableau 2 : https://journals.openedition.org/vertigo/4575?gathStatIcon=true&lang=pt#tocto1n3
7
Béhaviorisme. (2021, 18 mai). Dans Wikipédia. https://fr.wikipedia.org/wiki/
8
B%C3%A9haviorisme#Le_b%C3%A9haviorisme_Stimulus-R%C3%A9ponse_de_Watson
Apprentissage. (2021, 24 avril). Dans Wikipédia. https://fr.wikipedia.org/wiki/Apprentissage
9
10
travers les dimensions éducatives) pour comprendre les relations que les humaines entretiennent
avec l’environnement.
II) La sociologie de l’environnement
Aujourd'hui l’une des préoccupations contemporaines importantes à laquelle on doit faire
face, c’est cette dégradation drastique de notre environnement. Dégradation principalement dût à
l’activité humaine de façon directe ou indirecte sur l’environnement. Le météorologue et chimiste,
Paul Crutzen (2007) défini cette période dans laquelle nous nous situons comme
« L’Anthropocène », qui se caractérise par l’avènement des hommes comme principale cause des
changements actuels sur notre Terre. Au même moment que les mouvements environnementaux
dans les années 70, émerge la notion de sociologie de l’environnement qui s’articule autour de la
relation qu’entretienne notre société avec l’environnement tout en questionnant les dynamiques
socioculturelles. L’étude des questions environnementales n’est donc plus de l’essor de la
géographie uniquement, aujourd’hui elle permet de concilier de façon plus vaste la nature et les
problématiques environnementales quelle que soit la discipline.
II.1) Une éthique de l’environnement
« La gestion actuelle des ressources naturelles nous conduit à une impasse…nous maltraitons la
terre parce que nous la considérons comme une marchandise en notre possession. Le jour où nous
la percevrons comme une communauté dont nous sommes membres, nous la traiterons avec amour
et respect »10
Selon Aldo Leopold, un écologiste forestier et environnementaliste, les problèmes que nous
rencontrons à l’égard de l’environnement viendraient du fait que nous considérons la nature comme
un objet inférieur à l’Homme, au point où la notion de « crise environnementale » émerge et nous
pousse à revoir certaines de nos pratiques actuelles. Il est important donc de trouver la source du
problème, car en ce sens, parler d’ « éthique » de l’environnement viendrait à dire que le problème
est principalement morale avant d’être matérielle. Par conséquent la question que l’on se pose est :
notre vision de l’environnement est-elle erronée ? D’où provient-elle ?
Depuis la nuit des temps nous avons une vision infinie de l’environnement qui nous entoure,
l’environnement a été, est et sera toujours là ce qui fait que nous avons une vision de la réalité qui
est infinie. Du fait de son immensité nous pensons donc que la nature est invulnérable et par
Aldo Leopold, A Sand County Almanac, New York : Oxford University Press, 1949, p. VIII
10
11
conséquent nous pensons que l’Homme ne peut troubler son ordre. Néanmoins cette vision est
erronée, nous ne sommes plus dans une période de spéculation sur d’éventuels crise, au contraire,
nous sommes à ce jour au centre même de ce dernier.
Si tous les chercheurs tendent à dire que le réel problème est l’anthropocentrisme, par
conséquent et en toute logique la solution serait donc de retirer l’homme du centre de l’équation
afin de réduire le rapport de domination qu’il conserve avec la nature et revoir la relation qu’il
entretient avec elle (Jean-Philippe Pierron, 2013).
II.2) Une éthique de la responsabilité
Aujourd’hui notre sens de la responsabilité est d’autant plus tourné vers l’avenir, d’abord
parce que nous sommes constamment chargés de message préventif mais aussi parce que nous
pensons de manière collective et non plus individuelle (ex : manifestation collective, gilets jaunes
etc.). La question que pose Alain Thomasset (2006) dans l’ouvrage De la prudence à la précaution.
Vers une éthique du risque, c’est : « peut-on assumer tous les effets, même les plus indirects s’il est
devenu inacceptable d’ignorer les conséquences de ses actes ? »
Alain Thomasset explique que nous sommes dans une sorte de piège de l’entre-soi, c’est-à-dire,
nous faisons face à une « responsabilité sociale qui reporte tout risque et la charge du risque sur la
collectivité et ses décideurs » et de l’autre « une responsabilité personnelle qui charge l’individu de
tous les actes que peut subir la terre ». Il nous convient donc aujourd'hui dans nos actes et décisions
de prendre en compte les personnes qui nous entourent.
Les comportements écologiques du citoyen s’expliquent avant tout par des facteurs qui sont
moraux et de ce fait psychologique, par exemple le fait d’être consciencieux de l’environnement
favoriseraient plus facilement l’adoption de pratiques. Le chercheur Mickaël Dupré décline les
comportements éco-citoyens autour de plusieurs faits psychologiques : les valeurs de l’individu, la
11
sensibilité à la pression sociale, le sentiment de maitriser la chose, la connaissance des contraintes.
- Les valeurs de l’individu par exemple c’est de se sentir responsable et consciencieux face à
l’environnement et par conséquent favorise l’acte. Mais aussi au contraire de se sentir immorale,
conservateur empêchent les personnes de passer à l’acte pour l’environnement.
Dupré, M. (2015, 7 décembre). Les comportements é co-citoyens relèvent plus de la psychologie que des CSP. The
11
Conversation. https://theconversation.com/les-comportements-eco-citoyens-relevent-plus-de-la-psychologie-que-des-
csp-51750
12
- La sensibilité à la pression sociale, c’est par exemple se sentir influencé par les actions de son
entourage que ce soit en faveur de l’environnement ou non.
- Le sentiment de maitriser la chose signifie que nous sommes aptes à agir pour l’environnement
car nous possédons un capital culturel suffisant pour être légitime à le faire et nous croyons en
nos actions.
- La connaissance des contraintes c’est de nous poser la question si l’effort est proportionnel au
résultat, par exemple au niveau du temps consacré, l’effort physique/intellectuelle utilisé etc.
C’est à partir de cela que l’individu décide ou non d’agir pour l’environnement.
Cependant même les plus consciencieux se retrouvent parfois à avoir d’autre priorité que
l’environnement. Il advient alors de se demander de ce que nous devons faire pour changer les
choses ? Et comment peut-on renforcer la sensibilisation ?
II.3) L’émotions et l’actions : exemple d’une campagne de sensibilisation
Les sujets/causes environnementaux ne font qu’accroitre en parallèle des problématiques
environnementales, cependant nos façons de véhiculer les messages afin de sensibiliser le public
n’évoluent que très peu voir restent inchangés.
En 2016 une étude a été réalisée par Place to B en collaboration avec plusieurs acteurs
12 13
dont le chercheur Mickaël Dupré, afin d’étudier les émotions véhiculées par les outils de
communication (outils visuels) environnementale et les incitations à l’acte qu’elles peuvent
provoquer. L’objectif de cette étude et de relever les facteurs les plus efficaces chez l’individu sur
les enjeux environnementaux à travers des visuels évoquant différentes causes des problèmes
environnementaux.
A la fin de l’étude plusieurs profils ont été identifiés :
- les personnes indifférentes (représentent les personnes les moins sensibles aux enjeux
environnementaux)
- Les personnes qui ont adopté des attitudes durables sans que cela modifie drastiquement leurs
vies
- Les personnes qui sont davantage informées et impliquées sur les sujets environnementaux
Obé, L. G. B.-. (s. d.). Des images et des actes. Consulté le 17 juin 2021, à l’adresse http://desimagesetdesactes.fr
12
À propos. (s. d.). PlaceToB. Consulté le 17 juin 2021, à l’adresse http://www.placetob.org/a-propos-2/
13
13
L’étude montre que les profils réagissent différemment selon les émotions véhiculées par les
visuels. Le profil des personnes indifférentes est plus sensible aux émotions positives et négatives,
mais très important, cela a été contre-productif pour ces personnes puisque les images véhiculant
des émotions négatives provoquent de la culpabilité, rendant ces personnes dans le déni. A l’inverse,
les personnes qui sont plus sensibles aux émotions négatives (ceux qui ont adopté des pratiques
durables) se sentent envie d’agir. Et pour finir les personnes se sentant impliquées et informées sur
les sujets quant à eux sont plus sensibles et compréhensifs, elles sont les plus à même à comprendre
la communication employer et par conséquent d’agir.
La question que se pose donc l’étude après ces résultats s’articule autour de la légitimité du
« donneur » c’est-à-dire celui qui va émettre le message. Selon les personnes interrogées, ce ne sont
pas tous les acteurs qui sont légitimes à faire passer les messages. En effet l’émetteur du message
joue un rôle important dans le processus de sensibilisation, entre un acteur politique et un acteur
social, la communication et par conséquent les effets qu’ils vont susciter ne seront pas identiques.
L’étude montre que selon la manière de faire voir et d’expliquer les faits, les émotions
varient. Toutes les émotions ne conduisent pas aux mêmes envies en matière d’action, cela varie
entre les individus. En face d’un même fait les individus ne vont pas s’impliquer de la même
manière, cela dépendra de la manière dont l’individu perçoit le phénomène, par exemple les
émotions négatives vont pousser à une action individuelle tandis que les émotions positives donnent
envie d’en parler, de les partager…et pour cela l’émetteur joue donc un rôle capital.
Pour conclure, nous ne pouvons pas contraindre les individus à agir sans que le phénomène
ne les affecte pas. Mais, nous pouvons susciter des émotions pour les donner envie de s’informer,
inciter les autres et à agir, mais cela passe par forcement un élément déclencheur (psychologiques,
sentiments, pression sociale, etc.).
Il nous paraît donc intéressant d’étudier cela, non pas à travers des supports visuels qui
placent l’individu en tant qu’observateur comme le montre cette étude, mais inclure l’individu dans
une expérience, à travers notamment l’éco-tourisme.
14
III) Madagascar, un territoire propice à l’éco-tourisme : Cas du
parc national d’Ivoloina
III.1) Un Hottest hotspot
Notre planète compte à ce jour 36 hotspots (points chauds) de biodiversité ou zone critique
de biodiversité . Il s’agit d’une zone/territoire qui possède une grande richesse tant sur la faune que
14
sur la flore. La Conservation International (2004) défini cela comme une zone qui recense au moins
1500 espèces endémiques et qui connait une perte de 70% de son habitat d’origine.
Parmi ces territoires, Madagascar est considéré comme territoire à caractère prioritaire du fait de
son écosystème très spécifique mais aussi car il connaît une forte dégradation de son environnement
due à plusieurs facteurs dont la déforestation qui fait sujet de controverses. La flore de
15 16
Madagascar constitue à elle seule plus de 11.200 espèces de plantes endémiques, quant à la faune17
elle compte, pour de ce qui est reconnu, 211 espèces endémiques parmi lesquelles les lémuriens,
une espèce emblématique de Madagascar.
Cette richesse constitue pour Madagascar un besoin presque vital car elles fournissent pour sa
population des ressources tant économiques que naturelles. Mais les menaces qui pèsent sur le
18
territoire rendent les actions de conservations délicates.
III.2) L’éco-tourisme : une solution qui allie tourisme et conservation de l’environnement
Terme recommandé en France par la DGLFLF
14
Chainbaux, P. (s. d.). CHAPITRE 5 - DÉFORESTATION À MADAGASCAR. AFITV. Consulté le 17 juin 2021, à l’adresse http://
15
www.afitv.org/00-GRAND-DOSSIER/FORETS/FORETS/CHAPITRE_5-DEFORESTATION-_MADAGASCAR.html
Résumé du profil d’écosystème du hotspot de biodiversité madagascar et des îles de l’océan Indien. (2014). https://www.cepf.net/
16
sites/default/files/madagascar-ecosystemprofilesummary-fr.pdf
Ibid
17
Quatrième rapport national de la convention sur la diversité biologique. (2021). https://www.cbd.int/doc/world/mg/mg-nr-04-fr.pdf
18
15
A Madagascar les projets de conservation peuvent être déclinés sur plusieurs dimensions :
les espèces, les sites et les paysages. Afin de limiter les pertes et conserver ses espèces, la protection
des territoires de ces espèces constitue donc une priorité pour Madagascar.
Là où l’éco-tourisme se distingue et fait ses preuves réside notamment dans sa façon de
prendre en compte tous les acteurs de la société afin de promouvoir la conservation, de limiter les
impacts sur l’environnement et fournir pour la population locale des revenues (Boo, 1990 ;
Ceballos-Lascurain, 1996). Madagascar dispose d’environ 5 970 000 ha d’aires protégées, selon
Fennell (2000), ces aires protégées constituent un élément important pour l’éco-tourisme car elle
permet d’accéder à des zones naturelles de qualité qui est nécessaire pour une bonne expérience
touristique mais aussi constitue une dimension éducative de l’environnement pour le visiteur (cf p.
6). Madagascar consacre maintenant et depuis plusieurs années, à l’aide d’acteurs différents (ex :
Madagascar National Parks ) la protection et au maintien de sa biodiversité, grâce aux AP qui
19
servent de supports pour l’éducation environnementale.
Au même titre que les communautés locales, l’objectif est avant tout d’aider à développer
les visiteurs à être mieux informées, se préoccuper de la protection de l’environnement et à inciter à
agir. D’après Christiane Gagnon, dans son ouvrage L’éco-tourisme, entre L’Arbre et L’écorce : de
la Conservation au Développement Viable des Territoires :
« La planification et le développement touristiques en région partent du principe que le tourisme
devrait apporter son appui à la conservation de l’environnement biophysique de ces lieux. Ceci
peut se faire soit directement, par l’engagement des visiteurs dans la protection de l’environnement
ou par des activités d’assainissement, soit indirectement, en générant des redevances qui serviront
au financement d’activités locales de conservation. Les solutions résident dans l’établissement d’un
système adéquat de collecte de revenus par le biais des tarifs, mais aussi par la mise en place d’une
forme efficace de gestion du tourisme ».
Avantages directs Avantages Indirects
Stimule la protection de l’environnement (aires
protégées) tant de façon formelle qu’informelle.
La présence de l’écotourisme favorise un
engagement accru envers un environnement sain
A Propos. (s. d.). Madagascar National Parks. Consulté le 17 juin 2021, à l’adresse https://www.parcs-
19
madagascar.com/apropos.php
16
III.3)Parc national d’Ivoloina, un site éco-touristique de qualité
Encourage la restauration et la conservation des
habitats modi
fi
és
Des espaces protégés par l’écotourisme génèrent
divers avantages environnementaux
Permet la participation active des écotouristes à la
mise en valeur de l’habitat.
Avantages directs Avantages Indirects
17
Source : Jonathan Tardif, « Écotourisme et développement durable »
III.2.1) Histoire d’Ivoloina (source : Madagascar Fauna & Flora Group)
La création du parc d’Ivoloina date au temps de la colonisation de Madagascar par la
France, et à cette époque la zone a été principalement utilisée comme territoire de recherche afin
d’évaluer et d’augmenter les performances des cultures et arbres exotiques du fait du climat tropical
de la côte Est de Madagascar . La direction du département des eaux et forêts, après l’indépendance
de Madagascar, a pris en charge la station forestière d’Ivoloina. Le département des eaux et forêts
s’est chargé notamment à l’aide de son centre rétention, de la garde des lémuriens et tortues qui ont
été confisqués dans les années 60 puis quelques années il a été transformé en un zoo public. En
1986 le zoo a été fermé au public après la venue d’un cyclone qui a saccagé toute la partie Est de
l’île ainsi que les infrastructures présentes. En 1987 des chercheurs de la Duke University Primate
Center, qui s’est nommé par la suite Duke Lemur Center , ont pris la relève pour reprendre le
20
projet ce qui a permis d’ouvrir le parc zoologique d’Ivoloina en 1990.
III.2.2) Le parc national d’Ivoloina
Le parc national d’Ivoloina est un centre de conservation et d’éducation qui s’étend sur
plusieurs secteurs avec 4 hectares réservés au zoo et 282 hectares exclusivement de station
forestière. Les principales missions d’Ivoloina s’articulent autour du centre d’éducation à
l’environnement ainsi qu’un centre de formation à la conservation.
Actuellement le parc possède plus de 100 lémuriens déclinés en 13 espèces et sous-espèces (qui
constituent l’attraction principale du parc), plus de 400 tortues de 2 espèces ainsi que des serpents et
bien d’autres encore. Une partie des espèces présentes dans le parc sont en toute liberté que ce soit
les lémuriens, serpents et reptiles endémiques, mais qui sont inoffensifs pour les visiteurs. Les
espèces présentes dans le parc proviennent principalement de saisis réalisés par la douane (ex : les
tortues car ils sont souvent prisés du fait de leurs prix à l’étranger), par des échanges avec le
principal parc zoologique de Madagascar (Tsimbazaza, Antananarivo) ou encore qui provient de
don d’individu que ce soit sur le territoire ou à l’étranger.
History and Mission. (2021, 10 mars). Duke Lemur Center. https://lemur.duke.edu/about/history-mission/
20
18
Les activités concernant l’éducation environnementale se déroulent dans toutes les zones du
parc, mais c’est à partir du CEE (centre d’éducation à l’environnement) que le parc fait le plus gros
du travail puisqu’il comprend des espaces utilisés pour les sorties scolaires et un espace avec des
outils pédagogiques etc.
19
Source : Rajosoa Rica, photographies réalisée pendant la
phase d’observation, 2019
Source : Madagascar Fauna & Flora
Group
Source : Rajosoa Rica
Photographie d’un groupe scolaire,
2019
La partie qui occupe le plus d’espace pour le parc d’Ivoloina, c’est sa station forestière qui
regroupe toutes les forêts, les lacs, les sentiers/circuits touristiques, les aires de repos etc. Cette
station joue un rôle important pour le parc puisque c’est elle qui constitue le noyau du parc, tant
pour les étudiants qui viennent réaliser des études, que les touristes pour leurs visites.
20
Le parc national d’Ivoloina est aujourd'hui connu en tant que destination touristique de qualité.
Plus de 9000 visiteurs (données issues des échanges avec un guide, 2019) viennent chaque année visiter
le parc ainsi qu’un bon nombre de groupes scolaires. De par l’environnement qu’il propose et les efforts
centrés autour de l’éducation environnementale, le parc national d’Ivoloina espère donc bien faire
concilier éducation environnementale et protection de l’environnement. Cela nous amène donc à nous
pencher du côté du touriste afin de voir si les résultats espérés vont dans le sens des objectifs du parc.
« l’écotourisme fait rêver. Le voyageur se voit plongé dans une jungle luxuriante au coeur d’une aire
protégée abritant des espèces rares et colorées. La communauté se voit reprendre possession de ses
traditions et contrôler enfin son avenir. Le gouvernement se voit empocher une partie des bénéfices
financiers tout en répondant à son désir profond d’adhérer aux principes d’une développement
durable. Pour que ces rêves deviennent réalité, il faudra multiplier les efforts de consultation et de
recherche afin de dissiper l'épais brouillard dans lequel baigne toujours l'écotourisme. Malgré les
doutes et les remises en questions qui secouent aujourd'hui ce domaine de recherche, l'écotourisme
demeure une piste riche à explorer afin de concilier le développement socioéconomique de nos sociétés
et la protection de l’environnement » (Jonathan Tardif, 2003)
Source : Rajosoa Rica, photographies réalisée pendant la
phase d’observation, 2019
IV) ORIENTATIONS ET MÉTHODOLOGIE DE RECHERCHE
IV.1) Hypothèses et objectifs
En nous appuyant sur le cadre théorique et conceptuel précédemment présenté, nous allons
donc proposer une recherche basée sur les effets que peut susciter une visite éco-touriste chez les
touristes. En effet lors de la consultation de notre état de l’art, la plus part avaient un discours
dénonciateur du fait que les crises que nous rencontrons sont dues principalement aux activités
humaines et que nous faisons pas le nécessaire, du moins à l’échelle individuelle. Ce que nous
voulons dire par la c’est que nous tentons constamment de proposer des solutions qui sont dans la
plupart des cas à « consommation unique » pour les visiteurs, c’est à dire qu’une fois la visite
réalisée, le/les individu(s) retourneront dans la majorité reprendre leurs vies en gardant les souvenirs
de l’expérience sans entamer d’action résultant de leurs expériences. On ne cherche souvent pas à
comprendre pourquoi le but premier, qui est de sensibiliser, n’a pas cet effet attendu chez les
touristes.
La démarche choisie ici n’est pas de trouver des solutions afin de contraindre par la suite les
touristes à développer un esprit environnementaliste lorsqu’ils entreprendront des voyages mais
d’une part essayer d’expliquer quels sont les phénomènes qui expliquent cette prise de conscience
environnementale lorsque c’est le cas et d’autre part essayer de voir pourquoi dans le cas contraire
cela n’a pas eu d’effet.
Problématique : La visite d’un lieu éco-touristique peut-elle avoir un effet de sensibilisation
auprès des visiteurs ?
21
Hypothèse de départ
La visite du parc national d’Ivoloina peut avoir
un effet de sensibilisation auprès des visiteurs et
dans ce cas les amener à développer une
conscience environnementale.
Objectifs
Relever ce que pense les touristes après la visite du
parc afin de voir si ils ont été sensibilisés sur les
questions environnementales et trouver les facteurs qui
ont permis cela.
IV.2) Bref présentation des méthodes
Pour répondre à notre problématique de départ, nous allons nous baser sur la technique de
recherche qui s’appuie le plus souvent sur de l’observation ainsi que l’expérience, c’est-à-dire à
travers une approche hypothético-déductive mais qui accorde tout de même une place au terrain.
Puisque notre recherche se base sur l’expériences et les pratiques des touristes, cette approche est
donc indispensable pour mener à bien nos recherches dès lors qu’elle ne se base pas sur des
événements abstraits. Nous avons donc le choix entre deux méthodes, l’étude qualitative et
quantitative. Dans notre cas nous appliquerons la méthode qualitative étant donné que nous allons
travailler sur des discours pour mener notre étude, d’une part en nous servant de l’observation
(visite du parc), qui lui viendra nous donner des données informatives mais aussi nous permettra
d’adopter une posture dans laquelle nous intégrerons pour un temps donné les situations étudiées
(Philip, C. & De Battista, P. 2012). En complément, toujours dans une démarche qualitative mais
cette fois ci à l’aide de données numériques, nous constituerons un corpus rassemblant plusieurs
données (avec des critères bien précis) qui nous permettront de répondre à nos questionnements.
Dans un second temps s’ajoute à cela un questionnaire, qui lui aussi rentre dans une démarche
qualitative puisque nous analyserons uniquement les discours, en posant plusieurs questions en lien
avec la visite du parc national d’Ivoloina. Effectivement, dans notre analyse nous voulions avoir un
retour suite à leurs expériences et vérifier si la visite du parc a eu un effet de sensibilisation chez ces
touristes, mais aussi par la suite si l’étude nous le permet, si cela a amené un changement dans leurs
pratiques ou du moins pousser leurs envies d’un tourisme plus durable (ou pas). Pour pouvoir
faciliter la compréhension des résultats nous allons modéliser ces résultats sous forme de « profil-
type », c’est-à-dire que nous allons répartir les résultats de manière à faire ressortir :
- Un profil lambda ou consumériste qui représentera les touristes qui en ont pour leurs argent et
sont ainsi la pour faire une simple visite.
- Un profil qui représentera les personnes marquées par l’expérience de la visite (apprentissage,
sensibilisation etc.)
- Un profil qui représentera les personnes ayant déjà une maitrise sur les sujets de
l’environnement.
Chacun de ces profils va donc être associé aux facteurs qui les déterminent pour ainsi comprendre
leurs positions.
22
Avant d’exposer nos méthodes plus en détail, nous allons en quelques points nous intéresser à ce
qu’apportent ces méthodes dans notre recherche et plus précisément nous pencher sur
l’environnement numérique, qui est aujourd'hui une nouvelle source d’information mais aussi de
discours à ne pas négliger.
Quid du numérique ?
Au premier abord, nous sommes tentés de dire que lorsque nous voulons étudier un
phénomène, une situation, des communautés, des comportements, la démarche la plus efficace et la
plus logique reste l’immersion sur le terrain et ce pour une longue période. Mais lorsque nous nous
retrouvons face aux limites de cette méthode, en raison d’une impossibilité de se rendre sur le
terrain en question (restriction sanitaire par exemple) la réalité est tout autre. Pourtant nous avons à
portée de main l’un des outils nous permettant d’aller au-delà de ces contraintes, le numérique.
Selon Jouët Josiane et Corale Le Caroff , « les activités en ligne ont ouvert à la recherche un
domaine inédit et l’espace virtuel est devenu un vaste champ d’études pour les sciences sociales ».
Il n’a jamais été aussi simple d’avoir un aperçu des actions d’un individu et cela consultable sans
limite de temps.
Il faut savoir que le numérique est constitué de multitude de données (texte, images, vidéos,
signes typographiques etc.), qui peuvent être parfois floues du fait de sa complexité et de sa
volatilité, mais seront bénéfiques pour construire notre corpus de données. Le corpus de données
doit donc instinctivement avoir un lien avec nos questions de départ mais aussi baser ses critères
d’analyse autour de la problématique et des hypothèses énumérées bien avant. En revanche, comme
l’indique Jouët Josiane et Corale Le Caroff :
« (…) Elle réduit les individus à leurs traces sans restituer le contexte et les
motivations de leur production. La qualification (âge, sexe, statut socioprofessionnel ou
familial) des usagers, souvent masqués sous des pseudonymes, échappe à l’observateur
tout comme les mobiles et les représentations de leur engagement en ligne. Le champ
d’observation est donc beaucoup plus restreint que celui de l’ethnographie classique car il
est réduit aux usages visibles et ne permet pas de saisir les dimensions cachées des usages
sociaux des espaces de communication virtuelle ».
23
Le numérique nous amène donc aujourd'hui à revoir nos processus de recherche, faisant
ainsi petit à petit révolutionner nos méthodes. Alban Bensa (2006) voit la comme un éloignement de
ce qu’était l’anthropologie, nous sommes en train d’orienter l’anthropologie vers de nouveaux
horizons et de nouveaux objets. Pour l’auteur il faut :
« s’installer auprès des gens, leur parler et les écouter (…) rien qu’on ne puisse essayer d’apprendre, de
préférence par l’apprentissage mutuel (…) des efforts constants pour réduire l’écart entre chercheurs et
acteurs, pour privilégier le recueil de paroles sur la simple observation muette, pour valoriser et analyser des
récits, des chroniques narratives mettant en adéquation forme et fond, syntaxe et sémantique(…)des actions
analysés comme des processus ancrés dans la parole ».
Mais de mon point de vue lorsque nous sommes dans l’incapacité de mettre en pratique les
techniques des « vieux parents », le web est une bonne alternative et convient parfaitement à notre
recherche en partant du principe que nous savons où se trouvent les données et comment les
interpréter.
Pour revenir à ce que rapporte Jouët Josiane et Corale Le Caroff sur les contraintes liées à
l’usage du numérique vis-à-vis des dimensions cachées (âge, statut socioprofessionnel, contexte de
la production, engagement et.) que cela impose, cela n’est pas systématiquement le cas. Il nous
convient donc en tant que chercheur d’adapter notre méthodologie compte tenu des informations
disponibles.
IV.3)Le choix du terrain
Comme expliqué précédemment nous allons donc choisir les plateformes numériques et plus
particulièrement là où nos touristes s’expriment. Pour identifier que nos sujets se sont bel et bien
rendu dans le parc national d’Ivoloina, nous allons utiliser un marquage typographique faisant
office de mot clé, l’ hashtag . Il s’agit en effet d’une « suite signifiante de caractères sans espaces
21
commençant par le signe # (dièse), qui signale un sujet d’intérêt et est inséré dans un message par
son rédacteur afin d’en faciliter le repérage ». (JORF n°0019 du 23 janvier 2013)22
Les voyageurs ayant indexé leurs publications à la marque #ParcNationalIvoloina seront donc nos
sujets d’analyses vu que nous voulions cibler les personnes qui ont visité le parc.
Etude sur les mots-dièse. Agata Jackiewicz and Marko Vidak, SHS Web of Conferences, 8 (2014) 2033-2050
21
Journal Officiel, (2013). JORF n°0019 du 23 janvier 2013 page 1515, texte n° 103: «Vocabulaire des t
é
l
é
communications et de
22
l'informatique ».
24
Je me suis tourné vers les plateformes les plus connues et les plus utilisées par les touristes mais
aussi la où généralement on partage les plus souvent nos voyages. J’ai donc sélectionné :
Les trois réseaux sociaux (Instagram, Facebook, Twitter) sont là principalement pour nous
permettre de diffuser notre questionnaire auprès des personnes qui ont visité le parc car ce sont des
supports adaptés pour (en nous rendant directement sur les profils des voyageurs et en les
contactants). Au départ je pensais pouvoir récolter quelques données issues des commentaires sur
ces plateformes mais au fur et à mesure de mes recherches je me suis rendu compte que ces RS
servent principalement de divertissement/partage visuel et non pas de support d’expression écrite.
Contrairement à TripAdvisor qui lui sert principalement de support qui offre des avis et des
conseils touristiques provenant des voyageurs, il regroupe avis de voyages, questions/réponses sur
le parc, notes de satisfactions, ainsi qu’un accès sur les pratiques touristiques de chaque voyageur.
J’ai principalement retenu cette plateforme non pas pour diffuser mon questionnaire mais pour
réaliser un travail d’analyse de discours car il regorge de données pouvant répondre à nos
questionnements mais aussi principalement pour compenser certaines limites du questionnaire.
25
IV.4) Les limites des méthodes
Comme brièvement expliqué, le choix du numérique est parti du fait que je n’ai pas pu me
rendre sur le terrain afin de finaliser mes observations. En effet l’observation devait se dérouler en
deux phases en commençant par du repérage de terrain et par la suite une immersion pour une
longue durée. Comme nous le savons l’apparition du Covid à bousculé plus d’un calendrier dont le
mien, la dernière phase de l’observation n’a donc pas pu être finalisée, néanmoins nous nous
servirons de la première phase d’observation pour une tout autre utilisation que nous détaillerons
par la suite.
Mise à part notre impossibilité de réaliser une immersion sur le terrain pour une longue
durée nous avons aussi rencontré une certaine limite quant à notre questionnaire. En effet, il nous
suffirait de diffuser notre questionnaire auprès des visiteurs, récolter les données et de les analyser.
Mais cette énoncée est valable uniquement si nos touristes jouent le jeu de répondre à notre
questionnaire. En avançant dans ma recherche je me suis rendu compte que parmi toutes les
personnes recensées sur les RS grâce au hashtag #ParcnationalIvoloina, qui sont au nombre de 191
allants de 2015 à 2021 (107 pour Instagram, 74 pour Facebook et pour finir 10 pour Twitter), j’ai
remarqué qu’une majorité de ces personnes ont une autre utilisation du parc. Cela concerne
majoritairement des jeunes qui sont de la localité. En effet j’ai relevé une tendance chez ces jeunes à
utiliser le parc comme lieu de baignade, de pique-nique ou de lieu de shooting photo. Pour eux le
parc représente du divertissement afin de les partager sur les RS, cela se voit notamment sur les
descriptions de leurs publications :
Néanmoins la présence d’un centre d’éducation au sein du parc, m’a mis la puce à l’oreille
et je suis venu au fait que parmi ces jeunes, il y aurait des étudiants qui sont susceptibles d’avoir
visité le parc à but éducatif durant leurs années scolaires. C’est pour cela que j’ai donc contacté
l’Université de Toamasina (région où se trouve le parc d’Ivoloina) afin de diffuser mon
26
questionnaire à leurs étudiants. Je suis donc passé par le délégué principal via Facebook pour qu'il
puisse partager le questionnaire à ses délégués responsables de chaque filière. Inopportunément je
suis tombé dans une mauvaise période puisqu’à ce moment-là dans la région de Toamasina, eu lieu
une grève des étudiants dûs à un retard de quatre mois de bourses, grève par la suite qui s’est
intensifiée jusqu’à la capitale. Les délégués se retrouvent donc dans l’incapacité de se rendre
disponible et les étudiants ne recevant pas de bourse se retrouvent parfois sans connexion internet
car il faut savoir que pour chaque connexion, l’étudiant doit se fournir en recharge internet qui varie
entre 1000ar pour le moins cher et 50.000ar pour le tarif le plus élevé (qui représente
approximativement 12€) cela représente un mois de bourse pour un étudiant . Toutefois nous avons
23
eu des retours d’étudiants par la suite, certes minimes mais toujours intéressant à inclure dans nos
analyses.
Toujours sur le questionnaire mais concernant les touristes en général, j’ai été confronté aux
problèmes que l’on rencontre souvent lorsque l’on fait appel à ce dernier, c’est la participation. En
effet même si, plus un questionnaire est ciblé et plus nous avons de chance que la personne y
réponde, plusieurs facteurs peuvent limiter cela, dans notre cas par exemple :
- La barrière de la langue Français-Malgache
- Un ras-le-bol des enquêtes
- Ne se sentent pas concernés ou n’adhère pas aux sujets
- Ont d’autres priorités
- Publications anciennes, donc susceptibles de ne plus posséder de compte
On se retrouve donc au final avec un effectif réduit si on exclut les personnes qui utilisent le
parc à des fins de divertissement et les personnes ne souhaitant pas participer à notre questionnaire.
Cela aurait été très enrichissant, mais pour réaliser ce travail de manière approfondie il aurait fallu
attendre la fin des grèves des étudiants ainsi qu’une approche au cas par cas pour renforcer la
confiance des personnes afin qu’ils répondent à notre questionnaire. Malheureusement par manque
de temps nous n’avons pas pu réaliser cela.
Quant à l’utilisation de Trip Advisor, nous n’avons pas rencontré de soucis en particulier
puisque les données sont déjà disponibles et sont figées dans le temps, la seule limite que nous
pouvons rencontrer c’est notre imagination dans l’interprétation des résultats ou la fiabilité des
discours (ex: discours à but marketing).
Bourse d’études. (s. d.). Université d’Antananarivo. http://www.univ-antananarivo.mg/Bourse-d-etudes
23
27
IV.5) Le recueil des données :
Questionnaire
Afin d’avoir les données que nous souhaitons, c’est-à-dire autour des effets d’une visite
écotouristique, nous avons adapté nos questions de façon à ce que les voyageurs nous fassent un
retour d’expérience de leurs visites du parc. Ce questionnaire nous servira notamment à cerner
certains faits psychologiques de l’environnement sur nos voyageurs en vue de comprendre et
d’expliquer des faits via le recueil d’informations. Le but de notre questionnaire ici n’est pas de
décrire un phénomène à travers des chiffres mais plutôt de mettre en évidence des faits
psychologiques/sociaux/comportementaux et les facteurs qui expliquent cela. J’ai donc établi l’axe
de notre questionnaire autour de nos hypothèses afin de les confirmer ou infirmer par la suite.
Pour vérifier nos premières hypothèses : La visite du parc national d’Ivoloina peut avoir un effet
de sensibilisation auprès des visiteurs et dans ce cas les amener à développer une conscience
environnementale.
Le questionnaire est donc répartit de manière à faire ressortir par exemple :
Les données personnelles :
- Quel âge avez-vous ?
- Lieux de résidence ?
- Profession/Occupation ?
- Fréquence de voyage ?
Les motivations de la visite du parc d’Ivoloina : (pourquoi ont-ils choisi ce parc)
- Où avez-vous entendu parler du parc d’Ivoloina ?
- Les raisons/motivations de la visite ?
Les choix et retours d’expérience : (comprendre ce qui a causé et a induit à une prise de conscience
environnementale)
- Avez-vous choisi de prendre un guide lors de votre visite ?
- Quels acteurs ont contribués à votre satisfaction ?
- Qu’avez vous tirés de votre visite vis à vis de l’environnement ?
- Seriez-vous capable de vous engager vers un tourisme durable ?
Les pratiques : (toujours dans l’optique de mesurer si cela a eu un impact sur leurs pratiques)
- Quelles ont été ou vont être vos destinations touristiques ?
28
Avant de réaliser ce questionnaire, j’ai d’abord mis en place un questionnaire pré-test pour
quelques personnes afin d’améliorer le questionnaire final et de préciser certains termes et
questions. Par la suite avec l’aide de ma directrice de mémoire, nous avons donc agencé l’ordre des
questions, la forme des questions et exclu certaines questions qui peuvent être mal vues par les
touristes ou jugées pas pertinentes, ennuyeuses, indiscrètes etc. Les questions proposées en amont
font donc partie de la version finale qui a été soumise aux touristes, mais il faut tout de même noter
et garder en tête que ce questionnaire possède certaines limites, elle ne met pas exhaustivement en
avant des faits à travers les données que nous obtiendrons mais de nous permettre de tendre vers
une explication à travers une analyse des données issues de ce questionnaire.
A l’aide de Facebook, Instagram et Twitter j’ai donc recensé toutes les personnes ayant
visité le parc grâce au #ParcNationalIvoloina et me suis permis de les contacter afin de transmettre
mon questionnaire. Ce questionnaire viendra renforcer les analyses que nous effectuerons dans
l’analyse de Trip Advisor afin de, soit amener des compléments de réponse ou bien renforcer les
résultats que nous obtiendrons.
Une analyse qualitative des discours sur la plateforme TripAdvisor
Notre recherche n’ayant pas pour but de mesurer l’importance d’un phénomène mais tenter
de comprendre le réel , je vais m’intéresser aux discours textuels laissés par les touristes suite à
leurs visites du parc sur la plateforme Trip Advisor. Etant donné que nous voulions comprendre les
effets d’une pratique écotouristique des touristes et par conséquent leurs comportements, j’ai décidé
de faire appel aux autres aspects des sciences humaines et sociales pour nous aiguiller dans les
méthodes à adopter. Je me suis donc appuyé sur l’ouvrage Les méthodes qualitatives en
psychologique et sciences humaines de la santé de Marie Santiago Delefosse et Maria del Rio
Carral. Dans cette collaboration scientifique, plusieurs auteurs présentent une série de méthode afin
de réaliser des analyses qualitatives et les outils à utiliser. Dans ma recherche, je me suis
principalement appuyé sur l’ouvrage L’analyse par théorisation ancrée de Pierre Paillé, que nous
détaillerons après, ainsi que l’ouvrage Analyser les contenus, les discours ou les vécus ? A chaque
méthode ses logiciels de Christophe Lejeune, qui nous m’a guidé dans le choix de la méthode et
surtout de l’outil de l’analyse qualitative.
29
Avant d’entrer plus en détail dans l’analyse des commentaires, nous allons faire un bref tour
d’aperçu de l’aspect de TripAdvisor et comprendre (fiabilité & véracité) dans quel contexte sont
énoncés les discours.
Nous avons ici un aperçu de la structuration du site web et des éléments qui le composent,
encadré en rouge les rubriques les plus importantes que nous pouvons prendre en compte. Dans
l’ordre nous avons donc la notation générale sur le parc (1) ainsi que le nombre de touriste ayant
laissé un avis, ensuite le classement (2) de notre sujet d’étude et sa thématique. Et pour finir la
partie la plus riche en données pour notre analyse (3), l’espace commentaire nous permettant de
faire ressortir l’essentiel des données pour répondre à nos questionnements.
Pour nous assurer que les données issues des commentaires seront fiables pour notre
analyse, nous nous appuierons et ferons confiance aux règles de la plateforme puisque pour pouvoir
émettre un avis sur TripAdvisor le voyageur doit respecter certains critères de publication et qu’il
soit :
- Pour tout public
- Pertinent pour les voyageurs
- Impartial
- Le reflet d’une situation vécue et utile
- Récent
- Original
- Non commercial
- Respectueux de la confidentialité
30
- Lié au bon établissement répertorié par TripAdvisor et,
- Facile à lire
Tous les avis publiés sur la plateforme sont donc soumis à des vérifications strictes, nous
n’avons donc logiquement pas à nous en faire, par exemple pour les problèmes liés aux
commentaires marketing qui ont pour but d’influencer les personnes à visiter le parc, et même si
cela est possible nous verrons lors de nos analyses que nous n’avons pas été soumis à ce type de
problème.
Passé cet aparté, orientons-nous maintenant un peu plus en détail quant à l’analyse de ces
commentaires. Dans ma démarche de recherche qualitative je me retrouve face à une multitude de
méthodes allant de l’analyse de discours, de contenu, de parcours de vie ou à une approche
compréhensive (Max Weber, 1921). La méthode la plus adaptée notre recherche serait à mon avis
celle de l’analyse par théorisation ancrée qui « vise à générer intuitivement une théorisation au sujet
d’un phénomène culturel, social ou psychologique, en procédant à la conceptualisation et la mise en
relations progressives et valides de données empiriques qualitatives » (Paillé,1996, p.184). Pour
nous permettre de mesurer les effets de la visite du parc national d’Ivoloina, nous allons étiqueter
(coder) les propos laissés par nos touristes, un code qui reformulera la réalité vécue ou exprimée
par les touristes. Nous allons par la suite les englober pour en simplifier l’analyse et obtenir « un
mot ou une expression désignant, à un niveau relativement élevé d’abstraction, un phénomène
culture, social, ou psychologique tel que perceptible dans un corpus de données » (Paillé, 1996,
p.186) dans notre cas cela sera sous forme de catégorie. Après cela nous confronterons ces derniers
entre eux pour accéder à l’évènement, à l’explication, au phénomène (Paillé,1994) afin d’expliquer
d’où proviennent les divergences ou similitudes entre ces catégories. Et pour finir une modélisation
théorique de ces résultats, une modélisation qui devrait représenter sous forme de schéma les
processus par lesquels nous sommes passés.
Je vais donc recourir à un logiciel d’analyse de texte pour effectuer cette méthode, il en
existe plusieurs comme The Ethnograph ou encore Nud Ist (l’ancêtre de NVivo) mais je me suis
tourné vers le plus récent qui est Nvivo (Christophe Lejeune, 2017), qui intègre plusieurs
fonctionnalités mais aussi simple d’usage afin de faciliter l’analyse et l’interprétation de nos
résultats.
31
Voici un exemple de la méthode réalisée pendant l’étude :
« Que des lémuriens et des tortues de terre. Un boa et un caméléon qui se cachaient, satisfaisant
dans l’ensemble, petite cascade à 15 minutes de marché souvenir et boissons sur place. Seul gros
problèmes 3 tarifs différents locaux résidants et touristes ».
Si on se pose la question ici « De quoi est-il question ici ? » , on peut distinguer deux
phénomènes : De la satisfaction (« satisfaisant dans l’ensemble ») et un mécontentement vis-
à-vis des tarifs proposés aux touristes (« Seul gros problèmes 3 tarifs différents locaux résidants et
touristes »). Nous avons donc reformulé ces deux propos avec les codes « Ressentiment + » et
« Discrimination ».
On peut voir ici qu’aucune notion liée à une quelconque forme d’apprentissage/sensibilisation/sur
l’environnement liée à la visite du parc n’est relevée, de ce fait nous avons classé ce commentaire
dans la première catégorie de touriste.
Codage : Ressentiment + / Discrimination
Il est important et bon de rappeler que les données que nous obtiendrons ici ne représentent
pas formellement l’implication de nos touristes sur le sujet de l’environnement mais reflètent en
quelque sorte leurs positions e après avoir visité le parc national d’Ivoloina.
IV.6) L’usage de l’observation dans l’interprétation des résultats
Au cours de la première année de Master (2019-2020), j’ai réalisé une observation au sein
du parc national Ivoloina afin d’avoir un premier aperçu du terrain, cette observation devait se
dérouler en deux phases comme expliqué auparavant. Lors de cette première phase d’observation
j’ai décidé d’adopter une posture se basant sur de l’observation participante non déclarée ou
clandestine (Georges Lapassade,2002), en tant que touriste.
Dans la sociologie on peut mentionner les travaux de M. Dalton (1959) ou bien encore celui de D.
Roy (1954) utilisant cette méthode pour dissimuler leurs enquêtes dans des lieux publics ou encore
l’un des plus connus celui de Goffman qui s’interroge sur les différentes formes d’interaction entre
les individus dans la société.
N’étant pas en mesure d’aller au bout de mes observations, j’ai tout de même utilisé ce que
j’ai fait et obtenu lors de la première phase pour pouvoir amener des réponses à nos
32
questionnements. Lors de cette première phase d’observation j’ai intentionnellement caché mon but
afin de ne pas modifier la réalité du terrain et ne pas biaiser les données, par exemple de la part du
guide pour qu’il puisse me transmettre les mêmes informations qu’il partage aux touristes. En effet
dans un premier temps cette méthode m’a permis de constater en profondeur les réalités de notre
terrain (c’est d’ailleurs à partir de cela que nous avons élaboré nos théories), mais aussi dans un
second temps en étant dans la peau du touriste comprendre ce qu’ils ont vécu et donc être légitime
d’interpréter leurs propos lors de l’analyse des données. Comme énoncé précédemment donc, nous
n’allons pas user de l’observation dans un but de collecter des données pour expliquer un
phénomène mais afin de mieux connaitre et comprendre ce qu’énoncent nos touristes puisque j’ai
moi-même été à leur place.
33
V) Les effets de la qualité expérientielle du parc national d’Ivoloina
RAPPEL SUR LA MÉTHODOLOGIE
Nous allons donc analyser les retours d’expérience des touristes à travers des questions
issues de notre questionnaire et des discours laissés sur la plateforme Trip Advisor. La méthodologie
d’analyse ne sera pas exactement identique pour nos deux méthodes puisque d’un côté nous avons à
faire à des données qui proviennent de question directe et de l’autre des données n’étant pas
soumises à des questionnements mais « produit » de leur libre arbitre. Toutefois, il faut le préciser,
en ce qui concerne les discours sur la plate-forme Trip Advisor, une marge d’erreur peut être
considérée pour l’interprétation des discours car contrairement à notre questionnaire ce ne sont pas
des questions directs mais tout simplement des avis qui reflètent leurs pensées sur la visite du parc
national d’Ivoloina.
Les données discursives (ceux de la plateforme Trip Advisor) vont donc être passées sur
l’outil Nvivo afin de mettre en place la méthode de la théorisation ancrée. Quant aux données du
questionnaire nous allons les analyser au cas par cas.
V.1) Traitement des données qualitatives : la théorisation ancrée
Nous nous sommes donc rendu sur Trip
Advisor dans la rubrique dédiée au parc
national d’Ivoloina. Nous analyserons
l’ensemble des 113 commentaires en
appliquant la méthode de la théorisation
ancrée. Il faut savoir que cette méthode
ne s’applique pas après avoir recueillis les
données mais pendant le recueil et
contrairement à la plus part des méthodes,
la démarche à suivre n'est ni linéaire ni
soumise à des critères. Dans l’ordre je vais donc commencer par catégoriser les commentaires en
plusieurs catégories,, au même moment codifier les éléments de ces commentaires pour en tirer une
34
« formulation scientifique » (Mucchielli, 1996, p.186), vient après la mise en relation des
composants qui se construit en quelque sorte déjà lors de la codification , par la suite l’intégration
qui elle sera là pour dégager un ou des phénomène(s) général(aux) et pour finir la modélisation de
l’ensemble du travail afin de mieux cerner la structuration du/des phénomènes, qui suivra par la
théorisation qui viendra confirmer ou non nos théories de départ.
V.1.1) Catégorisation
En même temps que la lecture des commentaires nous avons donc catégorisé ces derniers en
plusieurs parties, trois pour être exacte. En effet pendant la lecture nous avons souligné trois
catégories de commentaire. Pour commencer nous avons des commentaires plutôt basique qui
représentent généralement ce que l’on retrouve dans la plus part des commentaires post-visite, c'est
à dire une description brève de leurs séjours avec des satisfactions ou non.
Par exemple :
- « Parc très sympa. Les lémuriens sont en libertés on peut leur donner à manger et jouer avec eux.
Le personnel est très gentil et nous aide à approcher les lémuriens ».
- « Très beau parc qui se situe en pleine nature luxuriante qui regroupe une très grande variété de
lémuriens qui sont tous en cage. Le reste de la balade est grande surprise ».
Par la suite des commentaires faisant ressortir les objectifs du parc attendu chez les touristes, plus
précisément l’aspect apprentissage et sensibilisation vis à vis de l’environnement :
- « c’est le 1er parc de mon voyage, malheureusement on voit les lémuriens en cage ou semi
liberté ! La raison ? C’est un parc qui s’occupe de la reproduction des lémuriens ! Pendant 3h le
guide vous montre les différentes espèces + d’autres animaux ! Un moment agréable !!! »
- « J’ai beaucoup adoré l’esprit de ce parc : le fait d’enseigner l’importance de la faune à la
population locale et d’élever les différentes espèces dans le but de les protéger en gardant leur
esprit sauvage m’a séduite. Ça vaut le détour d’autant plus qu’on est guidé par des personnes
passionnés par leur métier. Nous avons également (re)découvert la faune malgache et profité
d’une baignade dans une sympathique piscine naturelle. Je recommande vivement ce parc!!! ».
35
Et pour finir des commentaires qui correspond à une catégorie de personne connaissant les enjeux
et l’importance du parc, bien plus que ce qu’on apprend lors de la visite :
- « Le parc d’Ivoloina recueille les lémuriens abandonnés et les ré adapte, et assure la protection
de l’espèce. On y trouve des lémuriens en cage, pour la protection et leur réadaptation, et des
population en liberté. Trois parcours, d’une, deux ou trois heures. Le lieu est magnifique et vous
y croiserez caméléons et différentes populations de lémuriens dans un environnement magnifique.
Les guides sont compétents et parlent au moins Français et anglais. On s’y sent en sécurité
même avec un important matériel photo. Pensez à soutenir le parc, ils ont besoin de visiteurs et
de dons pour poursuivre leur mission ».
Nos catégories prendront donc la forme de caractère pour faciliter la lecture et la compréhension et
nous obtenons donc :
« A » = Commentaires basique poste-visite
« AA » = Commentaires faisant ressortir l’apprentissage/
référence vis-à-vis de l’environnement
« AAA » Commentaires les plus informées et impliquées
Nous allons donc travailler à partir de ces catégories pour tendre vers l’explication d’un/des
phénomène(s) en l’occurrence dans notre cas vérifier l’hypothèse que « la visite du parc national
d’Ivoloina peut avoir un effet de sensibilisation auprès des visiteurs et dans ce cas les amener
à développer une conscience environnementale ». Avant même de poursuivre l’analyse nous
pouvons déjà dégager quelques éléments de réponse à notre hypothèse puisqu’en catégorisant les
commentaires, automatiquement cela dissocie les personnes ayant été sensibilisées ou du moins
ceux qui ont employées des notions en lien avec la protection/sensibilisation des autres.
36
Capture d’écran sur Nvivo
Après avoir fait la lecture et réparti les commentaires dans chacune des catégories on obtient donc :
Pour classer les commentaires dans leurs catégories, dès lors qu’un touriste fait référence à
ce qu’il a appris lors de la visite ou encore fait ressortir les enjeux environnementaux liés au parc
nous l’avons classé dans la catégorie « AA » et codé ces propos. Et au contraire lorsque aucune
notion liée à l’apprentissage/sensibilisation/l’environnement n’est relevée nous considérerons cela
comme un commentaire basique et le classerons dans la catégorie « A » et toujours en codant leurs
propos pour justifier ce choix. Quant à la dernière catégorie « AAA » il s’agit ici d’une catégorie un
peu spéciale puisqu’elle est censée représenter les personnes ayant déjà une connaissance sur les
sujets liés à l’environnement et aux objectifs du parc. Il a été simple pour nous de les identifier sans
les coder puisque généralement les informations qu’ils expriment sont des informations auxquelles
un touriste lambda n’a pas accès (ayant moi-même réalisé la visite) ou ne devrait pas avoir
connaissance pendant la visite du parc car ces informations ne sont pas partagées pendant la visite
du parc à moins d’avoir préalablement des connaissances sur le sujet ou fait des recherches.
37
Capture d’écran des catégories réalisées sur Nvivo
AAA
Dès le premier coup d’oeil on peut voir que la catégorie A, celui des commentaires de type
basique qui rappelons le représente les touristes n’ayant pas exprimés quelconque notion
environnementale, s’impose avec une légère dominance face aux autres catégories AA et AAA. On
peut se demander alors si un phénomène est d’ores et déjà perceptible ici ? Pour creuser un peu plus
cette idée nous allons d’abord justifier pourquoi et comment avons-nous décidé de classer tel
commentaire dans telle catégorie. En effet, pour cela nous avons codé les mots ou expressions des
touristes en reformulant l’expérience vécue en une première formulation synthétique qui avec une
simple lecture de ces mots ou expressions devrait permettre à une tierce personne de comprendre
l’essentiel de ce qui en ressort des commentaires sans avoir à lire l’intégralité de celui-ci (Paillé,
1996, p.186). Les questions auxquelles nous devons répondre lors de ce travail de codage sont
donc : De quoi est-il question ? Que se passe-t-il ?
V.1.2) Codification
Comme expliqué précédemment, la codification des commentaires s’est faite en même
temps que la catégorisation, au moment de la lecture des commentaires. Nous avons donc
reformulé ce qu’exprime généralement les touristes (faits observés/ressentis, paroles, pensées…) en
un mot ou expression. Ayant une infinité de codage possible, nous avons décidé de regrouper les
mots ou expressions qui s’apparente à une même notion pour ne pas être submergé de code et
faciliter l’analyse.
Au moment de la lecture de l’ensemble des commentaires nous avons souligné des dires qui
apparait souvent chez nos touristes. Nous avons donc relevé les mots/expressions qui reviennent les
plus souvent et les avons regroupés suivant leur sens.
38
Par exemple :
- « Que des lémuriens et des tortues de terre. Un boa et un caméléon qui se cachaient, satisfaisant
dans l’ensemble, petite cascade à 15 minutes de marché souvenir et boissons sur place. Seul gros
problèmes 3 tarifs différents locaux résidants et touristes ». (Cf p. 32)
On peut voir ici qu’aucune notion liée à une quelconque forme d’apprentissage/sensibilisation/
d’environnement liée à la visite du parc n’est relevée, de ce fait nous avons classé ce commentaire
dans la catégorie A.
Codage : Ressentiment + / Discrimination
- « Agréable parc à visiter, bien entretenu, jolies photos à faire et belles ballades en foret. Les
animaux sont très bien soignés mais sont en cage, c’est dommage mais compréhensible. L’entrée
est un peu chère pour les touristes 20.000ar, 20 fois plus que pour les locaux. Mais la visite vaut le
coup, dépaysement assuré ».
De même pour ce commentaire on peut relever de la satisfaction (« Agréable parc a
visiter, bien entretenu, jolies photos à faire et belles ballades ») et encore une sorte de
mécontentement sur les tarifs (« l’entrés est un peu chère »), mais aussi on peut noter que le
touriste incite les lecteurs à visiter le parc, nous avons donc retranscrit cela sous le code
« incitation ». Nous intégrerons ce commentaire aussi dans la catégorie A puisque encore une fois
le touriste n’exprime pas de notion allant dans le sens des objectifs environnementaux du parc ou ne
met pas en avant ce qu’il a apprit.
Codage : Ressentiment + / Discrimination / Incitation
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- « J’ai beaucoup adoré l’esprit de ce parc : le fait d’enseigner l’importance de la faune à la
population locale et d’élever les différentes espèces dans le but de les protéger en gardant leur
esprit sauvage m’a séduite. Ça vaut le détour d’autant plus qu’on est guidé par des personnes
passionnés par leur métier. Nous avons également (re)découvert la faune malgache et profité d’une
baignade dans une sympathique piscine naturelle. Je recommande vivement ce parc !!! »
Ici, plusieurs éléments importants. Tout d’abord on peut voir que le touriste a saisi le rôle/
objectif du parc (« le fait d’enseigner l’importance de la faune à la population locale et d’élever
les différentes espèces dans le but de les protéger en gardant leur esprit sauvage m’a séduite »).
Nous voyons donc la une forme d’apprentissage grâce à la visite et que le touriste met le point sur
l’importance environnementale du parc. Nous allons donc reformuler ceux-ci sous les codes
« Apprentissage » et « Relatif à l’environnement »
Comme pour les commentaires précédents on peut noter de la satisfaction au vu de la visite (« J’ai
beaucoup adoré l’esprit de ce parc » ; « baignade dans une sympathique piscine naturelle ») que
nous coderons avec le même principe sous « Ressentiment + » et on retrouve aussi « l’incitation »
avec la phrase « Je recommande vivement ce parc !!! ».
Etant donné que ici nous pouvons affirmer que le touriste a été sensibilisé ou du moins ait assimilé
ce qu’il a apprit lors de la visite, nous pouvons joindre ce commentaire au sein de la catégorie AA .
Codage : Apprentissage / Relatif à l’environnement / Ressentiment + / Incitation
40
En appliquant cette méthode à l’ensemble des commentaires on obtient donc les codages suivants
associés aux catégories.
Catégorie A (ensemble des commentaire annexe p.68)
Dans ce premier volet, nous pouvons voir de quoi est essentiellement constitué la catégorie
A et montre pourquoi notamment ces commentaires se trouvent à être disposé dans cette catégorie.
Comme expliqué dans les exemples ci-dessus, les commentaires qui ont été catégorisés ici
représentent les touristes n’ayant pas exprimés ou fait référence à ce qu’ils ont apprit pendant leur
visite. Ce qui on ressort ici comme nous pouvons le voir ce sont des éléments caractéristiques à des
profils qui s’apparentent plutôt aux consuméristes car généralement ces types de profils exposent
purement et simplement ce qu’ils ont apprécié ou non durant la visite. Le touriste va exprimer son
point de vue par rapport à l’offre qu’on lui propose mais aussi par rapport à ses attentes, c’est ce que
l’on retrouve d’ailleurs dans leurs propos lorsqu’on analyse plus en détail.
41
A
Nombre de fois qu’il y
a une référence à la
thématique
Codage = Discrimination , 5 références (Annexe p.72)
« Seul gros problème 3 tarifs différents, locaux résidants et touristes »
« L’entrée est un peu chère pour les touristes 20000ar, 20 fois plus que pour les locaux »
« Le prix d’entrée est 20 fois supérieur pour les touristes »
« Les entrées sont chères pour les visiteurs »
« Discrimination entre les résidents et les visiteurs de l’extérieur le prix d’entrer est du simple au triple »
Comme nous pouvons le voir ici les touriste mettent l’accent sur la grande différence de prix
entre les locaux et les touristes. Il faut savoir que pour un touriste (adulte) étranger le tarif qui est
proposé est de 20.000ar environ ce qui représente 5€, pour un local le tarif proposé est de 1000ar
soit 20 centimes et pour un malgache résident à l’étranger le tarif est de 4000ar soit moins de 1€.
En effet une telle différence s’explique et est expliquée par le guide en reprenant ses propos
: « Nous proposons des tarifs bas pour le peuple malgache car il s’agit de leur héritage et nous
voulons que le parc soit accessible même à ceux qui ont peu de moyens ».
A titre d’exemple la visite du parc Yellowstone s’élève à 12$ environ ou encore à 20$ pour
le parc national de Yosemite qui est le deuxième parc national le plus ancien des USA. Nous voyons
la que le tarif proposé par le parc national d’Ivoloina est au minimum 2fois inférieur par rapport aux
parcs conventionnel, en ce sens on peut alors se demander si c’est réellement le tarif qui pose
problème ou bien si cela n’est pas dû à autre chose, nous le verrons donc un peu plus tard au cours
des analyses si des réponses peuvent être apportés à cela.
Codage = Incitation, 11 références (Annexe p.72)
« Malgré cela, j’encourage tout le monde à visiter »
« Cet endroit vaut la peine d’être visité »
« Nous avons beaucoup apprécié notre visite et nous la recommandons sans hésiter »
« Qui vaut la peine d’être visité »
« Sans aucun doute un coup d’oeil ! »
« C’est à voir absolument »
« Ça vaut la peine d’y aller »
« Nous ne pouvons pas vraiment recommander la visite »
« En résumé, c’est recommandé pour la nature et non pour les animaux »
« Je recommande surtout l’attraction familiale »
« A faire juste pour la bonne cause »
On peut distinguer ici que la recommandation de la visite ne fait pas l’unanimité, d’une part car
nous avons que 11 sur 61 commentaires qui recommandent ou non la visite et cela pointe déjà un
fait, mais aussi parce que les avis ne tendent pas au même résultat.
42
Nous avons donc d’un côté ceux qui estime que cela en vaut le coup, par exemple :
« Cet endroit vaut la peine d’être visité »
« Nous avons beaucoup apprécié notre visite et nous la recommandons sans hésiter »
« Qui vaut la peine d’être visité »
De l’autre côté ceux qui recommande mais à moitié :
« Malgré cela, j’encourage tout le monde à visiter »
« En résumé, c’est recommandé pour la nature et non pour les animaux »
« Je recommande surtout l’attraction familiale »
« A faire juste pour la bonne cause »
Et pour finir l’opposition qui n’est pas enclin à la recommander :
« Nous ne pouvons pas vraiment recommander la visite »
On a donc ici un premier aperçu des avis autour du parc néanmoins aucun élément de
réponse peut nous permettre de justifier cela. Les codes qui vont suivre « Ressentiments + » et
« Ressentiments - » vont nous éclairer un peu plus sur cette divergence qu’il y a entre les
recommandations et nous permettre de comprendre qu’est ce qu’a retenu principalement l’attention
de ces touristes quant à leurs visites et peut-être en parallèle nous amener quelques éléments de
réponse sur le fait qu’ils n’ont pas suffisamment été touchés pour comprendre les enjeux
environnementaux autour du parc.
43
Codage = Ressentiment + , 32 références (Annexe p.74)
« Parc sympathique » (x4)
« Guides sont fantastiques » (x7)
« Belle promenade » (x3)
« Zénitude »
« Découvrir une nature qui n’existe plus, tous mes amis qui ont visité Ivoloina étaient enchantés »
« Agréable parc à visiter, bien entretenu, jolies photos à faire et belles ballades en foret »
« Très jolie petit parc animalier »
« Très bel endroit » (x5)
« Emportez un guide qui vous aidera beaucoup »
« nature impressionnante »
« Végétation est luxuriante »
« Enclos propres et respectables du zoo »
« Incroyable tête à tête avec un aye aye même s’il est en captivité »
« Cela dit, c’est l’un des seuls endroits de Madagascar où la plupart des visiteurs peuvent voir des
lémuriens, même s’ils sont en cage »
Nous avons regroupé ici toute notion faisant référence à de l’attrait envers le parc. Etant
donné que nous cherchons à savoir si les touristes ont été sensibilisés suite à la visite il est
important de connaitre ce qui a suscité cela, dans notre cas ici compte tenu du fait que les
commentaires présents dans la catégorie A ne valident pas ce dernier, il est tout de même important
de relever les critères de satisfaction retenus par les touristes afin de mettre en relation avec nos
autres catégories.
On s’aperçoit ici que plusieurs éléments attirent les touristes et apparaissent souvent dans
leurs commentaires, on voit qu’en premier lieu mais aussi en regardant l’ensemble des discours,
c’est l’apparence naturelle générale du parc d’Ivoloina qui suscite ici satisfaction « Très bel
endroit », « Pars sympathique », « Belle promenade » « nature impressionnante », « Enclos propres
et respectables du zoo ». Il s’agit d’un fait courant puisque c’est avant tout ce que l’on voit et ce
qu’on ressent que l’on véhicule en premier puis la cognition vient en second lieu puisque notre
cerveau a tendance à ne retenir que les informations qui l’intéresse. Egalement on peut souligner la
présence d’acteurs dans la liste de satisfaction et notamment le(s) guide(s) qui contribue à ce dernier
puisqu’ils sont mentionnés à plusieurs reprises mais aussi à priori semble offrir beaucoup aux
touristes « Emportez un guide qui vous aidera beaucoup ».
44
Codage = Ressentiment - , 43 références (Annexe p.75)
« Les zoos en général sont assez tristes et celui-ci ne fait pas exception ».
« Palmarium, un peu plus loin, où les lémuriens ne sont pas en cage, sont généralement plus excitants et
c’est la qu’Ivoloina rate quelques points ».
« Bien que la route soit mauvaise ». (x12)
« Dommage que tous les lémuriens soient en cage ». (x14)
« Peu de guide ».
« Le guide parle beaucoup (trop surement, comme si il récite sa leçon mais pas assez attentif au touriste je
pense bref) »
« Moins aimé le fait de ne pas pouvoir toucher un lémurien » (x3)
« Il n’y a aucun avantage à retenir un guide pour visiter ce parc »
« Très cher »
« Parc est mal entretenue »
« Malheureusement, je n’ai réussi à voir qu’un lémurien sauvage, endormi à l’époque car c’était la raison
principale de la visite, j’ai été un peu décu ».
« Légèrement déçu car il ne semblait pas y avoir une abondance de lémuriens sauvages que j’attendais ».
« Résultats est mitigé ».
« Si vous n’avez rien d’autre à faire allez visiter sinon mieux vaut la plage ».
« Ca serait bien que les lémuriens soient un peu plus naturels ».
« Nous voulions vraiment voir que les aye aye et ils ne sortent que lorsqu’il fait nuit ».
A l’opposé de ce que nous venons de voir on retrouve ici les aspects négatifs rencontrés par
les touristes durant la visite. On peut voir qu’une majorité des commentaires est centrée autour de
plusieurs faits à commencer par l’accessibilité sur les lieux, l’absence de proximité avec les
lémuriens et surtout le fait de les voir en cage. Nous pouvons déjà émettre une théorie sur certains
points à partir de ce qui en ressort ici puisque ayant moi-même visité le parc, des éléments de
réponse peuvent être apportés. En effet cela concerne les lémuriens en cages, lors de la visite il nous
est expliqué et cela pour tous les visiteurs, pourquoi ces derniers sont enfermés et pourquoi il est
difficile d’en approcher, nous verrons notamment la raison un peu plus en détail dans la suite des
analyses. En partant de ce postulat on peut alors se demander si les touristes ont fait appel à un
guide pendant leurs visites ou alors dans le cas contraire il y a eu absence d’attention/d’interêt tout
au long de la visite. Pour confirmer cela nous verrons lors de l’analyse de la catégorie AA si ces
commentaires sont récurrents dans un premier temps car pour rappel la catégorie qui va suivre est
censée rendre compte des connaissances acquises par les touristes lors de la visite et par conséquent
nous indiquer les facteurs qui en sont la cause.
45
Pour terminer, on constate avant tout que les commentaires présents ici, si l’on se réfère à
nos analyses, incarnent les touristes qui ont visité le parc à des fins de « consommations », c’est-à-
dire des touristes qui sont là avant tout dans une recherche de plaisir avec plusieurs éléments qui
nous indiquent cela comme le fait de ne pas pouvoir avoir un contact avec les lémuriens, de trouver
l’accessibilité pénible, de voir les animaux en cages, de trouver les tarifs élevés. Cependant, ce sont
des éléments qui sont justifiés et expliqués uniquement à l’aide des guides, néanmoins nous avons
relevé que même en présence d’un guide parfois cela n’est pas compris par certains touristes : « Il
n’y a aucun avantage à retenir un guide pour visiter ce parc », « Le guide parle beaucoup (trop
surement, comme s’il récite sa leçon mais pas assez attentif au touriste je pense bref) ». On peut
alors émettre quelques théories à partir de ce que nous venons de dire ici, comme :
- Le fait de ne pas prendre de guide empêche les touristes de comprendre certains points du parc.
- Même en ayant un guide le touriste n’a pas appris de sa visite.
- Pendant la visite, le(s) guide(s) ont omis de justifier le prix, le fait de voir des lémuriens en cages
etc.
- Le touriste ici est avant tout à la recherche de plaisir personnel.
46
Catégorie AA (Annexe p.77)
A l’inverse de la catégorie A, nous voyons ici que les codages sont plus diversifiés et on aperçoit
une autre tendance qui se dégage des commentaires. Nous retrouvons les mêmes codages comme
« Discrimination » « Incitation » « Ressentiment +/- », en revanche comme les commentaires
présents ici sont ceux qui font référence aux connaissances acquises par les touristes durant la visite
et qui ont fait part de notion environnementale, s’ajoute le code « Apprentissage » qui représente
toutes formes d’apprentissage assimilé par les touristes et le code « relatif à l’environnement » qui
regroupe toute notion reliée aux enjeux/objectifs environnementaux autour du parc.
47
AA
Nombre de fois qu’il
y a une référence à
la thématique
Codage = Apprentissage, 23 références (Annexe p.85)
« La clé de ce zoo est d’engager un guide local qui vous expliquera et vous fera visiter le parc ».
« Engagez un guide, il nous a donné une bonne éducation sur la flore et la faune ». (x8)
« Merveilleuse expérience d’apprentissage et je suis heureux que nous ayons pu soutenir cet effort louable ».
« Il a montré les différents arbres et a expliqué pourquoi cet arbre est important pour le peuple malgache,
pourquoi un lémurien utilise un autre arbre, quel lémurien mange quoi, les habitudes, les efforts de
reproduction et de conservation ».
« Un gardien du zoo nous a expliqué qu’ils étaient dans les cages pour encourager la reproduction et qu’une
fois que le bébé était né, les groupes familiaux étaient relâchés dans les forets environnantes ». (x2)
« Le fait d’enseigner l’importance de la faune à la population locale et d’élever les différentes espèces dans
le but de les protéger en gardant leur esprit sauvage m’a séduite ».
« Tout d’abord merci à Wilfried, notre guide, de nous avoir appris tant de choses sur la faune et la flore ».
« Demandez le guide touristique appelé Flavien. Il nous a donné tellement d’informations intéressantes. Il
est resté plus longtemps avec nous pour nous expliquer davantage le parc »
« Notre guide était très bien informé et a ajouté beaucoup de choses par rapport à la simple lecture des
panneaux à chaque enclos ».
« Mais Denis était si bien informé sur les plantes et leurs valeurs médicinales que cela en a fait une
expérience de qualité ».
« Charly était une mine d’informations sur les lémuriens, l’écologie et la botanique du parc ».
On constate ici plusieurs éléments importants, à commencer par le rôle du guide au sein du parc où
l’on voit clairement qu’il constitue un élément important dans la compréhension et l’explication de
ce qu’est le parc dans son ensemble.
On retrouve cela dans la majorité voire la totalité des commentaires comme par exemple :
- « Engagez un guide, il nous a donné une bonne éducation sur la flore et la faune »
- « Tout d’abord merci à Wilfried, notre guide, de nous avoir appris tant de choses sur la faune et la
flore »
- « Un gardien du zoo nous a expliqué qu’ils étaient dans les cages pour encourager la
reproduction et qu’une fois que le bébé était né, les groupes familiaux étaient relâchés dans les
forets environnantes ».
Il s’agit là d’un discours récurrent de la part de nos touristes, on relève ici plusieurs
commentaires qui soulignent le fait que les touristes ont acquis les connaissances nécessaires pour
comprendre les objectifs du parc, choses possibles grâce à la présence des guides si on se base sur
ces analyses. Nous avons donc ici des éléments de réponse pouvant contredire certains points des
commentaires que nous avons rencontrés dans la catégorie A, entre autres les discours énonçant de
48
voir des lémuriens en cages ainsi que la non-utilité d’un guide lors de la visite. Cela rejoint donc
l’idée de l’importance des guides.
Codage = Discrimination, 1 référence (Annexe p.81)
« Prix raisonnable et pour une fois les étrangers sont distingués entre résidents et touristes ».
Nous voyons ici la présence de très peu de discours critiquant les différents tarifs proposés
par le parc. Dans notre cas ici le commentaire pointe la différence de prix mais semble être en
faveur de cette méthode puisque selon lui il faut proposer des tarifs différents. On peut donc émettre
l’hypothèse que cette catégorie et par conséquent les touristes ayant été sensibilisés aux questions
environnementales sont plus enclin à comprendre cela ?
Codage = Incitation, 22 références (Annexe p.81)
« Je recommande de prendre un guide car il a pu nous parler de la flore et la faune, ce qui a rendu la visite
intéressante » (x5)
« Cet endroit vaut vraiment le détour » (x3)
« Il faut absolument le visiter » (x3)
« Cela vaut certainement la peine de passer du temps et de faire des efforts » (x6)
« Recommander pour une demi journée sur Tamatave » (x2)
Mis à part le fait que nous avons deux fois plus de commentaires incitant les lecteurs à
visiter le parc, on note encore une fois l’importance du guide ici jusqu’au point où les touristes eux-
mêmes recommandent à plusieurs reprises d’en prendre pendant la visite :
- « Assurez-vous d’avoir un guide extraordinaire comme Charly »
- « Prenez un guide, sinon vous manquerez beaucoup de choses »
Si nous nous basons sur ces discours, il est donc presque indispensable de prendre un guide
étant donné qu’a priori la transmission de ces connaissances s’organise principalement autour de ce
dernier même s’il y a la présence d’outils pédagogiques tout au long de la visite, comme ce
commentaire que nous avons relevé sous le code Apprentissage :
- « Notre guide était très bien informé et a ajouté beaucoup de choses par rapport à la simple
lecture des panneaux à chaque enclos »
49
Codage = Relatif à l’environnement, 32 références (Annexe p.86)
« Un endroit magnifique où l’on trouve des animaux en voie de guérison qui, lorsqu’ils sont prêts, sont
renvoyés dans leur habitat ». (x6)
« Le parc Ivoloina est un groupe dévoué qui travaille à la conservation des lémuriens en fournissant une
réserver sûre pour la population résidente tout en offrant un programme d’éducation environnementale très
actif aux habitants et aux visiteurs » (x6)
« Nous sommes repartir confiants que cet endroit, au moins, s’efforce de sauver la biodiversité particulière
de Madagascar ».
« Le parc doit être félicité pour ses projets éducatifs destinés aux écoliers et aux communautés locales, car il
s’agit d’un travail si important» (x5)
« Comprendre l’importance de la protection des lémuriens »
« Il y a un centre d’agriculture expérimentale durable, ainsi qu’une petite boutique et une salle
d’information » (x3)
On constate ici les principaux éléments se référant aux notions environnementales
qu’évoquent les touristes dans leurs discours. Nous comprenons un peu plus en détail sur le fait que
les lémuriens ne sont pas tous en liberté et la raison pour laquelle ils sont en cage :
- « Un endroit magnifique où l’on trouve des animaux en voie de guérison qui, lorsqu’ils sont prêts,
sont renvoyés dans leur habitat »
Nous voyons ici que l’objectif principal du parc, c’est-à-dire sensibiliser, faire comprendre
le rôle/importance du parc, faire connaitre les richesses naturelles du territoire, a été saisi par les
touristes.
A l’aide des analyses et des codages précédents on peut alors commencer à réfuter certaines
théories précédemment exposées comme par exemple le fait que le(s) guide(s) ne justifient pas
pourquoi certains lémuriens se voient être en cages et donc créer des mécontentements. Nous
voyons clairement ici que cela n’est pas le cas et qu’en partant du postulat que le touriste est
accompagné d’un guide, systématiquement ces informations sont expliquées. A contrario cela
renforce nos hypothèses sur le fait que ne pas prendre de guide empêche les touristes de comprendre
certains points du parc mais aussi que les touristes indexés à la catégorie A sont pour la plupart à la
recherche de plaisir et qu’ils n’ont pas pu ou su développer une conscience environnementale.
50
Mémoire Master 2 - La perception des touristes sur l'environnement suite à une pratique écotouristique
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  • 1. 1 Faculté des lettres et des sciences humaines Département de géographie RAJOSOA RICA Sous la direction de Madame Béatrice Moppert Maître de conférences en géographie, université de La Réunion Mémoire de Master II Mention : Géographie Aménagement Environnement et Développement 2020-2021 Soutenu le 25 juin 2021 devant un jury composé de : Monsieur Fabrice Folio, Maître de conférences en géographie Madame Béatrice Moppert, Maître de conférences en géographie La perception des touristes sur l’environnement suite à une pratique éco- touristique : cas du parc national d’Ivoloina
  • 2. Remerciements Avant tout, je souhaite adresser mes sincères remerciements à ma directrice de mémoire, Madame Béatrice Moppert, pour m’avoir accompagné dans mon mémoire de recherche pendant ces deux années, orienté dans les différentes étapes exploratoires, pour les conseils très judicieux, pour le temps accordé et ainsi que pour l’encouragement car cette année n’a pas été des plus facile. Je tiens aussi à remercier l’ensemble des professeurs pour tous les cours qui m’ont beaucoup aidé que ce soit dans la rédaction du mémoire ou encore dans les réflexions à adopter tout au long du mémoire. Je tiens à témoigner toute ma reconnaissance aux personnes qui vont suivre, pour leur aide dans la réalisation de mon mémoire tant sur le plan morale que intellectuel : Faiza Abdoussalami et Priscille Tailou qui m’ont accompagné tout au long du mémoire et qui m’ont apporté un soutien moral à travers leurs encouragements. Aux membres de ma famille qui ont toujours cru en moi, pour leur soutien inconditionnel et leurs encouragements pendant toutes ces années. Et enfin, un merci particulier à ma compagne qui a suivi de près mon mémoire, un merci pour ses encouragements, son réconfort et sa compréhension. De peur d’en oublier, je souhaite remercier toutes les personnes qui ont participé de près ou de loin à la réalisation de ce mémoire ainsi qu’à la réussite de mon parcours universitaire. 2
  • 3. -Sommaire- Remerciements ................................................................................................2 Liste des abréviations utilisées ........................................................................4 Introduction......................................................................................................5 Etat des lieux de la situation environnementale...............................................7 I) Le tourisme :...............................................................................................7 II) La sociologie de l’environnement...............................................................11 III) Madagascar, un territoire propice à l’éco-tourisme : Cas du parc national d’Ivoloina........................................................................................................15 IV) Orientations et Méthodologie de recherche..............................................21 V) Les e ff ets de la qualité expérientielle du parc national d’Ivoloina .............34 Rappel sur la méthodologie ...........................................................................34 Processus de la position du touriste après la visite.......................................58 Discussion des résultats et conclusion..........................................................62 Limites & retour critique .................................................................................63 Bibliographie ..................................................................................................64 Listes des annexes.........................................................................................67 1) Liste des commentaires de la catégorie A...............................................67 2) Liste des commentaires de la catégorie AA...............................................67 3) Liste des commentaires de la catégorie AAA ............................................67 4) Questionnaire & Résultats..........................................................................67 1) Liste des commentaires de la catégorie A.................................................68 2) Liste des commentaires de la catégorie AA...............................................77 3) Liste des commentaires de la catégorie AAA ............................................88 4) Questionnaire et résultats ..........................................................................89 Tables des matières .....................................................................................101 4e de couverture ..........................................................................................103 3
  • 4. Liste des abréviations utilisées REN21 : Renewable Energy Policy Network for the 21st Century OMT : Organisation Mondiale du Tourisme AP : Aires Protégées CEE : Centre d’Education à l’Environnement RS: Réseaux Sociaux AR :Ariary (devise malgache) 4
  • 5. Introduction Aujourd'hui et plus que jamais nous voyons un peu partout aux quatre coins de la planète une réelle baisse des ressources et une dégradation attristante de l’environnement. Du fait de la raréfaction des ressources naturelles, de la baisse des réserves d’eau potable, l’extinction de certaines espèces et les conséquences sur la santé humaine, le développement durable est, et le sera encore pendant les décennies à venir une des préoccupations majeures de la société. Il advient aujourd'hui dans le rôle de chacun de contribuer à ce changement mais pour certaines raisons cela n’est pas le combat de tous. D’un côté nous avons ceux qui sont conscients des enjeux environnementaux tandis que de l’autre côté nous avons des personnes que cela n’atteint pas. Une des objectifs fixés par les nations unies (ODD ) est d’encourager cette deuxième catégorie : 1 comment peut-on sensibiliser efficacement ? Quels sont les services et méthodes en place pouvant résoudre ce problème ? Pour esquisser une solution à cette problématique, nous nous sommes penchés du côté du tourisme et notamment à une notion qui est apparue suite à des mouvements environnementaux, l’éco-tourisme. Il s’agit d’un mouvement qui s’est vu comme un élément pouvant prétendre résoudre une partie des problématiques de par sa forme et que sa réussite implique chaque acteur de la société. L’éco-tourisme est une mouvance qui prétend subvenir aux pays en voie de développement, étant donné qu’elle participe au développement de l’économie locale et valorise des zones culturelles menacées. De ce fait, se sentir concerné en tant qu’acteur pour le développement d’un territoire et pour la sauvegarde de l’environnement devrait donc pousser quiconque à aller dans ce sens. C’est dans cette optique que nous avons voulu déterminer si la visite d’un lieu éco-touristique (grâce à ce qu’il propose) pouvait avoir des effets de sensibilisation auprès des visiteurs. L’objectif est donc de trouver un territoire qui concilie ces deux aspects et pas très loin du continent Africain, au sud-ouest de l’Océan Indien se trouve un pays qui est parmi les pays les plus pauvres au monde, Madagascar. Madagascar couvre une superficie de 587.040km2 et abrite des endroits les plus riches en matière de biodiversité sur la planète, avec de nombreuses espèces de faunes et de flores endémiques. L’isolement biogéographie de Madagascar, la variété des climats et des reliefs ont Farigoul, S. (s. d.). Les Objectifs de développement durable. Développement durable, à l’adresse https://www.un.org/ 1 sustainabledevelopment/fr/objectifs-de-developpement-durable/ 5
  • 6. favorisé le développement d’une faune et flore unique au monde, en partie endémique . 2 Malheureusement 96% des espèces de lémuriens sont considérées comme étant menacées d’extinction et d’ici 2070, 95% de l’habitat des lémuriens pourrait être détruit du fait de la déforestation et du réchauffement climatique. Près du tiers de la surface boisée de Madagascar se trouve dans la province de Toamasina, cette partie orientale de la Grande Ile se caractérise par une très forte pluviosité. Dans le cadre de la politique de préservation de l’environnement, de nombreuses aires protégées ont été mises en place. Parmi les parcs existants dans la région de Toamasina, celui d’Ivoloina, à une dizaine de kilomètres au Nord du Grand Port, mérite une attention particulière. Depuis dix ans, outre son statut de centre régional de conservation, le parc contribue à la promotion de l’éco-tourisme tout en s’occupant d’éducation environnementale. Le parc d’Ivoloina est aujourd'hui reconnu comme site touristique de qualité. Entre 9.000 et 14.000 (donnée récolté suite à l’observation de 2019, Rajosoa Rica) personnes des quatre coins du globe y effectuent chaque année des visites. Un nombre important de groupes scolaires y viennent aussi assez souvent car le parc abrite un centre d’Education Environnementale pour mieux faire passer le message de conservation. Nous le savons, pour pouvoir comprendre un phénomène dans son entièreté il faut avant tout le comprendre et dans certains cas la vivre pour s’apercevoir de la réalité. Il est indéniable que les discours autours des enjeux environnementaux résonnent de plus en plus et c’est tout à fait normal puisque nous sommes aujourd'hui à un seuil critique. Pour autant, si nous faisons un constat, à l’échelle mondiale rien ne semble s’arranger avec pour exemple la directrice du rapport REN21 qui 3 affirme que « les promesses d’action climatique des 10 dernières années se révèlent être surtout des paroles en l’air ». Pour cela nous avons voulu vérifier d’abord si à l’échelle de l’individu ces enjeux suscitent intérêt. Nous allons donc nous pencher sur le cas du Parc National d’Ivoloina afin dans un premier temps de savoir si la visite d’un lieu éco touristique crée une forme de sensibilisation à l’environnement et dans un second temps si cela les incite à agir. Madagascar, une île fragilisée. (s. d.). WWF France. Consulté le 22 juin 2021, à l’adresse https://www.wwf.fr/ 2 espaces-prioritaires/madagascar RENEWABLES 2020 GLOBAL STATUS REPORT. (2021). https://www.ren21.net/wp-content/uploads/2019/05/ 3 gsr_2020_full_report_en.pdf 6
  • 7. Etat des lieux de la situation environnementale I) Le tourisme : I.1)Les principes fondamentaux Avant de vouloir s’intéresser à l’éco tourisme il est avant tout important de comprendre sa genèse et à quel moment il s’est fait entendre. En effet même si la notion d’ « éco tourisme » est apparue dans les années 70, il n’a été défini que récemment. Mais avant tout pour comprendre ce terme, il est d’abord important de revoir ce qu’est le tourisme. Il existe plusieurs définitions du tourisme allant d’une définition économique à une définition holistique, même si à ce jour plusieurs domaines disciplinaires s’affrontent pour définir ce dernier jusqu’à même créer une nouvelle discipline exclusive, la téorologie : « La téorologie se définira par cette capacité d’intégrer des éléments disparates liés à l’espace et au temps, l’économie et à la politique, à la psychologie et à la gestion et enfin à la culture et au patrimoine » (Stafford, 1992). La difficulté des chercheurs à poser une définition claire et précise du tourisme réside surtout dans la diversité des disciplines qui s’y intéressent. En géographie par exemple nous avons plusieurs définitions qui ont été déterminées, le géographe Douglas Pearce (1987) lui définit le tourisme en tant que qu’«ensemble des relations et des phénomènes résultat des voyages et des séjours temporaires de personnes qui se déplacent essentiellement pour se divertir et se détendre », d’autres géographes Stéphane Nahrath et Mathis Stock (2013) eux expliquent que : « Le tourisme, invention des citadins, cristallise les valeurs et les pratiques urbaines, ou encore les formes architecturales, et transfère cette urbanité en tous lieux mis en tourisme, même en ceux que l'on juge à priori les plus éloignés du modèle urbain, tels que les stations ou les villages touristiques, par exemple en montagne ou sur les littoraux. En effet, ces lieux s'urbanisent sous l'effet de ce transfert d'urbanité, voire de centralité et voient émerger des problèmes d'urbanisme, de circulation et de redistribution du capital économique, de rencontre de populations hétérogènes, de gouvernance urbaine, de pollution, de violence, etc. De plus, les aménités urbaines sont la condition sine qua non pour que le tourisme s'y développe ». 7
  • 8. Mais au final tous semble se rapprocher de la définition établie par l’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT) qui voit le tourisme comme des « activités déployées par les personnes au 4 cours de leurs voyages et de leurs séjours, de leurs lieux situés en dehors de leur environnement habituel pour une période consécutive qui ne dépasse pas une années, à des fins de loisirs, pour affaires et autres motifs ». Aujourd'hui il est donc difficile de donner une définition concrète au tourisme car elle diffère selon les disciplines, mais il est indéniable qu’il est partie prenant de notre société et se décline de plusieurs façons, par exemple : I.2)L’émergence des mouvements environnementalistes et durables En effet depuis l’accentuation des préoccupations environnementales, une branche du tourisme se voit être au centre des intérêts, le tourisme durable. Le tourisme durable est défini par l’OMT comme : « Un tourisme qui tient pleinement compte de ses impacts économiques, sociaux et environnementaux actuels et futurs, en répondant aux besoins des visiteurs, des professionnels, de l’environnement et des communautés d’accueil ». Le tourisme durable se voit donc comme l’équilibre parfait pour les trois piliers du développement durable qui allie à la fois préservation de l’environnement, satisfactions des besoins humains et développement économique. Au sein même À propos | UNWTO. (s. d.). World Tourism Organization. https://www.unwto.org/fr/a-propos-omt 4 8 Rajosoa Rica
  • 9. de cette branche, s’est développé au même moment que les mouvement environnementaux, la notion d’éco-tourisme. La dégradation de l’environnement, l’intérêt que porte la population pour l’environnement, un début de rejet du tourisme de masse, tout cela a d’autant plus renforcé cette notion d’éco-tourisme et ce de manière exponentielle. Au même titre que le tourisme, l’éco-tourisme est une notion difficile à définir puisqu’il n’y a pas eu de consensus à proprement parler sur son origine. Certains auteurs affirment son apparition pour la première fois dans la littérature anglaise dans un article de Romeril (1985) (Blamey, 2001), encore plus tôt alors dans un article de Hertzer (1965) qui lui tentait d’expliquer la dynamique entre le touriste, l’environnement et les cultures. Mais parmi tous les chercheurs celui à qui l’on se réfère le plus afin de définir l’éco-tourisme, c’est Budowski (1976). En effet Budowski dans son article Tourism and Environmental Conservation : Conflict, Coexsitence or Symbiosis ? exprime l’idée qu’associer tourisme et environnement pourrait provoquer pour une partie des conflits, mais plus important encore, qu’il est possible de tirer des bienfaits en alliant tourisme et environnement, ce qui se rapprocherait de ce que veut être l’éco-tourisme. Lors du premier Sommet mondial de l’éco-tourisme en 2002, les acteurs alors présents ont tous été unanimes pour déclarer que l’éco-tourisme reflète les principes du tourisme durable mais selon l’OMT ce qui le distingue des autres branches du tourisme durable c’est : 5 6 - Les formes de tourisme de nature, avec comme motivation l’observation et l’appréciation de la nature ainsi que des cultures locales - Possède une dimension éducative - Souvent organisé, avec la participation des acteurs locaux - Limite les impacts environnementaux/socioculturels - Participe à la protection des espaces naturels menacés : - retombés économiques - création d’emplois et sources de revenues - faire prendre conscience à l’habitant/touriste de l’importance de conserver le capital naturel/culture Ecotourisme et zones protégées. (s. d.). World Tourism Organization. https://www.unwto.org/fr/sustainable- 5 development/ecotourism-and-protected-areas Michèle Laliberté, « Le tourisme durable, équitable, solidaire, responsable, social…: un brin de compréhension », 6 Téoros [Online], 24-2 | 2005, Online since 01 February 2012, connection on 17 June 2021. URL : http:// journals.openedition.org/teoros/1542 9
  • 10. I.3) L’éco-tourisme : une dimension éducative Outre les avantages économiques de l’éco-tourisme, les dimensions qui intéressent notre 7 étude et que nous allons discuter sont principalement l’apprentissage, l’éducation et l’interprétation que procure une expérience éco-touristique. Avant tout il est important de définir ces trois termes car une certaine confusion peut être amené entre notamment apprentissage et éducation. De façon simple, l’apprentissage consiste en une acquisition de savoir-faire, de savoirs ou de connaissance. La définition la plus proche de notre étude se trouve elle dans une autre discipline, la psychologie. En effet, à partir du paradigme du béhaviorisme , il est défini que « l’apprentissage est vu comme la mise en relation entre un 8 événement provoqué par l’extérieur (stimulus) et une réaction adéquate du sujet, qui cause un changement de comportement qui est persistant, mesurable, et spécifique ou permet à l’individu de formuler une nouvelle construction mentale ou réviser une construction mentale préalable »9 Partant de cette définition l’objectif serait donc de trouver l’objet (stimulus) qui provoquerait chez les individus un changement de comportement et par conséquent l’effet recherché, dans notre cas par exemple l’effet serait la sensibilisation environnementale. Contrairement à l’apprentissage qui lui survient tout au long de notre vie de façon naturelle, l’éducation lui nécessite une volonté, organisée, de façon systématique et c’est ce qui distingue les hommes : « L’éducation est l’ensemble des processus et des procédés qui permettent à tout enfant humain d’accéder progressivement à la culture, l’accès à la culture étant ce qui distingue l’homme de l’animal » (Olivier Reboul, 2018). Quant à l’interprétation, il s’agit d’une action éducative à travers des biais cognitifs qui nous permettent généralement de comprendre le monde qui nous entoure et les éléments avec lesquels il interagit. Selon Blamey (2001) parmi ces trois dimensions éducatives, l’éducation et l’interprétation sont les éléments-clés et qui caractérisent l’éco-tourisme. Ainsi, il faudrait donc nous pencher sur cette dimension qui allie à la fois l’environnement (représenté par l’éco-tourisme) et la société (à Tableau 2 : https://journals.openedition.org/vertigo/4575?gathStatIcon=true&lang=pt#tocto1n3 7 Béhaviorisme. (2021, 18 mai). Dans Wikipédia. https://fr.wikipedia.org/wiki/ 8 B%C3%A9haviorisme#Le_b%C3%A9haviorisme_Stimulus-R%C3%A9ponse_de_Watson Apprentissage. (2021, 24 avril). Dans Wikipédia. https://fr.wikipedia.org/wiki/Apprentissage 9 10
  • 11. travers les dimensions éducatives) pour comprendre les relations que les humaines entretiennent avec l’environnement. II) La sociologie de l’environnement Aujourd'hui l’une des préoccupations contemporaines importantes à laquelle on doit faire face, c’est cette dégradation drastique de notre environnement. Dégradation principalement dût à l’activité humaine de façon directe ou indirecte sur l’environnement. Le météorologue et chimiste, Paul Crutzen (2007) défini cette période dans laquelle nous nous situons comme « L’Anthropocène », qui se caractérise par l’avènement des hommes comme principale cause des changements actuels sur notre Terre. Au même moment que les mouvements environnementaux dans les années 70, émerge la notion de sociologie de l’environnement qui s’articule autour de la relation qu’entretienne notre société avec l’environnement tout en questionnant les dynamiques socioculturelles. L’étude des questions environnementales n’est donc plus de l’essor de la géographie uniquement, aujourd’hui elle permet de concilier de façon plus vaste la nature et les problématiques environnementales quelle que soit la discipline. II.1) Une éthique de l’environnement « La gestion actuelle des ressources naturelles nous conduit à une impasse…nous maltraitons la terre parce que nous la considérons comme une marchandise en notre possession. Le jour où nous la percevrons comme une communauté dont nous sommes membres, nous la traiterons avec amour et respect »10 Selon Aldo Leopold, un écologiste forestier et environnementaliste, les problèmes que nous rencontrons à l’égard de l’environnement viendraient du fait que nous considérons la nature comme un objet inférieur à l’Homme, au point où la notion de « crise environnementale » émerge et nous pousse à revoir certaines de nos pratiques actuelles. Il est important donc de trouver la source du problème, car en ce sens, parler d’ « éthique » de l’environnement viendrait à dire que le problème est principalement morale avant d’être matérielle. Par conséquent la question que l’on se pose est : notre vision de l’environnement est-elle erronée ? D’où provient-elle ? Depuis la nuit des temps nous avons une vision infinie de l’environnement qui nous entoure, l’environnement a été, est et sera toujours là ce qui fait que nous avons une vision de la réalité qui est infinie. Du fait de son immensité nous pensons donc que la nature est invulnérable et par Aldo Leopold, A Sand County Almanac, New York : Oxford University Press, 1949, p. VIII 10 11
  • 12. conséquent nous pensons que l’Homme ne peut troubler son ordre. Néanmoins cette vision est erronée, nous ne sommes plus dans une période de spéculation sur d’éventuels crise, au contraire, nous sommes à ce jour au centre même de ce dernier. Si tous les chercheurs tendent à dire que le réel problème est l’anthropocentrisme, par conséquent et en toute logique la solution serait donc de retirer l’homme du centre de l’équation afin de réduire le rapport de domination qu’il conserve avec la nature et revoir la relation qu’il entretient avec elle (Jean-Philippe Pierron, 2013). II.2) Une éthique de la responsabilité Aujourd’hui notre sens de la responsabilité est d’autant plus tourné vers l’avenir, d’abord parce que nous sommes constamment chargés de message préventif mais aussi parce que nous pensons de manière collective et non plus individuelle (ex : manifestation collective, gilets jaunes etc.). La question que pose Alain Thomasset (2006) dans l’ouvrage De la prudence à la précaution. Vers une éthique du risque, c’est : « peut-on assumer tous les effets, même les plus indirects s’il est devenu inacceptable d’ignorer les conséquences de ses actes ? » Alain Thomasset explique que nous sommes dans une sorte de piège de l’entre-soi, c’est-à-dire, nous faisons face à une « responsabilité sociale qui reporte tout risque et la charge du risque sur la collectivité et ses décideurs » et de l’autre « une responsabilité personnelle qui charge l’individu de tous les actes que peut subir la terre ». Il nous convient donc aujourd'hui dans nos actes et décisions de prendre en compte les personnes qui nous entourent. Les comportements écologiques du citoyen s’expliquent avant tout par des facteurs qui sont moraux et de ce fait psychologique, par exemple le fait d’être consciencieux de l’environnement favoriseraient plus facilement l’adoption de pratiques. Le chercheur Mickaël Dupré décline les comportements éco-citoyens autour de plusieurs faits psychologiques : les valeurs de l’individu, la 11 sensibilité à la pression sociale, le sentiment de maitriser la chose, la connaissance des contraintes. - Les valeurs de l’individu par exemple c’est de se sentir responsable et consciencieux face à l’environnement et par conséquent favorise l’acte. Mais aussi au contraire de se sentir immorale, conservateur empêchent les personnes de passer à l’acte pour l’environnement. Dupré, M. (2015, 7 décembre). Les comportements é co-citoyens relèvent plus de la psychologie que des CSP. The 11 Conversation. https://theconversation.com/les-comportements-eco-citoyens-relevent-plus-de-la-psychologie-que-des- csp-51750 12
  • 13. - La sensibilité à la pression sociale, c’est par exemple se sentir influencé par les actions de son entourage que ce soit en faveur de l’environnement ou non. - Le sentiment de maitriser la chose signifie que nous sommes aptes à agir pour l’environnement car nous possédons un capital culturel suffisant pour être légitime à le faire et nous croyons en nos actions. - La connaissance des contraintes c’est de nous poser la question si l’effort est proportionnel au résultat, par exemple au niveau du temps consacré, l’effort physique/intellectuelle utilisé etc. C’est à partir de cela que l’individu décide ou non d’agir pour l’environnement. Cependant même les plus consciencieux se retrouvent parfois à avoir d’autre priorité que l’environnement. Il advient alors de se demander de ce que nous devons faire pour changer les choses ? Et comment peut-on renforcer la sensibilisation ? II.3) L’émotions et l’actions : exemple d’une campagne de sensibilisation Les sujets/causes environnementaux ne font qu’accroitre en parallèle des problématiques environnementales, cependant nos façons de véhiculer les messages afin de sensibiliser le public n’évoluent que très peu voir restent inchangés. En 2016 une étude a été réalisée par Place to B en collaboration avec plusieurs acteurs 12 13 dont le chercheur Mickaël Dupré, afin d’étudier les émotions véhiculées par les outils de communication (outils visuels) environnementale et les incitations à l’acte qu’elles peuvent provoquer. L’objectif de cette étude et de relever les facteurs les plus efficaces chez l’individu sur les enjeux environnementaux à travers des visuels évoquant différentes causes des problèmes environnementaux. A la fin de l’étude plusieurs profils ont été identifiés : - les personnes indifférentes (représentent les personnes les moins sensibles aux enjeux environnementaux) - Les personnes qui ont adopté des attitudes durables sans que cela modifie drastiquement leurs vies - Les personnes qui sont davantage informées et impliquées sur les sujets environnementaux Obé, L. G. B.-. (s. d.). Des images et des actes. Consulté le 17 juin 2021, à l’adresse http://desimagesetdesactes.fr 12 À propos. (s. d.). PlaceToB. Consulté le 17 juin 2021, à l’adresse http://www.placetob.org/a-propos-2/ 13 13
  • 14. L’étude montre que les profils réagissent différemment selon les émotions véhiculées par les visuels. Le profil des personnes indifférentes est plus sensible aux émotions positives et négatives, mais très important, cela a été contre-productif pour ces personnes puisque les images véhiculant des émotions négatives provoquent de la culpabilité, rendant ces personnes dans le déni. A l’inverse, les personnes qui sont plus sensibles aux émotions négatives (ceux qui ont adopté des pratiques durables) se sentent envie d’agir. Et pour finir les personnes se sentant impliquées et informées sur les sujets quant à eux sont plus sensibles et compréhensifs, elles sont les plus à même à comprendre la communication employer et par conséquent d’agir. La question que se pose donc l’étude après ces résultats s’articule autour de la légitimité du « donneur » c’est-à-dire celui qui va émettre le message. Selon les personnes interrogées, ce ne sont pas tous les acteurs qui sont légitimes à faire passer les messages. En effet l’émetteur du message joue un rôle important dans le processus de sensibilisation, entre un acteur politique et un acteur social, la communication et par conséquent les effets qu’ils vont susciter ne seront pas identiques. L’étude montre que selon la manière de faire voir et d’expliquer les faits, les émotions varient. Toutes les émotions ne conduisent pas aux mêmes envies en matière d’action, cela varie entre les individus. En face d’un même fait les individus ne vont pas s’impliquer de la même manière, cela dépendra de la manière dont l’individu perçoit le phénomène, par exemple les émotions négatives vont pousser à une action individuelle tandis que les émotions positives donnent envie d’en parler, de les partager…et pour cela l’émetteur joue donc un rôle capital. Pour conclure, nous ne pouvons pas contraindre les individus à agir sans que le phénomène ne les affecte pas. Mais, nous pouvons susciter des émotions pour les donner envie de s’informer, inciter les autres et à agir, mais cela passe par forcement un élément déclencheur (psychologiques, sentiments, pression sociale, etc.). Il nous paraît donc intéressant d’étudier cela, non pas à travers des supports visuels qui placent l’individu en tant qu’observateur comme le montre cette étude, mais inclure l’individu dans une expérience, à travers notamment l’éco-tourisme. 14
  • 15. III) Madagascar, un territoire propice à l’éco-tourisme : Cas du parc national d’Ivoloina III.1) Un Hottest hotspot Notre planète compte à ce jour 36 hotspots (points chauds) de biodiversité ou zone critique de biodiversité . Il s’agit d’une zone/territoire qui possède une grande richesse tant sur la faune que 14 sur la flore. La Conservation International (2004) défini cela comme une zone qui recense au moins 1500 espèces endémiques et qui connait une perte de 70% de son habitat d’origine. Parmi ces territoires, Madagascar est considéré comme territoire à caractère prioritaire du fait de son écosystème très spécifique mais aussi car il connaît une forte dégradation de son environnement due à plusieurs facteurs dont la déforestation qui fait sujet de controverses. La flore de 15 16 Madagascar constitue à elle seule plus de 11.200 espèces de plantes endémiques, quant à la faune17 elle compte, pour de ce qui est reconnu, 211 espèces endémiques parmi lesquelles les lémuriens, une espèce emblématique de Madagascar. Cette richesse constitue pour Madagascar un besoin presque vital car elles fournissent pour sa population des ressources tant économiques que naturelles. Mais les menaces qui pèsent sur le 18 territoire rendent les actions de conservations délicates. III.2) L’éco-tourisme : une solution qui allie tourisme et conservation de l’environnement Terme recommandé en France par la DGLFLF 14 Chainbaux, P. (s. d.). CHAPITRE 5 - DÉFORESTATION À MADAGASCAR. AFITV. Consulté le 17 juin 2021, à l’adresse http:// 15 www.afitv.org/00-GRAND-DOSSIER/FORETS/FORETS/CHAPITRE_5-DEFORESTATION-_MADAGASCAR.html Résumé du profil d’écosystème du hotspot de biodiversité madagascar et des îles de l’océan Indien. (2014). https://www.cepf.net/ 16 sites/default/files/madagascar-ecosystemprofilesummary-fr.pdf Ibid 17 Quatrième rapport national de la convention sur la diversité biologique. (2021). https://www.cbd.int/doc/world/mg/mg-nr-04-fr.pdf 18 15
  • 16. A Madagascar les projets de conservation peuvent être déclinés sur plusieurs dimensions : les espèces, les sites et les paysages. Afin de limiter les pertes et conserver ses espèces, la protection des territoires de ces espèces constitue donc une priorité pour Madagascar. Là où l’éco-tourisme se distingue et fait ses preuves réside notamment dans sa façon de prendre en compte tous les acteurs de la société afin de promouvoir la conservation, de limiter les impacts sur l’environnement et fournir pour la population locale des revenues (Boo, 1990 ; Ceballos-Lascurain, 1996). Madagascar dispose d’environ 5 970 000 ha d’aires protégées, selon Fennell (2000), ces aires protégées constituent un élément important pour l’éco-tourisme car elle permet d’accéder à des zones naturelles de qualité qui est nécessaire pour une bonne expérience touristique mais aussi constitue une dimension éducative de l’environnement pour le visiteur (cf p. 6). Madagascar consacre maintenant et depuis plusieurs années, à l’aide d’acteurs différents (ex : Madagascar National Parks ) la protection et au maintien de sa biodiversité, grâce aux AP qui 19 servent de supports pour l’éducation environnementale. Au même titre que les communautés locales, l’objectif est avant tout d’aider à développer les visiteurs à être mieux informées, se préoccuper de la protection de l’environnement et à inciter à agir. D’après Christiane Gagnon, dans son ouvrage L’éco-tourisme, entre L’Arbre et L’écorce : de la Conservation au Développement Viable des Territoires : « La planification et le développement touristiques en région partent du principe que le tourisme devrait apporter son appui à la conservation de l’environnement biophysique de ces lieux. Ceci peut se faire soit directement, par l’engagement des visiteurs dans la protection de l’environnement ou par des activités d’assainissement, soit indirectement, en générant des redevances qui serviront au financement d’activités locales de conservation. Les solutions résident dans l’établissement d’un système adéquat de collecte de revenus par le biais des tarifs, mais aussi par la mise en place d’une forme efficace de gestion du tourisme ». Avantages directs Avantages Indirects Stimule la protection de l’environnement (aires protégées) tant de façon formelle qu’informelle. La présence de l’écotourisme favorise un engagement accru envers un environnement sain A Propos. (s. d.). Madagascar National Parks. Consulté le 17 juin 2021, à l’adresse https://www.parcs- 19 madagascar.com/apropos.php 16
  • 17. III.3)Parc national d’Ivoloina, un site éco-touristique de qualité Encourage la restauration et la conservation des habitats modi fi és Des espaces protégés par l’écotourisme génèrent divers avantages environnementaux Permet la participation active des écotouristes à la mise en valeur de l’habitat. Avantages directs Avantages Indirects 17 Source : Jonathan Tardif, « Écotourisme et développement durable »
  • 18. III.2.1) Histoire d’Ivoloina (source : Madagascar Fauna & Flora Group) La création du parc d’Ivoloina date au temps de la colonisation de Madagascar par la France, et à cette époque la zone a été principalement utilisée comme territoire de recherche afin d’évaluer et d’augmenter les performances des cultures et arbres exotiques du fait du climat tropical de la côte Est de Madagascar . La direction du département des eaux et forêts, après l’indépendance de Madagascar, a pris en charge la station forestière d’Ivoloina. Le département des eaux et forêts s’est chargé notamment à l’aide de son centre rétention, de la garde des lémuriens et tortues qui ont été confisqués dans les années 60 puis quelques années il a été transformé en un zoo public. En 1986 le zoo a été fermé au public après la venue d’un cyclone qui a saccagé toute la partie Est de l’île ainsi que les infrastructures présentes. En 1987 des chercheurs de la Duke University Primate Center, qui s’est nommé par la suite Duke Lemur Center , ont pris la relève pour reprendre le 20 projet ce qui a permis d’ouvrir le parc zoologique d’Ivoloina en 1990. III.2.2) Le parc national d’Ivoloina Le parc national d’Ivoloina est un centre de conservation et d’éducation qui s’étend sur plusieurs secteurs avec 4 hectares réservés au zoo et 282 hectares exclusivement de station forestière. Les principales missions d’Ivoloina s’articulent autour du centre d’éducation à l’environnement ainsi qu’un centre de formation à la conservation. Actuellement le parc possède plus de 100 lémuriens déclinés en 13 espèces et sous-espèces (qui constituent l’attraction principale du parc), plus de 400 tortues de 2 espèces ainsi que des serpents et bien d’autres encore. Une partie des espèces présentes dans le parc sont en toute liberté que ce soit les lémuriens, serpents et reptiles endémiques, mais qui sont inoffensifs pour les visiteurs. Les espèces présentes dans le parc proviennent principalement de saisis réalisés par la douane (ex : les tortues car ils sont souvent prisés du fait de leurs prix à l’étranger), par des échanges avec le principal parc zoologique de Madagascar (Tsimbazaza, Antananarivo) ou encore qui provient de don d’individu que ce soit sur le territoire ou à l’étranger. History and Mission. (2021, 10 mars). Duke Lemur Center. https://lemur.duke.edu/about/history-mission/ 20 18
  • 19. Les activités concernant l’éducation environnementale se déroulent dans toutes les zones du parc, mais c’est à partir du CEE (centre d’éducation à l’environnement) que le parc fait le plus gros du travail puisqu’il comprend des espaces utilisés pour les sorties scolaires et un espace avec des outils pédagogiques etc. 19 Source : Rajosoa Rica, photographies réalisée pendant la phase d’observation, 2019 Source : Madagascar Fauna & Flora Group Source : Rajosoa Rica Photographie d’un groupe scolaire, 2019
  • 20. La partie qui occupe le plus d’espace pour le parc d’Ivoloina, c’est sa station forestière qui regroupe toutes les forêts, les lacs, les sentiers/circuits touristiques, les aires de repos etc. Cette station joue un rôle important pour le parc puisque c’est elle qui constitue le noyau du parc, tant pour les étudiants qui viennent réaliser des études, que les touristes pour leurs visites. 20 Le parc national d’Ivoloina est aujourd'hui connu en tant que destination touristique de qualité. Plus de 9000 visiteurs (données issues des échanges avec un guide, 2019) viennent chaque année visiter le parc ainsi qu’un bon nombre de groupes scolaires. De par l’environnement qu’il propose et les efforts centrés autour de l’éducation environnementale, le parc national d’Ivoloina espère donc bien faire concilier éducation environnementale et protection de l’environnement. Cela nous amène donc à nous pencher du côté du touriste afin de voir si les résultats espérés vont dans le sens des objectifs du parc. « l’écotourisme fait rêver. Le voyageur se voit plongé dans une jungle luxuriante au coeur d’une aire protégée abritant des espèces rares et colorées. La communauté se voit reprendre possession de ses traditions et contrôler enfin son avenir. Le gouvernement se voit empocher une partie des bénéfices financiers tout en répondant à son désir profond d’adhérer aux principes d’une développement durable. Pour que ces rêves deviennent réalité, il faudra multiplier les efforts de consultation et de recherche afin de dissiper l'épais brouillard dans lequel baigne toujours l'écotourisme. Malgré les doutes et les remises en questions qui secouent aujourd'hui ce domaine de recherche, l'écotourisme demeure une piste riche à explorer afin de concilier le développement socioéconomique de nos sociétés et la protection de l’environnement » (Jonathan Tardif, 2003) Source : Rajosoa Rica, photographies réalisée pendant la phase d’observation, 2019
  • 21. IV) ORIENTATIONS ET MÉTHODOLOGIE DE RECHERCHE IV.1) Hypothèses et objectifs En nous appuyant sur le cadre théorique et conceptuel précédemment présenté, nous allons donc proposer une recherche basée sur les effets que peut susciter une visite éco-touriste chez les touristes. En effet lors de la consultation de notre état de l’art, la plus part avaient un discours dénonciateur du fait que les crises que nous rencontrons sont dues principalement aux activités humaines et que nous faisons pas le nécessaire, du moins à l’échelle individuelle. Ce que nous voulons dire par la c’est que nous tentons constamment de proposer des solutions qui sont dans la plupart des cas à « consommation unique » pour les visiteurs, c’est à dire qu’une fois la visite réalisée, le/les individu(s) retourneront dans la majorité reprendre leurs vies en gardant les souvenirs de l’expérience sans entamer d’action résultant de leurs expériences. On ne cherche souvent pas à comprendre pourquoi le but premier, qui est de sensibiliser, n’a pas cet effet attendu chez les touristes. La démarche choisie ici n’est pas de trouver des solutions afin de contraindre par la suite les touristes à développer un esprit environnementaliste lorsqu’ils entreprendront des voyages mais d’une part essayer d’expliquer quels sont les phénomènes qui expliquent cette prise de conscience environnementale lorsque c’est le cas et d’autre part essayer de voir pourquoi dans le cas contraire cela n’a pas eu d’effet. Problématique : La visite d’un lieu éco-touristique peut-elle avoir un effet de sensibilisation auprès des visiteurs ? 21 Hypothèse de départ La visite du parc national d’Ivoloina peut avoir un effet de sensibilisation auprès des visiteurs et dans ce cas les amener à développer une conscience environnementale. Objectifs Relever ce que pense les touristes après la visite du parc afin de voir si ils ont été sensibilisés sur les questions environnementales et trouver les facteurs qui ont permis cela.
  • 22. IV.2) Bref présentation des méthodes Pour répondre à notre problématique de départ, nous allons nous baser sur la technique de recherche qui s’appuie le plus souvent sur de l’observation ainsi que l’expérience, c’est-à-dire à travers une approche hypothético-déductive mais qui accorde tout de même une place au terrain. Puisque notre recherche se base sur l’expériences et les pratiques des touristes, cette approche est donc indispensable pour mener à bien nos recherches dès lors qu’elle ne se base pas sur des événements abstraits. Nous avons donc le choix entre deux méthodes, l’étude qualitative et quantitative. Dans notre cas nous appliquerons la méthode qualitative étant donné que nous allons travailler sur des discours pour mener notre étude, d’une part en nous servant de l’observation (visite du parc), qui lui viendra nous donner des données informatives mais aussi nous permettra d’adopter une posture dans laquelle nous intégrerons pour un temps donné les situations étudiées (Philip, C. & De Battista, P. 2012). En complément, toujours dans une démarche qualitative mais cette fois ci à l’aide de données numériques, nous constituerons un corpus rassemblant plusieurs données (avec des critères bien précis) qui nous permettront de répondre à nos questionnements. Dans un second temps s’ajoute à cela un questionnaire, qui lui aussi rentre dans une démarche qualitative puisque nous analyserons uniquement les discours, en posant plusieurs questions en lien avec la visite du parc national d’Ivoloina. Effectivement, dans notre analyse nous voulions avoir un retour suite à leurs expériences et vérifier si la visite du parc a eu un effet de sensibilisation chez ces touristes, mais aussi par la suite si l’étude nous le permet, si cela a amené un changement dans leurs pratiques ou du moins pousser leurs envies d’un tourisme plus durable (ou pas). Pour pouvoir faciliter la compréhension des résultats nous allons modéliser ces résultats sous forme de « profil- type », c’est-à-dire que nous allons répartir les résultats de manière à faire ressortir : - Un profil lambda ou consumériste qui représentera les touristes qui en ont pour leurs argent et sont ainsi la pour faire une simple visite. - Un profil qui représentera les personnes marquées par l’expérience de la visite (apprentissage, sensibilisation etc.) - Un profil qui représentera les personnes ayant déjà une maitrise sur les sujets de l’environnement. Chacun de ces profils va donc être associé aux facteurs qui les déterminent pour ainsi comprendre leurs positions. 22
  • 23. Avant d’exposer nos méthodes plus en détail, nous allons en quelques points nous intéresser à ce qu’apportent ces méthodes dans notre recherche et plus précisément nous pencher sur l’environnement numérique, qui est aujourd'hui une nouvelle source d’information mais aussi de discours à ne pas négliger. Quid du numérique ? Au premier abord, nous sommes tentés de dire que lorsque nous voulons étudier un phénomène, une situation, des communautés, des comportements, la démarche la plus efficace et la plus logique reste l’immersion sur le terrain et ce pour une longue période. Mais lorsque nous nous retrouvons face aux limites de cette méthode, en raison d’une impossibilité de se rendre sur le terrain en question (restriction sanitaire par exemple) la réalité est tout autre. Pourtant nous avons à portée de main l’un des outils nous permettant d’aller au-delà de ces contraintes, le numérique. Selon Jouët Josiane et Corale Le Caroff , « les activités en ligne ont ouvert à la recherche un domaine inédit et l’espace virtuel est devenu un vaste champ d’études pour les sciences sociales ». Il n’a jamais été aussi simple d’avoir un aperçu des actions d’un individu et cela consultable sans limite de temps. Il faut savoir que le numérique est constitué de multitude de données (texte, images, vidéos, signes typographiques etc.), qui peuvent être parfois floues du fait de sa complexité et de sa volatilité, mais seront bénéfiques pour construire notre corpus de données. Le corpus de données doit donc instinctivement avoir un lien avec nos questions de départ mais aussi baser ses critères d’analyse autour de la problématique et des hypothèses énumérées bien avant. En revanche, comme l’indique Jouët Josiane et Corale Le Caroff : « (…) Elle réduit les individus à leurs traces sans restituer le contexte et les motivations de leur production. La qualification (âge, sexe, statut socioprofessionnel ou familial) des usagers, souvent masqués sous des pseudonymes, échappe à l’observateur tout comme les mobiles et les représentations de leur engagement en ligne. Le champ d’observation est donc beaucoup plus restreint que celui de l’ethnographie classique car il est réduit aux usages visibles et ne permet pas de saisir les dimensions cachées des usages sociaux des espaces de communication virtuelle ». 23
  • 24. Le numérique nous amène donc aujourd'hui à revoir nos processus de recherche, faisant ainsi petit à petit révolutionner nos méthodes. Alban Bensa (2006) voit la comme un éloignement de ce qu’était l’anthropologie, nous sommes en train d’orienter l’anthropologie vers de nouveaux horizons et de nouveaux objets. Pour l’auteur il faut : « s’installer auprès des gens, leur parler et les écouter (…) rien qu’on ne puisse essayer d’apprendre, de préférence par l’apprentissage mutuel (…) des efforts constants pour réduire l’écart entre chercheurs et acteurs, pour privilégier le recueil de paroles sur la simple observation muette, pour valoriser et analyser des récits, des chroniques narratives mettant en adéquation forme et fond, syntaxe et sémantique(…)des actions analysés comme des processus ancrés dans la parole ». Mais de mon point de vue lorsque nous sommes dans l’incapacité de mettre en pratique les techniques des « vieux parents », le web est une bonne alternative et convient parfaitement à notre recherche en partant du principe que nous savons où se trouvent les données et comment les interpréter. Pour revenir à ce que rapporte Jouët Josiane et Corale Le Caroff sur les contraintes liées à l’usage du numérique vis-à-vis des dimensions cachées (âge, statut socioprofessionnel, contexte de la production, engagement et.) que cela impose, cela n’est pas systématiquement le cas. Il nous convient donc en tant que chercheur d’adapter notre méthodologie compte tenu des informations disponibles. IV.3)Le choix du terrain Comme expliqué précédemment nous allons donc choisir les plateformes numériques et plus particulièrement là où nos touristes s’expriment. Pour identifier que nos sujets se sont bel et bien rendu dans le parc national d’Ivoloina, nous allons utiliser un marquage typographique faisant office de mot clé, l’ hashtag . Il s’agit en effet d’une « suite signifiante de caractères sans espaces 21 commençant par le signe # (dièse), qui signale un sujet d’intérêt et est inséré dans un message par son rédacteur afin d’en faciliter le repérage ». (JORF n°0019 du 23 janvier 2013)22 Les voyageurs ayant indexé leurs publications à la marque #ParcNationalIvoloina seront donc nos sujets d’analyses vu que nous voulions cibler les personnes qui ont visité le parc. Etude sur les mots-dièse. Agata Jackiewicz and Marko Vidak, SHS Web of Conferences, 8 (2014) 2033-2050 21 Journal Officiel, (2013). JORF n°0019 du 23 janvier 2013 page 1515, texte n° 103: «Vocabulaire des t é l é communications et de 22 l'informatique ». 24
  • 25. Je me suis tourné vers les plateformes les plus connues et les plus utilisées par les touristes mais aussi la où généralement on partage les plus souvent nos voyages. J’ai donc sélectionné : Les trois réseaux sociaux (Instagram, Facebook, Twitter) sont là principalement pour nous permettre de diffuser notre questionnaire auprès des personnes qui ont visité le parc car ce sont des supports adaptés pour (en nous rendant directement sur les profils des voyageurs et en les contactants). Au départ je pensais pouvoir récolter quelques données issues des commentaires sur ces plateformes mais au fur et à mesure de mes recherches je me suis rendu compte que ces RS servent principalement de divertissement/partage visuel et non pas de support d’expression écrite. Contrairement à TripAdvisor qui lui sert principalement de support qui offre des avis et des conseils touristiques provenant des voyageurs, il regroupe avis de voyages, questions/réponses sur le parc, notes de satisfactions, ainsi qu’un accès sur les pratiques touristiques de chaque voyageur. J’ai principalement retenu cette plateforme non pas pour diffuser mon questionnaire mais pour réaliser un travail d’analyse de discours car il regorge de données pouvant répondre à nos questionnements mais aussi principalement pour compenser certaines limites du questionnaire. 25
  • 26. IV.4) Les limites des méthodes Comme brièvement expliqué, le choix du numérique est parti du fait que je n’ai pas pu me rendre sur le terrain afin de finaliser mes observations. En effet l’observation devait se dérouler en deux phases en commençant par du repérage de terrain et par la suite une immersion pour une longue durée. Comme nous le savons l’apparition du Covid à bousculé plus d’un calendrier dont le mien, la dernière phase de l’observation n’a donc pas pu être finalisée, néanmoins nous nous servirons de la première phase d’observation pour une tout autre utilisation que nous détaillerons par la suite. Mise à part notre impossibilité de réaliser une immersion sur le terrain pour une longue durée nous avons aussi rencontré une certaine limite quant à notre questionnaire. En effet, il nous suffirait de diffuser notre questionnaire auprès des visiteurs, récolter les données et de les analyser. Mais cette énoncée est valable uniquement si nos touristes jouent le jeu de répondre à notre questionnaire. En avançant dans ma recherche je me suis rendu compte que parmi toutes les personnes recensées sur les RS grâce au hashtag #ParcnationalIvoloina, qui sont au nombre de 191 allants de 2015 à 2021 (107 pour Instagram, 74 pour Facebook et pour finir 10 pour Twitter), j’ai remarqué qu’une majorité de ces personnes ont une autre utilisation du parc. Cela concerne majoritairement des jeunes qui sont de la localité. En effet j’ai relevé une tendance chez ces jeunes à utiliser le parc comme lieu de baignade, de pique-nique ou de lieu de shooting photo. Pour eux le parc représente du divertissement afin de les partager sur les RS, cela se voit notamment sur les descriptions de leurs publications : Néanmoins la présence d’un centre d’éducation au sein du parc, m’a mis la puce à l’oreille et je suis venu au fait que parmi ces jeunes, il y aurait des étudiants qui sont susceptibles d’avoir visité le parc à but éducatif durant leurs années scolaires. C’est pour cela que j’ai donc contacté l’Université de Toamasina (région où se trouve le parc d’Ivoloina) afin de diffuser mon 26
  • 27. questionnaire à leurs étudiants. Je suis donc passé par le délégué principal via Facebook pour qu'il puisse partager le questionnaire à ses délégués responsables de chaque filière. Inopportunément je suis tombé dans une mauvaise période puisqu’à ce moment-là dans la région de Toamasina, eu lieu une grève des étudiants dûs à un retard de quatre mois de bourses, grève par la suite qui s’est intensifiée jusqu’à la capitale. Les délégués se retrouvent donc dans l’incapacité de se rendre disponible et les étudiants ne recevant pas de bourse se retrouvent parfois sans connexion internet car il faut savoir que pour chaque connexion, l’étudiant doit se fournir en recharge internet qui varie entre 1000ar pour le moins cher et 50.000ar pour le tarif le plus élevé (qui représente approximativement 12€) cela représente un mois de bourse pour un étudiant . Toutefois nous avons 23 eu des retours d’étudiants par la suite, certes minimes mais toujours intéressant à inclure dans nos analyses. Toujours sur le questionnaire mais concernant les touristes en général, j’ai été confronté aux problèmes que l’on rencontre souvent lorsque l’on fait appel à ce dernier, c’est la participation. En effet même si, plus un questionnaire est ciblé et plus nous avons de chance que la personne y réponde, plusieurs facteurs peuvent limiter cela, dans notre cas par exemple : - La barrière de la langue Français-Malgache - Un ras-le-bol des enquêtes - Ne se sentent pas concernés ou n’adhère pas aux sujets - Ont d’autres priorités - Publications anciennes, donc susceptibles de ne plus posséder de compte On se retrouve donc au final avec un effectif réduit si on exclut les personnes qui utilisent le parc à des fins de divertissement et les personnes ne souhaitant pas participer à notre questionnaire. Cela aurait été très enrichissant, mais pour réaliser ce travail de manière approfondie il aurait fallu attendre la fin des grèves des étudiants ainsi qu’une approche au cas par cas pour renforcer la confiance des personnes afin qu’ils répondent à notre questionnaire. Malheureusement par manque de temps nous n’avons pas pu réaliser cela. Quant à l’utilisation de Trip Advisor, nous n’avons pas rencontré de soucis en particulier puisque les données sont déjà disponibles et sont figées dans le temps, la seule limite que nous pouvons rencontrer c’est notre imagination dans l’interprétation des résultats ou la fiabilité des discours (ex: discours à but marketing). Bourse d’études. (s. d.). Université d’Antananarivo. http://www.univ-antananarivo.mg/Bourse-d-etudes 23 27
  • 28. IV.5) Le recueil des données : Questionnaire Afin d’avoir les données que nous souhaitons, c’est-à-dire autour des effets d’une visite écotouristique, nous avons adapté nos questions de façon à ce que les voyageurs nous fassent un retour d’expérience de leurs visites du parc. Ce questionnaire nous servira notamment à cerner certains faits psychologiques de l’environnement sur nos voyageurs en vue de comprendre et d’expliquer des faits via le recueil d’informations. Le but de notre questionnaire ici n’est pas de décrire un phénomène à travers des chiffres mais plutôt de mettre en évidence des faits psychologiques/sociaux/comportementaux et les facteurs qui expliquent cela. J’ai donc établi l’axe de notre questionnaire autour de nos hypothèses afin de les confirmer ou infirmer par la suite. Pour vérifier nos premières hypothèses : La visite du parc national d’Ivoloina peut avoir un effet de sensibilisation auprès des visiteurs et dans ce cas les amener à développer une conscience environnementale. Le questionnaire est donc répartit de manière à faire ressortir par exemple : Les données personnelles : - Quel âge avez-vous ? - Lieux de résidence ? - Profession/Occupation ? - Fréquence de voyage ? Les motivations de la visite du parc d’Ivoloina : (pourquoi ont-ils choisi ce parc) - Où avez-vous entendu parler du parc d’Ivoloina ? - Les raisons/motivations de la visite ? Les choix et retours d’expérience : (comprendre ce qui a causé et a induit à une prise de conscience environnementale) - Avez-vous choisi de prendre un guide lors de votre visite ? - Quels acteurs ont contribués à votre satisfaction ? - Qu’avez vous tirés de votre visite vis à vis de l’environnement ? - Seriez-vous capable de vous engager vers un tourisme durable ? Les pratiques : (toujours dans l’optique de mesurer si cela a eu un impact sur leurs pratiques) - Quelles ont été ou vont être vos destinations touristiques ? 28
  • 29. Avant de réaliser ce questionnaire, j’ai d’abord mis en place un questionnaire pré-test pour quelques personnes afin d’améliorer le questionnaire final et de préciser certains termes et questions. Par la suite avec l’aide de ma directrice de mémoire, nous avons donc agencé l’ordre des questions, la forme des questions et exclu certaines questions qui peuvent être mal vues par les touristes ou jugées pas pertinentes, ennuyeuses, indiscrètes etc. Les questions proposées en amont font donc partie de la version finale qui a été soumise aux touristes, mais il faut tout de même noter et garder en tête que ce questionnaire possède certaines limites, elle ne met pas exhaustivement en avant des faits à travers les données que nous obtiendrons mais de nous permettre de tendre vers une explication à travers une analyse des données issues de ce questionnaire. A l’aide de Facebook, Instagram et Twitter j’ai donc recensé toutes les personnes ayant visité le parc grâce au #ParcNationalIvoloina et me suis permis de les contacter afin de transmettre mon questionnaire. Ce questionnaire viendra renforcer les analyses que nous effectuerons dans l’analyse de Trip Advisor afin de, soit amener des compléments de réponse ou bien renforcer les résultats que nous obtiendrons. Une analyse qualitative des discours sur la plateforme TripAdvisor Notre recherche n’ayant pas pour but de mesurer l’importance d’un phénomène mais tenter de comprendre le réel , je vais m’intéresser aux discours textuels laissés par les touristes suite à leurs visites du parc sur la plateforme Trip Advisor. Etant donné que nous voulions comprendre les effets d’une pratique écotouristique des touristes et par conséquent leurs comportements, j’ai décidé de faire appel aux autres aspects des sciences humaines et sociales pour nous aiguiller dans les méthodes à adopter. Je me suis donc appuyé sur l’ouvrage Les méthodes qualitatives en psychologique et sciences humaines de la santé de Marie Santiago Delefosse et Maria del Rio Carral. Dans cette collaboration scientifique, plusieurs auteurs présentent une série de méthode afin de réaliser des analyses qualitatives et les outils à utiliser. Dans ma recherche, je me suis principalement appuyé sur l’ouvrage L’analyse par théorisation ancrée de Pierre Paillé, que nous détaillerons après, ainsi que l’ouvrage Analyser les contenus, les discours ou les vécus ? A chaque méthode ses logiciels de Christophe Lejeune, qui nous m’a guidé dans le choix de la méthode et surtout de l’outil de l’analyse qualitative. 29
  • 30. Avant d’entrer plus en détail dans l’analyse des commentaires, nous allons faire un bref tour d’aperçu de l’aspect de TripAdvisor et comprendre (fiabilité & véracité) dans quel contexte sont énoncés les discours. Nous avons ici un aperçu de la structuration du site web et des éléments qui le composent, encadré en rouge les rubriques les plus importantes que nous pouvons prendre en compte. Dans l’ordre nous avons donc la notation générale sur le parc (1) ainsi que le nombre de touriste ayant laissé un avis, ensuite le classement (2) de notre sujet d’étude et sa thématique. Et pour finir la partie la plus riche en données pour notre analyse (3), l’espace commentaire nous permettant de faire ressortir l’essentiel des données pour répondre à nos questionnements. Pour nous assurer que les données issues des commentaires seront fiables pour notre analyse, nous nous appuierons et ferons confiance aux règles de la plateforme puisque pour pouvoir émettre un avis sur TripAdvisor le voyageur doit respecter certains critères de publication et qu’il soit : - Pour tout public - Pertinent pour les voyageurs - Impartial - Le reflet d’une situation vécue et utile - Récent - Original - Non commercial - Respectueux de la confidentialité 30
  • 31. - Lié au bon établissement répertorié par TripAdvisor et, - Facile à lire Tous les avis publiés sur la plateforme sont donc soumis à des vérifications strictes, nous n’avons donc logiquement pas à nous en faire, par exemple pour les problèmes liés aux commentaires marketing qui ont pour but d’influencer les personnes à visiter le parc, et même si cela est possible nous verrons lors de nos analyses que nous n’avons pas été soumis à ce type de problème. Passé cet aparté, orientons-nous maintenant un peu plus en détail quant à l’analyse de ces commentaires. Dans ma démarche de recherche qualitative je me retrouve face à une multitude de méthodes allant de l’analyse de discours, de contenu, de parcours de vie ou à une approche compréhensive (Max Weber, 1921). La méthode la plus adaptée notre recherche serait à mon avis celle de l’analyse par théorisation ancrée qui « vise à générer intuitivement une théorisation au sujet d’un phénomène culturel, social ou psychologique, en procédant à la conceptualisation et la mise en relations progressives et valides de données empiriques qualitatives » (Paillé,1996, p.184). Pour nous permettre de mesurer les effets de la visite du parc national d’Ivoloina, nous allons étiqueter (coder) les propos laissés par nos touristes, un code qui reformulera la réalité vécue ou exprimée par les touristes. Nous allons par la suite les englober pour en simplifier l’analyse et obtenir « un mot ou une expression désignant, à un niveau relativement élevé d’abstraction, un phénomène culture, social, ou psychologique tel que perceptible dans un corpus de données » (Paillé, 1996, p.186) dans notre cas cela sera sous forme de catégorie. Après cela nous confronterons ces derniers entre eux pour accéder à l’évènement, à l’explication, au phénomène (Paillé,1994) afin d’expliquer d’où proviennent les divergences ou similitudes entre ces catégories. Et pour finir une modélisation théorique de ces résultats, une modélisation qui devrait représenter sous forme de schéma les processus par lesquels nous sommes passés. Je vais donc recourir à un logiciel d’analyse de texte pour effectuer cette méthode, il en existe plusieurs comme The Ethnograph ou encore Nud Ist (l’ancêtre de NVivo) mais je me suis tourné vers le plus récent qui est Nvivo (Christophe Lejeune, 2017), qui intègre plusieurs fonctionnalités mais aussi simple d’usage afin de faciliter l’analyse et l’interprétation de nos résultats. 31
  • 32. Voici un exemple de la méthode réalisée pendant l’étude : « Que des lémuriens et des tortues de terre. Un boa et un caméléon qui se cachaient, satisfaisant dans l’ensemble, petite cascade à 15 minutes de marché souvenir et boissons sur place. Seul gros problèmes 3 tarifs différents locaux résidants et touristes ». Si on se pose la question ici « De quoi est-il question ici ? » , on peut distinguer deux phénomènes : De la satisfaction (« satisfaisant dans l’ensemble ») et un mécontentement vis- à-vis des tarifs proposés aux touristes (« Seul gros problèmes 3 tarifs différents locaux résidants et touristes »). Nous avons donc reformulé ces deux propos avec les codes « Ressentiment + » et « Discrimination ». On peut voir ici qu’aucune notion liée à une quelconque forme d’apprentissage/sensibilisation/sur l’environnement liée à la visite du parc n’est relevée, de ce fait nous avons classé ce commentaire dans la première catégorie de touriste. Codage : Ressentiment + / Discrimination Il est important et bon de rappeler que les données que nous obtiendrons ici ne représentent pas formellement l’implication de nos touristes sur le sujet de l’environnement mais reflètent en quelque sorte leurs positions e après avoir visité le parc national d’Ivoloina. IV.6) L’usage de l’observation dans l’interprétation des résultats Au cours de la première année de Master (2019-2020), j’ai réalisé une observation au sein du parc national Ivoloina afin d’avoir un premier aperçu du terrain, cette observation devait se dérouler en deux phases comme expliqué auparavant. Lors de cette première phase d’observation j’ai décidé d’adopter une posture se basant sur de l’observation participante non déclarée ou clandestine (Georges Lapassade,2002), en tant que touriste. Dans la sociologie on peut mentionner les travaux de M. Dalton (1959) ou bien encore celui de D. Roy (1954) utilisant cette méthode pour dissimuler leurs enquêtes dans des lieux publics ou encore l’un des plus connus celui de Goffman qui s’interroge sur les différentes formes d’interaction entre les individus dans la société. N’étant pas en mesure d’aller au bout de mes observations, j’ai tout de même utilisé ce que j’ai fait et obtenu lors de la première phase pour pouvoir amener des réponses à nos 32
  • 33. questionnements. Lors de cette première phase d’observation j’ai intentionnellement caché mon but afin de ne pas modifier la réalité du terrain et ne pas biaiser les données, par exemple de la part du guide pour qu’il puisse me transmettre les mêmes informations qu’il partage aux touristes. En effet dans un premier temps cette méthode m’a permis de constater en profondeur les réalités de notre terrain (c’est d’ailleurs à partir de cela que nous avons élaboré nos théories), mais aussi dans un second temps en étant dans la peau du touriste comprendre ce qu’ils ont vécu et donc être légitime d’interpréter leurs propos lors de l’analyse des données. Comme énoncé précédemment donc, nous n’allons pas user de l’observation dans un but de collecter des données pour expliquer un phénomène mais afin de mieux connaitre et comprendre ce qu’énoncent nos touristes puisque j’ai moi-même été à leur place. 33
  • 34. V) Les effets de la qualité expérientielle du parc national d’Ivoloina RAPPEL SUR LA MÉTHODOLOGIE Nous allons donc analyser les retours d’expérience des touristes à travers des questions issues de notre questionnaire et des discours laissés sur la plateforme Trip Advisor. La méthodologie d’analyse ne sera pas exactement identique pour nos deux méthodes puisque d’un côté nous avons à faire à des données qui proviennent de question directe et de l’autre des données n’étant pas soumises à des questionnements mais « produit » de leur libre arbitre. Toutefois, il faut le préciser, en ce qui concerne les discours sur la plate-forme Trip Advisor, une marge d’erreur peut être considérée pour l’interprétation des discours car contrairement à notre questionnaire ce ne sont pas des questions directs mais tout simplement des avis qui reflètent leurs pensées sur la visite du parc national d’Ivoloina. Les données discursives (ceux de la plateforme Trip Advisor) vont donc être passées sur l’outil Nvivo afin de mettre en place la méthode de la théorisation ancrée. Quant aux données du questionnaire nous allons les analyser au cas par cas. V.1) Traitement des données qualitatives : la théorisation ancrée Nous nous sommes donc rendu sur Trip Advisor dans la rubrique dédiée au parc national d’Ivoloina. Nous analyserons l’ensemble des 113 commentaires en appliquant la méthode de la théorisation ancrée. Il faut savoir que cette méthode ne s’applique pas après avoir recueillis les données mais pendant le recueil et contrairement à la plus part des méthodes, la démarche à suivre n'est ni linéaire ni soumise à des critères. Dans l’ordre je vais donc commencer par catégoriser les commentaires en plusieurs catégories,, au même moment codifier les éléments de ces commentaires pour en tirer une 34
  • 35. « formulation scientifique » (Mucchielli, 1996, p.186), vient après la mise en relation des composants qui se construit en quelque sorte déjà lors de la codification , par la suite l’intégration qui elle sera là pour dégager un ou des phénomène(s) général(aux) et pour finir la modélisation de l’ensemble du travail afin de mieux cerner la structuration du/des phénomènes, qui suivra par la théorisation qui viendra confirmer ou non nos théories de départ. V.1.1) Catégorisation En même temps que la lecture des commentaires nous avons donc catégorisé ces derniers en plusieurs parties, trois pour être exacte. En effet pendant la lecture nous avons souligné trois catégories de commentaire. Pour commencer nous avons des commentaires plutôt basique qui représentent généralement ce que l’on retrouve dans la plus part des commentaires post-visite, c'est à dire une description brève de leurs séjours avec des satisfactions ou non. Par exemple : - « Parc très sympa. Les lémuriens sont en libertés on peut leur donner à manger et jouer avec eux. Le personnel est très gentil et nous aide à approcher les lémuriens ». - « Très beau parc qui se situe en pleine nature luxuriante qui regroupe une très grande variété de lémuriens qui sont tous en cage. Le reste de la balade est grande surprise ». Par la suite des commentaires faisant ressortir les objectifs du parc attendu chez les touristes, plus précisément l’aspect apprentissage et sensibilisation vis à vis de l’environnement : - « c’est le 1er parc de mon voyage, malheureusement on voit les lémuriens en cage ou semi liberté ! La raison ? C’est un parc qui s’occupe de la reproduction des lémuriens ! Pendant 3h le guide vous montre les différentes espèces + d’autres animaux ! Un moment agréable !!! » - « J’ai beaucoup adoré l’esprit de ce parc : le fait d’enseigner l’importance de la faune à la population locale et d’élever les différentes espèces dans le but de les protéger en gardant leur esprit sauvage m’a séduite. Ça vaut le détour d’autant plus qu’on est guidé par des personnes passionnés par leur métier. Nous avons également (re)découvert la faune malgache et profité d’une baignade dans une sympathique piscine naturelle. Je recommande vivement ce parc!!! ». 35
  • 36. Et pour finir des commentaires qui correspond à une catégorie de personne connaissant les enjeux et l’importance du parc, bien plus que ce qu’on apprend lors de la visite : - « Le parc d’Ivoloina recueille les lémuriens abandonnés et les ré adapte, et assure la protection de l’espèce. On y trouve des lémuriens en cage, pour la protection et leur réadaptation, et des population en liberté. Trois parcours, d’une, deux ou trois heures. Le lieu est magnifique et vous y croiserez caméléons et différentes populations de lémuriens dans un environnement magnifique. Les guides sont compétents et parlent au moins Français et anglais. On s’y sent en sécurité même avec un important matériel photo. Pensez à soutenir le parc, ils ont besoin de visiteurs et de dons pour poursuivre leur mission ». Nos catégories prendront donc la forme de caractère pour faciliter la lecture et la compréhension et nous obtenons donc : « A » = Commentaires basique poste-visite « AA » = Commentaires faisant ressortir l’apprentissage/ référence vis-à-vis de l’environnement « AAA » Commentaires les plus informées et impliquées Nous allons donc travailler à partir de ces catégories pour tendre vers l’explication d’un/des phénomène(s) en l’occurrence dans notre cas vérifier l’hypothèse que « la visite du parc national d’Ivoloina peut avoir un effet de sensibilisation auprès des visiteurs et dans ce cas les amener à développer une conscience environnementale ». Avant même de poursuivre l’analyse nous pouvons déjà dégager quelques éléments de réponse à notre hypothèse puisqu’en catégorisant les commentaires, automatiquement cela dissocie les personnes ayant été sensibilisées ou du moins ceux qui ont employées des notions en lien avec la protection/sensibilisation des autres. 36 Capture d’écran sur Nvivo
  • 37. Après avoir fait la lecture et réparti les commentaires dans chacune des catégories on obtient donc : Pour classer les commentaires dans leurs catégories, dès lors qu’un touriste fait référence à ce qu’il a appris lors de la visite ou encore fait ressortir les enjeux environnementaux liés au parc nous l’avons classé dans la catégorie « AA » et codé ces propos. Et au contraire lorsque aucune notion liée à l’apprentissage/sensibilisation/l’environnement n’est relevée nous considérerons cela comme un commentaire basique et le classerons dans la catégorie « A » et toujours en codant leurs propos pour justifier ce choix. Quant à la dernière catégorie « AAA » il s’agit ici d’une catégorie un peu spéciale puisqu’elle est censée représenter les personnes ayant déjà une connaissance sur les sujets liés à l’environnement et aux objectifs du parc. Il a été simple pour nous de les identifier sans les coder puisque généralement les informations qu’ils expriment sont des informations auxquelles un touriste lambda n’a pas accès (ayant moi-même réalisé la visite) ou ne devrait pas avoir connaissance pendant la visite du parc car ces informations ne sont pas partagées pendant la visite du parc à moins d’avoir préalablement des connaissances sur le sujet ou fait des recherches. 37 Capture d’écran des catégories réalisées sur Nvivo AAA
  • 38. Dès le premier coup d’oeil on peut voir que la catégorie A, celui des commentaires de type basique qui rappelons le représente les touristes n’ayant pas exprimés quelconque notion environnementale, s’impose avec une légère dominance face aux autres catégories AA et AAA. On peut se demander alors si un phénomène est d’ores et déjà perceptible ici ? Pour creuser un peu plus cette idée nous allons d’abord justifier pourquoi et comment avons-nous décidé de classer tel commentaire dans telle catégorie. En effet, pour cela nous avons codé les mots ou expressions des touristes en reformulant l’expérience vécue en une première formulation synthétique qui avec une simple lecture de ces mots ou expressions devrait permettre à une tierce personne de comprendre l’essentiel de ce qui en ressort des commentaires sans avoir à lire l’intégralité de celui-ci (Paillé, 1996, p.186). Les questions auxquelles nous devons répondre lors de ce travail de codage sont donc : De quoi est-il question ? Que se passe-t-il ? V.1.2) Codification Comme expliqué précédemment, la codification des commentaires s’est faite en même temps que la catégorisation, au moment de la lecture des commentaires. Nous avons donc reformulé ce qu’exprime généralement les touristes (faits observés/ressentis, paroles, pensées…) en un mot ou expression. Ayant une infinité de codage possible, nous avons décidé de regrouper les mots ou expressions qui s’apparente à une même notion pour ne pas être submergé de code et faciliter l’analyse. Au moment de la lecture de l’ensemble des commentaires nous avons souligné des dires qui apparait souvent chez nos touristes. Nous avons donc relevé les mots/expressions qui reviennent les plus souvent et les avons regroupés suivant leur sens. 38
  • 39. Par exemple : - « Que des lémuriens et des tortues de terre. Un boa et un caméléon qui se cachaient, satisfaisant dans l’ensemble, petite cascade à 15 minutes de marché souvenir et boissons sur place. Seul gros problèmes 3 tarifs différents locaux résidants et touristes ». (Cf p. 32) On peut voir ici qu’aucune notion liée à une quelconque forme d’apprentissage/sensibilisation/ d’environnement liée à la visite du parc n’est relevée, de ce fait nous avons classé ce commentaire dans la catégorie A. Codage : Ressentiment + / Discrimination - « Agréable parc à visiter, bien entretenu, jolies photos à faire et belles ballades en foret. Les animaux sont très bien soignés mais sont en cage, c’est dommage mais compréhensible. L’entrée est un peu chère pour les touristes 20.000ar, 20 fois plus que pour les locaux. Mais la visite vaut le coup, dépaysement assuré ». De même pour ce commentaire on peut relever de la satisfaction (« Agréable parc a visiter, bien entretenu, jolies photos à faire et belles ballades ») et encore une sorte de mécontentement sur les tarifs (« l’entrés est un peu chère »), mais aussi on peut noter que le touriste incite les lecteurs à visiter le parc, nous avons donc retranscrit cela sous le code « incitation ». Nous intégrerons ce commentaire aussi dans la catégorie A puisque encore une fois le touriste n’exprime pas de notion allant dans le sens des objectifs environnementaux du parc ou ne met pas en avant ce qu’il a apprit. Codage : Ressentiment + / Discrimination / Incitation 39
  • 40. - « J’ai beaucoup adoré l’esprit de ce parc : le fait d’enseigner l’importance de la faune à la population locale et d’élever les différentes espèces dans le but de les protéger en gardant leur esprit sauvage m’a séduite. Ça vaut le détour d’autant plus qu’on est guidé par des personnes passionnés par leur métier. Nous avons également (re)découvert la faune malgache et profité d’une baignade dans une sympathique piscine naturelle. Je recommande vivement ce parc !!! » Ici, plusieurs éléments importants. Tout d’abord on peut voir que le touriste a saisi le rôle/ objectif du parc (« le fait d’enseigner l’importance de la faune à la population locale et d’élever les différentes espèces dans le but de les protéger en gardant leur esprit sauvage m’a séduite »). Nous voyons donc la une forme d’apprentissage grâce à la visite et que le touriste met le point sur l’importance environnementale du parc. Nous allons donc reformuler ceux-ci sous les codes « Apprentissage » et « Relatif à l’environnement » Comme pour les commentaires précédents on peut noter de la satisfaction au vu de la visite (« J’ai beaucoup adoré l’esprit de ce parc » ; « baignade dans une sympathique piscine naturelle ») que nous coderons avec le même principe sous « Ressentiment + » et on retrouve aussi « l’incitation » avec la phrase « Je recommande vivement ce parc !!! ». Etant donné que ici nous pouvons affirmer que le touriste a été sensibilisé ou du moins ait assimilé ce qu’il a apprit lors de la visite, nous pouvons joindre ce commentaire au sein de la catégorie AA . Codage : Apprentissage / Relatif à l’environnement / Ressentiment + / Incitation 40
  • 41. En appliquant cette méthode à l’ensemble des commentaires on obtient donc les codages suivants associés aux catégories. Catégorie A (ensemble des commentaire annexe p.68) Dans ce premier volet, nous pouvons voir de quoi est essentiellement constitué la catégorie A et montre pourquoi notamment ces commentaires se trouvent à être disposé dans cette catégorie. Comme expliqué dans les exemples ci-dessus, les commentaires qui ont été catégorisés ici représentent les touristes n’ayant pas exprimés ou fait référence à ce qu’ils ont apprit pendant leur visite. Ce qui on ressort ici comme nous pouvons le voir ce sont des éléments caractéristiques à des profils qui s’apparentent plutôt aux consuméristes car généralement ces types de profils exposent purement et simplement ce qu’ils ont apprécié ou non durant la visite. Le touriste va exprimer son point de vue par rapport à l’offre qu’on lui propose mais aussi par rapport à ses attentes, c’est ce que l’on retrouve d’ailleurs dans leurs propos lorsqu’on analyse plus en détail. 41 A Nombre de fois qu’il y a une référence à la thématique
  • 42. Codage = Discrimination , 5 références (Annexe p.72) « Seul gros problème 3 tarifs différents, locaux résidants et touristes » « L’entrée est un peu chère pour les touristes 20000ar, 20 fois plus que pour les locaux » « Le prix d’entrée est 20 fois supérieur pour les touristes » « Les entrées sont chères pour les visiteurs » « Discrimination entre les résidents et les visiteurs de l’extérieur le prix d’entrer est du simple au triple » Comme nous pouvons le voir ici les touriste mettent l’accent sur la grande différence de prix entre les locaux et les touristes. Il faut savoir que pour un touriste (adulte) étranger le tarif qui est proposé est de 20.000ar environ ce qui représente 5€, pour un local le tarif proposé est de 1000ar soit 20 centimes et pour un malgache résident à l’étranger le tarif est de 4000ar soit moins de 1€. En effet une telle différence s’explique et est expliquée par le guide en reprenant ses propos : « Nous proposons des tarifs bas pour le peuple malgache car il s’agit de leur héritage et nous voulons que le parc soit accessible même à ceux qui ont peu de moyens ». A titre d’exemple la visite du parc Yellowstone s’élève à 12$ environ ou encore à 20$ pour le parc national de Yosemite qui est le deuxième parc national le plus ancien des USA. Nous voyons la que le tarif proposé par le parc national d’Ivoloina est au minimum 2fois inférieur par rapport aux parcs conventionnel, en ce sens on peut alors se demander si c’est réellement le tarif qui pose problème ou bien si cela n’est pas dû à autre chose, nous le verrons donc un peu plus tard au cours des analyses si des réponses peuvent être apportés à cela. Codage = Incitation, 11 références (Annexe p.72) « Malgré cela, j’encourage tout le monde à visiter » « Cet endroit vaut la peine d’être visité » « Nous avons beaucoup apprécié notre visite et nous la recommandons sans hésiter » « Qui vaut la peine d’être visité » « Sans aucun doute un coup d’oeil ! » « C’est à voir absolument » « Ça vaut la peine d’y aller » « Nous ne pouvons pas vraiment recommander la visite » « En résumé, c’est recommandé pour la nature et non pour les animaux » « Je recommande surtout l’attraction familiale » « A faire juste pour la bonne cause » On peut distinguer ici que la recommandation de la visite ne fait pas l’unanimité, d’une part car nous avons que 11 sur 61 commentaires qui recommandent ou non la visite et cela pointe déjà un fait, mais aussi parce que les avis ne tendent pas au même résultat. 42
  • 43. Nous avons donc d’un côté ceux qui estime que cela en vaut le coup, par exemple : « Cet endroit vaut la peine d’être visité » « Nous avons beaucoup apprécié notre visite et nous la recommandons sans hésiter » « Qui vaut la peine d’être visité » De l’autre côté ceux qui recommande mais à moitié : « Malgré cela, j’encourage tout le monde à visiter » « En résumé, c’est recommandé pour la nature et non pour les animaux » « Je recommande surtout l’attraction familiale » « A faire juste pour la bonne cause » Et pour finir l’opposition qui n’est pas enclin à la recommander : « Nous ne pouvons pas vraiment recommander la visite » On a donc ici un premier aperçu des avis autour du parc néanmoins aucun élément de réponse peut nous permettre de justifier cela. Les codes qui vont suivre « Ressentiments + » et « Ressentiments - » vont nous éclairer un peu plus sur cette divergence qu’il y a entre les recommandations et nous permettre de comprendre qu’est ce qu’a retenu principalement l’attention de ces touristes quant à leurs visites et peut-être en parallèle nous amener quelques éléments de réponse sur le fait qu’ils n’ont pas suffisamment été touchés pour comprendre les enjeux environnementaux autour du parc. 43
  • 44. Codage = Ressentiment + , 32 références (Annexe p.74) « Parc sympathique » (x4) « Guides sont fantastiques » (x7) « Belle promenade » (x3) « Zénitude » « Découvrir une nature qui n’existe plus, tous mes amis qui ont visité Ivoloina étaient enchantés » « Agréable parc à visiter, bien entretenu, jolies photos à faire et belles ballades en foret » « Très jolie petit parc animalier » « Très bel endroit » (x5) « Emportez un guide qui vous aidera beaucoup » « nature impressionnante » « Végétation est luxuriante » « Enclos propres et respectables du zoo » « Incroyable tête à tête avec un aye aye même s’il est en captivité » « Cela dit, c’est l’un des seuls endroits de Madagascar où la plupart des visiteurs peuvent voir des lémuriens, même s’ils sont en cage » Nous avons regroupé ici toute notion faisant référence à de l’attrait envers le parc. Etant donné que nous cherchons à savoir si les touristes ont été sensibilisés suite à la visite il est important de connaitre ce qui a suscité cela, dans notre cas ici compte tenu du fait que les commentaires présents dans la catégorie A ne valident pas ce dernier, il est tout de même important de relever les critères de satisfaction retenus par les touristes afin de mettre en relation avec nos autres catégories. On s’aperçoit ici que plusieurs éléments attirent les touristes et apparaissent souvent dans leurs commentaires, on voit qu’en premier lieu mais aussi en regardant l’ensemble des discours, c’est l’apparence naturelle générale du parc d’Ivoloina qui suscite ici satisfaction « Très bel endroit », « Pars sympathique », « Belle promenade » « nature impressionnante », « Enclos propres et respectables du zoo ». Il s’agit d’un fait courant puisque c’est avant tout ce que l’on voit et ce qu’on ressent que l’on véhicule en premier puis la cognition vient en second lieu puisque notre cerveau a tendance à ne retenir que les informations qui l’intéresse. Egalement on peut souligner la présence d’acteurs dans la liste de satisfaction et notamment le(s) guide(s) qui contribue à ce dernier puisqu’ils sont mentionnés à plusieurs reprises mais aussi à priori semble offrir beaucoup aux touristes « Emportez un guide qui vous aidera beaucoup ». 44
  • 45. Codage = Ressentiment - , 43 références (Annexe p.75) « Les zoos en général sont assez tristes et celui-ci ne fait pas exception ». « Palmarium, un peu plus loin, où les lémuriens ne sont pas en cage, sont généralement plus excitants et c’est la qu’Ivoloina rate quelques points ». « Bien que la route soit mauvaise ». (x12) « Dommage que tous les lémuriens soient en cage ». (x14) « Peu de guide ». « Le guide parle beaucoup (trop surement, comme si il récite sa leçon mais pas assez attentif au touriste je pense bref) » « Moins aimé le fait de ne pas pouvoir toucher un lémurien » (x3) « Il n’y a aucun avantage à retenir un guide pour visiter ce parc » « Très cher » « Parc est mal entretenue » « Malheureusement, je n’ai réussi à voir qu’un lémurien sauvage, endormi à l’époque car c’était la raison principale de la visite, j’ai été un peu décu ». « Légèrement déçu car il ne semblait pas y avoir une abondance de lémuriens sauvages que j’attendais ». « Résultats est mitigé ». « Si vous n’avez rien d’autre à faire allez visiter sinon mieux vaut la plage ». « Ca serait bien que les lémuriens soient un peu plus naturels ». « Nous voulions vraiment voir que les aye aye et ils ne sortent que lorsqu’il fait nuit ». A l’opposé de ce que nous venons de voir on retrouve ici les aspects négatifs rencontrés par les touristes durant la visite. On peut voir qu’une majorité des commentaires est centrée autour de plusieurs faits à commencer par l’accessibilité sur les lieux, l’absence de proximité avec les lémuriens et surtout le fait de les voir en cage. Nous pouvons déjà émettre une théorie sur certains points à partir de ce qui en ressort ici puisque ayant moi-même visité le parc, des éléments de réponse peuvent être apportés. En effet cela concerne les lémuriens en cages, lors de la visite il nous est expliqué et cela pour tous les visiteurs, pourquoi ces derniers sont enfermés et pourquoi il est difficile d’en approcher, nous verrons notamment la raison un peu plus en détail dans la suite des analyses. En partant de ce postulat on peut alors se demander si les touristes ont fait appel à un guide pendant leurs visites ou alors dans le cas contraire il y a eu absence d’attention/d’interêt tout au long de la visite. Pour confirmer cela nous verrons lors de l’analyse de la catégorie AA si ces commentaires sont récurrents dans un premier temps car pour rappel la catégorie qui va suivre est censée rendre compte des connaissances acquises par les touristes lors de la visite et par conséquent nous indiquer les facteurs qui en sont la cause. 45
  • 46. Pour terminer, on constate avant tout que les commentaires présents ici, si l’on se réfère à nos analyses, incarnent les touristes qui ont visité le parc à des fins de « consommations », c’est-à- dire des touristes qui sont là avant tout dans une recherche de plaisir avec plusieurs éléments qui nous indiquent cela comme le fait de ne pas pouvoir avoir un contact avec les lémuriens, de trouver l’accessibilité pénible, de voir les animaux en cages, de trouver les tarifs élevés. Cependant, ce sont des éléments qui sont justifiés et expliqués uniquement à l’aide des guides, néanmoins nous avons relevé que même en présence d’un guide parfois cela n’est pas compris par certains touristes : « Il n’y a aucun avantage à retenir un guide pour visiter ce parc », « Le guide parle beaucoup (trop surement, comme s’il récite sa leçon mais pas assez attentif au touriste je pense bref) ». On peut alors émettre quelques théories à partir de ce que nous venons de dire ici, comme : - Le fait de ne pas prendre de guide empêche les touristes de comprendre certains points du parc. - Même en ayant un guide le touriste n’a pas appris de sa visite. - Pendant la visite, le(s) guide(s) ont omis de justifier le prix, le fait de voir des lémuriens en cages etc. - Le touriste ici est avant tout à la recherche de plaisir personnel. 46
  • 47. Catégorie AA (Annexe p.77) A l’inverse de la catégorie A, nous voyons ici que les codages sont plus diversifiés et on aperçoit une autre tendance qui se dégage des commentaires. Nous retrouvons les mêmes codages comme « Discrimination » « Incitation » « Ressentiment +/- », en revanche comme les commentaires présents ici sont ceux qui font référence aux connaissances acquises par les touristes durant la visite et qui ont fait part de notion environnementale, s’ajoute le code « Apprentissage » qui représente toutes formes d’apprentissage assimilé par les touristes et le code « relatif à l’environnement » qui regroupe toute notion reliée aux enjeux/objectifs environnementaux autour du parc. 47 AA Nombre de fois qu’il y a une référence à la thématique
  • 48. Codage = Apprentissage, 23 références (Annexe p.85) « La clé de ce zoo est d’engager un guide local qui vous expliquera et vous fera visiter le parc ». « Engagez un guide, il nous a donné une bonne éducation sur la flore et la faune ». (x8) « Merveilleuse expérience d’apprentissage et je suis heureux que nous ayons pu soutenir cet effort louable ». « Il a montré les différents arbres et a expliqué pourquoi cet arbre est important pour le peuple malgache, pourquoi un lémurien utilise un autre arbre, quel lémurien mange quoi, les habitudes, les efforts de reproduction et de conservation ». « Un gardien du zoo nous a expliqué qu’ils étaient dans les cages pour encourager la reproduction et qu’une fois que le bébé était né, les groupes familiaux étaient relâchés dans les forets environnantes ». (x2) « Le fait d’enseigner l’importance de la faune à la population locale et d’élever les différentes espèces dans le but de les protéger en gardant leur esprit sauvage m’a séduite ». « Tout d’abord merci à Wilfried, notre guide, de nous avoir appris tant de choses sur la faune et la flore ». « Demandez le guide touristique appelé Flavien. Il nous a donné tellement d’informations intéressantes. Il est resté plus longtemps avec nous pour nous expliquer davantage le parc » « Notre guide était très bien informé et a ajouté beaucoup de choses par rapport à la simple lecture des panneaux à chaque enclos ». « Mais Denis était si bien informé sur les plantes et leurs valeurs médicinales que cela en a fait une expérience de qualité ». « Charly était une mine d’informations sur les lémuriens, l’écologie et la botanique du parc ». On constate ici plusieurs éléments importants, à commencer par le rôle du guide au sein du parc où l’on voit clairement qu’il constitue un élément important dans la compréhension et l’explication de ce qu’est le parc dans son ensemble. On retrouve cela dans la majorité voire la totalité des commentaires comme par exemple : - « Engagez un guide, il nous a donné une bonne éducation sur la flore et la faune » - « Tout d’abord merci à Wilfried, notre guide, de nous avoir appris tant de choses sur la faune et la flore » - « Un gardien du zoo nous a expliqué qu’ils étaient dans les cages pour encourager la reproduction et qu’une fois que le bébé était né, les groupes familiaux étaient relâchés dans les forets environnantes ». Il s’agit là d’un discours récurrent de la part de nos touristes, on relève ici plusieurs commentaires qui soulignent le fait que les touristes ont acquis les connaissances nécessaires pour comprendre les objectifs du parc, choses possibles grâce à la présence des guides si on se base sur ces analyses. Nous avons donc ici des éléments de réponse pouvant contredire certains points des commentaires que nous avons rencontrés dans la catégorie A, entre autres les discours énonçant de 48
  • 49. voir des lémuriens en cages ainsi que la non-utilité d’un guide lors de la visite. Cela rejoint donc l’idée de l’importance des guides. Codage = Discrimination, 1 référence (Annexe p.81) « Prix raisonnable et pour une fois les étrangers sont distingués entre résidents et touristes ». Nous voyons ici la présence de très peu de discours critiquant les différents tarifs proposés par le parc. Dans notre cas ici le commentaire pointe la différence de prix mais semble être en faveur de cette méthode puisque selon lui il faut proposer des tarifs différents. On peut donc émettre l’hypothèse que cette catégorie et par conséquent les touristes ayant été sensibilisés aux questions environnementales sont plus enclin à comprendre cela ? Codage = Incitation, 22 références (Annexe p.81) « Je recommande de prendre un guide car il a pu nous parler de la flore et la faune, ce qui a rendu la visite intéressante » (x5) « Cet endroit vaut vraiment le détour » (x3) « Il faut absolument le visiter » (x3) « Cela vaut certainement la peine de passer du temps et de faire des efforts » (x6) « Recommander pour une demi journée sur Tamatave » (x2) Mis à part le fait que nous avons deux fois plus de commentaires incitant les lecteurs à visiter le parc, on note encore une fois l’importance du guide ici jusqu’au point où les touristes eux- mêmes recommandent à plusieurs reprises d’en prendre pendant la visite : - « Assurez-vous d’avoir un guide extraordinaire comme Charly » - « Prenez un guide, sinon vous manquerez beaucoup de choses » Si nous nous basons sur ces discours, il est donc presque indispensable de prendre un guide étant donné qu’a priori la transmission de ces connaissances s’organise principalement autour de ce dernier même s’il y a la présence d’outils pédagogiques tout au long de la visite, comme ce commentaire que nous avons relevé sous le code Apprentissage : - « Notre guide était très bien informé et a ajouté beaucoup de choses par rapport à la simple lecture des panneaux à chaque enclos » 49
  • 50. Codage = Relatif à l’environnement, 32 références (Annexe p.86) « Un endroit magnifique où l’on trouve des animaux en voie de guérison qui, lorsqu’ils sont prêts, sont renvoyés dans leur habitat ». (x6) « Le parc Ivoloina est un groupe dévoué qui travaille à la conservation des lémuriens en fournissant une réserver sûre pour la population résidente tout en offrant un programme d’éducation environnementale très actif aux habitants et aux visiteurs » (x6) « Nous sommes repartir confiants que cet endroit, au moins, s’efforce de sauver la biodiversité particulière de Madagascar ». « Le parc doit être félicité pour ses projets éducatifs destinés aux écoliers et aux communautés locales, car il s’agit d’un travail si important» (x5) « Comprendre l’importance de la protection des lémuriens » « Il y a un centre d’agriculture expérimentale durable, ainsi qu’une petite boutique et une salle d’information » (x3) On constate ici les principaux éléments se référant aux notions environnementales qu’évoquent les touristes dans leurs discours. Nous comprenons un peu plus en détail sur le fait que les lémuriens ne sont pas tous en liberté et la raison pour laquelle ils sont en cage : - « Un endroit magnifique où l’on trouve des animaux en voie de guérison qui, lorsqu’ils sont prêts, sont renvoyés dans leur habitat » Nous voyons ici que l’objectif principal du parc, c’est-à-dire sensibiliser, faire comprendre le rôle/importance du parc, faire connaitre les richesses naturelles du territoire, a été saisi par les touristes. A l’aide des analyses et des codages précédents on peut alors commencer à réfuter certaines théories précédemment exposées comme par exemple le fait que le(s) guide(s) ne justifient pas pourquoi certains lémuriens se voient être en cages et donc créer des mécontentements. Nous voyons clairement ici que cela n’est pas le cas et qu’en partant du postulat que le touriste est accompagné d’un guide, systématiquement ces informations sont expliquées. A contrario cela renforce nos hypothèses sur le fait que ne pas prendre de guide empêche les touristes de comprendre certains points du parc mais aussi que les touristes indexés à la catégorie A sont pour la plupart à la recherche de plaisir et qu’ils n’ont pas pu ou su développer une conscience environnementale. 50