Toutel afonction

Management

Coordonné par
•  Bruno Bachy
•  Christine Harache
L’association Planète Urgence a pour objectif de favoriser
les initiatives des citoyens du Sud, de leur transmettre des savoir-faire,
et non de se substituer à eux
(http://www.planete-urgence.org/nous/planete-urgence.php).
Le groupe Cegos, depuis décembre 2002, soutient les projets de ses
salariés qui souhaitent participer à une mission humanitaire, en
partenariat avec l’Association.

© Dunod, Paris, 2010
ISBN 978-2-10-055674-8
Le Groupe Cegos, créé en 1926, figure parmi les leaders
mondiaux de la formation professionnelle. L’expertise de ses
consultants recouvre tous les domaines du management et du
développement des compétences : ressources humaines,
management et leadership, performance et organisation,
efficacité individuelle et collective, marketing et commercial,
management de projet, déploiement de grands dispositifs de
formation en France et à l’international.
Cegos emploie 1 200 collaborateurs et opère dans 30 pays à
travers le monde. Site : www.cegos.com
Liste des contributeurs

Géraldine Benoit-Cervantès
Ingé­­
nieur UTC, mana­­ des for­­ tions Cegos Mana­­ ment de l’in­
ger
ma­­
ge­­
novation, elle est aussi direc­­
trice du pro­­
gramme du mastère spé­­ lisé en
cia­­
mana­­ ment tech­­ lo­­
ge­­
no­­ gique et inno­­ tion en par­­ na­­ avec Grenoble
va­­
te­­ riat
École de mana­­ ment.
ge­­

L aurence Chabry
Mana­­ des for­­ tions Cegos Mana­­ ment commer­­ et rela­­ client,
ger
ma­­
ge­­
cial
tion
elle est cer­­ fiée Pra­­ cien PNL, Beyond Conflict©, Élé­­
ti­­
ti­­
ment Humain©,
Mediat Coaching.

Daniel Charoupis
Ingé­­
nieur Arts et Métiers, il est direc­­
teur adjoint de la For­­ tion interma­­
e
­ ntreprises chez Cegos.

A n­ ette Chazoule-Sou­­
n
lier
Mana­­ des for­­ tions Cegos Effi­­ cité pro­­ sion­­
ger
ma­­
ca­­
fes­­ nelle et parcours
professionnels. Chez Cegos, elle a été responsable de l’offre Formation de
formateurs et management de la formation, puis DRH.

Gilda Derouet
Psy­­ logue, psy­­ thé­­ peute, consul­­
cho­­
cho­­ ra­­
tante senior en déve­­ pe­­
lop­­ ment
per­­ nel, elle est à l’origine de la créa­­
son­­
tion de l’Institut d’expression, de
réflexion et d’évolution.

Christine Emptaz-Deluchey
Consul­­
tante senior en res­­
sources humaines et orga­­ sa­­
ni­­ tion, elle inter­
­
vient au tra­­ d’audits, de for­­ tions, coachings et conseil, en stra­­ gie,
vers
ma­­
té­­
mana­­ ment, pilo­­
ge­­
tage du chan­­ ment et effi­­ cité per­­ nelle.
ge­­
ca­­
son­­

5
Monique Fau­­
connier
Ancienne DRH, elle est aujourd’hui consul­­
tante sénior en res­­
sources
humaines et droit du tra­­
vail.

Philippe Gérard
Mana­­ des for­­ tions Cegos Commu­­ ca­­
ger
ma­­
ni­­ tion on-­ine et commu­­ ca­
l
ni­­ ­
tion gra­­
phique, il est aussi jour­­ liste et res­­ sable de commu­­ ca­­
na­­
pon­­
ni­­ tion.

Flo­­
rence Gillet-Goinard
Mana­­ des for­­ tions Cegos Qualité-­ anté-sécurité-environ­ ement et
ger
ma­­
s
n
déve­­ pe­­
lop­­ ment durable, elle conseille des entre­­
prises dans leur démarche
qua­­ et/ou QSE. Elle co-­ irige le mastère spé­­ lisé executive QSE-­ D
lité
d
cia­­
D
en col­­ bo­­ tion avec l’École natio­­
la­­ ra­­
nale des Mines de Paris.

Jean-­ rançois Goxe
F
Mana­­ des for­­ tions Cegos Commerce inter­­ tional, il a été direc­­
ger
ma­­
na­­
teur
d’entreprises en France comme à l’international.

Valérie Jaunasse
Mana­­ des for­­ tions Cegos Paie, droit et rela­­
ger
ma­­
tions sociales, elle a tra­
­
vaillé en RH pen­­
dant plus de dix ans dans des sec­­
teurs variés.

Jean Liguori
Res­­ sable logis­­
pon­­
tique des For­­ tions inter-­ ntreprises Cegos, ingé­ ieur
ma­­
e
n
du Conser­­ toire natio­­ des arts et métiers, il a été direc­­
va­­
nal
teur d’une
société de capi­­ li­­ tion et valo­­ sa­­
ta­­ sa­­
ri­­ tion des savoir-­ aire indus­­
f
triels.

Jérôme M aes
Ingé­­
nieur agro­­
nome et cer­­ fié en mana­­ ment de pro­­ PMI, il est
ti­­
ge­­
jet
mana­­ des for­­ tions Cegos Mana­­ ment de pro­­
ger
ma­­
ge­­
jets. Il dirige aussi le
pro­­
gramme du mastère spé­­ lisé en mana­­ ment et direc­­
cia­­
ge­­
tion de pro­­
jets
en par­­ na­­ avec l’école cen­­
te­­ riat
trale Paris.

L aurent M aimi
Ancien for­­ teur au CNAM, il est aujourd’hui mana­­ des offres de
ma­­
ger
for­­ tion Méthodes, pro­­ tion, main­­ nance, ser­­
ma­­
duc­­
te­­
vices géné­­
raux et
fonc­­
tion immo­­ lière Cegos. Il accom­­
bi­­
pagne aussi les entre­­
prises dans
l’optimisation de leur sys­­
tème de pro­­ tion.
duc­­

Philippe M arsal
Ingé­­
nieur ECAM de Lyon, il est mana­­
ger des for­­ tions Cegos
ma­­
Approvisionnements-logistique-­ ransports-supply chain. Il a exercé des
t
6
postes de mana­­ et de direc­­
ger
tion pen­­
dant plus de trente ans notam­­
ment
dans l’industrie auto­­ bile.
mo­­

Philippe Petit
Ingé­­
nieur Arts et Métiers, il est mana­­ des for­­ tions Cegos Achats et
ger
ma­­
co­ irige le pro­­
d
gramme du mastère spé­­ lisé Executive management de la
cia­­
fonction achats à Grenoble École de mana­­ ment.
ge­­

Benoit Pommeret
Ingé­­
nieur en génie ato­­
mique, il est mana­­ des for­­ tions Cegos Orga­
ger
ma­­
­
ni­­ tion, conseil, audit, sys­­
sa­­
tèmes d’information, ser­­
vices publics et accom­
­
pa­­ ment du chan­­ ment.
gne­­
ge­­

Jean-­M arie Pruvost
Consul­­
tant senior dans les domaines de la finance d’entreprise, il a plus
de trente-cinq ans d’expérience dans les mar­­
chés finan­­
ciers et de capi­­
taux,
notam­­
ment en tant que direc­­
teur finan­­ d’entreprise.
cier

Caroline Selmer
Mana­­ des for­­ tions Cegos en Contrôle de ges­­
ger
ma­­
tion et confé­­ cière
ren­­
en écoles de commerce, elle a exercé des res­­ sa­­ li­­ de direc­­
pon­­ bi­­ tés
teur du
contrôle de ges­­
tion dans des entre­­
prises indus­­
trielles et commer­­
ciales.

Michel Sion
Mana­­ des for­­ tions Cegos Finance-­ résorerie, droit des affaires et
ger
ma­­
t
risque client, il a exercé des res­­ sa­­ li­­ en contrôle de ges­­
pon­­ bi­­ tés
tion, credit
mana­­ ment, ges­­
ge­­
tion de tré­­ re­­ et reporting.
so­­ rie

Hélène Tellitocci
Mana­­ des for­­ tions Cegos Bureau­­
ger
ma­­
tique et micro-­nformatique, elle a
i
été res­­ sable micro-­nformatique dans un grand groupe.
pon­­
i

Sabrina Zorzetto
Spé­­ liste des rela­­
cia­­
tions humaines, for­­
mée à l’école de Palo Alto, Sabrina
Zorzetto a pen­­
dant plus de vingt ans ans, conseillé des clients en accom­
­
pa­­ ment au chan­­ ment, dans les sec­­
gne­­
ge­­
teurs public et privé au Canada
comme en France.

7
Pré­­
face

Les ouvrages sur le mana­­ ment sont légion. Si j’ai accepté avec un
ge­­
plai­­ tout par­­ cu­­ de pré­­ cer celui-­ i, c’est parce qu’il revêt,
sir
ti­­ lier
fa­­
c
je pense, trois carac­­ ris­­
té­­ tiques qui en font l’originalité et la valeur
ajou­­
tée.
Sa pre­­
mière carac­­ ris­­
té­­ tique, c’est qu’il s’agit d’un ouvrage col­
­
lec­­ pas moins de vingt-­ uatre auteurs ont par­­
tif :
q
tagé et confronté
leurs points de vue, leurs convic­­
tions, leurs expé­­
riences – toutes
dif­­ rentes – du monde de l’entreprise… avec tou­­ fois pour point
fé­­
te­­
commun ce que j’oserai appe­­ « la culture Cegos ».
ler
Cette « culture Cegos » porte en elle la deuxième carac­­ ris­­
té­­ tique
de l’ouvrage : une approche très opé­­ tion­­
ra­­ nelle, des­­ née à aider cha­
ti­­
­
cun dans l’exercice quo­­ dien de son métier. Une approche sérieuse
ti­­
mais pas aca­­ mique, car sans cesse enri­­
dé­­
chie par l’observation et
l’écoute de ce que vivent réel­­ ment nos clients et de ce qu’ils par­
le­­
­
tagent avec nous. Une approche visant à mettre à la por­­ de tous
tée
les mana­­
gers, quels que soient leur posi­­
tion ou leur pou­­
voir dans
l’organisation, les évo­­ tions que nous obser­­
lu­­
vons dans les entre­­
prises
aujourd’hui et les clés pour s’y adap­­ Une approche, enfin, gui­­
ter.
dée
par l’ouverture…
Cette ouver­­
ture nous mène à la troi­­
sième carac­­ ris­­
té­­ tique de
l’ouvrage, peut-­ tre la plus ori­­ nale : les 24 auteurs de ce livre ont
ê
gi­­
des pro­­ et des par­­
fils
cours pro­­ sion­­ extrê­­ ment dif­­ rents. Et
fes­­ nels
me­­
fé­­
si cha­­
cun d’eux porte un regard bien par­­ cu­­ sur l’exercice du
ti­­ lier
mana­­ ment, c’est parce que cha­­
ge­­
cun d’eux fonde ses convic­­
tions
sur son exper­­
tise, certes, mais sur­­
tout sur son expé­­
rience du ter­­
rain.
C’est d’ailleurs pro­­ ble­­
ba­­ ment ce qui leur a per­­ de s’accorder sur
mis
l’observation sui­­
vante : le mana­­ « tech­­ cien pur » dans sa tour
ger
ni­­
d’ivoire a vécu… place aux compé­­
tences trans­ erses !
v

9
Je vous pro­­
pose donc de décou­­
vrir, aux côtés des 24 auteurs
de cet ouvrage, les compé­­
tences qui font la dif­­ rence et de mieux
fé­­
comprendre ce qui per­­
met aujourd’hui de mana­­ avec plai­­ et
ger
sir
agi­­
lité.
Jacques Coquerel
Pré­­
sident du Groupe Cegos

10
Table des matières

Liste des contributeurs

5

Pré­­
face

9

Intro­­ tion
duc­­

15

Partie 1
Savoirs
Chapitre 1	

Connaître son envi­­ ne­­
ron­­ ment

17

CC L’environnement éco­­ mique de l’entreprise
no­­
ra­­
ciers
CC Les impé­­ tifs finan­­

23

dique
CC L’environnement juri­­

33

no­­ gique de proxi­­
mité du mana­­
ger
CC L’environnement tech­­ lo­­

Chapitre 2	

18

39

Contri­­
buer à la stra­­ gie de l’entreprise
té­­

49

CC Les fon­­ men­­
da­­ taux de la stra­­ gie
té­­

50

nos­­
té­­
CC Le diag­­ tic stra­­ gique

51

té­­
CC Le choix de la stra­­ gie

62

ment de la stra­­ gie
té­­
CC Le déploie­­

70

11
Chapitre 3	

Appré­­
hen­­
der la pro­­ ma­­
blé­­ tique de la ges­­
tion
des risques
77
CC La pro­­ ma­­
blé­­ tique de la ges­­ des risques
tion

78

to­­ phie des risques
CC La car­­ gra­­

85

ni­­
po­­ tif
tion
CC La défi­­ tion et la mise en place du dis­­ si­­ de ges­­ des
risques
89
ciers
CC Les risques finan­­
triels et envi­­ ne­­ taux
ron­­ men­­
CC Les risques indus­­

94
106

Partie 2
Savoir-faire
Chapitre 4	

119

CC Du bud­­ de l’entreprise à celui de son acti­­
get
vité

120

vi­­ nel
li­­ tion
CC Du pré­­ sion­­ au suivi de la réa­­ sa­­

Chapitre 5	

Pilo­­ la per­­ mance et l’activité
ter
for­­

133

Aug­­
men­­ le niveau de per­­ mance durable
ter
for­­
de l’entreprise
143
CC Garan­­ la qua­­ des pres­­ tions réa­­ sées
tir
lité
ta­­
li­­
buer au déve­­ pe­­
lop­­ ment durable
CC Contri­­

155

pec­­
CC Res­­ ter l’éthique dans les affaires

Chapitre 6	

144
165

Fidéliser le client

169

CC Les enjeux éco­­ miques de la satis­­
no­­
faction des clients

171

tions d’une rela­­ client durable
tion
CC Les condi­­

180

ports de la rela­­ client
tion
CC Les sup­­

187

faction client : un défi col­­ tif
lec­­
CC La satis­­

191

teur
faction des clients
CC Le fac­­ humain dans la satis­­

198

12
Chapitre 7	

Inno­­ et capi­­ li­­
ver
ta­­ ser les pra­­
tiques

205

CC Savoir inno­­
ver
ci­­
ti­­
CC Sus­­ ter la créa­­ vité de son équipe 

215

ger
sance
CC Mana­­ la connais­­

Chapitre 8	

206
223

Le rôle RH du mana­­ ment
ge­­

233

CC Recru­­
ter
tifs
té­­
CC Fixer des objec­­ en phase avec la stra­­ gie

239

luer
for­­
la­­ ra­­
CC Éva­­ la per­­ mance des col­­ bo­­ teurs

243

ger
diques
CC Mana­­ dans le respect des règles juri­­

Chapitre 9	

234

247

Déve­­ per son effi­­ cité per­­ nelle
lop­­
ca­­
son­­

269

CC Gérer le temps et les prio­­ tés
ri­­

270

CC Gagner du temps et s’organiser avec les TIC

285

CC Gagner du temps et s’organiser avec les 5 S

293

CC Gérer l’information

302

ter
CC Savoir résis­­ au stress

308

Chapitre 10	 Réus­­ sa commu­­ ca­­
sir
ni­­ tion orale
et écrite

321

CC Prendre la parole en public

322

ni­­
ca­­ ment à l’écrit
CC Commu­­ quer effi­­ ce­­

336

Partie 3
Savoir-être
Chapitre 11	 Ani­­
mer, moti­­ et déve­­ per les compé­­
ver
lop­­
tences de ses col­­ bo­­ teurs
la­­ ra­­
349
CC Ani­­ une équipe
mer

350

ver
CC Moti­­ une équipe

356

13
CC Déve­­ per les compé­­
lop­­
tences des col­­ bo­­ teurs
la­­ ra­­

362

guer ou l’art de res­­ sa­­ li­­
pon­­ bi­­ ser
CC Délé­­

364

pa­­
ge­­
CC Accom­­ gner le chan­­ ment

370

Chapitre 12	 Tra­­
vailler en mode trans­­ sal
ver­­

375

CC L’enjeu de la transversalité pour le mana­­
ger

376

lop­­
tions de coopé­­ tion
ra­­
CC Déve­­ per des rela­­

380

la­­ rer
jet
CC Col­­ bo­­ en mode pro­­

393

Chapitre 13	 Opti­­ ser son effi­­ cité rela­­
mi­­
ca­­
tion­­
nelle

415

CC Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité
ca­­

416

sion
CC Prendre en compte la dimen­­ inter­ ultu­­
c relle

432

ner
cier, sua­­
CC Entraî­­ l’adhésion : négo­­ per­­ der, influ­­ cer
en­­

442

CC Gérer les conflits

458

Chapitre 14	 Gérer sa car­­
rière dans la durée

471

CC Construire son réseau rela­­ nel
tion­­

472

ver
libre entre vie pro­­ sion­­
fes­­ nelle
CC Trou­­ un équi­­
et vie pri­­
vée

479

tifs
CC Se fixer des objec­­ en accord avec ses valeurs
pro­­
fondes

486

Biblio­­ phie
gra­­

491

Index

495

14
Intro­­ tion
duc­­

Définir le management n’est pas chose aisée. La plupart des
auteurs en ont donné leur définition. Le mot « management » est
aujourd’hui très usité et associé à de nombreuses disciplines. On
manage ainsi la qualité, les projets, les hommes,…
Naguère orienté sur la gestion des ressources et les techniques
d’organisation, le management a évolué vers l’art de diriger les
hommes afin qu’ils donnent le meilleur d’eux-mêmes.
Un certain nombre de caractéristiques permettent d’identifier
une posture de manager :
✓✓ la responsabilité et le pilotage d’une activité ou d’un service pour
atteindre les résultats attendus ;
✓✓ un degré d’autonomie ;
✓✓ un pouvoir de décision.
Pour beaucoup de managers, les compétences techniques sont le
socle de la fonction. Elles sont indispensables, mais elles ne sont pas
suffisantes. En effet, les principales missions dévolues au manager ne
s’appuient pas sur son expertise technique. On attend notamment
de lui qu’il soit en capacité de :
✓✓ déployer la stratégie de l’entreprise ;
✓✓ fixer les objectifs et organiser le service ;
✓✓ gérer et motiver l’équipe ;
✓✓ gérer un budget et faire un reporting au niveau supérieur ;
✓✓ avoir des relations avec les clients internes ou externes à
l’entreprise ;
✓✓ négocier avec ses interlocuteurs ;
✓✓ assurer la qualité de son activité ;
✓✓ garantir le développement, la pérennité et l’amélioration continue
de son activité.

15
Dans cet ouvrage, nous avons souhaité présenter ce corpus de
compétences transverses et communes à tous les managers quels que
soient leur métier et celui de leur entreprise.
La première partie, consacrée aux savoirs, repositionne l’entreprise
dans son environnement et explicite ses choix stratégiques. Le
manager se doit d’appréhender ses notions pour jouer efficacement
son rôle de pédagogie et d’entraînement vis-à-vis des équipes.
La deuxième partie est consacrée aux savoir-faire principaux
du poste. Elle porte sur le pilotage de l’activité, la qualité, le
développement durable, la satisfaction client, l’innovation et
l’efficacité personnelle.
La troisième partie est orientée sur la dimension savoir-être.
Elle porte principalement sur le management, la relation et la
coopération. Elle se conclut par une réflexion sur la gestion de sa
carrière et sur l’équilibre entre vie privée et professionnelle.

16
Savoirs

Chapitre 1

Les ques­­
tions aux­­
quelles répond ce cha­­
pitre
no­­
cier
◆◆ Quel est l’impact de l’environnement éco­­ mique et finan­­
sur l’entreprise ?
nir
prise finan­­ re­­
ciè­­ ment per­­ mante ?
for­­
◆◆ Comment défi­­ une entre­­

Savoir-faire

Connaître
son envi­­ ne­­
ron­­ ment

◆◆ Quels sont les prin­­
cipes juri­­
diques à connaître ?
◆◆ Comment l’environnement tech­­ lo­­
no­­ gique impacte le mana­­
ger

17

Savoir-être

au quo­­ dien ?
ti­­
1 • Connaître
son envi­­ ne­­
ron­­ ment

L’environnement éco­­ mique de l’entreprise
no­­
Les impé­­ tifs finan­­
ra­­
ciers
L’environnement juri­­
dique
L’environnement tech­­ lo­­
no­­ gique

Une bonne connais­­
sance de son envi­­ ne­­
ron­­ ment éco­­ mique,
no­­
juri­­
dique, tech­­ lo­­
no­­ gique et finan­­ per­­ à l’entreprise d’anticiper.
cier met
Loin de subir cet envi­­ ne­­
ron­­ ment, elle doit au contraire s’appuyer
sur les évo­­ tions pré­­ sibles pour bâtir son ave­­ et satis­­
lu­­
vi­­
nir
faire ses
clients, ses sala­­ et ses action­­
riés
naires.

CC L’environnement éco­­ mique
no­­
de l’entreprise
Le rôle des Banques cen­­
trales
PRINCIPES CLÉS

Les Banques cen­­
trales sont char­­
gées de
défi­­ la poli­­
nir
tique moné­­
taire de leur
•	 La poli­­
tique éco­­ mique
no­­
zone d’intervention et de prendre les
repose sur deux leviers : la poli­
­
tique moné­­
taire menée par la
déci­­
sions néces­­
saires à sa mise en œuvre.
Banque cen­­
trale et la poli­­
tique
À ce titre elles doivent assu­­ et
rer
bud­­ taire conduite par l’État.
gé­­
main­­ nir la valeur de la mon­­
te­­
naie et
•	 Les entre­­
prises ne peuvent plus
donc la sta­­ lité des prix et le pou­­
bi­­
voir
s’affranchir du contexte de mar­
­
d’achat. Dans la plu­­
part des pays, le
ché mon­­
dial.
prin­­ pal objec­­ est de main­­ nir une
ci­­
tif
te­­
•	 Les mar­­
chés finan­­
ciers
infla­­
tion faible (entre 1  et  2  %). Mais
impactent direc­­ ment la ren­­ ­
te­­
ta­
cer­­
taines Banques cen­­
trales comme
bi­­ des entre­­
lité
prises.
la FED (Federal Re­ erve) aux USA
s
s’attachent aussi à pro­­
mou­­ un mini­
voir
­
mum de crois­­
sance de l’économie.
Au niveau euro­­
péen pour les pays de la Zone euro, la poli­­
tique
moné­­
taire est menée par la Banque cen­­
trale euro­­
péenne qui est
indé­­ dante des États.
pen­­
Les prin­­ paux ins­­ ments de la poli­­
ci­­
tru­­
tique moné­­
taire des Banques
cen­­
trales sont :
✓✓ le pilo­­
tage des taux direc­­
teurs et les mon­­
tants prê­­ aux
tés
banques ;
✓✓ la conduite de la poli­­
tique de change.
18
Le taux de change d’une mon­­
naie est déter­­
miné par la loi de
l’offre et de la demande. Son niveau est influ­­
encé par les soldes des
balances commer­­
ciales et des paie­­
ments qui déter­­
minent le niveau
des réserves en devises accu­­ lées par les Banques cen­­
mu­­
trales.
Les Banques cen­­
trales dis­­
posent par ailleurs de deux leviers
d’intervention pour influ­­ cer le taux de change de sa devise :
en­­
✓✓ Le niveau de ses taux d’intérêts qui rend la devise plus ou moins
attrac­­ pour les inves­­ seurs inter­­ tionaux. Elle agit par ses taux
tive
tis­­
na­­
direc­­
teurs qui déter­­
minent ensuite ceux du mar­­ moné­­
ché
taire.
✓✓ Ses inter­­ tions directes sur le mar­­ des changes. Elle va ainsi
ven­­
ché
ache­­ ou vendre des devises en fonc­­ de sa volonté d’influencer
ter
tion
le taux de change de sa devise par rap­­
port à une autre devise.
19

Savoir-faire

La conduite de la poli­­
tique de change

Savoir-être

Le pilo­­ des taux direc­­
tage
teurs est le prin­­ pal moyen pour une Banque
ci­­
cen­­
trale d’agir sur l’économie. Lorsque le taux d’intérêt baisse, les
agents éco­­ miques empruntent davan­­
no­­
tage pour ache­­ ce qui pro­
ter,
­
voque une hausse de la demande et donc une ten­­
dance à la hausse des
prix. Le méca­­
nisme est inverse lorsque le taux d’intérêt monte.
La Banque cen­­
trale uti­­ trois taux direc­­
lise
teurs dif­­ rents :
fé­­
✓✓ Le taux des opé­­ tions prin­­ pales de re­ nan­­ ment. Par des opé­
ra­­
ci­­
fi ce­­
­
ra­­
tions de prêt aux banques, la Banque cen­­
trale injecte des liqui­
­
di­­ sur le mar­­ inter-­ ancaire. Elle déter­­
tés
ché
b
mine ainsi la quan­­
tité
de mon­­
naie prê­­ et le taux auquel les banques se re­ nancent.
tée
fi
✓✓ Le taux de prêt mar­­ nal. Le besoin de liqui­­
gi­­
dité des banques
peut aug­­ ter bru­­ le­­
men­­
ta­­ ment. Elles ont la pos­­ bi­­ d’emprunter
si­­ lité
auprès de la Banque cen­­
trale lorsqu’elles n’ont pas trouvé les
liqui­­ tés entre elles.
di­­
✓✓ Le taux de dépôt, c’est le taux de rémunération des dépôts des
banques auprès de la BCE. Les banques doivent consti­­
tuer des
réserves auprès de la Banque cen­­
trale. Cette der­­
nière les rému­
­
nère à un taux qu’elle déter­­
mine.
Les taux direc­­
teurs de la BCE déter­­
minent le niveau des taux
d’intérêts sur le mar­­ moné­­
ché
taire et donc les condi­­
tions aux­­
quelles
les entre­­
prises se financent.

Savoirs

Les taux direc­­
teurs de la Banque cen­­
trale euro­­
péenne (BCE)
1 • Connaître
son envi­­ ne­­
ron­­ ment

L’environnement éco­­ mique de l’entreprise
no­­
Les impé­­ tifs finan­­
ra­­
ciers
L’environnement juri­­
dique
L’environnement tech­­ lo­­
no­­ gique

Le rôle des États
La poli­­
tique bud­­ taire déter­­
gé­­
mine les pré­­ ve­­
lè­­ ments obli­­ toires et
ga­­
leur affec­­ tion. Depuis la créa­­
ta­­
tion de la mon­­
naie unique, seule la
poli­­
tique bud­­ taire est du res­­ des États. Dans la Zone euro, la
gé­­
sort
poli­­
tique moné­­
taire est désor­­
mais conduite par la BCE.
La poli­­
tique bud­­ taire des États a une inci­­
gé­­
dence immé­­
diate sur
la crois­­
sance du PIB. En effet, on peut frac­­ ner le cal­­ du PIB
tion­­
cul
d’une éco­­ mie en sui­­
no­­
vant les compo­­
santes de la demande :
PIB = Consom­­ tion des ménages et admi­­ tra­­
ma­­
nis­­ tions
+ Inves­­ se­­
tis­­ ments des entre­­
prises et admi­­ tra­­
nis­­ tions
+ Échanges exté­­
rieurs (expor­­ tions – impor­­ tions)
ta­­
ta­­
Cha­­
cune de ces compo­­
santes apporte sa contri­­ tion à la crois­
bu­­
­
sance du PIB.
Les États jouent un rôle signi­­ ca­­ dans la conduite de la crois­
fi­­ tif
­
sance éco­­ mique en par­­ cu­­ par leur impact sur la demande.
no­­
ti­­ lier
Ils agissent sur la demande direc­­ ment par l’investissement et la
te­­
dépense publique. Les poli­­
tiques fis­­
cales et sociales influ­­
encent éga­
­
le­­
ment la demande pri­­
vée.
Les États inter­­
viennent mas­­ ve­­
si­­ ment par la dépense publique
pour sou­­ nir l’économie lorsque la demande des ménages et
te­­
l’investissement des entre­­
prises font défaut. C’est la situa­­
tion que
nous avons ren­­
contrée à la suite de la crise finan­­
cière de 2008, où
les États, pour faire face à un effon­­ ment de la demande pri­­
dre­­
vée
ont mas­­ ve­­
si­­ ment par la dépense publique sou­­
tenu l’activité des entre­
­
prises.
La poli­­
tique bud­­ taire demeure du res­­ de chaque État. Néan­
gé­­
sort
­
moins la coor­­ na­­
di­­ tion des poli­­
tiques bud­­ taires, dans des éco­­ ­
gé­­
no­
mies de plus en plus inter­­ pen­­
dé­­ dantes, s’avère davan­­
tage néces­­
saire.
La crise finan­­
cière de 2008 et les dif­­ rents plans de relance ont
fé­­
mis en évi­­
dence la néces­­ d’une coor­­ na­­
sité
di­­ tion plus déve­­ pée des
lop­­
poli­­
tiques bud­­ taires tant au niveau euro­­
gé­­
péen qu’international.

20
La mon­­ li­­ tion des échanges
dia­­ sa­­

Dans les groupes inter­­ tionaux ayant des usines dans de nom­­
na­­
breux
pays, la pro­­ tion n’est plus exclu­­ ve­­
duc­­
si­­ ment réa­­ sée dans le pays où
li­­
les pro­­
duits sont ven­­
dus. En effet, la par­­ du commerce inter­­ ­
tie
na­
tional qui se déve­­
loppe le plus est celle des échanges entre filiales
d’un même groupe.
Une spé­­ li­­ tion des uni­­ de pro­­ tion conduit à fabri­­
cia­­ sa­­
tés
duc­­
quer
les compo­­
sants dans plu­­
sieurs pays en fonc­­
tion soit des coûts de
pro­­ tion, soit de la dis­­ ni­­ lité des pro­­
duc­­
po­­ bi­­
duits de base, soit de
l’implantation des clients. Ainsi de nom­­
breux sous-­ raitants sont
t
ame­­ à rap­­ cher leurs uni­­ de pro­­ tion des usines de leurs
nés
pro­­
tés
duc­­
prin­­ paux clients.
ci­­
Les délocalisations ont pour effet de concen­­ la pro­­ tion
trer
duc­­
dans les pays à bas coûts. Les pays déve­­ pés ne conservent de plus
lop­­
en plus sou­­
vent que la recherche et le déve­­ pe­­
lop­­ ment, le mar­­ ting
ke­­
et la dis­­ bu­­
tri­­ tion.
L’ouver­­
ture des mar­­
chés

Savoir-faire

L’inter­­ tiona­­ sation de la pro­­
na­­
li­­
duc­­
tion

Savoirs

La mon­­ li­­ tion des échanges se tra­­
dia­­ sa­­
duit par deux effets majeurs :
✓✓ l’internationalisation de la pro­­ tion ;
duc­­
✓✓ l’ouverture des mar­­
chés.

21

Savoir-être

La sup­­ sion des fron­­
pres­­
tières et des droits de douane, le déve­­ pe­
lop­­ ­
ment des accords commer­­
ciaux de grande ampleur et les règles de la
concur­­
rence amènent les entre­­
prises d’un pays à être en concur­­
rence
directe avec les entre­­
prises du monde entier.
Le déve­­ pe­­
lop­­ ment du e-­ ommerce, à la por­­ des entre­­
c
tée
prises de
toutes tailles, met le client (indi­­
vidu ou entre­­
prise) à une por­­ de
tée
clic d’une entre­­
prise très éloi­­
gnée phy­­ que­­
si­­ ment. Il n’a jamais été
aussi facile de tou­­
cher une très grande quan­­ de clients.
tité
1 • Connaître
son envi­­ ne­­
ron­­ ment

L’environnement éco­­ mique de l’entreprise
no­­
Les impé­­ tifs finan­­
ra­­
ciers
L’environnement juri­­
dique
L’environnement tech­­ lo­­
no­­ gique

La financiarisation de l’économie
Le bas­­ le­­
cu­­ ment vers un modèle anglo-­ axon
s

Depuis le début des années 1980 s’est engagé un pro­­ sus de déré­
ces­­
­
gle­­ ta­­
men­­ tion pro­­ sif des mar­­
gres­­
chés finan­­
ciers. En France, les
réformes les plus impor­­
tantes se situent en 1984-1985 où les auto­­ ­
ri­
tés sim­­ fient l’accès au mar­­ obli­­ taire et per­­
pli­­
ché
ga­­
mettent l’émission
de papier commer­­
cial. La France lance éga­­ ment à cette époque le
le­­
pre­­
mier mar­­ à terme d’Europe conti­­ tale (le MATIF). Ces
ché
nen­­
muta­­
tions nous amènent à bas­­ ler pro­­ si­­ ment vers un modèle
cu­­
gres­­ ve­­
de capi­­ lisme de type anglo-­ axon.
ta­­
s
Ce modèle se carac­­ rise par un recours mas­­ aux mar­­
té­­
sif
chés
finan­­
ciers et par la déten­­
tion du capi­­ des entre­­
tal
prises par les inves­
­
tis­­
seurs ins­­ tution­­ qui assurent la ges­­
ti­­
nels
tion de l’épargne (SICAV,
compa­­
gnies d’assurance, etc.).
Cette évo­­ tion a des impli­­ tions directes dans la conduite des
lu­­
ca­­
entre­­
prises. En effet, la puis­­
sance de la finance contem­­ raine pro­
po­­
­
vient du fait que les inves­­ seurs, tout en demeu­­
tis­­
rant mino­­ taires,
ri­­
ont imposé un mode de gou­­ nance des entre­­
ver­­
prises. La gou­­ ­
ver­
nance contraint à présent le mana­­ à agir au pro­­ de l’actionnaire.
ger
fit
Concrè­­ ment cela s’effectue par les contacts directs entre les ges­
te­­
­
tion­­
naires de fonds, les ana­­
lystes finan­­
ciers, les agences de nota­­
tion
et la direc­­
tion de l’entreprise. Ces dif­­ rents acteurs pèsent sur la
fé­­
stra­­ gie et la ges­­
té­­
tion des entre­­
prises.
La financiarisation agit éga­­ ment au plus pro­­
le­­
fond de l’entreprise,
par exemple le temps n’est plus la seule unité de mesure du tra­­ et
vail
de sa valo­­ sa­­
ri­­ tion. La rému­­ ra­­
né­­ tion du sala­­ tend à être davan­­
rié
tage
dépen­­
dante des per­­ mances finan­­
for­­
cières de l’entreprise et de son
cours de bourse (sto­­ options).
cks

22
CC Les impé­­ra­­tifs finan­­ciers
Les exi­­
gences des appor­­
teurs
de capi­­
taux

PRINCIPES CLÉS

Prê­­
teurs et action­­
naires sont les deux
appor­­
teurs de capi­­
taux d’une entre­­
prise.
Ils par­­
tagent donc un inté­­ commun
rêt
pour l’entreprise qu’ils financent, mais
cha­­ avec une exi­­
cun
gence propre direc­
­
te­­
ment liée à la nature de son inves­­ se­
tis­­ ­
ment et à sa prise de risque.

•	 Pour atti­­ les capi­­
rer
taux,
l’entreprise doit s’afficher
comme sol­­
vable et ren­­
table.

Savoir-faire

L’expansion des mar­­
chés finan­­
ciers et des fonds de pen­­
sion ou de
pla­­ ment ont amené les inves­­ seurs finan­­
ce­­
tis­­
ciers à inves­­ leurs capi­
tir
­
taux dans des entre­­
prises étran­­
gères.
Le déve­­ pe­­
lop­­ ment du private equity et des opé­­ tions de LBO
ra­­
(Leverage Buy Out) ont conduit de nom­­
breuses socié­­ à avoir pour
tés
action­­
naires majo­­ taires des inves­­ seurs finan­­
ri­­
tis­­
ciers inter­­ tionaux.
na­­
Ceux-­ i sont beau­­
c
coup plus exi­­
geants sur la ren­­ bi­­ éco­­ mique
ta­­ lité
no­­
et sur le retour sur les capi­­
taux qu’ils ont inves­­ Ils portent une
tis.
atten­­
tion par­­ cu­­
ti­­ lière au ROE (Return On Equity : retour sur les
capi­­
taux propres) et aux divi­­
dendes ver­­
sés.
Béné­­
fices après impôts
ROE = 
Capi­­
taux propres
Le niveau attendu de ce retour étant appré­­ au niveau mon­­
cié
dial,
il met les entre­­
prises en compé­­
tition à ce niveau. Cela conduit les
diri­­
geants à cher­­
cher à obte­­ des résul­­ à court terme plus éle­
nir
tats
­
vés, au détriment par­­ d’investissements à plus long terme.
fois

Savoirs

Ouver­­
ture du capi­­ des entre­­
tal
prises aux capi­­
taux étran­­
gers

•	 Solvabilité et rentabilité ne se
décrètent pas, mais résultent
de l’action quo­­ dienne de
ti­­
l’ensemble des acteurs de
l’entreprise.

Pour le prê­­
teur, la pré­­ cu­­ tion est d’estimer si l’entreprise sera
oc­­ pa­­
en mesure de faire face à ses enga­­ ments finan­­
ge­­
ciers à court et
long terme. Il doit pré­­ sé­­
ci­­ ment éva­­ le risque qu’il encourt pour
luer
déter­­ ner la rému­­ ra­­
mi­­
né­­ tion qu’il attend. En consé­­
quence, le coût
23

Savoir-être

Exi­­
gence de sol­­ bi­­
va­­ lité
1 • Connaître
son envi­­ ne­­
ron­­ ment

L’environnement éco­­ mique de l’entreprise
no­­
Les impé­­ tifs finan­­
ra­­
ciers
L’environnement juri­­
dique
L’environnement tech­­ lo­­
no­­ gique

du finan­­ ment pour l’entreprise sera donc très direc­­ ment lié au
ce­­
te­­
risque d’insolvabilité qu’elle pré­­
sente aux yeux du prê­­
teur.
En règle géné­­
rale, cette appré­­ tion du risque est réa­­ sée par
cia­­
li­­
l’établissement finan­­
cier. Pour les entre­­
prises qui émettent direc­­ ­
te­
ment sur les mar­­
chés finan­­
ciers, l’appréciation est réa­­ sée par une
li­­
agence de nota­­
tion finan­­
cière. Les agences délivrent une note cré­­
dit.
Stan­­
dard  Poor’s, Moody’s et Fitch sont les prin­­ pales agences de
ci­­
nota­­
tion (ou de rating).
L’évaluation du risque repose sur une bat­­ rie de ratios finan­­
te­­
ciers
et plus par­­ cu­­ re­­
ti­­ liè­­ ment sur deux aspects : le niveau d’endettement
et la capa­­ de rem­­
cité
bour­­ ment.
se­­
Le niveau d’endettement

À la dif­­ rence des capi­­
fé­­
taux propres, les dettes finan­­
cières sont rem­
­
bour­­
sables. L’importance rela­­
tive des capi­­
taux propres consti­­
tue
donc la marge de sécu­­ du finan­­ ment de l’entreprise. Ainsi, il
rité
ce­­
est logique que l’on compare le mon­­
tant total des dettes finan­­
cières
à celui des capi­­
taux propres.
Ratio d’endettement (ou gearing)
Ratio d’endettement =

Dettes finan­­
cières totales
Capi­­
taux propres

Il mesure le niveau accep­­
table d’endettement d’une société compte tenu de
l’importance des capi­­
taux non rem­­
bour­­
sables.
Le ratio idéal est infé­­
rieur à 1  ou  100  % : pas plus de dettes finan­­
cières à
rem­­
bour­­ et por­­
ser
tant inté­­
rêts que de capi­­
taux propres. Cer­­
taines opé­­ tions
ra­­
dites à effet de levier sont faites avec un niveau d’endettement plus fort. Il s’agit
notam­­
ment des opé­­ tions de LBO (Leverage Buy Out) pou­­
ra­­
vant atteindre 4
ou 400 %. Natu­­ le­­
rel­­ ment le risque finan­­
cier est alors beau­­
coup plus impor­
­
tant et en cas de dif­­ cultés (baisse du CA ou des résul­­
fi­­
tats, défaillance d’un
client…) la société peut être très vite dans l’impossibilité de rem­­
bour­­ sa
ser
dette et dans l’obligation de rené­­ cier avec ses ban­­
go­­
quiers.

24
Lorsque l’on sous­­ un emprunt, il faut être capable de le rem­
crit
­
bour­­ dans un délai rai­­ nable. La capa­­ de rem­­
ser
son­­
cité
bour­­ ment se
se­­
mesure par le ratio sui­­
vant :
Dettes finan­­
cières totales
Capa­­ de rem­­
cité
bour­­ ment = 
se­­
Cash Flow
Le rem­­
bour­­ ment de l’échéance d’un emprunt consti­­ une opé­­ ­
se­­
tue
ra­
tion de tré­­ re­­ et n’est pas inté­­ dans le compte de résul­­ (seuls les
so­­ rie
gré
tat
inté­­ sont une charge). C’est donc le flux de tré­­ re­­ de l’exploitation
rêts
so­­ rie
(ou cash flow) qui doit per­­
mettre le paie­­
ment des échéances en capi­­
tal
des emprunts. Ce ratio ne doit pas dépas­­ 4 ou 5 années.
ser
Cette limite, même si les emprunts sont sou­­
vent contrac­­ sur
tés
des périodes plus longues, s’explique parce que le flux de tré­­ re­
so­­ ­
rie annuel n’est pas tota­­ ment consa­­ au rem­­
le­­
cré
bour­­ ment des
se­­
emprunts. Il doit aussi per­­
mettre le finan­­ ment des inves­­ se­­
ce­­
tis­­ ments
cou­­
rants et le ver­­ ment des divi­­
se­­
dendes aux action­­
naires.

Savoirs

La capa­­
cité de rem­­
bour­­ ment
se­­

Les clefs de la per­­ mance finan­­
for­­
cière
La per­­ mance finan­­
for­­
cière d’une entre­­
prise repose sur trois dimen­
­
sions essen­­
tielles :
25

Savoir-être

Les action­­
naires attendent des fonds inves­­ dans les capi­­
tis
taux propres
une rému­­ ra­­
né­­ tion en confor­­
mité avec les rému­­ ra­­
né­­ tions pro­­ sées
po­­
par les inves­­ se­­
tis­­ ments du même type sur les mar­­
chés finan­­
ciers.
La rému­­ ra­­
né­­ tion moyenne des fonds propres s’évalue avec le ratio
de ren­­ bi­­ finan­­
ta­­ lité
cière ou Return On Equity (ROE).
Béné­­
fices après impôts
ROE = 
Capi­­
taux propres
Cette rému­­ ra­­
né­­ tion n’étant pas garan­­ elle est géné­­ le­­
tie,
ra­­ ment
supé­­
rieure à celle exi­­ par les prê­­
gée
teurs, car elle comprend une
prime de risque.
Pour les action­­
naires, la rému­­ ra­­
né­­ tion de leurs capi­­
taux inves­­
tis
est consti­­
tuée par les béné­­
fices réa­­ sés par l’entreprise. Ces béné­­
li­­
fices
sont dis­­ bués sous forme de divi­­
tri­­
dendes ou mis en réserves pour
contri­­
buer à l’autofinancement des inves­­ se­­
tis­­ ments.

Savoir-faire

Exi­­
gence de ren­­ bi­­
ta­­ lité
1 • Connaître
son envi­­ ne­­
ron­­ ment

L’environnement éco­­ mique de l’entreprise
no­­
Les impé­­ tifs finan­­
ra­­
ciers
L’environnement juri­­
dique
L’environnement tech­­ lo­­
no­­ gique

✓✓ une struc­­
ture finan­­
cière saine qui garan­­ la sécu­­ et la flexi­
tit
rité
­
bi­­ de l’entreprise ;
lité
✓✓ une ren­­ bi­­ ou per­­ mance opé­­ tion­­
ta­­ lité
for­­
ra­­ nelle éle­­
vée ;
✓✓ des cash flows pour inves­­ et rému­­ rer les appor­­
tir
né­­
teurs de capi­­
taux.
Une struc­­
ture finan­­
cière équi­­ brée
li­­

Pour réa­­ ser son acti­­ et pro­­
li­­
vité
duire des résul­­
tats, l’entreprise doit à
la fois finan­­ ses inves­­ se­­
cer
tis­­ ments (immo­­ li­­ tions d’actifs à long
bi­­ sa­­
terme) et les besoins de finan­­ ment du cycle d’exploitation (sto­­
ce­­
cks
de matières pre­­
mières et de pro­­
duits finis, encours de pro­­ tion,
duc­­
créances sur les clients et les débi­­
teurs divers). Elle pos­­
sède donc des
actifs à long terme et à court terme, et en contre­­ tie va se finan­­
par­­
cer
à long terme et à court terme.
Il importe donc de main­­ nir un équi­­
te­­
libre entre la struc­­
ture
finan­­
cière à long terme et celle à court terme. C’est l’équilibre entre
le haut de bilan (long terme) et le bas de bilan (court terme).
La struc­­
ture finan­­
cière d’une entre­­
prise se syn­­ tise de la façon
thé­­
sui­­
vante :
Figure 1.1 ■ La struc­­
ture finan­­
cière

Immobilisations

Capitaux
propres
Emprunts
à LMT

BFR

Actifs circulants
d’exploitation
Stocks
Créances client

Excédents de trésorerie

26

FR

Dettes
d’exploitation
Fournisseurs
Autres dettes d’exploitation

Crédits de
trésorerie

TN
La struc­­
ture finan­­
cière d’une entre­­
prise s’exprime donc par cette
équa­­
tion :
BFR = FR + TN

Fonds de roulement (FR)

Besoin en fonds de
roulement (BFR)

Trésorerie nette (TN)

Le fonds de rou­­ ment
le­­

Savoirs

Figure 1.2 ■ Le bilan fonc­­ nel
tion­­

Le fonds de rou­­ ment = Capi­­
le­­
taux propres + Emprunts à long
et moyen terme – Immo­­ li­­ tions
bi­­ sa­­
Le fonds de rou­­ ment doit donc être posi­­ C’est une règle d’or.
le­­
tif.
Le fonds de rou­­ ment posi­­ consti­­ une res­­
le­­
tif
tue
source finan­­
cière sécu­
­
risée car à long terme. Elle va per­­
mettre de complé­­ les finan­­ ments
ter
ce­­
à court terme néces­­
saires au finan­­ ment de l’activité cou­­
ce­­
rante.

Savoir-faire

Le fonds de rou­­ ment est l’excédent de capi­­
le­­
taux à long terme sur
les inves­­ se­­
tis­­ ments à long terme, c’est-à-dire les immo­­ li­­ tions. Pour
bi­­ sa­­
finan­­ ses immo­­ li­­ tions, une entre­­
cer
bi­­ sa­­
prise mobi­­ des capi­­
lise
taux
propres (auto­­ nan­­ ment) et de la dette finan­­
fi­­ ce­­
cière à long terme. Un
peu comme on finance sa mai­­ avec un apport per­­ nel et un
son
son­­
emprunt immo­­ lier à long terme. Il ne vien­­
bi­­
drait à l’idée de per­­
sonne
de finan­­ sa mai­­ avec un emprunt à court terme comme un
cer
son
décou­­ par exemple. La même règle s’applique pour l’entreprise.
vert

Le besoin en fonds de rou­­ ment
le­­

27

Savoir-être

Le cycle d’exploitation de l’entreprise, c’est-à-dire ses phases de pro­
­
duc­­
tion, de vente, de livrai­­ consomme aussi des res­­
son
sources finan­
­
cières. Pour cha­­
cune de ces étapes, des délais de paie­­
ment s’imposent.
Ces déca­­
lages des paie­­
ments consti­­
tuent une masse finan­­
cière qui
va repré­­ ter soit un actif finan­­ à court terme d’exploitation à
sen­­
cier
rece­­
voir, soit un pas­­ finan­­ à court terme à payer.
sif
cier
1 • Connaître
son envi­­ ne­­
ron­­ ment

L’environnement éco­­ mique de l’entreprise
no­­
Les impé­­ tifs finan­­
ra­­
ciers
L’environnement juri­­
dique
L’environnement tech­­ lo­­
no­­ gique

La dif­­ rence entre les actifs (sto­­ et créances) d’exploitation et
fé­­
cks
les dettes d’exploitation déter­­
mine le besoin en fonds de rou­­ ment
le­­
(BFR) de l’activité.
BFR = Actifs circulants d’exploitation – Dettes d’exploitation
Plus ce BFR est élevé, plus les capi­­
taux à inves­­ dans l’activité
tir
de l’entreprise sont impor­­
tants. Le mon­­
tant du BFR d’une entre­
­
prise est lié à trois para­­
mètres :
✓✓ la nature de son acti­­ et les pra­­
vité
tiques du sec­­
teur sur les paie­
­
ments clients et four­­ seurs ;
nis­­
✓✓ le mon­­
tant de son chiffre d’affaires. L’évolution du BFR est étroi­
­
te­­
ment cor­­ lée à la pro­­ sion du chiffre d’affaires ;
ré­­
gres­­
✓✓ la qua­­ de la ges­­
lité
tion et/ou le pou­­
voir de négo­­ tion de
cia­­
l’entreprise sur les délais de paie­­
ment clients, les délais de paie­
­
ment four­­ seurs et le niveau des sto­­
nis­­
cks.
La tré­­ re­­
so­­ rie

Le haut de bilan reprend l’ensemble des emplois et res­­
sources finan­
­
cières à long terme de la société et s’exprime avec le fonds de rou­­ ­
le­
ment : excé­­
dent des capi­­
taux à long terme.
Le bas de bilan consti­­ par le besoin en fonds de rou­­ ment
tué
le­­
exprime les besoins de finan­­ ment à court terme néces­­
ce­­
saires pour
l’activité.
L’ajustement : fonds de roulement-­ esoin en fonds de rou­­ ment
b
le­­
déter­­
mine le solde de tré­­ re­­ de l’activité.
so­­ rie
Tré­­ re­­ nette = FR – BFR
so­­ rie
La tré­­ re­­ ne se décrète pas, c’est une résul­­
so­­ rie
tante. Elle est la
consé­­
quence de la mise à dis­­ si­­
po­­ tion des capi­­
taux per­­ nents pour
ma­­
finan­­ les inves­­ se­­
cer
tis­­ ments et des besoins de finan­­ ment du cycle
ce­­
d’exploitation. Pour agir sur la tré­­ re­­ c’est sur ces compo­­
so­­ rie
santes
qu’il faut agir.
28
La fina­­ éco­­ mique d’une entre­­
lité
no­­
prise est de déga­­ une per­
ger
­
for­­
mance opé­­ tion­­
ra­­ nelle posi­­
tive. Cette per­­ mance se tra­­
for­­
duit en
terme éco­­ mique par un résul­­ posi­­ Un résul­­ posi­­ est
no­­
tat
tif.
tat
tif
pour une entre­­
prise le moyen d’attirer et de rému­­ rer les capi­­
né­­
taux
dont elle a besoin pour se finan­­ et d’assurer son déve­­ pe­­
cer
lop­­ ment.
L’analyse de la per­­ mance va per­­
for­­
mettre de mesu­­ l’efficacité éco­
rer
­
no­­
mique de l’entreprise sur son sec­­
teur d’activité.
Trois grands indi­­ teurs syn­­ tisent la per­­ mance opé­­ tion­
ca­­
thé­­
for­­
ra­­ ­
nelle : le chiffre d’affaires, l’excédent brut d’exploitation et le résul­
­
tat net.
Le chiffre d’affaires

Il repré­­
sente l’indicateur finan­­
cier de mesure de l’évolution de
l’activité. Son évo­­ tion résulte de quatre effets prin­­ paux :
lu­­
ci­­
✓✓ effet volume : inci­­
dence de la varia­­
tion des quan­­ tés ven­­
ti­­
dues ;
✓✓ effet prix : inci­­
dence de la varia­­
tion des prix de vente ;
✓✓ effet change : inci­­
dence de la varia­­
tion du cours des devises ;
✓✓ effet péri­­
mètre : inci­­
dence des entrées ou sor­­ du péri­­
ties
mètre
d’activités.
Le but de cette ana­­
lyse est de mesu­­ la crois­­
rer
sance réelle de
l’entreprise. Quels sont les fac­­
teurs expli­­ tifs de l’évolution du
ca­­
chiffre d’affaires ? Il sera éga­­ ment tou­­
le­­
jours per­­
tinent de compa­­
rer
l’évolution aux autres acteurs du sec­­
teur.

29

Savoirs
Savoir-faire

Une per­­ mance opé­­ tion­­
for­­
ra­­
nelle éle­­
vée

Savoir-être

Pour amé­­ rer la tré­­ re­­ on pourra agir sur :
lio­­
so­­ rie
✓✓ l’augmentation du FR : réduire les immo­­ li­­ tions, aug­­ ter
bi­­ sa­­
men­­
les capi­­
taux propres (résul­­ et aug­­ ta­­
tat
men­­ tion de capi­­
tal), conso­
­
li­­ l’endettement à long et moyen terme ;
der
✓✓ la dimi­­ tion du BFR : réduire les délais d’encaissement des
nu­­
clients, minimi­­ les sto­­
ser
cks, aug­­ ter les délais de paie­­
men­­
ment
des four­­ seurs.
nis­­
1 • Connaître
son envi­­ ne­­
ron­­ ment

L’environnement éco­­ mique de l’entreprise
no­­
Les impé­­ tifs finan­­
ra­­
ciers
L’environnement juri­­
dique
L’environnement tech­­ lo­­
no­­ gique

L’excédent brut d’exploitation

On parle d’excédent brut d’exploitation (EBE) ou d’Earnings Before
Inter­ st, Taxes Depreciation and Amortization1 (EBITDA).
e
Il se cal­­
cule en dédui­­
sant du chiffre d’affaires l’ensemble des
charges d’exploitation décais­­
sées, c’est-à-dire l’ensemble des charges
d’exploitation hors dota­­
tions aux amor­­ se­­
tis­­ ments et pro­­ sions.
vi­­
Figure 1.3 ■ Cal­­ de l’EBE
cul
Consommations
externes
Charges de
Personnel
Chiffre
d’affaires

Impôts et taxes. Autres
produits et charges
d’exploitation
EBE ou
EBITDA

Cet indi­­ teur est au cœur de la per­­ mance opé­­ tion­­
ca­­
for­­
ra­­ nelle, il
per­­
met :
✓✓ d’analyser la ten­­
dance de la profitabilité opé­­ tion­­
ra­­ nelle ;
✓✓ de se situer par rap­­
port à des entre­­
prises opé­­
rant sur le même
sec­­
teur d’activité ;
✓✓ de four­­ une pre­­
nir
mière indi­­ tion de la tré­­ re­­ géné­­ par
ca­­
so­­ rie
rée
l’activité ;
✓✓ de don­­ au mana­­ d’une unité opé­­ tion­­
ner
ger
ra­­ nelle un indi­­ teur
ca­­
finan­­
cier indé­­ dant de l’outil indus­­
pen­­
triel et de son mode de
finan­­ ment ;
ce­­
✓✓ d’expliquer des modi­­ ca­­
fi­­ tions des condi­­
tions d’exploitation. Toute
varia­­
tion de cet indi­­ teur (expri­­
ca­­
mée en pour­­ tage du chiffre
cen­­
d’affaires) reflète des condi­­
tions d’exploitation modi­­
fiées.
1.	 Le terme taxes désigne l’impôt sur les sociétés proportionnel au résultat.

30
Il est l’indicateur de la créa­­
tion de richesse de l’entreprise pour ses
action­­
naires. On exprime géné­­ le­­
ra­­ ment le résul­­ net en pour­­ ­
tat
cen­
tage du chiffre d’affaires. On mesure éga­­ ment le résul­­ net en
le­­
tat
pour­­ tage des capi­­
cen­­
taux propres pour mesu­­ la ren­­ bi­­ finan­
rer
ta­­ lité
­
cière.
Le résul­­ net peut subir des varia­­
tat
tions signi­­ ca­­
fi­­ tives en rai­­
son
de pro­­
duits ou charges non récur­­
rentes enre­­ trées sur un exer­­
gis­­
cice.
Pour faci­­ ter la compa­­ son d’une clô­­
li­­
rai­­
ture à une autre les entre­
­
prises uti­­
lisent la notion de résul­­ net cou­­
tat
rant, hors opé­­ tions
ra­­
excep­­ nelles.
tion­­

Savoirs

Le résul­­ net
tat

31

Savoir-être

La santé finan­­
cière d’une entre­­
prise repose fon­­ men­­ lement sur
da­­ ta­­
sa capa­­ à géné­­ du cash flow ou de la tré­­ re­­ à par­­ de ses
cité
rer
so­­ rie
tir
acti­­ tés cou­­
vi­­
rantes.
La ren­­ bi­­ finan­­
ta­­ lité
cière tan­­
gible est celle qui se mesure en termes
de flux de tré­­ re­­
so­­ rie.
Les cash flows géné­­ par l’activité cou­­
rés
rante ou cash flows opé­
­
ra­­ nels per­­
tion­­
mettent à l’entreprise :
✓✓ d’investir pour renou­­ ler ses équi­­ ments ;
ve­­
pe­­
✓✓ de finan­­ sa crois­­
cer
sance interne ou externe ;
✓✓ de payer des divi­­
dendes ;
✓✓ de rem­­
bour­­ ses finan­­ ments externes.
ser
ce­­
Le cash flow opé­­ tion­­ se mesure en retran­­
ra­­ nel
chant de l’EBE les
frais finan­­
ciers et l’impôt société payé. Il prend éga­­ ment en compte
le­­
la varia­­
tion du BFR donc l’augmentation ou la dimi­­ tion de la tré­
nu­­
­
so­­ rie néces­­
re­­
saire pour finan­­ le cycle d’activité de l’entreprise.
cer

Savoir-faire

Une géné­­ tion de cash flow satis­­
ra­­
faisante
1 • Connaître
son envi­­ ne­­
ron­­ ment

L’environnement éco­­ mique de l’entreprise
no­­
Les impé­­ tifs finan­­
ra­­
ciers
L’environnement juri­­
dique
L’environnement tech­­ lo­­
no­­ gique

Figure 1.4 ■ Cal­­ du cash flow opé­­ tion­­
cul
ra­­ nel
(–) Frais financiers
nets
(–) Impôt société
(+/–) Variation
du BFR

EBITDA
ou
EBE

=
Cash flow
opérationnel

Le cash flow est l’indicateur pri­­ lé­­ de la mesure de la per­­ ­
vi­­ gié
for­
mance d’une unité opé­­ tion­­
ra­­ nelle. Il per­­
met de syn­­ ti­­ à la fois
thé­­ ser
la per­­ mance au niveau de la profitabilité (EBE) et la per­­ mance
for­­
for­­
dans la ges­­
tion du BFR (encais­­ ments clients, paie­­
se­­
ment four­­ ­
nis­
seurs et ges­­
tion des sto­­
cks).
Chaque année le cash flow dégagé doit per­­
mettre de finan­­ les
cer
inves­­ se­­
tis­­ ments cou­­
rants, c’est-à-dire les inves­­ se­­
tis­­ ments de renou­
­
vel­­ ment, de main­­ à niveau et ceux exi­­ par les évo­­ tions de
le­­
tien
gés
lu­­
la régle­­ ta­­
men­­ tion ou de la tech­­ lo­­
no­­ gie.
Le solde de flux de tré­­ re­­ demeu­­
so­­ rie
rant après déduc­­
tion des
inves­­ se­­
tis­­ ments cou­­
rants repré­­
sente le Free Cash flow de l’activité.
Free cash flow = Cash flow – Inves­­ se­­
tis­­ ments cou­­
rants
Le free ­ ash repré­­
c
sente donc le flux de tré­­ re­­ qui reste dis­­ ­
so­­ rie
po­
nible pour l’entreprise afin de :
✓✓ rem­­
bour­­ ses dettes ;
ser
✓✓ rému­­ rer ses action­­
né­­
naires ;
✓✓ finan­­ la crois­­
cer
sance de l’activité (crois­­
sance orga­­
nique ou externe).
32
Défi­­ le contrat
nir
L’article 1101 du Code civil dis­­
pose que « le contrat est une conven­
­
tion par laquelle une ou plu­­
sieurs per­­
sonnes s’obligent envers une ou
plu­­
sieurs autres à don­­ faire ou ne pas faire quelque chose ».
ner,
La plu­­
part des contrats, plus encore dans le monde des affaires,
pré­­
voient des obli­­ tions réci­­
ga­­
proques. En termes juri­­
diques, ils sont
dits synal­­ ma­­
lag­­ tiques, par oppo­­ tion aux contrats conclus à titre
si­­
gra­­
tuit, comme le prêt, le don ou le cau­­ ne­­
tion­­ ment civil.

Savoir-faire

La plu­­ des opé­­ tion­­ doivent gérer
part
ra­­ nels
des contrats : res­­ sables de site, ven­
pon­­
­
PRINCIPES CLÉS
deurs et res­­ sables de l’administration
pon­­
•	 La vie des entre­­
prises est for­­ ­
te­
des ventes, ache­­
teurs, res­­ sables des ser­
pon­­
­
ment influ­­ cée par le cadre juri­
en­­
­
vices géné­­
raux, etc. Les ache­­
teurs sont cer­
­
dique dans lequel elles opèrent.
tai­­ ment les acteurs qui ont le plus besoin •	 Au quo­­ dien, pour le mana­­
ne­­
ti­­
ger,
de se for­­ aux tech­­
mer
niques juri­­
diques :
c’est le droit des affaires, et plus
par­­ cu­­ re­­
ti­­ liè­­ ment le droit des
✓✓ Ils doivent gérer une grande diver­
­
contrats qui a l’impact le plus
sité de contrats : four­­ tures, biens
ni­­
immé­­
diat.
d’investissements, pres­­ tions intel­­ ­
ta­­
lec­
tuelles, pres­­ tions sur le site,…
ta­­
✓✓ La direc­­
tion juri­­
dique, lorsqu’elle existe, est natu­­ le­­
rel­­ ment plus
proche de la fonc­­
tion commer­­
ciale qui est consi­­ rée comme le
dé­­
nerf de la guerre.
Nous évo­­ rons ici les prin­­
que­­
cipes du droit fran­­
çais.

Savoirs

CC L’environnement juri­­dique

Pour être valable, le contrat doit res­­ ter plu­­
pec­­
sieurs condi­­
tions :
✓✓ les par­­ sont juri­­ que­­
ties
di­­ ment capables de s’engager ;
✓✓ le consen­­ ment est exempt de tout vice (erreur, dol ou trom­­ ­
te­­
pe­
rie, vio­­
lence) ;
✓✓ l’objet est défini ;
✓✓ la cause du contrat doit être licite.
33

Savoir-être

Les condi­­
tions de vali­­
dité du contrat
1 • Connaître
son envi­­ ne­­
ron­­ ment

L’environnement éco­­ mique de l’entreprise
no­­
Les impé­­ tifs finan­­
ra­­
ciers
L’environnement juri­­
dique
L’environnement tech­­ lo­­
no­­ gique

La force du contrat

La force du contrat se défi­­ au tra­­ du prin­­
nit
vers
cipe de l’autonomie
de la volonté. L’article 1134 du Code civil dis­­
pose que les conven­
­
tions léga­­ ment for­­
le­­
mées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites.
Elles ne peuvent être révo­­
quées que par leur consen­­ ment mutuel
te­­
ou pour les causes que la loi auto­­
rise. Elles doivent être exé­­ tées de
cu­­
bonne foi.
Face à des demandes de nul­­ ou réso­­ tion d’une des par­­
lité
lu­­
ties,
les juges veillent à défendre la sécu­­ juri­­
rité
dique du contrat. S’il était
trop facile de faire annu­­ ou résoudre un contrat, les par­­ hési­­ ­
ler
ties
te­
raient à s’engager. C’est sur le fon­­ ment de la sécu­­ juri­­
de­­
rité
dique que
les juges ont défini la notion de « man­­ apparent ». Il arrive qu’un
dat
employé engage sa société par contrat sans y être auto­­ par les
risé
pro­­ dures internes. Le juge refuse d’annuler le contrat si le « four­
cé­­
­
nis­­
seur pou­­ légi­­ me­­
vait
ti­­ ment croire que la per­­
sonne ayant signé le
contrat avait le pou­­ de le faire ».
voir
Les juristes dis­­
tinguent les règles de droit civil et celles du droit
commer­­
cial, les règles du droit commer­­ s’appliquant entre socié­
cial
­
tés commer­­
ciales, dans l’exercice de leur métier. En droit civil, la
loi pré­­ habi­­ le­­
voit
tuel­­ ment des dis­­ si­­
po­­ tions pro­­ trices des par­­
tec­­
ties.
Dans de nom­­
breux domaines (vente par démar­­
chage, vente immo­
­
bi­­
lière, …), les co-­ ontractants civils dis­­
c
posent d’un délai de rétrac­
­
ta­­
tion de 30 jours à par­­ du moment où ils ont signé le contrat.
tir
Les obli­­ tions au contrat
ga­­

Un contrat pré­­ deux natures d’obligation :
voit
✓✓ obli­­ tion de moyens ;
ga­­
✓✓ obli­­ tion de résul­­
ga­­
tat.
Dans le cadre d’une obli­­ tion de moyens, le co-­ ontractant
ga­­
c
s’engage à mettre en œuvre les moyens reconnus dans le métier, sa
compé­­
tence et sa dili­­
gence pour obte­­ le résul­­ sou­­
nir
tat
haité. Ainsi,

34
Savoirs
Savoir-faire

le méde­­ s’engage à mettre en œuvre sa science pour gué­­ ses
cin
rir
patients mais ne peut garan­­ la gué­­ son.
tir
ri­­
Dans le cadre d’une obli­­ tion de résul­­ le co-­ ontractant
ga­­
tat,
c
s’engage à atteindre le résul­­ prévu au contrat.
tat
Cette dis­­
tinction est sur­­
tout impor­­
tante en cas de non-­ tteinte
a
du résul­­ attendu. Pour enga­­ la res­­ sa­­ lité du débi­­
tat
ger
pon­­ bi­­
teur d’une
obli­­ tion de résul­­ il suf­­ de mon­­ la non-­ tteinte du résul­­
ga­­
tat,
fit
trer
a
tat.
La mise en œuvre de la res­­ sa­­ lité du débi­­
pon­­ bi­­
teur d’une obli­­ tion
ga­­
de moyen est plus déli­­
cate, il faut mon­­ qu’il n’a pas mis toute la
trer
compé­­
tence et la dili­­
gence atten­­
dues pour rem­­ son obli­­ tion.
plir
ga­­
Le ven­­
deur a une obli­­ tion de conseil, cette obli­­ tion est
ga­­
ga­­
d’autant plus forte que le ven­­
deur est expert dans son domaine
et l’acheteur novice. Le ven­­
deur doit s’informer des besoins de
l’acheteur, des condi­­
tions dans les­­
quelles il veut uti­­ ser le bien ou la
li­­
pres­­ tion qui fait l’objet de la vente et s’assurer de l’aptitude du bien
ta­­
à rem­­ l’utilisation qu’il en fait.
plir
La rédac­­
tion du pré­­ bule du contrat contri­­ à défi­­ la por­
am­­
bue
nir
­
tée de cette obli­­ tion (dans un contrat, il est tou­­
ga­­
jours pré­­ rable
fé­­
d’être celui qui tient le stylo) :
✓✓ ainsi, l’acheteur y écrit habi­­ le­­
tuel­­ ment qu’il a contracté avec le
four­­ seur en vertu de son exper­­ dans le domaine et du
nis­­
tise
conseil qu’il pou­­ pro­­ guer ;
vait
di­­
✓✓ de son côté, le four­­ seur prend la pré­­ tion de men­­ ner
nis­­
cau­­
tion­­
qu’il a rédigé une pro­­ si­­
po­­ tion au regard des demandes spé­­ ­
ci­
fiques de l’acheteur.

Le droit de la concur­­
rence a une impor­­
tance consi­­ rable, car il
dé­­
oriente l’ensemble de l’activité éco­­ mique. Il est éga­­ ment extrê­
no­­
le­­
­
me­­
ment mou­­
vant et tri­­ taire des objec­­ de poli­­
bu­­
tifs
tique éco­­ mique
no­­
du moment.
rité
Ainsi, la loi Galand du 1er  juillet 1996 avait pour prio­­ de
défendre les inté­­ des four­­ seurs face à la puis­­
rêts
nis­­
sance éco­­ mique
no­­
des grandes sur­­
faces. Il en a résulté une inter­­ tion ren­­ cée des
dic­­
for­­
pra­­
tiques dis­­ mi­­ toires et l’impossibilité de sor­­ du barème de
cri­­ na­­
tir
prix du four­­ seur. Les grandes sur­­
nis­­
faces ont déve­­
loppé en réac­­
tion
35

Savoir-être

Le droit de la concur­­
rence
1 • Connaître
son envi­­ ne­­
ron­­ ment

L’environnement éco­­ mique de l’entreprise
no­­
Les impé­­ tifs finan­­
ra­­
ciers
L’environnement juri­­
dique
L’environnement tech­­ lo­­
no­­ gique

la pra­­
tique dite des « marges arrière », commis­­
sions fac­­ rées aux
tu­­
four­­ seurs, en contre­­ tie d’une pré­­ due pres­­ tion (mise en
nis­­
par­­
ten­­
ta­­
avant de pro­­
duits, par­­ cipation à un cata­­
ti­­
logue pro­­ tion­­
mo­­ nel,…).
Cette pra­­
tique s’est révé­­ être infla­­ niste car ces marges arrière
lée
tion­­
ne pou­­
vaient venir en déduc­­
tion du seuil de revente à perte.
À l’inverse, la loi LME du 4 août 2008 s’inscrit dans la recherche
d’une relance de la consom­­ tion et a notam­­
ma­­
ment sup­­
primé, comme
nous allons le voir, l’interdiction des pra­­
tiques dis­­ mi­­ toires.
cri­­ na­­
Les condi­­
tions géné­­
rales de vente

Le droit de la concur­­
rence repose sur l’obligation de trans­­ rence
pa­­
tari­­
faire. Tout four­­ seur est tenu de commu­­ quer ses condi­­
nis­­
ni­­
tions
géné­­
rales de vente à tout ache­­
teur (actuel ou poten­­
tiel) qui en fait la
demande. Le four­­ seur peut créer plu­­
nis­­
sieurs condi­­
tions géné­­
rales,
adap­­
tées à dif­­ rents cré­­
fé­­
neaux de clients. Ces condi­­
tions géné­­
rales
de vente contiennent notam­­
ment, outre les clauses juri­­
diques, les
barèmes de prix, de remise (quan­­ tatives sur volumes et qua­­ ta­
ti­­
li­­ ­
tives) et d’escompte pour paie­­
ment anti­­
cipé.
La loi LME dis­­
pose que les condi­­
tions géné­­
rales de vente du four­
­
nis­­
seur consti­­
tuent le socle de la négo­­ tion commer­­
cia­­
ciale, ce qui
signi­­ qu’elles sont le point de départ de toute négo­­ tion entre le
fie
cia­­
ven­­
deur et l’acheteur. Ainsi les par­­ peuvent vala­­ ment conve­
ties
ble­­
­
nir de s’écarter des condi­­
tions géné­­
rales de vente du four­­ seur en
nis­­
créant des condi­­
tions par­­ cu­­
ti­­ lières à condi­­
tion de ne pas sou­­
mettre
celui-­ i à des obli­­ tions créant un dés­­ libre signi­­ ca­­ entre les
c
ga­­
équi­­
fi­­ tif
droits et obli­­ tions des par­­
ga­­
ties.
La sup­­
pres­­
sion de l’interdiction des pra­­
tiques
dis­­ mi­­ toires
cri­­ na­­

Une des prin­­ pales nou­­ tés de la loi LME a été la sup­­ sion de
ci­­
veau­­
pres­­
l’interdiction des pra­­
tiques dis­­ mi­­ toires.
cri­­ na­­
Une pra­­
tique dis­­ mi­­ toire consiste à pro­­ rer un avan­­
cri­­ na­­
cu­­
tage à
un co-­ ontractant en par­­ cu­­ en termes de prix, remises, délais
c
ti­­ lier
36
Savoirs

de paie­­
ment, condi­­
tions de vente ou d’achat, sans que cela soit jus­­ ­
ti­
fié par des contre­­ ties réelles, par exemple de volume.
par­­
Autre­­
ment dit, cela consiste à contrac­­ « à la tête du client » en
ter
créant des condi­­
tions par­­ cu­­
ti­­ lières. La por­­ de cette sup­­ sion
tée
pres­­
est tou­­ fois limi­­ car la dis­­ mi­­ tion peut être sanc­­ née au
te­­
tée
cri­­ na­­
tion­­
tra­­ d’autres pra­­
vers
tiques :
✓✓ les pra­­
tiques abu­­
sives défi­­
nies par l’article  442-6 du Code de
commerce consistent à sou­­
mettre un par­­ naire commer­­ à
te­­
cial
des obli­­ tions créant un dés­­ libre signi­­ ca­­ dans les droits
ga­­
équi­­
fi­­ tif
et obli­­ tions des par­­
ga­­
ties ;
✓✓ l’abus de posi­­
tion domi­­
nante qui a pour effet de faus­­ le jeu
ser
de la concur­­
rence sur le mar­­ du fait de la concen­­ tion du
ché
tra­­
mar­­
ché.

37

Savoir-être

Le délit de refus de vente avait été ins­­ tué au len­­ main de la
ti­­
de­­
Seconde Guerre mon­­
diale, dans une éco­­ mie de pénu­­ pour
no­­
rie,
garan­­ l’accès au mar­­ de tous les acteurs éco­­ miques.
tir
ché
no­­
Une telle inter­­ tion est deve­­ inutile dans une éco­­ mie où
dic­­
nue
no­­
l’offre est abon­­
dante.
Depuis la loi Galand du 1er juillet 1996, le refus de vente entre
pro­­ sion­­ n’est plus sanc­­
fes­­ nels
tionné en tant que tel. Le refus de vente
à l’égard d’un consom­­ teur demeure quant à lui sanc­­
ma­­
tionné.
Le refus de vente peut tou­­ fois être sanc­­
te­­
tionné au tra­­ d’autres
vers
délits :
✓✓ l’abus de posi­­
tion domi­­
nante, lorsque le refus de vente du four­
­
nis­­
seur met l’acheteur dans l’incapacité de se pro­­ rer les biens
cu­­
ou ser­­
vices ;
✓✓ la rup­­
ture bru­­ de rela­­
tale
tions commer­­
ciales éta­­
blies. Le fait de
rompre sans pré­­ une rela­­
avis
tion commer­­
ciale éta­­ engage la
blie
res­­ sa­­ lité de tout pro­­ teur, commer­­
pon­­ bi­­
duc­­
çant ou arti­­
san.

Savoir-faire

Le refus de vente et la rup­­
ture bru­­
tale de rela­­
tions
commer­­
ciales éta­­
blies
1 • Connaître
son envi­­ ne­­
ron­­ ment

L’environnement éco­­ mique de l’entreprise
no­­
Les impé­­ tifs finan­­
ra­­
ciers
L’environnement juri­­
dique
L’environnement tech­­ lo­­
no­­ gique

Les bons réflexes contrac­­
tuels
Voici les bons réflexes contrac­­
tuels à déve­­ per pour faire du droit
lop­­
un allié.
Dans la phase de négo­­ tion du contrat :
cia­­
✓✓ Par­­ contrat dès le début des pour­­ lers et prendre l’initiative
ler
par­­
de pro­­ ser un contrat ;
po­­
✓✓ Réflé­­
chir à ses objec­­ ainsi qu’à ceux de ses par­­ naires ;
tifs
te­­
✓✓ Pour des contrats por­­
tant sur des pres­­ tions complexes, orga­­ ­
ta­­
ni­
ser des réunions pré­­ ra­­
pa­­ toires entre le ven­­
deur et l’acheteur pour
lis­­ les attentes de chaque par­­ défi­­ avec soin l’objet du
ter
tie,
nir
contrat, s’efforcer de pré­­ les dif­­ rents scé­­ rios ;
voir
fé­­
na­­
✓✓ Ne jamais divul­­
guer d’informations confi­­ tielles sans accord
den­­
de confi­­ tia­­
den­­ lité ;
✓✓ Ne pas prendre d’engagement sans en par­­ au préa­­
ler
lable avec sa
hié­­ chie ;
rar­­
✓✓ De pré­­ rence gar­­ la maî­­
fé­­
der
trise de la rédac­­
tion du contrat ;
✓✓ Maî­­ ser ses pro­­ et ses écrits (docu­­ ter, conser­­ archi­
tri­­
pos
men­­
ver,
­
ver) ;
✓✓ Rédi­­ des contrats avec des enga­­ ments pré­­ évi­­ les
ger
ge­­
cis,
ter
clauses floues, géné­­ trices de conten­­
ra­­
tieux long et coû­­
teux ;
✓✓ Lire les condi­­
tions géné­­
rales d’achat avant d’accepter une
commande ;
✓✓ Pré­­ rer les commandes sous condi­­
fé­­
tions sus­­ sives qui consti­
pen­­
­
tuent un enga­­ ment clair aux lettres d’intention de commande
ge­­
qui sont une pra­­
tique floue.
Au cours de la vie du contrat :
✓✓ Ne pas « lais­­ de côté » son contrat une fois qu’il est signé, mais
ser
en assu­­ le suivi  ;
rer
✓✓ Tenir un tableau de suivi du contrat pré­­ sant les dates clés et les
ci­­
obli­­ tions essen­­
ga­­
tielles qui y sont atta­­
chées (notam­­
ment celles
qui sont pos­­ rieures à l’expiration du contrat) ;
té­­

38
CC L’environnement tech­­
no­­lo­­gique
de proxi­­ ité du mana­­ger
m

Le rôle du « mana­­ opé­­ tion­­
ger
ra­­ nel » ne
peut plus aujourd’hui être dis­­ cié de
so­­
celui d’un «  mana­­ commu­­ cant  ».
ger
ni­­
Par­­ subi comme une contrainte, ou
fois
une tâche annexe, le temps addi­­ nel
tion­­
et crois­­
sant consa­­ aux échanges et à
cré
la commu­­ ca­­
ni­­ tion fait pour­­
tant désor­
­
mais par­­ inté­­
tie
grante de la fonc­­
tion
de « mana­­
ger », s’ajoutant bien sûr aux
charges clas­­
siques de la fonc­­
tion.
39

PRINCIPE CLÉ
Les outils de commu­­ ca­­
ni­­ tion
actuels et l’arrivée dans l’entreprise
de géné­­ tions qui les maî­­
ra­­
trisent
font évo­­
luer les façons de tra­
­
vailler, le rap­­
port à l’information et
au savoir, ainsi que les modes de
mana­­ ment.
ge­­

Savoir-être

Du mana­­ opé­­ tion­­
ger
ra­­ nel
au mana­­ commu­­ cant
ger
ni­­

Savoirs
Savoir-faire

✓✓ Anti­­ per les risques d’antagonisme et les pré­­ nir en recher­­
ci­­
ve­­
chant
des solu­­
tions rai­­ nables et con­ ensuelles ;
son­­
s
✓✓ Anti­­ per la mau­­
ci­­
vaise exé­­ tion ou défaut d’exécution d’une
cu­­
obli­­ tion contrac­­
ga­­
tuelle en pré­­ nant son cocontrac­­
ve­­
tant, avant
tout litige.
En cas de litige :
✓✓ Expri­­ son désac­­
mer
cord par écrit et en gar­­ une trace ;
der
✓✓ Tou­­
jours agir de bonne foi et recher­­
cher une solu­­
tion amiable
(orga­­ sa­­
ni­­ tion d’une réunion) ;
✓✓ Évi­­ de créer une forte dépen­­
ter
dance commer­­
ciale d’un four­­ ­
nis­
seur ;
✓✓ Évi­­ les compor­­ ments bru­­
ter
te­­
taux : rup­­
ture sans pré­­ suf­­ sant
avis fi­­
des rela­­
tions commer­­
ciales de part et d’autre (refus de livrer bru­
­
tal/déréférencement abu­­
sif) ;
✓✓ Ne pas mena­­ de rési­­ le contrat pour des rai­­
cer
lier
sons illé­­ ­
gi­
times ;
✓✓ Lorsque le client est en redres­­ ment judi­­
se­­
ciaire, ne livrer qu’après
paie­­
ment.
1 • Connaître
son envi­­ ne­­
ron­­ ment

L’environnement éco­­ mique de l’entreprise
no­­
Les impé­­ tifs finan­­
ra­­
ciers
L’environnement juri­­
dique
L’environnement tech­­ lo­­
no­­ gique

La pre­­
mière des tech­­ lo­­
no­­ gies envi­­ nantes, en dépit de son
ron­­
évi­­
dence fon­­ men­­
da­­ tale, reste l’ordinateur. L’arrivée de l’outil infor­
­
ma­­
tique sur le bureau des mana­­
gers ne s’est pour­­
tant pas tou­­
jours
accom­­ gnée des meilleures pratiques… L’expérience a mon­­
pa­­
tré
que, dans nombre de cas, le fait pour un mana­­ de dis­­ ser, sur
ger,
po­­
son ordi­­ teur per­­ nel, d’une suite bureau­­
na­­
son­­
tique (Word, Excel,
Powerpoint) l’a par­­ impli­­ te­­
fois
ci­­ ment ramené à trai­­ lui-­ ême,
ter,
m
des tâches autre­­ dévo­­ à son assis­­
fois
lues
tante : construire un tableau
Excel, réa­­ ser une pré­­ ta­­
li­­
sen­­ tion Powerpoint,… Le cal­­ est évi­­ ­
cul
dem­
ment per­­
dant.
L’apparente faci­­ des tech­­ lo­­ ne doit pas mas­­
lité
no­­ gies
quer le véri­
­
table enjeu de la fonc­­
tion de mana­­
ger : la néces­­ de recen­­ la
sité
trer
fonc­­
tion sur les mis­­
sions essen­­
tielles.
Le mana­­ doit donc bien éva­­
ger
luer les tâches à valeur ajou­­
tée
et celles qui ne le sont pas et donc apprendre à délé­­
guer celles qui
relèvent de la mise en forme rédac­­ nelle et gra­­
tion­­
phique pour se
concen­­ sur les pro­­ sus de déci­­
trer
ces­­
sion et les fon­­ men­­
da­­ taux de sa
fonc­­
tion.

Une tech­­ lo­­ fami­­
no­­ gie
lière : la mes­­ ge­­ élec­­ nique
sa­­ rie
tro­­
Le cour­­ élec­­ nique s’est ajouté et sou­­
rier
tro­­
vent sub­­ tué au cour­­
sti­­
rier
«  papier  », interne ou externe. L’inconvénient majeur de ce for­­
mat
est de bana­­ ser l’ensemble des docu­­
li­­
ments, notam­­
ment des pièces
jointes.
Quelle qu’en soit l’importance, quel qu’en soit l’enjeu, les pièces
jointes n’apparaissent que sous la forme d’une simple icône (word,
excel, ppt) et d’un titre.
Les docu­­
ments papier impri­­
més étaient autre­­
ment plus
« différentiants » par leur volume, leur pré­­ ta­­
sen­­ tion et la faci­­ à
lité
les feuille­­ Dans la case à cour­­
ter.
rier, il était bien plus évident de les
repérer, les clas­­ les consul­­ les hié­­ chi­­
ser,
ter,
rar­­ ser.
Le for­­
mat numé­­
rique met, d’une cer­­
taine façon, tous les docu­
­
ments élec­­ niques sur le même pied d’égalité. Seul le titre du
tro­­
40
Savoirs

docu­­
ment et le mes­­
sage de l’émetteur per­­
mettent aujourd’hui de les
dis­­ guer. Inutile de s’étonner dès lors, que nombre de des­­ na­­
tin­­
ti­­ taires
« ne se sou­­
viennent plus » d’avoir vu ou reçu tel docu­­
ment, et encore
moins de l’avoir gardé. D’autant, que la sim­­ cité de l’électronique
pli­­
a bien évi­­ ment favo­­ la mul­­ pli­­
dem­­
risé
ti­­ cation des envois.
Le mana­­ devra donc redou­­ de vigi­­
ger
bler
lance dans le trai­­ ment
te­­
de son cour­­ et encore une fois apprendre à délé­­
rier
guer davan­­
tage
pour tenir compte du temps qu’il doit consa­­ au mana­­ ment de
crer
ge­­
l’information…

Les tech­­ lo­­
no­­ gies sont, par défi­­ tion, en per­­ tuelle évo­­ tion et
ni­­
pé­­
lu­­
l’une des nou­­
velles mis­­
sions du métier de mana­­ consiste à exer­
ger
­
cer une veille sur l’impact qu’elles peuvent avoir, à la fois sur son
champ d’action spé­­ fique (logis­­
ci­­
tique, mar­­ ting, RH, etc.) et sur
ke­­
son métier de mana­­ en tant que tel. Un logis­­ cien devra par
ger
ti­­
exemple, suivre de près l’actualité tech­­
nique en termes de supply
chain ; un DRH, s’informer des nou­­
velles pos­­ bi­­ tés offertes par
si­­ li­­
les solu­­
tions Intra­ et ; un res­­ sable mar­­ ting, être très au fait
n
pon­­
ke­­
des nou­­
veaux modes d’action comme le buzz mar­­ ting (mar­­ ting
ke­­
ke­­
viral) ou le webanalytics (mesure d’audience d’un site web), etc.
Aucune fonc­­
tion de mana­­ n’échappe à l’accélération tech­­ ­
ger
no­
lo­­
gique ni à l’impact, sou­­
vent à court terme, que celle-­ i ne manque
c
pas d’avoir dans chaque branche de l’entreprise.

Savoir-faire

Des tech­­ lo­­
no­­ gies en cours de dif­­ sion
fu­­

Pour exer­­ cette veille, les flux RSS, emblé­­ tiques du Web 2.0,
cer
ma­­
sont des moyens pré­­
cieux de recueillir de l’information. À la dif­­ ­
fé­
rence des e-­ ewsletters à paru­­
n
tion pério­­
dique (hebdo, men­­
suelle) et
aux­­
quelles on peut s’abonner ; les flux RSS dif­­
fusent en temps réel
les infor­­ tions publiées par le site émet­­
ma­­
teur.
Il suf­­ de dis­­ ser d’un navi­­ teur pour les consul­­ Mieux
fit
po­­
ga­­
ter.
encore, des agrégateurs de flux RSS (comme Netvibes ou Igoogle)
per­­
mettent de créer une page web per­­ na­­ sée, sur laquelle on
son­­ li­­
peut consul­­ les flux RSS sélec­­ nés.
ter
tion­­
41

Savoir-être

Le Web 2.0
1 • Connaître
son envi­­ ne­­
ron­­ ment

L’environnement éco­­ mique de l’entreprise
no­­
Les impé­­ tifs finan­­
ra­­
ciers
L’environnement juri­­
dique
L’environnement tech­­ lo­­
no­­ gique

Le prin­­
cipe est simple : on s’abonne au flux de son choix (tous les
sites des grands jour­­
naux et maga­­
zines en pro­­
posent) pour rece­­
voir
sur son ordi­­ teur l’actualité en direct, du Monde, du Figaro, des
na­­
Échos, etc.
Au-­ elà de ces médias « clas­­
d
siques », la plu­­ des blogs offrent, eux
part
aussi, la pos­­ bi­­ de suivre leur actua­­ en s’abonnant à un flux RSS.
si­­ lité
lité
Beau­­
coup d’entreprises ont emboîté le pas et pro­­
posent éga­­ ment
le­­
leurs flux RSS pour leur commu­­ ca­­
ni­­ tion finan­­
cière ou corporate.
Figure 1.5 ■ Netvibes

Netvibes est un por­­ personnalisable grâce auquel le mana­­
tail
ger
peut s’abonner à ses fils d’information favo­­ pour exer­­ sa veille.
ris
cer
Ces flux RSS peuvent faci­­ ment être orga­­ sés en caté­­ ries acces­
le­­
ni­­
go­­
­
sibles par des onglets.
La mes­­ ge­­ ins­­
sa­­ rie
tanta­­
née

Le rôle du mana­­ va aussi être bous­­
ger
culé par l’arrivée immi­­
nente
des « digi­­
tales natives » dans le monde de l’entreprise. Cette géné­
­
ra­­
tion née avec une Playstation dans les mains, rom­­ aux SMS,
pue
chat et autres mes­­ ge­­ ins­­
sa­­ ries tanta­­
nées... Si le mana­­ n’est pas luiger
m
­ ême issu de cette géné­­ tion de « digi­­ natives », inutile de pré­
ra­­
tal
­
42
Savoirs
Savoir-faire

ci­­ qu’il devra, en tant que « prénumérique » (toute per­­
ser
sonne née
avant les années 1980), s’habituer à uti­­ ser les outils de commu­­ ­
li­­
ni­
ca­­
tion rapide, pour être en phase avec ses nou­­
veaux col­­ bo­­ teurs.
la­­ ra­­
Notam­­
ment la mes­­ ge­­ ins­­
sa­­ rie tanta­­
née, comme celle de Microsoft,
connue dans son appli­­ tion grand public Messenger mais qui a
ca­­
éga­­ ment déve­­
le­­
loppé un logi­­ pro­­ sion­­ de mes­­ ge­­ ins­
ciel
fes­­ nel
sa­­ rie
­
tanta­­
née, des­­
tiné aux entre­­
prises : Communicator. Il n’est bien sûr
pas le seul édi­­
teur à l’avoir fait, mais en tant que lea­­ des logi­­
der
ciels
en entre­­
prise, son exemple vau­­ pour beau­­
dra
coup.
La mes­­ ge­­ ins­­
sa­­ rie
tanta­­
née per­­
met d’échanger alertes et ins­
­
truc­­
tions sans inter­­
rompre, ou presque, un tra­­ en cours, voire
vail
d’accompagner un tra­­
vail réa­­ en commun. Sur l’écran, une
lisé
fenêtre active signale l’arrivée d’un mes­­
sage auquel il est très facile
et rapide de répondre sans quit­­ l’application en cours. Un groupe
ter
de dis­­ sion, asso­­
cus­­
ciant plu­­
sieurs col­­ bo­­ teurs, peut bien sûr par­
la­­ ra­­
­
ti­­ per à cet échange.
ci­­
Sans se sub­­ tuer à la mes­­ ge­­ élec­­ nique, la mes­­ ge­­
sti­­
sa­­ rie
tro­­
sa­­ rie
ins­­
tanta­­ per­­
née
met d’ajouter un mode de commu­­ ca­­
ni­­ tion complé­
­
men­­
taire à la pano­­ élec­­ nique du mana­­ Plus proche de la
plie
tro­­
ger.
commu­­ ca­­
ni­­ tion « orale » que de la commu­­ ca­­
ni­­ tion « écrite », la mes­
­
sa­­ rie ins­­
ge­­
tanta­­ ouvre un nou­­
née
veau canal de commu­­ ca­­
ni­­ tion, en
sur­­ pres­­
im­­ sion d’un mode d’échange écrit. Un peu comme si au-­ elà
d
de l’écran, une confé­­
rence télé­­ nique per­­ nente était tenue,
pho­­
ma­­
avec les col­­ bo­­ teurs avec les­­
la­­ ra­­
quels il est néces­­
saire de tra­­
vailler,
sur le moment : par­­ cu­­ re­­
ti­­ liè­­ ment utile, lorsque les col­­ bo­­ teurs en
la­­ ra­­
ques­­
tion sont répar­­ sur des sites dis­­
tis
tants.

Dans le pro­­ ge­­
lon­­ ment de la mes­­ ge­­ ins­­
sa­­ rie tanta­­
née, on peut éga­­ ­
le­
ment comp­­ sur un autre outil : la « réunion vir­­
ter
tuelle ». Le prin­
­
cipe et l’application en sont déjà bien connus avec les « conference
call », des confé­­
rences télé­­ niques ras­­ blant, vir­­ le­­
pho­­
sem­­
tuel­­ ment, des
inter­­ nants dis­­ mi­­ en dif­­ rents lieux.
ve­­
sé­­ nés
fé­­
Des outils comme Live mee­­
ting de Microsoft ou Adobe Connect
per­­
mettent d’ajouter un sup­­
port de confé­­
rence visible par tous (un
diaporama Powerpoint) ou encore un tableau blanc inter­­ tif sur
ac­­
43

Savoir-être

La réunion vir­­
tuelle
1 • Connaître
son envi­­ ne­­
ron­­ ment

L’environnement éco­­ mique de l’entreprise
no­­
Les impé­­ tifs finan­­
ra­­
ciers
L’environnement juri­­
dique
L’environnement tech­­ lo­­
no­­ gique

lequel il est pos­­
sible d’écrire et de des­­ ner. Bien sûr, il est éga­­ ment
si­­
le­­
pos­­
sible de par­­ ger des docu­­
ta­­
ments en ligne et de voir les inter­­ ­
ve­
nants via leur webcam.
Le tra­­ à dis­­
vail
tance est incontes­­ ble­­
ta­­ ment une nou­­
velle dimen­
­
sion du mana­­ ment. Car « diri­­
ge­­
ger » une réunion à dis­­
tance sup­­
pose
non seule­­
ment de s’approprier ces nou­­
velles tech­­ lo­­
no­­ gies, mais aussi
de nou­­
velles tech­­
niques d’animation de réunion. On par­­ d’ailleurs
lera
plus fré­­
quem­­
ment de « webconference » que de réunion vir­­
tuelle.
Le tra­­
vail collaboratif

La « webconf » est pro­­ ble­­
ba­­ ment l’une des pre­­
mières « briques » du
tra­­ collaboratif et l’une des plus faciles à mettre en place.
vail
Au-­ elà, les édi­­
d
teurs de logi­­
ciels pro­­
posent la créa­­
tion de véri­
­
tables « espaces collaboratifs » en ligne. Des sortes de mini-­ ntranet,
I
réser­­ à un pro­­ ou à une commu­­
vés
jet
nauté pro­­ sion­­
fes­­ nelle. Par
exemple, l’espace collaboratif des RH per­­ tra à tous les cor­­ ­
met­­
res­
pon­­
dants RH d’une même entre­­
prise de ras­­ bler et de par­­ ­
sem­­
ta­
ger leurs docu­­
ments de tra­­
vail. Dans ces espaces, cha­­
cun, selon ses
droits (admi­­ tra­­
nis­­ teur, contributeur ou simple lec­­
teur) pourra accé­
­
der aux docu­­
ments sto­­
ckés, voire les modi­­ ou les mettre à jour
fier
s’il y est auto­­
risé.
Ces espaces collaboratifs pro­­
posent en outre des forums de dis­
­
cus­­
sion sur les­­
quels il est facile d’échanger des points de vue. Ils
offrent sou­­
vent éga­­ ment des outils d’enquête ou de son­­
le­­
dage en
ligne pour recueillir l’opinion des par­­ cipants face à une ques­­
ti­­
tion.
Cer­­
tains pro­­
posent même de mettre à dis­­ si­­
po­­ tion des wikis :
ces ency­­ pé­­
clo­­ dies collaboratives dont l’exemple grand public le plus
célèbre est wikipedia. Cha­­ peut créer une défi­­ tion ou modi­­
cun
ni­­
fier
une défi­­ tion exis­­
ni­­
tante, créée par un autre col­­ bo­­ teur. Un outil
la­­ ra­­
très pré­­
cieux de mana­­ ment, pour consti­­
ge­­
tuer, par exemple, un réfé­
­
ren­­ tech­­
tiel
nique ou une base de connais­­
sance commune. Le wiki
est pro­­ ble­­
ba­­ ment la solu­­
tion la plus basique mais la plus effi­­
cace de
Knowledge mana­­ ment.
ge­­
44
Savoirs

Figure 1.6 ■ Exemple de wiki consa­­ à la péda­­ gie
cré
go­­

Aussi bien pour exer­­ son acti­­ actuelle (recru­­ par exemple)
cer
vité
ter,
que pour pré­­ rer son acti­­
pa­­
vité future (mobi­­ pro­­ sion­­
lité
fes­­ nelle),
e
rêt
ri­­
tité
un « mana­­ du xxi  siècle » a tout inté­­ à valo­­ ser son iden­­
ger
numé­­
rique en pre­­
nant pied sur les réseaux sociaux.
À l’heure d’Internet, il est indis­­ sable de for­­ et de pré­­ ver
pen­­
ger
ser­­
sa répu­­ tion en ligne comme de consti­­
ta­­
tuer et d’amplifier son réseau
pro­­ sion­­ en créant un pro­­ per­­ nel sur l’une au moins des
fes­­ nel,
fil
son­­
dif­­ rentes plateformes de réseaux sociaux.
fé­­
Côté pro­­ sion­­
fes­­ nel, en France, Viadeo est sans doute le plus
adapté à tous ; Linkedin sera pré­­
féré, si l’on envi­­
sage une car­­
rière
inter­­ tionale. Éta­­ un pro­­ sur Facebook n’est pas non plus
na­­
blir
fil
inutile, en sachant que cette pla­­ forme évoque davan­­
te­­
tage la sphère
pri­­ que pro­­ sion­­
vée
fes­­ nelle. Atten­­
tion tou­­ fois aux infor­­ tions
te­­
ma­­
dif­­ sées sur ces plateformes, qui deviennent dès lors publiques. Il
fu­­
convient d’être prudent.

45

Savoir-être

Iden­­
tité numé­­
rique et réseaux sociaux

Savoir-faire

Cet outil per­­
met à cha­­
cun d’améliorer et d’enrichir la base de
connais­­
sance. Cette ency­­ pé­­ collaborative pré­­
clo­­ die
serve en interne
un savoir vivant et en constante évo­­ tion.
lu­­
1 • Connaître
son envi­­ ne­­
ron­­ ment

L’environnement éco­­ mique de l’entreprise
no­­
Les impé­­ tifs finan­­
ra­­
ciers
L’environnement juri­­
dique
L’environnement tech­­ lo­­
no­­ gique

L’identité numé­­
rique peut éga­­ ment être ren­­ cée par la tenue
le­­
for­­
d’un blog. Outil de noto­­
riété très utile aux consul­­
tants indé­­ ­
pen­
dants, notam­­
ment dans le domaine des nou­­
velles tech­­ lo­­
no­­ gies ; il
peut aussi s’avérer très effi­­
cace pour valo­­ ser votre exper­­
ri­­
tise, et par
là même, celle de l’entreprise qui vous emploie.
Plus loin, la plu­­
part des blogueurs uti­­
lisent éga­­ ment le ser­­
le­­
vice
de micro-­ logging twitter pour dif­­ ser ou rece­­
b
fu­­
voir des infor­­ ­
ma­
tions très rapides (140 carac­­
tères maxi­­
mum par mes­­
sage).

L’évolution du rôle de mana­­
ger
L’irruption des nou­­
velles tech­­ lo­­
no­­ gies, en par­­ cu­­ des outils de
ti­­ lier
tra­­ collaboratif, ajou­­ à l’entrée dans le monde du tra­­ des
vail
tée
vail
« digi­­ natives » va donc pas­­ ble­­
tal
sa­­ ment modi­­ la manière dont le
fier
mana­­ devra mana­­
ger
ger.
Du rôle ancien et clas­­
sique, fondé sur le command and control
(don­­ des ordres et véri­­ leur exé­­ tion), le mana­­ devra
ner
fier
cu­­
ger
s’adapter à de nou­­
veaux compor­­ ments, plus col­­ tifs, moins hié­
te­­
lec­­
­
rar­­ sés, miser sur la col­­ bo­­ tion plu­­ que sur l’exécution et
chi­­
la­­ ra­­
tôt
s’appuyer davan­­
tage sur la confiance que sur l’exercice du pou­­
voir.
L’information devient omni­­ sente, dans et hors de l’entreprise.
pré­­
Le mana­­ ne peut plus se contenter de sa connais­­
ger
sance, autre­­
fois
exclu­­ et réser­­ aux cadres, comme seul attri­­ de son pou­
sive
vée
but
­
voir.
L’environnement tech­­ lo­­
no­­ gique va irré­­ dia­­ ment pous­­ le
mé­­ ble­­
ser
mana­­ à res­­ sa­­ li­­ davan­­
ger
pon­­ bi­­ ser
tage les membres de son équipe, à
être ini­­ teur de nou­­
tia­­
veaux pro­­
jets. Et sa mis­­
sion de mana­­ devra
ger
pas­­ pro­­ si­­ ment du rôle de « chef » qui ordonne et véri­­ à
ser
gres­­ ve­­
fie,
celle de « lea­­
der » d’équipe, de régu­­ teur et d’animateur de commu­
la­­
­
nauté.

46
47

Savoirs
Savoir-être

Savoir-faire

L’environnement actuel de l’entreprise se carac­­ rise par
té­­
une double évo­­ tion : l’accélération du rythme des chan­
lu­­
­
ge­­
ments et le décloisonnement des acti­­ tés. L’accélération
vi­­
des chan­­ ments concerne tous les domaines et pas uni­
ge­­
­
que­­
ment le domaine tech­­ lo­­
no­­ gique. Le décloisonnement
des acti­­ tés impacte l’entreprise qui ne peut se tenir à
vi­­
l’écart des ten­­
dances, mais éga­­ ment le mana­­ en
le­­
ger
tant qu’acteur majeur de l’entreprise.
Savoirs

Chapitre 2

e
té­­
◆◆ Comment l’entreprise définit-­ lle sa stra­­ gie ?
◆◆ Quels sont les grands types de stra­­ gie actuels ?
té­­
◆◆ Comment la stra­­ gie se déploie-­-elle dans l’entreprise ?
té­­
t

49

Savoir-être

Les ques­­
tions aux­­
quelles répond ce cha­­
pitre

Savoir-faire

Contri­­
buer à la stra­­ gie
té­­
de l’entreprise
2 • Contri­­
buer à la stra­­ gie
té­­
de l’entreprise

Les fon­­ men­­
da­­
taux de la stra­­ gie
té­­
Le diag­­ tic stra­­ gique
nos­­
té­­
Le choix de la stra­­ gie
té­­
Le déploie­­
ment de la stra­­ gie
té­­

CC Les fon­­da­­ en­­taux de la stra­­té­­gie
m
Une brève his­­
toire de la stra­­ gie
té­­
PRINCIPES CLÉS

La stra­­ gie a d’abord été un art de la
té­­
guerre, avant de s’appliquer aux affaires
•	 La stra­­ gie est l’art d’atteindre
té­­
un objec­­
tif.
éco­­ miques. Le texte le plus ancien
no­­
serait celui de Sun Tzu, géné­­ chi­­
ral nois
•	 Elle consiste à arbi­­
trer parmi
plu­­
sieurs choix offerts et à
ayant vécu 500 ans av. J.C. Le terme de
allouer les meilleurs moyens et
« stra­­ gie » appa­­ dans l’ouvrage du
té­­
raît
res­­
sources néces­­
saires.
géné­­ prus­­
ral
sien Karl von Clausewitz
dans son Traité de la guerre en 1832.
Ce n’est qu’au milieu des années 1960 que le terme est uti­­ pour
lisé
les affaires éco­­ miques, d’abord par A. Chandler dans Strategy and
no­­
struc­­ publié en 1963, puis en 1965 par Igor Ansoff dans Corporate
ture
Strategy (Stra­­ gie du déve­­ pe­­
té­­
lop­­ ment de l’entreprise en fran­­
çais).
Ayant comme but ultime la créa­­ de valeur, « La stra­­ gie d’une
tion
té­­
entre­­
prise cor­­ pond à une confi­­ ra­­
res­­
gu­­ tion cohé­­
rente d’activités visant
à lui per­­
mettre de faire la dif­­ rence par rap­­
fé­­
port à ses concur­­
rents »1.

Éta­­ une stra­­ gie
blir
té­­
Éta­­ une stra­­ gie pour son entre­­
blir
té­­
prise consiste à faire des choix dans
l’allocation aux dif­­ rentes acti­­ tés des res­­
fé­­
vi­­
sources rares de l’entreprise :
res­­
sources humaines, finance et temps. La stra­­ gie engage les res­
té­­
­
sources de l’entreprise sur le long terme, de 3 ans à 5 ans.
Il s’agit de construire pour son offre des avan­­
tages concur­­ tiels
ren­­
dura­­ ment ren­­
ble­­
tables, expri­­ en termes de « béné­­ client » par :
més
fice
✓✓ des inno­­ tions ;
va­­
✓✓ l’assemblage de compé­­
tences créa­­
teur de valeur pour le client ;
✓✓ des ver­­
rouillages (savoir-­ aire spé­­ fiques, bre­­
f
ci­­
vets, alliances avec des
four­­ seurs ou des dis­­ bu­­
nis­­
tri­­ teurs, noto­­
riété d’une marque…) ;
1.	 Michael Por­­ L’avantage concur­­ tiel, Dunod, édi­­
ter,
ren­­
tion 2008.

50
✓✓ les syner­­ internes entre les branches d’un groupe ;
gies
✓✓ la flexi­­ lité et rapi­­ de réac­­
bi­­
dité
tion, « time based competition ».

La démarche stra­­ gique s’organise en trois étapes bien dis­­
té­­
tinctes
que nous détaille­­
rons dans les pages sui­­
vantes :
✓✓ La réa­­ sa­­
li­­ tion d’un diag­­ tic syn­­ tique met­­
nos­­
thé­­
tant en avant les
menaces ou oppor­­ ni­­ de l’environnement et les forces et fai­
tu­­ tés
­
blesses de l’entreprise. Pour ce faire, on aura mené une ana­­ de
lyse
l’environnement concur­­ tiel, poli­­
ren­­
tique, éco­­ mique et tech­­ ­
no­­
no­
lo­­
gique et une ana­­ de la compé­­ vité de l’entreprise ;
lyse
titi­­
✓✓ Le choix d’une stra­­ gie pour l’entreprise ;
té­­
✓✓ L’alignement stra­­ gique qui per­­
té­­
met de mettre en œuvre la stra­
­
té­­ choi­­ et de créer les syner­­ néces­­
gie
sie
gies
saires.

Savoirs

Une démarche en trois phases

51

Savoir-être

Pour poser un diag­­ tic stra­­ gique,
nos­­
té­­
l’entreprise doit tout d’abord effec­­
tuer
PRINCIPES CLÉS
une seg­­ ta­­
men­­ tion de ses acti­­ tés en
vi­­
nos­­
té­­
domaines d’activités stra­­ giques (DAS). •	 Le diag­­ tic stra­­ gique
té­­
s’appuie sur une ana­­
lyse fac­
­
Puis sur cha­­ de ces domaines, elle va
cun
tuelle de la réa­­ qui vise à
lité
livrer à une double ana­­
lyse :
don­­ une vision réa­­
ner
liste de la
situa­­
tion de l’entreprise sur son
✓✓ L’analyse externe qui vise à pré­­ ter
sen­­
mar­­
ché.
une vue complète du mar­­ et de
ché
•	 On s’appuie pour cela sur des
l’environnement ;
méthodes et outils éprou­­
vés.
✓✓ L’analyse interne qui consiste à ana­
­
ly­­ les forces et les fai­­
ser
blesses de
l’entreprise, compte tenu des pro­­
duits qu’elle pro­­
pose et des mar­
­
chés sur les­­
quels elle a choisi de se déve­­ per.
lop­­
Pour faci­­ ter le diag­­ tic et appor­­ une vision glo­­
li­­
nos­­
ter
bale de la
situa­­
tion, l’ensemble des résul­­ seront réunis dans une matrice
tats
SWOT (EMOFF en fran­­
çais).

Savoir-faire

CC Le diag­­
nos­­tic stra­­té­­gique
2 • Contri­­
buer à la stra­­ gie
té­­
de l’entreprise

Les fon­­ men­­
da­­
taux de la stra­­ gie
té­­
Le diag­­ tic stra­­ gique
nos­­
té­­
Le choix de la stra­­ gie
té­­
Le déploie­­
ment de la stra­­ gie
té­­

La seg­­ ta­­ stra­­ gique
men­­ tion
té­­
Seg­­ ter l’activité de l’entreprise per­­ de cir­­
men­­
met
conscrire le cadre de
l’analyse à des sous-­ nsembles cohé­­
e
rents. Ces sous-­ nsembles sont
e
appe­­ seg­­
lés
ments stra­­ giques ou domaines d’activité stra­­ giques
té­­
té­­
(DAS) ou Busi­­ Units (BU).
ness
Un seg­­
ment stra­­ gique consiste en un regrou­­ ment de fonc­­
té­­
pe­­
tions
ou de pro­­ sus por­­
ces­­
teurs d’une stra­­ gie spé­­ fique pour l’entreprise
té­­
ci­­
et qui cor­­ pond à une combi­­ son par­­ cu­­
res­­
nai­­
ti­­ lière de fac­­
teurs clés de
suc­­
cès.
Le décou­­
page en seg­­
ments peut s’appuyer sur des cri­­
tères propres
à l’entreprise et sur des cri­­
tères externes :
✓✓ les compé­­
tences néces­­
saires ;
✓✓ les struc­­
tures de coûts ;
✓✓ les tech­­ lo­­
no­­ gies ;
✓✓ les types de clients ;
✓✓ les réseaux de dis­­ bu­­
tri­­ tion ;
✓✓ les zones géo­­ phiques ;
gra­­
✓✓ la concur­­
rence ;
✓✓ etc.
Cri­­
tères de per­­ nence d’une seg­­
ti­­
men­­ tion
ta­­

Chaque DAS doit être mesu­­
rable, que ce soit au tra­­
vers de la taille
du mar­­
ché, ou de la ren­­ bi­­
ta­­ lité. La part de mar­­ de l’entreprise
ché
doit être suf­­ sante pour pou­­
fi­­
voir y bâtir une stra­­ gie et lui allouer
té­­
des res­­
sources propres.
Il faut rai­­ ner à la bonne échelle : la seg­­ ta­­
son­­
men­­ tion ne doit être
ni trop fine au sens du seg­­
ment mar­­ ting, ni trop agré­­ au sens
ke­­
gée
de la branche ou du sec­­
teur indus­­
triel.
Le nombre de DAS doit être compa­­
tible avec la taille de
l’entreprise : de 3 ou 4 en PME à une soixan­­
taine pour un groupe
mon­­ diver­­ fié.
dial
si­­

52
Tableau 2.1 ■ Exemple de seg­­
men­­ tion l’industrie de la pein­­
ta­­
ture
DAS

Fac­­
teur dif­­ ren­­
fé­­ ciant

Zone de réfé­­
rence
de la concur­­
rence

Grand-­ ublic
p

Mar­­ ting
ke­­

Natio­­
nale, la faible valeur
ajou­­ du pro­­
tée
duit et
l’importance du mar­­ ting
ke­­
limitent les échanges

Indus­­
trie

Technico-­ ommercial
c

Natio­­
nale avec ten­­
dance à
l’européanisation au tra­­
vers
d’une cer­­
taine stan­­ di­­ ­
dar­­ sa­
tion des pro­­
duits

Répa­­ tion
ra­­
auto­­ bile
mo­­

Inno­­ tion tech­­ lo­­
va­­
no­­ gique /
dis­­ bu­­
tri­­ tion

Euro­­
péenne. Le rôle
crois­­
sant des réseaux
construc­­
teurs dans la
répa­­ tion pousse à
ra­­
l’internationalisation

Construc­­
teur
auto­­ bile
mo­­

Coûts de pro­­ tion / effets
duc­­
d’échelle

Mon­­
diale. Un petit nombre
de clients (les construc­­
teurs
auto­­ biles) avec une poli­
mo­­
­
tique d’achat inter­­ tionale
na­­

Construc­­
tion
et répa­­ tions
ra­­
navales

Inno­­ tion tech­­ lo­­
va­­
no­­ gique
et pré­­
sence inter­­ tionale
na­­

Mon­­
diale. Le mar­­
ché est
contrôlé par trois pro­­ ­
duc­
teurs qui couvrent le monde
au tra­­
vers de licen­­
ciés

L’analyse externe
L’objectif de l’analyse externe est de situer l’entreprise sur son mar­
­
ché et dans son envi­­ ne­­
ron­­ ment. La fina­­ de cette ana­­ est de
lité
lyse
détecter les oppor­­ ni­­ et les menaces.
tu­­ tés
Pour se livrer à cette ana­­ externe, l’entreprise peut mettre en
lyse
place une veille et/ou faire appel à des cabi­­
nets spé­­ li­­ pour la
cia­­ sés
réa­­ sa­­
li­­ tion d’études.
Deux outils sont uti­­ sés usuel­­ ment : l’analyse PEST et l’analyse
li­­
le­­
des cinq forces de Por­­ Ces deux grilles per­­
ter.
mettent de struc­­ rer
tu­­
la démarche et de balayer de manière exhaus­­ l’ensemble des fac­
tive
­
teurs externes à l’entreprise.

53

Savoirs

Natio­­
nale, voire régio­­
nale

Savoir-faire

Réseau de dis­­ bu­­
tri­­ tion

Savoir-être

Bâti­­
ment
2 • Contri­­
buer à la stra­­ gie
té­­
de l’entreprise

Les fon­­ men­­
da­­
taux de la stra­­ gie
té­­
Le diag­­ tic stra­­ gique
nos­­
té­­
Le choix de la stra­­ gie
té­­
Le déploie­­
ment de la stra­­ gie
té­­

L’analyse PEST

L’analyse PEST des influ­­
ences envi­­ ne­­ tales consiste à réper­
ron­­ men­­
­
to­­ et ana­­ ser les fac­­
rier
ly­­
teurs envi­­ ne­­ taux qui affectent les
ron­­ men­­
entre­­
prises. Elle per­­ de dépas­­ l’horizon du sec­­
met
ser
teur pour mieux
pré­­ son évo­­ tion future.
voir
lu­­
Elle invite à répondre aux deux ques­­
tions sui­­
vantes :
✓✓ Parmi ces fac­­
teurs, les­­
quels sont les plus impor­­
tants aujourd’hui ?
✓✓ Et quels seront les plus impor­­
tants dans les années à venir ?
Les fac­­
teurs d’influences envi­­ ne­­ tales sont clas­­ en
ron­­ men­­
sés
quatre grandes familles repré­­ tées par les lettres PEST.
sen­­
✓✓ Politique, légal et régle­­ taire
men­­
−− Poli­­
tique fis­­
cale, sociale, sécu­­
rité, etc. ;
−− Lois et normes sur la pro­­ tion de l’environnement ;
tec­­
−− Régu­­ tion du commerce exté­­
la­­
rieur ;
−− …
✓✓ Économique
−− Cycles éco­­ miques, crises, etc. ;
no­­
−− Évo­­ tion du PIB, de l’inflation, des taux d’intérêt ;
lu­­
−− Cours des matières pre­­
mières ;
−− Accès au cré­­
dit ;
−− …
✓✓ Socioculturel, démo­­ phique
gra­­
−− Taille et vieillis­­ ment de la popu­­ tion ;
se­­
la­­
−− Évo­­ tion des modes de vie et des niveaux d’instruction ;
lu­­
−− Dis­­ bu­­
tri­­ tion des reve­­
nus ;
−− …
✓✓ Technologique
−− Inves­­ se­­
tis­­ ment en recherche et déve­­ pe­­
lop­­ ment ;
−− Évo­­ tion des tech­­ lo­­
lu­­
no­­ gies ;
−− …

54
Savoir-faire

L’analyse des cinq forces de Por­­ mesure l’intensité concur­­ tielle
ter
ren­­
sur un sec­­
teur donné. Elle per­­ de visua­­ ser les dif­­ rentes forces
met
li­­
fé­­
en jeu et de recher­­
cher celles qui sont le plus à même de tou­­
cher
l’entreprise :
✓✓ La concur­­
rence en place. Il s’agit de la concur­­
rence actuelle de
l’entreprise sur son sec­­
teur d’activité. Ce sont des aspects qui sont
sou­­
vent connus et sui­­
vis.
✓✓ Les nou­­
veaux entrants. Qui sont les nou­­
veaux concur­­
rents poten­
­
tiels ? Ils peuvent venir de sec­­
teurs d’activité très dif­­ rents de
fé­­
celui de l’entreprise. Par exemple, sur le mar­­ de la for­­ ­
ché
ma­
tion pro­­ sion­­
fes­­ nelle de plus en plus tech­­ lo­­
no­­ gique (e-­earning,
l
serious game), les nou­­
veaux entrants peuvent venir du monde
de la tech­­ lo­­
no­­ gie.
✓✓ Les four­­ seurs. Quelle pres­­
nis­­
sion les four­­ seurs sont-­ls en posi­
nis­­
i
­
tion d’exercer sur les marges ? Par exemple, dans le sec­­
teur de
l’horlogerie, il ne sub­­
siste que très peu de four­­ seurs de méca­
nis­­
­
nismes d’horlogerie. Les entre­­
prises clientes dépendent d’eux.
✓✓ Les clients. Quelle pres­­
sion les clients sont-­ls en posi­­
i
tion d’exercer
sur les marges ? Par exemple, la grande dis­­ bu­­
tri­­ tion est un client
incontour­­
nable et de ce fait en situa­­
tion de peser sur les marges
de ses four­­ seurs.
nis­­
✓✓ Les pro­­
duits de sub­­ tution. Quels pro­­
sti­­
duits dif­­ rents pour­­
fé­­
raient
rendre le même ser­­ que le pro­­
vice
duit de l’entreprise ? L’évolution
des tech­­ lo­­
no­­ gies peut appor­­ de nom­­
ter
breux bou­­ ver­­ ments
le­­ se­­
dans ce domaine. Dans le domaine des réunions pro­­ sion­­
fes­­ nelles,
les ser­­
vices de visio-­ onférence sont concur­­
c
rents des compa­­
gnies
aériennes.

Savoirs

Les cinq forces de Por­­
ter

L’objectif de l’analyse interne est d’identifier les forces et fai­­
blesses
de l’entreprise. Elle peut uti­­ ser les outils dont elle dis­­
li­­
pose à cet effet
aux trois niveaux de la stra­­ gie :
té­­
✓✓ le niveau glo­­ ou stra­­ gie d’entreprise ;
bal
té­­
✓✓ le niveau du DAS ;
55

Savoir-être

L’analyse interne
2 • Contri­­
buer à la stra­­ gie
té­­
de l’entreprise

Les fon­­ men­­
da­­
taux de la stra­­ gie
té­­
Le diag­­ tic stra­­ gique
nos­­
té­­
Le choix de la stra­­ gie
té­­
Le déploie­­
ment de la stra­­ gie
té­­

✓✓ le niveau opé­­ tion­­
ra­­ nel.
Au niveau glo­­
bal, les ques­­
tions fon­­ men­­
da­­ tales aux­­
quelles vont
répondre ces outils d’aide à la déci­­
sion sont :
✓✓ Comment faire évo­­ mon por­­ feuille d’activité ?
luer
te­­
✓✓ Comment répar­­ mes res­­
tir
sources entre les dif­­ rentes acti­­ tés ?
fé­­
vi­­
✓✓ Comment éva­­
luer l’intérêt rela­­ des dif­­ rentes acti­­ tés de
tif
fé­­
vi­­
l’entreprise ?
L’évaluation de l’intérêt d’une acti­­ repose sur deux fac­­
vité
teurs :
✓✓ L’attrait du mar­­ qui indique l’intérêt, le risque sec­­ riel et
ché
to­­
les besoins finan­­
ciers que repré­­
sente le seg­­
ment. Les prin­­ paux
ci­­
indi­­ teurs sont :
ca­­
−− la taille actuelle du mar­­
ché,
−− le taux de crois­­
sance prévu,
−− la ren­­ bi­­ intrin­­
ta­­ lité
sèque du mar­­
ché,
−− …
✓✓ La compé­­ vité de l’entreprise, qui indique les capa­­ tés, la ren­
titi­­
ci­­
­
ta­­ lité et le risque concur­­ tiel de l’entreprise. Les prin­­ paux
bi­­
ren­­
ci­­
indi­­ teurs sont :
ca­­
−− la part de mar­­ de l’entreprise ou son chiffre d’affaires,
ché
−− les atouts poten­­
tiels dont elle dis­­
pose,
−− …
Parmi les modèles les plus connus nous étu­­ rons :
die­­
✓✓ la matrice BCG ;
✓✓ la matrice McKinsey.
La matrice BCG

La matrice BCG est un outil d’analyse d’un por­­ feuille d’activités.
te­­
Elle a été créée par le cabi­­ de conseil amé­­ cain Bos­­ Consulting
net
ri­­
ton
Group.

56
Croissance du marché

Étoile

–

++

Dilemme

Vache à lait

Poids mort

Part de marché relative

57

–

Savoir-être

++

Savoir-faire

Figure 2.1 ■ La matrice BCG

Savoirs

C’est un outil très visuel qui consti­­ un bon vec­­ de commu­
tue
teur
­
ni­­ tion. Elle est très facile d’emploi, car c’est un gra­­
ca­­
phique que le
tableur Excel réa­­ auto­­ ti­­ ment sous le nom de gra­­
lise
ma­­ que­­
phiques à
bulles.
Cette matrice croise trois types de don­­
nées :
✓✓ la crois­­
sance du chiffre d’affaires des dif­­ rentes acti­­ tés repré­
fé­­
vi­­
­
sen­­ en ordon­­
tée
nées ;
✓✓ la part de mar­­
ché sur cha­­
cune des acti­­ tés repré­­ tées en
vi­­
sen­­
abs­­
cisses ;
✓✓ les marges ou les chiffres d’affaires des dif­­ rentes acti­­ tés repré­
fé­­
vi­­
­
sen­­ par la taille des cercles.
tés
La matrice BCG répar­­ le por­­ feuille d’activités en 4 grandes
tit
te­­
familles :
✓✓ les vaches à lait ;
✓✓ les étoiles ;
✓✓ les dilemmes ;
✓✓ les poids morts.
2 • Contri­­
buer à la stra­­ gie
té­­
de l’entreprise

Les fon­­ men­­
da­­
taux de la stra­­ gie
té­­
Le diag­­ tic stra­­ gique
nos­­
té­­
Le choix de la stra­­ gie
té­­
Le déploie­­
ment de la stra­­ gie
té­­

Les vaches à lait sont les acti­­ tés arri­­
vi­­
vées à matu­­
rité. L’entreprise
y a une forte part de mar­­
ché, mais le taux de crois­­
sance du mar­­
ché
est faible. Elles génèrent des ren­­
trées impor­­
tantes. L’objectif est de
main­­ nir la posi­­
te­­
tion domi­­
nante. Il faut évi­­ le double risque de
ter
trop inves­­ sur un mar­­ à crois­­
tir
ché
sance faible et de ne pas assez
inves­­ au risque de « faire mai­­
tir
grir » la vache.
Les étoiles sont le futur de l’entreprise. Ce sont des acti­­ tés sur
vi­­
les­­
quelles l’entreprise a une forte part de mar­­ et sur les­­
ché
quelles le
taux de crois­­
sance du mar­­ est fort.
ché
Les dilemmes sont les acti­­ tés sur les­­
vi­­
quelles l’entreprise n’a
qu’une faible part alors que le mar­­ est en crois­­
ché
sance. Ces acti­­ tés
vi­­
ne génèrent qu’une faible ren­­ bi­­ L’erreur serait d’investir for­­ ­
ta­­ lité.
te­
ment dans le déve­­ pe­­
lop­­ ment de cette acti­­ sans chance d’être le
vité
lea­­
der.
Les poids morts sont les acti­­ tés pour les­­
vi­­
quelles l’entreprise dis­
­
pose d’une faible part d’un mar­­ en crois­­
ché
sance faible. Ces acti­­ ­
vi­
tés sont des poids mort en ren­­ bi­­ et en tré­­ re­­ Il peut s’agir
ta­­ lité
so­­ rie.
d’anciennes « vaches à lait » ou de diver­­ fi­­ tions ratées. L’erreur
si­­ ca­­
serait de vou­­ à tout prix gagner des parts de mar­­
loir
ché, ce qui serait
coû­­
teux et sans inté­­ sur un mar­­ sans expan­­
rêt
ché
sion.
La matrice attraits/atouts ou matrice McKinsey

La matrice attraits/atouts mesure l’attractivité d’un seg­­
ment stra­­ ­
té­
gique et la croise avec les atouts que l’entreprise pos­­
sède pour réus­­
sir
sur ce seg­­
ment. Elle se prête bien à un tra­­ col­­ tif de réflexion
vail lec­­
en comité de direc­­
tion.
Attraits du sec­­
teur

L’attrait est la valeur à laquelle l’entreprise éva­­ un sec­­
lue
teur. Il peut
s’agir de valeur intrin­­
sèque fon­­ sur des cri­­
dée
tères objec­­
tifs :
✓✓ crois­­
sance, taille et durée du mar­­
ché ;
✓✓ niveau de la concur­­
rence ;

58
La méthode pour réa­­ ser la matrice
li­­

✓✓ Lis­­ les atouts et les attraits ;
ter
✓✓ Attri­­
buer les notes. Il s’agit d’attribuer à chaque attrait et à
chaque atout une note allant de 0 à  10. Le zéro cor­­ pond à
res­­
l’absence totale d’intérêt, ou de compé­­
tence, le 10 au maxi­­
mum
pos­­
sible. Il faut veiller à fixer les notes de manière la plus objec­
­
tive pos­­
sible, c’est-à-dire sur la base de faits et non d’opinions ;
✓✓ Fixer les coef­­ cients de pon­­ ra­­ . Tous les items n’ayant
fi­­
dé­­ tion
pas la même valeur, on leur attri­­ géné­­ le­­
bue
ra­­ ment un cri­­ de
tère
pon­­ ra­­
dé­­ tion allant de 1 à 3 ;
✓✓ Construire la matrice. Pour cela, on répar­­ les attraits et les
tit
atouts en 3 grandes classes : forts, moyens et faibles. Cela déter­
­
mine une matrice à 9 cases dans laquelle se répar­­
tissent les seg­
­
ments ou DAS.

59

Savoirs

Ce sont les atouts dont dis­­
pose l’entreprise pour réus­­ sur un seg­
sir
­
ment donné. Voici une liste non exhaus­­ d’atouts qu’une entre­
tive
­
prise peut pos­­ der sur un sec­­
sé­­
teur.
✓✓ part de mar­­
ché ;
✓✓ maî­­
trise tech­­ lo­­
no­­ gique ;
✓✓ expé­­
rience, pro­­ ti­­
duc­­ vité, qua­­
lité ;
✓✓ syner­­ avec d’autres acti­­ tés ;
gie
vi­­
✓✓ res­­
sources déjà dis­­ nibles ;
po­­
✓✓ …

Savoir-faire

Atouts de l’entreprise

Savoir-être

✓✓ ren­­ bi­­ du sec­­
ta­­ lité
teur ;
✓✓ besoin de res­­
sources finan­­
cières ;
✓✓ …
Il peut s’agir éga­­ ment d’une valeur rela­­
le­­
tive, c’est-à-dire l’intérêt
que l’entreprise accorde au sec­­
teur. Par exemple, un seg­­
ment dans
lequel l’entreprise n’aura aucune chance de réus­­ aura une valeur
site
rela­­ nulle, même si sa valeur intrin­­
tive
sèque est forte.
2 • Contri­­
buer à la stra­­ gie
té­­
de l’entreprise

Les fon­­ men­­
da­­
taux de la stra­­ gie
té­­
Le diag­­ tic stra­­ gique
nos­­
té­­
Le choix de la stra­­ gie
té­­
Le déploie­­
ment de la stra­­ gie
té­­

Tableau 2.2 ■ Liste des attraits du mar­­
ché
Attraits

Pon­­ ra­­
dé­­ tion

DAS 1

DAS2

DAS 3

DAS2

DAS 3

Attrait 1
Attrait 2
…

Tableau 2.3 ■ Liste des atouts de l’entreprise
Atouts

Pon­­ ra­­
dé­­ tion

DAS 1

Atout 1
Atout 2
...

Tableau 2.4 ■ La matrice attraits/atouts

Attraits du
mar­­
ché

Atouts de l’entreprise
Forts

Moyens

Faibles

Forts
Moyens
Faibles

Le diag­­ tic
nos­­
Le diag­­ tic ras­­
nos­­
semble les élé­­
ments recueillis au cours des phases
d’analyse interne et externe. On uti­­ pour cela le modèle SWOT
lise
(Strengths Weaknesses Opportunities, Threats) ou EMOFF (Enjeux,
Menaces, Oppor­­ ni­­ Forces, Fai­­
tu­­ tés,
blesses).
Le modèle SWOT per­­
met d’avoir une vision glo­­
bale de l’entre­
prise ou du domaine d’activité stra­­ gique sur son mar­­
té­­
ché :
✓✓ Menaces : ce sont les faits pro­­ nant du mar­­ ou de son envi­
ve­­
ché
­
ron­­ ment et qui ne sont pas favo­­
ne­­
rables. Ainsi, l’arrivée de nou­
­
60
Tableau 2.5 ■ Exemple d’analyse SWOT
Oppor­­ ni­­ (faits externes)
tu­­ tés

Une concur­­
rence impor­­
tante
Une baisse du pou­­
voir d’achat de la
clien­­
tèle

Un fort inté­­ de la clien­­
rêt
tèle pour ce
type de pro­­
duit

Forces (faits internes)

Savoirs

Fai­­
blesses (faits internes)

Une très bonne qua­­
lité
Des pro­­
duits appré­­
ciés
Un réseau de dis­­ bu­­
tri­­ tion bien struc­­
turé

Une ren­­ bi­­ en baisse
ta­­ lité

Une fois, le diag­­ tic posé, il faut ensuite iden­­ fier les objec­­
nos­­
ti­­
tifs
que l’on se donne et le plan d’actions pour atteindre ces objec­­
tifs.
Trois pistes sont pré­­ ni­­ pour cela :
co­­ sées
✓✓ sécu­­ ser les points faibles et les menaces ;
ri­­
✓✓ conso­­ der les points forts ;
li­­
✓✓ se déve­­ per sur les oppor­­ ni­­ de mar­­
lop­­
tu­­ tés
ché.

61

Savoir-être

Menaces (faits externes)

Savoir-faire

veaux concur­­
rents, la fusion de deux concur­­
rents les ren­­
dant
plus compé­­
titifs, une régle­­ ta­­
men­­ tion res­ ric­­
t tive, un seg­­
ment de
mar­­ en régres­­
ché
sion, une insta­­ lité inter­­ tionale ayant des
bi­­
na­­
réper­­ sions sur le marché…
cus­­
✓✓ Oppor­­ ni­­  : elles cor­­ pondent aux faits ou ten­­
tu­­ tés
res­­
dances du
mar­­
ché et de son envi­­ ne­­
ron­­ ment qui sont plu­­ favo­­
tôt
rables.
Ainsi, une nou­­
velle tech­­ lo­­ un seg­­
no­­ gie,
ment de mar­­ en forte
ché
crois­­
sance, un fort pou­­ d’achat du marché-­ ible, un seg­­
voir
c
ment
de mar­­ émergent en forte pro­­ sion, la chute d’un concur­
ché
gres­­
­
rent, une reprise économique…
✓✓ Forces : ce sont les atouts de l’entreprise et de ses gammes de
pro­­
duits ou ser­­
vices. Ce sont ses points forts par rap­­
port aux
concur­­
rents. Par exemple : une image d’innovateur, une excel­
­
lente qua­­ une gamme large et complète, une bonne rela­­
lité,
tion
client, une part de mar­­ importante…
ché
✓✓ Fai­­
blesses : ce sont les points faibles de l’entreprise ou des gammes
de pro­­
duits ou ser­­
vices. Par exemple : une faible noto­­
riété, une baisse
de qua­­ une faible ren­­ bi­­ des pro­­
lité,
ta­­ lité,
duits vieillissants…
2 • Contri­­
buer à la stra­­ gie
té­­
de l’entreprise

Les fon­­ men­­
da­­
taux de la stra­­ gie
té­­
Le diag­­ tic stra­­ gique
nos­­
té­­
Le choix de la stra­­ gie
té­­
Le déploie­­
ment de la stra­­ gie
té­­

CC Le choix de la stra­­té­­gie
PRINCIPES CLÉS
•	 Choi­­ c’est renon­­
sir,
cer. Effec­
­
tuer le choix d’une stra­­ gie,
té­­
c’est renon­­ aux autres stra­
cer
­
té­­
gies pos­­
sibles.
•	 C’est aussi foca­­ ser à moyen
li­­
ou long terme l’entreprise sur
un cap qu’il fau­­ tenir sur la
dra
durée.

Les entre­­
prises peuvent adop­­ dif­­ ­
ter
fé­
rentes stra­­ gies. Nous abor­­
té­­
dons ici les
trois des plus connues, ainsi qu’une nou­
­
velle approche.
✓✓ les trois stra­­ gies géné­­
té­­
riques de Por­­
ter ;
✓✓ les stra­­ gies de crois­­
té­­
sance d’Ansoff ;
✓✓ les quatre stra­­ gies de Kotler 1 ;
té­­
✓✓ l’approche « Océan bleu ».

Les trois stra­­ gies géné­­
té­­
riques ou stra­­ gies de Por­­
té­­
ter
Michael Por­­ dis­­
ter tingue deux grands types d’avantages concur­­ ­
ren­
tiels pour une entre­­
prise :
✓✓ des coûts peu éle­­ par rap­­
vés
port à ses concur­­
rents ;
✓✓ une dif­­ ren­­ tion de son offre par rap­­
fé­­ cia­­
port à celle de ses
concur­­
rents.
En combi­­
nant ces deux carac­­ ris­­
té­­ tiques, il défi­­ trois stra­­ gies
nit
té­­
de base :
✓✓ La domi­­ tion par les coûts : l’entreprise veut deve­­ le pro­­ ­
na­­
nir
duc­
teur à coûts peu éle­­ de son sec­­
vés
teur. S’adressant à une cible large,
elle pro­­
pose des pro­­
duits stan­­ di­­ (cf. mar­­ ting de masse). Le
dar­­ sés
ke­­
pro­­
duit doit être perçu comme compa­­
rable aux autres pro­­
duits du
mar­­ pour pou­­ être vendu à un prix proche de la moyenne
ché
voir
du mar­­ L’avantage coût est ainsi trans­­
ché.
formé en pro­­ plus élevé
fit
pour l’entreprise. Si le pro­­
duit est jugé infé­­
rieur en qua­­ à la
lité
moyenne du mar­­
ché, il faut que le prix de vente soit baissé en
consé­­
quence (dans la limite appor­­ par l’avantage coût) ;
tée
1.	 Philip Kotler est pro­­ seur de mar­­ ting aux États-­ nis. Il a écrit de nom­
fes­­
ke­­
U
­
breux livres, articles et tra­­
vaux de recherche.

62
Savoirs

✓✓ La stra­­ gie de dif­­ ren­­ tion : l’entreprise cherche à se sin­
té­­
fé­­ cia­­
­
gu­­ ri­­ sur une dimen­­
la­­ ser
sion for­­ ment appré­­ par ses clients.
te­­
ciée
Cette posi­­
tion unique lui per­­
met de pra­­ quer un sur­ rix par
ti­­
p
rap­­
port à la moyenne du mar­­
ché. L’entreprise dis­­
pose d’une ren­
­
ta­­ lité supé­­
bi­­
rieure à la moyenne du sec­­
teur si le sur­ rix est supé­
p
­
rieur aux coûts sup­­ men­­
plé­­ taires engen­­
drés par la recherche de
spé­­ ficité et d’originalité ;
ci­­
✓✓ La stra­­ gie de concen­­ tion ou stra­­ gie de niche : l’entreprise
té­­
tra­­
té­­
sélec­­
tionne une cible étroite et taille sur mesure son offre pour la
ser­­ à l’exclusion de toutes les autres cibles. Elle cherche à être le
vir
lea­­ de ce seg­­
der
ment spé­­ fique. Cette stra­­ gie a deux variantes
ci­­
té­­
selon que l’avantage de l’entreprise se fonde sur les coûts ou sur
une dif­­ ren­­ tion. Le choix entre ces deux variantes dépen­­
fé­­ cia­­
dra
des attentes de la cible visée par l’entreprise.

La stra­­ gie consti­­ le moyen qui per­­ d’atteindre l’objectif visé.
té­­
tue
met
Un même objec­­ peut être atteint de plu­­
tif
sieurs manières dif­­ rentes.
fé­­
L’objectif d’augmentation de chiffres d’affaires, par exemple, pourra
être atteint grâce à plu­­
sieurs stra­­ gies.
té­­
Igor Ansoff a classé ces stra­­ gies de crois­­
té­­
sance en croi­­
sant deux
cri­­
tères :
✓✓ les pro­­
duits qui peuvent être actuels ou nou­­
veaux ;
✓✓ les mar­­
chés qui peuvent être actuels ou nou­­
veaux.

Savoir-faire

Les stra­­ gies de crois­­
té­­
sance

Tableau 2.6 ■ Matrice de Ansoff ou matrice pro­­
duits/mar­­
ché
Pro­­
duits actuels

Pro­­
duits nou­­
veaux

Mar­­
chés actuels

Péné­­ tion du mar­­
tra­­
ché

Déve­­ pe­­
lop­­ ment pro­­
duit

Mar­­
chés nou­­
veaux

Exten­­
sion du mar­­
ché

Diver­­ fi­­ tion
si­­ ca­­

Cette stra­­ gie vise à déve­­ per le chiffre d’affaires des pro­­
té­­
lop­­
duits
actuels sur les mar­­
chés actuels. Plu­­
sieurs actions sont pos­­
sibles :
✓✓ aug­­ ter les quan­­ tés consom­­
men­­
ti­­
mées par les clients : fré­­
quence
d’achat, quan­­ tés ache­­
ti­­
tées ;
63

Savoir-être

La stra­­ gie de péné­­ tion du mar­­
té­­
tra­­
ché
2 • Contri­­
buer à la stra­­ gie
té­­
de l’entreprise

Les fon­­ men­­
da­­
taux de la stra­­ gie
té­­
Le diag­­ tic stra­­ gique
nos­­
té­­
Le choix de la stra­­ gie
té­­
Le déploie­­
ment de la stra­­ gie
té­­

✓✓ repo­­ tion­­ le pro­­
si­­ ner
duit par l’ajout d’offres de ser­­
vices ou par le
choix d’une nou­­
velle image ;
✓✓ aug­­ ter l’activité pro­­ tion­­
men­­
mo­­ nelle ;
✓✓ élar­­ le réseau de dis­­ bu­­
gir
tri­­ tion ;
✓✓ ali­­
gner les prix sur le concur­­
rent direct.
La stra­­ gie d’extension de mar­­
té­­
ché

Cette stra­­ gie vise à vendre les pro­­
té­­
duits actuels sur des mar­­
chés
nou­­
veaux pour l’entreprise.
L’entreprise pourra pour cela :
✓✓ étendre la pré­­
sence géo­­ phique de l’entreprise, notam­­
gra­­
ment à
l’international ;
✓✓ s’adresser à de nou­­
veaux seg­­
ments de clien­­
tèle.
La stra­­ gie de déve­­ pe­­
té­­
lop­­ ment de pro­­
duits

Cette stra­­ gie consiste à vendre des pro­­
té­­
duits nou­­
veaux sur les mar­
­
chés exis­­
tants. L’entreprise peut pas­­ par :
ser
✓✓ l’acquisition d’une nou­­
velle gamme de pro­­
duits ;
✓✓ des exten­­
sions de gammes ;
✓✓ l’adjonction de carac­­ ris­­
té­­ tiques nou­­
velles aux pro­­
duits exis­­
tants.
La stra­­ gie de diver­­ fi­­ tion
té­­
si­­ ca­­

Cette stra­­ gie consiste pour l’entreprise à vendre des pro­­
té­­
duits nou­
­
veaux sur des mar­­
chés nou­­
veaux. Il peut s’agir :
✓✓ d’une stra­­ gie de diver­­ fi­­ tion concen­­
té­­
si­­ ca­­
trique : l’entreprise
cherche alors à se diver­­ fier dans des acti­­ tés complé­­ taires
si­­
vi­­
men­­
ou connexes à ses acti­­ tés actuelles ;
vi­­
✓✓ d’une stra­­ gie de diver­­ fi­­ tion pure par le lan­­ ment sur un
té­­
si­­ ca­­
ce­­
sec­­
teur tota­­ ment dif­­ rent du por­­ feuille d’activités actuelles.
le­­
fé­­
te­­
Cette diver­­ fi­­ tion est bien évi­­ ment celle qui pré­­
si­­ ca­­
dem­­
sente les
risques les plus impor­­
tants.
64
Les quatre stra­­ gies concur­­ tielles de Kotler
té­­
ren­­
Selon Philippe Kotler, l’entreprise peut adop­­ des stra­­ gies dif­­ ­
ter
té­­
fé­
rentes selon sa posi­­
tion sur un mar­­
ché : lea­­ chal­­ ger, sui­­
der,
len­­
veur
ou spé­­ liste.
cia­­

Stra­­ gie de chal­­ ger
té­­
len­­

L’objectif du chal­­ ger est d’attaquer le lea­­ pour prendre sa place
len­­
der
et/ou d’attaquer les autres chal­­ gers pour avoir le champ libre.
len­­
Il pourra s’agir d’attaque fron­­ ou d’attaque laté­­
tale
rale. L’attaque
fron­­ est une stra­­ gie coû­­
tale
té­­
teuse. L’attaque laté­­ consiste à iden­
rale
­
ti­­ et exploi­­ une dimen­­
fier
ter
sion stra­­ gique faible du lea­­
té­­
der : prix,
pro­­ tion, qua­­ du pro­­
mo­­
lité
duit.
Il lui fau­­ éga­­ ment anti­­ per le risque de riposte du lea­­
dra
le­­
ci­­
der.

Savoir-faire

L’objectif du lea­­ est de prendre à son compte le déve­­ pe­­
der
lop­­ ment
du mar­­ et de la demande de ses marques.
ché
Il pourra choi­­ soit une stra­­ gie d’accroissement du mar­­
sir
té­­
ché
en cher­­
chant à déve­­ per la demande, soit une stra­­ gie défen­­
lop­­
té­­
sive
contre les entre­­
prises qui cherchent à remettre en cause son lea­
­
der­­
ship, soit au contraire une stra­­ gie offen­­
té­­
sive pour asseoir son
lea­­ ship.
der­­
Voici quelques exemples d’actions pos­­
sibles :
✓✓ inno­­ tion, lan­­ ments répé­­
va­­
ce­­
tés ;
✓✓ occu­­ tion de tous les seg­­
pa­­
ments de mar­­
ché ;
✓✓ bud­­ publi-­ romotionnels très impor­­
gets
p
tants.

Savoirs

Stra­­ gie de lea­­
té­­
der

L’objectif du sui­­
veur est la coexis­­
tence paci­­
fique. À ce titre, il accepte
de se contenter d’un rôle de second.
Sa stra­­ gie consis­­ prin­­ pa­­ ment à :
té­­
tera
ci­­ le­­
✓✓ seg­­ ter, iden­­ fier des niches, fidéliser un cœur de consom­
men­­
ti­­
­
ma­­
teurs ;

65

Savoir-être

Stra­­ gie de sui­­
té­­
veur
2 • Contri­­
buer à la stra­­ gie
té­­
de l’entreprise

Les fon­­ men­­
da­­
taux de la stra­­ gie
té­­
Le diag­­ tic stra­­ gique
nos­­
té­­
Le choix de la stra­­ gie
té­­
Le déploie­­
ment de la stra­­ gie
té­­

✓✓ inves­­ mais de façon modé­­
tir,
rée ;
✓✓ inves­­ prio­­ tai­­ ment sur la rela­­
tir
ri­­ re­­
tion client/dis­­ bu­­
tri­­ teur.
Stra­­ gie de spé­­ liste
té­­
cia­­

L’objectif du spé­­ liste est d’être le meilleur sur un cré­­
cia­­
neau étroit. Il
va se concen­­ sur une stra­­ gie de niche sur laquelle il peut espé­
trer
té­­
­
rer excel­­
ler.
Il devra pour cela :
✓✓ iden­­ fier un cré­­
ti­­
neau basé sur une per­­ mance ou une tech­­ cité
for­­
ni­­
réelle ;
✓✓ s’assurer du poten­­ suf­­ sant de ce cré­­
tiel
fi­­
neau et sa capa­­
cité à
croître, tout en ayant peu d’attrait pour la concur­­
rence ;
✓✓ dis­­ ser d’un avan­­
po­­
tage et d’une valeur dis­­
tincte par rap­­
port à
la concur­­
rence. On consti­­
tuera ainsi une bar­­
rière à l’entrée de
nature à dis­­ der d’éventuels concur­­
sua­­
rents ;
✓✓ fidéliser les clients et les dis­­ bu­­
tri­­ teurs.

La stra­­ gie Océan bleu
té­­
La carac­­ ris­­
té­­ tique de la stra­­ gie Océan bleu est de se foca­­ ser sur
té­­
li­­
les besoins clients et non sur l’analyse des concur­­
rents. C’est en cela
qu’elle est nova­­
trice par rap­­
port aux approches citées pré­­ dem­­
cé­­ ment.
Au terme de quinze années de recherche dans trente sec­­
teurs
d’activité dif­­ rents, W.  Chan  Kim et Renée  Mauborgne, pro­­ ­
fé­­
fes­
seurs en stra­­ gie, ont publié un ouvrage inti­­
té­­
tulé Stra­­ gie Océan
té­­
bleu. Les auteurs uti­­
lisent la méta­­
phore de l’océan pour décrire
l’espace concur­­ tiel dans lequel l’entreprise évo­­
ren­­
lue.
Cette approche repose sur le constat que, pour géné­­ une crois­
rer
­
sance ren­­
table, l’entreprise qui se trouve dans un envi­­ ne­­
ron­­ ment
concur­­ tiel encom­­ doit tenter de s’affranchir des contraintes
ren­­
bré
de son mar­­
ché.

66
L’Océan rouge est l’espace tra­­ tion­­ dans lequel évo­­
di­­ nel
luent les entre­
­
prises. Cet espace comprend des pro­­
duits bien défi­­ des concur­­
nis,
rents
iden­­ fiés et une concur­­
ti­­
rence qui repose sur les prix, la qua­­ et le ser­
lité
­
vice. La plu­­ des entre­­
part
prises évo­­
luent dans ce type d’environnement.
Dans l’Océan rouge, les entre­­
prises tentent de faire mieux que leurs
concur­­
rents pour aug­­ ter leur part de mar­­ mais le mar­­ étant
men­­
ché
ché
de plus en plus saturé, les perspec­­
tives se réduisent.
Dans l’Océan rouge, le choix doit se faire entre stra­­ gie de dif­
té­­
­
fé­­ cia­­
ren­­ tion ou domi­­ tion par les coûts.
na­­
Dans l’Océan bleu, les entre­­
prises ne se comparent pas à leurs
compé­­ teurs, mais essaient de re­ essiner les limites entre les mar­
ti­­
d
­
chés pour se libé­­ de la concur­­
rer
rence. Elles visent simul­­ né­­
ta­­ ment
dif­­ ren­­ tion et domi­­ tion par les coûts.
fé­­ cia­­
na­­
Tableau 2.7 ■ Stra­­ gie océan rouge et bleu
té­­
Stra­­ gie Océan bleu
té­­

Agir dans l’espace stra­­ gique exis­­
té­­
tant

Créer un espace stra­­ gique nou­­
té­­
veau

L’emporter sur la concur­­
rence

Mettre la concur­­
rence hors jeu

Exploi­­ la demande exis­­
ter
tante

Créer et conqué­­ une nou­­
rir
velle
demande

Arbi­­
trer entre dif­­ ren­­ tion et domi­
fé­­ cia­­
­
na­­
tion par les coûts

Sor­­ de l’arbitrage entre dif­­ ren­­ ­
tir
fé­­ cia­
tion et domi­­ tion par les coûts
na­­

67

Savoir-être

Stra­­ gie Océan rouge
té­­

Savoir-faire

L’enjeu : créer de nou­­
veaux océans

Savoirs

Afin de sor­­ de l’« Océan rouge » de la concur­­
tir
rence, l’entreprise
va devoir créer un espace de mar­­
ché entiè­­ ment nou­­
re­­
veau : un
« Océan bleu ». Les stra­­ gies déployées par des entre­­
té­­
prises comme
Nespresso, Apple, Nintendo (WII) ou le Cirque du Soleil sont
illustratives de cette approche.
2 • Contri­­
buer à la stra­­ gie
té­­
de l’entreprise

Les fon­­ men­­
da­­
taux de la stra­­ gie
té­­
Le diag­­ tic stra­­ gique
nos­­
té­­
Le choix de la stra­­ gie
té­­
Le déploie­­
ment de la stra­­ gie
té­­

Re­ essiner les fron­­
d
tières entre les mar­­
chés
pour se libé­­ de la concur­­
rer
rence

Un regard nou­­
veau sur des élé­­
ments connus per­­
met d’orienter les
entre­­
prises vers des solu­­
tions commer­­ lement nova­­
cia­­
trices et
d’accéder à de nou­­
veaux espaces stra­­ giques.
té­­
Six démarches sont pro­­ sées pour tenter de modi­­ les fron­
po­­
fier
­
tières entre les mar­­
chés et ainsi se libé­­ de la concur­­
rer
rence :
✓✓ Explo­­ les solu­­
rer
tions alter­­ tives pré­­
na­­
sentes sur le mar­­
ché.
✓✓ Explo­­ les groupes stra­­ giques du sec­­
rer
té­­
teur. Par exemple si une
entre­­
prise opère sur le seg­­
ment des voi­­
tures bon mar­­
ché, por­­
ter
un regard trans­­ sal sur le seg­­
ver­­
ment des voi­­
tures de luxe peut
per­­
mettre d’imaginer d’autres offres.
✓✓ Explo­­ la chaîne des acheteurs-­ tilisateurs. Les entre­­
rer
u
prises d’un
sec­­
teur ont géné­­ le­­
ra­­ ment une défi­­ tion commune de l’acheteur
ni­­
à cibler. Or il existe une chaîne de per­­
sonnes à viser qui par­­ ­
ti­
cipent à la déci­­
sion d’achat : ache­­
teur, uti­­ sa­­
li­­ teur et pres­­ teur.
crip­­
✓✓ Explo­­ les pro­­
rer
duits et ser­­
vices complé­­ taires. Géné­­ le­­
men­­
ra­­ ment,
on consi­­
dère que les pro­­
duits complé­­ taires sont en dehors
men­­
des limites du sec­­
teur. Cette posi­­
tion est res­ ric­­ car elle limite
t tive
les pos­­ bi­­ tés du couple pro­­
si­­ li­­
duit/ser­­
vice. Il est essen­­ de cher­
tiel
­
cher la solu­­
tion d’ensemble que recherche le client.
✓✓ Explo­­ le contenu fonc­­ nel ou émo­­ nel du sec­­
rer
tion­­
tion­­
teur. Les
concur­­
rents d’un même sec­­
teur s’accordent le plus sou­­
vent sur les
deux axes à pro­­ ser dans la commu­­ ca­­
po­­
ni­­ tion : le ration­­ (prix,
nel
fonctionnalités…) et l’émotionnel. La remise en cause du carac­­
tère
fonc­­ nel ou émo­­ nel d’un sec­­
tion­­
tion­­
teur peut per­­
mettre d’ouvrir de
nou­­
veaux espaces. Par exemple Swatch a trans­­
formé la montre bas de
gamme (offre ration­­
nelle) en pro­­ de mode (offre émo­­ nelle).
duit
tion­­
✓✓ Explo­­ le temps par pro­­ tion des grandes ten­­
rer
jec­­
dances. Il est impos­
­
sible d’échapper aux influ­­
ences des ten­­
dances exté­­
rieures, il faut donc
constam­­
ment pen­­ à la valeur qui pour­­ être offerte demain. Il
ser
rait
s’agit d’extraire du sens de ten­­
dances déjà obser­­
vables et consi­­ rées
dé­­
comme irré­­ sibles et ainsi pré­­ rer le futur et se posi­­ ner.
ver­­
pa­­
tion­­
68
Pour créer un Océan bleu, il faut sor­­ de ses cibles tra­­ tion­­
tir
di­­ nelles
pour créer un mar­­ plus vaste. Il est pré­­ rable d’avoir en tête ses
ché
fé­­
non-­ lients plu­­ que de se concen­­ sur ses clients. Autre­­
c
tôt
trer
ment
dit, cela revient à redé­­ nir la façon de consom­­ et à réin­­ ter des
fi­­
mer
ven­­
élé­­
ments de valeur pour le client.
Par exemple, les consom­­ teurs prin­­ paux de consoles étaient
ma­­
ci­­
les hommes entre 13  et  25 ans. Nintendo s’est donc porté sur les
non-­ lients de ces consoles et a redé­­ le Cane­­ Stra­­ gique du
c
fini
vas
té­­
mar­­ des consoles en réexa­­ nant les fac­­
ché
mi­­
teurs compé­­
titifs.
Cette démarche s’appuie sur la matrice Exclure, Atté­­
nuer, Ren­
­
for­­ Créer (EARC).
cer,

Savoirs

Viser ses « non-clients »

Tableau 2.8 ■ La matrice EARC

ATTÉ­­NUER
Quels cri­­
tères doivent être atté­­
nués
par rap­­
port au niveau jugé nor­­
mal
dans le sec­­
teur ?
(Lut­­ contre la ten­­
ter
dance à en faire
trop pour le client)

CRÉER
Quels cri­­
tères jusque-­à négli­­
l
gés
par le sec­­
teur doivent être créés ?
(Sources inédites de valeur pour
l’acheteur, demande nou­­
velle, stra­­ ­
té­
gie de prix)

Dans le cas de Nintendo, l’analyse a conduit à :
✓✓ Exclure : per­­ mance du lec­­
for­­
teur DVD et dimi­­ tion de la taille
nu­­
du disque dur ;
✓✓ Atté­­
nuer : prix, design et per­­ mance gra­­
for­­
phique ;
✓✓ Ren­­ cer : exclu­­ vité des jeux ;
for­­
si­­
✓✓ Créer : sim­­ cité, intuitivité et par­­
pli­­
tage du jeu entre géné­­ tions.
ra­­
Nintendo a donc créé la console WII qui dis­­
pose d’une courbe de
valeur dif­­ rente de ses concur­­
fé­­
rents. Cette nou­­
velle vision a rendu
caduc l’arbitrage entre valeur et domi­­ tion par les coûts. Un nou­­
na­­
vel
espace stra­­ gique s’est ouvert avec le suc­­ que nous connais­­
té­­
cès
sons.
69

Savoir-faire

REN­­
FOR­­
CER
Quels cri­­
tères doivent être ren­­ cés
for­­
bien au-­ elà du niveau jugé nor­­
d
mal
dans le sec­­
teur ?
(Traque aux compro­­
mis que le sec­
­
teur impose aux clients)

Savoir-être

EXCLURE
Quels cri­­
tères accep­­ sans réflexion
tés
par les acteurs du sec­­
teur doivent être
exclus ?
(Atten­­
tion au benchmarking : focus sur
les rivaux, pas sur les consom­­ teurs)
ma­­
2 • Contri­­
buer à la stra­­ gie
té­­
de l’entreprise

Les fon­­ men­­
da­­
taux de la stra­­ gie
té­­
Le diag­­ tic stra­­ gique
nos­­
té­­
Le choix de la stra­­ gie
té­­
Le déploie­­
ment de la stra­­ gie
té­­

Réus­­ l’avancée stra­­ gique
sir
té­­

Pour construire un modèle éco­­ mique solide et ren­­
no­­
table de la nou­
­
velle stra­­ gie, il faut vali­­ les idées « Océan bleu » en veillant,
té­­
der
dans l’ordre :
✓✓ À l’utilité pour l’acheteur. L’acheteur perçoit-­l un plus-­ roduit
i
p
évident ?
✓✓ Au prix. Le prix donne-­-il à la masse des ache­­
t
teurs cibles un motif
attrac­­ pour ache­­ le pro­­
tif
ter
duit (déter­­ ner le prix juste) ?
mi­­
✓✓ Au coût. L’offre est-­ lle ren­­
e
table au prix stra­­ gique ?
té­­
✓✓ À l’adhésion de la nou­­
velle stra­­ gie par le per­­ nel de la société.
té­­
son­­
La créa­­
tion d’un « Océan bleu » est un mou­­ ment dyna­­
ve­­
mique.
Une inno­­ tion attire les imi­­ teurs. Il faut donc par­­ nir à dis­­ ­
va­­
ta­­
ve­­
cer­
ner comment la stra­­ gie est dif­­ cile à imi­­ La meilleure garan­­
té­­
fi­­
ter.
tie
d’une réus­­ durable est de deve­­ une cible mou­­
site
nir
vante et ainsi
dis­­ cer et décou­­ ger ses concur­­
tan­­
ra­­
rents. La société Apple en est une
par­­
faite illus­­ tion.
tra­­

CC Le déploie­­
ment de la stra­­té­­gie
PRINCIPES CLÉS
•	 Le déploie­­
ment de la stra­­ gie
té­­
est une des étapes les plus
sen­­
sibles de l’ensemble du
pro­­ sus.
ces­­
•	 Un cer­­
tain nombre de stra­
­
té­­
gies ne sont pas mises en
œuvre ou le sont de façon
incom­­
plète.

Le déploie­­
ment de la stra­­ gie passe par
té­­
quatre étapes :
✓✓ expri­­ la stra­­ gie ;
mer
té­­
✓✓ ali­­
gner l’organisation ;
✓✓ déployer les objec­­ et res­­
tifs
sources ;
✓✓ suivre l’exécution.

Expri­­ la stra­­ gie
mer
té­­
La vision expri­­
mée doit empor­­ l’adhé-­
ter
sion de tous. Cha­­
cun doit pou­­
voir
s’approprier la ou les fina­­ tés de la stra­
li­­
­
té­­ choi­­
gie
sie.
70
Savoirs

Il faut pour cela for­­ ler la stra­­ gie de façon claire et moti­
mu­­
té­­
­
vante. Elle doit être compré­­ sible par le mana­­ ment et plus glo­
hen­­
ge­­
­
ba­­ ment par l’ensemble des acteurs.
le­­
Une stra­­ gie expri­­
té­­
mée de manière effi­­
cace décrira sans
ambi­­
guïté :
✓✓ Quoi ? Quels sont les objec­­ visés en termes de parts de mar­
tifs
­
ché, de taux de crois­­
sance, de chiffre d’affaires, de marge ?
✓✓ Quand ? À quel hori­­
zon ?
✓✓ Où ? Sur quel champ d’action, l’entreprise a-­-elle choisi d’exercer
t
son acti­­
vité : en termes de clients, mar­­
chés, pays, pro­­
duits ?
✓✓ Comment ? Quels avan­­
tages par rap­­
port à la concur­­
rence ?
Pour­­
quoi nous choi­­ quelle capa­­ à répondre ? Quel ser­­
sir,
cité
vice
rendu, quelle satis­­
faction client ?

La décli­­ son de la stra­­ gie décrit l’ambition de l’entreprise à une
nai­­
té­­
échéance de 3 à 5 ans :
✓✓ Ses pro­­
duits : gamme offerte ;
✓✓ Sa place sur le mar­­
ché : lea­­ chal­­ ger, sui­­
der,
len­­
veur, niche ;
✓✓ Ses clients : actuels et futurs ;
✓✓ Ses résul­­
tats : chiffre d’affaires, marge ;
✓✓ Ses hommes : quelles compé­­
tences clés seront néces­­
saires ? Quels
recru­­ ments faudra-­-il pré­­
te­­
t
voir ?

Savoir-faire

La décli­­ son de la stra­­ gie
nai­­
té­­

La charte des valeurs

Ali­­
gner l’organisation
Les hommes qui composent l’organisation sont la clef du suc­­ du
cès
déploie­­
ment de la stra­­ gie. Il importe donc au sein de l’organisation
té­­
71

Savoir-être

Il peut être oppor­­ de rédi­­ éga­­ ment une charte des valeurs
tun
ger
le­­
prio­­ taires de l’entreprise. On y fera figu­­ des points comme la
ri­­
rer
satis­­
faction client, l’excellence des pro­­
duits et des compé­­
tences, la
ren­­ bi­­ l’éthique, le déve­­ pe­­
ta­­ lité,
lop­­ ment durable, la noto­­
riété, la res­
­
pon­­ bi­­ sociale, etc.
sa­­ lité
2 • Contri­­
buer à la stra­­ gie
té­­
de l’entreprise

Les fon­­ men­­
da­­
taux de la stra­­ gie
té­­
Le diag­­ tic stra­­ gique
nos­­
té­­
Le choix de la stra­­ gie
té­­
Le déploie­­
ment de la stra­­ gie
té­­

que la struc­­
ture, les pro­­ sus de coor­­ na­­
ces­­
di­­ tion et les inter­­ tions
ac­­
soient mis en cohé­­
rence entre eux et avec la stra­­ gie.
té­­
L’organisation mise en place déter­­
mine en effet la façon dont les
indi­­ dus inter­ gissent. Ali­­
vi­­
a
gner l’organisation, c’est défi­­ son orga­
nir
­
ni­­ tion en adé­­ tion avec le pro­­ stra­­ gique.
sa­­
qua­­
jet
té­­
Six grands types d’organisation peuvent être déployés. Elles
entraînent cha­­
cune des struc­­
tures, pro­­ sus de coor­­ na­­
ces­­
di­­ tion et
inter­­ tions dif­­ rents entre les acteurs de l’entreprise.
ac­­
fé­­
Tableau 2.9 ■ Les types d’organisation
Défi­­ tion
ni­­

Avan­­
tages

Inconvé­­
nients

Struc­­
ture
fonc­­ nelle
tion­­

Orga­­ sa­­
ni­­ tion
construite à par­­
tir
des fonc­­
tions essen­
­
tielles de l’activité
(commer­­
cial, RH,
finances…)

• Meilleur contrôle
•  éfi­­ tion simple
D ni­­
des res­­ sa­­ li­­
pon­­ bi­­ tés
•  oncen­­ tion des
C
tra­­
exper­­
tises.

•  igi­­
R dité dans des
envi­­ ne­­
ron­­ ments
mobiles
•  oca­­ sa­­
F
li­­ tion des
col­­ bo­­ teurs
la­­ ra­­
sur leur champ
d’expertise
• nadap­­ pour
I
tée
gérer un péri­­
mètre
d’activité large
ou étendu
géo­­ phi­­ ment
gra­­ que­­

Struc­­
ture
divisionnelle

Struc­­
ture construite
de divi­­
sions créées
par pro­­
duits, mar­
­
chés, clients ou
zones géo­­ ­
gra­
phiques.

•  esure de la per­
M
­
for­­
mance aisée
•  aci­­ les varia­
F lite
­
tions de péri­­
mètre
•  pé­­ li­­ tion des
S cia­­ sa­­
compé­­
tences

•  isques de
R
dou­­
blons
•  isques d’une
R
faible col­­ bo­­ tion
la­­ ra­­
entre les divi­­
sions

Struc­­
ture en hol­
­
ding (exemple :
les conglo­­ rats
mé­­
General Electric)

Struc­­
ture où la
société mère se
comporte en inves­­ ­
tis­
seur, chaque entité
demeure indé­­ ­
pen­
dante

Flexi­­ lité
bi­­

•  bsence de col­­ ­
A
la­
bo­­ tion entre les
ra­­
enti­­
tés
•  yner­­
S
gies faibles
ou inexis­­
tantes
•  ontrôle dif­­ cile
C
fi­­
des enti­­
tés

☞

72
☞

Défi­­ tion
ni­­

Avan­­
tages

Inconvé­­
nients

Flexi­­ lité
bi­­

•  anque de clarté
M
dans les res­­ ­
pon­
sa­­ li­­ et par­­
bi­­ tés
tage
des tâches
•  if­­ culté de
D fi­­
contrôle des
per­­ mances
for­­
•  onflits de prio­­
C
rité

Struc­­
ture par
équipe (exemple :
socié­­ de ser­
tés
­
vice infor­­ tique)
ma­­

Consti­­
tution
d’équipes
plurifonctionnelles
combi­­
nant coor­­ na­
di­­ ­
tion ver­­ cale et
ti­­
hori­­ tale
zon­­

•  lexi­­ lité
F
bi­­
•  oopé­­ tion de dif­
C
ra­­
­
fé­­
rentes exper­­
tises

• Complexité
• Pilo­­
tage dif­­ cile
fi­­

Struc­­
ture par
pro­­ (exemple :
jet
Génie civil)

Struc­­
ture par équipe
consti­­
tuée de façon
tem­­ raire
po­­

• Flexi­­ lité
bi­­
•  oopé­­ tion de dif­
C
ra­­
­
fé­­
rentes exper­­
tises

•  api­­ li­­ tion des
C ta­­ sa­­
connais­­
sances
•  omplexité de la
C
ges­­
tion des Res­
­
sources humaines

Le choix de la struc­­
ture s’effectue au regard des défis stra­­ giques
té­­
que l’entreprise doit rele­­ La struc­­
ver.
ture doit répondre aux enjeux
majeurs des orga­­ sa­­
ni­­ tions que sont :
✓✓ les enjeux liés au contrôle ;
✓✓ les enjeux liés à l’apprentissage  et à la capi­­ li­­ tion des expé­
ta­­ sa­­
­
riences ;
✓✓ les enjeux liés au chan­­ ment ;
ge­­
✓✓ les enjeux liés à la globalisation.
Dans la pra­­
tique, les orga­­ sa­­
ni­­ tions ne cor­­ pondent pas à une
res­­
struc­­
ture type, il s’agit le plus sou­­
vent d’une struc­­
ture hybride.

Savoirs

Combi­­ son en
nai­­
règle géné­­
rale de
divi­­
sions par pro­
­
duits et de divi­­
sions
géo­­ phiques pour
gra­­
don­­ une unité
ner
opé­­ tion­­
ra­­ nelle

Savoir-faire

Struc­­
ture
matricielle
(exemple : cabi­
­
nets d’audit)

Déployer les res­­
sources

La struc­­
ture est l’une des compo­­
santes du suc­­ du déploie­­
cès
ment de
la stra­­ gie d’une entre­­
té­­
prise, néan­­
moins pour per­­
mettre le fonc­­ ­
tion­
ne­­
ment de l’organisation des pro­­ sus de coor­­ na­­
ces­­
di­­ tion sont néces­
­
73

Savoir-être

Mettre en œuvre une coor­­ na­­
di­­ tion
2 • Contri­­
buer à la stra­­ gie
té­­
de l’entreprise

Les fon­­ men­­
da­­
taux de la stra­­ gie
té­­
Le diag­­ tic stra­­ gique
nos­­
té­­
Le choix de la stra­­ gie
té­­
Le déploie­­
ment de la stra­­ gie
té­­

saires. Ces pro­­ sus assurent un contrôle sur l’activité de l’entreprise
ces­­
et garan­­
tissent le déploie­­
ment de la stra­­ gie.
té­­
La coor­­ na­­
di­­ tion de l’organisation s’effectue par la décli­­ son
nai­­
d’objectifs à tous les niveaux de l’entreprise. Il est impé­­ tif de défi­­
ra­­
nir
les objec­­ prio­­ taires du niveau N en cohé­­
tifs
ri­­
rence avec les objec­­
tifs
prio­­ taires du niveau N+1. À tous les niveaux, il est indis­­ sable
ri­­
pen­­
que les objec­­ d’un niveau per­­
tifs
mettent d’atteindre les objec­­ du
tifs
niveau supé­­
rieur. Cette cohé­­
rence est néces­­
saire pour obte­­ une
nir
conver­­
gence des efforts de tous les acteurs sur les axes prio­­ taires
ri­­
de l’entreprise.
La cohé­­
rence trans­­ sale des objec­­ et des plans d’action est
ver­­
tifs
plus déli­­
cate à obte­­ que la cohé­­
nir
rence ver­­ cale. La cohé­­
ti­­
rence des
objec­­ et des plans d’action entre les direc­­
tifs
tions sup­­
pose des temps
de concer­­ tion. Elle néces­­ une prise en compte réci­­
ta­­
site
proque des
besoins des uns et des autres et une coopé­­ tion construc­­ qui
ra­­
tive
vise constam­­
ment la per­­ mance glo­­
for­­
bale de l’entreprise.
Le déploie­­
ment effi­­
cace d’objectifs implique un haut niveau de
coopé­­ tion et de coor­­ na­­
ra­­
di­­ tion. Il repose éga­­ ment sur un sys­­
le­­
tème
for­­
mel de pla­­ fi­­ tion dont le rôle est d’organiser et de pré­­
ni­­ ca­­
voir
l’allocation des res­­
sources et de compa­­ les réa­­ sa­­
rer
li­­ tions par rap­
­
port aux objec­­ La pla­­ fi­­ tion per­­ aussi de bien arti­­ ler les
tifs.
ni­­ ca­­
met
cu­­
dif­­ rents pro­­ sus : le bud­­ les objec­­ les entre­­
fé­­
ces­­
get,
tifs,
tiens annuels,
le plan de for­­ tion…
ma­­
Réus­­ la mise en œuvre
sir

Le déploie­­
ment réussi de la stra­­ gie dans l’organisation s’appuie sur
té­­
un prin­­
cipe clé : le chan­­ ment ne peut se faire qu’avec l’adhésion
ge­­
de tous. Cette adhé­­
sion de l’ensemble des col­­ bo­­ teurs s’effectue
la­­ ra­­
par :
✓✓ la tra­­ tion de la stra­­ gie en termes opé­­ tion­­
duc­­
té­­
ra­­ nels ;
✓✓ la responsabilisation de cha­­ dans l’atteinte d’objectif ;
cun
✓✓ une capa­­ à être rapide et déci­­ dans l’action ;
cité
sif
✓✓ une moti­­
vation entre­­ nue en par­­ geant les résul­­ obte­­
te­­
ta­­
tats
nus.
74
75

Savoir-faire
Savoir-être

Les tableaux de bord de ges­­
tion sont des ins­­ ments essen­­
tru­­
tiels à
la mise en œuvre de la stra­­ gie. Robert Kaplan et David Norton
té­­
(Harvard Busi­­
ness School) ont déve­­
loppé au début des années 1990
une méthode de pilo­­
tage par la construc­­
tion d’un balanced scorecard
ou tableau de bord pros­­ tif (TBP).
pec­­
La construc­­
tion du TBP s’effectue en par­­
faite cohé­­
rence avec la
stra­­ gie. En effet, la défi­­ tion de la stra­­ gie implique néces­­ re­
té­­
ni­­
té­­
sai­­ ­
ment de :
✓✓ fixer des objec­­ finan­­
tifs
ciers à atteindre à moyen terme ;
✓✓ défi­­ le mar­­ (mar­­ local, natio­­ etc.) et les clients ciblés
nir
ché
ché
nal,
par l’offre ;
✓✓ iden­­ fier les pro­­ sus internes cri­­
ti­­
ces­­
tiques pour atti­­ et satis­­
rer
faire
les clients ;
✓✓ déter­­ ner la capa­­ des col­­ bo­­ teurs et de l’organisation à
mi­­
cité
la­­ ra­­
sou­­ nir la stra­­ gie de l’entreprise.
te­­
té­­
Il en découle quatre axes clés de la per­­ mance :
for­­
✓✓ L’axe finan­­  qui a pour rôle de véri­­ que la mise en l’exécution
cier
fier
de la stra­­ gie de l’entreprise contri­­ à l’amélioration de la per­
té­­
bue
­
for­­
mance finan­­
cière de l’entreprise.
✓✓ L’axe client vise les chan­­ ments orga­­ sa­­ nels néces­­
ge­­
ni­­ tion­­
saires dans
l’entreprise pour amé­­ rer la satis­­
lio­­
faction client. Il doit inté­­
grer
non seule­­
ment les mesures per­­
çues par le client telles que qua­­
lité,
respect des délais et per­­ mance, mais encore les reve­­ et coûts
for­­
nus
géné­­ par les nou­­
rés
veaux pro­­
duits et ser­­
vices pro­­ sés aux clients.
po­­
✓✓ L’axe pro­­ sus concerne les pro­­ sus qui per­­
ces­­
ces­­
mettent la créa­­
tion
de pro­­
duits et ser­­
vices livrés aux clients. Il s’agit de mettre l’accent
sur les acti­­ tés et les pro­­ sus clés néces­­
vi­­
ces­­
saires pour four­­ dans
nir
des condi­­
tions opti­­
males d’efficience, de qua­­ et de pro­­ ti­­
lité
duc­­ vité.
✓✓ L’axe inno­­ tion est fon­­ men­­ dans l’entreprise puisqu’il
va­­
da­­ tal
condi­­
tionne étroi­­ ment l’avenir de l’entreprise sur son mar­­
te­­
ché.
Il est le fon­­ ment de la stra­­ gie, laquelle consiste à ana­­ ser un
de­­
té­­
ly­­
mar­­ et y répondre avec un pro­­
ché
duit/ser­­ adapté. Le seg­­
vice
ment
inno­­ tion et appren­­ sage comprend le capi­­ humain (compé­
va­­
tis­­
tal
­
tences, connais­­
sances, etc.), le capi­­ infor­­ tion­­ (don­­
tal
ma­­ nel
nées,
infor­­ tions, bases clients, etc.) et l’organisation de l’entreprise.
ma­­

Savoirs

Suivre l’exécution
2 • Contri­­
buer à la stra­­ gie
té­­
de l’entreprise

Les fon­­ men­­
da­­
taux de la stra­­ gie
té­­
Le diag­­ tic stra­­ gique
nos­­
té­­
Le choix de la stra­­ gie
té­­
Le déploie­­
ment de la stra­­ gie
té­­

La mise en œuvre d’un balanced scorecard consiste à défi­­ 5
nir
à 6 indi­­ teurs sur cha­­ des quatre axes. Ainsi le pilo­­
ca­­
cun
tage de ces
indi­­ teurs per­­
ca­­
met à l’entreprise de suivre la mise en œuvre la stra­
­
té­­ qu’elle s’est fixée.
gie

La démarche stra­­ gique se conduit en trois temps : un
té­­
temps d’analyse et de diag­­ tic, un temps de choix et un
nos­­
temps de déploie­­
ment. Le déploie­­
ment est cer­­ ne­­
tai­­ ment
la phase la plus déli­­
cate à réus­­ Il faut mettre en action
sir.
l’ensemble de l’entreprise et la foca­­ ser sur le cap à
li­­
atteindre.

76
Savoirs

Chapitre 3

Les ques­­
tions aux­­
quelles répond ce cha­­
pitre
ci­­
quels les entre­­
prises
◆◆ Quels sont les prin­­ paux risques aux­­
sont confrontées ?

Savoir-faire

Appré­­ der
hen­­
la pro­­ ma­­
blé­­ tique
de la ges­­
tion des risques

blir
to­­ phie ?
◆◆ Comment en éta­­ la car­­ gra­­
◆◆ À quelles contraintes réglementaires sont-­ lles sou­­
e
mises ?

77

Savoir-être

◆◆ De quels moyens disposent-­ lles pour tenter de s’en pré­­ nir ?
e
mu­­
3 • Appré­­ der la pro­­ ma­­
hen­­
blé­­ tique
de la ges­­ des risques
tion

La pro­­ ma­­
blé­­ tique de la ges­­
tion des risques
La car­­ gra­­
to­­ phie des risques
La défi­­ tion et la mise en place du dis­­ si­­
ni­­
po­­ tif
Les risques finan­­
ciers

CC La pro­­blé­­
ma­­tique de la ges­­tion
des risques
De par leur acti­­
vité, les entre­­
prises
sont sou­­
mises à de nom­­
breux aléas qui
PRINCIPES CLÉS
peuvent occa­­ ner des pertes ou les
sion­­
•	 Les entre­­
prises doivent mettre
empê­­
cher d’atteindre leurs objec­­ de
tifs
en place une poli­­
tique glo­­
bale
per­­ mance et de ren­­ bi­­
for­­
ta­­ lité.
de ges­­
tion des risques pour en
Au cours de ce cha­­
pitre, nous étu­
­
limi­­ l’impact.
ter
die­­
rons tout d’abord le cadre de la pro­
­
•	 Les prin­­ paux outils à leur
ci­­
blé­­ tique de la ges­­
ma­­
tion des risques et
dis­­ si­­
po­­ tion sont le risk mana­­ ­
ge­
les moyens que les entre­­
prises peuvent
ment et le contrôle interne.
mettre en place. Nous ver­­
rons ensuite
la néces­­ pour l’entreprise de carto­
sité
graphier ses risques poten­­
tiels afin de mieux les connaître et de
mieux s’en pré­­ nir. Nous ver­­
mu­­
rons en outre comment mettre en
place un dis­­ si­­ de ges­­
po­­ tif
tion des risques. Nous ter­­ ne­­
mi­­ rons enfin ce
cha­­
pitre par un zoom par­­ cu­­ sur deux caté­­ ries de risques par­
ti­­ lier
go­­
­
ti­­ liè­­ ment impor­­
cu­­ re­­
tants : le risque finan­­ et le risque indus­­
cier
triel
et envi­­ ne­­ tal.
ron­­ men­­

Une néces­­
saire approche glo­­
bale
Pour être effi­­
cace, une ges­­
tion des risques devrait adop­­ une
ter
approche glo­­
bale. Cette approche glo­­
bale est du res­­
sort des diri­
­
geants. Il faut lui adjoindre une approche plus opé­­ tion­­
ra­­ nelle du
res­­ des mana­­
sort
gers.
Pour bien faire, la ges­­
tion des risques (ou « risk mana­­ ment »)
ge­­
doit faire par­­ inté­­
tie
grante du mana­­ ment dans l’entreprise. Des
ge­­
moyens sont à la dis­­ si­­
po­­ tion des entre­­
prises pour cela, dont le
contrôle interne.
Mais il faut être conscient qu’un tel sys­­
tème ne résout pas tout et
que l’atteinte des objec­­ n’est pas tota­­ ment garan­­ par la mise
tifs
le­­
tie
78
en place de la ges­­
tion des risques. Elle aide sim­­ ment à en dimi­
ple­­
­
nuer les impacts.

Savoir-faire

La mul­­ pli­­
ti­­ cation des crises récentes inter­­
roge les diri­­
geants. Ils se
savent expo­­ et craignent que leur res­­ sa­­ lité ne soit enga­­ et
sés
pon­­ bi­­
gée
leur cré­­ bi­­ mise en cause.
di­­ lité
Des ques­­
tions se posent aux diri­­
geants :
✓✓ Que se passerait-­l si un risque majeur se réa­­ sait ?
i
li­­
✓✓ Quel impact peut avoir l’arrivée d’une crise sur le lan­­ ment d’un
ce­­
nou­­
veau pro­­
duit ou d’une nou­­
velle pres­­ tion ?
ta­­
✓✓ En fonc­­
tion du type de risque, l’entreprise aurait-­ lle les moyens
e
de pour­­
suivre son acti­­
vité ?
✓✓ Et enfin quel impact aurait l’événement sur le chiffre d’affaires et
la marge de l’entreprise ?
Une bonne ges­­
tion des risques néces­­ aussi de la part des
site
diri­­
geants la mise en place d’une commu­­ ca­­
ni­­ tion adap­­ et claire
tée
envers les par­­ pre­­
ties nantes :
✓✓ les clients ;
✓✓ les action­­
naires ;
✓✓ le per­­ nel ;
son­­
✓✓ les par­­ naires ;
te­­
✓✓ la légis­­ tion ;
la­­
✓✓ etc.

Savoirs

Le rôle des diri­­
geants

Tous les acteurs de l’entreprise, quel que soit leur niveau hié­­ ­
rar­
chique, sont par­­ pre­­
tie nante de la ges­­
tion des risques. Il s’agit d’une
atti­­
tude au quo­­ dien requise de cha­­
ti­­
cun.
De par leur mis­­
sion, les mana­­ ont un rôle par­­ cu­­ dans la
gers
ti­­ lier
ges­­
tion des risques de leur acti­­
vité. Ils doivent :
✓✓ dif­­ ser la culture de la pré­­ tion au sein de leur unité ;
fu­­
ven­­
✓✓ iden­­ fier les risques éven­­
ti­­
tuels de leur acti­­
vité ;
✓✓ mettre en place les actions pré­­ tives pour en minimi­­ les
ven­­
ser
effets ;
✓✓ par­­ ci­­ au dis­­ si­­ de contrôle de l’entreprise.
ti­­ per
po­­ tif
79

Savoir-être

L’implication de tous les mana­­
gers
3 • Appré­­ der la pro­­ ma­­
hen­­
blé­­ tique
de la ges­­ des risques
tion

La pro­­ ma­­
blé­­ tique de la ges­­
tion des risques
La car­­ gra­­
to­­ phie des risques
La défi­­ tion et la mise en place du dis­­ si­­
ni­­
po­­ tif
Les risques finan­­
ciers

Quelques défi­­ tions de base pour assi­­ ler les outils
ni­­
mi­­
et le pro­­ sus de risk mana­­ ment
ces­­
ge­­
Le contrôle interne

Les défi­­ tions du contrôle interne sont nom­­
ni­­
breuses et ont eu le
plus sou­­
vent comme auteurs des orga­­ sa­­
ni­­ tions pro­­ sion­­
fes­­ nelles de
comp­­
tables. Il en est ainsi de la défi­­ tion du contrôle interne don­
ni­­
­
née en 1977 par le Conseil de l’Ordre des experts comp­­
tables : « le
contrôle interne est l’ensemble des sécu­­ tés contri­­
ri­­
buant à la maî­­
trise
de l’entreprise.
Il a pour but d’un côté d’assurer la pro­­ tion, la sau­­ garde du
tec­­
ve­­
patri­­
moine et la qua­­ de l’information, de l’autre l’application des
lité
ins­­ tions de la direc­­
truc­­
tion et de favo­­ ser l’amélioration des per­
ri­­
­
for­­
mances. Il se mani­­
feste par l’organisation, les méthodes et les
pro­­ dures de cha­­
cé­­
cune des acti­­ tés de l’entreprise, pour main­­ nir
vi­­
te­­
la péren­­ de celle-­ i ».
nité
c
L’audit interne

L’audit interne est une acti­­ indé­­ dante et objec­­ qui donne
vité
pen­­
tive
à une orga­­ sa­­
ni­­ tion une assu­­
rance sur le degré de maî­­
trise de ses
opé­­ tions, lui apporte ses conseils pour les amé­­ rer et contri­­ à
ra­­
lio­­
bue
créer de la valeur ajou­­
tée.
Il aide cette orga­­ sa­­
ni­­ tion à atteindre ses objec­­ en éva­­
tifs
luant, par
une approche sys­­ ma­­
té­­ tique et métho­­
dique, ses pro­­ sus de mana­
ces­­
­
ge­­
ment des risques, de contrôle et de gou­­ ne­­
ver­­ ment d’entreprise et
en fai­­
sant des pro­­ si­­
po­­ tions pour ren­­ cer leur effi­­ cité1.
for­­
ca­­

1.	 Tra­­ tion de la défi­­ tion inter­­ tionale don­­
duc­­
ni­­
na­­
née par l’IIA (Institute of
Internal Auditors) le 29 juin 1999.

80
Le COSO défi­­ la ges­­
nit
tion des risques de l’entreprise comme un
pro­­ sus conçu et exé­­
ces­­
cuté par le conseil d’administration, la direc­
­
tion et tout autre per­­ nel dans le cadre de la mise en œuvre de
son­­
la stra­­ gie de l’entité pour iden­­ fier les évé­­ ments poten­­
té­­
ti­­
ne­­
tiels qui
peuvent l’affecter et pour gérer les risques, confor­­ ment au niveau
mé­­
de prise de risque accepté par l’organisation dans le but d’accroître
sa valeur.
Cer­­
taines lois viennent orga­­ ser cette démarche
ni­­

Savoirs

Le risk mana­­ ment
ge­­

À la suite de scan­­
dales finan­­
ciers (par exemple Enron), les légis­­ ­
la­
teurs ont ren­­
forcé les obli­­ tions des entre­­
ga­­
prises en matière de ges­
­
tion des risques.

Cette loi a été votée par le Congrès amé­­ cain en juillet 2002 après
ri­­
les scan­­
dales finan­­
ciers de Enron et Worldcom. Elle est appli­­
cable
depuis le 15 juin 2004 et repose sur 3 prin­­
cipes fon­­ teurs :
da­­
1.	 l’exactitude et l’accessibilité des infor­­ tions finan­­
ma­­
cières ;
2.	 la res­­ sa­­ lité des ges­­ naires ;
pon­­ bi­­
tion­­
3.	 l’indépendance des audi­­
teurs.
Cette loi ne touche pas uni­­ ment les groupes amé­­ cains. Elle
que­­
ri­­
est appli­­
cable à l’ensemble des groupes cotés aux États-­ nis.
U

Savoir-faire

Sarbanes Oxley Act (SOX)

Le COSO est un réfé­­ tiel de contrôle interne défini par le
ren­­
Committee Of Sponsoring Organizations of the Treadway Commis­
­
sion. Il est uti­­ notam­­
lisé
ment dans le cadre de la mise en place des
dis­­ si­­
po­­ tions rele­­
vant de Sarbanes-­ xley aux États-­ nis ou LSF
O
U
(Loi de sécu­­ finan­­
rité
cière) en France. Le réfé­­ tiel ini­­ appelé
ren­­
tial
COSO  1 a évo­­ depuis 2002 vers un second cor­­ dénommé
lué
pus
COSO 2.

81

Savoir-être

Le COSO
3 • Appré­­ der la pro­­ ma­­
hen­­
blé­­ tique
de la ges­­ des risques
tion

La pro­­ ma­­
blé­­ tique de la ges­­
tion des risques
La car­­ gra­­
to­­ phie des risques
La défi­­ tion et la mise en place du dis­­ si­­
ni­­
po­­ tif
Les risques finan­­
ciers

Le COSO repré­­
sente le contrôle interne par une pyra­­
mide à
5 degrés :
1.	 L’environnement de contrôle : pour être favo­­
rable, il sup­­
pose :
−− un code éthique appli­­ à tous les niveaux. Il donne sa valeur
qué
au contrôle interne ;
−− une ges­­
tion dyna­­
mique de l’organisation (adap­­ bi­­
ta­­ lité, per­
­
for­­
mance de la ges­­
tion des res­­
sources humaines) ;
−− une orga­­ sa­­
ni­­ tion adap­­ aux objec­­ (donc défi­­
tée
tifs
nis) et res­
­
pec­­
tueuse de l’éthique.
2.	 L’évaluation des risques : elle induit la notion de risque accep­
­
table. Il faut cher­­
cher et iden­­ fier les risques et pour cela mettre
ti­­
en place un contrôle interne et un risk mana­­ ment.
ge­­
3.	 Des acti­­ tés de contrôle : dans le contrôle interne, il faut effec­­ ­
vi­­
ti­
ve­­
ment effec­­
tuer un contrôle pour pré­­ nir les risques.
ve­­
4.	 Une infor­­ tion et une commu­­ ca­­ trans­­ rente : elles sousma­­
ni­­ tion
pa­­
t
­ endent un sys­­
tème d’information pré­­ per­­ mant et compré­
cis, for­­
­
hen­­
sible par cha­­
cun.
5.	 Un pilo­­
tage : il défi­­ et fait vivre le contrôle interne par chaque
nit
res­­ sable. Il sou­­
pon­­
ligne l’importance du mana­­ ment.
ge­­
Figure 3.1 ■ Pyra­­
mide du contrôle selon le réfé­­ tiel COSO
ren­­

Pilotage
Information 
communication
Activités de contrôle
Évaluation des risques
Environnement de contrôle

82
83

Savoir-faire
Savoir-être

Les risques portent sur deux domaines :
1.	 les risques asso­­ aux acti­­ tés ou risques d’entreprise ;
ciés
vi­­
2.	 les risques liés à l’existence d’un patri­­
moine ou risques aléa­
­
toires.
Il faut prendre en compte trois dimen­­
sions pour mesu­­ le risque
rer
lors d’un audit :
1.	 l’origine : cause de vul­­ ra­­ lité sur laquelle il est pos­­
né­­ bi­­
sible
d’agir ;
2.	 la mani­­ ta­­
fes­­ tion : consé­­
quence directe de la réa­­ sa­­
li­­ tion du
risque ;
3.	 l’impact :
−− fonc­­ nel : dys­­ tion­­ ment de la ges­­
tion­­
fonc­­ ne­­
tion de l’entreprise,
−− finan­­
cier : pertes finan­­
cières ou sur­ oût.
c
Si l’on ne dis­­
pose pas d’informations suf­­ santes pour mesu­­ le
fi­­
rer
risque (par exemple lorsque l’on n’a jamais mené à bien de mis­­
sion
d’audit) il faut essayer d’estimer les enjeux liés à chaque pro­­ sus et/
ces­­
ou acti­­ sur la base de cri­­
vité
tères géné­­
raux qui peuvent être :
✓✓ l’impact du pro­­ sus ou de l’activité sur la compé­­ vité de
ces­­
titi­­
l’entreprise ;
✓✓ le niveau d’intégration du pro­­ sus ou de l’activité dans les pro­
ces­­
­
ces­­ de l’entreprise ;
sus
✓✓ la complexité des opé­­ tions (tâches) du pro­­ sus ou de
ra­­
ces­­
l’activité ;
✓✓ le degré d’informatisation des tâches : risques de cou­­
pures ou
d’arrêt, risques liés au par­­
tage du sys­­
tème etc. ;
✓✓ l’expérience de l’entreprise ou des res­­ sables dans les domaines
pon­­
et tech­­
niques gérées par le pro­­ sus ou l’activité ;
ces­­
✓✓ l’importance des chan­­ ments subis : per­­ nel, moyens tech­
ge­­
son­­
­
niques, méthodes de tra­­
vail ;
✓✓ le cli­­
mat social dans l’entreprise ou dans les sec­­
teurs concer­­
nés ;
✓✓ l’impact de l’activité sur l’image de l’entreprise.

Savoirs

L’évaluation du risque
3 • Appré­­ der la pro­­ ma­­
hen­­
blé­­ tique
de la ges­­ des risques
tion

La pro­­ ma­­
blé­­ tique de la ges­­
tion des risques
La car­­ gra­­
to­­ phie des risques
La défi­­ tion et la mise en place du dis­­ si­­
ni­­
po­­ tif
Les risques finan­­
ciers

Les dif­­ rents risques
fé­­
Il est pos­­
sible de clas­­ les risques selon plu­­
ser
sieurs typo­­ gies.
lo­­
Dans la pra­­
tique, on croise plu­­
sieurs de ces cri­­
tères pour par­­ nir
ve­­
à une car­­ gra­­
to­­ phie claire et opé­­ tion­­
ra­­ nelle des risques encou­­ par
rus
l’entreprise (voir ci-­ essous).
d
Les typo­­ gies géné­­ le­­
lo­­
ra­­ ment uti­­ sées sont les sui­­
li­­
vantes :
✓✓ la caté­­ rie du risque ;
go­­
✓✓ son ori­­
gine : interne ou externe ;
✓✓ la pro­­ bi­­ de sa sur­­ nue ;
ba­­ lité
ve­­
✓✓ sa gra­­
vité : cri­­
tique ou rési­­
duel ;
✓✓ sa détectabilité.
Les caté­­ ries de risques
go­­

On dis­­
tingue ainsi :
✓✓ les risques finan­­
ciers ;
✓✓ les risques indus­­
triels et envi­­ ne­­ taux : cou­­
ron­­ men­­
pure d’électricité,
explo­­
sion à proxi­­
mité ;
✓✓ les risques stra­­ giques : épui­­ ment de matières pre­­
té­­
se­­
mières, panne
d’Internet, etc. ;
✓✓ les risques poli­­
tiques : coup d’État, guerre, etc. ;
✓✓ les risques éco­­ miques : krach bour­­
no­­
sier ;
✓✓ les risques juri­­
diques ;
✓✓ les risques sani­­
taires : la grippe H1N1 ;
✓✓ les risques natu­­
rels : tem­­
pêtes, séismes ;
✓✓ les risques internes : incen­­
die ;
✓✓ …
Nous étu­­ rons ici plus par­­ cu­­ re­­
die­­
ti­­ liè­­ ment les risques finan­­
ciers et
les risques indus­­
triels et envi­­ ne­­ taux. Ce sont les deux caté­
ron­­ men­­
­
go­­ de risques à pro­­ des­­
ries
pos
quelles il existe les contraintes légales
les plus pres­­
santes.

84
Savoir-faire

Une car­­ gra­­
to­­ phie des risques per­­
met
aux audi­­
teurs de hié­­ chi­­ les risques
rar­­ ser
PRINCIPES CLÉS
par direc­­
tions. Toute entre­­
prise aura
avan­­
tage à éta­­ une car­­ gra­­
blir
to­­ phie de •	 Mieux connaître les risques
aux­­
quels l’entreprise est sou­
­
ses risques.
mise per­­
met de mieux agir.
Pour réa­­ ser une car­­ gra­­
li­­
to­­ phie, on va
blir
to­­ phie des
tenir compte de deux para­­
mètres  •	 Éta­­ la car­­ gra­­
risques d’une entre­­
prise
(exemple : figure 3.2) :
consiste à iden­­ fier tous les
ti­­
✓✓ l’impact ;
risques pré­­
sents dans tous ses
pro­­ sus, puis à en éva­­
ces­­
luer
✓✓ la pro­­ bi­­ de sur­­ nance.
ba­­ lité
ve­­
l’impact pré­­ sible et la pro­­ bi­
vi­­
ba­­ ­
C’est la pre­­
mière étape du tra­­
vail.
lité de sur­­ nance.
ve­­
Pour ce faire, il faut iden­­ fier les dif­
ti­­
­
fé­­
rents pro­­ sus. Un pro­­ sus est un
ces­­
ces­­
ensemble d’activités qui per­­
mettent, en étant orga­­ sées, de trans­­ ­
ni­­
for­
mer des don­­
nées d’entrée en don­­
nées de sor­­ en leur appor­­
tie
tant de
la valeur ajou­­ On iden­­ fie les dif­­ rents acteurs qui inter­­
tée.
ti­­
fé­­
viennent
dans la réa­­ sa­­
li­­ tion du pro­­ sus. Ces acteurs peuvent appar­­ nir à
ces­­
te­­
plu­­
sieurs ser­­
vices. Les pro­­ sus peuvent ainsi être trans­­ saux.
ces­­
ver­­
À chaque étape du pro­­ sus, on asso­­
ces­­
ciera les inci­­
dents qui
peuvent en per­­ ber le dérou­­ ment. Ces inci­­
tur­­
le­­
dents peuvent concou­
­
rir à la non-­ tteinte des objec­­ assi­­
a
tifs
gnés au pro­­ sus concerné.
ces­­
Les inci­­
dents peuvent être col­­ tés via le biais de fiches de recen­
lec­­
­
se­­
ment uti­­ sées par les opé­­ tion­­
li­­
ra­­ nels. Une telle col­­
lecte si elle dure
plu­­
sieurs années repré­­
sente une base de don­­
nées très pro­­ table.
fi­­

Savoirs

CC La car­­to­­gra­­phie des risques

Deux méthodes pour éva­­ la cou­­ ture d’un risque
luer
ver­­

85

Savoir-être

Nous vous pré­­ tons deux méthodes reconnues et uti­­ sées par
sen­­
li­­
l’AICPA (American Institute of Certified Public Accountants) :
✓✓ la méthode de Robert Courtney ;
✓✓ la méthode basée sur l’estimation des pertes.
3 • Appré­­ der la pro­­ ma­­
hen­­
blé­­ tique
de la ges­­ des risques
tion

La pro­­ ma­­
blé­­ tique de la ges­­
tion des risques
La car­­ gra­­
to­­ phie des risques
La défi­­ tion et la mise en place du dis­­ si­­
ni­­
po­­ tif
Les risques finan­­
ciers

Figure 3.2 ■ Exemple de car­­ gra­­
to­­ phie des risques
Synthèse : criticité des risques

R2

fort

R7
R1
R8

moyen

Impacts

R9
R3
R6
R4

faible

R5

faible

moyenne

forte

Probabilité de survenance

La méthode de Robert Courtney (IBM)

Cette méthode se fonde sur l’estimation de la cou­­ ture néces­
ver­­
­
saire : le concept de « l’assurance rai­­ nable ». L’idée de base de
son­­
l’assurance rai­­ nable est qu’il n’est pas « rai­­ nable » de mettre
son­­
son­­
en place un contrôle qui coû­­ rait 1 M€ par an à l’entreprise pour
te­­
pré­­ nir la réa­­ sa­­
ve­­
li­­ tion d’un risque (dys­­ tion­­ ment) qui coû­­ ­
fonc­­ ne­­
te­
rait à l’entreprise au maxi­­
mum 100 K€ par an. L’idée paraît simple,
mais il n’est pas évident de par­­ nir à compa­­ le risque et son coût
ve­­
rer
de cou­­ ture.
ver­­
La tech­­
nique de Courtney consiste à don­­ une valeur en euros
ner
au risque poten­­ puis à esti­­ la fré­­
tiel,
mer
quence pos­­
sible de ce risque.
86
C’est une éva­­ tion pure­­
lua­­
ment sub­­ tive qui ne peut être faite
jec­­
qu’avec l’accord de la direction de l’entreprise.
Une valeur (v) de 1 à 7 est don­­ à l’impact poten­­ d’un évé­
née
tiel
­
ne­­
ment.

Mon­­
tant en euros

Valeur (v)

10

1

100

2

1 000

3

10 000

4

100 000

5

1 000 000

6

10 000 000

Savoirs

Tableau 3.1 ■ Impact poten­­ d’un évé­­ ment
tiel
ne­­

7

Tableau 3.2 ■ Fré­­
quence de la réa­­ sa­­
li­­ tion du risque
Fré­­
quence

Note (p)
1

Une fois tous les 30 ans

2

Une fois tous les 3 ans

3

Une fois tous les 100 jours

4

Une fois tous les 10 jours

5

Une fois par jour

6

10 fois par jour

7

100 fois par jour

8

87

Savoir-être

Une fois tous les 300 ans

Savoir-faire

Une note sur l’estimation de la fré­­
quence de la réa­­ sa­­
li­­ tion du risque
(dys­­ tion­­ ment) est ensuite attri­­
fonc­­ ne­­
buée.
3 • Appré­­ der la pro­­ ma­­
hen­­
blé­­ tique
de la ges­­ des risques
tion

La pro­­ ma­­
blé­­ tique de la ges­­
tion des risques
La car­­ gra­­
to­­ phie des risques
La défi­­ tion et la mise en place du dis­­ si­­
ni­­
po­­ tif
Les risques finan­­
ciers

La for­­
mule sui­­
vante per­­
met d’estimer la perte en euros par an
(E) sur la base d’une valeur et d’une fré­­
quence don­­
née :
E = 10
3

(p + v - 3)

Exemple de cal­­cul de risque
Par exemple, si on estime que la réa­­ sa­­
li­­ tion d’un risque coû­­ rait
te­­
1 000 000 € à l’entreprise et que cet évé­­ ment pour­­ sur­­ nir tous
ne­­
rait
ve­­
les 30 ans, alors :

E = 10
3

(2 + 6 - 3)

E = 10
3
E = 100 000
3
5

E = 33 333 €
C’est-à-dire que le coût d’assurance rai­­ nable de cou­­ ture de ce
son­­
ver­­
risque ne doit pas dépas­­ 33 333 € par an.
ser

Une méthode fon­­
dée sur l’estimation de la perte

Le rai­­ ne­­
son­­ ment est que, compte tenu de la valeur d’un actif qu’on a
estimé à 100 000 € et de la qua­­ du pro­­ sus de contrôle interne
lité
ces­­
en place (indi­­ teurs et contrôles), il y a toutes les chances pour que
ca­­
le dys­­ tion­­ ment soit diag­­ ti­­ rapi­­ ment et que la perte
fonc­­ ne­­
nos­­ qué
de­­
soit minime.
De la même façon que pour la méthode Courtney, l’auditeur
part d’une esti­­
mation qui se fait en concer­­ tion avec la direc­­
ta­­
tion
de l’entreprise et les opé­­ tion­­
ra­­ nels. Il en déduit ensuite une « esti­
­
mation des pertes atten­­
dues ».

88
Tableau 3.3 ■ Esti­­
mation des pertes atten­­
dues
Esti­­
mation du mon­­
tant
en euros des pertes

Pro­­ bi­­ des pertes
ba­­ lité

Valeur atten­­
due
en euros des pertes

5 %

750

10 000

10 %

1 000

5 000

25 %

1 250

1 000

50 %

500

Total en euros des pertes atten­­
dues : 3 500. Il faut que le coût annuel du contrôle n’excède
pas 3 500 €.

Savoirs

15 000

89

Savoir-être

PRINCIPES CLÉS
La ges­­
tion des risques est une fonc­
­
po­­ tif
tion trans­­ sale dans l’entreprise. Elle •	 La mise en place d’un dis­­ si­­
ver­­
de ges­­
tion des risques per­­
met
concourt à la défi­­ tion et à la mise en
ni­­
de pro­­ ger l’entreprise, autant
té­­
œuvre de la stra­­ gie de l’entreprise.
té­­
que faire se peut.
Des affaires dou­­ reuses ont fait la
lou­­
cace, cette mise
une des jour­­
naux outre-­ tlantique à la •	 Pour être effi­­
A
en place néces­­
site le suivi
fin des années 1990.
d’une démarche struc­­ rée et
tu­­
Ces regret­­
tables affaires sont à
le respect de 7 condi­­
tions de
l’origine de la loi Sarbanes Oxley du
réus­­
site.
30  juillet 2002 aux États-­ nis. Elle
U
exige que la Direc­­
tion géné­­ engage
rale
sa res­­ sa­­ lité dans la mise en place d’une struc­­
pon­­ bi­­
ture interne de
contrôle comp­­
table et finan­­
cier.
Tous les autres pays occi­­ taux ont ensuite suivi l’exemple amé­
den­­
­
ri­­
cain. C’est ainsi qu’en France a été pro­­ guée la LSF (Loi de
mul­­
sécu­­ finan­­
rité
cière) le 1er août 2003.

Savoir-faire

CC La défi­­ i­­tion et la mise en place
n
du dis­­po­­si­­tif de ges­­tion
des risques
3 • Appré­­ der la pro­­ ma­­
hen­­
blé­­ tique
de la ges­­ des risques
tion

La pro­­ ma­­
blé­­ tique de la ges­­
tion des risques
La car­­ gra­­
to­­ phie des risques
La défi­­ tion et la mise en place du dis­­ si­­
ni­­
po­­ tif
Les risques finan­­
ciers

Les fina­­ tés de la ges­­ des risques
li­­
tion
Veiller à la péren­­
nité de l’entreprise

En effet, que pour­­ deve­­ l’entreprise si on n’envisageait pas par
rait
nir
avance des réponses à la sur­­ nue d’événements graves ? Ces évé­­ ­
ve­­
ne­
ments pou­­
vant aller jusqu’à un arrêt total ou par­­ de l’activité.
tiel
Il peut s’agir d’un incen­­ d’un atten­­ d’une explo­­
die,
tat,
sion voire
de la mort de per­­
sonnes « indis­­ sables ». Ce peut être éga­­ ment
pen­­
le­­
des grèves longues et dures, des intem­­ ries graves avec des inon­­ ­
pé­­
da­
tions, des rup­­
tures d’approvisionnement, des pénu­­ de matières
ries
pre­­
mières, des crises poli­­
tiques graves, des épi­­ mies ou des arrêts
dé­­
infor­­ tiques.
ma­­
Anti­­ per les risques et en dimi­­
ci­­
nuer les effets

À par­­ de la car­­ gra­­
tir
to­­ phie des risques, de leur cou­­ ture et des
ver­­
choix faits par les diri­­
geants, l’entreprise peut mettre en œuvre des
actions qui per­­
mettent soit de pal­­ les consé­­
lier
quences des évé­­ ­
ne­
ments, soit d’en dimi­­
nuer les impacts.
Satis­­
faire les exi­­
gences de plus en plus fortes des clients

Les clients ne sou­­
haitent pas être péna­­ sés par ces risques. Ils veulent
li­­
que leurs four­­ seurs ou pres­­
nis­­
tataires prennent les garan­­ suf­­ ­
ties
fi­
santes pour les évi­­ ou pour leur en évi­­ les consé­­
ter
ter
quences.
Il appa­­ dans les appels d’offres et dans les cahiers des charges
raît
des rubriques concer­­
nant les dis­­ si­­
po­­ tions prises par le four­­ seur
nis­­
contre ces risques. Une atten­­
tion par­­ cu­­
ti­­ lière est notam­­
ment por­­
tée
au plan de conti­­
nuité d’activité.

90
Une autre menace plane sur les entre­­
prises et leurs diri­­
geants  : le
risque pénal. Grâce à la ges­­
tion des risques, l’entreprise peut mettre
en place des dis­­ si­­
po­­ tions qui vont lui per­­
mettre de :
✓✓ véri­­ sa confor­­
fier
mité avec la loi ;
✓✓ limi­­ des pra­­
ter
tiques ou risques péna­­ ment répré­­ sibles (par
le­­
hen­­
l’exemple : inter­­ tion d’accepter des cadeaux per­­ nels de la
dic­­
son­­
part des four­­ seurs).
nis­­

Savoirs

Dimi­­
nuer le risque pénal

La démarche à suivre pour mettre en place une ges­­
tion
des risques

Comme toute démarche ou pro­­ d’une entre­­
jet
prise, elle doit être
por­­ au plus haut de la struc­­
tée
ture. Cela démontre l’importance du
sujet vis-­ -vis de l’ensemble du per­­ nel. Cela démontre aussi le rôle
à
son­­
du diri­­
geant et de ses col­­ bo­­ teurs dans le cadre de la démarche.
la­­ ra­­
Une struc­­
ture pro­­
jet

Il faut, comme dans tout pro­­ mettre en place une équipe avec
jet,
un chef de pro­­ une équipe pro­­ consti­­
jet,
jet
tuée de membres issus de
ser­­
vices repré­­ ta­­ et un comité de pilo­­
sen­­ tifs
tage pour les déci­­
sions, les
réorien­­ tions et les levées de freins.
ta­­

Savoir-faire

Un enga­­ ment de la direc­­
ge­­
tion

La réa­­ sa­­
li­­ tion d’une car­­ gra­­
to­­ phie des risques

91

Savoir-être

Tous les membres de l’équipe pro­­ concourent à l’identification
jet
des risques. L’équipe tra­­
vaille dans une approche ité­­ tive de type
ra­­
top down et bottom up.
3 • Appré­­ der la pro­­ ma­­
hen­­
blé­­ tique
de la ges­­ des risques
tion

La pro­­ ma­­
blé­­ tique de la ges­­
tion des risques
La car­­ gra­­
to­­ phie des risques
La défi­­ tion et la mise en place du dis­­ si­­
ni­­
po­­ tif
Les risques finan­­
ciers

L’élaboration de recom­­
man­­ tions : maî­­
da­­
trise des risques,
pré­­ tion, actions cura­­
ven­­
tives, plans de conti­­
nuité

À par­­ des risques réper­­ riés et de leur hié­­ chi­­ tion, des déci­
tir
to­­
rar­­ sa­­
­
sions sont prises. Elles sont orga­­ sées par types et affec­­
ni­­
tées à des
res­­ sables de leur mise en œuvre.
pon­­
Ces déci­­
sions sont :
✓✓ des actions des­­ nées à maî­­ ser les risques et agir rapi­­ ment sur
ti­­
tri­­
de­­
leurs sur­­ nues pour en limi­­ les effets ;
ve­­
ter
✓✓ des actions pré­­ tives mises en œuvre pour évi­­ la sur­­ nue
ven­­
ter
ve­­
du pro­­
blème ;
✓✓ des actions cura­­
tives qui, une fois le pro­­
blème arrivé, per­­
mettent
d’en dimi­­
nuer les effets au mini­­
mum ;
✓✓ des plans de conti­­
nuité : ils per­­
mettent à l’entreprise de conti­­
nuer
ses acti­­ tés (peut être de façon dégradées pen­­
vi­­
dant une période)
afin de conti­­
nuer à satis­­
faire les dif­­ rentes par­­ pre­­
fé­­
ties nantes.
Le suivi, les retours d’expérience

Comme dit pré­­ dem­­
cé­­ ment, des sui­­ et des contrôles sont néces­
vis
­
saires pour s’assurer de la via­­ lité des dis­­ si­­
bi­­
po­­ tions prises et de leur
adé­­ tion aux pro­­
qua­­
blèmes. Ces audits peuvent per­­
mettre d’identifier
de nou­­
veaux risques ou d’améliorer des déci­­
sions prises. Des rap­
­
ports sont émis et trans­­ aux diri­­
mis
geants.

Sept condi­­
tions de réus­­ de la démarche de ges­­
site
tion
des risques
Une impli­­ tion forte des diri­­
ca­­
geants de l’entreprise

Tout ce qui touche à la ges­­
tion des risques doit témoi­­
gner de
l’implication des diri­­
geants. La ges­­
tion des risques devient alors un
des élé­­
ments de la prise de déci­­
sion stra­­ gique.
té­­
92
Un jar­­
gon par­­
tagé

La ges­­
tion des risques comprend dif­­ rentes compo­­
fé­­
santes. Il faut
que les membres de l’entreprise en aient la même compré­­ sion.
hen­­
Une for­­ tion autour de ces concepts peut s’avérer néces­­
ma­­
saire.

La démarche de ges­­ des risques (comme toute démarche) impose
tion
l’allocation de res­­
sources humaines, finan­­
cières et tech­­
niques.

Savoirs

Des moyens alloués

La mise en œuvre d’une démarche

Comme dans tout pro­­ les actions doivent être struc­­ rées. Une
jet,
tu­­
démarche orga­­ sée doit être mise en œuvre avec des res­­ sa­­ li­­
ni­­
pon­­ bi­­ tés
défi­­
nies et sui­­
vies.
Des méthodes

De l’information et de la for­­ tion
ma­­

Une telle démarche ne peut réus­­ que si l’information cir­­
sir
cule bien
et dans les deux sens (des­­ dant et ascen­­
cen­­
dant).
Il faut expli­­
quer aux mana­­ et au per­­ nel les fina­­ tés de la ges­­
gers
son­­
li­­
tion
des risques et les rôles de cha­­
cun. Ainsi, chaque membre de l’entreprise
peut être à l’origine de la détec­­
tion d’événements. Les membres de
l’entreprise doivent être infor­­
més des dis­­ si­­
po­­ tions prises. Par ailleurs,
des rap­­
ports et des retours d’expériences doivent être éta­­
blis.
Une par­­ de ces élé­­
tie
ments peut être trans­­
mise via des for­­ tions
ma­­
ciblées en fonc­­
tion du public.

Savoir-faire

Cette démarche doit faire appel à des méthodes et outils qui ont fait
leurs preuves et per­­
mettent d’obtenir des résul­­ tan­­
tats
gibles.

Les diri­­
geants et les mana­­
gers doivent s’assurer du bon fonc­­ ne­
tion­­ ­
ment de la ges­­
tion des risques. Un outil est à leur dis­­ si­­
po­­ tion pour
éva­­ la per­­ nence des choix ou solu­­
luer
ti­­
tions. Il s’agit de l’audit interne,
outil indis­­ sable dans la mise en œuvre de la ges­­
pen­­
tion des risques.
93

Savoir-être

Le pilo­­
tage de la démarche
3 • Appré­­ der la pro­­ ma­­
hen­­
blé­­ tique
de la ges­­ des risques
tion

La pro­­ ma­­
blé­­ tique de la ges­­
tion des risques
La car­­ gra­­
to­­ phie des risques
La défi­­ tion et la mise en place du dis­­ si­­
ni­­
po­­ tif
Les risques finan­­
ciers

CC Les risques finan­­ciers
PRINCIPES CLÉS
•	 Les risques finan­­
ciers aux­
­
quels l’entreprise est sou­­
mise
résultent en pre­­
mier lieu de la
pra­­
tique de la vente à cré­­ qui
dit
est géné­­ le­­
ra­­ ment la règle entre
pro­­ sion­­
fes­­
nels.
•	 Les entre­­
prises tra­­
vaillant
à l’export sont sou­­
mises au
risque de change.
•	 Toute entre­­
prise doit dis­­ ser
po­­
de liqui­­ tés suf­­ santes pour
di­­
fi­­
faire face à ses obli­­ tions
ga­­
vis-­ -vis de ses sala­­
à
riés,
de ses four­­ seurs et de
nis­­
l’administration.

L’entreprise doit faire face à dif­­ rents
fé­­
risques finan­­
ciers. Nous exa­­ nons ici
mi­­
trois des prin­­ paux moyens à sa dis­­ ­
ci­­
po­
si­­
tion :
✓✓ a ges­­
l
tion du risque et du cré­­
dit
client ;
✓✓ la ges­­
tion du risque de change ;
✓✓ la ges­­
tion du risque de liqui­­
dité.

La ges­­ du risque et du cré­­
tion
dit
client

Les ventes entre pro­­ sion­­
fes­­ nels se font
géné­­ le­­
ra­­ ment à cré­­
dit. Le cré­­ four­
dit
­
nis­­
seur est une res­­
source essen­­
tielle
pour les entre­­
prises, sou­­
vent supé­­
rieure
au volume de cré­­ ban­­
dit
caire à court
terme.
De la même façon, le mon­­
tant des créances client, cor­­ pon­­
res­­ dant
au chiffre d’affaires fac­­
turé et non encaissé, consti­­ pour beau­
tue
­
coup d’entreprises le prin­­ pal actif (ou immo­­ li­­ tion de fonds),
ci­­
bi­­ sa­­
jusqu’à 30 % du total de l’actif du bilan.
Comme l’indique la figure 3.3, les res­­
sources finan­­
cières limi­
­
tées, au pas­­ du bilan, imposent, à l’actif, une maî­­
sif
trise du cré­­
dit
client.

94
Figure 3.3 ■ La place du cré­­ client dans la ges­­
dit
tion finan­­
cière
posent e ien
rer es capitaux
in estis

Des ressources
financières i it es

pti iser a rotation
es stoc s
a triser
e cr it c ient

o i isations

Capitaux
propres

Capacit
apport en
capita
es actionnaire
s

toc s et
encours

Dettes
financières

i itation u ris ue
es an ues

Cr ances
c ient

Cr ti
fournisseur

afonn
par a oi
i it par a position
es assureurs cr it

La figure 3.4 retrace les trois enjeux finan­­
ciers de la vente à cré­­
dit :
1.	 La vente à cré­­ repré­­
dit
sente tout d’abord un manque à gagner en
termes de tré­­ re­­ l’entreprise a livré un pro­­ ou une pres­­ tion
so­­ rie :
duit
ta­­
sans encais­­ immé­­ te­­
ser
dia­­ ment l’argent de cette vente. Cette immo­­ li­
bi­­ ­
sa­­ de tré­­ re­­ est pro­­ tion­­
tion
so­­ rie
por­­ nelle au délai de paie­­
ment client ;
2.	 Le plus sou­­
vent, l’entreprise doit combler ce manque à gagner
en emprun­­
tant à court terme auprès de sa banque. Cet emprunt
repré­­
sente un coût en termes de frais finan­­
ciers. Si l’entreprise a
la chance d’avoir une tré­­ re­­ excé­­ taire, le cré­­ client se
so­­ rie
den­­
dit
tra­­
duit par un manque à gagner en termes de pla­­ ment et donc
ce­­
de pro­­
duits finan­­
ciers ;
L’exemple sui­­
vant illustre ces deux pre­­
miers enjeux.

Savoir-faire

a triser es
penses
in estisse ent

Passif

Savoirs

Actif

Exemple
Le chiffre d’affaires HT d’une entre­­
prise est de 100 mil­­
lions, le taux de
TVA est de 20 %. Le retard de paie­­
ment moyen est de 15 jours.
L’immobilisation de tré­­ re­­ résul­­
so­­ rie
tant des retards est de :
100 mil­­
lions × 1,21 × 15/360 = 5 mil­­
lions

5 mil­­
lions × 6 % = 300 K €

1.	 Alors que le chiffre d’affaires est exprimé hors TVA, le mon­­
tant de créance
client est exprimé en TTC, ce qui cor­­ pond au mon­­
res­­
tant dû par le client.

95

Savoir-être

Sachant que l’entreprise emprunte au taux de 6 %, le coût finan­­
cier des
retards est de :
3 • Appré­­ der la pro­­ ma­­
hen­­
blé­­ tique
de la ges­­ des risques
tion

La pro­­ ma­­
blé­­ tique de la ges­­
tion des risques
La car­­ gra­­
to­­ phie des risques
La défi­­ tion et la mise en place du dis­­ si­­
ni­­
po­­ tif
Les risques finan­­
ciers

3.	 Enfin, le four­­ seur est sou­­ au risque de défaillance de son
nis­­
mis
client entre le moment où il l’a livré et celui auquel ce der­­
nier
aurait dû payer. Envi­­ 25 % des défaillances d’entreprise sont
ron
dus à des pertes sur créances client. Une perte client est telle
pour le four­­ seur qu’elle entraîne à son tour sa défaillance, c’est
nis­­
le fameux effet domino dont la pré­­ tion a motivé dif­­ rentes
ven­­
fé­­
lois visant à réduire les délais de paie­­
ment inter-­ ntreprise (voir
e
ci-­ essous). Notons que pour les entre­­
d
prises livrant des pro­­
duits
sur mesure aux spé­­ fici­­ du client, le risque de cré­­ naît, non
ci­­ tés
dit
à par­­ de la livrai­­
tir
son, mais dès la récep­­
tion de commande ou
mise en fabri­­ tion. Le four­­ seur ne pour­­ en effet revendre
ca­­
nis­­
rait
à un autre client le bien spé­­ le­­
cia­­ ment fabri­­
qué pour un client
devenu défaillant entre-­ emps. Il serait alors contraint d’en sup­
t
­
por­­ le coût de fabri­­ tion.
ter
ca­­
Figure 3.4 ■ Les trois enjeux finan­­
ciers de la vente à cré­­
dit
La vente à crédit

et re ré ente
n ri
ed i

e trad it ar e
n
i
i i ati n de
tré rerie

é
a

ia
de

n c t inancier
rai
inancier
an e à a ner
r d it
inancier

En défi­­ tive, l’entreprise doit gérer à la fois le cré­­ et le risque
ni­­
dit
client. Cette ges­­
tion est assu­­ par le cré­­ mana­­ Dépen­­
rée
dit
ger.
dant le
plus sou­­
vent de la direc­­
tion finan­­
cière, il doit déve­­ per un savoirlop­­
f
­ aire commer­­ fort car il se trouve au contact constant avec des
cial
clients et des commer­­
ciaux.
96
En l’absence de cré­­ mana­­
dit
ger, la fonc­­
tion est assu­­ par le
rée
direc­­
teur finan­­
cier, le contrô­­
leur de ges­­
tion, le chef comp­­
table ou
le comp­­
table client, voire par le res­­ sable de l’administration des
pon­­
ventes.

97

Savoir-faire
Savoir-être

Pour se pré­­ nir contre le risque d’impayé, l’entreprise met en
mu­­
œuvre une démarche de pré­­ tion du risque client qui consiste à
ven­­
éva­­ le risque de défaillance de ses clients nou­­
luer
veaux et exis­­
tants,
à limi­­ l’encours de cré­­ voire à l’assurer ou à le garan­­ Cette
ter
dit,
tir.
démarche se tra­­
duit par les étapes sui­­
vantes :
1.	 L’entreprise fait tout d’abord le choix de sous­­
crire ou non un
contrat d’assurance-crédit. Cette assu­­
rance garan­­ uni­­ ment
tit
que­­
contre le risque d’insolvabilité des clients, non contre le risque de
retard de paie­­
ment.
2.	 Le cré­­ mana­­
dit
ger s’informe ensuite sur la sol­­ bi­­
va­­ lité des
clients :
−− Il achète l’enquête d’une société de ren­­ gne­­
sei­­ ments commer­
­
ciaux retra­­
çant les prin­­ pales infor­­ tions  : chiffres clés,
ci­­
ma­­
exis­­
tence de pri­­ lèges du Tré­­ ou des orga­­
vi­­
sor
nismes sociaux,
exis­­
tence d’une pro­­ dure de redres­­ ment ou de liqui­­ tion
cé­­
se­­
da­­
judi­­
ciaire,… Il peut mettre cer­­
tains clients sous sur­­
veillance ;
−− Il demande direc­­ ment au client sa cota­­
te­­
tion Banque de
France ;
−− Il échange par­­ des infor­­ tions sur la régu­­ rité des paie­
fois
ma­­
la­­
­
ments auprès d’autres four­­ seurs de ses clients, ponc­­ le­
nis­­
tuel­­ ­
ment ou de façon régu­­
lière ;
−− L’analyse finan­­
cière lui per­­ de suivre la santé finan­­
met
cière des
clients récur­­
rents, à risque et à encours impor­­
tant ;
−− Il exploite l’historique des paie­­
ments qui compte pour une
part impor­­
tante de la déci­­
sion de cré­­ Une dégra­­ tion des
dit.
da­­
habi­­
tudes de paie­­
ment résulte de retards, d’impayés ban­­
caires,
de demandes de proro­­ tion, de faux litiges à répé­­
ga­­
tition, de
pro­­
messes de paie­­
ment non tenues,…

Savoirs

La ges­­
tion du risque client
3 • Appré­­ der la pro­­ ma­­
hen­­
blé­­ tique
de la ges­­ des risques
tion

La pro­­ ma­­
blé­­ tique de la ges­­
tion des risques
La car­­ gra­­
to­­ phie des risques
La défi­­ tion et la mise en place du dis­­ si­­
ni­­
po­­ tif
Les risques finan­­
ciers

−− Enfin, il exploite l’information du ter­­
rain. Les opé­­ tion­­
ra­­ nels
au contact direct du client (les ven­­
deurs mais aussi les tech­
­
ni­­
ciens, livreurs, comptables…) peuvent obte­­ des infor­
nir
­
ma­­
tions (ou détecter des indices défa­­ rables ou favo­­
vo­­
rables)
très per­­ nentes sur l’évolution du risque client (baisse des
ti­­
commandes, dif­­ cultés de tré­­ re­­ chan­­ ments fré­­
fi­­
so­­ rie,
ge­­
quents
du direc­­
teur commer­­ ou finan­­
cial
cier,…) qui incitent le cré­­
dit
mana­­ à réduire les encours et à relan­­ plus rapi­­ ment
ger
cer
de­­
les clients. Le ter­­
rain pré­­
sente l’avantage d’être une source
d’information « en temps réel » sur la sol­­ bi­­ des clients,
va­­ lité
à l’inverse des docu­­
ments comp­­
tables qui consti­­
tuent une
infor­­ tion déjà ancienne au moment où le four­­ seur en
ma­­
nis­­
dis­­
pose. Pour exploi­­ cette infor­­ tion, le cré­­ mana­­
ter
ma­­
dit
ger
doit aller au-­ evant des opé­­ tion­­ et favo­­ ser les échanges
d
ra­­ nels
ri­­
infor­­
mels.
−− Par exemple, le cré­­ mana­­ d’une entre­­
dit
ger
prise de trans­­
port
fri­­ fique reçoit beau­­
gori­­
coup de ren­­ gne­­
sei­­ ments per­­ nents sur
ti­­
l’évaluation du risque de la part des chauf­­
feurs. Il entre­­
tient
avec eux une rela­­
tion constante, pro­­ tant notam­­
fi­­
ment de la
pause qu’ils font au retour de leur tour­­
née.
3.	 Le cré­­ mana­­ fixe ensuite un pla­­
dit
ger
fond de cré­­ repré­­ ­
dit
sen­
tant le risque maxi­­
mum que le four­­ seur accepte de prendre
nis­­
sur un client donné. Toute nou­­
velle commande est enre­­ trée
gis­­
dans le logi­­ commer­­
ciel
cial. Le dépas­­ ment de la limite de cré­
se­­
­
dit entraîne nor­­ le­­
ma­­ ment un blo­­
cage de cette commande (cré­­
dit
hold) aler­­
tant le cré­­ mana­­
dit
ger.
4.	 Les déci­­
sions du cré­­ mana­­ ont des réper­­ sions impor­
dit
ger
cus­­
­
tantes sur le chiffre d’affaires et donc sur la per­­ mance des
for­­
opé­­ tion­­
ra­­ nels. À cause de cela, ses déci­­
sions sont sou­­
mises à un
arbi­­
trage réa­­ par la direc­­
lisé
tion géné­­
rale, un comité de cré­­
dit…

98
Savoirs

5.	 Enfin, il négo­­ par­­ une garan­­ avec son client, lorsque
cie
fois
tie
le niveau de risque le jus­­ fie et que le contexte commer­­ le
ti­­
cial
per­­
met :
−− une cau­­
tion émise par la banque, la société mère pour sa filiale
ou par le diri­­
geant à titre per­­ nel.
son­­
−− un endos d’effets de commerce,…
La mis­­
sion du cré­­ mana­­ est de maî­­ ser le risque sans frei­
dit
ger
tri­­
­
ner le déve­­ pe­­
lop­­ ment du chiffre d’affaires. Il doit pour cela savoir
pro­­ ser des solu­­
po­­
tions créa­­
tives per­­ tant de vendre plus sans aug­
met­­
­
men­­ le risque  : garan­­
ter
ties, paie­­
ment anti­­
cipé contre escompte,
cadencement des livrai­­
sons,…

99

Savoir-être

La notion de délai d’usance jus­­ fie le cré­­ inter-­ ntreprise : le four­
ti­­
dit
e
­
nis­­
seur fait cré­­ à son client sur une durée équi­­ lant à peu près à
dit
va­­
la durée pen­­
dant laquelle la mar­­
chan­­
dise se trouve dans le stock de
son four­­ seur. Tra­­ tion­­ le­­
nis­­
di­­ nel­­ ment, les pays d’Europe du Nord ont
des délais de paie­­
ment plus courts que ceux d’Europe du Sud. En
France, dif­­ rentes lois ont cher­ hé à réduire les délais de paie­­
fé­­
c
ment,
un tel rac­­ cis­­ ment per­­ tant de réduire le risque de dépôt de
cour­­ se­­
met­­
bilan en cascade. La der­­
nière loi en date, la loi LME d’août 2008,
vier
ment maxi­
­
est entrée en vigueur au 1er jan­­ 2009. Le délai de paie­­
mum est de 60 jours net ou 45 jours fin de mois, à par­­ de la date
tir
de fac­­
ture. Cette loi s’applique à tous les contrats sou­­ au droit
mis
fran­­
çais.
Les condi­­
tions géné­­
rales de vente pré­­
voient le plus sou­­
vent un
délai de paie­­
ment stan­­
dard. Ce délai est géné­­ le­­
ra­­ ment plus court
pour les entre­­
prises de ser­­
vice. Ces der­­
nières ne béné­­ cient pas,
fi­­
en effet, de cré­­ four­­ seur et paient leur prin­­ pale charge, les
dit
nis­­
ci­­
salaires, au comp­­
tant.
Les clients demandent tou­­ fois sou­­
te­­
vent un délai de paie­­
ment
supé­­
rieur au délai stan­­
dard. La pro­­ dure cré­­ pré­­
cé­­
dit
voit alors qui
est habi­­ pour des délais déro­­ toires, la force commer­­
lité
ga­­
ciale ou la
fonc­­
tion cré­­ Dans tous les cas, une telle déci­­
dit.
sion néces­­ une
site
concer­­ tion.
ta­­

Savoir-faire

La ges­­
tion du cré­­ client
dit
3 • Appré­­ der la pro­­ ma­­
hen­­
blé­­ tique
de la ges­­ des risques
tion

La pro­­ ma­­
blé­­ tique de la ges­­
tion des risques
La car­­ gra­­
to­­ phie des risques
La défi­­ tion et la mise en place du dis­­ si­­
ni­­
po­­ tif
Les risques finan­­
ciers

Les retards de paie­­
ment rendent néces­­
saire l’établissement d’un
calen­­
drier de relance. Ce calen­­
drier contient les para­­
mètres sui­
­
vants :
✓✓ Qui : quels sont les rôles res­­ tifs du chargé de relance et du
pec­­
commer­­ dans la relance ;
cial
✓✓ Comment : quel est le mode de relance choisi : lettre stan­­
dard,
télé­­
phone, courriel,…
✓✓ Quand : combien de temps après l’échéance, la pre­­
mière relance
a-­-elle lieu, quel est l’intervalle entre les dif­­ rents niveaux de
t
fé­­
relance (entre 8 et 15 jours) ;
✓✓ Que faire si le non-­ aiement per­­
p
siste (à par­­ de quel moment
tir
blo­­
quer les livrai­­
sons, enta­­ une action conten­­
mer
tieuse ?) ;
Les choix rela­­ à ces para­­
tifs
mètres dif­­
fèrent selon les types de
client, ils dépendent du nombre de clients, de leur sus­­ ti­­ lité, du
cep­­ bi­­
niveau de risque et d’encours, de la fré­­
quence des litiges,…
Tableau 3.4 ■ Exemple de calen­­
drier de relance
Délai

Action

Acteur

J-15

Pré-­ elance télé­­ nique
r
pho­­

Ser­­
vice cré­­
dit

J+1

Lettre de relance niveau 1

Ser­­
vice cré­­
dit

J+10

Appel télé­­ nique
pho­­

Ser­­
vice cré­­
dit

J+20

Lettre de relance niveau 2 et blo­­
cage
des livrai­­
sons

Ser­­
vice cré­­
dit

J+30

Appel télé­­ nique
pho­­

Commer­­
cial

J+40

Lettre de relance niveau 3 : Mise en
demeure de payer

Ser­­
vice cré­­
dit

J+50

Mise au conten­­
tieux

Ser­­
vice cré­­
dit

Les litiges impu­­
tables au four­­ seur sont une cause fré­­
nis­­
quente
de retard des paie­­
ments : erreurs sur fac­­
tures, pro­­
duit défec­­
tueux,
erreur d’expédition, désac­­
cord commer­­
cial,… Le suivi de ces litiges
est sou­­
vent confié à l’administration des ventes ou au ser­­ qua­­
vice
lité.
100
La ges­­ du risque de change
tion
Les entre­­
prises expor­­
tant ou impor­­
tant en devises doivent faire face
au risque de fluc­­ tion du cours des devises. L’exemple ci-­ essous
tua­­
d
en consti­­ une illus­­ tion.
tue
tra­­

Savoirs

Le ser­­ cré­­ pourra avoir inté­­ à s’y impli­­
vice dit
rêt
quer. En contri­­
buant
à accé­­ rer sa réso­­ tion, il contri­­
lé­­
lu­­
bue à accé­­ rer l’encaissement.
lé­­
Il donne éga­­ ment une dimen­­
le­­
sion commer­­
ciale à sa fonc­­
tion en
appor­­
tant un ser­­ à son client.
vice

Le cours des devises fluc­­ sou­­
tue
vent de façon sou­­
daine et impré­
­
vue sur le mar­­ des changes. Cer­­
ché
taines devises comme le dol­
­
lar sont extrê­­ ment vola­­
me­­
tiles et peuvent fluc­­
tuer de plus de 30 %
sur une durée de quelques mois. Pour cette rai­­
son, les entre­­
prises
mettent en place des cou­­ tures de change sys­­ ma­­
ver­­
té­­ tiques sur les
mon­­
tants éle­­ et sur des devises vola­­
vés
tiles.
Les trois prin­­ pales tech­­
ci­­
niques de cou­­ ture sont :
ver­­
✓✓ la cou­­ ture natu­­
ver­­
relle ;
✓✓ l’achat ou la vente à terme ;
✓✓ l’option.

101

Savoir-être

Un commer­­ ex­ ort de l’entreprise X reçoit le 1er mars une commande
cial p
de 500 000 € facturable en USD (dol­­
lars amé­­ cains), payable début
ri­­
mai. Le taux de marge prévu sur cette affaire est de 10 %. Le cours euro/
dol­­ le 1er mars est de 1,35 (un euro = 1,35 dol­­
lar
lar). Igno­­
rant les règles
de ges­­
tion du risque de change, le commer­­
cial engage sa société sur
un prix de : 675 000 dol­­
lars (500 000/1,35). Il oublie d’informer le tré­­ ­
so­
rier de la pré­­ sion d’encaissement en dol­­
vi­­
lars à début mai.
Le 2  mai, la créance en dol­­
lars est encais­­
sée et conver­­ en
tie
euros. Entre-­emps, le dol­­ a baissé au cours de 1,40 (un euro
t
lar
=  1,40  dol­­
lar). Le mon­­
tant converti en euros ne repré­­
sente plus que
482 143 euros (675 000/1,40) soit une perte de change de 17 857 euros
(500 000 – 482 143). Cette perte de change réduit de 36 % la marge
pré­­
vue (17 857/50 000).

Savoir-faire

Exemple
3 • Appré­­ der la pro­­ ma­­
hen­­
blé­­ tique
de la ges­­ des risques
tion

La pro­­ ma­­
blé­­ tique de la ges­­
tion des risques
La car­­ gra­­
to­­ phie des risques
La défi­­ tion et la mise en place du dis­­ si­­
ni­­
po­­ tif
Les risques finan­­
ciers

La cou­­ ture natu­­
ver­­
relle

Cette tech­­
nique ne néces­­ pas l’intervention de la banque. Elle
site
consiste à compen­­ les opé­­ tions de vente en devises par des
ser
ra­­
achats dans la même devise. Les mon­­
tants encais­­ dans une devise
sés
servent à payer les four­­ seurs dans la même devise. Sur les mon­
nis­­
­
tants compen­­ à l’intérieur de l’entreprise ou du groupe, il n’y a
sés
donc plus d’opération de change.
Exemple
Le groupe aéro­­ tique Air­­
nau­­
bus est tra­­ tion­­ le­­
di­­ nel­­ ment sou­­
mis au risque
de fluc­­ tion sur le dol­­
tua­­
lar : les ventes d’avion se fac­­
turent en dol­­ et
lar
le groupe a une forte pro­­ tion de ses charges en euros. Pour réduire
por­­
une forte expo­­ tion au risque de change pou­­
si­­
vant alté­­ sa posi­­
rer
tion
concur­­ tielle, le groupe a décidé de réa­­ ser une par­­ de sa pro­­ ­
ren­­
li­­
tie
duc­
tion en zone dol­­
lar.

L’achat ou la vente à terme

Cette opé­­ tion consiste à ache­­ ou vendre auprès de la banque
ra­­
ter
une quan­­ de devises pour livrai­­ à une date future défi­­
tité
son
nie
au contrat. La banque garan­­ un cours à terme quelle que soit
tit
l’évolution du cours de la devise jusqu’à l’échéance du contrat. Le
contrat à terme consti­­ un enga­­ ment ferme, l’entreprise sera
tue
ge­­
obli­­ de livrer ou prendre livrai­­ des devises. Elle pourra tou­­ ­
gée
son
te­
fois anti­­ per ou dif­­ rer cette livrai­­ en fonc­­
ci­­
fé­­
son
tion de la date réelle
d’encaissement ou de paie­­
ment des devises.
Dans l’exemple pré­­ dent, pour évi­­ la perte de change, le
cé­­
ter
commer­­
cial, avant de s’engager sur un prix en dol­­ aurait dû sol­
lar,
­
li­­ ter de la direc­­
ci­­
tion finan­­
cière un cours de fac­­ ra­­
tu­­ tion en dol­­
lar.
Ce cours aurait été égal au cours à terme négo­­ par la direc­­
cié
tion
finan­­
cière avec la banque. L’encaissement de la vente en dol­­ aurait
lar
servi à livrer les dol­­ dans le cadre du contrat à terme. Notons que
lars
pour garan­­ le cours à terme, la banque ne se met pas elle-­ ême en
tir
m

102
posi­­
tion de risque de change, elle se couvre par une opé­­ tion symé­
ra­­
­
trique auprès de sa clien­­ ou sur le mar­­ des changes.
tèle
ché

Une option est un contrat passé avec la banque assi­­ lable à une
mi­­
assu­­
rance. L’entreprise qui achète l’option acquiert le droit d’acheter
(option d’achat aussi appe­­ « call ») ou de vendre (option de
lée
vente aussi appe­­ « put ») à la banque une cer­­
lée
taine quan­­ de
tité
devises à une date future pour un prix garanti (le prix d’exercice).
À l’échéance, elle ne sera tou­­ fois pas obli­­ d’exercer l’option si
te­­
gée
le cours au comp­­
tant au jour de l’échéance est plus favo­­
rable que le
prix d’exercice.

Savoirs

Les options de change

Suite de l’exemple
Le 1 mars, le tré­­ rier achète une option de vente des 500 000 dol­­
so­­
lars
du mon­­
tant de la vente au prix d’exercice de 1 euro = 1,36 USD, en date
d’échéance du 2 mai. Elle paie une prime de 1 % du mon­­
tant garanti
(soit 5 000 €).
Que se passe-­-il à l’échéance du 2 mai ?
t
−− 1er cas : le cours au comp­­
tant est de 1 euro = 1,33 USD. Le cours du
dol­­ a monté, l’entreprise a donc inté­­ à ne pas exer­­ l’option et
lar
rêt
cer
à vendre les dol­­
lars au comp­­
tant.
−− 2nd cas : le cours au comp­­
tant est de 1,38. Le cours du dol­­ ayant
lar
baissé, il est pré­­ rable d’exercer l’option en ven­­
fé­­
dant les dol­­
lars au
cours de 1,36.

103

Savoir-être

En défi­­ tive, l’option de vente pro­­
ni­­
cure à son ache­­
teur un cours
de vente plan­­
cher (le prix d’exercice) en lui per­­ tant de béné­­ cier
met­­
fi­­
de l’augmentation du cours de la devise. À l’inverse, l’option d’achat
pro­­
cure à son ache­­
teur un cours pla­­
fond tout en lui per­­ tant de
met­­
béné­­ cier d’une dimi­­ tion du cours de la devise.
fi­­
nu­­
Par compa­­ son avec le contrat à terme, l’option n’est donc pas
rai­­
un enga­­ ment ferme de livrer ou prendre livrai­­ de la devise.
ge­­
son
En contre­­ tie, elle néces­­ le paie­­
par­­
site
ment d’une prime dont le taux
varie en fonc­­
tion de la durée de l’option, du prix d’exercice et de la
vola­­ lité de la devise.
ti­­

Savoir-faire

er
3 • Appré­­ der la pro­­ ma­­
hen­­
blé­­ tique
de la ges­­ des risques
tion

La pro­­ ma­­
blé­­ tique de la ges­­
tion des risques
La car­­ gra­­
to­­ phie des risques
La défi­­ tion et la mise en place du dis­­ si­­
ni­­
po­­ tif
Les risques finan­­
ciers

Les options de change servent éga­­ ment à cou­­ une posi­­
le­­
vrir
tion
de change aléa­­
toire, dans le cas notam­­
ment de la réponse d’un appel
d’offres en devises.
Le tableau de suivi de la posi­­
tion de change

Ce tableau est éta­­ par devise et en date de flux de tré­­ re­­ Il
bli
so­­ rie.
retrace les encais­­ ments et décais­­ ments pré­­ par échéance. Mis
se­­
se­­
vus
à jour régu­­ re­­
liè­­ ment, il sert à déter­­ ner le besoin de cou­­ ture par
mi­­
ver­­
échéance.
Il combine le plus sou­­
vent des infor­­ tions de sta­­ dif­­ rents :
ma­­
tuts fé­­
✓✓ les mou­­ ments de sta­­ R (réa­­
ve­­
tut
lisé) cor­­ pondent à des ventes
res­­
déjà fac­­ rées ou à des achats déjà reçus ;
tu­­
✓✓ les mou­­ ments de sta­­ E (enga­­
ve­­
tut 
gés) cor­­ pondent à des
res­­
commandes déjà réa­­ sées non encore livrées. Pour connaître la
li­­
date du flux en devise, il convient donc d’appliquer le délai de
livrai­­ et le délai de paie­­
son
ment.
Tableau 3.5 ■ Extrait de la posi­­
tion de change en USD
N+1

N+2

Encais­­ ments clients (R)
se­­

3 000

Encais­­ ments clients (E)
se­­

N+3

700

Décais­­ ments four­­ seurs (R)
se­­
nis­­

– 1 200

Décais­­ ments four­­ seurs (E)
se­­
nis­­

– 500

Posi­­
tion commer­­
ciale

+ 2 000

Ventes à terme

– 1 600

Achats à terme
Posi­­
tion de change

+ 400

Le tableau 3.5 montre un extrait de la posi­­
tion de change en dol­
­
lar. Pour le mois N+2, sont pré­­ des encais­­ ments clients pour
vus
se­­
3 700 et des paie­­
ments four­­ seurs pour 1 700. Ces mon­­
nis­­
tants se
104
Savoirs

compensent par­­ le­­
tiel­­ ment (cou­­ ture natu­­
ver­­
relle). Une échéance de
vente à terme de 1 600 est pré­­
vue, ce qui laisse un solde de 400 qui
pourra être reporté sur le mois sui­­
vant, être vendu au comp­­
tant ou
faire l’objet d’une autre vente à terme.
Les actions de cou­­ ture de change sont réa­­ sées par le tré­­ rier
ver­­
li­­
so­­
dans le cadre d’une pro­­ dure interne. La qua­­ de ses déci­­
cé­­
lité
sions
repose sur la fia­­ lité des pré­­ sions de flux en devises des opé­­ tion­
bi­­
vi­­
ra­­ ­
nels. Il prend ses déci­­
sions seul dans le cadre d’une pro­­ dure pré­
cé­­
­
voyant une cou­­ ture sys­­ ma­­
ver­­
té­­ tique ou dans le cadre d’un comité
de change lorsque les anti­­ pations sur l’évolution des devises sont
ci­­
prises en compte pour la déci­­
sion de cou­­ ture.
ver­­

105

Savoir-être

La ges­­
tion de la liqui­­
dité vise à garan­­ que l’entreprise ait à tout
tir
moment suf­­ sam­­
fi­­ ment de res­­
sources pour régler ses échéances four­
­
nis­­
seurs, de salaires et charges sociales, d’impôt,… C’est une mis­
­
sion fon­­ men­­ du direc­­
da­­ tale
teur finan­­ et du tré­­ rier qui, si elle
cier
so­­
n’est pas assu­­
rée, compro­­
met la péren­­
nité même de l’entreprise.
Une entre­­
prise ne par­­ nant pas de façon chro­­
ve­­
nique à res­­ ter ses
pec­­
échéances est en situa­­
tion de ces­­ tion des paie­­
sa­­
ments et peut être
assi­­
gnée en liqui­­ tion de biens. La « culture cash » vise à garan­­
da­­
tir
la liqui­­ de l’entreprise. Si toute culture cash s’adapte au contexte
dité
par­­ cu­­ de l’entreprise, elle pos­­
ti­­ lier
sède deux objec­­
tifs
✓✓ Objec­­  1 : Elle vise à amé­­ rer la tré­­ re­­ géné­­ par l’exploitation,
lio­­
so­­ rie
rée
tif
grâce à l’amélioration des marges, à la maî­­
trise des frais géné­­
raux et
à une meilleure ges­­ des sto­­ et du cré­­ client. L’ensemble des
tion
cks
dit
opé­­ tion­­ est appelé à par­­ ci­­ à cette mis­­
ra­­ nels
ti­­ per
sion.
✓✓ Objec­­ 2  : Elle vise à sécu­­ ser les finan­­ ments. Le plan de
tif
ri­­
ce­­
finan­­ ment (3  à  5  ans) déter­­
ce­­
mine le besoin de finan­­ ment
ce­­
à moyen terme  : apport en capi­­ ou en comptes cou­­
tal
rants
d’associés, emprunts à MLT,… Le bud­­ de tré­­ re­­ a un hori­
get
so­­ rie
­
zon annuel, il éva­­ le besoin de tré­­ re­­ mois par mois et sert
lue
so­­ rie
à négo­­ les lignes de cré­­ à court terme.
cier
dit
er
tif
bue
ble­­
Le 1 objec­­ contri­­ dou­­ ment à l’atteinte du second :
✓✓ L’entreprise qui amé­­
liore la tré­­ re­­ géné­­ par l’exploitation
so­­ rie
rée
réduit son besoin de finan­­ ment externe.
ce­­

Savoir-faire

Le risque de liqui­­
dité
3 • Appré­­ der la pro­­ ma­­
hen­­
blé­­ tique
de la ges­­ des risques
tion

La car­­ gra­­
to­­ phie des risques
La défi­­ tion et la mise en place du dis­­ si­­
ni­­
po­­ tif
Les risques finan­­
ciers
Les risques indus­­
triels et envi­­ ne­­
ron­­ men­­
taux

✓✓ Elle trouve plus faci­­ ment des finan­­ ments externes, car elle
le­­
ce­­
répond mieux aux objec­­ des appor­­
tifs
teurs de fonds : la ren­­ bi­
ta­­ ­
lité pour les inves­­ seurs et la capa­­ de rem­­
tis­­
cité
bour­­ ment pour
se­­
les prê­­
teurs.

CC Les risques indus­­triels
et envi­­ron­­ men­­taux
ne­­
PRINCIPES CLÉS
•	 Notre société accepte de moins
en moins bien les risques. Le
légis­­ teur a donc mis en place
la­­
une légis­­ tion de plus en plus
la­­
contrai­­
gnante pour les entre­
­
prises indus­­
trielles.

La défi­­ tion des risques
ni­­
indus­­
triels
Risque ou catas­­
trophe

Un risque est la combi­­ son d’un aléa
nai­­
et d’un enjeu. Par exemple, un glis­
­
se­­
ment de ter­­
rain se pro­­ sant dans
dui­­
•	 L’approche Lean Mana­­ ment
ge­­
une zone déser­­
tique cor­­ pon­­ à un
res­­ dra
pour­­ mener à un mana­­ ­
rait
ge­
risque faible alors que le même évé­­ ­
ne­
ment plus effi­­
cace du risque
ment dans une zone très urba­­ sée cor­
ni­­
­
indus­­
triel.
res­­
pond à un risque fort qui a comme
consé­­
quence une catas­­
trophe. Une
catas­­
trophe est donc la résul­­
tante d’un risque fort.
Dif­­ rents para­­
fé­­
mètres entrent dans la per­­ tion de cette catas­
cep­­
­
trophe. Nous sommes sen­­
sibles au nombre de vic­­
times, à la média­­ ­
ti­
sation de l’événement, au lieu proche ou loin­­
tain où elle se pro­­
duit.
L’instantanéité de l’information et la puis­­
sance des images tendent
cepen­­
dant à déve­­ per notre compas­­
lop­­
sion pour des évé­­ ments se
ne­­
pro­­ sant à l’autre bout de la pla­­
dui­­
nète.
Nous sommes aussi sen­­
sibles à la vitesse à laquelle elle se pro­
­
duit, lente comme dans les rejets d’eaux tièdes dans les cours d’eau
ou bru­­
tales comme dans le cas d’AZF, lais­­
sant ou non le temps de
prendre des mesures.
106
La part de risque accep­­ est dif­­ rente selon l’endroit, le moment
tée
fé­­
et la culture. Par exemple, une voi­­
ture sans airbags est aujourd’hui
hors normes, tant la culture du risque rou­­ a changé dans les pays
tier
occi­­ taux. L’acceptation du risque devient de plus en plus faible
den­­
au fur et à mesure du déve­­ pe­­
lop­­ ment des socié­­
tés.
En outre, le prin­­
cipe de pré­­ tion peut être invo­­ lorsqu’une
cau­­
qué
inter­­ tion urgente est néces­­
ven­­
saire face à un pos­­
sible dan­­ pour
ger
la santé humaine, ani­­
male ou végé­­
tale, ou pour la pro­­ tion de
tec­­
l’environnement. Le prin­­
cipe de pré­­ tion s’applique dans le cas où
cau­­
les don­­
nées scien­­ fiques ne per­­
ti­­
mettent pas une éva­­ tion complète
lua­­
du risque. Ce prin­­
cipe est sur­­
tout appli­­ pour les cas de dan­­
qué
ger
pour la santé publique comme dans le cas de la pan­­ mie H1N1.
dé­­

Savoirs

Accep­­ bi­­ du risque
ta­­ lité

Nous avons besoin de pro­­
duits manu­­ tu­­ éven­­ le­­
fac­­ rés,
tuel­­ ment réa­
­
li­­ par des ins­­ la­­
sés
tal­­ tions géné­­
rant des risques, ce besoin doit faire
réflé­­
chir sur la part de risque accep­­ Une acti­­ géné­­
tée.
vité
rant des
nui­­
sances ou compor­­
tant des ins­­ la­­
tal­­ tions indus­­
trielles dan­­ reuses
ge­­
peut ame­­ richesses et emplois dans une région. L’arbitrage entre
ner
créa­­
tion de richesses et risques est la ques­­
tion cen­­
trale et la clas­­ fi­
si­­ ­
ca­­
tion des risques nous aide à appré­­ der cet arbi­­
hen­­
trage.

Savoir-faire

Le risque 0 n’existe pas

Risque majeur et clas­­ fi­­ tion des risques
si­­ ca­­

Le risque majeur se carac­­ rise par de nom­­
té­­
breuses vic­­
times, un coût
impor­­
tant, des dégâts et un impact sur l’environnement. Il se carac­
­
té­­ par une fré­­
rise
quence (une pro­­ bi­­ d’occurrence) plu­­ faible
ba­­ lité
tôt
mais par une forte inten­­ et une grande vul­­ ra­­ lité des enjeux
sité
né­­ bi­­
humains, éco­­ miques et envi­­ ne­­ taux.
no­­
ron­­ men­­
Le risque indus­­ majeur est un évé­­ ment acci­­ tel se pro­­ ­
triel
ne­­
den­­
dui­
sant sur un site indus­­ avec des consé­­
triel
quences « immé­­
diates et graves »
pour le per­­ nel, les popu­­ tions avoi­­ nantes et/ou l’environnement.
son­­
la­­
si­­
107

Savoir-être

Notion de risque majeur
3 • Appré­­ der la pro­­ ma­­
hen­­
blé­­ tique
de la ges­­ des risques
tion

La car­­ gra­­
to­­ phie des risques
La défi­­ tion et la mise en place du dis­­ si­­
ni­­
po­­ tif
Les risques finan­­
ciers
Les risques indus­­
triels et envi­­ ne­­
ron­­ men­­
taux

Cette gra­­ est liée à l’intensité de l’événement et à la vul­­ ­
vité
né­
ra­­ lité des enjeux. Les risques indus­­
bi­­
triels sont dits anthropiques,
c’est-à-dire dus à l’activité de l’homme.
On ren­­
contre 3 types d’enjeux :
✓✓ Les enjeux humains, il s’agit des per­­
sonnes phy­­
siques direc­­ ­
te­
ment ou indi­­ te­­
rec­­ ment expo­­ aux consé­­
sées
quences de l’accident.
Elles peuvent se trou­­ dans un lieu public, à leur domi­­ ou
ver
cile
sur leur lieu de tra­­
vail. Le risque peut aller de la bles­­
sure légère
au décès.
✓✓ Les enjeux éco­­ miques, un acci­­
dent indus­­
triel majeur peut
no­­
alté­­ l’outil éco­­ mique d’une zone. Les entre­­
rer
no­­
prises, les routes
ou les voies de che­­
min de fer voi­­
sines du lieu de l’accident peuvent
être détruites ou gra­­ ment endom­­ gées.
ve­­
ma­­
✓✓ Les enjeux envi­­ ne­­
dent indus­­
triel majeur
ron­­ men­­
taux, un acci­­
peut avoir des réper­­ sions impor­­
cus­­
tantes sur les éco­­ tèmes. On
sys­­
peut assis­­ à une des­­ tion de la faune et de la flore, les consé­
ter
truc­­
­
quences d’un acci­­
dent peuvent éga­­ ment avoir un impact sani­
le­­
­
taire (la pol­­ tion d’une nappe phréa­­
lu­­
tique par exemple).
Clas­­ fi­­ tion des risques en 5 familles
si­­ ca­­

À noter que parmi ces 5 grandes familles (voir tableau 3.6), seules
les 3 pre­­
mières font par­­ de ce que l’on qua­­ fie de risque majeur.
tie
li­­
Les risques natu­­ sont non pré­­ sibles et non « direc­­ ment » liés
rels
vi­­
te­­
à une res­­ sa­­ lité humaine. Il est par contre un devoir de pré­­ nir
pon­­ bi­­
ve­­
et d’éradiquer les risques indus­­
triels, par défi­­ tion créés de toutes
ni­­
pièces par l’activité humaine. Ils comprennent le risque d’incendie,
le risque toxique et le risque d’explosion.

108
Tableau 3.6 ■ Les cinq grandes familles de risque
Famille
de risque

Majeur

Ava­­
lanche, feu de forêt,
inon­­ tion, mou­­ ment
da­­
ve­­
de ter­­
rain, cyclone, tem­
­
pête, séisme et érup­­
tion
vol­­ nique…
ca­­

NON

NON

OUI

Trans­­
port

Trans­­
ports col­­ tifs
lec­­
de per­­
sonnes et de
matières dan­­ reuses
ge­­

OUI

OUI

OUI

Tech­­ lo­­
no­­ gique

Nucléaire, indus­­
triel,
bio­­ gique, rup­­
lo­­
ture de
bar­­
rage

OUI

OUI

OUI

Vie quo­­ dienne
ti­­

NON

OUI

NON

Conflit

OUI

OUI

NON

Natu­­
rel

Les acti­­ tés géné­­ trices de risques sont regrou­­ en deux familles :
vi­­
ra­­
pées
les indus­­
tries chi­­
miques et les indus­­
tries pétro­­ miques. Tous ces éta­
chi­­
­
blis­­ ments sont des éta­­ se­­
se­­
blis­­ ments fixes qui pro­­
duisent, uti­­
lisent ou
stockent des pro­­
duits réper­­ riés dans une nomen­­ ture spé­­ fique.
to­­
cla­­
ci­­
Les consé­­
quences d’un acci­­
dent dans ces indus­­
tries sont de trois
ordres :
✓✓ les consé­­
quences ther­­
miques de la combus­­
tion d’un pro­­
duit
inflam­­
mable ou d’une explo­­
sion ;
✓✓ les consé­­
quences méca­­
niques liées à une sur­­ sion, résul­­
pres­­
tant
d’une onde de choc (défla­­ tion ou déto­­ tion), pro­­ quée par
gra­­
na­­
vo­­
une explo­­
sion ;
✓✓ les consé­­
quences toxiques résul­­
tant de l’inhalation d’une subs­
­
tance toxique à la suite d’une fuite sur une ins­­ la­­
tal­­ tion.

109

Savoirs

Anthropique

Savoir-faire

Pré­­ sible
vi­­

Savoir-être

Détail
3 • Appré­­ der la pro­­ ma­­
hen­­
blé­­ tique
de la ges­­ des risques
tion

La car­­ gra­­
to­­ phie des risques
La défi­­ tion et la mise en place du dis­­ si­­
ni­­
po­­ tif
Les risques finan­­
ciers
Les risques indus­­
triels et envi­­ ne­­
ron­­ men­­
taux

Éva­­ et mesu­­ un risque
luer
rer
Les cri­­
tères d’évaluation des risques

Le risque rela­­ au phé­­ mène dan­­ reux est une fonc­­
tif
no­­
ge­­
tion de :
✓✓ la pro­­ bi­­ d’occurrence du dom­­
ba­­ lité
mage :
−− fré­­
quence et durée d’exposition,
−− pro­­ bi­­ d’occurrence d’un évé­­ ment dan­­ reux,
ba­­ lité
ne­­
ge­­
−− pos­­ bi­­ d’éviter ou de limi­­ le dom­­
si­­ lité
ter
mage,
✓✓ et de la gra­­ du dom­­
vité
mage.
Tableau 3.7 ■ Exemple de cri­­
tères de cota­­
tion des risques
Expo­­ tion
si­­
Cota­­
tion
(R)

Gra­­
vité du dom­­
mage (G)

Maî­­
trise du
risque (M)

Durée
d’exposition
(D)

Fré­­
quence
d’exposition
(F)

50

Décès

Aucune/inexis­­
tante

 4 heures

Quelques fois
par jour

10

Lésion avec
séquelle
Inca­­ cité tem­­ ­
pa­­
po­
raire ou per­­ nente
ma­­

Risque signalé :
infor­­ tion et
ma­­
consignes

 2 heures et
 4 heures

Quelques fois
par semaine

5

Lésion avec arrêt

Per­­
sonne pro­­ ­
té­
gée : pro­­ tion
tec­­
indi­­ duelle
vi­­

 une heure et
 2 heures

Quelques fois
par mois

1

Lésion sans arrêt

Risque isolé : pro­
­
tec­­
tion col­­ tive
lec­­

 0 et  une
heure

Quelques fois
par an

0

Absence de lésion

Risque sup­­
primé

0

Jamais

R = G × M × D × F

Les niveaux de risque

Il s’agit d’une indi­­ tion du seuil ou du degré de tolé­­
ca­­
rance à l’égard
des mesures néces­­
saires et des délais d’exécution jugés accep­­
tables.
110
Tableau 3.8 ■ Les niveaux de risque

Risque faible

Aucune autre mesure de maî­­
trise n’est néces­­
saire à moins qu’il soit
pos­­
sible de mettre en œuvre une mesure qui demande peu de temps,
d’argent et d’efforts. Il faut s’assurer que les mesures de maî­­
trise
demeurent en place.

Risque modéré

Envi­­ ger de dimi­­
sa­­
nuer le risque, s’il y a lieu, à un niveau tolé­­
rable
et de pré­­ rence à un niveau accep­­
fé­­
table, tout en tenant compte des
coûts de mise en place d’autres mesures. Les mesures de réduc­­
tion
des risques doivent être mises en œuvre dans une période de temps
défi­­
nie. Il faut s’assurer que les mesures de maî­­
trise demeurent en
place, en par­­ cu­­ si le niveau de risque est asso­­ à des consé­
ti­­ lier
cié
­
quences pré­­ di­­
ju­­ ciables.

Risque élevé

Des mesures visant à réduire le risque doivent être mises en œuvre
de toute urgence dans une période de temps défi­­
nie ; il peut être
néces­­
saire d’envisager d’interrompre ou de res­reindre l’activité, ou
t
de mettre en place des mesures pro­­ soires visant la réduc­­
vi­­
tion des
risques jusqu’à ce que des mesures per­­ nentes aient été adop­­
ma­­
tées.
Il faut s’assurer que ces mesures demeurent en place, en par­­ cu­­
ti­­ lier
si le niveau de risque est asso­­ à des consé­­
cié
quences très pré­­ di­
ju­­ ­
ciables ou extrê­­ ment pré­­ di­­
me­­
ju­­ ciables.

Risque très
élevé

Ces risques sont inac­­ tables. Des amé­­ ra­­
cep­­
lio­­ tions impor­­
tantes
concer­­
nant les mesures de maî­­
trise des risques sont néces­­
saires
de manière à réduire le risque à un niveau tolé­­
rable ou accep­­
table.
L’activité doit être sus­­ due jusqu’à ce que des mesures de maî­­
pen­­
trise
des risques soient mises en place de manière à les réduire. S’il est
impos­­
sible de réduire le risque, l’activité ne doit pas reprendre.

Savoirs

Ces risques sont consi­­ rés comme accep­­
dé­­
tables. Aucune autre
mesure n’est néces­­
saire que s’assurer que les mesures de contrôle
demeurent en place.

Savoir-faire

Risque très
faible

Envi­­ ne­­
ron­­ ment régle­­ taire
men­­

Bien évi­­ ment, la maî­­
dem­­
trise des risques n’est pas lais­­ à la seule
sée
ini­­
tiative des indus­­
triels mais for­­ ment contrainte par des dis­­ si­
te­­
po­­ ­
tions régle­­ taires qui s’organisent sur cinq axes prin­­ paux :
men­­
ci­­
✓✓ Axe 1 : anti­­ per, il s’agit de réduire le risque à la source, par des
ci­­
inves­­ se­­
tis­­ ments sur les sites indus­­
triels ;
✓✓ Axe 2 : assu­­ faire en sorte que les usines clas­­ soient les plus
rer,
sées
sûres pos­­
sible ;
111

Savoir-être

Orien­­ tions de la régle­­
ta­­
men­­ tion
ta­­
3 • Appré­­ der la pro­­ ma­­
hen­­
blé­­ tique
de la ges­­ des risques
tion

La car­­ gra­­
to­­ phie des risques
La défi­­ tion et la mise en place du dis­­ si­­
ni­­
po­­ tif
Les risques finan­­
ciers
Les risques indus­­
triels et envi­­ ne­­
ron­­ men­­
taux

✓✓ Axe 3 : infor­­
mer, créer des ins­­
tances d’information et de concer­
­
ta­­
tion autour des sites pré­­ tant les plus grands poten­­
sen­­
tiels de
dan­­
gers ;
✓✓ Axe  4  : orga­­ ser, mettre en place des plans d’urgence et de
ni­­
secours lors de la sur­­ nue d’accidents (plan interne à l’entreprise
ve­­
et plan par­­ cu­­ d’intervention à l’extérieur) ;
ti­­ lier
✓✓ Axe 5 : contrô­­ l’urbanisation autour des sites clas­­ dan­­ ­
ler,
sés
ge­
reux.
Lois et direc­­
tives (5 étapes majeures depuis 1976)

Les textes régle­­ taires affinent pro­­ si­­ ment le dis­­ si­­ régle­
men­­
gres­­ ve­­
po­­ tif
­
men­­
taire autour de ces cinq axes.
✓✓ Étape 1 : le 19 juillet 1976, la loi dite ICPE (Ins­­ la­­
tal­­ tions clas­
­
sées pour la pro­­ tion de l’environnement) s’appliquant à toute
tec­­
acti­­
vité ou sto­­
ckage pou­­
vant géné­­ des nui­­
rer
sances décrit une
nomen­­ ture des ins­­ la­­
cla­­
tal­­ tions et pro­­
pose un clas­­ ment des ins­
se­­
­
tal­­ tions.
la­­
✓✓ Étape  2  : le 3 février 1999 la direc­­
tive euro­­
péenne Seveso  II
(1996) rem­­
place la direc­­ Seveso I (1982). Chaque éta­­ se­
tive
blis­­ ­
ment doit défi­­ sa poli­­
nir
tique de pré­­ tion et de trai­­ ment des
ven­­
te­­
acci­­
dents majeurs et la contrô­­
ler.
✓✓ Étape 3 : le 30 juillet 2003, loi dite Bachelot sur les plans de pré­
­
ven­­
tion des risques tech­­ lo­­
no­­ giques PPRT (ins­­ la­­
tal­­ tions fixes et
trans­­
port). L’accent est mis sur la res­­ sa­­ lité de l’exploitant,
pon­­ bi­­
avec comme prio­­ la pré­­ tion et la réduc­­
rité
ven­­
tion des risques à
leur source.
✓✓ Étape 4 de 2003 à 2005 : évo­­ tion du dis­­ si­­ régle­­ taire
lu­­
po­­ tif
men­­
enca­­
drant l’élaboration des études de dan­­ pour les ins­­ la­
ger,
tal­­ ­
tions Seveso « seuil haut ». Révi­­
sion en pro­­ deur de la majo­
fon­­
­
rité des études de dan­­ en don­­
ger
nant prio­­ aux risques qui
rité
peuvent impac­­ l’extérieur du péri­­
ter
mètre de l’entreprise. Cela
se tra­­
duit par :
112
Démarche de mise sous contrôle des risques

La démarche conduit tout d’abord à effec­­
tuer une éva­­ tion des
lua­­
risques, en commen­­
çant par des études de dan­­ à par­­ de la car­
ger
tir
­
to­­ phie des risques, puis à étu­­
gra­­
dier tout l’historique des acci­­
dents
et des « presqu’accidents ».
Ces études peuvent être appro­­ dies dans le cas des « ins­­ la­
fon­­
tal­­ ­
tions clas­­
sées ». En effet, ces ins­­ la­­
tal­­ tions ont l’obligation d’inclure
(en plus de l’étude des dan­­ dans le péri­­
gers
mètre de l’établissement)
une éva­­ tion des dom­­
lua­­
mages aux biens des tiers dans l’élaboration
des plans de pré­­ tion des risques tech­­ lo­­
ven­­
no­­ giques.
Ensuite, la démarche conduit à étu­­
dier toutes les voies pour se
pro­­ ger d’un risque iden­­ fié. Plu­­
té­­
ti­­
sieurs pistes sont envi­­ geables :
sa­­

113

Savoirs
Savoir-faire

Démarche et outils de mise sous contrôle des risques

Savoir-être

−− l’information et l’association du public à la pré­­ tion des
ven­­
risques indus­­
triels ;
−− le ren­­ ce­­
for­­ ment des pou­­
voirs des CHSCT et la for­­ tion
ma­­
des sala­­
riés ;
−− la maî­­
trise de l’urbanisation, dans le cadre des PPRT.
✓✓ Étape 5 : le Gre­­
nelle de l’environnement. Les objec­­ portent
tifs
notam­­
ment sur les domaines sui­­
vants :
−− l’habitat et l’urbanisme : adap­­ tion aux exi­­
ta­­
gences d’un
« déve­­ pe­­
lop­­ ment urbain durable » ;
−− les trans­­
ports : adap­­ tion de la légis­­ tion pour pri­­ lé­­
ta­­
la­­
vi­­ gier
les modes de trans­­
port durables ;
−− l’énergie : créa­­ de sché­­
tion
mas régio­­
naux du cli­­
mat, de l’air et
de l’énergie, avec bilan car­­
bone obli­­ toire dans cer­­
ga­­
tains cas ;
−− la bio­ iver­­
d sité : créa­­
tion d’une « trame verte » et d’une
« trame bleue » ins­­ rant des cou­­
tau­­
loirs éco­­ giques entre
lo­­
ter­­ toires pro­­ gés ;
ri­­
té­­
−− la santé envi­­ ne­­ tale et la ges­­
ron­­ men­­
tion des déchets  : avec
notam­­
ment le ren­­ ce­­
for­­ ment des dis­­ si­­ de pro­­ tion.
po­­ tifs
tec­­
3 • Appré­­ der la pro­­ ma­­
hen­­
blé­­ tique
de la ges­­ des risques
tion

La car­­ gra­­
to­­ phie des risques
La défi­­ tion et la mise en place du dis­­ si­­
ni­­
po­­ tif
Les risques finan­­
ciers
Les risques indus­­
triels et envi­­ ne­­
ron­­ men­­
taux

✓✓ externaliser l’activité auprès d’un orga­­
nisme qui a investi en
moyens et compé­­
tences pour faire face à un risque… (externaliser
le risque) ;
✓✓ pro­­ ger : dis­­ ser d’outil de pro­­ tion, comme par exemple les
té­­
po­­
tec­­
extinc­­
teurs auto­­ tiques ;
ma­­
✓✓ miti­­
ger : dimi­­
nuer la gra­­ et/ou dimi­­
vité
nuer les consé­­
quences.
Les outils d’analyse des risques

Quatre outils prin­­ paux peuvent être cités :
ci­­
✓✓ L’analyse pré­­ mi­­
­
li­­ naire des risques (APR). Elle a pour objec­
tif : l’identification, l’évaluation, la hié­­ chi­­ tion et la maî­­
rar­­ sa­­
trise
des risques qui résultent des dan­­
gers aux­­
quels un sys­­
tème est
sus­­ tible d’être exposé tout au long de sa mis­­
cep­­
sion ;
✓✓ L’analyse des modes de défaillance, de leurs effets et de leur
criticité (AMDEC). C’est un outil d’anticipation des risques
poten­­
tiels de non-­ onctionnement d’un pro­­
f
duit engen­­
drés par sa
concep­­
tion, de non-­ onformité d’un pro­­
c
duit engen­­
drée par son
pro­­
cédé de fabri­­ tion, de non-­ abilité des moyens mis en œuvre
ca­­
fi
dans le pro­­
cédé ;
✓✓ L’arbre des causes est la repré­­ ta­­
sen­­ tion gra­­
phique de
l’enchaînement logique des faits qui ont pro­­ qué un acci­­
vo­­
dent ;
✓✓ L’hazard analysis critical control point (HACCP) est une
méthode des­­ née à éva­­ les dan­­ poten­­
ti­­
luer
gers
tiels d’un pro­­ sus
ces­­
et à éta­­ des sys­­
blir
tèmes de maî­­
trise axés sur la pré­­ tion plu­­
ven­­
tôt
que sur des contrôles a pos­­ rio­­ du pro­­
te­­ ri
duit fini.
L’utilisation de ces outils ne s’impose que pour l’analyse des
situa­­
tions à risques complexes et/ou les situa­­
tions aux consé­­
quences
par­­ cu­­ re­­
ti­­ liè­­ ment graves.
Une fois les risques éva­­ et clas­­ les mesures de pré­­ tion
lués
sés,
ven­­
et de pré­­ tion mises en place, l’aspect infor­­ tion et commu­­ ca­
cau­­
ma­­
ni­­ ­
tion est indis­­ sable au sys­­
pen­­
tème de pré­­ tion des risques.
ven­­

114
Les voies de pro­­
grès

Savoirs

Il fau­­ inlas­­ ble­­
dra
sa­­ ment infor­­
mer, for­­
mer les per­­ nels, infor­
son­­
­
mer les rive­­
rains, construire avec les auto­­ tés compé­­
ri­­
tentes les sys­
­
tèmes de mesure et d’alerte et les plans de secours, en gar­­
dant à
l’esprit l’impossibilité de pré­­
voir et parer 100  % des risques dans
100 % des cas.
La res­­ sa­­ lité col­­ tive et le tra­­ par­­ cipatif per­­
pon­­ bi­­
lec­­
vail
ti­­
mettent
chaque jour d’améliorer le sys­­
tème de pré­­ tion, d’alerte, de pro­
ven­­
­
tec­­
tion et de ges­­
tion de crise.

115

Savoir-être

Le terme Lean Mana­­ ment est asso­­ géné­­ le­­
ge­­
cié
ra­­ ment dans l’industrie
à un état d’esprit de sim­­ cité et à une phi­­ sophie indus­­
pli­­
lo­­
trielle, par­
­
ti­­
cipative et effi­­
ciente cen­­ sur les per­­
trée
sonnes.
Il s’agit de faire mieux : un meilleur pro­­
duit, un meilleur ser­­
vice
au client, avec moins de gas­­
pillages.
Pouvons-­ ous trans­­ ser ces idées de bon sens vers le domaine
n
po­­
sen­­
sible du mana­­ ment du risque indus­­
ge­­
triel ? Il est, bien entendu,
hors de ques­­
tion d’obtenir le moindre résul­­ éco­­ mique et
tat
no­­
commer­­ au détriment de la sécu­­ et de la santé des sala­­
cial
rité
riés,
des rive­­
rains et de l’environnement de l’établissement indus­­
triel.
Une fois le risque indus­­
triel défini, il fau­­ alors ima­­ ner ce
dra
gi­­
que serait une chasse aux gas­­
pillages de toutes sortes per­­ tant de
met­­
dimi­­
nuer ce niveau de risque sans mettre en dan­­ l’équation éco­
ger
­
no­­
mique de l’entreprise :
✓✓ Comment pré­­ nir et pro­­ ger les per­­
ve­­
té­­
sonnes des acci­­
dents désas­
­
treux pour les per­­
sonnes et rui­­
neux pour l’entreprise ?
✓✓ Comment pré­­ nir et pro­­ ger l’entreprise des arrêts d’activité
ve­­
té­­
cas­­
sant les rythmes de pro­­ tion et déconnec­­
duc­­
tant l’entreprise
de ses mar­­
chés ?
✓✓ Comment pré­­ nir et pro­­ ger les rive­­
ve­­
té­­
rains et l’environnement
de l’entreprise d’accidents, de pol­­ tion et du gas­­
lu­­
pillage des res­
­
sources natu­­
relles ?

Savoir-faire

Une approche Lean du mana­­ ment des risques indus­­
ge­­
triels
3 • Appré­­ der la pro­­ ma­­
hen­­
blé­­ tique
de la ges­­ des risques
tion

La car­­ gra­­
to­­ phie des risques
La défi­­ tion et la mise en place du dis­­ si­­
ni­­
po­­ tif
Les risques finan­­
ciers
Les risques indus­­
triels et envi­­ ne­­
ron­­ men­­
taux

Ces situa­­
tions se pro­­
duisent par méconnais­­
sance, par manque de
concer­­ tion et par une insuf­­ sante anti­­ pation.
ta­­
fi­­
ci­­
Trois pistes « anti-­ aspis » appa­­
g
raissent.
✓✓ D’abord sans conteste, le plus effi­­
cace, c’est la pré­­ tion, sui­
ven­­
­
vant l’adage qu’un « homme » pré­­
venu en vaut deux. Il faut donc
infor­­
mer les sala­­ en pre­­
riés
mier lieu, ainsi que les riverains… de
ce qui s’est passé (mémoire pour ne pas oublier) et de ce qui peut
se pas­­ (prise de conscience).
ser
✓✓ Ensuite l’union fait la force. L’entreprise, les col­­ ti­­ tés locales
lec­­ vi­­
et l’État se concertent fai­­
sant évo­­
luer une légis­­ tion au fur et
la­­
à mesure des retours d’expérience des catas­­
trophes pas­­
sées. Ce
sont notam­­
ment, à la suite d’AZF et depuis 2003, l’obligation de
mise en place des PPRT (voir ci-­ essus). La prio­­ est ici don­
d
rité
­
née à la pré­­ tion et la réduc­­
ven­­
tion des risques à leur source.
✓✓ Enfin la sur­­
veillance. La mesure chi­­
mique et pétro­­ mique
chi­­
nous lais­­ plus de temps pour réagir, à l’instar de ces vigies sur
sera
les secousses sis­­
miques et glis­­ ments de ter­­
se­­
rain.
Le risque peut-­l être l’affaire de tous ?
i

Aller jusqu’au bout de l’approche Lean per­­ trait d’aller encore plus
met­­
loin dans la prise en charge par cha­­ des risques qu’il encourt.
cun
À l’instar de la notion de « bilan car­­
bone per­­ nel » qui consiste
son­­
à déve­­ per une approche per­­ nelle de l’environnement, et à ne
lop­­
son­­
pas tout attendre des pou­­
voirs publics, cha­­ pour­­ être invité à
cun
rait
chan­­ son rap­­
ger
port aux sys­­
tèmes de pro­­ tion en étant conscient
duc­­
des risques encou­­
rus.
Cela consiste à accep­­ que le risque  0 n’existe pas, à défi­­
ter
nir
son propre seuil d’acceptabilité et à se tenir informé des risques,
des pro­­ tions mises en œuvre et des pro­­ dures à suivre en cas de
tec­­
cé­­
pro­­
blème.

116
Savoirs

C’est ce que nous fai­­
sons déjà en pre­­
nant l’avion :
✓✓ nous accep­­
tons les risques encou­­
rus ;
✓✓ nous écou­­
tons avec atten­­
tion les ins­­ tions de sécu­­ pré­­ ­
truc­­
rité sen­
tées par les équi­­
pages ;
✓✓ il nous est pos­­
sible de « refu­­
ser » de mon­­ dans un avion, si
ter
celui-­ i ne semble pas pré­­ ter toutes les garan­­
c
sen­­
ties.

117

Savoir-être

Savoir-faire

Une poli­­
tique de ges­­
tion des risques doit se pen­­
ser de
manière glo­­
bale et au plus haut niveau de l’entreprise. Il
faut être conscient qu’elle ne résout pas tout et aide sim­
­
ple­­
ment à dimi­­
nuer les impacts des risques. Cha­­
cun doit
pou­­
voir mesu­­ et anti­­ per les risques aux­­
rer
ci­­
quels il est
confronté.
Savoirs

Chapitre 4

Les ques­­
tions aux­­
quelles répond ce cha­­
pitre
bo­­
get ?
◆◆ Comment s’organiser pour éla­­ rer son bud­­
◆◆ Comment pro­­ ter de l’exercice bud­­ taire pour amé­­ rer le
fi­­
gé­­
lio­­

pilo­­
tage de son acti­­
vité ?

Savoir-faire

Pilo­­ la per­­ mance
ter
for­­
et l’activité

li­­
la­­
gé­­
◆◆ Comment réa­­ ser une simu­­ tion bud­­ taire ?
◆◆ Sur quels indi­­ teurs foca­­ ser son atten­­
ca­­
li­­
tion ?
◆◆ Comment lire les résul­­
tats et anti­­ per les ten­­
ci­­
dances à venir ?
◆◆ Comment uti­­ ser le tableau de bord pour enri­­
li­­
chir son mana­
­

119

Savoir-être

ge­­
ment ?
4 • Pilo­­ la per­­ mance
ter
for­­
et l’activité

Bud­­ de l’entreprise et budget d’activité
get
Du pré­­ sion­­ au suivi de la réa­­ sa­­
vi­­
nel
li­­ tion

CC Du bud­­get de l’entreprise à celui
de son acti­­
vité
PRINCIPES CLÉS
•	 Le bud­­ est la tra­­ tion chif­
get
duc­­
­
frée des objec­­ et des plans
tifs
d’action.
•	 Il décrit l’orientation des efforts
du mana­­ et de son équipe
ger
sur les mois à venir.
•	 C’est un enga­­ ment vis-­ -vis
ge­­
à
de l’entreprise.
•	 Il oriente l’action en l’alignant
sur les objec­­ stra­­ giques de
tifs
té­­
l’entreprise.

Toutes les entre­­
prises ou orga­­ sa­
ni­­ ­
tions éta­­
blissent un bud­­ Une entre­
get.
­
prise, indus­­
trielle ou de ser­­
vice, est un
ensemble de moyens humains, finan­
­
ciers et maté­­
riels orga­­
nisé pour mener à
bien des acti­­ tés et atteindre des objec­
vi­­
­
tifs.
Qui dit objec­­ dit moyens. Le bud­
tifs
­
get chiffre les moyens néces­­
saires pour
atteindre les objec­­ qui sont réca­­ tu­
tifs
pi­­ ­
lés dans le tableau de bord.

Figure 4.1 ■ Pilo­­ et gérer la per­­ mance
ter
for­­

Activités

Gérer la performance

Piloter

La mise sous contrôle d’une acti­­ s’organise autour du trip­­
vité
tyque :
1.	 pré­­
voir : fixer les objec­­
tifs ;
2.	 mesu­­
rer : suivre l’atteinte des objec­­
tifs ;
3.	 agir : enga­­ des plans d’actions cor­­ trices.
ger
rec­­

120
121

Savoir-faire

Le bud­­ de l’année en cours peut avoir été atteint, man­­
get
qué ou
dépassé pour toutes sortes de rai­­
sons. L’important est d’identifier
les écarts et d’en tirer les consé­­
quences pour l’avenir. En effet, il est
trop tard pour cor­­ ger signi­­ ca­­ ve­­
ri­­
fi­­ ti­­ ment. Cette étape est plu­­ une
tôt
étape d’analyse et de réflexion pour :
✓✓ mettre à jour les normes et les stan­­
dards ;
✓✓ amé­­ rer la fia­­ lité des pré­­ sions futures.
lio­­
bi­­
vi­­
L’analyse porte prio­­ tai­­ ment sur les indi­­ teurs clés afin de
ri­­ re­­
ca­­
comprendre les écarts pro­­ nant de causes internes ou externes ou
ve­­
d’éléments excep­­ nels non re­ ortables. Il s’agit de comprendre
tion­­
p
l’efficacité des plans d’action. Les compa­­ sons réel/bud­­ doivent
rai­­
get
se faire à une maille rela­­ ve­­
ti­­ ment agré­­ pour dis­­ ner les faits
gée
cer­­
mar­­
quants.
L’analyse se réa­­ sur un exer­­
lise
cice bud­­ taire non encore clos,
gé­­
ce qui conduit à la démarche sui­­
vante. Après avoir ana­­ le réel, il
lysé
faut cal­­ ler le reste à faire pour atteindre l’objectif de fin d’année,
cu­­
et sur­­
tout pou­­ qua­­ fier ce reste à faire :
voir
li­­
✓✓ est-­l réa­­ sable ou non ?
i
li­­
✓✓ si oui, peut-­l être encore opti­­
i
misé ou non ?
Le pro­­
bable de fin d’année prend en compte les réa­­ sa­­
li­­ tions obser­
­
vées sur les mois pas­­ (le plus sou­­
sés
vent neuf) ainsi qu’un estimé
regrou­­
pant tous les évé­­ ments ayant une pro­­ bi­­ signi­­ ca­­
ne­­
ba­­ lité
fi­­ tive
de réa­­ sa­­
li­­ tion sur les quelques mois res­­
tants (le plus sou­­
vent trois).
On repère les ten­­
dances (N–1/N) et on prend en compte les remon­
­
tées du ter­­
rain pour vali­­ les pré­­ sions d’activité. On déter­­
der
vi­­
mine
ainsi une four­­
chette à l’intérieur de laquelle le résul­­ final devra se
tat
trou­­
ver.

Savoir-être

Ana­­ ser les per­­ mances du passé
ly­­
for­­

Savoirs

La construc­­ du bud­­ (pre­­
tion
get
mière étape de la mise sous contrôle)
s’effectue par une démarche conduite elle-­ ême en trois étapes :
m
1.	 ana­­ ser les per­­ mances du passé ;
ly­­
for­­
2.	 défi­­ les objec­­ et les plans d’actions ;
nir
tifs
3.	 chif­­ son bud­­
frer
get.
4 • Pilo­­ la per­­ mance
ter
for­­
et l’activité

Bud­­ de l’entreprise et budget d’activité
get
Du pré­­ sion­­ au suivi de la réa­­ sa­­
vi­­
nel
li­­ tion

L’estimé des trois der­­
niers mois part du bud­­ pré­­ sion­­ de
get
vi­­ nel
ces trois der­­
niers mois auquel on rajoute les impacts posi­­ ou
tifs
néga­­ des :
tifs
✓✓ écarts de volumes : ten­­
dance sur les trois der­­
niers mois ;
✓✓ écarts de mix1 : ten­­
dances sur les trois der­­
niers mois ;
✓✓ écarts sur les variables sen­­
sibles : taux de change, cours des
matières pre­­
mières, cours du baril de pétrole…
✓✓ pro­­ tion des écarts bud­­ taires des mois pré­­ dents : écarts
jec­­
gé­­
cé­­
de ren­­ ment, écarts de consom­­ tion, dérives des taux
de­­
ma­­
horaires…
✓✓ actions pré­­
vues : lan­­ ment anti­­
ce­­
cipé d’un pro­­
duit, plan
d’économies…
✓✓ évé­­ ments excep­­ nels : aide de l’État, re­ égocia­­
ne­­
tion­­
n
tion avec un
four­­ seur, pro­­ en cours…
nis­­
cès
Exemple d’entreprise n° 1
Mis­­
sion de l’entreprise : conce­­
voir, fabri­­
quer et dis­­ buer des logi­­
tri­­
ciels
de ges­­
tion pour micro-­ rdinateurs.
o
Orga­­ sa­­
ni­­ tion : quatre centres de pro­­ spé­­ li­­
fits
cia­­ sés par métier.
Ori­­
gine des reve­­
nus : vente de logi­­
ciels, for­­ tion, ins­­ la­­
ma­­
tal­­ tion et para­
­
mé­­
trage, main­­ nance.
te­­
Centre de pro­­ spé­­ lisé aux métiers de la finance : créé il y a 5 ans
fit
cia­­
lors du lan­­ ment du logi­­
ce­­
ciel de comp­­ bi­­
ta­­ lité.
Lan­­ ment d’un nou­­
ce­­
veau logi­­
ciel de ges­­
tion de tré­­ re­­ en année.
so­­ rie

1.	 Le mix fait réfé­­
rence à la répar­­
tition des pro­­
duits ou ser­­
vices ven­­ entre dif­
dus
­
fé­­
rentes familles ou sous-­ amilles. On peut vendre des volumes iden­­
f
tiques sur
plu­­
sieurs mois et avoir des marges dif­­ rentes en rai­­ de la varia­­
fé­­
son
tion du mix,
les marges étant plus ou moins favo­­
rables selon les familles de pro­­
duits.

122
Tableau 4.1 ■  na­­
A lyse bud­­ taire du chiffre d’affaires du nou­­
gé­­
veau

logi­­ de tré­­ re­­
ciel
so­­ rie
Bud­­
get N

Pro­­
bable N
(réel + estimé)

Écart

Commen­­
taires
Dif­­ cultés de mise
fi­­
au point du pro­­
duit
à cause de sa tech­
­
ni­­
cité

Volume des ventes
2

0

– 2

Février

2

0

– 2

Mars

2

1

– 1

Avril

2

0

– 2

Mai

4

3

– 1

Juin

6

2

– 4

Juillet

2

1

– 1

Août

0

0

0

Sep­­
tembre

2

2

0

Octobre

4

4

0

Novembre

8

6

– 2

Décembre

6

3

– 3

22
14

2

0

2

2

0

Total ventes
directes

24

16

– 8

Ventes indi­­
rectes

16

6

– 10

Total

40

22

– 18

CA net (K€)
Ventes directes RP

2 000

1 400

– 600

Ouest

200

0

– 200

Salon d’octobre
reporté en novembre

– 2

Est

Prix de lan­­ ­
ce­
ment élevé = frein
commer­­
cial

– 6

Ouest

Pro­­ sus de déci­
ces­­
­
sion d’achat + long
que prévu

– 18

20

Démarche commer­
­
ciale mal adap­­ au
tée
départ

Est

200

0

1 600

600

– 1 000

Total CA sur
ventes

4 000

2 200

Commis­­
sion­­ ment
ne­­
jugé trop faible +
tech­­ cité du pro­­
ni­­
duit

– 1 800

☞

123

Savoir-être

200

Ventes indi­­
rectes

Savoir-faire

40
Ventes directes RP

Savoirs

Jan­­
vier
4 • Pilo­­ la per­­ mance
ter
for­­
et l’activité

Bud­­ de l’entreprise et budget d’activité
get
Du pré­­ sion­­ au suivi de la réa­­ sa­­
vi­­
nel
li­­ tion

☞
Bud­­
get N
CA net
des remises

Pro­­
bable N
(réel + estimé)

Écart

Commen­­
taires

3 600

1 760

– 1 840

Remises consen­­
ties
= 20 % au lieu de
10 % car prix tarif
trop élevé

For­­ tion
ma­­

160

66

– 94

Ins­­ la­­
tal­­ tion

280

123

– 157

Main­­ nance
te­­

250

138

– 112

3 jours ven­­
dus en
moyenne au lieu de 4
4 jours ven­­
dus en
moyenne au lieu de 5
Pro­­
rata temporis sur
des ventes plus tar­
­
dives et moins nom­
­
breuses

Total reve­­
nus (K€)

4 290

2 087

– 2 203

L’étude du passé n’offre guère d’intérêt sauf lorsqu’elle conduit
à trou­­ des solu­­
ver
tions pour évi­­ dans le futur les erreurs déjà
ter
commises.
Défi­­ les objec­­
nir
tifs et les plans d’action

Le bud­­ est un outil qui per­­
get
met de fixer le cap et de dis­­ ter des
cu­­
objec­­ et des plans d’actions.
tifs
Contri­­
buer à la mise en œuvre de la stra­­ gie
té­­

Le bud­­ est le trait d’union entre la pla­­ fi­­ tion stra­­ gique et les
get
ni­­ ca­­
té­­
réa­­ sa­­
li­­ tions au quo­­ dien. Il per­­
ti­­
met de comprendre le lien entre ses
objec­­ annuels et ceux des autres fonc­­
tifs
tions dans l’entreprise. Les
mis­­
sions et les objec­­ sont éla­­ rés et décli­­ selon une approche
tifs
bo­­
nés
« top-­ own » sur les fonc­­
d
tions et les pro­­ sus.
ces­­

124
Tableau 4.2 ■ Contri­­ tion des dif­­ rentes acti­­ tés
bu­­
fé­­
vi­­
Mis­­
sions

Typo­­ gie
lo­­
des objec­­
tifs

Carac­­ ris­­
té­­ tiques
de ges­­
tion
• Des sor­­
ties iden­­ fiables et mesu­­
ti­­
rables
• Maî­­
trise des prix de vente
• Assu­­ le chiffre d’affaires (CA)
rer
• Recher­­
cher la meilleure exploi­­ tion pos­
ta­­
­
sible des moyens commer­­
ciaux (%/CA)

Centre de coût
pro­­ tif : ate­­
duc­­
lier
indus­­
triel ou
admi­­ tra­­
nis­­ tif

Réa­­ ser le pro­­
li­­
gramme
de pro­­ tion aux
duc­­
niveaux de qua­­ et
lité
de délai défi­­
nis, tout en
opti­­ sant les moyens
mi­­
de pro­­ tion uti­­ sés
duc­­
li­­

• Des sor­­
ties iden­­ fiables et mesu­­
ti­­
rables
• Recher­­
cher une uti­­ sation opti­­
li­­
male des
moyens de pro­­ tion (indus­­
duc­­
triels ou
admi­­ tra­­
nis­­ tifs)
• Uti­­ ser des stan­­
li­­
dards de consom­­ tion
ma­­
per­­ tant de lier les coûts à la pro­­ ­
met­­
duc­
tion ?

Centre de coût
sup­­
port : ser­­
vice
de frais géné­­
raux
commer­­
ciaux,
de pro­­ tion ou
duc­­
admi­­ tra­­
nis­­ tifs

Assu­­ le « meilleur »
rer
ser­­
vice en opti­­ sant le
mi­­
bud­­ des moyens
get

• Des sor­­
ties dif­­ ci­­ ment iden­­ fiables
fi­­ le­­
ti­­
et mesu­­
rables (tâches mul­­
tiples non
répé­­
titives)
• Dif­­ culté à relier le coût des moyens
fi­­
mis en œuvre et les résul­­
tats des centres
• Se posi­­ ner dans le cadre d’une
tion­­
rela­­
tion client-­ournisseur afin de relier
f
les coûts aux objec­­ de qua­­
tifs
lité
• Res­­ ter l’enveloppe bud­­ taire
pec­­
gé­­
allouée

Centre de pro­­
fit

Maxi­­ ser le résul­­
mi­­
tat
opé­­ tion­­ ou les
ra­­ nel
marges de contri­­ tion
bu­­

Maî­­ ser les dif­­ rents postes du
tri­­
fé­­
compte de résul­­
tat : les reve­­
nus
(volumes, tarifs, remises,…) et les
coûts (équipe, publi­­
cité,…)

Centre
d’investissement

Opti­­ ser la ren­­ bi­­
mi­­
ta­­ lité
des capi­­
taux inves­­
tis :

• Res­­ sa­­ lité éten­­
pon­­ bi­­
due aux actifs
uti­­ sés : attente d’un retour sur
li­­
inves­­ se­­
tis­­ ment
• Maî­­ ser les reve­­
tri­­
nus, les coûts et les
marges du compte de résul­­ mais aussi
tat,
des capi­­
taux inves­­ au bilan
tis

Centre de pro­­
jet
(affaire)

Atteindre le niveau de
pro­­ pla­­ fié pour des
fit
ni­­
affaires, ou res­­ dans
ter
le niveau de coût
pla­­ fié pour des pro­­
ni­­
jets
internes

125

• Uti­­ sation de stan­­
li­­
dards pour les pro­­
jets
répé­­
titifs
• Aspect pros­­ tif : coût et délai à
pec­­
ter­­ nai­­
mi­­ son
• Arbi­­ entre coût, délai et qua­­
trer
lité

Savoir-être

Marge/(Immo­­ li­­ tions
bi­­ sa­­
+ Besoin en Fonds de
Rou­­ ment)
le­­

Savoirs

Maxi­­ ser les volumes
mi­­
des ventes en res­
­
pec­­
tant le bud­­ des
get
moyens commer­­
ciaux

Savoir-faire

Centre de revenu :
Ser­­
vices
commer­­
ciaux,
SAV
4 • Pilo­­ la per­­ mance
ter
for­­
et l’activité

Bud­­ de l’entreprise et budget d’activité
get
Du pré­­ sion­­ au suivi de la réa­­ sa­­
vi­­
nel
li­­ tion

Pro­­ ser des plans d’action pour amé­­ rer la per­­ mance
po­­
lio­­
for­­

Les objec­­ de per­­ mance condi­­
tifs
for­­
tionnent toute la construc­­
tion
du sys­­
tème de contrôle. À cha­­
cun de ces objec­­ cor­­ pondent
tifs
res­­
des leviers d’actions qui influ­­
encent la per­­ mance du ser­­
for­­
vice. Ces
leviers d’action servent à s’appuyer sur les forces, pro­­ ter des oppor­
fi­­
­
tu­­ tés, pal­­ les fai­­
ni­­
lier
blesses et contrer les menaces. De leur choix
dépendent la qua­­ et la per­­ nence des déci­­
lité
ti­­
sions :
✓✓ favo­­ ser la crois­­
ri­­
sance et la ren­­ bi­­
ta­­ lité : opti­­ sation des pro­­ ­
mi­­
ces­
sus, aug­­ ta­­
men­­ tion de la valeur per­­ par le client, amé­­ ra­­
çue
lio­­ tion
conti­­
nue ;
✓✓ maî­­ ser les coûts : amé­­ ra­­
tri­­
lio­­ tion de la pro­­ ti­­
duc­­ vité, maî­­
trise des
frais géné­­
raux ;
✓✓ ren­­ cer le cash : opti­­ sation du besoin en fonds de rou­­ ment,
for­­
mi­­
le­­
priorisation des inves­­ se­­
tis­­ ments.
Choi­­ les bons leviers d’action ren­­
sir
force les chances d’obtenir
une per­­ mance meilleure.
for­­

Chif­­ son bud­­
frer
get
Éla­­ rer un bud­­ serait aisé s’il suf­­ sait d’estimer les volumes de
bo­­
get
fi­­
pro­­
duits et de ser­­
vices à vendre pour les douze mois à venir, puis de
les mul­­ plier par leurs coûts uni­­
ti­­
taires. Toute la dif­­ culté réside dans
fi­­
l’évaluation de ces coûts, du fait que :
✓✓ les volumes et le mix des ventes peuvent évo­­
luer dans le temps ;
✓✓ les règles de fixa­­
tion des coûts variables (stric­­ ment pro­­ tion­
te­­
por­­ ­
nelles à l’activité) sont asso­­
ciées aux volumes de ventes ;
✓✓ les coûts fixes (indé­­ dants du volume d’activité) sont la consé­
pen­­
­
quence de choix orga­­ sa­­ nels ;
ni­­ tion­­
✓✓ les coûts variables ne sont pas tou­­
jours stric­­ ment pro­­ tion­
te­­
por­­ ­
nels aux volumes de ventes ; la courbe d’expérience et les actions
de pro­­
grès rédui­­
ront petit à petit le coût variable uni­­
taire ;

126
Exemple d’entreprise n° 1 : suite

Tableau 4.3 ■ Plan d’actions de relance des ventes du nou­­
veau logi­­
ciel
Res­­
pon­­
sable direc­­
teur commer­­
cial
Moyens néces­­
saires

Nature
Faire pas­­
ser
les ventes du pro­­
duit
de 22 à 60

Coût €

Chiffre
d’affaires
5 241 K€

Indi­­ teurs
ca­­
Indi­­ teurs de
ca­­
résul­­ ou de suivi
tat
de moyen
CA men­­
suel

Cam­­
pagne de
publi­­
cité

1 500 K€

Coût publi­­
cité / CA

Recru­­ ment
te­­
d’un commer­­
cial

170 K€

Réduc­­
tion du
prix de vente de
30 %

1 800 K€

Hausse du taux
de commis­­
sion­
­
ne­­
ment de 20
à 30 %

50 K€

Commis­­
sions / CA

BUD­­
GET

TABLEAU
DE BORD

BUD­­
GET

Nb clients /
commer­­
cial

✓✓ les acti­­ tés sont inter­­ pen­­
vi­­
dé­­ dantes : pri­­ lé­­
vi­­ gier la per­­ mance
for­­
d’une acti­­ peut se faire au détriment d’une autre ;
vité
✓✓ l’existence de gou­­
lots d’étranglement peut inter­­
rompre les tra­
­
vaux dans d’autres ser­­
vices et dégra­­ la struc­­
der
ture des coûts.

127

Savoir-faire

Résul­­
tat
attendu

Savoir-être

Actions

Savoirs

Un plan d’action a été décidé par le res­­ sable du centre de pro­­
pon­­
fit
spé­­ lisé aux métiers de la finance afin de relan­­ les ventes du nou­
cia­­
cer
­
veau logi­­ de tré­­ re­­ intro­­
ciel
so­­ rie
duit l’année pré­­ dente. En effet, le mar­
cé­­
­
ke­­
ting a confirmé l’existence d’un mar­­
ché pour ce nou­­
veau logi­­
ciel.
4 • Pilo­­ la per­­ mance
ter
for­­
et l’activité

Bud­­ de l’entreprise et budget d’activité
get
Du pré­­ sion­­ au suivi de la réa­­ sa­­
vi­­
nel
li­­ tion

Valo­­ ser ses coûts et ses marges
ri­­

Le bud­­ des coûts des acti­­ tés nor­­
get
vi­­
mées est cal­­ selon une méthode
culé
de recherche d’optimisation des temps gamme et des nomen­­ tures et
cla­­
des prix d’achat ; la valo­­ sa­­ est réa­­ sée en uti­­ sant des taux moyens.
ri­­ tion
li­­
li­­
Pour budgéter les coûts des autres acti­­ tés, deux méthodes
vi­­
peuvent être uti­­ sées :
li­­
✓✓ le rai­­ ne­­
son­­ ment mar­­ nal : extra­­ la­­
gi­­
po­­ tion à par­­ des réa­­ sa­­
tir
li­­ tions
de l’année pré­­ dente, en éli­­ nant les élé­­
cé­­
mi­­
ments non récur­­
rents
et en pro­­ sant des actions de pro­­
po­­
grès ;
✓✓ le bud­­ base zéro (BBZ) : construc­­
tion à par­­ de zéro, comme
tir
get
si le ser­­ venait d’être créé.
vice
Il est recom­­
mandé de chif­­ le bud­­ d’exploitation :
frer
get
✓✓ par grandes masses sur les­­
quelles le mana­­ peut agir et dont les
ger
mon­­
tants sont signi­­ ca­­
fi­­ tifs ;
✓✓ à par­­ des familles de pro­­
tir
duits ou pres­­ tions.
ta­­
La connais­­
sance des coûts variables et fixes faci­­ les simu­­ ­
lite
la­
tions bud­­ taires en fai­­
gé­­
sant res­­ tir l’incidence d’une varia­­
sor­­
tion
d’activité sur le résul­­ et les coûts, ainsi que le mon­­
tat
tant sup­­ men­
plé­­ ­
taire de coûts fixes, que l’on peut tolé­­ suite à une aug­­ ta­­
rer
men­­ tion
du volume d’activité.
La marge sur coûts variables indique la per­­ mance des acti­­ ­
for­­
vi­
tés ou des pro­­
duits. Si elle se révèle néga­­
tive, on envi­­ gera sérieu­
sa­­
­
se­­
ment d’abandonner l’activité ou le pro­­
duit, en dehors de toutes
autres consi­­ ra­­
dé­­ tions (stra­­ gique, commer­­
té­­
ciale, sociale…).
Exemple entre­­prise n° 1 : suite
La direc­­
tion a fixé les orien­­ tions bud­­ taires au centre de pro­­ spé­
ta­­
gé­­
fit
­
cia­­
lisé dans les métiers de la finance :
−− atteindre une marge contri­­ tive de 3,3 M€ ;
bu­­
−− réa­­ ser un chiffre d’affaires de 8 M€ ;
li­­
−− limi­­ les recru­­ ments au mini­­
ter
te­­
mum ;
−− hausse géné­­
rale des salaires : 1,5 %.

128
Tableau 4.4 ■ Compte de résul­­ pré­­ sion­­ en K€
tat vi­­ nel
Logi­­
ciel
comp­­ bi­­
ta­­ lité

Logi­­
ciel
tré­­ re­­
so­­ rie

TOTAL

Ventes

1 670

4 200

5 870

Main­­ nance
te­­

 %

1 991

423

2 414

For­­ tion
ma­­

100

185

285

Ins­­ la­­
tal­­ tion

0

433

433

3 761

5 241

9 002

0

420

420

3 761

4 821

8 582

63

225

288

392

796

1 188

3 306

3 800

7 106

120

378

498

913

1 751

2 664

2 273

1 671

3 944

Savoirs

Chiffre d’affaires HT

0. Chiffre d’affaires brut glo­­
bal
Rabais, remises, ris­­
tournes (clients)
1. Chiffre d’affaires net glo­­
bal
2. Coûts variables
–  pro­­ tion des pro­­
de
duc­­
duits
ven­­
dus

100,0

95,3

–  de dis­­ bu­­
tri­­ tion (commissions…)

–  de pro­­ tion (concep­­
duc­­
tion)
–  de dis­­ bu­­
tri­­ tion (publi­­
cité)
5. Marge sur coûts directs
6. Coûts fixes de fonc­­ ne­­
tion­­ ment

43,8

838

7. Résul­­ opé­­ tion­­ ou marge
tat
ra­­ nel
contri­­ tive (5-6)
bu­­

3 106

Lorsque la marge sur coûts variables est égale aux coûts fixes
de l’entreprise, on dit que l’activité du centre de pro­­ est au seuil
fit
de ren­­ bi­­
ta­­ lité. Celui-­ i s’exprime en volume de ventes (coûts fixes
c
glo­­
baux / marge sur coût variable uni­­
taire) ou en chiffre d’affaires
(coûts fixes glo­­
baux / taux de marge sur coût variable uni­­
taire).
Dans le cas de l’entreprise n° 1, le seuil de ren­­ bi­­ est égal à :
ta­­ lité
(498 + 2 664 + 838) / 78,9 %) ; ce qui cor­­ pond à un chiffre
res­­
d’affaires de 5 070 €.
La marge sur coûts directs est un très bon indi­­ teur en cas
ca­­
d’obligation d’arbitrage entre exé­­ ter une acti­­ en interne ou la
cu­­
vité
don­­ en sous-­ raitance.
ner
t
129

34,5

Savoir-faire

4. Coûts fixes

78,9

Savoir-être

3. Marge sur coûts variables (1-2)
4 • Pilo­­ la per­­ mance
ter
for­­
et l’activité

Bud­­ de l’entreprise et budget d’activité
get
Du pré­­ sion­­ au suivi de la réa­­ sa­­
vi­­
nel
li­­ tion

Tra­­
vailler en trois temps
1.	 Faire une pre­­
mière photo­­
graphie du bud­­
get, en conso­­ dant l’ensemble
li­­
des don­­
nées venant du ter­­
rain.
2.	Compa­­ par rap­­
rer
port aux objec­­ fixés.
tifs
3.	Ajus­­ la pre­­
ter
mière ver­­
sion du bud­­ pour col­­ aux objec­­ et/ou défi­
get
ler
tifs
­
nir les points durs et pré­­ rer son argu­­
pa­­
men­­ tion.
ta­­

Cal­­ ler le ROI1 des pro­­
cu­­
jets

Un inves­­ se­­
tis­­ ment ne se décide pas par hasard. Chaque res­­ sable
pon­­
qui sou­­
haite faire un inves­­ se­­
tis­­ ment ne doit jamais occulter le fait
qu’il doit s’inscrire dans un cadre poli­­
tique, stra­­ gique et éco­­ ­
té­­
no­
mique de l’entreprise, c’est-à-dire en s’insérant dans un plan à long
terme (expan­­
sion des ventes, aug­­ ta­­
men­­ tion de la capa­­ des ins­­ ­
cité
tal­
la­­
tions, sor­­ de pro­­
tie
duits nou­­
veaux, études et recherches, déve­­ ­
lop­
pe­­
ment des hommes…).
Pour un pro­­ d’investissement il est recom­­
jet
mandé d’étudier
plu­­
sieurs scé­­ rios, sans en éli­­ ner aucun a priori. Par exemple,
na­­
mi­­
la manu­­ tion peut être envi­­ gée sur plates-­ ormes rou­­
ten­­
sa­­
f
lantes
manœu­­
vrées à la main, avec l’aide de cha­­
riots élé­­ teurs élec­­
va­­
triques,
de bande trans­­ teuse ou de balan­­
por­­
celle. Une fois le pro­­ for­­ ­
jet ma­
lisé, il faut valo­­ ser le mon­­
ri­­
tant de l’investissement et les gains futurs
liés à sa mise en exploi­­ tion.
ta­­
Atten­­
tion : le mon­­
tant de l’investissement ne se limite pas à
l’achat des biens pro­­ ment dits, mais inclut éga­­ ment les coûts
pre­­
le­­
aussi variés que ceux engen­­
drés par :
✓✓ l’étude préa­­
lable (plans, experts…) ;
✓✓ le trans­­
port et la mise en place (douane) ;
✓✓ la mise en route (mise au point, rebuts) ;
✓✓ la for­­ tion du per­­ nel ;
ma­­
son­­

1.	 ROI = Return on investment.

130
Savoirs

Les gains d’exploitation après la mise en ser­­
vice résultent
soit d’un apport de chiffre d’affaires sup­­ men­­
plé­­ taire, soit d’une
éco­­ mie de coûts (un inves­­ se­­
no­­
tis­­ ment de rem­­ ce­­
pla­­ ment pou­
­
vant déga­­ une réduc­­
ger
tion des frais d’entretien). Appré­­
cier les
gains futurs d’un inves­­ se­­
tis­­ ment consiste à cal­­ ler la capa­­
cu­­
cité
d’autofinancement (CAF) géné­­ par sa mise en exploi­­ tion sur
rée
ta­­
plu­­
sieurs années.
Le retour sur inves­­ se­­
tis­­ ment des pro­­ (ROI) est habi­­ le­­
jets
tuel­­ ment
ana­­ avec les cri­­
lysé
tères sui­­
vants :
✓✓ délai de récu­­ ra­­
pé­­ tion qui exprime le temps néces­­
saire pour que
l’entreprise soit rem­­
bour­­ des fonds qu’elle a dépen­­
sée
sés ;
✓✓ valeur actuelle nette (VAN) qui mesure le vrai béné­­ éco­­ mique
fice no­­
res­­
tant à l’entreprise, après rem­­
bour­­ ment de l’investissement, et
se­­
actua­­ sa­­
li­­ tion des gains futurs (CAF) ;
✓✓ taux interne de ren­­ bi­­
res­­
ta­­ lité (TIR) qui cor­­ pond au taux
d’actualisation qui annule la VAN. On peut aussi défi­­ le TIR
nir
comme le taux auquel il fau­­
drait emprun­­ de l’argent à inté­­
ter
rêts
compo­­ pour que l’opération se solde sans béné­­ ni perte.
sés,
fice

Savoir-faire

✓✓ les ins­­ la­­
tal­­ tions annexes (réfec­­
tion sol, ren­­ ce­­
for­­ ment puis­­
sance
élec­­
trique) ;
✓✓ les outillages complé­­ taires et les études d’outillages ;
men­­
✓✓ le coût indi­­
rect des ser­­
vices connexes (contrôle de ges­­
tion, ser­
­
vice logistique…) ;
✓✓ l’augmentation du niveau des sto­­ résul­­
cks
tant d’une aug­­ ta­
men­­ ­
tion de la capa­­
cité.

Exemple entre­­prise n° 1 : suite

131

Savoir-être

Dans le cadre de simu­­ tions bud­­ taires, le res­­ sable du centre de
la­­
gé­­
pon­­
pro­­ spé­­ lisé dans les métiers de la finance a étu­­ l’opportunité de
fit
cia­­
dié
lan­­ une nou­­
cer
velle ver­­
sion du logi­­
ciel de comp­­ bi­­
ta­­ lité. Voici le résul­­
tat
de la simu­­ tion.
la­­
4 • Pilo­­ la per­­ mance
ter
for­­
et l’activité

Bud­­ de l’entreprise et budget d’activité
get
Du pré­­ sion­­ au suivi de la réa­­ sa­­
vi­­
nel
li­­ tion

Tableau 4.5 ■ Résul­­ de la simu­­ tion
tat
la­­
Cal­­ des gains futurs (K€)
cul

N

Inves­­ se­­
tis­­ ment (concep­­
tion nou­­
velle ver­­
sion)

N+1

N+2

N+3

– 773

Chiffre d’affaires (écart de ventes de la nou­­
velle
ver­­
sion / ancienne)
•	 Ventes

973

904

904

•	 Main­­ nance
te­­

992

312

106

•	 For­­ tion
ma­­

100

100

100

Total chiffre d’affaires addi­­ nel (1)
tion­­

2 065

1 316

1 110

Coûts d’exploitation (écart de coûts de la nou­­
velle
ver­­
sion / ancienne)
Pro­­ tion Dis­­ bu­­
duc­­
tri­­ tion

– 322

– 278

– 248

– 585

– 516

– 571

Total coûts d’exploitation addi­­ nels (2)
tion­­

– 907

– 794

– 719

Excé­­
dent brut d’exploitation addi­­ nel (5) = (1) –
tion­­
(2) – (3) – (4) – …

1 158

522

391

Amor­­ se­­
tis­­ ment de l’investissement (6)

– 258

– 258

– 257

900

264

134

– 300

– 88

– 44

Résul­­ net addi­­ nel (9) = (7) – (8)
tat
tion­­

600

176

90

Capa­­
cité d’Autofinancement addi­­
tion­­
nelle = (5) –
(8) = (9) + (6)

858

434

347

794

372

275

Résul­­ d’exploitation addi­­ nel (7) = (5) – (6)
tat
tion­­
Impôt société (8)

Capa­­
cité d’autofinancement actua­­ sée
li­­
addi­­
tion­­
nelle (ex : 8 %)

– 773

Délai de récu­­ ra­­
pé­­ tion : fin de la pre­­
mière année d’exploitation
Valeur actuelle nette = – 773 € + 794 € + 372 € + 275 € = 669 €
TIR = 62,5 % (– 773 + 858 / 1,625 + 434 / (1,625 x 1, 625) + 347 / (1,625 x
1,625 x 1,625) 0,22 € 1).

1.	 La même for­­
mule avec un taux de 62,6 % conduit à une VAN de –1,7€.

132
Le dos­­sier bud­­ taire contient
gé­­
1.	 Des chiffres, mais aussi des gra­­
phiques et des commen­­
taires.

3.	 L’année future avec des don­­
nées éco­­ miques, des don­­
no­­
nées amont, les
hypo­­
thèses rete­­
nues, les scé­­ rios envi­­ gés, le modèle bud­­ taire.
na­­
sa­­
gé­­

CC Du pré­­
vi­­sion­­
nel au suivi de la réa­­li­­sa­­tion

Savoirs

2.	Le passé sous forme d’une ana­­
lyse suc­­
cincte, à savoir les prin­­ paux
ci­­
écarts, leurs causes, les actions à entre­­
prendre.

Suivre le bud­­
get
PRINCIPES CLÉS

Le suivi bud­­ taire donne lieu à une
gé­­
ana­­ détaillée des écarts par rap­­
lyse
port
au réel. Il sera réa­­ men­­ lement
lisé
suel­­
dans le cadre du contrôle bud­­ taire
gé­­
et du tableau de bord. Ce qui implique
que le contrô­­
leur de ges­­
tion ait men­
­
sua­­ le bud­­ Si ce n’est pas le cas,
lisé
get.
le bud­­ sera suivi selon une logique
get
d’avancement.

•	 Le tableau de bord consti­­
tue
l’outil de pilo­­
tage à court terme
du mana­­
ger.

Tableau 4.6 ■ Point de départ de l’analyse d’écarts
Niveau de res­­
pon­­ bi­­
sa­­ lité

Savoir-faire

•	 Anti­­ per et réagir rapi­­ ment
ci­­
de­­
est devenu vital. Le mana­­
ger
devra se pen­­
cher sur les don­
­
nées cri­­
tiques qui condi­­
tionnent
sa réus­­
site.

Indi­­ teurs clés
ca­­
Résul­­ net comp­­
tat
table

Centre de pro­­
fit

Marge contri­­ tive
bu­­

Centre de revenu

Chiffre d’affaires net de frais de commer­­ ­
cia­
li­­ tion
sa­­

Centre de coût

Coût total du centre ou coût uni­­
taire de pro­
­
duit

Le plus sou­­
vent, les écarts portent sur les hypo­­
thèses rete­­
nues
pour le chif­­
frage du bud­­ Un taux d’absentéisme budgété à 8 %
get.
et qui res­­ à 10 % implique une dérive des coûts de main-­ ’œuvre.
sort
d
Une cam­­
pagne publi­­ taire pré­­ et par la suite aban­­ née aura
ci­­
vue
don­­
133

Savoir-être

Chef d’entreprise
4 • Pilo­­ la per­­ mance
ter
for­­
et l’activité

Bud­­ de l’entreprise et budget d’activité
get
Du pré­­ sion­­ au suivi de la réa­­ sa­­
vi­­
nel
li­­ tion

un impact sur les ventes. Il en est de même pour la pro­­ ti­­
duc­­ vité
après la mise en ser­­
vice d’un nou­­ outil. D’où l’importance de
vel
mettre « noir sur blanc » les hypo­­
thèses rete­­
nues lors du chif­­
frage de
la der­­
nière ver­­
sion bud­­ taire.
gé­­

Tableau 4.7 ■  xemple de tableau de suivi bud­­ taire d’un centre de coût
E
gé­­
Mois cou­­
rant
Bud­­
get Réel

Écart
valeur

Cumul à date
Écart 
%

Reporting
(K€)

Bud­­
get

Réel

Écart
valeur

Écart 
%

1 000

950

– 50

– 5 %

Achats

3 000

2 950

– 50

– 1,67 %

500

800

+ 300

+ 60 %

Éner­­
gie

1 500

1 600

+ 100

+ 6,67 %

800

790

– 10

+ 1,25 %

Loca­­
tion

2 400

2 290

– 110

– 4,6 %

300

400

+ 100

+ 33,3 %

Frais de
per­­ nel
son­­

900

1 100

+ 200

+ 22,2 %

200

350

+ 150

+ 75 %

Frais de
dépla­­ ment
ce­­

600

650

+ 50

+ 8,33 %

450

350

– 100

– 22,2 %

Publi­­
cité,
pro­­ tion
mo­­

1 300

1 350

+ 50

+ 3,8 %

380

400

+ 20

+ 5,26 %

Frais
géné­­
raux

1 200

1 400

+ 200

+ 16,7 %

150

180

+ 30

+ 20 %

Amor­­ se­
tis­­ ­
ment,
pro­­ sion
vi­­

450

480

+ 30

+ 6,67 %

50

0

– 50

– 100 %

Assu­­
rance,
impôts

150

0

– 150

– 100 %

3 830

4 220

+ 390

+ 10,2 %

Charges
d’exploitation

11 500

11 820

+ 320

+ 2,8 %

Les indi­­ teurs tra­­ tion­­
ca­­
di­­ nels de suivi bud­­ taire sont sou­­
gé­­
vent
mal adap­­ pour éclai­­ effi­­ ce­­
tés
rer
ca­­ ment les res­­ sables opé­­ tion­
pon­­
ra­­ ­
nels dans leurs prises de déci­­
sions. En effet, ils s’appuient sur des
134
135

Savoir-faire

Les tableaux de bord per­­
mettent d’appréhender une infor­­ tion plus
ma­­
opé­­ tion­­
ra­­ nelle (taux de rejets, temps moyen…) que l’information
comp­­
table qui n’est trans­­
mise qu’avec un cer­­
tain délai par le suivi
bud­­ taire. En cours de mois, les mana­­ ont besoin d’indicateurs
gé­­
gers
non finan­­
ciers plus fré­­
quents. Par exemple, pour un res­­ sable
pon­­
d’atelier, le suivi men­­
suel des coûts de consom­­
mables devrait être
relayé par un suivi quo­­ dien ou heb­­ ma­­
ti­­
do­­ daire des sor­­ de sto­­
ties
cks
de consom­­
mables. Le mana­­ d’un ate­­ de pro­­ tion admi­­ ­
ger
lier
duc­­
nis­
tra­­ n’attendra pas non plus la fin du mois pour demander des
tive
ren­­
forts en per­­ nel si le stock de dos­­
son­­
siers a trop aug­­
menté sur
cette période.
La réus­­ d’un mana­­ dans l’exercice de sa mis­­ se compose
site
ger
sion
prin­­ pa­­ ment des résul­­ (effi­­ cité) qu’il obtien­­ dans un cer­
ci­­ le­­
tats
ca­­
dra
­
tain nombre de domaines, dans le respect de son enve­­
loppe bud­­ ­
gé­
taire (effi­­
cience). Le mana­­ est effi­­
ger
cace s’il atteint ses objec­­ de
tifs
coût, de qua­­ et de délai. Par exemple, le mana­­ d’un ser­­
lité
ger
vice
appro­­ sion­­ ment est per­­ mant s’il livre dans les délais les ate­
vi­­ ne­­
for­­
­
liers avec de la mar­­
chan­­ conforme à la qua­­ deman­­ et qu’il
dise
lité
dée
opti­­
mise le coût de revient grâce à une bonne négo­­ tion sur le prix
cia­­
d’achat.
Tou­­ fois, les indi­­ teurs de per­­ mance seuls ne per­­
te­­
ca­­
for­­
mettent pas
au mana­­ de comprendre pour­­
ger
quoi la per­­ mance est atteinte ou
for­­
non, et sur quel levier, il doit agir pour rec­­ fier la « tra­­ toire ». Il
ti­­
jec­­
faut en effet agir sur les causes : on ne gère pas des coûts, on gère des
acti­­ tés qui génèrent des coûts. Ainsi, dimi­­
vi­­
nuer la complexité d’un
pro­­
duit en rédui­­
sant le nombre de compo­­
sants du pro­­
duit aura des
inci­­
dences sur le niveau des sto­­ la ges­­
cks,
tion des sto­­ la sim­­ fi­
cks,
pli­­ ­
ca­­
tion des opé­­ tions de pro­­ tion, les achats et la comp­­ bi­­
ra­­
duc­­
ta­­ lité.

Savoir-être

Pilo­­ avec le tableau de bord
ter

Savoirs

infor­­ tions agré­­
ma­­
gées, comme par exemple l’écart entre le résul­­
tat
opé­­ tion­­ budgété et le résul­­ opé­­ tion­­ réel qui ne per­­
ra­­ nel
tat
ra­­ nel
met
pas de cer­­ rapi­­ ment les véri­­
ner
de­­
tables causes des dys­­ tion­­ ­
fonc­­ ne­
ments.
4 • Pilo­­ la per­­ mance
ter
for­­
et l’activité

Bud­­ de l’entreprise et budget d’activité
get
Du pré­­ sion­­ au suivi de la réa­­ sa­­
vi­­
nel
li­­ tion

Iden­­ fier les indi­­ teurs de per­­ mance et de pilo­­
ti­­
ca­­
for­­
tage

La démarche se déroule en cinq étapes :
1.	 iden­­ fier clai­­ ment la mis­­
ti­­
re­­
sion du centre de res­­ sa­­ lité ;
pon­­ bi­­
2.	 en rete­­ les points clés (coût, qua­­ délai) ;
nir
lité,
3.	 choi­­ des indi­­ teurs de per­­ mance ;
sir
ca­­
for­­
4.	 iden­­ fier le plan d’action ;
ti­­
5.	 choi­­ des indi­­ teurs de pilo­­
sir
ca­­
tage.
Exemple d’entreprise n° 2
Mis­­
sion : négoce d’instruments de mesure pour des appli­­ tions médi­
ca­­
­
cales.
Orga­­ sa­­
ni­­ tion : 25 centres de pro­­ dans plu­­
fit
sieurs pays d’Europe.
Prin­­ paux objec­­ de per­­ mance (points clés) fixés aux centres de
ci­­
tifs
for­­
pro­­
fits :
−− crois­­
sance du chiffre d’affaires ;
−− aug­­
men­­ tion de la ren­­ bi­­
ta­­
ta­­ lité.
Ces objec­­ s’appuient sur les actions sui­­
tifs
vantes :
−− lan­­ ment de deux nou­­
ce­­
veaux pro­­
duits ;
−− accen­­ tion des visites chez les clients réfé­­ cés et pros­­ tion
tua­­
ren­­
pec­­
de nou­­
veaux clients ;
−− ren­­ ce­­
for­­ ment du sup­­
port pro­­
duit pour déve­­ per les ventes ;
lop­­
−− amé­­ ra­­
lio­­ tion de la réac­­ vité des équipes aux demandes des clients.
ti­­

136
Tableau 4.8 ■ Extrait du tableau de bord d’un mana­­ de centre de pro­­
ger
fit
Commandes
enre­­ trées
gis­­

1e
tri­­
mestre

Mois
2e
07
tri­­
mestre

Mois
08

Mois
09

4e
tri­­
mestre

Total

Réel cumul N-1

Savoirs

Bud­­ cumul N
get
Réel cumul N
Écart réel/
bud­­ cumul N
get
Chiffre
d’affaires
Réel cumul N-1
Bud­­ cumul N
get
Réel cumul N
Écart réel/
bud­­ cumul N
get
Marge/coûts
variables

Réel cumul N
Écart réel/
bud­­ cumul N
get

Les commandes enre­­ trées, le chiffre d’affaires et la marge sur
gis­­
coûts variables sont des indi­­ teurs finan­­
ca­­
ciers. Ils sont sui­­ quo­­ ­
vis
ti­
dien­­ ment afin de moti­­ les équipes commer­­
ne­­
ver
ciales. Les réa­­ sa­
li­­ ­
tions sur ces indi­­ teurs sont conso­­ dées par pays, puis glo­­ le­­
ca­­
li­­
ba­­ ment.
D’autres indi­­ teurs non finan­­
ca­­
ciers complètent l’analyse. Ce sont les
indi­­ teurs de pilo­­
ca­­
tage.

137

Savoir-être

Bud­­ cumul N
get

Savoir-faire

Réel cumul N-1
4 • Pilo­­ la per­­ mance
ter
for­­
et l’activité

Bud­­ de l’entreprise et budget d’activité
get
Du pré­­ sion­­ au suivi de la réa­­ sa­­
vi­­
nel
li­­ tion

Tableau 4.9 ■ Indi­­ teurs de pilo­­
ca­­
tage (1/2)
Plan d’action
des commer­­
ciaux ter­­
rain

Mois
1e
2e
07
tri­­
mestre tri­­
mestre

Nb nou­­
veaux
clients N
Objec­­
tif
Écart réa­­
lisé/
objec­­
tif
Nb
commandes/
Nb nou­­
veaux
clients N
Objec­­
tif
Écart réa­­
lisé/
objec­­
tif
Nb visites
clients N
Objec­­
tif
Écart réa­­
lisé/
objec­­
tif
Nb devis
envoyés N
Objec­­
tif
Écart réa­­
lisé/
objec­­
tif
Frais dépla­
­
ce­­
ment / Nb
commandes N
Objec­­
tif
Écart réa­­
lisé/
objec­­
tif

138

Mois
08

Mois
4e
09
tri­­
mestre

Ten­­
dance
Tableau 4.10 ■ Indi­­ teurs de pilo­­
ca­­
tage (2/2)
Plan d’action
des commer­­
ciaux séden­­
taires

1e
tri­­
mestre

2e
tri­­
mestre

Mois
07

Mois
08

Mois
4e
09
tri­­
mestre

Savoirs

Taux trai­­ ment
te­­
des offres N

Ten­­
dance

Objec­­
tif
Écart réa­­
lisé/
objec­­
tif
Taux trans­
­
for­­ tion des
ma­­
offres N
Objec­­
tif
Écart réa­­
lisé/
objec­­
tif
Taux d’offres en
retard N
Objec­­
tif

Savoir-faire

Écart réa­­
lisé/
objec­­
tif
Taux trai­­ ment
te­­
des commandes
N
Objec­­
tif
Écart réa­­
lisé/
objec­­
tif
Taux de
commandes en
retard N
Objec­­
tif

Ces tableaux sont accom­­ gnés de gra­­
pa­­
phiques don­­
nant les évo­
­
lu­­
tions men­­
suelles, complé­­ de la ten­­
tées
dance sur les mois res­­
tants
et compa­­
rées avec les don­­
nées de l’année pré­­ dente. Tous les tri­
cé­­
­
mestres, un tableau de syn­­
thèse per­­ au mana­­ de compa­­ ses
met
ger
rer
réa­­ sa­­
li­­ tions avec celles des autres centres de pro­­
fit.
139

Savoir-être

Écart réa­­
lisé/
objec­­
tif
4 • Pilo­­ la per­­ mance
ter
for­­
et l’activité

Bud­­ de l’entreprise et budget d’activité
get
Du pré­­ sion­­ au suivi de la réa­­ sa­­
vi­­
nel
li­­ tion

Tableau 4.11 ■ Tableau de syn­­
thèse
Plan d’action
des sup­­
ports
pro­­
duits

1°
tri­­
mestre

2°
tri­­
mestre

Mois
07

Mois Mois
08
09

4°
tri­­
mestre

Ten­­
dance

Quan­­ tés
ti­­
ven­­
dues
Objec­­
tif
Écart réa­­
lisé/
objec­­
tif
Temps passé en
clien­­
tèle
Objec­­
tif
Écart réa­­
lisé/
objec­­
tif
Frais de
dépla­­ ment
ce­­
Objec­­
tif
Écart réa­­
lisé/
objec­­
tif

Un gra­­
phique donne un détail de l’évolution des quan­­ tés ven­­
ti­­
dues
men­­ lement par famille de pro­­
suel­­
duits. Un autre gra­­
phique détaille
le temps passé men­­ lement en clien­­ pour chaque agent.
suel­­
tèle
Ana­­ ser les écarts
ly­­

Le mana­­ se foca­­ essen­­ le­­
ger
lise
tiel­­ ment sur les mon­­
tants impor­­
tants
de son compte de résul­­ les natures ana­­ tiques, et les infor­­ ­
tat,
ly­­
ma­
tions qu’il sou­­
haite pos­­ der pour leur mise au point pério­­
sé­­
dique.
Il ne contrôle que les écarts signi­­ ca­­
fi­­ tifs, en termes de mon­­
tant, de
tolé­­
rance, de taux plan­­
cher.
Sur ces variables signi­­ ca­­
fi­­ tives, l’analyse des écarts sera appro­­ ­
fon­
die afin de comprendre l’origine des écarts, en tirer les ensei­­ ments
gne­­
en termes d’actions cor­­ trices et de pro­­ tion de fin d’année.
rec­­
jec­­
140
Le tableau de bord assure à la fois la trans­­ rence vers le ter­­
pa­­
rain et
vers la hié­­ chie. Leurs objec­­ étant dif­­ rents, le niveau de trans­
rar­­
tifs
fé­­
­
pa­­
rence sera dif­­ rent. On attend de la hié­­ chie : vision, cohé­
fé­­
rar­­
­
rence, arbi­­
trage. On attend du ter­­
rain : mobi­­ sa­­
li­­ tion, moti­­
vation,
réac­­ vité.
ti­­
Cela dit, la trans­­ rence doit lais­­ de l’autonomie aux acteurs.
pa­­
ser
On sélec­­
tionne donc les infor­­ tions qui sont trans­­
ma­­
mises au niveau
supé­­
rieur. Le supé­­
rieur hié­­ chique sou­­
rar­­
haite suivre l’évolution des
per­­ mances réa­­ sées par ses proches col­­ bo­­ teurs sur les objec­
for­­
li­­
la­­ ra­­
­
tifs qu’il leur a dévo­­ On limite la trans­­ rence à la per­­ mance,
lus.
pa­­
for­­
le reste étant de la res­­ sa­­ lité des acteurs sur le ter­­
pon­­ bi­­
rain. Le mana­
­
ger pré­­
sente ses résul­­
tats, commente les mesures qu’il envi­­
sage,
demande des moyens complé­­ taires.
men­­
À son équipe, le mana­­ commu­­
ger
nique sur le tableau de bord
dans sa glo­­ lité. La connais­­
ba­­
sance des objec­­ de l’activité et leurs
tifs,
sui­­ régu­­
vis
liers sont néces­­
saires pour la moti­­
vation et la réa­­ sa­­
li­­ tion
141

Savoir-faire

Commu­­ quer les résul­­
ni­­
tats

Savoir-être

La cible des ventes était de + 6 %, le réa­­ est à + 7 % : est-­ e satis­
lisé
c
­
faisant ?
✓✓ Selon la pra­­
tique bud­­ taire clas­­
gé­­
sique : oui.
✓✓ Selon la logique de ques­­ ne­­
tion­­ ment : peut-­ tre.
ê
On va pas­­ en revue les évo­­ tions de :
ser
lu­­
✓✓ la crois­­
sance du mar­­
ché ;
✓✓ les impacts « méca­­
niques » : clauses contrac­­
tuelles (révi­­
sion de
prix, ris­­
tournes, etc.) ;
✓✓ toute action de déve­­ pe­­
lop­­ ment : géo­­ phique, nou­­
gra­­
veaux pro­
­
duits, nou­­
veaux dis­­ bu­­
tri­­ teurs, etc.
La cible des ventes était : + 5 % (crois­­
sance de mar­­
ché) / – 1 %
(part de mar­­
ché) + 2 % (actions spé­­ fiques) = 6 %.
ci­­
Le réa­­ est de + 7 %. Est-­ e satis­­
lisé
c
faisant ?
✓✓ Oui si 7 % = + 5 % – 1 % + 3 %.
✓✓ Pas du tout si + 7 % = + 7 % + 0 % + 0 %.

Savoirs

Exemple d’analyse d’écarts
4 • Pilo­­ la per­­ mance
ter
for­­
et l’activité

Bud­­ de l’entreprise et budget d’activité
get
Du pré­­ sion­­ au suivi de la réa­­ sa­­
vi­­
nel
li­­ tion

des objec­­ Il est impor­­
tifs.
tant de par­­ ger avec l’équipe dans le cadre
ta­­
d’une réunion heb­­ ma­­
do­­ daire afin de faire le point sur les dos­­
siers en
cours, éva­­ les besoins de ren­­
luer
fort, défi­­ les prio­­ tés. L’échange
nir
ri­­
porte sur la compré­­ sion des dérives et des actions cor­­ trices à
hen­­
rec­­
pré­­
voir, comme sur les résul­­ excep­­ nels.
tats
tion­­

Il existe dans toutes les entre­­
prises une règle fon­­ men­
da­­
­
tale selon laquelle le compor­­ ment indi­­ duel doit être
te­­
vi­­
orienté vers la réa­­ sa­­
li­­ tion des objec­­ orga­­ sa­­ nels.
tifs
ni­­ tion­­
Le choix des indi­­ teurs des tableaux de bord a donc
ca­­
une impor­­
tance capi­­
tale.

142
Savoirs

Chapitre 5

Les ques­­
tions aux­­
quelles répond ce cha­­
pitre
tir
lité
ta­­
li­­
◆◆ Comment garan­­ la qua­­ des pres­­ tions réa­­ sées ?

Savoir-faire

Aug­­
men­­ le niveau
ter
de per­­ mance durable
for­­
de l’entreprise

◆◆ Quelles sont les res­­ sa­­ li­­ de l’entreprise et du mana­­
pon­­ bi­­ tés
ger

en termes de déve­­ pe­­
lop­­ ment durable ?
tiques pour contri­­
buer au déve­
­
◆◆ Quelles sont les bonnes pra­­
lop­­ ment durable ?
pe­­
t
lop­­ ment durable
◆◆ Comment l’éthique contribue-­-elle au déve­­ pe­­

143

Savoir-être

de l’entreprise ?
5 • Aug­­ ter le niveau
men­­
de per­­ mance durable
for­­

Garan­­ la qua­­ des pres­­ tions
tir
lité
ta­­
Contri­­
buer au déve­­ pe­­
lop­­ ment durable
Res­­ ter l’éthique dans les affaires
pec­­

CC Garan­­tir la qua­­lité des pres­­ta­­tions
réa­­li­­sées
PRINCIPES CLÉS
•	 Consi­­ rer la qua­­ comme
dé­­
lité
une dimen­­
sion à part entière de
la per­­ mance de son acti­­
for­­
vité.
•	 Savoir enga­­ ses équipes
ger
dans une logique de pré­­ tion
ven­­
et d’amélioration conti­­
nue au
quo­­ dien.
ti­­

De la qua­­ atten­­ à la
lité
due
qua­­ per­­
lité çue : for­­ li­­
ma­­ ser
ses pro­­ sus clés
ces­­
Les béné­­
fices d’une démarche
qua­­
lité

Aujourd’hui, le client a le choix  car
l’offre excède la demande. Le pre­­
mier
enjeu de la qua­­ c’est celui de la satis­
lité,
­
faction et de la fidélisation de ses clients.
La logique d’une démarche qua­­ se comprend au tra­­
lité
vers du
cycle des 4 qua­­ tés.
li­­
✓✓ Elle débute ainsi par la qua­­ atten­­ par le client (for­­ li­­
lité
due
ma­­ sée
par l’expression de ses besoins, son cahier des charges).
✓✓ Elle est tra­­
duite par l’entreprise en qua­­ pro­­
lité
gram­­
mée (carac­
­
té­­ tiques pro­­
ris­­
duit et pla­­ fi­­ tion des pro­­ sus qui assurent la
ni­­ ca­­
ces­­
réa­­ sa­­
li­­ tion de la pres­­ tion).
ta­­
✓✓ Au quo­­ dien la qua­­ pro­­
ti­­
lité
gram­­
mée se trans­­
forme en qua­­
lité
réa­­ sée.
li­­
✓✓ Cette qua­­ réa­­ sée va être éva­­
lité li­­
luée par le client : c’est la qua­
­
lité per­­
çue. Cette éva­­ tion inclut à la fois la qua­­ pro­­
lua­­
lité
duit
mais aussi les qua­­ tés des ser­­
li­­
vices asso­­
ciés. C’est l’ensemble de
ces per­­ tions qui construisent la satis­­
cep­­
faction du client ou sa
décep­­
tion.

144
Figure 5.1 ■ De la qua­­ atten­­
lité
due à la qua­­ per­­
lité çue
Domaine du client

Domaine de l’entreprise

L’objectif d’une démarche qua­­ est double : elle vise à obte­­
lité
nir
la pré­­ rence des clients tout en contri­­
fé­­
buant à l’amélioration de la
ren­­ bi­­ de l’entreprise.
ta­­ lité
Le chal­­
lenge de la pré­­ rence des clients se gagne chaque jour
fé­­
en cher­­
chant obs­­ né­­
ti­­ ment à répondre à leurs attentes, « du pre­­
mier
coup », « à tous les coups ».
Les entre­­
prises s’engagent dans ce défi en tra­­
vaillant sur leur
orga­­ sa­­
ni­­ tion, leurs pro­­ sus. Ce tra­­ se fait en cohé­­
ces­­
vail
rence avec le
posi­­ ne­­
tion­­ ment qua­­
lité/prix du pro­­
duit ou pres­­ tion déli­­
ta­­
vré.
L’amélioration de la ren­­ bi­­ est un tra­­ sans relâche sur les
ta­­ lité
vail
coûts de non-­ ualité (qui peuvent repré­­ ter 10 à 15 % d’un chiffre
q
sen­­
d’affaires). Ces coûts résultent de l’accumulation :
✓✓ des récla­­ tions clients ;
ma­­
✓✓ des pro­­
duits jetés ou repris car non-­ onformes ;
c
✓✓ de la sur-­ ualité ;
q
✓✓ du tra­­ inutile ou refait dans chaque ser­­
vail
vice ;
✓✓ des avoirs, remises faits au client ;
✓✓ du gas­­
pillage de matière pre­­
mière ou de res­­
sources ;
✓✓ mais aussi de l’absentéisme et des acci­­
dents du tra­­
vail.

Savoir-faire

Q

Q

Savoirs

Q

Q

145

Savoir-être

Compé­­ vité = Pro­­ ti­­ × Qua­­
titi­­
duc­­ vité
lité
5 • Aug­­ ter le niveau
men­­
de per­­ mance durable
for­­

Garan­­ la qua­­ des pres­­ tions
tir
lité
ta­­
Contri­­
buer au déve­­ pe­­
lop­­ ment durable
Res­­ ter l’éthique dans les affaires
pec­­

La notion de rela­­
tion client four­­ seur interne
nis­­

Contrai­­ ment à ce que l’on pense par­­
re­­
fois, la qua­­ ne concerne pas
lité
uni­­ ment le ser­­
que­­
vice pro­­ tion. Le client juge l’entreprise éga­­ ­
duc­­
le­
ment sur sa qua­­ de ser­­
lité
vice et pas seule­­
ment sur ses pro­­
duits ou
pres­­ tions. De plus, la notion de qua­­ est éga­­ ment appli­­
ta­­
lité
le­­
cable
aux clients internes.
Cha­­
cun dans l’entreprise concourt à la satis­­
faction des clients
externes direc­­ ment ou indi­­ te­­
te­­
rec­­ ment.
L’entreprise est de fait un ensemble de micro-­ ntreprises qui ont
e
entre elles des rela­­
tions client-­ ournisseur interne.
f
Ainsi tout ser­­
vice ou dépar­­ ment est four­­ seur interne d’un
te­­
nis­­
client et a donc des res­­ sa­­ li­­ vis-­ -vis de lui. Il doit cla­­ fier les
pon­­ bi­­ tés
à
ri­­
exi­­
gences de ce client, éva­­ son niveau de satis­­
luer
faction et s’engager
à répondre à ses attentes en maî­­ sant ses pro­­ sus internes. Il est
tri­­
ces­­
aussi le client interne d’un autre ser­­ de la part duquel il reçoit des
vice
pres­­ tions et vis-­ -vis duquel il doit cla­­ fier ses exi­­
ta­­
à
ri­­
gences.
Figure 5.2 ■ La rela­­
tion client four­­ seur interne
nis­­
Entité A
ni e
de

e i en e

Entité B
Client de A
ni e
de C

e i en e

Entité C
Client de
ni e
de

e i en e

Entité D
Client de C

La for­­ li­­ tion des pro­­ sus pour garan­­ la qua­­
ma­­ sa­­
ces­­
tir
lité
au client

Pour res­­ ter ses pro­­
pec­­
messes vis-­ -vis de ses clients internes ou
à
externes, chaque mana­­ doit mettre à plat son orga­­ sa­­
ger
ni­­ tion et
for­­ li­­ les pro­­ sus au sein de son équipe. Les pro­­ sus sont
ma­­ ser
ces­­
ces­­
l’enchaînement chro­­ lo­­
no­­ gique des acti­­ tés qui assurent la trans­­ ­
vi­­
for­
ma­­
tion de la demande en une pres­­ tion ou un pro­­
ta­­
duit conforme
aux attentes du client.
146
Figure 5.3 ■ Exemple de pro­­ sus : expé­­ tion de commande
ces­­
di­­

dans un ser­­
vice logis­­
tique
Besoins
clients

Activité 1
ce tion
co
n e

Activité 2
o tie s
e
o ts
i

Activité 3
tion

Activité 4
ont le

Activité 4
tion
i

tis cti
on
clients

Savoirs

Paral­­ le­­
lè­­ ment à ce tra­­ de des­­ tion, une réflexion plus glo­­
vail
crip­­
bale
per­­ de véri­­ que tout est mis en œuvre pour garan­­ la confor­
met
fier
tir
­
mité des pres­­ tions ou des pro­­
ta­­
duits four­­ Il s’agit de rai­­ ner
nis.
son­­
sur les 5 para­­
mètres clés influant sur la qua­­ les « 5 M ».
lité,
Les 5 M de la qua­­lité
✓✓ Main-­ ’œuvre (le per­­ nel).
d
son­­
✓✓ Matières pre­­
mières (les entrées du pro­­ sus, ce qui est reçu des four­
ces­­
­
nis­­
seurs et qui est trans­­
formé).
✓✓ Milieu (les condi­­
tions de tra­­
vail).
✓✓ Méthode (les méthodes de tra­­
vail).

Savoir-faire

✓✓ Moyens (les machines et sys­­
tème d’informations uti­­ sés par le per­­ ­
li­­
son­
nel).

À ces 5 M clas­­
siques nous pou­­
vons ajou­­ des ques­­
ter
tions sur la
Mesure (sous l’angle contrôle) et sur le Management.
Ces ques­­
tions autour des para­­
mètres clés sont géné­­ le­­
ra­­ ment pré­
­
cé­­
dées par des inter­­ ga­­
ro­­ tions sur les clients.
Tableau 5.1 ■ Les ques­­
tions clés à se poser pour garan­­ la qua­­
tir
lité

des pres­­ tions
ta­­
QUES­­
TIONS PRÉA­­
LABLES
Qui sont nos clients ?
Que leur fournissons-­ ous ?
n

Quel est leur niveau de satis­­
faction ?
Quelles sont leurs sources d’insatisfaction ?
Les carac­­ ris­­
té­­ tiques du pro­­
duit à four­­ au client
nir
sont-­ lles expli­­
e
cites ?

147

☞

Savoir-être

Sur les clients

Quels sont leurs besoins (expri­­
més et impli­­
cites) ?
leurs attentes ?
5 • Aug­­ ter le niveau
men­­
de per­­ mance durable
for­­

☞

Garan­­ la qua­­ des pres­­ tions
tir
lité
ta­­
Contri­­
buer au déve­­ pe­­
lop­­ ment durable
Res­­ ter l’éthique dans les affaires
pec­­

QUES­­
TIONS PRÉA­­
LABLES
LES 5 M
Les pro­­ sus de tra­­
ces­­
vail sont-­ls décrits ?
i
A-­-on défini clai­­ ment qui fait quoi et qui est res­
t
re­­
­
pon­­
sable de quoi au sein de notre acti­­
vité ?
Les acti­­ tés clés font-­ lles l’objet de pro­­ dures ?
vi­­
e
cé­­
Méthodes

Sinon l’absence de pro­­ dures est-­ lle jus­­ fiée ?
cé­­
e
ti­­
Les pro­­ dures sont-­ lles à jour, connues et
cé­­
e
appli­­
quées ?
Ces pro­­ dures sont-­ lles auditées ?
cé­­
e
Cer­­
taines pro­­ dures peuvent-­ lles être mal per­
cé­­
e
­
çues par le client, conduire à une insa­­ faction ?
tis­­
Le per­­ nel est-­l sen­­ bi­­ à la qua­­
son­­
i
si­­ lisé
lité ? au
client ?
Est-­l formé aux bonnes pra­­
i
tiques ?

Main d’œuvre

Est-­l compétent ? qua­­ fié ?
i
li­­
Les carac­­ ris­­
té­­ tiques qua­­ visées à chaque
lité
étape sont-­ lles connues par le per­­ nel ?
e
son­­
Connaît-­l les consé­­
i
quences d’une erreur ?
Vos exi­­
gences vis-­ -vis de vos four­­ seurs sontà
nis­­
e
­ lles for­­ li­­
ma­­ sées ?

Matières pre­­
mières

Les matières pre­­
mières sont-­ lles satis­­
e
faisantes ?
Sinon, a-­-on engagé des actions auprès des four­
t
­
nis­­
seurs ?

Moyens

Milieu

Les moyens sont-­ls adap­­
i
tés ?
Sont-­ls entre­­ nus ?
i
te­­
Les condi­­
tions de tra­­ des col­­ bo­­ teurs leur
vail
la­­ ra­­
permettent-­ lles un tra­­
e
vail de qua­­
lité ?

☞

148
☞

QUES­­
TIONS PRÉA­­
LABLES
Mesure
Des contrôles sont-­ls mis en œuvre aux étapes
i
cri­­
tiques du pro­­ sus ?
ces­­

Mesure

La pério­­ cité et le nombre de pro­­
di­­
duits à contrô­­
ler
sont-­ls défi­­
i
nis ?
Ces contrôles sont-­ls enre­­ trés ?
i
gis­­
Cha­­
cun sait-il ce qu’il doit contrô­­ et comment
ler
le faire ?

Savoirs

Ces contrôles sont-­ls per­­ nents ?
i
ti­­

Favorise-­-on l’autocontrôle ?
t

Les ques­­
tions sur le mana­­ ment portent essen­­ le­­
ge­­
tiel­­ ment sur la
manière dont le mana­­ est exem­­
ger
plaire et moteur dans la démarche
qua­­ Nous le déve­­ pe­­
lité.
lop­­ rons plus loin.

L’autocontrôle

Chaque opé­­ tion­­ a la res­­ sa­­ lité de la qua­­ de sa pres­­ ­
ra­­ nel
pon­­ bi­­
lité
ta­
tion. Il s’en assure par l’autocontrôle : contrôle par lui-­ ême de sa
m
pres­­ tion. L’autocontrôle per­­
ta­­
met de détecter au plus tôt les défauts
qua­­
lité.
La réus­­ de l’autocontrôle se fonde sur quatre condi­­
site
tions :
✓✓ L’implication du mana­­ ment qui à son niveau est res­­ sable de
ge­­
pon­­
la qua­­ des pres­­ tions ou des pro­­
lité
ta­­
duits déli­­ par son ser­­
vrés
vice.
Cet enga­­ ment se for­­ lise par un suivi régu­­ des résul­­
ge­­
ma­­
lier
tats
d’autocontrôle et une réac­­
tion en cas de dys­­ tion­­ ments.
fonc­­ ne­­
✓✓ La confiance entre col­­ bo­­ teurs, res­­ sables et équipes qua­
la­­ ra­­
pon­­
­
lité. L’autocontrôle est un trans­­ de res­­ sa­­ lité. Le col­­ bo­
fert
pon­­ bi­­
la­­ ­
ra­­
teur devient res­­ sable de la confor­­
pon­­
mité de ce qu’il réa­­
lise. Il
peut faire des erreurs mais a le devoir de les détecter et d’alerter.
✓✓ La for­­ tion du per­­ nel : chaque col­­ bo­­ teur a besoin de
ma­­
son­­
la­­ ra­­
comprendre l’enjeu de l’autocontrôle et les consé­­
quences des non149

Savoir-être

Le res­­ sable qua­­ a un rôle de chef de pro­­ dans la démarche
pon­­
lité
jet
qua­­ Il n’est pas le seul res­­ sable de « la » qua­­
lité.
pon­­
lité.

Savoir-faire

Des res­­ sa­­ li­­ par­­ gées
pon­­ bi­­ tés ta­­
5 • Aug­­ ter le niveau
men­­
de per­­ mance durable
for­­

Garan­­ la qua­­ des pres­­ tions
tir
lité
ta­­
Contri­­
buer au déve­­ pe­­
lop­­ ment durable
Res­­ ter l’éthique dans les affaires
pec­­

q
­ ualités poten­­
tielles. Il se doit d’acquérir les bonnes pra­­
tiques de
l’autocontrôle : les contrôles à réa­­ ser et la conduite à tenir en cas
li­­
de détec­­
tion de non-­ ualité.
q
✓✓ La for­­ li­­ tion : les contrôles impor­­
ma­­ sa­­
tants font l’objet d’un enre­
­
gis­­ ment qui assure la traçabilité de l’action et la res­­ sa­­ lité
tre­­
pon­­ bi­­
du col­­ bo­­ teur.
la­­ ra­­
La res­­
pon­­ bi­­ des mana­­
sa­­ lité
gers

C’est le mana­­ qui conduit la dyna­­
ger
mique client au sein de son ser­
­
vice et oriente réso­­ ment ses équipes vers la satis­­
lu­­
faction client.
Il inclut dans la mesure de la per­­ mance de son ser­­
for­­
vice des
indi­­ teurs qua­­ au même titre que ceux qui mesurent la pro­­ ­
ca­­
lité
duc­
ti­­ et la ren­­ bi­­
vité
ta­­ lité. Les indi­­ teurs qua­­ peuvent être cen­­
ca­­
lité
trés
sur la qua­­ réa­­ sée (on mesure la confor­­
lité li­­
mité du pro­­
duit fabri­­
qué
ou de la pres­­ tion réa­­ sée) et/ou la qua­­ per­­ au tra­­
ta­­
li­­
lité
çue
vers des
enquêtes clients.
Cet enga­­ ment managérial se tra­­
ge­­
duit éga­­ ment par la mise en
le­­
place d’une orga­­ sa­­
ni­­ tion interne qui va assu­­ la prise en charge
rer
d’une récla­­ tion client et la mise en œuvre d’un plan d’amélioration
ma­­
qua­­
lité.
Une démarche qua­­ réus­­ est une démarche qua­­ por­­
lité
sie
lité
tée
par les mana­­
gers et par leur capa­­ à ins­­ rer une culture client
cité
tau­­
au sein de leurs équipes.
Un des prin­­ paux savoir-­ aire des mana­­
ci­­
f
gers dans le cadre d’une
démarche qua­­ réside dans leur capa­­ à mobi­­ ser au quo­­ dien
lité
cité
li­­
ti­­
leurs équipes. Cela passe notam­­
ment par 13 règles d’or.

150
Les 13 règles d’or de la mobi­­li­­sa­­
tion
des équipes
✓✓ Expli­­
quer aux équipes leur fonc­­
tion par rap­­
port au métier
de l’entreprise et aux attentes des clients.
✓✓ Fixer des objec­­ qua­­ aux équipes.
tifs
lité
✓✓ Faire des erreurs indi­­ duelles une oppor­­ nité de pro­­
vi­­
tu­­
grès col­
­
lec­­
tif.
✓✓ Encou­­ ger les col­­ bo­­ teurs dans leur démarche indi­­ duelle
ra­­
la­­ ra­­
vi­­
d’amélioration.

Savoirs

✓✓ Aider cha­­
cun à éva­­
luer la consé­­
quence d’une non-­ ualité.
q

✓✓ Tra­­
vailler avec les équipes sur les moyens mis à leur dis­­ si­
po­­ ­
tion pour assu­­ la qua­­ des pres­­ tions.
rer
lité
ta­­
✓✓ Réagir aussi bien aux échecs qu’aux réus­­
sites.
✓✓ Déve­­ per les res­­ sa­­ li­­
lop­­
pon­­ bi­­ tés et les compé­­
tences indi­­ ­
vi­
duelles et col­­ tives, plus que des pro­­ dures écrites.
lec­­
cé­­

✓✓ Encou­­ ger chaque col­­ bo­­ teur à aler­­ en cas de pro­­
ra­­
la­­ ra­­
ter
blème
et à pro­­ ser des sug­­ tions.
po­­
ges­­
✓✓ Favo­­ ser la for­­ tion.
ri­­
ma­­
✓✓ Commu­­ quer de manière conti­­
ni­­
nue sur les clients, leurs
besoins et leurs per­­ tions.
cep­­
✓✓ Asso­­
cier le per­­ nel à la réso­­ tion de pro­­
son­­
lu­­
blème.

Savoir-faire

✓✓ Mettre en place l’autocontrôle en déve­­ pant aussi les
lop­­
méthodes de pré­­ tion.
ven­­

Réagir à une insa­­ faction client
tis­­

151

Savoir-être

L’insatisfaction client s’exprime par une récla­­ tion orale ou écrite.
ma­­
Si elle est jus­­ fiée, cette récla­­ tion tra­­
ti­­
ma­­
duit une erreur, une incom­
­
pré­­ sion ou un dys­­ tion­­ ment interne.
hen­­
fonc­­ ne­­
Une bonne ges­­
tion des récla­­ tions des clients externes est un
ma­­
élé­­
ment majeur d’une poli­­
tique de fidélisation. Le trai­­ ment des
te­­
récla­­ tions des clients internes déve­­
ma­­
loppe une image res­­ sable
pon­­
et réac­­ du ser­­ concerné.
tive
vice
5 • Aug­­ ter le niveau
men­­
de per­­ mance durable
for­­

Garan­­ la qua­­ des pres­­ tions
tir
lité
ta­­
Contri­­
buer au déve­­ pe­­
lop­­ ment durable
Res­­ ter l’éthique dans les affaires
pec­­

Un client qui réclame est un client qui vous donne l’opportunité
de le conser­­ et de pro­­ ser.
ver
gres­­
La ges­­
tion des récla­­ tions s’effectue à deux niveaux :
ma­­
✓✓ Un niveau cura­­ pour redon­­ confiance au client. C’est un
tif
ner
niveau d’action tour­­ vers le client pour résoudre avec lui le
née
litige.
✓✓ Un niveau cor­­ tif aussi. Être excellent dans le seul trai­­ ment des
rec­­
te­­
récla­­ tions ne suf­­ pas à res­­ rer la confiance du client qui se
ma­­
fit
tau­­
lasse des pro­­
blèmes à répé­­
titions. Il faut s’assurer paral­­ le­­
lè­­ ment que
les causes des dys­­ tion­­ ments vont être iden­­ fiées et sup­­ ­
fonc­­ ne­­
ti­­
pri­
mées défi­­ ti­­ ment une à une pour en évi­­ le renou­­ le­­
ni­­ ve­­
ter
vel­­ ment.
La métho­­ lo­­ du trai­­ ment des litiges est somme toute assez
do­­ gie
te­­
simple et inclut des étapes clés telles que : enre­­ tre­­
gis­­ ment for­­ lisé,
ma­­
cen­­ li­­ tion auprès d’une per­­
tra­­ sa­­
sonne dési­­
gnée et réponse au client
sous les 48 heures.
Cla­­ fier l’objet de la récla­­ tion per­­
ri­­
ma­­
met de pro­­ ser au client
po­­
une solu­­
tion. Une véri­­ ca­­
fi­­ tion de la mise en œuvre de la solu­­
tion et
du retour à la satis­­
faction ter­­
mine cette phase cura­­
tive.
Une ana­­ glo­­
lyse bale des récla­­ tions, asso­­ à l’étude des dys­
ma­­
ciée
­
fonc­­ ne­­
tion­­ ments internes per­­
met de repérer les ano­­ lies récur­
ma­­
­
rentes et de déci­­ des actions cor­­ tives à enga­­ prio­­ tai­­ ­
der
rec­­
ger
ri­­ re­
ment. Un gra­­
phique de type Pareto per­­ tra de visua­­ ser les plus
met­­
li­­
récur­­
rentes.

Enga­­ ses équipes dans un plan d’amélioration
ger
qua­­
lité
Pour mettre en œuvre un plan d’amélioration qua­­ deux sources
lité,
de don­­
nées sont impor­­
tantes à recueillir :
✓✓ les don­­
nées externes qui pro­­
viennent des clients (la voix du client
qui exprime sa satis­­
faction et son insa­­ faction) ;
tis­­
✓✓ les don­­
nées internes qui recensent à la fois les dys­­ tion­­ ­
fonc­­ ne­
ments internes et les sug­­ tions du per­­ nel.
ges­­
son­­
152
Figure 5.4 ■ Pareto des récla­­ tions et dys­­
ma­­
fonc­­ ne­­
tion­­ ments internes

d’une entre­­
prise de pro­­ tion de pièces méca­­
duc­­
niques

153

Savoir-être

Ce diag­­ tic réa­­ per­­ de se fixer des objec­­ d’amélioration
nos­­
lisé met
tifs
et de démar­­ le cycle d’amélioration conti­­ en 4 étapes, appelé
rer
nue
aussi roue de Deming ou PDCA (Plan, Do, Check, Act).
Cette démarche consiste à :
✓✓ En phase P :
−− Expri­­
mer des objec­­
tifs qua­­ mesu­­
lité
rables cohé­­
rents avec
la stra­­ gie de l’entreprise, et les attentes des clients. Par
té­­
exemple : réduire notre délai d’intervention de 25 %, dimi­
­
nuer de 30 % les récla­­ tions sur l’accueil, amé­­ rer notre
ma­­
lio­­
taux de satis­­
faction client de 20 %.
−− For­­ li­­ le plan d’action qui per­­ tra d’atteindre l’objectif
ma­­ ser
met­­
fixé. Il comprend les actions à mettre en œuvre sur une année
et concerne sou­­
vent les 5 M évo­­
qués pré­­ dem­­
cé­­ ment. Le plan
d’action for­­ lise : Qui ? Fait quoi ? Dans quel délai ?
ma­­
✓✓ En phase D : mettre en œuvre le plan d’action.
✓✓ En Phase C :
−− Véri­­ ca­­
fi­­ tion de l’application du plan d’action.
−− Véri­­ ca­­
fi­­ tion de l’atteinte des résul­­ par rap­­
tats
port à l’objectif
visé.

Savoir-faire

Savoirs

50%
45%
40%
35%
30%
25%
20%
15%
10%
5%
0%
5 • Aug­­ ter le niveau
men­­
de per­­ mance durable
for­­

Garan­­ la qua­­ des pres­­ tions
tir
lité
ta­­
Contri­­
buer au déve­­ pe­­
lop­­ ment durable
Res­­ ter l’éthique dans les affaires
pec­­

✓✓ En phase A :
−− En cas d’écarts consta­­
tés : réagir et pilo­­
ter,
−− Si les objec­­ sont atteints : capi­­ li­­ et géné­­ li­­ les
tifs
ta­­ ser
ra­­ ser
bonnes pra­­
tiques.
Figure 5.5 ■ Le cycle d’amélioration PDCA
Diagnostic

A

P

C

D

P nt

og

s

On ne peut par­­ d’amélioration conti­­ sans évo­­
ler
nue
quer la réso­
­
lu­­
tion de pro­­
blèmes en groupe qui a fait lar­­ ment ses preuves.
ge­­
Ces groupes de réso­­ tion de pro­­
lu­­
blème ont pour objec­­ de foca­
tif
­
li­­ l’énergie et les compé­­
ser
tences pour tra­­
vailler à l’amélioration des
per­­ mances qua­­
for­­
lité. Il s’agit pour le mana­­ de réduire un dys­
ger
­
fonc­­ ne­­
tion­­ ment majeur ou de sup­­ mer défi­­ ti­­ ment un sujet de
pri­­
ni­­ ve­­
récla­­ tion client.
ma­­
La réus­­ de ces groupes passe à la fois par le choix du pro­­
site
blème
à trai­­ la consti­­
ter,
tution du groupe, la per­­ mance de l’animateur et
for­­
la méthode de réso­­ tion de pro­­
lu­­
blème adop­­
tée.
La méthode comprend quatre phases :
✓✓ Ana­­ ser le pro­­
ly­­
blème pour bien le comprendre en recueillant
toutes les don­­
nées clefs à l’aide du QQOQCCP (qui, quoi, où,
quand, comment, combien, pour­­
quoi).
154
Savoirs

✓✓ Recher­­
cher métho­­ que­­
di­­ ment les causes du dys­­ tion­­ ment.
fonc­­ ne­­
Cette étude démarre par une phase de créa­­ vité pour iden­­ fier
ti­­
ti­­
toutes les causes pos­­
sibles clas­­ selon les 5 M.
sées
✓✓ Recher­­
cher et mettre en œuvre la solu­­
tion.
✓✓ Véri­­ l’efficacité de la solu­­
fier
tion.
Les résul­­
tats de cette ana­­
lyse sont enre­­ trés sur une fiche
gis­­
d’actions cor­­ tive.
rec­­
Cette logique de réso­­ tion de pro­­
lu­­
blème quand elle devient un
réflexe à la suite de dys­­ tion­­ ment grave et/ou répé­­ est véri­
fonc­­ ne­­
titif
­
ta­­ ment une source d’amélioration conti­­
ble­­
nue.

CC Contri­­buer au déve­­lop­­pe­­
ment durable
Les trois piliers
de la res­­ sa­­ lité sociétale
pon­­ bi­­
des entre­­
prises

Aujourd’hui, nul ne peut plus l’ignorer,
notre société est confron­­
tée à des
constats alar­­
mants. Après des années
de déve­­ pe­­
lop­­ ment quasi insou­­
ciant, les •	 Cet enga­­ ment se tra­­ par
ge­­
duit
des gestes quo­­ diens de cha­
ti­­
­
faits s’imposent :
cun et par des déci­­
sions à plus
✓✓ La pla­­
nète souffre de pol­­ tion,
lu­­
long terme.
ses res­­
sources natu­­
relles s’épuisent
à commen­­ par l’eau, il devient
cer
urgent d’anticiper les effets du réchauf­­ ment cli­­ tique.
fe­­
ma­­
✓✓ Les inéga­­ tés et la pau­­
li­­
vreté ne cessent de s’accroître. Aujourd’hui
les trois quarts de la popu­­ tion mon­­
la­­
diale vivent sous le seuil de
pau­­
vreté.
✓✓ Les condi­­
tions de tra­­ des tra­­
vail
vailleurs res­­
tent encore par­­
fois
inac­­ tables.
cep­­
✓✓ Le manque d’éthique conduit à des compor­­ ments irres­­ ­
te­­
pon­
sables.

155

Savoir-être

•	 S’engager dans une démarche
de déve­­ pe­­
lop­­ ment durable,
c’est consi­­ rer le déve­­ pe­
dé­­
lop­­ ­
ment de l’entreprise sous un
angle plus large que celui du
seul pro­­
fit.

Savoir-faire

PRINCIPES CLÉS
5 • Aug­­ ter le niveau
men­­
de per­­ mance durable
for­­

Garan­­ la qua­­ des pres­­ tions
tir
lité
ta­­
Contri­­
buer au déve­­ pe­­
lop­­ ment durable
Res­­ ter l’éthique dans les affaires
pec­­

Face à ces faits, le déve­­ pe­­
lop­­ ment durable se défi­­ dès lors
nit
comme «  un mode de déve­­ pe­­
lop­­ ment qui répond aux besoins du
présent sans compro­­
mettre la capa­­
cité des géné­­ tions futures à
ra­­
satis­­
faire les leurs ». Il s’agit donc de chan­­ nos compor­­ ments et
ger
te­­
nos modèles pour pré­­ rer un futur meilleur et plus équi­­
pa­­
table.
Cette démarche col­­ tive et mon­­
lec­­
diale vise à rendre le déve­­ ­
lop­
pe­­
ment accep­­
table, car rai­­ nable. Il prend en compte la recherche
son­­
équi­­ brée du pro­­ du respect des hommes et de l’environnement.
li­­
fit,
Cette notion est repré­­ tée par les trois piliers du déve­­ pe­­
sen­­
lop­­ ment
durable.
Figure 5.6 ■ Les trois piliers PPP du déve­­ pe­­
lop­­ ment durable
Profit
(économie)

D

People
(social, sociétal)

Planet
(environnement)

L’étendue des sujets concer­­ par le déve­­ pe­­
nés
lop­­ ment durable est
donc très large et repose sur trois dimen­­
sions liées entre elles :
✓✓ La dimen­­
sion sociale : les phé­­ mènes de pau­­
no­­
vreté, les formes
d’exclusion, le bien-­ tre des popu­­ tions confron­­
ê
la­­
tées aux ques­
­
tions de santé liées à l’environnement, la santé, la sécu­­ des
rité
per­­
sonnes au tra­­
vail, le respect des indi­­ dus, l’éducation, la for­
vi­­
­
ma­­
tion, etc. ;

156
157

Savoirs
Savoir-faire
Savoir-être

✓✓ La dimen­­
sion envi­­ ne­­ tale : des rejets de toutes sortes (gaz
ron­­ men­­
à effet de serre, par­­ cules, déchets) au réchauf­­ ment cli­­ tique ;
ti­­
fe­­
ma­­
les atteintes à la bio­ iver­­
d sité, les consom­­ tions des res­­
ma­­
sources,
la défo­­ ta­­
res­­ tion et les ques­­
tions liées à l’eau et aux éner­­
gies.
✓✓ La dimen­­
sion éco­­ mique : les pro­­
no­­
blèmes de gou­­ nance, les
ver­­
réfé­­ tiels de mesure et de contrôle, l’éthique des affaires, le
ren­­
par­­
tage des béné­­
fices, les inves­­ se­­
tis­­ ments res­­ sables, etc.
pon­­
Au sein de l’entreprise, l’engagement dans le cadre du déve­­ ­
lop­
pe­­
ment durable se tra­­
duit par un enga­­ ment volon­­
ge­­
taire de ses diri­
­
geants à rai­­ ner de manière dif­­ rente. Nous par­­
son­­
fé­­
lons dans ce cas
de res­­ sa­­ lité sociétale des entre­­
pon­­ bi­­
prises (RSE).
Une entre­­
prise enga­­ dans ce sens décide de réduire les impacts
gée
de ses déci­­
sions et de ses acti­­ tés sur la société et sur l’environnement.
vi­­
Elle choi­­ par un compor­­ ment trans­­
sit
te­­
parent et éthique, en confor­
­
mité avec les lois en vigueur, de contri­­
buer au déve­­ pe­­
lop­­ ment
durable, à la santé et au bien-­ tre de la société.
ê
Cet enga­­ ment repose sur un prin­­
ge­­
cipe : celui de la prise en
compte des besoins des par­­ pre­­
ties nantes. C’est-à-dire des indi­­ dus
vi­­
ou groupes ayant un inté­­ dans les acti­­ tés ou déci­­
rêt
vi­­
sions d’une
orga­­ sa­­
ni­­ tion ou pou­­
vant être impac­­ par ses déci­­
tés
sions.
Une entre­­
prise res­­ sable ne consi­­
pon­­
dère plus la recherche du pro­
­
fit comme seule fina­­ Elle va inté­­ cet enjeu dans un cadre plus
lité.
grer
glo­­ qui inclut la néces­­ d’écouter, de dia­­ guer et de prendre en
bal
sité
lo­­
compte les exi­­
gences de ses par­­ pre­­
ties nantes.
Citons les trois par­­
ties pre­­
nantes les plus immé­­
diates : les
action­­
naires, les clients-­ onsommateurs et le per­­ nel. À celles-­ i
c
son­­
c
s’ajoutent aujourd’hui l’environnement, les commu­­ tés locales,
nau­­
les médias, les asso­­ tions, les pou­­
cia­­
voirs publics, les inves­­ seurs, les
tis­­
four­­ seurs, les ONG, etc.
nis­­
L’entreprise s’ouvre ainsi à l’extérieur et met en œuvre un sys­­
tème
d’écoute avec ses par­­ pre­­
ties nantes.
5 • Aug­­ ter le niveau
men­­
de per­­ mance durable
for­­

Garan­­ la qua­­ des pres­­ tions
tir
lité
ta­­
Contri­­
buer au déve­­ pe­­
lop­­ ment durable
Res­­ ter l’éthique dans les affaires
pec­­

Figure 5.7 ■ Les prin­­ pales par­­ pre­­
ci­­
ties nantes de l’entreprise
Actionnaires
ients

o
r

ecti it
ion

ersonne

o
ntre rise

o
na t
oca e

oir
s
ics

o rnisse rs
o s traitants
co

t rs
a orate rs

Ass rances

Une entre­­
prise enga­­ dans le déve­­ pe­­
gée
lop­­ ment durable pré­­
pare
un ave­­ meilleur, plus équi­­ bré et res­­ tueux des hommes et de
nir
li­­
pec­­
la nature. Elle accepte de ce fait de nou­­
velles règles du jeu qui modi­
­
fient son mana­­ ment :
ge­­
✓✓ l’identification de ses impacts envi­­ ne­­ taux, sociétaux et
ron­­ men­­
sociaux ;
✓✓ la prise en compte des par­­ pre­­
ties
nantes dans sa stra­­ gie et ses
té­­
déci­­
sions ;
✓✓ l’expression d’engagements vis-­ -vis des par­­ pre­­
à
ties nantes ;
✓✓ la trans­­ rence de ses résul­­
pa­­
tats en matière de déve­­ pe­­
lop­­ ment
durable ;
✓✓ le choix de rendre compte ;
✓✓ l’adoption d’un compor­­ ment éthique et res­­ tueux des lois et
te­­
pec­­
normes en vigueur ;
✓✓ un mana­­ ment pré­­ tif dans une logique de maî­­
ge­­
ven­­
trise des
risques s’appuyant sur un prin­­
cipe de pré­­ tion.
cau­­

158
Pour réus­­ le chal­­
sir
lenge du déve­­ pe­­
lop­­ ment durable, chaque entre­
­
prise doit s’engager. Les comi­­ de direc­­
tés
tions se mobi­­
lisent et
expriment leurs enga­­ ments à l’égard des par­­ pre­­
ge­­
ties
nantes qu’ils
ont iden­­ fiées. Débute alors une démarche d’écoute, de dia­­
ti­­
logue
et de prise en compte de leurs attentes. Les enga­­ ments fixés sont
ge­­
tra­­
duits en objec­­ mesu­­
tifs
rables et font l’objet de plan d’actions et de
bilans commu­­ qués.
ni­­
Deve­­ une entre­­
nir
prise res­­ sable n’est pas tou­­
pon­­
jours facile. Cela
néces­­ une impli­­ tion forte de la direc­­
site
ca­­
tion et un déploie­­
ment de
l’engagement au sein de chaque pro­­ acti­­ et métier.
jet,
vité

Savoirs

La res­­ sa­­ lité sociétale de l’entreprise
pon­­ bi­­

Il s’agit de faire évo­­ les men­­ li­­ de chan­­ son cadre de réfé­
luer
ta­­ tés,
ger
­
rence et de rai­­ ner autre­­
son­­
ment :
✓✓ Ne plus recher­­
cher uni­­ ment des résul­­
que­­
tats finan­­
ciers. Les
résul­­
tats envi­­ ne­­ taux, sociaux et sociétaux font main­­ ­
ron­­ men­­
te­
nant par­­ des cri­­
tie
tères de per­­ mances d’une acti­­ dans le
for­­
vité
cadre du déve­­ pe­­
lop­­ ment de l’entreprise.
✓✓ Étu­­
dier les consé­­
quences des déci­­
sions à court et long terme,
puisque dans une logique de déve­­ pe­­
lop­­ ment durable les mana­
­
gers pré­­
parent le futur.
✓✓ Regar­­ son entre­­
der
prise mais aussi à l’extérieur. Élar­­ son
gir
domaine d’influence : se pré­­ cu­­ aussi des rive­­
oc­­ per
rains, de la
commu­­
nauté, de la col­­ ti­­
lec­­ vité, de la planète…
✓✓ S’engager vite. Il ne s’agit plus de se demander s’il faut agir
demain à son niveau mais de réflé­­
chir à comment contri­­
buer
main­­ nant.
te­­
✓✓ Tra­­
vailler avec les par­­ pre­­
ties
nantes, ne pas déci­­ pour elles
der
mais enga­­ le dia­­
ger
logue pour ne pas se trom­­ d’actions.
per

Savoir-faire

Rai­­
son­­
ner autre­­
ment

Les enjeux externes et internes de ce chan­­ ment des men­­ li­­
ge­­
ta­­ tés
sont mul­­
tiples :
159

Savoir-être

Des enjeux mul­­
tiples
5 • Aug­­ ter le niveau
men­­
de per­­ mance durable
for­­

Garan­­ la qua­­ des pres­­ tions
tir
lité
ta­­
Contri­­
buer au déve­­ pe­­
lop­­ ment durable
Res­­ ter l’éthique dans les affaires
pec­­

✓✓ La valo­­ sa­­
ri­­ tion de l’image de l’entreprise auprès des par­­ pre­
ties
­
nantes.
✓✓ La créa­­
tion d’avantages concur­­ tiels.
ren­­
✓✓ La mobi­­ sa­­
li­­ tion et la confiance du per­­ nel.
son­­
✓✓ La maî­­
trise des risques et la dimi­­ tion des acci­­
nu­­
dents.
✓✓ La confor­­
mité régle­­ taire.
men­­
Les pre­­
mières actions à mener

Concrè­­ ment voici quelques actions que les entre­­
te­­
prises peuvent
enga­­ après avoir fait le bilan de la situa­­
ger
tion ini­­
tiale et des besoins
de leurs par­­ pre­­
ties nantes.
Dans le domaine social et sociétal (people)

Les actions des entre­­
prises dans le domaine social et sociétal peuvent
por­­ sur :
ter
✓✓ Les sala­­
riés, avec :
−− la créa­­
tion d’emplois ;
−− le respect des légis­­ tions et des conven­­
la­­
tions de l’Organisation
inter­­ tionale du tra­­ et de la régle­­ ta­­
na­­
vail
men­­ tion locale ;
−− la réduc­­
tion des acci­­
dents de tra­­ dans une logique de pré­
vail
­
ven­­
tion des risques ;
−− l’amélioration des condi­­
tions de tra­­ des sala­­
vail
riés ;
−− une poli­­
tique de rému­­ ra­­
né­­ tion équi­­ brée ;
li­­
−− la mise en œuvre d’un pro­­
gramme de déve­­ pe­­
lop­­ ment des
compé­­
tences et de for­­ tion ;
ma­­
−− le dia­­
logue social ;
−− une réflexion et des actions sur le thème de la souf­­
france au
tra­­
vail ;
−− une poli­­
tique de non-­ iscrimination (ori­­
d
gines, cultures, sexe
ou han­­ cap) ;
di­­
−− la mise en place d’un reporting social.
✓✓ Les autres par­­ pre­­
ties nantes :
−− le respect des normes de régle­­ ta­­
men­­ tion en vigueur au sein
160
Les actions des entre­­
prises enga­­
gées peuvent concer­­
ner :
✓✓ l’ensemble de démarches per­­ tant de tra­­
met­­
vailler pour réduire les
impacts sur l’environnement tout au long du cycle de vie complet
des pro­­
duits ;
✓✓ la maî­­
trise des impacts et la ges­­
tion des risques envi­­ ne­­ ­
ron­­ men­
taux liés aux acti­­ tés de l’entreprise et de ses sous-­ raitants ;
vi­­
t
✓✓ le respect des légis­­ tions envi­­ ne­­ tales ;
la­­
ron­­ men­­
✓✓ la réflexion sur les éco­­ mies des res­­
no­­
sources natu­­
relles et
l’intégration des éner­­ renou­­ lables ;
gies
ve­­
✓✓ la mise en place d’un reporting envi­­ ne­­ tal ;
ron­­ men­­
✓✓ la mise en œuvre d’un sys­­
tème de mana­­ ment envi­­ ne­­ tal
ge­­
ron­­ men­­
ISO 14001 ;
✓✓ l’éco-conception ;
✓✓ des bilans car­­
bone pour iden­­ fier des pistes de pro­­
ti­­
grès ;
✓✓ une ges­­
tion des déchets et une recherche de dimi­­ tion et de
nu­­
valo­­ sa­­
ri­­ tion de ces déchets.

Savoirs

Dans le domaine de l’environnement (Planet)

Savoir-faire

des pays concer­­ par l’activité de l’entreprise ;
nés
−− le respect des clients et consom­­ teurs, la mise en œuvre de
ma­­
cir­­
cuit d’information et d’une poli­­
tique qua­­ res­­ tueuse
lité pec­­
des clients (type ISO 9001) ;
−− la mise en œuvre de cir­­
cuits de commu­­ ca­­
ni­­ tion et de rela­­
tions
avec la société civile ;
−− le commerce équi­­
table ;
−− des actions de soli­­ rité ou de mécé­­
da­­
nat.

De nom­­
breuses actions peuvent être aussi lan­­
cées. Elles touchent à
la gou­­ nance de l’entreprise :
ver­­
✓✓ l’éthique ;
✓✓ le refus de la cor­­ tion ;
rup­­
✓✓ le respect des lois et des régle­­ ta­­
men­­ tions en vigueur ;
✓✓ les échanges commer­­
ciaux équi­­
tables : le respect des clients et
des four­­ seurs ;
nis­­
161

Savoir-être

Dans le domaine de l’économie (Pro­­
fit)
5 • Aug­­ ter le niveau
men­­
de per­­ mance durable
for­­

Garan­­ la qua­­ des pres­­ tions
tir
lité
ta­­
Contri­­
buer au déve­­ pe­­
lop­­ ment durable
Res­­ ter l’éthique dans les affaires
pec­­

✓✓ le tra­­ sur le déve­­ pe­­
vail
lop­­ ment éco­­ mique local avec les acteurs
no­­
locaux ;
✓✓ la recherche de nou­­
veaux pro­­
duits en cohé­­
rence avec les trois
piliers du déve­­ pe­­
lop­­ ment durable ;
✓✓ des bonnes pra­­
tiques de gou­­ nance : maî­­
ver­­
trise des risques finan­
­
ciers, trans­­ rence des comptes et prise de déci­­
pa­­
sions res­­ ­
pon­
sables.

Acqué­­ les bons réflexes au sein de ses équipes
rir
Chaque ser­­ de l’entreprise peut donc déve­­ per de bonnes pra­
vice
lop­­
­
tiques. Selon son métier, elles pour­­
ront être très dif­­ rentes.
fé­­
À titre d’exemple, nous vous pro­­ sons ci après quelques exemples
po­­
d’actions par métiers.
Figure 5.8 ■ Quelques exemples de bonnes pra­­
tiques
st

Logistique
estion des i act s
Écono ie des nergies
ra a i it

RH
ia ogue socia
iversit
or ation
Po itique de
r un ration

R et D
Éco conce tion
na se de vie de
s
roduits

QSE
e de anage ent
ua it s curit
environne ent
raite ent des
r c a ations
ua it
rodui
t

Bonnes ratiques
dans es
tier
s

Production
aitrise des i act s
Écono ie des ressource s
estion et va orisation
des d chets

162

Direction, finances
Éthique
Bonne Pratiques
de gouvernance

Achats
igences vis
vis
des ournisseurs
o erce
quita e

Marketing
es ect c ien
t
Éthique de a
co unication
Au quo­­ dien, en cohé­­
ti­­
rence avec la poli­­
tique de l’entreprise, chaque
mana­­ peut déve­­ per des bonnes pra­­
ger
lop­­
tiques au sein de ses
équipes pour deve­­ à son niveau un acteur engagé du déve­­ pe­
nir
lop­­ ­
ment durable.
Il décide alors de tra­­
vailler autre­­
ment, c’est-à-dire de recher­­
cher
le pro­­
fit :
✓✓ en se confor­­
mant aux lois en vigueur ;
✓✓ en res­­ tant ses équipes, ses four­­ seurs et ses clients ;
pec­­
nis­­
✓✓ en s’interrogeant en per­­ nence sur l’impact de ses déci­­
ma­­
sions sur
l’environnement et la col­­ ti­­
lec­­ vité.

Savoirs

Tra­­
vailler autre­­
ment

Les bons réflexes simples au quo­­ dien
ti­­

Cet enga­­ ment res­­ sable n’a de sens que si chaque membre de
ge­­
pon­­
l’équipe a éga­­ ment compris l’enjeu. Il faut donc sen­­ bi­­
le­­
si­­ liser cha­­
cun
à son propre mode de fonc­­ ne­­
tion­­ ment et iden­­ fier les bons réflexes
ti­­
simples à acqué­­
rir.
Voici quelques actions pos­­
sibles. Ces actions pour être effi­­
caces
doivent être le résul­­ d’un tra­­ de réflexion col­­ tive :
tat
vail
lec­­
✓✓ le tri des déchets (papiers, plas­­
tiques, piles, car­­
touches d’impri­
mantes, etc.) ;
✓✓ la ges­­
tion du papier avec l’objectif de réduire et réuti­­ ser : limi­
li­­
­
ta­­
tion des impres­­
sions papier, impres­­
sions en recto verso, récu­­ ­
pé­
ra­­
tion des papiers usa­­ en papier brouillon ;
gés
✓✓ extinction sys­­ ma­­
té­­ tique de la lumière (bureaux, toi­­
lettes, salles
de réunion…) et arrêt des machines et ordi­­ teurs en cas d’arrêt
na­­
pro­­
longé ;
163

Savoir-être

Cette modi­­ ca­­
fi­­ tion de compor­­ ment s’effectue à deux niveaux :
te­­
✓✓ celui du quo­­ dien : comment faire en sorte que les gestes de
ti­­
chaque jour contri­­
buent au déve­­ pe­­
lop­­ ment durable ?
✓✓ celui des pro­­ et des grandes déci­­
jets
sions : comment inté­­
grer le
déve­­ pe­­
lop­­ ment durable dans le long terme ?

Savoir-faire

Des actions à deux niveaux
5 • Aug­­ ter le niveau
men­­
de per­­ mance durable
for­­

Garan­­ la qua­­ des pres­­ tions
tir
lité
ta­­
Contri­­
buer au déve­­ pe­­
lop­­ ment durable
Res­­ ter l’éthique dans les affaires
pec­­

✓✓ uti­­ sation de la lumière natu­­
li­­
relle en pla­­
çant les plans de tra­­
vail
(bureau, ate­­
lier) près des fenêtres ;
✓✓ limi­­ tion de l’usage de la cli­­ ti­­
ta­­
ma­­ sation ;
✓✓ baisse de la tem­­ ra­­
pé­­ ture de chauf­­
fage des bureaux la nuit et le
week-­ nd ;
e
✓✓ encou­­ ge­­
ra­­ ment au co­ oitu­­
v
rage et à l’utilisation de trans­­
ports col­
­
lec­­
tifs ;
✓✓ recherche de solu­­
tions déve­­ pe­­
lop­­ ment durable pour les achats de
maté­­
riels, mobi­­ de bureau, voyages, sémi­­
lier
naires, etc. ;
✓✓ adop­­
tion d’un compor­­ ment res­­ tueux et d’un trai­­ ment
te­­
pec­­
te­­
équi­­
table au sein de l’équipe ;
✓✓ souci du déve­­ pe­­
lop­­ ment des compé­­
tences de cha­­
cun.
Les enga­­ ments à plus long terme
ge­­

Au-­ elà de ces actions de ter­­
d
rain, le mana­­ peut éga­­ ment faire
ger
le­­
tra­­
vailler ses équipes, dans une perspec­­
tive plus loin­­
taine, sur les
impacts sociaux, envi­­ ne­­ taux et éco­­ miques de leurs acti­
ron­­ men­­
no­­
­
vi­­
tés.
Cela les amène alors à se demander :
✓✓ Nos modes de fonc­­ ne­­
tion­­ ment sont-­ls conformes aux normes et
i
lois en vigueur ?
✓✓ Quel est notre impact sur l’environnement ?
✓✓ Pouvons-­ ous réduire nos consom­­ tions d’énergies et nos
n
ma­­
déchets ?
✓✓ Parmi nos acti­­ tés, quelles sont celles qui ont le plus d’impact
vi­­
sur l’environnement ?
✓✓ Les per­­
sonnes tra­­
vaillant pour nous et en col­­ bo­­ tion avec nous
la­­ ra­­
sont-­ lles cor­­ te­­
e
rec­­ ment trai­­
tées ?
✓✓ Adoptons-­ ous des compor­­ ments res­­ sables vis-­ -vis de nos
n
te­­
pon­­
à
four­­ seurs ?
nis­­
Ces ques­­
tions aident à prendre conscience de la manière dont
chaque ser­­
vice peut deve­­ un acteur clé de la démarche de déve­
nir
­
164
lop­­ ment durable. Il ne s’agit pas de s’éparpiller mais de trou­­ un
pe­­
ver
mode de fonc­­ ne­­
tion­­ ment équi­­ bré et cohé­­
li­­
rent.

Prendre
conscience

Décider

ir

Chaque mana­­ peut à son niveau contri­­
ger
buer au déve­­ pe­­
lop­­ ment
durable qui vise à pré­­ rer un futur meilleur par des actions quo­­ ­
pa­­
ti­
diennes mais aussi par une réflexion sur l’impact de ses acti­­ tés.
vi­­
Entraî­­ son équipe, convaincre cha­­ de la néces­­ de chan­
ner
cun
sité
­
ger ses compor­­ ments peut repré­­ ter un chal­­
te­­
sen­­
lenge ambi­­
tieux des
mana­­
gers de demain qui ne recherchent plus le pro­­ à tout prix
fit
mais veulent tra­­
vailler dans le respect de valeurs humaines et envi­
­
ron­­ men­­
ne­­ tales.

Savoirs

Figure 5.9 ■ Une démarche en 3 étapes pour s’engager

Comment appro­­
cher l’éthique ?

PRINCIPES CLÉS
•	 L’éthique repose fon­­ men­­ ­
da­­
ta­
lement sur la conscience indi­­ ­
vi­
duelle de cha­­
cun des membres
de l’entreprise.
•	 Pour la faire vivre, l’entreprise
doit se choi­­ un cadre de
sir
valeurs, le faire connaître à
tous et veiller à son appli­­ tion
ca­­
au quo­­ dien.
ti­­

L’éthique est fon­­ men­­ lement à consi­­
da­­ ta­­
­
dé­­ au niveau de l’être humain et
rer
non au niveau de l’entreprise. En effet, seuls les indi­­ dus sont
vi­­
dotés d’une conscience indi­­ duelle qui leur per­­
vi­­
met de faire preuve
de dis­­ ne­­
cer­­ ment et d’adopter un compor­­ ment éthique. Lorsque
te­­
l’entreprise défi­­ un cadre de valeurs, celui-­ i ne peut fonc­­ ner
nit
c
tion­­
que s’il repose sur une conscience des indi­­ dus.
vi­­
165

Savoir-être

Lorsque l’on intègre la dimen­­
sion de
déve­­ pe­­
lop­­ ment durable au sein d’une
orga­­ sa­­
ni­­ tion, la notion d’éthique est
bien évi­­ ment immé­­ te­­
dem­­
dia­­ ment sousj
­acente. En effet, la dimen­­
sion éco­­ ­
no­
mique du déve­­ pe­­
lop­­ ment durable fait
expli­­ te­­
ci­­ ment réfé­­
rence à l’éthique dans
les affaires.

Savoir-faire

CC Res­­pec­­ter l’éthique dans les affaires
5 • Aug­­ ter le niveau
men­­
de per­­ mance durable
for­­

Garan­­ la qua­­ des pres­­ tions
tir
lité
ta­­
Contri­­
buer au déve­­ pe­­
lop­­ ment durable
Res­­ ter l’éthique dans les affaires
pec­­

L’éthique s’applique à tous les niveaux de l’entreprise et dans
toutes les fonc­­
tions. Pour chaque col­­ bo­­ teur, elle s’appuie sur des
la­­ ra­­
valeurs communes à l’entreprise et au métier.
La décli­­ son de l’éthique dans une entre­­
nai­­
prise repose géné­­ le­
ra­­ ­
ment sur deux outils :
✓✓ des prin­­
cipes d’action : une charte de valeur ;
✓✓ un code de bonne conduite.

Prin­­
cipes d’actions
Les prin­­
cipes d’action réaf­­
firment les valeurs de l’entreprise. Les
entre­­
prises peuvent les décli­­ de façon géné­­
ner
rique en met­­
tant en
avant quelques valeurs clés qui fondent au quo­­ dien l’action des
ti­­
col­­ bo­­ teurs. Ces valeurs carac­­ risent éga­­ ment l’identité du
la­­ ra­­
té­­
le­­
groupe. Le groupe Lafarge a par exemple retenu les valeurs de
cou­­
rage, d’intégrité, de respect d’autrui et de prio­­ don­­ aux
rité
née
inté­­ du groupe en tant que valeurs fon­­
rêts
dant sa poli­­
tique de mana­
­
ge­­
ment. Ces valeurs choi­­ contri­­
sies
buent à construire l’image du
groupe.
D’autres entre­­
prises déclinent les valeurs prio­­ taires en fonc­­
ri­­
tion
des dif­­ rentes par­­ pre­­
fé­­
ties nantes (action­­
naires, clients, sala­­
riés, etc.).
Par exemple, vis-­ -vis des action­­
à
naires les valeurs de trans­­ rence,
pa­­
d’honnêteté et de téna­­ seront promues.
cité
Dans les deux cas, les valeurs demeurent néan­­
moins trop abs­
­
traites pour déter­­ ner au quo­­ dien l’action des col­­ bo­­ teurs.
mi­­
ti­­
la­­ ra­­
Elles sont complé­­ par un code de bonne conduite.
tées

Code de bonne conduite
Le code de conduite va s’attacher à défi­­ des règles de conduite
nir
appli­­
cables à tous les col­­ bo­­ teurs ainsi qu’aux diri­­
la­­ ra­­
geants et pres­
­
tataires ame­­ à agir pour le compte de l’entreprise. Il s’organise
nés
autour de règles de conduite à adop­­ par tous sur dif­­ rentes thé­
ter
fé­­
­
ma­­
tiques.
166
Il s’agit du pre­­
mier pilier d’une entre­­
prise éthique : la volonté expresse
de se plier à tous les niveaux de l’organisation à l’autorité publique
dont la mis­­
sion est la pré­­ va­­
ser­­ tion de l’intérêt géné­­
ral.
Le respect de la loi et des régle­­ ta­­
men­­ tions couvre de nom­­
breux
champs, en par­­ cu­­
ti­­ lier :
✓✓ le respect des règles de la concur­­
rence ;
✓✓ le respect des règles sur la cor­­ tion ;
rup­­
✓✓ le respect des règles sur les délits d’initiés.

Savoirs

Respect des contraintes régle­­
men­­
taires

En dehors du respect de la régle­­ ta­­
men­­ tion, un code de bonne
conduite va cher­­
cher à pré­­ nir les situa­­
ve­­
tions à risques du point de
vue de l’éthique. Ces situa­­
tions ne conduisent pas néces­­ re­­
sai­­ ment à
des cas répré­­ sibles par la loi.
hen­­
On peut citer les domaines sui­­
vants :
✓✓ Pré­­ tion des conflits d’intérêts. Il y a conflit d’intérêts lorsque
ven­­
les inté­­ per­­ nels d’un col­­ bo­­ teur sont en contra­­ tion
rêts
son­­
la­­ ra­­
dic­­
avec les inté­­ de l’entreprise. Cette situa­­
rêts
tion peut exis­­ dans
ter
les liens avec un client ou un four­­ seur.
nis­­
✓✓ Pré­­ tion des actions dis­­ mi­­ toires et du har­­ le­­
ven­­
cri­­ na­­
cè­­ ment.
Obli­­ tion de confi­­
ga­­
den­­ lité et de pro­­ tion des actifs
tia­­
tec­­
de l’entreprise

Savoir-faire

Pré­­ tion des compor­­ ments non éthiques
ven­­
te­­

Chaque col­­ bo­­ teur du groupe, quel que soit son niveau, est
la­­ ra­­
dépo­­ taire d’informations ou détenteur d’actifs appar­­ nant à
si­­
te­­
l’entreprise. Il importe donc que le code de bonne conduite défi­­
nisse
l’attitude qu’il attend de ses col­­ bo­­ teurs en matière de pro­­ tion
la­­ ra­­
tec­­
de l’information et pro­­ tion des biens.
tec­­

Rédi­­ un code de bonne conduite est un préa­­
ger
lable. Il ne garan­
­
tit nul­­ ment un compor­­ ment éthique de tous les acteurs.
le­­
te­­
167

Savoir-être

Mise en œuvre du code de bonne conduite
5 • Aug­­ ter le niveau
men­­
de per­­ mance durable
for­­

Garan­­ la qua­­ des pres­­ tions
tir
lité
ta­­
Contri­­
buer au déve­­ pe­­
lop­­ ment durable
Res­­ ter l’éthique dans les affaires
pec­­

L’information et la sen­­ bi­­ sa­­
si­­ li­­ tion sont des actions néces­­
saires mais
non suf­­ santes.
fi­­
Tout d’abord, un prin­­
cipe s’impose : une obli­­ tion de vigi­­
ga­­
lance
de tous les acteurs pour eux-­ êmes et leur entou­­
m
rage. Les man­­ ­
que­
ments aux règles éthiques doivent être signa­­ quel que soit leur
lés
auteur, indé­­ dam­­
pen­­
ment des liens hié­­ chiques. Pour que cela
rar­­
fonc­­
tionne à tous les niveaux de l’entreprise, il est indis­­ sable de
pen­­
pro­­ ger l’identité du col­­ bo­­ teur ayant signalé le man­­ ment.
té­­
la­­ ra­­
que­­
Ensuite, il faut pré­­
voir une approche pour trai­­ les dif­­ cultés
ter
fi­­
éthiques ren­­
contrées. Quelle pro­­ dure suivre ? Quelles res­­
cé­­
sources
internes ou externes pour résoudre les dif­­ cultés ren­­
fi­­
contrées ? Les
plus grandes entre­­
prises s’appuient sur leurs ser­­
vices juri­­
diques voire
sur un réfé­­
rent pour les ques­­
tions d’éthique.

La qua­­
lité, le déve­­ pe­­
lop­­ ment durable et l’éthique sont
des ten­­
dances lourdes d’évolution que les entre­­
prises
doivent prendre en compte. La mise en œuvre de ces prin­
­
cipes repose fon­­ men­­ lement sur l’engagement et la
da­­
ta­­
conscience des per­­
sonnes et de la direc­­
tion dans les
prin­­
cipes et dans leur action au quo­­ dien.
ti­­

168
Savoirs

Chapitre 6
Fidéliser le client

tions la rela­­ avec le client devient-­ lle
tion
e
◆◆ À quelles condi­­
durable ?
◆◆ Comment l’entreprise s’organise-t-elle pour fidéliser ses

clients ?
s
◆◆ Comment super-­ atisfaire ses clients ?

Savoir-faire

Les ques­­
tions aux­­
quelles répond ce cha­­
pitre

◆◆ Quel est le rôle du fac­­
teur humain dans la fidélisation des

169

Savoir-être

clients ?
6 • Fidéliser le client

Les enjeux éco­­ miques
no­­
Les condi­­
tions d’une rela­­
tion client durable
Les sup­­
ports de la rela­­
tion client
La satis­­
faction client : un défi col­­ tif
lec­­

Le client repré­­
sente l’actif le plus impor­­
tant de l’entreprise.
Sans client, pas de chiffre d’affaires, pas d’entreprise. Toute acti­
­
vité orga­­ sée, mar­­
ni­­
chande et même non mar­­
chande, se conçoit et se
déve­­
loppe au béné­­ de clients ou d’usagers. Dans les éco­­ mies
fice
no­­
avan­­
cées, four­­ seurs et clients se ren­­
nis­­
contrent aujourd’hui dans un
contexte d’hyper-choix et d’hyper-concurrence.
Au cours des vingt der­­
nières années, la men­­ lité du client a consi­
ta­­
­
dé­­ ble­­
ra­­ ment évo­­ Avec l’essor des tech­­ lo­­
lué.
no­­ gies de l’information
et de la commu­­ ca­­
ni­­ tion, le client est mieux informé. Extrê­­ ment
me­­
sol­­ cité, il est à la fois plus exi­­
li­­
geant et plus volage. Par­­ déçu par
fois
des pro­­
duits ou des pro­­
messes qui l’avaient séduit, il est aussi devenu
plus méfiant. La crise éco­­ mique mon­­
no­­
diale amor­­ en 2008 et
cée
les perspec­­
tives moroses de la crois­­
sance euro­­
péenne altèrent son
pou­­ d’achat. Enfin, et il s’agit d’une évo­­ tion sociétale des éco­
voir
lu­­
­
no­­
mies avan­­
cées, les pré­­ cu­­ tions de déve­­ pe­­
oc­­ pa­­
lop­­ ment durable
viennent ébran­­ le modèle de la société de consom­­ tion.
ler
ma­­
Pour le four­­ seur, force est de consta­­ que la seule confor­
nis­­
ter
­
mité de son pro­­
duit ou ser­­ à la pro­­
vice
messe de l’entreprise est deve­
­
nue un mini­­
mum à rem­­ pour évi­­ récla­­ tion ou incident de
plir
ter
ma­­
paie­­
ment. Les outils de mana­­ ment de la qua­­ font par­­ des
ge­­
lité
tie
fon­­ men­­
da­­ taux sans les­­
quels une entre­­
prise ne sau­­ se déve­­ per
rait
lop­­
dura­­ ment. Mais l’assurance qua­­ ne consti­­ plus un avan­­
ble­­
lité
tue
tage
dif­­ ren­­ teur déter­­ nant. Le client per­­ sa satis­­
fé­­ cia­­
mi­­
çoit
faction sur­­
tout
comme un dû. Ainsi, trente ans après l’introduction des sys­­
tèmes
et pra­­
tiques de la qua­­ dans les entre­­
lité
prises, la cor­­ la­­
ré­­ tion pro­­
mise
par les experts entre la satis­­
faction du client et sa fidé­­ n’est plus
lité
aussi évi­­
dente.
L’ambition de fidéliser ses clients reste une ques­­
tion ouverte
pour l’entrepreneur. Ce chapi­­ pro­­
tre
pose au mana­­ une vision
ger
élar­­ de la satis­­
gie
faction du client et les che­­
mins « orien­­ client »
tés
pour le fidéliser dans une perspec­­
tive de per­­ mance durable de
for­­
l’entreprise.

170
CC Les enjeux éco­­ miques de la satis­­faction
no­­
des clients

breuses entre­
­
Un constat simple milite en faveur •	 Pour de nom­­
prises, il s’agit de fidéliser
de l’effort de fidélisation des clients :
les clients exis­­
tants et d’en
conser­­ ses clients et tis­­ des liens
ver
ser
conqué­­ de nou­­
rir
veaux afin de
étroits avec eux coûte moins cher que
sur­­
vivre et se déve­­ per.
lop­­
d’attirer de nou­­
veaux clients et contri­­
bue •	 Cette volonté passe par une
à l’amélioration des résul­­
tats finan­­
ciers
connais­­
sance fine de ses
de l’entreprise. Son bien-­ondé a pu être
f
clients et de leur poten­­
tiel.
­
démon­­ par plu­­
tré
sieurs études1. La ren­
ta­­ lité de l’entreprise aug­­
bi­­
mente quand elle se donne les moyens de
recher­­
cher la fidé­­ de ses clients.
lité

Consé­­
quences de la fidé­­lité
sur la ren­­ bi­­lité et la crois­­sance
ta­­
✓✓Quand le taux de départ des clients dimi­­
nue, le coût d’acquisition moyen
d’un nou­­
veau client dimi­­
nue lui aussi.
✓✓Pour par­­ nir au même niveau de chiffre d’affaires, ou mieux l’augmenter,
ve­­
moins de nou­­
veaux clients sont néces­­
saires.
✓✓Les clients fidélisés ont ten­­
dance à ache­­
ter plus : un mon­­
tant de
commande supé­­
rieur, un niveau moyen d’achats cumu­­ supé­­
lés
rieur.

Savoirs

PRINCIPES CLÉS

Savoir-faire

Les bonnes rai­­
sons de fidéliser
ses clients

✓✓Ils acceptent le plus sou­­
vent de payer un peu plus cher auprès d’un four­
­
nis­­
seur avec lequel s’est éta­­
blie une rela­­
tion de confiance.

1.	 Voir en par­­ cu­­ l’étude menée par Bain  Co et pré­­ tée par Fred Reichheld
ti­­ lier
sen­­
dans son ouvrage L’effet loyauté : réus­­ en fidélisant ses clients, ses sala­­
sir
riés, ses
action­­
naires, Dunod, 1996, Paris. Cette étude multi­ ecto­­
s
rielle a éta­­ un effet
bli
d’accroissement – de 25 à 85 %, selon les sec­­
teurs – de la ren­­ bi­­ des entre­
ta­­ lité
­
prises étu­­
diées, grâce à la réduc­­
tion de 5 % de la perte de clients.

171

Savoir-être

1
6 • Fidéliser le client

Les enjeux éco­­ miques
no­­
Les condi­­
tions d’une rela­­
tion client durable
Les sup­­
ports de la rela­­
tion client
La satis­­
faction client : un défi col­­ tif
lec­­

✓✓De plus, les clients fidèles, lorsqu’ils sont enthou­­
siastes, sont enclins à
pro­­
mou­­
voir le pro­­
duit, la marque ou le pres­­
tataire aux­­
quels ils ont donné
leur pré­­ rence. De ce fait, l’entreprise béné­­ cie de nou­­
fé­­
fi­­
veaux clients
sans avoir à consen­­ les efforts finan­­
tir
ciers liés habi­­ le­­
tuel­­ ment à leur
acqui­­ tion.
si­­

Coûts et valeur du client
En même temps qu’il apporte du chiffre d’affaires à l’entreprise, le
client occa­­
sionne des coûts pour l’entreprise.
Les prin­­ paux coûts du client
ci­­

✓✓ Coût de recru­­ ment d’un nou­­
te­­
veau client : ils cor­­ pondent
res­­
à la somme des inves­­ se­­
tis­­ ments consen­­ par l’entreprise pour
tis
acqué­­ des nou­­
rir
veaux clients : publi­­
cité, mai­­
ling, pro­­ tions,
mo­­
visites de prospection…
✓✓ Coût de ges­­
tion du client : ils recouvrent les coûts de per­­ nel
son­­
et du sys­­
tème d’information liés à l’administration des ventes,
la comp­­ bi­­ clients, l’encours client, le recou­­ ment de fac­
ta­­ lité
vre­­
­
tures, les impayés, les litiges… Ils sont plus ou moins éle­­ selon
vés
la struc­­
ture du por­­ feuille clients.
te­­
✓✓ Coût de fidélisation du client : ce sont les inves­­ se­­
tis­­ ments
consen­­ pour conser­­ le client le plus long­­
tis
ver
temps pos­­
sible :
envoi d’informations, offres spé­­
ciales et avan­­
tages par­­ cu­­
ti­­ liers,
visites de fidélisation,…
La valeur du client

Trois cri­­
tères per­­
mettent d’estimer la valeur d’un client :
✓✓ Le pro­­ actuel généré par le client : c’est le béné­­ dégagé du
fit
fice
chiffre d’affaires réa­­ avec le client.
lisé
✓✓ La valeur stra­­ gique du client : elle cor­­ pond en par­­ cu­­ au
té­­
res­­
ti­­ lier
pou­­ de pres­­ tion du client. S’agit-il d’une réfé­­
voir
crip­­
rence pres­­ ­
ti­
172
Au final, il appar­­
tient à la direc­­
tion géné­­ de l’entreprise d’idenrale
tifier son busi­­
ness model per­­
tinent en fonc­­
tion de son acti­­ et de
vité
ses atouts dif­­ ren­­ teurs sur son mar­­
fé­­ cia­­
ché.
Cer­­
taines entre­­
prises optent pour un mar­­ ting de masse, qui
ke­­
cherche sur­­
tout à acqué­­ de nou­­
rir
veaux clients et à sti­­ ler les ventes
mu­­
avec des offres packagées. Pour autant, l’innovation reste pour par­
­
tie d’entre elles le moteur de crois­­
sance. Et ces socié­­ ne peuvent
tés
s’affranchir de l’excellence opé­­ tion­­
ra­­ nelle, dont le ser­­
vice asso­­ à
cié
l’offre fait par­­ quoique sans indi­­ dua­­ sa­­
tie,
vi­­ li­­ tion par­­ cu­­
ti­­ lière. Leur
ren­­ bi­­ est opti­­ sée par la chasse aux coûts de la sur-­ ualité et
ta­­ lité
mi­­
q
de la non-­ ualité.
q
D’autres entre­­
prises, à l’inverse, « s’orientent client » pour mettre
en œuvre un mar­­ ting rela­­ nel qui ambi­­
ke­­
tion­­
tionne une rela­­
tion
à long terme avec le client. Le por­­ feuille clients s’envisage alors
te­­
comme un capi­­ à déve­­ per. Il s’agit là de conser­­ ses clients
tal
lop­­
ver
dans le temps. Ceci sup­­
pose de les écou­­ de les connaître, de dia­­ ­
ter,
lo­
guer avec eux de façon dif­­ ren­­
fé­­ ciée. L’objectif est de nouer une rela­
­
tion durable avec le client, fon­­ sur une commu­­ ca­­
dée
ni­­ tion simple et
fluide, sur la confiance et sur des enga­­ ments réci­­
ge­­
proques qui vont
crois­­
sant. Dans cette logique, l’offre faite au client est en géné­­
ral
per­­ na­­ sée, tant sur le plan du pro­­
son­­ li­­
duit, que des ser­­
vices et du prix
asso­­
ciés. La poli­­
tique de rela­­
tion client vient alors se conju­­
guer à la
poli­­
tique qua­­ au ser­­ de la fidélisation. La connais­­
lité
vice
sance intime
des clients est au cœur de la stra­­ gie d’offre et d’innovation.
té­­

173

Savoirs
Savoir-faire

La stra­­ gie mar­­ ting
té­­
ke­­

Savoir-être

gieuse et pérenne ? Le client est-­l sus­­ tible de rem­­ un rôle
i
cep­­
plir
de pres­­ teur auprès des non-­ lients ?
crip­­
c
✓✓ Le pro­­ poten­­ généré par le client : c’est la valeur esti­­
fit
tiel
mée du
pro­­ qui se déga­­
fit
gera des achats futurs du client (life time value).
Le client présente-­-il un haut poten­­ d’achat que l’entreprise
t
tiel
peut espé­­ déve­­ per en volume de chiffre d’affaires si elle le
rer
lop­­
fidélise dans la durée ?
6 • Fidéliser le client

Les enjeux éco­­ miques
no­­
Les condi­­
tions d’une rela­­
tion client durable
Les sup­­
ports de la rela­­
tion client
La satis­­
faction client : un défi col­­ tif
lec­­

L’orientation client en pra­­
tique : iden­­ fier et connaître
ti­­
ses clients stra­­ giques
té­­
Fidéliser ses clients repré­­
sente un coût et tous les clients ne repré­
­
sentent pas la même valeur pour l’entreprise. Par exemple, les petits
clients sont, en volume de marge, géné­­ le­­
ra­­ ment peu ren­­
tables. En
revanche, perdre un grand client peut remettre en cause la péren­­
nité
de l’entreprise. C’est pour­­
quoi il convient d’identifier les clients sur
les­­
quels concen­­ l’effort de fidélisation.
trer
Hié­­ chi­­
rar­­ ser ses clients

La matrice de l’ABC croi­­ four­­ un cadre pour repérer les clients
sée
nit
les plus impor­­
tants à fidéliser. Elle per­­
met de clas­­ les clients en
ser
croi­­
sant deux cri­­
tères : leur chiffre d’affaires et leur poten­­ de
tiel
déve­­ pe­­
lop­­ ment.
Exemples d’indicateurs du poten­­
tiel
de déve­­lop­­pe­­ ent
m
✓✓Oppor­­ ni­­ de déve­­ pe­­
tu­­ tés
lop­­ ment chez le client ;
✓✓Manque à gagner ver­­
sus nos parts de mar­­
ché ;
✓✓Part du CA réa­­
lisé par les concur­­
rents ;
✓✓Déve­­ pe­­
lop­­ ment du client sur son mar­­
ché ;
✓✓Pou­­
voir de la réfé­­
rence client : sa noto­­
riété, son réseau de
prescription…
✓✓Etc.

Le rai­­ ne­­
son­­ ment prend appui sur la Loi de Pareto, ou Loi des
20 x 80. Selon les sec­­
teurs d’activité, cette matrice appor­­
tera plus
d’enseignements en étant réa­­ sée sur la base des ventes de l’année
li­­
pré­­ dente et/ou sur la base du cumul des ventes de plu­­
cé­­
sieurs
années.
174
Figure 6.1 ■ Repré­­ ta­­
sen­­ tion gra­­
phique sui­­
vant la loi Pareto
’

’

’

Les clients sont d’abord répar­­ par le chiffre d’affaires en 3 groupes :
tis
A, B, C.
✓✓ A = 80 % du CA  20 % des clients.
✓✓ B = 15 % du CA  50 % des clients.
✓✓ C = 5 % du CA  30 % des clients.
Puis les clients sont clas­­ en 3 groupes : A’, B’, C’, en fonc­­
sés
tion
de leur poten­­
tiel.
✓✓ A’ = 80 % du poten­­  20 % des clients.
tiel
✓✓ B’ = 15 % du poten­­  50 % des clients.
tiel
✓✓ C’ = 5 % du poten­­  30 % des clients.
tiel
Ainsi trouverons-­ ous des clients A/A’, A/B’, A/C’, B/A’, B/B’,
n
B/C’, C/A’, C/B’, C/C’ à répar­­ sur la matrice ABC croi­­ (voir
tir
sée
figure 6.2).

175

Savoir-faire

A’

Savoir-être

A

Savoirs

✓✓ Quels sont les 20  % de clients avec les­­
quels l’entreprise réa­
­
lise actuel­­ ment 80 % de son chiffre d’affaires (ou du volume
le­­
d’unités de vente) ? Ce sont les clients A du por­­ feuille.
te­­
✓✓ Quels sont les 20 % de clients qui détiennent les 80 % du poten­
­
tiel de déve­­ pe­­
lop­­ ment des ventes (ou du volume d’unités de
vente) ? Ce sont les clients A’ du por­­ feuille.
te­­
6 • Fidéliser le client

Les enjeux éco­­ miques
no­­
Les condi­­
tions d’une rela­­
tion client durable
Les sup­­
ports de la rela­­
tion client
La satis­­
faction client : un défi col­­ tif
lec­­

Figure 6.2 ■ La matrice ABC croi­­
sée
POTENTIEL
A’

B’
ON

A

C

E E ELOPPE E NT

B

C’

E CE

A

POTENTIEL

CA

E CO

A’

A B’

B’

A

C’

B

A’

B

B’

B

C’

E TION
ECONO I E

C

A’

C

B’

C

C’

On dis­­
tingue alors trois grands seg­­
ments dans le por­­ feuille
te­­
clients : le fonds de commerce, le poten­­ de déve­­ pe­­
tiel
lop­­ ment et la
ges­­
tion éco­­ mique.
no­­
Le fonds de commerce

80 % du chiffre d’affaires est concen­­ sur 20 % des clients. C’est
tré
le noyau des affaires. Chaque client, par le poids qu’il repré­­
sente,
est un enjeu consé­­
quent. L’assise actuelle de l’activité se trouve au
niveau de ce seg­­
ment. Il s’agit chez ces clients de mana­­ les risques
ger
pour l’entreprise (risque de départ du client, risque finan­­ avec un
cier
défaut de paie­­
ment par exemple) et de conso­­ der les acquis (fidéliser,
li­­
via la super-­ atisfaction client, en par­­ cu­­
s
ti­­ lier). La stra­­ gie rela­­ ­
té­­
tion­
nelle est essen­­ le­­
tiel­­ ment défen­­
sive. En effet, les clients du « fonds de
commerce » sont par défi­­ tion la cible d’attaques concur­­ tielles.
ni­­
ren­­
Le « poten­­ de déve­­ pe­­
tiel
lop­­ ment »

Ce sont les clients chez les­­
quels les poten­­
tiels de déve­­ pe­­
lop­­ ment
les plus impor­­
tants ont été iden­­ fiés : les seg­­
ti­­
ments B/A’, C/A’, et
176
éga­­ ment A/A’. Ils repré­­
le­­
sentent le fonds de commerce futur de
l’entreprise. La stra­­ gie rela­­ nelle vise l’approfondissement de la
té­­
tion­­
rela­­
tion et l’augmentation du chiffre d’affaires, par exemple par les
ventes croi­­ (cross selling).
sées

Le commerce avec les clients peut être consi­­
déré sous l’angle tran­
­
sac­­ nel seul ; l’entreprise s’intéresse alors au mon­­
tion­­
tant et à la fré­
­
quence des achats ou encore au poten­­ d’achat. La matrice ABC
tiel
croi­­ évo­­
sée
quée ci-­ essus prend en compte les tran­­ tions réa­­ sées
d
sac­­
li­­
et/ou poten­­
tielles avec les clients et pros­­
pects. Les entre­­
prises qui
pri­­ lé­­
vi­­ gient un mar­­ ting de masse s’intéressent prin­­ pa­­ ment aux
ke­­
ci­­ le­­
tran­­ tions, c’est-à-dire au client en tant qu’entité éco­­ mique.
sac­­
no­­
Le commerce s’étudie aussi sous l’angle des inter­­ tions entre le
ac­­
ven­­
deur et l’acheteur. Inter­­ tions à l’initiative de l’un ou de l’autre :
ac­­
le client lance une consul­­ tion, le four­­ seur réclame un paie­­
ta­­
nis­­
ment.
Les entre­­
prises qui pri­­ lé­­
vi­­ gient un mar­­ ting rela­­ nel accordent
ke­­
tion­­
une grande atten­­
tion à ces inter­­ tions, sans pour autant négli­­ la
ac­­
ger
dimen­­
sion tran­­ tion­­
sac­­ nelle de la rela­­
tion commer­­
ciale. La rela­­
tion
177

Savoir-faire

Dis­­ guer tran­­ tion et inter­­ tion avec le client
tin­­
sac­­
ac­­

Savoir-être

C’est le domaine (B/B’, B/C’, C/B’ C/C’) où se trouvent les petits
clients. Il est carac­­ risé par un grand nombre de clients pour une
té­­
acti­­ très faible. Toute la dif­­ culté pour l’entreprise est de par­
vité
fi­­
­
ve­­ à gagner de l’argent à moindres coûts. Tou­­ fois parmi ces
nir
te­­
petits clients, cer­­
tains peuvent repré­­ ter une grande impor­­
sen­­
tance
stra­­ gique par la qua­­ de la réfé­­
té­­
lité
rence et le pou­­ de pres­­ tion
voir
crip­­
qu’elle repré­­
sente. Dans ce cas, il convien­­ de les trai­­ avec les
dra
ter
égards dus aux grands clients.
La seg­­ ta­­ des clients four­­ le socle pour construire l’offre
men­­ tion
nit
(ou pro­­ si­­
po­­ tion de valeur) et la poli­­
tique de fidélisation adap­­ à
tées
chaque seg­­
ment. Connaître et comprendre la seg­­ ta­­
men­­ tion clients,
iden­­ fier les clients stra­­ giques pour l’entreprise apporte au mana­
ti­­
té­­
­
ger orienté client un repère essen­­ pour hié­­ chi­­ les pro­­
tiel
rar­­ ser
blèmes
qui impactent la satis­­
faction des clients et affec­­ son temps aux
ter
vraies prio­­ tés.
ri­­

Savoirs

Le domaine de la « ges­­
tion éco­­ mique »
no­­
6 • Fidéliser le client

Les enjeux éco­­ miques
no­­
Les condi­­
tions d’une rela­­
tion client durable
Les sup­­
ports de la rela­­
tion client
La satis­­
faction client : un défi col­­ tif
lec­­

entre le client et son four­­ seur se noue, se tisse, se conso­­ ou
nis­­
lide
s’affaiblit à l’occasion de ces inter­­ tions. D’où l’importance pour le
ac­­
mana­­ orienté client d’identifier les inter­­ tions avec le client qui
ger
ac­­
concernent son acti­­
vité.
Pré­­ ser les figures du client
ci­­

Dans une logique tran­­ tion­­
sac­­ nelle, le client est le titu­­
laire du contrat,
celui auprès duquel s’effectue le trans­­ de pro­­
fert
priété du pro­­
duit ou
la réa­­ sa­­
li­­ tion du ser­­
vice en échange du paie­­
ment. C’est la per­­
sonne
morale de l’entreprise et son repré­­ tant contrac­­
sen­­
tuel sur les mar­
­
1
ti­­ lier
nit
chés de B to B . C’est le par­­ cu­­ qui signe le chèque ou four­­ la
c
carte de paie­­
ment sur les mar­­
chés de B to C2. Le non-­ lient est un
« pros­­
pect ».
Dans une logique interactionnelle, le client, voire le non-­ lient,
c
est un acteur, une per­­
sonne qui inter­ git avec le ou les repré­­ tants
a
sen­­
de l’entreprise. Dans les faits, « le » client est rare­­
ment unique. Le
plus sou­­
vent, il est incarné par plu­­
sieurs per­­
sonnes, qui auront cha­
­
cune leur point de vue quant à l’achat ou au ré-­ chat.
a
Le client-­ articulier peut se révé­­ moins simple qu’il n’y paraît :
p
ler
le conjoint, les enfants ou les amis sont sou­­
vent par­­ pre­­
ties
nantes
au moment du choix, de la consom­­ tion ou de l’utilisation… et
ma­­
du renou­­ le­­
vel­­ ment de l’achat. Il est influ­­
encé dans ses besoins et ses
compor­­ ments d’achat par sa culture, sa classe sociale, son âge, ses
te­­
valeurs…
Le client-­ ntreprise recouvre le plus sou­­
e
vent de mul­­
tiples figures
aux besoins et aspi­­ tions dif­­ rents. On dis­­
ra­­
fé­­
tingue sou­­
vent quatre
figures du client lors d’achats ou d’investissements complexes : le
déci­­
deur, le payeur, le pres­­ teur, l’utilisateur.
crip­­

1.	 B to B : Busi­­ to busi­­
ness
ness. L’entreprise vend à une autre entre­­
prise.
2.	 B to C : Busi­­ to consu­­
ness
mer. L’entreprise vend au par­­ cu­­
ti­­ lier.

178
Les 4 figures du client en B to B
✓✓Le rôle du déci­­
deur : il est res­­ sable in fine de la per­­ nence du choix
pon­­
ti­­
dans le sens des inté­­
rêts majeurs de son entre­­
prise.

✓✓Le rôle du pres­­ teur : il défi­­ le cahier des charges de l’investissement,
crip­­
nit
il valide que les solu­­
tions pro­­ sées y répondent.
po­­
✓✓Le rôle de l’utilisateur : il est à l’origine de l’expression des besoins, il uti­
­
li­­
sera ou pro­­ tera de l’achat et des ser­­
fi­­
vices qui y sont asso­­
ciés, il expé­­ ­
ri­
men­­
tera la qua­­ de ser­­
lité
vice.

Savoirs

✓✓Le rôle du payeur : il finance l’achat sur son bud­­
get, il s’intéresse aux éco­
­
no­­
mies réa­­ sées et au retour sur inves­­ se­­
li­­
tis­­ ment.

Là encore, le mana­­ orienté client s’attachera à détecter et
ger
mieux connaître les dif­­ rentes figures du client qui entrent en inter­
fé­­
­
ac­­
tion avec son acti­­
vité.

179

Savoir-être

Pour déve­­ per une rela­­
lop­­
tion durable avec un client, il convient de le
connaître dans une logique « orien­­ client », c’est-à-dire :
tée
✓✓ En connais­­
sant le client dans son uni­­
vers d’utilisateur, sur des
cri­­
tères tels que :
−− son métier et ses pro­­ sus,
ces­­
−− son orga­­ sa­­
ni­­ tion, ses struc­­
tures, ses repré­­ tants,
sen­­
−− les évé­­ ments qui peuvent moti­­ ses achats,
ne­­
ver
−− ses pro­­
jets, ses besoins, ses prio­­ tés,
ri­­
−− ses moti­­
vations, ses valeurs,
−− ses canaux de commu­­ ca­­
ni­­ tion pré­­
férés,
−− l’historique des échanges et commu­­ ca­­
ni­­ tions avec le client…
✓✓ En appré­­
ciant la qua­­ de la rela­­
lité
tion entre­­ nue avec lui :
te­­
−− sa satis­­
faction,
−− ses motifs de récla­­ tion,
ma­­
−− son degré de fidélité…
✓✓ Sans négli­­ bien sûr, de le connaître en tant qu’acheteur :
ger,
−− l’historique de ses achats (pro­­
duits ou ser­­
vices ache­­ fré­
tés, ­
quence, CA…),
−− sa valeur cumu­­ depuis le pre­­
lée
mier achat,

Savoir-faire

Connaître ses clients
6 • Fidéliser le client

Les enjeux éco­­ miques
no­­
Les condi­­
tions d’une rela­­
tion client durable
Les sup­­
ports de la rela­­
tion client
La satis­­
faction client : un défi col­­ tif
lec­­

−− sa ren­­ bi­­
ta­­ lité,
−− son compor­­ ment de paiement…
te­­
La connais­­
sance du client en tant qu’utilisateur four­­ la base
nit
pour le comprendre, commu­­ quer avec lui en temps oppor­­
ni­­
tun, le
conseiller et lui for­­ ler une offre adap­­
mu­­
tée.

CC Les condi­­tions d’une rela­­tion client
durable
Aujourd’hui, la plu­­
part des besoins
réels du client sont ser­­ et les inno­
vis
­
PRINCIPES CLÉS
va­­
tions sont vite copiées. On l’a vu, le
•	 La qua­­ est le pre­­
lité
mier niveau
client est aussi de mieux en mieux édu­
­
de la satis­­
faction client.
qué et informé, conscient de ses inté­
­
•	 Il est aujourd’hui insuf­­ sant pour
fi­­
rêts, sou­­
cieux de mieux choi­­ capable
sir,
s’assurer dura­­ ment la pré­­ ­
ble­­
fé­
d’apprécier la valeur de l’offre qui lui est
rence du client. L’entreprise doit
faite, plus dis­­
tant aussi. Crise aidant,
jouer sur d’autres leviers : les
il a mûri. Il est devenu méfiant et s’en
attentes du client et le concept
laisse moins conter. Il n’est pas for­­ ­
cé­
d’expérience posi­­
tive du client.
ment prêt à payer plus cher pour un
« petit plus » pro­­
duit. Comment, dans
ces condi­­
tions, la satis­­
faction du client contribue-­-elle à sa fidé­­
t
lité,
c’est-à-dire à une rela­­
tion client-­ ournisseur durable ?
f

Attentes client et satis­­
faction client
Noriaki Kano1 décela très vite la dimen­­
sion indi­­ duelle et émo­­ ­
vi­­
tion­
nelle de la satis­­
faction. Il mit en évi­­
dence que le client ne res­­ tait
sen­­
pas symé­­ que­­
tri­­ ment la satis­­
faction et l’insatisfaction, en étu­­
diant
l’effet généré par la pré­­
sence ou l’absence de telle ou telle carac­­ ris­
té­­ ­
tique dans un pro­­
duit ou une pres­­ tion.
ta­­
1.	 Noriaki Kano, expert qua­­ mon­­ le­­
lité
dia­­ ment reconnu, a reçu en 1997 le prix
Deming.

180
Figure 6.3 ■ Le dia­­
gramme de Kano

☺

Satisfaction

Savoirs
Savoir-faire

Carac­­ ris­­
té­­ tique par carac­­ ris­­
té­­ tique, les clients inter­­ gés devaient
ro­­
répondre à deux ques­­
tions dif­­ rentes :
fé­­
✓✓ « Si avec le pro­­
duit/ser­­
vice », vous pou­­ faire cela (par exemple),
viez
qu’en penseriez-­ ous ?
v
✓✓ « Si avec le pro­­
duit/ser­­
vice », vous ne pou­­ pas faire cela, qu’en
viez
penseriez-­ ous ?
v
Les clients inter­­ gés devaient for­­ ler leur réponse à par­­ de
ro­­
mu­­
tir
l’échelle de cri­­
tères sui­­
vante :
✓✓ Cela me fait plai­­
sir.
✓✓ C’est un mini­­
mum.
✓✓ Cela m’est égal.
✓✓ Je l’accepte.
✓✓ Cela me dérange.
L’intérêt de cette échelle de cri­­
tères réside dans la combi­­ son de
nai­­
réponses affec­­
tives (cela me fait plai­­
sir/me dérange) et de réponses
qui résultent d’une éva­­ tion plus ration­­
lua­­
nelle. Le fameux dia­
­
vaux apporte
gramme de Kano1 (cf. figure 6.3) qui résulte de ces tra­­
un modèle tou­­
jours actuel pour amé­­ rer la per­­ mance d’un pro­
lio­­
for­­
­
duit ou d’une pres­­ tion à par­­ de trois caté­­ ries d’attentes chez
ta­­
tir
go­­
les clients. À chaque caté­­ rie d’attentes, cor­­ pond un fonc­­ ne­
go­­
res­­
tion­­ ­
ment spé­­ fique du méca­­
ci­­
nisme de la satis­­
faction.

Attentes attractives
ou de séduction
Performance

�

☺

Réponse à
l’attente
Attentes obligatoires

�

Insatisfaction

1.	 1984.

181

Savoir-être

Non réponse
à l’attente
6 • Fidéliser le client

Les enjeux éco­­ miques
no­­
Les condi­­
tions d’une rela­­
tion client durable
Les sup­­
ports de la rela­­
tion client
La satis­­
faction client : un défi col­­ tif
lec­­

Les attentes obli­­ toires : ce sont les exi­­
ga­­
gences basiques du
client, exi­­
gences si évi­­
dentes qu’elles sont sou­­
vent impli­­
cites. En
l’absence de telle pro­­
priété ou fonc­­ na­­ atten­­ impli­­ te­­
tion­­ lité
due
ci­­ ment
du pro­­
duit, le client res­­
sent une forte insa­­ faction. En revanche, il
tis­­
reste rela­­ ve­­
ti­­ ment indif­­ rent aux gains de per­­ mance sur la fonc­
fé­­
for­­
­
tion­­ lité en ques­­
na­­
tion.
Les attentes de per­­ mance : ce sont les besoins expri­­
for­­
més par
le client en regard de son contexte, de sa situa­­
tion et du pro­­
blème à
résoudre par son achat. Le client est conscient des fac­­
teurs qui influ­
­
ent sur la valeur de son achat. Il est en pos­­
ture d’évaluation. Il est
insa­­ fait si le pro­­
tis­­
duit ou la pres­­ tion ne répond pas à ses besoins
ta­­
de per­­ mance ; sa satis­­
for­­
faction croît en fonc­­
tion du niveau de per­
­
for­­
mance de la réponse appor­­ sur ces attentes expli­­
tée
cites.
Les attentes de séduc­­
tion : elles cor­­ pondent à des besoins du
res­­
client pas for­­ ment expri­­ ou inconscients. L’absence de réponse
cé­­
més
à ce type d’attentes ne crée pas d’insatisfaction. En revanche, leur
pré­­
sence génère une heu­­
reuse émo­­
tion pour le client, un ravis­­ ­
se­
ment, bref, une super-­ atisfaction !
s
Le lec­­
teur retien­­ que les inno­­ tions peuvent por­­ tant sur le
dra
va­­
ter
pro­­ que sur les ser­­
duit
vices asso­­ et que l’innovation d’aujourd’hui
ciés
devient de plus en plus vite un basique de l’offre tant la concur­­
rence
est vive. À titre d’exemple, citons l’airbag qui fut en son temps un
véri­­
table plus dif­­ ren­­
fé­­ ciant et qui aujourd’hui équipe presque toutes
les auto­­ biles.
mo­­

Bouche à oreille et satis­­
faction client
Un nou­­ outil de mesure est venu récem­­
vel
ment rap­­ ler la dimen­
pe­­
­
sion émo­­ nelle de la super-­ atisfaction client et sur­­
tion­­
s
tout son rôle
actif en termes de fidé­­ du client, de ren­­ bi­­ et de crois­­
lité
ta­­ lité
sance
®
de l’entreprise. Il est connu sous le nom de Net Promoter Score,
ca­­
prises de pre­­
mier plan.
ou NPS®, un indi­­ teur adopté par des entre­­

182
Savoirs

Il revient aux co-­ uteurs1 de cet indi­­ teur et de la dis­­ pline Net
a
ca­­
ci­­
®
formé le fameux dic­­ « Un client content
ton
Promoter d’avoir trans­­
en parle à 4 per­­
sonnes. Un client mécontent, à 10 ! » en démarche
de pro­­
grès opé­­ tion­­
ra­­ nelle. En effet, leurs tra­­
vaux ont démon­­
tré
que le client enthou­­
siaste – autre­­
ment dit, plus que satis­­ – est le
fait
meilleur allié de la crois­­
sance de l’entreprise par sa pro­­ sion à y
pen­­
res­­ atta­­
ter
ché, à y renou­­ ler ses achats et à géné­­ autour de lui un
ve­­
rer
bouche à oreille posi­­ favo­­
tif
rable à l’arrivée de nou­­
veaux clients, sans
autre effort pour l’entreprise.
La mesure s’appuie sur une seule ques­­
tion : « Recommanderiezv
­ ous (la société », le pro­­
duit ») à un(e) ami(e) ou un(e) col­­
lègue ? »
En uti­­ sant une échelle de 0 à  10, les clients sont ensuite clas­­
li­­
sés
en trois groupes selon leur degré d’enthousiasme à recom­­ der la
man­­
société ou le pro­­
duit à un ami ou à un col­­
lègue.

✓✓Les pas­­
sifs (score 7–8) sont vos clients satis­­
faits, mais peu enthou­
­
siastes et qui res­­
tent vul­­ rables aux offres concur­­
né­­
rentes.
✓✓Les détrac­­
teurs (score 0–6) sont vos clients mécontents qui peuvent
nuire à votre image de marque et entra­­ la crois­­
ver
sance par un bouche
à oreille néga­­
tif.

Le cal­­ du Net Promoter Score® s’obtient en sous­­
cul
trayant le
pour­­ tage de clients détrac­­
cen­­
teurs du pour­­ tage de clients pro­
cen­­
­
sant
mo­­
teurs. Dès lors, faire pro­­ ser le NPS® s’obtient en rédui­­
gres­­
le nombre de clients mécontents, la pre­­
mière des prio­­ tés, et en
ri­­
déve­­ pant la satis­­
lop­­
faction des autres clients en véri­­
table loyauté.
Toute l’efficacité de la démarche de pro­­ repo­­ sur un diag­­ ­
grès
sera
nos­
tic juste des motifs d’enthousiasme ou de mécontente­­
ment auprès
des inter­­ cuteurs clients per­­ nents, de leurs causes pro­­
lo­­
ti­­
fondes et de
1
la mise en œuvre de plans d’actions appro­­
priés.
1.	 Net Promoter®, Net Promoter Score® et NPS® sont des marques dépo­­
sées
des socié­­ Satmetrix Systems, Bain  Company et de Fred Reichheld.
tés

183

Savoir-être

✓✓Les pro­­ teurs (score 9–10) sont vos clients enthou­­
mo­­
siastes fidèles qui
conti­­ ront à ache­­ vos pro­­
nue­­
ter
duits et à les recom­­
man­­ aux autres, ali­
der
­
men­­
tant la crois­­
sance de votre entre­­
prise.

Savoir-faire

Les 3 groupes de clients dis­­ in­­ ués par le NPS®
t g
6 • Fidéliser le client

Les enjeux éco­­ miques
no­­
Les condi­­
tions d’une rela­­
tion client durable
Les sup­­
ports de la rela­­
tion client
La satis­­
faction client : un défi col­­ tif
lec­­

Le concept d’expérience client
Aujourd’hui, le champ des attentes du client s’est élargi. Il couvre
trois domaines :
✓✓ le pro­­
duit ou la pres­­ tion ;
ta­­
✓✓ le ser­­
vice asso­­ (téléconseil, commer­­
cié 
cial, supply-­ hain, SAV,
c
e-­ ervices…) ;
s
✓✓ la rela­­
tion humaine avec les acteurs de l’entreprise.
C’est la somme des satis­­
factions obte­­
nues dans ces trois domaines
qui consti­­ aux yeux du client la « valeur de l’offre » en regard du
tue
prix à payer pour en pro­­ ter. Et de nom­­
fi­­
breuses études sur les cri­
­
tères de satis­­
faction ou de mécontente­­
ment montrent que le client
çoit les dif­­ rences entre les four­­ seurs ou les
fé­­
nis­­
du xxie  siècle per­­
marques qui sol­­ citent son pou­­
li­­
voir d’achat, beau­­
coup moins sur le
pro­­
duit ou la pres­­ tion stricto sensu que sur le ser­­
ta­­
vice asso­­ et sur
cié
les contacts humains. C’est sou­­
vent là que sont situées aujourd’hui
les « attentes de séduc­­
tion » du client.
Le concept d’expé­­
rience client cor­­ pond au vécu sen­­ riel et
res­­
so­­
émo­­ nel du client face au pro­­
tion­­
duit et dans les inter­­ tions avec
ac­­
son four­­ seur. Quelles émo­­
nis­­
tions et sen­­ tions le client ressentsa­­
i
­l au vu d’une publi­­
cité, sur un point de vente, en consul­­
tant un
site web, à l’appel télé­­ nique d’un centre d’appels, à l’écoute
pho­­
d’un argu­­ taire du ven­­
men­­
deur, au trai­­ ment d’une récla­­ tion, à
te­­
ma­­
l’utilisation de son pro­­
duit, en rece­­
vant un dépan­­
neur, à la récep­
­
tion d’une newsletter ou d’un mai­­
ling pro­­ tion­­
mo­­ nel ? Quelle
image en résultera-­-il pour l’entreprise ? Tous les sens par­­ cipent à
t
ti­­
l’expérience du client : l’ouïe, l’œil, le toucher… son cer­­
veau et son
cœur aussi.

184
Les prin­­ci­­paux ingré­­
dients de l’expérience
client
✓✓L’offre de base : qu’est-ce qu’on me pro­­
pose ?

✓✓Mon sen­­ ment de sécu­­
ti­­
rité : suis-­e en confiance avec cette per­­
j
sonne,
avec ce four­­ seur ? Ce pro­­
nis­­
duit, ce ser­­
vice, ce sys­­
tème me protègent-­ls
i
des risques que j’encours ? La pro­­ si­­
po­­ tion est-­ lle claire ?
e
✓✓Mon iden­­
tité : est-­ e que je me sens res­­
c
pecté dans ce que je suis, mes
centres d’intérêt, mes codes, mes valeurs ?

Savoirs

✓✓Mon temps : ici on m’évite d’attendre, là on prend le temps de m’écouter
et me conseiller, et main­­ nant on me livre vite, hier si possible…
te­­

✓✓Mon indi­­ dua­­
vi­­ lité : ma situa­­
tion, mon contexte sont-­ls pris en compte ?
i
Suis-­e traité comme un numéro ou comme un client ? L’offre et/ou la rela­
j
­
tion sont-­ lles per­­ na­­ sées à moi ?
e
son­­ li­­
✓✓Mon inté­­
rêt : qu’est-ce que cette offre va m’apporter ? En quoi m’enrichitelle ? Par quoi m’enrichit-elle ? Vaut-­ lle le prix qu’on me demande ?
e

L’orientation client en pra­­
tique : déve­­ per
lop­­
l’expérience posi­­ du client
tive
Dans une logique de rela­­
tion client durable, chaque figure du client
est une per­­
sonne unique dont il s’agit d’optimiser l’expérience.
S’orienter client, c’est faire preuve d’empathie, c’est-à-dire d’une
capa­­ à per­­ voir et comprendre les inté­­
cité
ce­­
rêts, les émo­­
tions et les
aspi­­ tions du client, dans son contexte et de son point de vue (et
ra­­
non selon les inté­­ égo­­ triques court-­ erme du ven­­
rêts
cen­­
t
deur ou de
l’entreprise). C’est ensuite de les prendre pour guide pour éla­­ rer
bo­­
la solu­­
tion qui résout le mieux son pro­­
blème. Par exemple, cela peut
aller jusqu’à adres­­ le client à court terme à un concur­­
ser
rent si la
solu­­
tion n’est pas dis­­ nible dans l’entreprise, afin de conser­­ à
po­­
ver
long terme une rela­­
tion de confiance avec lui.

185

Savoir-être

✓✓Mes sen­­ tions : ce que je vois, j’entends, je touche, je respire…, me
sa­­
procure-­-il une sen­­ tion agréable ?
t
sa­­

Savoir-faire

✓✓Mon confort : est-­ e qu’on me faci­­ la vie ? est-­ e qu’on me complique
c
lite
c
la vie ?
6 • Fidéliser le client

Les enjeux éco­­ miques
no­­
Les condi­­
tions d’une rela­­
tion client durable
Les sup­­
ports de la rela­­
tion client
La satis­­
faction client : un défi col­­ tif
lec­­

Tableau 6.1 ■  pti­­ ser la contri­­ tion de son acti­­
O mi­­
bu­­
vité à l’expérience vécue

par le client
Ingré­­
dients
de l’expérience
vécue par
le client

Satis­­
faire
les « attentes
obli­­ toires »
ga­­
du client

Satis­­
faire
les « attentes de
per­­ mance »
for­­
du client

Satis­­
faire
les « attentes de
séduc­­
tion »
du client

L’offre de base
(pro­­
duit ou ser­­
vice)
Son temps
Son sen­­ ment
ti­­
de sécu­­
rité
Son iden­­
tité
Son indi­­ dua­­
vi­­ lité
Son inté­­
rêt
Son confort
Ses sen­­ tions
sa­­

En tant que mana­­ orienté client, demandez-­ ous ce que vous
ger
v
faites, ou pour­­ faire, dans votre péri­­
riez
mètre d’action pour géné­­
rer
(ou contri­­
buer à géné­­ auprès des clients de votre entre­­
rer)
prise une
expé­­
rience vécue remar­­
quable. Adap­­ le ques­­ naire pro­­
tez
tion­­
posé
(cf. tableau 6.1) à votre sec­­
teur d’activité et à vos propres res­­ ­
pon­
sa­­ li­­ Une part impor­­
bi­­ tés.
tante de l’expérience client, sans doute la
plus impor­­
tante, se vit au contact des col­­ bo­­ teurs de l’entreprise.
la­­ ra­­
Quel sou­­ nir le client conservera-­-il du temps passé à un entre­­
ve­­
t
tien
commer­­
cial, d’un appel aux ser­­
vices comp­­
tables ou d’une visite en
maga­­
sin :
✓✓ Une expé­­
rience déce­­
vante, voire irri­­
tante, dont le client ne man­
­
quera pas de se plaindre autour de lui, et qui peut conduire à la
perte du client (insa­­ faction) ?
tis­­

186
CC Les sup­­ports de la rela­­tion client

grès des tech­­ lo­­
no­­ gies de
L’expression « commu­­ ca­­
ni­­ tion multi­ Le pro­­
l’information et de la commu­­ ca­
ni­­ ­
canal » fait réfé­­
rence à l’augmentation
tion a déjà trans­­
formé, et conti­­
nue
du nombre de canaux dis­­ nibles pour de trans­­ mer en pro­­ deur les
po­­
for­­
fon­­
commu­­ quer avec les clients. Entre les inter­­ tions de l’entreprise et de
ni­­
ac­­
médias tra­­ tion­­
di­­ nels, tels que la télé­­ ­ ses clients.
vi­
sion, la radio, la presse, les cata­­
logues,
les mai­­
lings et le contact indi­­ duel en face-­ -face ou par télé­­
vi­­
à
phone,
se sont insé­­ les sites web, la mes­­ ge­­ élec­­ nique et le télé­
rés
sa­­ rie
tro­­
­
phone mobile. Ils démul­­ plient les moyens et les oppor­­ ni­­ de
ti­­
tu­­ tés
commu­­ quer avec les clients. Ils enri­­
ni­­
chissent l’expérience client en
per­­ tant :
met­­
✓✓ plus de per­­ na­­ sa­­
son­­ li­­ tion (mes­­
sages indi­­ dua­­ sés, à un groupe
vi­­ li­­
ou une commu­­
nauté de clients…) ;
✓✓ plus d’interactivité (pos­­ bi­­ de répondre, de chater…) ;
si­­ lité
✓✓ plus de sensorialité (texte, son, image, tou­­
cher, odeur…).
L’intégration tech­­ lo­­
no­­ gique des dif­­ rents canaux de commu­­ ­
fé­­
ni­
ca­­
tion consti­­ l’un des plus impor­­
tue
tants pro­­ pour l’efficacité de
grès
la commu­­ ca­­
ni­­ tion avec le client. Nous évo­­ rons :
que­­
✓✓ La conver­­
gence entre la télé­­ sion ou la radio et Inter­­ qui per­
vi­­
net,
­
met par exemple au client de char­­ des podcasts.
ger
✓✓ La conver­­
gence entre Inter­­ et télé­­
net
phone mobile qui per­­ au
met
client d’accéder au site web depuis son por­­
table et d’envoyer des
mails et des images de par­­
tout dans le monde.
✓✓ L’intégration du fax, du télé­­
phone, du SMS, de la mes­­ ge­­
sa­­ rie
et d’Internet au niveau d’un centre de contacts. Quel que soit

187

Savoir-faire

PRINCIPE CLÉ

Savoir-être

Tech­­ lo­­
no­­ gies et commu­­ ca­­
ni­­ tion
multi­ anal avec le client
c

Savoirs

✓✓ Une expé­­
rience conforme à son attente, banale et bien vite
oubliée (satis­­
faction) ?
✓✓ Une expé­­
rience remar­­
quable et enthousiasmante dont le client se
sou­­ dra avec gra­­ tude, qu’il aura envie de renou­­ ler et qu’il
vien­­
ti­­
ve­­
commu­­ quera à son entou­­
ni­­
rage (super-­ atisfaction) ?
s
6 • Fidéliser le client

Les enjeux éco­­ miques
no­­
Les condi­­
tions d’une rela­­
tion client durable
Les sup­­
ports de la rela­­
tion client
La satis­­
faction client : un défi col­­ tif
lec­­

le canal uti­­
lisé, le client est reconnu et le pas­­
sage d’un canal à
l’autre est faci­­
lité.
Enfin, les solu­­
tions appor­­ par les nou­­
tées
velles tech­­ lo­­ per­
no­­ gies ­
mettent d’optimiser la commu­­ ca­­
ni­­ tion entre l’entreprise et le client
aux dif­­ rentes étapes de la rela­­
fé­­
tion :
✓✓ En amont, quand le client n’est encore qu’un pros­­
pect : site web,
e-­ ailing, téléphone…
m
✓✓ Au cours de l’acte d’achat : sites d’achat sur cata­­
logues pour les
par­­ cu­­
ti­­ liers comme pour les entre­­
prises, mais aussi enri­­ se­
chis­­ ­
ment de l’acte de vente en face-­ -face grâce à des appli­­ tions
à
ca­­
mul­­ mé­­ qui mettent le pro­­
ti­­ dia
duit en situa­­
tion, en maga­­ ou
sin
chez le client…
✓✓ Lors de la livrai­­
son : e-­ ervices qui per­­
s
mettent de suivre la
commande.
✓✓ Après la vente : e-­ ervices de for­­ tion ou de dépan­­
s
ma­­
nage, FAQ1,
e-­ ewsletters… ou encore forums d’utilisateurs.
n

Forces de vente et rela­­ client
tion
Même si l’essor des nou­­
velles tech­­ lo­­ ouvre un vaste champ de
no­­ gies
pro­­
grès aux moda­­ tés de la rela­­
li­­
tion client et à l’enrichissement de
l’expérience client, rien n’indique que le client renonce aux contacts
humains. Bien au contraire ! La ques­­
tion est plus celle de la complé­
­
men­­ rité entre les canaux de commu­­ ca­­
ta­­
ni­­ tion au cours des étapes de
la rela­­
tion client. Et au moment de l’achat, le recours à un conseiller
ou à un ven­­
deur reste pri­­ dial pour la plu­­
mor­­
part des clients et pour
de nom­­
breux types d’achats.
La typo­­ gie ABC croi­­ (cf. figure 6.2) four­­ une base utile
lo­­
sée
nit
pour pen­­ l’organisation des forces en contact avec le client dans les
ser
entre­­
prises tra­­
vaillant en B to B. Dans une logique de fidélisation :

1.	 Foire aux ques­­
tions les plus fré­­
quentes.

188
Savoirs
Savoir-faire

✓✓ Les clients du « fonds de commerce » et du « poten­­ de déve­
tiel
­
lop­­ ment » requièrent un ser­­
pe­­
vice hau­­ ment per­­ na­­
te­­
son­­ lisé. Les
enjeux éco­­ miques sont très impor­­
no­­
tants et la struc­­
ture de ces
grands clients est complexe. En fonc­­
tion de la taille de ces clients
et de leur taille du four­­ seur, c’est là que seront mises en place
nis­­
des forces de vente « grands comptes ». En par­­ cu­­ sur les
ti­­ lier
clients A/A’, la per­­ na­­ sa­­
son­­ li­­ tion de la rela­­
tion client pourra aller
jusqu’à mettre en place un « key account mana­­
ger » par client, en
charge d’élaborer un busi­­
ness plan avec le client, d’élaborer des
solu­­
tions spé­­ fiques et, à ces fins, d’animer autour des besoins
ci­­
du client une équipe dédiée et multi-­ ompétences (experts tech­
c
­
niques, logis­­ ciens, ser­­
ti­­
vices par­­ cu­­
ti­­ liers, qualiticiens…).
✓✓ Les clients B, de taille plus modeste, pour­­
ront être, selon les cas,
sui­­ par une seule per­­
vis
sonne qui veillera à la bonne ges­­
tion des
dif­­ rentes inter­­
fé­­
faces entre l’entreprise cliente et son four­­ seur.
nis­­
✓✓ C’est sur les clients du groupe « ges­­
tion éco­­ mique », nom­
no­­
­
breux mais à poten­­ d’achat faible, que devront être trou­­
tiel
vées
les solu­­
tions pour offrir une rela­­
tion client réelle mais à moindre
coût. Les plates-­ ormes télé­­ niques de contacts, de télévente,
f
pho­­
d’administration des ventes, d’après-vente et d’assistance trouvent
ici toute leur rai­­ d’être.
son
La même logique peut aussi s’appliquer à cer­­
tains sec­­
teurs de
grande consom­­ tion. Ainsi, les opé­­ teurs de télé­­ mu­­ ca­­
ma­­
ra­­
com­­ ni­­ tions
ou les compa­­
gnies aériennes dis­­
tinguent leurs meilleurs clients,
friands de ser­­
vices VIP, des tech­­ lo­­ les plus nou­­
no­­ gies
velles, connec­
­
tés en per­­ nence à leur télé­­
ma­­
phone mobile ou à leur ordi­­ teur por­
na­­
­
table. Des conseillers spé­­
ciaux leur sont par­­ dédiés.
fois

L’apport des nou­­
velles tech­­ lo­­ d’information et de commu­­ ­
no­­ gies
ni­
ca­­
tion n’a pas pour enjeu de rem­­ cer la rela­­
pla­­
tion face-­ -face ou les
à
médias de masse par des canaux infor­­ ti­­ Il s’agit au contraire,
ma­­ sés.
grâce à eux, d’optimiser les inter­­ tions avec le client pour construire
ac­­
un dia­­
logue utile et vivant.
189

Savoir-être

L’orientation client en pra­­
tique : ser­­ les pré­­ rences
vir
fé­­
des clients en matière de canal de commu­­ ca­­
ni­­ tion
6 • Fidéliser le client

Les enjeux éco­­ miques
no­­
Les condi­­
tions d’une rela­­
tion client durable
Les sup­­
ports de la rela­­
tion client
La satis­­
faction client : un défi col­­ tif
lec­­

Trois prin­­
cipes sont à res­­ ter :
pec­­
✓✓ Iden­­ fier les pré­­ rences du client, en matière de canal de commu­
ti­­
fé­­
­
ni­­ tion et en fonc­­
ca­­
tion des phases de la rela­­
tion, de façon à enri­
­
chir son expé­­
rience et faci­­ ter les inter­­ tions avec lui. Quelles
li­­
ac­­
infor­­ tions ou quels e-­ ervices le client apprécie-­-il de trou­­
ma­­
s
t
ver
sur le site de l’entreprise ? Pour quelle inter­­ tion a-­-il envie d’un
ac­­
t
accès mail ou télé­­ nique immé­­
pho­­
diat ? Quand est-­l indis­­ ­
i
pen­
sable d’offrir au client une conver­­ tion en face-­ -face ?
sa­­
à
✓✓ Demander au client la per­­ sion de commu­­ quer promis­­
ni­­
a
­ ctivement avec lui de façon à évi­­ tout res­­
ter
senti d’intrusion
pré­­ di­­
ju­­ ciable à son niveau de satis­­
faction. Rap­­ lons ici que la
pe­­
loi, en France, pro­­
tège la vie pri­­ des per­­
vée
sonnes. En par­­ cu­­
ti­­ lier,
sur les mar­­
chés de grande consom­­ tion, les pro­­ sion­­ de la
ma­­
fes­­ nels
direc­­
tion infor­­ tique, du mar­­ ting et de la rela­­
ma­­
ke­­
tion client sont
répu­­ connaître la posi­­
tés
tion du légis­­ teur en la matière. La loi
la­­
n° 2004-801 du 6 août 2004, qui a modi­­ la loi « Infor­­ tique,
fié
ma­­
fichiers et liber­­
tés » du 6 jan­­ 1978, défi­­ la pro­­ tion des
vier
nit
tec­­
par­­ cu­­
ti­­ liers à l’égard de l’utilisation et des trai­­ ments de don­
te­­
­
1
nées nomi­­ tives et per­­ nelles .
na­­
son­­
✓✓ Déli­­
vrer simul­­ né­­
ta­­ ment des mes­­
sages homo­­
gènes et cohé­­
rents
quel que soit le canal de commu­­ ca­­
ni­­ tion par lequel le client
entre en contact avec l’entreprise. On ne sau­­ trop sou­­ gner
rait
li­­
les dégâts pour l’image de l’entreprise lorsqu’elle lance une cam­
­
pagne de publi­­ ou même d’informations sans que les col­­ ­
cité
la­
bo­­ teurs au contact des clients en connaissent les termes. De
ra­­
même, un grand client fidèle conce­­ beau­­
vra
coup d’irritation de
se voir non reconnu comme tel au ser­­
vice après-­ ente alors qu’il
v
est l’objet de toutes les atten­­
tions du ser­­ commer­­
vice
cial.

1.	 La Commis­­
sion natio­­
nale de l’informatique et des liber­­ (CNIL) est
tés
l’autorité admi­­ tra­­
nis­­ tive indé­­ dante en charge d’assurer la pro­­ tion des
pen­­
tec­­
don­­
nées per­­ nelles des citoyens fran­­
son­­
çais. La CNIL contrôle en par­­ cu­­
ti­­ lier
les fichiers mis en place dans les entre­­
prises.

190
Déve­­ per l’expérience posi­­ du client
lop­­
tive
pour abou­­ à la super-­ atisfaction qui le
tir
s
PRINCIPES CLÉS
fidélisera est un exer­­ complexe.
cice
table défi de la satis­
­
À chaque inter­­ tion, le client vit une •	 Le véri­­
ac­­
faction client est col­­ tif et
lec­­
expé­­
rience, agréable ou pas, mémo­­
rable
néces­­
site une intense coopé­­ ­
ra­
ou pas. Et dès lors qu’un four­­ seur
nis­­
tion entre les acteurs. Chaque
dépasse le stade de la très petite entre­­
prise,
col­­ bo­­ teur détient sa part de
la­­ ra­­
un même inter­­ cuteur client commu­­ ­
lo­­
ni­
res­­ sa­­ lité.
pon­­ bi­­
quera dans le temps avec des per­­
sonnes •	 Le plus dif­­ cile reste de créer
fi­­
dif­­ rentes.
fé­­
ensemble une expé­­
rience
client à la fois homo­­
gène et
De plus, toutes les occa­­
sions de contact
enthousiasmante.
n’auront pas la même impor­­
tance pour
lui. Ses besoins et attentes, impli­­
cites ou
expli­­
cites, varie­­
ront aussi dans le temps.
Ajou­­
tons que les per­­
sonnes au contact des clients ne sont pas en
maî­­
trise de tout ce qui peut impac­­ la satis­­
ter
faction du client (par
exemple, la dis­­ ni­­ lité du pro­­
po­­ bi­­
duit).
Enfin, comme on l’a vu pré­­ dem­­
cé­­ ment, le client-­ ntreprise est le
e
plus sou­­
vent repré­­
senté par plu­­
sieurs per­­
sonnes, ce qui mul­­ plie le
ti­­
nombre de per­­
sonnes à satis­­
faire.

Savoir-faire

CC La satis­­faction client : un défi col­­lec­­tif

Savoirs

Dans ce domaine, le mana­­ orienté client se tient lui-­ ême
ger
m
informé des mes­­
sages et offres des­­ nés aux clients. Il relaie ces
ti­­
infor­­ tions auprès de ses équipes, a for­­
ma­­
tiori si elles sont ame­­
nées à
commu­­ quer avec les clients.
ni­­

Le par­­
cours client est la des­­ tion, de son point de vue, de ses inter­
crip­­
­
ac­­
tions avec l’entreprise sur toute la durée du cycle de vie client.
Cet outil est assez simple à éla­­ rer lorsque le client est un par­
bo­­
­
ti­­ lier. En revanche, sur les mar­­
cu­­
chés de B to B, plu­­
sieurs par­­
cours
client sont à décrire. Pre­­
nons le cas par exemple d’un édi­­
teur de
logi­­
ciels. Dans l’entreprise cliente, plu­­
sieurs inter­­ cuteurs entrent
lo­­
en inter­­ tion avec le four­­ seur. Le par­­
ac­­
nis­­
cours client du direc­­
teur
191

Savoir-être

L’outil « par­­
cours client »
6 • Fidéliser le client

Les enjeux éco­­ miques
no­­
Les condi­­
tions d’une rela­­
tion client durable
Les sup­­
ports de la rela­­
tion client
La satis­­
faction client : un défi col­­ tif
lec­­

infor­­ tique n’est pas le même que celui de l’utilisateur. Dans une
ma­­
logique de fidélisation, les deux par­­
cours sont impor­­
tants à éla­­ rer.
bo­­
Sous le par­­
cours du client, on retrou­­
vera les pro­­ sus mis en
ces­­
place chez le four­­ seur pour orga­­ ser et contrô­­ ses acti­­ tés
nis­­
ni­­
ler
vi­­
orien­­ client :
tées
✓✓ éla­­ rer, inno­­
bo­­
ver ;
✓✓ infor­­
mer, commu­­ quer ;
ni­­
✓✓ conseiller, pres­­
crire, éta­­ un devis ;
blir
✓✓ pro­­
duire, ser­­ livrer ;
vir,
✓✓ fac­­ rer, encais­­ recou­­
tu­­
ser,
vrer ;
✓✓ assis­­ for­­
ter, mer, dépan­­
ner.
Sur chaque pro­­ sus sont pos­­ les acteurs de l’entreprise. Acteurs
ces­­
tés
du front-­ ffice, commer­­
o
ciaux iti­­ rants, en point de vente, en centre
né­­
de contacts, ou encore tech­­ ciens d’avant-vente ou d’après-vente,
ni­­
tous en charge des contacts directs avec le client. Acteurs du backo
­ ffice, en charge de la ges­­
tion des commandes, de l’administration
des contrats, de l’approvisionnement, des livraisons… Acteurs des
ser­­
vices sup­­
ports, du mar­­ ting, de la gestion…
ke­­
L’outil « par­­
cours client » pré­­
sente plu­­
sieurs inté­­
rêts :
✓✓ Son éla­­ ra­­
bo­­ tion cor­­ pond à un exer­­ d’empathie. Il s’agit de
res­­
cice
se pro­­ ter dans l’univers du client pour repen­­ aux évé­­ ments
je­­
ser
ne­­
déclen­­
cheurs d’interactions à son ini­­
tiative.
✓✓ Sa visua­­ sa­­
li­­ tion pro­­
cure une prise de conscience plus affû­­ des
tée
besoins et attentes du client dans chaque cir­­
constance. Au fur et à
mesure des évé­­ ments, l’état d’esprit du client n’est plus le même.
ne­­
Chaque inter­­ tion peut être étu­­ en tant que telle pour y déve­
ac­­
diée
­
lop­­ une expé­­
per
rience par­­ cu­­ re­­
ti­­ liè­­ ment posi­­ pour le client. Les
tive
conclu­­
sions de cette étude pour­­
ront venir enri­­
chir (ou sim­­ fier)
pli­­
des élé­­
ments des pro­­ sus internes cor­­ pon­­
ces­­
res­­ dants.
✓✓ Cha­­ dans l’entreprise peut à la fois rat­­ cher sa contri­­ tion
cun
ta­­
bu­­
per­­ nelle à la satis­­
son­­
faction du client, tout en per­­ vant à quel
ce­­
point l’enjeu de la fidélisation est par­­
tagé avec d’autres col­­
lègues
qui par­­ cipent comme lui à la chaîne de ser­­ du client. En ce
ti­­
vice
192
6.4 ■ Exemple de par­­
cours client dans un centre de contacts
e
e passe
ne
o an e

te e

e re o s
n appel po r
e e an er s
to t a
en
t es
l
on pro
t

Appels sortants

Appels entrants

e passe
ne no elle
o an e

e re o s
n appel po r
n or er
ne
pro o

e r
la s

la e
te e

e re o s
n appel e
relan e e
pa e ent

e r ept onn
e
a a t e
r

Le sys­­
tème d’information, lien
entre les cor­­ pon­­
res­­ dants du client
Les logi­­
ciels de ges­­
tion de la rela­­
tion client ou CRM (customer
relationship mana­­ ment) ont été intro­­
ge­­
duits dans les entre­­
prises à
l’aube des années 2000. Si les pre­­
mières implan­­ tions se sont par­
ta­­
­
fois révé­­ déce­­
lées
vantes, les condi­­
tions de suc­­ d’un pro­­ CRM
cès
jet
sont aujourd’hui mieux maî­­ sées. Il en résulte des béné­­
tri­­
fices mieux
reconnus. Le logi­­ CRM per­­
ciel
met de consti­­
tuer une base de don­
­
nées clients et pros­­
pects sur laquelle tous les acteurs de la rela­­
tion
client vien­­
dront se connec­­ tant pour en extraire les infor­­ tions
ter,
ma­­
utiles à leur acti­­ que pour l’enrichir de nou­­
vité
velles don­­
nées concer­
­
nant les clients, leurs tran­­ tions et les infor­­ tions col­­ tées au
sac­­
ma­­
lec­­
cours des inter­­ tions.
ac­­
Les mana­­
gers mar­­ ting et commer­­
ke­­
ciaux y trouvent les don­
­
nées utiles pour ana­­ ser les ventes, construire des plans d’action,
ly­­
cibler des actions de pros­­ tion, per­­ na­­ ser et auto­­ ti­­ des
pec­­
son­­ li­­
ma­­ ser
193

Savoir-faire

a
eso n
n or at ons
s r le pro
t

el

e r ept onn
e
a l ra son

Savoir-être

o nt e ent
e

n or e
la
ra son

Savoirs

sens, la vision du par­­
cours client pro­­
cure à tous une vision uni­
­
fiée du client.
En vous ins­­ rant de l’exemple pro­­
pi­­
posé dans la figure 6.4, des­­ ­
si­
nez le par­­
cours de vos propres clients. Vous pour­­ ensuite mieux
rez
iden­­ fier les liens entre l’activité de vos col­­ bo­­ teurs et leur contri­
ti­­
la­­ ra­­
­
bu­­
tion, directe ou indi­­
recte, à la satis­­
faction du client dans une
perspec­­ « orien­­ client ».
tive
tée
6 • Fidéliser le client

Les enjeux éco­­ miques
no­­
Les condi­­
tions d’une rela­­
tion client durable
Les sup­­
ports de la rela­­
tion client
La satis­­
faction client : un défi col­­ tif
lec­­

cam­­
pagnes. Les commer­­
ciaux sont assis­­ pour la ges­­
tés
tion de leurs
rendez-­ ous et de leurs relances, voire pour l’élaboration des offres.
v
Ils accèdent d’un « clic » à l’historique des ventes. Les conseillers
des plates-­ ormes ADV ou des centres d’appels, ou encore les tech­
f
­
ni­­
ciens du SAV et les hot-­ines d’assistance tech­­
l
nique accèdent
immé­­ te­­
dia­­ ment à la fiche client et à l’historique des rela­­
tions. Ainsi,
cha­­
cun dis­­
pose en temps réel de la connais­­
sance utile pour exer­
­
cer son métier en pleine connais­­
sance du contexte client. C’est bien
le logi­­ CRM qui per­­
ciel
met aux acteurs pos­­ sur le par­­
tés
cours du
client d’entretenir avec lui un dia­­
logue consis­­
tant et valo­­ sant. Le
ri­­
client n’a plus besoin de répé­­ son his­­
ter
toire à cha­­
cun, il est connu,
il se sent mieux reconnu. Encore faut-­l que cha­­ intro­­
i
cun
duise dans
la base de don­­
nées les infor­­ tions col­­ tées ou pro­­
ma­­
lec­­
duites à son
niveau.
C’est pour­­
quoi le mana­­ orienté client doit s’attacher à don­­
ger
ner
du sens au logi­­ CRM de l’entreprise et au tra­­
ciel
çage des infor­­ ­
ma­
tions clients qui sont géné­­ au niveau de son acti­­
rées
vité. Les bonnes
pra­­
tiques de chaque col­­ bo­­ teur en matière d’enregistrement des
la­­ ra­­
don­­
nées client condi­­
tionnent l’action per­­ nente de tous les acteurs
ti­­
de la chaîne de ser­­ du client.
vice

Les moments de vérité de la rela­­ client
tion
Sur le par­­
cours du client, les « moments de vérité » sont les inter­­ ­
ac­
tions dans les­­
quelles le client risque de rompre la rela­­
tion commer­
­
ciale avec son four­­ seur. Ce sont des moments à forte charge émo­
nis­­
­
tion­­
nelle et dans les­­
quels la décep­­
tion ou le mécontente­­
ment peut
être fatal pour l’attachement du client. Les moments de vérité dif­
­
fèrent selon les sec­­
teurs d’activité.
Pre­­
nons l’exemple de l’assurance habi­­ tion pour illus­­
ta­­
trer,
comment la situa­­
tion de sinistre devient un moment de vérité. Le
client paie pour se pré­­ nir d’un risque. Le risque, par défi­­ ­
mu­­
ni­
tion, se réa­­ rare­­
lise
ment. Et cer­­
tains clients sont par­­ vic­­
fois times
de l’impression (rap­­ lons ici qu’elle est fausse) de payer chaque
pe­­
194
Savoirs
Savoir-faire

année pour « rien ». Quand le risque se réa­­
lise, un dégât des eaux
par exemple, ce type de client devient fort exi­­
geant quant à la qua­
­
lité d’accueil et de ser­­
vice qui lui sont offerts. Un faux pas dans
l’accueil du client, un manque d’empathie ou de pré­­
sence, trop de
len­­
teur res­­ tie dans le dérou­­ ment de la procédure… et notre
sen­­
le­­
client décide, in petto, de chan­­ d’assureur pour les vingt années
ger
sui­­
vantes. Ou encore, ima­­ nons une satis­­
gi­­
faction miti­­ à pro­­
gée
pos
d’une fran­­
chise de rem­­
bour­­ ment, en dépit du par­­ respect de la
se­­
fait
clause contrac­­
tuelle pré­­
vue, et simul­­ né­­
ta­­ ment, l’arrivée du mai­­
ling
accro­­
cheur d’un concur­­
rent : voilà notre client devenu plus sen­­
sible
au chant des sirènes, tout prêt à l’infidélité !
Il appar­­
tient à chaque entre­­
prise d’identifier quels sont, dans son
sec­­
teur d’activité, ces fameux moments de vérité dans les­­
quels le lien
entre le client et son four­­ seur est fra­­ lisé. Un peu comme dans
nis­­
gi­­
la rela­­
tion amou­­
reuse, toutes les « pre­­
mières fois » sont à sur­­
veiller :
pre­­
mier appel à un four­­ seur inconnu, pre­­
nis­­
mier achat, pre­­
mière
ins­­ la­­
tal­­ tion, pre­­
mière uti­­ sation. Peuvent sur­­ nir des ten­­
li­­
ve­­
sions au
fil du temps : toute situa­­
tion de récla­­ tion est par défi­­ tion un
ma­­
ni­­
moment de vérité dans lequel le client mesure la volonté de son four­
­
nis­­
seur de réta­­ sa satis­­
blir
faction. Les re­ égocia­­
n
tions tari­­
faires, les
réen­­ ge­­
ga­­ ments de contrat sont aussi des moments sen­­
sibles.
Le mana­­ orienté client connaît les moments de vérité de la
ger
rela­­
tion client. Il met en place des alertes, il forme ses col­­ bo­­ ­
la­­ ra­
teurs à la détec­­
tion des situa­­
tions à risque et aux bonnes pra­­
tiques
rela­­ nelles qui réta­­
tion­­
blissent un dia­­
logue confiant avec le client. Il
veille en par­­ cu­­ à mettre sous contrôle le trai­­ ment des récla­­ ­
ti­­ lier
te­­
ma­
tions qui par­­
viennent dans son acti­­
vité.

Si l’on peut craindre la rup­­
ture de la rela­­
tion client dans les moments
de vérité, para­­
doxa­­ ment les cir­­
le­­
constances à forte charge émo­­ ­
tion­
nelle sont aussi des oppor­­ ni­­ de s’attacher dura­­ ment le client.
tu­­ tés
ble­­
L’entreprise s’organise bien évi­­ ment dans le but de satis­­
dem­­
faire
ses clients. Tou­­ fois le « zéro défaut » reste un idéal et le pro­­ ­
te­­
ces­
sus le mieux huilé du monde n’est jamais à l’abri d’un aléa occa­
­
sion­­
nant un dys­­ tion­­ ment pour le client. Quand ce der­­
fonc­­ ne­­
nier
195

Savoir-être

Dys­­ tion­­ ments et situa­­
fonc­­ ne­­
tions d’exception
6 • Fidéliser le client

Les enjeux éco­­ miques
no­­
Les condi­­
tions d’une rela­­
tion client durable
Les sup­­
ports de la rela­­
tion client
La satis­­
faction client : un défi col­­ tif
lec­­

adresse une récla­­ tion, il offre alors une chance à son four­­ ­
ma­­
nis­
seur de se rat­­ per. Et le trai­­ ment excellent d’une récla­­ tion
tra­­
te­­
ma­­
peut aller jusqu’à géné­­ du sou­­ ge­­
rer
la­­ ment, de la gra­­ tude, voire
ti­­
de l’admiration chez ce même client. Dans ce cas, le four­­ seur
nis­­
qui a su faire la preuve tant du respect qu’il porte à son client que
de son effi­­ cité à répa­­ son erreur ou un pré­­ dice, sus­­ un
ca­­
rer
ju­­
cite
train d’émotions posi­­
tives. C’est là la meilleure façon de res­­ rer
tau­­
l’équilibre de la rela­­
tion et de ré-­ ssurer le client dans la convic­­
a
tion
qu’il a bien placé sa confiance.
Autre cas de figure, la demande excep­­ nelle. Pre­­
tion­­
nons le cas
d’un client vic­­
time d’un pro­­
blème dans son envi­­ ne­­
ron­­ ment et qui
va appe­­ son four­­ seur à l’aide pour le résoudre. Plus le pro­­
ler
nis­­
blème
est cri­­
tique à ses yeux, plus grande sera la reconnais­­
sance éprou­
­
vée, dès lors que le four­­ seur se mon­­
nis­­
trera soli­­
daire et déploiera ses
efforts pour mettre en place une solu­­
tion. Rac­­ cir le délai stan­
cour­­
­
dard, déta­­
cher un col­­ bo­­ teur, offrir un pro­­
la­­ ra­­
duit de sub­­ tution,
sti­­
voire faire appel à un concur­­
rent pour rendre ser­­
vice à son client...
là encore, le client sera tou­­ et ravi.
ché
Enfin, il reste les moments de célé­­ tion, les abou­­ se­­
bra­­
tis­­ ments
heu­­
reux tels que la remise des clefs d’une nou­­
velle mai­­ ou d’une
son
voi­­
ture, la conclu­­
sion d’un pro­­ d’envergure. Équipe client et
jet
équipe four­­ seur sont heu­­
nis­­
reuses. Des gestes simples et conviviaux,
ou encore des céré­­ nies fes­­
mo­­
tives per­­
mettent d’ancrer chez le client
le sou­­ nir remar­­
ve­­
quable d’une col­­ bo­­ tion réus­­ et d’aiguiser le
la­­ ra­­
sie
désir de se revoir.
Bien sûr, il n’entre pas dans notre pro­­
pos de recom­­ ­
man­
der l’augmentation des dys­­ tion­­ ments ni la sys­­ ma­­ sation
fonc­­ ne­­
té­­ ti­­
d’efforts coû­­
teux pour s’attacher les clients. Le lec­­
teur retien­­
dra
qu’une rela­­
tion durable est sous-­ endue par un niveau suf­­ sam­­
t
fi­­ ment
élevé de satis­­
faction du client et qu’elle est dyna­­ sée par des temps
mi­­
forts, – et qui doivent res­­ excep­­ nels –, dans les­­
ter
tion­­
quels le four­
­
nis­­
seur et sur­­
tout, ses repré­­ tants, se sur­­
sen­­
passent, sur­­
prennent posi­
­
ti­­ ment le client, favo­­ sant ainsi son atta­­ ment.
ve­­
ri­­
che­­
196
1.	 Ainsi que nous l’avons vu au chapitre 5, figure 5.2.

197

Savoir-faire
Savoir-être

Dans une orga­­ sa­­
ni­­ tion par pro­­ sus, les acteurs sont inter­­ pen­
ces­­
dé­­ ­
dants. Le col­­ bo­­ teur au contact du client (en front-­ ffice), s’il est
la­­ ra­­
o
res­­ sable de la qua­­ du contact qu’il éta­­ avec le client, n’a
pon­­
lité
blit
pas tou­­
jours la capa­­ à résoudre sur le champ son pro­­
cité
blème. Les
trai­­ ments sont effec­­
te­­
tués par les acteurs de « back-­ ffice ». Chaque
o
maillon de la chaîne de ser­­
vice du client ne réa­­ qu’une par­­ de
lise
tie
la pres­­ tion totale en y appor­­
ta­­
tant sa valeur ajou­­
tée.
La col­­ bo­­ tion interne s’inscrit dans le modèle client-­ourla­­ ra­­
f
1
buent à la per­­ mance de la pres­
for­­
­
nisseur . Tous les maillons contri­­
ta­­
tion finale et à sa valeur ajou­­ glo­­
tée bale. L’efficacité d’un seul de
ces maillons ne pro­­
duit pas pour autant l’efficacité de l’ensemble.
En revanche, la qua­­ des contrats inter­­ diaires pas­­ aux dif­
lité
mé­­
sés
­
fé­­
rents stades du pro­­ sus garan­­ dans une large part, la qua­­
ces­­
tit,
lité
de la pro­­ tion finale déli­­
duc­­
vrée au client. C’est ce qu’on appelle la
coor­­ na­­
di­­ tion entre les acteurs.
Tou­­ fois, entre des acti­­ tés inter­­ pen­­
te­­
vi­­
dé­­ dantes, seules les inter­
­
ac­­
tions humaines per­­
mettent les ajus­­ ments mutuels en cas
te­­
d’imprévu, d’exception, en situa­­
tion dégradée ou encore en situa­
­
tion de crise. L’ajustement mutuel effi­­
cace est la plus-­ alue poten­
v
­
tielle de l’interaction des clients et four­­ seurs internes. Pour que
nis­­
ces ajus­­ ments mutuels – et « hors-­ ontrat » – soient effec­­
te­­
c
tués, les
acteurs doivent se sen­­ liés par une œuvre commune, soli­­
tir
daires
de cette œuvre, auto­­ sés et inci­­ à la per­­ tion­­ ensemble. On
ri­­
tés
fec­­ ner
parle ici de la coopé­­ tion des acteurs internes autour de l’enjeu par­
ra­­
­
tagé de satis­­
faction client.
Mais la coopé­­ tion ne se décrète pas. En dépit d’un lien orga­
ra­­
­
ni­­ tion­­ trans­­ sal, les acteurs des métiers peuvent conti­­
sa­­ nel
ver­­
nuer à
tra­­
vailler sans coopé­­ réel­­ ment. Ce sont les fonc­­ ne­­
rer
le­­
tion­­ ments en
« silo », dans les­­
quels les pro­­ sion­­
fes­­ nels res­­
tent entre pairs, par­­ ­
ta­
geant un voca­­ laire, un savoir-­ aire et des valeurs qui leur sont
bu­­
f
propres. Les mes­­
sages et les compor­­ ments per­­ par le client sont
te­­
çus
alors hété­­ gènes, éven­­ le­­
ro­­
tuel­­ ment dis­­ dants. Et l’effet pro­­
cor­­
duit sur
le client est rare­­
ment remar­­
quable !

Savoirs

L’orientation client en pra­­
tique : coor­­ na­­
di­­ tion
et coopé­­ tion autour du client
ra­­
6 • Fidéliser le client

Les condi­­
tions d’une rela­­
tion client durable
Les sup­­
ports de la rela­­
tion client
La satis­­
faction client : un défi col­­ tif
lec­­
Le fac­­
teur humain dans la satis­­
faction

Philippe Zarifian1 asso­­ à la coopé­­ tion la condi­­
cie
ra­­
tion de
« l’intercompréhension », c’est-à-dire,  « la compré­­ sion réci­
hen­­
­
proque : à la fois connaître autrui – ce qu’il est néces­­
saire de savoir
pour bien coopé­­ –, ses apports pos­­
rer
sibles, ses contraintes, mais
aussi comprendre autrui du point de vue de ses inten­­
tions, de ses
attentes, de ses désirs, et croyances ».
Le mana­­ orienté client favo­­ la coopé­­ tion inter-­ étiers
ger
rise
ra­­
m
autour de la satis­­
faction client en déve­­ pant chez ses col­­ bo­­ ­
lop­­
la­­ ra­
teurs la connais­­
sance des autres métiers. Il favo­­ les ren­­
rise
contres, les
échanges et les dis­­ sions avec ceux des autres métiers. Ainsi, il déve­
cus­­
­
loppe l’intercompréhension entre col­­ bo­­ teurs pro­­ à la coopé­­ ­
la­­ ra­­
pice
ra­
tion de son équipe avec les autres équipes autour des enjeux clients.

CC Le fac­­teur humain dans la satis­­faction
des clients
PRINCIPES CLÉS
•	 Le client apporte dans l’interaction ses besoins et attentes et
l’engagement de son indi­­ dua­­
vi­­ lité.
•	 Der­­
rière lui, il y a son groupe social : son entou­­
rage ami­­ et
cal
pro­­ sion­­ et l’entreprise dont il repré­­
fes­­
nel
sente les inté­­
rêts.
•	 À charge pour le four­­ seur, de trans­­ mer ces attentes en
nis­­
for­­
atta­­ ment au fil du par­­
che­­
cours accom­­ par le client.
pli

1.	 Philippe Zarifian est un socio­­
logue fran­­
çais. Il est pro­­ seur à l’Université de
fes­­
Paris-­ st Marne-­a-Vallée dont il a créé et dirigé le dépar­­ ment de socio­­ ­
E
l
te­­
lo­
gie. Ses tra­­
vaux portent sur la socio­­ gie géné­­ (socio­­ gie de la moder­­
lo­­
rale
lo­­
nité,
socio­­ gie du sujet), sur la mondialité, la socio­­ gie du tra­­ et la socio­­ ­
lo­­
lo­­
vail
lo­
gie des modèles d’organisation en déve­­ pant de nou­­
lop­­
veaux concepts tels que
« évé­­ ment », « commu­­
ne­­
nauté d’action », « socio­­ gie du deve­­
lo­­
nir », « modèle
de la compé­­
tence » , « commu­­ ca­­
ni­­ tion inter­ ompré­­ sive », « mondialité ».
c
hen­­

198
Les commu­­ tés vir­­
nau­­
tuelles se sont spon­­ né­­
ta­­ ment déve­­ pées sur
lop­­
Inter­­
net. Elles fonc­­
tionnent autour de centres d’intérêt par­­ gés
ta­­
par les membres. Si l’écoute des clients est une pra­­
tique éta­­ de
blie
longue date dans les entre­­
prises qui réus­­
sissent, les nou­­
velles tech­­ ­
no­
lo­­ per­­
gies mettent de leur don­­ la parole à rela­­ ve­­
ner
ti­­ ment faible coût.
Faire coopé­­ ses clients à l’amélioration de son site de vente ou à
rer
l’élaboration de ses pro­­
duits contri­­ à leur fidélisation. C’est au
bue
fond déve­­ per l’intercompréhension fournisseur-­ lients, ins­­ ler
lop­­
c
tal­­
la commu­­ ca­­
ni­­ tion, uti­­ ser les compé­­
li­­
tences du client, son expé­­
rience
et son ima­­ na­­
gi­­ tion pour co-­ roduire l’offre pro­­
p
duit ou ser­­
vice. Le
client internaute doit bien sûr consta­­ que ses remon­­
ter
tées sont
exploi­­ pour en retirer fierté et satis­­
tées
faction. La rela­­
tion commer­
­
ciale s’enrichit alors d’échanges non mar­­
chands.

Savoirs

Commu­­ tés de clients et mar­­ ting par­­ cipatif
nau­­
ke­­
ti­­

199

Savoir-être

Au-­ elà des tech­­
d
niques de vente et de négo­­ tion que l’entreprise
cia­­
entre­­
tient chez ses commer­­
ciaux, le déve­­ pe­­
lop­­ ment des compé­­
tences
orien­­ client de tous les autres acteurs au contact des clients figure
tées
main­­ nant en bonne place dans les plans de for­­ tion.
te­­
ma­­
Qu’attend le plus sou­­
vent le client d’une inter­­ tion avec un
ac­­
conseiller en point de vente ou à dis­­
tance ?
✓✓ Un inter­­ cuteur pro­­ sion­­ qui lui donne accès au ser­­
lo­­
fes­­ nel
vice ou
à l’offre du four­­ seur.
nis­­
✓✓ Un rap­­
port humain au plein sens du terme, fait de pré­­
sence sou­
­
riante, d’écoute et de consi­­ ra­­
dé­­ tion.
✓✓ Enfin, une réponse, une pro­­ si­­
po­­ tion ou un conseil per­­
tinent,
voire créa­­ au regard de ses besoins et attentes.
tif,
✓✓ Et si le client doit choi­­ le sen­­ ment d’avoir pris la bonne déci­
sir,
ti­­
­
sion avec un inter­­ cuteur fiable qui pren­­ en charge les suites
lo­­
dra
à don­­
ner.
Nous sug­­ rons trois rôles à conju­­
gé­­
guer au cours d’une inter­­ ­
ac­
tion avec un client, rôles aux­­
quels sont atta­­
chés des connais­­
sances,

Savoir-faire

Les compé­­
tences des équipes au contact des clients
6 • Fidéliser le client

Les condi­­
tions d’une rela­­
tion client durable
Les sup­­
ports de la rela­­
tion client
La satis­­
faction client : un défi col­­ tif
lec­­
Le fac­­
teur humain dans la satis­­
faction

des tech­­
niques ou des compor­­ ments à maî­­ ser par les col­­ bo­­ ­
te­­
tri­­
la­­ ra­
teurs concer­­
nés.
Ambas­­ deur du four­­ seur
sa­­
nis­­

✓✓ Il connaît les attri­­ tions de son rôle, il uti­­ sa zone d’autonomie,
bu­­
lise
il assume ses res­­ sa­­ li­­ en matière d’accords pérennes avec
pon­­ bi­­ tés
le client.
✓✓ Il porte l’image et les valeurs de la marque ou du four­­ seur à
nis­­
tra­­ ses compor­­ ments.
vers
te­­
✓✓ Il met en lumière son rôle et la pro­­ si­­
po­­ tion de valeur du pro­­
duit,
du ser­­
vice.
✓✓ Il construit l’adhésion réflé­­
chie du client aux solu­­
tions appor­­
tées,
il conclut un accord pérenne.
✓✓ Il s’engage et construit la confiance du client dans l’entreprise et
ses repré­­ tants, il traite les suites des déci­­
sen­­
sions.
✓✓ Il capi­­ lise l’information client et la trans­­ en interne.
ta­­
met
Expert de l’offre, expert des besoins

✓✓ Il appré­­
hende le client sur son par­­
cours et dans son envi­­ ne­
ron­­ ­
ment, à chaque contact.
✓✓ Il diag­­ tique les attentes du client, tant opé­­ tion­­
nos­­
ra­­ nelles que
rela­­ nelles.
tion­­
✓✓ Il connaît son offre pro­­
duit ou ser­­
vice et sa valeur ajou­­ pour
tée
l’utilisateur.
✓✓ Il conseille le client et éla­­
bore la réponse per­­ nente pour chaque
ti­­
client.
✓✓ Il iden­­ fie et sai­­ les oppor­­ ni­­ de super-­ atisfaire le client.
ti­­
sit
tu­­ tés
s
Compa­­
gnon de la rela­­
tion

✓✓ Il éta­­ une commu­­ ca­­
blit
ni­­ tion proche avec le client.
✓✓ Il assure une conduite d’entretien dis­­
crète et souple.
200
✓✓ Il fait preuve d’écoute active et de dis­­ ni­­ lité.
po­­ bi­­
✓✓ Il fait preuve d’empathie auprès du client.
✓✓ Il iden­­ fie et gère les moments de vérité avec tact et diplo­­ tie.
ti­­
ma­­

Figure 6.5 ■ L’entreprise orien­­ client
tée

olla orate rs back office
ncadrement
front office
et back office

Attentes et besoins des clients
Relations avec les clients
rod ction po r les clients
Management d é ipe
et plans d actions orientés clients
Management de managers et déploiement
des stratégies orientées clients

la oration des stratégies orientées clients

201

Savoir-être

CLIENTS
olla orate rs front office

Savoir-faire

Dans l’entreprise orien­­ client, la struc­­
tée
ture prend la forme de la
pyra­­
mide inver­­ C’est tout d’abord une manière de sym­­ li­­ le
sée.
bo­­ ser
rôle fon­­ men­­ du client pour l’orientation des actions et le besoin
da­­ tal
de flexi­­ lité et de créa­­ vité pour s’adapter à un client qui évo­­
bi­­
ti­­
lue
en per­­ nence. C’est aussi reconnaître l’importance des acteurs en
ma­­
contact avec les clients. Bien sûr, cela ne cor­­ pond pas à l’inversion
res­­
des rôles. La direc­­
tion de l’entreprise qui appa­­ au bas de la pyra­
raît
­
mide dirige tou­­
jours ! Tou­­ fois, son rôle est d’impulser une stra­­ ­
te­­
té­
gie tout en lais­­
sant le soin à l’encadrement inter­­ diaire de défi­­
mé­­
nir
les moyens pour y par­­ nir. À l’inverse de la pyra­­
ve­­
mide clas­­
sique qui
induit des direc­­
tives qui partent du haut et sont décli­­
nées jusqu’à
l’échelon le plus bas, le schéma sug­­
gère un mana­­ ment qui met
ge­­
en res­­ sa­­ lité les acteurs, donne un cadre pour l’action, met en
pon­­ bi­­
place les condi­­
tions de leur réus­­
site, s’appuie sur des équipes qui
coopèrent et favo­­ la prise d’initiative au béné­­ de la satis­
rise
fice
­
faction des clients.

Savoirs

Bonnes pra­­
tiques de mana­­ ment « orien­­
ge­­
tées client »
6 • Fidéliser le client

Les condi­­
tions d’une rela­­
tion client durable
Les sup­­
ports de la rela­­
tion client
La satis­­
faction client : un défi col­­ tif
lec­­
Le fac­­
teur humain dans la satis­­
faction

Pour le mana­­ orienté client, voici trois prin­­
ger
cipes de mana­­ ­
ge­
ment, illus­­ par des exemples de pra­­
trés
tiques qui construisent les
condi­­
tions de réus­­ des col­­ bo­­ teurs, et qui favo­­
site
la­­ ra­­
risent la coopé­
­
ra­­
tion et la compré­­ sion entre les équipes.
hen­­
Mettre en res­­
pon­­ bi­­ ses col­­ bo­­ teurs et favo­­ ser
sa­­ lité
la­­ ra­­
ri­­
l’esprit d’initiative

✓✓ Ins­­
crire un objec­­ de satis­­
tif
faction « client », interne ou externe,
parmi les objec­­ des col­­ bo­­ teurs.
tifs
la­­ ra­­
✓✓ Veiller à la cohé­­
rence entre objec­­ de pro­­ ti­­ et objec­­
tifs
duc­­ vité
tifs
de qua­­ de ser­­
lité
vice.
✓✓ Don­­ à ses col­­ bo­­ teurs des marges de manœuvre pour déci­
ner
la­­ ra­­
­
der face à leurs inter­­ cuteurs internes ou externes, tout en fixant
lo­­
les limites et moda­­ tés de reporting.
li­­
✓✓ Défi­­ le pro­­ sus de trai­­ ment des récla­­ tions internes.
nir
ces­­
te­­
ma­­
✓✓ Encou­­ ger la remon­­ des dys­­ tion­­ ments, veiller à leur tra­
ra­­
tée
fonc­­ ne­­
­
çage et à leur trans­­ sion le cas échéant aux ser­­
mis­­
vices concer­­
nés.
✓✓ Déve­­ per et valo­­ ser les compé­­
lop­­
ri­­
tences d’affirmation de soi de
ses col­­ bo­­ teurs et leur capa­­ à conseiller et convaincre.
la­­ ra­­
cité
✓✓ Favo­­ ser les ini­­
ri­­
tiatives et déci­­
sions utiles. Faire connaître les
cri­­
tères à pri­­ lé­­
vi­­ gier : retour sur inves­­ se­­
tis­­ ment en termes d’économie, de satis­­
faction client, de faci­­ du tra­­
lité
vail.
✓✓ Mettre en place des réunions d’échanges pour par­­ ger la
ta­­
connais­­
sance client interne/externe, trou­­ des solu­­
ver
tions à des
pro­­
blèmes clients internes/externes non réso­­ ou encore, par­
lus
­
ta­­ les expé­­
ger
riences qui ont rendu les clients internes/externes
super-­ nthousiastes.
e
Construire la culture client de ses col­­ bo­­ teurs
la­­ ra­­

✓✓ Connaître soi-­ ême l’organisation, les grands savoir-­ aire et les
m
f
offres de son entre­­
prise, ses réfé­­
rences clients les plus impor­­
tantes,
les consul­­ tions. Par­­ ger ces don­­
ta­­
ta­­
nées avec son équipe. Cha­­
cun,
202
✓✓ Faire vivre les valeurs de soli­­ rité et de convivia­­ au sein de
da­­
lité
l’équipe et avec les col­­
lègues des autres métiers.
✓✓ Veiller à être soi-­ ême sur le ter­­
m
rain, en sup­­
port des équipes,
dans les périodes de sur­­
charge ou de crise.
✓✓ Être moteur en interne pour résoudre les dif­­ cultés qui portent
fi­­
pré­­ dice à la satis­­
ju­­
faction client et dont la réso­­ tion ne dépend
lu­­
pas des col­­ bo­­ teurs.
la­­ ra­­
✓✓ Appor­­ des expli­­ tions aux col­­ bo­­ teurs quand des pro­
ter
ca­­
la­­ ra­­
­
blèmes récur­­
rents qui ne dépendent pas d’eux res­­
tent irré­­ lus.
so­­
Tra­­
vailler avec eux le dis­­
cours à tenir face aux clients ou aux
four­­ seurs.
nis­­
✓✓ En cas de crise (rup­­ pro­­
ture duit, panne du sys­­
tème d’information,
etc.), pré­­ rer avec ses col­­ bo­­ teurs les mes­­
pa­­
la­­ ra­­
sages à tenir aux
clients.
203

Savoirs
Savoir-faire

Sou­­ nir la fierté et la moti­­
te­­
vation « orien­­ client »
tée
des col­­ bo­­ teurs
la­­ ra­­

Savoir-être

à son niveau, doit être capable de pré­­ ter son entre­­
sen­­
prise à une
per­­
sonne exté­­
rieure, four­­ seur ou client et de s’orienter dans
nis­­
l’entreprise.
✓✓ Expli­­
quer à tout nou­­
veau col­­ bo­­ teur ce qu’est le « par­­
la­­ ra­­
cours
client » et à quel moment du par­­
cours son tra­­
vail par­­
vient en
visi­­ lité du client.
bi­­
✓✓ Dif­­ ser de l’information sur le niveau de satis­­
fu­­
faction des clients
en réunion.
✓✓ Pra­­ quer le benchmarking dans son métier : connaître les pra­
ti­­
­
tiques d’autres entre­­
prises, de ses concur­­
rents, les pro­­ dés qu’ils
cé­­
emploient pour amé­­ rer leur qua­­ de ser­­ ou dimi­­
lio­­
lité
vice
nuer les
coûts. Par­­ ger ces infor­­ tions en équipe.
ta­­
ma­­
✓✓ Invi­­ ses pairs des autres acti­­ tés dans sa réunion d’équipe
ter
vi­­
pour qu’ils pré­­
sentent leur acti­­ et répondent aux ques­­
vité
tions de
vos col­­ bo­­ teurs. À l’inverse, aller pré­­ ter son acti­­ dans
la­­ ra­­
sen­­
vité
les réunions d’équipe de ses pairs.
✓✓ Invi­­ en réunion un expert pro­­ sus ou qua­­ pour qu’il
ter
ces­­
lité
explique comment le respect des pro­­ sus per­­ de garan­­ la
ces­­
met
tir
qua­­ de ser­­ et quels acteurs internes y contri­­
lité
vice
buent.
6 • Fidéliser le client

Les condi­­
tions d’une rela­­
tion client durable
Les sup­­
ports de la rela­­
tion client
La satis­­
faction client : un défi col­­ tif
lec­­
Le fac­­
teur humain dans la satis­­
faction

✓✓ Déve­­ per et valo­­ ser les compé­­
lop­­
ri­­
tences d’écoute et la capa­­ à
cité
ana­­ ser et remon­­ les infor­­ tions concer­­
ly­­
ter
ma­­
nant les besoins et
attentes des clients.
✓✓ Commu­­ quer au moins autant sur ce qui va bien que sur ce qui
ni­­
va moins bien.
✓✓ Faire régu­­ re­­
liè­­ ment le point sur les plans de pro­­
grès. Mon­­
trer
factuellement que l’équipe avance.
✓✓ Par­­ ger les expé­­
ta­­
riences réus­­ de trai­­ ment des récla­­ tions.
sies
te­­
ma­­
Vous ferez coup double : valo­­ ser les col­­ bo­­ teurs qui en sont
ri­­
la­­ ra­­
l’auteur et dif­­ ser des pra­­
fu­­
tiques gagnantes au sein de l’équipe.
✓✓ Inno­­
ver. Cher­­
cher avec son équipe les idées qui per­­
mettent
d’enthousiasmer le client par un ser­­
vice qui dépend d’eux, un
« plus » inat­­
tendu et gra­­ fiant.
ti­­

Pour gagner la pré­­ rence durable du client, l’entreprise
fé­­
doit aller au-­ elà de la simple satis­­
d
faction, deve­­
nue un
attendu basique. La « loyauté » du client se construit par
des expé­­
riences humaines fortes vécues tout au long
de la rela­­
tion. Le fac­­
teur humain en est la clef.

204
Savoirs

Chapitre 7

Les ques­­
tions aux­­
quelles répond ce cha­­
pitre
fie
ver
◆◆ Que signi­­ inno­­ aujourd’hui ?
◆◆ Comment faire émer­­
ger la créa­­ vité de ses col­­ bo­­ teurs ?
ti­­
la­­ ra­­
◆◆ Quels sont les res­­
sorts de la créa­­ vité ?
ti­­

Savoir-faire

Inno­­ et capi­­ li­­
ver
ta­­ ser
les pra­­
tiques

205

Savoir-être

◆◆ Pour­­
quoi et comment gérer les savoirs de son équipe ?
7 • Inno­­ et capi­­ li­­
ver
ta­­ ser
les pra­­
tiques

Savoir inno­­
ver
Sus­­ ter la créa­­ vité de son équipe
ci­­
ti­­
Mana­­ la connais­­
ger
sance

CC Savoir inno­­ er
v
L’innovation est la trans­­ ma­­
for­­ tion
d’idées ori­­ nales en appli­­ tions pro­­ ­
gi­­
ca­­
fi­
PRINCIPES CLÉS
tables ou plus lar­­ ment en valeurs pour
ge­­
•	 Si la créa­­ vité reste cen­­
ti­­
trale
l’entreprise et ses clients. Son but est de
pour inno­­
ver, elle est loin d’être
créer un avan­­
tage compé­­
titif.
suf­­ sante.
fi­­
Lorsque l’on parle d’innovation, on
•	 L’innovation résulte d’un pro­
­
pense spon­­ né­­
ta­­ ment aux inno­­ tions
va­­
ces­­
sus orga­­
nisé tourné vers les
pro­­
duit, mais l’innovation va au-­ elà.
d
besoins du mar­­
ché.
Elle porte aussi sur la mise en œuvre
d’un nou­­
veau pro­­
cédé, voire d’une nou­
­
velle méthode de commer­­ li­­ tion ou d’organisation.
cia­­ sa­­
L’innovation existe sous deux formes majeures :
✓✓ un réflexe per­­
manent dans le tra­­ au quo­­ dien ;
vail
ti­­
✓✓ la mise en œuvre spé­­ fique d’un chan­­
ci­­
tier d’innovation en
réponse à un besoin.
Glo­­ le­­
ba­­ ment, les méthodes à uti­­ ser sont iden­­
li­­
tiques dans les
deux cas.
Au-­ elà de la créa­­ vité néces­­
d
ti­­
saire mais pas suf­­ sante, l’innovation
fi­­
exige :
✓✓ la volonté d’innover ;
✓✓ la prise en compte des besoins du mar­­
ché ;
✓✓ la mise en place d’un vrai pro­­ sus.
ces­­

Avoir la volonté d’innover
Pour inno­­ il faut de l’envie, de l’énergie et une ambi­­
ver,
tion. Antoine
Riboud, fon­­ teur de BSN, sou­­ gnait à ce titre l’importance du
da­­
li­­
cou­­
rage indus­­
triel dans la réus­­ de l’innovation.
site

206
Savoirs
Savoir-faire

Mis à part les cas où elle est le pur fruit du hasard1, l’innovation
naît le plus sou­­
vent d’une volonté de créer dans un domaine pré­
­
cis. À titre d’exemple, un grand groupe agro-­ limentaire exprime sa
a
volonté de la façon sui­­
vante : offrir la santé au plus grand nombre via
des pro­­
duits agro­ limen­­
a
taires. Il s’agit d’une réelle voie d’innovation
qui oriente les col­­ bo­­ teurs pour ima­­ ner des réponses à tous les
la­­ ra­­
gi­­
niveaux : pro­­
duit, commer­­
cial, packaging, etc.
Si le mana­­ attend de ses col­­ bo­­ teurs qu’ils innovent en
ger
la­­ ra­­
créant de nou­­
veaux pro­­
duits ou ser­­
vices, leur don­­ carte blanche
ner
complète serait une erreur. Il cour­­ le risque que cette créa­­
rait
tion
soit en déca­­
lage avec la ligne stra­­ gique de l’entreprise.
té­­
Cadrer le champ de l’innovation per­­
met d’orienter la réflexion
et d’augmenter la pro­­ bi­­ de faire émer­­ des idées ori­­ nales
ba­­ lité
ger
gi­­
et fruc­­
tueuses. Lorsqu’il s’agit de mettre au point un nou­­
veau pro­
­
duit ou un nou­­
veau ser­­
vice, le cadrage porte sur des axes de tra­­
vail
décou­­ direc­­ ment de la stra­­ gie de l’entreprise.
lant
te­­
té­­
Lorsqu’il s’agit de résoudre un pro­­
blème ponc­­
tuel, de faire
preuve d’innovation dans le quo­­ dien, le cadrage n’est pas pos­­
ti­­
sible
et s’apparente davan­­
tage à la des­­ tion d’un objec­­ à atteindre.
crip­­
tif
Dans ce cas, le mana­­ donne un objec­­ pré­­ pour cadrer la
ger
tif
cis
réflexion créa­­ et per­­
tive
mettre de faire émer­­ de la nou­­
ger
veauté de
son équipe.
En résumé, la commande du mana­­ doit être claire pour lais­­
ger
ser
libre cours à l’imagination des col­­ bo­­ teurs.
la­­ ra­­

Par­­ d’une oppor­­ nité et non d’une idée
tir
tu­­

1.	 On parle dans ce cas de sérendipité. Ce terme ins­­
piré d’un conte per­­ a
san
été intro­­
duit par le roman­­ anglais Horace Walpole en 1754 et désigne les
cier
décou­­
vertes inat­­ dues. Repris dans les années cin­­
ten­­
quante dans le voca­­ laire
bu­­
de la psy­­ lo­­ il désigne aujourd’hui, en matière de créa­­ vité, l’exploitation
cho­­ gie,
ti­­
créa­­ de l’imprévu.
tive

207

Savoir-être

Si géniale que soit une idée, elle ne trou­­
vera sa place que s’il y en
a une pour elle, c’est-à-dire si le client interne ou externe la per­­
çoit
comme un réel gain pour lui. Une inno­­ tion refu­­ n’en est pas
va­­
sée
une. Pour que la nou­­
veauté soit accep­­ elle doit faire ses preuves
tée,
7 • Inno­­ et capi­­ li­­
ver
ta­­ ser
les pra­­
tiques

Savoir inno­­
ver
Sus­­ ter la créa­­ vité de son équipe
ci­­
ti­­
Mana­­ la connais­­
ger
sance

sur le ter­­
rain : combler un manque ou appor­­ un réel avan­­
ter
tage par
rap­­
port à la solu­­
tion exis­­
tante.
Cou­­ l’émergence des idées avec les besoins à venir est néces­
pler
­
saire pour que l’innovation ren­­
contre au plus vite son mar­­
ché. C’est
pour cela que la quête des oppor­­ ni­­ est indis­­ sable dans la
tu­­ tés
pen­­
démarche d’innovation. L’innovation pro­­
vient pour moi­­ de
tié
l’entreprise et pour moi­­ du mar­­
tié
ché.
L’analyse des besoins du mar­­
ché et des compé­­
tences
de l’entreprise

Lorsqu’il s’agit de créer un nou­­
veau pro­­
duit ou ser­­
vice, l’analyse du
mar­­ s’impose. Elle recouvre :
ché
✓✓ l’analyse de besoin à court, moyen et long termes ;
✓✓ l’analyse de la concur­­
rence.
Cette ana­­ du mar­­ est à confron­­ avec les capa­­ tés et les
lyse
ché
ter
ci­­
compé­­
tences de l’entreprise.
C’est dans la zone de recou­­ ment que les inno­­ tions vont
vre­­
va­­
naître. Si une entre­­
prise a des compé­­
tences dans un domaine et que
le mar­­ a des besoins qui néces­­
ché
sitent ces compé­­
tences, l’innovation
a des chances de trou­­ sa place plus vite.
ver
La mise en place d’une veille

Avec l’augmentation de la concur­­
rence, l’ouverture des mar­­
chés à
l’échelle mon­­
diale et le rac­­ cis­­ ment des cycles de vie des pro­
cour­­ se­­
­
duits, l’anticipation devient presque vitale.
Les acti­­ tés de veille sont un moyen d’identifier les besoins à cou­
vi­­
­
vrir et peuvent même gui­­ dans le choix des voies d’innovation.
der
Pour cela, les 4 types de veille sont mobi­­ sés : concur­­ tielle,
li­­
ren­­
tech­­ lo­­
no­­ gique, commer­­
ciale et envi­­ ne­­ tale.
ron­­ men­­
La veille ne doit pas se limi­­ à une simple ana­­ de l’existant,
ter
lyse
mais doit être pros­­ tive. Ce qui est impor­­
pec­­
tant pour une entre­
­

208
Savoirs

prise, c’est de devi­­ ce que fera le concur­­
ner
rent demain et pas de
connaître ce qu’il fait aujourd’hui.
Le mana­­ dans sa veille doit obser­­ trois champs d’inforger
ver
mations vitales :
✓✓ L’environnement stra­­ gique.
té­­
✓✓ Les signaux faibles, c’est-à-dire les infor­­ tions rela­­
ma­­
tives à des
chan­­ ments qui peuvent se pro­­
ge­­
duire dans l’environnement.
Tout le talent réside dans l’instinct qui per­­ tra de repérer les
met­­
véri­­
tables oppor­­ ni­­ parmi ces signaux faibles.
tu­­ tés
✓✓ Les infor­­ tions qui pour­­
ma­­
raient mettre en péril la stra­­ gie de
té­­
l’entreprise.
Chaque mana­­ en fai­­
ger
sant l’analyse dans son champ d’expertise
va ainsi contri­­
buer à struc­­ rer la stra­­ gie d’innovation de l’entreprise
tu­­
té­­
dans son ensemble.

209

Savoir-être

La réus­­ du pro­­ sus d’innovation réside prin­­ pa­­ ment dans la
site
ces­­
ci­­ le­­
capa­­ de l’entreprise à trans­­ mer ses idées nou­­
cité
for­­
velles en suc­­
cès.
Le suc­­ d’une inno­­ tion ne dépend pas seule­­
cès
va­­
ment de la per­­ ­
for­
mance tech­­ lo­­
no­­ gique de l’entreprise, mais encore de la manière dont
elle va gérer sa capa­­ à inno­­
cité
ver.
Cette « machine à trans­­ mer les idées » se concré­­ dans un
for­­
tise
pro­­ sus jalonné d’étapes clés, fai­­
ces­­
sant inter­­ nir des acteurs plu­­ ­
ve­­
ri­
dis­­ li­­
cip­­ naires et compre­­
nant des moments de déci­­
sion. Seule la mise
en place d’un pro­­ sus d’innovation va per­­
ces­­
mettre à l’entreprise de
déve­­ per de véri­­
lop­­
tables inno­­ tions de rup­­
va­­
ture en asso­­
ciant toutes
les res­­
sources trans­­ sales néces­­
ver­­
saires.
Le pro­­ sus d’innovation n’est pas linéaire. Il s’apparente à une
ces­­
démarche en enton­­
noir incluant une phase explo­­ toire et ouverte
ra­­
(inno­­ tion amont), sui­­ d’une phase cadrée à incer­­ tude réduite
va­­
vie
ti­­
(inno­­ tion aval).
va­­
Le pro­­ sus repré­­
ces­­
senté à la figure 7.1 met en évi­­
dence les spé­­ ­
ci­
fici­­ de cha­­
tés
cune de ces deux grandes phases.

Savoir-faire

S’appuyer sur un pro­­ sus d’innovation clair
ces­­
7 • Inno­­ et capi­­ li­­
ver
ta­­ ser
les pra­­
tiques

Savoir inno­­
ver
Sus­­ ter la créa­­ vité de son équipe
ci­­
ti­­
Mana­­ la connais­­
ger
sance

Figure 7.1 ■ Le pro­­ sus d’innovation (pipe­­
ces­­
line de l’innovation)
nno a

on a on

nno a

on a al
jalon

a

on
lo a
on

a
al a

oj

al

lo
a

a

l

on

n

l a

a

a

n

n a
o o

l

on
a

on
n

a

n

on

o

o

an

a o

a
a o

n

n

l

a
nno a
n a
a

nal

a

on
on
la

l
a

la
lo
a

n

an

a

l

n
n

n

o o
n
o
lo
n

no

o
n

o

on

L’innovation amont

Dans cette phase, l’objectif est d’exploiter le maxi­­
mum d’idées,
avant qu’elles ne coûtent trop, pour ne conser­­ que celles dont les
ver
chances de suc­­ tech­­
cès
nique et commer­­ sont les plus éle­­
cial
vées.
L’innovation amont est donc carac­­ ri­­ par un foi­­ ne­­
té­­ sée
son­­ ment d’idées,
par des ana­­
lyses explo­­ toires, par des simu­­ tions et des pro­­ types.
ra­­
la­­
to­­
Pen­­
dant cette période, le mana­­ veille à faire le lien entre la
ger 
stra­­ gie et les oppor­­ ni­­ d’innovation :
té­­
tu­­ tés
✓✓ il aide les équipes à pro­­
duire des idées innovantes ;
✓✓ il aide à présélectionner les idées pro­­ teuses ;
met­­
✓✓ il pré­­
sente les idées à un comité de déci­­
sion ;
✓✓ il aide à la pré­­ ra­­
pa­­ tion des études de fai­­ bi­­
sa­­ lité.
210
Faire le diag­­
nos­­ de la capa­­
tic
cité d’innovation
de son ser­­
vice

Le modèle en 5 ter­­ toires de F. Debois  E. Chenevier sert à repré­
ri­­
­
sen­­ la capa­­ d’une entre­­
ter
cité
prise à favo­­ ser l’innovation au quo­
ri­­
­
ti­­
dien. Il peut consti­­
tuer un outil effi­­
cace pour le mana­­ pour
ger
diag­­ ti­­
nos­­ quer la situa­­
tion de son ser­­
vice en matière d’innovation et
iden­­ fier des pistes d’améliorations.
ti­­
Le croi­­ ment de deux axes fait appa­­
se­­
raître 5 ter­­ toires dis­­
ri­­
tincts :
✓✓ Le pre­­
mier axe est rela­­ à l’équipe. Il s’agit de sa volonté
tif
d’innover.
✓✓ Le deuxième axe est rela­­ au mana­­ ment. Il s’agit de l’implicatif
ge­­
tion managériale.
211

Savoir-faire

Le rôle du mana­­
ger

Savoir-être

Elle a pour objec­­ de garan­­ la mise sur le mar­­ d’un pro­
tif
tir
ché
­
duit inno­­
vant dans un temps opti­­
mal en res­­ tant les contraintes
pec­­
tech­­
niques et les attentes du mar­­
ché. Dans le cas d’une inno­­ tion
va­­
interne, il s’agit de réus­­ la mise en œuvre d’un pro­­ sus inno­­
sir
ces­­
vant
en gérant les résis­­
tances au chan­­ ment et les réper­­ sions sur le
ge­­
cus­­
tra­­ quo­­ dien des équipes.
vail
ti­­
Bien que le pro­­ sus d’innovation soit repré­­
ces­­
senté visuel­­ ment
le­­
comme linéaire, il n’en est pas de même sur le ter­­
rain. Au contraire,
une de ses carac­­ ris­­
té­­ tiques est d’admettre des retours en arrière,
des mises en veille, des chan­­ ments de direc­­
ge­­
tion, voire des points
d’arrêt car il est régi avant tout par l’inconnu et l’incertitude.
Chaque étape du pro­­ sus est mar­­
ces­­
quée par un jalon : ana­­
lyse
appro­­ die de la situa­­
fon­­
tion et des objec­­ à atteindre. C’est le
tifs
moment pri­­ lé­­ pour déci­­ de la suite à don­­ et se ques­
vi­­ gié
der
ner
­
tion­­
ner :
✓✓ Voulons-­ ous aller plus loin ou pas ?
n
✓✓ Souhaitons-­ ous réorien­­ la réflexion ?
n
ter
✓✓ Souhaitons-­ ous mettre en veille le pro­­ d’innovation ?
n
jet
Chaque jalon fait l’objet d’une prise de déci­­
sion : Go ou No Go.

Savoirs

L’innovation aval
7 • Inno­­ et capi­­ li­­
ver
ta­­ ser
les pra­­
tiques

Savoir inno­­
ver
Sus­­ ter la créa­­ vité de son équipe
ci­­
ti­­
Mana­­ la connais­­
ger
sance

La volonté d’innover des équipes

La volonté d’innover des équipes s’évalue en se posant les ques­­
tions
sui­­
vantes :
✓✓ Mes col­­ bo­­ teurs sont-­ls curieux de savoir ce qui se passe chez
la­­ ra­­
i
nos concur­­
rents ou dans les mar­­
chés connexes aux nôtres ?
✓✓ Ont-­ls l’envie d’expérimenter des idées ?
i
✓✓ Sont-­ls prêts à col­­ bo­­ dans le cadre d’équipes plu­­ dis­­ li­
i
la­­ rer
ri­­ cip­­ ­
naires, trans­­ sales à notre orga­­ sa­­
ver­­
ni­­ tion, voire en dehors ?
✓✓ Tirent-­ls des leçons de leurs erreurs ?
i
L’implication managériale

L’implication managériale s’évalue en se posant les ques­­
tions sui­
­
vantes :
✓✓ Est-­ e que je favo­­ les expé­­ men­­ tions ?
c
rise
ri­­ ta­­
✓✓ Est-­ e que j’accompagne et pro­­
c
meus la prise de risque ?
✓✓ Est-­ e que j’accepte les échecs de la part de mes col­­ bo­­ teurs ?
c
la­­ ra­­
✓✓ Est-­ e que je per­­
c
mets à mes col­­ bo­­ teurs de déve­­ per leurs
la­­ ra­­
lop­­
compé­­
tences créa­­
tives ?
Le modèle des 5 ter­­ toires
ri­­

Il per­­
met de déco­­ les méca­­
der
nismes qui se mettent en place dans
l’équipe et qui favo­­
risent ou inhibent l’innovation.
Les Cathares

Les col­­ bo­­ teurs ont envie d’innover, mais leurs idées ne sont pas
la­­ ra­­
sou­­ nues par le mana­­ ment. Cette situa­­
te­­
ge­­
tion peut mettre en péril
l’innovation car elle engendre une frus­­ tion. Dans le pire des cas,
tra­­
elle peut même ame­­ des rup­­
ner
tures entre les col­­ bo­­ teurs et leurs
la­­ ra­­
entre­­
prises.

212
Figure 7.2 ■ Les ter­­ toires d’innovation
ri­­
ort
e

Volonté
d’innover
des équipes

Euphoria

Savoirs

Cathares

Innovation Land

Marécages

Inertia

i le
i le

pli tion
n éri le

orte

Les col­­ bo­­ teurs n’ont plus envie de se mettre en dan­­ ou de
la­­ ra­­
ger
faire preuve d’initiative. Ils ont été déçus dans le passé par le peu
d’attention por­­ à leurs idées. Si cette situa­­
tée
tion est actuel­­ ment
le­­
celle de votre ser­­
vice, il est inté­­ sant d’en diag­­ ti­­
res­­
nos­­ quer l’origine,
afin de rebon­­ La rou­­
dir.
tine et le fait de cen­­ son busi­­
trer
ness sur
d’anciens pro­­
duits à suc­­ sont sou­­
cès
vent des révé­­ teurs.
la­­
L’inertia

Savoir-faire

Les maré­­
cages

Le ter­­ toire de l’inertia est carac­­ ris­­
ri­­
té­­ tique des entre­­
prises ayant
renou­­
velé leur mana­­ ment avec de nou­­
ge­­
veaux pro­­ plus dyna­
fils
­
miques et innovants. Les col­­ bo­­ teurs, déçus par le passé, ont
la­­ ra­­
déve­­
loppé une cer­­
taine appré­­ sion face à l’innovation. Ils ont
hen­­
envie d’innover et en même temps sont inquiets. Ils sont spec­­ ­
ta­
teurs de leurs mana­­
gers qui cherchent à faire bou­­ les choses et
ger
dépensent beau­­
coup d’énergie sans grand suc­­
cès.
La mise en place d’un pro­­ pilote per­­
jet
met aux entre­­
prises de sor­­
tir
de l’inertie et de ren­­ dans le ter­­ toire Euphoria. La réa­­ sa­­
trer
ri­­
li­­ tion du
pro­­ pilote amène l’entreprise à se prou­­ sa capa­­ à inno­­ et
jet
ver
cité
ver
213

Savoir-être

Euphoria
7 • Inno­­ et capi­­ li­­
ver
ta­­ ser
les pra­­
tiques

Savoir inno­­
ver
Sus­­ ter la créa­­ vité de son équipe
ci­­
ti­­
Mana­­ la connais­­
ger
sance

redonne de la confiance aux col­­ bo­­ teurs. C’est aussi un excellent
la­­ ra­­
moyen d’asseoir la légi­­ mité de nou­­
ti­­
veaux mana­­
gers. L’écueil de
ce ter­­ toire est le risque de dis­­ sion de l’énergie. Il faut donc la
ri­­
per­­
cana­­ ser et la sta­­ li­­ pour la remettre au ser­­ d’une inno­­ tion
li­­
bi­­ ser
vice
va­­
orga­­ sée.
ni­­
L’innovation land

C’est la zone d’équilibre dans laquelle volonté d’innover des équipes
et impli­­ tion de la direc­­
ca­­
tion se ren­­
contrent. L’objectif est de
l’atteindre au plus vite tout en sachant que le pas­­
sage dans les ter­­ ­
ri­
toires qui la pré­­
cèdent est inévi­­
table.
Les bonnes pra­­
tiques de mana­­ ment de l’innovation
ge­­

Pour favo­­ ser le déve­­ pe­­
ri­­
lop­­ ment de l’innovation, le mana­­ doit
ger
à la fois savoir en poser le cadre et adop­­ une pos­­
ter
ture ouverte et
prag­­ tique.
ma­­
Poser le cadre

Il revient au mana­­ de poser le cadre dans lequel l’innovation
ger
s’organise. À ce titre, il est le garant de l’équilibre entre ordre et
désordre. En effet, inno­­ c’est mettre de l’ordre dans le désordre
ver,
tout en accep­­
tant une part de désordre, ter­­
reau des idées nou­­
velles.
Il engage en outre dif­­ rentes actions :
fé­­
✓✓ allo­­ tion de bud­­ et de res­­
ca­­
gets
sources ;
✓✓ auto­­ sa­­
ri­­ tion de tra­­
vailler à plu­­
sieurs, en par­­ cu­­ en croi­­
ti­­ lier
sant
les exper­­
tises ;
✓✓ mise en place de points d’avancement régu­­
liers ;
✓✓ vali­­ tion pério­­
da­­
dique des avan­­
cées pour qu’elles res­­
tent en lien
avec les champs d’innovation visés et la stra­­ gie ;
té­­
✓✓ iden­­ fi­­
ti­­ cation des risques et défi­­ tion de plans d’actions asso­­
ni­­
ciés.

214
Le pari à rele­­ dans la phase amont est de savoir être patient et
ver
d’accepter les retours en arrière et les points d’arrêts momen­­ nés
ta­­
des équipes. Le mana­­ doit res­­ dis­­
ger
ter
cret pour lais­­ les idées
ser
s’exprimer et gran­­ et en même temps mon­­ son inté­­ pour le
dir
trer
rêt
tra­­ réa­­ Cela néces­­ de ne pas juger mais de faire expli­­ ter,
vail lisé.
site
ci­­
de chal­­ ger et d’encourager.
len­­
Il doit aussi don­­ le droit à l’erreur. L’échec est impor­­
ner
tant
dans le pro­­ sus d’innovation. Thomas Edison disait lorsqu’il
ces­­
ne par­­ nait pas tout de suite à un résul­­
ve­­
tat : « Je n’ai pas échoué.
J’ai sim­­ ment trouvé 10  000 approches qui ne fonc­­
ple­­
tionnent
pas ».
Il doit enfin favo­­ ser les ini­­
ri­­
tiatives et encou­­ ger la recherche
ra­­
d’idées nou­­
velles et d’originalité.

Savoirs

Adop­­ une pos­­
ter
ture managériale

Créer les condi­­
tions
de la créa­­ vité
ti­­
PRINCIPES CLÉS

La créa­­ vité n’est pas seule­­
ti­­
ment
une ques­­
tion de talent indi­­ duel,
vi­­
elle dépend lar­­ ment des méthodes
ge­­
managériales et des condi­­
tions de tra­
­
sorts
vail. Selon T.M. Amabile1, 6  res­­
la sti­­ le­­
mu­­ raient (figure 7.3). Le mana­
­
ger peut s’appuyer sur ces res­­
sorts pour
favo­­ ser un état d’esprit créa­­ au sein
ri­­
tif
de son équipe.

•	 L’innovation est le moteur du
pro­­
grès, la créa­­ vité en est le
ti­­
car­­ rant !
bu­­
•	 Pour faire émer­­ la créa­­ vité
ger
ti­­
de ses col­­ bo­­ teurs, le mana­
la­­ ra­­
­
ger doit à la fois leur per­­
mettre
de déve­­ per leurs capa­­ tés
lop­­
ci­­
cogni­­
tives et créer des condi­
­
tions émo­­ nelles et envi­­ ­
tion­­
ron­
ne­­
men­­
tales favo­­
rables.

1.	 Chargé de recherche au sein de la Harvard Busi­­
ness School de Bos­­
ton.

215

Savoir-être

Les res­­
sorts de la créa­­ vité
ti­­

Savoir-faire

CC Sus­­ci­­ter la créa­­ti­­ ité de son équipe
v
7 • Inno­­ et capi­­ li­­
ver
ta­­ ser
les pra­­
tiques

Savoir inno­­
ver
Sus­­ ter la créa­­ vité de son équipe
ci­­
ti­­
Mana­­ la connais­­
ger
sance

Figure 7.3 ■ Les res­­
sorts de la créa­­ vité
ti­­
En

couragemen
t

Défi

Pression

nomie
A ut o

Diversité

Émulation

✓✓ La diver­­ des pro­­ et des compé­­
sité
fils
tences réunis dans l’équipe
engendre un bouillon­­ ment intel­­ tuel pro­­
ne­­
lec­­
pice à la créa­­ vité.
ti­­
✓✓ Le défi consiste à mettre les col­­ bo­­ teurs sous une « juste ten­
la­­ ra­­
­
sion » pour qu’ils expriment tout leur poten­­ sans s’ennuyer ni
tiel
être sub­­ gés.
mer­­
✓✓ Pour don­­ de l’autonomie aux équipes, il faut leur lais­­ le
ner
ser
choix des moyens pour atteindre l’objectif.
✓✓ La pres­­
sion pro­­
vient du temps et des contraintes bud­­ taires.
gé­­
Une juste pres­­
sion sur les délais et les moyens finan­­
ciers crée des
condi­­
tions favo­­
rables à la créa­­ vité.
ti­­
✓✓ L’encouragement passe par la reconnais­­
sance des efforts accom­
­
plis même quand les résul­­ ne sont pas encore là. En matière
tats
de créa­­ vité, il faut savoir être à la fois patient et tenace.
ti­­
✓✓ Le par­­
tage des infor­­ tions et des connais­­
ma­­
sances créé une ému­
­
la­­
tion posi­­ où cha­­ trouve sa place.
tive
cun

216
Au quo­­ dien, le mana­­ peut éga­­ ment s’appuyer sur les 5 clés de
ti­­
ger
le­­
la syner­­ créa­­ pour déve­­ per un état d’esprit favo­­
gie
tive
lop­­
rable à la
créa­­ vité. Ces 5  clés incitent les col­­ bo­­ teurs à s’exprimer libre­
ti­­
la­­ ra­­
­
ment, c’est une sorte de charte de la créa­­ vité à uti­­ ser lors des
ti­­
li­­
séances de créa­­ vité.
ti­­

Savoirs

Les cinq clés de la syner­­
gie

La charte de la créa­­ vité
ti­­
1.	 Tout juge­­
ment est sus­­
pendu : cen­­
sure, auto­­ sure, auto­­ tique,
cen­­
cri­­
auto­ valua­­
é
tion sont mises en veille.
Juger ou avoir un avis pré­­
conçu appau­­ les pos­­ bi­­ tés de résul­­
vrit
si­­ li­­
tats.
Ouvrir les champs des solu­­
tions à 360° aug­­
mente les chances d’accueillir
les oppor­­ ni­­ et de géné­­ de la créa­­ vité.
tu­­ tés
rer
ti­­

3.	 Tout le monde est à éga­­ . L’idée émise par une per­­
lité
sonne ne connais­
­
sant pas le domaine peut être plus inté­­ sante que celle émise par
res­­
l’expert.
4.	 Toute dif­­ rence vaut mieux que l’uniformité : plus un groupe est
fé­­
hété­­ gène plus la pro­­ tion qui en résulte est riche.
ro­­
duc­­
5.	 Toute idée doit gran­­ avant d’être jugée : il est effi­­
dir
cace de sépa­­
rer
l’émission des idées de leur sélec­­
tion.

Savoir-faire

2.	Tout est bon à prendre dans une pro­­ tion créa­­
duc­­
tive, tout est poten­­ ­
tiel­
le­­
ment inté­­ sant.
res­­

La tech­­
nique de l’avocat de l’ange incite à accueillir posi­­ ve­­
ti­­ ment les
idées déran­­
geantes.
Voici les étapes à suivre pour la mettre en appli­­ tion :
ca­­
✓✓ Étape 1 : prendre le temps d’écouter l’idée jusqu’au bout même
si a priori elle semble peu convain­­
cante.
✓✓ Étape 2 : poser des ques­­
tions pour mieux comprendre les tenants
et les abou­­ sants. Uti­­ ser par exemple des ques­­
tis­­
li­­
tions ouvertes et
simples, comment, où, quoi ?
217

Savoir-être

La tech­­
nique de l’avocat de l’ange
7 • Inno­­ et capi­­ li­­
ver
ta­­ ser
les pra­­
tiques

Savoir inno­­
ver
Sus­­ ter la créa­­ vité de son équipe
ci­­
ti­­
Mana­­ la connais­­
ger
sance

✓✓ Étape 3 : refor­­ ler l’idée, « Si j’ai bien compris, tu me pro­­
mu­­
poses
de… »
✓✓ Étape 4 : Indi­­
quer ce que l’on aime dans l’idée : en pre­­
nant
soin de commen­­ sa phrase par « Ce que j’aime dans ton idée,
cer
c’est… »
Figure 7.4 ■ La tech­­
nique de l’avocat de l’ange

?

?
?

?
?

Mener une séance de créa­­ vité
ti­­
Poser les règles

Il existe des outils qui peuvent aider à être créa­­ mais ce ne sont
tif,
que des cata­­ seurs. Ils ne sont effi­­
ly­­
caces que si on adopte les bonnes
atti­­
tudes : la créa­­ vité est une ques­­
ti­­
tion d’attitudes !
Voici les 7 atti­­
tudes favo­­
rables à l’émergence de la créa­­ vité au
ti­­
sein d’un groupe.

218
Figure 7.5 ■ Les atti­­
tudes créa­­
tives
Écoute

Pillage d’idées

Acceptation sans
jugement

Spontanéité

Non auto-censure

Savoirs

Association

Est créa­­
tive, toute per­­
sonne qui saura mettre en œuvre ces 7 atti­
­
tudes.
✓✓ L’écoute sans a priori et sans juge­­
ment.
✓✓ L’association des idées est un excellent moyen pour pro­­
duire des
idées en un temps record.
✓✓ La spon­­ néité : s’abstenir de fil­­ ses idées.
ta­­
trer
✓✓ La non-­ utocensure per­­
a
met de faire taire le dia­­
logue inté­­
rieur
qui bride notre créa­­ vité (cette petite voix qui nous fait peur de
ti­­
paraître stu­­
pide).
✓✓ L’acceptation des idées des autres sans juge­­
ment : l’objectif
est de pro­­
duire des idées et non de démon­­ son pou­­ ou son
trer
voir
intel­­ gence.
li­­
✓✓ Le pillage d’idées pour rebon­­ sur les idées déjà émises pour
dir
en émettre de nou­­
velles.
✓✓ La « concrétude » : j’exprime mon idée de façon claire, brève et
concrète.

Savoir-faire

Concrétude

C’est l’alternance per­­ nente entre deux flux de réflexion et de per­
ma­­
­
cep­­
tion : D pour diver­­
gence et C pour conver­­
gence.

219

Savoir-être

Une méthode de créa­­ vité : la marée D/C
ti­­
7 • Inno­­ et capi­­ li­­
ver
ta­­ ser
les pra­­
tiques

Savoir inno­­
ver
Sus­­ ter la créa­­ vité de son équipe
ci­­
ti­­
Mana­­ la connais­­
ger
sance

Diver­­
gence et conver­­
gence doivent se suc­­ der. Il est impos­­
cé­­
sible
de les mener à bien simul­­ né­­
ta­­ ment, car elles font appel à des dis­
­
po­­ tions d’esprit dif­­ rentes. La richesse de la diver­­
si­­
fé­­
gence four­­ la
nit
matière à la conver­­
gence.
Figure 7.6 ■ Diver­­
gence/conver­­
gence

La diver­­
gence

C’est une phase d’ouverture et d’association libre d’idées. Elle auto­
­
rise une per­­ tion plus large qui per­­
cep­­
met de « rêver l’impossible ».
On accepte de s’éloigner du pro­­
blème pour mieux y reve­­ avec une
nir
vision plus ori­­ nale et plus ouverte.
gi­­
Elle s’appuie sur des logiques asso­­ tives comme le fait natu­­ ­
cia­­
rel­
le­­
ment notre cer­­
veau. Elle fait appel à la sub­­ ti­­
jec­­ vité, à l’analogie, à
220
C’est une phase de fer­­ ture et d’analyse. Elle consiste à trou­­
me­­
ver
comment rendre « l’impossible » réa­­ sable. Elle se fonde sur un rai­
li­­
­
son­­ ment logique, rigou­­
ne­­
reux et objec­­ pri­­ lé­­
tif vi­­ giant le détail. Elle
fait appel à nos capa­­ tés de cer­­
ci­­
veau gauche, siège de la conscience,
de l’esprit et de l’intellect.
Lorsqu’on uti­­ son cer­­
lise
veau gauche, cela se tra­­
duit par :
✓✓ Une pen­­ ana­­ tique, linéaire, logique, ration­­
sée
ly­­
nelle, séquen­­
tielle
et réa­­
liste.
✓✓ Une expres­­
sion expli­­
cite, ver­­
bale et intel­­ tuelle.
lec­­
✓✓ Une mémo­­ sa­­
ri­­ tion des mots, des nombres et des noms.
Le pro­­ sus créa­­
ces­­
tif

Trou­­ des idées n’est pas spon­­
ver
tané  ! Elles sur­­
gissent pro­­ si­
gres­­ ­
ve­­
ment au cours du pro­­ sus créa­­ (pré­­
ces­­
tif
senté sur la figure 7.7),
pen­­
dant lequel diver­­
gence et conver­­
gence alternent (en se répé­­
tant
plu­­
sieurs fois de suite si néces­­
saire). Les étapes d’imprégnation et
d’incubation sont typiques de la phase de diver­­
gence, tan­­ que
dis
l’illumination et l’évaluation sont carac­­ ris­­
té­­ tiques de la phase de
conver­­
gence.

221

Savoirs
Savoir-faire

La conver­­
gence

Savoir-être

l’imagination pure et au rêve. Elle uti­­ les capa­­ tés de notre cer­
lise
ci­­
­
veau droit, siège de l’inconscient, du corps et de la sen­­ lité.
sua­­
Lorsqu’on fait appel à son cer­­
veau droit, cela se tra­­
duit par :
✓✓ une pen­­ syn­­ tique, spa­­
sée
thé­­
tiale, intui­­ et idéa­­
tive
liste ;
✓✓ une expres­­
sion visuelle, ges­­
tuelle, uti­­ sant le des­­ et le grif­
li­­
sin
­
fon­­
nage ;
✓✓ une mémo­­ sa­­
ri­­ tion des images, des modèles et des visages.
7 • Inno­­ et capi­­ li­­
ver
ta­­ ser
les pra­­
tiques

Savoir inno­­
ver
Sus­­ ter la créa­­ vité de son équipe
ci­­
ti­­
Mana­­ la connais­­
ger
sance

Figure 7.7 ■  e pro­­ sus créa­­ ins­­
L
ces­­
tif piré des tra­­
vaux

de Jacques Hadamard1

Il n’est pas rare qu’une même idée issue de la diver­­
gence amène
plu­­
sieurs idées concrètes au moment de la conver­­
gence. La conver­
­
gence dure envi­­ cinq fois plus de temps que la diver­­
ron
gence car les
idées brutes doivent être pré­­ sées, enri­­
ci­­
chies, dépouillées de leurs
imper­­ tions et affi­­
fec­­
nées.
La créa­­ vité prend avec ce pro­­ sus une dimen­­
ti­­
ces­­
sion métho­­
dique
qui motive sou­­
vent les per­­
sonnes peu habi­­
tuées aux tra­­
vaux créa­­
tifs.
En effet, ce pro­­ sus fait écho au cer­­
ces­­
veau gauche (pen­­ logique,
sée
ration­­
nelle et séquen­­
tielle) alors que l’acte créa­­ en lui-­ ême sol­­ ­
tif
m
li­
cite beau­­
coup le cer­­
veau droit (intui­­
tion, ana­­ gie, ima­­ na­­
lo­­
gi­­ tion).

1.	 Jacques Hadamard, mathéma­­ cien fran­­
ti­­
çais, a tra­­
vaillé en par­­ cu­­ sur
ti­­ lier
l’émergence de l’intuition mathéma­­
tique.

222
CC Mana­­ger la connais­­sance
Pour­­
quoi mettre en place
une ges­­ des savoirs
tion
de son équipe ?

223

Savoir-faire

La mise en place d’une ges­­ des savoirs
tion
de son équipe per­­ de répondre à dif­
met
­
fé­­
rents objec­­
tifs :
✓✓ mieux recru­­ et inté­­
ter
grer plus rapi­
­
de­­
ment les nou­­
veaux col­­ bo­­ teurs ; •	 C’est sur ces savoirs que le
la­­ ra­­
mana­­ ment de la connais­
ge­­
­
✓✓ minimi­­
ser les consé­­
quences des
sance va se concen­­
trer prio­­ ­
ri­
départs, les compé­­
tences clés ayant
tai­­ ment.
re­­
été capi­­ li­­ et par­­ gées ;
ta­­ sées
ta­­
✓✓ dis­­ ser d’un outil sup­­ men­­
po­­
plé­­ taire
pour déve­­ per les compé­­
lop­­
tences des col­­ bo­­ teurs ;
la­­ ra­­
✓✓ pos­­ der une base des savoirs métier mise à jour ;
sé­­
✓✓ ini­­ une démarche de pro­­
tier
grès continu ;
✓✓ déve­­ per la soli­­ rité et l’implication de l’équipe et du mana­­
lop­­
da­­
ger.
Réus­­ la mise en place de la ges­­
sir
tion des savoirs néces­­ de res­
site
­
pec­­ les condi­­
ter
tions sui­­
vantes. Cette ges­­
tion doit être :
✓✓ inté­­
grée dans le tra­­ de l’équipe ;
vail
✓✓ valo­­ sée au tra­­
ri­­
vers d’objectifs indi­­ duels et col­­ tifs fixés lors
vi­­
lec­­
des entre­­
tiens annuels ;
✓✓ foca­­ sée sur les prio­­ tés défi­­
li­­
ri­­
nies par rap­­
port aux attentes
clients ;
✓✓ pilo­­ et ani­­
tée
mée par le mana­­ de l’équipe sur la base d’un plan
ger
d’actions construit avec elle et vali­­ par la hié­­ chie ;
dé
rar­­
✓✓ bâtie sur une démarche de pro­­
grès continu ;
✓✓ fon­­ sur des méthodes et outils très visuels et appropriables
dée
par tous.

Savoir-être

•	 Le mana­­ ment de la connais­
ge­­
­
sance dans une équipe doit
par­­ des attentes des clients
tir
vis-­ -vis de l’entreprise pour
à
iden­­ fier les savoirs à mettre en
ti­­
œuvre pour les satis­­
faire.

Savoirs

PRINCIPES CLÉS
7 • Inno­­ et capi­­ li­­
ver
ta­­ ser
les pra­­
tiques

Savoir inno­­
ver
Sus­­ ter la créa­­ vité de son équipe
ci­­
ti­­
Mana­­ la connais­­
ger
sance

Quelle métho­­ lo­­ adop­­
do­­ gie
ter ?
Pour construire la base des savoirs métiers de son acti­­
vité, le mana­
­
ger peut s’appuyer sur une métho­­ lo­­ en six étapes. Nous déve­
do­­ gie
­
lop­­ rons ici plus par­­ cu­­ re­­
pe­­
ti­­ liè­­ ment les trois pre­­
mières étapes :
cartographier les savoirs de l’équipe, iden­­ fier les savoirs à capi­­ li­
ti­­
ta­­ ­
ser et défi­­ les actions à lan­­
nir
cer.
Figure 7.8 ■ La métho­­ lo­­ de ges­­
do­­ gie
tion des savoirs
ettre en
œuvre et suivre
les a ti ns

Entretiens individuels
annuels

al riser
les a ti ns
r alis es

a ue d art
i er les
e ti s
art ra ier
retraite u
ilit
il individuels et
lle ti s
les sav irs
audra identi ier les
de a italisati n
de l
ui
e
sav irs du sa ant ui
et de arta e
nt de la valeur
ur
l
ui e et les
ins
a tris s ar l
ui e
inir les
uis d inir et ettre
denti ier les d aines
a ti ns lan er
en uvre un lan
de sav irs
a italiser
d a ti ns s
i i ues
et
arta er en ri rit
E

E

E

Cartographier les savoirs de l’équipe

Cartographier les savoirs de l’équipe consiste à :
✓✓ Recen­­ les savoirs.
ser
✓✓ Leur attri­­
buer un niveau de maî­­
trise.
✓✓ Leur attri­­
buer un niveau de valeur.
224
Attri­­
buer un niveau de maî­­
trise aux savoirs

La carac­­ ri­­ tion en termes de maî­­
té­­ sa­­
trise peut se faire sui­­
vant
4 niveaux.
Figure 7.9 ■ La matrice des niveaux de maî­­
trise des savoirs
Explicites

225

Savoir-être

Collectives

Individuelles

Tacites

Savoir-faire

On peut clas­­ les champs de savoirs à inven­­ rier sui­­
ser
to­­
vant 4 axes :
✓✓ Acti­­ tés. Que faites-­ ous tous les jours  ? Comment le faitesvi­­
v
v
­ ous ? Que produisez-­ ous ? On déter­­ nera les acti­­ tés en iden­
v
mi­­
vi­­
­
ti­­
fiant les clients de l’équipe (internes ou externes à l’entreprise).
Un client est un acteur exté­­
rieur à l’entité qui lui adresse une
demande dont la réa­­ sa­­
li­­ tion néces­­
site un cer­­
tain nombre
d’activités.
✓✓ Res­­
sources/moyens. Quelles méthodes et outils vous sont
néces­­
saires pour réa­­ ser cette acti­­
li­­
vité  ? Devez-­ ous res­­ ter
v
pec­­
des normes  ? Quels sont les docu­­
ments exis­­
tants pour réa­­ ser
li­­
l’activité ?
✓✓ Pro­­ . Sur quoi portent les acti­­ tés que vous réa­­ sez ?
duit
vi­­
li­­
✓✓ Phé­­ mènes. Quels sont les métiers qui par­­ cipent aux acti­­ ­
no­­
ti­­
vi­
tés ? Quels sont les pro­­
blèmes ren­­
contrés cou­­ ment ? Quelles
ram­­
sont les carac­­ ris­­
té­­ tiques de l’environnement  ? À quels besoins
répond le pro­­
duit ?

Savoirs

Recen­­
ser les savoirs
7 • Inno­­ et capi­­ li­­
ver
ta­­ ser
les pra­­
tiques

Savoir inno­­
ver
Sus­­ ter la créa­­ vité de son équipe
ci­­
ti­­
Mana­­ la connais­­
ger
sance

✓✓ Tacite-­ ndividuel. Les savoirs ne sont pas for­­ li­­ ils sont
i
ma­­ sés,
« dans la tête » d’une ou plu­­
sieurs per­­
sonnes. Ils ne sont pas ou
sont peu par­­ gés.
ta­­
✓✓ Explicite-­ ndividuel. Les savoirs sont for­­ li­­ Ils sont des­
i
ma­­ sés.
­
ti­­ à une uti­­ sation propre (notes per­­ nelles). Il n’y a pas
nés
li­­
son­­
de modèle de for­­ li­­ tion commun à tous. Il n’y a pas ou peu
ma­­ sa­­
d’échanges.
✓✓ Tacite-­ ollectif. Les savoirs ne sont pas for­­ li­­
c
ma­­ sés, ils sont
«  dans la tête  » de plu­­
sieurs per­­
sonnes. Ils ne sont pas néces­
­
sai­­ ment exploi­­ de manière iden­­
re­­
tés
tique par les dif­­ rentes per­
fé­­
­
sonnes.
✓✓ Explicite-­ ollectif. Les savoirs sont for­­ li­­ et par­­ gés. Ils
c
ma­­ sés
ta­­
sont exploi­­ de manière iden­­
tés
tique par les dif­­ rentes per­­
fé­­
sonnes.
Ils sont maî­­ sés.
tri­­
Pour recueillir ces infor­­ tions on pourra poser les ques­­
ma­­
tions
sui­­
vantes :
•	 Existe-­-il des docu­­
t
ments sur ce champ de savoirs  ? Sont-­ls
i
clairs ? Uti­­ sés cou­­ ment et mis à jour ?
li­­
ram­­
•	 Avez-­ ous déve­­
v
loppé des savoir-­ aire par­­ cu­­
f
ti­­ liers sur ce champ
de savoirs ? Avez-­ ous trans­­ ces savoirs à d’autres per­­
v
mis
sonnes ?
Connaissez-­ ous d’autres per­­
v
sonnes qui auraient déve­­
loppé des
savoir-­ aire dif­­ rents des vôtres ?
f
fé­­
•	 Avez-­ ous tou­­
v
jours pro­­
cédé de cette manière ? Savez-­ ous pour­
v
­
quoi on pro­­
cède ainsi ?
Attri­­
buer un niveau de valeur aux savoirs

Autant l’expression de la maî­­
trise des savoirs peut-­ tre géné­­
ê
rique à
toute entre­­
prise et à tout domaine, autant l’expression de leur valeur
est très spé­­ fique au domaine consi­­
ci­­
déré.

226
Savoirs
Savoir-faire

En effet, elle se fonde sur les attentes du client. La valeur client
doit être indi­­
quée de pré­­ rence par le client lui-­ ême ou à défaut
fé­­
m
par le res­­ sable du domaine.
pon­­
Pour déter­­ ner la valeur des savoirs, il fau­­
mi­­
dra :
✓✓ recueillir les attentes des clients ;
✓✓ repérer les savoirs mis en œuvre pour satis­­
faire ces attentes ;
✓✓ éva­­ la criticité de l’absence de maî­­
luer
trise de ces savoirs.
On mesure la valeur de chaque savoir par un niveau reflé­­
tant les
impacts de l’absence de sa maî­­
trise :
✓✓ pas d’impact ;
✓✓ impact à long terme ;
✓✓ impact à moyen terme ;
✓✓ impact à court terme.
Exemples de cri­­
tères de valeur :
✓✓ savoirs stra­­ giques à acqué­­ ou à main­­ nir ;
té­­
rir
te­­
✓✓ savoirs déte­­ par une seule per­­
nus
sonne ;
✓✓ savoirs dont la maî­­
trise a un impact fort sur les coûts, les délais
et la qua­­
lité ;
✓✓ savoirs sources d’innovations fortes ;
✓✓ savoirs différentiateurs par rap­­
port à la concur­­
rence ;
✓✓ savoirs par­­ gés par plu­­
ta­­
sieurs sites ;
✓✓ savoirs pos­­ dés par des per­­
sé­­
sonnes dont le départ est proche :
muta­­
tions, retraites, démis­­
sions ;
✓✓ savoirs dans des sec­­
teurs à fort turn-­ ver.
o
Iden­­ fier les savoirs à capi­­ li­­
ti­­
ta­­ ser (prio­­ taires
ri­­
et/ou cri­­
tiques)

227

Savoir-être

Les savoirs sur les­­
quels on se foca­­ sera pour lan­­ des actions de
li­­
cer
capi­­ li­­ tion seront prio­­ taires ou cri­­
ta­­ sa­­
ri­­
tiques mais tou­­
jours à forte
valeur pour le client.
7 • Inno­­ et capi­­ li­­
ver
ta­­ ser
les pra­­
tiques

Savoir inno­­
ver
Sus­­ ter la créa­­ vité de son équipe
ci­­
ti­­
Mana­­ la connais­­
ger
sance

Défi­­ les actions de capi­­ li­­ tion à enga­­
nir
ta­­ sa­­
ger

On peut clas­­ les actions de capi­­ li­­ tion en trois grandes familles :
ser
ta­­ sa­­
for­­ li­­ tion, dif­­ sion, inté­­ tion.
ma­­ sa­­
fu­­
gra­­

Explicites et
collectives

e
rm
te
rt

co
u
à

Im

pa

ct
s

à
ct
s
pa

Im

Im

pa

ct
s

à

m

ng
lo

ct
pa
im
d’
Pa

s

A TRI E

oy
en

te

te

rm

e

rm

e

Figure 7.10 ■ Car­­ gra­­
to­­ phie des savoirs

Domaines
de connaissances
prioritaires

Tacites et
collectives
Explicites et
individuelles

Domaines
de connaissances
critiques

Implicites et
individuelles

VALEUR

Pour pré­­ ser le type d’action de capi­­ li­­ tion à mettre en œuvre,
ci­­
ta­­ sa­­
il faut en outre prendre en compte le cri­­ de sta­­ lité intrin­­
tère
bi­­
sèque
du savoir consi­­
déré.
Les ques­­
tions qui per­­
mettent de déter­­ ner le niveau de sta­­ lité
mi­­
bi­­
d’un savoir sont :
✓✓ Le savoir sur lequel je vais agir est-­l très dépen­­
i
dant des contextes
d’utilisation ?
✓✓ Ces contextes sont-­ls nom­­
i
breux ?

228
Figure 7.11 ■ Les actions de capi­­ li­­ tion
ta­­ sa­­

Formalisation

Diffusion

Savoirs

Explicites

Formalisation
Intégration

✓✓ Sont-­ls ame­­ à chan­­ sou­­
i
nés
ger
vent ?
✓✓ Cela m’amène-t-il à faire évo­­ le savoir ?
luer
Pour choi­­ un type d’action à mener dans une famille de savoirs
sir
selon le niveau de sta­­ lité du savoir, on peut uti­­ ser le tableau cibi­­
li­­
d
­ essous.

229

Savoir-faire

Diffusion

Savoir-être

Collectives

Individuelles

Tacites
7 • Inno­­ et capi­­ li­­
ver
ta­­ ser
les pra­­
tiques

Savoir inno­­
ver
Sus­­ ter la créa­­ vité de son équipe
ci­­
ti­­
Mana­­ la connais­­
ger
sance

Tableau 7.1 ■  es actions de capi­­ li­­ tion en fonc­­
L
ta­­ sa­­
tion du niveau de maî­­
trise

et de sta­­ lité
bi­­
Niveau de
maî­­
trise
actuel

Tacitei
­ndividuel

Famille
d’action

Sta­­ lité
bi­­

Action type
• Recueil et for­­ li­­ tion de
ma­­ sa­­
savoirs d’un ou plu­­
sieurs experts

Stable

• For­­ li­­ tion dans le cadre d’un
ma­­ sa­­
réseau

For­­ li­­ tion
ma­­ sa­­
Instable
Stable

Explicitei
­ndividuel

For­­ li­­ tion par les opé­­ tion­­
ma­­ sa­­
ra­­ nels
au fil de l’eau (bilan)
Indexa­­
tion et dépôt d’un docu­­
ment
dans une base
• Compa­­
gnon­­
nage/tutorat

Dif­­ sion
fu­­

Instable

• Par­­
tage dans le cadre d’un
réseau

Stable ou instable

• For­­ li­­ tion dans le cadre d’un
ma­­ sa­­
réseau

Stable
Tacitec
­ ollectif

For­­ li­­ tion
ma­­ sa­­
et dif­­ sion
fu­­

Commu­­ ca­­
ni­­ tion/sen­­ bi­­ sa­­
si­­ li­­ tion/
for­­ tion
ma­­

• Recueil et for­­ li­­ tion de
ma­­ sa­­
savoirs d’un ou plu­­
sieurs experts
Compa­­
gnon­­
nage/tutorat

Stable ou instable

Explicitec
­ ollectif

Instable

Commu­­ ca­­
ni­­ tion/
sen­­ bi­­ sa­­
si­­ li­­ tion/for­­ tion
ma­­

Stable

Consignes + audit
ou auto­ valua­­
é
tion.

Instable

Sys­­ ma­­ sation de l’intervention
té­­ ti­­
d’experts

Inté­­ tion
gra­­

230
Les bonnes pra­­
tiques pour réus­­ les actions
sir
de capi­­ li­­ tion
ta­­ sa­­

Savoirs

L’identification des actions de capi­­ li­­ tion fait appa­­
ta­­ sa­­
raître de nom­
­
breuses pistes. Il est impos­­
sible de les enga­­ simul­­ né­­
ger
ta­­ ment. Il faut
donc prioriser les actions et se pla­­ dans une perspec­­ cohé­­
cer
tive
rente
à moyen terme. Les actions les plus pro­­ tables sont bien sou­­
fi­­
vent
celles qui amènent des béné­­
fices rapides même s’ils sont limi­­ ces
tés,
pre­­
miers suc­­ entraî­­
cès
nant les autres dans un effet boule de neige.
C’est pour­­
quoi il est pré­­ rable d’engager des actions à retour sur
fé­­
inves­­ se­­
tis­­ ment court.
Il est conseillé d’engager les actions de capi­­ li­­ tion pour un
ta­­ sa­­
domaine par vagues semes­­
trielles en tenant compte de l’avancement
et des résul­­ des actions réa­­ sées.
tats
li­­

Faut-­l mettre en place une ges­­ des savoirs ?
i
tion

Savoir-faire

La ges­­
tion des savoirs par­­ cipe direc­­ ment à la per­­ mance de
ti­­
te­­
for­­
l’équipe en l’aidant à mon­­ en compé­­
ter
tence et en ren­­ çant sa
for­­
moti­­
vation. Le tableau  7.2 aidera le mana­­ à éva­­
ger
luer l’urgence
de la mise en place d’un dis­­ si­­ de ges­­
po­­ tif
tion des savoirs dans son
équipe.
Tableau 7.2 ■ Éva­­ tion de la néces­­ d’une ges­­
lua­­
sité
tion des savoirs
En moyenne
les savoirs

A

B

C

D

Court terme

Moyen terme

Long terme

Très long terme

Sont plus
théo­­
riques
qu’expérimentaux

Très théo­­
riques

Théo­­
riques

Expé­­ men­­
ri­­
taux

Très expé­­ ­
ri­
men­­
taux

Sont for­­ li­­
ma­­ sés

Trop

Beau­­
coup

Un peu

Pas du tout

Sont par­­ gés
ta­­

Trop

Beau­­
coup

Un peu

Pas du tout

Sont dis­­ nibles
po­­
au tra­­
vers de
très nom­­
breux
docu­­
ments

Pas du tout

Un peu

Beau­­
coup

Trop

☞

231

Savoir-être

Ont une durée
de vie
7 • Inno­­ et capi­­ li­­
ver
ta­­ ser
les pra­­
tiques

☞

Sont acces­­
sibles
rapi­­ ment en
de­­
fonc­­
tion des
besoins
Sont mis à jour

Savoir inno­­
ver
Sus­­ ter la créa­­ vité de son équipe
ci­­
ti­­
Mana­­ la connais­­
ger
sance

En quelques
secondes

En quelques
minutes

En quelques
heures

En quelques
jours

À chaque fois

Très sou­­
vent

De temps en
temps

Rare­­
ment

Comp­­
ter :
✓✓ 1 point par réponse A
✓✓ 4 points par réponse B
✓✓ 8 points par réponse C
✓✓ 10 points par réponse D
Si le résul­­ est compris entre 65 et 70 points, il est for­­ ment
tat
te­­
recom­­
mandé de mettre en place un dis­­ si­­ de ges­­
po­­ tif
tion des savoirs
quel que soit le retour sur inves­­ se­­
tis­­ ment cal­­
culé sur 3 ans.
Si le résul­­ est compris entre 50 et 65 points, un dis­­ si­­ de
tat
po­­ tif
ges­­
tion des savoirs peut-­ tre mis en place sous réserve d’un retour
ê
sur inves­­ se­­
tis­­ ment sur 3 ans.
Si le résul­­ est compris entre 40 et 50 points, un dis­­ si­­ de
tat
po­­ tif
ges­­
tion des savoirs peut être mis en place sous réserve d’un retour
sur inves­­ se­­
tis­­ ment sur l’année.
Si le résul­­ est infé­­
tat
rieur à 40 points, un dis­­ si­­ de ges­­
po­­ tif
tion des
savoirs n’est pas indis­­ sable.
pen­­

Inno­­ tion et capi­­ li­­ tion des connais­­
va­­
ta­­ sa­­
sances ne vont pas
de soi. Dans ce domaine, plus encore que dans d’autres,
le mana­­ a un vrai rôle à jouer. Ce rôle consiste à créer
ger
les condi­­
tions favo­­
rables, à don­­ l’impulsion et à faire
ner
preuve de constance et de patience.

232
Savoirs

Chapitre 8
Le rôle RH du mana­­ ment
ge­­

◆◆ Comment fixer et suivre les objec­­ de ses col­­ bo­­ teurs ?
tifs
la­­ ra­­
◆◆ Comment s’assurer du respect des règles juri­­
diques régis­­
sant

le tra­­
vail ?

233

Savoir-être

ter ?
◆◆ Comment recru­­

Savoir-faire

Les ques­­
tions aux­­
quelles répond ce cha­­
pitre
8 • Le rôle RH du mana­­ ment
ge­­

Recru­­
Recru­­ter
ter
Fixerdes objec­­ tifs en phase la stratégie
Fixer des objec­­ en phase avec
tifs
Éva­­ la per­­ for­­
Éva­­luer la per­­ mance des col­­ bo­­ teurs
luer
for­­ mance des la­­ ra­­
Mana­­ dans lele respect règles juridiques
Mana­­ger dans respect des
ger

La décen­­ li­­ tion des acti­­ tés res­­
tra­­ sa­­
vi­­
sources humaines vers les res­
­
pon­­
sables hié­­ chiques s’amplifie. Parmi les rôles RH du mana­­
rar­­
ger
figurent :
✓✓ recru­­
ter ;
✓✓ fixer des objec­­
tifs ;
✓✓ suivre les objec­­ et les éva­­
tifs
luer ;
✓✓ mana­­ dans le respect des règles juri­­
ger
diques.

CC Recru­­ter
PRINCIPES CLÉS
•	 Le recru­­ ment est un pro­
te­­
­
ces­­
sus qui va de l’analyse du
besoin à l’intégration du nou­­
vel
embau­­
ché. Il est long et coû­
­
teux.
•	 La rigueur avec laquelle on le
conduit est la meilleure garante
du suc­­
cès.

Les 5 grandes étapes
du pro­­ sus de recru­­ ment
ces­­
te­­
Le pro­­ sus de recru­­ ment comporte
ces­­
te­­
cinq grandes étapes :
✓✓ ana­­ ser le besoin ;
ly­­
✓✓ recher­­ et sélec­­ ner les can­­ dats ;
cher
tion­­
di­­
✓✓ conduire les entre­­
tiens de recru­­ ment ;
te­­
✓✓ pro­­ der au choix du can­­ dat ;
cé­­
di­­
✓✓ accueillir et inté­­
grer le nou­­
vel
embau­­
ché.

Ana­­ ser le besoin
ly­­

Il s’agit tout d’abord de défi­­ pré­­ sé­­
nir
ci­­ ment le poste et le pro­­
fil
recher­ hé. Cette phase est pri­­ diale. Les échecs sont sou­­
c
mor­­
vent dus
à une mau­­
vaise ana­­
lyse du besoin et à une défi­­ tion erro­­ ou
ni­­
née
incom­­
plète du poste et/ou du pro­­
fil.
On carac­­ rise un poste au tra­­
té­­
vers de trois types de compé­
­
tences :
✓✓ Les compé­­
tences spé­­ fiques  : les compé­­
ci­­
tences cœur de métier
indis­­ sables pour occu­­ le poste.
pen­­
per

234
✓✓ Les compé­­
tences trans­­ sales : les compé­­
ver­­
tences qui per­­
mettent
de maî­­ ser toutes les dimen­­
tri­­
sions du poste  : commu­­ ca­­
ni­­ tion,
orga­­ sa­­
ni­­ tion, etc.
✓✓ Les compé­­
tences stra­­ giques pour l’entreprise, celles qui assu­­ ­
té­­
re­
ront demain sa réus­­
site.

Savoirs

Éta­­
blir la fiche de poste

Savoir-faire

La fiche de poste comprend les rubriques sui­­
vantes :
✓✓ inti­­ du poste ;
tulé
✓✓ posi­­ ne­­
tion­­ ment du poste dans l’organigramme ;
✓✓ rat­­ che­­
ta­­ ment hié­­ chique ;
rar­­
✓✓ fina­­ tés du poste (à quoi sert le poste ?) ;
li­­
✓✓ prin­­ pales mis­­
ci­­
sions décli­­
nées en acti­­ tés/tâches ;
vi­­
✓✓ moyens : humains, tech­­
niques et finan­­
ciers ;
✓✓ condi­­
tions de tra­­
vail : mode de reporting et de contrôle, auto­­ ­
no­
mie – limites de res­­ sa­­ li­­ horaires – dépla­­ ments – dis­
pon­­ bi­­ tés,
ce­­
­
po­­ bi­­ deman­­
ni­­ lité
dée ;
✓✓ lieu de tra­­
vail ;
✓✓ for­­ tions pré­­
ma­­
vues avant la prise de poste ;
✓✓ condi­­
tions d’engagement : date d’embauche sou­­ tée, rému­­ ­
hai­­
né­
ra­­
tion pré­­ : salaire – avan­­
vue 
tages divers, durée de la période
d’essai.
Éta­­
blir la fiche pro­­ du can­­ dat recher­ hé
fil
di­­
c
Tableau 8.1 ■ Fiche pro­­ du can­­ dat
fil
di­­
Élé­­
ments du pro­­
fil

À vali­­ par
der
l’entretien de
l’opérationnel

Sou­­
haité

For­­ tion Connais­­
ma­­
sances
spé­­ fiques
ci­­
ex : langues – infor­­ tique
ma­­
Expé­­
rience pro­­ sion­­
fes­­
nelle
• Type d’expérience
• Durée
Compé­­
tences
pro­­ sion­­
fes­­
nelles

☞
235

Savoir-être

Compé­­
tences
objec­­
tives à uti­­ ser
li­­
pour l’analyse des
CV + pré­­ lec­­
sé­­ tion
télé­­ nique
pho­­

Impé­­ tif
ra­­
8 • Le rôle RH du mana­­ ment
ge­­

☞

Recru­­
ter
Fixer des objec­­ en phase avec la stratégie
tifs
Éva­­
luer la per­­ mance des col­­ bo­­ teurs
for­­
la­­ ra­­
Mana­­ dans le respect des règles juridiques
ger

Élé­­
ments du pro­­
fil

Impé­­ tif
ra­­

Sou­­
haité

Compé­­
tences
compor­­ men­­
te­­
tales

À vali­­ par
der
l’entretien RH
+ entre­­
tien
opé­­ tion­­
ra­­ nel

Intel­­ gence
li­­
Exemple :
• Curio­­
sité d’esprit
• Capa­­
cité d’analyse
• Sens concret, pra­­
tique
Acti­­
vité
Exemple :
• Dyna­­
misme
• Per­­ vé­­
sé­­ rance
• Capa­­
cité à trai­­ plu­­
ter
sieurs acti­­ tés
vi­­
de front
Carac­­
tère
Exemple : Aisance rela­­ nelle Écoute
tion­­
Confiance en soi

Recher­­
cher et sélec­­
tion­­
ner les can­­ dats
di­­
Recru­­ en interne ou en externe
ter

Les deux pra­­
tiques pré­­
sentent cha­­
cune des avan­­
tages.
✓✓ Les avan­­
tages du recru­­ ment interne :
te­­
−− faci­­ à appré­­
lité
cier l’aptitude de la per­­
sonne à prendre le
poste ;
−− son adap­­ tion et son inté­­ tion sont faci­­ tées ;
ta­­
gra­­
li­­
−− on n’intègre pas de per­­
sonne sup­­ men­­
plé­­ taire.
✓✓ Les avan­­
tages du recru­­ ment externe :
te­­
−− un apport de « sang neuf » ;
−− pos­­ bi­­ de rééqui­­ brer la pyra­­
si­­ lité
li­­
mide des âges ;
−− acqui­­ tion d’une nou­­
si­­
velle tech­­ cité ;
ni­­
−− pos­­ bi­­ d’aider à mener un chan­­ ment majeur.
si­­ lité
ge­­

236
Il existe de nom­­
breux outils et moyens pour recher­­
cher des can­­ ­
di­
dats :
✓✓ L’APEC : seul site gra­­ pour la recherche de cadres.
tuit
✓✓ Pole emploi : une dif­­ sion gra­­
fu­­
tuite des offres dans les agences et
sur pole-­ mploi.fr.
e
✓✓ Les can­­ da­­
di­­ tures spon­­ nées : le vivier est rapi­­ ment obso­­
ta­­
de­­
lète.
✓✓ La coop­­ tion : les can­­ dats sont pré­­ tés par les sala­­
ta­­
di­­
sen­­
riés.
✓✓ Les écoles : il est impor­­
tant d’instaurer et de déve­­ per des rela­
lop­­
­
tions de par­­ na­­
te­­ riat.
✓✓ Les nou­­
velles méthodes :
−− les réseaux sociaux pro­­ sion­­
fes­­ nels : Viadeo, Facebook ;
−− le speed networking : quelques minutes de face-­ -face entre
à
un recru­­
teur et des can­­ dats ;
di­­
−− la vidéo : des cv vidéo pro­­ sés par visualcv, l’apec, etc. ;
po­­
−− les blogs.

Savoirs

Recru­­ en externe
ter

237

Savoir-être

Plu­­
sieurs méthodes sont uti­­ sées :
li­­
✓✓ L’analyse des CV. La dif­­ culté est liée au fait que les CV sont
fi­­
stan­­ di­­ et tous attrac­­
dar­­ sés
tifs.
✓✓ L’entretien de groupe. Chaque can­­ dat doit faire une pré­­ ta­
di­­
sen­­ ­
tion devant les autres. Il per­­
met d’évaluer le lea­­ ship des can­
der­­
­
di­­
dats et il est par­­ cu­­ re­­
ti­­ liè­­ ment uti­­ pour le recru­­ ment des
lisé
te­­
commer­­
ciaux.
✓✓ Les tests :
−− Les tests psy­­ tech­­
cho­­ niques per­­
mettent de mesu­­ une apti­
rer
­
tude et de compa­­ les résul­­ d’un can­­ dat à un éta­­ ­
rer
tats
di­­
lon­
nage d’un grand nombre de sujets ;
−− Les tests de per­­ na­­ éva­­
son­­ lité
luent traits de per­­ na­­ et
son­­ lité
compor­­ ments. Ils consti­­
te­­
tuent un sup­­
port pour abor­­ plus
der
faci­­ ment la dimen­­
le­­
sion psy­­ lo­­
cho­­ gique au cours de l’entretien
de recru­­ ment.
te­­
✓✓ Les mises en situa­­
tion ou assessment center. Cette tech­­
nique
consiste à mettre les can­­ dats dans des situa­­
di­­
tions proches de la
réa­­ des postes afin d’apprécier leurs compé­­
lité
tences.

Savoir-faire

Sélec­­
tion­­
ner les can­­ dats
di­­
8 • Le rôle RH du mana­­ ment
ge­­

Recru­­
ter
Fixer des objec­­ en phase avec la stratégie
tifs
Éva­­
luer la per­­ mance des col­­ bo­­ teurs
for­­
la­­ ra­­
Mana­­ dans le respect des règles juridiques
ger

Conduire les entre­­
tiens de recru­­ ment
te­­

L’entretien sera struc­­
turé en 7 étapes :
✓✓ Accueillir (pré­­ ta­­
sen­­ tion du recru­­
teur, mise à l’aise du can­­ dat,
di­­
pré­­ ta­­
sen­­ tion du dérou­­ ment de l’entretien).
le­­
✓✓ Enquê­­ sur :
ter
−− la for­­ tion ;
ma­­
−− l’expérience pro­­ sion­­
fes­­ nelle ;
−− les moti­­
vations.
✓✓ Infor­­ sur :
mer
−− l’entreprise ;
−− le poste.
✓✓ Échan­­
ger sur conver­­
gences et diver­­
gences demande/offre  :
confir­­ tion ou non de la moti­­
ma­­
vation du can­­ dat.
di­­
✓✓ Enquê­­ sur :
ter
−− élé­­
ments de per­­ na­­ non abor­­ encore ;
son­­ lité
dés
−− acti­­ tés extra­ rofes­­ nelles éven­­ le­­
vi­­
p
sion­­
tuel­­ ment.
✓✓ Lais­­ au can­­ dat la pos­­ bi­­ d’ajouter ce qu’il sou­­
ser
di­­
si­­ lité
haite et
qu’il n’a pas pu expri­­
mer.
✓✓ Conclure :
−− remer­­
ciements ;
−− infor­­ tions pré­­
ma­­
cises sur la suite du pro­­ sus (qui – quand –
ces­­
comment).
Pro­­ der au choix du can­­ dat
cé­­
di­­

À cette étape, il fau­­
dra :
✓✓ compi­­ les notes prises lors des dif­­ rents entre­­
ler
fé­­
tiens et les croi­
­
ser avec la fiche pro­­ du can­­ dat ;
fil
di­­
✓✓ sélec­­ ner avec la DRH les pro­­ les plus inté­­ sants ;
tion­­
fils
res­­
✓✓ pous­­ l’investigation sur ces can­­ dats par le biais d’entretiens
ser
di­­
complé­­ taires et/ou de tests ;
men­­
✓✓ et enfin, avec la DRH, échan­­ les points de vue et compa­­
ger
rer
les éva­­ tions.
lua­­
238
Le pro­­ sus d’intégration démarre dès l’accueil et se pour­­ auces­­
suit
d
­ elà de la fin de la période d’essai. Il ne peut être consi­­
déré comme
étant réa­­ tant que le mana­­ et le col­­ bo­­ teur ne se sentent pas
lisé
ger
la­­ ra­­
satis­­
faits par leur rela­­
tion de tra­­
vail.
L’objectif pour le mana­­ est de véri­­ que le nou­­ embau­­
ger
fier
vel
ché
est :
✓✓ compétent sur le plan tech­­
nique ;
✓✓ apte à tra­­
vailler et à bien commu­­ quer avec l’équipe en place ;
ni­­
✓✓ en accord avec les objec­­ de l’entreprise.
tifs

Savoirs

Accueillir et inté­­
grer le nou­­ embau­­
vel
ché

CC Fixer des objec­­tifs en phase
avec la stra­­té­­gie
PRINCIPES CLÉS
•	 La fixa­­
tion des objec­­ doit se
tifs
conce­­
voir comme un sys­­
tème
cohé­­
rent qui suit la ligne hié­­ ­
rar­
chique.
•	 On assure ainsi la foca­­ sa­­
li­­ tion
de l’ensemble de l’équipe sur
les mêmes prio­­ tés.
ri­­
•	 Il ne faut pas se limi­­ aux
ter
objec­­ quan­­ tatifs qui ne per­
tifs
ti­­
­
mettent pas de mesu­­ toute
rer
la per­­ mance d’un col­­ bo­­ ­
for­­
la­­ ra­
teur.

Savoir-faire

Le mana­­ ment par objec­­ est un
ge­­
tifs
pro­­ sus continu, au sein duquel hié­
ces­­
­
rar­­
chie et col­­ bo­­ teurs :
la­­ ra­­
✓✓ iden­­ fient les buts communs ;
ti­­
✓✓ défi­­
nissent les domaines de res­­ ­
pon­
sa­­ lité ;
bi­­
✓✓ fixent les résul­­ atten­­ et les cri­
tats
dus
­
tères d’évaluation.
Un objec­­ est l’expression concrète,
tif
chif­­ et datée d’un résul­­ à atteindre.
frée
tat
Il peut être imposé ou négo­­ quan­­ ­
cié,
ti­
tatif ou qua­­ ta­­
li­­ tif.

Les deux sys­­
tèmes coexistent. Dans tous les cas, il fau­­ commu­­ ­
dra
ni­
quer clai­­ ment sur le sys­­
re­­
tème retenu.
Trois cas de figures peuvent se pré­­ ter :
sen­­
✓✓ Les objec­­ sont impo­­ Le mana­­ effec­­ cer­­
tifs
sés.
ger
tue tains com­ en­
m ­
taires mais veille à ne pas sus­­ ter un sen­­ ment de « négo­­
ci­­
ti­­
ciable ».
239

Savoir-être

Les objec­­ impo­­ ou négo­­
tifs
sés
ciés
8 • Le rôle RH du mana­­ ment
ge­­
8 • Le rôle RH du mana­­ ment
ge­­

Recru­­
ter
Fixer des objec­­ en phase avec la stratégie
tifs
Éva­­
luer la per­­ mance des col­­ bo­­ teurs
for­­
la­­ ra­­
Mana­­ dans le respect des règles juridiques
ger

✓✓ Le mana­­ sol­­ cite l’avis de son col­­ bo­­ teur car il sait pou­­
ger li­­
la­­ ra­­
voir
en tenir compte le cas échéant.
✓✓ Le mana­­ accepte de négo­­
ger
cier l’objectif avec toute la part
d’incertitude inhé­­
rente à cette situa­­
tion.

Les moda­­ tés pra­­
li­­
tiques de fixa­­ des objec­­
tion
tifs
La fixa­­
tion s’effectue par la réponse aux ques­­
tions qui suivent.
Quels sont les domaines clés où des résul­­
tats
satis­­
faisants doivent être obte­­
nus ?

Tous ces domaines à exa­­ ner sont déter­­ nés par l’analyse des
mi­­
mi­­
résul­­ anté­­
tats
rieurs :
✓✓ Domaines liés aux pro­­
duits de l’activité ou aux ser­­
vices ren­­
dus
(quan­­
tité, qua­­ délais, coût).
lité,
✓✓ Domaines liés au main­­
tien et au déve­­ pe­­
lop­­ ment du poten­­
tiel
(qua­­ fi­­ tion des hommes, sécu­­
li­­ ca­­
rité, degré d’emploi du maté­­
riel,
orga­­ sa­­
ni­­ tion des ser­­
vices, cli­­ social…).
mat
✓✓ Domaines liés aux pres­­ tions néces­­
ta­­
saires afin de faci­­ ter l’activité
li­­
des ser­­
vices connexes.
✓✓ Domaines liés au main­­
tien et au déve­­ pe­­
lop­­ ment du carac­­
tère
compé­­
titif de l’activité (renou­­ le­­
vel­­ ment des pro­­
duits, des tech­
­
niques, des ser­­
vices connexes, des mar­­
chés ; péné­­ tion sur le
tra­­
mar­­
ché, posi­­
tions concur­­ tielles diverses).
ren­­
Une fois l’ensemble des domaines clés rete­­
nus, il fau­­
dra :
✓✓ S’assurer que toutes les zones où des objec­­ peuvent être fixés
tifs
ont été explo­­
rées.
✓✓ Res­ reindre le nombre des objec­­ en se cen­­
t
tifs
trant sur les objec­
­
tifs prio­­ taires.
ri­­

240
Comment mesu­­ l’atteinte des objec­­
rer
tifs ?

Ils se mesurent grâce à un indi­­ teur. Dans cer­­
ca­­
tains cas, l’indicateur
est simple :
✓✓ chiffre d’affaires à obte­­
nir ;
✓✓ nombre de récla­­ tions maxi­­
ma­­
mum.
Dans d’autres cas, on compo­­
sera un indi­­ teur plus éla­­
ca­­
boré,
géné­­ le­­
ra­­ ment un ratio ou un pour­­ tage :
cen­­
✓✓ nombre de jours de grève/nombre de jours tra­­
vaillés ;
✓✓ pour­­ tage d’incidents de livrai­­
cen­­
son/nombre de livrai­­
sons total.

Savoirs

Les objec­­
tifs quan­­ tatifs
ti­­

La quan­­ fi­­
ti­­ cation exces­­ des objec­­ écarte tout ce qui n’est pas
sive
tifs
faci­­ ment quan­­ fiable comme l’innovation, la qua­­ la commu­
le­­
ti­­
lité,
­
ni­­ tion, le déve­­ pe­­
ca­­
lop­­ ment des compé­­
tences.
Afin d’apprécier ces objec­­ qua­­ ta­­ il convient de :
tifs
li­­ tifs,
✓✓ repérer ce qui a été fait par le col­­ bo­­ teur (les faits signi­­ ca­
la­­ ra­­
fi­­ ­
tifs) ;
✓✓ se don­­ des indi­­ teurs qui per­­
ner
ca­­
mettent d’évaluer si ce qui a été
fait a eu des impacts.

Savoir-faire

Les objec­­
tifs qua­­ ta­­
li­­ tifs

Les dif­­ rentes caté­­ ries d’objectifs
fé­­
go­­

Il y a quatre caté­­ ries d’objectifs.
go­­

Géné­­ le­­
ra­­ ment quan­­ tatifs, ils se rap­­
ti­­
portent à l’activité per­­ nente
ma­­
de l’entité consi­­ rée.
dé­­
Il peut s’agir :
✓✓ d’objectifs de pro­­ tion : ils s’expriment en quan­­ tés pro­­
duc­­
ti­­
duites
ou en chiffre d’affaires ; ils carac­­ risent l’activité prin­­ pale de
té­­
ci­­
l’entité ;
241

Savoir-être

Les objec­­
tifs d’activité
8 • Le rôle RH du mana­­ ment
ge­­

Recru­­
ter
Fixer des objec­­ en phase avec la stratégie
tifs
Éva­­
luer la per­­ mance des col­­ bo­­ teurs
for­­
la­­ ra­­
Mana­­ dans le respect des règles juridiques
ger

✓✓ d’objectifs d’efficacité : sou­­
vent les résul­­ à atteindre en matière
tats
de qua­­
lité : délais, récla­­ tions, coût.
ma­­
Les objec­­
tifs de déve­­ pe­­
lop­­ ment des per­­
sonnes

Ils se rap­­
portent à la volonté de faire pro­­ ser les per­­
gres­­
sonnes : amé­
­
lio­­ les capa­­ tés de négo­­ tion avec les autres ser­­
rer
ci­­
cia­­
vices, ren­­ cer
for­­
l’expertise sur tel dos­­ etc.
sier,
Les objec­­
tifs de déve­­ pe­­
lop­­ ment de l’organisation

Ils se rap­­
portent aux méthodes, à l’organisation de l’activité, à
l’évolution des tech­­
niques. Exemple  : adop­­ de nou­­
ter
velles pro­­ ­
cé­
dures de trai­­ ment des demandes clients, lan­­ le pro­­ X avec un
te­­
cer
jet
groupe de tra­­
vail.
Les objec­­
tifs d’innovation

Que peut-­ n faire de nou­­
o
veau dans ce poste, dans l’entreprise  ?
Quels pro­­
duits, outils, ser­­
vices ou autres choses peut-­ n créer et
o
déve­­ per pour accroître l’efficacité ?
lop­­

Les cri­­
tères de qua­­ de la défi­­ tion des objec­­
lité
ni­­
tifs
Les objec­­ doivent être cohé­­
tifs
rents avec la poli­­
tique et les orien­
­
ta­­
tions de l’entreprise et avec les objec­­ du niveau hié­­ chique
tifs
rar­­
immé­­ te­­
dia­­ ment supé­­
rieur.
Cette hié­­ chie des objec­­ du plus géné­­ au plus spé­­ fique,
rar­­
tifs,
ral
ci­­
per­­ de pas­­ du niveau stra­­ gique au niveau opé­­ tion­­
met
ser
té­­
ra­­ nel.

242
Défi­­ni­­ ion des objec­­
t
tifs
Les objec­­ doivent être SMART :
tifs

✓✓ M : Mesu­­
rables ou obser­­
vables, ils doivent être pré­­ tés de manière
sen­­
très expli­­
cite.
✓✓ A : Ambi­­
tieux. Leur atteinte repré­­
sente un chal­­
lenge rai­­ nable.
son­­
✓✓ R  : Réa­­
listes et réa­­ sables. Il est pos­­
li­­
sible de les atteindre et ils sont
assor­­ de moyens. Il est inef­­ cace de fixer des objec­­ inac­­ sibles.
tis
fi­­
tifs
ces­­

Savoirs

✓✓ S : Spé­­ fiques à chaque col­­ bo­­ teur et limi­­ à un nombre res­reint
ci­­
la­­ ra­­
tés
t
(les prio­­ tés du poste).
ri­­

✓✓ T : dans le Temps : échéancés et assor­­ de points de contrôle.
tis

CC Éva­­luer la per­­for­­ ance
m
des col­­la­­bo­­ra­­teurs

Quels sont les enjeux
de l’entretien d’évaluation ?

PRINCIPES CLÉS
•	 L’entretien d’évaluation est à la
fois un acte de mana­­ ment et
ge­­
un acte de commu­­ ca­­
ni­­ tion.
•	 Le mana­­ doit éva­­
ger
luer les
compé­­
tences, les contri­­ tions
bu­­
et les per­­ mances de son col­
for­­
­
la­­ ra­­
bo­­ teur.

Pour les mana­­
gers

Savoir-faire

Une fois les objec­­ fixés, il convient
tifs
d’en éva­­ l’atteinte. Même si d’autres
luer
moyens existent, l’entretien d’évaluation
est le moyen pri­­ lé­­
vi­­ gié.

Son objec­­ pre­­
tif
mier est l’évaluation
des col­­ bo­­ teurs et le mana­­ ment
la­­ ra­­
ge­­
et déve­­ pe­­
lop­­ ment des compé­­
tences de
l’équipe.
Il per­­ éga­­ ment de :
met
le­­
✓✓ décli­­ les axes stra­­ giques en plans d’actions opé­­ tion­­
ner
té­­
ra­­ nels ;
✓✓ pilo­­ l’activité de son unité et de ses col­­ bo­­ teurs par un sys­
ter
la­­ ra­­
­
tème d’objectifs ;
✓✓ créer les condi­­
tions de la moti­­
vation des col­­ bo­­ teurs et don­­
la­­ ra­­
ner
à cha­­ la reconnais­­
cun
sance de sa contri­­ tion ;
bu­­
243

Savoir-être

•	 Il doit aussi envi­­ ger cet entre­
sa­­
­
tien comme un vrai moment
d’échange avec lui.
8 • Le rôle RH du mana­­ ment
ge­­

Recru­­
ter
Fixer des objec­­ en phase avec la stratégie
tifs
Éva­­
luer la per­­ mance des col­­ bo­­ teurs
for­­
la­­ ra­­
Mana­­ dans le respect des règles juridiques
ger

✓✓ détecter les compé­­
tences exis­­
tantes par rap­­
port à chaque
métier ;
✓✓ favo­­ ser l’initiative et la prise de res­­ sa­­ lité indi­­ duelle.
ri­­
pon­­ bi­­
vi­­
Pour les col­­ bo­­ teurs
la­­ ra­­

L’entretien d’évaluation per­­ de :
met
✓✓ béné­­ cier d’une éva­­ tion objec­­ et contra­­ toire de ses per­
fi­­
lua­­
tive
dic­­
­
for­­
mances ;
✓✓ cla­­ fier et for­­ li­­ la mis­­
ri­­
ma­­ ser
sion et les attri­­ tions ;
bu­­
✓✓ négo­­ ses objec­­ et dis­­ ser des moyens néces­­
cier
tifs
po­­
saires pour les
atteindre ;
✓✓ créer une commu­­ ca­­
ni­­ tion construc­­ avec son mana­­
tive
ger.
Pour l’entreprise

La syn­­
thèse des comptes ren­­ des dif­­ rents entre­­
dus
fé­­
tiens per­­ de
met
dis­­ ser annuel­­ ment d’une photo­­
po­­
le­­
graphie de l’existant en matière
RH per­­ tant :
met­­
✓✓ des prises de déci­­
sions en matière de rému­­ ra­­
né­­ tion des compé­
­
tences et des per­­ mances ;
for­­
✓✓ la pré­­ ra­­
pa­­ tion de plans de car­­
rières et du plan de for­­ tion ;
ma­­
✓✓ la garan­­ d’une ges­­
tie
tion équi­­
table des col­­ bo­­ teurs.
la­­ ra­­

Réus­­ un entre­­ d’évaluation
sir
tien
L’entretien d’évaluation comprend six temps forts :
✓✓ la pré­­ ra­­
pa­­ tion ;
✓✓ l’accueil ;
✓✓ le bilan ;
✓✓ le futur ;
✓✓ la conclu­­
sion ;
✓✓ le suivi.
244
Il est sou­­ table qu’elle soit effec­­
hai­­
tuée par le mana­­ et par le col­­ ­
ger
la­
bo­­ teur qui note­­
ra­­
ront :
✓✓ les réus­­
sites et dif­­ cultés de l’année ;
fi­­
✓✓ les faits essen­­
tiels ;
✓✓ les prises d’initiatives ;
✓✓ la coopé­­ tion avec d’autres ser­­
ra­­
vices ;
✓✓ tout ce qui atteste une évo­­ tion posi­­ par rap­­
lu­­
tive
port à l’année
pré­­ dente.
cé­­
La pré­­ ra­­
pa­­ tion porte éga­­ ment sur l’année à venir et plus par­­ ­
le­­
ti­
cu­­ re­­
liè­­ ment sur les résul­­ ou objec­­ à atteindre.
tats
tifs

Savoirs

La pré­­ ra­­
pa­­ tion

245

Savoir-être

C’est pen­­
dant la phase d’accueil que s’instaure la commu­­ ca­­
ni­­ tion.
De cette phase dépen­­ la qua­­ de l’entretien. Il faut veiller au
dra
lité
respect de quelques condi­­
tions :
✓✓ Soi­­
gner les condi­­
tions maté­­
rielles :
−− choi­­ un lieu calme et se pro­­ ger des inter­­ tions pos­
sir
té­­
rup­­
­
sibles ;
−− s’assurer que cha­­
cun est confor­­ ble­­
ta­­ ment ins­­
tallé et peut
prendre des notes.
✓✓ Pré­­ ser le dérou­­ ment de l’entretien :
ci­­
le­­
−− re­ ituer la place et le rôle de l’entretien d’évaluation ;
s
−− infor­­
mer ses consé­­
quences pra­­
tiques  : objec­­
tifs, éva­­ tion,
lua­­
mobi­­ for­­ tion, évo­­ tion de car­­
lité, ma­­
lu­­
rière, rémunération…
−− rap­­ ler les règles du jeu ;
pe­­
−− don­­ le plan de l’entretien ;
ner
−− sol­­ ci­­ l’accord du col­­ bo­­ teur sur ce dérou­­ ment.
li­­ ter
la­­ ra­­
le­­

Savoir-faire

L’accueil
8 • Le rôle RH du mana­­ ment
ge­­

Recru­­
ter
Fixer des objec­­ en phase avec la stratégie
tifs
Éva­­
luer la per­­ mance des col­­ bo­­ teurs
for­­
la­­ ra­­
Mana­­ dans le respect des règles juridiques
ger

Le bilan

Deux temps forts struc­­
turent le bilan :
✓✓ l’évaluation de la contri­­ tion des sala­­
bu­­
riés et la mesure de
l’atteinte de ses objec­­
tifs ;
✓✓ l’évaluation du niveau glo­­ de contri­­ tion du col­­ bo­­ teur.
bal
bu­­
la­­ ra­­
C’est une syn­­
thèse qui per­­
met de por­­ un regard d’ensemble
ter
sur la contri­­ tion du col­­ bo­­ teur par rap­­
bu­­
la­­ ra­­
port au contexte
d’ensemble de la fonc­­
tion.
Les points à exa­­ ner pen­­
mi­­
dant la phase de bilan sont :
✓✓ les mis­­
sions actuelles per­­ nentes du poste ;
ma­­
✓✓ les résul­­ par rap­­
tats
port aux objec­­ de l’année écou­­
tifs
lée ;
✓✓ les compé­­
tences mises en œuvre ;
✓✓ le poten­­
tiel.
Le futur

Il s’agit de :
✓✓ fixer les objec­­ pour l’année sui­­
tifs
vante ;
✓✓ invi­­ le col­­ bo­­ teur à s’engager sur des actions de pro­­
ter
la­­ ra­­
grès ;
✓✓ éla­­ rer avec lui les mesures à prendre pour son déve­­ pe­­
bo­­
lop­­ ment
per­­ nel.
son­­
La conclu­­
sion

L’entretien s’étant bien déroulé, cette phase consiste à le ter­­ ner
mi­­
dans des condi­­
tions moti­­
vantes :
✓✓ rap­­ ler les aspects essen­­
pe­­
tiels de l’entretien : éva­­ tion glo­­
lua­­
bale,
enga­­ ments pris par cha­­
ge­­
cun ;
✓✓ indi­­
quer qu’il existe d’autres occa­­
sions pour faire le point en
cours d’année ;

246
✓✓ invi­­ le col­­ bo­­ teur à don­­ son sen­­ ment sur le dérou­­ ­
ter
la­­ ra­­
ner
ti­­
le­
ment de l’entretien ;
✓✓ rap­­ ler votre propre enga­­ ment ;
pe­­
ge­­
✓✓ pré­­ ser votre dis­­ ni­­ lité en cours d’année.
ci­­
po­­ bi­­

L’entretien d’évaluation ne s’arrête pas à la fin du temps qui lui est
imparti. Mana­­ et col­­ bo­­ teur doivent assu­­ le suivi d’un cer­
ger
la­­ ra­­
rer
­
tain nombre d’aspects parmi les­­
quels :
✓✓ les déci­­
sions de délé­­ tion ;
ga­­
✓✓ le suivi de la réa­­ sa­­
li­­ tion des objec­­
tifs ;
✓✓ les demandes de for­­ tion ;
ma­­
✓✓ la contri­­ tion à un pro­­
bu­­
jet ;
✓✓ les aides ponc­­
tuelles que peut accor­­ le mana­­
der
ger.

Savoirs

Le suivi

PRINCIPES CLÉS
•	 Le mana­­ évo­­ dans un
ger
lue
cadre légal et régle­­
men­­
taire
for­­ lisé.
ma­­

Les sources de droit se classent de
manière hié­­ chi­­ Plus la source de
rar­­ sée.
droit se situe dans le bas de pyra­­
mide,
plus elle est favo­­
rable au sala­­
rié. La
source la plus favo­­
rable au sala­­ pré­
rié
­
vaut sur les autres.
Dans le cas de sala­­
riés tra­­
vaillant
en entre­­
prise, les sources les plus favo­
­
rables sont la conven­­
tion col­­ tive et les
lec­­
accords d’entreprise, s’ils existent.

247

•	 Le mana­­ ne peut l’ignorer du
ger
fait des risques.
•	 Il doit déve­­ per de bons
lop­­
réflexes juri­­
diques, cer­­ ses
ner
marges de manœuvre dans
la ges­­
tion de son équipe et
tra­­
vailler en par­­ na­­ avec la
te­­ riat
DRH.

Savoir-être

Connaître les sources de droit
appli­­
cables et savoir cher­­
cher
l’information

Savoir-faire

CC Mana­­ger dans le respect des règles
juri­­diques
8 • Le rôle RH du mana­­ ment
ge­­

Recru­­
ter
Fixer des objec­­ en phase avec la stratégie
tifs
Éva­­
luer la per­­ mance des col­­ bo­­ teurs
for­­
la­­ ra­­
Mana­­ dans le respect des règles juridiques
ger

Figure 8.1 ■ La hié­­ chie des sources du droit
rar­­

Droit international
Directives européennes,
règlements européens
Constitution

Lois, règlements, décrets
Conventions collectives
et usages
Conventions et accords
d’entreprise
Règlement intérieur

Contrats de travail

Afin de répondre au mieux aux ques­­
tions des sala­­
riés, il est sou­­ ­
hai­
table que les mana­­ dis­­
gers posent :
✓✓ d’un exem­­
plaire de la conven­­
tion col­­ tive ;
lec­­
✓✓ des accords d’entreprise ;
✓✓ du règle­­
ment inté­­
rieur.

Les règles indis­­ sables en matière de contrat
pen­­
et sous-­ raitance
t
Le contrat à durée indé­­ mi­­
ter­­ née

Deux points sont par­­ cu­­ re­­
ti­­ liè­­ ment impor­­
tants pour le mana­­
ger :
✓✓ suivre la période d’essai ;
248
✓✓ comprendre les marges de manœuvre en matière de modi­­ ca­­
fi­­ tion
du contrat.

249

Savoir-faire
Savoir-être

Le mana­­ doit être très présent sur cette période afin de ren­­
ger
contrer
régu­­ re­­
liè­­ ment le sala­­ et de l’évaluer. La rup­­
rié
ture du contrat de tra­
­
vail étant plus aisée durant la période d’essai. En effet, des doutes
qui appa­­
raissent en cours de période d’essai se confirment sou­­
vent.
Il est impé­­ tif de noter la période d’essai au contrat. Elle est
ra­­
léga­­ ment de :
le­­
✓✓ 2 mois pour les ouvriers et employés ;
✓✓ 3 mois pour les agents de maî­­
trise et tech­­ ciens ;
ni­­
✓✓ 4 mois pour les cadres.
Elle se cal­­
cule en mois calendaires. Il est cepen­­
dant impor­­
tant de
se repor­­ à la conven­­
ter
tion col­­ tive afin de véri­­ cette infor­­ ­
lec­­
fier
ma­
tion. Cer­­
taines conven­­
tions col­­ tives peuvent pré­­
lec­­
voir un renou­
­
vel­­ ment de la période d’essai. En tout état de cause, la durée de la
le­­
période d’essai (renou­­ le­­
vel­­ ment compris) ne doit pas dépas­­
ser :
✓✓ 4 mois pour les ouvriers et employés ;
✓✓ 6 mois pour les agents de maî­­
trise et tech­­ ciens ;
ni­­
✓✓ 8 mois pour les cadres.
Elle se pro­­
longe en cas d’absence et débute à la date du contrat
même en cas de for­­ tion.
ma­­
En cas de rup­­
ture en cours de période d’essai, il faut res­­ ter un
pec­­
délai de pré­­ nance de :
ve­­
✓✓ 24 heures en deçà de 8 jours ;
✓✓ 48 heures entre 8 jours et un mois ;
✓✓ 2 semaines après un mois, 1 mois au-­ elà de 3 mois.
d
De son côté, le sala­­ doit res­­ ter un délai de pré­­ nance de
rié
pec­­
ve­­
48 heures (24 heures pour une pré­­
sence de moins de 8 jours).

Savoirs

Suivre la période d’essai
8 • Le rôle RH du mana­­ ment
ge­­

Recru­­
ter
Fixer des objec­­ en phase avec la stratégie
tifs
Éva­­
luer la per­­ mance des col­­ bo­­ teurs
for­­
la­­ ra­­
Mana­­ dans le respect des règles juridiques
ger

Comprendre les marges de manœuvre en matière
de modi­­ ca­­
fi­­ tion du contrat

Lorsqu’un sala­­ s’engage dans une entre­­
rié
prise, les condi­­
tions de son
enga­­ ment sont indi­­
ge­­
quées dans un contrat de tra­­ qui pose le
vail
cadre. Pen­­
dant la vie du sala­­ dans l’entreprise, des évé­­ ments
rié
ne­­
peuvent inter­­ nir sus­­ tibles de modi­­ les condi­­
ve­­
cep­­
fier
tions ini­­
tiales.
Dès lors que l’employeur va sou­­ ter modi­­ un élé­­
hai­­
fier
ment qui
a été déter­­ nant pour le sala­­ pour s’engager, il devra recueillir
mi­­
rié
l’accord de celui-­ i pour le modi­­
c
fier.
Il est pos­­
sible de modi­­ à la marge :
fier
✓✓ les horaires ;
✓✓ les lieux de tra­­
vail :
−− avec une clause de mobi­­
lité,
−− en l’absence de clause de mobi­­
lité : dans la limite du même
sec­­
teur géo­­ phique en véri­­
gra­­
fiant que les condi­­
tions d’accès
au nou­­
veau site sont iden­­
tiques à celles de l’ancien lieu de
tra­­
vail ;
✓✓ les fonc­­
tions mais sans déna­­ rer complè­­ ment l’emploi du
tu­­
te­­
sala­­
rié.
Il est impos­­
sible de modi­­ sans l’accord du sala­­
fier
rié :
✓✓ le mon­­
tant et la struc­­
ture de la rému­­ ra­­
né­­ tion y compris les élé­
­
ments variables pré­­ ini­­ le­­
vus tia­­ ment au contrat ;
✓✓ sa qua­­ fi­­ tion (pré­­ par accord ou col­­ tif) ;
li­­ ca­­
vue
lec­­
✓✓ la nature de son emploi ;
✓✓ la durée du tra­­
vail.
Dès lors qu’un chan­­ ment est envi­­
ge­­
sagé pour un sala­­ il est
rié,
impor­­
tant de :
✓✓ se demander si cette modi­­ ca­­
fi­­ tion ne touche pas un élé­­
ment qui a
été déter­­ nant pour le sala­­ lors de son enga­­ ment ;
mi­­
rié
ge­­
✓✓ tra­­
vailler en étroite col­­ bo­­ tion avec la DRH ;
la­­ ra­­
✓✓ véri­­ les termes du contrat ini­­ et de ses ave­­
fier
tial
nants éven­­
tuels.
250
Il s’agit de faire face à une situa­­
tion non durable d’augmentation
de l’activité. Par exemple : l’augmentation d’activité d’une stations
­ ervice d’autoroute en période esti­­
vale, l’accroissement tem­­ raire
po­­
d’activité des grands maga­­ au moment des fêtes ou de la ren­­
sins
trée
sco­­
laire. Sa durée maximale est de 18  mois au total avec un seul
renou­­ le­­
vel­­ ment.
La suc­­ sion sur un même poste est pos­­
ces­­
sible avec respect d’un
délai de carence égal à un tiers de la durée du pre­­
mier contrat (ou
la moi­­ de la durée pour les contrats infé­­
tié
rieurs à 14  jours). Par
exemple  : après la conclu­­
sion d’un CDD de 18  mois, on ne peut
conclure un nou­­
veau CDD sur le même poste qu’après un délai de
6 mois, soit un tiers de 18 mois.
Le rem­­ ce­­
pla­­ ment de sala­­ absent
rié

Si le motif est le rem­­ ce­­
pla­­ ment d’un sala­­ absent quelle que soit la
rié
cause de l’absence, le contrat pourra comprendre :
✓✓ une date de début et une date de fin ;
✓✓ ou uni­­ ment une date de début avec une durée mini­­
que­­
male. Le
terme se situant au retour du sala­­ absent.
rié
Il pourra s’agir d’un rem­­ ce­­
pla­­ ment de l’intégralité du poste ou
d’un rem­­ ce­­
pla­­ ment par­­ : si c’est le cas, il est impor­­
tiel 
tant de le
pré­­ ser dans le contrat. La ces­­ tion de plein droit du contrat inter­
ci­­
sa­­
­
vient au retour du rem­­
placé ou à l’arrivée du terme prévu.
Il est pos­­
sible de faire suc­­ der des CDD pour rem­­ ce­­
cé­­
pla­­ ment
sans res­­ ter de délai de carence soit sur le même poste, soit sur un
pec­­
poste de dif­­ rent.
fé­­
251

Savoir-faire

Un sur­­
croît tem­­ raire d’activité
po­­

Savoir-être

Le contrat de réfé­­
rence du Code du tra­­ est le contrat à durée
vail
indé­­ mi­­ à temps complet. Pour y déro­­ le Code du tra­­
ter­­ née
ger,
vail
exige : l’application de règles très strictes (durée maximale, suc­­ ­
ces­
sion pos­­
sible de contrats, délai de carence) et un motif pré­­ Il y a
cis.
deux motifs pos­­
sibles : un sur­­
croît tem­­ raire d’activité et le rem­­ ­
po­­
pla­
ce­­
ment d’un sala­­ absent.
rié

Savoirs

Le contrat à durée déter­­ née
mi­­
8 • Le rôle RH du mana­­ ment
ge­­

Recru­­
ter
Fixer des objec­­ en phase avec la stratégie
tifs
Éva­­
luer la per­­ mance des col­­ bo­­ teurs
for­­
la­­ ra­­
Mana­­ dans le respect des règles juridiques
ger

Les carac­­ ris­­
té­­ tiques du CDD

Le CDD étant un contrat d’exception, il est sou­­ à des condi­­
mis
tions
de forme :
✓✓ le contrat est obli­­ toi­­ ment écrit et remis sous 48 heures avec
ga­­ re­­
indi­­ tion pré­­ du motif ;
ca­­
cise
✓✓ la période d’essai est cal­­ lée sur la durée mini­­
cu­­
male ou sur la
durée du contrat ;
−− 10 jours maxi­­
mum pour un contrat infé­­
rieur à 6 mois,
−− 1 mois au-­ elà, quel que soit le sta­­ du sala­­
d
tut
rié.
Il est impos­­
sible de rompre le contrat avant terme sauf faute grave
du sala­­ ou rup­­
rié
ture d’un commun accord. L’insuffisance pro­­ ­
fes­
sion­­
nelle n’est pas un motif suf­­ sant pour rompre un CDD.
fi­­
À noter : l’intérim fonc­­
tionne de la même façon que le CDD,
notam­­
ment au niveau des suc­­ sions de contrat à deux excep­­
ces­­
tions
près :
✓✓ la période d’essai est plus courte que le CDD ;
✓✓ il existe une clause de sou­­
plesse per­­ tant de ter­­ ner quelques
met­­
mi­­
jours avant ou après le terme.
La sous-­ raitance : comment évi­­ le délit
t
ter
de mar­­
chan­­
dage

La sous-­ raitance est le fait de confier à une autre entre­­
t
prise sous sa
propre res­­ sa­­ lité et avec son propre per­­ nel l’exécution d’une
pon­­ bi­­
son­­
tâche défi­­ Tant qu’il s’agit de faire réa­­ ser un tra­­ à une entre­
nie.
li­­
vail
­
prise exté­­
rieure dans ses locaux et avec son propre per­­ nel, cela ne
son­­
pose pas de dif­­ cultés par­­ cu­­
fi­­
ti­­ lières.
En revanche, quand elle s’effectue dans les locaux de l’entreprise
uti­­ sa­­
li­­ trice, la situa­­
tion est plus déli­­
cate. Dans ce cas, il faut être
vigi­­ sur cer­­
lant
tains points. Les condi­­
tions de la sous-­ raitance licite
t
sont :
✓✓ la tâche est net­­ ment défi­­
te­­
nie ;
252
✓✓ le sous-­ raitant assure la res­­ sa­­ lité de l’exécution du tra­­ et
t
pon­­ bi­­
vail
encadre direc­­ ment le per­­ nel affecté à la mis­­
te­­
son­­
sion ;
✓✓ la rému­­ ra­­
né­­ tion pour l’accomplissement de la tâche est for­­ ­
fai­
taire.

Comment évi­­ le délit de mar­­
ter
chan­­
dage ?

Savoir-faire

La sous-­ raitance dans les locaux de l’utilisateur comporte trois
t
risques majeurs :
✓✓ Un risque de re­ uali­­ ca­­
q fi­­ tion du contrat avec l’utilisateur :
−− reconnais­­
sance dans les faits d’un contrat de tra­­
vail avec
l’entreprise uti­­ sa­­
li­­ trice,
−− obli­­ tion de paie­­
ga­­
ment de coti­­
sations sociales,
−− paie­­
ment d’infractions fis­­
cales,
−− sanc­­
tion pour non-­ espect de la pro­­ dure de licen­­ ment et
r
cé­­
cie­­
non-­ ersement des indem­­ tés de rup­­
v
ni­­
ture.
✓✓ Un risque de sanc­­
tions pénales mul­­
tiples :
−− délit de mar­­
chan­­
dage,
−− tra­­
vail dis­­ mulé et inter­­ tion du recours aux ser­­
si­­
dic­­
vices de
celui qui exerce un tra­­ dis­­ mulé.
vail si­­
✓✓ Un risque de sanc­­
tions civiles  : condam­­ tion aux paie­­
na­­
ments
d’impôts, taxes, cotisations…

Savoirs

Quels sont les risques encou­­
rus ?

253

Savoir-être

La pres­­ tion doit être :
ta­­
✓✓ être spé­­ fique, défi­­ homo­­
ci­­
nie,
gène et complète ;
✓✓ s’exécuter de manière indé­­ dante (enca­­ ment du per­­ nel,
pen­­
dre­­
son­­
maté­­ et outillage) ;
riel
✓✓ être tenue à un résul­­ (dont l’entrepreneur est le seul res­­ ­
tat
pon­
sable) ;
✓✓ être pré­­ par un contrat-­ adre et confir­­
vue
c
mée par une commande
écrite. Ce contrat ne doit pas pré­­
voir une obli­­ tion de moyens
ga­­
humains (nombre de sala­­
riés, noms et qua­­ fi­­ tion).
li­­ ca­­
8 • Le rôle RH du mana­­ ment
ge­­

Recru­­
ter
Fixer des objec­­ en phase avec la stratégie
tifs
Éva­­
luer la per­­ mance des col­­ bo­­ teurs
for­­
la­­ ra­­
Mana­­ dans le respect des règles juridiques
ger

Les bons réflexes à prendre dans le cadre
de la sous-­ raitance
t
✓✓ L’écrit limite les risques. Une conven­­
tion écrite doit pré­­ ser l’objet de
ci­­
l’opération et l’apport d’un savoir-­aire spé­­ fique.
f
ci­­
✓✓ Il faut évi­­ le prix à l’heure :
ter
– pré­­
voir un prix for­­ taire pour le ser­­
fai­­
vice à assu­­
rer ;
– ndé­­ dant du nombre de per­­
i
pen­­
sonnes mises en place et du temps
consa­­ à l’opération.
cré
✓✓ Lais­­ l’organisation à l’entreprise inter­­ nante : elle assure la direc­­
ser
ve­­
tion,
la res­­ sa­­ lité de l’exécution des tra­­
pon­­ bi­­
vaux et l’encadrement du per­­ ­
son­
nel affecté.
Atten­­
tion à la four­­ ture par l’entreprise uti­­ sa­­
ni­­
li­­ trice de tout le maté­­ et des
riel
moyens néces­­
saires à l’accomplissement du tra­­
vail.

Faire face aux situa­­
tions de la ges­­ quo­­ dienne
tion
ti­­
La mala­­
die

En cas de mala­­ d’un sala­­ il faut véri­­ qu’il a pré­­
die
rié,
fier
venu et jus­
­
ti­­ de son absence par l’envoi d’un arrêt médi­­ dans les délais. Le
fié
cal
délai de pré­­ nance de l’employeur n’est pas fixé léga­­ ment. Il est
ve­­
le­­
par­­ prévu par accord col­­ tif mais dans la grande majo­­ des
fois
lec­­
rité
cas, il est noti­­ dans le règle­­
fié
ment inté­­
rieur.
En aucun cas la mala­­ ne peut consti­­
die
tuer une cause de rup­­
ture
du contrat de tra­­
vail.
Le main­­
tien de la rému­­ ra­­
né­­ tion

Le sala­­ a droit au main­­ de sa rému­­ ra­­
rié
tien
né­­ tion :
✓✓ dès lors qu’il a une ancien­­
neté mini­­
male (un an léga­­ ment,
le­­
éven­­ le­­
tuel­­ ment moins conven­­ nel­­ ment) ;
tion­­ le­­
✓✓ après un délai de carence de 7 jours léga­­ ment, mais qui peut
le­­
être réduit conven­­ nel­­ ment ;
tion­­ le­­
254
Lorsque l’employeur a des doutes quant à la réa­­ de l’arrêt mala­
lité
­
die, il peut faire pro­­ der à une contre-­ isite médi­­ par un orga­
cé­­
v
cale
­
nisme privé. La contre-­ isite médi­­
v
cale s’envisage lorsque de réels
doutes existent. Le coût est rela­­ ve­­
ti­­ ment élevé. On ne ren­­
contre que
5 à 8 % de fraudes avé­­
rées.
Si un mana­­ observe dans son équipe, une aug­­ ta­­
ger
men­­ tion des
arrêts mala­­ il faut s’interroger sur les causes cachées.
die,
On réper­­ rie 7 fac­­
to­­
teurs expli­­ tifs à l’absentéisme pour mala­
ca­­
­
die :
✓✓ l’organisation du tra­­
vail ;
✓✓ le temps de tra­­
vail ;
✓✓ les condi­­
tions de tra­­
vail ;
✓✓ la démo­­ phie de l’équipe ;
gra­­
✓✓ le style de mana­­ ment ;
ge­­
✓✓ l’ambiance de tra­­
vail ;
✓✓ la santé plus ou moins fra­­ des sala­­
gile
riés.

Savoir-faire

La contre-­ isite médi­­
v
cale

Savoirs

✓✓ sous déduc­­
tion des indem­­ tés jour­­ lières de sécu­­ sociale
ni­­
na­­
rité
(après un délai de carence de 3 jours).
Cer­­
taines conven­­
tions col­­ tives pré­­
lec­­
voient l’indemnisation dès
le pre­­
mier jour. On peut ren­­
contrer des dif­­ rences en fonc­­
fé­­
tion des
sta­­
tuts.

La visite médi­­
cale de reprise

Au-­ elà de 21 jours de mala­­ le sala­­ doit pas­­ une visite médi­
d
die,
rié
ser
­
cale de reprise orga­­ sée par la DRH. Plus l’arrêt aura été long, plus
ni­­
il est impor­­
tant de pré­­ rer la reprise afin d’anticiper les éven­­
pa­­
tuelles
res­ ric­­
t tions d’aptitude deman­­
dées par la méde­­
cine du tra­­
vail.

Une décla­­ tion d’accident doit être effec­­
ra­­
tuée sous 48  heures à la
CPAM (Caisse pri­­
maire d’assurance-maladie). Il est donc impor­
­
tant de pré­­ nir au plus vite la DRH afin qu’elle éta­­
ve­­
blisse la décla­
­
ra­­
tion.
255

Savoir-être

L’accident du tra­­
vail
8 • Le rôle RH du mana­­ ment
ge­­

Recru­­
ter
Fixer des objec­­ en phase avec la stratégie
tifs
Éva­­
luer la per­­ mance des col­­ bo­­ teurs
for­­
la­­ ra­­
Mana­­ dans le respect des règles juridiques
ger

Si l’employeur a des doutes sur le carac­­
tère pro­­ sion­­ de
fes­­ nel
l’accident, il doit quand même éta­­
blir la décla­­ tion. Il peut en
ra­­
paral­­ contester le carac­­ pro­­ sion­­ ce qui déclen­­
lèle
tère
fes­­ nel,
chera une
enquête.
L’absence pour acci­­
dent de tra­­ est assi­­ lée à du tra­­ effec­
vail
mi­­
vail
­
tif pour l’ancienneté et pour l’acquisition des congés payés dans la
limite d’un an. Le sala­­ pen­­
rié
dant son arrêt est pro­­
tégé : il est inter­
­
dit de le licen­­
cier.
La DRH devra orga­­ ser une visite médi­­ de reprise pour tout
ni­­
cale
arrêt supé­­
rieur à 8 jours :
✓✓ si le sala­­ est déclaré apte : il reprend son tra­­ sur un poste
rié
vail
iden­­
tique ou équi­­ lent ;
va­­
✓✓ si le sala­­ est déclaré inapte : il sera reclassé après consul­­ tion
rié
ta­­
des délé­­
gués du per­­ nel ou à défaut licen­­ avec indem­­ tés
son­­
cié
ni­­
spé­­
ciales.
La mater­­
nité

Une sala­­ enceinte béné­­ cie d’une légis­­ tion pro­­ trice, dès lors
riée
fi­­
la­­
tec­­
qu’elle a déclaré sa gros­­
sesse :
✓✓ inter­­ tion de toute dis­­ mi­­ tion en rai­­ de la gros­­
dic­­
cri­­ na­­
son
sesse ;
✓✓ inter­­ tion abso­­ de licen­­ pen­­
dic­­
lue
cier
dant le congé mater­­
nité ;
✓✓ inter­­ tion de licen­­
dic­­
cier pen­­
dant la gros­­
sesse et pen­­
dant les
4  semaines qui suivent le congé mater­­
nité sauf faute grave ou
motif non lié à la gros­­
sesse.
Le mana­­ doit avoir une atten­­
ger
tion toute par­­ cu­­
ti­­ lière vis-­ -vis
à
d’une sala­­ enceinte :
riée
✓✓ cer­­
taines conven­­
tions col­­ tives pré­­
lec­­
voient des réduc­­
tions d’ho­
raire au-­ elà d’un cer­­
d
tain terme (sou­­
vent à par­­ du 6e mois) ;
tir
✓✓ il est aussi pos­­
sible de pré­­
voir une affec­­ tion tem­­ raire à un
ta­­
po­­
autre emploi si néces­­
saire, après vali­­ tion ou pro­­ si­­
da­­
po­­ tion du
méde­­ du tra­­
cin
vail ;
256
Les congés payés se prennent, mais ne se payent pas, sauf départ du
sala­­ Les condi­­
rié.
tions d’acquisition et de prise des congés payés :
✓✓ ils s’acquièrent à hau­­
teur de 2,5 jours ouvrables par mois de tra­
­
vail effec­­
tif ;
✓✓ le droit à congés commence à par­­ de 10 jours de tra­­ effec­
tir
vail
­
tif ;
✓✓ la période d’acquisition est du 1er juin de l’année N au 31 mai de
l’année N+1 ;
✓✓ la période de prise est du 1er mai au 30 avril, voire 31 décembre.
Le mana­­ décide des dates de congé sur demande de son col­­ ­
ger
la­
bo­­ teur. Il est en droit de refu­­ les dates de congés pour des rai­
ra­­
ser
­
sons objec­­
tives de ser­­
vice. La fixa­­
tion des congés est un sujet latent
257

Savoirs
Savoir-faire

Les congés payés

Savoir-être

✓✓ en fonc­­
tion des contraintes du poste, il peut être réflé­­ à des
chi
amé­­ ge­­
na­­ ments pro­­ soires  : moindre charge à sou­­ ver, limi­­ ­
vi­­
le­­
ta­
tion des dépla­­ ments, pos­­ bi­­ de télé­­ vail. Ces pré­­ tions
ce­­
si­­ lité
tra­­
cau­­
ne sont pas obli­­ toires léga­­ ment mais évitent sou­­
ga­­
le­­
vent des arrêts
très en amont du début offi­­ du congé mater­­
ciel
nité.
La durée du congé mater­­
nité varie selon le nombre d’enfants
atten­­ et le nombre d’enfants déjà à charge. En prin­­
dus
cipe, pour un
pre­­
mier et un deuxième enfant, le congé mater­­ débute 6 semaines
nité
avant la date pré­­ mée de l’accouchement et dure 10 semaines après
su­­
celui-­ i. Depuis 2007, il est pos­­
c
sible pour la femme enceinte qui
le sou­­
haite d’écourter le congé pré­­ tal afin de le repor­­ après :
na­­
ter
il faut cepen­­
dant qu’elle s’arrête au moins 3 semaines avant la date
pré­­ mée de l’accouchement.
su­­
À l’issue du congé mater­­
nité, l’employeur doit :
✓✓ orga­­ ser une visite médi­­
ni­­
cale de reprise dans les 8  jours du
retour ;
✓✓ réin­­ grer la sala­­ à son poste ou à un poste équi­­ lent.
té­­
riée
va­­
Même si rien ne le pré­­
voit léga­­ ment, il peut être inté­­ sant
le­­
res­­
d’anticiper au mieux le retour de congé mater­­
nité. La sala­­
riée a,
en effet, la pos­­ bi­­ de prendre un congé paren­­ d’éducation à
si­­ lité
tal
temps plein ou à temps par­­
tiel.
8 • Le rôle RH du mana­­ ment
ge­­

Recru­­
ter
Fixer des objec­­ en phase avec la stratégie
tifs
Éva­­
luer la per­­ mance des col­­ bo­­ teurs
for­­
la­­ ra­­
Mana­­ dans le respect des règles juridiques
ger

de conflits dans une équipe. Le mana­­ doit être vigi­­ et veiller à
ger
lant
être le plus équi­­
table pos­­
sible. Il est impor­­
tant dans toute la mesure
du pos­­
sible d’organiser les départs en congés le plus tôt pos­­
sible afin
d’établir un plan­­
ning pré­­ sion­­ et de per­­
vi­­ nel
mettre aux col­­ bo­­ ­
la­­ ra­
teurs de s’organiser.
On ne peut pas chan­­ les dates de congés pré­­
ger
vues moins d’un
mois avant le départ. On ne peut pas non plus impo­­ un retour
ser
anti­­
cipé ou une acti­­ pen­­
vité
dant les congés.
Quelques règles à connaître
Évé­­ ments inter­­ nants au cours ou avant les congés :
ne­­
ve­­
✓✓ Un jour férié pen­­
dant les congés les pro­­
longe d’autant.
✓✓ Un arrêt de mala­­ pen­­
die
dant les congés est sans inci­­
dence, sauf conven­
­
tion contraire.
✓✓ Un arrêt mala­­
die avant les congés per­­
met un report du départ en
congés.
✓✓ Des congés pour évé­­ ments fami­­
ne­­
liaux (décès d’un proche par exemple)
pen­­
dant les congés n’entraînent ni report ni indem­­
nité.
Règles à res­­ ter quant à la prise :
pec­­
✓✓ La période de congés doit comprendre obli­­ toi­­ ment 12 jours ouvrables
ga­­ re­­
entre le 1er mai et le 31 octobre.
✓✓ Usuel­­ ment, les congés prin­­ paux (soit 4  semaines, la 5e semaine
le­­
ci­­
étant trai­­
tée dif­­ rem­­
fé­­ ment) sont pris en une seule fois. Si l’employeur
sou­­
haite les frac­­ ner, ce frac­­ ne­­
tion­­
tion­­ ment ouvrira droit à :
–  jours de repos sup­­ men­­
2
plé­­
taires, si au moins 6 jours sont pris après
le 31 octobre ;
–  jour sup­­ men­­
1
plé­­
taire, si au moins 3 jours sont pris après cette date.
✓✓ Les congés par anti­­ pation sont pos­­
ci­­
sibles avec l’accord de l’emplo­
yeur.
✓✓ Les congés non pris sont per­­
dus, sauf si le sala­­ prouve que c’est par
rié
le fait de l’employeur.

258
Ils sont à prendre dans une période rai­­ nable entou­­
son­­
rant l’évé­
nement. Les conven­­
tions col­­ tives peuvent pré­­ des durées plus
lec­­
voir
longues. Il est donc impor­­
tant de s’y repor­­
ter.
Les durées légales sont de :
✓✓ 4 jours ouvrables pour un mariage ;
✓✓ 3 jours ouvrables pour une nais­­
sance ;
✓✓ 2 jours ouvrables pour le décès du conjoint ou d’un enfant ;
✓✓ 1 jour ouvrable pour le mariage d’un enfant ;
✓✓ 1 jour ouvrable pour le décès du père ou de la mère.

Savoirs

Les congés pour évé­­ ments fami­­
ne­­
liaux

La ges­­
tion du temps de tra­­
vail

Le temps de tra­­ effec­­ désigne le temps pen­­
vail
tif
dant lequel le sala­­
rié
est à la dis­­ si­­
po­­ tion de l’employeur sans pou­­ vaquer à ses occu­­ ­
voir
pa­
tions per­­ nelles.
son­­

259

Savoir-être

Le mana­­ doit connaître les limites à res­­ ter quant à la durée
ger
pec­­
du tra­­
vail :
✓✓ Pour les sala­­ gérés en heures (hors for­­
riés
fait/jours) :
−− maxi­­
mum 48  heures heb­­ ma­­
do­­ daires, 44  heures heb­­ ma­
do­­ ­
daires sur 12 semaines ;
−− maxi­­
mum 10 heures par jour.
✓✓ Pour tous les sala­­
riés, le repos mini­­
mum est de 11 heures consé­
­
cu­­
tives jour­­ lières et de 24 heures consé­­ tives heb­­ ma­­
na­­
cu­­
do­­ daires
(soit un repos mini­­
mal de 35  heures heb­­ ma­­
do­­ daires) et une
pause quo­­ dienne de 20 minutes après 6 heures de tra­­
ti­­
vail.
Des déro­­ tions peuvent être accor­­
ga­­
dées à ces durées maximales
ou repos par accord de branche, décret, arrêté, accord d’entreprise
ou déci­­
sion de l’inspecteur du tra­­
vail. Il faut donc que le mana­­
ger
soit bien au fait des limites à res­­ ter au sein de son entre­­
pec­­
prise.
Qu’il existe ou non un suivi des temps orga­­
nisé dans l’entreprise,
ces limites sont à res­­ ter.
pec­­

Savoir-faire

Temps de tra­­
vail et repos
8 • Le rôle RH du mana­­ ment
ge­­

Recru­­
ter
Fixer des objec­­ en phase avec la stratégie
tifs
Éva­­
luer la per­­ mance des col­­ bo­­ teurs
for­­
la­­ ra­­
Mana­­ dans le respect des règles juridiques
ger

Moda­­ tés d’organisation du temps de tra­­
li­­
vail

Le mana­­ doit iden­­ fier les moda­­ tés d’organisation du temps de
ger
ti­­
li­­
tra­­ dans son entre­­
vail
prise et dans son équipe en par­­ cu­­
ti­­ lier. C’est
par­­ un peu compli­­ compte tenu de la mul­­ pli­­ des orga­
fois
qué
ti­­ cité
­
ni­­ tions de temps de tra­­ pos­­
sa­­
vail
sibles, depuis la mise en place des
35 heures.
Avant le pas­­
sage aux 35 heures, la majo­­ des sala­­ tra­­
rité
riés vaillait
le même temps toutes les semaines. Aujourd’hui, on peut trou­­
ver
par exemple :
✓✓ Des sala­­ tra­­
riés vaillant 35 heures par semaine, soit 7 heures par
jour. C’est ce qu’on trouve dans beau­­
coup de petites entre­­
prises.
✓✓ Des sala­­
riés tra­­
vaillant une durée supé­­
rieure à 35  heures
(par exemple : 39  heures par semaine) avec octroi de jours de
réduc­­
tion de temps de tra­­ (JRTT) :
vail
−− le maxi­­
mum pos­­
sible est de 23 JRTT par an ;
−− ils doivent être pris selon des règles pré­­
vues par accord
d’entreprise : sou­­
vent en par­­ à l’initiative du sala­­ et en
tie
rié
par­­ à l’initiative de l’employeur. C’est ce qu’on appelle
tie
l’annualisation.
✓✓ Des sala­­ tra­­
riés vaillant selon un calen­­
drier pré­­ sion­­ alter­­
vi­­ nel
nant
des périodes hautes (par exemple : 39 heures par semaine) et des
périodes basses (par exemple : 33 heures par semaine) sur tout ou
par­­ de l’année avec un respect de 35 heures en moyenne sur
tie
l’année. C’est ce qu’on appelle la modu­­ tion.
la­­
✓✓ Des sala­­ tra­­
riés vaillant en for­­ annuel en jours (au maxi­­
fait
mum
218 jours par an). Le contrat, dans ce cas, est de res­­ ter un
pec­­
nombre de jours tra­­
vaillés dans l’année. En fonc­­
tion du calen­
­
drier, ces sala­­ ont un nombre de jours de repos fluc­­
riés
tuant
d’une année sur l’autre.

260
Savoir-faire

La notion d’heures sup­­ men­­
plé­­ taires n’existe pas pour les sala­­
riés
gérés en jours. Il faut cepen­­
dant veiller à res­­ ter pour eux un
pec­­
repos quo­­ dien de 11  heures. On ne parle d’heures sup­­ men­
ti­­
plé­­ ­
taires que pour des sala­­ gérés en heures. Dans l’esprit du Code
riés
du tra­­
vail, les heures sup­­ men­­
plé­­ taires sont effec­­
tuées à la demande
de l’employeur. Le refus d’effectuer des heures sup­­ men­­
plé­­ taires peut
même être jugé comme fau­­ sauf s’il est excep­­ nel ou dû à une
tif
tion­­
demande trop tar­­
dive.
Léga­­ ment, les heures sup­­ men­­
le­­
plé­­ taires ouvrent droit à une
majo­­ tion ou à un repos compen­­ teur de rem­­ ce­­
ra­­
sa­­
pla­­ ment. La preuve
de la réa­­ sa­­
li­­ tion des heures sup­­ men­­
plé­­ taires peut être faite par tout
moyen (y compris par un relevé des heures effec­­ par le sala­­ et
tué
rié)
n’échoit à aucune des par­­ par­­ cu­­ re­­
ties
ti­­ liè­­ ment. Il s’agit là d’un point
de vigi­­
lance impor­­
tant.
Dans cer­­
taines entre­­
prises, le suivi des temps est orga­­
nisé, les
horaires sont res­­ tés et les heures sup­­ men­­
pec­­
plé­­ taires sont récu­­
pérées
ou payées. Dans d’autres, le suivi du temps de tra­­ est plus flou
vail
ou inexis­­
tant, il n’existe aucune visi­­ lité sur le respect des horaires
bi­­
et la règle est plu­­ d’ignorer ce sujet.
tôt
Il y a de vrais risques juri­­
diques sur ce sujet : la non-­ éclaration
d
d’heures sup­­ men­­
plé­­ taires peut être jugée comme du tra­­
vail dis­­ ­
si­
mulé illi­­ sus­­ tible d’entraîner des sanc­­
cite cep­­
tions pénales.

Savoirs

Les heures sup­­ men­­
plé­­
taires

Quand un mana­­ a un sujet d’insatisfaction vis-­ -vis d’un col­­ ­
ger
à
la­
bo­­ teur, il doit l’exprimer ora­­ ment ou par écrit soit dans un cour­
ra­­
le­­
­
rier spé­­ fique, soit a minima dans le compte rendu de l’entretien
ci­­
annuel d’évaluation.
Par ailleurs, au cours de sa car­­
rière, un sala­­ peut commettre
rié
des actes fau­­
tifs. La façon de trai­­ ce type de situa­­
ter
tion relève du
droit dis­­ pli­­
ci­­ naire. Un point fon­­ men­­ à avoir en tête, c’est que
da­­ tal
« une faute = une seule sanc­­
tion ». La loi inter­­ le prin­­
dit
cipe de la
double sanc­­
tion. En revanche, une pre­­
mière sanc­­ peut consti­­
tion
tuer
un élé­­
ment aggra­­
vant dans le cas où le sala­­ réitère son compor­­ ­
rié
te­
ment fau­­
tif.
261

Savoir-être

Exer­­ le droit dis­­ pli­­
cer
ci­­ naire
8 • Le rôle RH du mana­­ ment
ge­­

Recru­­
ter
Fixer des objec­­ en phase avec la stratégie
tifs
Éva­­
luer la per­­ mance des col­­ bo­­ teurs
for­­
la­­ ra­­
Mana­­ dans le respect des règles juridiques
ger

Un employeur ne peut pas prendre d’autres sanc­­
tions que celles
qui figurent au règle­­
ment inté­­
rieur. Dans ce domaine, comme dans
beau­­
coup d’autres, il est impor­­
tant d’agir avec pru­­
dence et sans
pré­­ pi­­ tion. Cepen­­
ci­­ ta­­
dant, il ne faut pas trop tar­­ avant d’agir  :
der
l’employeur ne doit pas dépas­­ deux mois entre la connais­­
ser
sance de
la faute et le début de la pro­­ dure.
cé­­
Une pro­­ dure doit, en effet, être appli­­
cé­­
quée :
✓✓ sous la forme d’une simple noti­­ cation écrite pour les sanc­­
fi­­
tions
infé­­
rieures ou égales à l’avertissement ;
✓✓ avec convo­­ tion et entre­­ préa­­
ca­­
tien
lable et pos­­ bi­­ d’assistance
si­­ lité
pour les sanc­­
tions supé­­
rieures à l’avertissement ;
✓✓ si la conven­­
tion col­­ tive pré­­
lec­­
voit une pro­­ dure dis­­ pli­­
cé­­
ci­­ naire
dif­­ rente, il fau­­ la res­­ ter.
fé­­
dra
pec­­
Avant d’engager une pro­­ dure dis­­ pli­­
cé­­
ci­­ naire, il est impé­­ tif de
ra­­
pos­­ der des preuves objec­­
sé­­
tives du compor­­ ment fau­­ La faute
te­­
tif.
s’apprécie éga­­ ment en fonc­­
le­­
tion du niveau de res­­ sa­­ li­­ et de
pon­­ bi­­ tés
l’ancienneté du col­­ bo­­ teur. Un employeur peut donc sanc­­ ner
la­­ ra­­
tion­­
dif­­ rem­­
fé­­ ment deux col­­ bo­­ teurs pour la même faute.
la­­ ra­­
Atten­­
tion à la tolé­­
rance, aux cir­­
constances atté­­
nuantes et à
l’équité. Sur les dos­­
siers dis­­ pli­­
ci­­ naires, afin de ne pas commettre
d’erreur, les mana­­ sont invi­­ à se rap­­ cher de la DRH.
gers
tés
pro­­

Le licen­­ ment indi­­ duel
cie­­
vi­­
Par­­
fois, la seule alter­­ tive est d’envisager un licen­­ ment. Il s’agit
na­­
cie­­
d’une déci­­
sion grave qui doit être réflé­­
chie et moti­­
vée : il ne suf­­
fit
pas d’avoir rai­­
son, encore faut-­l le prou­­
i
ver.
La déci­­
sion doit repo­­ sur une cause réelle sérieuse, c’est-à-dire
ser
un motif éta­­ suf­­ sant, objec­­ exact et ren­­
bli,
fi­­
tif,
dant impos­­
sible la
conti­­
nuité du contrat de tra­­
vail, par exemple  : aban­­
don de poste,
absences répé­­
tées, compor­­ ments fau­­ refus de col­­ bo­­ déni­
te­­
tifs,
la­­ rer,
­
gre­­
ments, état d’ébriété, manque de loyauté, indis­­ tions, inap­­ ­
cré­­
ti­
tude, insuf­­ sance pro­­ sion­­
fi­­
fes­­ nelle ou de résul­­
tats.
262
La rup­­
ture conven­­
tion­­
nelle homo­­ guée
lo­­

La rup­­
ture conven­­ nelle homo­­ guée existe depuis juin 2008. Il
tion­­
lo­­
s’agit d’une sorte de divorce amiable trans­­
posé dans le monde pro­
­
fes­­ nel. La condi­­
sion­­
tion pre­­
mière de ce mode de rup­­
ture, c’est que
les deux par­­ soient d’accord.
ties

Savoirs
Savoir-faire

Il faut là aussi res­­ ter une pro­­ dure :
pec­­
cé­­
1.	 Une convo­­ tion à entre­­
ca­­
tien préa­­
lable envoyée en recom­­
mandé
avec accusé de récep­­
tion dans un délai mini­­
mum de 5  jours
ouvrables avant la date envi­­ gée pour l’entretien.
sa­­
2.	 Un entre­­ préa­­
tien
lable :
−− le sala­­ peut se faire assis­­ d’un sala­­ de l’entreprise (sou­
rié
ter
rié
­
vent un repré­­ tant du per­­ nel) ou d’un conseiller (dans
sen­­
son­­
les entre­­
prises sans IRP1) ;
−− côté employeur, l’entretien est sou­­
vent mené par la DRH et
le mana­­
ger ;
−− il s’agit d’un entre­­
tien contra­­ toire don­­
dic­­
nant à cha­­
cune des
par­­ l’occasion de s’exprimer ;
ties
−− aucune déci­­
sion n’est prise avant celui-­ i et à aucun moment,
c
au cours de l’entretien, il ne doit trans­­
paraître qu’une déci­­
sion
est déjà prise : il s’agirait là d’un vice dans la pro­­ dure ;
cé­­
−− il est impor­­
tant de pré­­ rer cet entre­­
pa­­
tien en amont avec la
DRH : seuls les faits expo­­ lors de l’entretien pour­­
sés
ront être
repris dans la noti­­ cation de licen­­ ment.
fi­­
cie­­
3.	 Une noti­­ cation écrite et pré­­ est envoyée dans un délai mini­
fi­­
cise
­
mum de 2 jours ouvrables sui­­
vant l’entretien et maxi­­
mum d’un
mois.

C’est un délai pré­­ qui ne bouge pas sauf congés payés sur cette
fixé
période, accord mutuel, mater­­ ou acci­­
nité
dent du tra­­
vail. Son début
est fixé par la date de récep­­
tion de la lettre de démis­­
sion ou de licen­
­
cie­­
ment. Sa durée varie en fonc­­
tion des dis­­ si­­
po­­ tions conven­­ ­
tion­
nelles.
1.	 Ins­­
tances repré­­ ta­­
sen­­ tives du per­­ nel.
son­­

263

Savoir-être

Le pré­­
avis
8 • Le rôle RH du mana­­ ment
ge­­

Recru­­
ter
Fixer des objec­­ en phase avec la stratégie
tifs
Éva­­
luer la per­­ mance des col­­ bo­­ teurs
for­­
la­­ ra­­
Mana­­ dans le respect des règles juridiques
ger

En cas de dis­­
pense de pré­­
avis à la demande de l’employeur,
l’entreprise devra le payer et libé­­ immé­­ te­­
rer
dia­­ ment le sala­­ En
rié.
cas de dis­­
pense sur demande du sala­­ le pré­­ n’est pas payé.
rié,
avis
Cer­­
taines dis­­ si­­
po­­ tions conven­­ nelles per­­
tion­­
mettent d’utiliser des
heures de recherche d’emploi sur cette période, cumu­­
lables en fin de
période avec accord de l’employeur.
La ques­­
tion se pose sou­­
vent de savoir s’il faut demander au sala­­
rié
d’effectuer son pré­­
avis. La réponse n’est pas uni­­ selle et s’apprécie
ver­­
au cas par cas. Si le sala­­ ne peut pas effec­­
rié
tuer son pré­­ (en cas
avis
de mala­­ par exemple) ce der­­
die,
nier n’est pas dû.

Se repérer dans les ins­­
tances repré­­ ta­­
sen­­ tives
du per­­ nel
son­­
Les dif­­ rents man­­
fé­­
dats

La loi du 20/08/2008 sur la repré­­ ta­­ vité modi­­ le pay­­
sen­­ ti­­
fie
sage syn­
­
di­­ en France. Avant cette loi, seules les 5 orga­­ sa­­
cal
ni­­ tions syn­­ cales
di­­
(CGT, CFDT, CGT-­ O, CFTC et CGE-­ GC) issues de l’arrêté
F
C
du 31  mars 1966 étaient consi­­ rées comme repré­­ ta­­
dé­­
sen­­ tives de
droit. Cette pré­­
somp­­
tion de repré­­ ta­­ vité irré­­ gable leur don­
sen­­ ti­­
fra­­
­
nait la pos­­ bi­­
si­­ lité, sans avoir à jus­­ fier de leur repré­­ ta­­ vité au
ti­­
sen­­ ti­­
sein de l’entreprise, de :
tions ;
✓✓ pré­­ ter des can­­ dats au 1er tour des élec­­
sen­­
di­­
✓✓ dési­­
gner un délé­­ syn­­ cal.
gué
di­­
Depuis la loi du 20/08/2008, la repré­­ ta­­ vité d’un syn­­ cat
sen­­ ti­­
di­­
au sein d’une entre­­
prise se mesure à chaque élec­­
tion. Tout syn­­ cat
di­­
n’obtenant pas au moins 10 % des suf­­
frages vala­­ ment expri­­
ble­­
més
er
tions de CE est jugé non repré­­ ta­­ et ne peut
sen­­ tif
au 1 tour des élec­­
plus dési­­
gner de délé­­ syn­­ cal.
gué
di­­
Les élec­­
tions deviennent donc un enjeu impor­­
tant pour les syn­
­
di­­
cats : cer­­
tains syn­­ cats risquent de perdre leur repré­­ ta­­ vité à
di­­
sen­­ ti­­
la suite de ces élec­­
tions.
264
Repré­­ tant
sen­­
de sec­­
tion
syn­­ cale
di­­

Rôle

Reven­­ ca­­
di­­ tion négo­­ tion et
cia­­
signa­­
ture d’accord vie syn­­ cale
di­­

Savoir-faire

Récla­­ tions indi­
ma­­
­
vi­­
duelles ou col­­ ­
lec­
tives

Consul­­ tion
ta­­
sociale et éco­
­
no­­
mique. Ges­
­
tion des œuvres
sociales

Savoirs

Per­­
mettre à un
syn­­ cat dans
di­­
l’attente d’élections
d’exercer les pré­­ ­
ro­
ga­­
tives de la sec­
­
tion syn­­ cale
di­­

Man­­ syn­­ cal
dat
di­­
(nou­­
veau depuis la
loi du 20/08/2008)

Élec­­
tion 4 ans ou
accord branche

Élec­­
tion 4 ans ou
accord branche
déro­­ toire
ga­­

Man­­ syn­­ cal en AR. Dési­
dat
di­­
­
gné parmi les can­­ dats aux
di­­
élec­­
tions pro­­ sion­­
fes­­
nelles ayant
recueilli au moins 10 % des suf­
­
frages expri­­
més au pre­­
mier tour
des élec­­
tions du CE

Comment

Éta­­ se­­
blis­­ ment (pour entre­­
prise
≥ 50)

Éta­­ se­­
blis­­ ments
≥ 11

Entre­­
prise et éta­
­
blis­­ ment
se­­

Délé­­
gués syn­­ caux (DS)
di­­

Délé­­
gués du
per­­
son­­ (DP)
nel

Entre­­
prise ≥ 50

Comité
d’entreprise
(CE)

Où

Ins­­
tance

Tableau 8.2 ■ Les ins­­
tances repré­­ ta­­
sen­­ tives du per­­ nel
son­­

Savoir-être

265

Pré­­ tion pro­
ven­­
­
po­­ tion contrôle
si­­
de l’application
hygiène, sécu­­
rité

Élec­­
tion 2 ans par
CE/DP

Éta­­ se­­
blis­­ ments
≥ 50

Comité
d’hygiène
de sécu­­
rité
et des condi­­
tions de tra­­
vail
(CHSCT)
8 • Le rôle RH du mana­­ ment
ge­­

Recru­­
ter
Fixer des objec­­ en phase avec la stratégie
tifs
Éva­­
luer la per­­ mance des col­­ bo­­ teurs
for­­
la­­ ra­­
Mana­­ dans le respect des règles juridiques
ger

Il est impor­­
tant pour un mana­­ d’avoir un mini­­
ger
mum de visi­
­
bi­­ sur ce sujet :
lité
✓✓ Quelle est la place des dif­­ rents syn­­ cats sur l’établissement ou
fé­­
di­­
l’entreprise ?
✓✓ Y a-­-il eu des élec­­
t
tions depuis la loi du 20/08/2008 ?
✓✓ Y a-­-il des repré­­ tants du per­­ nel au sein de sa propre
t
sen­­
son­­
équipe ?
Quels sont les droits et devoirs des IRP ?
Les droits

✓✓ Exer­­ leur man­­ sans dis­­ mi­­ tion (la juris­­ dence la plus
cer
dat
cri­­ na­­
pru­­
impor­­
tante en matière de dis­­ mi­­ tion concerne la dis­­ mi­­ ­
cri­­ na­­
cri­­ na­
tion syn­­ cale).
di­­
✓✓ Se dépla­­ dans l’entreprise.
cer
✓✓ Prendre contact avec les col­­ bo­­ teurs.
la­­ ra­­
✓✓ Uti­­ ser un cré­­ d’heures de délé­­ tion payé (10 à 20 heures en
li­­
dit
ga­­
fonc­­
tion de la taille de l’entreprise et du man­­
dat) pen­­
dant ou en
dehors du temps de tra­­ pour exer­­ leur man­­
vail
cer
dat.
✓✓ Assis­­ aux réunions avec l’employeur (les heures pas­­
ter
sées en
réunion avec l’employeur ne sont pas impu­­
tées sur le cré­­
dit
d’heures).
✓✓ Béné­­ cier d’une pro­­ tion spé­­ fique en cas de rup­­
fi­­
tec­­
ci­­
ture.
Les devoirs

✓✓ Aver­­ de l’utilisation du cré­­ d’heures avec un délai mini­­
tir
dit
mum
pour limi­­ les per­­ ba­­
ter
tur­­ tions sur la bonne marche du ser­­
vice.
Il ne s’agit en aucun cas d’une auto­­ sa­­
ri­­ tion, il s’agit seule­­
ment
d’avertir.
✓✓ Ne pas appor­­ de gêne impor­­
ter
tante dans la marche du ser­­
vice,
lors de leur prise de contact avec les sala­­
riés.
266
Har­­ le­­
cè­­ ment moral et dis­­ mi­­ tion
cri­­ na­­
Ces deux sujets sont des risques mon­­
tants et le mana­­ est en pre­
ger
­
mière ligne. Afin d’éviter toute expo­­ tion, il doit se poser régu­
si­­
­
liè­­ ment des ques­­
re­­
tions sur ses pra­­
tiques notam­­
ment en matière
d’équité.

Savoirs

✓✓ Res­­ ter la confi­­ tia­­ des infor­­ tions commu­­ quées
pec­­
den­­ lité
ma­­
ni­­
comme telles par l’employeur.
✓✓ Res­­ ter les dis­­ si­­
pec­­
po­­ tions rela­­
tives à la presse dans leur commu­
­
ni­­ tion (dif­­ ma­­
ca­­
fa­­ tion, injure, etc.).

Le har­­ le­­
cè­­ ment moral se carac­­ rise par des agis­­ ments répé­­
té­­
se­­
tés
ayant pour objet ou effet une dégra­­ tion des condi­­
da­­
tions de tra­­
vail
sus­­ tible de :
cep­­
✓✓ por­­ atteinte aux droits et à la dignité ;
ter
✓✓ d’altérer la santé phy­­
sique ou men­­
tale ;
✓✓ de compro­­
mettre l’avenir pro­­ sion­­
fes­­ nel.
Depuis un arrêt de novembre  2009, des méthodes de ges­­
tion
peuvent être jugées har­­ lantes. La vic­­
ce­­
time a droit à des dom­­
mages
et inté­­ et à sa réin­­ gra­­
rêts
té­­ tion en cas de licen­­ ment. Le harceleur
cie­­
peut être licen­­ pour faute grave et condamné péna­­ ment.
cié
le­­

Savoir-faire

Le har­­ le­­
cè­­ ment moral

Ce qui relève concrè­­ ment du har­­ le­­
te­­
cè­­ ment moral

267

Savoir-être

✓✓ Fixer des objec­­ volon­­ re­­
tifs
tai­­ ment in­ ttei­­
a gnables.
✓✓ Humi­­ répri­­
lier,
mer, dis­­
crédi­­ un col­­ bo­­ teur.
ter
la­­ ra­­
✓✓ Iso­­ pro­­ sion­­ le­­
ler
fes­­ nel­­ ment et géo­­ phi­­ ment un col­­ bo­­ ­
gra­­ que­­
la­­ ra­
teur.
✓✓ Ne pas don­­ de tra­­ à un col­­ bo­­ teur.
ner
vail
la­­ ra­­
✓✓ Éva­­
luer l’individu et non les compor­­ ments pro­­ sion­­
te­­
fes­­ nels
atten­­
dus.
8 • Le rôle RH du mana­­ ment
ge­­

Recru­­
ter
Fixer des objec­­ en phase avec la stratégie
tifs
Éva­­
luer la per­­ mance des col­­ bo­­ teurs
for­­
la­­ ra­­
Mana­­ dans le respect des règles juridiques
ger

Ce qui ne relève pas du har­­ le­­
cè­­ ment moral

✓✓ Fixer des objec­­ réa­­
tifs listes et réa­­ sables, même si ambi­­
li­­
tieux.
✓✓ Mener un entre­­ de re­ adrage objec­­ avec un col­­ bo­­ teur.
tien
c
tif
la­­ ra­­
✓✓ Don­­ une consigne de tra­­
ner
vail, un ordre rela­­ à l’exécution du
tif
tra­­
vail.
✓✓ Éva­­ le tra­­ et contrô­­ l’activité des membres de l’équipe.
luer
vail
ler
✓✓ Sanc­­ ner une faute.
tion­­
La dis­­ mi­­ tion
cri­­ na­­

Toute dis­­ mi­­ tion est inter­­
cri­­ na­­
dite quel que soit le type de mesure
prise par l’employeur si elle repose sur ori­­
gine, sexe, mœurs, situa­
­
tion de famille, âge, opi­­
nions, acti­­ tés syn­­ cales, appa­­
vi­­
di­­
rence phy­
­
sique, santé, grève.
La vic­­
time peut pré­­
tendre à :
✓✓ des dom­­
mages et inté­­
rêts et des sanc­­
tions pénales contre
l’employeur ;
✓✓ l’annulation de la mesure dis­­ mi­­ toire.
cri­­ na­­
Les rela­­
tions du mana­­
ger et de ses col­­ bo­­ teurs
la­­ ra­­
s’inscrivent à la fois dans un cadre juri­­
dique et dans celui de
la recherche de per­­ mance au ser­­
for­­
vice de l’entreprise
et du déve­­ pe­­
lop­­ ment du col­­ bo­­ teur.
la­­ ra­­

268
Savoirs

Chapitre 9

Les ques­­
tions aux­­
quelles répond ce cha­­
pitre
ri­­
◆◆ Comment gérer et le temps et les prio­­ tés ?
◆◆ Comment orga­­ ser son acti­­
ni­­
vité et ses infor­­ tions avec
ma­­

Outlook ?

Savoir-faire

Déve­­ per son effi­­ cité
lop­­
ca­­
per­­ nelle
son­­

i
buer à la per­­ ­
for­
◆◆ En quoi et comment les 5 S peuvent-­ls contri­­
mance ?

269

Savoir-être

◆◆ Qu’est-ce le stress et comment y faire face ?
9 • Déve­­ per son effi­­ cité
lop­­
ca­­
per­­ nelle
son­­

Gérer le temps et les prio­­ tés
ri­­
Gagner du temps et s’organiser avec les TIC
Gagner du temps et s’organiser avec les 5 S
Gérer l’information

CC Gérer le temps et les prio­­ri­­tés
PRINCIPES CLÉS
•	 Pri­­ lé­­
vi­­ gier la len­­
teur
à la vitesse.
•	 Pri­­ lé­­
vi­­ gier l’analyse
à la réac­­
tion.
•	 Pri­­ lé­­
vi­­ gier le recul à l’action.

Le temps s’est accé­­
léré. Il est devenu
mul­­ di­­ sion­­ et combiné. Face à
ti­­ men­­ nel
ces évo­­ tions, le temps de la réflexion
lu­­
s’impose.

Les nou­­
velles dimen­­
sions
du temps

Du temps struc­­
turé au temps mul­­ di­­
ti­­ men­­
sion­­
nel
et combiné

Le temps a changé de struc­­
ture : de séquencé et mor­­
celé, il est devenu
mul­­ di­­ sion­­ et combiné. Autre­­ les socié­­ orga­­ saient la
ti­­ men­­ nel
fois
tés
ni­­
vie col­­ tive de manière quasi ration­­
lec­­
nelle et donc ras­­
surante. Les
mana­­
gers ont été for­­
més à l’utilisation d’outils et de bonnes pra­
­
tiques de ges­­
tion du temps. Pour appli­­
quer en toute sécu­­ ces
rité
bonnes recettes il suf­­ sait de béné­­ cier d’une marge d’autonomie
fi­­
fi­­
signi­­ ca­­ sur sa propre orga­­ sa­­
fi­­ tive
ni­­ tion.
Aujourd’hui le temps mul­­ di­­ sion­­ et combiné apporte
ti­­ men­­ nel
confu­­
sion et pré­­ pi­­ tion  : confu­­
ci­­ ta­­
sion du temps per­­ nel qui
son­­
empiète sur le temps pro­­ sion­­ et vice versa, pré­­ pi­­ tion lorsque
fes­­ nel
ci­­ ta­­
nos télé­­
phones por­­
tables se mani­­
festent à toute heure et quels que
soient les moments que l’on vit.
Un rap­­
port au temps dif­­ rent selon les géné­­ tions
fé­­
ra­­

Les baby boomers vivent la rup­­
ture entre l’ancien modèle, où de
bonnes études garan­­ saient car­­
tis­­
rière et sta­­ lité pro­­ sion­­
bi­­
fes­­ nelle, et
le modèle actuel.
Les quadras (ou géné­­ tion  X) ont conscience du fait que
ra­­
l’allongement de la durée de vie au tra­­ risque de compro­­
vail
mettre
270
Savoirs

leurs propres perspec­­
tives d’évolution. Ils savent qu’ils devront trou­
­
ver d’autres façons d’évoluer.
Les jeunes géné­­ tions (ou géné­­ tion  Y) envi­­
ra­­
ra­­
sagent une autre
rela­­
tion pro­­ sion­­
fes­­ nelle basée sur une approche par le contrat. Ils
affirment sans complexes que leur vie per­­ nelle compte au moins
son­­
autant que la réus­­ pro­­ sion­­
site
fes­­ nelle. C’est la pre­­
mière géné­­ tion à
ra­­
assu­­
mer sa rela­­
tion au temps de pré­­
sence et à reven­­ quer un droit
di­­
à « faire le tra­­
vail » et à être jugé sur les résul­­ plus que sur les
tats
moyens.

Tout s’accélère  : l’accès aux infor­­ tions, les délais de commu­­ ­
ma­­
ni­
ca­­
tion les cycles de vie des entre­­
prises et les mou­­ ments sociaux.
ve­­
Ce sen­­ ment d’urgence per­­ nente se double d’une nou­­
ti­­
ma­­
velle
contrainte  : être heu­­
reux et res­­ le plus long­­
ter
temps pos­­
sible en
bonne santé et pro­­ tif.
duc­­
Or ceci n’est pos­­
sible et réa­­
liste que si l’on prend le temps du
recul, de ne rien faire, de lais­­ place à la réflexion dans nos actions
ser
quo­­ diennes et de savoir ce que l’on veut pour déci­­ d’où l’on va.
ti­­
der
De véri­­
tables enjeux pour les entre­­
prises

Ces bou­­ ver­­ ments repré­­
le­­ se­­
sentent de véri­­
tables enjeux pour les
entre­­
prises. Comment faire vivre ensemble ces rela­­
tions au temps
dif­­ rentes, voire diver­­
fé­­
gentes  ? Comment défi­­ des règles de vie
nir
communes en la matière : temps de pré­­
sence dif­­ rent du temps de
fé­­
tra­­ effec­­ temps infor­­ et for­­
vail
tif,
mel
mel, temps opti­­
misé, orga­­
nisé
et encore seg­­
menté dans l’organisation ?

Savoir-faire

Prendre du recul alors que tout s’accélère

Une orga­­ sa­­
ni­­ tion réin­­ tée est sus­­ tible de mieux fédé­­ les
ven­­
cep­­
rer
géné­­ tions dans un cadre commun. Trois condi­­
ra­­
tions sont néces­
­
saires au bon fonc­­ ne­­
tion­­ ment de l’organisation réin­­ tée :
ven­­
✓✓ Un mana­­ ment basé sur la confiance : on ne peut pas avoir à la
ge­­
fois un dis­­
cours de responsabilisation des col­­ bo­­ teurs vis-­ -vis
la­­ ra­­
à
de leur temps et des réac­­
tions d’hyper contrôle face à une prise
271

Savoir-être

Une orga­­ sa­­
ni­­ tion réin­­ tée
ven­­
9 • Déve­­ per son effi­­ cité
lop­­
ca­­
per­­ nelle
son­­

Gérer le temps et les prio­­ tés
ri­­
Gagner du temps et s’organiser avec les TIC
Gagner du temps et s’organiser avec les 5 S
Gérer l’information

d’initiative concer­­
nant l’organisation du temps ou des choix de
prio­­ tés.
ri­­
✓✓ Une vision des rela­­
tions pro­­ sion­­
fes­­ nelles renou­­ lée où les sta­
ve­­
­
tuts hié­­ chiques sont moins influ­­
rar­­
ents que la cré­­ bi­­ et
di­­ lité
l’exemplarité du mana­­
ger.
✓✓ Enfin, une trans­­ rence de cha­­ quant à ses prio­­ tés et objec­
pa­­
cun
ri­­
­
tifs même à moyen terme. C’est la condi­­
tion de l’acceptation par
l’organisation des zones de flou qu’une telle évo­­ tion implique.
lu­­
L’enjeu ici réside dans la capa­­
cité de cha­­
cun à répondre aux
attentes de son envi­­ ne­­
ron­­ ment pro­­ sion­­
fes­­ nel et aux pres­­
sions
d’efficacité tout en gar­­
dant une maî­­
trise de la façon dont on emploie
sa valeur temps.

Le temps que l’on maî­­
trise
Réflé­­
chir au temps que l’on maî­­
trise, c’est pen­­ sa propre vision
ser
de sa vie au tra­­
vail dans la durée. Maî­­ ser son temps passe par
tri­­
une réflexion sur l’équilibre entre ses prio­­ tés et le temps qu’on y
ri­­
consacre. C’est un exer­­ dif­­ cile tant nous sommes rom­­ à pri­
cice fi­­
pus
­
vi­­ gier l’action à la réflexion et à nous lais­­ empor­­ par une
lé­­
ser
ter
vision con­ ensuelle de ce qui est accep­­
s
table ou pas.
La maî­­
trise du temps passe aussi par la compré­­ sion des
hen­­
attentes de son entre­­
prise. Quelles sont les compé­­
tences véri­­ ble­
ta­­ ­
ment reconnues  : les compé­­
tences tech­­
niques métiers liées à un
appren­­ sage ou les compé­­
tis­­
tences trans­­ sales ? Ces der­­
ver­­
nières sont
par nature plus dif­­ ciles à cer­­ mais font le « liant » des orga­­ sa­
fi­­
ner
ni­­ ­
tions, c’est la coopé­­ tion, la capa­­ à tra­­
ra­­
cité
vailler en équipe, la prise
d’initiative, la capa­­ à uti­­ ser les réseaux infor­­
cité
li­­
mels pour résoudre
les problèmes ?
La réflexion passe par un temps d’introspection, un temps que
l’on s’accorde pour savoir ce qui est impor­­
tant pour notre effi­­ cité
ca­­
per­­ nelle.
son­­

272
273

Savoir-faire
Savoir-être

Nous vous pro­­ sons quelques ques­­
po­­
tions pour poser le décor et iden­
­
ti­­ ce dont vous avez besoin pour déve­­ per votre effi­­ cité per­
fier
lop­­
ca­­
­
son­­
nelle. Ces ques­­
tions ont pour objec­­ de vous don­­ des indi­­ ­
tif
ner
ca­
tions sur votre rela­­
tion au temps, la liste n’en est pas exhaus­­
tive.
✓✓ Comment apprenez-­ ous le mieux ? par l’échange, par l’étude,
v
par l’observation, par l’expérience  ? Chaque façon d’apprendre
est unique et fait appel à des méca­­
nismes par­­ gés.
ta­­
✓✓ De quel envi­­ ne­­
ron­­ ment avez-­ ous abso­­ ment besoin pour vous
v
lu­­
concen­­
trer, être effi­­
cace ?
−− un envi­­ ne­­
ron­­ ment rangé ou fouillis ?
−− de soli­­
tude ou de pré­­
sence ?
−− de bruits ou de silence ?
✓✓ Travaillez-­ ous avec plus d’efficacité sous la pres­­
v
sion ou en vous
étant orga­­
nisé pour finir en avance ?
✓✓ Êtes-­ ous plus motivé par l’approfondissement des sujets ou la
v
décou­­
verte de nou­­
velles connais­­
sances ?
✓✓ Qu’est-ce qui vous fait vous lever le matin ?
✓✓ Qu’est-ce qui vous motive vrai­­
ment :
−− avoir une mis­­
sion à accom­­ qui trouve sens dans votre acti­
plir
­
vité pro­­ sion­­
fes­­ nelle ?
−− avoir un sta­­ social, du pou­­
tut
voir ?
−− exer­­ votre créa­­ vité ?
cer
ti­­
−− créer de la valeur intel­­ tuelle, ou éco­­ mique ?
lec­­
no­­
−− faire avan­­ des recherches ?
cer
−− se faire plai­­ en tra­­
sir
vaillant ?
−− gagner sa vie pour se consa­­
crer à des acti­­ tés extravi­­
p
­ rofessionnelles ou fami­­
liales ?
−− être en rela­­
tion ?
−− exer­­ son lea­­ ship ?
cer
der­­
−− faire pas­­ ses convic­­
ser
tions, voire les mettre en œuvre ?
✓✓ Avez-­ ous besoin de convivia­­ ou de rigueur  ? d’action ou
v
lité
d’introspection ? de sérieux ou de décontrac­­
tion ?
✓✓ Êtes-­ ous plu­­ du matin ou du soir ?
v
tôt

Savoirs

Votre rela­­
tion au temps
9 • Déve­­ per son effi­­ cité
lop­­
ca­­
per­­ nelle
son­­

Gérer le temps et les prio­­ tés
ri­­
Gagner du temps et s’organiser avec les TIC
Gagner du temps et s’organiser avec les 5 S
Gérer l’information

✓✓ Avez-­ ous besoin de vous don­­ des défis à rele­­ ou êtes-­ ous
v
ner
ver
v
plus à l’aise dans la répé­­
tition de situa­­
tions connues ?
✓✓ De quoi êtes-­ ous le plus satis­­ dans votre vie pro­­ sion­­
v
fait
fes­­ nelle
et pour­­
quoi ?
✓✓ Qu’est-ce qui a motivé vos choix de car­­
rière : une capa­­ à sai­­
cité
sir
les oppor­­ ni­­ et à fon­­ ou une réflexion struc­­ rée et appro­
tu­­ tés
cer
tu­­
­
fon­­
die ?
✓✓ Aimez-­ ous avoir «  plu­­
v
sieurs fers au feu  » ou avez-­ ous besoin
v
d’avoir fini un sujet pour pas­­ à un autre ?
ser
Vos star­­
ters d’action

De la même façon, voici une liste de ques­­
tions pour iden­­ fier vos
ti­­
star­­ d’action, Avant de vous mettre au tra­­
ters
vail, quel est le moyen
effi­­
cace pour vous ? Quels sont vos rituels de mise au tra­­
vail ?
✓✓ Un café une fois arrivé au bureau ?
✓✓ Arri­­ avant (ou après !) tout le monde ?
ver
✓✓ Avoir d’abord parlé, plai­­
santé avec des col­­
lègues que vous aimez
bien ?
✓✓ Avoir fait le tour des équipes et dit bon­­
jour ?
✓✓ Avoir pla­­ fié ma jour­­
ni­­
née ?
✓✓ Trou­­ un bureau bien rangé, ou le ran­­
ver
ger ?
✓✓ M’être acheté une plante verte, avoir décoré et per­­ na­­ mon
son­­ lisé
envi­­ ne­­
ron­­ ment de tra­­
vail ?
✓✓ Si je suis à dis­­
tance, tra­­
vailler dans une pièce à part des autres
pièces de la mai­­ fami­­
son
liale ?
✓✓ Me don­­ des plages horaires strictes ?
ner
De bonnes pra­­
tiques de ges­­
tion du temps

Ceci posé, quelques bonnes pra­­
tiques, ou réflexes ont prouvé leur
effi­­ cité :
ca­­
✓✓ Abor­­ ses acti­­ tés comme des ensembles, plu­­ que comme
der
vi­­
tôt
des suc­­ sions de plages de tra­­
ces­­
vail. Se don­­
ner des bornes
274
275

Savoirs
Savoir-faire
Savoir-être

per­­ nelles : si je n’ai pas réussi à commen­­ ce dos­­ ce jour
son­­
cer
sier
je reporte, je ne passe pas plus de 2 heures sur ce sujet…
✓✓ Pla­­ fier avec luci­­
ni­­
dité, pra­­ quer l’art des listes et ne pas se déses­
ti­­
­
pé­­ de ne pas avoir fait tout ce que l’on avait prévu.
rer
✓✓ Se pré­­ nir de l’immédiateté : résis­­ à la ten­­ tion de répondre à
ve­­
ter
ta­­
tous les mails tout de suite et maî­­ ser le moment où on les traite.
tri­­
✓✓ Savoir se déconnec­­ Dis­­ guer les moments où on réflé­­
ter.
tin­­
chit
de ceux où l’on échange ou de ceux où on pra­­
tique les rituels
de l’entreprise (réunions, entre­­
tiens, points pério­­
diques)… et les
valo­­ ser comme temps de tra­­
ri­­
vail.
✓✓ Inté­­
grer la notion de « moments oppor­­
tuns » et le fait que toute
une vision peut être remise en ques­­
tion en un quart de seconde.
✓✓ Savoir s’adapter pour dire oui à l’imprévu et non à des demandes
ex­ resses de son supé­­
p
rieur hié­­ chique en expli­­
rar­­
quant la rai­­ et
son
en lui lais­­
sant la déci­­
sion sur les urgences.
✓✓ Ritua­­ ser les temps de pla­­ fi­­ tion de son propre temps en
li­­
ni­­ ca­­
fonc­­
tion de ses pré­­ rences d’organisation : le lundi matin ou le
fé­­
ven­­
dredi soir et le véri­­ au moins une fois dans la semaine.
fier
✓✓ Pré­­ des plages d’organisation, par exemple : inter­­ tion des
voir
rup­­
mails au moins 2 heures par jour, syn­­ ni­­ tion de son calen­
chro­­ sa­­
­
drier et avec celui de son assis­­
tante pour maî­­ ser ses rendeztri­­
v
­ ous…
✓✓ Se don­­ les moyens de prendre le lea­­ ship sur son temps en
ner
der­­
pré­­
voyant :
−− une demi-­ eure par jour de rendez-­ ous avec soi-­ ême ;
h
v
m
−− un jour par mois sans rendez-­ ous ni réunions.
v
✓✓ Uti­­ ser les outils pour pla­­ fier vos rendez-­ ous pério­­
li­­
ni­­
v
diques
annuels, vos plages d’absence et men­­ lement vali­­ votre
suel­­
der
plan­­
ning.
✓✓ Se ména­­ des marges de manœuvre :
ger
−− pen­­ ses acti­­ tés en ensembles cohé­­
ser
vi­­
rents ;
−− regrou­­ des tâches urgentes et peu impor­­
per
tantes en fin de
jour­­ ou après le déjeu­­
née
ner ;
−− adap­­ ses temps de tra­­ sur des dos­­
ter
vail
siers de fond en fonc­
­
tion de sa chrono­ iologie (si on est du matin ou du soir…).
b
9 • Déve­­ per son effi­­ cité
lop­­
ca­­
per­­ nelle
son­­

Gérer le temps et les prio­­ tés
ri­­
Gagner du temps et s’organiser avec les TIC
Gagner du temps et s’organiser avec les 5 S
Gérer l’information

✓✓ Pré­­
voir les plages de pré­­ ra­­
pa­­ tion des temps d’échanges (entre­
­
tiens, reportings, pré­­ ta­­
sen­­ tions, réunions…) et autres évé­­ ­
ne­
ments impor­­
tants.
✓✓ Inté­­
grer dans son emploi du temps sa fonc­­
tion mana­­ ment
ge­­
d’équipe pour s’accorder éga­­ ment de la réflexion sur ce sujet et
le­­
pas seule­­
ment au moment des entre­­
tiens annuels ou d’objectifs.
✓✓ Être au clair avec ce qui est attendu de vous en tant que mana­­
ger,
ce qui sera reconnu, ce qui sera visible.
Appli­­
quer ces pra­­
tiques vous aidera. Il faut tou­­ fois se gar­­
te­­
der
de pen­­ que tout se pla­­ fie et se pré­­
ser
ni­­
voit et inté­­
grer la dimen­
­
sion imprévu et sur­­
prise. L’enjeu est de prendre du recul par rap­
­
port à une approche de recettes multi­ onctions qui peuvent être des
f
pièges : poli­­
tique de la porte fer­­
mée ou rigi­­
dité.
Se déga­­
ger de la pres­­
sion du temps

Voici une liste de choses à faire ou ne pas faire pour se déga­­ de la
ger
pres­­
sion du temps :
✓✓ Gar­­ à l’esprit que le temps de concen­­ tion opti­­
der
tra­­
mum est de
20 minutes, pro­­
gram­­ des phases d’activité de 45 minutes.
mer
✓✓ Ralen­­ ses gestes.
tir
✓✓ Prendre conscience de sa res­­ ra­­
pi­­ tion.
✓✓ Commen­­ un livre et ne rien faire d’autre tant que l’on en n’a
cer
pas ter­­
miné.
✓✓ Jar­­ ner, faire des tra­­
di­­
vaux manuels.
✓✓ Ne rien faire.
✓✓ Accep­­ de s’ennuyer, d’attendre et voir comment pro­­ ter de ces
ter
fi­­
« moments per­­
dus ».
✓✓ Faire quelque chose d’inhabituel  : chan­­ son tra­­ ou son
ger
jet
mode de trans­­
port.
✓✓ Écou­­ une musique relaxante ou des textes lit­­ raires enre­­ ­
ter
té­­
gis­
trés pour vous nour­­ intel­­ tuelle­­
rir
lec­­
ment dif­­ rem­­
fé­­ ment.

276
✓✓ Remettre en ques­­
tion ses sché­­
mas de pen­­ ou de prise de déci­
sée
­
sion habi­­
tuels.
✓✓ Faire des listes pour tout, noter ses idées au fil de l’eau pour assis­
­
ter sa mémoire et nour­­ sa créa­­ vité.
rir
ti­­

En conclu­­
sion de ce pas­­
sage consa­­ au temps que l’on maî­­
cré
trise,
nous avons sou­­
haité ouvrir la réflexion sur le temps qui nous est
imposé. En effet, il peut être aidant d’appréhender le temps comme
une don­­ par nature incontrô­­
née
lable. Par essence il nous échappe et
ce dans toutes les sphères de notre vie, il coule et passe.
Une fois ceci posé, l’enjeu est alors plus dans l’acceptation que
dans la résis­­
tance  : accep­­ le carac­­
ter
tère iné­­ table du cadre du
luc­­
temps, accep­­ que des moments des phases tem­­ relles s’organisent
ter
po­­
en dehors de notre capa­­ de contrôle et que le choix soit par nature
cité
limité.

Savoirs

Le temps qui nous est imposé

La ques­­
tion de la dis­­ ni­­ lité pour ses col­­ bo­­ teurs est sou­­
po­­ bi­­
la­­ ra­­
vent
cru­­
ciale pour un mana­­
ger. C’est le temps le plus dif­­ cile à abor­
fi­­
­
der entre les points de contacts orga­­ sés (entre­­
ni­­
tiens, reportings,
réunions) et les demandes de dis­­ ni­­ lité des col­­ bo­­ teurs qui
po­­ bi­­
la­­ ra­­
peuvent être enva­­ santes et peu pré­­ sibles.
his­­
vi­­

Savoir-faire

Le temps avec l’équipe

Les outils tra­­ tion­­
di­­ nels peuvent être soit une aide, soit un piège si
on les appré­­
hende comme des recettes à appli­­
quer quelles que soient
les cir­­
constances.
Voici une liste non exhaus­­
tive des contra­­ tions et irri­­ tions
dic­­
ta­­
aux­­
quelles une appli­­ tion trop sys­­ ma­­
ca­­
té­­ tique de recettes peut
conduire :
✓✓ J’ai décidé d’organiser tous les matins un brief avec mon équipe
et ne tolère aucune absence, mais il m’arrive moi-­ ême d’annuler
m
ces rendez-­ ous en der­­
v
nière minute en invo­­
quant une urgence.
Une sou­­
plesse rela­­ nelle vis-­ -vis des retards et absences peut
tion­­
à
277

Savoir-être

Se méfier des recettes toutes faites
9 • Déve­­ per son effi­­ cité
lop­­
ca­­
per­­ nelle
son­­

Gérer le temps et les prio­­ tés
ri­­
Gagner du temps et s’organiser avec les TIC
Gagner du temps et s’organiser avec les 5 S
Gérer l’information

entraî­­
ner une meilleure compré­­ sion par l’équipe de vos
hen­­
propres contraintes.
✓✓ J’ai noté sur mon agenda, par­­
tagé mes moments de réflexion,
mes rendez-­ ous avec moi-­ ême, sans en décrire l’objectif et le
v
m
sens, ce qui peut être inter­­
prété comme des fuites de l’action.
✓✓ Je laisse à mon assis­­
tante toute la maî­­
trise de la ges­­
tion de mon
agenda selon le bon vieux prin­­
cipe de délé­­ tion. Je découvre
ga­­
hor­­ fié en début de semaine que pour répondre à mon hyper­
ri­­
activité, elle n’a même plus prévu d’heure de déjeu­­
ner.
✓✓ On m’a ensei­­ que pour m’affirmer en tant que mana­­ il me
gné
ger
fal­­ être strict sur le respect des horaires de mon équipe. J’en
lait
arrive à des compor­­ ments d’hypercontrôle : qui arrive à quelle
te­­
heure et part à quelle heure, sans me sou­­ des contraintes de
cier
mes col­­ bo­­ teurs, ni en par­­ avec eux.
la­­ ra­­
ler
✓✓ J’ai compris que pour être accepté, voire aimé en tant que mana­
­
ger il valait mieux pra­­ quer la poli­­
ti­­
tique de la porte ouverte.
Toutes mes jour­­
nées commencent à 19  heures quand tout le
monde est parti… au détriment de ma vie de famille.
Cla­­ fier et commu­­ quer
ri­­
ni­­

La pre­­
mière néces­­ est de commu­­ quer auprès de son équipe sur
sité
ni­­
ses modes de fonc­­ ne­­
tion­­ ment par rap­­
port au temps. Il est néces­
­
saire de cla­­ fier et expli­­
ri­­
quer les règles rela­­ nelles et de commu­
tion­­
­
ni­­ tion  : rendez-­ ous pério­­
ca­­
v
diques for­­ li­­ réunions d’équipe
ma­­ sés,
d’information et de tra­­
vail, temps dis­­ nible pour l’informel en
po­­
début/fin de jour­­
née, signaux qui favo­­
risent la prise en compte par
l’équipe des moments indis­­ sables où en tant que mana­­ vous
pen­­
ger
avez besoin d’être seul, non sol­­ cité par le quo­­ dien.
li­­
ti­­
Pour expli­­
quer son fonc­­ ne­­
tion­­ ment per­­ nel et ses règles, il est
son­­
utile de don­­ des auto­­ sa­­
ner
ri­­ tions : si vous avez une urgence vous me
télé­­ nez, joi­­
pho­­
gnez mon assistante… des per­­ sions : vous pou­­
mis­­
vez
me déran­­ si…
ger
278
Nous avons pour habi­­
tude de trai­­ le temps comme une don­­
ter
née,
un élé­­
ment de bonne ges­­
tion à inté­­
grer dans la boîte à outils du
mana­­ Cette vision est utile et se révèle sou­­
ger.
vent opé­­ tion­­
ra­­ nelle : il
est impor­­
tant de s’appuyer sur de bonnes pra­­
tiques éprou­­
vées.
Cette approche sera effi­­
cace à long terme, au cours d’un par­­
cours
pro­­ sion­­ si l’on sait en comprendre les fon­­ ments, en ana­­ ser
fes­­ nel
de­­
ly­­
les avan­­
tages et inconvé­­
nients et les appli­­
quer avec per­­ nence à son
ti­­
contexte.
C’est pour­­
quoi la méthode de lec­­
ture du temps peut se décli­­
ner
en 5 prin­­
cipes.
Les 5 prin­­cipes de la lec­­
ture du temps
✓✓ Diag­­ ti­­
nos­­ quer la culture temps de son orga­­ sa­­
ni­­ tion.
✓✓ Iden­­ fier ses mis­­
ti­­
sions et ses objec­­ à court et moyen terme.
tifs
✓✓ Clas­­ ses acti­­ tés selon le modèle :
ser
vi­­
– acti­­ tés liées aux compé­­
vi­­
tences tech­­
niques ;

Savoir-faire

Un autre regard sur le temps

Savoirs

Der­­
nier conseil et non le moindre  : quand vous êtes en rela­
­
tion avec un col­­ bo­­ teur, soyez vrai­­
la­­ ra­­
ment là, présent à ce qui se
passe, dis­­ nible et déta­­ de vos autres pré­­ cu­­ tions. Si ce
po­­
ché
oc­­ pa­­
n’est pas pos­­
sible, dites-­ui ou quan­­ fiez le temps que vous pou­­
l
ti­­
vez
lui consa­­
crer.

– acti­­ tés liées aux compé­­
vi­­
tences trans­­ sales du métier ;
ver­­
– acti­­ tés liées à des compé­­
vi­­
tences indi­­ duelles et durables pour mon
vi­­
déve­­ pe­­
lop­­ ment per­­ nel.
son­­
✓✓ S’obliger à une intros­­ tion régu­­
pec­­
lière sur ses objec­­ per­­ nels et sa
tifs
son­­
vision du sens que l’on donne à son enga­­ ment en tant que mana­­
ge­­
ger.

Vous trou­­ rez ci-­ essous une liste de ques­­
ve­­
d
tions et des tableaux
pour vous aider dans vos approches des dif­­ rents sujets.
fé­­
279

Savoir-être

✓✓ Appli­­
quer les outils de ges­­
tion du temps avec dis­­ ne­­
cer­­ ment en les clas­
­
sant selon le schéma sui­­
vant : utile au quo­­ dien, utile à court terme, utile
ti­­
pour pilo­­ mon par­­
ter
cours pro­­ sion­­
fes­­
nel.
9 • Déve­­ per son effi­­ cité
lop­­
ca­­
per­­ nelle
son­­

Gérer le temps et les prio­­ tés
ri­­
Gagner du temps et s’organiser avec les TIC
Gagner du temps et s’organiser avec les 5 S
Gérer l’information

Diag­­
nos­­ quer la culture temps de son orga­­ sa­­
ti­­
ni­­ tion

✓✓ Qu’est-ce qui est valo­­
risé : la visi­­ lité, la pré­­
bi­­
sence, la fidé­­ ou
lité
le résul­­
tat ?
✓✓ Faut-­l répondre à ses mails de façon très réac­­ et rapide ?
i
tive
✓✓ Faut-­l res­­ ter scru­­ leu­­ ment les délais de remise de docu­
i
pec­­
pu­­ se­­
­
ments ou de déci­­
sion ?
✓✓ Laisse-­-on de la place à la créa­­ vité ?
t
ti­­
✓✓ La contro­­
verse, le débat interne sont-­ls auto­­ sés ?
i
ri­­
✓✓ Accepte-­-on les phases de réflexion indi­­ duelles ?
t
vi­­
✓✓ Accepte-­-on la remise en ques­­
t
tion des élé­­
ments décidés par la
hié­­ chie ou les struc­­
rar­­
tures fonc­­ nelles ?
tion­­
✓✓ Est-­l plus impor­­
i
tant de répondre aux mails des struc­­
tures fonc­
­
tion­­
nelles, de la direc­­
tion géné­­ ou de la hié­­ chie ?
rale
rar­­
✓✓ Valorise-­-on la capa­­
t
cité à faire plu­­
sieurs choses en même
temps ?
✓✓ Valorise-­-on la capa­­ à appro­­ dir les sujets, poser des ques­
t
cité
fon­­
­
tions ?
✓✓ Les per­­
sonnes reconnues et qui béné­­ cient de pro­­ tions ontfi­­
mo­­
e
­ lles un pro­­ d’action ou de réflexion ?
fil
Votre réponse à ces dif­­ rentes ques­­
fé­­
tions, vous per­­ tra
met­­
d’identifier si vous êtes dans un modèle :
✓✓ Réac­­  : valo­­ sa­­
tif
ri­­ tion de l’action, de la visi­­ lité, de la mul­­ pli­­
bi­­
ti­­ cité
de taches et objec­­
tifs.
✓✓ Réflexif  : valo­­ sa­­
ri­­ tion de l’analyse, mise en place de struc­
­
tures de réflexion col­­ tives, temps accordé aux pré­­ ra­­
lec­­
pa­­ tions
d’événements, aux échanges…
Iden­­ fier ses mis­­
ti­­
sions et objec­­
tifs à court et moyen terme

✓✓ Dans quelle struc­­
ture de mon orga­­ sa­­
ni­­ tion est situé mon poste :
opé­­ tion­­ fonc­­ nel, projet… ?
ra­­ nel,
tion­­

280
Clas­­
ser ses acti­­ tés
vi­­
Tableau 9.1 ■ Clas­­ ses acti­­ tés
ser
vi­­
En lien
avec les
compé­­
tences
trans­­ sales
ver­­

281

En lien
avec les
compé­­
tences
clés de
l’organisation

Savoirs

En lien
avec les
compé­­
tences
stra­­ giques
té­­

Savoir-être

Acti­­ tés
vi­­

En lien
avec les
compé­­
tences
tech­­
niques
métier

Savoir-faire

✓✓ Quelle est la rai­­ d’être de mon poste (à quoi sert-­l dans
son
i
l’organisation) ?
✓✓ Quels sont les élé­­
ments qui font que ma mis­­
sion est reconnue et
a de la valeur pour mon orga­­ sa­­
ni­­ tion (ma mis­­
sion est-­ lle liée aux
e
compé­­
tences stra­­ giques, aux compé­­
té­­
tences clés, ou aux compé­
­
tences métier) ?
✓✓ Quelles sont les 3  grandes mis­­
sions prin­­ pales liées à mon
ci­­
poste ?
✓✓ Quelles sont les 10 acti­­ tés prin­­ pales liées à ces mis­­
vi­­
ci­­
sions ?
✓✓ Parmi ces 10 acti­­ tés, quelles sont celles qui sont liées au cœur
vi­­
de métier de mon orga­­ sa­­
ni­­ tion et celles qui sont péri­­
phériques ?
✓✓ Parmi ces 10 acti­­ tés, quelles sont celles qui me motivent le plus,
vi­­
que je pré­­ mener et pour­­
fère
quoi ?
✓✓ Parmi ces 10 acti­­ tés, quelles sont les plus reconnues par mon
vi­­
orga­­ sa­­
ni­­ tion et pour­­
quoi ?
✓✓ Parmi ces 10 acti­­ tés, quelles sont les 3 aux­­
vi­­
quelles je consacre le
plus de temps et pour­­
quoi ? Y a-­-il équi­­
t
libre entre ces 3 acti­­ tés
vi­­
et celles que me motivent le plus ?
✓✓ Quels sont mes objec­­ pour l’année en cours, sont-­ls en cohé­
tifs
i
­
rence avec les acti­­ tés les plus reconnues ?
vi­­
9 • Déve­­ per son effi­­ cité
lop­­
ca­­
per­­ nelle
son­­

Gérer le temps et les prio­­ tés
ri­­
Gagner du temps et s’organiser avec les TIC
Gagner du temps et s’organiser avec les 5 S
Gérer l’information

S’obliger à une intros­­ tion régu­­
pec­­
lière

✓✓ Qu’ai-je appris de mon expé­­
rience sur mes qua­­ tés, mes capa­­ ­
li­­
ci­
tés et mon poten­­
tiel ?
✓✓ Sur quelles réus­­
sites puis-­e m’appuyer ?
j
✓✓ Qu’ai-je appris de mes dif­­ cultés et de mes échecs ?
fi­­
✓✓ Quelles sont les compé­­
tences que je maî­­
trise complè­­ ment ?
te­­
✓✓ Quelles sont les acti­­ tés qui me pro­­
vi­­
curent du plai­­ dans mon
sir
métier ?
✓✓ Suis-­e plus effi­­
j
cace dans les champs tech­­
niques ou dans le champ
rela­­ nel compa­­ ti­­ ment aux exi­­
tion­­
ra­­ ve­­
gences de mon métier ?
✓✓ Qu’ai-je envie de réa­­ ser dans les années à venir ?
li­­
✓✓ Quelles sont mes contraintes per­­ nelles, fami­­
son­­
liales ou pro­­ ­
fes­
sion­­
nelles ?
✓✓ Qui sont les inter­­ cuteurs sus­­ tibles de m’aider dans mes
lo­­
cep­­
réflexions sur mon par­­
cours : ins­­ tution­­
ti­­
nels, liés à mon réseau
pro­­ sion­­ ami­­ per­­ nel ?
fes­­ nel,
cal, son­­
✓✓ Qu’ai-je envie d’apprendre main­­ nant ?
te­­
✓✓ Qu’ai-je envie de faire main­­ nant : déve­­ per mon exper­­
te­­
lop­­
tise,
mana­­ diri­­ une acti­­
ger,
ger
vité ?
✓✓ Qu’est-ce qui est plus impor­­
tant pour moi : voir ma compé­­
tence
reconnue, voir ma per­­ na­­ accep­­ pou­­ expri­­ libre­
son­­ lité
tée,
voir
mer
­
ment mes opi­­
nions, m’affirmer, tra­­
vailler dans un envi­­ ne­
ron­­ ­
ment har­­ nieux et qui cor­­ ponde à mes valeurs, avoir des
mo­­
res­­
temps de réflexion, m’amuser, me faire plai­­ dans mon acti­­
sir
vité,
assu­­ mon ave­­ et celui de ma famille…
rer
nir

282
Appli­­
quer les outils de ges­­
tion du temps avec dis­­ ne­­
cer­­ ment
Tableau 9.2 ■  ti­­ ser les outils de ges­­
U li­­
tion du temps

Outils
Uti­­ ser les tech­­ lo­­
li­­
no­­ gies de
l’information pour opti­­ ser au
mi­­
maxi­­
mum les tâches rou­­ nières
ti­­

Utiles
au quo­­ dien
ti­­

Utiles
à court terme

Utiles
pour pilo­­
ter
mon par­­
cours

x

Affec­­ un bud­­ temps à
ter
get
chaque acti­­
vité

Savoirs

avec dis­­ ne­­
cer­­ ment

x

Pré­­
voir le temps des situa­­
tions
rela­­ nelles
tion­­

x

x

Pré­­
voir les temps infor­­
mels,
lais­­ un espace temps pour
ser
l’imprévu

x

x

Orga­­ ser dans son plan­­
ni­­
ning des
temps régu­­
liers de réflexion

x

x

Tenir compte de sa chrono­
biologie (du matin ou du soir)

x

x

Alter­­ ses acti­­ tés
ner
vi­­

x

x

Varier ses acti­­ tés en tenant
vi­­
compte de l’urgence et de
l’importance et de l’intérêt pour
soi-­ ême
m

x

x

x

Tenir compte des contraintes
d’organisation de ses col­­ bo­
la­­ ­
ra­­
teurs

x

x

x

Savoir dire non à une demande
sans nier la per­­
sonne qui la fait

x

x

Mettre son plan­­
ning à jour une
fois par semaine

x

Savoir-faire

x

x

☞

283

Savoir-être

Pré­­ nir sur sa capa­­
ve­­
cité à tenir
les délais impo­­
sés ou sur ses
dif­­ cultés
fi­­
9 • Déve­­ per son effi­­ cité
lop­­
ca­­
per­­ nelle
son­­

Gérer le temps et les prio­­ tés
ri­­
Gagner du temps et s’organiser avec les TIC
Gagner du temps et s’organiser avec les 5 S
Gérer l’information

☞
Outils

Utiles
au quo­­ dien
ti­­

Faire le point sur ses acti­­ tés
vi­­
une fois par semaine

x

Utiles
pour pilo­­
ter
mon par­­
cours

x

Faire le point sur ses objec­­
tifs
une fois par mois

Utiles
à court terme

x

Faire l’effort de reve­­ régu­­ ­
nir
liè­
re­­
ment à la rai­­
son d’être de son
acti­­
vité

x

x

Anti­­ per pour les actions à
ci­­
forts enjeux les risques en cas
d’échec et les stra­­ gies à mettre
té­­
en place

x

x

Clas­­ les évé­­ ments en 3
ser
ne­­
caté­­ ries ; trai­­ soi-­ ême,
go­­
ter
m
délé­­
guer, poubelliser

x

x

Évi­­ la pro­­
ter
cras­­ nation : se
ti­­
don­­ des « bornes limites »
ner

x

x

Face à une situa­­
tion d’urgence
s’obliger à se poser

x

x

Les pos­­
tures face au stress du temps
Dans une approche ana­­ gique et humo­­ tique nous vous pro­­ ­
lo­­
ris­­
po­
sons ci-­ essous un bes­­
d
tiaire illustratif des dif­­ rentes pos­­
fé­­
tures face
au stress du temps :
✓✓ Le déni (poli­­
tique de l’autruche) et attendre d’être au pied du
mur pour agir.
✓✓ La fuite (poli­­
tique du rat) fuir et ris­­
quer d’être rat­­
trapé.
✓✓ L’attaque (poli­­
tique du lion) et déve­­ per une répu­­ tion
lop­­
ta­­
d’agressivité.
✓✓ Le refus (poli­­
tique de l’âne) et deve­­ la madame ou mon­­
nir
sieur
Non.
284
Savoirs

✓✓ La rumi­­ tion (poli­­
na­­
tique de la vache) et attendre que les choses
se digèrent toutes seules.
✓✓ L’agitation (poli­­
tique du lièvre) quitte à se dis­­ ser et ne jamais
per­­
rien finir.
✓✓ La tran­­
quillité (poli­­
tique de la tor­­
tue) et pas­­ len­­ ment toutes
ser te­­
les étapes jusqu’au but.
✓✓ Le sui­­
visme (poli­­
tique du mou­­
ton) et ris­­
quer de ne pas voir où
sont les vrais enjeux.
✓✓ Le sur­­ (poli­­
vol
tique de l’aigle) et regar­­ les pro­­
der
blèmes de haut
en sériant les prio­­ tés.
ri­­
✓✓ L’enterrement (poli­­
tique de la taupe) qui va au fond des choses et
creuse des tun­­ pour ana­­ ser.
nels
ly­­

CC Gagner du temps et s’organiser
avec les TIC

Par­­ des rôles pro­­ sion­­
tir
fes­­
nels
pour s’organiser

•	 Mais, ce n’est pas suf­­ sant.
fi­­
Vous devez éga­­ ment adap­
le­­
­
ter ces fonc­­ na­­ tés à votre
tion­­ li­­
mode de fonc­­ ne­­
tion­­ ment et
orga­­ ser l’information en fonc­
ni­­
­
tion de vos rôles et objec­­
tifs
pro­­ sion­­
fes­­
nels.

Orga­­ ser son temps, c’est lui don­­
ni­­
ner
du sens. En orga­­ sant votre ordi­­ teur
ni­­
na­­
à par­­ de vos dif­­ rents rôles pro­­ ­
tir
fé­­
fes­
sion­­
nels, vous faci­­ te­­ la ges­­
li­­ rez
tion de
votre temps et le choix de vos prio­­ tés.
ri­­
Il s’agit de :
✓✓ défi­­ et hié­­ chi­­ ses rôles pro­­ sion­­
nir
rar­­ ser
fes­­ nels ;
✓✓ face à chaque rôle, lis­­ pré­­ sé­­
ter ci­­ ment les objec­­ affé­­
tifs
rant.
On obtient ainsi une liste d’objectifs par rôle qui ser­­ de base
vira
à l’organisation de l’ordinateur. Nous vous conseillons de conser­­
ver
cette liste acces­­
sible. En vous y réfé­­
rant régu­­ re­­
liè­­ ment, il sera plus
facile de gar­­ le cap mal­­ le tumulte des acti­­ tés quo­­ diennes.
der
gré
vi­­
ti­­

285

Savoir-être

•	 Pour être effi­­
cace avec les TIC
il est bien sûr utile d’en maî­­ ­
tri­
ser les fonc­­ na­­ tés.
tion­­ li­­

Savoir-faire

PRINCIPES CLÉS

Défi­­ une clé commune pour
nir
orga­­ ser l’information
ni­­
9 • Déve­­ per son effi­­ cité
lop­­
ca­­
per­­ nelle
son­­

Gérer le temps et les prio­­ tés
ri­­
Gagner du temps et s’organiser avec les TIC
Gagner du temps et s’organiser avec les 5 S
Gérer l’information

Décli­­
ner la même orga­­ sa­­
ni­­ tion dans tous vos espaces
de sto­­
ckage

Pour que l’organisation de votre ordi­­ teur soit effi­­
na­­
cace, elle doit
être cohé­­
rente. Nous vous encou­­ geons à décli­­ la même orga­­ ­
ra­­
ner
ni­
sa­­
tion dans tous vos espaces de sto­­
ckage. Uti­­ sez vos rôles pro­­ ­
li­­
fes­
sion­­
nels comme pre­­
mière clé de tri et les objec­­ affé­­
tifs
rant comme
seconde clé de tri :
✓✓ attri­­
buez une struc­­
ture iden­­
tique à vos dos­­
siers Windows, à vos
dos­­
siers de mes­­ ge­­ Outlook et à vos favo­­ Inter­­
sa­­ rie
ris
net ;
✓✓ affec­­ les mêmes caté­­ ries pour orga­­ ser vos rendez-­ ous et
tez
go­­
ni­­
v
vos tâches ;
✓✓ attri­­
buez la même orga­­ sa­­
ni­­ tion à vos dos­­
siers papiers.
Une astuce pour nom­­
mer vos dos­­
siers en met­­
tant vos rôles en
évi­­
dence consiste à ajou­­ un pré­­ numé­­
ter
fixe
rique à vos noms de dos­
­
siers pour qu’ils appa­­
raissent dans un ordre pré­­ fini.
dé­­
Exemple
Pre­­
nons l’exemple d’un expert qui a quatre rôles :
−− mana­­ d’un ser­­
ger
vice ;
−− expert d’un domaine ;
−− chef d’un pro­­ trans­ erse ;
jet
v
−− col­­ bo­­ teur de son entre­­
la­­ ra­­
prise.
L’arborescence de ses dos­­
siers pour­­ être orga­­ sée de la manière
rait
ni­­
sui­­
vante :
✓✓ 01 Mana­­ du ser­­
ger
vice XX
−− 01 Pilo­­
tage Acti­­
vité
−− 02 Entre­­
tiens indi­­ duels
vi­­
−− 03…
✓✓ 02 Expert du domaine XX
−− 01 Veille tech­­ lo­­
no­­ gique
−− 02 Confé­­
rences
−− 03…
✓✓ 03 Chef du pro­­ XX
jet
−− 01 Lan­­ ment du pro­­
ce­­
jet
−− 02 Cahier des charges

286
Bien uti­­ ser la mes­­ ge­­
li­­
sa­­ rie
Affec­­ des plages horaires au trai­­ ment de vos mails
ter
te­­

Savoirs

−− 03 Réunions d’avancement
−− 04…
✓✓ 04 Col­­ bo­­ teur
la­­ ra­­
−− 01 Feuilles de temps
−− 02 Congés
−− 03…

Ne lais­­ pas votre mes­­ ge­­ élec­­ nique enva­­ et inter­­ rer
sez
sa­­ rie
tro­­
hir
fé­­
avec vos autres tâches. Chaque jour, pla­­ fiez une à deux plages
ni­­
horaires pour trai­­ vos mails.
ter

287

Savoir-être

La méthode CAP per­­
met de faire face avec effi­­ cité au flot quo­­ ­
ca­­
ti­
dien de mails. Elle vise à prendre sys­­ ma­­ que­­
té­­ ti­­ ment une déci­­
sion
pour chaque mail lu et per­­ de gagner du temps.
met
À l’ouverture d’un mail, trois pos­­ bi­­ tés s’offrent à vous :
si­­ li­­
✓✓ C comme clas­­ . Le mail contient des infor­­ tions que vous
ser
ma­­
devez conser­­ (infor­­ tions impor­­
ver
ma­­
tantes, docu­­
ments de tra­
­
vail,…).
✓✓ A comme Agir. Le mail implique une action de votre part. Dans
ce cas :
−− si l’action requise peut être réa­­ sée en moins de 2 minutes,
li­­
effectuez-­a immé­­ te­­
l
dia­­ ment ;
−− sinon, trans­­ mez votre mail en tâche en pre­­
for­­
nant soin de
rédi­­ un objet expli­­
ger
cite, indi­­
quez une date d’échéance ou
marquez-­e d’un indi­­ teur de suivi. Si l’action requise néces­
l
ca­­
­
site l’échange de plu­­
sieurs mails, créez un dos­­ d’action
sier
dans votre boîte de récep­­
tion.
✓✓ P comme Pou­­
belle. Le mail vous a été envoyé pour infor­­ ­
ma­
tion, son contenu ne vous concerne pas direc­­ ment, les infor­­ ­
te­­
ma­
tions qu’il contient sont à dis­­ si­­
po­­ tion sur le ser­­
veur ou l’Intranet
de votre entre­­
prise. Dans tous ces cas, sup­­ mez ce mail.
pri­­

Savoir-faire

Faire face au flot quo­­ dien : la méthode CAP
ti­­
9 • Déve­­ per son effi­­ cité
lop­­
ca­­
per­­ nelle
son­­

Gérer le temps et les prio­­ tés
ri­­
Gagner du temps et s’organiser avec les TIC
Gagner du temps et s’organiser avec les 5 S
Gérer l’information

Idéa­­ ment, la séquence de trai­­ ment des mails doit se ter­­ ner
le­­
te­­
mi­­
par une boîte de récep­­
tion vide.
Créer des dos­­
siers d’action et des dos­­
siers de clas­­ ment
se­­

L’une des prin­­ pales causes d’engorgement de votre boîte aux lettres
ci­­
est l’absence de dos­­
siers. Nous vous conseillons de créer deux types
de dos­­
siers :
✓✓ les dos­­
siers d’action dans la boîte de récep­­
tion ;
✓✓ les dos­­
siers de clas­­ ment dans un fichier de don­­
se­­
nées Outlook
(fichier .pst).
Tableau 9.3 ■ Créer des dos­­
siers d’action et de clas­­ ment
se­­
Créer un dos­­
sier
d’action

Créer un dos­­
sier de clas­­ ment
se­­
(.pst)

Outlook 2003

Cliquer droit sur la boîte de
récep­­
tion puis sélec­­ ner
tion­­
Nou­­
veau dos­­
sier

Menu Fichier/Nou­­
veau/Fichier
de don­­
nées Outlook

Outlook 2007

Cliquer droit sur la boîte de
récep­­
tion puis sélec­­ ner
tion­­
Nou­­
veau dos­­
sier

Menu Fichier/Nou­­
veau/Fichier
de don­­
nées Outlook

Outlook 2010

Cliquer droit sur la boîte de
récep­­
tion puis sélec­­ ner
tion­­
Nou­­
veau dos­­
sier

Dans l’onglet Accueil/groupe Nou­­
veau,
cliquer sur Nou­­
veaux élé­­
ments puis
Autres élé­­
ments et Fichier de don­­
nées
Outlook

Créer des règles de clas­­ ment auto­­ tique
se­­
ma­­

Les règles per­­
mettent de clas­­ auto­­ ti­­ ment, en fonc­­
ser
ma­­ que­­
tion de cri­­
tères pré­
­
dé­­ nis, les mes­­
fi­­
sages dès leur arri­­ dans votre boîte de récep­­
vée
tion.
Vous pou­­ par exemple, préclasser dans des dos­­ d’action les newsletters
vez
siers
aux­­
quelles vous êtes abonné pour les regrou­­ et les lire au moment de votre
per
choix. Vous pou­­ éga­­ ment préclasser, ou affec­­ un indi­­ teur de suivi
vez
le­­
ter
ca­­
aux mes­­
sages pro­­ nant d’une per­­
ve­­
sonne en par­­ cu­­
ti­­ lier.
288
Tableau 9.4 ■ Créer des règles pour la boîte aux lettres élec­­ nique
tro­­
Menu Outils/Règles et Alertes

Outlook 2007

Menu Outils/Règles et Alertes

Outlook 2010

Onglet Fichier Cliquer sur Infor­­ tions puis Gérer les règles
ma­­
et les alertes.

Créer des mails réuti­­ sables
li­­

Il se peut que vous rédi­­
giez régu­­ re­­
liè­­ ment des mails s’adressant au
même groupe de per­­
sonnes ou conte­­
nant un texte géné­­
rique. Il peut
s’agir de la dif­­ sion d’un rap­­
fu­­
port men­­ ou d’un tableau de bord
suel
ou bien de l’envoi de ren­­ gne­­
sei­­ ments auprès de vos clients. Dans ce
cas, vous gagne­­ du temps en créant des listes de dis­­ bu­­
rez
tri­­ tion et
des modèles de mail.
Une liste de dis­­ bu­­
tri­­ tion (ou groupe de contacts) contient plu­
­
sieurs per­­
sonnes sélec­­ nées par vos soins dans le car­­ d’adresses
tion­­
net
de l’entreprise et/ou dans vos fiches contacts. Pour envoyer un mail
à ce groupe de per­­
sonnes, il suf­­ alors de l’adresser à la liste de dis­
fit
­
tri­­ tion.
bu­­
Tableau 9.5 ■  réer une liste de dis­­ bu­­
C
tri­­ tion ou un groupe

de contacts
Outlook 2003

Menu Fichier/Nou­­
veau/Liste de dis­­ bu­­
tri­­ tion

Outlook 2007

Menu Fichier/Nou­­
veau/Liste de dis­­ bu­­
tri­­ tion

Outlook 2010

Savoir-faire

Savoirs

Outlook 2003

Dans Contacts, acti­­ l’onglet Accueil, dans le groupe Nou­­
ver
veau, cliquer
sur Nou­­
veau groupe de contacts.

289

Savoir-être

Vous pou­­ créer un modèle de mail à par­­ d’un mail exis­­
vez
tir
tant.
Il sera enre­­ tré dans un dos­­ spé­­ fique sur votre disque dur.
gis­­
sier
ci­­
Vous pour­­ ensuite l’utiliser chaque fois que vous en avez besoin,
rez
le complé­­ avec de nou­­
ter
velles infor­­ tions et l’envoyer.
ma­­
9 • Déve­­ per son effi­­ cité
lop­­
ca­­
per­­ nelle
son­­

Gérer le temps et les prio­­ tés
ri­­
Gagner du temps et s’organiser avec les TIC
Gagner du temps et s’organiser avec les 5 S
Gérer l’information

Tableau 9.6 ■ Créer et uti­­ ser des modèles de mails
li­­
Créer un modèle de mail

Uti­­ ser un modèle de mail
li­­

Outlook 2003

Ouvrir le mail qui ser­­
vira de modèle
puis, acti­­ le menu Fichier/Enre­­
ver
gis­­
trer sous. Dans type de fichier,
choi­­ Modèle Outlook, don­­ un
sir
ner
nom puis Enre­­ trer
gis­­

Menu Fichier/Nou­­
veau/Choi­­ un
sir
for­­ laire Dans la liste Regar­­
mu­­
der
dans sélec­­ ner Modèles dans
tion­­
le fichier sys­­
tème

Outlook 2007

Ouvrir le mail qui ser­­
vira de modèle
puis, acti­­ le menu Fichier/Enre­­
ver
gis­­
trer sous. Dans type de fichier,
choi­­ Modèle Outlook, don­­ un
sir
ner
nom puis Enre­­ trer
gis­­

Menu Fichier/Nou­­
veau/Choi­­ un
sir
for­­ laire Dans la liste Regar­­
mu­­
der
dans sélec­­ ner Modèles dans
tion­­
le fichier sys­­
tème

Outlook 2010

Ouvrir le mail qui ser­­
vira de modèle
puis, dans l’onglet Fichier, cliquer
sur Enre­­ trer sous. Dans type
gis­­
de fichier, choi­­ Modèle Outlook,
sir
don­­ un nom puis Enre­­ trer
ner
gis­­

Acti­­ l’onglet Accueil. Dans le
ver
groupe Nou­­
veau, cliquer sur Nou­­
veaux élé­­
ments puis Autres élé­­
ments puis Choi­­ un for­­ laire.
sir
mu­­
Dans Regar­­
der dans, sélec­­ ner
tion­­
Modèle dans le fichier sys­­
tème

Ras­­ bler et catégoriser ses tâches
sem­­
Cen­­ li­­
tra­­ ser la liste de vos tâches

Nous vous conseillons de cen­­ li­­ vos tâches dans le dos­­
tra­­ ser
sier
Tâches d’Outlook quel que soit le moyen par lequel elles vous par­
­
viennent (mail, télé­­
phone, cour­­
rier, entre­­
tien, réunion).
Pour cha­­
cune, sai­­ au mini­­
sir
mum un objet pré­­ et expli­­
cis
cite
et une date d’échéance. Ajou­­ éven­­ le­­
tez
tuel­­ ment un rap­­ qui
pel
s’affichera auto­­ ti­­ ment avant la date butoir.
ma­­ que­­
Trans­­ mer un mail en tâche
for­­

Comme nous l’avons vu pré­­ dem­­
cé­­ ment, un mail peut ini­­ une
tier
action réa­­ sable immé­­ te­­
li­­
dia­­ ment ou non. Si vous déci­­ de repor­­
dez
ter
cette action, nous vous conseillons de l’intégrer dans la liste de vos
tâches. Pour cela, il suf­­ de trans­­ mer votre mail en tâche. Rien
fit
for­­
de plus simple avec Outlook.
290
Tableau 9.7 ■ Trans­­ mer un mail en tâche
for­­
Faire glis­­ le mail avec le bou­­ droit sur Tâches puis sélec­­ ner
ser
ton
tion­­
Dépla­­
cer comme Tâche avec pièce jointe. Expli­­ ter l’objet, attri­­
ci­­
buer une
date d’échéance et éven­­ le­­
tuel­­ ment une caté­­ rie
go­­

Outlook 2007

Faire glis­­ le mail avec le bou­­ droit sur Tâches puis sélec­­ ner
ser
ton
tion­­
Dépla­­
cer comme Tâche avec pièce jointe. Expli­­ ter l’objet, attri­­
ci­­
buer une
date d’échéance et éven­­ le­­
tuel­­ ment une caté­­ rie
go­­

Outlook 2010

Faire glis­­ le mail avec le bou­­ droit sur Tâches puis sélec­­ ner
ser
ton
tion­­
Dépla­­
cer comme Tâche avec pièce jointe. Expli­­ ter l’objet, attri­­
ci­­
buer une
date d’échéance et éven­­ le­­
tuel­­ ment une caté­­ rie
go­­

Savoirs

Outlook 2003

Catégoriser vos tâches

Pour faci­­ ter la ges­­
li­­
tion de vos prio­­ tés, vous pou­­ créer une liste
ri­­
vez
per­­ na­­ sée de caté­­ ries en phase avec vos objec­­ pro­­ sion­
son­­ li­­
go­­
tifs
fes­­ ­
nels. En attri­­
buant une ou plu­­
sieurs caté­­ ries à chaque tâche, vous
go­­
pou­­ les regrou­­ pour mieux les gérer.
vez
per

Attri­­
buer
une caté­­ rie
go­­
à une tâche

Créer une liste
de caté­­ ries
go­­

Affi­­
cher
les tâches
par caté­­ rie
go­­

Menu
Édi­­
tion/Caté­­ ries
go­­
cliquer sur Liste prin­­
ci­­
pale des caté­­ ries
go­­

Cliquer droit sur la
tâche puis sélec­­ ner
tion­­
Caté­­ ries
go­­

Menu
Affi­­
chage/
Réor­­ ni­­
ga­­ ser par/
Caté­­ ries
go­­

Outlook 2007

Menu
Action/Clas­­
ser/Toutes
les caté­­ ries
go­­

Cliquer droit sur la
tâche puis sélec­­ ner
tion­­
Clas­­
ser et attri­­
buer
la caté­­ rie de votre
go­­
choix

Menu
Affi­­
chage/
Réor­­ ni­­
ga­­ ser par/
Caté­­ ries
go­­

Outlook 2010

Acti­­ l’onglet
ver
Accueil. Dans le groupe
Indi­­ teurs cliquer sur
ca­­
Clas­­ puis Toutes les
ser
caté­­ ries
go­­

Cliquer droit sur la
tâche puis sélec­­ ner
tion­­
Clas­­
ser et attri­­
buer
la caté­­ rie de votre
go­­
choix

Acti­­ l’ongle
ver
Affi­­
chage. Dans le
groupe Réor­­ ni­­
ga­­
sa­­
tion cliquer sur
Caté­­ ries
go­­

291

Savoir-être

Outlook 2003

Savoir-faire

Tableau 9.8 ■ Catégoriser vos tâches
9 • Déve­­ per son effi­­ cité
lop­­
ca­­
per­­ nelle
son­­

Gérer le temps et les prio­­ tés
ri­­
Gagner du temps et s’organiser avec les TIC
Gagner du temps et s’organiser avec les 5 S
Gérer l’information

Pla­­ fier et visua­­ ser le temps alloué à chaque rôle
ni­­
li­­
Uti­­ ser l’agenda élec­­ nique pour pla­­ fier vos acti­­ tés
li­­
tro­­
ni­­
vi­­
Pla­­ fier l’année
ni­­

Pla­­ fiez tout ce qui est planifiable à l’avance et dont la durée est
ni­­
d’une demi-­ournée mini­­
j
mum. Blo­­
quez du temps pour les acti­­ ­
vi­
tés à haut ren­­ ment pré­­ sibles. Pla­­ fiez les temps récur­­
de­­
vi­­
ni­­
rents, par
exemple les réunions d’équipe heb­­ ma­­
do­­ daires.
Pla­­ fier la semaine
ni­­

Pla­­ fiez la semaine de manière détaillée :
ni­­
✓✓ les rendez-­ ous avec d’autres per­­
v
sonnes (entre­­
tiens ou réunions) ;
✓✓ les rendez-­ ous avec vous-­ ême (étude d’un dos­­ éla­­ ra­­
v
m
sier, bo­­ tion
d’un bud­­ pré­­ ra­­
get, pa­­ tion d’une réunion) ;
✓✓ le temps de trai­­ ment des mails ;
te­­
✓✓ les temps de dépla­­ ment.
ce­­
Uti­­ ser des cou­­
li­­
leurs pour catégoriser vos rendez-­ ous
v
et réunions

Créez une caté­­ rie par rôle pro­­ sion­­ en choi­­ sant une cou­
go­­
fes­­ nel
sis­­
­
leur dif­­ rente pour chaque caté­­ rie. Catégorisez chaque rendezfé­­
go­­
v
­ ous, réunion ou évé­­ ment. En affi­­
ne­­
chant votre agenda par mois,
vous pour­­ visua­­ ser faci­­ ment, grâce à ce sys­­
rez
li­­
le­­
tème de cou­­
leurs, la
bonne répar­­
tition de vos dif­­ rents rôles.
fé­­

292
Tableau 9.9 ■ Uti­­ ser les cou­­
li­­
leurs dans Outlook
Gérer une liste de caté­­ ries
go­­
pour le calen­­
drier

Attri­­
buer une caté­­ rie à un
go­­
élé­­
ment du calen­­
drier

Cliquer droit sur un rendez-­ ous
v
puis sélec­­ ner Caté­­ ries du
tion­­
go­­
calen­­
drier puis Modi­­
fier les
caté­­ ries
go­­

Cliquer droit sur l’élément puis
sélec­­ ner Catégoriser du
tion­­
calen­­
drier puis choi­­ la caté­­ rie
sir
go­­

Outlook 2007

Menu Action/Clas­­
ser/Toutes les
caté­­ ries
go­­

Cliquer droit sur l’élément puis
sélec­­ ner Clas­­
tion­­
ser

Outlook 2010

Acti­­ l’onglet Accueil. Dans
ver
le groupe Indi­­ teurs cliquer
ca­­
sur Clas­­
ser puis Toutes les
caté­­ ries
go­­

Cliquer droit sur l’élément puis
sélec­­ ner Clas­­
tion­­
ser

Savoirs

Outlook 2003

PRINCIPES CLÉS

Commen­­
çons par quelques
constats

•	 Les 5 S sont issus du monde
indus­­
triel.

cun
ver
­
Les études d’analyse d’activités montrent •	 Cha­­ peut y trou­­ un ensei­
gne­­
ment dans l’organisation de
que nous pas­­
sons en moyenne 20 % du
son poste de tra­­
vail, voire de
temps de tra­­ à recher­­
vail
cher un outil, un
son ordi­­ teur.
na­­
mode opé­­ toire ou une infor­­ tion.
ra­­
ma­­
ca­­
Pour vous en convaincre, nous vous •	 Outre une meilleure effi­­ cité,
ils apportent du confort au quo­
­
conseillons le test sui­­
vant  : simu­­
lez
ti­­
dien.
l’absence d’un sala­­ et demandez à un
rié
de ses col­­
lègues de cher­­
cher un docu­
­
ment, un outil ou une infor­­ tion sur le poste de tra­­
ma­­
vail :
✓✓ si la recherche prend moins de 30 secondes, vous êtes par­­ cu­­ ­
ti­­ liè­
re­­
ment bien orga­­
nisé et vous pou­­ pas­­ au cha­­
vez
ser
pitre sui­­
vant ;
✓✓ si la recherche prend entre 30 secondes et une minute, vous avez
encore des pistes d’amélioration ;
✓✓ si cela prend plus d’une minute, alors ce cha­­
pitre est fait pour
vous.

293

Savoir-être

Qu’est-ce que les « 5 S » ?

Savoir-faire

CC Gagner du temps et s’organiser
avec les 5 S
9 • Déve­­ per son effi­­ cité
lop­­
ca­­
per­­ nelle
son­­

Gérer le temps et les prio­­ tés
ri­­
Gagner du temps et s’organiser avec les TIC
Gagner du temps et s’organiser avec les 5 S
Gérer l’information

En quoi consistent les 5 S

Les 5 S sont plus qu’une métho­­ lo­­ C’est un ensemble de règles
do­­ gie.
de tra­­ en commun per­­ tant de retrou­­ un poste de tra­­
vail
met­­
ver
vail
bien rangé, syno­­
nyme de plus grande effi­­ cité et acces­­
ca­­
sible à tous
en cas d’absence.
C’est la fierté légi­­
time de mon­­ au cours de la visite d’un client
trer
un envi­­ ne­­
ron­­ ment propre, étape essen­­
tielle pour garan­­ la qua­
tir
­
lité du pro­­
duit ou de la pres­­ tion. C’est, en rédui­­
ta­­
sant les pertes de
temps sans valeur ajou­­ la capa­­ d’améliorer les condi­­
tée,
cité
tions de
tra­­ et la pro­­ ti­­ tout en en rédui­­
vail
duc­­ vité
sant le stress.
Les 5 S nous viennent du Japon où ils font par­­ inté­­
tie
grante de la
culture. Ce sont les ini­­
tiales de cinq mots que l’on pour­­ tra­­
rait duire
approxi­­ ti­­ ment par :
ma­­ ve­­
✓✓ Seiri = Débar­­ ser : « Sup­­ mer l’inutile ».
ras­­
pri­­
✓✓ Seiton = Ran­­
ger : « Situer avec ordre et méthode ».
✓✓ Seiso = Net­­
toyer : « Sup­­ mer les sources de salis­­
pri­­
sures ». « Sim­
­
pli­­ le net­­
fier
toyage ».
✓✓ Seiketsu = For­­ li­­
ma­­ ser : « Stan­­ di­­ les pro­­ dures ».
dar­­ ser
cé­­
✓✓ Shitsuke = Déve­­ per : « Suivre pour péren­­ ser et amé­­ rer ».
lop­­
ni­­
lio­­
En met­­
tant en avant la pro­­
preté et une orga­­ sa­­
ni­­ tion sans failles
des postes de tra­­
vail, les 5 S consti­­
tuent un préa­­
lable indis­­ sable à
pen­­
toute démarche qua­­ ou d’amélioration de la pro­­ tion.
lité
duc­­
Bien que repo­­ sur des prin­­
sant
cipes de bon sens, leur mise en œuvre
reste dif­­ cile à péren­­ ser du fait des chan­­ ments d’état d’esprit
fi­­
ni­­
ge­­
qu’ils imposent. D’où la néces­­
saire impli­­ tion de tous les niveaux
ca­­
managériaux de l’entreprise et une volonté affi­­
chée de se débar­­ ser
ras­­
de l’inutile et de l’encombrant, d’ordonner l’indispensable et de gar­
­
der ainsi un envi­­ ne­­
ron­­ ment propre et acces­­
sible à tous.

Pour­­
quoi les 5 S ?
En fai­­
sant la pro­­ tion de l’ordre et de la pro­­
mo­­
preté et en rédui­­
sant
les risques d’erreurs, de recherches inutiles et de gas­­
pillages, les 5 S
294
Savoirs
Savoir-faire

faci­­
litent l’accès à l’outillage et à l’information et créent un envi­­ ­
ron­
ne­­
ment agréable et valo­­ sant.
ri­­
En minimi­­
sant l’énergie néces­­
saire pour atteindre un résul­­ et
tat
en sup­­ mant bon nombre de fac­­
pri­­
teurs d’énervement et de stress, les
5 S sont aussi spec­­ cu­­
ta­­ laires à court terme qu’ils sont effi­­
caces sur
le long terme.
La mise en œuvre des 5 S devient ainsi un incontour­­
nable pour
toutes les entre­­
prises qui sou­­
haitent :
✓✓ A mé­­ rer la sécu­­
lio­­
rité : en sup­­ mant tout ce qui encombre et en
pri­­
cla­­ fiant le poste de tra­­
ri­­
vail.
✓✓ Amé­­ rer l’efficacité : en rédui­­
lio­­
sant les pertes de temps et en ren­
­
dant toutes choses acces­­
sibles.
✓✓ Amé­­ rer la dis­­ ni­­ lité des équi­­ ments  : en rédui­­
lio­­
po­­ bi­­
pe­­
sant les
pannes et les pertes de ren­­ ment.
de­­
✓✓ Réduire le stress  : en rédui­­
sant les causes d’énervements, de
conflits et en ren­­
dant les objec­­ attei­­
tifs
gnables.
✓✓ Amé­­ rer l’image de marque : en valo­­ sant le per­­ nel et en lui
lio­­
ri­­
son­­
ren­­
dant la fierté de son poste de tra­­
vail.
✓✓ Amé­­ rer la qua­­
lio­­
lité : en entre­­ nant son équi­­ ment.
te­­
pe­­
✓✓ Agir en faveur du déve­­ pe­­
lop­­ ment durable avec :
−− moins de pertes de matières pre­­
mières ;
−− moins d’énergie gas­­
pillée ;
li­­
−− moins de m 2 mal uti­­ sés ;
−− moins d’outillages per­­ ou cas­­ pré­­ turé­­
dus
sés ma­­ ment ;
−− moins d’investissements inutiles par une durée de vie des
équi­­ ments pro­­ gée.
pe­­
lon­­

La mise en œuvre des 5 S ne fait pas appel à des compé­­
tences tech­
­
niques par­­ cu­­
ti­­ lières.
C’est une démarche acces­­
sible à tous et appli­­
cable à tous les sec­­
teurs
de l’entreprise, depuis les ate­­ jusqu’aux ser­­
liers
vices admi­­ tra­­
nis­­ tifs.
Les effets en sont immé­­ te­­
dia­­ ment visibles et entraînent pro­­ ­
gres­
si­­ ment des chan­­ ments de compor­­ ment pro­­
ve­­
ge­­
te­­
fonds :
✓✓ plus grande moti­­
vation ;
✓✓ respect natu­­ des règles de fonc­­ ne­­
rel
tion­­ ment ;
295

Savoir-être

Domaines d’application
9 • Déve­­ per son effi­­ cité
lop­­
ca­­
per­­ nelle
son­­

Gérer le temps et les prio­­ tés
ri­­
Gagner du temps et s’organiser avec les TIC
Gagner du temps et s’organiser avec les 5 S
Gérer l’information

✓✓ recherche de l’amélioration conti­­
nue ;
✓✓ plus grande soli­­ rité ;
da­­
✓✓ capa­­ de tra­­ en groupe accrue.
cité
vail
Toute l’entreprise peut se vivre sous la forme des 5 S :
✓✓ les ate­­
liers : des postes de tra­­ aux allées de cir­­ la­­
vail
cu­­ tion ;
✓✓ les bureaux : des armoires de ran­­ ments aux ordi­­ teurs ;
ge­­
na­­
✓✓ l’établissement : de l’entrée prin­­ pale à l’arrière des bâti­­
ci­­
ments ;
✓✓ les murs : de la déco­­ tion aux pan­­
ra­­
neaux d’affichages ;
✓✓ les bases de don­­
nées infor­­ tiques : des pro­­
ma­­
grammes aux fichiers
de don­­
nées.

Comment réus­­ la mise en place des 5 S
sir
Comme nous l’avons vu ci-­ essus la mise en œuvre des 5  S ne
d
demande pas de connais­­
sances par­­ cu­­
ti­­ lières, affaire de bon sens,
elle n’en reste pas moins dif­­ cile à lan­­ et sur­­
fi­­
cer
tout à péren­­ ser.
ni­­
En effet, il s’agit de redon­­ à l’ensemble du per­­ nel le sens
ner
son­­
de l’appropriation de son outil de tra­­
vail, de le res­­ sa­­ li­­ au
pon­­ bi­­ ser
respect des moyens mis à sa dis­­ si­­
po­­ tion et de lui per­­
mettre de re­ é­
d
cou­­ la valeur du bien col­­ tif.
vrir
lec­­
Vaste pro­­ qui s’appuie sur l’exemplarité des mana­­
jet
gers. Com­
ment demander à un ouvrier de ran­­ son poste de tra­­
ger
vail si le
bureau du chef est recou­­ d’une pile de dos­­
vert
siers pous­­ reux ?
sié­­
Force de convic­­
tion, téna­­ et exem­­ rité doivent vous accom­
cité
pla­­
­
pa­­
gner en per­­ nence pour ancrer dans le temps les actions 5 S et
ma­­
en faire une démarche natu­­
relle et un réflexe quo­­ dien.
ti­­
Pour garan­­ sa réus­­
tir
site, la mise en place des 5 S s’effectue de
manière pro­­ sive et non par une révo­­ tion. La mise en place
gres­­
lu­­
comprend 3 phases :
✓✓ la pré­­ ra­­
pa­­ tion  : pour commu­­ quer, expli­­
ni­­
quer et consti­­
tuer le
groupe pro­­
jet ;
✓✓ le chan­­ pilote : pour démon­­ et convaincre de l’utilité ;
tier
trer
✓✓ l’extension pro­­ sive : pour une pleine effi­­ cité.
gres­­
ca­­
296
Figure 9.1 ■ Le pro­­ sus de mise en œuvre des 5 S
ces­­
nnonce du ro et
ar a directio
n
n ormation
ersonne

du
onstitution du grou e ro et
:
omité de i otage
rou e de travai

hoi

du chantier i ote
:
roduction
dministrati

Savoirs

P
R
É
P
A
R
A
T
I
O
N

ormation des grou e
s
de travai

O
E
U
V
R
E
P
I
L
O
T
E

E
X
T
E
N
S
I
O
N

SEITON : Ranger
Situer avec ordre et
méthodes

SEISO : etto e
r
Su rimer es source
s
de sa issures
SEIKETSU : orma ise
r
Standardiser es
rocédures
SHITSUKE : éve o re
Suivre our érennise
r
et amé iore
r

Savoir-faire

E
N

SERI : é arrasser
Su rimer
inuti
e

é oiement rogressi
des chantiers
S

Source : Cegos.

297

Savoir-être

M
I
S
E
9 • Déve­­ per son effi­­ cité
lop­­
ca­­
per­­ nelle
son­­

Gérer le temps et les prio­­ tés
ri­­
Gagner du temps et s’organiser avec les TIC
Gagner du temps et s’organiser avec les 5 S
Gérer l’information

Phase 1 : Pré­­ rer
pa­­

Il s’agit d’expliquer le but et de don­­ un sens au pro­­ 5 S. Il faut
ner
jet
asseoir la légi­­ mité de la démarche : ce n’est ni une nou­­
ti­­
velle mode,
ni la der­­
nière « lubie » du direc­­
teur, ni une énième méthode pour
plus de pro­­ ti­­ avec moins de per­­ nel.
duc­­ vité
son­­
La commu­­ ca­­
ni­­ tion

La commu­­ ca­­
ni­­ tion autour du pro­­ doit insis­­ sur les objec­­ des
jet
ter
tifs
5 S. L’usage de mots fran­­ pour dési­­
çais
gner les phases est pré­­ rable
fé­­
aux mots japo­­
nais. Après avoir informé l’ensemble du per­­ nel, une
son­­
visite d’une entre­­
prise ayant déjà inté­­ une démarche 5 S consti­­
gré
tue
sou­­
vent un fac­­
teur déclen­­
chant pour moti­­ à la démarche.
ver
Le comité de pilo­­
tage

Il est consti­­ en s’appuyant sur des volon­­
tué
taires :
✓✓ chef de pro­­
jet ;
✓✓ opé­­ tion­­ (tech­­ cien, ouvrier ou admi­­ tra­­
ra­­ nel
ni­­
nis­­ tif) ;
✓✓ agent de main­­ nance.
te­­
Le choix du chan­­
tier pilote

Rien ne sert de se lan­­ un chal­­
cer
lenge irréa­­
liste. Commen­­
çons
modeste en choi­­ sant un poste de tra­­
sis­­
vail, une zone limi­­ et facile
tée
mais pos­­ dant un poten­­ d’amélioration qui per­­ tra une excel­
sé­­
tiel
met­­
­
lente démons­­ tion de l’intérêt de la démarche. À cette étape aussi,
tra­­
il convient de faire appel au volon­­ riat.
ta­­
Le groupe de tra­­
vail

Le chan­­ pilote choisi, le groupe de tra­­ est consti­­ avec les
tier
vail
tué
opé­­ tion­­
ra­­ nels du poste, les tech­­ ciens et mana­­
ni­­
gers concer­­
nés. Les
moyens néces­­
saires sont déter­­ nés (outillages, tableau d’affichage,
mi­­
298
Phase 2 : le chan­­
tier pilote

Une série de photos ou de vidéos mon­­
trant le chan­­ pilote avant le
tier
début de l’opération 5 S, immor­­ lise la situa­­
ta­­
tion de départ et per­
­
met­­ de compa­­ l’avant et l’après.
tra
rer

Savoirs

appa­­
reils photo, consignes de sécu­­ zone de ran­­ ment, etc.). Les
rité,
ge­­
rôles sont clai­­ ment défi­­ ainsi que la fré­­
re­­
nis
quence des réunions et le
plan­­
ning de réa­­ sa­­
li­­ tion.
L’application du QQOQCCP (qui, quoi, où ; quand, comment,
combien, pour­­
quoi) est un excellent outil pour défi­­ les res­­ sa­
nir
pon­­ ­
bi­­ tés et les moyens néces­­
li­­
saires.

Notre envi­­ ne­­
ron­­ ment de tra­­
vail est sou­­
vent encom­­ d’objets et
bré
d’informations inutiles. Avant de ran­­ ce qui est indis­­ sable il
ger
pen­­
faut retrou­­ de la clarté.
ver
Pour sup­­ mer tout ce qui nous encombre, commen­­
pri­­
çons par
clas­­ les objets ou les infor­­ tions par ordre d’importance, en
ser
ma­­
fonc­­
tion du taux d’utilisation ou de la rapi­­
dité avec laquelle ils
doivent être dis­­ nibles (cas des élé­­
po­­
ments de sécu­­ comme les
rité
extinc­­
teurs) :
✓✓ les objets cas­­ seront soit réparés soit éli­­ nés ;
sés
mi­­
✓✓ tout ce qui n’est pas uti­­ au moins une fois par mois sera sto­­
lisé
cké
hors du poste de tra­­
vail ;
✓✓ après un an sans uti­­ sation, le rebut devra être envi­­
li­­
sagé.
Dans le cas d’un poste infor­­ tique, une méthode radi­­
ma­­
cale
consiste à sau­­ gar­­ sur un disque externe l’ensemble des infor­
ve­­ der
­
ma­­
tions du disque dur et à ne rapa­­
trier sur ce der­­
nier que les infor­
­
ma­­
tions utiles au fur et à mesure des besoins. Vous consta­­ rez sans
te­­
doute au bout de 6 mois que seul 20 % des infor­­ tions ont retrouvé
ma­­
le che­­
min de votre disque dur.

Savoir-faire

Étape 1 : Débar­­ ser = sup­­ mer l’inutile
ras­­
pri­­

Après sup­­ sion de l’inutile, tout ce qui reste devra trou­­ un
pres­­
ver
ran­­ ment opti­­
ge­­
mum.
299

Savoir-être

Étape 2 : Ran­­
ger = situer avec ordre et méthode
9 • Déve­­ per son effi­­ cité
lop­­
ca­­
per­­ nelle
son­­

Gérer le temps et les prio­­ tés
ri­­
Gagner du temps et s’organiser avec les TIC
Gagner du temps et s’organiser avec les 5 S
Gérer l’information

Le souci per­­
manent d’ordre et de méthode doit répondre à des
règles simples :
✓✓ tous les élé­­
ments doivent se trou­­ rapi­­ ment ;
ver
de­­
✓✓ la mise à dis­­ si­­
po­­ tion doit être facile ;
✓✓ la remise en place est simple et sans ambi­­
guïté.
Les objets sont regrou­­ par familles et ran­­ en fonc­­
pés
gés
tion de la
fré­­
quence d’utilisation. Des codes cou­­
leurs sont uti­­ sés pour faci­­ ­
li­­
li­
ter la remise en place de chaque élé­­
ment et per­­
mettre une détec­­
tion
simple et immé­­
diate de toutes les ano­­ lies (chaque poste étant
ma­­
repéré par une cou­­ tout mélange devient impos­­
leur
sible).
Les portes des armoires de ran­­ ment sont trans­­ cides pour per­
ge­­
lu­­
­
mettre de visua­­ ser immé­­ te­­
li­­
dia­­ ment les erreurs. Les aires de sto­­
ckage
ont leur propre code cou­­
leur. Les zones qui ne doivent jamais être
encom­­
brées font elles aussi l’objet d’une iden­­ fi­­
ti­­ cation par­­ cu­­
ti­­ lière.
À ce stade les résul­­ doivent être visibles :
tats
✓✓ le repé­­
rage visuel doit per­­
mettre de détecter les ano­­ lies ;
ma­­
✓✓ les moyens de ran­­ ments faci­­
ge­­
litent la mise à dis­­ si­­
po­­ tion ;
✓✓ tous les élé­­
ments ont une place déter­­ née ;
mi­­
✓✓ les solu­­
tions misent en œuvre apportent plus d’efficacité et de
sécu­­
rité.
Étape 3 : Net­­
toyer = Sup­­ mer les sources de salis­­
pri­­
sures
et sim­­ fier le net­­
pli­­
toyage

Le net­­
toyage va plus loin que la simple sup­­ sion des salis­­
pres­­
sures. À
ce stade, les points les plus impor­­
tants sont de :
✓✓ sup­­ mer les sources de salis­­
pri­­
sures ;
✓✓ sim­­ fier le net­­
pli­­
toyage rési­­
duel.
Il est bien plus impor­­ de ne pas salir que de perdre du temps à
tant
net­­
toyer. Afin d’obtenir la pro­­
preté à la source, toutes les causes pré­
­
sentes ou poten­­
tielles de salis­­
sure ou de désordre seront iden­­ fiées :
ti­­
✓✓ fuites de toutes natures ;
✓✓ pièces cas­­
sées, capot défec­­
tueux ;
300
✓✓ trace de rouille ;
✓✓ dégra­­ tions diverses ;
da­­
✓✓ bruits, odeurs, vibra­­
tions anor­­
maux.

Pas de péren­­
nité d’une démarche 5  S, sans rigueur et téna­­
cité. Il
faut à terme que la démarche et les résul­­ atten­­ deviennent
tats
dus
des réflexes, une habi­­
tude et un style de vie au tra­­
vail. La mise en
place d’audits 5 S sur la base de grilles pré­­ blies per­­
éta­­
met de main­
­
te­­ l’état d’esprit et de mettre en place une démarche de pro­­
nir
grès
per­­
manent. Les résul­­ des audits seront affi­­
tats
chés et commen­­ et
tés
per­­
mettent de visua­­ ser les pro­­
li­­
grès obte­­
nus.
Le mana­­ ment s’implique en per­­ nence en sui­­
ge­­
ma­­
vant les actions
mises en œuvre, en s’assurant que les moyens sont mis à dis­­ si­­
po­­ tion
et en féli­­ tant pour les pro­­
ci­­
grès réa­­ sés.
li­­

301

Savoir-faire

Étape 5 : Déve­­ per = Suivre pour péren­­ ser et amé­­ rer
lop­­
ni­­
lio­­

Savoir-être

Même si à ce stade les résul­­ sont spec­­ cu­­
tats
ta­­ laires, le plus dif­­ cile
fi­­
reste à faire pour garan­­ le main­­
tir
tien des résul­­ obte­­
tats
nus. Il faut
pour cela :
✓✓ Défi­­ clai­­ ment et affi­­
nir
re­­
cher les res­­ sa­­ li­­ Uti­­ ser à cet
pon­­ bi­­ tés.
li­­
effet un tableau de commu­­ ca­­
ni­­ tion 5 S.
✓✓ Éta­­ des check-­ists défi­­ sant les points de net­­
blir
l
nis­­
toyage et de
contrôle, les modes opé­­ toires et les fré­­
ra­­
quences.
✓✓ Faire du net­­
toyage un moyen de contrôle et de détec­­
tion des
ano­­ lies (les sources de salis­­
ma­­
sures ayant déjà été éra­­ quées à
di­­
l’étape 3).
✓✓ S’appuyer lar­­ ment sur un mana­­ ment « par le visuel » pour
ge­­
ge­­
que cha­­ se sente concerné et res­­
cun
pecte d’autant plus faci­­ ment
le­­
l’organisation mise en place :
−− aide visuelle (photos, des­­
sins, vidéos) au plus près du lieu
concerné ;
−− affi­­
chage des méthodes, des zones et des res­­ sa­­ li­­
pon­­ bi­­ tés ;
−− indi­­ teurs de per­­ mance visibles de loin.
ca­­
for­­

Savoirs

Étape 4 : For­­ li­­
ma­­ ser = Stan­­ di­­
dar­­ ser les pro­­ dures
cé­­
9 • Déve­­ per son effi­­ cité
lop­­
ca­­
per­­ nelle
son­­

Gérer le temps et les prio­­ tés
ri­­
Gagner du temps et s’organiser avec les TIC
Gagner du temps et s’organiser avec les 5 S
Gérer l’information

Phase 3 : L’extension

Pour illus­­ cette phase, il n’y a pas meilleure image que cette cita­
trer
­
tion d’Albert Einstein : « La vie, c’est comme une bicy­­
clette, il faut
avan­­ pour ne pas perdre l’équilibre ».
cer
Autre­­
ment dit les chan­­
tiers 5 S devront s’enchaîner les uns après
les autres, sans jamais se décou­­ ger, avec patience et téna­­
ra­­
cité.

CC Gérer l’information
L’accès à l’information s’est sim­­ fié,
pli­­
mais de l’abondance d’informations
PRINCIPES CLÉS
à la satu­­ tion, la limite est ténue.
ra­­
•	 Trop d’informations est géné­­ ­
ra­
L’information est à la fois un élé­
­
teur de stress.
ment que l’on recherche et qui nous
•	 L’enjeu est dans la capa­­
cité
par­­
vient sans notre sol­­ ci­­ tion, de
li­­ ta­­
à prendre du recul, à gar­­
der
façon désor­­ née, voire intrusive.
don­­
confiance dans ses convictions
L’enjeu réside dans notre capa­
­
et assu­­
mer la part d’erreur
inévi­­
table dans le trai­­ ment de
te­­
cité à nous posi­­ ner face à ce vaste
tion­­
l’information.
espace infor­­ tif pour en conser­­
ma­­
ver
•	 Mul­­ pli­­
ti­­ cité ne rime pas néces­
­
la maî­­
trise. Cela passe par un ques­
­
sai­­ ment avec effi­­ cité et
re­­
ca­­
tion­­ ment sys­­ ma­­
ne­­
té­­ tique sur l’utilité
maî­­
trise de l’information.
de l’information, sa per­­ nence par
ti­­
rap­­
port à nos objec­­
tifs, son uti­­ sation dans nos rela­­
li­­
tions avec les
autres, notre orga­­ sa­­ pour la trai­­ la recher­­
ni­­ tion
ter,
cher et la conser­­
ver.

Prendre le recul néces­­
saire
La plé­­
thore d’information est une oppor­­ nité mais aussi un risque
tu­­
pour le mana­­ Le plus grand risque étant de se trou­­ noyé sous
ger.
ver
une masse de don­­
nées que l’on n’a pas recher­­
chées, et que l’on n’a
pas le sen­­ ment de maî­­ ser, mais qu’il faut néan­­
ti­­
tri­­
moins trai­­
ter.

302
Savoirs

La pos­­
ture de sau­­ garde per­­ nelle consiste ici à se don­­
ve­­
son­­
ner
des temps de réflexion et d’analyse face à cette infor­­ tion et de
ma­­
prendre des moments de recul pour se poser les ques­­
tions du sens
et de la per­­ nence des infor­­ tions dont nous dis­­ sons. La ques­
ti­­
ma­­
po­­
­
tion du sens est à la pre­­
mière à se poser. L’information devient per­
­
ti­­
nente lorsqu’elle fait sens pour mon orga­­ sa­­
ni­­ tion, mon métier ou
mon usage per­­ nel.
son­­
Alors seule­­
ment la ques­­
tion de la ges­­
tion et du trai­­ ment de
te­­
l’information peut se poser  : faut-­l que je la stocke, que je me
i
l’approprie, que je la trans­­
forme et l’enrichisse, que je la retienne,
que je la par­­
tage et si oui à quelles fins et avec qui ?
Enfin, il est utile de pen­­ a priori son sys­­
ser
tème per­­ nel
son­­
d’information, tout en se réser­­
vant la pos­­ bi­­ de le faire évo­­
si­­ lité
luer
en fonc­­
tion de ses chan­­ ments de res­­ sa­­ li­­ postes, pro­­
ge­­
pon­­ bi­­ tés,
jets,
voire de tra­­ toires pro­­ sion­­
jec­­
fes­­ nelles.

Analyse de ses besoins
et objectifs et recherche
de l’information

Traitement, partage de
l’information,
maintenance, veille

Savoir-faire

Figure 9.2 ■ Modèle de pro­­ sus de ges­­
ces­­
tion de l’information

Sélection, tri et
traitement
de l’information

En pre­­
mier lieu, il est impor­­
tant d’identifier le contexte infor­
­
ma­­ nel de son orga­­ sa­­
tion­­
ni­­ tion ou entre­­
prise. Ces ques­­
tions vous

303

Savoir-être

Cer­­ les élé­­
ner
ments de son contexte
9 • Déve­­ per son effi­­ cité
lop­­
ca­­
per­­ nelle
son­­

Gérer le temps et les prio­­ tés
ri­­
Gagner du temps et s’organiser avec les TIC
Gagner du temps et s’organiser avec les 5 S
Gérer l’information

per­­ tront de défi­­ si votre envi­­ ne­­
met­­
nir
ron­­ ment pro­­ sion­­ a
fes­­ nel
déve­­
loppé une méthode pour trai­­ l’information en interne.
ter
✓✓ Mon orga­­ sa­­
ni­­ tion est-­ lle dotée d’une base de par­­
e
tage des infor­
­
ma­­
tions et connais­­
sances ?
✓✓ Est-­ lle dotée d’outils d’accès et de dif­­ sion de l’information :
e
fu­­
Intra­ et, por­­
n
tails spé­­ li­­ par acti­­
cia­­ sés
vité, mes­­ ge­­ interne ?
sa­­ rie
✓✓ Les mana­­
gers sont-­ls équi­­ des outils d’accès à l’information,
i
pés
notam­­
ment à dis­­
tance ?
✓✓ L’accès à l’information est-­l lar­­ ment par­­
i
ge­­
tagé par l’ensemble
des col­­ bo­­ teurs, ou existe-­-il des niveaux d’information par
la­­ ra­­
t
sta­­
tut ?
✓✓ L’entreprise a-­-elle plu­­ une culture orale de dif­­ sion et par­
t
tôt
fu­­
­
tage de l’information ou une culture écrite, voire for­­ li­­ (très
ma­­ sée
sou­­
vent liée à des enga­­ ments qua­­
ge­­
lité) ?
✓✓ L’information est-­ lle véhi­­ lée régu­­ re­­
e
cu­­
liè­­ ment de façon ins­­ ­
ti­
tution­­
nelle via réunions, échanges ou entre­­
tiens ?
✓✓ Quelle est la place du réseau infor­­ d’information dans cette
mel
orga­­ sa­­
ni­­ tion ?
✓✓ L’organisation attend-­ lle du mana­­ qu’il soit tou­­
e
ger
jours à la
pointe des infor­­ tions sur son métier ? A-­-elle orga­­
ma­­
t
nisé cette
infor­­ tion ou laisse-­-elle cha­­ la recher­­
ma­­
t
cun
cher ?
Une fois ce diag­­ tic éta­­ il vous faut faire un point sur votre
nos­­
bli,
propre posi­­ ne­­
tion­­ ment indi­­ duel face à l’information.
vi­­

Se posi­­ ner face à l’information
tion­­
Nous vous pro­­ sons ici d’identifier les infor­­ tions dont vous avez
po­­
ma­­
besoin et les médias pri­­ lé­­ à uti­­ ser pour les recher­­
vi­­ giés
li­­
cher.
✓✓ Éta­­ la typo­­ gie des infor­­ tions :
blir
lo­­
ma­­
−− les infor­­ tions pro­­ sion­­
ma­­
fes­­ nelles recher­­
chées ;
−− les infor­­ tions reçues sans recherche active ;
ma­­

304
Savoirs

−− les infor­­ tions que vous recher­ hez pour accroître vos
ma­­
c
connais­­
sances métier ;
−− les infor­­ tions de veille.
ma­­
✓✓ Iden­­ fier la source de l’information.
ti­­
✓✓ Iden­­ fier le des­­ na­­
ti­­
ti­­ taire de l’information à qui elle est des­­ née et
ti­­
quel est votre rôle dans ce cir­­
cuit.
✓✓ Iden­­ fier le média uti­­ (e-­ ail, web, réseaux, échanges oraux,
ti­­
lisé m
images…).
✓✓ Noter la fré­­
quence moyenne de cette infor­­ tion : quo­­ dienne,
ma­­
ti­­
heb­­ ma­­
do­­ daire, mensuelle…).
Tableau 9.10 ■ Infor­­ tions pro­­ sion­­
ma­­
fes­­ nelles recher­­
chées
Source,
ori­­
gine

Des­­ na­­
ti­­ taire Média

Fré­­
quence

Savoir-faire

Nature : pro­­
fes­­
sion­­
nelles,
réseau, autre
(pré­­ sez)…
ci­­

Tableau 9.11 ■ Infor­­ tions reçues sans recherche active
ma­­
Infor­­ tions
ma­­
reçues sans
recherche
active

Nature : pro­­
fes­­
sion­­
nelle,
réseau, autre
(pré­­ sez)…
ci­­

Source,
Des­­ na­­
ti­­ taire Média
ori­­
gine

305

Fré­­
quence

Savoir-être

Infor­­ tions
ma­­
pro­­ sion­­
fes­­
nelles recher­­
chées
9 • Déve­­ per son effi­­ cité
lop­­
ca­­
per­­ nelle
son­­

Gérer le temps et les prio­­ tés
ri­­
Gagner du temps et s’organiser avec les TIC
Gagner du temps et s’organiser avec les 5 S
Gérer l’information

Tableau 9.12 ■ Infor­­ tions recher­­
ma­­
chées pour accroître mes connais­­
sances
Infor­­ tions
ma­­
pour Accroître
mes connais­­
sances métier

Nature : pro­­
fes­­
sion­­
nelle,
réseau, autre
(pré­­ sez)…
ci­­

Source,
ori­­
gine

Des­­ na­­
ti­­ taire Média

Fré­­
quence

Source,
Des­­ na­­
ti­­ taire Média
ori­­
gine

Fré­­
quence

Tableau 9.13 ■ Infor­­ tions de veille
ma­­
Infor­­ tions
ma­­
de veille

Nature : pro­­
fes­­
sion­­
nelle,
réseau, autre
(pré­­ sez)…
ci­­

Exploi­­ l’information avec per­­ nence
ter
ti­­
Les bonnes ques­­
tions à se poser

Il est impor­­
tant avant tout d’organiser ses infor­­ tions en uti­­ sant
ma­­
li­­
les ques­­
tions sui­­
vantes :
✓✓ Pour­­
quoi ? Dans quelle mesure ces infor­­ tions sont-­ lles utiles
ma­­
e
à mes objec­­ et mes mis­­
tifs
sions ?
✓✓ Quoi ? Quelle nature ou type d’information dois-­e recher­­
j
cher,
quelles sont les sources fiables ?
306
Ensuite, il fau­­ vali­­ sa capa­­ à accé­­ aux infor­­ tions et à
dra
der
cité
der
ma­­
les trai­­ c’est-à-dire à :
ter,
✓✓ Maî­­ ser une connais­­
tri­­
sance mini­­
mum des outils  : moteurs de
recherche, por­­
tails thé­­ tiques, annuaires, réseaux sociaux).
ma­­
✓✓ Dis­­ guer :
tin­­
−− infor­­ tion opé­­ tion­­
ma­­
ra­­ nelle (utile à son métier à court terme) ;
−− élé­­
ments de réflexion (per­­ tant de se pro­­ ter dans l’avenir,
met­­
je­­
d’anticiper les évo­­ tions et chan­­ ments…) ;
lu­­
ge­­
−− élé­­
ments de pros­­ tive (liés à un pro­­ plus glo­­
pec­­
jet
bal).
✓✓ Faire la part entre ce qui néces­­ une recherche per­­ nelle ou
site
son­­
d’une bonne uti­­ sation de bases déjà exis­­
li­­
tantes.
✓✓ Sélec­­ ner et qua­­ fier ses sources d’information (ori­­
tion­­
li­­
gine, fia­­ ­
bi­
lité, actua­­ légitimité…).
lité,
✓✓ Adop­­ un mode de clas­­ ment et s’y tenir (chro­­ lo­­
ter
se­­
no­­ gique,
alpha­­ tique, numé­­
bé­­
rique, thé­­ tique).
ma­­
Les bonnes pra­­
tiques

Savoir-faire

Les compé­­
tences à maî­­ ser
tri­­

Savoirs

✓✓ Pour en faire quoi  ? Dans quelle mesure cette infor­­ tion
ma­­
servira-­-elle mes acti­­ tés ?
t
vi­­
✓✓ Pour qui  ? (Pour mon usage exclu­­ par­­
sif,
tage avec l’interne –
hié­­ chie, col­­
rar­­
lègues, col­­ bo­­ teurs – ou avec l’externe ensemble
la­­ ra­­
des par­­ naires) et avec qui ?
te­­

De manière géné­­
rale, pour son usage per­­ nel on peut adop­­ les
son­­
ter
bonnes pra­­
tiques qui suivent face à l’information.

Pri­­ lé­­
vi­­ gier la sim­­ cité à la complexité. Par exemple Wikipedia
pli­­
n’est pas tou­­
jours par­­ mais pré­­
fait
sente une infor­­ tion struc­­ rée,
ma­­
tu­­
syn­­ tique et simple. Uti­­ sez tout ce qui peut vous per­­
thé­­
li­­
mettre une
veille auto­­ ti­­ Vous pou­­ ainsi créer votre page d’accueil per­
ma­­ sée.
vez
­
son­­ li­­ qui regroupe vos quo­­ diens pré­­
na­­ sée
ti­­
férés, un résumé de vos
pages réseaux sociaux ou pro­­ sion­­
fes­­ nels, vos mails, et autres infor­
­
ma­­
tions que vous aurez sélec­­ nées.
tion­­
307

Savoir-être

Recueillir et trai­­ l’information
ter
9 • Déve­­ per son effi­­ cité
lop­­
ca­­
per­­ nelle
son­­

Gagner du temps et s’organiser avec les TIC
Gagner du temps et s’organiser avec les 5 S
Gérer l’information
Savoir résis­­ au stress
ter

Vous pou­­ éga­­ ment para­­ trer les sujets sur les­­
vez le­­
mé­­
quels vous sou­
­
hai­­ béné­­ cier de veilles per­­ na­­ sées et actua­­ sées. De la même
tez
fi­­
son­­ li­­
li­­
façon, vous avez la pos­­ bi­­ de suivre l’actualité des blogs dont vous
si­­ lité
êtes lec­­
teur par un sys­­
tème d’abonnement via les flux RSS.
Éli­­ ner ou conser­­
mi­­
ver ?

Il est pré­­ rable de faire le tri régu­­ re­­
fé­­
liè­­ ment :
✓✓ heb­­ ma­­
do­­ daire, pour ce qui est du cou­­
rant ;
✓✓ tous les tri­­
mestres pour la remise à jour de ses favo­­ et abon­­ ­
ris
ne­
ments ;
✓✓ annuel­­ ment pour trier et éli­­ ner (une source d’information
le­­
mi­­
jamais uti­­ sée dans l’année par exemple…).
li­­
On conser­­
vera les docu­­
ments légaux, les docu­­
ments confi­­ ­
den­
tiels que l’on est le seul à pos­­ der, les infor­­ tions récur­­
sé­­
ma­­
rentes et
les infor­­ tions concer­­
ma­­
nant les dos­­
siers en cours. On pourra éli­­ ­
mi­
ner ce qui est dis­­ nible ailleurs faci­­ ment, les ver­­
po­­
le­­
sions inter­­ ­
mé­
diaires des docu­­
ments et ce qui est ter­­
miné, en inté­­
grant un temps
de latence en fonc­­
tion des métiers.

CC Savoir résis­­ter au stress
Comprendre ce qu’est le stress
PRINCIPES CLÉS
•	 Le stress est essen­­ à la
tiel
vie. Il nous per­­
met d’agir avec
plai­­ et effi­­ cité quand nous
sir
ca­­
savons le gérer.
•	 Prendre soin de soi au moment
où tout s’accélère dans notre
vie pro­­ sion­­
fes­­
nelle devient une
néces­­
sité.

La réponse d’un orga­­
nisme à une
sti­­ lation
mu­­

Qui ne connaît pas le stress  ? Qui n’a
jamais fait l’expérience de situa­­
tions où
tout lui parais­­ incontrô­­
sait
lable, dif­­ cile
fi­­
ou insur­­ table  ? Nous connais­­
mon­­
sons
tous ces moments qui font par­­ de
tie
notre vie pro­­ sion­­
fes­­ nelle et per­­ nelle.
son­­
308
Savoirs
Savoir-faire

Ce que nous savons moins, c’est comment le stress agit sur nous,
comment le repérer avant qu’il ne soit trop tard et comment faire
une fois qu’il fait par­­ de nous.
tie
Le doc­­
teur Hans Selye fut le pre­­
mier à défi­­ le stress en 1935.
nir
Pour lui, le stress est une réponse non spé­­ fique de l’organisme face
ci­­
à une demande. D’une façon plus glo­­
bale, il s’agit d’une réponse à
une sti­­ lation.
mu­­
Notre corps réagit conti­­ le­­
nuel­­ ment à toutes sortes de sti­­ ­
mu­
lations. Ces sti­­ lations peuvent être :
mu­­
✓✓ Visuelles : je tra­­
vaille dans un bureau dont les murs sont de cou­
­
leurs vives. Je vois en per­­ nence le visage tendu de mes col­­ ­
ma­­
la­
bo­­ teurs ou de mon res­­ sable. Je vois défi­­ des tableaux de
ra­­
pon­­
ler
bord dont les résul­­ sont au-­ essous des objec­­ pré­­ Je vois
tats
d
tifs vus.
le temps qui passe alors que je suis coincé dans des bouchons…
✓✓ Audi­­
tives : mon bureau est situé à côté de la machine à café ou
d’un appa­­ bruyant. Je me répète sans arrêt que j’ai trop de
reil
bou­­ et que je n’y arri­­ rai pas, le télé­­
lot
ve­­
phone sonne constam­
­
ment. On me répète tou­­
jours la même chose. Les membres de
l’équipe n’arrêtent pas de râler,…
✓✓ Kines­­ siques : j’ai froid. J’ai faim. Je suis mal assis. J’ai mal au
thé­­
dos. J’ai mal à la tête. Je me sens mal. Je suis tendu. La ven­­ lation
ti­­
me tombe sur la nuque. Les gens sont agres­­
sifs,…
Ces sti­­ lations agissent sur nous, indé­­ dam­­
mu­­
pen­­
ment de notre
volonté. Notre corps a pour fonc­­
tion de s’y adap­­ Notre cer­­
ter.
veau,
alerté par ces sti­­ lations, sécrète des hor­­
mu­­
mones qui sti­­
mulent notre
orga­­
nisme. Cette sti­­ lation pro­­
mu­­
voque des réac­­
tions phy­­ lo­­
sio­­ giques
en chaîne. L’ensemble de ces réac­­
tions a pour fonc­­
tion de nous pous­
­
ser à l’action ou à la fuite.
Le pro­­ sus du stress se déroule en trois phases.
ces­­
LE PROCESSUS DE STRESS

La phase d’alarme : réac­­
tion de notre orga­­
nisme qui sécrète
des hor­­
mones. Trans­­ sion du sti­­ lus à l’hypothalamus.
mis­­
mu­­
Libé­­ tion de nora­­ na­­
ra­­
dré­­ line et d’adrénaline. L’objectif

309

Savoir-être

Sti­­ lations visuelles, audi­­
mu­­
tives ou kines­­ siques.
thé­­
9 • Déve­­ per son effi­­ cité
lop­­
ca­­
per­­ nelle
son­­

Gagner du temps et s’organiser avec les TIC
Gagner du temps et s’organiser avec les 5 S
Gérer l’information
Savoir résis­­ au stress
ter

est de mettre le corps en ten­­
sion pour pou­­
voir agir.
Accé­­ ra­­
lé­­ tion du rythme car­­
diaque, trans­­ tion, inhi­­ tion
pira­­
bi­­
de la fonc­­
tion res­­ ra­­
pi­­ toire, aug­­
men­­ tion du sucre dans le sang,
ta­­
ten­­
sions mus­­ laires,…
cu­­
Aug­­
men­­ tion de la vigi­­
ta­­
lance : action ou fuite.
La phase de résis­­
tance : réac­­
tion de notre orga­­
nisme à la
sti­­ lation qui se pro­­
mu­­
longe par une nou­­
velle sécré­­
tion hor­­ ­
mo­
nale. L’hypophyse est sti­­ lée et sécrète du cortisol. L’objectif
mu­­
est de nous main­­ nir vigi­­
te­­
lants et de nous per­­
mettre de faire
face.
Apport de sucre dans l’organisme – accé­­ ra­­
lé­­ tion du rythme
car­­
diaque affai­­ se­­
blis­­ ment de la fonc­­
tion immu­­ taire.
ni­­
La phase d’épuisement : contre-­ éaction du corps qui est
r
épuisé parce que la sti­­ lation est trop forte ou trop longue.
mu­­
Si la sti­­ lation stres­­
mu­­
sante se pour­­
suit, elle entraîne
une dérégulation des sys­­
tèmes neu­­ naux et
ro­­
endo­­ niens et l’apparition de patho­­ gies.
cri­­
lo­­

On pour­­ se demander en obser­­
rait
vant ce pro­­ sus pour­­
ces­­
quoi
nous n’agissons pas immé­­ te­­
dia­­ ment, dès la phase d’alerte ou, au
mieux, au moment de la phase de résis­­
tance.
✓✓ La pre­­
mière rai­­ c’est qu’il est dif­­ cile d’arrêter cer­­
son
fi­­
taines sti­­ ­
mu­
lations : elles sont là et sont inhé­­
rentes à l’activité pro­­ sion­­
fes­­ nelle.
✓✓ La seconde c’est que nous éprou­­
vons des dif­­ cultés à être
fi­­
conscient de l’impact de ces sti­­ lations sur nous.
mu­­
✓✓ La troi­­
sième c’est que, très sou­­
vent, nous ne nous per­­ tons pas
met­­
de reconnaître nos limites. Nous conti­­
nuons donc à nous agi­­
ter
et à nous mal­­ ner jusqu’à ce que le corps, épuisé par tant de
me­­
réac­­
tions hor­­ nales, finisse par se faire entendre.
mo­­
310
N’oublions pas que sans aucune sti­­ lation la vie n’est pas spé­­ ­
mu­­
cia­
le­­
ment agréable. Être sti­­
mulé, recher­­
cher des sti­­ lations est non
mu­­
seule­­
ment néces­­
saire, mais vital pour l’équilibre per­­ nel. Hans
son­­
Selye disait, en son temps, que le stress c’est la vie.
Pen­­
sons éga­­ ment à toutes les fois où le stress a été un dopant
le­­
natu­­ qui nous a per­­
rel
mis de nous dépas­­ : c’est le cas lors des
ser 
entre­­
tiens d’embauche mais aussi lorsque nous avons à prendre la
parole pour la pre­­
mière fois. C’est le stress, le bon stress qui mobi­­
lise
l’énergie néces­­
saire pour nous pré­­ rer à faire face à des situa­­
pa­­
tions
aux enjeux forts.
Le bon stress est donc celui qui nous per­­
met :
✓✓ d’être plus per­­ mant ;
for­­
✓✓ d’être satis­­ des résul­­ que nous obte­­
fait
tats
nons ;
✓✓ d’éviter la phase d’épuisement par une bonne régu­­ tion de notre
la­­
éner­­ per­­ nelle.
gie son­­

Savoirs

Le bon stress

311

Savoir-être

Il existe deux sortes de mau­­ stress :
vais
✓✓ Celui qui est lié à une sti­­ lation qui dure trop long­­
mu­­
temps ou
qui se répète trop sou­­
vent : dans ce cas, l’organisme va jusqu’à la
phase d’épuisement. Ce pro­­ sus est décrit dans un para­­
ces­­
graphe
pré­­ dent.
cé­­
✓✓ Celui qui est lié à une sti­­ lation trop intense (évé­­ ments à forte
mu­­
ne­­
charge émo­­ nelle) : dans ce cas, des troubles psy­­
tion­­
chiques appa­
­
raissent très rapi­­ ment : cau­­ mars, angoisses, dépres­­
de­­
che­­
sion,…
Notre façon de réagir à ces mau­­ stress est fon­­ men­­
vais
da­­ tale. Elle
est liée à nos valeurs, nos croyances et nos expé­­
riences. Cer­­
tains
ont une capa­­ très forte pour sur­­ ter les dif­­ cultés et pas­­
cité
mon­­
fi­­
ser
à l’action. Ils peuvent ainsi appor­­ des chan­­ ments réels pour
ter
ge­­
trans­­ mer la situa­­
for­­
tion stres­­
sante. D’autres sont dans l’incapacité
d’agir, de fuir ou de réagir. Ils vivent la sti­­ lation de plein fouet et
mu­­
leur corps et leur men­­ en subissent les consé­­
tal
quences qui peuvent
par­­ être très lourdes.
fois

Savoir-faire

Le mau­­
vais stress
9 • Déve­­ per son effi­­ cité
lop­­
ca­­
per­­ nelle
son­­

Gagner du temps et s’organiser avec les TIC
Gagner du temps et s’organiser avec les 5 S
Gérer l’information
Savoir résis­­ au stress
ter

Le niveau opti­­
mal de stress

Le stress est néces­­
saire. On sait, par exemple, que le niveau de per­­ ­
for­
mance au moment d’une tâche est meilleur lorsqu’il y a une cer­­
taine
dose de stress. Celui-­ i nous per­­
c
met de sti­­ ler la moti­­
mu­­
vation, de
mieux juger les para­­
mètres de la situa­­
tion et de se pré­­ rer en consé­
pa­­
­
quence. Cer­­
taines per­­
sonnes aiment cette exci­­ tion liée au stress et
ta­­
ne peuvent fonc­­ ner que sous pres­­
tion­­
sion. D’autres ne sup­­
portent pas
d’être « bous­­ lées » et sont moins compé­­
cu­­
tentes à ces occa­­
sions.
Nous sommes tous dif­­ rents dans notre ges­­
fé­­
tion du stress et, sur­
­
tout, notre façon de gérer le stress n’est pas tou­­
jours iden­­
tique. Nous
sommes par­­ capables de nous dépas­­ et d’atteindre de grandes
fois
ser
per­­ mances alors qu’à d’autres moments nous en sommes tout à
for­­
fait inca­­
pables.
Il s’agit pour cha­­
cun de nous, de repérer le niveau opti­­
mal de
stress qui lui convient à un moment donné. En des­­
sous de ce niveau,
nous sommes sous-­ timulés et ne don­­
s
nons pas le meilleur de nousm
­ êmes. Au-­ essus de ce niveau, nous sommes sur-­ timulés et ne
d
s
pou­­
vons répondre effi­­ ce­­
ca­­ ment à nos obli­­ tions.
ga­­
Le rôle du mana­­
ger

Les mana­­ doivent être très atten­­ à ce seuil opti­­ aussi bien
gers
tifs
mal
pour eux-­ êmes que pour les membres de l’équipe. Il ne s’agit pas
m
d’être constam­­
ment en alerte mais de :
✓✓ lais­­ aux membres de l’équipe la pos­­ bi­­ de s’exprimer sur
ser
si­­ lité
leur niveau de per­­ mance et sur les condi­­
for­­
tions néces­­
saires pour
atteindre celui-­ i ;
c
✓✓ don­­ des expli­­ tions exhaus­­
ner
ca­­
tives quant aux rai­­
sons de nou­­
veaux
objec­­ et aux moyens dont dis­­
tifs
pose cha­­ pour les atteindre ;
cun
✓✓ per­­
mettre aux col­­ bo­­ teurs de s’organiser en fonc­­
la­­ ra­­
tion de leurs
prio­­ tés et des prio­­ tés de l’équipe ;
ri­­
ri­­
✓✓ féli­­ ter et remer­­ les membres de l’équipe lorsque les objec­­
ci­­
cier
tifs
sont atteints ; les encou­­ ger quand ils sont en dif­­ culté.
ra­­
fi­­
312
Repérer ses sources de stress

Elles sont très sou­­
vent les sources prin­­ pales de stress. Il s’agit de
ci­­
tous les dia­­
logues internes qui agissent comme des contraintes sup­
­
plé­­ taires au niveau de notre compor­­ ment.
men­­
te­­
Par exemple :
✓✓ J’ai du tra­­ et comme je suis per­­ tion­­
vail
fec­­ niste je suis inca­­
pable
de lais­­ pas­­ une seule erreur. Tout doit être lu, relu, contrôlé
ser
ser
et je passe trop de temps à vou­­ maî­­ ser la moindre erreur.
loir
tri­­
J’emporte du tra­­ chez moi. Je ne peux pas res­­ ter les délais
vail
pec­­
et je m’en veux.
✓✓ Je veux faire plai­­ à tout le monde et je suis inca­­
sir
pable de dire
non à une demande, même quand je ne suis pas compétent. Je
me dis que c’est impor­­
tant de faire tout son pos­­
sible pour conser­
­
ver de bonnes rela­­
tions mais je n’arrive plus à four­­ et je n’en
nir
peux plus.
✓✓ Il faut que je montre que je suis capable de tout faire et je ne dois
pas cra­­
quer. Je ne peux pas refu­­ une demande car cela vou­­
ser
drait
dire que j’ai des limites ou que je suis incom­­ tent. J’accepte tout
pé­­
et il m’est impos­­
sible de dire que je n’en peux plus.

Savoir-faire

Les sti­­ lations internes
mu­­

Savoirs

Les sources de stress sont diverses. Elles peuvent être, soit des sti­­ ­
mu­
lations internes, soit des évé­­ ments par­­ cu­­
ne­­
ti­­ liers qui inter­­
viennent
dans notre vie pro­­ sion­­
fes­­ nelle ou per­­ nelle, soit encore des atti­
son­­
­
tudes qui ont des consé­­
quences sur notre hygiène de vie.

L’échelle de stress de Holmes et Rahe

313

Savoir-être

Elle a été réa­­ sée aux USA en 1967. Elle attri­­ un cer­­
li­­
bue
tain nombre
de points à des sti­­ lations qui sont des évé­­ ments issus de la vie
mu­­
ne­­
pro­­ sion­­
fes­­ nelle ou per­­ nelle. Lorsque, au cours d’une année, le
son­­
nombre de points cumu­­ est égal ou supé­­
lés
rieur à 200, nous sommes
sus­­ tibles de tom­­ malades.
cep­­
ber
9 • Déve­­ per son effi­­ cité
lop­­
ca­­
per­­ nelle
son­­

Gagner du temps et s’organiser avec les TIC
Gagner du temps et s’organiser avec les 5 S
Gérer l’information
Savoir résis­­ au stress
ter

Tableau 9.14 ■  chelle de stress de Homes et Rahe
É
Mort du conjoint

100

Divorce

73

Sépa­­ tion des époux
ra­­

65

Période de pri­­
son

63

Mort d’un parent proche

63

Bles­­
sure cor­­ relle ou mala­­
po­­
die

53

Mariage

50

Licen­­ ment
cie­­

47

Réconci­­ tion entre époux
lia­­

45

Prendre sa retraite

45

Chan­­ ment dans la santé d’un membre de la famille
ge­­

44

Gros­­
sesse

40

Dif­­ cultés sexuelles
fi­­

39

Arri­­
vée de quelqu’un dans la famille

39

Chan­­ ments quel­­
ge­­
conques dans l’univers du tra­­
vail

39

Chan­­ ment au niveau finan­­
ge­­
cier

38

Mort d’un ami proche

37

Chan­­ ment de fonc­­
ge­­
tion pro­­ sion­­
fes­­
nelle

36

Modi­­ ca­­
fi­­ tion du nombre des scènes de ménage

35

Hypo­­
thèque ou prêt impor­­
tant

31

Sai­­ sur hypo­­
sie
thèque ou sur prêt

30

Chan­­ ment de res­­ sa­­ lité dans le tra­­
ge­­
pon­­ bi­­
vail

29

Un fils, une fille quitte le foyer

29

Dif­­ cultés avec les beaux-­ arents
fi­­
p

29

Suc­­
cès excep­­ nel
tion­­

28

Femme commence ou cesse de tra­­
vailler

26

Commen­­ ou ter­­ ner des études
cer
mi­­

26

Chan­­ ment dans les condi­­
ge­­
tions de vie

25

☞

314
24

Dif­­ cultés avec le patron
fi­­

23

Chan­­ ment d’horaires ou de condi­­
ge­­
tions de tra­­
vail

20

Chan­­ ment de rési­­
ge­­
dence

20

Chan­­ ment de lieu d’études
ge­­

20

Chan­­ ment dans les loi­­
ge­­
sirs

19

Chan­­ ment dans les acti­­ tés reli­­
ge­­
vi­­
gieuses

19

Chan­­ ment dans les acti­­ tés sociales
ge­­
vi­­

18

Hypo­­
thèque ou prêt peu impor­­
tant

17

Chan­­ ment dans les habi­­
ge­­
tudes de som­­
meil

16

Chan­­ ment du nombre des réunions de famille
ge­­

15

Chan­­ ment dans les habi­­
ge­­
tudes ali­­
men­­
taires

15

Vacances

13

Noël

12

Contra­­ tions
ven­­

11

Savoirs

ge­­
☞ Chan­­ ment d’habitudes

315

Savoir-être

Il s’agit de toutes les atti­­
tudes per­­ nelles liées à l’équilibre de notre
son­­
corps et qui nous per­­
mettent de réguler et d’entretenir notre éner­­
gie.
Quand nous ne res­­ tons pas une bonne hygiène de vie, le corps se
pec­­
trouve en défaillance, il est plus fra­­ pour réagir au stress.
gile
Les défaillances prin­­ pales sont liées aux dés­­ libres ali­­ ­
ci­­
équi­­
men­
taires, au manque de som­­
meil et au manque d’activité phy­­
sique.
✓✓ Les dés­­
équi­­
libres ali­­ taires : ils se pro­­
men­­
duisent quand nous
pre­­
nons l’habitude de man­­ «  sur le pouce  », de sau­­ des
ger
ter
repas, mais éga­­ ment quand nous sommes dans l’excès ali­­ ­
le­­
men­
taire : trop de sucre, de sel, de pro­­
téines, de graisse, de caféine,
d’alcool…
✓✓ Les troubles du som­­
meil : il s’agit avant tout d’un manque de
som­­
meil lié à un cou­­
cher trop tar­­ ou à des insom­­
dif
nies. Dans ce
cas la récu­­ ra­­
pé­­ tion phy­­
sique complète ne peut avoir lieu.
✓✓ Le manque d’activité phy­­
sique  : en sup­­ mant toute acti­
pri­­
­
vité phy­­
sique, nous le ren­­
dons moins apte à réagir pen­­
dant les
périodes de stress.

Savoir-faire

Une mau­­
vaise hygiène de vie
9 • Déve­­ per son effi­­ cité
lop­­
ca­­
per­­ nelle
son­­

Gagner du temps et s’organiser avec les TIC
Gagner du temps et s’organiser avec les 5 S
Gérer l’information
Savoir résis­­ au stress
ter

Connaître ses façons de réagir au stress
Il est pos­­
sible de réagir de façon effi­­
cace au stress. Dans ce cas, nous
adop­­
tons des atti­­
tudes qui ont pour fonc­­
tion de nous per­­
mettre de
prendre du recul et de nous aider à gérer la situa­­
tion.
Exemples d’attitudes effi­­
caces face à une situa­­
tion stres­­
sante :
✓✓ prendre le temps pour s’isoler et réflé­­
chir tran­­
quille­­
ment à la
situa­­
tion ;
✓✓ en par­­ à des amis ou des col­­
ler
lègues qui peuvent aider à prendre
du recul ;
✓✓ ima­­ ner plu­­
gi­­
sieurs scé­­ rios pos­­
na­­
sibles pour sor­­ de ses dif­­ ­
tir
fi­
cultés ;
✓✓ agir et orga­­ ser un plan d’actions.
ni­­
Le plus sou­­
vent, nous n’arrivons pas à gérer la ou les situa­­
tions
stres­­
santes et nous adop­­
tons des atti­­
tudes inef­­ caces qui aug­­
fi­­
mentent
notre stress.
Les atti­­
tudes inef­­ caces et les parades effi­­
fi­­
caces

Il existe cinq atti­­
tudes inef­­ caces que nous uti­­ sons face à une situa­
fi­­
li­­
­
tion stres­­
sante. Pour cha­­
cune d’elles, nous en ver­­
rons les parades
effi­­
caces.
Ne rien faire et remettre à plus tard

C’est le compor­­ ment le plus connu de la pas­­ vité. C’est éga­­ ment
te­­
si­­
le­­
le moins dan­­ reux. Elle est en situa­­
ge­­
tion d’attente sans se don­­ les
ner
véri­­
tables moyens de trou­­ de l’énergie ou des idées. La dif­­ culté
ver
fi­­
est rare­­
ment expri­­
mée. Lorsqu’elle l’est, tout paraît impos­­
sible ou
trop dif­­ cile à sur­­ ter : « de toute façon, on ne peut rien faire »,
fi­­
mon­­
« Ca ne sert à rien », « Je vais essayer » « Je ne suis pas cer­­
tain que ce
soit pos­­
sible »,…
Parades effi­­
caces  : Repérer quel est son pou­­
voir réel dans la
situa­­
tion. Retrou­­ et expri­­
ver
mer ses désirs et ses besoins. Se faire
aider pour envi­­ ger dif­­ rents choix.
sa­­
fé­­
316
Cette atti­­
tude a pour consé­­
quence directe de mul­­ plier les sources
ti­­
de stress. La per­­
sonne qui est dans la sur-­ daptation inves­­ son
a
tit
temps et son éner­­ dans ce qu’elle pense être la demande d’autrui.
gie
Elle n’éprouve aucune satis­­
faction per­­ nelle et attend des
son­­
signes de reconnais­­
sance des autres. Elle pense que ses dif­­ cultés
fi­­
viennent d’un manque de consi­­ ra­­
dé­­ tion. Elle est très vite débordée
et inef­­ cace. Se sen­­
fi­­
tant sol­­ ci­­ par tous, elle tra­­
li­­ tée
vaille plus tard et
réa­­ des tâches qui ne lui ont pas été deman­­
lise
dées.
Parades effi­­
caces : Comprendre que c’est son atti­­
tude per­­ nelle
son­­
qui aug­­
mente la dif­­ culté. Poser des ques­­
fi­­
tions pré­­
cises pour connaître
la demande ; se limi­­ à cette demande. Faire le point clai­­ ment sur
ter
re­­
la nature des rela­­
tions et les besoins de signes de reconnais­­
sance.

Savoirs

Se sur-­ dapter, agir en fonc­­
a
tion des autres

Dans cette atti­­
tude, la per­­
sonne stres­­ mani­­
sée
feste des compor­­ ­
te­
ments d’agitation. Elle parle avec un débit fort et pré­­ pité. Elle peut
ci­­
bégayer. Elle marche de long en large sans déve­­ per une acti­­
lop­­
vité
orien­­ vers un but. Elle passe d’une acti­­ à l’autre sans rien ter­
tée
vité
­
mi­­ Cette agi­­ tion peut être inté­­ ri­­ et se mani­­ ter sim­­ ­
ner.
ta­­
rio­­ sée
fes­­
ple­
ment par quelques mou­­ ments.
ve­­
Parades effi­­
caces : Dire « stop » et se don­­ un espace de liberté
ner
pour évi­­ l’escalade. Prendre le temps de se retrou­­ au calme
ter
ver
pour déve­­ per sa créa­­ vité et trou­­ des solu­­
lop­­
ti­­
ver
tions.

Savoir-faire

S’agiter et se sur­­ ner
me­­

Cette atti­­
tude est consti­­
tuée d’une série de compor­­ ments actifs,
te­­
détour­­ de leurs véri­­
nés
tables objec­­ La per­­
tifs.
sonne uti­­ des souslise
e
­ ntendus et s’exprime d’une façon mas­­
quée : « on m’a dit que », « ne
pensez-­ ous pas ». Les demandes qu’elle exprime sont floues, voire
v
non expri­­
mées. Dans un pre­­
mier temps, cette atti­­
tude peut paraître
effi­­
cace puisque celui qui mani­­
pule dimi­­ son stress en le fai­­
nue
sant
sup­­ ter par une tierce per­­
por­­
sonne. Dans un second temps, des dif­
­
fi­­
cultés rela­­ nelles sur­­
tion­­
gissent avec la per­­
sonne mani­­ lée et ainsi
pu­­
une nou­­
velle source de stress appa­­
raît.
317

Savoir-être

Mani­­ ler
pu­­
9 • Déve­­ per son effi­­ cité
lop­­
ca­­
per­­ nelle
son­­

Gagner du temps et s’organiser avec les TIC
Gagner du temps et s’organiser avec les 5 S
Gérer l’information
Savoir résis­­ au stress
ter

Parades effi­­
caces : expri­­
mer clai­­ ment ce que l’on veut. Par­­
re­­
ler
à la pre­­
mière per­­
sonne du sin­­ lier. Reconnaître sa puis­­
gu­­
sance et ses
véri­­
tables limites et agir à décou­­
vert.
Être violent contre les autres

C’est un des modes de réac­­
tion les plus dif­­ ciles à sup­­ ter. La per­
fi­­
por­­
­
sonne dans cette atti­­
tude n’a pas conscience de dépas­­ les limites
ser
et de ne plus res­­ ter son envi­­ ne­­
pec­­
ron­­ ment. Elle se met en colère
très faci­­ ment et agresse les autres. Tout est source de conflits et de
le­­
ten­­
sions.
Parades effi­­
caces  : Prendre conscience que les réac­­
tions des
membres de l’équipe sont liées au compor­­ ment violent. Uti­­ ser
te­­
li­­
toute tech­­
nique qui per­­ de se détendre et de res­­
met
pirer plus cal­­ ­
me­
ment. Res­­ ter autrui.
pec­­
Être violent contre soi

C’est l’attitude la plus grave en termes de consé­­
quences phy­­
siques
et psy­­ lo­­
cho­­ giques. Elle inter­­
vient après une durée pro­­ gée au
lon­­
contact de situa­­
tions stres­­
santes. Au pre­­
mier degré, cette atti­­
tude
se tra­­
duit par des compor­­ ments gênants  : se ron­­ les ongles,
te­­
ger
man­­ moins, fumer plus,… Au second degré, elle se tra­­
ger
duit par
des réac­­
tions plus intenses  : migraine, lum­­
bago, insom­­
nie,… Au
troi­­
sième degré, elle signale que la per­­
sonne est entrée dans la phase
d’épuisement. Celle-­ i peut se tra­­
c
duire par des patho­­ gies lourdes :
lo­­
ulcère à l’estomac, infarc­­ du myo­­
tus
carde, burn out, sui­­
cide,…
Parades effi­­
caces : Agir rapi­­ ment dès le pre­­
de­­
mier degré. Accep­
­
ter de se faire aider, s’exprimer dans un milieu de confiance, se
mettre en action pour modi­­ son atti­­
fier
tude ou faire évo­­ la situa­
luer
­
tion stres­­
sante. Res­­ ter son corps et se res­­ ter.
pec­­
pec­­

318
1.	 Faire un bilan de son niveau de stress :
−− Uti­­ ser l’échelle de Holmes et Rahe et cal­­ ler votre score
li­­
cu­­
actuel.
−− Repérer les sti­­ lations internes que vous pro­­ sez et qui
mu­­
dui­­
aug­­
mentent le stress : vou­­ être par­­
loir
fait, vou­­ faire plai­­
loir
sir
à tout le monde, tenir le coup à tout prix…
2.	 Iden­­ fier si vous êtes actuel­­ ment dans une atti­­
ti­­
le­­
tude inef­­ cace.
fi­­
Si oui, laquelle ? Quelles parades pouvez-­ ous uti­­ ser ?
v
li­­

Savoirs

Quatre conseils pour mieux gérer son stress

3.	 Faire un bilan de son hygiène de vie  : ali­­ ta­­
men­­ tion, som­­
meil,
acti­­ phy­­
vité
sique.

319

Savoir-être

Ges­­
tion du temps et stress inter­ gissent. Bien gérer son
a
temps, uti­­ ser au mieux l’outil infor­­ tique et les méthodes
li­­
ma­­
pour opti­­ ser son espace de tra­­
mi­­
vail per­­
met d’être plus
serein. En contre­­ tie, une bonne maî­­
par­­
trise du stress
est une condi­­
tion de l’efficacité et du bien-être.

Savoir-faire

4.	 Mettre en place des actions ou de nou­­
veaux compor­­ ments.
te­­
−− Uti­­ sez au moins deux idées qui vous sont pro­­ sées dans le
li­­
po­­
cha­­
pitre.
−− Souvenez-­ ous que l’expression des émo­­
v
tions per­­
met d’être
moins stressé.
Savoirs

Chapitre 10

Les ques­­
tions aux­­
quelles répond ce cha­­
pitre
◆◆ Comment gérer son trac ?
◆◆ Comment réus­­ ses prises de parole ?
sir
◆◆ Comment atteindre son objec­­ dans la commu­­ ca­­
tif
ni­­ tion orale

Savoir-faire

Réus­­ sa commu­­ ca­­
sir
ni­­ tion
orale et écrite

et écrite ?

321

Savoir-être

◆◆ Quelles sont les règles spé­­ fiques de la commu­­ ca­­
ci­­
ni­­ tion écrite ?
10 • Réus­­ sa commu­­ ca­­
sir
ni­­ tion
orale et écrite

Prendre la parole en public
Commu­­ quer effi­­ ce­­
ni­­
ca­­ ment à l’écrit

CC Prendre la parole en public
Appri­­ ser le trac
voi­­
PRINCIPE CLÉ

Le trac est la dif­­ culté prin­­ pale à laquelle
fi­­
ci­­
on doit faire face lorsque l’on prend
Bien gérer son trac et bien pré­­ ­
pa­
rer son inter­­ tion sont les deux
ven­­
la parole en public. Per­­
sonne n’y échappe
condi­­
tions d’une prise de parole
y compris les plus grands comé­­
diens.
réus­­
sie.
Prendre la parole en public confronte
à l’épreuve de l’incertitude. Face à l’incertitude, nous adop­­
tons
une réponse de défense et de sau­­ garde.
ve­­
Il est nor­­
mal, voire béné­­
fique d’avoir le trac

Il est nor­­ d’avoir le trac à l’idée de prendre la parole en réunion.
mal
­
Cette peur fait par­­ des peurs les plus cou­­
tie
rantes1. 55 % de la popu­
la­­ fran­­
tion
çaise appré­­
hendent de prendre la parole devant un groupe,
et près d’une per­­
sonne sur trois y renonce.
Il est même néces­­
saire d’avoir le trac. Selon l’anecdote attri­­
buée
à l’actrice Sarah Bernhardt, il serait la marque et la condi­­
tion du
talent : « Le trac vien­­ avec le talent ». Il nous per­­
dra
met de don­­
ner
le meilleur de nous-­ êmes. Il nous fait trou­­ au fond de nous les
m
ver
res­­
sources néces­­
saires pour faire face à l’épreuve.
Ces peurs tiennent à la fois à des causes exté­­
rieures à l’orateur :
✓✓ Le public  : il peut être connu ou inconnu, nom­­
breux ou peu
nom­­
breux, consti­­ de res­­ sables ou de pairs, de col­­ bo­­ ­
tué
pon­­
la­­ ra­
teurs ou de clients.
✓✓ Le sujet : le niveau de pré­­ ra­­
pa­­ tion, de compé­­
tence, d’expertise,
de tech­­ cité, la maî­­
ni­­
trise de l’orateur, l’intérêt qu’il lui porte.
✓✓ Le lieu : il peut être connu ou inconnu, vaste ou étroit.
Et à des causes propres à l’orateur :
✓✓ La peur du regard de l’autre sur soi.
1.	 Lelord François et André Christophe, L’estime de soi, Édi­­
tions Odile Jacob.

322
✓✓ La peur de ne pas être à la hau­­
teur, de ne pas être par­­
fait.
✓✓ La peur de se sen­­ incom­­ tent, ou humi­­ la peur de ne pas
tir
pé­­
lié.
être reconnu ou de se sen­­ sans impor­­
tir
tance, la peur d’être rejeté
ou de ne pas être aimé.

L’entraînement et l’habitude sont les meilleurs moyens pour faire
bais­­ le trac. Sai­­ sez donc toutes les occa­­
ser
sis­­
sions de prendre la parole
et de vous entraî­­ Il y en a de nom­­
ner.
breuses, y compris dans la vie
pri­­ (asso­­ tions, assem­­
vée
cia­­
blées de copro­­ taires, etc.).
prié­­
Les conseils ci-­ essous vous per­­ tront de contrô­­ votre trac
d
met­­
ler
avant l’intervention, au début de celle-­ i et tout au long.
c

Savoirs

Comment le conte­­ dans des limites sup­­ tables
nir
por­­

323

Savoir-être

✓✓ Soyez «  fin prêt  ». Il ne suf­­ pas de bien connaître un sujet
fit
pour bien savoir l’exposer. Pré­­ rez votre inter­­ tion long­­
pa­­
ven­­
temps
à l’avance. Anti­­ pez les éven­­
ci­­
tuelles ques­­
tions ou objec­­
tions. Si
l’importance de l’enjeu le jus­­ fie, répé­­ votre inter­­ tion avec
ti­­
tez
ven­­
un proche.
✓✓ Arri­­ dans une salle connue à l’avance. Si vous connais­­
vez
sez
bien les lieux, vous rédui­­ la marge d’inconnu et vous vous sen­
rez
­
ti­­ davan­­
rez
tage en sécu­­
rité.
✓✓ Rela­­ vi­­ l’enjeu de la situa­­ . Bien sou­­
ti­­ sez
tion
vent, on aug­­
mente
son trac en exa­­ rant l’importance de l’enjeu. Pour reve­­ à la
gé­­
nir
réa­­
lité, une bonne ques­­
tion à se poser  est  : «  qu’est-ce que je
risque de pire si je ne réus­­ pas ? »
sis
✓✓ Mettez-­ ous la barre moins haut. Faites preuve d’indulgence
v
vis-­ -vis de vous-­ ême : accordez-­ ous le droit de vous trom­­
à
m
v
per
et de ne pas être par­­
fait. Il est illu­­
soire de vou­­ tout savoir et
loir
de cher­­
cher à avoir réponse à tout. Quand on se met la barre trop
haut, il est dif­­ cile d’être à la hau­­
fi­­
teur de ses propres attentes.
✓✓ Faites taire les petites voix néga­­
tives. N’écoutez pas les petites
voix qui vous disent « je ne vais pas y arri­­
ver », « je vais me ridi­
­
cu­­ ser ».
li­­

Savoir-faire

Réduire le trac avant l’intervention
10 • Réus­­ sa commu­­ ca­­
sir
ni­­ tion
orale et écrite

Prendre la parole en public
Commu­­ quer effi­­ ce­­
ni­­
ca­­ ment à l’écrit

✓✓ Pra­­ quer la relaxa­­ , quelques jours avant peut vous aider à
ti­­
tion
arri­­ plus détendu lors d’une pré­­ ta­­
ver
sen­­ tion en public.
✓✓ Soi­­
gnez votre appa­­
rence, mais por­­ des vête­­
tez
ments confor­
­
tables pour vous sen­­ à l’aise.
tir
✓✓ Pos­­ lez la bien­­
tu­­
veillance de l’auditoire à votre égard (on
obtient des autres ce que l’on sus­­ chez eux).
cite
✓✓ Res­­
pirez. Bien res­­
pirer est indis­­ sable pour avoir une voix qui
pen­­
porte, et cela per­­ aussi de faire bais­­ son trac. Trois res­­ ra­
met
ser
pi­­ ­
tions pro­­
fondes per­­
mettent de retrou­­ son calme. Si vous avez
ver
la bouche sèche, uti­­ sez le truc des comé­­
li­­
diens : se mordre le bout
de la langue per­­ de remé­­ à ce petit pro­­
met
dier
blème.
✓✓ Enfin, rappelez-­ ous que très sou­­
v
vent le trac ne se remarque
pas.
Se cal­­
mer juste avant de commen­­
cer l’intervention

✓✓ Ne commen­­ pas à par­­ immé­­ te­­
cez
ler
dia­­ ment. Pre­­ le temps de
nez
vous poser. Sou­­ et res­­
riez
pirez len­­ ment.
te­­
✓✓ Créez et main­­ nez le contact avec l’auditoire. L’auditoire réserve
te­­
son écoute à celui qui lui des­­
tine toute son atten­­
tion et sa pré­
­
sence. Nous nous inté­­ sons à l’autre quand l’autre s’intéresse
res­­
aussi à nous. Regar­­ l’auditoire oblige à se décen­­ de soider
trer
m
­ ême ; pour mieux se cen­­ sur l’autre.
trer
✓✓ Déplacez-­ ous len­­ ment. Gar­­
v
te­­
dez le dos droit. Conser­­ les
vez
pieds bien ancrés au sol.
Contrô­­ le stress durant la pré­­ ta­­
ler
sen­­ tion

✓✓ Rappelez-­ ous que vous connais­­ mieux votre sujet que votre
v
sez
audi­­
toire, parce que vous avez pré­­
paré votre inter­­ tion !
ven­­
✓✓ Res­­ calme si vous commet­­ une erreur  : ter­­ nez votre
tez
tez
mi­­
phrase et rec­­ fiez ce que vous avez dit.
ti­­

324
Pré­­ rer l’intervention avec méthode
pa­­
Ana­­ ser le contexte de l’intervention
ly­­

Pour construire un bon exposé et cla­­ fier le contexte de son inter­
ri­­
­
ven­­
tion, il faut se poser quatre séries de ques­­
tions.
Ces ques­­
tions concernent :
✓✓ l’auditoire,
✓✓ le contexte,
✓✓ le sujet,
✓✓ l’orateur.
Ces 4 points sont liés par 6 rela­­
tions qui sont autant de sujets de
réflexion à explo­­
rer.
Figure 10.1 ■ Ana­­ ser le contexte de l’intervention
ly­­
Connaissance – Compétences – Motivation

Statuts
Enjeux
Risques
Gains

CONTEXTE

Pertinence

Actualité

Images

Attentes

SUJET

Intérêt
Connaissances
Culture
Vocabulaire

PUBLIC

325

Savoir-être

ORATEUR

Savoir-faire

Savoirs

✓✓ N’interprétez pas le moindre bruit ou mou­­ ment de l’auditoire
ve­­
comme un signe d’hostilité ou de désin­­ rêt. Ne prê­­ pas aux
té­­
tez
autres des inten­­
tions ou des opi­­
nions non expri­­
mées.
✓✓ Ne fuyez pas les cri­­
tiques, appre­­ à les rece­­
nez
voir et à en tirer
pro­­ pour ajus­­ votre compor­­ ment.
fit
ter
te­­
10 • Réus­­ sa commu­­ ca­­
sir
ni­­ tion
orale et écrite

Prendre la parole en public
Commu­­ quer effi­­ ce­­
ni­­
ca­­ ment à l’écrit

✓✓ L’orateur :
−− Que sais-­e sur le sujet ?
j
−− Quel est mon inté­­
rêt ?
−− Quels sont les risques ?
✓✓ Le sujet :
−− Quel est l’intérêt du sujet pour cet audi­­
toire en par­­ cu­­
ti­­ lier ?
−− Qu’est-ce qui peut rendre inté­­ sant ce sujet pour l’audi­
res­­
toire ?
−− Ce sujet est-­l d’actualité pour l’auditoire ?
i
✓✓ L’auditoire :
−− Qui est-­l ?
i
−− Quelles peuvent être ses attentes ?
−− Comment peut-­l me per­­ voir ?
i
ce­­
−− Que sait-­l du sujet ?
i
✓✓ Le contexte :
−− Quel est le contexte de mon inter­­ tion ?
ven­­
−− Quelle est l’actualité de l’entreprise, du ser­­
vice, du mar­­
ché ?
−− Le contexte est-­l favo­­
i
rable à mon inter­­ tion ?
ven­­
−− Le contexte rend-­l mon inter­­ tion d’actualité ?
i
ven­­
Cla­­ fier objec­­ et thème
ri­­
tif

Sou­­
vent, nous confon­­
dons le sujet et l’objectif de notre pré­­ ta­
sen­­ ­
tion. Or, un même sujet peut être abordé de dif­­ rentes manières.
fé­­
Notre objec­­ est ce à quoi nous vou­­
tif
lons par­­ nir à la fin de
ve­­
l’intervention :
✓✓ ce que l’auditoire doit rete­­
nir :
✓✓ ce qu’il doit faire :
✓✓ ce qu’il doit pen­­
ser.
Il ne faut donc pas se foca­­ ser sur ce que nous savons sur le sujet
li­­
et avons envie d’en dire, mais bien sur l’objectif.

326
Exemple d’annonce du plan
« Bon­­
jour, je suis X de…
Je vais vous par­­ de…
ler
En votre qua­­ de… vous êtes plus par­­ cu­­ re­­
lité
ti­­ liè­­ ment concerné.
Mon objec­­ au cours de cet exposé de XX minutes, c’est de vous
tif
démon­­
trer que…
Pour cela, je vous par­­ rai dans un pre­­
le­­
mier temps de…, puis de… »

Savoir-faire

Cette réflexion vous per­­ tra de réus­­ votre entrée en matière en
met­­
sir
res­­
tant court, clair, concret.
✓✓ Pour­­
quoi moi ? Il s’agit de mettre en valeur votre légi­­ mité
ti­­
d’orateur. Il faut donc se situer, même si on pense que tout le
monde sait qui on est et pour­­
quoi on est là. Pour­­
quoi je vous
parle de ce sujet ? (ce que je sais, ce que j’ai vécu, testé, ce que je
connais, ce dont j’ai envie, ce qui me pas­­
sionne). Il faut mettre
en valeur son impli­­ tion et sa connais­­
ca­­
sance.
✓✓ Pour­­
quoi ce sujet ? L’objectif est de mettre en valeur l’intérêt du
sujet : actua­­ per­­ nence, inté­­ et impor­­
lité,
ti­­
rêt
tance.
✓✓ Pour­­
quoi vous ? Il s’agit de mon­­ à l’auditoire en quoi le sujet
trer
le concerne et l’intéresse.
✓✓ Pour­­
quoi aujourd’hui ? En quoi ce sujet est per­­
tinent aujour
d’hui, main­­ nant, en ce moment même, éta­­ un rap­­
te­­
blir
port avec
l’actualité.
✓✓ Plan ? Annon­­ le plan, le che­­
cer
min que nous allons emprun­
­
ter ensemble, et les moda­­ tés (temps de parole, orga­­ sa­­
li­­
ni­­ tion des
échanges). Voici un exemple.

Savoirs

Réus­­ son entrée en matière avec les « 5 P »
sir

L’auditoire retient mieux ce qui est dit au début et à la fin de
l’intervention. D’où l’intérêt de pla­­ son mes­­
cer
sage prin­­ pal à ces
ci­­
moments. En le disant trois fois, on aug­­
mente ses chances qu’il soit
mémo­­
risé.
C’est ce que nous pro­­
pose la règle de trois de Jean Guitton :
✓✓ je dis ce que je vais dire ;
✓✓ je le dis ;
327

Savoir-être

Struc­­ rer son inter­­ tion avec la règle de trois
tu­­
ven­­
10 • Réus­­ sa commu­­ ca­­
sir
ni­­ tion
orale et écrite

Prendre la parole en public
Commu­­ quer effi­­ ce­­
ni­­
ca­­ ment à l’écrit

✓✓ je dis que je l’ai dit.
On retrouve le plan clas­­
sique  : intro­­ tion, déve­­ pe­­
duc­­
lop­­ ment,
conclu­­
sion.
Le plan
✓✓ Intro­­
duire :
– Accro­­
cher l’auditoire ;
– Situer le sujet.
✓✓ Annon­­ le plan :
cer
– Déve­­ per son mes­­
lop­­
sage ;
– Orga­­ ser 2 ou 3 par­­ équi­­ brées, cen­­
ni­­
ties
li­­
trées autour de mes idées clés ;
– Faire des conclu­­
sions par­­
tielles ;
– Soi­­
gner les tran­­ tions.
si­­
✓✓ Conclure :
– Résu­­
mer le cœur du mes­­
sage ;
– Conclure par une affir­­ tion ou une ques­­
ma­­
tion en résol­­
vant un pro­­
blème
ou en en posant un autre, en pro­­ sant une action ou une réflexion, en
po­­
ouvrant un débat.

Soi­­
gner par­­ cu­­ re­­
ti­­ liè­­ ment l’introduction et la conclu­­
sion

C’est votre accroche qui don­­
nera le ton de la pré­­ ta­­
sen­­ tion. C’est la
seule par­­ de la pré­­ ta­­
tie
sen­­ tion qu’il faille apprendre par cœur. Une
bonne accroche vous per­­ tra de réus­­ votre intro­­ tion. Il peut
met­­
sir
duc­­
s’agir d’une anec­­
dote, d’une note d’humour, d’une for­­
mule choc,
d’une ques­­
tion ou d’un fait divers.
✓✓ En écou­­
tant la radio, ce matin…
✓✓ Un rap­­
port récent nous fait part de…
✓✓ Comment définiriez-­ ous… ?
v
✓✓ Qui parmi vous a déjà… ?
328
La conclu­­
sion est impor­­
tante, car l’auditoire reste sur les der­­
niers
mots pro­­ cés. Ne ter­­ nez pas votre inter­­ tion par « voilà »,
non­­
mi­­
ven­­
mais plu­­ par « merci de m’avoir écouté ».
tôt

Pour vous évi­­ la ten­­ tion de lire vos notes, elles doivent tenir sur
ter
ta­­
le recto d’un bris­­ Votre bris­­ sera donc :
tol.
tol
✓✓ Linéaire : il reprend les temps forts de votre pré­­ ta­­
sen­­ tion en ne
rete­­
nant que les mots-­ lés qui illus­­
c
trent les dif­­ rentes par­­ de
fé­­
ties
l’intervention.
✓✓ Simple  : for­­
mulé par mots-­ lés, il per­­
c
met par asso­­ tion de
cia­­
retrou­­ toutes ses idées asso­­
ver
ciées.

Savoirs

Pré­­ rer ses notes
pa­­

Figure 10.2 ■ Le bris­­
tol
Introduction

ecti

nnonce du pl n

Développement

Savoir-faire

ot clé

itre

ot clé
ot clé

itre

ot clé
ot clé

itre

ot clé

onclu ion

e

u il

ut retenir

En syn­­
thèse 8 points pour réus­­ sa pré­­ ra­­
sir
pa­­ tion

3.	 Quelles sont les spé­­ fici­­ du contexte dans lequel je réa­­
ci­­ tés
lise
ma pres­­ tion ? Quelle est la nature de ma pres­­ tion et la par­
ta­­
ta­­
­
ti­­
cipation du public ? De quel temps je dis­­
pose ? Quel sup­­
port
sera le plus adapté ?
329

Savoir-être

1.	 Quel est l’objectif de ma pres­­ tion ? Infor­­
ta­­
mer, expli­­
quer, prou­
­
ver, convaincre, faire adhé­­ faire agir ?
rer,
2.	 Quelle est ma cible ? Qu’attend-elle de cette pres­­ tion ? Que
ta­­
connaît-­ lle du sujet ? Quelle est sa moti­­
e
vation ?
10 • Réus­­ sa commu­­ ca­­
sir
ni­­ tion
orale et écrite

Prendre la parole en public
Commu­­ quer effi­­ ce­­
ni­­
ca­­ ment à l’écrit

4.	 Quelle est ma ligne direc­­
trice, le cœur de mon mes­­
sage ?
5.	 Quelles sont mes idées-­ orces ? Les 2 ou 3 argu­­
f
ments clés. Quelles
seront les ques­­
tions ou les objec­­
tions éven­­
tuelles ?
6.	 Quels exemples, chiffres, anec­­
dotes, vais-­e choi­­ pour illus­­
j
sir
trer
mon pro­­
pos ?
7.	 Sur quelles variables jouer pour tou­­
cher mon public (fac­­
tuel,
émo­­ nel, concep­­
tion­­
tuel) ?
8.	 Quel est le plan que je choi­­ pour conduire mon audi­­
sis
toire
vers mon objec­­
tif ? Avec quelle intro­­ tion pour accro­­
duc­­
cher
l’auditoire ? Avec quelle conclu­­
sion ?

Mobi­­ ser l’attention de l’auditoire
li­­
S’adapter à l’auditoire

Mobi­­ ser l’attention d’un groupe néces­­ plu­­
li­­
site sieurs condi­­
tions :
✓✓ la moti­­
vation de l’orateur ;
✓✓ l’adaptation de sa pres­­ tion aux attentes de l’auditoire ;
ta­­
✓✓ sa capa­­ à créer et entre­­ nir le lien avec ceux qui l’écoutent.
cité
te­­
La moti­­
vation de l’orateur

Rien de pire qu’un ora­­
teur qui s’ennuie. Or, si le trac se per­­ peu,
çoit
l’état interne de l’orateur se réper­­
cute sur l’auditoire. La moti­­
vation
est commu­­ ca­­
ni­­ tive. Elle s’exprime par l’énergie de sa voix et de sa
dic­­
tion, l’expressivité du visage, des gestes, sa pos­­
ture, ses dépla­­ ­
ce­
ments et ses mou­­ ments.
ve­­
L’adaptation à l’auditoire

Sou­­
vent l’orateur dis­­
pose d’informations concer­­
nant les per­­
sonnes
à qui il s’adresse. Il peut ainsi s’assurer d’être au plus près de leurs
attentes, de leurs connais­­
sances et de leurs centres d’intérêt, afin
330
d’adapter au mieux son inter­­ tion. Il s’agit là de répondre à des
ven­­
attentes spé­­ fiques.
ci­­

Savoir-faire

Il faut soi­­
gner par­­ cu­­ re­­
ti­­ liè­­ ment les pre­­
mières secondes de votre inter­
­
ven­­
tion. Les pre­­
miers ins­­
tants sont capi­­
taux dans la réus­­ d’une
site
inter­­ tion. Pour réus­­ le pre­­
ven­­
sir
mier contact avec votre audi­­
toire,
gar­­ en tête la règle des 4 fois 20.
dez
Il faut par­­ cu­­ re­­
ti­­ liè­­ ment soi­­
gner :
✓✓ les 20 pre­­
mières secondes ;
✓✓ les 20 pre­­
miers pas ;
✓✓ les 20 pre­­
miers gestes ;
✓✓ les 20 pre­­
miers mots.
Pre­­ le temps de vous poser et de lais­­ l’auditoire vous regar­
nez
ser
­
der. Le contact visuel est fon­­ men­­ pour éta­­ le contact avec
da­­ tal
blir
le public. Il per­­ à l’orateur de mon­­ à l’auditoire l’importance
met
trer
qu’il lui accorde.
Pour éta­­ la commu­­ ca­­
blir
ni­­ tion, il faut regar­­ le public, avec
der
un regard «  pano­­ mique  », mais aussi d’alterner avec un regard
ra­­
« zoom » sur les per­­
sonnes.
Soyez atten­­ aux réac­­
tif
tions de l’auditoire :
✓✓ les pos­­
tures déten­­
dues ou décontrac­­
tées ;
✓✓ les bras ouverts ou fer­­
més ;
✓✓ les jambes posées, repliées ner­­ se­­
veu­­ ment ou agi­­
tées ;
✓✓ les visages déten­­ et récep­­
dus
tifs, atten­­ ou contrac­­ impa­
tifs
tés,
­
tients ;
✓✓ les regards directs, fuyants, son­­
geurs ;
✓✓ les res­­ ra­­
pi­­ tions apai­­
sées, blo­­
quées ou oppres­­
sées.

Savoirs

Créer et main­­ nir le contact
te­­

Ne crai­­
gnez pas le silence. Au contraire, sachez jouer avec lui. Le
silence n’a pas la même valeur selon que l’on soit audi­­
teur ou ora­
­
teur. Quand on est audi­­
teur, on appré­­ beau­­
cie
coup les moments de
silence. Quand on est ora­­
teur ils inquiètent et appa­­
raissent ter­­ ble­
ri­­ ­
ment longs !
331

Savoir-être

Jouer avec le silence
10 • Réus­­ sa commu­­ ca­­
sir
ni­­ tion
orale et écrite

Prendre la parole en public
Commu­­ quer effi­­ ce­­
ni­­
ca­­ ment à l’écrit

Et pour­­
tant, c’est par et dans le silence qu’on est le plus expres­­
sif.
Ce qui se passe entre les mots leur donne toute leur valeur, leur poids
leur impor­­
tance. Or, le silence fait par­­ tel­­ ment peur, qu’on le
fois le­­
rem­­ par n’importe quoi.
plit
Tra­­
vailler sa dic­­
tion

La dic­­
tion a un rôle fon­­ men­­ pour les audi­­
da­­ tal
teurs. Elle leur
per­­
met de comprendre ce que dit l’orateur. La façon de par­­ de
ler
l’orateur a un effet impor­­
tant et immé­­
diat sur l’auditoire. Elle per­
­
met de mobi­­ ser et de main­­ nir l’attention. L’orateur doit en être
li­­
te­­
conscient. Il parle pour l’autre et non pas pour lui-­ ême. C’est res­
m
­
pec­­ l’auditoire et se don­­ toutes les chances d’être écouté que
ter
ner
de veiller à sa dic­­
tion.
Pour don­­
ner du rythme à vos inter­­ tions
ven­­

L’orateur a le pou­­
voir de réveiller ou endor­­
mir, de convaincre ou
d’ennuyer ses inter­­ cuteurs. Une voix faible, mono­­
lo­­
corde ou sans
cou­­
leur a toutes les chances d’amoindrir le mes­­
sage. Une voix trop
forte, trop aiguë a toutes les chances d’agresser l’auditoire.
Vous dis­­ sez de plu­­
po­­
sieurs atouts pour cap­­ ver votre audi­­
ti­­
toire :
le ton de la voix, le débit, la dic­­
tion.
✓✓ Jouez sur les into­­ tions :
na­­
−− mon­­ pour atti­­ l’attention ;
tez
rer
−− des­­
cendez pour tou­­
cher, conclure.
✓✓ Régulez le débit :
−− par­­ au bon rythme ;
lez
−− dosez les pauses et les silences ;
−− ne crai­­
gnez pas les silences.
✓✓ Arti­­ lez :
cu­­
−− déta­­
chez les sons ;
−− res­­ tez les liai­­
pec­­
sons ;
−− pro­­ cez les mots en entier.
non­­
332
Faire face aux situa­­
tions plus dif­­ ciles
fi­­
Le trai­­ ment des ques­­
te­­
tions

Savoirs

✓✓ Met­­ un mot ou une idée en valeur en :
tez
−− le fai­­
sant pré­­ der ou suivre d’une petite pause ;
cé­­
−− l’articulant en déta­­
chant les syl­­
labes ;
−− ralen­­ sant le débit.
tis­­

C’est plu­­ bon signe. Si votre inter­­ tion avait laissé l’auditoire
tôt
ven­­
indif­­ rent, per­­
fé­­
sonne ne vous pose­­ de ques­­
rait
tions.
Rappelez-­ ous que vous êtes le lea­­ du groupe : vous avez le
v
der
droit et le devoir de fixer les règles. D’une manière géné­­
rale, ordon­
­
nez les échanges. Voici quelques bonnes pra­­
tiques :
✓✓ Limi­­ chaque per­­
ter
sonne à une ques­­
tion.
✓✓ Refor­­ ler les ques­­
mu­­
tions et les regrou­­ par thème.
per
✓✓ Noter les ques­­
tions au tableau : cela oblige les audi­­
teurs à pré­­ ser
ci­­
leur pen­­ et vous donne le temps de réflé­­
sée
chir.
✓✓ Demander aux per­­
sonnes de noter eux-­ êmes leurs ques­­
m
tions, et
pas­­ (ou faire pas­­ quelqu’un) parmi eux pour les recueillir.
ser
ser
✓✓ Répondre briè­­ ment (ne vous croyez pas obligé de dire tout ce
ve­­
que vous savez).
✓✓ Ne pas enta­­
mer de dis­­ sion trop longue avec l’un des audi­
cus­­
­
teurs, les autres se sen­­ raient aban­­ nés.
ti­­
don­­

Savoir-faire

L’auditoire vous presse de ques­­
tions

Commen­­ par bien réflé­­
cez
chir. Pre­­
nez votre temps et res­­
pirez.
Rappelez-­ ous que vous vous êtes donné l’autorisation de ne pas
v
tout savoir.
Plu­­
sieurs pos­­ bi­­ tés s’offrent à vous :
si­­ li­­
✓✓ Avouer le manque d’éléments pour répondre, quitte à dire : « je
ne sais pas ». C’est tout à fait hono­­
rable et démontre chez l’orateur
une bonne confiance en lui-­ ême.
m
333

Savoir-être

Vous ne connais­­
sez pas la réponse
10 • Réus­­ sa commu­­ ca­­
sir
ni­­ tion
orale et écrite

Prendre la parole en public
Commu­­ quer effi­­ ce­­
ni­­
ca­­ ment à l’écrit

✓✓ Mettre la ques­­
tion « au frigo » si la réponse est dans des notes ou
docu­­
ments que vous avez sur place, c’est-à-dire la repor­­ à un
ter
moment ulté­­
rieur de la séance… mais tenir ses pro­­
messes !
✓✓ Noter la ques­­
tion et s’engager sur un délai «  pour être sûr de
vous répondre avec exactitude… de vous commu­­ quer les
ni­­
bons chiffres… je préfère…  » (vous envoyer une note dès que
je serai revenu à mon bureau… vous recontacter… que vous me
téléphoniez…).
✓✓ Enfin, demander si une per­­
sonne de l’assistance connaît la
réponse.
Les inter­­ tions avec les membres de l’assistance
ac­­
La per­­
sonne inci­­
sive

La remer­­ de son inter­­ tion, refor­­ ler et répondre en ajou­
cier
ven­­
mu­­
­
tant une infor­­ tion dif­­ rente qui aura prio­­ dans la mémoire
ma­­
fé­­
rité
de l’auditoire. L’inviter à faire des sug­­ tions : « Vous avez peut-­ tre
ges­­
ê
une idée sur la ques­­
tion ? Peut-­ tre y avez-­ ous déjà réflé­­
ê
v
chi ? »
Ren­­
voyer au groupe : « Qu’en pensez-­ ous ? » Répé­­ « comme
v
ter :
je l’ai indiqué… » Cela laisse entendre que le ques­­ neur n’écoutait
tion­­
pas avec suf­­ sam­­
fi­­ ment d’attention.
La per­­
sonne bavarde

Refor­­ ler syn­­ ti­­ ment et enchaî­­ sur autre chose ou don­­
mu­­
thé­­ que­­
ner
ner
la parole à quelqu’un qui la demande. Si elle insiste, l’interrompre
une pre­­
mière fois « Voulez-­ ous être assez aimable pour poser votre
v
ques­­
tion  ? »

334
335

Savoir-faire

Respirer… encore respirer… tou­­
jours res­­
pirer. La lais­­ aller au
ser
bout de sa phrase (ce genre d’attaque est géné­­ le­­
ra­­ ment bref). Lui
faire éven­­ le­­
tuel­­ ment pré­­ ser son pro­­
ci­­
pos. Pro­­ ser un dia­­
po­­
logue à la
fin (de dis­­ ter en tête-­ -tête après le débat).
cu­­
à
Lui demander pour­­
quoi elle est aussi agres­­
sive sans avan­­
cer
d’hypothèse (enta­­ une auto­­ tique du genre « Que se passe-­-il ?
mer
cri­­
t
Quelle est votre question… ? » induit votre culpa­­ lité dans l’esprit
bi­­
de l’auditoire. C’est poser une ques­­
tion orien­­ contre vous. Teneztée
v
­ ous en plu­­ à la ques­­
tôt
tion ouverte…).
Refu­­ l’affrontement (redé­­ nir qui vous êtes, l’objectif de la
ser
fi­­
réunion, énon­­ clai­­ ment votre refus de tout débat per­­ nel).
cer
re­­
son­­
Quoi qu’il en soit, ne pas entrer dans son jeu, ne pas répondre du
tac au tac, sinon c’est l’escalade !
De nom­­
breux ora­­
teurs perdent leur assu­­
rance quand un membre
de l’assistance essaie d’en « découdre » avec eux (mau­­
vaise foi, ten­
­
ta­­ de désta­­ li­­ tion, etc.) et se croient obli­­ de défendre ou
tive
bi­­ sa­­
gés
d’expliquer leurs posi­­
tions.
Or, dès que vous commen­­ à vous défendre, vous per­­
cez
dez
l’avantage psy­­ lo­­
cho­­ gique. Plus long­­
temps vous lais­­ rez un membre
se­­
de l’auditoire mono­­ li­­ l’attention, plus l’auditoire sou­­ tera
po­­ ser
hai­­
vous voir reprendre le contrôle des opé­­ tions.
ra­­
N’oubliez pas : vous êtes au-­ evant de la scène, ne vous lais­­
d
sez
pas voler le lea­­ ship !
der­­

Savoir-être

La per­­
sonne fran­­ ment agres­­
che­­
sive

Savoirs

Si elle insiste encore, l’interrompre de nou­­
veau « merci de votre
intervention… Y a-­-il une autre ques­­
t
tion ? » Recen­­ le débat en
trer
redé­­ nis­­
fi­­ sant le sujet ou l’ordre du jour. Enta­­
mer une autre acti­­
vité
(écrire au tableau, dis­­ buer des docu­­
tri­­
ments aux par­­ cipants, tour­
ti­­
­
ner le dos et se diri­­ vers quelqu’un d’autre…).
ger
10 • Réus­­ sa commu­­ ca­­
sir
ni­­ tion
orale et écrite

Prendre la parole en public
Commu­­ quer effi­­ ce­­
ni­­
ca­­ ment à l’écrit

CC Commu­­ quer effi­­ca­­ce­­
ni­­
ment à l’écrit
PRINCIPES CLÉS
•	 L’écrit a retrouvé une place
impor­­
tante avec les tech­­ lo­
no­­ ­
gies de l’information.
•	 Pour atteindre l’efficacité en
contexte pro­­ sion­­
fes­­
nel, il faut
s’inspirer des pra­­
tiques jour­
­
na­­ tiques dont l’objectif est
lis­­
d’informer rapi­­ ment le lec­
de­­
­
teur.

Quand et pour­­
quoi uti­­ ser
li­­
l’écrit ?
Les nou­­
velles tech­­ lo­­ ont accen­­
no­­ gies
tué
le rôle de «  commu­­ cant  » du mana­
ni­­
­
ger, qui doit aujourd’hui, accor­­ de
der
plus en plus de temps à échan­­ de
ger
l’information, notam­­
ment par écrit.
D’une manière plus géné­­
rale, les écrits
(notes, rap­­
ports, e-­ ails,…) forment
m
l’un des quatre piliers du dis­­ si­­ de
po­­ tif
commu­­ ca­­
ni­­ tion du mana­­
ger.

Tableau 10.1 ■ Les quatre piliers du dis­­ si­­ de commu­­ ca­­
po­­ tif
ni­­ tion du mana­­
ger
Réunions

Entre­­
tiens (for­­ li­­
ma­­ sés)

Écrits

Contacts (infor­­
mels)

L’écrit est le mode de commu­­ ca­­
ni­­ tion le plus for­­ lisé dont dis­
ma­­
­
pose le mana­­ pour commu­­ quer. Hor­­ les contacts infor­­
ger
ni­­
mis
mels,
toute commu­­ ca­­
ni­­ tion fait, d’une manière ou d’une autre, l’objet
d’une pro­­ tion écrite, d’une façon certes complé­­ taire pour
duc­­
men­­
les réunions (avec le compte rendu) et les entre­­
tiens for­­
mels (avec
le guide d’entretien) mais tout aussi indis­­ sable. L’écrit peut évi­
pen­­
­
dem­­
ment, consti­­
tuer un sup­­
port de commu­­ ca­­
ni­­ tion « en soi » (note,
rap­­
port,…).
Quel est l’intérêt d’utiliser l’écrit par rap­­
port aux trois autres
modes de commu­­ ca­­
ni­­ tion managériale ? Contrai­­ ment aux
re­­
réunions, l’écrit relève d’une rela­­
tion indi­­ duelle entre le mana­­
vi­­
ger
et le col­­ bo­­ teur, tout en per­­ tant au mana­­ de dif­­ ser un
la­­ ra­­
met­­
ger
fu­­
mes­­
sage iden­­
tique et en nombre.
336
Savoirs

L’écrit per­­ en outre d’officialiser le mes­­
met
sage, et de lui don­­
ner
plus de poids qu’une ins­­ tion ver­­
truc­­
bale ; qu’il s’agisse d’informer
d’une déci­­
sion ou de requé­­ une action de la part du col­­ bo­­ ­
rir
la­­ ra­
teur. Une commu­­ ca­­
ni­­ tion écrite « contrac­­ lise » en quelque sorte
tua­­
l’information et/ou la demande faite au col­­ bo­­ teur. La simple
la­­ ra­­
prise de connais­­
sance du mes­­
sage peut tenir lieu d’engagement (en
infor­­
mant d’une date pré­­ de remise de docu­­
cise
ment, par exemple).
Les réunions, entre­­
tiens ou contacts indi­­ duels, sont le plus sou­­
vi­­
vent
orien­­ vers des réac­­
tés
tions immé­­
diates, voire urgentes. L’écrit, lui,
peut au contraire s’inscrire dans le temps, per­­ tant au col­­ bo­­ ­
met­­
la­­ ra­
teur d’organiser et de pla­­ fier l’accomplissement d’une tâche.
ni­­

Un des avan­­
tages majeurs de l’écrit réside donc dans l’absence de
contrainte liée au nombre. Une note per­­
met de por­­ une infor­
ter
­
ma­­
tion à la connais­­
sance d’un public très large. Il est indis­­ sable
pen­­
lorsqu’un mana­­ dirige un ser­­
ger
vice impor­­
tant, et plus encore pour
le mana­­ de réseau, qui par défi­­ tion, a plus de dif­­ culté que tout
ger
ni­­
fi­­
autre à réunir ses col­­ bo­­ teurs.
la­­ ra­­
Cela dit, l’écrit reste par­­ te­­
fai­­ ment uti­­ sable à des­­ nation d’une
li­­
ti­­
audience res­ reinte, voire unique : l’e-mail en est l’illustration par­
t
­
faite. Mais il peut aussi pré­­ ter pour le mana­­ le risque de la
sen­­
ger,
facilité… et d’être uti­­ pour se « débar­­ ser » d’un pro­­
lisé
ras­­
blème de
mana­­ ment qui exi­­ rait, pour être réglé cor­­ te­­
ge­­
ge­­
rec­­ ment, d’en pas­­
ser
par un autre mode de commu­­ ca­­
ni­­ tion : réunion ou face-­ -face.
à
Le recours à l’écrit est d’autant plus néces­­
saire que le mana­­ ­
ge­
ment s’exerce aujourd’hui au-­ elà des murs de l’entreprise, à dis­
d
­
tance. Et là, plus ques­­
tion de comp­­ sur une auto­­ ren­­ cée
ter
rité
for­­
par la pré­­
sence phy­­
sique, le rôle de l’écrit devient pré­­ dé­­
pon­­ rant et
para­­
doxa­­ ment – à l’ère de la « déma­­ ria­­ sa­­
le­­
té­­ li­­ tion » – de plus en plus
présent.

Savoir-faire

L’envoi en nombre

«  Les paroles s’envolent, les écrits res­­
tent  ». La péren­­
nité de
l’expression est révé­­ trice : l’écrit a force de preuve, et sert de réfé­
la­­
­
337

Savoir-être

Gar­­ une trace
der
10 • Réus­­ sa commu­­ ca­­
sir
ni­­ tion
orale et écrite

Prendre la parole en public
Commu­­ quer effi­­ ce­­
ni­­
ca­­ ment à l’écrit

rence commune à tous, émet­­
teur et récep­­
teur. Un mail envoyé laisse
des traces numé­­
riques ; une ins­­ tion lan­­ par l’entrebâillement
truc­­
cée
d’une porte, dans un cou­­ ou entre deux bureaux, n’en laisse
loir
aucune.
Toute commu­­ ca­­
ni­­ tion ne peut évi­­ ment être gra­­ dans le
dem­­
vée
marbre. Mais tout mes­­
sage, au sens large du terme (dont on attend
une suite et un effet) doit être ins­­ noir sur blanc.
crit
La commu­­ ca­­
ni­­ tion orale a sou­­
vent une fonc­­
tion sociale mais
pas tou­­
jours infor­­ tive. Elle per­­
ma­­
met jus­­ ment de faci­­ ter et de
te­­
li­­
réguler les échanges entre les êtres humains. Par­­ de « la pluie et du
ler
beau temps » – cet art de la conver­­ tion badine ou du brin de cau­
sa­­
­
sette – consti­­ rait même pour cer­­
tue­­
tains cher­ heurs, une inter­­ tion
c
ac­­
proche ou héri­­ du « grooming » : cet épouillage mutuel, que l’on
tée
ren­­
contre chez les grands singes et qui sert au main­­ du lien social
tien
au sein du groupe ; c’est-à-dire par­­ sans inten­­
ler
tion d’informer mais
sim­­ ment pour main­­ nir le contact avec les autres.
ple­­
te­­

Carac­­ infor­­ tif
tère
ma­­
L’idée, c’est donc de conser­­ à l’écrit son carac­­
ver
tère infor­­ tif
ma­­
et for­­
mel. Et d’éviter de se contenter d’une commu­­ ca­­
ni­­ tion orale
pour signi­­ une action à un col­­ bo­­ teur. La dimen­­
fier
la­­ ra­­
sion « opé­­ ­
ra­
tion­­
nelle » de la parole n’étant pas tou­­
jours enten­­
due, mas­­
quée ou
confon­­ à son rôle « social » évo­­ plus haut. Tout mana­­ a fait
due
qué
ger
l’expérience de « redire trois fois la même chose » pour que sa parole
soit sui­­ d’effet.
vie
Mais c’est aussi parce que la parole n’est pas le meilleur moyen
de fixer des direc­­
tives : le meilleur moyen, c’est l’écrit. Ce qui per­
­
met d’ailleurs de pré­­ ver la rela­­
ser­­
tion manager-­ ollaborateur dans
c
le champ du «  dia­­
logue social  », au sens exact du terme. Uti­­ ser
li­­
prin­­ pa­­ ment ou exclu­­ ve­­
ci­­ le­­
si­­ ment l’oral pour mana­­ fera de vous
ger
un mana­­ « auto­­ taire », puisque vous serez amené à « dur­­ le
ger
ri­­
cir
ton » pour être entendu. Au risque de perdre peu à peu la dimen­­
sion
338
Les écrits en entre­­
prise ont en géné­­ deux fina­­ tés  prin­­ pales  :
ral
li­­
ci­­
infor­­ ou faire agir. Et pour un mana­­ l’écrit s’impose lorsqu’il
mer
ger,
s’agit… de faire agir. Y compris à la suite d’une réunion. Le compte
rendu est indis­­ sable pour acter les déci­­
pen­­
sions prises, les mettre
en œuvre et en gar­­ la trace. Quel que soit le sup­­
der
port choisi (une
lettre, un rap­­
port, une note,…), l’écrit vise un but opé­­ tion­­
ra­­ nel : il
doit faire agir le des­­ na­­
ti­­ taire en lui appor­­
tant des infor­­ tions.
ma­­
Écrire n’est donc pas tant le pro­­
blème que de faire « pas­­ un
ser
mes­­
sage ». Pour cela, défi­­ son objec­­ est indis­­ sable, ne seraitnir
tif
pen­­
c
­ e que pour ne pas le perdre de vue… Un objec­­ doit être clai­­ ­
tif
re­
ment for­­
mulé, dès les pre­­
mières phrases, et éven­­ le­­
tuel­­ ment repris en
conclu­­
sion.
Votre objec­­ fonc­­ nera d’autant mieux qu’il sera for­­
tif
tion­­
mulé :
✓✓ à l’aide d’un verbe d’action ;
✓✓ assorti d’une échéance (date ou durée) ;
✓✓ rédigé en moins de 20 mots.
Un bon objec­­ est réa­­
tif
liste, axé sur des résul­­ concrets, mesu­
tats
­
rables, véri­­
fiables. Il décrit les résul­­ atten­­ de façon pré­­
tats
dus
cise.

Savoirs

Défi­­ un objec­­
nir
tif

Savoir-faire

humaine et sociale du dia­­
logue. Et d’être plus proche de l’adjudantchef que du mana­­ du xxie siècle…
ger
Le mana­­ ment mili­­
ge­­
taire se satis­­ d’ordre trans­­ et accep­
fait
mis
­
tés ora­­ ment. Le mana­­ en entre­­
le­­
ger
prise n’est pas tenu de se cal­­
quer
sur ce modèle pour fonc­­ ner avec autant, voire plus d’efficacité.
tion­­
D’autant que l’écrit n’appelle pas une réac­­
tion immé­­
diate, mais sup­
­
pose une suite qui s’inscrit dans le temps et la réflexion, une garan­­
tie
pour le mana­­ de poser et de mesu­­ son mes­­
ger
rer
sage, à froid.

Une fois l’objectif défini et pour que le mes­­
sage porte, il faut
s’adapter au niveau de connais­­
sance des des­­ na­­
ti­­ taires sur le sujet.
Et s’interroger sur leur degré de connais­­
sance par rap­­
port à la situa­
­
tion évo­­
quée, aux réfé­­
rences aux­­
quelles le docu­­
ment ren­­
voie, à leurs

339

Savoir-être

Adap­­ le mes­­
ter
sage aux des­­ na­­
ti­­ taires
10 • Réus­­ sa commu­­ ca­­
sir
ni­­ tion
orale et écrite

Prendre la parole en public
Commu­­ quer effi­­ ce­­
ni­­
ca­­ ment à l’écrit

moti­­
vations vis-­ -vis du sujet, aux craintes qu’ils peuvent éprou­­
à
ver,
aux réac­­
tions qu’ils peuvent avoir, etc.
Tableau 10.2 ■ Grille de pré­­ ra­­
pa­­ tion pour un écrit
But : « Qu’est-ce que
je vou­­
drais qu’il sache ou fasse »
Col­­ bo­­ teur
la­­ ra­­
Étu­­
dier le ter­­
rain de l’autre,
se mettre à sa place, tenir
compte de son niveau
d’information par rap­­
port au
sujet abordé

Les faits
Décrire la situa­­
tion,
le contexte de manière
fac­­
tuelle

Mana­­
ger
Défi­­ son objec­­
nir
tif,
le résul­­ à atteindre
tat

Qu’attendez-vous du lec­­
teur ? Que devra-­-il faire, pen­­ après
t
ser,
la lec­­
ture de votre texte ? La rédac­­
tion effi­­
cace vise à rendre un
docu­­
ment aussi lisible que pos­­
sible, pour inci­­ le lec­­
ter
teur, à agir,
comme l’auteur l’a sou­­
haité. Il s’agit non seule­­
ment d’informer le
lec­­
teur mais aussi de le convaincre et de l’orienter vers une direc­­
tion
sou­­ tée.
hai­­
Der­­
rière les « infor­­ tions » ou les « faits », il y a tou­­
ma­­
jours une
inten­­
tion que l’auteur tente de concré­­ ser :
ti­­
✓✓ convaincre d’appliquer des règles ;
✓✓ inci­­ à agir, à prendre une déci­­
ter
sion ;
✓✓ per­­ der qu’une chose est vraie ;
sua­­
✓✓ ou… pro­­ ser une autre vision du monde.
po­­
Il est tou­­ fois indis­­ sable de res­­ fac­­ pour être convain­
te­­
pen­­
ter tuel
­
cant dans ses écrits. Sans mêler les juge­­
ments de valeur, ou les opi­
­
nions, aux actes et déci­­
sions de direc­­
tion.

340
L’argumentation

Figure 10.3 ■ Construc­­
tion a priori
Idée clé ou objectif

Savoirs

À l’écrit, la struc­­
ture la plus adap­­ est celle de l’argumentation
tée
a priori. Elle est la plus simple, la plus rapide et la plus facile à
comprendre.
Il s’agit d’annoncer d’abord l’objectif, ou l’idée clé. Puis de l’étayer
ensuite avec des faits, des exemples, des preuves, des argu­­
ments.

L’Argumentation a pos­­ rio­­ plus dif­­ cile à comprendre, plus
te­­ ri :
fi­­
proche de la logique scien­­ fique (CQFD : ce qu’il fal­­ démon­­
ti­­
lait
trer)
reste sans doute plus diplo­­ tique en cas d’annonce de « mau­­
ma­­
vaise
nou­­
velle ».
Figure 10.4 ■ Construc­­
tion a pos­­ rio­­
te­­ ri

Savoir-faire

Arguments, faits, observations

Mes arguments, faits, observations

Mon i

e

ou ob e tif

341

Savoir-être

L’argumentation a contrario, citée ici à titre indi­­ tif, est dif­­ cile
ca­­
fi­­
à comprendre, et doit être réser­­ à l’oral.
vée
10 • Réus­­ sa commu­­ ca­­
sir
ni­­ tion
orale et écrite

Prendre la parole en public
Commu­­ quer effi­­ ce­­
ni­­
ca­­ ment à l’écrit

Figure 10.5 ■ Construc­­
tion a contrario
Idées ou arguments inverses

Mes arguments

Mon idée clé ou objectif

Call to action
Employé en mar­­ ting direct comme en publi­­
ke­­
cité, le terme call to
action désigne un mes­­
sage, ou une offre, inci­­
tant le des­­ na­­
ti­­ taire à
« agir ». Sur le web, par exemple, ce dis­­ si­­ s’accompagne d’un
po­­ tif
bou­­
ton inci­­
tant l’internaute à pas­­ à l’action (s’inscrire à une
ser
newsletter, acheter…).
L’écrit de mana­­ ment, qu’il s’agisse d’une note ou d’un mail,
ge­­
pourra uti­­ ment se conclure par un call to action spé­­ fique, ser­
le­­
ci­­
­
vant l’objectif cité au départ et indi­­
quant donc l’action atten­­ de
due
la part du col­­ bo­­ teur. Par exemple : « la remise des élé­­
la­­ ra­­
ments est
atten­­
due fin jan­­
vier 2014  ». Ou encore «  les der­­
niers ajus­­ ments
te­­
évo­­
qués ci-­ essus sont à régler fin de semaine ».
d
Le call to action peut aussi se résu­­
mer à un encou­­ ge­­
ra­­ ment ou à
un mes­­
sage de moti­­
vation dans l’exécution d’une tâche : « bravo à
tous pour cette étape. Gar­­
dons le rythme pour les sui­­
vantes. »
La struc­­ ra­­
tu­­ tion idéale d’un mes­­
sage écrit repose donc sur une
argu­­ ta­­
men­­ tion a priori conclue par une phrase de « call to action ».

342
Figure 10.6 ■ Exemple d’argumentation avec un call to action
J’ai pris la décision de lancer de manière
anticipée le modèle X355 dès novembre 2012
1. L’étude menée par le cabinet Delattre
démontre que 60 % des prospects sont prêts
à investir sur ce segment de marché.
Mes arguments

2. Nous avons les capacités de production pour
sortir ce modèle dans les délais.
3. Cette sortie anticipée nous permettra de
prendre une avance considérable sur la
concurrence.

Call to action

Savoirs

Objectif/décision

Je compte sur la mobilisation de chacun pour
mettre en application les consignes de la feuille
de route que vous recevrez dans les tout
prochains jours.

Lire réclame un effort. C’est pour­­
quoi l’argumentation a priori reste
la meilleure, parce qu’elle va droit au but. De la même manière,
le déve­­ pe­­
lop­­ ment de l’argumentation, si elle est longue, pourra
suivre un plan ins­­
piré du jour­­ lisme : le plan en pyra­­
na­­
mide inver­
­
sée. Ce plan per­­
met au lec­­
teur de repérer au pre­­
mier coup d’œil
l’information prin­­ pale en la situant dès le pre­­
ci­­
mier para­­
graphe.

Savoir-faire

Un plan hié­­ chique
rar­­

Figure 10.7 ■ Le plan en pyra­­
mide inver­­
sée
Important

343

Savoir-être

Accessoire
10 • Réus­­ sa commu­­ ca­­
sir
ni­­ tion
orale et écrite

Prendre la parole en public
Commu­­ quer effi­­ ce­­
ni­­
ca­­ ment à l’écrit

Il s’agit d’organiser les idées selon un plan hié­­ chique (du plus
rar­­
impor­­
tant au moins impor­­
tant) qui sou­­ dra l’objectif de départ.
tien­­
Pour cela, il est pré­­ nisé de :
co­­
✓✓ Pla­­ l’information prin­­ pale au début : elle sera mieux vue
cer
ci­­
et mémo­­ sée. On écrit ainsi au début du para­­
ri­­
graphe l’idée clé
de ce para­­
graphe et au début de la phrase l’information la plus
impor­­
tante.
✓✓ Orga­­ ser le texte en para­­
ni­­
graphes bien iden­­ fiés. Dans un
ti­­
texte orga­­
nisé par para­­
graphes, le lec­­
teur se repère plus faci­­ ­
le­
ment. La règle consiste à ne trai­­ qu’une seule idée prin­­ pale
ter
ci­­
par para­­
graphe. Cette idée prin­­ pale est le plus sou­­
ci­­
vent étayée
d’idées secondaires, d’exemples ou argu­­
ments qui la déve­
­
loppent.
Les para­­
graphes sont clas­­ par ordre hié­­ chique décrois­­
sés
rar­­
sant :
du plus impor­­
tant au moins impor­­
tant.

Méthode et étapes
Idéa­­ ment, il est pré­­ rable et plus effi­­
le­­
fé­­
cace de rédi­­ en plu­­
ger
sieurs
étapes, en commen­­
çant, bien sûr, par défi­­ son objec­­ avant de
nir
tif
se lan­­ dans la rédac­­
cer
tion pro­­ ment dite :
pre­­
✓✓ défi­­ votre objec­­
nir
tif ;
✓✓ lis­­ les argu­­
ter
ments qui le sous-­ endent ;
t
✓✓ écrire le pre­­
mier jet (sans vous poser trop de questions…) ;
✓✓ lais­­ le texte de côté ;
ser
✓✓ relire le texte à tête repo­­
sée. Et «  repa­­ ner  » le texte pour en
ti­­
ren­­ cer la lisi­­
for­­
bilité et l’impact. Deux lec­­
tures sont néces­
­
saires : une lec­­
ture pour le fond et autre pour la forme : les fautes
d’orthographe et de gram­­
maire.

344
345

Savoir-faire
Savoir-être

« Ce qui se conçoit bien s’énonce clai­­ ment — Et les mots pour
re­­
le dire arrivent aisé­­
ment. » La cita­­
tion de Boileau ren­­
voie au point
de départ : la défi­­ tion d’un objec­­ pour toute commu­­ ca­­
ni­­
tif,
ni­­ tion
écrite. Vient ensuite, la ques­­
tion de la rédac­­
tion. Et donc de la lisi­
­
bilité. C’est-à-dire de la faci­­ de lec­­
lité
ture d’un texte.
Pour que le mes­­
sage «  passe  » et que tous les lec­­
teurs le
comprennent de la même façon, la meilleure méthode consiste à
rédi­­ simplement… toute la ques­­
ger
tion est… comment rédi­­ sim­
ger
­
ple­­
ment ? Il s’agit de res­­ ter les quelques règles qui suivent.
pec­­
Employez des phrases courtes. Plus une phrase est courte, plus
elle a de chances d’être lue entiè­­ ment et mémo­­ sée. Une lon­­
re­­
ri­­
gueur
moyenne de 15 mots par phrase garan­­ une bonne lisi­­
tit
bilité.
Réduire la lon­­
gueur d’une phrase consiste donc à la sim­­ fier,
pli­­
pour en rendre la compré­­ sion plus immé­­
hen­­
diate. La struc­­
ture la
plus claire res­­
pecte l’ordre le plus simple : sujet – verbe – complé­
­
ment. Évi­­ les construc­­
tez
tions à ral­­
longe, les incises, les pro­­ si­­
po­­ tions
rela­­
tives.
Le but du rédac­­
teur effi­­
cace est d’exprimer le mes­­
sage qu’il sou­
­
haite trans­­
mettre dans un nombre mini­­
mum de mots. Il doit donc
éli­­ ner éga­­ ment les tour­­
mi­­
le­­
nures imper­­ nelles et intro­­ tives
son­­
duc­­
comme : « On remar­­
quera que » ; « il est à noter que »… Ces for­
­
mules n’apportent pas d’information, alour­­
dissent le texte et ralen­
­
tissent la lec­­
ture.
Les mots courts sont à pri­­ lé­­
vi­­ gier : les mots de 4 syl­­
labes et plus
sont moins lus et donc moins mémo­­ sés que les autres. Par exemple :
ri­­
mieux vaut écrire un achat plu­­ qu’une acqui­­ tion. Ou trop plu­­
tôt
si­­
tôt
qu’excessivement.
Les mots les plus pré­­ et les plus justes per­­
cis
mettent de mieux
expri­­
mer ses idées. Évi­­ les verbes « passe-­ artout » comme faire,
tez
p
avoir, dire, être… ou les termes trop vagues comme choses, fré­­
quent,
plu­­
sieurs, nom­­
breux, rapide…
Par exemple, les expres­­
sions « dans les plus brefs délais, le plus
rapi­­ ment pos­­
de­­
sible, au plus vite,… » n’ont aucun sens objec­­ le
tif ;
carac­­
tère d’urgence étant un cri­­
tère sou­­
vent plus pres­­
sant pour le
mana­­ que pour le collaborateur… D’où la néces­­ d’indiquer
ger
sité
une date pré­­
cise. Pour inci­­ à l’action, le mana­­ pourra for­­ ler
ter
ger
mu­­

Savoirs

Les règles de lisi­­
bilité
10 • Réus­­ sa commu­­ ca­­
sir
ni­­ tion
orale et écrite

Prendre la parole en public
Commu­­ quer effi­­ ce­­
ni­­
ca­­ ment à l’écrit

avec pré­­ sion l’intérêt que repré­­
ci­­
sente pour le col­­ bo­­ teur l’action
la­­ ra­­
deman­­
dée. Uti­­ ser l’impératif accen­­ évi­­ ment le carac­­
li­­
tue
dem­­
tère
impé­­
rieux de la demande.
Le choix du voca­­ laire doit bien sûr être dicté par le lec­­
bu­­
teur et
res­­ dans son registre de connais­­
ter
sances. Mais la consigne prin­­ ­
ci­
pale, pour les écrits de mana­­ ment, se résume à employer des mots
ge­­
cou­­
rants et connus. Ainsi est-­ n sûr d’utiliser un voca­­ laire acces­
o
bu­­
­
sible à tous. Selon le lec­­
teur auquel le texte s’adresse, le mana­­
ger
pourra bien sûr employer des termes adap­­ à son niveau, mais gare
tés
à l’élitisme… ou à la fami­­ rité.
lia­­
De la même manière, les mots concrets et, encore une fois, pré­­
cis
sont à pri­­ lé­­
vi­­ gier. Par exemple : un « gra­­
phique », un « schéma », un
« tableau », un « dia­­
gramme », une « photo »… vau­­
dront bien mieux
qu’une banale « illus­­ tion ». De la même façon, une « mai­­
tra­­
son », un
« han­­
gar », un immeuble, ou un entre­­ sera plus juste et compré­
pôt
­
hen­­
sible qu’un géné­­
rique « bâti­­
ment ».
Les verbes sont pré­­ rables aux construc­­
fé­­
tions nomi­­
nales : il vau­­
dra
mieux « infor­­
mer » que de « tenir informé » ou « don­­ des infor­
ner
­
ma­­
tions ; pro­­ ser » plu­­ que de « for­­ ler des pro­­ si­­
po­­
tôt
mu­­
po­­ tions » ; ou
encore « modi­­
fier » plu­­ que « d’apporter des modi­­ ca­­
tôt
fi­­ tions »,…

Commu­­ quer de manière posi­­
ni­­
tive
La voix active est tou­­
jours pré­­ rable : « le conseil d’administration a
fé­­
décidé » plu­­ que « il a été décidé par le conseil d’administration »…
tôt
L’inversion du sujet rend la phrase compli­­
quée. Réta­­ dans son
blie
sens clas­­
sique (sujet-­ erbe-complément), elle devien­­ beau­­
v
dra
coup
plus claire.
Uti­­ sez des tour­­
li­­
nures posi­­
tives. Pour influ­­ cer une per­­
en­­
sonne,
mieux vaut lui dire ce qu’elle doit faire plu­­ que ce qu’elle ne doit
tôt
pas faire… Sinon, elle risque de rete­­ l’action à évi­­ plu­­ que
nir
ter
tôt
celle à pri­­ lé­­
vi­­ gier. L’impact du mes­­
sage sera ren­­
forcé si le mana­­
ger
uti­­ des for­­
lise
mules posi­­
tives : « voulez-­ ous » plu­­ que « ne vous
v
tôt
voulez-­ ous pas »…
v
346
De la même façon, le mes­­
sage du mana­­ aura plus de force de
ger
convic­­
tion s’il évite l’expression du doute, par un ton affir­­ tif ;
ma­­
mieux vaut s’épargner les « je crois que » et autres « il me semble
que » et annon­­ direc­­ ment les faits.
cer
te­­

Le titre d’un docu­­
ment, ou l’objet d’un e-­ ail, est l’élément écrit le
m
plus visible de la page. Et le plus impor­­
tant. Puisqu’il délivre non
seule­­
ment l’information prin­­ pale mais va aussi don­­ envie au
ci­­
ner
lec­­
teur de lire la suite du docu­­
ment.

Savoirs

Accro­­
cher le lec­­
teur

Tableau 10.3 ■ Don­­ de l’information dans un titre
ner
Titres creux

Titres pleins

Point sur les embauches

50 nou­­
veaux recru­­ ments cette année
te­­

For­­ tion pro­­ sion­­
ma­­
fes­­
nelle

For­­ tion à la relation-­ lient pour les ven­
ma­­
c
­
deurs

Étude de mar­­
ché

Les 3 lea­­
ders concentrent 40 % du mar­­
ché

L’habitude, dans les docu­­
ments pro­­ sion­­
fes­­ nels, consiste sou­­
vent
à don­­ en titre le « sujet » dont traite le texte. Or ces sujets, ou
ner
titres « creux », comme évo­­
qués dans le tableau 10.3, ne délivrent
aucune infor­­ tion et n’incitent pas les col­­ bo­­ teurs à aller plus
ma­­
la­­ ra­­
loin. Pour que le mes­­
sage passe, encore une fois, il faut le pla­­ en
cer
tête. Ainsi s’assure-t-on qu’il sera non seule­­
ment vu, mais entraî­­
nera
aussi le lec­­
teur à en savoir davan­­
tage. Un «  titre plein  » apporte,
donc tout de suite, de l’information, déli­­
vrant une par­­ au moins,
tie
du mes­­
sage que le mana­­ sou­­
ger
haite déli­­
vrer, ou de l’objectif qu’il
sou­­
haite atteindre.
Le titre doit être atti­­
rant et clair. Infor­­ tif et sans ambi­­
ma­­
guïté.
On appli­­
quera donc de la même façon les règles de lisi­­
bilité rédac­
­
tion­­
nelle vues plus haut : mots simples, courts, etc. Un titre court a
sou­­
vent un effet per­­ tant et attire l’attention, mais la briè­­
cu­­
veté n’est
pas une obli­­ tion. Mieux vaut un titre un peu long mais clair, plu­
ga­­
­
tôt qu’un titre court mais ambigu.
347

Savoir-faire

CA en hausse de 8,5 %

Savoir-être

Les résul­­
tats finan­­
ciers de l’année
10 • Réus­­ sa commu­­ ca­­
sir
ni­­ tion
orale et écrite

Prendre la parole en public
Commu­­ quer effi­­ ce­­
ni­­
ca­­ ment à l’écrit

Aujourd’hui, la commu­­ ca­­
ni­­ tion écrite passe prin­­ pa­­ ment par
ci­­ le­­
le cour­­ élec­­ nique. Dans la masse de mes­­
rier
tro­­
sages reçus chaque
jour, il est donc pri­­ dial de bien for­­ ler et de pré­­ ser l’objet
mor­­
mu­­
ci­­
du courriel (qui équi­­
vaut au « titre » d’un article). Les objets « géné­
­
riques  » (ou les «  titres creux  », c’est la même chose) sont à pros­
­
crire. Suf­­ sam­­
fi­­ ment ren­­ gné, l’objet d’un mes­­
sei­­
sage peut suf­­ en
fire
soi, sans qu’il soit besoin de rédi­­ même le corps du mes­­
ger
sage. Par
exemple : « réunion de gamme confir­­
mée le 4 février à 14 heures ».
De même, en répon­­
dant ou en ren­­
voyant un mes­­
sage, il ne faut pas
hési­­ à chan­­ le sujet pour le rendre plus per­­
ter
ger
tinent et effi­­
cace,
immé­­ te­­
dia­­ ment.

Au-­ elà des dif­­ rences propres à l’écrit et à l’oral, deux
d
fé­­
points forts rap­­
prochent ces deux tech­­
niques. C’est d’abord
défi­­ et conser­­ à l’esprit l’objectif que l’on pour­­
nir
ver
suit en
commu­­ quant. C’est ensuite prendre en compte son
ni­­
des­­ na­­
ti­­ taire pour atteindre plus sûre­­
ment son objec­­
tif.

348
Savoirs

Chapitre 11

Les ques­­
tions aux­­
quelles répond ce cha­­
pitre

Savoir-faire

Ani­­
mer, moti­­
ver
et déve­­ per
lop­­
les compé­­
tences
de ses col­­ bo­­ teurs
la­­ ra­­

cer
tences clés du mana­­
ger ?
◆◆ Comment exer­­ les quatre compé­­
◆◆ Comment créer les condi­­
tions de réus­­ de l’équipe dans
site

349

Savoir-être

son ensemble et des per­­
sonnes indi­­ duel­­ ment ?
vi­­ le­­
11 • Ani­­
mer, moti­­ et
ver
déve­­ per les compé­­
lop­­
tences

Ani­­
mer une équipe
Moti­­ une équipe
ver
Déve­­ per les compé­­
lop­­
tences des collaborateurs
Délé­­
guer ou l’art de res­­ sa­­ li­­
pon­­ bi­­ ser

Parmi les fonc­­
tions du mana­­
ger, quatre consti­­
tuent son socle
d’activités : ani­­
mer, moti­­ déve­­ per et délé­­
ver,
lop­­
guer.
✓✓ L’ « ani­­ teur » sait trans­­ mer un groupe d’individus en une
ma­­
for­­
équipe per­­ mante.
for­­
✓✓ Le «  motivateur  » veille à ne pas démo­­ ver les col­­ bo­­ teurs
ti­­
la­­ ra­­
et agit au quo­­ dien pour créer les condi­­
ti­­
tions d’une moti­­
vation
durable.
✓✓ Le « déve­­ peur de compé­­
lop­­
tences » crée les condi­­
tions favo­­
rables
à l’apprentissage.
✓✓ Le « délé­­
gant » inves­­ sa confiance pour déve­­ per l’autonomie
tit
lop­­
de ses col­­ bo­­ teurs.
la­­ ra­­

CC Ani­­ er une équipe
m
PRINCIPES CLÉS
•	 Un groupe n’est pas une
équipe.
•	 Le rôle pre­­
mier du mana­­ est
ger
de s’assurer de la cohé­­
sion de
son équipe.

Le pre­­
mier rôle du mana­­ consiste à
ger
ani­­ son équipe pour qu’elle pro­­
mer
duise
les résul­­ atten­­
tats
dus. Une équipe n’est
pas un simple assem­­
blage d’individus.
Elle consiste en un grou­­ ment de
pe­­
per­­
sonnes réunies autour d’un objec­
­
tif commun. Le mana­­
ger doit créer
les condi­­
tions de la syner­­
gie entre
les membres de l’équipe pour qu’elle
atteigne les résul­­ attendus.
tats

De la col­­ tion d’individus à la syner­­ col­­ tive
lec­­
gie lec­­
Ce modèle en 6 phases a été déve­­
loppé par Jean-­ aul Sartre dans la
P
Cri­­
tique de la rai­­ dia­­ tique. Sartre n’est pas un auteur du mana­
son lec­­
­
ge­­
ment clas­­
sique, mais sa des­­ tion de l’évolution natu­­
crip­­
relle du
groupe est très éclai­­
rante. Il s’écarte à la fois du modèle mécaniciste
(le groupe comme machine) et du modèle organiciste (le groupe
comme orga­­
nisme) pour défi­­ le groupe à par­­ de son pro­­
nir
tir
jet.
350
Il s’agit d’un regrou­­ ment d’individus qui par­­
pe­­
tagent le même but,
sans avoir néces­­ re­­
sai­­ ment un inté­­ commun. La file d’attente à
rêt
l’arrêt de l’autobus en est un bon exemple : cha­­ a bien le même
cun
but que son voi­­ prendre le bus pour se dépla­­ mais il n’y a
sin,
cer,
aucune inter­­ tion entre les indi­­ dus. Il s’agit d’une masse ano­
ac­­
vi­­
­
nyme, compo­­ de numé­­
sée
ros : une série de per­­
sonnes, pas encore
un vrai groupe.

Savoirs

Phase 1 : Le ras­­
sem­­ ment
ble­­

Un jour de semaine à midi, sur une ligne de bus vers la ban­­
lieue, le
chauf­­
feur se trompe d’itinéraire (force anta­­ niste). Les pas­­ gers,
go­­
sa­­
jusqu’alors plon­­
gés dans leurs lec­­
tures ou leurs pen­­
sées, relèvent la
tête, s’interrogent du regard. Aucun mot n’est encore pro­­
noncé.
Très rapi­­ ment, le bus se trouve coincé dans un lacis de ruelles ; le
de­­
chauf­­
feur se retourne et avoue que, novice sur la ligne, il est perdu.
En quelques ins­­
tants, tout le monde se met à par­­ (commu­­ ca­
ler
ni­­ ­
tions directes). L’un des voya­­
geurs des­­
cend pour aider le chauf­­
feur à
manœu­­
vrer (but commun).
Le bus reparti, les conver­­ tions conti­­
sa­­
nuent. À chaque arrêt, les pas­
­
sa­­
gers saluent avec une cer­­
taine effu­­
sion, comme de vieilles connais­
­
sances, ceux qui des­­
cendent.

351

Savoir-être

Trois condi­­
tions sont néces­­
saires :
✓✓ L’intérêt en commun devient un inté­­ commun : les indi­­ dus
rêt
vi­­
par­­
tagent l’objectif.
✓✓ Les commu­­ ca­­
ni­­ tions, indi­­
rectes au stade du ras­­ ble­­
sem­­ ment,
deviennent directes : on échange, les rela­­
tions inter­­ son­­
per­­ nelles
naissent.
✓✓ Un groupe ou une force anta­­ niste vient confor­­ le groupe
go­­
ter
dans son ori­­ na­­ et le force à se consti­­
gi­­ lité
tuer.
Voici une expé­­
rience vécue sur le thème du bus évo­­
qué par
Sartre.

Savoir-faire

Phase 2 : Le pas­­
sage au groupe
11 • Ani­­
mer, moti­­ et
ver
déve­­ per les compé­­
lop­­
tences

Ani­­
mer une équipe
Moti­­ une équipe
ver
Déve­­ per les compé­­
lop­­
tences des collaborateurs
Délé­­
guer ou l’art de res­­ sa­­ li­­
pon­­ bi­­ ser

Phase 3 : Le groupe en fusion

C’est le stade du groupe nais­­
sant, cha­­ reux (les pas­­ gers de notre
leu­­
sa­­
bus se mettent à par­­ entre eux). Il est mar­­
ler
qué par trois expé­
­
riences :
✓✓ la soli­­ rité entre les membres ;
da­­
✓✓ l’appartenance à une réa­­ nou­­
lité
velle ;
✓✓ la régu­­ tion des membres les uns par rap­­
la­­
port aux autres.
Phase 4 : Le main­­
tien du groupe

Le groupe oscille entre deux ten­­
dances :
✓✓ le pou­­
voir créa­­
teur et la dyna­­
mique qui lui ont donné nais­
­
sance ;
✓✓ l’inertie du ras­­ ble­­
sem­­ ment qui fut son pre­­
mier stade.
Pour sur­­
vivre et pour­­
suivre son déve­­ pe­­
lop­­ ment, le groupe peut
suivre deux grandes stra­­ gies, qui ne sont d’ailleurs pas incom­­ ­
té­­
pa­
tibles :
✓✓ La chasse au traître. Réel ou sup­­
posé, le traître sert de bouc émis­
­
saire contre lequel le reste du groupe se ligue. Le groupe n’est pas
mau­­
vais, c’est un de ses membres qui l’est.
✓✓ L’édiction de règles et de normes : on passe alors nor­­ le­­
ma­­ ment à
l’étape sui­­
vante.
Phase 5 : L’organisation

Le groupe s’organise :
✓✓ il se dote d’une struc­­
ture.
✓✓ il défi­­ des tâches, arti­­ lées aux objec­­ géné­­
nit
cu­­
tifs
raux.
✓✓ il répar­­ ces tâches entre les membres.
tit

352
Phase 6 : Le groupe ins­­ tution
ti­­

L’équipe se consti­­ à par­­ de la 3e phase. Pour les mana­­
tue
tir
gers, avec
les entrées et sor­­ per­­ nentes des col­­ bo­­ teurs, la per­­ mance
ties ma­­
la­­ ra­­
for­­
de l’équipe se situe tou­­
jours dans un équi­­
libre pré­­
caire.
En résumé, le modèle de Sartre, rare­­
ment uti­­ en mana­­ ­
lisé
ge­
ment, est une bonne repré­­ ta­­
sen­­ tion de la vie des groupes. On en voit
des appli­­ tions directes, en par­­ cu­­ dans les groupes de pro­­
ca­­
ti­­ lier
jets :
le déve­­ pe­­
lop­­ ment d’un but commun, la soli­­ rité des membres qui
da­­
s’autorégulent, la capa­­ d’initiative et de créa­­
cité
tion, l’opposition au
reste de l’organisation qui n’a pas le même mode de fonc­­ ne­­
tion­­ ment,
les conflits internes par­­ cu­­ re­­
ti­­ liè­­ ment mar­­
qués si quelqu’un fait défaut
au groupe et la ten­­
sion constante entre la sou­­
plesse d’adaptation et la
néces­­ d’une cer­­
sité
taine orga­­ sa­­
ni­­ tion.

La consti­­
tution d’une équipe
Pour consti­­
tuer l’équipe, le mana­­ doit mettre en œuvre cinq
ger
condi­­
tions de réus­­
site.

Savoir-faire

En syn­­
thèse

Savoirs

L’organisation se fige, la bureau­­ ti­­
cra­­ sation appa­­
raît. Ce stade risque
d’être celui de la dégé­­ res­­
né­­ cence si la dyna­­
mique n’est pas relan­­
cée
sous la pres­­
sion de contraintes exté­­
rieures ou par une volonté endo­
­
gène de réor­­ ni­­ tion.
ga­­ sa­­

Il est indis­­ sable que chaque membre de l’équipe connaisse les
pen­­
fina­­ tés, les valeurs déci­­
li­­
sives et les compor­­ ments indis­­ sables
te­­
pen­­
pour la réus­­ et l’efficacité de son unité de tra­­
site
vail.
Défi­­ les règles du jeu de son unité, c’est don­­ des repères,
nir
ner
des impé­­ tifs et des prio­­ tés. C’est pré­­ ser les cri­­
ra­­
ri­­
ci­­
tères de la réus­­
site
indi­­ duelle et col­­ tive.
vi­­
lec­­
La règle pré­­
cise les valeurs communes. Elle déve­­
loppe une
meilleure cohé­­
sion. Elle aug­­
mente l’implication des col­­ bo­­ teurs
la­­ ra­­
en leur pré­­ sant le cadre géné­­ dans lequel ils peuvent être acteurs.
ci­­
ral
Elle sert de réfé­­
rence en cas de désac­­
cord ou de conflit.
353

Savoir-être

Le mana­­
ger défi­­ les règles du jeu avec l’équipe
nit
11 • Ani­­
mer, moti­­ et
ver
déve­­ per les compé­­
lop­­
tences

Ani­­
mer une équipe
Moti­­ une équipe
ver
Déve­­ per les compé­­
lop­­
tences des collaborateurs
Délé­­
guer ou l’art de res­­ sa­­ li­­
pon­­ bi­­ ser

La règle est effi­­
cace si elle cor­­ pond à cinq cri­­
res­­
tères : elle doit
être appli­­
cable, utile, contrac­­
tuelle, pro­­ trice et souple.
tec­­
Il donne du sens

Por­­
teur de la vision stra­­ gique de son entre­­
té­­
prise, le mana­­ en
ger
trans­­
met le sens à ses col­­ bo­­ teurs. Il donne du sens à leur impli­
la­­ ra­­
­
ca­­
tion vis-­ -vis de celle-­ i. Tel un capi­­
à
c
taine, il annonce le cap. Pour
atteindre ce cap, il montre ou fait déve­­ per les méthodes de tra­
lop­­
­
vail, il défi­­ ou fait défi­­ les rôles de cha­­ et leur contri­­ tion.
nit
nir
cun
bu­­
Ses paroles, pen­­ et actions sont congru­ ntes avec le sens annoncé
sées
e
à l’équipe.
Il expose expli­­ te­­
ci­­ ment les objec­­ à son équipe, ainsi que
tifs
les indi­­ teurs d’atteinte des objec­­
ca­­
tifs. Il s’assure que cha­­
cun des
membres de son équipe a donné son accord pour y tra­­
vailler.
Il est sen­­
sible aux dif­­ rents niveaux d’engagement face aux
fé­­
objec­­
tifs. L’hétérogénéité des niveaux d’engagement est une réa­
­
lité dans un tout groupe. Au lea­­ de l’évaluer et de la gérer. Une
der
trop grande hété­­ gé­­
ro­­ néité des niveaux d’engagement risque de faire
implo­­ le groupe.
ser
Il sti­­
mule l’identité de l’équipe

Les col­­ bo­­ teurs ont besoin d’éprouver un sen­­ ment d’appar­
la­­ ra­­
ti­­
tenance à l’équipe pour tra­­ ser ensemble les épreuves. La cohé­
ver­­
­
sion de l’équipe se crée en favo­­ sant les commu­­ ca­­
ri­­
ni­­ tions entre les
membres.
Le mana­­ pour ce faire, ne se met pas au centre de son équipe
ger,
pour ne pas être le relais de commu­­ ca­­
ni­­ tion entre les membres du
groupe. Il pro­­ de chaque occa­­
fite
sion pour les ren­­
voyer les uns aux
autres. Il les met en capa­­ de résoudre des dif­­ cultés ensemble. Il
cité
fi­­
tra­­
duit les dif­­ rences en complé­­ ta­­ tés, car cha­­
fé­­
men­­ ri­­
cun par­­ cipe à
ti­­
la construc­­
tion de l’équipe. Il n’hésite pas non plus à sou­­ gner les
li­­

354
temps forts de la vie de l’équipe : les pertes, les suc­­ les frus­­ ­
cès,
tra­
tions, les appré­­ sions, etc.
hen­­
Il exerce son lea­­ ship par l’exemple. Son équipe lui reconnaît
der­­
sa légi­­ mité de lea­­
ti­­
der, car il a une connais­­
sance de lui-­ ême et
m
comprend les compor­­ ments de l’autre. Il sait choi­­ des compor­­ ­
te­­
sir
te­
ments qui flui­­ fient la rela­­
di­­
tion. Il dépasse ses rigi­­ tés per­­ nelles.
di­­
son­­
Il s’engage et s’implique. Ses commu­­ ca­­
ni­­ tions sont authen­­
tiques
et ouvertes. Il entame un réel dia­­
logue avec ses col­­ bo­­ teurs. Il
la­­ ra­­
croit dans le poten­­ de cha­­
tiel
cun. Il sait créer un cli­­
mat faci­­ tant
li­­
l’adhésion, la responsabilisation et la confiance.

Savoirs

Il montre le che­­
min

355

Savoir-être

L’organisation attend de lui qu’il défi­­
nisse clai­­ ment les objec­­
re­­
tifs
de l’unité. Il doit commu­­ quer les objec­­ à l’équipe et mettre en
ni­­
tifs
place un plan d’action pour les atteindre. Il doit éga­­ ment répar­­
le­­
tir
les rôles et les res­­
sources, suivre et contrô­­ la qua­­ des per­­ ­
ler
lité
for­
mances et ajus­­ le plan d’action s’il y a lieu.
ter
L’équipe attend de lui qu’il mette en place des règles et qu’il
construise l’esprit d’équipe par l’encouragement de cha­­
cun, la moti­
­
vation et le plai­­ à tra­­
sir
vailler ensemble.
L’individu attend qu’il soit à son écoute. Il attend de son mana­
­
ger de la reconnais­­
sance pour le tra­­ et les per­­ mances obte­
vail
for­­
­
nues. Il sou­­
haite éga­­ ment que son mana­­ iden­­ fie et déve­­
le­­
ger
ti­­
loppe
son poten­­
tiel.

Savoir-faire

Il répond aux attentes des indi­­ dus, de l’équipe
vi­­
et de l’organisation
11 • Ani­­
mer, moti­­ et
ver
déve­­ per les compé­­
lop­­
tences

Ani­­
mer une équipe
Moti­­ une équipe
ver
Déve­­ per les compé­­
lop­­
tences des collaborateurs
Délé­­
guer ou l’art de res­­ sa­­ li­­
pon­­ bi­­ ser

CC Moti­­
ver une équipe
PRINCIPES CLÉS
•	 La moti­­
vation est un phé­
­
no­­
mène propre à chaque
indi­­
vidu.
•	 Le mana­­ ne peut pas seul
ger
moti­­ son col­­ bo­­ teur de
ver
la­­ ra­­
façon intrin­­
sèque et durable.
•	 Il doit être atten­­ à ne pas le
tif
démo­­ ver par son compor­­ ­
ti­­
te­
ment ou son mode de mana­
­
ge­­
ment.

Le mana­­ est perçu comme le levier qui
ger
agit sur la moti­­
vation de ses col­­ bo­­ ­
la­­ ra­
teurs. Dans les faits, il a plus à voir avec la
démotivation qu’avec la moti­­
vation. L’étude
d’Herzberg le montre bien.

Les théo­­ des besoins
ries
La pyra­­
mide de Maslow

Selon l’approche déve­­ pée par Abraham
lop­­
1
vation naî­­
trait
Maslow en 1954 , la moti­­
de besoins à assou­­ Il les hié­­ chise en
vir.
rar­­
cinq niveaux. Tant qu’un besoin n’est pas
assouvi, il consti­­ une source de moti­­
tue
vation. Quand il est satis­­
fait,
il ne motive plus, c’est le besoin supé­­
rieur de la pyra­­
mide qui devient
moti­­
vant.
✓✓ Les besoins phy­­ lo­­
sio­­ giques sont par­­ gés par tous les habi­­
ta­­
tants
de la pla­­
nète : man­­ boire, dor­­
ger,
mir, se vêtir, se chauffer…
✓✓ Les besoins de sécu­­ portent sur trois domaines : la sécu­­
rité
rité
phy­­
sique avec des horaires régu­­
liers, une tem­­ ra­­
pé­­ ture adé­­
quate,
du bruit sup­­ table, une ergo­­ mie satis­­
por­­
no­­
faisante ; la sécu­­
rité
éco­­ mique avec le contrat de tra­­
no­­
vail, la sta­­ lité de l’emploi, la
bi­­
retraite et les avan­­
tages sociaux ; la sécu­­ affec­­ grâce à un
rité
tive
res­­ sable hié­­ chique en qui l’on peut avoir confiance et réci­
pon­­
rar­­
­
pro­­ ment.
que­­
Les sala­­ des pays déve­­ pés consi­­
riés
lop­­
dèrent aujourd’hui la satis­
­
faction de ces deux pre­­
mières séries de besoins comme nor­­
male. Les
bonnes condi­­
tions maté­­
rielles et des salaires cor­­
rects par rap­­
port au
1.	 Voir cha­­
pitre 14.

356
Savoirs

mar­­ ne les motivent pas outre mesure. Ils per­­
ché
mettent au mieux
de limi­­ les mécontente­­
ter
ments. Une dégra­­ tion notable de ces cri­
da­­
­
tères entraîne des conflits et des grèves sans pour autant éveiller de
fortes moti­­
vations s’ils sont satis­­
faits.
Les besoins appar­­ nant aux trois caté­­ ries sui­­
te­­
go­­
vantes sont imma­
­
té­­
riels et sub­­ tifs :
jec­­
✓✓ Les besoins de contacts sociaux s’appuient sur le sen­­ ment
ti­­
d’appartenance à un groupe, une bonne entente avec les col­
­
lègues, l’accès à l’information et les pos­­ bi­­ tés d’expression.
si­­ li­­
✓✓ Les besoins de consi­­ ra­­
dé­­ tion portent sur les signes de reconnais­
­
sance, la fierté de tra­­
vailler dans un sec­­
teur d’activité pres­­ gieux,
ti­­
l’autocontrôle sur son propre tra­­
vail et la délé­­ tion de pou­
ga­­
­
voirs.
✓✓ Les besoins d’accomplissement englobent la réa­­ sa­­
li­­ tion per­
­
son­­
nelle, la valo­­ sa­­
ri­­ tion des compé­­
tences et la quête de sens.

357

Savoir-être

Frederick Herzberg, à la fin des années 1960, découvre au cours
d’enquêtes que seuls cer­­
tains besoins sont moti­­
vants. Il les nomme
« fac­­
teurs moteurs » par oppo­­ tion aux « fac­­
si­­
teurs d’hygiène » ou
« fac­­
teurs d’ambiance ».
Les fac­­
teurs moteurs portent sur  : l’accomplissement de soi,
la reconnais­­
sance, l’intérêt des acti­­ tés, la responsabilisation,
vi­­
l’évolution.
Les fac­­
teurs d’ambiance ne sont pas moti­­
vants, mais leur manque
peut démo­­ ver. Ils portent notam­­
ti­­
ment sur : le salaire, les condi­­
tions
de tra­­
vail, l’ambiance, les rela­­
tions avec la hié­­ chie et l’équipe.
rar­­
Les 7 pré­­ ni­­ tions d’Herzberg pour déve­­ per la moti­­
co­­ sa­­
lop­­
vation
sont les sui­­
vants :
✓✓ Retirer des contrôles – per­­
mettre plus d’autocontrôles.
✓✓ Aug­­ ter l’initiative – confier pré­­ sions et pla­­ fi­­ tion.
men­­
vi­­
ni­­ ca­­
✓✓ Faire réa­­ ser un ensemble plu­­ qu’une par­­
li­­
tôt
tie.
✓✓ Accor­­ plus de pou­­
der
voir, plus de liberté dans le tra­­
vail.
✓✓ Faire le point pério­­ que­­
di­­ ment.
✓✓ Intro­­
duire des tâches nou­­
velles et plus dif­­ ciles.
fi­­
✓✓ Pro­­ ser des tâches pour pro­­ ser et déve­­ per son exper­­
po­­
gres­­
lop­­
tise.

Savoir-faire

L’apport de Frédéric Herzberg
11 • Ani­­
mer, moti­­ et
ver
déve­­ per les compé­­
lop­­
tences

Ani­­
mer une équipe
Moti­­ une équipe
ver
Déve­­ per les compé­­
lop­­
tences des collaborateurs
Délé­­
guer ou l’art de res­­ sa­­ li­­
pon­­ bi­­ ser

Les théo­­ des attentes ou théo­­ des pro­­ sus
ries
ries
ces­­
Les théo­­ des attentes1 se détournent du contenu des besoins pour
ries
s’intéresser au pro­­ sus de la moti­­
ces­­
vation. Ce qui met en mou­­ ­
ve­
ment les indi­­ dus, c’est le sen­­ ment d’avoir la capa­­ à déci­­ et
vi­­
ti­­
cité
der
à réa­­ ser leurs propres choix pour en tirer des béné­­
li­­
fices ayant une
valeur par­­ cu­­
ti­­ lière pour eux.
Pour l’école de la théo­­ des attentes, le méca­­
rie
nisme de la moti­
­
vation s’articule autour de trois concepts : l’expectation, la valence
et l’instrumentalité.
Le niveau d’expectation

Le niveau d’expectation est direc­­ ment lié à l’ambition et à l’idée
te­­
que se fait un indi­­
vidu de ses capa­­ tés dans un domaine donné.
ci­­
Pour être moti­­
vant, un objec­­ doit être proche, voire légè­­ ment
tif
re­­
supé­­
rieur à ce que la per­­
sonne pense pou­­ réa­­ ser. Elle doit avoir
voir li­­
le sen­­ ment d’avoir de bonnes chances de réus­­ mais pas trop
ti­­
sir,
faci­­ ment.
le­­
Dans une entre­­
prise, lorsqu’un col­­ bo­­ teur est face à une tâche
la­­ ra­­
simple et répé­­
titive, il se peut que, pour lui, le niveau d’expectation
de la tâche soit trop faible et donc non moti­­
vant. En revanche, si
son mana­­ lui demande de le rem­­ cer « au pied levé » pour pré­
ger
pla­­
­
sen­­ le bud­­ pré­­ sion­­ au PDG, il peut se sen­­ écrasé par
ter
get
vi­­ nel
tir
cette res­­ sa­­ lité et s’engager dans une spi­­ d’échec. Le niveau
pon­­ bi­­
rale
d’expectation est alors trop élevé, sauf si son mana­­ lui donne les
ger
moyens et l’assistance néces­­
saire pour y arri­­
ver.
Le mana­­ «  moti­­
ger
vant  » confie des mis­­
sions et des acti­­ tés
vi­­
d’un niveau légè­­ ment supé­­
re­­
rieur aux compé­­
tences habi­­ le­­
tuel­­ ment
exploi­­ de ses col­­ bo­­ teurs, tout en s’assurant qu’ils ont les capa­
tées
la­­ ra­­
­
ci­­ pour pou­­ les réa­­ ser.
tés
voir
li­­

1.	 Ces théo­­ sont décrites par Claude Levy-­ eboyer dans La Crise des moti­
ries
L
­
vations, PUF, 1983.

358
La valence est la valeur per­­ nelle, par essence sub­­ tive, don­­
son­­
jec­­
née
à la «  récom­­
pense  » ou au béné­­ par la per­­
fice
sonne agis­­
sante. Le
béné­­ peut être soit rela­­ nel et abs­­
fice
tion­­
trait : sens de la parole don­
­
née, nou­­ appren­­ sage, sen­­ ment d’importance…, soit concret :
vel
tis­­
ti­­
argent, avan­­
tage maté­­ pro­­ tion,…
riel,
mo­­
Il est impor­­
tant de noter que la valeur don­­ dépend uni­­ ­
née
que­
ment de la per­­
sonne, dans un contexte donné et à un moment
donné. Dans cer­­
tains cas, le mana­­ croit bien faire en octroyant
ger
une prime, alors qu’un compli­­
ment serait beau­­
coup plus effi­­
cace
pour la per­­
sonne concer­­
née. La per­­
sonne sera d’autant plus moti­­
vée
que le béné­­ attendu aura une valence forte pour elle.
fice

Savoirs

La valence

359

Savoir-être

L’instrumentalité est le lien exis­­
tant entre ce que la per­­
sonne veut
obte­­ et le tra­­ ou l’effort qu’elle doit four­­ pour y arri­­ Plus
nir
vail
nir
ver.
exac­­ ment, il s’agit de la repré­­ ta­­
te­­
sen­­ tion que se fait l’individu du lien
exis­­
tant entre le tra­­ fourni et le béné­­ obtenu.
vail
fice
Plus cette repré­­ ta­­
sen­­ tion sera claire, plus la moti­­
vation sera forte.
Si je ne suis pas sûr que mon effort m’apportera les béné­­
fices que
j’attends, pour­­
quoi irais-­e me fati­­
j
guer ? Dans une entre­­
prise, si les
primes sont attri­­
buées à par­­ de cri­­
tir
tères ou de cal­­
culs incom­­ ­
pré­
hen­­
sibles pour les col­­ bo­­ teurs, et que ceux-­ i ne peuvent pas faire
la­­ ra­­
c
direc­­ ment le lien entre ce qu’ils gagnent et ce qu’ils ont réa­­
te­­
lisé,
l’effet moti­­
vant de ces primes sera moindre que s’ils peuvent faire
le lien direc­­ ment et comprendre clai­­ ment comment leurs efforts
te­­
re­­
sont récom­­ sés.
pen­­
Un aspect impor­­
tant de l’instrumentalité est la confiance que
la per­­
sonne peut avoir dans l’aspect sys­­ ma­­
té­­ tique de la récom­­
pense
obte­­
nue. S’il y a un doute (risque de tri­­
cherie, de favoritisme…),
alors la moti­­
vation flé­­
chit.

Savoir-faire

L’instrumentalité
11 • Ani­­
mer, moti­­ et
ver
déve­­ per les compé­­
lop­­
tences

Ani­­
mer une équipe
Moti­­ une équipe
ver
Déve­­ per les compé­­
lop­­
tences des collaborateurs
Délé­­
guer ou l’art de res­­ sa­­ li­­
pon­­ bi­­ ser

La moti­­ ation du sala­­rié
v
selon la théo­­rie des attentes
Pour moti­­ un sala­­ le mana­­ doit :
ver
rié
ger
✓✓ Pro­­ ser des tâches ou des objec­­
po­­
tifs avec un niveau d’expectation
adapté, c’est-à-dire que le sala­­ pense pou­­
rié
voir atteindre, mais qui lui
offrent l’occasion de se dépas­­
ser.
✓✓ Pro­­ ser un béné­­
po­­
fice en cas de réus­­
site ayant une valence forte pour
le sala­­
rié.
✓✓ Cla­­ fier les règles du jeu et assu­­ leur respect dans le temps pour que
ri­­
rer
le sala­­ n’ait aucun doute quant à l’obtention du béné­­
rié
fice s’il atteint
l’objectif fixé.

Comment agir au quo­­ dien ?
ti­­
Faire le bilan des moti­­
vations dans son équipe

Le mana­­ doit être atten­­ aux signes de démotivation dans son
ger
tif
équipe. Les mani­­ ta­­
fes­­ tions de la fatigue sont sou­­
vent des signes
d’une démotivation. Les ali­­ qui concernent les absences répé­­
bis
tées
peuvent être aussi des marques de démo­­ li­­ tion.
bi­­ sa­­
Le mana­­ averti sait détecter les signes d’une équipe moti­­ Il
ger
vée.
s’agit par exemple d’esprit de coopé­­ tion, de trans­­ et de déve­­ ­
ra­­
fert
lop­
pe­­
ment des compé­­
tences ou d’initiatives à forte valeur ajou­­
tée.
La reconnais­­
sance comme outil de moti­­
vation
Les signes de reconnais­­
sance ver­­
bale

S’il n’a pas d’impact direct sur la moti­­
vation de ses col­­ bo­­ teurs,
la­­ ra­­
le mana­­ peut repérer, entre­­ nir et ali­­ ter celle-­ i par le biais
ger
te­­
men­­
c
de la reconnais­­
sance. Elle ne prend tout son sens que lorsqu’elle est
authen­­
tique, sin­­
cère, per­­ na­­ sée, adap­­ à la situa­­
son­­ li­­
tée
tion et dosée.
La reconnais­­
sance peut être posi­­ (un compli­­
tive
ment) ou néga­
­
tive (une cri­­
tique). Elle peut por­­ sur le Faire (une action réa­­ sée)
ter
li­­
ou l’Être (la per­­
sonne elle-­ ême).
m
360
Tableau 11.1 ■ Les signes de reconnais­­
sance
Posi­­
tif

Néga­­
tif

Être

« J’aime bien tra­­
vailler avec vous »

« Vous êtes nul »

Géné­­ le­­
ra­­ ment, un signe de reconnais­­
sance posi­­ a plus d’impact
tif
qu’un signe de reconnais­­
sance néga­­ sur la moti­­
tif
vation. Tou­­ fois
te­­
mieux vaut un signe de reconnais­­
sance néga­­ qu’une absence de
tif
reconnais­­
sance.
Quand le feedback porte sur le Faire, la per­­
sonne a des repères
fac­­
tuels pour conti­­
nuer ou modi­­ ce qu’elle fait. Il est plus déli­­
fier
cat
de don­­ un feedback qui porte sur l’Être car on est dans la sphère
ner
du sub­­ tif et du juge­­
jec­­
ment, sphère qui donne peu de prise pour la
repro­­ tion ou l’amélioration de la per­­ mance. Le mana­­ doit
duc­­
for­­
ger
s’interdire l’utilisation des signes de reconnais­­
sance néga­­ por­­
tifs
tant
sur l’Être.
En syn­­
thèse, il est pré­­ rable pour le mana­­ de nour­­ la moti­
fé­­
ger
rir
­
vation du col­­ bo­­ teur avec des signes de reconnais­­
la­­ ra­­
sance posi­­ ou
tifs
néga­­ por­­
tifs
tant sur le Faire.
Les autres formes de reconnais­­
sance

La reconnais­­
sance ne s’exprime pas que par les mots. En voici
quelques exemples.
Un sys­­
tème de rému­­ ra­­
né­­ tion juste et clair, basé sur des faits et
expli­­ à cha­­
qué
cun, en est une autre forme. Des infor­­ tions sur la
ma­­
situa­­
tion de l’équipe et de l’entreprise, ses objec­­
tifs, ses réus­­
sites et
ses dif­­ cultés montrent le respect des per­­
fi­­
sonnes.
L’implication des col­­ bo­­ teurs dans l’élaboration des objec­
la­­ ra­­
­
tifs et la défi­­ tion des moyens à mettre en œuvre par­­ cipe à la
ni­­
ti­­
reconnais­­
sance. Le suivi, l’accompagnement et la capi­­ li­­ tion sont
ta­­ sa­­
autant de gestes de reconnais­­
sance. La célé­­ tion des suc­­ de
bra­­
cès
l’équipe sou­­
ligne bien la reconnais­­
sance.
Faire confiance, être dis­­ nible pour le col­­ bo­­ teur, lui confier
po­­
la­­ ra­­
des mis­­
sions qui le font évo­­
luer, être à son écoute sont autant de moyens
à la por­­ du mana­­ pour acti­­ les moteurs de son équipe.
tée
ger
ver
361

Savoirs

« Cela fait 3 fois cette semaine que
vous arri­­
vez en retard »

Savoir-faire

« J’ai appré­­ la clarté de votre
cié
exposé »

Savoir-être

Faire
11 • Ani­­
mer, moti­­ et
ver
déve­­ per les compé­­
lop­­
tences

Ani­­
mer une équipe
Moti­­ une équipe
ver
Déve­­ per les compé­­
lop­­
tences des collaborateurs
Délé­­
guer ou l’art de res­­ sa­­ li­­
pon­­ bi­­ ser

CC Déve­­lop­­per les compé­­tences
des col­­la­­bo­­ra­­teurs
Le rôle d’accompagnateur s’apparente à
celui d’un « entraî­­
neur » vis-­ -vis de son
à
PRINCIPE CLÉ
col­­ bo­­ teur. Il faut à la fois consi­­ rer
la­­ ra­­
dé­­
Accom­­ gner un col­­ bo­­ teur
pa­­
la­­ ra­­
la per­­
sonne :
dans le déve­­ pe­­
lop­­ ment de ses
✓✓ dans son fonc­­ ne­­
tion­­ ment actuel ;
compé­­
tences consiste à l’aider
✓✓ et dans son poten­­ en train de se
tiel
à expri­­
mer ses poten­­
tiels et à
réa­­ ser.
li­­
libé­­ son éner­­
rer
gie, plu­­ qu’à
tôt
Cela néces­­ une prise de dis­­
site
tance
lui appor­­ une moti­­
ter
vation
par rap­­
port à ses rôles tra­­ tion­­
di­­ nels
venant de l’extérieur.
(fonc­­ nel, hié­­ chique, etc.) pour se
tion­­
rar­­
cen­­ sur le rôle de for­­ teur, de men­­ de guide et de conseil.
trer
ma­­
tor,

La démarche de construc­­ d’un plan de déve­­ pe­­
tion
lop­­ ment
Le déve­­ pe­­
lop­­ ment des compé­­
tences du col­­ bo­­ teur s’inscrit dans le
la­­ ra­­
cadre d’une démarche orga­­ sée pour atteindre les résul­­ décidés
ni­­
tats
avec lui. Cette démarche doit être libre­­
ment choi­­
sie.
Faire émer­­
ger les pistes de déve­­ pe­­
lop­­ ment

Les pistes de déve­­ pe­­
lop­­ ment du col­­ bo­­ teur appa­­
la­­ ra­­
raissent lors de
divers moments de sa vie pro­­ sion­­
fes­­ nelle  : bilan de compé­­
tence,
entre­­
tien de fixa­­
tion d’objectifs, anti­­ pation sur l’évolution du
ci­­
métier.
Ces pistes pro­­
viennent éga­­ ment des moti­­
le­­
vations et envies du
col­­ bo­­ teur et de l’identification par le mana­­ de ses talents.
la­­ ra­­
ger

362
Le mana­­ aidera son col­­ bo­­ teur à faire émer­­ ses prio­­ tés
ger
la­­ ra­­
ger
ri­­
en termes de déve­­ pe­­
lop­­ ment. Elles seront dis­­ tées en fonc­­
cu­­
tion du
contexte de la per­­
sonne, de son équipe et de son entre­­
prise.
En fonc­­
tion des élé­­
ments rete­­
nus, cer­­
tains auront la faveur du
col­­ bo­­ teur, d’autres celle du mana­­
la­­ ra­­
ger. Là réside donc le savoir
écou­­ du mana­­ pour négo­­ au mieux les inté­­ des par­­
ter
ger
cier
rêts
ties
en pré­­
sence. La compé­­
tence déve­­ pée devra être utile et pourra
lop­­
être uti­­ sée dans un contexte pré­­
li­­
cis.

Savoirs

Hié­­ chi­­
rar­­ ser les prio­­ tés de déve­­ pe­­
ri­­
lop­­ ment

Dans un troi­­
sième temps, on va se fixer des objec­­ pour cha­­
tifs
cune
des prio­­ tés. Pour cela, il faut se poser quatre ques­­
ri­­
tions :
✓✓ Quel est mon objec­­
tif ?
✓✓ Comment saurai-­e que je l’ai atteint ? Quels indi­­ teurs per­­ ­
j
ca­­
met­
tront d’évaluer l’atteinte de l’objectif ?
✓✓ Quelles sont mes res­­
sources pour l’atteindre ? Quel plan d’action
enga­­
ger ?
✓✓ Quelles sont les consé­­
quences posi­­
tives et néga­­
tives de l’atteinte
de cet objec­­
tif ?
Iden­­ fier les moda­­ tés d’apprentissage adap­­
ti­­
li­­
tées
au col­­ bo­­ teur
la­­ ra­­

Savoir-faire

Fixer les objec­­
tifs de déve­­ pe­­
lop­­ ment des compé­­
tences

363

Savoir-être

Cha­­
cun apprend d’une manière qui lui est propre. Cer­­
tains
apprennent en étant actifs par expé­­ men­­ tion, d’autres en obser­
ri­­ ta­­
­
vant un modèle. Cer­­
tains apprennent d’abord par la pra­­
tique alors
que d’autres ont besoin d’abord des fon­­ ments théo­­
de­­
riques pour
pas­­ ensuite à la pra­­
ser
tique.
Le mana­­
ger doit trou­­
ver avec son col­­ bo­­ teur le mode
la­­ ra­­
d’apprentissage qui lui est le mieux adapté.
11 • w, moti­­ et
ver
déve­­ per les compé­­
lop­­
tences

Ani­­
mer une équipe
Moti­­ une équipe
ver
Déve­­ per les compé­­
lop­­
tences des collaborateurs
Délé­­
guer ou l’art de res­­ sa­­ li­­
pon­­ bi­­ ser

Doser l’accompagnement en fonc­­
tion de l’autonomie
du col­­ bo­­ teur
la­­ ra­­

Le mode d’accompagnement varie selon l’autonomie du col­­ bo­­ ­
la­­ ra­
teur. En fonc­­
tion de cette der­­
nière, le mana­­ devra être direc­­
ger
tif,
per­­ sif, par­­ cipatif ou délégatif (voir tableau 11.2).
sua­­
ti­­

CC Délé­­guer ou l’art de res­­pon­­sa­­bi­­li­­ser
PRINCIPES CLÉS

La délé­­ tion est un acteur
ga­­
majeur de mana­­ ment
ge­­

La délé­­ tion peut être un levier de la
ga­­
moti­­
vation des col­­ bo­­ teurs. En effet,
la­­ ra­­
lorsque nous ques­­ nons un groupe de
tion­­
•	 Le mana­­ doit savoir adap­­
ger
ter
sta­­
giaires sur des situa­­
tions qui les ont par­
­
son mode de mana­­ ment au
ge­­
ti­­ liè­­ ment moti­­ ils citent à 90 % la
cu­­ re­­
vés,
niveau d’autonomie de cha­­
cun
délé­­ tion d’une mis­­
ga­­
sion repré­­ tant un
sen­­
de ses col­­ bo­­ teurs.
la­­ ra­­
enjeu impor­­
tant et leur per­­ tant de
met­­
mettre en œuvre leurs savoir-­aire.
f
De même, quand on leur demande de citer une situa­­
tion au cours
de laquelle ils ont res­­
senti de la démotivation, ils relatent une délé­­ ­
ga­
tion dans laquelle ils s’étaient inves­­ et qu’on leur a reti­­
tis
rée.
Une délé­­ tion réus­­ per­­ le déve­­ pe­­
ga­­
sie met
lop­­ ment du sens des res­
­
pon­­ bi­­ tés des col­­ bo­­ teurs, l’élargissement de leur compré­­ ­
sa­­ li­­
la­­ ra­­
hen­
sion géné­­ et l’entretien de leur moti­­
rale
vation.
•	 Réus­­ la délé­­ tion néces­­
sir
ga­­
site
le respect d’un cer­­
tain nombre
de règles.

Qu’est-ce que délé­­
guer ?
Délé­­
guer, c’est res­­ sa­­ li­­ un col­­ bo­­ teur direct en lui confiant
pon­­ bi­­ ser
la­­ ra­­
une acti­­
vité, une mis­­
sion.
Les condi­­
tions de réus­­ de la délé­­ tion :
site
ga­­
✓✓ Don­­ des objec­­
ner
tifs pré­­
cis.
✓✓ Défi­­ le niveau d’autonomie sur le choix des méthodes et des
nir
moyens et sur les déci­­
sions à prendre.
✓✓ Pré­­ ser les règles et pro­­ dures à res­­ ter, ainsi que les inter­­
ci­­
cé­­
pec­­
dits.
364
✓✓ Cla­­ fier les moda­­ tés et la fré­­
ri­­
li­­
quence du contrôle.
La délé­­ tion per­­ au col­­ bo­­ teur de déve­­ per ses compé­
ga­­
met
la­­ ra­­
lop­­
­
tences. Ce qui apporte de nom­­
breux béné­­
fices à l’entreprise : une
flexi­­ lité accrue, une dimi­­ tion des coûts, une aug­­ ta­­
bi­­
nu­­
men­­ tion de
la mobi­­ sa­­
li­­ tion.

Savoirs

Les obs­­
tacles à la délé­­ tion
ga­­
De la part du mana­­
ger

De la part du col­­ bo­­ teur
la­­ ra­­

Pour le col­­ bo­­ teur, les obs­­
la­­ ra­­
tacles peuvent être :
✓✓ la peur de prendre des res­­ sa­­ li­­
pon­­ bi­­ tés ;
✓✓ l’appréhension devant une mis­­
sion inconnue ;
✓✓ une expé­­
rience anté­­
rieure d’échec ;
✓✓ la peur des consé­­
quences en cas d’échec ;
✓✓ l’idée que le mana­­ lui fait exé­­ ter toutes les tâches désa­
ger
cu­­
­
gréables.

Savoir-faire

Pour le mana­­ les rai­­
ger,
sons peuvent être :
✓✓ la dif­­ culté à faire confiance ;
fi­­
✓✓ la crainte d’obtenir des résul­­ de moindre qua­­
tats
lité ;
✓✓ le risque de devoir inves­­ du temps ;
tir
✓✓ la dif­­ culté à confier une mis­­
fi­­
sion qu’on appré­­
cie ;
✓✓ la crainte de perdre du pou­­ face à la mon­­ en compé­­
voir
tée
tences
du col­­ bo­­ teur ;
la­­ ra­­
✓✓ la peur de perdre sa fonc­­
tion.

Délé­­
guer, c’est tout d’abord pour le mana­­ un gain de temps et la
ger
pos­­ bi­­ de se cen­­ sur les prio­­ tés de sa fonc­­
si­­ lité
trer
ri­­
tion et des tâches
à plus forte valeur ajou­­
tée.
Délé­­
guer, c’est aussi le moyen de réduire les sur­­
charges et les
retards. Les temps de réponse étant rac­­ cis par l’abaissement
cour­­
dans la hié­­ chie des points de déci­­
rar­­
sion, l’entreprise gagne en sou­
­
plesse et en effi­­ cité.
ca­­
365

Savoir-être

Pour­­
quoi délé­­
guer ?
11 • Ani­­
mer, moti­­ et
ver
déve­­ per les compé­­
lop­­
tences

Ani­­
mer une équipe
Moti­­ une équipe
ver
Déve­­ per les compé­­
lop­­
tences des collaborateurs
Délé­­
guer ou l’art de res­­ sa­­ li­­
pon­­ bi­­ ser

C’est éga­­ ment un excellent moyen pour le col­­ bo­­ teur de
le­­
la­­ ra­­
«  faire ses preuves  », de déve­­ per son auto­­ mie et ses compé­
lop­­
no­­
­
tences et d’augmenter sa satis­­
faction au tra­­
vail.
Le mana­­ éta­­ enfin avec ses col­­ bo­­ teurs une rela­­
ger blit
la­­ ra­­
tion fon­
­
dée sur la confiance, ce qui aura un effet sur la moti­­
vation et le
cli­­
mat de tra­­
vail. Il peut ainsi assu­­
mer plus effi­­ ce­­
ca­­ ment son rôle
d’animateur d’équipe et fait une meilleure uti­­ sation des talents de
li­­
cette der­­
nière.

Comment délé­­
guer ?
Une délé­­ tion effi­­
ga­­
cace se pré­­
pare par étapes.
Situer la délé­­ tion
ga­­

À cette étape, trois ques­­
tions s’imposent :
✓✓ Quoi délé­­
guer ? Pour déter­­ ner l’objet de la délé­­ tion, le
mi­­
ga­­
mana­­ recense parmi ses mis­­
ger
sions et acti­­ tés celles qu’il peut
vi­­
confier. Il décide des résul­­ à atteindre et défi­­ les objec­­
tats
nit
tifs.
✓✓ À qui délé­­
guer ? Il déter­­
mine ensuite à qui confier la délé­­ tion.
ga­­
Il choi­­ parmi ses col­­ bo­­ teurs celui qui peut mener cette mis­
sit
la­­ ra­­
­
sion à son terme en fonc­­
tion de son niveau d’autonomie.
✓✓ Quel style de mana­­ ment adop­­
ge­­
ter ? Le style de mana­­ ment à
ge­­
adop­­ dépend de l’autonomie du délé­­ taire, elle-­ ême fonc­
ter
ga­­
m
­
tion de sa compé­­
tence et de sa moti­­
vation (voir tableau 11.2).
For­­ li­­
ma­­ ser la délé­­ tion
ga­­

Il s’agit de for­­ li­­
ma­­ ser :
✓✓ L’objectif.
✓✓ La zone d’autonomie.
✓✓ Les cinq règles du jeu.

366
Savoir-faire

Veut bien faire
Il s’intéresse et aime­­ bien faire plus si seule­­
rait
ment on l’aidait
davan­­
tage, ou si on lui don­­
nait plus de moyens pour le faire : expli­
­
ca­­
tions, idées, temps dégagé ; il aime­­ être plus ras­­
rait
suré sur sa
compé­­
tence.

Ne sait pas bien faire
Il attend des expli­­ tions du mana­­ sur ce qu’il y a à faire et la
ca­­
ger
façon de le faire. Il a commencé à poser des ques­­
tions sur le pour­
­
quoi ? et le comment ? Il fait le lien avec ce qu’il connaît déjà.

Ne veut pas faire
Il redoute un peu cette res­­ sa­­ lité, ne sait pas s’il sera capable.
pon­­ bi­­
Ou il ne mesure pas bien les dif­­ cultés et se déclare prêt à le faire,
fi­­
mais au pre­­
mier obs­­
tacle il bais­­
sera les bras et décla­­
rera que « c’est
impos­­
sible » ou qu’« il n’y a rien à faire ».

Ne sait pas faire
Il attend les infor­­ tions, les connais­­
ma­­
sances, les idées de l’extérieur
et du mana­­
ger ? Si rien ne vient, il ne fera rien. Il ne fait pas le lien
entre les connais­­
sances dont il dis­­
pose et la mis­­
sion à accom­­
plir. Il
ne saura pas mobi­­ ser son expé­­
li­­
rience si on ne lui dit pas comment
faire.

Compé­­
tences et moti­­
vation

Faible auto­­ mie
no­­

Très faible autonomie ou
situation d’urgence

Niveau d’autonomie

Tableau 11.2 ■ Le mode de mana­­ ment pour chaque niveau d’autonomie
ge­­

Savoir-être

367

Savoirs

☞

PER­­
SUA­­
SIF
Explique les causes des résul­­
tats
Sus­­
cite les ques­­
tions, la par­­ cipation
ti­­
Donne de l’autonomie sur la méthode
Cen­­ sur le moyen terme (abs­­
tré
trait)
Maître mot : Encou­­ ger
ra­­

DIREC­­
TIF
Pré­­ sur les résul­­
cis
tats
Pré­­ sur la méthode
cis
Points de contrôle pré­­
vus à l’avance
Cen­­ sur le présent (concret)
tré
Maître mot : Sécu­­ ser
ri­­

Mode de mana­­ ment
ge­­
recom­­
mandé
☞

368

Veut faire
Il a confiance en sa capa­­
cité à réus­­ et sait trans­­
sir
mettre sa
confiance et sa moti­­
vation. Il n’investit que l’énergie néces­­
saire et
sait s’intéresser à autre chose.

Sait faire
Il pos­­
sède toutes les compé­­
tences, sait iden­­ fier celles qui lui
ti­­
manquent et les complé­­ par une démarche per­­ nelle. Il pos­
ter
son­­
­
sède du recul par rap­­
port aux consé­­
quences de ses acti­­ tés et peut
vi­­
donc trans­­
mettre effi­­ ce­­
ca­­ ment son savoir-­aire à un débu­­
f
tant.

Veut faire et pose des condi­­
tions
Il a confiance en lui et exige qu’on le laisse faire comme il l’entend.
Ou il pense avoir besoin d’aide et demande son appui au mana­­
ger.
Il est moteur dans la demande des moyens.

Sait faire
Il a la compé­­
tence, sait iden­­ fier celles qui lui manquent éven­­ ­
ti­­
tuel­
le­­
ment et auprès de qui aller cher­­
cher des complé­­
ments. Il est très
accro­­
ché à ses idées, ses concep­­
tions et se rend par­­
fois dif­­ ci­­ ­
fi­­ le­
ment compte des inci­­
dences de celles-­ i sur l’environnement. Très
c
dési­­
reux de réus­­ il manque de recul.
sir,

Compé­­
tences et moti­­
vation

Forte auto­­ mie
no­­

Auto­­ mie moyenne
no­­

Niveau d’autonomie

DÉLÉGATIF
Défi­­ les résul­­
nit
tats atten­­
dus avec
ren­­
contres à l’initiative du col­­ bo­­ ­
la­­ ra­
teur
Défi­­ la forme et le rythme du
nit
contrôle
Aide indi­­
recte par infor­­ tion
ma­­
Res­­ sa­­ lité par­­ gée Maître mot :
pon­­ bi­­
ta­­
Accep­­
ter

PAR­­ CIPATIF
TI­­
Dia­­
logue sur pied d’égalité Assis­
­
tance, conseil sur appel du col­­ bo­
la­­ ­
ra­­
teur
Prise en compte des idées et sug­
­
ges­­
tions
Maître mot : Col­­ bo­­
la­­ rer

Mode de mana­­ ment
ge­­
recom­­
mandé
1.	 Voir le cha­­
pitre 8 pour davan­­
tage de détails.

369

Savoirs
Savoir-faire
Savoir-être

✓✓L’objectif défi­­ les livrables et leur délai de remise. Il est for­
nit
­
1
ci­­
rable, adapté, réa­
­
mulé selon les règles smart (spé­­ fique, mesu­­
lisé, timé ou échéancé) des indi­­ teurs de mesure d’atteinte de
ca­­
l’objectif auront été iden­­ fiés.
ti­­
✓✓La zone d’autonomie du col­­ bo­­ teur comprend :
la­­ ra­­
−− Les moyens et pou­­
voirs mis à sa dis­­ si­­
po­­ tion. Le mana­­
ger
aura soin de les anti­­ per ou de les négo­­ selon le cas.
ci­­
cier
−− Les inter­­
dits, les règles et les pro­­ dures à res­­ ter. Ces
cé­­
pec­­
règles concourent à la réus­­ de la délé­­ tion.
site
ga­­
✓✓Les cinq règles du jeu comprennent :
−− La confiance mutuelle : le délé­­
gant fait confiance à son col­
­
la­­ ra­­
bo­­ teur pour mener à bien la mis­­
sion ou la tâche confiée
et le col­­ bo­­ teur sait pou­­
la­­ ra­­
voir comp­­ sur son mana­­
ter
ger
pour l’accompagner dans l’accomplissement de sa mis­­
sion.
−− La co-­ esponsabilité : le pro­­ sus de délé­­ tion crée une
r
ces­­
ga­­
rela­­
tion contrac­­
tuelle. Mana­­ et col­­ bo­­ teur par­­
ger
la­­ ra­­
tagent
la res­­ sa­­ lité du suc­­ et de l’échec de la mis­­
pon­­ bi­­
cès
sion. Tous
deux gagnent ensemble ou perdent ensemble.
−− Le droit à l’erreur favo­­ l’autonomie du col­­ bo­­ teur. Il
rise
la­­ ra­­
accepte la prise de risque et ne cherche pas à se pro­­ ger en
té­­
sol­­ ci­­
li­­ tant en per­­ nence l’accord du hié­­ chique avant
ma­­
rar­­
d’agir. De plus, le droit à l’erreur par­­ cipe à son pro­­ sus
ti­­
ces­­
d’apprentissage.
−− La délé­­ tion implique une rela­­
ga­­
tion d’aide posi­­
tive. Délé­
­
guer néces­­ de lais­­ l’autre réa­­ ser seul son expé­­
site
ser
li­­
rience
et se confron­­ seul aux dif­­ cultés de la mis­­
ter
fi­­
sion. Si cette
condi­­
tion n’est pas rem­­
plie, la délé­­ tion n’est qu’une
ga­­
simple exé­­ tion. Délé­­
cu­­
guer sous-­ ntend donc de se mettre
e
à la dis­­ si­­
po­­ tion du col­­ bo­­ teur dans les cas où il aurait
la­­ ra­­
besoin d’aide.
−− Le contrôle fait par­­ de la délé­­ tion. Il est impor­­
tie
ga­­
tant
pour le mana­­ et le col­­ bo­­ teur d’avoir for­­ lisé à
ger
la­­ ra­­
ma­­
l’avance ses moda­­ tés et sa fré­­
li­­
quence.
11 • Ani­­
mer, moti­­ et
ver
déve­­ per les compé­­
lop­­
tences

Moti­­ une équipe
ver
Déve­­ per les compé­­
lop­­
tences des collaborateurs
Délé­­
guer ou l’art de res­­ sa­­ li­­
pon­­ bi­­ ser
Accom­­ gner le chan­­ ment
pa­­
ge­­

Contrô­­ la délé­­ tion
ler
ga­­

Il y a deux façons d’exercer le contrôle. La pre­­
mière consiste à sur­
­
veiller les indi­­ dus et à contrô­­ la confor­­
vi­­
ler
mité de l’exécution.
Cette pre­­
mière forme de contrôle déve­­
loppe de la défiance, de
l’infantilisation et de la déresponsabilisation.
La deuxième consiste à contrô­­ l’atteinte des objec­­ fixés
ler
tifs
conjoin­­ ment selon des moda­­ tés de suivi défi­­
te­­
li­­
nies ensemble. Le
rôle du mana­­ est un rôle de sou­­
ger
tien vis-­ -vis de son col­­ bo­­ ­
à
la­­ ra­
teur, il est un appui pour l’atteinte des objec­­ S’il y a des écarts,
tifs.
ils doivent trou­­ ensemble des actions cor­­ tives pour atteindre
ver
rec­­
les objec­­ fixés. Le contrôle est posi­­ et construc­­ pré­­ cupé de
tifs
tif
tif, oc­­
l’avenir et non du passé.
Éva­­
luer la délé­­ tion
ga­­

L’évaluation de la délé­­ tion est la der­­
ga­­
nière étape du pro­­ sus. Elle
ces­­
per­­ à la fois de faire un bilan et de capi­­ li­­ sur l’expérience.
met
ta­­ ser
L’atteinte des objec­­ est le mar­­
tifs
queur du suc­­ ou de l’échec
cès
de la délé­­ tion. Le mana­­ aura soin d’écouter le point de vue du
ga­­
ger
délé­­ taire et s’appuiera sur les faits pour don­­ son feedback.
ga­­
ner

CC Accom­­pa­­gner le chan­­ge­­
ment
PRINCIPES CLÉS
•	 Le mana­­ peut être confronté à
ger
des chan­­ ments pro­­
ge­­
fonds de son
entre­­
prise qui ont des consé­­
quences
impor­­
tantes sur la vie de ses col­­ bo­
la­­ ­
ra­­
teurs.
•	 Pour agir conve­­ ble­­
na­­ ment, il doit
comprendre les étapes qui conduisent
à l’acceptation du chan­­ ment chez
ge­­
un indi­­
vidu.

370

Dans un envi­­ ne­­
ron­­ ment éco­­ ­
no­
mique très évo­­ tif les entre­­
lu­­
prises
doivent constam­­
ment adap­
­
ter leur orga­­ sa­­
ni­­ tion pour être
davan­­
tage flexibles et réac­­
tives.
Le chan­­ ment fait par­­ de la
ge­­
tie
vie des entre­­
prises et les mana­
­
gers ont un rôle majeur à jouer
dans la conduite du chan­­ ment
ge­­
et l’accompagnement de leurs
équipes.
On peut défi­­ deux natures de chan­­ ment :
nir
ge­­
✓✓ Un chan­­ ment de faible niveau qui reste à l’intérieur des règles
ge­­
exis­­
tantes du sys­­
tème. Les col­­ bo­­ teurs ne sont géné­­ le­­
la­­ ra­­
ra­­ ment
pas for­­ ment impac­­ dans leur quo­­ dien. Le mana­­ de
te­­
tés
ti­­
ger
proxi­­
mité sera effi­­
cient pour les accom­­ gner dans ce chan­­ ­
pa­­
ge­
ment.
✓✓ Un chan­­ ment impor­­
ge­­
tant qui modi­­ le sys­­
fie
tème lui-­ ême et
m
entraîne de nou­­
veaux fonc­­ ne­­
tion­­ ments et de nou­­
velles règles.
C’est ce deuxième type de chan­­ ment qui requiert une véri­­
ge­­
table
atten­­
tion. Nous nous inté­­ se­­
res­­ rons à présent à cette nature de chan­
­
ge­­
ment.

Savoirs

Défi­­ le chan­­ ment
nir
ge­­

371

Savoir-être

Dans un pro­­ sus de chan­­ ment, des blo­­
ces­­
ge­­
cages des col­­ bo­­ teurs
la­­ ra­­
peuvent naître. Ils résultent de leur crainte face à une situa­­
tion
inconnue dont ils ne maî­­
trisent pas l’incidence sur leur vie per­­ ­
son­
nelle.
Pour que les col­­ bo­­ teurs s’impliquent dans les évo­­ tions
la­­ ra­­
lu­­
d’un sys­­
tème, il faut qu’ils apprennent à chan­­ de para­­
ger
digme. Un
changement de para­­
digme dans l’entreprise est quelque chose que
l’on pen­­ infai­­
sait
sable aupa­­ vant et que l’on constate comme pos­
ra­­
­
sible.
Les col­­ bo­­ teurs ont besoin pour s’impliquer dans un nou­­
la­­ ra­­
veau
sys­­
tème de chan­­ leur repré­­ ta­­
ger
sen­­ tion du métier, de l’entreprise, de
leur rôle et de leurs prio­­ tés.
ri­­
Le compor­­ ment indi­­ duel face à un chan­­ ment de para­
te­­
vi­­
ge­­
­
digme est évo­­ tif et passe par dif­­ rentes phases qui s’apparentent à
lu­­
fé­­
un tra­­ de deuil.
vail

Savoir-faire

Les compor­­ ments indi­­ duels face au chan­­ ment
te­­
vi­­
ge­­
11 • Ani­­
mer, moti­­ et
ver
déve­­ per les compé­­
lop­­
tences

Moti­­ une équipe
ver
Déve­­ per les compé­­
lop­­
tences des collaborateurs
Délé­­
guer ou l’art de res­­ sa­­ li­­
pon­­ bi­­ ser
Accom­­ gner le chan­­ ment
pa­­
ge­­

Figure 11.1 ■ Les dif­­ rentes phases du chan­­ ment
fé­­
ge­­

SI

I
I

SSI
I

Les dif­­ rentes étapes sont :
fé­­
✓✓ la sidération et la stu­­
peur, le choc ;
✓✓ le déni : on n’y croit pas « ce n’est pas pos­­
sible » ;
✓✓ la révolte : on cherche un ou des res­­ sables ;
pon­­
✓✓ le mar­­
chan­­
dage est une phase où le col­­ bo­­ teur va essayer de
la­­ ra­­
négo­­ ou de gar­­ des élé­­
cier
der
ments anté­­
rieurs pour ne pas être
trop bou­­ versé par le chan­­ ment ;
le­­
ge­­
✓✓ la dépres­­
sion est le début du salut  : le col­­ bo­­ teur a compris
la­­ ra­­
qu’il ne peut pas faire autre­­
ment et sait qu’il va devoir quit­­ ses
ter
anciennes habi­­
tudes, d’où une cer­­
taine tris­­
tesse ;
✓✓ l’acceptation est le moment où les choses deviennent nor­­
males ;
✓✓ le nou­­
veau pro­­ signi­­ que le col­­ bo­­ teur est ren­­ dans le
jet
fie
la­­ ra­­
tré
nou­­
veau sys­­
tème et peut se consa­­ à d’autres pro­­
crer
jets.
372
L’accompagnement des col­­ bo­­ teurs s’effectue par de l’information
la­­ ra­­
et de l’explication à toutes les étapes du pro­­ Il faut pré­­ ter le
jet.
sen­­
chan­­ ment en sui­­
ge­­
vant scru­­ leu­­ ment les étapes sui­­
pu­­ se­­
vantes :
✓✓ pré­­ ter le pro­­
sen­­
blème ou l’événement qui est à l’origine du chan­
­
ge­­
ment ;
✓✓ expli­­
quer le ou les objec­­ recher­­
tifs
chés ;
✓✓ expo­­ les chan­­ ments orga­­ sa­­ nels qui portent sur les
ser
ge­­
ni­­ tion­­
rôles et mis­­
sions, les méthodes de tra­­
vail, les moyens uti­­ sés et
li­­
les compé­­
tences ;
✓✓ pré­­ ter les moda­­ tés de mise en œuvre.
sen­­
li­­

Savoirs

Le rôle du mana­­
ger : infor­­
mer et expli­­
quer

373

Savoir-être

Les fac­­
teurs prin­­ paux sont de :
ci­­
✓✓ favo­­ ser les échanges ;
ri­­
✓✓ encou­­ ger les sala­­ à for­­ ler des sug­­ tions et à les mettre
ra­­
riés
mu­­
ges­­
en pra­­
tique ;
✓✓ être à l’écoute des pré­­ cu­­ tions des col­­ bo­­ teurs ;
oc­­ pa­­
la­­ ra­­
✓✓ répondre aux demandes d’aide ;
✓✓ orga­­ ser des réunions d’échanges et de par­­
ni­­
tage ;
✓✓ favo­­ ser les échanges infor­­
ri­­
mels ;
✓✓ être exem­­
plaire dans ses actions ;
✓✓ rap­­ ler régu­­ re­­
pe­­
liè­­ ment les motifs du chan­­ ment et ses fina­­ ­
ge­­
li­
tés ;
✓✓ mon­­ ce que cela va appor­­ à tous mais aussi au niveau de
trer
ter
cha­­
cun ;
✓✓ résoudre les pro­­
blèmes du quo­­ dien qui ont tou­­
ti­­
jours été lais­­
sés
de côté ;
✓✓ mon­­ que l’on agit, qu’il se passe des choses ;
trer
✓✓ mon­­ qu’on écoute les col­­ bo­­ teurs en pre­­
trer
la­­ ra­­
nant en compte
leurs dif­­ cultés et en y appor­­
fi­­
tant des solu­­
tions ;
✓✓ mon­­ les résul­­ obte­­ au fur et à mesure ;
trer
tats
nus
✓✓ mettre en commun les bonnes pra­­
tiques pour les faire adop­­
ter
par tous ;

Savoir-faire

Les fac­­
teurs de réus­­
site de l’accompagnement
du chan­­ ment
ge­­
11 • Ani­­
mer, moti­­ et
ver
déve­­ per les compé­­
lop­­
tences

Moti­­ une équipe
ver
Déve­­ per les compé­­
lop­­
tences des collaborateurs
Délé­­
guer ou l’art de res­­ sa­­ li­­
pon­­ bi­­ ser
Accom­­ gner le chan­­ ment
pa­­
ge­­

✓✓ mettre en valeur les suc­­
cès ;
✓✓ faire de la reconnais­­
sance adap­­ au pro­­
tée
grès et à l’effort mis en
œuvre ;
✓✓ asso­­ au chan­­ ment une trans­­ ma­­ de l’environnement de
cier
ge­­
for­­ tion
tra­­
vail : déco­­ tion, empla­­ ment, dis­­ si­­
ra­­
ce­­
po­­ tion dans les locaux.

La mis­­
sion du mana­­ s’appuie sur quatre savoir-­aire prin­
ger
f
­
ci­­
paux : ani­­
mer, moti­­
ver, déve­­ per les compé­­
lop­­
tences et
délé­­
guer. L’exercice de ces quatre savoir-­aire requiert une
f
même pos­­
ture de savoir-être : tra­­
vailler avec l’humanité
de cha­­
cun pour pro­­
duire des résul­­
tats.

374
Savoirs

Chapitre 12

Les ques­­
tions aux­­
quelles répond ce cha­­
pitre
lop­­
cience dans les rela­
­
◆◆ Comment agir pour déve­­ per son effi­­
tions trans­ erses ?
v
ra­­
cace ?
◆◆ Quels sont les leviers d’une coopé­­ tion effi­­

Savoir-faire

Tra­­
vailler en mode
trans­­ sal
ver­­

◆◆ Qu’est-ce qu’un pro­­
jet ?

375

Savoir-être

◆◆ Comment orga­­ ser, pilo­­ puis clore les tra­­
ni­­
ter
vaux d’un pro­­
jet ?
12 • Tra­­
vailler en mode
trans­­ sal
ver­­

L’enjeu de la transversalité pour le manager
Déve­­ per des rela­­
lop­­
tions de coopé­­ tion
ra­­
Col­­ bo­­ en mode pro­­
la­­ rer
jet

CC L’enjeu de la transversalité
pour le mana­­ger
Les qua­­ tés d’un mana­­
li­­
ger s’évaluent
d’abord dans son péri­­
mètre hié­­ chique,
rar­­
PRINCIPES CLÉS
à la compé­­
tence qu’il a à enca­­
drer d’autres
•	 Tra­­
vailler en mode trans­
­
per­­
sonnes pour atteindre des résul­­
tats.
ver­­
sal, c’est agir dans une
L’animation de son équipe, la prise en
orga­­ sa­­
ni­­ tion souple, sans
compte du fac­­
teur humain, l’évaluation et
liens hié­­ chiques éta­­
rar­­
blis
l’évolution des per­­
sonnes vont désor­­
mais
et devoir compo­­ avec la
ser
dif­­ rence.
fé­­
de pair avec le pilo­­
tage de l’activité et en
condi­­
tionnent la réus­­
site.
•	 La seule voie de suc­­
cès
réside dans la recherche
Mais la véri­­
table effi­­ cité va cepen­
ca­­
­
de coopé­­ tion.
ra­­
dant bien au-­ elà. Le mana­­ avec son
d
ger
ser­­
vice consti­­ un des maillons du sys­
tue
­
tème « entre­­
prise ». De la compré­­ sion qu’il a de cette glo­­ lité
hen­­
ba­­
dépen­­ sa capa­­ à ins­­
dra
cité
crire son action dans un objec­­ plus large,
tif
celui de l’entreprise à laquelle il appar­­
tient.
Le mana­­ véri­­ ble­­
ger
ta­­ ment effi­­
cace est celui qui pos­­
sède ce degré
d’ouverture et de compé­­
tences pour inter­ gir avec les acteurs,
a
internes ou externes, avec qui il par­­
tage un lien d’interdépendance.
Tra­­
vailler en mode trans­­ sal est pour le mana­­ une manière
ver­­
ger
d’optimiser les résul­­ col­­ tifs et ceux de son ser­­
tats lec­­
vice.

Ce qu’implique la transversalité
La dyna­­
mique rela­­ nelle pré­­
tion­­
sente dans les rela­­
tions trans­ erses
v
repose sur 3 par­­ cu­­ ri­­ qui sont :
ti­­ la­­ tés
✓✓ la néces­­ de devoir compo­­ avec la dif­­ rence ;
sité
ser
fé­­
✓✓ des liens « souples » entre les acteurs ;
✓✓ l’absence d’organisation dédiée.

376
En trans­­ sal, la plu­­
ver­­
part des para­­
mètres séparent les inter­­ cuteurs :
lo­­
fonc­­
tion, métier, objec­­ et contraintes, pour ne citer que les plus
tifs
cou­­
rants.
La transversalité place donc le mana­­ dans une situa­­
ger
tion de
méconnais­­
sance : il a besoin de comprendre le monde de l’autre sans
perdre de vue ses propres inté­­ et besoin de par­­ ger et d’avancer
rêts
ta­­
vers le résul­­
tat.
Pour chaque nou­­
veau contact, c’est un espace rela­­ nel qui
tion­­
s’ouvre et des ques­­ ne­­
tion­­ ments : « Comment allons-­ ous tra­­
n
vailler
ensemble ? » « Pourrai-­e lui faire confiance ? » « Arriverons-­ ous au
j
n
résul­­ faci­­ ment ? » La réponse est à chaque fois unique.
tat
le­­

Savoirs

La néces­­
sité de devoir compo­­
ser avec la dif­­ rence
fé­­

Dans son ser­­
vice, le mana­­ dis­­
ger pose d’un pou­­
voir d’autorité et de
liens de subor­­ na­­
di­­ tion avec sa hié­­ chie et son équipe. Dans les
rar­­
rela­­
tions trans­ erses, il n’a ni le pou­­ de déci­­ seul, ni rat­­ che­
v
voir
der
ta­­ ­
ment pré­­ avec les acteurs.
cis
En trans­­ sal, les rap­­
ver­­
ports entre indi­­ dus dépendent des
vi­­
contextes et enjeux de chaque situa­­
tion. Ils sont plus mou­­
vants, plus
complexes, emprunts de logiques d’acteurs et de pou­­
voir.
L’attitude de coopé­­ tion est la plus inté­­ sante pour déve­­ per
ra­­
res­­
lop­­
une rela­­
tion construc­­ et fruc­­
tive
tueuse.

Savoir-faire

Des liens « souples » entre les acteurs

La logique trans­­ sale est rare­­
ver­­
ment for­­ li­­ au plan orga­­ sa­
ma­­ sée
ni­­ ­
tion­­ Aussi pour les pro­­ go­­
nel.
ta­­ nistes qui s’y engagent, il y a néces­
­
sité d’investir et de struc­­ rer cet espace de tra­­
tu­­
vail. Dès le démar­
­
rage il est utile de cla­­ fier un cadre commun, de s’accorder sur un
ri­­
objec­­ par­­
tif tagé, sur des valeurs, des règles de fonc­­ ne­­
tion­­ ment et des
méthodes de tra­­
vail.
Sans ce cadre, chaque dif­­ rence de point de vue sera poten­
fé­­
­
tiel­­ ment por­­
le­­
teuse de désac­­
cords et de dys­­ tion­­ ments. Une
fonc­­ ne­­
fois la col­­ bo­­ tion enga­­
la­­ ra­­
gée, il fau­­ veiller au respect du cadre
dra
commun.
377

Savoir-être

L’absence d’organisation dédiée
12 • Tra­­
vailler en mode
trans­­ sal
ver­­

L’enjeu de la transversalité pour le manager
Déve­­ per des rela­­
lop­­
tions de coopé­­ tion
ra­­
Col­­ bo­­ en mode pro­­
la­­ rer
jet

Agir effi­­ ce­­
ca­­ ment en trans­­ sal : la coopé­­ tion
ver­­
ra­­
La coopé­­ tion est le moyen le plus effi­­
ra­­
cace pour fonc­­ ner
tion­­
ensemble sur le long terme. Elle agit à la fois sur la qua­­ des résul­
lité
­
tats et de la rela­­
tion. Sur la qua­­ des résul­­
lité
tats : une déci­­
sion éla­­ ­
bo­
rée ensemble engage plus les co­ écideurs dans le plan d’actions. Sur
d
la qua­­ de la rela­­
lité
tion : coopé­­ néces­­ au départ de se sen­­ en
rer
site
tir
confiance, ensuite les effets de la coopé­­ tion déve­­
ra­­
loppent et ren­
­
forcent la confiance.
Pour le mana­­ déve­­ per une rela­­
ger,
lop­­
tion de coopé­­ tion avec les
ra­­
acteurs trans­ erses sup­­
v
pose 3 condi­­
tions :
✓✓ avoir le pou­­
voir de le faire ;
✓✓ en avoir l’envie et la volonté ;
✓✓ avoir les compé­­
tences pour la mettre en œuvre dès le 1er contact
et sur le long terme.
Figure 12.1 ■ Les 3 condi­­
tions de la coopé­­ tion
ra­­
Savoir coopérer

Pouvoir coopérer

Vouloir coopérer

Pou­­
voir coopé­­
rer

Pou­­
voir coopé­­ fait réfé­­
rer
rence au sys­­
tème orga­­ sa­­ nel et
ni­­ tion­­
managérial de l’entreprise.

378
Savoirs

Ce der­­
nier va faci­­ ter la coopé­­ tion, lorsque :
li­­
ra­­
✓✓ il existe une cohé­­
rence entre la fonc­­
tion du mana­­ et les pou­
ger
­
voirs dont il dis­­
pose ;
✓✓ les actions enga­­
gées par les uns et par les autres cor­­ pondent à
res­­
ce qui est défini.
À l’inverse, le manque de cadre ou son non-­ espect entraî­­
r
nera
des dys­­ tion­­ ments et des rap­­
fonc­­ ne­­
ports de force.
Dans un contexte de tra­­ plus complexe, cla­­ fier l’architecture
vail
ri­­
du sys­­
tème est la condi­­
tion pre­­
mière pour per­­
mettre la régu­­ tion
la­­
des rela­­
tions entre les per­­
sonnes. L’organisation par le sys­­
tème et
la régu­­ tion entre les acteurs sont deux moyens complé­­ taires
la­­
men­­
pour opti­­ ser le fonc­­ ne­­
mi­­
tion­­ ment glo­­ Si la pre­­
bal.
mière manque, la
seconde est dif­­ cile à mettre en œuvre.
fi­­

Savoir coopé­­
rer

Les qua­­ tés pour coopé­­ portent sur : l’analyse des situa­­
li­­
rer
tions, la
connais­­
sance de soi pour se situer dans la rela­­
tion et comprendre
l’autre et la mise en œuvre de compé­­
tences rela­­ nelles mul­­
tion­­
tiples :
prendre la parole, écou­­ expri­­ ses émo­­
ter,
mer
tions et réguler.
La finesse avec laquelle le mana­­ va uti­­ ser toutes ses res­­
ger
li­­
sources
est la clef pour adap­­ ses compor­­ ments aux contextes diver­­ fiés
ter
te­­
si­­
et aux niveaux de ses inter­­ cuteurs.
lo­­

379

Savoir-être

Vou­­ coopé­­ ren­­
loir
rer
voie à la matu­­ rela­­ nelle du mana­­ à
rité
tion­­
ger,
ses valeurs et croyances, à sa manière de se repré­­ ter la rela­­
sen­­
tion
avec l’autre et au sens que cela a pour lui.
La moti­­
vation et l’énergie qu’il va inves­­ dans l’action seront
tir
fonc­­
tion de l’évaluation qu’il va por­­ sur ces fac­­
ter
teurs.

Savoir-faire

Vou­­
loir coopé­­
rer
12 • Tra­­
vailler en mode
trans­­ sal
ver­­

L’enjeu de la transversalité pour le manager
Déve­­ per des rela­­
lop­­
tions de coopé­­ tion
ra­­
Col­­ bo­­ en mode pro­­
la­­ rer
jet

CC Déve­­lop­­per des rela­­tions de coopé­­ra­­tion
PRINCIPE CLÉ
•	 Prendre du recul sur ses
pra­­
tiques, ana­­ ser et
ly­­
comprendre la situa­­
tion sont
deux axes forts pour tra­­
vailler
effi­­ ce­­
ca­­ ment en situa­­
tion de
coopé­­ tion.
ra­­

Nous vous pro­­ sons six outils pour vous
po­­
aider à déve­­ per des rela­­
lop­­
tions de coopé­
­
ra­­
tion en trans­­ sal. Nous vous invi­­
ver­­
tons
à les consi­­ rer comme autant de facettes
dé­­
complé­­ taires d’un même pro­­ sus
men­­
ces­­
qu’il fau­­ asso­­ pour être effi­­
dra
cier
cace.
Ces notions vous invitent à por­­ un
ter
regard dans trois direc­­
tions : une meilleure
compré­­ sion de vous-­ ême, des autres et
hen­­
m
de la situa­­
tion.

1re clé : notre manière d’entrer en rela­­
tion
Notre manière d’entrer en rela­­
tion influe sur les résul­­ que nous
tats
1
met
obte­­
nons. L’outil des posi­­
tions de vie per­­ de prendre conscience
des repré­­ ta­­
sen­­ tions de nous-­ êmes et des autres pré­­
m
sentes dans cha­
­
cun de nos contacts.
Figure 12.2 ■ Les posi­­
tions de vie
L’autre
+
Perdant/Gagnant

Gagnant/Gagnant

(–/+)

(+/+)

Moi –

+
Perdant/Perdant

Gagnant/Perdant

(–/–)

(+/–)

–

1.	 Les posi­­
tions de vie sont décrites dans le détail dans le cha­­
pitre 13.

380
Que le mana­­ soit en posi­­
ger
tion de vie –/+ (per­­
dant/gagnant) ou
en posi­­
tion de vie +/– (gagnant/per­­
dant), on se trouve face à une
situa­­
tion dés­­ li­­
équi­­ brée. Elle aura des consé­­
quences néga­­
tives sur le
résul­­ et les per­­
tat
sonnes.
Un inter­­ cuteur en posi­­
lo­­
tion (–) n’osera pas expri­­ ses besoins
mer
et ses idées et minimi­­ ses contraintes. Cela entraî­­
sera
nera un par­­
tage
pauvre et donc un espace de col­­ bo­­ tion réduit et glo­­ le­­
la­­ ra­­
ba­­ ment une
perte d’information.
Au niveau des résul­­
tats, cette situa­­
tion est poten­­ le­­
tiel­­ ment por­
­
teuse de dys­­ tion­­ ments. Les élé­­
fonc­­ ne­­
ments non par­­ gés dès le début
ta­­
devront l’être tar­­ ve­­
di­­ ment. Cela entraî­­
nera régu­­ tions et actions
la­­
cor­­ tives qui auraient pu être évi­­
rec­­
tées.
Au niveau des rela­­
tions, il n’y a ni attrait, ni plai­­ pour les inter­
sir
­
lo­­
cuteurs à col­­ bo­­
la­­ rer.

Savoirs

Une situa­­
tion de dés­­
équi­­
libre

Si le mana­­ est en posi­­
ger
tion de vie –/– ou per­­
dant/per­­
dant, on
accé­­ le pro­­ sus pré­­ dent. Dans ce cas, aucun des par­­ naires
lère
ces­­
cé­­
te­­
ne sera capable d’impulser une dyna­­
mique posi­­
tive.
Au niveau des résul­­
tats, en cas de dif­­ cultés, le manque d’énergie
fi­­
ren­­ dif­­ cile toute recherche de solu­­
dra
fi­­
tions. Au niveau des rela­
­
tions, là encore, on n’obtiendra pas d’élément posi­­ ni plai­­ ni
tif :
sir,
confiance.

Savoir-faire

Une situa­­
tion d’échec

La posi­­
tion de vie +/+ ou gagnant/gagnant est la posi­­
tion opti­­
male
pour la coopé­­ tion. Les pro­­ go­­
ra­­
ta­­ nistes sont là pour asso­­ leurs
cier
res­­
sources et co-­ onstruire. La pos­­
c
ture ici n’est pas de gagner sur
l’autre, mais de gagner avec lui.
Au niveau des résul­­
tats, les pro­­
blèmes et contraintes seront abor­
­
dés comme des carac­­ ris­­
té­­ tiques de la situa­­
tion. Au niveau des rela­
­
tions, l’énergie indi­­ duelle et col­­ tive est alors diri­­ vers un but
vi­­
lec­­
gée
commun.

381

Savoir-être

La situa­­
tion opti­­
male
12 • Tra­­
vailler en mode
trans­­ sal
ver­­

L’enjeu de la transversalité pour le manager
Déve­­ per des rela­­
lop­­
tions de coopé­­ tion
ra­­
Col­­ bo­­ en mode pro­­
la­­ rer
jet

2e clé : la premiere impres­­
sion
Lorsque nous commu­­ quons, nous uti­­ sons 3 canaux :
ni­­
li­­
✓✓ Le canal ver­­   : le contenu du mes­­
sage. Il s’exprime par les
bal
mots.
✓✓ Le canal vocal : la vitesse, le ton et le rythme de la parole.
✓✓ Le canal ges­­  : le lan­­
gage du corps (les gestes, mou­­ ments et
ve­­
tuel
pos­­
tures) et les expres­­
sions du visage (le regard, le sou­­
rire).
1
dence ce qui se joue lors d’un pre­
­
Albert Mehrabian a mis en évi­­
mier contact pour notre inter­­ cuteur.
lo­­
Ainsi, lorsqu’une per­­
sonne nous ren­­
contre pour la 1re fois, elle
attache une impor­­
tance dif­­ rente à ces 3 canaux :
fé­­
✓✓ le ver­­ à hau­­
bal
teur de 7 % ;
✓✓ le vocal pour 38 % ;
✓✓ le ges­­
tuel pour 55 %.
Le vocal et le ges­­
tuel indiquent à l’autre le type de rela­­
tion que
nous vou­­
lons créer avec lui.
De cet apport, nous pou­­
vons tirer un ensei­­ ment pour la col­
gne­­
­
la­­ ra­­
bo­­ tion trans­ erse. Il est néces­­
v
saire de por­­ une atten­­
ter
tion ren­
­
for­­ à la cohé­­
cée
rence de nos mes­­
sages pour amé­­ rer l’efficacité de
lio­­
notre commu­­ ca­­
ni­­ tion. Les 3 canaux doivent être uti­­ sés conjoin­­ ­
li­­
te­
ment pour pas­­ le même mes­­
ser
sage.

3e clé : les niveaux de matu­­ des inter­­ cuteurs
rité
lo­­
La prise en compte de la matu­­ de son inter­­ cuteur per­­
rité
lo­­
met
d’affûter sa commu­­ ca­­
ni­­ tion quelle que soit la situa­­
tion de tra­­
vail.
Elle est par­­ cu­­ re­­
ti­­ liè­­ ment utile dans le cadre d’une rela­­
tion trans­
verse.
Nous ferons un zoom sur :
✓✓ la matu­­ pro­­ sion­­
rité
fes­­ nelle ;
✓✓ la matu­­ rela­­ nelle.
rité
tion­­
1.	 Albert Mehrabian, cher­ heur à l’Université de Californie.
c

382
La matu­­
rité pro­­ sion­­
fes­­
nelle

Elle est fonc­­
tion des niveaux de compé­­
tence et de moti­­
vation d’une
per­­
sonne par rap­­
port à une acti­­
vité. Ces niveaux peuvent être cha­
­
cun faible ou fort.

Savoirs

Figure 12.3 ■ Les niveaux de matu­­ pro­­ sion­­
rité
fes­­ nelle
Compétence forte

M1

M4

Motivation forte

Motivation faible

Compétence faible

On dis­­
tingue ainsi quatre niveaux de matu­­ pro­­ sion­­
rité
fes­­ nelle :
✓✓ M1 : la per­­
sonne est moti­­ et compé­­
vée
tente.
✓✓ M2 : elle est moti­­ et peu compé­­
vée
tente.
✓✓ M3 : elle est peu moti­­ et peu compé­­
vée
tente.
✓✓ M4 : elle est peu moti­­ et compé­­
vée
tente.
Le mana­­ dis­­
ger pose de deux leviers.
Si la compé­­
tence est faible :
✓✓ Le mana­­ devra faire des pro­­ si­­
ger
po­­ tions pour amor­­ la col­­ ­
cer
la­
bo­­ tion.
ra­­
✓✓ Ensuite il sera inté­­ sant qu’il ques­­
res­­
tionne l’interlocuteur, qu’il
lui fasse vali­­ les options émises et s’assure qu’il n’y a pas de
der
contre-­ndication.
i
Si la moti­­
vation est faible, le mana­­ doit d’abord en comprendre
ger
les rai­­
sons et savoir s’il est en cause.
✓✓ Si oui, il doit iden­­ fier le besoin de l’autre.
ti­­
383

Savoir-faire

M2

Savoir-être

M3
12 • Tra­­
vailler en mode
trans­­ sal
ver­­

L’enjeu de la transversalité pour le manager
Déve­­ per des rela­­
lop­­
tions de coopé­­ tion
ra­­
Col­­ bo­­ en mode pro­­
la­­ rer
jet

✓✓ Si non, il lui faut cher­­
cher des leviers pos­­
sibles pour déblo­­
quer la
situa­­
tion en fai­­
sant appel éven­­ le­­
tuel­­ ment à d’autres res­­
sources.

Le mana­­ pourra uti­­ ser ces deux leviers de la façon sui­
ger
li­­
­
vante :
✓✓ Dans le cas M1, le mana­­ pourra faci­­ ment envi­­ ger une col­
ger
le­­
sa­­
­
la­­ ra­­
bo­­ tion.
✓✓ Dans le cas M2, il fera appel au pre­­
mier levier  : action sur la
moti­­
vation.
✓✓ Dans le cas M3, il fera appel aux deux leviers, en veillant bien à
amor­­ le tra­­ par le levier de la moti­­
cer
vail
vation.
✓✓ Dans le cas M4, il fera appel au second levier  : action sur la
compé­­
tence.
La matu­­
rité rela­­
tion­­
nelle

Elle fait réfé­­
rence au niveau de conscience de soi que pos­­
sède une
per­­
sonne. Cette conscience de soi pré­­
sente trois inté­­ majeurs :
rêts
✓✓ elle per­­
met d’engager des pistes de chan­­ ment sur les compor­
ge­­
­
te­­
ments « limitants » ;
✓✓ c’est un moyen d’accéder à davan­­
tage d’informations sur le sujet
de la col­­ bo­­ tion ainsi qu’à des infor­­ tions de meilleure qua­
la­­ ra­­
ma­­
­
lité ;
✓✓ consé­­
quence de ces deux dimen­­
sions, la per­­
sonne va amé­­ rer sa
lio­­
faculté à inter­ gir.
a
La matu­­ rela­­ nelle d’une per­­
rité
tion­­
sonne condi­­
tionne sa façon
d’entrer en rela­­
tion. Plus elle est forte plus le contact pourra être
de qua­­ Pour trou­­ le bon niveau d’interaction, le mana­­ en
lité.
ver
ger
rela­­
tion trans­ erse va éva­­ 2 fac­­
v
luer
teurs :
✓✓ Le besoin de sti­­ lation de l’autre qu’il détecte. Le mana­­
mu­­
ger
doit-­l agir pour que son inter­­ cuteur s’implique dans l’action
i
lo­­
commune ?
✓✓ Le niveau de syner­­ présent d’emblée dans la rela­­
gie
tion. Le mana­
­
ger ressent-­l un esprit de col­­ bo­­ tion ou de compé­­
i
la­­ ra­­
tition ?
384
Figure 12.4 ■ Les niveaux d’interaction
Besoin de stimulation

2- Contre-dépendance

Antagonisme

Synergie

4- Interdépendance

Savoirs

1- Dépendance

3- Indépendance

385

Savoir-être

Le croi­­ ment de ces deux fac­­
se­­
teurs déter­­
mine quatre stades de
matu­­
rité rela­­ nelle : la dépen­­
tion­­
dance, la contre-­ épendance,
d
l’indépendance et l’interdépendance.
✓✓ Au 1er stade  : la dépen­­
dance, le mana­­ est face à un inter­
ger
­
lo­­
cuteur qui s’affirme peu et a besoin d’être pris en charge. Il
devra alors être moteur : faire des pro­­ si­­
po­­ tions et les faire vali­­
der,
s’assurer de l’accord tout au long du pro­­ sus. Une fois l’action
ces­­
enga­­ le dérou­­ ment se fera de manière conjointe.
gée,
le­­
✓✓ Au stade 2  : la contre-­ épendance, la per­­
d
sonne commence à
s’affirmer, mais le fait le plus sou­­
vent dans l’opposition. Le mana­
­
ger devra conti­­
nuer à être moteur. Il devra en outre être vigi­­
lant
pour inté­­
grer cette atti­­
tude « rebelle », de manière construc­­
tive.
✓✓ Au stade 3 : l’indépendance, la per­­
sonne est en capa­­ de faire
cité
des choix seule, mais elle est peu por­­ à compo­­ avec la dif­­ ­
tée
ser
fé­
rence. La dif­­ culté ici pour le mana­­ sera de trou­­ le ter­­
fi­­
ger
ver
rain
de col­­ bo­­ tion pos­­
la­­ ra­­
sible et les enjeux posi­­ pour l’autre.
tifs
✓✓ Au stade 4  : l’interdépendance, l’interlocuteur n’a pas besoin
d’être poussé pour agir car il en a les moyens. Comme il intègre
dans ses choix d’autres réa­­ tés que la sienne, il se place natu­­ ­
li­­
rel­
le­­
ment dans une rela­­
tion de col­­ bo­­ tion.
la­­ ra­­

Savoir-faire

Pas de besoin de stimulation
12 • Tra­­
vailler en mode
trans­­ sal
ver­­

L’enjeu de la transversalité pour le manager
Déve­­ per des rela­­
lop­­
tions de coopé­­ tion
ra­­
Col­­ bo­­ en mode pro­­
la­­ rer
jet

4e clé : les mondes pro­­ sion­­
fes­­ nels
Pour­­
quoi des per­­
sonnes fonctionnent-­ lles bien ensemble ou pas ?
e
Pour­­
quoi face à une situa­­
tion, y a-t-il a autant de res­­ tis et d’actions
sen­­
dif­­ rents ?
fé­­
rage sur
Les tra­­
vaux de Boltanski et Thévenot1 apportent un éclai­­
ce qui rap­­
proche ou sépare les per­­
sonnes.
Ils ont iden­­ fié sept mondes dif­­ rents. Chaque monde se carac­
ti­­
fé­­
­
té­­ par des simi­­ tudes compor­­ men­­
rise
li­­
te­­ tales, une pré­­ si­­ lité d’une
vi­­ bi­­
situa­­
tion à une autre et des prin­­
cipes communs qui les struc­­
turent
(règles, normes et conven­­
tions spé­­ fiques) :
ci­­
✓✓ Le monde de l’inspiration tout entier tourné vers l’œuvre ori­­ ­
gi­
nale et le génie créa­­
teur.
✓✓ Le monde domes­­
tique, atta­­
ché à des tra­­ tions fami­­
di­­
liales et
sociétales.
✓✓ Le monde mar­­
chand, dans lequel les notions de compé­­
tition et
de concur­­
rence dominent.
✓✓ Le monde de l’opinion, sen­­
sible à l’audimat et aux fac­­
teurs
d’image.
✓✓ Le monde indus­­
triel qui parle tech­­
nique, per­­ mance, inves­­ se­
for­­
tis­­ ­
ment, retour sur inves­­ se­­
tis­­ ment et valo­­ avant tout l’efficacité.
rise
✓✓ Le monde connexionniste, tourné vers les nou­­
velles formes d’or‑
ganisations, souples, mou­­
vantes et qui cultive un esprit d’adapt‑
abilité, de par­­
tage et de chan­­ ment per­­
ge­­
manent.
✓✓ Le monde civique qui valo­­ les ins­­
rise
tances col­­ tives.
lec­­
Le tableau 12.1 détaille les carac­­ ris­­
té­­ tiques de ces sept mondes.

1.	 L.Boltanski, L.Thévenot, De la jus­­ fi­­
ti­­ cation, les éco­­ mies de la gran­­
no­­
deur,
Gallimard, 1991.

386
L’insolite

La rou­­
tine

Des artistes

L’esprit
le corps

Être prêt à
prendre des
risques

L’imaginaire
l’introspection

Ce qui est
impor­­
tant

Ce qui
est jugé
médiocre

Comment les
per­­
sonnes se
voient

À quoi,
accordente
­ lles de
l’importance

Que faut-­l
i
faire pour en
faire par­­
tie

Les valeurs
fortes

Ins­­ ra­­
pi­­ tion

Le bon sens

Être dans le
devoir

La pré­
­
séance

cha­­
cun à sa
place

La vul­­ rité
ga­­

La tra­­ tion
di­­

Domes­­
tique

Savoir-faire

La pré­­
sence

Renon­­
cer
au secret

Les
marques

Des
vedettes

Être ignoré
ou banal

Le fait d’être
vu

Opi­­
nion

Civique

La jus­­
tice

Renon­­ à
cer
l’individualité

La loi

Une col­­ ti­­
lec­­ vité

L’individualisme

L’engagement
col­­ tif
lec­­

Tableau 12.1 ■ Les sept mondes de Boltanski et Thévenot

Savoir-être

387

Le mar­­
ché

Oppor­­ ­
tu­
nisme

La richesse

Concur­­
rents
ou clients

Perdre

Le CA, la
marge

Mar­­
chand

Savoirs

Le tra­­
vail

Inves­­ se­
tis­­ ­
ment

Les moyens

Des pro­­ ­
fes­
sion­­
nels

L’inefficacité

La per­­ ­
for­
mance

Indus­­
triel

La richesse des
idées et le par­­
tage

Adap­­ tion
ta­­

l’agilité pour réus­
­
sir

Des coopé­­
rants

Le manque
d’adaptation

Le réseau

Connexionniste
12 • Tra­­
vailler en mode
trans­­ sal
ver­­

L’enjeu de la transversalité pour le manager
Déve­­ per des rela­­
lop­­
tions de coopé­­ tion
ra­­
Col­­ bo­­ en mode pro­­
la­­ rer
jet

Ainsi chaque métier, chaque ser­­
vice, chaque orga­­ sa­­
ni­­ tion, chaque
entre­­
prise grâce à ces fon­­ ments fédé­­ teurs va déve­­ per chez
de­­
ra­­
lop­­
ses membres un sen­­ ment de proxi­­
ti­­
mité et une plus grande aisance
pour concré­­ ser des résul­­ dans leur « monde ».
ti­­
tats
À l’inverse lorsqu’il n’y a pas d’appartenance commune, ce fac­
­
teur peut expli­­
quer des dif­­ cultés :
fi­­
✓✓ Si le monde mar­­
chand appré­­ un rap­­
cie
port au temps très court,
le monde indus­­
triel va inté­­
grer le long terme.
✓✓ Si le monde civique met en avant la dimen­­
sion col­­ tive, le
lec­­
monde de l’opinion va pri­­ lé­­ l’individu qui se démarque, la
vi­­ gier
« vedette ».
✓✓ Et que dire du monde domes­­
tique très atta­­ aux tra­­ tions face
ché
di­­
au monde de l’inspiration qui valo­­ l’imagination et la folie
rise
créa­­
trice ?
Le tableau 12.2 détaille le regard cri­­
tique que chaque monde
porte sur les autres.
Aussi lorsque le mana­­ inter­ git en trans­­ sal, il est en contact
ger
a
ver­­
avec tous les mondes, même ceux dont il est éloi­­
gné. Ces tableaux
vont l’aider à :
✓✓ ana­­ ser les carac­­ ris­­
ly­­
té­­ tiques de ses inter­­ cuteurs (à quel monde
lo­­
appartiennent-­ls ?) ;
i
✓✓ éclai­­ les blo­­
rer
cages et les résis­­
tances ;
✓✓ faire tout pour s’adapter à l’autre et notam­­
ment veiller à uti­­ ser
li­­
son lan­­
gage ;
✓✓ évo­­
luer ensemble vers des repères communs.

5e clé : l’analyse du contexte
Une ana­­ fine du contexte per­­ d’optimiser le temps d’échange.
lyse
met
Elle consiste en l’observation de ce qui se joue dans la situa­­
tion
d’interface, pour soi-­ ême et pour l’interlocuteur.
m

388
Les habi­­
tudes
Les prin­­
cipes

Ins­­ ra­­
pi­­ tion

Le trop de col­
­
lec­­ (l’État)
tif

L’intérêt
La place de
l’argent

Le répé­­
titif
Les méthodes
La logique

Opi­­
nion

Civique

Mar­­
chand

Indus­­
triel

Connexionniste Tenir compte
d’autrui

Les appa­­
rences
Les mon­­ ni­­
da­­ tés
Les signes
exté­­
rieurs

Domes­­
tique

Ins­­ ra­­
pi­­ tion

Cri­­
tiques
du monde
de /sur

Le manque de
hié­­ chie
rar­­

Inter­­
dire les
son­­
dages en
période élec­
­
to­­
rale

Le pater­­ lisme
na­­
Les habi­­
tudes
Le copi­­
nage

Le bouillon­­ ­
ne­
ment créa­­
teur

Civique

Savoir-faire

Le tout réseau
et l’absence
d’existence par
soi-­ ême
m

La rigi­­
dité
La tech­­ cra­­
no­­ tie

Le trop
col­­ tif
lec­­

Sno­­
bisme

Les pré­­ gés,
ju­­
Les tra­­ tions
di­­
Les rela­­
tions
per­­ nelles
son­­

Manque de
sang-­roid
f

Mar­­
chand

Pas assez régle­ Le temps
­
menté
pour aller au
consen­­
sus

La bureau­­ tie
cra­­
Le manque de
démo­­ tie
cra­­

La publi­­
cité et
L’individualisme
les rela­­
tions pour
vendre

La bana­­ des
lité
per­­
sonnes

La dis­­ tion
cré­­
La hié­­ chie
rar­­

La fausse pro­
­
fon­­
deur
Igno­­ l’opinion
rer
d’autrui

Opi­­
nion

La mau­­
vaise
La spé­­ ficité
ci­­
qua­­ des pro­
lité
­
tech­­
nique, mal
duits stan­­
dards, expli­­
quée
La perte des
vrais savoirs faire

La logique de
l’argent

L’irresponsabilité
de tout un
cha­­
cun

Manque de dis­
­
cré­­
tion
Se don­­
ner
en spec­­
tacle

Le laisser-­ ller
a
L’imprévisibilité
La spon­­ néité
ta­­

Domes­­
tique

Tableau 12.2 ■ La cri­­
tique des mondes entre eux

Savoir-être

389

Leurs pré­­ ga­­
ro­­ tives

L’indépendance
Le chan­­ ment
ge­­
d’idées

Connexionniste

Savoirs

Le manque de
contrôle

Les caprices du
mar­­
ché, la pres­
­
sion client et
concur­­
rence

Les pro­­ dures
cé­­
admi­­ tra­­
nis­­ tives,
Le coût de la poli­
­
tique sociale

Les pro­­ dures
cé­­

Les rela­­
tions court
terme

La rigi­­
dité des
règles

Le pro­­
duit de luxe Le vedet­­ riat sans
ta­­
lien pour le pro­­
mou­
­
voir

Le petit chef,
Les par­­ cu­­ ­
ti­­ la­
rismes

Impro­­ sa­­
vi­­ tion
Côté brouillon

Indus­­
triel
12 • Tra­­
vailler en mode
trans­­ sal
ver­­

L’enjeu de la transversalité pour le manager
Déve­­ per des rela­­
lop­­
tions de coopé­­ tion
ra­­
Col­­ bo­­ en mode pro­­
la­­ rer
jet

Deux outils vous aide­­
ront dans cette ana­­
lyse :
✓✓ la grille de pré­­ ra­­
pa­­ tion ;
✓✓ la car­­ gra­­
to­­ phie des acteurs.
Nous uti­­ se­­
li­­ rons, un modèle de ques­­ ne­­
tion­­ ment qui s’inspire
de l’analyse socio­­ gique de Crozier et Friedberg1. Il s’agit de
lo­­
comprendre ce que cha­­
cun va retirer de la ren­­
contre.
Ce tra­­
vail amont per­­
met une meilleure prise en compte de la
situa­­
tion, mais il ne faut s’y enfer­­
mer lors des ren­­
contres et savoir
main­­ nir ses qua­­ tés de dia­­
te­­
li­­
logue et d’écoute.
La grille de pré­­ ra­­
pa­­ tion

Il s’agit de mener une réflexion sur soi et ses inter­­ cuteurs sur les
lo­­
thèmes sui­­
vants :
✓✓ l’objectif pour­­
suivi au cours de la col­­ bo­­ tion ;
la­­ ra­­
✓✓ les impacts posi­­ et néga­­ poten­­
tifs
tifs
tiels de la col­­ bo­­ tion pour
la­­ ra­­
cha­­
cun ;
✓✓ les res­­
sources que cha­­ pour­­ mettre à dis­­ si­­
cun
rait
po­­ tion de l’autre ;
✓✓ les zones de blo­­
cage pos­­
sibles ;
✓✓ les zones d’accord ;
✓✓ les marges de manœuvre.
Tableau 12.3 ■ Exemple de grille de pré­­ ra­­
pa­­ tion
Moi

Mes inter­­ cuteurs
lo­­

L’objectif
Les impacts posi­­
tifs
Les impacts néga­­
tifs
Les res­­
sources
Les zones de blo­­
cages pos­­
sibles
Les zones d’accord
Les marges de manœuvre

1.	 M. Crozier, E. Friedberg, L’acteur et le sys­­
tème, Seuil, 1981.

390
La car­­ gra­­
to­­ phie des acteurs

On déduit, de cette ana­­
lyse, le posi­­ ne­­
tion­­ ment de cha­­ des acteurs
cun
du pro­­ sous forme d’une car­­ gra­­
jet
to­­ phie. Cette car­­ gra­­
to­­ phie aidera
à une bonne coopé­­ tion grâce à la compré­­ sion de la posi­­
ra­­
hen­­
tion de
cha­­ des acteurs.
cun

Savoirs

Figure 12.5 ■ Car­­ gra­­
to­­ phie des acteurs
Ressources
+

Opposants

Engagés

Impacts –

Impacts +

Coopératifs

Ressources
–

6e clé : le contrat et la confiance

Savoir-faire

Divergents

En défi­­ tive, deux dimen­­
ni­­
sions sont fon­­ men­­
da­­ tales pour coopé­­
rer :
un cadre commun clair et des rela­­
tions de qua­­
lité.

Il pré­­
sente de nom­­
breux inté­­
rêts :
✓✓ s’obliger à intro­­
duire de la rigueur et de l’efficacité dans la manière
de tra­­
vailler ;
✓✓ défi­­ et for­­ li­­ les moyens que l’on va mettre en œuvre
nir
ma­­ ser
ensemble ;
✓✓ inté­­
grer les diver­­ tés pré­­
si­­
sentes ;
✓✓ se don­­ une occa­­
ner
sion d’installer la coopé­­ tion.
ra­­
391

Savoir-être

Un pro­­ sus commun : le contrat
ces­­
12 • Tra­­
vailler en mode
trans­­ sal
ver­­

L’enjeu de la transversalité pour le manager
Déve­­ per des rela­­
lop­­
tions de coopé­­ tion
ra­­
Col­­ bo­­ en mode pro­­
la­­ rer
jet

Tableau 12.4 ■ Guide pour éta­­ le contrat
blir
Moi

Lui

Objec­­
tifs
Don­­
nées
d’entrée

Ensemble
Notre objec­­ commun
tif
Syn­­
thèse des don­­
nées
d’entrée

Attentes
Besoins
Contraintes

Les solu­­
tions, déci­­
sions,
plan d’action

Idées

Des rela­­
tions de qua­­
lité : la confiance

La confiance est un des piliers des rela­­
tions construc­­
tives. Elle nous
per­­ de foca­­ ser toutes les forces en pré­­
met
li­­
sence. Pour le démon­­
trer,
fai­­
sons un test rapide.
Test
−− Pen­­
sez pen­­
dant quelques ins­­
tants à une situa­­
tion dans laquelle
vous ne vous êtes pas senti en confiance, et notez comment vous
vous êtes comporté.
−− Qu’avez-vous fait ?
−− Vous allez pro­­ ble­­
ba­­ ment consa­­
crer une par­­ de vos res­­
tie
sources à
vous ras­­ rer et à vous pro­­ ger. Bref à faire autre chose que ce pour
su­­
té­­
quoi vous ren­­
contriez l’autre.

392
CC Col­­la­­bo­­rer en mode pro­­
jet
Pro­­ et mana­­ ment
jet
ge­­
hié­­ chique
rar­­

PRINCIPES CLÉS

•	 Une bonne connais­­
sance du
mode de fonc­­ ne­­
tion­­ ment en
pro­­ s’impose.
jet

Deux défi­­ tions du mot pro­­ sont par­­ cu­­ re­­
ni­­
jet
ti­­ liè­­ ment por­­
teuses
de sens. La défi­­ tion du Dic­­ naire de mana­­ ment de pro­­ 1  :
ni­­
tion­­
ge­­
jet
« Un pro­­ est un pro­­ sus unique qui consiste en un ensemble
jet
ces­­
d’activités coor­­ nées et maî­­ sées compor­­
don­­
tri­­
tant des dates de début
et de fin, entre­­ dans le but d’atteindre un objec­­ conforme à des
pris
tif
exi­­
gences spé­­ fiques, incluant les contraintes de délais, de coûts et
ci­­
de res­­
sources. »
Cette défi­­ tion met en exergue le fait qu’un pro­­ est un
ni­­
jet
ensemble d’actions, et non pas le résul­­ attendu lui-­ ême. Ainsi
tat
m
quand un mana­­ gère un pro­­ il gère des actions per­­ tant de
ger
jet,
met­­
pro­­
duire un résul­­ attendu.
tat
Le pro­­ s’inscrit dans un cadre de niveau supé­­
jet
rieur : celui de la
mis­­
sion et de la stra­­ gie de l’entreprise.
té­­

1.	 Dic­­ naire de mana­­ ment de pro­­ 5è édi­­
tion­­
ge­­
jet,
tion de l’AFITEP, AFNOR 2010.

393

Savoir-faire

Le pro­­
jet

•	 Tout mana­­ est néces­­ ­
ger
sai­
re­­
ment impli­­
qué dans les
pro­­
jets comme contributeur,
chef de pro­­ mana­­ de
jet,
ger
contributeurs, voire mana­­
ger
de chefs de pro­­
jet.

Savoir-être

Le mot « pro­­
jet » s’est géné­­ lisé pro­
ra­­
­
gres­­ ve­­
si­­ ment depuis les années 1990.
Dans cer­­
tains sec­­
teurs d’activités (ingé­
­
nie­­ infor­­ tique), il fait même par­
rie,
ma­­
­
tie inté­­
grante de la culture d’entreprise
depuis plus de qua­­
rante ans.

Savoirs

•	 Le mode pro­­ est devenu
jet
incontour­­
nable.

Défi­­ tions des pro­­
ni­­
jets
12 • Tra­­
vailler en mode
trans­­ sal
ver­­

L’enjeu de la transversalité pour le manager
Déve­­ per des rela­­
lop­­
tions de coopé­­ tion
ra­­
Col­­ bo­­ en mode pro­­
la­­ rer
jet

Tableau 12.5 ■ Exemple d’objectif pro­­ et de mis­­
jet
sion asso­­
ciée
Objec­­ de pro­­
tif
jet
Construire une usine de fabri­­ ­
ca­
tion de pneu­­ tiques au Bré­­
ma­­
sil,
d’une capa­­
cité d’un million de
pneu­­ tiques par an, dans un
ma­­
bud­­ et un délai donné.
get

Mis­­
sion dans laquelle
s’inscrit le pro­­
jet

Stra­­ gie de
té­­
l’entreprise

Prendre des parts de
mar­­
ché sur le mar­­
ché
MERCOSUR, au moment
de son déve­­ pe­­
lop­­ ment.

Assu­­ la place de lea­­
rer
der
mon­­
dial dans son acti­­
vité.

La défi­­ tion du Guide du cor­­ des connais­­
ni­­
pus
sances en mana­­ ­
ge­
jet
prise tem­­ raire ini­­ dans le
po­­
tiée
ment de pro­­ 1: le pro­­ est une entre­­
jet
but de four­­ un pro­­
nir
duit, un ser­­ ou un résul­­ unique.
vice
tat
Pour le PMI, les 3 compo­­
santes majeures qui font le pro­­ sont :
jet
✓✓ une entre­­
li­­
prise, à savoir un ensemble d’actions foca­­ sées sur un
objec­­
tif ;
✓✓ tem­­ raire, donc limité dans le temps ;
po­­
✓✓ unique.
Le chef de pro­­
jet

La défi­­ tion du PMI est : « per­­
ni­­
sonne char­­ par l’entreprise réa­­ ­
gée
li­
sa­­
trice d’atteindre les objec­­ du pro­­
tifs
jet ».
Le chef de pro­­ est un équi­­ briste : sa mis­­
jet
li­­
sion consiste notam­
­
ment à pré­­ ver en per­­ nence les équi­­
ser­­
ma­­
libres sui­­
vants :
✓✓ l’équilibre entre les 6 contraintes d’un pro­­ péri­­
jet :
mètre, délai, res­
­
sources humaines, qua­­ de la solu­­ pro­­
lité
tion duite, risques et coûts ;
✓✓ l’équilibre entre des objec­­ concur­­
tifs
rents au sein du pro­­
jet ;
✓✓ l’équilibre entre satis­­
faction des besoins des par­­ pre­­
ties nantes et
confor­­
mité au plan de mana­­ ment du pro­­
ge­­
jet ;
✓✓ l’équilibre entre les efforts à faire pour pro­­
duire la solu­­
tion et
pour contrô­­ l’avancement des tra­­
ler
vaux ;

1.	 Guide du cor­­ des connais­­
pus
sances en mana­­ ment de pro­­ 4e édi­­
ge­­
jet,
tion, Project
Mana­­ ment Institute® (PMI®), 2008.
ge­­

394
✓✓ l’équilibre entre la prise en compte de demandes de modi­­ ca­
fi­­ ­
tions et la tenue du plan de mana­­ ment ini­­ le­­
ge­­
tia­­ ment fixé ;
✓✓ l’équilibre entre les acti­­ tés de pro­­ et les acti­­ tés récur­­
vi­­
jet
vi­­
rentes
de l’entreprise.

Savoirs

Figure 12.6 ■ Les 6 contraintes d’un pro­­
jet

Périmètre

Délai

Coûts

ro et

Ressources
humaines

Risques

ualité

Savoir-faire

e

Le comman­­ taire du pro­­
di­­
jet

395

Savoir-être

Selon le PMI, le comman­­ taire est « la per­­
di­­
sonne ou le groupe
qui four­­ au pro­­ les res­­
nit
jet
sources finan­­
cières, en liqui­­
dité ou en
nature ». C’est aussi l’émetteur de la fiche de pro­­ (par­­ appe­­
jet
fois
lée
charte du pro­­
jet), qui fait office d’acte de nais­­
sance du pro­­
jet.
12 • Tra­­
vailler en mode
trans­­ sal
ver­­

L’enjeu de la transversalité pour le manager
Déve­­ per des rela­­
lop­­
tions de coopé­­ tion
ra­­
Col­­ bo­­ en mode pro­­
la­­ rer
jet

Figure 12.7 ■ Plan type d’une fiche pro­­
jet
Finalité – Objectifs – Besoins à satisfaire
• Finalité du projet - Intérêt pour l’organisation
• Adéquation à la stratégie de l’organisation
• Retour sur investissement
• Produit, service attendu
• Description des exigences et des objectifs mesurables majeurs
• Définition des critères de succès correspondants
• Quelques grandeurs caractéristiques
• Hypothèses prises pour lancer le projet
Organisation
• �om du chef de projet et niveau d’autorité
• �om du commanditaire et de celui qui apposera la signature
d’acceptation du projet
Contexte du projet
• Forces et faiblesses de l’organisation, menaces et opportunités
inspirant le projet
• �ontraintes externes identifiées et contraintes internes à prendre
en compte
• Dépendances externes, telles que normes, licences, brevets
• Interfaces avec les autres parties intéressées dans l’organisation
Limites du projet
• �imites contractuelles, fonctionnelles, géographiques
• Périmètre touché en termes de systèmes ou sous-systèmes
Moyens alloués

Risques

• �udget
• �acro planning limité
aux jalons du projet

� à � risques
immédiatement
identifiables

396
Le maître d’ouvrage

Les consé­­
quences du mana­­ ment des pro­­
ge­­
jets
sur l’entreprise

La déci­­
sion de lan­­ des pro­­ dans une entre­­
cer
jets
prise conduit à la
coexis­­
tence du fonc­­ ne­­
tion­­ ment hié­­ chique tra­­ tion­­ et d’un
rar­­
di­­ nel
fonc­­ ne­­
tion­­ ment trans­­ sal.
ver­­

Savoirs

Le dic­­ naire de mana­­ ment de pro­­ le défi­­ comme la : « per­
tion­­
ge­­
jet
nit
­
sonne phy­­
sique ou morale pour le compte de qui l’objet du pro­­
jet
est réa­­ Il fixe les objec­­ du pro­­ en termes de coûts, délais et
lisé.
tifs
jet
per­­ mances ».
for­­

L’organisation matricielle

Le fonc­­ ne­­
tion­­ ment le plus fré­­
quent des pro­­ dans l’entreprise est
jets
l’organisation matricielle. Elle se sché­­ tise de la manière sui­­
ma­­
vante.

Manager
Spécialité A

Manager
Spécialité B

Manager
Spécialité D

Manager
Spécialité C

rdinati n transversa e du

r

et

Contributeur
A1

Chef de Projet
(Projet 1)

Contributeur
C1

Contributeur
D1

Chef de Projet
(Projet 2)

Contributeur
B2

Contributeur
C2

Savoir-faire

DIRECTION
GÉNÉRALE

Contributeur
D2

Deux méca­­
nismes de coor­­ na­­
di­­ tion sont alors en place :
✓✓ la coor­­ na­­
di­­ tion hié­­ chique per­­ nente et indé­­ dante du
rar­­
ma­­
pen­­
rythme du pro­­
jet ;
✓✓ la coor­­ na­­
di­­ tion trans­­ sale assu­­ par le chef de pro­­ Cette
ver­­
rée
jet.
coor­­ na­­
di­­ tion, qui n’a pas la force de la ligne hié­­ chique est
rar­­
essen­­
tielle en mana­­ ment de pro­­
ge­­
jet.
397

Savoir-être

Management hiérarchique du service

Figure 12.8 ■ L’organisation matricielle
12 • Tra­­
vailler en mode
trans­­ sal
ver­­

L’enjeu de la transversalité pour le manager
Déve­­ per des rela­­
lop­­
tions de coopé­­ tion
ra­­
Col­­ bo­­ en mode pro­­
la­­ rer
jet

Figure 12.9 ■ Les méca­­
nismes de coor­­ na­­
di­­ tion
DIRECTION
GÉNÉRALE

COMMANDITAIRE
DU PROJET

4

Manager
Spécialité A

Manager
Spécialité B
1

2

6
5

3

Contributeur
A1

Chef de Projet
(Projet 1)

Chef de Projet
(Projet 2)

Contributeur
B2

Le schéma pré­­ dent fait appa­­
cé­­
raître deux tri­­
angles clés dans le
mana­­ ment d’un pro­­
ge­­
jet.
Figure 12.10 ■  ri­­
T angle Chef de pro­­
jet/contributeur/mana­­
ger

du contributeur
Manager
Spécialité A
2

Contributeur
A1

1

3

398

Chef de projet
(Projet 1)
Figure 12.11 ■  ri­­
T angle Chef de pro­­
jet/Comman­­ taire/Mana­­
di­­
ger

du chef de pro­­
jet.
Manager
du chef de projet

Chef de projet
6

Ce tri­­
angle dis­­ cie le rôle de mana­­ du chef de pro­­ de
so­­
ger
jet
celui de comman­­ taire. Ce n’est pas tou­­
di­­
jours le cas, mais cette dis­
­
tinction mérite d’être faite.
1.	 Le chef de pro­­ informe le mana­­ du lan­­ ment du pro­­ et
jet
ger
ce­­
jet
lui fait part de son besoin de res­­
sources dis­­ sant de compé­­
po­­
tences
iden­­ fiées. Le mana­­ prend en compte les besoins du chef de
ti­­
ger
pro­­ et iden­­ fie le ou les col­­ bo­­ teurs qui seront impli­­
jet
ti­­
la­­ ra­­
qués en
fonc­­
tion de leurs compé­­
tences et dis­­ ni­­ li­­
po­­ bi­­ tés.
2.	 Le mana­­ informe son col­­ bo­­ teur du pro­­ et de la contri­
ger
la­­ ra­­
jet
­
bu­­
tion qui est atten­­ de lui. Il lui fixe son niveau d’autonomie
due
sur le pro­­ et lui indique les moda­­ tés de compte rendu qu’il
jet
li­­
devra opé­­
rer.

Savoir-faire

Commanditaire
du projet

5

Savoirs

4

4.	 Le comman­­ taire du pro­­ se rap­­
di­­
jet
proche du membre du comité
de direc­­
tion qui pour­­ pro­­ ser le chef de pro­­ le plus adapté
rait
po­­
jet
à la mis­­
sion. Le comman­­ taire explique les grandes lignes du
di­­
pro­­ et valide auprès du mana­­ la per­­ nence des don­­
jet
ger
ti­­
nées
métiers décrites. Le mana­­ du chef de pro­­ prend en compte
ger
jet
la demande et iden­­ fie le chef de pro­­ le plus adapté à la mis­
ti­­
jet
­
sion. Parmi les cri­­
tères de choix, la moti­­
vation du chef de pro­­
jet
envi­­ gée est à déter­­ nante.
sa­­
mi­­
399

Savoir-être

3.	 Le chef de pro­­ informe le col­­ bo­­ teur de la contri­­ tion
jet
la­­ ra­­
bu­­
atten­­
due. Il décrit pré­­ sé­­
ci­­ ment les livrables à réa­­ ser. Il véri­­
li­­
fie
l’accord du col­­ bo­­ teur après que ce der­­
la­­ ra­­
nier ait éva­­ fai­­ bi­
lué sa­­ ­
lité tech­­
nique, charge néces­­
saire et délai.
12 • Tra­­
vailler en mode
trans­­ sal
ver­­

L’enjeu de la transversalité pour le manager
Déve­­ per des rela­­
lop­­
tions de coopé­­ tion
ra­­
Col­­ bo­­ en mode pro­­
la­­ rer
jet

5.	 Le mana­­ du chef de pro­­ ren­­
ger
jet
contre le chef de pro­­ et
jet
l’informe de sa nomi­­ tion et lui indique les enjeux du pro­­
na­­
jet
ainsi que le temps et la charge de tra­­ qu’il va pou­­ mobi­­ ­
vail
voir
li­
ser. Le chef de pro­­ prend en compte les infor­­ tions et indique
jet
ma­­
si les esti­­
mations lui semblent réa­­
listes. Une fois les don­­
nées de
départ accep­­
tées par le chef de pro­­ et son mana­­ le pro­­
jet
ger,
jet
peut être lancé.
6.	 Le chef de pro­­ peut alors sol­­ ci­­ un rendez-­ ous auprès du
jet
li­­ ter
v
comman­­ taire, pour obte­­ des pré­­ sions complé­­ taires et
di­­
nir
ci­­
men­­
notam­­
ment l’intention de départ. En cas de prise de déci­­
sion,
c’est à cette inten­­
tion de départ que le chef de pro­­ pourra se
jet
réfé­­
rer.

Le mana­­ chef de pro­­
ger,
jet
Éta­­
blir les fon­­ tions d’un pro­­
da­­
jet

Au démar­­
rage du pro­­ le mana­­ chef de pro­­ dis­­
jet,
ger
jet pose de la
fiche pro­­ décrite pré­­ dem­­
jet
cé­­ ment. Sa pre­­
mière pré­­ cu­­ tion est de
oc­­ pa­­
pré­­ ser et de rendre expli­­ l’ensemble des besoins à satis­­
ci­­
cite
faire.
Décrire les besoins à satis­­
faire

L’analyse fonc­­ nelle du besoin est une méthode géné­­
tion­­
rique qui
per­­ de décrire de manière simple et claire l’ensemble des besoins
met
à satis­­
faire. Elle s’appuie sur les prin­­
cipes sui­­
vants :
✓✓ tra­­
vailler avec un groupe d’acteurs clés concer­­ par le pro­­
nés
jet ;
✓✓ pla­­ fier dès le départ une série de réunions de tra­­
ni­­
vail rap­­ ­
pro­
chées pour pro­­
duire très vite une vision par­­ gée de ce à quoi le
ta­­
pro­­ doit contri­­
jet
buer ;

400
Le résul­­ final de cette démarche est le tableau d’analyse fonc­
tat
­
tion­­
nelle (TAF). Ce tableau va être un des outils de pilo­­
tage du
pro­­ foca­­ sur le contenu du pro­­ Il va per­­
jet
lisé
jet.
mettre de véri­­
fier
que l’on atteint bien l’ensemble des per­­ mances deman­­
for­­
dées par les
uti­­ sa­­
li­­ teurs du pro­­
jet.
Pour illus­­ cette démarche, nous vous pro­­ sons ci-­ essous
trer
po­­
d
un TAF détaillant les fonc­­
tions atten­­
dues d’un clas­­
seur à anneaux :
main­­ nir un lot de feuilles et res­­ ter l’environnement.
te­­
pec­­
Ce tableau per­­ de véri­­ tout au long du pro­­ que ce qui est
met
fier
jet
en cours de réa­­ sa­­
li­­ tion est bien adossé à une fonc­­
tion deman­­
dée.

Savoirs

✓✓ rédi­­ pré­­ sé­­
ger ci­­ ment les fonc­­
tions que devra rem­­ le livrable du
plir
pro­­ une fonc­­
jet.
tion décrit ce que l’utilisateur attend du sys­­
tème
à créer.

401

Savoir-être

Il est natu­­ qu’apparaissent des demandes sup­­ men­­
rel
plé­­ taires ou des
ajus­­ ments par rap­­
te­­
port à la demande ini­­
tiale.
La mise sous contrôle des demandes de modi­­ ca­­
fi­­ tions est un fac­
­
teur clé de suc­­ pour un chef de pro­­ Son objec­­ n’est pas de
cès
jet.
tif
décou­­ ger les modi­­ ca­­
ra­­
fi­­ tions, mais de prendre en compte les modi­
­
fi­­ tions qui apportent le plus de valeur.
ca­­
Les carac­­ ris­­
té­­ tiques de la mise sous contrôle sont :
✓✓ Toutes les par­­ pre­­
ties nantes (comman­­ taire et direc­­ géné­­
di­­
tion
rale
compris) doivent être infor­­
mées de l’existence de cette mise sous
contrôle et de l’obligation d’y faire pas­­ toutes les demandes de
ser
modi­­ ca­­
fi­­ tions, quelle que soit leur ori­­
gine.
✓✓ Toute modi­­ ca­­
fi­­ tion doit être for­­ li­­ par une fiche de demande
ma­­ sée
de modi­­ ca­­
fi­­ tion.
✓✓ Toute par­­ pre­­
tie
nante du pro­­ peut pro­­ ser une demande de
jet
po­­
modi­­ ca­­
fi­­ tion.
✓✓ Une fois la déci­­
sion prise par le chef de pro­­ il devra en infor­­
jet,
mer
les par­­ pre­­
ties nantes et d’expliquer les motifs en cas de refus.

Savoir-faire

Défi­­ et faire fonc­­
nir
tion­­
ner un pro­­ sus de trai­­ ment
ces­­
te­­
des modi­­ ca­­
fi­­ tions
F2 : Res­­ ter
pec­­
l’environnement

F1 : Main­­ ­
te­
nir un lot de
feuilles dans un
ordre donné

Fonc­­
tion

402
Règle gra­­
duée.
Prise en compte
de la plus grande
hau­­
teur mesu­­
rée
sur la feuille

C1.2 : Hau­
­
teur maximale
des feuilles

C2.1 : Pro­
­
por­­
tion de
matière re­
cyclable

Pro­­ cole de
to­­
test : avec un jeu
de 400 feuilles
neuves issues
d’une ramette, et
avec des feuilles
usa­­
gées (déjà
impri­­
mées ou
écrites)

Moyen
de mesure

C1.1 :
Nombre
maximal de
feuilles à
main­­ nir
te­­

Cri­­
tère

Tableau 12.6 ■ Tableau d’analyse fonc­­ nelle
tion­­

30,5 cm

400 uni­­
tés,
en 80 g/m2

Niveau

30,3 cm

360

Limite
d’acceptation

FL1 : très
fai­­ ment
ble­­
négo­­
ciable.

F0 : non
négo­­
ciable

Flexi­­ lité
bi­­

État de la
véri­­ ca­­
fi­­ tion

12 • Tra­­
vailler en mode
trans­­ sal
ver­­
L’enjeu de la transversalité pour le manager
Déve­­ per des rela­­
lop­­
tions de coopé­­ tion
ra­­
Col­­ bo­­ en mode pro­­
la­­ rer
jet
Savoir-faire

La gou­­ nance d’un pro­­ s’appuie sur deux dis­­ si­­ incontour­
ver­­
jet
po­­ tifs
­
nables. Ces deux dis­­ si­­ sont cen­­
po­­ tifs
traux aussi pour les mana­­
gers
de chefs de pro­­ qui vont pou­­
jet
voir ainsi gar­­ un niveau de sur­
der
­
veillance adapté aux enjeux du pro­­
jet.
✓✓ Un comité de pilo­­
tage.
✓✓ Des règles expli­­
cites de fran­­ se­­
chis­­ ment des jalons du pro­­
jet.
Le comité de pilo­­
tage est une ins­­
tance de déci­­
sion qui se réunit
selon un calen­­
drier géné­­ le­­
ra­­ ment éta­­ dès le début du pro­­
bli
jet.
Son rôle est de prendre en compte les infor­­ tions d’avancement
ma­­
du pro­­ et vali­­ le plan d’actions à venir, déci­­ sur des pro­­ ­
jet
der
der
po­
si­­
tions ins­­
truites par le chef de pro­­ et son équipe.
jet
Il est composé du comman­­ taire du pro­­ du chef de pro­­ des
di­­
jet,
jet,
chefs de dépar­­ ment et de tout ou par­­ des mana­­
te­­
tie
gers délé­­
guant
des res­­
sources au pro­­ d’un ou plu­­
jet,
sieurs membres du comité de
direc­­
tion.
Les règles de fran­­ se­­
chis­­ ment de jalons :
✓✓ Les livrables atten­­
dus au jalon sont-­ls bien pré­­
i
sents, et ont-­ls
i
bien été vali­­ par le pro­­ sus de vali­­ tion propre au pro­­
dés
ces­­
da­­
jet ?
✓✓ La per­­ mance mesu­­ dans la phase écou­­ était-­ lle bien
for­­
rée
lée
e
égale à la per­­ mance atten­­
for­­
due ? Par exemple, a-­-on tenu le
t
délai ? N’a-t-on pas consommé plus de res­­
sources que prévu ?
✓✓ Le niveau de satis­­
faction des par­­ pre­­
ties nantes est-­l suf­­ sant ?
i
fi­­
✓✓ Le niveau d’exposition aux risques a-­-il aug­­
t
menté durant la
phase pré­­ dente ? Est-­l accep­­
cé­­
i
table ?

Savoirs

Défi­­ la gou­­ nance du pro­­
nir
ver­­
jet

Pré­­
voir et orga­­ ser les tra­­
ni­­
vaux

Le chef de pro­­ doit faire éta­­ la liste de tous les tra­­
jet
blir
vaux à réa­­ ser
li­­
pour obte­­ le résul­­ final attendu :
nir
tat
✓✓ Lis­­ tous les livrables atten­­
ter
dus.

403

Savoir-être

Défi­­ l’organigramme des tâches
nir
12 • Tra­­
vailler en mode
trans­­ sal
ver­­

L’enjeu de la transversalité pour le manager
Déve­­ per des rela­­
lop­­
tions de coopé­­ tion
ra­­
Col­­ bo­­ en mode pro­­
la­­ rer
jet

✓✓ Lis­­ tous les livrables inter­­ diaires néces­­
ter
mé­­
saires pour abou­­
tir
aux livrables finaux. Pour réa­­ ser cette liste de la manière de la
li­­
plus exhaus­­ pos­­
tive
sible, le chef de pro­­ pourra :
jet
−− s’appuyer sur des pro­­ ana­­
jets
logues pré­­ dents ;
cé­­
−− s’inspirer de méthodes géné­­
riques publiées décri­­
vant les
pro­­ dés à mettre en place et les livrables néces­­
cé­­
saires (par
exemple, la méthode SCRUM dans les pro­­ de sys­­
jets
tèmes
d’informations, la méthode Stagegate® dans les pro­­ de
jets
déve­­ pe­­
lop­­ ment de nou­­
veaux pro­­
duits, etc.) ;
−− sol­­ ci­­ l’ensemble des acteurs pro­­ et leur hié­­ chie, pour
li­­ ter
jet
rar­­
dis­­ ser de leurs compé­­
po­­
tences métier et de leur expé­­
rience.
✓✓ Orga­­ ser ces livrables dans un orga­­ gramme des tâches OT
ni­­
ni­­
(appelé aussi WBS Work Breakdown Struc­­
ture).
Figure 12.12 ■ Orga­­ gramme des tâches
ni­­
Projet : développer
unenouvelle prestation :
aide à la personne
dépendante isolée
P ase :
adra e
du esoin

nal se du
esoin à
satis aire

tude du
ar é

P ase :
éla oration
de la solution

P ase :
produ tion
de la solution

es ription
de la solution : é inition des Préparation
nal se
des apa ités pour le lient é uipe ents
des a tions
pour les
de l entrepris
e
né essaires de or ation
prestataires

ina e
du
as d a air
e

Les avan­­
tages de l’utilisation d’un orga­­ gramme des tâches :
ni­­
✓✓ La struc­­ ra­­
tu­­ tion en arbo­­ cence per­­
res­­
met de mettre de l’ordre et
de la lisi­­
bilité dans la liste des tra­­
vaux à accom­­
plir.
✓✓ L’organisation en arbo­­ cence fait appa­­
res­­
raître les manques et les
redon­­
dances dans les tra­­
vaux déjà iden­­ fiés.
ti­­
404
L’organigramme des tâches est le docu­­
ment fon­­ teur du pro­­
da­­
jet :
✓✓ Son éla­­ ra­­
bo­­ tion engage tota­­ ment l’équipe pro­­ dans son
le­­
jet
ensemble.
✓✓ Il for­­ lise les savoir-­ aire de l’entreprise : chaque métier, chaque
ma­­
f
ser­­
vice apporte sa contri­­ tion. Les mana­­
bu­­
gers hié­­ chiques des
rar­­
acteurs pro­­ peuvent s’intéresser à l’organigramme des tâches et
jet
vali­­ les tra­­
der
vaux les concer­­
nant.
✓✓ Chaque tâche est affec­­ à un seul res­­ sable, acteur pro­­ ou
tée
pon­­
jet
par­­ le chef de pro­­ lui-­ ême.
fois
jet
m

Savoirs

✓✓ Les dif­­ rents niveaux de détail per­­
fé­­
mettent une lec­­
ture plus ou
moins détaillée.
✓✓ Le niveau le plus fin repré­­
sente la maille de pilo­­
tage du pro­­
jet.
Chaque élé­­
ment (lot de tra­­
vaux) est géré par le chef de pro­­ en
jet
col­­ bo­­ tion avec le res­­ sable du lot de tra­­
la­­ ra­­
pon­­
vaux.

405

Savoir-être

L’organigramme des tâches sert de base à la créa­­
tion du plan­­
ning
(ou plan de route) du pro­­
jet.
Cer­­
tains enchaî­­ ments de tâches sont obli­­ toires et tombent
ne­­
ga­­
sous le sens : Il est évident que l’on ne peut commen­­ la construc­
cer
­
tion de la char­­
pente d’une mai­­ que lorsque les murs por­­
son
teurs
sont ache­­
vés.
Tous les enchaî­­ ments obli­­ toires sont donc iden­­ fiés en pre­
ne­­
ga­­
ti­­
­
mier lieu, par l’ensemble de l’équipe pro­­ Les dif­­ rents métiers
jet.
fé­­
doivent être impli­­
qués.
Puis, des enchaî­­ ments pos­­
ne­­
sibles, mais faculta­­ sont ajou­­
tifs
tés.
L’objectif est de pro­­
duire un che­­
min d’exécution complet, met­­
tant
en rela­­
tion les tra­­
vaux et per­­ tant la réa­­ sa­­
met­­
li­­ tion de l’ensemble des
tâches du pro­­ Cela conduit à un plan­­
jet.
ning for­­ lisé sous la forme
ma­­
d’un dia­­
gramme de Gantt flé­­
ché.
Les points clés de véri­­ ca­­ du plan­­
fi­­ tion
ning ini­­ sont les sui­­
tial
vants :
✓✓ L’ensemble des tâches est bien repré­­
senté.
✓✓ Cha­­
cun des membres de l’équipe pro­­ sait pré­­ sé­­
jet
ci­­ ment quand
chaque tâche devra être déclen­­
chée. Il ne reste donc plus de tâches
dont on ne sait pas quand elles doivent être réa­­ sées.
li­­

Savoir-faire

Défi­­ le plan de route
nir
12 • Tra­­
vailler en mode
trans­­ sal
ver­­

L’enjeu de la transversalité pour le manager
Déve­­ per des rela­­
lop­­
tions de coopé­­ tion
ra­­
Col­­ bo­­ en mode pro­­
la­­ rer
jet

Figure 12.13 ■ Exemple de dia­­
gramme de Gantt flé­­
ché
Planning de GANTT
Code Libellé de la tâche
T1
T2
T3
T4
T5
T6
T7
T8
T9
T10
T11

Responsable J1

J2

J3

J4

J5

J6

J7

J8

J9

J10

J11 J12

J13 J14

J15

Jean
Jean
Jean
Louis
Louis
Installer les boitiers d'interrupteurs
Mettre en place les enduits aux murs et plafond
Jean
Renover et poncer le parquet ancien en place
Paul
Poser l'apprêt sur les murs
Jean
Vitrifer le parquet
Paul
Mettre en place les prises et connecter au tableau électrique Louis
Installer et sécuriser le chantier
Abattre la cloison ancienne
Construire la nouvelle cloison en intégrant les fils électriques
Installer les boitiers de prises électriques

Mettre en place les interrupteurs et les éclairages

Louis

✓✓ Il n’y a pas de périodes dans le pro­­ pen­­
jet
dant les­­
quelles la sol­
­
li­­ ta­­
ci­­ tion des équi­­
piers pro­­ est supé­­
jet
rieure à leur capa­­ de
cité
pro­­ tion.
duc­­
✓✓ Le plan­­
ning n’est pas trop tendu : il reste des marges de temps
laissé libre entre les tâches.
Faire vali­­
der et sur­­
veiller le plan de route

Le plan­­
ning ini­­ est un des docu­­
tial
ments clés du pro­­ C’est géné­
jet.
­
ra­­ ment le pre­­
le­­
mier docu­­
ment pro­­
duit à par­­ de l’organigramme
tir
des tâches du pro­­ Il mérite un pro­­ sus de vali­­ tion for­­
jet.
ces­­
da­­
mel :
✓✓ Vali­­ tion col­­ tive par toute l’équipe. Chaque membre de
da­­
lec­­
l’équipe pro­­ valide for­­ lement cha­­
jet
mel­­
cune des tâches dont il est
res­­ sable, et prend connais­­
pon­­
sance de l’ensemble du plan­­
ning.
✓✓ Vali­­ tion par cha­­
da­­
cun des hié­­ chiques des acteurs, pour qu’ils
rar­­
prennent conscience de la charge de tra­­ de leurs col­­ bo­­ ­
vail
la­­ ra­
teurs.
Le plan­­
ning va être sur­­
veillé et mis à jour tout au long de
l’exécution du pro­­
jet :
✓✓ Les dates réelles d’exécution vont être inté­­
grées dans le plan­­
ning
ini­­ qui va ainsi deve­­ le plan­­
tial,
nir
ning à date du pro­­
jet.
✓✓ Pério­­ que­­
di­­ ment, ce plan­­
ning va donc être mis à jour, avec de
nou­­
velles esti­­
mations.
406
Exé­­ ter le pro­­
cu­­
jet

Savoir-faire

Les points clés pour obte­­ l’engagement de chaque contributeur :
nir
✓✓ Expli­­
quer le sens des tra­­
vaux pour faire voir plus loin que le
simple accom­­ se­­
plis­­ ment de la tâche.
✓✓ Iden­­ fier avec le contributeur en quoi l’achèvement de la tâche
ti­­
est bien une par­­ de l’achèvement de ses objec­­ per­­ nels :
tie
tifs
son­­
déve­­ pe­­
lop­­ ment de ses compé­­
tences, contri­­ tion à la réa­­ sa­­
bu­­
li­­ tion
d’une mis­­
sion qui compte pour lui.
✓✓ Le faire par­­ ci­­ à la construc­­
ti­­ per
tion des pré­­ sions pour l’im­
vi­­
pliquer.
✓✓ Tenir compte de ses avis, même quand ils ne faci­­
litent pas
l’établissement des pré­­ sions.
vi­­
✓✓ Défi­­ à l’avance le niveau de ten­­
nir
sion que va impo­­ le pro­­
ser
jet,
pour que cha­­ comprenne le niveau de prio­­ qu’il doit affec­
cun
rité
­
ter aux tra­­
vaux du pro­­ et le niveau d’énergie qu’il va déployer
jet
dans la réa­­ sa­­
li­­ tion des tra­­
vaux.
✓✓ Véri­­ que les contributeurs vont bien dis­­ ser du temps néces­
fier
po­­
­
saire pour effec­­
tuer les tâches avec le sou­­ de leur hié­­ chie.
tien
rar­­
✓✓ S’assurer que les contributeurs ne risquent pas d’être hap­­ par
pés
un autre pro­­ en paral­­
jet
lèle. Ce point doit être véri­­ avec eux.
fié

Savoirs

Obte­­ l’engagement des contributeurs
nir

La pro­­ tion des livrables atten­­ ne peut se faire sans une orches­
duc­­
dus
­
tra­­
tion des tra­­
vaux pré­­
vus. L’exécution du pro­­ consiste à :
jet
✓✓ Lan­­ cha­­
cer
cun des tra­­
vaux iden­­ fiés au bon moment :
ti­­
−− L’ensemble des don­­
nées en entrée de ces tra­­
vaux est bien dis­
­
po­­
nible pour effec­­
tuer le lot de tra­­
vaux consi­­
déré.
−− L’acteur prévu (ou les acteurs pré­­
vus) est bien dis­­ nible pour
po­­
pro­­
duire les livrables atten­­
dus.
−− Aucun pro­­
blème sur­­
venu par ailleurs sur le pro­­ ne remet
jet
en cause l’exécution de ce lot de tra­­
vaux et la pro­­ tion du
duc­­
livrable asso­­
cié.
407

Savoir-être

Lan­­
cer et vali­­
der les tra­­
vaux
12 • Tra­­
vailler en mode
trans­­ sal
ver­­

L’enjeu de la transversalité pour le manager
Déve­­ per des rela­­
lop­­
tions de coopé­­ tion
ra­­
Col­­ bo­­ en mode pro­­
la­­ rer
jet

✓✓ Vali­­ les résul­­ des tra­­
der
tats
vaux réa­­ sés :
li­­
−− Le résul­­ a été validé par l’autorité en charge de la vali­­ ­
tat
da­
tion (cel­­ de vali­­ tion, chef de pro­­ pair iden­­ fié lors de
lule
da­­
jet,
ti­­
l’identification de la tâche,…). L’implication du mana­­ de
ger
l’acteur pro­­ peut s’avérer déter­­ nante dans la vali­­ tion
jet
mi­­
da­­
des livrables car il pos­­
sède la compé­­
tence métier néces­­
saire.
−− Les livrai­­
sons ayant des écarts par rap­­
port à l’attendu ont bien
été accep­­ soit en l’état, soit sous réserve d’un plan de cor­
tées
­
rec­­
tions à réa­­ ser dans un délai donné.
li­­
−− L’ensemble de la docu­­ ta­­
men­­ tion asso­­ a bien été pro­­
ciée
duit.
✓✓ Obte­­ les déci­­
nir
sions quand il le faut, auprès des par­­ pre­
ties
­
nantes auto­­ sées.
ri­­
−− Cer­­
taines situa­­
tions font consta­­ des écarts impor­­
ter
tants par
rap­­
port à ce qui était prévu. Cela peut néces­­ ter des actions
si­­
complé­­ taires non pré­­
men­­
vues pou­­
vant entraî­­ des dépenses
ner
sup­­ men­­
plé­­ taires ou des dérives de délais.
−− Dans d’autres cas, l’apparition d’un risque majeur peut faire
peser une menace sur la capa­­
cité à pro­­
duire les béné­­
fices
atten­­ par le pro­­
dus
jet.
La pos­­
ture de mana­­
ger de pro­­
jet

Endos­­ la res­­ sa­­ lité d’un pro­­ requiert un chan­­ ment de
ser
pon­­ bi­­
jet
ge­­
pos­­
ture au quo­­ dien et dans l’action. Le mana­­ nou­­ le­­
ti­­
ger
vel­­ ment
nommé chef de pro­­ doit res­­ vigi­­ sur 6 axes majeurs :
jet
ter
lant
✓✓ Orga­­ sa­­
ni­­ teur, pour iden­­ fier, mobi­­ ser puis mettre en mou­­ ­
ti­­
li­­
ve­
ment un ensemble d’acteurs d’origine et d’intérêt dif­­ rents.
fé­­
✓✓ Commu­­ quant, pour expli­­
ni­­
quer à la tota­­ des par­­ pre­­
lité
ties nantes
l’objectif du pro­­ et le pro­­
jet
cédé choisi pour l’atteindre.
✓✓ Adap­­ tif et flexible, pour savoir pas­­ de la posi­­
ta­­
ser
tion de chef
direc­­ sur cer­­
tif
taines phases du pro­­ à la posi­­
jet
tion de coach,
quand l’équipe doit elle-­ ême trou­­ ses solu­­
m
ver
tions.

408
Savoirs

✓✓ Déve­­ peur de compé­­
lop­­
tences et d’autonomie sur son pro­­ pour
jet,
démul­­ plier son effi­­ cité et don­­ envie aux acteurs de don­­
ti­­
ca­­
ner
ner
le meilleur d’eux-mêmes.
✓✓ Vision « glocal » (glo­­
bale et locale) : tou­­
jours capable de dis­­ ser
po­­
d’une vue d’ensemble sur son pro­­ et si besoin de faire un zoom
jet
sur une par­­ spé­­ fique du pro­­ qui mérite de l’attention.
tie ci­­
jet
✓✓ Stra­­
tège, pour orien­­ l’action sur des zones de moindre résis­
ter
­
tance, sans pour autant lâcher sur l’essentiel qui fera le suc­­ du
cès
pro­­
jet.
Figure 12.14 ■ Les 6 axes de vigi­­
lance du chef de pro­­
jet

tr t

te r

Co

e

t

Chef de
projet

o

o

d pt t f

Savoir-faire

r

e oppe r de
o p te e et
d
to o e

La clô­­
ture de pro­­ est le mini­­
jet
mum attendu par le comman­­ taire
di­­
du pro­­ et par le chef de pro­­
jet
jet.

409

Savoir-être

Clore le pro­­
jet : les dif­­ rents cas de clô­­
fé­­
ture
12 • Tra­­
vailler en mode
trans­­ sal
ver­­

L’enjeu de la transversalité pour le manager
Déve­­ per des rela­­
lop­­
tions de coopé­­ tion
ra­­
Col­­ bo­­ en mode pro­­
la­­ rer
jet

La clô­­
ture nomi­­
nale du pro­­
jet

Elle inter­­
vient quand les livrables atten­­ sont pro­­
dus
duits et vali­­
dés,
et quand l’ensemble des acti­­ tés asso­­
vi­­
ciées à la clô­­
ture sont ache­
­
vées.
On liste géné­­ le­­
ra­­ ment les acti­­ tés de clô­­
vi­­
ture sui­­
vantes :
✓✓ Les réserves asso­­
ciées à la vali­­ tion des livrables sont-­ lles trai­
da­­
e
­
tées dans un plan de levée de réserve ?
✓✓ Les commandes pas­­
sées auprès des four­­ seurs ont-­ lles toutes
nis­­
e
été sol­­
dées (vali­­ tion des livrai­­
da­­
sons, vali­­ tion des fac­­
da­­
tures,
paie­­
ment réa­­
lisé) ?
✓✓ Les coûts réels ont-­ls été compa­­ aux coûts pré­­ sion­­
i
rés
vi­­ nels du
début du pro­­
jet ?
✓✓ Les délais réels du pro­­ ont-­ls été compa­­ aux délais pré­­ ­
jet
i
rés
vi­
sion­­
nels ?
✓✓ Le cal­­ pré­­ sion­­ de ren­­ bi­­ réa­­
cul
vi­­ nel
ta­­ lité
lisé en fin de pro­­
jet
diffère-­-il de celui qui avait été éla­­
t
boré en début de pro­­
jet ?
✓✓ L’ensemble de la docu­­ ta­­
men­­ tion du pro­­ a-­-elle été ran­­ et
jet t
gée
sau­­ gar­­
ve­­ dée ?
✓✓ Les res­­
sources affec­­ au pro­­ ont-­ lles été toutes conve­­ ble­
tées
jet
e
na­­ ­
ment et défi­­ ti­­ ment désen­­ gées du pro­­
ni­­ ve­­
ga­­
jet ?
La clô­­
ture par désalignement du pro­­
jet

Un pro­­ peut être par­­ te­­
jet
fai­­ ment conforme à son plan de route
et pour­­
tant être arrêté. En effet, si le pro­­ perd sa rai­­ d’être,
jet
son
il convient de savoir l’arrêter au plus vite. Plu­­
sieurs cas de figure
peuvent être à l’origine de cette situa­­
tion :
✓✓ L’entreprise change de stra­­ gie, et le pro­­ n’apporte plus de
té­­
jet
contri­­ tions à la nou­­
bu­­
velle stra­­ gie. Si les consé­­
té­­
quences de son
arrêt sont sup­­ tables (frais de dédit limité, pos­­ bi­­ de récu­
por­­
si­­ lité
­
pé­­ tout ou par­­ des inves­­ se­­
rer
tie
tis­­ ments déjà réa­­ sés), il est pré­
li­­
­
fé­­
rable d’arrêter le pro­­ au plus vite.
jet
410
Les cas de dérive dans les pro­­ sont très fré­­
jets
quents. Le niveau de
dérive est par­­ tel que les fon­­ men­­
fois
da­­ taux du pro­­ sont remis en
jet
cause. Par exemple : il ne sera jamais pos­­
sible d’atteindre les objec­
­
tifs de ren­­ bi­­ ou bien il ne sera jamais pos­­
ta­­ lité
sible de pro­­
duire une
solu­­
tion satis­­
faisante pour l’utilisateur final, etc.
Rares sont les chefs de pro­­ qui pro­­
jet
posent d’arrêter le pro­­
jet.
Leur mana­­ hié­­ chique peut alors jouer un rôle pré­­ dé­­
ger rar­­
pon­­ rant en
pre­­
nant acte des dérives majeures et en pro­­ sant l’arrêt des pro­­
po­­
jets
en per­­ tion.
di­­
Bilan de pro­­ – ROI1
jet

Le bilan de pro­­ est vrai­­ blab­­ ment l’activité la plus évo­­
jet
sem­­ le­­
quée
par les chefs de pro­­ mais aussi la moins réa­­ sée.
jet,
li­­
Un constat  : en fin de pro­­ les équipes se dis­­
jet,
solvent, avant
même que l’ensemble des ensei­­ ments du pro­­ ait pu être for­
gne­­
jet
­
ma­­ Or, il est néces­­
lisé.
saire de capi­­ li­­ les infor­­ tions pro­­
ta­­ ser
ma­­
duites
pen­­
dant le pro­­ pour pou­­ les ré-­ xploiter aisé­­
jet
voir
e
ment et évi­­ de
ter
repro­­
duire sys­­ ma­­ que­­
té­­ ti­­ ment les mêmes erreurs.
Le plan type d’un docu­­
ment de capi­­ li­­ tion s’organise en 5
ta­­ sa­­
par­­
ties.

Savoir-faire

La clô­­
ture pour cause de dérive létale du pro­­
jet

Savoirs

✓✓ Un évé­­ ment externe modi­­ cer­­
ne­­
fie
tains choix struc­­ rants du
tu­­
pro­­ Par exemple le pro­­ avait pris comme hypo­­
jet.
jet
thèse la dis­
­
po­­ bi­­ d’une tech­­ lo­­ don­­
ni­­ lité
no­­ gie
née. Cette tech­­ lo­­ s’avère
no­­ gie
indis­­ nible et déjà rem­­ cée par une autre plus per­­ mante. Il
po­­
pla­­
for­­
est alors per­­
tinent de pro­­ der à la clô­­
cé­­
ture du pro­­ et au lan­­ ­
jet
ce­
ment d’un nou­­
veau pro­­ avec cette nou­­
jet
velle hypo­­
thèse.

Les don­­
nées à y faire figu­­ sont :
rer
✓✓ La pré­­ ta­­
sen­­ tion du pro­­ de ses objec­­ et des béné­­
jet,
tifs
fices atten­
­
dus. La date de début et de fin de pro­­ et l’enveloppe bud­­ taire
jet
gé­­
défi­­ ini­­ le­­
nie tia­­ ment.
1.	 Return On Investment ou retour sur inves­­ se­­
tis­­ ment.

411

Savoir-être

La fiche d’identité du pro­­
jet
12 • Tra­­
vailler en mode
trans­­ sal
ver­­

L’enjeu de la transversalité pour le manager
Déve­­ per des rela­­
lop­­
tions de coopé­­ tion
ra­­
Col­­ bo­­ en mode pro­­
la­­ rer
jet

✓✓ La des­­ tion des pro­­
crip­­
duits livrés et le niveau de satis­­
faction des
uti­­ sa­­
li­­ teurs pour cha­­ de ces livrables.
cun
✓✓ La liste des per­­
sonnes et struc­­
tures impli­­
quées dans le pro­­ :
jet 
équipe pro­­ comité de pilo­­
jet,
tage, four­­ seurs, par­­ naires,…
nis­­
te­­
Bilan quan­­ tatif de la réa­­ sa­­
ti­­
li­­ tion

Il s’agit de faire le bilan entre les pré­­ sions ini­­
vi­­
tiales et les don­­
nées
réelles en fin de pro­­ Un écart final n’est pas for­­ ment une erreur
jet.
cé­­
de pilo­­
tage, tant que ces écarts ont été gérés au fil de l’eau, et sou­­
mis
au pro­­ sus de maî­­
ces­­
trise des modi­­ ca­­
fi­­ tions.
Tableau 12.7 ■ Bilan des délais
Phases

Date pré­­
vue

Date réelle

Commen­­
taires

Réa­­
lisé

Commen­­
taires

Niveau réa­­
lisé

Commen­­
taires

Tableau 12.8 ■ Bilan des coûts
Nature de coûts

Prévu

Tableau 12.9 ■ Bilan de la per­­ mance
for­­
Fonc­­
tions
et cri­­
tères

Niveau prévu

412
Tableau 12.10 ■ Bilan de la satis­­
faction glo­­
bale des par­­ pre­­
ties nantes

Bonnes pra­­
tiques à dis­­ mi­­
sé­­ ner et écueils à évi­­
ter

Le fonc­­ ne­­
tion­­ ment d’un pro­­ est à la fois pro­­ teur de valeur
jet
duc­­
ajou­­ pour le client et pro­­ teur de connais­­
tée
duc­­
sance et d’habilité
col­­ tive pour l’entreprise.
lec­­
Les ensei­­ ments du pro­­ portent sur :
gne­­
jet
✓✓ les bonnes pra­­
tiques à dis­­ mi­­
sé­­ ner ;
✓✓ les écueils à évi­­
ter.
Cer­­
tains des ensei­­ ments du pro­­ méritent d’être géné­­ li­­
gne­­
jet
ra­­ sés
à l’ensemble de l’entreprise. Même s’ils sont rares, il est capi­­ de les
tal
iden­­ fier, de les décrire de manière décontextualisée du pro­­ et de
ti­­
jet
les faire par­­ ger au sein de l’entreprise.
ta­­
La dif­­ culté majeure de la dis­­ mi­­ tion des bonnes pra­­
fi­­
sé­­ na­­
tiques et
de mise en garde des écueils est qu’il n’existe que rare­­
ment une struc­
­
413

Savoir-faire

L’analyse des chiffres, même si elle est incontour­­
nable, ne suf­­ pas.
fit
En effet, il est capi­­ de recueillir le retour d’expérience de la part
tal
des membres de l’équipe pro­­
jet.
Les don­­
nées syn­­ ti­­ portent sur :
thé­­ sées
✓✓ l’analyse points forts/points à amé­­ rer dans la pré­­ sion et
lio­­
vi­­
l’exécution du pro­­
jet ;
✓✓ la liste des ensei­­ ments tirés du pro­­ et des sug­­ tions
gne­­
jet
ges­­
d’amélioration.
Le bilan de fin de pro­­ est le der­­
jet
nier docu­­
ment col­­ tif de
lec­­
l’équipe pro­­ Pour qu’elle ait tout son poids, elle doit être éta­­
jet.
blie
par tous les acteurs pro­­ repré­­ tant cha­­
jet,
sen­­
cun des métiers impli­
­
qués.

Savoir-être

Bilan qua­­ ta­­ de la réa­­ sa­­
li­­ tif
li­­ tion et leçons à tirer

Savoirs

Satis­­
faction : niveau et faits
signi­­ ca­­
fi­­ tifs rela­­
tifs aux résul­­
tats
et à la rela­­
tion inter­­ son­­
per­­
nelle

Par­­
ties pre­­
nantes
12 • Tra­­
vailler en mode
trans­­ sal
ver­­

L’enjeu de la transversalité pour le manager
Déve­­ per des rela­­
lop­­
tions de coopé­­ tion
ra­­
Col­­ bo­­ en mode pro­­
la­­ rer
jet

ture supé­­
rieure de vali­­ tion qui lui don­­ rait la légi­­ mité néces­
da­­
ne­­
ti­­
­
saire. Le mana­­ hié­­ chique du chef de pro­­ peut jouer le rôle
ger rar­­
jet
de spon­­ et orga­­ ser des réunions de par­­
sor
ni­­
tage « inter­ rojets » pour
p
aug­­ ter l’efficacité du sys­­
men­­
tème pro­­ au niveau de l’entreprise.
jet
La ques­­
tion ultime : a-­ -on envie de recom­­
t
men­­
cer ?

Comment éva­­
luer la réus­­ d’un pro­­
site
jet ? C’est une ques­­
tion à
laquelle il convient de ne pas don­­ de réponses sim­­ fi­­ trices.
ner
pli­­ ca­­
Bien évi­­ ment, la pro­­ tion des béné­­
dem­­
duc­­
fices atten­­
dus est
l’élément déter­­ nant, bien avant la tenue des coûts, des délais et de
mi­­
la per­­ mance des livrables. Et, quand tout ceci est sous contrôle,
for­­
quel est l’élément ultime du suc­­ d’un pro­­
cès
jet ? Cela concerne le
volet humain du mana­­ ment de pro­­ Il se cerne en appor­­
ge­­
jet.
tant les
réponses aux ques­­
tions sui­­
vantes : Dans quel état l’équipe s’est-elle
sépa­­
rée ? Est-­ e une équipe fière d’avoir par­­ cipé à l’aventure ? Estc
ti­­
c
­ e une équipe riche des connais­­
sances pro­­
duites et par­­ gées ? Estta­­
c
­ e tout bon­­ ment une équipe qui a envie de recom­­ cer ?
ne­­
men­­
Il est en effet cri­­
tique pour une entre­­
prise de savoir réus­­ ses
sir
pro­­
jets. Et il est cri­­
tique pour une entre­­
prise de savoir réus­­ dura­
sir
­
ble­­
ment ses pro­­
jets.

Les orga­­ sa­­
ni­­ tions tra­­ tion­­
di­­ nelles en ser­­
vices silotés ont
vécu. Les mana­­
gers doivent à présent déve­­ per des
lop­­
compé­­
tences nou­­
velles : une agi­­ rela­­ nelle et une
lité
tion­­
intel­­ gence du fonc­­ ne­­
li­­
tion­­ ment en mode pro­­
jet.

414
Savoirs

Chapitre 13

Les ques­­
tions aux­­
quelles répond ce cha­­
pitre
quoi la connais­­
sance de soi permet-­ lle de gagner en
e
◆◆ Pour­­
effi­­ cité ?
ca­­
lop­­
te­­
caces y
◆◆ Comment déve­­ per des compor­­ ments plus effi­­

Savoir-faire

Opti­­ ser son effi­­ cité
mi­­
ca­­
rela­­
tion­­
nelle

compris dans un envi­­ ne­­
ron­­ ment inter­ ulturel ?
c
for­­
tion de négo­­ tion ?
cia­­
◆◆ Comment être plus per­­ mant en situa­­

415

Savoir-être

◆◆ Comment pré­­ nir et gérer les conflits ?
ve­­
13 • Opti­­ ser son effi­­ cité
mi­­
ca­­
rela­­ nelle
tion­­

Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité
ca­­
Prendre en compte la dimen­­ inter­ ultu­­
sion
c relle
Entraî­­ l’adhésion : négo­­ per­­ der, influ­­ cer
ner
cier, sua­­
en­­
Gérer les conflits

CC Mieux se connaître pour gagner
en effi­­ca­­cité
PRINCIPES CLÉS
•	 Nos atti­­
tudes et compor­­ ­
te­
ments induisent un cer­­
tain type
de rela­­
tion avec les membres
de l’équipe.

Déve­­ per sa sou­­
lop­­
plesse
compor­­ men­­ pour être plus
te­­ tale
effi­­
cace

L’art du mana­­ ment consiste à « diri­
ge­­
­
ger »1 les membres de l’équipe pour qu’ils
donnent le meilleur d’eux-mêmes. Le
•	 Apprendre à modu­­ son
ler
fac­­
teur humain est donc pri­­ dial et
mor­­
compor­­ ment et à dépas­­
te­­
ser
passe par la rela­­
tion per­­ na­­ sée avec
son­­ li­­
ses zones de rigi­­
dité per­­
met
de faci­­ ter la commu­­ ca­­
li­­
ni­­ tion et
chaque membre de l’équipe.
d’être plus effi­­
cace.
La sou­­
plesse compor­­ men­­
te­­ tale du
mana­­ devient la prin­­ pale compé­
ger
ci­­
­
tence à déve­­ per pour gagner en effi­­ cité et faire gagner son
lop­­
ca­­
équipe. Cette sou­­
plesse néces­­ de bien se connaître et d’avoir le
site
désir de pro­­ ser.
gres­­
Au quo­­ dien, nous avons ten­­
ti­­
dance à adop­­ les mêmes compor­
ter
­
te­­
ments et atti­­
tudes qui agissent comme de vieux réflexes. La dif­­ ­
fi­
culté consiste à adop­­ d’autres compor­­ ments. Nous avons alors
ter
te­­
la pos­­ bi­­ de choi­­
si­­ lité
sir :
✓✓ un compor­­ ment réflexe, par­­ adapté, par­­ limi­­
te­­
fois
fois
tant ;
✓✓ un compor­­ ment nou­­
te­­
veau et plus appro­­ face à des per­­
prié
sonnes
ou des situa­­
tions qui nous paraissent dif­­ ciles.
fi­­

Mieux se connaître grâce à l’analyse tran­­ tion­­
sac­­ nelle
L’analyse tran­­ tion­­
sac­­ nelle a été déve­­ pée dans les années cin­
lop­­
­
quante par Éric Berne, méde­­ psy­­
cin
chiatre nord amé­­ cain. Il s’agit
ri­­
d’une théo­­ de la per­­ na­­ et des rela­­
rie
son­­ lité
tions humaines qui s’est
1.	 Dans le sens de don­­ une direc­­
ner
tion.

416
Savoirs

lar­­ ment répan­­
ge­­
due en Occi­­
dent au cours de ces trente der­­
nières
années. Elle est compo­­ d’outils pra­­
sée
tiques qui peuvent aider les
mana­­
gers à :
✓✓ mieux se connaître et iden­­ fier points forts et points faibles ;
ti­­
✓✓ mieux connaître et comprendre les autres ;
✓✓ être bien avec eux-­ êmes et avec les autres ;
m
✓✓ trou­­
ver des pistes concrètes pour gagner en sou­­
plesse
compor­­ men­­
te­­ tale.
Deux outils de l’analyse tran­­ tion­­
sac­­ nelle sont par­­ cu­­ re­­
ti­­ liè­­ ment
utiles dans cette optique :
✓✓ les états du Moi ;
✓✓ les posi­­
tions de vie.

417

Savoir-être

Cet outil nous per­­
met de comprendre le fonc­­ ne­­
tion­­ ment de notre
per­­ na­­ et son influ­­
son­­ lité
ence sur notre compor­­ ment lors de nos
te­­
échanges avec les autres.
D’après Éric Berne, notre per­­ na­­ fonc­­ ne­­ comme si
son­­ lité
tion­­ rait
elle était compo­­ de trois par­­ dis­­
sée
ties tinctes, les trois états du Moi :
le parent, l’adulte et l’enfant.
Nous uti­­ sons un état du Moi spé­­ fique en fonc­­
li­­
ci­­
tion d’une acti­
­
vité ou d’un mode rela­­ nel par­­ cu­­
tion­­
ti­­ lier. Par exemple, nous pou­
­
vons démar­­ un entre­­
rer
tien avec un col­­ bo­­ teur en lui rap­­ lant
la­­ ra­­
pe­­
des pro­­ dures qu’il n’utilise pas, puis nous lui deman­­
cé­­
dons où il en
est de ses objec­­
tifs, enfin nous ter­­ nons l’entretien en plai­­ tant
mi­­
san­­
sur un mail un peu gri­­ qui a cir­­
vois
culé dans le ser­­
vice. Au cours de
cet entre­­ nous sommes pas­­ par trois états du Moi :
tien
sés
✓✓ le parent, lorsque nous évo­­
quons les pro­­ dures à appli­­
cé­­
quer ;
✓✓ l’adulte quand nous lui posons des ques­­
tions sur ses objec­­
tifs ;
✓✓ l’enfant quand nous plai­­ tons.
san­­
Dans notre vie quo­­ dienne, nous pas­­
ti­­
sons constam­­
ment d’un
état du Moi à l’autre. Tou­­ fois, dans cer­­
te­­
tains cas, nous parais­­
sons
comme « blo­­
qués » dans un état du Moi. Par exemple, à l’occasion
d’une situa­­
tion ten­­
due, nous nous blo­­
quons sur nos pré­­ gés alors
ju­­
que nous devrions prendre du recul ou avoir un peu d’humour.

Savoir-faire

Les états du Moi
13 • Opti­­ ser son effi­­ cité
mi­­
ca­­
rela­­ nelle
tion­­

Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité
ca­­
Prendre en compte la dimen­­ inter­ ultu­­
sion
c relle
Entraî­­ l’adhésion : négo­­ per­­ der, influ­­ cer
ner
cier, sua­­
en­­
Gérer les conflits

Pour mieux comprendre ces prin­­
cipes de base, nous allons, dans
un pre­­
mier temps, repérer la struc­­
ture des états du Moi puis, dans
un second temps, les fonc­­
tions propres à cha­­
cun. Cha­­
cune de ces
fonc­­
tions peut être plus ou moins bien régulée.
La struc­­
ture des états du Moi
L’état parent

L’état parent est le siège de nos croyances, de nos valeurs, de nos
modèles, de nos opi­­
nions, de nos juge­­
ments, des règles et des normes.
Son contenu nous a été trans­­ par des per­­
mis
sonnes impor­­
tantes pour
nous ou a été inté­­ à la suite d’expériences per­­ nelles. Il est le
gré
son­­
domaine de l’appris. Le parent est l’aiguille de notre bous­­ interne
sole
qui nous per­­
met de reconnaître ce qui est bon ou mau­­
vais, bien ou
mal. Il est aussi notre his­­
toire pas­­ ce que nous en avons retenu et
sée,
la vision des grandes lignes de notre futur tel que nous le rêvons pour
nous-­ ême et nos proches. Le parent est là pour nous gui­­ nous
m
der,
pro­­ ger, nous per­­
té­­
mettre d’avancer avec des cer­­ tudes mais aussi pour
ti­­
nous faire dou­­ nous limi­­ ou nous inter­­ cer­­
ter,
ter
dire tains choix.
Nous sommes dans le parent à chaque fois que nous uti­­ sons
li­­
des mots ou des expres­­
sions tels que : il faut, c’est impor­­
tant de, il
serait bon, je devrais, c’est bien, c’est mal, faites-­ oi confiance, vous
m
ne devriez pas, c’est inter­­ c’est dan­­ reux, je ne dois pas, tou­­
dit,
ge­­
jours,
jamais, c’est ainsi et pas autre­­
ment, vous pou­­ comp­­ sur moi…
vez
ter
Nous uti­­ sons le parent pour :
li­­
✓✓ don­­ une opi­­
ner
nion ;
✓✓ impo­­ une idée ;
ser
✓✓ aider une per­­
sonne ;
✓✓ don­­ des conseils ;
ner
✓✓ rap­­ ler des normes ;
pe­­
✓✓ sanc­­ ner ;
tion­­
✓✓ faire un reproche ou féli­­ ter,…
ci­­
418
L’état enfant est le siège de nos besoins, de nos désirs, de nos sen­­ ­
sa­
tions, de nos sen­­ ments. Il est le domaine du res­­
ti­­
senti.
L’enfant est la mémoire de tout ce qui nous est agréable, désa­
­
gréable, sym­­ thique, anti­­ thique, sécu­­ sant, dan­­ reux. Il réagit
pa­­
pa­­
ri­­
ge­­
immé­­ te­­
dia­­ ment à toute situa­­
tion de manière émo­­ nelle. Il peut
tion­­
pro­­ quer des réac­­
vo­­
tions phy­­ lo­­
sio­­ giques en cas de troubles  : rou­
­
geur, accé­­ ra­­
lé­­ tion du rythme car­­
diaque, bâille­­
ment, bégaie­­
ment,…
l’enfant est éga­­ ment le siège de la socia­­ sa­­
le­­
li­­ tion, de l’impulsivité et
de la créa­­ vité.
ti­­
Nous sommes dans l’enfant à chaque fois que nous uti­­ sons des
li­­
mots ou des expres­­
sions tels que : super, génial, je suis OK, eurêka,
419

Savoir-faire

L’état enfant

Savoir-être

L’état adulte est le siège de notre capa­­ à réflé­­
cité
chir, à prendre de la
dis­­
tance et à prendre des déci­­
sions. Il intègre de nom­­
breuses compé­
­
tences  : ana­­
lyse, syn­­
thèse, déduc­­
tion, logique, abs­­ tion,  anti­­ ­
trac­­
ci­
pation. Il est le domaine du pensé. Il nous per­­
met de trai­­ les
ter
pro­­
blèmes et de prendre nos déci­­
sions. C’est l’état du Moi de la
ges­­
tion de conflit et de la prise de recul ; il nous per­­
met de nous
dis­­ cier et de prendre de la hau­­
tan­­
teur grâce à son objec­­ vité et à
ti­­
l’analyse des faits.
Nous sommes dans l’adulte à chaque fois que nous uti­­ sons des
li­­
expres­­
sions ou des mots tels que : pour­­
quoi, comment, combien, qui,
lequel, à votre avis, que pensez-­ ous de  ? quelle déci­­
v
sion avez-­ ous
v
prise ? quels sont les moyens dont vous dis­­ sez ? quels sont les faits ? je
po­­
vais y réflé­­
chir, voici ce que je vous pro­­
pose,…
Nous uti­­ sons l’adulte pour :
li­­
✓✓ poser des ques­­
tions ;
✓✓ refor­­ ler ;
mu­­
✓✓ écou­­
ter ;
✓✓ éva­­ le pour et le contre, les avan­­
luer
tages et les inconvé­­
nients ;
✓✓ pla­­ fier ;
ni­­
✓✓ recueillir de l’information ;
✓✓ choi­­ la solu­­
sir
tion la mieux adap­­ face à une situa­­
tée
tion,…

Savoirs

L’état adulte
13 • Opti­­ ser son effi­­ cité
mi­­
ca­­
rela­­ nelle
tion­­

Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité
ca­­
Prendre en compte la dimen­­ inter­ ultu­­
sion
c relle
Entraî­­ l’adhésion : négo­­ per­­ der, influ­­ cer
ner
cier, sua­­
en­­
Gérer les conflits

j’aime, je déteste, c’est chouette, y’en a marre, j’peux pas le sen­­ na !
tir,
ras le bol ! for­­ dable…
mi­­
Nous uti­­ sons l’enfant pour :
li­­
✓✓ écla­­ de rire ;
ter
✓✓ se lais­­ aller à la gour­­ dise ;
ser
man­­
✓✓ s’interdire de par­­
ler ;
✓✓ se ron­­ les ongles ;
ger
✓✓ bais­­ la tête ;
ser
✓✓ être en colère ;
✓✓ sif­­ ter ou chan­­
flo­­
ter,…
Figure 13.1 ■ Les états du Moi

Parent

Croyances, valeurs, jugements, normes,
opinions... APPRIS

Adulte

Recueil des données, analyse,
comparaison, évaluation, décision,...
PENSÉ

Enfant

Émotions, désirs, besoins, sentiments,
adaptation,... RESSENTI

420
Les fonc­­
tions bien régulées de l’état parent

Il existe deux fonc­­
tions essen­­
tielles du parent : la fonc­­
tion nor­­ tive
ma­­
et la fonc­­
tion nour­­ cière.
ri­­

Il se met en action à chaque fois que nous devons trans­­
mettre des
normes, des règles, des pro­­ dures, des droits et des devoirs. Il veille
cé­­
à ce que chaque membre de l’équipe tra­­
vaille dans un cadre sécu­­ ­
ri­
sant où les limites sont clai­­ ment éta­­
re­­
blies.
Le mana­­ nor­­ tif est fiable et expli­­
ger
ma­­
cite. Il énonce les règles
clai­­ ment et sim­­ ment. Il est prêt à expli­­
re­­
ple­­
quer ces règles et à créer
des zones de sou­­
plesse si néces­­
saire.
Exemple : « Vous devez appli­­
quer cette pro­­ dure parce que… »
cé­­
«  Je vous rap­­
pelle que vous avez 24  heures pour me rendre votre
travail… » « Il est impor­­
tant que nous soyons tous mobi­­ sés pour
li­­
atteindre cet objectif… »

Savoirs

Le parent nor­­ tif
ma­­

421

Savoir-être

Il se met en action pour répondre à une demande d’aide, à réconfor­
­
ter si besoin et à être dis­­ nible. Il accorde des per­­ sions à luipo­­
mis­­
m
­ ême et aux membres de l’équipe. Il sait trou­­ le mot juste pour
ver
réconfor­­ ou moti­­
ter
ver.
Le mana­­ nour­­ cier déve­­
ger
ri­­
loppe et res­­
pecte l’autonomie des
membres de son équipe. Il res­­
pecte aussi ses propres limites et
besoins.
Exemple : « Si vous avez besoin d’aide, vous pou­­ comp­­ sur
vez
ter
moi », « Qu’est-ce qui pour­­ vous aider pour atteindre vos objec­
rait
­
tifs ? » « Cette fois-­ i, je lâche tout et je pars en week-­ nd pour me
c
e
détendre. »
Un bon équi­­
libre entre ces deux fonc­­
tions per­­
met au mana­­
ger
d’être à la fois aidant et cadrant pour les membres de son équipe et
pour lui-­ ême.
m

Savoir-faire

Le parent nour­­ cier
ri­­
13 • Opti­­ ser son effi­­ cité
mi­­
ca­­
rela­­ nelle
tion­­

Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité
ca­­
Prendre en compte la dimen­­ inter­ ultu­­
sion
c relle
Entraî­­ l’adhésion : négo­­ per­­ der, influ­­ cer
ner
cier, sua­­
en­­
Gérer les conflits

Les fonc­­
tions mal régulées de l’état parent

Mal régulés, ces compor­­ ments deviennent rigides ou limitants. Le
te­­
parent nor­­ tif se trans­­
ma­­
forme en per­­ cu­­
sé­­ teur ; le parent nour­­ cier
ri­­
en sau­­
veur.
Le parent per­­ cu­­
sé­­ teur

Il se rigi­­ fie par rap­­
di­­
port à lui-­ ême et à l’autre. Il est auto­­ taire,
m
ri­­
cri­­
tique, mena­­
çant, humi­­
liant par­­
fois. Il nous empêche de lâcher
prise quand il le fau­­
drait, il nous pousse à bout ou pousse l’autre à
bout. Les règles qu’il applique ou fait appli­­
quer sont trop exi­­
geantes,
dif­­ ciles à mettre en place, arbi­­
fi­­
traires et sou­­
vent inutiles.
Exemple : « Il n’est pas ques­­
tion que je vous accorde une minute
de plus. » « C’est comme ça et pas autre­­
ment. » « Vous ne compre­­
nez
vrai­­
ment rien ! » « Vous êtes des bons à rien » « Remue-­ oi ! »
t
Le parent sau­­
veur

Il se carac­­ rise par sa volonté de trop vou­­ faire pour les autres
té­­
loir
voire de faire à leur place. Il créé des liens de dépen­­
dance et se
donne une place exces­­ dans l’équipe. Le parent sau­­
sive
veur empêche
l’autonomie des per­­
sonnes qui se sentent par­­
fois étouf­­
fées et ne
peuvent déve­­ per leurs compé­­
lop­­
tences. Il fonc­­
tionne à l’affectif et
passe beau­­
coup de temps à rendre des ser­­
vices aux uns et aux autres
au détriment de l’atteinte de ses objec­­ per­­ nels.
tifs son­­
Exemple : « Sur­­
tout ne bouge pas, je m’occupe de tout ! » « J’ai
classé tes dos­­
siers parce que j’ai vu que tu avais du retard. » « Si tu
veux prendre une semaine de vacances en plus, je m’arrangerai pour
déca­­ les miennes. » « Tu es fati­­
ler
gué, rentre chez toi, je ter­­
mine ton
tra­­
vail. » « Que feriez-­ ous sans moi ? »
v

422
Tableau 13.1 ■ Comment être effi­­
cace avec l’état parent ?
Déve­­ per le parent nour­­ cier
lop­­
ri­­

•  as­­ le temps néces­­
P ser
saire pour expli­­
quer
les normes, règles et objec­­
tifs.

•  rendre le temps, au cours d’un entre­­
P
tien,
de repérer les moti­­
vations de vos col­­ bo­
la­­ ­
ra­­
teurs pour res­­ ter leurs besoins.
pec­­

•  ’assurer que vos mes­­
S
sages sont clairs,
sans ambi­­
guïté et bien compris par tous.
•  n cas d’insatisfaction, faire des cri­­
E
tiques
ciblées et pré­­
cises. Pré­­ ser ce que vous
ci­­
atten­­
dez.
•  xpli­­
E
quer les rai­­
sons d’être des nou­­
velles
normes, règles ou pro­­ dures.
cé­­
•  tre souple avec soi-­ ême et avec
Ê
m
l’autre : il est par­­
fois judi­­
cieux de faire des
excep­­
tions à la règle.

•  rendre du temps pour vous : faites-­ ous
P
v
plai­­ retrou­­
sir,
vez votre éner­­
gie, vos forces.
•  tre à l’écoute des membres de votre
Ê
équipe tout en res­­ tant les limites de
pec­­
cha­­
cun.

Savoirs

Déve­­ per le parent nor­­ tif
lop­­
ma­­

•  ider les autres en cas de demande, ou
A
aider à l’expression de la demande.
•  tre bien­­
Ê
veillant, avec soi et avec autres.
Réguler le parent sau­­
veur

•  epérer les moments ou les per­­
R
sonnes
avec qui vous adop­­ cet état du Moi.
tez

•  if­­ ren­­
D fé­­ cier le plai­­ que vous éprou­­
sir
vez à
don­­ et les besoins réels de l’autre.
ner

•  en­­ à res­­
P ser
pirer pro­­ dé­­
fon­­ ment et
remettre à plus tard les cri­­
tiques que vous
sou­­ tez for­­ ler à chaque fois que vous
hai­­
mu­­
appro­­
chez de cet état du Moi.

•  éri­­
V fier, avant de vous enga­­ dans une
ger
aide si vous avez les compé­­
tences, le
temps et l’envie d’y répondre.

•  dop­­ le prin­­
A
ter
cipe : tout peut être dit, tout
peut être fait, à condi­­
tion de se res­­ ter
pec­­
et de res­­ ter l’autre.
pec­­

•  ais­­ aux col­­ bo­­ teurs le soin
L ser
la­­ ra­­
d’exprimer leurs demandes : ne les anti­­ ­
ci­
pez pas sys­­ ma­­ que­­
té­­ ti­­ ment.
•  écou­­ le plai­­ de voir vos col­­ bo­­ ­
D
vrir
sir
la­­ ra­
teurs se débrouiller sans vous.

Savoir-faire

Réguler le parent per­­ cu­­
sé­­ teur

Les fonc­­
tions bien régulées de l’état adulte

L’adulte bien régulé nous per­­
met de déve­­ per notre poten­­ de
lop­­
tiel,
lever les dif­­ cultés rela­­ nelles et de prendre le temps du recul et
fi­­
tion­­
de l’analyse.

Mal régulés, les compor­­ ments et les réac­­
te­­
tions de l’adulte deviennent
exces­­ La per­­
sifs.
sonne oublie d’activer les fonc­­
tions des états enfant
et parent. Le monde appa­­ alors comme dénué d’émotions et de
raît
croyances : tout est pos­­
sible, sans condi­­
tion. C’est le cas de l’adulte
tech­­ crate.
no­­
423

Savoir-être

Les fonc­­
tions mal régulées de l’état adulte
13 • Opti­­ ser son effi­­ cité
mi­­
ca­­
rela­­ nelle
tion­­

Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité
ca­­
Prendre en compte la dimen­­ inter­ ultu­­
sion
c relle
Entraî­­ l’adhésion : négo­­ per­­ der, influ­­ cer
ner
cier, sua­­
en­­
Gérer les conflits

L’adulte tech­­ crate
no­­

Il se carac­­ rise par son excès de recul et de maî­­
té­­
trise. Il paraît froid,
dis­­
tant et ne tient pas compte de l’impact émo­­ nel que pro­
tion­­
­
voquent ses pro­­ et/ou son compor­­ ment.
pos
te­­
L’adulte tech­­ crate est déta­­
no­­
ché. Pour lui, tout pro­­
blème peut
s’analyser et tout chan­­ ment peut être mis en place. Il suf­­ d’être
ge­­
fit
clair sur la nature de la dif­­ culté, les actions cor­­ trices et les délais.
fi­­
rec­­
La donne humaine et émo­­ nelle et la résis­­
tion­­
tance aux chan­­ ments
ge­­
ne rentrent pas dans son ana­­
lyse.
Exemple : « Dans trois mois, le sys­­
tème de pro­­ tion sera opé­
duc­­
­
ra­­ nel après avoir licen­­ 10 % de la maî­­
tion­­
cié
trise. » « La seule solu­
­
tion c’est de blo­­
quer tout avan­­ ment et toute prime pen­­
ce­­
dant au
moins trois ans. »
Les fonc­­
tions bien régulées de l’état enfant

Il existe deux fonc­­
tions essen­­
tielles de l’enfant : la fonc­­
tion enfant
adapté et la fonc­­
tion enfant libre.
L’enfant adapté

Il res­­
pecte son envi­­ ne­­
ron­­ ment pro­­ sion­­ et extra­ rofes­­ nel.
fes­­ nel
p
sion­­
Le mana­­ qui uti­­ cette fonc­­
ger
lise
tion est un modèle au niveau des
normes et des pro­­ dures avec les­­
cé­­
quelles il se sent en accord. Cette
fonc­­
tion n’a pas pour objec­­ de contraindre mais, au contraire, de
tif
prendre ce qu’il y a de meilleur pour vivre en société. Quand un
mana­­ n’est pas d’accord avec une nou­­
ger
velle règle, il pose des ques­
­
tions et s’exprime à son sujet.
Exemple : « J’arrive à l’heure tous les matins. » « Je tra­­
verse sur les
pas­­
sages clou­­
tés », « Avant de prendre la parole dans un groupe, je lève
la main. » « Je res­­
pecte les consignes de sécu­­ de mon entre­­
rité
prise »…

424
Il se carac­­ rise par sa capa­­ à expri­­
té­­
cité
mer tran­­
quille­­
ment ce qu’il
éprouve et à uti­­ ser sa créa­­ vité. Le mana­­ qui uti­­ cette fonc­
li­­
ti­­
ger
lise
­
tion est authen­­
tique ; il aime qu’on lui parle « vrai » et que ses col­­ ­
la­
bo­­ teurs s’expriment libre­­
ra­­
ment. Il a de grandes capa­­ tés à uti­­ ser
ci­­
li­­
sa créa­­ vité pour sor­­ des situa­­
ti­­
tir
tions de crise et se per­­ de sor­­
met
tir
de cadres impo­­ qui lui paraissent trop rigides. Pour son équipe
sés
c’est une per­­
sonne créa­­
tive, directe et pas­­ née.
sion­­
Exemple : « Super ce nou­­
veau pro­­ on va leur mon­­ ce qu’on
jet,
trer
sait faire ! » « J’en ai marre de bos­­ sur ce dos­­
ser
sier, je vais me faire
une pause. » « Alors, quand est-­ e qu’on décide de se faire une superc
b
­ ouffe pour se remon­­ le moral ? »
ter
Un bon équi­­
libre entre ces deux fonc­­
tions per­­
met à la fois au
mana­­ de res­­ ter les règles et pro­­ dures de l’entreprise et
ger
pec­­
cé­­
d’exprimer ses émo­­
tions et sa créa­­ vité.
ti­­

Savoirs

L’enfant libre

L’enfant rebelle

Il se carac­­ rise par son hyper­ éacti­­
té­­
r
vité. Pour lui, le monde,
l’entreprise ou son équipe est tou­­
jours source de troubles. L’enfant
rebelle se sent atta­­
qué, il voit des pièges par­­
tout. Il uti­­ son intel­
lise
­
li­­
gence pour repérer ce qui ne va pas dans cette nou­­
velle loi, dans
cette nou­­
velle direc­­
tive, dans la demande par­­ cu­­
ti­­ lière d’un res­­ ­
pon­
sable ou d’un col­­ bo­­ teur. Comme il se sent atta­­ ou piégé, il
la­­ ra­­
qué
réagit très sou­­
vent par de l’agressivité ou un « non » sys­­ ma­­
té­­ tique.
Il est par­­ cu­­ re­­
ti­­ liè­­ ment dif­­ cile à mana­­ du fait de son impul­­ vité
fi­­
ger
si­­
et de son oppo­­ tion à toute forme d’autorité.
si­­
Exemple : « Encore une nou­­
velle pro­­ dure, ça ne m’étonne pas
cé­­
ils n’ont que ça à faire ! » « J’en ai marre de cette direc­­
tion qui n’est
même pas capable de déter­­ ner des objec­­ clairs. »
mi­­
tifs
425

Savoir-être

Lorsque les fonc­­
tions de l’état enfant sont mal régulées, les compor­
­
te­­
ments et les réac­­
tions deviennent exces­­
sifs : la fonc­­
tion de l’enfant
adapté se trans­­
forme soit en enfant sou­­
mis, soit en enfant rebelle, alors
que la fonc­­
tion de l’enfant libre se trans­­
forme en enfant tyran­­
nique.

Savoir-faire

Les fonc­­
tions mal régulées de l’état enfant
13 • Opti­­ ser son effi­­ cité
mi­­
ca­­
rela­­ nelle
tion­­

Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité
ca­­
Prendre en compte la dimen­­ inter­ ultu­­
sion
c relle
Entraî­­ l’adhésion : négo­­ per­­ der, influ­­ cer
ner
cier, sua­­
en­­
Gérer les conflits

L’enfant sou­­
mis

Il se carac­­ rise par son inca­­ cité à réagir quand il le fau­­
té­­
pa­­
drait. La
per­­
sonne qui uti­­ ses fonc­­
lise
tions est dis­­
crète, n’ose pas dire non et
se plie à toutes les contraintes. Elle ne donne jamais son avis parce
qu’elle a le sen­­ ment que c’est inutile ou qu’elle n’a rien d’intéressant
ti­­
à dire. L’enfant sou­­ souffre : il se sent brimé, mal­­
mis
traité. Il manque
de confiance en lui et peut se sen­­ anxieux ou dépres­­
tir
sif.
Exemple  : «  Ça ne sert à rien de répondre, ils font ce qu’ils
veulent. » « De toute façon je suis du même avis. » « C’est tou­­
jours à
moi qu’il lance des piques. » « Attendre que ça passe, ne pas me faire
remar­­
quer, ne rien dire et par­­ dis­­ te­­
tir crè­­ ment. »
L’enfant tyran­­
nique

Il se carac­­ rise par son inca­­ cité à se contrô­­ Il peut dépas­­ les
té­­
pa­­
ler.
ser
bornes et se sou­­ peu de l’effet pro­­
cie
duit par ses paroles et ses actes.
Ses compor­­ ments sont inadap­­ voire anti­­ ciaux. Il est capable
te­­
tés,
so­­
de tout pour obte­­ ce qu’il veut, exige qu’on se plie à sa volonté et
nir
aime se mettre dans des situa­­
tions à risque.
Quand un mana­­ uti­­ cette fonc­­
ger lise
tion, il fait vivre un véri­
­
table cau­­ mar aux membres de son équipe : prêt à tout pour obte­
che­­
­
nir des résul­­
tats, il peut insul­­ les uns, ter­­ ri­­ ou humi­­ les
ter
ro­­ ser
lier
autres. Pour ce genre de per­­ na­­ tout est dans l’excès. La mise
son­­ lité,
en dan­­ est per­­ nente.
ger
ma­­
Exemple : « Si vous n’êtes pas content, c’est pareil ! » « Je bosse
avec une bande de bons à rien et j’en ai marre ! » « Avec moi, ça passe
ou ça casse ! » « Un bon dépas­­ ment de vitesse sur l’autoroute, rien
se­­
de tel pour être en forme ! »

426
Tableau 13.2 ■ Être effi­­
cace avec l’énergie de l’enfant
Déve­­ per l’enfant libre
lop­­

•  e confor­­
S
mer aux règles et aux usages
quand ils vous paraissent judi­­
cieux.

•  tre en contact avec vos émo­­
Ê
tions et
expri­­
mer ses sen­­ ments quand le cadre
ti­­
le per­­
met.

•  oser des ques­­
P
tions et remettre en cause
ces règles et usages quand ils vous
semblent dépla­­
cés.

•  ti­­ ser l’humour pour détendre
U li­­
l’atmosphère.
•  ccep­­ l’expression émo­­ nelle des
A
ter
tion­­
autres.
• Se lais­­ aller à rêver et à inno­­
ser
ver.

Savoirs

Déve­­ per l’enfant adapté
lop­­

•  ébri­­ vos idées et don­­ libre cours à
D
der
ner
votre créa­­ vité.
ti­­
Réguler l’enfant rebelle

•  rendre le risque de don­­ votre avis
P
ner
même si vous êtes en pro­­
fond désac­­
cord.

•  rendre le temps de vous taire et
P
d’analyser avant de réagir.

•  esu­­ les risques réels que vous pre­­
M
rer
nez
en contes­­
tant une idée ou une remarque.

•  éflé­­
R
chir à ce que vous pou­­
vez pro­­ ser
po­­
si vous n’êtes pas d’accord.

•  efu­­ toute atteinte à votre per­­
R ser
sonne.

•  ous poser la ques­­
V
tion de votre véri­­
table
désir par rap­­
port à une pro­­ si­­
po­­ tion qui
émane d’un res­­ sable hié­­ chique.
pon­­
rar­­
Réguler l’enfant tyran­­
nique
•  es­­ ter les autres quoiqu’il vous en
R pec­­
coûte.
•  ra­­ quer des tech­­
P ti­­
niques cor­­ relles de
po­­
détente pour apprendre à maî­­ ser votre
tri­­
impul­­ vité.
si­­

Savoir-faire

Réguler l’enfant sou­­
mis

En vous aidant des par­­ cu­­ ri­­ et des fonc­­
ti­­ la­­ tés
tions de chaque état du
Moi :
1.	 Repérez vos modes de fonc­­ ne­­
tion­­ ment domi­­
nants  : parent,
adulte, enfant.
2.	 Iden­­ fiez les situa­­
ti­­
tions ou les per­­
sonnes condui­­
sant à des dif­­ ­
fi­
cultés rela­­ nelles.
tion­­

427

Savoir-être

Six conseils pour déve­­ per sa sou­­
lop­­
plesse
compor­­ men­­
te­­
tale
13 • Opti­­ ser son effi­­ cité
mi­­
ca­­
rela­­ nelle
tion­­

Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité
ca­­
Prendre en compte la dimen­­ inter­ ultu­­
sion
c relle
Entraî­­ l’adhésion : négo­­ per­­ der, influ­­ cer
ner
cier, sua­­
en­­
Gérer les conflits

3.	 Déter­­ nez les pistes d’action que vous pou­­ uti­­ ser dans les
mi­­
vez li­­
tableaux 13.1 et 13.2.
4.	 Choi­­ sez une piste d’action et entraînez-­ ous à être plus souple
sis­­
v
dans une situa­­
tion ou avec une per­­
sonne don­­
née.
5.	 Pas­­ à une nou­­
sez
velle piste d’action lorsque le nou­­
veau compor­
­
te­­
ment est inté­­
gré.
6.	 Avant de faire votre choix, réflé­­ sez à vos véri­­
chis­­
tables moti­
­
vations : quels avan­­
tages avez-­ ous à chan­­
v
ger ? quels avan­­
tages
avez-­ ous à ne rien chan­­
v
ger ?

Les posi­­
tions de vie
C’est l’un des outils les plus simples à comprendre de l’analyse tran­
­
sac­­ nelle. Il est éga­­ ment celui qui offre de grandes pos­­ bi­­ tés
tion­­
le­­
si­­ li­­
de chan­­ ment très rapide. Il nous per­­ de comprendre que nous
ge­­
met
vivons tous dans un mode de repré­­ ta­­
sen­­ tion constante de la réa­­
lité,
de nous-­ êmes et des autres.
m
Ce mode de repré­­ ta­­
sen­­ tion est construit à par­­ de notre expé­
tir
­
rience et varie en fonc­­
tion des situa­­
tions. Selon le contexte, nous
pou­­
vons nous voir comme quelqu’un de bien ou comme quelqu’un
de démuni voire pas à la hau­­
teur. Nous pou­­
vons aussi voir l’autre
tan­­ comme quelqu’un de bien, tan­­ comme une per­­
tôt
tôt
sonne arro­
­
gante, impres­­ nante ou limi­­ voire infé­­
sion­­
tée
rieure. Ce mode de
repré­­ ta­­
sen­­ tions a des inci­­
dences directes sur notre compor­­ ment et
te­­
donc sur l’image que nous don­­
nons de nous-­ êmes.
m
Il existe quatre modes de repré­­ ta­­
sen­­ tions, appe­­ posi­­
lés
tions de
vie. Chaque mode est consti­­ de deux signes. Le pre­­
tué
mier signe est
notre per­­ tion sur nous-­ êmes : + ou –. Le second signe est notre
cep­­
m
per­­ tion sur l’autre : + ou –. À chaque signe, la notion de gagnant
cep­­
(+) ou per­­
dant (–) peut être asso­­ 1.
ciée

1.	 Voir figure 12.2, cha­­
pitre 12.

428
Cette repré­­ ta­­
sen­­ tion cor­­ pond à une vision réduc­­
res­­
trice de soi et
sur­ imen­­ née de l’autre. Dans cette posi­­
d
sion­­
tion de vie, nous nous
sen­­
tons limi­­ infé­­
tés,
rieurs, incom­­ tents et nous attri­­
pé­­
buons à l’autre
l’expérience, le pou­­
voir, la compé­­
tence et la maî­­
trise. Notre compor­
­
te­­
ment est en retrait : le regard est fuyant, les épaules sont basses,
l’expression ver­­
bale est dif­­ cile voire impos­­
fi­­
sible.
Exemple : « Avec lui je perds mes moyens. J’ai peur qu’il ne me
prenne pour un imbé­­
cile ». « Je ne prends pas la parole pen­­
dant une
réunion par peur du ridi­­
cule ». « Je ne fais pas de vagues ». « Je suis
dis­­ pour ne pas me faire remar­­
cret
quer ».

Savoirs

La posi­­
tion de vie –/+ ou per­­
dant/gagnant

Cette repré­­ ta­­ cor­­ pond à une vision sur­ imen­­ née de soi
sen­­ tion res­­
d
sion­­
et réduc­­
trice de l’autre. Dans cette posi­­ de vie, nous nous sen­­
tion
tons
impor­­
tants, puis­­
sants, compé­­
tents et supé­­
rieurs. Nous attri­­
buons à
l’autre l’inexpérience, l’incompétence et le manque d’autonomie.
Notre compor­­ ment est de type domi­­
te­­
nant, il exprime la supé­­ ­
rio­
rité, par­­ le mépris  : le regard est direct, la tête légè­­ ment en
fois
re­­
arrière, la pos­­
ture très droite, presque rigide. Le ton de la voix est
auto­­ taire, cin­­
ri­­
glant ou par­­ trop enve­­ pant.
fois
lop­­
Exemple : « Pour qui vous prenez-­ ous ! » « Moi, je pense que
v
vous avez tort ». « Mon pauvre ami, heu­­ se­­
reu­­ ment que je suis là ! »

Savoir-faire

La posi­­
tion de vie +/– ou gagnant/per­­
dant

Cette repré­­ ta­­
sen­­ tion cor­­ pond à une vision complè­­ ment pes­­ ­
res­­
te­­
si­
miste de soi, des autres et de son envi­­ ne­­
ron­­ ment. Dans cette posi­
­
tion de vie, nous pen­­
sons que rien ne vaut la peine d’être fait, que
tout est perdu d’avance et que per­­
sonne ne peut rien faire pour nous.
Notre compor­­ ment est complè­­ ment effacé, le lien social devient
te­­
te­­
très dif­­ cile. L’attitude géné­­ est de l’ordre du décou­­ ge­­
fi­­
rale
ra­­ ment, de
la démis­­
sion voire de la dépres­­
sion.
Exemple : « À quoi ça sert de dire quelque chose, tout le monde
s’en moque  ». «  À quoi bon se battre dans ce monde déri­­
soire  ».
« C’est tou­­
jours pareil, ils font de grands dis­­
cours, mais ils n’y croient
pas. Per­­
sonne n’y croit ».
429

Savoir-être

La posi­­
tion de vie –/– ou per­­
dant/per­­
dant
13 • Opti­­ ser son effi­­ cité
mi­­
ca­­
rela­­ nelle
tion­­

Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité
ca­­
Prendre en compte la dimen­­ inter­ ultu­­
sion
c relle
Entraî­­ l’adhésion : négo­­ per­­ der, influ­­ cer
ner
cier, sua­­
en­­
Gérer les conflits

La posi­­
tion de vie +/+ ou gagnant/gagnant

Cette repré­­ ta­­
sen­­ tion cor­­ pond à une vision de soi et de l’autre réa­
res­­
­
liste. Nous avons conscience de nos capa­­ tés, de notre expé­­
ci­­
rience,
de notre véri­­
table pou­­
voir et de nos limites. Nous avons éga­­ ment
le­­
conscience des capa­­ tés de l’autre, de son expé­­
ci­­
rience, de son véri­­
table
pou­­
voir et de ses limites. Notre compor­­ ment est en congruence
te­­
avec ce que nous res­­ tons et syn­­ nisé sur le compor­­ ment de
sen­­
chro­­
te­­
l’autre.
Nous sou­­ tons avant tout une véri­­
hai­­
table col­­ bo­­ tion, à un ins­
la­­ ra­­
­
tant T qui tienne compte de l’ensemble des pro­­ go­­
ta­­ nistes en pré­
­
sence. Dans la posi­­
tion de vie +/+, il ne s’agit pas de pra­­ quer la
ti­­
méthode Coué ou de se dire que tout le monde est fon­­ men­­ ­
da­­ ta­
lement bon. Il s’agit plu­­ d’établir un contrat de confiance qui
tôt
per­­ à cha­­ d’être res­­ sable et en col­­ bo­­ tion avec l’autre.
met
cun
pon­­
la­­ ra­­
Exemple : « Est-­ e que tu es d’accord pour que l’on étu­­ le pro­
c
die
­
blème sous cet angle ? » « Je suis content de tra­­
vailler avec toi, nous
serons plus créa­­
tifs ». « Voilà ce que je peux faire et je compte sur toi
pour me tenir au cou­­
rant ».
Prendre conscience de son mode de fonc­­
tion­­ ment
ne­­

Tout d’abord, il est impor­­
tant de prendre conscience que nous avons
des habi­­
tudes et que nos repré­­ ta­­
sen­­ tions se réac­­
tivent un peu comme
de vieux réflexes :
En face d’une dif­­ culté rela­­ nelle nous reve­­
fi­­
tion­­
nons très sou­­
vent
à notre posi­­
tion de vie de base :
−− posi­­
tion de vie –/+ : « je me suis encore fait avoir »,
−− posi­­
tion de vie +/– : « quel cré­­
tin ! »,
−− posi­­
tion de vie –/– : « Je vou­­
drais dis­­ raître »,
pa­­
−−  osi­­
p tion de vie +/+ : « c’est dif­­ cile à vivre, il faut que je prenne
fi­­
le temps de digé­­ tout cela pour prendre du recul ».
rer
La posi­­
tion de vie –/+ a ten­­
dance à se réac­­ ver en face d’une per­
ti­­
­
sonne qui a une posi­­
tion de vie +/– et inver­­ ment.
se­­
430
1.	 Avoir conscience des posi­­
tions de vie que nous uti­­ sons au cours
li­­
de situa­­
tions dif­­ rentes. À la fin d’une jour­­ vous pou­­
fé­­
née
vez
choi­­ de pen­­ à deux ou trois per­­
sir
ser
sonnes avec qui vous avez été
en rela­­
tion. Pour cha­­
cune d’elle, quelle est la posi­­
tion de vie que
vous avez adop­­
tée ? Quels sont les impacts de cette posi­­
tion de
vie sur votre rela­­
tion et sur vos objec­­
tifs ?
2.	 Choi­­ une per­­
sir
sonne avec qui vous êtes –/+ ou +/–. Mettre à
plat l’objectif commun ou les objec­­ dif­­ ren­­ pour cha­­
tifs fé­­ ciés
cun
de vous : quels sont les véri­­
tables enjeux de la rela­­
tion ?
3.	 Repérer les qua­­ tés réci­­
li­­
proques et les limites de cha­­ par rap­
cun
­
port à ces objec­­ ou ces enjeux.
tifs
4.	 Réflé­­
chir aux dif­­ rentes manières de modi­­ les posi­­
fé­­
fier
tions de
vie  limitantes. Ima­­ ner dif­­ rents scé­­ rios  : quels impacts,
gi­­
fé­­
na­­
quelles consé­­
quences si vous pas­­ en posi­­
sez
tion de vie +/+ ?
5.	 Se pré­­ rer men­­ lement pour être le plus souple pos­­
pa­­
ta­­
sible. Ima­
­
gi­­ la pro­­
ner
chaine ren­­
contre avec cette per­­
sonne alors que vous
avez une repré­­ ta­­
sen­­ tion +/+ de la rela­­
tion  : que se passe-­-il  ?
t
Qu’avez-vous à y gagner ?

431

Savoirs
Savoir-faire

Cinq conseils pour être plus effi­­
cace grâce aux posi­­
tions
de vie

Savoir-être

Ensuite, il faut savoir que la posi­­
tion de vie +/+ est la moins
commune. Elle néces­­ pour cha­­
site
cun un effort par­­ cu­­
ti­­ lier. Cet
effort donne d’excellents résul­­
tats.
Enfin il est néces­­
saire d’être conscient qu’il s’agit de nos repré­
­
sen­­ tions men­­
ta­­
tales. Nous les créons nous-­ êmes et pou­­
m
vons les
modi­­
fier. Nous pou­­
vons très rapi­­ ment repérer notre posi­­
de­­
tion de
vie. En revanche, il est illu­­
soire de pen­­ pou­­
ser
voir connaître celle
d’une autre per­­
sonne.
13 • Opti­­ ser son effi­­ cité
mi­­
ca­­
rela­­ nelle
tion­­

Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité
ca­­
Prendre en compte la dimen­­
sion inter­ ultu­­
c relle
Entraî­­ l’adhésion : négo­­ per­­ der, influ­­ cer
ner
cier, sua­­
en­­
Gérer les conflits

CC Prendre en compte la dimen­­sion
inter­cultu­­relle
Le carac­­
tère multi­ ulturel des rap­­
c
ports
sociaux dans l’environnement pro­­ ­
fes­
PRINCIPES CLÉS
sion­­ se déve­­
nel
loppe. En effet, l’exten­
•	 La commu­­ ca­­
ni­­ tion dans un
sion des flux d’échange et de mobi­­ à
lité
contexte inter­ ulturel réserve
c
l’échelle pla­­ taire amène des per­­
né­­
sonnes
son lot de sur­­
prises. Nos
de cultures très dif­­ rentes à devoir
fé­­
compor­­ ments habi­­
te­­
tuels
col­­ bo­­
la­­ rer.
peuvent pro­­ quer
vo­­
des réac­­
tions inat­­ dues
ten­­
Un cer­­
tain nombre de cher­ heurs
c
de la part d’interlocuteurs
se sont pen­­
chés sur ce thème. Nous
issus d’autres cultures.
nous appuie­­
rons sur les tra­­
vaux de deux
•	 Un esprit ouvert et un inté­­
rêt
d’entre eux. Edward T. Hall et Geert
à la culture de l’autre sont des
Hofstede.
atouts indis­­ sables pour
pen­­
Ces tra­­
vaux per­­
mettent de clas­­
ser
réus­­ dans un contexte inter­
sir
les habi­­
tants des dif­­ rents pays selon
fé­­
culturel.
cer­­
tains para­­
mètres sur les plans de la
culture et de la commu­­ ca­­
ni­­ tion. Bien
sûr, les choses ne sont pas aussi méca­­
niques  : tous les indi­­ dus
vi­­
d’un même pays ne pré­­
sentent pas les mêmes carac­­ ris­­
té­­ tiques. Tou­
­
te­­ ces modèles donnent des indi­­ tions utiles pour prendre du
fois
ca­­
recul et gar­­ à l’esprit l’idée que nos réac­­
der
tions propres ne sont pas
uni­­ selles.
ver­­

Qu’est-ce que la culture ?
Toute culture est compo­­ d’un cer­­
sée
tain nombre d’éléments visibles
ou invi­­
sibles :
✓✓ La par­­ visible : C’est ce qu’un étran­­ peut en per­­ voir : les
tie
ger
ce­­
cou­­
tumes, la langue, l’art, la lit­­ ra­­
té­­ ture, la musique, l’habitat, la
cui­­
sine, etc.

432
Les ana­­
lyses d’Edward T. Hall
Edward T Hall a consa­­ de nom­­
cré
breux ouvrages à l’étude de la
commu­­ ca­­
ni­­ tion entre per­­
sonnes de cultures dif­­ rentes. Dans ce
fé­­
cha­­
pitre, nous pré­­ te­­
sen­­ rons trois de ses concepts :
✓✓ le contexte de la commu­­ ca­­
ni­­ tion ;
✓✓ les dis­­
tances dans la commu­­ ca­­
ni­­ tion ;
✓✓ la rela­­
tion au temps.

Savoirs

✓✓ La par­­ invi­­
tie
sible  : C’est ce que par­­
tagent les per­­
sonnes qui
font par­­ d’un même groupe humain : les valeurs, la vision du
tie
monde, le mode de pen­­ l’éducation, la concep­­
sée,
tion de l’espace,
la dou­­
leur, la beauté, la jus­­
tice, le tra­­
vail, la pro­­
preté, la mala­­
die,
la notion du passé, du présent, de l’avenir, l’émotivité, le bien et
le mal, etc.

433

Savoir-être

C’est l’ensemble des infor­­ tions décri­­
ma­­
vant une situa­­
tion ou un évé­
­
ne­­
ment. On parle de commu­­ ca­­
ni­­ tions à contexte fort ou à contexte
faible.
Ainsi quand deux per­­
sonnes échangent sur un sujet on dit que :
✓✓ Le contexte de la commu­­ ca­­
ni­­ tion est fort si les deux per­­
sonnes
ont déjà beau­­
coup d’informations sur le sujet. Dans ce cas, la
commu­­ ca­­
ni­­ tion n’a pas besoin d’être très expli­­
cite. Une par­­
tie
du mes­­
sage peut être sous-­ ntendue.
e
✓✓ Le contexte de la commu­­ ca­­
ni­­ tion est faible, si la per­­
sonne qui
reçoit les infor­­ tions ne pos­­
ma­­
sède pas beau­­
coup d’informations
sur le sujet. Dans ce cas, la commu­­ ca­­
ni­­ tion devra être très
expli­­
cite.
Les pays asia­­
tiques et médi­­ ra­­
ter­­ néens seraient des pays à contexte
fort. Leurs habi­­
tants pos­­
sèdent de nom­­
breuses infor­­ tions via leurs
ma­­
réseaux fami­­
liaux, ami­­
caux ou pro­­ sion­­
fes­­ nels. Ils n’ont pas besoin
de beau­­
coup d’informations sup­­ men­­
plé­­ taires. La commu­­ ca­­
ni­­ tion
peut être impli­­
cite.
L’Europe et les États-­ nis seraient des pays à contextes bas. Les
U
habi­­
tants de ces pays ont besoin d’une commu­­ ca­­
ni­­ tion expli­­
cite. La

Savoir-faire

Le contexte de la commu­­ ca­­
ni­­ tion
13 • Opti­­ ser son effi­­ cité
mi­­
ca­­
rela­­ nelle
tion­­

Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité
ca­­
Prendre en compte la dimen­­
sion inter­ ultu­­
c relle
Entraî­­ l’adhésion : négo­­ per­­ der, influ­­ cer
ner
cier, sua­­
en­­
Gérer les conflits

ren­­
contre de per­­
sonnes issues de cultures à contextes dif­­ rents peut
fé­­
don­­ lieu à des incom­­ hen­­
ner
pré­­ sions :
✓✓ Les per­­
sonnes à contexte faible n’ont pas toutes les infor­­ tions
ma­­
néces­­
saires et posent des ques­­
tions.
✓✓ Les per­­
sonnes à contexte fort trouvent désa­­
gréables de devoir
don­­ des détails inutiles (à leurs yeux) et de devoir répondre à
ner
des ques­­
tions.
Les dis­­
tances dans la commu­­ ca­­
ni­­ tion

Cha­­ d’entre nous est entouré d’une bulle invi­­
cun
sible dans laquelle
il ne laisse péné­­ que cer­­
trer
taines per­­
sonnes.
La taille de la bulle dépend des situa­­
tions. Petite dans les situa­
­
tions d’intimité, sa taille sera de plus en plus grande jusqu’à atteindre
le maxi­­
mum dans les contacts publics. Si une per­­
sonne iden­­ fiée
ti­­
comme fai­­
sant par­­ de la situa­­
tie
tion « contacts publics » entre dans
ma bulle « inti­­
mité », je vais res­­ tir une sen­­ tion désa­­
sen­­
sa­­
gréable.
La taille de la bulle varie éga­­ ment en fonc­­
le­­
tion des cultures.
Au Sud de l’Europe, elle est plus petite que dans le Nord. Des per­
­
sonnes du Nord pour­­
ront ainsi se sen­­ agres­­ par des per­­
tir
sées
sonnes
du Sud et des per­­
sonnes du sud trou­­ les per­­
ver
sonnes du nord plu­­
tôt
froides.
La rela­­
tion au temps

Toutes les cultures n’ont pas la même vision du temps. Elles peuvent
être mono­ hroniques ou poly­ hroniques.
c
c
Pour les cultures mono­ hroniques, le temps est linéaire et pla­
c
­
ni­­ Le respect des plan­­
fié.
nings et délais est sacré. On ne fait qu’une
seule chose à la fois et on essaie de ne pas se lais­­ inter­­
ser
rompre.
Dans les cultures poly­ hroniques, il est nor­­
c
mal de faire plu­­
sieurs
choses à la fois, de se lais­­ inter­­
ser
rompre et de pas­­ d’une acti­­ à
ser
vité
l’autre. Le respect du plan­­
ning appa­­ plu­­ comme un idéal que
raît tôt
comme un vrai objec­­
tif.
434
On comprend aisé­­
ment les irri­­ tions réci­­
ta­­
proques qui peuvent
sur­­ dans la col­­ bo­­ tion entre « monochrones » et « poly­ hrones »
gir
la­­ ra­­
c
si cha­­ ne fait pas d’effort de compré­­ sion de l’autre.
cun
hen­­

La dis­­
tance hié­­ chique
rar­­

Savoir-faire

Gert Hoffstede est un psy­­ logue néer­­ dais né en 1928. Il a
cho­­
lan­­
étu­­ la place de la culture dans les rela­­
dié
tions pro­­ sion­­
fes­­ nelles. Il a
réa­­ l’étude qui l’a rendu célèbre au sein du groupe IBM. Cette
lisé
étude a inter­­
rogé le per­­ nel des soixante-­ ouze filiales d’IBM, soit
son­­
d
trente-­ uit pro­­ sions et vingt langues.
h
fes­­
Elle a per­­ à Gert Hoffstede de déter­­ ner les fac­­
mis
mi­­
teurs com­
muns aux dif­­ rentes cultures. Il en a tiré la conclu­­
fé­­
sion que toute
société doit faire des choix par rap­­
port à 4 domaines fon­­ men­­
da­­ taux :
✓✓ Les inéga­­ tés sociales (dont le rap­­
li­­
port avec l’autorité) ou « dis­
­
tance hié­­ chique ».
rar­­
✓✓ Les rela­­
tions entre l’individu et le groupe  : le «  degré d’indi­
vidualisme ou de col­­ ti­­
lec­­ visme ».
✓✓ Les concepts de mas­­ li­­
cu­­ nité ou de fémi­­
nité  : les consé­­
quences
sociales de l’appartenance à l’un ou l’autre sexe  : le «  degré de
mas­­ li­­ ou de fémi­­
cu­­ nité
nité ».
✓✓ Les façons de gérer l’incertitude, liées à la maî­­
trise de l’agression
et à l’expression des émo­­
tions : le « contrôle de l’incertitude ».

Savoirs

Les ana­­
lyses de Geert Hoffstede

La dis­­
tance hié­­ chique reflète le degré d’inégalité attendu et
rar­­
accepté par les indi­­ dus, notam­­
vi­­
ment ceux qui sont en posi­­
tion hié­
­
rar­­
chique infé­­
rieure. La dis­­
tance hié­­ chique est donc mesu­­ à
rar­­
rée
par­­ des sys­­
tir
tèmes de valeur de ceux qui ont le moins de pou­­
voir.

Dans un contexte à dis­­
tance hié­­ chique éle­­ les enfants doivent
rar­­
vée,
obéir aux parents. L’indépendance n’est pas encou­­ gée et le respect
ra­­
des parents est une vertu fon­­ men­­
da­­ tale qui per­­
siste jusqu’à l’âge
adulte. Ce modèle de dépen­­
dance par rap­­
port aux aînés imprègne
tous les contacts humains.
435

Savoir-être

Au sein de la cel­­
lule fami­­
liale
13 • Opti­­ ser son effi­­ cité
mi­­
ca­­
rela­­ nelle
tion­­

Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité
ca­­
Prendre en compte la dimen­­
sion inter­ ultu­­
c relle
Entraî­­ l’adhésion : négo­­ per­­ der, influ­­ cer
ner
cier, sua­­
en­­
Gérer les conflits

Dans un contexte à dis­­
tance hié­­ chique faible, les enfants sont
rar­­
consi­­ rés comme égaux à leurs aînés dès qu’ils sont capables d’agir.
dé­­
L’éducation a pour objec­­ de les lais­­ prendre le contrôle de
tif
ser
leurs propres affaires, de faire leurs propres expé­­
riences et de savoir
dire non.
Dans l’enseignement

Dans un contexte à forte dis­­
tance hié­­ chique, le pro­­ seur est
rar­­
fes­­
celui qui sait. La qua­­ des acqui­­ tions dépend presque exclu­­ ve­
lité
si­­
si­­ ­
ment de l’excellence des pro­­ seurs. Les châ­­ ments cor­­ rels sont
fes­­
ti­­
po­­
tolé­­
rés.
Dans un contexte à faible dis­­
tance  hié­­ chique, le pro­­ sus
rar­­
ces­­
d’éducation est orienté vers les élèves. Ils dis­­
cutent avec le pro­­ ­
fes­
seur, expriment leur désac­­
cord et ne leur témoignent pas de respect
par­­ cu­­ en dehors de l’école. La qua­­ des acqui­­ tions dépend
ti­­ lier
lité
si­­
de l’excellence de l’élève. Les châ­­ ments cor­­ rels sont consi­­ rés
ti­­
po­­
dé­­
comme de mau­­ trai­­ ments.
vais
te­­
Sur le lieu de tra­­
vail

Dans un contexte à forte dis­­
tance hié­­ chique, les supé­­
rar­­
rieurs et les
subor­­ nés se consi­­
don­­
dèrent comme inégaux par nature dans un sys­
­
tème fondé sur une inéga­­ exis­­ tielle.
lité
ten­­
Dans un contexte à faible dis­­
tance hié­­ chique, les supé­­
rar­­
rieurs
et subor­­ nés se consi­­
don­­
dèrent comme égaux. Un subor­­
donné peut
demain deve­­ un res­­ sable. Les signes exté­­
nir
pon­­
rieurs du pou­­
voir
sont sus­­
pects.
tion sur 53 par ordre de dis­­
tance hié­­ ­
rar­
La France est en 15e posi­­
chique crois­­
sante.

436
Tableau 13.3 ■ Dis­­
tance hié­­ chique
rar­­
Faible dis­­
tance

Forte dis­­
tance
La force l’emporte sur le droit

La classe moyenne est nom­­
breuse

La classe moyenne est peu nom­­
breuse

Tous doivent avoir les mêmes droits

Les puis­­
sants ont des pri­­ lèges
vi­­

Le pou­­
voir est fondé sur une posi­­
tion
offi­­
cielle, une apti­­
tude

Le pou­­
voir est fondé sur la famille, les amis,
le cha­­
risme

Les reve­­
nus sont assez éga­­ ment répar­­
le­­
tis

Les reve­­
nus sont inéga­­ ment répar­­
le­­
tis

Le sys­­
tème fis­­ contri­­
cal
bue à une meilleure
répar­­
tition

Le sys­­
tème fis­­ accen­­ les inéga­­ tés
cal
tue
li­­

Les reli­­
gions et phi­­ sophies insistent sur
lo­­
l’égalité

Les reli­­
gions et phi­­ sophie confortent
lo­­
hié­­ chies et stra­­ fi­­
rar­­
ti­­ cations

Savoirs

L’utilisation du pou­­
voir doit être légi­­
time

Tableau 13.4 ■ Des exemples de dis­­
tance hié­­ chique
rar­­
Forte dis­­
tance

Autriche

Malaisie

Israël

Guatemala, Panama, Phi­­ pines
lip­­

Danemark

Mexique, Venezuela, Pays ara­­ phones,
bo­­
Équa­­
teur, Indonésie, Inde, Afrique de
l’Ouest

Nouvelle-­ élande
Z
Ir­ande, Suède, Finlande, Suisse, Norvège
l
Grande-­ retagne, Allemagne
B

Savoir-faire

Faible dis­­
tance

Une large majo­­ des habi­­
rité
tants de notre pla­­
nète vit dans des socié­
­
tés où l’intérêt du groupe prime sur l’intérêt indi­­ duel.
vi­­
Le col­­ ti­­
lec­­ visme carac­­ rise les socié­­ dans les­­
té­­
tés
quelles les per­
­
sonnes sont inté­­
grées dès leur nais­­
sance dans des groupes forts
et sou­­ qui conti­­
dés
nuent de les pro­­ ger tout au long de la vie en
té­­
échange d’une loyauté indé­­ tible.
fec­­
L’individualisme carac­­ rise les socié­­ dans les­­
té­­
tés
quelles les liens
entre per­­
sonnes sont lâches. Cha­­ doit se prendre en charge ainsi
cun
que ses parents les plus proches.
437

Savoir-être

Le degré d’individualisme ou de col­­ ti­­
lec­­ visme
13 • Opti­­ ser son effi­­ cité
mi­­
ca­­
rela­­ nelle
tion­­

Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité
ca­­
Prendre en compte la dimen­­
sion inter­ ultu­­
c relle
Entraî­­ l’adhésion : négo­­ per­­ der, influ­­ cer
ner
cier, sua­­
en­­
Gérer les conflits

Tableau 13.5 ■ Niveau d’individualisme ou de col­­ ti­­
lec­­ visme
Col­­ ti­­
lec­­ visme

Indi­­ dua­­
vi­­
lisme

L’individu naît dans une famille élar­­
gie
qui le pro­­ gera
té­­

L’individu doit s’occuper de lui

L’identité dépend du groupe
d’appartenance

L’identité est fon­­
dée sur l’individu

Il faut évi­­ les affron­­ ments
ter
te­­
directs

Une per­­
sonne hon­­
nête doit dire
ce qu’elle pense

La rela­­
tion employeur/sala­­ se noue
rié
sur une base morale

La rela­­
tion employeur/sala­­ est
rié
un contrat

La rela­­
tion l’emporte sur l’affaire à
trai­­
ter

L’affaire à trai­­ l’emporte sur
ter
la rela­­
tion

Tableau 13.6 ■  es exemples de socié­­ col­­ tives
D
tés lec­­

ou indi­­ dua­­
vi­­ listes
Socié­­ col­­ tives
tés
lec­­

Socié­­ indi­­ dua­­
tés
vi­­
listes

Guatemala, Équa­­
teur, Panama

USA, Australie, Grande-­ retagne
B

Venezuela, Colombie, Indonésie,
Pakistan, Costa Rica, Pérou

Canada, Pays-­ as, Nouvelle-­ élande
B
Z

Taïwan, Co­ ée du Sud, Hong Kong
r

Suède, France, Ir­ande, Norvège,
l
Suisse, Allemagne

Afrique de l’Ouest

Italie, Belgique, Danemark

Le degré de mas­­ li­­
cu­­ nité ou de fémi­­
nité

Une société est mas­­ line quand ses valeurs domi­­
cu­­
nantes sont des
valeurs mas­­ lines, valeurs adop­­
cu­­
tées y compris par les femmes de
ces socié­­ Ces valeurs sont la réus­­
tés.
site, la pos­­ sion, la force.
ses­­
Une société est fémi­­
nine quand ses valeurs domi­­
nantes sont des
valeurs fémi­­
nines : impor­­
tance por­­ au social ou à l’entraide.
tée

438
Tableau 13.7 ■ Socié­­ fémi­­
tés
nines et mas­­ lines
cu­­
Fémi­­
nines

Mas­­ lines
cu­­
Société de la réus­­
site

Il faut aider ceux qui ont besoin

Il faut encou­­ ger les forts
ra­­

Ce qui est petit et lent est beau

Ce qui est grand et rapide est beau

Prio­­ à la pré­­ va­­
rité
ser­­ tion de l’environnement

Prio­­ à la crois­­
rité
sance éco­­ mique
no­­

Négo­­ tion et compro­­
cia­­
mis pour résoudre
les conflits

Démons­­ tions de force ou affron­­ ments
tra­­
te­­

Un cer­­
tain nombre de femmes élues

Un nombre assez faible de femmes élues

Les reli­­
gions insistent sur la complé­­
men­­ ­
ta­
rité des sexes

Les reli­­
gions insistent sur la domi­­ tion
na­­
mas­­ line
cu­­

Savoirs

Société soli­­
daire

Tableau 13.8 ■ Les exemples de socié­­ fémi­­
tés
nines ou mas­­ lines
cu­­
Socié­­ fémi­­
tés
nines

Socié­­ mas­­ lines
tés
cu­­
Japon

Pays-­ as, Danemark
B

Autriche

Costa Rica, Yougoslavie

Venezuela

Finlande, Chili

Italie, Suisse

Portugal

Mexique

Thaïlande

Ir­ande, Grande-­ retagne, Allemagne
l
B

Savoir-faire

Suède, Norvège

Il mesure le besoin de maî­­
trise de l’avenir et s’accompagne de la
néces­­ d’édicter des règles pour savoir où l’on va. Contrô­­
sité
ler
l’incertitude, c’est :
✓✓ Res­­ tir le besoin de repères, de défi­­ tions,
sen­­
ni­­
✓✓ Avoir des règles pour se pro­­ ger de l’inconnu (orga­­ grammes,
té­­
ni­­
pro­­ dures),
cé­­
✓✓ Accor­­ une grande impor­­
der
tance aux sys­­
tèmes comp­­
tables et
bud­­ taires,
gé­­
✓✓ Être convaincu de la néces­­ d’ordre et de confor­­
sité
misme,
✓✓ Pen­­ que la dif­­ rence est dan­­ reuse.
ser
fé­­
ge­­
439

Savoir-être

Le contrôle de l’incertitude
13 • Opti­­ ser son effi­­ cité
mi­­
ca­­
rela­­ nelle
tion­­

Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité
ca­­
Prendre en compte la dimen­­
sion inter­ ultu­­
c relle
Entraî­­ l’adhésion : négo­­ per­­ der, influ­­ cer
ner
cier, sua­­
en­­
Gérer les conflits

Tableau 13.9 ■ Le contrôle de l’incertitude
Faible

Fort

Ce qui est dif­­ rent est curieux
fé­­

Ce qui est dif­­ rent est dan­­ reux
fé­­
ge­­

Lois peu nom­­
breuses et géné­­
rales

Lois nom­­
breuses et pré­­
cises

Tolé­­
rance, modé­­ tion
ra­­

Conser­­ tisme, main­­
va­­
tien de l’ordre

Les jeunes sont encou­­ gés
ra­­

Les jeunes sont sus­­ tés
pec­­

Régio­­ lisme, inter­­ tiona­­
na­­
na­­
lisme, inté­­ tion
gra­­
des mino­­ tés
ri­­

Natio­­ lisme, xéno­­ bie, répres­­
na­­
pho­­
sion des
mino­­ tés
ri­­

Un seul groupe ne peut impo­­ sa vérité
ser

Il n’y a qu’une vérité et nous la déte­­
nons

Empi­­
risme, rela­­ visme au niveau des
ti­­
sciences et de la phi­­ sophie
lo­­

Attrait pour les grandes théo­­
ries scien­­ ­
ti­
fiques et phi­­ sophiques
lo­­

Tableau 13.10 ■ des exemples de contrôle de l’incertitude
Faible contrôle

Fort contrôle

Singapour, Jamaïque

Grèce

Danemark

Portugal, Guatemala, Uruguay

Suède, Hong Kong

Belgique, Salvador, Japon

Ir­ande, Grande-­ retagne, Malaisie
l
B

Yougoslavie, Pérou

Inde, Phi­­ pines, USA, Canada
lip­­

France, Chili, Espagne

Mana­­ une équipe inter­ ultu­­
ger
c relle
La réus­­ du mana­­ ment d’équipes inter­ ultu­­
site
ge­­
c
relles repose sur
4 points :
✓✓ la quête de confiance ;
✓✓ la moti­­
vation ;
✓✓ l’adhésion à l’objectif de l’équipe ;
✓✓ le déve­­ pe­­
lop­­ ment des «  compé­­
tences inter­ ultu­­
c
relles  » des
membres de l’équipe.
440
La confiance au sein de l’équipe est la condi­­
tion du suc­­ de toute
cès
rela­­
tion inter­ ultu­­
c
relle. La clarté et la trans­­ rence des rela­­
pa­­
tions de
tra­­ doivent être le souci per­­
vail
manent du mana­­ en charge d’une
ger
équipe multi­ ultu­­
c
relle. Les rela­­
tions de tra­­ doivent repo­­ sur
vail
ser
des règles affi­­
chées et connues de tous.
La moti­­
vation

Il importe de dis­­ ser d’un pro­­ clair qui per­­ tra de ras­­ bler
po­­
jet
met­­
sem­­
l’ensemble des col­­ bo­­ teurs autour d’un pro­­ commun et ou cha­
la­­ ra­­
jet
­
cun trou­­
vera sa place et pourra valo­­ ser ses compé­­
ri­­
tences.
Une atten­­
tion par­­ cu­­
ti­­ lière doit être por­­ sur les sys­­
tée
tèmes de
moti­­
vation et de récom­­
pense. En effet il y a un risque d’opposition
cultu­­
relle selon que l’on pri­­ lé­­ le déve­­ pe­­
vi­­ gie
lop­­ ment des rela­­
tions
humaines ou la valo­­ sa­­
ri­­ tion éco­­ mique du tra­­
no­­
vail.

Savoirs

La quête de confiance

Pour faire adhé­­ l’ensemble de l’équipe, le mana­­ doit avoir des
rer
ger
idées claires sur l’objectif final et les moyens d’y par­­ nir et adap­­
ve­­
ter
ses expli­­ tions en fonc­­
ca­­
tion des cultures. Il n’aura pas de dif­­ cultés
fi­­
majeures pour les cultures où la struc­­
ture hié­­ chique est pyra­­ ­
rar­­
mi­
dale mais l’adhésion sera plus dif­­ cile dans des cultures comme la
fi­­
culture fran­­
çaise ou la contes­­ tion de l’autorité est chose cou­­
ta­­
rante.

Savoir-faire

L’adhésion à l’objectif de l’équipe

Il est indis­­ sable, mais pas suf­­ sant de pré­­ une mise à niveau
pen­­
fi­­
voir
lin­­ tique. Au-­ elà de ça, il va fal­­
guis­­
d
loir déve­­ per la capa­­
lop­­
cité
d’ouverture et d’écoute. Il faut que le col­­ bo­­ teur s’intéresse aux
la­­ ra­­
pra­­
tiques et cou­­
tumes des autres.
Il fau­­ en outre, déve­­ per la tolé­­
dra
lop­­
rance à l’incertitude. Le
col­­ bo­­ teur doit admettre qu’il peut ren­­
la­­ ra­­
contrer une part éle­­
vée
d’incertitude dans ses rela­­
tions pro­­ sion­­
fes­­ nelles. Il doit être flexible
en s’adaptant aux chan­­ ments et en s’ouvrant aux idées nou­­
ge­­
velles.
Pour cela, on pourra avoir recours à la for­­ tion et aux expé­­
ma­­
riences
441

Savoir-être

Le déve­­ pe­­
lop­­ ment des « compé­­
tences inter­ ultu­­
c
relles »
de chaque membre de l’équipe
13 • Opti­­ ser son effi­­ cité
mi­­
ca­­
rela­­ nelle
tion­­

Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité
ca­­
Prendre en compte la dimen­­ inter­ ultu­­
sion
c relle
Entraî­­ l’adhésion : négo­­
ner
cier, per­­ der, influ­­ cer
sua­­
en­­
Gérer les conflits

inter­ ultu­­
c
relles en aug­­ tant les pos­­ bi­­ tés de ren­­
men­­
si­­ li­­
contre et
d’échange avec des cultures dif­­ rentes.
fé­­

CC Entraî­­
ner l’adhésion : négo­­cier,
per­­sua­­der, influ­­
en­­cer
PRINCIPES CLÉS
•	 Tenir compte de tous les élé­
­
ments objec­­ et sub­­ tifs du
tifs
jec­­
contexte.
•	 Déter­­ ner un objec­­ clair
mi­­
tif
tout en res­­
tant flexible sur les
moyens d’y par­­ nir.
ve­­

Le mana­­ ren­­
ger
contre des situa­­
tions de
négo­­ tion mul­­
cia­­
tiples  avec ses col­­ bo­
la­­ ­
ra­­
teurs, res­­ sables, clients, four­­ ­
pon­­
nis­
seurs et col­­
lègues. Pour réus­­ il doit
sir,
maî­­ ser dif­­ rents outils et méthodes.
tri­­
fé­­

Pré­­ ser le contexte
ci­­

« Quel est le pro­­
blème, et d’abord y a-­-il
t
vrai­­
ment un pro­­
blème ? »
En effet, bon nombre de négo­­ tions
cia­­
inutiles découlent de don­­
nées de départ
•	 Être effi­­
cient : atteindre son but
fausses ou mal inter­­ tées. Ainsi, une
pré­­
en mobi­­ sant l’énergie juste
li­­
ana­­ objec­­ du contexte per­­ au
lyse
tive
met
néces­­
saire.
mana­­ de sim­­ fier la négo­­ tion,
ger 
pli­­
cia­­
voire de l’éviter complè­­ ment quand il
te­­
s’avère qu’il n’y a pas de pro­­
blème.
Quatre pré­­ tions pour ana­­ ser objec­­ ve­­
cau­­
ly­­
ti­­ ment le contexte :
✓✓ obte­­ les infor­­ tions néces­­
nir
ma­­
saires et les véri­­
fier ;
✓✓ énon­­ les faits sans por­­ ni juge­­
cer
ter
ment, ni opi­­
nion ;
✓✓ éva­­
cuer le plus pos­­
sible les a priori de cha­­
cun ;
✓✓ noter les éven­­
tuelles diver­­
gences de vue et de posi­­
tion sur les­
­
quelles por­­ au final l’entretien.
tera
En évi­­
tant à cette étape ini­­
tiale tout juge­­
ment et confron­­ ­
ta­
tion d’opinions, les pro­­ go­­
ta­­ nistes gagnent du temps. Par ailleurs, la
confiance mutuelle qu’ils se témoignent favo­­ sera la pour­­
ri­­
suite de la
dis­­ sion, don­­
cus­­
nant lieu cette fois à débat, voire à négo­­ tion.
cia­­

•	 Consi­­ rer ses inter­­ cuteurs
dé­­
lo­­
comme des res­­
sources et non
des adver­­
saires.

442
Uti­­ ser les outils de la commu­­ ca­­
li­­
ni­­ tion

Adop­­ une atti­­
ter
tude ouverte

« Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me bat­­
trai
jusqu’au bout pour que vous puis­­ le dire » (Vol­­
siez
taire).
L’attitude ouverte consiste à accep­­
ter l’éventualité d’être
convaincu par les pro­­ de l’autre. Pour être convaincu, encore
pos
faut-­l d’abord comprendre ses pro­­
i
pos. Comprendre ne signi­­ pas
fie
accep­­ de se ran­­ à la vérité de l’autre ou à sa logique, mais accep­
ter
ger
­
ter qu’il puisse avoir une autre logique ou une autre vérité étant
donné son contexte per­­ nel.
son­­
Cela consti­­ donc une cer­­
tue
taine prise de risques, d’autant plus
qu’au départ cha­­
cun est convaincu que c’est à l’autre de chan­­
ger
d’avis.

Savoir-faire

Il y a au moins deux bonnes rai­­
sons de se taire dans une situa­­
tion
de négo­­ tion :
cia­­
✓✓ écou­­ per­­
ter
met de recueillir des infor­­ tions utiles sur le
ma­­
contexte ;
✓✓ si on le laisse par­­ l’interlocuteur peut inflé­­
ler,
chir natu­­ le­­
rel­­ ment
son opi­­
nion.
Voici trois bonnes pra­­
tiques pour y par­­ nir :
ve­­
✓✓ attendre la fin de la réponse pour conti­­
nuer et évi­­ de cou­­
ter
per
la parole ;
✓✓ res­­ atten­­ à ce que dit l’autre plu­­ que de pré­­ rer sa réponse.
ter
tif
tôt
pa­­
la per­­ nence de la repar­­ peut dépendre de tout ce que l’autre
ti­­
tie
est en train de dire ;
✓✓ être plei­­ ment convaincu qu’il ne sert à rien de répondre « du
ne­­
tac au tac ».

Savoirs

Savoir se taire pour écou­­
ter

Le regard direct, des hoche­­
ments de tête, des « oui, j’entends », « je
comprends bien ce que vous dites », « c’est inté­­ sant »… consti­­
res­­
tuent
443

Savoir-être

Témoi­­
gner de l’intérêt à son inter­­ cuteur
lo­­
13 • Opti­­ ser son effi­­ cité
mi­­
ca­­
rela­­ nelle
tion­­

Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité
ca­­
Prendre en compte la dimen­­ inter­ ultu­­
sion
c relle
Entraî­­ l’adhésion : négo­­
ner
cier, per­­ der, influ­­ cer
sua­­
en­­
Gérer les conflits

autant d’encouragements à l’expression fluide et complète. Rap­­ ­
pe­
lons que ces expres­­
sions ne signi­­
fient pas « oui je suis d’accord » ni
« vous avez rai­­
son ». Prendre des notes montre éga­­ ment l’intérêt
le­­
porté à ce qui est dit.
Se cen­­
trer sur l’autre

En se cen­­
trant sur l’autre et non sur soi, on adopte une atti­­
tude
géné­­ d’ouverture et de bien­­
rale
veillance faci­­ tant la compré­­ sion
li­­
hen­­
de la vérité de l’autre, son contexte et sa logique. Exer­­
cice contrai­
­
gnant, car il néces­­ de nous détour­­ de nos propres pré­­ cu­­ ­
site
ner
oc­­ pa­
tions et de nous éloi­­
gner de nos centres d’intérêt.
Le risque est de tenter de s’identifier tota­­ ment à l’autre. L’attitude
le­­
effi­­
cace consiste à faire preuve d’empathie tout en conser­­
vant une
cer­­
taine dis­­
tance.
Refor­­ ler
mu­­

Refor­­ ler c’est redire avec d’autres termes, sans inter­­
mu­­
préter, ce
que l’interlocuteur vient d’exprimer. C’est lui appor­­ la meilleure
ter
preuve qu’on l’écoute.
Atten­­
tion tou­­ fois à ne pas abu­­ de cette pra­­
te­­
ser
tique qui pour­
­
rait lais­­ croire que le mana­­ refuse de s’engager ou de prendre
ser
ger
posi­­
tion, pro­­ quant un sen­­ ment d’insécurité chez l’interlo­
vo­­
ti­­
cuteur.
Ques­­
tion­­
ner

Lorsque les expli­­ tions don­­
ca­­
nées néces­­
sitent des appro­­ dis­­ ­
fon­­ se­
ments, il importe de maî­­ ser les dif­­ rentes formes de ques­­ ne­
tri­­
fé­­
tion­­ ­
ments, en fonc­­
tion des réponses atten­­
dues.

444
Elles appellent une réponse pré­­
cise et courte. Elles sont uti­­ sées
li­­
pour véri­­ des points pré­­ ou ver­­
fier
cis
rouiller un accord en levant
toute ambi­­
guïté :
✓✓ « La réunion commence bien à 9 heures ? »
✓✓ « Êtes-­ ous d’accord avec le point 3 ? »
v
Elles ne per­­
mettent pas d’obtenir d’explications ou d’en apprendre
beau­­
coup sur la pen­­ de l’interlocuteur, mais l’amènent à prendre
sée
posi­­
tion et quelque­­ à cla­­ fier sa pen­­ Elles sont à uti­­ ser avec
fois
ri­­
sée.
li­­
pru­­
dence pour ne pas être res­­ ties comme intrusives.
sen­­

Savoirs

Les ques­­
tions fer­­
mées

Elles visent à limi­­ le choix de l’interlocuteur aux alter­­ tives pro­
ter
na­­
­
po­­
sées.
✓✓ « Le pro­­
blème est d’ordre orga­­ sa­­ nel ou tech­­
ni­­ tion­­
nique ? »
✓✓ «  Votre entre­­
prise est ins­­ lée en Pologne, en Tchéquie ou en
tal­­
Hongrie ? »
Elles orientent et fixent la réflexion sur un ter­­
rain pré­­ ter­
dé­­ ­
miné, mais per­­
mettent de véri­­ ou de tester une ou plu­­
fier
sieurs
hypo­­
thèses.
Les ques­­
tions ouvertes

Savoir-faire

Les ques­­
tions alter­­ tives ou à choix mul­­
na­­
tiples

445

Savoir-être

Très uti­­ sées notam­­
li­­
ment en début d’entretien, elles laissent à l’autre
toute liberté de for­­ ler sa réponse.
mu­­
✓✓ « Que pensez-­ ous de l’ordre du jour de la réunion ? »
v
✓✓ « Qu’attendez-vous d’une entre­­
prise comme la nôtre ? »
Les ques­­
tions ouvertes faci­­
litent l’expression. Elles donnent les
pre­­
mières indi­­ tions sur la manière dont l’interlocuteur se repré­
ca­­
­
sente la situa­­
tion, le pro­­
blème, ce qui pour lui est inté­­ sant, moti­
res­­
­
vant, prio­­ taire. Elles per­­
ri­­
mettent d’obtenir des infor­­ tions et des
ma­­
opi­­
nions plus complètes et plus nuan­­
cées.
13 • Opti­­ ser son effi­­ cité
mi­­
ca­­
rela­­ nelle
tion­­

Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité
ca­­
Prendre en compte la dimen­­ inter­ ultu­­
sion
c relle
Entraî­­ l’adhésion : négo­­
ner
cier, per­­ der, influ­­ cer
sua­­
en­­
Gérer les conflits

Les questions-­ elais ou écho
r

Elles per­­
mettent d’explorer de façon plus appro­­ die un élé­­
fon­­
ment
qui vient d’être dit, par exemple : face à l’affirmation « Nous met­
­
trons en place notre nou­­
velle orga­­ sa­­
ni­­ tion l’année pro­­
chaine  », la
question-­ elais : « Pour­­
r
quoi cette nou­­
velle orga­­ sa­­
ni­­ tion ? » ou « Pour­
­
quoi l’année pro­­
chaine ? »
Autre ver­­
sion plus directe, en ne repre­­
nant qu’un seul mot ou
expres­­
sion afin d’exprimer son éton­­ ment et d’impliquer davan­
ne­­
­
tage l’autre : su on vous dit « Nous n’arriverons jamais à ter­­ ner vos
mi­­
tra­­
vaux », la question-­ elais qui s’impose est : « Jamais ? »
r

Gérer le rap­­
port de force
L’enjeu

L’enjeu de la négo­­ tion se pose ainsi :
cia­­
✓✓ Quelles sont les consé­­
quences pour l’entreprise et pour moi si
cette négo­­ tion échoue ?
cia­­
✓✓ Au final est-­ e impor­­
c
tant ou pas pour moi ?
Pour répondre à ces ques­­
tions, le mana­­ prend en consi­­ ra­
ger
dé­­ ­
tion ses res­­ sa­­ li­­ et ses objec­­ Mais il exa­­
pon­­ bi­­ tés
tifs.
mine aussi des élé­
­
ments plus per­­ nels liés à l’image qu’il veut don­­ de lui-­ ême,
son­­
ner
m
aux défis qu’il se lance et aux pres­­
sions qu’il subit. En défi­­ tive, ce
ni­­
sont ces élé­­
ments per­­ nels et sub­­ tifs qui vont être déter­­ nants
son­­
jec­­
mi­­
dans l’appréciation de l’enjeu.
L’importance de l’enjeu déter­­
mine la quan­­ d’énergie à mettre
tité
en œuvre pour arri­­ à ses fins lors de la négo­­ tion. Il est donc
ver
cia­­
essen­­ pour le mana­­ de bien prendre conscience du véri­­
tiel
ger
table
enjeu afin de bien éva­­ les res­­
luer
sources à mobi­­ ser.
li­­

446
Le pou­­
voir

Savoirs

Le pou­­
voir du négo­­ teur cor­­ pond à sa capa­­ à faire bou­­
cia­­
res­­
cité
ger
son inter­­ cuteur depuis sa posi­­
lo­­
tion ini­­
tiale vers un objec­­ défini.
tif
Ce pou­­ s’exprime au tra­­ de 6 compo­­
voir
vers
santes poten­­ le­­
tiel­­ ment à
sa dis­­ si­­
po­­ tion (figure 13.2).
Figure 13.2 ■ Les 6 leviers du pou­­
voir

Manager

Interlocuteur

Poids
Choix
Influence

Savoir-faire

Sanction
Information
Temps

C’est l’importance que cha­­ des pro­­ go­­
cun
ta­­ nistes porte au sujet. Par
exemple, dans une tran­­ tion client-­ ournisseur, plus le volume en
sac­­
f
euros est impor­­
tant, plus la balance penche du côté client et inver­
­
se­­
ment. Vis-­ -vis d’un col­­ bo­­ teur, le mana­­ domine a priori car
à
la­­ ra­­
ger
il repré­­
sente la source de reve­­
nus. Si le sala­­ a deux employeurs ou
rié
que son conjoint touche éga­­ ment un salaire, le mana­­ a rela­­ ve­
le­­
ger
ti­­ ­
ment moins d’emprise.
On limite sou­­
vent à tort le rap­­
port de force à ce levier. En ana­
­
ly­­
sant les 5 autres, on s’ouvre à plus de pos­­ bi­­ tés de rééqui­­ brage
si­­ li­­
li­­
de la situa­­
tion.
447

Savoir-être

Le poids
13 • Opti­­ ser son effi­­ cité
mi­­
ca­­
rela­­ nelle
tion­­

Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité
ca­­
Prendre en compte la dimen­­ inter­ ultu­­
sion
c relle
Entraî­­ l’adhésion : négo­­
ner
cier, per­­ der, influ­­ cer
sua­­
en­­
Gérer les conflits

Le choix

C’est le pou­­
voir de déci­­
sion final et offi­­
ciel : « oui ou non ». Habi­
­
tuel­­ ment, on a ten­­
le­­
dance à consi­­ rer que c’est le plus gradé qui le
dé­­
pos­­
sède. Pour­­
tant, en ana­­ sant mieux la situa­­
ly­­
tion, le mana­­ peut
ger
s’apercevoir qu’il dépend de l’expertise d’un de ses col­­ bo­­ teurs ou
la­­ ra­­
de la dis­­ ni­­ lité d’un autre qu’on ne peut pas faci­­ ment rem­­ cer.
po­­ bi­­
le­­
pla­­
Dans cet exemple, c’est donc fina­­ ment la per­­
le­­
sonne, du fait de
son exper­­ ou de sa rareté, qui a le vrai pou­­ de déci­­
tise
voir
sion.
La sanc­­
tion

C’est le moyen de pres­­
sion que le mana­­ peut exer­­ en fonc­­
ger
cer
tion
du résul­­ de la négo­­ tion.
tat
cia­­
L’influence

Faire valoir l’appartenance à un réseau social ou pro­­ sion­­ peut
fes­­ nel
per­­
mettre d’exercer une cer­­
taine pres­­
sion de manière infor­­
melle sur
son inter­­ cuteur.
lo­­
L’information

Mieux on connaît son dos­­
sier, plus on est apte à inter­ gir effi­­ ce­
a
ca­­ ­
ment. Un mana­­ peut être affai­­ face à un col­­ bo­­ teur qui se
ger
bli
la­­ ra­­
fait sou­­ nir par un délé­­ du per­­ nel ou un juriste.
te­­
gué
son­­
Le temps

Sans aller jusqu’à jouer la montre, le temps agit tou­­
jours en faveur
de celui qui le pos­­
sède. Affi­­
cher une urgence revient à ouvrir une
brèche dans sa tac­­
tique de négo­­ tion, l’interlocuteur n’ayant alors
cia­­
qu’à attendre le der­­
nier moment pour faire valoir sa requête.
Après avoir éva­­ son véri­­
lué
table pou­­
voir, il faut se pré­­ rer à le
pa­­
mettre en œuvre. Il peut être per­­
tinent de cher­­
cher à l’augmenter
en agis­­
sant sur la ou les compo­­
santes les plus faibles  : se don­­
ner
448
Stra­­ gies et pos­­
té­­
tures ad hoc

La matrice enjeu-­ ouvoir per­­
p
met de visua­­ ser les quatre types de
li­­
stra­­ gies et pos­­
té­­
tures résul­­
tant du contexte dans lequel se trouve le
négo­­ teur.
cia­­

Savoirs

davan­­
tage de temps, col­­ ter davan­­
lec­­
tage d’informations, impli­­
quer
d’autres per­­
sonnes, etc.
Même ana­­ sée à froid, la notion de pou­­
ly­­
voir n’en demeure pas
moins très sub­­ tive. Entre le pou­­ réel, le pou­­ exprimé et le
jec­­
voir
voir
pou­­ perçu, c’est le pou­­ perçu qui est déter­­ nant.
voir
voir
mi­­

Figure 13.3 ■ La matrice enjeu-­ ouvoir
p
Enjeu

Implication

Ménagement

Opportunisme

Pouvoir

Savoir-faire

Influence

Le ména­­ ment
ge­­

L’enjeu et le pou­­
voir étant faibles, il vaut mieux uti­­ ser son éner­­
li­­
gie
sur des négo­­ tions plus impor­­
cia­­
tantes. Il est pré­­ rable de lais­­ venir
fé­­
ser
l’interlocuteur et de mener l’entretien sans pré­­ ra­­
pa­­ tion par­­ cu­­
ti­­ lière.

La pré­­ ra­­
pa­­ tion du dos­­
sier doit être très courte étant donné le
peu d’enjeu. Il s’agit par ailleurs d’utiliser son pou­­
voir en menant
l’entretien de manière direc­­ sans pour autant être agres­­
tive
sif.
449

Savoir-être

L’opportunisme
13 • Opti­­ ser son effi­­ cité
mi­­
ca­­
rela­­ nelle
tion­­

Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité
ca­­
Prendre en compte la dimen­­ inter­ ultu­­
sion
c relle
Entraî­­ l’adhésion : négo­­
ner
cier, per­­ der, influ­­ cer
sua­­
en­­
Gérer les conflits

L’implication

Ici aussi, le mana­­ tire parti de son niveau élevé de pou­­
ger
voir. Il
mène les débats sans pour autant mono­­ li­­ la parole, uti­­ tout
po­­ ser
lise
son lea­­ ship pour convaincre au mieux de ses inté­­ car l’enjeu
der­­
rêts
en vaut la peine.
L’influence

C’est la situa­­
tion la plus cri­­
tique pour laquelle il faut faire preuve de
doigté et de per­­ sion. C’est en s’adaptant fine­­
sua­­
ment à l’interlocuteur
qu’on finit par le faire évo­­
luer. Ce sont ces deux der­­
nières pos­­
tures
qui néces­­
sitent le plus de savoir-­ aire en matière de négo­­ tion. Les
f
cia­­
approches qui suivent sont ainsi au ser­­ de ces exi­­
vice
gences.

Iden­­ fier objec­­ et inté­­ en jeu
ti­­
tif
rêts
Une fois le contexte ana­­
lysé, pré­­ rer sa négo­­ tion consiste à iden­
pa­­
cia­­
­
ti­­ le che­­
fier
min à par­­ rir pour ame­­ l’autre où l’on sou­­
cou­­
ner
haite.
L’objectif

Le mana­­ doit éva­­
ger
luer de manière quan­­ fiée et réa­­
ti­­
liste ce qu’il
veut obte­­ pour cha­­ des sujets à abor­­ avec son inter­­ cuteur.
nir
cun
der
lo­­
Pour une négo­­ tion commer­­
cia­­
ciale, ce sont par exemple :
✓✓ le prix mini­­
mum et le prix maxi­­
mum accep­­
tables ;
✓✓ le niveau de pres­­ tion attendu ;
ta­­
✓✓ les délais pos­­
sibles.
Pour un entre­­ d’activité avec un col­­ bo­­ teur, on éva­­
tien
la­­ ra­­
luera :
✓✓ le des­­ tif des tâches à accom­­ asso­­ à des indi­­ teurs de
crip­­
plir
cié
ca­­
per­­ mance avec une valeur mini­­
for­­
mum accep­­
table ;
✓✓ une enve­­
loppe bud­­ taire ;
gé­­
✓✓ des res­­
sources humaines mobi­­ sables (qui, combien de
li­­
temps…).
450
Une double réflexion doit être menée :
✓✓ À quels inté­­ répondent pour moi les objec­­ fixés ?
rêts
tifs
✓✓ Quels sont les inté­­ de la per­­
rêts
sonne en face ?
La maî­­
trise de l’objectif et des inté­­ va accroître le pou­­
rêts
voir et
la capa­­ d’argumentation du négo­­ teur.
cité
cia­­
En outre, cette connais­­
sance plus fine des véri­­
tables objec­­ per­
tifs ­
met d’éviter les sté­­
riles guerres de posi­­
tions où cha­­
cun s’enferme
dans ses posi­­
tions ini­­
tiales. La négo­­ tion effi­­
cia­­
cace doit por­­ sur
ter
la satis­­
faction de ses inté­­ et non sur la défense de ses posi­­
rêts
tions
ini­­
tiales.
Ainsi, plu­­ que de se battre sur le mon­­
tôt
tant du salaire men­­
suel,
il peut être plus construc­­ d’envisager une part variable, une prime
tif
ou des avan­­
tages en nature.

Savoirs

Les Inté­­
rêts en jeu

Lis­­ les options et solu­­
ter
tions pos­­
sibles

Si l’interlocuteur n’a pas déjà accepté très faci­­ ment la pro­­ si­­
le­­
po­­ tion
qui lui est faite, il y a lieu de recher­­
cher seul, puis avec lui les dif­­ ­
fé­
rentes moda­­ tés pos­­
li­­
sibles pour par­­ nir à un accord. On recherche
ve­­
donc les dif­­ rentes manières per­­ tant à cha­­
fé­­
met­­
cun de satis­­
faire ses
inté­­
rêts.
Pre­­
nons l’exemple de deux per­­
sonnes se dis­­ tant une orange.
pu­­
Dès qu’on sait que l’une a besoin du jus et que l’autre appré­­ la
cie
pâtis­­ rie par­­ mée à l’orange, beau­­
se­­
fu­­
coup de solu­­
tions appa­­
raissent :
✓✓ cou­­ la poire en deux : cha­­ se prive d’une moi­­
per
cun
tié ;
✓✓ l’un prend le jus, l’autre la zeste ;
✓✓ ils se par­­
tagent une bou­­
teille de jus ;
✓✓ …
La véri­­
table négo­­ tion, qui consiste donc à choi­­ la moda­
cia­­
sir
­
lité accep­­
table pour les deux, ne doit inter­­ nir qu’après avoir listé
ve­­
451

Savoir-être

Avant de savoir comment convaincre, éta­­ sons d’abord ce sur
blis­­
quoi doit por­­ l’argumentation et sécu­­ sons la situa­­
ter
ri­­
tion.

Savoir-faire

Argu­­ ter et convaincre
men­­
13 • Opti­­ ser son effi­­ cité
mi­­
ca­­
rela­­ nelle
tion­­

Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité
ca­­
Prendre en compte la dimen­­ inter­ ultu­­
sion
c relle
Entraî­­ l’adhésion : négo­­
ner
cier, per­­ der, influ­­ cer
sua­­
en­­
Gérer les conflits

les moda­­ tés pos­­
li­­
sibles. C’est en fait le point clé du suc­­ de cette
cès
approche : se gar­­ de juger immé­­ te­­
der
dia­­ ment les pro­­ si­­
po­­ tions faites
pour pou­­ en lis­­ le plus pos­­
voir
ter
sible.
Le plan de secours ou « plan B »

Pour sécu­­ ser l’approche, le négo­­ teur doit pré­­ un « plan B »,
ri­­
cia­­
voir
c’est-à-dire déci­­ ce qu’il fera s’il ne par­­
der
vient pas à un accord. Par
exemple, pour l’un c’est ache­­ une bou­­
ter
teille de jus d’orange ; pour
l’autre des extraits de ce fruit. Le plan de secours est une solu­­
tion
sans l’interlocuteur de la négo­­ tion.
cia­­
Convaincre

Les moda­­ tés pos­­
li­­
sibles d’un accord étant iden­­ fiées, les deux inter­
ti­­
­
lo­­
cuteurs doivent main­­ nant choi­­ la solu­­
te­­
sir
tion rete­­
nue, c’est-à-dire
celle qui satis­­ le mieux les inté­­ de cha­­
fait
rêts
cun. Hor­­ les situa­
mis
­
tions simples voire idéales où la solu­­
tion est évi­­
dente, cha­­
cun va
devoir tenter de ral­­ l’autre à son point de vue.
lier
Voici donc main­­ nant des tech­­
te­­
niques d’argumentation afin de
convaincre un inter­­ cuteur lorsque l’exposé fac­­
lo­­
tuel et neutre de la
situa­­
tion ne suf­­ plus.
fit
Défi­­ tion
ni­­

Un argu­­
ment doit expri­­ ce que l’autre va gagner en accep­­
mer
tant la
pro­­ si­­
po­­ tion :
✓✓ « Grâce à ce ré­ ména­­ ment du temps de tra­­ vous gagne­­
a
ge­­
vail
rez
en autonomie… »
✓✓ «  Cet accord sur le prix vous per­­
met d’entamer une rela­­
tion
commer­­
ciale avec un lea­­ du marché… »
der

452
Savoirs

Encore faut-­l avoir préa­­ ble­­
i
la­­ ment véri­­ les réelles moti­­
fié
vations
et inté­­ de l’interlocuteur :
rêts
✓✓ L’autonomie constitue-­-elle une réelle attente pour le col­­ bo­
t
la­­ ­
ra­­
teur ?
✓✓ Le par­­ naire commer­­ est-­l vrai­­
te­­
cial
i
ment en quête de nou­­
velles
réfé­­
rences ?
Un argu­­
ment cor­­ pond donc à un béné­­ attendu et rendu
res­­
fice
expli­­ grâce à une preuve tan­­
cite
gible :
✓✓ L’autonomie cor­­ pond à une plage de 2  heures par semaine
res­­
vali­­ par la DRH…
dée
✓✓ « Lea­­ du mar­­
der
ché » = numéro 1 euro­­
péen en chiffre d’affaires
sur telle activité…
Évi­­ l’écueil de la jus­­ fi­­
ter
ti­­ cation. Elle est tour­­ vers soi et non
née
vers l’interlocuteur. De plus, elle décrédibilise le mana­­ qui semble
ger
incer­­
tain de la per­­ nence de son pro­­
ti­­
pos.

Argu­­ ter consiste à expri­­ clai­­ ment un béné­­ et à enga­­
men­­
mer
re­­
fice
ger
immé­­ te­­
dia­­ ment l’interlocuteur vers l’accord en ter­­ nant par une
mi­­
ques­­
tion dite de contrôle :
✓✓ « … et l’autonomie c’est bien ce que vous m’avez dit recher­­
cher
dans votre tra­­
vail, n’est-ce pas ? »
✓✓ « … et vous m’avez dit recher­­
cher de nou­­
velles réfé­­
rences pour
atta­­
quer ce mar­­
ché, n’est-ce pas ? »

Savoir-faire

Argu­­
men­­
ter

Objec­­
tion et parade

Pré­­
voir ce que l’interlocuteur pour­­ oppo­­ consti­­ une réelle
rait
ser
tue
force pour le négo­­ teur afin de faire l’économie de conces­­
cia­­
sions
(voir plus bas).

Quand les argu­­
ments viennent à man­­
quer ou qu’ils ne suf­­
fisent
plus, il est temps d’envisager de faire des conces­­
sions. Alors qu’un
argu­­
ment est gra­­
tuit, une conces­­
sion néces­­ un effort de la part
site
453

Savoir-être

Conces­­
sion et contre­­ ties
par­­
13 • Opti­­ ser son effi­­ cité
mi­­
ca­­
rela­­ nelle
tion­­

Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité
ca­­
Prendre en compte la dimen­­ inter­ ultu­­
sion
c relle
Entraî­­ l’adhésion : négo­­
ner
cier, per­­ der, influ­­ cer
sua­­
en­­
Gérer les conflits

de celui qui la donne. C’est pour­­
quoi il y a lieu d’exiger une contre­
­
par­­ en échange.
tie
Nous entrons ainsi dans la phase tran­­ tion­­
sac­­ nelle de l’entretien :
✓✓ « OK pour réamé­­ ger votre temps de tra­­ uni­­ ment sur
na­­
vail
que­­
3 jours, mais je vous demande de me four­­ un plan­­
nir
ning heb­
­
do­­ daire une semaine à l’avance… »
ma­­
✓✓ « OK pour une varia­­
tion de prix de…, mais je vous demande des
condi­­
tions de paie­­
ment à… »
Si le prin­­
cipe est aisé à comprendre, la mise en œuvre requiert
une exper­­ du domaine ou à défaut une anti­­ pation. Il faut en
tise
ci­­
effet pré­­
voir quelles contre­­ ties sont accep­­
par­­
tables et dans quelle
pro­­ tion :
por­­
✓✓ Quel plan­­
ning peut compen­­ un temps de tra­­ réamé­­
ser
vail
nagé
sur 3 jours seule­­
ment ?
✓✓ À quel délai de paie­­
ment cor­­ pond une varia­­
res­­
tion de prix de
1 % ?

Déve­­ per flexi­­ lité et influ­­
lop­­
bi­­
ence per­­ nelle
son­­
Aristote fonde l’argumentation sur 3 élé­­
ments :
✓✓ Le Logos : la logique de l’argumentation fon­­ sur la rai­­
dée
son ;
✓✓ L’Ethos : la per­­ sion fon­­ sur le sta­­ de l’orateur ;
sua­­
dée
tut
✓✓ Le Pathos : l’appel aux émo­­
tions.
Ainsi quand la rai­­
son ne suf­­ plus à sou­­ nir la logique de
fit
te­­
l’argumentation, le mana­­ doit soi­­
ger
gner davan­­
tage la forme du dis­
­
cours puis avoir recours à des leviers d’influence.
La flexi­­ lité
bi­­

Le mana­­ est amené à adap­­ ses modes de commu­­ ca­­
ger
ter
ni­­ tion à son
ou ses inter­­ cuteurs. Le défi réside dans le fait que chaque per­­
lo­­
sonne
n’utilise pas les mêmes spon­­ né­­
ta­­ ment !
454
Savoir-faire

La PNL a été créée dans les années 1970 par deux cher­ heurs amé­­ ­
c
ri­
cains doc­­
teurs en psy­­ lo­­
cho­­ gie : John Grinder et Richard Bandler, le
pre­­
mier à l’origine lin­­
guiste et le second mathéma­­ cien.
ti­­
La méthode expé­­ men­­ qu’ils ont mise en œuvre s’appuie sur
ri­­ tale
de très nom­­
breuses obser­­ tions. Elle a mis en évi­­
va­­
dence les traits
communs aux meilleurs commu­­ cants :
ni­­
✓✓ une acuité sen­­ rielle déve­­ pée, très utile pour cap­­ l’ensemble
so­­
lop­­
ter
du mes­­
sage ;
✓✓ une capa­­ à éta­­ un bon cli­­ rela­­ nel ;
cité
blir
mat
tion­­
✓✓ la prise en compte du contexte de l’autre ;
✓✓ l’art du ques­­ ne­­
tion­­ ment pré­­
cis ;
✓✓ la flexi­­ lité et l’adaptabilité compor­­ men­­
bi­­
te­­ tale ;
✓✓ un compor­­ ment congruent où les atti­­
te­­
tudes appa­­
raissent en
cor­­ pon­­
res­­ dance avec les inten­­
tions ;
✓✓ une apti­­
tude à pour­­
suivre des objec­­ clairs.
tifs
Parmi les outils de la PNL, la syn­­ ni­­ tion est un des plus
chro­­ sa­­
uti­­ sés en négo­­ tion. Il consiste à réduire la dis­­
li­­
cia­­
tance entre
l’interlocuteur et soi-­ ême en « se syn­­ ni­­
m
chro­­ sant » sur lui. C’est-àdire en se compor­­
tant comme son miroir. On peut se syn­­ ni­­
chro­­ ser
sur la pos­­
ture, les gestes, la res­­ ra­­
pi­­ tion, la voix ou le voca­­ laire de
bu­­
l’autre.
L’observation atten­­ de l’interlocuteur repré­­
tive
sente un préa­­
lable
pour réus­­ la syn­­ ni­­ tion. En outre, la pru­­
sir
chro­­ sa­­
dence s’impose car il
ne s’agit pas de sin­­ l’interlocuteur mais de lui ren­­
ger
voyer en quelque
sorte une image posi­­ de lui-­ ême.
tive
m

Savoirs

Les apports de la pro­­
gram­­ tion neuro-­inguistique (PNL)
ma­­
l

Au-­ elà de leur sens lit­­ ral, les mots eux-­ êmes véhi­­
d
té­­
m
culent un mes­
­
sage par­­ à l’opposé de l’intention. Ainsi des mots, expres­­
fois
sions et
tour­­
nures de phrase sont à évi­­ car ils nuisent à l’impact du mes­
ter,
­
sage exprimé. En voici quelques exemples :
✓✓ Les faux appels à la confiance : « Soit dit entre nous », « Hon­­ ­
nê­
te­­
ment », « Faites-­ oi confiance ». Ils peuvent lais­­ pen­­ que
m
ser
ser
le dis­­
cours aupa­­ vant n’était pas franc, sin­­
ra­­
cère et hon­­
nête.
455

Savoir-être

Le mal des mots
13 • Opti­­ ser son effi­­ cité
mi­­
ca­­
rela­­ nelle
tion­­

Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité
ca­­
Prendre en compte la dimen­­ inter­ ultu­­
sion
c relle
Entraî­­ l’adhésion : négo­­
ner
cier, per­­ der, influ­­ cer
sua­­
en­­
Gérer les conflits

✓✓ Les expres­­
sions trop imper­­ nelles  : «  On fera l’impossible  »,
son­­
« C’est la faute de la secré­­
taire », « On verra, je ne vous pro­­
mets
rien ». Elles donnent l’impression que per­­
sonne ne prend pas de
res­­ sa­­ lité.
pon­­ bi­­
✓✓ Les mots noirs, « Ennui, pro­­
blème, souci, dan­­
ger », « Soyez sans
crainte » véhi­­
culent une image néga­­
tive.
✓✓ Les expres­­
sions dubi­­ tives  : «  Quand même, sans doute,
ta­­
probablement… », « Assez, un peu… » font naître un doute dans
l’esprit de l’autre.
✓✓ Les expres­­
sions de forme néga­­
tive : « Ne voulez-­ ous pas… ? »,
v
« Vous n’êtes pas sans savoir » sont compli­­
quées à comprendre et
peuvent géné­­ des incom­­ hen­­
rer
pré­­ sions.
Influ­­ cer et per­­ der
en­­
sua­­

Uti­­ ser un effet per­­ sif per­­
li­­
sua­­
met d’augmenter l’impact de son dis­
­
cours. Les effets per­­ sifs sont fon­­ sur les leviers d’influence1
sua­­
dés
décrits par Robert Cialdini psy­­ logue social amé­­ cain à l’Uni­
cho­­
ri­­
versité de l’Arizona.
Quelques effets per­­ sifs
sua­­

Il est pré­­ rable de n’utiliser qu’un effet à la fois, quitte à varier en
fé­­
fonc­­
tion du style de son inter­­ cuteur.
lo­­
✓✓ L’évidence consiste à mettre en avant une cer­­ tude si forte qu’elle
ti­­
se passe de commen­­
taires. Elle évite une longue démons­­ tion et
tra­­
ren­­
force l’efficacité d’un argu­­
ment. Par expé­­
rience, nous savons
bien que cette orga­­ sa­­
ni­­ tion est très per­­ mante.
for­­
✓✓ Clarté et struc­­ . Il s’agit de pré­­ ter un rai­­ ne­­
ture
sen­­
son­­ ment struc­
­
turé qui ren­­
force la cré­­ bi­­ du pro­­ et donne du confort à
di­­ lité
pos
l’interlocuteur. La démarche que je vous pro­­
pose se déroule en
4 étapes et couvre 3 domaines pré­­ 1°), 2°),…
cis :
1.	 R. Cialdini, Influ­­
ence et mani­­ la­­
pu­­ tion, First, 2004.

456
Savoirs

✓✓ L’engagement consiste à prendre appui sur les faits ou les opi­
­
nions sup­­ sées de son inter­­ cuteur. Elle a pour objec­­
po­­
lo­­
tif
d’impliquer l’interlocuteur : « Vous serez d’accord avec moi pour
dire que… »
✓✓ Le doute consiste à aller jusqu’au bout du rai­­ ne­­
son­­ ment et à
poser des ques­­
tions met­­
tant en exergue des inco­­ rences ou des
hé­­
para­­
doxes. Il per­­ de faire bou­­ l’interlocuteur mis face à ses
met
ger
contra­­ tions : « Comment pouvez-­ ous d’une part… et d’autre
dic­­
v
part… ? »
✓✓ L’émotion consiste à ter­­ ner ou ponc­­
mi­­
tuer la dis­­ sion en
cus­­
expri­­
mant son res­­
senti pour tou­­
cher l’interlocuteur. Elle per­­
met
d’établir une commu­­ ca­­
ni­­ tion pri­­ lé­­
vi­­ giée  : «  Je suis très fier de
tra­­
vailler avec une telle équipe car… »

457

Savoir-être

Pour rem­­ ter l’adhésion, le mana­­ doit sti­­ ler un élé­­
por­­
ger
mu­­
ment
déclen­­
cheur de prise déci­­
sion de son inter­­ cuteur. En effet, quand
lo­­
une per­­
sonne décide, elle n’utilise pas toute l’information dis­­ ­
po­
nible. Elle se contente de rac­­ cis qui vont déclen­­
cour­­
cher son choix.
Ces  rac­­ cis  qui lui paraissent fiables consti­­
cour­­
tuent  les leviers
d’influence.
✓✓ L’autorité : Chaque être humain a appris depuis l’enfance que la
sou­­ sion aux auto­­ tés compé­­
mis­­
ri­­
tentes est louable et la déso­­ ­
béis­
sance condam­­
nable. Cette auto­­ peut être attri­­
rité
buée au rang
social, à la réus­­ pro­­ sion­­
site
fes­­ nelle, à la hié­­ chie ou à la compé­
rar­­
­
tence reconnue. « Si c’est Untel qui le dit, c’est for­­ ment vrai ».
cé­­
✓✓ La preuve sociale : C’est pro­­ ter de l’effet de groupe : plus il y
fi­­
a de per­­
sonnes pour esti­­ qu’une idée est juste, plus l’idée sera
mer
per­­ comme juste. Don­­ plu­­
çue
ner sieurs exemples ou des réfé­­
rences
pro­­
cède de ce prin­­
cipe. On aug­­
mente l’effet en citant des per­
­
sonnes très sem­­
blables à l’interlocuteur : « Vos confrères X et Y
sont déjà orga­­ sés ainsi… », « Tous nos col­­
ni­­
lègues du ser­­
vice X
uti­­
lisent cet outil… »
✓✓ La cohé­­
rence : Dans l’opinion cou­­
rante, la cohé­­
rence est sou­­
vent
l’expression de l’intelligence et de la force de carac­­
tère, car elle
met nos opi­­
nions en accord avec nos actes.

Savoir-faire

Les leviers d’influence
13 • Opti­­ ser son effi­­ cité
mi­­
ca­­
rela­­ nelle
tion­­

Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité
ca­­
Prendre en compte la dimen­­ inter­ ultu­­
sion
c relle
Entraî­­ l’adhésion : négo­­ per­­ der, influ­­ cer
ner
cier, sua­­
en­­
Gérer les conflits

✓✓ La réci­­
procité. Cha­­
cun estime qu’il faut payer de retour les
avan­­
tages reçus d’autrui. Il ne s’agit pas seule­­
ment d’un prin­
­
cipe moral, mais bien d’une tac­­
tique. Faire un cadeau à son
inter­­ cuteur l’incite à don­­ autre chose à son tour. Ainsi un
lo­­
ner
conseil gra­­
tuit, une invi­­ tion ou une simple infor­­ tion per­
ta­­
ma­­
­
mettent d’attendre davan­­
tage en retour. Le célèbre prin­­
cipe du
« donnant-­ onnant » n’est qu’une mani­­ ta­­
d
fes­­ tion socia­­ ment cor­
le­­
­
recte et consciente de la réci­­
procité.
✓✓ Le contraste. Pro­­ ser d’abord une solu­­
po­­
tion peu inté­­ sante
res­­
valo­­ celle qu’on pré­­
rise
sente immé­­ te­­
dia­­ ment après. De plus offrir
une compa­­ son à son inter­­ cuteur, pro­­
rai­­
lo­­
cure un sen­­ ment de
ti­­
liberté de choix.
✓✓ La sym­­ thie. Les indi­­ dus accèdent plus faci­­ ment à une
pa­­
vi­­
le­­
demande venant de quelqu’un qui leur est sym­­ thique.
pa­­
✓✓ La rareté. «  Ce qui rare nous est cher  », c’est-à-dire que ce
qui paraît excep­­ nel est for­­ ment inté­­ sant. Un pou­­
tion­­
cé­­
res­­
voir
d’attraction est pro­­ qué par ce qui est pré­­
vo­­
senté comme nou­
­
veau, spé­­
cial, inter­­ en compé­­
dit,
tition ou limité.

CC Gérer les conflits
Nature d’un conflit
PRINCIPES CLÉS
•	 C’est la façon de trai­­ le conflit
ter
qui va le rendre posi­­ ou néga­­
tif
tif.
•	 En situa­­
tion dif­­ cile, il est utile
fi­­
de faire de ses émo­­
tions de véri­
­
tables alliés et de res­­ ferme
ter
sur le fond et doux sur la forme.
•	 Le plus effi­­
cace est d’anticiper
et de rela­­ vi­­ pour évi­­ le
ti­­ ser
ter
pire.

Par­­ inté­­
tie
grante de la nature humaine,
les conflits sont refou­­ ou uti­­ sés
lés
li­­
pour ten­ er de par­­ nir à une situa­­
t
ve­­
tion
jugée meilleure. Connaître le dérou­
­
le­­
ment type d’un conflit ainsi que ses
carac­­ ris­­
té­­ tiques per­­
met d’aborder plus
serei­­ ment et effi­­ ce­­
ne­­
ca­­ ment des situa­
­
tions managériales dif­­ ciles.
fi­­

458
Obser­­
vons les 5  étapes suc­­ sives de ce phé­­ mène humain où
ces­­
no­­
varie la ten­­
sion émo­­ nelle per­­ par chaque « acteur » en pré­
tion­­
çue
­
sence (figure 13.4).

459

Savoir-faire

Méca­­
nisme du conflit

Savoir-être

Le conflit agit comme un révé­­ teur bru­­ d’une situa­­
la­­
tal
tion per­
­
çue comme insup­­ table par les acteurs en pré­­
por­­
sence. Il révèle par
exemple des ten­­
sions dans une équipe ou entre deux per­­
sonnes.
Il est donc la combi­­ son de deux élé­­
nai­­
ments impli­­
quant au moins
deux per­­
sonnes :
✓✓ un désac­­
cord, le plus sou­­
vent objec­­ concer­­
tif,
nant un sujet
commun ;
✓✓ une charge émo­­ nelle sub­­ tive et néga­­ née d’une frus­
tion­­
jec­­
tive
­
tra­­
tion.
Pour tout mana­­ la connais­­
ger,
sance de cette notion consti­­ le
tue
point de départ d’un tra­­ d’apprivoisement de ses émo­­
vail
tions pour
amé­­ rer son effi­­ cité en situa­­
lio­­
ca­­
tion de conflit.
Deux approches sont alors envi­­ geables :
sa­­
✓✓ l’anticipation qui évite de tom­­ dans le conflit ;
ber
✓✓ la ges­­
tion appro­­
priée de la situa­­
tion conflic­­
tuelle quand elle n’a
pu être évi­­
tée.
Dans les deux cas, iden­­ fier le méca­­
ti­­
nisme d’un conflit s’avère
néces­­
saire.

Savoirs

Défi­­ tion du conflit
ni­­
13 • Opti­­ ser son effi­­ cité
mi­­
ca­­
rela­­ nelle
tion­­

Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité
ca­­
Prendre en compte la dimen­­ inter­ ultu­­
sion
c relle
Entraî­­ l’adhésion : négo­­ per­­ der, influ­­ cer
ner
cier, sua­­
en­­
Gérer les conflits

Figure 13.4 ■ Les phases d’un conflit
Tension
 
émotionnelle
3- Comportement
adaptatif

4- Pensée

2- Réaction émotionnelle
spontanée

5’- Entretien
de  l’émotion

5- Identification du
sentiment affectif
1- Déclencheur

Temps

1- Le déclen­­
cheur

C’est l’événement qui va pro­­ quer le phé­­ mène conflic­­
vo­­
no­­
tuel : l’entrée
bru­­ d’un col­­ bo­­ teur dif­­ cile dans le bureau du mana­­ la
tale
la­­ ra­­
fi­­
ger,
convo­­ tion par e-­ ail à une réunion de crise impli­­
ca­­
m
quant le ser­­
vice.
2- La réac­­
tion émo­­
tion­­
nelle spon­­ née
ta­­

L’émotion désa­­
gréable qui sur­­
vient alors brus­­ ment se tra­­
que­­
duit
phy­­ lo­­ que­­
sio­­ gi­­ ment de manières diverses sui­­
vant les per­­
sonnes  :
accé­­ ra­­
lé­­ tion du rythme car­­
diaque, aug­­ ta­­
men­­ tion de la trans­­ ­
pira­
tion, séche­­
resse de la bouche, trem­­ ments, etc.
ble­­
3- Le compor­­ ment adap­­ tif
te­­
ta­­

Immé­­ te­­
dia­­ ment après, le corps réagit pour faire face. La fuite
(repous­­ ou évi­­ la ren­­
ser
ter
contre par exemple), l’inhibition (pas­­ vité,
si­­
460
mutisme pen­­
dant le rendez-­ ous,…), l’agression ou la mani­­ la­­
v
pu­­ tion
sont des compor­­ ments réac­­ sou­­
te­­
tifs
vent obser­­
vés.

Jusqu’à présent dépas­­ par le corps, la pen­­ va enfin inter­­ nir
sée
sée
ve­­
per­­ tant au mana­­ d’évaluer les faits et d’identifier consciem­
met­­
ger
­
ment la menace
Ensuite deux che­­ ne­­
mi­­ ments sont pos­­
sibles, l’un vrai­­
ment apai­
­
sant, l’autre moins : l’identification du sen­­ ment affec­­ et l’entretien
ti­­
tif
de l’émotion.

Savoirs

4- La pen­­
sée

5- L’identification du sen­­ ment affec­­
ti­­
tif

La per­­
sonne repre­­
nant ses esprits entre­­
prend de nom­­ et carac­­ ­
mer
té­
ri­­ son res­­
ser
senti. Elle consta­­ ainsi qu’elle vient d’avoir peur ou
tera
de s’énerver. Sa ten­­
sion émo­­ nelle va pro­­ si­­ ment bais­­
tion­­
gres­­ ve­­
ser.

Bien qu’ayant ana­­ la situa­­
lysé
tion, la pen­­ peut au contraire entre­
sée
­
te­­ l’émotion désa­­
nir
gréable en res­­
sassant les faits : « j’étais sûr que
cela arri­­ rait, avec ce col­­ bo­­ teur c’est tou­­
ve­­
la­­ ra­­
jours ainsi, de toute
façon il ne peut pas y avoir d’issue étant donné la baisse de notre
activité… » En situa­­
tion d’urgence, l’émotion inter­­
vient tou­­
jours en
pre­­
mier, sur­­ sant ainsi la pen­­
pas­­
sée.

Savoir-faire

5'- L’entretien de l’émotion

Les sources de désac­­
cord

Nous les pré­­ te­­
sen­­ rons par ordre d’importance crois­­
sant.

Cha­­ pos­­
cun
sède et rap­­
porte des faits dif­­ rents concer­­
fé­­
nant le même
pro­­
blème, cha­­
cun a ten­­
dance à refu­­ les don­­
ser
nées qui le gênent
et à voir la réa­­ à sa façon. Le désac­­
lité
cord peut être dû à une
inter­­ ta­­
pré­­ tion des faits ame­­
nant cha­­ à défendre des opi­­
cun
nions en
fonc­­
tion de son sta­­ (exper­­
tut
tise, hié­­ chie).
rar­­

461

Savoir-être

Les désac­­
cords sur les faits
13 • Opti­­ ser son effi­­ cité
mi­­
ca­­
rela­­ nelle
tion­­

Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité
ca­­
Prendre en compte la dimen­­ inter­ ultu­­
sion
c relle
Entraî­­ l’adhésion : négo­­ per­­ der, influ­­ cer
ner
cier, sua­­
en­­
Gérer les conflits

Les désac­­
cords sur les buts

Les deux inter­­ cuteurs peuvent être en désac­­
lo­­
cord sur les objec­
­
tifs à atteindre. Il est fré­­
quent qu’un res­­ sable essaie d’imposer,
pon­­
sans accep­­ de les négo­­
ter
cier, des objec­­ jugés irréa­­
tifs
listes par le
col­­ bo­­ teur.
la­­ ra­­
Les désac­­
cords sur les méthodes

Ils portent sur « le comment », les moyens pour obte­­ un résul­­
nir
tat,
la marche à suivre, les pro­­ dés uti­­ sés.
cé­­
li­­
Les désac­­
cords sur les valeurs

Ils portent sur la phi­­ sophie, le style de mana­­ ment et ce que cha­
lo­­
ge­­
­
cun juge impor­­
tant.

Trois réac­­
tions inef­­ caces en situa­­ de conflit
fi­­
tion
Ce sont les compor­­ ments uti­­ sés spon­­ né­­
te­­
li­­
ta­­ ment par tous pour faire
face aux situa­­
tions ten­­
dues. On observe que chaque indi­­
vidu adopte
une atti­­
tude pré­­ ren­­
fé­­ tielle ou que cer­­
taines situa­­
tions appellent chez
cha­­ un même type de réac­­
cun
tion.
Figure 13.5 ■ Les trois réac­­
tions inef­­ caces en situa­­
fi­­
tion de conflit
Manipulation

uit

i it

462
Cette atti­­
tude cor­­ pond à la crainte de réagir, de dire les choses
res­­
sim­­ ment et de s’engager per­­ nel­­ ment. C’est de l’évitement
ple­­
son­­ le­­
devant les per­­
sonnes ou les évé­­ ments.
ne­­
Le pas­­ complè­­ ment désarmé face à une attaque, ne dira
sif,
te­­
rien en atten­­
dant que ça passe. L’objectif étant pour lui d’éviter
l’affrontement, il peut même aller jusqu’à refu­­ tout entre­­
ser
tien
avec la majo­­ de ses inter­­ cuteurs. Timide, crain­­ avec peu de
rité
lo­­
tif
confiance en soi, il uti­­ sera tous les moyens pour évi­­ d’être jaugé
li­­
ter
ou jugé par l’autre.
L’attitude de fuite peut avoir des consé­­
quences néga­­
tives telles
que :
✓✓ le res­­ ti­­
sen­­ ment : le pas­­ res­­
sif sasse les situa­­
tions, s’en veut et en
veut aux autres ;
✓✓ la souf­­
france per­­ nelle : la per­­
son­­
sonne retourne contre elle-­ ême
m
la vio­­
lence de ce qui n’est pas exprimé ;
✓✓ la perte de confiance et de respect de soi.

Savoirs

La fuite

Savoir-faire

L’agressivité et la fuite sont des compor­­ ments archaïques, des
te­­
réflexes par rap­­
port à un dan­­ ou une situa­­
ger
tion vécue comme dan­
­
ge­­
reuse. La mani­­ la­­
pu­­ tion est un compor­­ ment plus construit, plus
te­­
fin et à ce titre plus dif­­ cile à mettre en œuvre ou à repérer.
fi­­
Ces compor­­ ments ne per­­
te­­
mettent pas de répondre effi­­ ce­­
ca­­ ment
aux situa­­
tions pro­­ sion­­
fes­­ nelles. Prendre conscience de ces compor­­ ­
te­
ments et de leurs consé­­
quences inef­­ caces est néces­­
fi­­
saire pour entre­
­
prendre et en adop­­ d’autres.
ter

À l’inverse, l’agressif pense stop­­ immé­­ te­­
per
dia­­ ment le conflit en
s’attaquant à l’autre. C’est en effet ce der­­ qui, à ses yeux, est res­
nier
­
pon­­
sable du conflit. Il éprouve le besoin de domi­­ d’avoir rai­­
ner,
son
sans devoir argu­­ ter. Impa­­
men­­
tient, ce négo­­ teur monte rapi­­ ­
cia­­
de­
ment au cré­­
neau, cherche la faille dans l’argumentaire de l’autre et
est prêt à déva­­ ri­­ son inter­­ cuteur.
lo­­ ser
lo­­

463

Savoir-être

L’agressivité
13 • Opti­­ ser son effi­­ cité
mi­­
ca­­
rela­­ nelle
tion­­

Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité
ca­­
Prendre en compte la dimen­­ inter­ ultu­­
sion
c relle
Entraî­­ l’adhésion : négo­­ per­­ der, influ­­ cer
ner
cier, sua­­
en­­
Gérer les conflits

L’agressivité tra­­
duit la volonté, plus ou moins consciente, de
domi­­ autrui, d’avoir la bonne réponse, de vou­­ se mettre abso­
ner
loir
­
lu­­
ment en valeur quitte à s’opposer, à igno­­ et à déva­­ ri­­ les
rer
lo­­ ser
autres.
Les consé­­
quences de l’attitude d’agressivité sont sou­­
vent les sui­
­
vantes :
✓✓ Un gas­­
pillage d’énergie : toutes les atti­­
tudes d’attaque mobi­­
lisent
notre éner­­ à réagir plu­­ qu’à construire et à résoudre les pro­
gie
tôt
­
blèmes.
✓✓ Une effi­­ cité appa­­
ca­­
rente  : Quand les rap­­
ports de pou­­
voir sont
favo­­
rables à la per­­
sonne agres­­
sive, elle peut croire qu’elle a réussi.
En fait elle pro­­
voque chez les autres démotivation ou res­­ ti­
sen­­ ­
ment.
✓✓ L’escalade de la vio­­
lence, l’attaque appe­­ l’attaque. Il s’agit d’une
lant
situa­­
tion clas­­
sique à laquelle il est sou­­
vent dif­­ cile d’échapper.
fi­­
La mani­­ la­­
pu­­ tion

La mani­­ la­­
pu­­ tion est sub­­
tile, plus ris­­
quée et fina­­ ment inef­­ cace à
le­­
fi­­
long terme. C’est une sorte d’agression « civi­­ sée » car habi­­ ment
li­­
le­­
dis­­ mu­­ « Je connais bien votre res­­ sable ; je suis sûr que vous
si­­ lée.
pon­­
ne pren­­
drez pas le risque de le déce­­ en dis­­ tant le prix… »
voir
cu­­
Le mani­­ la­­
pu­­ teur cherche à séduire, flat­­ déva­­ ri­­ ou culpa­
ter,
lo­­ ser
­
bi­­ ser,… Rien n’est affi­­ ni trans­­
li­­
ché
parent. Ses inten­­
tions sont mas­
­
quées.
Alors que la per­­
sonne au compor­­ ment pas­­ n’ose pas expri­­
te­­
sif
mer
son objec­­ et que celle au compor­­ ment agres­­ l’exprime sans
tif
te­­
sif
tenir compte de celui des autres, le mani­­ la­­
pu­­ teur le cache et emploie
des moyens détour­­ pour l’atteindre.
nés
Les consé­­
quences de l’attitude de mani­­ la­­
pu­­ tion :
✓✓ Déclen­­ ment en retour d’attitudes inef­­ caces :
che­­
fi­­
−− pas­­ vité ou sou­­ sion : la per­­
si­­
mis­­
sonne res­­ tant intui­­ ve­­
sen­­
ti­­ ment
le jeu de mani­­ la­­
pu­­ tion se retire, ne pro­­
pose pas ses idées et se
sent démo­­ vée ;
ti­­
464
Anti­­ per et sor­­ des situa­­
ci­­
tir
tions conflic­­
tuelles

Savoirs

−− agres­­ vité, rébel­­
si­­
lion : après avoir été mani­­
pulé, l’autre réagit,
déve­­
loppe du res­­ ti­­
sen­­ ment et se venge dès qu’il le peut ;
−− méfiance : les per­­
sonnes isolent le mani­­ la­­
pu­­ teur reconnu et ne
lui font plus confiance.
✓✓ Perte de cré­­ bi­­
di­­ lité. Les mani­­ la­­
pu­­ tions quo­­ diennes ne fonc­
ti­­
­
tionnent que pen­­
dant un temps. La mani­­ la­­
pu­­ tion démas­­
quée se
retourne contre le mani­­ la­­
pu­­ teur et détruit sa cré­­ bi­­
di­­ lité.

Évi­­ la sur­­ nue des conflits est encore la meilleure manière de les
ter
ve­­
gérer. Pour cela deux approches sont utiles :
✓✓ la dis­­
tinction des faits, opi­­
nions et sen­­ ments ;
ti­­
✓✓ l’adoption au quo­­ dien d’une atti­­
ti­­
tude asser­­
tive.
En cas de sur­­ nue du conflit, d’autres approches pour­­
ve­­
ront être
uti­­ sées, comme le DESC et le tri­­
li­­
angle dra­­ tique de Karpman.
ma­­

C’est le pre­­
mier pas pour déblo­­
quer des situa­­
tions ten­­
dues.
Un fait

C’est une infor­­ tion tan­­
ma­­
gible, véri­­
fiable et sou­­
vent quan­­ fiable. En
ti­­
prin­­
cipe il est incontes­­
table, c’est-à-dire que tout le monde devrait
pou­­
voir tom­­ d’accord à son sujet. Ils s’expriment sou­­
ber
vent par les
expres­­
sions : « j’ai vu », « j’ai entendu », « j’ai observé »…

Savoir-faire

Dis­­ guer faits, opi­­
tin­­
nions et sen­­ ments
ti­­

Une opi­­
nion

C’est un juge­­
ment de valeur, une appré­­ tion sub­­ tive que l’on
cia­­
jec­­
porte sur un fait ou sur son envi­­ ne­­
ron­­ ment. Elles s’expriment sou­
­
vent par les expres­­
sions : « je crois », « je pense », « à mon avis »…

Ce sont des indi­­ tions sur ce que l’on res­­
ca­­
sent. Ils sont du domaine
des émo­­
tions. Ils sont en géné­­ bien accep­­ par nos inter­­ ­
ral
tés
lo­
465

Savoir-être

Un sen­­ ment
ti­­
13 • Opti­­ ser son effi­­ cité
mi­­
ca­­
rela­­ nelle
tion­­

Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité
ca­­
Prendre en compte la dimen­­ inter­ ultu­­
sion
c relle
Entraî­­ l’adhésion : négo­­ per­­ der, influ­­ cer
ner
cier, sua­­
en­­
Gérer les conflits

cuteurs qui leur accordent une cer­­
taine légi­­ mité. D’une cer­­
ti­­
taine
manière, comme les faits, les sen­­ ments sont incontes­­
ti­­
tables. Ils
s’expriment sou­­
vent par les expres­­
sions : « j’ai res­­
senti », « j’ai le sen­
­
ti­­
ment que »…
Méfions-­ ous de nos opi­­
n
nions. Elles sont tou­­
jours dis­­ tables
cu­­
et plus ou moins fon­­
dées. Usons de faits ou de sen­­ ments. Ils
ti­­
amé­­
liorent l’efficacité des échanges. La recherche sys­­ ma­­
té­­ tique de
faits indis­­ tables aide à sor­­ de juge­­
cu­­
tir
ments par nature sub­­ tifs.
jec­­
L’expression mesu­­ des sen­­ ments ouvre la rela­­
rée
ti­­
tion à un dia­­
logue
plus authen­­
tique.
Adop­­ au quo­­ dien une atti­­
ter
ti­­
tude asser­­
tive

L’assertivité est d’abord une manière d’être et une volonté d’engager
des rela­­
tions sur le mode de la négo­­ tion. Être assertif, c’est jouer la
cia­­
confiance chaque fois que pos­­
sible et recher­­
cher des solu­­
tions négo­
­
ciées avec les autres en cas de désac­­
cord.
C’est évi­­ les cercles vicieux de la méfiance, de l’agressivité, de
ter
la ruse, du laisser-­ aire, qui sont autant d’impasses coû­­
f
teuses. Glo­
­
ba­­ ment, s’affirmer c’est :
le­­
✓✓ exer­­ ses droits en res­­ tant ceux des autres ;
cer
pec­­
✓✓ gérer les conflits inter­­ son­­
per­­ nels ;
✓✓ être vrai sans naï­­
veté ni méfiance ;
✓✓ expri­­
mer ses points de vue, y compris quand ils sont oppo­­ de
sés
ceux de ses inter­­ cuteurs.
lo­­
Pour ren­­ cer son assertivité, il s’agit de déve­­ per ses capa­­ ­
for­­
lop­­
ci­
tés à :
✓✓ écou­­ acti­­ ment et se faire entendre ;
ter
ve­­
✓✓ for­­ ler des cri­­
mu­­
tiques et des demandes construc­­
tives ;
✓✓ accueillir des cri­­
tiques ;
✓✓ être bien­­
veillant avec soi et les autres.
En situa­­
tion de conflit, être assertif signi­­ res­­ doux sur la
fie ter
forme tout en étant ferme sur le fond.
466
Ce pro­­ sus en quatre étapes per­­
ces­­
met de redon­­ immé­­ te­­
ner
dia­­ ment
de la dyna­­
mique à une situa­­
tion blo­­
quée entre deux inter­­ cuteurs.
lo­­
Il tra­­
duit le désir d’ouverture de la part du mana­­ qui le met en
ger
œuvre.
L’intérêt de la méthode est de sépa­­ la part objec­­ et la part
rer
tive
sub­­ tive de la commu­­ ca­­
jec­­
ni­­ tion. Le mélange des deux bloque sou­
­
vent l’échange et ne per­­
met pas de trou­­ ensemble une solu­­
ver
tion
construc­­
tive.

Savoirs

Le DESC

Étape 1 : Décrire les faits

Étape 2 : Expri­­
mer son res­­
senti

Décrire les effets désa­­
gréables que la situa­­
tion pro­­
voque sur soi. Il
est impé­­ tif d’utiliser le « je » sans ajou­­ d’opinion. Par exemple :
ra­­
ter
« Je suis étonné, sur­­
pris, inquiet, ennuyé, embar­­
rassé, déçu, fâché,
ou en colère,… » On décrit ce que l’on res­­
sent et non ce que l’autre
a fait.

Savoir-faire

On énu­­
mère tout ce qu’on peut obser­­ de manière fac­­
ver
tuelle et
objec­­
tive, en évi­­ d’y mêler une quel­­
tant
conque opi­­
nion. On fait donc
un constat et non pas des reproches ou des cri­­
tiques. L’interlocuteur
ne se sent pas accusé et est plus dis­­
posé à écou­­ « Cela fait 2 heures
ter :
que nous dis­­ tons sur la nou­­
cu­­
velle orga­­ sa­­
ni­­ tion. Nous sommes tom­
­
bés d’accord sur les 3 points suivants… Cepen­­
dant main­­ nant nous
te­­
res­­
tons blo­­
qués sur la moda­­ suivante… »
lité

Étape 3 : Sug­­ rer une solu­­
gé­­
tion

467

Savoir-être

Il s’agit bien d’une pro­­ si­­
po­­ tion qui doit être compa­­
tible avec les inté­
­
rêts des deux inter­­ cuteurs ; ce qui per­­ de réen­­ ger le dia­­
lo­­
met
ga­­
logue
de manière construc­­
tive : « Nous pour­­
rions sol­­ ci­­ l’avis exté­­
li­­ ter
rieur
de notre… »
13 • Opti­­ ser son effi­­ cité
mi­­
ca­­
rela­­ nelle
tion­­

Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité
ca­­
Prendre en compte la dimen­­ inter­ ultu­­
sion
c relle
Entraî­­ l’adhésion : négo­­ per­­ der, influ­­ cer
ner
cier, sua­­
en­­
Gérer les conflits

Étape 4 : Conclure posi­­ ve­­
ti­­ ment

On met en avant les consé­­
quences posi­­
tives qu’aura pour l’autre la
solu­­
tion pro­­ sée : «… ce qui nous per­­ tra de gagner en confort
po­­
met­­
de tra­­
vail. »
Sor­­ du tri­­
tir
angle dra­­ tique de KARPMAN
ma­­
Figure 13.6 ■ Le tri­­
angle de Karpman
Persécuteur

Sauveur

Victime

Ce tri­­
angle est issu en 1968 des tra­­
vaux de Stephen Karpman, psy­­ ­
cho­
logue amé­­ cain, sur l’analyse tran­­ tion­­
ri­­
sac­­ nelle. Les contextes conflic­
­
tuels poussent cha­­ des acteurs impli­­
cun
qués à jouer inconsciem­­
ment
l’un des trois rôles, à s’y complaire voire à en chan­­ Une vic­­
ger.
time va
atti­­ un per­­ cu­­
rer
sé­­ teur ou un sau­­
veur. Un per­­ cu­­
sé­­ teur et un sau­­
veur
vont cher­­
cher une vic­­
time. Les rôles pour­­
ront éven­­ le­­
tuel­­ ment chan­
­
ger par la suite.
La prise de conscience de ce méca­­
nisme aide le mana­­ à sor­­
ger
tir
de ces situa­­
tions contre pro­­ tives.
duc­­

468
Il indique ce qu’il faut faire et être et, res­­
sent ensuite de la colère
si la vic­­
time n’est pas consen­­
tante. Il ne reconnaît pas la valeur des
autres. Ses compor­­ ments :
te­­
✓✓ il cri­­
tique sys­­ ma­­ que­­
té­­ ti­­ ment (pour se pro­­ ger de ses fai­­
té­­
blesses) ;
✓✓ il se met au-­ essus de la mêlée ;
d
✓✓ il cherche à pié­­ l’autre et à le déva­­ ri­­
ger
lo­­ ser.
Le sau­­
veur

Savoirs

Le per­­ cu­­
sé­­ teur

Il apporte un secours et une assis­­
tance qui ne sont pas deman­­
dés.
En cas de refus, il ne se sent pas appré­­ à sa juste valeur puisque
cié
son aide n’est pas accep­­ Ses compor­­ ments :
tée.
te­­
✓✓ il impose son aide et défend l’indéfendable ;
✓✓ il agit pour notre bien ;
✓✓ il se fonde sur de bons sen­­ ments plu­­ que sur la réa­­
ti­­
tôt
lité.

Elle cherche à api­­
toyer autrui. La vic­­
time méconnaît sa propre
valeur. Elle res­­
sent une souf­­
france inconnue et ne for­­
mule pas sa
demande de manière directe. La vic­­
time cherche un sau­­ teur  et
ve­­
attire le per­­ cu­­
sé­­ teur. Ses compor­­ ments :
te­­
✓✓ elle exa­­
gère un han­­ cap per­­ nel ;
di­­
son­­
✓✓ elle se plaint, elle gémit, dit que c’est affreux, impos­­
sible pour
elle ;
✓✓ elle demande qu’un autre fasse à sa place et entraîne les autres
dans sa chute.

Savoir-faire

La vic­­
time

Le mana­­ doit à tout prix res­­ ou reve­­ dans le registre « adulte »
ger
ter
nir
en deman­­
dant à l’autre :
✓✓ Face à une vic­­
time : « Que souhaites-­ u que je fasse pour toi, de
t
cette information… qu’attends-tu de moi ? »

469

Savoir-être

Comment en sor­­
tir ?
13 • Opti­­ ser son effi­­ cité
mi­­
ca­­
rela­­ nelle
tion­­

Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité
ca­­
Prendre en compte la dimen­­ inter­ ultu­­
sion
c relle
Entraî­­ l’adhésion : négo­­ per­­ der, influ­­ cer
ner
cier, sua­­
en­­
Gérer les conflits

✓✓ Face à un sau­­
veur  : «  Ta sol­­ ci­­
li­­ tude me touche, je te
remercie… »
✓✓ Face à un per­­ cu­­
sé­­ teur : « Que souhaites-­ u me dire vrai­­
t
ment ? Que
veux-­ u ? Peux-­ u me dire la même chose mais autrement… »
t
t

Mieux se connaître et maî­­ ser les outils et tech­­
tri­­
niques
spé­­ fiques per­­
ci­­
met d’être plus effi­­
cace dans les rela­­
tions
pro­­ sion­­
fes­­
nelles. C’est aussi une condi­­
tion pour être per­
­
for­­
mant en situa­­
tion de négo­­ tion et dans la ges­­
cia­­
tion
des conflits.

470
Savoirs

Chapitre 14

lop­­
◆◆ Comment construire et déve­­ per son réseau
pro­­ sion­­
fes­­ nel ?
ver
libre ?
◆◆ Comment faire pour trou­­ un bon équi­­

471

Savoir-être

Les ques­­
tions aux­­
quelles répond ce cha­­
pitre

Savoir-faire

Gérer sa car­­
rière
dans la durée
14 • Gérer sa car­­
rière dans
la durée

Construire son réseau rela­­ nel
tion­­
Vie professionnelle et vie privée
Se fixer des objec­­ en accord avec ses valeurs
tifs

Au terme de cet ouvrage, tout entier consa­­ à des savoirs et compé­
cré
­
tences pro­­ sion­­
fes­­ nels, nous avons sou­­
haité ouvrir la réflexion sur la
ges­­
tion de sa car­­
rière dans la durée. Deux points nous ont sem­­
blé
incontour­­
nables : la ges­­
tion de son réseau rela­­ nel et l’équilibre
tion­­
entre sa vie pro­­ sion­­
fes­­ nelle et per­­ nelle.
son­­
Le réseau rela­­ nel est un tuteur du par­­
tion­­
cours pro­­ sion­­ Il
fes­­ nel.
peut vous accom­­ gner tout au long de votre car­­
pa­­
rière et vous aider
dans les périodes dif­­ ciles. Il est impos­­
fi­­
sible d’échapper à la ques­­
tion
du sens et de l’équilibre à trou­­ entre vie pro­­ sion­­
ver
fes­­ nelle et pri­­
vée.
Cette ques­­
tion impor­­
tante, déjà abor­­ au cha­­
dée
pitre « Déve­­ per
lop­­
son effi­­ cité per­­ nelle », est ici trai­­ sous l’angle de la cohé­­
ca­­
son­­
tée
rence
entre ses valeurs, ses prio­­ tés et ses actions.
ri­­

CC Construire son réseau rela­­tion­­
nel
PRINCIPES CLÉS
•	 Pour fonc­­ ner le réseau doit
tion­­
être entre­­
tenu de façon régu­
­
lière avec un véri­­
table inté­
­
rêt pour les per­­
sonnes qui le
consti­­
tuent. Il faut s’y inves­­
tir
sans en attendre un béné­­
fice
immé­­
diat.
•	 Sur le long terme le réseau est
un véri­­
table tuteur sur son par­
­
cours pro­­ sion­­
fes­­
nel.

Le mana­­ évo­­ dans un envi­­ ne­
ger
lue
ron­­ ­
ment instable. Se consti­­
tuer un réseau
fiable et pérenne repré­­
sente un moyen
de sécu­­ ser son par­­
ri­­
cours pro­­ sion­­
fes­­ nel.
Un réseau est éga­­ ment une res­­
le­­
source
pour res­­ en phase avec l’évolution de
ter
son métier, anti­­ per les chan­­ ments,
ci­­
ge­­
déve­­ per ses compé­­
lop­­
tences et par­­ ger
ta­­
son exper­­
tise.
De plus entre­­ nir son réseau, per­
te­­
­
met de répondre au besoin crois­­
sant
d’informations, d’enrichir ses points de
vue et d’augmenter ses réfé­­
rences.

472
Faire le diag­­ tic de son réseau
nos­­

Un réseau rela­­ nel c’est  un ensemble de rela­­
tion­­
tions infor­­
melles
qui :
✓✓ per­­ de se consti­­
met
tuer un car­­ d’adresses utiles à son par­­
net
cours
pro­­ sion­­
fes­­ nel ;
✓✓ se construit sur une approche de prise en compte des besoins
réci­­
proques ;
✓✓ per­­ de faire face aux situa­­
met
tions d’urgence ou impré­­
vues ;
✓✓ se construit dans le temps par une démarche sys­­ ma­­
té­­ tique ;
✓✓ se fonde sur des rela­­
tions de confiance et d’intérêts par­­ gés ;
ta­­
✓✓ ouvre un champ d’opportunités rela­­ nelles et pro­­ sion­­
tion­­
fes­­ nelles.

Savoirs

Qu’est-ce qu’un réseau rela­­
tion­­
nel ?

Pour éta­­ la liste des per­­
blir
sonnes compo­­
sant son réseau rela­­ nel,
tion­­
une métho­­ lo­­ en trois étapes est utile :
do­­ gie
✓✓ lis­­ les contacts ;
ter
✓✓ hié­­ chi­­ les contacts ;
rar­­ ser
✓✓ repré­­ ter son réseau.
sen­­
Lis­­ les contacts
ter

Savoir-faire

Métho­­ lo­­ pour faire l’état des lieux de son réseau
do­­ gie

473

Savoir-être

La pre­­
mière étape est de lis­­ l’ensemble de ses contacts. Pour ce
ter
faire, il est néces­­
saire d’explorer toutes les rela­­
tions que nous avons pu
éta­­ dans notre envi­­ ne­­
blir
ron­­ ment fami­­ ou ami­­ durant notre
lial
cal,
par­­
cours pro­­ sion­­
fes­­ nel, durant nos études, à l’occasion d’activités
extra-­ rofessionnelles, etc.
p
14 • Gérer sa car­­
rière dans
la durée

Construire son réseau rela­­ nel
tion­­
Vie professionnelle et vie privée
Se fixer des objec­­ en accord avec ses valeurs
tifs

Hié­­ chi­­
rar­­ ser sur l’échelle réseau à deux niveaux

On éva­­ ensuite la qua­­ de la rela­­
lue
lité
tion avec la per­­
sonne sur le
plan de la régu­­ rité, de la durée, de la pro­­ deur, de la fré­­
la­­
fon­­
quence,
etc. L’objectif est de clas­­ ses rela­­
ser
tions en deux niveaux :
✓✓ Le niveau 1. Il repré­­
sente les rela­­
tions proches (famille, amis, col­
lègues… et de longue date). Elles ont fait leurs preuves (de 6 ans
à plus) et sont humai­­ ment pro­­
ne­­
fondes. Les rela­­
tions de niveau 1
sont celles que l’on active en situa­­
tion de ques­­ ne­­
tion­­ ment, de
chan­­ ment bru­­ ou de réflexion appro­­ die.
ge­­
tal
fon­­
✓✓ Le niveau 2. Il comprend les rela­­
tions plus éloi­­
gnées (pro­­ sion­
fes­­ ­
nelles, sociales et/ou plus récentes). Les rela­­
tions de niveau 2 sont
plus super­­ cielles. Elles pour­­
fi­­
ront être uti­­ sées dans la mesure où
li­­
elles ont été entre­­ nues régu­­ re­­
te­­
liè­­ ment. Il est oppor­­ de les sol­
tun
­
li­­ ter pour recher­­
ci­­
cher des infor­­ tions, pour un conseil ou pour
ma­­
une aide dans une démarche bien iden­­ fiée.
ti­­
Les deux réseaux peuvent regrou­­ des per­­
per
sonnes d’origine et
de métier divers, leur carac­­ ris­­
té­­ tique est de favo­­ ser votre degré
ri­­
d’ouverture.
Repré­­ ter son réseau rela­­
sen­­
tion­­
nel

L’ensemble des don­­
nées peut être syn­­ tisé sous la forme d’un
thé­­
tableau (tableau 14.1).

474
Tableau 14.1 ■  éseau de Christine, mana­­ 49 ans, consul­­
R
ger
tant

Nom

Rap­­
port
avec moi

Acti­­
vité
pro­­ sion­­
fes­­
nelle,
sociale

Ren­­
contré
depuis quand
et où

Comment
j’entretiens Niveau
le lien

Natacha

Amie

Res­­ sable paye
pon­­

20 ans, col­­
lègue de Un dîner par
tra­­
vail
mois

1

Michèle

Col­­
lègue

Consul­­
tante

Uni­­ ment
que­­
10 ans, col­­
lègue de
pro­­ sion­
fes­­
­
tra­­
vail
nel­­ ment
le­­

2

1 an, en qua­­
lité
de béné­­
vole dans
1 réunion
cette asso­­ tion
cia­­
tous les
d’accompagnement semestres
de cadres

Savoirs

en res­­
sources humaines

2

1

10 ans amis,
d’amis

1 déjeu­­
ner
par semestre

2

2 ans, cho­­
rale

Tous les
mois, répé­
­
tition et
échange sur
des lec­­
tures
communes,
des inté­­
rêts
communs,
via Inter­­
net

2

Famille, pro­­ seur
fes­­
dans une école
d’ingénieurs

Carole

Sœur

Antoine

Rela­­
tion ami­ DRH dans le sec­
­
­
cale
teur ban­­
caire

Bénédicte

Des weeke
­ nds régu­
­
liers avec
nos enfants,
Noël, tous
les étés une
semaine
de congé
ensemble

Rela­­
tion ami­
­
Méde­­
cin
cale

475

Savoir-faire

Pré­­
sident
Retraité
d’association

Savoir-être

Pierre
14 • Gérer sa car­­
rière dans
la durée

Construire son réseau rela­­ nel
tion­­
Vie professionnelle et vie privée
Se fixer des objec­­ en accord avec ses valeurs
tifs

Main­­ nir son réseau
te­­
Une fois le réseau iden­­ fié, il importe de gar­­ les contacts et main­
ti­­
der
­
te­­ son réseau à jour. Pour ce faire, il est indis­­ sable de re­ isiter
nir
pen­­
v
régu­­ re­­
liè­­ ment ses contacts et véri­­ si le contact a été activé par
fier
qui ? Et dans quelles cir­­
constances ?
Tableau 14.2 ■ Suivi des contacts
vation
Acti­­
vation Acti­­
contré
Acti­­
vité Ren­­
Comment
Rap­­
port
du réseau du réseau
depuis
pro­­
fes­­
j’entretiens Niveau
Nom avec
de mon
de son
quand
sion­­
nelle,
le lien
moi
fait
fait
et où
sociale

Par exemple :
✓✓ Antoine DRH a été sol­­ cité pour ouvrir un stage au fils de
li­­
Christine.
✓✓ Christine a consulté Francis pour une biblio­­ phie sur l’autogra­­
entreprenariat liée à son expé­­
rience pra­­
tique du sujet.
✓✓ Jean-­ uc, grâce à son métier, a assisté Christine dans le choix de
L
l’entrepreneur pour des tra­­
vaux à son domi­­ et l’évaluation du
cile
type et du mon­­
tant des tra­­
vaux.

476
Adop­­ une atti­­
ter
tude de veille réseau per­­ nente
ma­­

Savoir-faire

Pour déve­­ per son réseau, il est déjà néces­­
lop­­
saire de s’interroger sur
l’objectif pour­­
suivi :
✓✓ Ai-­e envie de pri­­ lé­­ un réseau pro­­ sion­­
j
vi­­ gier
fes­­ nel ?
✓✓ Ai-­e envie de déve­­ per mon exper­­ dans un domaine par­
j
lop­­
tise
­
ti­­ lier ?
cu­­
✓✓ Est-­ e que je sou­­
c
haite élar­­ à des sphères dif­­ rentes de la
gir
fé­­
mienne ?
Pour déve­­ per son réseau, il est inté­­ sant d’observer la struc­
lop­­
res­­
­
ture de son réseau et d’examiner les liens entre les membres du réseau.
Est-­l orga­­
i
nisé en étoile ? c’est-à-dire autour de vous, les membres
n’étant pas en rela­­
tion. Est-­l en toile d’araignée ? (les membres du
i
réseau inter­ gissent).
a
C’est à vous de juger ce qui convient, il n’est pas for­­ ment utile
cé­­
de réunir tous les membres d’un réseau entre eux. On peut éga­­ ­
le­
ment créer des sous réseaux autour d’intérêts communs, de thé­­ ­
ma­
tiques ou de pas­­
sions communes.
Il peut être inté­­ sant aussi de créer des liens ponc­­
res­­
tuels, pour
résoudre un pro­­
blème par­­ ger de l’information ou faire ensemble
ta­­
une acti­­
vité. Toutes ces actions per­­
mettent de main­­ nir les liens
te­­
à jour et favo­­
risent l’enrichissement du réseau par un effet « ronds
dans l’eau ».

Savoirs

Déve­­ per son réseau
lop­­

Faire face à ses résis­­
tances et prin­­
cipes

477

Savoir-être

La ques­­
tion du réseau active géné­­ le­­
ra­­ ment des résis­­
tances per­­ ­
son­
nelles liées aux valeurs qui se fondent sur une vision de l’authenticité
des rela­­
tions. Il est impor­­
tant de rame­­ la for­­ li­­ tion d’une
ner
ma­­ sa­­
démarche réseau à une bonne pra­­
tique pro­­ sion­­
fes­­ nelle qui est dif­­ ­
fé­
rente de ce qui relève d’un domaine pure­­
ment per­­ nel, affec­­ ou
son­­
tif
ami­­ Cette atti­­
cal.
tude est per­­ nente au moment d’activer le réseau.
ti­­
14 • Gérer sa car­­
rière dans
la durée

Construire son réseau rela­­ nel
tion­­
Vie professionnelle et vie privée
Se fixer des objec­­ en accord avec ses valeurs
tifs

L’activation est d’autant plus effi­­
cace qu’elle fait l’objet d’une
réflexion amont : défi­­ mon pro­­ pour quelle rai­­
nir
jet,
son suis-­e
j
amené à sol­­ ci­­ mon réseau ?
li­­ ter
Réflé­­
chir autour des ques­­
tions sui­­
vantes peut éga­­ ment aider à
le­­
dis­­ ner ce qui rend pos­­
cer­­
sible l’intégration ou la sol­­ ci­­ tion dans le
li­­ ta­­
cadre d’un réseau :
✓✓ Me sentirai-­e légi­­
j
time pour prendre contact direc­­ ment avec
te­­
cette per­­
sonne et la sol­­ ci­­
li­­ ter ?
✓✓ Est-­ e que je pense qu’il peut me consa­­ du temps et prendre
c
crer
en compte ma requête ?
✓✓ Quel type de demande est-­l rai­­ nable de faire : infor­­ tion,
i
son­­
ma­­
conseil, relais vers une per­­
sonne, inter­­ tion directe ?
ven­­
✓✓ Si cette per­­
sonne me sol­­ cite suis-­e prêt à prendre du temps
li­­
j
pour l’écouter et l’assister dans sa demande ?
Les compé­­
tences à mettre en œuvre

Faire vivre et déve­­ per son réseau implique de mettre en œuvre
lop­­
des atti­­
tudes et compé­­
tences de :
✓✓ Méthode : entre­­ nir son réseau sur­­
te­­
tout lorsque l’on n’a pas
besoin de le sol­­ ci­­
li­­ ter.
✓✓ Per­­ vé­­
sé­­ rance : ne pas attendre de retour immé­­
diat et veiller à la
qua­­ de ses rela­­
lité
tions.
✓✓ Pro-­ ctivité : oser prendre des ini­­
a
tiatives.
✓✓ Humi­­
lité : le réseau n’est pas un outil de valo­­ sa­­
ri­­ tion per­­ nelle.
son­­
✓✓ Cohé­­
rence : s’engager sur ce qu’on peut faire vrai­­
ment et tenir
parole.
Une autre voie pour déve­­ per son réseau est d’utiliser les réseaux
lop­­
sociaux via Inter­­ (cf. cha­­
net
pitre 1). Sur ce média, les infor­­ tions
ma­­
peuvent être dif­­ sées sans contrôle de la per­­
fu­­
sonne concer­­
née. Par
pré­­ tion, il est utile de consi­­ rer que tout ce qui est ins­­ sur le
cau­­
dé­­
crit
réseau relève du domaine public.

478
CC Trou­­
ver un équi­­libre entre
vie pro­­fes­­sion­­
nelle et vie pri­­ ée
v

tient et
De tout temps la ques­­
tion de la liberté •	 Notre vie nous appar­­
per­­
sonne ne peut faire notre
indi­­ duelle et du bon­­
vi­­
heur est posée.
bon­­
heur à notre place.
ni­­
Antiphon1 nous donne sa défi­­ tion de
rant
l’harmonie « elle enve­­
loppe la commu­ •	 C’est en repé­­ ce qui est
­
impor­­
tant pour nous, au niveau
nauté de pen­­ que cha­­
sée
cun a avec luiper­­ nel et au niveau pro­­ ­
son­­
fes­
m
­ ême : car celui qui est gou­­
verné par
sion­­ et en le res­­ tant, que
nel
pec­­
une seule pen­­ et un seul sen­­ ment
sée
ti­­
nous pou­­
vons atteindre une
est en concorde avec lui-­ ême alors que
m
forme d’équilibre.
celui qui est en contra­­ tion avec luidic­­
m
­ ême et qui réflé­­
chit dans la dis­­
corde
est séparé de lui-­ ême… »
m
Ce qui est inté­­ sant dans sa pro­­ si­­
res­­
po­­ tion, c’est que 2 500 ans
plus tard nous en sommes au même point. Nous cher­­
chons tou­­
jours
comment faire pour éta­­ cet accord avec nous-­ êmes et avec les
blir
m
autres. Ce qui peut nous aider dans cette démarche, c’est de prendre
le temps de la réflexion, de repérer ce qui est impor­­
tant pour nous
dans la vie, au niveau pro­­ sion­­ et per­­ nel, puis de se fixer des
fes­­ nel
son­­
objec­­ en accord avec nos valeurs pro­­
tifs
fondes et nos croyances.

Savoirs

PRINCIPES CLÉS

Savoir-faire

Prendre le temps de la réflexion
et de faire le point

Repérer ses valeurs et croyances
dans sa vie pro­­ sion­­
fes­­ nelle et pri­­
vée

La croyance est le fait de tenir quelque chose pour vrai, et ceci indé­
­
pen­­
dam­­
ment des preuves éven­­
tuelles de son exis­­
tence, réa­­
lité, ou
pos­­ bi­­ Il s’agit aussi bien d’une opi­­
si­­ lité.
nion sur nous-­ êmes, sur les
m
autres, sur notre envi­­ ne­­
ron­­ ment, sur Dieu,…
1.	 Sophiste et ora­­
teur mort en 411 avant J. C.

479

Savoir-être

Qu’est-ce qu’une croyance ?
14 • Gérer sa car­­
rière dans
la durée

Construire son réseau rela­­ nel
tion­­
Vie professionnelle et vie privée
Se fixer des objec­­ en accord avec ses valeurs
tifs

Ces croyances déter­­
minent un cer­­
tain nombre de compor­­ ­
te­
ments. Par exemple, si je crois que je peux faire confiance aux autres,
j’associe à cette croyance tout un ensemble de compor­­ ments : je
te­­
vais vers les autres, je m’exprime faci­­ ment, je demande des conseils,
le­­
je délègue quand c’est nécessaire… Cet ensemble de compor­­ ments
te­­
pro­­ un résul­­ les autres me font confiance et en retour viennent
duit
tat :
vers moi, s’expriment faci­­ ment, me demandent des conseils et me
le­­
délèguent par­­ des acti­­ tés. Ce résul­­ ren­­
fois
vi­­
tat force ma croyance « je
peux faire confiance aux autres ». Nous pas­­
sons notre vie à ren­­ ­
for­
cer nos croyances à par­­ de compor­­ ments qui ont pour but de
tir
te­­
les véri­­
fier et les ren­­ cer. Il en est ainsi pour toutes les croyances,
for­­
qu’elles soient posi­­
tives (« je peux faire confiance aux autres ») ou
limitantes (« je ne peux pas faire confiance aux autres »).
Pour qu’une croyance soit remise en cause ou ébran­­ il faut en
lée,
géné­­ une onde de choc par­­ cu­­
ral
ti­­ lière. Exemple : Pierre dirige une
petite entre­­
prise de ser­­
vices. Il pro­­
pose des tra­­
vaux de jar­­ nage à
di­­
des par­­ cu­­
ti­­ liers. Il a tou­­
jours cru que les per­­
sonnes qui tra­­
vaillaient
pour lui (une assis­­
tante et trois jar­­ niers) étaient des pro­­ teurs et
di­­
fi­­
qu’il fal­­ les sur­­
lait
veiller et contrô­­ la qua­­ de leur tra­­
ler
lité
vail. Un
dimanche soir, alors qu’il était parti en week-­ nd, toute la zone indus­
e
­
trielle dans laquelle était située son entre­­
prise s’est retrou­­ inon­­
vée
dée
suite à une forte crue. Les trois jar­­ niers se sont spon­­ né­­
di­­
ta­­ ment ren­
­
dus sur les lieux pour sau­­ tout ce qui pou­­ l’être. Grâce à leur
ver
vait
réac­­ vité, l’entreprise a pu fonc­­ ner très rapi­­ ment.
ti­­
tion­­
de­­
Les per­­
sonnes les plus effi­­
caces ont une force et une puis­­
sance de
déci­­
sion qui vient de l’intérieur d’eux-mêmes. Leurs croyances vont
dans la même direc­­
tion que leurs choix conscients.
Qu’est-ce qu’une valeur ?

Le mot « valeur », du latin clas­­
sique « valor » est uti­­ dès le
lisé
xie  siècle pour dési­­
gner le mérite ou les qua­­ tés. Par exten­­
li­­
sion, il
est ensuite pris pour « impor­­
tance ». En règle géné­­
rale, les valeurs
portent sur les normes de conduites per­­ nelles ou sociales rele­­
son­­
vant
480
481

Savoirs
Savoir-faire
Savoir-être

de la morale, de l’éthique, de la poli­­
tique, de l’esthétique ou de la
spi­­ tua­­ Nos valeurs concernent donc tout ce qui est impor­­
ri­­ lité.
tant
pour nous dans la vie. Par exemple, la soli­­ rité, la liberté, l’amour,
da­­
le respect de la pla­­
nète, la famille, la tolé­­
rance, la jus­­
tice, la réus­­
site,
l’honnêteté, la comba­­ vité,… sont des valeurs.
ti­­
Les entre­­
prises ont éga­­ ment leur propre sys­­
le­­
tème de croyances et
de valeurs et gèrent leurs res­­
sources humaines en fonc­­ de celui-­ i.
tion
c
Lorsque les membres d’une entre­­
prise par­­
tagent les mêmes valeurs
et croyances, les per­­
sonnes se sentent en confiance et la commu­­ ­
ni­
ca­­
tion est ouverte et effi­­
cace à tous les niveaux. Par exemple, Cegos
est depuis quelques années enga­­
gées dans des par­­ na­­
te­­ riats avec dif­
­
fé­­
rentes asso­­ tions. L’une d’elle, Pla­­
cia­­
nète Urgence, a pour objec­­
tif
de mettre en place de nou­­
veaux moyens d’action pour lut­­ contre
ter
la des­­ tion de la pla­­
truc­­
nète et contre les inéga­­ tés entre le Nord et le
li­­
Sud. C’est ainsi que tous les ans, Cegos sou­­
tient les pro­­ des sala­
jets
­
riés qui sou­­
haitent par­­ ci­­ à des mis­­
ti­­ per
sions huma­­ taires en leur
ni­­
per­­ tant de prendre un congé soli­­
met­­
daire.
En revanche, lorsque les croyances et valeurs de la direc­­ d’une
tion
entre­­
prise sont en confron­­ tion avec les croyances du per­­ nel, les
ta­­
son­­
malaises s’accumulent et peuvent aller jusqu’aux conflits. Nous ren­
­
controns des exemples de ce type à chaque fois qu’une entre­­
prise
publique devient par­­ le­­
tiel­­ ment ou complè­­ ment pri­­ ou lorsqu’il
te­­
vée
y a « rachat » d’une entre­­
prise pri­­ par une autre.
vée
Si la croyance est ce en quoi l’on croit, les valeurs sou­­
tiennent nos
croyances ; elles en sont l’assise, les fon­­ tions. Être en accord pro­
da­­
­
fond avec nos valeurs et nos croyances, cela signi­­ être conscient de
fie
celles-­ i et faire des choix qui les res­­
c
pectent. Lorsque nous déci­­
dons
et agis­­
sons dans le respect de nos croyances et de nos valeurs fon­
­
da­­ tales, nous don­­
men­­
nons un sens à notre vie et nous sommes en
har­­ nie ou cohé­­
mo­­
rence avec nous-­ êmes.
m
Der­­
rière chaque croyance, une valeur peut-­ tre asso­­ comme
ê
ciée
dans le tableau 14.3.
14 • Gérer sa car­­
rière dans
la durée

Construire son réseau rela­­ nel
tion­­
Vie professionnelle et vie privée
Se fixer des objec­­ en accord avec ses valeurs
tifs

Tableau 14.3 ■ Exemples de croyances et valeurs asso­­
ciées
Croyances

Valeurs asso­­
ciées

Dans la vie, il faut se battre

Auto­­
rité, force, déter­­ na­­
mi­­ tion,…

Il faut aider les autres

Soli­­ rité, amour, compas­­
da­­
sion,…

Quand on prend des ini­­
tiatives on
prend des risques

Pru­­
dence, dis­­ tion, méfiance,…
cré­­

Il faut se compor­­ cor­­ te­­
ter
rec­­ ment avec
soi et les autres

Respect, écoute, bien­­
veillance,…

Commettre des erreurs per­­
met de
pro­­
gres­­
ser

Évo­­ tion, expé­­
lu­­
rience, tolé­­
rance,…

L’union fait la force

Asso­­ tion, sens de l’équipe,…
cia­­

Les autres peuvent être dan­­ reux
ge­­

Méfiance, contrôle,…

Une bonne manière de repérer nos prin­­ pales croyances est de
ci­­
complé­­ le plus spon­­ né­­
ter,
ta­­ ment pos­­
sible et très rapi­­ ment, les
de­­
phrases qui suivent. Dans un pre­­
mier temps ne s’intéresser qu’à la
pre­­
mière colonne du tableau 14.4.
Tableau 14.4 ■ Croyances – atti­­
tudes – valeurs
Attitudesc
­ omportements

Croyances
Je trouve que la vie est…
Je pense que le tra­­
vail c’est…
Je pense que les hommes sont…
Je pense que le pou­­
voir est…
Je pense que les femmes sont…
La famille c’est…
Les amis sont…
Je pense que l’argent est…

482

Valeurs
Savoirs

Une fois ces phrases complé­­
tées, laissons-­es de côté au moins
l
vingt-­ uatre heures pour prendre du recul. Dans un deuxième temps,
q
regar­­
dons nos réponses et retrou­­
vons les atti­­
tudes et compor­­ ments
te­­
asso­­
ciés. Elles nous aident à trou­­ nos valeurs. Par exemple, si je
ver
trouve que la vie est une for­­ dable aven­­
mi­­
ture, les atti­­
tudes et compor­
­
te­­
ments asso­­
ciés peuvent être : j’ai besoin que les choses bougent
autour de moi, je vais vers les autres, je pro­­
voque les chan­­ ments.
ge­­
Dans un troi­­
sième temps, repé­­
rons les valeurs asso­­
ciées. Pour notre
exemple : l’ouverture à autrui et l’adaptation aux chan­­ ments.
ge­­

Uti­­ ser la pyra­­
li­­
mide de Maslow pour comprendre
ses moti­­
vations et ses besoins
La pyra­­
mide des besoins est consti­­
tuée de cinq niveaux. Chaque
niveau cor­­ pond à un besoin essen­­
res­­
tiel. Toute la moti­­
vation de la
per­­
sonne est cen­­ sur la satis­­
trée
faction de ce besoin. Quand ce besoin
n’est pas satis­­ nous ne pou­­
fait
vons accé­­ au niveau sui­­
der
vant.

Accomplissement

Savoir-faire

Figure 14.1 ■ La pyra­­
mide de Maslow1

Estime

Besoins sociaux

Sécurité

1.	 Notion abordée dans le chapitre 11.

483

Savoir-être

Besoins physiologiques
14 • Gérer sa car­­
rière dans
la durée

Construire son réseau rela­­ nel
tion­­
Vie professionnelle et vie privée
Se fixer des objec­­ en accord avec ses valeurs
tifs

Dans notre vie quo­­ dienne, nous met­­
ti­­
tons en action des compor­
­
te­­
ments qui cor­­ pondent à dif­­ rents niveaux. Par exemple, mon
res­­
fé­­
tra­­ peut me per­­
vail
mettre de répondre à des besoins de sécu­­ ou
rité
d’estime de soi alors qu’une acti­­ asso­­ tive me per­­
vité
cia­­
met de satis­
­
faire mon besoin d’accomplissement.
La pyra­­
mide de Maslow per­­
met :
✓✓ de se posi­­ ner, à un ins­­
tion­­
tant T, au niveau de nos besoins et de
notre moti­­
vation. Au cours de notre vie nous pou­­
vons très bien
chan­­ de niveau : c’est le cas lors d’une rup­­
ger
ture affec­­
tive, où
les besoins nou­­
veaux à satis­­
faire sont des besoins sociaux. À ce
moment-­à, il est pro­­
l
bable que l’estime de soi soit plu­­ en berne
tôt
et qu’elle ne revienne qu’une fois d’autres liens affec­­ créés.
tifs
C’est éga­­ ment le cas lors de la rup­­
le­­
ture d’un contrat de tra­­
vail
pour une per­­
sonne de plus de 45 ans. Les craintes liées au fait de
ne plus retrou­­ d’emploi ramènent la per­­
ver
sonne au niveau de la
satis­­
faction des besoins de sécu­­
rité.
✓✓ De repérer et de tenir compte des besoins et des moti­­
vations de
nos col­­ bo­­ teurs : cer­­
la­­ ra­­
tains ont besoin d’être plus rému­­
nérés ou
d’obtenir une prime pour être moti­­ parce que leur pré­­ cu­
vés
oc­­ ­
pa­­
tion immé­­
diate est située au niveau des besoins de sécu­­
rité.
D’autres, auront besoin de reconnais­­
sance au tra­­
vers d’un titre
ou d’une nou­­
velle res­­ sa­­ lité parce que ce qui les motive se
pon­­ bi­­
situe au niveau de l’estime de soi.

Véri­­ la cohé­­
fier
rence entre ses besoins et ses valeurs
La cohé­­
rence per­­
met de se sen­­ en accord avec soi-­ ême. Elle se
tir
m
réa­­ quand il y a accord entre nos besoins, la façon dont nous
lise
agis­­
sons pour les satis­­
faire et nos valeurs. Par exemple, si quatre de
mes valeurs prin­­ pales sont la famille, la curio­­
ci­­
sité, la soli­­ rité et
da­­
l’autonomie, je serai en cohé­­
rence si je mets en face de chaque valeur
des actions ou compor­­ ments pré­­ qui sont liés à mes besoins. Le
te­­
cis
tableau qui suit vous pré­­
sente le pro­­ sus.
ces­­
484
Tableau 14.5 ■ Exemples valeurs – actions – besoins
Valeurs

Actions ou compor­­ ments
te­­

Savoirs

À chaque fois que nos besoins ou nos valeurs ne sont pas res­­ ­
pec­
tés, c’est tout le jeu de nos croyances qui en est affecté. Si la valeur
famille est impor­­
tante pour nous et que nous n’arrivons pas à pas­­
ser
du temps avec nos enfants, non seule­­
ment nous ne satis­­ sons pas
fai­­
nos besoins sociaux mais en plus nous sommes en porte-­ -faux avec
à
des croyances de type « tout se joue dans les pre­­
mières années », « les
parents sont res­­ sables du deve­­ de leurs enfants »,…
pon­­
nir

Besoins

Sociaux

Curio­­
sité

Voir un film et lire un livre, visi­­ une
ter
expo­­ tion une fois par mois. Assis­­ à
si­­
ter
des confé­­
rences trois fois par an

Accom­­ se­­
plis­­ ment

Soli­­ rité
da­­

Faire par­­ d’une asso­­ tion ou appor­­
tie
cia­­
ter
une aide finan­­
cière à des asso­­ tions
cia­­

Estime de soi et/ou
accom­­ se­­
plis­­ ment
et/ou besoins sociaux

Auto­­ mie
no­­

Avoir un tra­­
vail où je me sente res­­ ­
pon­
sable des prio­­ tés et de la ges­­
ri­­
tion de
mon temps ou avoir une acti­­
vité extrap
­ rofessionnelle que je gère complè­­ ment
te­­

Estime de soi

Savoir-faire

Famille

Se réser­­ une heure tous les jours avec
ver
les enfants. Faire des acti­­ tés ensemble.
vi­­
Par­­ en vacances au moins trois
tir
semaines par an

485

Savoir-être

C’est à ce moment-­à que nous sommes en dys­ armonie avec
l
h
nous-­ êmes et que la culpa­­ lité inter­­
m
bi­­
vient. Lorsque nous nous sen­
­
tons cou­­
pables, notre compor­­ ment avec nos enfants peut être dif­
te­­
­
fé­­
rent : nous deve­­
nons trop laxistes ou trop rigides dans le trop peu
de temps que nous leur consa­­
crons. Et comme toute cause pro­­
duit
des effets, nos enfants peuvent deve­­ dif­­ ciles. Dans le meilleur
nir fi­­
des cas, ils peuvent apprendre à faire sans nous.
14 • Gérer sa car­­
rière dans
la durée

Construire son réseau rela­­ nel
tion­­
Vie professionnelle et vie privée
Se fixer des objec­­ en accord avec ses valeurs
tifs

CC Se fixer des objec­­tifs en accord
avec ses valeurs pro­­fondes
PRINCIPES CLÉS
•	 Il importe de faire d’abord
le point sur son har­­ nie
mo­­
per­­ nelle.
son­­
•	 Pour cela, nous devons réajus­
­
ter notre posi­­ ne­­
tion­­ ment par
rap­­
port aux valeurs qui se
contre­­
disent entre elles.

Le para­­
graphe pré­­ dent nous a mon­­
cé­­
tré
en quoi il était impor­­ d’être en cohé­
tant
­
rence avec nous-­ êmes et avec les per­
m
­
sonnes qui comptent pour nous. C’est
main­­ nant à vous de faire le point sur
te­­
votre har­­ nie per­­ nelle, en tenant
mo­­
son­­
compte aussi bien du registre per­­ nel
son­­
que du registre pro­­ sion­­
fes­­ nel.

Défi­­ ce qui est impor­­ pour soi et le mettre en action
nir
tant
En vous aidant de vos réponses ins­­
crites dans la der­­
nière colonne du
tableau 14.4 et de ce que vous savez de vous-­ êmes, notez quelles
m
sont les six valeurs les plus impor­­
tantes pour vous. Si vous en trou­
­
vez 10, regrou­­ en plu­­
pez
sieurs en une valeur de hié­­ chie supé­­
rar­­
rieure.
Atten­­
tion de noter des valeurs qui concernent votre vie per­­ nelle
son­­
(exemples : famille, ami­­ solidarité…) mais éga­­ ment votre vie
tié,
le­­
pro­­ sion­­
fes­­ nelle (réus­­ pro­­ sion­­
site fes­­ nelle, plai­­ tra­­ en équipe…).
sir, vail
Dans la mesure du pos­­
sible, complé­­ ensuite le tableau citez
d
­ essous en iden­­ fiant, pour chaque valeur deux ou trois actions
ti­­
et compor­­ ments que vous met­­ en place pour les faire vivre.
te­­
tez
Repérez ensuite et noter à quels besoins cela cor­­ pond.
res­­

486
Tableau 14.6 ■ Cohé­­
rence per­­ nelle
son­­
Actions ou compor­­ ments
te­­

Besoins

Lorsqu’une valeur ne se voit attri­­
buer aucune action ou compor­
­
te­­
ment, il est judi­­
cieux de prendre le temps d’y réflé­­ et de trou­­
chir
ver
comment vous pou­­ agir pour répondre à celle-­ i. Par exemple, si
vez
c
la valeur auto­­ mie pro­­ sion­­
no­­
fes­­ nelle ne donne lieu à aucune action,
vous pou­­ choi­­
vez
sir de :
✓✓ Ren­­
contrer votre res­­ sable hié­­ chique pour qu’il vous délègue
pon­­
rar­­
des res­­ sa­­ li­­ ou qu’il accepte que vous soyez complè­­ ment
pon­­ bi­­ tés
te­­
auto­­
nome sur une acti­­ par­­ cu­­
vité
ti­­ lière.
✓✓ Déve­­ per de nou­­
lop­­
velles compé­­
tences qui vous per­­
mettent, par
la suite, d’être plus auto­­
nome.
✓✓ Pros­­ ter dans un autre ser­­
pec­­
vice ou une autre entre­­
prise pour
sai­­ les oppor­­ ni­­ d’un nou­­
sir
tu­­ tés
veau poste qui vous per­­ trait
met­­
d’avoir plus d’autonomie.

Savoir-faire

Savoirs

Valeurs

Une double contrainte exprime deux contraintes qui s’opposent  ;
l’obligation de cha­­
cune conte­­
nant une inter­­ tion de l’autre ce qui
dic­­
rend la situa­­
tion a priori inso­­
luble. Par exemple, si la réus­­ pro­
site
­
fes­­ nelle est une valeur que je mets en action par des prises de
sion­­
res­­ sa­­ lité, des jour­­
pon­­ bi­­
nées de tra­­
vail de douze heures et l’étude
de dos­­
siers pen­­
dant le week-­ nd, elle peut s’opposer à une valeur
e
« famille » pour laquelle je ne peux rien mettre en action ou insuf­­ ­
fi­
sam­­
ment. Cette double contrainte se véri­­ par l’impossibilité par­
fie
­
tielle ou totale d’associer à une valeur par­­ cu­­
ti­­ lière des actions et
compor­­ ments (cf. tableau 14.6).
te­­
487

Savoir-être

Véri­­ l’absence de double contrainte
fier
14 • Gérer sa car­­
rière dans
la durée

Construire son réseau rela­­ nel
tion­­
Vie professionnelle et vie privée
Se fixer des objec­­ en accord avec ses valeurs
tifs

Quand c’est le cas, il s’agit de prendre de la dis­­
tance pour réajus­
­
ter, non pas les valeurs mais le posi­­ ne­­
tion­­ ment des valeurs dans le
temps, en s’aidant des croyances qui sont der­­
rière cha­­
cune d’elles.
Pre­­
mier exemple :
✓✓ Croyance de la valeur famille : « Tout se joue avant six ans au
niveau des apports affec­­ que l’on trans­­ à l’enfant ».
tifs
met
✓✓ Croyance de la valeur réus­­ pro­­ sion­­
site
fes­­ nelle : « Il faut se don­­
ner
les moyens de réus­­ et de déve­­ per ses compé­­
sir
lop­­
tences ».
Si mes enfants ont deux et trois ans, la seule façon de sor­­ de
tir
cette double contrainte est de faire inter­­ nir la notion de temps :
ve­­
je dois tout faire pour être le plus présent auprès de mes enfants
jusqu’à ce qu’ils aient atteint l’âge de 6 ans. Cela ne m’empêche pas
de déve­­ per des compé­­
lop­­
tences pour me pré­­ rer à m’investir plus
pa­­
au niveau pro­­ sion­­ quand ils seront prêts.
fes­­ nel
Deuxième exemple :
✓✓ Croyance de la valeur famille « Il faut tout faire pour que les
enfants vivent dans un cadre sécu­­ et struc­­ rant ».
risé
tu­­
✓✓ Croyance de la valeur réus­­ pro­­ sion­­
site
fes­­ nelle : « Il faut sai­­
sir
toutes les oppor­­ ni­­ quand elles se pré­­
tu­­ tés
sentent ».
Quel que soit l’âge de mes enfants, la façon de sor­­ de cette
tir
double contrainte est d’avoir un bon niveau de commu­­ ca­­
ni­­ tion avec
eux pour leur don­­ des expli­­ tions sur ma situa­­
ner
ca­­
tion pro­­ sion­
fes­­ ­
nelle et mon désir de réus­­ Simul­­ né­­
sir.
ta­­ ment, il me faut mettre en
place des actions qui apportent la sécu­­ à mes enfants : fille au
rité
pair, temps par­­ de l’autre parent, pré­­
tiel
sence des grands parents…

Se pro­­
gram­­ de façon posi­­
mer
tive
Nous igno­­
rons tout de notre deve­­ mais nous pou­­
nir
vons nous pro­
­
gram­­
mer men­­ lement pour que celui-­ i res­­
ta­­
c
pecte les valeurs qui
sont impor­­
tantes pour nous. Voici un exer­­
cice à renou­­ ler autant
ve­­
de fois que vous le vou­­
lez.

488
Nous sommes constam­­
ment en inter­­ tion avec notre envi­­ ne­
ac­­
ron­­ ­
ment et nous sommes influ­­ cés par celui-­ i. Nous vivons et nous
en­­
c
tra­­
vaillons avec des per­­
sonnes qui ont leur his­­
toire propre et qui
inter­ gissent avec nous. De même, nous sommes concer­­ voire
a
nés
tou­­
chés direc­­ ment par des phé­­ mènes socio-­ conomiques ou
te­­
no­­
é
éco­­ giques. Notre envi­­ ne­­
lo­­
ron­­ ment évo­­ et nous évo­­
lue
luons.
Dans cette lente évo­­ tion qui est celle de l’être humain, nous
lu­­
sommes confron­­ à de nom­­
tés
breuses dif­­ cultés. Elles sont liées aux
fi­­
inter­­ tions que nous avons et que nous pro­­ sons. Par­­
ac­­
dui­­
fois, nous
nous sen­­
tons res­­ sables de ces dif­­ cultés, d’autres fois nous esti­
pon­­
fi­­
­
mons que ce sont les autres qui sont res­­ sables. Dans les deux
pon­­
cas, il s’agit d’un point de vue, d’un juge­­
ment de valeur par rap­
­
port à un évé­­ ment pré­­ ou une per­­
ne­­
cis
sonne. Cette per­­ tion, cette
cep­­
489

Savoir-faire

Être bien­­
veillant avec soi pour sur­­ ter les dif­­ cultés
mon­­
fi­­

Savoir-être

Dans un pre­­
mier temps, lire la tota­­ des consignes. Dans un second
lité
temps, s’installer confor­­ ble­­
ta­­ ment dans un endroit où vous ne serez
pas déran­­ pour suivre les étapes.
gé
−− Commen­­ par prendre conscience de votre res­­ ra­­
cer
pi­­ tion, sans cher­
­
cher à la modi­­
fier. Sen­­ sim­­ ment le tra­­ de l’air dans votre corps.
tir
ple­­
jet
Suivre ce mou­­ ment pen­­
ve­­
dant envi­­ une minute.
ron
−− Fer­­
mer les yeux et ima­­ ner que vous avez devant vous votre ligne
gi­­
du temps. Cette ligne cor­­ pond à toutes les années de vie qui
res­­
vous attendent ; elle s’étire sous la forme d’un tracé bien droit. Vous
êtes posi­­
tionné sur cette ligne au temps présent. Der­­
rière vous, c’est
votre passé. Votre regard se dirige vers votre futur.
−− Ima­­ ner que vous avan­­
gi­­
cez sur cette ligne du temps. Vous voyez les
années pas­­ rapi­­ ment sous vos pieds.
ser
de­­
−− S’arrêter dix, vingt ou trente ans plus tard. Res­­
pirer tran­­
quille­­
ment.
−− Prendre conscience de ce que vous res­­ tez, du plai­­ d’avoir
sen­­
sir
res­­
pecté vos valeurs par rap­­
port à vous, aux autres, à votre
envi­­ ne­­
ron­­ ment.
−− Se retour­­
ner len­­ ment et regar­­
te­­
der ou ima­­ ner tout ce que vous
gi­­
avez réa­­
lisé et qui était impor­­
tant pour vous. Pre­­
nez le temps de
regar­­ le déroulé des actions.
der
−− Gar­­ toutes ses sen­­ tions et images en mémoire. En rem­­ son
der
sa­­
plir
âme, son cœur et son corps et reve­­ à l’instant présent. Pro­­ ter de
nir
fi­­
votre nou­­ état de conscience.
vel

Savoirs

Exer­­cice
14 • Gérer sa car­­
rière dans
la durée

Construire son réseau rela­­ nel
tion­­
Vie professionnelle et vie privée
Se fixer des objec­­ en accord avec ses valeurs
tifs

éva­­ tion peut évo­­ avec le temps. Elle n’est pas figée. Nous en
lua­­
luer
avons tous fait l’expérience.
Être bien­­
veillant avec soi consiste à inté­­
grer l’idée d’évolution et
de trans­­ ma­­
for­­ tion. Les erreurs que nous commet­­
tons, qu’elles soient
en acte ou en juge­­
ment nous apprennent beau­­
coup sur nous-­ êmes.
m
Elles nous montrent nos limites, nos fai­­
blesses et nos zones de pro­
­
gres­­
sion pos­­
sible.
La culpa­­ lité, dans laquelle nous nous enfer­­
bi­­
mons par­­ est un
fois
frein au véri­­
table chan­­ ment. Elle signale que nous n’avons pas
ge­­
encore pris la juste mesure de notre part de res­­ sa­­ lité.
pon­­ bi­­
Quand nous sommes confron­­ à une dif­­ culté, quelle qu’en soit
tés
fi­­
la nature, quelle qu’en soit la rai­­ nous avons le choix : l’ignorer, se
son,
mor­­
fondre, se faire plaindre, souf­­ en silence, se mettre en colère
frir
contre soi ou autrui ou prendre de la hau­­
teur. Cha­­ de nous peut
cun
se trom­­ arrê­­ d’évoluer voire régres­­ et cha­­ de nous peut,
per,
ter
ser
cun
au même moment, se regar­­ comme un être unique et pré­­
der
cieux.
Prendre de la hau­­
teur c’est se regar­­ dans la dif­­ culté, se regar­
der
fi­­
­
der comme si nous étions une per­­
sonne étran­­
gère à nous-­ êmes
m
pour laquelle nous éprou­­
vions une grande bien­­
veillance. C’est ce
regard-­à qui nous per­­
l
met de faire la part des choses, d’évaluer les
émo­­
tions liées à la situa­­
tion, de retrou­­ notre humour, de pro­­ ter
ver
fi­­
de l’expérience acquise et de pour­­
suivre notre évo­­ tion.
lu­­

Gérer dura­­ ment sa car­­
ble­­
rière est une pré­­ cu­­ tion
oc­­ pa­­
constante que doit avoir le mana­­
ger. Pris par le quo­­ dien, il
ti­­
peut l’oublier. Deux façons d’y par­­ nir sont d’entretenir et
ve­­
déve­­ per son réseau et de prendre en compte dans
lop­­
sa réflexion l’ensemble des aspects de son exis­­
tence.

490
Biblio­­ phie
gra­­

Chapitre 1

Adam A., Aubert M., Coussement A., Meuleman F., Pay T.,
Écrire et manager sa communication web, Edipro-Éditions des
CCI de Wallonie.
Bouin X., Simon F.-X., Tous gestionnaires, Dunod, 2006.
Selmer C., Toute la fonction finances, Dunod, 2006.
Chapitre 2

Chan Kim W., Mauborgne R., Stratégie Océan Bleu, PearsonVillage Mondial, Réédition 2008.
Garette B., Durand R., Dussange P., Strategor, Dunod,
2009.
Kaplan R., Norton D., Le tableau de bord prospectif, Éditions
d’organisation, 2003.
Meunier A., PME : les stratégies de succès, Dunod, 2007.
Porter M., L’avantage concurrentiel, Dunod, Réédition, 2008.
Chapitre 3

Brault D., Sion M., Objectif cash, Dunod, 2008.
Kerebel P., Management des risques, Eyrolles, 2009.
Sion M., Gérer la trésorerie et la relation bancaire, Dunod, 2006.

491
Chapitre 4

Balantzian G., Tableaux de bord, Eyrolles, 2004.
Brookson S., Gérer un budget, Eyrolles, 2001.
Fernandez A., L’essentiel du tableau de bord, Eyrolles, 2008.
Selmer C., Concevoir le tableau de bord, Dunod, 2003.
Selmer C., Construire et défendre son budget, Dunod, 2009.
Chapitre 5

Gillet-Goinard F., Seno B., La boîte à outils du responsable
qualité, Dunod, 2009.
Chapitre 6

Reichheld F., L’effet loyauté  : réussir en fidélisant ses clients, ses
salariés, ses actionnaires, Dunod, 1996.
Chapitre 7

Benoit-Cervantés G., La boîte à outils de l’innovation, Dunod,
2008.
Debois F., Qui a tué l’innovation ? ARKOAD, 2009.
Chapitre 8

Cohen A., Soulier A., Manager par les compétences, Éditions
Liaisons, 2004.
Cohen A., Toute la fonction ressources humaines, Dunod, 2006.
Chapitre 9

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avec le Mind mapping, Dunod.
Duhaubout A., Muller J.-L., Testa J.-P., Managez votre temps
et vos priorités, ESF, 2010.

492
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Klein E., Le facteur temps ne sonne jamais deux fois, Nouvelle
bibliothèque scientifique, 2007.
Longin P., Apprivoisez le temps, Dunod, 2009.
Rouach D., La veille technologique et l’intelligence économique, Que
sais-je, PUF.
Chapitre 10

Benatar L., Harache C., Tout pour bien communiquer à l’oral,
Eyrolles, 2009.
Gerard P., Jezequel B., La boîte à outils du responsable
communication, Dunod, 2008.
Moine J.-F., Colombo J., Réussir vos interventions en public, ESF,
2000.
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Bouscasse N., Emptaz C. et al., Manager en périodes de crise,
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Deroulede B., Manager à distance en toute sérénité, ESF, 2009.
Diridollou B., Manager son équipe au quotidien, Éditions
d’organisation, 2001.
Esnault N., Carré O., Muller J.-L., Motiver aujourd’hui c’est
possible, ESF, 2003.
Chapitre 12

Catry C., Derouet G., Muller J.-L., De l’analyse transactionnelle
à l’action transactionnelle, ESF, 2007.
Cialdini R., Influence et manipulation, First, 2004.
Hall E.T., Hall F., Guide du comportement dans les affaires
internationales, Seuil, 1990.
Hofstede G., Vivre dans un monde multiculturel, Éditions
d’organisation, 1994.
Muller J.-L., Portanery E., Persuadez avec honnêteté, ESF, 2008.

493
Chapitre 13

Boltanski L., Thévenot L., De la justification, les économies de la
grandeur Gallimard, 1991.
Burke M., Styles de pouvoir, Dunod, 1991.
Crozier M., Friedberg E., L’acteur et le système, Seuil, 1981.
Mehrabian A., Silent messages. Implicit communication of emotions
and attitudes, Belmont, CA Wadsworth, 1981.
Mintzerg H., Voyage au centre des organisations, Éditions
d’organisation, 2006.
Muller J.-L., Trehorel Y., Manager un projet au quotidien,
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Chapitre 14

Apec, J’ai l’esprit réseau, Éditions d’organisation, 2003.
Barrais D., Marti M.-J., Management les guides  : Cultivez
efficacement vos réseaux – ESF – 2007.
Lémieux V., Les réseaux d’acteurs sociaux, PUF, 1999.
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relationnels, Dunod, 2004.
Mercklé P., La sociologie des réseaux sociaux, Repères, la
découverte, 2004.
Tournier F., Formaliser et piloter un réseau d’entreprise, Éditions
liaisons, 2005.

494
Index
A

D

ABC croisée 174
AICPA 85
analyse transactionnelle 416
animer une équipe 350
annualisation 260
Ansoff I. 62
approche Lean 115
audit interne 80
autocontrôle 149

délégation 364
DESC 465
développement des compétences
362
développement durable 156
diagramme de Gantt 405
diagramme de Kano 181
dimension interculturelle 432

B
bain 171
balanced scorecard 75
BBZ 128
BCG ; 56
budget 133

C
CAF 131
call to action 342
cartographie des risques 85
cash flow 31
Cinq S 294
conduite du changement 370
contrat 33
contrat à durée déterminée 251
contrat à durée indéterminée 248
contrôle interne 80
COSO 81
créativité 215
crédit manager 97
CRM 193

E
EARC 69
écrit 336
entretien d’évaluation 243
états du Moi 417

F
flux RSS 41
Free Cash flow 32

H
Herzberg F. 357

I
identité numérique 45
indicateurs de performance ; 136
indicateurs de pilotage. 137
innovation 206
instrumentalité 359

K
Karpman S. 468
Kotler P. 62
495
L

R

loi de Pareto 174
loi LME 99

recrutement 234
réseaux sociaux 45
risk management 81
risque de défaillance 96
risque d’impayé, 97
risques 77
risques industriels 106
ROI 130
roue de Deming 153

M
McKinsey. 56
modulation 260
motiver 356

N
Netvibes 41
niveau d’expectation 358

O
objectifs 239
Océan bleu 62

P
PDCA 153
période d’essai 249
PEST 53
PMI 394
Porter M. 53
positions de vie 380
prise de parole 322
processus d’innovation 209
pyramide de Maslow 356

Q
QQOQCCP 154
qualité 144

S
Sarbanes Oxley Act 81
SMART 243
stratégie 50

T
tableau de bord 141
théories des attentes 358
TIC 285
TIR 131
trac 322
travail collaboratif 44
triangle 468

V
valence 359
VAN 131

W
Web 2.0 41

Toute la fonction management

  • 1.
    Toutel afonction Management Coordonné par • Bruno Bachy •  Christine Harache
  • 2.
    L’association Planète Urgencea pour objectif de favoriser les initiatives des citoyens du Sud, de leur transmettre des savoir-faire, et non de se substituer à eux (http://www.planete-urgence.org/nous/planete-urgence.php). Le groupe Cegos, depuis décembre 2002, soutient les projets de ses salariés qui souhaitent participer à une mission humanitaire, en partenariat avec l’Association. © Dunod, Paris, 2010 ISBN 978-2-10-055674-8
  • 3.
    Le Groupe Cegos,créé en 1926, figure parmi les leaders mondiaux de la formation professionnelle. L’expertise de ses consultants recouvre tous les domaines du management et du développement des compétences : ressources humaines, management et leadership, performance et organisation, efficacité individuelle et collective, marketing et commercial, management de projet, déploiement de grands dispositifs de formation en France et à l’international. Cegos emploie 1 200 collaborateurs et opère dans 30 pays à travers le monde. Site : www.cegos.com
  • 5.
    Liste des contributeurs GéraldineBenoit-Cervantès Ingé­­ nieur UTC, mana­­ des for­­ tions Cegos Mana­­ ment de l’in­ ger ma­­ ge­­ novation, elle est aussi direc­­ trice du pro­­ gramme du mastère spé­­ lisé en cia­­ mana­­ ment tech­­ lo­­ ge­­ no­­ gique et inno­­ tion en par­­ na­­ avec Grenoble va­­ te­­ riat École de mana­­ ment. ge­­ L aurence Chabry Mana­­ des for­­ tions Cegos Mana­­ ment commer­­ et rela­­ client, ger ma­­ ge­­ cial tion elle est cer­­ fiée Pra­­ cien PNL, Beyond Conflict©, Élé­­ ti­­ ti­­ ment Humain©, Mediat Coaching. Daniel Charoupis Ingé­­ nieur Arts et Métiers, il est direc­­ teur adjoint de la For­­ tion interma­­ e ­ ntreprises chez Cegos. A n­ ette Chazoule-Sou­­ n lier Mana­­ des for­­ tions Cegos Effi­­ cité pro­­ sion­­ ger ma­­ ca­­ fes­­ nelle et parcours professionnels. Chez Cegos, elle a été responsable de l’offre Formation de formateurs et management de la formation, puis DRH. Gilda Derouet Psy­­ logue, psy­­ thé­­ peute, consul­­ cho­­ cho­­ ra­­ tante senior en déve­­ pe­­ lop­­ ment per­­ nel, elle est à l’origine de la créa­­ son­­ tion de l’Institut d’expression, de réflexion et d’évolution. Christine Emptaz-Deluchey Consul­­ tante senior en res­­ sources humaines et orga­­ sa­­ ni­­ tion, elle inter­ ­ vient au tra­­ d’audits, de for­­ tions, coachings et conseil, en stra­­ gie, vers ma­­ té­­ mana­­ ment, pilo­­ ge­­ tage du chan­­ ment et effi­­ cité per­­ nelle. ge­­ ca­­ son­­ 5
  • 6.
    Monique Fau­­ connier Ancienne DRH,elle est aujourd’hui consul­­ tante sénior en res­­ sources humaines et droit du tra­­ vail. Philippe Gérard Mana­­ des for­­ tions Cegos Commu­­ ca­­ ger ma­­ ni­­ tion on-­ine et commu­­ ca­ l ni­­ ­ tion gra­­ phique, il est aussi jour­­ liste et res­­ sable de commu­­ ca­­ na­­ pon­­ ni­­ tion. Flo­­ rence Gillet-Goinard Mana­­ des for­­ tions Cegos Qualité-­ anté-sécurité-environ­ ement et ger ma­­ s n déve­­ pe­­ lop­­ ment durable, elle conseille des entre­­ prises dans leur démarche qua­­ et/ou QSE. Elle co-­ irige le mastère spé­­ lisé executive QSE-­ D lité d cia­­ D en col­­ bo­­ tion avec l’École natio­­ la­­ ra­­ nale des Mines de Paris. Jean-­ rançois Goxe F Mana­­ des for­­ tions Cegos Commerce inter­­ tional, il a été direc­­ ger ma­­ na­­ teur d’entreprises en France comme à l’international. Valérie Jaunasse Mana­­ des for­­ tions Cegos Paie, droit et rela­­ ger ma­­ tions sociales, elle a tra­ ­ vaillé en RH pen­­ dant plus de dix ans dans des sec­­ teurs variés. Jean Liguori Res­­ sable logis­­ pon­­ tique des For­­ tions inter-­ ntreprises Cegos, ingé­ ieur ma­­ e n du Conser­­ toire natio­­ des arts et métiers, il a été direc­­ va­­ nal teur d’une société de capi­­ li­­ tion et valo­­ sa­­ ta­­ sa­­ ri­­ tion des savoir-­ aire indus­­ f triels. Jérôme M aes Ingé­­ nieur agro­­ nome et cer­­ fié en mana­­ ment de pro­­ PMI, il est ti­­ ge­­ jet mana­­ des for­­ tions Cegos Mana­­ ment de pro­­ ger ma­­ ge­­ jets. Il dirige aussi le pro­­ gramme du mastère spé­­ lisé en mana­­ ment et direc­­ cia­­ ge­­ tion de pro­­ jets en par­­ na­­ avec l’école cen­­ te­­ riat trale Paris. L aurent M aimi Ancien for­­ teur au CNAM, il est aujourd’hui mana­­ des offres de ma­­ ger for­­ tion Méthodes, pro­­ tion, main­­ nance, ser­­ ma­­ duc­­ te­­ vices géné­­ raux et fonc­­ tion immo­­ lière Cegos. Il accom­­ bi­­ pagne aussi les entre­­ prises dans l’optimisation de leur sys­­ tème de pro­­ tion. duc­­ Philippe M arsal Ingé­­ nieur ECAM de Lyon, il est mana­­ ger des for­­ tions Cegos ma­­ Approvisionnements-logistique-­ ransports-supply chain. Il a exercé des t 6
  • 7.
    postes de mana­­et de direc­­ ger tion pen­­ dant plus de trente ans notam­­ ment dans l’industrie auto­­ bile. mo­­ Philippe Petit Ingé­­ nieur Arts et Métiers, il est mana­­ des for­­ tions Cegos Achats et ger ma­­ co­ irige le pro­­ d gramme du mastère spé­­ lisé Executive management de la cia­­ fonction achats à Grenoble École de mana­­ ment. ge­­ Benoit Pommeret Ingé­­ nieur en génie ato­­ mique, il est mana­­ des for­­ tions Cegos Orga­ ger ma­­ ­ ni­­ tion, conseil, audit, sys­­ sa­­ tèmes d’information, ser­­ vices publics et accom­ ­ pa­­ ment du chan­­ ment. gne­­ ge­­ Jean-­M arie Pruvost Consul­­ tant senior dans les domaines de la finance d’entreprise, il a plus de trente-cinq ans d’expérience dans les mar­­ chés finan­­ ciers et de capi­­ taux, notam­­ ment en tant que direc­­ teur finan­­ d’entreprise. cier Caroline Selmer Mana­­ des for­­ tions Cegos en Contrôle de ges­­ ger ma­­ tion et confé­­ cière ren­­ en écoles de commerce, elle a exercé des res­­ sa­­ li­­ de direc­­ pon­­ bi­­ tés teur du contrôle de ges­­ tion dans des entre­­ prises indus­­ trielles et commer­­ ciales. Michel Sion Mana­­ des for­­ tions Cegos Finance-­ résorerie, droit des affaires et ger ma­­ t risque client, il a exercé des res­­ sa­­ li­­ en contrôle de ges­­ pon­­ bi­­ tés tion, credit mana­­ ment, ges­­ ge­­ tion de tré­­ re­­ et reporting. so­­ rie Hélène Tellitocci Mana­­ des for­­ tions Cegos Bureau­­ ger ma­­ tique et micro-­nformatique, elle a i été res­­ sable micro-­nformatique dans un grand groupe. pon­­ i Sabrina Zorzetto Spé­­ liste des rela­­ cia­­ tions humaines, for­­ mée à l’école de Palo Alto, Sabrina Zorzetto a pen­­ dant plus de vingt ans ans, conseillé des clients en accom­ ­ pa­­ ment au chan­­ ment, dans les sec­­ gne­­ ge­­ teurs public et privé au Canada comme en France. 7
  • 9.
    Pré­­ face Les ouvrages surle mana­­ ment sont légion. Si j’ai accepté avec un ge­­ plai­­ tout par­­ cu­­ de pré­­ cer celui-­ i, c’est parce qu’il revêt, sir ti­­ lier fa­­ c je pense, trois carac­­ ris­­ té­­ tiques qui en font l’originalité et la valeur ajou­­ tée. Sa pre­­ mière carac­­ ris­­ té­­ tique, c’est qu’il s’agit d’un ouvrage col­ ­ lec­­ pas moins de vingt-­ uatre auteurs ont par­­ tif : q tagé et confronté leurs points de vue, leurs convic­­ tions, leurs expé­­ riences – toutes dif­­ rentes – du monde de l’entreprise… avec tou­­ fois pour point fé­­ te­­ commun ce que j’oserai appe­­ « la culture Cegos ». ler Cette « culture Cegos » porte en elle la deuxième carac­­ ris­­ té­­ tique de l’ouvrage : une approche très opé­­ tion­­ ra­­ nelle, des­­ née à aider cha­ ti­­ ­ cun dans l’exercice quo­­ dien de son métier. Une approche sérieuse ti­­ mais pas aca­­ mique, car sans cesse enri­­ dé­­ chie par l’observation et l’écoute de ce que vivent réel­­ ment nos clients et de ce qu’ils par­ le­­ ­ tagent avec nous. Une approche visant à mettre à la por­­ de tous tée les mana­­ gers, quels que soient leur posi­­ tion ou leur pou­­ voir dans l’organisation, les évo­­ tions que nous obser­­ lu­­ vons dans les entre­­ prises aujourd’hui et les clés pour s’y adap­­ Une approche, enfin, gui­­ ter. dée par l’ouverture… Cette ouver­­ ture nous mène à la troi­­ sième carac­­ ris­­ té­­ tique de l’ouvrage, peut-­ tre la plus ori­­ nale : les 24 auteurs de ce livre ont ê gi­­ des pro­­ et des par­­ fils cours pro­­ sion­­ extrê­­ ment dif­­ rents. Et fes­­ nels me­­ fé­­ si cha­­ cun d’eux porte un regard bien par­­ cu­­ sur l’exercice du ti­­ lier mana­­ ment, c’est parce que cha­­ ge­­ cun d’eux fonde ses convic­­ tions sur son exper­­ tise, certes, mais sur­­ tout sur son expé­­ rience du ter­­ rain. C’est d’ailleurs pro­­ ble­­ ba­­ ment ce qui leur a per­­ de s’accorder sur mis l’observation sui­­ vante : le mana­­ « tech­­ cien pur » dans sa tour ger ni­­ d’ivoire a vécu… place aux compé­­ tences trans­ erses ! v 9
  • 10.
    Je vous pro­­ posedonc de décou­­ vrir, aux côtés des 24 auteurs de cet ouvrage, les compé­­ tences qui font la dif­­ rence et de mieux fé­­ comprendre ce qui per­­ met aujourd’hui de mana­­ avec plai­­ et ger sir agi­­ lité. Jacques Coquerel Pré­­ sident du Groupe Cegos 10
  • 11.
    Table des matières Listedes contributeurs 5 Pré­­ face 9 Intro­­ tion duc­­ 15 Partie 1 Savoirs Chapitre 1 Connaître son envi­­ ne­­ ron­­ ment 17 CC L’environnement éco­­ mique de l’entreprise no­­ ra­­ ciers CC Les impé­­ tifs finan­­ 23 dique CC L’environnement juri­­ 33 no­­ gique de proxi­­ mité du mana­­ ger CC L’environnement tech­­ lo­­ Chapitre 2 18 39 Contri­­ buer à la stra­­ gie de l’entreprise té­­ 49 CC Les fon­­ men­­ da­­ taux de la stra­­ gie té­­ 50 nos­­ té­­ CC Le diag­­ tic stra­­ gique 51 té­­ CC Le choix de la stra­­ gie 62 ment de la stra­­ gie té­­ CC Le déploie­­ 70 11
  • 12.
    Chapitre 3 Appré­­ hen­­ der lapro­­ ma­­ blé­­ tique de la ges­­ tion des risques 77 CC La pro­­ ma­­ blé­­ tique de la ges­­ des risques tion 78 to­­ phie des risques CC La car­­ gra­­ 85 ni­­ po­­ tif tion CC La défi­­ tion et la mise en place du dis­­ si­­ de ges­­ des risques 89 ciers CC Les risques finan­­ triels et envi­­ ne­­ taux ron­­ men­­ CC Les risques indus­­ 94 106 Partie 2 Savoir-faire Chapitre 4 119 CC Du bud­­ de l’entreprise à celui de son acti­­ get vité 120 vi­­ nel li­­ tion CC Du pré­­ sion­­ au suivi de la réa­­ sa­­ Chapitre 5 Pilo­­ la per­­ mance et l’activité ter for­­ 133 Aug­­ men­­ le niveau de per­­ mance durable ter for­­ de l’entreprise 143 CC Garan­­ la qua­­ des pres­­ tions réa­­ sées tir lité ta­­ li­­ buer au déve­­ pe­­ lop­­ ment durable CC Contri­­ 155 pec­­ CC Res­­ ter l’éthique dans les affaires Chapitre 6 144 165 Fidéliser le client 169 CC Les enjeux éco­­ miques de la satis­­ no­­ faction des clients 171 tions d’une rela­­ client durable tion CC Les condi­­ 180 ports de la rela­­ client tion CC Les sup­­ 187 faction client : un défi col­­ tif lec­­ CC La satis­­ 191 teur faction des clients CC Le fac­­ humain dans la satis­­ 198 12
  • 13.
    Chapitre 7 Inno­­ etcapi­­ li­­ ver ta­­ ser les pra­­ tiques 205 CC Savoir inno­­ ver ci­­ ti­­ CC Sus­­ ter la créa­­ vité de son équipe 215 ger sance CC Mana­­ la connais­­ Chapitre 8 206 223 Le rôle RH du mana­­ ment ge­­ 233 CC Recru­­ ter tifs té­­ CC Fixer des objec­­ en phase avec la stra­­ gie 239 luer for­­ la­­ ra­­ CC Éva­­ la per­­ mance des col­­ bo­­ teurs 243 ger diques CC Mana­­ dans le respect des règles juri­­ Chapitre 9 234 247 Déve­­ per son effi­­ cité per­­ nelle lop­­ ca­­ son­­ 269 CC Gérer le temps et les prio­­ tés ri­­ 270 CC Gagner du temps et s’organiser avec les TIC 285 CC Gagner du temps et s’organiser avec les 5 S 293 CC Gérer l’information 302 ter CC Savoir résis­­ au stress 308 Chapitre 10 Réus­­ sa commu­­ ca­­ sir ni­­ tion orale et écrite 321 CC Prendre la parole en public 322 ni­­ ca­­ ment à l’écrit CC Commu­­ quer effi­­ ce­­ 336 Partie 3 Savoir-être Chapitre 11 Ani­­ mer, moti­­ et déve­­ per les compé­­ ver lop­­ tences de ses col­­ bo­­ teurs la­­ ra­­ 349 CC Ani­­ une équipe mer 350 ver CC Moti­­ une équipe 356 13
  • 14.
    CC Déve­­ perles compé­­ lop­­ tences des col­­ bo­­ teurs la­­ ra­­ 362 guer ou l’art de res­­ sa­­ li­­ pon­­ bi­­ ser CC Délé­­ 364 pa­­ ge­­ CC Accom­­ gner le chan­­ ment 370 Chapitre 12 Tra­­ vailler en mode trans­­ sal ver­­ 375 CC L’enjeu de la transversalité pour le mana­­ ger 376 lop­­ tions de coopé­­ tion ra­­ CC Déve­­ per des rela­­ 380 la­­ rer jet CC Col­­ bo­­ en mode pro­­ 393 Chapitre 13 Opti­­ ser son effi­­ cité rela­­ mi­­ ca­­ tion­­ nelle 415 CC Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité ca­­ 416 sion CC Prendre en compte la dimen­­ inter­ ultu­­ c relle 432 ner cier, sua­­ CC Entraî­­ l’adhésion : négo­­ per­­ der, influ­­ cer en­­ 442 CC Gérer les conflits 458 Chapitre 14 Gérer sa car­­ rière dans la durée 471 CC Construire son réseau rela­­ nel tion­­ 472 ver libre entre vie pro­­ sion­­ fes­­ nelle CC Trou­­ un équi­­ et vie pri­­ vée 479 tifs CC Se fixer des objec­­ en accord avec ses valeurs pro­­ fondes 486 Biblio­­ phie gra­­ 491 Index 495 14
  • 15.
    Intro­­ tion duc­­ Définir lemanagement n’est pas chose aisée. La plupart des auteurs en ont donné leur définition. Le mot « management » est aujourd’hui très usité et associé à de nombreuses disciplines. On manage ainsi la qualité, les projets, les hommes,… Naguère orienté sur la gestion des ressources et les techniques d’organisation, le management a évolué vers l’art de diriger les hommes afin qu’ils donnent le meilleur d’eux-mêmes. Un certain nombre de caractéristiques permettent d’identifier une posture de manager : ✓✓ la responsabilité et le pilotage d’une activité ou d’un service pour atteindre les résultats attendus ; ✓✓ un degré d’autonomie ; ✓✓ un pouvoir de décision. Pour beaucoup de managers, les compétences techniques sont le socle de la fonction. Elles sont indispensables, mais elles ne sont pas suffisantes. En effet, les principales missions dévolues au manager ne s’appuient pas sur son expertise technique. On attend notamment de lui qu’il soit en capacité de : ✓✓ déployer la stratégie de l’entreprise ; ✓✓ fixer les objectifs et organiser le service ; ✓✓ gérer et motiver l’équipe ; ✓✓ gérer un budget et faire un reporting au niveau supérieur ; ✓✓ avoir des relations avec les clients internes ou externes à l’entreprise ; ✓✓ négocier avec ses interlocuteurs ; ✓✓ assurer la qualité de son activité ; ✓✓ garantir le développement, la pérennité et l’amélioration continue de son activité. 15
  • 16.
    Dans cet ouvrage,nous avons souhaité présenter ce corpus de compétences transverses et communes à tous les managers quels que soient leur métier et celui de leur entreprise. La première partie, consacrée aux savoirs, repositionne l’entreprise dans son environnement et explicite ses choix stratégiques. Le manager se doit d’appréhender ses notions pour jouer efficacement son rôle de pédagogie et d’entraînement vis-à-vis des équipes. La deuxième partie est consacrée aux savoir-faire principaux du poste. Elle porte sur le pilotage de l’activité, la qualité, le développement durable, la satisfaction client, l’innovation et l’efficacité personnelle. La troisième partie est orientée sur la dimension savoir-être. Elle porte principalement sur le management, la relation et la coopération. Elle se conclut par une réflexion sur la gestion de sa carrière et sur l’équilibre entre vie privée et professionnelle. 16
  • 17.
    Savoirs Chapitre 1 Les ques­­ tionsaux­­ quelles répond ce cha­­ pitre no­­ cier ◆◆ Quel est l’impact de l’environnement éco­­ mique et finan­­ sur l’entreprise ? nir prise finan­­ re­­ ciè­­ ment per­­ mante ? for­­ ◆◆ Comment défi­­ une entre­­ Savoir-faire Connaître son envi­­ ne­­ ron­­ ment ◆◆ Quels sont les prin­­ cipes juri­­ diques à connaître ? ◆◆ Comment l’environnement tech­­ lo­­ no­­ gique impacte le mana­­ ger 17 Savoir-être au quo­­ dien ? ti­­
  • 18.
    1 • Connaître sonenvi­­ ne­­ ron­­ ment L’environnement éco­­ mique de l’entreprise no­­ Les impé­­ tifs finan­­ ra­­ ciers L’environnement juri­­ dique L’environnement tech­­ lo­­ no­­ gique Une bonne connais­­ sance de son envi­­ ne­­ ron­­ ment éco­­ mique, no­­ juri­­ dique, tech­­ lo­­ no­­ gique et finan­­ per­­ à l’entreprise d’anticiper. cier met Loin de subir cet envi­­ ne­­ ron­­ ment, elle doit au contraire s’appuyer sur les évo­­ tions pré­­ sibles pour bâtir son ave­­ et satis­­ lu­­ vi­­ nir faire ses clients, ses sala­­ et ses action­­ riés naires. CC L’environnement éco­­ mique no­­ de l’entreprise Le rôle des Banques cen­­ trales PRINCIPES CLÉS Les Banques cen­­ trales sont char­­ gées de défi­­ la poli­­ nir tique moné­­ taire de leur • La poli­­ tique éco­­ mique no­­ zone d’intervention et de prendre les repose sur deux leviers : la poli­ ­ tique moné­­ taire menée par la déci­­ sions néces­­ saires à sa mise en œuvre. Banque cen­­ trale et la poli­­ tique À ce titre elles doivent assu­­ et rer bud­­ taire conduite par l’État. gé­­ main­­ nir la valeur de la mon­­ te­­ naie et • Les entre­­ prises ne peuvent plus donc la sta­­ lité des prix et le pou­­ bi­­ voir s’affranchir du contexte de mar­ ­ d’achat. Dans la plu­­ part des pays, le ché mon­­ dial. prin­­ pal objec­­ est de main­­ nir une ci­­ tif te­­ • Les mar­­ chés finan­­ ciers infla­­ tion faible (entre 1  et  2  %). Mais impactent direc­­ ment la ren­­ ­ te­­ ta­ cer­­ taines Banques cen­­ trales comme bi­­ des entre­­ lité prises. la FED (Federal Re­ erve) aux USA s s’attachent aussi à pro­­ mou­­ un mini­ voir ­ mum de crois­­ sance de l’économie. Au niveau euro­­ péen pour les pays de la Zone euro, la poli­­ tique moné­­ taire est menée par la Banque cen­­ trale euro­­ péenne qui est indé­­ dante des États. pen­­ Les prin­­ paux ins­­ ments de la poli­­ ci­­ tru­­ tique moné­­ taire des Banques cen­­ trales sont : ✓✓ le pilo­­ tage des taux direc­­ teurs et les mon­­ tants prê­­ aux tés banques ; ✓✓ la conduite de la poli­­ tique de change. 18
  • 19.
    Le taux dechange d’une mon­­ naie est déter­­ miné par la loi de l’offre et de la demande. Son niveau est influ­­ encé par les soldes des balances commer­­ ciales et des paie­­ ments qui déter­­ minent le niveau des réserves en devises accu­­ lées par les Banques cen­­ mu­­ trales. Les Banques cen­­ trales dis­­ posent par ailleurs de deux leviers d’intervention pour influ­­ cer le taux de change de sa devise : en­­ ✓✓ Le niveau de ses taux d’intérêts qui rend la devise plus ou moins attrac­­ pour les inves­­ seurs inter­­ tionaux. Elle agit par ses taux tive tis­­ na­­ direc­­ teurs qui déter­­ minent ensuite ceux du mar­­ moné­­ ché taire. ✓✓ Ses inter­­ tions directes sur le mar­­ des changes. Elle va ainsi ven­­ ché ache­­ ou vendre des devises en fonc­­ de sa volonté d’influencer ter tion le taux de change de sa devise par rap­­ port à une autre devise. 19 Savoir-faire La conduite de la poli­­ tique de change Savoir-être Le pilo­­ des taux direc­­ tage teurs est le prin­­ pal moyen pour une Banque ci­­ cen­­ trale d’agir sur l’économie. Lorsque le taux d’intérêt baisse, les agents éco­­ miques empruntent davan­­ no­­ tage pour ache­­ ce qui pro­ ter, ­ voque une hausse de la demande et donc une ten­­ dance à la hausse des prix. Le méca­­ nisme est inverse lorsque le taux d’intérêt monte. La Banque cen­­ trale uti­­ trois taux direc­­ lise teurs dif­­ rents : fé­­ ✓✓ Le taux des opé­­ tions prin­­ pales de re­ nan­­ ment. Par des opé­ ra­­ ci­­ fi ce­­ ­ ra­­ tions de prêt aux banques, la Banque cen­­ trale injecte des liqui­ ­ di­­ sur le mar­­ inter-­ ancaire. Elle déter­­ tés ché b mine ainsi la quan­­ tité de mon­­ naie prê­­ et le taux auquel les banques se re­ nancent. tée fi ✓✓ Le taux de prêt mar­­ nal. Le besoin de liqui­­ gi­­ dité des banques peut aug­­ ter bru­­ le­­ men­­ ta­­ ment. Elles ont la pos­­ bi­­ d’emprunter si­­ lité auprès de la Banque cen­­ trale lorsqu’elles n’ont pas trouvé les liqui­­ tés entre elles. di­­ ✓✓ Le taux de dépôt, c’est le taux de rémunération des dépôts des banques auprès de la BCE. Les banques doivent consti­­ tuer des réserves auprès de la Banque cen­­ trale. Cette der­­ nière les rému­ ­ nère à un taux qu’elle déter­­ mine. Les taux direc­­ teurs de la BCE déter­­ minent le niveau des taux d’intérêts sur le mar­­ moné­­ ché taire et donc les condi­­ tions aux­­ quelles les entre­­ prises se financent. Savoirs Les taux direc­­ teurs de la Banque cen­­ trale euro­­ péenne (BCE)
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    1 • Connaître sonenvi­­ ne­­ ron­­ ment L’environnement éco­­ mique de l’entreprise no­­ Les impé­­ tifs finan­­ ra­­ ciers L’environnement juri­­ dique L’environnement tech­­ lo­­ no­­ gique Le rôle des États La poli­­ tique bud­­ taire déter­­ gé­­ mine les pré­­ ve­­ lè­­ ments obli­­ toires et ga­­ leur affec­­ tion. Depuis la créa­­ ta­­ tion de la mon­­ naie unique, seule la poli­­ tique bud­­ taire est du res­­ des États. Dans la Zone euro, la gé­­ sort poli­­ tique moné­­ taire est désor­­ mais conduite par la BCE. La poli­­ tique bud­­ taire des États a une inci­­ gé­­ dence immé­­ diate sur la crois­­ sance du PIB. En effet, on peut frac­­ ner le cal­­ du PIB tion­­ cul d’une éco­­ mie en sui­­ no­­ vant les compo­­ santes de la demande : PIB = Consom­­ tion des ménages et admi­­ tra­­ ma­­ nis­­ tions + Inves­­ se­­ tis­­ ments des entre­­ prises et admi­­ tra­­ nis­­ tions + Échanges exté­­ rieurs (expor­­ tions – impor­­ tions) ta­­ ta­­ Cha­­ cune de ces compo­­ santes apporte sa contri­­ tion à la crois­ bu­­ ­ sance du PIB. Les États jouent un rôle signi­­ ca­­ dans la conduite de la crois­ fi­­ tif ­ sance éco­­ mique en par­­ cu­­ par leur impact sur la demande. no­­ ti­­ lier Ils agissent sur la demande direc­­ ment par l’investissement et la te­­ dépense publique. Les poli­­ tiques fis­­ cales et sociales influ­­ encent éga­ ­ le­­ ment la demande pri­­ vée. Les États inter­­ viennent mas­­ ve­­ si­­ ment par la dépense publique pour sou­­ nir l’économie lorsque la demande des ménages et te­­ l’investissement des entre­­ prises font défaut. C’est la situa­­ tion que nous avons ren­­ contrée à la suite de la crise finan­­ cière de 2008, où les États, pour faire face à un effon­­ ment de la demande pri­­ dre­­ vée ont mas­­ ve­­ si­­ ment par la dépense publique sou­­ tenu l’activité des entre­ ­ prises. La poli­­ tique bud­­ taire demeure du res­­ de chaque État. Néan­ gé­­ sort ­ moins la coor­­ na­­ di­­ tion des poli­­ tiques bud­­ taires, dans des éco­­ ­ gé­­ no­ mies de plus en plus inter­­ pen­­ dé­­ dantes, s’avère davan­­ tage néces­­ saire. La crise finan­­ cière de 2008 et les dif­­ rents plans de relance ont fé­­ mis en évi­­ dence la néces­­ d’une coor­­ na­­ sité di­­ tion plus déve­­ pée des lop­­ poli­­ tiques bud­­ taires tant au niveau euro­­ gé­­ péen qu’international. 20
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    La mon­­ li­­tion des échanges dia­­ sa­­ Dans les groupes inter­­ tionaux ayant des usines dans de nom­­ na­­ breux pays, la pro­­ tion n’est plus exclu­­ ve­­ duc­­ si­­ ment réa­­ sée dans le pays où li­­ les pro­­ duits sont ven­­ dus. En effet, la par­­ du commerce inter­­ ­ tie na­ tional qui se déve­­ loppe le plus est celle des échanges entre filiales d’un même groupe. Une spé­­ li­­ tion des uni­­ de pro­­ tion conduit à fabri­­ cia­­ sa­­ tés duc­­ quer les compo­­ sants dans plu­­ sieurs pays en fonc­­ tion soit des coûts de pro­­ tion, soit de la dis­­ ni­­ lité des pro­­ duc­­ po­­ bi­­ duits de base, soit de l’implantation des clients. Ainsi de nom­­ breux sous-­ raitants sont t ame­­ à rap­­ cher leurs uni­­ de pro­­ tion des usines de leurs nés pro­­ tés duc­­ prin­­ paux clients. ci­­ Les délocalisations ont pour effet de concen­­ la pro­­ tion trer duc­­ dans les pays à bas coûts. Les pays déve­­ pés ne conservent de plus lop­­ en plus sou­­ vent que la recherche et le déve­­ pe­­ lop­­ ment, le mar­­ ting ke­­ et la dis­­ bu­­ tri­­ tion. L’ouver­­ ture des mar­­ chés Savoir-faire L’inter­­ tiona­­ sation de la pro­­ na­­ li­­ duc­­ tion Savoirs La mon­­ li­­ tion des échanges se tra­­ dia­­ sa­­ duit par deux effets majeurs : ✓✓ l’internationalisation de la pro­­ tion ; duc­­ ✓✓ l’ouverture des mar­­ chés. 21 Savoir-être La sup­­ sion des fron­­ pres­­ tières et des droits de douane, le déve­­ pe­ lop­­ ­ ment des accords commer­­ ciaux de grande ampleur et les règles de la concur­­ rence amènent les entre­­ prises d’un pays à être en concur­­ rence directe avec les entre­­ prises du monde entier. Le déve­­ pe­­ lop­­ ment du e-­ ommerce, à la por­­ des entre­­ c tée prises de toutes tailles, met le client (indi­­ vidu ou entre­­ prise) à une por­­ de tée clic d’une entre­­ prise très éloi­­ gnée phy­­ que­­ si­­ ment. Il n’a jamais été aussi facile de tou­­ cher une très grande quan­­ de clients. tité
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    1 • Connaître sonenvi­­ ne­­ ron­­ ment L’environnement éco­­ mique de l’entreprise no­­ Les impé­­ tifs finan­­ ra­­ ciers L’environnement juri­­ dique L’environnement tech­­ lo­­ no­­ gique La financiarisation de l’économie Le bas­­ le­­ cu­­ ment vers un modèle anglo-­ axon s Depuis le début des années 1980 s’est engagé un pro­­ sus de déré­ ces­­ ­ gle­­ ta­­ men­­ tion pro­­ sif des mar­­ gres­­ chés finan­­ ciers. En France, les réformes les plus impor­­ tantes se situent en 1984-1985 où les auto­­ ­ ri­ tés sim­­ fient l’accès au mar­­ obli­­ taire et per­­ pli­­ ché ga­­ mettent l’émission de papier commer­­ cial. La France lance éga­­ ment à cette époque le le­­ pre­­ mier mar­­ à terme d’Europe conti­­ tale (le MATIF). Ces ché nen­­ muta­­ tions nous amènent à bas­­ ler pro­­ si­­ ment vers un modèle cu­­ gres­­ ve­­ de capi­­ lisme de type anglo-­ axon. ta­­ s Ce modèle se carac­­ rise par un recours mas­­ aux mar­­ té­­ sif chés finan­­ ciers et par la déten­­ tion du capi­­ des entre­­ tal prises par les inves­ ­ tis­­ seurs ins­­ tution­­ qui assurent la ges­­ ti­­ nels tion de l’épargne (SICAV, compa­­ gnies d’assurance, etc.). Cette évo­­ tion a des impli­­ tions directes dans la conduite des lu­­ ca­­ entre­­ prises. En effet, la puis­­ sance de la finance contem­­ raine pro­ po­­ ­ vient du fait que les inves­­ seurs, tout en demeu­­ tis­­ rant mino­­ taires, ri­­ ont imposé un mode de gou­­ nance des entre­­ ver­­ prises. La gou­­ ­ ver­ nance contraint à présent le mana­­ à agir au pro­­ de l’actionnaire. ger fit Concrè­­ ment cela s’effectue par les contacts directs entre les ges­ te­­ ­ tion­­ naires de fonds, les ana­­ lystes finan­­ ciers, les agences de nota­­ tion et la direc­­ tion de l’entreprise. Ces dif­­ rents acteurs pèsent sur la fé­­ stra­­ gie et la ges­­ té­­ tion des entre­­ prises. La financiarisation agit éga­­ ment au plus pro­­ le­­ fond de l’entreprise, par exemple le temps n’est plus la seule unité de mesure du tra­­ et vail de sa valo­­ sa­­ ri­­ tion. La rému­­ ra­­ né­­ tion du sala­­ tend à être davan­­ rié tage dépen­­ dante des per­­ mances finan­­ for­­ cières de l’entreprise et de son cours de bourse (sto­­ options). cks 22
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    CC Les impé­­ra­­tifsfinan­­ciers Les exi­­ gences des appor­­ teurs de capi­­ taux PRINCIPES CLÉS Prê­­ teurs et action­­ naires sont les deux appor­­ teurs de capi­­ taux d’une entre­­ prise. Ils par­­ tagent donc un inté­­ commun rêt pour l’entreprise qu’ils financent, mais cha­­ avec une exi­­ cun gence propre direc­ ­ te­­ ment liée à la nature de son inves­­ se­ tis­­ ­ ment et à sa prise de risque. • Pour atti­­ les capi­­ rer taux, l’entreprise doit s’afficher comme sol­­ vable et ren­­ table. Savoir-faire L’expansion des mar­­ chés finan­­ ciers et des fonds de pen­­ sion ou de pla­­ ment ont amené les inves­­ seurs finan­­ ce­­ tis­­ ciers à inves­­ leurs capi­ tir ­ taux dans des entre­­ prises étran­­ gères. Le déve­­ pe­­ lop­­ ment du private equity et des opé­­ tions de LBO ra­­ (Leverage Buy Out) ont conduit de nom­­ breuses socié­­ à avoir pour tés action­­ naires majo­­ taires des inves­­ seurs finan­­ ri­­ tis­­ ciers inter­­ tionaux. na­­ Ceux-­ i sont beau­­ c coup plus exi­­ geants sur la ren­­ bi­­ éco­­ mique ta­­ lité no­­ et sur le retour sur les capi­­ taux qu’ils ont inves­­ Ils portent une tis. atten­­ tion par­­ cu­­ ti­­ lière au ROE (Return On Equity : retour sur les capi­­ taux propres) et aux divi­­ dendes ver­­ sés. Béné­­ fices après impôts ROE =  Capi­­ taux propres Le niveau attendu de ce retour étant appré­­ au niveau mon­­ cié dial, il met les entre­­ prises en compé­­ tition à ce niveau. Cela conduit les diri­­ geants à cher­­ cher à obte­­ des résul­­ à court terme plus éle­ nir tats ­ vés, au détriment par­­ d’investissements à plus long terme. fois Savoirs Ouver­­ ture du capi­­ des entre­­ tal prises aux capi­­ taux étran­­ gers • Solvabilité et rentabilité ne se décrètent pas, mais résultent de l’action quo­­ dienne de ti­­ l’ensemble des acteurs de l’entreprise. Pour le prê­­ teur, la pré­­ cu­­ tion est d’estimer si l’entreprise sera oc­­ pa­­ en mesure de faire face à ses enga­­ ments finan­­ ge­­ ciers à court et long terme. Il doit pré­­ sé­­ ci­­ ment éva­­ le risque qu’il encourt pour luer déter­­ ner la rému­­ ra­­ mi­­ né­­ tion qu’il attend. En consé­­ quence, le coût 23 Savoir-être Exi­­ gence de sol­­ bi­­ va­­ lité
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    1 • Connaître sonenvi­­ ne­­ ron­­ ment L’environnement éco­­ mique de l’entreprise no­­ Les impé­­ tifs finan­­ ra­­ ciers L’environnement juri­­ dique L’environnement tech­­ lo­­ no­­ gique du finan­­ ment pour l’entreprise sera donc très direc­­ ment lié au ce­­ te­­ risque d’insolvabilité qu’elle pré­­ sente aux yeux du prê­­ teur. En règle géné­­ rale, cette appré­­ tion du risque est réa­­ sée par cia­­ li­­ l’établissement finan­­ cier. Pour les entre­­ prises qui émettent direc­­ ­ te­ ment sur les mar­­ chés finan­­ ciers, l’appréciation est réa­­ sée par une li­­ agence de nota­­ tion finan­­ cière. Les agences délivrent une note cré­­ dit. Stan­­ dard Poor’s, Moody’s et Fitch sont les prin­­ pales agences de ci­­ nota­­ tion (ou de rating). L’évaluation du risque repose sur une bat­­ rie de ratios finan­­ te­­ ciers et plus par­­ cu­­ re­­ ti­­ liè­­ ment sur deux aspects : le niveau d’endettement et la capa­­ de rem­­ cité bour­­ ment. se­­ Le niveau d’endettement À la dif­­ rence des capi­­ fé­­ taux propres, les dettes finan­­ cières sont rem­ ­ bour­­ sables. L’importance rela­­ tive des capi­­ taux propres consti­­ tue donc la marge de sécu­­ du finan­­ ment de l’entreprise. Ainsi, il rité ce­­ est logique que l’on compare le mon­­ tant total des dettes finan­­ cières à celui des capi­­ taux propres. Ratio d’endettement (ou gearing) Ratio d’endettement = Dettes finan­­ cières totales Capi­­ taux propres Il mesure le niveau accep­­ table d’endettement d’une société compte tenu de l’importance des capi­­ taux non rem­­ bour­­ sables. Le ratio idéal est infé­­ rieur à 1  ou  100  % : pas plus de dettes finan­­ cières à rem­­ bour­­ et por­­ ser tant inté­­ rêts que de capi­­ taux propres. Cer­­ taines opé­­ tions ra­­ dites à effet de levier sont faites avec un niveau d’endettement plus fort. Il s’agit notam­­ ment des opé­­ tions de LBO (Leverage Buy Out) pou­­ ra­­ vant atteindre 4 ou 400 %. Natu­­ le­­ rel­­ ment le risque finan­­ cier est alors beau­­ coup plus impor­ ­ tant et en cas de dif­­ cultés (baisse du CA ou des résul­­ fi­­ tats, défaillance d’un client…) la société peut être très vite dans l’impossibilité de rem­­ bour­­ sa ser dette et dans l’obligation de rené­­ cier avec ses ban­­ go­­ quiers. 24
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    Lorsque l’on sous­­un emprunt, il faut être capable de le rem­ crit ­ bour­­ dans un délai rai­­ nable. La capa­­ de rem­­ ser son­­ cité bour­­ ment se se­­ mesure par le ratio sui­­ vant : Dettes finan­­ cières totales Capa­­ de rem­­ cité bour­­ ment =  se­­ Cash Flow Le rem­­ bour­­ ment de l’échéance d’un emprunt consti­­ une opé­­ ­ se­­ tue ra­ tion de tré­­ re­­ et n’est pas inté­­ dans le compte de résul­­ (seuls les so­­ rie gré tat inté­­ sont une charge). C’est donc le flux de tré­­ re­­ de l’exploitation rêts so­­ rie (ou cash flow) qui doit per­­ mettre le paie­­ ment des échéances en capi­­ tal des emprunts. Ce ratio ne doit pas dépas­­ 4 ou 5 années. ser Cette limite, même si les emprunts sont sou­­ vent contrac­­ sur tés des périodes plus longues, s’explique parce que le flux de tré­­ re­ so­­ ­ rie annuel n’est pas tota­­ ment consa­­ au rem­­ le­­ cré bour­­ ment des se­­ emprunts. Il doit aussi per­­ mettre le finan­­ ment des inves­­ se­­ ce­­ tis­­ ments cou­­ rants et le ver­­ ment des divi­­ se­­ dendes aux action­­ naires. Savoirs La capa­­ cité de rem­­ bour­­ ment se­­ Les clefs de la per­­ mance finan­­ for­­ cière La per­­ mance finan­­ for­­ cière d’une entre­­ prise repose sur trois dimen­ ­ sions essen­­ tielles : 25 Savoir-être Les action­­ naires attendent des fonds inves­­ dans les capi­­ tis taux propres une rému­­ ra­­ né­­ tion en confor­­ mité avec les rému­­ ra­­ né­­ tions pro­­ sées po­­ par les inves­­ se­­ tis­­ ments du même type sur les mar­­ chés finan­­ ciers. La rému­­ ra­­ né­­ tion moyenne des fonds propres s’évalue avec le ratio de ren­­ bi­­ finan­­ ta­­ lité cière ou Return On Equity (ROE). Béné­­ fices après impôts ROE =  Capi­­ taux propres Cette rému­­ ra­­ né­­ tion n’étant pas garan­­ elle est géné­­ le­­ tie, ra­­ ment supé­­ rieure à celle exi­­ par les prê­­ gée teurs, car elle comprend une prime de risque. Pour les action­­ naires, la rému­­ ra­­ né­­ tion de leurs capi­­ taux inves­­ tis est consti­­ tuée par les béné­­ fices réa­­ sés par l’entreprise. Ces béné­­ li­­ fices sont dis­­ bués sous forme de divi­­ tri­­ dendes ou mis en réserves pour contri­­ buer à l’autofinancement des inves­­ se­­ tis­­ ments. Savoir-faire Exi­­ gence de ren­­ bi­­ ta­­ lité
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    1 • Connaître sonenvi­­ ne­­ ron­­ ment L’environnement éco­­ mique de l’entreprise no­­ Les impé­­ tifs finan­­ ra­­ ciers L’environnement juri­­ dique L’environnement tech­­ lo­­ no­­ gique ✓✓ une struc­­ ture finan­­ cière saine qui garan­­ la sécu­­ et la flexi­ tit rité ­ bi­­ de l’entreprise ; lité ✓✓ une ren­­ bi­­ ou per­­ mance opé­­ tion­­ ta­­ lité for­­ ra­­ nelle éle­­ vée ; ✓✓ des cash flows pour inves­­ et rému­­ rer les appor­­ tir né­­ teurs de capi­­ taux. Une struc­­ ture finan­­ cière équi­­ brée li­­ Pour réa­­ ser son acti­­ et pro­­ li­­ vité duire des résul­­ tats, l’entreprise doit à la fois finan­­ ses inves­­ se­­ cer tis­­ ments (immo­­ li­­ tions d’actifs à long bi­­ sa­­ terme) et les besoins de finan­­ ment du cycle d’exploitation (sto­­ ce­­ cks de matières pre­­ mières et de pro­­ duits finis, encours de pro­­ tion, duc­­ créances sur les clients et les débi­­ teurs divers). Elle pos­­ sède donc des actifs à long terme et à court terme, et en contre­­ tie va se finan­­ par­­ cer à long terme et à court terme. Il importe donc de main­­ nir un équi­­ te­­ libre entre la struc­­ ture finan­­ cière à long terme et celle à court terme. C’est l’équilibre entre le haut de bilan (long terme) et le bas de bilan (court terme). La struc­­ ture finan­­ cière d’une entre­­ prise se syn­­ tise de la façon thé­­ sui­­ vante : Figure 1.1 ■ La struc­­ ture finan­­ cière Immobilisations Capitaux propres Emprunts à LMT BFR Actifs circulants d’exploitation Stocks Créances client Excédents de trésorerie 26 FR Dettes d’exploitation Fournisseurs Autres dettes d’exploitation Crédits de trésorerie TN
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    La struc­­ ture finan­­ cièred’une entre­­ prise s’exprime donc par cette équa­­ tion : BFR = FR + TN Fonds de roulement (FR) Besoin en fonds de roulement (BFR) Trésorerie nette (TN) Le fonds de rou­­ ment le­­ Savoirs Figure 1.2 ■ Le bilan fonc­­ nel tion­­ Le fonds de rou­­ ment = Capi­­ le­­ taux propres + Emprunts à long et moyen terme – Immo­­ li­­ tions bi­­ sa­­ Le fonds de rou­­ ment doit donc être posi­­ C’est une règle d’or. le­­ tif. Le fonds de rou­­ ment posi­­ consti­­ une res­­ le­­ tif tue source finan­­ cière sécu­ ­ risée car à long terme. Elle va per­­ mettre de complé­­ les finan­­ ments ter ce­­ à court terme néces­­ saires au finan­­ ment de l’activité cou­­ ce­­ rante. Savoir-faire Le fonds de rou­­ ment est l’excédent de capi­­ le­­ taux à long terme sur les inves­­ se­­ tis­­ ments à long terme, c’est-à-dire les immo­­ li­­ tions. Pour bi­­ sa­­ finan­­ ses immo­­ li­­ tions, une entre­­ cer bi­­ sa­­ prise mobi­­ des capi­­ lise taux propres (auto­­ nan­­ ment) et de la dette finan­­ fi­­ ce­­ cière à long terme. Un peu comme on finance sa mai­­ avec un apport per­­ nel et un son son­­ emprunt immo­­ lier à long terme. Il ne vien­­ bi­­ drait à l’idée de per­­ sonne de finan­­ sa mai­­ avec un emprunt à court terme comme un cer son décou­­ par exemple. La même règle s’applique pour l’entreprise. vert Le besoin en fonds de rou­­ ment le­­ 27 Savoir-être Le cycle d’exploitation de l’entreprise, c’est-à-dire ses phases de pro­ ­ duc­­ tion, de vente, de livrai­­ consomme aussi des res­­ son sources finan­ ­ cières. Pour cha­­ cune de ces étapes, des délais de paie­­ ment s’imposent. Ces déca­­ lages des paie­­ ments consti­­ tuent une masse finan­­ cière qui va repré­­ ter soit un actif finan­­ à court terme d’exploitation à sen­­ cier rece­­ voir, soit un pas­­ finan­­ à court terme à payer. sif cier
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    1 • Connaître sonenvi­­ ne­­ ron­­ ment L’environnement éco­­ mique de l’entreprise no­­ Les impé­­ tifs finan­­ ra­­ ciers L’environnement juri­­ dique L’environnement tech­­ lo­­ no­­ gique La dif­­ rence entre les actifs (sto­­ et créances) d’exploitation et fé­­ cks les dettes d’exploitation déter­­ mine le besoin en fonds de rou­­ ment le­­ (BFR) de l’activité. BFR = Actifs circulants d’exploitation – Dettes d’exploitation Plus ce BFR est élevé, plus les capi­­ taux à inves­­ dans l’activité tir de l’entreprise sont impor­­ tants. Le mon­­ tant du BFR d’une entre­ ­ prise est lié à trois para­­ mètres : ✓✓ la nature de son acti­­ et les pra­­ vité tiques du sec­­ teur sur les paie­ ­ ments clients et four­­ seurs ; nis­­ ✓✓ le mon­­ tant de son chiffre d’affaires. L’évolution du BFR est étroi­ ­ te­­ ment cor­­ lée à la pro­­ sion du chiffre d’affaires ; ré­­ gres­­ ✓✓ la qua­­ de la ges­­ lité tion et/ou le pou­­ voir de négo­­ tion de cia­­ l’entreprise sur les délais de paie­­ ment clients, les délais de paie­ ­ ment four­­ seurs et le niveau des sto­­ nis­­ cks. La tré­­ re­­ so­­ rie Le haut de bilan reprend l’ensemble des emplois et res­­ sources finan­ ­ cières à long terme de la société et s’exprime avec le fonds de rou­­ ­ le­ ment : excé­­ dent des capi­­ taux à long terme. Le bas de bilan consti­­ par le besoin en fonds de rou­­ ment tué le­­ exprime les besoins de finan­­ ment à court terme néces­­ ce­­ saires pour l’activité. L’ajustement : fonds de roulement-­ esoin en fonds de rou­­ ment b le­­ déter­­ mine le solde de tré­­ re­­ de l’activité. so­­ rie Tré­­ re­­ nette = FR – BFR so­­ rie La tré­­ re­­ ne se décrète pas, c’est une résul­­ so­­ rie tante. Elle est la consé­­ quence de la mise à dis­­ si­­ po­­ tion des capi­­ taux per­­ nents pour ma­­ finan­­ les inves­­ se­­ cer tis­­ ments et des besoins de finan­­ ment du cycle ce­­ d’exploitation. Pour agir sur la tré­­ re­­ c’est sur ces compo­­ so­­ rie santes qu’il faut agir. 28
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    La fina­­ éco­­mique d’une entre­­ lité no­­ prise est de déga­­ une per­ ger ­ for­­ mance opé­­ tion­­ ra­­ nelle posi­­ tive. Cette per­­ mance se tra­­ for­­ duit en terme éco­­ mique par un résul­­ posi­­ Un résul­­ posi­­ est no­­ tat tif. tat tif pour une entre­­ prise le moyen d’attirer et de rému­­ rer les capi­­ né­­ taux dont elle a besoin pour se finan­­ et d’assurer son déve­­ pe­­ cer lop­­ ment. L’analyse de la per­­ mance va per­­ for­­ mettre de mesu­­ l’efficacité éco­ rer ­ no­­ mique de l’entreprise sur son sec­­ teur d’activité. Trois grands indi­­ teurs syn­­ tisent la per­­ mance opé­­ tion­ ca­­ thé­­ for­­ ra­­ ­ nelle : le chiffre d’affaires, l’excédent brut d’exploitation et le résul­ ­ tat net. Le chiffre d’affaires Il repré­­ sente l’indicateur finan­­ cier de mesure de l’évolution de l’activité. Son évo­­ tion résulte de quatre effets prin­­ paux : lu­­ ci­­ ✓✓ effet volume : inci­­ dence de la varia­­ tion des quan­­ tés ven­­ ti­­ dues ; ✓✓ effet prix : inci­­ dence de la varia­­ tion des prix de vente ; ✓✓ effet change : inci­­ dence de la varia­­ tion du cours des devises ; ✓✓ effet péri­­ mètre : inci­­ dence des entrées ou sor­­ du péri­­ ties mètre d’activités. Le but de cette ana­­ lyse est de mesu­­ la crois­­ rer sance réelle de l’entreprise. Quels sont les fac­­ teurs expli­­ tifs de l’évolution du ca­­ chiffre d’affaires ? Il sera éga­­ ment tou­­ le­­ jours per­­ tinent de compa­­ rer l’évolution aux autres acteurs du sec­­ teur. 29 Savoirs Savoir-faire Une per­­ mance opé­­ tion­­ for­­ ra­­ nelle éle­­ vée Savoir-être Pour amé­­ rer la tré­­ re­­ on pourra agir sur : lio­­ so­­ rie ✓✓ l’augmentation du FR : réduire les immo­­ li­­ tions, aug­­ ter bi­­ sa­­ men­­ les capi­­ taux propres (résul­­ et aug­­ ta­­ tat men­­ tion de capi­­ tal), conso­ ­ li­­ l’endettement à long et moyen terme ; der ✓✓ la dimi­­ tion du BFR : réduire les délais d’encaissement des nu­­ clients, minimi­­ les sto­­ ser cks, aug­­ ter les délais de paie­­ men­­ ment des four­­ seurs. nis­­
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    1 • Connaître sonenvi­­ ne­­ ron­­ ment L’environnement éco­­ mique de l’entreprise no­­ Les impé­­ tifs finan­­ ra­­ ciers L’environnement juri­­ dique L’environnement tech­­ lo­­ no­­ gique L’excédent brut d’exploitation On parle d’excédent brut d’exploitation (EBE) ou d’Earnings Before Inter­ st, Taxes Depreciation and Amortization1 (EBITDA). e Il se cal­­ cule en dédui­­ sant du chiffre d’affaires l’ensemble des charges d’exploitation décais­­ sées, c’est-à-dire l’ensemble des charges d’exploitation hors dota­­ tions aux amor­­ se­­ tis­­ ments et pro­­ sions. vi­­ Figure 1.3 ■ Cal­­ de l’EBE cul Consommations externes Charges de Personnel Chiffre d’affaires Impôts et taxes. Autres produits et charges d’exploitation EBE ou EBITDA Cet indi­­ teur est au cœur de la per­­ mance opé­­ tion­­ ca­­ for­­ ra­­ nelle, il per­­ met : ✓✓ d’analyser la ten­­ dance de la profitabilité opé­­ tion­­ ra­­ nelle ; ✓✓ de se situer par rap­­ port à des entre­­ prises opé­­ rant sur le même sec­­ teur d’activité ; ✓✓ de four­­ une pre­­ nir mière indi­­ tion de la tré­­ re­­ géné­­ par ca­­ so­­ rie rée l’activité ; ✓✓ de don­­ au mana­­ d’une unité opé­­ tion­­ ner ger ra­­ nelle un indi­­ teur ca­­ finan­­ cier indé­­ dant de l’outil indus­­ pen­­ triel et de son mode de finan­­ ment ; ce­­ ✓✓ d’expliquer des modi­­ ca­­ fi­­ tions des condi­­ tions d’exploitation. Toute varia­­ tion de cet indi­­ teur (expri­­ ca­­ mée en pour­­ tage du chiffre cen­­ d’affaires) reflète des condi­­ tions d’exploitation modi­­ fiées. 1. Le terme taxes désigne l’impôt sur les sociétés proportionnel au résultat. 30
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    Il est l’indicateurde la créa­­ tion de richesse de l’entreprise pour ses action­­ naires. On exprime géné­­ le­­ ra­­ ment le résul­­ net en pour­­ ­ tat cen­ tage du chiffre d’affaires. On mesure éga­­ ment le résul­­ net en le­­ tat pour­­ tage des capi­­ cen­­ taux propres pour mesu­­ la ren­­ bi­­ finan­ rer ta­­ lité ­ cière. Le résul­­ net peut subir des varia­­ tat tions signi­­ ca­­ fi­­ tives en rai­­ son de pro­­ duits ou charges non récur­­ rentes enre­­ trées sur un exer­­ gis­­ cice. Pour faci­­ ter la compa­­ son d’une clô­­ li­­ rai­­ ture à une autre les entre­ ­ prises uti­­ lisent la notion de résul­­ net cou­­ tat rant, hors opé­­ tions ra­­ excep­­ nelles. tion­­ Savoirs Le résul­­ net tat 31 Savoir-être La santé finan­­ cière d’une entre­­ prise repose fon­­ men­­ lement sur da­­ ta­­ sa capa­­ à géné­­ du cash flow ou de la tré­­ re­­ à par­­ de ses cité rer so­­ rie tir acti­­ tés cou­­ vi­­ rantes. La ren­­ bi­­ finan­­ ta­­ lité cière tan­­ gible est celle qui se mesure en termes de flux de tré­­ re­­ so­­ rie. Les cash flows géné­­ par l’activité cou­­ rés rante ou cash flows opé­ ­ ra­­ nels per­­ tion­­ mettent à l’entreprise : ✓✓ d’investir pour renou­­ ler ses équi­­ ments ; ve­­ pe­­ ✓✓ de finan­­ sa crois­­ cer sance interne ou externe ; ✓✓ de payer des divi­­ dendes ; ✓✓ de rem­­ bour­­ ses finan­­ ments externes. ser ce­­ Le cash flow opé­­ tion­­ se mesure en retran­­ ra­­ nel chant de l’EBE les frais finan­­ ciers et l’impôt société payé. Il prend éga­­ ment en compte le­­ la varia­­ tion du BFR donc l’augmentation ou la dimi­­ tion de la tré­ nu­­ ­ so­­ rie néces­­ re­­ saire pour finan­­ le cycle d’activité de l’entreprise. cer Savoir-faire Une géné­­ tion de cash flow satis­­ ra­­ faisante
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    1 • Connaître sonenvi­­ ne­­ ron­­ ment L’environnement éco­­ mique de l’entreprise no­­ Les impé­­ tifs finan­­ ra­­ ciers L’environnement juri­­ dique L’environnement tech­­ lo­­ no­­ gique Figure 1.4 ■ Cal­­ du cash flow opé­­ tion­­ cul ra­­ nel (–) Frais financiers nets (–) Impôt société (+/–) Variation du BFR EBITDA ou EBE = Cash flow opérationnel Le cash flow est l’indicateur pri­­ lé­­ de la mesure de la per­­ ­ vi­­ gié for­ mance d’une unité opé­­ tion­­ ra­­ nelle. Il per­­ met de syn­­ ti­­ à la fois thé­­ ser la per­­ mance au niveau de la profitabilité (EBE) et la per­­ mance for­­ for­­ dans la ges­­ tion du BFR (encais­­ ments clients, paie­­ se­­ ment four­­ ­ nis­ seurs et ges­­ tion des sto­­ cks). Chaque année le cash flow dégagé doit per­­ mettre de finan­­ les cer inves­­ se­­ tis­­ ments cou­­ rants, c’est-à-dire les inves­­ se­­ tis­­ ments de renou­ ­ vel­­ ment, de main­­ à niveau et ceux exi­­ par les évo­­ tions de le­­ tien gés lu­­ la régle­­ ta­­ men­­ tion ou de la tech­­ lo­­ no­­ gie. Le solde de flux de tré­­ re­­ demeu­­ so­­ rie rant après déduc­­ tion des inves­­ se­­ tis­­ ments cou­­ rants repré­­ sente le Free Cash flow de l’activité. Free cash flow = Cash flow – Inves­­ se­­ tis­­ ments cou­­ rants Le free ­ ash repré­­ c sente donc le flux de tré­­ re­­ qui reste dis­­ ­ so­­ rie po­ nible pour l’entreprise afin de : ✓✓ rem­­ bour­­ ses dettes ; ser ✓✓ rému­­ rer ses action­­ né­­ naires ; ✓✓ finan­­ la crois­­ cer sance de l’activité (crois­­ sance orga­­ nique ou externe). 32
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    Défi­­ le contrat nir L’article 1101du Code civil dis­­ pose que « le contrat est une conven­ ­ tion par laquelle une ou plu­­ sieurs per­­ sonnes s’obligent envers une ou plu­­ sieurs autres à don­­ faire ou ne pas faire quelque chose ». ner, La plu­­ part des contrats, plus encore dans le monde des affaires, pré­­ voient des obli­­ tions réci­­ ga­­ proques. En termes juri­­ diques, ils sont dits synal­­ ma­­ lag­­ tiques, par oppo­­ tion aux contrats conclus à titre si­­ gra­­ tuit, comme le prêt, le don ou le cau­­ ne­­ tion­­ ment civil. Savoir-faire La plu­­ des opé­­ tion­­ doivent gérer part ra­­ nels des contrats : res­­ sables de site, ven­ pon­­ ­ PRINCIPES CLÉS deurs et res­­ sables de l’administration pon­­ • La vie des entre­­ prises est for­­ ­ te­ des ventes, ache­­ teurs, res­­ sables des ser­ pon­­ ­ ment influ­­ cée par le cadre juri­ en­­ ­ vices géné­­ raux, etc. Les ache­­ teurs sont cer­ ­ dique dans lequel elles opèrent. tai­­ ment les acteurs qui ont le plus besoin • Au quo­­ dien, pour le mana­­ ne­­ ti­­ ger, de se for­­ aux tech­­ mer niques juri­­ diques : c’est le droit des affaires, et plus par­­ cu­­ re­­ ti­­ liè­­ ment le droit des ✓✓ Ils doivent gérer une grande diver­ ­ contrats qui a l’impact le plus sité de contrats : four­­ tures, biens ni­­ immé­­ diat. d’investissements, pres­­ tions intel­­ ­ ta­­ lec­ tuelles, pres­­ tions sur le site,… ta­­ ✓✓ La direc­­ tion juri­­ dique, lorsqu’elle existe, est natu­­ le­­ rel­­ ment plus proche de la fonc­­ tion commer­­ ciale qui est consi­­ rée comme le dé­­ nerf de la guerre. Nous évo­­ rons ici les prin­­ que­­ cipes du droit fran­­ çais. Savoirs CC L’environnement juri­­dique Pour être valable, le contrat doit res­­ ter plu­­ pec­­ sieurs condi­­ tions : ✓✓ les par­­ sont juri­­ que­­ ties di­­ ment capables de s’engager ; ✓✓ le consen­­ ment est exempt de tout vice (erreur, dol ou trom­­ ­ te­­ pe­ rie, vio­­ lence) ; ✓✓ l’objet est défini ; ✓✓ la cause du contrat doit être licite. 33 Savoir-être Les condi­­ tions de vali­­ dité du contrat
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    1 • Connaître sonenvi­­ ne­­ ron­­ ment L’environnement éco­­ mique de l’entreprise no­­ Les impé­­ tifs finan­­ ra­­ ciers L’environnement juri­­ dique L’environnement tech­­ lo­­ no­­ gique La force du contrat La force du contrat se défi­­ au tra­­ du prin­­ nit vers cipe de l’autonomie de la volonté. L’article 1134 du Code civil dis­­ pose que les conven­ ­ tions léga­­ ment for­­ le­­ mées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites. Elles ne peuvent être révo­­ quées que par leur consen­­ ment mutuel te­­ ou pour les causes que la loi auto­­ rise. Elles doivent être exé­­ tées de cu­­ bonne foi. Face à des demandes de nul­­ ou réso­­ tion d’une des par­­ lité lu­­ ties, les juges veillent à défendre la sécu­­ juri­­ rité dique du contrat. S’il était trop facile de faire annu­­ ou résoudre un contrat, les par­­ hési­­ ­ ler ties te­ raient à s’engager. C’est sur le fon­­ ment de la sécu­­ juri­­ de­­ rité dique que les juges ont défini la notion de « man­­ apparent ». Il arrive qu’un dat employé engage sa société par contrat sans y être auto­­ par les risé pro­­ dures internes. Le juge refuse d’annuler le contrat si le « four­ cé­­ ­ nis­­ seur pou­­ légi­­ me­­ vait ti­­ ment croire que la per­­ sonne ayant signé le contrat avait le pou­­ de le faire ». voir Les juristes dis­­ tinguent les règles de droit civil et celles du droit commer­­ cial, les règles du droit commer­­ s’appliquant entre socié­ cial ­ tés commer­­ ciales, dans l’exercice de leur métier. En droit civil, la loi pré­­ habi­­ le­­ voit tuel­­ ment des dis­­ si­­ po­­ tions pro­­ trices des par­­ tec­­ ties. Dans de nom­­ breux domaines (vente par démar­­ chage, vente immo­ ­ bi­­ lière, …), les co-­ ontractants civils dis­­ c posent d’un délai de rétrac­ ­ ta­­ tion de 30 jours à par­­ du moment où ils ont signé le contrat. tir Les obli­­ tions au contrat ga­­ Un contrat pré­­ deux natures d’obligation : voit ✓✓ obli­­ tion de moyens ; ga­­ ✓✓ obli­­ tion de résul­­ ga­­ tat. Dans le cadre d’une obli­­ tion de moyens, le co-­ ontractant ga­­ c s’engage à mettre en œuvre les moyens reconnus dans le métier, sa compé­­ tence et sa dili­­ gence pour obte­­ le résul­­ sou­­ nir tat haité. Ainsi, 34
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    Savoirs Savoir-faire le méde­­ s’engageà mettre en œuvre sa science pour gué­­ ses cin rir patients mais ne peut garan­­ la gué­­ son. tir ri­­ Dans le cadre d’une obli­­ tion de résul­­ le co-­ ontractant ga­­ tat, c s’engage à atteindre le résul­­ prévu au contrat. tat Cette dis­­ tinction est sur­­ tout impor­­ tante en cas de non-­ tteinte a du résul­­ attendu. Pour enga­­ la res­­ sa­­ lité du débi­­ tat ger pon­­ bi­­ teur d’une obli­­ tion de résul­­ il suf­­ de mon­­ la non-­ tteinte du résul­­ ga­­ tat, fit trer a tat. La mise en œuvre de la res­­ sa­­ lité du débi­­ pon­­ bi­­ teur d’une obli­­ tion ga­­ de moyen est plus déli­­ cate, il faut mon­­ qu’il n’a pas mis toute la trer compé­­ tence et la dili­­ gence atten­­ dues pour rem­­ son obli­­ tion. plir ga­­ Le ven­­ deur a une obli­­ tion de conseil, cette obli­­ tion est ga­­ ga­­ d’autant plus forte que le ven­­ deur est expert dans son domaine et l’acheteur novice. Le ven­­ deur doit s’informer des besoins de l’acheteur, des condi­­ tions dans les­­ quelles il veut uti­­ ser le bien ou la li­­ pres­­ tion qui fait l’objet de la vente et s’assurer de l’aptitude du bien ta­­ à rem­­ l’utilisation qu’il en fait. plir La rédac­­ tion du pré­­ bule du contrat contri­­ à défi­­ la por­ am­­ bue nir ­ tée de cette obli­­ tion (dans un contrat, il est tou­­ ga­­ jours pré­­ rable fé­­ d’être celui qui tient le stylo) : ✓✓ ainsi, l’acheteur y écrit habi­­ le­­ tuel­­ ment qu’il a contracté avec le four­­ seur en vertu de son exper­­ dans le domaine et du nis­­ tise conseil qu’il pou­­ pro­­ guer ; vait di­­ ✓✓ de son côté, le four­­ seur prend la pré­­ tion de men­­ ner nis­­ cau­­ tion­­ qu’il a rédigé une pro­­ si­­ po­­ tion au regard des demandes spé­­ ­ ci­ fiques de l’acheteur. Le droit de la concur­­ rence a une impor­­ tance consi­­ rable, car il dé­­ oriente l’ensemble de l’activité éco­­ mique. Il est éga­­ ment extrê­ no­­ le­­ ­ me­­ ment mou­­ vant et tri­­ taire des objec­­ de poli­­ bu­­ tifs tique éco­­ mique no­­ du moment. rité Ainsi, la loi Galand du 1er  juillet 1996 avait pour prio­­ de défendre les inté­­ des four­­ seurs face à la puis­­ rêts nis­­ sance éco­­ mique no­­ des grandes sur­­ faces. Il en a résulté une inter­­ tion ren­­ cée des dic­­ for­­ pra­­ tiques dis­­ mi­­ toires et l’impossibilité de sor­­ du barème de cri­­ na­­ tir prix du four­­ seur. Les grandes sur­­ nis­­ faces ont déve­­ loppé en réac­­ tion 35 Savoir-être Le droit de la concur­­ rence
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    1 • Connaître sonenvi­­ ne­­ ron­­ ment L’environnement éco­­ mique de l’entreprise no­­ Les impé­­ tifs finan­­ ra­­ ciers L’environnement juri­­ dique L’environnement tech­­ lo­­ no­­ gique la pra­­ tique dite des « marges arrière », commis­­ sions fac­­ rées aux tu­­ four­­ seurs, en contre­­ tie d’une pré­­ due pres­­ tion (mise en nis­­ par­­ ten­­ ta­­ avant de pro­­ duits, par­­ cipation à un cata­­ ti­­ logue pro­­ tion­­ mo­­ nel,…). Cette pra­­ tique s’est révé­­ être infla­­ niste car ces marges arrière lée tion­­ ne pou­­ vaient venir en déduc­­ tion du seuil de revente à perte. À l’inverse, la loi LME du 4 août 2008 s’inscrit dans la recherche d’une relance de la consom­­ tion et a notam­­ ma­­ ment sup­­ primé, comme nous allons le voir, l’interdiction des pra­­ tiques dis­­ mi­­ toires. cri­­ na­­ Les condi­­ tions géné­­ rales de vente Le droit de la concur­­ rence repose sur l’obligation de trans­­ rence pa­­ tari­­ faire. Tout four­­ seur est tenu de commu­­ quer ses condi­­ nis­­ ni­­ tions géné­­ rales de vente à tout ache­­ teur (actuel ou poten­­ tiel) qui en fait la demande. Le four­­ seur peut créer plu­­ nis­­ sieurs condi­­ tions géné­­ rales, adap­­ tées à dif­­ rents cré­­ fé­­ neaux de clients. Ces condi­­ tions géné­­ rales de vente contiennent notam­­ ment, outre les clauses juri­­ diques, les barèmes de prix, de remise (quan­­ tatives sur volumes et qua­­ ta­ ti­­ li­­ ­ tives) et d’escompte pour paie­­ ment anti­­ cipé. La loi LME dis­­ pose que les condi­­ tions géné­­ rales de vente du four­ ­ nis­­ seur consti­­ tuent le socle de la négo­­ tion commer­­ cia­­ ciale, ce qui signi­­ qu’elles sont le point de départ de toute négo­­ tion entre le fie cia­­ ven­­ deur et l’acheteur. Ainsi les par­­ peuvent vala­­ ment conve­ ties ble­­ ­ nir de s’écarter des condi­­ tions géné­­ rales de vente du four­­ seur en nis­­ créant des condi­­ tions par­­ cu­­ ti­­ lières à condi­­ tion de ne pas sou­­ mettre celui-­ i à des obli­­ tions créant un dés­­ libre signi­­ ca­­ entre les c ga­­ équi­­ fi­­ tif droits et obli­­ tions des par­­ ga­­ ties. La sup­­ pres­­ sion de l’interdiction des pra­­ tiques dis­­ mi­­ toires cri­­ na­­ Une des prin­­ pales nou­­ tés de la loi LME a été la sup­­ sion de ci­­ veau­­ pres­­ l’interdiction des pra­­ tiques dis­­ mi­­ toires. cri­­ na­­ Une pra­­ tique dis­­ mi­­ toire consiste à pro­­ rer un avan­­ cri­­ na­­ cu­­ tage à un co-­ ontractant en par­­ cu­­ en termes de prix, remises, délais c ti­­ lier 36
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    Savoirs de paie­­ ment, condi­­ tionsde vente ou d’achat, sans que cela soit jus­­ ­ ti­ fié par des contre­­ ties réelles, par exemple de volume. par­­ Autre­­ ment dit, cela consiste à contrac­­ « à la tête du client » en ter créant des condi­­ tions par­­ cu­­ ti­­ lières. La por­­ de cette sup­­ sion tée pres­­ est tou­­ fois limi­­ car la dis­­ mi­­ tion peut être sanc­­ née au te­­ tée cri­­ na­­ tion­­ tra­­ d’autres pra­­ vers tiques : ✓✓ les pra­­ tiques abu­­ sives défi­­ nies par l’article  442-6 du Code de commerce consistent à sou­­ mettre un par­­ naire commer­­ à te­­ cial des obli­­ tions créant un dés­­ libre signi­­ ca­­ dans les droits ga­­ équi­­ fi­­ tif et obli­­ tions des par­­ ga­­ ties ; ✓✓ l’abus de posi­­ tion domi­­ nante qui a pour effet de faus­­ le jeu ser de la concur­­ rence sur le mar­­ du fait de la concen­­ tion du ché tra­­ mar­­ ché. 37 Savoir-être Le délit de refus de vente avait été ins­­ tué au len­­ main de la ti­­ de­­ Seconde Guerre mon­­ diale, dans une éco­­ mie de pénu­­ pour no­­ rie, garan­­ l’accès au mar­­ de tous les acteurs éco­­ miques. tir ché no­­ Une telle inter­­ tion est deve­­ inutile dans une éco­­ mie où dic­­ nue no­­ l’offre est abon­­ dante. Depuis la loi Galand du 1er juillet 1996, le refus de vente entre pro­­ sion­­ n’est plus sanc­­ fes­­ nels tionné en tant que tel. Le refus de vente à l’égard d’un consom­­ teur demeure quant à lui sanc­­ ma­­ tionné. Le refus de vente peut tou­­ fois être sanc­­ te­­ tionné au tra­­ d’autres vers délits : ✓✓ l’abus de posi­­ tion domi­­ nante, lorsque le refus de vente du four­ ­ nis­­ seur met l’acheteur dans l’incapacité de se pro­­ rer les biens cu­­ ou ser­­ vices ; ✓✓ la rup­­ ture bru­­ de rela­­ tale tions commer­­ ciales éta­­ blies. Le fait de rompre sans pré­­ une rela­­ avis tion commer­­ ciale éta­­ engage la blie res­­ sa­­ lité de tout pro­­ teur, commer­­ pon­­ bi­­ duc­­ çant ou arti­­ san. Savoir-faire Le refus de vente et la rup­­ ture bru­­ tale de rela­­ tions commer­­ ciales éta­­ blies
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    1 • Connaître sonenvi­­ ne­­ ron­­ ment L’environnement éco­­ mique de l’entreprise no­­ Les impé­­ tifs finan­­ ra­­ ciers L’environnement juri­­ dique L’environnement tech­­ lo­­ no­­ gique Les bons réflexes contrac­­ tuels Voici les bons réflexes contrac­­ tuels à déve­­ per pour faire du droit lop­­ un allié. Dans la phase de négo­­ tion du contrat : cia­­ ✓✓ Par­­ contrat dès le début des pour­­ lers et prendre l’initiative ler par­­ de pro­­ ser un contrat ; po­­ ✓✓ Réflé­­ chir à ses objec­­ ainsi qu’à ceux de ses par­­ naires ; tifs te­­ ✓✓ Pour des contrats por­­ tant sur des pres­­ tions complexes, orga­­ ­ ta­­ ni­ ser des réunions pré­­ ra­­ pa­­ toires entre le ven­­ deur et l’acheteur pour lis­­ les attentes de chaque par­­ défi­­ avec soin l’objet du ter tie, nir contrat, s’efforcer de pré­­ les dif­­ rents scé­­ rios ; voir fé­­ na­­ ✓✓ Ne jamais divul­­ guer d’informations confi­­ tielles sans accord den­­ de confi­­ tia­­ den­­ lité ; ✓✓ Ne pas prendre d’engagement sans en par­­ au préa­­ ler lable avec sa hié­­ chie ; rar­­ ✓✓ De pré­­ rence gar­­ la maî­­ fé­­ der trise de la rédac­­ tion du contrat ; ✓✓ Maî­­ ser ses pro­­ et ses écrits (docu­­ ter, conser­­ archi­ tri­­ pos men­­ ver, ­ ver) ; ✓✓ Rédi­­ des contrats avec des enga­­ ments pré­­ évi­­ les ger ge­­ cis, ter clauses floues, géné­­ trices de conten­­ ra­­ tieux long et coû­­ teux ; ✓✓ Lire les condi­­ tions géné­­ rales d’achat avant d’accepter une commande ; ✓✓ Pré­­ rer les commandes sous condi­­ fé­­ tions sus­­ sives qui consti­ pen­­ ­ tuent un enga­­ ment clair aux lettres d’intention de commande ge­­ qui sont une pra­­ tique floue. Au cours de la vie du contrat : ✓✓ Ne pas « lais­­ de côté » son contrat une fois qu’il est signé, mais ser en assu­­ le suivi  ; rer ✓✓ Tenir un tableau de suivi du contrat pré­­ sant les dates clés et les ci­­ obli­­ tions essen­­ ga­­ tielles qui y sont atta­­ chées (notam­­ ment celles qui sont pos­­ rieures à l’expiration du contrat) ; té­­ 38
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    CC L’environnement tech­­ no­­lo­­gique deproxi­­ ité du mana­­ger m Le rôle du « mana­­ opé­­ tion­­ ger ra­­ nel » ne peut plus aujourd’hui être dis­­ cié de so­­ celui d’un «  mana­­ commu­­ cant  ». ger ni­­ Par­­ subi comme une contrainte, ou fois une tâche annexe, le temps addi­­ nel tion­­ et crois­­ sant consa­­ aux échanges et à cré la commu­­ ca­­ ni­­ tion fait pour­­ tant désor­ ­ mais par­­ inté­­ tie grante de la fonc­­ tion de « mana­­ ger », s’ajoutant bien sûr aux charges clas­­ siques de la fonc­­ tion. 39 PRINCIPE CLÉ Les outils de commu­­ ca­­ ni­­ tion actuels et l’arrivée dans l’entreprise de géné­­ tions qui les maî­­ ra­­ trisent font évo­­ luer les façons de tra­ ­ vailler, le rap­­ port à l’information et au savoir, ainsi que les modes de mana­­ ment. ge­­ Savoir-être Du mana­­ opé­­ tion­­ ger ra­­ nel au mana­­ commu­­ cant ger ni­­ Savoirs Savoir-faire ✓✓ Anti­­ per les risques d’antagonisme et les pré­­ nir en recher­­ ci­­ ve­­ chant des solu­­ tions rai­­ nables et con­ ensuelles ; son­­ s ✓✓ Anti­­ per la mau­­ ci­­ vaise exé­­ tion ou défaut d’exécution d’une cu­­ obli­­ tion contrac­­ ga­­ tuelle en pré­­ nant son cocontrac­­ ve­­ tant, avant tout litige. En cas de litige : ✓✓ Expri­­ son désac­­ mer cord par écrit et en gar­­ une trace ; der ✓✓ Tou­­ jours agir de bonne foi et recher­­ cher une solu­­ tion amiable (orga­­ sa­­ ni­­ tion d’une réunion) ; ✓✓ Évi­­ de créer une forte dépen­­ ter dance commer­­ ciale d’un four­­ ­ nis­ seur ; ✓✓ Évi­­ les compor­­ ments bru­­ ter te­­ taux : rup­­ ture sans pré­­ suf­­ sant avis fi­­ des rela­­ tions commer­­ ciales de part et d’autre (refus de livrer bru­ ­ tal/déréférencement abu­­ sif) ; ✓✓ Ne pas mena­­ de rési­­ le contrat pour des rai­­ cer lier sons illé­­ ­ gi­ times ; ✓✓ Lorsque le client est en redres­­ ment judi­­ se­­ ciaire, ne livrer qu’après paie­­ ment.
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    1 • Connaître sonenvi­­ ne­­ ron­­ ment L’environnement éco­­ mique de l’entreprise no­­ Les impé­­ tifs finan­­ ra­­ ciers L’environnement juri­­ dique L’environnement tech­­ lo­­ no­­ gique La pre­­ mière des tech­­ lo­­ no­­ gies envi­­ nantes, en dépit de son ron­­ évi­­ dence fon­­ men­­ da­­ tale, reste l’ordinateur. L’arrivée de l’outil infor­ ­ ma­­ tique sur le bureau des mana­­ gers ne s’est pour­­ tant pas tou­­ jours accom­­ gnée des meilleures pratiques… L’expérience a mon­­ pa­­ tré que, dans nombre de cas, le fait pour un mana­­ de dis­­ ser, sur ger, po­­ son ordi­­ teur per­­ nel, d’une suite bureau­­ na­­ son­­ tique (Word, Excel, Powerpoint) l’a par­­ impli­­ te­­ fois ci­­ ment ramené à trai­­ lui-­ ême, ter, m des tâches autre­­ dévo­­ à son assis­­ fois lues tante : construire un tableau Excel, réa­­ ser une pré­­ ta­­ li­­ sen­­ tion Powerpoint,… Le cal­­ est évi­­ ­ cul dem­ ment per­­ dant. L’apparente faci­­ des tech­­ lo­­ ne doit pas mas­­ lité no­­ gies quer le véri­ ­ table enjeu de la fonc­­ tion de mana­­ ger : la néces­­ de recen­­ la sité trer fonc­­ tion sur les mis­­ sions essen­­ tielles. Le mana­­ doit donc bien éva­­ ger luer les tâches à valeur ajou­­ tée et celles qui ne le sont pas et donc apprendre à délé­­ guer celles qui relèvent de la mise en forme rédac­­ nelle et gra­­ tion­­ phique pour se concen­­ sur les pro­­ sus de déci­­ trer ces­­ sion et les fon­­ men­­ da­­ taux de sa fonc­­ tion. Une tech­­ lo­­ fami­­ no­­ gie lière : la mes­­ ge­­ élec­­ nique sa­­ rie tro­­ Le cour­­ élec­­ nique s’est ajouté et sou­­ rier tro­­ vent sub­­ tué au cour­­ sti­­ rier «  papier  », interne ou externe. L’inconvénient majeur de ce for­­ mat est de bana­­ ser l’ensemble des docu­­ li­­ ments, notam­­ ment des pièces jointes. Quelle qu’en soit l’importance, quel qu’en soit l’enjeu, les pièces jointes n’apparaissent que sous la forme d’une simple icône (word, excel, ppt) et d’un titre. Les docu­­ ments papier impri­­ més étaient autre­­ ment plus « différentiants » par leur volume, leur pré­­ ta­­ sen­­ tion et la faci­­ à lité les feuille­­ Dans la case à cour­­ ter. rier, il était bien plus évident de les repérer, les clas­­ les consul­­ les hié­­ chi­­ ser, ter, rar­­ ser. Le for­­ mat numé­­ rique met, d’une cer­­ taine façon, tous les docu­ ­ ments élec­­ niques sur le même pied d’égalité. Seul le titre du tro­­ 40
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    Savoirs docu­­ ment et lemes­­ sage de l’émetteur per­­ mettent aujourd’hui de les dis­­ guer. Inutile de s’étonner dès lors, que nombre de des­­ na­­ tin­­ ti­­ taires « ne se sou­­ viennent plus » d’avoir vu ou reçu tel docu­­ ment, et encore moins de l’avoir gardé. D’autant, que la sim­­ cité de l’électronique pli­­ a bien évi­­ ment favo­­ la mul­­ pli­­ dem­­ risé ti­­ cation des envois. Le mana­­ devra donc redou­­ de vigi­­ ger bler lance dans le trai­­ ment te­­ de son cour­­ et encore une fois apprendre à délé­­ rier guer davan­­ tage pour tenir compte du temps qu’il doit consa­­ au mana­­ ment de crer ge­­ l’information… Les tech­­ lo­­ no­­ gies sont, par défi­­ tion, en per­­ tuelle évo­­ tion et ni­­ pé­­ lu­­ l’une des nou­­ velles mis­­ sions du métier de mana­­ consiste à exer­ ger ­ cer une veille sur l’impact qu’elles peuvent avoir, à la fois sur son champ d’action spé­­ fique (logis­­ ci­­ tique, mar­­ ting, RH, etc.) et sur ke­­ son métier de mana­­ en tant que tel. Un logis­­ cien devra par ger ti­­ exemple, suivre de près l’actualité tech­­ nique en termes de supply chain ; un DRH, s’informer des nou­­ velles pos­­ bi­­ tés offertes par si­­ li­­ les solu­­ tions Intra­ et ; un res­­ sable mar­­ ting, être très au fait n pon­­ ke­­ des nou­­ veaux modes d’action comme le buzz mar­­ ting (mar­­ ting ke­­ ke­­ viral) ou le webanalytics (mesure d’audience d’un site web), etc. Aucune fonc­­ tion de mana­­ n’échappe à l’accélération tech­­ ­ ger no­ lo­­ gique ni à l’impact, sou­­ vent à court terme, que celle-­ i ne manque c pas d’avoir dans chaque branche de l’entreprise. Savoir-faire Des tech­­ lo­­ no­­ gies en cours de dif­­ sion fu­­ Pour exer­­ cette veille, les flux RSS, emblé­­ tiques du Web 2.0, cer ma­­ sont des moyens pré­­ cieux de recueillir de l’information. À la dif­­ ­ fé­ rence des e-­ ewsletters à paru­­ n tion pério­­ dique (hebdo, men­­ suelle) et aux­­ quelles on peut s’abonner ; les flux RSS dif­­ fusent en temps réel les infor­­ tions publiées par le site émet­­ ma­­ teur. Il suf­­ de dis­­ ser d’un navi­­ teur pour les consul­­ Mieux fit po­­ ga­­ ter. encore, des agrégateurs de flux RSS (comme Netvibes ou Igoogle) per­­ mettent de créer une page web per­­ na­­ sée, sur laquelle on son­­ li­­ peut consul­­ les flux RSS sélec­­ nés. ter tion­­ 41 Savoir-être Le Web 2.0
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    1 • Connaître sonenvi­­ ne­­ ron­­ ment L’environnement éco­­ mique de l’entreprise no­­ Les impé­­ tifs finan­­ ra­­ ciers L’environnement juri­­ dique L’environnement tech­­ lo­­ no­­ gique Le prin­­ cipe est simple : on s’abonne au flux de son choix (tous les sites des grands jour­­ naux et maga­­ zines en pro­­ posent) pour rece­­ voir sur son ordi­­ teur l’actualité en direct, du Monde, du Figaro, des na­­ Échos, etc. Au-­ elà de ces médias « clas­­ d siques », la plu­­ des blogs offrent, eux part aussi, la pos­­ bi­­ de suivre leur actua­­ en s’abonnant à un flux RSS. si­­ lité lité Beau­­ coup d’entreprises ont emboîté le pas et pro­­ posent éga­­ ment le­­ leurs flux RSS pour leur commu­­ ca­­ ni­­ tion finan­­ cière ou corporate. Figure 1.5 ■ Netvibes Netvibes est un por­­ personnalisable grâce auquel le mana­­ tail ger peut s’abonner à ses fils d’information favo­­ pour exer­­ sa veille. ris cer Ces flux RSS peuvent faci­­ ment être orga­­ sés en caté­­ ries acces­ le­­ ni­­ go­­ ­ sibles par des onglets. La mes­­ ge­­ ins­­ sa­­ rie tanta­­ née Le rôle du mana­­ va aussi être bous­­ ger culé par l’arrivée immi­­ nente des « digi­­ tales natives » dans le monde de l’entreprise. Cette géné­ ­ ra­­ tion née avec une Playstation dans les mains, rom­­ aux SMS, pue chat et autres mes­­ ge­­ ins­­ sa­­ ries tanta­­ nées... Si le mana­­ n’est pas luiger m ­ ême issu de cette géné­­ tion de « digi­­ natives », inutile de pré­ ra­­ tal ­ 42
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    Savoirs Savoir-faire ci­­ qu’il devra,en tant que « prénumérique » (toute per­­ ser sonne née avant les années 1980), s’habituer à uti­­ ser les outils de commu­­ ­ li­­ ni­ ca­­ tion rapide, pour être en phase avec ses nou­­ veaux col­­ bo­­ teurs. la­­ ra­­ Notam­­ ment la mes­­ ge­­ ins­­ sa­­ rie tanta­­ née, comme celle de Microsoft, connue dans son appli­­ tion grand public Messenger mais qui a ca­­ éga­­ ment déve­­ le­­ loppé un logi­­ pro­­ sion­­ de mes­­ ge­­ ins­ ciel fes­­ nel sa­­ rie ­ tanta­­ née, des­­ tiné aux entre­­ prises : Communicator. Il n’est bien sûr pas le seul édi­­ teur à l’avoir fait, mais en tant que lea­­ des logi­­ der ciels en entre­­ prise, son exemple vau­­ pour beau­­ dra coup. La mes­­ ge­­ ins­­ sa­­ rie tanta­­ née per­­ met d’échanger alertes et ins­ ­ truc­­ tions sans inter­­ rompre, ou presque, un tra­­ en cours, voire vail d’accompagner un tra­­ vail réa­­ en commun. Sur l’écran, une lisé fenêtre active signale l’arrivée d’un mes­­ sage auquel il est très facile et rapide de répondre sans quit­­ l’application en cours. Un groupe ter de dis­­ sion, asso­­ cus­­ ciant plu­­ sieurs col­­ bo­­ teurs, peut bien sûr par­ la­­ ra­­ ­ ti­­ per à cet échange. ci­­ Sans se sub­­ tuer à la mes­­ ge­­ élec­­ nique, la mes­­ ge­­ sti­­ sa­­ rie tro­­ sa­­ rie ins­­ tanta­­ per­­ née met d’ajouter un mode de commu­­ ca­­ ni­­ tion complé­ ­ men­­ taire à la pano­­ élec­­ nique du mana­­ Plus proche de la plie tro­­ ger. commu­­ ca­­ ni­­ tion « orale » que de la commu­­ ca­­ ni­­ tion « écrite », la mes­ ­ sa­­ rie ins­­ ge­­ tanta­­ ouvre un nou­­ née veau canal de commu­­ ca­­ ni­­ tion, en sur­­ pres­­ im­­ sion d’un mode d’échange écrit. Un peu comme si au-­ elà d de l’écran, une confé­­ rence télé­­ nique per­­ nente était tenue, pho­­ ma­­ avec les col­­ bo­­ teurs avec les­­ la­­ ra­­ quels il est néces­­ saire de tra­­ vailler, sur le moment : par­­ cu­­ re­­ ti­­ liè­­ ment utile, lorsque les col­­ bo­­ teurs en la­­ ra­­ ques­­ tion sont répar­­ sur des sites dis­­ tis tants. Dans le pro­­ ge­­ lon­­ ment de la mes­­ ge­­ ins­­ sa­­ rie tanta­­ née, on peut éga­­ ­ le­ ment comp­­ sur un autre outil : la « réunion vir­­ ter tuelle ». Le prin­ ­ cipe et l’application en sont déjà bien connus avec les « conference call », des confé­­ rences télé­­ niques ras­­ blant, vir­­ le­­ pho­­ sem­­ tuel­­ ment, des inter­­ nants dis­­ mi­­ en dif­­ rents lieux. ve­­ sé­­ nés fé­­ Des outils comme Live mee­­ ting de Microsoft ou Adobe Connect per­­ mettent d’ajouter un sup­­ port de confé­­ rence visible par tous (un diaporama Powerpoint) ou encore un tableau blanc inter­­ tif sur ac­­ 43 Savoir-être La réunion vir­­ tuelle
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    1 • Connaître sonenvi­­ ne­­ ron­­ ment L’environnement éco­­ mique de l’entreprise no­­ Les impé­­ tifs finan­­ ra­­ ciers L’environnement juri­­ dique L’environnement tech­­ lo­­ no­­ gique lequel il est pos­­ sible d’écrire et de des­­ ner. Bien sûr, il est éga­­ ment si­­ le­­ pos­­ sible de par­­ ger des docu­­ ta­­ ments en ligne et de voir les inter­­ ­ ve­ nants via leur webcam. Le tra­­ à dis­­ vail tance est incontes­­ ble­­ ta­­ ment une nou­­ velle dimen­ ­ sion du mana­­ ment. Car « diri­­ ge­­ ger » une réunion à dis­­ tance sup­­ pose non seule­­ ment de s’approprier ces nou­­ velles tech­­ lo­­ no­­ gies, mais aussi de nou­­ velles tech­­ niques d’animation de réunion. On par­­ d’ailleurs lera plus fré­­ quem­­ ment de « webconference » que de réunion vir­­ tuelle. Le tra­­ vail collaboratif La « webconf » est pro­­ ble­­ ba­­ ment l’une des pre­­ mières « briques » du tra­­ collaboratif et l’une des plus faciles à mettre en place. vail Au-­ elà, les édi­­ d teurs de logi­­ ciels pro­­ posent la créa­­ tion de véri­ ­ tables « espaces collaboratifs » en ligne. Des sortes de mini-­ ntranet, I réser­­ à un pro­­ ou à une commu­­ vés jet nauté pro­­ sion­­ fes­­ nelle. Par exemple, l’espace collaboratif des RH per­­ tra à tous les cor­­ ­ met­­ res­ pon­­ dants RH d’une même entre­­ prise de ras­­ bler et de par­­ ­ sem­­ ta­ ger leurs docu­­ ments de tra­­ vail. Dans ces espaces, cha­­ cun, selon ses droits (admi­­ tra­­ nis­­ teur, contributeur ou simple lec­­ teur) pourra accé­ ­ der aux docu­­ ments sto­­ ckés, voire les modi­­ ou les mettre à jour fier s’il y est auto­­ risé. Ces espaces collaboratifs pro­­ posent en outre des forums de dis­ ­ cus­­ sion sur les­­ quels il est facile d’échanger des points de vue. Ils offrent sou­­ vent éga­­ ment des outils d’enquête ou de son­­ le­­ dage en ligne pour recueillir l’opinion des par­­ cipants face à une ques­­ ti­­ tion. Cer­­ tains pro­­ posent même de mettre à dis­­ si­­ po­­ tion des wikis : ces ency­­ pé­­ clo­­ dies collaboratives dont l’exemple grand public le plus célèbre est wikipedia. Cha­­ peut créer une défi­­ tion ou modi­­ cun ni­­ fier une défi­­ tion exis­­ ni­­ tante, créée par un autre col­­ bo­­ teur. Un outil la­­ ra­­ très pré­­ cieux de mana­­ ment, pour consti­­ ge­­ tuer, par exemple, un réfé­ ­ ren­­ tech­­ tiel nique ou une base de connais­­ sance commune. Le wiki est pro­­ ble­­ ba­­ ment la solu­­ tion la plus basique mais la plus effi­­ cace de Knowledge mana­­ ment. ge­­ 44
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    Savoirs Figure 1.6 ■ Exemple dewiki consa­­ à la péda­­ gie cré go­­ Aussi bien pour exer­­ son acti­­ actuelle (recru­­ par exemple) cer vité ter, que pour pré­­ rer son acti­­ pa­­ vité future (mobi­­ pro­­ sion­­ lité fes­­ nelle), e rêt ri­­ tité un « mana­­ du xxi  siècle » a tout inté­­ à valo­­ ser son iden­­ ger numé­­ rique en pre­­ nant pied sur les réseaux sociaux. À l’heure d’Internet, il est indis­­ sable de for­­ et de pré­­ ver pen­­ ger ser­­ sa répu­­ tion en ligne comme de consti­­ ta­­ tuer et d’amplifier son réseau pro­­ sion­­ en créant un pro­­ per­­ nel sur l’une au moins des fes­­ nel, fil son­­ dif­­ rentes plateformes de réseaux sociaux. fé­­ Côté pro­­ sion­­ fes­­ nel, en France, Viadeo est sans doute le plus adapté à tous ; Linkedin sera pré­­ féré, si l’on envi­­ sage une car­­ rière inter­­ tionale. Éta­­ un pro­­ sur Facebook n’est pas non plus na­­ blir fil inutile, en sachant que cette pla­­ forme évoque davan­­ te­­ tage la sphère pri­­ que pro­­ sion­­ vée fes­­ nelle. Atten­­ tion tou­­ fois aux infor­­ tions te­­ ma­­ dif­­ sées sur ces plateformes, qui deviennent dès lors publiques. Il fu­­ convient d’être prudent. 45 Savoir-être Iden­­ tité numé­­ rique et réseaux sociaux Savoir-faire Cet outil per­­ met à cha­­ cun d’améliorer et d’enrichir la base de connais­­ sance. Cette ency­­ pé­­ collaborative pré­­ clo­­ die serve en interne un savoir vivant et en constante évo­­ tion. lu­­
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    1 • Connaître sonenvi­­ ne­­ ron­­ ment L’environnement éco­­ mique de l’entreprise no­­ Les impé­­ tifs finan­­ ra­­ ciers L’environnement juri­­ dique L’environnement tech­­ lo­­ no­­ gique L’identité numé­­ rique peut éga­­ ment être ren­­ cée par la tenue le­­ for­­ d’un blog. Outil de noto­­ riété très utile aux consul­­ tants indé­­ ­ pen­ dants, notam­­ ment dans le domaine des nou­­ velles tech­­ lo­­ no­­ gies ; il peut aussi s’avérer très effi­­ cace pour valo­­ ser votre exper­­ ri­­ tise, et par là même, celle de l’entreprise qui vous emploie. Plus loin, la plu­­ part des blogueurs uti­­ lisent éga­­ ment le ser­­ le­­ vice de micro-­ logging twitter pour dif­­ ser ou rece­­ b fu­­ voir des infor­­ ­ ma­ tions très rapides (140 carac­­ tères maxi­­ mum par mes­­ sage). L’évolution du rôle de mana­­ ger L’irruption des nou­­ velles tech­­ lo­­ no­­ gies, en par­­ cu­­ des outils de ti­­ lier tra­­ collaboratif, ajou­­ à l’entrée dans le monde du tra­­ des vail tée vail « digi­­ natives » va donc pas­­ ble­­ tal sa­­ ment modi­­ la manière dont le fier mana­­ devra mana­­ ger ger. Du rôle ancien et clas­­ sique, fondé sur le command and control (don­­ des ordres et véri­­ leur exé­­ tion), le mana­­ devra ner fier cu­­ ger s’adapter à de nou­­ veaux compor­­ ments, plus col­­ tifs, moins hié­ te­­ lec­­ ­ rar­­ sés, miser sur la col­­ bo­­ tion plu­­ que sur l’exécution et chi­­ la­­ ra­­ tôt s’appuyer davan­­ tage sur la confiance que sur l’exercice du pou­­ voir. L’information devient omni­­ sente, dans et hors de l’entreprise. pré­­ Le mana­­ ne peut plus se contenter de sa connais­­ ger sance, autre­­ fois exclu­­ et réser­­ aux cadres, comme seul attri­­ de son pou­ sive vée but ­ voir. L’environnement tech­­ lo­­ no­­ gique va irré­­ dia­­ ment pous­­ le mé­­ ble­­ ser mana­­ à res­­ sa­­ li­­ davan­­ ger pon­­ bi­­ ser tage les membres de son équipe, à être ini­­ teur de nou­­ tia­­ veaux pro­­ jets. Et sa mis­­ sion de mana­­ devra ger pas­­ pro­­ si­­ ment du rôle de « chef » qui ordonne et véri­­ à ser gres­­ ve­­ fie, celle de « lea­­ der » d’équipe, de régu­­ teur et d’animateur de commu­ la­­ ­ nauté. 46
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    47 Savoirs Savoir-être Savoir-faire L’environnement actuel del’entreprise se carac­­ rise par té­­ une double évo­­ tion : l’accélération du rythme des chan­ lu­­ ­ ge­­ ments et le décloisonnement des acti­­ tés. L’accélération vi­­ des chan­­ ments concerne tous les domaines et pas uni­ ge­­ ­ que­­ ment le domaine tech­­ lo­­ no­­ gique. Le décloisonnement des acti­­ tés impacte l’entreprise qui ne peut se tenir à vi­­ l’écart des ten­­ dances, mais éga­­ ment le mana­­ en le­­ ger tant qu’acteur majeur de l’entreprise.
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    Savoirs Chapitre 2 e té­­ ◆◆ Commentl’entreprise définit-­ lle sa stra­­ gie ? ◆◆ Quels sont les grands types de stra­­ gie actuels ? té­­ ◆◆ Comment la stra­­ gie se déploie-­-elle dans l’entreprise ? té­­ t 49 Savoir-être Les ques­­ tions aux­­ quelles répond ce cha­­ pitre Savoir-faire Contri­­ buer à la stra­­ gie té­­ de l’entreprise
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    2 • Contri­­ buerà la stra­­ gie té­­ de l’entreprise Les fon­­ men­­ da­­ taux de la stra­­ gie té­­ Le diag­­ tic stra­­ gique nos­­ té­­ Le choix de la stra­­ gie té­­ Le déploie­­ ment de la stra­­ gie té­­ CC Les fon­­da­­ en­­taux de la stra­­té­­gie m Une brève his­­ toire de la stra­­ gie té­­ PRINCIPES CLÉS La stra­­ gie a d’abord été un art de la té­­ guerre, avant de s’appliquer aux affaires • La stra­­ gie est l’art d’atteindre té­­ un objec­­ tif. éco­­ miques. Le texte le plus ancien no­­ serait celui de Sun Tzu, géné­­ chi­­ ral nois • Elle consiste à arbi­­ trer parmi plu­­ sieurs choix offerts et à ayant vécu 500 ans av. J.C. Le terme de allouer les meilleurs moyens et « stra­­ gie » appa­­ dans l’ouvrage du té­­ raît res­­ sources néces­­ saires. géné­­ prus­­ ral sien Karl von Clausewitz dans son Traité de la guerre en 1832. Ce n’est qu’au milieu des années 1960 que le terme est uti­­ pour lisé les affaires éco­­ miques, d’abord par A. Chandler dans Strategy and no­­ struc­­ publié en 1963, puis en 1965 par Igor Ansoff dans Corporate ture Strategy (Stra­­ gie du déve­­ pe­­ té­­ lop­­ ment de l’entreprise en fran­­ çais). Ayant comme but ultime la créa­­ de valeur, « La stra­­ gie d’une tion té­­ entre­­ prise cor­­ pond à une confi­­ ra­­ res­­ gu­­ tion cohé­­ rente d’activités visant à lui per­­ mettre de faire la dif­­ rence par rap­­ fé­­ port à ses concur­­ rents »1. Éta­­ une stra­­ gie blir té­­ Éta­­ une stra­­ gie pour son entre­­ blir té­­ prise consiste à faire des choix dans l’allocation aux dif­­ rentes acti­­ tés des res­­ fé­­ vi­­ sources rares de l’entreprise : res­­ sources humaines, finance et temps. La stra­­ gie engage les res­ té­­ ­ sources de l’entreprise sur le long terme, de 3 ans à 5 ans. Il s’agit de construire pour son offre des avan­­ tages concur­­ tiels ren­­ dura­­ ment ren­­ ble­­ tables, expri­­ en termes de « béné­­ client » par : més fice ✓✓ des inno­­ tions ; va­­ ✓✓ l’assemblage de compé­­ tences créa­­ teur de valeur pour le client ; ✓✓ des ver­­ rouillages (savoir-­ aire spé­­ fiques, bre­­ f ci­­ vets, alliances avec des four­­ seurs ou des dis­­ bu­­ nis­­ tri­­ teurs, noto­­ riété d’une marque…) ; 1. Michael Por­­ L’avantage concur­­ tiel, Dunod, édi­­ ter, ren­­ tion 2008. 50
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    ✓✓ les syner­­internes entre les branches d’un groupe ; gies ✓✓ la flexi­­ lité et rapi­­ de réac­­ bi­­ dité tion, « time based competition ». La démarche stra­­ gique s’organise en trois étapes bien dis­­ té­­ tinctes que nous détaille­­ rons dans les pages sui­­ vantes : ✓✓ La réa­­ sa­­ li­­ tion d’un diag­­ tic syn­­ tique met­­ nos­­ thé­­ tant en avant les menaces ou oppor­­ ni­­ de l’environnement et les forces et fai­ tu­­ tés ­ blesses de l’entreprise. Pour ce faire, on aura mené une ana­­ de lyse l’environnement concur­­ tiel, poli­­ ren­­ tique, éco­­ mique et tech­­ ­ no­­ no­ lo­­ gique et une ana­­ de la compé­­ vité de l’entreprise ; lyse titi­­ ✓✓ Le choix d’une stra­­ gie pour l’entreprise ; té­­ ✓✓ L’alignement stra­­ gique qui per­­ té­­ met de mettre en œuvre la stra­ ­ té­­ choi­­ et de créer les syner­­ néces­­ gie sie gies saires. Savoirs Une démarche en trois phases 51 Savoir-être Pour poser un diag­­ tic stra­­ gique, nos­­ té­­ l’entreprise doit tout d’abord effec­­ tuer PRINCIPES CLÉS une seg­­ ta­­ men­­ tion de ses acti­­ tés en vi­­ nos­­ té­­ domaines d’activités stra­­ giques (DAS). • Le diag­­ tic stra­­ gique té­­ s’appuie sur une ana­­ lyse fac­ ­ Puis sur cha­­ de ces domaines, elle va cun tuelle de la réa­­ qui vise à lité livrer à une double ana­­ lyse : don­­ une vision réa­­ ner liste de la situa­­ tion de l’entreprise sur son ✓✓ L’analyse externe qui vise à pré­­ ter sen­­ mar­­ ché. une vue complète du mar­­ et de ché • On s’appuie pour cela sur des l’environnement ; méthodes et outils éprou­­ vés. ✓✓ L’analyse interne qui consiste à ana­ ­ ly­­ les forces et les fai­­ ser blesses de l’entreprise, compte tenu des pro­­ duits qu’elle pro­­ pose et des mar­ ­ chés sur les­­ quels elle a choisi de se déve­­ per. lop­­ Pour faci­­ ter le diag­­ tic et appor­­ une vision glo­­ li­­ nos­­ ter bale de la situa­­ tion, l’ensemble des résul­­ seront réunis dans une matrice tats SWOT (EMOFF en fran­­ çais). Savoir-faire CC Le diag­­ nos­­tic stra­­té­­gique
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    2 • Contri­­ buerà la stra­­ gie té­­ de l’entreprise Les fon­­ men­­ da­­ taux de la stra­­ gie té­­ Le diag­­ tic stra­­ gique nos­­ té­­ Le choix de la stra­­ gie té­­ Le déploie­­ ment de la stra­­ gie té­­ La seg­­ ta­­ stra­­ gique men­­ tion té­­ Seg­­ ter l’activité de l’entreprise per­­ de cir­­ men­­ met conscrire le cadre de l’analyse à des sous-­ nsembles cohé­­ e rents. Ces sous-­ nsembles sont e appe­­ seg­­ lés ments stra­­ giques ou domaines d’activité stra­­ giques té­­ té­­ (DAS) ou Busi­­ Units (BU). ness Un seg­­ ment stra­­ gique consiste en un regrou­­ ment de fonc­­ té­­ pe­­ tions ou de pro­­ sus por­­ ces­­ teurs d’une stra­­ gie spé­­ fique pour l’entreprise té­­ ci­­ et qui cor­­ pond à une combi­­ son par­­ cu­­ res­­ nai­­ ti­­ lière de fac­­ teurs clés de suc­­ cès. Le décou­­ page en seg­­ ments peut s’appuyer sur des cri­­ tères propres à l’entreprise et sur des cri­­ tères externes : ✓✓ les compé­­ tences néces­­ saires ; ✓✓ les struc­­ tures de coûts ; ✓✓ les tech­­ lo­­ no­­ gies ; ✓✓ les types de clients ; ✓✓ les réseaux de dis­­ bu­­ tri­­ tion ; ✓✓ les zones géo­­ phiques ; gra­­ ✓✓ la concur­­ rence ; ✓✓ etc. Cri­­ tères de per­­ nence d’une seg­­ ti­­ men­­ tion ta­­ Chaque DAS doit être mesu­­ rable, que ce soit au tra­­ vers de la taille du mar­­ ché, ou de la ren­­ bi­­ ta­­ lité. La part de mar­­ de l’entreprise ché doit être suf­­ sante pour pou­­ fi­­ voir y bâtir une stra­­ gie et lui allouer té­­ des res­­ sources propres. Il faut rai­­ ner à la bonne échelle : la seg­­ ta­­ son­­ men­­ tion ne doit être ni trop fine au sens du seg­­ ment mar­­ ting, ni trop agré­­ au sens ke­­ gée de la branche ou du sec­­ teur indus­­ triel. Le nombre de DAS doit être compa­­ tible avec la taille de l’entreprise : de 3 ou 4 en PME à une soixan­­ taine pour un groupe mon­­ diver­­ fié. dial si­­ 52
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    Tableau 2.1 ■ Exemple deseg­­ men­­ tion l’industrie de la pein­­ ta­­ ture DAS Fac­­ teur dif­­ ren­­ fé­­ ciant Zone de réfé­­ rence de la concur­­ rence Grand-­ ublic p Mar­­ ting ke­­ Natio­­ nale, la faible valeur ajou­­ du pro­­ tée duit et l’importance du mar­­ ting ke­­ limitent les échanges Indus­­ trie Technico-­ ommercial c Natio­­ nale avec ten­­ dance à l’européanisation au tra­­ vers d’une cer­­ taine stan­­ di­­ ­ dar­­ sa­ tion des pro­­ duits Répa­­ tion ra­­ auto­­ bile mo­­ Inno­­ tion tech­­ lo­­ va­­ no­­ gique / dis­­ bu­­ tri­­ tion Euro­­ péenne. Le rôle crois­­ sant des réseaux construc­­ teurs dans la répa­­ tion pousse à ra­­ l’internationalisation Construc­­ teur auto­­ bile mo­­ Coûts de pro­­ tion / effets duc­­ d’échelle Mon­­ diale. Un petit nombre de clients (les construc­­ teurs auto­­ biles) avec une poli­ mo­­ ­ tique d’achat inter­­ tionale na­­ Construc­­ tion et répa­­ tions ra­­ navales Inno­­ tion tech­­ lo­­ va­­ no­­ gique et pré­­ sence inter­­ tionale na­­ Mon­­ diale. Le mar­­ ché est contrôlé par trois pro­­ ­ duc­ teurs qui couvrent le monde au tra­­ vers de licen­­ ciés L’analyse externe L’objectif de l’analyse externe est de situer l’entreprise sur son mar­ ­ ché et dans son envi­­ ne­­ ron­­ ment. La fina­­ de cette ana­­ est de lité lyse détecter les oppor­­ ni­­ et les menaces. tu­­ tés Pour se livrer à cette ana­­ externe, l’entreprise peut mettre en lyse place une veille et/ou faire appel à des cabi­­ nets spé­­ li­­ pour la cia­­ sés réa­­ sa­­ li­­ tion d’études. Deux outils sont uti­­ sés usuel­­ ment : l’analyse PEST et l’analyse li­­ le­­ des cinq forces de Por­­ Ces deux grilles per­­ ter. mettent de struc­­ rer tu­­ la démarche et de balayer de manière exhaus­­ l’ensemble des fac­ tive ­ teurs externes à l’entreprise. 53 Savoirs Natio­­ nale, voire régio­­ nale Savoir-faire Réseau de dis­­ bu­­ tri­­ tion Savoir-être Bâti­­ ment
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    2 • Contri­­ buerà la stra­­ gie té­­ de l’entreprise Les fon­­ men­­ da­­ taux de la stra­­ gie té­­ Le diag­­ tic stra­­ gique nos­­ té­­ Le choix de la stra­­ gie té­­ Le déploie­­ ment de la stra­­ gie té­­ L’analyse PEST L’analyse PEST des influ­­ ences envi­­ ne­­ tales consiste à réper­ ron­­ men­­ ­ to­­ et ana­­ ser les fac­­ rier ly­­ teurs envi­­ ne­­ taux qui affectent les ron­­ men­­ entre­­ prises. Elle per­­ de dépas­­ l’horizon du sec­­ met ser teur pour mieux pré­­ son évo­­ tion future. voir lu­­ Elle invite à répondre aux deux ques­­ tions sui­­ vantes : ✓✓ Parmi ces fac­­ teurs, les­­ quels sont les plus impor­­ tants aujourd’hui ? ✓✓ Et quels seront les plus impor­­ tants dans les années à venir ? Les fac­­ teurs d’influences envi­­ ne­­ tales sont clas­­ en ron­­ men­­ sés quatre grandes familles repré­­ tées par les lettres PEST. sen­­ ✓✓ Politique, légal et régle­­ taire men­­ −− Poli­­ tique fis­­ cale, sociale, sécu­­ rité, etc. ; −− Lois et normes sur la pro­­ tion de l’environnement ; tec­­ −− Régu­­ tion du commerce exté­­ la­­ rieur ; −− … ✓✓ Économique −− Cycles éco­­ miques, crises, etc. ; no­­ −− Évo­­ tion du PIB, de l’inflation, des taux d’intérêt ; lu­­ −− Cours des matières pre­­ mières ; −− Accès au cré­­ dit ; −− … ✓✓ Socioculturel, démo­­ phique gra­­ −− Taille et vieillis­­ ment de la popu­­ tion ; se­­ la­­ −− Évo­­ tion des modes de vie et des niveaux d’instruction ; lu­­ −− Dis­­ bu­­ tri­­ tion des reve­­ nus ; −− … ✓✓ Technologique −− Inves­­ se­­ tis­­ ment en recherche et déve­­ pe­­ lop­­ ment ; −− Évo­­ tion des tech­­ lo­­ lu­­ no­­ gies ; −− … 54
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    Savoir-faire L’analyse des cinqforces de Por­­ mesure l’intensité concur­­ tielle ter ren­­ sur un sec­­ teur donné. Elle per­­ de visua­­ ser les dif­­ rentes forces met li­­ fé­­ en jeu et de recher­­ cher celles qui sont le plus à même de tou­­ cher l’entreprise : ✓✓ La concur­­ rence en place. Il s’agit de la concur­­ rence actuelle de l’entreprise sur son sec­­ teur d’activité. Ce sont des aspects qui sont sou­­ vent connus et sui­­ vis. ✓✓ Les nou­­ veaux entrants. Qui sont les nou­­ veaux concur­­ rents poten­ ­ tiels ? Ils peuvent venir de sec­­ teurs d’activité très dif­­ rents de fé­­ celui de l’entreprise. Par exemple, sur le mar­­ de la for­­ ­ ché ma­ tion pro­­ sion­­ fes­­ nelle de plus en plus tech­­ lo­­ no­­ gique (e-­earning, l serious game), les nou­­ veaux entrants peuvent venir du monde de la tech­­ lo­­ no­­ gie. ✓✓ Les four­­ seurs. Quelle pres­­ nis­­ sion les four­­ seurs sont-­ls en posi­ nis­­ i ­ tion d’exercer sur les marges ? Par exemple, dans le sec­­ teur de l’horlogerie, il ne sub­­ siste que très peu de four­­ seurs de méca­ nis­­ ­ nismes d’horlogerie. Les entre­­ prises clientes dépendent d’eux. ✓✓ Les clients. Quelle pres­­ sion les clients sont-­ls en posi­­ i tion d’exercer sur les marges ? Par exemple, la grande dis­­ bu­­ tri­­ tion est un client incontour­­ nable et de ce fait en situa­­ tion de peser sur les marges de ses four­­ seurs. nis­­ ✓✓ Les pro­­ duits de sub­­ tution. Quels pro­­ sti­­ duits dif­­ rents pour­­ fé­­ raient rendre le même ser­­ que le pro­­ vice duit de l’entreprise ? L’évolution des tech­­ lo­­ no­­ gies peut appor­­ de nom­­ ter breux bou­­ ver­­ ments le­­ se­­ dans ce domaine. Dans le domaine des réunions pro­­ sion­­ fes­­ nelles, les ser­­ vices de visio-­ onférence sont concur­­ c rents des compa­­ gnies aériennes. Savoirs Les cinq forces de Por­­ ter L’objectif de l’analyse interne est d’identifier les forces et fai­­ blesses de l’entreprise. Elle peut uti­­ ser les outils dont elle dis­­ li­­ pose à cet effet aux trois niveaux de la stra­­ gie : té­­ ✓✓ le niveau glo­­ ou stra­­ gie d’entreprise ; bal té­­ ✓✓ le niveau du DAS ; 55 Savoir-être L’analyse interne
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    2 • Contri­­ buerà la stra­­ gie té­­ de l’entreprise Les fon­­ men­­ da­­ taux de la stra­­ gie té­­ Le diag­­ tic stra­­ gique nos­­ té­­ Le choix de la stra­­ gie té­­ Le déploie­­ ment de la stra­­ gie té­­ ✓✓ le niveau opé­­ tion­­ ra­­ nel. Au niveau glo­­ bal, les ques­­ tions fon­­ men­­ da­­ tales aux­­ quelles vont répondre ces outils d’aide à la déci­­ sion sont : ✓✓ Comment faire évo­­ mon por­­ feuille d’activité ? luer te­­ ✓✓ Comment répar­­ mes res­­ tir sources entre les dif­­ rentes acti­­ tés ? fé­­ vi­­ ✓✓ Comment éva­­ luer l’intérêt rela­­ des dif­­ rentes acti­­ tés de tif fé­­ vi­­ l’entreprise ? L’évaluation de l’intérêt d’une acti­­ repose sur deux fac­­ vité teurs : ✓✓ L’attrait du mar­­ qui indique l’intérêt, le risque sec­­ riel et ché to­­ les besoins finan­­ ciers que repré­­ sente le seg­­ ment. Les prin­­ paux ci­­ indi­­ teurs sont : ca­­ −− la taille actuelle du mar­­ ché, −− le taux de crois­­ sance prévu, −− la ren­­ bi­­ intrin­­ ta­­ lité sèque du mar­­ ché, −− … ✓✓ La compé­­ vité de l’entreprise, qui indique les capa­­ tés, la ren­ titi­­ ci­­ ­ ta­­ lité et le risque concur­­ tiel de l’entreprise. Les prin­­ paux bi­­ ren­­ ci­­ indi­­ teurs sont : ca­­ −− la part de mar­­ de l’entreprise ou son chiffre d’affaires, ché −− les atouts poten­­ tiels dont elle dis­­ pose, −− … Parmi les modèles les plus connus nous étu­­ rons : die­­ ✓✓ la matrice BCG ; ✓✓ la matrice McKinsey. La matrice BCG La matrice BCG est un outil d’analyse d’un por­­ feuille d’activités. te­­ Elle a été créée par le cabi­­ de conseil amé­­ cain Bos­­ Consulting net ri­­ ton Group. 56
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    Croissance du marché Étoile – ++ Dilemme Vacheà lait Poids mort Part de marché relative 57 – Savoir-être ++ Savoir-faire Figure 2.1 ■ La matrice BCG Savoirs C’est un outil très visuel qui consti­­ un bon vec­­ de commu­ tue teur ­ ni­­ tion. Elle est très facile d’emploi, car c’est un gra­­ ca­­ phique que le tableur Excel réa­­ auto­­ ti­­ ment sous le nom de gra­­ lise ma­­ que­­ phiques à bulles. Cette matrice croise trois types de don­­ nées : ✓✓ la crois­­ sance du chiffre d’affaires des dif­­ rentes acti­­ tés repré­ fé­­ vi­­ ­ sen­­ en ordon­­ tée nées ; ✓✓ la part de mar­­ ché sur cha­­ cune des acti­­ tés repré­­ tées en vi­­ sen­­ abs­­ cisses ; ✓✓ les marges ou les chiffres d’affaires des dif­­ rentes acti­­ tés repré­ fé­­ vi­­ ­ sen­­ par la taille des cercles. tés La matrice BCG répar­­ le por­­ feuille d’activités en 4 grandes tit te­­ familles : ✓✓ les vaches à lait ; ✓✓ les étoiles ; ✓✓ les dilemmes ; ✓✓ les poids morts.
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    2 • Contri­­ buerà la stra­­ gie té­­ de l’entreprise Les fon­­ men­­ da­­ taux de la stra­­ gie té­­ Le diag­­ tic stra­­ gique nos­­ té­­ Le choix de la stra­­ gie té­­ Le déploie­­ ment de la stra­­ gie té­­ Les vaches à lait sont les acti­­ tés arri­­ vi­­ vées à matu­­ rité. L’entreprise y a une forte part de mar­­ ché, mais le taux de crois­­ sance du mar­­ ché est faible. Elles génèrent des ren­­ trées impor­­ tantes. L’objectif est de main­­ nir la posi­­ te­­ tion domi­­ nante. Il faut évi­­ le double risque de ter trop inves­­ sur un mar­­ à crois­­ tir ché sance faible et de ne pas assez inves­­ au risque de « faire mai­­ tir grir » la vache. Les étoiles sont le futur de l’entreprise. Ce sont des acti­­ tés sur vi­­ les­­ quelles l’entreprise a une forte part de mar­­ et sur les­­ ché quelles le taux de crois­­ sance du mar­­ est fort. ché Les dilemmes sont les acti­­ tés sur les­­ vi­­ quelles l’entreprise n’a qu’une faible part alors que le mar­­ est en crois­­ ché sance. Ces acti­­ tés vi­­ ne génèrent qu’une faible ren­­ bi­­ L’erreur serait d’investir for­­ ­ ta­­ lité. te­ ment dans le déve­­ pe­­ lop­­ ment de cette acti­­ sans chance d’être le vité lea­­ der. Les poids morts sont les acti­­ tés pour les­­ vi­­ quelles l’entreprise dis­ ­ pose d’une faible part d’un mar­­ en crois­­ ché sance faible. Ces acti­­ ­ vi­ tés sont des poids mort en ren­­ bi­­ et en tré­­ re­­ Il peut s’agir ta­­ lité so­­ rie. d’anciennes « vaches à lait » ou de diver­­ fi­­ tions ratées. L’erreur si­­ ca­­ serait de vou­­ à tout prix gagner des parts de mar­­ loir ché, ce qui serait coû­­ teux et sans inté­­ sur un mar­­ sans expan­­ rêt ché sion. La matrice attraits/atouts ou matrice McKinsey La matrice attraits/atouts mesure l’attractivité d’un seg­­ ment stra­­ ­ té­ gique et la croise avec les atouts que l’entreprise pos­­ sède pour réus­­ sir sur ce seg­­ ment. Elle se prête bien à un tra­­ col­­ tif de réflexion vail lec­­ en comité de direc­­ tion. Attraits du sec­­ teur L’attrait est la valeur à laquelle l’entreprise éva­­ un sec­­ lue teur. Il peut s’agir de valeur intrin­­ sèque fon­­ sur des cri­­ dée tères objec­­ tifs : ✓✓ crois­­ sance, taille et durée du mar­­ ché ; ✓✓ niveau de la concur­­ rence ; 58
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    La méthode pourréa­­ ser la matrice li­­ ✓✓ Lis­­ les atouts et les attraits ; ter ✓✓ Attri­­ buer les notes. Il s’agit d’attribuer à chaque attrait et à chaque atout une note allant de 0 à  10. Le zéro cor­­ pond à res­­ l’absence totale d’intérêt, ou de compé­­ tence, le 10 au maxi­­ mum pos­­ sible. Il faut veiller à fixer les notes de manière la plus objec­ ­ tive pos­­ sible, c’est-à-dire sur la base de faits et non d’opinions ; ✓✓ Fixer les coef­­ cients de pon­­ ra­­ . Tous les items n’ayant fi­­ dé­­ tion pas la même valeur, on leur attri­­ géné­­ le­­ bue ra­­ ment un cri­­ de tère pon­­ ra­­ dé­­ tion allant de 1 à 3 ; ✓✓ Construire la matrice. Pour cela, on répar­­ les attraits et les tit atouts en 3 grandes classes : forts, moyens et faibles. Cela déter­ ­ mine une matrice à 9 cases dans laquelle se répar­­ tissent les seg­ ­ ments ou DAS. 59 Savoirs Ce sont les atouts dont dis­­ pose l’entreprise pour réus­­ sur un seg­ sir ­ ment donné. Voici une liste non exhaus­­ d’atouts qu’une entre­ tive ­ prise peut pos­­ der sur un sec­­ sé­­ teur. ✓✓ part de mar­­ ché ; ✓✓ maî­­ trise tech­­ lo­­ no­­ gique ; ✓✓ expé­­ rience, pro­­ ti­­ duc­­ vité, qua­­ lité ; ✓✓ syner­­ avec d’autres acti­­ tés ; gie vi­­ ✓✓ res­­ sources déjà dis­­ nibles ; po­­ ✓✓ … Savoir-faire Atouts de l’entreprise Savoir-être ✓✓ ren­­ bi­­ du sec­­ ta­­ lité teur ; ✓✓ besoin de res­­ sources finan­­ cières ; ✓✓ … Il peut s’agir éga­­ ment d’une valeur rela­­ le­­ tive, c’est-à-dire l’intérêt que l’entreprise accorde au sec­­ teur. Par exemple, un seg­­ ment dans lequel l’entreprise n’aura aucune chance de réus­­ aura une valeur site rela­­ nulle, même si sa valeur intrin­­ tive sèque est forte.
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    2 • Contri­­ buerà la stra­­ gie té­­ de l’entreprise Les fon­­ men­­ da­­ taux de la stra­­ gie té­­ Le diag­­ tic stra­­ gique nos­­ té­­ Le choix de la stra­­ gie té­­ Le déploie­­ ment de la stra­­ gie té­­ Tableau 2.2 ■ Liste des attraits du mar­­ ché Attraits Pon­­ ra­­ dé­­ tion DAS 1 DAS2 DAS 3 DAS2 DAS 3 Attrait 1 Attrait 2 … Tableau 2.3 ■ Liste des atouts de l’entreprise Atouts Pon­­ ra­­ dé­­ tion DAS 1 Atout 1 Atout 2 ... Tableau 2.4 ■ La matrice attraits/atouts Attraits du mar­­ ché Atouts de l’entreprise Forts Moyens Faibles Forts Moyens Faibles Le diag­­ tic nos­­ Le diag­­ tic ras­­ nos­­ semble les élé­­ ments recueillis au cours des phases d’analyse interne et externe. On uti­­ pour cela le modèle SWOT lise (Strengths Weaknesses Opportunities, Threats) ou EMOFF (Enjeux, Menaces, Oppor­­ ni­­ Forces, Fai­­ tu­­ tés, blesses). Le modèle SWOT per­­ met d’avoir une vision glo­­ bale de l’entre­ prise ou du domaine d’activité stra­­ gique sur son mar­­ té­­ ché : ✓✓ Menaces : ce sont les faits pro­­ nant du mar­­ ou de son envi­ ve­­ ché ­ ron­­ ment et qui ne sont pas favo­­ ne­­ rables. Ainsi, l’arrivée de nou­ ­ 60
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    Tableau 2.5 ■ Exemple d’analyseSWOT Oppor­­ ni­­ (faits externes) tu­­ tés Une concur­­ rence impor­­ tante Une baisse du pou­­ voir d’achat de la clien­­ tèle Un fort inté­­ de la clien­­ rêt tèle pour ce type de pro­­ duit Forces (faits internes) Savoirs Fai­­ blesses (faits internes) Une très bonne qua­­ lité Des pro­­ duits appré­­ ciés Un réseau de dis­­ bu­­ tri­­ tion bien struc­­ turé Une ren­­ bi­­ en baisse ta­­ lité Une fois, le diag­­ tic posé, il faut ensuite iden­­ fier les objec­­ nos­­ ti­­ tifs que l’on se donne et le plan d’actions pour atteindre ces objec­­ tifs. Trois pistes sont pré­­ ni­­ pour cela : co­­ sées ✓✓ sécu­­ ser les points faibles et les menaces ; ri­­ ✓✓ conso­­ der les points forts ; li­­ ✓✓ se déve­­ per sur les oppor­­ ni­­ de mar­­ lop­­ tu­­ tés ché. 61 Savoir-être Menaces (faits externes) Savoir-faire veaux concur­­ rents, la fusion de deux concur­­ rents les ren­­ dant plus compé­­ titifs, une régle­­ ta­­ men­­ tion res­ ric­­ t tive, un seg­­ ment de mar­­ en régres­­ ché sion, une insta­­ lité inter­­ tionale ayant des bi­­ na­­ réper­­ sions sur le marché… cus­­ ✓✓ Oppor­­ ni­­  : elles cor­­ pondent aux faits ou ten­­ tu­­ tés res­­ dances du mar­­ ché et de son envi­­ ne­­ ron­­ ment qui sont plu­­ favo­­ tôt rables. Ainsi, une nou­­ velle tech­­ lo­­ un seg­­ no­­ gie, ment de mar­­ en forte ché crois­­ sance, un fort pou­­ d’achat du marché-­ ible, un seg­­ voir c ment de mar­­ émergent en forte pro­­ sion, la chute d’un concur­ ché gres­­ ­ rent, une reprise économique… ✓✓ Forces : ce sont les atouts de l’entreprise et de ses gammes de pro­­ duits ou ser­­ vices. Ce sont ses points forts par rap­­ port aux concur­­ rents. Par exemple : une image d’innovateur, une excel­ ­ lente qua­­ une gamme large et complète, une bonne rela­­ lité, tion client, une part de mar­­ importante… ché ✓✓ Fai­­ blesses : ce sont les points faibles de l’entreprise ou des gammes de pro­­ duits ou ser­­ vices. Par exemple : une faible noto­­ riété, une baisse de qua­­ une faible ren­­ bi­­ des pro­­ lité, ta­­ lité, duits vieillissants…
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    2 • Contri­­ buerà la stra­­ gie té­­ de l’entreprise Les fon­­ men­­ da­­ taux de la stra­­ gie té­­ Le diag­­ tic stra­­ gique nos­­ té­­ Le choix de la stra­­ gie té­­ Le déploie­­ ment de la stra­­ gie té­­ CC Le choix de la stra­­té­­gie PRINCIPES CLÉS • Choi­­ c’est renon­­ sir, cer. Effec­ ­ tuer le choix d’une stra­­ gie, té­­ c’est renon­­ aux autres stra­ cer ­ té­­ gies pos­­ sibles. • C’est aussi foca­­ ser à moyen li­­ ou long terme l’entreprise sur un cap qu’il fau­­ tenir sur la dra durée. Les entre­­ prises peuvent adop­­ dif­­ ­ ter fé­ rentes stra­­ gies. Nous abor­­ té­­ dons ici les trois des plus connues, ainsi qu’une nou­ ­ velle approche. ✓✓ les trois stra­­ gies géné­­ té­­ riques de Por­­ ter ; ✓✓ les stra­­ gies de crois­­ té­­ sance d’Ansoff ; ✓✓ les quatre stra­­ gies de Kotler 1 ; té­­ ✓✓ l’approche « Océan bleu ». Les trois stra­­ gies géné­­ té­­ riques ou stra­­ gies de Por­­ té­­ ter Michael Por­­ dis­­ ter tingue deux grands types d’avantages concur­­ ­ ren­ tiels pour une entre­­ prise : ✓✓ des coûts peu éle­­ par rap­­ vés port à ses concur­­ rents ; ✓✓ une dif­­ ren­­ tion de son offre par rap­­ fé­­ cia­­ port à celle de ses concur­­ rents. En combi­­ nant ces deux carac­­ ris­­ té­­ tiques, il défi­­ trois stra­­ gies nit té­­ de base : ✓✓ La domi­­ tion par les coûts : l’entreprise veut deve­­ le pro­­ ­ na­­ nir duc­ teur à coûts peu éle­­ de son sec­­ vés teur. S’adressant à une cible large, elle pro­­ pose des pro­­ duits stan­­ di­­ (cf. mar­­ ting de masse). Le dar­­ sés ke­­ pro­­ duit doit être perçu comme compa­­ rable aux autres pro­­ duits du mar­­ pour pou­­ être vendu à un prix proche de la moyenne ché voir du mar­­ L’avantage coût est ainsi trans­­ ché. formé en pro­­ plus élevé fit pour l’entreprise. Si le pro­­ duit est jugé infé­­ rieur en qua­­ à la lité moyenne du mar­­ ché, il faut que le prix de vente soit baissé en consé­­ quence (dans la limite appor­­ par l’avantage coût) ; tée 1. Philip Kotler est pro­­ seur de mar­­ ting aux États-­ nis. Il a écrit de nom­ fes­­ ke­­ U ­ breux livres, articles et tra­­ vaux de recherche. 62
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    Savoirs ✓✓ La stra­­gie de dif­­ ren­­ tion : l’entreprise cherche à se sin­ té­­ fé­­ cia­­ ­ gu­­ ri­­ sur une dimen­­ la­­ ser sion for­­ ment appré­­ par ses clients. te­­ ciée Cette posi­­ tion unique lui per­­ met de pra­­ quer un sur­ rix par ti­­ p rap­­ port à la moyenne du mar­­ ché. L’entreprise dis­­ pose d’une ren­ ­ ta­­ lité supé­­ bi­­ rieure à la moyenne du sec­­ teur si le sur­ rix est supé­ p ­ rieur aux coûts sup­­ men­­ plé­­ taires engen­­ drés par la recherche de spé­­ ficité et d’originalité ; ci­­ ✓✓ La stra­­ gie de concen­­ tion ou stra­­ gie de niche : l’entreprise té­­ tra­­ té­­ sélec­­ tionne une cible étroite et taille sur mesure son offre pour la ser­­ à l’exclusion de toutes les autres cibles. Elle cherche à être le vir lea­­ de ce seg­­ der ment spé­­ fique. Cette stra­­ gie a deux variantes ci­­ té­­ selon que l’avantage de l’entreprise se fonde sur les coûts ou sur une dif­­ ren­­ tion. Le choix entre ces deux variantes dépen­­ fé­­ cia­­ dra des attentes de la cible visée par l’entreprise. La stra­­ gie consti­­ le moyen qui per­­ d’atteindre l’objectif visé. té­­ tue met Un même objec­­ peut être atteint de plu­­ tif sieurs manières dif­­ rentes. fé­­ L’objectif d’augmentation de chiffres d’affaires, par exemple, pourra être atteint grâce à plu­­ sieurs stra­­ gies. té­­ Igor Ansoff a classé ces stra­­ gies de crois­­ té­­ sance en croi­­ sant deux cri­­ tères : ✓✓ les pro­­ duits qui peuvent être actuels ou nou­­ veaux ; ✓✓ les mar­­ chés qui peuvent être actuels ou nou­­ veaux. Savoir-faire Les stra­­ gies de crois­­ té­­ sance Tableau 2.6 ■ Matrice de Ansoff ou matrice pro­­ duits/mar­­ ché Pro­­ duits actuels Pro­­ duits nou­­ veaux Mar­­ chés actuels Péné­­ tion du mar­­ tra­­ ché Déve­­ pe­­ lop­­ ment pro­­ duit Mar­­ chés nou­­ veaux Exten­­ sion du mar­­ ché Diver­­ fi­­ tion si­­ ca­­ Cette stra­­ gie vise à déve­­ per le chiffre d’affaires des pro­­ té­­ lop­­ duits actuels sur les mar­­ chés actuels. Plu­­ sieurs actions sont pos­­ sibles : ✓✓ aug­­ ter les quan­­ tés consom­­ men­­ ti­­ mées par les clients : fré­­ quence d’achat, quan­­ tés ache­­ ti­­ tées ; 63 Savoir-être La stra­­ gie de péné­­ tion du mar­­ té­­ tra­­ ché
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    2 • Contri­­ buerà la stra­­ gie té­­ de l’entreprise Les fon­­ men­­ da­­ taux de la stra­­ gie té­­ Le diag­­ tic stra­­ gique nos­­ té­­ Le choix de la stra­­ gie té­­ Le déploie­­ ment de la stra­­ gie té­­ ✓✓ repo­­ tion­­ le pro­­ si­­ ner duit par l’ajout d’offres de ser­­ vices ou par le choix d’une nou­­ velle image ; ✓✓ aug­­ ter l’activité pro­­ tion­­ men­­ mo­­ nelle ; ✓✓ élar­­ le réseau de dis­­ bu­­ gir tri­­ tion ; ✓✓ ali­­ gner les prix sur le concur­­ rent direct. La stra­­ gie d’extension de mar­­ té­­ ché Cette stra­­ gie vise à vendre les pro­­ té­­ duits actuels sur des mar­­ chés nou­­ veaux pour l’entreprise. L’entreprise pourra pour cela : ✓✓ étendre la pré­­ sence géo­­ phique de l’entreprise, notam­­ gra­­ ment à l’international ; ✓✓ s’adresser à de nou­­ veaux seg­­ ments de clien­­ tèle. La stra­­ gie de déve­­ pe­­ té­­ lop­­ ment de pro­­ duits Cette stra­­ gie consiste à vendre des pro­­ té­­ duits nou­­ veaux sur les mar­ ­ chés exis­­ tants. L’entreprise peut pas­­ par : ser ✓✓ l’acquisition d’une nou­­ velle gamme de pro­­ duits ; ✓✓ des exten­­ sions de gammes ; ✓✓ l’adjonction de carac­­ ris­­ té­­ tiques nou­­ velles aux pro­­ duits exis­­ tants. La stra­­ gie de diver­­ fi­­ tion té­­ si­­ ca­­ Cette stra­­ gie consiste pour l’entreprise à vendre des pro­­ té­­ duits nou­ ­ veaux sur des mar­­ chés nou­­ veaux. Il peut s’agir : ✓✓ d’une stra­­ gie de diver­­ fi­­ tion concen­­ té­­ si­­ ca­­ trique : l’entreprise cherche alors à se diver­­ fier dans des acti­­ tés complé­­ taires si­­ vi­­ men­­ ou connexes à ses acti­­ tés actuelles ; vi­­ ✓✓ d’une stra­­ gie de diver­­ fi­­ tion pure par le lan­­ ment sur un té­­ si­­ ca­­ ce­­ sec­­ teur tota­­ ment dif­­ rent du por­­ feuille d’activités actuelles. le­­ fé­­ te­­ Cette diver­­ fi­­ tion est bien évi­­ ment celle qui pré­­ si­­ ca­­ dem­­ sente les risques les plus impor­­ tants. 64
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    Les quatre stra­­gies concur­­ tielles de Kotler té­­ ren­­ Selon Philippe Kotler, l’entreprise peut adop­­ des stra­­ gies dif­­ ­ ter té­­ fé­ rentes selon sa posi­­ tion sur un mar­­ ché : lea­­ chal­­ ger, sui­­ der, len­­ veur ou spé­­ liste. cia­­ Stra­­ gie de chal­­ ger té­­ len­­ L’objectif du chal­­ ger est d’attaquer le lea­­ pour prendre sa place len­­ der et/ou d’attaquer les autres chal­­ gers pour avoir le champ libre. len­­ Il pourra s’agir d’attaque fron­­ ou d’attaque laté­­ tale rale. L’attaque fron­­ est une stra­­ gie coû­­ tale té­­ teuse. L’attaque laté­­ consiste à iden­ rale ­ ti­­ et exploi­­ une dimen­­ fier ter sion stra­­ gique faible du lea­­ té­­ der : prix, pro­­ tion, qua­­ du pro­­ mo­­ lité duit. Il lui fau­­ éga­­ ment anti­­ per le risque de riposte du lea­­ dra le­­ ci­­ der. Savoir-faire L’objectif du lea­­ est de prendre à son compte le déve­­ pe­­ der lop­­ ment du mar­­ et de la demande de ses marques. ché Il pourra choi­­ soit une stra­­ gie d’accroissement du mar­­ sir té­­ ché en cher­­ chant à déve­­ per la demande, soit une stra­­ gie défen­­ lop­­ té­­ sive contre les entre­­ prises qui cherchent à remettre en cause son lea­ ­ der­­ ship, soit au contraire une stra­­ gie offen­­ té­­ sive pour asseoir son lea­­ ship. der­­ Voici quelques exemples d’actions pos­­ sibles : ✓✓ inno­­ tion, lan­­ ments répé­­ va­­ ce­­ tés ; ✓✓ occu­­ tion de tous les seg­­ pa­­ ments de mar­­ ché ; ✓✓ bud­­ publi-­ romotionnels très impor­­ gets p tants. Savoirs Stra­­ gie de lea­­ té­­ der L’objectif du sui­­ veur est la coexis­­ tence paci­­ fique. À ce titre, il accepte de se contenter d’un rôle de second. Sa stra­­ gie consis­­ prin­­ pa­­ ment à : té­­ tera ci­­ le­­ ✓✓ seg­­ ter, iden­­ fier des niches, fidéliser un cœur de consom­ men­­ ti­­ ­ ma­­ teurs ; 65 Savoir-être Stra­­ gie de sui­­ té­­ veur
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    2 • Contri­­ buerà la stra­­ gie té­­ de l’entreprise Les fon­­ men­­ da­­ taux de la stra­­ gie té­­ Le diag­­ tic stra­­ gique nos­­ té­­ Le choix de la stra­­ gie té­­ Le déploie­­ ment de la stra­­ gie té­­ ✓✓ inves­­ mais de façon modé­­ tir, rée ; ✓✓ inves­­ prio­­ tai­­ ment sur la rela­­ tir ri­­ re­­ tion client/dis­­ bu­­ tri­­ teur. Stra­­ gie de spé­­ liste té­­ cia­­ L’objectif du spé­­ liste est d’être le meilleur sur un cré­­ cia­­ neau étroit. Il va se concen­­ sur une stra­­ gie de niche sur laquelle il peut espé­ trer té­­ ­ rer excel­­ ler. Il devra pour cela : ✓✓ iden­­ fier un cré­­ ti­­ neau basé sur une per­­ mance ou une tech­­ cité for­­ ni­­ réelle ; ✓✓ s’assurer du poten­­ suf­­ sant de ce cré­­ tiel fi­­ neau et sa capa­­ cité à croître, tout en ayant peu d’attrait pour la concur­­ rence ; ✓✓ dis­­ ser d’un avan­­ po­­ tage et d’une valeur dis­­ tincte par rap­­ port à la concur­­ rence. On consti­­ tuera ainsi une bar­­ rière à l’entrée de nature à dis­­ der d’éventuels concur­­ sua­­ rents ; ✓✓ fidéliser les clients et les dis­­ bu­­ tri­­ teurs. La stra­­ gie Océan bleu té­­ La carac­­ ris­­ té­­ tique de la stra­­ gie Océan bleu est de se foca­­ ser sur té­­ li­­ les besoins clients et non sur l’analyse des concur­­ rents. C’est en cela qu’elle est nova­­ trice par rap­­ port aux approches citées pré­­ dem­­ cé­­ ment. Au terme de quinze années de recherche dans trente sec­­ teurs d’activité dif­­ rents, W.  Chan  Kim et Renée  Mauborgne, pro­­ ­ fé­­ fes­ seurs en stra­­ gie, ont publié un ouvrage inti­­ té­­ tulé Stra­­ gie Océan té­­ bleu. Les auteurs uti­­ lisent la méta­­ phore de l’océan pour décrire l’espace concur­­ tiel dans lequel l’entreprise évo­­ ren­­ lue. Cette approche repose sur le constat que, pour géné­­ une crois­ rer ­ sance ren­­ table, l’entreprise qui se trouve dans un envi­­ ne­­ ron­­ ment concur­­ tiel encom­­ doit tenter de s’affranchir des contraintes ren­­ bré de son mar­­ ché. 66
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    L’Océan rouge estl’espace tra­­ tion­­ dans lequel évo­­ di­­ nel luent les entre­ ­ prises. Cet espace comprend des pro­­ duits bien défi­­ des concur­­ nis, rents iden­­ fiés et une concur­­ ti­­ rence qui repose sur les prix, la qua­­ et le ser­ lité ­ vice. La plu­­ des entre­­ part prises évo­­ luent dans ce type d’environnement. Dans l’Océan rouge, les entre­­ prises tentent de faire mieux que leurs concur­­ rents pour aug­­ ter leur part de mar­­ mais le mar­­ étant men­­ ché ché de plus en plus saturé, les perspec­­ tives se réduisent. Dans l’Océan rouge, le choix doit se faire entre stra­­ gie de dif­ té­­ ­ fé­­ cia­­ ren­­ tion ou domi­­ tion par les coûts. na­­ Dans l’Océan bleu, les entre­­ prises ne se comparent pas à leurs compé­­ teurs, mais essaient de re­ essiner les limites entre les mar­ ti­­ d ­ chés pour se libé­­ de la concur­­ rer rence. Elles visent simul­­ né­­ ta­­ ment dif­­ ren­­ tion et domi­­ tion par les coûts. fé­­ cia­­ na­­ Tableau 2.7 ■ Stra­­ gie océan rouge et bleu té­­ Stra­­ gie Océan bleu té­­ Agir dans l’espace stra­­ gique exis­­ té­­ tant Créer un espace stra­­ gique nou­­ té­­ veau L’emporter sur la concur­­ rence Mettre la concur­­ rence hors jeu Exploi­­ la demande exis­­ ter tante Créer et conqué­­ une nou­­ rir velle demande Arbi­­ trer entre dif­­ ren­­ tion et domi­ fé­­ cia­­ ­ na­­ tion par les coûts Sor­­ de l’arbitrage entre dif­­ ren­­ ­ tir fé­­ cia­ tion et domi­­ tion par les coûts na­­ 67 Savoir-être Stra­­ gie Océan rouge té­­ Savoir-faire L’enjeu : créer de nou­­ veaux océans Savoirs Afin de sor­­ de l’« Océan rouge » de la concur­­ tir rence, l’entreprise va devoir créer un espace de mar­­ ché entiè­­ ment nou­­ re­­ veau : un « Océan bleu ». Les stra­­ gies déployées par des entre­­ té­­ prises comme Nespresso, Apple, Nintendo (WII) ou le Cirque du Soleil sont illustratives de cette approche.
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    2 • Contri­­ buerà la stra­­ gie té­­ de l’entreprise Les fon­­ men­­ da­­ taux de la stra­­ gie té­­ Le diag­­ tic stra­­ gique nos­­ té­­ Le choix de la stra­­ gie té­­ Le déploie­­ ment de la stra­­ gie té­­ Re­ essiner les fron­­ d tières entre les mar­­ chés pour se libé­­ de la concur­­ rer rence Un regard nou­­ veau sur des élé­­ ments connus per­­ met d’orienter les entre­­ prises vers des solu­­ tions commer­­ lement nova­­ cia­­ trices et d’accéder à de nou­­ veaux espaces stra­­ giques. té­­ Six démarches sont pro­­ sées pour tenter de modi­­ les fron­ po­­ fier ­ tières entre les mar­­ chés et ainsi se libé­­ de la concur­­ rer rence : ✓✓ Explo­­ les solu­­ rer tions alter­­ tives pré­­ na­­ sentes sur le mar­­ ché. ✓✓ Explo­­ les groupes stra­­ giques du sec­­ rer té­­ teur. Par exemple si une entre­­ prise opère sur le seg­­ ment des voi­­ tures bon mar­­ ché, por­­ ter un regard trans­­ sal sur le seg­­ ver­­ ment des voi­­ tures de luxe peut per­­ mettre d’imaginer d’autres offres. ✓✓ Explo­­ la chaîne des acheteurs-­ tilisateurs. Les entre­­ rer u prises d’un sec­­ teur ont géné­­ le­­ ra­­ ment une défi­­ tion commune de l’acheteur ni­­ à cibler. Or il existe une chaîne de per­­ sonnes à viser qui par­­ ­ ti­ cipent à la déci­­ sion d’achat : ache­­ teur, uti­­ sa­­ li­­ teur et pres­­ teur. crip­­ ✓✓ Explo­­ les pro­­ rer duits et ser­­ vices complé­­ taires. Géné­­ le­­ men­­ ra­­ ment, on consi­­ dère que les pro­­ duits complé­­ taires sont en dehors men­­ des limites du sec­­ teur. Cette posi­­ tion est res­ ric­­ car elle limite t tive les pos­­ bi­­ tés du couple pro­­ si­­ li­­ duit/ser­­ vice. Il est essen­­ de cher­ tiel ­ cher la solu­­ tion d’ensemble que recherche le client. ✓✓ Explo­­ le contenu fonc­­ nel ou émo­­ nel du sec­­ rer tion­­ tion­­ teur. Les concur­­ rents d’un même sec­­ teur s’accordent le plus sou­­ vent sur les deux axes à pro­­ ser dans la commu­­ ca­­ po­­ ni­­ tion : le ration­­ (prix, nel fonctionnalités…) et l’émotionnel. La remise en cause du carac­­ tère fonc­­ nel ou émo­­ nel d’un sec­­ tion­­ tion­­ teur peut per­­ mettre d’ouvrir de nou­­ veaux espaces. Par exemple Swatch a trans­­ formé la montre bas de gamme (offre ration­­ nelle) en pro­­ de mode (offre émo­­ nelle). duit tion­­ ✓✓ Explo­­ le temps par pro­­ tion des grandes ten­­ rer jec­­ dances. Il est impos­ ­ sible d’échapper aux influ­­ ences des ten­­ dances exté­­ rieures, il faut donc constam­­ ment pen­­ à la valeur qui pour­­ être offerte demain. Il ser rait s’agit d’extraire du sens de ten­­ dances déjà obser­­ vables et consi­­ rées dé­­ comme irré­­ sibles et ainsi pré­­ rer le futur et se posi­­ ner. ver­­ pa­­ tion­­ 68
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    Pour créer unOcéan bleu, il faut sor­­ de ses cibles tra­­ tion­­ tir di­­ nelles pour créer un mar­­ plus vaste. Il est pré­­ rable d’avoir en tête ses ché fé­­ non-­ lients plu­­ que de se concen­­ sur ses clients. Autre­­ c tôt trer ment dit, cela revient à redé­­ nir la façon de consom­­ et à réin­­ ter des fi­­ mer ven­­ élé­­ ments de valeur pour le client. Par exemple, les consom­­ teurs prin­­ paux de consoles étaient ma­­ ci­­ les hommes entre 13  et  25 ans. Nintendo s’est donc porté sur les non-­ lients de ces consoles et a redé­­ le Cane­­ Stra­­ gique du c fini vas té­­ mar­­ des consoles en réexa­­ nant les fac­­ ché mi­­ teurs compé­­ titifs. Cette démarche s’appuie sur la matrice Exclure, Atté­­ nuer, Ren­ ­ for­­ Créer (EARC). cer, Savoirs Viser ses « non-clients » Tableau 2.8 ■ La matrice EARC ATTÉ­­NUER Quels cri­­ tères doivent être atté­­ nués par rap­­ port au niveau jugé nor­­ mal dans le sec­­ teur ? (Lut­­ contre la ten­­ ter dance à en faire trop pour le client) CRÉER Quels cri­­ tères jusque-­à négli­­ l gés par le sec­­ teur doivent être créés ? (Sources inédites de valeur pour l’acheteur, demande nou­­ velle, stra­­ ­ té­ gie de prix) Dans le cas de Nintendo, l’analyse a conduit à : ✓✓ Exclure : per­­ mance du lec­­ for­­ teur DVD et dimi­­ tion de la taille nu­­ du disque dur ; ✓✓ Atté­­ nuer : prix, design et per­­ mance gra­­ for­­ phique ; ✓✓ Ren­­ cer : exclu­­ vité des jeux ; for­­ si­­ ✓✓ Créer : sim­­ cité, intuitivité et par­­ pli­­ tage du jeu entre géné­­ tions. ra­­ Nintendo a donc créé la console WII qui dis­­ pose d’une courbe de valeur dif­­ rente de ses concur­­ fé­­ rents. Cette nou­­ velle vision a rendu caduc l’arbitrage entre valeur et domi­­ tion par les coûts. Un nou­­ na­­ vel espace stra­­ gique s’est ouvert avec le suc­­ que nous connais­­ té­­ cès sons. 69 Savoir-faire REN­­ FOR­­ CER Quels cri­­ tères doivent être ren­­ cés for­­ bien au-­ elà du niveau jugé nor­­ d mal dans le sec­­ teur ? (Traque aux compro­­ mis que le sec­ ­ teur impose aux clients) Savoir-être EXCLURE Quels cri­­ tères accep­­ sans réflexion tés par les acteurs du sec­­ teur doivent être exclus ? (Atten­­ tion au benchmarking : focus sur les rivaux, pas sur les consom­­ teurs) ma­­
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    2 • Contri­­ buerà la stra­­ gie té­­ de l’entreprise Les fon­­ men­­ da­­ taux de la stra­­ gie té­­ Le diag­­ tic stra­­ gique nos­­ té­­ Le choix de la stra­­ gie té­­ Le déploie­­ ment de la stra­­ gie té­­ Réus­­ l’avancée stra­­ gique sir té­­ Pour construire un modèle éco­­ mique solide et ren­­ no­­ table de la nou­ ­ velle stra­­ gie, il faut vali­­ les idées « Océan bleu » en veillant, té­­ der dans l’ordre : ✓✓ À l’utilité pour l’acheteur. L’acheteur perçoit-­l un plus-­ roduit i p évident ? ✓✓ Au prix. Le prix donne-­-il à la masse des ache­­ t teurs cibles un motif attrac­­ pour ache­­ le pro­­ tif ter duit (déter­­ ner le prix juste) ? mi­­ ✓✓ Au coût. L’offre est-­ lle ren­­ e table au prix stra­­ gique ? té­­ ✓✓ À l’adhésion de la nou­­ velle stra­­ gie par le per­­ nel de la société. té­­ son­­ La créa­­ tion d’un « Océan bleu » est un mou­­ ment dyna­­ ve­­ mique. Une inno­­ tion attire les imi­­ teurs. Il faut donc par­­ nir à dis­­ ­ va­­ ta­­ ve­­ cer­ ner comment la stra­­ gie est dif­­ cile à imi­­ La meilleure garan­­ té­­ fi­­ ter. tie d’une réus­­ durable est de deve­­ une cible mou­­ site nir vante et ainsi dis­­ cer et décou­­ ger ses concur­­ tan­­ ra­­ rents. La société Apple en est une par­­ faite illus­­ tion. tra­­ CC Le déploie­­ ment de la stra­­té­­gie PRINCIPES CLÉS • Le déploie­­ ment de la stra­­ gie té­­ est une des étapes les plus sen­­ sibles de l’ensemble du pro­­ sus. ces­­ • Un cer­­ tain nombre de stra­ ­ té­­ gies ne sont pas mises en œuvre ou le sont de façon incom­­ plète. Le déploie­­ ment de la stra­­ gie passe par té­­ quatre étapes : ✓✓ expri­­ la stra­­ gie ; mer té­­ ✓✓ ali­­ gner l’organisation ; ✓✓ déployer les objec­­ et res­­ tifs sources ; ✓✓ suivre l’exécution. Expri­­ la stra­­ gie mer té­­ La vision expri­­ mée doit empor­­ l’adhé-­ ter sion de tous. Cha­­ cun doit pou­­ voir s’approprier la ou les fina­­ tés de la stra­ li­­ ­ té­­ choi­­ gie sie. 70
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    Savoirs Il faut pourcela for­­ ler la stra­­ gie de façon claire et moti­ mu­­ té­­ ­ vante. Elle doit être compré­­ sible par le mana­­ ment et plus glo­ hen­­ ge­­ ­ ba­­ ment par l’ensemble des acteurs. le­­ Une stra­­ gie expri­­ té­­ mée de manière effi­­ cace décrira sans ambi­­ guïté : ✓✓ Quoi ? Quels sont les objec­­ visés en termes de parts de mar­ tifs ­ ché, de taux de crois­­ sance, de chiffre d’affaires, de marge ? ✓✓ Quand ? À quel hori­­ zon ? ✓✓ Où ? Sur quel champ d’action, l’entreprise a-­-elle choisi d’exercer t son acti­­ vité : en termes de clients, mar­­ chés, pays, pro­­ duits ? ✓✓ Comment ? Quels avan­­ tages par rap­­ port à la concur­­ rence ? Pour­­ quoi nous choi­­ quelle capa­­ à répondre ? Quel ser­­ sir, cité vice rendu, quelle satis­­ faction client ? La décli­­ son de la stra­­ gie décrit l’ambition de l’entreprise à une nai­­ té­­ échéance de 3 à 5 ans : ✓✓ Ses pro­­ duits : gamme offerte ; ✓✓ Sa place sur le mar­­ ché : lea­­ chal­­ ger, sui­­ der, len­­ veur, niche ; ✓✓ Ses clients : actuels et futurs ; ✓✓ Ses résul­­ tats : chiffre d’affaires, marge ; ✓✓ Ses hommes : quelles compé­­ tences clés seront néces­­ saires ? Quels recru­­ ments faudra-­-il pré­­ te­­ t voir ? Savoir-faire La décli­­ son de la stra­­ gie nai­­ té­­ La charte des valeurs Ali­­ gner l’organisation Les hommes qui composent l’organisation sont la clef du suc­­ du cès déploie­­ ment de la stra­­ gie. Il importe donc au sein de l’organisation té­­ 71 Savoir-être Il peut être oppor­­ de rédi­­ éga­­ ment une charte des valeurs tun ger le­­ prio­­ taires de l’entreprise. On y fera figu­­ des points comme la ri­­ rer satis­­ faction client, l’excellence des pro­­ duits et des compé­­ tences, la ren­­ bi­­ l’éthique, le déve­­ pe­­ ta­­ lité, lop­­ ment durable, la noto­­ riété, la res­ ­ pon­­ bi­­ sociale, etc. sa­­ lité
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    2 • Contri­­ buerà la stra­­ gie té­­ de l’entreprise Les fon­­ men­­ da­­ taux de la stra­­ gie té­­ Le diag­­ tic stra­­ gique nos­­ té­­ Le choix de la stra­­ gie té­­ Le déploie­­ ment de la stra­­ gie té­­ que la struc­­ ture, les pro­­ sus de coor­­ na­­ ces­­ di­­ tion et les inter­­ tions ac­­ soient mis en cohé­­ rence entre eux et avec la stra­­ gie. té­­ L’organisation mise en place déter­­ mine en effet la façon dont les indi­­ dus inter­ gissent. Ali­­ vi­­ a gner l’organisation, c’est défi­­ son orga­ nir ­ ni­­ tion en adé­­ tion avec le pro­­ stra­­ gique. sa­­ qua­­ jet té­­ Six grands types d’organisation peuvent être déployés. Elles entraînent cha­­ cune des struc­­ tures, pro­­ sus de coor­­ na­­ ces­­ di­­ tion et inter­­ tions dif­­ rents entre les acteurs de l’entreprise. ac­­ fé­­ Tableau 2.9 ■ Les types d’organisation Défi­­ tion ni­­ Avan­­ tages Inconvé­­ nients Struc­­ ture fonc­­ nelle tion­­ Orga­­ sa­­ ni­­ tion construite à par­­ tir des fonc­­ tions essen­ ­ tielles de l’activité (commer­­ cial, RH, finances…) • Meilleur contrôle •  éfi­­ tion simple D ni­­ des res­­ sa­­ li­­ pon­­ bi­­ tés •  oncen­­ tion des C tra­­ exper­­ tises. •  igi­­ R dité dans des envi­­ ne­­ ron­­ ments mobiles •  oca­­ sa­­ F li­­ tion des col­­ bo­­ teurs la­­ ra­­ sur leur champ d’expertise • nadap­­ pour I tée gérer un péri­­ mètre d’activité large ou étendu géo­­ phi­­ ment gra­­ que­­ Struc­­ ture divisionnelle Struc­­ ture construite de divi­­ sions créées par pro­­ duits, mar­ ­ chés, clients ou zones géo­­ ­ gra­ phiques. •  esure de la per­ M ­ for­­ mance aisée •  aci­­ les varia­ F lite ­ tions de péri­­ mètre •  pé­­ li­­ tion des S cia­­ sa­­ compé­­ tences •  isques de R dou­­ blons •  isques d’une R faible col­­ bo­­ tion la­­ ra­­ entre les divi­­ sions Struc­­ ture en hol­ ­ ding (exemple : les conglo­­ rats mé­­ General Electric) Struc­­ ture où la société mère se comporte en inves­­ ­ tis­ seur, chaque entité demeure indé­­ ­ pen­ dante Flexi­­ lité bi­­ •  bsence de col­­ ­ A la­ bo­­ tion entre les ra­­ enti­­ tés •  yner­­ S gies faibles ou inexis­­ tantes •  ontrôle dif­­ cile C fi­­ des enti­­ tés ☞ 72
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    ☞ Défi­­ tion ni­­ Avan­­ tages Inconvé­­ nients Flexi­­ lité bi­­ • anque de clarté M dans les res­­ ­ pon­ sa­­ li­­ et par­­ bi­­ tés tage des tâches •  if­­ culté de D fi­­ contrôle des per­­ mances for­­ •  onflits de prio­­ C rité Struc­­ ture par équipe (exemple : socié­­ de ser­ tés ­ vice infor­­ tique) ma­­ Consti­­ tution d’équipes plurifonctionnelles combi­­ nant coor­­ na­ di­­ ­ tion ver­­ cale et ti­­ hori­­ tale zon­­ •  lexi­­ lité F bi­­ •  oopé­­ tion de dif­ C ra­­ ­ fé­­ rentes exper­­ tises • Complexité • Pilo­­ tage dif­­ cile fi­­ Struc­­ ture par pro­­ (exemple : jet Génie civil) Struc­­ ture par équipe consti­­ tuée de façon tem­­ raire po­­ • Flexi­­ lité bi­­ •  oopé­­ tion de dif­ C ra­­ ­ fé­­ rentes exper­­ tises •  api­­ li­­ tion des C ta­­ sa­­ connais­­ sances •  omplexité de la C ges­­ tion des Res­ ­ sources humaines Le choix de la struc­­ ture s’effectue au regard des défis stra­­ giques té­­ que l’entreprise doit rele­­ La struc­­ ver. ture doit répondre aux enjeux majeurs des orga­­ sa­­ ni­­ tions que sont : ✓✓ les enjeux liés au contrôle ; ✓✓ les enjeux liés à l’apprentissage  et à la capi­­ li­­ tion des expé­ ta­­ sa­­ ­ riences ; ✓✓ les enjeux liés au chan­­ ment ; ge­­ ✓✓ les enjeux liés à la globalisation. Dans la pra­­ tique, les orga­­ sa­­ ni­­ tions ne cor­­ pondent pas à une res­­ struc­­ ture type, il s’agit le plus sou­­ vent d’une struc­­ ture hybride. Savoirs Combi­­ son en nai­­ règle géné­­ rale de divi­­ sions par pro­ ­ duits et de divi­­ sions géo­­ phiques pour gra­­ don­­ une unité ner opé­­ tion­­ ra­­ nelle Savoir-faire Struc­­ ture matricielle (exemple : cabi­ ­ nets d’audit) Déployer les res­­ sources La struc­­ ture est l’une des compo­­ santes du suc­­ du déploie­­ cès ment de la stra­­ gie d’une entre­­ té­­ prise, néan­­ moins pour per­­ mettre le fonc­­ ­ tion­ ne­­ ment de l’organisation des pro­­ sus de coor­­ na­­ ces­­ di­­ tion sont néces­ ­ 73 Savoir-être Mettre en œuvre une coor­­ na­­ di­­ tion
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    2 • Contri­­ buerà la stra­­ gie té­­ de l’entreprise Les fon­­ men­­ da­­ taux de la stra­­ gie té­­ Le diag­­ tic stra­­ gique nos­­ té­­ Le choix de la stra­­ gie té­­ Le déploie­­ ment de la stra­­ gie té­­ saires. Ces pro­­ sus assurent un contrôle sur l’activité de l’entreprise ces­­ et garan­­ tissent le déploie­­ ment de la stra­­ gie. té­­ La coor­­ na­­ di­­ tion de l’organisation s’effectue par la décli­­ son nai­­ d’objectifs à tous les niveaux de l’entreprise. Il est impé­­ tif de défi­­ ra­­ nir les objec­­ prio­­ taires du niveau N en cohé­­ tifs ri­­ rence avec les objec­­ tifs prio­­ taires du niveau N+1. À tous les niveaux, il est indis­­ sable ri­­ pen­­ que les objec­­ d’un niveau per­­ tifs mettent d’atteindre les objec­­ du tifs niveau supé­­ rieur. Cette cohé­­ rence est néces­­ saire pour obte­­ une nir conver­­ gence des efforts de tous les acteurs sur les axes prio­­ taires ri­­ de l’entreprise. La cohé­­ rence trans­­ sale des objec­­ et des plans d’action est ver­­ tifs plus déli­­ cate à obte­­ que la cohé­­ nir rence ver­­ cale. La cohé­­ ti­­ rence des objec­­ et des plans d’action entre les direc­­ tifs tions sup­­ pose des temps de concer­­ tion. Elle néces­­ une prise en compte réci­­ ta­­ site proque des besoins des uns et des autres et une coopé­­ tion construc­­ qui ra­­ tive vise constam­­ ment la per­­ mance glo­­ for­­ bale de l’entreprise. Le déploie­­ ment effi­­ cace d’objectifs implique un haut niveau de coopé­­ tion et de coor­­ na­­ ra­­ di­­ tion. Il repose éga­­ ment sur un sys­­ le­­ tème for­­ mel de pla­­ fi­­ tion dont le rôle est d’organiser et de pré­­ ni­­ ca­­ voir l’allocation des res­­ sources et de compa­­ les réa­­ sa­­ rer li­­ tions par rap­ ­ port aux objec­­ La pla­­ fi­­ tion per­­ aussi de bien arti­­ ler les tifs. ni­­ ca­­ met cu­­ dif­­ rents pro­­ sus : le bud­­ les objec­­ les entre­­ fé­­ ces­­ get, tifs, tiens annuels, le plan de for­­ tion… ma­­ Réus­­ la mise en œuvre sir Le déploie­­ ment réussi de la stra­­ gie dans l’organisation s’appuie sur té­­ un prin­­ cipe clé : le chan­­ ment ne peut se faire qu’avec l’adhésion ge­­ de tous. Cette adhé­­ sion de l’ensemble des col­­ bo­­ teurs s’effectue la­­ ra­­ par : ✓✓ la tra­­ tion de la stra­­ gie en termes opé­­ tion­­ duc­­ té­­ ra­­ nels ; ✓✓ la responsabilisation de cha­­ dans l’atteinte d’objectif ; cun ✓✓ une capa­­ à être rapide et déci­­ dans l’action ; cité sif ✓✓ une moti­­ vation entre­­ nue en par­­ geant les résul­­ obte­­ te­­ ta­­ tats nus. 74
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    75 Savoir-faire Savoir-être Les tableaux debord de ges­­ tion sont des ins­­ ments essen­­ tru­­ tiels à la mise en œuvre de la stra­­ gie. Robert Kaplan et David Norton té­­ (Harvard Busi­­ ness School) ont déve­­ loppé au début des années 1990 une méthode de pilo­­ tage par la construc­­ tion d’un balanced scorecard ou tableau de bord pros­­ tif (TBP). pec­­ La construc­­ tion du TBP s’effectue en par­­ faite cohé­­ rence avec la stra­­ gie. En effet, la défi­­ tion de la stra­­ gie implique néces­­ re­ té­­ ni­­ té­­ sai­­ ­ ment de : ✓✓ fixer des objec­­ finan­­ tifs ciers à atteindre à moyen terme ; ✓✓ défi­­ le mar­­ (mar­­ local, natio­­ etc.) et les clients ciblés nir ché ché nal, par l’offre ; ✓✓ iden­­ fier les pro­­ sus internes cri­­ ti­­ ces­­ tiques pour atti­­ et satis­­ rer faire les clients ; ✓✓ déter­­ ner la capa­­ des col­­ bo­­ teurs et de l’organisation à mi­­ cité la­­ ra­­ sou­­ nir la stra­­ gie de l’entreprise. te­­ té­­ Il en découle quatre axes clés de la per­­ mance : for­­ ✓✓ L’axe finan­­  qui a pour rôle de véri­­ que la mise en l’exécution cier fier de la stra­­ gie de l’entreprise contri­­ à l’amélioration de la per­ té­­ bue ­ for­­ mance finan­­ cière de l’entreprise. ✓✓ L’axe client vise les chan­­ ments orga­­ sa­­ nels néces­­ ge­­ ni­­ tion­­ saires dans l’entreprise pour amé­­ rer la satis­­ lio­­ faction client. Il doit inté­­ grer non seule­­ ment les mesures per­­ çues par le client telles que qua­­ lité, respect des délais et per­­ mance, mais encore les reve­­ et coûts for­­ nus géné­­ par les nou­­ rés veaux pro­­ duits et ser­­ vices pro­­ sés aux clients. po­­ ✓✓ L’axe pro­­ sus concerne les pro­­ sus qui per­­ ces­­ ces­­ mettent la créa­­ tion de pro­­ duits et ser­­ vices livrés aux clients. Il s’agit de mettre l’accent sur les acti­­ tés et les pro­­ sus clés néces­­ vi­­ ces­­ saires pour four­­ dans nir des condi­­ tions opti­­ males d’efficience, de qua­­ et de pro­­ ti­­ lité duc­­ vité. ✓✓ L’axe inno­­ tion est fon­­ men­­ dans l’entreprise puisqu’il va­­ da­­ tal condi­­ tionne étroi­­ ment l’avenir de l’entreprise sur son mar­­ te­­ ché. Il est le fon­­ ment de la stra­­ gie, laquelle consiste à ana­­ ser un de­­ té­­ ly­­ mar­­ et y répondre avec un pro­­ ché duit/ser­­ adapté. Le seg­­ vice ment inno­­ tion et appren­­ sage comprend le capi­­ humain (compé­ va­­ tis­­ tal ­ tences, connais­­ sances, etc.), le capi­­ infor­­ tion­­ (don­­ tal ma­­ nel nées, infor­­ tions, bases clients, etc.) et l’organisation de l’entreprise. ma­­ Savoirs Suivre l’exécution
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    2 • Contri­­ buerà la stra­­ gie té­­ de l’entreprise Les fon­­ men­­ da­­ taux de la stra­­ gie té­­ Le diag­­ tic stra­­ gique nos­­ té­­ Le choix de la stra­­ gie té­­ Le déploie­­ ment de la stra­­ gie té­­ La mise en œuvre d’un balanced scorecard consiste à défi­­ 5 nir à 6 indi­­ teurs sur cha­­ des quatre axes. Ainsi le pilo­­ ca­­ cun tage de ces indi­­ teurs per­­ ca­­ met à l’entreprise de suivre la mise en œuvre la stra­ ­ té­­ qu’elle s’est fixée. gie La démarche stra­­ gique se conduit en trois temps : un té­­ temps d’analyse et de diag­­ tic, un temps de choix et un nos­­ temps de déploie­­ ment. Le déploie­­ ment est cer­­ ne­­ tai­­ ment la phase la plus déli­­ cate à réus­­ Il faut mettre en action sir. l’ensemble de l’entreprise et la foca­­ ser sur le cap à li­­ atteindre. 76
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    Savoirs Chapitre 3 Les ques­­ tions aux­­ quellesrépond ce cha­­ pitre ci­­ quels les entre­­ prises ◆◆ Quels sont les prin­­ paux risques aux­­ sont confrontées ? Savoir-faire Appré­­ der hen­­ la pro­­ ma­­ blé­­ tique de la ges­­ tion des risques blir to­­ phie ? ◆◆ Comment en éta­­ la car­­ gra­­ ◆◆ À quelles contraintes réglementaires sont-­ lles sou­­ e mises ? 77 Savoir-être ◆◆ De quels moyens disposent-­ lles pour tenter de s’en pré­­ nir ? e mu­­
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    3 • Appré­­der la pro­­ ma­­ hen­­ blé­­ tique de la ges­­ des risques tion La pro­­ ma­­ blé­­ tique de la ges­­ tion des risques La car­­ gra­­ to­­ phie des risques La défi­­ tion et la mise en place du dis­­ si­­ ni­­ po­­ tif Les risques finan­­ ciers CC La pro­­blé­­ ma­­tique de la ges­­tion des risques De par leur acti­­ vité, les entre­­ prises sont sou­­ mises à de nom­­ breux aléas qui PRINCIPES CLÉS peuvent occa­­ ner des pertes ou les sion­­ • Les entre­­ prises doivent mettre empê­­ cher d’atteindre leurs objec­­ de tifs en place une poli­­ tique glo­­ bale per­­ mance et de ren­­ bi­­ for­­ ta­­ lité. de ges­­ tion des risques pour en Au cours de ce cha­­ pitre, nous étu­ ­ limi­­ l’impact. ter die­­ rons tout d’abord le cadre de la pro­ ­ • Les prin­­ paux outils à leur ci­­ blé­­ tique de la ges­­ ma­­ tion des risques et dis­­ si­­ po­­ tion sont le risk mana­­ ­ ge­ les moyens que les entre­­ prises peuvent ment et le contrôle interne. mettre en place. Nous ver­­ rons ensuite la néces­­ pour l’entreprise de carto­ sité graphier ses risques poten­­ tiels afin de mieux les connaître et de mieux s’en pré­­ nir. Nous ver­­ mu­­ rons en outre comment mettre en place un dis­­ si­­ de ges­­ po­­ tif tion des risques. Nous ter­­ ne­­ mi­­ rons enfin ce cha­­ pitre par un zoom par­­ cu­­ sur deux caté­­ ries de risques par­ ti­­ lier go­­ ­ ti­­ liè­­ ment impor­­ cu­­ re­­ tants : le risque finan­­ et le risque indus­­ cier triel et envi­­ ne­­ tal. ron­­ men­­ Une néces­­ saire approche glo­­ bale Pour être effi­­ cace, une ges­­ tion des risques devrait adop­­ une ter approche glo­­ bale. Cette approche glo­­ bale est du res­­ sort des diri­ ­ geants. Il faut lui adjoindre une approche plus opé­­ tion­­ ra­­ nelle du res­­ des mana­­ sort gers. Pour bien faire, la ges­­ tion des risques (ou « risk mana­­ ment ») ge­­ doit faire par­­ inté­­ tie grante du mana­­ ment dans l’entreprise. Des ge­­ moyens sont à la dis­­ si­­ po­­ tion des entre­­ prises pour cela, dont le contrôle interne. Mais il faut être conscient qu’un tel sys­­ tème ne résout pas tout et que l’atteinte des objec­­ n’est pas tota­­ ment garan­­ par la mise tifs le­­ tie 78
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    en place dela ges­­ tion des risques. Elle aide sim­­ ment à en dimi­ ple­­ ­ nuer les impacts. Savoir-faire La mul­­ pli­­ ti­­ cation des crises récentes inter­­ roge les diri­­ geants. Ils se savent expo­­ et craignent que leur res­­ sa­­ lité ne soit enga­­ et sés pon­­ bi­­ gée leur cré­­ bi­­ mise en cause. di­­ lité Des ques­­ tions se posent aux diri­­ geants : ✓✓ Que se passerait-­l si un risque majeur se réa­­ sait ? i li­­ ✓✓ Quel impact peut avoir l’arrivée d’une crise sur le lan­­ ment d’un ce­­ nou­­ veau pro­­ duit ou d’une nou­­ velle pres­­ tion ? ta­­ ✓✓ En fonc­­ tion du type de risque, l’entreprise aurait-­ lle les moyens e de pour­­ suivre son acti­­ vité ? ✓✓ Et enfin quel impact aurait l’événement sur le chiffre d’affaires et la marge de l’entreprise ? Une bonne ges­­ tion des risques néces­­ aussi de la part des site diri­­ geants la mise en place d’une commu­­ ca­­ ni­­ tion adap­­ et claire tée envers les par­­ pre­­ ties nantes : ✓✓ les clients ; ✓✓ les action­­ naires ; ✓✓ le per­­ nel ; son­­ ✓✓ les par­­ naires ; te­­ ✓✓ la légis­­ tion ; la­­ ✓✓ etc. Savoirs Le rôle des diri­­ geants Tous les acteurs de l’entreprise, quel que soit leur niveau hié­­ ­ rar­ chique, sont par­­ pre­­ tie nante de la ges­­ tion des risques. Il s’agit d’une atti­­ tude au quo­­ dien requise de cha­­ ti­­ cun. De par leur mis­­ sion, les mana­­ ont un rôle par­­ cu­­ dans la gers ti­­ lier ges­­ tion des risques de leur acti­­ vité. Ils doivent : ✓✓ dif­­ ser la culture de la pré­­ tion au sein de leur unité ; fu­­ ven­­ ✓✓ iden­­ fier les risques éven­­ ti­­ tuels de leur acti­­ vité ; ✓✓ mettre en place les actions pré­­ tives pour en minimi­­ les ven­­ ser effets ; ✓✓ par­­ ci­­ au dis­­ si­­ de contrôle de l’entreprise. ti­­ per po­­ tif 79 Savoir-être L’implication de tous les mana­­ gers
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    3 • Appré­­der la pro­­ ma­­ hen­­ blé­­ tique de la ges­­ des risques tion La pro­­ ma­­ blé­­ tique de la ges­­ tion des risques La car­­ gra­­ to­­ phie des risques La défi­­ tion et la mise en place du dis­­ si­­ ni­­ po­­ tif Les risques finan­­ ciers Quelques défi­­ tions de base pour assi­­ ler les outils ni­­ mi­­ et le pro­­ sus de risk mana­­ ment ces­­ ge­­ Le contrôle interne Les défi­­ tions du contrôle interne sont nom­­ ni­­ breuses et ont eu le plus sou­­ vent comme auteurs des orga­­ sa­­ ni­­ tions pro­­ sion­­ fes­­ nelles de comp­­ tables. Il en est ainsi de la défi­­ tion du contrôle interne don­ ni­­ ­ née en 1977 par le Conseil de l’Ordre des experts comp­­ tables : « le contrôle interne est l’ensemble des sécu­­ tés contri­­ ri­­ buant à la maî­­ trise de l’entreprise. Il a pour but d’un côté d’assurer la pro­­ tion, la sau­­ garde du tec­­ ve­­ patri­­ moine et la qua­­ de l’information, de l’autre l’application des lité ins­­ tions de la direc­­ truc­­ tion et de favo­­ ser l’amélioration des per­ ri­­ ­ for­­ mances. Il se mani­­ feste par l’organisation, les méthodes et les pro­­ dures de cha­­ cé­­ cune des acti­­ tés de l’entreprise, pour main­­ nir vi­­ te­­ la péren­­ de celle-­ i ». nité c L’audit interne L’audit interne est une acti­­ indé­­ dante et objec­­ qui donne vité pen­­ tive à une orga­­ sa­­ ni­­ tion une assu­­ rance sur le degré de maî­­ trise de ses opé­­ tions, lui apporte ses conseils pour les amé­­ rer et contri­­ à ra­­ lio­­ bue créer de la valeur ajou­­ tée. Il aide cette orga­­ sa­­ ni­­ tion à atteindre ses objec­­ en éva­­ tifs luant, par une approche sys­­ ma­­ té­­ tique et métho­­ dique, ses pro­­ sus de mana­ ces­­ ­ ge­­ ment des risques, de contrôle et de gou­­ ne­­ ver­­ ment d’entreprise et en fai­­ sant des pro­­ si­­ po­­ tions pour ren­­ cer leur effi­­ cité1. for­­ ca­­ 1. Tra­­ tion de la défi­­ tion inter­­ tionale don­­ duc­­ ni­­ na­­ née par l’IIA (Institute of Internal Auditors) le 29 juin 1999. 80
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    Le COSO défi­­la ges­­ nit tion des risques de l’entreprise comme un pro­­ sus conçu et exé­­ ces­­ cuté par le conseil d’administration, la direc­ ­ tion et tout autre per­­ nel dans le cadre de la mise en œuvre de son­­ la stra­­ gie de l’entité pour iden­­ fier les évé­­ ments poten­­ té­­ ti­­ ne­­ tiels qui peuvent l’affecter et pour gérer les risques, confor­­ ment au niveau mé­­ de prise de risque accepté par l’organisation dans le but d’accroître sa valeur. Cer­­ taines lois viennent orga­­ ser cette démarche ni­­ Savoirs Le risk mana­­ ment ge­­ À la suite de scan­­ dales finan­­ ciers (par exemple Enron), les légis­­ ­ la­ teurs ont ren­­ forcé les obli­­ tions des entre­­ ga­­ prises en matière de ges­ ­ tion des risques. Cette loi a été votée par le Congrès amé­­ cain en juillet 2002 après ri­­ les scan­­ dales finan­­ ciers de Enron et Worldcom. Elle est appli­­ cable depuis le 15 juin 2004 et repose sur 3 prin­­ cipes fon­­ teurs : da­­ 1. l’exactitude et l’accessibilité des infor­­ tions finan­­ ma­­ cières ; 2. la res­­ sa­­ lité des ges­­ naires ; pon­­ bi­­ tion­­ 3. l’indépendance des audi­­ teurs. Cette loi ne touche pas uni­­ ment les groupes amé­­ cains. Elle que­­ ri­­ est appli­­ cable à l’ensemble des groupes cotés aux États-­ nis. U Savoir-faire Sarbanes Oxley Act (SOX) Le COSO est un réfé­­ tiel de contrôle interne défini par le ren­­ Committee Of Sponsoring Organizations of the Treadway Commis­ ­ sion. Il est uti­­ notam­­ lisé ment dans le cadre de la mise en place des dis­­ si­­ po­­ tions rele­­ vant de Sarbanes-­ xley aux États-­ nis ou LSF O U (Loi de sécu­­ finan­­ rité cière) en France. Le réfé­­ tiel ini­­ appelé ren­­ tial COSO  1 a évo­­ depuis 2002 vers un second cor­­ dénommé lué pus COSO 2. 81 Savoir-être Le COSO
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    3 • Appré­­der la pro­­ ma­­ hen­­ blé­­ tique de la ges­­ des risques tion La pro­­ ma­­ blé­­ tique de la ges­­ tion des risques La car­­ gra­­ to­­ phie des risques La défi­­ tion et la mise en place du dis­­ si­­ ni­­ po­­ tif Les risques finan­­ ciers Le COSO repré­­ sente le contrôle interne par une pyra­­ mide à 5 degrés : 1. L’environnement de contrôle : pour être favo­­ rable, il sup­­ pose : −− un code éthique appli­­ à tous les niveaux. Il donne sa valeur qué au contrôle interne ; −− une ges­­ tion dyna­­ mique de l’organisation (adap­­ bi­­ ta­­ lité, per­ ­ for­­ mance de la ges­­ tion des res­­ sources humaines) ; −− une orga­­ sa­­ ni­­ tion adap­­ aux objec­­ (donc défi­­ tée tifs nis) et res­ ­ pec­­ tueuse de l’éthique. 2. L’évaluation des risques : elle induit la notion de risque accep­ ­ table. Il faut cher­­ cher et iden­­ fier les risques et pour cela mettre ti­­ en place un contrôle interne et un risk mana­­ ment. ge­­ 3. Des acti­­ tés de contrôle : dans le contrôle interne, il faut effec­­ ­ vi­­ ti­ ve­­ ment effec­­ tuer un contrôle pour pré­­ nir les risques. ve­­ 4. Une infor­­ tion et une commu­­ ca­­ trans­­ rente : elles sousma­­ ni­­ tion pa­­ t ­ endent un sys­­ tème d’information pré­­ per­­ mant et compré­ cis, for­­ ­ hen­­ sible par cha­­ cun. 5. Un pilo­­ tage : il défi­­ et fait vivre le contrôle interne par chaque nit res­­ sable. Il sou­­ pon­­ ligne l’importance du mana­­ ment. ge­­ Figure 3.1 ■ Pyra­­ mide du contrôle selon le réfé­­ tiel COSO ren­­ Pilotage Information communication Activités de contrôle Évaluation des risques Environnement de contrôle 82
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    83 Savoir-faire Savoir-être Les risques portentsur deux domaines : 1. les risques asso­­ aux acti­­ tés ou risques d’entreprise ; ciés vi­­ 2. les risques liés à l’existence d’un patri­­ moine ou risques aléa­ ­ toires. Il faut prendre en compte trois dimen­­ sions pour mesu­­ le risque rer lors d’un audit : 1. l’origine : cause de vul­­ ra­­ lité sur laquelle il est pos­­ né­­ bi­­ sible d’agir ; 2. la mani­­ ta­­ fes­­ tion : consé­­ quence directe de la réa­­ sa­­ li­­ tion du risque ; 3. l’impact : −− fonc­­ nel : dys­­ tion­­ ment de la ges­­ tion­­ fonc­­ ne­­ tion de l’entreprise, −− finan­­ cier : pertes finan­­ cières ou sur­ oût. c Si l’on ne dis­­ pose pas d’informations suf­­ santes pour mesu­­ le fi­­ rer risque (par exemple lorsque l’on n’a jamais mené à bien de mis­­ sion d’audit) il faut essayer d’estimer les enjeux liés à chaque pro­­ sus et/ ces­­ ou acti­­ sur la base de cri­­ vité tères géné­­ raux qui peuvent être : ✓✓ l’impact du pro­­ sus ou de l’activité sur la compé­­ vité de ces­­ titi­­ l’entreprise ; ✓✓ le niveau d’intégration du pro­­ sus ou de l’activité dans les pro­ ces­­ ­ ces­­ de l’entreprise ; sus ✓✓ la complexité des opé­­ tions (tâches) du pro­­ sus ou de ra­­ ces­­ l’activité ; ✓✓ le degré d’informatisation des tâches : risques de cou­­ pures ou d’arrêt, risques liés au par­­ tage du sys­­ tème etc. ; ✓✓ l’expérience de l’entreprise ou des res­­ sables dans les domaines pon­­ et tech­­ niques gérées par le pro­­ sus ou l’activité ; ces­­ ✓✓ l’importance des chan­­ ments subis : per­­ nel, moyens tech­ ge­­ son­­ ­ niques, méthodes de tra­­ vail ; ✓✓ le cli­­ mat social dans l’entreprise ou dans les sec­­ teurs concer­­ nés ; ✓✓ l’impact de l’activité sur l’image de l’entreprise. Savoirs L’évaluation du risque
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    3 • Appré­­der la pro­­ ma­­ hen­­ blé­­ tique de la ges­­ des risques tion La pro­­ ma­­ blé­­ tique de la ges­­ tion des risques La car­­ gra­­ to­­ phie des risques La défi­­ tion et la mise en place du dis­­ si­­ ni­­ po­­ tif Les risques finan­­ ciers Les dif­­ rents risques fé­­ Il est pos­­ sible de clas­­ les risques selon plu­­ ser sieurs typo­­ gies. lo­­ Dans la pra­­ tique, on croise plu­­ sieurs de ces cri­­ tères pour par­­ nir ve­­ à une car­­ gra­­ to­­ phie claire et opé­­ tion­­ ra­­ nelle des risques encou­­ par rus l’entreprise (voir ci-­ essous). d Les typo­­ gies géné­­ le­­ lo­­ ra­­ ment uti­­ sées sont les sui­­ li­­ vantes : ✓✓ la caté­­ rie du risque ; go­­ ✓✓ son ori­­ gine : interne ou externe ; ✓✓ la pro­­ bi­­ de sa sur­­ nue ; ba­­ lité ve­­ ✓✓ sa gra­­ vité : cri­­ tique ou rési­­ duel ; ✓✓ sa détectabilité. Les caté­­ ries de risques go­­ On dis­­ tingue ainsi : ✓✓ les risques finan­­ ciers ; ✓✓ les risques indus­­ triels et envi­­ ne­­ taux : cou­­ ron­­ men­­ pure d’électricité, explo­­ sion à proxi­­ mité ; ✓✓ les risques stra­­ giques : épui­­ ment de matières pre­­ té­­ se­­ mières, panne d’Internet, etc. ; ✓✓ les risques poli­­ tiques : coup d’État, guerre, etc. ; ✓✓ les risques éco­­ miques : krach bour­­ no­­ sier ; ✓✓ les risques juri­­ diques ; ✓✓ les risques sani­­ taires : la grippe H1N1 ; ✓✓ les risques natu­­ rels : tem­­ pêtes, séismes ; ✓✓ les risques internes : incen­­ die ; ✓✓ … Nous étu­­ rons ici plus par­­ cu­­ re­­ die­­ ti­­ liè­­ ment les risques finan­­ ciers et les risques indus­­ triels et envi­­ ne­­ taux. Ce sont les deux caté­ ron­­ men­­ ­ go­­ de risques à pro­­ des­­ ries pos quelles il existe les contraintes légales les plus pres­­ santes. 84
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    Savoir-faire Une car­­ gra­­ to­­phie des risques per­­ met aux audi­­ teurs de hié­­ chi­­ les risques rar­­ ser PRINCIPES CLÉS par direc­­ tions. Toute entre­­ prise aura avan­­ tage à éta­­ une car­­ gra­­ blir to­­ phie de • Mieux connaître les risques aux­­ quels l’entreprise est sou­ ­ ses risques. mise per­­ met de mieux agir. Pour réa­­ ser une car­­ gra­­ li­­ to­­ phie, on va blir to­­ phie des tenir compte de deux para­­ mètres  • Éta­­ la car­­ gra­­ risques d’une entre­­ prise (exemple : figure 3.2) : consiste à iden­­ fier tous les ti­­ ✓✓ l’impact ; risques pré­­ sents dans tous ses pro­­ sus, puis à en éva­­ ces­­ luer ✓✓ la pro­­ bi­­ de sur­­ nance. ba­­ lité ve­­ l’impact pré­­ sible et la pro­­ bi­ vi­­ ba­­ ­ C’est la pre­­ mière étape du tra­­ vail. lité de sur­­ nance. ve­­ Pour ce faire, il faut iden­­ fier les dif­ ti­­ ­ fé­­ rents pro­­ sus. Un pro­­ sus est un ces­­ ces­­ ensemble d’activités qui per­­ mettent, en étant orga­­ sées, de trans­­ ­ ni­­ for­ mer des don­­ nées d’entrée en don­­ nées de sor­­ en leur appor­­ tie tant de la valeur ajou­­ On iden­­ fie les dif­­ rents acteurs qui inter­­ tée. ti­­ fé­­ viennent dans la réa­­ sa­­ li­­ tion du pro­­ sus. Ces acteurs peuvent appar­­ nir à ces­­ te­­ plu­­ sieurs ser­­ vices. Les pro­­ sus peuvent ainsi être trans­­ saux. ces­­ ver­­ À chaque étape du pro­­ sus, on asso­­ ces­­ ciera les inci­­ dents qui peuvent en per­­ ber le dérou­­ ment. Ces inci­­ tur­­ le­­ dents peuvent concou­ ­ rir à la non-­ tteinte des objec­­ assi­­ a tifs gnés au pro­­ sus concerné. ces­­ Les inci­­ dents peuvent être col­­ tés via le biais de fiches de recen­ lec­­ ­ se­­ ment uti­­ sées par les opé­­ tion­­ li­­ ra­­ nels. Une telle col­­ lecte si elle dure plu­­ sieurs années repré­­ sente une base de don­­ nées très pro­­ table. fi­­ Savoirs CC La car­­to­­gra­­phie des risques Deux méthodes pour éva­­ la cou­­ ture d’un risque luer ver­­ 85 Savoir-être Nous vous pré­­ tons deux méthodes reconnues et uti­­ sées par sen­­ li­­ l’AICPA (American Institute of Certified Public Accountants) : ✓✓ la méthode de Robert Courtney ; ✓✓ la méthode basée sur l’estimation des pertes.
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    3 • Appré­­der la pro­­ ma­­ hen­­ blé­­ tique de la ges­­ des risques tion La pro­­ ma­­ blé­­ tique de la ges­­ tion des risques La car­­ gra­­ to­­ phie des risques La défi­­ tion et la mise en place du dis­­ si­­ ni­­ po­­ tif Les risques finan­­ ciers Figure 3.2 ■ Exemple de car­­ gra­­ to­­ phie des risques Synthèse : criticité des risques R2 fort R7 R1 R8 moyen Impacts R9 R3 R6 R4 faible R5 faible moyenne forte Probabilité de survenance La méthode de Robert Courtney (IBM) Cette méthode se fonde sur l’estimation de la cou­­ ture néces­ ver­­ ­ saire : le concept de « l’assurance rai­­ nable ». L’idée de base de son­­ l’assurance rai­­ nable est qu’il n’est pas « rai­­ nable » de mettre son­­ son­­ en place un contrôle qui coû­­ rait 1 M€ par an à l’entreprise pour te­­ pré­­ nir la réa­­ sa­­ ve­­ li­­ tion d’un risque (dys­­ tion­­ ment) qui coû­­ ­ fonc­­ ne­­ te­ rait à l’entreprise au maxi­­ mum 100 K€ par an. L’idée paraît simple, mais il n’est pas évident de par­­ nir à compa­­ le risque et son coût ve­­ rer de cou­­ ture. ver­­ La tech­­ nique de Courtney consiste à don­­ une valeur en euros ner au risque poten­­ puis à esti­­ la fré­­ tiel, mer quence pos­­ sible de ce risque. 86
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    C’est une éva­­tion pure­­ lua­­ ment sub­­ tive qui ne peut être faite jec­­ qu’avec l’accord de la direction de l’entreprise. Une valeur (v) de 1 à 7 est don­­ à l’impact poten­­ d’un évé­ née tiel ­ ne­­ ment. Mon­­ tant en euros Valeur (v) 10 1 100 2 1 000 3 10 000 4 100 000 5 1 000 000 6 10 000 000 Savoirs Tableau 3.1 ■ Impact poten­­ d’un évé­­ ment tiel ne­­ 7 Tableau 3.2 ■ Fré­­ quence de la réa­­ sa­­ li­­ tion du risque Fré­­ quence Note (p) 1 Une fois tous les 30 ans 2 Une fois tous les 3 ans 3 Une fois tous les 100 jours 4 Une fois tous les 10 jours 5 Une fois par jour 6 10 fois par jour 7 100 fois par jour 8 87 Savoir-être Une fois tous les 300 ans Savoir-faire Une note sur l’estimation de la fré­­ quence de la réa­­ sa­­ li­­ tion du risque (dys­­ tion­­ ment) est ensuite attri­­ fonc­­ ne­­ buée.
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    3 • Appré­­der la pro­­ ma­­ hen­­ blé­­ tique de la ges­­ des risques tion La pro­­ ma­­ blé­­ tique de la ges­­ tion des risques La car­­ gra­­ to­­ phie des risques La défi­­ tion et la mise en place du dis­­ si­­ ni­­ po­­ tif Les risques finan­­ ciers La for­­ mule sui­­ vante per­­ met d’estimer la perte en euros par an (E) sur la base d’une valeur et d’une fré­­ quence don­­ née : E = 10 3 (p + v - 3) Exemple de cal­­cul de risque Par exemple, si on estime que la réa­­ sa­­ li­­ tion d’un risque coû­­ rait te­­ 1 000 000 € à l’entreprise et que cet évé­­ ment pour­­ sur­­ nir tous ne­­ rait ve­­ les 30 ans, alors : E = 10 3 (2 + 6 - 3) E = 10 3 E = 100 000 3 5 E = 33 333 € C’est-à-dire que le coût d’assurance rai­­ nable de cou­­ ture de ce son­­ ver­­ risque ne doit pas dépas­­ 33 333 € par an. ser Une méthode fon­­ dée sur l’estimation de la perte Le rai­­ ne­­ son­­ ment est que, compte tenu de la valeur d’un actif qu’on a estimé à 100 000 € et de la qua­­ du pro­­ sus de contrôle interne lité ces­­ en place (indi­­ teurs et contrôles), il y a toutes les chances pour que ca­­ le dys­­ tion­­ ment soit diag­­ ti­­ rapi­­ ment et que la perte fonc­­ ne­­ nos­­ qué de­­ soit minime. De la même façon que pour la méthode Courtney, l’auditeur part d’une esti­­ mation qui se fait en concer­­ tion avec la direc­­ ta­­ tion de l’entreprise et les opé­­ tion­­ ra­­ nels. Il en déduit ensuite une « esti­ ­ mation des pertes atten­­ dues ». 88
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    Tableau 3.3 ■ Esti­­ mation des pertesatten­­ dues Esti­­ mation du mon­­ tant en euros des pertes Pro­­ bi­­ des pertes ba­­ lité Valeur atten­­ due en euros des pertes 5 % 750 10 000 10 % 1 000 5 000 25 % 1 250 1 000 50 % 500 Total en euros des pertes atten­­ dues : 3 500. Il faut que le coût annuel du contrôle n’excède pas 3 500 €. Savoirs 15 000 89 Savoir-être PRINCIPES CLÉS La ges­­ tion des risques est une fonc­ ­ po­­ tif tion trans­­ sale dans l’entreprise. Elle • La mise en place d’un dis­­ si­­ ver­­ de ges­­ tion des risques per­­ met concourt à la défi­­ tion et à la mise en ni­­ de pro­­ ger l’entreprise, autant té­­ œuvre de la stra­­ gie de l’entreprise. té­­ que faire se peut. Des affaires dou­­ reuses ont fait la lou­­ cace, cette mise une des jour­­ naux outre-­ tlantique à la • Pour être effi­­ A en place néces­­ site le suivi fin des années 1990. d’une démarche struc­­ rée et tu­­ Ces regret­­ tables affaires sont à le respect de 7 condi­­ tions de l’origine de la loi Sarbanes Oxley du réus­­ site. 30  juillet 2002 aux États-­ nis. Elle U exige que la Direc­­ tion géné­­ engage rale sa res­­ sa­­ lité dans la mise en place d’une struc­­ pon­­ bi­­ ture interne de contrôle comp­­ table et finan­­ cier. Tous les autres pays occi­­ taux ont ensuite suivi l’exemple amé­ den­­ ­ ri­­ cain. C’est ainsi qu’en France a été pro­­ guée la LSF (Loi de mul­­ sécu­­ finan­­ rité cière) le 1er août 2003. Savoir-faire CC La défi­­ i­­tion et la mise en place n du dis­­po­­si­­tif de ges­­tion des risques
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    3 • Appré­­der la pro­­ ma­­ hen­­ blé­­ tique de la ges­­ des risques tion La pro­­ ma­­ blé­­ tique de la ges­­ tion des risques La car­­ gra­­ to­­ phie des risques La défi­­ tion et la mise en place du dis­­ si­­ ni­­ po­­ tif Les risques finan­­ ciers Les fina­­ tés de la ges­­ des risques li­­ tion Veiller à la péren­­ nité de l’entreprise En effet, que pour­­ deve­­ l’entreprise si on n’envisageait pas par rait nir avance des réponses à la sur­­ nue d’événements graves ? Ces évé­­ ­ ve­­ ne­ ments pou­­ vant aller jusqu’à un arrêt total ou par­­ de l’activité. tiel Il peut s’agir d’un incen­­ d’un atten­­ d’une explo­­ die, tat, sion voire de la mort de per­­ sonnes « indis­­ sables ». Ce peut être éga­­ ment pen­­ le­­ des grèves longues et dures, des intem­­ ries graves avec des inon­­ ­ pé­­ da­ tions, des rup­­ tures d’approvisionnement, des pénu­­ de matières ries pre­­ mières, des crises poli­­ tiques graves, des épi­­ mies ou des arrêts dé­­ infor­­ tiques. ma­­ Anti­­ per les risques et en dimi­­ ci­­ nuer les effets À par­­ de la car­­ gra­­ tir to­­ phie des risques, de leur cou­­ ture et des ver­­ choix faits par les diri­­ geants, l’entreprise peut mettre en œuvre des actions qui per­­ mettent soit de pal­­ les consé­­ lier quences des évé­­ ­ ne­ ments, soit d’en dimi­­ nuer les impacts. Satis­­ faire les exi­­ gences de plus en plus fortes des clients Les clients ne sou­­ haitent pas être péna­­ sés par ces risques. Ils veulent li­­ que leurs four­­ seurs ou pres­­ nis­­ tataires prennent les garan­­ suf­­ ­ ties fi­ santes pour les évi­­ ou pour leur en évi­­ les consé­­ ter ter quences. Il appa­­ dans les appels d’offres et dans les cahiers des charges raît des rubriques concer­­ nant les dis­­ si­­ po­­ tions prises par le four­­ seur nis­­ contre ces risques. Une atten­­ tion par­­ cu­­ ti­­ lière est notam­­ ment por­­ tée au plan de conti­­ nuité d’activité. 90
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    Une autre menaceplane sur les entre­­ prises et leurs diri­­ geants  : le risque pénal. Grâce à la ges­­ tion des risques, l’entreprise peut mettre en place des dis­­ si­­ po­­ tions qui vont lui per­­ mettre de : ✓✓ véri­­ sa confor­­ fier mité avec la loi ; ✓✓ limi­­ des pra­­ ter tiques ou risques péna­­ ment répré­­ sibles (par le­­ hen­­ l’exemple : inter­­ tion d’accepter des cadeaux per­­ nels de la dic­­ son­­ part des four­­ seurs). nis­­ Savoirs Dimi­­ nuer le risque pénal La démarche à suivre pour mettre en place une ges­­ tion des risques Comme toute démarche ou pro­­ d’une entre­­ jet prise, elle doit être por­­ au plus haut de la struc­­ tée ture. Cela démontre l’importance du sujet vis-­ -vis de l’ensemble du per­­ nel. Cela démontre aussi le rôle à son­­ du diri­­ geant et de ses col­­ bo­­ teurs dans le cadre de la démarche. la­­ ra­­ Une struc­­ ture pro­­ jet Il faut, comme dans tout pro­­ mettre en place une équipe avec jet, un chef de pro­­ une équipe pro­­ consti­­ jet, jet tuée de membres issus de ser­­ vices repré­­ ta­­ et un comité de pilo­­ sen­­ tifs tage pour les déci­­ sions, les réorien­­ tions et les levées de freins. ta­­ Savoir-faire Un enga­­ ment de la direc­­ ge­­ tion La réa­­ sa­­ li­­ tion d’une car­­ gra­­ to­­ phie des risques 91 Savoir-être Tous les membres de l’équipe pro­­ concourent à l’identification jet des risques. L’équipe tra­­ vaille dans une approche ité­­ tive de type ra­­ top down et bottom up.
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    3 • Appré­­der la pro­­ ma­­ hen­­ blé­­ tique de la ges­­ des risques tion La pro­­ ma­­ blé­­ tique de la ges­­ tion des risques La car­­ gra­­ to­­ phie des risques La défi­­ tion et la mise en place du dis­­ si­­ ni­­ po­­ tif Les risques finan­­ ciers L’élaboration de recom­­ man­­ tions : maî­­ da­­ trise des risques, pré­­ tion, actions cura­­ ven­­ tives, plans de conti­­ nuité À par­­ des risques réper­­ riés et de leur hié­­ chi­­ tion, des déci­ tir to­­ rar­­ sa­­ ­ sions sont prises. Elles sont orga­­ sées par types et affec­­ ni­­ tées à des res­­ sables de leur mise en œuvre. pon­­ Ces déci­­ sions sont : ✓✓ des actions des­­ nées à maî­­ ser les risques et agir rapi­­ ment sur ti­­ tri­­ de­­ leurs sur­­ nues pour en limi­­ les effets ; ve­­ ter ✓✓ des actions pré­­ tives mises en œuvre pour évi­­ la sur­­ nue ven­­ ter ve­­ du pro­­ blème ; ✓✓ des actions cura­­ tives qui, une fois le pro­­ blème arrivé, per­­ mettent d’en dimi­­ nuer les effets au mini­­ mum ; ✓✓ des plans de conti­­ nuité : ils per­­ mettent à l’entreprise de conti­­ nuer ses acti­­ tés (peut être de façon dégradées pen­­ vi­­ dant une période) afin de conti­­ nuer à satis­­ faire les dif­­ rentes par­­ pre­­ fé­­ ties nantes. Le suivi, les retours d’expérience Comme dit pré­­ dem­­ cé­­ ment, des sui­­ et des contrôles sont néces­ vis ­ saires pour s’assurer de la via­­ lité des dis­­ si­­ bi­­ po­­ tions prises et de leur adé­­ tion aux pro­­ qua­­ blèmes. Ces audits peuvent per­­ mettre d’identifier de nou­­ veaux risques ou d’améliorer des déci­­ sions prises. Des rap­ ­ ports sont émis et trans­­ aux diri­­ mis geants. Sept condi­­ tions de réus­­ de la démarche de ges­­ site tion des risques Une impli­­ tion forte des diri­­ ca­­ geants de l’entreprise Tout ce qui touche à la ges­­ tion des risques doit témoi­­ gner de l’implication des diri­­ geants. La ges­­ tion des risques devient alors un des élé­­ ments de la prise de déci­­ sion stra­­ gique. té­­ 92
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    Un jar­­ gon par­­ tagé Lages­­ tion des risques comprend dif­­ rentes compo­­ fé­­ santes. Il faut que les membres de l’entreprise en aient la même compré­­ sion. hen­­ Une for­­ tion autour de ces concepts peut s’avérer néces­­ ma­­ saire. La démarche de ges­­ des risques (comme toute démarche) impose tion l’allocation de res­­ sources humaines, finan­­ cières et tech­­ niques. Savoirs Des moyens alloués La mise en œuvre d’une démarche Comme dans tout pro­­ les actions doivent être struc­­ rées. Une jet, tu­­ démarche orga­­ sée doit être mise en œuvre avec des res­­ sa­­ li­­ ni­­ pon­­ bi­­ tés défi­­ nies et sui­­ vies. Des méthodes De l’information et de la for­­ tion ma­­ Une telle démarche ne peut réus­­ que si l’information cir­­ sir cule bien et dans les deux sens (des­­ dant et ascen­­ cen­­ dant). Il faut expli­­ quer aux mana­­ et au per­­ nel les fina­­ tés de la ges­­ gers son­­ li­­ tion des risques et les rôles de cha­­ cun. Ainsi, chaque membre de l’entreprise peut être à l’origine de la détec­­ tion d’événements. Les membres de l’entreprise doivent être infor­­ més des dis­­ si­­ po­­ tions prises. Par ailleurs, des rap­­ ports et des retours d’expériences doivent être éta­­ blis. Une par­­ de ces élé­­ tie ments peut être trans­­ mise via des for­­ tions ma­­ ciblées en fonc­­ tion du public. Savoir-faire Cette démarche doit faire appel à des méthodes et outils qui ont fait leurs preuves et per­­ mettent d’obtenir des résul­­ tan­­ tats gibles. Les diri­­ geants et les mana­­ gers doivent s’assurer du bon fonc­­ ne­ tion­­ ­ ment de la ges­­ tion des risques. Un outil est à leur dis­­ si­­ po­­ tion pour éva­­ la per­­ nence des choix ou solu­­ luer ti­­ tions. Il s’agit de l’audit interne, outil indis­­ sable dans la mise en œuvre de la ges­­ pen­­ tion des risques. 93 Savoir-être Le pilo­­ tage de la démarche
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    3 • Appré­­der la pro­­ ma­­ hen­­ blé­­ tique de la ges­­ des risques tion La pro­­ ma­­ blé­­ tique de la ges­­ tion des risques La car­­ gra­­ to­­ phie des risques La défi­­ tion et la mise en place du dis­­ si­­ ni­­ po­­ tif Les risques finan­­ ciers CC Les risques finan­­ciers PRINCIPES CLÉS • Les risques finan­­ ciers aux­ ­ quels l’entreprise est sou­­ mise résultent en pre­­ mier lieu de la pra­­ tique de la vente à cré­­ qui dit est géné­­ le­­ ra­­ ment la règle entre pro­­ sion­­ fes­­ nels. • Les entre­­ prises tra­­ vaillant à l’export sont sou­­ mises au risque de change. • Toute entre­­ prise doit dis­­ ser po­­ de liqui­­ tés suf­­ santes pour di­­ fi­­ faire face à ses obli­­ tions ga­­ vis-­ -vis de ses sala­­ à riés, de ses four­­ seurs et de nis­­ l’administration. L’entreprise doit faire face à dif­­ rents fé­­ risques finan­­ ciers. Nous exa­­ nons ici mi­­ trois des prin­­ paux moyens à sa dis­­ ­ ci­­ po­ si­­ tion : ✓✓ a ges­­ l tion du risque et du cré­­ dit client ; ✓✓ la ges­­ tion du risque de change ; ✓✓ la ges­­ tion du risque de liqui­­ dité. La ges­­ du risque et du cré­­ tion dit client Les ventes entre pro­­ sion­­ fes­­ nels se font géné­­ le­­ ra­­ ment à cré­­ dit. Le cré­­ four­ dit ­ nis­­ seur est une res­­ source essen­­ tielle pour les entre­­ prises, sou­­ vent supé­­ rieure au volume de cré­­ ban­­ dit caire à court terme. De la même façon, le mon­­ tant des créances client, cor­­ pon­­ res­­ dant au chiffre d’affaires fac­­ turé et non encaissé, consti­­ pour beau­ tue ­ coup d’entreprises le prin­­ pal actif (ou immo­­ li­­ tion de fonds), ci­­ bi­­ sa­­ jusqu’à 30 % du total de l’actif du bilan. Comme l’indique la figure 3.3, les res­­ sources finan­­ cières limi­ ­ tées, au pas­­ du bilan, imposent, à l’actif, une maî­­ sif trise du cré­­ dit client. 94
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    Figure 3.3 ■ La placedu cré­­ client dans la ges­­ dit tion finan­­ cière posent e ien rer es capitaux in estis Des ressources financières i it es pti iser a rotation es stoc s a triser e cr it c ient o i isations Capitaux propres Capacit apport en capita es actionnaire s toc s et encours Dettes financières i itation u ris ue es an ues Cr ances c ient Cr ti fournisseur afonn par a oi i it par a position es assureurs cr it La figure 3.4 retrace les trois enjeux finan­­ ciers de la vente à cré­­ dit : 1. La vente à cré­­ repré­­ dit sente tout d’abord un manque à gagner en termes de tré­­ re­­ l’entreprise a livré un pro­­ ou une pres­­ tion so­­ rie : duit ta­­ sans encais­­ immé­­ te­­ ser dia­­ ment l’argent de cette vente. Cette immo­­ li­ bi­­ ­ sa­­ de tré­­ re­­ est pro­­ tion­­ tion so­­ rie por­­ nelle au délai de paie­­ ment client ; 2. Le plus sou­­ vent, l’entreprise doit combler ce manque à gagner en emprun­­ tant à court terme auprès de sa banque. Cet emprunt repré­­ sente un coût en termes de frais finan­­ ciers. Si l’entreprise a la chance d’avoir une tré­­ re­­ excé­­ taire, le cré­­ client se so­­ rie den­­ dit tra­­ duit par un manque à gagner en termes de pla­­ ment et donc ce­­ de pro­­ duits finan­­ ciers ; L’exemple sui­­ vant illustre ces deux pre­­ miers enjeux. Savoir-faire a triser es penses in estisse ent Passif Savoirs Actif Exemple Le chiffre d’affaires HT d’une entre­­ prise est de 100 mil­­ lions, le taux de TVA est de 20 %. Le retard de paie­­ ment moyen est de 15 jours. L’immobilisation de tré­­ re­­ résul­­ so­­ rie tant des retards est de : 100 mil­­ lions × 1,21 × 15/360 = 5 mil­­ lions 5 mil­­ lions × 6 % = 300 K € 1. Alors que le chiffre d’affaires est exprimé hors TVA, le mon­­ tant de créance client est exprimé en TTC, ce qui cor­­ pond au mon­­ res­­ tant dû par le client. 95 Savoir-être Sachant que l’entreprise emprunte au taux de 6 %, le coût finan­­ cier des retards est de :
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    3 • Appré­­der la pro­­ ma­­ hen­­ blé­­ tique de la ges­­ des risques tion La pro­­ ma­­ blé­­ tique de la ges­­ tion des risques La car­­ gra­­ to­­ phie des risques La défi­­ tion et la mise en place du dis­­ si­­ ni­­ po­­ tif Les risques finan­­ ciers 3. Enfin, le four­­ seur est sou­­ au risque de défaillance de son nis­­ mis client entre le moment où il l’a livré et celui auquel ce der­­ nier aurait dû payer. Envi­­ 25 % des défaillances d’entreprise sont ron dus à des pertes sur créances client. Une perte client est telle pour le four­­ seur qu’elle entraîne à son tour sa défaillance, c’est nis­­ le fameux effet domino dont la pré­­ tion a motivé dif­­ rentes ven­­ fé­­ lois visant à réduire les délais de paie­­ ment inter-­ ntreprise (voir e ci-­ essous). Notons que pour les entre­­ d prises livrant des pro­­ duits sur mesure aux spé­­ fici­­ du client, le risque de cré­­ naît, non ci­­ tés dit à par­­ de la livrai­­ tir son, mais dès la récep­­ tion de commande ou mise en fabri­­ tion. Le four­­ seur ne pour­­ en effet revendre ca­­ nis­­ rait à un autre client le bien spé­­ le­­ cia­­ ment fabri­­ qué pour un client devenu défaillant entre-­ emps. Il serait alors contraint d’en sup­ t ­ por­­ le coût de fabri­­ tion. ter ca­­ Figure 3.4 ■ Les trois enjeux finan­­ ciers de la vente à cré­­ dit La vente à crédit et re ré ente n ri ed i e trad it ar e n i i i ati n de tré rerie é a ia de n c t inancier rai inancier an e à a ner r d it inancier En défi­­ tive, l’entreprise doit gérer à la fois le cré­­ et le risque ni­­ dit client. Cette ges­­ tion est assu­­ par le cré­­ mana­­ Dépen­­ rée dit ger. dant le plus sou­­ vent de la direc­­ tion finan­­ cière, il doit déve­­ per un savoirlop­­ f ­ aire commer­­ fort car il se trouve au contact constant avec des cial clients et des commer­­ ciaux. 96
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    En l’absence decré­­ mana­­ dit ger, la fonc­­ tion est assu­­ par le rée direc­­ teur finan­­ cier, le contrô­­ leur de ges­­ tion, le chef comp­­ table ou le comp­­ table client, voire par le res­­ sable de l’administration des pon­­ ventes. 97 Savoir-faire Savoir-être Pour se pré­­ nir contre le risque d’impayé, l’entreprise met en mu­­ œuvre une démarche de pré­­ tion du risque client qui consiste à ven­­ éva­­ le risque de défaillance de ses clients nou­­ luer veaux et exis­­ tants, à limi­­ l’encours de cré­­ voire à l’assurer ou à le garan­­ Cette ter dit, tir. démarche se tra­­ duit par les étapes sui­­ vantes : 1. L’entreprise fait tout d’abord le choix de sous­­ crire ou non un contrat d’assurance-crédit. Cette assu­­ rance garan­­ uni­­ ment tit que­­ contre le risque d’insolvabilité des clients, non contre le risque de retard de paie­­ ment. 2. Le cré­­ mana­­ dit ger s’informe ensuite sur la sol­­ bi­­ va­­ lité des clients : −− Il achète l’enquête d’une société de ren­­ gne­­ sei­­ ments commer­ ­ ciaux retra­­ çant les prin­­ pales infor­­ tions  : chiffres clés, ci­­ ma­­ exis­­ tence de pri­­ lèges du Tré­­ ou des orga­­ vi­­ sor nismes sociaux, exis­­ tence d’une pro­­ dure de redres­­ ment ou de liqui­­ tion cé­­ se­­ da­­ judi­­ ciaire,… Il peut mettre cer­­ tains clients sous sur­­ veillance ; −− Il demande direc­­ ment au client sa cota­­ te­­ tion Banque de France ; −− Il échange par­­ des infor­­ tions sur la régu­­ rité des paie­ fois ma­­ la­­ ­ ments auprès d’autres four­­ seurs de ses clients, ponc­­ le­ nis­­ tuel­­ ­ ment ou de façon régu­­ lière ; −− L’analyse finan­­ cière lui per­­ de suivre la santé finan­­ met cière des clients récur­­ rents, à risque et à encours impor­­ tant ; −− Il exploite l’historique des paie­­ ments qui compte pour une part impor­­ tante de la déci­­ sion de cré­­ Une dégra­­ tion des dit. da­­ habi­­ tudes de paie­­ ment résulte de retards, d’impayés ban­­ caires, de demandes de proro­­ tion, de faux litiges à répé­­ ga­­ tition, de pro­­ messes de paie­­ ment non tenues,… Savoirs La ges­­ tion du risque client
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    3 • Appré­­der la pro­­ ma­­ hen­­ blé­­ tique de la ges­­ des risques tion La pro­­ ma­­ blé­­ tique de la ges­­ tion des risques La car­­ gra­­ to­­ phie des risques La défi­­ tion et la mise en place du dis­­ si­­ ni­­ po­­ tif Les risques finan­­ ciers −− Enfin, il exploite l’information du ter­­ rain. Les opé­­ tion­­ ra­­ nels au contact direct du client (les ven­­ deurs mais aussi les tech­ ­ ni­­ ciens, livreurs, comptables…) peuvent obte­­ des infor­ nir ­ ma­­ tions (ou détecter des indices défa­­ rables ou favo­­ vo­­ rables) très per­­ nentes sur l’évolution du risque client (baisse des ti­­ commandes, dif­­ cultés de tré­­ re­­ chan­­ ments fré­­ fi­­ so­­ rie, ge­­ quents du direc­­ teur commer­­ ou finan­­ cial cier,…) qui incitent le cré­­ dit mana­­ à réduire les encours et à relan­­ plus rapi­­ ment ger cer de­­ les clients. Le ter­­ rain pré­­ sente l’avantage d’être une source d’information « en temps réel » sur la sol­­ bi­­ des clients, va­­ lité à l’inverse des docu­­ ments comp­­ tables qui consti­­ tuent une infor­­ tion déjà ancienne au moment où le four­­ seur en ma­­ nis­­ dis­­ pose. Pour exploi­­ cette infor­­ tion, le cré­­ mana­­ ter ma­­ dit ger doit aller au-­ evant des opé­­ tion­­ et favo­­ ser les échanges d ra­­ nels ri­­ infor­­ mels. −− Par exemple, le cré­­ mana­­ d’une entre­­ dit ger prise de trans­­ port fri­­ fique reçoit beau­­ gori­­ coup de ren­­ gne­­ sei­­ ments per­­ nents sur ti­­ l’évaluation du risque de la part des chauf­­ feurs. Il entre­­ tient avec eux une rela­­ tion constante, pro­­ tant notam­­ fi­­ ment de la pause qu’ils font au retour de leur tour­­ née. 3. Le cré­­ mana­­ fixe ensuite un pla­­ dit ger fond de cré­­ repré­­ ­ dit sen­ tant le risque maxi­­ mum que le four­­ seur accepte de prendre nis­­ sur un client donné. Toute nou­­ velle commande est enre­­ trée gis­­ dans le logi­­ commer­­ ciel cial. Le dépas­­ ment de la limite de cré­ se­­ ­ dit entraîne nor­­ le­­ ma­­ ment un blo­­ cage de cette commande (cré­­ dit hold) aler­­ tant le cré­­ mana­­ dit ger. 4. Les déci­­ sions du cré­­ mana­­ ont des réper­­ sions impor­ dit ger cus­­ ­ tantes sur le chiffre d’affaires et donc sur la per­­ mance des for­­ opé­­ tion­­ ra­­ nels. À cause de cela, ses déci­­ sions sont sou­­ mises à un arbi­­ trage réa­­ par la direc­­ lisé tion géné­­ rale, un comité de cré­­ dit… 98
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    Savoirs 5. Enfin, ilnégo­­ par­­ une garan­­ avec son client, lorsque cie fois tie le niveau de risque le jus­­ fie et que le contexte commer­­ le ti­­ cial per­­ met : −− une cau­­ tion émise par la banque, la société mère pour sa filiale ou par le diri­­ geant à titre per­­ nel. son­­ −− un endos d’effets de commerce,… La mis­­ sion du cré­­ mana­­ est de maî­­ ser le risque sans frei­ dit ger tri­­ ­ ner le déve­­ pe­­ lop­­ ment du chiffre d’affaires. Il doit pour cela savoir pro­­ ser des solu­­ po­­ tions créa­­ tives per­­ tant de vendre plus sans aug­ met­­ ­ men­­ le risque  : garan­­ ter ties, paie­­ ment anti­­ cipé contre escompte, cadencement des livrai­­ sons,… 99 Savoir-être La notion de délai d’usance jus­­ fie le cré­­ inter-­ ntreprise : le four­ ti­­ dit e ­ nis­­ seur fait cré­­ à son client sur une durée équi­­ lant à peu près à dit va­­ la durée pen­­ dant laquelle la mar­­ chan­­ dise se trouve dans le stock de son four­­ seur. Tra­­ tion­­ le­­ nis­­ di­­ nel­­ ment, les pays d’Europe du Nord ont des délais de paie­­ ment plus courts que ceux d’Europe du Sud. En France, dif­­ rentes lois ont cher­ hé à réduire les délais de paie­­ fé­­ c ment, un tel rac­­ cis­­ ment per­­ tant de réduire le risque de dépôt de cour­­ se­­ met­­ bilan en cascade. La der­­ nière loi en date, la loi LME d’août 2008, vier ment maxi­ ­ est entrée en vigueur au 1er jan­­ 2009. Le délai de paie­­ mum est de 60 jours net ou 45 jours fin de mois, à par­­ de la date tir de fac­­ ture. Cette loi s’applique à tous les contrats sou­­ au droit mis fran­­ çais. Les condi­­ tions géné­­ rales de vente pré­­ voient le plus sou­­ vent un délai de paie­­ ment stan­­ dard. Ce délai est géné­­ le­­ ra­­ ment plus court pour les entre­­ prises de ser­­ vice. Ces der­­ nières ne béné­­ cient pas, fi­­ en effet, de cré­­ four­­ seur et paient leur prin­­ pale charge, les dit nis­­ ci­­ salaires, au comp­­ tant. Les clients demandent tou­­ fois sou­­ te­­ vent un délai de paie­­ ment supé­­ rieur au délai stan­­ dard. La pro­­ dure cré­­ pré­­ cé­­ dit voit alors qui est habi­­ pour des délais déro­­ toires, la force commer­­ lité ga­­ ciale ou la fonc­­ tion cré­­ Dans tous les cas, une telle déci­­ dit. sion néces­­ une site concer­­ tion. ta­­ Savoir-faire La ges­­ tion du cré­­ client dit
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    3 • Appré­­der la pro­­ ma­­ hen­­ blé­­ tique de la ges­­ des risques tion La pro­­ ma­­ blé­­ tique de la ges­­ tion des risques La car­­ gra­­ to­­ phie des risques La défi­­ tion et la mise en place du dis­­ si­­ ni­­ po­­ tif Les risques finan­­ ciers Les retards de paie­­ ment rendent néces­­ saire l’établissement d’un calen­­ drier de relance. Ce calen­­ drier contient les para­­ mètres sui­ ­ vants : ✓✓ Qui : quels sont les rôles res­­ tifs du chargé de relance et du pec­­ commer­­ dans la relance ; cial ✓✓ Comment : quel est le mode de relance choisi : lettre stan­­ dard, télé­­ phone, courriel,… ✓✓ Quand : combien de temps après l’échéance, la pre­­ mière relance a-­-elle lieu, quel est l’intervalle entre les dif­­ rents niveaux de t fé­­ relance (entre 8 et 15 jours) ; ✓✓ Que faire si le non-­ aiement per­­ p siste (à par­­ de quel moment tir blo­­ quer les livrai­­ sons, enta­­ une action conten­­ mer tieuse ?) ; Les choix rela­­ à ces para­­ tifs mètres dif­­ fèrent selon les types de client, ils dépendent du nombre de clients, de leur sus­­ ti­­ lité, du cep­­ bi­­ niveau de risque et d’encours, de la fré­­ quence des litiges,… Tableau 3.4 ■ Exemple de calen­­ drier de relance Délai Action Acteur J-15 Pré-­ elance télé­­ nique r pho­­ Ser­­ vice cré­­ dit J+1 Lettre de relance niveau 1 Ser­­ vice cré­­ dit J+10 Appel télé­­ nique pho­­ Ser­­ vice cré­­ dit J+20 Lettre de relance niveau 2 et blo­­ cage des livrai­­ sons Ser­­ vice cré­­ dit J+30 Appel télé­­ nique pho­­ Commer­­ cial J+40 Lettre de relance niveau 3 : Mise en demeure de payer Ser­­ vice cré­­ dit J+50 Mise au conten­­ tieux Ser­­ vice cré­­ dit Les litiges impu­­ tables au four­­ seur sont une cause fré­­ nis­­ quente de retard des paie­­ ments : erreurs sur fac­­ tures, pro­­ duit défec­­ tueux, erreur d’expédition, désac­­ cord commer­­ cial,… Le suivi de ces litiges est sou­­ vent confié à l’administration des ventes ou au ser­­ qua­­ vice lité. 100
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    La ges­­ durisque de change tion Les entre­­ prises expor­­ tant ou impor­­ tant en devises doivent faire face au risque de fluc­­ tion du cours des devises. L’exemple ci-­ essous tua­­ d en consti­­ une illus­­ tion. tue tra­­ Savoirs Le ser­­ cré­­ pourra avoir inté­­ à s’y impli­­ vice dit rêt quer. En contri­­ buant à accé­­ rer sa réso­­ tion, il contri­­ lé­­ lu­­ bue à accé­­ rer l’encaissement. lé­­ Il donne éga­­ ment une dimen­­ le­­ sion commer­­ ciale à sa fonc­­ tion en appor­­ tant un ser­­ à son client. vice Le cours des devises fluc­­ sou­­ tue vent de façon sou­­ daine et impré­ ­ vue sur le mar­­ des changes. Cer­­ ché taines devises comme le dol­ ­ lar sont extrê­­ ment vola­­ me­­ tiles et peuvent fluc­­ tuer de plus de 30 % sur une durée de quelques mois. Pour cette rai­­ son, les entre­­ prises mettent en place des cou­­ tures de change sys­­ ma­­ ver­­ té­­ tiques sur les mon­­ tants éle­­ et sur des devises vola­­ vés tiles. Les trois prin­­ pales tech­­ ci­­ niques de cou­­ ture sont : ver­­ ✓✓ la cou­­ ture natu­­ ver­­ relle ; ✓✓ l’achat ou la vente à terme ; ✓✓ l’option. 101 Savoir-être Un commer­­ ex­ ort de l’entreprise X reçoit le 1er mars une commande cial p de 500 000 € facturable en USD (dol­­ lars amé­­ cains), payable début ri­­ mai. Le taux de marge prévu sur cette affaire est de 10 %. Le cours euro/ dol­­ le 1er mars est de 1,35 (un euro = 1,35 dol­­ lar lar). Igno­­ rant les règles de ges­­ tion du risque de change, le commer­­ cial engage sa société sur un prix de : 675 000 dol­­ lars (500 000/1,35). Il oublie d’informer le tré­­ ­ so­ rier de la pré­­ sion d’encaissement en dol­­ vi­­ lars à début mai. Le 2  mai, la créance en dol­­ lars est encais­­ sée et conver­­ en tie euros. Entre-­emps, le dol­­ a baissé au cours de 1,40 (un euro t lar =  1,40  dol­­ lar). Le mon­­ tant converti en euros ne repré­­ sente plus que 482 143 euros (675 000/1,40) soit une perte de change de 17 857 euros (500 000 – 482 143). Cette perte de change réduit de 36 % la marge pré­­ vue (17 857/50 000). Savoir-faire Exemple
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    3 • Appré­­der la pro­­ ma­­ hen­­ blé­­ tique de la ges­­ des risques tion La pro­­ ma­­ blé­­ tique de la ges­­ tion des risques La car­­ gra­­ to­­ phie des risques La défi­­ tion et la mise en place du dis­­ si­­ ni­­ po­­ tif Les risques finan­­ ciers La cou­­ ture natu­­ ver­­ relle Cette tech­­ nique ne néces­­ pas l’intervention de la banque. Elle site consiste à compen­­ les opé­­ tions de vente en devises par des ser ra­­ achats dans la même devise. Les mon­­ tants encais­­ dans une devise sés servent à payer les four­­ seurs dans la même devise. Sur les mon­ nis­­ ­ tants compen­­ à l’intérieur de l’entreprise ou du groupe, il n’y a sés donc plus d’opération de change. Exemple Le groupe aéro­­ tique Air­­ nau­­ bus est tra­­ tion­­ le­­ di­­ nel­­ ment sou­­ mis au risque de fluc­­ tion sur le dol­­ tua­­ lar : les ventes d’avion se fac­­ turent en dol­­ et lar le groupe a une forte pro­­ tion de ses charges en euros. Pour réduire por­­ une forte expo­­ tion au risque de change pou­­ si­­ vant alté­­ sa posi­­ rer tion concur­­ tielle, le groupe a décidé de réa­­ ser une par­­ de sa pro­­ ­ ren­­ li­­ tie duc­ tion en zone dol­­ lar. L’achat ou la vente à terme Cette opé­­ tion consiste à ache­­ ou vendre auprès de la banque ra­­ ter une quan­­ de devises pour livrai­­ à une date future défi­­ tité son nie au contrat. La banque garan­­ un cours à terme quelle que soit tit l’évolution du cours de la devise jusqu’à l’échéance du contrat. Le contrat à terme consti­­ un enga­­ ment ferme, l’entreprise sera tue ge­­ obli­­ de livrer ou prendre livrai­­ des devises. Elle pourra tou­­ ­ gée son te­ fois anti­­ per ou dif­­ rer cette livrai­­ en fonc­­ ci­­ fé­­ son tion de la date réelle d’encaissement ou de paie­­ ment des devises. Dans l’exemple pré­­ dent, pour évi­­ la perte de change, le cé­­ ter commer­­ cial, avant de s’engager sur un prix en dol­­ aurait dû sol­ lar, ­ li­­ ter de la direc­­ ci­­ tion finan­­ cière un cours de fac­­ ra­­ tu­­ tion en dol­­ lar. Ce cours aurait été égal au cours à terme négo­­ par la direc­­ cié tion finan­­ cière avec la banque. L’encaissement de la vente en dol­­ aurait lar servi à livrer les dol­­ dans le cadre du contrat à terme. Notons que lars pour garan­­ le cours à terme, la banque ne se met pas elle-­ ême en tir m 102
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    posi­­ tion de risquede change, elle se couvre par une opé­­ tion symé­ ra­­ ­ trique auprès de sa clien­­ ou sur le mar­­ des changes. tèle ché Une option est un contrat passé avec la banque assi­­ lable à une mi­­ assu­­ rance. L’entreprise qui achète l’option acquiert le droit d’acheter (option d’achat aussi appe­­ « call ») ou de vendre (option de lée vente aussi appe­­ « put ») à la banque une cer­­ lée taine quan­­ de tité devises à une date future pour un prix garanti (le prix d’exercice). À l’échéance, elle ne sera tou­­ fois pas obli­­ d’exercer l’option si te­­ gée le cours au comp­­ tant au jour de l’échéance est plus favo­­ rable que le prix d’exercice. Savoirs Les options de change Suite de l’exemple Le 1 mars, le tré­­ rier achète une option de vente des 500 000 dol­­ so­­ lars du mon­­ tant de la vente au prix d’exercice de 1 euro = 1,36 USD, en date d’échéance du 2 mai. Elle paie une prime de 1 % du mon­­ tant garanti (soit 5 000 €). Que se passe-­-il à l’échéance du 2 mai ? t −− 1er cas : le cours au comp­­ tant est de 1 euro = 1,33 USD. Le cours du dol­­ a monté, l’entreprise a donc inté­­ à ne pas exer­­ l’option et lar rêt cer à vendre les dol­­ lars au comp­­ tant. −− 2nd cas : le cours au comp­­ tant est de 1,38. Le cours du dol­­ ayant lar baissé, il est pré­­ rable d’exercer l’option en ven­­ fé­­ dant les dol­­ lars au cours de 1,36. 103 Savoir-être En défi­­ tive, l’option de vente pro­­ ni­­ cure à son ache­­ teur un cours de vente plan­­ cher (le prix d’exercice) en lui per­­ tant de béné­­ cier met­­ fi­­ de l’augmentation du cours de la devise. À l’inverse, l’option d’achat pro­­ cure à son ache­­ teur un cours pla­­ fond tout en lui per­­ tant de met­­ béné­­ cier d’une dimi­­ tion du cours de la devise. fi­­ nu­­ Par compa­­ son avec le contrat à terme, l’option n’est donc pas rai­­ un enga­­ ment ferme de livrer ou prendre livrai­­ de la devise. ge­­ son En contre­­ tie, elle néces­­ le paie­­ par­­ site ment d’une prime dont le taux varie en fonc­­ tion de la durée de l’option, du prix d’exercice et de la vola­­ lité de la devise. ti­­ Savoir-faire er
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    3 • Appré­­der la pro­­ ma­­ hen­­ blé­­ tique de la ges­­ des risques tion La pro­­ ma­­ blé­­ tique de la ges­­ tion des risques La car­­ gra­­ to­­ phie des risques La défi­­ tion et la mise en place du dis­­ si­­ ni­­ po­­ tif Les risques finan­­ ciers Les options de change servent éga­­ ment à cou­­ une posi­­ le­­ vrir tion de change aléa­­ toire, dans le cas notam­­ ment de la réponse d’un appel d’offres en devises. Le tableau de suivi de la posi­­ tion de change Ce tableau est éta­­ par devise et en date de flux de tré­­ re­­ Il bli so­­ rie. retrace les encais­­ ments et décais­­ ments pré­­ par échéance. Mis se­­ se­­ vus à jour régu­­ re­­ liè­­ ment, il sert à déter­­ ner le besoin de cou­­ ture par mi­­ ver­­ échéance. Il combine le plus sou­­ vent des infor­­ tions de sta­­ dif­­ rents : ma­­ tuts fé­­ ✓✓ les mou­­ ments de sta­­ R (réa­­ ve­­ tut lisé) cor­­ pondent à des ventes res­­ déjà fac­­ rées ou à des achats déjà reçus ; tu­­ ✓✓ les mou­­ ments de sta­­ E (enga­­ ve­­ tut  gés) cor­­ pondent à des res­­ commandes déjà réa­­ sées non encore livrées. Pour connaître la li­­ date du flux en devise, il convient donc d’appliquer le délai de livrai­­ et le délai de paie­­ son ment. Tableau 3.5 ■ Extrait de la posi­­ tion de change en USD N+1 N+2 Encais­­ ments clients (R) se­­ 3 000 Encais­­ ments clients (E) se­­ N+3 700 Décais­­ ments four­­ seurs (R) se­­ nis­­ – 1 200 Décais­­ ments four­­ seurs (E) se­­ nis­­ – 500 Posi­­ tion commer­­ ciale + 2 000 Ventes à terme – 1 600 Achats à terme Posi­­ tion de change + 400 Le tableau 3.5 montre un extrait de la posi­­ tion de change en dol­ ­ lar. Pour le mois N+2, sont pré­­ des encais­­ ments clients pour vus se­­ 3 700 et des paie­­ ments four­­ seurs pour 1 700. Ces mon­­ nis­­ tants se 104
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    Savoirs compensent par­­ le­­ tiel­­ment (cou­­ ture natu­­ ver­­ relle). Une échéance de vente à terme de 1 600 est pré­­ vue, ce qui laisse un solde de 400 qui pourra être reporté sur le mois sui­­ vant, être vendu au comp­­ tant ou faire l’objet d’une autre vente à terme. Les actions de cou­­ ture de change sont réa­­ sées par le tré­­ rier ver­­ li­­ so­­ dans le cadre d’une pro­­ dure interne. La qua­­ de ses déci­­ cé­­ lité sions repose sur la fia­­ lité des pré­­ sions de flux en devises des opé­­ tion­ bi­­ vi­­ ra­­ ­ nels. Il prend ses déci­­ sions seul dans le cadre d’une pro­­ dure pré­ cé­­ ­ voyant une cou­­ ture sys­­ ma­­ ver­­ té­­ tique ou dans le cadre d’un comité de change lorsque les anti­­ pations sur l’évolution des devises sont ci­­ prises en compte pour la déci­­ sion de cou­­ ture. ver­­ 105 Savoir-être La ges­­ tion de la liqui­­ dité vise à garan­­ que l’entreprise ait à tout tir moment suf­­ sam­­ fi­­ ment de res­­ sources pour régler ses échéances four­ ­ nis­­ seurs, de salaires et charges sociales, d’impôt,… C’est une mis­ ­ sion fon­­ men­­ du direc­­ da­­ tale teur finan­­ et du tré­­ rier qui, si elle cier so­­ n’est pas assu­­ rée, compro­­ met la péren­­ nité même de l’entreprise. Une entre­­ prise ne par­­ nant pas de façon chro­­ ve­­ nique à res­­ ter ses pec­­ échéances est en situa­­ tion de ces­­ tion des paie­­ sa­­ ments et peut être assi­­ gnée en liqui­­ tion de biens. La « culture cash » vise à garan­­ da­­ tir la liqui­­ de l’entreprise. Si toute culture cash s’adapte au contexte dité par­­ cu­­ de l’entreprise, elle pos­­ ti­­ lier sède deux objec­­ tifs ✓✓ Objec­­  1 : Elle vise à amé­­ rer la tré­­ re­­ géné­­ par l’exploitation, lio­­ so­­ rie rée tif grâce à l’amélioration des marges, à la maî­­ trise des frais géné­­ raux et à une meilleure ges­­ des sto­­ et du cré­­ client. L’ensemble des tion cks dit opé­­ tion­­ est appelé à par­­ ci­­ à cette mis­­ ra­­ nels ti­­ per sion. ✓✓ Objec­­ 2  : Elle vise à sécu­­ ser les finan­­ ments. Le plan de tif ri­­ ce­­ finan­­ ment (3  à  5  ans) déter­­ ce­­ mine le besoin de finan­­ ment ce­­ à moyen terme  : apport en capi­­ ou en comptes cou­­ tal rants d’associés, emprunts à MLT,… Le bud­­ de tré­­ re­­ a un hori­ get so­­ rie ­ zon annuel, il éva­­ le besoin de tré­­ re­­ mois par mois et sert lue so­­ rie à négo­­ les lignes de cré­­ à court terme. cier dit er tif bue ble­­ Le 1 objec­­ contri­­ dou­­ ment à l’atteinte du second : ✓✓ L’entreprise qui amé­­ liore la tré­­ re­­ géné­­ par l’exploitation so­­ rie rée réduit son besoin de finan­­ ment externe. ce­­ Savoir-faire Le risque de liqui­­ dité
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    3 • Appré­­der la pro­­ ma­­ hen­­ blé­­ tique de la ges­­ des risques tion La car­­ gra­­ to­­ phie des risques La défi­­ tion et la mise en place du dis­­ si­­ ni­­ po­­ tif Les risques finan­­ ciers Les risques indus­­ triels et envi­­ ne­­ ron­­ men­­ taux ✓✓ Elle trouve plus faci­­ ment des finan­­ ments externes, car elle le­­ ce­­ répond mieux aux objec­­ des appor­­ tifs teurs de fonds : la ren­­ bi­ ta­­ ­ lité pour les inves­­ seurs et la capa­­ de rem­­ tis­­ cité bour­­ ment pour se­­ les prê­­ teurs. CC Les risques indus­­triels et envi­­ron­­ men­­taux ne­­ PRINCIPES CLÉS • Notre société accepte de moins en moins bien les risques. Le légis­­ teur a donc mis en place la­­ une légis­­ tion de plus en plus la­­ contrai­­ gnante pour les entre­ ­ prises indus­­ trielles. La défi­­ tion des risques ni­­ indus­­ triels Risque ou catas­­ trophe Un risque est la combi­­ son d’un aléa nai­­ et d’un enjeu. Par exemple, un glis­ ­ se­­ ment de ter­­ rain se pro­­ sant dans dui­­ • L’approche Lean Mana­­ ment ge­­ une zone déser­­ tique cor­­ pon­­ à un res­­ dra pour­­ mener à un mana­­ ­ rait ge­ risque faible alors que le même évé­­ ­ ne­ ment plus effi­­ cace du risque ment dans une zone très urba­­ sée cor­ ni­­ ­ indus­­ triel. res­­ pond à un risque fort qui a comme consé­­ quence une catas­­ trophe. Une catas­­ trophe est donc la résul­­ tante d’un risque fort. Dif­­ rents para­­ fé­­ mètres entrent dans la per­­ tion de cette catas­ cep­­ ­ trophe. Nous sommes sen­­ sibles au nombre de vic­­ times, à la média­­ ­ ti­ sation de l’événement, au lieu proche ou loin­­ tain où elle se pro­­ duit. L’instantanéité de l’information et la puis­­ sance des images tendent cepen­­ dant à déve­­ per notre compas­­ lop­­ sion pour des évé­­ ments se ne­­ pro­­ sant à l’autre bout de la pla­­ dui­­ nète. Nous sommes aussi sen­­ sibles à la vitesse à laquelle elle se pro­ ­ duit, lente comme dans les rejets d’eaux tièdes dans les cours d’eau ou bru­­ tales comme dans le cas d’AZF, lais­­ sant ou non le temps de prendre des mesures. 106
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    La part derisque accep­­ est dif­­ rente selon l’endroit, le moment tée fé­­ et la culture. Par exemple, une voi­­ ture sans airbags est aujourd’hui hors normes, tant la culture du risque rou­­ a changé dans les pays tier occi­­ taux. L’acceptation du risque devient de plus en plus faible den­­ au fur et à mesure du déve­­ pe­­ lop­­ ment des socié­­ tés. En outre, le prin­­ cipe de pré­­ tion peut être invo­­ lorsqu’une cau­­ qué inter­­ tion urgente est néces­­ ven­­ saire face à un pos­­ sible dan­­ pour ger la santé humaine, ani­­ male ou végé­­ tale, ou pour la pro­­ tion de tec­­ l’environnement. Le prin­­ cipe de pré­­ tion s’applique dans le cas où cau­­ les don­­ nées scien­­ fiques ne per­­ ti­­ mettent pas une éva­­ tion complète lua­­ du risque. Ce prin­­ cipe est sur­­ tout appli­­ pour les cas de dan­­ qué ger pour la santé publique comme dans le cas de la pan­­ mie H1N1. dé­­ Savoirs Accep­­ bi­­ du risque ta­­ lité Nous avons besoin de pro­­ duits manu­­ tu­­ éven­­ le­­ fac­­ rés, tuel­­ ment réa­ ­ li­­ par des ins­­ la­­ sés tal­­ tions géné­­ rant des risques, ce besoin doit faire réflé­­ chir sur la part de risque accep­­ Une acti­­ géné­­ tée. vité rant des nui­­ sances ou compor­­ tant des ins­­ la­­ tal­­ tions indus­­ trielles dan­­ reuses ge­­ peut ame­­ richesses et emplois dans une région. L’arbitrage entre ner créa­­ tion de richesses et risques est la ques­­ tion cen­­ trale et la clas­­ fi­ si­­ ­ ca­­ tion des risques nous aide à appré­­ der cet arbi­­ hen­­ trage. Savoir-faire Le risque 0 n’existe pas Risque majeur et clas­­ fi­­ tion des risques si­­ ca­­ Le risque majeur se carac­­ rise par de nom­­ té­­ breuses vic­­ times, un coût impor­­ tant, des dégâts et un impact sur l’environnement. Il se carac­ ­ té­­ par une fré­­ rise quence (une pro­­ bi­­ d’occurrence) plu­­ faible ba­­ lité tôt mais par une forte inten­­ et une grande vul­­ ra­­ lité des enjeux sité né­­ bi­­ humains, éco­­ miques et envi­­ ne­­ taux. no­­ ron­­ men­­ Le risque indus­­ majeur est un évé­­ ment acci­­ tel se pro­­ ­ triel ne­­ den­­ dui­ sant sur un site indus­­ avec des consé­­ triel quences « immé­­ diates et graves » pour le per­­ nel, les popu­­ tions avoi­­ nantes et/ou l’environnement. son­­ la­­ si­­ 107 Savoir-être Notion de risque majeur
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    3 • Appré­­der la pro­­ ma­­ hen­­ blé­­ tique de la ges­­ des risques tion La car­­ gra­­ to­­ phie des risques La défi­­ tion et la mise en place du dis­­ si­­ ni­­ po­­ tif Les risques finan­­ ciers Les risques indus­­ triels et envi­­ ne­­ ron­­ men­­ taux Cette gra­­ est liée à l’intensité de l’événement et à la vul­­ ­ vité né­ ra­­ lité des enjeux. Les risques indus­­ bi­­ triels sont dits anthropiques, c’est-à-dire dus à l’activité de l’homme. On ren­­ contre 3 types d’enjeux : ✓✓ Les enjeux humains, il s’agit des per­­ sonnes phy­­ siques direc­­ ­ te­ ment ou indi­­ te­­ rec­­ ment expo­­ aux consé­­ sées quences de l’accident. Elles peuvent se trou­­ dans un lieu public, à leur domi­­ ou ver cile sur leur lieu de tra­­ vail. Le risque peut aller de la bles­­ sure légère au décès. ✓✓ Les enjeux éco­­ miques, un acci­­ dent indus­­ triel majeur peut no­­ alté­­ l’outil éco­­ mique d’une zone. Les entre­­ rer no­­ prises, les routes ou les voies de che­­ min de fer voi­­ sines du lieu de l’accident peuvent être détruites ou gra­­ ment endom­­ gées. ve­­ ma­­ ✓✓ Les enjeux envi­­ ne­­ dent indus­­ triel majeur ron­­ men­­ taux, un acci­­ peut avoir des réper­­ sions impor­­ cus­­ tantes sur les éco­­ tèmes. On sys­­ peut assis­­ à une des­­ tion de la faune et de la flore, les consé­ ter truc­­ ­ quences d’un acci­­ dent peuvent éga­­ ment avoir un impact sani­ le­­ ­ taire (la pol­­ tion d’une nappe phréa­­ lu­­ tique par exemple). Clas­­ fi­­ tion des risques en 5 familles si­­ ca­­ À noter que parmi ces 5 grandes familles (voir tableau 3.6), seules les 3 pre­­ mières font par­­ de ce que l’on qua­­ fie de risque majeur. tie li­­ Les risques natu­­ sont non pré­­ sibles et non « direc­­ ment » liés rels vi­­ te­­ à une res­­ sa­­ lité humaine. Il est par contre un devoir de pré­­ nir pon­­ bi­­ ve­­ et d’éradiquer les risques indus­­ triels, par défi­­ tion créés de toutes ni­­ pièces par l’activité humaine. Ils comprennent le risque d’incendie, le risque toxique et le risque d’explosion. 108
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    Tableau 3.6 ■ Les cinq grandesfamilles de risque Famille de risque Majeur Ava­­ lanche, feu de forêt, inon­­ tion, mou­­ ment da­­ ve­­ de ter­­ rain, cyclone, tem­ ­ pête, séisme et érup­­ tion vol­­ nique… ca­­ NON NON OUI Trans­­ port Trans­­ ports col­­ tifs lec­­ de per­­ sonnes et de matières dan­­ reuses ge­­ OUI OUI OUI Tech­­ lo­­ no­­ gique Nucléaire, indus­­ triel, bio­­ gique, rup­­ lo­­ ture de bar­­ rage OUI OUI OUI Vie quo­­ dienne ti­­ NON OUI NON Conflit OUI OUI NON Natu­­ rel Les acti­­ tés géné­­ trices de risques sont regrou­­ en deux familles : vi­­ ra­­ pées les indus­­ tries chi­­ miques et les indus­­ tries pétro­­ miques. Tous ces éta­ chi­­ ­ blis­­ ments sont des éta­­ se­­ se­­ blis­­ ments fixes qui pro­­ duisent, uti­­ lisent ou stockent des pro­­ duits réper­­ riés dans une nomen­­ ture spé­­ fique. to­­ cla­­ ci­­ Les consé­­ quences d’un acci­­ dent dans ces indus­­ tries sont de trois ordres : ✓✓ les consé­­ quences ther­­ miques de la combus­­ tion d’un pro­­ duit inflam­­ mable ou d’une explo­­ sion ; ✓✓ les consé­­ quences méca­­ niques liées à une sur­­ sion, résul­­ pres­­ tant d’une onde de choc (défla­­ tion ou déto­­ tion), pro­­ quée par gra­­ na­­ vo­­ une explo­­ sion ; ✓✓ les consé­­ quences toxiques résul­­ tant de l’inhalation d’une subs­ ­ tance toxique à la suite d’une fuite sur une ins­­ la­­ tal­­ tion. 109 Savoirs Anthropique Savoir-faire Pré­­ sible vi­­ Savoir-être Détail
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    3 • Appré­­der la pro­­ ma­­ hen­­ blé­­ tique de la ges­­ des risques tion La car­­ gra­­ to­­ phie des risques La défi­­ tion et la mise en place du dis­­ si­­ ni­­ po­­ tif Les risques finan­­ ciers Les risques indus­­ triels et envi­­ ne­­ ron­­ men­­ taux Éva­­ et mesu­­ un risque luer rer Les cri­­ tères d’évaluation des risques Le risque rela­­ au phé­­ mène dan­­ reux est une fonc­­ tif no­­ ge­­ tion de : ✓✓ la pro­­ bi­­ d’occurrence du dom­­ ba­­ lité mage : −− fré­­ quence et durée d’exposition, −− pro­­ bi­­ d’occurrence d’un évé­­ ment dan­­ reux, ba­­ lité ne­­ ge­­ −− pos­­ bi­­ d’éviter ou de limi­­ le dom­­ si­­ lité ter mage, ✓✓ et de la gra­­ du dom­­ vité mage. Tableau 3.7 ■ Exemple de cri­­ tères de cota­­ tion des risques Expo­­ tion si­­ Cota­­ tion (R) Gra­­ vité du dom­­ mage (G) Maî­­ trise du risque (M) Durée d’exposition (D) Fré­­ quence d’exposition (F) 50 Décès Aucune/inexis­­ tante  4 heures Quelques fois par jour 10 Lésion avec séquelle Inca­­ cité tem­­ ­ pa­­ po­ raire ou per­­ nente ma­­ Risque signalé : infor­­ tion et ma­­ consignes  2 heures et  4 heures Quelques fois par semaine 5 Lésion avec arrêt Per­­ sonne pro­­ ­ té­ gée : pro­­ tion tec­­ indi­­ duelle vi­­  une heure et  2 heures Quelques fois par mois 1 Lésion sans arrêt Risque isolé : pro­ ­ tec­­ tion col­­ tive lec­­  0 et  une heure Quelques fois par an 0 Absence de lésion Risque sup­­ primé 0 Jamais R = G × M × D × F Les niveaux de risque Il s’agit d’une indi­­ tion du seuil ou du degré de tolé­­ ca­­ rance à l’égard des mesures néces­­ saires et des délais d’exécution jugés accep­­ tables. 110
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    Tableau 3.8 ■ Les niveauxde risque Risque faible Aucune autre mesure de maî­­ trise n’est néces­­ saire à moins qu’il soit pos­­ sible de mettre en œuvre une mesure qui demande peu de temps, d’argent et d’efforts. Il faut s’assurer que les mesures de maî­­ trise demeurent en place. Risque modéré Envi­­ ger de dimi­­ sa­­ nuer le risque, s’il y a lieu, à un niveau tolé­­ rable et de pré­­ rence à un niveau accep­­ fé­­ table, tout en tenant compte des coûts de mise en place d’autres mesures. Les mesures de réduc­­ tion des risques doivent être mises en œuvre dans une période de temps défi­­ nie. Il faut s’assurer que les mesures de maî­­ trise demeurent en place, en par­­ cu­­ si le niveau de risque est asso­­ à des consé­ ti­­ lier cié ­ quences pré­­ di­­ ju­­ ciables. Risque élevé Des mesures visant à réduire le risque doivent être mises en œuvre de toute urgence dans une période de temps défi­­ nie ; il peut être néces­­ saire d’envisager d’interrompre ou de res­reindre l’activité, ou t de mettre en place des mesures pro­­ soires visant la réduc­­ vi­­ tion des risques jusqu’à ce que des mesures per­­ nentes aient été adop­­ ma­­ tées. Il faut s’assurer que ces mesures demeurent en place, en par­­ cu­­ ti­­ lier si le niveau de risque est asso­­ à des consé­­ cié quences très pré­­ di­ ju­­ ­ ciables ou extrê­­ ment pré­­ di­­ me­­ ju­­ ciables. Risque très élevé Ces risques sont inac­­ tables. Des amé­­ ra­­ cep­­ lio­­ tions impor­­ tantes concer­­ nant les mesures de maî­­ trise des risques sont néces­­ saires de manière à réduire le risque à un niveau tolé­­ rable ou accep­­ table. L’activité doit être sus­­ due jusqu’à ce que des mesures de maî­­ pen­­ trise des risques soient mises en place de manière à les réduire. S’il est impos­­ sible de réduire le risque, l’activité ne doit pas reprendre. Savoirs Ces risques sont consi­­ rés comme accep­­ dé­­ tables. Aucune autre mesure n’est néces­­ saire que s’assurer que les mesures de contrôle demeurent en place. Savoir-faire Risque très faible Envi­­ ne­­ ron­­ ment régle­­ taire men­­ Bien évi­­ ment, la maî­­ dem­­ trise des risques n’est pas lais­­ à la seule sée ini­­ tiative des indus­­ triels mais for­­ ment contrainte par des dis­­ si­ te­­ po­­ ­ tions régle­­ taires qui s’organisent sur cinq axes prin­­ paux : men­­ ci­­ ✓✓ Axe 1 : anti­­ per, il s’agit de réduire le risque à la source, par des ci­­ inves­­ se­­ tis­­ ments sur les sites indus­­ triels ; ✓✓ Axe 2 : assu­­ faire en sorte que les usines clas­­ soient les plus rer, sées sûres pos­­ sible ; 111 Savoir-être Orien­­ tions de la régle­­ ta­­ men­­ tion ta­­
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    3 • Appré­­der la pro­­ ma­­ hen­­ blé­­ tique de la ges­­ des risques tion La car­­ gra­­ to­­ phie des risques La défi­­ tion et la mise en place du dis­­ si­­ ni­­ po­­ tif Les risques finan­­ ciers Les risques indus­­ triels et envi­­ ne­­ ron­­ men­­ taux ✓✓ Axe 3 : infor­­ mer, créer des ins­­ tances d’information et de concer­ ­ ta­­ tion autour des sites pré­­ tant les plus grands poten­­ sen­­ tiels de dan­­ gers ; ✓✓ Axe  4  : orga­­ ser, mettre en place des plans d’urgence et de ni­­ secours lors de la sur­­ nue d’accidents (plan interne à l’entreprise ve­­ et plan par­­ cu­­ d’intervention à l’extérieur) ; ti­­ lier ✓✓ Axe 5 : contrô­­ l’urbanisation autour des sites clas­­ dan­­ ­ ler, sés ge­ reux. Lois et direc­­ tives (5 étapes majeures depuis 1976) Les textes régle­­ taires affinent pro­­ si­­ ment le dis­­ si­­ régle­ men­­ gres­­ ve­­ po­­ tif ­ men­­ taire autour de ces cinq axes. ✓✓ Étape 1 : le 19 juillet 1976, la loi dite ICPE (Ins­­ la­­ tal­­ tions clas­ ­ sées pour la pro­­ tion de l’environnement) s’appliquant à toute tec­­ acti­­ vité ou sto­­ ckage pou­­ vant géné­­ des nui­­ rer sances décrit une nomen­­ ture des ins­­ la­­ cla­­ tal­­ tions et pro­­ pose un clas­­ ment des ins­ se­­ ­ tal­­ tions. la­­ ✓✓ Étape  2  : le 3 février 1999 la direc­­ tive euro­­ péenne Seveso  II (1996) rem­­ place la direc­­ Seveso I (1982). Chaque éta­­ se­ tive blis­­ ­ ment doit défi­­ sa poli­­ nir tique de pré­­ tion et de trai­­ ment des ven­­ te­­ acci­­ dents majeurs et la contrô­­ ler. ✓✓ Étape 3 : le 30 juillet 2003, loi dite Bachelot sur les plans de pré­ ­ ven­­ tion des risques tech­­ lo­­ no­­ giques PPRT (ins­­ la­­ tal­­ tions fixes et trans­­ port). L’accent est mis sur la res­­ sa­­ lité de l’exploitant, pon­­ bi­­ avec comme prio­­ la pré­­ tion et la réduc­­ rité ven­­ tion des risques à leur source. ✓✓ Étape 4 de 2003 à 2005 : évo­­ tion du dis­­ si­­ régle­­ taire lu­­ po­­ tif men­­ enca­­ drant l’élaboration des études de dan­­ pour les ins­­ la­ ger, tal­­ ­ tions Seveso « seuil haut ». Révi­­ sion en pro­­ deur de la majo­ fon­­ ­ rité des études de dan­­ en don­­ ger nant prio­­ aux risques qui rité peuvent impac­­ l’extérieur du péri­­ ter mètre de l’entreprise. Cela se tra­­ duit par : 112
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    Démarche de misesous contrôle des risques La démarche conduit tout d’abord à effec­­ tuer une éva­­ tion des lua­­ risques, en commen­­ çant par des études de dan­­ à par­­ de la car­ ger tir ­ to­­ phie des risques, puis à étu­­ gra­­ dier tout l’historique des acci­­ dents et des « presqu’accidents ». Ces études peuvent être appro­­ dies dans le cas des « ins­­ la­ fon­­ tal­­ ­ tions clas­­ sées ». En effet, ces ins­­ la­­ tal­­ tions ont l’obligation d’inclure (en plus de l’étude des dan­­ dans le péri­­ gers mètre de l’établissement) une éva­­ tion des dom­­ lua­­ mages aux biens des tiers dans l’élaboration des plans de pré­­ tion des risques tech­­ lo­­ ven­­ no­­ giques. Ensuite, la démarche conduit à étu­­ dier toutes les voies pour se pro­­ ger d’un risque iden­­ fié. Plu­­ té­­ ti­­ sieurs pistes sont envi­­ geables : sa­­ 113 Savoirs Savoir-faire Démarche et outils de mise sous contrôle des risques Savoir-être −− l’information et l’association du public à la pré­­ tion des ven­­ risques indus­­ triels ; −− le ren­­ ce­­ for­­ ment des pou­­ voirs des CHSCT et la for­­ tion ma­­ des sala­­ riés ; −− la maî­­ trise de l’urbanisation, dans le cadre des PPRT. ✓✓ Étape 5 : le Gre­­ nelle de l’environnement. Les objec­­ portent tifs notam­­ ment sur les domaines sui­­ vants : −− l’habitat et l’urbanisme : adap­­ tion aux exi­­ ta­­ gences d’un « déve­­ pe­­ lop­­ ment urbain durable » ; −− les trans­­ ports : adap­­ tion de la légis­­ tion pour pri­­ lé­­ ta­­ la­­ vi­­ gier les modes de trans­­ port durables ; −− l’énergie : créa­­ de sché­­ tion mas régio­­ naux du cli­­ mat, de l’air et de l’énergie, avec bilan car­­ bone obli­­ toire dans cer­­ ga­­ tains cas ; −− la bio­ iver­­ d sité : créa­­ tion d’une « trame verte » et d’une « trame bleue » ins­­ rant des cou­­ tau­­ loirs éco­­ giques entre lo­­ ter­­ toires pro­­ gés ; ri­­ té­­ −− la santé envi­­ ne­­ tale et la ges­­ ron­­ men­­ tion des déchets  : avec notam­­ ment le ren­­ ce­­ for­­ ment des dis­­ si­­ de pro­­ tion. po­­ tifs tec­­
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    3 • Appré­­der la pro­­ ma­­ hen­­ blé­­ tique de la ges­­ des risques tion La car­­ gra­­ to­­ phie des risques La défi­­ tion et la mise en place du dis­­ si­­ ni­­ po­­ tif Les risques finan­­ ciers Les risques indus­­ triels et envi­­ ne­­ ron­­ men­­ taux ✓✓ externaliser l’activité auprès d’un orga­­ nisme qui a investi en moyens et compé­­ tences pour faire face à un risque… (externaliser le risque) ; ✓✓ pro­­ ger : dis­­ ser d’outil de pro­­ tion, comme par exemple les té­­ po­­ tec­­ extinc­­ teurs auto­­ tiques ; ma­­ ✓✓ miti­­ ger : dimi­­ nuer la gra­­ et/ou dimi­­ vité nuer les consé­­ quences. Les outils d’analyse des risques Quatre outils prin­­ paux peuvent être cités : ci­­ ✓✓ L’analyse pré­­ mi­­ ­ li­­ naire des risques (APR). Elle a pour objec­ tif : l’identification, l’évaluation, la hié­­ chi­­ tion et la maî­­ rar­­ sa­­ trise des risques qui résultent des dan­­ gers aux­­ quels un sys­­ tème est sus­­ tible d’être exposé tout au long de sa mis­­ cep­­ sion ; ✓✓ L’analyse des modes de défaillance, de leurs effets et de leur criticité (AMDEC). C’est un outil d’anticipation des risques poten­­ tiels de non-­ onctionnement d’un pro­­ f duit engen­­ drés par sa concep­­ tion, de non-­ onformité d’un pro­­ c duit engen­­ drée par son pro­­ cédé de fabri­­ tion, de non-­ abilité des moyens mis en œuvre ca­­ fi dans le pro­­ cédé ; ✓✓ L’arbre des causes est la repré­­ ta­­ sen­­ tion gra­­ phique de l’enchaînement logique des faits qui ont pro­­ qué un acci­­ vo­­ dent ; ✓✓ L’hazard analysis critical control point (HACCP) est une méthode des­­ née à éva­­ les dan­­ poten­­ ti­­ luer gers tiels d’un pro­­ sus ces­­ et à éta­­ des sys­­ blir tèmes de maî­­ trise axés sur la pré­­ tion plu­­ ven­­ tôt que sur des contrôles a pos­­ rio­­ du pro­­ te­­ ri duit fini. L’utilisation de ces outils ne s’impose que pour l’analyse des situa­­ tions à risques complexes et/ou les situa­­ tions aux consé­­ quences par­­ cu­­ re­­ ti­­ liè­­ ment graves. Une fois les risques éva­­ et clas­­ les mesures de pré­­ tion lués sés, ven­­ et de pré­­ tion mises en place, l’aspect infor­­ tion et commu­­ ca­ cau­­ ma­­ ni­­ ­ tion est indis­­ sable au sys­­ pen­­ tème de pré­­ tion des risques. ven­­ 114
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    Les voies depro­­ grès Savoirs Il fau­­ inlas­­ ble­­ dra sa­­ ment infor­­ mer, for­­ mer les per­­ nels, infor­ son­­ ­ mer les rive­­ rains, construire avec les auto­­ tés compé­­ ri­­ tentes les sys­ ­ tèmes de mesure et d’alerte et les plans de secours, en gar­­ dant à l’esprit l’impossibilité de pré­­ voir et parer 100  % des risques dans 100 % des cas. La res­­ sa­­ lité col­­ tive et le tra­­ par­­ cipatif per­­ pon­­ bi­­ lec­­ vail ti­­ mettent chaque jour d’améliorer le sys­­ tème de pré­­ tion, d’alerte, de pro­ ven­­ ­ tec­­ tion et de ges­­ tion de crise. 115 Savoir-être Le terme Lean Mana­­ ment est asso­­ géné­­ le­­ ge­­ cié ra­­ ment dans l’industrie à un état d’esprit de sim­­ cité et à une phi­­ sophie indus­­ pli­­ lo­­ trielle, par­ ­ ti­­ cipative et effi­­ ciente cen­­ sur les per­­ trée sonnes. Il s’agit de faire mieux : un meilleur pro­­ duit, un meilleur ser­­ vice au client, avec moins de gas­­ pillages. Pouvons-­ ous trans­­ ser ces idées de bon sens vers le domaine n po­­ sen­­ sible du mana­­ ment du risque indus­­ ge­­ triel ? Il est, bien entendu, hors de ques­­ tion d’obtenir le moindre résul­­ éco­­ mique et tat no­­ commer­­ au détriment de la sécu­­ et de la santé des sala­­ cial rité riés, des rive­­ rains et de l’environnement de l’établissement indus­­ triel. Une fois le risque indus­­ triel défini, il fau­­ alors ima­­ ner ce dra gi­­ que serait une chasse aux gas­­ pillages de toutes sortes per­­ tant de met­­ dimi­­ nuer ce niveau de risque sans mettre en dan­­ l’équation éco­ ger ­ no­­ mique de l’entreprise : ✓✓ Comment pré­­ nir et pro­­ ger les per­­ ve­­ té­­ sonnes des acci­­ dents désas­ ­ treux pour les per­­ sonnes et rui­­ neux pour l’entreprise ? ✓✓ Comment pré­­ nir et pro­­ ger l’entreprise des arrêts d’activité ve­­ té­­ cas­­ sant les rythmes de pro­­ tion et déconnec­­ duc­­ tant l’entreprise de ses mar­­ chés ? ✓✓ Comment pré­­ nir et pro­­ ger les rive­­ ve­­ té­­ rains et l’environnement de l’entreprise d’accidents, de pol­­ tion et du gas­­ lu­­ pillage des res­ ­ sources natu­­ relles ? Savoir-faire Une approche Lean du mana­­ ment des risques indus­­ ge­­ triels
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    3 • Appré­­der la pro­­ ma­­ hen­­ blé­­ tique de la ges­­ des risques tion La car­­ gra­­ to­­ phie des risques La défi­­ tion et la mise en place du dis­­ si­­ ni­­ po­­ tif Les risques finan­­ ciers Les risques indus­­ triels et envi­­ ne­­ ron­­ men­­ taux Ces situa­­ tions se pro­­ duisent par méconnais­­ sance, par manque de concer­­ tion et par une insuf­­ sante anti­­ pation. ta­­ fi­­ ci­­ Trois pistes « anti-­ aspis » appa­­ g raissent. ✓✓ D’abord sans conteste, le plus effi­­ cace, c’est la pré­­ tion, sui­ ven­­ ­ vant l’adage qu’un « homme » pré­­ venu en vaut deux. Il faut donc infor­­ mer les sala­­ en pre­­ riés mier lieu, ainsi que les riverains… de ce qui s’est passé (mémoire pour ne pas oublier) et de ce qui peut se pas­­ (prise de conscience). ser ✓✓ Ensuite l’union fait la force. L’entreprise, les col­­ ti­­ tés locales lec­­ vi­­ et l’État se concertent fai­­ sant évo­­ luer une légis­­ tion au fur et la­­ à mesure des retours d’expérience des catas­­ trophes pas­­ sées. Ce sont notam­­ ment, à la suite d’AZF et depuis 2003, l’obligation de mise en place des PPRT (voir ci-­ essus). La prio­­ est ici don­ d rité ­ née à la pré­­ tion et la réduc­­ ven­­ tion des risques à leur source. ✓✓ Enfin la sur­­ veillance. La mesure chi­­ mique et pétro­­ mique chi­­ nous lais­­ plus de temps pour réagir, à l’instar de ces vigies sur sera les secousses sis­­ miques et glis­­ ments de ter­­ se­­ rain. Le risque peut-­l être l’affaire de tous ? i Aller jusqu’au bout de l’approche Lean per­­ trait d’aller encore plus met­­ loin dans la prise en charge par cha­­ des risques qu’il encourt. cun À l’instar de la notion de « bilan car­­ bone per­­ nel » qui consiste son­­ à déve­­ per une approche per­­ nelle de l’environnement, et à ne lop­­ son­­ pas tout attendre des pou­­ voirs publics, cha­­ pour­­ être invité à cun rait chan­­ son rap­­ ger port aux sys­­ tèmes de pro­­ tion en étant conscient duc­­ des risques encou­­ rus. Cela consiste à accep­­ que le risque  0 n’existe pas, à défi­­ ter nir son propre seuil d’acceptabilité et à se tenir informé des risques, des pro­­ tions mises en œuvre et des pro­­ dures à suivre en cas de tec­­ cé­­ pro­­ blème. 116
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    Savoirs C’est ce quenous fai­­ sons déjà en pre­­ nant l’avion : ✓✓ nous accep­­ tons les risques encou­­ rus ; ✓✓ nous écou­­ tons avec atten­­ tion les ins­­ tions de sécu­­ pré­­ ­ truc­­ rité sen­ tées par les équi­­ pages ; ✓✓ il nous est pos­­ sible de « refu­­ ser » de mon­­ dans un avion, si ter celui-­ i ne semble pas pré­­ ter toutes les garan­­ c sen­­ ties. 117 Savoir-être Savoir-faire Une poli­­ tique de ges­­ tion des risques doit se pen­­ ser de manière glo­­ bale et au plus haut niveau de l’entreprise. Il faut être conscient qu’elle ne résout pas tout et aide sim­ ­ ple­­ ment à dimi­­ nuer les impacts des risques. Cha­­ cun doit pou­­ voir mesu­­ et anti­­ per les risques aux­­ rer ci­­ quels il est confronté.
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    Savoirs Chapitre 4 Les ques­­ tionsaux­­ quelles répond ce cha­­ pitre bo­­ get ? ◆◆ Comment s’organiser pour éla­­ rer son bud­­ ◆◆ Comment pro­­ ter de l’exercice bud­­ taire pour amé­­ rer le fi­­ gé­­ lio­­ pilo­­ tage de son acti­­ vité ? Savoir-faire Pilo­­ la per­­ mance ter for­­ et l’activité li­­ la­­ gé­­ ◆◆ Comment réa­­ ser une simu­­ tion bud­­ taire ? ◆◆ Sur quels indi­­ teurs foca­­ ser son atten­­ ca­­ li­­ tion ? ◆◆ Comment lire les résul­­ tats et anti­­ per les ten­­ ci­­ dances à venir ? ◆◆ Comment uti­­ ser le tableau de bord pour enri­­ li­­ chir son mana­ ­ 119 Savoir-être ge­­ ment ?
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    4 • Pilo­­la per­­ mance ter for­­ et l’activité Bud­­ de l’entreprise et budget d’activité get Du pré­­ sion­­ au suivi de la réa­­ sa­­ vi­­ nel li­­ tion CC Du bud­­get de l’entreprise à celui de son acti­­ vité PRINCIPES CLÉS • Le bud­­ est la tra­­ tion chif­ get duc­­ ­ frée des objec­­ et des plans tifs d’action. • Il décrit l’orientation des efforts du mana­­ et de son équipe ger sur les mois à venir. • C’est un enga­­ ment vis-­ -vis ge­­ à de l’entreprise. • Il oriente l’action en l’alignant sur les objec­­ stra­­ giques de tifs té­­ l’entreprise. Toutes les entre­­ prises ou orga­­ sa­ ni­­ ­ tions éta­­ blissent un bud­­ Une entre­ get. ­ prise, indus­­ trielle ou de ser­­ vice, est un ensemble de moyens humains, finan­ ­ ciers et maté­­ riels orga­­ nisé pour mener à bien des acti­­ tés et atteindre des objec­ vi­­ ­ tifs. Qui dit objec­­ dit moyens. Le bud­ tifs ­ get chiffre les moyens néces­­ saires pour atteindre les objec­­ qui sont réca­­ tu­ tifs pi­­ ­ lés dans le tableau de bord. Figure 4.1 ■ Pilo­­ et gérer la per­­ mance ter for­­ Activités Gérer la performance Piloter La mise sous contrôle d’une acti­­ s’organise autour du trip­­ vité tyque : 1. pré­­ voir : fixer les objec­­ tifs ; 2. mesu­­ rer : suivre l’atteinte des objec­­ tifs ; 3. agir : enga­­ des plans d’actions cor­­ trices. ger rec­­ 120
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    121 Savoir-faire Le bud­­ del’année en cours peut avoir été atteint, man­­ get qué ou dépassé pour toutes sortes de rai­­ sons. L’important est d’identifier les écarts et d’en tirer les consé­­ quences pour l’avenir. En effet, il est trop tard pour cor­­ ger signi­­ ca­­ ve­­ ri­­ fi­­ ti­­ ment. Cette étape est plu­­ une tôt étape d’analyse et de réflexion pour : ✓✓ mettre à jour les normes et les stan­­ dards ; ✓✓ amé­­ rer la fia­­ lité des pré­­ sions futures. lio­­ bi­­ vi­­ L’analyse porte prio­­ tai­­ ment sur les indi­­ teurs clés afin de ri­­ re­­ ca­­ comprendre les écarts pro­­ nant de causes internes ou externes ou ve­­ d’éléments excep­­ nels non re­ ortables. Il s’agit de comprendre tion­­ p l’efficacité des plans d’action. Les compa­­ sons réel/bud­­ doivent rai­­ get se faire à une maille rela­­ ve­­ ti­­ ment agré­­ pour dis­­ ner les faits gée cer­­ mar­­ quants. L’analyse se réa­­ sur un exer­­ lise cice bud­­ taire non encore clos, gé­­ ce qui conduit à la démarche sui­­ vante. Après avoir ana­­ le réel, il lysé faut cal­­ ler le reste à faire pour atteindre l’objectif de fin d’année, cu­­ et sur­­ tout pou­­ qua­­ fier ce reste à faire : voir li­­ ✓✓ est-­l réa­­ sable ou non ? i li­­ ✓✓ si oui, peut-­l être encore opti­­ i misé ou non ? Le pro­­ bable de fin d’année prend en compte les réa­­ sa­­ li­­ tions obser­ ­ vées sur les mois pas­­ (le plus sou­­ sés vent neuf) ainsi qu’un estimé regrou­­ pant tous les évé­­ ments ayant une pro­­ bi­­ signi­­ ca­­ ne­­ ba­­ lité fi­­ tive de réa­­ sa­­ li­­ tion sur les quelques mois res­­ tants (le plus sou­­ vent trois). On repère les ten­­ dances (N–1/N) et on prend en compte les remon­ ­ tées du ter­­ rain pour vali­­ les pré­­ sions d’activité. On déter­­ der vi­­ mine ainsi une four­­ chette à l’intérieur de laquelle le résul­­ final devra se tat trou­­ ver. Savoir-être Ana­­ ser les per­­ mances du passé ly­­ for­­ Savoirs La construc­­ du bud­­ (pre­­ tion get mière étape de la mise sous contrôle) s’effectue par une démarche conduite elle-­ ême en trois étapes : m 1. ana­­ ser les per­­ mances du passé ; ly­­ for­­ 2. défi­­ les objec­­ et les plans d’actions ; nir tifs 3. chif­­ son bud­­ frer get.
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    4 • Pilo­­la per­­ mance ter for­­ et l’activité Bud­­ de l’entreprise et budget d’activité get Du pré­­ sion­­ au suivi de la réa­­ sa­­ vi­­ nel li­­ tion L’estimé des trois der­­ niers mois part du bud­­ pré­­ sion­­ de get vi­­ nel ces trois der­­ niers mois auquel on rajoute les impacts posi­­ ou tifs néga­­ des : tifs ✓✓ écarts de volumes : ten­­ dance sur les trois der­­ niers mois ; ✓✓ écarts de mix1 : ten­­ dances sur les trois der­­ niers mois ; ✓✓ écarts sur les variables sen­­ sibles : taux de change, cours des matières pre­­ mières, cours du baril de pétrole… ✓✓ pro­­ tion des écarts bud­­ taires des mois pré­­ dents : écarts jec­­ gé­­ cé­­ de ren­­ ment, écarts de consom­­ tion, dérives des taux de­­ ma­­ horaires… ✓✓ actions pré­­ vues : lan­­ ment anti­­ ce­­ cipé d’un pro­­ duit, plan d’économies… ✓✓ évé­­ ments excep­­ nels : aide de l’État, re­ égocia­­ ne­­ tion­­ n tion avec un four­­ seur, pro­­ en cours… nis­­ cès Exemple d’entreprise n° 1 Mis­­ sion de l’entreprise : conce­­ voir, fabri­­ quer et dis­­ buer des logi­­ tri­­ ciels de ges­­ tion pour micro-­ rdinateurs. o Orga­­ sa­­ ni­­ tion : quatre centres de pro­­ spé­­ li­­ fits cia­­ sés par métier. Ori­­ gine des reve­­ nus : vente de logi­­ ciels, for­­ tion, ins­­ la­­ ma­­ tal­­ tion et para­ ­ mé­­ trage, main­­ nance. te­­ Centre de pro­­ spé­­ lisé aux métiers de la finance : créé il y a 5 ans fit cia­­ lors du lan­­ ment du logi­­ ce­­ ciel de comp­­ bi­­ ta­­ lité. Lan­­ ment d’un nou­­ ce­­ veau logi­­ ciel de ges­­ tion de tré­­ re­­ en année. so­­ rie 1. Le mix fait réfé­­ rence à la répar­­ tition des pro­­ duits ou ser­­ vices ven­­ entre dif­ dus ­ fé­­ rentes familles ou sous-­ amilles. On peut vendre des volumes iden­­ f tiques sur plu­­ sieurs mois et avoir des marges dif­­ rentes en rai­­ de la varia­­ fé­­ son tion du mix, les marges étant plus ou moins favo­­ rables selon les familles de pro­­ duits. 122
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    Tableau 4.1 ■  na­­ Alyse bud­­ taire du chiffre d’affaires du nou­­ gé­­ veau logi­­ de tré­­ re­­ ciel so­­ rie Bud­­ get N Pro­­ bable N (réel + estimé) Écart Commen­­ taires Dif­­ cultés de mise fi­­ au point du pro­­ duit à cause de sa tech­ ­ ni­­ cité Volume des ventes 2 0 – 2 Février 2 0 – 2 Mars 2 1 – 1 Avril 2 0 – 2 Mai 4 3 – 1 Juin 6 2 – 4 Juillet 2 1 – 1 Août 0 0 0 Sep­­ tembre 2 2 0 Octobre 4 4 0 Novembre 8 6 – 2 Décembre 6 3 – 3 22 14 2 0 2 2 0 Total ventes directes 24 16 – 8 Ventes indi­­ rectes 16 6 – 10 Total 40 22 – 18 CA net (K€) Ventes directes RP 2 000 1 400 – 600 Ouest 200 0 – 200 Salon d’octobre reporté en novembre – 2 Est Prix de lan­­ ­ ce­ ment élevé = frein commer­­ cial – 6 Ouest Pro­­ sus de déci­ ces­­ ­ sion d’achat + long que prévu – 18 20 Démarche commer­ ­ ciale mal adap­­ au tée départ Est 200 0 1 600 600 – 1 000 Total CA sur ventes 4 000 2 200 Commis­­ sion­­ ment ne­­ jugé trop faible + tech­­ cité du pro­­ ni­­ duit – 1 800 ☞ 123 Savoir-être 200 Ventes indi­­ rectes Savoir-faire 40 Ventes directes RP Savoirs Jan­­ vier
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    4 • Pilo­­la per­­ mance ter for­­ et l’activité Bud­­ de l’entreprise et budget d’activité get Du pré­­ sion­­ au suivi de la réa­­ sa­­ vi­­ nel li­­ tion ☞ Bud­­ get N CA net des remises Pro­­ bable N (réel + estimé) Écart Commen­­ taires 3 600 1 760 – 1 840 Remises consen­­ ties = 20 % au lieu de 10 % car prix tarif trop élevé For­­ tion ma­­ 160 66 – 94 Ins­­ la­­ tal­­ tion 280 123 – 157 Main­­ nance te­­ 250 138 – 112 3 jours ven­­ dus en moyenne au lieu de 4 4 jours ven­­ dus en moyenne au lieu de 5 Pro­­ rata temporis sur des ventes plus tar­ ­ dives et moins nom­ ­ breuses Total reve­­ nus (K€) 4 290 2 087 – 2 203 L’étude du passé n’offre guère d’intérêt sauf lorsqu’elle conduit à trou­­ des solu­­ ver tions pour évi­­ dans le futur les erreurs déjà ter commises. Défi­­ les objec­­ nir tifs et les plans d’action Le bud­­ est un outil qui per­­ get met de fixer le cap et de dis­­ ter des cu­­ objec­­ et des plans d’actions. tifs Contri­­ buer à la mise en œuvre de la stra­­ gie té­­ Le bud­­ est le trait d’union entre la pla­­ fi­­ tion stra­­ gique et les get ni­­ ca­­ té­­ réa­­ sa­­ li­­ tions au quo­­ dien. Il per­­ ti­­ met de comprendre le lien entre ses objec­­ annuels et ceux des autres fonc­­ tifs tions dans l’entreprise. Les mis­­ sions et les objec­­ sont éla­­ rés et décli­­ selon une approche tifs bo­­ nés « top-­ own » sur les fonc­­ d tions et les pro­­ sus. ces­­ 124
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    Tableau 4.2 ■ Contri­­ tiondes dif­­ rentes acti­­ tés bu­­ fé­­ vi­­ Mis­­ sions Typo­­ gie lo­­ des objec­­ tifs Carac­­ ris­­ té­­ tiques de ges­­ tion • Des sor­­ ties iden­­ fiables et mesu­­ ti­­ rables • Maî­­ trise des prix de vente • Assu­­ le chiffre d’affaires (CA) rer • Recher­­ cher la meilleure exploi­­ tion pos­ ta­­ ­ sible des moyens commer­­ ciaux (%/CA) Centre de coût pro­­ tif : ate­­ duc­­ lier indus­­ triel ou admi­­ tra­­ nis­­ tif Réa­­ ser le pro­­ li­­ gramme de pro­­ tion aux duc­­ niveaux de qua­­ et lité de délai défi­­ nis, tout en opti­­ sant les moyens mi­­ de pro­­ tion uti­­ sés duc­­ li­­ • Des sor­­ ties iden­­ fiables et mesu­­ ti­­ rables • Recher­­ cher une uti­­ sation opti­­ li­­ male des moyens de pro­­ tion (indus­­ duc­­ triels ou admi­­ tra­­ nis­­ tifs) • Uti­­ ser des stan­­ li­­ dards de consom­­ tion ma­­ per­­ tant de lier les coûts à la pro­­ ­ met­­ duc­ tion ? Centre de coût sup­­ port : ser­­ vice de frais géné­­ raux commer­­ ciaux, de pro­­ tion ou duc­­ admi­­ tra­­ nis­­ tifs Assu­­ le « meilleur » rer ser­­ vice en opti­­ sant le mi­­ bud­­ des moyens get • Des sor­­ ties dif­­ ci­­ ment iden­­ fiables fi­­ le­­ ti­­ et mesu­­ rables (tâches mul­­ tiples non répé­­ titives) • Dif­­ culté à relier le coût des moyens fi­­ mis en œuvre et les résul­­ tats des centres • Se posi­­ ner dans le cadre d’une tion­­ rela­­ tion client-­ournisseur afin de relier f les coûts aux objec­­ de qua­­ tifs lité • Res­­ ter l’enveloppe bud­­ taire pec­­ gé­­ allouée Centre de pro­­ fit Maxi­­ ser le résul­­ mi­­ tat opé­­ tion­­ ou les ra­­ nel marges de contri­­ tion bu­­ Maî­­ ser les dif­­ rents postes du tri­­ fé­­ compte de résul­­ tat : les reve­­ nus (volumes, tarifs, remises,…) et les coûts (équipe, publi­­ cité,…) Centre d’investissement Opti­­ ser la ren­­ bi­­ mi­­ ta­­ lité des capi­­ taux inves­­ tis : • Res­­ sa­­ lité éten­­ pon­­ bi­­ due aux actifs uti­­ sés : attente d’un retour sur li­­ inves­­ se­­ tis­­ ment • Maî­­ ser les reve­­ tri­­ nus, les coûts et les marges du compte de résul­­ mais aussi tat, des capi­­ taux inves­­ au bilan tis Centre de pro­­ jet (affaire) Atteindre le niveau de pro­­ pla­­ fié pour des fit ni­­ affaires, ou res­­ dans ter le niveau de coût pla­­ fié pour des pro­­ ni­­ jets internes 125 • Uti­­ sation de stan­­ li­­ dards pour les pro­­ jets répé­­ titifs • Aspect pros­­ tif : coût et délai à pec­­ ter­­ nai­­ mi­­ son • Arbi­­ entre coût, délai et qua­­ trer lité Savoir-être Marge/(Immo­­ li­­ tions bi­­ sa­­ + Besoin en Fonds de Rou­­ ment) le­­ Savoirs Maxi­­ ser les volumes mi­­ des ventes en res­ ­ pec­­ tant le bud­­ des get moyens commer­­ ciaux Savoir-faire Centre de revenu : Ser­­ vices commer­­ ciaux, SAV
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    4 • Pilo­­la per­­ mance ter for­­ et l’activité Bud­­ de l’entreprise et budget d’activité get Du pré­­ sion­­ au suivi de la réa­­ sa­­ vi­­ nel li­­ tion Pro­­ ser des plans d’action pour amé­­ rer la per­­ mance po­­ lio­­ for­­ Les objec­­ de per­­ mance condi­­ tifs for­­ tionnent toute la construc­­ tion du sys­­ tème de contrôle. À cha­­ cun de ces objec­­ cor­­ pondent tifs res­­ des leviers d’actions qui influ­­ encent la per­­ mance du ser­­ for­­ vice. Ces leviers d’action servent à s’appuyer sur les forces, pro­­ ter des oppor­ fi­­ ­ tu­­ tés, pal­­ les fai­­ ni­­ lier blesses et contrer les menaces. De leur choix dépendent la qua­­ et la per­­ nence des déci­­ lité ti­­ sions : ✓✓ favo­­ ser la crois­­ ri­­ sance et la ren­­ bi­­ ta­­ lité : opti­­ sation des pro­­ ­ mi­­ ces­ sus, aug­­ ta­­ men­­ tion de la valeur per­­ par le client, amé­­ ra­­ çue lio­­ tion conti­­ nue ; ✓✓ maî­­ ser les coûts : amé­­ ra­­ tri­­ lio­­ tion de la pro­­ ti­­ duc­­ vité, maî­­ trise des frais géné­­ raux ; ✓✓ ren­­ cer le cash : opti­­ sation du besoin en fonds de rou­­ ment, for­­ mi­­ le­­ priorisation des inves­­ se­­ tis­­ ments. Choi­­ les bons leviers d’action ren­­ sir force les chances d’obtenir une per­­ mance meilleure. for­­ Chif­­ son bud­­ frer get Éla­­ rer un bud­­ serait aisé s’il suf­­ sait d’estimer les volumes de bo­­ get fi­­ pro­­ duits et de ser­­ vices à vendre pour les douze mois à venir, puis de les mul­­ plier par leurs coûts uni­­ ti­­ taires. Toute la dif­­ culté réside dans fi­­ l’évaluation de ces coûts, du fait que : ✓✓ les volumes et le mix des ventes peuvent évo­­ luer dans le temps ; ✓✓ les règles de fixa­­ tion des coûts variables (stric­­ ment pro­­ tion­ te­­ por­­ ­ nelles à l’activité) sont asso­­ ciées aux volumes de ventes ; ✓✓ les coûts fixes (indé­­ dants du volume d’activité) sont la consé­ pen­­ ­ quence de choix orga­­ sa­­ nels ; ni­­ tion­­ ✓✓ les coûts variables ne sont pas tou­­ jours stric­­ ment pro­­ tion­ te­­ por­­ ­ nels aux volumes de ventes ; la courbe d’expérience et les actions de pro­­ grès rédui­­ ront petit à petit le coût variable uni­­ taire ; 126
  • 127.
    Exemple d’entreprise n° 1 :suite Tableau 4.3 ■ Plan d’actions de relance des ventes du nou­­ veau logi­­ ciel Res­­ pon­­ sable direc­­ teur commer­­ cial Moyens néces­­ saires Nature Faire pas­­ ser les ventes du pro­­ duit de 22 à 60 Coût € Chiffre d’affaires 5 241 K€ Indi­­ teurs ca­­ Indi­­ teurs de ca­­ résul­­ ou de suivi tat de moyen CA men­­ suel Cam­­ pagne de publi­­ cité 1 500 K€ Coût publi­­ cité / CA Recru­­ ment te­­ d’un commer­­ cial 170 K€ Réduc­­ tion du prix de vente de 30 % 1 800 K€ Hausse du taux de commis­­ sion­ ­ ne­­ ment de 20 à 30 % 50 K€ Commis­­ sions / CA BUD­­ GET TABLEAU DE BORD BUD­­ GET Nb clients / commer­­ cial ✓✓ les acti­­ tés sont inter­­ pen­­ vi­­ dé­­ dantes : pri­­ lé­­ vi­­ gier la per­­ mance for­­ d’une acti­­ peut se faire au détriment d’une autre ; vité ✓✓ l’existence de gou­­ lots d’étranglement peut inter­­ rompre les tra­ ­ vaux dans d’autres ser­­ vices et dégra­­ la struc­­ der ture des coûts. 127 Savoir-faire Résul­­ tat attendu Savoir-être Actions Savoirs Un plan d’action a été décidé par le res­­ sable du centre de pro­­ pon­­ fit spé­­ lisé aux métiers de la finance afin de relan­­ les ventes du nou­ cia­­ cer ­ veau logi­­ de tré­­ re­­ intro­­ ciel so­­ rie duit l’année pré­­ dente. En effet, le mar­ cé­­ ­ ke­­ ting a confirmé l’existence d’un mar­­ ché pour ce nou­­ veau logi­­ ciel.
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    4 • Pilo­­la per­­ mance ter for­­ et l’activité Bud­­ de l’entreprise et budget d’activité get Du pré­­ sion­­ au suivi de la réa­­ sa­­ vi­­ nel li­­ tion Valo­­ ser ses coûts et ses marges ri­­ Le bud­­ des coûts des acti­­ tés nor­­ get vi­­ mées est cal­­ selon une méthode culé de recherche d’optimisation des temps gamme et des nomen­­ tures et cla­­ des prix d’achat ; la valo­­ sa­­ est réa­­ sée en uti­­ sant des taux moyens. ri­­ tion li­­ li­­ Pour budgéter les coûts des autres acti­­ tés, deux méthodes vi­­ peuvent être uti­­ sées : li­­ ✓✓ le rai­­ ne­­ son­­ ment mar­­ nal : extra­­ la­­ gi­­ po­­ tion à par­­ des réa­­ sa­­ tir li­­ tions de l’année pré­­ dente, en éli­­ nant les élé­­ cé­­ mi­­ ments non récur­­ rents et en pro­­ sant des actions de pro­­ po­­ grès ; ✓✓ le bud­­ base zéro (BBZ) : construc­­ tion à par­­ de zéro, comme tir get si le ser­­ venait d’être créé. vice Il est recom­­ mandé de chif­­ le bud­­ d’exploitation : frer get ✓✓ par grandes masses sur les­­ quelles le mana­­ peut agir et dont les ger mon­­ tants sont signi­­ ca­­ fi­­ tifs ; ✓✓ à par­­ des familles de pro­­ tir duits ou pres­­ tions. ta­­ La connais­­ sance des coûts variables et fixes faci­­ les simu­­ ­ lite la­ tions bud­­ taires en fai­­ gé­­ sant res­­ tir l’incidence d’une varia­­ sor­­ tion d’activité sur le résul­­ et les coûts, ainsi que le mon­­ tat tant sup­­ men­ plé­­ ­ taire de coûts fixes, que l’on peut tolé­­ suite à une aug­­ ta­­ rer men­­ tion du volume d’activité. La marge sur coûts variables indique la per­­ mance des acti­­ ­ for­­ vi­ tés ou des pro­­ duits. Si elle se révèle néga­­ tive, on envi­­ gera sérieu­ sa­­ ­ se­­ ment d’abandonner l’activité ou le pro­­ duit, en dehors de toutes autres consi­­ ra­­ dé­­ tions (stra­­ gique, commer­­ té­­ ciale, sociale…). Exemple entre­­prise n° 1 : suite La direc­­ tion a fixé les orien­­ tions bud­­ taires au centre de pro­­ spé­ ta­­ gé­­ fit ­ cia­­ lisé dans les métiers de la finance : −− atteindre une marge contri­­ tive de 3,3 M€ ; bu­­ −− réa­­ ser un chiffre d’affaires de 8 M€ ; li­­ −− limi­­ les recru­­ ments au mini­­ ter te­­ mum ; −− hausse géné­­ rale des salaires : 1,5 %. 128
  • 129.
    Tableau 4.4 ■ Compte derésul­­ pré­­ sion­­ en K€ tat vi­­ nel Logi­­ ciel comp­­ bi­­ ta­­ lité Logi­­ ciel tré­­ re­­ so­­ rie TOTAL Ventes 1 670 4 200 5 870 Main­­ nance te­­  % 1 991 423 2 414 For­­ tion ma­­ 100 185 285 Ins­­ la­­ tal­­ tion 0 433 433 3 761 5 241 9 002 0 420 420 3 761 4 821 8 582 63 225 288 392 796 1 188 3 306 3 800 7 106 120 378 498 913 1 751 2 664 2 273 1 671 3 944 Savoirs Chiffre d’affaires HT 0. Chiffre d’affaires brut glo­­ bal Rabais, remises, ris­­ tournes (clients) 1. Chiffre d’affaires net glo­­ bal 2. Coûts variables –  pro­­ tion des pro­­ de duc­­ duits ven­­ dus 100,0 95,3 –  de dis­­ bu­­ tri­­ tion (commissions…) –  de pro­­ tion (concep­­ duc­­ tion) –  de dis­­ bu­­ tri­­ tion (publi­­ cité) 5. Marge sur coûts directs 6. Coûts fixes de fonc­­ ne­­ tion­­ ment 43,8 838 7. Résul­­ opé­­ tion­­ ou marge tat ra­­ nel contri­­ tive (5-6) bu­­ 3 106 Lorsque la marge sur coûts variables est égale aux coûts fixes de l’entreprise, on dit que l’activité du centre de pro­­ est au seuil fit de ren­­ bi­­ ta­­ lité. Celui-­ i s’exprime en volume de ventes (coûts fixes c glo­­ baux / marge sur coût variable uni­­ taire) ou en chiffre d’affaires (coûts fixes glo­­ baux / taux de marge sur coût variable uni­­ taire). Dans le cas de l’entreprise n° 1, le seuil de ren­­ bi­­ est égal à : ta­­ lité (498 + 2 664 + 838) / 78,9 %) ; ce qui cor­­ pond à un chiffre res­­ d’affaires de 5 070 €. La marge sur coûts directs est un très bon indi­­ teur en cas ca­­ d’obligation d’arbitrage entre exé­­ ter une acti­­ en interne ou la cu­­ vité don­­ en sous-­ raitance. ner t 129 34,5 Savoir-faire 4. Coûts fixes 78,9 Savoir-être 3. Marge sur coûts variables (1-2)
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    4 • Pilo­­la per­­ mance ter for­­ et l’activité Bud­­ de l’entreprise et budget d’activité get Du pré­­ sion­­ au suivi de la réa­­ sa­­ vi­­ nel li­­ tion Tra­­ vailler en trois temps 1. Faire une pre­­ mière photo­­ graphie du bud­­ get, en conso­­ dant l’ensemble li­­ des don­­ nées venant du ter­­ rain. 2. Compa­­ par rap­­ rer port aux objec­­ fixés. tifs 3. Ajus­­ la pre­­ ter mière ver­­ sion du bud­­ pour col­­ aux objec­­ et/ou défi­ get ler tifs ­ nir les points durs et pré­­ rer son argu­­ pa­­ men­­ tion. ta­­ Cal­­ ler le ROI1 des pro­­ cu­­ jets Un inves­­ se­­ tis­­ ment ne se décide pas par hasard. Chaque res­­ sable pon­­ qui sou­­ haite faire un inves­­ se­­ tis­­ ment ne doit jamais occulter le fait qu’il doit s’inscrire dans un cadre poli­­ tique, stra­­ gique et éco­­ ­ té­­ no­ mique de l’entreprise, c’est-à-dire en s’insérant dans un plan à long terme (expan­­ sion des ventes, aug­­ ta­­ men­­ tion de la capa­­ des ins­­ ­ cité tal­ la­­ tions, sor­­ de pro­­ tie duits nou­­ veaux, études et recherches, déve­­ ­ lop­ pe­­ ment des hommes…). Pour un pro­­ d’investissement il est recom­­ jet mandé d’étudier plu­­ sieurs scé­­ rios, sans en éli­­ ner aucun a priori. Par exemple, na­­ mi­­ la manu­­ tion peut être envi­­ gée sur plates-­ ormes rou­­ ten­­ sa­­ f lantes manœu­­ vrées à la main, avec l’aide de cha­­ riots élé­­ teurs élec­­ va­­ triques, de bande trans­­ teuse ou de balan­­ por­­ celle. Une fois le pro­­ for­­ ­ jet ma­ lisé, il faut valo­­ ser le mon­­ ri­­ tant de l’investissement et les gains futurs liés à sa mise en exploi­­ tion. ta­­ Atten­­ tion : le mon­­ tant de l’investissement ne se limite pas à l’achat des biens pro­­ ment dits, mais inclut éga­­ ment les coûts pre­­ le­­ aussi variés que ceux engen­­ drés par : ✓✓ l’étude préa­­ lable (plans, experts…) ; ✓✓ le trans­­ port et la mise en place (douane) ; ✓✓ la mise en route (mise au point, rebuts) ; ✓✓ la for­­ tion du per­­ nel ; ma­­ son­­ 1. ROI = Return on investment. 130
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    Savoirs Les gains d’exploitationaprès la mise en ser­­ vice résultent soit d’un apport de chiffre d’affaires sup­­ men­­ plé­­ taire, soit d’une éco­­ mie de coûts (un inves­­ se­­ no­­ tis­­ ment de rem­­ ce­­ pla­­ ment pou­ ­ vant déga­­ une réduc­­ ger tion des frais d’entretien). Appré­­ cier les gains futurs d’un inves­­ se­­ tis­­ ment consiste à cal­­ ler la capa­­ cu­­ cité d’autofinancement (CAF) géné­­ par sa mise en exploi­­ tion sur rée ta­­ plu­­ sieurs années. Le retour sur inves­­ se­­ tis­­ ment des pro­­ (ROI) est habi­­ le­­ jets tuel­­ ment ana­­ avec les cri­­ lysé tères sui­­ vants : ✓✓ délai de récu­­ ra­­ pé­­ tion qui exprime le temps néces­­ saire pour que l’entreprise soit rem­­ bour­­ des fonds qu’elle a dépen­­ sée sés ; ✓✓ valeur actuelle nette (VAN) qui mesure le vrai béné­­ éco­­ mique fice no­­ res­­ tant à l’entreprise, après rem­­ bour­­ ment de l’investissement, et se­­ actua­­ sa­­ li­­ tion des gains futurs (CAF) ; ✓✓ taux interne de ren­­ bi­­ res­­ ta­­ lité (TIR) qui cor­­ pond au taux d’actualisation qui annule la VAN. On peut aussi défi­­ le TIR nir comme le taux auquel il fau­­ drait emprun­­ de l’argent à inté­­ ter rêts compo­­ pour que l’opération se solde sans béné­­ ni perte. sés, fice Savoir-faire ✓✓ les ins­­ la­­ tal­­ tions annexes (réfec­­ tion sol, ren­­ ce­­ for­­ ment puis­­ sance élec­­ trique) ; ✓✓ les outillages complé­­ taires et les études d’outillages ; men­­ ✓✓ le coût indi­­ rect des ser­­ vices connexes (contrôle de ges­­ tion, ser­ ­ vice logistique…) ; ✓✓ l’augmentation du niveau des sto­­ résul­­ cks tant d’une aug­­ ta­ men­­ ­ tion de la capa­­ cité. Exemple entre­­prise n° 1 : suite 131 Savoir-être Dans le cadre de simu­­ tions bud­­ taires, le res­­ sable du centre de la­­ gé­­ pon­­ pro­­ spé­­ lisé dans les métiers de la finance a étu­­ l’opportunité de fit cia­­ dié lan­­ une nou­­ cer velle ver­­ sion du logi­­ ciel de comp­­ bi­­ ta­­ lité. Voici le résul­­ tat de la simu­­ tion. la­­
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    4 • Pilo­­la per­­ mance ter for­­ et l’activité Bud­­ de l’entreprise et budget d’activité get Du pré­­ sion­­ au suivi de la réa­­ sa­­ vi­­ nel li­­ tion Tableau 4.5 ■ Résul­­ de la simu­­ tion tat la­­ Cal­­ des gains futurs (K€) cul N Inves­­ se­­ tis­­ ment (concep­­ tion nou­­ velle ver­­ sion) N+1 N+2 N+3 – 773 Chiffre d’affaires (écart de ventes de la nou­­ velle ver­­ sion / ancienne) • Ventes 973 904 904 • Main­­ nance te­­ 992 312 106 • For­­ tion ma­­ 100 100 100 Total chiffre d’affaires addi­­ nel (1) tion­­ 2 065 1 316 1 110 Coûts d’exploitation (écart de coûts de la nou­­ velle ver­­ sion / ancienne) Pro­­ tion Dis­­ bu­­ duc­­ tri­­ tion – 322 – 278 – 248 – 585 – 516 – 571 Total coûts d’exploitation addi­­ nels (2) tion­­ – 907 – 794 – 719 Excé­­ dent brut d’exploitation addi­­ nel (5) = (1) – tion­­ (2) – (3) – (4) – … 1 158 522 391 Amor­­ se­­ tis­­ ment de l’investissement (6) – 258 – 258 – 257 900 264 134 – 300 – 88 – 44 Résul­­ net addi­­ nel (9) = (7) – (8) tat tion­­ 600 176 90 Capa­­ cité d’Autofinancement addi­­ tion­­ nelle = (5) – (8) = (9) + (6) 858 434 347 794 372 275 Résul­­ d’exploitation addi­­ nel (7) = (5) – (6) tat tion­­ Impôt société (8) Capa­­ cité d’autofinancement actua­­ sée li­­ addi­­ tion­­ nelle (ex : 8 %) – 773 Délai de récu­­ ra­­ pé­­ tion : fin de la pre­­ mière année d’exploitation Valeur actuelle nette = – 773 € + 794 € + 372 € + 275 € = 669 € TIR = 62,5 % (– 773 + 858 / 1,625 + 434 / (1,625 x 1, 625) + 347 / (1,625 x 1,625 x 1,625) 0,22 € 1). 1. La même for­­ mule avec un taux de 62,6 % conduit à une VAN de –1,7€. 132
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    Le dos­­sier bud­­taire contient gé­­ 1. Des chiffres, mais aussi des gra­­ phiques et des commen­­ taires. 3. L’année future avec des don­­ nées éco­­ miques, des don­­ no­­ nées amont, les hypo­­ thèses rete­­ nues, les scé­­ rios envi­­ gés, le modèle bud­­ taire. na­­ sa­­ gé­­ CC Du pré­­ vi­­sion­­ nel au suivi de la réa­­li­­sa­­tion Savoirs 2. Le passé sous forme d’une ana­­ lyse suc­­ cincte, à savoir les prin­­ paux ci­­ écarts, leurs causes, les actions à entre­­ prendre. Suivre le bud­­ get PRINCIPES CLÉS Le suivi bud­­ taire donne lieu à une gé­­ ana­­ détaillée des écarts par rap­­ lyse port au réel. Il sera réa­­ men­­ lement lisé suel­­ dans le cadre du contrôle bud­­ taire gé­­ et du tableau de bord. Ce qui implique que le contrô­­ leur de ges­­ tion ait men­ ­ sua­­ le bud­­ Si ce n’est pas le cas, lisé get. le bud­­ sera suivi selon une logique get d’avancement. • Le tableau de bord consti­­ tue l’outil de pilo­­ tage à court terme du mana­­ ger. Tableau 4.6 ■ Point de départ de l’analyse d’écarts Niveau de res­­ pon­­ bi­­ sa­­ lité Savoir-faire • Anti­­ per et réagir rapi­­ ment ci­­ de­­ est devenu vital. Le mana­­ ger devra se pen­­ cher sur les don­ ­ nées cri­­ tiques qui condi­­ tionnent sa réus­­ site. Indi­­ teurs clés ca­­ Résul­­ net comp­­ tat table Centre de pro­­ fit Marge contri­­ tive bu­­ Centre de revenu Chiffre d’affaires net de frais de commer­­ ­ cia­ li­­ tion sa­­ Centre de coût Coût total du centre ou coût uni­­ taire de pro­ ­ duit Le plus sou­­ vent, les écarts portent sur les hypo­­ thèses rete­­ nues pour le chif­­ frage du bud­­ Un taux d’absentéisme budgété à 8 % get. et qui res­­ à 10 % implique une dérive des coûts de main-­ ’œuvre. sort d Une cam­­ pagne publi­­ taire pré­­ et par la suite aban­­ née aura ci­­ vue don­­ 133 Savoir-être Chef d’entreprise
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    4 • Pilo­­la per­­ mance ter for­­ et l’activité Bud­­ de l’entreprise et budget d’activité get Du pré­­ sion­­ au suivi de la réa­­ sa­­ vi­­ nel li­­ tion un impact sur les ventes. Il en est de même pour la pro­­ ti­­ duc­­ vité après la mise en ser­­ vice d’un nou­­ outil. D’où l’importance de vel mettre « noir sur blanc » les hypo­­ thèses rete­­ nues lors du chif­­ frage de la der­­ nière ver­­ sion bud­­ taire. gé­­ Tableau 4.7 ■  xemple de tableau de suivi bud­­ taire d’un centre de coût E gé­­ Mois cou­­ rant Bud­­ get Réel Écart valeur Cumul à date Écart  % Reporting (K€) Bud­­ get Réel Écart valeur Écart  % 1 000 950 – 50 – 5 % Achats 3 000 2 950 – 50 – 1,67 % 500 800 + 300 + 60 % Éner­­ gie 1 500 1 600 + 100 + 6,67 % 800 790 – 10 + 1,25 % Loca­­ tion 2 400 2 290 – 110 – 4,6 % 300 400 + 100 + 33,3 % Frais de per­­ nel son­­ 900 1 100 + 200 + 22,2 % 200 350 + 150 + 75 % Frais de dépla­­ ment ce­­ 600 650 + 50 + 8,33 % 450 350 – 100 – 22,2 % Publi­­ cité, pro­­ tion mo­­ 1 300 1 350 + 50 + 3,8 % 380 400 + 20 + 5,26 % Frais géné­­ raux 1 200 1 400 + 200 + 16,7 % 150 180 + 30 + 20 % Amor­­ se­ tis­­ ­ ment, pro­­ sion vi­­ 450 480 + 30 + 6,67 % 50 0 – 50 – 100 % Assu­­ rance, impôts 150 0 – 150 – 100 % 3 830 4 220 + 390 + 10,2 % Charges d’exploitation 11 500 11 820 + 320 + 2,8 % Les indi­­ teurs tra­­ tion­­ ca­­ di­­ nels de suivi bud­­ taire sont sou­­ gé­­ vent mal adap­­ pour éclai­­ effi­­ ce­­ tés rer ca­­ ment les res­­ sables opé­­ tion­ pon­­ ra­­ ­ nels dans leurs prises de déci­­ sions. En effet, ils s’appuient sur des 134
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    135 Savoir-faire Les tableaux debord per­­ mettent d’appréhender une infor­­ tion plus ma­­ opé­­ tion­­ ra­­ nelle (taux de rejets, temps moyen…) que l’information comp­­ table qui n’est trans­­ mise qu’avec un cer­­ tain délai par le suivi bud­­ taire. En cours de mois, les mana­­ ont besoin d’indicateurs gé­­ gers non finan­­ ciers plus fré­­ quents. Par exemple, pour un res­­ sable pon­­ d’atelier, le suivi men­­ suel des coûts de consom­­ mables devrait être relayé par un suivi quo­­ dien ou heb­­ ma­­ ti­­ do­­ daire des sor­­ de sto­­ ties cks de consom­­ mables. Le mana­­ d’un ate­­ de pro­­ tion admi­­ ­ ger lier duc­­ nis­ tra­­ n’attendra pas non plus la fin du mois pour demander des tive ren­­ forts en per­­ nel si le stock de dos­­ son­­ siers a trop aug­­ menté sur cette période. La réus­­ d’un mana­­ dans l’exercice de sa mis­­ se compose site ger sion prin­­ pa­­ ment des résul­­ (effi­­ cité) qu’il obtien­­ dans un cer­ ci­­ le­­ tats ca­­ dra ­ tain nombre de domaines, dans le respect de son enve­­ loppe bud­­ ­ gé­ taire (effi­­ cience). Le mana­­ est effi­­ ger cace s’il atteint ses objec­­ de tifs coût, de qua­­ et de délai. Par exemple, le mana­­ d’un ser­­ lité ger vice appro­­ sion­­ ment est per­­ mant s’il livre dans les délais les ate­ vi­­ ne­­ for­­ ­ liers avec de la mar­­ chan­­ conforme à la qua­­ deman­­ et qu’il dise lité dée opti­­ mise le coût de revient grâce à une bonne négo­­ tion sur le prix cia­­ d’achat. Tou­­ fois, les indi­­ teurs de per­­ mance seuls ne per­­ te­­ ca­­ for­­ mettent pas au mana­­ de comprendre pour­­ ger quoi la per­­ mance est atteinte ou for­­ non, et sur quel levier, il doit agir pour rec­­ fier la « tra­­ toire ». Il ti­­ jec­­ faut en effet agir sur les causes : on ne gère pas des coûts, on gère des acti­­ tés qui génèrent des coûts. Ainsi, dimi­­ vi­­ nuer la complexité d’un pro­­ duit en rédui­­ sant le nombre de compo­­ sants du pro­­ duit aura des inci­­ dences sur le niveau des sto­­ la ges­­ cks, tion des sto­­ la sim­­ fi­ cks, pli­­ ­ ca­­ tion des opé­­ tions de pro­­ tion, les achats et la comp­­ bi­­ ra­­ duc­­ ta­­ lité. Savoir-être Pilo­­ avec le tableau de bord ter Savoirs infor­­ tions agré­­ ma­­ gées, comme par exemple l’écart entre le résul­­ tat opé­­ tion­­ budgété et le résul­­ opé­­ tion­­ réel qui ne per­­ ra­­ nel tat ra­­ nel met pas de cer­­ rapi­­ ment les véri­­ ner de­­ tables causes des dys­­ tion­­ ­ fonc­­ ne­ ments.
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    4 • Pilo­­la per­­ mance ter for­­ et l’activité Bud­­ de l’entreprise et budget d’activité get Du pré­­ sion­­ au suivi de la réa­­ sa­­ vi­­ nel li­­ tion Iden­­ fier les indi­­ teurs de per­­ mance et de pilo­­ ti­­ ca­­ for­­ tage La démarche se déroule en cinq étapes : 1. iden­­ fier clai­­ ment la mis­­ ti­­ re­­ sion du centre de res­­ sa­­ lité ; pon­­ bi­­ 2. en rete­­ les points clés (coût, qua­­ délai) ; nir lité, 3. choi­­ des indi­­ teurs de per­­ mance ; sir ca­­ for­­ 4. iden­­ fier le plan d’action ; ti­­ 5. choi­­ des indi­­ teurs de pilo­­ sir ca­­ tage. Exemple d’entreprise n° 2 Mis­­ sion : négoce d’instruments de mesure pour des appli­­ tions médi­ ca­­ ­ cales. Orga­­ sa­­ ni­­ tion : 25 centres de pro­­ dans plu­­ fit sieurs pays d’Europe. Prin­­ paux objec­­ de per­­ mance (points clés) fixés aux centres de ci­­ tifs for­­ pro­­ fits : −− crois­­ sance du chiffre d’affaires ; −− aug­­ men­­ tion de la ren­­ bi­­ ta­­ ta­­ lité. Ces objec­­ s’appuient sur les actions sui­­ tifs vantes : −− lan­­ ment de deux nou­­ ce­­ veaux pro­­ duits ; −− accen­­ tion des visites chez les clients réfé­­ cés et pros­­ tion tua­­ ren­­ pec­­ de nou­­ veaux clients ; −− ren­­ ce­­ for­­ ment du sup­­ port pro­­ duit pour déve­­ per les ventes ; lop­­ −− amé­­ ra­­ lio­­ tion de la réac­­ vité des équipes aux demandes des clients. ti­­ 136
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    Tableau 4.8 ■ Extrait dutableau de bord d’un mana­­ de centre de pro­­ ger fit Commandes enre­­ trées gis­­ 1e tri­­ mestre Mois 2e 07 tri­­ mestre Mois 08 Mois 09 4e tri­­ mestre Total Réel cumul N-1 Savoirs Bud­­ cumul N get Réel cumul N Écart réel/ bud­­ cumul N get Chiffre d’affaires Réel cumul N-1 Bud­­ cumul N get Réel cumul N Écart réel/ bud­­ cumul N get Marge/coûts variables Réel cumul N Écart réel/ bud­­ cumul N get Les commandes enre­­ trées, le chiffre d’affaires et la marge sur gis­­ coûts variables sont des indi­­ teurs finan­­ ca­­ ciers. Ils sont sui­­ quo­­ ­ vis ti­ dien­­ ment afin de moti­­ les équipes commer­­ ne­­ ver ciales. Les réa­­ sa­ li­­ ­ tions sur ces indi­­ teurs sont conso­­ dées par pays, puis glo­­ le­­ ca­­ li­­ ba­­ ment. D’autres indi­­ teurs non finan­­ ca­­ ciers complètent l’analyse. Ce sont les indi­­ teurs de pilo­­ ca­­ tage. 137 Savoir-être Bud­­ cumul N get Savoir-faire Réel cumul N-1
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    4 • Pilo­­la per­­ mance ter for­­ et l’activité Bud­­ de l’entreprise et budget d’activité get Du pré­­ sion­­ au suivi de la réa­­ sa­­ vi­­ nel li­­ tion Tableau 4.9 ■ Indi­­ teurs de pilo­­ ca­­ tage (1/2) Plan d’action des commer­­ ciaux ter­­ rain Mois 1e 2e 07 tri­­ mestre tri­­ mestre Nb nou­­ veaux clients N Objec­­ tif Écart réa­­ lisé/ objec­­ tif Nb commandes/ Nb nou­­ veaux clients N Objec­­ tif Écart réa­­ lisé/ objec­­ tif Nb visites clients N Objec­­ tif Écart réa­­ lisé/ objec­­ tif Nb devis envoyés N Objec­­ tif Écart réa­­ lisé/ objec­­ tif Frais dépla­ ­ ce­­ ment / Nb commandes N Objec­­ tif Écart réa­­ lisé/ objec­­ tif 138 Mois 08 Mois 4e 09 tri­­ mestre Ten­­ dance
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    Tableau 4.10 ■ Indi­­ teursde pilo­­ ca­­ tage (2/2) Plan d’action des commer­­ ciaux séden­­ taires 1e tri­­ mestre 2e tri­­ mestre Mois 07 Mois 08 Mois 4e 09 tri­­ mestre Savoirs Taux trai­­ ment te­­ des offres N Ten­­ dance Objec­­ tif Écart réa­­ lisé/ objec­­ tif Taux trans­ ­ for­­ tion des ma­­ offres N Objec­­ tif Écart réa­­ lisé/ objec­­ tif Taux d’offres en retard N Objec­­ tif Savoir-faire Écart réa­­ lisé/ objec­­ tif Taux trai­­ ment te­­ des commandes N Objec­­ tif Écart réa­­ lisé/ objec­­ tif Taux de commandes en retard N Objec­­ tif Ces tableaux sont accom­­ gnés de gra­­ pa­­ phiques don­­ nant les évo­ ­ lu­­ tions men­­ suelles, complé­­ de la ten­­ tées dance sur les mois res­­ tants et compa­­ rées avec les don­­ nées de l’année pré­­ dente. Tous les tri­ cé­­ ­ mestres, un tableau de syn­­ thèse per­­ au mana­­ de compa­­ ses met ger rer réa­­ sa­­ li­­ tions avec celles des autres centres de pro­­ fit. 139 Savoir-être Écart réa­­ lisé/ objec­­ tif
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    4 • Pilo­­la per­­ mance ter for­­ et l’activité Bud­­ de l’entreprise et budget d’activité get Du pré­­ sion­­ au suivi de la réa­­ sa­­ vi­­ nel li­­ tion Tableau 4.11 ■ Tableau de syn­­ thèse Plan d’action des sup­­ ports pro­­ duits 1° tri­­ mestre 2° tri­­ mestre Mois 07 Mois Mois 08 09 4° tri­­ mestre Ten­­ dance Quan­­ tés ti­­ ven­­ dues Objec­­ tif Écart réa­­ lisé/ objec­­ tif Temps passé en clien­­ tèle Objec­­ tif Écart réa­­ lisé/ objec­­ tif Frais de dépla­­ ment ce­­ Objec­­ tif Écart réa­­ lisé/ objec­­ tif Un gra­­ phique donne un détail de l’évolution des quan­­ tés ven­­ ti­­ dues men­­ lement par famille de pro­­ suel­­ duits. Un autre gra­­ phique détaille le temps passé men­­ lement en clien­­ pour chaque agent. suel­­ tèle Ana­­ ser les écarts ly­­ Le mana­­ se foca­­ essen­­ le­­ ger lise tiel­­ ment sur les mon­­ tants impor­­ tants de son compte de résul­­ les natures ana­­ tiques, et les infor­­ ­ tat, ly­­ ma­ tions qu’il sou­­ haite pos­­ der pour leur mise au point pério­­ sé­­ dique. Il ne contrôle que les écarts signi­­ ca­­ fi­­ tifs, en termes de mon­­ tant, de tolé­­ rance, de taux plan­­ cher. Sur ces variables signi­­ ca­­ fi­­ tives, l’analyse des écarts sera appro­­ ­ fon­ die afin de comprendre l’origine des écarts, en tirer les ensei­­ ments gne­­ en termes d’actions cor­­ trices et de pro­­ tion de fin d’année. rec­­ jec­­ 140
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    Le tableau debord assure à la fois la trans­­ rence vers le ter­­ pa­­ rain et vers la hié­­ chie. Leurs objec­­ étant dif­­ rents, le niveau de trans­ rar­­ tifs fé­­ ­ pa­­ rence sera dif­­ rent. On attend de la hié­­ chie : vision, cohé­ fé­­ rar­­ ­ rence, arbi­­ trage. On attend du ter­­ rain : mobi­­ sa­­ li­­ tion, moti­­ vation, réac­­ vité. ti­­ Cela dit, la trans­­ rence doit lais­­ de l’autonomie aux acteurs. pa­­ ser On sélec­­ tionne donc les infor­­ tions qui sont trans­­ ma­­ mises au niveau supé­­ rieur. Le supé­­ rieur hié­­ chique sou­­ rar­­ haite suivre l’évolution des per­­ mances réa­­ sées par ses proches col­­ bo­­ teurs sur les objec­ for­­ li­­ la­­ ra­­ ­ tifs qu’il leur a dévo­­ On limite la trans­­ rence à la per­­ mance, lus. pa­­ for­­ le reste étant de la res­­ sa­­ lité des acteurs sur le ter­­ pon­­ bi­­ rain. Le mana­ ­ ger pré­­ sente ses résul­­ tats, commente les mesures qu’il envi­­ sage, demande des moyens complé­­ taires. men­­ À son équipe, le mana­­ commu­­ ger nique sur le tableau de bord dans sa glo­­ lité. La connais­­ ba­­ sance des objec­­ de l’activité et leurs tifs, sui­­ régu­­ vis liers sont néces­­ saires pour la moti­­ vation et la réa­­ sa­­ li­­ tion 141 Savoir-faire Commu­­ quer les résul­­ ni­­ tats Savoir-être La cible des ventes était de + 6 %, le réa­­ est à + 7 % : est-­ e satis­ lisé c ­ faisant ? ✓✓ Selon la pra­­ tique bud­­ taire clas­­ gé­­ sique : oui. ✓✓ Selon la logique de ques­­ ne­­ tion­­ ment : peut-­ tre. ê On va pas­­ en revue les évo­­ tions de : ser lu­­ ✓✓ la crois­­ sance du mar­­ ché ; ✓✓ les impacts « méca­­ niques » : clauses contrac­­ tuelles (révi­­ sion de prix, ris­­ tournes, etc.) ; ✓✓ toute action de déve­­ pe­­ lop­­ ment : géo­­ phique, nou­­ gra­­ veaux pro­ ­ duits, nou­­ veaux dis­­ bu­­ tri­­ teurs, etc. La cible des ventes était : + 5 % (crois­­ sance de mar­­ ché) / – 1 % (part de mar­­ ché) + 2 % (actions spé­­ fiques) = 6 %. ci­­ Le réa­­ est de + 7 %. Est-­ e satis­­ lisé c faisant ? ✓✓ Oui si 7 % = + 5 % – 1 % + 3 %. ✓✓ Pas du tout si + 7 % = + 7 % + 0 % + 0 %. Savoirs Exemple d’analyse d’écarts
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    4 • Pilo­­la per­­ mance ter for­­ et l’activité Bud­­ de l’entreprise et budget d’activité get Du pré­­ sion­­ au suivi de la réa­­ sa­­ vi­­ nel li­­ tion des objec­­ Il est impor­­ tifs. tant de par­­ ger avec l’équipe dans le cadre ta­­ d’une réunion heb­­ ma­­ do­­ daire afin de faire le point sur les dos­­ siers en cours, éva­­ les besoins de ren­­ luer fort, défi­­ les prio­­ tés. L’échange nir ri­­ porte sur la compré­­ sion des dérives et des actions cor­­ trices à hen­­ rec­­ pré­­ voir, comme sur les résul­­ excep­­ nels. tats tion­­ Il existe dans toutes les entre­­ prises une règle fon­­ men­ da­­ ­ tale selon laquelle le compor­­ ment indi­­ duel doit être te­­ vi­­ orienté vers la réa­­ sa­­ li­­ tion des objec­­ orga­­ sa­­ nels. tifs ni­­ tion­­ Le choix des indi­­ teurs des tableaux de bord a donc ca­­ une impor­­ tance capi­­ tale. 142
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    Savoirs Chapitre 5 Les ques­­ tionsaux­­ quelles répond ce cha­­ pitre tir lité ta­­ li­­ ◆◆ Comment garan­­ la qua­­ des pres­­ tions réa­­ sées ? Savoir-faire Aug­­ men­­ le niveau ter de per­­ mance durable for­­ de l’entreprise ◆◆ Quelles sont les res­­ sa­­ li­­ de l’entreprise et du mana­­ pon­­ bi­­ tés ger en termes de déve­­ pe­­ lop­­ ment durable ? tiques pour contri­­ buer au déve­ ­ ◆◆ Quelles sont les bonnes pra­­ lop­­ ment durable ? pe­­ t lop­­ ment durable ◆◆ Comment l’éthique contribue-­-elle au déve­­ pe­­ 143 Savoir-être de l’entreprise ?
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    5 • Aug­­ter le niveau men­­ de per­­ mance durable for­­ Garan­­ la qua­­ des pres­­ tions tir lité ta­­ Contri­­ buer au déve­­ pe­­ lop­­ ment durable Res­­ ter l’éthique dans les affaires pec­­ CC Garan­­tir la qua­­lité des pres­­ta­­tions réa­­li­­sées PRINCIPES CLÉS • Consi­­ rer la qua­­ comme dé­­ lité une dimen­­ sion à part entière de la per­­ mance de son acti­­ for­­ vité. • Savoir enga­­ ses équipes ger dans une logique de pré­­ tion ven­­ et d’amélioration conti­­ nue au quo­­ dien. ti­­ De la qua­­ atten­­ à la lité due qua­­ per­­ lité çue : for­­ li­­ ma­­ ser ses pro­­ sus clés ces­­ Les béné­­ fices d’une démarche qua­­ lité Aujourd’hui, le client a le choix  car l’offre excède la demande. Le pre­­ mier enjeu de la qua­­ c’est celui de la satis­ lité, ­ faction et de la fidélisation de ses clients. La logique d’une démarche qua­­ se comprend au tra­­ lité vers du cycle des 4 qua­­ tés. li­­ ✓✓ Elle débute ainsi par la qua­­ atten­­ par le client (for­­ li­­ lité due ma­­ sée par l’expression de ses besoins, son cahier des charges). ✓✓ Elle est tra­­ duite par l’entreprise en qua­­ pro­­ lité gram­­ mée (carac­ ­ té­­ tiques pro­­ ris­­ duit et pla­­ fi­­ tion des pro­­ sus qui assurent la ni­­ ca­­ ces­­ réa­­ sa­­ li­­ tion de la pres­­ tion). ta­­ ✓✓ Au quo­­ dien la qua­­ pro­­ ti­­ lité gram­­ mée se trans­­ forme en qua­­ lité réa­­ sée. li­­ ✓✓ Cette qua­­ réa­­ sée va être éva­­ lité li­­ luée par le client : c’est la qua­ ­ lité per­­ çue. Cette éva­­ tion inclut à la fois la qua­­ pro­­ lua­­ lité duit mais aussi les qua­­ tés des ser­­ li­­ vices asso­­ ciés. C’est l’ensemble de ces per­­ tions qui construisent la satis­­ cep­­ faction du client ou sa décep­­ tion. 144
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    Figure 5.1 ■ De laqua­­ atten­­ lité due à la qua­­ per­­ lité çue Domaine du client Domaine de l’entreprise L’objectif d’une démarche qua­­ est double : elle vise à obte­­ lité nir la pré­­ rence des clients tout en contri­­ fé­­ buant à l’amélioration de la ren­­ bi­­ de l’entreprise. ta­­ lité Le chal­­ lenge de la pré­­ rence des clients se gagne chaque jour fé­­ en cher­­ chant obs­­ né­­ ti­­ ment à répondre à leurs attentes, « du pre­­ mier coup », « à tous les coups ». Les entre­­ prises s’engagent dans ce défi en tra­­ vaillant sur leur orga­­ sa­­ ni­­ tion, leurs pro­­ sus. Ce tra­­ se fait en cohé­­ ces­­ vail rence avec le posi­­ ne­­ tion­­ ment qua­­ lité/prix du pro­­ duit ou pres­­ tion déli­­ ta­­ vré. L’amélioration de la ren­­ bi­­ est un tra­­ sans relâche sur les ta­­ lité vail coûts de non-­ ualité (qui peuvent repré­­ ter 10 à 15 % d’un chiffre q sen­­ d’affaires). Ces coûts résultent de l’accumulation : ✓✓ des récla­­ tions clients ; ma­­ ✓✓ des pro­­ duits jetés ou repris car non-­ onformes ; c ✓✓ de la sur-­ ualité ; q ✓✓ du tra­­ inutile ou refait dans chaque ser­­ vail vice ; ✓✓ des avoirs, remises faits au client ; ✓✓ du gas­­ pillage de matière pre­­ mière ou de res­­ sources ; ✓✓ mais aussi de l’absentéisme et des acci­­ dents du tra­­ vail. Savoir-faire Q Q Savoirs Q Q 145 Savoir-être Compé­­ vité = Pro­­ ti­­ × Qua­­ titi­­ duc­­ vité lité
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    5 • Aug­­ter le niveau men­­ de per­­ mance durable for­­ Garan­­ la qua­­ des pres­­ tions tir lité ta­­ Contri­­ buer au déve­­ pe­­ lop­­ ment durable Res­­ ter l’éthique dans les affaires pec­­ La notion de rela­­ tion client four­­ seur interne nis­­ Contrai­­ ment à ce que l’on pense par­­ re­­ fois, la qua­­ ne concerne pas lité uni­­ ment le ser­­ que­­ vice pro­­ tion. Le client juge l’entreprise éga­­ ­ duc­­ le­ ment sur sa qua­­ de ser­­ lité vice et pas seule­­ ment sur ses pro­­ duits ou pres­­ tions. De plus, la notion de qua­­ est éga­­ ment appli­­ ta­­ lité le­­ cable aux clients internes. Cha­­ cun dans l’entreprise concourt à la satis­­ faction des clients externes direc­­ ment ou indi­­ te­­ te­­ rec­­ ment. L’entreprise est de fait un ensemble de micro-­ ntreprises qui ont e entre elles des rela­­ tions client-­ ournisseur interne. f Ainsi tout ser­­ vice ou dépar­­ ment est four­­ seur interne d’un te­­ nis­­ client et a donc des res­­ sa­­ li­­ vis-­ -vis de lui. Il doit cla­­ fier les pon­­ bi­­ tés à ri­­ exi­­ gences de ce client, éva­­ son niveau de satis­­ luer faction et s’engager à répondre à ses attentes en maî­­ sant ses pro­­ sus internes. Il est tri­­ ces­­ aussi le client interne d’un autre ser­­ de la part duquel il reçoit des vice pres­­ tions et vis-­ -vis duquel il doit cla­­ fier ses exi­­ ta­­ à ri­­ gences. Figure 5.2 ■ La rela­­ tion client four­­ seur interne nis­­ Entité A ni e de e i en e Entité B Client de A ni e de C e i en e Entité C Client de ni e de e i en e Entité D Client de C La for­­ li­­ tion des pro­­ sus pour garan­­ la qua­­ ma­­ sa­­ ces­­ tir lité au client Pour res­­ ter ses pro­­ pec­­ messes vis-­ -vis de ses clients internes ou à externes, chaque mana­­ doit mettre à plat son orga­­ sa­­ ger ni­­ tion et for­­ li­­ les pro­­ sus au sein de son équipe. Les pro­­ sus sont ma­­ ser ces­­ ces­­ l’enchaînement chro­­ lo­­ no­­ gique des acti­­ tés qui assurent la trans­­ ­ vi­­ for­ ma­­ tion de la demande en une pres­­ tion ou un pro­­ ta­­ duit conforme aux attentes du client. 146
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    Figure 5.3 ■ Exemple depro­­ sus : expé­­ tion de commande ces­­ di­­ dans un ser­­ vice logis­­ tique Besoins clients Activité 1 ce tion co n e Activité 2 o tie s e o ts i Activité 3 tion Activité 4 ont le Activité 4 tion i tis cti on clients Savoirs Paral­­ le­­ lè­­ ment à ce tra­­ de des­­ tion, une réflexion plus glo­­ vail crip­­ bale per­­ de véri­­ que tout est mis en œuvre pour garan­­ la confor­ met fier tir ­ mité des pres­­ tions ou des pro­­ ta­­ duits four­­ Il s’agit de rai­­ ner nis. son­­ sur les 5 para­­ mètres clés influant sur la qua­­ les « 5 M ». lité, Les 5 M de la qua­­lité ✓✓ Main-­ ’œuvre (le per­­ nel). d son­­ ✓✓ Matières pre­­ mières (les entrées du pro­­ sus, ce qui est reçu des four­ ces­­ ­ nis­­ seurs et qui est trans­­ formé). ✓✓ Milieu (les condi­­ tions de tra­­ vail). ✓✓ Méthode (les méthodes de tra­­ vail). Savoir-faire ✓✓ Moyens (les machines et sys­­ tème d’informations uti­­ sés par le per­­ ­ li­­ son­ nel). À ces 5 M clas­­ siques nous pou­­ vons ajou­­ des ques­­ ter tions sur la Mesure (sous l’angle contrôle) et sur le Management. Ces ques­­ tions autour des para­­ mètres clés sont géné­­ le­­ ra­­ ment pré­ ­ cé­­ dées par des inter­­ ga­­ ro­­ tions sur les clients. Tableau 5.1 ■ Les ques­­ tions clés à se poser pour garan­­ la qua­­ tir lité des pres­­ tions ta­­ QUES­­ TIONS PRÉA­­ LABLES Qui sont nos clients ? Que leur fournissons-­ ous ? n Quel est leur niveau de satis­­ faction ? Quelles sont leurs sources d’insatisfaction ? Les carac­­ ris­­ té­­ tiques du pro­­ duit à four­­ au client nir sont-­ lles expli­­ e cites ? 147 ☞ Savoir-être Sur les clients Quels sont leurs besoins (expri­­ més et impli­­ cites) ? leurs attentes ?
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    5 • Aug­­ter le niveau men­­ de per­­ mance durable for­­ ☞ Garan­­ la qua­­ des pres­­ tions tir lité ta­­ Contri­­ buer au déve­­ pe­­ lop­­ ment durable Res­­ ter l’éthique dans les affaires pec­­ QUES­­ TIONS PRÉA­­ LABLES LES 5 M Les pro­­ sus de tra­­ ces­­ vail sont-­ls décrits ? i A-­-on défini clai­­ ment qui fait quoi et qui est res­ t re­­ ­ pon­­ sable de quoi au sein de notre acti­­ vité ? Les acti­­ tés clés font-­ lles l’objet de pro­­ dures ? vi­­ e cé­­ Méthodes Sinon l’absence de pro­­ dures est-­ lle jus­­ fiée ? cé­­ e ti­­ Les pro­­ dures sont-­ lles à jour, connues et cé­­ e appli­­ quées ? Ces pro­­ dures sont-­ lles auditées ? cé­­ e Cer­­ taines pro­­ dures peuvent-­ lles être mal per­ cé­­ e ­ çues par le client, conduire à une insa­­ faction ? tis­­ Le per­­ nel est-­l sen­­ bi­­ à la qua­­ son­­ i si­­ lisé lité ? au client ? Est-­l formé aux bonnes pra­­ i tiques ? Main d’œuvre Est-­l compétent ? qua­­ fié ? i li­­ Les carac­­ ris­­ té­­ tiques qua­­ visées à chaque lité étape sont-­ lles connues par le per­­ nel ? e son­­ Connaît-­l les consé­­ i quences d’une erreur ? Vos exi­­ gences vis-­ -vis de vos four­­ seurs sontà nis­­ e ­ lles for­­ li­­ ma­­ sées ? Matières pre­­ mières Les matières pre­­ mières sont-­ lles satis­­ e faisantes ? Sinon, a-­-on engagé des actions auprès des four­ t ­ nis­­ seurs ? Moyens Milieu Les moyens sont-­ls adap­­ i tés ? Sont-­ls entre­­ nus ? i te­­ Les condi­­ tions de tra­­ des col­­ bo­­ teurs leur vail la­­ ra­­ permettent-­ lles un tra­­ e vail de qua­­ lité ? ☞ 148
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    ☞ QUES­­ TIONS PRÉA­­ LABLES Mesure Des contrôlessont-­ls mis en œuvre aux étapes i cri­­ tiques du pro­­ sus ? ces­­ Mesure La pério­­ cité et le nombre de pro­­ di­­ duits à contrô­­ ler sont-­ls défi­­ i nis ? Ces contrôles sont-­ls enre­­ trés ? i gis­­ Cha­­ cun sait-il ce qu’il doit contrô­­ et comment ler le faire ? Savoirs Ces contrôles sont-­ls per­­ nents ? i ti­­ Favorise-­-on l’autocontrôle ? t Les ques­­ tions sur le mana­­ ment portent essen­­ le­­ ge­­ tiel­­ ment sur la manière dont le mana­­ est exem­­ ger plaire et moteur dans la démarche qua­­ Nous le déve­­ pe­­ lité. lop­­ rons plus loin. L’autocontrôle Chaque opé­­ tion­­ a la res­­ sa­­ lité de la qua­­ de sa pres­­ ­ ra­­ nel pon­­ bi­­ lité ta­ tion. Il s’en assure par l’autocontrôle : contrôle par lui-­ ême de sa m pres­­ tion. L’autocontrôle per­­ ta­­ met de détecter au plus tôt les défauts qua­­ lité. La réus­­ de l’autocontrôle se fonde sur quatre condi­­ site tions : ✓✓ L’implication du mana­­ ment qui à son niveau est res­­ sable de ge­­ pon­­ la qua­­ des pres­­ tions ou des pro­­ lité ta­­ duits déli­­ par son ser­­ vrés vice. Cet enga­­ ment se for­­ lise par un suivi régu­­ des résul­­ ge­­ ma­­ lier tats d’autocontrôle et une réac­­ tion en cas de dys­­ tion­­ ments. fonc­­ ne­­ ✓✓ La confiance entre col­­ bo­­ teurs, res­­ sables et équipes qua­ la­­ ra­­ pon­­ ­ lité. L’autocontrôle est un trans­­ de res­­ sa­­ lité. Le col­­ bo­ fert pon­­ bi­­ la­­ ­ ra­­ teur devient res­­ sable de la confor­­ pon­­ mité de ce qu’il réa­­ lise. Il peut faire des erreurs mais a le devoir de les détecter et d’alerter. ✓✓ La for­­ tion du per­­ nel : chaque col­­ bo­­ teur a besoin de ma­­ son­­ la­­ ra­­ comprendre l’enjeu de l’autocontrôle et les consé­­ quences des non149 Savoir-être Le res­­ sable qua­­ a un rôle de chef de pro­­ dans la démarche pon­­ lité jet qua­­ Il n’est pas le seul res­­ sable de « la » qua­­ lité. pon­­ lité. Savoir-faire Des res­­ sa­­ li­­ par­­ gées pon­­ bi­­ tés ta­­
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    5 • Aug­­ter le niveau men­­ de per­­ mance durable for­­ Garan­­ la qua­­ des pres­­ tions tir lité ta­­ Contri­­ buer au déve­­ pe­­ lop­­ ment durable Res­­ ter l’éthique dans les affaires pec­­ q ­ ualités poten­­ tielles. Il se doit d’acquérir les bonnes pra­­ tiques de l’autocontrôle : les contrôles à réa­­ ser et la conduite à tenir en cas li­­ de détec­­ tion de non-­ ualité. q ✓✓ La for­­ li­­ tion : les contrôles impor­­ ma­­ sa­­ tants font l’objet d’un enre­ ­ gis­­ ment qui assure la traçabilité de l’action et la res­­ sa­­ lité tre­­ pon­­ bi­­ du col­­ bo­­ teur. la­­ ra­­ La res­­ pon­­ bi­­ des mana­­ sa­­ lité gers C’est le mana­­ qui conduit la dyna­­ ger mique client au sein de son ser­ ­ vice et oriente réso­­ ment ses équipes vers la satis­­ lu­­ faction client. Il inclut dans la mesure de la per­­ mance de son ser­­ for­­ vice des indi­­ teurs qua­­ au même titre que ceux qui mesurent la pro­­ ­ ca­­ lité duc­ ti­­ et la ren­­ bi­­ vité ta­­ lité. Les indi­­ teurs qua­­ peuvent être cen­­ ca­­ lité trés sur la qua­­ réa­­ sée (on mesure la confor­­ lité li­­ mité du pro­­ duit fabri­­ qué ou de la pres­­ tion réa­­ sée) et/ou la qua­­ per­­ au tra­­ ta­­ li­­ lité çue vers des enquêtes clients. Cet enga­­ ment managérial se tra­­ ge­­ duit éga­­ ment par la mise en le­­ place d’une orga­­ sa­­ ni­­ tion interne qui va assu­­ la prise en charge rer d’une récla­­ tion client et la mise en œuvre d’un plan d’amélioration ma­­ qua­­ lité. Une démarche qua­­ réus­­ est une démarche qua­­ por­­ lité sie lité tée par les mana­­ gers et par leur capa­­ à ins­­ rer une culture client cité tau­­ au sein de leurs équipes. Un des prin­­ paux savoir-­ aire des mana­­ ci­­ f gers dans le cadre d’une démarche qua­­ réside dans leur capa­­ à mobi­­ ser au quo­­ dien lité cité li­­ ti­­ leurs équipes. Cela passe notam­­ ment par 13 règles d’or. 150
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    Les 13 règlesd’or de la mobi­­li­­sa­­ tion des équipes ✓✓ Expli­­ quer aux équipes leur fonc­­ tion par rap­­ port au métier de l’entreprise et aux attentes des clients. ✓✓ Fixer des objec­­ qua­­ aux équipes. tifs lité ✓✓ Faire des erreurs indi­­ duelles une oppor­­ nité de pro­­ vi­­ tu­­ grès col­ ­ lec­­ tif. ✓✓ Encou­­ ger les col­­ bo­­ teurs dans leur démarche indi­­ duelle ra­­ la­­ ra­­ vi­­ d’amélioration. Savoirs ✓✓ Aider cha­­ cun à éva­­ luer la consé­­ quence d’une non-­ ualité. q ✓✓ Tra­­ vailler avec les équipes sur les moyens mis à leur dis­­ si­ po­­ ­ tion pour assu­­ la qua­­ des pres­­ tions. rer lité ta­­ ✓✓ Réagir aussi bien aux échecs qu’aux réus­­ sites. ✓✓ Déve­­ per les res­­ sa­­ li­­ lop­­ pon­­ bi­­ tés et les compé­­ tences indi­­ ­ vi­ duelles et col­­ tives, plus que des pro­­ dures écrites. lec­­ cé­­ ✓✓ Encou­­ ger chaque col­­ bo­­ teur à aler­­ en cas de pro­­ ra­­ la­­ ra­­ ter blème et à pro­­ ser des sug­­ tions. po­­ ges­­ ✓✓ Favo­­ ser la for­­ tion. ri­­ ma­­ ✓✓ Commu­­ quer de manière conti­­ ni­­ nue sur les clients, leurs besoins et leurs per­­ tions. cep­­ ✓✓ Asso­­ cier le per­­ nel à la réso­­ tion de pro­­ son­­ lu­­ blème. Savoir-faire ✓✓ Mettre en place l’autocontrôle en déve­­ pant aussi les lop­­ méthodes de pré­­ tion. ven­­ Réagir à une insa­­ faction client tis­­ 151 Savoir-être L’insatisfaction client s’exprime par une récla­­ tion orale ou écrite. ma­­ Si elle est jus­­ fiée, cette récla­­ tion tra­­ ti­­ ma­­ duit une erreur, une incom­ ­ pré­­ sion ou un dys­­ tion­­ ment interne. hen­­ fonc­­ ne­­ Une bonne ges­­ tion des récla­­ tions des clients externes est un ma­­ élé­­ ment majeur d’une poli­­ tique de fidélisation. Le trai­­ ment des te­­ récla­­ tions des clients internes déve­­ ma­­ loppe une image res­­ sable pon­­ et réac­­ du ser­­ concerné. tive vice
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    5 • Aug­­ter le niveau men­­ de per­­ mance durable for­­ Garan­­ la qua­­ des pres­­ tions tir lité ta­­ Contri­­ buer au déve­­ pe­­ lop­­ ment durable Res­­ ter l’éthique dans les affaires pec­­ Un client qui réclame est un client qui vous donne l’opportunité de le conser­­ et de pro­­ ser. ver gres­­ La ges­­ tion des récla­­ tions s’effectue à deux niveaux : ma­­ ✓✓ Un niveau cura­­ pour redon­­ confiance au client. C’est un tif ner niveau d’action tour­­ vers le client pour résoudre avec lui le née litige. ✓✓ Un niveau cor­­ tif aussi. Être excellent dans le seul trai­­ ment des rec­­ te­­ récla­­ tions ne suf­­ pas à res­­ rer la confiance du client qui se ma­­ fit tau­­ lasse des pro­­ blèmes à répé­­ titions. Il faut s’assurer paral­­ le­­ lè­­ ment que les causes des dys­­ tion­­ ments vont être iden­­ fiées et sup­­ ­ fonc­­ ne­­ ti­­ pri­ mées défi­­ ti­­ ment une à une pour en évi­­ le renou­­ le­­ ni­­ ve­­ ter vel­­ ment. La métho­­ lo­­ du trai­­ ment des litiges est somme toute assez do­­ gie te­­ simple et inclut des étapes clés telles que : enre­­ tre­­ gis­­ ment for­­ lisé, ma­­ cen­­ li­­ tion auprès d’une per­­ tra­­ sa­­ sonne dési­­ gnée et réponse au client sous les 48 heures. Cla­­ fier l’objet de la récla­­ tion per­­ ri­­ ma­­ met de pro­­ ser au client po­­ une solu­­ tion. Une véri­­ ca­­ fi­­ tion de la mise en œuvre de la solu­­ tion et du retour à la satis­­ faction ter­­ mine cette phase cura­­ tive. Une ana­­ glo­­ lyse bale des récla­­ tions, asso­­ à l’étude des dys­ ma­­ ciée ­ fonc­­ ne­­ tion­­ ments internes per­­ met de repérer les ano­­ lies récur­ ma­­ ­ rentes et de déci­­ des actions cor­­ tives à enga­­ prio­­ tai­­ ­ der rec­­ ger ri­­ re­ ment. Un gra­­ phique de type Pareto per­­ tra de visua­­ ser les plus met­­ li­­ récur­­ rentes. Enga­­ ses équipes dans un plan d’amélioration ger qua­­ lité Pour mettre en œuvre un plan d’amélioration qua­­ deux sources lité, de don­­ nées sont impor­­ tantes à recueillir : ✓✓ les don­­ nées externes qui pro­­ viennent des clients (la voix du client qui exprime sa satis­­ faction et son insa­­ faction) ; tis­­ ✓✓ les don­­ nées internes qui recensent à la fois les dys­­ tion­­ ­ fonc­­ ne­ ments internes et les sug­­ tions du per­­ nel. ges­­ son­­ 152
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    Figure 5.4 ■ Pareto desrécla­­ tions et dys­­ ma­­ fonc­­ ne­­ tion­­ ments internes d’une entre­­ prise de pro­­ tion de pièces méca­­ duc­­ niques 153 Savoir-être Ce diag­­ tic réa­­ per­­ de se fixer des objec­­ d’amélioration nos­­ lisé met tifs et de démar­­ le cycle d’amélioration conti­­ en 4 étapes, appelé rer nue aussi roue de Deming ou PDCA (Plan, Do, Check, Act). Cette démarche consiste à : ✓✓ En phase P : −− Expri­­ mer des objec­­ tifs qua­­ mesu­­ lité rables cohé­­ rents avec la stra­­ gie de l’entreprise, et les attentes des clients. Par té­­ exemple : réduire notre délai d’intervention de 25 %, dimi­ ­ nuer de 30 % les récla­­ tions sur l’accueil, amé­­ rer notre ma­­ lio­­ taux de satis­­ faction client de 20 %. −− For­­ li­­ le plan d’action qui per­­ tra d’atteindre l’objectif ma­­ ser met­­ fixé. Il comprend les actions à mettre en œuvre sur une année et concerne sou­­ vent les 5 M évo­­ qués pré­­ dem­­ cé­­ ment. Le plan d’action for­­ lise : Qui ? Fait quoi ? Dans quel délai ? ma­­ ✓✓ En phase D : mettre en œuvre le plan d’action. ✓✓ En Phase C : −− Véri­­ ca­­ fi­­ tion de l’application du plan d’action. −− Véri­­ ca­­ fi­­ tion de l’atteinte des résul­­ par rap­­ tats port à l’objectif visé. Savoir-faire Savoirs 50% 45% 40% 35% 30% 25% 20% 15% 10% 5% 0%
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    5 • Aug­­ter le niveau men­­ de per­­ mance durable for­­ Garan­­ la qua­­ des pres­­ tions tir lité ta­­ Contri­­ buer au déve­­ pe­­ lop­­ ment durable Res­­ ter l’éthique dans les affaires pec­­ ✓✓ En phase A : −− En cas d’écarts consta­­ tés : réagir et pilo­­ ter, −− Si les objec­­ sont atteints : capi­­ li­­ et géné­­ li­­ les tifs ta­­ ser ra­­ ser bonnes pra­­ tiques. Figure 5.5 ■ Le cycle d’amélioration PDCA Diagnostic A P C D P nt og s On ne peut par­­ d’amélioration conti­­ sans évo­­ ler nue quer la réso­ ­ lu­­ tion de pro­­ blèmes en groupe qui a fait lar­­ ment ses preuves. ge­­ Ces groupes de réso­­ tion de pro­­ lu­­ blème ont pour objec­­ de foca­ tif ­ li­­ l’énergie et les compé­­ ser tences pour tra­­ vailler à l’amélioration des per­­ mances qua­­ for­­ lité. Il s’agit pour le mana­­ de réduire un dys­ ger ­ fonc­­ ne­­ tion­­ ment majeur ou de sup­­ mer défi­­ ti­­ ment un sujet de pri­­ ni­­ ve­­ récla­­ tion client. ma­­ La réus­­ de ces groupes passe à la fois par le choix du pro­­ site blème à trai­­ la consti­­ ter, tution du groupe, la per­­ mance de l’animateur et for­­ la méthode de réso­­ tion de pro­­ lu­­ blème adop­­ tée. La méthode comprend quatre phases : ✓✓ Ana­­ ser le pro­­ ly­­ blème pour bien le comprendre en recueillant toutes les don­­ nées clefs à l’aide du QQOQCCP (qui, quoi, où, quand, comment, combien, pour­­ quoi). 154
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    Savoirs ✓✓ Recher­­ cher métho­­que­­ di­­ ment les causes du dys­­ tion­­ ment. fonc­­ ne­­ Cette étude démarre par une phase de créa­­ vité pour iden­­ fier ti­­ ti­­ toutes les causes pos­­ sibles clas­­ selon les 5 M. sées ✓✓ Recher­­ cher et mettre en œuvre la solu­­ tion. ✓✓ Véri­­ l’efficacité de la solu­­ fier tion. Les résul­­ tats de cette ana­­ lyse sont enre­­ trés sur une fiche gis­­ d’actions cor­­ tive. rec­­ Cette logique de réso­­ tion de pro­­ lu­­ blème quand elle devient un réflexe à la suite de dys­­ tion­­ ment grave et/ou répé­­ est véri­ fonc­­ ne­­ titif ­ ta­­ ment une source d’amélioration conti­­ ble­­ nue. CC Contri­­buer au déve­­lop­­pe­­ ment durable Les trois piliers de la res­­ sa­­ lité sociétale pon­­ bi­­ des entre­­ prises Aujourd’hui, nul ne peut plus l’ignorer, notre société est confron­­ tée à des constats alar­­ mants. Après des années de déve­­ pe­­ lop­­ ment quasi insou­­ ciant, les • Cet enga­­ ment se tra­­ par ge­­ duit des gestes quo­­ diens de cha­ ti­­ ­ faits s’imposent : cun et par des déci­­ sions à plus ✓✓ La pla­­ nète souffre de pol­­ tion, lu­­ long terme. ses res­­ sources natu­­ relles s’épuisent à commen­­ par l’eau, il devient cer urgent d’anticiper les effets du réchauf­­ ment cli­­ tique. fe­­ ma­­ ✓✓ Les inéga­­ tés et la pau­­ li­­ vreté ne cessent de s’accroître. Aujourd’hui les trois quarts de la popu­­ tion mon­­ la­­ diale vivent sous le seuil de pau­­ vreté. ✓✓ Les condi­­ tions de tra­­ des tra­­ vail vailleurs res­­ tent encore par­­ fois inac­­ tables. cep­­ ✓✓ Le manque d’éthique conduit à des compor­­ ments irres­­ ­ te­­ pon­ sables. 155 Savoir-être • S’engager dans une démarche de déve­­ pe­­ lop­­ ment durable, c’est consi­­ rer le déve­­ pe­ dé­­ lop­­ ­ ment de l’entreprise sous un angle plus large que celui du seul pro­­ fit. Savoir-faire PRINCIPES CLÉS
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    5 • Aug­­ter le niveau men­­ de per­­ mance durable for­­ Garan­­ la qua­­ des pres­­ tions tir lité ta­­ Contri­­ buer au déve­­ pe­­ lop­­ ment durable Res­­ ter l’éthique dans les affaires pec­­ Face à ces faits, le déve­­ pe­­ lop­­ ment durable se défi­­ dès lors nit comme «  un mode de déve­­ pe­­ lop­­ ment qui répond aux besoins du présent sans compro­­ mettre la capa­­ cité des géné­­ tions futures à ra­­ satis­­ faire les leurs ». Il s’agit donc de chan­­ nos compor­­ ments et ger te­­ nos modèles pour pré­­ rer un futur meilleur et plus équi­­ pa­­ table. Cette démarche col­­ tive et mon­­ lec­­ diale vise à rendre le déve­­ ­ lop­ pe­­ ment accep­­ table, car rai­­ nable. Il prend en compte la recherche son­­ équi­­ brée du pro­­ du respect des hommes et de l’environnement. li­­ fit, Cette notion est repré­­ tée par les trois piliers du déve­­ pe­­ sen­­ lop­­ ment durable. Figure 5.6 ■ Les trois piliers PPP du déve­­ pe­­ lop­­ ment durable Profit (économie) D People (social, sociétal) Planet (environnement) L’étendue des sujets concer­­ par le déve­­ pe­­ nés lop­­ ment durable est donc très large et repose sur trois dimen­­ sions liées entre elles : ✓✓ La dimen­­ sion sociale : les phé­­ mènes de pau­­ no­­ vreté, les formes d’exclusion, le bien-­ tre des popu­­ tions confron­­ ê la­­ tées aux ques­ ­ tions de santé liées à l’environnement, la santé, la sécu­­ des rité per­­ sonnes au tra­­ vail, le respect des indi­­ dus, l’éducation, la for­ vi­­ ­ ma­­ tion, etc. ; 156
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    157 Savoirs Savoir-faire Savoir-être ✓✓ La dimen­­ sionenvi­­ ne­­ tale : des rejets de toutes sortes (gaz ron­­ men­­ à effet de serre, par­­ cules, déchets) au réchauf­­ ment cli­­ tique ; ti­­ fe­­ ma­­ les atteintes à la bio­ iver­­ d sité, les consom­­ tions des res­­ ma­­ sources, la défo­­ ta­­ res­­ tion et les ques­­ tions liées à l’eau et aux éner­­ gies. ✓✓ La dimen­­ sion éco­­ mique : les pro­­ no­­ blèmes de gou­­ nance, les ver­­ réfé­­ tiels de mesure et de contrôle, l’éthique des affaires, le ren­­ par­­ tage des béné­­ fices, les inves­­ se­­ tis­­ ments res­­ sables, etc. pon­­ Au sein de l’entreprise, l’engagement dans le cadre du déve­­ ­ lop­ pe­­ ment durable se tra­­ duit par un enga­­ ment volon­­ ge­­ taire de ses diri­ ­ geants à rai­­ ner de manière dif­­ rente. Nous par­­ son­­ fé­­ lons dans ce cas de res­­ sa­­ lité sociétale des entre­­ pon­­ bi­­ prises (RSE). Une entre­­ prise enga­­ dans ce sens décide de réduire les impacts gée de ses déci­­ sions et de ses acti­­ tés sur la société et sur l’environnement. vi­­ Elle choi­­ par un compor­­ ment trans­­ sit te­­ parent et éthique, en confor­ ­ mité avec les lois en vigueur, de contri­­ buer au déve­­ pe­­ lop­­ ment durable, à la santé et au bien-­ tre de la société. ê Cet enga­­ ment repose sur un prin­­ ge­­ cipe : celui de la prise en compte des besoins des par­­ pre­­ ties nantes. C’est-à-dire des indi­­ dus vi­­ ou groupes ayant un inté­­ dans les acti­­ tés ou déci­­ rêt vi­­ sions d’une orga­­ sa­­ ni­­ tion ou pou­­ vant être impac­­ par ses déci­­ tés sions. Une entre­­ prise res­­ sable ne consi­­ pon­­ dère plus la recherche du pro­ ­ fit comme seule fina­­ Elle va inté­­ cet enjeu dans un cadre plus lité. grer glo­­ qui inclut la néces­­ d’écouter, de dia­­ guer et de prendre en bal sité lo­­ compte les exi­­ gences de ses par­­ pre­­ ties nantes. Citons les trois par­­ ties pre­­ nantes les plus immé­­ diates : les action­­ naires, les clients-­ onsommateurs et le per­­ nel. À celles-­ i c son­­ c s’ajoutent aujourd’hui l’environnement, les commu­­ tés locales, nau­­ les médias, les asso­­ tions, les pou­­ cia­­ voirs publics, les inves­­ seurs, les tis­­ four­­ seurs, les ONG, etc. nis­­ L’entreprise s’ouvre ainsi à l’extérieur et met en œuvre un sys­­ tème d’écoute avec ses par­­ pre­­ ties nantes.
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    5 • Aug­­ter le niveau men­­ de per­­ mance durable for­­ Garan­­ la qua­­ des pres­­ tions tir lité ta­­ Contri­­ buer au déve­­ pe­­ lop­­ ment durable Res­­ ter l’éthique dans les affaires pec­­ Figure 5.7 ■ Les prin­­ pales par­­ pre­­ ci­­ ties nantes de l’entreprise Actionnaires ients o r ecti it ion ersonne o ntre rise o na t oca e oir s ics o rnisse rs o s traitants co t rs a orate rs Ass rances Une entre­­ prise enga­­ dans le déve­­ pe­­ gée lop­­ ment durable pré­­ pare un ave­­ meilleur, plus équi­­ bré et res­­ tueux des hommes et de nir li­­ pec­­ la nature. Elle accepte de ce fait de nou­­ velles règles du jeu qui modi­ ­ fient son mana­­ ment : ge­­ ✓✓ l’identification de ses impacts envi­­ ne­­ taux, sociétaux et ron­­ men­­ sociaux ; ✓✓ la prise en compte des par­­ pre­­ ties nantes dans sa stra­­ gie et ses té­­ déci­­ sions ; ✓✓ l’expression d’engagements vis-­ -vis des par­­ pre­­ à ties nantes ; ✓✓ la trans­­ rence de ses résul­­ pa­­ tats en matière de déve­­ pe­­ lop­­ ment durable ; ✓✓ le choix de rendre compte ; ✓✓ l’adoption d’un compor­­ ment éthique et res­­ tueux des lois et te­­ pec­­ normes en vigueur ; ✓✓ un mana­­ ment pré­­ tif dans une logique de maî­­ ge­­ ven­­ trise des risques s’appuyant sur un prin­­ cipe de pré­­ tion. cau­­ 158
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    Pour réus­­ lechal­­ sir lenge du déve­­ pe­­ lop­­ ment durable, chaque entre­ ­ prise doit s’engager. Les comi­­ de direc­­ tés tions se mobi­­ lisent et expriment leurs enga­­ ments à l’égard des par­­ pre­­ ge­­ ties nantes qu’ils ont iden­­ fiées. Débute alors une démarche d’écoute, de dia­­ ti­­ logue et de prise en compte de leurs attentes. Les enga­­ ments fixés sont ge­­ tra­­ duits en objec­­ mesu­­ tifs rables et font l’objet de plan d’actions et de bilans commu­­ qués. ni­­ Deve­­ une entre­­ nir prise res­­ sable n’est pas tou­­ pon­­ jours facile. Cela néces­­ une impli­­ tion forte de la direc­­ site ca­­ tion et un déploie­­ ment de l’engagement au sein de chaque pro­­ acti­­ et métier. jet, vité Savoirs La res­­ sa­­ lité sociétale de l’entreprise pon­­ bi­­ Il s’agit de faire évo­­ les men­­ li­­ de chan­­ son cadre de réfé­ luer ta­­ tés, ger ­ rence et de rai­­ ner autre­­ son­­ ment : ✓✓ Ne plus recher­­ cher uni­­ ment des résul­­ que­­ tats finan­­ ciers. Les résul­­ tats envi­­ ne­­ taux, sociaux et sociétaux font main­­ ­ ron­­ men­­ te­ nant par­­ des cri­­ tie tères de per­­ mances d’une acti­­ dans le for­­ vité cadre du déve­­ pe­­ lop­­ ment de l’entreprise. ✓✓ Étu­­ dier les consé­­ quences des déci­­ sions à court et long terme, puisque dans une logique de déve­­ pe­­ lop­­ ment durable les mana­ ­ gers pré­­ parent le futur. ✓✓ Regar­­ son entre­­ der prise mais aussi à l’extérieur. Élar­­ son gir domaine d’influence : se pré­­ cu­­ aussi des rive­­ oc­­ per rains, de la commu­­ nauté, de la col­­ ti­­ lec­­ vité, de la planète… ✓✓ S’engager vite. Il ne s’agit plus de se demander s’il faut agir demain à son niveau mais de réflé­­ chir à comment contri­­ buer main­­ nant. te­­ ✓✓ Tra­­ vailler avec les par­­ pre­­ ties nantes, ne pas déci­­ pour elles der mais enga­­ le dia­­ ger logue pour ne pas se trom­­ d’actions. per Savoir-faire Rai­­ son­­ ner autre­­ ment Les enjeux externes et internes de ce chan­­ ment des men­­ li­­ ge­­ ta­­ tés sont mul­­ tiples : 159 Savoir-être Des enjeux mul­­ tiples
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    5 • Aug­­ter le niveau men­­ de per­­ mance durable for­­ Garan­­ la qua­­ des pres­­ tions tir lité ta­­ Contri­­ buer au déve­­ pe­­ lop­­ ment durable Res­­ ter l’éthique dans les affaires pec­­ ✓✓ La valo­­ sa­­ ri­­ tion de l’image de l’entreprise auprès des par­­ pre­ ties ­ nantes. ✓✓ La créa­­ tion d’avantages concur­­ tiels. ren­­ ✓✓ La mobi­­ sa­­ li­­ tion et la confiance du per­­ nel. son­­ ✓✓ La maî­­ trise des risques et la dimi­­ tion des acci­­ nu­­ dents. ✓✓ La confor­­ mité régle­­ taire. men­­ Les pre­­ mières actions à mener Concrè­­ ment voici quelques actions que les entre­­ te­­ prises peuvent enga­­ après avoir fait le bilan de la situa­­ ger tion ini­­ tiale et des besoins de leurs par­­ pre­­ ties nantes. Dans le domaine social et sociétal (people) Les actions des entre­­ prises dans le domaine social et sociétal peuvent por­­ sur : ter ✓✓ Les sala­­ riés, avec : −− la créa­­ tion d’emplois ; −− le respect des légis­­ tions et des conven­­ la­­ tions de l’Organisation inter­­ tionale du tra­­ et de la régle­­ ta­­ na­­ vail men­­ tion locale ; −− la réduc­­ tion des acci­­ dents de tra­­ dans une logique de pré­ vail ­ ven­­ tion des risques ; −− l’amélioration des condi­­ tions de tra­­ des sala­­ vail riés ; −− une poli­­ tique de rému­­ ra­­ né­­ tion équi­­ brée ; li­­ −− la mise en œuvre d’un pro­­ gramme de déve­­ pe­­ lop­­ ment des compé­­ tences et de for­­ tion ; ma­­ −− le dia­­ logue social ; −− une réflexion et des actions sur le thème de la souf­­ france au tra­­ vail ; −− une poli­­ tique de non-­ iscrimination (ori­­ d gines, cultures, sexe ou han­­ cap) ; di­­ −− la mise en place d’un reporting social. ✓✓ Les autres par­­ pre­­ ties nantes : −− le respect des normes de régle­­ ta­­ men­­ tion en vigueur au sein 160
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    Les actions desentre­­ prises enga­­ gées peuvent concer­­ ner : ✓✓ l’ensemble de démarches per­­ tant de tra­­ met­­ vailler pour réduire les impacts sur l’environnement tout au long du cycle de vie complet des pro­­ duits ; ✓✓ la maî­­ trise des impacts et la ges­­ tion des risques envi­­ ne­­ ­ ron­­ men­ taux liés aux acti­­ tés de l’entreprise et de ses sous-­ raitants ; vi­­ t ✓✓ le respect des légis­­ tions envi­­ ne­­ tales ; la­­ ron­­ men­­ ✓✓ la réflexion sur les éco­­ mies des res­­ no­­ sources natu­­ relles et l’intégration des éner­­ renou­­ lables ; gies ve­­ ✓✓ la mise en place d’un reporting envi­­ ne­­ tal ; ron­­ men­­ ✓✓ la mise en œuvre d’un sys­­ tème de mana­­ ment envi­­ ne­­ tal ge­­ ron­­ men­­ ISO 14001 ; ✓✓ l’éco-conception ; ✓✓ des bilans car­­ bone pour iden­­ fier des pistes de pro­­ ti­­ grès ; ✓✓ une ges­­ tion des déchets et une recherche de dimi­­ tion et de nu­­ valo­­ sa­­ ri­­ tion de ces déchets. Savoirs Dans le domaine de l’environnement (Planet) Savoir-faire des pays concer­­ par l’activité de l’entreprise ; nés −− le respect des clients et consom­­ teurs, la mise en œuvre de ma­­ cir­­ cuit d’information et d’une poli­­ tique qua­­ res­­ tueuse lité pec­­ des clients (type ISO 9001) ; −− la mise en œuvre de cir­­ cuits de commu­­ ca­­ ni­­ tion et de rela­­ tions avec la société civile ; −− le commerce équi­­ table ; −− des actions de soli­­ rité ou de mécé­­ da­­ nat. De nom­­ breuses actions peuvent être aussi lan­­ cées. Elles touchent à la gou­­ nance de l’entreprise : ver­­ ✓✓ l’éthique ; ✓✓ le refus de la cor­­ tion ; rup­­ ✓✓ le respect des lois et des régle­­ ta­­ men­­ tions en vigueur ; ✓✓ les échanges commer­­ ciaux équi­­ tables : le respect des clients et des four­­ seurs ; nis­­ 161 Savoir-être Dans le domaine de l’économie (Pro­­ fit)
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    5 • Aug­­ter le niveau men­­ de per­­ mance durable for­­ Garan­­ la qua­­ des pres­­ tions tir lité ta­­ Contri­­ buer au déve­­ pe­­ lop­­ ment durable Res­­ ter l’éthique dans les affaires pec­­ ✓✓ le tra­­ sur le déve­­ pe­­ vail lop­­ ment éco­­ mique local avec les acteurs no­­ locaux ; ✓✓ la recherche de nou­­ veaux pro­­ duits en cohé­­ rence avec les trois piliers du déve­­ pe­­ lop­­ ment durable ; ✓✓ des bonnes pra­­ tiques de gou­­ nance : maî­­ ver­­ trise des risques finan­ ­ ciers, trans­­ rence des comptes et prise de déci­­ pa­­ sions res­­ ­ pon­ sables. Acqué­­ les bons réflexes au sein de ses équipes rir Chaque ser­­ de l’entreprise peut donc déve­­ per de bonnes pra­ vice lop­­ ­ tiques. Selon son métier, elles pour­­ ront être très dif­­ rentes. fé­­ À titre d’exemple, nous vous pro­­ sons ci après quelques exemples po­­ d’actions par métiers. Figure 5.8 ■ Quelques exemples de bonnes pra­­ tiques st Logistique estion des i act s Écono ie des nergies ra a i it RH ia ogue socia iversit or ation Po itique de r un ration R et D Éco conce tion na se de vie de s roduits QSE e de anage ent ua it s curit environne ent raite ent des r c a ations ua it rodui t Bonnes ratiques dans es tier s Production aitrise des i act s Écono ie des ressource s estion et va orisation des d chets 162 Direction, finances Éthique Bonne Pratiques de gouvernance Achats igences vis vis des ournisseurs o erce quita e Marketing es ect c ien t Éthique de a co unication
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    Au quo­­ dien,en cohé­­ ti­­ rence avec la poli­­ tique de l’entreprise, chaque mana­­ peut déve­­ per des bonnes pra­­ ger lop­­ tiques au sein de ses équipes pour deve­­ à son niveau un acteur engagé du déve­­ pe­ nir lop­­ ­ ment durable. Il décide alors de tra­­ vailler autre­­ ment, c’est-à-dire de recher­­ cher le pro­­ fit : ✓✓ en se confor­­ mant aux lois en vigueur ; ✓✓ en res­­ tant ses équipes, ses four­­ seurs et ses clients ; pec­­ nis­­ ✓✓ en s’interrogeant en per­­ nence sur l’impact de ses déci­­ ma­­ sions sur l’environnement et la col­­ ti­­ lec­­ vité. Savoirs Tra­­ vailler autre­­ ment Les bons réflexes simples au quo­­ dien ti­­ Cet enga­­ ment res­­ sable n’a de sens que si chaque membre de ge­­ pon­­ l’équipe a éga­­ ment compris l’enjeu. Il faut donc sen­­ bi­­ le­­ si­­ liser cha­­ cun à son propre mode de fonc­­ ne­­ tion­­ ment et iden­­ fier les bons réflexes ti­­ simples à acqué­­ rir. Voici quelques actions pos­­ sibles. Ces actions pour être effi­­ caces doivent être le résul­­ d’un tra­­ de réflexion col­­ tive : tat vail lec­­ ✓✓ le tri des déchets (papiers, plas­­ tiques, piles, car­­ touches d’impri­ mantes, etc.) ; ✓✓ la ges­­ tion du papier avec l’objectif de réduire et réuti­­ ser : limi­ li­­ ­ ta­­ tion des impres­­ sions papier, impres­­ sions en recto verso, récu­­ ­ pé­ ra­­ tion des papiers usa­­ en papier brouillon ; gés ✓✓ extinction sys­­ ma­­ té­­ tique de la lumière (bureaux, toi­­ lettes, salles de réunion…) et arrêt des machines et ordi­­ teurs en cas d’arrêt na­­ pro­­ longé ; 163 Savoir-être Cette modi­­ ca­­ fi­­ tion de compor­­ ment s’effectue à deux niveaux : te­­ ✓✓ celui du quo­­ dien : comment faire en sorte que les gestes de ti­­ chaque jour contri­­ buent au déve­­ pe­­ lop­­ ment durable ? ✓✓ celui des pro­­ et des grandes déci­­ jets sions : comment inté­­ grer le déve­­ pe­­ lop­­ ment durable dans le long terme ? Savoir-faire Des actions à deux niveaux
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    5 • Aug­­ter le niveau men­­ de per­­ mance durable for­­ Garan­­ la qua­­ des pres­­ tions tir lité ta­­ Contri­­ buer au déve­­ pe­­ lop­­ ment durable Res­­ ter l’éthique dans les affaires pec­­ ✓✓ uti­­ sation de la lumière natu­­ li­­ relle en pla­­ çant les plans de tra­­ vail (bureau, ate­­ lier) près des fenêtres ; ✓✓ limi­­ tion de l’usage de la cli­­ ti­­ ta­­ ma­­ sation ; ✓✓ baisse de la tem­­ ra­­ pé­­ ture de chauf­­ fage des bureaux la nuit et le week-­ nd ; e ✓✓ encou­­ ge­­ ra­­ ment au co­ oitu­­ v rage et à l’utilisation de trans­­ ports col­ ­ lec­­ tifs ; ✓✓ recherche de solu­­ tions déve­­ pe­­ lop­­ ment durable pour les achats de maté­­ riels, mobi­­ de bureau, voyages, sémi­­ lier naires, etc. ; ✓✓ adop­­ tion d’un compor­­ ment res­­ tueux et d’un trai­­ ment te­­ pec­­ te­­ équi­­ table au sein de l’équipe ; ✓✓ souci du déve­­ pe­­ lop­­ ment des compé­­ tences de cha­­ cun. Les enga­­ ments à plus long terme ge­­ Au-­ elà de ces actions de ter­­ d rain, le mana­­ peut éga­­ ment faire ger le­­ tra­­ vailler ses équipes, dans une perspec­­ tive plus loin­­ taine, sur les impacts sociaux, envi­­ ne­­ taux et éco­­ miques de leurs acti­ ron­­ men­­ no­­ ­ vi­­ tés. Cela les amène alors à se demander : ✓✓ Nos modes de fonc­­ ne­­ tion­­ ment sont-­ls conformes aux normes et i lois en vigueur ? ✓✓ Quel est notre impact sur l’environnement ? ✓✓ Pouvons-­ ous réduire nos consom­­ tions d’énergies et nos n ma­­ déchets ? ✓✓ Parmi nos acti­­ tés, quelles sont celles qui ont le plus d’impact vi­­ sur l’environnement ? ✓✓ Les per­­ sonnes tra­­ vaillant pour nous et en col­­ bo­­ tion avec nous la­­ ra­­ sont-­ lles cor­­ te­­ e rec­­ ment trai­­ tées ? ✓✓ Adoptons-­ ous des compor­­ ments res­­ sables vis-­ -vis de nos n te­­ pon­­ à four­­ seurs ? nis­­ Ces ques­­ tions aident à prendre conscience de la manière dont chaque ser­­ vice peut deve­­ un acteur clé de la démarche de déve­ nir ­ 164
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    lop­­ ment durable.Il ne s’agit pas de s’éparpiller mais de trou­­ un pe­­ ver mode de fonc­­ ne­­ tion­­ ment équi­­ bré et cohé­­ li­­ rent. Prendre conscience Décider ir Chaque mana­­ peut à son niveau contri­­ ger buer au déve­­ pe­­ lop­­ ment durable qui vise à pré­­ rer un futur meilleur par des actions quo­­ ­ pa­­ ti­ diennes mais aussi par une réflexion sur l’impact de ses acti­­ tés. vi­­ Entraî­­ son équipe, convaincre cha­­ de la néces­­ de chan­ ner cun sité ­ ger ses compor­­ ments peut repré­­ ter un chal­­ te­­ sen­­ lenge ambi­­ tieux des mana­­ gers de demain qui ne recherchent plus le pro­­ à tout prix fit mais veulent tra­­ vailler dans le respect de valeurs humaines et envi­ ­ ron­­ men­­ ne­­ tales. Savoirs Figure 5.9 ■ Une démarche en 3 étapes pour s’engager Comment appro­­ cher l’éthique ? PRINCIPES CLÉS • L’éthique repose fon­­ men­­ ­ da­­ ta­ lement sur la conscience indi­­ ­ vi­ duelle de cha­­ cun des membres de l’entreprise. • Pour la faire vivre, l’entreprise doit se choi­­ un cadre de sir valeurs, le faire connaître à tous et veiller à son appli­­ tion ca­­ au quo­­ dien. ti­­ L’éthique est fon­­ men­­ lement à consi­­ da­­ ta­­ ­ dé­­ au niveau de l’être humain et rer non au niveau de l’entreprise. En effet, seuls les indi­­ dus sont vi­­ dotés d’une conscience indi­­ duelle qui leur per­­ vi­­ met de faire preuve de dis­­ ne­­ cer­­ ment et d’adopter un compor­­ ment éthique. Lorsque te­­ l’entreprise défi­­ un cadre de valeurs, celui-­ i ne peut fonc­­ ner nit c tion­­ que s’il repose sur une conscience des indi­­ dus. vi­­ 165 Savoir-être Lorsque l’on intègre la dimen­­ sion de déve­­ pe­­ lop­­ ment durable au sein d’une orga­­ sa­­ ni­­ tion, la notion d’éthique est bien évi­­ ment immé­­ te­­ dem­­ dia­­ ment sousj ­acente. En effet, la dimen­­ sion éco­­ ­ no­ mique du déve­­ pe­­ lop­­ ment durable fait expli­­ te­­ ci­­ ment réfé­­ rence à l’éthique dans les affaires. Savoir-faire CC Res­­pec­­ter l’éthique dans les affaires
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    5 • Aug­­ter le niveau men­­ de per­­ mance durable for­­ Garan­­ la qua­­ des pres­­ tions tir lité ta­­ Contri­­ buer au déve­­ pe­­ lop­­ ment durable Res­­ ter l’éthique dans les affaires pec­­ L’éthique s’applique à tous les niveaux de l’entreprise et dans toutes les fonc­­ tions. Pour chaque col­­ bo­­ teur, elle s’appuie sur des la­­ ra­­ valeurs communes à l’entreprise et au métier. La décli­­ son de l’éthique dans une entre­­ nai­­ prise repose géné­­ le­ ra­­ ­ ment sur deux outils : ✓✓ des prin­­ cipes d’action : une charte de valeur ; ✓✓ un code de bonne conduite. Prin­­ cipes d’actions Les prin­­ cipes d’action réaf­­ firment les valeurs de l’entreprise. Les entre­­ prises peuvent les décli­­ de façon géné­­ ner rique en met­­ tant en avant quelques valeurs clés qui fondent au quo­­ dien l’action des ti­­ col­­ bo­­ teurs. Ces valeurs carac­­ risent éga­­ ment l’identité du la­­ ra­­ té­­ le­­ groupe. Le groupe Lafarge a par exemple retenu les valeurs de cou­­ rage, d’intégrité, de respect d’autrui et de prio­­ don­­ aux rité née inté­­ du groupe en tant que valeurs fon­­ rêts dant sa poli­­ tique de mana­ ­ ge­­ ment. Ces valeurs choi­­ contri­­ sies buent à construire l’image du groupe. D’autres entre­­ prises déclinent les valeurs prio­­ taires en fonc­­ ri­­ tion des dif­­ rentes par­­ pre­­ fé­­ ties nantes (action­­ naires, clients, sala­­ riés, etc.). Par exemple, vis-­ -vis des action­­ à naires les valeurs de trans­­ rence, pa­­ d’honnêteté et de téna­­ seront promues. cité Dans les deux cas, les valeurs demeurent néan­­ moins trop abs­ ­ traites pour déter­­ ner au quo­­ dien l’action des col­­ bo­­ teurs. mi­­ ti­­ la­­ ra­­ Elles sont complé­­ par un code de bonne conduite. tées Code de bonne conduite Le code de conduite va s’attacher à défi­­ des règles de conduite nir appli­­ cables à tous les col­­ bo­­ teurs ainsi qu’aux diri­­ la­­ ra­­ geants et pres­ ­ tataires ame­­ à agir pour le compte de l’entreprise. Il s’organise nés autour de règles de conduite à adop­­ par tous sur dif­­ rentes thé­ ter fé­­ ­ ma­­ tiques. 166
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    Il s’agit dupre­­ mier pilier d’une entre­­ prise éthique : la volonté expresse de se plier à tous les niveaux de l’organisation à l’autorité publique dont la mis­­ sion est la pré­­ va­­ ser­­ tion de l’intérêt géné­­ ral. Le respect de la loi et des régle­­ ta­­ men­­ tions couvre de nom­­ breux champs, en par­­ cu­­ ti­­ lier : ✓✓ le respect des règles de la concur­­ rence ; ✓✓ le respect des règles sur la cor­­ tion ; rup­­ ✓✓ le respect des règles sur les délits d’initiés. Savoirs Respect des contraintes régle­­ men­­ taires En dehors du respect de la régle­­ ta­­ men­­ tion, un code de bonne conduite va cher­­ cher à pré­­ nir les situa­­ ve­­ tions à risques du point de vue de l’éthique. Ces situa­­ tions ne conduisent pas néces­­ re­­ sai­­ ment à des cas répré­­ sibles par la loi. hen­­ On peut citer les domaines sui­­ vants : ✓✓ Pré­­ tion des conflits d’intérêts. Il y a conflit d’intérêts lorsque ven­­ les inté­­ per­­ nels d’un col­­ bo­­ teur sont en contra­­ tion rêts son­­ la­­ ra­­ dic­­ avec les inté­­ de l’entreprise. Cette situa­­ rêts tion peut exis­­ dans ter les liens avec un client ou un four­­ seur. nis­­ ✓✓ Pré­­ tion des actions dis­­ mi­­ toires et du har­­ le­­ ven­­ cri­­ na­­ cè­­ ment. Obli­­ tion de confi­­ ga­­ den­­ lité et de pro­­ tion des actifs tia­­ tec­­ de l’entreprise Savoir-faire Pré­­ tion des compor­­ ments non éthiques ven­­ te­­ Chaque col­­ bo­­ teur du groupe, quel que soit son niveau, est la­­ ra­­ dépo­­ taire d’informations ou détenteur d’actifs appar­­ nant à si­­ te­­ l’entreprise. Il importe donc que le code de bonne conduite défi­­ nisse l’attitude qu’il attend de ses col­­ bo­­ teurs en matière de pro­­ tion la­­ ra­­ tec­­ de l’information et pro­­ tion des biens. tec­­ Rédi­­ un code de bonne conduite est un préa­­ ger lable. Il ne garan­ ­ tit nul­­ ment un compor­­ ment éthique de tous les acteurs. le­­ te­­ 167 Savoir-être Mise en œuvre du code de bonne conduite
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    5 • Aug­­ter le niveau men­­ de per­­ mance durable for­­ Garan­­ la qua­­ des pres­­ tions tir lité ta­­ Contri­­ buer au déve­­ pe­­ lop­­ ment durable Res­­ ter l’éthique dans les affaires pec­­ L’information et la sen­­ bi­­ sa­­ si­­ li­­ tion sont des actions néces­­ saires mais non suf­­ santes. fi­­ Tout d’abord, un prin­­ cipe s’impose : une obli­­ tion de vigi­­ ga­­ lance de tous les acteurs pour eux-­ êmes et leur entou­­ m rage. Les man­­ ­ que­ ments aux règles éthiques doivent être signa­­ quel que soit leur lés auteur, indé­­ dam­­ pen­­ ment des liens hié­­ chiques. Pour que cela rar­­ fonc­­ tionne à tous les niveaux de l’entreprise, il est indis­­ sable de pen­­ pro­­ ger l’identité du col­­ bo­­ teur ayant signalé le man­­ ment. té­­ la­­ ra­­ que­­ Ensuite, il faut pré­­ voir une approche pour trai­­ les dif­­ cultés ter fi­­ éthiques ren­­ contrées. Quelle pro­­ dure suivre ? Quelles res­­ cé­­ sources internes ou externes pour résoudre les dif­­ cultés ren­­ fi­­ contrées ? Les plus grandes entre­­ prises s’appuient sur leurs ser­­ vices juri­­ diques voire sur un réfé­­ rent pour les ques­­ tions d’éthique. La qua­­ lité, le déve­­ pe­­ lop­­ ment durable et l’éthique sont des ten­­ dances lourdes d’évolution que les entre­­ prises doivent prendre en compte. La mise en œuvre de ces prin­ ­ cipes repose fon­­ men­­ lement sur l’engagement et la da­­ ta­­ conscience des per­­ sonnes et de la direc­­ tion dans les prin­­ cipes et dans leur action au quo­­ dien. ti­­ 168
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    Savoirs Chapitre 6 Fidéliser leclient tions la rela­­ avec le client devient-­ lle tion e ◆◆ À quelles condi­­ durable ? ◆◆ Comment l’entreprise s’organise-t-elle pour fidéliser ses clients ? s ◆◆ Comment super-­ atisfaire ses clients ? Savoir-faire Les ques­­ tions aux­­ quelles répond ce cha­­ pitre ◆◆ Quel est le rôle du fac­­ teur humain dans la fidélisation des 169 Savoir-être clients ?
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    6 • Fidéliserle client Les enjeux éco­­ miques no­­ Les condi­­ tions d’une rela­­ tion client durable Les sup­­ ports de la rela­­ tion client La satis­­ faction client : un défi col­­ tif lec­­ Le client repré­­ sente l’actif le plus impor­­ tant de l’entreprise. Sans client, pas de chiffre d’affaires, pas d’entreprise. Toute acti­ ­ vité orga­­ sée, mar­­ ni­­ chande et même non mar­­ chande, se conçoit et se déve­­ loppe au béné­­ de clients ou d’usagers. Dans les éco­­ mies fice no­­ avan­­ cées, four­­ seurs et clients se ren­­ nis­­ contrent aujourd’hui dans un contexte d’hyper-choix et d’hyper-concurrence. Au cours des vingt der­­ nières années, la men­­ lité du client a consi­ ta­­ ­ dé­­ ble­­ ra­­ ment évo­­ Avec l’essor des tech­­ lo­­ lué. no­­ gies de l’information et de la commu­­ ca­­ ni­­ tion, le client est mieux informé. Extrê­­ ment me­­ sol­­ cité, il est à la fois plus exi­­ li­­ geant et plus volage. Par­­ déçu par fois des pro­­ duits ou des pro­­ messes qui l’avaient séduit, il est aussi devenu plus méfiant. La crise éco­­ mique mon­­ no­­ diale amor­­ en 2008 et cée les perspec­­ tives moroses de la crois­­ sance euro­­ péenne altèrent son pou­­ d’achat. Enfin, et il s’agit d’une évo­­ tion sociétale des éco­ voir lu­­ ­ no­­ mies avan­­ cées, les pré­­ cu­­ tions de déve­­ pe­­ oc­­ pa­­ lop­­ ment durable viennent ébran­­ le modèle de la société de consom­­ tion. ler ma­­ Pour le four­­ seur, force est de consta­­ que la seule confor­ nis­­ ter ­ mité de son pro­­ duit ou ser­­ à la pro­­ vice messe de l’entreprise est deve­ ­ nue un mini­­ mum à rem­­ pour évi­­ récla­­ tion ou incident de plir ter ma­­ paie­­ ment. Les outils de mana­­ ment de la qua­­ font par­­ des ge­­ lité tie fon­­ men­­ da­­ taux sans les­­ quels une entre­­ prise ne sau­­ se déve­­ per rait lop­­ dura­­ ment. Mais l’assurance qua­­ ne consti­­ plus un avan­­ ble­­ lité tue tage dif­­ ren­­ teur déter­­ nant. Le client per­­ sa satis­­ fé­­ cia­­ mi­­ çoit faction sur­­ tout comme un dû. Ainsi, trente ans après l’introduction des sys­­ tèmes et pra­­ tiques de la qua­­ dans les entre­­ lité prises, la cor­­ la­­ ré­­ tion pro­­ mise par les experts entre la satis­­ faction du client et sa fidé­­ n’est plus lité aussi évi­­ dente. L’ambition de fidéliser ses clients reste une ques­­ tion ouverte pour l’entrepreneur. Ce chapi­­ pro­­ tre pose au mana­­ une vision ger élar­­ de la satis­­ gie faction du client et les che­­ mins « orien­­ client » tés pour le fidéliser dans une perspec­­ tive de per­­ mance durable de for­­ l’entreprise. 170
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    CC Les enjeuxéco­­ miques de la satis­­faction no­­ des clients breuses entre­ ­ Un constat simple milite en faveur • Pour de nom­­ prises, il s’agit de fidéliser de l’effort de fidélisation des clients : les clients exis­­ tants et d’en conser­­ ses clients et tis­­ des liens ver ser conqué­­ de nou­­ rir veaux afin de étroits avec eux coûte moins cher que sur­­ vivre et se déve­­ per. lop­­ d’attirer de nou­­ veaux clients et contri­­ bue • Cette volonté passe par une à l’amélioration des résul­­ tats finan­­ ciers connais­­ sance fine de ses de l’entreprise. Son bien-­ondé a pu être f clients et de leur poten­­ tiel. ­ démon­­ par plu­­ tré sieurs études1. La ren­ ta­­ lité de l’entreprise aug­­ bi­­ mente quand elle se donne les moyens de recher­­ cher la fidé­­ de ses clients. lité Consé­­ quences de la fidé­­lité sur la ren­­ bi­­lité et la crois­­sance ta­­ ✓✓Quand le taux de départ des clients dimi­­ nue, le coût d’acquisition moyen d’un nou­­ veau client dimi­­ nue lui aussi. ✓✓Pour par­­ nir au même niveau de chiffre d’affaires, ou mieux l’augmenter, ve­­ moins de nou­­ veaux clients sont néces­­ saires. ✓✓Les clients fidélisés ont ten­­ dance à ache­­ ter plus : un mon­­ tant de commande supé­­ rieur, un niveau moyen d’achats cumu­­ supé­­ lés rieur. Savoirs PRINCIPES CLÉS Savoir-faire Les bonnes rai­­ sons de fidéliser ses clients ✓✓Ils acceptent le plus sou­­ vent de payer un peu plus cher auprès d’un four­ ­ nis­­ seur avec lequel s’est éta­­ blie une rela­­ tion de confiance. 1. Voir en par­­ cu­­ l’étude menée par Bain Co et pré­­ tée par Fred Reichheld ti­­ lier sen­­ dans son ouvrage L’effet loyauté : réus­­ en fidélisant ses clients, ses sala­­ sir riés, ses action­­ naires, Dunod, 1996, Paris. Cette étude multi­ ecto­­ s rielle a éta­­ un effet bli d’accroissement – de 25 à 85 %, selon les sec­­ teurs – de la ren­­ bi­­ des entre­ ta­­ lité ­ prises étu­­ diées, grâce à la réduc­­ tion de 5 % de la perte de clients. 171 Savoir-être 1
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    6 • Fidéliserle client Les enjeux éco­­ miques no­­ Les condi­­ tions d’une rela­­ tion client durable Les sup­­ ports de la rela­­ tion client La satis­­ faction client : un défi col­­ tif lec­­ ✓✓De plus, les clients fidèles, lorsqu’ils sont enthou­­ siastes, sont enclins à pro­­ mou­­ voir le pro­­ duit, la marque ou le pres­­ tataire aux­­ quels ils ont donné leur pré­­ rence. De ce fait, l’entreprise béné­­ cie de nou­­ fé­­ fi­­ veaux clients sans avoir à consen­­ les efforts finan­­ tir ciers liés habi­­ le­­ tuel­­ ment à leur acqui­­ tion. si­­ Coûts et valeur du client En même temps qu’il apporte du chiffre d’affaires à l’entreprise, le client occa­­ sionne des coûts pour l’entreprise. Les prin­­ paux coûts du client ci­­ ✓✓ Coût de recru­­ ment d’un nou­­ te­­ veau client : ils cor­­ pondent res­­ à la somme des inves­­ se­­ tis­­ ments consen­­ par l’entreprise pour tis acqué­­ des nou­­ rir veaux clients : publi­­ cité, mai­­ ling, pro­­ tions, mo­­ visites de prospection… ✓✓ Coût de ges­­ tion du client : ils recouvrent les coûts de per­­ nel son­­ et du sys­­ tème d’information liés à l’administration des ventes, la comp­­ bi­­ clients, l’encours client, le recou­­ ment de fac­ ta­­ lité vre­­ ­ tures, les impayés, les litiges… Ils sont plus ou moins éle­­ selon vés la struc­­ ture du por­­ feuille clients. te­­ ✓✓ Coût de fidélisation du client : ce sont les inves­­ se­­ tis­­ ments consen­­ pour conser­­ le client le plus long­­ tis ver temps pos­­ sible : envoi d’informations, offres spé­­ ciales et avan­­ tages par­­ cu­­ ti­­ liers, visites de fidélisation,… La valeur du client Trois cri­­ tères per­­ mettent d’estimer la valeur d’un client : ✓✓ Le pro­­ actuel généré par le client : c’est le béné­­ dégagé du fit fice chiffre d’affaires réa­­ avec le client. lisé ✓✓ La valeur stra­­ gique du client : elle cor­­ pond en par­­ cu­­ au té­­ res­­ ti­­ lier pou­­ de pres­­ tion du client. S’agit-il d’une réfé­­ voir crip­­ rence pres­­ ­ ti­ 172
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    Au final, ilappar­­ tient à la direc­­ tion géné­­ de l’entreprise d’idenrale tifier son busi­­ ness model per­­ tinent en fonc­­ tion de son acti­­ et de vité ses atouts dif­­ ren­­ teurs sur son mar­­ fé­­ cia­­ ché. Cer­­ taines entre­­ prises optent pour un mar­­ ting de masse, qui ke­­ cherche sur­­ tout à acqué­­ de nou­­ rir veaux clients et à sti­­ ler les ventes mu­­ avec des offres packagées. Pour autant, l’innovation reste pour par­ ­ tie d’entre elles le moteur de crois­­ sance. Et ces socié­­ ne peuvent tés s’affranchir de l’excellence opé­­ tion­­ ra­­ nelle, dont le ser­­ vice asso­­ à cié l’offre fait par­­ quoique sans indi­­ dua­­ sa­­ tie, vi­­ li­­ tion par­­ cu­­ ti­­ lière. Leur ren­­ bi­­ est opti­­ sée par la chasse aux coûts de la sur-­ ualité et ta­­ lité mi­­ q de la non-­ ualité. q D’autres entre­­ prises, à l’inverse, « s’orientent client » pour mettre en œuvre un mar­­ ting rela­­ nel qui ambi­­ ke­­ tion­­ tionne une rela­­ tion à long terme avec le client. Le por­­ feuille clients s’envisage alors te­­ comme un capi­­ à déve­­ per. Il s’agit là de conser­­ ses clients tal lop­­ ver dans le temps. Ceci sup­­ pose de les écou­­ de les connaître, de dia­­ ­ ter, lo­ guer avec eux de façon dif­­ ren­­ fé­­ ciée. L’objectif est de nouer une rela­ ­ tion durable avec le client, fon­­ sur une commu­­ ca­­ dée ni­­ tion simple et fluide, sur la confiance et sur des enga­­ ments réci­­ ge­­ proques qui vont crois­­ sant. Dans cette logique, l’offre faite au client est en géné­­ ral per­­ na­­ sée, tant sur le plan du pro­­ son­­ li­­ duit, que des ser­­ vices et du prix asso­­ ciés. La poli­­ tique de rela­­ tion client vient alors se conju­­ guer à la poli­­ tique qua­­ au ser­­ de la fidélisation. La connais­­ lité vice sance intime des clients est au cœur de la stra­­ gie d’offre et d’innovation. té­­ 173 Savoirs Savoir-faire La stra­­ gie mar­­ ting té­­ ke­­ Savoir-être gieuse et pérenne ? Le client est-­l sus­­ tible de rem­­ un rôle i cep­­ plir de pres­­ teur auprès des non-­ lients ? crip­­ c ✓✓ Le pro­­ poten­­ généré par le client : c’est la valeur esti­­ fit tiel mée du pro­­ qui se déga­­ fit gera des achats futurs du client (life time value). Le client présente-­-il un haut poten­­ d’achat que l’entreprise t tiel peut espé­­ déve­­ per en volume de chiffre d’affaires si elle le rer lop­­ fidélise dans la durée ?
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    6 • Fidéliserle client Les enjeux éco­­ miques no­­ Les condi­­ tions d’une rela­­ tion client durable Les sup­­ ports de la rela­­ tion client La satis­­ faction client : un défi col­­ tif lec­­ L’orientation client en pra­­ tique : iden­­ fier et connaître ti­­ ses clients stra­­ giques té­­ Fidéliser ses clients repré­­ sente un coût et tous les clients ne repré­ ­ sentent pas la même valeur pour l’entreprise. Par exemple, les petits clients sont, en volume de marge, géné­­ le­­ ra­­ ment peu ren­­ tables. En revanche, perdre un grand client peut remettre en cause la péren­­ nité de l’entreprise. C’est pour­­ quoi il convient d’identifier les clients sur les­­ quels concen­­ l’effort de fidélisation. trer Hié­­ chi­­ rar­­ ser ses clients La matrice de l’ABC croi­­ four­­ un cadre pour repérer les clients sée nit les plus impor­­ tants à fidéliser. Elle per­­ met de clas­­ les clients en ser croi­­ sant deux cri­­ tères : leur chiffre d’affaires et leur poten­­ de tiel déve­­ pe­­ lop­­ ment. Exemples d’indicateurs du poten­­ tiel de déve­­lop­­pe­­ ent m ✓✓Oppor­­ ni­­ de déve­­ pe­­ tu­­ tés lop­­ ment chez le client ; ✓✓Manque à gagner ver­­ sus nos parts de mar­­ ché ; ✓✓Part du CA réa­­ lisé par les concur­­ rents ; ✓✓Déve­­ pe­­ lop­­ ment du client sur son mar­­ ché ; ✓✓Pou­­ voir de la réfé­­ rence client : sa noto­­ riété, son réseau de prescription… ✓✓Etc. Le rai­­ ne­­ son­­ ment prend appui sur la Loi de Pareto, ou Loi des 20 x 80. Selon les sec­­ teurs d’activité, cette matrice appor­­ tera plus d’enseignements en étant réa­­ sée sur la base des ventes de l’année li­­ pré­­ dente et/ou sur la base du cumul des ventes de plu­­ cé­­ sieurs années. 174
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    Figure 6.1 ■ Repré­­ ta­­ sen­­tion gra­­ phique sui­­ vant la loi Pareto ’ ’ ’ Les clients sont d’abord répar­­ par le chiffre d’affaires en 3 groupes : tis A, B, C. ✓✓ A = 80 % du CA 20 % des clients. ✓✓ B = 15 % du CA 50 % des clients. ✓✓ C = 5 % du CA 30 % des clients. Puis les clients sont clas­­ en 3 groupes : A’, B’, C’, en fonc­­ sés tion de leur poten­­ tiel. ✓✓ A’ = 80 % du poten­­ 20 % des clients. tiel ✓✓ B’ = 15 % du poten­­ 50 % des clients. tiel ✓✓ C’ = 5 % du poten­­ 30 % des clients. tiel Ainsi trouverons-­ ous des clients A/A’, A/B’, A/C’, B/A’, B/B’, n B/C’, C/A’, C/B’, C/C’ à répar­­ sur la matrice ABC croi­­ (voir tir sée figure 6.2). 175 Savoir-faire A’ Savoir-être A Savoirs ✓✓ Quels sont les 20  % de clients avec les­­ quels l’entreprise réa­ ­ lise actuel­­ ment 80 % de son chiffre d’affaires (ou du volume le­­ d’unités de vente) ? Ce sont les clients A du por­­ feuille. te­­ ✓✓ Quels sont les 20 % de clients qui détiennent les 80 % du poten­ ­ tiel de déve­­ pe­­ lop­­ ment des ventes (ou du volume d’unités de vente) ? Ce sont les clients A’ du por­­ feuille. te­­
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    6 • Fidéliserle client Les enjeux éco­­ miques no­­ Les condi­­ tions d’une rela­­ tion client durable Les sup­­ ports de la rela­­ tion client La satis­­ faction client : un défi col­­ tif lec­­ Figure 6.2 ■ La matrice ABC croi­­ sée POTENTIEL A’ B’ ON A C E E ELOPPE E NT B C’ E CE A POTENTIEL CA E CO A’ A B’ B’ A C’ B A’ B B’ B C’ E TION ECONO I E C A’ C B’ C C’ On dis­­ tingue alors trois grands seg­­ ments dans le por­­ feuille te­­ clients : le fonds de commerce, le poten­­ de déve­­ pe­­ tiel lop­­ ment et la ges­­ tion éco­­ mique. no­­ Le fonds de commerce 80 % du chiffre d’affaires est concen­­ sur 20 % des clients. C’est tré le noyau des affaires. Chaque client, par le poids qu’il repré­­ sente, est un enjeu consé­­ quent. L’assise actuelle de l’activité se trouve au niveau de ce seg­­ ment. Il s’agit chez ces clients de mana­­ les risques ger pour l’entreprise (risque de départ du client, risque finan­­ avec un cier défaut de paie­­ ment par exemple) et de conso­­ der les acquis (fidéliser, li­­ via la super-­ atisfaction client, en par­­ cu­­ s ti­­ lier). La stra­­ gie rela­­ ­ té­­ tion­ nelle est essen­­ le­­ tiel­­ ment défen­­ sive. En effet, les clients du « fonds de commerce » sont par défi­­ tion la cible d’attaques concur­­ tielles. ni­­ ren­­ Le « poten­­ de déve­­ pe­­ tiel lop­­ ment » Ce sont les clients chez les­­ quels les poten­­ tiels de déve­­ pe­­ lop­­ ment les plus impor­­ tants ont été iden­­ fiés : les seg­­ ti­­ ments B/A’, C/A’, et 176
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    éga­­ ment A/A’.Ils repré­­ le­­ sentent le fonds de commerce futur de l’entreprise. La stra­­ gie rela­­ nelle vise l’approfondissement de la té­­ tion­­ rela­­ tion et l’augmentation du chiffre d’affaires, par exemple par les ventes croi­­ (cross selling). sées Le commerce avec les clients peut être consi­­ déré sous l’angle tran­ ­ sac­­ nel seul ; l’entreprise s’intéresse alors au mon­­ tion­­ tant et à la fré­ ­ quence des achats ou encore au poten­­ d’achat. La matrice ABC tiel croi­­ évo­­ sée quée ci-­ essus prend en compte les tran­­ tions réa­­ sées d sac­­ li­­ et/ou poten­­ tielles avec les clients et pros­­ pects. Les entre­­ prises qui pri­­ lé­­ vi­­ gient un mar­­ ting de masse s’intéressent prin­­ pa­­ ment aux ke­­ ci­­ le­­ tran­­ tions, c’est-à-dire au client en tant qu’entité éco­­ mique. sac­­ no­­ Le commerce s’étudie aussi sous l’angle des inter­­ tions entre le ac­­ ven­­ deur et l’acheteur. Inter­­ tions à l’initiative de l’un ou de l’autre : ac­­ le client lance une consul­­ tion, le four­­ seur réclame un paie­­ ta­­ nis­­ ment. Les entre­­ prises qui pri­­ lé­­ vi­­ gient un mar­­ ting rela­­ nel accordent ke­­ tion­­ une grande atten­­ tion à ces inter­­ tions, sans pour autant négli­­ la ac­­ ger dimen­­ sion tran­­ tion­­ sac­­ nelle de la rela­­ tion commer­­ ciale. La rela­­ tion 177 Savoir-faire Dis­­ guer tran­­ tion et inter­­ tion avec le client tin­­ sac­­ ac­­ Savoir-être C’est le domaine (B/B’, B/C’, C/B’ C/C’) où se trouvent les petits clients. Il est carac­­ risé par un grand nombre de clients pour une té­­ acti­­ très faible. Toute la dif­­ culté pour l’entreprise est de par­ vité fi­­ ­ ve­­ à gagner de l’argent à moindres coûts. Tou­­ fois parmi ces nir te­­ petits clients, cer­­ tains peuvent repré­­ ter une grande impor­­ sen­­ tance stra­­ gique par la qua­­ de la réfé­­ té­­ lité rence et le pou­­ de pres­­ tion voir crip­­ qu’elle repré­­ sente. Dans ce cas, il convien­­ de les trai­­ avec les dra ter égards dus aux grands clients. La seg­­ ta­­ des clients four­­ le socle pour construire l’offre men­­ tion nit (ou pro­­ si­­ po­­ tion de valeur) et la poli­­ tique de fidélisation adap­­ à tées chaque seg­­ ment. Connaître et comprendre la seg­­ ta­­ men­­ tion clients, iden­­ fier les clients stra­­ giques pour l’entreprise apporte au mana­ ti­­ té­­ ­ ger orienté client un repère essen­­ pour hié­­ chi­­ les pro­­ tiel rar­­ ser blèmes qui impactent la satis­­ faction des clients et affec­­ son temps aux ter vraies prio­­ tés. ri­­ Savoirs Le domaine de la « ges­­ tion éco­­ mique » no­­
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    6 • Fidéliserle client Les enjeux éco­­ miques no­­ Les condi­­ tions d’une rela­­ tion client durable Les sup­­ ports de la rela­­ tion client La satis­­ faction client : un défi col­­ tif lec­­ entre le client et son four­­ seur se noue, se tisse, se conso­­ ou nis­­ lide s’affaiblit à l’occasion de ces inter­­ tions. D’où l’importance pour le ac­­ mana­­ orienté client d’identifier les inter­­ tions avec le client qui ger ac­­ concernent son acti­­ vité. Pré­­ ser les figures du client ci­­ Dans une logique tran­­ tion­­ sac­­ nelle, le client est le titu­­ laire du contrat, celui auprès duquel s’effectue le trans­­ de pro­­ fert priété du pro­­ duit ou la réa­­ sa­­ li­­ tion du ser­­ vice en échange du paie­­ ment. C’est la per­­ sonne morale de l’entreprise et son repré­­ tant contrac­­ sen­­ tuel sur les mar­ ­ 1 ti­­ lier nit chés de B to B . C’est le par­­ cu­­ qui signe le chèque ou four­­ la c carte de paie­­ ment sur les mar­­ chés de B to C2. Le non-­ lient est un « pros­­ pect ». Dans une logique interactionnelle, le client, voire le non-­ lient, c est un acteur, une per­­ sonne qui inter­ git avec le ou les repré­­ tants a sen­­ de l’entreprise. Dans les faits, « le » client est rare­­ ment unique. Le plus sou­­ vent, il est incarné par plu­­ sieurs per­­ sonnes, qui auront cha­ ­ cune leur point de vue quant à l’achat ou au ré-­ chat. a Le client-­ articulier peut se révé­­ moins simple qu’il n’y paraît : p ler le conjoint, les enfants ou les amis sont sou­­ vent par­­ pre­­ ties nantes au moment du choix, de la consom­­ tion ou de l’utilisation… et ma­­ du renou­­ le­­ vel­­ ment de l’achat. Il est influ­­ encé dans ses besoins et ses compor­­ ments d’achat par sa culture, sa classe sociale, son âge, ses te­­ valeurs… Le client-­ ntreprise recouvre le plus sou­­ e vent de mul­­ tiples figures aux besoins et aspi­­ tions dif­­ rents. On dis­­ ra­­ fé­­ tingue sou­­ vent quatre figures du client lors d’achats ou d’investissements complexes : le déci­­ deur, le payeur, le pres­­ teur, l’utilisateur. crip­­ 1. B to B : Busi­­ to busi­­ ness ness. L’entreprise vend à une autre entre­­ prise. 2. B to C : Busi­­ to consu­­ ness mer. L’entreprise vend au par­­ cu­­ ti­­ lier. 178
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    Les 4 figuresdu client en B to B ✓✓Le rôle du déci­­ deur : il est res­­ sable in fine de la per­­ nence du choix pon­­ ti­­ dans le sens des inté­­ rêts majeurs de son entre­­ prise. ✓✓Le rôle du pres­­ teur : il défi­­ le cahier des charges de l’investissement, crip­­ nit il valide que les solu­­ tions pro­­ sées y répondent. po­­ ✓✓Le rôle de l’utilisateur : il est à l’origine de l’expression des besoins, il uti­ ­ li­­ sera ou pro­­ tera de l’achat et des ser­­ fi­­ vices qui y sont asso­­ ciés, il expé­­ ­ ri­ men­­ tera la qua­­ de ser­­ lité vice. Savoirs ✓✓Le rôle du payeur : il finance l’achat sur son bud­­ get, il s’intéresse aux éco­ ­ no­­ mies réa­­ sées et au retour sur inves­­ se­­ li­­ tis­­ ment. Là encore, le mana­­ orienté client s’attachera à détecter et ger mieux connaître les dif­­ rentes figures du client qui entrent en inter­ fé­­ ­ ac­­ tion avec son acti­­ vité. 179 Savoir-être Pour déve­­ per une rela­­ lop­­ tion durable avec un client, il convient de le connaître dans une logique « orien­­ client », c’est-à-dire : tée ✓✓ En connais­­ sant le client dans son uni­­ vers d’utilisateur, sur des cri­­ tères tels que : −− son métier et ses pro­­ sus, ces­­ −− son orga­­ sa­­ ni­­ tion, ses struc­­ tures, ses repré­­ tants, sen­­ −− les évé­­ ments qui peuvent moti­­ ses achats, ne­­ ver −− ses pro­­ jets, ses besoins, ses prio­­ tés, ri­­ −− ses moti­­ vations, ses valeurs, −− ses canaux de commu­­ ca­­ ni­­ tion pré­­ férés, −− l’historique des échanges et commu­­ ca­­ ni­­ tions avec le client… ✓✓ En appré­­ ciant la qua­­ de la rela­­ lité tion entre­­ nue avec lui : te­­ −− sa satis­­ faction, −− ses motifs de récla­­ tion, ma­­ −− son degré de fidélité… ✓✓ Sans négli­­ bien sûr, de le connaître en tant qu’acheteur : ger, −− l’historique de ses achats (pro­­ duits ou ser­­ vices ache­­ fré­ tés, ­ quence, CA…), −− sa valeur cumu­­ depuis le pre­­ lée mier achat, Savoir-faire Connaître ses clients
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    6 • Fidéliserle client Les enjeux éco­­ miques no­­ Les condi­­ tions d’une rela­­ tion client durable Les sup­­ ports de la rela­­ tion client La satis­­ faction client : un défi col­­ tif lec­­ −− sa ren­­ bi­­ ta­­ lité, −− son compor­­ ment de paiement… te­­ La connais­­ sance du client en tant qu’utilisateur four­­ la base nit pour le comprendre, commu­­ quer avec lui en temps oppor­­ ni­­ tun, le conseiller et lui for­­ ler une offre adap­­ mu­­ tée. CC Les condi­­tions d’une rela­­tion client durable Aujourd’hui, la plu­­ part des besoins réels du client sont ser­­ et les inno­ vis ­ PRINCIPES CLÉS va­­ tions sont vite copiées. On l’a vu, le • La qua­­ est le pre­­ lité mier niveau client est aussi de mieux en mieux édu­ ­ de la satis­­ faction client. qué et informé, conscient de ses inté­ ­ • Il est aujourd’hui insuf­­ sant pour fi­­ rêts, sou­­ cieux de mieux choi­­ capable sir, s’assurer dura­­ ment la pré­­ ­ ble­­ fé­ d’apprécier la valeur de l’offre qui lui est rence du client. L’entreprise doit faite, plus dis­­ tant aussi. Crise aidant, jouer sur d’autres leviers : les il a mûri. Il est devenu méfiant et s’en attentes du client et le concept laisse moins conter. Il n’est pas for­­ ­ cé­ d’expérience posi­­ tive du client. ment prêt à payer plus cher pour un « petit plus » pro­­ duit. Comment, dans ces condi­­ tions, la satis­­ faction du client contribue-­-elle à sa fidé­­ t lité, c’est-à-dire à une rela­­ tion client-­ ournisseur durable ? f Attentes client et satis­­ faction client Noriaki Kano1 décela très vite la dimen­­ sion indi­­ duelle et émo­­ ­ vi­­ tion­ nelle de la satis­­ faction. Il mit en évi­­ dence que le client ne res­­ tait sen­­ pas symé­­ que­­ tri­­ ment la satis­­ faction et l’insatisfaction, en étu­­ diant l’effet généré par la pré­­ sence ou l’absence de telle ou telle carac­­ ris­ té­­ ­ tique dans un pro­­ duit ou une pres­­ tion. ta­­ 1. Noriaki Kano, expert qua­­ mon­­ le­­ lité dia­­ ment reconnu, a reçu en 1997 le prix Deming. 180
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    Figure 6.3 ■ Le dia­­ grammede Kano ☺ Satisfaction Savoirs Savoir-faire Carac­­ ris­­ té­­ tique par carac­­ ris­­ té­­ tique, les clients inter­­ gés devaient ro­­ répondre à deux ques­­ tions dif­­ rentes : fé­­ ✓✓ « Si avec le pro­­ duit/ser­­ vice », vous pou­­ faire cela (par exemple), viez qu’en penseriez-­ ous ? v ✓✓ « Si avec le pro­­ duit/ser­­ vice », vous ne pou­­ pas faire cela, qu’en viez penseriez-­ ous ? v Les clients inter­­ gés devaient for­­ ler leur réponse à par­­ de ro­­ mu­­ tir l’échelle de cri­­ tères sui­­ vante : ✓✓ Cela me fait plai­­ sir. ✓✓ C’est un mini­­ mum. ✓✓ Cela m’est égal. ✓✓ Je l’accepte. ✓✓ Cela me dérange. L’intérêt de cette échelle de cri­­ tères réside dans la combi­­ son de nai­­ réponses affec­­ tives (cela me fait plai­­ sir/me dérange) et de réponses qui résultent d’une éva­­ tion plus ration­­ lua­­ nelle. Le fameux dia­ ­ vaux apporte gramme de Kano1 (cf. figure 6.3) qui résulte de ces tra­­ un modèle tou­­ jours actuel pour amé­­ rer la per­­ mance d’un pro­ lio­­ for­­ ­ duit ou d’une pres­­ tion à par­­ de trois caté­­ ries d’attentes chez ta­­ tir go­­ les clients. À chaque caté­­ rie d’attentes, cor­­ pond un fonc­­ ne­ go­­ res­­ tion­­ ­ ment spé­­ fique du méca­­ ci­­ nisme de la satis­­ faction. Attentes attractives ou de séduction Performance � ☺ Réponse à l’attente Attentes obligatoires � Insatisfaction 1. 1984. 181 Savoir-être Non réponse à l’attente
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    6 • Fidéliserle client Les enjeux éco­­ miques no­­ Les condi­­ tions d’une rela­­ tion client durable Les sup­­ ports de la rela­­ tion client La satis­­ faction client : un défi col­­ tif lec­­ Les attentes obli­­ toires : ce sont les exi­­ ga­­ gences basiques du client, exi­­ gences si évi­­ dentes qu’elles sont sou­­ vent impli­­ cites. En l’absence de telle pro­­ priété ou fonc­­ na­­ atten­­ impli­­ te­­ tion­­ lité due ci­­ ment du pro­­ duit, le client res­­ sent une forte insa­­ faction. En revanche, il tis­­ reste rela­­ ve­­ ti­­ ment indif­­ rent aux gains de per­­ mance sur la fonc­ fé­­ for­­ ­ tion­­ lité en ques­­ na­­ tion. Les attentes de per­­ mance : ce sont les besoins expri­­ for­­ més par le client en regard de son contexte, de sa situa­­ tion et du pro­­ blème à résoudre par son achat. Le client est conscient des fac­­ teurs qui influ­ ­ ent sur la valeur de son achat. Il est en pos­­ ture d’évaluation. Il est insa­­ fait si le pro­­ tis­­ duit ou la pres­­ tion ne répond pas à ses besoins ta­­ de per­­ mance ; sa satis­­ for­­ faction croît en fonc­­ tion du niveau de per­ ­ for­­ mance de la réponse appor­­ sur ces attentes expli­­ tée cites. Les attentes de séduc­­ tion : elles cor­­ pondent à des besoins du res­­ client pas for­­ ment expri­­ ou inconscients. L’absence de réponse cé­­ més à ce type d’attentes ne crée pas d’insatisfaction. En revanche, leur pré­­ sence génère une heu­­ reuse émo­­ tion pour le client, un ravis­­ ­ se­ ment, bref, une super-­ atisfaction ! s Le lec­­ teur retien­­ que les inno­­ tions peuvent por­­ tant sur le dra va­­ ter pro­­ que sur les ser­­ duit vices asso­­ et que l’innovation d’aujourd’hui ciés devient de plus en plus vite un basique de l’offre tant la concur­­ rence est vive. À titre d’exemple, citons l’airbag qui fut en son temps un véri­­ table plus dif­­ ren­­ fé­­ ciant et qui aujourd’hui équipe presque toutes les auto­­ biles. mo­­ Bouche à oreille et satis­­ faction client Un nou­­ outil de mesure est venu récem­­ vel ment rap­­ ler la dimen­ pe­­ ­ sion émo­­ nelle de la super-­ atisfaction client et sur­­ tion­­ s tout son rôle actif en termes de fidé­­ du client, de ren­­ bi­­ et de crois­­ lité ta­­ lité sance ® de l’entreprise. Il est connu sous le nom de Net Promoter Score, ca­­ prises de pre­­ mier plan. ou NPS®, un indi­­ teur adopté par des entre­­ 182
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    Savoirs Il revient auxco-­ uteurs1 de cet indi­­ teur et de la dis­­ pline Net a ca­­ ci­­ ® formé le fameux dic­­ « Un client content ton Promoter d’avoir trans­­ en parle à 4 per­­ sonnes. Un client mécontent, à 10 ! » en démarche de pro­­ grès opé­­ tion­­ ra­­ nelle. En effet, leurs tra­­ vaux ont démon­­ tré que le client enthou­­ siaste – autre­­ ment dit, plus que satis­­ – est le fait meilleur allié de la crois­­ sance de l’entreprise par sa pro­­ sion à y pen­­ res­­ atta­­ ter ché, à y renou­­ ler ses achats et à géné­­ autour de lui un ve­­ rer bouche à oreille posi­­ favo­­ tif rable à l’arrivée de nou­­ veaux clients, sans autre effort pour l’entreprise. La mesure s’appuie sur une seule ques­­ tion : « Recommanderiezv ­ ous (la société », le pro­­ duit ») à un(e) ami(e) ou un(e) col­­ lègue ? » En uti­­ sant une échelle de 0 à  10, les clients sont ensuite clas­­ li­­ sés en trois groupes selon leur degré d’enthousiasme à recom­­ der la man­­ société ou le pro­­ duit à un ami ou à un col­­ lègue. ✓✓Les pas­­ sifs (score 7–8) sont vos clients satis­­ faits, mais peu enthou­ ­ siastes et qui res­­ tent vul­­ rables aux offres concur­­ né­­ rentes. ✓✓Les détrac­­ teurs (score 0–6) sont vos clients mécontents qui peuvent nuire à votre image de marque et entra­­ la crois­­ ver sance par un bouche à oreille néga­­ tif. Le cal­­ du Net Promoter Score® s’obtient en sous­­ cul trayant le pour­­ tage de clients détrac­­ cen­­ teurs du pour­­ tage de clients pro­ cen­­ ­ sant mo­­ teurs. Dès lors, faire pro­­ ser le NPS® s’obtient en rédui­­ gres­­ le nombre de clients mécontents, la pre­­ mière des prio­­ tés, et en ri­­ déve­­ pant la satis­­ lop­­ faction des autres clients en véri­­ table loyauté. Toute l’efficacité de la démarche de pro­­ repo­­ sur un diag­­ ­ grès sera nos­ tic juste des motifs d’enthousiasme ou de mécontente­­ ment auprès des inter­­ cuteurs clients per­­ nents, de leurs causes pro­­ lo­­ ti­­ fondes et de 1 la mise en œuvre de plans d’actions appro­­ priés. 1. Net Promoter®, Net Promoter Score® et NPS® sont des marques dépo­­ sées des socié­­ Satmetrix Systems, Bain Company et de Fred Reichheld. tés 183 Savoir-être ✓✓Les pro­­ teurs (score 9–10) sont vos clients enthou­­ mo­­ siastes fidèles qui conti­­ ront à ache­­ vos pro­­ nue­­ ter duits et à les recom­­ man­­ aux autres, ali­ der ­ men­­ tant la crois­­ sance de votre entre­­ prise. Savoir-faire Les 3 groupes de clients dis­­ in­­ ués par le NPS® t g
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    6 • Fidéliserle client Les enjeux éco­­ miques no­­ Les condi­­ tions d’une rela­­ tion client durable Les sup­­ ports de la rela­­ tion client La satis­­ faction client : un défi col­­ tif lec­­ Le concept d’expérience client Aujourd’hui, le champ des attentes du client s’est élargi. Il couvre trois domaines : ✓✓ le pro­­ duit ou la pres­­ tion ; ta­­ ✓✓ le ser­­ vice asso­­ (téléconseil, commer­­ cié  cial, supply-­ hain, SAV, c e-­ ervices…) ; s ✓✓ la rela­­ tion humaine avec les acteurs de l’entreprise. C’est la somme des satis­­ factions obte­­ nues dans ces trois domaines qui consti­­ aux yeux du client la « valeur de l’offre » en regard du tue prix à payer pour en pro­­ ter. Et de nom­­ fi­­ breuses études sur les cri­ ­ tères de satis­­ faction ou de mécontente­­ ment montrent que le client çoit les dif­­ rences entre les four­­ seurs ou les fé­­ nis­­ du xxie  siècle per­­ marques qui sol­­ citent son pou­­ li­­ voir d’achat, beau­­ coup moins sur le pro­­ duit ou la pres­­ tion stricto sensu que sur le ser­­ ta­­ vice asso­­ et sur cié les contacts humains. C’est sou­­ vent là que sont situées aujourd’hui les « attentes de séduc­­ tion » du client. Le concept d’expé­­ rience client cor­­ pond au vécu sen­­ riel et res­­ so­­ émo­­ nel du client face au pro­­ tion­­ duit et dans les inter­­ tions avec ac­­ son four­­ seur. Quelles émo­­ nis­­ tions et sen­­ tions le client ressentsa­­ i ­l au vu d’une publi­­ cité, sur un point de vente, en consul­­ tant un site web, à l’appel télé­­ nique d’un centre d’appels, à l’écoute pho­­ d’un argu­­ taire du ven­­ men­­ deur, au trai­­ ment d’une récla­­ tion, à te­­ ma­­ l’utilisation de son pro­­ duit, en rece­­ vant un dépan­­ neur, à la récep­ ­ tion d’une newsletter ou d’un mai­­ ling pro­­ tion­­ mo­­ nel ? Quelle image en résultera-­-il pour l’entreprise ? Tous les sens par­­ cipent à t ti­­ l’expérience du client : l’ouïe, l’œil, le toucher… son cer­­ veau et son cœur aussi. 184
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    Les prin­­ci­­paux ingré­­ dientsde l’expérience client ✓✓L’offre de base : qu’est-ce qu’on me pro­­ pose ? ✓✓Mon sen­­ ment de sécu­­ ti­­ rité : suis-­e en confiance avec cette per­­ j sonne, avec ce four­­ seur ? Ce pro­­ nis­­ duit, ce ser­­ vice, ce sys­­ tème me protègent-­ls i des risques que j’encours ? La pro­­ si­­ po­­ tion est-­ lle claire ? e ✓✓Mon iden­­ tité : est-­ e que je me sens res­­ c pecté dans ce que je suis, mes centres d’intérêt, mes codes, mes valeurs ? Savoirs ✓✓Mon temps : ici on m’évite d’attendre, là on prend le temps de m’écouter et me conseiller, et main­­ nant on me livre vite, hier si possible… te­­ ✓✓Mon indi­­ dua­­ vi­­ lité : ma situa­­ tion, mon contexte sont-­ls pris en compte ? i Suis-­e traité comme un numéro ou comme un client ? L’offre et/ou la rela­ j ­ tion sont-­ lles per­­ na­­ sées à moi ? e son­­ li­­ ✓✓Mon inté­­ rêt : qu’est-ce que cette offre va m’apporter ? En quoi m’enrichitelle ? Par quoi m’enrichit-elle ? Vaut-­ lle le prix qu’on me demande ? e L’orientation client en pra­­ tique : déve­­ per lop­­ l’expérience posi­­ du client tive Dans une logique de rela­­ tion client durable, chaque figure du client est une per­­ sonne unique dont il s’agit d’optimiser l’expérience. S’orienter client, c’est faire preuve d’empathie, c’est-à-dire d’une capa­­ à per­­ voir et comprendre les inté­­ cité ce­­ rêts, les émo­­ tions et les aspi­­ tions du client, dans son contexte et de son point de vue (et ra­­ non selon les inté­­ égo­­ triques court-­ erme du ven­­ rêts cen­­ t deur ou de l’entreprise). C’est ensuite de les prendre pour guide pour éla­­ rer bo­­ la solu­­ tion qui résout le mieux son pro­­ blème. Par exemple, cela peut aller jusqu’à adres­­ le client à court terme à un concur­­ ser rent si la solu­­ tion n’est pas dis­­ nible dans l’entreprise, afin de conser­­ à po­­ ver long terme une rela­­ tion de confiance avec lui. 185 Savoir-être ✓✓Mes sen­­ tions : ce que je vois, j’entends, je touche, je respire…, me sa­­ procure-­-il une sen­­ tion agréable ? t sa­­ Savoir-faire ✓✓Mon confort : est-­ e qu’on me faci­­ la vie ? est-­ e qu’on me complique c lite c la vie ?
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    6 • Fidéliserle client Les enjeux éco­­ miques no­­ Les condi­­ tions d’une rela­­ tion client durable Les sup­­ ports de la rela­­ tion client La satis­­ faction client : un défi col­­ tif lec­­ Tableau 6.1 ■  pti­­ ser la contri­­ tion de son acti­­ O mi­­ bu­­ vité à l’expérience vécue par le client Ingré­­ dients de l’expérience vécue par le client Satis­­ faire les « attentes obli­­ toires » ga­­ du client Satis­­ faire les « attentes de per­­ mance » for­­ du client Satis­­ faire les « attentes de séduc­­ tion » du client L’offre de base (pro­­ duit ou ser­­ vice) Son temps Son sen­­ ment ti­­ de sécu­­ rité Son iden­­ tité Son indi­­ dua­­ vi­­ lité Son inté­­ rêt Son confort Ses sen­­ tions sa­­ En tant que mana­­ orienté client, demandez-­ ous ce que vous ger v faites, ou pour­­ faire, dans votre péri­­ riez mètre d’action pour géné­­ rer (ou contri­­ buer à géné­­ auprès des clients de votre entre­­ rer) prise une expé­­ rience vécue remar­­ quable. Adap­­ le ques­­ naire pro­­ tez tion­­ posé (cf. tableau 6.1) à votre sec­­ teur d’activité et à vos propres res­­ ­ pon­ sa­­ li­­ Une part impor­­ bi­­ tés. tante de l’expérience client, sans doute la plus impor­­ tante, se vit au contact des col­­ bo­­ teurs de l’entreprise. la­­ ra­­ Quel sou­­ nir le client conservera-­-il du temps passé à un entre­­ ve­­ t tien commer­­ cial, d’un appel aux ser­­ vices comp­­ tables ou d’une visite en maga­­ sin : ✓✓ Une expé­­ rience déce­­ vante, voire irri­­ tante, dont le client ne man­ ­ quera pas de se plaindre autour de lui, et qui peut conduire à la perte du client (insa­­ faction) ? tis­­ 186
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    CC Les sup­­portsde la rela­­tion client grès des tech­­ lo­­ no­­ gies de L’expression « commu­­ ca­­ ni­­ tion multi­ Le pro­­ l’information et de la commu­­ ca­ ni­­ ­ canal » fait réfé­­ rence à l’augmentation tion a déjà trans­­ formé, et conti­­ nue du nombre de canaux dis­­ nibles pour de trans­­ mer en pro­­ deur les po­­ for­­ fon­­ commu­­ quer avec les clients. Entre les inter­­ tions de l’entreprise et de ni­­ ac­­ médias tra­­ tion­­ di­­ nels, tels que la télé­­ ­ ses clients. vi­ sion, la radio, la presse, les cata­­ logues, les mai­­ lings et le contact indi­­ duel en face-­ -face ou par télé­­ vi­­ à phone, se sont insé­­ les sites web, la mes­­ ge­­ élec­­ nique et le télé­ rés sa­­ rie tro­­ ­ phone mobile. Ils démul­­ plient les moyens et les oppor­­ ni­­ de ti­­ tu­­ tés commu­­ quer avec les clients. Ils enri­­ ni­­ chissent l’expérience client en per­­ tant : met­­ ✓✓ plus de per­­ na­­ sa­­ son­­ li­­ tion (mes­­ sages indi­­ dua­­ sés, à un groupe vi­­ li­­ ou une commu­­ nauté de clients…) ; ✓✓ plus d’interactivité (pos­­ bi­­ de répondre, de chater…) ; si­­ lité ✓✓ plus de sensorialité (texte, son, image, tou­­ cher, odeur…). L’intégration tech­­ lo­­ no­­ gique des dif­­ rents canaux de commu­­ ­ fé­­ ni­ ca­­ tion consti­­ l’un des plus impor­­ tue tants pro­­ pour l’efficacité de grès la commu­­ ca­­ ni­­ tion avec le client. Nous évo­­ rons : que­­ ✓✓ La conver­­ gence entre la télé­­ sion ou la radio et Inter­­ qui per­ vi­­ net, ­ met par exemple au client de char­­ des podcasts. ger ✓✓ La conver­­ gence entre Inter­­ et télé­­ net phone mobile qui per­­ au met client d’accéder au site web depuis son por­­ table et d’envoyer des mails et des images de par­­ tout dans le monde. ✓✓ L’intégration du fax, du télé­­ phone, du SMS, de la mes­­ ge­­ sa­­ rie et d’Internet au niveau d’un centre de contacts. Quel que soit 187 Savoir-faire PRINCIPE CLÉ Savoir-être Tech­­ lo­­ no­­ gies et commu­­ ca­­ ni­­ tion multi­ anal avec le client c Savoirs ✓✓ Une expé­­ rience conforme à son attente, banale et bien vite oubliée (satis­­ faction) ? ✓✓ Une expé­­ rience remar­­ quable et enthousiasmante dont le client se sou­­ dra avec gra­­ tude, qu’il aura envie de renou­­ ler et qu’il vien­­ ti­­ ve­­ commu­­ quera à son entou­­ ni­­ rage (super-­ atisfaction) ? s
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    6 • Fidéliserle client Les enjeux éco­­ miques no­­ Les condi­­ tions d’une rela­­ tion client durable Les sup­­ ports de la rela­­ tion client La satis­­ faction client : un défi col­­ tif lec­­ le canal uti­­ lisé, le client est reconnu et le pas­­ sage d’un canal à l’autre est faci­­ lité. Enfin, les solu­­ tions appor­­ par les nou­­ tées velles tech­­ lo­­ per­ no­­ gies ­ mettent d’optimiser la commu­­ ca­­ ni­­ tion entre l’entreprise et le client aux dif­­ rentes étapes de la rela­­ fé­­ tion : ✓✓ En amont, quand le client n’est encore qu’un pros­­ pect : site web, e-­ ailing, téléphone… m ✓✓ Au cours de l’acte d’achat : sites d’achat sur cata­­ logues pour les par­­ cu­­ ti­­ liers comme pour les entre­­ prises, mais aussi enri­­ se­ chis­­ ­ ment de l’acte de vente en face-­ -face grâce à des appli­­ tions à ca­­ mul­­ mé­­ qui mettent le pro­­ ti­­ dia duit en situa­­ tion, en maga­­ ou sin chez le client… ✓✓ Lors de la livrai­­ son : e-­ ervices qui per­­ s mettent de suivre la commande. ✓✓ Après la vente : e-­ ervices de for­­ tion ou de dépan­­ s ma­­ nage, FAQ1, e-­ ewsletters… ou encore forums d’utilisateurs. n Forces de vente et rela­­ client tion Même si l’essor des nou­­ velles tech­­ lo­­ ouvre un vaste champ de no­­ gies pro­­ grès aux moda­­ tés de la rela­­ li­­ tion client et à l’enrichissement de l’expérience client, rien n’indique que le client renonce aux contacts humains. Bien au contraire ! La ques­­ tion est plus celle de la complé­ ­ men­­ rité entre les canaux de commu­­ ca­­ ta­­ ni­­ tion au cours des étapes de la rela­­ tion client. Et au moment de l’achat, le recours à un conseiller ou à un ven­­ deur reste pri­­ dial pour la plu­­ mor­­ part des clients et pour de nom­­ breux types d’achats. La typo­­ gie ABC croi­­ (cf. figure 6.2) four­­ une base utile lo­­ sée nit pour pen­­ l’organisation des forces en contact avec le client dans les ser entre­­ prises tra­­ vaillant en B to B. Dans une logique de fidélisation : 1. Foire aux ques­­ tions les plus fré­­ quentes. 188
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    Savoirs Savoir-faire ✓✓ Les clientsdu « fonds de commerce » et du « poten­­ de déve­ tiel ­ lop­­ ment » requièrent un ser­­ pe­­ vice hau­­ ment per­­ na­­ te­­ son­­ lisé. Les enjeux éco­­ miques sont très impor­­ no­­ tants et la struc­­ ture de ces grands clients est complexe. En fonc­­ tion de la taille de ces clients et de leur taille du four­­ seur, c’est là que seront mises en place nis­­ des forces de vente « grands comptes ». En par­­ cu­­ sur les ti­­ lier clients A/A’, la per­­ na­­ sa­­ son­­ li­­ tion de la rela­­ tion client pourra aller jusqu’à mettre en place un « key account mana­­ ger » par client, en charge d’élaborer un busi­­ ness plan avec le client, d’élaborer des solu­­ tions spé­­ fiques et, à ces fins, d’animer autour des besoins ci­­ du client une équipe dédiée et multi-­ ompétences (experts tech­ c ­ niques, logis­­ ciens, ser­­ ti­­ vices par­­ cu­­ ti­­ liers, qualiticiens…). ✓✓ Les clients B, de taille plus modeste, pour­­ ront être, selon les cas, sui­­ par une seule per­­ vis sonne qui veillera à la bonne ges­­ tion des dif­­ rentes inter­­ fé­­ faces entre l’entreprise cliente et son four­­ seur. nis­­ ✓✓ C’est sur les clients du groupe « ges­­ tion éco­­ mique », nom­ no­­ ­ breux mais à poten­­ d’achat faible, que devront être trou­­ tiel vées les solu­­ tions pour offrir une rela­­ tion client réelle mais à moindre coût. Les plates-­ ormes télé­­ niques de contacts, de télévente, f pho­­ d’administration des ventes, d’après-vente et d’assistance trouvent ici toute leur rai­­ d’être. son La même logique peut aussi s’appliquer à cer­­ tains sec­­ teurs de grande consom­­ tion. Ainsi, les opé­­ teurs de télé­­ mu­­ ca­­ ma­­ ra­­ com­­ ni­­ tions ou les compa­­ gnies aériennes dis­­ tinguent leurs meilleurs clients, friands de ser­­ vices VIP, des tech­­ lo­­ les plus nou­­ no­­ gies velles, connec­ ­ tés en per­­ nence à leur télé­­ ma­­ phone mobile ou à leur ordi­­ teur por­ na­­ ­ table. Des conseillers spé­­ ciaux leur sont par­­ dédiés. fois L’apport des nou­­ velles tech­­ lo­­ d’information et de commu­­ ­ no­­ gies ni­ ca­­ tion n’a pas pour enjeu de rem­­ cer la rela­­ pla­­ tion face-­ -face ou les à médias de masse par des canaux infor­­ ti­­ Il s’agit au contraire, ma­­ sés. grâce à eux, d’optimiser les inter­­ tions avec le client pour construire ac­­ un dia­­ logue utile et vivant. 189 Savoir-être L’orientation client en pra­­ tique : ser­­ les pré­­ rences vir fé­­ des clients en matière de canal de commu­­ ca­­ ni­­ tion
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    6 • Fidéliserle client Les enjeux éco­­ miques no­­ Les condi­­ tions d’une rela­­ tion client durable Les sup­­ ports de la rela­­ tion client La satis­­ faction client : un défi col­­ tif lec­­ Trois prin­­ cipes sont à res­­ ter : pec­­ ✓✓ Iden­­ fier les pré­­ rences du client, en matière de canal de commu­ ti­­ fé­­ ­ ni­­ tion et en fonc­­ ca­­ tion des phases de la rela­­ tion, de façon à enri­ ­ chir son expé­­ rience et faci­­ ter les inter­­ tions avec lui. Quelles li­­ ac­­ infor­­ tions ou quels e-­ ervices le client apprécie-­-il de trou­­ ma­­ s t ver sur le site de l’entreprise ? Pour quelle inter­­ tion a-­-il envie d’un ac­­ t accès mail ou télé­­ nique immé­­ pho­­ diat ? Quand est-­l indis­­ ­ i pen­ sable d’offrir au client une conver­­ tion en face-­ -face ? sa­­ à ✓✓ Demander au client la per­­ sion de commu­­ quer promis­­ ni­­ a ­ ctivement avec lui de façon à évi­­ tout res­­ ter senti d’intrusion pré­­ di­­ ju­­ ciable à son niveau de satis­­ faction. Rap­­ lons ici que la pe­­ loi, en France, pro­­ tège la vie pri­­ des per­­ vée sonnes. En par­­ cu­­ ti­­ lier, sur les mar­­ chés de grande consom­­ tion, les pro­­ sion­­ de la ma­­ fes­­ nels direc­­ tion infor­­ tique, du mar­­ ting et de la rela­­ ma­­ ke­­ tion client sont répu­­ connaître la posi­­ tés tion du légis­­ teur en la matière. La loi la­­ n° 2004-801 du 6 août 2004, qui a modi­­ la loi « Infor­­ tique, fié ma­­ fichiers et liber­­ tés » du 6 jan­­ 1978, défi­­ la pro­­ tion des vier nit tec­­ par­­ cu­­ ti­­ liers à l’égard de l’utilisation et des trai­­ ments de don­ te­­ ­ 1 nées nomi­­ tives et per­­ nelles . na­­ son­­ ✓✓ Déli­­ vrer simul­­ né­­ ta­­ ment des mes­­ sages homo­­ gènes et cohé­­ rents quel que soit le canal de commu­­ ca­­ ni­­ tion par lequel le client entre en contact avec l’entreprise. On ne sau­­ trop sou­­ gner rait li­­ les dégâts pour l’image de l’entreprise lorsqu’elle lance une cam­ ­ pagne de publi­­ ou même d’informations sans que les col­­ ­ cité la­ bo­­ teurs au contact des clients en connaissent les termes. De ra­­ même, un grand client fidèle conce­­ beau­­ vra coup d’irritation de se voir non reconnu comme tel au ser­­ vice après-­ ente alors qu’il v est l’objet de toutes les atten­­ tions du ser­­ commer­­ vice cial. 1. La Commis­­ sion natio­­ nale de l’informatique et des liber­­ (CNIL) est tés l’autorité admi­­ tra­­ nis­­ tive indé­­ dante en charge d’assurer la pro­­ tion des pen­­ tec­­ don­­ nées per­­ nelles des citoyens fran­­ son­­ çais. La CNIL contrôle en par­­ cu­­ ti­­ lier les fichiers mis en place dans les entre­­ prises. 190
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    Déve­­ per l’expérienceposi­­ du client lop­­ tive pour abou­­ à la super-­ atisfaction qui le tir s PRINCIPES CLÉS fidélisera est un exer­­ complexe. cice table défi de la satis­ ­ À chaque inter­­ tion, le client vit une • Le véri­­ ac­­ faction client est col­­ tif et lec­­ expé­­ rience, agréable ou pas, mémo­­ rable néces­­ site une intense coopé­­ ­ ra­ ou pas. Et dès lors qu’un four­­ seur nis­­ tion entre les acteurs. Chaque dépasse le stade de la très petite entre­­ prise, col­­ bo­­ teur détient sa part de la­­ ra­­ un même inter­­ cuteur client commu­­ ­ lo­­ ni­ res­­ sa­­ lité. pon­­ bi­­ quera dans le temps avec des per­­ sonnes • Le plus dif­­ cile reste de créer fi­­ dif­­ rentes. fé­­ ensemble une expé­­ rience client à la fois homo­­ gène et De plus, toutes les occa­­ sions de contact enthousiasmante. n’auront pas la même impor­­ tance pour lui. Ses besoins et attentes, impli­­ cites ou expli­­ cites, varie­­ ront aussi dans le temps. Ajou­­ tons que les per­­ sonnes au contact des clients ne sont pas en maî­­ trise de tout ce qui peut impac­­ la satis­­ ter faction du client (par exemple, la dis­­ ni­­ lité du pro­­ po­­ bi­­ duit). Enfin, comme on l’a vu pré­­ dem­­ cé­­ ment, le client-­ ntreprise est le e plus sou­­ vent repré­­ senté par plu­­ sieurs per­­ sonnes, ce qui mul­­ plie le ti­­ nombre de per­­ sonnes à satis­­ faire. Savoir-faire CC La satis­­faction client : un défi col­­lec­­tif Savoirs Dans ce domaine, le mana­­ orienté client se tient lui-­ ême ger m informé des mes­­ sages et offres des­­ nés aux clients. Il relaie ces ti­­ infor­­ tions auprès de ses équipes, a for­­ ma­­ tiori si elles sont ame­­ nées à commu­­ quer avec les clients. ni­­ Le par­­ cours client est la des­­ tion, de son point de vue, de ses inter­ crip­­ ­ ac­­ tions avec l’entreprise sur toute la durée du cycle de vie client. Cet outil est assez simple à éla­­ rer lorsque le client est un par­ bo­­ ­ ti­­ lier. En revanche, sur les mar­­ cu­­ chés de B to B, plu­­ sieurs par­­ cours client sont à décrire. Pre­­ nons le cas par exemple d’un édi­­ teur de logi­­ ciels. Dans l’entreprise cliente, plu­­ sieurs inter­­ cuteurs entrent lo­­ en inter­­ tion avec le four­­ seur. Le par­­ ac­­ nis­­ cours client du direc­­ teur 191 Savoir-être L’outil « par­­ cours client »
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    6 • Fidéliserle client Les enjeux éco­­ miques no­­ Les condi­­ tions d’une rela­­ tion client durable Les sup­­ ports de la rela­­ tion client La satis­­ faction client : un défi col­­ tif lec­­ infor­­ tique n’est pas le même que celui de l’utilisateur. Dans une ma­­ logique de fidélisation, les deux par­­ cours sont impor­­ tants à éla­­ rer. bo­­ Sous le par­­ cours du client, on retrou­­ vera les pro­­ sus mis en ces­­ place chez le four­­ seur pour orga­­ ser et contrô­­ ses acti­­ tés nis­­ ni­­ ler vi­­ orien­­ client : tées ✓✓ éla­­ rer, inno­­ bo­­ ver ; ✓✓ infor­­ mer, commu­­ quer ; ni­­ ✓✓ conseiller, pres­­ crire, éta­­ un devis ; blir ✓✓ pro­­ duire, ser­­ livrer ; vir, ✓✓ fac­­ rer, encais­­ recou­­ tu­­ ser, vrer ; ✓✓ assis­­ for­­ ter, mer, dépan­­ ner. Sur chaque pro­­ sus sont pos­­ les acteurs de l’entreprise. Acteurs ces­­ tés du front-­ ffice, commer­­ o ciaux iti­­ rants, en point de vente, en centre né­­ de contacts, ou encore tech­­ ciens d’avant-vente ou d’après-vente, ni­­ tous en charge des contacts directs avec le client. Acteurs du backo ­ ffice, en charge de la ges­­ tion des commandes, de l’administration des contrats, de l’approvisionnement, des livraisons… Acteurs des ser­­ vices sup­­ ports, du mar­­ ting, de la gestion… ke­­ L’outil « par­­ cours client » pré­­ sente plu­­ sieurs inté­­ rêts : ✓✓ Son éla­­ ra­­ bo­­ tion cor­­ pond à un exer­­ d’empathie. Il s’agit de res­­ cice se pro­­ ter dans l’univers du client pour repen­­ aux évé­­ ments je­­ ser ne­­ déclen­­ cheurs d’interactions à son ini­­ tiative. ✓✓ Sa visua­­ sa­­ li­­ tion pro­­ cure une prise de conscience plus affû­­ des tée besoins et attentes du client dans chaque cir­­ constance. Au fur et à mesure des évé­­ ments, l’état d’esprit du client n’est plus le même. ne­­ Chaque inter­­ tion peut être étu­­ en tant que telle pour y déve­ ac­­ diée ­ lop­­ une expé­­ per rience par­­ cu­­ re­­ ti­­ liè­­ ment posi­­ pour le client. Les tive conclu­­ sions de cette étude pour­­ ront venir enri­­ chir (ou sim­­ fier) pli­­ des élé­­ ments des pro­­ sus internes cor­­ pon­­ ces­­ res­­ dants. ✓✓ Cha­­ dans l’entreprise peut à la fois rat­­ cher sa contri­­ tion cun ta­­ bu­­ per­­ nelle à la satis­­ son­­ faction du client, tout en per­­ vant à quel ce­­ point l’enjeu de la fidélisation est par­­ tagé avec d’autres col­­ lègues qui par­­ cipent comme lui à la chaîne de ser­­ du client. En ce ti­­ vice 192
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    6.4 ■ Exemple de par­­ coursclient dans un centre de contacts e e passe ne o an e te e e re o s n appel po r e e an er s to t a en t es l on pro t Appels sortants Appels entrants e passe ne no elle o an e e re o s n appel po r n or er ne pro o e r la s la e te e e re o s n appel e relan e e pa e ent e r ept onn e a a t e r Le sys­­ tème d’information, lien entre les cor­­ pon­­ res­­ dants du client Les logi­­ ciels de ges­­ tion de la rela­­ tion client ou CRM (customer relationship mana­­ ment) ont été intro­­ ge­­ duits dans les entre­­ prises à l’aube des années 2000. Si les pre­­ mières implan­­ tions se sont par­ ta­­ ­ fois révé­­ déce­­ lées vantes, les condi­­ tions de suc­­ d’un pro­­ CRM cès jet sont aujourd’hui mieux maî­­ sées. Il en résulte des béné­­ tri­­ fices mieux reconnus. Le logi­­ CRM per­­ ciel met de consti­­ tuer une base de don­ ­ nées clients et pros­­ pects sur laquelle tous les acteurs de la rela­­ tion client vien­­ dront se connec­­ tant pour en extraire les infor­­ tions ter, ma­­ utiles à leur acti­­ que pour l’enrichir de nou­­ vité velles don­­ nées concer­ ­ nant les clients, leurs tran­­ tions et les infor­­ tions col­­ tées au sac­­ ma­­ lec­­ cours des inter­­ tions. ac­­ Les mana­­ gers mar­­ ting et commer­­ ke­­ ciaux y trouvent les don­ ­ nées utiles pour ana­­ ser les ventes, construire des plans d’action, ly­­ cibler des actions de pros­­ tion, per­­ na­­ ser et auto­­ ti­­ des pec­­ son­­ li­­ ma­­ ser 193 Savoir-faire a eso n n or at ons s r le pro t el e r ept onn e a l ra son Savoir-être o nt e ent e n or e la ra son Savoirs sens, la vision du par­­ cours client pro­­ cure à tous une vision uni­ ­ fiée du client. En vous ins­­ rant de l’exemple pro­­ pi­­ posé dans la figure 6.4, des­­ ­ si­ nez le par­­ cours de vos propres clients. Vous pour­­ ensuite mieux rez iden­­ fier les liens entre l’activité de vos col­­ bo­­ teurs et leur contri­ ti­­ la­­ ra­­ ­ bu­­ tion, directe ou indi­­ recte, à la satis­­ faction du client dans une perspec­­ « orien­­ client ». tive tée
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    6 • Fidéliserle client Les enjeux éco­­ miques no­­ Les condi­­ tions d’une rela­­ tion client durable Les sup­­ ports de la rela­­ tion client La satis­­ faction client : un défi col­­ tif lec­­ cam­­ pagnes. Les commer­­ ciaux sont assis­­ pour la ges­­ tés tion de leurs rendez-­ ous et de leurs relances, voire pour l’élaboration des offres. v Ils accèdent d’un « clic » à l’historique des ventes. Les conseillers des plates-­ ormes ADV ou des centres d’appels, ou encore les tech­ f ­ ni­­ ciens du SAV et les hot-­ines d’assistance tech­­ l nique accèdent immé­­ te­­ dia­­ ment à la fiche client et à l’historique des rela­­ tions. Ainsi, cha­­ cun dis­­ pose en temps réel de la connais­­ sance utile pour exer­ ­ cer son métier en pleine connais­­ sance du contexte client. C’est bien le logi­­ CRM qui per­­ ciel met aux acteurs pos­­ sur le par­­ tés cours du client d’entretenir avec lui un dia­­ logue consis­­ tant et valo­­ sant. Le ri­­ client n’a plus besoin de répé­­ son his­­ ter toire à cha­­ cun, il est connu, il se sent mieux reconnu. Encore faut-­l que cha­­ intro­­ i cun duise dans la base de don­­ nées les infor­­ tions col­­ tées ou pro­­ ma­­ lec­­ duites à son niveau. C’est pour­­ quoi le mana­­ orienté client doit s’attacher à don­­ ger ner du sens au logi­­ CRM de l’entreprise et au tra­­ ciel çage des infor­­ ­ ma­ tions clients qui sont géné­­ au niveau de son acti­­ rées vité. Les bonnes pra­­ tiques de chaque col­­ bo­­ teur en matière d’enregistrement des la­­ ra­­ don­­ nées client condi­­ tionnent l’action per­­ nente de tous les acteurs ti­­ de la chaîne de ser­­ du client. vice Les moments de vérité de la rela­­ client tion Sur le par­­ cours du client, les « moments de vérité » sont les inter­­ ­ ac­ tions dans les­­ quelles le client risque de rompre la rela­­ tion commer­ ­ ciale avec son four­­ seur. Ce sont des moments à forte charge émo­ nis­­ ­ tion­­ nelle et dans les­­ quels la décep­­ tion ou le mécontente­­ ment peut être fatal pour l’attachement du client. Les moments de vérité dif­ ­ fèrent selon les sec­­ teurs d’activité. Pre­­ nons l’exemple de l’assurance habi­­ tion pour illus­­ ta­­ trer, comment la situa­­ tion de sinistre devient un moment de vérité. Le client paie pour se pré­­ nir d’un risque. Le risque, par défi­­ ­ mu­­ ni­ tion, se réa­­ rare­­ lise ment. Et cer­­ tains clients sont par­­ vic­­ fois times de l’impression (rap­­ lons ici qu’elle est fausse) de payer chaque pe­­ 194
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    Savoirs Savoir-faire année pour « rien ».Quand le risque se réa­­ lise, un dégât des eaux par exemple, ce type de client devient fort exi­­ geant quant à la qua­ ­ lité d’accueil et de ser­­ vice qui lui sont offerts. Un faux pas dans l’accueil du client, un manque d’empathie ou de pré­­ sence, trop de len­­ teur res­­ tie dans le dérou­­ ment de la procédure… et notre sen­­ le­­ client décide, in petto, de chan­­ d’assureur pour les vingt années ger sui­­ vantes. Ou encore, ima­­ nons une satis­­ gi­­ faction miti­­ à pro­­ gée pos d’une fran­­ chise de rem­­ bour­­ ment, en dépit du par­­ respect de la se­­ fait clause contrac­­ tuelle pré­­ vue, et simul­­ né­­ ta­­ ment, l’arrivée du mai­­ ling accro­­ cheur d’un concur­­ rent : voilà notre client devenu plus sen­­ sible au chant des sirènes, tout prêt à l’infidélité ! Il appar­­ tient à chaque entre­­ prise d’identifier quels sont, dans son sec­­ teur d’activité, ces fameux moments de vérité dans les­­ quels le lien entre le client et son four­­ seur est fra­­ lisé. Un peu comme dans nis­­ gi­­ la rela­­ tion amou­­ reuse, toutes les « pre­­ mières fois » sont à sur­­ veiller : pre­­ mier appel à un four­­ seur inconnu, pre­­ nis­­ mier achat, pre­­ mière ins­­ la­­ tal­­ tion, pre­­ mière uti­­ sation. Peuvent sur­­ nir des ten­­ li­­ ve­­ sions au fil du temps : toute situa­­ tion de récla­­ tion est par défi­­ tion un ma­­ ni­­ moment de vérité dans lequel le client mesure la volonté de son four­ ­ nis­­ seur de réta­­ sa satis­­ blir faction. Les re­ égocia­­ n tions tari­­ faires, les réen­­ ge­­ ga­­ ments de contrat sont aussi des moments sen­­ sibles. Le mana­­ orienté client connaît les moments de vérité de la ger rela­­ tion client. Il met en place des alertes, il forme ses col­­ bo­­ ­ la­­ ra­ teurs à la détec­­ tion des situa­­ tions à risque et aux bonnes pra­­ tiques rela­­ nelles qui réta­­ tion­­ blissent un dia­­ logue confiant avec le client. Il veille en par­­ cu­­ à mettre sous contrôle le trai­­ ment des récla­­ ­ ti­­ lier te­­ ma­ tions qui par­­ viennent dans son acti­­ vité. Si l’on peut craindre la rup­­ ture de la rela­­ tion client dans les moments de vérité, para­­ doxa­­ ment les cir­­ le­­ constances à forte charge émo­­ ­ tion­ nelle sont aussi des oppor­­ ni­­ de s’attacher dura­­ ment le client. tu­­ tés ble­­ L’entreprise s’organise bien évi­­ ment dans le but de satis­­ dem­­ faire ses clients. Tou­­ fois le « zéro défaut » reste un idéal et le pro­­ ­ te­­ ces­ sus le mieux huilé du monde n’est jamais à l’abri d’un aléa occa­ ­ sion­­ nant un dys­­ tion­­ ment pour le client. Quand ce der­­ fonc­­ ne­­ nier 195 Savoir-être Dys­­ tion­­ ments et situa­­ fonc­­ ne­­ tions d’exception
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    6 • Fidéliserle client Les enjeux éco­­ miques no­­ Les condi­­ tions d’une rela­­ tion client durable Les sup­­ ports de la rela­­ tion client La satis­­ faction client : un défi col­­ tif lec­­ adresse une récla­­ tion, il offre alors une chance à son four­­ ­ ma­­ nis­ seur de se rat­­ per. Et le trai­­ ment excellent d’une récla­­ tion tra­­ te­­ ma­­ peut aller jusqu’à géné­­ du sou­­ ge­­ rer la­­ ment, de la gra­­ tude, voire ti­­ de l’admiration chez ce même client. Dans ce cas, le four­­ seur nis­­ qui a su faire la preuve tant du respect qu’il porte à son client que de son effi­­ cité à répa­­ son erreur ou un pré­­ dice, sus­­ un ca­­ rer ju­­ cite train d’émotions posi­­ tives. C’est là la meilleure façon de res­­ rer tau­­ l’équilibre de la rela­­ tion et de ré-­ ssurer le client dans la convic­­ a tion qu’il a bien placé sa confiance. Autre cas de figure, la demande excep­­ nelle. Pre­­ tion­­ nons le cas d’un client vic­­ time d’un pro­­ blème dans son envi­­ ne­­ ron­­ ment et qui va appe­­ son four­­ seur à l’aide pour le résoudre. Plus le pro­­ ler nis­­ blème est cri­­ tique à ses yeux, plus grande sera la reconnais­­ sance éprou­ ­ vée, dès lors que le four­­ seur se mon­­ nis­­ trera soli­­ daire et déploiera ses efforts pour mettre en place une solu­­ tion. Rac­­ cir le délai stan­ cour­­ ­ dard, déta­­ cher un col­­ bo­­ teur, offrir un pro­­ la­­ ra­­ duit de sub­­ tution, sti­­ voire faire appel à un concur­­ rent pour rendre ser­­ vice à son client... là encore, le client sera tou­­ et ravi. ché Enfin, il reste les moments de célé­­ tion, les abou­­ se­­ bra­­ tis­­ ments heu­­ reux tels que la remise des clefs d’une nou­­ velle mai­­ ou d’une son voi­­ ture, la conclu­­ sion d’un pro­­ d’envergure. Équipe client et jet équipe four­­ seur sont heu­­ nis­­ reuses. Des gestes simples et conviviaux, ou encore des céré­­ nies fes­­ mo­­ tives per­­ mettent d’ancrer chez le client le sou­­ nir remar­­ ve­­ quable d’une col­­ bo­­ tion réus­­ et d’aiguiser le la­­ ra­­ sie désir de se revoir. Bien sûr, il n’entre pas dans notre pro­­ pos de recom­­ ­ man­ der l’augmentation des dys­­ tion­­ ments ni la sys­­ ma­­ sation fonc­­ ne­­ té­­ ti­­ d’efforts coû­­ teux pour s’attacher les clients. Le lec­­ teur retien­­ dra qu’une rela­­ tion durable est sous-­ endue par un niveau suf­­ sam­­ t fi­­ ment élevé de satis­­ faction du client et qu’elle est dyna­­ sée par des temps mi­­ forts, – et qui doivent res­­ excep­­ nels –, dans les­­ ter tion­­ quels le four­ ­ nis­­ seur et sur­­ tout, ses repré­­ tants, se sur­­ sen­­ passent, sur­­ prennent posi­ ­ ti­­ ment le client, favo­­ sant ainsi son atta­­ ment. ve­­ ri­­ che­­ 196
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    1. Ainsi quenous l’avons vu au chapitre 5, figure 5.2. 197 Savoir-faire Savoir-être Dans une orga­­ sa­­ ni­­ tion par pro­­ sus, les acteurs sont inter­­ pen­ ces­­ dé­­ ­ dants. Le col­­ bo­­ teur au contact du client (en front-­ ffice), s’il est la­­ ra­­ o res­­ sable de la qua­­ du contact qu’il éta­­ avec le client, n’a pon­­ lité blit pas tou­­ jours la capa­­ à résoudre sur le champ son pro­­ cité blème. Les trai­­ ments sont effec­­ te­­ tués par les acteurs de « back-­ ffice ». Chaque o maillon de la chaîne de ser­­ vice du client ne réa­­ qu’une par­­ de lise tie la pres­­ tion totale en y appor­­ ta­­ tant sa valeur ajou­­ tée. La col­­ bo­­ tion interne s’inscrit dans le modèle client-­ourla­­ ra­­ f 1 buent à la per­­ mance de la pres­ for­­ ­ nisseur . Tous les maillons contri­­ ta­­ tion finale et à sa valeur ajou­­ glo­­ tée bale. L’efficacité d’un seul de ces maillons ne pro­­ duit pas pour autant l’efficacité de l’ensemble. En revanche, la qua­­ des contrats inter­­ diaires pas­­ aux dif­ lité mé­­ sés ­ fé­­ rents stades du pro­­ sus garan­­ dans une large part, la qua­­ ces­­ tit, lité de la pro­­ tion finale déli­­ duc­­ vrée au client. C’est ce qu’on appelle la coor­­ na­­ di­­ tion entre les acteurs. Tou­­ fois, entre des acti­­ tés inter­­ pen­­ te­­ vi­­ dé­­ dantes, seules les inter­ ­ ac­­ tions humaines per­­ mettent les ajus­­ ments mutuels en cas te­­ d’imprévu, d’exception, en situa­­ tion dégradée ou encore en situa­ ­ tion de crise. L’ajustement mutuel effi­­ cace est la plus-­ alue poten­ v ­ tielle de l’interaction des clients et four­­ seurs internes. Pour que nis­­ ces ajus­­ ments mutuels – et « hors-­ ontrat » – soient effec­­ te­­ c tués, les acteurs doivent se sen­­ liés par une œuvre commune, soli­­ tir daires de cette œuvre, auto­­ sés et inci­­ à la per­­ tion­­ ensemble. On ri­­ tés fec­­ ner parle ici de la coopé­­ tion des acteurs internes autour de l’enjeu par­ ra­­ ­ tagé de satis­­ faction client. Mais la coopé­­ tion ne se décrète pas. En dépit d’un lien orga­ ra­­ ­ ni­­ tion­­ trans­­ sal, les acteurs des métiers peuvent conti­­ sa­­ nel ver­­ nuer à tra­­ vailler sans coopé­­ réel­­ ment. Ce sont les fonc­­ ne­­ rer le­­ tion­­ ments en « silo », dans les­­ quels les pro­­ sion­­ fes­­ nels res­­ tent entre pairs, par­­ ­ ta­ geant un voca­­ laire, un savoir-­ aire et des valeurs qui leur sont bu­­ f propres. Les mes­­ sages et les compor­­ ments per­­ par le client sont te­­ çus alors hété­­ gènes, éven­­ le­­ ro­­ tuel­­ ment dis­­ dants. Et l’effet pro­­ cor­­ duit sur le client est rare­­ ment remar­­ quable ! Savoirs L’orientation client en pra­­ tique : coor­­ na­­ di­­ tion et coopé­­ tion autour du client ra­­
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    6 • Fidéliserle client Les condi­­ tions d’une rela­­ tion client durable Les sup­­ ports de la rela­­ tion client La satis­­ faction client : un défi col­­ tif lec­­ Le fac­­ teur humain dans la satis­­ faction Philippe Zarifian1 asso­­ à la coopé­­ tion la condi­­ cie ra­­ tion de « l’intercompréhension », c’est-à-dire,  « la compré­­ sion réci­ hen­­ ­ proque : à la fois connaître autrui – ce qu’il est néces­­ saire de savoir pour bien coopé­­ –, ses apports pos­­ rer sibles, ses contraintes, mais aussi comprendre autrui du point de vue de ses inten­­ tions, de ses attentes, de ses désirs, et croyances ». Le mana­­ orienté client favo­­ la coopé­­ tion inter-­ étiers ger rise ra­­ m autour de la satis­­ faction client en déve­­ pant chez ses col­­ bo­­ ­ lop­­ la­­ ra­ teurs la connais­­ sance des autres métiers. Il favo­­ les ren­­ rise contres, les échanges et les dis­­ sions avec ceux des autres métiers. Ainsi, il déve­ cus­­ ­ loppe l’intercompréhension entre col­­ bo­­ teurs pro­­ à la coopé­­ ­ la­­ ra­­ pice ra­ tion de son équipe avec les autres équipes autour des enjeux clients. CC Le fac­­teur humain dans la satis­­faction des clients PRINCIPES CLÉS • Le client apporte dans l’interaction ses besoins et attentes et l’engagement de son indi­­ dua­­ vi­­ lité. • Der­­ rière lui, il y a son groupe social : son entou­­ rage ami­­ et cal pro­­ sion­­ et l’entreprise dont il repré­­ fes­­ nel sente les inté­­ rêts. • À charge pour le four­­ seur, de trans­­ mer ces attentes en nis­­ for­­ atta­­ ment au fil du par­­ che­­ cours accom­­ par le client. pli 1. Philippe Zarifian est un socio­­ logue fran­­ çais. Il est pro­­ seur à l’Université de fes­­ Paris-­ st Marne-­a-Vallée dont il a créé et dirigé le dépar­­ ment de socio­­ ­ E l te­­ lo­ gie. Ses tra­­ vaux portent sur la socio­­ gie géné­­ (socio­­ gie de la moder­­ lo­­ rale lo­­ nité, socio­­ gie du sujet), sur la mondialité, la socio­­ gie du tra­­ et la socio­­ ­ lo­­ lo­­ vail lo­ gie des modèles d’organisation en déve­­ pant de nou­­ lop­­ veaux concepts tels que « évé­­ ment », « commu­­ ne­­ nauté d’action », « socio­­ gie du deve­­ lo­­ nir », « modèle de la compé­­ tence » , « commu­­ ca­­ ni­­ tion inter­ ompré­­ sive », « mondialité ». c hen­­ 198
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    Les commu­­ tésvir­­ nau­­ tuelles se sont spon­­ né­­ ta­­ ment déve­­ pées sur lop­­ Inter­­ net. Elles fonc­­ tionnent autour de centres d’intérêt par­­ gés ta­­ par les membres. Si l’écoute des clients est une pra­­ tique éta­­ de blie longue date dans les entre­­ prises qui réus­­ sissent, les nou­­ velles tech­­ ­ no­ lo­­ per­­ gies mettent de leur don­­ la parole à rela­­ ve­­ ner ti­­ ment faible coût. Faire coopé­­ ses clients à l’amélioration de son site de vente ou à rer l’élaboration de ses pro­­ duits contri­­ à leur fidélisation. C’est au bue fond déve­­ per l’intercompréhension fournisseur-­ lients, ins­­ ler lop­­ c tal­­ la commu­­ ca­­ ni­­ tion, uti­­ ser les compé­­ li­­ tences du client, son expé­­ rience et son ima­­ na­­ gi­­ tion pour co-­ roduire l’offre pro­­ p duit ou ser­­ vice. Le client internaute doit bien sûr consta­­ que ses remon­­ ter tées sont exploi­­ pour en retirer fierté et satis­­ tées faction. La rela­­ tion commer­ ­ ciale s’enrichit alors d’échanges non mar­­ chands. Savoirs Commu­­ tés de clients et mar­­ ting par­­ cipatif nau­­ ke­­ ti­­ 199 Savoir-être Au-­ elà des tech­­ d niques de vente et de négo­­ tion que l’entreprise cia­­ entre­­ tient chez ses commer­­ ciaux, le déve­­ pe­­ lop­­ ment des compé­­ tences orien­­ client de tous les autres acteurs au contact des clients figure tées main­­ nant en bonne place dans les plans de for­­ tion. te­­ ma­­ Qu’attend le plus sou­­ vent le client d’une inter­­ tion avec un ac­­ conseiller en point de vente ou à dis­­ tance ? ✓✓ Un inter­­ cuteur pro­­ sion­­ qui lui donne accès au ser­­ lo­­ fes­­ nel vice ou à l’offre du four­­ seur. nis­­ ✓✓ Un rap­­ port humain au plein sens du terme, fait de pré­­ sence sou­ ­ riante, d’écoute et de consi­­ ra­­ dé­­ tion. ✓✓ Enfin, une réponse, une pro­­ si­­ po­­ tion ou un conseil per­­ tinent, voire créa­­ au regard de ses besoins et attentes. tif, ✓✓ Et si le client doit choi­­ le sen­­ ment d’avoir pris la bonne déci­ sir, ti­­ ­ sion avec un inter­­ cuteur fiable qui pren­­ en charge les suites lo­­ dra à don­­ ner. Nous sug­­ rons trois rôles à conju­­ gé­­ guer au cours d’une inter­­ ­ ac­ tion avec un client, rôles aux­­ quels sont atta­­ chés des connais­­ sances, Savoir-faire Les compé­­ tences des équipes au contact des clients
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    6 • Fidéliserle client Les condi­­ tions d’une rela­­ tion client durable Les sup­­ ports de la rela­­ tion client La satis­­ faction client : un défi col­­ tif lec­­ Le fac­­ teur humain dans la satis­­ faction des tech­­ niques ou des compor­­ ments à maî­­ ser par les col­­ bo­­ ­ te­­ tri­­ la­­ ra­ teurs concer­­ nés. Ambas­­ deur du four­­ seur sa­­ nis­­ ✓✓ Il connaît les attri­­ tions de son rôle, il uti­­ sa zone d’autonomie, bu­­ lise il assume ses res­­ sa­­ li­­ en matière d’accords pérennes avec pon­­ bi­­ tés le client. ✓✓ Il porte l’image et les valeurs de la marque ou du four­­ seur à nis­­ tra­­ ses compor­­ ments. vers te­­ ✓✓ Il met en lumière son rôle et la pro­­ si­­ po­­ tion de valeur du pro­­ duit, du ser­­ vice. ✓✓ Il construit l’adhésion réflé­­ chie du client aux solu­­ tions appor­­ tées, il conclut un accord pérenne. ✓✓ Il s’engage et construit la confiance du client dans l’entreprise et ses repré­­ tants, il traite les suites des déci­­ sen­­ sions. ✓✓ Il capi­­ lise l’information client et la trans­­ en interne. ta­­ met Expert de l’offre, expert des besoins ✓✓ Il appré­­ hende le client sur son par­­ cours et dans son envi­­ ne­ ron­­ ­ ment, à chaque contact. ✓✓ Il diag­­ tique les attentes du client, tant opé­­ tion­­ nos­­ ra­­ nelles que rela­­ nelles. tion­­ ✓✓ Il connaît son offre pro­­ duit ou ser­­ vice et sa valeur ajou­­ pour tée l’utilisateur. ✓✓ Il conseille le client et éla­­ bore la réponse per­­ nente pour chaque ti­­ client. ✓✓ Il iden­­ fie et sai­­ les oppor­­ ni­­ de super-­ atisfaire le client. ti­­ sit tu­­ tés s Compa­­ gnon de la rela­­ tion ✓✓ Il éta­­ une commu­­ ca­­ blit ni­­ tion proche avec le client. ✓✓ Il assure une conduite d’entretien dis­­ crète et souple. 200
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    ✓✓ Il faitpreuve d’écoute active et de dis­­ ni­­ lité. po­­ bi­­ ✓✓ Il fait preuve d’empathie auprès du client. ✓✓ Il iden­­ fie et gère les moments de vérité avec tact et diplo­­ tie. ti­­ ma­­ Figure 6.5 ■ L’entreprise orien­­ client tée olla orate rs back office ncadrement front office et back office Attentes et besoins des clients Relations avec les clients rod ction po r les clients Management d é ipe et plans d actions orientés clients Management de managers et déploiement des stratégies orientées clients la oration des stratégies orientées clients 201 Savoir-être CLIENTS olla orate rs front office Savoir-faire Dans l’entreprise orien­­ client, la struc­­ tée ture prend la forme de la pyra­­ mide inver­­ C’est tout d’abord une manière de sym­­ li­­ le sée. bo­­ ser rôle fon­­ men­­ du client pour l’orientation des actions et le besoin da­­ tal de flexi­­ lité et de créa­­ vité pour s’adapter à un client qui évo­­ bi­­ ti­­ lue en per­­ nence. C’est aussi reconnaître l’importance des acteurs en ma­­ contact avec les clients. Bien sûr, cela ne cor­­ pond pas à l’inversion res­­ des rôles. La direc­­ tion de l’entreprise qui appa­­ au bas de la pyra­ raît ­ mide dirige tou­­ jours ! Tou­­ fois, son rôle est d’impulser une stra­­ ­ te­­ té­ gie tout en lais­­ sant le soin à l’encadrement inter­­ diaire de défi­­ mé­­ nir les moyens pour y par­­ nir. À l’inverse de la pyra­­ ve­­ mide clas­­ sique qui induit des direc­­ tives qui partent du haut et sont décli­­ nées jusqu’à l’échelon le plus bas, le schéma sug­­ gère un mana­­ ment qui met ge­­ en res­­ sa­­ lité les acteurs, donne un cadre pour l’action, met en pon­­ bi­­ place les condi­­ tions de leur réus­­ site, s’appuie sur des équipes qui coopèrent et favo­­ la prise d’initiative au béné­­ de la satis­ rise fice ­ faction des clients. Savoirs Bonnes pra­­ tiques de mana­­ ment « orien­­ ge­­ tées client »
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    6 • Fidéliserle client Les condi­­ tions d’une rela­­ tion client durable Les sup­­ ports de la rela­­ tion client La satis­­ faction client : un défi col­­ tif lec­­ Le fac­­ teur humain dans la satis­­ faction Pour le mana­­ orienté client, voici trois prin­­ ger cipes de mana­­ ­ ge­ ment, illus­­ par des exemples de pra­­ trés tiques qui construisent les condi­­ tions de réus­­ des col­­ bo­­ teurs, et qui favo­­ site la­­ ra­­ risent la coopé­ ­ ra­­ tion et la compré­­ sion entre les équipes. hen­­ Mettre en res­­ pon­­ bi­­ ses col­­ bo­­ teurs et favo­­ ser sa­­ lité la­­ ra­­ ri­­ l’esprit d’initiative ✓✓ Ins­­ crire un objec­­ de satis­­ tif faction « client », interne ou externe, parmi les objec­­ des col­­ bo­­ teurs. tifs la­­ ra­­ ✓✓ Veiller à la cohé­­ rence entre objec­­ de pro­­ ti­­ et objec­­ tifs duc­­ vité tifs de qua­­ de ser­­ lité vice. ✓✓ Don­­ à ses col­­ bo­­ teurs des marges de manœuvre pour déci­ ner la­­ ra­­ ­ der face à leurs inter­­ cuteurs internes ou externes, tout en fixant lo­­ les limites et moda­­ tés de reporting. li­­ ✓✓ Défi­­ le pro­­ sus de trai­­ ment des récla­­ tions internes. nir ces­­ te­­ ma­­ ✓✓ Encou­­ ger la remon­­ des dys­­ tion­­ ments, veiller à leur tra­ ra­­ tée fonc­­ ne­­ ­ çage et à leur trans­­ sion le cas échéant aux ser­­ mis­­ vices concer­­ nés. ✓✓ Déve­­ per et valo­­ ser les compé­­ lop­­ ri­­ tences d’affirmation de soi de ses col­­ bo­­ teurs et leur capa­­ à conseiller et convaincre. la­­ ra­­ cité ✓✓ Favo­­ ser les ini­­ ri­­ tiatives et déci­­ sions utiles. Faire connaître les cri­­ tères à pri­­ lé­­ vi­­ gier : retour sur inves­­ se­­ tis­­ ment en termes d’économie, de satis­­ faction client, de faci­­ du tra­­ lité vail. ✓✓ Mettre en place des réunions d’échanges pour par­­ ger la ta­­ connais­­ sance client interne/externe, trou­­ des solu­­ ver tions à des pro­­ blèmes clients internes/externes non réso­­ ou encore, par­ lus ­ ta­­ les expé­­ ger riences qui ont rendu les clients internes/externes super-­ nthousiastes. e Construire la culture client de ses col­­ bo­­ teurs la­­ ra­­ ✓✓ Connaître soi-­ ême l’organisation, les grands savoir-­ aire et les m f offres de son entre­­ prise, ses réfé­­ rences clients les plus impor­­ tantes, les consul­­ tions. Par­­ ger ces don­­ ta­­ ta­­ nées avec son équipe. Cha­­ cun, 202
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    ✓✓ Faire vivreles valeurs de soli­­ rité et de convivia­­ au sein de da­­ lité l’équipe et avec les col­­ lègues des autres métiers. ✓✓ Veiller à être soi-­ ême sur le ter­­ m rain, en sup­­ port des équipes, dans les périodes de sur­­ charge ou de crise. ✓✓ Être moteur en interne pour résoudre les dif­­ cultés qui portent fi­­ pré­­ dice à la satis­­ ju­­ faction client et dont la réso­­ tion ne dépend lu­­ pas des col­­ bo­­ teurs. la­­ ra­­ ✓✓ Appor­­ des expli­­ tions aux col­­ bo­­ teurs quand des pro­ ter ca­­ la­­ ra­­ ­ blèmes récur­­ rents qui ne dépendent pas d’eux res­­ tent irré­­ lus. so­­ Tra­­ vailler avec eux le dis­­ cours à tenir face aux clients ou aux four­­ seurs. nis­­ ✓✓ En cas de crise (rup­­ pro­­ ture duit, panne du sys­­ tème d’information, etc.), pré­­ rer avec ses col­­ bo­­ teurs les mes­­ pa­­ la­­ ra­­ sages à tenir aux clients. 203 Savoirs Savoir-faire Sou­­ nir la fierté et la moti­­ te­­ vation « orien­­ client » tée des col­­ bo­­ teurs la­­ ra­­ Savoir-être à son niveau, doit être capable de pré­­ ter son entre­­ sen­­ prise à une per­­ sonne exté­­ rieure, four­­ seur ou client et de s’orienter dans nis­­ l’entreprise. ✓✓ Expli­­ quer à tout nou­­ veau col­­ bo­­ teur ce qu’est le « par­­ la­­ ra­­ cours client » et à quel moment du par­­ cours son tra­­ vail par­­ vient en visi­­ lité du client. bi­­ ✓✓ Dif­­ ser de l’information sur le niveau de satis­­ fu­­ faction des clients en réunion. ✓✓ Pra­­ quer le benchmarking dans son métier : connaître les pra­ ti­­ ­ tiques d’autres entre­­ prises, de ses concur­­ rents, les pro­­ dés qu’ils cé­­ emploient pour amé­­ rer leur qua­­ de ser­­ ou dimi­­ lio­­ lité vice nuer les coûts. Par­­ ger ces infor­­ tions en équipe. ta­­ ma­­ ✓✓ Invi­­ ses pairs des autres acti­­ tés dans sa réunion d’équipe ter vi­­ pour qu’ils pré­­ sentent leur acti­­ et répondent aux ques­­ vité tions de vos col­­ bo­­ teurs. À l’inverse, aller pré­­ ter son acti­­ dans la­­ ra­­ sen­­ vité les réunions d’équipe de ses pairs. ✓✓ Invi­­ en réunion un expert pro­­ sus ou qua­­ pour qu’il ter ces­­ lité explique comment le respect des pro­­ sus per­­ de garan­­ la ces­­ met tir qua­­ de ser­­ et quels acteurs internes y contri­­ lité vice buent.
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    6 • Fidéliserle client Les condi­­ tions d’une rela­­ tion client durable Les sup­­ ports de la rela­­ tion client La satis­­ faction client : un défi col­­ tif lec­­ Le fac­­ teur humain dans la satis­­ faction ✓✓ Déve­­ per et valo­­ ser les compé­­ lop­­ ri­­ tences d’écoute et la capa­­ à cité ana­­ ser et remon­­ les infor­­ tions concer­­ ly­­ ter ma­­ nant les besoins et attentes des clients. ✓✓ Commu­­ quer au moins autant sur ce qui va bien que sur ce qui ni­­ va moins bien. ✓✓ Faire régu­­ re­­ liè­­ ment le point sur les plans de pro­­ grès. Mon­­ trer factuellement que l’équipe avance. ✓✓ Par­­ ger les expé­­ ta­­ riences réus­­ de trai­­ ment des récla­­ tions. sies te­­ ma­­ Vous ferez coup double : valo­­ ser les col­­ bo­­ teurs qui en sont ri­­ la­­ ra­­ l’auteur et dif­­ ser des pra­­ fu­­ tiques gagnantes au sein de l’équipe. ✓✓ Inno­­ ver. Cher­­ cher avec son équipe les idées qui per­­ mettent d’enthousiasmer le client par un ser­­ vice qui dépend d’eux, un « plus » inat­­ tendu et gra­­ fiant. ti­­ Pour gagner la pré­­ rence durable du client, l’entreprise fé­­ doit aller au-­ elà de la simple satis­­ d faction, deve­­ nue un attendu basique. La « loyauté » du client se construit par des expé­­ riences humaines fortes vécues tout au long de la rela­­ tion. Le fac­­ teur humain en est la clef. 204
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    Savoirs Chapitre 7 Les ques­­ tionsaux­­ quelles répond ce cha­­ pitre fie ver ◆◆ Que signi­­ inno­­ aujourd’hui ? ◆◆ Comment faire émer­­ ger la créa­­ vité de ses col­­ bo­­ teurs ? ti­­ la­­ ra­­ ◆◆ Quels sont les res­­ sorts de la créa­­ vité ? ti­­ Savoir-faire Inno­­ et capi­­ li­­ ver ta­­ ser les pra­­ tiques 205 Savoir-être ◆◆ Pour­­ quoi et comment gérer les savoirs de son équipe ?
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    7 • Inno­­et capi­­ li­­ ver ta­­ ser les pra­­ tiques Savoir inno­­ ver Sus­­ ter la créa­­ vité de son équipe ci­­ ti­­ Mana­­ la connais­­ ger sance CC Savoir inno­­ er v L’innovation est la trans­­ ma­­ for­­ tion d’idées ori­­ nales en appli­­ tions pro­­ ­ gi­­ ca­­ fi­ PRINCIPES CLÉS tables ou plus lar­­ ment en valeurs pour ge­­ • Si la créa­­ vité reste cen­­ ti­­ trale l’entreprise et ses clients. Son but est de pour inno­­ ver, elle est loin d’être créer un avan­­ tage compé­­ titif. suf­­ sante. fi­­ Lorsque l’on parle d’innovation, on • L’innovation résulte d’un pro­ ­ pense spon­­ né­­ ta­­ ment aux inno­­ tions va­­ ces­­ sus orga­­ nisé tourné vers les pro­­ duit, mais l’innovation va au-­ elà. d besoins du mar­­ ché. Elle porte aussi sur la mise en œuvre d’un nou­­ veau pro­­ cédé, voire d’une nou­ ­ velle méthode de commer­­ li­­ tion ou d’organisation. cia­­ sa­­ L’innovation existe sous deux formes majeures : ✓✓ un réflexe per­­ manent dans le tra­­ au quo­­ dien ; vail ti­­ ✓✓ la mise en œuvre spé­­ fique d’un chan­­ ci­­ tier d’innovation en réponse à un besoin. Glo­­ le­­ ba­­ ment, les méthodes à uti­­ ser sont iden­­ li­­ tiques dans les deux cas. Au-­ elà de la créa­­ vité néces­­ d ti­­ saire mais pas suf­­ sante, l’innovation fi­­ exige : ✓✓ la volonté d’innover ; ✓✓ la prise en compte des besoins du mar­­ ché ; ✓✓ la mise en place d’un vrai pro­­ sus. ces­­ Avoir la volonté d’innover Pour inno­­ il faut de l’envie, de l’énergie et une ambi­­ ver, tion. Antoine Riboud, fon­­ teur de BSN, sou­­ gnait à ce titre l’importance du da­­ li­­ cou­­ rage indus­­ triel dans la réus­­ de l’innovation. site 206
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    Savoirs Savoir-faire Mis à partles cas où elle est le pur fruit du hasard1, l’innovation naît le plus sou­­ vent d’une volonté de créer dans un domaine pré­ ­ cis. À titre d’exemple, un grand groupe agro-­ limentaire exprime sa a volonté de la façon sui­­ vante : offrir la santé au plus grand nombre via des pro­­ duits agro­ limen­­ a taires. Il s’agit d’une réelle voie d’innovation qui oriente les col­­ bo­­ teurs pour ima­­ ner des réponses à tous les la­­ ra­­ gi­­ niveaux : pro­­ duit, commer­­ cial, packaging, etc. Si le mana­­ attend de ses col­­ bo­­ teurs qu’ils innovent en ger la­­ ra­­ créant de nou­­ veaux pro­­ duits ou ser­­ vices, leur don­­ carte blanche ner complète serait une erreur. Il cour­­ le risque que cette créa­­ rait tion soit en déca­­ lage avec la ligne stra­­ gique de l’entreprise. té­­ Cadrer le champ de l’innovation per­­ met d’orienter la réflexion et d’augmenter la pro­­ bi­­ de faire émer­­ des idées ori­­ nales ba­­ lité ger gi­­ et fruc­­ tueuses. Lorsqu’il s’agit de mettre au point un nou­­ veau pro­ ­ duit ou un nou­­ veau ser­­ vice, le cadrage porte sur des axes de tra­­ vail décou­­ direc­­ ment de la stra­­ gie de l’entreprise. lant te­­ té­­ Lorsqu’il s’agit de résoudre un pro­­ blème ponc­­ tuel, de faire preuve d’innovation dans le quo­­ dien, le cadrage n’est pas pos­­ ti­­ sible et s’apparente davan­­ tage à la des­­ tion d’un objec­­ à atteindre. crip­­ tif Dans ce cas, le mana­­ donne un objec­­ pré­­ pour cadrer la ger tif cis réflexion créa­­ et per­­ tive mettre de faire émer­­ de la nou­­ ger veauté de son équipe. En résumé, la commande du mana­­ doit être claire pour lais­­ ger ser libre cours à l’imagination des col­­ bo­­ teurs. la­­ ra­­ Par­­ d’une oppor­­ nité et non d’une idée tir tu­­ 1. On parle dans ce cas de sérendipité. Ce terme ins­­ piré d’un conte per­­ a san été intro­­ duit par le roman­­ anglais Horace Walpole en 1754 et désigne les cier décou­­ vertes inat­­ dues. Repris dans les années cin­­ ten­­ quante dans le voca­­ laire bu­­ de la psy­­ lo­­ il désigne aujourd’hui, en matière de créa­­ vité, l’exploitation cho­­ gie, ti­­ créa­­ de l’imprévu. tive 207 Savoir-être Si géniale que soit une idée, elle ne trou­­ vera sa place que s’il y en a une pour elle, c’est-à-dire si le client interne ou externe la per­­ çoit comme un réel gain pour lui. Une inno­­ tion refu­­ n’en est pas va­­ sée une. Pour que la nou­­ veauté soit accep­­ elle doit faire ses preuves tée,
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    7 • Inno­­et capi­­ li­­ ver ta­­ ser les pra­­ tiques Savoir inno­­ ver Sus­­ ter la créa­­ vité de son équipe ci­­ ti­­ Mana­­ la connais­­ ger sance sur le ter­­ rain : combler un manque ou appor­­ un réel avan­­ ter tage par rap­­ port à la solu­­ tion exis­­ tante. Cou­­ l’émergence des idées avec les besoins à venir est néces­ pler ­ saire pour que l’innovation ren­­ contre au plus vite son mar­­ ché. C’est pour cela que la quête des oppor­­ ni­­ est indis­­ sable dans la tu­­ tés pen­­ démarche d’innovation. L’innovation pro­­ vient pour moi­­ de tié l’entreprise et pour moi­­ du mar­­ tié ché. L’analyse des besoins du mar­­ ché et des compé­­ tences de l’entreprise Lorsqu’il s’agit de créer un nou­­ veau pro­­ duit ou ser­­ vice, l’analyse du mar­­ s’impose. Elle recouvre : ché ✓✓ l’analyse de besoin à court, moyen et long termes ; ✓✓ l’analyse de la concur­­ rence. Cette ana­­ du mar­­ est à confron­­ avec les capa­­ tés et les lyse ché ter ci­­ compé­­ tences de l’entreprise. C’est dans la zone de recou­­ ment que les inno­­ tions vont vre­­ va­­ naître. Si une entre­­ prise a des compé­­ tences dans un domaine et que le mar­­ a des besoins qui néces­­ ché sitent ces compé­­ tences, l’innovation a des chances de trou­­ sa place plus vite. ver La mise en place d’une veille Avec l’augmentation de la concur­­ rence, l’ouverture des mar­­ chés à l’échelle mon­­ diale et le rac­­ cis­­ ment des cycles de vie des pro­ cour­­ se­­ ­ duits, l’anticipation devient presque vitale. Les acti­­ tés de veille sont un moyen d’identifier les besoins à cou­ vi­­ ­ vrir et peuvent même gui­­ dans le choix des voies d’innovation. der Pour cela, les 4 types de veille sont mobi­­ sés : concur­­ tielle, li­­ ren­­ tech­­ lo­­ no­­ gique, commer­­ ciale et envi­­ ne­­ tale. ron­­ men­­ La veille ne doit pas se limi­­ à une simple ana­­ de l’existant, ter lyse mais doit être pros­­ tive. Ce qui est impor­­ pec­­ tant pour une entre­ ­ 208
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    Savoirs prise, c’est dedevi­­ ce que fera le concur­­ ner rent demain et pas de connaître ce qu’il fait aujourd’hui. Le mana­­ dans sa veille doit obser­­ trois champs d’inforger ver mations vitales : ✓✓ L’environnement stra­­ gique. té­­ ✓✓ Les signaux faibles, c’est-à-dire les infor­­ tions rela­­ ma­­ tives à des chan­­ ments qui peuvent se pro­­ ge­­ duire dans l’environnement. Tout le talent réside dans l’instinct qui per­­ tra de repérer les met­­ véri­­ tables oppor­­ ni­­ parmi ces signaux faibles. tu­­ tés ✓✓ Les infor­­ tions qui pour­­ ma­­ raient mettre en péril la stra­­ gie de té­­ l’entreprise. Chaque mana­­ en fai­­ ger sant l’analyse dans son champ d’expertise va ainsi contri­­ buer à struc­­ rer la stra­­ gie d’innovation de l’entreprise tu­­ té­­ dans son ensemble. 209 Savoir-être La réus­­ du pro­­ sus d’innovation réside prin­­ pa­­ ment dans la site ces­­ ci­­ le­­ capa­­ de l’entreprise à trans­­ mer ses idées nou­­ cité for­­ velles en suc­­ cès. Le suc­­ d’une inno­­ tion ne dépend pas seule­­ cès va­­ ment de la per­­ ­ for­ mance tech­­ lo­­ no­­ gique de l’entreprise, mais encore de la manière dont elle va gérer sa capa­­ à inno­­ cité ver. Cette « machine à trans­­ mer les idées » se concré­­ dans un for­­ tise pro­­ sus jalonné d’étapes clés, fai­­ ces­­ sant inter­­ nir des acteurs plu­­ ­ ve­­ ri­ dis­­ li­­ cip­­ naires et compre­­ nant des moments de déci­­ sion. Seule la mise en place d’un pro­­ sus d’innovation va per­­ ces­­ mettre à l’entreprise de déve­­ per de véri­­ lop­­ tables inno­­ tions de rup­­ va­­ ture en asso­­ ciant toutes les res­­ sources trans­­ sales néces­­ ver­­ saires. Le pro­­ sus d’innovation n’est pas linéaire. Il s’apparente à une ces­­ démarche en enton­­ noir incluant une phase explo­­ toire et ouverte ra­­ (inno­­ tion amont), sui­­ d’une phase cadrée à incer­­ tude réduite va­­ vie ti­­ (inno­­ tion aval). va­­ Le pro­­ sus repré­­ ces­­ senté à la figure 7.1 met en évi­­ dence les spé­­ ­ ci­ fici­­ de cha­­ tés cune de ces deux grandes phases. Savoir-faire S’appuyer sur un pro­­ sus d’innovation clair ces­­
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    7 • Inno­­et capi­­ li­­ ver ta­­ ser les pra­­ tiques Savoir inno­­ ver Sus­­ ter la créa­­ vité de son équipe ci­­ ti­­ Mana­­ la connais­­ ger sance Figure 7.1 ■ Le pro­­ sus d’innovation (pipe­­ ces­­ line de l’innovation) nno a on a on nno a on a al jalon a on lo a on a al a oj al lo a a l on n l a a a n n a o o l on a on n a n on o o an a o a a o n n l a nno a n a a nal a on on la l a la lo a n an a l n n n o o n o lo n no o n o on L’innovation amont Dans cette phase, l’objectif est d’exploiter le maxi­­ mum d’idées, avant qu’elles ne coûtent trop, pour ne conser­­ que celles dont les ver chances de suc­­ tech­­ cès nique et commer­­ sont les plus éle­­ cial vées. L’innovation amont est donc carac­­ ri­­ par un foi­­ ne­­ té­­ sée son­­ ment d’idées, par des ana­­ lyses explo­­ toires, par des simu­­ tions et des pro­­ types. ra­­ la­­ to­­ Pen­­ dant cette période, le mana­­ veille à faire le lien entre la ger  stra­­ gie et les oppor­­ ni­­ d’innovation : té­­ tu­­ tés ✓✓ il aide les équipes à pro­­ duire des idées innovantes ; ✓✓ il aide à présélectionner les idées pro­­ teuses ; met­­ ✓✓ il pré­­ sente les idées à un comité de déci­­ sion ; ✓✓ il aide à la pré­­ ra­­ pa­­ tion des études de fai­­ bi­­ sa­­ lité. 210
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    Faire le diag­­ nos­­de la capa­­ tic cité d’innovation de son ser­­ vice Le modèle en 5 ter­­ toires de F. Debois E. Chenevier sert à repré­ ri­­ ­ sen­­ la capa­­ d’une entre­­ ter cité prise à favo­­ ser l’innovation au quo­ ri­­ ­ ti­­ dien. Il peut consti­­ tuer un outil effi­­ cace pour le mana­­ pour ger diag­­ ti­­ nos­­ quer la situa­­ tion de son ser­­ vice en matière d’innovation et iden­­ fier des pistes d’améliorations. ti­­ Le croi­­ ment de deux axes fait appa­­ se­­ raître 5 ter­­ toires dis­­ ri­­ tincts : ✓✓ Le pre­­ mier axe est rela­­ à l’équipe. Il s’agit de sa volonté tif d’innover. ✓✓ Le deuxième axe est rela­­ au mana­­ ment. Il s’agit de l’implicatif ge­­ tion managériale. 211 Savoir-faire Le rôle du mana­­ ger Savoir-être Elle a pour objec­­ de garan­­ la mise sur le mar­­ d’un pro­ tif tir ché ­ duit inno­­ vant dans un temps opti­­ mal en res­­ tant les contraintes pec­­ tech­­ niques et les attentes du mar­­ ché. Dans le cas d’une inno­­ tion va­­ interne, il s’agit de réus­­ la mise en œuvre d’un pro­­ sus inno­­ sir ces­­ vant en gérant les résis­­ tances au chan­­ ment et les réper­­ sions sur le ge­­ cus­­ tra­­ quo­­ dien des équipes. vail ti­­ Bien que le pro­­ sus d’innovation soit repré­­ ces­­ senté visuel­­ ment le­­ comme linéaire, il n’en est pas de même sur le ter­­ rain. Au contraire, une de ses carac­­ ris­­ té­­ tiques est d’admettre des retours en arrière, des mises en veille, des chan­­ ments de direc­­ ge­­ tion, voire des points d’arrêt car il est régi avant tout par l’inconnu et l’incertitude. Chaque étape du pro­­ sus est mar­­ ces­­ quée par un jalon : ana­­ lyse appro­­ die de la situa­­ fon­­ tion et des objec­­ à atteindre. C’est le tifs moment pri­­ lé­­ pour déci­­ de la suite à don­­ et se ques­ vi­­ gié der ner ­ tion­­ ner : ✓✓ Voulons-­ ous aller plus loin ou pas ? n ✓✓ Souhaitons-­ ous réorien­­ la réflexion ? n ter ✓✓ Souhaitons-­ ous mettre en veille le pro­­ d’innovation ? n jet Chaque jalon fait l’objet d’une prise de déci­­ sion : Go ou No Go. Savoirs L’innovation aval
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    7 • Inno­­et capi­­ li­­ ver ta­­ ser les pra­­ tiques Savoir inno­­ ver Sus­­ ter la créa­­ vité de son équipe ci­­ ti­­ Mana­­ la connais­­ ger sance La volonté d’innover des équipes La volonté d’innover des équipes s’évalue en se posant les ques­­ tions sui­­ vantes : ✓✓ Mes col­­ bo­­ teurs sont-­ls curieux de savoir ce qui se passe chez la­­ ra­­ i nos concur­­ rents ou dans les mar­­ chés connexes aux nôtres ? ✓✓ Ont-­ls l’envie d’expérimenter des idées ? i ✓✓ Sont-­ls prêts à col­­ bo­­ dans le cadre d’équipes plu­­ dis­­ li­ i la­­ rer ri­­ cip­­ ­ naires, trans­­ sales à notre orga­­ sa­­ ver­­ ni­­ tion, voire en dehors ? ✓✓ Tirent-­ls des leçons de leurs erreurs ? i L’implication managériale L’implication managériale s’évalue en se posant les ques­­ tions sui­ ­ vantes : ✓✓ Est-­ e que je favo­­ les expé­­ men­­ tions ? c rise ri­­ ta­­ ✓✓ Est-­ e que j’accompagne et pro­­ c meus la prise de risque ? ✓✓ Est-­ e que j’accepte les échecs de la part de mes col­­ bo­­ teurs ? c la­­ ra­­ ✓✓ Est-­ e que je per­­ c mets à mes col­­ bo­­ teurs de déve­­ per leurs la­­ ra­­ lop­­ compé­­ tences créa­­ tives ? Le modèle des 5 ter­­ toires ri­­ Il per­­ met de déco­­ les méca­­ der nismes qui se mettent en place dans l’équipe et qui favo­­ risent ou inhibent l’innovation. Les Cathares Les col­­ bo­­ teurs ont envie d’innover, mais leurs idées ne sont pas la­­ ra­­ sou­­ nues par le mana­­ ment. Cette situa­­ te­­ ge­­ tion peut mettre en péril l’innovation car elle engendre une frus­­ tion. Dans le pire des cas, tra­­ elle peut même ame­­ des rup­­ ner tures entre les col­­ bo­­ teurs et leurs la­­ ra­­ entre­­ prises. 212
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    Figure 7.2 ■ Les ter­­toires d’innovation ri­­ ort e Volonté d’innover des équipes Euphoria Savoirs Cathares Innovation Land Marécages Inertia i le i le pli tion n éri le orte Les col­­ bo­­ teurs n’ont plus envie de se mettre en dan­­ ou de la­­ ra­­ ger faire preuve d’initiative. Ils ont été déçus dans le passé par le peu d’attention por­­ à leurs idées. Si cette situa­­ tée tion est actuel­­ ment le­­ celle de votre ser­­ vice, il est inté­­ sant d’en diag­­ ti­­ res­­ nos­­ quer l’origine, afin de rebon­­ La rou­­ dir. tine et le fait de cen­­ son busi­­ trer ness sur d’anciens pro­­ duits à suc­­ sont sou­­ cès vent des révé­­ teurs. la­­ L’inertia Savoir-faire Les maré­­ cages Le ter­­ toire de l’inertia est carac­­ ris­­ ri­­ té­­ tique des entre­­ prises ayant renou­­ velé leur mana­­ ment avec de nou­­ ge­­ veaux pro­­ plus dyna­ fils ­ miques et innovants. Les col­­ bo­­ teurs, déçus par le passé, ont la­­ ra­­ déve­­ loppé une cer­­ taine appré­­ sion face à l’innovation. Ils ont hen­­ envie d’innover et en même temps sont inquiets. Ils sont spec­­ ­ ta­ teurs de leurs mana­­ gers qui cherchent à faire bou­­ les choses et ger dépensent beau­­ coup d’énergie sans grand suc­­ cès. La mise en place d’un pro­­ pilote per­­ jet met aux entre­­ prises de sor­­ tir de l’inertie et de ren­­ dans le ter­­ toire Euphoria. La réa­­ sa­­ trer ri­­ li­­ tion du pro­­ pilote amène l’entreprise à se prou­­ sa capa­­ à inno­­ et jet ver cité ver 213 Savoir-être Euphoria
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    7 • Inno­­et capi­­ li­­ ver ta­­ ser les pra­­ tiques Savoir inno­­ ver Sus­­ ter la créa­­ vité de son équipe ci­­ ti­­ Mana­­ la connais­­ ger sance redonne de la confiance aux col­­ bo­­ teurs. C’est aussi un excellent la­­ ra­­ moyen d’asseoir la légi­­ mité de nou­­ ti­­ veaux mana­­ gers. L’écueil de ce ter­­ toire est le risque de dis­­ sion de l’énergie. Il faut donc la ri­­ per­­ cana­­ ser et la sta­­ li­­ pour la remettre au ser­­ d’une inno­­ tion li­­ bi­­ ser vice va­­ orga­­ sée. ni­­ L’innovation land C’est la zone d’équilibre dans laquelle volonté d’innover des équipes et impli­­ tion de la direc­­ ca­­ tion se ren­­ contrent. L’objectif est de l’atteindre au plus vite tout en sachant que le pas­­ sage dans les ter­­ ­ ri­ toires qui la pré­­ cèdent est inévi­­ table. Les bonnes pra­­ tiques de mana­­ ment de l’innovation ge­­ Pour favo­­ ser le déve­­ pe­­ ri­­ lop­­ ment de l’innovation, le mana­­ doit ger à la fois savoir en poser le cadre et adop­­ une pos­­ ter ture ouverte et prag­­ tique. ma­­ Poser le cadre Il revient au mana­­ de poser le cadre dans lequel l’innovation ger s’organise. À ce titre, il est le garant de l’équilibre entre ordre et désordre. En effet, inno­­ c’est mettre de l’ordre dans le désordre ver, tout en accep­­ tant une part de désordre, ter­­ reau des idées nou­­ velles. Il engage en outre dif­­ rentes actions : fé­­ ✓✓ allo­­ tion de bud­­ et de res­­ ca­­ gets sources ; ✓✓ auto­­ sa­­ ri­­ tion de tra­­ vailler à plu­­ sieurs, en par­­ cu­­ en croi­­ ti­­ lier sant les exper­­ tises ; ✓✓ mise en place de points d’avancement régu­­ liers ; ✓✓ vali­­ tion pério­­ da­­ dique des avan­­ cées pour qu’elles res­­ tent en lien avec les champs d’innovation visés et la stra­­ gie ; té­­ ✓✓ iden­­ fi­­ ti­­ cation des risques et défi­­ tion de plans d’actions asso­­ ni­­ ciés. 214
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    Le pari àrele­­ dans la phase amont est de savoir être patient et ver d’accepter les retours en arrière et les points d’arrêts momen­­ nés ta­­ des équipes. Le mana­­ doit res­­ dis­­ ger ter cret pour lais­­ les idées ser s’exprimer et gran­­ et en même temps mon­­ son inté­­ pour le dir trer rêt tra­­ réa­­ Cela néces­­ de ne pas juger mais de faire expli­­ ter, vail lisé. site ci­­ de chal­­ ger et d’encourager. len­­ Il doit aussi don­­ le droit à l’erreur. L’échec est impor­­ ner tant dans le pro­­ sus d’innovation. Thomas Edison disait lorsqu’il ces­­ ne par­­ nait pas tout de suite à un résul­­ ve­­ tat : « Je n’ai pas échoué. J’ai sim­­ ment trouvé 10  000 approches qui ne fonc­­ ple­­ tionnent pas ». Il doit enfin favo­­ ser les ini­­ ri­­ tiatives et encou­­ ger la recherche ra­­ d’idées nou­­ velles et d’originalité. Savoirs Adop­­ une pos­­ ter ture managériale Créer les condi­­ tions de la créa­­ vité ti­­ PRINCIPES CLÉS La créa­­ vité n’est pas seule­­ ti­­ ment une ques­­ tion de talent indi­­ duel, vi­­ elle dépend lar­­ ment des méthodes ge­­ managériales et des condi­­ tions de tra­ ­ sorts vail. Selon T.M. Amabile1, 6  res­­ la sti­­ le­­ mu­­ raient (figure 7.3). Le mana­ ­ ger peut s’appuyer sur ces res­­ sorts pour favo­­ ser un état d’esprit créa­­ au sein ri­­ tif de son équipe. • L’innovation est le moteur du pro­­ grès, la créa­­ vité en est le ti­­ car­­ rant ! bu­­ • Pour faire émer­­ la créa­­ vité ger ti­­ de ses col­­ bo­­ teurs, le mana­ la­­ ra­­ ­ ger doit à la fois leur per­­ mettre de déve­­ per leurs capa­­ tés lop­­ ci­­ cogni­­ tives et créer des condi­ ­ tions émo­­ nelles et envi­­ ­ tion­­ ron­ ne­­ men­­ tales favo­­ rables. 1. Chargé de recherche au sein de la Harvard Busi­­ ness School de Bos­­ ton. 215 Savoir-être Les res­­ sorts de la créa­­ vité ti­­ Savoir-faire CC Sus­­ci­­ter la créa­­ti­­ ité de son équipe v
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    7 • Inno­­et capi­­ li­­ ver ta­­ ser les pra­­ tiques Savoir inno­­ ver Sus­­ ter la créa­­ vité de son équipe ci­­ ti­­ Mana­­ la connais­­ ger sance Figure 7.3 ■ Les res­­ sorts de la créa­­ vité ti­­ En couragemen t Défi Pression nomie A ut o Diversité Émulation ✓✓ La diver­­ des pro­­ et des compé­­ sité fils tences réunis dans l’équipe engendre un bouillon­­ ment intel­­ tuel pro­­ ne­­ lec­­ pice à la créa­­ vité. ti­­ ✓✓ Le défi consiste à mettre les col­­ bo­­ teurs sous une « juste ten­ la­­ ra­­ ­ sion » pour qu’ils expriment tout leur poten­­ sans s’ennuyer ni tiel être sub­­ gés. mer­­ ✓✓ Pour don­­ de l’autonomie aux équipes, il faut leur lais­­ le ner ser choix des moyens pour atteindre l’objectif. ✓✓ La pres­­ sion pro­­ vient du temps et des contraintes bud­­ taires. gé­­ Une juste pres­­ sion sur les délais et les moyens finan­­ ciers crée des condi­­ tions favo­­ rables à la créa­­ vité. ti­­ ✓✓ L’encouragement passe par la reconnais­­ sance des efforts accom­ ­ plis même quand les résul­­ ne sont pas encore là. En matière tats de créa­­ vité, il faut savoir être à la fois patient et tenace. ti­­ ✓✓ Le par­­ tage des infor­­ tions et des connais­­ ma­­ sances créé une ému­ ­ la­­ tion posi­­ où cha­­ trouve sa place. tive cun 216
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    Au quo­­ dien,le mana­­ peut éga­­ ment s’appuyer sur les 5 clés de ti­­ ger le­­ la syner­­ créa­­ pour déve­­ per un état d’esprit favo­­ gie tive lop­­ rable à la créa­­ vité. Ces 5  clés incitent les col­­ bo­­ teurs à s’exprimer libre­ ti­­ la­­ ra­­ ­ ment, c’est une sorte de charte de la créa­­ vité à uti­­ ser lors des ti­­ li­­ séances de créa­­ vité. ti­­ Savoirs Les cinq clés de la syner­­ gie La charte de la créa­­ vité ti­­ 1. Tout juge­­ ment est sus­­ pendu : cen­­ sure, auto­­ sure, auto­­ tique, cen­­ cri­­ auto­ valua­­ é tion sont mises en veille. Juger ou avoir un avis pré­­ conçu appau­­ les pos­­ bi­­ tés de résul­­ vrit si­­ li­­ tats. Ouvrir les champs des solu­­ tions à 360° aug­­ mente les chances d’accueillir les oppor­­ ni­­ et de géné­­ de la créa­­ vité. tu­­ tés rer ti­­ 3. Tout le monde est à éga­­ . L’idée émise par une per­­ lité sonne ne connais­ ­ sant pas le domaine peut être plus inté­­ sante que celle émise par res­­ l’expert. 4. Toute dif­­ rence vaut mieux que l’uniformité : plus un groupe est fé­­ hété­­ gène plus la pro­­ tion qui en résulte est riche. ro­­ duc­­ 5. Toute idée doit gran­­ avant d’être jugée : il est effi­­ dir cace de sépa­­ rer l’émission des idées de leur sélec­­ tion. Savoir-faire 2. Tout est bon à prendre dans une pro­­ tion créa­­ duc­­ tive, tout est poten­­ ­ tiel­ le­­ ment inté­­ sant. res­­ La tech­­ nique de l’avocat de l’ange incite à accueillir posi­­ ve­­ ti­­ ment les idées déran­­ geantes. Voici les étapes à suivre pour la mettre en appli­­ tion : ca­­ ✓✓ Étape 1 : prendre le temps d’écouter l’idée jusqu’au bout même si a priori elle semble peu convain­­ cante. ✓✓ Étape 2 : poser des ques­­ tions pour mieux comprendre les tenants et les abou­­ sants. Uti­­ ser par exemple des ques­­ tis­­ li­­ tions ouvertes et simples, comment, où, quoi ? 217 Savoir-être La tech­­ nique de l’avocat de l’ange
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    7 • Inno­­et capi­­ li­­ ver ta­­ ser les pra­­ tiques Savoir inno­­ ver Sus­­ ter la créa­­ vité de son équipe ci­­ ti­­ Mana­­ la connais­­ ger sance ✓✓ Étape 3 : refor­­ ler l’idée, « Si j’ai bien compris, tu me pro­­ mu­­ poses de… » ✓✓ Étape 4 : Indi­­ quer ce que l’on aime dans l’idée : en pre­­ nant soin de commen­­ sa phrase par « Ce que j’aime dans ton idée, cer c’est… » Figure 7.4 ■ La tech­­ nique de l’avocat de l’ange ? ? ? ? ? Mener une séance de créa­­ vité ti­­ Poser les règles Il existe des outils qui peuvent aider à être créa­­ mais ce ne sont tif, que des cata­­ seurs. Ils ne sont effi­­ ly­­ caces que si on adopte les bonnes atti­­ tudes : la créa­­ vité est une ques­­ ti­­ tion d’attitudes ! Voici les 7 atti­­ tudes favo­­ rables à l’émergence de la créa­­ vité au ti­­ sein d’un groupe. 218
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    Figure 7.5 ■ Les atti­­ tudescréa­­ tives Écoute Pillage d’idées Acceptation sans jugement Spontanéité Non auto-censure Savoirs Association Est créa­­ tive, toute per­­ sonne qui saura mettre en œuvre ces 7 atti­ ­ tudes. ✓✓ L’écoute sans a priori et sans juge­­ ment. ✓✓ L’association des idées est un excellent moyen pour pro­­ duire des idées en un temps record. ✓✓ La spon­­ néité : s’abstenir de fil­­ ses idées. ta­­ trer ✓✓ La non-­ utocensure per­­ a met de faire taire le dia­­ logue inté­­ rieur qui bride notre créa­­ vité (cette petite voix qui nous fait peur de ti­­ paraître stu­­ pide). ✓✓ L’acceptation des idées des autres sans juge­­ ment : l’objectif est de pro­­ duire des idées et non de démon­­ son pou­­ ou son trer voir intel­­ gence. li­­ ✓✓ Le pillage d’idées pour rebon­­ sur les idées déjà émises pour dir en émettre de nou­­ velles. ✓✓ La « concrétude » : j’exprime mon idée de façon claire, brève et concrète. Savoir-faire Concrétude C’est l’alternance per­­ nente entre deux flux de réflexion et de per­ ma­­ ­ cep­­ tion : D pour diver­­ gence et C pour conver­­ gence. 219 Savoir-être Une méthode de créa­­ vité : la marée D/C ti­­
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    7 • Inno­­et capi­­ li­­ ver ta­­ ser les pra­­ tiques Savoir inno­­ ver Sus­­ ter la créa­­ vité de son équipe ci­­ ti­­ Mana­­ la connais­­ ger sance Diver­­ gence et conver­­ gence doivent se suc­­ der. Il est impos­­ cé­­ sible de les mener à bien simul­­ né­­ ta­­ ment, car elles font appel à des dis­ ­ po­­ tions d’esprit dif­­ rentes. La richesse de la diver­­ si­­ fé­­ gence four­­ la nit matière à la conver­­ gence. Figure 7.6 ■ Diver­­ gence/conver­­ gence La diver­­ gence C’est une phase d’ouverture et d’association libre d’idées. Elle auto­ ­ rise une per­­ tion plus large qui per­­ cep­­ met de « rêver l’impossible ». On accepte de s’éloigner du pro­­ blème pour mieux y reve­­ avec une nir vision plus ori­­ nale et plus ouverte. gi­­ Elle s’appuie sur des logiques asso­­ tives comme le fait natu­­ ­ cia­­ rel­ le­­ ment notre cer­­ veau. Elle fait appel à la sub­­ ti­­ jec­­ vité, à l’analogie, à 220
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    C’est une phasede fer­­ ture et d’analyse. Elle consiste à trou­­ me­­ ver comment rendre « l’impossible » réa­­ sable. Elle se fonde sur un rai­ li­­ ­ son­­ ment logique, rigou­­ ne­­ reux et objec­­ pri­­ lé­­ tif vi­­ giant le détail. Elle fait appel à nos capa­­ tés de cer­­ ci­­ veau gauche, siège de la conscience, de l’esprit et de l’intellect. Lorsqu’on uti­­ son cer­­ lise veau gauche, cela se tra­­ duit par : ✓✓ Une pen­­ ana­­ tique, linéaire, logique, ration­­ sée ly­­ nelle, séquen­­ tielle et réa­­ liste. ✓✓ Une expres­­ sion expli­­ cite, ver­­ bale et intel­­ tuelle. lec­­ ✓✓ Une mémo­­ sa­­ ri­­ tion des mots, des nombres et des noms. Le pro­­ sus créa­­ ces­­ tif Trou­­ des idées n’est pas spon­­ ver tané  ! Elles sur­­ gissent pro­­ si­ gres­­ ­ ve­­ ment au cours du pro­­ sus créa­­ (pré­­ ces­­ tif senté sur la figure 7.7), pen­­ dant lequel diver­­ gence et conver­­ gence alternent (en se répé­­ tant plu­­ sieurs fois de suite si néces­­ saire). Les étapes d’imprégnation et d’incubation sont typiques de la phase de diver­­ gence, tan­­ que dis l’illumination et l’évaluation sont carac­­ ris­­ té­­ tiques de la phase de conver­­ gence. 221 Savoirs Savoir-faire La conver­­ gence Savoir-être l’imagination pure et au rêve. Elle uti­­ les capa­­ tés de notre cer­ lise ci­­ ­ veau droit, siège de l’inconscient, du corps et de la sen­­ lité. sua­­ Lorsqu’on fait appel à son cer­­ veau droit, cela se tra­­ duit par : ✓✓ une pen­­ syn­­ tique, spa­­ sée thé­­ tiale, intui­­ et idéa­­ tive liste ; ✓✓ une expres­­ sion visuelle, ges­­ tuelle, uti­­ sant le des­­ et le grif­ li­­ sin ­ fon­­ nage ; ✓✓ une mémo­­ sa­­ ri­­ tion des images, des modèles et des visages.
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    7 • Inno­­et capi­­ li­­ ver ta­­ ser les pra­­ tiques Savoir inno­­ ver Sus­­ ter la créa­­ vité de son équipe ci­­ ti­­ Mana­­ la connais­­ ger sance Figure 7.7 ■  e pro­­ sus créa­­ ins­­ L ces­­ tif piré des tra­­ vaux de Jacques Hadamard1 Il n’est pas rare qu’une même idée issue de la diver­­ gence amène plu­­ sieurs idées concrètes au moment de la conver­­ gence. La conver­ ­ gence dure envi­­ cinq fois plus de temps que la diver­­ ron gence car les idées brutes doivent être pré­­ sées, enri­­ ci­­ chies, dépouillées de leurs imper­­ tions et affi­­ fec­­ nées. La créa­­ vité prend avec ce pro­­ sus une dimen­­ ti­­ ces­­ sion métho­­ dique qui motive sou­­ vent les per­­ sonnes peu habi­­ tuées aux tra­­ vaux créa­­ tifs. En effet, ce pro­­ sus fait écho au cer­­ ces­­ veau gauche (pen­­ logique, sée ration­­ nelle et séquen­­ tielle) alors que l’acte créa­­ en lui-­ ême sol­­ ­ tif m li­ cite beau­­ coup le cer­­ veau droit (intui­­ tion, ana­­ gie, ima­­ na­­ lo­­ gi­­ tion). 1. Jacques Hadamard, mathéma­­ cien fran­­ ti­­ çais, a tra­­ vaillé en par­­ cu­­ sur ti­­ lier l’émergence de l’intuition mathéma­­ tique. 222
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    CC Mana­­ger laconnais­­sance Pour­­ quoi mettre en place une ges­­ des savoirs tion de son équipe ? 223 Savoir-faire La mise en place d’une ges­­ des savoirs tion de son équipe per­­ de répondre à dif­ met ­ fé­­ rents objec­­ tifs : ✓✓ mieux recru­­ et inté­­ ter grer plus rapi­ ­ de­­ ment les nou­­ veaux col­­ bo­­ teurs ; • C’est sur ces savoirs que le la­­ ra­­ mana­­ ment de la connais­ ge­­ ­ ✓✓ minimi­­ ser les consé­­ quences des sance va se concen­­ trer prio­­ ­ ri­ départs, les compé­­ tences clés ayant tai­­ ment. re­­ été capi­­ li­­ et par­­ gées ; ta­­ sées ta­­ ✓✓ dis­­ ser d’un outil sup­­ men­­ po­­ plé­­ taire pour déve­­ per les compé­­ lop­­ tences des col­­ bo­­ teurs ; la­­ ra­­ ✓✓ pos­­ der une base des savoirs métier mise à jour ; sé­­ ✓✓ ini­­ une démarche de pro­­ tier grès continu ; ✓✓ déve­­ per la soli­­ rité et l’implication de l’équipe et du mana­­ lop­­ da­­ ger. Réus­­ la mise en place de la ges­­ sir tion des savoirs néces­­ de res­ site ­ pec­­ les condi­­ ter tions sui­­ vantes. Cette ges­­ tion doit être : ✓✓ inté­­ grée dans le tra­­ de l’équipe ; vail ✓✓ valo­­ sée au tra­­ ri­­ vers d’objectifs indi­­ duels et col­­ tifs fixés lors vi­­ lec­­ des entre­­ tiens annuels ; ✓✓ foca­­ sée sur les prio­­ tés défi­­ li­­ ri­­ nies par rap­­ port aux attentes clients ; ✓✓ pilo­­ et ani­­ tée mée par le mana­­ de l’équipe sur la base d’un plan ger d’actions construit avec elle et vali­­ par la hié­­ chie ; dé rar­­ ✓✓ bâtie sur une démarche de pro­­ grès continu ; ✓✓ fon­­ sur des méthodes et outils très visuels et appropriables dée par tous. Savoir-être • Le mana­­ ment de la connais­ ge­­ ­ sance dans une équipe doit par­­ des attentes des clients tir vis-­ -vis de l’entreprise pour à iden­­ fier les savoirs à mettre en ti­­ œuvre pour les satis­­ faire. Savoirs PRINCIPES CLÉS
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    7 • Inno­­et capi­­ li­­ ver ta­­ ser les pra­­ tiques Savoir inno­­ ver Sus­­ ter la créa­­ vité de son équipe ci­­ ti­­ Mana­­ la connais­­ ger sance Quelle métho­­ lo­­ adop­­ do­­ gie ter ? Pour construire la base des savoirs métiers de son acti­­ vité, le mana­ ­ ger peut s’appuyer sur une métho­­ lo­­ en six étapes. Nous déve­ do­­ gie ­ lop­­ rons ici plus par­­ cu­­ re­­ pe­­ ti­­ liè­­ ment les trois pre­­ mières étapes : cartographier les savoirs de l’équipe, iden­­ fier les savoirs à capi­­ li­ ti­­ ta­­ ­ ser et défi­­ les actions à lan­­ nir cer. Figure 7.8 ■ La métho­­ lo­­ de ges­­ do­­ gie tion des savoirs ettre en œuvre et suivre les a ti ns Entretiens individuels annuels al riser les a ti ns r alis es a ue d art i er les e ti s art ra ier retraite u ilit il individuels et lle ti s les sav irs audra identi ier les de a italisati n de l ui e sav irs du sa ant ui et de arta e nt de la valeur ur l ui e et les ins a tris s ar l ui e inir les uis d inir et ettre denti ier les d aines a ti ns lan er en uvre un lan de sav irs a italiser d a ti ns s i i ues et arta er en ri rit E E E Cartographier les savoirs de l’équipe Cartographier les savoirs de l’équipe consiste à : ✓✓ Recen­­ les savoirs. ser ✓✓ Leur attri­­ buer un niveau de maî­­ trise. ✓✓ Leur attri­­ buer un niveau de valeur. 224
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    Attri­­ buer un niveaude maî­­ trise aux savoirs La carac­­ ri­­ tion en termes de maî­­ té­­ sa­­ trise peut se faire sui­­ vant 4 niveaux. Figure 7.9 ■ La matrice des niveaux de maî­­ trise des savoirs Explicites 225 Savoir-être Collectives Individuelles Tacites Savoir-faire On peut clas­­ les champs de savoirs à inven­­ rier sui­­ ser to­­ vant 4 axes : ✓✓ Acti­­ tés. Que faites-­ ous tous les jours  ? Comment le faitesvi­­ v v ­ ous ? Que produisez-­ ous ? On déter­­ nera les acti­­ tés en iden­ v mi­­ vi­­ ­ ti­­ fiant les clients de l’équipe (internes ou externes à l’entreprise). Un client est un acteur exté­­ rieur à l’entité qui lui adresse une demande dont la réa­­ sa­­ li­­ tion néces­­ site un cer­­ tain nombre d’activités. ✓✓ Res­­ sources/moyens. Quelles méthodes et outils vous sont néces­­ saires pour réa­­ ser cette acti­­ li­­ vité  ? Devez-­ ous res­­ ter v pec­­ des normes  ? Quels sont les docu­­ ments exis­­ tants pour réa­­ ser li­­ l’activité ? ✓✓ Pro­­ . Sur quoi portent les acti­­ tés que vous réa­­ sez ? duit vi­­ li­­ ✓✓ Phé­­ mènes. Quels sont les métiers qui par­­ cipent aux acti­­ ­ no­­ ti­­ vi­ tés ? Quels sont les pro­­ blèmes ren­­ contrés cou­­ ment ? Quelles ram­­ sont les carac­­ ris­­ té­­ tiques de l’environnement  ? À quels besoins répond le pro­­ duit ? Savoirs Recen­­ ser les savoirs
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    7 • Inno­­et capi­­ li­­ ver ta­­ ser les pra­­ tiques Savoir inno­­ ver Sus­­ ter la créa­­ vité de son équipe ci­­ ti­­ Mana­­ la connais­­ ger sance ✓✓ Tacite-­ ndividuel. Les savoirs ne sont pas for­­ li­­ ils sont i ma­­ sés, « dans la tête » d’une ou plu­­ sieurs per­­ sonnes. Ils ne sont pas ou sont peu par­­ gés. ta­­ ✓✓ Explicite-­ ndividuel. Les savoirs sont for­­ li­­ Ils sont des­ i ma­­ sés. ­ ti­­ à une uti­­ sation propre (notes per­­ nelles). Il n’y a pas nés li­­ son­­ de modèle de for­­ li­­ tion commun à tous. Il n’y a pas ou peu ma­­ sa­­ d’échanges. ✓✓ Tacite-­ ollectif. Les savoirs ne sont pas for­­ li­­ c ma­­ sés, ils sont «  dans la tête  » de plu­­ sieurs per­­ sonnes. Ils ne sont pas néces­ ­ sai­­ ment exploi­­ de manière iden­­ re­­ tés tique par les dif­­ rentes per­ fé­­ ­ sonnes. ✓✓ Explicite-­ ollectif. Les savoirs sont for­­ li­­ et par­­ gés. Ils c ma­­ sés ta­­ sont exploi­­ de manière iden­­ tés tique par les dif­­ rentes per­­ fé­­ sonnes. Ils sont maî­­ sés. tri­­ Pour recueillir ces infor­­ tions on pourra poser les ques­­ ma­­ tions sui­­ vantes : • Existe-­-il des docu­­ t ments sur ce champ de savoirs  ? Sont-­ls i clairs ? Uti­­ sés cou­­ ment et mis à jour ? li­­ ram­­ • Avez-­ ous déve­­ v loppé des savoir-­ aire par­­ cu­­ f ti­­ liers sur ce champ de savoirs ? Avez-­ ous trans­­ ces savoirs à d’autres per­­ v mis sonnes ? Connaissez-­ ous d’autres per­­ v sonnes qui auraient déve­­ loppé des savoir-­ aire dif­­ rents des vôtres ? f fé­­ • Avez-­ ous tou­­ v jours pro­­ cédé de cette manière ? Savez-­ ous pour­ v ­ quoi on pro­­ cède ainsi ? Attri­­ buer un niveau de valeur aux savoirs Autant l’expression de la maî­­ trise des savoirs peut-­ tre géné­­ ê rique à toute entre­­ prise et à tout domaine, autant l’expression de leur valeur est très spé­­ fique au domaine consi­­ ci­­ déré. 226
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    Savoirs Savoir-faire En effet, ellese fonde sur les attentes du client. La valeur client doit être indi­­ quée de pré­­ rence par le client lui-­ ême ou à défaut fé­­ m par le res­­ sable du domaine. pon­­ Pour déter­­ ner la valeur des savoirs, il fau­­ mi­­ dra : ✓✓ recueillir les attentes des clients ; ✓✓ repérer les savoirs mis en œuvre pour satis­­ faire ces attentes ; ✓✓ éva­­ la criticité de l’absence de maî­­ luer trise de ces savoirs. On mesure la valeur de chaque savoir par un niveau reflé­­ tant les impacts de l’absence de sa maî­­ trise : ✓✓ pas d’impact ; ✓✓ impact à long terme ; ✓✓ impact à moyen terme ; ✓✓ impact à court terme. Exemples de cri­­ tères de valeur : ✓✓ savoirs stra­­ giques à acqué­­ ou à main­­ nir ; té­­ rir te­­ ✓✓ savoirs déte­­ par une seule per­­ nus sonne ; ✓✓ savoirs dont la maî­­ trise a un impact fort sur les coûts, les délais et la qua­­ lité ; ✓✓ savoirs sources d’innovations fortes ; ✓✓ savoirs différentiateurs par rap­­ port à la concur­­ rence ; ✓✓ savoirs par­­ gés par plu­­ ta­­ sieurs sites ; ✓✓ savoirs pos­­ dés par des per­­ sé­­ sonnes dont le départ est proche : muta­­ tions, retraites, démis­­ sions ; ✓✓ savoirs dans des sec­­ teurs à fort turn-­ ver. o Iden­­ fier les savoirs à capi­­ li­­ ti­­ ta­­ ser (prio­­ taires ri­­ et/ou cri­­ tiques) 227 Savoir-être Les savoirs sur les­­ quels on se foca­­ sera pour lan­­ des actions de li­­ cer capi­­ li­­ tion seront prio­­ taires ou cri­­ ta­­ sa­­ ri­­ tiques mais tou­­ jours à forte valeur pour le client.
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    7 • Inno­­et capi­­ li­­ ver ta­­ ser les pra­­ tiques Savoir inno­­ ver Sus­­ ter la créa­­ vité de son équipe ci­­ ti­­ Mana­­ la connais­­ ger sance Défi­­ les actions de capi­­ li­­ tion à enga­­ nir ta­­ sa­­ ger On peut clas­­ les actions de capi­­ li­­ tion en trois grandes familles : ser ta­­ sa­­ for­­ li­­ tion, dif­­ sion, inté­­ tion. ma­­ sa­­ fu­­ gra­­ Explicites et collectives e rm te rt co u à Im pa ct s à ct s pa Im Im pa ct s à m ng lo ct pa im d’ Pa s A TRI E oy en te te rm e rm e Figure 7.10 ■ Car­­ gra­­ to­­ phie des savoirs Domaines de connaissances prioritaires Tacites et collectives Explicites et individuelles Domaines de connaissances critiques Implicites et individuelles VALEUR Pour pré­­ ser le type d’action de capi­­ li­­ tion à mettre en œuvre, ci­­ ta­­ sa­­ il faut en outre prendre en compte le cri­­ de sta­­ lité intrin­­ tère bi­­ sèque du savoir consi­­ déré. Les ques­­ tions qui per­­ mettent de déter­­ ner le niveau de sta­­ lité mi­­ bi­­ d’un savoir sont : ✓✓ Le savoir sur lequel je vais agir est-­l très dépen­­ i dant des contextes d’utilisation ? ✓✓ Ces contextes sont-­ls nom­­ i breux ? 228
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    Figure 7.11 ■ Les actionsde capi­­ li­­ tion ta­­ sa­­ Formalisation Diffusion Savoirs Explicites Formalisation Intégration ✓✓ Sont-­ls ame­­ à chan­­ sou­­ i nés ger vent ? ✓✓ Cela m’amène-t-il à faire évo­­ le savoir ? luer Pour choi­­ un type d’action à mener dans une famille de savoirs sir selon le niveau de sta­­ lité du savoir, on peut uti­­ ser le tableau cibi­­ li­­ d ­ essous. 229 Savoir-faire Diffusion Savoir-être Collectives Individuelles Tacites
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    7 • Inno­­et capi­­ li­­ ver ta­­ ser les pra­­ tiques Savoir inno­­ ver Sus­­ ter la créa­­ vité de son équipe ci­­ ti­­ Mana­­ la connais­­ ger sance Tableau 7.1 ■  es actions de capi­­ li­­ tion en fonc­­ L ta­­ sa­­ tion du niveau de maî­­ trise et de sta­­ lité bi­­ Niveau de maî­­ trise actuel Tacitei ­ndividuel Famille d’action Sta­­ lité bi­­ Action type • Recueil et for­­ li­­ tion de ma­­ sa­­ savoirs d’un ou plu­­ sieurs experts Stable • For­­ li­­ tion dans le cadre d’un ma­­ sa­­ réseau For­­ li­­ tion ma­­ sa­­ Instable Stable Explicitei ­ndividuel For­­ li­­ tion par les opé­­ tion­­ ma­­ sa­­ ra­­ nels au fil de l’eau (bilan) Indexa­­ tion et dépôt d’un docu­­ ment dans une base • Compa­­ gnon­­ nage/tutorat Dif­­ sion fu­­ Instable • Par­­ tage dans le cadre d’un réseau Stable ou instable • For­­ li­­ tion dans le cadre d’un ma­­ sa­­ réseau Stable Tacitec ­ ollectif For­­ li­­ tion ma­­ sa­­ et dif­­ sion fu­­ Commu­­ ca­­ ni­­ tion/sen­­ bi­­ sa­­ si­­ li­­ tion/ for­­ tion ma­­ • Recueil et for­­ li­­ tion de ma­­ sa­­ savoirs d’un ou plu­­ sieurs experts Compa­­ gnon­­ nage/tutorat Stable ou instable Explicitec ­ ollectif Instable Commu­­ ca­­ ni­­ tion/ sen­­ bi­­ sa­­ si­­ li­­ tion/for­­ tion ma­­ Stable Consignes + audit ou auto­ valua­­ é tion. Instable Sys­­ ma­­ sation de l’intervention té­­ ti­­ d’experts Inté­­ tion gra­­ 230
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    Les bonnes pra­­ tiquespour réus­­ les actions sir de capi­­ li­­ tion ta­­ sa­­ Savoirs L’identification des actions de capi­­ li­­ tion fait appa­­ ta­­ sa­­ raître de nom­ ­ breuses pistes. Il est impos­­ sible de les enga­­ simul­­ né­­ ger ta­­ ment. Il faut donc prioriser les actions et se pla­­ dans une perspec­­ cohé­­ cer tive rente à moyen terme. Les actions les plus pro­­ tables sont bien sou­­ fi­­ vent celles qui amènent des béné­­ fices rapides même s’ils sont limi­­ ces tés, pre­­ miers suc­­ entraî­­ cès nant les autres dans un effet boule de neige. C’est pour­­ quoi il est pré­­ rable d’engager des actions à retour sur fé­­ inves­­ se­­ tis­­ ment court. Il est conseillé d’engager les actions de capi­­ li­­ tion pour un ta­­ sa­­ domaine par vagues semes­­ trielles en tenant compte de l’avancement et des résul­­ des actions réa­­ sées. tats li­­ Faut-­l mettre en place une ges­­ des savoirs ? i tion Savoir-faire La ges­­ tion des savoirs par­­ cipe direc­­ ment à la per­­ mance de ti­­ te­­ for­­ l’équipe en l’aidant à mon­­ en compé­­ ter tence et en ren­­ çant sa for­­ moti­­ vation. Le tableau  7.2 aidera le mana­­ à éva­­ ger luer l’urgence de la mise en place d’un dis­­ si­­ de ges­­ po­­ tif tion des savoirs dans son équipe. Tableau 7.2 ■ Éva­­ tion de la néces­­ d’une ges­­ lua­­ sité tion des savoirs En moyenne les savoirs A B C D Court terme Moyen terme Long terme Très long terme Sont plus théo­­ riques qu’expérimentaux Très théo­­ riques Théo­­ riques Expé­­ men­­ ri­­ taux Très expé­­ ­ ri­ men­­ taux Sont for­­ li­­ ma­­ sés Trop Beau­­ coup Un peu Pas du tout Sont par­­ gés ta­­ Trop Beau­­ coup Un peu Pas du tout Sont dis­­ nibles po­­ au tra­­ vers de très nom­­ breux docu­­ ments Pas du tout Un peu Beau­­ coup Trop ☞ 231 Savoir-être Ont une durée de vie
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    7 • Inno­­et capi­­ li­­ ver ta­­ ser les pra­­ tiques ☞ Sont acces­­ sibles rapi­­ ment en de­­ fonc­­ tion des besoins Sont mis à jour Savoir inno­­ ver Sus­­ ter la créa­­ vité de son équipe ci­­ ti­­ Mana­­ la connais­­ ger sance En quelques secondes En quelques minutes En quelques heures En quelques jours À chaque fois Très sou­­ vent De temps en temps Rare­­ ment Comp­­ ter : ✓✓ 1 point par réponse A ✓✓ 4 points par réponse B ✓✓ 8 points par réponse C ✓✓ 10 points par réponse D Si le résul­­ est compris entre 65 et 70 points, il est for­­ ment tat te­­ recom­­ mandé de mettre en place un dis­­ si­­ de ges­­ po­­ tif tion des savoirs quel que soit le retour sur inves­­ se­­ tis­­ ment cal­­ culé sur 3 ans. Si le résul­­ est compris entre 50 et 65 points, un dis­­ si­­ de tat po­­ tif ges­­ tion des savoirs peut-­ tre mis en place sous réserve d’un retour ê sur inves­­ se­­ tis­­ ment sur 3 ans. Si le résul­­ est compris entre 40 et 50 points, un dis­­ si­­ de tat po­­ tif ges­­ tion des savoirs peut être mis en place sous réserve d’un retour sur inves­­ se­­ tis­­ ment sur l’année. Si le résul­­ est infé­­ tat rieur à 40 points, un dis­­ si­­ de ges­­ po­­ tif tion des savoirs n’est pas indis­­ sable. pen­­ Inno­­ tion et capi­­ li­­ tion des connais­­ va­­ ta­­ sa­­ sances ne vont pas de soi. Dans ce domaine, plus encore que dans d’autres, le mana­­ a un vrai rôle à jouer. Ce rôle consiste à créer ger les condi­­ tions favo­­ rables, à don­­ l’impulsion et à faire ner preuve de constance et de patience. 232
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    Savoirs Chapitre 8 Le rôleRH du mana­­ ment ge­­ ◆◆ Comment fixer et suivre les objec­­ de ses col­­ bo­­ teurs ? tifs la­­ ra­­ ◆◆ Comment s’assurer du respect des règles juri­­ diques régis­­ sant le tra­­ vail ? 233 Savoir-être ter ? ◆◆ Comment recru­­ Savoir-faire Les ques­­ tions aux­­ quelles répond ce cha­­ pitre
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    8 • Lerôle RH du mana­­ ment ge­­ Recru­­ Recru­­ter ter Fixerdes objec­­ tifs en phase la stratégie Fixer des objec­­ en phase avec tifs Éva­­ la per­­ for­­ Éva­­luer la per­­ mance des col­­ bo­­ teurs luer for­­ mance des la­­ ra­­ Mana­­ dans lele respect règles juridiques Mana­­ger dans respect des ger La décen­­ li­­ tion des acti­­ tés res­­ tra­­ sa­­ vi­­ sources humaines vers les res­ ­ pon­­ sables hié­­ chiques s’amplifie. Parmi les rôles RH du mana­­ rar­­ ger figurent : ✓✓ recru­­ ter ; ✓✓ fixer des objec­­ tifs ; ✓✓ suivre les objec­­ et les éva­­ tifs luer ; ✓✓ mana­­ dans le respect des règles juri­­ ger diques. CC Recru­­ter PRINCIPES CLÉS • Le recru­­ ment est un pro­ te­­ ­ ces­­ sus qui va de l’analyse du besoin à l’intégration du nou­­ vel embau­­ ché. Il est long et coû­ ­ teux. • La rigueur avec laquelle on le conduit est la meilleure garante du suc­­ cès. Les 5 grandes étapes du pro­­ sus de recru­­ ment ces­­ te­­ Le pro­­ sus de recru­­ ment comporte ces­­ te­­ cinq grandes étapes : ✓✓ ana­­ ser le besoin ; ly­­ ✓✓ recher­­ et sélec­­ ner les can­­ dats ; cher tion­­ di­­ ✓✓ conduire les entre­­ tiens de recru­­ ment ; te­­ ✓✓ pro­­ der au choix du can­­ dat ; cé­­ di­­ ✓✓ accueillir et inté­­ grer le nou­­ vel embau­­ ché. Ana­­ ser le besoin ly­­ Il s’agit tout d’abord de défi­­ pré­­ sé­­ nir ci­­ ment le poste et le pro­­ fil recher­ hé. Cette phase est pri­­ diale. Les échecs sont sou­­ c mor­­ vent dus à une mau­­ vaise ana­­ lyse du besoin et à une défi­­ tion erro­­ ou ni­­ née incom­­ plète du poste et/ou du pro­­ fil. On carac­­ rise un poste au tra­­ té­­ vers de trois types de compé­ ­ tences : ✓✓ Les compé­­ tences spé­­ fiques  : les compé­­ ci­­ tences cœur de métier indis­­ sables pour occu­­ le poste. pen­­ per 234
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    ✓✓ Les compé­­ tencestrans­­ sales : les compé­­ ver­­ tences qui per­­ mettent de maî­­ ser toutes les dimen­­ tri­­ sions du poste  : commu­­ ca­­ ni­­ tion, orga­­ sa­­ ni­­ tion, etc. ✓✓ Les compé­­ tences stra­­ giques pour l’entreprise, celles qui assu­­ ­ té­­ re­ ront demain sa réus­­ site. Savoirs Éta­­ blir la fiche de poste Savoir-faire La fiche de poste comprend les rubriques sui­­ vantes : ✓✓ inti­­ du poste ; tulé ✓✓ posi­­ ne­­ tion­­ ment du poste dans l’organigramme ; ✓✓ rat­­ che­­ ta­­ ment hié­­ chique ; rar­­ ✓✓ fina­­ tés du poste (à quoi sert le poste ?) ; li­­ ✓✓ prin­­ pales mis­­ ci­­ sions décli­­ nées en acti­­ tés/tâches ; vi­­ ✓✓ moyens : humains, tech­­ niques et finan­­ ciers ; ✓✓ condi­­ tions de tra­­ vail : mode de reporting et de contrôle, auto­­ ­ no­ mie – limites de res­­ sa­­ li­­ horaires – dépla­­ ments – dis­ pon­­ bi­­ tés, ce­­ ­ po­­ bi­­ deman­­ ni­­ lité dée ; ✓✓ lieu de tra­­ vail ; ✓✓ for­­ tions pré­­ ma­­ vues avant la prise de poste ; ✓✓ condi­­ tions d’engagement : date d’embauche sou­­ tée, rému­­ ­ hai­­ né­ ra­­ tion pré­­ : salaire – avan­­ vue  tages divers, durée de la période d’essai. Éta­­ blir la fiche pro­­ du can­­ dat recher­ hé fil di­­ c Tableau 8.1 ■ Fiche pro­­ du can­­ dat fil di­­ Élé­­ ments du pro­­ fil À vali­­ par der l’entretien de l’opérationnel Sou­­ haité For­­ tion Connais­­ ma­­ sances spé­­ fiques ci­­ ex : langues – infor­­ tique ma­­ Expé­­ rience pro­­ sion­­ fes­­ nelle • Type d’expérience • Durée Compé­­ tences pro­­ sion­­ fes­­ nelles ☞ 235 Savoir-être Compé­­ tences objec­­ tives à uti­­ ser li­­ pour l’analyse des CV + pré­­ lec­­ sé­­ tion télé­­ nique pho­­ Impé­­ tif ra­­
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    8 • Lerôle RH du mana­­ ment ge­­ ☞ Recru­­ ter Fixer des objec­­ en phase avec la stratégie tifs Éva­­ luer la per­­ mance des col­­ bo­­ teurs for­­ la­­ ra­­ Mana­­ dans le respect des règles juridiques ger Élé­­ ments du pro­­ fil Impé­­ tif ra­­ Sou­­ haité Compé­­ tences compor­­ men­­ te­­ tales À vali­­ par der l’entretien RH + entre­­ tien opé­­ tion­­ ra­­ nel Intel­­ gence li­­ Exemple : • Curio­­ sité d’esprit • Capa­­ cité d’analyse • Sens concret, pra­­ tique Acti­­ vité Exemple : • Dyna­­ misme • Per­­ vé­­ sé­­ rance • Capa­­ cité à trai­­ plu­­ ter sieurs acti­­ tés vi­­ de front Carac­­ tère Exemple : Aisance rela­­ nelle Écoute tion­­ Confiance en soi Recher­­ cher et sélec­­ tion­­ ner les can­­ dats di­­ Recru­­ en interne ou en externe ter Les deux pra­­ tiques pré­­ sentent cha­­ cune des avan­­ tages. ✓✓ Les avan­­ tages du recru­­ ment interne : te­­ −− faci­­ à appré­­ lité cier l’aptitude de la per­­ sonne à prendre le poste ; −− son adap­­ tion et son inté­­ tion sont faci­­ tées ; ta­­ gra­­ li­­ −− on n’intègre pas de per­­ sonne sup­­ men­­ plé­­ taire. ✓✓ Les avan­­ tages du recru­­ ment externe : te­­ −− un apport de « sang neuf » ; −− pos­­ bi­­ de rééqui­­ brer la pyra­­ si­­ lité li­­ mide des âges ; −− acqui­­ tion d’une nou­­ si­­ velle tech­­ cité ; ni­­ −− pos­­ bi­­ d’aider à mener un chan­­ ment majeur. si­­ lité ge­­ 236
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    Il existe denom­­ breux outils et moyens pour recher­­ cher des can­­ ­ di­ dats : ✓✓ L’APEC : seul site gra­­ pour la recherche de cadres. tuit ✓✓ Pole emploi : une dif­­ sion gra­­ fu­­ tuite des offres dans les agences et sur pole-­ mploi.fr. e ✓✓ Les can­­ da­­ di­­ tures spon­­ nées : le vivier est rapi­­ ment obso­­ ta­­ de­­ lète. ✓✓ La coop­­ tion : les can­­ dats sont pré­­ tés par les sala­­ ta­­ di­­ sen­­ riés. ✓✓ Les écoles : il est impor­­ tant d’instaurer et de déve­­ per des rela­ lop­­ ­ tions de par­­ na­­ te­­ riat. ✓✓ Les nou­­ velles méthodes : −− les réseaux sociaux pro­­ sion­­ fes­­ nels : Viadeo, Facebook ; −− le speed networking : quelques minutes de face-­ -face entre à un recru­­ teur et des can­­ dats ; di­­ −− la vidéo : des cv vidéo pro­­ sés par visualcv, l’apec, etc. ; po­­ −− les blogs. Savoirs Recru­­ en externe ter 237 Savoir-être Plu­­ sieurs méthodes sont uti­­ sées : li­­ ✓✓ L’analyse des CV. La dif­­ culté est liée au fait que les CV sont fi­­ stan­­ di­­ et tous attrac­­ dar­­ sés tifs. ✓✓ L’entretien de groupe. Chaque can­­ dat doit faire une pré­­ ta­ di­­ sen­­ ­ tion devant les autres. Il per­­ met d’évaluer le lea­­ ship des can­ der­­ ­ di­­ dats et il est par­­ cu­­ re­­ ti­­ liè­­ ment uti­­ pour le recru­­ ment des lisé te­­ commer­­ ciaux. ✓✓ Les tests : −− Les tests psy­­ tech­­ cho­­ niques per­­ mettent de mesu­­ une apti­ rer ­ tude et de compa­­ les résul­­ d’un can­­ dat à un éta­­ ­ rer tats di­­ lon­ nage d’un grand nombre de sujets ; −− Les tests de per­­ na­­ éva­­ son­­ lité luent traits de per­­ na­­ et son­­ lité compor­­ ments. Ils consti­­ te­­ tuent un sup­­ port pour abor­­ plus der faci­­ ment la dimen­­ le­­ sion psy­­ lo­­ cho­­ gique au cours de l’entretien de recru­­ ment. te­­ ✓✓ Les mises en situa­­ tion ou assessment center. Cette tech­­ nique consiste à mettre les can­­ dats dans des situa­­ di­­ tions proches de la réa­­ des postes afin d’apprécier leurs compé­­ lité tences. Savoir-faire Sélec­­ tion­­ ner les can­­ dats di­­
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    8 • Lerôle RH du mana­­ ment ge­­ Recru­­ ter Fixer des objec­­ en phase avec la stratégie tifs Éva­­ luer la per­­ mance des col­­ bo­­ teurs for­­ la­­ ra­­ Mana­­ dans le respect des règles juridiques ger Conduire les entre­­ tiens de recru­­ ment te­­ L’entretien sera struc­­ turé en 7 étapes : ✓✓ Accueillir (pré­­ ta­­ sen­­ tion du recru­­ teur, mise à l’aise du can­­ dat, di­­ pré­­ ta­­ sen­­ tion du dérou­­ ment de l’entretien). le­­ ✓✓ Enquê­­ sur : ter −− la for­­ tion ; ma­­ −− l’expérience pro­­ sion­­ fes­­ nelle ; −− les moti­­ vations. ✓✓ Infor­­ sur : mer −− l’entreprise ; −− le poste. ✓✓ Échan­­ ger sur conver­­ gences et diver­­ gences demande/offre  : confir­­ tion ou non de la moti­­ ma­­ vation du can­­ dat. di­­ ✓✓ Enquê­­ sur : ter −− élé­­ ments de per­­ na­­ non abor­­ encore ; son­­ lité dés −− acti­­ tés extra­ rofes­­ nelles éven­­ le­­ vi­­ p sion­­ tuel­­ ment. ✓✓ Lais­­ au can­­ dat la pos­­ bi­­ d’ajouter ce qu’il sou­­ ser di­­ si­­ lité haite et qu’il n’a pas pu expri­­ mer. ✓✓ Conclure : −− remer­­ ciements ; −− infor­­ tions pré­­ ma­­ cises sur la suite du pro­­ sus (qui – quand – ces­­ comment). Pro­­ der au choix du can­­ dat cé­­ di­­ À cette étape, il fau­­ dra : ✓✓ compi­­ les notes prises lors des dif­­ rents entre­­ ler fé­­ tiens et les croi­ ­ ser avec la fiche pro­­ du can­­ dat ; fil di­­ ✓✓ sélec­­ ner avec la DRH les pro­­ les plus inté­­ sants ; tion­­ fils res­­ ✓✓ pous­­ l’investigation sur ces can­­ dats par le biais d’entretiens ser di­­ complé­­ taires et/ou de tests ; men­­ ✓✓ et enfin, avec la DRH, échan­­ les points de vue et compa­­ ger rer les éva­­ tions. lua­­ 238
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    Le pro­­ susd’intégration démarre dès l’accueil et se pour­­ auces­­ suit d ­ elà de la fin de la période d’essai. Il ne peut être consi­­ déré comme étant réa­­ tant que le mana­­ et le col­­ bo­­ teur ne se sentent pas lisé ger la­­ ra­­ satis­­ faits par leur rela­­ tion de tra­­ vail. L’objectif pour le mana­­ est de véri­­ que le nou­­ embau­­ ger fier vel ché est : ✓✓ compétent sur le plan tech­­ nique ; ✓✓ apte à tra­­ vailler et à bien commu­­ quer avec l’équipe en place ; ni­­ ✓✓ en accord avec les objec­­ de l’entreprise. tifs Savoirs Accueillir et inté­­ grer le nou­­ embau­­ vel ché CC Fixer des objec­­tifs en phase avec la stra­­té­­gie PRINCIPES CLÉS • La fixa­­ tion des objec­­ doit se tifs conce­­ voir comme un sys­­ tème cohé­­ rent qui suit la ligne hié­­ ­ rar­ chique. • On assure ainsi la foca­­ sa­­ li­­ tion de l’ensemble de l’équipe sur les mêmes prio­­ tés. ri­­ • Il ne faut pas se limi­­ aux ter objec­­ quan­­ tatifs qui ne per­ tifs ti­­ ­ mettent pas de mesu­­ toute rer la per­­ mance d’un col­­ bo­­ ­ for­­ la­­ ra­ teur. Savoir-faire Le mana­­ ment par objec­­ est un ge­­ tifs pro­­ sus continu, au sein duquel hié­ ces­­ ­ rar­­ chie et col­­ bo­­ teurs : la­­ ra­­ ✓✓ iden­­ fient les buts communs ; ti­­ ✓✓ défi­­ nissent les domaines de res­­ ­ pon­ sa­­ lité ; bi­­ ✓✓ fixent les résul­­ atten­­ et les cri­ tats dus ­ tères d’évaluation. Un objec­­ est l’expression concrète, tif chif­­ et datée d’un résul­­ à atteindre. frée tat Il peut être imposé ou négo­­ quan­­ ­ cié, ti­ tatif ou qua­­ ta­­ li­­ tif. Les deux sys­­ tèmes coexistent. Dans tous les cas, il fau­­ commu­­ ­ dra ni­ quer clai­­ ment sur le sys­­ re­­ tème retenu. Trois cas de figures peuvent se pré­­ ter : sen­­ ✓✓ Les objec­­ sont impo­­ Le mana­­ effec­­ cer­­ tifs sés. ger tue tains com­ en­ m ­ taires mais veille à ne pas sus­­ ter un sen­­ ment de « négo­­ ci­­ ti­­ ciable ». 239 Savoir-être Les objec­­ impo­­ ou négo­­ tifs sés ciés
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    8 • Lerôle RH du mana­­ ment ge­­ 8 • Le rôle RH du mana­­ ment ge­­ Recru­­ ter Fixer des objec­­ en phase avec la stratégie tifs Éva­­ luer la per­­ mance des col­­ bo­­ teurs for­­ la­­ ra­­ Mana­­ dans le respect des règles juridiques ger ✓✓ Le mana­­ sol­­ cite l’avis de son col­­ bo­­ teur car il sait pou­­ ger li­­ la­­ ra­­ voir en tenir compte le cas échéant. ✓✓ Le mana­­ accepte de négo­­ ger cier l’objectif avec toute la part d’incertitude inhé­­ rente à cette situa­­ tion. Les moda­­ tés pra­­ li­­ tiques de fixa­­ des objec­­ tion tifs La fixa­­ tion s’effectue par la réponse aux ques­­ tions qui suivent. Quels sont les domaines clés où des résul­­ tats satis­­ faisants doivent être obte­­ nus ? Tous ces domaines à exa­­ ner sont déter­­ nés par l’analyse des mi­­ mi­­ résul­­ anté­­ tats rieurs : ✓✓ Domaines liés aux pro­­ duits de l’activité ou aux ser­­ vices ren­­ dus (quan­­ tité, qua­­ délais, coût). lité, ✓✓ Domaines liés au main­­ tien et au déve­­ pe­­ lop­­ ment du poten­­ tiel (qua­­ fi­­ tion des hommes, sécu­­ li­­ ca­­ rité, degré d’emploi du maté­­ riel, orga­­ sa­­ ni­­ tion des ser­­ vices, cli­­ social…). mat ✓✓ Domaines liés aux pres­­ tions néces­­ ta­­ saires afin de faci­­ ter l’activité li­­ des ser­­ vices connexes. ✓✓ Domaines liés au main­­ tien et au déve­­ pe­­ lop­­ ment du carac­­ tère compé­­ titif de l’activité (renou­­ le­­ vel­­ ment des pro­­ duits, des tech­ ­ niques, des ser­­ vices connexes, des mar­­ chés ; péné­­ tion sur le tra­­ mar­­ ché, posi­­ tions concur­­ tielles diverses). ren­­ Une fois l’ensemble des domaines clés rete­­ nus, il fau­­ dra : ✓✓ S’assurer que toutes les zones où des objec­­ peuvent être fixés tifs ont été explo­­ rées. ✓✓ Res­ reindre le nombre des objec­­ en se cen­­ t tifs trant sur les objec­ ­ tifs prio­­ taires. ri­­ 240
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    Comment mesu­­ l’atteintedes objec­­ rer tifs ? Ils se mesurent grâce à un indi­­ teur. Dans cer­­ ca­­ tains cas, l’indicateur est simple : ✓✓ chiffre d’affaires à obte­­ nir ; ✓✓ nombre de récla­­ tions maxi­­ ma­­ mum. Dans d’autres cas, on compo­­ sera un indi­­ teur plus éla­­ ca­­ boré, géné­­ le­­ ra­­ ment un ratio ou un pour­­ tage : cen­­ ✓✓ nombre de jours de grève/nombre de jours tra­­ vaillés ; ✓✓ pour­­ tage d’incidents de livrai­­ cen­­ son/nombre de livrai­­ sons total. Savoirs Les objec­­ tifs quan­­ tatifs ti­­ La quan­­ fi­­ ti­­ cation exces­­ des objec­­ écarte tout ce qui n’est pas sive tifs faci­­ ment quan­­ fiable comme l’innovation, la qua­­ la commu­ le­­ ti­­ lité, ­ ni­­ tion, le déve­­ pe­­ ca­­ lop­­ ment des compé­­ tences. Afin d’apprécier ces objec­­ qua­­ ta­­ il convient de : tifs li­­ tifs, ✓✓ repérer ce qui a été fait par le col­­ bo­­ teur (les faits signi­­ ca­ la­­ ra­­ fi­­ ­ tifs) ; ✓✓ se don­­ des indi­­ teurs qui per­­ ner ca­­ mettent d’évaluer si ce qui a été fait a eu des impacts. Savoir-faire Les objec­­ tifs qua­­ ta­­ li­­ tifs Les dif­­ rentes caté­­ ries d’objectifs fé­­ go­­ Il y a quatre caté­­ ries d’objectifs. go­­ Géné­­ le­­ ra­­ ment quan­­ tatifs, ils se rap­­ ti­­ portent à l’activité per­­ nente ma­­ de l’entité consi­­ rée. dé­­ Il peut s’agir : ✓✓ d’objectifs de pro­­ tion : ils s’expriment en quan­­ tés pro­­ duc­­ ti­­ duites ou en chiffre d’affaires ; ils carac­­ risent l’activité prin­­ pale de té­­ ci­­ l’entité ; 241 Savoir-être Les objec­­ tifs d’activité
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    8 • Lerôle RH du mana­­ ment ge­­ Recru­­ ter Fixer des objec­­ en phase avec la stratégie tifs Éva­­ luer la per­­ mance des col­­ bo­­ teurs for­­ la­­ ra­­ Mana­­ dans le respect des règles juridiques ger ✓✓ d’objectifs d’efficacité : sou­­ vent les résul­­ à atteindre en matière tats de qua­­ lité : délais, récla­­ tions, coût. ma­­ Les objec­­ tifs de déve­­ pe­­ lop­­ ment des per­­ sonnes Ils se rap­­ portent à la volonté de faire pro­­ ser les per­­ gres­­ sonnes : amé­ ­ lio­­ les capa­­ tés de négo­­ tion avec les autres ser­­ rer ci­­ cia­­ vices, ren­­ cer for­­ l’expertise sur tel dos­­ etc. sier, Les objec­­ tifs de déve­­ pe­­ lop­­ ment de l’organisation Ils se rap­­ portent aux méthodes, à l’organisation de l’activité, à l’évolution des tech­­ niques. Exemple  : adop­­ de nou­­ ter velles pro­­ ­ cé­ dures de trai­­ ment des demandes clients, lan­­ le pro­­ X avec un te­­ cer jet groupe de tra­­ vail. Les objec­­ tifs d’innovation Que peut-­ n faire de nou­­ o veau dans ce poste, dans l’entreprise  ? Quels pro­­ duits, outils, ser­­ vices ou autres choses peut-­ n créer et o déve­­ per pour accroître l’efficacité ? lop­­ Les cri­­ tères de qua­­ de la défi­­ tion des objec­­ lité ni­­ tifs Les objec­­ doivent être cohé­­ tifs rents avec la poli­­ tique et les orien­ ­ ta­­ tions de l’entreprise et avec les objec­­ du niveau hié­­ chique tifs rar­­ immé­­ te­­ dia­­ ment supé­­ rieur. Cette hié­­ chie des objec­­ du plus géné­­ au plus spé­­ fique, rar­­ tifs, ral ci­­ per­­ de pas­­ du niveau stra­­ gique au niveau opé­­ tion­­ met ser té­­ ra­­ nel. 242
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    Défi­­ni­­ ion desobjec­­ t tifs Les objec­­ doivent être SMART : tifs ✓✓ M : Mesu­­ rables ou obser­­ vables, ils doivent être pré­­ tés de manière sen­­ très expli­­ cite. ✓✓ A : Ambi­­ tieux. Leur atteinte repré­­ sente un chal­­ lenge rai­­ nable. son­­ ✓✓ R  : Réa­­ listes et réa­­ sables. Il est pos­­ li­­ sible de les atteindre et ils sont assor­­ de moyens. Il est inef­­ cace de fixer des objec­­ inac­­ sibles. tis fi­­ tifs ces­­ Savoirs ✓✓ S : Spé­­ fiques à chaque col­­ bo­­ teur et limi­­ à un nombre res­reint ci­­ la­­ ra­­ tés t (les prio­­ tés du poste). ri­­ ✓✓ T : dans le Temps : échéancés et assor­­ de points de contrôle. tis CC Éva­­luer la per­­for­­ ance m des col­­la­­bo­­ra­­teurs Quels sont les enjeux de l’entretien d’évaluation ? PRINCIPES CLÉS • L’entretien d’évaluation est à la fois un acte de mana­­ ment et ge­­ un acte de commu­­ ca­­ ni­­ tion. • Le mana­­ doit éva­­ ger luer les compé­­ tences, les contri­­ tions bu­­ et les per­­ mances de son col­ for­­ ­ la­­ ra­­ bo­­ teur. Pour les mana­­ gers Savoir-faire Une fois les objec­­ fixés, il convient tifs d’en éva­­ l’atteinte. Même si d’autres luer moyens existent, l’entretien d’évaluation est le moyen pri­­ lé­­ vi­­ gié. Son objec­­ pre­­ tif mier est l’évaluation des col­­ bo­­ teurs et le mana­­ ment la­­ ra­­ ge­­ et déve­­ pe­­ lop­­ ment des compé­­ tences de l’équipe. Il per­­ éga­­ ment de : met le­­ ✓✓ décli­­ les axes stra­­ giques en plans d’actions opé­­ tion­­ ner té­­ ra­­ nels ; ✓✓ pilo­­ l’activité de son unité et de ses col­­ bo­­ teurs par un sys­ ter la­­ ra­­ ­ tème d’objectifs ; ✓✓ créer les condi­­ tions de la moti­­ vation des col­­ bo­­ teurs et don­­ la­­ ra­­ ner à cha­­ la reconnais­­ cun sance de sa contri­­ tion ; bu­­ 243 Savoir-être • Il doit aussi envi­­ ger cet entre­ sa­­ ­ tien comme un vrai moment d’échange avec lui.
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    8 • Lerôle RH du mana­­ ment ge­­ Recru­­ ter Fixer des objec­­ en phase avec la stratégie tifs Éva­­ luer la per­­ mance des col­­ bo­­ teurs for­­ la­­ ra­­ Mana­­ dans le respect des règles juridiques ger ✓✓ détecter les compé­­ tences exis­­ tantes par rap­­ port à chaque métier ; ✓✓ favo­­ ser l’initiative et la prise de res­­ sa­­ lité indi­­ duelle. ri­­ pon­­ bi­­ vi­­ Pour les col­­ bo­­ teurs la­­ ra­­ L’entretien d’évaluation per­­ de : met ✓✓ béné­­ cier d’une éva­­ tion objec­­ et contra­­ toire de ses per­ fi­­ lua­­ tive dic­­ ­ for­­ mances ; ✓✓ cla­­ fier et for­­ li­­ la mis­­ ri­­ ma­­ ser sion et les attri­­ tions ; bu­­ ✓✓ négo­­ ses objec­­ et dis­­ ser des moyens néces­­ cier tifs po­­ saires pour les atteindre ; ✓✓ créer une commu­­ ca­­ ni­­ tion construc­­ avec son mana­­ tive ger. Pour l’entreprise La syn­­ thèse des comptes ren­­ des dif­­ rents entre­­ dus fé­­ tiens per­­ de met dis­­ ser annuel­­ ment d’une photo­­ po­­ le­­ graphie de l’existant en matière RH per­­ tant : met­­ ✓✓ des prises de déci­­ sions en matière de rému­­ ra­­ né­­ tion des compé­ ­ tences et des per­­ mances ; for­­ ✓✓ la pré­­ ra­­ pa­­ tion de plans de car­­ rières et du plan de for­­ tion ; ma­­ ✓✓ la garan­­ d’une ges­­ tie tion équi­­ table des col­­ bo­­ teurs. la­­ ra­­ Réus­­ un entre­­ d’évaluation sir tien L’entretien d’évaluation comprend six temps forts : ✓✓ la pré­­ ra­­ pa­­ tion ; ✓✓ l’accueil ; ✓✓ le bilan ; ✓✓ le futur ; ✓✓ la conclu­­ sion ; ✓✓ le suivi. 244
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    Il est sou­­table qu’elle soit effec­­ hai­­ tuée par le mana­­ et par le col­­ ­ ger la­ bo­­ teur qui note­­ ra­­ ront : ✓✓ les réus­­ sites et dif­­ cultés de l’année ; fi­­ ✓✓ les faits essen­­ tiels ; ✓✓ les prises d’initiatives ; ✓✓ la coopé­­ tion avec d’autres ser­­ ra­­ vices ; ✓✓ tout ce qui atteste une évo­­ tion posi­­ par rap­­ lu­­ tive port à l’année pré­­ dente. cé­­ La pré­­ ra­­ pa­­ tion porte éga­­ ment sur l’année à venir et plus par­­ ­ le­­ ti­ cu­­ re­­ liè­­ ment sur les résul­­ ou objec­­ à atteindre. tats tifs Savoirs La pré­­ ra­­ pa­­ tion 245 Savoir-être C’est pen­­ dant la phase d’accueil que s’instaure la commu­­ ca­­ ni­­ tion. De cette phase dépen­­ la qua­­ de l’entretien. Il faut veiller au dra lité respect de quelques condi­­ tions : ✓✓ Soi­­ gner les condi­­ tions maté­­ rielles : −− choi­­ un lieu calme et se pro­­ ger des inter­­ tions pos­ sir té­­ rup­­ ­ sibles ; −− s’assurer que cha­­ cun est confor­­ ble­­ ta­­ ment ins­­ tallé et peut prendre des notes. ✓✓ Pré­­ ser le dérou­­ ment de l’entretien : ci­­ le­­ −− re­ ituer la place et le rôle de l’entretien d’évaluation ; s −− infor­­ mer ses consé­­ quences pra­­ tiques  : objec­­ tifs, éva­­ tion, lua­­ mobi­­ for­­ tion, évo­­ tion de car­­ lité, ma­­ lu­­ rière, rémunération… −− rap­­ ler les règles du jeu ; pe­­ −− don­­ le plan de l’entretien ; ner −− sol­­ ci­­ l’accord du col­­ bo­­ teur sur ce dérou­­ ment. li­­ ter la­­ ra­­ le­­ Savoir-faire L’accueil
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    8 • Lerôle RH du mana­­ ment ge­­ Recru­­ ter Fixer des objec­­ en phase avec la stratégie tifs Éva­­ luer la per­­ mance des col­­ bo­­ teurs for­­ la­­ ra­­ Mana­­ dans le respect des règles juridiques ger Le bilan Deux temps forts struc­­ turent le bilan : ✓✓ l’évaluation de la contri­­ tion des sala­­ bu­­ riés et la mesure de l’atteinte de ses objec­­ tifs ; ✓✓ l’évaluation du niveau glo­­ de contri­­ tion du col­­ bo­­ teur. bal bu­­ la­­ ra­­ C’est une syn­­ thèse qui per­­ met de por­­ un regard d’ensemble ter sur la contri­­ tion du col­­ bo­­ teur par rap­­ bu­­ la­­ ra­­ port au contexte d’ensemble de la fonc­­ tion. Les points à exa­­ ner pen­­ mi­­ dant la phase de bilan sont : ✓✓ les mis­­ sions actuelles per­­ nentes du poste ; ma­­ ✓✓ les résul­­ par rap­­ tats port aux objec­­ de l’année écou­­ tifs lée ; ✓✓ les compé­­ tences mises en œuvre ; ✓✓ le poten­­ tiel. Le futur Il s’agit de : ✓✓ fixer les objec­­ pour l’année sui­­ tifs vante ; ✓✓ invi­­ le col­­ bo­­ teur à s’engager sur des actions de pro­­ ter la­­ ra­­ grès ; ✓✓ éla­­ rer avec lui les mesures à prendre pour son déve­­ pe­­ bo­­ lop­­ ment per­­ nel. son­­ La conclu­­ sion L’entretien s’étant bien déroulé, cette phase consiste à le ter­­ ner mi­­ dans des condi­­ tions moti­­ vantes : ✓✓ rap­­ ler les aspects essen­­ pe­­ tiels de l’entretien : éva­­ tion glo­­ lua­­ bale, enga­­ ments pris par cha­­ ge­­ cun ; ✓✓ indi­­ quer qu’il existe d’autres occa­­ sions pour faire le point en cours d’année ; 246
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    ✓✓ invi­­ lecol­­ bo­­ teur à don­­ son sen­­ ment sur le dérou­­ ­ ter la­­ ra­­ ner ti­­ le­ ment de l’entretien ; ✓✓ rap­­ ler votre propre enga­­ ment ; pe­­ ge­­ ✓✓ pré­­ ser votre dis­­ ni­­ lité en cours d’année. ci­­ po­­ bi­­ L’entretien d’évaluation ne s’arrête pas à la fin du temps qui lui est imparti. Mana­­ et col­­ bo­­ teur doivent assu­­ le suivi d’un cer­ ger la­­ ra­­ rer ­ tain nombre d’aspects parmi les­­ quels : ✓✓ les déci­­ sions de délé­­ tion ; ga­­ ✓✓ le suivi de la réa­­ sa­­ li­­ tion des objec­­ tifs ; ✓✓ les demandes de for­­ tion ; ma­­ ✓✓ la contri­­ tion à un pro­­ bu­­ jet ; ✓✓ les aides ponc­­ tuelles que peut accor­­ le mana­­ der ger. Savoirs Le suivi PRINCIPES CLÉS • Le mana­­ évo­­ dans un ger lue cadre légal et régle­­ men­­ taire for­­ lisé. ma­­ Les sources de droit se classent de manière hié­­ chi­­ Plus la source de rar­­ sée. droit se situe dans le bas de pyra­­ mide, plus elle est favo­­ rable au sala­­ rié. La source la plus favo­­ rable au sala­­ pré­ rié ­ vaut sur les autres. Dans le cas de sala­­ riés tra­­ vaillant en entre­­ prise, les sources les plus favo­ ­ rables sont la conven­­ tion col­­ tive et les lec­­ accords d’entreprise, s’ils existent. 247 • Le mana­­ ne peut l’ignorer du ger fait des risques. • Il doit déve­­ per de bons lop­­ réflexes juri­­ diques, cer­­ ses ner marges de manœuvre dans la ges­­ tion de son équipe et tra­­ vailler en par­­ na­­ avec la te­­ riat DRH. Savoir-être Connaître les sources de droit appli­­ cables et savoir cher­­ cher l’information Savoir-faire CC Mana­­ger dans le respect des règles juri­­diques
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    8 • Lerôle RH du mana­­ ment ge­­ Recru­­ ter Fixer des objec­­ en phase avec la stratégie tifs Éva­­ luer la per­­ mance des col­­ bo­­ teurs for­­ la­­ ra­­ Mana­­ dans le respect des règles juridiques ger Figure 8.1 ■ La hié­­ chie des sources du droit rar­­ Droit international Directives européennes, règlements européens Constitution Lois, règlements, décrets Conventions collectives et usages Conventions et accords d’entreprise Règlement intérieur Contrats de travail Afin de répondre au mieux aux ques­­ tions des sala­­ riés, il est sou­­ ­ hai­ table que les mana­­ dis­­ gers posent : ✓✓ d’un exem­­ plaire de la conven­­ tion col­­ tive ; lec­­ ✓✓ des accords d’entreprise ; ✓✓ du règle­­ ment inté­­ rieur. Les règles indis­­ sables en matière de contrat pen­­ et sous-­ raitance t Le contrat à durée indé­­ mi­­ ter­­ née Deux points sont par­­ cu­­ re­­ ti­­ liè­­ ment impor­­ tants pour le mana­­ ger : ✓✓ suivre la période d’essai ; 248
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    ✓✓ comprendre lesmarges de manœuvre en matière de modi­­ ca­­ fi­­ tion du contrat. 249 Savoir-faire Savoir-être Le mana­­ doit être très présent sur cette période afin de ren­­ ger contrer régu­­ re­­ liè­­ ment le sala­­ et de l’évaluer. La rup­­ rié ture du contrat de tra­ ­ vail étant plus aisée durant la période d’essai. En effet, des doutes qui appa­­ raissent en cours de période d’essai se confirment sou­­ vent. Il est impé­­ tif de noter la période d’essai au contrat. Elle est ra­­ léga­­ ment de : le­­ ✓✓ 2 mois pour les ouvriers et employés ; ✓✓ 3 mois pour les agents de maî­­ trise et tech­­ ciens ; ni­­ ✓✓ 4 mois pour les cadres. Elle se cal­­ cule en mois calendaires. Il est cepen­­ dant impor­­ tant de se repor­­ à la conven­­ ter tion col­­ tive afin de véri­­ cette infor­­ ­ lec­­ fier ma­ tion. Cer­­ taines conven­­ tions col­­ tives peuvent pré­­ lec­­ voir un renou­ ­ vel­­ ment de la période d’essai. En tout état de cause, la durée de la le­­ période d’essai (renou­­ le­­ vel­­ ment compris) ne doit pas dépas­­ ser : ✓✓ 4 mois pour les ouvriers et employés ; ✓✓ 6 mois pour les agents de maî­­ trise et tech­­ ciens ; ni­­ ✓✓ 8 mois pour les cadres. Elle se pro­­ longe en cas d’absence et débute à la date du contrat même en cas de for­­ tion. ma­­ En cas de rup­­ ture en cours de période d’essai, il faut res­­ ter un pec­­ délai de pré­­ nance de : ve­­ ✓✓ 24 heures en deçà de 8 jours ; ✓✓ 48 heures entre 8 jours et un mois ; ✓✓ 2 semaines après un mois, 1 mois au-­ elà de 3 mois. d De son côté, le sala­­ doit res­­ ter un délai de pré­­ nance de rié pec­­ ve­­ 48 heures (24 heures pour une pré­­ sence de moins de 8 jours). Savoirs Suivre la période d’essai
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    8 • Lerôle RH du mana­­ ment ge­­ Recru­­ ter Fixer des objec­­ en phase avec la stratégie tifs Éva­­ luer la per­­ mance des col­­ bo­­ teurs for­­ la­­ ra­­ Mana­­ dans le respect des règles juridiques ger Comprendre les marges de manœuvre en matière de modi­­ ca­­ fi­­ tion du contrat Lorsqu’un sala­­ s’engage dans une entre­­ rié prise, les condi­­ tions de son enga­­ ment sont indi­­ ge­­ quées dans un contrat de tra­­ qui pose le vail cadre. Pen­­ dant la vie du sala­­ dans l’entreprise, des évé­­ ments rié ne­­ peuvent inter­­ nir sus­­ tibles de modi­­ les condi­­ ve­­ cep­­ fier tions ini­­ tiales. Dès lors que l’employeur va sou­­ ter modi­­ un élé­­ hai­­ fier ment qui a été déter­­ nant pour le sala­­ pour s’engager, il devra recueillir mi­­ rié l’accord de celui-­ i pour le modi­­ c fier. Il est pos­­ sible de modi­­ à la marge : fier ✓✓ les horaires ; ✓✓ les lieux de tra­­ vail : −− avec une clause de mobi­­ lité, −− en l’absence de clause de mobi­­ lité : dans la limite du même sec­­ teur géo­­ phique en véri­­ gra­­ fiant que les condi­­ tions d’accès au nou­­ veau site sont iden­­ tiques à celles de l’ancien lieu de tra­­ vail ; ✓✓ les fonc­­ tions mais sans déna­­ rer complè­­ ment l’emploi du tu­­ te­­ sala­­ rié. Il est impos­­ sible de modi­­ sans l’accord du sala­­ fier rié : ✓✓ le mon­­ tant et la struc­­ ture de la rému­­ ra­­ né­­ tion y compris les élé­ ­ ments variables pré­­ ini­­ le­­ vus tia­­ ment au contrat ; ✓✓ sa qua­­ fi­­ tion (pré­­ par accord ou col­­ tif) ; li­­ ca­­ vue lec­­ ✓✓ la nature de son emploi ; ✓✓ la durée du tra­­ vail. Dès lors qu’un chan­­ ment est envi­­ ge­­ sagé pour un sala­­ il est rié, impor­­ tant de : ✓✓ se demander si cette modi­­ ca­­ fi­­ tion ne touche pas un élé­­ ment qui a été déter­­ nant pour le sala­­ lors de son enga­­ ment ; mi­­ rié ge­­ ✓✓ tra­­ vailler en étroite col­­ bo­­ tion avec la DRH ; la­­ ra­­ ✓✓ véri­­ les termes du contrat ini­­ et de ses ave­­ fier tial nants éven­­ tuels. 250
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    Il s’agit defaire face à une situa­­ tion non durable d’augmentation de l’activité. Par exemple : l’augmentation d’activité d’une stations ­ ervice d’autoroute en période esti­­ vale, l’accroissement tem­­ raire po­­ d’activité des grands maga­­ au moment des fêtes ou de la ren­­ sins trée sco­­ laire. Sa durée maximale est de 18  mois au total avec un seul renou­­ le­­ vel­­ ment. La suc­­ sion sur un même poste est pos­­ ces­­ sible avec respect d’un délai de carence égal à un tiers de la durée du pre­­ mier contrat (ou la moi­­ de la durée pour les contrats infé­­ tié rieurs à 14  jours). Par exemple  : après la conclu­­ sion d’un CDD de 18  mois, on ne peut conclure un nou­­ veau CDD sur le même poste qu’après un délai de 6 mois, soit un tiers de 18 mois. Le rem­­ ce­­ pla­­ ment de sala­­ absent rié Si le motif est le rem­­ ce­­ pla­­ ment d’un sala­­ absent quelle que soit la rié cause de l’absence, le contrat pourra comprendre : ✓✓ une date de début et une date de fin ; ✓✓ ou uni­­ ment une date de début avec une durée mini­­ que­­ male. Le terme se situant au retour du sala­­ absent. rié Il pourra s’agir d’un rem­­ ce­­ pla­­ ment de l’intégralité du poste ou d’un rem­­ ce­­ pla­­ ment par­­ : si c’est le cas, il est impor­­ tiel  tant de le pré­­ ser dans le contrat. La ces­­ tion de plein droit du contrat inter­ ci­­ sa­­ ­ vient au retour du rem­­ placé ou à l’arrivée du terme prévu. Il est pos­­ sible de faire suc­­ der des CDD pour rem­­ ce­­ cé­­ pla­­ ment sans res­­ ter de délai de carence soit sur le même poste, soit sur un pec­­ poste de dif­­ rent. fé­­ 251 Savoir-faire Un sur­­ croît tem­­ raire d’activité po­­ Savoir-être Le contrat de réfé­­ rence du Code du tra­­ est le contrat à durée vail indé­­ mi­­ à temps complet. Pour y déro­­ le Code du tra­­ ter­­ née ger, vail exige : l’application de règles très strictes (durée maximale, suc­­ ­ ces­ sion pos­­ sible de contrats, délai de carence) et un motif pré­­ Il y a cis. deux motifs pos­­ sibles : un sur­­ croît tem­­ raire d’activité et le rem­­ ­ po­­ pla­ ce­­ ment d’un sala­­ absent. rié Savoirs Le contrat à durée déter­­ née mi­­
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    8 • Lerôle RH du mana­­ ment ge­­ Recru­­ ter Fixer des objec­­ en phase avec la stratégie tifs Éva­­ luer la per­­ mance des col­­ bo­­ teurs for­­ la­­ ra­­ Mana­­ dans le respect des règles juridiques ger Les carac­­ ris­­ té­­ tiques du CDD Le CDD étant un contrat d’exception, il est sou­­ à des condi­­ mis tions de forme : ✓✓ le contrat est obli­­ toi­­ ment écrit et remis sous 48 heures avec ga­­ re­­ indi­­ tion pré­­ du motif ; ca­­ cise ✓✓ la période d’essai est cal­­ lée sur la durée mini­­ cu­­ male ou sur la durée du contrat ; −− 10 jours maxi­­ mum pour un contrat infé­­ rieur à 6 mois, −− 1 mois au-­ elà, quel que soit le sta­­ du sala­­ d tut rié. Il est impos­­ sible de rompre le contrat avant terme sauf faute grave du sala­­ ou rup­­ rié ture d’un commun accord. L’insuffisance pro­­ ­ fes­ sion­­ nelle n’est pas un motif suf­­ sant pour rompre un CDD. fi­­ À noter : l’intérim fonc­­ tionne de la même façon que le CDD, notam­­ ment au niveau des suc­­ sions de contrat à deux excep­­ ces­­ tions près : ✓✓ la période d’essai est plus courte que le CDD ; ✓✓ il existe une clause de sou­­ plesse per­­ tant de ter­­ ner quelques met­­ mi­­ jours avant ou après le terme. La sous-­ raitance : comment évi­­ le délit t ter de mar­­ chan­­ dage La sous-­ raitance est le fait de confier à une autre entre­­ t prise sous sa propre res­­ sa­­ lité et avec son propre per­­ nel l’exécution d’une pon­­ bi­­ son­­ tâche défi­­ Tant qu’il s’agit de faire réa­­ ser un tra­­ à une entre­ nie. li­­ vail ­ prise exté­­ rieure dans ses locaux et avec son propre per­­ nel, cela ne son­­ pose pas de dif­­ cultés par­­ cu­­ fi­­ ti­­ lières. En revanche, quand elle s’effectue dans les locaux de l’entreprise uti­­ sa­­ li­­ trice, la situa­­ tion est plus déli­­ cate. Dans ce cas, il faut être vigi­­ sur cer­­ lant tains points. Les condi­­ tions de la sous-­ raitance licite t sont : ✓✓ la tâche est net­­ ment défi­­ te­­ nie ; 252
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    ✓✓ le sous-­raitant assure la res­­ sa­­ lité de l’exécution du tra­­ et t pon­­ bi­­ vail encadre direc­­ ment le per­­ nel affecté à la mis­­ te­­ son­­ sion ; ✓✓ la rému­­ ra­­ né­­ tion pour l’accomplissement de la tâche est for­­ ­ fai­ taire. Comment évi­­ le délit de mar­­ ter chan­­ dage ? Savoir-faire La sous-­ raitance dans les locaux de l’utilisateur comporte trois t risques majeurs : ✓✓ Un risque de re­ uali­­ ca­­ q fi­­ tion du contrat avec l’utilisateur : −− reconnais­­ sance dans les faits d’un contrat de tra­­ vail avec l’entreprise uti­­ sa­­ li­­ trice, −− obli­­ tion de paie­­ ga­­ ment de coti­­ sations sociales, −− paie­­ ment d’infractions fis­­ cales, −− sanc­­ tion pour non-­ espect de la pro­­ dure de licen­­ ment et r cé­­ cie­­ non-­ ersement des indem­­ tés de rup­­ v ni­­ ture. ✓✓ Un risque de sanc­­ tions pénales mul­­ tiples : −− délit de mar­­ chan­­ dage, −− tra­­ vail dis­­ mulé et inter­­ tion du recours aux ser­­ si­­ dic­­ vices de celui qui exerce un tra­­ dis­­ mulé. vail si­­ ✓✓ Un risque de sanc­­ tions civiles  : condam­­ tion aux paie­­ na­­ ments d’impôts, taxes, cotisations… Savoirs Quels sont les risques encou­­ rus ? 253 Savoir-être La pres­­ tion doit être : ta­­ ✓✓ être spé­­ fique, défi­­ homo­­ ci­­ nie, gène et complète ; ✓✓ s’exécuter de manière indé­­ dante (enca­­ ment du per­­ nel, pen­­ dre­­ son­­ maté­­ et outillage) ; riel ✓✓ être tenue à un résul­­ (dont l’entrepreneur est le seul res­­ ­ tat pon­ sable) ; ✓✓ être pré­­ par un contrat-­ adre et confir­­ vue c mée par une commande écrite. Ce contrat ne doit pas pré­­ voir une obli­­ tion de moyens ga­­ humains (nombre de sala­­ riés, noms et qua­­ fi­­ tion). li­­ ca­­
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    8 • Lerôle RH du mana­­ ment ge­­ Recru­­ ter Fixer des objec­­ en phase avec la stratégie tifs Éva­­ luer la per­­ mance des col­­ bo­­ teurs for­­ la­­ ra­­ Mana­­ dans le respect des règles juridiques ger Les bons réflexes à prendre dans le cadre de la sous-­ raitance t ✓✓ L’écrit limite les risques. Une conven­­ tion écrite doit pré­­ ser l’objet de ci­­ l’opération et l’apport d’un savoir-­aire spé­­ fique. f ci­­ ✓✓ Il faut évi­­ le prix à l’heure : ter – pré­­ voir un prix for­­ taire pour le ser­­ fai­­ vice à assu­­ rer ; – ndé­­ dant du nombre de per­­ i pen­­ sonnes mises en place et du temps consa­­ à l’opération. cré ✓✓ Lais­­ l’organisation à l’entreprise inter­­ nante : elle assure la direc­­ ser ve­­ tion, la res­­ sa­­ lité de l’exécution des tra­­ pon­­ bi­­ vaux et l’encadrement du per­­ ­ son­ nel affecté. Atten­­ tion à la four­­ ture par l’entreprise uti­­ sa­­ ni­­ li­­ trice de tout le maté­­ et des riel moyens néces­­ saires à l’accomplissement du tra­­ vail. Faire face aux situa­­ tions de la ges­­ quo­­ dienne tion ti­­ La mala­­ die En cas de mala­­ d’un sala­­ il faut véri­­ qu’il a pré­­ die rié, fier venu et jus­ ­ ti­­ de son absence par l’envoi d’un arrêt médi­­ dans les délais. Le fié cal délai de pré­­ nance de l’employeur n’est pas fixé léga­­ ment. Il est ve­­ le­­ par­­ prévu par accord col­­ tif mais dans la grande majo­­ des fois lec­­ rité cas, il est noti­­ dans le règle­­ fié ment inté­­ rieur. En aucun cas la mala­­ ne peut consti­­ die tuer une cause de rup­­ ture du contrat de tra­­ vail. Le main­­ tien de la rému­­ ra­­ né­­ tion Le sala­­ a droit au main­­ de sa rému­­ ra­­ rié tien né­­ tion : ✓✓ dès lors qu’il a une ancien­­ neté mini­­ male (un an léga­­ ment, le­­ éven­­ le­­ tuel­­ ment moins conven­­ nel­­ ment) ; tion­­ le­­ ✓✓ après un délai de carence de 7 jours léga­­ ment, mais qui peut le­­ être réduit conven­­ nel­­ ment ; tion­­ le­­ 254
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    Lorsque l’employeur ades doutes quant à la réa­­ de l’arrêt mala­ lité ­ die, il peut faire pro­­ der à une contre-­ isite médi­­ par un orga­ cé­­ v cale ­ nisme privé. La contre-­ isite médi­­ v cale s’envisage lorsque de réels doutes existent. Le coût est rela­­ ve­­ ti­­ ment élevé. On ne ren­­ contre que 5 à 8 % de fraudes avé­­ rées. Si un mana­­ observe dans son équipe, une aug­­ ta­­ ger men­­ tion des arrêts mala­­ il faut s’interroger sur les causes cachées. die, On réper­­ rie 7 fac­­ to­­ teurs expli­­ tifs à l’absentéisme pour mala­ ca­­ ­ die : ✓✓ l’organisation du tra­­ vail ; ✓✓ le temps de tra­­ vail ; ✓✓ les condi­­ tions de tra­­ vail ; ✓✓ la démo­­ phie de l’équipe ; gra­­ ✓✓ le style de mana­­ ment ; ge­­ ✓✓ l’ambiance de tra­­ vail ; ✓✓ la santé plus ou moins fra­­ des sala­­ gile riés. Savoir-faire La contre-­ isite médi­­ v cale Savoirs ✓✓ sous déduc­­ tion des indem­­ tés jour­­ lières de sécu­­ sociale ni­­ na­­ rité (après un délai de carence de 3 jours). Cer­­ taines conven­­ tions col­­ tives pré­­ lec­­ voient l’indemnisation dès le pre­­ mier jour. On peut ren­­ contrer des dif­­ rences en fonc­­ fé­­ tion des sta­­ tuts. La visite médi­­ cale de reprise Au-­ elà de 21 jours de mala­­ le sala­­ doit pas­­ une visite médi­ d die, rié ser ­ cale de reprise orga­­ sée par la DRH. Plus l’arrêt aura été long, plus ni­­ il est impor­­ tant de pré­­ rer la reprise afin d’anticiper les éven­­ pa­­ tuelles res­ ric­­ t tions d’aptitude deman­­ dées par la méde­­ cine du tra­­ vail. Une décla­­ tion d’accident doit être effec­­ ra­­ tuée sous 48  heures à la CPAM (Caisse pri­­ maire d’assurance-maladie). Il est donc impor­ ­ tant de pré­­ nir au plus vite la DRH afin qu’elle éta­­ ve­­ blisse la décla­ ­ ra­­ tion. 255 Savoir-être L’accident du tra­­ vail
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    8 • Lerôle RH du mana­­ ment ge­­ Recru­­ ter Fixer des objec­­ en phase avec la stratégie tifs Éva­­ luer la per­­ mance des col­­ bo­­ teurs for­­ la­­ ra­­ Mana­­ dans le respect des règles juridiques ger Si l’employeur a des doutes sur le carac­­ tère pro­­ sion­­ de fes­­ nel l’accident, il doit quand même éta­­ blir la décla­­ tion. Il peut en ra­­ paral­­ contester le carac­­ pro­­ sion­­ ce qui déclen­­ lèle tère fes­­ nel, chera une enquête. L’absence pour acci­­ dent de tra­­ est assi­­ lée à du tra­­ effec­ vail mi­­ vail ­ tif pour l’ancienneté et pour l’acquisition des congés payés dans la limite d’un an. Le sala­­ pen­­ rié dant son arrêt est pro­­ tégé : il est inter­ ­ dit de le licen­­ cier. La DRH devra orga­­ ser une visite médi­­ de reprise pour tout ni­­ cale arrêt supé­­ rieur à 8 jours : ✓✓ si le sala­­ est déclaré apte : il reprend son tra­­ sur un poste rié vail iden­­ tique ou équi­­ lent ; va­­ ✓✓ si le sala­­ est déclaré inapte : il sera reclassé après consul­­ tion rié ta­­ des délé­­ gués du per­­ nel ou à défaut licen­­ avec indem­­ tés son­­ cié ni­­ spé­­ ciales. La mater­­ nité Une sala­­ enceinte béné­­ cie d’une légis­­ tion pro­­ trice, dès lors riée fi­­ la­­ tec­­ qu’elle a déclaré sa gros­­ sesse : ✓✓ inter­­ tion de toute dis­­ mi­­ tion en rai­­ de la gros­­ dic­­ cri­­ na­­ son sesse ; ✓✓ inter­­ tion abso­­ de licen­­ pen­­ dic­­ lue cier dant le congé mater­­ nité ; ✓✓ inter­­ tion de licen­­ dic­­ cier pen­­ dant la gros­­ sesse et pen­­ dant les 4  semaines qui suivent le congé mater­­ nité sauf faute grave ou motif non lié à la gros­­ sesse. Le mana­­ doit avoir une atten­­ ger tion toute par­­ cu­­ ti­­ lière vis-­ -vis à d’une sala­­ enceinte : riée ✓✓ cer­­ taines conven­­ tions col­­ tives pré­­ lec­­ voient des réduc­­ tions d’ho­ raire au-­ elà d’un cer­­ d tain terme (sou­­ vent à par­­ du 6e mois) ; tir ✓✓ il est aussi pos­­ sible de pré­­ voir une affec­­ tion tem­­ raire à un ta­­ po­­ autre emploi si néces­­ saire, après vali­­ tion ou pro­­ si­­ da­­ po­­ tion du méde­­ du tra­­ cin vail ; 256
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    Les congés payésse prennent, mais ne se payent pas, sauf départ du sala­­ Les condi­­ rié. tions d’acquisition et de prise des congés payés : ✓✓ ils s’acquièrent à hau­­ teur de 2,5 jours ouvrables par mois de tra­ ­ vail effec­­ tif ; ✓✓ le droit à congés commence à par­­ de 10 jours de tra­­ effec­ tir vail ­ tif ; ✓✓ la période d’acquisition est du 1er juin de l’année N au 31 mai de l’année N+1 ; ✓✓ la période de prise est du 1er mai au 30 avril, voire 31 décembre. Le mana­­ décide des dates de congé sur demande de son col­­ ­ ger la­ bo­­ teur. Il est en droit de refu­­ les dates de congés pour des rai­ ra­­ ser ­ sons objec­­ tives de ser­­ vice. La fixa­­ tion des congés est un sujet latent 257 Savoirs Savoir-faire Les congés payés Savoir-être ✓✓ en fonc­­ tion des contraintes du poste, il peut être réflé­­ à des chi amé­­ ge­­ na­­ ments pro­­ soires  : moindre charge à sou­­ ver, limi­­ ­ vi­­ le­­ ta­ tion des dépla­­ ments, pos­­ bi­­ de télé­­ vail. Ces pré­­ tions ce­­ si­­ lité tra­­ cau­­ ne sont pas obli­­ toires léga­­ ment mais évitent sou­­ ga­­ le­­ vent des arrêts très en amont du début offi­­ du congé mater­­ ciel nité. La durée du congé mater­­ nité varie selon le nombre d’enfants atten­­ et le nombre d’enfants déjà à charge. En prin­­ dus cipe, pour un pre­­ mier et un deuxième enfant, le congé mater­­ débute 6 semaines nité avant la date pré­­ mée de l’accouchement et dure 10 semaines après su­­ celui-­ i. Depuis 2007, il est pos­­ c sible pour la femme enceinte qui le sou­­ haite d’écourter le congé pré­­ tal afin de le repor­­ après : na­­ ter il faut cepen­­ dant qu’elle s’arrête au moins 3 semaines avant la date pré­­ mée de l’accouchement. su­­ À l’issue du congé mater­­ nité, l’employeur doit : ✓✓ orga­­ ser une visite médi­­ ni­­ cale de reprise dans les 8  jours du retour ; ✓✓ réin­­ grer la sala­­ à son poste ou à un poste équi­­ lent. té­­ riée va­­ Même si rien ne le pré­­ voit léga­­ ment, il peut être inté­­ sant le­­ res­­ d’anticiper au mieux le retour de congé mater­­ nité. La sala­­ riée a, en effet, la pos­­ bi­­ de prendre un congé paren­­ d’éducation à si­­ lité tal temps plein ou à temps par­­ tiel.
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    8 • Lerôle RH du mana­­ ment ge­­ Recru­­ ter Fixer des objec­­ en phase avec la stratégie tifs Éva­­ luer la per­­ mance des col­­ bo­­ teurs for­­ la­­ ra­­ Mana­­ dans le respect des règles juridiques ger de conflits dans une équipe. Le mana­­ doit être vigi­­ et veiller à ger lant être le plus équi­­ table pos­­ sible. Il est impor­­ tant dans toute la mesure du pos­­ sible d’organiser les départs en congés le plus tôt pos­­ sible afin d’établir un plan­­ ning pré­­ sion­­ et de per­­ vi­­ nel mettre aux col­­ bo­­ ­ la­­ ra­ teurs de s’organiser. On ne peut pas chan­­ les dates de congés pré­­ ger vues moins d’un mois avant le départ. On ne peut pas non plus impo­­ un retour ser anti­­ cipé ou une acti­­ pen­­ vité dant les congés. Quelques règles à connaître Évé­­ ments inter­­ nants au cours ou avant les congés : ne­­ ve­­ ✓✓ Un jour férié pen­­ dant les congés les pro­­ longe d’autant. ✓✓ Un arrêt de mala­­ pen­­ die dant les congés est sans inci­­ dence, sauf conven­ ­ tion contraire. ✓✓ Un arrêt mala­­ die avant les congés per­­ met un report du départ en congés. ✓✓ Des congés pour évé­­ ments fami­­ ne­­ liaux (décès d’un proche par exemple) pen­­ dant les congés n’entraînent ni report ni indem­­ nité. Règles à res­­ ter quant à la prise : pec­­ ✓✓ La période de congés doit comprendre obli­­ toi­­ ment 12 jours ouvrables ga­­ re­­ entre le 1er mai et le 31 octobre. ✓✓ Usuel­­ ment, les congés prin­­ paux (soit 4  semaines, la 5e semaine le­­ ci­­ étant trai­­ tée dif­­ rem­­ fé­­ ment) sont pris en une seule fois. Si l’employeur sou­­ haite les frac­­ ner, ce frac­­ ne­­ tion­­ tion­­ ment ouvrira droit à : – jours de repos sup­­ men­­ 2 plé­­ taires, si au moins 6 jours sont pris après le 31 octobre ; – jour sup­­ men­­ 1 plé­­ taire, si au moins 3 jours sont pris après cette date. ✓✓ Les congés par anti­­ pation sont pos­­ ci­­ sibles avec l’accord de l’emplo­ yeur. ✓✓ Les congés non pris sont per­­ dus, sauf si le sala­­ prouve que c’est par rié le fait de l’employeur. 258
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    Ils sont àprendre dans une période rai­­ nable entou­­ son­­ rant l’évé­ nement. Les conven­­ tions col­­ tives peuvent pré­­ des durées plus lec­­ voir longues. Il est donc impor­­ tant de s’y repor­­ ter. Les durées légales sont de : ✓✓ 4 jours ouvrables pour un mariage ; ✓✓ 3 jours ouvrables pour une nais­­ sance ; ✓✓ 2 jours ouvrables pour le décès du conjoint ou d’un enfant ; ✓✓ 1 jour ouvrable pour le mariage d’un enfant ; ✓✓ 1 jour ouvrable pour le décès du père ou de la mère. Savoirs Les congés pour évé­­ ments fami­­ ne­­ liaux La ges­­ tion du temps de tra­­ vail Le temps de tra­­ effec­­ désigne le temps pen­­ vail tif dant lequel le sala­­ rié est à la dis­­ si­­ po­­ tion de l’employeur sans pou­­ vaquer à ses occu­­ ­ voir pa­ tions per­­ nelles. son­­ 259 Savoir-être Le mana­­ doit connaître les limites à res­­ ter quant à la durée ger pec­­ du tra­­ vail : ✓✓ Pour les sala­­ gérés en heures (hors for­­ riés fait/jours) : −− maxi­­ mum 48  heures heb­­ ma­­ do­­ daires, 44  heures heb­­ ma­ do­­ ­ daires sur 12 semaines ; −− maxi­­ mum 10 heures par jour. ✓✓ Pour tous les sala­­ riés, le repos mini­­ mum est de 11 heures consé­ ­ cu­­ tives jour­­ lières et de 24 heures consé­­ tives heb­­ ma­­ na­­ cu­­ do­­ daires (soit un repos mini­­ mal de 35  heures heb­­ ma­­ do­­ daires) et une pause quo­­ dienne de 20 minutes après 6 heures de tra­­ ti­­ vail. Des déro­­ tions peuvent être accor­­ ga­­ dées à ces durées maximales ou repos par accord de branche, décret, arrêté, accord d’entreprise ou déci­­ sion de l’inspecteur du tra­­ vail. Il faut donc que le mana­­ ger soit bien au fait des limites à res­­ ter au sein de son entre­­ pec­­ prise. Qu’il existe ou non un suivi des temps orga­­ nisé dans l’entreprise, ces limites sont à res­­ ter. pec­­ Savoir-faire Temps de tra­­ vail et repos
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    8 • Lerôle RH du mana­­ ment ge­­ Recru­­ ter Fixer des objec­­ en phase avec la stratégie tifs Éva­­ luer la per­­ mance des col­­ bo­­ teurs for­­ la­­ ra­­ Mana­­ dans le respect des règles juridiques ger Moda­­ tés d’organisation du temps de tra­­ li­­ vail Le mana­­ doit iden­­ fier les moda­­ tés d’organisation du temps de ger ti­­ li­­ tra­­ dans son entre­­ vail prise et dans son équipe en par­­ cu­­ ti­­ lier. C’est par­­ un peu compli­­ compte tenu de la mul­­ pli­­ des orga­ fois qué ti­­ cité ­ ni­­ tions de temps de tra­­ pos­­ sa­­ vail sibles, depuis la mise en place des 35 heures. Avant le pas­­ sage aux 35 heures, la majo­­ des sala­­ tra­­ rité riés vaillait le même temps toutes les semaines. Aujourd’hui, on peut trou­­ ver par exemple : ✓✓ Des sala­­ tra­­ riés vaillant 35 heures par semaine, soit 7 heures par jour. C’est ce qu’on trouve dans beau­­ coup de petites entre­­ prises. ✓✓ Des sala­­ riés tra­­ vaillant une durée supé­­ rieure à 35  heures (par exemple : 39  heures par semaine) avec octroi de jours de réduc­­ tion de temps de tra­­ (JRTT) : vail −− le maxi­­ mum pos­­ sible est de 23 JRTT par an ; −− ils doivent être pris selon des règles pré­­ vues par accord d’entreprise : sou­­ vent en par­­ à l’initiative du sala­­ et en tie rié par­­ à l’initiative de l’employeur. C’est ce qu’on appelle tie l’annualisation. ✓✓ Des sala­­ tra­­ riés vaillant selon un calen­­ drier pré­­ sion­­ alter­­ vi­­ nel nant des périodes hautes (par exemple : 39 heures par semaine) et des périodes basses (par exemple : 33 heures par semaine) sur tout ou par­­ de l’année avec un respect de 35 heures en moyenne sur tie l’année. C’est ce qu’on appelle la modu­­ tion. la­­ ✓✓ Des sala­­ tra­­ riés vaillant en for­­ annuel en jours (au maxi­­ fait mum 218 jours par an). Le contrat, dans ce cas, est de res­­ ter un pec­­ nombre de jours tra­­ vaillés dans l’année. En fonc­­ tion du calen­ ­ drier, ces sala­­ ont un nombre de jours de repos fluc­­ riés tuant d’une année sur l’autre. 260
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    Savoir-faire La notion d’heuressup­­ men­­ plé­­ taires n’existe pas pour les sala­­ riés gérés en jours. Il faut cepen­­ dant veiller à res­­ ter pour eux un pec­­ repos quo­­ dien de 11  heures. On ne parle d’heures sup­­ men­ ti­­ plé­­ ­ taires que pour des sala­­ gérés en heures. Dans l’esprit du Code riés du tra­­ vail, les heures sup­­ men­­ plé­­ taires sont effec­­ tuées à la demande de l’employeur. Le refus d’effectuer des heures sup­­ men­­ plé­­ taires peut même être jugé comme fau­­ sauf s’il est excep­­ nel ou dû à une tif tion­­ demande trop tar­­ dive. Léga­­ ment, les heures sup­­ men­­ le­­ plé­­ taires ouvrent droit à une majo­­ tion ou à un repos compen­­ teur de rem­­ ce­­ ra­­ sa­­ pla­­ ment. La preuve de la réa­­ sa­­ li­­ tion des heures sup­­ men­­ plé­­ taires peut être faite par tout moyen (y compris par un relevé des heures effec­­ par le sala­­ et tué rié) n’échoit à aucune des par­­ par­­ cu­­ re­­ ties ti­­ liè­­ ment. Il s’agit là d’un point de vigi­­ lance impor­­ tant. Dans cer­­ taines entre­­ prises, le suivi des temps est orga­­ nisé, les horaires sont res­­ tés et les heures sup­­ men­­ pec­­ plé­­ taires sont récu­­ pérées ou payées. Dans d’autres, le suivi du temps de tra­­ est plus flou vail ou inexis­­ tant, il n’existe aucune visi­­ lité sur le respect des horaires bi­­ et la règle est plu­­ d’ignorer ce sujet. tôt Il y a de vrais risques juri­­ diques sur ce sujet : la non-­ éclaration d d’heures sup­­ men­­ plé­­ taires peut être jugée comme du tra­­ vail dis­­ ­ si­ mulé illi­­ sus­­ tible d’entraîner des sanc­­ cite cep­­ tions pénales. Savoirs Les heures sup­­ men­­ plé­­ taires Quand un mana­­ a un sujet d’insatisfaction vis-­ -vis d’un col­­ ­ ger à la­ bo­­ teur, il doit l’exprimer ora­­ ment ou par écrit soit dans un cour­ ra­­ le­­ ­ rier spé­­ fique, soit a minima dans le compte rendu de l’entretien ci­­ annuel d’évaluation. Par ailleurs, au cours de sa car­­ rière, un sala­­ peut commettre rié des actes fau­­ tifs. La façon de trai­­ ce type de situa­­ ter tion relève du droit dis­­ pli­­ ci­­ naire. Un point fon­­ men­­ à avoir en tête, c’est que da­­ tal « une faute = une seule sanc­­ tion ». La loi inter­­ le prin­­ dit cipe de la double sanc­­ tion. En revanche, une pre­­ mière sanc­­ peut consti­­ tion tuer un élé­­ ment aggra­­ vant dans le cas où le sala­­ réitère son compor­­ ­ rié te­ ment fau­­ tif. 261 Savoir-être Exer­­ le droit dis­­ pli­­ cer ci­­ naire
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    8 • Lerôle RH du mana­­ ment ge­­ Recru­­ ter Fixer des objec­­ en phase avec la stratégie tifs Éva­­ luer la per­­ mance des col­­ bo­­ teurs for­­ la­­ ra­­ Mana­­ dans le respect des règles juridiques ger Un employeur ne peut pas prendre d’autres sanc­­ tions que celles qui figurent au règle­­ ment inté­­ rieur. Dans ce domaine, comme dans beau­­ coup d’autres, il est impor­­ tant d’agir avec pru­­ dence et sans pré­­ pi­­ tion. Cepen­­ ci­­ ta­­ dant, il ne faut pas trop tar­­ avant d’agir  : der l’employeur ne doit pas dépas­­ deux mois entre la connais­­ ser sance de la faute et le début de la pro­­ dure. cé­­ Une pro­­ dure doit, en effet, être appli­­ cé­­ quée : ✓✓ sous la forme d’une simple noti­­ cation écrite pour les sanc­­ fi­­ tions infé­­ rieures ou égales à l’avertissement ; ✓✓ avec convo­­ tion et entre­­ préa­­ ca­­ tien lable et pos­­ bi­­ d’assistance si­­ lité pour les sanc­­ tions supé­­ rieures à l’avertissement ; ✓✓ si la conven­­ tion col­­ tive pré­­ lec­­ voit une pro­­ dure dis­­ pli­­ cé­­ ci­­ naire dif­­ rente, il fau­­ la res­­ ter. fé­­ dra pec­­ Avant d’engager une pro­­ dure dis­­ pli­­ cé­­ ci­­ naire, il est impé­­ tif de ra­­ pos­­ der des preuves objec­­ sé­­ tives du compor­­ ment fau­­ La faute te­­ tif. s’apprécie éga­­ ment en fonc­­ le­­ tion du niveau de res­­ sa­­ li­­ et de pon­­ bi­­ tés l’ancienneté du col­­ bo­­ teur. Un employeur peut donc sanc­­ ner la­­ ra­­ tion­­ dif­­ rem­­ fé­­ ment deux col­­ bo­­ teurs pour la même faute. la­­ ra­­ Atten­­ tion à la tolé­­ rance, aux cir­­ constances atté­­ nuantes et à l’équité. Sur les dos­­ siers dis­­ pli­­ ci­­ naires, afin de ne pas commettre d’erreur, les mana­­ sont invi­­ à se rap­­ cher de la DRH. gers tés pro­­ Le licen­­ ment indi­­ duel cie­­ vi­­ Par­­ fois, la seule alter­­ tive est d’envisager un licen­­ ment. Il s’agit na­­ cie­­ d’une déci­­ sion grave qui doit être réflé­­ chie et moti­­ vée : il ne suf­­ fit pas d’avoir rai­­ son, encore faut-­l le prou­­ i ver. La déci­­ sion doit repo­­ sur une cause réelle sérieuse, c’est-à-dire ser un motif éta­­ suf­­ sant, objec­­ exact et ren­­ bli, fi­­ tif, dant impos­­ sible la conti­­ nuité du contrat de tra­­ vail, par exemple  : aban­­ don de poste, absences répé­­ tées, compor­­ ments fau­­ refus de col­­ bo­­ déni­ te­­ tifs, la­­ rer, ­ gre­­ ments, état d’ébriété, manque de loyauté, indis­­ tions, inap­­ ­ cré­­ ti­ tude, insuf­­ sance pro­­ sion­­ fi­­ fes­­ nelle ou de résul­­ tats. 262
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    La rup­­ ture conven­­ tion­­ nellehomo­­ guée lo­­ La rup­­ ture conven­­ nelle homo­­ guée existe depuis juin 2008. Il tion­­ lo­­ s’agit d’une sorte de divorce amiable trans­­ posé dans le monde pro­ ­ fes­­ nel. La condi­­ sion­­ tion pre­­ mière de ce mode de rup­­ ture, c’est que les deux par­­ soient d’accord. ties Savoirs Savoir-faire Il faut là aussi res­­ ter une pro­­ dure : pec­­ cé­­ 1. Une convo­­ tion à entre­­ ca­­ tien préa­­ lable envoyée en recom­­ mandé avec accusé de récep­­ tion dans un délai mini­­ mum de 5  jours ouvrables avant la date envi­­ gée pour l’entretien. sa­­ 2. Un entre­­ préa­­ tien lable : −− le sala­­ peut se faire assis­­ d’un sala­­ de l’entreprise (sou­ rié ter rié ­ vent un repré­­ tant du per­­ nel) ou d’un conseiller (dans sen­­ son­­ les entre­­ prises sans IRP1) ; −− côté employeur, l’entretien est sou­­ vent mené par la DRH et le mana­­ ger ; −− il s’agit d’un entre­­ tien contra­­ toire don­­ dic­­ nant à cha­­ cune des par­­ l’occasion de s’exprimer ; ties −− aucune déci­­ sion n’est prise avant celui-­ i et à aucun moment, c au cours de l’entretien, il ne doit trans­­ paraître qu’une déci­­ sion est déjà prise : il s’agirait là d’un vice dans la pro­­ dure ; cé­­ −− il est impor­­ tant de pré­­ rer cet entre­­ pa­­ tien en amont avec la DRH : seuls les faits expo­­ lors de l’entretien pour­­ sés ront être repris dans la noti­­ cation de licen­­ ment. fi­­ cie­­ 3. Une noti­­ cation écrite et pré­­ est envoyée dans un délai mini­ fi­­ cise ­ mum de 2 jours ouvrables sui­­ vant l’entretien et maxi­­ mum d’un mois. C’est un délai pré­­ qui ne bouge pas sauf congés payés sur cette fixé période, accord mutuel, mater­­ ou acci­­ nité dent du tra­­ vail. Son début est fixé par la date de récep­­ tion de la lettre de démis­­ sion ou de licen­ ­ cie­­ ment. Sa durée varie en fonc­­ tion des dis­­ si­­ po­­ tions conven­­ ­ tion­ nelles. 1. Ins­­ tances repré­­ ta­­ sen­­ tives du per­­ nel. son­­ 263 Savoir-être Le pré­­ avis
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    8 • Lerôle RH du mana­­ ment ge­­ Recru­­ ter Fixer des objec­­ en phase avec la stratégie tifs Éva­­ luer la per­­ mance des col­­ bo­­ teurs for­­ la­­ ra­­ Mana­­ dans le respect des règles juridiques ger En cas de dis­­ pense de pré­­ avis à la demande de l’employeur, l’entreprise devra le payer et libé­­ immé­­ te­­ rer dia­­ ment le sala­­ En rié. cas de dis­­ pense sur demande du sala­­ le pré­­ n’est pas payé. rié, avis Cer­­ taines dis­­ si­­ po­­ tions conven­­ nelles per­­ tion­­ mettent d’utiliser des heures de recherche d’emploi sur cette période, cumu­­ lables en fin de période avec accord de l’employeur. La ques­­ tion se pose sou­­ vent de savoir s’il faut demander au sala­­ rié d’effectuer son pré­­ avis. La réponse n’est pas uni­­ selle et s’apprécie ver­­ au cas par cas. Si le sala­­ ne peut pas effec­­ rié tuer son pré­­ (en cas avis de mala­­ par exemple) ce der­­ die, nier n’est pas dû. Se repérer dans les ins­­ tances repré­­ ta­­ sen­­ tives du per­­ nel son­­ Les dif­­ rents man­­ fé­­ dats La loi du 20/08/2008 sur la repré­­ ta­­ vité modi­­ le pay­­ sen­­ ti­­ fie sage syn­ ­ di­­ en France. Avant cette loi, seules les 5 orga­­ sa­­ cal ni­­ tions syn­­ cales di­­ (CGT, CFDT, CGT-­ O, CFTC et CGE-­ GC) issues de l’arrêté F C du 31  mars 1966 étaient consi­­ rées comme repré­­ ta­­ dé­­ sen­­ tives de droit. Cette pré­­ somp­­ tion de repré­­ ta­­ vité irré­­ gable leur don­ sen­­ ti­­ fra­­ ­ nait la pos­­ bi­­ si­­ lité, sans avoir à jus­­ fier de leur repré­­ ta­­ vité au ti­­ sen­­ ti­­ sein de l’entreprise, de : tions ; ✓✓ pré­­ ter des can­­ dats au 1er tour des élec­­ sen­­ di­­ ✓✓ dési­­ gner un délé­­ syn­­ cal. gué di­­ Depuis la loi du 20/08/2008, la repré­­ ta­­ vité d’un syn­­ cat sen­­ ti­­ di­­ au sein d’une entre­­ prise se mesure à chaque élec­­ tion. Tout syn­­ cat di­­ n’obtenant pas au moins 10 % des suf­­ frages vala­­ ment expri­­ ble­­ més er tions de CE est jugé non repré­­ ta­­ et ne peut sen­­ tif au 1 tour des élec­­ plus dési­­ gner de délé­­ syn­­ cal. gué di­­ Les élec­­ tions deviennent donc un enjeu impor­­ tant pour les syn­ ­ di­­ cats : cer­­ tains syn­­ cats risquent de perdre leur repré­­ ta­­ vité à di­­ sen­­ ti­­ la suite de ces élec­­ tions. 264
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    Repré­­ tant sen­­ de sec­­ tion syn­­cale di­­ Rôle Reven­­ ca­­ di­­ tion négo­­ tion et cia­­ signa­­ ture d’accord vie syn­­ cale di­­ Savoir-faire Récla­­ tions indi­ ma­­ ­ vi­­ duelles ou col­­ ­ lec­ tives Consul­­ tion ta­­ sociale et éco­ ­ no­­ mique. Ges­ ­ tion des œuvres sociales Savoirs Per­­ mettre à un syn­­ cat dans di­­ l’attente d’élections d’exercer les pré­­ ­ ro­ ga­­ tives de la sec­ ­ tion syn­­ cale di­­ Man­­ syn­­ cal dat di­­ (nou­­ veau depuis la loi du 20/08/2008) Élec­­ tion 4 ans ou accord branche Élec­­ tion 4 ans ou accord branche déro­­ toire ga­­ Man­­ syn­­ cal en AR. Dési­ dat di­­ ­ gné parmi les can­­ dats aux di­­ élec­­ tions pro­­ sion­­ fes­­ nelles ayant recueilli au moins 10 % des suf­ ­ frages expri­­ més au pre­­ mier tour des élec­­ tions du CE Comment Éta­­ se­­ blis­­ ment (pour entre­­ prise ≥ 50) Éta­­ se­­ blis­­ ments ≥ 11 Entre­­ prise et éta­ ­ blis­­ ment se­­ Délé­­ gués syn­­ caux (DS) di­­ Délé­­ gués du per­­ son­­ (DP) nel Entre­­ prise ≥ 50 Comité d’entreprise (CE) Où Ins­­ tance Tableau 8.2 ■ Les ins­­ tances repré­­ ta­­ sen­­ tives du per­­ nel son­­ Savoir-être 265 Pré­­ tion pro­ ven­­ ­ po­­ tion contrôle si­­ de l’application hygiène, sécu­­ rité Élec­­ tion 2 ans par CE/DP Éta­­ se­­ blis­­ ments ≥ 50 Comité d’hygiène de sécu­­ rité et des condi­­ tions de tra­­ vail (CHSCT)
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    8 • Lerôle RH du mana­­ ment ge­­ Recru­­ ter Fixer des objec­­ en phase avec la stratégie tifs Éva­­ luer la per­­ mance des col­­ bo­­ teurs for­­ la­­ ra­­ Mana­­ dans le respect des règles juridiques ger Il est impor­­ tant pour un mana­­ d’avoir un mini­­ ger mum de visi­ ­ bi­­ sur ce sujet : lité ✓✓ Quelle est la place des dif­­ rents syn­­ cats sur l’établissement ou fé­­ di­­ l’entreprise ? ✓✓ Y a-­-il eu des élec­­ t tions depuis la loi du 20/08/2008 ? ✓✓ Y a-­-il des repré­­ tants du per­­ nel au sein de sa propre t sen­­ son­­ équipe ? Quels sont les droits et devoirs des IRP ? Les droits ✓✓ Exer­­ leur man­­ sans dis­­ mi­­ tion (la juris­­ dence la plus cer dat cri­­ na­­ pru­­ impor­­ tante en matière de dis­­ mi­­ tion concerne la dis­­ mi­­ ­ cri­­ na­­ cri­­ na­ tion syn­­ cale). di­­ ✓✓ Se dépla­­ dans l’entreprise. cer ✓✓ Prendre contact avec les col­­ bo­­ teurs. la­­ ra­­ ✓✓ Uti­­ ser un cré­­ d’heures de délé­­ tion payé (10 à 20 heures en li­­ dit ga­­ fonc­­ tion de la taille de l’entreprise et du man­­ dat) pen­­ dant ou en dehors du temps de tra­­ pour exer­­ leur man­­ vail cer dat. ✓✓ Assis­­ aux réunions avec l’employeur (les heures pas­­ ter sées en réunion avec l’employeur ne sont pas impu­­ tées sur le cré­­ dit d’heures). ✓✓ Béné­­ cier d’une pro­­ tion spé­­ fique en cas de rup­­ fi­­ tec­­ ci­­ ture. Les devoirs ✓✓ Aver­­ de l’utilisation du cré­­ d’heures avec un délai mini­­ tir dit mum pour limi­­ les per­­ ba­­ ter tur­­ tions sur la bonne marche du ser­­ vice. Il ne s’agit en aucun cas d’une auto­­ sa­­ ri­­ tion, il s’agit seule­­ ment d’avertir. ✓✓ Ne pas appor­­ de gêne impor­­ ter tante dans la marche du ser­­ vice, lors de leur prise de contact avec les sala­­ riés. 266
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    Har­­ le­­ cè­­ mentmoral et dis­­ mi­­ tion cri­­ na­­ Ces deux sujets sont des risques mon­­ tants et le mana­­ est en pre­ ger ­ mière ligne. Afin d’éviter toute expo­­ tion, il doit se poser régu­ si­­ ­ liè­­ ment des ques­­ re­­ tions sur ses pra­­ tiques notam­­ ment en matière d’équité. Savoirs ✓✓ Res­­ ter la confi­­ tia­­ des infor­­ tions commu­­ quées pec­­ den­­ lité ma­­ ni­­ comme telles par l’employeur. ✓✓ Res­­ ter les dis­­ si­­ pec­­ po­­ tions rela­­ tives à la presse dans leur commu­ ­ ni­­ tion (dif­­ ma­­ ca­­ fa­­ tion, injure, etc.). Le har­­ le­­ cè­­ ment moral se carac­­ rise par des agis­­ ments répé­­ té­­ se­­ tés ayant pour objet ou effet une dégra­­ tion des condi­­ da­­ tions de tra­­ vail sus­­ tible de : cep­­ ✓✓ por­­ atteinte aux droits et à la dignité ; ter ✓✓ d’altérer la santé phy­­ sique ou men­­ tale ; ✓✓ de compro­­ mettre l’avenir pro­­ sion­­ fes­­ nel. Depuis un arrêt de novembre  2009, des méthodes de ges­­ tion peuvent être jugées har­­ lantes. La vic­­ ce­­ time a droit à des dom­­ mages et inté­­ et à sa réin­­ gra­­ rêts té­­ tion en cas de licen­­ ment. Le harceleur cie­­ peut être licen­­ pour faute grave et condamné péna­­ ment. cié le­­ Savoir-faire Le har­­ le­­ cè­­ ment moral Ce qui relève concrè­­ ment du har­­ le­­ te­­ cè­­ ment moral 267 Savoir-être ✓✓ Fixer des objec­­ volon­­ re­­ tifs tai­­ ment in­ ttei­­ a gnables. ✓✓ Humi­­ répri­­ lier, mer, dis­­ crédi­­ un col­­ bo­­ teur. ter la­­ ra­­ ✓✓ Iso­­ pro­­ sion­­ le­­ ler fes­­ nel­­ ment et géo­­ phi­­ ment un col­­ bo­­ ­ gra­­ que­­ la­­ ra­ teur. ✓✓ Ne pas don­­ de tra­­ à un col­­ bo­­ teur. ner vail la­­ ra­­ ✓✓ Éva­­ luer l’individu et non les compor­­ ments pro­­ sion­­ te­­ fes­­ nels atten­­ dus.
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    8 • Lerôle RH du mana­­ ment ge­­ Recru­­ ter Fixer des objec­­ en phase avec la stratégie tifs Éva­­ luer la per­­ mance des col­­ bo­­ teurs for­­ la­­ ra­­ Mana­­ dans le respect des règles juridiques ger Ce qui ne relève pas du har­­ le­­ cè­­ ment moral ✓✓ Fixer des objec­­ réa­­ tifs listes et réa­­ sables, même si ambi­­ li­­ tieux. ✓✓ Mener un entre­­ de re­ adrage objec­­ avec un col­­ bo­­ teur. tien c tif la­­ ra­­ ✓✓ Don­­ une consigne de tra­­ ner vail, un ordre rela­­ à l’exécution du tif tra­­ vail. ✓✓ Éva­­ le tra­­ et contrô­­ l’activité des membres de l’équipe. luer vail ler ✓✓ Sanc­­ ner une faute. tion­­ La dis­­ mi­­ tion cri­­ na­­ Toute dis­­ mi­­ tion est inter­­ cri­­ na­­ dite quel que soit le type de mesure prise par l’employeur si elle repose sur ori­­ gine, sexe, mœurs, situa­ ­ tion de famille, âge, opi­­ nions, acti­­ tés syn­­ cales, appa­­ vi­­ di­­ rence phy­ ­ sique, santé, grève. La vic­­ time peut pré­­ tendre à : ✓✓ des dom­­ mages et inté­­ rêts et des sanc­­ tions pénales contre l’employeur ; ✓✓ l’annulation de la mesure dis­­ mi­­ toire. cri­­ na­­ Les rela­­ tions du mana­­ ger et de ses col­­ bo­­ teurs la­­ ra­­ s’inscrivent à la fois dans un cadre juri­­ dique et dans celui de la recherche de per­­ mance au ser­­ for­­ vice de l’entreprise et du déve­­ pe­­ lop­­ ment du col­­ bo­­ teur. la­­ ra­­ 268
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    Savoirs Chapitre 9 Les ques­­ tions aux­­ quellesrépond ce cha­­ pitre ri­­ ◆◆ Comment gérer et le temps et les prio­­ tés ? ◆◆ Comment orga­­ ser son acti­­ ni­­ vité et ses infor­­ tions avec ma­­ Outlook ? Savoir-faire Déve­­ per son effi­­ cité lop­­ ca­­ per­­ nelle son­­ i buer à la per­­ ­ for­ ◆◆ En quoi et comment les 5 S peuvent-­ls contri­­ mance ? 269 Savoir-être ◆◆ Qu’est-ce le stress et comment y faire face ?
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    9 • Déve­­per son effi­­ cité lop­­ ca­­ per­­ nelle son­­ Gérer le temps et les prio­­ tés ri­­ Gagner du temps et s’organiser avec les TIC Gagner du temps et s’organiser avec les 5 S Gérer l’information CC Gérer le temps et les prio­­ri­­tés PRINCIPES CLÉS • Pri­­ lé­­ vi­­ gier la len­­ teur à la vitesse. • Pri­­ lé­­ vi­­ gier l’analyse à la réac­­ tion. • Pri­­ lé­­ vi­­ gier le recul à l’action. Le temps s’est accé­­ léré. Il est devenu mul­­ di­­ sion­­ et combiné. Face à ti­­ men­­ nel ces évo­­ tions, le temps de la réflexion lu­­ s’impose. Les nou­­ velles dimen­­ sions du temps Du temps struc­­ turé au temps mul­­ di­­ ti­­ men­­ sion­­ nel et combiné Le temps a changé de struc­­ ture : de séquencé et mor­­ celé, il est devenu mul­­ di­­ sion­­ et combiné. Autre­­ les socié­­ orga­­ saient la ti­­ men­­ nel fois tés ni­­ vie col­­ tive de manière quasi ration­­ lec­­ nelle et donc ras­­ surante. Les mana­­ gers ont été for­­ més à l’utilisation d’outils et de bonnes pra­ ­ tiques de ges­­ tion du temps. Pour appli­­ quer en toute sécu­­ ces rité bonnes recettes il suf­­ sait de béné­­ cier d’une marge d’autonomie fi­­ fi­­ signi­­ ca­­ sur sa propre orga­­ sa­­ fi­­ tive ni­­ tion. Aujourd’hui le temps mul­­ di­­ sion­­ et combiné apporte ti­­ men­­ nel confu­­ sion et pré­­ pi­­ tion  : confu­­ ci­­ ta­­ sion du temps per­­ nel qui son­­ empiète sur le temps pro­­ sion­­ et vice versa, pré­­ pi­­ tion lorsque fes­­ nel ci­­ ta­­ nos télé­­ phones por­­ tables se mani­­ festent à toute heure et quels que soient les moments que l’on vit. Un rap­­ port au temps dif­­ rent selon les géné­­ tions fé­­ ra­­ Les baby boomers vivent la rup­­ ture entre l’ancien modèle, où de bonnes études garan­­ saient car­­ tis­­ rière et sta­­ lité pro­­ sion­­ bi­­ fes­­ nelle, et le modèle actuel. Les quadras (ou géné­­ tion  X) ont conscience du fait que ra­­ l’allongement de la durée de vie au tra­­ risque de compro­­ vail mettre 270
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    Savoirs leurs propres perspec­­ tivesd’évolution. Ils savent qu’ils devront trou­ ­ ver d’autres façons d’évoluer. Les jeunes géné­­ tions (ou géné­­ tion  Y) envi­­ ra­­ ra­­ sagent une autre rela­­ tion pro­­ sion­­ fes­­ nelle basée sur une approche par le contrat. Ils affirment sans complexes que leur vie per­­ nelle compte au moins son­­ autant que la réus­­ pro­­ sion­­ site fes­­ nelle. C’est la pre­­ mière géné­­ tion à ra­­ assu­­ mer sa rela­­ tion au temps de pré­­ sence et à reven­­ quer un droit di­­ à « faire le tra­­ vail » et à être jugé sur les résul­­ plus que sur les tats moyens. Tout s’accélère  : l’accès aux infor­­ tions, les délais de commu­­ ­ ma­­ ni­ ca­­ tion les cycles de vie des entre­­ prises et les mou­­ ments sociaux. ve­­ Ce sen­­ ment d’urgence per­­ nente se double d’une nou­­ ti­­ ma­­ velle contrainte  : être heu­­ reux et res­­ le plus long­­ ter temps pos­­ sible en bonne santé et pro­­ tif. duc­­ Or ceci n’est pos­­ sible et réa­­ liste que si l’on prend le temps du recul, de ne rien faire, de lais­­ place à la réflexion dans nos actions ser quo­­ diennes et de savoir ce que l’on veut pour déci­­ d’où l’on va. ti­­ der De véri­­ tables enjeux pour les entre­­ prises Ces bou­­ ver­­ ments repré­­ le­­ se­­ sentent de véri­­ tables enjeux pour les entre­­ prises. Comment faire vivre ensemble ces rela­­ tions au temps dif­­ rentes, voire diver­­ fé­­ gentes  ? Comment défi­­ des règles de vie nir communes en la matière : temps de pré­­ sence dif­­ rent du temps de fé­­ tra­­ effec­­ temps infor­­ et for­­ vail tif, mel mel, temps opti­­ misé, orga­­ nisé et encore seg­­ menté dans l’organisation ? Savoir-faire Prendre du recul alors que tout s’accélère Une orga­­ sa­­ ni­­ tion réin­­ tée est sus­­ tible de mieux fédé­­ les ven­­ cep­­ rer géné­­ tions dans un cadre commun. Trois condi­­ ra­­ tions sont néces­ ­ saires au bon fonc­­ ne­­ tion­­ ment de l’organisation réin­­ tée : ven­­ ✓✓ Un mana­­ ment basé sur la confiance : on ne peut pas avoir à la ge­­ fois un dis­­ cours de responsabilisation des col­­ bo­­ teurs vis-­ -vis la­­ ra­­ à de leur temps et des réac­­ tions d’hyper contrôle face à une prise 271 Savoir-être Une orga­­ sa­­ ni­­ tion réin­­ tée ven­­
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    9 • Déve­­per son effi­­ cité lop­­ ca­­ per­­ nelle son­­ Gérer le temps et les prio­­ tés ri­­ Gagner du temps et s’organiser avec les TIC Gagner du temps et s’organiser avec les 5 S Gérer l’information d’initiative concer­­ nant l’organisation du temps ou des choix de prio­­ tés. ri­­ ✓✓ Une vision des rela­­ tions pro­­ sion­­ fes­­ nelles renou­­ lée où les sta­ ve­­ ­ tuts hié­­ chiques sont moins influ­­ rar­­ ents que la cré­­ bi­­ et di­­ lité l’exemplarité du mana­­ ger. ✓✓ Enfin, une trans­­ rence de cha­­ quant à ses prio­­ tés et objec­ pa­­ cun ri­­ ­ tifs même à moyen terme. C’est la condi­­ tion de l’acceptation par l’organisation des zones de flou qu’une telle évo­­ tion implique. lu­­ L’enjeu ici réside dans la capa­­ cité de cha­­ cun à répondre aux attentes de son envi­­ ne­­ ron­­ ment pro­­ sion­­ fes­­ nel et aux pres­­ sions d’efficacité tout en gar­­ dant une maî­­ trise de la façon dont on emploie sa valeur temps. Le temps que l’on maî­­ trise Réflé­­ chir au temps que l’on maî­­ trise, c’est pen­­ sa propre vision ser de sa vie au tra­­ vail dans la durée. Maî­­ ser son temps passe par tri­­ une réflexion sur l’équilibre entre ses prio­­ tés et le temps qu’on y ri­­ consacre. C’est un exer­­ dif­­ cile tant nous sommes rom­­ à pri­ cice fi­­ pus ­ vi­­ gier l’action à la réflexion et à nous lais­­ empor­­ par une lé­­ ser ter vision con­ ensuelle de ce qui est accep­­ s table ou pas. La maî­­ trise du temps passe aussi par la compré­­ sion des hen­­ attentes de son entre­­ prise. Quelles sont les compé­­ tences véri­­ ble­ ta­­ ­ ment reconnues  : les compé­­ tences tech­­ niques métiers liées à un appren­­ sage ou les compé­­ tis­­ tences trans­­ sales ? Ces der­­ ver­­ nières sont par nature plus dif­­ ciles à cer­­ mais font le « liant » des orga­­ sa­ fi­­ ner ni­­ ­ tions, c’est la coopé­­ tion, la capa­­ à tra­­ ra­­ cité vailler en équipe, la prise d’initiative, la capa­­ à uti­­ ser les réseaux infor­­ cité li­­ mels pour résoudre les problèmes ? La réflexion passe par un temps d’introspection, un temps que l’on s’accorde pour savoir ce qui est impor­­ tant pour notre effi­­ cité ca­­ per­­ nelle. son­­ 272
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    273 Savoir-faire Savoir-être Nous vous pro­­sons quelques ques­­ po­­ tions pour poser le décor et iden­ ­ ti­­ ce dont vous avez besoin pour déve­­ per votre effi­­ cité per­ fier lop­­ ca­­ ­ son­­ nelle. Ces ques­­ tions ont pour objec­­ de vous don­­ des indi­­ ­ tif ner ca­ tions sur votre rela­­ tion au temps, la liste n’en est pas exhaus­­ tive. ✓✓ Comment apprenez-­ ous le mieux ? par l’échange, par l’étude, v par l’observation, par l’expérience  ? Chaque façon d’apprendre est unique et fait appel à des méca­­ nismes par­­ gés. ta­­ ✓✓ De quel envi­­ ne­­ ron­­ ment avez-­ ous abso­­ ment besoin pour vous v lu­­ concen­­ trer, être effi­­ cace ? −− un envi­­ ne­­ ron­­ ment rangé ou fouillis ? −− de soli­­ tude ou de pré­­ sence ? −− de bruits ou de silence ? ✓✓ Travaillez-­ ous avec plus d’efficacité sous la pres­­ v sion ou en vous étant orga­­ nisé pour finir en avance ? ✓✓ Êtes-­ ous plus motivé par l’approfondissement des sujets ou la v décou­­ verte de nou­­ velles connais­­ sances ? ✓✓ Qu’est-ce qui vous fait vous lever le matin ? ✓✓ Qu’est-ce qui vous motive vrai­­ ment : −− avoir une mis­­ sion à accom­­ qui trouve sens dans votre acti­ plir ­ vité pro­­ sion­­ fes­­ nelle ? −− avoir un sta­­ social, du pou­­ tut voir ? −− exer­­ votre créa­­ vité ? cer ti­­ −− créer de la valeur intel­­ tuelle, ou éco­­ mique ? lec­­ no­­ −− faire avan­­ des recherches ? cer −− se faire plai­­ en tra­­ sir vaillant ? −− gagner sa vie pour se consa­­ crer à des acti­­ tés extravi­­ p ­ rofessionnelles ou fami­­ liales ? −− être en rela­­ tion ? −− exer­­ son lea­­ ship ? cer der­­ −− faire pas­­ ses convic­­ ser tions, voire les mettre en œuvre ? ✓✓ Avez-­ ous besoin de convivia­­ ou de rigueur  ? d’action ou v lité d’introspection ? de sérieux ou de décontrac­­ tion ? ✓✓ Êtes-­ ous plu­­ du matin ou du soir ? v tôt Savoirs Votre rela­­ tion au temps
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    9 • Déve­­per son effi­­ cité lop­­ ca­­ per­­ nelle son­­ Gérer le temps et les prio­­ tés ri­­ Gagner du temps et s’organiser avec les TIC Gagner du temps et s’organiser avec les 5 S Gérer l’information ✓✓ Avez-­ ous besoin de vous don­­ des défis à rele­­ ou êtes-­ ous v ner ver v plus à l’aise dans la répé­­ tition de situa­­ tions connues ? ✓✓ De quoi êtes-­ ous le plus satis­­ dans votre vie pro­­ sion­­ v fait fes­­ nelle et pour­­ quoi ? ✓✓ Qu’est-ce qui a motivé vos choix de car­­ rière : une capa­­ à sai­­ cité sir les oppor­­ ni­­ et à fon­­ ou une réflexion struc­­ rée et appro­ tu­­ tés cer tu­­ ­ fon­­ die ? ✓✓ Aimez-­ ous avoir «  plu­­ v sieurs fers au feu  » ou avez-­ ous besoin v d’avoir fini un sujet pour pas­­ à un autre ? ser Vos star­­ ters d’action De la même façon, voici une liste de ques­­ tions pour iden­­ fier vos ti­­ star­­ d’action, Avant de vous mettre au tra­­ ters vail, quel est le moyen effi­­ cace pour vous ? Quels sont vos rituels de mise au tra­­ vail ? ✓✓ Un café une fois arrivé au bureau ? ✓✓ Arri­­ avant (ou après !) tout le monde ? ver ✓✓ Avoir d’abord parlé, plai­­ santé avec des col­­ lègues que vous aimez bien ? ✓✓ Avoir fait le tour des équipes et dit bon­­ jour ? ✓✓ Avoir pla­­ fié ma jour­­ ni­­ née ? ✓✓ Trou­­ un bureau bien rangé, ou le ran­­ ver ger ? ✓✓ M’être acheté une plante verte, avoir décoré et per­­ na­­ mon son­­ lisé envi­­ ne­­ ron­­ ment de tra­­ vail ? ✓✓ Si je suis à dis­­ tance, tra­­ vailler dans une pièce à part des autres pièces de la mai­­ fami­­ son liale ? ✓✓ Me don­­ des plages horaires strictes ? ner De bonnes pra­­ tiques de ges­­ tion du temps Ceci posé, quelques bonnes pra­­ tiques, ou réflexes ont prouvé leur effi­­ cité : ca­­ ✓✓ Abor­­ ses acti­­ tés comme des ensembles, plu­­ que comme der vi­­ tôt des suc­­ sions de plages de tra­­ ces­­ vail. Se don­­ ner des bornes 274
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    275 Savoirs Savoir-faire Savoir-être per­­ nelles : sije n’ai pas réussi à commen­­ ce dos­­ ce jour son­­ cer sier je reporte, je ne passe pas plus de 2 heures sur ce sujet… ✓✓ Pla­­ fier avec luci­­ ni­­ dité, pra­­ quer l’art des listes et ne pas se déses­ ti­­ ­ pé­­ de ne pas avoir fait tout ce que l’on avait prévu. rer ✓✓ Se pré­­ nir de l’immédiateté : résis­­ à la ten­­ tion de répondre à ve­­ ter ta­­ tous les mails tout de suite et maî­­ ser le moment où on les traite. tri­­ ✓✓ Savoir se déconnec­­ Dis­­ guer les moments où on réflé­­ ter. tin­­ chit de ceux où l’on échange ou de ceux où on pra­­ tique les rituels de l’entreprise (réunions, entre­­ tiens, points pério­­ diques)… et les valo­­ ser comme temps de tra­­ ri­­ vail. ✓✓ Inté­­ grer la notion de « moments oppor­­ tuns » et le fait que toute une vision peut être remise en ques­­ tion en un quart de seconde. ✓✓ Savoir s’adapter pour dire oui à l’imprévu et non à des demandes ex­ resses de son supé­­ p rieur hié­­ chique en expli­­ rar­­ quant la rai­­ et son en lui lais­­ sant la déci­­ sion sur les urgences. ✓✓ Ritua­­ ser les temps de pla­­ fi­­ tion de son propre temps en li­­ ni­­ ca­­ fonc­­ tion de ses pré­­ rences d’organisation : le lundi matin ou le fé­­ ven­­ dredi soir et le véri­­ au moins une fois dans la semaine. fier ✓✓ Pré­­ des plages d’organisation, par exemple : inter­­ tion des voir rup­­ mails au moins 2 heures par jour, syn­­ ni­­ tion de son calen­ chro­­ sa­­ ­ drier et avec celui de son assis­­ tante pour maî­­ ser ses rendeztri­­ v ­ ous… ✓✓ Se don­­ les moyens de prendre le lea­­ ship sur son temps en ner der­­ pré­­ voyant : −− une demi-­ eure par jour de rendez-­ ous avec soi-­ ême ; h v m −− un jour par mois sans rendez-­ ous ni réunions. v ✓✓ Uti­­ ser les outils pour pla­­ fier vos rendez-­ ous pério­­ li­­ ni­­ v diques annuels, vos plages d’absence et men­­ lement vali­­ votre suel­­ der plan­­ ning. ✓✓ Se ména­­ des marges de manœuvre : ger −− pen­­ ses acti­­ tés en ensembles cohé­­ ser vi­­ rents ; −− regrou­­ des tâches urgentes et peu impor­­ per tantes en fin de jour­­ ou après le déjeu­­ née ner ; −− adap­­ ses temps de tra­­ sur des dos­­ ter vail siers de fond en fonc­ ­ tion de sa chrono­ iologie (si on est du matin ou du soir…). b
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    9 • Déve­­per son effi­­ cité lop­­ ca­­ per­­ nelle son­­ Gérer le temps et les prio­­ tés ri­­ Gagner du temps et s’organiser avec les TIC Gagner du temps et s’organiser avec les 5 S Gérer l’information ✓✓ Pré­­ voir les plages de pré­­ ra­­ pa­­ tion des temps d’échanges (entre­ ­ tiens, reportings, pré­­ ta­­ sen­­ tions, réunions…) et autres évé­­ ­ ne­ ments impor­­ tants. ✓✓ Inté­­ grer dans son emploi du temps sa fonc­­ tion mana­­ ment ge­­ d’équipe pour s’accorder éga­­ ment de la réflexion sur ce sujet et le­­ pas seule­­ ment au moment des entre­­ tiens annuels ou d’objectifs. ✓✓ Être au clair avec ce qui est attendu de vous en tant que mana­­ ger, ce qui sera reconnu, ce qui sera visible. Appli­­ quer ces pra­­ tiques vous aidera. Il faut tou­­ fois se gar­­ te­­ der de pen­­ que tout se pla­­ fie et se pré­­ ser ni­­ voit et inté­­ grer la dimen­ ­ sion imprévu et sur­­ prise. L’enjeu est de prendre du recul par rap­ ­ port à une approche de recettes multi­ onctions qui peuvent être des f pièges : poli­­ tique de la porte fer­­ mée ou rigi­­ dité. Se déga­­ ger de la pres­­ sion du temps Voici une liste de choses à faire ou ne pas faire pour se déga­­ de la ger pres­­ sion du temps : ✓✓ Gar­­ à l’esprit que le temps de concen­­ tion opti­­ der tra­­ mum est de 20 minutes, pro­­ gram­­ des phases d’activité de 45 minutes. mer ✓✓ Ralen­­ ses gestes. tir ✓✓ Prendre conscience de sa res­­ ra­­ pi­­ tion. ✓✓ Commen­­ un livre et ne rien faire d’autre tant que l’on en n’a cer pas ter­­ miné. ✓✓ Jar­­ ner, faire des tra­­ di­­ vaux manuels. ✓✓ Ne rien faire. ✓✓ Accep­­ de s’ennuyer, d’attendre et voir comment pro­­ ter de ces ter fi­­ « moments per­­ dus ». ✓✓ Faire quelque chose d’inhabituel  : chan­­ son tra­­ ou son ger jet mode de trans­­ port. ✓✓ Écou­­ une musique relaxante ou des textes lit­­ raires enre­­ ­ ter té­­ gis­ trés pour vous nour­­ intel­­ tuelle­­ rir lec­­ ment dif­­ rem­­ fé­­ ment. 276
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    ✓✓ Remettre enques­­ tion ses sché­­ mas de pen­­ ou de prise de déci­ sée ­ sion habi­­ tuels. ✓✓ Faire des listes pour tout, noter ses idées au fil de l’eau pour assis­ ­ ter sa mémoire et nour­­ sa créa­­ vité. rir ti­­ En conclu­­ sion de ce pas­­ sage consa­­ au temps que l’on maî­­ cré trise, nous avons sou­­ haité ouvrir la réflexion sur le temps qui nous est imposé. En effet, il peut être aidant d’appréhender le temps comme une don­­ par nature incontrô­­ née lable. Par essence il nous échappe et ce dans toutes les sphères de notre vie, il coule et passe. Une fois ceci posé, l’enjeu est alors plus dans l’acceptation que dans la résis­­ tance  : accep­­ le carac­­ ter tère iné­­ table du cadre du luc­­ temps, accep­­ que des moments des phases tem­­ relles s’organisent ter po­­ en dehors de notre capa­­ de contrôle et que le choix soit par nature cité limité. Savoirs Le temps qui nous est imposé La ques­­ tion de la dis­­ ni­­ lité pour ses col­­ bo­­ teurs est sou­­ po­­ bi­­ la­­ ra­­ vent cru­­ ciale pour un mana­­ ger. C’est le temps le plus dif­­ cile à abor­ fi­­ ­ der entre les points de contacts orga­­ sés (entre­­ ni­­ tiens, reportings, réunions) et les demandes de dis­­ ni­­ lité des col­­ bo­­ teurs qui po­­ bi­­ la­­ ra­­ peuvent être enva­­ santes et peu pré­­ sibles. his­­ vi­­ Savoir-faire Le temps avec l’équipe Les outils tra­­ tion­­ di­­ nels peuvent être soit une aide, soit un piège si on les appré­­ hende comme des recettes à appli­­ quer quelles que soient les cir­­ constances. Voici une liste non exhaus­­ tive des contra­­ tions et irri­­ tions dic­­ ta­­ aux­­ quelles une appli­­ tion trop sys­­ ma­­ ca­­ té­­ tique de recettes peut conduire : ✓✓ J’ai décidé d’organiser tous les matins un brief avec mon équipe et ne tolère aucune absence, mais il m’arrive moi-­ ême d’annuler m ces rendez-­ ous en der­­ v nière minute en invo­­ quant une urgence. Une sou­­ plesse rela­­ nelle vis-­ -vis des retards et absences peut tion­­ à 277 Savoir-être Se méfier des recettes toutes faites
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    9 • Déve­­per son effi­­ cité lop­­ ca­­ per­­ nelle son­­ Gérer le temps et les prio­­ tés ri­­ Gagner du temps et s’organiser avec les TIC Gagner du temps et s’organiser avec les 5 S Gérer l’information entraî­­ ner une meilleure compré­­ sion par l’équipe de vos hen­­ propres contraintes. ✓✓ J’ai noté sur mon agenda, par­­ tagé mes moments de réflexion, mes rendez-­ ous avec moi-­ ême, sans en décrire l’objectif et le v m sens, ce qui peut être inter­­ prété comme des fuites de l’action. ✓✓ Je laisse à mon assis­­ tante toute la maî­­ trise de la ges­­ tion de mon agenda selon le bon vieux prin­­ cipe de délé­­ tion. Je découvre ga­­ hor­­ fié en début de semaine que pour répondre à mon hyper­ ri­­ activité, elle n’a même plus prévu d’heure de déjeu­­ ner. ✓✓ On m’a ensei­­ que pour m’affirmer en tant que mana­­ il me gné ger fal­­ être strict sur le respect des horaires de mon équipe. J’en lait arrive à des compor­­ ments d’hypercontrôle : qui arrive à quelle te­­ heure et part à quelle heure, sans me sou­­ des contraintes de cier mes col­­ bo­­ teurs, ni en par­­ avec eux. la­­ ra­­ ler ✓✓ J’ai compris que pour être accepté, voire aimé en tant que mana­ ­ ger il valait mieux pra­­ quer la poli­­ ti­­ tique de la porte ouverte. Toutes mes jour­­ nées commencent à 19  heures quand tout le monde est parti… au détriment de ma vie de famille. Cla­­ fier et commu­­ quer ri­­ ni­­ La pre­­ mière néces­­ est de commu­­ quer auprès de son équipe sur sité ni­­ ses modes de fonc­­ ne­­ tion­­ ment par rap­­ port au temps. Il est néces­ ­ saire de cla­­ fier et expli­­ ri­­ quer les règles rela­­ nelles et de commu­ tion­­ ­ ni­­ tion  : rendez-­ ous pério­­ ca­­ v diques for­­ li­­ réunions d’équipe ma­­ sés, d’information et de tra­­ vail, temps dis­­ nible pour l’informel en po­­ début/fin de jour­­ née, signaux qui favo­­ risent la prise en compte par l’équipe des moments indis­­ sables où en tant que mana­­ vous pen­­ ger avez besoin d’être seul, non sol­­ cité par le quo­­ dien. li­­ ti­­ Pour expli­­ quer son fonc­­ ne­­ tion­­ ment per­­ nel et ses règles, il est son­­ utile de don­­ des auto­­ sa­­ ner ri­­ tions : si vous avez une urgence vous me télé­­ nez, joi­­ pho­­ gnez mon assistante… des per­­ sions : vous pou­­ mis­­ vez me déran­­ si… ger 278
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    Nous avons pourhabi­­ tude de trai­­ le temps comme une don­­ ter née, un élé­­ ment de bonne ges­­ tion à inté­­ grer dans la boîte à outils du mana­­ Cette vision est utile et se révèle sou­­ ger. vent opé­­ tion­­ ra­­ nelle : il est impor­­ tant de s’appuyer sur de bonnes pra­­ tiques éprou­­ vées. Cette approche sera effi­­ cace à long terme, au cours d’un par­­ cours pro­­ sion­­ si l’on sait en comprendre les fon­­ ments, en ana­­ ser fes­­ nel de­­ ly­­ les avan­­ tages et inconvé­­ nients et les appli­­ quer avec per­­ nence à son ti­­ contexte. C’est pour­­ quoi la méthode de lec­­ ture du temps peut se décli­­ ner en 5 prin­­ cipes. Les 5 prin­­cipes de la lec­­ ture du temps ✓✓ Diag­­ ti­­ nos­­ quer la culture temps de son orga­­ sa­­ ni­­ tion. ✓✓ Iden­­ fier ses mis­­ ti­­ sions et ses objec­­ à court et moyen terme. tifs ✓✓ Clas­­ ses acti­­ tés selon le modèle : ser vi­­ – acti­­ tés liées aux compé­­ vi­­ tences tech­­ niques ; Savoir-faire Un autre regard sur le temps Savoirs Der­­ nier conseil et non le moindre  : quand vous êtes en rela­ ­ tion avec un col­­ bo­­ teur, soyez vrai­­ la­­ ra­­ ment là, présent à ce qui se passe, dis­­ nible et déta­­ de vos autres pré­­ cu­­ tions. Si ce po­­ ché oc­­ pa­­ n’est pas pos­­ sible, dites-­ui ou quan­­ fiez le temps que vous pou­­ l ti­­ vez lui consa­­ crer. – acti­­ tés liées aux compé­­ vi­­ tences trans­­ sales du métier ; ver­­ – acti­­ tés liées à des compé­­ vi­­ tences indi­­ duelles et durables pour mon vi­­ déve­­ pe­­ lop­­ ment per­­ nel. son­­ ✓✓ S’obliger à une intros­­ tion régu­­ pec­­ lière sur ses objec­­ per­­ nels et sa tifs son­­ vision du sens que l’on donne à son enga­­ ment en tant que mana­­ ge­­ ger. Vous trou­­ rez ci-­ essous une liste de ques­­ ve­­ d tions et des tableaux pour vous aider dans vos approches des dif­­ rents sujets. fé­­ 279 Savoir-être ✓✓ Appli­­ quer les outils de ges­­ tion du temps avec dis­­ ne­­ cer­­ ment en les clas­ ­ sant selon le schéma sui­­ vant : utile au quo­­ dien, utile à court terme, utile ti­­ pour pilo­­ mon par­­ ter cours pro­­ sion­­ fes­­ nel.
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    9 • Déve­­per son effi­­ cité lop­­ ca­­ per­­ nelle son­­ Gérer le temps et les prio­­ tés ri­­ Gagner du temps et s’organiser avec les TIC Gagner du temps et s’organiser avec les 5 S Gérer l’information Diag­­ nos­­ quer la culture temps de son orga­­ sa­­ ti­­ ni­­ tion ✓✓ Qu’est-ce qui est valo­­ risé : la visi­­ lité, la pré­­ bi­­ sence, la fidé­­ ou lité le résul­­ tat ? ✓✓ Faut-­l répondre à ses mails de façon très réac­­ et rapide ? i tive ✓✓ Faut-­l res­­ ter scru­­ leu­­ ment les délais de remise de docu­ i pec­­ pu­­ se­­ ­ ments ou de déci­­ sion ? ✓✓ Laisse-­-on de la place à la créa­­ vité ? t ti­­ ✓✓ La contro­­ verse, le débat interne sont-­ls auto­­ sés ? i ri­­ ✓✓ Accepte-­-on les phases de réflexion indi­­ duelles ? t vi­­ ✓✓ Accepte-­-on la remise en ques­­ t tion des élé­­ ments décidés par la hié­­ chie ou les struc­­ rar­­ tures fonc­­ nelles ? tion­­ ✓✓ Est-­l plus impor­­ i tant de répondre aux mails des struc­­ tures fonc­ ­ tion­­ nelles, de la direc­­ tion géné­­ ou de la hié­­ chie ? rale rar­­ ✓✓ Valorise-­-on la capa­­ t cité à faire plu­­ sieurs choses en même temps ? ✓✓ Valorise-­-on la capa­­ à appro­­ dir les sujets, poser des ques­ t cité fon­­ ­ tions ? ✓✓ Les per­­ sonnes reconnues et qui béné­­ cient de pro­­ tions ontfi­­ mo­­ e ­ lles un pro­­ d’action ou de réflexion ? fil Votre réponse à ces dif­­ rentes ques­­ fé­­ tions, vous per­­ tra met­­ d’identifier si vous êtes dans un modèle : ✓✓ Réac­­  : valo­­ sa­­ tif ri­­ tion de l’action, de la visi­­ lité, de la mul­­ pli­­ bi­­ ti­­ cité de taches et objec­­ tifs. ✓✓ Réflexif  : valo­­ sa­­ ri­­ tion de l’analyse, mise en place de struc­ ­ tures de réflexion col­­ tives, temps accordé aux pré­­ ra­­ lec­­ pa­­ tions d’événements, aux échanges… Iden­­ fier ses mis­­ ti­­ sions et objec­­ tifs à court et moyen terme ✓✓ Dans quelle struc­­ ture de mon orga­­ sa­­ ni­­ tion est situé mon poste : opé­­ tion­­ fonc­­ nel, projet… ? ra­­ nel, tion­­ 280
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    Clas­­ ser ses acti­­tés vi­­ Tableau 9.1 ■ Clas­­ ses acti­­ tés ser vi­­ En lien avec les compé­­ tences trans­­ sales ver­­ 281 En lien avec les compé­­ tences clés de l’organisation Savoirs En lien avec les compé­­ tences stra­­ giques té­­ Savoir-être Acti­­ tés vi­­ En lien avec les compé­­ tences tech­­ niques métier Savoir-faire ✓✓ Quelle est la rai­­ d’être de mon poste (à quoi sert-­l dans son i l’organisation) ? ✓✓ Quels sont les élé­­ ments qui font que ma mis­­ sion est reconnue et a de la valeur pour mon orga­­ sa­­ ni­­ tion (ma mis­­ sion est-­ lle liée aux e compé­­ tences stra­­ giques, aux compé­­ té­­ tences clés, ou aux compé­ ­ tences métier) ? ✓✓ Quelles sont les 3  grandes mis­­ sions prin­­ pales liées à mon ci­­ poste ? ✓✓ Quelles sont les 10 acti­­ tés prin­­ pales liées à ces mis­­ vi­­ ci­­ sions ? ✓✓ Parmi ces 10 acti­­ tés, quelles sont celles qui sont liées au cœur vi­­ de métier de mon orga­­ sa­­ ni­­ tion et celles qui sont péri­­ phériques ? ✓✓ Parmi ces 10 acti­­ tés, quelles sont celles qui me motivent le plus, vi­­ que je pré­­ mener et pour­­ fère quoi ? ✓✓ Parmi ces 10 acti­­ tés, quelles sont les plus reconnues par mon vi­­ orga­­ sa­­ ni­­ tion et pour­­ quoi ? ✓✓ Parmi ces 10 acti­­ tés, quelles sont les 3 aux­­ vi­­ quelles je consacre le plus de temps et pour­­ quoi ? Y a-­-il équi­­ t libre entre ces 3 acti­­ tés vi­­ et celles que me motivent le plus ? ✓✓ Quels sont mes objec­­ pour l’année en cours, sont-­ls en cohé­ tifs i ­ rence avec les acti­­ tés les plus reconnues ? vi­­
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    9 • Déve­­per son effi­­ cité lop­­ ca­­ per­­ nelle son­­ Gérer le temps et les prio­­ tés ri­­ Gagner du temps et s’organiser avec les TIC Gagner du temps et s’organiser avec les 5 S Gérer l’information S’obliger à une intros­­ tion régu­­ pec­­ lière ✓✓ Qu’ai-je appris de mon expé­­ rience sur mes qua­­ tés, mes capa­­ ­ li­­ ci­ tés et mon poten­­ tiel ? ✓✓ Sur quelles réus­­ sites puis-­e m’appuyer ? j ✓✓ Qu’ai-je appris de mes dif­­ cultés et de mes échecs ? fi­­ ✓✓ Quelles sont les compé­­ tences que je maî­­ trise complè­­ ment ? te­­ ✓✓ Quelles sont les acti­­ tés qui me pro­­ vi­­ curent du plai­­ dans mon sir métier ? ✓✓ Suis-­e plus effi­­ j cace dans les champs tech­­ niques ou dans le champ rela­­ nel compa­­ ti­­ ment aux exi­­ tion­­ ra­­ ve­­ gences de mon métier ? ✓✓ Qu’ai-je envie de réa­­ ser dans les années à venir ? li­­ ✓✓ Quelles sont mes contraintes per­­ nelles, fami­­ son­­ liales ou pro­­ ­ fes­ sion­­ nelles ? ✓✓ Qui sont les inter­­ cuteurs sus­­ tibles de m’aider dans mes lo­­ cep­­ réflexions sur mon par­­ cours : ins­­ tution­­ ti­­ nels, liés à mon réseau pro­­ sion­­ ami­­ per­­ nel ? fes­­ nel, cal, son­­ ✓✓ Qu’ai-je envie d’apprendre main­­ nant ? te­­ ✓✓ Qu’ai-je envie de faire main­­ nant : déve­­ per mon exper­­ te­­ lop­­ tise, mana­­ diri­­ une acti­­ ger, ger vité ? ✓✓ Qu’est-ce qui est plus impor­­ tant pour moi : voir ma compé­­ tence reconnue, voir ma per­­ na­­ accep­­ pou­­ expri­­ libre­ son­­ lité tée, voir mer ­ ment mes opi­­ nions, m’affirmer, tra­­ vailler dans un envi­­ ne­ ron­­ ­ ment har­­ nieux et qui cor­­ ponde à mes valeurs, avoir des mo­­ res­­ temps de réflexion, m’amuser, me faire plai­­ dans mon acti­­ sir vité, assu­­ mon ave­­ et celui de ma famille… rer nir 282
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    Appli­­ quer les outilsde ges­­ tion du temps avec dis­­ ne­­ cer­­ ment Tableau 9.2 ■  ti­­ ser les outils de ges­­ U li­­ tion du temps Outils Uti­­ ser les tech­­ lo­­ li­­ no­­ gies de l’information pour opti­­ ser au mi­­ maxi­­ mum les tâches rou­­ nières ti­­ Utiles au quo­­ dien ti­­ Utiles à court terme Utiles pour pilo­­ ter mon par­­ cours x Affec­­ un bud­­ temps à ter get chaque acti­­ vité Savoirs avec dis­­ ne­­ cer­­ ment x Pré­­ voir le temps des situa­­ tions rela­­ nelles tion­­ x x Pré­­ voir les temps infor­­ mels, lais­­ un espace temps pour ser l’imprévu x x Orga­­ ser dans son plan­­ ni­­ ning des temps régu­­ liers de réflexion x x Tenir compte de sa chrono­ biologie (du matin ou du soir) x x Alter­­ ses acti­­ tés ner vi­­ x x Varier ses acti­­ tés en tenant vi­­ compte de l’urgence et de l’importance et de l’intérêt pour soi-­ ême m x x x Tenir compte des contraintes d’organisation de ses col­­ bo­ la­­ ­ ra­­ teurs x x x Savoir dire non à une demande sans nier la per­­ sonne qui la fait x x Mettre son plan­­ ning à jour une fois par semaine x Savoir-faire x x ☞ 283 Savoir-être Pré­­ nir sur sa capa­­ ve­­ cité à tenir les délais impo­­ sés ou sur ses dif­­ cultés fi­­
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    9 • Déve­­per son effi­­ cité lop­­ ca­­ per­­ nelle son­­ Gérer le temps et les prio­­ tés ri­­ Gagner du temps et s’organiser avec les TIC Gagner du temps et s’organiser avec les 5 S Gérer l’information ☞ Outils Utiles au quo­­ dien ti­­ Faire le point sur ses acti­­ tés vi­­ une fois par semaine x Utiles pour pilo­­ ter mon par­­ cours x Faire le point sur ses objec­­ tifs une fois par mois Utiles à court terme x Faire l’effort de reve­­ régu­­ ­ nir liè­ re­­ ment à la rai­­ son d’être de son acti­­ vité x x Anti­­ per pour les actions à ci­­ forts enjeux les risques en cas d’échec et les stra­­ gies à mettre té­­ en place x x Clas­­ les évé­­ ments en 3 ser ne­­ caté­­ ries ; trai­­ soi-­ ême, go­­ ter m délé­­ guer, poubelliser x x Évi­­ la pro­­ ter cras­­ nation : se ti­­ don­­ des « bornes limites » ner x x Face à une situa­­ tion d’urgence s’obliger à se poser x x Les pos­­ tures face au stress du temps Dans une approche ana­­ gique et humo­­ tique nous vous pro­­ ­ lo­­ ris­­ po­ sons ci-­ essous un bes­­ d tiaire illustratif des dif­­ rentes pos­­ fé­­ tures face au stress du temps : ✓✓ Le déni (poli­­ tique de l’autruche) et attendre d’être au pied du mur pour agir. ✓✓ La fuite (poli­­ tique du rat) fuir et ris­­ quer d’être rat­­ trapé. ✓✓ L’attaque (poli­­ tique du lion) et déve­­ per une répu­­ tion lop­­ ta­­ d’agressivité. ✓✓ Le refus (poli­­ tique de l’âne) et deve­­ la madame ou mon­­ nir sieur Non. 284
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    Savoirs ✓✓ La rumi­­tion (poli­­ na­­ tique de la vache) et attendre que les choses se digèrent toutes seules. ✓✓ L’agitation (poli­­ tique du lièvre) quitte à se dis­­ ser et ne jamais per­­ rien finir. ✓✓ La tran­­ quillité (poli­­ tique de la tor­­ tue) et pas­­ len­­ ment toutes ser te­­ les étapes jusqu’au but. ✓✓ Le sui­­ visme (poli­­ tique du mou­­ ton) et ris­­ quer de ne pas voir où sont les vrais enjeux. ✓✓ Le sur­­ (poli­­ vol tique de l’aigle) et regar­­ les pro­­ der blèmes de haut en sériant les prio­­ tés. ri­­ ✓✓ L’enterrement (poli­­ tique de la taupe) qui va au fond des choses et creuse des tun­­ pour ana­­ ser. nels ly­­ CC Gagner du temps et s’organiser avec les TIC Par­­ des rôles pro­­ sion­­ tir fes­­ nels pour s’organiser • Mais, ce n’est pas suf­­ sant. fi­­ Vous devez éga­­ ment adap­ le­­ ­ ter ces fonc­­ na­­ tés à votre tion­­ li­­ mode de fonc­­ ne­­ tion­­ ment et orga­­ ser l’information en fonc­ ni­­ ­ tion de vos rôles et objec­­ tifs pro­­ sion­­ fes­­ nels. Orga­­ ser son temps, c’est lui don­­ ni­­ ner du sens. En orga­­ sant votre ordi­­ teur ni­­ na­­ à par­­ de vos dif­­ rents rôles pro­­ ­ tir fé­­ fes­ sion­­ nels, vous faci­­ te­­ la ges­­ li­­ rez tion de votre temps et le choix de vos prio­­ tés. ri­­ Il s’agit de : ✓✓ défi­­ et hié­­ chi­­ ses rôles pro­­ sion­­ nir rar­­ ser fes­­ nels ; ✓✓ face à chaque rôle, lis­­ pré­­ sé­­ ter ci­­ ment les objec­­ affé­­ tifs rant. On obtient ainsi une liste d’objectifs par rôle qui ser­­ de base vira à l’organisation de l’ordinateur. Nous vous conseillons de conser­­ ver cette liste acces­­ sible. En vous y réfé­­ rant régu­­ re­­ liè­­ ment, il sera plus facile de gar­­ le cap mal­­ le tumulte des acti­­ tés quo­­ diennes. der gré vi­­ ti­­ 285 Savoir-être • Pour être effi­­ cace avec les TIC il est bien sûr utile d’en maî­­ ­ tri­ ser les fonc­­ na­­ tés. tion­­ li­­ Savoir-faire PRINCIPES CLÉS Défi­­ une clé commune pour nir orga­­ ser l’information ni­­
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    9 • Déve­­per son effi­­ cité lop­­ ca­­ per­­ nelle son­­ Gérer le temps et les prio­­ tés ri­­ Gagner du temps et s’organiser avec les TIC Gagner du temps et s’organiser avec les 5 S Gérer l’information Décli­­ ner la même orga­­ sa­­ ni­­ tion dans tous vos espaces de sto­­ ckage Pour que l’organisation de votre ordi­­ teur soit effi­­ na­­ cace, elle doit être cohé­­ rente. Nous vous encou­­ geons à décli­­ la même orga­­ ­ ra­­ ner ni­ sa­­ tion dans tous vos espaces de sto­­ ckage. Uti­­ sez vos rôles pro­­ ­ li­­ fes­ sion­­ nels comme pre­­ mière clé de tri et les objec­­ affé­­ tifs rant comme seconde clé de tri : ✓✓ attri­­ buez une struc­­ ture iden­­ tique à vos dos­­ siers Windows, à vos dos­­ siers de mes­­ ge­­ Outlook et à vos favo­­ Inter­­ sa­­ rie ris net ; ✓✓ affec­­ les mêmes caté­­ ries pour orga­­ ser vos rendez-­ ous et tez go­­ ni­­ v vos tâches ; ✓✓ attri­­ buez la même orga­­ sa­­ ni­­ tion à vos dos­­ siers papiers. Une astuce pour nom­­ mer vos dos­­ siers en met­­ tant vos rôles en évi­­ dence consiste à ajou­­ un pré­­ numé­­ ter fixe rique à vos noms de dos­ ­ siers pour qu’ils appa­­ raissent dans un ordre pré­­ fini. dé­­ Exemple Pre­­ nons l’exemple d’un expert qui a quatre rôles : −− mana­­ d’un ser­­ ger vice ; −− expert d’un domaine ; −− chef d’un pro­­ trans­ erse ; jet v −− col­­ bo­­ teur de son entre­­ la­­ ra­­ prise. L’arborescence de ses dos­­ siers pour­­ être orga­­ sée de la manière rait ni­­ sui­­ vante : ✓✓ 01 Mana­­ du ser­­ ger vice XX −− 01 Pilo­­ tage Acti­­ vité −− 02 Entre­­ tiens indi­­ duels vi­­ −− 03… ✓✓ 02 Expert du domaine XX −− 01 Veille tech­­ lo­­ no­­ gique −− 02 Confé­­ rences −− 03… ✓✓ 03 Chef du pro­­ XX jet −− 01 Lan­­ ment du pro­­ ce­­ jet −− 02 Cahier des charges 286
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    Bien uti­­ serla mes­­ ge­­ li­­ sa­­ rie Affec­­ des plages horaires au trai­­ ment de vos mails ter te­­ Savoirs −− 03 Réunions d’avancement −− 04… ✓✓ 04 Col­­ bo­­ teur la­­ ra­­ −− 01 Feuilles de temps −− 02 Congés −− 03… Ne lais­­ pas votre mes­­ ge­­ élec­­ nique enva­­ et inter­­ rer sez sa­­ rie tro­­ hir fé­­ avec vos autres tâches. Chaque jour, pla­­ fiez une à deux plages ni­­ horaires pour trai­­ vos mails. ter 287 Savoir-être La méthode CAP per­­ met de faire face avec effi­­ cité au flot quo­­ ­ ca­­ ti­ dien de mails. Elle vise à prendre sys­­ ma­­ que­­ té­­ ti­­ ment une déci­­ sion pour chaque mail lu et per­­ de gagner du temps. met À l’ouverture d’un mail, trois pos­­ bi­­ tés s’offrent à vous : si­­ li­­ ✓✓ C comme clas­­ . Le mail contient des infor­­ tions que vous ser ma­­ devez conser­­ (infor­­ tions impor­­ ver ma­­ tantes, docu­­ ments de tra­ ­ vail,…). ✓✓ A comme Agir. Le mail implique une action de votre part. Dans ce cas : −− si l’action requise peut être réa­­ sée en moins de 2 minutes, li­­ effectuez-­a immé­­ te­­ l dia­­ ment ; −− sinon, trans­­ mez votre mail en tâche en pre­­ for­­ nant soin de rédi­­ un objet expli­­ ger cite, indi­­ quez une date d’échéance ou marquez-­e d’un indi­­ teur de suivi. Si l’action requise néces­ l ca­­ ­ site l’échange de plu­­ sieurs mails, créez un dos­­ d’action sier dans votre boîte de récep­­ tion. ✓✓ P comme Pou­­ belle. Le mail vous a été envoyé pour infor­­ ­ ma­ tion, son contenu ne vous concerne pas direc­­ ment, les infor­­ ­ te­­ ma­ tions qu’il contient sont à dis­­ si­­ po­­ tion sur le ser­­ veur ou l’Intranet de votre entre­­ prise. Dans tous ces cas, sup­­ mez ce mail. pri­­ Savoir-faire Faire face au flot quo­­ dien : la méthode CAP ti­­
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    9 • Déve­­per son effi­­ cité lop­­ ca­­ per­­ nelle son­­ Gérer le temps et les prio­­ tés ri­­ Gagner du temps et s’organiser avec les TIC Gagner du temps et s’organiser avec les 5 S Gérer l’information Idéa­­ ment, la séquence de trai­­ ment des mails doit se ter­­ ner le­­ te­­ mi­­ par une boîte de récep­­ tion vide. Créer des dos­­ siers d’action et des dos­­ siers de clas­­ ment se­­ L’une des prin­­ pales causes d’engorgement de votre boîte aux lettres ci­­ est l’absence de dos­­ siers. Nous vous conseillons de créer deux types de dos­­ siers : ✓✓ les dos­­ siers d’action dans la boîte de récep­­ tion ; ✓✓ les dos­­ siers de clas­­ ment dans un fichier de don­­ se­­ nées Outlook (fichier .pst). Tableau 9.3 ■ Créer des dos­­ siers d’action et de clas­­ ment se­­ Créer un dos­­ sier d’action Créer un dos­­ sier de clas­­ ment se­­ (.pst) Outlook 2003 Cliquer droit sur la boîte de récep­­ tion puis sélec­­ ner tion­­ Nou­­ veau dos­­ sier Menu Fichier/Nou­­ veau/Fichier de don­­ nées Outlook Outlook 2007 Cliquer droit sur la boîte de récep­­ tion puis sélec­­ ner tion­­ Nou­­ veau dos­­ sier Menu Fichier/Nou­­ veau/Fichier de don­­ nées Outlook Outlook 2010 Cliquer droit sur la boîte de récep­­ tion puis sélec­­ ner tion­­ Nou­­ veau dos­­ sier Dans l’onglet Accueil/groupe Nou­­ veau, cliquer sur Nou­­ veaux élé­­ ments puis Autres élé­­ ments et Fichier de don­­ nées Outlook Créer des règles de clas­­ ment auto­­ tique se­­ ma­­ Les règles per­­ mettent de clas­­ auto­­ ti­­ ment, en fonc­­ ser ma­­ que­­ tion de cri­­ tères pré­ ­ dé­­ nis, les mes­­ fi­­ sages dès leur arri­­ dans votre boîte de récep­­ vée tion. Vous pou­­ par exemple, préclasser dans des dos­­ d’action les newsletters vez siers aux­­ quelles vous êtes abonné pour les regrou­­ et les lire au moment de votre per choix. Vous pou­­ éga­­ ment préclasser, ou affec­­ un indi­­ teur de suivi vez le­­ ter ca­­ aux mes­­ sages pro­­ nant d’une per­­ ve­­ sonne en par­­ cu­­ ti­­ lier. 288
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    Tableau 9.4 ■ Créer desrègles pour la boîte aux lettres élec­­ nique tro­­ Menu Outils/Règles et Alertes Outlook 2007 Menu Outils/Règles et Alertes Outlook 2010 Onglet Fichier Cliquer sur Infor­­ tions puis Gérer les règles ma­­ et les alertes. Créer des mails réuti­­ sables li­­ Il se peut que vous rédi­­ giez régu­­ re­­ liè­­ ment des mails s’adressant au même groupe de per­­ sonnes ou conte­­ nant un texte géné­­ rique. Il peut s’agir de la dif­­ sion d’un rap­­ fu­­ port men­­ ou d’un tableau de bord suel ou bien de l’envoi de ren­­ gne­­ sei­­ ments auprès de vos clients. Dans ce cas, vous gagne­­ du temps en créant des listes de dis­­ bu­­ rez tri­­ tion et des modèles de mail. Une liste de dis­­ bu­­ tri­­ tion (ou groupe de contacts) contient plu­ ­ sieurs per­­ sonnes sélec­­ nées par vos soins dans le car­­ d’adresses tion­­ net de l’entreprise et/ou dans vos fiches contacts. Pour envoyer un mail à ce groupe de per­­ sonnes, il suf­­ alors de l’adresser à la liste de dis­ fit ­ tri­­ tion. bu­­ Tableau 9.5 ■  réer une liste de dis­­ bu­­ C tri­­ tion ou un groupe de contacts Outlook 2003 Menu Fichier/Nou­­ veau/Liste de dis­­ bu­­ tri­­ tion Outlook 2007 Menu Fichier/Nou­­ veau/Liste de dis­­ bu­­ tri­­ tion Outlook 2010 Savoir-faire Savoirs Outlook 2003 Dans Contacts, acti­­ l’onglet Accueil, dans le groupe Nou­­ ver veau, cliquer sur Nou­­ veau groupe de contacts. 289 Savoir-être Vous pou­­ créer un modèle de mail à par­­ d’un mail exis­­ vez tir tant. Il sera enre­­ tré dans un dos­­ spé­­ fique sur votre disque dur. gis­­ sier ci­­ Vous pour­­ ensuite l’utiliser chaque fois que vous en avez besoin, rez le complé­­ avec de nou­­ ter velles infor­­ tions et l’envoyer. ma­­
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    9 • Déve­­per son effi­­ cité lop­­ ca­­ per­­ nelle son­­ Gérer le temps et les prio­­ tés ri­­ Gagner du temps et s’organiser avec les TIC Gagner du temps et s’organiser avec les 5 S Gérer l’information Tableau 9.6 ■ Créer et uti­­ ser des modèles de mails li­­ Créer un modèle de mail Uti­­ ser un modèle de mail li­­ Outlook 2003 Ouvrir le mail qui ser­­ vira de modèle puis, acti­­ le menu Fichier/Enre­­ ver gis­­ trer sous. Dans type de fichier, choi­­ Modèle Outlook, don­­ un sir ner nom puis Enre­­ trer gis­­ Menu Fichier/Nou­­ veau/Choi­­ un sir for­­ laire Dans la liste Regar­­ mu­­ der dans sélec­­ ner Modèles dans tion­­ le fichier sys­­ tème Outlook 2007 Ouvrir le mail qui ser­­ vira de modèle puis, acti­­ le menu Fichier/Enre­­ ver gis­­ trer sous. Dans type de fichier, choi­­ Modèle Outlook, don­­ un sir ner nom puis Enre­­ trer gis­­ Menu Fichier/Nou­­ veau/Choi­­ un sir for­­ laire Dans la liste Regar­­ mu­­ der dans sélec­­ ner Modèles dans tion­­ le fichier sys­­ tème Outlook 2010 Ouvrir le mail qui ser­­ vira de modèle puis, dans l’onglet Fichier, cliquer sur Enre­­ trer sous. Dans type gis­­ de fichier, choi­­ Modèle Outlook, sir don­­ un nom puis Enre­­ trer ner gis­­ Acti­­ l’onglet Accueil. Dans le ver groupe Nou­­ veau, cliquer sur Nou­­ veaux élé­­ ments puis Autres élé­­ ments puis Choi­­ un for­­ laire. sir mu­­ Dans Regar­­ der dans, sélec­­ ner tion­­ Modèle dans le fichier sys­­ tème Ras­­ bler et catégoriser ses tâches sem­­ Cen­­ li­­ tra­­ ser la liste de vos tâches Nous vous conseillons de cen­­ li­­ vos tâches dans le dos­­ tra­­ ser sier Tâches d’Outlook quel que soit le moyen par lequel elles vous par­ ­ viennent (mail, télé­­ phone, cour­­ rier, entre­­ tien, réunion). Pour cha­­ cune, sai­­ au mini­­ sir mum un objet pré­­ et expli­­ cis cite et une date d’échéance. Ajou­­ éven­­ le­­ tez tuel­­ ment un rap­­ qui pel s’affichera auto­­ ti­­ ment avant la date butoir. ma­­ que­­ Trans­­ mer un mail en tâche for­­ Comme nous l’avons vu pré­­ dem­­ cé­­ ment, un mail peut ini­­ une tier action réa­­ sable immé­­ te­­ li­­ dia­­ ment ou non. Si vous déci­­ de repor­­ dez ter cette action, nous vous conseillons de l’intégrer dans la liste de vos tâches. Pour cela, il suf­­ de trans­­ mer votre mail en tâche. Rien fit for­­ de plus simple avec Outlook. 290
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    Tableau 9.7 ■ Trans­­ merun mail en tâche for­­ Faire glis­­ le mail avec le bou­­ droit sur Tâches puis sélec­­ ner ser ton tion­­ Dépla­­ cer comme Tâche avec pièce jointe. Expli­­ ter l’objet, attri­­ ci­­ buer une date d’échéance et éven­­ le­­ tuel­­ ment une caté­­ rie go­­ Outlook 2007 Faire glis­­ le mail avec le bou­­ droit sur Tâches puis sélec­­ ner ser ton tion­­ Dépla­­ cer comme Tâche avec pièce jointe. Expli­­ ter l’objet, attri­­ ci­­ buer une date d’échéance et éven­­ le­­ tuel­­ ment une caté­­ rie go­­ Outlook 2010 Faire glis­­ le mail avec le bou­­ droit sur Tâches puis sélec­­ ner ser ton tion­­ Dépla­­ cer comme Tâche avec pièce jointe. Expli­­ ter l’objet, attri­­ ci­­ buer une date d’échéance et éven­­ le­­ tuel­­ ment une caté­­ rie go­­ Savoirs Outlook 2003 Catégoriser vos tâches Pour faci­­ ter la ges­­ li­­ tion de vos prio­­ tés, vous pou­­ créer une liste ri­­ vez per­­ na­­ sée de caté­­ ries en phase avec vos objec­­ pro­­ sion­ son­­ li­­ go­­ tifs fes­­ ­ nels. En attri­­ buant une ou plu­­ sieurs caté­­ ries à chaque tâche, vous go­­ pou­­ les regrou­­ pour mieux les gérer. vez per Attri­­ buer une caté­­ rie go­­ à une tâche Créer une liste de caté­­ ries go­­ Affi­­ cher les tâches par caté­­ rie go­­ Menu Édi­­ tion/Caté­­ ries go­­ cliquer sur Liste prin­­ ci­­ pale des caté­­ ries go­­ Cliquer droit sur la tâche puis sélec­­ ner tion­­ Caté­­ ries go­­ Menu Affi­­ chage/ Réor­­ ni­­ ga­­ ser par/ Caté­­ ries go­­ Outlook 2007 Menu Action/Clas­­ ser/Toutes les caté­­ ries go­­ Cliquer droit sur la tâche puis sélec­­ ner tion­­ Clas­­ ser et attri­­ buer la caté­­ rie de votre go­­ choix Menu Affi­­ chage/ Réor­­ ni­­ ga­­ ser par/ Caté­­ ries go­­ Outlook 2010 Acti­­ l’onglet ver Accueil. Dans le groupe Indi­­ teurs cliquer sur ca­­ Clas­­ puis Toutes les ser caté­­ ries go­­ Cliquer droit sur la tâche puis sélec­­ ner tion­­ Clas­­ ser et attri­­ buer la caté­­ rie de votre go­­ choix Acti­­ l’ongle ver Affi­­ chage. Dans le groupe Réor­­ ni­­ ga­­ sa­­ tion cliquer sur Caté­­ ries go­­ 291 Savoir-être Outlook 2003 Savoir-faire Tableau 9.8 ■ Catégoriser vos tâches
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    9 • Déve­­per son effi­­ cité lop­­ ca­­ per­­ nelle son­­ Gérer le temps et les prio­­ tés ri­­ Gagner du temps et s’organiser avec les TIC Gagner du temps et s’organiser avec les 5 S Gérer l’information Pla­­ fier et visua­­ ser le temps alloué à chaque rôle ni­­ li­­ Uti­­ ser l’agenda élec­­ nique pour pla­­ fier vos acti­­ tés li­­ tro­­ ni­­ vi­­ Pla­­ fier l’année ni­­ Pla­­ fiez tout ce qui est planifiable à l’avance et dont la durée est ni­­ d’une demi-­ournée mini­­ j mum. Blo­­ quez du temps pour les acti­­ ­ vi­ tés à haut ren­­ ment pré­­ sibles. Pla­­ fiez les temps récur­­ de­­ vi­­ ni­­ rents, par exemple les réunions d’équipe heb­­ ma­­ do­­ daires. Pla­­ fier la semaine ni­­ Pla­­ fiez la semaine de manière détaillée : ni­­ ✓✓ les rendez-­ ous avec d’autres per­­ v sonnes (entre­­ tiens ou réunions) ; ✓✓ les rendez-­ ous avec vous-­ ême (étude d’un dos­­ éla­­ ra­­ v m sier, bo­­ tion d’un bud­­ pré­­ ra­­ get, pa­­ tion d’une réunion) ; ✓✓ le temps de trai­­ ment des mails ; te­­ ✓✓ les temps de dépla­­ ment. ce­­ Uti­­ ser des cou­­ li­­ leurs pour catégoriser vos rendez-­ ous v et réunions Créez une caté­­ rie par rôle pro­­ sion­­ en choi­­ sant une cou­ go­­ fes­­ nel sis­­ ­ leur dif­­ rente pour chaque caté­­ rie. Catégorisez chaque rendezfé­­ go­­ v ­ ous, réunion ou évé­­ ment. En affi­­ ne­­ chant votre agenda par mois, vous pour­­ visua­­ ser faci­­ ment, grâce à ce sys­­ rez li­­ le­­ tème de cou­­ leurs, la bonne répar­­ tition de vos dif­­ rents rôles. fé­­ 292
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    Tableau 9.9 ■ Uti­­ serles cou­­ li­­ leurs dans Outlook Gérer une liste de caté­­ ries go­­ pour le calen­­ drier Attri­­ buer une caté­­ rie à un go­­ élé­­ ment du calen­­ drier Cliquer droit sur un rendez-­ ous v puis sélec­­ ner Caté­­ ries du tion­­ go­­ calen­­ drier puis Modi­­ fier les caté­­ ries go­­ Cliquer droit sur l’élément puis sélec­­ ner Catégoriser du tion­­ calen­­ drier puis choi­­ la caté­­ rie sir go­­ Outlook 2007 Menu Action/Clas­­ ser/Toutes les caté­­ ries go­­ Cliquer droit sur l’élément puis sélec­­ ner Clas­­ tion­­ ser Outlook 2010 Acti­­ l’onglet Accueil. Dans ver le groupe Indi­­ teurs cliquer ca­­ sur Clas­­ ser puis Toutes les caté­­ ries go­­ Cliquer droit sur l’élément puis sélec­­ ner Clas­­ tion­­ ser Savoirs Outlook 2003 PRINCIPES CLÉS Commen­­ çons par quelques constats • Les 5 S sont issus du monde indus­­ triel. cun ver ­ Les études d’analyse d’activités montrent • Cha­­ peut y trou­­ un ensei­ gne­­ ment dans l’organisation de que nous pas­­ sons en moyenne 20 % du son poste de tra­­ vail, voire de temps de tra­­ à recher­­ vail cher un outil, un son ordi­­ teur. na­­ mode opé­­ toire ou une infor­­ tion. ra­­ ma­­ ca­­ Pour vous en convaincre, nous vous • Outre une meilleure effi­­ cité, ils apportent du confort au quo­ ­ conseillons le test sui­­ vant  : simu­­ lez ti­­ dien. l’absence d’un sala­­ et demandez à un rié de ses col­­ lègues de cher­­ cher un docu­ ­ ment, un outil ou une infor­­ tion sur le poste de tra­­ ma­­ vail : ✓✓ si la recherche prend moins de 30 secondes, vous êtes par­­ cu­­ ­ ti­­ liè­ re­­ ment bien orga­­ nisé et vous pou­­ pas­­ au cha­­ vez ser pitre sui­­ vant ; ✓✓ si la recherche prend entre 30 secondes et une minute, vous avez encore des pistes d’amélioration ; ✓✓ si cela prend plus d’une minute, alors ce cha­­ pitre est fait pour vous. 293 Savoir-être Qu’est-ce que les « 5 S » ? Savoir-faire CC Gagner du temps et s’organiser avec les 5 S
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    9 • Déve­­per son effi­­ cité lop­­ ca­­ per­­ nelle son­­ Gérer le temps et les prio­­ tés ri­­ Gagner du temps et s’organiser avec les TIC Gagner du temps et s’organiser avec les 5 S Gérer l’information En quoi consistent les 5 S Les 5 S sont plus qu’une métho­­ lo­­ C’est un ensemble de règles do­­ gie. de tra­­ en commun per­­ tant de retrou­­ un poste de tra­­ vail met­­ ver vail bien rangé, syno­­ nyme de plus grande effi­­ cité et acces­­ ca­­ sible à tous en cas d’absence. C’est la fierté légi­­ time de mon­­ au cours de la visite d’un client trer un envi­­ ne­­ ron­­ ment propre, étape essen­­ tielle pour garan­­ la qua­ tir ­ lité du pro­­ duit ou de la pres­­ tion. C’est, en rédui­­ ta­­ sant les pertes de temps sans valeur ajou­­ la capa­­ d’améliorer les condi­­ tée, cité tions de tra­­ et la pro­­ ti­­ tout en en rédui­­ vail duc­­ vité sant le stress. Les 5 S nous viennent du Japon où ils font par­­ inté­­ tie grante de la culture. Ce sont les ini­­ tiales de cinq mots que l’on pour­­ tra­­ rait duire approxi­­ ti­­ ment par : ma­­ ve­­ ✓✓ Seiri = Débar­­ ser : « Sup­­ mer l’inutile ». ras­­ pri­­ ✓✓ Seiton = Ran­­ ger : « Situer avec ordre et méthode ». ✓✓ Seiso = Net­­ toyer : « Sup­­ mer les sources de salis­­ pri­­ sures ». « Sim­ ­ pli­­ le net­­ fier toyage ». ✓✓ Seiketsu = For­­ li­­ ma­­ ser : « Stan­­ di­­ les pro­­ dures ». dar­­ ser cé­­ ✓✓ Shitsuke = Déve­­ per : « Suivre pour péren­­ ser et amé­­ rer ». lop­­ ni­­ lio­­ En met­­ tant en avant la pro­­ preté et une orga­­ sa­­ ni­­ tion sans failles des postes de tra­­ vail, les 5 S consti­­ tuent un préa­­ lable indis­­ sable à pen­­ toute démarche qua­­ ou d’amélioration de la pro­­ tion. lité duc­­ Bien que repo­­ sur des prin­­ sant cipes de bon sens, leur mise en œuvre reste dif­­ cile à péren­­ ser du fait des chan­­ ments d’état d’esprit fi­­ ni­­ ge­­ qu’ils imposent. D’où la néces­­ saire impli­­ tion de tous les niveaux ca­­ managériaux de l’entreprise et une volonté affi­­ chée de se débar­­ ser ras­­ de l’inutile et de l’encombrant, d’ordonner l’indispensable et de gar­ ­ der ainsi un envi­­ ne­­ ron­­ ment propre et acces­­ sible à tous. Pour­­ quoi les 5 S ? En fai­­ sant la pro­­ tion de l’ordre et de la pro­­ mo­­ preté et en rédui­­ sant les risques d’erreurs, de recherches inutiles et de gas­­ pillages, les 5 S 294
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    Savoirs Savoir-faire faci­­ litent l’accès àl’outillage et à l’information et créent un envi­­ ­ ron­ ne­­ ment agréable et valo­­ sant. ri­­ En minimi­­ sant l’énergie néces­­ saire pour atteindre un résul­­ et tat en sup­­ mant bon nombre de fac­­ pri­­ teurs d’énervement et de stress, les 5 S sont aussi spec­­ cu­­ ta­­ laires à court terme qu’ils sont effi­­ caces sur le long terme. La mise en œuvre des 5 S devient ainsi un incontour­­ nable pour toutes les entre­­ prises qui sou­­ haitent : ✓✓ A mé­­ rer la sécu­­ lio­­ rité : en sup­­ mant tout ce qui encombre et en pri­­ cla­­ fiant le poste de tra­­ ri­­ vail. ✓✓ Amé­­ rer l’efficacité : en rédui­­ lio­­ sant les pertes de temps et en ren­ ­ dant toutes choses acces­­ sibles. ✓✓ Amé­­ rer la dis­­ ni­­ lité des équi­­ ments  : en rédui­­ lio­­ po­­ bi­­ pe­­ sant les pannes et les pertes de ren­­ ment. de­­ ✓✓ Réduire le stress  : en rédui­­ sant les causes d’énervements, de conflits et en ren­­ dant les objec­­ attei­­ tifs gnables. ✓✓ Amé­­ rer l’image de marque : en valo­­ sant le per­­ nel et en lui lio­­ ri­­ son­­ ren­­ dant la fierté de son poste de tra­­ vail. ✓✓ Amé­­ rer la qua­­ lio­­ lité : en entre­­ nant son équi­­ ment. te­­ pe­­ ✓✓ Agir en faveur du déve­­ pe­­ lop­­ ment durable avec : −− moins de pertes de matières pre­­ mières ; −− moins d’énergie gas­­ pillée ; li­­ −− moins de m 2 mal uti­­ sés ; −− moins d’outillages per­­ ou cas­­ pré­­ turé­­ dus sés ma­­ ment ; −− moins d’investissements inutiles par une durée de vie des équi­­ ments pro­­ gée. pe­­ lon­­ La mise en œuvre des 5 S ne fait pas appel à des compé­­ tences tech­ ­ niques par­­ cu­­ ti­­ lières. C’est une démarche acces­­ sible à tous et appli­­ cable à tous les sec­­ teurs de l’entreprise, depuis les ate­­ jusqu’aux ser­­ liers vices admi­­ tra­­ nis­­ tifs. Les effets en sont immé­­ te­­ dia­­ ment visibles et entraînent pro­­ ­ gres­ si­­ ment des chan­­ ments de compor­­ ment pro­­ ve­­ ge­­ te­­ fonds : ✓✓ plus grande moti­­ vation ; ✓✓ respect natu­­ des règles de fonc­­ ne­­ rel tion­­ ment ; 295 Savoir-être Domaines d’application
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    9 • Déve­­per son effi­­ cité lop­­ ca­­ per­­ nelle son­­ Gérer le temps et les prio­­ tés ri­­ Gagner du temps et s’organiser avec les TIC Gagner du temps et s’organiser avec les 5 S Gérer l’information ✓✓ recherche de l’amélioration conti­­ nue ; ✓✓ plus grande soli­­ rité ; da­­ ✓✓ capa­­ de tra­­ en groupe accrue. cité vail Toute l’entreprise peut se vivre sous la forme des 5 S : ✓✓ les ate­­ liers : des postes de tra­­ aux allées de cir­­ la­­ vail cu­­ tion ; ✓✓ les bureaux : des armoires de ran­­ ments aux ordi­­ teurs ; ge­­ na­­ ✓✓ l’établissement : de l’entrée prin­­ pale à l’arrière des bâti­­ ci­­ ments ; ✓✓ les murs : de la déco­­ tion aux pan­­ ra­­ neaux d’affichages ; ✓✓ les bases de don­­ nées infor­­ tiques : des pro­­ ma­­ grammes aux fichiers de don­­ nées. Comment réus­­ la mise en place des 5 S sir Comme nous l’avons vu ci-­ essus la mise en œuvre des 5  S ne d demande pas de connais­­ sances par­­ cu­­ ti­­ lières, affaire de bon sens, elle n’en reste pas moins dif­­ cile à lan­­ et sur­­ fi­­ cer tout à péren­­ ser. ni­­ En effet, il s’agit de redon­­ à l’ensemble du per­­ nel le sens ner son­­ de l’appropriation de son outil de tra­­ vail, de le res­­ sa­­ li­­ au pon­­ bi­­ ser respect des moyens mis à sa dis­­ si­­ po­­ tion et de lui per­­ mettre de re­ é­ d cou­­ la valeur du bien col­­ tif. vrir lec­­ Vaste pro­­ qui s’appuie sur l’exemplarité des mana­­ jet gers. Com­ ment demander à un ouvrier de ran­­ son poste de tra­­ ger vail si le bureau du chef est recou­­ d’une pile de dos­­ vert siers pous­­ reux ? sié­­ Force de convic­­ tion, téna­­ et exem­­ rité doivent vous accom­ cité pla­­ ­ pa­­ gner en per­­ nence pour ancrer dans le temps les actions 5 S et ma­­ en faire une démarche natu­­ relle et un réflexe quo­­ dien. ti­­ Pour garan­­ sa réus­­ tir site, la mise en place des 5 S s’effectue de manière pro­­ sive et non par une révo­­ tion. La mise en place gres­­ lu­­ comprend 3 phases : ✓✓ la pré­­ ra­­ pa­­ tion  : pour commu­­ quer, expli­­ ni­­ quer et consti­­ tuer le groupe pro­­ jet ; ✓✓ le chan­­ pilote : pour démon­­ et convaincre de l’utilité ; tier trer ✓✓ l’extension pro­­ sive : pour une pleine effi­­ cité. gres­­ ca­­ 296
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    Figure 9.1 ■ Le pro­­sus de mise en œuvre des 5 S ces­­ nnonce du ro et ar a directio n n ormation ersonne du onstitution du grou e ro et : omité de i otage rou e de travai hoi du chantier i ote : roduction dministrati Savoirs P R É P A R A T I O N ormation des grou e s de travai O E U V R E P I L O T E E X T E N S I O N SEITON : Ranger Situer avec ordre et méthodes SEISO : etto e r Su rimer es source s de sa issures SEIKETSU : orma ise r Standardiser es rocédures SHITSUKE : éve o re Suivre our érennise r et amé iore r Savoir-faire E N SERI : é arrasser Su rimer inuti e é oiement rogressi des chantiers S Source : Cegos. 297 Savoir-être M I S E
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    9 • Déve­­per son effi­­ cité lop­­ ca­­ per­­ nelle son­­ Gérer le temps et les prio­­ tés ri­­ Gagner du temps et s’organiser avec les TIC Gagner du temps et s’organiser avec les 5 S Gérer l’information Phase 1 : Pré­­ rer pa­­ Il s’agit d’expliquer le but et de don­­ un sens au pro­­ 5 S. Il faut ner jet asseoir la légi­­ mité de la démarche : ce n’est ni une nou­­ ti­­ velle mode, ni la der­­ nière « lubie » du direc­­ teur, ni une énième méthode pour plus de pro­­ ti­­ avec moins de per­­ nel. duc­­ vité son­­ La commu­­ ca­­ ni­­ tion La commu­­ ca­­ ni­­ tion autour du pro­­ doit insis­­ sur les objec­­ des jet ter tifs 5 S. L’usage de mots fran­­ pour dési­­ çais gner les phases est pré­­ rable fé­­ aux mots japo­­ nais. Après avoir informé l’ensemble du per­­ nel, une son­­ visite d’une entre­­ prise ayant déjà inté­­ une démarche 5 S consti­­ gré tue sou­­ vent un fac­­ teur déclen­­ chant pour moti­­ à la démarche. ver Le comité de pilo­­ tage Il est consti­­ en s’appuyant sur des volon­­ tué taires : ✓✓ chef de pro­­ jet ; ✓✓ opé­­ tion­­ (tech­­ cien, ouvrier ou admi­­ tra­­ ra­­ nel ni­­ nis­­ tif) ; ✓✓ agent de main­­ nance. te­­ Le choix du chan­­ tier pilote Rien ne sert de se lan­­ un chal­­ cer lenge irréa­­ liste. Commen­­ çons modeste en choi­­ sant un poste de tra­­ sis­­ vail, une zone limi­­ et facile tée mais pos­­ dant un poten­­ d’amélioration qui per­­ tra une excel­ sé­­ tiel met­­ ­ lente démons­­ tion de l’intérêt de la démarche. À cette étape aussi, tra­­ il convient de faire appel au volon­­ riat. ta­­ Le groupe de tra­­ vail Le chan­­ pilote choisi, le groupe de tra­­ est consti­­ avec les tier vail tué opé­­ tion­­ ra­­ nels du poste, les tech­­ ciens et mana­­ ni­­ gers concer­­ nés. Les moyens néces­­ saires sont déter­­ nés (outillages, tableau d’affichage, mi­­ 298
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    Phase 2 : lechan­­ tier pilote Une série de photos ou de vidéos mon­­ trant le chan­­ pilote avant le tier début de l’opération 5 S, immor­­ lise la situa­­ ta­­ tion de départ et per­ ­ met­­ de compa­­ l’avant et l’après. tra rer Savoirs appa­­ reils photo, consignes de sécu­­ zone de ran­­ ment, etc.). Les rité, ge­­ rôles sont clai­­ ment défi­­ ainsi que la fré­­ re­­ nis quence des réunions et le plan­­ ning de réa­­ sa­­ li­­ tion. L’application du QQOQCCP (qui, quoi, où ; quand, comment, combien, pour­­ quoi) est un excellent outil pour défi­­ les res­­ sa­ nir pon­­ ­ bi­­ tés et les moyens néces­­ li­­ saires. Notre envi­­ ne­­ ron­­ ment de tra­­ vail est sou­­ vent encom­­ d’objets et bré d’informations inutiles. Avant de ran­­ ce qui est indis­­ sable il ger pen­­ faut retrou­­ de la clarté. ver Pour sup­­ mer tout ce qui nous encombre, commen­­ pri­­ çons par clas­­ les objets ou les infor­­ tions par ordre d’importance, en ser ma­­ fonc­­ tion du taux d’utilisation ou de la rapi­­ dité avec laquelle ils doivent être dis­­ nibles (cas des élé­­ po­­ ments de sécu­­ comme les rité extinc­­ teurs) : ✓✓ les objets cas­­ seront soit réparés soit éli­­ nés ; sés mi­­ ✓✓ tout ce qui n’est pas uti­­ au moins une fois par mois sera sto­­ lisé cké hors du poste de tra­­ vail ; ✓✓ après un an sans uti­­ sation, le rebut devra être envi­­ li­­ sagé. Dans le cas d’un poste infor­­ tique, une méthode radi­­ ma­­ cale consiste à sau­­ gar­­ sur un disque externe l’ensemble des infor­ ve­­ der ­ ma­­ tions du disque dur et à ne rapa­­ trier sur ce der­­ nier que les infor­ ­ ma­­ tions utiles au fur et à mesure des besoins. Vous consta­­ rez sans te­­ doute au bout de 6 mois que seul 20 % des infor­­ tions ont retrouvé ma­­ le che­­ min de votre disque dur. Savoir-faire Étape 1 : Débar­­ ser = sup­­ mer l’inutile ras­­ pri­­ Après sup­­ sion de l’inutile, tout ce qui reste devra trou­­ un pres­­ ver ran­­ ment opti­­ ge­­ mum. 299 Savoir-être Étape 2 : Ran­­ ger = situer avec ordre et méthode
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    9 • Déve­­per son effi­­ cité lop­­ ca­­ per­­ nelle son­­ Gérer le temps et les prio­­ tés ri­­ Gagner du temps et s’organiser avec les TIC Gagner du temps et s’organiser avec les 5 S Gérer l’information Le souci per­­ manent d’ordre et de méthode doit répondre à des règles simples : ✓✓ tous les élé­­ ments doivent se trou­­ rapi­­ ment ; ver de­­ ✓✓ la mise à dis­­ si­­ po­­ tion doit être facile ; ✓✓ la remise en place est simple et sans ambi­­ guïté. Les objets sont regrou­­ par familles et ran­­ en fonc­­ pés gés tion de la fré­­ quence d’utilisation. Des codes cou­­ leurs sont uti­­ sés pour faci­­ ­ li­­ li­ ter la remise en place de chaque élé­­ ment et per­­ mettre une détec­­ tion simple et immé­­ diate de toutes les ano­­ lies (chaque poste étant ma­­ repéré par une cou­­ tout mélange devient impos­­ leur sible). Les portes des armoires de ran­­ ment sont trans­­ cides pour per­ ge­­ lu­­ ­ mettre de visua­­ ser immé­­ te­­ li­­ dia­­ ment les erreurs. Les aires de sto­­ ckage ont leur propre code cou­­ leur. Les zones qui ne doivent jamais être encom­­ brées font elles aussi l’objet d’une iden­­ fi­­ ti­­ cation par­­ cu­­ ti­­ lière. À ce stade les résul­­ doivent être visibles : tats ✓✓ le repé­­ rage visuel doit per­­ mettre de détecter les ano­­ lies ; ma­­ ✓✓ les moyens de ran­­ ments faci­­ ge­­ litent la mise à dis­­ si­­ po­­ tion ; ✓✓ tous les élé­­ ments ont une place déter­­ née ; mi­­ ✓✓ les solu­­ tions misent en œuvre apportent plus d’efficacité et de sécu­­ rité. Étape 3 : Net­­ toyer = Sup­­ mer les sources de salis­­ pri­­ sures et sim­­ fier le net­­ pli­­ toyage Le net­­ toyage va plus loin que la simple sup­­ sion des salis­­ pres­­ sures. À ce stade, les points les plus impor­­ tants sont de : ✓✓ sup­­ mer les sources de salis­­ pri­­ sures ; ✓✓ sim­­ fier le net­­ pli­­ toyage rési­­ duel. Il est bien plus impor­­ de ne pas salir que de perdre du temps à tant net­­ toyer. Afin d’obtenir la pro­­ preté à la source, toutes les causes pré­ ­ sentes ou poten­­ tielles de salis­­ sure ou de désordre seront iden­­ fiées : ti­­ ✓✓ fuites de toutes natures ; ✓✓ pièces cas­­ sées, capot défec­­ tueux ; 300
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    ✓✓ trace derouille ; ✓✓ dégra­­ tions diverses ; da­­ ✓✓ bruits, odeurs, vibra­­ tions anor­­ maux. Pas de péren­­ nité d’une démarche 5  S, sans rigueur et téna­­ cité. Il faut à terme que la démarche et les résul­­ atten­­ deviennent tats dus des réflexes, une habi­­ tude et un style de vie au tra­­ vail. La mise en place d’audits 5 S sur la base de grilles pré­­ blies per­­ éta­­ met de main­ ­ te­­ l’état d’esprit et de mettre en place une démarche de pro­­ nir grès per­­ manent. Les résul­­ des audits seront affi­­ tats chés et commen­­ et tés per­­ mettent de visua­­ ser les pro­­ li­­ grès obte­­ nus. Le mana­­ ment s’implique en per­­ nence en sui­­ ge­­ ma­­ vant les actions mises en œuvre, en s’assurant que les moyens sont mis à dis­­ si­­ po­­ tion et en féli­­ tant pour les pro­­ ci­­ grès réa­­ sés. li­­ 301 Savoir-faire Étape 5 : Déve­­ per = Suivre pour péren­­ ser et amé­­ rer lop­­ ni­­ lio­­ Savoir-être Même si à ce stade les résul­­ sont spec­­ cu­­ tats ta­­ laires, le plus dif­­ cile fi­­ reste à faire pour garan­­ le main­­ tir tien des résul­­ obte­­ tats nus. Il faut pour cela : ✓✓ Défi­­ clai­­ ment et affi­­ nir re­­ cher les res­­ sa­­ li­­ Uti­­ ser à cet pon­­ bi­­ tés. li­­ effet un tableau de commu­­ ca­­ ni­­ tion 5 S. ✓✓ Éta­­ des check-­ists défi­­ sant les points de net­­ blir l nis­­ toyage et de contrôle, les modes opé­­ toires et les fré­­ ra­­ quences. ✓✓ Faire du net­­ toyage un moyen de contrôle et de détec­­ tion des ano­­ lies (les sources de salis­­ ma­­ sures ayant déjà été éra­­ quées à di­­ l’étape 3). ✓✓ S’appuyer lar­­ ment sur un mana­­ ment « par le visuel » pour ge­­ ge­­ que cha­­ se sente concerné et res­­ cun pecte d’autant plus faci­­ ment le­­ l’organisation mise en place : −− aide visuelle (photos, des­­ sins, vidéos) au plus près du lieu concerné ; −− affi­­ chage des méthodes, des zones et des res­­ sa­­ li­­ pon­­ bi­­ tés ; −− indi­­ teurs de per­­ mance visibles de loin. ca­­ for­­ Savoirs Étape 4 : For­­ li­­ ma­­ ser = Stan­­ di­­ dar­­ ser les pro­­ dures cé­­
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    9 • Déve­­per son effi­­ cité lop­­ ca­­ per­­ nelle son­­ Gérer le temps et les prio­­ tés ri­­ Gagner du temps et s’organiser avec les TIC Gagner du temps et s’organiser avec les 5 S Gérer l’information Phase 3 : L’extension Pour illus­­ cette phase, il n’y a pas meilleure image que cette cita­ trer ­ tion d’Albert Einstein : « La vie, c’est comme une bicy­­ clette, il faut avan­­ pour ne pas perdre l’équilibre ». cer Autre­­ ment dit les chan­­ tiers 5 S devront s’enchaîner les uns après les autres, sans jamais se décou­­ ger, avec patience et téna­­ ra­­ cité. CC Gérer l’information L’accès à l’information s’est sim­­ fié, pli­­ mais de l’abondance d’informations PRINCIPES CLÉS à la satu­­ tion, la limite est ténue. ra­­ • Trop d’informations est géné­­ ­ ra­ L’information est à la fois un élé­ ­ teur de stress. ment que l’on recherche et qui nous • L’enjeu est dans la capa­­ cité par­­ vient sans notre sol­­ ci­­ tion, de li­­ ta­­ à prendre du recul, à gar­­ der façon désor­­ née, voire intrusive. don­­ confiance dans ses convictions L’enjeu réside dans notre capa­ ­ et assu­­ mer la part d’erreur inévi­­ table dans le trai­­ ment de te­­ cité à nous posi­­ ner face à ce vaste tion­­ l’information. espace infor­­ tif pour en conser­­ ma­­ ver • Mul­­ pli­­ ti­­ cité ne rime pas néces­ ­ la maî­­ trise. Cela passe par un ques­ ­ sai­­ ment avec effi­­ cité et re­­ ca­­ tion­­ ment sys­­ ma­­ ne­­ té­­ tique sur l’utilité maî­­ trise de l’information. de l’information, sa per­­ nence par ti­­ rap­­ port à nos objec­­ tifs, son uti­­ sation dans nos rela­­ li­­ tions avec les autres, notre orga­­ sa­­ pour la trai­­ la recher­­ ni­­ tion ter, cher et la conser­­ ver. Prendre le recul néces­­ saire La plé­­ thore d’information est une oppor­­ nité mais aussi un risque tu­­ pour le mana­­ Le plus grand risque étant de se trou­­ noyé sous ger. ver une masse de don­­ nées que l’on n’a pas recher­­ chées, et que l’on n’a pas le sen­­ ment de maî­­ ser, mais qu’il faut néan­­ ti­­ tri­­ moins trai­­ ter. 302
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    Savoirs La pos­­ ture desau­­ garde per­­ nelle consiste ici à se don­­ ve­­ son­­ ner des temps de réflexion et d’analyse face à cette infor­­ tion et de ma­­ prendre des moments de recul pour se poser les ques­­ tions du sens et de la per­­ nence des infor­­ tions dont nous dis­­ sons. La ques­ ti­­ ma­­ po­­ ­ tion du sens est à la pre­­ mière à se poser. L’information devient per­ ­ ti­­ nente lorsqu’elle fait sens pour mon orga­­ sa­­ ni­­ tion, mon métier ou mon usage per­­ nel. son­­ Alors seule­­ ment la ques­­ tion de la ges­­ tion et du trai­­ ment de te­­ l’information peut se poser  : faut-­l que je la stocke, que je me i l’approprie, que je la trans­­ forme et l’enrichisse, que je la retienne, que je la par­­ tage et si oui à quelles fins et avec qui ? Enfin, il est utile de pen­­ a priori son sys­­ ser tème per­­ nel son­­ d’information, tout en se réser­­ vant la pos­­ bi­­ de le faire évo­­ si­­ lité luer en fonc­­ tion de ses chan­­ ments de res­­ sa­­ li­­ postes, pro­­ ge­­ pon­­ bi­­ tés, jets, voire de tra­­ toires pro­­ sion­­ jec­­ fes­­ nelles. Analyse de ses besoins et objectifs et recherche de l’information Traitement, partage de l’information, maintenance, veille Savoir-faire Figure 9.2 ■ Modèle de pro­­ sus de ges­­ ces­­ tion de l’information Sélection, tri et traitement de l’information En pre­­ mier lieu, il est impor­­ tant d’identifier le contexte infor­ ­ ma­­ nel de son orga­­ sa­­ tion­­ ni­­ tion ou entre­­ prise. Ces ques­­ tions vous 303 Savoir-être Cer­­ les élé­­ ner ments de son contexte
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    9 • Déve­­per son effi­­ cité lop­­ ca­­ per­­ nelle son­­ Gérer le temps et les prio­­ tés ri­­ Gagner du temps et s’organiser avec les TIC Gagner du temps et s’organiser avec les 5 S Gérer l’information per­­ tront de défi­­ si votre envi­­ ne­­ met­­ nir ron­­ ment pro­­ sion­­ a fes­­ nel déve­­ loppé une méthode pour trai­­ l’information en interne. ter ✓✓ Mon orga­­ sa­­ ni­­ tion est-­ lle dotée d’une base de par­­ e tage des infor­ ­ ma­­ tions et connais­­ sances ? ✓✓ Est-­ lle dotée d’outils d’accès et de dif­­ sion de l’information : e fu­­ Intra­ et, por­­ n tails spé­­ li­­ par acti­­ cia­­ sés vité, mes­­ ge­­ interne ? sa­­ rie ✓✓ Les mana­­ gers sont-­ls équi­­ des outils d’accès à l’information, i pés notam­­ ment à dis­­ tance ? ✓✓ L’accès à l’information est-­l lar­­ ment par­­ i ge­­ tagé par l’ensemble des col­­ bo­­ teurs, ou existe-­-il des niveaux d’information par la­­ ra­­ t sta­­ tut ? ✓✓ L’entreprise a-­-elle plu­­ une culture orale de dif­­ sion et par­ t tôt fu­­ ­ tage de l’information ou une culture écrite, voire for­­ li­­ (très ma­­ sée sou­­ vent liée à des enga­­ ments qua­­ ge­­ lité) ? ✓✓ L’information est-­ lle véhi­­ lée régu­­ re­­ e cu­­ liè­­ ment de façon ins­­ ­ ti­ tution­­ nelle via réunions, échanges ou entre­­ tiens ? ✓✓ Quelle est la place du réseau infor­­ d’information dans cette mel orga­­ sa­­ ni­­ tion ? ✓✓ L’organisation attend-­ lle du mana­­ qu’il soit tou­­ e ger jours à la pointe des infor­­ tions sur son métier ? A-­-elle orga­­ ma­­ t nisé cette infor­­ tion ou laisse-­-elle cha­­ la recher­­ ma­­ t cun cher ? Une fois ce diag­­ tic éta­­ il vous faut faire un point sur votre nos­­ bli, propre posi­­ ne­­ tion­­ ment indi­­ duel face à l’information. vi­­ Se posi­­ ner face à l’information tion­­ Nous vous pro­­ sons ici d’identifier les infor­­ tions dont vous avez po­­ ma­­ besoin et les médias pri­­ lé­­ à uti­­ ser pour les recher­­ vi­­ giés li­­ cher. ✓✓ Éta­­ la typo­­ gie des infor­­ tions : blir lo­­ ma­­ −− les infor­­ tions pro­­ sion­­ ma­­ fes­­ nelles recher­­ chées ; −− les infor­­ tions reçues sans recherche active ; ma­­ 304
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    Savoirs −− les infor­­tions que vous recher­ hez pour accroître vos ma­­ c connais­­ sances métier ; −− les infor­­ tions de veille. ma­­ ✓✓ Iden­­ fier la source de l’information. ti­­ ✓✓ Iden­­ fier le des­­ na­­ ti­­ ti­­ taire de l’information à qui elle est des­­ née et ti­­ quel est votre rôle dans ce cir­­ cuit. ✓✓ Iden­­ fier le média uti­­ (e-­ ail, web, réseaux, échanges oraux, ti­­ lisé m images…). ✓✓ Noter la fré­­ quence moyenne de cette infor­­ tion : quo­­ dienne, ma­­ ti­­ heb­­ ma­­ do­­ daire, mensuelle…). Tableau 9.10 ■ Infor­­ tions pro­­ sion­­ ma­­ fes­­ nelles recher­­ chées Source, ori­­ gine Des­­ na­­ ti­­ taire Média Fré­­ quence Savoir-faire Nature : pro­­ fes­­ sion­­ nelles, réseau, autre (pré­­ sez)… ci­­ Tableau 9.11 ■ Infor­­ tions reçues sans recherche active ma­­ Infor­­ tions ma­­ reçues sans recherche active Nature : pro­­ fes­­ sion­­ nelle, réseau, autre (pré­­ sez)… ci­­ Source, Des­­ na­­ ti­­ taire Média ori­­ gine 305 Fré­­ quence Savoir-être Infor­­ tions ma­­ pro­­ sion­­ fes­­ nelles recher­­ chées
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    9 • Déve­­per son effi­­ cité lop­­ ca­­ per­­ nelle son­­ Gérer le temps et les prio­­ tés ri­­ Gagner du temps et s’organiser avec les TIC Gagner du temps et s’organiser avec les 5 S Gérer l’information Tableau 9.12 ■ Infor­­ tions recher­­ ma­­ chées pour accroître mes connais­­ sances Infor­­ tions ma­­ pour Accroître mes connais­­ sances métier Nature : pro­­ fes­­ sion­­ nelle, réseau, autre (pré­­ sez)… ci­­ Source, ori­­ gine Des­­ na­­ ti­­ taire Média Fré­­ quence Source, Des­­ na­­ ti­­ taire Média ori­­ gine Fré­­ quence Tableau 9.13 ■ Infor­­ tions de veille ma­­ Infor­­ tions ma­­ de veille Nature : pro­­ fes­­ sion­­ nelle, réseau, autre (pré­­ sez)… ci­­ Exploi­­ l’information avec per­­ nence ter ti­­ Les bonnes ques­­ tions à se poser Il est impor­­ tant avant tout d’organiser ses infor­­ tions en uti­­ sant ma­­ li­­ les ques­­ tions sui­­ vantes : ✓✓ Pour­­ quoi ? Dans quelle mesure ces infor­­ tions sont-­ lles utiles ma­­ e à mes objec­­ et mes mis­­ tifs sions ? ✓✓ Quoi ? Quelle nature ou type d’information dois-­e recher­­ j cher, quelles sont les sources fiables ? 306
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    Ensuite, il fau­­vali­­ sa capa­­ à accé­­ aux infor­­ tions et à dra der cité der ma­­ les trai­­ c’est-à-dire à : ter, ✓✓ Maî­­ ser une connais­­ tri­­ sance mini­­ mum des outils  : moteurs de recherche, por­­ tails thé­­ tiques, annuaires, réseaux sociaux). ma­­ ✓✓ Dis­­ guer : tin­­ −− infor­­ tion opé­­ tion­­ ma­­ ra­­ nelle (utile à son métier à court terme) ; −− élé­­ ments de réflexion (per­­ tant de se pro­­ ter dans l’avenir, met­­ je­­ d’anticiper les évo­­ tions et chan­­ ments…) ; lu­­ ge­­ −− élé­­ ments de pros­­ tive (liés à un pro­­ plus glo­­ pec­­ jet bal). ✓✓ Faire la part entre ce qui néces­­ une recherche per­­ nelle ou site son­­ d’une bonne uti­­ sation de bases déjà exis­­ li­­ tantes. ✓✓ Sélec­­ ner et qua­­ fier ses sources d’information (ori­­ tion­­ li­­ gine, fia­­ ­ bi­ lité, actua­­ légitimité…). lité, ✓✓ Adop­­ un mode de clas­­ ment et s’y tenir (chro­­ lo­­ ter se­­ no­­ gique, alpha­­ tique, numé­­ bé­­ rique, thé­­ tique). ma­­ Les bonnes pra­­ tiques Savoir-faire Les compé­­ tences à maî­­ ser tri­­ Savoirs ✓✓ Pour en faire quoi  ? Dans quelle mesure cette infor­­ tion ma­­ servira-­-elle mes acti­­ tés ? t vi­­ ✓✓ Pour qui  ? (Pour mon usage exclu­­ par­­ sif, tage avec l’interne – hié­­ chie, col­­ rar­­ lègues, col­­ bo­­ teurs – ou avec l’externe ensemble la­­ ra­­ des par­­ naires) et avec qui ? te­­ De manière géné­­ rale, pour son usage per­­ nel on peut adop­­ les son­­ ter bonnes pra­­ tiques qui suivent face à l’information. Pri­­ lé­­ vi­­ gier la sim­­ cité à la complexité. Par exemple Wikipedia pli­­ n’est pas tou­­ jours par­­ mais pré­­ fait sente une infor­­ tion struc­­ rée, ma­­ tu­­ syn­­ tique et simple. Uti­­ sez tout ce qui peut vous per­­ thé­­ li­­ mettre une veille auto­­ ti­­ Vous pou­­ ainsi créer votre page d’accueil per­ ma­­ sée. vez ­ son­­ li­­ qui regroupe vos quo­­ diens pré­­ na­­ sée ti­­ férés, un résumé de vos pages réseaux sociaux ou pro­­ sion­­ fes­­ nels, vos mails, et autres infor­ ­ ma­­ tions que vous aurez sélec­­ nées. tion­­ 307 Savoir-être Recueillir et trai­­ l’information ter
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    9 • Déve­­per son effi­­ cité lop­­ ca­­ per­­ nelle son­­ Gagner du temps et s’organiser avec les TIC Gagner du temps et s’organiser avec les 5 S Gérer l’information Savoir résis­­ au stress ter Vous pou­­ éga­­ ment para­­ trer les sujets sur les­­ vez le­­ mé­­ quels vous sou­ ­ hai­­ béné­­ cier de veilles per­­ na­­ sées et actua­­ sées. De la même tez fi­­ son­­ li­­ li­­ façon, vous avez la pos­­ bi­­ de suivre l’actualité des blogs dont vous si­­ lité êtes lec­­ teur par un sys­­ tème d’abonnement via les flux RSS. Éli­­ ner ou conser­­ mi­­ ver ? Il est pré­­ rable de faire le tri régu­­ re­­ fé­­ liè­­ ment : ✓✓ heb­­ ma­­ do­­ daire, pour ce qui est du cou­­ rant ; ✓✓ tous les tri­­ mestres pour la remise à jour de ses favo­­ et abon­­ ­ ris ne­ ments ; ✓✓ annuel­­ ment pour trier et éli­­ ner (une source d’information le­­ mi­­ jamais uti­­ sée dans l’année par exemple…). li­­ On conser­­ vera les docu­­ ments légaux, les docu­­ ments confi­­ ­ den­ tiels que l’on est le seul à pos­­ der, les infor­­ tions récur­­ sé­­ ma­­ rentes et les infor­­ tions concer­­ ma­­ nant les dos­­ siers en cours. On pourra éli­­ ­ mi­ ner ce qui est dis­­ nible ailleurs faci­­ ment, les ver­­ po­­ le­­ sions inter­­ ­ mé­ diaires des docu­­ ments et ce qui est ter­­ miné, en inté­­ grant un temps de latence en fonc­­ tion des métiers. CC Savoir résis­­ter au stress Comprendre ce qu’est le stress PRINCIPES CLÉS • Le stress est essen­­ à la tiel vie. Il nous per­­ met d’agir avec plai­­ et effi­­ cité quand nous sir ca­­ savons le gérer. • Prendre soin de soi au moment où tout s’accélère dans notre vie pro­­ sion­­ fes­­ nelle devient une néces­­ sité. La réponse d’un orga­­ nisme à une sti­­ lation mu­­ Qui ne connaît pas le stress  ? Qui n’a jamais fait l’expérience de situa­­ tions où tout lui parais­­ incontrô­­ sait lable, dif­­ cile fi­­ ou insur­­ table  ? Nous connais­­ mon­­ sons tous ces moments qui font par­­ de tie notre vie pro­­ sion­­ fes­­ nelle et per­­ nelle. son­­ 308
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    Savoirs Savoir-faire Ce que noussavons moins, c’est comment le stress agit sur nous, comment le repérer avant qu’il ne soit trop tard et comment faire une fois qu’il fait par­­ de nous. tie Le doc­­ teur Hans Selye fut le pre­­ mier à défi­­ le stress en 1935. nir Pour lui, le stress est une réponse non spé­­ fique de l’organisme face ci­­ à une demande. D’une façon plus glo­­ bale, il s’agit d’une réponse à une sti­­ lation. mu­­ Notre corps réagit conti­­ le­­ nuel­­ ment à toutes sortes de sti­­ ­ mu­ lations. Ces sti­­ lations peuvent être : mu­­ ✓✓ Visuelles : je tra­­ vaille dans un bureau dont les murs sont de cou­ ­ leurs vives. Je vois en per­­ nence le visage tendu de mes col­­ ­ ma­­ la­ bo­­ teurs ou de mon res­­ sable. Je vois défi­­ des tableaux de ra­­ pon­­ ler bord dont les résul­­ sont au-­ essous des objec­­ pré­­ Je vois tats d tifs vus. le temps qui passe alors que je suis coincé dans des bouchons… ✓✓ Audi­­ tives : mon bureau est situé à côté de la machine à café ou d’un appa­­ bruyant. Je me répète sans arrêt que j’ai trop de reil bou­­ et que je n’y arri­­ rai pas, le télé­­ lot ve­­ phone sonne constam­ ­ ment. On me répète tou­­ jours la même chose. Les membres de l’équipe n’arrêtent pas de râler,… ✓✓ Kines­­ siques : j’ai froid. J’ai faim. Je suis mal assis. J’ai mal au thé­­ dos. J’ai mal à la tête. Je me sens mal. Je suis tendu. La ven­­ lation ti­­ me tombe sur la nuque. Les gens sont agres­­ sifs,… Ces sti­­ lations agissent sur nous, indé­­ dam­­ mu­­ pen­­ ment de notre volonté. Notre corps a pour fonc­­ tion de s’y adap­­ Notre cer­­ ter. veau, alerté par ces sti­­ lations, sécrète des hor­­ mu­­ mones qui sti­­ mulent notre orga­­ nisme. Cette sti­­ lation pro­­ mu­­ voque des réac­­ tions phy­­ lo­­ sio­­ giques en chaîne. L’ensemble de ces réac­­ tions a pour fonc­­ tion de nous pous­ ­ ser à l’action ou à la fuite. Le pro­­ sus du stress se déroule en trois phases. ces­­ LE PROCESSUS DE STRESS La phase d’alarme : réac­­ tion de notre orga­­ nisme qui sécrète des hor­­ mones. Trans­­ sion du sti­­ lus à l’hypothalamus. mis­­ mu­­ Libé­­ tion de nora­­ na­­ ra­­ dré­­ line et d’adrénaline. L’objectif 309 Savoir-être Sti­­ lations visuelles, audi­­ mu­­ tives ou kines­­ siques. thé­­
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    9 • Déve­­per son effi­­ cité lop­­ ca­­ per­­ nelle son­­ Gagner du temps et s’organiser avec les TIC Gagner du temps et s’organiser avec les 5 S Gérer l’information Savoir résis­­ au stress ter est de mettre le corps en ten­­ sion pour pou­­ voir agir. Accé­­ ra­­ lé­­ tion du rythme car­­ diaque, trans­­ tion, inhi­­ tion pira­­ bi­­ de la fonc­­ tion res­­ ra­­ pi­­ toire, aug­­ men­­ tion du sucre dans le sang, ta­­ ten­­ sions mus­­ laires,… cu­­ Aug­­ men­­ tion de la vigi­­ ta­­ lance : action ou fuite. La phase de résis­­ tance : réac­­ tion de notre orga­­ nisme à la sti­­ lation qui se pro­­ mu­­ longe par une nou­­ velle sécré­­ tion hor­­ ­ mo­ nale. L’hypophyse est sti­­ lée et sécrète du cortisol. L’objectif mu­­ est de nous main­­ nir vigi­­ te­­ lants et de nous per­­ mettre de faire face. Apport de sucre dans l’organisme – accé­­ ra­­ lé­­ tion du rythme car­­ diaque affai­­ se­­ blis­­ ment de la fonc­­ tion immu­­ taire. ni­­ La phase d’épuisement : contre-­ éaction du corps qui est r épuisé parce que la sti­­ lation est trop forte ou trop longue. mu­­ Si la sti­­ lation stres­­ mu­­ sante se pour­­ suit, elle entraîne une dérégulation des sys­­ tèmes neu­­ naux et ro­­ endo­­ niens et l’apparition de patho­­ gies. cri­­ lo­­ On pour­­ se demander en obser­­ rait vant ce pro­­ sus pour­­ ces­­ quoi nous n’agissons pas immé­­ te­­ dia­­ ment, dès la phase d’alerte ou, au mieux, au moment de la phase de résis­­ tance. ✓✓ La pre­­ mière rai­­ c’est qu’il est dif­­ cile d’arrêter cer­­ son fi­­ taines sti­­ ­ mu­ lations : elles sont là et sont inhé­­ rentes à l’activité pro­­ sion­­ fes­­ nelle. ✓✓ La seconde c’est que nous éprou­­ vons des dif­­ cultés à être fi­­ conscient de l’impact de ces sti­­ lations sur nous. mu­­ ✓✓ La troi­­ sième c’est que, très sou­­ vent, nous ne nous per­­ tons pas met­­ de reconnaître nos limites. Nous conti­­ nuons donc à nous agi­­ ter et à nous mal­­ ner jusqu’à ce que le corps, épuisé par tant de me­­ réac­­ tions hor­­ nales, finisse par se faire entendre. mo­­ 310
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    N’oublions pas quesans aucune sti­­ lation la vie n’est pas spé­­ ­ mu­­ cia­ le­­ ment agréable. Être sti­­ mulé, recher­­ cher des sti­­ lations est non mu­­ seule­­ ment néces­­ saire, mais vital pour l’équilibre per­­ nel. Hans son­­ Selye disait, en son temps, que le stress c’est la vie. Pen­­ sons éga­­ ment à toutes les fois où le stress a été un dopant le­­ natu­­ qui nous a per­­ rel mis de nous dépas­­ : c’est le cas lors des ser  entre­­ tiens d’embauche mais aussi lorsque nous avons à prendre la parole pour la pre­­ mière fois. C’est le stress, le bon stress qui mobi­­ lise l’énergie néces­­ saire pour nous pré­­ rer à faire face à des situa­­ pa­­ tions aux enjeux forts. Le bon stress est donc celui qui nous per­­ met : ✓✓ d’être plus per­­ mant ; for­­ ✓✓ d’être satis­­ des résul­­ que nous obte­­ fait tats nons ; ✓✓ d’éviter la phase d’épuisement par une bonne régu­­ tion de notre la­­ éner­­ per­­ nelle. gie son­­ Savoirs Le bon stress 311 Savoir-être Il existe deux sortes de mau­­ stress : vais ✓✓ Celui qui est lié à une sti­­ lation qui dure trop long­­ mu­­ temps ou qui se répète trop sou­­ vent : dans ce cas, l’organisme va jusqu’à la phase d’épuisement. Ce pro­­ sus est décrit dans un para­­ ces­­ graphe pré­­ dent. cé­­ ✓✓ Celui qui est lié à une sti­­ lation trop intense (évé­­ ments à forte mu­­ ne­­ charge émo­­ nelle) : dans ce cas, des troubles psy­­ tion­­ chiques appa­ ­ raissent très rapi­­ ment : cau­­ mars, angoisses, dépres­­ de­­ che­­ sion,… Notre façon de réagir à ces mau­­ stress est fon­­ men­­ vais da­­ tale. Elle est liée à nos valeurs, nos croyances et nos expé­­ riences. Cer­­ tains ont une capa­­ très forte pour sur­­ ter les dif­­ cultés et pas­­ cité mon­­ fi­­ ser à l’action. Ils peuvent ainsi appor­­ des chan­­ ments réels pour ter ge­­ trans­­ mer la situa­­ for­­ tion stres­­ sante. D’autres sont dans l’incapacité d’agir, de fuir ou de réagir. Ils vivent la sti­­ lation de plein fouet et mu­­ leur corps et leur men­­ en subissent les consé­­ tal quences qui peuvent par­­ être très lourdes. fois Savoir-faire Le mau­­ vais stress
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    9 • Déve­­per son effi­­ cité lop­­ ca­­ per­­ nelle son­­ Gagner du temps et s’organiser avec les TIC Gagner du temps et s’organiser avec les 5 S Gérer l’information Savoir résis­­ au stress ter Le niveau opti­­ mal de stress Le stress est néces­­ saire. On sait, par exemple, que le niveau de per­­ ­ for­ mance au moment d’une tâche est meilleur lorsqu’il y a une cer­­ taine dose de stress. Celui-­ i nous per­­ c met de sti­­ ler la moti­­ mu­­ vation, de mieux juger les para­­ mètres de la situa­­ tion et de se pré­­ rer en consé­ pa­­ ­ quence. Cer­­ taines per­­ sonnes aiment cette exci­­ tion liée au stress et ta­­ ne peuvent fonc­­ ner que sous pres­­ tion­­ sion. D’autres ne sup­­ portent pas d’être « bous­­ lées » et sont moins compé­­ cu­­ tentes à ces occa­­ sions. Nous sommes tous dif­­ rents dans notre ges­­ fé­­ tion du stress et, sur­ ­ tout, notre façon de gérer le stress n’est pas tou­­ jours iden­­ tique. Nous sommes par­­ capables de nous dépas­­ et d’atteindre de grandes fois ser per­­ mances alors qu’à d’autres moments nous en sommes tout à for­­ fait inca­­ pables. Il s’agit pour cha­­ cun de nous, de repérer le niveau opti­­ mal de stress qui lui convient à un moment donné. En des­­ sous de ce niveau, nous sommes sous-­ timulés et ne don­­ s nons pas le meilleur de nousm ­ êmes. Au-­ essus de ce niveau, nous sommes sur-­ timulés et ne d s pou­­ vons répondre effi­­ ce­­ ca­­ ment à nos obli­­ tions. ga­­ Le rôle du mana­­ ger Les mana­­ doivent être très atten­­ à ce seuil opti­­ aussi bien gers tifs mal pour eux-­ êmes que pour les membres de l’équipe. Il ne s’agit pas m d’être constam­­ ment en alerte mais de : ✓✓ lais­­ aux membres de l’équipe la pos­­ bi­­ de s’exprimer sur ser si­­ lité leur niveau de per­­ mance et sur les condi­­ for­­ tions néces­­ saires pour atteindre celui-­ i ; c ✓✓ don­­ des expli­­ tions exhaus­­ ner ca­­ tives quant aux rai­­ sons de nou­­ veaux objec­­ et aux moyens dont dis­­ tifs pose cha­­ pour les atteindre ; cun ✓✓ per­­ mettre aux col­­ bo­­ teurs de s’organiser en fonc­­ la­­ ra­­ tion de leurs prio­­ tés et des prio­­ tés de l’équipe ; ri­­ ri­­ ✓✓ féli­­ ter et remer­­ les membres de l’équipe lorsque les objec­­ ci­­ cier tifs sont atteints ; les encou­­ ger quand ils sont en dif­­ culté. ra­­ fi­­ 312
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    Repérer ses sourcesde stress Elles sont très sou­­ vent les sources prin­­ pales de stress. Il s’agit de ci­­ tous les dia­­ logues internes qui agissent comme des contraintes sup­ ­ plé­­ taires au niveau de notre compor­­ ment. men­­ te­­ Par exemple : ✓✓ J’ai du tra­­ et comme je suis per­­ tion­­ vail fec­­ niste je suis inca­­ pable de lais­­ pas­­ une seule erreur. Tout doit être lu, relu, contrôlé ser ser et je passe trop de temps à vou­­ maî­­ ser la moindre erreur. loir tri­­ J’emporte du tra­­ chez moi. Je ne peux pas res­­ ter les délais vail pec­­ et je m’en veux. ✓✓ Je veux faire plai­­ à tout le monde et je suis inca­­ sir pable de dire non à une demande, même quand je ne suis pas compétent. Je me dis que c’est impor­­ tant de faire tout son pos­­ sible pour conser­ ­ ver de bonnes rela­­ tions mais je n’arrive plus à four­­ et je n’en nir peux plus. ✓✓ Il faut que je montre que je suis capable de tout faire et je ne dois pas cra­­ quer. Je ne peux pas refu­­ une demande car cela vou­­ ser drait dire que j’ai des limites ou que je suis incom­­ tent. J’accepte tout pé­­ et il m’est impos­­ sible de dire que je n’en peux plus. Savoir-faire Les sti­­ lations internes mu­­ Savoirs Les sources de stress sont diverses. Elles peuvent être, soit des sti­­ ­ mu­ lations internes, soit des évé­­ ments par­­ cu­­ ne­­ ti­­ liers qui inter­­ viennent dans notre vie pro­­ sion­­ fes­­ nelle ou per­­ nelle, soit encore des atti­ son­­ ­ tudes qui ont des consé­­ quences sur notre hygiène de vie. L’échelle de stress de Holmes et Rahe 313 Savoir-être Elle a été réa­­ sée aux USA en 1967. Elle attri­­ un cer­­ li­­ bue tain nombre de points à des sti­­ lations qui sont des évé­­ ments issus de la vie mu­­ ne­­ pro­­ sion­­ fes­­ nelle ou per­­ nelle. Lorsque, au cours d’une année, le son­­ nombre de points cumu­­ est égal ou supé­­ lés rieur à 200, nous sommes sus­­ tibles de tom­­ malades. cep­­ ber
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    9 • Déve­­per son effi­­ cité lop­­ ca­­ per­­ nelle son­­ Gagner du temps et s’organiser avec les TIC Gagner du temps et s’organiser avec les 5 S Gérer l’information Savoir résis­­ au stress ter Tableau 9.14 ■  chelle de stress de Homes et Rahe É Mort du conjoint 100 Divorce 73 Sépa­­ tion des époux ra­­ 65 Période de pri­­ son 63 Mort d’un parent proche 63 Bles­­ sure cor­­ relle ou mala­­ po­­ die 53 Mariage 50 Licen­­ ment cie­­ 47 Réconci­­ tion entre époux lia­­ 45 Prendre sa retraite 45 Chan­­ ment dans la santé d’un membre de la famille ge­­ 44 Gros­­ sesse 40 Dif­­ cultés sexuelles fi­­ 39 Arri­­ vée de quelqu’un dans la famille 39 Chan­­ ments quel­­ ge­­ conques dans l’univers du tra­­ vail 39 Chan­­ ment au niveau finan­­ ge­­ cier 38 Mort d’un ami proche 37 Chan­­ ment de fonc­­ ge­­ tion pro­­ sion­­ fes­­ nelle 36 Modi­­ ca­­ fi­­ tion du nombre des scènes de ménage 35 Hypo­­ thèque ou prêt impor­­ tant 31 Sai­­ sur hypo­­ sie thèque ou sur prêt 30 Chan­­ ment de res­­ sa­­ lité dans le tra­­ ge­­ pon­­ bi­­ vail 29 Un fils, une fille quitte le foyer 29 Dif­­ cultés avec les beaux-­ arents fi­­ p 29 Suc­­ cès excep­­ nel tion­­ 28 Femme commence ou cesse de tra­­ vailler 26 Commen­­ ou ter­­ ner des études cer mi­­ 26 Chan­­ ment dans les condi­­ ge­­ tions de vie 25 ☞ 314
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    24 Dif­­ cultés avecle patron fi­­ 23 Chan­­ ment d’horaires ou de condi­­ ge­­ tions de tra­­ vail 20 Chan­­ ment de rési­­ ge­­ dence 20 Chan­­ ment de lieu d’études ge­­ 20 Chan­­ ment dans les loi­­ ge­­ sirs 19 Chan­­ ment dans les acti­­ tés reli­­ ge­­ vi­­ gieuses 19 Chan­­ ment dans les acti­­ tés sociales ge­­ vi­­ 18 Hypo­­ thèque ou prêt peu impor­­ tant 17 Chan­­ ment dans les habi­­ ge­­ tudes de som­­ meil 16 Chan­­ ment du nombre des réunions de famille ge­­ 15 Chan­­ ment dans les habi­­ ge­­ tudes ali­­ men­­ taires 15 Vacances 13 Noël 12 Contra­­ tions ven­­ 11 Savoirs ge­­ ☞ Chan­­ ment d’habitudes 315 Savoir-être Il s’agit de toutes les atti­­ tudes per­­ nelles liées à l’équilibre de notre son­­ corps et qui nous per­­ mettent de réguler et d’entretenir notre éner­­ gie. Quand nous ne res­­ tons pas une bonne hygiène de vie, le corps se pec­­ trouve en défaillance, il est plus fra­­ pour réagir au stress. gile Les défaillances prin­­ pales sont liées aux dés­­ libres ali­­ ­ ci­­ équi­­ men­ taires, au manque de som­­ meil et au manque d’activité phy­­ sique. ✓✓ Les dés­­ équi­­ libres ali­­ taires : ils se pro­­ men­­ duisent quand nous pre­­ nons l’habitude de man­­ «  sur le pouce  », de sau­­ des ger ter repas, mais éga­­ ment quand nous sommes dans l’excès ali­­ ­ le­­ men­ taire : trop de sucre, de sel, de pro­­ téines, de graisse, de caféine, d’alcool… ✓✓ Les troubles du som­­ meil : il s’agit avant tout d’un manque de som­­ meil lié à un cou­­ cher trop tar­­ ou à des insom­­ dif nies. Dans ce cas la récu­­ ra­­ pé­­ tion phy­­ sique complète ne peut avoir lieu. ✓✓ Le manque d’activité phy­­ sique  : en sup­­ mant toute acti­ pri­­ ­ vité phy­­ sique, nous le ren­­ dons moins apte à réagir pen­­ dant les périodes de stress. Savoir-faire Une mau­­ vaise hygiène de vie
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    9 • Déve­­per son effi­­ cité lop­­ ca­­ per­­ nelle son­­ Gagner du temps et s’organiser avec les TIC Gagner du temps et s’organiser avec les 5 S Gérer l’information Savoir résis­­ au stress ter Connaître ses façons de réagir au stress Il est pos­­ sible de réagir de façon effi­­ cace au stress. Dans ce cas, nous adop­­ tons des atti­­ tudes qui ont pour fonc­­ tion de nous per­­ mettre de prendre du recul et de nous aider à gérer la situa­­ tion. Exemples d’attitudes effi­­ caces face à une situa­­ tion stres­­ sante : ✓✓ prendre le temps pour s’isoler et réflé­­ chir tran­­ quille­­ ment à la situa­­ tion ; ✓✓ en par­­ à des amis ou des col­­ ler lègues qui peuvent aider à prendre du recul ; ✓✓ ima­­ ner plu­­ gi­­ sieurs scé­­ rios pos­­ na­­ sibles pour sor­­ de ses dif­­ ­ tir fi­ cultés ; ✓✓ agir et orga­­ ser un plan d’actions. ni­­ Le plus sou­­ vent, nous n’arrivons pas à gérer la ou les situa­­ tions stres­­ santes et nous adop­­ tons des atti­­ tudes inef­­ caces qui aug­­ fi­­ mentent notre stress. Les atti­­ tudes inef­­ caces et les parades effi­­ fi­­ caces Il existe cinq atti­­ tudes inef­­ caces que nous uti­­ sons face à une situa­ fi­­ li­­ ­ tion stres­­ sante. Pour cha­­ cune d’elles, nous en ver­­ rons les parades effi­­ caces. Ne rien faire et remettre à plus tard C’est le compor­­ ment le plus connu de la pas­­ vité. C’est éga­­ ment te­­ si­­ le­­ le moins dan­­ reux. Elle est en situa­­ ge­­ tion d’attente sans se don­­ les ner véri­­ tables moyens de trou­­ de l’énergie ou des idées. La dif­­ culté ver fi­­ est rare­­ ment expri­­ mée. Lorsqu’elle l’est, tout paraît impos­­ sible ou trop dif­­ cile à sur­­ ter : « de toute façon, on ne peut rien faire », fi­­ mon­­ « Ca ne sert à rien », « Je vais essayer » « Je ne suis pas cer­­ tain que ce soit pos­­ sible »,… Parades effi­­ caces  : Repérer quel est son pou­­ voir réel dans la situa­­ tion. Retrou­­ et expri­­ ver mer ses désirs et ses besoins. Se faire aider pour envi­­ ger dif­­ rents choix. sa­­ fé­­ 316
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    Cette atti­­ tude apour consé­­ quence directe de mul­­ plier les sources ti­­ de stress. La per­­ sonne qui est dans la sur-­ daptation inves­­ son a tit temps et son éner­­ dans ce qu’elle pense être la demande d’autrui. gie Elle n’éprouve aucune satis­­ faction per­­ nelle et attend des son­­ signes de reconnais­­ sance des autres. Elle pense que ses dif­­ cultés fi­­ viennent d’un manque de consi­­ ra­­ dé­­ tion. Elle est très vite débordée et inef­­ cace. Se sen­­ fi­­ tant sol­­ ci­­ par tous, elle tra­­ li­­ tée vaille plus tard et réa­­ des tâches qui ne lui ont pas été deman­­ lise dées. Parades effi­­ caces : Comprendre que c’est son atti­­ tude per­­ nelle son­­ qui aug­­ mente la dif­­ culté. Poser des ques­­ fi­­ tions pré­­ cises pour connaître la demande ; se limi­­ à cette demande. Faire le point clai­­ ment sur ter re­­ la nature des rela­­ tions et les besoins de signes de reconnais­­ sance. Savoirs Se sur-­ dapter, agir en fonc­­ a tion des autres Dans cette atti­­ tude, la per­­ sonne stres­­ mani­­ sée feste des compor­­ ­ te­ ments d’agitation. Elle parle avec un débit fort et pré­­ pité. Elle peut ci­­ bégayer. Elle marche de long en large sans déve­­ per une acti­­ lop­­ vité orien­­ vers un but. Elle passe d’une acti­­ à l’autre sans rien ter­ tée vité ­ mi­­ Cette agi­­ tion peut être inté­­ ri­­ et se mani­­ ter sim­­ ­ ner. ta­­ rio­­ sée fes­­ ple­ ment par quelques mou­­ ments. ve­­ Parades effi­­ caces : Dire « stop » et se don­­ un espace de liberté ner pour évi­­ l’escalade. Prendre le temps de se retrou­­ au calme ter ver pour déve­­ per sa créa­­ vité et trou­­ des solu­­ lop­­ ti­­ ver tions. Savoir-faire S’agiter et se sur­­ ner me­­ Cette atti­­ tude est consti­­ tuée d’une série de compor­­ ments actifs, te­­ détour­­ de leurs véri­­ nés tables objec­­ La per­­ tifs. sonne uti­­ des souslise e ­ ntendus et s’exprime d’une façon mas­­ quée : « on m’a dit que », « ne pensez-­ ous pas ». Les demandes qu’elle exprime sont floues, voire v non expri­­ mées. Dans un pre­­ mier temps, cette atti­­ tude peut paraître effi­­ cace puisque celui qui mani­­ pule dimi­­ son stress en le fai­­ nue sant sup­­ ter par une tierce per­­ por­­ sonne. Dans un second temps, des dif­ ­ fi­­ cultés rela­­ nelles sur­­ tion­­ gissent avec la per­­ sonne mani­­ lée et ainsi pu­­ une nou­­ velle source de stress appa­­ raît. 317 Savoir-être Mani­­ ler pu­­
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    9 • Déve­­per son effi­­ cité lop­­ ca­­ per­­ nelle son­­ Gagner du temps et s’organiser avec les TIC Gagner du temps et s’organiser avec les 5 S Gérer l’information Savoir résis­­ au stress ter Parades effi­­ caces : expri­­ mer clai­­ ment ce que l’on veut. Par­­ re­­ ler à la pre­­ mière per­­ sonne du sin­­ lier. Reconnaître sa puis­­ gu­­ sance et ses véri­­ tables limites et agir à décou­­ vert. Être violent contre les autres C’est un des modes de réac­­ tion les plus dif­­ ciles à sup­­ ter. La per­ fi­­ por­­ ­ sonne dans cette atti­­ tude n’a pas conscience de dépas­­ les limites ser et de ne plus res­­ ter son envi­­ ne­­ pec­­ ron­­ ment. Elle se met en colère très faci­­ ment et agresse les autres. Tout est source de conflits et de le­­ ten­­ sions. Parades effi­­ caces  : Prendre conscience que les réac­­ tions des membres de l’équipe sont liées au compor­­ ment violent. Uti­­ ser te­­ li­­ toute tech­­ nique qui per­­ de se détendre et de res­­ met pirer plus cal­­ ­ me­ ment. Res­­ ter autrui. pec­­ Être violent contre soi C’est l’attitude la plus grave en termes de consé­­ quences phy­­ siques et psy­­ lo­­ cho­­ giques. Elle inter­­ vient après une durée pro­­ gée au lon­­ contact de situa­­ tions stres­­ santes. Au pre­­ mier degré, cette atti­­ tude se tra­­ duit par des compor­­ ments gênants  : se ron­­ les ongles, te­­ ger man­­ moins, fumer plus,… Au second degré, elle se tra­­ ger duit par des réac­­ tions plus intenses  : migraine, lum­­ bago, insom­­ nie,… Au troi­­ sième degré, elle signale que la per­­ sonne est entrée dans la phase d’épuisement. Celle-­ i peut se tra­­ c duire par des patho­­ gies lourdes : lo­­ ulcère à l’estomac, infarc­­ du myo­­ tus carde, burn out, sui­­ cide,… Parades effi­­ caces : Agir rapi­­ ment dès le pre­­ de­­ mier degré. Accep­ ­ ter de se faire aider, s’exprimer dans un milieu de confiance, se mettre en action pour modi­­ son atti­­ fier tude ou faire évo­­ la situa­ luer ­ tion stres­­ sante. Res­­ ter son corps et se res­­ ter. pec­­ pec­­ 318
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    1. Faire unbilan de son niveau de stress : −− Uti­­ ser l’échelle de Holmes et Rahe et cal­­ ler votre score li­­ cu­­ actuel. −− Repérer les sti­­ lations internes que vous pro­­ sez et qui mu­­ dui­­ aug­­ mentent le stress : vou­­ être par­­ loir fait, vou­­ faire plai­­ loir sir à tout le monde, tenir le coup à tout prix… 2. Iden­­ fier si vous êtes actuel­­ ment dans une atti­­ ti­­ le­­ tude inef­­ cace. fi­­ Si oui, laquelle ? Quelles parades pouvez-­ ous uti­­ ser ? v li­­ Savoirs Quatre conseils pour mieux gérer son stress 3. Faire un bilan de son hygiène de vie  : ali­­ ta­­ men­­ tion, som­­ meil, acti­­ phy­­ vité sique. 319 Savoir-être Ges­­ tion du temps et stress inter­ gissent. Bien gérer son a temps, uti­­ ser au mieux l’outil infor­­ tique et les méthodes li­­ ma­­ pour opti­­ ser son espace de tra­­ mi­­ vail per­­ met d’être plus serein. En contre­­ tie, une bonne maî­­ par­­ trise du stress est une condi­­ tion de l’efficacité et du bien-être. Savoir-faire 4. Mettre en place des actions ou de nou­­ veaux compor­­ ments. te­­ −− Uti­­ sez au moins deux idées qui vous sont pro­­ sées dans le li­­ po­­ cha­­ pitre. −− Souvenez-­ ous que l’expression des émo­­ v tions per­­ met d’être moins stressé.
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    Savoirs Chapitre 10 Les ques­­ tionsaux­­ quelles répond ce cha­­ pitre ◆◆ Comment gérer son trac ? ◆◆ Comment réus­­ ses prises de parole ? sir ◆◆ Comment atteindre son objec­­ dans la commu­­ ca­­ tif ni­­ tion orale Savoir-faire Réus­­ sa commu­­ ca­­ sir ni­­ tion orale et écrite et écrite ? 321 Savoir-être ◆◆ Quelles sont les règles spé­­ fiques de la commu­­ ca­­ ci­­ ni­­ tion écrite ?
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    10 • Réus­­sa commu­­ ca­­ sir ni­­ tion orale et écrite Prendre la parole en public Commu­­ quer effi­­ ce­­ ni­­ ca­­ ment à l’écrit CC Prendre la parole en public Appri­­ ser le trac voi­­ PRINCIPE CLÉ Le trac est la dif­­ culté prin­­ pale à laquelle fi­­ ci­­ on doit faire face lorsque l’on prend Bien gérer son trac et bien pré­­ ­ pa­ rer son inter­­ tion sont les deux ven­­ la parole en public. Per­­ sonne n’y échappe condi­­ tions d’une prise de parole y compris les plus grands comé­­ diens. réus­­ sie. Prendre la parole en public confronte à l’épreuve de l’incertitude. Face à l’incertitude, nous adop­­ tons une réponse de défense et de sau­­ garde. ve­­ Il est nor­­ mal, voire béné­­ fique d’avoir le trac Il est nor­­ d’avoir le trac à l’idée de prendre la parole en réunion. mal ­ Cette peur fait par­­ des peurs les plus cou­­ tie rantes1. 55 % de la popu­ la­­ fran­­ tion çaise appré­­ hendent de prendre la parole devant un groupe, et près d’une per­­ sonne sur trois y renonce. Il est même néces­­ saire d’avoir le trac. Selon l’anecdote attri­­ buée à l’actrice Sarah Bernhardt, il serait la marque et la condi­­ tion du talent : « Le trac vien­­ avec le talent ». Il nous per­­ dra met de don­­ ner le meilleur de nous-­ êmes. Il nous fait trou­­ au fond de nous les m ver res­­ sources néces­­ saires pour faire face à l’épreuve. Ces peurs tiennent à la fois à des causes exté­­ rieures à l’orateur : ✓✓ Le public  : il peut être connu ou inconnu, nom­­ breux ou peu nom­­ breux, consti­­ de res­­ sables ou de pairs, de col­­ bo­­ ­ tué pon­­ la­­ ra­ teurs ou de clients. ✓✓ Le sujet : le niveau de pré­­ ra­­ pa­­ tion, de compé­­ tence, d’expertise, de tech­­ cité, la maî­­ ni­­ trise de l’orateur, l’intérêt qu’il lui porte. ✓✓ Le lieu : il peut être connu ou inconnu, vaste ou étroit. Et à des causes propres à l’orateur : ✓✓ La peur du regard de l’autre sur soi. 1. Lelord François et André Christophe, L’estime de soi, Édi­­ tions Odile Jacob. 322
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    ✓✓ La peurde ne pas être à la hau­­ teur, de ne pas être par­­ fait. ✓✓ La peur de se sen­­ incom­­ tent, ou humi­­ la peur de ne pas tir pé­­ lié. être reconnu ou de se sen­­ sans impor­­ tir tance, la peur d’être rejeté ou de ne pas être aimé. L’entraînement et l’habitude sont les meilleurs moyens pour faire bais­­ le trac. Sai­­ sez donc toutes les occa­­ ser sis­­ sions de prendre la parole et de vous entraî­­ Il y en a de nom­­ ner. breuses, y compris dans la vie pri­­ (asso­­ tions, assem­­ vée cia­­ blées de copro­­ taires, etc.). prié­­ Les conseils ci-­ essous vous per­­ tront de contrô­­ votre trac d met­­ ler avant l’intervention, au début de celle-­ i et tout au long. c Savoirs Comment le conte­­ dans des limites sup­­ tables nir por­­ 323 Savoir-être ✓✓ Soyez «  fin prêt  ». Il ne suf­­ pas de bien connaître un sujet fit pour bien savoir l’exposer. Pré­­ rez votre inter­­ tion long­­ pa­­ ven­­ temps à l’avance. Anti­­ pez les éven­­ ci­­ tuelles ques­­ tions ou objec­­ tions. Si l’importance de l’enjeu le jus­­ fie, répé­­ votre inter­­ tion avec ti­­ tez ven­­ un proche. ✓✓ Arri­­ dans une salle connue à l’avance. Si vous connais­­ vez sez bien les lieux, vous rédui­­ la marge d’inconnu et vous vous sen­ rez ­ ti­­ davan­­ rez tage en sécu­­ rité. ✓✓ Rela­­ vi­­ l’enjeu de la situa­­ . Bien sou­­ ti­­ sez tion vent, on aug­­ mente son trac en exa­­ rant l’importance de l’enjeu. Pour reve­­ à la gé­­ nir réa­­ lité, une bonne ques­­ tion à se poser  est  : «  qu’est-ce que je risque de pire si je ne réus­­ pas ? » sis ✓✓ Mettez-­ ous la barre moins haut. Faites preuve d’indulgence v vis-­ -vis de vous-­ ême : accordez-­ ous le droit de vous trom­­ à m v per et de ne pas être par­­ fait. Il est illu­­ soire de vou­­ tout savoir et loir de cher­­ cher à avoir réponse à tout. Quand on se met la barre trop haut, il est dif­­ cile d’être à la hau­­ fi­­ teur de ses propres attentes. ✓✓ Faites taire les petites voix néga­­ tives. N’écoutez pas les petites voix qui vous disent « je ne vais pas y arri­­ ver », « je vais me ridi­ ­ cu­­ ser ». li­­ Savoir-faire Réduire le trac avant l’intervention
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    10 • Réus­­sa commu­­ ca­­ sir ni­­ tion orale et écrite Prendre la parole en public Commu­­ quer effi­­ ce­­ ni­­ ca­­ ment à l’écrit ✓✓ Pra­­ quer la relaxa­­ , quelques jours avant peut vous aider à ti­­ tion arri­­ plus détendu lors d’une pré­­ ta­­ ver sen­­ tion en public. ✓✓ Soi­­ gnez votre appa­­ rence, mais por­­ des vête­­ tez ments confor­ ­ tables pour vous sen­­ à l’aise. tir ✓✓ Pos­­ lez la bien­­ tu­­ veillance de l’auditoire à votre égard (on obtient des autres ce que l’on sus­­ chez eux). cite ✓✓ Res­­ pirez. Bien res­­ pirer est indis­­ sable pour avoir une voix qui pen­­ porte, et cela per­­ aussi de faire bais­­ son trac. Trois res­­ ra­ met ser pi­­ ­ tions pro­­ fondes per­­ mettent de retrou­­ son calme. Si vous avez ver la bouche sèche, uti­­ sez le truc des comé­­ li­­ diens : se mordre le bout de la langue per­­ de remé­­ à ce petit pro­­ met dier blème. ✓✓ Enfin, rappelez-­ ous que très sou­­ v vent le trac ne se remarque pas. Se cal­­ mer juste avant de commen­­ cer l’intervention ✓✓ Ne commen­­ pas à par­­ immé­­ te­­ cez ler dia­­ ment. Pre­­ le temps de nez vous poser. Sou­­ et res­­ riez pirez len­­ ment. te­­ ✓✓ Créez et main­­ nez le contact avec l’auditoire. L’auditoire réserve te­­ son écoute à celui qui lui des­­ tine toute son atten­­ tion et sa pré­ ­ sence. Nous nous inté­­ sons à l’autre quand l’autre s’intéresse res­­ aussi à nous. Regar­­ l’auditoire oblige à se décen­­ de soider trer m ­ ême ; pour mieux se cen­­ sur l’autre. trer ✓✓ Déplacez-­ ous len­­ ment. Gar­­ v te­­ dez le dos droit. Conser­­ les vez pieds bien ancrés au sol. Contrô­­ le stress durant la pré­­ ta­­ ler sen­­ tion ✓✓ Rappelez-­ ous que vous connais­­ mieux votre sujet que votre v sez audi­­ toire, parce que vous avez pré­­ paré votre inter­­ tion ! ven­­ ✓✓ Res­­ calme si vous commet­­ une erreur  : ter­­ nez votre tez tez mi­­ phrase et rec­­ fiez ce que vous avez dit. ti­­ 324
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    Pré­­ rer l’interventionavec méthode pa­­ Ana­­ ser le contexte de l’intervention ly­­ Pour construire un bon exposé et cla­­ fier le contexte de son inter­ ri­­ ­ ven­­ tion, il faut se poser quatre séries de ques­­ tions. Ces ques­­ tions concernent : ✓✓ l’auditoire, ✓✓ le contexte, ✓✓ le sujet, ✓✓ l’orateur. Ces 4 points sont liés par 6 rela­­ tions qui sont autant de sujets de réflexion à explo­­ rer. Figure 10.1 ■ Ana­­ ser le contexte de l’intervention ly­­ Connaissance – Compétences – Motivation Statuts Enjeux Risques Gains CONTEXTE Pertinence Actualité Images Attentes SUJET Intérêt Connaissances Culture Vocabulaire PUBLIC 325 Savoir-être ORATEUR Savoir-faire Savoirs ✓✓ N’interprétez pas le moindre bruit ou mou­­ ment de l’auditoire ve­­ comme un signe d’hostilité ou de désin­­ rêt. Ne prê­­ pas aux té­­ tez autres des inten­­ tions ou des opi­­ nions non expri­­ mées. ✓✓ Ne fuyez pas les cri­­ tiques, appre­­ à les rece­­ nez voir et à en tirer pro­­ pour ajus­­ votre compor­­ ment. fit ter te­­
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    10 • Réus­­sa commu­­ ca­­ sir ni­­ tion orale et écrite Prendre la parole en public Commu­­ quer effi­­ ce­­ ni­­ ca­­ ment à l’écrit ✓✓ L’orateur : −− Que sais-­e sur le sujet ? j −− Quel est mon inté­­ rêt ? −− Quels sont les risques ? ✓✓ Le sujet : −− Quel est l’intérêt du sujet pour cet audi­­ toire en par­­ cu­­ ti­­ lier ? −− Qu’est-ce qui peut rendre inté­­ sant ce sujet pour l’audi­ res­­ toire ? −− Ce sujet est-­l d’actualité pour l’auditoire ? i ✓✓ L’auditoire : −− Qui est-­l ? i −− Quelles peuvent être ses attentes ? −− Comment peut-­l me per­­ voir ? i ce­­ −− Que sait-­l du sujet ? i ✓✓ Le contexte : −− Quel est le contexte de mon inter­­ tion ? ven­­ −− Quelle est l’actualité de l’entreprise, du ser­­ vice, du mar­­ ché ? −− Le contexte est-­l favo­­ i rable à mon inter­­ tion ? ven­­ −− Le contexte rend-­l mon inter­­ tion d’actualité ? i ven­­ Cla­­ fier objec­­ et thème ri­­ tif Sou­­ vent, nous confon­­ dons le sujet et l’objectif de notre pré­­ ta­ sen­­ ­ tion. Or, un même sujet peut être abordé de dif­­ rentes manières. fé­­ Notre objec­­ est ce à quoi nous vou­­ tif lons par­­ nir à la fin de ve­­ l’intervention : ✓✓ ce que l’auditoire doit rete­­ nir : ✓✓ ce qu’il doit faire : ✓✓ ce qu’il doit pen­­ ser. Il ne faut donc pas se foca­­ ser sur ce que nous savons sur le sujet li­­ et avons envie d’en dire, mais bien sur l’objectif. 326
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    Exemple d’annonce duplan « Bon­­ jour, je suis X de… Je vais vous par­­ de… ler En votre qua­­ de… vous êtes plus par­­ cu­­ re­­ lité ti­­ liè­­ ment concerné. Mon objec­­ au cours de cet exposé de XX minutes, c’est de vous tif démon­­ trer que… Pour cela, je vous par­­ rai dans un pre­­ le­­ mier temps de…, puis de… » Savoir-faire Cette réflexion vous per­­ tra de réus­­ votre entrée en matière en met­­ sir res­­ tant court, clair, concret. ✓✓ Pour­­ quoi moi ? Il s’agit de mettre en valeur votre légi­­ mité ti­­ d’orateur. Il faut donc se situer, même si on pense que tout le monde sait qui on est et pour­­ quoi on est là. Pour­­ quoi je vous parle de ce sujet ? (ce que je sais, ce que j’ai vécu, testé, ce que je connais, ce dont j’ai envie, ce qui me pas­­ sionne). Il faut mettre en valeur son impli­­ tion et sa connais­­ ca­­ sance. ✓✓ Pour­­ quoi ce sujet ? L’objectif est de mettre en valeur l’intérêt du sujet : actua­­ per­­ nence, inté­­ et impor­­ lité, ti­­ rêt tance. ✓✓ Pour­­ quoi vous ? Il s’agit de mon­­ à l’auditoire en quoi le sujet trer le concerne et l’intéresse. ✓✓ Pour­­ quoi aujourd’hui ? En quoi ce sujet est per­­ tinent aujour d’hui, main­­ nant, en ce moment même, éta­­ un rap­­ te­­ blir port avec l’actualité. ✓✓ Plan ? Annon­­ le plan, le che­­ cer min que nous allons emprun­ ­ ter ensemble, et les moda­­ tés (temps de parole, orga­­ sa­­ li­­ ni­­ tion des échanges). Voici un exemple. Savoirs Réus­­ son entrée en matière avec les « 5 P » sir L’auditoire retient mieux ce qui est dit au début et à la fin de l’intervention. D’où l’intérêt de pla­­ son mes­­ cer sage prin­­ pal à ces ci­­ moments. En le disant trois fois, on aug­­ mente ses chances qu’il soit mémo­­ risé. C’est ce que nous pro­­ pose la règle de trois de Jean Guitton : ✓✓ je dis ce que je vais dire ; ✓✓ je le dis ; 327 Savoir-être Struc­­ rer son inter­­ tion avec la règle de trois tu­­ ven­­
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    10 • Réus­­sa commu­­ ca­­ sir ni­­ tion orale et écrite Prendre la parole en public Commu­­ quer effi­­ ce­­ ni­­ ca­­ ment à l’écrit ✓✓ je dis que je l’ai dit. On retrouve le plan clas­­ sique  : intro­­ tion, déve­­ pe­­ duc­­ lop­­ ment, conclu­­ sion. Le plan ✓✓ Intro­­ duire : – Accro­­ cher l’auditoire ; – Situer le sujet. ✓✓ Annon­­ le plan : cer – Déve­­ per son mes­­ lop­­ sage ; – Orga­­ ser 2 ou 3 par­­ équi­­ brées, cen­­ ni­­ ties li­­ trées autour de mes idées clés ; – Faire des conclu­­ sions par­­ tielles ; – Soi­­ gner les tran­­ tions. si­­ ✓✓ Conclure : – Résu­­ mer le cœur du mes­­ sage ; – Conclure par une affir­­ tion ou une ques­­ ma­­ tion en résol­­ vant un pro­­ blème ou en en posant un autre, en pro­­ sant une action ou une réflexion, en po­­ ouvrant un débat. Soi­­ gner par­­ cu­­ re­­ ti­­ liè­­ ment l’introduction et la conclu­­ sion C’est votre accroche qui don­­ nera le ton de la pré­­ ta­­ sen­­ tion. C’est la seule par­­ de la pré­­ ta­­ tie sen­­ tion qu’il faille apprendre par cœur. Une bonne accroche vous per­­ tra de réus­­ votre intro­­ tion. Il peut met­­ sir duc­­ s’agir d’une anec­­ dote, d’une note d’humour, d’une for­­ mule choc, d’une ques­­ tion ou d’un fait divers. ✓✓ En écou­­ tant la radio, ce matin… ✓✓ Un rap­­ port récent nous fait part de… ✓✓ Comment définiriez-­ ous… ? v ✓✓ Qui parmi vous a déjà… ? 328
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    La conclu­­ sion estimpor­­ tante, car l’auditoire reste sur les der­­ niers mots pro­­ cés. Ne ter­­ nez pas votre inter­­ tion par « voilà », non­­ mi­­ ven­­ mais plu­­ par « merci de m’avoir écouté ». tôt Pour vous évi­­ la ten­­ tion de lire vos notes, elles doivent tenir sur ter ta­­ le recto d’un bris­­ Votre bris­­ sera donc : tol. tol ✓✓ Linéaire : il reprend les temps forts de votre pré­­ ta­­ sen­­ tion en ne rete­­ nant que les mots-­ lés qui illus­­ c trent les dif­­ rentes par­­ de fé­­ ties l’intervention. ✓✓ Simple  : for­­ mulé par mots-­ lés, il per­­ c met par asso­­ tion de cia­­ retrou­­ toutes ses idées asso­­ ver ciées. Savoirs Pré­­ rer ses notes pa­­ Figure 10.2 ■ Le bris­­ tol Introduction ecti nnonce du pl n Développement Savoir-faire ot clé itre ot clé ot clé itre ot clé ot clé itre ot clé onclu ion e u il ut retenir En syn­­ thèse 8 points pour réus­­ sa pré­­ ra­­ sir pa­­ tion 3. Quelles sont les spé­­ fici­­ du contexte dans lequel je réa­­ ci­­ tés lise ma pres­­ tion ? Quelle est la nature de ma pres­­ tion et la par­ ta­­ ta­­ ­ ti­­ cipation du public ? De quel temps je dis­­ pose ? Quel sup­­ port sera le plus adapté ? 329 Savoir-être 1. Quel est l’objectif de ma pres­­ tion ? Infor­­ ta­­ mer, expli­­ quer, prou­ ­ ver, convaincre, faire adhé­­ faire agir ? rer, 2. Quelle est ma cible ? Qu’attend-elle de cette pres­­ tion ? Que ta­­ connaît-­ lle du sujet ? Quelle est sa moti­­ e vation ?
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    10 • Réus­­sa commu­­ ca­­ sir ni­­ tion orale et écrite Prendre la parole en public Commu­­ quer effi­­ ce­­ ni­­ ca­­ ment à l’écrit 4. Quelle est ma ligne direc­­ trice, le cœur de mon mes­­ sage ? 5. Quelles sont mes idées-­ orces ? Les 2 ou 3 argu­­ f ments clés. Quelles seront les ques­­ tions ou les objec­­ tions éven­­ tuelles ? 6. Quels exemples, chiffres, anec­­ dotes, vais-­e choi­­ pour illus­­ j sir trer mon pro­­ pos ? 7. Sur quelles variables jouer pour tou­­ cher mon public (fac­­ tuel, émo­­ nel, concep­­ tion­­ tuel) ? 8. Quel est le plan que je choi­­ pour conduire mon audi­­ sis toire vers mon objec­­ tif ? Avec quelle intro­­ tion pour accro­­ duc­­ cher l’auditoire ? Avec quelle conclu­­ sion ? Mobi­­ ser l’attention de l’auditoire li­­ S’adapter à l’auditoire Mobi­­ ser l’attention d’un groupe néces­­ plu­­ li­­ site sieurs condi­­ tions : ✓✓ la moti­­ vation de l’orateur ; ✓✓ l’adaptation de sa pres­­ tion aux attentes de l’auditoire ; ta­­ ✓✓ sa capa­­ à créer et entre­­ nir le lien avec ceux qui l’écoutent. cité te­­ La moti­­ vation de l’orateur Rien de pire qu’un ora­­ teur qui s’ennuie. Or, si le trac se per­­ peu, çoit l’état interne de l’orateur se réper­­ cute sur l’auditoire. La moti­­ vation est commu­­ ca­­ ni­­ tive. Elle s’exprime par l’énergie de sa voix et de sa dic­­ tion, l’expressivité du visage, des gestes, sa pos­­ ture, ses dépla­­ ­ ce­ ments et ses mou­­ ments. ve­­ L’adaptation à l’auditoire Sou­­ vent l’orateur dis­­ pose d’informations concer­­ nant les per­­ sonnes à qui il s’adresse. Il peut ainsi s’assurer d’être au plus près de leurs attentes, de leurs connais­­ sances et de leurs centres d’intérêt, afin 330
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    d’adapter au mieuxson inter­­ tion. Il s’agit là de répondre à des ven­­ attentes spé­­ fiques. ci­­ Savoir-faire Il faut soi­­ gner par­­ cu­­ re­­ ti­­ liè­­ ment les pre­­ mières secondes de votre inter­ ­ ven­­ tion. Les pre­­ miers ins­­ tants sont capi­­ taux dans la réus­­ d’une site inter­­ tion. Pour réus­­ le pre­­ ven­­ sir mier contact avec votre audi­­ toire, gar­­ en tête la règle des 4 fois 20. dez Il faut par­­ cu­­ re­­ ti­­ liè­­ ment soi­­ gner : ✓✓ les 20 pre­­ mières secondes ; ✓✓ les 20 pre­­ miers pas ; ✓✓ les 20 pre­­ miers gestes ; ✓✓ les 20 pre­­ miers mots. Pre­­ le temps de vous poser et de lais­­ l’auditoire vous regar­ nez ser ­ der. Le contact visuel est fon­­ men­­ pour éta­­ le contact avec da­­ tal blir le public. Il per­­ à l’orateur de mon­­ à l’auditoire l’importance met trer qu’il lui accorde. Pour éta­­ la commu­­ ca­­ blir ni­­ tion, il faut regar­­ le public, avec der un regard «  pano­­ mique  », mais aussi d’alterner avec un regard ra­­ « zoom » sur les per­­ sonnes. Soyez atten­­ aux réac­­ tif tions de l’auditoire : ✓✓ les pos­­ tures déten­­ dues ou décontrac­­ tées ; ✓✓ les bras ouverts ou fer­­ més ; ✓✓ les jambes posées, repliées ner­­ se­­ veu­­ ment ou agi­­ tées ; ✓✓ les visages déten­­ et récep­­ dus tifs, atten­­ ou contrac­­ impa­ tifs tés, ­ tients ; ✓✓ les regards directs, fuyants, son­­ geurs ; ✓✓ les res­­ ra­­ pi­­ tions apai­­ sées, blo­­ quées ou oppres­­ sées. Savoirs Créer et main­­ nir le contact te­­ Ne crai­­ gnez pas le silence. Au contraire, sachez jouer avec lui. Le silence n’a pas la même valeur selon que l’on soit audi­­ teur ou ora­ ­ teur. Quand on est audi­­ teur, on appré­­ beau­­ cie coup les moments de silence. Quand on est ora­­ teur ils inquiètent et appa­­ raissent ter­­ ble­ ri­­ ­ ment longs ! 331 Savoir-être Jouer avec le silence
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    10 • Réus­­sa commu­­ ca­­ sir ni­­ tion orale et écrite Prendre la parole en public Commu­­ quer effi­­ ce­­ ni­­ ca­­ ment à l’écrit Et pour­­ tant, c’est par et dans le silence qu’on est le plus expres­­ sif. Ce qui se passe entre les mots leur donne toute leur valeur, leur poids leur impor­­ tance. Or, le silence fait par­­ tel­­ ment peur, qu’on le fois le­­ rem­­ par n’importe quoi. plit Tra­­ vailler sa dic­­ tion La dic­­ tion a un rôle fon­­ men­­ pour les audi­­ da­­ tal teurs. Elle leur per­­ met de comprendre ce que dit l’orateur. La façon de par­­ de ler l’orateur a un effet impor­­ tant et immé­­ diat sur l’auditoire. Elle per­ ­ met de mobi­­ ser et de main­­ nir l’attention. L’orateur doit en être li­­ te­­ conscient. Il parle pour l’autre et non pas pour lui-­ ême. C’est res­ m ­ pec­­ l’auditoire et se don­­ toutes les chances d’être écouté que ter ner de veiller à sa dic­­ tion. Pour don­­ ner du rythme à vos inter­­ tions ven­­ L’orateur a le pou­­ voir de réveiller ou endor­­ mir, de convaincre ou d’ennuyer ses inter­­ cuteurs. Une voix faible, mono­­ lo­­ corde ou sans cou­­ leur a toutes les chances d’amoindrir le mes­­ sage. Une voix trop forte, trop aiguë a toutes les chances d’agresser l’auditoire. Vous dis­­ sez de plu­­ po­­ sieurs atouts pour cap­­ ver votre audi­­ ti­­ toire : le ton de la voix, le débit, la dic­­ tion. ✓✓ Jouez sur les into­­ tions : na­­ −− mon­­ pour atti­­ l’attention ; tez rer −− des­­ cendez pour tou­­ cher, conclure. ✓✓ Régulez le débit : −− par­­ au bon rythme ; lez −− dosez les pauses et les silences ; −− ne crai­­ gnez pas les silences. ✓✓ Arti­­ lez : cu­­ −− déta­­ chez les sons ; −− res­­ tez les liai­­ pec­­ sons ; −− pro­­ cez les mots en entier. non­­ 332
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    Faire face auxsitua­­ tions plus dif­­ ciles fi­­ Le trai­­ ment des ques­­ te­­ tions Savoirs ✓✓ Met­­ un mot ou une idée en valeur en : tez −− le fai­­ sant pré­­ der ou suivre d’une petite pause ; cé­­ −− l’articulant en déta­­ chant les syl­­ labes ; −− ralen­­ sant le débit. tis­­ C’est plu­­ bon signe. Si votre inter­­ tion avait laissé l’auditoire tôt ven­­ indif­­ rent, per­­ fé­­ sonne ne vous pose­­ de ques­­ rait tions. Rappelez-­ ous que vous êtes le lea­­ du groupe : vous avez le v der droit et le devoir de fixer les règles. D’une manière géné­­ rale, ordon­ ­ nez les échanges. Voici quelques bonnes pra­­ tiques : ✓✓ Limi­­ chaque per­­ ter sonne à une ques­­ tion. ✓✓ Refor­­ ler les ques­­ mu­­ tions et les regrou­­ par thème. per ✓✓ Noter les ques­­ tions au tableau : cela oblige les audi­­ teurs à pré­­ ser ci­­ leur pen­­ et vous donne le temps de réflé­­ sée chir. ✓✓ Demander aux per­­ sonnes de noter eux-­ êmes leurs ques­­ m tions, et pas­­ (ou faire pas­­ quelqu’un) parmi eux pour les recueillir. ser ser ✓✓ Répondre briè­­ ment (ne vous croyez pas obligé de dire tout ce ve­­ que vous savez). ✓✓ Ne pas enta­­ mer de dis­­ sion trop longue avec l’un des audi­ cus­­ ­ teurs, les autres se sen­­ raient aban­­ nés. ti­­ don­­ Savoir-faire L’auditoire vous presse de ques­­ tions Commen­­ par bien réflé­­ cez chir. Pre­­ nez votre temps et res­­ pirez. Rappelez-­ ous que vous vous êtes donné l’autorisation de ne pas v tout savoir. Plu­­ sieurs pos­­ bi­­ tés s’offrent à vous : si­­ li­­ ✓✓ Avouer le manque d’éléments pour répondre, quitte à dire : « je ne sais pas ». C’est tout à fait hono­­ rable et démontre chez l’orateur une bonne confiance en lui-­ ême. m 333 Savoir-être Vous ne connais­­ sez pas la réponse
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    10 • Réus­­sa commu­­ ca­­ sir ni­­ tion orale et écrite Prendre la parole en public Commu­­ quer effi­­ ce­­ ni­­ ca­­ ment à l’écrit ✓✓ Mettre la ques­­ tion « au frigo » si la réponse est dans des notes ou docu­­ ments que vous avez sur place, c’est-à-dire la repor­­ à un ter moment ulté­­ rieur de la séance… mais tenir ses pro­­ messes ! ✓✓ Noter la ques­­ tion et s’engager sur un délai «  pour être sûr de vous répondre avec exactitude… de vous commu­­ quer les ni­­ bons chiffres… je préfère…  » (vous envoyer une note dès que je serai revenu à mon bureau… vous recontacter… que vous me téléphoniez…). ✓✓ Enfin, demander si une per­­ sonne de l’assistance connaît la réponse. Les inter­­ tions avec les membres de l’assistance ac­­ La per­­ sonne inci­­ sive La remer­­ de son inter­­ tion, refor­­ ler et répondre en ajou­ cier ven­­ mu­­ ­ tant une infor­­ tion dif­­ rente qui aura prio­­ dans la mémoire ma­­ fé­­ rité de l’auditoire. L’inviter à faire des sug­­ tions : « Vous avez peut-­ tre ges­­ ê une idée sur la ques­­ tion ? Peut-­ tre y avez-­ ous déjà réflé­­ ê v chi ? » Ren­­ voyer au groupe : « Qu’en pensez-­ ous ? » Répé­­ « comme v ter : je l’ai indiqué… » Cela laisse entendre que le ques­­ neur n’écoutait tion­­ pas avec suf­­ sam­­ fi­­ ment d’attention. La per­­ sonne bavarde Refor­­ ler syn­­ ti­­ ment et enchaî­­ sur autre chose ou don­­ mu­­ thé­­ que­­ ner ner la parole à quelqu’un qui la demande. Si elle insiste, l’interrompre une pre­­ mière fois « Voulez-­ ous être assez aimable pour poser votre v ques­­ tion  ? » 334
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    335 Savoir-faire Respirer… encore respirer…tou­­ jours res­­ pirer. La lais­­ aller au ser bout de sa phrase (ce genre d’attaque est géné­­ le­­ ra­­ ment bref). Lui faire éven­­ le­­ tuel­­ ment pré­­ ser son pro­­ ci­­ pos. Pro­­ ser un dia­­ po­­ logue à la fin (de dis­­ ter en tête-­ -tête après le débat). cu­­ à Lui demander pour­­ quoi elle est aussi agres­­ sive sans avan­­ cer d’hypothèse (enta­­ une auto­­ tique du genre « Que se passe-­-il ? mer cri­­ t Quelle est votre question… ? » induit votre culpa­­ lité dans l’esprit bi­­ de l’auditoire. C’est poser une ques­­ tion orien­­ contre vous. Teneztée v ­ ous en plu­­ à la ques­­ tôt tion ouverte…). Refu­­ l’affrontement (redé­­ nir qui vous êtes, l’objectif de la ser fi­­ réunion, énon­­ clai­­ ment votre refus de tout débat per­­ nel). cer re­­ son­­ Quoi qu’il en soit, ne pas entrer dans son jeu, ne pas répondre du tac au tac, sinon c’est l’escalade ! De nom­­ breux ora­­ teurs perdent leur assu­­ rance quand un membre de l’assistance essaie d’en « découdre » avec eux (mau­­ vaise foi, ten­ ­ ta­­ de désta­­ li­­ tion, etc.) et se croient obli­­ de défendre ou tive bi­­ sa­­ gés d’expliquer leurs posi­­ tions. Or, dès que vous commen­­ à vous défendre, vous per­­ cez dez l’avantage psy­­ lo­­ cho­­ gique. Plus long­­ temps vous lais­­ rez un membre se­­ de l’auditoire mono­­ li­­ l’attention, plus l’auditoire sou­­ tera po­­ ser hai­­ vous voir reprendre le contrôle des opé­­ tions. ra­­ N’oubliez pas : vous êtes au-­ evant de la scène, ne vous lais­­ d sez pas voler le lea­­ ship ! der­­ Savoir-être La per­­ sonne fran­­ ment agres­­ che­­ sive Savoirs Si elle insiste encore, l’interrompre de nou­­ veau « merci de votre intervention… Y a-­-il une autre ques­­ t tion ? » Recen­­ le débat en trer redé­­ nis­­ fi­­ sant le sujet ou l’ordre du jour. Enta­­ mer une autre acti­­ vité (écrire au tableau, dis­­ buer des docu­­ tri­­ ments aux par­­ cipants, tour­ ti­­ ­ ner le dos et se diri­­ vers quelqu’un d’autre…). ger
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    10 • Réus­­sa commu­­ ca­­ sir ni­­ tion orale et écrite Prendre la parole en public Commu­­ quer effi­­ ce­­ ni­­ ca­­ ment à l’écrit CC Commu­­ quer effi­­ca­­ce­­ ni­­ ment à l’écrit PRINCIPES CLÉS • L’écrit a retrouvé une place impor­­ tante avec les tech­­ lo­ no­­ ­ gies de l’information. • Pour atteindre l’efficacité en contexte pro­­ sion­­ fes­­ nel, il faut s’inspirer des pra­­ tiques jour­ ­ na­­ tiques dont l’objectif est lis­­ d’informer rapi­­ ment le lec­ de­­ ­ teur. Quand et pour­­ quoi uti­­ ser li­­ l’écrit ? Les nou­­ velles tech­­ lo­­ ont accen­­ no­­ gies tué le rôle de «  commu­­ cant  » du mana­ ni­­ ­ ger, qui doit aujourd’hui, accor­­ de der plus en plus de temps à échan­­ de ger l’information, notam­­ ment par écrit. D’une manière plus géné­­ rale, les écrits (notes, rap­­ ports, e-­ ails,…) forment m l’un des quatre piliers du dis­­ si­­ de po­­ tif commu­­ ca­­ ni­­ tion du mana­­ ger. Tableau 10.1 ■ Les quatre piliers du dis­­ si­­ de commu­­ ca­­ po­­ tif ni­­ tion du mana­­ ger Réunions Entre­­ tiens (for­­ li­­ ma­­ sés) Écrits Contacts (infor­­ mels) L’écrit est le mode de commu­­ ca­­ ni­­ tion le plus for­­ lisé dont dis­ ma­­ ­ pose le mana­­ pour commu­­ quer. Hor­­ les contacts infor­­ ger ni­­ mis mels, toute commu­­ ca­­ ni­­ tion fait, d’une manière ou d’une autre, l’objet d’une pro­­ tion écrite, d’une façon certes complé­­ taire pour duc­­ men­­ les réunions (avec le compte rendu) et les entre­­ tiens for­­ mels (avec le guide d’entretien) mais tout aussi indis­­ sable. L’écrit peut évi­ pen­­ ­ dem­­ ment, consti­­ tuer un sup­­ port de commu­­ ca­­ ni­­ tion « en soi » (note, rap­­ port,…). Quel est l’intérêt d’utiliser l’écrit par rap­­ port aux trois autres modes de commu­­ ca­­ ni­­ tion managériale ? Contrai­­ ment aux re­­ réunions, l’écrit relève d’une rela­­ tion indi­­ duelle entre le mana­­ vi­­ ger et le col­­ bo­­ teur, tout en per­­ tant au mana­­ de dif­­ ser un la­­ ra­­ met­­ ger fu­­ mes­­ sage iden­­ tique et en nombre. 336
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    Savoirs L’écrit per­­ enoutre d’officialiser le mes­­ met sage, et de lui don­­ ner plus de poids qu’une ins­­ tion ver­­ truc­­ bale ; qu’il s’agisse d’informer d’une déci­­ sion ou de requé­­ une action de la part du col­­ bo­­ ­ rir la­­ ra­ teur. Une commu­­ ca­­ ni­­ tion écrite « contrac­­ lise » en quelque sorte tua­­ l’information et/ou la demande faite au col­­ bo­­ teur. La simple la­­ ra­­ prise de connais­­ sance du mes­­ sage peut tenir lieu d’engagement (en infor­­ mant d’une date pré­­ de remise de docu­­ cise ment, par exemple). Les réunions, entre­­ tiens ou contacts indi­­ duels, sont le plus sou­­ vi­­ vent orien­­ vers des réac­­ tés tions immé­­ diates, voire urgentes. L’écrit, lui, peut au contraire s’inscrire dans le temps, per­­ tant au col­­ bo­­ ­ met­­ la­­ ra­ teur d’organiser et de pla­­ fier l’accomplissement d’une tâche. ni­­ Un des avan­­ tages majeurs de l’écrit réside donc dans l’absence de contrainte liée au nombre. Une note per­­ met de por­­ une infor­ ter ­ ma­­ tion à la connais­­ sance d’un public très large. Il est indis­­ sable pen­­ lorsqu’un mana­­ dirige un ser­­ ger vice impor­­ tant, et plus encore pour le mana­­ de réseau, qui par défi­­ tion, a plus de dif­­ culté que tout ger ni­­ fi­­ autre à réunir ses col­­ bo­­ teurs. la­­ ra­­ Cela dit, l’écrit reste par­­ te­­ fai­­ ment uti­­ sable à des­­ nation d’une li­­ ti­­ audience res­ reinte, voire unique : l’e-mail en est l’illustration par­ t ­ faite. Mais il peut aussi pré­­ ter pour le mana­­ le risque de la sen­­ ger, facilité… et d’être uti­­ pour se « débar­­ ser » d’un pro­­ lisé ras­­ blème de mana­­ ment qui exi­­ rait, pour être réglé cor­­ te­­ ge­­ ge­­ rec­­ ment, d’en pas­­ ser par un autre mode de commu­­ ca­­ ni­­ tion : réunion ou face-­ -face. à Le recours à l’écrit est d’autant plus néces­­ saire que le mana­­ ­ ge­ ment s’exerce aujourd’hui au-­ elà des murs de l’entreprise, à dis­ d ­ tance. Et là, plus ques­­ tion de comp­­ sur une auto­­ ren­­ cée ter rité for­­ par la pré­­ sence phy­­ sique, le rôle de l’écrit devient pré­­ dé­­ pon­­ rant et para­­ doxa­­ ment – à l’ère de la « déma­­ ria­­ sa­­ le­­ té­­ li­­ tion » – de plus en plus présent. Savoir-faire L’envoi en nombre «  Les paroles s’envolent, les écrits res­­ tent  ». La péren­­ nité de l’expression est révé­­ trice : l’écrit a force de preuve, et sert de réfé­ la­­ ­ 337 Savoir-être Gar­­ une trace der
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    10 • Réus­­sa commu­­ ca­­ sir ni­­ tion orale et écrite Prendre la parole en public Commu­­ quer effi­­ ce­­ ni­­ ca­­ ment à l’écrit rence commune à tous, émet­­ teur et récep­­ teur. Un mail envoyé laisse des traces numé­­ riques ; une ins­­ tion lan­­ par l’entrebâillement truc­­ cée d’une porte, dans un cou­­ ou entre deux bureaux, n’en laisse loir aucune. Toute commu­­ ca­­ ni­­ tion ne peut évi­­ ment être gra­­ dans le dem­­ vée marbre. Mais tout mes­­ sage, au sens large du terme (dont on attend une suite et un effet) doit être ins­­ noir sur blanc. crit La commu­­ ca­­ ni­­ tion orale a sou­­ vent une fonc­­ tion sociale mais pas tou­­ jours infor­­ tive. Elle per­­ ma­­ met jus­­ ment de faci­­ ter et de te­­ li­­ réguler les échanges entre les êtres humains. Par­­ de « la pluie et du ler beau temps » – cet art de la conver­­ tion badine ou du brin de cau­ sa­­ ­ sette – consti­­ rait même pour cer­­ tue­­ tains cher­ heurs, une inter­­ tion c ac­­ proche ou héri­­ du « grooming » : cet épouillage mutuel, que l’on tée ren­­ contre chez les grands singes et qui sert au main­­ du lien social tien au sein du groupe ; c’est-à-dire par­­ sans inten­­ ler tion d’informer mais sim­­ ment pour main­­ nir le contact avec les autres. ple­­ te­­ Carac­­ infor­­ tif tère ma­­ L’idée, c’est donc de conser­­ à l’écrit son carac­­ ver tère infor­­ tif ma­­ et for­­ mel. Et d’éviter de se contenter d’une commu­­ ca­­ ni­­ tion orale pour signi­­ une action à un col­­ bo­­ teur. La dimen­­ fier la­­ ra­­ sion « opé­­ ­ ra­ tion­­ nelle » de la parole n’étant pas tou­­ jours enten­­ due, mas­­ quée ou confon­­ à son rôle « social » évo­­ plus haut. Tout mana­­ a fait due qué ger l’expérience de « redire trois fois la même chose » pour que sa parole soit sui­­ d’effet. vie Mais c’est aussi parce que la parole n’est pas le meilleur moyen de fixer des direc­­ tives : le meilleur moyen, c’est l’écrit. Ce qui per­ ­ met d’ailleurs de pré­­ ver la rela­­ ser­­ tion manager-­ ollaborateur dans c le champ du «  dia­­ logue social  », au sens exact du terme. Uti­­ ser li­­ prin­­ pa­­ ment ou exclu­­ ve­­ ci­­ le­­ si­­ ment l’oral pour mana­­ fera de vous ger un mana­­ « auto­­ taire », puisque vous serez amené à « dur­­ le ger ri­­ cir ton » pour être entendu. Au risque de perdre peu à peu la dimen­­ sion 338
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    Les écrits enentre­­ prise ont en géné­­ deux fina­­ tés  prin­­ pales  : ral li­­ ci­­ infor­­ ou faire agir. Et pour un mana­­ l’écrit s’impose lorsqu’il mer ger, s’agit… de faire agir. Y compris à la suite d’une réunion. Le compte rendu est indis­­ sable pour acter les déci­­ pen­­ sions prises, les mettre en œuvre et en gar­­ la trace. Quel que soit le sup­­ der port choisi (une lettre, un rap­­ port, une note,…), l’écrit vise un but opé­­ tion­­ ra­­ nel : il doit faire agir le des­­ na­­ ti­­ taire en lui appor­­ tant des infor­­ tions. ma­­ Écrire n’est donc pas tant le pro­­ blème que de faire « pas­­ un ser mes­­ sage ». Pour cela, défi­­ son objec­­ est indis­­ sable, ne seraitnir tif pen­­ c ­ e que pour ne pas le perdre de vue… Un objec­­ doit être clai­­ ­ tif re­ ment for­­ mulé, dès les pre­­ mières phrases, et éven­­ le­­ tuel­­ ment repris en conclu­­ sion. Votre objec­­ fonc­­ nera d’autant mieux qu’il sera for­­ tif tion­­ mulé : ✓✓ à l’aide d’un verbe d’action ; ✓✓ assorti d’une échéance (date ou durée) ; ✓✓ rédigé en moins de 20 mots. Un bon objec­­ est réa­­ tif liste, axé sur des résul­­ concrets, mesu­ tats ­ rables, véri­­ fiables. Il décrit les résul­­ atten­­ de façon pré­­ tats dus cise. Savoirs Défi­­ un objec­­ nir tif Savoir-faire humaine et sociale du dia­­ logue. Et d’être plus proche de l’adjudantchef que du mana­­ du xxie siècle… ger Le mana­­ ment mili­­ ge­­ taire se satis­­ d’ordre trans­­ et accep­ fait mis ­ tés ora­­ ment. Le mana­­ en entre­­ le­­ ger prise n’est pas tenu de se cal­­ quer sur ce modèle pour fonc­­ ner avec autant, voire plus d’efficacité. tion­­ D’autant que l’écrit n’appelle pas une réac­­ tion immé­­ diate, mais sup­ ­ pose une suite qui s’inscrit dans le temps et la réflexion, une garan­­ tie pour le mana­­ de poser et de mesu­­ son mes­­ ger rer sage, à froid. Une fois l’objectif défini et pour que le mes­­ sage porte, il faut s’adapter au niveau de connais­­ sance des des­­ na­­ ti­­ taires sur le sujet. Et s’interroger sur leur degré de connais­­ sance par rap­­ port à la situa­ ­ tion évo­­ quée, aux réfé­­ rences aux­­ quelles le docu­­ ment ren­­ voie, à leurs 339 Savoir-être Adap­­ le mes­­ ter sage aux des­­ na­­ ti­­ taires
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    10 • Réus­­sa commu­­ ca­­ sir ni­­ tion orale et écrite Prendre la parole en public Commu­­ quer effi­­ ce­­ ni­­ ca­­ ment à l’écrit moti­­ vations vis-­ -vis du sujet, aux craintes qu’ils peuvent éprou­­ à ver, aux réac­­ tions qu’ils peuvent avoir, etc. Tableau 10.2 ■ Grille de pré­­ ra­­ pa­­ tion pour un écrit But : « Qu’est-ce que je vou­­ drais qu’il sache ou fasse » Col­­ bo­­ teur la­­ ra­­ Étu­­ dier le ter­­ rain de l’autre, se mettre à sa place, tenir compte de son niveau d’information par rap­­ port au sujet abordé Les faits Décrire la situa­­ tion, le contexte de manière fac­­ tuelle Mana­­ ger Défi­­ son objec­­ nir tif, le résul­­ à atteindre tat Qu’attendez-vous du lec­­ teur ? Que devra-­-il faire, pen­­ après t ser, la lec­­ ture de votre texte ? La rédac­­ tion effi­­ cace vise à rendre un docu­­ ment aussi lisible que pos­­ sible, pour inci­­ le lec­­ ter teur, à agir, comme l’auteur l’a sou­­ haité. Il s’agit non seule­­ ment d’informer le lec­­ teur mais aussi de le convaincre et de l’orienter vers une direc­­ tion sou­­ tée. hai­­ Der­­ rière les « infor­­ tions » ou les « faits », il y a tou­­ ma­­ jours une inten­­ tion que l’auteur tente de concré­­ ser : ti­­ ✓✓ convaincre d’appliquer des règles ; ✓✓ inci­­ à agir, à prendre une déci­­ ter sion ; ✓✓ per­­ der qu’une chose est vraie ; sua­­ ✓✓ ou… pro­­ ser une autre vision du monde. po­­ Il est tou­­ fois indis­­ sable de res­­ fac­­ pour être convain­ te­­ pen­­ ter tuel ­ cant dans ses écrits. Sans mêler les juge­­ ments de valeur, ou les opi­ ­ nions, aux actes et déci­­ sions de direc­­ tion. 340
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    L’argumentation Figure 10.3 ■ Construc­­ tion apriori Idée clé ou objectif Savoirs À l’écrit, la struc­­ ture la plus adap­­ est celle de l’argumentation tée a priori. Elle est la plus simple, la plus rapide et la plus facile à comprendre. Il s’agit d’annoncer d’abord l’objectif, ou l’idée clé. Puis de l’étayer ensuite avec des faits, des exemples, des preuves, des argu­­ ments. L’Argumentation a pos­­ rio­­ plus dif­­ cile à comprendre, plus te­­ ri : fi­­ proche de la logique scien­­ fique (CQFD : ce qu’il fal­­ démon­­ ti­­ lait trer) reste sans doute plus diplo­­ tique en cas d’annonce de « mau­­ ma­­ vaise nou­­ velle ». Figure 10.4 ■ Construc­­ tion a pos­­ rio­­ te­­ ri Savoir-faire Arguments, faits, observations Mes arguments, faits, observations Mon i e ou ob e tif 341 Savoir-être L’argumentation a contrario, citée ici à titre indi­­ tif, est dif­­ cile ca­­ fi­­ à comprendre, et doit être réser­­ à l’oral. vée
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    10 • Réus­­sa commu­­ ca­­ sir ni­­ tion orale et écrite Prendre la parole en public Commu­­ quer effi­­ ce­­ ni­­ ca­­ ment à l’écrit Figure 10.5 ■ Construc­­ tion a contrario Idées ou arguments inverses Mes arguments Mon idée clé ou objectif Call to action Employé en mar­­ ting direct comme en publi­­ ke­­ cité, le terme call to action désigne un mes­­ sage, ou une offre, inci­­ tant le des­­ na­­ ti­­ taire à « agir ». Sur le web, par exemple, ce dis­­ si­­ s’accompagne d’un po­­ tif bou­­ ton inci­­ tant l’internaute à pas­­ à l’action (s’inscrire à une ser newsletter, acheter…). L’écrit de mana­­ ment, qu’il s’agisse d’une note ou d’un mail, ge­­ pourra uti­­ ment se conclure par un call to action spé­­ fique, ser­ le­­ ci­­ ­ vant l’objectif cité au départ et indi­­ quant donc l’action atten­­ de due la part du col­­ bo­­ teur. Par exemple : « la remise des élé­­ la­­ ra­­ ments est atten­­ due fin jan­­ vier 2014  ». Ou encore «  les der­­ niers ajus­­ ments te­­ évo­­ qués ci-­ essus sont à régler fin de semaine ». d Le call to action peut aussi se résu­­ mer à un encou­­ ge­­ ra­­ ment ou à un mes­­ sage de moti­­ vation dans l’exécution d’une tâche : « bravo à tous pour cette étape. Gar­­ dons le rythme pour les sui­­ vantes. » La struc­­ ra­­ tu­­ tion idéale d’un mes­­ sage écrit repose donc sur une argu­­ ta­­ men­­ tion a priori conclue par une phrase de « call to action ». 342
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    Figure 10.6 ■ Exemple d’argumentation avecun call to action J’ai pris la décision de lancer de manière anticipée le modèle X355 dès novembre 2012 1. L’étude menée par le cabinet Delattre démontre que 60 % des prospects sont prêts à investir sur ce segment de marché. Mes arguments 2. Nous avons les capacités de production pour sortir ce modèle dans les délais. 3. Cette sortie anticipée nous permettra de prendre une avance considérable sur la concurrence. Call to action Savoirs Objectif/décision Je compte sur la mobilisation de chacun pour mettre en application les consignes de la feuille de route que vous recevrez dans les tout prochains jours. Lire réclame un effort. C’est pour­­ quoi l’argumentation a priori reste la meilleure, parce qu’elle va droit au but. De la même manière, le déve­­ pe­­ lop­­ ment de l’argumentation, si elle est longue, pourra suivre un plan ins­­ piré du jour­­ lisme : le plan en pyra­­ na­­ mide inver­ ­ sée. Ce plan per­­ met au lec­­ teur de repérer au pre­­ mier coup d’œil l’information prin­­ pale en la situant dès le pre­­ ci­­ mier para­­ graphe. Savoir-faire Un plan hié­­ chique rar­­ Figure 10.7 ■ Le plan en pyra­­ mide inver­­ sée Important 343 Savoir-être Accessoire
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    10 • Réus­­sa commu­­ ca­­ sir ni­­ tion orale et écrite Prendre la parole en public Commu­­ quer effi­­ ce­­ ni­­ ca­­ ment à l’écrit Il s’agit d’organiser les idées selon un plan hié­­ chique (du plus rar­­ impor­­ tant au moins impor­­ tant) qui sou­­ dra l’objectif de départ. tien­­ Pour cela, il est pré­­ nisé de : co­­ ✓✓ Pla­­ l’information prin­­ pale au début : elle sera mieux vue cer ci­­ et mémo­­ sée. On écrit ainsi au début du para­­ ri­­ graphe l’idée clé de ce para­­ graphe et au début de la phrase l’information la plus impor­­ tante. ✓✓ Orga­­ ser le texte en para­­ ni­­ graphes bien iden­­ fiés. Dans un ti­­ texte orga­­ nisé par para­­ graphes, le lec­­ teur se repère plus faci­­ ­ le­ ment. La règle consiste à ne trai­­ qu’une seule idée prin­­ pale ter ci­­ par para­­ graphe. Cette idée prin­­ pale est le plus sou­­ ci­­ vent étayée d’idées secondaires, d’exemples ou argu­­ ments qui la déve­ ­ loppent. Les para­­ graphes sont clas­­ par ordre hié­­ chique décrois­­ sés rar­­ sant : du plus impor­­ tant au moins impor­­ tant. Méthode et étapes Idéa­­ ment, il est pré­­ rable et plus effi­­ le­­ fé­­ cace de rédi­­ en plu­­ ger sieurs étapes, en commen­­ çant, bien sûr, par défi­­ son objec­­ avant de nir tif se lan­­ dans la rédac­­ cer tion pro­­ ment dite : pre­­ ✓✓ défi­­ votre objec­­ nir tif ; ✓✓ lis­­ les argu­­ ter ments qui le sous-­ endent ; t ✓✓ écrire le pre­­ mier jet (sans vous poser trop de questions…) ; ✓✓ lais­­ le texte de côté ; ser ✓✓ relire le texte à tête repo­­ sée. Et «  repa­­ ner  » le texte pour en ti­­ ren­­ cer la lisi­­ for­­ bilité et l’impact. Deux lec­­ tures sont néces­ ­ saires : une lec­­ ture pour le fond et autre pour la forme : les fautes d’orthographe et de gram­­ maire. 344
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    345 Savoir-faire Savoir-être « Ce qui seconçoit bien s’énonce clai­­ ment — Et les mots pour re­­ le dire arrivent aisé­­ ment. » La cita­­ tion de Boileau ren­­ voie au point de départ : la défi­­ tion d’un objec­­ pour toute commu­­ ca­­ ni­­ tif, ni­­ tion écrite. Vient ensuite, la ques­­ tion de la rédac­­ tion. Et donc de la lisi­ ­ bilité. C’est-à-dire de la faci­­ de lec­­ lité ture d’un texte. Pour que le mes­­ sage «  passe  » et que tous les lec­­ teurs le comprennent de la même façon, la meilleure méthode consiste à rédi­­ simplement… toute la ques­­ ger tion est… comment rédi­­ sim­ ger ­ ple­­ ment ? Il s’agit de res­­ ter les quelques règles qui suivent. pec­­ Employez des phrases courtes. Plus une phrase est courte, plus elle a de chances d’être lue entiè­­ ment et mémo­­ sée. Une lon­­ re­­ ri­­ gueur moyenne de 15 mots par phrase garan­­ une bonne lisi­­ tit bilité. Réduire la lon­­ gueur d’une phrase consiste donc à la sim­­ fier, pli­­ pour en rendre la compré­­ sion plus immé­­ hen­­ diate. La struc­­ ture la plus claire res­­ pecte l’ordre le plus simple : sujet – verbe – complé­ ­ ment. Évi­­ les construc­­ tez tions à ral­­ longe, les incises, les pro­­ si­­ po­­ tions rela­­ tives. Le but du rédac­­ teur effi­­ cace est d’exprimer le mes­­ sage qu’il sou­ ­ haite trans­­ mettre dans un nombre mini­­ mum de mots. Il doit donc éli­­ ner éga­­ ment les tour­­ mi­­ le­­ nures imper­­ nelles et intro­­ tives son­­ duc­­ comme : « On remar­­ quera que » ; « il est à noter que »… Ces for­ ­ mules n’apportent pas d’information, alour­­ dissent le texte et ralen­ ­ tissent la lec­­ ture. Les mots courts sont à pri­­ lé­­ vi­­ gier : les mots de 4 syl­­ labes et plus sont moins lus et donc moins mémo­­ sés que les autres. Par exemple : ri­­ mieux vaut écrire un achat plu­­ qu’une acqui­­ tion. Ou trop plu­­ tôt si­­ tôt qu’excessivement. Les mots les plus pré­­ et les plus justes per­­ cis mettent de mieux expri­­ mer ses idées. Évi­­ les verbes « passe-­ artout » comme faire, tez p avoir, dire, être… ou les termes trop vagues comme choses, fré­­ quent, plu­­ sieurs, nom­­ breux, rapide… Par exemple, les expres­­ sions « dans les plus brefs délais, le plus rapi­­ ment pos­­ de­­ sible, au plus vite,… » n’ont aucun sens objec­­ le tif ; carac­­ tère d’urgence étant un cri­­ tère sou­­ vent plus pres­­ sant pour le mana­­ que pour le collaborateur… D’où la néces­­ d’indiquer ger sité une date pré­­ cise. Pour inci­­ à l’action, le mana­­ pourra for­­ ler ter ger mu­­ Savoirs Les règles de lisi­­ bilité
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    10 • Réus­­sa commu­­ ca­­ sir ni­­ tion orale et écrite Prendre la parole en public Commu­­ quer effi­­ ce­­ ni­­ ca­­ ment à l’écrit avec pré­­ sion l’intérêt que repré­­ ci­­ sente pour le col­­ bo­­ teur l’action la­­ ra­­ deman­­ dée. Uti­­ ser l’impératif accen­­ évi­­ ment le carac­­ li­­ tue dem­­ tère impé­­ rieux de la demande. Le choix du voca­­ laire doit bien sûr être dicté par le lec­­ bu­­ teur et res­­ dans son registre de connais­­ ter sances. Mais la consigne prin­­ ­ ci­ pale, pour les écrits de mana­­ ment, se résume à employer des mots ge­­ cou­­ rants et connus. Ainsi est-­ n sûr d’utiliser un voca­­ laire acces­ o bu­­ ­ sible à tous. Selon le lec­­ teur auquel le texte s’adresse, le mana­­ ger pourra bien sûr employer des termes adap­­ à son niveau, mais gare tés à l’élitisme… ou à la fami­­ rité. lia­­ De la même manière, les mots concrets et, encore une fois, pré­­ cis sont à pri­­ lé­­ vi­­ gier. Par exemple : un « gra­­ phique », un « schéma », un « tableau », un « dia­­ gramme », une « photo »… vau­­ dront bien mieux qu’une banale « illus­­ tion ». De la même façon, une « mai­­ tra­­ son », un « han­­ gar », un immeuble, ou un entre­­ sera plus juste et compré­ pôt ­ hen­­ sible qu’un géné­­ rique « bâti­­ ment ». Les verbes sont pré­­ rables aux construc­­ fé­­ tions nomi­­ nales : il vau­­ dra mieux « infor­­ mer » que de « tenir informé » ou « don­­ des infor­ ner ­ ma­­ tions ; pro­­ ser » plu­­ que de « for­­ ler des pro­­ si­­ po­­ tôt mu­­ po­­ tions » ; ou encore « modi­­ fier » plu­­ que « d’apporter des modi­­ ca­­ tôt fi­­ tions »,… Commu­­ quer de manière posi­­ ni­­ tive La voix active est tou­­ jours pré­­ rable : « le conseil d’administration a fé­­ décidé » plu­­ que « il a été décidé par le conseil d’administration »… tôt L’inversion du sujet rend la phrase compli­­ quée. Réta­­ dans son blie sens clas­­ sique (sujet-­ erbe-complément), elle devien­­ beau­­ v dra coup plus claire. Uti­­ sez des tour­­ li­­ nures posi­­ tives. Pour influ­­ cer une per­­ en­­ sonne, mieux vaut lui dire ce qu’elle doit faire plu­­ que ce qu’elle ne doit tôt pas faire… Sinon, elle risque de rete­­ l’action à évi­­ plu­­ que nir ter tôt celle à pri­­ lé­­ vi­­ gier. L’impact du mes­­ sage sera ren­­ forcé si le mana­­ ger uti­­ des for­­ lise mules posi­­ tives : « voulez-­ ous » plu­­ que « ne vous v tôt voulez-­ ous pas »… v 346
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    De la mêmefaçon, le mes­­ sage du mana­­ aura plus de force de ger convic­­ tion s’il évite l’expression du doute, par un ton affir­­ tif ; ma­­ mieux vaut s’épargner les « je crois que » et autres « il me semble que » et annon­­ direc­­ ment les faits. cer te­­ Le titre d’un docu­­ ment, ou l’objet d’un e-­ ail, est l’élément écrit le m plus visible de la page. Et le plus impor­­ tant. Puisqu’il délivre non seule­­ ment l’information prin­­ pale mais va aussi don­­ envie au ci­­ ner lec­­ teur de lire la suite du docu­­ ment. Savoirs Accro­­ cher le lec­­ teur Tableau 10.3 ■ Don­­ de l’information dans un titre ner Titres creux Titres pleins Point sur les embauches 50 nou­­ veaux recru­­ ments cette année te­­ For­­ tion pro­­ sion­­ ma­­ fes­­ nelle For­­ tion à la relation-­ lient pour les ven­ ma­­ c ­ deurs Étude de mar­­ ché Les 3 lea­­ ders concentrent 40 % du mar­­ ché L’habitude, dans les docu­­ ments pro­­ sion­­ fes­­ nels, consiste sou­­ vent à don­­ en titre le « sujet » dont traite le texte. Or ces sujets, ou ner titres « creux », comme évo­­ qués dans le tableau 10.3, ne délivrent aucune infor­­ tion et n’incitent pas les col­­ bo­­ teurs à aller plus ma­­ la­­ ra­­ loin. Pour que le mes­­ sage passe, encore une fois, il faut le pla­­ en cer tête. Ainsi s’assure-t-on qu’il sera non seule­­ ment vu, mais entraî­­ nera aussi le lec­­ teur à en savoir davan­­ tage. Un «  titre plein  » apporte, donc tout de suite, de l’information, déli­­ vrant une par­­ au moins, tie du mes­­ sage que le mana­­ sou­­ ger haite déli­­ vrer, ou de l’objectif qu’il sou­­ haite atteindre. Le titre doit être atti­­ rant et clair. Infor­­ tif et sans ambi­­ ma­­ guïté. On appli­­ quera donc de la même façon les règles de lisi­­ bilité rédac­ ­ tion­­ nelle vues plus haut : mots simples, courts, etc. Un titre court a sou­­ vent un effet per­­ tant et attire l’attention, mais la briè­­ cu­­ veté n’est pas une obli­­ tion. Mieux vaut un titre un peu long mais clair, plu­ ga­­ ­ tôt qu’un titre court mais ambigu. 347 Savoir-faire CA en hausse de 8,5 % Savoir-être Les résul­­ tats finan­­ ciers de l’année
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    10 • Réus­­sa commu­­ ca­­ sir ni­­ tion orale et écrite Prendre la parole en public Commu­­ quer effi­­ ce­­ ni­­ ca­­ ment à l’écrit Aujourd’hui, la commu­­ ca­­ ni­­ tion écrite passe prin­­ pa­­ ment par ci­­ le­­ le cour­­ élec­­ nique. Dans la masse de mes­­ rier tro­­ sages reçus chaque jour, il est donc pri­­ dial de bien for­­ ler et de pré­­ ser l’objet mor­­ mu­­ ci­­ du courriel (qui équi­­ vaut au « titre » d’un article). Les objets « géné­ ­ riques  » (ou les «  titres creux  », c’est la même chose) sont à pros­ ­ crire. Suf­­ sam­­ fi­­ ment ren­­ gné, l’objet d’un mes­­ sei­­ sage peut suf­­ en fire soi, sans qu’il soit besoin de rédi­­ même le corps du mes­­ ger sage. Par exemple : « réunion de gamme confir­­ mée le 4 février à 14 heures ». De même, en répon­­ dant ou en ren­­ voyant un mes­­ sage, il ne faut pas hési­­ à chan­­ le sujet pour le rendre plus per­­ ter ger tinent et effi­­ cace, immé­­ te­­ dia­­ ment. Au-­ elà des dif­­ rences propres à l’écrit et à l’oral, deux d fé­­ points forts rap­­ prochent ces deux tech­­ niques. C’est d’abord défi­­ et conser­­ à l’esprit l’objectif que l’on pour­­ nir ver suit en commu­­ quant. C’est ensuite prendre en compte son ni­­ des­­ na­­ ti­­ taire pour atteindre plus sûre­­ ment son objec­­ tif. 348
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    Savoirs Chapitre 11 Les ques­­ tionsaux­­ quelles répond ce cha­­ pitre Savoir-faire Ani­­ mer, moti­­ ver et déve­­ per lop­­ les compé­­ tences de ses col­­ bo­­ teurs la­­ ra­­ cer tences clés du mana­­ ger ? ◆◆ Comment exer­­ les quatre compé­­ ◆◆ Comment créer les condi­­ tions de réus­­ de l’équipe dans site 349 Savoir-être son ensemble et des per­­ sonnes indi­­ duel­­ ment ? vi­­ le­­
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    11 • Ani­­ mer,moti­­ et ver déve­­ per les compé­­ lop­­ tences Ani­­ mer une équipe Moti­­ une équipe ver Déve­­ per les compé­­ lop­­ tences des collaborateurs Délé­­ guer ou l’art de res­­ sa­­ li­­ pon­­ bi­­ ser Parmi les fonc­­ tions du mana­­ ger, quatre consti­­ tuent son socle d’activités : ani­­ mer, moti­­ déve­­ per et délé­­ ver, lop­­ guer. ✓✓ L’ « ani­­ teur » sait trans­­ mer un groupe d’individus en une ma­­ for­­ équipe per­­ mante. for­­ ✓✓ Le «  motivateur  » veille à ne pas démo­­ ver les col­­ bo­­ teurs ti­­ la­­ ra­­ et agit au quo­­ dien pour créer les condi­­ ti­­ tions d’une moti­­ vation durable. ✓✓ Le « déve­­ peur de compé­­ lop­­ tences » crée les condi­­ tions favo­­ rables à l’apprentissage. ✓✓ Le « délé­­ gant » inves­­ sa confiance pour déve­­ per l’autonomie tit lop­­ de ses col­­ bo­­ teurs. la­­ ra­­ CC Ani­­ er une équipe m PRINCIPES CLÉS • Un groupe n’est pas une équipe. • Le rôle pre­­ mier du mana­­ est ger de s’assurer de la cohé­­ sion de son équipe. Le pre­­ mier rôle du mana­­ consiste à ger ani­­ son équipe pour qu’elle pro­­ mer duise les résul­­ atten­­ tats dus. Une équipe n’est pas un simple assem­­ blage d’individus. Elle consiste en un grou­­ ment de pe­­ per­­ sonnes réunies autour d’un objec­ ­ tif commun. Le mana­­ ger doit créer les condi­­ tions de la syner­­ gie entre les membres de l’équipe pour qu’elle atteigne les résul­­ attendus. tats De la col­­ tion d’individus à la syner­­ col­­ tive lec­­ gie lec­­ Ce modèle en 6 phases a été déve­­ loppé par Jean-­ aul Sartre dans la P Cri­­ tique de la rai­­ dia­­ tique. Sartre n’est pas un auteur du mana­ son lec­­ ­ ge­­ ment clas­­ sique, mais sa des­­ tion de l’évolution natu­­ crip­­ relle du groupe est très éclai­­ rante. Il s’écarte à la fois du modèle mécaniciste (le groupe comme machine) et du modèle organiciste (le groupe comme orga­­ nisme) pour défi­­ le groupe à par­­ de son pro­­ nir tir jet. 350
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    Il s’agit d’unregrou­­ ment d’individus qui par­­ pe­­ tagent le même but, sans avoir néces­­ re­­ sai­­ ment un inté­­ commun. La file d’attente à rêt l’arrêt de l’autobus en est un bon exemple : cha­­ a bien le même cun but que son voi­­ prendre le bus pour se dépla­­ mais il n’y a sin, cer, aucune inter­­ tion entre les indi­­ dus. Il s’agit d’une masse ano­ ac­­ vi­­ ­ nyme, compo­­ de numé­­ sée ros : une série de per­­ sonnes, pas encore un vrai groupe. Savoirs Phase 1 : Le ras­­ sem­­ ment ble­­ Un jour de semaine à midi, sur une ligne de bus vers la ban­­ lieue, le chauf­­ feur se trompe d’itinéraire (force anta­­ niste). Les pas­­ gers, go­­ sa­­ jusqu’alors plon­­ gés dans leurs lec­­ tures ou leurs pen­­ sées, relèvent la tête, s’interrogent du regard. Aucun mot n’est encore pro­­ noncé. Très rapi­­ ment, le bus se trouve coincé dans un lacis de ruelles ; le de­­ chauf­­ feur se retourne et avoue que, novice sur la ligne, il est perdu. En quelques ins­­ tants, tout le monde se met à par­­ (commu­­ ca­ ler ni­­ ­ tions directes). L’un des voya­­ geurs des­­ cend pour aider le chauf­­ feur à manœu­­ vrer (but commun). Le bus reparti, les conver­­ tions conti­­ sa­­ nuent. À chaque arrêt, les pas­ ­ sa­­ gers saluent avec une cer­­ taine effu­­ sion, comme de vieilles connais­ ­ sances, ceux qui des­­ cendent. 351 Savoir-être Trois condi­­ tions sont néces­­ saires : ✓✓ L’intérêt en commun devient un inté­­ commun : les indi­­ dus rêt vi­­ par­­ tagent l’objectif. ✓✓ Les commu­­ ca­­ ni­­ tions, indi­­ rectes au stade du ras­­ ble­­ sem­­ ment, deviennent directes : on échange, les rela­­ tions inter­­ son­­ per­­ nelles naissent. ✓✓ Un groupe ou une force anta­­ niste vient confor­­ le groupe go­­ ter dans son ori­­ na­­ et le force à se consti­­ gi­­ lité tuer. Voici une expé­­ rience vécue sur le thème du bus évo­­ qué par Sartre. Savoir-faire Phase 2 : Le pas­­ sage au groupe
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    11 • Ani­­ mer,moti­­ et ver déve­­ per les compé­­ lop­­ tences Ani­­ mer une équipe Moti­­ une équipe ver Déve­­ per les compé­­ lop­­ tences des collaborateurs Délé­­ guer ou l’art de res­­ sa­­ li­­ pon­­ bi­­ ser Phase 3 : Le groupe en fusion C’est le stade du groupe nais­­ sant, cha­­ reux (les pas­­ gers de notre leu­­ sa­­ bus se mettent à par­­ entre eux). Il est mar­­ ler qué par trois expé­ ­ riences : ✓✓ la soli­­ rité entre les membres ; da­­ ✓✓ l’appartenance à une réa­­ nou­­ lité velle ; ✓✓ la régu­­ tion des membres les uns par rap­­ la­­ port aux autres. Phase 4 : Le main­­ tien du groupe Le groupe oscille entre deux ten­­ dances : ✓✓ le pou­­ voir créa­­ teur et la dyna­­ mique qui lui ont donné nais­ ­ sance ; ✓✓ l’inertie du ras­­ ble­­ sem­­ ment qui fut son pre­­ mier stade. Pour sur­­ vivre et pour­­ suivre son déve­­ pe­­ lop­­ ment, le groupe peut suivre deux grandes stra­­ gies, qui ne sont d’ailleurs pas incom­­ ­ té­­ pa­ tibles : ✓✓ La chasse au traître. Réel ou sup­­ posé, le traître sert de bouc émis­ ­ saire contre lequel le reste du groupe se ligue. Le groupe n’est pas mau­­ vais, c’est un de ses membres qui l’est. ✓✓ L’édiction de règles et de normes : on passe alors nor­­ le­­ ma­­ ment à l’étape sui­­ vante. Phase 5 : L’organisation Le groupe s’organise : ✓✓ il se dote d’une struc­­ ture. ✓✓ il défi­­ des tâches, arti­­ lées aux objec­­ géné­­ nit cu­­ tifs raux. ✓✓ il répar­­ ces tâches entre les membres. tit 352
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    Phase 6 : Legroupe ins­­ tution ti­­ L’équipe se consti­­ à par­­ de la 3e phase. Pour les mana­­ tue tir gers, avec les entrées et sor­­ per­­ nentes des col­­ bo­­ teurs, la per­­ mance ties ma­­ la­­ ra­­ for­­ de l’équipe se situe tou­­ jours dans un équi­­ libre pré­­ caire. En résumé, le modèle de Sartre, rare­­ ment uti­­ en mana­­ ­ lisé ge­ ment, est une bonne repré­­ ta­­ sen­­ tion de la vie des groupes. On en voit des appli­­ tions directes, en par­­ cu­­ dans les groupes de pro­­ ca­­ ti­­ lier jets : le déve­­ pe­­ lop­­ ment d’un but commun, la soli­­ rité des membres qui da­­ s’autorégulent, la capa­­ d’initiative et de créa­­ cité tion, l’opposition au reste de l’organisation qui n’a pas le même mode de fonc­­ ne­­ tion­­ ment, les conflits internes par­­ cu­­ re­­ ti­­ liè­­ ment mar­­ qués si quelqu’un fait défaut au groupe et la ten­­ sion constante entre la sou­­ plesse d’adaptation et la néces­­ d’une cer­­ sité taine orga­­ sa­­ ni­­ tion. La consti­­ tution d’une équipe Pour consti­­ tuer l’équipe, le mana­­ doit mettre en œuvre cinq ger condi­­ tions de réus­­ site. Savoir-faire En syn­­ thèse Savoirs L’organisation se fige, la bureau­­ ti­­ cra­­ sation appa­­ raît. Ce stade risque d’être celui de la dégé­­ res­­ né­­ cence si la dyna­­ mique n’est pas relan­­ cée sous la pres­­ sion de contraintes exté­­ rieures ou par une volonté endo­ ­ gène de réor­­ ni­­ tion. ga­­ sa­­ Il est indis­­ sable que chaque membre de l’équipe connaisse les pen­­ fina­­ tés, les valeurs déci­­ li­­ sives et les compor­­ ments indis­­ sables te­­ pen­­ pour la réus­­ et l’efficacité de son unité de tra­­ site vail. Défi­­ les règles du jeu de son unité, c’est don­­ des repères, nir ner des impé­­ tifs et des prio­­ tés. C’est pré­­ ser les cri­­ ra­­ ri­­ ci­­ tères de la réus­­ site indi­­ duelle et col­­ tive. vi­­ lec­­ La règle pré­­ cise les valeurs communes. Elle déve­­ loppe une meilleure cohé­­ sion. Elle aug­­ mente l’implication des col­­ bo­­ teurs la­­ ra­­ en leur pré­­ sant le cadre géné­­ dans lequel ils peuvent être acteurs. ci­­ ral Elle sert de réfé­­ rence en cas de désac­­ cord ou de conflit. 353 Savoir-être Le mana­­ ger défi­­ les règles du jeu avec l’équipe nit
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    11 • Ani­­ mer,moti­­ et ver déve­­ per les compé­­ lop­­ tences Ani­­ mer une équipe Moti­­ une équipe ver Déve­­ per les compé­­ lop­­ tences des collaborateurs Délé­­ guer ou l’art de res­­ sa­­ li­­ pon­­ bi­­ ser La règle est effi­­ cace si elle cor­­ pond à cinq cri­­ res­­ tères : elle doit être appli­­ cable, utile, contrac­­ tuelle, pro­­ trice et souple. tec­­ Il donne du sens Por­­ teur de la vision stra­­ gique de son entre­­ té­­ prise, le mana­­ en ger trans­­ met le sens à ses col­­ bo­­ teurs. Il donne du sens à leur impli­ la­­ ra­­ ­ ca­­ tion vis-­ -vis de celle-­ i. Tel un capi­­ à c taine, il annonce le cap. Pour atteindre ce cap, il montre ou fait déve­­ per les méthodes de tra­ lop­­ ­ vail, il défi­­ ou fait défi­­ les rôles de cha­­ et leur contri­­ tion. nit nir cun bu­­ Ses paroles, pen­­ et actions sont congru­ ntes avec le sens annoncé sées e à l’équipe. Il expose expli­­ te­­ ci­­ ment les objec­­ à son équipe, ainsi que tifs les indi­­ teurs d’atteinte des objec­­ ca­­ tifs. Il s’assure que cha­­ cun des membres de son équipe a donné son accord pour y tra­­ vailler. Il est sen­­ sible aux dif­­ rents niveaux d’engagement face aux fé­­ objec­­ tifs. L’hétérogénéité des niveaux d’engagement est une réa­ ­ lité dans un tout groupe. Au lea­­ de l’évaluer et de la gérer. Une der trop grande hété­­ gé­­ ro­­ néité des niveaux d’engagement risque de faire implo­­ le groupe. ser Il sti­­ mule l’identité de l’équipe Les col­­ bo­­ teurs ont besoin d’éprouver un sen­­ ment d’appar­ la­­ ra­­ ti­­ tenance à l’équipe pour tra­­ ser ensemble les épreuves. La cohé­ ver­­ ­ sion de l’équipe se crée en favo­­ sant les commu­­ ca­­ ri­­ ni­­ tions entre les membres. Le mana­­ pour ce faire, ne se met pas au centre de son équipe ger, pour ne pas être le relais de commu­­ ca­­ ni­­ tion entre les membres du groupe. Il pro­­ de chaque occa­­ fite sion pour les ren­­ voyer les uns aux autres. Il les met en capa­­ de résoudre des dif­­ cultés ensemble. Il cité fi­­ tra­­ duit les dif­­ rences en complé­­ ta­­ tés, car cha­­ fé­­ men­­ ri­­ cun par­­ cipe à ti­­ la construc­­ tion de l’équipe. Il n’hésite pas non plus à sou­­ gner les li­­ 354
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    temps forts dela vie de l’équipe : les pertes, les suc­­ les frus­­ ­ cès, tra­ tions, les appré­­ sions, etc. hen­­ Il exerce son lea­­ ship par l’exemple. Son équipe lui reconnaît der­­ sa légi­­ mité de lea­­ ti­­ der, car il a une connais­­ sance de lui-­ ême et m comprend les compor­­ ments de l’autre. Il sait choi­­ des compor­­ ­ te­­ sir te­ ments qui flui­­ fient la rela­­ di­­ tion. Il dépasse ses rigi­­ tés per­­ nelles. di­­ son­­ Il s’engage et s’implique. Ses commu­­ ca­­ ni­­ tions sont authen­­ tiques et ouvertes. Il entame un réel dia­­ logue avec ses col­­ bo­­ teurs. Il la­­ ra­­ croit dans le poten­­ de cha­­ tiel cun. Il sait créer un cli­­ mat faci­­ tant li­­ l’adhésion, la responsabilisation et la confiance. Savoirs Il montre le che­­ min 355 Savoir-être L’organisation attend de lui qu’il défi­­ nisse clai­­ ment les objec­­ re­­ tifs de l’unité. Il doit commu­­ quer les objec­­ à l’équipe et mettre en ni­­ tifs place un plan d’action pour les atteindre. Il doit éga­­ ment répar­­ le­­ tir les rôles et les res­­ sources, suivre et contrô­­ la qua­­ des per­­ ­ ler lité for­ mances et ajus­­ le plan d’action s’il y a lieu. ter L’équipe attend de lui qu’il mette en place des règles et qu’il construise l’esprit d’équipe par l’encouragement de cha­­ cun, la moti­ ­ vation et le plai­­ à tra­­ sir vailler ensemble. L’individu attend qu’il soit à son écoute. Il attend de son mana­ ­ ger de la reconnais­­ sance pour le tra­­ et les per­­ mances obte­ vail for­­ ­ nues. Il sou­­ haite éga­­ ment que son mana­­ iden­­ fie et déve­­ le­­ ger ti­­ loppe son poten­­ tiel. Savoir-faire Il répond aux attentes des indi­­ dus, de l’équipe vi­­ et de l’organisation
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    11 • Ani­­ mer,moti­­ et ver déve­­ per les compé­­ lop­­ tences Ani­­ mer une équipe Moti­­ une équipe ver Déve­­ per les compé­­ lop­­ tences des collaborateurs Délé­­ guer ou l’art de res­­ sa­­ li­­ pon­­ bi­­ ser CC Moti­­ ver une équipe PRINCIPES CLÉS • La moti­­ vation est un phé­ ­ no­­ mène propre à chaque indi­­ vidu. • Le mana­­ ne peut pas seul ger moti­­ son col­­ bo­­ teur de ver la­­ ra­­ façon intrin­­ sèque et durable. • Il doit être atten­­ à ne pas le tif démo­­ ver par son compor­­ ­ ti­­ te­ ment ou son mode de mana­ ­ ge­­ ment. Le mana­­ est perçu comme le levier qui ger agit sur la moti­­ vation de ses col­­ bo­­ ­ la­­ ra­ teurs. Dans les faits, il a plus à voir avec la démotivation qu’avec la moti­­ vation. L’étude d’Herzberg le montre bien. Les théo­­ des besoins ries La pyra­­ mide de Maslow Selon l’approche déve­­ pée par Abraham lop­­ 1 vation naî­­ trait Maslow en 1954 , la moti­­ de besoins à assou­­ Il les hié­­ chise en vir. rar­­ cinq niveaux. Tant qu’un besoin n’est pas assouvi, il consti­­ une source de moti­­ tue vation. Quand il est satis­­ fait, il ne motive plus, c’est le besoin supé­­ rieur de la pyra­­ mide qui devient moti­­ vant. ✓✓ Les besoins phy­­ lo­­ sio­­ giques sont par­­ gés par tous les habi­­ ta­­ tants de la pla­­ nète : man­­ boire, dor­­ ger, mir, se vêtir, se chauffer… ✓✓ Les besoins de sécu­­ portent sur trois domaines : la sécu­­ rité rité phy­­ sique avec des horaires régu­­ liers, une tem­­ ra­­ pé­­ ture adé­­ quate, du bruit sup­­ table, une ergo­­ mie satis­­ por­­ no­­ faisante ; la sécu­­ rité éco­­ mique avec le contrat de tra­­ no­­ vail, la sta­­ lité de l’emploi, la bi­­ retraite et les avan­­ tages sociaux ; la sécu­­ affec­­ grâce à un rité tive res­­ sable hié­­ chique en qui l’on peut avoir confiance et réci­ pon­­ rar­­ ­ pro­­ ment. que­­ Les sala­­ des pays déve­­ pés consi­­ riés lop­­ dèrent aujourd’hui la satis­ ­ faction de ces deux pre­­ mières séries de besoins comme nor­­ male. Les bonnes condi­­ tions maté­­ rielles et des salaires cor­­ rects par rap­­ port au 1. Voir cha­­ pitre 14. 356
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    Savoirs mar­­ ne lesmotivent pas outre mesure. Ils per­­ ché mettent au mieux de limi­­ les mécontente­­ ter ments. Une dégra­­ tion notable de ces cri­ da­­ ­ tères entraîne des conflits et des grèves sans pour autant éveiller de fortes moti­­ vations s’ils sont satis­­ faits. Les besoins appar­­ nant aux trois caté­­ ries sui­­ te­­ go­­ vantes sont imma­ ­ té­­ riels et sub­­ tifs : jec­­ ✓✓ Les besoins de contacts sociaux s’appuient sur le sen­­ ment ti­­ d’appartenance à un groupe, une bonne entente avec les col­ ­ lègues, l’accès à l’information et les pos­­ bi­­ tés d’expression. si­­ li­­ ✓✓ Les besoins de consi­­ ra­­ dé­­ tion portent sur les signes de reconnais­ ­ sance, la fierté de tra­­ vailler dans un sec­­ teur d’activité pres­­ gieux, ti­­ l’autocontrôle sur son propre tra­­ vail et la délé­­ tion de pou­ ga­­ ­ voirs. ✓✓ Les besoins d’accomplissement englobent la réa­­ sa­­ li­­ tion per­ ­ son­­ nelle, la valo­­ sa­­ ri­­ tion des compé­­ tences et la quête de sens. 357 Savoir-être Frederick Herzberg, à la fin des années 1960, découvre au cours d’enquêtes que seuls cer­­ tains besoins sont moti­­ vants. Il les nomme « fac­­ teurs moteurs » par oppo­­ tion aux « fac­­ si­­ teurs d’hygiène » ou « fac­­ teurs d’ambiance ». Les fac­­ teurs moteurs portent sur  : l’accomplissement de soi, la reconnais­­ sance, l’intérêt des acti­­ tés, la responsabilisation, vi­­ l’évolution. Les fac­­ teurs d’ambiance ne sont pas moti­­ vants, mais leur manque peut démo­­ ver. Ils portent notam­­ ti­­ ment sur : le salaire, les condi­­ tions de tra­­ vail, l’ambiance, les rela­­ tions avec la hié­­ chie et l’équipe. rar­­ Les 7 pré­­ ni­­ tions d’Herzberg pour déve­­ per la moti­­ co­­ sa­­ lop­­ vation sont les sui­­ vants : ✓✓ Retirer des contrôles – per­­ mettre plus d’autocontrôles. ✓✓ Aug­­ ter l’initiative – confier pré­­ sions et pla­­ fi­­ tion. men­­ vi­­ ni­­ ca­­ ✓✓ Faire réa­­ ser un ensemble plu­­ qu’une par­­ li­­ tôt tie. ✓✓ Accor­­ plus de pou­­ der voir, plus de liberté dans le tra­­ vail. ✓✓ Faire le point pério­­ que­­ di­­ ment. ✓✓ Intro­­ duire des tâches nou­­ velles et plus dif­­ ciles. fi­­ ✓✓ Pro­­ ser des tâches pour pro­­ ser et déve­­ per son exper­­ po­­ gres­­ lop­­ tise. Savoir-faire L’apport de Frédéric Herzberg
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    11 • Ani­­ mer,moti­­ et ver déve­­ per les compé­­ lop­­ tences Ani­­ mer une équipe Moti­­ une équipe ver Déve­­ per les compé­­ lop­­ tences des collaborateurs Délé­­ guer ou l’art de res­­ sa­­ li­­ pon­­ bi­­ ser Les théo­­ des attentes ou théo­­ des pro­­ sus ries ries ces­­ Les théo­­ des attentes1 se détournent du contenu des besoins pour ries s’intéresser au pro­­ sus de la moti­­ ces­­ vation. Ce qui met en mou­­ ­ ve­ ment les indi­­ dus, c’est le sen­­ ment d’avoir la capa­­ à déci­­ et vi­­ ti­­ cité der à réa­­ ser leurs propres choix pour en tirer des béné­­ li­­ fices ayant une valeur par­­ cu­­ ti­­ lière pour eux. Pour l’école de la théo­­ des attentes, le méca­­ rie nisme de la moti­ ­ vation s’articule autour de trois concepts : l’expectation, la valence et l’instrumentalité. Le niveau d’expectation Le niveau d’expectation est direc­­ ment lié à l’ambition et à l’idée te­­ que se fait un indi­­ vidu de ses capa­­ tés dans un domaine donné. ci­­ Pour être moti­­ vant, un objec­­ doit être proche, voire légè­­ ment tif re­­ supé­­ rieur à ce que la per­­ sonne pense pou­­ réa­­ ser. Elle doit avoir voir li­­ le sen­­ ment d’avoir de bonnes chances de réus­­ mais pas trop ti­­ sir, faci­­ ment. le­­ Dans une entre­­ prise, lorsqu’un col­­ bo­­ teur est face à une tâche la­­ ra­­ simple et répé­­ titive, il se peut que, pour lui, le niveau d’expectation de la tâche soit trop faible et donc non moti­­ vant. En revanche, si son mana­­ lui demande de le rem­­ cer « au pied levé » pour pré­ ger pla­­ ­ sen­­ le bud­­ pré­­ sion­­ au PDG, il peut se sen­­ écrasé par ter get vi­­ nel tir cette res­­ sa­­ lité et s’engager dans une spi­­ d’échec. Le niveau pon­­ bi­­ rale d’expectation est alors trop élevé, sauf si son mana­­ lui donne les ger moyens et l’assistance néces­­ saire pour y arri­­ ver. Le mana­­ «  moti­­ ger vant  » confie des mis­­ sions et des acti­­ tés vi­­ d’un niveau légè­­ ment supé­­ re­­ rieur aux compé­­ tences habi­­ le­­ tuel­­ ment exploi­­ de ses col­­ bo­­ teurs, tout en s’assurant qu’ils ont les capa­ tées la­­ ra­­ ­ ci­­ pour pou­­ les réa­­ ser. tés voir li­­ 1. Ces théo­­ sont décrites par Claude Levy-­ eboyer dans La Crise des moti­ ries L ­ vations, PUF, 1983. 358
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    La valence estla valeur per­­ nelle, par essence sub­­ tive, don­­ son­­ jec­­ née à la «  récom­­ pense  » ou au béné­­ par la per­­ fice sonne agis­­ sante. Le béné­­ peut être soit rela­­ nel et abs­­ fice tion­­ trait : sens de la parole don­ ­ née, nou­­ appren­­ sage, sen­­ ment d’importance…, soit concret : vel tis­­ ti­­ argent, avan­­ tage maté­­ pro­­ tion,… riel, mo­­ Il est impor­­ tant de noter que la valeur don­­ dépend uni­­ ­ née que­ ment de la per­­ sonne, dans un contexte donné et à un moment donné. Dans cer­­ tains cas, le mana­­ croit bien faire en octroyant ger une prime, alors qu’un compli­­ ment serait beau­­ coup plus effi­­ cace pour la per­­ sonne concer­­ née. La per­­ sonne sera d’autant plus moti­­ vée que le béné­­ attendu aura une valence forte pour elle. fice Savoirs La valence 359 Savoir-être L’instrumentalité est le lien exis­­ tant entre ce que la per­­ sonne veut obte­­ et le tra­­ ou l’effort qu’elle doit four­­ pour y arri­­ Plus nir vail nir ver. exac­­ ment, il s’agit de la repré­­ ta­­ te­­ sen­­ tion que se fait l’individu du lien exis­­ tant entre le tra­­ fourni et le béné­­ obtenu. vail fice Plus cette repré­­ ta­­ sen­­ tion sera claire, plus la moti­­ vation sera forte. Si je ne suis pas sûr que mon effort m’apportera les béné­­ fices que j’attends, pour­­ quoi irais-­e me fati­­ j guer ? Dans une entre­­ prise, si les primes sont attri­­ buées à par­­ de cri­­ tir tères ou de cal­­ culs incom­­ ­ pré­ hen­­ sibles pour les col­­ bo­­ teurs, et que ceux-­ i ne peuvent pas faire la­­ ra­­ c direc­­ ment le lien entre ce qu’ils gagnent et ce qu’ils ont réa­­ te­­ lisé, l’effet moti­­ vant de ces primes sera moindre que s’ils peuvent faire le lien direc­­ ment et comprendre clai­­ ment comment leurs efforts te­­ re­­ sont récom­­ sés. pen­­ Un aspect impor­­ tant de l’instrumentalité est la confiance que la per­­ sonne peut avoir dans l’aspect sys­­ ma­­ té­­ tique de la récom­­ pense obte­­ nue. S’il y a un doute (risque de tri­­ cherie, de favoritisme…), alors la moti­­ vation flé­­ chit. Savoir-faire L’instrumentalité
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    11 • Ani­­ mer,moti­­ et ver déve­­ per les compé­­ lop­­ tences Ani­­ mer une équipe Moti­­ une équipe ver Déve­­ per les compé­­ lop­­ tences des collaborateurs Délé­­ guer ou l’art de res­­ sa­­ li­­ pon­­ bi­­ ser La moti­­ ation du sala­­rié v selon la théo­­rie des attentes Pour moti­­ un sala­­ le mana­­ doit : ver rié ger ✓✓ Pro­­ ser des tâches ou des objec­­ po­­ tifs avec un niveau d’expectation adapté, c’est-à-dire que le sala­­ pense pou­­ rié voir atteindre, mais qui lui offrent l’occasion de se dépas­­ ser. ✓✓ Pro­­ ser un béné­­ po­­ fice en cas de réus­­ site ayant une valence forte pour le sala­­ rié. ✓✓ Cla­­ fier les règles du jeu et assu­­ leur respect dans le temps pour que ri­­ rer le sala­­ n’ait aucun doute quant à l’obtention du béné­­ rié fice s’il atteint l’objectif fixé. Comment agir au quo­­ dien ? ti­­ Faire le bilan des moti­­ vations dans son équipe Le mana­­ doit être atten­­ aux signes de démotivation dans son ger tif équipe. Les mani­­ ta­­ fes­­ tions de la fatigue sont sou­­ vent des signes d’une démotivation. Les ali­­ qui concernent les absences répé­­ bis tées peuvent être aussi des marques de démo­­ li­­ tion. bi­­ sa­­ Le mana­­ averti sait détecter les signes d’une équipe moti­­ Il ger vée. s’agit par exemple d’esprit de coopé­­ tion, de trans­­ et de déve­­ ­ ra­­ fert lop­ pe­­ ment des compé­­ tences ou d’initiatives à forte valeur ajou­­ tée. La reconnais­­ sance comme outil de moti­­ vation Les signes de reconnais­­ sance ver­­ bale S’il n’a pas d’impact direct sur la moti­­ vation de ses col­­ bo­­ teurs, la­­ ra­­ le mana­­ peut repérer, entre­­ nir et ali­­ ter celle-­ i par le biais ger te­­ men­­ c de la reconnais­­ sance. Elle ne prend tout son sens que lorsqu’elle est authen­­ tique, sin­­ cère, per­­ na­­ sée, adap­­ à la situa­­ son­­ li­­ tée tion et dosée. La reconnais­­ sance peut être posi­­ (un compli­­ tive ment) ou néga­ ­ tive (une cri­­ tique). Elle peut por­­ sur le Faire (une action réa­­ sée) ter li­­ ou l’Être (la per­­ sonne elle-­ ême). m 360
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    Tableau 11.1 ■ Les signesde reconnais­­ sance Posi­­ tif Néga­­ tif Être « J’aime bien tra­­ vailler avec vous » « Vous êtes nul » Géné­­ le­­ ra­­ ment, un signe de reconnais­­ sance posi­­ a plus d’impact tif qu’un signe de reconnais­­ sance néga­­ sur la moti­­ tif vation. Tou­­ fois te­­ mieux vaut un signe de reconnais­­ sance néga­­ qu’une absence de tif reconnais­­ sance. Quand le feedback porte sur le Faire, la per­­ sonne a des repères fac­­ tuels pour conti­­ nuer ou modi­­ ce qu’elle fait. Il est plus déli­­ fier cat de don­­ un feedback qui porte sur l’Être car on est dans la sphère ner du sub­­ tif et du juge­­ jec­­ ment, sphère qui donne peu de prise pour la repro­­ tion ou l’amélioration de la per­­ mance. Le mana­­ doit duc­­ for­­ ger s’interdire l’utilisation des signes de reconnais­­ sance néga­­ por­­ tifs tant sur l’Être. En syn­­ thèse, il est pré­­ rable pour le mana­­ de nour­­ la moti­ fé­­ ger rir ­ vation du col­­ bo­­ teur avec des signes de reconnais­­ la­­ ra­­ sance posi­­ ou tifs néga­­ por­­ tifs tant sur le Faire. Les autres formes de reconnais­­ sance La reconnais­­ sance ne s’exprime pas que par les mots. En voici quelques exemples. Un sys­­ tème de rému­­ ra­­ né­­ tion juste et clair, basé sur des faits et expli­­ à cha­­ qué cun, en est une autre forme. Des infor­­ tions sur la ma­­ situa­­ tion de l’équipe et de l’entreprise, ses objec­­ tifs, ses réus­­ sites et ses dif­­ cultés montrent le respect des per­­ fi­­ sonnes. L’implication des col­­ bo­­ teurs dans l’élaboration des objec­ la­­ ra­­ ­ tifs et la défi­­ tion des moyens à mettre en œuvre par­­ cipe à la ni­­ ti­­ reconnais­­ sance. Le suivi, l’accompagnement et la capi­­ li­­ tion sont ta­­ sa­­ autant de gestes de reconnais­­ sance. La célé­­ tion des suc­­ de bra­­ cès l’équipe sou­­ ligne bien la reconnais­­ sance. Faire confiance, être dis­­ nible pour le col­­ bo­­ teur, lui confier po­­ la­­ ra­­ des mis­­ sions qui le font évo­­ luer, être à son écoute sont autant de moyens à la por­­ du mana­­ pour acti­­ les moteurs de son équipe. tée ger ver 361 Savoirs « Cela fait 3 fois cette semaine que vous arri­­ vez en retard » Savoir-faire « J’ai appré­­ la clarté de votre cié exposé » Savoir-être Faire
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    11 • Ani­­ mer,moti­­ et ver déve­­ per les compé­­ lop­­ tences Ani­­ mer une équipe Moti­­ une équipe ver Déve­­ per les compé­­ lop­­ tences des collaborateurs Délé­­ guer ou l’art de res­­ sa­­ li­­ pon­­ bi­­ ser CC Déve­­lop­­per les compé­­tences des col­­la­­bo­­ra­­teurs Le rôle d’accompagnateur s’apparente à celui d’un « entraî­­ neur » vis-­ -vis de son à PRINCIPE CLÉ col­­ bo­­ teur. Il faut à la fois consi­­ rer la­­ ra­­ dé­­ Accom­­ gner un col­­ bo­­ teur pa­­ la­­ ra­­ la per­­ sonne : dans le déve­­ pe­­ lop­­ ment de ses ✓✓ dans son fonc­­ ne­­ tion­­ ment actuel ; compé­­ tences consiste à l’aider ✓✓ et dans son poten­­ en train de se tiel à expri­­ mer ses poten­­ tiels et à réa­­ ser. li­­ libé­­ son éner­­ rer gie, plu­­ qu’à tôt Cela néces­­ une prise de dis­­ site tance lui appor­­ une moti­­ ter vation par rap­­ port à ses rôles tra­­ tion­­ di­­ nels venant de l’extérieur. (fonc­­ nel, hié­­ chique, etc.) pour se tion­­ rar­­ cen­­ sur le rôle de for­­ teur, de men­­ de guide et de conseil. trer ma­­ tor, La démarche de construc­­ d’un plan de déve­­ pe­­ tion lop­­ ment Le déve­­ pe­­ lop­­ ment des compé­­ tences du col­­ bo­­ teur s’inscrit dans le la­­ ra­­ cadre d’une démarche orga­­ sée pour atteindre les résul­­ décidés ni­­ tats avec lui. Cette démarche doit être libre­­ ment choi­­ sie. Faire émer­­ ger les pistes de déve­­ pe­­ lop­­ ment Les pistes de déve­­ pe­­ lop­­ ment du col­­ bo­­ teur appa­­ la­­ ra­­ raissent lors de divers moments de sa vie pro­­ sion­­ fes­­ nelle  : bilan de compé­­ tence, entre­­ tien de fixa­­ tion d’objectifs, anti­­ pation sur l’évolution du ci­­ métier. Ces pistes pro­­ viennent éga­­ ment des moti­­ le­­ vations et envies du col­­ bo­­ teur et de l’identification par le mana­­ de ses talents. la­­ ra­­ ger 362
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    Le mana­­ aiderason col­­ bo­­ teur à faire émer­­ ses prio­­ tés ger la­­ ra­­ ger ri­­ en termes de déve­­ pe­­ lop­­ ment. Elles seront dis­­ tées en fonc­­ cu­­ tion du contexte de la per­­ sonne, de son équipe et de son entre­­ prise. En fonc­­ tion des élé­­ ments rete­­ nus, cer­­ tains auront la faveur du col­­ bo­­ teur, d’autres celle du mana­­ la­­ ra­­ ger. Là réside donc le savoir écou­­ du mana­­ pour négo­­ au mieux les inté­­ des par­­ ter ger cier rêts ties en pré­­ sence. La compé­­ tence déve­­ pée devra être utile et pourra lop­­ être uti­­ sée dans un contexte pré­­ li­­ cis. Savoirs Hié­­ chi­­ rar­­ ser les prio­­ tés de déve­­ pe­­ ri­­ lop­­ ment Dans un troi­­ sième temps, on va se fixer des objec­­ pour cha­­ tifs cune des prio­­ tés. Pour cela, il faut se poser quatre ques­­ ri­­ tions : ✓✓ Quel est mon objec­­ tif ? ✓✓ Comment saurai-­e que je l’ai atteint ? Quels indi­­ teurs per­­ ­ j ca­­ met­ tront d’évaluer l’atteinte de l’objectif ? ✓✓ Quelles sont mes res­­ sources pour l’atteindre ? Quel plan d’action enga­­ ger ? ✓✓ Quelles sont les consé­­ quences posi­­ tives et néga­­ tives de l’atteinte de cet objec­­ tif ? Iden­­ fier les moda­­ tés d’apprentissage adap­­ ti­­ li­­ tées au col­­ bo­­ teur la­­ ra­­ Savoir-faire Fixer les objec­­ tifs de déve­­ pe­­ lop­­ ment des compé­­ tences 363 Savoir-être Cha­­ cun apprend d’une manière qui lui est propre. Cer­­ tains apprennent en étant actifs par expé­­ men­­ tion, d’autres en obser­ ri­­ ta­­ ­ vant un modèle. Cer­­ tains apprennent d’abord par la pra­­ tique alors que d’autres ont besoin d’abord des fon­­ ments théo­­ de­­ riques pour pas­­ ensuite à la pra­­ ser tique. Le mana­­ ger doit trou­­ ver avec son col­­ bo­­ teur le mode la­­ ra­­ d’apprentissage qui lui est le mieux adapté.
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    11 • w,moti­­ et ver déve­­ per les compé­­ lop­­ tences Ani­­ mer une équipe Moti­­ une équipe ver Déve­­ per les compé­­ lop­­ tences des collaborateurs Délé­­ guer ou l’art de res­­ sa­­ li­­ pon­­ bi­­ ser Doser l’accompagnement en fonc­­ tion de l’autonomie du col­­ bo­­ teur la­­ ra­­ Le mode d’accompagnement varie selon l’autonomie du col­­ bo­­ ­ la­­ ra­ teur. En fonc­­ tion de cette der­­ nière, le mana­­ devra être direc­­ ger tif, per­­ sif, par­­ cipatif ou délégatif (voir tableau 11.2). sua­­ ti­­ CC Délé­­guer ou l’art de res­­pon­­sa­­bi­­li­­ser PRINCIPES CLÉS La délé­­ tion est un acteur ga­­ majeur de mana­­ ment ge­­ La délé­­ tion peut être un levier de la ga­­ moti­­ vation des col­­ bo­­ teurs. En effet, la­­ ra­­ lorsque nous ques­­ nons un groupe de tion­­ • Le mana­­ doit savoir adap­­ ger ter sta­­ giaires sur des situa­­ tions qui les ont par­ ­ son mode de mana­­ ment au ge­­ ti­­ liè­­ ment moti­­ ils citent à 90 % la cu­­ re­­ vés, niveau d’autonomie de cha­­ cun délé­­ tion d’une mis­­ ga­­ sion repré­­ tant un sen­­ de ses col­­ bo­­ teurs. la­­ ra­­ enjeu impor­­ tant et leur per­­ tant de met­­ mettre en œuvre leurs savoir-­aire. f De même, quand on leur demande de citer une situa­­ tion au cours de laquelle ils ont res­­ senti de la démotivation, ils relatent une délé­­ ­ ga­ tion dans laquelle ils s’étaient inves­­ et qu’on leur a reti­­ tis rée. Une délé­­ tion réus­­ per­­ le déve­­ pe­­ ga­­ sie met lop­­ ment du sens des res­ ­ pon­­ bi­­ tés des col­­ bo­­ teurs, l’élargissement de leur compré­­ ­ sa­­ li­­ la­­ ra­­ hen­ sion géné­­ et l’entretien de leur moti­­ rale vation. • Réus­­ la délé­­ tion néces­­ sir ga­­ site le respect d’un cer­­ tain nombre de règles. Qu’est-ce que délé­­ guer ? Délé­­ guer, c’est res­­ sa­­ li­­ un col­­ bo­­ teur direct en lui confiant pon­­ bi­­ ser la­­ ra­­ une acti­­ vité, une mis­­ sion. Les condi­­ tions de réus­­ de la délé­­ tion : site ga­­ ✓✓ Don­­ des objec­­ ner tifs pré­­ cis. ✓✓ Défi­­ le niveau d’autonomie sur le choix des méthodes et des nir moyens et sur les déci­­ sions à prendre. ✓✓ Pré­­ ser les règles et pro­­ dures à res­­ ter, ainsi que les inter­­ ci­­ cé­­ pec­­ dits. 364
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    ✓✓ Cla­­ fierles moda­­ tés et la fré­­ ri­­ li­­ quence du contrôle. La délé­­ tion per­­ au col­­ bo­­ teur de déve­­ per ses compé­ ga­­ met la­­ ra­­ lop­­ ­ tences. Ce qui apporte de nom­­ breux béné­­ fices à l’entreprise : une flexi­­ lité accrue, une dimi­­ tion des coûts, une aug­­ ta­­ bi­­ nu­­ men­­ tion de la mobi­­ sa­­ li­­ tion. Savoirs Les obs­­ tacles à la délé­­ tion ga­­ De la part du mana­­ ger De la part du col­­ bo­­ teur la­­ ra­­ Pour le col­­ bo­­ teur, les obs­­ la­­ ra­­ tacles peuvent être : ✓✓ la peur de prendre des res­­ sa­­ li­­ pon­­ bi­­ tés ; ✓✓ l’appréhension devant une mis­­ sion inconnue ; ✓✓ une expé­­ rience anté­­ rieure d’échec ; ✓✓ la peur des consé­­ quences en cas d’échec ; ✓✓ l’idée que le mana­­ lui fait exé­­ ter toutes les tâches désa­ ger cu­­ ­ gréables. Savoir-faire Pour le mana­­ les rai­­ ger, sons peuvent être : ✓✓ la dif­­ culté à faire confiance ; fi­­ ✓✓ la crainte d’obtenir des résul­­ de moindre qua­­ tats lité ; ✓✓ le risque de devoir inves­­ du temps ; tir ✓✓ la dif­­ culté à confier une mis­­ fi­­ sion qu’on appré­­ cie ; ✓✓ la crainte de perdre du pou­­ face à la mon­­ en compé­­ voir tée tences du col­­ bo­­ teur ; la­­ ra­­ ✓✓ la peur de perdre sa fonc­­ tion. Délé­­ guer, c’est tout d’abord pour le mana­­ un gain de temps et la ger pos­­ bi­­ de se cen­­ sur les prio­­ tés de sa fonc­­ si­­ lité trer ri­­ tion et des tâches à plus forte valeur ajou­­ tée. Délé­­ guer, c’est aussi le moyen de réduire les sur­­ charges et les retards. Les temps de réponse étant rac­­ cis par l’abaissement cour­­ dans la hié­­ chie des points de déci­­ rar­­ sion, l’entreprise gagne en sou­ ­ plesse et en effi­­ cité. ca­­ 365 Savoir-être Pour­­ quoi délé­­ guer ?
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    11 • Ani­­ mer,moti­­ et ver déve­­ per les compé­­ lop­­ tences Ani­­ mer une équipe Moti­­ une équipe ver Déve­­ per les compé­­ lop­­ tences des collaborateurs Délé­­ guer ou l’art de res­­ sa­­ li­­ pon­­ bi­­ ser C’est éga­­ ment un excellent moyen pour le col­­ bo­­ teur de le­­ la­­ ra­­ «  faire ses preuves  », de déve­­ per son auto­­ mie et ses compé­ lop­­ no­­ ­ tences et d’augmenter sa satis­­ faction au tra­­ vail. Le mana­­ éta­­ enfin avec ses col­­ bo­­ teurs une rela­­ ger blit la­­ ra­­ tion fon­ ­ dée sur la confiance, ce qui aura un effet sur la moti­­ vation et le cli­­ mat de tra­­ vail. Il peut ainsi assu­­ mer plus effi­­ ce­­ ca­­ ment son rôle d’animateur d’équipe et fait une meilleure uti­­ sation des talents de li­­ cette der­­ nière. Comment délé­­ guer ? Une délé­­ tion effi­­ ga­­ cace se pré­­ pare par étapes. Situer la délé­­ tion ga­­ À cette étape, trois ques­­ tions s’imposent : ✓✓ Quoi délé­­ guer ? Pour déter­­ ner l’objet de la délé­­ tion, le mi­­ ga­­ mana­­ recense parmi ses mis­­ ger sions et acti­­ tés celles qu’il peut vi­­ confier. Il décide des résul­­ à atteindre et défi­­ les objec­­ tats nit tifs. ✓✓ À qui délé­­ guer ? Il déter­­ mine ensuite à qui confier la délé­­ tion. ga­­ Il choi­­ parmi ses col­­ bo­­ teurs celui qui peut mener cette mis­ sit la­­ ra­­ ­ sion à son terme en fonc­­ tion de son niveau d’autonomie. ✓✓ Quel style de mana­­ ment adop­­ ge­­ ter ? Le style de mana­­ ment à ge­­ adop­­ dépend de l’autonomie du délé­­ taire, elle-­ ême fonc­ ter ga­­ m ­ tion de sa compé­­ tence et de sa moti­­ vation (voir tableau 11.2). For­­ li­­ ma­­ ser la délé­­ tion ga­­ Il s’agit de for­­ li­­ ma­­ ser : ✓✓ L’objectif. ✓✓ La zone d’autonomie. ✓✓ Les cinq règles du jeu. 366
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    Savoir-faire Veut bien faire Ils’intéresse et aime­­ bien faire plus si seule­­ rait ment on l’aidait davan­­ tage, ou si on lui don­­ nait plus de moyens pour le faire : expli­ ­ ca­­ tions, idées, temps dégagé ; il aime­­ être plus ras­­ rait suré sur sa compé­­ tence. Ne sait pas bien faire Il attend des expli­­ tions du mana­­ sur ce qu’il y a à faire et la ca­­ ger façon de le faire. Il a commencé à poser des ques­­ tions sur le pour­ ­ quoi ? et le comment ? Il fait le lien avec ce qu’il connaît déjà. Ne veut pas faire Il redoute un peu cette res­­ sa­­ lité, ne sait pas s’il sera capable. pon­­ bi­­ Ou il ne mesure pas bien les dif­­ cultés et se déclare prêt à le faire, fi­­ mais au pre­­ mier obs­­ tacle il bais­­ sera les bras et décla­­ rera que « c’est impos­­ sible » ou qu’« il n’y a rien à faire ». Ne sait pas faire Il attend les infor­­ tions, les connais­­ ma­­ sances, les idées de l’extérieur et du mana­­ ger ? Si rien ne vient, il ne fera rien. Il ne fait pas le lien entre les connais­­ sances dont il dis­­ pose et la mis­­ sion à accom­­ plir. Il ne saura pas mobi­­ ser son expé­­ li­­ rience si on ne lui dit pas comment faire. Compé­­ tences et moti­­ vation Faible auto­­ mie no­­ Très faible autonomie ou situation d’urgence Niveau d’autonomie Tableau 11.2 ■ Le mode de mana­­ ment pour chaque niveau d’autonomie ge­­ Savoir-être 367 Savoirs ☞ PER­­ SUA­­ SIF Explique les causes des résul­­ tats Sus­­ cite les ques­­ tions, la par­­ cipation ti­­ Donne de l’autonomie sur la méthode Cen­­ sur le moyen terme (abs­­ tré trait) Maître mot : Encou­­ ger ra­­ DIREC­­ TIF Pré­­ sur les résul­­ cis tats Pré­­ sur la méthode cis Points de contrôle pré­­ vus à l’avance Cen­­ sur le présent (concret) tré Maître mot : Sécu­­ ser ri­­ Mode de mana­­ ment ge­­ recom­­ mandé
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    ☞ 368 Veut faire Il aconfiance en sa capa­­ cité à réus­­ et sait trans­­ sir mettre sa confiance et sa moti­­ vation. Il n’investit que l’énergie néces­­ saire et sait s’intéresser à autre chose. Sait faire Il pos­­ sède toutes les compé­­ tences, sait iden­­ fier celles qui lui ti­­ manquent et les complé­­ par une démarche per­­ nelle. Il pos­ ter son­­ ­ sède du recul par rap­­ port aux consé­­ quences de ses acti­­ tés et peut vi­­ donc trans­­ mettre effi­­ ce­­ ca­­ ment son savoir-­aire à un débu­­ f tant. Veut faire et pose des condi­­ tions Il a confiance en lui et exige qu’on le laisse faire comme il l’entend. Ou il pense avoir besoin d’aide et demande son appui au mana­­ ger. Il est moteur dans la demande des moyens. Sait faire Il a la compé­­ tence, sait iden­­ fier celles qui lui manquent éven­­ ­ ti­­ tuel­ le­­ ment et auprès de qui aller cher­­ cher des complé­­ ments. Il est très accro­­ ché à ses idées, ses concep­­ tions et se rend par­­ fois dif­­ ci­­ ­ fi­­ le­ ment compte des inci­­ dences de celles-­ i sur l’environnement. Très c dési­­ reux de réus­­ il manque de recul. sir, Compé­­ tences et moti­­ vation Forte auto­­ mie no­­ Auto­­ mie moyenne no­­ Niveau d’autonomie DÉLÉGATIF Défi­­ les résul­­ nit tats atten­­ dus avec ren­­ contres à l’initiative du col­­ bo­­ ­ la­­ ra­ teur Défi­­ la forme et le rythme du nit contrôle Aide indi­­ recte par infor­­ tion ma­­ Res­­ sa­­ lité par­­ gée Maître mot : pon­­ bi­­ ta­­ Accep­­ ter PAR­­ CIPATIF TI­­ Dia­­ logue sur pied d’égalité Assis­ ­ tance, conseil sur appel du col­­ bo­ la­­ ­ ra­­ teur Prise en compte des idées et sug­ ­ ges­­ tions Maître mot : Col­­ bo­­ la­­ rer Mode de mana­­ ment ge­­ recom­­ mandé
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    1. Voir lecha­­ pitre 8 pour davan­­ tage de détails. 369 Savoirs Savoir-faire Savoir-être ✓✓L’objectif défi­­ les livrables et leur délai de remise. Il est for­ nit ­ 1 ci­­ rable, adapté, réa­ ­ mulé selon les règles smart (spé­­ fique, mesu­­ lisé, timé ou échéancé) des indi­­ teurs de mesure d’atteinte de ca­­ l’objectif auront été iden­­ fiés. ti­­ ✓✓La zone d’autonomie du col­­ bo­­ teur comprend : la­­ ra­­ −− Les moyens et pou­­ voirs mis à sa dis­­ si­­ po­­ tion. Le mana­­ ger aura soin de les anti­­ per ou de les négo­­ selon le cas. ci­­ cier −− Les inter­­ dits, les règles et les pro­­ dures à res­­ ter. Ces cé­­ pec­­ règles concourent à la réus­­ de la délé­­ tion. site ga­­ ✓✓Les cinq règles du jeu comprennent : −− La confiance mutuelle : le délé­­ gant fait confiance à son col­ ­ la­­ ra­­ bo­­ teur pour mener à bien la mis­­ sion ou la tâche confiée et le col­­ bo­­ teur sait pou­­ la­­ ra­­ voir comp­­ sur son mana­­ ter ger pour l’accompagner dans l’accomplissement de sa mis­­ sion. −− La co-­ esponsabilité : le pro­­ sus de délé­­ tion crée une r ces­­ ga­­ rela­­ tion contrac­­ tuelle. Mana­­ et col­­ bo­­ teur par­­ ger la­­ ra­­ tagent la res­­ sa­­ lité du suc­­ et de l’échec de la mis­­ pon­­ bi­­ cès sion. Tous deux gagnent ensemble ou perdent ensemble. −− Le droit à l’erreur favo­­ l’autonomie du col­­ bo­­ teur. Il rise la­­ ra­­ accepte la prise de risque et ne cherche pas à se pro­­ ger en té­­ sol­­ ci­­ li­­ tant en per­­ nence l’accord du hié­­ chique avant ma­­ rar­­ d’agir. De plus, le droit à l’erreur par­­ cipe à son pro­­ sus ti­­ ces­­ d’apprentissage. −− La délé­­ tion implique une rela­­ ga­­ tion d’aide posi­­ tive. Délé­ ­ guer néces­­ de lais­­ l’autre réa­­ ser seul son expé­­ site ser li­­ rience et se confron­­ seul aux dif­­ cultés de la mis­­ ter fi­­ sion. Si cette condi­­ tion n’est pas rem­­ plie, la délé­­ tion n’est qu’une ga­­ simple exé­­ tion. Délé­­ cu­­ guer sous-­ ntend donc de se mettre e à la dis­­ si­­ po­­ tion du col­­ bo­­ teur dans les cas où il aurait la­­ ra­­ besoin d’aide. −− Le contrôle fait par­­ de la délé­­ tion. Il est impor­­ tie ga­­ tant pour le mana­­ et le col­­ bo­­ teur d’avoir for­­ lisé à ger la­­ ra­­ ma­­ l’avance ses moda­­ tés et sa fré­­ li­­ quence.
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    11 • Ani­­ mer,moti­­ et ver déve­­ per les compé­­ lop­­ tences Moti­­ une équipe ver Déve­­ per les compé­­ lop­­ tences des collaborateurs Délé­­ guer ou l’art de res­­ sa­­ li­­ pon­­ bi­­ ser Accom­­ gner le chan­­ ment pa­­ ge­­ Contrô­­ la délé­­ tion ler ga­­ Il y a deux façons d’exercer le contrôle. La pre­­ mière consiste à sur­ ­ veiller les indi­­ dus et à contrô­­ la confor­­ vi­­ ler mité de l’exécution. Cette pre­­ mière forme de contrôle déve­­ loppe de la défiance, de l’infantilisation et de la déresponsabilisation. La deuxième consiste à contrô­­ l’atteinte des objec­­ fixés ler tifs conjoin­­ ment selon des moda­­ tés de suivi défi­­ te­­ li­­ nies ensemble. Le rôle du mana­­ est un rôle de sou­­ ger tien vis-­ -vis de son col­­ bo­­ ­ à la­­ ra­ teur, il est un appui pour l’atteinte des objec­­ S’il y a des écarts, tifs. ils doivent trou­­ ensemble des actions cor­­ tives pour atteindre ver rec­­ les objec­­ fixés. Le contrôle est posi­­ et construc­­ pré­­ cupé de tifs tif tif, oc­­ l’avenir et non du passé. Éva­­ luer la délé­­ tion ga­­ L’évaluation de la délé­­ tion est la der­­ ga­­ nière étape du pro­­ sus. Elle ces­­ per­­ à la fois de faire un bilan et de capi­­ li­­ sur l’expérience. met ta­­ ser L’atteinte des objec­­ est le mar­­ tifs queur du suc­­ ou de l’échec cès de la délé­­ tion. Le mana­­ aura soin d’écouter le point de vue du ga­­ ger délé­­ taire et s’appuiera sur les faits pour don­­ son feedback. ga­­ ner CC Accom­­pa­­gner le chan­­ge­­ ment PRINCIPES CLÉS • Le mana­­ peut être confronté à ger des chan­­ ments pro­­ ge­­ fonds de son entre­­ prise qui ont des consé­­ quences impor­­ tantes sur la vie de ses col­­ bo­ la­­ ­ ra­­ teurs. • Pour agir conve­­ ble­­ na­­ ment, il doit comprendre les étapes qui conduisent à l’acceptation du chan­­ ment chez ge­­ un indi­­ vidu. 370 Dans un envi­­ ne­­ ron­­ ment éco­­ ­ no­ mique très évo­­ tif les entre­­ lu­­ prises doivent constam­­ ment adap­ ­ ter leur orga­­ sa­­ ni­­ tion pour être davan­­ tage flexibles et réac­­ tives. Le chan­­ ment fait par­­ de la ge­­ tie vie des entre­­ prises et les mana­ ­ gers ont un rôle majeur à jouer dans la conduite du chan­­ ment ge­­ et l’accompagnement de leurs équipes.
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    On peut défi­­deux natures de chan­­ ment : nir ge­­ ✓✓ Un chan­­ ment de faible niveau qui reste à l’intérieur des règles ge­­ exis­­ tantes du sys­­ tème. Les col­­ bo­­ teurs ne sont géné­­ le­­ la­­ ra­­ ra­­ ment pas for­­ ment impac­­ dans leur quo­­ dien. Le mana­­ de te­­ tés ti­­ ger proxi­­ mité sera effi­­ cient pour les accom­­ gner dans ce chan­­ ­ pa­­ ge­ ment. ✓✓ Un chan­­ ment impor­­ ge­­ tant qui modi­­ le sys­­ fie tème lui-­ ême et m entraîne de nou­­ veaux fonc­­ ne­­ tion­­ ments et de nou­­ velles règles. C’est ce deuxième type de chan­­ ment qui requiert une véri­­ ge­­ table atten­­ tion. Nous nous inté­­ se­­ res­­ rons à présent à cette nature de chan­ ­ ge­­ ment. Savoirs Défi­­ le chan­­ ment nir ge­­ 371 Savoir-être Dans un pro­­ sus de chan­­ ment, des blo­­ ces­­ ge­­ cages des col­­ bo­­ teurs la­­ ra­­ peuvent naître. Ils résultent de leur crainte face à une situa­­ tion inconnue dont ils ne maî­­ trisent pas l’incidence sur leur vie per­­ ­ son­ nelle. Pour que les col­­ bo­­ teurs s’impliquent dans les évo­­ tions la­­ ra­­ lu­­ d’un sys­­ tème, il faut qu’ils apprennent à chan­­ de para­­ ger digme. Un changement de para­­ digme dans l’entreprise est quelque chose que l’on pen­­ infai­­ sait sable aupa­­ vant et que l’on constate comme pos­ ra­­ ­ sible. Les col­­ bo­­ teurs ont besoin pour s’impliquer dans un nou­­ la­­ ra­­ veau sys­­ tème de chan­­ leur repré­­ ta­­ ger sen­­ tion du métier, de l’entreprise, de leur rôle et de leurs prio­­ tés. ri­­ Le compor­­ ment indi­­ duel face à un chan­­ ment de para­ te­­ vi­­ ge­­ ­ digme est évo­­ tif et passe par dif­­ rentes phases qui s’apparentent à lu­­ fé­­ un tra­­ de deuil. vail Savoir-faire Les compor­­ ments indi­­ duels face au chan­­ ment te­­ vi­­ ge­­
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    11 • Ani­­ mer,moti­­ et ver déve­­ per les compé­­ lop­­ tences Moti­­ une équipe ver Déve­­ per les compé­­ lop­­ tences des collaborateurs Délé­­ guer ou l’art de res­­ sa­­ li­­ pon­­ bi­­ ser Accom­­ gner le chan­­ ment pa­­ ge­­ Figure 11.1 ■ Les dif­­ rentes phases du chan­­ ment fé­­ ge­­ SI I I SSI I Les dif­­ rentes étapes sont : fé­­ ✓✓ la sidération et la stu­­ peur, le choc ; ✓✓ le déni : on n’y croit pas « ce n’est pas pos­­ sible » ; ✓✓ la révolte : on cherche un ou des res­­ sables ; pon­­ ✓✓ le mar­­ chan­­ dage est une phase où le col­­ bo­­ teur va essayer de la­­ ra­­ négo­­ ou de gar­­ des élé­­ cier der ments anté­­ rieurs pour ne pas être trop bou­­ versé par le chan­­ ment ; le­­ ge­­ ✓✓ la dépres­­ sion est le début du salut  : le col­­ bo­­ teur a compris la­­ ra­­ qu’il ne peut pas faire autre­­ ment et sait qu’il va devoir quit­­ ses ter anciennes habi­­ tudes, d’où une cer­­ taine tris­­ tesse ; ✓✓ l’acceptation est le moment où les choses deviennent nor­­ males ; ✓✓ le nou­­ veau pro­­ signi­­ que le col­­ bo­­ teur est ren­­ dans le jet fie la­­ ra­­ tré nou­­ veau sys­­ tème et peut se consa­­ à d’autres pro­­ crer jets. 372
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    L’accompagnement des col­­bo­­ teurs s’effectue par de l’information la­­ ra­­ et de l’explication à toutes les étapes du pro­­ Il faut pré­­ ter le jet. sen­­ chan­­ ment en sui­­ ge­­ vant scru­­ leu­­ ment les étapes sui­­ pu­­ se­­ vantes : ✓✓ pré­­ ter le pro­­ sen­­ blème ou l’événement qui est à l’origine du chan­ ­ ge­­ ment ; ✓✓ expli­­ quer le ou les objec­­ recher­­ tifs chés ; ✓✓ expo­­ les chan­­ ments orga­­ sa­­ nels qui portent sur les ser ge­­ ni­­ tion­­ rôles et mis­­ sions, les méthodes de tra­­ vail, les moyens uti­­ sés et li­­ les compé­­ tences ; ✓✓ pré­­ ter les moda­­ tés de mise en œuvre. sen­­ li­­ Savoirs Le rôle du mana­­ ger : infor­­ mer et expli­­ quer 373 Savoir-être Les fac­­ teurs prin­­ paux sont de : ci­­ ✓✓ favo­­ ser les échanges ; ri­­ ✓✓ encou­­ ger les sala­­ à for­­ ler des sug­­ tions et à les mettre ra­­ riés mu­­ ges­­ en pra­­ tique ; ✓✓ être à l’écoute des pré­­ cu­­ tions des col­­ bo­­ teurs ; oc­­ pa­­ la­­ ra­­ ✓✓ répondre aux demandes d’aide ; ✓✓ orga­­ ser des réunions d’échanges et de par­­ ni­­ tage ; ✓✓ favo­­ ser les échanges infor­­ ri­­ mels ; ✓✓ être exem­­ plaire dans ses actions ; ✓✓ rap­­ ler régu­­ re­­ pe­­ liè­­ ment les motifs du chan­­ ment et ses fina­­ ­ ge­­ li­ tés ; ✓✓ mon­­ ce que cela va appor­­ à tous mais aussi au niveau de trer ter cha­­ cun ; ✓✓ résoudre les pro­­ blèmes du quo­­ dien qui ont tou­­ ti­­ jours été lais­­ sés de côté ; ✓✓ mon­­ que l’on agit, qu’il se passe des choses ; trer ✓✓ mon­­ qu’on écoute les col­­ bo­­ teurs en pre­­ trer la­­ ra­­ nant en compte leurs dif­­ cultés et en y appor­­ fi­­ tant des solu­­ tions ; ✓✓ mon­­ les résul­­ obte­­ au fur et à mesure ; trer tats nus ✓✓ mettre en commun les bonnes pra­­ tiques pour les faire adop­­ ter par tous ; Savoir-faire Les fac­­ teurs de réus­­ site de l’accompagnement du chan­­ ment ge­­
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    11 • Ani­­ mer,moti­­ et ver déve­­ per les compé­­ lop­­ tences Moti­­ une équipe ver Déve­­ per les compé­­ lop­­ tences des collaborateurs Délé­­ guer ou l’art de res­­ sa­­ li­­ pon­­ bi­­ ser Accom­­ gner le chan­­ ment pa­­ ge­­ ✓✓ mettre en valeur les suc­­ cès ; ✓✓ faire de la reconnais­­ sance adap­­ au pro­­ tée grès et à l’effort mis en œuvre ; ✓✓ asso­­ au chan­­ ment une trans­­ ma­­ de l’environnement de cier ge­­ for­­ tion tra­­ vail : déco­­ tion, empla­­ ment, dis­­ si­­ ra­­ ce­­ po­­ tion dans les locaux. La mis­­ sion du mana­­ s’appuie sur quatre savoir-­aire prin­ ger f ­ ci­­ paux : ani­­ mer, moti­­ ver, déve­­ per les compé­­ lop­­ tences et délé­­ guer. L’exercice de ces quatre savoir-­aire requiert une f même pos­­ ture de savoir-être : tra­­ vailler avec l’humanité de cha­­ cun pour pro­­ duire des résul­­ tats. 374
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    Savoirs Chapitre 12 Les ques­­ tionsaux­­ quelles répond ce cha­­ pitre lop­­ cience dans les rela­ ­ ◆◆ Comment agir pour déve­­ per son effi­­ tions trans­ erses ? v ra­­ cace ? ◆◆ Quels sont les leviers d’une coopé­­ tion effi­­ Savoir-faire Tra­­ vailler en mode trans­­ sal ver­­ ◆◆ Qu’est-ce qu’un pro­­ jet ? 375 Savoir-être ◆◆ Comment orga­­ ser, pilo­­ puis clore les tra­­ ni­­ ter vaux d’un pro­­ jet ?
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    12 • Tra­­ vailleren mode trans­­ sal ver­­ L’enjeu de la transversalité pour le manager Déve­­ per des rela­­ lop­­ tions de coopé­­ tion ra­­ Col­­ bo­­ en mode pro­­ la­­ rer jet CC L’enjeu de la transversalité pour le mana­­ger Les qua­­ tés d’un mana­­ li­­ ger s’évaluent d’abord dans son péri­­ mètre hié­­ chique, rar­­ PRINCIPES CLÉS à la compé­­ tence qu’il a à enca­­ drer d’autres • Tra­­ vailler en mode trans­ ­ per­­ sonnes pour atteindre des résul­­ tats. ver­­ sal, c’est agir dans une L’animation de son équipe, la prise en orga­­ sa­­ ni­­ tion souple, sans compte du fac­­ teur humain, l’évaluation et liens hié­­ chiques éta­­ rar­­ blis l’évolution des per­­ sonnes vont désor­­ mais et devoir compo­­ avec la ser dif­­ rence. fé­­ de pair avec le pilo­­ tage de l’activité et en condi­­ tionnent la réus­­ site. • La seule voie de suc­­ cès réside dans la recherche Mais la véri­­ table effi­­ cité va cepen­ ca­­ ­ de coopé­­ tion. ra­­ dant bien au-­ elà. Le mana­­ avec son d ger ser­­ vice consti­­ un des maillons du sys­ tue ­ tème « entre­­ prise ». De la compré­­ sion qu’il a de cette glo­­ lité hen­­ ba­­ dépen­­ sa capa­­ à ins­­ dra cité crire son action dans un objec­­ plus large, tif celui de l’entreprise à laquelle il appar­­ tient. Le mana­­ véri­­ ble­­ ger ta­­ ment effi­­ cace est celui qui pos­­ sède ce degré d’ouverture et de compé­­ tences pour inter­ gir avec les acteurs, a internes ou externes, avec qui il par­­ tage un lien d’interdépendance. Tra­­ vailler en mode trans­­ sal est pour le mana­­ une manière ver­­ ger d’optimiser les résul­­ col­­ tifs et ceux de son ser­­ tats lec­­ vice. Ce qu’implique la transversalité La dyna­­ mique rela­­ nelle pré­­ tion­­ sente dans les rela­­ tions trans­ erses v repose sur 3 par­­ cu­­ ri­­ qui sont : ti­­ la­­ tés ✓✓ la néces­­ de devoir compo­­ avec la dif­­ rence ; sité ser fé­­ ✓✓ des liens « souples » entre les acteurs ; ✓✓ l’absence d’organisation dédiée. 376
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    En trans­­ sal,la plu­­ ver­­ part des para­­ mètres séparent les inter­­ cuteurs : lo­­ fonc­­ tion, métier, objec­­ et contraintes, pour ne citer que les plus tifs cou­­ rants. La transversalité place donc le mana­­ dans une situa­­ ger tion de méconnais­­ sance : il a besoin de comprendre le monde de l’autre sans perdre de vue ses propres inté­­ et besoin de par­­ ger et d’avancer rêts ta­­ vers le résul­­ tat. Pour chaque nou­­ veau contact, c’est un espace rela­­ nel qui tion­­ s’ouvre et des ques­­ ne­­ tion­­ ments : « Comment allons-­ ous tra­­ n vailler ensemble ? » « Pourrai-­e lui faire confiance ? » « Arriverons-­ ous au j n résul­­ faci­­ ment ? » La réponse est à chaque fois unique. tat le­­ Savoirs La néces­­ sité de devoir compo­­ ser avec la dif­­ rence fé­­ Dans son ser­­ vice, le mana­­ dis­­ ger pose d’un pou­­ voir d’autorité et de liens de subor­­ na­­ di­­ tion avec sa hié­­ chie et son équipe. Dans les rar­­ rela­­ tions trans­ erses, il n’a ni le pou­­ de déci­­ seul, ni rat­­ che­ v voir der ta­­ ­ ment pré­­ avec les acteurs. cis En trans­­ sal, les rap­­ ver­­ ports entre indi­­ dus dépendent des vi­­ contextes et enjeux de chaque situa­­ tion. Ils sont plus mou­­ vants, plus complexes, emprunts de logiques d’acteurs et de pou­­ voir. L’attitude de coopé­­ tion est la plus inté­­ sante pour déve­­ per ra­­ res­­ lop­­ une rela­­ tion construc­­ et fruc­­ tive tueuse. Savoir-faire Des liens « souples » entre les acteurs La logique trans­­ sale est rare­­ ver­­ ment for­­ li­­ au plan orga­­ sa­ ma­­ sée ni­­ ­ tion­­ Aussi pour les pro­­ go­­ nel. ta­­ nistes qui s’y engagent, il y a néces­ ­ sité d’investir et de struc­­ rer cet espace de tra­­ tu­­ vail. Dès le démar­ ­ rage il est utile de cla­­ fier un cadre commun, de s’accorder sur un ri­­ objec­­ par­­ tif tagé, sur des valeurs, des règles de fonc­­ ne­­ tion­­ ment et des méthodes de tra­­ vail. Sans ce cadre, chaque dif­­ rence de point de vue sera poten­ fé­­ ­ tiel­­ ment por­­ le­­ teuse de désac­­ cords et de dys­­ tion­­ ments. Une fonc­­ ne­­ fois la col­­ bo­­ tion enga­­ la­­ ra­­ gée, il fau­­ veiller au respect du cadre dra commun. 377 Savoir-être L’absence d’organisation dédiée
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    12 • Tra­­ vailleren mode trans­­ sal ver­­ L’enjeu de la transversalité pour le manager Déve­­ per des rela­­ lop­­ tions de coopé­­ tion ra­­ Col­­ bo­­ en mode pro­­ la­­ rer jet Agir effi­­ ce­­ ca­­ ment en trans­­ sal : la coopé­­ tion ver­­ ra­­ La coopé­­ tion est le moyen le plus effi­­ ra­­ cace pour fonc­­ ner tion­­ ensemble sur le long terme. Elle agit à la fois sur la qua­­ des résul­ lité ­ tats et de la rela­­ tion. Sur la qua­­ des résul­­ lité tats : une déci­­ sion éla­­ ­ bo­ rée ensemble engage plus les co­ écideurs dans le plan d’actions. Sur d la qua­­ de la rela­­ lité tion : coopé­­ néces­­ au départ de se sen­­ en rer site tir confiance, ensuite les effets de la coopé­­ tion déve­­ ra­­ loppent et ren­ ­ forcent la confiance. Pour le mana­­ déve­­ per une rela­­ ger, lop­­ tion de coopé­­ tion avec les ra­­ acteurs trans­ erses sup­­ v pose 3 condi­­ tions : ✓✓ avoir le pou­­ voir de le faire ; ✓✓ en avoir l’envie et la volonté ; ✓✓ avoir les compé­­ tences pour la mettre en œuvre dès le 1er contact et sur le long terme. Figure 12.1 ■ Les 3 condi­­ tions de la coopé­­ tion ra­­ Savoir coopérer Pouvoir coopérer Vouloir coopérer Pou­­ voir coopé­­ rer Pou­­ voir coopé­­ fait réfé­­ rer rence au sys­­ tème orga­­ sa­­ nel et ni­­ tion­­ managérial de l’entreprise. 378
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    Savoirs Ce der­­ nier vafaci­­ ter la coopé­­ tion, lorsque : li­­ ra­­ ✓✓ il existe une cohé­­ rence entre la fonc­­ tion du mana­­ et les pou­ ger ­ voirs dont il dis­­ pose ; ✓✓ les actions enga­­ gées par les uns et par les autres cor­­ pondent à res­­ ce qui est défini. À l’inverse, le manque de cadre ou son non-­ espect entraî­­ r nera des dys­­ tion­­ ments et des rap­­ fonc­­ ne­­ ports de force. Dans un contexte de tra­­ plus complexe, cla­­ fier l’architecture vail ri­­ du sys­­ tème est la condi­­ tion pre­­ mière pour per­­ mettre la régu­­ tion la­­ des rela­­ tions entre les per­­ sonnes. L’organisation par le sys­­ tème et la régu­­ tion entre les acteurs sont deux moyens complé­­ taires la­­ men­­ pour opti­­ ser le fonc­­ ne­­ mi­­ tion­­ ment glo­­ Si la pre­­ bal. mière manque, la seconde est dif­­ cile à mettre en œuvre. fi­­ Savoir coopé­­ rer Les qua­­ tés pour coopé­­ portent sur : l’analyse des situa­­ li­­ rer tions, la connais­­ sance de soi pour se situer dans la rela­­ tion et comprendre l’autre et la mise en œuvre de compé­­ tences rela­­ nelles mul­­ tion­­ tiples : prendre la parole, écou­­ expri­­ ses émo­­ ter, mer tions et réguler. La finesse avec laquelle le mana­­ va uti­­ ser toutes ses res­­ ger li­­ sources est la clef pour adap­­ ses compor­­ ments aux contextes diver­­ fiés ter te­­ si­­ et aux niveaux de ses inter­­ cuteurs. lo­­ 379 Savoir-être Vou­­ coopé­­ ren­­ loir rer voie à la matu­­ rela­­ nelle du mana­­ à rité tion­­ ger, ses valeurs et croyances, à sa manière de se repré­­ ter la rela­­ sen­­ tion avec l’autre et au sens que cela a pour lui. La moti­­ vation et l’énergie qu’il va inves­­ dans l’action seront tir fonc­­ tion de l’évaluation qu’il va por­­ sur ces fac­­ ter teurs. Savoir-faire Vou­­ loir coopé­­ rer
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    12 • Tra­­ vailleren mode trans­­ sal ver­­ L’enjeu de la transversalité pour le manager Déve­­ per des rela­­ lop­­ tions de coopé­­ tion ra­­ Col­­ bo­­ en mode pro­­ la­­ rer jet CC Déve­­lop­­per des rela­­tions de coopé­­ra­­tion PRINCIPE CLÉ • Prendre du recul sur ses pra­­ tiques, ana­­ ser et ly­­ comprendre la situa­­ tion sont deux axes forts pour tra­­ vailler effi­­ ce­­ ca­­ ment en situa­­ tion de coopé­­ tion. ra­­ Nous vous pro­­ sons six outils pour vous po­­ aider à déve­­ per des rela­­ lop­­ tions de coopé­ ­ ra­­ tion en trans­­ sal. Nous vous invi­­ ver­­ tons à les consi­­ rer comme autant de facettes dé­­ complé­­ taires d’un même pro­­ sus men­­ ces­­ qu’il fau­­ asso­­ pour être effi­­ dra cier cace. Ces notions vous invitent à por­­ un ter regard dans trois direc­­ tions : une meilleure compré­­ sion de vous-­ ême, des autres et hen­­ m de la situa­­ tion. 1re clé : notre manière d’entrer en rela­­ tion Notre manière d’entrer en rela­­ tion influe sur les résul­­ que nous tats 1 met obte­­ nons. L’outil des posi­­ tions de vie per­­ de prendre conscience des repré­­ ta­­ sen­­ tions de nous-­ êmes et des autres pré­­ m sentes dans cha­ ­ cun de nos contacts. Figure 12.2 ■ Les posi­­ tions de vie L’autre + Perdant/Gagnant Gagnant/Gagnant (–/+) (+/+) Moi – + Perdant/Perdant Gagnant/Perdant (–/–) (+/–) – 1. Les posi­­ tions de vie sont décrites dans le détail dans le cha­­ pitre 13. 380
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    Que le mana­­soit en posi­­ ger tion de vie –/+ (per­­ dant/gagnant) ou en posi­­ tion de vie +/– (gagnant/per­­ dant), on se trouve face à une situa­­ tion dés­­ li­­ équi­­ brée. Elle aura des consé­­ quences néga­­ tives sur le résul­­ et les per­­ tat sonnes. Un inter­­ cuteur en posi­­ lo­­ tion (–) n’osera pas expri­­ ses besoins mer et ses idées et minimi­­ ses contraintes. Cela entraî­­ sera nera un par­­ tage pauvre et donc un espace de col­­ bo­­ tion réduit et glo­­ le­­ la­­ ra­­ ba­­ ment une perte d’information. Au niveau des résul­­ tats, cette situa­­ tion est poten­­ le­­ tiel­­ ment por­ ­ teuse de dys­­ tion­­ ments. Les élé­­ fonc­­ ne­­ ments non par­­ gés dès le début ta­­ devront l’être tar­­ ve­­ di­­ ment. Cela entraî­­ nera régu­­ tions et actions la­­ cor­­ tives qui auraient pu être évi­­ rec­­ tées. Au niveau des rela­­ tions, il n’y a ni attrait, ni plai­­ pour les inter­ sir ­ lo­­ cuteurs à col­­ bo­­ la­­ rer. Savoirs Une situa­­ tion de dés­­ équi­­ libre Si le mana­­ est en posi­­ ger tion de vie –/– ou per­­ dant/per­­ dant, on accé­­ le pro­­ sus pré­­ dent. Dans ce cas, aucun des par­­ naires lère ces­­ cé­­ te­­ ne sera capable d’impulser une dyna­­ mique posi­­ tive. Au niveau des résul­­ tats, en cas de dif­­ cultés, le manque d’énergie fi­­ ren­­ dif­­ cile toute recherche de solu­­ dra fi­­ tions. Au niveau des rela­ ­ tions, là encore, on n’obtiendra pas d’élément posi­­ ni plai­­ ni tif : sir, confiance. Savoir-faire Une situa­­ tion d’échec La posi­­ tion de vie +/+ ou gagnant/gagnant est la posi­­ tion opti­­ male pour la coopé­­ tion. Les pro­­ go­­ ra­­ ta­­ nistes sont là pour asso­­ leurs cier res­­ sources et co-­ onstruire. La pos­­ c ture ici n’est pas de gagner sur l’autre, mais de gagner avec lui. Au niveau des résul­­ tats, les pro­­ blèmes et contraintes seront abor­ ­ dés comme des carac­­ ris­­ té­­ tiques de la situa­­ tion. Au niveau des rela­ ­ tions, l’énergie indi­­ duelle et col­­ tive est alors diri­­ vers un but vi­­ lec­­ gée commun. 381 Savoir-être La situa­­ tion opti­­ male
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    12 • Tra­­ vailleren mode trans­­ sal ver­­ L’enjeu de la transversalité pour le manager Déve­­ per des rela­­ lop­­ tions de coopé­­ tion ra­­ Col­­ bo­­ en mode pro­­ la­­ rer jet 2e clé : la premiere impres­­ sion Lorsque nous commu­­ quons, nous uti­­ sons 3 canaux : ni­­ li­­ ✓✓ Le canal ver­­   : le contenu du mes­­ sage. Il s’exprime par les bal mots. ✓✓ Le canal vocal : la vitesse, le ton et le rythme de la parole. ✓✓ Le canal ges­­  : le lan­­ gage du corps (les gestes, mou­­ ments et ve­­ tuel pos­­ tures) et les expres­­ sions du visage (le regard, le sou­­ rire). 1 dence ce qui se joue lors d’un pre­ ­ Albert Mehrabian a mis en évi­­ mier contact pour notre inter­­ cuteur. lo­­ Ainsi, lorsqu’une per­­ sonne nous ren­­ contre pour la 1re fois, elle attache une impor­­ tance dif­­ rente à ces 3 canaux : fé­­ ✓✓ le ver­­ à hau­­ bal teur de 7 % ; ✓✓ le vocal pour 38 % ; ✓✓ le ges­­ tuel pour 55 %. Le vocal et le ges­­ tuel indiquent à l’autre le type de rela­­ tion que nous vou­­ lons créer avec lui. De cet apport, nous pou­­ vons tirer un ensei­­ ment pour la col­ gne­­ ­ la­­ ra­­ bo­­ tion trans­ erse. Il est néces­­ v saire de por­­ une atten­­ ter tion ren­ ­ for­­ à la cohé­­ cée rence de nos mes­­ sages pour amé­­ rer l’efficacité de lio­­ notre commu­­ ca­­ ni­­ tion. Les 3 canaux doivent être uti­­ sés conjoin­­ ­ li­­ te­ ment pour pas­­ le même mes­­ ser sage. 3e clé : les niveaux de matu­­ des inter­­ cuteurs rité lo­­ La prise en compte de la matu­­ de son inter­­ cuteur per­­ rité lo­­ met d’affûter sa commu­­ ca­­ ni­­ tion quelle que soit la situa­­ tion de tra­­ vail. Elle est par­­ cu­­ re­­ ti­­ liè­­ ment utile dans le cadre d’une rela­­ tion trans­ verse. Nous ferons un zoom sur : ✓✓ la matu­­ pro­­ sion­­ rité fes­­ nelle ; ✓✓ la matu­­ rela­­ nelle. rité tion­­ 1. Albert Mehrabian, cher­ heur à l’Université de Californie. c 382
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    La matu­­ rité pro­­sion­­ fes­­ nelle Elle est fonc­­ tion des niveaux de compé­­ tence et de moti­­ vation d’une per­­ sonne par rap­­ port à une acti­­ vité. Ces niveaux peuvent être cha­ ­ cun faible ou fort. Savoirs Figure 12.3 ■ Les niveaux de matu­­ pro­­ sion­­ rité fes­­ nelle Compétence forte M1 M4 Motivation forte Motivation faible Compétence faible On dis­­ tingue ainsi quatre niveaux de matu­­ pro­­ sion­­ rité fes­­ nelle : ✓✓ M1 : la per­­ sonne est moti­­ et compé­­ vée tente. ✓✓ M2 : elle est moti­­ et peu compé­­ vée tente. ✓✓ M3 : elle est peu moti­­ et peu compé­­ vée tente. ✓✓ M4 : elle est peu moti­­ et compé­­ vée tente. Le mana­­ dis­­ ger pose de deux leviers. Si la compé­­ tence est faible : ✓✓ Le mana­­ devra faire des pro­­ si­­ ger po­­ tions pour amor­­ la col­­ ­ cer la­ bo­­ tion. ra­­ ✓✓ Ensuite il sera inté­­ sant qu’il ques­­ res­­ tionne l’interlocuteur, qu’il lui fasse vali­­ les options émises et s’assure qu’il n’y a pas de der contre-­ndication. i Si la moti­­ vation est faible, le mana­­ doit d’abord en comprendre ger les rai­­ sons et savoir s’il est en cause. ✓✓ Si oui, il doit iden­­ fier le besoin de l’autre. ti­­ 383 Savoir-faire M2 Savoir-être M3
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    12 • Tra­­ vailleren mode trans­­ sal ver­­ L’enjeu de la transversalité pour le manager Déve­­ per des rela­­ lop­­ tions de coopé­­ tion ra­­ Col­­ bo­­ en mode pro­­ la­­ rer jet ✓✓ Si non, il lui faut cher­­ cher des leviers pos­­ sibles pour déblo­­ quer la situa­­ tion en fai­­ sant appel éven­­ le­­ tuel­­ ment à d’autres res­­ sources. Le mana­­ pourra uti­­ ser ces deux leviers de la façon sui­ ger li­­ ­ vante : ✓✓ Dans le cas M1, le mana­­ pourra faci­­ ment envi­­ ger une col­ ger le­­ sa­­ ­ la­­ ra­­ bo­­ tion. ✓✓ Dans le cas M2, il fera appel au pre­­ mier levier  : action sur la moti­­ vation. ✓✓ Dans le cas M3, il fera appel aux deux leviers, en veillant bien à amor­­ le tra­­ par le levier de la moti­­ cer vail vation. ✓✓ Dans le cas M4, il fera appel au second levier  : action sur la compé­­ tence. La matu­­ rité rela­­ tion­­ nelle Elle fait réfé­­ rence au niveau de conscience de soi que pos­­ sède une per­­ sonne. Cette conscience de soi pré­­ sente trois inté­­ majeurs : rêts ✓✓ elle per­­ met d’engager des pistes de chan­­ ment sur les compor­ ge­­ ­ te­­ ments « limitants » ; ✓✓ c’est un moyen d’accéder à davan­­ tage d’informations sur le sujet de la col­­ bo­­ tion ainsi qu’à des infor­­ tions de meilleure qua­ la­­ ra­­ ma­­ ­ lité ; ✓✓ consé­­ quence de ces deux dimen­­ sions, la per­­ sonne va amé­­ rer sa lio­­ faculté à inter­ gir. a La matu­­ rela­­ nelle d’une per­­ rité tion­­ sonne condi­­ tionne sa façon d’entrer en rela­­ tion. Plus elle est forte plus le contact pourra être de qua­­ Pour trou­­ le bon niveau d’interaction, le mana­­ en lité. ver ger rela­­ tion trans­ erse va éva­­ 2 fac­­ v luer teurs : ✓✓ Le besoin de sti­­ lation de l’autre qu’il détecte. Le mana­­ mu­­ ger doit-­l agir pour que son inter­­ cuteur s’implique dans l’action i lo­­ commune ? ✓✓ Le niveau de syner­­ présent d’emblée dans la rela­­ gie tion. Le mana­ ­ ger ressent-­l un esprit de col­­ bo­­ tion ou de compé­­ i la­­ ra­­ tition ? 384
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    Figure 12.4 ■ Les niveauxd’interaction Besoin de stimulation 2- Contre-dépendance Antagonisme Synergie 4- Interdépendance Savoirs 1- Dépendance 3- Indépendance 385 Savoir-être Le croi­­ ment de ces deux fac­­ se­­ teurs déter­­ mine quatre stades de matu­­ rité rela­­ nelle : la dépen­­ tion­­ dance, la contre-­ épendance, d l’indépendance et l’interdépendance. ✓✓ Au 1er stade  : la dépen­­ dance, le mana­­ est face à un inter­ ger ­ lo­­ cuteur qui s’affirme peu et a besoin d’être pris en charge. Il devra alors être moteur : faire des pro­­ si­­ po­­ tions et les faire vali­­ der, s’assurer de l’accord tout au long du pro­­ sus. Une fois l’action ces­­ enga­­ le dérou­­ ment se fera de manière conjointe. gée, le­­ ✓✓ Au stade 2  : la contre-­ épendance, la per­­ d sonne commence à s’affirmer, mais le fait le plus sou­­ vent dans l’opposition. Le mana­ ­ ger devra conti­­ nuer à être moteur. Il devra en outre être vigi­­ lant pour inté­­ grer cette atti­­ tude « rebelle », de manière construc­­ tive. ✓✓ Au stade 3 : l’indépendance, la per­­ sonne est en capa­­ de faire cité des choix seule, mais elle est peu por­­ à compo­­ avec la dif­­ ­ tée ser fé­ rence. La dif­­ culté ici pour le mana­­ sera de trou­­ le ter­­ fi­­ ger ver rain de col­­ bo­­ tion pos­­ la­­ ra­­ sible et les enjeux posi­­ pour l’autre. tifs ✓✓ Au stade 4  : l’interdépendance, l’interlocuteur n’a pas besoin d’être poussé pour agir car il en a les moyens. Comme il intègre dans ses choix d’autres réa­­ tés que la sienne, il se place natu­­ ­ li­­ rel­ le­­ ment dans une rela­­ tion de col­­ bo­­ tion. la­­ ra­­ Savoir-faire Pas de besoin de stimulation
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    12 • Tra­­ vailleren mode trans­­ sal ver­­ L’enjeu de la transversalité pour le manager Déve­­ per des rela­­ lop­­ tions de coopé­­ tion ra­­ Col­­ bo­­ en mode pro­­ la­­ rer jet 4e clé : les mondes pro­­ sion­­ fes­­ nels Pour­­ quoi des per­­ sonnes fonctionnent-­ lles bien ensemble ou pas ? e Pour­­ quoi face à une situa­­ tion, y a-t-il a autant de res­­ tis et d’actions sen­­ dif­­ rents ? fé­­ rage sur Les tra­­ vaux de Boltanski et Thévenot1 apportent un éclai­­ ce qui rap­­ proche ou sépare les per­­ sonnes. Ils ont iden­­ fié sept mondes dif­­ rents. Chaque monde se carac­ ti­­ fé­­ ­ té­­ par des simi­­ tudes compor­­ men­­ rise li­­ te­­ tales, une pré­­ si­­ lité d’une vi­­ bi­­ situa­­ tion à une autre et des prin­­ cipes communs qui les struc­­ turent (règles, normes et conven­­ tions spé­­ fiques) : ci­­ ✓✓ Le monde de l’inspiration tout entier tourné vers l’œuvre ori­­ ­ gi­ nale et le génie créa­­ teur. ✓✓ Le monde domes­­ tique, atta­­ ché à des tra­­ tions fami­­ di­­ liales et sociétales. ✓✓ Le monde mar­­ chand, dans lequel les notions de compé­­ tition et de concur­­ rence dominent. ✓✓ Le monde de l’opinion, sen­­ sible à l’audimat et aux fac­­ teurs d’image. ✓✓ Le monde indus­­ triel qui parle tech­­ nique, per­­ mance, inves­­ se­ for­­ tis­­ ­ ment, retour sur inves­­ se­­ tis­­ ment et valo­­ avant tout l’efficacité. rise ✓✓ Le monde connexionniste, tourné vers les nou­­ velles formes d’or‑ ganisations, souples, mou­­ vantes et qui cultive un esprit d’adapt‑ abilité, de par­­ tage et de chan­­ ment per­­ ge­­ manent. ✓✓ Le monde civique qui valo­­ les ins­­ rise tances col­­ tives. lec­­ Le tableau 12.1 détaille les carac­­ ris­­ té­­ tiques de ces sept mondes. 1. L.Boltanski, L.Thévenot, De la jus­­ fi­­ ti­­ cation, les éco­­ mies de la gran­­ no­­ deur, Gallimard, 1991. 386
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    L’insolite La rou­­ tine Des artistes L’esprit lecorps Être prêt à prendre des risques L’imaginaire l’introspection Ce qui est impor­­ tant Ce qui est jugé médiocre Comment les per­­ sonnes se voient À quoi, accordente ­ lles de l’importance Que faut-­l i faire pour en faire par­­ tie Les valeurs fortes Ins­­ ra­­ pi­­ tion Le bon sens Être dans le devoir La pré­ ­ séance cha­­ cun à sa place La vul­­ rité ga­­ La tra­­ tion di­­ Domes­­ tique Savoir-faire La pré­­ sence Renon­­ cer au secret Les marques Des vedettes Être ignoré ou banal Le fait d’être vu Opi­­ nion Civique La jus­­ tice Renon­­ à cer l’individualité La loi Une col­­ ti­­ lec­­ vité L’individualisme L’engagement col­­ tif lec­­ Tableau 12.1 ■ Les sept mondes de Boltanski et Thévenot Savoir-être 387 Le mar­­ ché Oppor­­ ­ tu­ nisme La richesse Concur­­ rents ou clients Perdre Le CA, la marge Mar­­ chand Savoirs Le tra­­ vail Inves­­ se­ tis­­ ­ ment Les moyens Des pro­­ ­ fes­ sion­­ nels L’inefficacité La per­­ ­ for­ mance Indus­­ triel La richesse des idées et le par­­ tage Adap­­ tion ta­­ l’agilité pour réus­ ­ sir Des coopé­­ rants Le manque d’adaptation Le réseau Connexionniste
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    12 • Tra­­ vailleren mode trans­­ sal ver­­ L’enjeu de la transversalité pour le manager Déve­­ per des rela­­ lop­­ tions de coopé­­ tion ra­­ Col­­ bo­­ en mode pro­­ la­­ rer jet Ainsi chaque métier, chaque ser­­ vice, chaque orga­­ sa­­ ni­­ tion, chaque entre­­ prise grâce à ces fon­­ ments fédé­­ teurs va déve­­ per chez de­­ ra­­ lop­­ ses membres un sen­­ ment de proxi­­ ti­­ mité et une plus grande aisance pour concré­­ ser des résul­­ dans leur « monde ». ti­­ tats À l’inverse lorsqu’il n’y a pas d’appartenance commune, ce fac­ ­ teur peut expli­­ quer des dif­­ cultés : fi­­ ✓✓ Si le monde mar­­ chand appré­­ un rap­­ cie port au temps très court, le monde indus­­ triel va inté­­ grer le long terme. ✓✓ Si le monde civique met en avant la dimen­­ sion col­­ tive, le lec­­ monde de l’opinion va pri­­ lé­­ l’individu qui se démarque, la vi­­ gier « vedette ». ✓✓ Et que dire du monde domes­­ tique très atta­­ aux tra­­ tions face ché di­­ au monde de l’inspiration qui valo­­ l’imagination et la folie rise créa­­ trice ? Le tableau 12.2 détaille le regard cri­­ tique que chaque monde porte sur les autres. Aussi lorsque le mana­­ inter­ git en trans­­ sal, il est en contact ger a ver­­ avec tous les mondes, même ceux dont il est éloi­­ gné. Ces tableaux vont l’aider à : ✓✓ ana­­ ser les carac­­ ris­­ ly­­ té­­ tiques de ses inter­­ cuteurs (à quel monde lo­­ appartiennent-­ls ?) ; i ✓✓ éclai­­ les blo­­ rer cages et les résis­­ tances ; ✓✓ faire tout pour s’adapter à l’autre et notam­­ ment veiller à uti­­ ser li­­ son lan­­ gage ; ✓✓ évo­­ luer ensemble vers des repères communs. 5e clé : l’analyse du contexte Une ana­­ fine du contexte per­­ d’optimiser le temps d’échange. lyse met Elle consiste en l’observation de ce qui se joue dans la situa­­ tion d’interface, pour soi-­ ême et pour l’interlocuteur. m 388
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    Les habi­­ tudes Les prin­­ cipes Ins­­ra­­ pi­­ tion Le trop de col­ ­ lec­­ (l’État) tif L’intérêt La place de l’argent Le répé­­ titif Les méthodes La logique Opi­­ nion Civique Mar­­ chand Indus­­ triel Connexionniste Tenir compte d’autrui Les appa­­ rences Les mon­­ ni­­ da­­ tés Les signes exté­­ rieurs Domes­­ tique Ins­­ ra­­ pi­­ tion Cri­­ tiques du monde de /sur Le manque de hié­­ chie rar­­ Inter­­ dire les son­­ dages en période élec­ ­ to­­ rale Le pater­­ lisme na­­ Les habi­­ tudes Le copi­­ nage Le bouillon­­ ­ ne­ ment créa­­ teur Civique Savoir-faire Le tout réseau et l’absence d’existence par soi-­ ême m La rigi­­ dité La tech­­ cra­­ no­­ tie Le trop col­­ tif lec­­ Sno­­ bisme Les pré­­ gés, ju­­ Les tra­­ tions di­­ Les rela­­ tions per­­ nelles son­­ Manque de sang-­roid f Mar­­ chand Pas assez régle­ Le temps ­ menté pour aller au consen­­ sus La bureau­­ tie cra­­ Le manque de démo­­ tie cra­­ La publi­­ cité et L’individualisme les rela­­ tions pour vendre La bana­­ des lité per­­ sonnes La dis­­ tion cré­­ La hié­­ chie rar­­ La fausse pro­ ­ fon­­ deur Igno­­ l’opinion rer d’autrui Opi­­ nion La mau­­ vaise La spé­­ ficité ci­­ qua­­ des pro­ lité ­ tech­­ nique, mal duits stan­­ dards, expli­­ quée La perte des vrais savoirs faire La logique de l’argent L’irresponsabilité de tout un cha­­ cun Manque de dis­ ­ cré­­ tion Se don­­ ner en spec­­ tacle Le laisser-­ ller a L’imprévisibilité La spon­­ néité ta­­ Domes­­ tique Tableau 12.2 ■ La cri­­ tique des mondes entre eux Savoir-être 389 Leurs pré­­ ga­­ ro­­ tives L’indépendance Le chan­­ ment ge­­ d’idées Connexionniste Savoirs Le manque de contrôle Les caprices du mar­­ ché, la pres­ ­ sion client et concur­­ rence Les pro­­ dures cé­­ admi­­ tra­­ nis­­ tives, Le coût de la poli­ ­ tique sociale Les pro­­ dures cé­­ Les rela­­ tions court terme La rigi­­ dité des règles Le pro­­ duit de luxe Le vedet­­ riat sans ta­­ lien pour le pro­­ mou­ ­ voir Le petit chef, Les par­­ cu­­ ­ ti­­ la­ rismes Impro­­ sa­­ vi­­ tion Côté brouillon Indus­­ triel
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    12 • Tra­­ vailleren mode trans­­ sal ver­­ L’enjeu de la transversalité pour le manager Déve­­ per des rela­­ lop­­ tions de coopé­­ tion ra­­ Col­­ bo­­ en mode pro­­ la­­ rer jet Deux outils vous aide­­ ront dans cette ana­­ lyse : ✓✓ la grille de pré­­ ra­­ pa­­ tion ; ✓✓ la car­­ gra­­ to­­ phie des acteurs. Nous uti­­ se­­ li­­ rons, un modèle de ques­­ ne­­ tion­­ ment qui s’inspire de l’analyse socio­­ gique de Crozier et Friedberg1. Il s’agit de lo­­ comprendre ce que cha­­ cun va retirer de la ren­­ contre. Ce tra­­ vail amont per­­ met une meilleure prise en compte de la situa­­ tion, mais il ne faut s’y enfer­­ mer lors des ren­­ contres et savoir main­­ nir ses qua­­ tés de dia­­ te­­ li­­ logue et d’écoute. La grille de pré­­ ra­­ pa­­ tion Il s’agit de mener une réflexion sur soi et ses inter­­ cuteurs sur les lo­­ thèmes sui­­ vants : ✓✓ l’objectif pour­­ suivi au cours de la col­­ bo­­ tion ; la­­ ra­­ ✓✓ les impacts posi­­ et néga­­ poten­­ tifs tifs tiels de la col­­ bo­­ tion pour la­­ ra­­ cha­­ cun ; ✓✓ les res­­ sources que cha­­ pour­­ mettre à dis­­ si­­ cun rait po­­ tion de l’autre ; ✓✓ les zones de blo­­ cage pos­­ sibles ; ✓✓ les zones d’accord ; ✓✓ les marges de manœuvre. Tableau 12.3 ■ Exemple de grille de pré­­ ra­­ pa­­ tion Moi Mes inter­­ cuteurs lo­­ L’objectif Les impacts posi­­ tifs Les impacts néga­­ tifs Les res­­ sources Les zones de blo­­ cages pos­­ sibles Les zones d’accord Les marges de manœuvre 1. M. Crozier, E. Friedberg, L’acteur et le sys­­ tème, Seuil, 1981. 390
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    La car­­ gra­­ to­­phie des acteurs On déduit, de cette ana­­ lyse, le posi­­ ne­­ tion­­ ment de cha­­ des acteurs cun du pro­­ sous forme d’une car­­ gra­­ jet to­­ phie. Cette car­­ gra­­ to­­ phie aidera à une bonne coopé­­ tion grâce à la compré­­ sion de la posi­­ ra­­ hen­­ tion de cha­­ des acteurs. cun Savoirs Figure 12.5 ■ Car­­ gra­­ to­­ phie des acteurs Ressources + Opposants Engagés Impacts – Impacts + Coopératifs Ressources – 6e clé : le contrat et la confiance Savoir-faire Divergents En défi­­ tive, deux dimen­­ ni­­ sions sont fon­­ men­­ da­­ tales pour coopé­­ rer : un cadre commun clair et des rela­­ tions de qua­­ lité. Il pré­­ sente de nom­­ breux inté­­ rêts : ✓✓ s’obliger à intro­­ duire de la rigueur et de l’efficacité dans la manière de tra­­ vailler ; ✓✓ défi­­ et for­­ li­­ les moyens que l’on va mettre en œuvre nir ma­­ ser ensemble ; ✓✓ inté­­ grer les diver­­ tés pré­­ si­­ sentes ; ✓✓ se don­­ une occa­­ ner sion d’installer la coopé­­ tion. ra­­ 391 Savoir-être Un pro­­ sus commun : le contrat ces­­
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    12 • Tra­­ vailleren mode trans­­ sal ver­­ L’enjeu de la transversalité pour le manager Déve­­ per des rela­­ lop­­ tions de coopé­­ tion ra­­ Col­­ bo­­ en mode pro­­ la­­ rer jet Tableau 12.4 ■ Guide pour éta­­ le contrat blir Moi Lui Objec­­ tifs Don­­ nées d’entrée Ensemble Notre objec­­ commun tif Syn­­ thèse des don­­ nées d’entrée Attentes Besoins Contraintes Les solu­­ tions, déci­­ sions, plan d’action Idées Des rela­­ tions de qua­­ lité : la confiance La confiance est un des piliers des rela­­ tions construc­­ tives. Elle nous per­­ de foca­­ ser toutes les forces en pré­­ met li­­ sence. Pour le démon­­ trer, fai­­ sons un test rapide. Test −− Pen­­ sez pen­­ dant quelques ins­­ tants à une situa­­ tion dans laquelle vous ne vous êtes pas senti en confiance, et notez comment vous vous êtes comporté. −− Qu’avez-vous fait ? −− Vous allez pro­­ ble­­ ba­­ ment consa­­ crer une par­­ de vos res­­ tie sources à vous ras­­ rer et à vous pro­­ ger. Bref à faire autre chose que ce pour su­­ té­­ quoi vous ren­­ contriez l’autre. 392
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    CC Col­­la­­bo­­rer enmode pro­­ jet Pro­­ et mana­­ ment jet ge­­ hié­­ chique rar­­ PRINCIPES CLÉS • Une bonne connais­­ sance du mode de fonc­­ ne­­ tion­­ ment en pro­­ s’impose. jet Deux défi­­ tions du mot pro­­ sont par­­ cu­­ re­­ ni­­ jet ti­­ liè­­ ment por­­ teuses de sens. La défi­­ tion du Dic­­ naire de mana­­ ment de pro­­ 1  : ni­­ tion­­ ge­­ jet « Un pro­­ est un pro­­ sus unique qui consiste en un ensemble jet ces­­ d’activités coor­­ nées et maî­­ sées compor­­ don­­ tri­­ tant des dates de début et de fin, entre­­ dans le but d’atteindre un objec­­ conforme à des pris tif exi­­ gences spé­­ fiques, incluant les contraintes de délais, de coûts et ci­­ de res­­ sources. » Cette défi­­ tion met en exergue le fait qu’un pro­­ est un ni­­ jet ensemble d’actions, et non pas le résul­­ attendu lui-­ ême. Ainsi tat m quand un mana­­ gère un pro­­ il gère des actions per­­ tant de ger jet, met­­ pro­­ duire un résul­­ attendu. tat Le pro­­ s’inscrit dans un cadre de niveau supé­­ jet rieur : celui de la mis­­ sion et de la stra­­ gie de l’entreprise. té­­ 1. Dic­­ naire de mana­­ ment de pro­­ 5è édi­­ tion­­ ge­­ jet, tion de l’AFITEP, AFNOR 2010. 393 Savoir-faire Le pro­­ jet • Tout mana­­ est néces­­ ­ ger sai­ re­­ ment impli­­ qué dans les pro­­ jets comme contributeur, chef de pro­­ mana­­ de jet, ger contributeurs, voire mana­­ ger de chefs de pro­­ jet. Savoir-être Le mot « pro­­ jet » s’est géné­­ lisé pro­ ra­­ ­ gres­­ ve­­ si­­ ment depuis les années 1990. Dans cer­­ tains sec­­ teurs d’activités (ingé­ ­ nie­­ infor­­ tique), il fait même par­ rie, ma­­ ­ tie inté­­ grante de la culture d’entreprise depuis plus de qua­­ rante ans. Savoirs • Le mode pro­­ est devenu jet incontour­­ nable. Défi­­ tions des pro­­ ni­­ jets
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    12 • Tra­­ vailleren mode trans­­ sal ver­­ L’enjeu de la transversalité pour le manager Déve­­ per des rela­­ lop­­ tions de coopé­­ tion ra­­ Col­­ bo­­ en mode pro­­ la­­ rer jet Tableau 12.5 ■ Exemple d’objectif pro­­ et de mis­­ jet sion asso­­ ciée Objec­­ de pro­­ tif jet Construire une usine de fabri­­ ­ ca­ tion de pneu­­ tiques au Bré­­ ma­­ sil, d’une capa­­ cité d’un million de pneu­­ tiques par an, dans un ma­­ bud­­ et un délai donné. get Mis­­ sion dans laquelle s’inscrit le pro­­ jet Stra­­ gie de té­­ l’entreprise Prendre des parts de mar­­ ché sur le mar­­ ché MERCOSUR, au moment de son déve­­ pe­­ lop­­ ment. Assu­­ la place de lea­­ rer der mon­­ dial dans son acti­­ vité. La défi­­ tion du Guide du cor­­ des connais­­ ni­­ pus sances en mana­­ ­ ge­ jet prise tem­­ raire ini­­ dans le po­­ tiée ment de pro­­ 1: le pro­­ est une entre­­ jet but de four­­ un pro­­ nir duit, un ser­­ ou un résul­­ unique. vice tat Pour le PMI, les 3 compo­­ santes majeures qui font le pro­­ sont : jet ✓✓ une entre­­ li­­ prise, à savoir un ensemble d’actions foca­­ sées sur un objec­­ tif ; ✓✓ tem­­ raire, donc limité dans le temps ; po­­ ✓✓ unique. Le chef de pro­­ jet La défi­­ tion du PMI est : « per­­ ni­­ sonne char­­ par l’entreprise réa­­ ­ gée li­ sa­­ trice d’atteindre les objec­­ du pro­­ tifs jet ». Le chef de pro­­ est un équi­­ briste : sa mis­­ jet li­­ sion consiste notam­ ­ ment à pré­­ ver en per­­ nence les équi­­ ser­­ ma­­ libres sui­­ vants : ✓✓ l’équilibre entre les 6 contraintes d’un pro­­ péri­­ jet : mètre, délai, res­ ­ sources humaines, qua­­ de la solu­­ pro­­ lité tion duite, risques et coûts ; ✓✓ l’équilibre entre des objec­­ concur­­ tifs rents au sein du pro­­ jet ; ✓✓ l’équilibre entre satis­­ faction des besoins des par­­ pre­­ ties nantes et confor­­ mité au plan de mana­­ ment du pro­­ ge­­ jet ; ✓✓ l’équilibre entre les efforts à faire pour pro­­ duire la solu­­ tion et pour contrô­­ l’avancement des tra­­ ler vaux ; 1. Guide du cor­­ des connais­­ pus sances en mana­­ ment de pro­­ 4e édi­­ ge­­ jet, tion, Project Mana­­ ment Institute® (PMI®), 2008. ge­­ 394
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    ✓✓ l’équilibre entrela prise en compte de demandes de modi­­ ca­ fi­­ ­ tions et la tenue du plan de mana­­ ment ini­­ le­­ ge­­ tia­­ ment fixé ; ✓✓ l’équilibre entre les acti­­ tés de pro­­ et les acti­­ tés récur­­ vi­­ jet vi­­ rentes de l’entreprise. Savoirs Figure 12.6 ■ Les 6 contraintes d’un pro­­ jet Périmètre Délai Coûts ro et Ressources humaines Risques ualité Savoir-faire e Le comman­­ taire du pro­­ di­­ jet 395 Savoir-être Selon le PMI, le comman­­ taire est « la per­­ di­­ sonne ou le groupe qui four­­ au pro­­ les res­­ nit jet sources finan­­ cières, en liqui­­ dité ou en nature ». C’est aussi l’émetteur de la fiche de pro­­ (par­­ appe­­ jet fois lée charte du pro­­ jet), qui fait office d’acte de nais­­ sance du pro­­ jet.
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    12 • Tra­­ vailleren mode trans­­ sal ver­­ L’enjeu de la transversalité pour le manager Déve­­ per des rela­­ lop­­ tions de coopé­­ tion ra­­ Col­­ bo­­ en mode pro­­ la­­ rer jet Figure 12.7 ■ Plan type d’une fiche pro­­ jet Finalité – Objectifs – Besoins à satisfaire • Finalité du projet - Intérêt pour l’organisation • Adéquation à la stratégie de l’organisation • Retour sur investissement • Produit, service attendu • Description des exigences et des objectifs mesurables majeurs • Définition des critères de succès correspondants • Quelques grandeurs caractéristiques • Hypothèses prises pour lancer le projet Organisation • �om du chef de projet et niveau d’autorité • �om du commanditaire et de celui qui apposera la signature d’acceptation du projet Contexte du projet • Forces et faiblesses de l’organisation, menaces et opportunités inspirant le projet • �ontraintes externes identifiées et contraintes internes à prendre en compte • Dépendances externes, telles que normes, licences, brevets • Interfaces avec les autres parties intéressées dans l’organisation Limites du projet • �imites contractuelles, fonctionnelles, géographiques • Périmètre touché en termes de systèmes ou sous-systèmes Moyens alloués Risques • �udget • �acro planning limité aux jalons du projet � à � risques immédiatement identifiables 396
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    Le maître d’ouvrage Lesconsé­­ quences du mana­­ ment des pro­­ ge­­ jets sur l’entreprise La déci­­ sion de lan­­ des pro­­ dans une entre­­ cer jets prise conduit à la coexis­­ tence du fonc­­ ne­­ tion­­ ment hié­­ chique tra­­ tion­­ et d’un rar­­ di­­ nel fonc­­ ne­­ tion­­ ment trans­­ sal. ver­­ Savoirs Le dic­­ naire de mana­­ ment de pro­­ le défi­­ comme la : « per­ tion­­ ge­­ jet nit ­ sonne phy­­ sique ou morale pour le compte de qui l’objet du pro­­ jet est réa­­ Il fixe les objec­­ du pro­­ en termes de coûts, délais et lisé. tifs jet per­­ mances ». for­­ L’organisation matricielle Le fonc­­ ne­­ tion­­ ment le plus fré­­ quent des pro­­ dans l’entreprise est jets l’organisation matricielle. Elle se sché­­ tise de la manière sui­­ ma­­ vante. Manager Spécialité A Manager Spécialité B Manager Spécialité D Manager Spécialité C rdinati n transversa e du r et Contributeur A1 Chef de Projet (Projet 1) Contributeur C1 Contributeur D1 Chef de Projet (Projet 2) Contributeur B2 Contributeur C2 Savoir-faire DIRECTION GÉNÉRALE Contributeur D2 Deux méca­­ nismes de coor­­ na­­ di­­ tion sont alors en place : ✓✓ la coor­­ na­­ di­­ tion hié­­ chique per­­ nente et indé­­ dante du rar­­ ma­­ pen­­ rythme du pro­­ jet ; ✓✓ la coor­­ na­­ di­­ tion trans­­ sale assu­­ par le chef de pro­­ Cette ver­­ rée jet. coor­­ na­­ di­­ tion, qui n’a pas la force de la ligne hié­­ chique est rar­­ essen­­ tielle en mana­­ ment de pro­­ ge­­ jet. 397 Savoir-être Management hiérarchique du service Figure 12.8 ■ L’organisation matricielle
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    12 • Tra­­ vailleren mode trans­­ sal ver­­ L’enjeu de la transversalité pour le manager Déve­­ per des rela­­ lop­­ tions de coopé­­ tion ra­­ Col­­ bo­­ en mode pro­­ la­­ rer jet Figure 12.9 ■ Les méca­­ nismes de coor­­ na­­ di­­ tion DIRECTION GÉNÉRALE COMMANDITAIRE DU PROJET 4 Manager Spécialité A Manager Spécialité B 1 2 6 5 3 Contributeur A1 Chef de Projet (Projet 1) Chef de Projet (Projet 2) Contributeur B2 Le schéma pré­­ dent fait appa­­ cé­­ raître deux tri­­ angles clés dans le mana­­ ment d’un pro­­ ge­­ jet. Figure 12.10 ■  ri­­ T angle Chef de pro­­ jet/contributeur/mana­­ ger du contributeur Manager Spécialité A 2 Contributeur A1 1 3 398 Chef de projet (Projet 1)
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    Figure 12.11 ■  ri­­ Tangle Chef de pro­­ jet/Comman­­ taire/Mana­­ di­­ ger du chef de pro­­ jet. Manager du chef de projet Chef de projet 6 Ce tri­­ angle dis­­ cie le rôle de mana­­ du chef de pro­­ de so­­ ger jet celui de comman­­ taire. Ce n’est pas tou­­ di­­ jours le cas, mais cette dis­ ­ tinction mérite d’être faite. 1. Le chef de pro­­ informe le mana­­ du lan­­ ment du pro­­ et jet ger ce­­ jet lui fait part de son besoin de res­­ sources dis­­ sant de compé­­ po­­ tences iden­­ fiées. Le mana­­ prend en compte les besoins du chef de ti­­ ger pro­­ et iden­­ fie le ou les col­­ bo­­ teurs qui seront impli­­ jet ti­­ la­­ ra­­ qués en fonc­­ tion de leurs compé­­ tences et dis­­ ni­­ li­­ po­­ bi­­ tés. 2. Le mana­­ informe son col­­ bo­­ teur du pro­­ et de la contri­ ger la­­ ra­­ jet ­ bu­­ tion qui est atten­­ de lui. Il lui fixe son niveau d’autonomie due sur le pro­­ et lui indique les moda­­ tés de compte rendu qu’il jet li­­ devra opé­­ rer. Savoir-faire Commanditaire du projet 5 Savoirs 4 4. Le comman­­ taire du pro­­ se rap­­ di­­ jet proche du membre du comité de direc­­ tion qui pour­­ pro­­ ser le chef de pro­­ le plus adapté rait po­­ jet à la mis­­ sion. Le comman­­ taire explique les grandes lignes du di­­ pro­­ et valide auprès du mana­­ la per­­ nence des don­­ jet ger ti­­ nées métiers décrites. Le mana­­ du chef de pro­­ prend en compte ger jet la demande et iden­­ fie le chef de pro­­ le plus adapté à la mis­ ti­­ jet ­ sion. Parmi les cri­­ tères de choix, la moti­­ vation du chef de pro­­ jet envi­­ gée est à déter­­ nante. sa­­ mi­­ 399 Savoir-être 3. Le chef de pro­­ informe le col­­ bo­­ teur de la contri­­ tion jet la­­ ra­­ bu­­ atten­­ due. Il décrit pré­­ sé­­ ci­­ ment les livrables à réa­­ ser. Il véri­­ li­­ fie l’accord du col­­ bo­­ teur après que ce der­­ la­­ ra­­ nier ait éva­­ fai­­ bi­ lué sa­­ ­ lité tech­­ nique, charge néces­­ saire et délai.
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    12 • Tra­­ vailleren mode trans­­ sal ver­­ L’enjeu de la transversalité pour le manager Déve­­ per des rela­­ lop­­ tions de coopé­­ tion ra­­ Col­­ bo­­ en mode pro­­ la­­ rer jet 5. Le mana­­ du chef de pro­­ ren­­ ger jet contre le chef de pro­­ et jet l’informe de sa nomi­­ tion et lui indique les enjeux du pro­­ na­­ jet ainsi que le temps et la charge de tra­­ qu’il va pou­­ mobi­­ ­ vail voir li­ ser. Le chef de pro­­ prend en compte les infor­­ tions et indique jet ma­­ si les esti­­ mations lui semblent réa­­ listes. Une fois les don­­ nées de départ accep­­ tées par le chef de pro­­ et son mana­­ le pro­­ jet ger, jet peut être lancé. 6. Le chef de pro­­ peut alors sol­­ ci­­ un rendez-­ ous auprès du jet li­­ ter v comman­­ taire, pour obte­­ des pré­­ sions complé­­ taires et di­­ nir ci­­ men­­ notam­­ ment l’intention de départ. En cas de prise de déci­­ sion, c’est à cette inten­­ tion de départ que le chef de pro­­ pourra se jet réfé­­ rer. Le mana­­ chef de pro­­ ger, jet Éta­­ blir les fon­­ tions d’un pro­­ da­­ jet Au démar­­ rage du pro­­ le mana­­ chef de pro­­ dis­­ jet, ger jet pose de la fiche pro­­ décrite pré­­ dem­­ jet cé­­ ment. Sa pre­­ mière pré­­ cu­­ tion est de oc­­ pa­­ pré­­ ser et de rendre expli­­ l’ensemble des besoins à satis­­ ci­­ cite faire. Décrire les besoins à satis­­ faire L’analyse fonc­­ nelle du besoin est une méthode géné­­ tion­­ rique qui per­­ de décrire de manière simple et claire l’ensemble des besoins met à satis­­ faire. Elle s’appuie sur les prin­­ cipes sui­­ vants : ✓✓ tra­­ vailler avec un groupe d’acteurs clés concer­­ par le pro­­ nés jet ; ✓✓ pla­­ fier dès le départ une série de réunions de tra­­ ni­­ vail rap­­ ­ pro­ chées pour pro­­ duire très vite une vision par­­ gée de ce à quoi le ta­­ pro­­ doit contri­­ jet buer ; 400
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    Le résul­­ finalde cette démarche est le tableau d’analyse fonc­ tat ­ tion­­ nelle (TAF). Ce tableau va être un des outils de pilo­­ tage du pro­­ foca­­ sur le contenu du pro­­ Il va per­­ jet lisé jet. mettre de véri­­ fier que l’on atteint bien l’ensemble des per­­ mances deman­­ for­­ dées par les uti­­ sa­­ li­­ teurs du pro­­ jet. Pour illus­­ cette démarche, nous vous pro­­ sons ci-­ essous trer po­­ d un TAF détaillant les fonc­­ tions atten­­ dues d’un clas­­ seur à anneaux : main­­ nir un lot de feuilles et res­­ ter l’environnement. te­­ pec­­ Ce tableau per­­ de véri­­ tout au long du pro­­ que ce qui est met fier jet en cours de réa­­ sa­­ li­­ tion est bien adossé à une fonc­­ tion deman­­ dée. Savoirs ✓✓ rédi­­ pré­­ sé­­ ger ci­­ ment les fonc­­ tions que devra rem­­ le livrable du plir pro­­ une fonc­­ jet. tion décrit ce que l’utilisateur attend du sys­­ tème à créer. 401 Savoir-être Il est natu­­ qu’apparaissent des demandes sup­­ men­­ rel plé­­ taires ou des ajus­­ ments par rap­­ te­­ port à la demande ini­­ tiale. La mise sous contrôle des demandes de modi­­ ca­­ fi­­ tions est un fac­ ­ teur clé de suc­­ pour un chef de pro­­ Son objec­­ n’est pas de cès jet. tif décou­­ ger les modi­­ ca­­ ra­­ fi­­ tions, mais de prendre en compte les modi­ ­ fi­­ tions qui apportent le plus de valeur. ca­­ Les carac­­ ris­­ té­­ tiques de la mise sous contrôle sont : ✓✓ Toutes les par­­ pre­­ ties nantes (comman­­ taire et direc­­ géné­­ di­­ tion rale compris) doivent être infor­­ mées de l’existence de cette mise sous contrôle et de l’obligation d’y faire pas­­ toutes les demandes de ser modi­­ ca­­ fi­­ tions, quelle que soit leur ori­­ gine. ✓✓ Toute modi­­ ca­­ fi­­ tion doit être for­­ li­­ par une fiche de demande ma­­ sée de modi­­ ca­­ fi­­ tion. ✓✓ Toute par­­ pre­­ tie nante du pro­­ peut pro­­ ser une demande de jet po­­ modi­­ ca­­ fi­­ tion. ✓✓ Une fois la déci­­ sion prise par le chef de pro­­ il devra en infor­­ jet, mer les par­­ pre­­ ties nantes et d’expliquer les motifs en cas de refus. Savoir-faire Défi­­ et faire fonc­­ nir tion­­ ner un pro­­ sus de trai­­ ment ces­­ te­­ des modi­­ ca­­ fi­­ tions
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    F2 : Res­­ ter pec­­ l’environnement F1 :Main­­ ­ te­ nir un lot de feuilles dans un ordre donné Fonc­­ tion 402 Règle gra­­ duée. Prise en compte de la plus grande hau­­ teur mesu­­ rée sur la feuille C1.2 : Hau­ ­ teur maximale des feuilles C2.1 : Pro­ ­ por­­ tion de matière re­ cyclable Pro­­ cole de to­­ test : avec un jeu de 400 feuilles neuves issues d’une ramette, et avec des feuilles usa­­ gées (déjà impri­­ mées ou écrites) Moyen de mesure C1.1 : Nombre maximal de feuilles à main­­ nir te­­ Cri­­ tère Tableau 12.6 ■ Tableau d’analyse fonc­­ nelle tion­­ 30,5 cm 400 uni­­ tés, en 80 g/m2 Niveau 30,3 cm 360 Limite d’acceptation FL1 : très fai­­ ment ble­­ négo­­ ciable. F0 : non négo­­ ciable Flexi­­ lité bi­­ État de la véri­­ ca­­ fi­­ tion 12 • Tra­­ vailler en mode trans­­ sal ver­­ L’enjeu de la transversalité pour le manager Déve­­ per des rela­­ lop­­ tions de coopé­­ tion ra­­ Col­­ bo­­ en mode pro­­ la­­ rer jet
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    Savoir-faire La gou­­ nanced’un pro­­ s’appuie sur deux dis­­ si­­ incontour­ ver­­ jet po­­ tifs ­ nables. Ces deux dis­­ si­­ sont cen­­ po­­ tifs traux aussi pour les mana­­ gers de chefs de pro­­ qui vont pou­­ jet voir ainsi gar­­ un niveau de sur­ der ­ veillance adapté aux enjeux du pro­­ jet. ✓✓ Un comité de pilo­­ tage. ✓✓ Des règles expli­­ cites de fran­­ se­­ chis­­ ment des jalons du pro­­ jet. Le comité de pilo­­ tage est une ins­­ tance de déci­­ sion qui se réunit selon un calen­­ drier géné­­ le­­ ra­­ ment éta­­ dès le début du pro­­ bli jet. Son rôle est de prendre en compte les infor­­ tions d’avancement ma­­ du pro­­ et vali­­ le plan d’actions à venir, déci­­ sur des pro­­ ­ jet der der po­ si­­ tions ins­­ truites par le chef de pro­­ et son équipe. jet Il est composé du comman­­ taire du pro­­ du chef de pro­­ des di­­ jet, jet, chefs de dépar­­ ment et de tout ou par­­ des mana­­ te­­ tie gers délé­­ guant des res­­ sources au pro­­ d’un ou plu­­ jet, sieurs membres du comité de direc­­ tion. Les règles de fran­­ se­­ chis­­ ment de jalons : ✓✓ Les livrables atten­­ dus au jalon sont-­ls bien pré­­ i sents, et ont-­ls i bien été vali­­ par le pro­­ sus de vali­­ tion propre au pro­­ dés ces­­ da­­ jet ? ✓✓ La per­­ mance mesu­­ dans la phase écou­­ était-­ lle bien for­­ rée lée e égale à la per­­ mance atten­­ for­­ due ? Par exemple, a-­-on tenu le t délai ? N’a-t-on pas consommé plus de res­­ sources que prévu ? ✓✓ Le niveau de satis­­ faction des par­­ pre­­ ties nantes est-­l suf­­ sant ? i fi­­ ✓✓ Le niveau d’exposition aux risques a-­-il aug­­ t menté durant la phase pré­­ dente ? Est-­l accep­­ cé­­ i table ? Savoirs Défi­­ la gou­­ nance du pro­­ nir ver­­ jet Pré­­ voir et orga­­ ser les tra­­ ni­­ vaux Le chef de pro­­ doit faire éta­­ la liste de tous les tra­­ jet blir vaux à réa­­ ser li­­ pour obte­­ le résul­­ final attendu : nir tat ✓✓ Lis­­ tous les livrables atten­­ ter dus. 403 Savoir-être Défi­­ l’organigramme des tâches nir
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    12 • Tra­­ vailleren mode trans­­ sal ver­­ L’enjeu de la transversalité pour le manager Déve­­ per des rela­­ lop­­ tions de coopé­­ tion ra­­ Col­­ bo­­ en mode pro­­ la­­ rer jet ✓✓ Lis­­ tous les livrables inter­­ diaires néces­­ ter mé­­ saires pour abou­­ tir aux livrables finaux. Pour réa­­ ser cette liste de la manière de la li­­ plus exhaus­­ pos­­ tive sible, le chef de pro­­ pourra : jet −− s’appuyer sur des pro­­ ana­­ jets logues pré­­ dents ; cé­­ −− s’inspirer de méthodes géné­­ riques publiées décri­­ vant les pro­­ dés à mettre en place et les livrables néces­­ cé­­ saires (par exemple, la méthode SCRUM dans les pro­­ de sys­­ jets tèmes d’informations, la méthode Stagegate® dans les pro­­ de jets déve­­ pe­­ lop­­ ment de nou­­ veaux pro­­ duits, etc.) ; −− sol­­ ci­­ l’ensemble des acteurs pro­­ et leur hié­­ chie, pour li­­ ter jet rar­­ dis­­ ser de leurs compé­­ po­­ tences métier et de leur expé­­ rience. ✓✓ Orga­­ ser ces livrables dans un orga­­ gramme des tâches OT ni­­ ni­­ (appelé aussi WBS Work Breakdown Struc­­ ture). Figure 12.12 ■ Orga­­ gramme des tâches ni­­ Projet : développer unenouvelle prestation : aide à la personne dépendante isolée P ase : adra e du esoin nal se du esoin à satis aire tude du ar é P ase : éla oration de la solution P ase : produ tion de la solution es ription de la solution : é inition des Préparation nal se des apa ités pour le lient é uipe ents des a tions pour les de l entrepris e né essaires de or ation prestataires ina e du as d a air e Les avan­­ tages de l’utilisation d’un orga­­ gramme des tâches : ni­­ ✓✓ La struc­­ ra­­ tu­­ tion en arbo­­ cence per­­ res­­ met de mettre de l’ordre et de la lisi­­ bilité dans la liste des tra­­ vaux à accom­­ plir. ✓✓ L’organisation en arbo­­ cence fait appa­­ res­­ raître les manques et les redon­­ dances dans les tra­­ vaux déjà iden­­ fiés. ti­­ 404
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    L’organigramme des tâchesest le docu­­ ment fon­­ teur du pro­­ da­­ jet : ✓✓ Son éla­­ ra­­ bo­­ tion engage tota­­ ment l’équipe pro­­ dans son le­­ jet ensemble. ✓✓ Il for­­ lise les savoir-­ aire de l’entreprise : chaque métier, chaque ma­­ f ser­­ vice apporte sa contri­­ tion. Les mana­­ bu­­ gers hié­­ chiques des rar­­ acteurs pro­­ peuvent s’intéresser à l’organigramme des tâches et jet vali­­ les tra­­ der vaux les concer­­ nant. ✓✓ Chaque tâche est affec­­ à un seul res­­ sable, acteur pro­­ ou tée pon­­ jet par­­ le chef de pro­­ lui-­ ême. fois jet m Savoirs ✓✓ Les dif­­ rents niveaux de détail per­­ fé­­ mettent une lec­­ ture plus ou moins détaillée. ✓✓ Le niveau le plus fin repré­­ sente la maille de pilo­­ tage du pro­­ jet. Chaque élé­­ ment (lot de tra­­ vaux) est géré par le chef de pro­­ en jet col­­ bo­­ tion avec le res­­ sable du lot de tra­­ la­­ ra­­ pon­­ vaux. 405 Savoir-être L’organigramme des tâches sert de base à la créa­­ tion du plan­­ ning (ou plan de route) du pro­­ jet. Cer­­ tains enchaî­­ ments de tâches sont obli­­ toires et tombent ne­­ ga­­ sous le sens : Il est évident que l’on ne peut commen­­ la construc­ cer ­ tion de la char­­ pente d’une mai­­ que lorsque les murs por­­ son teurs sont ache­­ vés. Tous les enchaî­­ ments obli­­ toires sont donc iden­­ fiés en pre­ ne­­ ga­­ ti­­ ­ mier lieu, par l’ensemble de l’équipe pro­­ Les dif­­ rents métiers jet. fé­­ doivent être impli­­ qués. Puis, des enchaî­­ ments pos­­ ne­­ sibles, mais faculta­­ sont ajou­­ tifs tés. L’objectif est de pro­­ duire un che­­ min d’exécution complet, met­­ tant en rela­­ tion les tra­­ vaux et per­­ tant la réa­­ sa­­ met­­ li­­ tion de l’ensemble des tâches du pro­­ Cela conduit à un plan­­ jet. ning for­­ lisé sous la forme ma­­ d’un dia­­ gramme de Gantt flé­­ ché. Les points clés de véri­­ ca­­ du plan­­ fi­­ tion ning ini­­ sont les sui­­ tial vants : ✓✓ L’ensemble des tâches est bien repré­­ senté. ✓✓ Cha­­ cun des membres de l’équipe pro­­ sait pré­­ sé­­ jet ci­­ ment quand chaque tâche devra être déclen­­ chée. Il ne reste donc plus de tâches dont on ne sait pas quand elles doivent être réa­­ sées. li­­ Savoir-faire Défi­­ le plan de route nir
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    12 • Tra­­ vailleren mode trans­­ sal ver­­ L’enjeu de la transversalité pour le manager Déve­­ per des rela­­ lop­­ tions de coopé­­ tion ra­­ Col­­ bo­­ en mode pro­­ la­­ rer jet Figure 12.13 ■ Exemple de dia­­ gramme de Gantt flé­­ ché Planning de GANTT Code Libellé de la tâche T1 T2 T3 T4 T5 T6 T7 T8 T9 T10 T11 Responsable J1 J2 J3 J4 J5 J6 J7 J8 J9 J10 J11 J12 J13 J14 J15 Jean Jean Jean Louis Louis Installer les boitiers d'interrupteurs Mettre en place les enduits aux murs et plafond Jean Renover et poncer le parquet ancien en place Paul Poser l'apprêt sur les murs Jean Vitrifer le parquet Paul Mettre en place les prises et connecter au tableau électrique Louis Installer et sécuriser le chantier Abattre la cloison ancienne Construire la nouvelle cloison en intégrant les fils électriques Installer les boitiers de prises électriques Mettre en place les interrupteurs et les éclairages Louis ✓✓ Il n’y a pas de périodes dans le pro­­ pen­­ jet dant les­­ quelles la sol­ ­ li­­ ta­­ ci­­ tion des équi­­ piers pro­­ est supé­­ jet rieure à leur capa­­ de cité pro­­ tion. duc­­ ✓✓ Le plan­­ ning n’est pas trop tendu : il reste des marges de temps laissé libre entre les tâches. Faire vali­­ der et sur­­ veiller le plan de route Le plan­­ ning ini­­ est un des docu­­ tial ments clés du pro­­ C’est géné­ jet. ­ ra­­ ment le pre­­ le­­ mier docu­­ ment pro­­ duit à par­­ de l’organigramme tir des tâches du pro­­ Il mérite un pro­­ sus de vali­­ tion for­­ jet. ces­­ da­­ mel : ✓✓ Vali­­ tion col­­ tive par toute l’équipe. Chaque membre de da­­ lec­­ l’équipe pro­­ valide for­­ lement cha­­ jet mel­­ cune des tâches dont il est res­­ sable, et prend connais­­ pon­­ sance de l’ensemble du plan­­ ning. ✓✓ Vali­­ tion par cha­­ da­­ cun des hié­­ chiques des acteurs, pour qu’ils rar­­ prennent conscience de la charge de tra­­ de leurs col­­ bo­­ ­ vail la­­ ra­ teurs. Le plan­­ ning va être sur­­ veillé et mis à jour tout au long de l’exécution du pro­­ jet : ✓✓ Les dates réelles d’exécution vont être inté­­ grées dans le plan­­ ning ini­­ qui va ainsi deve­­ le plan­­ tial, nir ning à date du pro­­ jet. ✓✓ Pério­­ que­­ di­­ ment, ce plan­­ ning va donc être mis à jour, avec de nou­­ velles esti­­ mations. 406
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    Exé­­ ter lepro­­ cu­­ jet Savoir-faire Les points clés pour obte­­ l’engagement de chaque contributeur : nir ✓✓ Expli­­ quer le sens des tra­­ vaux pour faire voir plus loin que le simple accom­­ se­­ plis­­ ment de la tâche. ✓✓ Iden­­ fier avec le contributeur en quoi l’achèvement de la tâche ti­­ est bien une par­­ de l’achèvement de ses objec­­ per­­ nels : tie tifs son­­ déve­­ pe­­ lop­­ ment de ses compé­­ tences, contri­­ tion à la réa­­ sa­­ bu­­ li­­ tion d’une mis­­ sion qui compte pour lui. ✓✓ Le faire par­­ ci­­ à la construc­­ ti­­ per tion des pré­­ sions pour l’im­ vi­­ pliquer. ✓✓ Tenir compte de ses avis, même quand ils ne faci­­ litent pas l’établissement des pré­­ sions. vi­­ ✓✓ Défi­­ à l’avance le niveau de ten­­ nir sion que va impo­­ le pro­­ ser jet, pour que cha­­ comprenne le niveau de prio­­ qu’il doit affec­ cun rité ­ ter aux tra­­ vaux du pro­­ et le niveau d’énergie qu’il va déployer jet dans la réa­­ sa­­ li­­ tion des tra­­ vaux. ✓✓ Véri­­ que les contributeurs vont bien dis­­ ser du temps néces­ fier po­­ ­ saire pour effec­­ tuer les tâches avec le sou­­ de leur hié­­ chie. tien rar­­ ✓✓ S’assurer que les contributeurs ne risquent pas d’être hap­­ par pés un autre pro­­ en paral­­ jet lèle. Ce point doit être véri­­ avec eux. fié Savoirs Obte­­ l’engagement des contributeurs nir La pro­­ tion des livrables atten­­ ne peut se faire sans une orches­ duc­­ dus ­ tra­­ tion des tra­­ vaux pré­­ vus. L’exécution du pro­­ consiste à : jet ✓✓ Lan­­ cha­­ cer cun des tra­­ vaux iden­­ fiés au bon moment : ti­­ −− L’ensemble des don­­ nées en entrée de ces tra­­ vaux est bien dis­ ­ po­­ nible pour effec­­ tuer le lot de tra­­ vaux consi­­ déré. −− L’acteur prévu (ou les acteurs pré­­ vus) est bien dis­­ nible pour po­­ pro­­ duire les livrables atten­­ dus. −− Aucun pro­­ blème sur­­ venu par ailleurs sur le pro­­ ne remet jet en cause l’exécution de ce lot de tra­­ vaux et la pro­­ tion du duc­­ livrable asso­­ cié. 407 Savoir-être Lan­­ cer et vali­­ der les tra­­ vaux
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    12 • Tra­­ vailleren mode trans­­ sal ver­­ L’enjeu de la transversalité pour le manager Déve­­ per des rela­­ lop­­ tions de coopé­­ tion ra­­ Col­­ bo­­ en mode pro­­ la­­ rer jet ✓✓ Vali­­ les résul­­ des tra­­ der tats vaux réa­­ sés : li­­ −− Le résul­­ a été validé par l’autorité en charge de la vali­­ ­ tat da­ tion (cel­­ de vali­­ tion, chef de pro­­ pair iden­­ fié lors de lule da­­ jet, ti­­ l’identification de la tâche,…). L’implication du mana­­ de ger l’acteur pro­­ peut s’avérer déter­­ nante dans la vali­­ tion jet mi­­ da­­ des livrables car il pos­­ sède la compé­­ tence métier néces­­ saire. −− Les livrai­­ sons ayant des écarts par rap­­ port à l’attendu ont bien été accep­­ soit en l’état, soit sous réserve d’un plan de cor­ tées ­ rec­­ tions à réa­­ ser dans un délai donné. li­­ −− L’ensemble de la docu­­ ta­­ men­­ tion asso­­ a bien été pro­­ ciée duit. ✓✓ Obte­­ les déci­­ nir sions quand il le faut, auprès des par­­ pre­ ties ­ nantes auto­­ sées. ri­­ −− Cer­­ taines situa­­ tions font consta­­ des écarts impor­­ ter tants par rap­­ port à ce qui était prévu. Cela peut néces­­ ter des actions si­­ complé­­ taires non pré­­ men­­ vues pou­­ vant entraî­­ des dépenses ner sup­­ men­­ plé­­ taires ou des dérives de délais. −− Dans d’autres cas, l’apparition d’un risque majeur peut faire peser une menace sur la capa­­ cité à pro­­ duire les béné­­ fices atten­­ par le pro­­ dus jet. La pos­­ ture de mana­­ ger de pro­­ jet Endos­­ la res­­ sa­­ lité d’un pro­­ requiert un chan­­ ment de ser pon­­ bi­­ jet ge­­ pos­­ ture au quo­­ dien et dans l’action. Le mana­­ nou­­ le­­ ti­­ ger vel­­ ment nommé chef de pro­­ doit res­­ vigi­­ sur 6 axes majeurs : jet ter lant ✓✓ Orga­­ sa­­ ni­­ teur, pour iden­­ fier, mobi­­ ser puis mettre en mou­­ ­ ti­­ li­­ ve­ ment un ensemble d’acteurs d’origine et d’intérêt dif­­ rents. fé­­ ✓✓ Commu­­ quant, pour expli­­ ni­­ quer à la tota­­ des par­­ pre­­ lité ties nantes l’objectif du pro­­ et le pro­­ jet cédé choisi pour l’atteindre. ✓✓ Adap­­ tif et flexible, pour savoir pas­­ de la posi­­ ta­­ ser tion de chef direc­­ sur cer­­ tif taines phases du pro­­ à la posi­­ jet tion de coach, quand l’équipe doit elle-­ ême trou­­ ses solu­­ m ver tions. 408
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    Savoirs ✓✓ Déve­­ peurde compé­­ lop­­ tences et d’autonomie sur son pro­­ pour jet, démul­­ plier son effi­­ cité et don­­ envie aux acteurs de don­­ ti­­ ca­­ ner ner le meilleur d’eux-mêmes. ✓✓ Vision « glocal » (glo­­ bale et locale) : tou­­ jours capable de dis­­ ser po­­ d’une vue d’ensemble sur son pro­­ et si besoin de faire un zoom jet sur une par­­ spé­­ fique du pro­­ qui mérite de l’attention. tie ci­­ jet ✓✓ Stra­­ tège, pour orien­­ l’action sur des zones de moindre résis­ ter ­ tance, sans pour autant lâcher sur l’essentiel qui fera le suc­­ du cès pro­­ jet. Figure 12.14 ■ Les 6 axes de vigi­­ lance du chef de pro­­ jet tr t te r Co e t Chef de projet o o d pt t f Savoir-faire r e oppe r de o p te e et d to o e La clô­­ ture de pro­­ est le mini­­ jet mum attendu par le comman­­ taire di­­ du pro­­ et par le chef de pro­­ jet jet. 409 Savoir-être Clore le pro­­ jet : les dif­­ rents cas de clô­­ fé­­ ture
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    12 • Tra­­ vailleren mode trans­­ sal ver­­ L’enjeu de la transversalité pour le manager Déve­­ per des rela­­ lop­­ tions de coopé­­ tion ra­­ Col­­ bo­­ en mode pro­­ la­­ rer jet La clô­­ ture nomi­­ nale du pro­­ jet Elle inter­­ vient quand les livrables atten­­ sont pro­­ dus duits et vali­­ dés, et quand l’ensemble des acti­­ tés asso­­ vi­­ ciées à la clô­­ ture sont ache­ ­ vées. On liste géné­­ le­­ ra­­ ment les acti­­ tés de clô­­ vi­­ ture sui­­ vantes : ✓✓ Les réserves asso­­ ciées à la vali­­ tion des livrables sont-­ lles trai­ da­­ e ­ tées dans un plan de levée de réserve ? ✓✓ Les commandes pas­­ sées auprès des four­­ seurs ont-­ lles toutes nis­­ e été sol­­ dées (vali­­ tion des livrai­­ da­­ sons, vali­­ tion des fac­­ da­­ tures, paie­­ ment réa­­ lisé) ? ✓✓ Les coûts réels ont-­ls été compa­­ aux coûts pré­­ sion­­ i rés vi­­ nels du début du pro­­ jet ? ✓✓ Les délais réels du pro­­ ont-­ls été compa­­ aux délais pré­­ ­ jet i rés vi­ sion­­ nels ? ✓✓ Le cal­­ pré­­ sion­­ de ren­­ bi­­ réa­­ cul vi­­ nel ta­­ lité lisé en fin de pro­­ jet diffère-­-il de celui qui avait été éla­­ t boré en début de pro­­ jet ? ✓✓ L’ensemble de la docu­­ ta­­ men­­ tion du pro­­ a-­-elle été ran­­ et jet t gée sau­­ gar­­ ve­­ dée ? ✓✓ Les res­­ sources affec­­ au pro­­ ont-­ lles été toutes conve­­ ble­ tées jet e na­­ ­ ment et défi­­ ti­­ ment désen­­ gées du pro­­ ni­­ ve­­ ga­­ jet ? La clô­­ ture par désalignement du pro­­ jet Un pro­­ peut être par­­ te­­ jet fai­­ ment conforme à son plan de route et pour­­ tant être arrêté. En effet, si le pro­­ perd sa rai­­ d’être, jet son il convient de savoir l’arrêter au plus vite. Plu­­ sieurs cas de figure peuvent être à l’origine de cette situa­­ tion : ✓✓ L’entreprise change de stra­­ gie, et le pro­­ n’apporte plus de té­­ jet contri­­ tions à la nou­­ bu­­ velle stra­­ gie. Si les consé­­ té­­ quences de son arrêt sont sup­­ tables (frais de dédit limité, pos­­ bi­­ de récu­ por­­ si­­ lité ­ pé­­ tout ou par­­ des inves­­ se­­ rer tie tis­­ ments déjà réa­­ sés), il est pré­ li­­ ­ fé­­ rable d’arrêter le pro­­ au plus vite. jet 410
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    Les cas dedérive dans les pro­­ sont très fré­­ jets quents. Le niveau de dérive est par­­ tel que les fon­­ men­­ fois da­­ taux du pro­­ sont remis en jet cause. Par exemple : il ne sera jamais pos­­ sible d’atteindre les objec­ ­ tifs de ren­­ bi­­ ou bien il ne sera jamais pos­­ ta­­ lité sible de pro­­ duire une solu­­ tion satis­­ faisante pour l’utilisateur final, etc. Rares sont les chefs de pro­­ qui pro­­ jet posent d’arrêter le pro­­ jet. Leur mana­­ hié­­ chique peut alors jouer un rôle pré­­ dé­­ ger rar­­ pon­­ rant en pre­­ nant acte des dérives majeures et en pro­­ sant l’arrêt des pro­­ po­­ jets en per­­ tion. di­­ Bilan de pro­­ – ROI1 jet Le bilan de pro­­ est vrai­­ blab­­ ment l’activité la plus évo­­ jet sem­­ le­­ quée par les chefs de pro­­ mais aussi la moins réa­­ sée. jet, li­­ Un constat  : en fin de pro­­ les équipes se dis­­ jet, solvent, avant même que l’ensemble des ensei­­ ments du pro­­ ait pu être for­ gne­­ jet ­ ma­­ Or, il est néces­­ lisé. saire de capi­­ li­­ les infor­­ tions pro­­ ta­­ ser ma­­ duites pen­­ dant le pro­­ pour pou­­ les ré-­ xploiter aisé­­ jet voir e ment et évi­­ de ter repro­­ duire sys­­ ma­­ que­­ té­­ ti­­ ment les mêmes erreurs. Le plan type d’un docu­­ ment de capi­­ li­­ tion s’organise en 5 ta­­ sa­­ par­­ ties. Savoir-faire La clô­­ ture pour cause de dérive létale du pro­­ jet Savoirs ✓✓ Un évé­­ ment externe modi­­ cer­­ ne­­ fie tains choix struc­­ rants du tu­­ pro­­ Par exemple le pro­­ avait pris comme hypo­­ jet. jet thèse la dis­ ­ po­­ bi­­ d’une tech­­ lo­­ don­­ ni­­ lité no­­ gie née. Cette tech­­ lo­­ s’avère no­­ gie indis­­ nible et déjà rem­­ cée par une autre plus per­­ mante. Il po­­ pla­­ for­­ est alors per­­ tinent de pro­­ der à la clô­­ cé­­ ture du pro­­ et au lan­­ ­ jet ce­ ment d’un nou­­ veau pro­­ avec cette nou­­ jet velle hypo­­ thèse. Les don­­ nées à y faire figu­­ sont : rer ✓✓ La pré­­ ta­­ sen­­ tion du pro­­ de ses objec­­ et des béné­­ jet, tifs fices atten­ ­ dus. La date de début et de fin de pro­­ et l’enveloppe bud­­ taire jet gé­­ défi­­ ini­­ le­­ nie tia­­ ment. 1. Return On Investment ou retour sur inves­­ se­­ tis­­ ment. 411 Savoir-être La fiche d’identité du pro­­ jet
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    12 • Tra­­ vailleren mode trans­­ sal ver­­ L’enjeu de la transversalité pour le manager Déve­­ per des rela­­ lop­­ tions de coopé­­ tion ra­­ Col­­ bo­­ en mode pro­­ la­­ rer jet ✓✓ La des­­ tion des pro­­ crip­­ duits livrés et le niveau de satis­­ faction des uti­­ sa­­ li­­ teurs pour cha­­ de ces livrables. cun ✓✓ La liste des per­­ sonnes et struc­­ tures impli­­ quées dans le pro­­ : jet  équipe pro­­ comité de pilo­­ jet, tage, four­­ seurs, par­­ naires,… nis­­ te­­ Bilan quan­­ tatif de la réa­­ sa­­ ti­­ li­­ tion Il s’agit de faire le bilan entre les pré­­ sions ini­­ vi­­ tiales et les don­­ nées réelles en fin de pro­­ Un écart final n’est pas for­­ ment une erreur jet. cé­­ de pilo­­ tage, tant que ces écarts ont été gérés au fil de l’eau, et sou­­ mis au pro­­ sus de maî­­ ces­­ trise des modi­­ ca­­ fi­­ tions. Tableau 12.7 ■ Bilan des délais Phases Date pré­­ vue Date réelle Commen­­ taires Réa­­ lisé Commen­­ taires Niveau réa­­ lisé Commen­­ taires Tableau 12.8 ■ Bilan des coûts Nature de coûts Prévu Tableau 12.9 ■ Bilan de la per­­ mance for­­ Fonc­­ tions et cri­­ tères Niveau prévu 412
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    Tableau 12.10 ■ Bilan dela satis­­ faction glo­­ bale des par­­ pre­­ ties nantes Bonnes pra­­ tiques à dis­­ mi­­ sé­­ ner et écueils à évi­­ ter Le fonc­­ ne­­ tion­­ ment d’un pro­­ est à la fois pro­­ teur de valeur jet duc­­ ajou­­ pour le client et pro­­ teur de connais­­ tée duc­­ sance et d’habilité col­­ tive pour l’entreprise. lec­­ Les ensei­­ ments du pro­­ portent sur : gne­­ jet ✓✓ les bonnes pra­­ tiques à dis­­ mi­­ sé­­ ner ; ✓✓ les écueils à évi­­ ter. Cer­­ tains des ensei­­ ments du pro­­ méritent d’être géné­­ li­­ gne­­ jet ra­­ sés à l’ensemble de l’entreprise. Même s’ils sont rares, il est capi­­ de les tal iden­­ fier, de les décrire de manière décontextualisée du pro­­ et de ti­­ jet les faire par­­ ger au sein de l’entreprise. ta­­ La dif­­ culté majeure de la dis­­ mi­­ tion des bonnes pra­­ fi­­ sé­­ na­­ tiques et de mise en garde des écueils est qu’il n’existe que rare­­ ment une struc­ ­ 413 Savoir-faire L’analyse des chiffres, même si elle est incontour­­ nable, ne suf­­ pas. fit En effet, il est capi­­ de recueillir le retour d’expérience de la part tal des membres de l’équipe pro­­ jet. Les don­­ nées syn­­ ti­­ portent sur : thé­­ sées ✓✓ l’analyse points forts/points à amé­­ rer dans la pré­­ sion et lio­­ vi­­ l’exécution du pro­­ jet ; ✓✓ la liste des ensei­­ ments tirés du pro­­ et des sug­­ tions gne­­ jet ges­­ d’amélioration. Le bilan de fin de pro­­ est le der­­ jet nier docu­­ ment col­­ tif de lec­­ l’équipe pro­­ Pour qu’elle ait tout son poids, elle doit être éta­­ jet. blie par tous les acteurs pro­­ repré­­ tant cha­­ jet, sen­­ cun des métiers impli­ ­ qués. Savoir-être Bilan qua­­ ta­­ de la réa­­ sa­­ li­­ tif li­­ tion et leçons à tirer Savoirs Satis­­ faction : niveau et faits signi­­ ca­­ fi­­ tifs rela­­ tifs aux résul­­ tats et à la rela­­ tion inter­­ son­­ per­­ nelle Par­­ ties pre­­ nantes
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    12 • Tra­­ vailleren mode trans­­ sal ver­­ L’enjeu de la transversalité pour le manager Déve­­ per des rela­­ lop­­ tions de coopé­­ tion ra­­ Col­­ bo­­ en mode pro­­ la­­ rer jet ture supé­­ rieure de vali­­ tion qui lui don­­ rait la légi­­ mité néces­ da­­ ne­­ ti­­ ­ saire. Le mana­­ hié­­ chique du chef de pro­­ peut jouer le rôle ger rar­­ jet de spon­­ et orga­­ ser des réunions de par­­ sor ni­­ tage « inter­ rojets » pour p aug­­ ter l’efficacité du sys­­ men­­ tème pro­­ au niveau de l’entreprise. jet La ques­­ tion ultime : a-­ -on envie de recom­­ t men­­ cer ? Comment éva­­ luer la réus­­ d’un pro­­ site jet ? C’est une ques­­ tion à laquelle il convient de ne pas don­­ de réponses sim­­ fi­­ trices. ner pli­­ ca­­ Bien évi­­ ment, la pro­­ tion des béné­­ dem­­ duc­­ fices atten­­ dus est l’élément déter­­ nant, bien avant la tenue des coûts, des délais et de mi­­ la per­­ mance des livrables. Et, quand tout ceci est sous contrôle, for­­ quel est l’élément ultime du suc­­ d’un pro­­ cès jet ? Cela concerne le volet humain du mana­­ ment de pro­­ Il se cerne en appor­­ ge­­ jet. tant les réponses aux ques­­ tions sui­­ vantes : Dans quel état l’équipe s’est-elle sépa­­ rée ? Est-­ e une équipe fière d’avoir par­­ cipé à l’aventure ? Estc ti­­ c ­ e une équipe riche des connais­­ sances pro­­ duites et par­­ gées ? Estta­­ c ­ e tout bon­­ ment une équipe qui a envie de recom­­ cer ? ne­­ men­­ Il est en effet cri­­ tique pour une entre­­ prise de savoir réus­­ ses sir pro­­ jets. Et il est cri­­ tique pour une entre­­ prise de savoir réus­­ dura­ sir ­ ble­­ ment ses pro­­ jets. Les orga­­ sa­­ ni­­ tions tra­­ tion­­ di­­ nelles en ser­­ vices silotés ont vécu. Les mana­­ gers doivent à présent déve­­ per des lop­­ compé­­ tences nou­­ velles : une agi­­ rela­­ nelle et une lité tion­­ intel­­ gence du fonc­­ ne­­ li­­ tion­­ ment en mode pro­­ jet. 414
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    Savoirs Chapitre 13 Les ques­­ tionsaux­­ quelles répond ce cha­­ pitre quoi la connais­­ sance de soi permet-­ lle de gagner en e ◆◆ Pour­­ effi­­ cité ? ca­­ lop­­ te­­ caces y ◆◆ Comment déve­­ per des compor­­ ments plus effi­­ Savoir-faire Opti­­ ser son effi­­ cité mi­­ ca­­ rela­­ tion­­ nelle compris dans un envi­­ ne­­ ron­­ ment inter­ ulturel ? c for­­ tion de négo­­ tion ? cia­­ ◆◆ Comment être plus per­­ mant en situa­­ 415 Savoir-être ◆◆ Comment pré­­ nir et gérer les conflits ? ve­­
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    13 • Opti­­ser son effi­­ cité mi­­ ca­­ rela­­ nelle tion­­ Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité ca­­ Prendre en compte la dimen­­ inter­ ultu­­ sion c relle Entraî­­ l’adhésion : négo­­ per­­ der, influ­­ cer ner cier, sua­­ en­­ Gérer les conflits CC Mieux se connaître pour gagner en effi­­ca­­cité PRINCIPES CLÉS • Nos atti­­ tudes et compor­­ ­ te­ ments induisent un cer­­ tain type de rela­­ tion avec les membres de l’équipe. Déve­­ per sa sou­­ lop­­ plesse compor­­ men­­ pour être plus te­­ tale effi­­ cace L’art du mana­­ ment consiste à « diri­ ge­­ ­ ger »1 les membres de l’équipe pour qu’ils donnent le meilleur d’eux-mêmes. Le • Apprendre à modu­­ son ler fac­­ teur humain est donc pri­­ dial et mor­­ compor­­ ment et à dépas­­ te­­ ser passe par la rela­­ tion per­­ na­­ sée avec son­­ li­­ ses zones de rigi­­ dité per­­ met de faci­­ ter la commu­­ ca­­ li­­ ni­­ tion et chaque membre de l’équipe. d’être plus effi­­ cace. La sou­­ plesse compor­­ men­­ te­­ tale du mana­­ devient la prin­­ pale compé­ ger ci­­ ­ tence à déve­­ per pour gagner en effi­­ cité et faire gagner son lop­­ ca­­ équipe. Cette sou­­ plesse néces­­ de bien se connaître et d’avoir le site désir de pro­­ ser. gres­­ Au quo­­ dien, nous avons ten­­ ti­­ dance à adop­­ les mêmes compor­ ter ­ te­­ ments et atti­­ tudes qui agissent comme de vieux réflexes. La dif­­ ­ fi­ culté consiste à adop­­ d’autres compor­­ ments. Nous avons alors ter te­­ la pos­­ bi­­ de choi­­ si­­ lité sir : ✓✓ un compor­­ ment réflexe, par­­ adapté, par­­ limi­­ te­­ fois fois tant ; ✓✓ un compor­­ ment nou­­ te­­ veau et plus appro­­ face à des per­­ prié sonnes ou des situa­­ tions qui nous paraissent dif­­ ciles. fi­­ Mieux se connaître grâce à l’analyse tran­­ tion­­ sac­­ nelle L’analyse tran­­ tion­­ sac­­ nelle a été déve­­ pée dans les années cin­ lop­­ ­ quante par Éric Berne, méde­­ psy­­ cin chiatre nord amé­­ cain. Il s’agit ri­­ d’une théo­­ de la per­­ na­­ et des rela­­ rie son­­ lité tions humaines qui s’est 1. Dans le sens de don­­ une direc­­ ner tion. 416
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    Savoirs lar­­ ment répan­­ ge­­ dueen Occi­­ dent au cours de ces trente der­­ nières années. Elle est compo­­ d’outils pra­­ sée tiques qui peuvent aider les mana­­ gers à : ✓✓ mieux se connaître et iden­­ fier points forts et points faibles ; ti­­ ✓✓ mieux connaître et comprendre les autres ; ✓✓ être bien avec eux-­ êmes et avec les autres ; m ✓✓ trou­­ ver des pistes concrètes pour gagner en sou­­ plesse compor­­ men­­ te­­ tale. Deux outils de l’analyse tran­­ tion­­ sac­­ nelle sont par­­ cu­­ re­­ ti­­ liè­­ ment utiles dans cette optique : ✓✓ les états du Moi ; ✓✓ les posi­­ tions de vie. 417 Savoir-être Cet outil nous per­­ met de comprendre le fonc­­ ne­­ tion­­ ment de notre per­­ na­­ et son influ­­ son­­ lité ence sur notre compor­­ ment lors de nos te­­ échanges avec les autres. D’après Éric Berne, notre per­­ na­­ fonc­­ ne­­ comme si son­­ lité tion­­ rait elle était compo­­ de trois par­­ dis­­ sée ties tinctes, les trois états du Moi : le parent, l’adulte et l’enfant. Nous uti­­ sons un état du Moi spé­­ fique en fonc­­ li­­ ci­­ tion d’une acti­ ­ vité ou d’un mode rela­­ nel par­­ cu­­ tion­­ ti­­ lier. Par exemple, nous pou­ ­ vons démar­­ un entre­­ rer tien avec un col­­ bo­­ teur en lui rap­­ lant la­­ ra­­ pe­­ des pro­­ dures qu’il n’utilise pas, puis nous lui deman­­ cé­­ dons où il en est de ses objec­­ tifs, enfin nous ter­­ nons l’entretien en plai­­ tant mi­­ san­­ sur un mail un peu gri­­ qui a cir­­ vois culé dans le ser­­ vice. Au cours de cet entre­­ nous sommes pas­­ par trois états du Moi : tien sés ✓✓ le parent, lorsque nous évo­­ quons les pro­­ dures à appli­­ cé­­ quer ; ✓✓ l’adulte quand nous lui posons des ques­­ tions sur ses objec­­ tifs ; ✓✓ l’enfant quand nous plai­­ tons. san­­ Dans notre vie quo­­ dienne, nous pas­­ ti­­ sons constam­­ ment d’un état du Moi à l’autre. Tou­­ fois, dans cer­­ te­­ tains cas, nous parais­­ sons comme « blo­­ qués » dans un état du Moi. Par exemple, à l’occasion d’une situa­­ tion ten­­ due, nous nous blo­­ quons sur nos pré­­ gés alors ju­­ que nous devrions prendre du recul ou avoir un peu d’humour. Savoir-faire Les états du Moi
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    13 • Opti­­ser son effi­­ cité mi­­ ca­­ rela­­ nelle tion­­ Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité ca­­ Prendre en compte la dimen­­ inter­ ultu­­ sion c relle Entraî­­ l’adhésion : négo­­ per­­ der, influ­­ cer ner cier, sua­­ en­­ Gérer les conflits Pour mieux comprendre ces prin­­ cipes de base, nous allons, dans un pre­­ mier temps, repérer la struc­­ ture des états du Moi puis, dans un second temps, les fonc­­ tions propres à cha­­ cun. Cha­­ cune de ces fonc­­ tions peut être plus ou moins bien régulée. La struc­­ ture des états du Moi L’état parent L’état parent est le siège de nos croyances, de nos valeurs, de nos modèles, de nos opi­­ nions, de nos juge­­ ments, des règles et des normes. Son contenu nous a été trans­­ par des per­­ mis sonnes impor­­ tantes pour nous ou a été inté­­ à la suite d’expériences per­­ nelles. Il est le gré son­­ domaine de l’appris. Le parent est l’aiguille de notre bous­­ interne sole qui nous per­­ met de reconnaître ce qui est bon ou mau­­ vais, bien ou mal. Il est aussi notre his­­ toire pas­­ ce que nous en avons retenu et sée, la vision des grandes lignes de notre futur tel que nous le rêvons pour nous-­ ême et nos proches. Le parent est là pour nous gui­­ nous m der, pro­­ ger, nous per­­ té­­ mettre d’avancer avec des cer­­ tudes mais aussi pour ti­­ nous faire dou­­ nous limi­­ ou nous inter­­ cer­­ ter, ter dire tains choix. Nous sommes dans le parent à chaque fois que nous uti­­ sons li­­ des mots ou des expres­­ sions tels que : il faut, c’est impor­­ tant de, il serait bon, je devrais, c’est bien, c’est mal, faites-­ oi confiance, vous m ne devriez pas, c’est inter­­ c’est dan­­ reux, je ne dois pas, tou­­ dit, ge­­ jours, jamais, c’est ainsi et pas autre­­ ment, vous pou­­ comp­­ sur moi… vez ter Nous uti­­ sons le parent pour : li­­ ✓✓ don­­ une opi­­ ner nion ; ✓✓ impo­­ une idée ; ser ✓✓ aider une per­­ sonne ; ✓✓ don­­ des conseils ; ner ✓✓ rap­­ ler des normes ; pe­­ ✓✓ sanc­­ ner ; tion­­ ✓✓ faire un reproche ou féli­­ ter,… ci­­ 418
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    L’état enfant estle siège de nos besoins, de nos désirs, de nos sen­­ ­ sa­ tions, de nos sen­­ ments. Il est le domaine du res­­ ti­­ senti. L’enfant est la mémoire de tout ce qui nous est agréable, désa­ ­ gréable, sym­­ thique, anti­­ thique, sécu­­ sant, dan­­ reux. Il réagit pa­­ pa­­ ri­­ ge­­ immé­­ te­­ dia­­ ment à toute situa­­ tion de manière émo­­ nelle. Il peut tion­­ pro­­ quer des réac­­ vo­­ tions phy­­ lo­­ sio­­ giques en cas de troubles  : rou­ ­ geur, accé­­ ra­­ lé­­ tion du rythme car­­ diaque, bâille­­ ment, bégaie­­ ment,… l’enfant est éga­­ ment le siège de la socia­­ sa­­ le­­ li­­ tion, de l’impulsivité et de la créa­­ vité. ti­­ Nous sommes dans l’enfant à chaque fois que nous uti­­ sons des li­­ mots ou des expres­­ sions tels que : super, génial, je suis OK, eurêka, 419 Savoir-faire L’état enfant Savoir-être L’état adulte est le siège de notre capa­­ à réflé­­ cité chir, à prendre de la dis­­ tance et à prendre des déci­­ sions. Il intègre de nom­­ breuses compé­ ­ tences  : ana­­ lyse, syn­­ thèse, déduc­­ tion, logique, abs­­ tion,  anti­­ ­ trac­­ ci­ pation. Il est le domaine du pensé. Il nous per­­ met de trai­­ les ter pro­­ blèmes et de prendre nos déci­­ sions. C’est l’état du Moi de la ges­­ tion de conflit et de la prise de recul ; il nous per­­ met de nous dis­­ cier et de prendre de la hau­­ tan­­ teur grâce à son objec­­ vité et à ti­­ l’analyse des faits. Nous sommes dans l’adulte à chaque fois que nous uti­­ sons des li­­ expres­­ sions ou des mots tels que : pour­­ quoi, comment, combien, qui, lequel, à votre avis, que pensez-­ ous de  ? quelle déci­­ v sion avez-­ ous v prise ? quels sont les moyens dont vous dis­­ sez ? quels sont les faits ? je po­­ vais y réflé­­ chir, voici ce que je vous pro­­ pose,… Nous uti­­ sons l’adulte pour : li­­ ✓✓ poser des ques­­ tions ; ✓✓ refor­­ ler ; mu­­ ✓✓ écou­­ ter ; ✓✓ éva­­ le pour et le contre, les avan­­ luer tages et les inconvé­­ nients ; ✓✓ pla­­ fier ; ni­­ ✓✓ recueillir de l’information ; ✓✓ choi­­ la solu­­ sir tion la mieux adap­­ face à une situa­­ tée tion,… Savoirs L’état adulte
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    13 • Opti­­ser son effi­­ cité mi­­ ca­­ rela­­ nelle tion­­ Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité ca­­ Prendre en compte la dimen­­ inter­ ultu­­ sion c relle Entraî­­ l’adhésion : négo­­ per­­ der, influ­­ cer ner cier, sua­­ en­­ Gérer les conflits j’aime, je déteste, c’est chouette, y’en a marre, j’peux pas le sen­­ na ! tir, ras le bol ! for­­ dable… mi­­ Nous uti­­ sons l’enfant pour : li­­ ✓✓ écla­­ de rire ; ter ✓✓ se lais­­ aller à la gour­­ dise ; ser man­­ ✓✓ s’interdire de par­­ ler ; ✓✓ se ron­­ les ongles ; ger ✓✓ bais­­ la tête ; ser ✓✓ être en colère ; ✓✓ sif­­ ter ou chan­­ flo­­ ter,… Figure 13.1 ■ Les états du Moi Parent Croyances, valeurs, jugements, normes, opinions... APPRIS Adulte Recueil des données, analyse, comparaison, évaluation, décision,... PENSÉ Enfant Émotions, désirs, besoins, sentiments, adaptation,... RESSENTI 420
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    Les fonc­­ tions bienrégulées de l’état parent Il existe deux fonc­­ tions essen­­ tielles du parent : la fonc­­ tion nor­­ tive ma­­ et la fonc­­ tion nour­­ cière. ri­­ Il se met en action à chaque fois que nous devons trans­­ mettre des normes, des règles, des pro­­ dures, des droits et des devoirs. Il veille cé­­ à ce que chaque membre de l’équipe tra­­ vaille dans un cadre sécu­­ ­ ri­ sant où les limites sont clai­­ ment éta­­ re­­ blies. Le mana­­ nor­­ tif est fiable et expli­­ ger ma­­ cite. Il énonce les règles clai­­ ment et sim­­ ment. Il est prêt à expli­­ re­­ ple­­ quer ces règles et à créer des zones de sou­­ plesse si néces­­ saire. Exemple : « Vous devez appli­­ quer cette pro­­ dure parce que… » cé­­ «  Je vous rap­­ pelle que vous avez 24  heures pour me rendre votre travail… » « Il est impor­­ tant que nous soyons tous mobi­­ sés pour li­­ atteindre cet objectif… » Savoirs Le parent nor­­ tif ma­­ 421 Savoir-être Il se met en action pour répondre à une demande d’aide, à réconfor­ ­ ter si besoin et à être dis­­ nible. Il accorde des per­­ sions à luipo­­ mis­­ m ­ ême et aux membres de l’équipe. Il sait trou­­ le mot juste pour ver réconfor­­ ou moti­­ ter ver. Le mana­­ nour­­ cier déve­­ ger ri­­ loppe et res­­ pecte l’autonomie des membres de son équipe. Il res­­ pecte aussi ses propres limites et besoins. Exemple : « Si vous avez besoin d’aide, vous pou­­ comp­­ sur vez ter moi », « Qu’est-ce qui pour­­ vous aider pour atteindre vos objec­ rait ­ tifs ? » « Cette fois-­ i, je lâche tout et je pars en week-­ nd pour me c e détendre. » Un bon équi­­ libre entre ces deux fonc­­ tions per­­ met au mana­­ ger d’être à la fois aidant et cadrant pour les membres de son équipe et pour lui-­ ême. m Savoir-faire Le parent nour­­ cier ri­­
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    13 • Opti­­ser son effi­­ cité mi­­ ca­­ rela­­ nelle tion­­ Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité ca­­ Prendre en compte la dimen­­ inter­ ultu­­ sion c relle Entraî­­ l’adhésion : négo­­ per­­ der, influ­­ cer ner cier, sua­­ en­­ Gérer les conflits Les fonc­­ tions mal régulées de l’état parent Mal régulés, ces compor­­ ments deviennent rigides ou limitants. Le te­­ parent nor­­ tif se trans­­ ma­­ forme en per­­ cu­­ sé­­ teur ; le parent nour­­ cier ri­­ en sau­­ veur. Le parent per­­ cu­­ sé­­ teur Il se rigi­­ fie par rap­­ di­­ port à lui-­ ême et à l’autre. Il est auto­­ taire, m ri­­ cri­­ tique, mena­­ çant, humi­­ liant par­­ fois. Il nous empêche de lâcher prise quand il le fau­­ drait, il nous pousse à bout ou pousse l’autre à bout. Les règles qu’il applique ou fait appli­­ quer sont trop exi­­ geantes, dif­­ ciles à mettre en place, arbi­­ fi­­ traires et sou­­ vent inutiles. Exemple : « Il n’est pas ques­­ tion que je vous accorde une minute de plus. » « C’est comme ça et pas autre­­ ment. » « Vous ne compre­­ nez vrai­­ ment rien ! » « Vous êtes des bons à rien » « Remue-­ oi ! » t Le parent sau­­ veur Il se carac­­ rise par sa volonté de trop vou­­ faire pour les autres té­­ loir voire de faire à leur place. Il créé des liens de dépen­­ dance et se donne une place exces­­ dans l’équipe. Le parent sau­­ sive veur empêche l’autonomie des per­­ sonnes qui se sentent par­­ fois étouf­­ fées et ne peuvent déve­­ per leurs compé­­ lop­­ tences. Il fonc­­ tionne à l’affectif et passe beau­­ coup de temps à rendre des ser­­ vices aux uns et aux autres au détriment de l’atteinte de ses objec­­ per­­ nels. tifs son­­ Exemple : « Sur­­ tout ne bouge pas, je m’occupe de tout ! » « J’ai classé tes dos­­ siers parce que j’ai vu que tu avais du retard. » « Si tu veux prendre une semaine de vacances en plus, je m’arrangerai pour déca­­ les miennes. » « Tu es fati­­ ler gué, rentre chez toi, je ter­­ mine ton tra­­ vail. » « Que feriez-­ ous sans moi ? » v 422
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    Tableau 13.1 ■ Comment êtreeffi­­ cace avec l’état parent ? Déve­­ per le parent nour­­ cier lop­­ ri­­ • as­­ le temps néces­­ P ser saire pour expli­­ quer les normes, règles et objec­­ tifs. • rendre le temps, au cours d’un entre­­ P tien, de repérer les moti­­ vations de vos col­­ bo­ la­­ ­ ra­­ teurs pour res­­ ter leurs besoins. pec­­ • ’assurer que vos mes­­ S sages sont clairs, sans ambi­­ guïté et bien compris par tous. • n cas d’insatisfaction, faire des cri­­ E tiques ciblées et pré­­ cises. Pré­­ ser ce que vous ci­­ atten­­ dez. • xpli­­ E quer les rai­­ sons d’être des nou­­ velles normes, règles ou pro­­ dures. cé­­ • tre souple avec soi-­ ême et avec Ê m l’autre : il est par­­ fois judi­­ cieux de faire des excep­­ tions à la règle. • rendre du temps pour vous : faites-­ ous P v plai­­ retrou­­ sir, vez votre éner­­ gie, vos forces. • tre à l’écoute des membres de votre Ê équipe tout en res­­ tant les limites de pec­­ cha­­ cun. Savoirs Déve­­ per le parent nor­­ tif lop­­ ma­­ • ider les autres en cas de demande, ou A aider à l’expression de la demande. • tre bien­­ Ê veillant, avec soi et avec autres. Réguler le parent sau­­ veur • epérer les moments ou les per­­ R sonnes avec qui vous adop­­ cet état du Moi. tez • if­­ ren­­ D fé­­ cier le plai­­ que vous éprou­­ sir vez à don­­ et les besoins réels de l’autre. ner • en­­ à res­­ P ser pirer pro­­ dé­­ fon­­ ment et remettre à plus tard les cri­­ tiques que vous sou­­ tez for­­ ler à chaque fois que vous hai­­ mu­­ appro­­ chez de cet état du Moi. • éri­­ V fier, avant de vous enga­­ dans une ger aide si vous avez les compé­­ tences, le temps et l’envie d’y répondre. • dop­­ le prin­­ A ter cipe : tout peut être dit, tout peut être fait, à condi­­ tion de se res­­ ter pec­­ et de res­­ ter l’autre. pec­­ • ais­­ aux col­­ bo­­ teurs le soin L ser la­­ ra­­ d’exprimer leurs demandes : ne les anti­­ ­ ci­ pez pas sys­­ ma­­ que­­ té­­ ti­­ ment. • écou­­ le plai­­ de voir vos col­­ bo­­ ­ D vrir sir la­­ ra­ teurs se débrouiller sans vous. Savoir-faire Réguler le parent per­­ cu­­ sé­­ teur Les fonc­­ tions bien régulées de l’état adulte L’adulte bien régulé nous per­­ met de déve­­ per notre poten­­ de lop­­ tiel, lever les dif­­ cultés rela­­ nelles et de prendre le temps du recul et fi­­ tion­­ de l’analyse. Mal régulés, les compor­­ ments et les réac­­ te­­ tions de l’adulte deviennent exces­­ La per­­ sifs. sonne oublie d’activer les fonc­­ tions des états enfant et parent. Le monde appa­­ alors comme dénué d’émotions et de raît croyances : tout est pos­­ sible, sans condi­­ tion. C’est le cas de l’adulte tech­­ crate. no­­ 423 Savoir-être Les fonc­­ tions mal régulées de l’état adulte
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    13 • Opti­­ser son effi­­ cité mi­­ ca­­ rela­­ nelle tion­­ Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité ca­­ Prendre en compte la dimen­­ inter­ ultu­­ sion c relle Entraî­­ l’adhésion : négo­­ per­­ der, influ­­ cer ner cier, sua­­ en­­ Gérer les conflits L’adulte tech­­ crate no­­ Il se carac­­ rise par son excès de recul et de maî­­ té­­ trise. Il paraît froid, dis­­ tant et ne tient pas compte de l’impact émo­­ nel que pro­ tion­­ ­ voquent ses pro­­ et/ou son compor­­ ment. pos te­­ L’adulte tech­­ crate est déta­­ no­­ ché. Pour lui, tout pro­­ blème peut s’analyser et tout chan­­ ment peut être mis en place. Il suf­­ d’être ge­­ fit clair sur la nature de la dif­­ culté, les actions cor­­ trices et les délais. fi­­ rec­­ La donne humaine et émo­­ nelle et la résis­­ tion­­ tance aux chan­­ ments ge­­ ne rentrent pas dans son ana­­ lyse. Exemple : « Dans trois mois, le sys­­ tème de pro­­ tion sera opé­ duc­­ ­ ra­­ nel après avoir licen­­ 10 % de la maî­­ tion­­ cié trise. » « La seule solu­ ­ tion c’est de blo­­ quer tout avan­­ ment et toute prime pen­­ ce­­ dant au moins trois ans. » Les fonc­­ tions bien régulées de l’état enfant Il existe deux fonc­­ tions essen­­ tielles de l’enfant : la fonc­­ tion enfant adapté et la fonc­­ tion enfant libre. L’enfant adapté Il res­­ pecte son envi­­ ne­­ ron­­ ment pro­­ sion­­ et extra­ rofes­­ nel. fes­­ nel p sion­­ Le mana­­ qui uti­­ cette fonc­­ ger lise tion est un modèle au niveau des normes et des pro­­ dures avec les­­ cé­­ quelles il se sent en accord. Cette fonc­­ tion n’a pas pour objec­­ de contraindre mais, au contraire, de tif prendre ce qu’il y a de meilleur pour vivre en société. Quand un mana­­ n’est pas d’accord avec une nou­­ ger velle règle, il pose des ques­ ­ tions et s’exprime à son sujet. Exemple : « J’arrive à l’heure tous les matins. » « Je tra­­ verse sur les pas­­ sages clou­­ tés », « Avant de prendre la parole dans un groupe, je lève la main. » « Je res­­ pecte les consignes de sécu­­ de mon entre­­ rité prise »… 424
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    Il se carac­­rise par sa capa­­ à expri­­ té­­ cité mer tran­­ quille­­ ment ce qu’il éprouve et à uti­­ ser sa créa­­ vité. Le mana­­ qui uti­­ cette fonc­ li­­ ti­­ ger lise ­ tion est authen­­ tique ; il aime qu’on lui parle « vrai » et que ses col­­ ­ la­ bo­­ teurs s’expriment libre­­ ra­­ ment. Il a de grandes capa­­ tés à uti­­ ser ci­­ li­­ sa créa­­ vité pour sor­­ des situa­­ ti­­ tir tions de crise et se per­­ de sor­­ met tir de cadres impo­­ qui lui paraissent trop rigides. Pour son équipe sés c’est une per­­ sonne créa­­ tive, directe et pas­­ née. sion­­ Exemple : « Super ce nou­­ veau pro­­ on va leur mon­­ ce qu’on jet, trer sait faire ! » « J’en ai marre de bos­­ sur ce dos­­ ser sier, je vais me faire une pause. » « Alors, quand est-­ e qu’on décide de se faire une superc b ­ ouffe pour se remon­­ le moral ? » ter Un bon équi­­ libre entre ces deux fonc­­ tions per­­ met à la fois au mana­­ de res­­ ter les règles et pro­­ dures de l’entreprise et ger pec­­ cé­­ d’exprimer ses émo­­ tions et sa créa­­ vité. ti­­ Savoirs L’enfant libre L’enfant rebelle Il se carac­­ rise par son hyper­ éacti­­ té­­ r vité. Pour lui, le monde, l’entreprise ou son équipe est tou­­ jours source de troubles. L’enfant rebelle se sent atta­­ qué, il voit des pièges par­­ tout. Il uti­­ son intel­ lise ­ li­­ gence pour repérer ce qui ne va pas dans cette nou­­ velle loi, dans cette nou­­ velle direc­­ tive, dans la demande par­­ cu­­ ti­­ lière d’un res­­ ­ pon­ sable ou d’un col­­ bo­­ teur. Comme il se sent atta­­ ou piégé, il la­­ ra­­ qué réagit très sou­­ vent par de l’agressivité ou un « non » sys­­ ma­­ té­­ tique. Il est par­­ cu­­ re­­ ti­­ liè­­ ment dif­­ cile à mana­­ du fait de son impul­­ vité fi­­ ger si­­ et de son oppo­­ tion à toute forme d’autorité. si­­ Exemple : « Encore une nou­­ velle pro­­ dure, ça ne m’étonne pas cé­­ ils n’ont que ça à faire ! » « J’en ai marre de cette direc­­ tion qui n’est même pas capable de déter­­ ner des objec­­ clairs. » mi­­ tifs 425 Savoir-être Lorsque les fonc­­ tions de l’état enfant sont mal régulées, les compor­ ­ te­­ ments et les réac­­ tions deviennent exces­­ sifs : la fonc­­ tion de l’enfant adapté se trans­­ forme soit en enfant sou­­ mis, soit en enfant rebelle, alors que la fonc­­ tion de l’enfant libre se trans­­ forme en enfant tyran­­ nique. Savoir-faire Les fonc­­ tions mal régulées de l’état enfant
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    13 • Opti­­ser son effi­­ cité mi­­ ca­­ rela­­ nelle tion­­ Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité ca­­ Prendre en compte la dimen­­ inter­ ultu­­ sion c relle Entraî­­ l’adhésion : négo­­ per­­ der, influ­­ cer ner cier, sua­­ en­­ Gérer les conflits L’enfant sou­­ mis Il se carac­­ rise par son inca­­ cité à réagir quand il le fau­­ té­­ pa­­ drait. La per­­ sonne qui uti­­ ses fonc­­ lise tions est dis­­ crète, n’ose pas dire non et se plie à toutes les contraintes. Elle ne donne jamais son avis parce qu’elle a le sen­­ ment que c’est inutile ou qu’elle n’a rien d’intéressant ti­­ à dire. L’enfant sou­­ souffre : il se sent brimé, mal­­ mis traité. Il manque de confiance en lui et peut se sen­­ anxieux ou dépres­­ tir sif. Exemple  : «  Ça ne sert à rien de répondre, ils font ce qu’ils veulent. » « De toute façon je suis du même avis. » « C’est tou­­ jours à moi qu’il lance des piques. » « Attendre que ça passe, ne pas me faire remar­­ quer, ne rien dire et par­­ dis­­ te­­ tir crè­­ ment. » L’enfant tyran­­ nique Il se carac­­ rise par son inca­­ cité à se contrô­­ Il peut dépas­­ les té­­ pa­­ ler. ser bornes et se sou­­ peu de l’effet pro­­ cie duit par ses paroles et ses actes. Ses compor­­ ments sont inadap­­ voire anti­­ ciaux. Il est capable te­­ tés, so­­ de tout pour obte­­ ce qu’il veut, exige qu’on se plie à sa volonté et nir aime se mettre dans des situa­­ tions à risque. Quand un mana­­ uti­­ cette fonc­­ ger lise tion, il fait vivre un véri­ ­ table cau­­ mar aux membres de son équipe : prêt à tout pour obte­ che­­ ­ nir des résul­­ tats, il peut insul­­ les uns, ter­­ ri­­ ou humi­­ les ter ro­­ ser lier autres. Pour ce genre de per­­ na­­ tout est dans l’excès. La mise son­­ lité, en dan­­ est per­­ nente. ger ma­­ Exemple : « Si vous n’êtes pas content, c’est pareil ! » « Je bosse avec une bande de bons à rien et j’en ai marre ! » « Avec moi, ça passe ou ça casse ! » « Un bon dépas­­ ment de vitesse sur l’autoroute, rien se­­ de tel pour être en forme ! » 426
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    Tableau 13.2 ■ Être effi­­ caceavec l’énergie de l’enfant Déve­­ per l’enfant libre lop­­ • e confor­­ S mer aux règles et aux usages quand ils vous paraissent judi­­ cieux. • tre en contact avec vos émo­­ Ê tions et expri­­ mer ses sen­­ ments quand le cadre ti­­ le per­­ met. • oser des ques­­ P tions et remettre en cause ces règles et usages quand ils vous semblent dépla­­ cés. • ti­­ ser l’humour pour détendre U li­­ l’atmosphère. • ccep­­ l’expression émo­­ nelle des A ter tion­­ autres. • Se lais­­ aller à rêver et à inno­­ ser ver. Savoirs Déve­­ per l’enfant adapté lop­­ • ébri­­ vos idées et don­­ libre cours à D der ner votre créa­­ vité. ti­­ Réguler l’enfant rebelle • rendre le risque de don­­ votre avis P ner même si vous êtes en pro­­ fond désac­­ cord. • rendre le temps de vous taire et P d’analyser avant de réagir. • esu­­ les risques réels que vous pre­­ M rer nez en contes­­ tant une idée ou une remarque. • éflé­­ R chir à ce que vous pou­­ vez pro­­ ser po­­ si vous n’êtes pas d’accord. • efu­­ toute atteinte à votre per­­ R ser sonne. • ous poser la ques­­ V tion de votre véri­­ table désir par rap­­ port à une pro­­ si­­ po­­ tion qui émane d’un res­­ sable hié­­ chique. pon­­ rar­­ Réguler l’enfant tyran­­ nique • es­­ ter les autres quoiqu’il vous en R pec­­ coûte. • ra­­ quer des tech­­ P ti­­ niques cor­­ relles de po­­ détente pour apprendre à maî­­ ser votre tri­­ impul­­ vité. si­­ Savoir-faire Réguler l’enfant sou­­ mis En vous aidant des par­­ cu­­ ri­­ et des fonc­­ ti­­ la­­ tés tions de chaque état du Moi : 1. Repérez vos modes de fonc­­ ne­­ tion­­ ment domi­­ nants  : parent, adulte, enfant. 2. Iden­­ fiez les situa­­ ti­­ tions ou les per­­ sonnes condui­­ sant à des dif­­ ­ fi­ cultés rela­­ nelles. tion­­ 427 Savoir-être Six conseils pour déve­­ per sa sou­­ lop­­ plesse compor­­ men­­ te­­ tale
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    13 • Opti­­ser son effi­­ cité mi­­ ca­­ rela­­ nelle tion­­ Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité ca­­ Prendre en compte la dimen­­ inter­ ultu­­ sion c relle Entraî­­ l’adhésion : négo­­ per­­ der, influ­­ cer ner cier, sua­­ en­­ Gérer les conflits 3. Déter­­ nez les pistes d’action que vous pou­­ uti­­ ser dans les mi­­ vez li­­ tableaux 13.1 et 13.2. 4. Choi­­ sez une piste d’action et entraînez-­ ous à être plus souple sis­­ v dans une situa­­ tion ou avec une per­­ sonne don­­ née. 5. Pas­­ à une nou­­ sez velle piste d’action lorsque le nou­­ veau compor­ ­ te­­ ment est inté­­ gré. 6. Avant de faire votre choix, réflé­­ sez à vos véri­­ chis­­ tables moti­ ­ vations : quels avan­­ tages avez-­ ous à chan­­ v ger ? quels avan­­ tages avez-­ ous à ne rien chan­­ v ger ? Les posi­­ tions de vie C’est l’un des outils les plus simples à comprendre de l’analyse tran­ ­ sac­­ nelle. Il est éga­­ ment celui qui offre de grandes pos­­ bi­­ tés tion­­ le­­ si­­ li­­ de chan­­ ment très rapide. Il nous per­­ de comprendre que nous ge­­ met vivons tous dans un mode de repré­­ ta­­ sen­­ tion constante de la réa­­ lité, de nous-­ êmes et des autres. m Ce mode de repré­­ ta­­ sen­­ tion est construit à par­­ de notre expé­ tir ­ rience et varie en fonc­­ tion des situa­­ tions. Selon le contexte, nous pou­­ vons nous voir comme quelqu’un de bien ou comme quelqu’un de démuni voire pas à la hau­­ teur. Nous pou­­ vons aussi voir l’autre tan­­ comme quelqu’un de bien, tan­­ comme une per­­ tôt tôt sonne arro­ ­ gante, impres­­ nante ou limi­­ voire infé­­ sion­­ tée rieure. Ce mode de repré­­ ta­­ sen­­ tions a des inci­­ dences directes sur notre compor­­ ment et te­­ donc sur l’image que nous don­­ nons de nous-­ êmes. m Il existe quatre modes de repré­­ ta­­ sen­­ tions, appe­­ posi­­ lés tions de vie. Chaque mode est consti­­ de deux signes. Le pre­­ tué mier signe est notre per­­ tion sur nous-­ êmes : + ou –. Le second signe est notre cep­­ m per­­ tion sur l’autre : + ou –. À chaque signe, la notion de gagnant cep­­ (+) ou per­­ dant (–) peut être asso­­ 1. ciée 1. Voir figure 12.2, cha­­ pitre 12. 428
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    Cette repré­­ ta­­ sen­­tion cor­­ pond à une vision réduc­­ res­­ trice de soi et sur­ imen­­ née de l’autre. Dans cette posi­­ d sion­­ tion de vie, nous nous sen­­ tons limi­­ infé­­ tés, rieurs, incom­­ tents et nous attri­­ pé­­ buons à l’autre l’expérience, le pou­­ voir, la compé­­ tence et la maî­­ trise. Notre compor­ ­ te­­ ment est en retrait : le regard est fuyant, les épaules sont basses, l’expression ver­­ bale est dif­­ cile voire impos­­ fi­­ sible. Exemple : « Avec lui je perds mes moyens. J’ai peur qu’il ne me prenne pour un imbé­­ cile ». « Je ne prends pas la parole pen­­ dant une réunion par peur du ridi­­ cule ». « Je ne fais pas de vagues ». « Je suis dis­­ pour ne pas me faire remar­­ cret quer ». Savoirs La posi­­ tion de vie –/+ ou per­­ dant/gagnant Cette repré­­ ta­­ cor­­ pond à une vision sur­ imen­­ née de soi sen­­ tion res­­ d sion­­ et réduc­­ trice de l’autre. Dans cette posi­­ de vie, nous nous sen­­ tion tons impor­­ tants, puis­­ sants, compé­­ tents et supé­­ rieurs. Nous attri­­ buons à l’autre l’inexpérience, l’incompétence et le manque d’autonomie. Notre compor­­ ment est de type domi­­ te­­ nant, il exprime la supé­­ ­ rio­ rité, par­­ le mépris  : le regard est direct, la tête légè­­ ment en fois re­­ arrière, la pos­­ ture très droite, presque rigide. Le ton de la voix est auto­­ taire, cin­­ ri­­ glant ou par­­ trop enve­­ pant. fois lop­­ Exemple : « Pour qui vous prenez-­ ous ! » « Moi, je pense que v vous avez tort ». « Mon pauvre ami, heu­­ se­­ reu­­ ment que je suis là ! » Savoir-faire La posi­­ tion de vie +/– ou gagnant/per­­ dant Cette repré­­ ta­­ sen­­ tion cor­­ pond à une vision complè­­ ment pes­­ ­ res­­ te­­ si­ miste de soi, des autres et de son envi­­ ne­­ ron­­ ment. Dans cette posi­ ­ tion de vie, nous pen­­ sons que rien ne vaut la peine d’être fait, que tout est perdu d’avance et que per­­ sonne ne peut rien faire pour nous. Notre compor­­ ment est complè­­ ment effacé, le lien social devient te­­ te­­ très dif­­ cile. L’attitude géné­­ est de l’ordre du décou­­ ge­­ fi­­ rale ra­­ ment, de la démis­­ sion voire de la dépres­­ sion. Exemple : « À quoi ça sert de dire quelque chose, tout le monde s’en moque  ». «  À quoi bon se battre dans ce monde déri­­ soire  ». « C’est tou­­ jours pareil, ils font de grands dis­­ cours, mais ils n’y croient pas. Per­­ sonne n’y croit ». 429 Savoir-être La posi­­ tion de vie –/– ou per­­ dant/per­­ dant
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    13 • Opti­­ser son effi­­ cité mi­­ ca­­ rela­­ nelle tion­­ Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité ca­­ Prendre en compte la dimen­­ inter­ ultu­­ sion c relle Entraî­­ l’adhésion : négo­­ per­­ der, influ­­ cer ner cier, sua­­ en­­ Gérer les conflits La posi­­ tion de vie +/+ ou gagnant/gagnant Cette repré­­ ta­­ sen­­ tion cor­­ pond à une vision de soi et de l’autre réa­ res­­ ­ liste. Nous avons conscience de nos capa­­ tés, de notre expé­­ ci­­ rience, de notre véri­­ table pou­­ voir et de nos limites. Nous avons éga­­ ment le­­ conscience des capa­­ tés de l’autre, de son expé­­ ci­­ rience, de son véri­­ table pou­­ voir et de ses limites. Notre compor­­ ment est en congruence te­­ avec ce que nous res­­ tons et syn­­ nisé sur le compor­­ ment de sen­­ chro­­ te­­ l’autre. Nous sou­­ tons avant tout une véri­­ hai­­ table col­­ bo­­ tion, à un ins­ la­­ ra­­ ­ tant T qui tienne compte de l’ensemble des pro­­ go­­ ta­­ nistes en pré­ ­ sence. Dans la posi­­ tion de vie +/+, il ne s’agit pas de pra­­ quer la ti­­ méthode Coué ou de se dire que tout le monde est fon­­ men­­ ­ da­­ ta­ lement bon. Il s’agit plu­­ d’établir un contrat de confiance qui tôt per­­ à cha­­ d’être res­­ sable et en col­­ bo­­ tion avec l’autre. met cun pon­­ la­­ ra­­ Exemple : « Est-­ e que tu es d’accord pour que l’on étu­­ le pro­ c die ­ blème sous cet angle ? » « Je suis content de tra­­ vailler avec toi, nous serons plus créa­­ tifs ». « Voilà ce que je peux faire et je compte sur toi pour me tenir au cou­­ rant ». Prendre conscience de son mode de fonc­­ tion­­ ment ne­­ Tout d’abord, il est impor­­ tant de prendre conscience que nous avons des habi­­ tudes et que nos repré­­ ta­­ sen­­ tions se réac­­ tivent un peu comme de vieux réflexes : En face d’une dif­­ culté rela­­ nelle nous reve­­ fi­­ tion­­ nons très sou­­ vent à notre posi­­ tion de vie de base : −− posi­­ tion de vie –/+ : « je me suis encore fait avoir », −− posi­­ tion de vie +/– : « quel cré­­ tin ! », −− posi­­ tion de vie –/– : « Je vou­­ drais dis­­ raître », pa­­ −− osi­­ p tion de vie +/+ : « c’est dif­­ cile à vivre, il faut que je prenne fi­­ le temps de digé­­ tout cela pour prendre du recul ». rer La posi­­ tion de vie –/+ a ten­­ dance à se réac­­ ver en face d’une per­ ti­­ ­ sonne qui a une posi­­ tion de vie +/– et inver­­ ment. se­­ 430
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    1. Avoir consciencedes posi­­ tions de vie que nous uti­­ sons au cours li­­ de situa­­ tions dif­­ rentes. À la fin d’une jour­­ vous pou­­ fé­­ née vez choi­­ de pen­­ à deux ou trois per­­ sir ser sonnes avec qui vous avez été en rela­­ tion. Pour cha­­ cune d’elle, quelle est la posi­­ tion de vie que vous avez adop­­ tée ? Quels sont les impacts de cette posi­­ tion de vie sur votre rela­­ tion et sur vos objec­­ tifs ? 2. Choi­­ une per­­ sir sonne avec qui vous êtes –/+ ou +/–. Mettre à plat l’objectif commun ou les objec­­ dif­­ ren­­ pour cha­­ tifs fé­­ ciés cun de vous : quels sont les véri­­ tables enjeux de la rela­­ tion ? 3. Repérer les qua­­ tés réci­­ li­­ proques et les limites de cha­­ par rap­ cun ­ port à ces objec­­ ou ces enjeux. tifs 4. Réflé­­ chir aux dif­­ rentes manières de modi­­ les posi­­ fé­­ fier tions de vie  limitantes. Ima­­ ner dif­­ rents scé­­ rios  : quels impacts, gi­­ fé­­ na­­ quelles consé­­ quences si vous pas­­ en posi­­ sez tion de vie +/+ ? 5. Se pré­­ rer men­­ lement pour être le plus souple pos­­ pa­­ ta­­ sible. Ima­ ­ gi­­ la pro­­ ner chaine ren­­ contre avec cette per­­ sonne alors que vous avez une repré­­ ta­­ sen­­ tion +/+ de la rela­­ tion  : que se passe-­-il  ? t Qu’avez-vous à y gagner ? 431 Savoirs Savoir-faire Cinq conseils pour être plus effi­­ cace grâce aux posi­­ tions de vie Savoir-être Ensuite, il faut savoir que la posi­­ tion de vie +/+ est la moins commune. Elle néces­­ pour cha­­ site cun un effort par­­ cu­­ ti­­ lier. Cet effort donne d’excellents résul­­ tats. Enfin il est néces­­ saire d’être conscient qu’il s’agit de nos repré­ ­ sen­­ tions men­­ ta­­ tales. Nous les créons nous-­ êmes et pou­­ m vons les modi­­ fier. Nous pou­­ vons très rapi­­ ment repérer notre posi­­ de­­ tion de vie. En revanche, il est illu­­ soire de pen­­ pou­­ ser voir connaître celle d’une autre per­­ sonne.
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    13 • Opti­­ser son effi­­ cité mi­­ ca­­ rela­­ nelle tion­­ Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité ca­­ Prendre en compte la dimen­­ sion inter­ ultu­­ c relle Entraî­­ l’adhésion : négo­­ per­­ der, influ­­ cer ner cier, sua­­ en­­ Gérer les conflits CC Prendre en compte la dimen­­sion inter­cultu­­relle Le carac­­ tère multi­ ulturel des rap­­ c ports sociaux dans l’environnement pro­­ ­ fes­ PRINCIPES CLÉS sion­­ se déve­­ nel loppe. En effet, l’exten­ • La commu­­ ca­­ ni­­ tion dans un sion des flux d’échange et de mobi­­ à lité contexte inter­ ulturel réserve c l’échelle pla­­ taire amène des per­­ né­­ sonnes son lot de sur­­ prises. Nos de cultures très dif­­ rentes à devoir fé­­ compor­­ ments habi­­ te­­ tuels col­­ bo­­ la­­ rer. peuvent pro­­ quer vo­­ des réac­­ tions inat­­ dues ten­­ Un cer­­ tain nombre de cher­ heurs c de la part d’interlocuteurs se sont pen­­ chés sur ce thème. Nous issus d’autres cultures. nous appuie­­ rons sur les tra­­ vaux de deux • Un esprit ouvert et un inté­­ rêt d’entre eux. Edward T. Hall et Geert à la culture de l’autre sont des Hofstede. atouts indis­­ sables pour pen­­ Ces tra­­ vaux per­­ mettent de clas­­ ser réus­­ dans un contexte inter­ sir les habi­­ tants des dif­­ rents pays selon fé­­ culturel. cer­­ tains para­­ mètres sur les plans de la culture et de la commu­­ ca­­ ni­­ tion. Bien sûr, les choses ne sont pas aussi méca­­ niques  : tous les indi­­ dus vi­­ d’un même pays ne pré­­ sentent pas les mêmes carac­­ ris­­ té­­ tiques. Tou­ ­ te­­ ces modèles donnent des indi­­ tions utiles pour prendre du fois ca­­ recul et gar­­ à l’esprit l’idée que nos réac­­ der tions propres ne sont pas uni­­ selles. ver­­ Qu’est-ce que la culture ? Toute culture est compo­­ d’un cer­­ sée tain nombre d’éléments visibles ou invi­­ sibles : ✓✓ La par­­ visible : C’est ce qu’un étran­­ peut en per­­ voir : les tie ger ce­­ cou­­ tumes, la langue, l’art, la lit­­ ra­­ té­­ ture, la musique, l’habitat, la cui­­ sine, etc. 432
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    Les ana­­ lyses d’EdwardT. Hall Edward T Hall a consa­­ de nom­­ cré breux ouvrages à l’étude de la commu­­ ca­­ ni­­ tion entre per­­ sonnes de cultures dif­­ rentes. Dans ce fé­­ cha­­ pitre, nous pré­­ te­­ sen­­ rons trois de ses concepts : ✓✓ le contexte de la commu­­ ca­­ ni­­ tion ; ✓✓ les dis­­ tances dans la commu­­ ca­­ ni­­ tion ; ✓✓ la rela­­ tion au temps. Savoirs ✓✓ La par­­ invi­­ tie sible  : C’est ce que par­­ tagent les per­­ sonnes qui font par­­ d’un même groupe humain : les valeurs, la vision du tie monde, le mode de pen­­ l’éducation, la concep­­ sée, tion de l’espace, la dou­­ leur, la beauté, la jus­­ tice, le tra­­ vail, la pro­­ preté, la mala­­ die, la notion du passé, du présent, de l’avenir, l’émotivité, le bien et le mal, etc. 433 Savoir-être C’est l’ensemble des infor­­ tions décri­­ ma­­ vant une situa­­ tion ou un évé­ ­ ne­­ ment. On parle de commu­­ ca­­ ni­­ tions à contexte fort ou à contexte faible. Ainsi quand deux per­­ sonnes échangent sur un sujet on dit que : ✓✓ Le contexte de la commu­­ ca­­ ni­­ tion est fort si les deux per­­ sonnes ont déjà beau­­ coup d’informations sur le sujet. Dans ce cas, la commu­­ ca­­ ni­­ tion n’a pas besoin d’être très expli­­ cite. Une par­­ tie du mes­­ sage peut être sous-­ ntendue. e ✓✓ Le contexte de la commu­­ ca­­ ni­­ tion est faible, si la per­­ sonne qui reçoit les infor­­ tions ne pos­­ ma­­ sède pas beau­­ coup d’informations sur le sujet. Dans ce cas, la commu­­ ca­­ ni­­ tion devra être très expli­­ cite. Les pays asia­­ tiques et médi­­ ra­­ ter­­ néens seraient des pays à contexte fort. Leurs habi­­ tants pos­­ sèdent de nom­­ breuses infor­­ tions via leurs ma­­ réseaux fami­­ liaux, ami­­ caux ou pro­­ sion­­ fes­­ nels. Ils n’ont pas besoin de beau­­ coup d’informations sup­­ men­­ plé­­ taires. La commu­­ ca­­ ni­­ tion peut être impli­­ cite. L’Europe et les États-­ nis seraient des pays à contextes bas. Les U habi­­ tants de ces pays ont besoin d’une commu­­ ca­­ ni­­ tion expli­­ cite. La Savoir-faire Le contexte de la commu­­ ca­­ ni­­ tion
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    13 • Opti­­ser son effi­­ cité mi­­ ca­­ rela­­ nelle tion­­ Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité ca­­ Prendre en compte la dimen­­ sion inter­ ultu­­ c relle Entraî­­ l’adhésion : négo­­ per­­ der, influ­­ cer ner cier, sua­­ en­­ Gérer les conflits ren­­ contre de per­­ sonnes issues de cultures à contextes dif­­ rents peut fé­­ don­­ lieu à des incom­­ hen­­ ner pré­­ sions : ✓✓ Les per­­ sonnes à contexte faible n’ont pas toutes les infor­­ tions ma­­ néces­­ saires et posent des ques­­ tions. ✓✓ Les per­­ sonnes à contexte fort trouvent désa­­ gréables de devoir don­­ des détails inutiles (à leurs yeux) et de devoir répondre à ner des ques­­ tions. Les dis­­ tances dans la commu­­ ca­­ ni­­ tion Cha­­ d’entre nous est entouré d’une bulle invi­­ cun sible dans laquelle il ne laisse péné­­ que cer­­ trer taines per­­ sonnes. La taille de la bulle dépend des situa­­ tions. Petite dans les situa­ ­ tions d’intimité, sa taille sera de plus en plus grande jusqu’à atteindre le maxi­­ mum dans les contacts publics. Si une per­­ sonne iden­­ fiée ti­­ comme fai­­ sant par­­ de la situa­­ tie tion « contacts publics » entre dans ma bulle « inti­­ mité », je vais res­­ tir une sen­­ tion désa­­ sen­­ sa­­ gréable. La taille de la bulle varie éga­­ ment en fonc­­ le­­ tion des cultures. Au Sud de l’Europe, elle est plus petite que dans le Nord. Des per­ ­ sonnes du Nord pour­­ ront ainsi se sen­­ agres­­ par des per­­ tir sées sonnes du Sud et des per­­ sonnes du sud trou­­ les per­­ ver sonnes du nord plu­­ tôt froides. La rela­­ tion au temps Toutes les cultures n’ont pas la même vision du temps. Elles peuvent être mono­ hroniques ou poly­ hroniques. c c Pour les cultures mono­ hroniques, le temps est linéaire et pla­ c ­ ni­­ Le respect des plan­­ fié. nings et délais est sacré. On ne fait qu’une seule chose à la fois et on essaie de ne pas se lais­­ inter­­ ser rompre. Dans les cultures poly­ hroniques, il est nor­­ c mal de faire plu­­ sieurs choses à la fois, de se lais­­ inter­­ ser rompre et de pas­­ d’une acti­­ à ser vité l’autre. Le respect du plan­­ ning appa­­ plu­­ comme un idéal que raît tôt comme un vrai objec­­ tif. 434
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    On comprend aisé­­ mentles irri­­ tions réci­­ ta­­ proques qui peuvent sur­­ dans la col­­ bo­­ tion entre « monochrones » et « poly­ hrones » gir la­­ ra­­ c si cha­­ ne fait pas d’effort de compré­­ sion de l’autre. cun hen­­ La dis­­ tance hié­­ chique rar­­ Savoir-faire Gert Hoffstede est un psy­­ logue néer­­ dais né en 1928. Il a cho­­ lan­­ étu­­ la place de la culture dans les rela­­ dié tions pro­­ sion­­ fes­­ nelles. Il a réa­­ l’étude qui l’a rendu célèbre au sein du groupe IBM. Cette lisé étude a inter­­ rogé le per­­ nel des soixante-­ ouze filiales d’IBM, soit son­­ d trente-­ uit pro­­ sions et vingt langues. h fes­­ Elle a per­­ à Gert Hoffstede de déter­­ ner les fac­­ mis mi­­ teurs com­ muns aux dif­­ rentes cultures. Il en a tiré la conclu­­ fé­­ sion que toute société doit faire des choix par rap­­ port à 4 domaines fon­­ men­­ da­­ taux : ✓✓ Les inéga­­ tés sociales (dont le rap­­ li­­ port avec l’autorité) ou « dis­ ­ tance hié­­ chique ». rar­­ ✓✓ Les rela­­ tions entre l’individu et le groupe  : le «  degré d’indi­ vidualisme ou de col­­ ti­­ lec­­ visme ». ✓✓ Les concepts de mas­­ li­­ cu­­ nité ou de fémi­­ nité  : les consé­­ quences sociales de l’appartenance à l’un ou l’autre sexe  : le «  degré de mas­­ li­­ ou de fémi­­ cu­­ nité nité ». ✓✓ Les façons de gérer l’incertitude, liées à la maî­­ trise de l’agression et à l’expression des émo­­ tions : le « contrôle de l’incertitude ». Savoirs Les ana­­ lyses de Geert Hoffstede La dis­­ tance hié­­ chique reflète le degré d’inégalité attendu et rar­­ accepté par les indi­­ dus, notam­­ vi­­ ment ceux qui sont en posi­­ tion hié­ ­ rar­­ chique infé­­ rieure. La dis­­ tance hié­­ chique est donc mesu­­ à rar­­ rée par­­ des sys­­ tir tèmes de valeur de ceux qui ont le moins de pou­­ voir. Dans un contexte à dis­­ tance hié­­ chique éle­­ les enfants doivent rar­­ vée, obéir aux parents. L’indépendance n’est pas encou­­ gée et le respect ra­­ des parents est une vertu fon­­ men­­ da­­ tale qui per­­ siste jusqu’à l’âge adulte. Ce modèle de dépen­­ dance par rap­­ port aux aînés imprègne tous les contacts humains. 435 Savoir-être Au sein de la cel­­ lule fami­­ liale
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    13 • Opti­­ser son effi­­ cité mi­­ ca­­ rela­­ nelle tion­­ Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité ca­­ Prendre en compte la dimen­­ sion inter­ ultu­­ c relle Entraî­­ l’adhésion : négo­­ per­­ der, influ­­ cer ner cier, sua­­ en­­ Gérer les conflits Dans un contexte à dis­­ tance hié­­ chique faible, les enfants sont rar­­ consi­­ rés comme égaux à leurs aînés dès qu’ils sont capables d’agir. dé­­ L’éducation a pour objec­­ de les lais­­ prendre le contrôle de tif ser leurs propres affaires, de faire leurs propres expé­­ riences et de savoir dire non. Dans l’enseignement Dans un contexte à forte dis­­ tance hié­­ chique, le pro­­ seur est rar­­ fes­­ celui qui sait. La qua­­ des acqui­­ tions dépend presque exclu­­ ve­ lité si­­ si­­ ­ ment de l’excellence des pro­­ seurs. Les châ­­ ments cor­­ rels sont fes­­ ti­­ po­­ tolé­­ rés. Dans un contexte à faible dis­­ tance  hié­­ chique, le pro­­ sus rar­­ ces­­ d’éducation est orienté vers les élèves. Ils dis­­ cutent avec le pro­­ ­ fes­ seur, expriment leur désac­­ cord et ne leur témoignent pas de respect par­­ cu­­ en dehors de l’école. La qua­­ des acqui­­ tions dépend ti­­ lier lité si­­ de l’excellence de l’élève. Les châ­­ ments cor­­ rels sont consi­­ rés ti­­ po­­ dé­­ comme de mau­­ trai­­ ments. vais te­­ Sur le lieu de tra­­ vail Dans un contexte à forte dis­­ tance hié­­ chique, les supé­­ rar­­ rieurs et les subor­­ nés se consi­­ don­­ dèrent comme inégaux par nature dans un sys­ ­ tème fondé sur une inéga­­ exis­­ tielle. lité ten­­ Dans un contexte à faible dis­­ tance hié­­ chique, les supé­­ rar­­ rieurs et subor­­ nés se consi­­ don­­ dèrent comme égaux. Un subor­­ donné peut demain deve­­ un res­­ sable. Les signes exté­­ nir pon­­ rieurs du pou­­ voir sont sus­­ pects. tion sur 53 par ordre de dis­­ tance hié­­ ­ rar­ La France est en 15e posi­­ chique crois­­ sante. 436
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    Tableau 13.3 ■ Dis­­ tance hié­­chique rar­­ Faible dis­­ tance Forte dis­­ tance La force l’emporte sur le droit La classe moyenne est nom­­ breuse La classe moyenne est peu nom­­ breuse Tous doivent avoir les mêmes droits Les puis­­ sants ont des pri­­ lèges vi­­ Le pou­­ voir est fondé sur une posi­­ tion offi­­ cielle, une apti­­ tude Le pou­­ voir est fondé sur la famille, les amis, le cha­­ risme Les reve­­ nus sont assez éga­­ ment répar­­ le­­ tis Les reve­­ nus sont inéga­­ ment répar­­ le­­ tis Le sys­­ tème fis­­ contri­­ cal bue à une meilleure répar­­ tition Le sys­­ tème fis­­ accen­­ les inéga­­ tés cal tue li­­ Les reli­­ gions et phi­­ sophies insistent sur lo­­ l’égalité Les reli­­ gions et phi­­ sophie confortent lo­­ hié­­ chies et stra­­ fi­­ rar­­ ti­­ cations Savoirs L’utilisation du pou­­ voir doit être légi­­ time Tableau 13.4 ■ Des exemples de dis­­ tance hié­­ chique rar­­ Forte dis­­ tance Autriche Malaisie Israël Guatemala, Panama, Phi­­ pines lip­­ Danemark Mexique, Venezuela, Pays ara­­ phones, bo­­ Équa­­ teur, Indonésie, Inde, Afrique de l’Ouest Nouvelle-­ élande Z Ir­ande, Suède, Finlande, Suisse, Norvège l Grande-­ retagne, Allemagne B Savoir-faire Faible dis­­ tance Une large majo­­ des habi­­ rité tants de notre pla­­ nète vit dans des socié­ ­ tés où l’intérêt du groupe prime sur l’intérêt indi­­ duel. vi­­ Le col­­ ti­­ lec­­ visme carac­­ rise les socié­­ dans les­­ té­­ tés quelles les per­ ­ sonnes sont inté­­ grées dès leur nais­­ sance dans des groupes forts et sou­­ qui conti­­ dés nuent de les pro­­ ger tout au long de la vie en té­­ échange d’une loyauté indé­­ tible. fec­­ L’individualisme carac­­ rise les socié­­ dans les­­ té­­ tés quelles les liens entre per­­ sonnes sont lâches. Cha­­ doit se prendre en charge ainsi cun que ses parents les plus proches. 437 Savoir-être Le degré d’individualisme ou de col­­ ti­­ lec­­ visme
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    13 • Opti­­ser son effi­­ cité mi­­ ca­­ rela­­ nelle tion­­ Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité ca­­ Prendre en compte la dimen­­ sion inter­ ultu­­ c relle Entraî­­ l’adhésion : négo­­ per­­ der, influ­­ cer ner cier, sua­­ en­­ Gérer les conflits Tableau 13.5 ■ Niveau d’individualisme ou de col­­ ti­­ lec­­ visme Col­­ ti­­ lec­­ visme Indi­­ dua­­ vi­­ lisme L’individu naît dans une famille élar­­ gie qui le pro­­ gera té­­ L’individu doit s’occuper de lui L’identité dépend du groupe d’appartenance L’identité est fon­­ dée sur l’individu Il faut évi­­ les affron­­ ments ter te­­ directs Une per­­ sonne hon­­ nête doit dire ce qu’elle pense La rela­­ tion employeur/sala­­ se noue rié sur une base morale La rela­­ tion employeur/sala­­ est rié un contrat La rela­­ tion l’emporte sur l’affaire à trai­­ ter L’affaire à trai­­ l’emporte sur ter la rela­­ tion Tableau 13.6 ■  es exemples de socié­­ col­­ tives D tés lec­­ ou indi­­ dua­­ vi­­ listes Socié­­ col­­ tives tés lec­­ Socié­­ indi­­ dua­­ tés vi­­ listes Guatemala, Équa­­ teur, Panama USA, Australie, Grande-­ retagne B Venezuela, Colombie, Indonésie, Pakistan, Costa Rica, Pérou Canada, Pays-­ as, Nouvelle-­ élande B Z Taïwan, Co­ ée du Sud, Hong Kong r Suède, France, Ir­ande, Norvège, l Suisse, Allemagne Afrique de l’Ouest Italie, Belgique, Danemark Le degré de mas­­ li­­ cu­­ nité ou de fémi­­ nité Une société est mas­­ line quand ses valeurs domi­­ cu­­ nantes sont des valeurs mas­­ lines, valeurs adop­­ cu­­ tées y compris par les femmes de ces socié­­ Ces valeurs sont la réus­­ tés. site, la pos­­ sion, la force. ses­­ Une société est fémi­­ nine quand ses valeurs domi­­ nantes sont des valeurs fémi­­ nines : impor­­ tance por­­ au social ou à l’entraide. tée 438
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    Tableau 13.7 ■ Socié­­ fémi­­ tés nineset mas­­ lines cu­­ Fémi­­ nines Mas­­ lines cu­­ Société de la réus­­ site Il faut aider ceux qui ont besoin Il faut encou­­ ger les forts ra­­ Ce qui est petit et lent est beau Ce qui est grand et rapide est beau Prio­­ à la pré­­ va­­ rité ser­­ tion de l’environnement Prio­­ à la crois­­ rité sance éco­­ mique no­­ Négo­­ tion et compro­­ cia­­ mis pour résoudre les conflits Démons­­ tions de force ou affron­­ ments tra­­ te­­ Un cer­­ tain nombre de femmes élues Un nombre assez faible de femmes élues Les reli­­ gions insistent sur la complé­­ men­­ ­ ta­ rité des sexes Les reli­­ gions insistent sur la domi­­ tion na­­ mas­­ line cu­­ Savoirs Société soli­­ daire Tableau 13.8 ■ Les exemples de socié­­ fémi­­ tés nines ou mas­­ lines cu­­ Socié­­ fémi­­ tés nines Socié­­ mas­­ lines tés cu­­ Japon Pays-­ as, Danemark B Autriche Costa Rica, Yougoslavie Venezuela Finlande, Chili Italie, Suisse Portugal Mexique Thaïlande Ir­ande, Grande-­ retagne, Allemagne l B Savoir-faire Suède, Norvège Il mesure le besoin de maî­­ trise de l’avenir et s’accompagne de la néces­­ d’édicter des règles pour savoir où l’on va. Contrô­­ sité ler l’incertitude, c’est : ✓✓ Res­­ tir le besoin de repères, de défi­­ tions, sen­­ ni­­ ✓✓ Avoir des règles pour se pro­­ ger de l’inconnu (orga­­ grammes, té­­ ni­­ pro­­ dures), cé­­ ✓✓ Accor­­ une grande impor­­ der tance aux sys­­ tèmes comp­­ tables et bud­­ taires, gé­­ ✓✓ Être convaincu de la néces­­ d’ordre et de confor­­ sité misme, ✓✓ Pen­­ que la dif­­ rence est dan­­ reuse. ser fé­­ ge­­ 439 Savoir-être Le contrôle de l’incertitude
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    13 • Opti­­ser son effi­­ cité mi­­ ca­­ rela­­ nelle tion­­ Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité ca­­ Prendre en compte la dimen­­ sion inter­ ultu­­ c relle Entraî­­ l’adhésion : négo­­ per­­ der, influ­­ cer ner cier, sua­­ en­­ Gérer les conflits Tableau 13.9 ■ Le contrôle de l’incertitude Faible Fort Ce qui est dif­­ rent est curieux fé­­ Ce qui est dif­­ rent est dan­­ reux fé­­ ge­­ Lois peu nom­­ breuses et géné­­ rales Lois nom­­ breuses et pré­­ cises Tolé­­ rance, modé­­ tion ra­­ Conser­­ tisme, main­­ va­­ tien de l’ordre Les jeunes sont encou­­ gés ra­­ Les jeunes sont sus­­ tés pec­­ Régio­­ lisme, inter­­ tiona­­ na­­ na­­ lisme, inté­­ tion gra­­ des mino­­ tés ri­­ Natio­­ lisme, xéno­­ bie, répres­­ na­­ pho­­ sion des mino­­ tés ri­­ Un seul groupe ne peut impo­­ sa vérité ser Il n’y a qu’une vérité et nous la déte­­ nons Empi­­ risme, rela­­ visme au niveau des ti­­ sciences et de la phi­­ sophie lo­­ Attrait pour les grandes théo­­ ries scien­­ ­ ti­ fiques et phi­­ sophiques lo­­ Tableau 13.10 ■ des exemples de contrôle de l’incertitude Faible contrôle Fort contrôle Singapour, Jamaïque Grèce Danemark Portugal, Guatemala, Uruguay Suède, Hong Kong Belgique, Salvador, Japon Ir­ande, Grande-­ retagne, Malaisie l B Yougoslavie, Pérou Inde, Phi­­ pines, USA, Canada lip­­ France, Chili, Espagne Mana­­ une équipe inter­ ultu­­ ger c relle La réus­­ du mana­­ ment d’équipes inter­ ultu­­ site ge­­ c relles repose sur 4 points : ✓✓ la quête de confiance ; ✓✓ la moti­­ vation ; ✓✓ l’adhésion à l’objectif de l’équipe ; ✓✓ le déve­­ pe­­ lop­­ ment des «  compé­­ tences inter­ ultu­­ c relles  » des membres de l’équipe. 440
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    La confiance ausein de l’équipe est la condi­­ tion du suc­­ de toute cès rela­­ tion inter­ ultu­­ c relle. La clarté et la trans­­ rence des rela­­ pa­­ tions de tra­­ doivent être le souci per­­ vail manent du mana­­ en charge d’une ger équipe multi­ ultu­­ c relle. Les rela­­ tions de tra­­ doivent repo­­ sur vail ser des règles affi­­ chées et connues de tous. La moti­­ vation Il importe de dis­­ ser d’un pro­­ clair qui per­­ tra de ras­­ bler po­­ jet met­­ sem­­ l’ensemble des col­­ bo­­ teurs autour d’un pro­­ commun et ou cha­ la­­ ra­­ jet ­ cun trou­­ vera sa place et pourra valo­­ ser ses compé­­ ri­­ tences. Une atten­­ tion par­­ cu­­ ti­­ lière doit être por­­ sur les sys­­ tée tèmes de moti­­ vation et de récom­­ pense. En effet il y a un risque d’opposition cultu­­ relle selon que l’on pri­­ lé­­ le déve­­ pe­­ vi­­ gie lop­­ ment des rela­­ tions humaines ou la valo­­ sa­­ ri­­ tion éco­­ mique du tra­­ no­­ vail. Savoirs La quête de confiance Pour faire adhé­­ l’ensemble de l’équipe, le mana­­ doit avoir des rer ger idées claires sur l’objectif final et les moyens d’y par­­ nir et adap­­ ve­­ ter ses expli­­ tions en fonc­­ ca­­ tion des cultures. Il n’aura pas de dif­­ cultés fi­­ majeures pour les cultures où la struc­­ ture hié­­ chique est pyra­­ ­ rar­­ mi­ dale mais l’adhésion sera plus dif­­ cile dans des cultures comme la fi­­ culture fran­­ çaise ou la contes­­ tion de l’autorité est chose cou­­ ta­­ rante. Savoir-faire L’adhésion à l’objectif de l’équipe Il est indis­­ sable, mais pas suf­­ sant de pré­­ une mise à niveau pen­­ fi­­ voir lin­­ tique. Au-­ elà de ça, il va fal­­ guis­­ d loir déve­­ per la capa­­ lop­­ cité d’ouverture et d’écoute. Il faut que le col­­ bo­­ teur s’intéresse aux la­­ ra­­ pra­­ tiques et cou­­ tumes des autres. Il fau­­ en outre, déve­­ per la tolé­­ dra lop­­ rance à l’incertitude. Le col­­ bo­­ teur doit admettre qu’il peut ren­­ la­­ ra­­ contrer une part éle­­ vée d’incertitude dans ses rela­­ tions pro­­ sion­­ fes­­ nelles. Il doit être flexible en s’adaptant aux chan­­ ments et en s’ouvrant aux idées nou­­ ge­­ velles. Pour cela, on pourra avoir recours à la for­­ tion et aux expé­­ ma­­ riences 441 Savoir-être Le déve­­ pe­­ lop­­ ment des « compé­­ tences inter­ ultu­­ c relles » de chaque membre de l’équipe
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    13 • Opti­­ser son effi­­ cité mi­­ ca­­ rela­­ nelle tion­­ Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité ca­­ Prendre en compte la dimen­­ inter­ ultu­­ sion c relle Entraî­­ l’adhésion : négo­­ ner cier, per­­ der, influ­­ cer sua­­ en­­ Gérer les conflits inter­ ultu­­ c relles en aug­­ tant les pos­­ bi­­ tés de ren­­ men­­ si­­ li­­ contre et d’échange avec des cultures dif­­ rentes. fé­­ CC Entraî­­ ner l’adhésion : négo­­cier, per­­sua­­der, influ­­ en­­cer PRINCIPES CLÉS • Tenir compte de tous les élé­ ­ ments objec­­ et sub­­ tifs du tifs jec­­ contexte. • Déter­­ ner un objec­­ clair mi­­ tif tout en res­­ tant flexible sur les moyens d’y par­­ nir. ve­­ Le mana­­ ren­­ ger contre des situa­­ tions de négo­­ tion mul­­ cia­­ tiples  avec ses col­­ bo­ la­­ ­ ra­­ teurs, res­­ sables, clients, four­­ ­ pon­­ nis­ seurs et col­­ lègues. Pour réus­­ il doit sir, maî­­ ser dif­­ rents outils et méthodes. tri­­ fé­­ Pré­­ ser le contexte ci­­ « Quel est le pro­­ blème, et d’abord y a-­-il t vrai­­ ment un pro­­ blème ? » En effet, bon nombre de négo­­ tions cia­­ inutiles découlent de don­­ nées de départ • Être effi­­ cient : atteindre son but fausses ou mal inter­­ tées. Ainsi, une pré­­ en mobi­­ sant l’énergie juste li­­ ana­­ objec­­ du contexte per­­ au lyse tive met néces­­ saire. mana­­ de sim­­ fier la négo­­ tion, ger  pli­­ cia­­ voire de l’éviter complè­­ ment quand il te­­ s’avère qu’il n’y a pas de pro­­ blème. Quatre pré­­ tions pour ana­­ ser objec­­ ve­­ cau­­ ly­­ ti­­ ment le contexte : ✓✓ obte­­ les infor­­ tions néces­­ nir ma­­ saires et les véri­­ fier ; ✓✓ énon­­ les faits sans por­­ ni juge­­ cer ter ment, ni opi­­ nion ; ✓✓ éva­­ cuer le plus pos­­ sible les a priori de cha­­ cun ; ✓✓ noter les éven­­ tuelles diver­­ gences de vue et de posi­­ tion sur les­ ­ quelles por­­ au final l’entretien. tera En évi­­ tant à cette étape ini­­ tiale tout juge­­ ment et confron­­ ­ ta­ tion d’opinions, les pro­­ go­­ ta­­ nistes gagnent du temps. Par ailleurs, la confiance mutuelle qu’ils se témoignent favo­­ sera la pour­­ ri­­ suite de la dis­­ sion, don­­ cus­­ nant lieu cette fois à débat, voire à négo­­ tion. cia­­ • Consi­­ rer ses inter­­ cuteurs dé­­ lo­­ comme des res­­ sources et non des adver­­ saires. 442
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    Uti­­ ser lesoutils de la commu­­ ca­­ li­­ ni­­ tion Adop­­ une atti­­ ter tude ouverte « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me bat­­ trai jusqu’au bout pour que vous puis­­ le dire » (Vol­­ siez taire). L’attitude ouverte consiste à accep­­ ter l’éventualité d’être convaincu par les pro­­ de l’autre. Pour être convaincu, encore pos faut-­l d’abord comprendre ses pro­­ i pos. Comprendre ne signi­­ pas fie accep­­ de se ran­­ à la vérité de l’autre ou à sa logique, mais accep­ ter ger ­ ter qu’il puisse avoir une autre logique ou une autre vérité étant donné son contexte per­­ nel. son­­ Cela consti­­ donc une cer­­ tue taine prise de risques, d’autant plus qu’au départ cha­­ cun est convaincu que c’est à l’autre de chan­­ ger d’avis. Savoir-faire Il y a au moins deux bonnes rai­­ sons de se taire dans une situa­­ tion de négo­­ tion : cia­­ ✓✓ écou­­ per­­ ter met de recueillir des infor­­ tions utiles sur le ma­­ contexte ; ✓✓ si on le laisse par­­ l’interlocuteur peut inflé­­ ler, chir natu­­ le­­ rel­­ ment son opi­­ nion. Voici trois bonnes pra­­ tiques pour y par­­ nir : ve­­ ✓✓ attendre la fin de la réponse pour conti­­ nuer et évi­­ de cou­­ ter per la parole ; ✓✓ res­­ atten­­ à ce que dit l’autre plu­­ que de pré­­ rer sa réponse. ter tif tôt pa­­ la per­­ nence de la repar­­ peut dépendre de tout ce que l’autre ti­­ tie est en train de dire ; ✓✓ être plei­­ ment convaincu qu’il ne sert à rien de répondre « du ne­­ tac au tac ». Savoirs Savoir se taire pour écou­­ ter Le regard direct, des hoche­­ ments de tête, des « oui, j’entends », « je comprends bien ce que vous dites », « c’est inté­­ sant »… consti­­ res­­ tuent 443 Savoir-être Témoi­­ gner de l’intérêt à son inter­­ cuteur lo­­
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    13 • Opti­­ser son effi­­ cité mi­­ ca­­ rela­­ nelle tion­­ Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité ca­­ Prendre en compte la dimen­­ inter­ ultu­­ sion c relle Entraî­­ l’adhésion : négo­­ ner cier, per­­ der, influ­­ cer sua­­ en­­ Gérer les conflits autant d’encouragements à l’expression fluide et complète. Rap­­ ­ pe­ lons que ces expres­­ sions ne signi­­ fient pas « oui je suis d’accord » ni « vous avez rai­­ son ». Prendre des notes montre éga­­ ment l’intérêt le­­ porté à ce qui est dit. Se cen­­ trer sur l’autre En se cen­­ trant sur l’autre et non sur soi, on adopte une atti­­ tude géné­­ d’ouverture et de bien­­ rale veillance faci­­ tant la compré­­ sion li­­ hen­­ de la vérité de l’autre, son contexte et sa logique. Exer­­ cice contrai­ ­ gnant, car il néces­­ de nous détour­­ de nos propres pré­­ cu­­ ­ site ner oc­­ pa­ tions et de nous éloi­­ gner de nos centres d’intérêt. Le risque est de tenter de s’identifier tota­­ ment à l’autre. L’attitude le­­ effi­­ cace consiste à faire preuve d’empathie tout en conser­­ vant une cer­­ taine dis­­ tance. Refor­­ ler mu­­ Refor­­ ler c’est redire avec d’autres termes, sans inter­­ mu­­ préter, ce que l’interlocuteur vient d’exprimer. C’est lui appor­­ la meilleure ter preuve qu’on l’écoute. Atten­­ tion tou­­ fois à ne pas abu­­ de cette pra­­ te­­ ser tique qui pour­ ­ rait lais­­ croire que le mana­­ refuse de s’engager ou de prendre ser ger posi­­ tion, pro­­ quant un sen­­ ment d’insécurité chez l’interlo­ vo­­ ti­­ cuteur. Ques­­ tion­­ ner Lorsque les expli­­ tions don­­ ca­­ nées néces­­ sitent des appro­­ dis­­ ­ fon­­ se­ ments, il importe de maî­­ ser les dif­­ rentes formes de ques­­ ne­ tri­­ fé­­ tion­­ ­ ments, en fonc­­ tion des réponses atten­­ dues. 444
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    Elles appellent uneréponse pré­­ cise et courte. Elles sont uti­­ sées li­­ pour véri­­ des points pré­­ ou ver­­ fier cis rouiller un accord en levant toute ambi­­ guïté : ✓✓ « La réunion commence bien à 9 heures ? » ✓✓ « Êtes-­ ous d’accord avec le point 3 ? » v Elles ne per­­ mettent pas d’obtenir d’explications ou d’en apprendre beau­­ coup sur la pen­­ de l’interlocuteur, mais l’amènent à prendre sée posi­­ tion et quelque­­ à cla­­ fier sa pen­­ Elles sont à uti­­ ser avec fois ri­­ sée. li­­ pru­­ dence pour ne pas être res­­ ties comme intrusives. sen­­ Savoirs Les ques­­ tions fer­­ mées Elles visent à limi­­ le choix de l’interlocuteur aux alter­­ tives pro­ ter na­­ ­ po­­ sées. ✓✓ « Le pro­­ blème est d’ordre orga­­ sa­­ nel ou tech­­ ni­­ tion­­ nique ? » ✓✓ «  Votre entre­­ prise est ins­­ lée en Pologne, en Tchéquie ou en tal­­ Hongrie ? » Elles orientent et fixent la réflexion sur un ter­­ rain pré­­ ter­ dé­­ ­ miné, mais per­­ mettent de véri­­ ou de tester une ou plu­­ fier sieurs hypo­­ thèses. Les ques­­ tions ouvertes Savoir-faire Les ques­­ tions alter­­ tives ou à choix mul­­ na­­ tiples 445 Savoir-être Très uti­­ sées notam­­ li­­ ment en début d’entretien, elles laissent à l’autre toute liberté de for­­ ler sa réponse. mu­­ ✓✓ « Que pensez-­ ous de l’ordre du jour de la réunion ? » v ✓✓ « Qu’attendez-vous d’une entre­­ prise comme la nôtre ? » Les ques­­ tions ouvertes faci­­ litent l’expression. Elles donnent les pre­­ mières indi­­ tions sur la manière dont l’interlocuteur se repré­ ca­­ ­ sente la situa­­ tion, le pro­­ blème, ce qui pour lui est inté­­ sant, moti­ res­­ ­ vant, prio­­ taire. Elles per­­ ri­­ mettent d’obtenir des infor­­ tions et des ma­­ opi­­ nions plus complètes et plus nuan­­ cées.
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    13 • Opti­­ser son effi­­ cité mi­­ ca­­ rela­­ nelle tion­­ Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité ca­­ Prendre en compte la dimen­­ inter­ ultu­­ sion c relle Entraî­­ l’adhésion : négo­­ ner cier, per­­ der, influ­­ cer sua­­ en­­ Gérer les conflits Les questions-­ elais ou écho r Elles per­­ mettent d’explorer de façon plus appro­­ die un élé­­ fon­­ ment qui vient d’être dit, par exemple : face à l’affirmation « Nous met­ ­ trons en place notre nou­­ velle orga­­ sa­­ ni­­ tion l’année pro­­ chaine  », la question-­ elais : « Pour­­ r quoi cette nou­­ velle orga­­ sa­­ ni­­ tion ? » ou « Pour­ ­ quoi l’année pro­­ chaine ? » Autre ver­­ sion plus directe, en ne repre­­ nant qu’un seul mot ou expres­­ sion afin d’exprimer son éton­­ ment et d’impliquer davan­ ne­­ ­ tage l’autre : su on vous dit « Nous n’arriverons jamais à ter­­ ner vos mi­­ tra­­ vaux », la question-­ elais qui s’impose est : « Jamais ? » r Gérer le rap­­ port de force L’enjeu L’enjeu de la négo­­ tion se pose ainsi : cia­­ ✓✓ Quelles sont les consé­­ quences pour l’entreprise et pour moi si cette négo­­ tion échoue ? cia­­ ✓✓ Au final est-­ e impor­­ c tant ou pas pour moi ? Pour répondre à ces ques­­ tions, le mana­­ prend en consi­­ ra­ ger dé­­ ­ tion ses res­­ sa­­ li­­ et ses objec­­ Mais il exa­­ pon­­ bi­­ tés tifs. mine aussi des élé­ ­ ments plus per­­ nels liés à l’image qu’il veut don­­ de lui-­ ême, son­­ ner m aux défis qu’il se lance et aux pres­­ sions qu’il subit. En défi­­ tive, ce ni­­ sont ces élé­­ ments per­­ nels et sub­­ tifs qui vont être déter­­ nants son­­ jec­­ mi­­ dans l’appréciation de l’enjeu. L’importance de l’enjeu déter­­ mine la quan­­ d’énergie à mettre tité en œuvre pour arri­­ à ses fins lors de la négo­­ tion. Il est donc ver cia­­ essen­­ pour le mana­­ de bien prendre conscience du véri­­ tiel ger table enjeu afin de bien éva­­ les res­­ luer sources à mobi­­ ser. li­­ 446
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    Le pou­­ voir Savoirs Le pou­­ voirdu négo­­ teur cor­­ pond à sa capa­­ à faire bou­­ cia­­ res­­ cité ger son inter­­ cuteur depuis sa posi­­ lo­­ tion ini­­ tiale vers un objec­­ défini. tif Ce pou­­ s’exprime au tra­­ de 6 compo­­ voir vers santes poten­­ le­­ tiel­­ ment à sa dis­­ si­­ po­­ tion (figure 13.2). Figure 13.2 ■ Les 6 leviers du pou­­ voir Manager Interlocuteur Poids Choix Influence Savoir-faire Sanction Information Temps C’est l’importance que cha­­ des pro­­ go­­ cun ta­­ nistes porte au sujet. Par exemple, dans une tran­­ tion client-­ ournisseur, plus le volume en sac­­ f euros est impor­­ tant, plus la balance penche du côté client et inver­ ­ se­­ ment. Vis-­ -vis d’un col­­ bo­­ teur, le mana­­ domine a priori car à la­­ ra­­ ger il repré­­ sente la source de reve­­ nus. Si le sala­­ a deux employeurs ou rié que son conjoint touche éga­­ ment un salaire, le mana­­ a rela­­ ve­ le­­ ger ti­­ ­ ment moins d’emprise. On limite sou­­ vent à tort le rap­­ port de force à ce levier. En ana­ ­ ly­­ sant les 5 autres, on s’ouvre à plus de pos­­ bi­­ tés de rééqui­­ brage si­­ li­­ li­­ de la situa­­ tion. 447 Savoir-être Le poids
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    13 • Opti­­ser son effi­­ cité mi­­ ca­­ rela­­ nelle tion­­ Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité ca­­ Prendre en compte la dimen­­ inter­ ultu­­ sion c relle Entraî­­ l’adhésion : négo­­ ner cier, per­­ der, influ­­ cer sua­­ en­­ Gérer les conflits Le choix C’est le pou­­ voir de déci­­ sion final et offi­­ ciel : « oui ou non ». Habi­ ­ tuel­­ ment, on a ten­­ le­­ dance à consi­­ rer que c’est le plus gradé qui le dé­­ pos­­ sède. Pour­­ tant, en ana­­ sant mieux la situa­­ ly­­ tion, le mana­­ peut ger s’apercevoir qu’il dépend de l’expertise d’un de ses col­­ bo­­ teurs ou la­­ ra­­ de la dis­­ ni­­ lité d’un autre qu’on ne peut pas faci­­ ment rem­­ cer. po­­ bi­­ le­­ pla­­ Dans cet exemple, c’est donc fina­­ ment la per­­ le­­ sonne, du fait de son exper­­ ou de sa rareté, qui a le vrai pou­­ de déci­­ tise voir sion. La sanc­­ tion C’est le moyen de pres­­ sion que le mana­­ peut exer­­ en fonc­­ ger cer tion du résul­­ de la négo­­ tion. tat cia­­ L’influence Faire valoir l’appartenance à un réseau social ou pro­­ sion­­ peut fes­­ nel per­­ mettre d’exercer une cer­­ taine pres­­ sion de manière infor­­ melle sur son inter­­ cuteur. lo­­ L’information Mieux on connaît son dos­­ sier, plus on est apte à inter­ gir effi­­ ce­ a ca­­ ­ ment. Un mana­­ peut être affai­­ face à un col­­ bo­­ teur qui se ger bli la­­ ra­­ fait sou­­ nir par un délé­­ du per­­ nel ou un juriste. te­­ gué son­­ Le temps Sans aller jusqu’à jouer la montre, le temps agit tou­­ jours en faveur de celui qui le pos­­ sède. Affi­­ cher une urgence revient à ouvrir une brèche dans sa tac­­ tique de négo­­ tion, l’interlocuteur n’ayant alors cia­­ qu’à attendre le der­­ nier moment pour faire valoir sa requête. Après avoir éva­­ son véri­­ lué table pou­­ voir, il faut se pré­­ rer à le pa­­ mettre en œuvre. Il peut être per­­ tinent de cher­­ cher à l’augmenter en agis­­ sant sur la ou les compo­­ santes les plus faibles  : se don­­ ner 448
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    Stra­­ gies etpos­­ té­­ tures ad hoc La matrice enjeu-­ ouvoir per­­ p met de visua­­ ser les quatre types de li­­ stra­­ gies et pos­­ té­­ tures résul­­ tant du contexte dans lequel se trouve le négo­­ teur. cia­­ Savoirs davan­­ tage de temps, col­­ ter davan­­ lec­­ tage d’informations, impli­­ quer d’autres per­­ sonnes, etc. Même ana­­ sée à froid, la notion de pou­­ ly­­ voir n’en demeure pas moins très sub­­ tive. Entre le pou­­ réel, le pou­­ exprimé et le jec­­ voir voir pou­­ perçu, c’est le pou­­ perçu qui est déter­­ nant. voir voir mi­­ Figure 13.3 ■ La matrice enjeu-­ ouvoir p Enjeu Implication Ménagement Opportunisme Pouvoir Savoir-faire Influence Le ména­­ ment ge­­ L’enjeu et le pou­­ voir étant faibles, il vaut mieux uti­­ ser son éner­­ li­­ gie sur des négo­­ tions plus impor­­ cia­­ tantes. Il est pré­­ rable de lais­­ venir fé­­ ser l’interlocuteur et de mener l’entretien sans pré­­ ra­­ pa­­ tion par­­ cu­­ ti­­ lière. La pré­­ ra­­ pa­­ tion du dos­­ sier doit être très courte étant donné le peu d’enjeu. Il s’agit par ailleurs d’utiliser son pou­­ voir en menant l’entretien de manière direc­­ sans pour autant être agres­­ tive sif. 449 Savoir-être L’opportunisme
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    13 • Opti­­ser son effi­­ cité mi­­ ca­­ rela­­ nelle tion­­ Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité ca­­ Prendre en compte la dimen­­ inter­ ultu­­ sion c relle Entraî­­ l’adhésion : négo­­ ner cier, per­­ der, influ­­ cer sua­­ en­­ Gérer les conflits L’implication Ici aussi, le mana­­ tire parti de son niveau élevé de pou­­ ger voir. Il mène les débats sans pour autant mono­­ li­­ la parole, uti­­ tout po­­ ser lise son lea­­ ship pour convaincre au mieux de ses inté­­ car l’enjeu der­­ rêts en vaut la peine. L’influence C’est la situa­­ tion la plus cri­­ tique pour laquelle il faut faire preuve de doigté et de per­­ sion. C’est en s’adaptant fine­­ sua­­ ment à l’interlocuteur qu’on finit par le faire évo­­ luer. Ce sont ces deux der­­ nières pos­­ tures qui néces­­ sitent le plus de savoir-­ aire en matière de négo­­ tion. Les f cia­­ approches qui suivent sont ainsi au ser­­ de ces exi­­ vice gences. Iden­­ fier objec­­ et inté­­ en jeu ti­­ tif rêts Une fois le contexte ana­­ lysé, pré­­ rer sa négo­­ tion consiste à iden­ pa­­ cia­­ ­ ti­­ le che­­ fier min à par­­ rir pour ame­­ l’autre où l’on sou­­ cou­­ ner haite. L’objectif Le mana­­ doit éva­­ ger luer de manière quan­­ fiée et réa­­ ti­­ liste ce qu’il veut obte­­ pour cha­­ des sujets à abor­­ avec son inter­­ cuteur. nir cun der lo­­ Pour une négo­­ tion commer­­ cia­­ ciale, ce sont par exemple : ✓✓ le prix mini­­ mum et le prix maxi­­ mum accep­­ tables ; ✓✓ le niveau de pres­­ tion attendu ; ta­­ ✓✓ les délais pos­­ sibles. Pour un entre­­ d’activité avec un col­­ bo­­ teur, on éva­­ tien la­­ ra­­ luera : ✓✓ le des­­ tif des tâches à accom­­ asso­­ à des indi­­ teurs de crip­­ plir cié ca­­ per­­ mance avec une valeur mini­­ for­­ mum accep­­ table ; ✓✓ une enve­­ loppe bud­­ taire ; gé­­ ✓✓ des res­­ sources humaines mobi­­ sables (qui, combien de li­­ temps…). 450
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    Une double réflexiondoit être menée : ✓✓ À quels inté­­ répondent pour moi les objec­­ fixés ? rêts tifs ✓✓ Quels sont les inté­­ de la per­­ rêts sonne en face ? La maî­­ trise de l’objectif et des inté­­ va accroître le pou­­ rêts voir et la capa­­ d’argumentation du négo­­ teur. cité cia­­ En outre, cette connais­­ sance plus fine des véri­­ tables objec­­ per­ tifs ­ met d’éviter les sté­­ riles guerres de posi­­ tions où cha­­ cun s’enferme dans ses posi­­ tions ini­­ tiales. La négo­­ tion effi­­ cia­­ cace doit por­­ sur ter la satis­­ faction de ses inté­­ et non sur la défense de ses posi­­ rêts tions ini­­ tiales. Ainsi, plu­­ que de se battre sur le mon­­ tôt tant du salaire men­­ suel, il peut être plus construc­­ d’envisager une part variable, une prime tif ou des avan­­ tages en nature. Savoirs Les Inté­­ rêts en jeu Lis­­ les options et solu­­ ter tions pos­­ sibles Si l’interlocuteur n’a pas déjà accepté très faci­­ ment la pro­­ si­­ le­­ po­­ tion qui lui est faite, il y a lieu de recher­­ cher seul, puis avec lui les dif­­ ­ fé­ rentes moda­­ tés pos­­ li­­ sibles pour par­­ nir à un accord. On recherche ve­­ donc les dif­­ rentes manières per­­ tant à cha­­ fé­­ met­­ cun de satis­­ faire ses inté­­ rêts. Pre­­ nons l’exemple de deux per­­ sonnes se dis­­ tant une orange. pu­­ Dès qu’on sait que l’une a besoin du jus et que l’autre appré­­ la cie pâtis­­ rie par­­ mée à l’orange, beau­­ se­­ fu­­ coup de solu­­ tions appa­­ raissent : ✓✓ cou­­ la poire en deux : cha­­ se prive d’une moi­­ per cun tié ; ✓✓ l’un prend le jus, l’autre la zeste ; ✓✓ ils se par­­ tagent une bou­­ teille de jus ; ✓✓ … La véri­­ table négo­­ tion, qui consiste donc à choi­­ la moda­ cia­­ sir ­ lité accep­­ table pour les deux, ne doit inter­­ nir qu’après avoir listé ve­­ 451 Savoir-être Avant de savoir comment convaincre, éta­­ sons d’abord ce sur blis­­ quoi doit por­­ l’argumentation et sécu­­ sons la situa­­ ter ri­­ tion. Savoir-faire Argu­­ ter et convaincre men­­
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    13 • Opti­­ser son effi­­ cité mi­­ ca­­ rela­­ nelle tion­­ Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité ca­­ Prendre en compte la dimen­­ inter­ ultu­­ sion c relle Entraî­­ l’adhésion : négo­­ ner cier, per­­ der, influ­­ cer sua­­ en­­ Gérer les conflits les moda­­ tés pos­­ li­­ sibles. C’est en fait le point clé du suc­­ de cette cès approche : se gar­­ de juger immé­­ te­­ der dia­­ ment les pro­­ si­­ po­­ tions faites pour pou­­ en lis­­ le plus pos­­ voir ter sible. Le plan de secours ou « plan B » Pour sécu­­ ser l’approche, le négo­­ teur doit pré­­ un « plan B », ri­­ cia­­ voir c’est-à-dire déci­­ ce qu’il fera s’il ne par­­ der vient pas à un accord. Par exemple, pour l’un c’est ache­­ une bou­­ ter teille de jus d’orange ; pour l’autre des extraits de ce fruit. Le plan de secours est une solu­­ tion sans l’interlocuteur de la négo­­ tion. cia­­ Convaincre Les moda­­ tés pos­­ li­­ sibles d’un accord étant iden­­ fiées, les deux inter­ ti­­ ­ lo­­ cuteurs doivent main­­ nant choi­­ la solu­­ te­­ sir tion rete­­ nue, c’est-à-dire celle qui satis­­ le mieux les inté­­ de cha­­ fait rêts cun. Hor­­ les situa­ mis ­ tions simples voire idéales où la solu­­ tion est évi­­ dente, cha­­ cun va devoir tenter de ral­­ l’autre à son point de vue. lier Voici donc main­­ nant des tech­­ te­­ niques d’argumentation afin de convaincre un inter­­ cuteur lorsque l’exposé fac­­ lo­­ tuel et neutre de la situa­­ tion ne suf­­ plus. fit Défi­­ tion ni­­ Un argu­­ ment doit expri­­ ce que l’autre va gagner en accep­­ mer tant la pro­­ si­­ po­­ tion : ✓✓ « Grâce à ce ré­ ména­­ ment du temps de tra­­ vous gagne­­ a ge­­ vail rez en autonomie… » ✓✓ «  Cet accord sur le prix vous per­­ met d’entamer une rela­­ tion commer­­ ciale avec un lea­­ du marché… » der 452
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    Savoirs Encore faut-­l avoirpréa­­ ble­­ i la­­ ment véri­­ les réelles moti­­ fié vations et inté­­ de l’interlocuteur : rêts ✓✓ L’autonomie constitue-­-elle une réelle attente pour le col­­ bo­ t la­­ ­ ra­­ teur ? ✓✓ Le par­­ naire commer­­ est-­l vrai­­ te­­ cial i ment en quête de nou­­ velles réfé­­ rences ? Un argu­­ ment cor­­ pond donc à un béné­­ attendu et rendu res­­ fice expli­­ grâce à une preuve tan­­ cite gible : ✓✓ L’autonomie cor­­ pond à une plage de 2  heures par semaine res­­ vali­­ par la DRH… dée ✓✓ « Lea­­ du mar­­ der ché » = numéro 1 euro­­ péen en chiffre d’affaires sur telle activité… Évi­­ l’écueil de la jus­­ fi­­ ter ti­­ cation. Elle est tour­­ vers soi et non née vers l’interlocuteur. De plus, elle décrédibilise le mana­­ qui semble ger incer­­ tain de la per­­ nence de son pro­­ ti­­ pos. Argu­­ ter consiste à expri­­ clai­­ ment un béné­­ et à enga­­ men­­ mer re­­ fice ger immé­­ te­­ dia­­ ment l’interlocuteur vers l’accord en ter­­ nant par une mi­­ ques­­ tion dite de contrôle : ✓✓ « … et l’autonomie c’est bien ce que vous m’avez dit recher­­ cher dans votre tra­­ vail, n’est-ce pas ? » ✓✓ « … et vous m’avez dit recher­­ cher de nou­­ velles réfé­­ rences pour atta­­ quer ce mar­­ ché, n’est-ce pas ? » Savoir-faire Argu­­ men­­ ter Objec­­ tion et parade Pré­­ voir ce que l’interlocuteur pour­­ oppo­­ consti­­ une réelle rait ser tue force pour le négo­­ teur afin de faire l’économie de conces­­ cia­­ sions (voir plus bas). Quand les argu­­ ments viennent à man­­ quer ou qu’ils ne suf­­ fisent plus, il est temps d’envisager de faire des conces­­ sions. Alors qu’un argu­­ ment est gra­­ tuit, une conces­­ sion néces­­ un effort de la part site 453 Savoir-être Conces­­ sion et contre­­ ties par­­
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    13 • Opti­­ser son effi­­ cité mi­­ ca­­ rela­­ nelle tion­­ Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité ca­­ Prendre en compte la dimen­­ inter­ ultu­­ sion c relle Entraî­­ l’adhésion : négo­­ ner cier, per­­ der, influ­­ cer sua­­ en­­ Gérer les conflits de celui qui la donne. C’est pour­­ quoi il y a lieu d’exiger une contre­ ­ par­­ en échange. tie Nous entrons ainsi dans la phase tran­­ tion­­ sac­­ nelle de l’entretien : ✓✓ « OK pour réamé­­ ger votre temps de tra­­ uni­­ ment sur na­­ vail que­­ 3 jours, mais je vous demande de me four­­ un plan­­ nir ning heb­ ­ do­­ daire une semaine à l’avance… » ma­­ ✓✓ « OK pour une varia­­ tion de prix de…, mais je vous demande des condi­­ tions de paie­­ ment à… » Si le prin­­ cipe est aisé à comprendre, la mise en œuvre requiert une exper­­ du domaine ou à défaut une anti­­ pation. Il faut en tise ci­­ effet pré­­ voir quelles contre­­ ties sont accep­­ par­­ tables et dans quelle pro­­ tion : por­­ ✓✓ Quel plan­­ ning peut compen­­ un temps de tra­­ réamé­­ ser vail nagé sur 3 jours seule­­ ment ? ✓✓ À quel délai de paie­­ ment cor­­ pond une varia­­ res­­ tion de prix de 1 % ? Déve­­ per flexi­­ lité et influ­­ lop­­ bi­­ ence per­­ nelle son­­ Aristote fonde l’argumentation sur 3 élé­­ ments : ✓✓ Le Logos : la logique de l’argumentation fon­­ sur la rai­­ dée son ; ✓✓ L’Ethos : la per­­ sion fon­­ sur le sta­­ de l’orateur ; sua­­ dée tut ✓✓ Le Pathos : l’appel aux émo­­ tions. Ainsi quand la rai­­ son ne suf­­ plus à sou­­ nir la logique de fit te­­ l’argumentation, le mana­­ doit soi­­ ger gner davan­­ tage la forme du dis­ ­ cours puis avoir recours à des leviers d’influence. La flexi­­ lité bi­­ Le mana­­ est amené à adap­­ ses modes de commu­­ ca­­ ger ter ni­­ tion à son ou ses inter­­ cuteurs. Le défi réside dans le fait que chaque per­­ lo­­ sonne n’utilise pas les mêmes spon­­ né­­ ta­­ ment ! 454
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    Savoir-faire La PNL aété créée dans les années 1970 par deux cher­ heurs amé­­ ­ c ri­ cains doc­­ teurs en psy­­ lo­­ cho­­ gie : John Grinder et Richard Bandler, le pre­­ mier à l’origine lin­­ guiste et le second mathéma­­ cien. ti­­ La méthode expé­­ men­­ qu’ils ont mise en œuvre s’appuie sur ri­­ tale de très nom­­ breuses obser­­ tions. Elle a mis en évi­­ va­­ dence les traits communs aux meilleurs commu­­ cants : ni­­ ✓✓ une acuité sen­­ rielle déve­­ pée, très utile pour cap­­ l’ensemble so­­ lop­­ ter du mes­­ sage ; ✓✓ une capa­­ à éta­­ un bon cli­­ rela­­ nel ; cité blir mat tion­­ ✓✓ la prise en compte du contexte de l’autre ; ✓✓ l’art du ques­­ ne­­ tion­­ ment pré­­ cis ; ✓✓ la flexi­­ lité et l’adaptabilité compor­­ men­­ bi­­ te­­ tale ; ✓✓ un compor­­ ment congruent où les atti­­ te­­ tudes appa­­ raissent en cor­­ pon­­ res­­ dance avec les inten­­ tions ; ✓✓ une apti­­ tude à pour­­ suivre des objec­­ clairs. tifs Parmi les outils de la PNL, la syn­­ ni­­ tion est un des plus chro­­ sa­­ uti­­ sés en négo­­ tion. Il consiste à réduire la dis­­ li­­ cia­­ tance entre l’interlocuteur et soi-­ ême en « se syn­­ ni­­ m chro­­ sant » sur lui. C’est-àdire en se compor­­ tant comme son miroir. On peut se syn­­ ni­­ chro­­ ser sur la pos­­ ture, les gestes, la res­­ ra­­ pi­­ tion, la voix ou le voca­­ laire de bu­­ l’autre. L’observation atten­­ de l’interlocuteur repré­­ tive sente un préa­­ lable pour réus­­ la syn­­ ni­­ tion. En outre, la pru­­ sir chro­­ sa­­ dence s’impose car il ne s’agit pas de sin­­ l’interlocuteur mais de lui ren­­ ger voyer en quelque sorte une image posi­­ de lui-­ ême. tive m Savoirs Les apports de la pro­­ gram­­ tion neuro-­inguistique (PNL) ma­­ l Au-­ elà de leur sens lit­­ ral, les mots eux-­ êmes véhi­­ d té­­ m culent un mes­ ­ sage par­­ à l’opposé de l’intention. Ainsi des mots, expres­­ fois sions et tour­­ nures de phrase sont à évi­­ car ils nuisent à l’impact du mes­ ter, ­ sage exprimé. En voici quelques exemples : ✓✓ Les faux appels à la confiance : « Soit dit entre nous », « Hon­­ ­ nê­ te­­ ment », « Faites-­ oi confiance ». Ils peuvent lais­­ pen­­ que m ser ser le dis­­ cours aupa­­ vant n’était pas franc, sin­­ ra­­ cère et hon­­ nête. 455 Savoir-être Le mal des mots
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    13 • Opti­­ser son effi­­ cité mi­­ ca­­ rela­­ nelle tion­­ Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité ca­­ Prendre en compte la dimen­­ inter­ ultu­­ sion c relle Entraî­­ l’adhésion : négo­­ ner cier, per­­ der, influ­­ cer sua­­ en­­ Gérer les conflits ✓✓ Les expres­­ sions trop imper­­ nelles  : «  On fera l’impossible  », son­­ « C’est la faute de la secré­­ taire », « On verra, je ne vous pro­­ mets rien ». Elles donnent l’impression que per­­ sonne ne prend pas de res­­ sa­­ lité. pon­­ bi­­ ✓✓ Les mots noirs, « Ennui, pro­­ blème, souci, dan­­ ger », « Soyez sans crainte » véhi­­ culent une image néga­­ tive. ✓✓ Les expres­­ sions dubi­­ tives  : «  Quand même, sans doute, ta­­ probablement… », « Assez, un peu… » font naître un doute dans l’esprit de l’autre. ✓✓ Les expres­­ sions de forme néga­­ tive : « Ne voulez-­ ous pas… ? », v « Vous n’êtes pas sans savoir » sont compli­­ quées à comprendre et peuvent géné­­ des incom­­ hen­­ rer pré­­ sions. Influ­­ cer et per­­ der en­­ sua­­ Uti­­ ser un effet per­­ sif per­­ li­­ sua­­ met d’augmenter l’impact de son dis­ ­ cours. Les effets per­­ sifs sont fon­­ sur les leviers d’influence1 sua­­ dés décrits par Robert Cialdini psy­­ logue social amé­­ cain à l’Uni­ cho­­ ri­­ versité de l’Arizona. Quelques effets per­­ sifs sua­­ Il est pré­­ rable de n’utiliser qu’un effet à la fois, quitte à varier en fé­­ fonc­­ tion du style de son inter­­ cuteur. lo­­ ✓✓ L’évidence consiste à mettre en avant une cer­­ tude si forte qu’elle ti­­ se passe de commen­­ taires. Elle évite une longue démons­­ tion et tra­­ ren­­ force l’efficacité d’un argu­­ ment. Par expé­­ rience, nous savons bien que cette orga­­ sa­­ ni­­ tion est très per­­ mante. for­­ ✓✓ Clarté et struc­­ . Il s’agit de pré­­ ter un rai­­ ne­­ ture sen­­ son­­ ment struc­ ­ turé qui ren­­ force la cré­­ bi­­ du pro­­ et donne du confort à di­­ lité pos l’interlocuteur. La démarche que je vous pro­­ pose se déroule en 4 étapes et couvre 3 domaines pré­­ 1°), 2°),… cis : 1. R. Cialdini, Influ­­ ence et mani­­ la­­ pu­­ tion, First, 2004. 456
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    Savoirs ✓✓ L’engagement consisteà prendre appui sur les faits ou les opi­ ­ nions sup­­ sées de son inter­­ cuteur. Elle a pour objec­­ po­­ lo­­ tif d’impliquer l’interlocuteur : « Vous serez d’accord avec moi pour dire que… » ✓✓ Le doute consiste à aller jusqu’au bout du rai­­ ne­­ son­­ ment et à poser des ques­­ tions met­­ tant en exergue des inco­­ rences ou des hé­­ para­­ doxes. Il per­­ de faire bou­­ l’interlocuteur mis face à ses met ger contra­­ tions : « Comment pouvez-­ ous d’une part… et d’autre dic­­ v part… ? » ✓✓ L’émotion consiste à ter­­ ner ou ponc­­ mi­­ tuer la dis­­ sion en cus­­ expri­­ mant son res­­ senti pour tou­­ cher l’interlocuteur. Elle per­­ met d’établir une commu­­ ca­­ ni­­ tion pri­­ lé­­ vi­­ giée  : «  Je suis très fier de tra­­ vailler avec une telle équipe car… » 457 Savoir-être Pour rem­­ ter l’adhésion, le mana­­ doit sti­­ ler un élé­­ por­­ ger mu­­ ment déclen­­ cheur de prise déci­­ sion de son inter­­ cuteur. En effet, quand lo­­ une per­­ sonne décide, elle n’utilise pas toute l’information dis­­ ­ po­ nible. Elle se contente de rac­­ cis qui vont déclen­­ cour­­ cher son choix. Ces  rac­­ cis  qui lui paraissent fiables consti­­ cour­­ tuent  les leviers d’influence. ✓✓ L’autorité : Chaque être humain a appris depuis l’enfance que la sou­­ sion aux auto­­ tés compé­­ mis­­ ri­­ tentes est louable et la déso­­ ­ béis­ sance condam­­ nable. Cette auto­­ peut être attri­­ rité buée au rang social, à la réus­­ pro­­ sion­­ site fes­­ nelle, à la hié­­ chie ou à la compé­ rar­­ ­ tence reconnue. « Si c’est Untel qui le dit, c’est for­­ ment vrai ». cé­­ ✓✓ La preuve sociale : C’est pro­­ ter de l’effet de groupe : plus il y fi­­ a de per­­ sonnes pour esti­­ qu’une idée est juste, plus l’idée sera mer per­­ comme juste. Don­­ plu­­ çue ner sieurs exemples ou des réfé­­ rences pro­­ cède de ce prin­­ cipe. On aug­­ mente l’effet en citant des per­ ­ sonnes très sem­­ blables à l’interlocuteur : « Vos confrères X et Y sont déjà orga­­ sés ainsi… », « Tous nos col­­ ni­­ lègues du ser­­ vice X uti­­ lisent cet outil… » ✓✓ La cohé­­ rence : Dans l’opinion cou­­ rante, la cohé­­ rence est sou­­ vent l’expression de l’intelligence et de la force de carac­­ tère, car elle met nos opi­­ nions en accord avec nos actes. Savoir-faire Les leviers d’influence
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    13 • Opti­­ser son effi­­ cité mi­­ ca­­ rela­­ nelle tion­­ Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité ca­­ Prendre en compte la dimen­­ inter­ ultu­­ sion c relle Entraî­­ l’adhésion : négo­­ per­­ der, influ­­ cer ner cier, sua­­ en­­ Gérer les conflits ✓✓ La réci­­ procité. Cha­­ cun estime qu’il faut payer de retour les avan­­ tages reçus d’autrui. Il ne s’agit pas seule­­ ment d’un prin­ ­ cipe moral, mais bien d’une tac­­ tique. Faire un cadeau à son inter­­ cuteur l’incite à don­­ autre chose à son tour. Ainsi un lo­­ ner conseil gra­­ tuit, une invi­­ tion ou une simple infor­­ tion per­ ta­­ ma­­ ­ mettent d’attendre davan­­ tage en retour. Le célèbre prin­­ cipe du « donnant-­ onnant » n’est qu’une mani­­ ta­­ d fes­­ tion socia­­ ment cor­ le­­ ­ recte et consciente de la réci­­ procité. ✓✓ Le contraste. Pro­­ ser d’abord une solu­­ po­­ tion peu inté­­ sante res­­ valo­­ celle qu’on pré­­ rise sente immé­­ te­­ dia­­ ment après. De plus offrir une compa­­ son à son inter­­ cuteur, pro­­ rai­­ lo­­ cure un sen­­ ment de ti­­ liberté de choix. ✓✓ La sym­­ thie. Les indi­­ dus accèdent plus faci­­ ment à une pa­­ vi­­ le­­ demande venant de quelqu’un qui leur est sym­­ thique. pa­­ ✓✓ La rareté. «  Ce qui rare nous est cher  », c’est-à-dire que ce qui paraît excep­­ nel est for­­ ment inté­­ sant. Un pou­­ tion­­ cé­­ res­­ voir d’attraction est pro­­ qué par ce qui est pré­­ vo­­ senté comme nou­ ­ veau, spé­­ cial, inter­­ en compé­­ dit, tition ou limité. CC Gérer les conflits Nature d’un conflit PRINCIPES CLÉS • C’est la façon de trai­­ le conflit ter qui va le rendre posi­­ ou néga­­ tif tif. • En situa­­ tion dif­­ cile, il est utile fi­­ de faire de ses émo­­ tions de véri­ ­ tables alliés et de res­­ ferme ter sur le fond et doux sur la forme. • Le plus effi­­ cace est d’anticiper et de rela­­ vi­­ pour évi­­ le ti­­ ser ter pire. Par­­ inté­­ tie grante de la nature humaine, les conflits sont refou­­ ou uti­­ sés lés li­­ pour ten­ er de par­­ nir à une situa­­ t ve­­ tion jugée meilleure. Connaître le dérou­ ­ le­­ ment type d’un conflit ainsi que ses carac­­ ris­­ té­­ tiques per­­ met d’aborder plus serei­­ ment et effi­­ ce­­ ne­­ ca­­ ment des situa­ ­ tions managériales dif­­ ciles. fi­­ 458
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    Obser­­ vons les 5 étapes suc­­ sives de ce phé­­ mène humain où ces­­ no­­ varie la ten­­ sion émo­­ nelle per­­ par chaque « acteur » en pré­ tion­­ çue ­ sence (figure 13.4). 459 Savoir-faire Méca­­ nisme du conflit Savoir-être Le conflit agit comme un révé­­ teur bru­­ d’une situa­­ la­­ tal tion per­ ­ çue comme insup­­ table par les acteurs en pré­­ por­­ sence. Il révèle par exemple des ten­­ sions dans une équipe ou entre deux per­­ sonnes. Il est donc la combi­­ son de deux élé­­ nai­­ ments impli­­ quant au moins deux per­­ sonnes : ✓✓ un désac­­ cord, le plus sou­­ vent objec­­ concer­­ tif, nant un sujet commun ; ✓✓ une charge émo­­ nelle sub­­ tive et néga­­ née d’une frus­ tion­­ jec­­ tive ­ tra­­ tion. Pour tout mana­­ la connais­­ ger, sance de cette notion consti­­ le tue point de départ d’un tra­­ d’apprivoisement de ses émo­­ vail tions pour amé­­ rer son effi­­ cité en situa­­ lio­­ ca­­ tion de conflit. Deux approches sont alors envi­­ geables : sa­­ ✓✓ l’anticipation qui évite de tom­­ dans le conflit ; ber ✓✓ la ges­­ tion appro­­ priée de la situa­­ tion conflic­­ tuelle quand elle n’a pu être évi­­ tée. Dans les deux cas, iden­­ fier le méca­­ ti­­ nisme d’un conflit s’avère néces­­ saire. Savoirs Défi­­ tion du conflit ni­­
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    13 • Opti­­ser son effi­­ cité mi­­ ca­­ rela­­ nelle tion­­ Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité ca­­ Prendre en compte la dimen­­ inter­ ultu­­ sion c relle Entraî­­ l’adhésion : négo­­ per­­ der, influ­­ cer ner cier, sua­­ en­­ Gérer les conflits Figure 13.4 ■ Les phases d’un conflit Tension   émotionnelle 3- Comportement adaptatif 4- Pensée 2- Réaction émotionnelle spontanée 5’- Entretien de  l’émotion 5- Identification du sentiment affectif 1- Déclencheur Temps 1- Le déclen­­ cheur C’est l’événement qui va pro­­ quer le phé­­ mène conflic­­ vo­­ no­­ tuel : l’entrée bru­­ d’un col­­ bo­­ teur dif­­ cile dans le bureau du mana­­ la tale la­­ ra­­ fi­­ ger, convo­­ tion par e-­ ail à une réunion de crise impli­­ ca­­ m quant le ser­­ vice. 2- La réac­­ tion émo­­ tion­­ nelle spon­­ née ta­­ L’émotion désa­­ gréable qui sur­­ vient alors brus­­ ment se tra­­ que­­ duit phy­­ lo­­ que­­ sio­­ gi­­ ment de manières diverses sui­­ vant les per­­ sonnes  : accé­­ ra­­ lé­­ tion du rythme car­­ diaque, aug­­ ta­­ men­­ tion de la trans­­ ­ pira­ tion, séche­­ resse de la bouche, trem­­ ments, etc. ble­­ 3- Le compor­­ ment adap­­ tif te­­ ta­­ Immé­­ te­­ dia­­ ment après, le corps réagit pour faire face. La fuite (repous­­ ou évi­­ la ren­­ ser ter contre par exemple), l’inhibition (pas­­ vité, si­­ 460
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    mutisme pen­­ dant lerendez-­ ous,…), l’agression ou la mani­­ la­­ v pu­­ tion sont des compor­­ ments réac­­ sou­­ te­­ tifs vent obser­­ vés. Jusqu’à présent dépas­­ par le corps, la pen­­ va enfin inter­­ nir sée sée ve­­ per­­ tant au mana­­ d’évaluer les faits et d’identifier consciem­ met­­ ger ­ ment la menace Ensuite deux che­­ ne­­ mi­­ ments sont pos­­ sibles, l’un vrai­­ ment apai­ ­ sant, l’autre moins : l’identification du sen­­ ment affec­­ et l’entretien ti­­ tif de l’émotion. Savoirs 4- La pen­­ sée 5- L’identification du sen­­ ment affec­­ ti­­ tif La per­­ sonne repre­­ nant ses esprits entre­­ prend de nom­­ et carac­­ ­ mer té­ ri­­ son res­­ ser senti. Elle consta­­ ainsi qu’elle vient d’avoir peur ou tera de s’énerver. Sa ten­­ sion émo­­ nelle va pro­­ si­­ ment bais­­ tion­­ gres­­ ve­­ ser. Bien qu’ayant ana­­ la situa­­ lysé tion, la pen­­ peut au contraire entre­ sée ­ te­­ l’émotion désa­­ nir gréable en res­­ sassant les faits : « j’étais sûr que cela arri­­ rait, avec ce col­­ bo­­ teur c’est tou­­ ve­­ la­­ ra­­ jours ainsi, de toute façon il ne peut pas y avoir d’issue étant donné la baisse de notre activité… » En situa­­ tion d’urgence, l’émotion inter­­ vient tou­­ jours en pre­­ mier, sur­­ sant ainsi la pen­­ pas­­ sée. Savoir-faire 5'- L’entretien de l’émotion Les sources de désac­­ cord Nous les pré­­ te­­ sen­­ rons par ordre d’importance crois­­ sant. Cha­­ pos­­ cun sède et rap­­ porte des faits dif­­ rents concer­­ fé­­ nant le même pro­­ blème, cha­­ cun a ten­­ dance à refu­­ les don­­ ser nées qui le gênent et à voir la réa­­ à sa façon. Le désac­­ lité cord peut être dû à une inter­­ ta­­ pré­­ tion des faits ame­­ nant cha­­ à défendre des opi­­ cun nions en fonc­­ tion de son sta­­ (exper­­ tut tise, hié­­ chie). rar­­ 461 Savoir-être Les désac­­ cords sur les faits
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    13 • Opti­­ser son effi­­ cité mi­­ ca­­ rela­­ nelle tion­­ Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité ca­­ Prendre en compte la dimen­­ inter­ ultu­­ sion c relle Entraî­­ l’adhésion : négo­­ per­­ der, influ­­ cer ner cier, sua­­ en­­ Gérer les conflits Les désac­­ cords sur les buts Les deux inter­­ cuteurs peuvent être en désac­­ lo­­ cord sur les objec­ ­ tifs à atteindre. Il est fré­­ quent qu’un res­­ sable essaie d’imposer, pon­­ sans accep­­ de les négo­­ ter cier, des objec­­ jugés irréa­­ tifs listes par le col­­ bo­­ teur. la­­ ra­­ Les désac­­ cords sur les méthodes Ils portent sur « le comment », les moyens pour obte­­ un résul­­ nir tat, la marche à suivre, les pro­­ dés uti­­ sés. cé­­ li­­ Les désac­­ cords sur les valeurs Ils portent sur la phi­­ sophie, le style de mana­­ ment et ce que cha­ lo­­ ge­­ ­ cun juge impor­­ tant. Trois réac­­ tions inef­­ caces en situa­­ de conflit fi­­ tion Ce sont les compor­­ ments uti­­ sés spon­­ né­­ te­­ li­­ ta­­ ment par tous pour faire face aux situa­­ tions ten­­ dues. On observe que chaque indi­­ vidu adopte une atti­­ tude pré­­ ren­­ fé­­ tielle ou que cer­­ taines situa­­ tions appellent chez cha­­ un même type de réac­­ cun tion. Figure 13.5 ■ Les trois réac­­ tions inef­­ caces en situa­­ fi­­ tion de conflit Manipulation uit i it 462
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    Cette atti­­ tude cor­­pond à la crainte de réagir, de dire les choses res­­ sim­­ ment et de s’engager per­­ nel­­ ment. C’est de l’évitement ple­­ son­­ le­­ devant les per­­ sonnes ou les évé­­ ments. ne­­ Le pas­­ complè­­ ment désarmé face à une attaque, ne dira sif, te­­ rien en atten­­ dant que ça passe. L’objectif étant pour lui d’éviter l’affrontement, il peut même aller jusqu’à refu­­ tout entre­­ ser tien avec la majo­­ de ses inter­­ cuteurs. Timide, crain­­ avec peu de rité lo­­ tif confiance en soi, il uti­­ sera tous les moyens pour évi­­ d’être jaugé li­­ ter ou jugé par l’autre. L’attitude de fuite peut avoir des consé­­ quences néga­­ tives telles que : ✓✓ le res­­ ti­­ sen­­ ment : le pas­­ res­­ sif sasse les situa­­ tions, s’en veut et en veut aux autres ; ✓✓ la souf­­ france per­­ nelle : la per­­ son­­ sonne retourne contre elle-­ ême m la vio­­ lence de ce qui n’est pas exprimé ; ✓✓ la perte de confiance et de respect de soi. Savoirs La fuite Savoir-faire L’agressivité et la fuite sont des compor­­ ments archaïques, des te­­ réflexes par rap­­ port à un dan­­ ou une situa­­ ger tion vécue comme dan­ ­ ge­­ reuse. La mani­­ la­­ pu­­ tion est un compor­­ ment plus construit, plus te­­ fin et à ce titre plus dif­­ cile à mettre en œuvre ou à repérer. fi­­ Ces compor­­ ments ne per­­ te­­ mettent pas de répondre effi­­ ce­­ ca­­ ment aux situa­­ tions pro­­ sion­­ fes­­ nelles. Prendre conscience de ces compor­­ ­ te­ ments et de leurs consé­­ quences inef­­ caces est néces­­ fi­­ saire pour entre­ ­ prendre et en adop­­ d’autres. ter À l’inverse, l’agressif pense stop­­ immé­­ te­­ per dia­­ ment le conflit en s’attaquant à l’autre. C’est en effet ce der­­ qui, à ses yeux, est res­ nier ­ pon­­ sable du conflit. Il éprouve le besoin de domi­­ d’avoir rai­­ ner, son sans devoir argu­­ ter. Impa­­ men­­ tient, ce négo­­ teur monte rapi­­ ­ cia­­ de­ ment au cré­­ neau, cherche la faille dans l’argumentaire de l’autre et est prêt à déva­­ ri­­ son inter­­ cuteur. lo­­ ser lo­­ 463 Savoir-être L’agressivité
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    13 • Opti­­ser son effi­­ cité mi­­ ca­­ rela­­ nelle tion­­ Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité ca­­ Prendre en compte la dimen­­ inter­ ultu­­ sion c relle Entraî­­ l’adhésion : négo­­ per­­ der, influ­­ cer ner cier, sua­­ en­­ Gérer les conflits L’agressivité tra­­ duit la volonté, plus ou moins consciente, de domi­­ autrui, d’avoir la bonne réponse, de vou­­ se mettre abso­ ner loir ­ lu­­ ment en valeur quitte à s’opposer, à igno­­ et à déva­­ ri­­ les rer lo­­ ser autres. Les consé­­ quences de l’attitude d’agressivité sont sou­­ vent les sui­ ­ vantes : ✓✓ Un gas­­ pillage d’énergie : toutes les atti­­ tudes d’attaque mobi­­ lisent notre éner­­ à réagir plu­­ qu’à construire et à résoudre les pro­ gie tôt ­ blèmes. ✓✓ Une effi­­ cité appa­­ ca­­ rente  : Quand les rap­­ ports de pou­­ voir sont favo­­ rables à la per­­ sonne agres­­ sive, elle peut croire qu’elle a réussi. En fait elle pro­­ voque chez les autres démotivation ou res­­ ti­ sen­­ ­ ment. ✓✓ L’escalade de la vio­­ lence, l’attaque appe­­ l’attaque. Il s’agit d’une lant situa­­ tion clas­­ sique à laquelle il est sou­­ vent dif­­ cile d’échapper. fi­­ La mani­­ la­­ pu­­ tion La mani­­ la­­ pu­­ tion est sub­­ tile, plus ris­­ quée et fina­­ ment inef­­ cace à le­­ fi­­ long terme. C’est une sorte d’agression « civi­­ sée » car habi­­ ment li­­ le­­ dis­­ mu­­ « Je connais bien votre res­­ sable ; je suis sûr que vous si­­ lée. pon­­ ne pren­­ drez pas le risque de le déce­­ en dis­­ tant le prix… » voir cu­­ Le mani­­ la­­ pu­­ teur cherche à séduire, flat­­ déva­­ ri­­ ou culpa­ ter, lo­­ ser ­ bi­­ ser,… Rien n’est affi­­ ni trans­­ li­­ ché parent. Ses inten­­ tions sont mas­ ­ quées. Alors que la per­­ sonne au compor­­ ment pas­­ n’ose pas expri­­ te­­ sif mer son objec­­ et que celle au compor­­ ment agres­­ l’exprime sans tif te­­ sif tenir compte de celui des autres, le mani­­ la­­ pu­­ teur le cache et emploie des moyens détour­­ pour l’atteindre. nés Les consé­­ quences de l’attitude de mani­­ la­­ pu­­ tion : ✓✓ Déclen­­ ment en retour d’attitudes inef­­ caces : che­­ fi­­ −− pas­­ vité ou sou­­ sion : la per­­ si­­ mis­­ sonne res­­ tant intui­­ ve­­ sen­­ ti­­ ment le jeu de mani­­ la­­ pu­­ tion se retire, ne pro­­ pose pas ses idées et se sent démo­­ vée ; ti­­ 464
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    Anti­­ per etsor­­ des situa­­ ci­­ tir tions conflic­­ tuelles Savoirs −− agres­­ vité, rébel­­ si­­ lion : après avoir été mani­­ pulé, l’autre réagit, déve­­ loppe du res­­ ti­­ sen­­ ment et se venge dès qu’il le peut ; −− méfiance : les per­­ sonnes isolent le mani­­ la­­ pu­­ teur reconnu et ne lui font plus confiance. ✓✓ Perte de cré­­ bi­­ di­­ lité. Les mani­­ la­­ pu­­ tions quo­­ diennes ne fonc­ ti­­ ­ tionnent que pen­­ dant un temps. La mani­­ la­­ pu­­ tion démas­­ quée se retourne contre le mani­­ la­­ pu­­ teur et détruit sa cré­­ bi­­ di­­ lité. Évi­­ la sur­­ nue des conflits est encore la meilleure manière de les ter ve­­ gérer. Pour cela deux approches sont utiles : ✓✓ la dis­­ tinction des faits, opi­­ nions et sen­­ ments ; ti­­ ✓✓ l’adoption au quo­­ dien d’une atti­­ ti­­ tude asser­­ tive. En cas de sur­­ nue du conflit, d’autres approches pour­­ ve­­ ront être uti­­ sées, comme le DESC et le tri­­ li­­ angle dra­­ tique de Karpman. ma­­ C’est le pre­­ mier pas pour déblo­­ quer des situa­­ tions ten­­ dues. Un fait C’est une infor­­ tion tan­­ ma­­ gible, véri­­ fiable et sou­­ vent quan­­ fiable. En ti­­ prin­­ cipe il est incontes­­ table, c’est-à-dire que tout le monde devrait pou­­ voir tom­­ d’accord à son sujet. Ils s’expriment sou­­ ber vent par les expres­­ sions : « j’ai vu », « j’ai entendu », « j’ai observé »… Savoir-faire Dis­­ guer faits, opi­­ tin­­ nions et sen­­ ments ti­­ Une opi­­ nion C’est un juge­­ ment de valeur, une appré­­ tion sub­­ tive que l’on cia­­ jec­­ porte sur un fait ou sur son envi­­ ne­­ ron­­ ment. Elles s’expriment sou­ ­ vent par les expres­­ sions : « je crois », « je pense », « à mon avis »… Ce sont des indi­­ tions sur ce que l’on res­­ ca­­ sent. Ils sont du domaine des émo­­ tions. Ils sont en géné­­ bien accep­­ par nos inter­­ ­ ral tés lo­ 465 Savoir-être Un sen­­ ment ti­­
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    13 • Opti­­ser son effi­­ cité mi­­ ca­­ rela­­ nelle tion­­ Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité ca­­ Prendre en compte la dimen­­ inter­ ultu­­ sion c relle Entraî­­ l’adhésion : négo­­ per­­ der, influ­­ cer ner cier, sua­­ en­­ Gérer les conflits cuteurs qui leur accordent une cer­­ taine légi­­ mité. D’une cer­­ ti­­ taine manière, comme les faits, les sen­­ ments sont incontes­­ ti­­ tables. Ils s’expriment sou­­ vent par les expres­­ sions : « j’ai res­­ senti », « j’ai le sen­ ­ ti­­ ment que »… Méfions-­ ous de nos opi­­ n nions. Elles sont tou­­ jours dis­­ tables cu­­ et plus ou moins fon­­ dées. Usons de faits ou de sen­­ ments. Ils ti­­ amé­­ liorent l’efficacité des échanges. La recherche sys­­ ma­­ té­­ tique de faits indis­­ tables aide à sor­­ de juge­­ cu­­ tir ments par nature sub­­ tifs. jec­­ L’expression mesu­­ des sen­­ ments ouvre la rela­­ rée ti­­ tion à un dia­­ logue plus authen­­ tique. Adop­­ au quo­­ dien une atti­­ ter ti­­ tude asser­­ tive L’assertivité est d’abord une manière d’être et une volonté d’engager des rela­­ tions sur le mode de la négo­­ tion. Être assertif, c’est jouer la cia­­ confiance chaque fois que pos­­ sible et recher­­ cher des solu­­ tions négo­ ­ ciées avec les autres en cas de désac­­ cord. C’est évi­­ les cercles vicieux de la méfiance, de l’agressivité, de ter la ruse, du laisser-­ aire, qui sont autant d’impasses coû­­ f teuses. Glo­ ­ ba­­ ment, s’affirmer c’est : le­­ ✓✓ exer­­ ses droits en res­­ tant ceux des autres ; cer pec­­ ✓✓ gérer les conflits inter­­ son­­ per­­ nels ; ✓✓ être vrai sans naï­­ veté ni méfiance ; ✓✓ expri­­ mer ses points de vue, y compris quand ils sont oppo­­ de sés ceux de ses inter­­ cuteurs. lo­­ Pour ren­­ cer son assertivité, il s’agit de déve­­ per ses capa­­ ­ for­­ lop­­ ci­ tés à : ✓✓ écou­­ acti­­ ment et se faire entendre ; ter ve­­ ✓✓ for­­ ler des cri­­ mu­­ tiques et des demandes construc­­ tives ; ✓✓ accueillir des cri­­ tiques ; ✓✓ être bien­­ veillant avec soi et les autres. En situa­­ tion de conflit, être assertif signi­­ res­­ doux sur la fie ter forme tout en étant ferme sur le fond. 466
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    Ce pro­­ susen quatre étapes per­­ ces­­ met de redon­­ immé­­ te­­ ner dia­­ ment de la dyna­­ mique à une situa­­ tion blo­­ quée entre deux inter­­ cuteurs. lo­­ Il tra­­ duit le désir d’ouverture de la part du mana­­ qui le met en ger œuvre. L’intérêt de la méthode est de sépa­­ la part objec­­ et la part rer tive sub­­ tive de la commu­­ ca­­ jec­­ ni­­ tion. Le mélange des deux bloque sou­ ­ vent l’échange et ne per­­ met pas de trou­­ ensemble une solu­­ ver tion construc­­ tive. Savoirs Le DESC Étape 1 : Décrire les faits Étape 2 : Expri­­ mer son res­­ senti Décrire les effets désa­­ gréables que la situa­­ tion pro­­ voque sur soi. Il est impé­­ tif d’utiliser le « je » sans ajou­­ d’opinion. Par exemple : ra­­ ter « Je suis étonné, sur­­ pris, inquiet, ennuyé, embar­­ rassé, déçu, fâché, ou en colère,… » On décrit ce que l’on res­­ sent et non ce que l’autre a fait. Savoir-faire On énu­­ mère tout ce qu’on peut obser­­ de manière fac­­ ver tuelle et objec­­ tive, en évi­­ d’y mêler une quel­­ tant conque opi­­ nion. On fait donc un constat et non pas des reproches ou des cri­­ tiques. L’interlocuteur ne se sent pas accusé et est plus dis­­ posé à écou­­ « Cela fait 2 heures ter : que nous dis­­ tons sur la nou­­ cu­­ velle orga­­ sa­­ ni­­ tion. Nous sommes tom­ ­ bés d’accord sur les 3 points suivants… Cepen­­ dant main­­ nant nous te­­ res­­ tons blo­­ qués sur la moda­­ suivante… » lité Étape 3 : Sug­­ rer une solu­­ gé­­ tion 467 Savoir-être Il s’agit bien d’une pro­­ si­­ po­­ tion qui doit être compa­­ tible avec les inté­ ­ rêts des deux inter­­ cuteurs ; ce qui per­­ de réen­­ ger le dia­­ lo­­ met ga­­ logue de manière construc­­ tive : « Nous pour­­ rions sol­­ ci­­ l’avis exté­­ li­­ ter rieur de notre… »
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    13 • Opti­­ser son effi­­ cité mi­­ ca­­ rela­­ nelle tion­­ Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité ca­­ Prendre en compte la dimen­­ inter­ ultu­­ sion c relle Entraî­­ l’adhésion : négo­­ per­­ der, influ­­ cer ner cier, sua­­ en­­ Gérer les conflits Étape 4 : Conclure posi­­ ve­­ ti­­ ment On met en avant les consé­­ quences posi­­ tives qu’aura pour l’autre la solu­­ tion pro­­ sée : «… ce qui nous per­­ tra de gagner en confort po­­ met­­ de tra­­ vail. » Sor­­ du tri­­ tir angle dra­­ tique de KARPMAN ma­­ Figure 13.6 ■ Le tri­­ angle de Karpman Persécuteur Sauveur Victime Ce tri­­ angle est issu en 1968 des tra­­ vaux de Stephen Karpman, psy­­ ­ cho­ logue amé­­ cain, sur l’analyse tran­­ tion­­ ri­­ sac­­ nelle. Les contextes conflic­ ­ tuels poussent cha­­ des acteurs impli­­ cun qués à jouer inconsciem­­ ment l’un des trois rôles, à s’y complaire voire à en chan­­ Une vic­­ ger. time va atti­­ un per­­ cu­­ rer sé­­ teur ou un sau­­ veur. Un per­­ cu­­ sé­­ teur et un sau­­ veur vont cher­­ cher une vic­­ time. Les rôles pour­­ ront éven­­ le­­ tuel­­ ment chan­ ­ ger par la suite. La prise de conscience de ce méca­­ nisme aide le mana­­ à sor­­ ger tir de ces situa­­ tions contre pro­­ tives. duc­­ 468
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    Il indique cequ’il faut faire et être et, res­­ sent ensuite de la colère si la vic­­ time n’est pas consen­­ tante. Il ne reconnaît pas la valeur des autres. Ses compor­­ ments : te­­ ✓✓ il cri­­ tique sys­­ ma­­ que­­ té­­ ti­­ ment (pour se pro­­ ger de ses fai­­ té­­ blesses) ; ✓✓ il se met au-­ essus de la mêlée ; d ✓✓ il cherche à pié­­ l’autre et à le déva­­ ri­­ ger lo­­ ser. Le sau­­ veur Savoirs Le per­­ cu­­ sé­­ teur Il apporte un secours et une assis­­ tance qui ne sont pas deman­­ dés. En cas de refus, il ne se sent pas appré­­ à sa juste valeur puisque cié son aide n’est pas accep­­ Ses compor­­ ments : tée. te­­ ✓✓ il impose son aide et défend l’indéfendable ; ✓✓ il agit pour notre bien ; ✓✓ il se fonde sur de bons sen­­ ments plu­­ que sur la réa­­ ti­­ tôt lité. Elle cherche à api­­ toyer autrui. La vic­­ time méconnaît sa propre valeur. Elle res­­ sent une souf­­ france inconnue et ne for­­ mule pas sa demande de manière directe. La vic­­ time cherche un sau­­ teur  et ve­­ attire le per­­ cu­­ sé­­ teur. Ses compor­­ ments : te­­ ✓✓ elle exa­­ gère un han­­ cap per­­ nel ; di­­ son­­ ✓✓ elle se plaint, elle gémit, dit que c’est affreux, impos­­ sible pour elle ; ✓✓ elle demande qu’un autre fasse à sa place et entraîne les autres dans sa chute. Savoir-faire La vic­­ time Le mana­­ doit à tout prix res­­ ou reve­­ dans le registre « adulte » ger ter nir en deman­­ dant à l’autre : ✓✓ Face à une vic­­ time : « Que souhaites-­ u que je fasse pour toi, de t cette information… qu’attends-tu de moi ? » 469 Savoir-être Comment en sor­­ tir ?
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    13 • Opti­­ser son effi­­ cité mi­­ ca­­ rela­­ nelle tion­­ Mieux se connaître pour gagner en effi­­ cité ca­­ Prendre en compte la dimen­­ inter­ ultu­­ sion c relle Entraî­­ l’adhésion : négo­­ per­­ der, influ­­ cer ner cier, sua­­ en­­ Gérer les conflits ✓✓ Face à un sau­­ veur  : «  Ta sol­­ ci­­ li­­ tude me touche, je te remercie… » ✓✓ Face à un per­­ cu­­ sé­­ teur : « Que souhaites-­ u me dire vrai­­ t ment ? Que veux-­ u ? Peux-­ u me dire la même chose mais autrement… » t t Mieux se connaître et maî­­ ser les outils et tech­­ tri­­ niques spé­­ fiques per­­ ci­­ met d’être plus effi­­ cace dans les rela­­ tions pro­­ sion­­ fes­­ nelles. C’est aussi une condi­­ tion pour être per­ ­ for­­ mant en situa­­ tion de négo­­ tion et dans la ges­­ cia­­ tion des conflits. 470
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    Savoirs Chapitre 14 lop­­ ◆◆ Commentconstruire et déve­­ per son réseau pro­­ sion­­ fes­­ nel ? ver libre ? ◆◆ Comment faire pour trou­­ un bon équi­­ 471 Savoir-être Les ques­­ tions aux­­ quelles répond ce cha­­ pitre Savoir-faire Gérer sa car­­ rière dans la durée
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    14 • Gérersa car­­ rière dans la durée Construire son réseau rela­­ nel tion­­ Vie professionnelle et vie privée Se fixer des objec­­ en accord avec ses valeurs tifs Au terme de cet ouvrage, tout entier consa­­ à des savoirs et compé­ cré ­ tences pro­­ sion­­ fes­­ nels, nous avons sou­­ haité ouvrir la réflexion sur la ges­­ tion de sa car­­ rière dans la durée. Deux points nous ont sem­­ blé incontour­­ nables : la ges­­ tion de son réseau rela­­ nel et l’équilibre tion­­ entre sa vie pro­­ sion­­ fes­­ nelle et per­­ nelle. son­­ Le réseau rela­­ nel est un tuteur du par­­ tion­­ cours pro­­ sion­­ Il fes­­ nel. peut vous accom­­ gner tout au long de votre car­­ pa­­ rière et vous aider dans les périodes dif­­ ciles. Il est impos­­ fi­­ sible d’échapper à la ques­­ tion du sens et de l’équilibre à trou­­ entre vie pro­­ sion­­ ver fes­­ nelle et pri­­ vée. Cette ques­­ tion impor­­ tante, déjà abor­­ au cha­­ dée pitre « Déve­­ per lop­­ son effi­­ cité per­­ nelle », est ici trai­­ sous l’angle de la cohé­­ ca­­ son­­ tée rence entre ses valeurs, ses prio­­ tés et ses actions. ri­­ CC Construire son réseau rela­­tion­­ nel PRINCIPES CLÉS • Pour fonc­­ ner le réseau doit tion­­ être entre­­ tenu de façon régu­ ­ lière avec un véri­­ table inté­ ­ rêt pour les per­­ sonnes qui le consti­­ tuent. Il faut s’y inves­­ tir sans en attendre un béné­­ fice immé­­ diat. • Sur le long terme le réseau est un véri­­ table tuteur sur son par­ ­ cours pro­­ sion­­ fes­­ nel. Le mana­­ évo­­ dans un envi­­ ne­ ger lue ron­­ ­ ment instable. Se consti­­ tuer un réseau fiable et pérenne repré­­ sente un moyen de sécu­­ ser son par­­ ri­­ cours pro­­ sion­­ fes­­ nel. Un réseau est éga­­ ment une res­­ le­­ source pour res­­ en phase avec l’évolution de ter son métier, anti­­ per les chan­­ ments, ci­­ ge­­ déve­­ per ses compé­­ lop­­ tences et par­­ ger ta­­ son exper­­ tise. De plus entre­­ nir son réseau, per­ te­­ ­ met de répondre au besoin crois­­ sant d’informations, d’enrichir ses points de vue et d’augmenter ses réfé­­ rences. 472
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    Faire le diag­­tic de son réseau nos­­ Un réseau rela­­ nel c’est  un ensemble de rela­­ tion­­ tions infor­­ melles qui : ✓✓ per­­ de se consti­­ met tuer un car­­ d’adresses utiles à son par­­ net cours pro­­ sion­­ fes­­ nel ; ✓✓ se construit sur une approche de prise en compte des besoins réci­­ proques ; ✓✓ per­­ de faire face aux situa­­ met tions d’urgence ou impré­­ vues ; ✓✓ se construit dans le temps par une démarche sys­­ ma­­ té­­ tique ; ✓✓ se fonde sur des rela­­ tions de confiance et d’intérêts par­­ gés ; ta­­ ✓✓ ouvre un champ d’opportunités rela­­ nelles et pro­­ sion­­ tion­­ fes­­ nelles. Savoirs Qu’est-ce qu’un réseau rela­­ tion­­ nel ? Pour éta­­ la liste des per­­ blir sonnes compo­­ sant son réseau rela­­ nel, tion­­ une métho­­ lo­­ en trois étapes est utile : do­­ gie ✓✓ lis­­ les contacts ; ter ✓✓ hié­­ chi­­ les contacts ; rar­­ ser ✓✓ repré­­ ter son réseau. sen­­ Lis­­ les contacts ter Savoir-faire Métho­­ lo­­ pour faire l’état des lieux de son réseau do­­ gie 473 Savoir-être La pre­­ mière étape est de lis­­ l’ensemble de ses contacts. Pour ce ter faire, il est néces­­ saire d’explorer toutes les rela­­ tions que nous avons pu éta­­ dans notre envi­­ ne­­ blir ron­­ ment fami­­ ou ami­­ durant notre lial cal, par­­ cours pro­­ sion­­ fes­­ nel, durant nos études, à l’occasion d’activités extra-­ rofessionnelles, etc. p
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    14 • Gérersa car­­ rière dans la durée Construire son réseau rela­­ nel tion­­ Vie professionnelle et vie privée Se fixer des objec­­ en accord avec ses valeurs tifs Hié­­ chi­­ rar­­ ser sur l’échelle réseau à deux niveaux On éva­­ ensuite la qua­­ de la rela­­ lue lité tion avec la per­­ sonne sur le plan de la régu­­ rité, de la durée, de la pro­­ deur, de la fré­­ la­­ fon­­ quence, etc. L’objectif est de clas­­ ses rela­­ ser tions en deux niveaux : ✓✓ Le niveau 1. Il repré­­ sente les rela­­ tions proches (famille, amis, col­ lègues… et de longue date). Elles ont fait leurs preuves (de 6 ans à plus) et sont humai­­ ment pro­­ ne­­ fondes. Les rela­­ tions de niveau 1 sont celles que l’on active en situa­­ tion de ques­­ ne­­ tion­­ ment, de chan­­ ment bru­­ ou de réflexion appro­­ die. ge­­ tal fon­­ ✓✓ Le niveau 2. Il comprend les rela­­ tions plus éloi­­ gnées (pro­­ sion­ fes­­ ­ nelles, sociales et/ou plus récentes). Les rela­­ tions de niveau 2 sont plus super­­ cielles. Elles pour­­ fi­­ ront être uti­­ sées dans la mesure où li­­ elles ont été entre­­ nues régu­­ re­­ te­­ liè­­ ment. Il est oppor­­ de les sol­ tun ­ li­­ ter pour recher­­ ci­­ cher des infor­­ tions, pour un conseil ou pour ma­­ une aide dans une démarche bien iden­­ fiée. ti­­ Les deux réseaux peuvent regrou­­ des per­­ per sonnes d’origine et de métier divers, leur carac­­ ris­­ té­­ tique est de favo­­ ser votre degré ri­­ d’ouverture. Repré­­ ter son réseau rela­­ sen­­ tion­­ nel L’ensemble des don­­ nées peut être syn­­ tisé sous la forme d’un thé­­ tableau (tableau 14.1). 474
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    Tableau 14.1 ■  éseaude Christine, mana­­ 49 ans, consul­­ R ger tant Nom Rap­­ port avec moi Acti­­ vité pro­­ sion­­ fes­­ nelle, sociale Ren­­ contré depuis quand et où Comment j’entretiens Niveau le lien Natacha Amie Res­­ sable paye pon­­ 20 ans, col­­ lègue de Un dîner par tra­­ vail mois 1 Michèle Col­­ lègue Consul­­ tante Uni­­ ment que­­ 10 ans, col­­ lègue de pro­­ sion­ fes­­ ­ tra­­ vail nel­­ ment le­­ 2 1 an, en qua­­ lité de béné­­ vole dans 1 réunion cette asso­­ tion cia­­ tous les d’accompagnement semestres de cadres Savoirs en res­­ sources humaines 2 1 10 ans amis, d’amis 1 déjeu­­ ner par semestre 2 2 ans, cho­­ rale Tous les mois, répé­ ­ tition et échange sur des lec­­ tures communes, des inté­­ rêts communs, via Inter­­ net 2 Famille, pro­­ seur fes­­ dans une école d’ingénieurs Carole Sœur Antoine Rela­­ tion ami­ DRH dans le sec­ ­ ­ cale teur ban­­ caire Bénédicte Des weeke ­ nds régu­ ­ liers avec nos enfants, Noël, tous les étés une semaine de congé ensemble Rela­­ tion ami­ ­ Méde­­ cin cale 475 Savoir-faire Pré­­ sident Retraité d’association Savoir-être Pierre
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    14 • Gérersa car­­ rière dans la durée Construire son réseau rela­­ nel tion­­ Vie professionnelle et vie privée Se fixer des objec­­ en accord avec ses valeurs tifs Main­­ nir son réseau te­­ Une fois le réseau iden­­ fié, il importe de gar­­ les contacts et main­ ti­­ der ­ te­­ son réseau à jour. Pour ce faire, il est indis­­ sable de re­ isiter nir pen­­ v régu­­ re­­ liè­­ ment ses contacts et véri­­ si le contact a été activé par fier qui ? Et dans quelles cir­­ constances ? Tableau 14.2 ■ Suivi des contacts vation Acti­­ vation Acti­­ contré Acti­­ vité Ren­­ Comment Rap­­ port du réseau du réseau depuis pro­­ fes­­ j’entretiens Niveau Nom avec de mon de son quand sion­­ nelle, le lien moi fait fait et où sociale Par exemple : ✓✓ Antoine DRH a été sol­­ cité pour ouvrir un stage au fils de li­­ Christine. ✓✓ Christine a consulté Francis pour une biblio­­ phie sur l’autogra­­ entreprenariat liée à son expé­­ rience pra­­ tique du sujet. ✓✓ Jean-­ uc, grâce à son métier, a assisté Christine dans le choix de L l’entrepreneur pour des tra­­ vaux à son domi­­ et l’évaluation du cile type et du mon­­ tant des tra­­ vaux. 476
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    Adop­­ une atti­­ ter tudede veille réseau per­­ nente ma­­ Savoir-faire Pour déve­­ per son réseau, il est déjà néces­­ lop­­ saire de s’interroger sur l’objectif pour­­ suivi : ✓✓ Ai-­e envie de pri­­ lé­­ un réseau pro­­ sion­­ j vi­­ gier fes­­ nel ? ✓✓ Ai-­e envie de déve­­ per mon exper­­ dans un domaine par­ j lop­­ tise ­ ti­­ lier ? cu­­ ✓✓ Est-­ e que je sou­­ c haite élar­­ à des sphères dif­­ rentes de la gir fé­­ mienne ? Pour déve­­ per son réseau, il est inté­­ sant d’observer la struc­ lop­­ res­­ ­ ture de son réseau et d’examiner les liens entre les membres du réseau. Est-­l orga­­ i nisé en étoile ? c’est-à-dire autour de vous, les membres n’étant pas en rela­­ tion. Est-­l en toile d’araignée ? (les membres du i réseau inter­ gissent). a C’est à vous de juger ce qui convient, il n’est pas for­­ ment utile cé­­ de réunir tous les membres d’un réseau entre eux. On peut éga­­ ­ le­ ment créer des sous réseaux autour d’intérêts communs, de thé­­ ­ ma­ tiques ou de pas­­ sions communes. Il peut être inté­­ sant aussi de créer des liens ponc­­ res­­ tuels, pour résoudre un pro­­ blème par­­ ger de l’information ou faire ensemble ta­­ une acti­­ vité. Toutes ces actions per­­ mettent de main­­ nir les liens te­­ à jour et favo­­ risent l’enrichissement du réseau par un effet « ronds dans l’eau ». Savoirs Déve­­ per son réseau lop­­ Faire face à ses résis­­ tances et prin­­ cipes 477 Savoir-être La ques­­ tion du réseau active géné­­ le­­ ra­­ ment des résis­­ tances per­­ ­ son­ nelles liées aux valeurs qui se fondent sur une vision de l’authenticité des rela­­ tions. Il est impor­­ tant de rame­­ la for­­ li­­ tion d’une ner ma­­ sa­­ démarche réseau à une bonne pra­­ tique pro­­ sion­­ fes­­ nelle qui est dif­­ ­ fé­ rente de ce qui relève d’un domaine pure­­ ment per­­ nel, affec­­ ou son­­ tif ami­­ Cette atti­­ cal. tude est per­­ nente au moment d’activer le réseau. ti­­
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    14 • Gérersa car­­ rière dans la durée Construire son réseau rela­­ nel tion­­ Vie professionnelle et vie privée Se fixer des objec­­ en accord avec ses valeurs tifs L’activation est d’autant plus effi­­ cace qu’elle fait l’objet d’une réflexion amont : défi­­ mon pro­­ pour quelle rai­­ nir jet, son suis-­e j amené à sol­­ ci­­ mon réseau ? li­­ ter Réflé­­ chir autour des ques­­ tions sui­­ vantes peut éga­­ ment aider à le­­ dis­­ ner ce qui rend pos­­ cer­­ sible l’intégration ou la sol­­ ci­­ tion dans le li­­ ta­­ cadre d’un réseau : ✓✓ Me sentirai-­e légi­­ j time pour prendre contact direc­­ ment avec te­­ cette per­­ sonne et la sol­­ ci­­ li­­ ter ? ✓✓ Est-­ e que je pense qu’il peut me consa­­ du temps et prendre c crer en compte ma requête ? ✓✓ Quel type de demande est-­l rai­­ nable de faire : infor­­ tion, i son­­ ma­­ conseil, relais vers une per­­ sonne, inter­­ tion directe ? ven­­ ✓✓ Si cette per­­ sonne me sol­­ cite suis-­e prêt à prendre du temps li­­ j pour l’écouter et l’assister dans sa demande ? Les compé­­ tences à mettre en œuvre Faire vivre et déve­­ per son réseau implique de mettre en œuvre lop­­ des atti­­ tudes et compé­­ tences de : ✓✓ Méthode : entre­­ nir son réseau sur­­ te­­ tout lorsque l’on n’a pas besoin de le sol­­ ci­­ li­­ ter. ✓✓ Per­­ vé­­ sé­­ rance : ne pas attendre de retour immé­­ diat et veiller à la qua­­ de ses rela­­ lité tions. ✓✓ Pro-­ ctivité : oser prendre des ini­­ a tiatives. ✓✓ Humi­­ lité : le réseau n’est pas un outil de valo­­ sa­­ ri­­ tion per­­ nelle. son­­ ✓✓ Cohé­­ rence : s’engager sur ce qu’on peut faire vrai­­ ment et tenir parole. Une autre voie pour déve­­ per son réseau est d’utiliser les réseaux lop­­ sociaux via Inter­­ (cf. cha­­ net pitre 1). Sur ce média, les infor­­ tions ma­­ peuvent être dif­­ sées sans contrôle de la per­­ fu­­ sonne concer­­ née. Par pré­­ tion, il est utile de consi­­ rer que tout ce qui est ins­­ sur le cau­­ dé­­ crit réseau relève du domaine public. 478
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    CC Trou­­ ver unéqui­­libre entre vie pro­­fes­­sion­­ nelle et vie pri­­ ée v tient et De tout temps la ques­­ tion de la liberté • Notre vie nous appar­­ per­­ sonne ne peut faire notre indi­­ duelle et du bon­­ vi­­ heur est posée. bon­­ heur à notre place. ni­­ Antiphon1 nous donne sa défi­­ tion de rant l’harmonie « elle enve­­ loppe la commu­ • C’est en repé­­ ce qui est ­ impor­­ tant pour nous, au niveau nauté de pen­­ que cha­­ sée cun a avec luiper­­ nel et au niveau pro­­ ­ son­­ fes­ m ­ ême : car celui qui est gou­­ verné par sion­­ et en le res­­ tant, que nel pec­­ une seule pen­­ et un seul sen­­ ment sée ti­­ nous pou­­ vons atteindre une est en concorde avec lui-­ ême alors que m forme d’équilibre. celui qui est en contra­­ tion avec luidic­­ m ­ ême et qui réflé­­ chit dans la dis­­ corde est séparé de lui-­ ême… » m Ce qui est inté­­ sant dans sa pro­­ si­­ res­­ po­­ tion, c’est que 2 500 ans plus tard nous en sommes au même point. Nous cher­­ chons tou­­ jours comment faire pour éta­­ cet accord avec nous-­ êmes et avec les blir m autres. Ce qui peut nous aider dans cette démarche, c’est de prendre le temps de la réflexion, de repérer ce qui est impor­­ tant pour nous dans la vie, au niveau pro­­ sion­­ et per­­ nel, puis de se fixer des fes­­ nel son­­ objec­­ en accord avec nos valeurs pro­­ tifs fondes et nos croyances. Savoirs PRINCIPES CLÉS Savoir-faire Prendre le temps de la réflexion et de faire le point Repérer ses valeurs et croyances dans sa vie pro­­ sion­­ fes­­ nelle et pri­­ vée La croyance est le fait de tenir quelque chose pour vrai, et ceci indé­ ­ pen­­ dam­­ ment des preuves éven­­ tuelles de son exis­­ tence, réa­­ lité, ou pos­­ bi­­ Il s’agit aussi bien d’une opi­­ si­­ lité. nion sur nous-­ êmes, sur les m autres, sur notre envi­­ ne­­ ron­­ ment, sur Dieu,… 1. Sophiste et ora­­ teur mort en 411 avant J. C. 479 Savoir-être Qu’est-ce qu’une croyance ?
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    14 • Gérersa car­­ rière dans la durée Construire son réseau rela­­ nel tion­­ Vie professionnelle et vie privée Se fixer des objec­­ en accord avec ses valeurs tifs Ces croyances déter­­ minent un cer­­ tain nombre de compor­­ ­ te­ ments. Par exemple, si je crois que je peux faire confiance aux autres, j’associe à cette croyance tout un ensemble de compor­­ ments : je te­­ vais vers les autres, je m’exprime faci­­ ment, je demande des conseils, le­­ je délègue quand c’est nécessaire… Cet ensemble de compor­­ ments te­­ pro­­ un résul­­ les autres me font confiance et en retour viennent duit tat : vers moi, s’expriment faci­­ ment, me demandent des conseils et me le­­ délèguent par­­ des acti­­ tés. Ce résul­­ ren­­ fois vi­­ tat force ma croyance « je peux faire confiance aux autres ». Nous pas­­ sons notre vie à ren­­ ­ for­ cer nos croyances à par­­ de compor­­ ments qui ont pour but de tir te­­ les véri­­ fier et les ren­­ cer. Il en est ainsi pour toutes les croyances, for­­ qu’elles soient posi­­ tives (« je peux faire confiance aux autres ») ou limitantes (« je ne peux pas faire confiance aux autres »). Pour qu’une croyance soit remise en cause ou ébran­­ il faut en lée, géné­­ une onde de choc par­­ cu­­ ral ti­­ lière. Exemple : Pierre dirige une petite entre­­ prise de ser­­ vices. Il pro­­ pose des tra­­ vaux de jar­­ nage à di­­ des par­­ cu­­ ti­­ liers. Il a tou­­ jours cru que les per­­ sonnes qui tra­­ vaillaient pour lui (une assis­­ tante et trois jar­­ niers) étaient des pro­­ teurs et di­­ fi­­ qu’il fal­­ les sur­­ lait veiller et contrô­­ la qua­­ de leur tra­­ ler lité vail. Un dimanche soir, alors qu’il était parti en week-­ nd, toute la zone indus­ e ­ trielle dans laquelle était située son entre­­ prise s’est retrou­­ inon­­ vée dée suite à une forte crue. Les trois jar­­ niers se sont spon­­ né­­ di­­ ta­­ ment ren­ ­ dus sur les lieux pour sau­­ tout ce qui pou­­ l’être. Grâce à leur ver vait réac­­ vité, l’entreprise a pu fonc­­ ner très rapi­­ ment. ti­­ tion­­ de­­ Les per­­ sonnes les plus effi­­ caces ont une force et une puis­­ sance de déci­­ sion qui vient de l’intérieur d’eux-mêmes. Leurs croyances vont dans la même direc­­ tion que leurs choix conscients. Qu’est-ce qu’une valeur ? Le mot « valeur », du latin clas­­ sique « valor » est uti­­ dès le lisé xie  siècle pour dési­­ gner le mérite ou les qua­­ tés. Par exten­­ li­­ sion, il est ensuite pris pour « impor­­ tance ». En règle géné­­ rale, les valeurs portent sur les normes de conduites per­­ nelles ou sociales rele­­ son­­ vant 480
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    481 Savoirs Savoir-faire Savoir-être de la morale,de l’éthique, de la poli­­ tique, de l’esthétique ou de la spi­­ tua­­ Nos valeurs concernent donc tout ce qui est impor­­ ri­­ lité. tant pour nous dans la vie. Par exemple, la soli­­ rité, la liberté, l’amour, da­­ le respect de la pla­­ nète, la famille, la tolé­­ rance, la jus­­ tice, la réus­­ site, l’honnêteté, la comba­­ vité,… sont des valeurs. ti­­ Les entre­­ prises ont éga­­ ment leur propre sys­­ le­­ tème de croyances et de valeurs et gèrent leurs res­­ sources humaines en fonc­­ de celui-­ i. tion c Lorsque les membres d’une entre­­ prise par­­ tagent les mêmes valeurs et croyances, les per­­ sonnes se sentent en confiance et la commu­­ ­ ni­ ca­­ tion est ouverte et effi­­ cace à tous les niveaux. Par exemple, Cegos est depuis quelques années enga­­ gées dans des par­­ na­­ te­­ riats avec dif­ ­ fé­­ rentes asso­­ tions. L’une d’elle, Pla­­ cia­­ nète Urgence, a pour objec­­ tif de mettre en place de nou­­ veaux moyens d’action pour lut­­ contre ter la des­­ tion de la pla­­ truc­­ nète et contre les inéga­­ tés entre le Nord et le li­­ Sud. C’est ainsi que tous les ans, Cegos sou­­ tient les pro­­ des sala­ jets ­ riés qui sou­­ haitent par­­ ci­­ à des mis­­ ti­­ per sions huma­­ taires en leur ni­­ per­­ tant de prendre un congé soli­­ met­­ daire. En revanche, lorsque les croyances et valeurs de la direc­­ d’une tion entre­­ prise sont en confron­­ tion avec les croyances du per­­ nel, les ta­­ son­­ malaises s’accumulent et peuvent aller jusqu’aux conflits. Nous ren­ ­ controns des exemples de ce type à chaque fois qu’une entre­­ prise publique devient par­­ le­­ tiel­­ ment ou complè­­ ment pri­­ ou lorsqu’il te­­ vée y a « rachat » d’une entre­­ prise pri­­ par une autre. vée Si la croyance est ce en quoi l’on croit, les valeurs sou­­ tiennent nos croyances ; elles en sont l’assise, les fon­­ tions. Être en accord pro­ da­­ ­ fond avec nos valeurs et nos croyances, cela signi­­ être conscient de fie celles-­ i et faire des choix qui les res­­ c pectent. Lorsque nous déci­­ dons et agis­­ sons dans le respect de nos croyances et de nos valeurs fon­ ­ da­­ tales, nous don­­ men­­ nons un sens à notre vie et nous sommes en har­­ nie ou cohé­­ mo­­ rence avec nous-­ êmes. m Der­­ rière chaque croyance, une valeur peut-­ tre asso­­ comme ê ciée dans le tableau 14.3.
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    14 • Gérersa car­­ rière dans la durée Construire son réseau rela­­ nel tion­­ Vie professionnelle et vie privée Se fixer des objec­­ en accord avec ses valeurs tifs Tableau 14.3 ■ Exemples de croyances et valeurs asso­­ ciées Croyances Valeurs asso­­ ciées Dans la vie, il faut se battre Auto­­ rité, force, déter­­ na­­ mi­­ tion,… Il faut aider les autres Soli­­ rité, amour, compas­­ da­­ sion,… Quand on prend des ini­­ tiatives on prend des risques Pru­­ dence, dis­­ tion, méfiance,… cré­­ Il faut se compor­­ cor­­ te­­ ter rec­­ ment avec soi et les autres Respect, écoute, bien­­ veillance,… Commettre des erreurs per­­ met de pro­­ gres­­ ser Évo­­ tion, expé­­ lu­­ rience, tolé­­ rance,… L’union fait la force Asso­­ tion, sens de l’équipe,… cia­­ Les autres peuvent être dan­­ reux ge­­ Méfiance, contrôle,… Une bonne manière de repérer nos prin­­ pales croyances est de ci­­ complé­­ le plus spon­­ né­­ ter, ta­­ ment pos­­ sible et très rapi­­ ment, les de­­ phrases qui suivent. Dans un pre­­ mier temps ne s’intéresser qu’à la pre­­ mière colonne du tableau 14.4. Tableau 14.4 ■ Croyances – atti­­ tudes – valeurs Attitudesc ­ omportements Croyances Je trouve que la vie est… Je pense que le tra­­ vail c’est… Je pense que les hommes sont… Je pense que le pou­­ voir est… Je pense que les femmes sont… La famille c’est… Les amis sont… Je pense que l’argent est… 482 Valeurs
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    Savoirs Une fois cesphrases complé­­ tées, laissons-­es de côté au moins l vingt-­ uatre heures pour prendre du recul. Dans un deuxième temps, q regar­­ dons nos réponses et retrou­­ vons les atti­­ tudes et compor­­ ments te­­ asso­­ ciés. Elles nous aident à trou­­ nos valeurs. Par exemple, si je ver trouve que la vie est une for­­ dable aven­­ mi­­ ture, les atti­­ tudes et compor­ ­ te­­ ments asso­­ ciés peuvent être : j’ai besoin que les choses bougent autour de moi, je vais vers les autres, je pro­­ voque les chan­­ ments. ge­­ Dans un troi­­ sième temps, repé­­ rons les valeurs asso­­ ciées. Pour notre exemple : l’ouverture à autrui et l’adaptation aux chan­­ ments. ge­­ Uti­­ ser la pyra­­ li­­ mide de Maslow pour comprendre ses moti­­ vations et ses besoins La pyra­­ mide des besoins est consti­­ tuée de cinq niveaux. Chaque niveau cor­­ pond à un besoin essen­­ res­­ tiel. Toute la moti­­ vation de la per­­ sonne est cen­­ sur la satis­­ trée faction de ce besoin. Quand ce besoin n’est pas satis­­ nous ne pou­­ fait vons accé­­ au niveau sui­­ der vant. Accomplissement Savoir-faire Figure 14.1 ■ La pyra­­ mide de Maslow1 Estime Besoins sociaux Sécurité 1. Notion abordée dans le chapitre 11. 483 Savoir-être Besoins physiologiques
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    14 • Gérersa car­­ rière dans la durée Construire son réseau rela­­ nel tion­­ Vie professionnelle et vie privée Se fixer des objec­­ en accord avec ses valeurs tifs Dans notre vie quo­­ dienne, nous met­­ ti­­ tons en action des compor­ ­ te­­ ments qui cor­­ pondent à dif­­ rents niveaux. Par exemple, mon res­­ fé­­ tra­­ peut me per­­ vail mettre de répondre à des besoins de sécu­­ ou rité d’estime de soi alors qu’une acti­­ asso­­ tive me per­­ vité cia­­ met de satis­ ­ faire mon besoin d’accomplissement. La pyra­­ mide de Maslow per­­ met : ✓✓ de se posi­­ ner, à un ins­­ tion­­ tant T, au niveau de nos besoins et de notre moti­­ vation. Au cours de notre vie nous pou­­ vons très bien chan­­ de niveau : c’est le cas lors d’une rup­­ ger ture affec­­ tive, où les besoins nou­­ veaux à satis­­ faire sont des besoins sociaux. À ce moment-­à, il est pro­­ l bable que l’estime de soi soit plu­­ en berne tôt et qu’elle ne revienne qu’une fois d’autres liens affec­­ créés. tifs C’est éga­­ ment le cas lors de la rup­­ le­­ ture d’un contrat de tra­­ vail pour une per­­ sonne de plus de 45 ans. Les craintes liées au fait de ne plus retrou­­ d’emploi ramènent la per­­ ver sonne au niveau de la satis­­ faction des besoins de sécu­­ rité. ✓✓ De repérer et de tenir compte des besoins et des moti­­ vations de nos col­­ bo­­ teurs : cer­­ la­­ ra­­ tains ont besoin d’être plus rému­­ nérés ou d’obtenir une prime pour être moti­­ parce que leur pré­­ cu­ vés oc­­ ­ pa­­ tion immé­­ diate est située au niveau des besoins de sécu­­ rité. D’autres, auront besoin de reconnais­­ sance au tra­­ vers d’un titre ou d’une nou­­ velle res­­ sa­­ lité parce que ce qui les motive se pon­­ bi­­ situe au niveau de l’estime de soi. Véri­­ la cohé­­ fier rence entre ses besoins et ses valeurs La cohé­­ rence per­­ met de se sen­­ en accord avec soi-­ ême. Elle se tir m réa­­ quand il y a accord entre nos besoins, la façon dont nous lise agis­­ sons pour les satis­­ faire et nos valeurs. Par exemple, si quatre de mes valeurs prin­­ pales sont la famille, la curio­­ ci­­ sité, la soli­­ rité et da­­ l’autonomie, je serai en cohé­­ rence si je mets en face de chaque valeur des actions ou compor­­ ments pré­­ qui sont liés à mes besoins. Le te­­ cis tableau qui suit vous pré­­ sente le pro­­ sus. ces­­ 484
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    Tableau 14.5 ■ Exemples valeurs– actions – besoins Valeurs Actions ou compor­­ ments te­­ Savoirs À chaque fois que nos besoins ou nos valeurs ne sont pas res­­ ­ pec­ tés, c’est tout le jeu de nos croyances qui en est affecté. Si la valeur famille est impor­­ tante pour nous et que nous n’arrivons pas à pas­­ ser du temps avec nos enfants, non seule­­ ment nous ne satis­­ sons pas fai­­ nos besoins sociaux mais en plus nous sommes en porte-­ -faux avec à des croyances de type « tout se joue dans les pre­­ mières années », « les parents sont res­­ sables du deve­­ de leurs enfants »,… pon­­ nir Besoins Sociaux Curio­­ sité Voir un film et lire un livre, visi­­ une ter expo­­ tion une fois par mois. Assis­­ à si­­ ter des confé­­ rences trois fois par an Accom­­ se­­ plis­­ ment Soli­­ rité da­­ Faire par­­ d’une asso­­ tion ou appor­­ tie cia­­ ter une aide finan­­ cière à des asso­­ tions cia­­ Estime de soi et/ou accom­­ se­­ plis­­ ment et/ou besoins sociaux Auto­­ mie no­­ Avoir un tra­­ vail où je me sente res­­ ­ pon­ sable des prio­­ tés et de la ges­­ ri­­ tion de mon temps ou avoir une acti­­ vité extrap ­ rofessionnelle que je gère complè­­ ment te­­ Estime de soi Savoir-faire Famille Se réser­­ une heure tous les jours avec ver les enfants. Faire des acti­­ tés ensemble. vi­­ Par­­ en vacances au moins trois tir semaines par an 485 Savoir-être C’est à ce moment-­à que nous sommes en dys­ armonie avec l h nous-­ êmes et que la culpa­­ lité inter­­ m bi­­ vient. Lorsque nous nous sen­ ­ tons cou­­ pables, notre compor­­ ment avec nos enfants peut être dif­ te­­ ­ fé­­ rent : nous deve­­ nons trop laxistes ou trop rigides dans le trop peu de temps que nous leur consa­­ crons. Et comme toute cause pro­­ duit des effets, nos enfants peuvent deve­­ dif­­ ciles. Dans le meilleur nir fi­­ des cas, ils peuvent apprendre à faire sans nous.
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    14 • Gérersa car­­ rière dans la durée Construire son réseau rela­­ nel tion­­ Vie professionnelle et vie privée Se fixer des objec­­ en accord avec ses valeurs tifs CC Se fixer des objec­­tifs en accord avec ses valeurs pro­­fondes PRINCIPES CLÉS • Il importe de faire d’abord le point sur son har­­ nie mo­­ per­­ nelle. son­­ • Pour cela, nous devons réajus­ ­ ter notre posi­­ ne­­ tion­­ ment par rap­­ port aux valeurs qui se contre­­ disent entre elles. Le para­­ graphe pré­­ dent nous a mon­­ cé­­ tré en quoi il était impor­­ d’être en cohé­ tant ­ rence avec nous-­ êmes et avec les per­ m ­ sonnes qui comptent pour nous. C’est main­­ nant à vous de faire le point sur te­­ votre har­­ nie per­­ nelle, en tenant mo­­ son­­ compte aussi bien du registre per­­ nel son­­ que du registre pro­­ sion­­ fes­­ nel. Défi­­ ce qui est impor­­ pour soi et le mettre en action nir tant En vous aidant de vos réponses ins­­ crites dans la der­­ nière colonne du tableau 14.4 et de ce que vous savez de vous-­ êmes, notez quelles m sont les six valeurs les plus impor­­ tantes pour vous. Si vous en trou­ ­ vez 10, regrou­­ en plu­­ pez sieurs en une valeur de hié­­ chie supé­­ rar­­ rieure. Atten­­ tion de noter des valeurs qui concernent votre vie per­­ nelle son­­ (exemples : famille, ami­­ solidarité…) mais éga­­ ment votre vie tié, le­­ pro­­ sion­­ fes­­ nelle (réus­­ pro­­ sion­­ site fes­­ nelle, plai­­ tra­­ en équipe…). sir, vail Dans la mesure du pos­­ sible, complé­­ ensuite le tableau citez d ­ essous en iden­­ fiant, pour chaque valeur deux ou trois actions ti­­ et compor­­ ments que vous met­­ en place pour les faire vivre. te­­ tez Repérez ensuite et noter à quels besoins cela cor­­ pond. res­­ 486
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    Tableau 14.6 ■ Cohé­­ rence per­­nelle son­­ Actions ou compor­­ ments te­­ Besoins Lorsqu’une valeur ne se voit attri­­ buer aucune action ou compor­ ­ te­­ ment, il est judi­­ cieux de prendre le temps d’y réflé­­ et de trou­­ chir ver comment vous pou­­ agir pour répondre à celle-­ i. Par exemple, si vez c la valeur auto­­ mie pro­­ sion­­ no­­ fes­­ nelle ne donne lieu à aucune action, vous pou­­ choi­­ vez sir de : ✓✓ Ren­­ contrer votre res­­ sable hié­­ chique pour qu’il vous délègue pon­­ rar­­ des res­­ sa­­ li­­ ou qu’il accepte que vous soyez complè­­ ment pon­­ bi­­ tés te­­ auto­­ nome sur une acti­­ par­­ cu­­ vité ti­­ lière. ✓✓ Déve­­ per de nou­­ lop­­ velles compé­­ tences qui vous per­­ mettent, par la suite, d’être plus auto­­ nome. ✓✓ Pros­­ ter dans un autre ser­­ pec­­ vice ou une autre entre­­ prise pour sai­­ les oppor­­ ni­­ d’un nou­­ sir tu­­ tés veau poste qui vous per­­ trait met­­ d’avoir plus d’autonomie. Savoir-faire Savoirs Valeurs Une double contrainte exprime deux contraintes qui s’opposent  ; l’obligation de cha­­ cune conte­­ nant une inter­­ tion de l’autre ce qui dic­­ rend la situa­­ tion a priori inso­­ luble. Par exemple, si la réus­­ pro­ site ­ fes­­ nelle est une valeur que je mets en action par des prises de sion­­ res­­ sa­­ lité, des jour­­ pon­­ bi­­ nées de tra­­ vail de douze heures et l’étude de dos­­ siers pen­­ dant le week-­ nd, elle peut s’opposer à une valeur e « famille » pour laquelle je ne peux rien mettre en action ou insuf­­ ­ fi­ sam­­ ment. Cette double contrainte se véri­­ par l’impossibilité par­ fie ­ tielle ou totale d’associer à une valeur par­­ cu­­ ti­­ lière des actions et compor­­ ments (cf. tableau 14.6). te­­ 487 Savoir-être Véri­­ l’absence de double contrainte fier
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    14 • Gérersa car­­ rière dans la durée Construire son réseau rela­­ nel tion­­ Vie professionnelle et vie privée Se fixer des objec­­ en accord avec ses valeurs tifs Quand c’est le cas, il s’agit de prendre de la dis­­ tance pour réajus­ ­ ter, non pas les valeurs mais le posi­­ ne­­ tion­­ ment des valeurs dans le temps, en s’aidant des croyances qui sont der­­ rière cha­­ cune d’elles. Pre­­ mier exemple : ✓✓ Croyance de la valeur famille : « Tout se joue avant six ans au niveau des apports affec­­ que l’on trans­­ à l’enfant ». tifs met ✓✓ Croyance de la valeur réus­­ pro­­ sion­­ site fes­­ nelle : « Il faut se don­­ ner les moyens de réus­­ et de déve­­ per ses compé­­ sir lop­­ tences ». Si mes enfants ont deux et trois ans, la seule façon de sor­­ de tir cette double contrainte est de faire inter­­ nir la notion de temps : ve­­ je dois tout faire pour être le plus présent auprès de mes enfants jusqu’à ce qu’ils aient atteint l’âge de 6 ans. Cela ne m’empêche pas de déve­­ per des compé­­ lop­­ tences pour me pré­­ rer à m’investir plus pa­­ au niveau pro­­ sion­­ quand ils seront prêts. fes­­ nel Deuxième exemple : ✓✓ Croyance de la valeur famille « Il faut tout faire pour que les enfants vivent dans un cadre sécu­­ et struc­­ rant ». risé tu­­ ✓✓ Croyance de la valeur réus­­ pro­­ sion­­ site fes­­ nelle : « Il faut sai­­ sir toutes les oppor­­ ni­­ quand elles se pré­­ tu­­ tés sentent ». Quel que soit l’âge de mes enfants, la façon de sor­­ de cette tir double contrainte est d’avoir un bon niveau de commu­­ ca­­ ni­­ tion avec eux pour leur don­­ des expli­­ tions sur ma situa­­ ner ca­­ tion pro­­ sion­ fes­­ ­ nelle et mon désir de réus­­ Simul­­ né­­ sir. ta­­ ment, il me faut mettre en place des actions qui apportent la sécu­­ à mes enfants : fille au rité pair, temps par­­ de l’autre parent, pré­­ tiel sence des grands parents… Se pro­­ gram­­ de façon posi­­ mer tive Nous igno­­ rons tout de notre deve­­ mais nous pou­­ nir vons nous pro­ ­ gram­­ mer men­­ lement pour que celui-­ i res­­ ta­­ c pecte les valeurs qui sont impor­­ tantes pour nous. Voici un exer­­ cice à renou­­ ler autant ve­­ de fois que vous le vou­­ lez. 488
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    Nous sommes constam­­ menten inter­­ tion avec notre envi­­ ne­ ac­­ ron­­ ­ ment et nous sommes influ­­ cés par celui-­ i. Nous vivons et nous en­­ c tra­­ vaillons avec des per­­ sonnes qui ont leur his­­ toire propre et qui inter­ gissent avec nous. De même, nous sommes concer­­ voire a nés tou­­ chés direc­­ ment par des phé­­ mènes socio-­ conomiques ou te­­ no­­ é éco­­ giques. Notre envi­­ ne­­ lo­­ ron­­ ment évo­­ et nous évo­­ lue luons. Dans cette lente évo­­ tion qui est celle de l’être humain, nous lu­­ sommes confron­­ à de nom­­ tés breuses dif­­ cultés. Elles sont liées aux fi­­ inter­­ tions que nous avons et que nous pro­­ sons. Par­­ ac­­ dui­­ fois, nous nous sen­­ tons res­­ sables de ces dif­­ cultés, d’autres fois nous esti­ pon­­ fi­­ ­ mons que ce sont les autres qui sont res­­ sables. Dans les deux pon­­ cas, il s’agit d’un point de vue, d’un juge­­ ment de valeur par rap­ ­ port à un évé­­ ment pré­­ ou une per­­ ne­­ cis sonne. Cette per­­ tion, cette cep­­ 489 Savoir-faire Être bien­­ veillant avec soi pour sur­­ ter les dif­­ cultés mon­­ fi­­ Savoir-être Dans un pre­­ mier temps, lire la tota­­ des consignes. Dans un second lité temps, s’installer confor­­ ble­­ ta­­ ment dans un endroit où vous ne serez pas déran­­ pour suivre les étapes. gé −− Commen­­ par prendre conscience de votre res­­ ra­­ cer pi­­ tion, sans cher­ ­ cher à la modi­­ fier. Sen­­ sim­­ ment le tra­­ de l’air dans votre corps. tir ple­­ jet Suivre ce mou­­ ment pen­­ ve­­ dant envi­­ une minute. ron −− Fer­­ mer les yeux et ima­­ ner que vous avez devant vous votre ligne gi­­ du temps. Cette ligne cor­­ pond à toutes les années de vie qui res­­ vous attendent ; elle s’étire sous la forme d’un tracé bien droit. Vous êtes posi­­ tionné sur cette ligne au temps présent. Der­­ rière vous, c’est votre passé. Votre regard se dirige vers votre futur. −− Ima­­ ner que vous avan­­ gi­­ cez sur cette ligne du temps. Vous voyez les années pas­­ rapi­­ ment sous vos pieds. ser de­­ −− S’arrêter dix, vingt ou trente ans plus tard. Res­­ pirer tran­­ quille­­ ment. −− Prendre conscience de ce que vous res­­ tez, du plai­­ d’avoir sen­­ sir res­­ pecté vos valeurs par rap­­ port à vous, aux autres, à votre envi­­ ne­­ ron­­ ment. −− Se retour­­ ner len­­ ment et regar­­ te­­ der ou ima­­ ner tout ce que vous gi­­ avez réa­­ lisé et qui était impor­­ tant pour vous. Pre­­ nez le temps de regar­­ le déroulé des actions. der −− Gar­­ toutes ses sen­­ tions et images en mémoire. En rem­­ son der sa­­ plir âme, son cœur et son corps et reve­­ à l’instant présent. Pro­­ ter de nir fi­­ votre nou­­ état de conscience. vel Savoirs Exer­­cice
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    14 • Gérersa car­­ rière dans la durée Construire son réseau rela­­ nel tion­­ Vie professionnelle et vie privée Se fixer des objec­­ en accord avec ses valeurs tifs éva­­ tion peut évo­­ avec le temps. Elle n’est pas figée. Nous en lua­­ luer avons tous fait l’expérience. Être bien­­ veillant avec soi consiste à inté­­ grer l’idée d’évolution et de trans­­ ma­­ for­­ tion. Les erreurs que nous commet­­ tons, qu’elles soient en acte ou en juge­­ ment nous apprennent beau­­ coup sur nous-­ êmes. m Elles nous montrent nos limites, nos fai­­ blesses et nos zones de pro­ ­ gres­­ sion pos­­ sible. La culpa­­ lité, dans laquelle nous nous enfer­­ bi­­ mons par­­ est un fois frein au véri­­ table chan­­ ment. Elle signale que nous n’avons pas ge­­ encore pris la juste mesure de notre part de res­­ sa­­ lité. pon­­ bi­­ Quand nous sommes confron­­ à une dif­­ culté, quelle qu’en soit tés fi­­ la nature, quelle qu’en soit la rai­­ nous avons le choix : l’ignorer, se son, mor­­ fondre, se faire plaindre, souf­­ en silence, se mettre en colère frir contre soi ou autrui ou prendre de la hau­­ teur. Cha­­ de nous peut cun se trom­­ arrê­­ d’évoluer voire régres­­ et cha­­ de nous peut, per, ter ser cun au même moment, se regar­­ comme un être unique et pré­­ der cieux. Prendre de la hau­­ teur c’est se regar­­ dans la dif­­ culté, se regar­ der fi­­ ­ der comme si nous étions une per­­ sonne étran­­ gère à nous-­ êmes m pour laquelle nous éprou­­ vions une grande bien­­ veillance. C’est ce regard-­à qui nous per­­ l met de faire la part des choses, d’évaluer les émo­­ tions liées à la situa­­ tion, de retrou­­ notre humour, de pro­­ ter ver fi­­ de l’expérience acquise et de pour­­ suivre notre évo­­ tion. lu­­ Gérer dura­­ ment sa car­­ ble­­ rière est une pré­­ cu­­ tion oc­­ pa­­ constante que doit avoir le mana­­ ger. Pris par le quo­­ dien, il ti­­ peut l’oublier. Deux façons d’y par­­ nir sont d’entretenir et ve­­ déve­­ per son réseau et de prendre en compte dans lop­­ sa réflexion l’ensemble des aspects de son exis­­ tence. 490
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    Biblio­­ phie gra­­ Chapitre 1 AdamA., Aubert M., Coussement A., Meuleman F., Pay T., Écrire et manager sa communication web, Edipro-Éditions des CCI de Wallonie. Bouin X., Simon F.-X., Tous gestionnaires, Dunod, 2006. Selmer C., Toute la fonction finances, Dunod, 2006. Chapitre 2 Chan Kim W., Mauborgne R., Stratégie Océan Bleu, PearsonVillage Mondial, Réédition 2008. Garette B., Durand R., Dussange P., Strategor, Dunod, 2009. Kaplan R., Norton D., Le tableau de bord prospectif, Éditions d’organisation, 2003. Meunier A., PME : les stratégies de succès, Dunod, 2007. Porter M., L’avantage concurrentiel, Dunod, Réédition, 2008. Chapitre 3 Brault D., Sion M., Objectif cash, Dunod, 2008. Kerebel P., Management des risques, Eyrolles, 2009. Sion M., Gérer la trésorerie et la relation bancaire, Dunod, 2006. 491
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    Chapitre 4 Balantzian G.,Tableaux de bord, Eyrolles, 2004. Brookson S., Gérer un budget, Eyrolles, 2001. Fernandez A., L’essentiel du tableau de bord, Eyrolles, 2008. Selmer C., Concevoir le tableau de bord, Dunod, 2003. Selmer C., Construire et défendre son budget, Dunod, 2009. Chapitre 5 Gillet-Goinard F., Seno B., La boîte à outils du responsable qualité, Dunod, 2009. Chapitre 6 Reichheld F., L’effet loyauté  : réussir en fidélisant ses clients, ses salariés, ses actionnaires, Dunod, 1996. Chapitre 7 Benoit-Cervantés G., La boîte à outils de l’innovation, Dunod, 2008. Debois F., Qui a tué l’innovation ? ARKOAD, 2009. Chapitre 8 Cohen A., Soulier A., Manager par les compétences, Éditions Liaisons, 2004. Cohen A., Toute la fonction ressources humaines, Dunod, 2006. Chapitre 9 Deladiriere J.-L., Le Bihan F., Mongin P., Organisez vos idées avec le Mind mapping, Dunod. Duhaubout A., Muller J.-L., Testa J.-P., Managez votre temps et vos priorités, ESF, 2010. 492
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    Honoré C., Élogede la lenteur, Marabout, 2007. Klein E., Le facteur temps ne sonne jamais deux fois, Nouvelle bibliothèque scientifique, 2007. Longin P., Apprivoisez le temps, Dunod, 2009. Rouach D., La veille technologique et l’intelligence économique, Que sais-je, PUF. Chapitre 10 Benatar L., Harache C., Tout pour bien communiquer à l’oral, Eyrolles, 2009. Gerard P., Jezequel B., La boîte à outils du responsable communication, Dunod, 2008. Moine J.-F., Colombo J., Réussir vos interventions en public, ESF, 2000. Chapitre 11 Bouscasse N., Emptaz C. et al., Manager en périodes de crise, ESF, 2009. Deroulede B., Manager à distance en toute sérénité, ESF, 2009. Diridollou B., Manager son équipe au quotidien, Éditions d’organisation, 2001. Esnault N., Carré O., Muller J.-L., Motiver aujourd’hui c’est possible, ESF, 2003. Chapitre 12 Catry C., Derouet G., Muller J.-L., De l’analyse transactionnelle à l’action transactionnelle, ESF, 2007. Cialdini R., Influence et manipulation, First, 2004. Hall E.T., Hall F., Guide du comportement dans les affaires internationales, Seuil, 1990. Hofstede G., Vivre dans un monde multiculturel, Éditions d’organisation, 1994. Muller J.-L., Portanery E., Persuadez avec honnêteté, ESF, 2008. 493
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    Chapitre 13 Boltanski L.,Thévenot L., De la justification, les économies de la grandeur Gallimard, 1991. Burke M., Styles de pouvoir, Dunod, 1991. Crozier M., Friedberg E., L’acteur et le système, Seuil, 1981. Mehrabian A., Silent messages. Implicit communication of emotions and attitudes, Belmont, CA Wadsworth, 1981. Mintzerg H., Voyage au centre des organisations, Éditions d’organisation, 2006. Muller J.-L., Trehorel Y., Manager un projet au quotidien, ESF, 2009. Chapitre 14 Apec, J’ai l’esprit réseau, Éditions d’organisation, 2003. Barrais D., Marti M.-J., Management les guides  : Cultivez efficacement vos réseaux – ESF – 2007. Lémieux V., Les réseaux d’acteurs sociaux, PUF, 1999. Marcon C., Moinet N., Développez et activez vos réseaux relationnels, Dunod, 2004. Mercklé P., La sociologie des réseaux sociaux, Repères, la découverte, 2004. Tournier F., Formaliser et piloter un réseau d’entreprise, Éditions liaisons, 2005. 494
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    Index A D ABC croisée 174 AICPA85 analyse transactionnelle 416 animer une équipe 350 annualisation 260 Ansoff I. 62 approche Lean 115 audit interne 80 autocontrôle 149 délégation 364 DESC 465 développement des compétences 362 développement durable 156 diagramme de Gantt 405 diagramme de Kano 181 dimension interculturelle 432 B bain 171 balanced scorecard 75 BBZ 128 BCG ; 56 budget 133 C CAF 131 call to action 342 cartographie des risques 85 cash flow 31 Cinq S 294 conduite du changement 370 contrat 33 contrat à durée déterminée 251 contrat à durée indéterminée 248 contrôle interne 80 COSO 81 créativité 215 crédit manager 97 CRM 193 E EARC 69 écrit 336 entretien d’évaluation 243 états du Moi 417 F flux RSS 41 Free Cash flow 32 H Herzberg F. 357 I identité numérique 45 indicateurs de performance ; 136 indicateurs de pilotage. 137 innovation 206 instrumentalité 359 K Karpman S. 468 Kotler P. 62 495
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    L R loi de Pareto174 loi LME 99 recrutement 234 réseaux sociaux 45 risk management 81 risque de défaillance 96 risque d’impayé, 97 risques 77 risques industriels 106 ROI 130 roue de Deming 153 M McKinsey. 56 modulation 260 motiver 356 N Netvibes 41 niveau d’expectation 358 O objectifs 239 Océan bleu 62 P PDCA 153 période d’essai 249 PEST 53 PMI 394 Porter M. 53 positions de vie 380 prise de parole 322 processus d’innovation 209 pyramide de Maslow 356 Q QQOQCCP 154 qualité 144 S Sarbanes Oxley Act 81 SMART 243 stratégie 50 T tableau de bord 141 théories des attentes 358 TIC 285 TIR 131 trac 322 travail collaboratif 44 triangle 468 V valence 359 VAN 131 W Web 2.0 41