LE SURREALISME
l’histoire d’un mot
par giuseppina martoriello
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Avant, il y avait le Dada
Le mouvement Dada, souvent appelé « dadaïsme » par erreur, puisque les artistes le composant ref...
la Fontaine de Marcel Duchamp, 1917.
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et les avant-gardes venaient de
naitre
Le terme avant-garde désigne, depuis le XIXe siècle, des personnes qui entreprennen...
Les protagonistes
Les premiers surréalistes
Louis Aragon
André Breton
Paul Éluard
Philippe Soupault
Pierre Reverdy
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le choix d’un mot
" En hommage à Guillaume Apollinaire, qui venait de mourir et qui, à
plusieurs reprises, nous paraissait...
Guillaume Apollinaire
Le premier à utiliser ce terme, comme sous-titre de sa pièce, Apollinaire
affirme:
" Pour concrétise...
Le refus d’un sens
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Le mot « surréalisme » a été choisi en hommage à Apollinaire. Celui-ci venait en effet de mourir (191...
Le but du surréalisme
Libérer les esprits en expérimentant de nouveaux modes d'exploration du réel et de nouveaux
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Changer la vie et " écrire une nouvelle déclaration des droits de l'homme"
Non pas transcender le réel mais l'approfondir,...
L'« automatisme psychique pur »
Le surréalisme a d'abord entrepris la libération des mots, refusant de les cantonner à
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Manifeste du surréalisme (1924)
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Le surréalisme s'est constamment situé au cœur des événements. Mais
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L’exaltation de la modernité
Une « mythologie moderne »
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La femme
« La femme est l'être qui projette la plus grande ombre ou la plus grande lumière dans nos
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Manifeste du surréalisme
André Breton
1924
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Sur la foi de ces découvertes, un courant d’opinion se dessine enfin, à la faveur duquel l’explorateur humain pourra pouss...
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SURRÉALISME, n. m. Automatisme psychique pur par lequel on se propose d’exprimer, soit verbalement, soit par écrit,
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Le surréalisme par giuseppina martoriello

  1. 1. LE SURREALISME l’histoire d’un mot par giuseppina martoriello 1
  2. 2. Avant, il y avait le Dada Le mouvement Dada, souvent appelé « dadaïsme » par erreur, puisque les artistes le composant refusaient ce terme, est un mouvement intellectuel, littéraire et artistique qui, pendant la Première Guerre mondiale, se caractérise par une remise en cause, à la manière de la table rase, de toutes les conventions et contraintes idéologiques, esthétiques et politiques. Dada connaît notamment une rapide diffusion internationale. Dada met en avant un jeu avec les convenances et les conventions, le rejet de la raison et de la logique, et marque, avec son extravagance notoire et son art très engagé, sa dérision pour les traditions. Les artistes de Dada se voulaient irrespectueux, extravagants, affichant un mépris total envers les « vieilleries » du passé. Ils cherchaient à atteindre la plus grande liberté d'expression, en utilisant tout matériau et support possible. Ils avaient pour but de provoquer et d'amener le spectateur à réfléchir sur les fondements de la société. Ils cherchaient également une liberté du langage, qu'ils aimaient lyrique et hétéroclite. http://fr.wikipedia.org/wiki/Dada 2
  3. 3. la Fontaine de Marcel Duchamp, 1917. 3
  4. 4. et les avant-gardes venaient de naitre Le terme avant-garde désigne, depuis le XIXe siècle, des personnes qui entreprennent des actions nouvelles ou expérimentales, en particulier dans les arts et la culture. Cette pratique s'inspire des idées de la Révolution française et comme elle, n'exclut pas que s'en réclament des personnages installés au cœur du pouvoir politique et hostiles à la société civile. L'avant-garde se veut l'opposé exact de l'académisme. En art, quelques artistes avant-gardistes refusent toutes affiliations avec leurs prédécesseurs et se placent donc en porte à faux en refusant tout art antérieur. Le terme est souvent utilisé en art à propos d'artistes qui « seraient » en avance sur leur époque. Selon l'avant-garde, la valeur d'une œuvre se confond avec son caractère inouï, en avance sur son temps. Il n'y a pas un modèle éternel du Beau, l'artiste se doit de concentrer dans sa production l'essence de la modernité, encore en gestation, de rompre avec les conceptions artisanales de l'art, avec le culte de la nature et le réalisme de l'art figuratif. Sous une forme moins directement liée à l'idée d'une mission historique de l'artiste, l'avant-gardisme renvoie à une conception individualiste de la création. Tout peut devenir art, si l'artiste le décide, l'artiste étant libéré de tout stéréotype social ou esthétique. http://fr.wikipedia.org/wiki/Avant-garde_(art) 4
  5. 5. Les protagonistes Les premiers surréalistes Louis Aragon André Breton Paul Éluard Philippe Soupault Pierre Reverdy 5
  6. 6. le choix d’un mot " En hommage à Guillaume Apollinaire, qui venait de mourir et qui, à plusieurs reprises, nous paraissait avoir obéi à un enchaînement de ce genre, sans toutefois y avoir sacrifié de médiocres moyens littéraires, Soupault et moi, nous désignâmes par le nom de SURREALISME le nouveau mode d'expression pure que nous tenions à notre disposition [...] Je crois qu'il n'y a plus aujourd'hui à revenir sur ce mot et que l'acception dans laquelle nous l'avons pris a prévalu généralement sur son acception apollinarienne. " ( Manifeste du surréalisme, p. 36) 6
  7. 7. Guillaume Apollinaire Le premier à utiliser ce terme, comme sous-titre de sa pièce, Apollinaire affirme: " Pour concrétiser mon drame, je me suis servi d'un néologisme qu'on me pardonnera car cela m'arrive rarement et j'ai forgé l'adjectif surréaliste qui ne signifie pas du tout symbolique [. .] mais définit assez bien une tendance de l'art qui, si elle n'est pas plus nouvelle que tout ce qui se trouve sous le soleil, n'a du moins jamais servi à formuler aucun credo, aucune affirmation artistique et littéraire. [...] J'ai pensé qu'il fallait revenir à la nature même, mais sans l'imiter à la manière des photographes. Quand l'homme a voulu imiter la marche, il a créé la roue, qui ne ressemble pas à une jambe. Il a fait ainsi du surréalisme sans le savoir. ( comprenons que ce qui relève de l'invention humaine est surréaliste par rapport à ce qui est naturellement ) [...] Au demeurant, le théâtre n'est pas plus la vie qu'il interprète que la roue n'est une jambe. [...] Je ne prétends nullement fonder une école, mais avant tout protester contre ce théâtre en trompe-l'œil, qui forme le plus clair de l'art théâtral d'aujourd'hui." ( Préface des Mamelles de Tirésias, 1917) 7
  8. 8. Le refus d’un sens 8 Le mot « surréalisme » a été choisi en hommage à Apollinaire. Celui-ci venait en effet de mourir (1918) et avait signé peu auparavant avec Les Mamelles de Tirésias un « drame surréaliste ». C'est dans son premier Manifeste que Breton en propose la définition : Surréalisme, n. m. Automatisme psychique pur par lequel on se propose d'exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée, en l'absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale. En fait, le surréalisme dépasse très largement cette définition de l'écriture automatique, Breton ayant pris grand soin de le distinguer d'une école littéraire. C'est dans la vie que le surréalisme devait trouver son territoire en promouvant un nouveau regard sur les objets et sur les mots, qu'il a débarrassés de leur utilitarisme. Veillant à ne laisser échapper aucune association mentale digne de contribuer à la libération de l'esprit, il a fourni aussi le modèle durable d'une insurrection générale contre tous les mots d'ordre de la société bourgeoise. Profondément marqué enfin par la personnalité d'André Breton, le surréalisme est indissociable d'une morale dont les impératifs catégoriques - la poésie, l'amour, la liberté - ont été haut tenus, malgré les vicissitudes du groupe et les tentatives de réduction.
  9. 9. Le but du surréalisme Libérer les esprits en expérimentant de nouveaux modes d'exploration du réel et de nouveaux modes d'expression: L'écriture automatique Les sommeils provoqués Les jeux verbaux ( les " cadavres exquis") Les dessins spontanés Les collages Donner libre cours à la vie psychique : explorer les rêves, l'inconscient et le subconscient. Accorder au désir une toute puissance Redonner ses droits à l'imagination. Réhabiliter le merveilleux. Se débarrasser du rationalisme, de la logique, de la morale, des interdits sociaux, du bon gout. 9
  10. 10. Changer la vie et " écrire une nouvelle déclaration des droits de l'homme" Non pas transcender le réel mais l'approfondir, c'est-à-dire " prendre une conscience toujours plus nette en même temps que toujours plus passionnée du monde sensible " ( Breton) Trouver la beauté hors des cadres esthétiques stéréotypés et communément admis. L'inspiration vient des profondeurs de l'être, de l'inconnu :" [...] j'assiste à l'éclosion de ma pensée : je la regarde, je l'écoute" ( Breton, Les Pas perdus) L'activité surréaliste nécessite une rupture totale avec le monde tel qu'il nous est donné ; elle préconise la révolte absolue, l'insoumission totale, le sabotage en règle." 10
  11. 11. L'« automatisme psychique pur » Le surréalisme a d'abord entrepris la libération des mots, refusant de les cantonner à l'utilitarisme étroit auquel on les condamne. Par ce biais, il a devancé les recherches des linguistes contemporains, attentifs à distinguer le pouvoir du signifiant de la chose signifiée. Oublieux du sens étroit indiqué par les dictionnaires, les surréalistes ont considéré les mots en soi et examiné leurs réactions les uns sur les autres. « Ce n'est qu'à ce prix, note Breton, qu'on pouvait espérer rendre au langage sa destination pleine, ce qui, pour quelques-uns dont j'étais, devait faire faire un grand pas à la connaissance, exalter d'autant la vie.» (Les Pas perdus). 11
  12. 12. André Breton (1896-1966) Manifeste du surréalisme (1924) Aux écoutes d'une « voix intérieure » qui leur dicte Les Champs magnétiques (1919), Breton et Soupault élaborent une poétique radicalement nouvelle, bâtie sur le caractère impérieux et gratuit d'un automatisme verbo-auditif. Revenant, dans son premier Manifeste, sur l'expérience, Breton ne doute pas d'avoir trouvé là la matière première de l'inspiration poétique et il assignera pour tâche au surréalisme l'exploration de l'inconscient, terreau de ce matériau inouï. 12
  13. 13. Des « spécialistes de la révolte » Le surréalisme s'est constamment situé au cœur des événements. Mais sa position ne pouvait se satisfaire de l'appareil des partis, y compris de celui du Parti communiste, dont il a voulu un temps se sentir proche. C'est qu'aux impératifs de la Révolution sociale, les surréalistes ont toujours subordonné l'urgence majeure qui devait être la libération des modes de pensée : «”Transformer le monde" a dit Marx ; "changer la vie" a dit Rimbaud : ces deux mots d'ordre pour nous n'en font qu'un », affirme Breton (Position politique du surréalisme). 13
  14. 14. L’exaltation de la modernité Une « mythologie moderne » Baudelaire le notait déjà : « La vie parisienne est féconde en sujets poétiques et merveilleux : le merveilleux nous enveloppe et nous abreuve comme l'atmosphère ». Les surréalistes furent attentifs à la vie secrète de la grande ville, dont les rues fourmillent de « hasards objectifs » : ceux des rencontres dans le « vent de l'éventuel », comme le dit Breton (voyez nos pages sur Nadja), mais aussi ceux des associations fortuites permises par le spectacle des vitrines ou des affiches publicitaires. Dégagées de leur visée commerciale, celles-ci fournissent au promeneur égaré une imagerie entièrement inédite qui est à la source de la modernité. 14
  15. 15. La femme « La femme est l'être qui projette la plus grande ombre ou la plus grande lumière dans nos rêves » écrivait Baudelaire. A la lueur de cette étoile, les surréalistes ont magnifié la relation amoureuse, méritant ce qu' Albert Camus écrivait de Breton : « Dans la chiennerie de son temps, et ceci ne peut s'oublier, il est le seul à avoir parlé profondément de l'amour. L'amour est la morale en transes qui a servi de patrie à cet exilé. » (L'Homme révolté). L'amour est aussi pour les surréalistes cette révolution privée où s'autorisent toutes les transgressions. Ce discours amoureux, dont les fragments épars chez des auteurs pourtant divisés se répondent en échos harmonieux, est sans doute ce que le surréalisme aura laissé de plus vibrant pour attester de son énergie. 15
  16. 16. Manifeste du surréalisme André Breton 1924 (…) Nous vivons encore sous le règne de la logique, voilà, bien entendu, à quoi je voulais en venir. Mais les procédés logiques, de nos jours, ne s’appliquent plus qu’à la résolution de problèmes d’intérêt secondaire. Le rationalisme absolu qui reste de mode ne permet de considérer que des faits relevant étroitement de notre expérience. Les fins logiques, par contre, nous échappent. Inutile d’ajouter que l’expérience même s’est vu assigner des limites. Elle tourne dans une cage d’où il est de plus en plus difficile de la faire sortir. Elle s’appuie, elle aussi, sur l’utilité immédiate, et elle est gardée par le bon sens. Sous couleur de civilisation, sous prétexte de progrès, on est parvenu à bannir de l’esprit tout ce qui se peut taxer à tort ou à raison de superstition, de chimère, à proscrire tout mode de recherche de la vérité qui n’est pas conforme à l’usage. C’est par le plus grand hasard, en apparence, qu’a été récemment rendue à la lumière une partie du monde intellectuel, et à mon sens de beaucoup la plus importante, dont on affectait de ne plus se soucier. Il faut en rendre grâce aux découvertes de Freud. 16
  17. 17. Sur la foi de ces découvertes, un courant d’opinion se dessine enfin, à la faveur duquel l’explorateur humain pourra pousser plus loin ses investigations, autorisé qu’il sera à ne plus seulement tenir compte des réalités sommaires. L’imagination est peut-être sur le point de reprendre ses droits. Si les profondeurs de notre esprit recèlent d’étranges forces capables d’augmenter celles de la surface, ou de lutter victorieusement contre elles, il y a tout intérêt à les capter, à les capter d’abord, pour les soumettre ensuite, s’il y a lieu, au contrôle de notre raison. Les analystes eux-mêmes n’ont qu’à y gagner. Mais il importe d’observer qu’aucun moyen n’est désigné a priori pour la conduite de cette entreprise, que jusqu’à nouvel ordre elle peut passer pour être aussi bien du ressort des poètes que des savants et que son succès ne dépend pas des voies plus ou moins capricieuses qui seront suivies. C’est à très juste titre que Freud a fait porter sa critique sur le rêve. Il est inadmissible, en effet, que cette part considérable de l’activité psychique (puisque, au moins de la naissance de l’homme à sa mort, la pensée ne présente aucune solution de continuité, la somme des moments de rêve, au point de vue temps, à ne considérer même que le rêve pur, celui du sommeil, n’est pas inférieure à la somme des moments de réalité, bornons-nous à dire : des moments de veille) ait encore si peu retenu l’attention. L’extrême différence d’importance, de gravité, que présentent pour l’observateur ordinaire les événements de la veille et ceux du sommeil, a toujours été pour m’étonner. 17
  18. 18. C’est que l’homme, quand il cesse de dormir, est avant tout le jouet de sa mémoire, et qu’à l’état normal celle-ci se plaît à lui retracer faiblement les circonstances du rêve, à priver ce dernier de toute conséquence actuelle, et à faire partir le seul déterminant du point où il croit, quelques heures plus tôt, l’avoir laissé : cet espoir ferme, ce souci. Il a l’illusion de continuer quelque chose qui en vaut la peine. En hommage à Guillaume Apollinaire, qui venait de mourir et qui, à plusieurs reprises, nous paraissait avoir obéi à un entraînement de ce genre, sans toutefois y avoir sacrifié de médiocres moyens littéraires, Soupault et moi nous désignâmes sous le nom de SURRÉALISME le nouveau mode d’expression pure que nous tenions à notre disposition et dont il nous tardait de faire bénéficier nos amis. Je crois qu’il n’y a plus aujourd’hui à revenir sur ce mot et que l’acception dans laquelle nous l’avons pris a prévalu généralement sur son acception apollinarienne. À phis juste titre encore, sans doute aurions-nous pu nous emparer du mot SUPERNATURALISME, employé par Gérard de Nerval dans la dédicace des Filles du feu[11]. 18
  19. 19. SURRÉALISME, n. m. Automatisme psychique pur par lequel on se propose d’exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée, en l’absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale. ENCYCL. Philos. Le surréalisme repose sur la croyance à la réalité supérieure de certaines formes d’associations négligées jusqu’à lui, à la toute-puissance du rêve, au jeu désintéressé de la pensée. Il tend à ruiner définitivement tous les autres mécanismes psychiques et à se substituer à eux dans la résolution des principaux problèmes de la vie. Ont fait acte de SURRÉALISME ABSOLU MM. Aragon, Baron, Boiffard, Breton, Carrive, Crevel, Delteil, Desnos, Éluard, Gérard, Limbour, Malkine, Morise, Naville, Noll, Péret, Picon, Soupault, Vitrac. (…) 19

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