Crise des subprimes

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Crise des subprimes

  1. 1. Crise des subprimesLa crise des subprimes (en anglais : subprime mortgage crisis) touche le secteur des prêtshypothécaires à risque (subprime mortgage) aux États-Unis à partir de juillet 2007, déclenchant lacrise financière de 2007 à 2011. En instaurant une méfiance envers les créances titrisées comprenantune part de ces crédits, elle a participé au déclenchement du krach de lautomne 2008. Ces deuxévénements sont rétrospectivement considérés comme les deux étapes dune même crise financière,entraînant une récession touchant lensemble de la planète. Sommaire [masquer]1 Synthèse de la crise o 1.1 Un total de 500 milliards de perte et 300 milliards de recapitalisation o 1.2 Colère et stupéfaction des épargnants o 1.3 Les premières nationalisations, au Royaume-Uni, en Belgique et aux États-Unis o 1.4 La restructuration des banques daffaires américaines suite à la faillite de Lehman Brothers o 1.5 Des plans de sauvetage dans de nombreux pays o 1.6 Le rôle des rehausseurs de crédit o 1.7 Le rôle des agences de notation o 1.8 Le rôle des règles comptables o 1.9 Le rôle des produits financiers complexes2 Causes évoquées3 Aux États-Unis o 3.1 Croissance du marché des subprimes o 3.2 Déclenchement de la crise du subprime o 3.3 Effet de contagion sur le système bancaire américain o 3.4 Réaction du gouvernement américain à lété 20074 La généralisation de la crise o 4.1 Transmission de la crise par la titrisation o 4.2 Transmission par les fonds dinvestissement o 4.3 Engagements indirects des banques5 Procédures judiciaires6 Conséquences7 Notes et références8 Filmographie9 Bibliographie10 Annexes
  2. 2. o 10.1 Articles connexes o 10.2 Liens externesSynthèse de la crise[modifier]La crise des subprimes sest déclenchée au deuxième semestre 2006 avec le krach des prêtsimmobiliers (hypothécaires) à risque aux États-Unis (les subprimes), que les emprunteurs, souvent decondition modeste, nétaient plus capables de rembourser. Révélée en février 2007 par lannoncedimportantes provisions passées par la banque HSBC, elle sest transformée en crise ouverte lorsqueles adjudications périodiques nont pas trouvé preneurs en juillet 2007. Compte tenu des règlescomptables en cours, il est devenu impossible de donner une valeur à ces titres qui ont dû êtreprovisionnés à une valeur proche de zéro. En même temps, les détenteurs ne pouvaient plus liquiderleur créance. La défiance sest installée envers les créances titrisées (ABS, RMBS,CMBS, CDO) quicomprennent une part plus ou moins grande de crédits subprime, puis envers les fondsdinvestissement, les OPCVM (dont les SICAV monétaires) et le système bancaire susceptibles dedétenir ces dérivés de crédit.Cette crise de confiance générale dans le système financier a causé une première chute des marchésboursiers à lété 2007 provoquée par un arrêt temporaire de la spéculation. Le trouble était désormaislocalisé dans le marché interbancaire qui permet le refinancement des banques. La méfiance dans laliquidité des « collatéraux » et lincertitude sur la localisation des titres contaminés ontprogressivement bloqué les relations interbancaires et commencé à mettre en difficulté nombre debanques à travers le monde. Les autorités ont dabord cru à une crise de liquidité bancaire etles banques centrales nont cessé dinjecter massivement des liquidités dans le marché interbancaire.Le feu va ainsi couver jusquà ce que les premières faillites apparaissent, puis gagnent les premiersrôles de la finance internationale en septembre 2008.Un total de 500 milliards de perte et 300 milliards derecapitalisation[modifier]À partir de lété 2007, les banques du monde entier ont dû passer chaque trimestre dans leurscomptes des dépréciations de la valeur de leurs actifs liées aux subprimes, en particulier les ABSetles CDO. De lété 2007 à lété 2008, ces dépréciations ont totalisé 500 milliards de dollars, ce qui a faitchuter dautant les capitaux propres des banques. Certaines ont épongé ces pertes grâce à desaugmentations de capital, en vendant en Bourse de nouvelles actions.Ces augmentations de capital ont totalisé 300 milliards de dollars de la mi-2007 à la mi-20081.Plusieurs fonds souverains, de pays asiatiques notamment, ont ainsi pris des participationssignificatives au capital des grandes banques américaines.Mais ces recapitalisations sont restées inférieures de 200 milliards de dollars aux pertes constatées,une majorité de banques préférant reconstituer leurs réserves par une diminution de leur activitétraditionnelle de crédit et se contentant de respecter au strict minimum les ratios de solvabilité.Colère et stupéfaction des épargnants[modifier]Les banques qui ont lancé des produits monétaires « dynamiques » doivent faire face à lastupéfaction de leurs clients qui pensaient avoir investi à court terme et sans aucun risque dans lestitres les plus liquides et qui ne peuvent plus récupérer leurs fonds. Jamais ils nauraient cru prendreun risque en capital sur des titres de trésorerie à court terme. Ils découvrent que le concept de« dynamisme » recouvre en fait linclusion dune partie du marché des crédits immobiliers américains
  3. 3. à risque dans leur patrimoine « sans risque » sans quils aient jamais été mis au courant. Partout àtravers le monde les relations entre banques et clientèle se tendent. Beaucoup des titres ont étéincorporés dans les comptes des particuliers et des trésoriers dentreprise après le déclenchement de [réf. souhaitée]la crise immobilière américaine pendant tout le premier trimestre 2007 . Des banques,notamment en France, ont racheté aux banques américaines, en contrepartie de très fortes [évasif]commissions, des crédits devenus plus que dangereux. Les plaintes commencent à saccumulerdès lété 2007. Elles conduiront certaines banques à rembourser les fonds subprimes qui avaient étémis dans le portefeuille de leurs SICAV monétaires, au moins pour leur clientèle « non avertie ». Cesera par exemple le cas de ODDO en France au 31 décembre 2007 2.Dimportants retraits de fonds ont lieu dans les banques qui ne suivent pas cette politique. UBS enSuisse perd une part considérable des fonds dont elle assurait la gestion, ce qui aggrave sa crise deliquidité. Elle devra chercher en panique des ressources nouvelles auprès de bailleurs moyen-orientaux en même temps que toutes ses opérations « subprimes » aux États-Unis [réf. souhaitée]seffondrent.La panique et la colère des épargnants qui se voient floués est un multiplicateur de la crise de [réf. souhaitée]liquidité .Les premières nationalisations, au Royaume-Uni, en Belgique et auxÉtats-Unis[modifier]Au printemps 2008, le gouvernement britannique nationalise la banque Northern Rock victime duneruée sur ses dépôts comme on nen avait plus vu au Royaume Uni depuis des décennies. Mais il afallu attendre lautomne pour voir dautres nationalisations : le 8 septembre, les sociétés derefinancement américaines Freddy Mac et Fannie Mae sont prises en charge, puis lassureur AIG le16 septembre le lendemain de la faillite acceptée de la Banque Lehman Brothers qui a exposélensemble du système bancaire américain. En Europe continentale, Fortis a été la première grandebanque nationalisée, le 29 septembre. Au Royaume-Uni, trois des quatre plus grandes banques ontaccepté le 8 octobre le principe dune recapitalisation imposée par le premier ministre Gordon Brown.Le 11 octobre, la France et lAllemagne ont annoncé aussi quelles pourraient éventuellementrecapitaliser des banques mais sans donner de noms.La restructuration des banques daffaires américaines suite à la faillite deLehman Brothers[modifier]Tous les établissements nont pas été secourus. Le 15 septembre 2008, le gouvernement américain alaissé la banque daffaires Lehman Brothers faire faillite sans intervenir, après sêtre assuré que sescréanciers étaient assez nombreux pour que limpact soit dispersé. Cette décision a obligé lesbanques à prendre des mesures durgence. Pour bénéficier du soutien de la FED, plusieurs grandesbanques dinvestissement américaines se transforment en banque de dépôts. Dautres se fontracheter afin de sauver leur activité : Bear Stearns, Merrill Lynch, Washington Mutual etWachovia.Ces banques daffaires étaient en première ligne dans la fabrication des CDS et des CDO, dont ellesont gardé une grande partie dans leurs comptes, toutes nayant pas eu comme Goldman Sachs,lastuce de sen débarrasser en masse auprès dautres institutions financières ou de leur clientèleprivée au dernier trimestre 2006 et au premier semestre 2007. Les mécanismes dassurance savèrentvains compte tenu de limportance des sommes concernées. Assureurs et rehausseurs de crédit nedisposent pas dassez de capitaux propres pour tenir des engagements quils nont pas su appréciercorrectement et qui ne sont pas provisionnés suffisamment. Ils se sont retrouvés en faillite, entraînantcelle de clients aussi « prestigieux » que la banque daffaires Merrill Lynch. Elle portera plainte...
  4. 4. Leffet est catastrophique : désormais partout la population craint non seulement pour son épargneplacée mais aussi pour ses dépôts en banque.Des plans de sauvetage dans de nombreux pays[modifier]Aux États-Unis, lÉtat sest résolu à procéder à la nationalisation au cas par cas détablissements endifficultés, après avoir présenté début septembre 2008, sans grand succès, puis fait voter en deuxtemps début octobre, le plan Paulson, qui prévoit que lÉtat rachète 700 milliards de dollars dactifs àrisque. En Europe, les différents plans nationaux annoncés autour du week-end des 11 et 12 octobre2008 se chiffrent à 1 700 milliards deuros, comprenant des garanties de refinancement, mais aussides mesures de recapitalisation-nationalisation, dont le détail est annoncé au Royaume-Uni vers la findoctobre.Dans la semaine qui avait précédé, les marchés boursiers européens avaient tous perdu plus de20 %. La crainte dune sous-capitalisation globale et durable du système bancaire, nuisible àléconomie, avait entraîné dès lété 2008 une crise de solvabilité, suivie à partir du 6 octobredun krach boursier dautant plus profond quil intervenait après un an de baisse régulière de la bourse.En France, lindice CAC 40 a ainsi perdu 22 % de sa valeur en une seule semaine, du 6 au 10octobre.La crise avait entraîné depuis le début 2008 une raréfaction progressive et de plus en plus marquéedu crédit bancaire à travers le monde, ce qui a aggravé le ralentissement économique en cours. Lekrach boursier de la semaine du 6 au 10 octobre a ainsi accompagné de très mauvais indicateurséconomiques pour le mois de septembre, en Europe comme aux États-Unis.Le rôle des rehausseurs de crédit[modifier]Les banques françaises ont été parmi les plus actives dans le développement des rehausseurs decrédit : deux dentre elles ont pour principal actionnaires des groupes français : CIFG (CaissesdEpargne) et FSA (Dexia - Crédit Local de France)Les rehausseurs de crédit sont au cœur du système, en créant une demande inespérée pour lescréances hypothécaires risquées ABS, issus des subprimes. Ils mélangent ces ABS avec dautrescréances moins risquées, pour créer des CDO, placements présentés aux investisseurs sousla notation financière la plus sûre, le AAA. Ce tour de passe-passe fait croire à un placement à la foissûr et très rentable. Or en finance, risque et rentabilité vont normalement de pair.Le taux dintérêt élevé des ABS, regroupements de subprime, augmente le rendement total duplacement CDO, tandis que le caractère plus sûr des autres créances est censé suffire à garantir sasécurité.Du coup, les banques ont vu le système des CDO sous langle du succès très rapide dun placementde père de famille, jugé à la fois sûr et rentable, et ont multiplié des produits dit « garantis », qui sesont vendus comme des petits pains chez les épargnants. La croissance de la demande a tiré à sontour celle des créances immobilières risquées (subprime), qui se voyaient offrir ainsi un débouchéinespéré.Le rôle des agences de notation[modifier]Les agences de notation financière (Moodys, Standard and Poors, Fitch, etc.) ont pendant plusieursannées donné la meilleure notation financière (AAA) aux placements de type CDO avant de se rendrecompte quil fallait brutalement labaisser. Le plus souvent, ces agences de notation financière se sontcontentées de collecter les données communiquées par les créateurs des titres financiers : lesorganismes de crédit immobilier dans le cas des ABS, les rehausseurs de crédit pour lémission des
  5. 5. CDO, et les banques dans le cas des contrats déchanges censés protéger contre le risque de nonremboursement, appelés CDS.Cette indulgence peut sexpliquer par le fait que les rehausseurs de crédit soient devenus du fait deleur croissance des clients importants pour les agences de notation financière, pour la notation desCDO quils émettaient. Par ailleurs, ces CDO ont trouvé une clientèle importante dans les réseauxcommerciaux des banques, elles aussi clientes stratégiques des agences de notation. Lanalystefinancier dune agence de notation financière avait donc commercialement intérêt à ne pas se posertrop de questions.Le rôle des règles comptables[modifier]Les efforts pour donner de la vérité aux bilans avaient conduit les autorités internationales à proposerdes règles de valorisation des actifs à leur valeur du moment et non plus comme précédemment à leurcoût dachat historique. En cas de blocage des adjudications, il ny a plus de marché, donc plus de prixactuel. Les normes comptables IFRS disaient : il faut les provisionner à zéro. Des pertes virtuellesdevenaient donc des pertes actuelles et immédiates. Compte tenu des autres règles prudentielles, ilfallait pour les banques aussitôt compléter leur capital au moment même où la valeur boursière deleurs actions était mise à mal. Le blocage des adjudications de juillet 2007 a donc entraînémécaniquement une série deffets de bords comptables et boursiers particulièrement pénalisants. Ondira que les règles comptables étaient « procycliques », cest-à-dire quelles aggravaient la crise. Larévision des règles comptables a dès lors été mise en chantier partout. Aujourdhui dans nombre depays, les anciennes règles dactualisation des valeurs de titres ne sont plus appliquées.Le rôle des produits financiers complexes[modifier]CDO et CDS sont des contrats compliqués qui ont été mis au point à partir du milieu des années 1990par des spécialistes de la banque-assurance, utilisant des lois de probabilité dont lactuariat alhabitude. Cette innovation financière a dabord été vue avec méfiance, malgré la caution de prixNobel de léconomie comme léconomiste américain Merton, fondateur de LTCM qui fera une faillitegravissime en 19973, dans les turbulences de la crise dites des « pays émergents». Bien que cescontrats complexes naient pas concerné seulement les produits liés aux prêts hypothécaires à risque,ils ont joué leur rôle pour masquer la réalité du risque qui était diffusé dans lensemble des circuitsfinanciers mondiaux. La caution donnée par le président de la FED, Alan Greenspan, à cestechniques que certains cherchaient à réguler, provoquera leur envolée sur les marchésinternationaux bien quils fussent incompris de la plupart des dirigeants des banques et pire encorepar les superviseurs internes et externes du risque. La crise forcera les banques à fermer la plupartdes départements qui soccupaient de ces montages. Néanmoins, les changes flottants continuentdimposer des mécanismes de hedging comme les CDS et différentes formes de swaps dont lencoursreste très élevé, sans que les risques associés puissent être réellement appréciés. Cest pour celaque lon parle dans les coulisses du G.20 de créer une chambre de compensation internationale desCDS afin de sortir des opérations de gré à gré qui empêchent dapprécier les risques et de lesvaloriser.La tension entre la complexité, néfaste, et linnovation, nécessaire, reste palpable.Causes évoquées[modifier]Les causes de cette crise sont imputées à la Federal Reserve Bank, qui a pratiqué entre 2003 et 2004des taux directeurs faibles, puis a décidé un rehaussement brutal de ces taux. Les taux dintérêts basont incité à lemprunt, aussi bien quà la recherche par les prêteurs de suppléments de rémunération,
  6. 6. obtenus par le développement de prêts risqués à des emprunteurs peu solvables, avec des tauxdintérêts plus élevés.Parmi les responsables politiques ayant favorisé directement les conditions de cette crise par desmesures économiques et sociales, The Guardian cite Bill Clinton, George W. Bush, Gordon Brown,ainsi que, dans le domaine de la finance, les PDG anciens et actuels de la compagniedassurance American International Group Inc., des banques Goldman Sachs, LehmanBrothers,Merrill Lynch, Halifax-Bank of Scotland, Royal Bank of Scotland, Bradford &Bingley, Northern Rock, Bear Stearns, Bank of England4.Cette politique de bas taux a été justifiée par la volonté de la Federal Reserve Bank déviter larécession aux États-Unis à la suite de léclatement de la bulle internet à partir de mars 2000 etauxattentats du 11 septembre 2001. Ainsi, durant lannée 2001, Alan Greenspan abaisse onze foisle taux directeur de la Federal Reserve Bank, le ramenant à 1,75 %.Alan Greenspan continue les baisses jusquà ramener le taux à 1 % en juillet 2003, le plus bas niveaudepuis 1954. Ce taux plancher restera en vigueur un an. Compte tenu de linflation, les taux dintérêtsont donc devenus négatifs. Puis, le taux a été remonté 17 fois, dabord par Alan Greenspan puispar Ben Bernanke, pour atteindre 5,25 % au milieu de lannée 2006. Greenspan a été dautant plusmis en cause lorsque lon a appris en 2007 quil avait été prévenu dès 2002 au sein du conseil de laFed des dangers du marché des subprimes par Edward Gramlich5,6.Dautres facteurs ont contribué à augmenter lendettement hypothécaire : Aux États-Unis les intérêts hypothécaires sont déductibles de limpôt, ce qui incite les propriétaires à sendetter. Les propriétaires peuvent abandonner leurs dettes en cédant leur maison. Le Community Reinvestment Act (CRA) a limité le pouvoir des institutions financières de refuser des prêts (ce point est sujet à controverse). le Department of Housing and Urban Development (HUD) a imposé des cibles aux institutions financières de façon à ce que la clientèle moins fortunée ait accès au crédit hypothécaire 7. Ainsi, par exemple, en 2005, 52 % des hypothèques rachetées par Freddie Mac et Fannie Mae devaient provenir de ménage gagnant moins que le revenu médian de leur région et 22 % de ces prêts devaient être accordés à des ménages gagnant moins de 60 % du revenu médian. Cétait une mesure daccession à la propriété. Les institutions financières pouvaient accepter de prêter jusquà 110 % de la valeur du bien hypothéqué au motif que les prix de limmobilier navaient jamais baissé depuis la guerre et quil était toujours possible de reprendre le bien à sa valeur de prêt. Un emprunt subprime comprenait donc une sorte de prime dassurance tenant compte du taux de défaillance plus important sur les prêts à des catégories pauvres de la population, mais ignorant léventualité dune baisse de la valeur gagée. Le développement des prêts hypothécaires rechargeables (voir hypothèque rechargeable) a permis de soutenir la consommation dans le contexte de ralentissement économique à partir de 2001. Cela a eu pour conséquence que si le prix de la maison augmentait, et il le fera pendant près de dix ans continument et de façon très importante, lemprunteur avait la possibilité daugmenter son emprunt à proportion. Le retournement du marché de la construction en 2006 avec une première baisse des prix allait mettre en jeu ce mécanisme pour des millions de prêts, provoquant foreclosures (des « mises sous saisies ») et expulsions.Outre les transgressions des règles de prudence régissant la distribution du crédit, lampleur de cettecrise vient du contournement des ratios réglementaires de solvabilité bancaire par latitrisation des
  7. 7. créances américaines risquées. Celles-ci furent en parties revendues sous forme dobligations à desépargnants un peu partout dans le monde donnant à cette crise une dimension mondiale 8. Mais denombreuses banques américaines ou étrangères avaient acquis pour leur gestion propre des CDOs.Selon une étude effectuée par des journalistes dinvestigation américains, les plus importantesbanques américaines auraient agi de façon à favoriser une crise économique 9.Aux États-Unis[modifier]Croissance du marché des subprimes[modifier] Article détaillé : subprime.Le marché des « subprimes » est constitué de prêts risqués qui peuvent être hypothécaires(immobiliers ou rechargeables), des cartes de crédit, de la location de voitures et autres, accordés àune clientèle peu solvable ou à lhistorique de crédit difficile. Ce marché sest largement développéaux États-Unis à partir de 2001, passant dun montant de 200 milliards de dollars pour les prêtshypothécaires en 2002 à 640 milliards de dollars en 2006. Ce montant représentait 23 % du total desprêts immobiliers souscrits10.Les emprunteurs à risque peuvent contracter un emprunt immobilier sur ce marché, moyennantun taux dintérêt révisable généralement indexé (par exemple sur le taux directeur de la Fed), majoré [réf. souhaitée]dune « prime de risque » pouvant être très élevée . Typiquement, les premières années duprêt (1, 3 ou 5 en général) sont couvertes par un taux dintérêt fixe promotionnel qui devient ensuitevariable. Les emprunteurs hypothécaires américains ont la possibilité demprunter jusquà 110 % de lavaleur de limmeuble objet du prêt, davoir la possibilité de ne rembourser que la partie intérêt de leur [réf. nécessaire]mensualité, un intérêt dailleurs entièrement déductible dimpôts.La croissance de ce marché a tout dabord été encouragée par des taux historiquement bas qui ontincité les institutions de crédit à accroître la part du subprime dans leur portefeuille et à profiter desimportantes marges de risque imposées à ces crédits. Selon léditorialiste conservateur ThomasSowell, elles étaient encouragées en cela par une législation de 1977 (Community Reinvestment Act) :un établissement peut demander et obtenir une garantie de ses dépôts par lÉtat (Federal DepositInsurance Corporation) sil sengage en contrepartie à prêter à des personnes à revenus modestes,auxquelles de tels prêts ne seraient sans cela pas accordés 11. Par ailleurs, ce mouvement a étéaccéléré par lutilisation de la titrisation comme outil dévacuation du risque de crédit, utilisationencouragée par la demande croissante de produits rentables par des investisseurs et par lafflux deliquidités disponibles à la recherche dinvestissements attractifs. Certains établissementsfinanciers avaient fait du subprime leur spécialité en se spécialisant dans loctroi de crédits subprimeaussitôt revendu dans le marché de la titrisation. Cette revente élimine instantanément les risquesassociés au prêt pour létablissement financier qui accorde le prêt et le risque est transmis auxacheteurs de titres de type PCAA (papier commercial adossé à des actifs). Cette déresponsabilisationdes institutions prêteuses a sans doute incité certaines dentre elles à accorder davantage de prêts àhaut risque12.Ces prêts à des personnes à la cote de crédit insuffisante ont participé à la création dune bulleimmobilière qui elle-même nourrissait la bulle de crédits : tant que limmobilier augmente, la maisonacquise et mise en hypothèque assure que lopération ne peut que bien se terminer, puisquen cas dedéfaillance, la banque pourra rembourser le crédit en saisissant, puis en vendant la maison.Déclenchement de la crise du subprime[modifier]
  8. 8. La pérennité de ce système dépend de deux conditions : dune part, des taux dintérêt relativementstables, et dautre part dune appréciation régulière de limmobilier. Or, la Réserve fédérale des États-Unis (la « Fed ») a progressivement relevé son taux directeur de 1 % à 5,25 % entre 2004 et 200613 ; les prix de limmobilier ont commencé à chuter dans plusieurs régions des États-Unis à partir de 2006. Le marché immobilier américain a perdu aux alentours de 20 % durant les 18 derniers mois précédant la crise. Ces fluctuations immobilières sont toutefois très différentes selon les États, villes et quartiers.Par conséquent, les emprunteurs se retrouvèrent confrontés à une hausse rapide de leursmensualités, et les plus fragiles furent incapables de faire face à leurs remboursements. Dans uncontexte de hausse du marché de limmobilier, ou lorsquil est limité à des cas isolés, le défaut depaiement est couvert par les créanciers : grâce à une politique de gestion du risque, les organismessont censés pouvoir supporter le délai nécessaire au recouvrement de créances des débiteurs ensaisissant les biens portés en garantie lors de lemprunt et en les revendant. Mais dans un contexte debaisse du marché de limmobilier, lorganisme créancier peut se retrouver en situation difficile, surtoutsil sagit dun défaut de paiement en masse. Or, en 2007, le taux de non-remboursement sur ces [réf. nécessaire]crédits sest élevé aux alentours de 15 % .Avec la baisse du marché immobilier américain, la valeur des habitations est devenue inférieure àcelle du crédit quelles devaient garantir. Ainsi, les établissements de crédit, censés pouvoir récupérerleurs mises en vendant les habitations hypothéquées, se retrouvèrent sans moyen rapide deredresser leur bilan, puisque vendre ces biens ne suffisait plus à couvrir leurs pertes. Lafflux de misesen vente des biens saisis a même aggravé le déséquilibre du marché immobilier où les prix se sonteffondrés.En août 2007, un site spécialisé faisait état de plus dun million de défauts de paiement constatés 14,mais chaque constat de défaillance ne mène pas à la faillite de l’emprunteur. Les banques essayantgénéralement de trouver des solutions de rééchelonnement de prêts lorsqu’elles pensent que ledébiteur ne traverse qu’une difficulté passagère.Le président de la Commission bancaire du Sénat des États-Unis, Christopher Dodd, estime quun àtrois millions dAméricains pourraient perdre leur logement à la suite de cette crise 15.Effet de contagion sur le système bancaire américain[modifier]Linsolvabilité des débiteurs et la chute des prix de limmobilier ont provoqué la chute ou la faillite deplusieurs entreprises de prêts hypothécaires à risque ( (en) subprime mortgage lenders), tels quela New Century Financial Corporation en avril 200716, conduisant à leffondrement du prix des actionsde lindustrie du crédit.Les premiers effets sur le marché de lemploi dans le secteur financier se sont faits sentir dès lété2007. Les sociétés financières américaines ont annoncé 35 752 suppressions demplois en août 2007,selon le cabinet Challenger, Gray and Christmas17.En avril 2007, la Fed estimait que les pertes pour les banques pourraient sélever de 100à 150 milliards de dollars pour un marché de 8 400 milliards dencours de crédit18. La DeutscheBankestimait fin octobre que ce chiffre pourrait sélever à 400 milliards de dollars18 ; la banquedinvestissement Goldman Sachs plaçait pour sa part en novembre 2007 le curseurà 2 000 milliards de dollars18.
  9. 9. Le Fonds monétaire international a estimé dans un rapport du 9 avril 200819 que « le montant despertes pourrait atteindre quelque 945 milliards de dollars ».Réaction du gouvernement américain à lété 2007[modifier]Le vendredi 31 août 2007, le président américain George W. Bush a annoncé une série de mesuresdestinées à empêcher que les ménages qui font face à des taux dintérêt particulièrement élevés nese retrouvent en situation de défaut de paiement et ne soient contraints de vendre leur maison. Il anotamment proposé que la Federal Housing Administration modifie ses règles de manière à assouplirles conditions de refinancement exigées des emprunteurs, ainsi que de modifier le régime fiscal pourfaire en sorte que des sommes radiées de la valeur dune maison par des institutions financières nesoient taxées par le gouvernement fédéral. Il estime tout de même que le rôle du gouvernementaméricain dans ce dossier est limité, et quil nest pas de son ressort de se porter à la rescousse despéculateurs ou dinvestisseurs ayant pris de mauvaises décisions.Par ailleurs, les agences de notation (Standard & Poors, Moodys, Fitch) sont accusées davoir malévalué le risque de ces produits et, partant, la notation associée à ces produits. En outre, avec labaisse importante des émissions de produits structurés qui représentaient la moitié de leurs revenus,ces agences ont dû lancer des plans de licenciement : Standard & Poors a annoncé le 8 décembre2007 un plan pour réduire ses effectifs de 3 %20.Les représentants du G7 ont appelé à plus de transparence dans le travail des agences de notation 21.La ministre française de lÉconomie Christine Lagarde a développé cette position en indiquant préférerà de nouvelles lois22 une régulation du système bancaire par lui-même. Elle a repris cette idée enseptembre 2008, déclarant que les problèmes des marchés financiers étaient principalement dus àune absence de marché et non à son supposé excès23.La généralisation de la crise[modifier]Au-delà de la chaîne des effets directs (insolvabilité des emprunteurs subprime, faillite des sociétés decrédit spécialisées, pertes de la part des grandes banques qui les détenaient ou travaillaient avecelles), lessentiel des effets de la crise du subprime est indirect.Transmission de la crise par la titrisation[modifier] Article connexe : Titrisation.La première courroie de la crise réside dans le phénomène de la titrisation de créances. La titrisationest lopération financière, méconnue de lemprunteur, par laquelle une banque revend ses créancessur des marchés spécialisés, souvent groupées avec dautres valeurs. Ce qui lui permet à la fois de serefinancer et de réduire son risque (qui est reporté sur les investisseurs qui achètent ces créances).La titrisation est devenue un phénomène courant depuis le début des années 2000. Les créancestitrisées sont rachetées par des investisseurs (fonds dinvestissements classiques, fonds plusspéculatifs, etc.).Le marché du subprime a été massivement financé par la titrisation, les créances étant regroupéesdans des véhicules de financement ad hoc24 et transformées en titres négociables souscrits par desinvestisseurs.Cependant, à partir du début 2007, la crise des crédits subprimes a jeté le doute sur lensemble desvéhicules de titrisation de créances, en premier lieu les créances hypothécaires portantspécifiquement sur limmobilier dhabitation américain ( (en) residential mortgage backed security, ouRMBS), mais aussi les paquets de créances diversifiées appelés CDO ( (en) Collateralised debt
  10. 10. obligation). Ce sont en fait toutes les formes de véhicules de titrisation de crédit (ABS, RMBS, CDO etleurs variantes) qui sont devenues suspectes, aux yeux des investisseurs, au début et surtout durantlété 2007, de peur quils ne portent des créances à risque en général et subprimes en particulier 25.Transmission par les fonds dinvestissement[modifier]La deuxième courroie de transmission de la crise est constituée des fonds dinvestissement qui onteux-mêmes acheté les créances titrisées.Les crédits subprime, offrant des rendements élevés (dits « high yield ») dus au paiement parlemprunteur dun taux dintérêt plus élevé que pour le marché prime, les investisseurs ont exercé uneforte demande de ce type de produits afin de doper les performances de leurs fonds dinvestissementou OPCVM.Ces fonds se sont trouvés en difficulté du fait de la chute de la valeur de leurs actifs. Leffondrementde la valeur de deux fonds dinvestissement de la banque américaine Bear Stearns, révélé le 17 juillet2007, a donné le signal de la crise de confiance. Lannonce, intervenue le soir même dune séancerecord au New York Stock Exchange (NYSE) (14 000 points atteints en séance), va donner le signalde la baisse26. Ce sont désormais tous les fonds dinvestissement qui vont à leur tour devenirsuspects.Certains fonds avaient cependant, dès 2006, envisagé quune crise immobilière se préparait et avaientpris des positions inverses à tout le monde en spéculant sur leffondrement des produits financiersadossés aux crédits immobiliers à risque27.Engagements indirects des banques[modifier]En troisième lieu, ces fonds dinvestissement appartiennent ou sont financés par les banques(les hedge funds se financent par effet de levier, cest-à-dire avec peu de capitaux et beaucoupdemprunts). Les banques reprennent donc par ce biais les risques quelles avaient dans un premiertemps confiés aux marchés28. La communauté financière sest alors rendu compte, vers la fin juillet2007, que lensemble du système bancaire supportait des risques de crédits, non seulement dans lesfonds que les banques finançaient, mais aussi dans les fonds quelles géraient. Ainsi, des créancestitrisées à haut rendement (et donc à haut risque selon le Medaf) étaient elles-mêmes présentes danscertaines SICAV monétaires, placements jusque-là jugés sans risque, les « sicav monétairesdynamiques ». Doù une brutale chute de valorisation des sicav monétaires dynamiques dans lespremiers jours daoût 2007.Le 9 août 2007, la première banque française par ses fonds propres 29, BNP Paribas, annonce le gel(réalisé le 7 août) des actifs de trois fonds monétaires dynamiques OPCVM dune valeur totale de 1,6milliard deuros (gérés par BNP Paribas ABS Eonia, BNP Paribas ABS Euribor et Parvest DynamicABS) (liés aux sécurités des prêts aux États-Unis)30,31. La banque était incapable de chiffrer les actifsde ces fonds depuis que les négociations des mortgage securities étaient virtuellement arrêtées etdonc empêchaient les investisseurs de pouvoir déterminer le prix de marchésecurity. Le 29 août, BNPParibas annonce la fin du gel. Les fonds ont rouvert courant septembre avec des décotes daumaximum 1,21 %32.Procédures judiciaires[modifier]La Securities and Exchange Commission engage au printemps 2009, un procès contre le fondateur etcontre deux autres dirigeants de Countrywide Financial, lun des grands émetteurs de créditsubprime33. Pour Robert Khuzami, directeur de la division judiciaire de la SEC, « Leurs propres
  11. 11. memos montrent quils connaissaient les difficultés, les incertitudes de leur activités et quils ont choiside ne pas les partager avec les actionnaires. »33

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