LUNDI 5 MAI 2014
ÉCONOMIE
AU CŒUR DE L’EMPLOI
Les recruteurs
se disputent
les profils rares
de techniciens
Pages 20 et 21
COMMISSION PARITAIRE N° 0115 C 85979
NE PEUT ÊTRE VENDU SÉPARÉMENT
ENTREPRISES
Quandlesgrandes
ontbesoin
despetites
Grâce à leur expertise,
leur réactivité
et leur capacité
d’invention, les PME
sont désormais
devenues
des partenaires
indispensables aux
multinationales.
Pages 2 et 3
(GettyImages/lvcandy.)
INVITÉS DE LA SEMAINE
NATHALIE BALLA
ET ERIC COURTEILLE
coprésidentsdelaRedoute
Page 5
(LP/Humberto De Oliveira.)
FACE-À-FACE
Club Med Gym /
Moving
Pages 8 et 9
INNOVATION
Les Google Glass
Page 16
(DR.)
ARGENT
Chefs d’entreprise :
pensez à votre
retraite
Pages 18 et 19
MANAGEMENT
Les atouts du
codéveloppement
Page 22
NOUVELLEFORMULE
02 ÉCONOMIE
LE PARISIEN ÉCONOMIE I LUNDI 5 MAI 2014
«A
idons-nous les uns
les autres. » Citant
tour à tour saint
Matthieu puis Jean
de La Fontaine, Ar-
naud Montebourg enjoignait il y a
quelques mois les directeurs achats
des entreprises du CAC 40 à adopter
rapidement une politique respon-
sable et solidaire envers les TPE et
PME. En cette période de morosité
économique, l’évolution des rela-
tions interentreprises fait en effet
partie des leviers pour améliorer la
compétitivité française. Face aux
grands groupes, les petites entre-
prises ne manquent pas d’atouts :
leur expertise, leur réactivité et leur
capacité d’innovation sont pré-
cieuses.
Même si certains grands comptes
continuent à envisager leurs rela-
tions avec leurs sous-traitants de ma-
nière opportuniste, d’autres l’ont
compris et misent sur le partenariat
pour créer de la valeur. « Certains
s’aperçoivent qu’ils ont besoin des
PME, qu’ils considéraient autrefois
comme des pions, pour continuer à
vivre eux-mêmes. La concurrence
acharnée a en effet entraîné la dispa-
rition de nombreuses spécialités »,
remarque Frédéric Grivot, vice-pré-
sident de la Confédération des pe-
tites et moyennes entreprises
(CGPME).
Dans l’industrie en particulier, la re-
lation entre donneurs d’ordres et
sous-traitants tend peu à peu à
s’équilibrer dans certains secteurs
comme la chimie et surtout l’aéro-
nautique où le niveau de technicité
est très important. « On y parle qua-
lité et un peu moins prix. Impossible
de faire voler un avion en faisant des
économies de 2 € sur une pièce qui
requiert une haute compétence », ex-
plique Luc-Eric Krief, président du
Centre national de la sous-traitance
(Cenast). Pour Benoît Desveaux, co-
président de la commission crois-
sance partagée de Croissance plus,
« le développement des stratégies
RSE (responsabilité sociétale des
entreprises) a également été béné-
fique pour la relation entre grands
comptes et PME puisqu’ils se sont
mis pour la première fois à parler
d’autre chose que du prix. »
Il n’en reste pas moins que les mau-
vaises habitudes ont la vie dure, no-
tamment quand il s’agit de régler les
factures en temps et en heure.
Malgré la mise en place de la loi de
modernisation de l’économie en
2008 qui a harmonisé les pratiques,
un tiers des entreprises règle encore
ses factures, ou sont elles-mêmes ré-
glées, au-delà de 60 jours. Ce qui en-
traîne des problèmes très importants
de trésorerie pour les PME et parfois
même des défaillances. Pour ré-
soudre les conflits par le dialogue et
sceller la confiance, le gouverne-
ment a créé en 2010 la médiation in-
terentreprises. Plusieurs initiatives
ont vu le jour pour faire bouger les
La France aime ses grandes
écoles, ses grandes
institutions et ses grandes
entreprises. Les fleurons du
CAC nourrissent l’orgueil
national. Mais à 95 %, les
salariés français du privé
travaillent dans des PME et
des TPE, dont la bonne santé
est, pour beaucoup,
intimement liée
aux commandes des grands
groupes. Quelle que soit la
taille de la structure qu’ils
dirigent, tous les chefs
d’entreprise, même les plus
puissants, sont conscients
aujourd’hui que seuls ils ne
peuvent rien. Mais une
véritable mue s’impose
pour transformer
la classique relation
donneur d’ordres-fournisseur
en partenariat
« gagnant-gagnant ».
Transformation, adaptation,
innovation : les sociétés qui
intègrent ces trois
commandements prennent
une longueur d’avance.
Pour les avoir un temps
oubliés, la Redoute a perdu
de son éclat. Ses deux
nouveaux dirigeants, qui sont
nos invités cette semaine, ont
bien l’intention de redonner
tout son lustre à cette
enseigne plus que centenaire.
Une bonne nouvelle pour les
salariés mais aussi pour le
tissu économique de ses
sous-traitants.
L’éditorial
de Bénédicte
Alaniou
Ensemble,
c’est tout
REPÈRES
70,71milliards d’euros
C’est le chiffre d’affaires des 30 333 sous-traitants industriels en France
en 2012, en baisse de 2,93 % (en valeur) par rapport à 2011.
 493 137 salariés sont employés par ces mêmes sous-traitants
industriels.
 1er secteur client : l’automobile avec 30,5 % des commandes.
Source:étudedel’économ isteetconsultantdu M idest,DanielCoué.
Grands comptes et PME :
La compétitivité et la croissance
de l’industrie française passent
par l’amélioration des relations
entre donneurs d’ordres et sous-
traitants. Et les exemples
vertueux existent.
EN SAVOIR PLUS
À LIRE
 « Les Achats collaboratifs :
Pourquoi et comment collaborer
avec vos fournisseurs », de Michel
Philippart, Hugues Poissonnier,
Nicolas Kourim, Ed. De Boeck,
2012, 230 pages, 25,50 €.
 « Politique d’achat et gestion des
approvisionnements », de Pascal
Ménage et Olivier Bruel, Ed.
Dunod, 2014, 336 pages, 30 €.
À CONSULTER
 Le rapport d’activité 2013 de la
médiation interentreprises sur le
site www.redressem ent-
productif.gouv.fr.
 La charte relations fournisseur
responsables sur www.relations-
fournisseur-responsables.fr.
 L’association Pacte PME sur
www.pactepm e.org
Y ALLER
 Le prochain Midest, salon
mondial consacré à la sous-
traitance industrielle, aura lieu du
4 au 7 novembre 2014 à Paris.
Renseignements sur
www.m idest.com .
« Seule dans son coin,
la grande entreprise ne peut plus
se réinventer »
À LA UNE ÉCONOMIE 03
LE PARISIEN ÉCONOMIE I LUNDI 5 MAI 2014
lignes, dont la création de la charte et
du label relations fournisseur res-
ponsables ainsi que de la charte
PME innovantes. Le label certifie
pour trois ans des entreprises atta-
chées à des pratiques d’achat res-
ponsables grâce à une évaluation
d’un cabinet indépendant. Depuis
décembre 2012, quinze groupes
l’ont décroché parmi lesquels Le-
grand, SNCF, Société générale ou
Thales. Un label spécifique à
l’agroalimentaire et à la distribution
sera également lancé fin mai. « Il
faut que ces labels soient contrôlés
régulièrement sinon ils ne serviront
qu’à se donner bonne conscience »,
observe Frédéric Grivot.
L’un des moteurs importants de la
nouvelle dynamique de partenariat
entre donneurs d’ordres et sous-trai-
tants est l’innovation. « La grande
entreprise, seule dans son coin, ne
peut plus se réinventer », observe
Benoît Desveaux. L’innovation naît
de plus en plus au sein des start-up,
TPE ou PME. Pour en bénéficier, les
grands groupes ont tout intérêt à col-
laborer avec elles. D’où la création
de la charte PME innovantes fin
2012. Ses signataires s’engagent no-
tamment à accompagner les PME
pour faire aboutir leurs projets, à
contribuer à leur développement par
exemple en y investissant. En
contrepartie, ils bénéficient d’un
accès à une technologie nouvelle et
sécurisent leur approvisionnement
en renforçant des partenaires écono-
miques. Même démarche ou
presque du côté de pacte PME, une
association constituée de 56 grands
comptes qui promeut les partenariats
gagnants avec les PME.
C’est en multipliant les opportunités
d’échanges que les grands acheteurs
et les preneurs d’ordres réussiront à
faire évoluer leurs relations.
 DOSSIER RÉALISÉ PAR SOLENNE DUROX
(GettyImages/Medioimages/Photodisc.)
l’union sacrée
 TÉMOINS
« Notre atout : l’innovation »
L’entreprise Baron se fait fort d’ap-
porterdessolutionssur-mesureàses
clients. C’est ce qui lui a permis de
remporterennovembre2013untro-
phée au salon Midest, n° 1 mondial
dessalonsdelasous-traitanceindus-
trielle.Celui-cirécompensesonpar-
tenariat innovant avec Snecma, une
société appartenant à Safran. Fin
2012, le groupe international de
haute technologique recherchait un
partenaire alliant les métiers de la
micromécanique, de l’automatisa-
tion et de la robotique afin de déve-
lopper un robot démonstrateur. La
société Baron a su répondre favora-
blement à ses attentes et leur colla-
boration exemplaire a débouché sur
ledépôtdedeuxbrevets.
«Noussommesexperts
etréactifs»
«Noussommescapablesd’apporter
des projets clés en main sur des ma-
chinesspécialesetdeslignesdepro-
duction.Nosatoutssontnotreexper-
tise, notre réactivité et notre
innovation », affirme Stéphanie
Baron,cogérantedecegroupefami-
lial de 300 personnes créé en 1983.
Son département recherche et déve-
loppement et son bureau d’études
composé d’une soixantaine d’ingé-
nieurs ne cessent de s’étoffer pour
répondre aux problématiques de
leurs donneurs d’ordres à travers le
monde. « Il faut les fidéliser afin
qu’ils nous fassent suffisamment
confiance pour exposer leurs be-
soins », souligne Stéphanie Baron.
L’entreprise a réalisé 30 millions
d’eurosdechiffred’affairesen2013
et prévoit de le porter à 35 millions
en 2014 dont 25 % à l’export. Elle a
résisté à la crise en diversifiant ses
métiersetsessecteursd’activité(aé-
ronautique, pharmacie, luxe, agroa-
limentaire etc.). Pas question pour
elle d’être dépendante d’un donneur
d’ordres. Son portefeuille est cons-
titué d’une centaine de clients. Et le
plus gros ne représente pas plus de
13 %duchiffred’affaires.
Stéphanie BARON,
cogérante du groupe Baron
à Calais (Pas-de-Calais)
(Picasa.)
« C’est une relation gagnant-gagnant »
Entre Legrand et ses fournisseurs, le
courant passe plutôt bien. Selon une
enquête réalisée au deuxième se-
mestre 2013 par OpinionWay pour
la médiation interentreprises, Crois-
sance plus et « Challenge », le
groupe français arrive en tête des
donneurs d’ordres sur les critères de
la relation avec ses fournisseurs et
surlerespectdesdélaisdepaiement.
Une distinction qui s’inscrit dans
une démarche plus large menée de-
puis plusieurs années. « Avec nos
fournisseurs,nouscherchonsàcréer
une relation gagnant-gagnant », ob-
serve Philippe Rongère, directeur
des achats du spécialiste des infras-
tructures électriques et numériques
dubâtiment.
UnecharteRelationsfournisseur
responsables
Adhérent de la Compagnie des diri-
geants et acheteurs de France
(CDAF),Legrandaparticipéàl’éla-
boration de la charte Relations four-
nisseur responsables. Il a également
fait partie des quatre premières en-
treprises à décrocher dans la conti-
nuité le label. « Cela ne nous a pas
demandé beaucoup d’efforts, car
nous nous sommes très tôt posé les
bonnes questions. Ce label nous
permet d’avoir un référentiel et de
nous benchmarker (évaluer) », note
Philippe Rongère. Collaborer avec
sessous-traitants,c’estaussilessou-
tenir quand ils sont en difficulté.
Voilà quatre ans, Legrand a accom-
pagné deux employés d’un fournis-
seur qui souhaitaient reprendre l’ac-
tivité après un dépôt de bilan. Le
groupeaaidécettesociétéfortement
dépendanteàsediversifier.
Ces deux prochaines années, il va
mettre en place le programme 3P
(Purchasing Partnership Producti-
vity). « Afin d’améliorer notre pro-
ductivité, nous allons rencontrer
tous les mois ou tous les deux mois
unedizainedenosfournisseursdans
chaque pays où nous sommes im-
plantés », explique Philippe Ron-
gère. Les gains, eux, seront partagés
aveclessous-traitants.Unestratégie
qui offre à Legrand, qui pèse
4,4 milliards de chiffre d’affaires,
une fidélisation de ses fournisseurs
d’uneduréemoyennededixans.
Philippe RONGÈRE,
directeur des achats
du groupe Legrand
à Limoges (Haute-Vienne)
(DR.)
Pierre PELOUZET,
médiateur national des
relations interentreprises
 Quelestl’étatdeslieuxdesrelationsentredonneursd’ordres
etsous-traitants ?
Deuxmouvementss’opposent.Lepremierestconstitué
degrandesentreprisesquiprofitentdeleurtailleetde
lacrisepourjustifierdesactesillégauxetpayeren
retardleursfournisseurs.Acôtédecela,ilyaaussides
groupesquis’inscriventdansunedémarchepositiveet
souhaitentbâtirunerelationdeconfianceavecleurs
sous-traitants.Lepointnoir,c’estleretardde
paiement.LespatronsdePMEs’arrachentlescheveux
surcesujet.L’und’entreeuxm’aditqu’ildevaitmonter
unefoisparmoissurParispourrécupérerleschèques.
 Lesservicesdelamédiationinterentreprisessont-ils
deplusenplussollicitésparlesacteurséconomiques
afinderésoudredesconflits ?
Nouscomptonsenvironunmillierdesaisinesde
médiationparan.Aupremiertrimestre2014,nousen
avonsreçudeuxfoisplusqu’unanauparavant.La
médiationestunoutilfabuleuxquipermetdans80 %
descasd’aboutiràunaccordentrelesparties.Nous
sommesunbâtisseurdeconfiance,condition
nécessaireàlacroissancedel’économiefrançaise.Si
unpatrondePMErefused’honorerunecommandecar
ilapeurdenepasêtrepayéparsondonneurd’ordres,il
nevapasembaucheretdoncinvestir.
 Commentlessous-traitantspeuvent-ilscontribuer
àrééquilibrerleurrelationavecleursdonneursd’ordres ?
LeregroupementdesPMEestunepistepeuutiliséeen
France.Celadonnepourtantuneassisefinancière
intéressantepourrépondreauxappelsd’offres.Cette
frilositédessous-traitantsfrançaiss’explique
notammentparleurespritindépendant.Ilyadonc
aussidelaconfianceàconstruireentrelesPME.
(François Girard.)
L’AVIS DE...
« Le point noir, c’est le retard
de paiement »
04 ÉCONOMIE D'UN COUP D'ŒIL
LE PARISIEN ÉCONOMIE I LUNDI 5 MAI 2014
DÉCRYPTAGE
Croissance : la Russie, l’Inde
et la Chine marquent le pas
Crise économique, Printemps arabe… En dix ans, la croissance
mondiale s’est ralentie. Même la Chine, son principal moteur, a perdu
de sa superbe tout comme la Russie et l’Inde. Quant à l’Europe du Sud,
elle s’est enfoncée dans la récession. Mais bonne nouvelle : le Fonds
monétaire international (FMI) annonce une hausse pour 2014.
La déflation décrit une baisse prolongée du niveau
général des prix. C’est le contraire de l’inflation. Pour
mesurerl’évolutiondesprix,onutilisel’indicedesprixàla
consommation (IPC) publié tous les mois par l’Insee. Il se
calcule à partir de l’évolution du prix des produits
consommésparlesménagesentredeuxpériodes.Ilestné-
cessaire que cet indice soit négatif pendant plusieurs tri-
mestrespourquel’onparlededéflation.
Ladéflationadesconséquencesnégativessurl’économie.
En effet, anticipant une baisse des prix, les ménages sont
incités à reporter leurs achats. Dans ce contexte, les entre-
prises réduisent leur production, les salaires et les embau-
ches,cequipèsesurlaconsommationetlesprix.Uncercle
vicieux s’enclenche alors, de baisse des prix et de réces-
sion, c’est-à-dire de chute de l’activité et de destruction de
richesse.
Toutefois, lorsque les progrès techniques sur un secteur
particulier entraînent des gains de productivité ou une
baissedescoûts,labaissedesprixpeutêtrebénéfique.Cela
conduitàdémocratiserl’usagedecertainsbiensetservices,
jusqu’ici rendus inaccessibles compte tenu de leur coût.
Les exemples les plus récents sont la téléphonie mobile ou
encore les ordinateurs portables, dont le prix a presque été
divisépardixdepuisledébutdesannées1990.
Unesituationrare
Dans les faits, très peu de situations de stricte déflation ont
puêtreobservéesdanslemondeaucoursdusiècledernier.
Seuleexceptionnotable:lesEtats-Unisentre1929et1933
etplusrécemmentleJaponquipeineàs’endégagerdepuis
la fin des années 1990. De leur côté, les pays de la zone
euro, dont la France, ont connu une inflation annuelle
moyenne d’environ 1,8 % sur ces vingt dernières années.
Maissontauxs’élèveaujourd’huienmoyenneàseulement
0,5 %. Depuis quelques années, le spectre de la déflation a
remplacé la hantise de l’inflation qui dominait à la Banque
centrale européenne. Mario Draghi, son président, se dit
prêtàagirfaceaurisquededéflationenzoneeuro.
LE DICO DE L’ÉCO
Déflation
LE TABLEAU DE BORD
Estimations 2013
Chine
+ 7,7 %
Inde
+ 4,4 %
Iran - 1,7 %
Russie
+ 1,3 %
Etats-Unis
+ 1,9 %
Canada
+ 2 %
Brésil
+ 2,3 %
Australie
+ 2,4%
Japon
+ 1,5 %
Espagne - 1,2 %
Libye
- 9,4 %
Venezuela
+ 1 % Indonésie
+ 5,8 %
Corée du Sud
+ 2,8 %
Argentine
+ 4,3 %
Paraguay
+ 13 %
Arabie
saoudite
+ 3,8 %
Kenya
+ 5,6 %
Afrique
du Sud
+ 1,9 %
France + 0,3 %
Pérou
+ 5 %
Mexique
+ 1,1 %
Allemagne
+ 0,5 %
Grèce
- 3,9 %
En 2003
LA CROISSANCE
MONDIALE
Variation annuelle
du PIB (en %) :
- 3 % et moins
Non disponible
De - 2,9 à 0%
De 0 à 2,9 %
De 3 à 4,9 %
De 5 à 9,9 %
10 % et plus
Source : FMI.
EMPRUNTER
ÉPARGNER
LE MARCHÉ DUTRAVAIL
LES CHIFFRES DE LACONSOMMATION
LES CHIFFRES DE LASEMAINE
(A partir du 1er janvier 2014)
(au 1er trimestre 2014)
(mars 2014)
(mars 2014)
(4e trimestre 2013)
(Cat. A, B, C)
(sans les DOM-TOM)
En variation annuelle
61,20€
Taux moyen
Demandeurs d’emploi 4 949 500
% de la population active 9,8 %
Variation sur le moins précédent
Livrets A et bleu Super livret Euro/dollar
+ 0 ,2 %
35 h
Salaires
Chomage
39 h
1 445,41 €
1 610,57 €
1 133,77 €
9,53 € 7,47 €
1 263,33 €
Taux ixe pour un emprunt immobilier
1,25 % 4 % 1 € = 1,3862 $
Cours le 2 mai
Sur 15 ans
Minimum horaire brut
Indices des loyers
Consommation des ménages
Inlation
dont Énergie
Alimentation
Produits manufacturés
Services
- 0,6 %
+ 0,4 %
+ 0,2 %
+ 1,3 %
+ 0,3 %
125
+ 0,60 %
Minimum horaire net
Sur 20 ans
Taux minimum
Taux minimum des crédits
à la consommation sur un an
2,95 %
2,45 %
3,25 %
2,80 %
3 %
+ 0,4 %
C’est le montant que devrait gagner,sur un an,un retraité ayant
une pension mensuelle de 1 100 €.Les retraités touchant moins
de 1 200 € mensuels devraient en efet échapper au gel
des retraites annoncé par le gouvernement.
En mars 2014, les dépenses de consommation
des ménages ont augmenté de 0,4 % avec,
notamment, une hausse de l'énergie (+ 2,3 %)
et de l'alimentation (+ 0,4 %) alors que le secteur
textile, habillement et cuir, lui, se contracte (– 2,3 %).
4 479,54
4 443,63
4 460,53
4 497,68
4 487,39
4 458,17
V. 02/05M. 30/04M. 29/04L. 28/04V. 25/04J. 24/04
CAC 40 - 0,48 %
par rapport au mois précédent
Source : Baromètre Empruntis.com, taux moyens hors assurance.
LA RENCONTRE ÉCONOMIE 05
LE PARISIEN ÉCONOMIE I LUNDI 5 MAI 2014
 VousavezrachetélaRedoute
augroupeKering(ex-Pinault-
Printemps-laRedoute).Dansquelle
situationestlasociétéaprès
desmoisdenégociationsdifficiles?
ÉRIC COURTEILLE. L’organi-
sation a besoin de se rassembler, le
temps est à l’apaisement et au retour
du dialogue. Sur le plan financier,
nous reprenons une entreprise sans
aucune dette. Les modalités de re-
prise prévoient une recapitalisation
par Kering à hauteur de 315 millions
d’euros pour financer notre plan stra-
tégique et 180 millions pour accom-
pagnerlesmesuressociales.
 Combiendesalariésl’entreprise
comptera-t-elleunefois
lesdépartsactés?
E.C. Les départs vont être éche-
lonnéssurlesquatreannéesquivien-
nent et seront, en très grande majo-
rité, soit des départs volontaires, soit
desdépartsenpréretraite.LaRedoute
comptera environ 2 200 salariés
contre 3 400 et notre filiale, le livreur
RelaisColis,passerade600salariésà
unpeumoinsde430demain.
 Quelleestl’histoire
delaRedoute?
NATHALIE BALLA. La Redoute
est née en 1872 dans le Nord, c’est
une entreprise qui a toujours su in-
nover et se réorienter. A ses débuts,
c’était une filature et face à l’impor-
tance des stocks, elle est très vite de-
venue une entreprise de mode avant
d’élargir son offre à la décoration
pourlamaison.LaRedouteainventé
la vente par correspondance, par
courrier à ses débuts, puis par télé-
phoneetaujourd’huivialemailoule
mobile. Elle a toujours été le leader
incontesté de la vente par correspon-
dance et, aujourd’hui, son site attire
plus de 7 millions de visiteurs uni-
ques par mois. Il ne faut pas oublier
que la Redoute a joué un vrai rôle
dans la libération des femmes. En
effet, en lançant la carte Kangourou
en 1969, elle leur a permis de gérer
leur pouvoir d’achat sans en référer à
leurmari !
 Ya-t-ilunprofittype
devotreclient?
N.B. Sans surprise, sur notre base
clients de plus de 10 millions de per-
sonnes, 90 % sont des… clientes !
Notre cliente est parfaitement repré-
sentative de la femme française. Elle
est transgénérationnelle et fidèle et,
grâceàelle,notretauxdenotoriétéat-
teint99 %chezles18-65ans.
 Commentexpliquez-vousles
périodesdifficilesqu’elletraverse ?
E.C. La Redoute a beau être un ac-
teur majeur de l’e-commerce, elle est
confrontée à un marché difficile. De-
puis pas mal d’années, nous subis-
sons une concurrence physique.
Dans les années 1990, les magasins
alimentairesonteneffetcommencéà
laisser place aux magasins de mode
dans les centres-villes. Puis, nous
avons dû faire face aux « pure
players » du Web, ces magasins en
ligne24heuressur24ouverts7jours
sur7.Surlesseulestroisdernièresan-
nées,40000sitesdeventeenlignese
sont créés. Tout le secteur de la vente
par correspondance a été sévèrement
touché. Ainsi, la Camif ou la Source
(ex-Quelle)n’existentplus.
 Les3Suissesnesontpas
votreuniqueconcurrent?
N.B. Absolument pas ! Nos concur-
rents sont surtout les enseignes de
centre-ville qui se développent aussi
sur le Net, comme H&M, Zara, ou
des magasins en ligne comme Asos
ouZalando.Faceàcetteconcurrence
accrue, nous devons donc réinventer
notre modèle économique, revoir
notreoffreetnosservices.
 Commentcomptez-vous
redresserlabarre ?
N.B. L’époque où nous avions 2 col-
lections par an, avec nos deux
énormes catalogues de 1 200 pages
automne-hiver et printemps-été, est
révolue.Ilnousfautsanscesserenou-
veler notre offre et, depuis déjà deux
ans,noussommespassésde2à8col-
lections, avec un taux de renouvelle-
ment de 30 %. A l’avenir, nous au-
rons 10 collections, avec un taux de
renouvellement de 60 %. Et nous
voulons développer des partenariats
exclusifs comme celui que nous
avonsnouéaveclamarquedeprêt-à-
porter Ba&sh, qui sera annoncé le
15mai.Aujourd’hui,nousproposons
plusde70 000références.Et72 %de
notre chiffre d’affaires vient de nos
propresmarques.Design,stylisme,la
Redoute a un vrai savoir-faire. D’ici
quatre ans, la Redoute doit être le
leader sur le Web de l’habillement et
de la décoration pour les femmes de
plus de 30 ans. Elle doit retrouver sa
placeaucœurdufoyerfrançais.
 Etentermesdeservices ?
E.C. Là encore, nous ne partons pas
de zéro. Nous sommes sur un métier
trèsémotionneletpasserdupapierau
digital demande une grande agilité et
une expertise différente. Depuis déjà
cinq ans, nos équipes ont fait passer
les ventes Internet de 50 % à 85 %.
Plus de deux millions d’applications
ont déjà été téléchargées dont
700 000 pour la seule année 2013.
Notre page Facebook compte 2 mil-
lions de fans. Mais ces efforts restent
insuffisants car nos concurrents sont
plus nombreux, plus agiles, plus
agressifs.Nousallonsmettreenplace
un modèle opérationnel plus simple,
plus moderne et performant. Dans
deux ans, notre filiale Relais Colis
pourralivrerleclientlejourmême !
 PROPOSRECUEILLIS
PARSANDRINEBAJOS
(LP/Humberto De Oliveira.)
L’INVITÉ DE LA SEMAINE
« La Redoute doit réinventer
son modèle économique »
Nathalie Balla, PDG de la Redoute depuis 2009, et Eric Courteille, cadre dirigeant de Kering depuis 2002,
ont racheté le no1 de la vente par correspondance pour un euro symbolique. L’entreprise, qui pèse
1 milliard d’euros de chiffre d’affaires, se donne deux ans pour redresser la barre. Et devenir 100 % numérique.
Le chiffre
À RETENIR
935millions d’euros
de chiffre d’affaires en 2013.
Evelyne CHABALLIER,
professeur associé à l’Institut français de la mode (IFM), spécialiste de la distribution
«Cesquinzedernièresannéesont
étémarquéesparlafantastique
percéedeschaînesd’habillement
spécialiséesdontlapartdemarché
estpasséde29 %en1996,à40 %
aujourd’hui.Ellesontprisle
leadershipenproposantjusqu’à
douzecollectionsparan,rendant
totalementobsolètelerythme
traditionneldesdeuxgros
cataloguessaisonniers.Les
détaillantsdecentre-ville,puisles
rayonshabillementdes
hypermarchésetenfinlaRedouteet
les3Suissesontététouchés
fortement.Pourtant,laRedouteest
ledeuxièmedistributeurdeprêt-à-
porterfémininenFrance,derrière
lesGaleriesLafayettemaisdevant
CamaïeuetKiabi,H&MetZara !
C’estpourquoitouteslesfemmes,
oupresque,sesententconcernées
parl’histoiredel’entreprise.Mais
aveclacrise,lamontéeen
puissancedel’économiedigitaleet
l’arrivéedemarquestrèsagressives
commercialementcommeZalando,
AsosouAmazon,sonmodèleest
menacé.Pourunleadercommela
Redoute,ilestimpératifdetrouver
d’autresmodesdefonctionnement
offrantunebonnerentabilité.
LaRedoutedoitretissersesliens
aveclesconsommatricesen
reprenantleflambeaude
l’émancipationdesfemmesetd’une
certaineimpertinencedansla
créationetlacommunication.
Ils’agitderetravaillerledesigndes
marquespropresetausside
développerdescollaborationsavec
desdesigners,connusetmoins
connus,cequiatoujourscaractérisé
lamarqueRedouteapportantàses
clientsdepetitsluxesaccessibles.
Ladisparitiondesbigbookstrès
coûteuxetfigeantl’offreest
nécessaire.C’estcequis’estpassé
auxEtats-Unisauprofitdepetits
cataloguessegmentésetréactifs.»
 S.B.
(DR.)
CONTREPOINT
« Il faut retravailler le design des marques propres
et aussi développer des collaborations »
NATHALIE BALLA, ÉRIC COURTEILLE, coprésidentsdelaRedoute
06 ÉCONOMIE MÉDIAS ET COMMUNICATION
LE PARISIEN ÉCONOMIE I LUNDI 5 MAI 2014
Avec Finley, Coca-Cola
part à la conquête
des adultes
Publicis conseil, l’agence de Coca-Cola
France depuis dix ans, lance sa nouvelle
campagne. L’objectif : cibler les 25-45 ans
qui ne sont que 10 % à boire des « soft
drinks ». Et donner un coup de vieux à
Schweppes et à Perrier...
C’
est tout simplement le lance-
ment le plus ambitieux depuis
Coca-Cola Zéro en 2007, et
c’est en France que cela se passe.
Conformément à sa stratégie de tou-
cher une cible toujours plus large, et
notamment les adultes, le géant amé-
ricainvientdelancerdansl’Hexagone
la nouvelle boisson pétillante Finley.
Partant du constat que les Français ne
sontpasvraimentdegrosconsomma-
teurs de boissons rafraîchissantes,
préférant le thé, le café, les jus ou mê-
me le vin ou l’eau ( 10 % de leur
consommationcontre20%pourleurs
voisins européens), Coca a fait plan-
cherseséquipesderechercheetdéve-
loppement et de marketing pour
trouver le softdrink idéal. Pour venir
concurrencerSchweppesetPerrier,le
groupe américain a débloqués des in-
vestissements financiers importants
mais pas question de dévoiler le mon-
tant... La marque préfère rappeler
qu’en France, 75 % des foyers achè-
tentduCoca!
« Ces deux ans d’études nous ont
permis de confirmer ce que l’on pen-
sait fortement : il y avait un vrai
marché à prendre », raconte Céline
Bouvier, directrice du marketing de
Coca-Cola France. « Nous avons pu
constater que non seulement les
adultes français souhaitaient à la fois
une boisson aux goûts plus élaborés,
teintés d’amertume et d’acidité, et un
produit moins sucré avec des preuves
de naturalité ». Et depuis un mois
maintenant, Finley, « une boisson pé-
tillante sans édulcorant artificiel » dé-
clinée en trois saveurs orange-cran-
berry, citron-fleur de sureau, et
pamplemousse-orange sanguine, a
fait son apparition dans les magasins
français.
Mais créer une nouvelle marque c’est
bien, la faire connaître c’est mieux.
Pour séduire les 25-45 ans, son cœur
de cible, Coca a confié à Publicis
Conseil, son agence depuis dix ans, le
soin de lui concocter une campagne
depublicité.«Notrechallengeétaitde
créer une campagne qui revendique
clairement de parler aux adultes», ex-
pliqueCélineLejeune,responsabledu
budget Coca-Cola chez Publicis.
«Postulatdedépart:qu’est-cequica-
ractérise l’âge adulte ?
Nous sommes arrivés
à la conclusion qu’être
adulte, c’est avoir de
l’expérience,desgoûts
affûtés, des choix af-
firmés », poursuit la
publicitaire. Les adultes ayant suffi-
sammentd’expériencepourapprécier
la finesse et la subtilité des saveurs,
l’agenceaadoptécommesignaturede
la campagne Finley « Expérience
exigée ». Déjà sur les écrans depuis
une semaine avec deux spots TV, un
plus féminin, un autre plus masculin,
la campagne se décline également en
affichageàpartirdecelundi5mai.Le
curseurvaêtremisprochainementsur
le digital et une deuxième vague est
prévuecetété.
Si ce lancement est scruté à la loupe
par les dirigeants de Coca-Cola, il
faudraattendretroisanspoursavoirsi
l’essai est transformé... Mais d’ici là,
Finleydevraitêtrelancédansd’autres
pays.
 SANDRINEBAJOS
(DR.)
« Des goûts plus
élaborés, teintés d’amertume
et d’acidité »
L’actu
EN BREF
 HavasMédiaremporte
laFrançaisedesjeux
LaFédérationfrançaisedesjeux
vientdereconduirepourtroisans
l’agenceHavasMédiapour
qu’ellel’accompagne«dansses
enjeuxcommunicationetmedia
branding».EstiméparKantarà
130millionsd’euros,cebudget
étaitconvoitéeparCarat(groupe
Dentsu-Aegis)etKRMedia
(GroupM).
 L’américainViacom
s’offrelebritannique
Channel5
Viacomquidétientdéjàles
chaînespourenfants
NickelodeonetmusicaleMTV,
vientderacheterlachaîne
britanniqueChannel5qui
revendiqueplusde42millionsde
téléspectateursparmois.Le
groupedemédiasaméricaina
débourséquelques757millions
dedollars(546millionsd’euros).
 Haussede10%
desbudgets
dumarketingdigital
SelonlecabinetGartner,les
budgetsdumarketingdigital
augmenterontde10%en2014.
Cesbudgetsquipèsentpour
environuntiersdubudget
marketingconcernentlapublicité
on-line,lesiteWeb,lesocial
marketing,lecommercedigitalet
lesmobiles.
 Lespriorités
dunouveauprésident
deRadioFrance
MathieuGalletquiprendrales
rênesdeRadioFrancele12mai
prochain,veut«transformer»le
groupeenmettantl’accentsurles
antennesendifficultés:France
Info,LeMouv’etFranceMusique.
« Jenesuisàl’origineniun
hommederadio,niunjournaliste.
Jesuisunmanageur.Sij’aieu
enviedeprésiderRadioFrance,
c’estparcequej’aiconsidéréqu’il
yavaitd’abordunenjeu
d’entreprise»,a-t-ildéclaréaux
«Echos».
 DémissionàFrance3
ThierryLanglois,47ans,
directeurdel’antenneetdes
programmesdeFrance3depuis
2011,adécidédequitterson
posteàlafindelasaison.
 «Libération»
échappeàlafaillite
LetribunaldecommercedeParis
avalidéleplanderenflouement
dujournal«Libération»,proposé
parBrunoLedoux,actionnaire
majoritaire.Lesactionnaires
tablentsurunecinquantainede
départsvolontairesde
journalistes,pouruncoûtde
7millionsd’euros.
« Les datas nous
permettent d’affiner notre
offre à l’annonceur »
A
rrivé il y a huit mois à la tête du
GroupM, filiale du géant mon-
dial de publicité WPP, Pierre
Conte,vientdeprésenterunenouvelle
organisation de l’agence de conseil et
d’achat médias. Pour l’ex-numéro
deux du groupe Figaro, il était néces-
sairederapprocherlesservicesétudes
desdatas.
 Pourquoiréorganiserlegroupe?
La mission d’une agence médias est
de gérer les investissements publici-
taires des grandes marques. GroupM,
filiale de WPP premier groupe mon-
dial de publicité, fédère cinq agences
médias à Paris : KR Media, Mind-
share, Mediacom, MEC et Maxus.
Hier, les agences travaillaient avec
des études d’audiences et de consom-
mation établies sur l’observation du
passé. On préparait l’avenir en regar-
dant dans le rétroviseur ! Avec les
nouvelles technologies sont apparues
lesfameusesdatas,cefluxdedonnées
alimenté tous les jours, à tout instant,
par le comportement digital des inter-
nautes. Nous nous sommes retrouvés
face à une somme d’informations in-
croyables recueillies bien sûr en toute
légalité. Mais il faut les exploiter le
plus pertinemment possible. Nous
avonsdoncrecrutédesinformaticiens
et des techniciens pour aider les
agencesàvisualisercesdonnées,àles
exploiter. Avec la réorganisation,
nous créons un pôle commun baptisé
GroupM Next qui réunit les services
études et datas pour nos cinq agences.
Les compétences sont mises en
commun mais, bien sûr, chacune
garde son autonomie et sa personna-
lité
 Qu’attendez-vous
decetteréorganisation?
En rapprochant notre métier histo-
riquedesétudesàceluiplusrécentdes
datas,notreoffreàl’annonceurvaêtre
bien plus complète. Elle est en effet
enrichie d’éléments qualitatifs dits de
comportements. Nous pouvons aller
désormais par exemple bien plus loin
que le seul critère « ménagère de
moins de 50 ans ». Nous pouvons sa-
voir si elle est passionnée de mode, si
elle pense plus à ses enfants qu’à elle-
même ou l’inverse… Et affiner notre
offreàl’annonceurenfonctiondecri-
tèresdecomportements
 Votremétiern’estplusvraiment
lemême?
Notre métier de vendre de l’espace
publicitairereste,maisils’enrichitcar
l’annonceur est de plus en plus exi-
geant. Aujourd’hui, il ne veut plus
simplement toucher une cible, il veut
qu’elle réagisse. Nous allons au-delà
delasimplepublicité,nousproposons
des contenus (des programmes courts
par exemple) afin de faire réagir les
consommateurs. Nous avons créé
vingtpostesautourdel’édition,desli-
cences, de la production pour ré-
pondre à cette demande de plus en
plusforte
 Avoirunestratégienumériquea-t-il
encoredusensdansvotremétier ?
Oui,carc’estunvraibouleversement,
mais aujourd’hui tout est devenu nu-
mérique !Touslesmédiasclassiques,
delapresseàlaradio,sontdevenusdi-
gitaux. On ne réalise plus une cam-
pagne de publicité télé sans l’associer
à la catch-up TV (télévision de rattra-
page). En presse écrite, toute cam-
pagne se décline sur les sites, les ta-
blettes, les smartphones. Mais il faut
arrêter d’opposer les médias digitaux
aux médias classiques, l’un ne chasse
pas l’autre, ils sont complémentaires.
Cette complémentarité guide notre
nouvelle façon de travailler. Nous
sommesdesintégrateurs..
 PROPOSRECUEILLISPARS.B.
(Fabien Lemaire.)
Pierre CONTE,
PDG du GroupM France
REPÈRES
SelonlebaromètreTVenligneréalisé
parNPAConseiletGFK,
337millionsdeprogrammesontété
visionnésenfévrieravecuneforte
progressiondetroisgenres:lesport
(+41,3 %parrapportà
janvier2014),ledocumentaire
(+8,6 %)etledivertissement
(+8,3 %).
337
08 ÉCONOMIE FACE À FACE
LE PARISIEN ÉCONOMIE I LUNDI 5 MAI 2014
Nicolas CHOMETTE,
consultant en marketing,
communication et design
de marques, président
de l’agence D’Artagnan
 Les points forts
« L’enseigne joue l’esprit
club : la convivialité, le bien-
être, le vivre-ensemble et la
diversité des cours. Une
ambiance dans les clubs
(mais aussi dans sa
communication ou le code
couleur) très zen et soft. Ni
les machines de
musculation ni la quête de
performances ne sont mises
en avant. Les CMG Sports
Clubs sont très parisiens,
dotés de services ou
d’équipements prémiums
inclus dans les abonnements
(serviettes, espaces détente,
piscines, etc.). Le maillage
du réseau en Ile-de-France
est assez dense, ce qui
compte quand on sait que
les adhérents recherchent
avant tout des clubs à
proximité de leur domicile
ou lieu de travail. »
 Les points faibles
« Le changement de nom !
Attention à la perte de la
marque Club Med, qui était
le levier d’attraction le plus
important pour recruter de
nouveaux clients. C’était la
référence à la marque qui
justifiait de payer son
abonnement plus cher
qu’ailleurs. Quitte à changer
d’enseigne, il aurait fallu en
profiter pour trouver un nom
plus évocateur. Enfin, la
diversité des cours est telle
qu’on s’y perd un peu dans
les plannings… »
L’AVIS DE L’EXPERT
Club Med Gym : la parisienneL’enseigne qui fête ses 35 ans cette année réalise 82 millions d’euros de chiffre d’affaires avec 22 clubs implantés
uniquement à Paris et en région parisienne. Elle s’apprête à changer de nom pour devenir CMG Sports Club.
PDG : Franck Hédin.
Siège : Boulogne-Billancourt
(Hauts-de-Seine).
Chiffre d’affaires 2013 :
82 millions d’euros.
Effectif France : 650 salariés.
La fiche
D’IDENTITÉ
DATE DE CRÉATION
(Emmanuel Sarnin.)
1979
(DR.)
L’actualité de la marque
Positionnement
Créée en 1979, puis rachetée par le
Club Med pour toucher les Fran-
çais en dehors de leurs périodes de
vacances, l’enseigne détient au-
jourd’hui 20 clubs à Paris et en Ile-
de-France et une vingtaine en
Suisse. Elle vient de changer de
nom le 14 avril, passant ainsi du
très évocateur Club Med Gym au
plus discret CMG Sports Club. Lo-
gique, puisque le Club Med n’est
plus actionnaire du groupe qu’à
hauteur de 10 %…
« Après avoir été Gymnase Club
dans les années 1980, puis Club
Med Gym à partir de 2002, nous
appartenons depuis 2008 au fonds
d’investissement 21 Centrale Part-
ners (NDLR : famille Benetton),
explique Franck Hédin, le prési-
dent-directeur général. Cette nou-
velle identité devrait nous per-
mettre de continuer à capitaliser sur
la notion de club, qui reste fonda-
mentale, tout en revendiquant que
le fitness est un sport à part en-
tière. »
En proposant plus de 80 activités
sportives différentes, CMG Sports
Club se positionne comme l’en-
seigne spécialiste du fitness en ré-
gion parisienne.
Stratégie
CMG Sports Club n’affiche —
pour l’heure — aucune ambition
d’internationalisation à outrance ou
de développement massif en pro-
vince. « Nous avons encore des en-
jeux d’implantation à saisir à Paris,
souligne Franck Hédin. Et nous es-
pérons ouvrir 5 ou 6 clubs en Ile-
de-France avant de nous intéresser
à la province. Nous tenons à conti-
nuer d’exploiter tous nos clubs en
nom propre pour maîtriser nos
standards de qualité. »
L’enseigne, qui revendique
70 000 membres et 82 millions
d’euros de chiffre d’affaires (en
2013), a développé des offres pré-
miums aux tarifs en moyenne 20 à
30 % plus chers que ceux de la
concurrence : les CMG One
(17 clubs haut de gamme), les
CMG Waou (4 clubs luxe) et un
CMG Pure ultra-sélectif (2 000 ad-
hérents maximum). Depuis 2011,
elle conquiert également la Suisse
avec une vingtaine de clubs im-
plantés à Zurich et Genève sous le
nom de Silhouette.
Pour attirer les adhérents, CMG
Sports Club lance environ 6 nou-
velles activités sous licence et ten-
dance par an comme la zumba step,
l’aquapalming, le summer ready,
mills body pump, la strala yoga ou
le power sculpt. Et lance régulière-
ment des offres promotionnelles
sur ses abonnements.
Politique sociale
CMG Sports Club emploie un total
de 650 salariés dont une cinquan-
taine pour son siège social basé à
Boulogne-Billancourt. La majorité
des effectifs est dédiée à l’accueil
et à la gestion des clubs et, bien sûr,
aux cours de fitness.
« Le sport est une activité qui
touche à la santé et doit donc être
enseigné et encadré par des profes-
sionnels », souligne Franck Hédin.
CMG Sports Club emploie donc
400 coachs, pratiquement tous
formés dans son école agréée,
l’Institut des métiers de la forme
(IMF). Le groupe recrute pour l’en-
semble de ses concepts de clubs en-
viron 80 coachs et une soixantaine
de chargés d’accueil chaque année.
Un rythme soutenu inhérent au tur-
nover important dans ce secteur et
aux ouvertures d’un ou deux nou-
veaux CMG Sports Club par an en
moyenne.
Les produits qui
CARTONNENT
Les cours. Au total, 2 600 cours sont donnés
chaque semaine sur l’ensemble du réseau. Parmi
les best-sellers, le cycling lancé il y a une dizaine
d’années, qui vise la perte de poids, les mills body
pump, qui se pratiquent avec une barre et des
poids, le pump, lancé en 1990, ou le power sculpt,
lancé en 2013. Tarif : inclus (en illimité) dans les
abonnements.
Le CMG One. C’est le concept prémium de l’en-
seigne et aussi le plus répandu puisqu’il en existe
17 implantés à Paris et en région parisienne. Les
clubs One revendiquent 50 000 adhérents (plus
environ 5 000 abonnés trimestriels). Tarif : à
partir de 80 € par mois, accès aux cours illimité.
Le CMG Pure. Ce club unique et très exclusif de
1 300 m2 n’offre qu’un nombre de places limité à
2 000 adhérents. Installé au 4, place de la Bastille
(à Paris), il a ouvert en 2012 et propose en plus de
tous les cours dispensés d’ordinaire des services
luxe comme le prêt de serviettes, un hammam, un
sauna, un nombre limité d’adhérents par cours,
des séances de coaching. Tarif : 150 €/mois.
(Emmanuel Sarnin.)
(DR.)
(DR.)
70 000
Abonnements :
400
22
coachs
diplômés d’Etat
clubs en région parisienne
20en Suisse (Zurich et Genève)
adhérents en France
CMG One : 80 €/mois ;
CMG Waou : 120 €/mois ;
CMG Pure : 150 €/mois.
FACE À FACE ÉCONOMIE 09
LE PARISIEN ÉCONOMIE I LUNDI 5 MAI 2014
Moving : l’internationaleLe groupe Moving revendique 100 millions de chiffre d’affaires et 200 clubs implantés en province et DOM-TOM,
mais aussi au Maroc, à Dubaï, en Roumanie et au Portugal.
Directeur général
opérationnel : Michel Rota.
Siège : Paris (VIIIe).
Chiffre d’affaires 2013 :
100 millions d’euros.
Effectif France : une dizaine de salariés
en propre au sein du siège social.
La fiche
D’IDENTITÉ
DATE DE CRÉATION
(DR.)
1985
(Stéphane Vasco.)
Nicolas CHOMETTE,
consultant en marketing,
communication et design
de marques, président
de l’agence D’Artagnan
 Points forts
« L’enseigne a un nom et une
approche très directe et
fonctionnelle : elle expose
d’emblée les bénéfices des
cours et activités à ses clients :
perte de poids, musculation,
tonicité, etc. Elle ne souffre
pas du complexe Véroniqueet
Davinaqui touche encore
certains clubs de sport !
Moving fait clairement étalage
de ses machines et s’inscrit
dans la quête de performances.
Enfin, l’enseigne propose des
tarifs hyper attractifs et est
implantée partout en France,
sauf dans Paris. »
 Points faibles
« Impossible de trouver un club
Moving dans Paris ! C’est un
peu gênant car c’est justement
la proximité des clubs autour
des lieux de travail et
d’habitation qui fait la force
des grandes enseignes. Et une
quête de la performance peut-
être un peu trop directe : on
sait clairement qu’on achète de
la sueur et des efforts. Bref, on
en a pour son argent, mais il
n’y a pas d’esprit club, on vient
pour du concret, des prix, de la
performance et des résultats
physiques. Or, avec son
positionnement de plus en plus
low-cost, Moving est devenu
l’EasyJet ou l’Ikea des clubs de
sport : à ce prix, il y a
forcément des services et du
confort qu’on n’aura pas
(hammam, serviettes, cours
surchargés, etc.) ! »
L’AVIS DE L’EXPERT
Les produits qui
CARTONNENT
 Club Moving. Depuis 1985, 50 clubs im-
plantés en France proposent une trentaine de
cours collectifs et des activités lancées en avant-
première comme la zumba dès mai 2012 ou
l’aquaform. Ils disposent tous d’appareils de car-
dio-training et de musculation (tapis, vélos, step-
pers, rameurs). Tarif : à partir de 420 €/an.
 Lady Moving. Lancés en 1995, ces centres de
tonification et d’amincissement sont réservés
aux femmes de 15 à 80 ans qui n’ont pas l’habi-
tude de pratiquer le sport. Ils proposent des cir-
cuits de 30 minutes permettant de brûler 600 ca-
lories en passant d’un appareil à l’autre. Ils sont
aujourd’hui au nombre de 60, en France et à
l’international. Tarif : à partir de 590 €/an.
 Fitness Park. Ce concept low-cost, lancé en
2009, propose des équipements de fitness pour
« moins d’un euro par jour ». Les 34 clubs ou-
verts 7 jours sur 7, de 6 heures à 23 heures, fonc-
tionnent avec des cours collectifs projetés sur
écran géant. Tarif : 19,95 € le premier mois puis
29,95 €/mois.
L’actualité de la marque
Positionnement
L’enseigne lancée en 1985 est soli-
dement implantée en France et re-
connue pour son concept de clubs
mixtes à « dimension humaine ».
Le groupe possède aujourd’hui
quelques succursales en nom
propre mais surtout une majorité de
clubs franchisés, soit 200 salles au
total en France et à l’international
(Maroc, Portugal, Emirats arabes
unis, Roumanie). Il développe
5 concepts aux positionnements
différents. Les historiques Club
Moving (moyen de gamme, cours
mixtes), Lady Moving (moyen de
gamme, clubs réservés aux
femmes) ou Garden Gym (pré-
mium, fitness-santé). Et les clubs
« haut de gamme à prix low-cost »
qui proposent le même matériel
professionnel mais avec un nombre
de services réduits : les Fitness
Park lancés en 2009 (lire Ça car-
tonne) et Moving Xpress déve-
loppés à partir de 2011 (dans les-
quels les clients ne paient que les
activités qu’ils consomment). Une
diversité qui lui permet d’afficher
210 000 abonnés en France et un
chiffre d’affaires de 100 millions
d’euros.
Stratégie
« Nous sommes la seule enseigne à
proposer autant de concepts et de
positionnements, explique Michel
Rota, directeur général opéra-
tionnel du groupe Moving. La
seule capable d’offrir une solution
adaptée en fonction de chaque cible
et zone de chalandise. Nous vou-
lons continuer à quadriller le terri-
toire et sommes donc en quête per-
manente d’investisseurs et de
franchisés. » Objectif : ouvrir en-
core 30 à 40 clubs par an en 2014
et 2015 !
« Notre potentiel de développe-
ment, surtout en France, est très im-
portant, ajoute le dirigeant. Le
marché est loin d’être saturé no-
tamment en matière de clubs low-
cost. » Le groupe privilégie donc
les ouvertures de Fitness Park (des
clubs de 800 à 2 000 m2, implantés
dans des zones de plus de
100 000 habitants) et de Moving
Express (à partir de 300 m2, im-
plantés près des bassins de popula-
tion de plus de 30 000 personnes).
Politique sociale
A part la poignée de succursales
détenues en propre en Ile-de-
France ou à Marseille (nombre non
communiqué), le groupe Moving
mise depuis toujours sur la fran-
chise pour se développer. Des fran-
chisés qui, pour monter leur club,
doivent s’acquitter de droits d’en-
trée compris entre 15 000 et
35 000 € en fonction des concepts.
Puis assumer des investissements
allant de 150 000 à plus de
600 000 € (requérant des apports
personnels compris entre 50 000 et
200 000 €). Et reverser enfin entre
4 et 5 % de leur chiffre d’affaires
(HT) comme redevance d’exploita-
tion au groupe. Mais Moving as-
sume en contrepartie les frais de
publicité et assure permettre à ses
franchisés de dégager des chiffres
d’affaires allant de 150 000 € à
1,5 million d’euros par an et par
club.
Les 200 clubs du groupe emploient
plus de 1 000 coachs diplômés
d’Etat et doivent former l’ensemble
de leurs salariés régulièrement au
sein de l’école (payante) Moving
qui accueille chaque année 150 à
200 manageurs, environ 600 com-
merciaux et les coachs sur un ou
deux jours.
 DOSSIER RÉALISÉ PAR SOPHIE STADLER
(DR.)
(DR.)
(DR.)
250 000
Abonnements :
1 000
200
coachs
diplômés d’Etat
clubs en France
et DOM-TOM,
Dubaï, Maroc,
Roumanie, Portugal
adhérents dans le monde,
dont 210 000 en France et DOM-TOM
Fitness Park : 29,95 €/mois ;
Moving Express : à partir de 19,95 €/mois ;
Club Moving : entre 40 et 60 €/mois ;
Lady Moving : entre 40 et 60 €/mois ;
Garden Gym : à partir de 70 €/mois.
10 BUSINESS PAROLE D'ENTREPRENEUR
LE PARISIEN ÉCONOMIE I LUNDI 5 MAI 2014
 En tant que chef d’entreprise
d’une PME, puis-je m’assurer au
bénéfice de ma société en cas de
décès ?
Votre entreprise peut très
bien souscrire sur votre tête
une assurance décès. En
effet, comme dirigeant, vous
exercez des fonctions
essentielles à la bonne
marche de l’entreprise, de
telle sorte que votre décès
pourrait mettre en péril la
pérennité de la société. Il
s’agit donc de couvrir le
préjudice que votre société
encourrait du fait de votre
disparition et de faciliter par
le versement d’une
indemnité le temps de la
transition. Le montant des
capitaux nécessaires est
déterminé par une étude
chiffrée dosant l’impact de la
disparition du dirigeant sur
les résultats de la société.
Cette assurance souscrite à
fonds perdus n’est pas versée
au dirigeant ou à ses ayants
droit. Elle l’est au profit de la
société elle-même.
L’entreprise est donc à la fois
souscriptrice et bénéficiaire.
Les cotisations versées sont
fiscalement déductibles de
son bénéfice. Mais les
capitaux versés à titre
d’indemnisation par
l’assureur sont imposables.
 Dans l’incapacité d’offrir une
augmentation de salaire à mes
employés, y a-t-il un intérêt à ce
que l’entreprise leur propose des
titres restaurant ?
L’utilisation des titres
restaurant présente en effet
des avantages, aussi bien
pour le salarié que pour
l’entreprise. L’employeur n’a
pas à financer en totalité ces
titres. Sa contribution se
limite à 50 voire 60 % de la
valeur nominale du ticket
dans la limite de 5,33 €
(seuil en vigueur pour 2014).
La part complémentaire est à
la charge de l’employé. Il ne
doit être attribué qu’un seul
titre restaurant par jour de
travail et n’exister aucun lieu
de restauration sur place.
Dans le respect de ces
conditions, la contribution de
l’employeur s’assimile à un
complément de
rémunération. Le salarié, lui,
est exempté d’impôt sur le
revenu dès lors que son
montant annuel ne dépasse
pas 1 364 € (revenu de
2013). De son côté, les
sommes engagées par
l’employeur sont exonérées
de charges sociales.
 YVES THOMAS
VOS DROITS
Posez vos questions par mail à :
mlaghouati@leparisien.fr.
ÇA COÛTE OU ÇA RAPPORTE ?
Un véhicule
de fonction en LLDDe plus en plus d’entreprises font appel à la location
longue durée pour optimiser la gestion de leur parc
automobile. Attention cependant à bien choisir sa
formule, en fonction de ses besoins.
L
e calcul mérite d’être fait.
« Les patrons de TPE achètent
souvent leurs voitures, paient
les dépenses courantes liées à leur
utilisation (changement de pneus,
révision) et finissent par les re-
vendre, analyse Philippe Brendel,
président de l’Observatoire du vé-
hicule d’entreprise (OVE). Mais ils
ignorent, au bout du compte, le
coût d’usage de leur véhicule,
c’est-à-dire combien il leur revient
tout compris. » Or, ce coût peut
dans certains cas être bien diminué
en faisant appel à d’autres types de
gestion de parc automobile et no-
tamment la location longue durée.
Ce système, qui permet de louer un
véhicule pour une durée supérieure
à 24 mois avec des formules in-
cluant de nombreux services
(comme l’entretien ou la répara-
tion) s’est considérablement déve-
loppé ces dernières années. Il
concerne aujourd’hui près de 60 %
des véhicules nouveaux en entre-
prise, selon l’OVE.
Pour comparer le coût d’une voi-
ture selon son mode d’acquisition,
l’observatoire propose une simula-
tion (hors fiscalité). Ainsi, un véhi-
cule hybride moyenne gamme
conservé quatre ans pour
80 000 km effectués coûtera à
l’achat, avec un crédit, 25 756 €
tout compris, soit 0,322 € du kilo-
mètre (hors assurance et carbu-
rant). Avec la location longue
durée, le prix total serait 23 568 €,
soit 0,295 € du kilomètre, donc
avec un écart final de 8,4 %. Mais
pour optimiser ce dispositif, mieux
vaut bien étudier ses besoins.
Des offres spéciales TPE-PME
Si les grands comptes peuvent né-
gocier des ristournes importantes,
les TPE-PME peuvent également
avoir accès à des offres avanta-
geuses et désormais packagées
comme celles de leurs grandes
sœurs (avec achat, entretien, répa-
ration) et selon leurs besoins (assu-
rances possibles en plus, par
exemple). Les loueurs qui souhai-
tent développer ce marché propo-
sent régulièrement des offres pro-
motionnelles limitées dans le
temps. Par exemple, Arval France
met actuellement en avant la loca-
tion sur 36 mois pour 90 000 km
d’une Peugeot 208 1.6 Allure pour
474 € par mois (soit 17 064 € sur la
durée, le prix constructeur s’éle-
vant à 20 120 € TTC) avec pneu-
matiques, assistance, entretien et
assurances comprises. Leaseplan
Go, service dédié aux TPE-PME
du loueur LeasePlan, propose
quant à lui une Peugeot 208
1,4 litre Hdi pour 248,90 € par
mois, sur 48 mois pour 60 000 km.
Une offre comprenant notamment
l’entretien et la réparation ainsi que
l’assistance 24 heures sur 24 et le
véhicule de remplacement en cas
de panne, accident ou vol.
Choisir sa formule
« Il faut que l’entreprise évalue ce
qu’elle doit internaliser et ce qu’el-
le doit externaliser » explique Gré-
gory Libre, directeur commercial et
marketing d’Arval France. Il y a
une douzaine d’années, la filiale
française de la société Pall a décidé
de passer son parc automobile de
180 voitures (coût actuel de 2 mil-
lions d’euros) à la location longue
durée. Elle a décidé de conserver la
gestion en direct des assurances, du
carburant, ainsi que des pneumati-
ques des quatre roues. « En gardant
la gestion des assurances, nous
avons plus de souplesse pour revoir
les contrats tous les ans », analyse
Frédéric Prévost, responsable auto-
mobile de Pall.
Le choix des véhicules
L’entreprise doit trouver le véhi-
cule qui correspond le mieux à ses
besoins professionnels et à son
budget. En 2013, selon l’OVE, une
Twingo coûtait en moyenne tout
compris 22 964 € sur 48 mois, soit
0,230 € par kilomètre tandis qu’une
508 coûtait 43 825 € TTC sur 48
mois, soit 0,438 € par mois. Atten-
tion aussi à la fiscalité des véhi-
cules. Un véhicule particulier,
l’équivalent de celui de Monsieur
tout-le-Monde, est par exemple da-
vantage taxé (non récupération de
la TVA, plafonnement de la déduc-
tion des amortissements) que le vé-
hicule utilitaire léger (deux places,
deux portes). Autre exemple : la
taxe sur les véhicules de société
augmente en même temps que les
émissions de CO2 de chaque voi-
ture, selon un barème très précis.
 FLORE MABILLEAU
La location longue durée permet de louer un véhicule pour une durée supérieure à 24 mois avec des formules
incluant de nombreux services (comme l’entretien ou la réparation).(LP/Philippe Lavieille.)
EN SAVOIR PLUS
À CONSULTER
 « Le Mémento automobile des
sociétés 2013 », édité par
l’Observatoire des véhicules
d’entreprise (OVE), disponible
gratuitement sur inscription :
www.observatoire-vehicule-
entreprise.info/m em ento-
autom obile-des-societes-2013
 Le TCO Scope 2013 qui calcule
le coût d’usage du véhicule, selon
les types de véhicules choisis.
Disponible gratuitement après
inscription sur www.observatoire-
vehicule-entreprise.com /tco-scope-
2013.
 Le Syndicat national des loueurs
de voiture longue durée
www.snlvld.com /
0,373euros TTC
c’est le coût moyen global par
kilomètre des véhicules
particuliers en LLD en 2013,
calculé par l’OVE (comprenant la
dépréciation du véhicule, les frais
financiers liés à son acquisition,
l’entretien et l’assurance, les
charges sociales et fiscales).
PAROLE D'ENTREPRENEUR BUSINESS 11
LE PARISIEN ÉCONOMIE I LUNDI 5 MAI 2014
LA CLÉ DU SUCCÈS
« Le sur-mesure ! » Qualité, souplesse et proximité, sont les trois prin-
cipes fondamentaux sur lesquels s’est bâti Family Sphère. Et depuis
dixans,pasquestiond’ydérogerpourMinaZanat,saprésidente.
JE CRÉE MA BOÎTE
« Notre concept : une mode
urbaine et pointue »
E
lles sont trois, férues de mode, et
ontdesidéespleinlatête.Jeanne
(25 ans), Hélène (23 ans) et Dé-
borah (28 ans) ont fondé en 2010 la
marque Panthéone, une ligne de prêt-
à-porter de streetwear et développent
en parallèle leur studio de création
couture qui collabore avec les grands
nomsdumilieu.Alacroiséedelamo-
deetdel’événementiel,lestroisasso-
ciées mènent leur barque au travers
d’un concept store installé à Paris et
d’un e-shop qui va bientôt permettre
de vendre la marque dans toute la
France. Leur griffe : des vêtements
streetwear pointus — à l’image de
leur emblématique robe casquette qui
leuravaluleurpremiersuccèsmédia-
tique—destinésàdesamoureuxdela
mode urbaine mais aussi à des mar-
ques qui souhaitent établir des colla-
borations avec une maison indépen-
danteetcréative.
Unchiffred’affairesde100 000€
visépourlasaison2014-2015
Reste que la création de leur entre-
prise n’a pas toujours été un long
fleuve tranquille. « Panthéone, c’est à
l’origine l’histoire de deux amies qui
rêvent de monter leur marque. Se
confronter à la réalité et transformer
l’essai avec une vraie stratégie busi-
ness a été évidemment plus com-
pliquéqueprévu»,sesouvientJeanne
Bibette, gérante de l’entreprise. Mais
les trois filles sont soutenues : en
2013, elles intègrent l’incubateur No-
vancia,cequiconstitueleréelpointde
départ de Panthéone. « Ils nous ont
très concrètement aidées à trans-
former notre rêve en projet d’entre-
priserentable»,commenteJeanne.
Qualification des rôles, dépôt des sta-
tuts, définition du business model :
quand les trois associées quittent l’in-
cubateur en septembre 2013, elles sa-
vent enfin précisément où elles vont.
Premier objectif : lancer une ligne de
prêt-à-porter productible à grande
échelle, qu’elles pourront distribuer à
la fois dans leur boutique, leur e-shop
mais également au travers de maga-
sins renommés dans le monde entier.
« Parmi nos priorités, se faire distri-
buerparleconceptstoreOpeningCe-
remonyàNewYork»,confieJeanne.
Côté finances, alors que les associées
ont investi 30 000 € de fonds propres,
elles visent un chiffre d’affaires de
100 000€pourleurprochainesaison.
Et comptent bien lancer des levées de
fond pour grossir vite et pouvoir as-
surer leur capacité de production.
«Nousvoudrionsfaireungrandbond
en avant, pouvoir nous projeter plus
loin », explique Jeanne, qui n’a pas
peur de ses ambitions. Elle voudrait
ainsi que leur studio de création, qui
pour l’heure assure les collaborations
avec des marques et des événements
comme des festivals, devienne une
vraie agence de design. Et compte
bien sur le collectif de talents qu’elles
ont fédéré autour de leur marque —
modélistes, graphistes — pour déve-
lopperencoreettoujoursPanthéone.
 MARIONROUCHEUX
(DR.)
SA BIO
 1989 : naissance à Bordeaux
(Gironde).
 2011 : diplôme de l’atelier
Chardon-Savard.
 2010 : dépôt de la marque
Panthéone.
 Mars 2013 : entrée dans
l’incubateur Novancia.
 27 février 2013 : ouverture
du concept store à Paris.
SES CONSEILS
 Intégrer un incubateur.
 Savoir bien s’entourer, on ne
peut pas tout faire tout seul.
 Toujours croire en son
projet.
En partenariat avec www.terrafemina.com
SUCCESS STORY
« Family Sphere propose
des Mary Poppins
aux parents »
L
es Françaises sont nombreuses
à travailler et leur taux de fé-
condité caracole en tête des
pays européens. Mais faire garder
son enfant a toujours relevé du par-
cours du combattant. Entre les
places en crèche distribuées au
compte-gouttes et la nounou par-
faite qui reste trop souvent une perle
rare, les parents s’arrachent les che-
veux. C’est forts de ce constat
qu’une dizaine de parents ont lancé
il y a huit ans Family Sphere qui
revendique aujourd’hui d’être
l’agence leader de garde d’enfants à
domicile en France.
« Si notre société fonctionne si bien,
c’est qu’elle repose sur trois prin-
cipes fondamentaux, qualité, sou-
plesse et proximité, et qu’elle pro-
pose du sur-mesure », explique
aujourd’hui sa présidente et princi-
pale actionnaire, Mina Zanat. Ex-
banquière, elle a rejoint l’aventure
en 2007, en ouvrant l’agence de Le-
vallois (Hauts-de-Seine) qui va
rayonner sur le très chic Ouest pari-
sien. Selon elle, le succès est immé-
diat car « nous avons tout de suite
perçu que les parents, des CSP +,
avaient besoin de solutions modula-
bles et sûres ».
« Cela marche tellement bien
que j’ai même du mal à recruter »
Dès la première année, l’agence sé-
duit 100 clients et embauche 80 per-
sonnes. Avec un chiffre d’affaires
de 450 000 € pour un bénéfice de
100 000 €, « nous sommes tout de
suite rentables », se félicite Mina
Zanat. S’offrir une nounou à plein
temps n’est pas donné à tous car il
en coûte en moyenne 3 500 € aux
parents. Et même s’ils reçoivent une
aide de la CAF et peuvent bénéfi-
cier d’une réduction fiscale, l’addi-
tion est salée... Family Sphere
touche donc une clientèle assez
aisée.
Mais la demande ne faiblit pas.
Deux ans plus tard, une agence à La
Garenne-Colombes s’ouvre et Mina
Zanat se voit confier dans la foulée
la direction du développement de
Family Sphere. « Cela marche telle-
ment bien que j’ai même du mal à
recruter », explique-t-elle. Au-
jourd’hui, la société emploie
5 000 nounous en CDI mais certains
(10 % sont des hommes) ne font
que quelques heures par jour. En
équivalent temps plein, cela repré-
sente près de 200 postes. Sous l’im-
pulsion de cette jeune quadra née en
Algérie, la société agréée par l’Etat
va se développer aux quatre coins
de la France et elle compte désor-
mais 92 agences. Mais, reconnaît sa
présidente, « il reste encore des pe-
tits trous à combler notamment du
côté du Grand Ouest ». « Nous sou-
haitons notamment ouvrir des
agences à La Rochelle, à Quimper
ou au Mans. » Et puis, Mina Zinat
aimerait bien maintenant pousser
les frontières. Elle est actuellement
en contact avec le Maroc et l’Al-
gérie, l’Allemagne et la Roumanie.
 SANDRINE BAJOS
L’entreprise de Mina Zinat, Family Sphere, est leader de la garde à domicile. Elle compte aujourd’hui 92
agences dans l’Hexagone et aspire à se développer à l’international. (LP/Humberto De Oliveira.)
Mina
ZANAT
présidente et
principale
actionnaire de
Family Sphere
Jeanne BIBETTE, Déborah AMARAL et Hélène GLOUX,
respectivement 25 ans, 28 ans et 23 ans, cofondatrices de Panthéone,
Paris (XVIIIe)
12 BUSINESS CAP SUR LA CROISSANCE
LE PARISIEN ÉCONOMIE I LUNDI 5 MAI 2014
OPPORTUNITÉS
Un concours pour encourager
les PME à l’export
Les petites et moyennes
entreprises peinent
à se lancer à la conquête
de nouveaux marchés.
PME Export veut les
encourager à passer le cap.
L
es PME désireuses de se tourner
versl’internationaln’ontplusque
quelquesjourspourseportercan-
didates au tout nouveau concours
PME Export. Lancé par le salon Pla-
nète PME, en partenariat avec Ubi-
france (l’agence française pour le dé-
veloppement des entreprises à
l’international) et la Banque publique
d’investissement(Bpifrance),ilinvite
toutes les entreprises patrimoniales
(dont les dirigeants sont les proprié-
taires) existant depuis au moins trois
ans et ayant enregistré une croissance
de leur chiffre d’affaires ces trois der-
nièresannées,àprésenterleursprojets
dedéveloppementàl’export…Atten-
tion,clôturedesdépôtsdecandidature
le16mai !
A la clé de ce nouveau concours,
censé booster l’intérêt des petites et
moyennes entreprises françaises pour
lesmarchésextérieurs,unprogramme
d’accompagnement personnalisé
pendantunan,assuréparlescoachset
experts de Bpifrance et d’Ubifrance,
permettant au lauréat de mettre en
œuvre ou d’accélérer son projet.
« Deux thématiques sont de plus en
plus fortes chaque année sur le salon
Planète PME : l’innovation et l’inter-
nationalisation, explique Bruno
Fuchs, commissaire général de cet
événement. Ce concours a donc pour
ambition de prouver aux entrepre-
neursetdirigeantsdePMEqu’onpeut
être petit et aller conquérir de nou-
veauxmarchés.»Unenjeuloind’être
anodin… « Ce type de concours —
comme il en existe aussi beaucoup en
régions organisés par les chambres de
commerce ou par Ubifrance — est
primordial pour rassurer les entrepre-
neurs et les encourager à franchir ce
cap essentiel à la croissance de leur
entreprise, explique Alain Renck, di-
recteur du pôle export de Bpifrance et
également membre du jury de PME
Export. Et il y a urgence, car les PME
françaises ne sont pas assez exporta-
trices alors que leurs concurrents his-
toriques (comme l’Allemagne ou
l’Espagne) ou émergents (la Chine, le
Brésil, l’Asie, le Mexique…) y cou-
rent. Nos PME innovantes ne doivent
donc plus se laisser damer le pion, car
chaque place perdue aujourd’hui le
serapourtrèslongtemps !»
Pour espérer remporter le concours
qui aura lieu le jour du salon Planète
PME,le19juinaupalaisdesCongrès
deParis,lesentreprisescandidatesde-
vront rivaliser d’esprit d’initiative et
d’ambition.«Nousattendonsenviron
80 candidatures, ajoute Bruno Fuchs.
DixPMEserontsélectionnéespourla
finaledu19juinquisejoueraendeux
manches. Nous encourageons toutes
les entreprises à y participer sans li-
miter les typologies de projets ni des
secteursd’activitéconcernés.»
Le principe est simple : le jour J, les
dix compétiteurs devront présenter
chacun leur tour leur projet, en un
pitch de trois à quatre minutes, avant
de répondre aux questions des
cinq membres du jury, chefs d’entre-
prise, membres de Bpifrance, de la
Confédération générale des petites et
moyennes entreprises (CGPME) ou
d’Ubifrance. Dans un deuxième
temps, les deux meilleurs projets se-
ront confrontés de nouveau pour être
départagés. C’est la qualité de l’inno-
vation proposée, l’ambition interna-
tionale,lacapacitéàcréerdesemplois
et bien sûr le leadership du dirigeant
qui feront toute la différence et qui
orienterontlechoixdujuryinfine.
 SOPHIESTADLER
(Getty Images/Robert Churchill.)
EN SAVOIR PLUS
DÉPOSERSACANDIDATURE
 En téléchargeant le dossier
d’inscription sur le site
www.planetepm e.org(rubrique PME
Export) et en le retournant complété
avant le 16 mai à minuit par mail à
pmeexport@planetepme.org, par fax
au 01.42.89.87.11 ou par courrier
au commissariat général de Planète
PME, concours PME Export,
30, rue Fortuny, 75017 Paris.
YALLER
 Salon Planète PME, le 19 juin de
8 heures à 22 heures au palais des
Congrès de Paris.
www.planetepm e.org
ÀCONSULTER
 Le site d’Ubifrance :
www.ubifrance.fr.
 Le site de Bpifrance :
www.bpifrance.fr.
91 %des entreprises
françaises
présentes à l’international
exportent en Europe. 57 % le font
en Afrique du Nord et 44 % au
Moyen-Orient.
Bons
PLANS
 Concours
 Le département de la Sarthe
organise le concours Sarthe
Me Up pour attirer les
entrepreneurs. A la clé pour le
lauréat : six mois de salaire pour
monter sa propre entreprise en
Sarthe. Seule condition : avoir
un solide projet professionnel.
Dépôt des candidatures
jusqu’au 20 juin sur le site
www.sarthe-m e-up.com . Les
cinq meilleurs postulants
seront auditionnés par un jury.
 Plus de 50 000 € de
dotations : c’est le montant total
qui sera accordé aux lauréats
du concours national de
création d’entreprises
écocitoyennes. Tous les
porteurs de projet qui
répondent au moins à l’une des
trois catégories suivantes
peuvent participer : entreprise
et handicap, entreprise et
environnement, entreprise et
égalité des chances. Dépôt des
candidatures jusqu’au 2 juin
par mail : concoursentreprise@
groupe-igs.fr.
Plus d’informations sur
www.facebook.com /CCE.ESAM .
 Soutenir les talents féminins
du secteur numérique : c’est
l’objectif du trophée
Excellencia des femmes high-
tech, qui récompense les
créatrices d’entreprise, les
étudiantes et les femmes
engagées dans l’humanitaire.
Candidatures jusqu’au 31 mai
sur www.excellencia.org.
Jean-François
ROUBAUD,
président de la
Confédération générale
des petites et moyennes
entreprises (CGPME),
organisatrice du salon
Planète PME
 Les PME Françaises sont-elles nombreuses à se lancer
à la conquête de l’international ?
En 2013, 120 699 entreprises ont exporté, soit une
hausse de 1,2 %. Ce niveau n’avait pas été atteint
depuis 2008. C’est encourageant, mais les PME
françaises n’exportent pas des volumes très
importants. Les entreprises de moins de 20 salariés,
qui représentent pourtant 75 % des entreprises
présentes à l’export, se partagent seulement 23 % du
montant total des exportations.
 Pourquoi les PME françaises sont-elles moins performantes
à l’international que les PME allemandes ?
Les PME allemandes sont plus grandes. Les
entreprises de moins de 9 salariés représentent en
France 93 % du total des entreprises et seulement
88 % en Allemagne. L’Allemagne compte deux fois
plus d’entreprises de 10 à 250 salariés. Une PME
allemande sur quatre tourne ses activités vers
l’international. L’Allemagne compterait ainsi près de
350 000 entreprises exportatrices dont
336 000 PME.
 De quoi manquent nos PME ?
Elles ont une vision à court terme et opportuniste des
actions à l’export. Les chefs d’entreprise manquent de
temps et de collaborateurs pour se lancer à
l’international et se posent des questions sur la
protection de leurs produits. Enfin, les produits
allemands bénéficient d’une réputation de qualité, les
produits espagnols sont jugés peu chers, mais les
Français souffrent d’une position d’entre-deux et
n’arrivent donc jamais en première position…
 Pourquoi les PME françaises doivent-elles relever
le challenge de l’export ?
Le commerce extérieur représente un levier de
croissance que nous ne pouvons plus négliger.
L’emploi dans les PME européennes actives à
l’international a progressé de 7 % en 2008 contre 1 %
pour les PME centrées sur le seul marché national.
Les PME présentes dans les échanges mondiaux sont
trois fois plus nombreuses à innover que celles
centrées sur leur marché national. Enfin, la croissance
du commerce mondial est évaluée à 4,7 % en 2014,
deux fois plus qu’en 2013. Pour trouver la croissance,
il est donc primordial de saisir les opportunités
offertes par ce sursaut d’activité mondiale !
(Hervé Cortinat.)
L’AVIS DE...
« C’est un levier de croissance
à ne pas négliger »
ILE-DE-FRANCE BUSINESS 13
LE PARISIEN ÉCONOMIE I LUNDI 5 MAI 2014
En partenariat avec
Eurosatory, le salon
des pros de la défense
Les PME de la
sécurité et de la
défense ont jusqu’au
23 mai pour s’inscrire
aux rendez-vous
d’affaires du salon
international.
E
urosatoryestlesalondesprofes-
sionnelsdeladéfenseetdelasé-
curité le plus important au
monde. Il se tient tous les deux ans à
Parisetauralieucetteannéedu16au
20 juin au parc des Expositions de
Paris-Nord Villepinte (Seine-Saint-
Denis). Comme son homologue le
Paris Air Show (salon du Bourget), il
attire une foule de visiteurs de tous
lescontinents.
« L’édition 2012 d’Eurosatory a at-
tiré près de 55 000 professionnels
venus d’une cinquantaine de pays,
explique Patrick Colas des Francs,
son commissaire général. Si certains
grands acteurs, comme Airbus,
Boeing ou Thales, sont des expo-
santsincontournables,lestroisquarts
des professionnels qui exposent ou
visitentEurosatorysontenréalitédes
PMEenquêtedenouveauxmarchés,
d’internationalisation et de parte-
naires technologiques et commer-
ciaux. Nous avons donc lancé nos
rendez-vous d’affaires dès 1995, en
partenariat cette année avec la
chambre de commerce Paris Ile-de-
France (CCIP), afin de permettre à
tous ces acteurs de profiter des quel-
ques jours de salon pour se ren-
contrer.»
Unaccompagnement
pendantplusd’unan
Grands groupes et PME peuvent
ainsi s’inscrire en ligne jusqu’au
23 mai. Le planning interactif du site
leur permet d’entrer en contact avec
les entreprises qui les intéressent et
de programmer leurs entretiens (en
face à face, limités à 30 minutes). Ce
service est gratuit pour les exposants
du salon, mais payant pour les visi-
teurs(500€).
« Cette plate-forme interactive est un
peu le Meetic des rencontres profes-
sionnelles et internationales du sec-
teurdeladéfenseetdelasécurité,ex-
plique Mathilde Bendler, en charge
de ce projet à la CCIP. Les entre-
prises renseignent leur profil, leur
secteur d’activité, expliquent quels
partenaires elles souhaitent ren-
contrer, quelles innovations elles
présentent ou quels produits elles
veulent acheter et la plate-forme les
aideàentrerenrelation,puisàseren-
contrer physiquement pendant le
salon.»
Une fois l’inscription faite, la CCIP,
membreduréseauEnterpriseEurope
Network, aidera si besoin les PME
de la région à améliorer leur présen-
tation. Elle conservera ensuite leurs
données pour les accompagner pen-
dant plus d’un an dans leurs recher-
ches de partenaires. 1 500 inscrits et
plusde4000rencontresentreprofes-
sionnels sont espérés. Un challenge
de taille quand on sait que sur d’au-
tres salons (Milipol, Pollutec, Thetis)
ce type de plate-forme n’attire en gé-
néralque400à500inscrits!
 SOPHIE STADLER
L’édition 2012 d’Eurosatory a attiré au parc des expositions de Paris-Nord Villepinte
près de 55 000 professionnels venus d’une cinquantaine de pays. (Gilles Cohen.)
EN SAVOIR PLUS
 Inscriptions avant le 23 mai sur
www.eurosatory2014businessm eetings.
com .
Attention, les entreprises doivent
s’inscrire et rédiger leur profil
en anglais uniquement. Les profils
rédigés dans d’autres langues
ne seront pas enregistrés !
En
BREF
 CongrèsInnovcom
Mardi6mai,lesdirecteurs
marketing,commerciauxet
ressourceshumainesdes
entreprisesfranciliennes
pourrontdécouvrirlessolutions
proposéesparlesexpertspour
«accélérerlemarketingetles
ventesen2014».De8heuresà
13heures,auditoriumdela
Poste,Paris(XVe).Inscriptions
surwww.innov-com .biz
 Formations
Ledocumentunique
d’évaluationdesrisquesest
obligatoireetdoitêtreactualisé
touslesans.Poursavoir
commentl’élaborer,lachambre
decommerceetd’industriedu
Val-de-Marneorganisedes
sessionsdeformationd’une
journéequis’adressentàtoute
entreprise,quelquesoitson
secteurd’activité,employantau
moinsunsalarié.Prix:558€
net.Prochainessessions:
20mai,12juin,30juillet.
Uneautresessionestorganisée
surlethème«Fondamentauxen
ressourceshumaines:droitset
obligationsdel’employeur»
(mêmetarif).Les22maiet
1er juillet.
CCIVal-de-Marne,8,place
Salvador-Allende,Créteil.
Renseignementset
inscriptions:0.820.012.112.
www.cci94.fr(rubriqueAgenda).
AGENDA
Journées de la transmission
d’entreprise
Chaque année, 8 000 PME,
pourtant rentables,
disparaissent faute de trouver
un remplaçant lors du départ
du dirigeant. Les Journées de
la transmission sont l’occasion
de mettre en relation les
cédants et les repreneurs
potentiels et de faire le point
sur les conditions : fiscalité,
vente… Avec cette année,
un focus plus particulier sur
la notion de « priorité
salariale » définie par le projet
de loi Hamon.
Les 2 et 3 juin au palais des
Congrès, Paris (XVIIe). Entrée
libre. Inscriptions sur
www.lesjte.com .
Votre établissement est-il accessible à tous ?
Anticipez votre mise aux normes !
Réalisez un diagnostic avec un professionnel !
Information et inscription :
sur commerce.cci-paris-idf.fr
DROITETRÉGLEMENTATION
 TÉMOIN
« Nous nouons une dizaine de contacts à chaque fois »
Spécialiste des systèmes de sécu-
rité et de surveillance infrarouges
à destination des industriels, des
militaires ou de la sphère civile,
HGH est une PME innovante qui
emploie 50 personnes et réalise
un chiffre d’affaires annuel d’en-
viron 9 millions d’euros. « Nous
sommes un acteur mondial de
l’infrarouge et nous commerciali-
sons des systèmes optroniques
complets de haute technicité sur
un marché de niche, explique
Gildas Chauvel son responsable
marketing. Nous réalisons plus de
85 % de notre chiffre d’affaires à
l’export, et notre développement
à l’international est une priorité
permanente. Nous participons
ainsi à une cinquantaine de salons
professionnels chaque année pour
trouver des partenaires commer-
ciaux et technologiques. »
La PME sera donc exposante en
juin sur Eurosatory et s’est déjà
inscrite aux rendez-vous d’af-
faires. « Nous y étions il y a
quatre ans et nous participons à
tous les rendez-vous d’affaires or-
ganisés par la CCIP et le réseau
Enterprise Network sur les salons
où nous allons — comme Milipol
(NDLR : salon bisannuel de la sé-
curité intérieure). Ce qui nous
permet de rencontrer en moyenne
une dizaine de contacts préalable-
ment très ciblés (dirigeants, direc-
teurs des achats, directeurs tech-
niques) dans des PME et chez les
grands comptes. » Les retours ne
sont pas immédiats, car les déve-
loppements commerciaux sont
longs dans le secteur, mais ces
rencontres programmées permet-
tent d’entrer en contact direct
avec de grandes entreprises diffi-
cilement accessibles d’ordi-
naire… et sont donc plus effi-
caces pour parler business !
Gildas CHAUVEL,
responsable marketing
de la société HGH, basée à Igny
(Essonne)
(DR.)
14 BUSINESS PROSPECTIVE
LE PARISIEN ÉCONOMIE I LUNDI 5 MAI 2014
MARKETING
Sécuriser son site marchand
Pour assurer la sécurité de ses transactions,
pour lui comme pour le client, le commerçant
peut passer par sa banque ou par un
prestataire de service. Sans oublier pour
autant les précautions de base.
E
n 2013, le marché français du
commerceélectroniquecomptait
138 000 sites actifs, selon la Fé-
dération de l’e-commerce et de la
vente à distance (Fevad), soit 20 000
de plus que l’année précédente, et
trois fois plus qu’il y a cinq ans... La
question des moyens de paiement à
proposer et de leur sécurité est essen-
tielle. Avant tout, le futur e-commer-
çant doit obtenir auprès de sa banque
uncontratVAD(venteàdistance).
« Les établissements sont parfois fri-
leux avec les petits commerçants
qu’ils ne connaissent pas, certains
peuventdoncessuyerdesrefus»,pré-
cise Bertrand Pineau, responsable des
questions de paiement et de moné-
tique à la Fevad. « Dans ce cas, il faut
setournerversPayPaloud’autressys-
tèmes équivalents, qui ne nécessitent
pas de contrat VAD et peuvent se
mettre en place plus rapidement. » In-
convénient : PayPal facture 25 cen-
times par transaction, en plus d’une
commission de 3,4 % (dégressive en
fonctionduvolumedevente),soitnet-
tement plus que ce que peut générale-
ment proposer une banque pour les
paiements sécurisés. François
Brouilly, gérant de Botanique Edi-
tions, spécialisé dans le jardinage et
passé du catalogue à la boutique en
ligne en 2004, a ainsi fait appel à Po-
werboutique, « une sorte de galerie
marchande du Web, qui propose des
solutions avec paiement sécurisé in-
clus ». La commission pour le paie-
ment sécurisé par carte bancaire, né-
gocié avec sa banque, lui revient à
0,5 % de la transaction, en plus des
fraisfixe.«OnadûsemettreàPaypal
aussi, parce que certains clients préfè-
rent»,préciseFrançoisBrouilly.
Il existe d’innombrables solutions
proposéespardesentreprisesspéciali-
sées, de la création du site tout com-
prisausimpleprestatairedeservicede
paiement(PSP)quiassurelelienentre
lesiteetlabanque.Lesbanqueselles-
mêmes ont investi depuis peu ce
marché, en développant des solutions
clés en main. Autre possibilité : un
service comme Be2bill, de Rentabi-
liweb, société qui est à la fois PSP et
établissement de paiement, tout en
ayant une expertise du Web qui
permet de proposer des services mar-
keting, comme la personnalisation
despagesdepaiement.
Toutes ces solutions assurent une sé-
curitésurlestransactions,pourlemar-
chand comme pour le client. Ainsi
pour une TPE ou une PME, le paie-
ment ne s’effectuera jamais directe-
ment sur le site. « Le marchand ne
doit jamais connaître les coordonnées
bancaires du client, souligne Marc
Schillaci, fondateur de la société
Oxatis.Etilestimportantdemettreen
valeur cette sécurité. Tout ce qui peut
améliorerlaconfianceduclientestes-
sentiel.»
Autre problème : éviter les fraudes
aux cartes bancaires. Pour cela, des
systèmes d’authentification du client,
comme 3D Secure, ont été mis au
point par les banques, à la demande
desautorités.Leprincipeestdemettre
enplaceuneétapedevérificationsup-
plémentaire que le client est bien titu-
laire de la carte, par exemple par un
systèmed’envoideSMS.
 ANNE-BÉNÉDICTEHOCHE
Des banques et des entreprises spécialisées proposent de nombreuses solutions pour
organiser les paiements sécurisés d’un site marchand et éviter les fraudes. (DR.)
 Contacter
d’abordsabanquepour
connaîtresesoffresdeservices
depaiementenligne.Nepas
hésiteràcontacterd’autres
prestatairespourréduirelesfrais.
 Nejamaisfaire
transiter
lescoordonnéesbancairesdes
clientssurlesitemarchand.
Ellesdoiventtoujourspasserpar
dessitessécurisés,celuid’une
banque,ouPayPal…
 S’assurer
depasserparunsystème
d’authentificationdetype3D
Secure.
 Nepashésiter
encasdedouteàpasseruncoup
detéléphone,demanderune
pièced’identité,vérifier
l’adresse…
LES MESURES
PRATIQUES
EN SAVOIR PLUS
ÀLIRE
 «E-commerce:Delastratégieàla
miseenœuvreopérationnelle»,
d’HenriIsaacetPierreVolle,
Ed.Pearson,3e édition,janvier2014,
528pages.42€.
 «Droitducommerceélectronique:
Guidepratiqued’e-commerce»,de
RomainV.Gola,Ed.Gualino,2013,
624pages,39€.
ÀCONSULTER
Quelquessitesdesociétésproposant
desservicesdepaiementenligne:
 Paypal:www.paypal.com ;
 be2bill,servicedepaiementde
Rentabiliweb:www.be2bill.com ;
 Paybox:www1.paybox.com ;
 Ogone:www.ogone.com ;
 Oxatis:www.oxatis.com .
21 237rescrits
traités par l’administration fiscale en 2012.
FINANCES
A quoi sert le rescrit fiscal ?
Le rescrit fiscal permet de limiter les risques de redressement
en interpellant l’administration fiscale sur une question.
E
pineuses déclarations, parfois.
Une société civile qui se de-
mande quel est l’impôt appli-
cableàsonactivité,uneentreprisequi
s’interroge sur des charges déducti-
bles… Pour remplir sa déclaration de
revenus au mieux — en évitant tout
risque de redressement fiscal —, Mi-
chel Bouvier suggère une solution.
« Le rescrit fiscal offre à tout contri-
buable la possibilité de saisir l’admi-
nistration pour avis sur la régularité,
auregarddudroitfiscal,d’uneopéra-
tion qu’il envisage pour l’avenir ou
surl’interprétationd’untextefiscal»,
résume ce professeur de finances pu-
bliques et de fiscalité à l’université
Paris-I.
La question peut porter sur tous les
impôtsettaxesprévusparleCodegé-
néral des impôts. Et tout le monde
peut y recourir : particuliers, profes-
sionnels ou même collectivités lo-
cales. Encore faut-il savoir comment
etàquis’adresser.«Lademandedoit
être envoyée en recommandé avec
avis de réception auprès de la direc-
tion des impôts concernée et men-
tionner votre nom, vos coordonnées,
mais surtout présenter clairement
votre situation et le texte fiscal à
éclaircir, précise l’avocat fiscaliste
Fabrice de Longevialle. Dans le
doute, ou si la question est pointue, il
peut être utile de se faire aider d’un
spécialistepourlarédiger.»Certaines
opérations ou certains statuts (entre-
prises implantées en zone franche ur-
baineparexemple)fontl’objetderes-
crits spécifiques avec des modèles de
demande téléchargeables sur le site
desimpôts(www.impots.gouv.fr).
Délai de la réponse ? Trois mois pour
la plupart des rescrits — ou six,
maximum, quand le contribuable
s’interroge sur un « abus de droit ».
«Cen’estpasunesimpledemandede
renseignements, insiste Michel Bou-
vier. Le rescrit constitue une sorte
d’accord formel conclu entre le
contribuable et l’administration qui
engage cette dernière pour l’avenir. »
Autrement dit, une réponse positive
valide la situation présentée. « L’ad-
ministrationsetrouveainsiliéeparsa
réponse expresse comme par son ab-
sence de réponse dans le délai. » Car
si elle n’a émis aucune objection,
l’opération est également considérée
comme validée. Malgré de réels
avantages,FabricedeLongeviallere-
commande toutefois de ne rien préci-
piter. « Souvent, l’administration a
déjà répondu à la question », expli-
que-t-il. En témoignent les rescrits
« de portée générale » publiés sur le
sitedesimpôts.Cefiscalisterelativise
dans certains cas l’intérêt de la dé-
marche.«Ilvautmieuxposersaques-
tion avant d’avoir lancé une opéra-
tion. Car si la réponse est négative,
vous serez forcément soumis à un re-
dressement si vous passez outre car
on considérera que vous aurez été
prévenu.»
 CÉLINECHAUDEAU
EN SAVOIR PLUS
À LIRE
 « Introduction au droit fiscal
général et à la théorie de l’impôt »,
de Michel Bouvier, Ed. LGDJ,
2014, 304 pages. 22 €.
 « Le Guide fiscal du patrimoine
2014 », de Fabrice de Longevialle,
Ed. Groupe Revue fiduciaire,
2014, 380 pages. 34 €.
À CONSULTER
 Pour des formulaires de rescrit
téléchargeables :
www.im pots.gouv.fr.
 La base de données du Bulletin
officiel des finances publiques-
Impôts (Bofip) qui fournit une liste
d’environ 200 rescrits généraux
auxquels l’administration a déjà
répondu : http://archives-
bofip.im pots.gouv.fr.
PROSPECTIVE BUSINESS 15
LE PARISIEN ÉCONOMIE I LUNDI 5 MAI 2014
SANTÉ
Complémentaire santé :
comment s’organiser
Toutes les entreprises devront proposer une complémentaire santé
à leurs salariés à partir du 1er janvier 2016. Elles disposent donc
d’un délai de deux ans pour se conformer à la loi.
C’
est définitif. Au 1er janvier
2016 au plus tard, tous les
employeurs devront avoir
mis en place une mutuelle pour
leurs salariés. La loi sur la sécurisa-
tion de l’emploi du 14 juin 2013 a
en effet rendu obligatoire la mise en
place d’une couverture santé qui
permet de les indemniser de leurs
dépenses de santé au-delà de ce que
rembourse la Sécurité sociale.
Ainsi, tous les salariés, quelles que
soient la nature de leur contrat de
travail et leur activité profession-
nelle, devront bénéficier de ces ga-
ranties complémentaires.
Pourtant, un chef d’entreprise sur
trois n’a pas entendu parler de la gé-
néralisation de la complémentaire
santé à l’ensemble des salariés,
selon une étude réalisée en
mars 2014 par l’Ifop pour Malakoff
Médéric. Les dirigeants, qui ne se
préoccupaient jusqu’alors peu ou
pas du coût de la santé de leurs sala-
riés, vont désormais devoir sup-
porter la moitié (voire plus s’il le
souhaite) du financement d’un tel
service. D’où la nécessité de se ren-
seigner, comparer et choisir la meil-
leure mutuelle. Première chose à
faire : regarder quelle complémen-
taire santé a préconisé la branche
professionnelle à laquelle est ratta-
chée l’entreprise et à quel coût. Mê-
me si l’entreprise n’a aucune obliga-
tion de suivre cette recommandation
et qu’elle garde la liberté de choisir
elle-même l’organisme, une petite
entreprise aurait tout intérêt à pro-
fiter des accords négociés par sa
branche : « Cela lui permet de béné-
ficier de tarifs plus attractifs ainsi
que de garanties, protections et ser-
vices adaptés aux spécificités de son
activité auxquels elle ne pourrait pas
prétendre en étant toute seule »,
comme le confirme Christophe
Scherrer, directeur du développe-
ment de Malakoff Médéric. D’au-
tant que, si elle choisit de ne pas s’y
conformer, elle devra offrir les
mêmes prestations à ses salariés que
celles prévues dans l’accord. « Faire
confiance à sa branche est donc le
meilleur gage d’être en conformité
avec la loi », conclut Christophe
Scherrer.
Dans le détail, le contrat retenu par
l’entreprise devra présenter un cer-
tain niveau de garanties. La loi pré-
voit un panier de soins minimum :
remboursement à 100 % des consul-
tations médicales, des factures de
pharmacie et du forfait journalier
hospitalier, à 125 % de la base de
remboursement des
prothèses dentaires
ainsi qu’un forfait
optique de 100 €
par an. Des condi-
tions tarifaires et le
contenu de ce pa-
nier devront toute-
fois être confirmés par décret dans
les semaines à venir. Si l’entreprise
propose déjà une complémentaire
santé, elle devra s’assurer de res-
pecter ces impératifs.
Dernière obligation : à compter du
1er juin 2014 pour les frais de santé
et du 1er juillet 2015 pour la pré-
voyance, à chaque rupture de
contrat de travail, les garanties sont
maintenues gratuitement pour les
salariés pendant douze mois (au lieu
de neuf auparavant), et cela dans
toutes les entreprises.
 CHARLOTTE DE SAINTIGNON
La loi prévoit un panier de soins minimum : remboursement à 100 % des consultations médicales, des factures de pharmacie et du forfait
journalier hospitalier, à 125 % de la base de remboursement des prothèses dentaires ainsi qu’un forfait optique de 100 € par an.
 Avant le 1er juin
Négociations entre partenaires
sociaux au sein des branches
professionnelles en vue de
définir une couverture santé
ou dans votre entreprise si
vous disposez d’un délégué
syndical.
 A partir du 1er juillet
Si les négociations avec les
branches professionnelles
n’aboutissent pas à la mise en
place d’une complémentaire
santé, vous devrez mener une
réflexion au sein de votre
entreprise.
 Au
31 décembre 2015
A défaut d’accord, vous aurez
l’obligation de mettre en place
par décision unilatérale un
régime frais de santé qui devra
répondre aux obligations
minimales.
LES MESURES
À PRENDRE
Les accords
négociés par chaque branche
professionnelle ne sont pas
obligatoires
FORMALITÉS
Savoir dialoguer
avec le RSI
De très nombreux
travailleurs ont
été victimes des
dysfonctionnements
du régime social des
indépendants depuis
2008. Et la
communication n’est
pas toujours facile à
établir. Que faire en
cas de conflit ?
«O
n a fait face à un vrai
carcan administratif.
Coups de téléphone, cour-
riers recommandés, contacts via le
cabinet comptable… rien n’aboutis-
sait, et les rares réponses que j’ai
eues étaient contradictoires. » Mi-
reille Barbier, qui tient un garage
dans l’Isère, garde un souvenir kaf-
kaïen de ses rapports avec le régime
social des indépendants (RSI) à la
suite d’erreurs dans les appels de co-
tisations. Au point qu’elle a décidé
dechangerdestatuten2013pourde-
venir gérante salariée et ne plus avoir
à faire à lui… Son cas n’est pas
isolé : depuis 2008, de graves dys-
fonctionnements ont touché de nom-
breux assurés au RSI.
Ce régime, qui assure le prélèvement
des cotisations et le paiement des
prestations de Sécurité sociale aux
indépendants, est né en 2006 de la
fusion de trois réseaux de retraite et
d’assurance maladie destinés aux ar-
tisans, commerçants, professions li-
bérales ou gérants non salariés de
TPE. « Une réforme beaucoup trop
rapide et ambitieuse, qui avait pour
objectif de simplifier le paiement des
cotisations,aimposélamiseenplace
dès janvier 2008 d’un circuit de re-
couvrement unique », explique Sté-
phane Seiller, directeur général du
RSI.«Çaaétéunevraiecatastrophe.
Environ10ou15 %descotisantsont
subi de très grosses difficultés, par-
fois une absence de couverture de
santé ou des appels de cotisations
alors qu’ils avaient arrêté leur acti-
vité… Mais on peut dire que, depuis
2013, la situation, sans être parfaite,
s’est normalisée », assure-t-il.
Jean-Guilhem Darré, délégué gé-
néral du Syndicat des indépendants
(SDI), a lui aussi constaté une amé-
lioration. Cependant, « les gros dys-
fonctionnements des débuts conti-
nuent de peser sur la confiance. Des
indépendantsnousdemandentdevé-
rifier que les appels de cotisation
sont corrects ». Et il reste parfois dif-
ficile de trouver une réponse à ses
questions. « La mise en place de pla-
tes-formes téléphoniques a été assez
mal perçue, dans la mesure où les
opérateurs ont rarement tous les élé-
ments pour répondre au problème, et
où l’on tombe toujours sur une per-
sonne différente », souligne Jean-
Guilhem Darré.
Deseffortspourmieuxrépondre
auxattentesdesassurés
En revanche, les méthodes brutales,
avec intervention d’huissiers à la
suite d’erreurs de la part du RSI,
n’ont plus cours : « Depuis un rap-
port très critique de la Cour des
comptes en 2012, il y a beaucoup
moins de commandements de payer,
explique Jean-Guilhem Darré. Leur
système de recouvrement forcé ne
concerne que les cas avérés. »
« L’année dernière, 320 000 délais
de paiement ont été accordés, sur
1,7 million de cotisants », ajoute mê-
me Stéphane Seiller. Et le régime
poursuit ses efforts pour répondre
mieux aux attentes de ses assurés :
création d’un espace individuel as-
surés sur le site Internet, mise en
place d’un circuit de réclamation en
2012, d’un médiateur depuis cette
année…
 ANNE-BÉNÉDICTE HOCHE
(BeneluxPix/Maxppp/SergeManceau.)
 ContacterleRSI
vialesiteInternetwww.rsi.frou
partéléphone.Apartirdu
30juin,deuxnuméroscourts*
serontmisenplace,l’un
(36.98)dédiéauxcotisations,
l’autre(36.48)auxautressujets
(retraite,maladie...).Eviter
lespériodeslespluschargées
(lelundi,etlematinentre
10heureset12heures).
*Prixd’unecom m unication
localedepuisunfixe.
 Encas
deréclamation
écrireuncourrieraudirecteurde
laCaisserégionale,enindiquant
Serviceréclamationssur
l’enveloppe.Silasituationn’est
pasrésolue,certainesdécisions
peuventêtrecontestéesdevant
laCommissionderecours
amiable(danslesdeuxmois).Il
estaussipossibledes’adresser
aumédiateur:Monsieurle
médiateurduRSI,Caisse
nationaleRSI,260-264,
avenueduPrésident-Wilson,
93457LaPlaineSaint-Denis
Cedex.
 Letribunal
Ultimerecours:letribunaldes
affairesdeSécuritésociale(à
saisiraumaximumdansles
deuxmoissuivantlerejetdela
demandeparlaCommissionde
recoursamiable).
LES MESURES
À PRENDRE
16 BUSINESS DÉFIS TECHNOLOGIQUES
LE PARISIEN ÉCONOMIE I LUNDI 5 MAI 2014
 Un poste de travail (PC
portable ou fixe, tablette…).
 Un modem (ADSL, câble,
fibre optique).
 L’accès à Internet et à
l’intranet de la société.
 Les outils de bureautique
classiques, dont la messagerie
et l’annuaire de la société.
 Les applications métiers
(base de données, gestion de
la relation clients,
comptabilité).
 Et éventuellement : un
smartphone, une imprimante,
une webcam pour faire de la
visioconférence, une
deuxième ligne de téléphone.
Les outils
indispensables
TECHNO-INFORMATIQUE
Télétravail : bien équiper
ses collaborateurs
De plus en plus de
Français souhaitent
travailler depuis
leur domicile.
A l’entreprise
de s’assurer que
le salarié dispose
des bons outils.
A
ujourd’hui, 16,7 % des Français
actifs, dont la moitié de salariés
du secteur privé, télétravaillent.
Cette forme d’organisation, qui
permet au salarié de ne pas être forcé-
ment présent dans l’entreprise, a été
définie par un accord national inter-
professionnel de 2005 qui précise que
« le fait de travailler à l’extérieur des
locaux de l’entreprise ne suffit pas à
conférer à un salarié la qualité de télé-
travailleur ». En clair, permettre à un
collaborateurdetravaillerquelquefois
de son domicile ne rentre pas dans la
qualification juridique du télétravail.
Malgré tout, pour rentrer dans ce
cadre, le collaborateur doit être
équipé.Parqui ?Comment ?Laloine
le spécifie pas mais, prévient Olivier
Fourmann, avocat au barreau de
Lyon, spécialiste du droit du travail,
« il faut formaliser par écrit toutes les
conditionsmatériellesdutélétravail».
Une précision importante lorsqu’on
sait que 67 % des télétravailleurs
n’ont, à l’heure actuelle, pas d’ave-
nantàleurcontratdetravail.PourOli-
vier Fourmann, tout doit être pris en
considération. « Par exemple, est-ce
que le salarié peut utiliser son ordina-
teur personnel ? L’entreprise prend-
elle en charge une partie de l’abonne-
ment Internet ? Fournit-elle les
logiciels ? Doit-elle payer une partie
du loyer ? » Pour les professions qui
requièrent l’utilisation de l’informa-
tique, le salarié doit pouvoir — quelle
que soit sa fonction — accéder à la
messagerie et à l’annuaire de sa
société. Ainsi qu’aux applica-
tions nécessaires à son activité
(fichier clients, logiciel de comp-
tabilité, outils bureautiques…). Sur le
plan matériel, il doit donc disposer
d’un ordinateur (portable ou fixe),
d’une connexion Internet et, selon les
besoins,d’uneimprimanteetdeslogi-
ciels qu’il utilise habituellement.
L’entreprise devra également s’as-
surerque la connexionréseauest bien
sécurisée via la mise en place de logi-
cielsdeprotectionsurleposte.
Dans la pratique, diverses possibilités
s’offrent à l’employeur. Soit il décide
d’équiper entièrement son collabora-
teuretdeluipayertoutoupartiedeses
abonnements (Internet et téléphone
mobile), soit il le laisse utiliser son
propre équipement ou lui verse une
somme d’argent. Charge au salarié de
s’équiperdumatérielenrespectantles
contraintes légales. Car, rappelle Oli-
vierFourmann,«l’environnementju-
ridique est celui du Code du travail.
Doncsurcertainspointsparticuliers,il
faut que l’entreprise soit très vigi-
lante ». C’est vrai pour l’utilisation de
matérielsnonconformescommepour
la durée du temps de travail. Car en
ayant la possibilité de se connecter
tout le temps à son environnement
professionnel, le salarié peut vite se
retrouver à faire des heures supplé-
mentaires et, in fine, demander leur
paiementàsonemployeur«etcelaest
souvent un sujet de contentieux »
souligneOlivierFourmann.
Attention,silesalariésouhaitear-
rêter le télétravail, il devra rendre
le matériel fourni par l’entreprise. Et
s’il décide de quitter son emploi, l’en-
treprise devra s’assurer qu’il ne
conservenilesdonnéesnileslogiciels
propresàlasociété.
 FLORENCEPUYBAREAU
Soit l’employeur équipe son collaborateur et lui paie tout ou partie de ses abonnements
(Internet et téléphone mobile), soit il le laisse utiliser son propre matériel ou lui verse
une somme d’argent pour qu’il s’en achète. (6PA/MaxPPP/Alix Minde.)
EN SAVOIR PLUS
À LIRE
 « Le Travail à distance :
Télétravail et nomadisme, leviers de
transformation des entreprises », de
Patrick Storhaye et Patrick Bouvard,
Ed. Dunod, 2013, 240 pages. 24 €.
À CONSULTER
 L’Agence nationale pour
l’amélioration des conditions de
travail a récemment édité un livre
blanc à destination des entreprises
et des salariés : www.anact.fr.
INNOVATION
Les lunettes intelligentes arrivent
Après les
smartphones ou
les tablettes, elles
pourront faciliter
le quotidien de
certaines entreprises.
C’
est parti. Après une pre-
mière vente flash au grand
public le 15 avril, les
Google Glass devraient être lan-
cées aux Etats-Unis en fin d’année.
Mais déjà plus de 8 000 grandes et
petites entreprises dans le monde
sont en train de les tester pour amé-
liorer leurs performances, leur pro-
ductivité ou leur service clients. A
l’aéroport de Londres Heathrow,
les hôtesses de la compagnie
Virgin Atlantic les utilisent depuis
le début de l’année pour informer
les clients sur les vols, la restaura-
tion, la météo. Et d’autres fabri-
cants sont aussi dans la course. Le
japonais Epson vient de sortir sa
troisième génération de lunettes
Moverio, qui délivrent elles aussi
des informations enrichies sur les
verres (plans, GPS, alertes). La Na-
sa utilise celles du fabricant améri-
cain Nvidia pour guider le robot
Curiosity sur mars, tandis que l’en-
treprise Space X s’en sert pour
concevoir ses pièces de fusée.
700 à 1 500 € la paire
En France aussi, les lunettes
connectées s’apprêtent à faire leur
entrée dans le monde du travail.
Les préparateurs de commandes du
site d’e-commerce Oscaro.com ont
ainsi testé en avril les modèles dé-
veloppés par le français Generix
Group. « Il n’a fallu que quelques
minutes aux salariés pour ap-
prendre à se servir de nos lunettes
qui leur permettent de s’orienter
dans l’entrepôt ou de repérer les ré-
férences à prendre en stock tout en
gardant les deux mains libres pour
préparer les colis », explique Mike
Hadjadj, directeur marketing de
Generix. De son côté, Julien Des-
plat, directeur logistique chez Os-
caro (700 salariés) ajoute que
« cette technologie nous permet
d’augmenter notre capacité de pro-
duction. Nous souhaitons équiper
au moins une dizaine de prépara-
teurs de commandes de notre en-
trepôt central ». Après le lancement
des modèles pilotes qui aura lieu en
phase de test dans les entreprises à
partir de septembre, la commercia-
lisation devrait débuter début 2015.
Ce qui laisse aux entreprises le
temps de boucler leur budget : ces
petits bijoux de technologie de-
vraient coûter, en fonction des fa-
bricants, entre 700 et 1 500 € la
paire. Sans compter le prix des lo-
giciels et des applications qui les
accompagneront.
 SOPHIE STADLER
(DR.)
10millions
de lunettes connectées pourraient
être écoulées au niveau mondial
d’ici à 2016, tous types de clients
confondus, selon le cabinet
d’études américain HIS.
LasterTechnologies
(France):lemonoculairePro
MobileDisplayestutilisable
dansl’aéronautique,lamainte-
nanceindustrielle,lesecteur
médical,lasécuritécivileoule
tourisme.www.laster.fr
GenerixGroup(France):ses
lunettesontreçuleprixdela
meilleureinnovationlogistique
lorsdudernierSaloninterna-
tionaldutransportetdela
logistique(SITL).
www.generixgroup.com
GoogleGlass(Etats-Unis).
www.google.com/glass
Epson(Japon):lesMoverio
BT-200.www.epson.fr
Nvidia(Etats-Unis):les3D
VisionPro.www.nvidia.fr
Quels
fabricants ?
PATRIMOINE ARGENT 17
LE PARISIEN ÉCONOMIE I LUNDI 5 MAI 2014
JUSTICE
L’action de groupe : un nouveau recours
pour les consommateurs
Instaurée en France par la loi Hamon adoptée en février, l’action de groupe permet aux
consommateurs victimes des mêmes litiges de s’unir pour réclamer des indemnisations.
F
rais bancaires jugés abusifs,
produits défectueux, pratiques
commerciales frauduleuses,
prestations vendues de force, retards
récurrents dans les transports
(avions, trains), entente mani-
feste de différents opérateurs
sur les tarifs… « Les consom-
mateurs pourront désormais se re-
grouper et réclamer des indemnités,
grâce à l’adoption le 13 février de la
loi Hamon sur la consommation »,
explique Nicolas Genty, avocat as-
socié au sein du cabinet Fidal.
Une loi qui change totalement
la donne
Cette loi, attendue depuis une di-
zaine d’années, fait (enfin) entrer
l’action de groupe dans le droit fran-
çais. « Jusque-là, les consomma-
teurs se sentant lésés par une pra-
tique frauduleuse, abusive ou
anticoncurrentielle devaient porter
plainte de manière individuelle pour
espérer être dédommagés, explique
Fanny Gérard-Farchini, juriste au
sein de l’association Consomma-
tion, logement et cadre de vie
(CLCV). Or, un très grand nombre
de consommateurs étaient en gé-
néral victimes de petits préjudices
matériels qui ne les incitaient pas à
porter plainte et à saisir le tribunal. »
Désormais, les associations de
consommateurs détectant un man-
quement à une obligation légale ou
à un contrat ont la possibilité de
poursuivre les professionnels, et les
consommateurs concernés peuvent
ensuite rejoindre le groupe. « A
condition toutefois que le litige soit
similaire ou identique et touche plu-
sieurs consommateurs liés au même
professionnel », ajoute Fanny Gé-
rard-Farchini. Les entreprises res-
ponsables, même des plus petites
« escroqueries » à hauteur de quel-
ques euros mais impliquant des cen-
taines voire des milliers de
clients, n’auront donc plus le
champ libre.
Une initiative réservée
à une quinzaine d’associations
« Ni les avocats ni les individus ne
peuvent en être à l’origine et en-
tamer des actions spontanées. C’est
uniquement aux associations natio-
nales agréées que reviennent l’ini-
tiative, la charge et la mise en œuvre
de l’action de groupe », souligne
Serge Maitre, de l’Association fran-
çaise des usagers des banques (qui
ne fait pas partie de cette quinzaine
d’« élues »). Une fois que l’associa-
tion agréée aura décelé les litiges
qui méritent d’entamer des actions
de groupe, ce sera ensuite au juge de
décider et de maîtriser toute la pro-
cédure. « C’est lui qui établira la
responsabilité du professionnel,
poursuit Fanny Gérard-Farchini. Si
elle est avérée, l’entreprise devra se
soumettre à verser les indemnités et
surtout à informer (à ses frais) par
voie publicitaire les consommateurs
susceptibles d’être concernés. » Ce
sera donc aux consommateurs de se
faire connaître (auprès de l’associa-
tion ou du professionnel condamné)
pour réclamer leurs indemnités. « Et
attention, prévient Serge Maitre, il
s’agit bien ici d’indemnités indivi-
duelles et non d’amendes massives
ou d’actions punitives envers les en-
treprises comme cela peut être le cas
dans d’autres pays et notamment
avec les class actions aux Etats-
Unis. » En France, les consomma-
teurs ne toucheront donc pas des
montants colossaux mais auront dé-
jà la satisfaction de faire courber
l’échine à quelques Goliath jadis
quasi intouchables…
 SOPHIE STADLER
Seize associations nationales de consommateurs ont été agréées afin de prendre l’initiative, la charge et la mise en œuvre
de l’action de groupe. Parmi elles, l’UFC-Que choisir. (LP/Jacques Loïc.)
Cédric MUSSO,
directeur des relations
institutionnelles à
l’UFC-Que choisir
 Rejoindre une action de groupe coûtera-t-il
au consommateur ?
Non. L’action de groupe n’est pas payante. Son
bénéfice ne sera pas conditionné à l’adhésion à
l’association de consommateurs. Et la mise en œuvre
de l’action de groupe ne sera pas non plus soumise à
un seuil ou à des paliers de montant de préjudice. En
revanche, elle sera coûteuse pour les associations
agréées qui devront déployer les ressources
(financières et humaines) pour recenser les victimes,
rassembler les pièces et justificatifs et assumer tout
le travail d’investigation en amont de la procédure. Ce
pourrait être un vrai gros bémol à leur décision de
lancer des actions de groupe, même si le juge pourra
ensuite décider de leur octroyer des avances ou une
assistance judiciaire.
 Tous les litiges sont-ils concernés ?
Non. Seuls sont concernés les préjudices
patrimoniaux résultant de dommages matériels ou
économiques, donc pas les préjudices moraux ni les
dommages corporels. Et, pour l’heure, les litiges en
matière de santé et d’environnement en sont exclus.
Mais un grand nombre de litiges de masse restent
concernés dès lors qu’ils relèvent de la consommation
ou de la concurrence. La téléphonie, le logement, la
grande distribution, les assurances, les banques sont
autant de secteurs potentiellement concernés.
 Quand vont débuter les premières actions ?
La loi est promulguée, mais nous sommes encore
dans l’attente des décrets d’application qui nous
permettront d’attaquer et de connaître aussi certains
détails sur la mise en œuvre et la procédure… Enfin,
une fois applicable, cette loi s’ajustera au fil de la
jurisprudence, à laquelle il faudra donc rester très
attentif.
(Laurent Hini.)
L’AVIS DE…
« Nous sommes dans l’attente des décrets d’application »
 L’actiondegroupe
classique
Etape1:surlabasedelitigesou
deplaintesdeconsommateurs,
uneassociationagrééeauniveau
nationalagitenjusticepourun
groupedeconsommateurs
victimesd’unmanquementd’un
mêmeprofessionneletpourdes
litigessimilaires.
Etape2:lejuge(apriori
seulementcertainsjuges
dépendantsdecertains
tribunauxdegrandeinstance,
maiscelaresteàconfirmerpar
lesdécretsd’application)établit
laresponsabilitédu
professionnelmisencause,
définitlesmodalités
d’indemnisationetordonneles
mesuresd’informationdes
consommateurspotentiellement
concernés,auxfraisdu
professionnel(annonces,
publicités).Ilfaudracependant
attendrequetouteslesvoiesde
recourssoientépuisées(appel,
cassation)pourmettreen
applicationcesdécisions.
Résultat,laprocédurepourrait
êtretrèslongueetcertains
consommateursrisquentde
perdrelespreuvesetjustificatifs
dulitige(factures).
Etape3:lesconsommateurs
léséssesignalentauprèsdu
professionnelcondamnéou
auprèsdel’associationde
consommateursetobtiennent
chacunréparation.
 L’actionaccélérée
L’actiondegroupedite
accéléréeconcerneleslitigesles
plussimplesdanslesquelsles
consommateursontsubiun
préjudiced’unmêmemontantet
oùlespersonnesléséessontdéjà
connuesouaisément
identifiables.Dèslorspar
exemplequ’ilexistedesfichiers
d’abonnésoudeclients,comme
c’estlecasdanslessecteursde
latéléphonie,del’assurance,de
latélévisionpayante,delavente
àdistance.
Lejugepourraainsicondamner
l’entreprisemiseencauseà
indemniserdirectementet
individuellementles
consommateurs,sansqueces
derniersn’aientàentamerla
moindredémarche.
UndécretduConseild’Etatdoit
encoreenfixerlesconditions
d’applicationetdemiseen
œuvre.
Deux types
d’action
EN SAVOIR PLUS
ÀCONSULTER
 Pourtrouverlalistedes
16associationsdeconsommateurs
nationalesagrééesau7mai2013:
http://www.econom ie.gouv.fr/dgccrf/
Liste-et-coordonnees-des-
associations-nationales.
 Pourmieuxconnaîtreleurs
domainesd’intervention:lesitede
l’INC(Institutnationaldela
consommation):www.conso.net.
 Letexteno 295delaloiHamon
adoptéele13février2014par
l’Assembléenationale:
www.assem blee-
nationale.fr/14/ta/ta0295.asp.
18 ARGENT PATRIMOINE
LE PARISIEN ÉCONOMIE I LUNDI 5 MAI 2014
 Mécontent de mon assureur
auto chez qui je suis assuré depuis
trois ans, j’ai lu que je pouvais le
quitter à n’importe quel moment
sans attendre de date anniversaire.
Est-ce exact ?
Vous devrez encore faire
preuve d’un peu de patience,
si vous souhaitez quitter votre
assureur en dehors des
périodes autorisées.
Actuellement, vous pouvez le
faire soit lors du
renouvellement tacite de votre
contrat (en le dénonçant au
moins deux mois avant son
échéance), soit lors de
circonstances particulières
(vente du véhicule,
aggravation du risque
couvert…). Pour avoir la
possibilité de résilier votre
contrat d’assurance auto à
tout moment et sans pénalité,
il faut attendre les décrets
d’application de la nouvelle
mesure publiés au « Journal
officiel » en mars, qui
devraient sortir d’ici à la fin
2014. Vous devrez alors
justifier d’une durée effective
d’assurance d’au moins une
année, et fournir à votre
assureur la preuve que vous
êtes maintenant garanti en
responsabilité civile auprès
d’une autre compagnie.
 J’ai un PEL ouvert en 2009. Je
souhaite l’utiliser pour un achat
immobilier sans avoir besoin de
recourir à un prêt. Aurais-je droit à
la prime d’Etat et quelle sera ma
fiscalité ?
Votre plan d’épargne
logement est âgé de plus de
quatre ans. Vous avez donc
atteint votre obligation de
durée et pouvez dès lors
l’utiliser sans pénalité sur les
intérêts, en débloquant les
sommes accumulées pour la
raison que vous souhaitez.
Compte tenu de sa date
d’ouverture (après le 31 juillet
2003 et avant le 1er mars
2011), le plan a généré un
intérêt annuel au taux de
2,5 %. Le PEL est soumis aux
prélèvements sociaux au taux
de 15,5 %, qui sont perçus
lors de sa clôture, ramenant
de ce fait la rentabilité réelle
nette de ce produit à 2,11 %.
Cette rémunération peut être
augmentée d’une prime
d’Etat de 1 %, plafonnée à
1 525 €. Hélas, cette prime
est attribuée uniquement
lorsque le titulaire du plan
demande à bénéficier d’un
prêt. En n’y ayant pas recours
dans le cadre de cette
acquisition, vous perdez donc
l’avantage de la prime.
 YVES THOMAS
VOS DROITS
Posez vos questions par mail à :
mlaghouati@leparisien.fr
ÉPARGNE
Dirigeants : les clés
pour préparer votre retraite
Confrontés à une baisse de leurs revenus plus importante que celle des salariés
lors de leur cessation d’activité, les chefs d’entreprise ont à leur disposition
des solutions d’épargne individuelle et collective.
A
vec 1 285 € en moyenne par
mois,leschefsd’entrepriseindé-
pendants (artisans, commer-
çants, industriels non salariés…) per-
çoivent une retraite (régimes de base
et complémentaire) inférieure de
10 %environàcelledesretraitésfran-
çais, selon les chiffres 2012 du Ré-
gime social des indépendants (RSI)
publiésendécembre.Etce,malgréun
taux de cotisation égal à celui des tra-
vailleurs salariés depuis l’alignement
de leur régime de base sur le ré-
gimegénéralen1973.
En cause ? Le manque de linéa-
rité de leurs revenus durant leur
vie active. « A la différence d’un tra-
vailleur salarié lambda, un indépen-
dantnedisposepasderevenusprofes-
sionnels constants. Car, selon les
années, les résultats de son entreprise
varient et il peut aussi procéder à des
investissements pour se mettre aux
normes ou développer son activité,
c’est-à-dire réaliser des dépenses né-
cessaires mais non soumises aux coti-
sations de retraite », précise Serge
Crouin, président de la Mutuelle des
artisans et du commerce de proximité
(MNRA). Or, le montant de la pen-
sionderetraitedebased’unchefd’en-
trepriseétantcalculéàpartirdesonre-
venu moyen établi sur la base de ses
vingt-cinq meilleures années de car-
rière, la somme octroyée s’en trouve
d’autant plus réduite. Et pas question
d’imaginer rattraper les cotisations
perdues lors des périodes plus fastes,
prévient Anne de Lanversin, direc-
trice commerciale AXA Epargne Re-
traite Entreprise. Car un indépendant
nepeutpascotiseràsongrélesannées
où ses revenus professionnels sont
plus élevés. « La référence utilisée
pour déterminer la base de calcul de
ses cotisations d’assurance vieillesse
est en effet limitée en fonction du
montant du plafond annuel de la
Sécurité sociale. Par exemple, un
dirigeant qui percevra 100 000 €
en2014necotiseraquesurlabase
de37 548€.»
Pis,cettevariationderevenusaégale-
ment des conséquences sur le nombre
detrimestresvalidésparunchefd’en-
treprise et donc, par répercussion, sur
le montant là encore de sa future pen-
sion. « Depuis le 1er janvier, il lui faut
toucher 600 smic horaires par an pour
valider quatre trimestres. Et, avant
cette date, le quota était de 800 smic
horaires.Cequiéquivautdonc,enma-
tière de retraite, à une double peine »,
déplore Serge Crouin. Voire à une
triple peine eu égard à son régime de
retraite complémentaire moins cou-
vrant que celui des salariés cadres
comme non cadres. A cotisations
égales, la valeur du point servant de
base au calcul de la pension complé-
mentaire d’un chef d’entreprise est en
effet moins importante que celle re-
tenuepourunsalarié.
D’où l’importance pour les artisans,
les commerçants et industriels de pré-
parer leur retraite. C’est-à-dire se
constituer un complément de revenus
quiserareversélemomentvenu,sous
forme de rente viagère. Le mieux
étantdes’yprendreleplustôtpossible
d’autant « qu’ils ont à leur disposition
des solutions dédiées tant collectives
autraversdeleurentreprisequ’indivi-
duelles, à l’image notamment du
contrat Madelin », insiste Serge
Crouin (lire ci-contre). Atout supplé-
mentaire de ces dispositifs : leur at-
tractivité fiscale. « Le blocage des
sommes ainsi épargnées par un diri-
geant en vue de sa retraite se fait avec
des réductions fiscales immédiates
pour sa société et pour lui-même
quand il effectue des versements vo-
lontaires », détaille Anne de Lan-
versin. Bilan, un effort d’épargne
moindrequeredouté.
 DOSSIERRÉALISÉPAR
ANNE-LISEDEFRANCE
Les chefs d’entreprise indépendants (artisans, commerçants, industriels non salariés…) perçoivent une
retraite inférieure de 10 % environ à celle des retraités français. (AltoPress/Maxppp/Sigrid Olsson.)
281euros
parmois,c’estlemontantmoyende
lapensiondebasededroitdirect
(horsmajorationsetallocations)
perçueparuncommerçanten2012.
Unartisantouchepoursaparten
moyenne348€parmois.
Source:RSI,données2012.
Des réductions
fiscales immédiates pour
sa société et pour lui-même
Vousavezatteintl’âgedela
retraiteetvousnetrouvezpas
d’acquéreurpourvotrefondsde
commerce ?Vouspouvez
peut-êtrebénéficierd’uneindem-
nitédedépartpourcompenserla
perteencapitalquereprésente
l’abandondecetoutildetravail.
Verséeparlerégimesocialdes
indépendants(RSI),cetteaide
(d’unmontantmaximumde
18 820€)esteneffetouverteà
touslescommerçantsetartisans
propriétairesdeleurfondset
inscritspersonnellementau
registreducommerceetdes
sociétés(RCS)ouaurépertoire
desmétiers(RM).
Lesconditionsàremplir:la
moyennedesressourcesannuelles
devotreménageaucoursdes
cinqdernièresannéesnedoitpas
excéder21 210€dont10 490€de
ressourcesnonprofessionnelles
(montantsramenésrespective-
mentà11 940€et5 780€pourun
célibataire).Vousdevezensuite
justifierdequinzeansd’affiliation
(continueounon)auRSI(ou
anciennementauxAVAouà
l’Organic)etvousengagerà
cesservotreactivitédemanière
définitive,ainsiqu’àvousfaire
radierduRCSetduRMdansun
délaidonné.
Une indemnité
de départ
pour certains
commerçants
PATRIMOINE ARGENT 19
LE PARISIEN ÉCONOMIE I LUNDI 5 MAI 2014
Zoom sur quatre dispositifs
 Lessolutionsausein
del’entreprise
Lecontratderetraite
àcotisationsdéfinies
dit«article83»
Misenplaceauprofitdetoutoupartie
de vos salariés (cadres, non-cadres,
agentsdemaîtrise…),cecontratd’as-
surance vie collectif vous garantit (de
même qu’à tous les assurés) de tou-
cher un complément de revenu au
moment de la retraite sous forme de
rente viagère. Concrètement, chacun
d’entre vous dispose d’un compte in-
dividuel alimenté par des cotisations
obligatoires dont le montant (corres-
pondant à un pourcentage du salaire
brut annuel) est fixé une fois pour
toutes à la souscription du contrat.
Selon les clauses de ce dernier, les
sommes versées sont totalement
prises en charge par l’entreprise ou
font l’objet d’une participation des
employés concernés (lesquels peu-
vent également effectuer des verse-
ments volontaires déductibles de leur
revenu imposable). Atout supplé-
mentaire : les cotisations payées par
votre société au titre de cette épargne
collective sont non seulement exoné-
rées de charges sociales mais sont
égalementdéductiblesdurésultatim-
posable de l’entreprise (dans la limite
d’unplafondlégal).
Lecontratderetraite
àprestationsdéfinies
dit«article39»
Souscritparl’entreprisequilefinance
intégralement, ce dispositif d’assu-
rance vie collectif vous permet (ainsi
qu’éventuellement à certaines caté-
gories de vos salariés) de percevoir à
vie un complément de retraite dont le
montant est fixé à l’avance. Selon le
type de contrat choisi, la rente ac-
cordée est égale à un pourcentage de
votresalaireenfindecarrière(régime
additionnel) ou est calculée de telle
sorte qu’ajoutée à l’ensemble de vos
autres pensions de retraite (base et
complémentaires), elle vous assure
un revenu de remplacement équiva-
lent à un niveau prédéterminé de
votrederniersalaire(régimedifféren-
tiel). Autre avantage : les cotisations
versées par votre entreprise sont dé-
ductibles de son bénéfice imposable
(dans la limite d’un plafond légal) et
sont exonérées pour partie de cotisa-
tions sociales. Attention, vous ne
pouvez mettre en place un article 39
—sicelui-cineconcernepastousvos
salariés—qu’àconditiondeproposer
parallèlement à l’ensemble de vos
employés un autre produit d’épargne
collective(Perco,article83…).
 Lessolutions
individuelles
LecontratMadelin
Réservé aux travailleurs non salariés,
ce produit de placement investi dans
des fonds en euros garantis ou dans
dessupportsenunitésdecomptevous
assure la constitution d’une retraite
par capitalisation tout en bénéficiant
d’avantages fiscaux immédiats. En
contrepartie d’un montant annuel mi-
nimum de cotisation et d’un blocage
des fonds jusqu’à la fin de votre vie
active (sauf exception), les sommes
versées chaque année à titre per-
sonnel sur votre contrat sont en effet
déductibles de votre bénéfice impo-
sable dans la limite d’un plafond
légal.
LePerp
Ouvertàtouslesparticuliersquelque
soit leur statut professionnel, le plan
d’épargneretraitepopulaire(Perp)est
l’équivalent en plus souple d’un
contrat Madelin. Même objectif de
capitalisation,mêmesupportd’inves-
tissement, même avantage fiscal
(malgré un plafonnement plus bas),
même sortie en rente viagère… ce
produitn’imposeenrevancheaucune
contrainte en matière de cotisation
(fréquenceetmontantlibres).
(AltoPress/Maxppp/Frédéric Cirou.)
 TÉMOIN
« Nous avons souscrit une assurance vie
et un contrat Madelin »
Tous deux trentenaires, Natacha et
son mari ont encore de nom-
breuses années d’activité profes-
sionnelle devant eux avant d’envi-
sager la retraite. Mais cela ne les a
pas empêchés de se pencher tôt sur
la question de leur avenir.
« Lorsque nous avons fait une pro-
jection avec un courtier, nous
avons réalisé que, sans épargne
spécifique, il nous resterait à peine
15 % de nos revenus actuels avec
une retraite de base », souligne-t-
elle. Une douche froide pour ce
couple d’avocats qui, prévoyant, a
souhaité « mettre les choses à
plat » avant la naissance de son
premier enfant.
Une rente fixe mensuelle dès
les premiers jours de la retraite
Sur les conseils du courtier, Na-
tacha et son mari ont donc opté
pour une combinaison de deux
produits qui leur permettront de
bénéficier de revenus complé-
mentaires : une assurance vie (en
euros), qu’ils ont prévu de ne pas
utiliser jusqu’à leur retraite, et un
contrat Madelin (fonds en euros
également, donc sécurisés).
« C’est un contrat parfois décrié,
car on peut penser qu’il est idiot de
verser des sommes sur un compte
pour qu’elles nous soient reversées
plus tard… Mais le gros avantage,
c’est la déductibilité des impôts. »
Pour elle seule, Natacha verse sur
ce contrat un peu plus de 1 000 €
par mois, soit 12 000 € annuels.
Comme cette somme est entière-
ment déductible de son revenu im-
posable, l’opération reste avanta-
geuse. La jeune mère de famille
sait que cet argent restera bloqué et
ne sera donc pas disponible avant
la retraite, sauf cas très particuliers
(cessation d’activité pour liquida-
tion judiciaire, invalidité sévère,
ou décès du conjoint). Mais il lui
permettra à elle et son mari d’amé-
liorer leur niveau de vie en perce-
vant une rente fixe tous les mois,
dès les premiers jours de la retraite.
 CH.R.
Natacha,
35 ans, avocate à Paris
(Castro M./Urba Images Server.)
Florent
DEMURIEZ,
conseiller en gestion de
patrimoine à Lille (Nord)*
 Quand commencer à préparer sa retraite en qualité
de chef d’entreprise ?
Dans l’idéal, c’est à 40-45 ans qu’il faut
commencer à s’intéresser à la préparation de sa
retraite. Cela laisse en effet du temps pour mettre
en place des stratégies d’optimisation et permet de
s’assurer que la première partie de sa carrière a été
correctement prise en compte. La première étape
consiste donc à se procurer un relevé de situation
individuelle (RIS) qui synthétise l’ensemble de son
parcours professionnel et reprend l’ensemble des
droits acquis auprès des différents régimes de base
et complémentaires. Ce document est envoyé
automatiquement tous les cinq ans à partir de
35 ans ou est disponible après inscription sur le site
www.lassuranceretraite.fr. A l’aide de cette
information et en établissant différents scénarios
sur la carrière à venir, le chef d’entreprise pourra
alors définir les contours de sa future retraite.
 Quelles précautions prendre avant de mettre en place
telle ou telle stratégie d’optimisation ?
Pour choisir la méthode la plus adaptée à sa
situation personnelle, le chef d’entreprise doit, au
préalable, se poser deux questions : quand et
combien ? Les réponses sont très différentes d’un
dirigeant à l’autre car leurs carrières sont souvent
complexes et multiples. D’où l’importance pour lui
de vérifier l’exactitude des données figurant sur son
RIS (trimestres, points des régimes
complémentaires…). Puis de fixer un montant de
retraite à atteindre pour maintenir le niveau de vie
souhaité et de le confronter à l’estimation de
retraite qu’il aura fait réaliser. Il pourra alors réduire
ce différentiel en jouant sur sa rémunération, sa
durée de cotisation, des rachats de trimestres ou
encore l’épargne retraite. De manière générale, il
aura tout à gagner à combiner l’optimisation des
régimes obligatoires et solutions complémentaires.
 La plupart des solutions d’épargne retraite sont bloquées
sur le long terme. Le jeu en vaut-il la chandelle ?
Dans un contexte où l’espérance de vie continue
d’augmenter chaque année, ces solutions restent
pertinentes car elles proposent une sortie en rente
viagère. Pour autant, deux paramètres sont à
vérifier. A commencer par la déductibilité fiscale
qui constitue l’intérêt majeur de ces solutions,
puisque le chef d’entreprise finance en partie son
complément de retraite grâce au gain d’impôt
généré. Son niveau d’imposition doit donc être
suffisant avec au minimum, une tranche marginale
d’imposition à 30 %. De même, pour que la rente
commence à être significative au regard des
cotisations versées, il faut du temps pour que
celles-ci produisent du rendement. Autrement dit,
au moins dix ans. Concrètement, si l’une de ces
deux conditions n’est pas remplie, il vaut mieux
s’orienter vers d’autres placements.
*Associédu cabinetQuestion patrim oineetm em bre
du groupeCHD Avexi,spécialisédansl’expertise
com ptable,l’auditetleconseil.
(DR.)
L’AVIS DE…
« Le chef d’entreprise doit, au préalable, se
poser deux questions : quand et combien ? »
EN SAVOIR PLUS
À LIRE
 « Le Patrimoine professionnel »,
ouvrage collectif, Ed. Francis
Lefebvre, mars 2014, 600 pages.
210 €.
À CONSULTER
 Site d’information et d’actualité
sur la retraite :
www.la-retraite-en-clair.fr.
 GIP Info retraite, site de
référence de vos régimes de
retraite : www.info-retraite.fr.
 Régime social des indépendants :
www.rsi.fr.
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18heures,espaceChamperret,
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 Jurisprudence
Quefairedesjoursfériés ?
Laquestiondespontsaccordés
aveclesjoursfériésseposetout
particulièrementcetteannée
alorsqueles1er et8maitombent
unjeudi.Saufs’ilesttenuparun
accordcollectif,l’employeurest
libred’accorderounoncepont
(chômaged’unoudedeuxjours
ouvrablesentreunjourfériéetun
jourdereposhebdomadaire)aux
salariés.Ilpeutl’accordersousla
formed’unejournéederepos
supplémentaire.Ilpeutaussi
exiger,danscecas,queles
salariéslarécupèrentàunautre
moment(Codedutravail,article
L.3122-27).Lesalariépeut
égalementposerunedeses
journéesdecongéoudeRTTpour
nepastravaillerlejoursuivantle
jourférié.Maisdanscecas,cela
nedonnepaslieuàrécupération.
Anoter:lafixationd’unpont
entraînel’obligationpour
l’employeurdeconsulterau
préalablelecomitéd’entreprise
ou,àdéfaut,lesdéléguésdu
personnel.
STRATÉGIE
Recruter et fidéliser
les meilleurs techniciens
Certains techniciens
sont devenus des
profils rares que les
entreprises
s’arrachent. Pour
capter les meilleurs
— et les garder —, les
recruteurs doivent
s’adapter au marché.
U
ne prime pour recruter un futur
collègue ? Il suffisait d’y
penser. « Nous avons récem-
ment créé un dispositif de coopta-
tion, avec une prime symbolique,
qui permet aux salariés de s’impli-
quer dans le recrutement et de valo-
riser l’entreprise », explique Isabelle
Gozdowski, directrice des res-
sources humaines du groupe Apave.
Malgré une solide réputation et
10 000 collaborateurs dans le
monde, ce groupe spécialisé dans la
prévention des risques doit multi-
plier les canaux de
recrutement, y
compris sur le
Web. « Nous allons
à la rencontre des
candidats sur les sa-
lons. Sur notre site
Internet, nous utilisons des vidéos de
collaborateurs présentant leur métier
au quotidien. Nous communiquons
aussi sur les sites d’emploi et via les
réseaux sociaux… »
Impossible de se reposer sur de sim-
ples offres d’emploi, quelle que soit
la notoriété de l’employeur. Malgré
100 000 candidatures reçues chaque
année, Areva confesse aussi des dif-
ficultés de recrutement. « On ren-
contre des problèmes d’adéquation
avec des postes pénuriques en robi-
netterie nucléaire ou en soudure, par
exemple, pour lesquels on n’a pas
assez de candidats formés », té-
moigne Gaëtan Millin, directeur em-
ploi et mobilité. Pour y remédier, le
groupe s’en remet à l’alternance.
« Nous recrutons 500 alternants par
an. Ce sont des niveaux CAP ou bac
pro que nous formons aux métiers
d’intervention sur site. Ils sont opé-
rationnels au bout de quatre à
six mois et véritablement auto-
nomes après un à deux ans pour les
interventions chez le client. »
« Certains techniciens sont devenus
des denrées rares », confirme Véro-
nique de Fouchier, organisatrice du
salon Top Techniciens. Parmi les
profils pénuriques régulièrement
cités dans tous les secteurs : les tech-
niciens de maintenance, dans l’in-
dustrie ou l’informatique, ou les des-
sinateurs-projeteurs, prisés par les
bureaux d’étude autant que dans le
BTP. « Il faut les trouver mais aussi
les motiver pour les garder ! »
« Le technicien qui exécute n’a plus
de sens, ce n’est plus ce qu’at-
tend le marché, confirme Gas-
pard Matheron, directeur des
ressources humaines chez Se-
gula Technologies. Aujourd’hui,
concevoir un produit, c’est un travail
collaboratif. » Pour capter les meil-
leurs profils, ce groupe international
de conseil en innovation et d’ingé-
nierie mise sur la qualité et l’intérêt
technique des projets, en France et à
l’international. « Les meilleurs tech-
niciens sont fondamentalement inté-
ressés par la technique, observe Phi-
lippe Arsac, PDG d’Eurowin
Consulting, un cabinet spécialisé
dans l’informatique. Elle est essen-
tielle à leur motivation, il ne faut sur-
tout pas l’oublier. »
Et à cela s’ajoutent bien sûr quelques
autres considérations. « Les salaires
d’Areva sont en moyenne 20 % au-
dessus du prix du marché sans
compter les primes », annonce
Gaëtan Millin. Chez Apave, un
jeune diplômé à bac + 2 peut débuter
à 22 000 € brut par an et utiliser,
moyennant une participation, le vé-
hicule de la société à titre personnel.
Mais surtout, ces techniciens pour-
ront espérer monter en compétence
de façon pérenne. « Au fur et à me-
sure de leur expérience, les techni-
ciens peuvent élargir leur palette
d’activités, explique Isabelle
Gozdowski. Animer des stages
de formation, mener des actions
commerciales ou assurer un rôle
de référent technique. Ils peu-
vent aussi accéder à des postes d’en-
cadrement d’équipe. »
Gaëtan Millin confirme. « Quand on
recrute un technicien, on sait qu’on
ne peut pas le cantonner indéfini-
ment dans une voie et qu’il faudra lui
donner la possibilité d’évoluer… »
 DOSSIER RÉALISÉ PAR CÉLINE CHAUDEAU
Pour recruter les techniciens pointus dont elle a besoin, Areva forme chaque année 500 alternants à qui
elle assure ensuite des possibilités d’évolution de carrière. (LP/Marc Menou.)
« Il faut les trouver,
mais aussi les motiver
pour les garder ! »
1 146 290techniciens
en France, tous secteurs confondus, selon une étude du Centre d’études
et de recherches sur les qualifications (Céreq) en 2009.
Ondoit cette boutade à unrecruteurdansle secteurde l’énergie : «Si vous
êtes technicien de maintenance en chaudronnerie, je vous veux, mais je ne
suis pas le seul ! » « Les profils en maintenance sont extrêmement prisés,
que ce soit dans l’informatique ou le BTP, résume Rami Mahfoudh,
consultant chez Profile Research. Parce que de plus en plus d’entreprises
ont du mal à remplir leurs carnets de commandes, elles doivent produire
mieux, d’où une disponibilité des machines beaucoup plus forte. » Côté
diplômes, les profils recherchés restent les bac + 2 avec une dominante en
maintenance(BTSMAI,BTSMI)ouavecunespécialisationliéeàlatech-
nicité des matériels : mécanique (DUT GMP), électricité, électronique et
informatiqueindustrielle(DUTGEII),régulationetautomatisme(BTSCi-
ra).Quantauxrémunérationspratiquées,ellesoscillententre25 000€brut
annuelspourundébutantet40 000€pouruntechnicienconfirmé.
La maintenance : le profil star
AU CŒUR DE L'EMPLOI CARRIÈRES 21
LE PARISIEN ÉCONOMIE I LUNDI 5 MAI 2014
 TÉMOIN
« Grâce aux emplois d’avenir, nous avons embauché
des couvreurs sur mesure »
Une opération gagnant-gagnant,
résume-t-elle. D’un côté, des
jeunes peu qualifiés mais dési-
reux d’apprendre. De l’autre, une
entreprise en quête désespérée de
techniciens couvreurs diplômés.
Quand le gouvernement lance fin
2012 le dispositif des emplois
d’avenir destiné à faciliter l’accès
à la qualification des 16-25 ans,
Fabienne Guérin y voit une
chance à saisir. « On avait des be-
soins dans la région du Grand
Ouest, résume la directrice des
ressources humaines de Techni-
toit, une PME angevine de
700 salariés (et 68 millions
d’euros de chiffre d’affaires) spé-
cialisée dans la rénovation de
maisons particulières. Nous
avons donc eu l’idée de mettre en
place une session de formation
100 % adaptée à nos besoins. »
« Des CDI pour les fidéliser »
Sept jeunes ont ainsi été recrutés
en novembre 2013 sur l’ensemble
de la région Pays de la Loire, aux-
quels se sont ajoutés trois contrats
de professionnalisation. L’entre-
prise a mis en place, pour eux,
une formation en alternance avec
les Compagnons du devoir durant
six mois. « Le but était de person-
naliser la formation selon nos be-
soins et de les accompagner vers
l’obtention d’un vrai diplôme et
d’un premier contrat de travail. »
Conformément au dispositif, l’en-
treprise aurait pu se contenter
d’un CDD d’une durée de un à
trois ans. « Comme les compé-
tences de couvreur sont assez re-
cherchées, on leur a aussi proposé
un CDI d’entrée pour les fidé-
liser. » Et l’entreprise bénéficie,
au passage, d’une aide de l’Etat
équivalente à 35 % du smic pen-
dant trois ans.
Au final, Fabienne Guérin ne
cache pas une vraie fierté. Cou-
rant mai, cette première promo-
tion sur mesure de jeunes formés
par Technitoit passera son di-
plôme professionnel de couvreur
zingueur reconnu au répertoire
national de certifications profes-
sionnelles. Rompue aux res-
sources humaines depuis vingt-
cinq ans, Fabienne Guérin
déplore la mauvaise image dont
souffrent certains techniciens.
« Un bon technicien a autant de
valeur pour un employeur qu’un
ingénieur. Aujourd’hui d’ailleurs,
la frontière entre un jeune ingé-
nieur et un technicien expéri-
menté est plus floue. »
Fabienne GUÉRIN,
47 ans, DRH de Technitoit
à Angers (Maine-et-Loire)
(DR.)
Julien WEYRICH,
directeur du secteur
ingénieurs et
techniciens chez Page
Personnel
 Pourquoi est-ce si difficile de trouver de bons techniciens ?
Parce qu’ils sont très demandés et qu’il y en a de
moins en moins. De plus en plus, les techniciens
veulent devenir cadres et évoluer vers des formations
en bac + 2, 3 ou 5 au risque d’être des ingénieurs
moyens alors qu’ils pourraient être d’excellents
techniciens. A cela s’ajoute un autre facteur : on
demande beaucoup plus aux techniciens aujourd’hui.
Il ne suffit plus d’être bon en technique. On exige par
exemple des compétences linguistiques parce que
certains interlocuteurs sont étrangers et les machines
aussi bien souvent. On leur demande un savoir-être et
un relationnel proche de ce qu’on peut attendre d’un
cadre, ce qui n’est pas leur formatage premier.
 La conjoncture est-elle favorable ?
Je vous le confirme. Depuis 2010, les fonctions
techniques bénéficient d’un contexte favorable qui ne
devrait pas changer tout de suite. Il y a un désamour
des fonctions de col-bleu qui complique les
recrutements. Aujourd’hui, dans les PME, beaucoup
de postes jadis dévolus à des bac + 5 sont attribués à
des bac + 2 expérimentés et techniquement
excellents.
 Comment capter les bons techniciens ?
Il faut revaloriser leur statut. Le Medef a d’ailleurs
prévu une campagne télévisuelle sur ces métiers pour
souligner les opportunités qui existent. Ces fonctions
ne font pas toujours rêver et c’est dommage. En effet,
ces profils peuvent facilement trouver un poste très
correctement payé. En sortie d’école, un BTS MAI
(mécanique et automatismes industriels) ou MI
(maintenance industrielle) peut espérer gagner
25 000-26 000 € brut par an. On vient de recruter un
de ces profils pour du service après-vente à
l’international avec un an et demi d’expérience à
36 000 € brut par an. On peut gagner sa vie et
connaître une belle évolution au sein d’une entreprise.
(DR.)
L’AVIS DE…
« Il y a un désamour des fonctions
de col-bleu »
Des formations
pour les faire monter
en compétences
Les formations pour garantir l’accès à des
diplômes de niveau licence, voire
bac + 5, constituent un levier de motivation.
« C
e nouveau dispositif de
promotion sociale est
destiné à accompagner
des salariés d’EDF occupant des
postes d’exécution vers des postes de
responsabilité de cadre, par un par-
cours de formation adapté », explique
Marianne Laigneau. Le 8 novembre
2013, la directrice des ressources hu-
maines du groupe est fière de pré-
senter Cap exécution cadre, un nou-
veaupartenariatavecleConservatoire
nationaldesartsetmétiers(Cnam).La
formation proposée aux techniciens
se déroule sur quatre ans en alter-
nance.Ellegarantit,encasderéussite,
l’accès à des diplômes de niveau li-
cence, voire de niveau bac + 5, et
permet d’accéder à un poste à respon-
sabilité.
«Notrechiffred’affaires
s’enressent»
La formation comme levier de moti-
vation chez les techniciens ? A ce
jour, EDF se targue d’être la seule en-
treprise du CAC 40 à proposer un tel
dispositif. Mais nul besoin d’être un
grandgroupepourfairemontersessa-
lariésencompétence.«J’ailaconvic-
tion que, pour avoir de bons techni-
ciens,ilfautdécloisonnerlesposteset
la hiérarchie », analyse Yann Orpin,
PDG de Cleaning, une PME lilloise
de200salariésspécialiséedanslenet-
toyage industriel. Parmi ses techni-
ciens d’entretien, un grand nombre
ont déjà passé des concours adminis-
tratifs. Et, même si certains ont quitté
l’entreprise, il s’en réjouit. « Humai-
nement, je veux que mes techniciens,
tant qu’ils sont là, soient heureux de
venir travailler. » Douze ans après
avoirreprislaPME,ilnel’ajamaisre-
gretté. « Avec cette ouverture vers le
haut, nos techniciens sont plus mo-
tivés et notre chiffre d’affaires s’en
ressent.»
« Il y a un vrai souci de pérennisation
des effectifs techniciens, constate
CharlotteHissette,responsabledefor-
mationauCesi.Cetorganismespécia-
lisé en parcours qualifiants pour tech-
niciens travaille régulièrement en
partenariat avec EDF, la Poste ou la
RATP. « L’enjeu de la formation est
double. Faute de trouver la perle rare,
de plus en plus d’entreprises doivent
recruter des profils qu’ils forment à
leurs modalités de travail. Mais, dans
un deuxième temps, pour les faire
évoluer et souvent pour les garder, il
faut aussi les faire monter en compé-
tence.»
A chaque entreprise sa méthode.
Areva consacre ainsi un million
d’heures à la formation, soit une se-
maine par an par salarié, et permet
chaqueannéeà150techniciensdede-
venir cadres. « Veolia a mis en place
uncampusdédiéàlaformationetpro-
pose aussi des formations validantes
auprès de l’Etat, relève Rami Mah-
foudh, consultant chez Profile Re-
search et spécialiste dans le recrute-
ment de techniciens industriels. On
peut rentrer avec un simple bac ou
BEP et sortir avec un bac + 2 ou 3.
C’est comme cela qu’on garde les
gens. Car la balance entre ce qu’on
donne et ce que le salarié rapporte est
trèspositive.»
(LP/Marc Menou.)
EN SAVOIR PLUS
À LIRE
 « Les Professions
intermédiaires : Plongée dans
l’univers des techniciens, agents
de maîtrise, commerciaux,
administratifs », de Christophe
Guitton et Jean-Paul Cadet,
Ed. Armand Colin, 2013,
400 pages. 30 €.
À CONSULTER
 L’étude annuelle de
rémunérations Ingénieurs &
Techniciens :
www.pagepersonnel.fr.
 Les études du Céreq sur les
techniciens et professions
intermédiaires des entreprises :
www.cereq.fr.
 Le site du salon Top Techniciens
organisé deux fois par an :
www.toptechniciens.fr.
 Le site des emplois d’avenir :
www.travail-em ploi.gouv.fr.
Ils RECRUTENT
 EDF
2 500techniciens(électriciens,automaticiens,
logisticiens,robinetiers,chaudronniers,techniciens
d’exploitation),dont60 %dejeunesdiplômés.
www.edfrecrute.com
 Areva
840techniciensenmaintenanceélectromécanique,
robinetterienucléaire,tuyauterieindustrielle,usinage
etsoudure.
www.areva.com
 BureauVeritas
110postesd’inspecteursetdediagnostiqueurs.
www.bureauveritas.fr
 Apave
330postesdetechniciensitinérantschargésleplus
souventdel’inspectiondesinstallations.
www.apave-recrutem ent.com
 Segula
600techniciens,dontbeaucoupdedessinateurs-
projeteursdanslamécanique.
www.segularecrute.fr
 Safran
800techniciensessais,techniciensméthodes,
technicienscontrôlesnondestructifs,techniciens
réparations,techniciensaprès-vente.
www.safran-talents.com
22 CARRIÈRES MANAGEMENT
LE PARISIEN ÉCONOMIE I LUNDI 5 MAI 2014
«Le Parisien libéré»
25, avenue Michelet
93408 Saint-Ouen Cedex
Tél. 01.40.10.30.30
Société par actions simplifiée
Commission paritaire n°0115C85979
Président: Intra-Presse
représentée par Jean HORNAIN
Principal associé: Intra-Presse
Jean HORNAIN,
Directeur de la publication
Eric HERTELOUP,
DGA et éditeur
Thierry BORSA, Directeur
des rédactions du «Parisien»
et «d’Aujourd’hui en France»
RÉDACTION
Responsable de la rédaction:
Bénédicte Alaniou
balaniou@leparisien.fr
Editing et réalisation:
Marianne Blériot
mbleriot@leparisien.fr
Rédaction: Agence Accroche-Press’,
Chloé Coursaget, Charlotte Robinet
PUBLICITÉ/AMAURY MEDIAS
Directeur général adjoint:
Philippe Fromantin, 01.40.10.53.02
PUBLICITÉ COMMERCIALE
Directeur de la publicité:
Roland Aouizerate, 01 41 04 97 78
raouizerate@amaurymedias.fr
ANNONCES EMPLOI
Directeur de la publicité:
Muriel Petit, 01.40.10.53.22
mpetit@amaurymedias.fr
IMPRESSION
Sicavic Saint-Ouen (93400)
ABONNEMENT
Le Parisien: 0.811.875.656
(coût d’un appel local)
ÉCONOMIE
VIE PROFESSIONNELLE
La vague du codéveloppement
De plus en plus
d’entreprises
font appel
à cette entraide,
née au Canada
pour améliorer
les pratiques
professionnelles
des décideurs.
L
es séances ont lieu par petits
groupes.Directeurgénéral,direc-
teur des ressources humaines,
chef de projet, chargé de communica-
tion, responsable marketing ou
consultant… Ils exercent les mêmes
fonctions, ou pas, mais ils partagent
unobjectifcommun:résoudrecollec-
tivement les préoccupations de
chacun.«Jeviensd’êtreplacéàla
tête d’une équipe de 400 per-
sonnes, je voudrais lancer mon
premierséminairedecomitédedirec-
tion, comment faire ? » « Je suis ma-
lade avant chaque réunion du comité
de pilotage, comment relativiser ? »
« Je rencontre des difficultés avec un
collaborateur, pouvez-vous m’aider à
débloquerlasituation ?»Troisheures
d’échangesserontconsacréesàlapro-
blématiqueposée.
Depuistroisouquatreans,onassisteà
une « véritable explosion de l’intérêt
pourlesgroupesdecodéveloppement
professionnel », observe Anne
Hoffner, cofondatrice, avec Domi-
nique Delaunay, du Centre européen
decodéveloppement(Cecodev),quia
introduit le concept en France il y a
dix ans. Mise au point par deux Qué-
bécois, Adrien Payette et Claude
Champagne,cetteméthodedeforma-
tion a d’abord rencontré peu d’écho
lorsque ses créateurs ont cherché à la
promouvoir dans l’Hexagone au
début des années 2000. « Probable-
mentparcequ’ilyaquinzeans,ilétait
difficile pour les manageurs d’ima-
ginersemettreensituationdedeman-
deur»,avanceAnneHoffner.Depuis,
plusieurs grandes entreprises l’ont
adoptée (Siemens, Orange, Air
France, RTE, notamment), mais le
codéveloppement a aussi ses
adeptes dans les ministères (Eco-
logie),oulesPME.
« La plupart des manageurs ont
besoin d’apprendre à développer leur
écoute, leur leadership, leur cha-
risme»,estimeFabienRodhain,créa-
teur de Codéveloppement Academy.
Or, les formations théoriques n’ont
plus trop la cote auprès des décideurs.
« L’intérêt du codéveloppement est
qu’il s’appuie sur le quotidien et l’ex-
périence des participants, ajoute Fa-
bien Rodhain. Il renverse le modèle
habituel avec le sachant au-dessus et
l’apprenantpassif.»
Quel fonctionnement concret ? Les
groupes peuvent être mis en place en
«intra»-entreprise,àlademanded’un
DRH ou de salariés. Les groupes (5 à
8 personnes maximum, sans lien hié-
rarchique) se réunissent deux demi-
-journées par mois, sous le regard
d’unanimateurexternechargédubon
déroulement de la séance. Anne
Hoffnernotechezlesparticipants«un
gros appétit pour l’aide d’autrui » qui
fait de ces séances un « formidable
outil de prévention des risques psy-
chosociaux».L’entraide,l’écoutedes
autres:c’estaussicequiapousséDo-
minique Guérin, directrice générale
de l’agence médias MECGlobal, à
testercetteméthodepourredynamiser
ses troupes après la perte de gros
clients. « Depuis janvier, plus de la
moitié de nos 70 salariés ont participé
àdessessionsdecodéveloppementet,
en quatre mois, j’observe déjà une re-
mobilisationinternetrèsforte.»
Portés par le bouche-à-oreille, ces
groupes de « coaching collectif » —
facturés « de 1 600 à 2 500 € la
journée pour 8 personnes » selon Fa-
bien Rodhain — font des émules. Ils
sontmisenplacehorsentreprise,pour
des entrepreneurs isolés. En interne,
certains groupes, comme les Pages
jaunes, ont décidé de les étendre à
grande échelle en formant leurs pro-
pres animateurs. Anne Hoffner met
toutefois en garde contre l’explosion
desmauvaisespratiques:«Sionn’est
pas professionnel de la méthode, cela
peut être dangereux. » D’où l’impor-
tancedefaireappelàdesspécialistes.
 CHARLOTTEROBINET
(MaxPPP/AltoPress/Eric Audras.)
Patrice CARDINAUD
DRH de Solocal group
(ex-Pages jaunes)
« Nous avons découvert ce nouvel
outil de développement RH en
2012, dans le cadre d’un
programme d’accompagnement au
changement. Avec la mise en
œuvre de notre projet Digital 2015
et de tests de réorganisation du
groupe notamment, les rôles des
manageurs évoluent. Or, cette
forme d’apprentissage, qui vise à
développer l’échange et le travail
collaboratif, s’inscrit tout à fait
dans le sens de notre entreprise.
Les manageurs l’apprécient
beaucoup car elle est bien plus
proche du réel qu’un
enseignement classique
descendant. Pour la faire durer,
nous avons décidé de former une
dizaine de nos collaborateurs à
l’animation de séances. D’ici la fin
2014, près de 800 collaborateurs
du groupe, sur 5 000, auront ainsi
participé à des ateliers de
codéveloppement. »
« J’ai participé depuis le début de
l’année à huit séances d’une demi-
journée, au sein d’un groupe qui
comprenait sept collègues de
différents services. Chacun notre
tour, nous avons pu exposer un
projet ou une préoccupation.
Le grand bénéfice de cette
méthode très structurée, même si
elle est parfois un peu
déstabilisante, est qu’elle permet
de mettre à plat des problèmes
professionnels tout en apprenant à
écouter les autres.
Par ailleurs, celui qui s’exprime
n’est soumis à aucun jugement ni à
aucune obligation de résultat, cela
crée un environnement
bienveillant. Le fait d’aider ses
collègues est aussi très valorisant.
Grâce à cette formation, je vais
pouvoir obtenir une habilitation qui
me permettra par la suite d’animer
moi-même des séances auprès des
salariés. »
(Jean C.)
L’AVIS DES INTÉRESSÉS
Isabelle MERCIER-
YTHIER
Responsable pôle medias
(DR.)
Une séance classique dure
généralement trois heures et
suit un processus très formel
qui comprend six étapes.
Présentation
Le demandeur (« client »)
expose aux autres participants
(les « consultants ») la
problématique qu’il souhaite
traiter. Durée : 5 à 10 min.
Questions
Les consultants interrogent le
client pour mieux cerner le
sujet. Durée : 30 à 45 min.
Contrat moral
Le client formule sa demande
au groupe. Durée : 5 min.
Consultation
Les consultants livrent leurs
recommandations, leur
ressenti. Le client prend des
notes sans les interrompre.
Durée : 30 à 45 min.
Réflexion
Synthèse des remarques,
le client ébauche et livre
le début de son plan d’action.
Durée : 10 min.
Régulation
Retour sur le vécu personnel
de la séance. Durée : 10 à
15 min.
En pratique
EN SAVOIR PLUS
ÀLIRE
 «LeCodéveloppement
professionneletmanagérial»,
d’AnneHoffneretDominique
Delaunay,Ed.Ems,2011,
289pages.20,30€.
 «LeGroupedecodéveloppement
professionnel»,d’AdrienPayetteet
ClaudeChampagne,Pressesde
l’universitéduQuébec,211pages.
Cetouvragedatede1997,maisil
restelaréférencesurlesujet.
DisponibleenFranceauformat
Kindle(16,99€)oupapier(22,80€).
ÀCONTACTER
 Codéveloppementacademy,
76,rueMasséna,69006Lyon.
Tél.06.86.42.96.71.
www.codeveloppem ent-
academ y.com .
 Associationfrançaisede
codéveloppementprofessionnel:
www.afcodev.com .
 Centreeuropéendu
codéveloppementprofessionnelet
managérial:www.cecodev.fr.
EN LIBRAIRIE
 «Comprendre
l’ISF»
Cette3e édition
écritepar
Séverine
Michelot,
PatrickCollinet
PatrickViault,
toustroisexperts-comptables,
seveutunoutilàlaportée
detousexplicitantlesgrands
principesapplicablesenmatière
d’impôtdesolidaritésurla
fortune(ISF)quiconcerneles
contribuablesdontlepatrimoine
atteint1 300 000€.
Collectionl’Expertenpoche,
110pages.12€.
 «Fairedu
marketing
surlesréseaux
sociaux»
Cetouvrage
entendaider
lelecteur«à
construiresa
stratégieàpartir
d’unecartographiedétailléedes
possibilitésoffertesparles
médiassociaux».Al’aidede
nombreuxcascommentés,les
auteurs,MélanieHossler,Olivier
Murat,AlexandreJouanne,
proposentdesméthodes
adaptéesàchaqueobjectif
marketing,commedévelopper
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LE PARISIEN ÉCONOMIE I LUNDI 5 MAI 2014
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dans le cadre d’emploi des Ouvriers Des Parcs et Ateliers - Technicien niveau 2
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Subdivision de Briare (45) Loiret
Date limite de dépôt des dossiers d’inscription : 7 MAI 2014 minuit
(cachet de la poste faisant foi)
Date des épreuves d’admissibilité : 20 MAI 2014 (à Dijon)
Date des épreuves pratiques et orales : 27 MAI 2014 (Dijon)
Les candidats devront remplir les conditions générales d'accès à la
fonction publique :
{ être âgé de 38 ans maximum à la date des épreuves d’admissibilité
{ nationalité, droits civiques, casier judiciaire, aptitude physique,
situation régulière au regard du service national.
Comment obtenir un dossier d’inscription :
par mail à l’adresse suivante :
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ou par écrit à cette adresse : VNF
Direction Territoriale Centre Bourgogne - RH/Formation
CONCOURS OPA - 13, avenue Albert 1er - CS 36229
21062 DIJON CEDEX - tél. 03 45 34 12 87
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RH/Formation - CONCOURS OPA - 13, avenue Albert 1er
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Département 78 :
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Grands comptes et PME : l’union sacrée

  • 1.
    LUNDI 5 MAI2014 ÉCONOMIE AU CŒUR DE L’EMPLOI Les recruteurs se disputent les profils rares de techniciens Pages 20 et 21 COMMISSION PARITAIRE N° 0115 C 85979 NE PEUT ÊTRE VENDU SÉPARÉMENT ENTREPRISES Quandlesgrandes ontbesoin despetites Grâce à leur expertise, leur réactivité et leur capacité d’invention, les PME sont désormais devenues des partenaires indispensables aux multinationales. Pages 2 et 3 (GettyImages/lvcandy.) INVITÉS DE LA SEMAINE NATHALIE BALLA ET ERIC COURTEILLE coprésidentsdelaRedoute Page 5 (LP/Humberto De Oliveira.) FACE-À-FACE Club Med Gym / Moving Pages 8 et 9 INNOVATION Les Google Glass Page 16 (DR.) ARGENT Chefs d’entreprise : pensez à votre retraite Pages 18 et 19 MANAGEMENT Les atouts du codéveloppement Page 22 NOUVELLEFORMULE
  • 2.
    02 ÉCONOMIE LE PARISIENÉCONOMIE I LUNDI 5 MAI 2014 «A idons-nous les uns les autres. » Citant tour à tour saint Matthieu puis Jean de La Fontaine, Ar- naud Montebourg enjoignait il y a quelques mois les directeurs achats des entreprises du CAC 40 à adopter rapidement une politique respon- sable et solidaire envers les TPE et PME. En cette période de morosité économique, l’évolution des rela- tions interentreprises fait en effet partie des leviers pour améliorer la compétitivité française. Face aux grands groupes, les petites entre- prises ne manquent pas d’atouts : leur expertise, leur réactivité et leur capacité d’innovation sont pré- cieuses. Même si certains grands comptes continuent à envisager leurs rela- tions avec leurs sous-traitants de ma- nière opportuniste, d’autres l’ont compris et misent sur le partenariat pour créer de la valeur. « Certains s’aperçoivent qu’ils ont besoin des PME, qu’ils considéraient autrefois comme des pions, pour continuer à vivre eux-mêmes. La concurrence acharnée a en effet entraîné la dispa- rition de nombreuses spécialités », remarque Frédéric Grivot, vice-pré- sident de la Confédération des pe- tites et moyennes entreprises (CGPME). Dans l’industrie en particulier, la re- lation entre donneurs d’ordres et sous-traitants tend peu à peu à s’équilibrer dans certains secteurs comme la chimie et surtout l’aéro- nautique où le niveau de technicité est très important. « On y parle qua- lité et un peu moins prix. Impossible de faire voler un avion en faisant des économies de 2 € sur une pièce qui requiert une haute compétence », ex- plique Luc-Eric Krief, président du Centre national de la sous-traitance (Cenast). Pour Benoît Desveaux, co- président de la commission crois- sance partagée de Croissance plus, « le développement des stratégies RSE (responsabilité sociétale des entreprises) a également été béné- fique pour la relation entre grands comptes et PME puisqu’ils se sont mis pour la première fois à parler d’autre chose que du prix. » Il n’en reste pas moins que les mau- vaises habitudes ont la vie dure, no- tamment quand il s’agit de régler les factures en temps et en heure. Malgré la mise en place de la loi de modernisation de l’économie en 2008 qui a harmonisé les pratiques, un tiers des entreprises règle encore ses factures, ou sont elles-mêmes ré- glées, au-delà de 60 jours. Ce qui en- traîne des problèmes très importants de trésorerie pour les PME et parfois même des défaillances. Pour ré- soudre les conflits par le dialogue et sceller la confiance, le gouverne- ment a créé en 2010 la médiation in- terentreprises. Plusieurs initiatives ont vu le jour pour faire bouger les La France aime ses grandes écoles, ses grandes institutions et ses grandes entreprises. Les fleurons du CAC nourrissent l’orgueil national. Mais à 95 %, les salariés français du privé travaillent dans des PME et des TPE, dont la bonne santé est, pour beaucoup, intimement liée aux commandes des grands groupes. Quelle que soit la taille de la structure qu’ils dirigent, tous les chefs d’entreprise, même les plus puissants, sont conscients aujourd’hui que seuls ils ne peuvent rien. Mais une véritable mue s’impose pour transformer la classique relation donneur d’ordres-fournisseur en partenariat « gagnant-gagnant ». Transformation, adaptation, innovation : les sociétés qui intègrent ces trois commandements prennent une longueur d’avance. Pour les avoir un temps oubliés, la Redoute a perdu de son éclat. Ses deux nouveaux dirigeants, qui sont nos invités cette semaine, ont bien l’intention de redonner tout son lustre à cette enseigne plus que centenaire. Une bonne nouvelle pour les salariés mais aussi pour le tissu économique de ses sous-traitants. L’éditorial de Bénédicte Alaniou Ensemble, c’est tout REPÈRES 70,71milliards d’euros C’est le chiffre d’affaires des 30 333 sous-traitants industriels en France en 2012, en baisse de 2,93 % (en valeur) par rapport à 2011.  493 137 salariés sont employés par ces mêmes sous-traitants industriels.  1er secteur client : l’automobile avec 30,5 % des commandes. Source:étudedel’économ isteetconsultantdu M idest,DanielCoué. Grands comptes et PME : La compétitivité et la croissance de l’industrie française passent par l’amélioration des relations entre donneurs d’ordres et sous- traitants. Et les exemples vertueux existent. EN SAVOIR PLUS À LIRE  « Les Achats collaboratifs : Pourquoi et comment collaborer avec vos fournisseurs », de Michel Philippart, Hugues Poissonnier, Nicolas Kourim, Ed. De Boeck, 2012, 230 pages, 25,50 €.  « Politique d’achat et gestion des approvisionnements », de Pascal Ménage et Olivier Bruel, Ed. Dunod, 2014, 336 pages, 30 €. À CONSULTER  Le rapport d’activité 2013 de la médiation interentreprises sur le site www.redressem ent- productif.gouv.fr.  La charte relations fournisseur responsables sur www.relations- fournisseur-responsables.fr.  L’association Pacte PME sur www.pactepm e.org Y ALLER  Le prochain Midest, salon mondial consacré à la sous- traitance industrielle, aura lieu du 4 au 7 novembre 2014 à Paris. Renseignements sur www.m idest.com . « Seule dans son coin, la grande entreprise ne peut plus se réinventer »
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    À LA UNEÉCONOMIE 03 LE PARISIEN ÉCONOMIE I LUNDI 5 MAI 2014 lignes, dont la création de la charte et du label relations fournisseur res- ponsables ainsi que de la charte PME innovantes. Le label certifie pour trois ans des entreprises atta- chées à des pratiques d’achat res- ponsables grâce à une évaluation d’un cabinet indépendant. Depuis décembre 2012, quinze groupes l’ont décroché parmi lesquels Le- grand, SNCF, Société générale ou Thales. Un label spécifique à l’agroalimentaire et à la distribution sera également lancé fin mai. « Il faut que ces labels soient contrôlés régulièrement sinon ils ne serviront qu’à se donner bonne conscience », observe Frédéric Grivot. L’un des moteurs importants de la nouvelle dynamique de partenariat entre donneurs d’ordres et sous-trai- tants est l’innovation. « La grande entreprise, seule dans son coin, ne peut plus se réinventer », observe Benoît Desveaux. L’innovation naît de plus en plus au sein des start-up, TPE ou PME. Pour en bénéficier, les grands groupes ont tout intérêt à col- laborer avec elles. D’où la création de la charte PME innovantes fin 2012. Ses signataires s’engagent no- tamment à accompagner les PME pour faire aboutir leurs projets, à contribuer à leur développement par exemple en y investissant. En contrepartie, ils bénéficient d’un accès à une technologie nouvelle et sécurisent leur approvisionnement en renforçant des partenaires écono- miques. Même démarche ou presque du côté de pacte PME, une association constituée de 56 grands comptes qui promeut les partenariats gagnants avec les PME. C’est en multipliant les opportunités d’échanges que les grands acheteurs et les preneurs d’ordres réussiront à faire évoluer leurs relations.  DOSSIER RÉALISÉ PAR SOLENNE DUROX (GettyImages/Medioimages/Photodisc.) l’union sacrée  TÉMOINS « Notre atout : l’innovation » L’entreprise Baron se fait fort d’ap- porterdessolutionssur-mesureàses clients. C’est ce qui lui a permis de remporterennovembre2013untro- phée au salon Midest, n° 1 mondial dessalonsdelasous-traitanceindus- trielle.Celui-cirécompensesonpar- tenariat innovant avec Snecma, une société appartenant à Safran. Fin 2012, le groupe international de haute technologique recherchait un partenaire alliant les métiers de la micromécanique, de l’automatisa- tion et de la robotique afin de déve- lopper un robot démonstrateur. La société Baron a su répondre favora- blement à ses attentes et leur colla- boration exemplaire a débouché sur ledépôtdedeuxbrevets. «Noussommesexperts etréactifs» «Noussommescapablesd’apporter des projets clés en main sur des ma- chinesspécialesetdeslignesdepro- duction.Nosatoutssontnotreexper- tise, notre réactivité et notre innovation », affirme Stéphanie Baron,cogérantedecegroupefami- lial de 300 personnes créé en 1983. Son département recherche et déve- loppement et son bureau d’études composé d’une soixantaine d’ingé- nieurs ne cessent de s’étoffer pour répondre aux problématiques de leurs donneurs d’ordres à travers le monde. « Il faut les fidéliser afin qu’ils nous fassent suffisamment confiance pour exposer leurs be- soins », souligne Stéphanie Baron. L’entreprise a réalisé 30 millions d’eurosdechiffred’affairesen2013 et prévoit de le porter à 35 millions en 2014 dont 25 % à l’export. Elle a résisté à la crise en diversifiant ses métiersetsessecteursd’activité(aé- ronautique, pharmacie, luxe, agroa- limentaire etc.). Pas question pour elle d’être dépendante d’un donneur d’ordres. Son portefeuille est cons- titué d’une centaine de clients. Et le plus gros ne représente pas plus de 13 %duchiffred’affaires. Stéphanie BARON, cogérante du groupe Baron à Calais (Pas-de-Calais) (Picasa.) « C’est une relation gagnant-gagnant » Entre Legrand et ses fournisseurs, le courant passe plutôt bien. Selon une enquête réalisée au deuxième se- mestre 2013 par OpinionWay pour la médiation interentreprises, Crois- sance plus et « Challenge », le groupe français arrive en tête des donneurs d’ordres sur les critères de la relation avec ses fournisseurs et surlerespectdesdélaisdepaiement. Une distinction qui s’inscrit dans une démarche plus large menée de- puis plusieurs années. « Avec nos fournisseurs,nouscherchonsàcréer une relation gagnant-gagnant », ob- serve Philippe Rongère, directeur des achats du spécialiste des infras- tructures électriques et numériques dubâtiment. UnecharteRelationsfournisseur responsables Adhérent de la Compagnie des diri- geants et acheteurs de France (CDAF),Legrandaparticipéàl’éla- boration de la charte Relations four- nisseur responsables. Il a également fait partie des quatre premières en- treprises à décrocher dans la conti- nuité le label. « Cela ne nous a pas demandé beaucoup d’efforts, car nous nous sommes très tôt posé les bonnes questions. Ce label nous permet d’avoir un référentiel et de nous benchmarker (évaluer) », note Philippe Rongère. Collaborer avec sessous-traitants,c’estaussilessou- tenir quand ils sont en difficulté. Voilà quatre ans, Legrand a accom- pagné deux employés d’un fournis- seur qui souhaitaient reprendre l’ac- tivité après un dépôt de bilan. Le groupeaaidécettesociétéfortement dépendanteàsediversifier. Ces deux prochaines années, il va mettre en place le programme 3P (Purchasing Partnership Producti- vity). « Afin d’améliorer notre pro- ductivité, nous allons rencontrer tous les mois ou tous les deux mois unedizainedenosfournisseursdans chaque pays où nous sommes im- plantés », explique Philippe Ron- gère. Les gains, eux, seront partagés aveclessous-traitants.Unestratégie qui offre à Legrand, qui pèse 4,4 milliards de chiffre d’affaires, une fidélisation de ses fournisseurs d’uneduréemoyennededixans. Philippe RONGÈRE, directeur des achats du groupe Legrand à Limoges (Haute-Vienne) (DR.) Pierre PELOUZET, médiateur national des relations interentreprises  Quelestl’étatdeslieuxdesrelationsentredonneursd’ordres etsous-traitants ? Deuxmouvementss’opposent.Lepremierestconstitué degrandesentreprisesquiprofitentdeleurtailleetde lacrisepourjustifierdesactesillégauxetpayeren retardleursfournisseurs.Acôtédecela,ilyaaussides groupesquis’inscriventdansunedémarchepositiveet souhaitentbâtirunerelationdeconfianceavecleurs sous-traitants.Lepointnoir,c’estleretardde paiement.LespatronsdePMEs’arrachentlescheveux surcesujet.L’und’entreeuxm’aditqu’ildevaitmonter unefoisparmoissurParispourrécupérerleschèques.  Lesservicesdelamédiationinterentreprisessont-ils deplusenplussollicitésparlesacteurséconomiques afinderésoudredesconflits ? Nouscomptonsenvironunmillierdesaisinesde médiationparan.Aupremiertrimestre2014,nousen avonsreçudeuxfoisplusqu’unanauparavant.La médiationestunoutilfabuleuxquipermetdans80 % descasd’aboutiràunaccordentrelesparties.Nous sommesunbâtisseurdeconfiance,condition nécessaireàlacroissancedel’économiefrançaise.Si unpatrondePMErefused’honorerunecommandecar ilapeurdenepasêtrepayéparsondonneurd’ordres,il nevapasembaucheretdoncinvestir.  Commentlessous-traitantspeuvent-ilscontribuer àrééquilibrerleurrelationavecleursdonneursd’ordres ? LeregroupementdesPMEestunepistepeuutiliséeen France.Celadonnepourtantuneassisefinancière intéressantepourrépondreauxappelsd’offres.Cette frilositédessous-traitantsfrançaiss’explique notammentparleurespritindépendant.Ilyadonc aussidelaconfianceàconstruireentrelesPME. (François Girard.) L’AVIS DE... « Le point noir, c’est le retard de paiement »
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    04 ÉCONOMIE D'UNCOUP D'ŒIL LE PARISIEN ÉCONOMIE I LUNDI 5 MAI 2014 DÉCRYPTAGE Croissance : la Russie, l’Inde et la Chine marquent le pas Crise économique, Printemps arabe… En dix ans, la croissance mondiale s’est ralentie. Même la Chine, son principal moteur, a perdu de sa superbe tout comme la Russie et l’Inde. Quant à l’Europe du Sud, elle s’est enfoncée dans la récession. Mais bonne nouvelle : le Fonds monétaire international (FMI) annonce une hausse pour 2014. La déflation décrit une baisse prolongée du niveau général des prix. C’est le contraire de l’inflation. Pour mesurerl’évolutiondesprix,onutilisel’indicedesprixàla consommation (IPC) publié tous les mois par l’Insee. Il se calcule à partir de l’évolution du prix des produits consommésparlesménagesentredeuxpériodes.Ilestné- cessaire que cet indice soit négatif pendant plusieurs tri- mestrespourquel’onparlededéflation. Ladéflationadesconséquencesnégativessurl’économie. En effet, anticipant une baisse des prix, les ménages sont incités à reporter leurs achats. Dans ce contexte, les entre- prises réduisent leur production, les salaires et les embau- ches,cequipèsesurlaconsommationetlesprix.Uncercle vicieux s’enclenche alors, de baisse des prix et de réces- sion, c’est-à-dire de chute de l’activité et de destruction de richesse. Toutefois, lorsque les progrès techniques sur un secteur particulier entraînent des gains de productivité ou une baissedescoûts,labaissedesprixpeutêtrebénéfique.Cela conduitàdémocratiserl’usagedecertainsbiensetservices, jusqu’ici rendus inaccessibles compte tenu de leur coût. Les exemples les plus récents sont la téléphonie mobile ou encore les ordinateurs portables, dont le prix a presque été divisépardixdepuisledébutdesannées1990. Unesituationrare Dans les faits, très peu de situations de stricte déflation ont puêtreobservéesdanslemondeaucoursdusiècledernier. Seuleexceptionnotable:lesEtats-Unisentre1929et1933 etplusrécemmentleJaponquipeineàs’endégagerdepuis la fin des années 1990. De leur côté, les pays de la zone euro, dont la France, ont connu une inflation annuelle moyenne d’environ 1,8 % sur ces vingt dernières années. Maissontauxs’élèveaujourd’huienmoyenneàseulement 0,5 %. Depuis quelques années, le spectre de la déflation a remplacé la hantise de l’inflation qui dominait à la Banque centrale européenne. Mario Draghi, son président, se dit prêtàagirfaceaurisquededéflationenzoneeuro. LE DICO DE L’ÉCO Déflation LE TABLEAU DE BORD Estimations 2013 Chine + 7,7 % Inde + 4,4 % Iran - 1,7 % Russie + 1,3 % Etats-Unis + 1,9 % Canada + 2 % Brésil + 2,3 % Australie + 2,4% Japon + 1,5 % Espagne - 1,2 % Libye - 9,4 % Venezuela + 1 % Indonésie + 5,8 % Corée du Sud + 2,8 % Argentine + 4,3 % Paraguay + 13 % Arabie saoudite + 3,8 % Kenya + 5,6 % Afrique du Sud + 1,9 % France + 0,3 % Pérou + 5 % Mexique + 1,1 % Allemagne + 0,5 % Grèce - 3,9 % En 2003 LA CROISSANCE MONDIALE Variation annuelle du PIB (en %) : - 3 % et moins Non disponible De - 2,9 à 0% De 0 à 2,9 % De 3 à 4,9 % De 5 à 9,9 % 10 % et plus Source : FMI. EMPRUNTER ÉPARGNER LE MARCHÉ DUTRAVAIL LES CHIFFRES DE LACONSOMMATION LES CHIFFRES DE LASEMAINE (A partir du 1er janvier 2014) (au 1er trimestre 2014) (mars 2014) (mars 2014) (4e trimestre 2013) (Cat. A, B, C) (sans les DOM-TOM) En variation annuelle 61,20€ Taux moyen Demandeurs d’emploi 4 949 500 % de la population active 9,8 % Variation sur le moins précédent Livrets A et bleu Super livret Euro/dollar + 0 ,2 % 35 h Salaires Chomage 39 h 1 445,41 € 1 610,57 € 1 133,77 € 9,53 € 7,47 € 1 263,33 € Taux ixe pour un emprunt immobilier 1,25 % 4 % 1 € = 1,3862 $ Cours le 2 mai Sur 15 ans Minimum horaire brut Indices des loyers Consommation des ménages Inlation dont Énergie Alimentation Produits manufacturés Services - 0,6 % + 0,4 % + 0,2 % + 1,3 % + 0,3 % 125 + 0,60 % Minimum horaire net Sur 20 ans Taux minimum Taux minimum des crédits à la consommation sur un an 2,95 % 2,45 % 3,25 % 2,80 % 3 % + 0,4 % C’est le montant que devrait gagner,sur un an,un retraité ayant une pension mensuelle de 1 100 €.Les retraités touchant moins de 1 200 € mensuels devraient en efet échapper au gel des retraites annoncé par le gouvernement. En mars 2014, les dépenses de consommation des ménages ont augmenté de 0,4 % avec, notamment, une hausse de l'énergie (+ 2,3 %) et de l'alimentation (+ 0,4 %) alors que le secteur textile, habillement et cuir, lui, se contracte (– 2,3 %). 4 479,54 4 443,63 4 460,53 4 497,68 4 487,39 4 458,17 V. 02/05M. 30/04M. 29/04L. 28/04V. 25/04J. 24/04 CAC 40 - 0,48 % par rapport au mois précédent Source : Baromètre Empruntis.com, taux moyens hors assurance.
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    LA RENCONTRE ÉCONOMIE05 LE PARISIEN ÉCONOMIE I LUNDI 5 MAI 2014  VousavezrachetélaRedoute augroupeKering(ex-Pinault- Printemps-laRedoute).Dansquelle situationestlasociétéaprès desmoisdenégociationsdifficiles? ÉRIC COURTEILLE. L’organi- sation a besoin de se rassembler, le temps est à l’apaisement et au retour du dialogue. Sur le plan financier, nous reprenons une entreprise sans aucune dette. Les modalités de re- prise prévoient une recapitalisation par Kering à hauteur de 315 millions d’euros pour financer notre plan stra- tégique et 180 millions pour accom- pagnerlesmesuressociales.  Combiendesalariésl’entreprise comptera-t-elleunefois lesdépartsactés? E.C. Les départs vont être éche- lonnéssurlesquatreannéesquivien- nent et seront, en très grande majo- rité, soit des départs volontaires, soit desdépartsenpréretraite.LaRedoute comptera environ 2 200 salariés contre 3 400 et notre filiale, le livreur RelaisColis,passerade600salariésà unpeumoinsde430demain.  Quelleestl’histoire delaRedoute? NATHALIE BALLA. La Redoute est née en 1872 dans le Nord, c’est une entreprise qui a toujours su in- nover et se réorienter. A ses débuts, c’était une filature et face à l’impor- tance des stocks, elle est très vite de- venue une entreprise de mode avant d’élargir son offre à la décoration pourlamaison.LaRedouteainventé la vente par correspondance, par courrier à ses débuts, puis par télé- phoneetaujourd’huivialemailoule mobile. Elle a toujours été le leader incontesté de la vente par correspon- dance et, aujourd’hui, son site attire plus de 7 millions de visiteurs uni- ques par mois. Il ne faut pas oublier que la Redoute a joué un vrai rôle dans la libération des femmes. En effet, en lançant la carte Kangourou en 1969, elle leur a permis de gérer leur pouvoir d’achat sans en référer à leurmari !  Ya-t-ilunprofittype devotreclient? N.B. Sans surprise, sur notre base clients de plus de 10 millions de per- sonnes, 90 % sont des… clientes ! Notre cliente est parfaitement repré- sentative de la femme française. Elle est transgénérationnelle et fidèle et, grâceàelle,notretauxdenotoriétéat- teint99 %chezles18-65ans.  Commentexpliquez-vousles périodesdifficilesqu’elletraverse ? E.C. La Redoute a beau être un ac- teur majeur de l’e-commerce, elle est confrontée à un marché difficile. De- puis pas mal d’années, nous subis- sons une concurrence physique. Dans les années 1990, les magasins alimentairesonteneffetcommencéà laisser place aux magasins de mode dans les centres-villes. Puis, nous avons dû faire face aux « pure players » du Web, ces magasins en ligne24heuressur24ouverts7jours sur7.Surlesseulestroisdernièresan- nées,40000sitesdeventeenlignese sont créés. Tout le secteur de la vente par correspondance a été sévèrement touché. Ainsi, la Camif ou la Source (ex-Quelle)n’existentplus.  Les3Suissesnesontpas votreuniqueconcurrent? N.B. Absolument pas ! Nos concur- rents sont surtout les enseignes de centre-ville qui se développent aussi sur le Net, comme H&M, Zara, ou des magasins en ligne comme Asos ouZalando.Faceàcetteconcurrence accrue, nous devons donc réinventer notre modèle économique, revoir notreoffreetnosservices.  Commentcomptez-vous redresserlabarre ? N.B. L’époque où nous avions 2 col- lections par an, avec nos deux énormes catalogues de 1 200 pages automne-hiver et printemps-été, est révolue.Ilnousfautsanscesserenou- veler notre offre et, depuis déjà deux ans,noussommespassésde2à8col- lections, avec un taux de renouvelle- ment de 30 %. A l’avenir, nous au- rons 10 collections, avec un taux de renouvellement de 60 %. Et nous voulons développer des partenariats exclusifs comme celui que nous avonsnouéaveclamarquedeprêt-à- porter Ba&sh, qui sera annoncé le 15mai.Aujourd’hui,nousproposons plusde70 000références.Et72 %de notre chiffre d’affaires vient de nos propresmarques.Design,stylisme,la Redoute a un vrai savoir-faire. D’ici quatre ans, la Redoute doit être le leader sur le Web de l’habillement et de la décoration pour les femmes de plus de 30 ans. Elle doit retrouver sa placeaucœurdufoyerfrançais.  Etentermesdeservices ? E.C. Là encore, nous ne partons pas de zéro. Nous sommes sur un métier trèsémotionneletpasserdupapierau digital demande une grande agilité et une expertise différente. Depuis déjà cinq ans, nos équipes ont fait passer les ventes Internet de 50 % à 85 %. Plus de deux millions d’applications ont déjà été téléchargées dont 700 000 pour la seule année 2013. Notre page Facebook compte 2 mil- lions de fans. Mais ces efforts restent insuffisants car nos concurrents sont plus nombreux, plus agiles, plus agressifs.Nousallonsmettreenplace un modèle opérationnel plus simple, plus moderne et performant. Dans deux ans, notre filiale Relais Colis pourralivrerleclientlejourmême !  PROPOSRECUEILLIS PARSANDRINEBAJOS (LP/Humberto De Oliveira.) L’INVITÉ DE LA SEMAINE « La Redoute doit réinventer son modèle économique » Nathalie Balla, PDG de la Redoute depuis 2009, et Eric Courteille, cadre dirigeant de Kering depuis 2002, ont racheté le no1 de la vente par correspondance pour un euro symbolique. L’entreprise, qui pèse 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires, se donne deux ans pour redresser la barre. Et devenir 100 % numérique. Le chiffre À RETENIR 935millions d’euros de chiffre d’affaires en 2013. Evelyne CHABALLIER, professeur associé à l’Institut français de la mode (IFM), spécialiste de la distribution «Cesquinzedernièresannéesont étémarquéesparlafantastique percéedeschaînesd’habillement spécialiséesdontlapartdemarché estpasséde29 %en1996,à40 % aujourd’hui.Ellesontprisle leadershipenproposantjusqu’à douzecollectionsparan,rendant totalementobsolètelerythme traditionneldesdeuxgros cataloguessaisonniers.Les détaillantsdecentre-ville,puisles rayonshabillementdes hypermarchésetenfinlaRedouteet les3Suissesontététouchés fortement.Pourtant,laRedouteest ledeuxièmedistributeurdeprêt-à- porterfémininenFrance,derrière lesGaleriesLafayettemaisdevant CamaïeuetKiabi,H&MetZara ! C’estpourquoitouteslesfemmes, oupresque,sesententconcernées parl’histoiredel’entreprise.Mais aveclacrise,lamontéeen puissancedel’économiedigitaleet l’arrivéedemarquestrèsagressives commercialementcommeZalando, AsosouAmazon,sonmodèleest menacé.Pourunleadercommela Redoute,ilestimpératifdetrouver d’autresmodesdefonctionnement offrantunebonnerentabilité. LaRedoutedoitretissersesliens aveclesconsommatricesen reprenantleflambeaude l’émancipationdesfemmesetd’une certaineimpertinencedansla créationetlacommunication. Ils’agitderetravaillerledesigndes marquespropresetausside développerdescollaborationsavec desdesigners,connusetmoins connus,cequiatoujourscaractérisé lamarqueRedouteapportantàses clientsdepetitsluxesaccessibles. Ladisparitiondesbigbookstrès coûteuxetfigeantl’offreest nécessaire.C’estcequis’estpassé auxEtats-Unisauprofitdepetits cataloguessegmentésetréactifs.»  S.B. (DR.) CONTREPOINT « Il faut retravailler le design des marques propres et aussi développer des collaborations » NATHALIE BALLA, ÉRIC COURTEILLE, coprésidentsdelaRedoute
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    06 ÉCONOMIE MÉDIASET COMMUNICATION LE PARISIEN ÉCONOMIE I LUNDI 5 MAI 2014 Avec Finley, Coca-Cola part à la conquête des adultes Publicis conseil, l’agence de Coca-Cola France depuis dix ans, lance sa nouvelle campagne. L’objectif : cibler les 25-45 ans qui ne sont que 10 % à boire des « soft drinks ». Et donner un coup de vieux à Schweppes et à Perrier... C’ est tout simplement le lance- ment le plus ambitieux depuis Coca-Cola Zéro en 2007, et c’est en France que cela se passe. Conformément à sa stratégie de tou- cher une cible toujours plus large, et notamment les adultes, le géant amé- ricainvientdelancerdansl’Hexagone la nouvelle boisson pétillante Finley. Partant du constat que les Français ne sontpasvraimentdegrosconsomma- teurs de boissons rafraîchissantes, préférant le thé, le café, les jus ou mê- me le vin ou l’eau ( 10 % de leur consommationcontre20%pourleurs voisins européens), Coca a fait plan- cherseséquipesderechercheetdéve- loppement et de marketing pour trouver le softdrink idéal. Pour venir concurrencerSchweppesetPerrier,le groupe américain a débloqués des in- vestissements financiers importants mais pas question de dévoiler le mon- tant... La marque préfère rappeler qu’en France, 75 % des foyers achè- tentduCoca! « Ces deux ans d’études nous ont permis de confirmer ce que l’on pen- sait fortement : il y avait un vrai marché à prendre », raconte Céline Bouvier, directrice du marketing de Coca-Cola France. « Nous avons pu constater que non seulement les adultes français souhaitaient à la fois une boisson aux goûts plus élaborés, teintés d’amertume et d’acidité, et un produit moins sucré avec des preuves de naturalité ». Et depuis un mois maintenant, Finley, « une boisson pé- tillante sans édulcorant artificiel » dé- clinée en trois saveurs orange-cran- berry, citron-fleur de sureau, et pamplemousse-orange sanguine, a fait son apparition dans les magasins français. Mais créer une nouvelle marque c’est bien, la faire connaître c’est mieux. Pour séduire les 25-45 ans, son cœur de cible, Coca a confié à Publicis Conseil, son agence depuis dix ans, le soin de lui concocter une campagne depublicité.«Notrechallengeétaitde créer une campagne qui revendique clairement de parler aux adultes», ex- pliqueCélineLejeune,responsabledu budget Coca-Cola chez Publicis. «Postulatdedépart:qu’est-cequica- ractérise l’âge adulte ? Nous sommes arrivés à la conclusion qu’être adulte, c’est avoir de l’expérience,desgoûts affûtés, des choix af- firmés », poursuit la publicitaire. Les adultes ayant suffi- sammentd’expériencepourapprécier la finesse et la subtilité des saveurs, l’agenceaadoptécommesignaturede la campagne Finley « Expérience exigée ». Déjà sur les écrans depuis une semaine avec deux spots TV, un plus féminin, un autre plus masculin, la campagne se décline également en affichageàpartirdecelundi5mai.Le curseurvaêtremisprochainementsur le digital et une deuxième vague est prévuecetété. Si ce lancement est scruté à la loupe par les dirigeants de Coca-Cola, il faudraattendretroisanspoursavoirsi l’essai est transformé... Mais d’ici là, Finleydevraitêtrelancédansd’autres pays.  SANDRINEBAJOS (DR.) « Des goûts plus élaborés, teintés d’amertume et d’acidité » L’actu EN BREF  HavasMédiaremporte laFrançaisedesjeux LaFédérationfrançaisedesjeux vientdereconduirepourtroisans l’agenceHavasMédiapour qu’ellel’accompagne«dansses enjeuxcommunicationetmedia branding».EstiméparKantarà 130millionsd’euros,cebudget étaitconvoitéeparCarat(groupe Dentsu-Aegis)etKRMedia (GroupM).  L’américainViacom s’offrelebritannique Channel5 Viacomquidétientdéjàles chaînespourenfants NickelodeonetmusicaleMTV, vientderacheterlachaîne britanniqueChannel5qui revendiqueplusde42millionsde téléspectateursparmois.Le groupedemédiasaméricaina débourséquelques757millions dedollars(546millionsd’euros).  Haussede10% desbudgets dumarketingdigital SelonlecabinetGartner,les budgetsdumarketingdigital augmenterontde10%en2014. Cesbudgetsquipèsentpour environuntiersdubudget marketingconcernentlapublicité on-line,lesiteWeb,lesocial marketing,lecommercedigitalet lesmobiles.  Lespriorités dunouveauprésident deRadioFrance MathieuGalletquiprendrales rênesdeRadioFrancele12mai prochain,veut«transformer»le groupeenmettantl’accentsurles antennesendifficultés:France Info,LeMouv’etFranceMusique. « Jenesuisàl’origineniun hommederadio,niunjournaliste. Jesuisunmanageur.Sij’aieu enviedeprésiderRadioFrance, c’estparcequej’aiconsidéréqu’il yavaitd’abordunenjeu d’entreprise»,a-t-ildéclaréaux «Echos».  DémissionàFrance3 ThierryLanglois,47ans, directeurdel’antenneetdes programmesdeFrance3depuis 2011,adécidédequitterson posteàlafindelasaison.  «Libération» échappeàlafaillite LetribunaldecommercedeParis avalidéleplanderenflouement dujournal«Libération»,proposé parBrunoLedoux,actionnaire majoritaire.Lesactionnaires tablentsurunecinquantainede départsvolontairesde journalistes,pouruncoûtde 7millionsd’euros. « Les datas nous permettent d’affiner notre offre à l’annonceur » A rrivé il y a huit mois à la tête du GroupM, filiale du géant mon- dial de publicité WPP, Pierre Conte,vientdeprésenterunenouvelle organisation de l’agence de conseil et d’achat médias. Pour l’ex-numéro deux du groupe Figaro, il était néces- sairederapprocherlesservicesétudes desdatas.  Pourquoiréorganiserlegroupe? La mission d’une agence médias est de gérer les investissements publici- taires des grandes marques. GroupM, filiale de WPP premier groupe mon- dial de publicité, fédère cinq agences médias à Paris : KR Media, Mind- share, Mediacom, MEC et Maxus. Hier, les agences travaillaient avec des études d’audiences et de consom- mation établies sur l’observation du passé. On préparait l’avenir en regar- dant dans le rétroviseur ! Avec les nouvelles technologies sont apparues lesfameusesdatas,cefluxdedonnées alimenté tous les jours, à tout instant, par le comportement digital des inter- nautes. Nous nous sommes retrouvés face à une somme d’informations in- croyables recueillies bien sûr en toute légalité. Mais il faut les exploiter le plus pertinemment possible. Nous avonsdoncrecrutédesinformaticiens et des techniciens pour aider les agencesàvisualisercesdonnées,àles exploiter. Avec la réorganisation, nous créons un pôle commun baptisé GroupM Next qui réunit les services études et datas pour nos cinq agences. Les compétences sont mises en commun mais, bien sûr, chacune garde son autonomie et sa personna- lité  Qu’attendez-vous decetteréorganisation? En rapprochant notre métier histo- riquedesétudesàceluiplusrécentdes datas,notreoffreàl’annonceurvaêtre bien plus complète. Elle est en effet enrichie d’éléments qualitatifs dits de comportements. Nous pouvons aller désormais par exemple bien plus loin que le seul critère « ménagère de moins de 50 ans ». Nous pouvons sa- voir si elle est passionnée de mode, si elle pense plus à ses enfants qu’à elle- même ou l’inverse… Et affiner notre offreàl’annonceurenfonctiondecri- tèresdecomportements  Votremétiern’estplusvraiment lemême? Notre métier de vendre de l’espace publicitairereste,maisils’enrichitcar l’annonceur est de plus en plus exi- geant. Aujourd’hui, il ne veut plus simplement toucher une cible, il veut qu’elle réagisse. Nous allons au-delà delasimplepublicité,nousproposons des contenus (des programmes courts par exemple) afin de faire réagir les consommateurs. Nous avons créé vingtpostesautourdel’édition,desli- cences, de la production pour ré- pondre à cette demande de plus en plusforte  Avoirunestratégienumériquea-t-il encoredusensdansvotremétier ? Oui,carc’estunvraibouleversement, mais aujourd’hui tout est devenu nu- mérique !Touslesmédiasclassiques, delapresseàlaradio,sontdevenusdi- gitaux. On ne réalise plus une cam- pagne de publicité télé sans l’associer à la catch-up TV (télévision de rattra- page). En presse écrite, toute cam- pagne se décline sur les sites, les ta- blettes, les smartphones. Mais il faut arrêter d’opposer les médias digitaux aux médias classiques, l’un ne chasse pas l’autre, ils sont complémentaires. Cette complémentarité guide notre nouvelle façon de travailler. Nous sommesdesintégrateurs..  PROPOSRECUEILLISPARS.B. (Fabien Lemaire.) Pierre CONTE, PDG du GroupM France REPÈRES SelonlebaromètreTVenligneréalisé parNPAConseiletGFK, 337millionsdeprogrammesontété visionnésenfévrieravecuneforte progressiondetroisgenres:lesport (+41,3 %parrapportà janvier2014),ledocumentaire (+8,6 %)etledivertissement (+8,3 %). 337
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    08 ÉCONOMIE FACEÀ FACE LE PARISIEN ÉCONOMIE I LUNDI 5 MAI 2014 Nicolas CHOMETTE, consultant en marketing, communication et design de marques, président de l’agence D’Artagnan  Les points forts « L’enseigne joue l’esprit club : la convivialité, le bien- être, le vivre-ensemble et la diversité des cours. Une ambiance dans les clubs (mais aussi dans sa communication ou le code couleur) très zen et soft. Ni les machines de musculation ni la quête de performances ne sont mises en avant. Les CMG Sports Clubs sont très parisiens, dotés de services ou d’équipements prémiums inclus dans les abonnements (serviettes, espaces détente, piscines, etc.). Le maillage du réseau en Ile-de-France est assez dense, ce qui compte quand on sait que les adhérents recherchent avant tout des clubs à proximité de leur domicile ou lieu de travail. »  Les points faibles « Le changement de nom ! Attention à la perte de la marque Club Med, qui était le levier d’attraction le plus important pour recruter de nouveaux clients. C’était la référence à la marque qui justifiait de payer son abonnement plus cher qu’ailleurs. Quitte à changer d’enseigne, il aurait fallu en profiter pour trouver un nom plus évocateur. Enfin, la diversité des cours est telle qu’on s’y perd un peu dans les plannings… » L’AVIS DE L’EXPERT Club Med Gym : la parisienneL’enseigne qui fête ses 35 ans cette année réalise 82 millions d’euros de chiffre d’affaires avec 22 clubs implantés uniquement à Paris et en région parisienne. Elle s’apprête à changer de nom pour devenir CMG Sports Club. PDG : Franck Hédin. Siège : Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). Chiffre d’affaires 2013 : 82 millions d’euros. Effectif France : 650 salariés. La fiche D’IDENTITÉ DATE DE CRÉATION (Emmanuel Sarnin.) 1979 (DR.) L’actualité de la marque Positionnement Créée en 1979, puis rachetée par le Club Med pour toucher les Fran- çais en dehors de leurs périodes de vacances, l’enseigne détient au- jourd’hui 20 clubs à Paris et en Ile- de-France et une vingtaine en Suisse. Elle vient de changer de nom le 14 avril, passant ainsi du très évocateur Club Med Gym au plus discret CMG Sports Club. Lo- gique, puisque le Club Med n’est plus actionnaire du groupe qu’à hauteur de 10 %… « Après avoir été Gymnase Club dans les années 1980, puis Club Med Gym à partir de 2002, nous appartenons depuis 2008 au fonds d’investissement 21 Centrale Part- ners (NDLR : famille Benetton), explique Franck Hédin, le prési- dent-directeur général. Cette nou- velle identité devrait nous per- mettre de continuer à capitaliser sur la notion de club, qui reste fonda- mentale, tout en revendiquant que le fitness est un sport à part en- tière. » En proposant plus de 80 activités sportives différentes, CMG Sports Club se positionne comme l’en- seigne spécialiste du fitness en ré- gion parisienne. Stratégie CMG Sports Club n’affiche — pour l’heure — aucune ambition d’internationalisation à outrance ou de développement massif en pro- vince. « Nous avons encore des en- jeux d’implantation à saisir à Paris, souligne Franck Hédin. Et nous es- pérons ouvrir 5 ou 6 clubs en Ile- de-France avant de nous intéresser à la province. Nous tenons à conti- nuer d’exploiter tous nos clubs en nom propre pour maîtriser nos standards de qualité. » L’enseigne, qui revendique 70 000 membres et 82 millions d’euros de chiffre d’affaires (en 2013), a développé des offres pré- miums aux tarifs en moyenne 20 à 30 % plus chers que ceux de la concurrence : les CMG One (17 clubs haut de gamme), les CMG Waou (4 clubs luxe) et un CMG Pure ultra-sélectif (2 000 ad- hérents maximum). Depuis 2011, elle conquiert également la Suisse avec une vingtaine de clubs im- plantés à Zurich et Genève sous le nom de Silhouette. Pour attirer les adhérents, CMG Sports Club lance environ 6 nou- velles activités sous licence et ten- dance par an comme la zumba step, l’aquapalming, le summer ready, mills body pump, la strala yoga ou le power sculpt. Et lance régulière- ment des offres promotionnelles sur ses abonnements. Politique sociale CMG Sports Club emploie un total de 650 salariés dont une cinquan- taine pour son siège social basé à Boulogne-Billancourt. La majorité des effectifs est dédiée à l’accueil et à la gestion des clubs et, bien sûr, aux cours de fitness. « Le sport est une activité qui touche à la santé et doit donc être enseigné et encadré par des profes- sionnels », souligne Franck Hédin. CMG Sports Club emploie donc 400 coachs, pratiquement tous formés dans son école agréée, l’Institut des métiers de la forme (IMF). Le groupe recrute pour l’en- semble de ses concepts de clubs en- viron 80 coachs et une soixantaine de chargés d’accueil chaque année. Un rythme soutenu inhérent au tur- nover important dans ce secteur et aux ouvertures d’un ou deux nou- veaux CMG Sports Club par an en moyenne. Les produits qui CARTONNENT Les cours. Au total, 2 600 cours sont donnés chaque semaine sur l’ensemble du réseau. Parmi les best-sellers, le cycling lancé il y a une dizaine d’années, qui vise la perte de poids, les mills body pump, qui se pratiquent avec une barre et des poids, le pump, lancé en 1990, ou le power sculpt, lancé en 2013. Tarif : inclus (en illimité) dans les abonnements. Le CMG One. C’est le concept prémium de l’en- seigne et aussi le plus répandu puisqu’il en existe 17 implantés à Paris et en région parisienne. Les clubs One revendiquent 50 000 adhérents (plus environ 5 000 abonnés trimestriels). Tarif : à partir de 80 € par mois, accès aux cours illimité. Le CMG Pure. Ce club unique et très exclusif de 1 300 m2 n’offre qu’un nombre de places limité à 2 000 adhérents. Installé au 4, place de la Bastille (à Paris), il a ouvert en 2012 et propose en plus de tous les cours dispensés d’ordinaire des services luxe comme le prêt de serviettes, un hammam, un sauna, un nombre limité d’adhérents par cours, des séances de coaching. Tarif : 150 €/mois. (Emmanuel Sarnin.) (DR.) (DR.) 70 000 Abonnements : 400 22 coachs diplômés d’Etat clubs en région parisienne 20en Suisse (Zurich et Genève) adhérents en France CMG One : 80 €/mois ; CMG Waou : 120 €/mois ; CMG Pure : 150 €/mois.
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    FACE À FACEÉCONOMIE 09 LE PARISIEN ÉCONOMIE I LUNDI 5 MAI 2014 Moving : l’internationaleLe groupe Moving revendique 100 millions de chiffre d’affaires et 200 clubs implantés en province et DOM-TOM, mais aussi au Maroc, à Dubaï, en Roumanie et au Portugal. Directeur général opérationnel : Michel Rota. Siège : Paris (VIIIe). Chiffre d’affaires 2013 : 100 millions d’euros. Effectif France : une dizaine de salariés en propre au sein du siège social. La fiche D’IDENTITÉ DATE DE CRÉATION (DR.) 1985 (Stéphane Vasco.) Nicolas CHOMETTE, consultant en marketing, communication et design de marques, président de l’agence D’Artagnan  Points forts « L’enseigne a un nom et une approche très directe et fonctionnelle : elle expose d’emblée les bénéfices des cours et activités à ses clients : perte de poids, musculation, tonicité, etc. Elle ne souffre pas du complexe Véroniqueet Davinaqui touche encore certains clubs de sport ! Moving fait clairement étalage de ses machines et s’inscrit dans la quête de performances. Enfin, l’enseigne propose des tarifs hyper attractifs et est implantée partout en France, sauf dans Paris. »  Points faibles « Impossible de trouver un club Moving dans Paris ! C’est un peu gênant car c’est justement la proximité des clubs autour des lieux de travail et d’habitation qui fait la force des grandes enseignes. Et une quête de la performance peut- être un peu trop directe : on sait clairement qu’on achète de la sueur et des efforts. Bref, on en a pour son argent, mais il n’y a pas d’esprit club, on vient pour du concret, des prix, de la performance et des résultats physiques. Or, avec son positionnement de plus en plus low-cost, Moving est devenu l’EasyJet ou l’Ikea des clubs de sport : à ce prix, il y a forcément des services et du confort qu’on n’aura pas (hammam, serviettes, cours surchargés, etc.) ! » L’AVIS DE L’EXPERT Les produits qui CARTONNENT  Club Moving. Depuis 1985, 50 clubs im- plantés en France proposent une trentaine de cours collectifs et des activités lancées en avant- première comme la zumba dès mai 2012 ou l’aquaform. Ils disposent tous d’appareils de car- dio-training et de musculation (tapis, vélos, step- pers, rameurs). Tarif : à partir de 420 €/an.  Lady Moving. Lancés en 1995, ces centres de tonification et d’amincissement sont réservés aux femmes de 15 à 80 ans qui n’ont pas l’habi- tude de pratiquer le sport. Ils proposent des cir- cuits de 30 minutes permettant de brûler 600 ca- lories en passant d’un appareil à l’autre. Ils sont aujourd’hui au nombre de 60, en France et à l’international. Tarif : à partir de 590 €/an.  Fitness Park. Ce concept low-cost, lancé en 2009, propose des équipements de fitness pour « moins d’un euro par jour ». Les 34 clubs ou- verts 7 jours sur 7, de 6 heures à 23 heures, fonc- tionnent avec des cours collectifs projetés sur écran géant. Tarif : 19,95 € le premier mois puis 29,95 €/mois. L’actualité de la marque Positionnement L’enseigne lancée en 1985 est soli- dement implantée en France et re- connue pour son concept de clubs mixtes à « dimension humaine ». Le groupe possède aujourd’hui quelques succursales en nom propre mais surtout une majorité de clubs franchisés, soit 200 salles au total en France et à l’international (Maroc, Portugal, Emirats arabes unis, Roumanie). Il développe 5 concepts aux positionnements différents. Les historiques Club Moving (moyen de gamme, cours mixtes), Lady Moving (moyen de gamme, clubs réservés aux femmes) ou Garden Gym (pré- mium, fitness-santé). Et les clubs « haut de gamme à prix low-cost » qui proposent le même matériel professionnel mais avec un nombre de services réduits : les Fitness Park lancés en 2009 (lire Ça car- tonne) et Moving Xpress déve- loppés à partir de 2011 (dans les- quels les clients ne paient que les activités qu’ils consomment). Une diversité qui lui permet d’afficher 210 000 abonnés en France et un chiffre d’affaires de 100 millions d’euros. Stratégie « Nous sommes la seule enseigne à proposer autant de concepts et de positionnements, explique Michel Rota, directeur général opéra- tionnel du groupe Moving. La seule capable d’offrir une solution adaptée en fonction de chaque cible et zone de chalandise. Nous vou- lons continuer à quadriller le terri- toire et sommes donc en quête per- manente d’investisseurs et de franchisés. » Objectif : ouvrir en- core 30 à 40 clubs par an en 2014 et 2015 ! « Notre potentiel de développe- ment, surtout en France, est très im- portant, ajoute le dirigeant. Le marché est loin d’être saturé no- tamment en matière de clubs low- cost. » Le groupe privilégie donc les ouvertures de Fitness Park (des clubs de 800 à 2 000 m2, implantés dans des zones de plus de 100 000 habitants) et de Moving Express (à partir de 300 m2, im- plantés près des bassins de popula- tion de plus de 30 000 personnes). Politique sociale A part la poignée de succursales détenues en propre en Ile-de- France ou à Marseille (nombre non communiqué), le groupe Moving mise depuis toujours sur la fran- chise pour se développer. Des fran- chisés qui, pour monter leur club, doivent s’acquitter de droits d’en- trée compris entre 15 000 et 35 000 € en fonction des concepts. Puis assumer des investissements allant de 150 000 à plus de 600 000 € (requérant des apports personnels compris entre 50 000 et 200 000 €). Et reverser enfin entre 4 et 5 % de leur chiffre d’affaires (HT) comme redevance d’exploita- tion au groupe. Mais Moving as- sume en contrepartie les frais de publicité et assure permettre à ses franchisés de dégager des chiffres d’affaires allant de 150 000 € à 1,5 million d’euros par an et par club. Les 200 clubs du groupe emploient plus de 1 000 coachs diplômés d’Etat et doivent former l’ensemble de leurs salariés régulièrement au sein de l’école (payante) Moving qui accueille chaque année 150 à 200 manageurs, environ 600 com- merciaux et les coachs sur un ou deux jours.  DOSSIER RÉALISÉ PAR SOPHIE STADLER (DR.) (DR.) (DR.) 250 000 Abonnements : 1 000 200 coachs diplômés d’Etat clubs en France et DOM-TOM, Dubaï, Maroc, Roumanie, Portugal adhérents dans le monde, dont 210 000 en France et DOM-TOM Fitness Park : 29,95 €/mois ; Moving Express : à partir de 19,95 €/mois ; Club Moving : entre 40 et 60 €/mois ; Lady Moving : entre 40 et 60 €/mois ; Garden Gym : à partir de 70 €/mois.
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    10 BUSINESS PAROLED'ENTREPRENEUR LE PARISIEN ÉCONOMIE I LUNDI 5 MAI 2014  En tant que chef d’entreprise d’une PME, puis-je m’assurer au bénéfice de ma société en cas de décès ? Votre entreprise peut très bien souscrire sur votre tête une assurance décès. En effet, comme dirigeant, vous exercez des fonctions essentielles à la bonne marche de l’entreprise, de telle sorte que votre décès pourrait mettre en péril la pérennité de la société. Il s’agit donc de couvrir le préjudice que votre société encourrait du fait de votre disparition et de faciliter par le versement d’une indemnité le temps de la transition. Le montant des capitaux nécessaires est déterminé par une étude chiffrée dosant l’impact de la disparition du dirigeant sur les résultats de la société. Cette assurance souscrite à fonds perdus n’est pas versée au dirigeant ou à ses ayants droit. Elle l’est au profit de la société elle-même. L’entreprise est donc à la fois souscriptrice et bénéficiaire. Les cotisations versées sont fiscalement déductibles de son bénéfice. Mais les capitaux versés à titre d’indemnisation par l’assureur sont imposables.  Dans l’incapacité d’offrir une augmentation de salaire à mes employés, y a-t-il un intérêt à ce que l’entreprise leur propose des titres restaurant ? L’utilisation des titres restaurant présente en effet des avantages, aussi bien pour le salarié que pour l’entreprise. L’employeur n’a pas à financer en totalité ces titres. Sa contribution se limite à 50 voire 60 % de la valeur nominale du ticket dans la limite de 5,33 € (seuil en vigueur pour 2014). La part complémentaire est à la charge de l’employé. Il ne doit être attribué qu’un seul titre restaurant par jour de travail et n’exister aucun lieu de restauration sur place. Dans le respect de ces conditions, la contribution de l’employeur s’assimile à un complément de rémunération. Le salarié, lui, est exempté d’impôt sur le revenu dès lors que son montant annuel ne dépasse pas 1 364 € (revenu de 2013). De son côté, les sommes engagées par l’employeur sont exonérées de charges sociales.  YVES THOMAS VOS DROITS Posez vos questions par mail à : mlaghouati@leparisien.fr. ÇA COÛTE OU ÇA RAPPORTE ? Un véhicule de fonction en LLDDe plus en plus d’entreprises font appel à la location longue durée pour optimiser la gestion de leur parc automobile. Attention cependant à bien choisir sa formule, en fonction de ses besoins. L e calcul mérite d’être fait. « Les patrons de TPE achètent souvent leurs voitures, paient les dépenses courantes liées à leur utilisation (changement de pneus, révision) et finissent par les re- vendre, analyse Philippe Brendel, président de l’Observatoire du vé- hicule d’entreprise (OVE). Mais ils ignorent, au bout du compte, le coût d’usage de leur véhicule, c’est-à-dire combien il leur revient tout compris. » Or, ce coût peut dans certains cas être bien diminué en faisant appel à d’autres types de gestion de parc automobile et no- tamment la location longue durée. Ce système, qui permet de louer un véhicule pour une durée supérieure à 24 mois avec des formules in- cluant de nombreux services (comme l’entretien ou la répara- tion) s’est considérablement déve- loppé ces dernières années. Il concerne aujourd’hui près de 60 % des véhicules nouveaux en entre- prise, selon l’OVE. Pour comparer le coût d’une voi- ture selon son mode d’acquisition, l’observatoire propose une simula- tion (hors fiscalité). Ainsi, un véhi- cule hybride moyenne gamme conservé quatre ans pour 80 000 km effectués coûtera à l’achat, avec un crédit, 25 756 € tout compris, soit 0,322 € du kilo- mètre (hors assurance et carbu- rant). Avec la location longue durée, le prix total serait 23 568 €, soit 0,295 € du kilomètre, donc avec un écart final de 8,4 %. Mais pour optimiser ce dispositif, mieux vaut bien étudier ses besoins. Des offres spéciales TPE-PME Si les grands comptes peuvent né- gocier des ristournes importantes, les TPE-PME peuvent également avoir accès à des offres avanta- geuses et désormais packagées comme celles de leurs grandes sœurs (avec achat, entretien, répa- ration) et selon leurs besoins (assu- rances possibles en plus, par exemple). Les loueurs qui souhai- tent développer ce marché propo- sent régulièrement des offres pro- motionnelles limitées dans le temps. Par exemple, Arval France met actuellement en avant la loca- tion sur 36 mois pour 90 000 km d’une Peugeot 208 1.6 Allure pour 474 € par mois (soit 17 064 € sur la durée, le prix constructeur s’éle- vant à 20 120 € TTC) avec pneu- matiques, assistance, entretien et assurances comprises. Leaseplan Go, service dédié aux TPE-PME du loueur LeasePlan, propose quant à lui une Peugeot 208 1,4 litre Hdi pour 248,90 € par mois, sur 48 mois pour 60 000 km. Une offre comprenant notamment l’entretien et la réparation ainsi que l’assistance 24 heures sur 24 et le véhicule de remplacement en cas de panne, accident ou vol. Choisir sa formule « Il faut que l’entreprise évalue ce qu’elle doit internaliser et ce qu’el- le doit externaliser » explique Gré- gory Libre, directeur commercial et marketing d’Arval France. Il y a une douzaine d’années, la filiale française de la société Pall a décidé de passer son parc automobile de 180 voitures (coût actuel de 2 mil- lions d’euros) à la location longue durée. Elle a décidé de conserver la gestion en direct des assurances, du carburant, ainsi que des pneumati- ques des quatre roues. « En gardant la gestion des assurances, nous avons plus de souplesse pour revoir les contrats tous les ans », analyse Frédéric Prévost, responsable auto- mobile de Pall. Le choix des véhicules L’entreprise doit trouver le véhi- cule qui correspond le mieux à ses besoins professionnels et à son budget. En 2013, selon l’OVE, une Twingo coûtait en moyenne tout compris 22 964 € sur 48 mois, soit 0,230 € par kilomètre tandis qu’une 508 coûtait 43 825 € TTC sur 48 mois, soit 0,438 € par mois. Atten- tion aussi à la fiscalité des véhi- cules. Un véhicule particulier, l’équivalent de celui de Monsieur tout-le-Monde, est par exemple da- vantage taxé (non récupération de la TVA, plafonnement de la déduc- tion des amortissements) que le vé- hicule utilitaire léger (deux places, deux portes). Autre exemple : la taxe sur les véhicules de société augmente en même temps que les émissions de CO2 de chaque voi- ture, selon un barème très précis.  FLORE MABILLEAU La location longue durée permet de louer un véhicule pour une durée supérieure à 24 mois avec des formules incluant de nombreux services (comme l’entretien ou la réparation).(LP/Philippe Lavieille.) EN SAVOIR PLUS À CONSULTER  « Le Mémento automobile des sociétés 2013 », édité par l’Observatoire des véhicules d’entreprise (OVE), disponible gratuitement sur inscription : www.observatoire-vehicule- entreprise.info/m em ento- autom obile-des-societes-2013  Le TCO Scope 2013 qui calcule le coût d’usage du véhicule, selon les types de véhicules choisis. Disponible gratuitement après inscription sur www.observatoire- vehicule-entreprise.com /tco-scope- 2013.  Le Syndicat national des loueurs de voiture longue durée www.snlvld.com / 0,373euros TTC c’est le coût moyen global par kilomètre des véhicules particuliers en LLD en 2013, calculé par l’OVE (comprenant la dépréciation du véhicule, les frais financiers liés à son acquisition, l’entretien et l’assurance, les charges sociales et fiscales).
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    PAROLE D'ENTREPRENEUR BUSINESS11 LE PARISIEN ÉCONOMIE I LUNDI 5 MAI 2014 LA CLÉ DU SUCCÈS « Le sur-mesure ! » Qualité, souplesse et proximité, sont les trois prin- cipes fondamentaux sur lesquels s’est bâti Family Sphère. Et depuis dixans,pasquestiond’ydérogerpourMinaZanat,saprésidente. JE CRÉE MA BOÎTE « Notre concept : une mode urbaine et pointue » E lles sont trois, férues de mode, et ontdesidéespleinlatête.Jeanne (25 ans), Hélène (23 ans) et Dé- borah (28 ans) ont fondé en 2010 la marque Panthéone, une ligne de prêt- à-porter de streetwear et développent en parallèle leur studio de création couture qui collabore avec les grands nomsdumilieu.Alacroiséedelamo- deetdel’événementiel,lestroisasso- ciées mènent leur barque au travers d’un concept store installé à Paris et d’un e-shop qui va bientôt permettre de vendre la marque dans toute la France. Leur griffe : des vêtements streetwear pointus — à l’image de leur emblématique robe casquette qui leuravaluleurpremiersuccèsmédia- tique—destinésàdesamoureuxdela mode urbaine mais aussi à des mar- ques qui souhaitent établir des colla- borations avec une maison indépen- danteetcréative. Unchiffred’affairesde100 000€ visépourlasaison2014-2015 Reste que la création de leur entre- prise n’a pas toujours été un long fleuve tranquille. « Panthéone, c’est à l’origine l’histoire de deux amies qui rêvent de monter leur marque. Se confronter à la réalité et transformer l’essai avec une vraie stratégie busi- ness a été évidemment plus com- pliquéqueprévu»,sesouvientJeanne Bibette, gérante de l’entreprise. Mais les trois filles sont soutenues : en 2013, elles intègrent l’incubateur No- vancia,cequiconstitueleréelpointde départ de Panthéone. « Ils nous ont très concrètement aidées à trans- former notre rêve en projet d’entre- priserentable»,commenteJeanne. Qualification des rôles, dépôt des sta- tuts, définition du business model : quand les trois associées quittent l’in- cubateur en septembre 2013, elles sa- vent enfin précisément où elles vont. Premier objectif : lancer une ligne de prêt-à-porter productible à grande échelle, qu’elles pourront distribuer à la fois dans leur boutique, leur e-shop mais également au travers de maga- sins renommés dans le monde entier. « Parmi nos priorités, se faire distri- buerparleconceptstoreOpeningCe- remonyàNewYork»,confieJeanne. Côté finances, alors que les associées ont investi 30 000 € de fonds propres, elles visent un chiffre d’affaires de 100 000€pourleurprochainesaison. Et comptent bien lancer des levées de fond pour grossir vite et pouvoir as- surer leur capacité de production. «Nousvoudrionsfaireungrandbond en avant, pouvoir nous projeter plus loin », explique Jeanne, qui n’a pas peur de ses ambitions. Elle voudrait ainsi que leur studio de création, qui pour l’heure assure les collaborations avec des marques et des événements comme des festivals, devienne une vraie agence de design. Et compte bien sur le collectif de talents qu’elles ont fédéré autour de leur marque — modélistes, graphistes — pour déve- lopperencoreettoujoursPanthéone.  MARIONROUCHEUX (DR.) SA BIO  1989 : naissance à Bordeaux (Gironde).  2011 : diplôme de l’atelier Chardon-Savard.  2010 : dépôt de la marque Panthéone.  Mars 2013 : entrée dans l’incubateur Novancia.  27 février 2013 : ouverture du concept store à Paris. SES CONSEILS  Intégrer un incubateur.  Savoir bien s’entourer, on ne peut pas tout faire tout seul.  Toujours croire en son projet. En partenariat avec www.terrafemina.com SUCCESS STORY « Family Sphere propose des Mary Poppins aux parents » L es Françaises sont nombreuses à travailler et leur taux de fé- condité caracole en tête des pays européens. Mais faire garder son enfant a toujours relevé du par- cours du combattant. Entre les places en crèche distribuées au compte-gouttes et la nounou par- faite qui reste trop souvent une perle rare, les parents s’arrachent les che- veux. C’est forts de ce constat qu’une dizaine de parents ont lancé il y a huit ans Family Sphere qui revendique aujourd’hui d’être l’agence leader de garde d’enfants à domicile en France. « Si notre société fonctionne si bien, c’est qu’elle repose sur trois prin- cipes fondamentaux, qualité, sou- plesse et proximité, et qu’elle pro- pose du sur-mesure », explique aujourd’hui sa présidente et princi- pale actionnaire, Mina Zanat. Ex- banquière, elle a rejoint l’aventure en 2007, en ouvrant l’agence de Le- vallois (Hauts-de-Seine) qui va rayonner sur le très chic Ouest pari- sien. Selon elle, le succès est immé- diat car « nous avons tout de suite perçu que les parents, des CSP +, avaient besoin de solutions modula- bles et sûres ». « Cela marche tellement bien que j’ai même du mal à recruter » Dès la première année, l’agence sé- duit 100 clients et embauche 80 per- sonnes. Avec un chiffre d’affaires de 450 000 € pour un bénéfice de 100 000 €, « nous sommes tout de suite rentables », se félicite Mina Zanat. S’offrir une nounou à plein temps n’est pas donné à tous car il en coûte en moyenne 3 500 € aux parents. Et même s’ils reçoivent une aide de la CAF et peuvent bénéfi- cier d’une réduction fiscale, l’addi- tion est salée... Family Sphere touche donc une clientèle assez aisée. Mais la demande ne faiblit pas. Deux ans plus tard, une agence à La Garenne-Colombes s’ouvre et Mina Zanat se voit confier dans la foulée la direction du développement de Family Sphere. « Cela marche telle- ment bien que j’ai même du mal à recruter », explique-t-elle. Au- jourd’hui, la société emploie 5 000 nounous en CDI mais certains (10 % sont des hommes) ne font que quelques heures par jour. En équivalent temps plein, cela repré- sente près de 200 postes. Sous l’im- pulsion de cette jeune quadra née en Algérie, la société agréée par l’Etat va se développer aux quatre coins de la France et elle compte désor- mais 92 agences. Mais, reconnaît sa présidente, « il reste encore des pe- tits trous à combler notamment du côté du Grand Ouest ». « Nous sou- haitons notamment ouvrir des agences à La Rochelle, à Quimper ou au Mans. » Et puis, Mina Zinat aimerait bien maintenant pousser les frontières. Elle est actuellement en contact avec le Maroc et l’Al- gérie, l’Allemagne et la Roumanie.  SANDRINE BAJOS L’entreprise de Mina Zinat, Family Sphere, est leader de la garde à domicile. Elle compte aujourd’hui 92 agences dans l’Hexagone et aspire à se développer à l’international. (LP/Humberto De Oliveira.) Mina ZANAT présidente et principale actionnaire de Family Sphere Jeanne BIBETTE, Déborah AMARAL et Hélène GLOUX, respectivement 25 ans, 28 ans et 23 ans, cofondatrices de Panthéone, Paris (XVIIIe)
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    12 BUSINESS CAPSUR LA CROISSANCE LE PARISIEN ÉCONOMIE I LUNDI 5 MAI 2014 OPPORTUNITÉS Un concours pour encourager les PME à l’export Les petites et moyennes entreprises peinent à se lancer à la conquête de nouveaux marchés. PME Export veut les encourager à passer le cap. L es PME désireuses de se tourner versl’internationaln’ontplusque quelquesjourspourseportercan- didates au tout nouveau concours PME Export. Lancé par le salon Pla- nète PME, en partenariat avec Ubi- france (l’agence française pour le dé- veloppement des entreprises à l’international) et la Banque publique d’investissement(Bpifrance),ilinvite toutes les entreprises patrimoniales (dont les dirigeants sont les proprié- taires) existant depuis au moins trois ans et ayant enregistré une croissance de leur chiffre d’affaires ces trois der- nièresannées,àprésenterleursprojets dedéveloppementàl’export…Atten- tion,clôturedesdépôtsdecandidature le16mai ! A la clé de ce nouveau concours, censé booster l’intérêt des petites et moyennes entreprises françaises pour lesmarchésextérieurs,unprogramme d’accompagnement personnalisé pendantunan,assuréparlescoachset experts de Bpifrance et d’Ubifrance, permettant au lauréat de mettre en œuvre ou d’accélérer son projet. « Deux thématiques sont de plus en plus fortes chaque année sur le salon Planète PME : l’innovation et l’inter- nationalisation, explique Bruno Fuchs, commissaire général de cet événement. Ce concours a donc pour ambition de prouver aux entrepre- neursetdirigeantsdePMEqu’onpeut être petit et aller conquérir de nou- veauxmarchés.»Unenjeuloind’être anodin… « Ce type de concours — comme il en existe aussi beaucoup en régions organisés par les chambres de commerce ou par Ubifrance — est primordial pour rassurer les entrepre- neurs et les encourager à franchir ce cap essentiel à la croissance de leur entreprise, explique Alain Renck, di- recteur du pôle export de Bpifrance et également membre du jury de PME Export. Et il y a urgence, car les PME françaises ne sont pas assez exporta- trices alors que leurs concurrents his- toriques (comme l’Allemagne ou l’Espagne) ou émergents (la Chine, le Brésil, l’Asie, le Mexique…) y cou- rent. Nos PME innovantes ne doivent donc plus se laisser damer le pion, car chaque place perdue aujourd’hui le serapourtrèslongtemps !» Pour espérer remporter le concours qui aura lieu le jour du salon Planète PME,le19juinaupalaisdesCongrès deParis,lesentreprisescandidatesde- vront rivaliser d’esprit d’initiative et d’ambition.«Nousattendonsenviron 80 candidatures, ajoute Bruno Fuchs. DixPMEserontsélectionnéespourla finaledu19juinquisejoueraendeux manches. Nous encourageons toutes les entreprises à y participer sans li- miter les typologies de projets ni des secteursd’activitéconcernés.» Le principe est simple : le jour J, les dix compétiteurs devront présenter chacun leur tour leur projet, en un pitch de trois à quatre minutes, avant de répondre aux questions des cinq membres du jury, chefs d’entre- prise, membres de Bpifrance, de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME) ou d’Ubifrance. Dans un deuxième temps, les deux meilleurs projets se- ront confrontés de nouveau pour être départagés. C’est la qualité de l’inno- vation proposée, l’ambition interna- tionale,lacapacitéàcréerdesemplois et bien sûr le leadership du dirigeant qui feront toute la différence et qui orienterontlechoixdujuryinfine.  SOPHIESTADLER (Getty Images/Robert Churchill.) EN SAVOIR PLUS DÉPOSERSACANDIDATURE  En téléchargeant le dossier d’inscription sur le site www.planetepm e.org(rubrique PME Export) et en le retournant complété avant le 16 mai à minuit par mail à pmeexport@planetepme.org, par fax au 01.42.89.87.11 ou par courrier au commissariat général de Planète PME, concours PME Export, 30, rue Fortuny, 75017 Paris. YALLER  Salon Planète PME, le 19 juin de 8 heures à 22 heures au palais des Congrès de Paris. www.planetepm e.org ÀCONSULTER  Le site d’Ubifrance : www.ubifrance.fr.  Le site de Bpifrance : www.bpifrance.fr. 91 %des entreprises françaises présentes à l’international exportent en Europe. 57 % le font en Afrique du Nord et 44 % au Moyen-Orient. Bons PLANS  Concours  Le département de la Sarthe organise le concours Sarthe Me Up pour attirer les entrepreneurs. A la clé pour le lauréat : six mois de salaire pour monter sa propre entreprise en Sarthe. Seule condition : avoir un solide projet professionnel. Dépôt des candidatures jusqu’au 20 juin sur le site www.sarthe-m e-up.com . Les cinq meilleurs postulants seront auditionnés par un jury.  Plus de 50 000 € de dotations : c’est le montant total qui sera accordé aux lauréats du concours national de création d’entreprises écocitoyennes. Tous les porteurs de projet qui répondent au moins à l’une des trois catégories suivantes peuvent participer : entreprise et handicap, entreprise et environnement, entreprise et égalité des chances. Dépôt des candidatures jusqu’au 2 juin par mail : concoursentreprise@ groupe-igs.fr. Plus d’informations sur www.facebook.com /CCE.ESAM .  Soutenir les talents féminins du secteur numérique : c’est l’objectif du trophée Excellencia des femmes high- tech, qui récompense les créatrices d’entreprise, les étudiantes et les femmes engagées dans l’humanitaire. Candidatures jusqu’au 31 mai sur www.excellencia.org. Jean-François ROUBAUD, président de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME), organisatrice du salon Planète PME  Les PME Françaises sont-elles nombreuses à se lancer à la conquête de l’international ? En 2013, 120 699 entreprises ont exporté, soit une hausse de 1,2 %. Ce niveau n’avait pas été atteint depuis 2008. C’est encourageant, mais les PME françaises n’exportent pas des volumes très importants. Les entreprises de moins de 20 salariés, qui représentent pourtant 75 % des entreprises présentes à l’export, se partagent seulement 23 % du montant total des exportations.  Pourquoi les PME françaises sont-elles moins performantes à l’international que les PME allemandes ? Les PME allemandes sont plus grandes. Les entreprises de moins de 9 salariés représentent en France 93 % du total des entreprises et seulement 88 % en Allemagne. L’Allemagne compte deux fois plus d’entreprises de 10 à 250 salariés. Une PME allemande sur quatre tourne ses activités vers l’international. L’Allemagne compterait ainsi près de 350 000 entreprises exportatrices dont 336 000 PME.  De quoi manquent nos PME ? Elles ont une vision à court terme et opportuniste des actions à l’export. Les chefs d’entreprise manquent de temps et de collaborateurs pour se lancer à l’international et se posent des questions sur la protection de leurs produits. Enfin, les produits allemands bénéficient d’une réputation de qualité, les produits espagnols sont jugés peu chers, mais les Français souffrent d’une position d’entre-deux et n’arrivent donc jamais en première position…  Pourquoi les PME françaises doivent-elles relever le challenge de l’export ? Le commerce extérieur représente un levier de croissance que nous ne pouvons plus négliger. L’emploi dans les PME européennes actives à l’international a progressé de 7 % en 2008 contre 1 % pour les PME centrées sur le seul marché national. Les PME présentes dans les échanges mondiaux sont trois fois plus nombreuses à innover que celles centrées sur leur marché national. Enfin, la croissance du commerce mondial est évaluée à 4,7 % en 2014, deux fois plus qu’en 2013. Pour trouver la croissance, il est donc primordial de saisir les opportunités offertes par ce sursaut d’activité mondiale ! (Hervé Cortinat.) L’AVIS DE... « C’est un levier de croissance à ne pas négliger »
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    ILE-DE-FRANCE BUSINESS 13 LEPARISIEN ÉCONOMIE I LUNDI 5 MAI 2014 En partenariat avec Eurosatory, le salon des pros de la défense Les PME de la sécurité et de la défense ont jusqu’au 23 mai pour s’inscrire aux rendez-vous d’affaires du salon international. E urosatoryestlesalondesprofes- sionnelsdeladéfenseetdelasé- curité le plus important au monde. Il se tient tous les deux ans à Parisetauralieucetteannéedu16au 20 juin au parc des Expositions de Paris-Nord Villepinte (Seine-Saint- Denis). Comme son homologue le Paris Air Show (salon du Bourget), il attire une foule de visiteurs de tous lescontinents. « L’édition 2012 d’Eurosatory a at- tiré près de 55 000 professionnels venus d’une cinquantaine de pays, explique Patrick Colas des Francs, son commissaire général. Si certains grands acteurs, comme Airbus, Boeing ou Thales, sont des expo- santsincontournables,lestroisquarts des professionnels qui exposent ou visitentEurosatorysontenréalitédes PMEenquêtedenouveauxmarchés, d’internationalisation et de parte- naires technologiques et commer- ciaux. Nous avons donc lancé nos rendez-vous d’affaires dès 1995, en partenariat cette année avec la chambre de commerce Paris Ile-de- France (CCIP), afin de permettre à tous ces acteurs de profiter des quel- ques jours de salon pour se ren- contrer.» Unaccompagnement pendantplusd’unan Grands groupes et PME peuvent ainsi s’inscrire en ligne jusqu’au 23 mai. Le planning interactif du site leur permet d’entrer en contact avec les entreprises qui les intéressent et de programmer leurs entretiens (en face à face, limités à 30 minutes). Ce service est gratuit pour les exposants du salon, mais payant pour les visi- teurs(500€). « Cette plate-forme interactive est un peu le Meetic des rencontres profes- sionnelles et internationales du sec- teurdeladéfenseetdelasécurité,ex- plique Mathilde Bendler, en charge de ce projet à la CCIP. Les entre- prises renseignent leur profil, leur secteur d’activité, expliquent quels partenaires elles souhaitent ren- contrer, quelles innovations elles présentent ou quels produits elles veulent acheter et la plate-forme les aideàentrerenrelation,puisàseren- contrer physiquement pendant le salon.» Une fois l’inscription faite, la CCIP, membreduréseauEnterpriseEurope Network, aidera si besoin les PME de la région à améliorer leur présen- tation. Elle conservera ensuite leurs données pour les accompagner pen- dant plus d’un an dans leurs recher- ches de partenaires. 1 500 inscrits et plusde4000rencontresentreprofes- sionnels sont espérés. Un challenge de taille quand on sait que sur d’au- tres salons (Milipol, Pollutec, Thetis) ce type de plate-forme n’attire en gé- néralque400à500inscrits!  SOPHIE STADLER L’édition 2012 d’Eurosatory a attiré au parc des expositions de Paris-Nord Villepinte près de 55 000 professionnels venus d’une cinquantaine de pays. (Gilles Cohen.) EN SAVOIR PLUS  Inscriptions avant le 23 mai sur www.eurosatory2014businessm eetings. com . Attention, les entreprises doivent s’inscrire et rédiger leur profil en anglais uniquement. Les profils rédigés dans d’autres langues ne seront pas enregistrés ! En BREF  CongrèsInnovcom Mardi6mai,lesdirecteurs marketing,commerciauxet ressourceshumainesdes entreprisesfranciliennes pourrontdécouvrirlessolutions proposéesparlesexpertspour «accélérerlemarketingetles ventesen2014».De8heuresà 13heures,auditoriumdela Poste,Paris(XVe).Inscriptions surwww.innov-com .biz  Formations Ledocumentunique d’évaluationdesrisquesest obligatoireetdoitêtreactualisé touslesans.Poursavoir commentl’élaborer,lachambre decommerceetd’industriedu Val-de-Marneorganisedes sessionsdeformationd’une journéequis’adressentàtoute entreprise,quelquesoitson secteurd’activité,employantau moinsunsalarié.Prix:558€ net.Prochainessessions: 20mai,12juin,30juillet. Uneautresessionestorganisée surlethème«Fondamentauxen ressourceshumaines:droitset obligationsdel’employeur» (mêmetarif).Les22maiet 1er juillet. CCIVal-de-Marne,8,place Salvador-Allende,Créteil. Renseignementset inscriptions:0.820.012.112. www.cci94.fr(rubriqueAgenda). AGENDA Journées de la transmission d’entreprise Chaque année, 8 000 PME, pourtant rentables, disparaissent faute de trouver un remplaçant lors du départ du dirigeant. Les Journées de la transmission sont l’occasion de mettre en relation les cédants et les repreneurs potentiels et de faire le point sur les conditions : fiscalité, vente… Avec cette année, un focus plus particulier sur la notion de « priorité salariale » définie par le projet de loi Hamon. Les 2 et 3 juin au palais des Congrès, Paris (XVIIe). Entrée libre. Inscriptions sur www.lesjte.com . Votre établissement est-il accessible à tous ? Anticipez votre mise aux normes ! Réalisez un diagnostic avec un professionnel ! Information et inscription : sur commerce.cci-paris-idf.fr DROITETRÉGLEMENTATION  TÉMOIN « Nous nouons une dizaine de contacts à chaque fois » Spécialiste des systèmes de sécu- rité et de surveillance infrarouges à destination des industriels, des militaires ou de la sphère civile, HGH est une PME innovante qui emploie 50 personnes et réalise un chiffre d’affaires annuel d’en- viron 9 millions d’euros. « Nous sommes un acteur mondial de l’infrarouge et nous commerciali- sons des systèmes optroniques complets de haute technicité sur un marché de niche, explique Gildas Chauvel son responsable marketing. Nous réalisons plus de 85 % de notre chiffre d’affaires à l’export, et notre développement à l’international est une priorité permanente. Nous participons ainsi à une cinquantaine de salons professionnels chaque année pour trouver des partenaires commer- ciaux et technologiques. » La PME sera donc exposante en juin sur Eurosatory et s’est déjà inscrite aux rendez-vous d’af- faires. « Nous y étions il y a quatre ans et nous participons à tous les rendez-vous d’affaires or- ganisés par la CCIP et le réseau Enterprise Network sur les salons où nous allons — comme Milipol (NDLR : salon bisannuel de la sé- curité intérieure). Ce qui nous permet de rencontrer en moyenne une dizaine de contacts préalable- ment très ciblés (dirigeants, direc- teurs des achats, directeurs tech- niques) dans des PME et chez les grands comptes. » Les retours ne sont pas immédiats, car les déve- loppements commerciaux sont longs dans le secteur, mais ces rencontres programmées permet- tent d’entrer en contact direct avec de grandes entreprises diffi- cilement accessibles d’ordi- naire… et sont donc plus effi- caces pour parler business ! Gildas CHAUVEL, responsable marketing de la société HGH, basée à Igny (Essonne) (DR.)
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    14 BUSINESS PROSPECTIVE LEPARISIEN ÉCONOMIE I LUNDI 5 MAI 2014 MARKETING Sécuriser son site marchand Pour assurer la sécurité de ses transactions, pour lui comme pour le client, le commerçant peut passer par sa banque ou par un prestataire de service. Sans oublier pour autant les précautions de base. E n 2013, le marché français du commerceélectroniquecomptait 138 000 sites actifs, selon la Fé- dération de l’e-commerce et de la vente à distance (Fevad), soit 20 000 de plus que l’année précédente, et trois fois plus qu’il y a cinq ans... La question des moyens de paiement à proposer et de leur sécurité est essen- tielle. Avant tout, le futur e-commer- çant doit obtenir auprès de sa banque uncontratVAD(venteàdistance). « Les établissements sont parfois fri- leux avec les petits commerçants qu’ils ne connaissent pas, certains peuventdoncessuyerdesrefus»,pré- cise Bertrand Pineau, responsable des questions de paiement et de moné- tique à la Fevad. « Dans ce cas, il faut setournerversPayPaloud’autressys- tèmes équivalents, qui ne nécessitent pas de contrat VAD et peuvent se mettre en place plus rapidement. » In- convénient : PayPal facture 25 cen- times par transaction, en plus d’une commission de 3,4 % (dégressive en fonctionduvolumedevente),soitnet- tement plus que ce que peut générale- ment proposer une banque pour les paiements sécurisés. François Brouilly, gérant de Botanique Edi- tions, spécialisé dans le jardinage et passé du catalogue à la boutique en ligne en 2004, a ainsi fait appel à Po- werboutique, « une sorte de galerie marchande du Web, qui propose des solutions avec paiement sécurisé in- clus ». La commission pour le paie- ment sécurisé par carte bancaire, né- gocié avec sa banque, lui revient à 0,5 % de la transaction, en plus des fraisfixe.«OnadûsemettreàPaypal aussi, parce que certains clients préfè- rent»,préciseFrançoisBrouilly. Il existe d’innombrables solutions proposéespardesentreprisesspéciali- sées, de la création du site tout com- prisausimpleprestatairedeservicede paiement(PSP)quiassurelelienentre lesiteetlabanque.Lesbanqueselles- mêmes ont investi depuis peu ce marché, en développant des solutions clés en main. Autre possibilité : un service comme Be2bill, de Rentabi- liweb, société qui est à la fois PSP et établissement de paiement, tout en ayant une expertise du Web qui permet de proposer des services mar- keting, comme la personnalisation despagesdepaiement. Toutes ces solutions assurent une sé- curitésurlestransactions,pourlemar- chand comme pour le client. Ainsi pour une TPE ou une PME, le paie- ment ne s’effectuera jamais directe- ment sur le site. « Le marchand ne doit jamais connaître les coordonnées bancaires du client, souligne Marc Schillaci, fondateur de la société Oxatis.Etilestimportantdemettreen valeur cette sécurité. Tout ce qui peut améliorerlaconfianceduclientestes- sentiel.» Autre problème : éviter les fraudes aux cartes bancaires. Pour cela, des systèmes d’authentification du client, comme 3D Secure, ont été mis au point par les banques, à la demande desautorités.Leprincipeestdemettre enplaceuneétapedevérificationsup- plémentaire que le client est bien titu- laire de la carte, par exemple par un systèmed’envoideSMS.  ANNE-BÉNÉDICTEHOCHE Des banques et des entreprises spécialisées proposent de nombreuses solutions pour organiser les paiements sécurisés d’un site marchand et éviter les fraudes. (DR.)  Contacter d’abordsabanquepour connaîtresesoffresdeservices depaiementenligne.Nepas hésiteràcontacterd’autres prestatairespourréduirelesfrais.  Nejamaisfaire transiter lescoordonnéesbancairesdes clientssurlesitemarchand. Ellesdoiventtoujourspasserpar dessitessécurisés,celuid’une banque,ouPayPal…  S’assurer depasserparunsystème d’authentificationdetype3D Secure.  Nepashésiter encasdedouteàpasseruncoup detéléphone,demanderune pièced’identité,vérifier l’adresse… LES MESURES PRATIQUES EN SAVOIR PLUS ÀLIRE  «E-commerce:Delastratégieàla miseenœuvreopérationnelle», d’HenriIsaacetPierreVolle, Ed.Pearson,3e édition,janvier2014, 528pages.42€.  «Droitducommerceélectronique: Guidepratiqued’e-commerce»,de RomainV.Gola,Ed.Gualino,2013, 624pages,39€. ÀCONSULTER Quelquessitesdesociétésproposant desservicesdepaiementenligne:  Paypal:www.paypal.com ;  be2bill,servicedepaiementde Rentabiliweb:www.be2bill.com ;  Paybox:www1.paybox.com ;  Ogone:www.ogone.com ;  Oxatis:www.oxatis.com . 21 237rescrits traités par l’administration fiscale en 2012. FINANCES A quoi sert le rescrit fiscal ? Le rescrit fiscal permet de limiter les risques de redressement en interpellant l’administration fiscale sur une question. E pineuses déclarations, parfois. Une société civile qui se de- mande quel est l’impôt appli- cableàsonactivité,uneentreprisequi s’interroge sur des charges déducti- bles… Pour remplir sa déclaration de revenus au mieux — en évitant tout risque de redressement fiscal —, Mi- chel Bouvier suggère une solution. « Le rescrit fiscal offre à tout contri- buable la possibilité de saisir l’admi- nistration pour avis sur la régularité, auregarddudroitfiscal,d’uneopéra- tion qu’il envisage pour l’avenir ou surl’interprétationd’untextefiscal», résume ce professeur de finances pu- bliques et de fiscalité à l’université Paris-I. La question peut porter sur tous les impôtsettaxesprévusparleCodegé- néral des impôts. Et tout le monde peut y recourir : particuliers, profes- sionnels ou même collectivités lo- cales. Encore faut-il savoir comment etàquis’adresser.«Lademandedoit être envoyée en recommandé avec avis de réception auprès de la direc- tion des impôts concernée et men- tionner votre nom, vos coordonnées, mais surtout présenter clairement votre situation et le texte fiscal à éclaircir, précise l’avocat fiscaliste Fabrice de Longevialle. Dans le doute, ou si la question est pointue, il peut être utile de se faire aider d’un spécialistepourlarédiger.»Certaines opérations ou certains statuts (entre- prises implantées en zone franche ur- baineparexemple)fontl’objetderes- crits spécifiques avec des modèles de demande téléchargeables sur le site desimpôts(www.impots.gouv.fr). Délai de la réponse ? Trois mois pour la plupart des rescrits — ou six, maximum, quand le contribuable s’interroge sur un « abus de droit ». «Cen’estpasunesimpledemandede renseignements, insiste Michel Bou- vier. Le rescrit constitue une sorte d’accord formel conclu entre le contribuable et l’administration qui engage cette dernière pour l’avenir. » Autrement dit, une réponse positive valide la situation présentée. « L’ad- ministrationsetrouveainsiliéeparsa réponse expresse comme par son ab- sence de réponse dans le délai. » Car si elle n’a émis aucune objection, l’opération est également considérée comme validée. Malgré de réels avantages,FabricedeLongeviallere- commande toutefois de ne rien préci- piter. « Souvent, l’administration a déjà répondu à la question », expli- que-t-il. En témoignent les rescrits « de portée générale » publiés sur le sitedesimpôts.Cefiscalisterelativise dans certains cas l’intérêt de la dé- marche.«Ilvautmieuxposersaques- tion avant d’avoir lancé une opéra- tion. Car si la réponse est négative, vous serez forcément soumis à un re- dressement si vous passez outre car on considérera que vous aurez été prévenu.»  CÉLINECHAUDEAU EN SAVOIR PLUS À LIRE  « Introduction au droit fiscal général et à la théorie de l’impôt », de Michel Bouvier, Ed. LGDJ, 2014, 304 pages. 22 €.  « Le Guide fiscal du patrimoine 2014 », de Fabrice de Longevialle, Ed. Groupe Revue fiduciaire, 2014, 380 pages. 34 €. À CONSULTER  Pour des formulaires de rescrit téléchargeables : www.im pots.gouv.fr.  La base de données du Bulletin officiel des finances publiques- Impôts (Bofip) qui fournit une liste d’environ 200 rescrits généraux auxquels l’administration a déjà répondu : http://archives- bofip.im pots.gouv.fr.
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    PROSPECTIVE BUSINESS 15 LEPARISIEN ÉCONOMIE I LUNDI 5 MAI 2014 SANTÉ Complémentaire santé : comment s’organiser Toutes les entreprises devront proposer une complémentaire santé à leurs salariés à partir du 1er janvier 2016. Elles disposent donc d’un délai de deux ans pour se conformer à la loi. C’ est définitif. Au 1er janvier 2016 au plus tard, tous les employeurs devront avoir mis en place une mutuelle pour leurs salariés. La loi sur la sécurisa- tion de l’emploi du 14 juin 2013 a en effet rendu obligatoire la mise en place d’une couverture santé qui permet de les indemniser de leurs dépenses de santé au-delà de ce que rembourse la Sécurité sociale. Ainsi, tous les salariés, quelles que soient la nature de leur contrat de travail et leur activité profession- nelle, devront bénéficier de ces ga- ranties complémentaires. Pourtant, un chef d’entreprise sur trois n’a pas entendu parler de la gé- néralisation de la complémentaire santé à l’ensemble des salariés, selon une étude réalisée en mars 2014 par l’Ifop pour Malakoff Médéric. Les dirigeants, qui ne se préoccupaient jusqu’alors peu ou pas du coût de la santé de leurs sala- riés, vont désormais devoir sup- porter la moitié (voire plus s’il le souhaite) du financement d’un tel service. D’où la nécessité de se ren- seigner, comparer et choisir la meil- leure mutuelle. Première chose à faire : regarder quelle complémen- taire santé a préconisé la branche professionnelle à laquelle est ratta- chée l’entreprise et à quel coût. Mê- me si l’entreprise n’a aucune obliga- tion de suivre cette recommandation et qu’elle garde la liberté de choisir elle-même l’organisme, une petite entreprise aurait tout intérêt à pro- fiter des accords négociés par sa branche : « Cela lui permet de béné- ficier de tarifs plus attractifs ainsi que de garanties, protections et ser- vices adaptés aux spécificités de son activité auxquels elle ne pourrait pas prétendre en étant toute seule », comme le confirme Christophe Scherrer, directeur du développe- ment de Malakoff Médéric. D’au- tant que, si elle choisit de ne pas s’y conformer, elle devra offrir les mêmes prestations à ses salariés que celles prévues dans l’accord. « Faire confiance à sa branche est donc le meilleur gage d’être en conformité avec la loi », conclut Christophe Scherrer. Dans le détail, le contrat retenu par l’entreprise devra présenter un cer- tain niveau de garanties. La loi pré- voit un panier de soins minimum : remboursement à 100 % des consul- tations médicales, des factures de pharmacie et du forfait journalier hospitalier, à 125 % de la base de remboursement des prothèses dentaires ainsi qu’un forfait optique de 100 € par an. Des condi- tions tarifaires et le contenu de ce pa- nier devront toute- fois être confirmés par décret dans les semaines à venir. Si l’entreprise propose déjà une complémentaire santé, elle devra s’assurer de res- pecter ces impératifs. Dernière obligation : à compter du 1er juin 2014 pour les frais de santé et du 1er juillet 2015 pour la pré- voyance, à chaque rupture de contrat de travail, les garanties sont maintenues gratuitement pour les salariés pendant douze mois (au lieu de neuf auparavant), et cela dans toutes les entreprises.  CHARLOTTE DE SAINTIGNON La loi prévoit un panier de soins minimum : remboursement à 100 % des consultations médicales, des factures de pharmacie et du forfait journalier hospitalier, à 125 % de la base de remboursement des prothèses dentaires ainsi qu’un forfait optique de 100 € par an.  Avant le 1er juin Négociations entre partenaires sociaux au sein des branches professionnelles en vue de définir une couverture santé ou dans votre entreprise si vous disposez d’un délégué syndical.  A partir du 1er juillet Si les négociations avec les branches professionnelles n’aboutissent pas à la mise en place d’une complémentaire santé, vous devrez mener une réflexion au sein de votre entreprise.  Au 31 décembre 2015 A défaut d’accord, vous aurez l’obligation de mettre en place par décision unilatérale un régime frais de santé qui devra répondre aux obligations minimales. LES MESURES À PRENDRE Les accords négociés par chaque branche professionnelle ne sont pas obligatoires FORMALITÉS Savoir dialoguer avec le RSI De très nombreux travailleurs ont été victimes des dysfonctionnements du régime social des indépendants depuis 2008. Et la communication n’est pas toujours facile à établir. Que faire en cas de conflit ? «O n a fait face à un vrai carcan administratif. Coups de téléphone, cour- riers recommandés, contacts via le cabinet comptable… rien n’aboutis- sait, et les rares réponses que j’ai eues étaient contradictoires. » Mi- reille Barbier, qui tient un garage dans l’Isère, garde un souvenir kaf- kaïen de ses rapports avec le régime social des indépendants (RSI) à la suite d’erreurs dans les appels de co- tisations. Au point qu’elle a décidé dechangerdestatuten2013pourde- venir gérante salariée et ne plus avoir à faire à lui… Son cas n’est pas isolé : depuis 2008, de graves dys- fonctionnements ont touché de nom- breux assurés au RSI. Ce régime, qui assure le prélèvement des cotisations et le paiement des prestations de Sécurité sociale aux indépendants, est né en 2006 de la fusion de trois réseaux de retraite et d’assurance maladie destinés aux ar- tisans, commerçants, professions li- bérales ou gérants non salariés de TPE. « Une réforme beaucoup trop rapide et ambitieuse, qui avait pour objectif de simplifier le paiement des cotisations,aimposélamiseenplace dès janvier 2008 d’un circuit de re- couvrement unique », explique Sté- phane Seiller, directeur général du RSI.«Çaaétéunevraiecatastrophe. Environ10ou15 %descotisantsont subi de très grosses difficultés, par- fois une absence de couverture de santé ou des appels de cotisations alors qu’ils avaient arrêté leur acti- vité… Mais on peut dire que, depuis 2013, la situation, sans être parfaite, s’est normalisée », assure-t-il. Jean-Guilhem Darré, délégué gé- néral du Syndicat des indépendants (SDI), a lui aussi constaté une amé- lioration. Cependant, « les gros dys- fonctionnements des débuts conti- nuent de peser sur la confiance. Des indépendantsnousdemandentdevé- rifier que les appels de cotisation sont corrects ». Et il reste parfois dif- ficile de trouver une réponse à ses questions. « La mise en place de pla- tes-formes téléphoniques a été assez mal perçue, dans la mesure où les opérateurs ont rarement tous les élé- ments pour répondre au problème, et où l’on tombe toujours sur une per- sonne différente », souligne Jean- Guilhem Darré. Deseffortspourmieuxrépondre auxattentesdesassurés En revanche, les méthodes brutales, avec intervention d’huissiers à la suite d’erreurs de la part du RSI, n’ont plus cours : « Depuis un rap- port très critique de la Cour des comptes en 2012, il y a beaucoup moins de commandements de payer, explique Jean-Guilhem Darré. Leur système de recouvrement forcé ne concerne que les cas avérés. » « L’année dernière, 320 000 délais de paiement ont été accordés, sur 1,7 million de cotisants », ajoute mê- me Stéphane Seiller. Et le régime poursuit ses efforts pour répondre mieux aux attentes de ses assurés : création d’un espace individuel as- surés sur le site Internet, mise en place d’un circuit de réclamation en 2012, d’un médiateur depuis cette année…  ANNE-BÉNÉDICTE HOCHE (BeneluxPix/Maxppp/SergeManceau.)  ContacterleRSI vialesiteInternetwww.rsi.frou partéléphone.Apartirdu 30juin,deuxnuméroscourts* serontmisenplace,l’un (36.98)dédiéauxcotisations, l’autre(36.48)auxautressujets (retraite,maladie...).Eviter lespériodeslespluschargées (lelundi,etlematinentre 10heureset12heures). *Prixd’unecom m unication localedepuisunfixe.  Encas deréclamation écrireuncourrieraudirecteurde laCaisserégionale,enindiquant Serviceréclamationssur l’enveloppe.Silasituationn’est pasrésolue,certainesdécisions peuventêtrecontestéesdevant laCommissionderecours amiable(danslesdeuxmois).Il estaussipossibledes’adresser aumédiateur:Monsieurle médiateurduRSI,Caisse nationaleRSI,260-264, avenueduPrésident-Wilson, 93457LaPlaineSaint-Denis Cedex.  Letribunal Ultimerecours:letribunaldes affairesdeSécuritésociale(à saisiraumaximumdansles deuxmoissuivantlerejetdela demandeparlaCommissionde recoursamiable). LES MESURES À PRENDRE
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    16 BUSINESS DÉFISTECHNOLOGIQUES LE PARISIEN ÉCONOMIE I LUNDI 5 MAI 2014  Un poste de travail (PC portable ou fixe, tablette…).  Un modem (ADSL, câble, fibre optique).  L’accès à Internet et à l’intranet de la société.  Les outils de bureautique classiques, dont la messagerie et l’annuaire de la société.  Les applications métiers (base de données, gestion de la relation clients, comptabilité).  Et éventuellement : un smartphone, une imprimante, une webcam pour faire de la visioconférence, une deuxième ligne de téléphone. Les outils indispensables TECHNO-INFORMATIQUE Télétravail : bien équiper ses collaborateurs De plus en plus de Français souhaitent travailler depuis leur domicile. A l’entreprise de s’assurer que le salarié dispose des bons outils. A ujourd’hui, 16,7 % des Français actifs, dont la moitié de salariés du secteur privé, télétravaillent. Cette forme d’organisation, qui permet au salarié de ne pas être forcé- ment présent dans l’entreprise, a été définie par un accord national inter- professionnel de 2005 qui précise que « le fait de travailler à l’extérieur des locaux de l’entreprise ne suffit pas à conférer à un salarié la qualité de télé- travailleur ». En clair, permettre à un collaborateurdetravaillerquelquefois de son domicile ne rentre pas dans la qualification juridique du télétravail. Malgré tout, pour rentrer dans ce cadre, le collaborateur doit être équipé.Parqui ?Comment ?Laloine le spécifie pas mais, prévient Olivier Fourmann, avocat au barreau de Lyon, spécialiste du droit du travail, « il faut formaliser par écrit toutes les conditionsmatériellesdutélétravail». Une précision importante lorsqu’on sait que 67 % des télétravailleurs n’ont, à l’heure actuelle, pas d’ave- nantàleurcontratdetravail.PourOli- vier Fourmann, tout doit être pris en considération. « Par exemple, est-ce que le salarié peut utiliser son ordina- teur personnel ? L’entreprise prend- elle en charge une partie de l’abonne- ment Internet ? Fournit-elle les logiciels ? Doit-elle payer une partie du loyer ? » Pour les professions qui requièrent l’utilisation de l’informa- tique, le salarié doit pouvoir — quelle que soit sa fonction — accéder à la messagerie et à l’annuaire de sa société. Ainsi qu’aux applica- tions nécessaires à son activité (fichier clients, logiciel de comp- tabilité, outils bureautiques…). Sur le plan matériel, il doit donc disposer d’un ordinateur (portable ou fixe), d’une connexion Internet et, selon les besoins,d’uneimprimanteetdeslogi- ciels qu’il utilise habituellement. L’entreprise devra également s’as- surerque la connexionréseauest bien sécurisée via la mise en place de logi- cielsdeprotectionsurleposte. Dans la pratique, diverses possibilités s’offrent à l’employeur. Soit il décide d’équiper entièrement son collabora- teuretdeluipayertoutoupartiedeses abonnements (Internet et téléphone mobile), soit il le laisse utiliser son propre équipement ou lui verse une somme d’argent. Charge au salarié de s’équiperdumatérielenrespectantles contraintes légales. Car, rappelle Oli- vierFourmann,«l’environnementju- ridique est celui du Code du travail. Doncsurcertainspointsparticuliers,il faut que l’entreprise soit très vigi- lante ». C’est vrai pour l’utilisation de matérielsnonconformescommepour la durée du temps de travail. Car en ayant la possibilité de se connecter tout le temps à son environnement professionnel, le salarié peut vite se retrouver à faire des heures supplé- mentaires et, in fine, demander leur paiementàsonemployeur«etcelaest souvent un sujet de contentieux » souligneOlivierFourmann. Attention,silesalariésouhaitear- rêter le télétravail, il devra rendre le matériel fourni par l’entreprise. Et s’il décide de quitter son emploi, l’en- treprise devra s’assurer qu’il ne conservenilesdonnéesnileslogiciels propresàlasociété.  FLORENCEPUYBAREAU Soit l’employeur équipe son collaborateur et lui paie tout ou partie de ses abonnements (Internet et téléphone mobile), soit il le laisse utiliser son propre matériel ou lui verse une somme d’argent pour qu’il s’en achète. (6PA/MaxPPP/Alix Minde.) EN SAVOIR PLUS À LIRE  « Le Travail à distance : Télétravail et nomadisme, leviers de transformation des entreprises », de Patrick Storhaye et Patrick Bouvard, Ed. Dunod, 2013, 240 pages. 24 €. À CONSULTER  L’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail a récemment édité un livre blanc à destination des entreprises et des salariés : www.anact.fr. INNOVATION Les lunettes intelligentes arrivent Après les smartphones ou les tablettes, elles pourront faciliter le quotidien de certaines entreprises. C’ est parti. Après une pre- mière vente flash au grand public le 15 avril, les Google Glass devraient être lan- cées aux Etats-Unis en fin d’année. Mais déjà plus de 8 000 grandes et petites entreprises dans le monde sont en train de les tester pour amé- liorer leurs performances, leur pro- ductivité ou leur service clients. A l’aéroport de Londres Heathrow, les hôtesses de la compagnie Virgin Atlantic les utilisent depuis le début de l’année pour informer les clients sur les vols, la restaura- tion, la météo. Et d’autres fabri- cants sont aussi dans la course. Le japonais Epson vient de sortir sa troisième génération de lunettes Moverio, qui délivrent elles aussi des informations enrichies sur les verres (plans, GPS, alertes). La Na- sa utilise celles du fabricant améri- cain Nvidia pour guider le robot Curiosity sur mars, tandis que l’en- treprise Space X s’en sert pour concevoir ses pièces de fusée. 700 à 1 500 € la paire En France aussi, les lunettes connectées s’apprêtent à faire leur entrée dans le monde du travail. Les préparateurs de commandes du site d’e-commerce Oscaro.com ont ainsi testé en avril les modèles dé- veloppés par le français Generix Group. « Il n’a fallu que quelques minutes aux salariés pour ap- prendre à se servir de nos lunettes qui leur permettent de s’orienter dans l’entrepôt ou de repérer les ré- férences à prendre en stock tout en gardant les deux mains libres pour préparer les colis », explique Mike Hadjadj, directeur marketing de Generix. De son côté, Julien Des- plat, directeur logistique chez Os- caro (700 salariés) ajoute que « cette technologie nous permet d’augmenter notre capacité de pro- duction. Nous souhaitons équiper au moins une dizaine de prépara- teurs de commandes de notre en- trepôt central ». Après le lancement des modèles pilotes qui aura lieu en phase de test dans les entreprises à partir de septembre, la commercia- lisation devrait débuter début 2015. Ce qui laisse aux entreprises le temps de boucler leur budget : ces petits bijoux de technologie de- vraient coûter, en fonction des fa- bricants, entre 700 et 1 500 € la paire. Sans compter le prix des lo- giciels et des applications qui les accompagneront.  SOPHIE STADLER (DR.) 10millions de lunettes connectées pourraient être écoulées au niveau mondial d’ici à 2016, tous types de clients confondus, selon le cabinet d’études américain HIS. LasterTechnologies (France):lemonoculairePro MobileDisplayestutilisable dansl’aéronautique,lamainte- nanceindustrielle,lesecteur médical,lasécuritécivileoule tourisme.www.laster.fr GenerixGroup(France):ses lunettesontreçuleprixdela meilleureinnovationlogistique lorsdudernierSaloninterna- tionaldutransportetdela logistique(SITL). www.generixgroup.com GoogleGlass(Etats-Unis). www.google.com/glass Epson(Japon):lesMoverio BT-200.www.epson.fr Nvidia(Etats-Unis):les3D VisionPro.www.nvidia.fr Quels fabricants ?
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    PATRIMOINE ARGENT 17 LEPARISIEN ÉCONOMIE I LUNDI 5 MAI 2014 JUSTICE L’action de groupe : un nouveau recours pour les consommateurs Instaurée en France par la loi Hamon adoptée en février, l’action de groupe permet aux consommateurs victimes des mêmes litiges de s’unir pour réclamer des indemnisations. F rais bancaires jugés abusifs, produits défectueux, pratiques commerciales frauduleuses, prestations vendues de force, retards récurrents dans les transports (avions, trains), entente mani- feste de différents opérateurs sur les tarifs… « Les consom- mateurs pourront désormais se re- grouper et réclamer des indemnités, grâce à l’adoption le 13 février de la loi Hamon sur la consommation », explique Nicolas Genty, avocat as- socié au sein du cabinet Fidal. Une loi qui change totalement la donne Cette loi, attendue depuis une di- zaine d’années, fait (enfin) entrer l’action de groupe dans le droit fran- çais. « Jusque-là, les consomma- teurs se sentant lésés par une pra- tique frauduleuse, abusive ou anticoncurrentielle devaient porter plainte de manière individuelle pour espérer être dédommagés, explique Fanny Gérard-Farchini, juriste au sein de l’association Consomma- tion, logement et cadre de vie (CLCV). Or, un très grand nombre de consommateurs étaient en gé- néral victimes de petits préjudices matériels qui ne les incitaient pas à porter plainte et à saisir le tribunal. » Désormais, les associations de consommateurs détectant un man- quement à une obligation légale ou à un contrat ont la possibilité de poursuivre les professionnels, et les consommateurs concernés peuvent ensuite rejoindre le groupe. « A condition toutefois que le litige soit similaire ou identique et touche plu- sieurs consommateurs liés au même professionnel », ajoute Fanny Gé- rard-Farchini. Les entreprises res- ponsables, même des plus petites « escroqueries » à hauteur de quel- ques euros mais impliquant des cen- taines voire des milliers de clients, n’auront donc plus le champ libre. Une initiative réservée à une quinzaine d’associations « Ni les avocats ni les individus ne peuvent en être à l’origine et en- tamer des actions spontanées. C’est uniquement aux associations natio- nales agréées que reviennent l’ini- tiative, la charge et la mise en œuvre de l’action de groupe », souligne Serge Maitre, de l’Association fran- çaise des usagers des banques (qui ne fait pas partie de cette quinzaine d’« élues »). Une fois que l’associa- tion agréée aura décelé les litiges qui méritent d’entamer des actions de groupe, ce sera ensuite au juge de décider et de maîtriser toute la pro- cédure. « C’est lui qui établira la responsabilité du professionnel, poursuit Fanny Gérard-Farchini. Si elle est avérée, l’entreprise devra se soumettre à verser les indemnités et surtout à informer (à ses frais) par voie publicitaire les consommateurs susceptibles d’être concernés. » Ce sera donc aux consommateurs de se faire connaître (auprès de l’associa- tion ou du professionnel condamné) pour réclamer leurs indemnités. « Et attention, prévient Serge Maitre, il s’agit bien ici d’indemnités indivi- duelles et non d’amendes massives ou d’actions punitives envers les en- treprises comme cela peut être le cas dans d’autres pays et notamment avec les class actions aux Etats- Unis. » En France, les consomma- teurs ne toucheront donc pas des montants colossaux mais auront dé- jà la satisfaction de faire courber l’échine à quelques Goliath jadis quasi intouchables…  SOPHIE STADLER Seize associations nationales de consommateurs ont été agréées afin de prendre l’initiative, la charge et la mise en œuvre de l’action de groupe. Parmi elles, l’UFC-Que choisir. (LP/Jacques Loïc.) Cédric MUSSO, directeur des relations institutionnelles à l’UFC-Que choisir  Rejoindre une action de groupe coûtera-t-il au consommateur ? Non. L’action de groupe n’est pas payante. Son bénéfice ne sera pas conditionné à l’adhésion à l’association de consommateurs. Et la mise en œuvre de l’action de groupe ne sera pas non plus soumise à un seuil ou à des paliers de montant de préjudice. En revanche, elle sera coûteuse pour les associations agréées qui devront déployer les ressources (financières et humaines) pour recenser les victimes, rassembler les pièces et justificatifs et assumer tout le travail d’investigation en amont de la procédure. Ce pourrait être un vrai gros bémol à leur décision de lancer des actions de groupe, même si le juge pourra ensuite décider de leur octroyer des avances ou une assistance judiciaire.  Tous les litiges sont-ils concernés ? Non. Seuls sont concernés les préjudices patrimoniaux résultant de dommages matériels ou économiques, donc pas les préjudices moraux ni les dommages corporels. Et, pour l’heure, les litiges en matière de santé et d’environnement en sont exclus. Mais un grand nombre de litiges de masse restent concernés dès lors qu’ils relèvent de la consommation ou de la concurrence. La téléphonie, le logement, la grande distribution, les assurances, les banques sont autant de secteurs potentiellement concernés.  Quand vont débuter les premières actions ? La loi est promulguée, mais nous sommes encore dans l’attente des décrets d’application qui nous permettront d’attaquer et de connaître aussi certains détails sur la mise en œuvre et la procédure… Enfin, une fois applicable, cette loi s’ajustera au fil de la jurisprudence, à laquelle il faudra donc rester très attentif. (Laurent Hini.) L’AVIS DE… « Nous sommes dans l’attente des décrets d’application »  L’actiondegroupe classique Etape1:surlabasedelitigesou deplaintesdeconsommateurs, uneassociationagrééeauniveau nationalagitenjusticepourun groupedeconsommateurs victimesd’unmanquementd’un mêmeprofessionneletpourdes litigessimilaires. Etape2:lejuge(apriori seulementcertainsjuges dépendantsdecertains tribunauxdegrandeinstance, maiscelaresteàconfirmerpar lesdécretsd’application)établit laresponsabilitédu professionnelmisencause, définitlesmodalités d’indemnisationetordonneles mesuresd’informationdes consommateurspotentiellement concernés,auxfraisdu professionnel(annonces, publicités).Ilfaudracependant attendrequetouteslesvoiesde recourssoientépuisées(appel, cassation)pourmettreen applicationcesdécisions. Résultat,laprocédurepourrait êtretrèslongueetcertains consommateursrisquentde perdrelespreuvesetjustificatifs dulitige(factures). Etape3:lesconsommateurs léséssesignalentauprèsdu professionnelcondamnéou auprèsdel’associationde consommateursetobtiennent chacunréparation.  L’actionaccélérée L’actiondegroupedite accéléréeconcerneleslitigesles plussimplesdanslesquelsles consommateursontsubiun préjudiced’unmêmemontantet oùlespersonnesléséessontdéjà connuesouaisément identifiables.Dèslorspar exemplequ’ilexistedesfichiers d’abonnésoudeclients,comme c’estlecasdanslessecteursde latéléphonie,del’assurance,de latélévisionpayante,delavente àdistance. Lejugepourraainsicondamner l’entreprisemiseencauseà indemniserdirectementet individuellementles consommateurs,sansqueces derniersn’aientàentamerla moindredémarche. UndécretduConseild’Etatdoit encoreenfixerlesconditions d’applicationetdemiseen œuvre. Deux types d’action EN SAVOIR PLUS ÀCONSULTER  Pourtrouverlalistedes 16associationsdeconsommateurs nationalesagrééesau7mai2013: http://www.econom ie.gouv.fr/dgccrf/ Liste-et-coordonnees-des- associations-nationales.  Pourmieuxconnaîtreleurs domainesd’intervention:lesitede l’INC(Institutnationaldela consommation):www.conso.net.  Letexteno 295delaloiHamon adoptéele13février2014par l’Assembléenationale: www.assem blee- nationale.fr/14/ta/ta0295.asp.
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    18 ARGENT PATRIMOINE LEPARISIEN ÉCONOMIE I LUNDI 5 MAI 2014  Mécontent de mon assureur auto chez qui je suis assuré depuis trois ans, j’ai lu que je pouvais le quitter à n’importe quel moment sans attendre de date anniversaire. Est-ce exact ? Vous devrez encore faire preuve d’un peu de patience, si vous souhaitez quitter votre assureur en dehors des périodes autorisées. Actuellement, vous pouvez le faire soit lors du renouvellement tacite de votre contrat (en le dénonçant au moins deux mois avant son échéance), soit lors de circonstances particulières (vente du véhicule, aggravation du risque couvert…). Pour avoir la possibilité de résilier votre contrat d’assurance auto à tout moment et sans pénalité, il faut attendre les décrets d’application de la nouvelle mesure publiés au « Journal officiel » en mars, qui devraient sortir d’ici à la fin 2014. Vous devrez alors justifier d’une durée effective d’assurance d’au moins une année, et fournir à votre assureur la preuve que vous êtes maintenant garanti en responsabilité civile auprès d’une autre compagnie.  J’ai un PEL ouvert en 2009. Je souhaite l’utiliser pour un achat immobilier sans avoir besoin de recourir à un prêt. Aurais-je droit à la prime d’Etat et quelle sera ma fiscalité ? Votre plan d’épargne logement est âgé de plus de quatre ans. Vous avez donc atteint votre obligation de durée et pouvez dès lors l’utiliser sans pénalité sur les intérêts, en débloquant les sommes accumulées pour la raison que vous souhaitez. Compte tenu de sa date d’ouverture (après le 31 juillet 2003 et avant le 1er mars 2011), le plan a généré un intérêt annuel au taux de 2,5 %. Le PEL est soumis aux prélèvements sociaux au taux de 15,5 %, qui sont perçus lors de sa clôture, ramenant de ce fait la rentabilité réelle nette de ce produit à 2,11 %. Cette rémunération peut être augmentée d’une prime d’Etat de 1 %, plafonnée à 1 525 €. Hélas, cette prime est attribuée uniquement lorsque le titulaire du plan demande à bénéficier d’un prêt. En n’y ayant pas recours dans le cadre de cette acquisition, vous perdez donc l’avantage de la prime.  YVES THOMAS VOS DROITS Posez vos questions par mail à : mlaghouati@leparisien.fr ÉPARGNE Dirigeants : les clés pour préparer votre retraite Confrontés à une baisse de leurs revenus plus importante que celle des salariés lors de leur cessation d’activité, les chefs d’entreprise ont à leur disposition des solutions d’épargne individuelle et collective. A vec 1 285 € en moyenne par mois,leschefsd’entrepriseindé- pendants (artisans, commer- çants, industriels non salariés…) per- çoivent une retraite (régimes de base et complémentaire) inférieure de 10 %environàcelledesretraitésfran- çais, selon les chiffres 2012 du Ré- gime social des indépendants (RSI) publiésendécembre.Etce,malgréun taux de cotisation égal à celui des tra- vailleurs salariés depuis l’alignement de leur régime de base sur le ré- gimegénéralen1973. En cause ? Le manque de linéa- rité de leurs revenus durant leur vie active. « A la différence d’un tra- vailleur salarié lambda, un indépen- dantnedisposepasderevenusprofes- sionnels constants. Car, selon les années, les résultats de son entreprise varient et il peut aussi procéder à des investissements pour se mettre aux normes ou développer son activité, c’est-à-dire réaliser des dépenses né- cessaires mais non soumises aux coti- sations de retraite », précise Serge Crouin, président de la Mutuelle des artisans et du commerce de proximité (MNRA). Or, le montant de la pen- sionderetraitedebased’unchefd’en- trepriseétantcalculéàpartirdesonre- venu moyen établi sur la base de ses vingt-cinq meilleures années de car- rière, la somme octroyée s’en trouve d’autant plus réduite. Et pas question d’imaginer rattraper les cotisations perdues lors des périodes plus fastes, prévient Anne de Lanversin, direc- trice commerciale AXA Epargne Re- traite Entreprise. Car un indépendant nepeutpascotiseràsongrélesannées où ses revenus professionnels sont plus élevés. « La référence utilisée pour déterminer la base de calcul de ses cotisations d’assurance vieillesse est en effet limitée en fonction du montant du plafond annuel de la Sécurité sociale. Par exemple, un dirigeant qui percevra 100 000 € en2014necotiseraquesurlabase de37 548€.» Pis,cettevariationderevenusaégale- ment des conséquences sur le nombre detrimestresvalidésparunchefd’en- treprise et donc, par répercussion, sur le montant là encore de sa future pen- sion. « Depuis le 1er janvier, il lui faut toucher 600 smic horaires par an pour valider quatre trimestres. Et, avant cette date, le quota était de 800 smic horaires.Cequiéquivautdonc,enma- tière de retraite, à une double peine », déplore Serge Crouin. Voire à une triple peine eu égard à son régime de retraite complémentaire moins cou- vrant que celui des salariés cadres comme non cadres. A cotisations égales, la valeur du point servant de base au calcul de la pension complé- mentaire d’un chef d’entreprise est en effet moins importante que celle re- tenuepourunsalarié. D’où l’importance pour les artisans, les commerçants et industriels de pré- parer leur retraite. C’est-à-dire se constituer un complément de revenus quiserareversélemomentvenu,sous forme de rente viagère. Le mieux étantdes’yprendreleplustôtpossible d’autant « qu’ils ont à leur disposition des solutions dédiées tant collectives autraversdeleurentreprisequ’indivi- duelles, à l’image notamment du contrat Madelin », insiste Serge Crouin (lire ci-contre). Atout supplé- mentaire de ces dispositifs : leur at- tractivité fiscale. « Le blocage des sommes ainsi épargnées par un diri- geant en vue de sa retraite se fait avec des réductions fiscales immédiates pour sa société et pour lui-même quand il effectue des versements vo- lontaires », détaille Anne de Lan- versin. Bilan, un effort d’épargne moindrequeredouté.  DOSSIERRÉALISÉPAR ANNE-LISEDEFRANCE Les chefs d’entreprise indépendants (artisans, commerçants, industriels non salariés…) perçoivent une retraite inférieure de 10 % environ à celle des retraités français. (AltoPress/Maxppp/Sigrid Olsson.) 281euros parmois,c’estlemontantmoyende lapensiondebasededroitdirect (horsmajorationsetallocations) perçueparuncommerçanten2012. Unartisantouchepoursaparten moyenne348€parmois. Source:RSI,données2012. Des réductions fiscales immédiates pour sa société et pour lui-même Vousavezatteintl’âgedela retraiteetvousnetrouvezpas d’acquéreurpourvotrefondsde commerce ?Vouspouvez peut-êtrebénéficierd’uneindem- nitédedépartpourcompenserla perteencapitalquereprésente l’abandondecetoutildetravail. Verséeparlerégimesocialdes indépendants(RSI),cetteaide (d’unmontantmaximumde 18 820€)esteneffetouverteà touslescommerçantsetartisans propriétairesdeleurfondset inscritspersonnellementau registreducommerceetdes sociétés(RCS)ouaurépertoire desmétiers(RM). Lesconditionsàremplir:la moyennedesressourcesannuelles devotreménageaucoursdes cinqdernièresannéesnedoitpas excéder21 210€dont10 490€de ressourcesnonprofessionnelles (montantsramenésrespective- mentà11 940€et5 780€pourun célibataire).Vousdevezensuite justifierdequinzeansd’affiliation (continueounon)auRSI(ou anciennementauxAVAouà l’Organic)etvousengagerà cesservotreactivitédemanière définitive,ainsiqu’àvousfaire radierduRCSetduRMdansun délaidonné. Une indemnité de départ pour certains commerçants
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    PATRIMOINE ARGENT 19 LEPARISIEN ÉCONOMIE I LUNDI 5 MAI 2014 Zoom sur quatre dispositifs  Lessolutionsausein del’entreprise Lecontratderetraite àcotisationsdéfinies dit«article83» Misenplaceauprofitdetoutoupartie de vos salariés (cadres, non-cadres, agentsdemaîtrise…),cecontratd’as- surance vie collectif vous garantit (de même qu’à tous les assurés) de tou- cher un complément de revenu au moment de la retraite sous forme de rente viagère. Concrètement, chacun d’entre vous dispose d’un compte in- dividuel alimenté par des cotisations obligatoires dont le montant (corres- pondant à un pourcentage du salaire brut annuel) est fixé une fois pour toutes à la souscription du contrat. Selon les clauses de ce dernier, les sommes versées sont totalement prises en charge par l’entreprise ou font l’objet d’une participation des employés concernés (lesquels peu- vent également effectuer des verse- ments volontaires déductibles de leur revenu imposable). Atout supplé- mentaire : les cotisations payées par votre société au titre de cette épargne collective sont non seulement exoné- rées de charges sociales mais sont égalementdéductiblesdurésultatim- posable de l’entreprise (dans la limite d’unplafondlégal). Lecontratderetraite àprestationsdéfinies dit«article39» Souscritparl’entreprisequilefinance intégralement, ce dispositif d’assu- rance vie collectif vous permet (ainsi qu’éventuellement à certaines caté- gories de vos salariés) de percevoir à vie un complément de retraite dont le montant est fixé à l’avance. Selon le type de contrat choisi, la rente ac- cordée est égale à un pourcentage de votresalaireenfindecarrière(régime additionnel) ou est calculée de telle sorte qu’ajoutée à l’ensemble de vos autres pensions de retraite (base et complémentaires), elle vous assure un revenu de remplacement équiva- lent à un niveau prédéterminé de votrederniersalaire(régimedifféren- tiel). Autre avantage : les cotisations versées par votre entreprise sont dé- ductibles de son bénéfice imposable (dans la limite d’un plafond légal) et sont exonérées pour partie de cotisa- tions sociales. Attention, vous ne pouvez mettre en place un article 39 —sicelui-cineconcernepastousvos salariés—qu’àconditiondeproposer parallèlement à l’ensemble de vos employés un autre produit d’épargne collective(Perco,article83…).  Lessolutions individuelles LecontratMadelin Réservé aux travailleurs non salariés, ce produit de placement investi dans des fonds en euros garantis ou dans dessupportsenunitésdecomptevous assure la constitution d’une retraite par capitalisation tout en bénéficiant d’avantages fiscaux immédiats. En contrepartie d’un montant annuel mi- nimum de cotisation et d’un blocage des fonds jusqu’à la fin de votre vie active (sauf exception), les sommes versées chaque année à titre per- sonnel sur votre contrat sont en effet déductibles de votre bénéfice impo- sable dans la limite d’un plafond légal. LePerp Ouvertàtouslesparticuliersquelque soit leur statut professionnel, le plan d’épargneretraitepopulaire(Perp)est l’équivalent en plus souple d’un contrat Madelin. Même objectif de capitalisation,mêmesupportd’inves- tissement, même avantage fiscal (malgré un plafonnement plus bas), même sortie en rente viagère… ce produitn’imposeenrevancheaucune contrainte en matière de cotisation (fréquenceetmontantlibres). (AltoPress/Maxppp/Frédéric Cirou.)  TÉMOIN « Nous avons souscrit une assurance vie et un contrat Madelin » Tous deux trentenaires, Natacha et son mari ont encore de nom- breuses années d’activité profes- sionnelle devant eux avant d’envi- sager la retraite. Mais cela ne les a pas empêchés de se pencher tôt sur la question de leur avenir. « Lorsque nous avons fait une pro- jection avec un courtier, nous avons réalisé que, sans épargne spécifique, il nous resterait à peine 15 % de nos revenus actuels avec une retraite de base », souligne-t- elle. Une douche froide pour ce couple d’avocats qui, prévoyant, a souhaité « mettre les choses à plat » avant la naissance de son premier enfant. Une rente fixe mensuelle dès les premiers jours de la retraite Sur les conseils du courtier, Na- tacha et son mari ont donc opté pour une combinaison de deux produits qui leur permettront de bénéficier de revenus complé- mentaires : une assurance vie (en euros), qu’ils ont prévu de ne pas utiliser jusqu’à leur retraite, et un contrat Madelin (fonds en euros également, donc sécurisés). « C’est un contrat parfois décrié, car on peut penser qu’il est idiot de verser des sommes sur un compte pour qu’elles nous soient reversées plus tard… Mais le gros avantage, c’est la déductibilité des impôts. » Pour elle seule, Natacha verse sur ce contrat un peu plus de 1 000 € par mois, soit 12 000 € annuels. Comme cette somme est entière- ment déductible de son revenu im- posable, l’opération reste avanta- geuse. La jeune mère de famille sait que cet argent restera bloqué et ne sera donc pas disponible avant la retraite, sauf cas très particuliers (cessation d’activité pour liquida- tion judiciaire, invalidité sévère, ou décès du conjoint). Mais il lui permettra à elle et son mari d’amé- liorer leur niveau de vie en perce- vant une rente fixe tous les mois, dès les premiers jours de la retraite.  CH.R. Natacha, 35 ans, avocate à Paris (Castro M./Urba Images Server.) Florent DEMURIEZ, conseiller en gestion de patrimoine à Lille (Nord)*  Quand commencer à préparer sa retraite en qualité de chef d’entreprise ? Dans l’idéal, c’est à 40-45 ans qu’il faut commencer à s’intéresser à la préparation de sa retraite. Cela laisse en effet du temps pour mettre en place des stratégies d’optimisation et permet de s’assurer que la première partie de sa carrière a été correctement prise en compte. La première étape consiste donc à se procurer un relevé de situation individuelle (RIS) qui synthétise l’ensemble de son parcours professionnel et reprend l’ensemble des droits acquis auprès des différents régimes de base et complémentaires. Ce document est envoyé automatiquement tous les cinq ans à partir de 35 ans ou est disponible après inscription sur le site www.lassuranceretraite.fr. A l’aide de cette information et en établissant différents scénarios sur la carrière à venir, le chef d’entreprise pourra alors définir les contours de sa future retraite.  Quelles précautions prendre avant de mettre en place telle ou telle stratégie d’optimisation ? Pour choisir la méthode la plus adaptée à sa situation personnelle, le chef d’entreprise doit, au préalable, se poser deux questions : quand et combien ? Les réponses sont très différentes d’un dirigeant à l’autre car leurs carrières sont souvent complexes et multiples. D’où l’importance pour lui de vérifier l’exactitude des données figurant sur son RIS (trimestres, points des régimes complémentaires…). Puis de fixer un montant de retraite à atteindre pour maintenir le niveau de vie souhaité et de le confronter à l’estimation de retraite qu’il aura fait réaliser. Il pourra alors réduire ce différentiel en jouant sur sa rémunération, sa durée de cotisation, des rachats de trimestres ou encore l’épargne retraite. De manière générale, il aura tout à gagner à combiner l’optimisation des régimes obligatoires et solutions complémentaires.  La plupart des solutions d’épargne retraite sont bloquées sur le long terme. Le jeu en vaut-il la chandelle ? Dans un contexte où l’espérance de vie continue d’augmenter chaque année, ces solutions restent pertinentes car elles proposent une sortie en rente viagère. Pour autant, deux paramètres sont à vérifier. A commencer par la déductibilité fiscale qui constitue l’intérêt majeur de ces solutions, puisque le chef d’entreprise finance en partie son complément de retraite grâce au gain d’impôt généré. Son niveau d’imposition doit donc être suffisant avec au minimum, une tranche marginale d’imposition à 30 %. De même, pour que la rente commence à être significative au regard des cotisations versées, il faut du temps pour que celles-ci produisent du rendement. Autrement dit, au moins dix ans. Concrètement, si l’une de ces deux conditions n’est pas remplie, il vaut mieux s’orienter vers d’autres placements. *Associédu cabinetQuestion patrim oineetm em bre du groupeCHD Avexi,spécialisédansl’expertise com ptable,l’auditetleconseil. (DR.) L’AVIS DE… « Le chef d’entreprise doit, au préalable, se poser deux questions : quand et combien ? » EN SAVOIR PLUS À LIRE  « Le Patrimoine professionnel », ouvrage collectif, Ed. Francis Lefebvre, mars 2014, 600 pages. 210 €. À CONSULTER  Site d’information et d’actualité sur la retraite : www.la-retraite-en-clair.fr.  GIP Info retraite, site de référence de vos régimes de retraite : www.info-retraite.fr.  Régime social des indépendants : www.rsi.fr.
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    20 CARRIÈRES AUCŒUR DE L'EMPLOI LE PARISIEN ÉCONOMIE I LUNDI 5 MAI 2014 En BREF  LetourdesMBA LeMBA(MasterofBusiness Administration),formation reconnueauniveauinternational, estdestinéauxcadresayantdéjà troisansd’expérienceet souhaitantseréorienterou accélérerleurcarrière.Lorsde l’AccessMBATour,lescandidats aurontlapossibilitéderencontrer directementenentretien individuellesresponsables d’admissiondeprestigieuses écolesquidélivrentcesdiplômes. Samedi17maide9 h 30à 15 h 30,hôtelleMéridienEtoile, Paris(XVIIe).Inscriptionpréalable obligatoire(placeslimitées)sur www.accessm ba.com .  Bien-êtreautravail Lebonheurautravailest essentiel,maisest-ilpossibleet dansquellesconditions ?Durant deuxjours,lorsdusalonVitaelia, conférenciers,animateurset exposantsprésenterontles pratiquesetlesactionsmenées parlessociétés,etcellesqu’ilest possibled’envisager. Les27et28maide9heuresà 18heures,palaisdesCongrès, Paris(XVIIe).Inscriptions gratuitessurwww.vitaelia.fr  Leparamédical recrute Desoffresd’emploiserontà pourvoirsurleSalondes infirmiers,quipermettra égalementdes’informersurles autresmétiersparamédicaux: manipulateurradio,puéricultrice, pédiatre,sage-femme… Mercredi21maide10heuresà 18heures,espaceChamperret, ParisXVIIe.Invitationsgratuites surwww.jobrencontres.fr.  Jurisprudence Quefairedesjoursfériés ? Laquestiondespontsaccordés aveclesjoursfériésseposetout particulièrementcetteannée alorsqueles1er et8maitombent unjeudi.Saufs’ilesttenuparun accordcollectif,l’employeurest libred’accorderounoncepont (chômaged’unoudedeuxjours ouvrablesentreunjourfériéetun jourdereposhebdomadaire)aux salariés.Ilpeutl’accordersousla formed’unejournéederepos supplémentaire.Ilpeutaussi exiger,danscecas,queles salariéslarécupèrentàunautre moment(Codedutravail,article L.3122-27).Lesalariépeut égalementposerunedeses journéesdecongéoudeRTTpour nepastravaillerlejoursuivantle jourférié.Maisdanscecas,cela nedonnepaslieuàrécupération. Anoter:lafixationd’unpont entraînel’obligationpour l’employeurdeconsulterau préalablelecomitéd’entreprise ou,àdéfaut,lesdéléguésdu personnel. STRATÉGIE Recruter et fidéliser les meilleurs techniciens Certains techniciens sont devenus des profils rares que les entreprises s’arrachent. Pour capter les meilleurs — et les garder —, les recruteurs doivent s’adapter au marché. U ne prime pour recruter un futur collègue ? Il suffisait d’y penser. « Nous avons récem- ment créé un dispositif de coopta- tion, avec une prime symbolique, qui permet aux salariés de s’impli- quer dans le recrutement et de valo- riser l’entreprise », explique Isabelle Gozdowski, directrice des res- sources humaines du groupe Apave. Malgré une solide réputation et 10 000 collaborateurs dans le monde, ce groupe spécialisé dans la prévention des risques doit multi- plier les canaux de recrutement, y compris sur le Web. « Nous allons à la rencontre des candidats sur les sa- lons. Sur notre site Internet, nous utilisons des vidéos de collaborateurs présentant leur métier au quotidien. Nous communiquons aussi sur les sites d’emploi et via les réseaux sociaux… » Impossible de se reposer sur de sim- ples offres d’emploi, quelle que soit la notoriété de l’employeur. Malgré 100 000 candidatures reçues chaque année, Areva confesse aussi des dif- ficultés de recrutement. « On ren- contre des problèmes d’adéquation avec des postes pénuriques en robi- netterie nucléaire ou en soudure, par exemple, pour lesquels on n’a pas assez de candidats formés », té- moigne Gaëtan Millin, directeur em- ploi et mobilité. Pour y remédier, le groupe s’en remet à l’alternance. « Nous recrutons 500 alternants par an. Ce sont des niveaux CAP ou bac pro que nous formons aux métiers d’intervention sur site. Ils sont opé- rationnels au bout de quatre à six mois et véritablement auto- nomes après un à deux ans pour les interventions chez le client. » « Certains techniciens sont devenus des denrées rares », confirme Véro- nique de Fouchier, organisatrice du salon Top Techniciens. Parmi les profils pénuriques régulièrement cités dans tous les secteurs : les tech- niciens de maintenance, dans l’in- dustrie ou l’informatique, ou les des- sinateurs-projeteurs, prisés par les bureaux d’étude autant que dans le BTP. « Il faut les trouver mais aussi les motiver pour les garder ! » « Le technicien qui exécute n’a plus de sens, ce n’est plus ce qu’at- tend le marché, confirme Gas- pard Matheron, directeur des ressources humaines chez Se- gula Technologies. Aujourd’hui, concevoir un produit, c’est un travail collaboratif. » Pour capter les meil- leurs profils, ce groupe international de conseil en innovation et d’ingé- nierie mise sur la qualité et l’intérêt technique des projets, en France et à l’international. « Les meilleurs tech- niciens sont fondamentalement inté- ressés par la technique, observe Phi- lippe Arsac, PDG d’Eurowin Consulting, un cabinet spécialisé dans l’informatique. Elle est essen- tielle à leur motivation, il ne faut sur- tout pas l’oublier. » Et à cela s’ajoutent bien sûr quelques autres considérations. « Les salaires d’Areva sont en moyenne 20 % au- dessus du prix du marché sans compter les primes », annonce Gaëtan Millin. Chez Apave, un jeune diplômé à bac + 2 peut débuter à 22 000 € brut par an et utiliser, moyennant une participation, le vé- hicule de la société à titre personnel. Mais surtout, ces techniciens pour- ront espérer monter en compétence de façon pérenne. « Au fur et à me- sure de leur expérience, les techni- ciens peuvent élargir leur palette d’activités, explique Isabelle Gozdowski. Animer des stages de formation, mener des actions commerciales ou assurer un rôle de référent technique. Ils peu- vent aussi accéder à des postes d’en- cadrement d’équipe. » Gaëtan Millin confirme. « Quand on recrute un technicien, on sait qu’on ne peut pas le cantonner indéfini- ment dans une voie et qu’il faudra lui donner la possibilité d’évoluer… »  DOSSIER RÉALISÉ PAR CÉLINE CHAUDEAU Pour recruter les techniciens pointus dont elle a besoin, Areva forme chaque année 500 alternants à qui elle assure ensuite des possibilités d’évolution de carrière. (LP/Marc Menou.) « Il faut les trouver, mais aussi les motiver pour les garder ! » 1 146 290techniciens en France, tous secteurs confondus, selon une étude du Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Céreq) en 2009. Ondoit cette boutade à unrecruteurdansle secteurde l’énergie : «Si vous êtes technicien de maintenance en chaudronnerie, je vous veux, mais je ne suis pas le seul ! » « Les profils en maintenance sont extrêmement prisés, que ce soit dans l’informatique ou le BTP, résume Rami Mahfoudh, consultant chez Profile Research. Parce que de plus en plus d’entreprises ont du mal à remplir leurs carnets de commandes, elles doivent produire mieux, d’où une disponibilité des machines beaucoup plus forte. » Côté diplômes, les profils recherchés restent les bac + 2 avec une dominante en maintenance(BTSMAI,BTSMI)ouavecunespécialisationliéeàlatech- nicité des matériels : mécanique (DUT GMP), électricité, électronique et informatiqueindustrielle(DUTGEII),régulationetautomatisme(BTSCi- ra).Quantauxrémunérationspratiquées,ellesoscillententre25 000€brut annuelspourundébutantet40 000€pouruntechnicienconfirmé. La maintenance : le profil star
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    AU CŒUR DEL'EMPLOI CARRIÈRES 21 LE PARISIEN ÉCONOMIE I LUNDI 5 MAI 2014  TÉMOIN « Grâce aux emplois d’avenir, nous avons embauché des couvreurs sur mesure » Une opération gagnant-gagnant, résume-t-elle. D’un côté, des jeunes peu qualifiés mais dési- reux d’apprendre. De l’autre, une entreprise en quête désespérée de techniciens couvreurs diplômés. Quand le gouvernement lance fin 2012 le dispositif des emplois d’avenir destiné à faciliter l’accès à la qualification des 16-25 ans, Fabienne Guérin y voit une chance à saisir. « On avait des be- soins dans la région du Grand Ouest, résume la directrice des ressources humaines de Techni- toit, une PME angevine de 700 salariés (et 68 millions d’euros de chiffre d’affaires) spé- cialisée dans la rénovation de maisons particulières. Nous avons donc eu l’idée de mettre en place une session de formation 100 % adaptée à nos besoins. » « Des CDI pour les fidéliser » Sept jeunes ont ainsi été recrutés en novembre 2013 sur l’ensemble de la région Pays de la Loire, aux- quels se sont ajoutés trois contrats de professionnalisation. L’entre- prise a mis en place, pour eux, une formation en alternance avec les Compagnons du devoir durant six mois. « Le but était de person- naliser la formation selon nos be- soins et de les accompagner vers l’obtention d’un vrai diplôme et d’un premier contrat de travail. » Conformément au dispositif, l’en- treprise aurait pu se contenter d’un CDD d’une durée de un à trois ans. « Comme les compé- tences de couvreur sont assez re- cherchées, on leur a aussi proposé un CDI d’entrée pour les fidé- liser. » Et l’entreprise bénéficie, au passage, d’une aide de l’Etat équivalente à 35 % du smic pen- dant trois ans. Au final, Fabienne Guérin ne cache pas une vraie fierté. Cou- rant mai, cette première promo- tion sur mesure de jeunes formés par Technitoit passera son di- plôme professionnel de couvreur zingueur reconnu au répertoire national de certifications profes- sionnelles. Rompue aux res- sources humaines depuis vingt- cinq ans, Fabienne Guérin déplore la mauvaise image dont souffrent certains techniciens. « Un bon technicien a autant de valeur pour un employeur qu’un ingénieur. Aujourd’hui d’ailleurs, la frontière entre un jeune ingé- nieur et un technicien expéri- menté est plus floue. » Fabienne GUÉRIN, 47 ans, DRH de Technitoit à Angers (Maine-et-Loire) (DR.) Julien WEYRICH, directeur du secteur ingénieurs et techniciens chez Page Personnel  Pourquoi est-ce si difficile de trouver de bons techniciens ? Parce qu’ils sont très demandés et qu’il y en a de moins en moins. De plus en plus, les techniciens veulent devenir cadres et évoluer vers des formations en bac + 2, 3 ou 5 au risque d’être des ingénieurs moyens alors qu’ils pourraient être d’excellents techniciens. A cela s’ajoute un autre facteur : on demande beaucoup plus aux techniciens aujourd’hui. Il ne suffit plus d’être bon en technique. On exige par exemple des compétences linguistiques parce que certains interlocuteurs sont étrangers et les machines aussi bien souvent. On leur demande un savoir-être et un relationnel proche de ce qu’on peut attendre d’un cadre, ce qui n’est pas leur formatage premier.  La conjoncture est-elle favorable ? Je vous le confirme. Depuis 2010, les fonctions techniques bénéficient d’un contexte favorable qui ne devrait pas changer tout de suite. Il y a un désamour des fonctions de col-bleu qui complique les recrutements. Aujourd’hui, dans les PME, beaucoup de postes jadis dévolus à des bac + 5 sont attribués à des bac + 2 expérimentés et techniquement excellents.  Comment capter les bons techniciens ? Il faut revaloriser leur statut. Le Medef a d’ailleurs prévu une campagne télévisuelle sur ces métiers pour souligner les opportunités qui existent. Ces fonctions ne font pas toujours rêver et c’est dommage. En effet, ces profils peuvent facilement trouver un poste très correctement payé. En sortie d’école, un BTS MAI (mécanique et automatismes industriels) ou MI (maintenance industrielle) peut espérer gagner 25 000-26 000 € brut par an. On vient de recruter un de ces profils pour du service après-vente à l’international avec un an et demi d’expérience à 36 000 € brut par an. On peut gagner sa vie et connaître une belle évolution au sein d’une entreprise. (DR.) L’AVIS DE… « Il y a un désamour des fonctions de col-bleu » Des formations pour les faire monter en compétences Les formations pour garantir l’accès à des diplômes de niveau licence, voire bac + 5, constituent un levier de motivation. « C e nouveau dispositif de promotion sociale est destiné à accompagner des salariés d’EDF occupant des postes d’exécution vers des postes de responsabilité de cadre, par un par- cours de formation adapté », explique Marianne Laigneau. Le 8 novembre 2013, la directrice des ressources hu- maines du groupe est fière de pré- senter Cap exécution cadre, un nou- veaupartenariatavecleConservatoire nationaldesartsetmétiers(Cnam).La formation proposée aux techniciens se déroule sur quatre ans en alter- nance.Ellegarantit,encasderéussite, l’accès à des diplômes de niveau li- cence, voire de niveau bac + 5, et permet d’accéder à un poste à respon- sabilité. «Notrechiffred’affaires s’enressent» La formation comme levier de moti- vation chez les techniciens ? A ce jour, EDF se targue d’être la seule en- treprise du CAC 40 à proposer un tel dispositif. Mais nul besoin d’être un grandgroupepourfairemontersessa- lariésencompétence.«J’ailaconvic- tion que, pour avoir de bons techni- ciens,ilfautdécloisonnerlesposteset la hiérarchie », analyse Yann Orpin, PDG de Cleaning, une PME lilloise de200salariésspécialiséedanslenet- toyage industriel. Parmi ses techni- ciens d’entretien, un grand nombre ont déjà passé des concours adminis- tratifs. Et, même si certains ont quitté l’entreprise, il s’en réjouit. « Humai- nement, je veux que mes techniciens, tant qu’ils sont là, soient heureux de venir travailler. » Douze ans après avoirreprislaPME,ilnel’ajamaisre- gretté. « Avec cette ouverture vers le haut, nos techniciens sont plus mo- tivés et notre chiffre d’affaires s’en ressent.» « Il y a un vrai souci de pérennisation des effectifs techniciens, constate CharlotteHissette,responsabledefor- mationauCesi.Cetorganismespécia- lisé en parcours qualifiants pour tech- niciens travaille régulièrement en partenariat avec EDF, la Poste ou la RATP. « L’enjeu de la formation est double. Faute de trouver la perle rare, de plus en plus d’entreprises doivent recruter des profils qu’ils forment à leurs modalités de travail. Mais, dans un deuxième temps, pour les faire évoluer et souvent pour les garder, il faut aussi les faire monter en compé- tence.» A chaque entreprise sa méthode. Areva consacre ainsi un million d’heures à la formation, soit une se- maine par an par salarié, et permet chaqueannéeà150techniciensdede- venir cadres. « Veolia a mis en place uncampusdédiéàlaformationetpro- pose aussi des formations validantes auprès de l’Etat, relève Rami Mah- foudh, consultant chez Profile Re- search et spécialiste dans le recrute- ment de techniciens industriels. On peut rentrer avec un simple bac ou BEP et sortir avec un bac + 2 ou 3. C’est comme cela qu’on garde les gens. Car la balance entre ce qu’on donne et ce que le salarié rapporte est trèspositive.» (LP/Marc Menou.) EN SAVOIR PLUS À LIRE  « Les Professions intermédiaires : Plongée dans l’univers des techniciens, agents de maîtrise, commerciaux, administratifs », de Christophe Guitton et Jean-Paul Cadet, Ed. Armand Colin, 2013, 400 pages. 30 €. À CONSULTER  L’étude annuelle de rémunérations Ingénieurs & Techniciens : www.pagepersonnel.fr.  Les études du Céreq sur les techniciens et professions intermédiaires des entreprises : www.cereq.fr.  Le site du salon Top Techniciens organisé deux fois par an : www.toptechniciens.fr.  Le site des emplois d’avenir : www.travail-em ploi.gouv.fr. Ils RECRUTENT  EDF 2 500techniciens(électriciens,automaticiens, logisticiens,robinetiers,chaudronniers,techniciens d’exploitation),dont60 %dejeunesdiplômés. www.edfrecrute.com  Areva 840techniciensenmaintenanceélectromécanique, robinetterienucléaire,tuyauterieindustrielle,usinage etsoudure. www.areva.com  BureauVeritas 110postesd’inspecteursetdediagnostiqueurs. www.bureauveritas.fr  Apave 330postesdetechniciensitinérantschargésleplus souventdel’inspectiondesinstallations. www.apave-recrutem ent.com  Segula 600techniciens,dontbeaucoupdedessinateurs- projeteursdanslamécanique. www.segularecrute.fr  Safran 800techniciensessais,techniciensméthodes, technicienscontrôlesnondestructifs,techniciens réparations,techniciensaprès-vente. www.safran-talents.com
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    22 CARRIÈRES MANAGEMENT LEPARISIEN ÉCONOMIE I LUNDI 5 MAI 2014 «Le Parisien libéré» 25, avenue Michelet 93408 Saint-Ouen Cedex Tél. 01.40.10.30.30 Société par actions simplifiée Commission paritaire n°0115C85979 Président: Intra-Presse représentée par Jean HORNAIN Principal associé: Intra-Presse Jean HORNAIN, Directeur de la publication Eric HERTELOUP, DGA et éditeur Thierry BORSA, Directeur des rédactions du «Parisien» et «d’Aujourd’hui en France» RÉDACTION Responsable de la rédaction: Bénédicte Alaniou balaniou@leparisien.fr Editing et réalisation: Marianne Blériot mbleriot@leparisien.fr Rédaction: Agence Accroche-Press’, Chloé Coursaget, Charlotte Robinet PUBLICITÉ/AMAURY MEDIAS Directeur général adjoint: Philippe Fromantin, 01.40.10.53.02 PUBLICITÉ COMMERCIALE Directeur de la publicité: Roland Aouizerate, 01 41 04 97 78 raouizerate@amaurymedias.fr ANNONCES EMPLOI Directeur de la publicité: Muriel Petit, 01.40.10.53.22 mpetit@amaurymedias.fr IMPRESSION Sicavic Saint-Ouen (93400) ABONNEMENT Le Parisien: 0.811.875.656 (coût d’un appel local) ÉCONOMIE VIE PROFESSIONNELLE La vague du codéveloppement De plus en plus d’entreprises font appel à cette entraide, née au Canada pour améliorer les pratiques professionnelles des décideurs. L es séances ont lieu par petits groupes.Directeurgénéral,direc- teur des ressources humaines, chef de projet, chargé de communica- tion, responsable marketing ou consultant… Ils exercent les mêmes fonctions, ou pas, mais ils partagent unobjectifcommun:résoudrecollec- tivement les préoccupations de chacun.«Jeviensd’êtreplacéàla tête d’une équipe de 400 per- sonnes, je voudrais lancer mon premierséminairedecomitédedirec- tion, comment faire ? » « Je suis ma- lade avant chaque réunion du comité de pilotage, comment relativiser ? » « Je rencontre des difficultés avec un collaborateur, pouvez-vous m’aider à débloquerlasituation ?»Troisheures d’échangesserontconsacréesàlapro- blématiqueposée. Depuistroisouquatreans,onassisteà une « véritable explosion de l’intérêt pourlesgroupesdecodéveloppement professionnel », observe Anne Hoffner, cofondatrice, avec Domi- nique Delaunay, du Centre européen decodéveloppement(Cecodev),quia introduit le concept en France il y a dix ans. Mise au point par deux Qué- bécois, Adrien Payette et Claude Champagne,cetteméthodedeforma- tion a d’abord rencontré peu d’écho lorsque ses créateurs ont cherché à la promouvoir dans l’Hexagone au début des années 2000. « Probable- mentparcequ’ilyaquinzeans,ilétait difficile pour les manageurs d’ima- ginersemettreensituationdedeman- deur»,avanceAnneHoffner.Depuis, plusieurs grandes entreprises l’ont adoptée (Siemens, Orange, Air France, RTE, notamment), mais le codéveloppement a aussi ses adeptes dans les ministères (Eco- logie),oulesPME. « La plupart des manageurs ont besoin d’apprendre à développer leur écoute, leur leadership, leur cha- risme»,estimeFabienRodhain,créa- teur de Codéveloppement Academy. Or, les formations théoriques n’ont plus trop la cote auprès des décideurs. « L’intérêt du codéveloppement est qu’il s’appuie sur le quotidien et l’ex- périence des participants, ajoute Fa- bien Rodhain. Il renverse le modèle habituel avec le sachant au-dessus et l’apprenantpassif.» Quel fonctionnement concret ? Les groupes peuvent être mis en place en «intra»-entreprise,àlademanded’un DRH ou de salariés. Les groupes (5 à 8 personnes maximum, sans lien hié- rarchique) se réunissent deux demi- -journées par mois, sous le regard d’unanimateurexternechargédubon déroulement de la séance. Anne Hoffnernotechezlesparticipants«un gros appétit pour l’aide d’autrui » qui fait de ces séances un « formidable outil de prévention des risques psy- chosociaux».L’entraide,l’écoutedes autres:c’estaussicequiapousséDo- minique Guérin, directrice générale de l’agence médias MECGlobal, à testercetteméthodepourredynamiser ses troupes après la perte de gros clients. « Depuis janvier, plus de la moitié de nos 70 salariés ont participé àdessessionsdecodéveloppementet, en quatre mois, j’observe déjà une re- mobilisationinternetrèsforte.» Portés par le bouche-à-oreille, ces groupes de « coaching collectif » — facturés « de 1 600 à 2 500 € la journée pour 8 personnes » selon Fa- bien Rodhain — font des émules. Ils sontmisenplacehorsentreprise,pour des entrepreneurs isolés. En interne, certains groupes, comme les Pages jaunes, ont décidé de les étendre à grande échelle en formant leurs pro- pres animateurs. Anne Hoffner met toutefois en garde contre l’explosion desmauvaisespratiques:«Sionn’est pas professionnel de la méthode, cela peut être dangereux. » D’où l’impor- tancedefaireappelàdesspécialistes.  CHARLOTTEROBINET (MaxPPP/AltoPress/Eric Audras.) Patrice CARDINAUD DRH de Solocal group (ex-Pages jaunes) « Nous avons découvert ce nouvel outil de développement RH en 2012, dans le cadre d’un programme d’accompagnement au changement. Avec la mise en œuvre de notre projet Digital 2015 et de tests de réorganisation du groupe notamment, les rôles des manageurs évoluent. Or, cette forme d’apprentissage, qui vise à développer l’échange et le travail collaboratif, s’inscrit tout à fait dans le sens de notre entreprise. Les manageurs l’apprécient beaucoup car elle est bien plus proche du réel qu’un enseignement classique descendant. Pour la faire durer, nous avons décidé de former une dizaine de nos collaborateurs à l’animation de séances. D’ici la fin 2014, près de 800 collaborateurs du groupe, sur 5 000, auront ainsi participé à des ateliers de codéveloppement. » « J’ai participé depuis le début de l’année à huit séances d’une demi- journée, au sein d’un groupe qui comprenait sept collègues de différents services. Chacun notre tour, nous avons pu exposer un projet ou une préoccupation. Le grand bénéfice de cette méthode très structurée, même si elle est parfois un peu déstabilisante, est qu’elle permet de mettre à plat des problèmes professionnels tout en apprenant à écouter les autres. Par ailleurs, celui qui s’exprime n’est soumis à aucun jugement ni à aucune obligation de résultat, cela crée un environnement bienveillant. Le fait d’aider ses collègues est aussi très valorisant. Grâce à cette formation, je vais pouvoir obtenir une habilitation qui me permettra par la suite d’animer moi-même des séances auprès des salariés. » (Jean C.) L’AVIS DES INTÉRESSÉS Isabelle MERCIER- YTHIER Responsable pôle medias (DR.) Une séance classique dure généralement trois heures et suit un processus très formel qui comprend six étapes. Présentation Le demandeur (« client ») expose aux autres participants (les « consultants ») la problématique qu’il souhaite traiter. Durée : 5 à 10 min. Questions Les consultants interrogent le client pour mieux cerner le sujet. Durée : 30 à 45 min. Contrat moral Le client formule sa demande au groupe. Durée : 5 min. Consultation Les consultants livrent leurs recommandations, leur ressenti. Le client prend des notes sans les interrompre. Durée : 30 à 45 min. Réflexion Synthèse des remarques, le client ébauche et livre le début de son plan d’action. Durée : 10 min. Régulation Retour sur le vécu personnel de la séance. Durée : 10 à 15 min. En pratique EN SAVOIR PLUS ÀLIRE  «LeCodéveloppement professionneletmanagérial», d’AnneHoffneretDominique Delaunay,Ed.Ems,2011, 289pages.20,30€.  «LeGroupedecodéveloppement professionnel»,d’AdrienPayetteet ClaudeChampagne,Pressesde l’universitéduQuébec,211pages. Cetouvragedatede1997,maisil restelaréférencesurlesujet. DisponibleenFranceauformat Kindle(16,99€)oupapier(22,80€). ÀCONTACTER  Codéveloppementacademy, 76,rueMasséna,69006Lyon. Tél.06.86.42.96.71. www.codeveloppem ent- academ y.com .  Associationfrançaisede codéveloppementprofessionnel: www.afcodev.com .  Centreeuropéendu codéveloppementprofessionnelet managérial:www.cecodev.fr. EN LIBRAIRIE  «Comprendre l’ISF» Cette3e édition écritepar Séverine Michelot, PatrickCollinet PatrickViault, toustroisexperts-comptables, seveutunoutilàlaportée detousexplicitantlesgrands principesapplicablesenmatière d’impôtdesolidaritésurla fortune(ISF)quiconcerneles contribuablesdontlepatrimoine atteint1 300 000€. Collectionl’Expertenpoche, 110pages.12€.  «Fairedu marketing surlesréseaux sociaux» Cetouvrage entendaider lelecteur«à construiresa stratégieàpartir d’unecartographiedétailléedes possibilitésoffertesparles médiassociaux».Al’aidede nombreuxcascommentés,les auteurs,MélanieHossler,Olivier Murat,AlexandreJouanne, proposentdesméthodes adaptéesàchaqueobjectif marketing,commedévelopper sanotoriétéougénérerdutrafic. Ed.Eyrolles,320pages.25€. (DR.)(DR.)
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    OFFRES D’EMPLOI 23 LEPARISIEN ÉCONOMIE I LUNDI 5 MAI 2014 Dans le cadre de sa politique d’emploi en faveur des personnes handicapées, le Crédit Agricole d’Ile-de-France recherche Attachés de clientèle h/f POUR INTÉGRER UNE FORMATION EN ALTERNANCE (CONTRAT DE PROFESSIONNALISATION SUR 14 MOIS) Au sein d’une agence bancaire, vous prenez en charge l’accueil physique et télé- phonique, la remise des cartes et des chéquiers et la commercialisation de produits simples. Titulaire d’un Bac ou de niveau bac, vous disposez de bonnes aptitudes commerciales tout comme d’une aisance verbale et relationnelle avérée. Vous faites preuve d’une grande rigueur, d’un sens logique et avez un bon esprit de synthèse. Merci d’adresser votre lettre et CV par courrier, en précisant la référence «formation HECA» au Crédit Agricole Ile-de-France - 26, quai de la Rapée - 75012 Paris ou par e-mail : jean-michel.seux@ca-paris.fr (28 autres Caisses Régionales en France proposent ce type de formation : www.touteslescompétences.fr). Retrouvez toutes nos offres d’emploi et les dates de présence du Crédit Agricole aux salons de recrutement et forums écoles dans la rubrique «recrutement» sur www.ca-paris.fr Osez un métier commercial Iken-conseil.fr Handicap & Emploi spécialisée depuis 1977 dans l’installation et la maintenance de systèmes de détection intrusion / incendie vidéo surveillance et contrôle d’accès. recrute Mission : Bonnes connaissances des marchés publics Vente en direct - Renseignements à la clientèle Rémunération fixe + commissions + prime Permis B exigé + véhicule souhaité Merci d’envoyer CV à : SARL SONALARME 92 avenue Gabriel Péri - 95500 GONESSE Tél. 01 34 53 91 51 - Fax. 01 39 85 61 06 sonalarme@wanadoo.fr COMMERCIAUXTERRAIN H/F EXPÉRIENCE 5 ANS MINIMUM Dans le cadre de son développement sur Paris, un cabinet d'expertise comptable d'une trentaine de personnes ayant son siège à Bordeaux recrute h/f un collaborateur confirmé en CDI à temps complet Idéalement, le candidat, issu d'une formation comptable (BTS, DUT) justifiera d'une expérience d'au moins 3 ans en cabinet comptable. Le poste consistera principalement à assurer le suivi administratif d’une PME basée à Paris (75006). Vous assurerez également le suivi des autres dossiers parisiens de notre cabinet sous la conduite d’un chef de mission senior. Le poste requiert une bonne autonomie dans la technique comptable. Il est évolutif en raison du développement important de notre clientèle parisienne. La rémunération sera adaptée au profil du candidat. Lettre de motivation et CV à transmettre à l'adresse suivante : acse@groupe-acse.fr AUDIT CONSEIL SYNTHESE EXPERTISE Pour passer vos annonces contactez-nous au 01 40 10 52 70 EMPLOIS DIVERS NOS ATOUTS : ࡯ Statut de salarié de l’entreprise avec tous ses avantages (mutuelle, 13e mois, remboursement de frais repas, prime d’ancienneté…). ࡯ Notoriété du titre. ࡯ Rémunération attractive liée à vos résultats (fixe + commissions + primes). Vous souhaitez débuter une carrière de commercial(e) et avoir une première expérience gratifiante tout en ayant une rémunération très attrayante ! Rejoignez l’équipe de vente du 1er quotidien d’Ile-de-France et contribuez à la conquête de nouveaux clients en devenant : COMMERCIAL TERRAIN h/f Votre mission principale sera de prospecter sur le terrain et en vente directe, une clientèle de particuliers afin de leur proposer un abonnement au journal “le Parisien”. Mobile géographiquement, autonome et dynamique, vous êtes rigoureux, professionnel et avez un excellent relationnel. Envoyez-nous votre CV + Lettre de motivation sous la référence DCO/JE : ࡯ Par courrier : SDVP Le Parisien - Service Recrutement - 69/73 boulevard Victor Hugo 93585 Saint-Ouen cedex ou par mail : recrutement@sdvp.fr Postes à pourvoir immédiatement en CDI sur toute l’Ile de France ´ RECRUTEMENT IMMÉDIAT • Électricien • Plombier - Chauffagiste - Climatisation • Technicien maintenance chauffage • Agent entretien du bâtiment • Monteur réseau électrique (BT/HT) • Coffreur bancheur • Réseaux câblés (Fibre optique) • Énergie renouvelable Adressez votre candidature (CV + lettre de motivation) avec réf. Presse2014 à recrutementformateur@afpa.fr L’Afpa, 1er organisme de formation professionnelle, recrute des formateurs BTP en CDI en Île-de-France Consultez toutes nos offres d’emploi sur www.afpa.fr RESPONSABLE COMMERCIAL MATERIAUX – h/f Cette PMI innovante réalise des produits de haute qualité applicables à l’habitat et aux collectivités. Elle se développe et investit. Elle vend aux applicateurs, aux négoces de matériaux, aux GSB, aux jardineries. Rattaché au Directeur de la société, vous participez à la conception du plan d’actions commerciales que vous déclinez. Vous ouvrez les référencements dans les centrales et visitez les points de ventes. Vous assurez l’interface opérationnelle entre la société et ses clients. Vous mettez en place les opérations de promotion et participez aux évènements et salons. Diplôméd’unbac+3/4enventeetmarketing,vousprésentez une expérience commerciale réussie sur ce marché, chez l’industriel ou dans la distribution. Proche du produit et de l’application, vous êtes autonome et entreprenant. Pour ce poste de préférence en home office et basé en IDF ou Centre, nous prévoyons une rémunération de 40/45 K€ brut avec variable et voiture. Merci d’envoyer votre CV et lettre de motivation avec la réf. FR689244/105 dans l’objet du mail à francoise.duprillot@jobs.hudson.com Négoces GSB Jardineries Basé sur Paris Est / Centre CONSEIL EN RECRUTEMENT & GESTION DES TALENTS Réservations et renseignements commerciaux, appelez le 01 41 04 97 40 ; E-mail : ndelepine@amaurymedias.fr Lundi 12 mai l’alternance : une porte grande ouverte sur l’emploi Alternance
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    OFFRES D’EMPLOI24 LE PARISIENÉCONOMIE I LUNDI 5 MAI 2014 Pour passer vos annonces contactez-nous au 01 40 10 52 70 FORMATION AVIS DE CONCOURS VNF - Direction Territoriale Centre-Bourgogne recrute h/f par voie de concours externe 2 TECHNICIENS SUPERIEURS DE MAINTENANCE dans le cadre d’emploi des Ouvriers Des Parcs et Ateliers - Technicien niveau 2 Les postes à pourvoir (sous réserve de la liste définitive affichée lors des épreuves) Subdivision de Montceau les Mines (71) Saône et Loire Subdivision de Briare (45) Loiret Date limite de dépôt des dossiers d’inscription : 7 MAI 2014 minuit (cachet de la poste faisant foi) Date des épreuves d’admissibilité : 20 MAI 2014 (à Dijon) Date des épreuves pratiques et orales : 27 MAI 2014 (Dijon) Les candidats devront remplir les conditions générales d'accès à la fonction publique : { être âgé de 38 ans maximum à la date des épreuves d’admissibilité { nationalité, droits civiques, casier judiciaire, aptitude physique, situation régulière au regard du service national. Comment obtenir un dossier d’inscription : par mail à l’adresse suivante : concours.dt.centrebourgogne@vnf.fr ou par écrit à cette adresse : VNF Direction Territoriale Centre Bourgogne - RH/Formation CONCOURS OPA - 13, avenue Albert 1er - CS 36229 21062 DIJON CEDEX - tél. 03 45 34 12 87 Où et comment retourner votre dossier d’inscription : par voie postale jusqu’au 7 mai 2014 minuit (cachet de la poste faisant foi) à cette adresse : VNF - Direction territoriale Centre Bourgogne - RH/Formation - CONCOURS OPA - 13, avenue Albert 1er CS 36229 – 21062 DIJON CEDEX NIVEAU DE RECRUTEMENT : LES EPREUVES SONT DE NIVEAU DUT, BTS EN MAINTENANCE INDUSTRIELLE OU DE DIPLOMES EQUIVALENTS, DANS LES DOMAINES SUIVANTS : { électrique, électromécanique, automatisme, hydraulique industrielle DIPLOMES : pour s’inscrire le minimum requis est le C.A.P. CENTRE HOSPITALIER DE TROYES (AUBE) Etablissement de 1 124 lits Pôle hospitalier du département de l’Aube et plateau technique conséquent de la région Champagne-Ardenne (Proximité Paris 1h30 en train) URGENT Recrute en CDD ou en CDI DES INFIRMIERS D.E. (H/F) Postes de jour et postes de nuit Renseignements à la Direction des Soins : 03 25 49 47 88 Candidature à adresser à : Monsieur le Directeur - Centre hospitalier 101 avenue Anatole France - 10003 Troyes cedex e-mail : direction@ch-troyes.fr spécialisée depuis 1977 dans l'installation courant faible Mission : Assurer l’installation et la maintenance de systèmes de détection intrusion/incendie - vidéo surveillance et contrôle d'accès. Postes en CDI. Salaire 31 300€ brut annuel + véhicule + frais. TECHNICIENS h/f COURANT FAIBLE EXPÉRIENCE 5 ANS MINIMUM Merci d'envoyer CV à : SARL SONALARME 92 avenue Gabriel Peri - 95500 GONESSE TEL 01 34 53 91 51 - FAX 01 39 85 61 06 sonalarme@wanadoo.fr recrute Vos annonces par téléléphone 01 40 10 52 70 e-mail : paemploi@amaurymedias.fr son application iPhonesur & Retrouvez toutes les offres d’emploi du Parisien
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    OFFRES D’EMPLOI 25 LEPARISIEN ÉCONOMIE I LUNDI 5 MAI 2014 CFA DES MÉTIERS DE LA POSTE L’alternance, c’est déjà une expérience Appli Smartphone Mon métier ? CONSEILLER FINANCIER, C’EST GAGNÉ ! au sein du Groupe La Poste • Contrat d’apprentissage en 12 mois Pour connaître toutes les conditions d’inscription et découvrir nos formations du CAP au Master www.formaposte-iledefrance.fr CCEENNTTRREE DDEE FFOORRMMAATTIIOONN DD’’AAPPPPRREENNTTIISS Accueil et inscription du lundi au jeudi de 9 h à 12 h et de 14 h à 17 h, le vendredi de 9 h à 12 h 4 bis rue des Rosiers Paris IVe 01 44 54 31 80 M° Saint-Paul 7 rue de la Fontaine-au-Roi Paris XIe 01 48 06 58 58 M° République www.ecoledetravail.fr contact@ecoledetravail.fr www.iledefrance.fr Préapprentissage CAP Plomberie (Installateur Sanitaire, Installateur Thermique) BAC pro TISEC (Énergétique et Climatique) BAC pro TFCA (Froid, Climatisation) Mentions complémentaires (niv IV) Énergies renouvelables Ascensoriste CAP MVA (Automobile) CAP PROELEC (Électrotechnique) BAC pro MVA (Automobile) BAC pro ELEEC (Électrotechnique) BTS FEE option D (Fluides-Énergies-Environnement) Journée Portes Ouvertes le 14 mai 37 boulevard Soult 75012 Paris Email epb@boucheries.com Ecole Professionnelle de la Boucherie de Paris CONTACTEZ E.P.B. 0143452372 Vous avez 15-25 ans Découvrez le Métier de Boucher Venez suivre une formation en alternance gratuite et rémunérée : ț PRE-APPRENTISSAGE ț CAP BOUCHER ț BREVET PROFESSIONNEL BOUCHER Créditphoto©FBMV-EPB La licence professionnelLE à L’UNIVERSITÉ VOTRE PASSEPORT POUR L’emploi formation.continue@upmc.fr Formation continue 01 44 27 82 82 - Informatique - Environnement - Métiers de la Santé - Qualité et biotechnologies - Sciences de l’ingénieur Bac+3 en alternance pour devenir : • Assistant ingénieur, • Assistant chef de projet, • Technicien supérieur Reprenez vos études, validez vos acquis de l’expérience (VAE) en utilisant les dispositifs de la formation professionnelle : • congé de formation, • contrat de professionnalisation Contactez nous © Fotolia Vos annonces par tél. 01 41 04 97 68, e-mail : mouamrane@amaurymedias.fr ou sur leParisien.fr, rubrique Annonces Communiquez vos prochaines sessions dans notre rubrique Formation
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    LE PARISIEN ÉCONOMIEI LUNDI 5 MAI 2014 Actualisez en direct votre photo de proil Jérôme 75 est super content et bientôt en poste :-) Alicia 92 est presque diplômée ;-) 12 000 contratsde professionnalisation et d’apprentissage Jeux concours Concert de clôtureà 18h, avec plateau multi-artistes 12 000 contratsde professionnalisation et d’apprentissage Jeux concours Concert de clôtureà 18h, avec plateau multi-artistes 15 MAI 2014 Stade Charléty 1 avenue Pierre de Coubertin 75013 Paris De 10h à 18h (entrée gratuite) 15 MAI 2014 Stade Charléty 1 avenue Pierre de Coubertin 75013 Paris De 10h à 18h (entrée gratuite) ©CONTRASTWERKSTATT/FOTOLIAXIV/PABLOCALVOG/VIORELSIMA PRÉFET DE LA RÉGION agence@spherepublique.com fetedelalternance.com :
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    OFFRES D’EMPLOI 27 LEPARISIEN ÉCONOMIE I LUNDI 5 MAI 2014 Pour passer vos annonces contactez-nous au 01 40 10 52 70 ANNONCES CLASSÉES Nous rappelons à nos lecteurs que tous ces postes sont accessibles sans discrimination de sexe ou d’âge. Vous pouvez également adresser votre candidature sous la référence VCP / JE par mail à recrutement@sdvp.fr une activité matinale vous permettant de compléter vos revenus ? DEVENEZ VENDEURS DE JOURNAUX H/F SEMAINE & DIMANCHE Positionnés devant des : gares, stations de métro, places publiques, marchés, emplacements à forts passages Votre profil : Vous êtes disponible entre 6 heures et 9 heures du matin minimum Vous êtes ponctuel, avez le sens de l’accueil et êtes accrocheur. Nous mandatons des vendeurs sur les secteurs suivants : Le secteur de vente est attribué en fonction des disponibilités et de votre lieu d’habitation. Appelez entre 8 heures et 11 heures : VOUS RECHERCHEZ Secteur de Paris 06 73 19 58 74 75 Secteur de la Seine Saint-Denis 06 73 19 90 83 93 Secteur de la Seine Saint-Denis Ouest 06 73 19 90 86 93 Secteur de la Seine et Marne (77) gare de Chelles 06 42 36 32 26 Secteur de la Seine Saint-Denis Est (93 Est) Secteur de l’Essonne (91) 77 93 91 Secteur des Yvelines RER St Germain-en-Laye 06 73 19 90 36 78 06 73 19 90 36 SecteurdesHauts-de-Seine garedeBécon-les-Bruyères 92 Secteur du Val d’Oise Gare d’Enghien et Ecouen Ezanville 06 08 43 71 50 95 60Secteur de l’Oise Secteur du Val-de-Marne 06 77 02 61 41 94 Semaine et Dimanche - Statut salarié CDD/CDI Rémunération : aux environs de 700 €/mois pour 2h45 par jour (6/7 jours) • Vous êtes disponible quelques heures avant 7h30 du matin. • Vous possédez un véhicule personnel et êtes un conducteur attentionné. • Vous êtes ponctuel, rigoureux et matinal. Contactez-nous entre 8 heures et 10h30 aux numéros suivants selon votre lieu d’habitation : Département 77 : Secteur de Champs sur Marne : 06 77 02 61 43 - champssurmarne@sdvp.fr Secteur de Mareuil les Meaux : 01 60 25 85 92 - mareuillesmeaux@sdvp.fr Secteur de Moissy Cramayel : 01 60 34 95 09 - moissycramayel@sdvp.fr Département 78 : Secteur de Les Mureaux : Pour La Queue des Yvelines et Houdan : 01 34 74 29 37 ou 01 34 74 35 10 - mureaux@sdvp.fr Département 91 : Secteur de Chilly Mazarin : 01 64 54 07 28 - chillymazarin@sdvp.fr Département 94 : Secteur d’Arcueil : 01 45 36 92 40 - arcueil@sdvp.fr Département 95 : Secteur de Argenteuil : Pour Colombes et Asnières : 01 39 82 72 53 - argenteuil@sdvp.fr Secteur d’Osny : 01 30 38 47 74 - osny@sdvp.fr Permis B et voiture obligatoire Nous recherchons PORTEURS DE JOURNAUX h/f OFFRES Commerciaux ventes marketing distribution. Commerce SCEAUX (92) recherche h/f BOUCHER Tél : 01.46.61.02.55 Entreprise de Pompes Funèbres rechercheh/f pour son agence d’Aubervilliers (93) FLEURISTE -CAPouBEPFleuristesouhaité -Débutantsacceptéssimotivés -PlacestableenCDI Se présenter ou Ecrire : SANTILLY 48rueCharlesTillon 93300Aubervilliers contact@santilly.com - CHEF DE MAGASIN - PRE-EMBALLEUR BOUCHERIE SUPER U 103 av de Clichy Paris 75017 BOUCHER QUALIFIE h/f - Paris 15è Logé, salaire motivant Parking à disposition Tél : 06 86 92 16 57 Recherche VENDEUR/SE Week ends, jours fériés, et fêtes, repos lundi. 48 avenue honoré d'estienne d'orves (91)Juvisy sur orge Tél. 01.69.21.54.34 Recherche PATISSIER(IERE) repos lundi et un dimanche sur 2. Salaire selon compétence 48 avenue Honoré d'Estienne d'Orves (91) Juvisy sur Orge Tél. 01.69.21.54.34 Nous recherchons des Adjoints et des Directeurs de magasin H/F pour nos Franprix à Paris. Poste à pourvoir de suite en CDI. Salaire sur 12 mois + prime + mutuelle. Nous contacter par téléphone Nathalie MARTIN 01.30.11.13.61 Boucherie ROBERT et RENE M° République rech. H/F. CAISSIERE BOUCHER VENDEUR Repose dimanche et lundi Se prés. 13 r. Fbg du Temple Paris 10° - 01 42 08 22 84 Paris 17 ème recherche h/f BOUCHER Possibilité logement Tél : 01.47.63.15.57 06.08.99.27.85 Commerciaux GROUPE NATIONAL Partenaire AMERICAN EXPRESS Recherche 12 Conseillers Clients (H/F) Aéroports d'Orly et Roissy Rémunération motivante Postulez dès maintenant au Tél. : 0 890 805 805 (Prix d'un appel local) recrutement@fdv-france.fr Société internationale de marketing recherche (h/f) 17 personnes motivées pour du conseil à la clientèle et de la vente. Formation assurée, débutants acceptés. R.F (Département 92) Tél. 01 70 92 88 80 Agence Pub. recherche 3 JH/JF pour service commercial. Début. acceptés, formation assurée. 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Encadrant d'une équipe de 3 à 5 personnes, vous assurerez l'entretien de plusieurs chantiers sous la supervision de votre Responsable Hiérarchique. BTS ou equivalent - Permis B & EB - Disposant d'une expérience significative. TÉL : 01 34 87 87 08 Fax. 01 34 87 82 44 m.lelievre@prettre-sa.fr Industrie technique production Techniciens Le Centre Hospitalier Saint-Anne recrute h/f 1 Responsable du département plomberie, chauffage-vmc, couverture. 1 Technicien de maintenance plomberie, chauffage, couverture, traitement d'air. Les candidatures sont à adresser à : Centre Hospitalier Sainte-Anne - Monsieur STALLIVIERI, Responsable de la Direction de l'Ingénérie, des Travaux et du Patrimoine Tél : 01 45 65 83 05 Mail : p.stallivieri@ ch-sainte-anne.fr Transport Logistique Automobile Chauffeur livreur La Délégation du Japon Auprès de l'O.C.D.E. Recrute en CDI un(e) CHAUFFEUR Pour en savoir en plus : http://www.oecd.emb- japan.go.jp/en/index.html Transport L'HARIDON INT. Recherche h/f CHAUFFEURS SPL Basés sur l'IDF TÉL : 01.30.62.94.00 SDVP Le Parisien recherche pour Paris DF Des PORTEURS/ PORTEUSES de JOURNAUX HF CDI et CDD recrutement@sdvpfr Garage mécanique Mécaniciens VL-PL-TP, 3 ans d'expérience mini, avec certificats de travail, pour intérim, CDD ou CDI sur Paris et IdF. Tél : 01.43.02.42.72 ett Fax : 01.43.01.96.20 Mail : recrut@evs.fr Hôtellerie Restauration Loisirs Restauration collective Cuisiniers tous niveaux, CAP, 2 ans d'expérience mini. véhiculés, pour intérim, CDD ou CDI sur Paris et IdF. Tél : 01.43.02.42.72 ett Fax : 01.43.01.96.20 Mail : recrut@evs.fr DEMANDES Divers 75 - H Rech. Emploi travail au pair Etudiant nationalité Allemande pour 6 mois min ds famille Française à Paris.Permis de conduire.Libre le 01/07 2014. contact. faudeg@gmx.de H. Agent de Sécurité avec grande expérience recherche emploi si pas sérieux s'abstenir 06 60 43 74 02 Transport 75 - H Rech. 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