Firme+Innovation                Introduction




       Sandrine Wolff | wolff@unistra.fr
    Francis Gosselin | gosselin@unistra.fr
Plan de la séance | Firme+Innovation


Pour en finir avec la firme point
       Une critique des fondements microéconomiques de la firme
Questions fondamentales : de Berle et Means à Coase

Deux approches contractuelles : théorie de l'agence et droits de
propriété

L'analyse "historique" de la firme et ses configurations

La firme comme organisation : cognition et comportement

La théorie évolutionniste
Point tout
 court.




             Firme point
                   Une critique.
La firme point | Firme+Innovation

La firme type de la théorie microéconomique
   •       fonction de production, qui achète sur un marché courant
           (spot market) et maximise ses profits (ou ses recettes)
   •       c’est une théorie rigoureuse, mais rudimentaire :
       •     elle est mathématiquement formalisable et élégante
       •     très utile pour envisager les variations provenant de facteurs exogènes
       •     elle permet d’analyser l’interaction entre firmes dans différents types
             de structures de marché (imparfait, oligopolistique, etc.)

   •       par contre, elle est largement insuffisante :
       •     n’explique pas l’organisation interne de la firme
       •     silence sur la résolution de conflits entre parties prenantes
       •     ne dit pas comment s’accomplit l’objectif de maximisation du profit
       •     ne dit pas ce qu’est une firme ni quelles sont ses frontières...
Questions & Means
   Coase, Berle
Questions fondamentales | Firme+Innovation
“   in economic theory we find
    that the allocation of factors
    of production between
    different uses is determined     •   Coase (1937) rappelle l'importance
    by the price mechanism.              d'une définition claire de la firme afin
    The price of factor A                de justifier le choix entre théories
    becomes higher in X than in
    Y. As a result, A moves from         alternatives
    Y to X until the difference
    between the prices in X and      •   Si le mécanisme des prix est le seul
    Y, except in so far as it            critère, pourquoi existe-t-il des firmes?
    compensates for other
    differential advantages,         •   Il réintroduit le personnage de
    disappears. Yet in the real
    world, we find that there are        l'entrepreneur comme acteur significatif
    many areas where this does
    not apply. If a workman          •   Il y a un coût à utiliser le mécanisme
    moves from department Y to           des prix
    department X, he does not
    go because of a change in
    relative prices, but because
    he is ordered to do so.
                                ”
Questions fondamentales | Firme+Innovation


•   Berle et Means (1932) s'inquiètent
    plutôt de la division observée entre      “   The capitalist process, by
    propriétaires et managers                     substituting a mere parcel of
                                                  shares for the walls of and the
•   La recherche de profit est mise de côté       machines in a factory, takes the
    au profit des intérêts des directeurs         life out of the idea of property. It
                                                  loosens the grip that once was so
•   La dispersion de la propriété entraîne        strong - the grip in the sense of
    une concentration du pouvoir                  the legal right and the actual
                                                  ability to do as one pleases with
    économique : l'entreprise devient             one’s own; the grip also in the
    institution                                   sense that the holder of the title
                                                  loses the will to fight,
•   La firme est donc le lieu de la genèse        economically, physically,
    du conflit entre acteurs                      politically, for ‘his’ factory and
                                                  his control over it, to die if

                                                                                ”
                                                  necessary on its steps
                                                                     Schumpeter, 1942
Deux approches
       Agence, propriété
Deux approches | Firme+Innovation
Petit graphique...
                           approches
                          par les droits                                        théorie de
                                                                                 l'agence

                        Hart & Moore
      Klein, Crawford                                                                   Jensen &
         & Alchian                     Grossman & Hart
                                                                                        Meckling

                                  Institutionalistes                     Williamson              Alchian &
                                                                                                 Demsetz
Radicaux
             Schumpeter                                              Chandler
                                                       Simon
                                                                                         Coase
                                                                Knight
             Berle & Means


                                                          Marshall
    Marx


                                             Adam Smith
Firme = institution
        histoire, configurations
La firme comme institution | Firme+Innovation

Les deux grandes formes de Chandler

    Une approche basée sur l'analyse historique des
    entreprises américaines, Chandler arrive à deux formes :
      La forme unitaire, forme U, décrivant un système centralisé et
      une division du travail de gestion par la spécialisation des
      départements
      La forme multidivisionnelle, forme M, reposant sur la
      différenciation et l'intégration, la décentralisation des décisions
      et centralisation du pouvoir.
        C'est une"quasi-firme", son organisation laisse + d'autonomie
        aux filiales
        Elle est : [1] plus flexible, [2] mieux coordonné sur le plan des
        économies d'échelle et de variété, [3] assure une production plus
        efficiente par l'intégration verticale.
La firme comme institution | Firme+Innovation

La réfutation d'Aoki
   Le trait principal de la firme M est sa structure hiérarchique rigide
       Les tâches sont décrites par la hiérarchie dans un schéma classifié
       Chaque travailleur ‘performe’ sa tâche spécialisée selon un barème préétablit
       Les règles, formelles ou informelles, sont connues des parties (manuels
       d’instruction, directives du superviseur).
       La production est très efficiente, mais peu flexible...

   Dans la firme J (japonaise) :
       Les responsabilités des travailleurs ne sont pas spécifiées dans le détail
       Chacun occupe plusieurs postes, avec une rotation continue
       Chacun est familier avec l’ensemble du processus, adaptation
       Il y a un degré de délégation considérable des pouvoirs décisionnels
       Ingénieurs, réparateurs, inspecteurs, avec les travailleurs
Firme = organisation
           ressources, coalition
La firme comme organisation | Firme+Innovation

Cyert et March, une théorie comportementale

         la firme est une organisation complexe
                de Berle et Means, on sait qu'au moins deux types
                d'acteurs existent en ce qui concerne la gouvernance
                de la firme
                s'ajoutent les composantes internes de la bureaucratie
                d'entreprise (financiers, ingénieurs, commerciaux, etc.)
                la firme est donc une coalition, animée par le conflit
                (thèmes repris par March ensuite)

                Ils introduisent également les notions d'apprentissage,
                de routines et du relâchement organisationnel, qu'ils
                empruntent à Penrose
La firme comme organisation | Firme+Innovation

Penrose, ressources et cognition
    une approche basée sur les compétences
              première à tenter d'intégrer formellement la connaissance
              comme un déterminant de la croissance des firmes
              les firmes diffèrent en fonction de leur capacité à mobiliser les
              ressources, et non pas à les utiliser comme de simples inputs
              introduit l'idée de ressources improductives (organizational
              slack) servant de réserve de connaissances mobilisables pour
              l'innovation
              fonde l'approche basée sur les ressources et les capacités
              (notamment dynamiques) de la firme : Prahalad et Hamel,
              Barney, Teece, Porter, etc...
Évolutionisme
     les temps changent
Évolutionisme | Firme+Innovation

Nelson et Winter, évolution et innovation
  la firme est un répertoire de routines liant les individus entre eux
     utilisent [1] les apport de Schumpeter sur l'innovation ; [2] ceux de Simon
     et de Penrose sur l'apprentissage, le principe de satisficing, la rationalité
     procédurale et les règles de décision [3] et enfin une approche
     biologique de la firme issue des travaux d'Alchian
     Trois principes empruntés à la biologie : [1] variété (mutation),
     [2] sélection (loi du plus fort), [3] hérédité (gènes)
           Les gènes sont incarnés par les routines organisationnelles, i.e. des
           modèles d'action et d'interaction ± répétitifs en réponse à des
           problèmes particuliers.
           Elles résultent de processus d'apprentissage (création de
           connaissances ± tacites)
                caractère cumulatif, continuité dans le changement et path
               dependencies
                actifs localisés, spécifiques, source de variété inter-entreprise
           Elles impliquent coordination	
               cohérence du portefeuille d'activités de la firme
               trève organisationnelle entre les membres
Évolutionisme | Firme+Innovation


“   "Le modèle néoclassique est fondé sur 2 concepts
    dont la nature diffère considérablement:
    Le premier est la notion d'agent économique
    individuel, au comportement régi par un critère
    d'optimisation sous contraintes, lesquelles sont soit
    des données, propres à l'agent (par exemple la
    fonction de production), soit des termes de l'échange
    avec le système économique global.
    Le second est le marché : ici est pris en compte
    l'agrégat des décisions individuelles, et les termes de
    l'échange sont ajustés jusqu'à ce que les décisions des

                                                                ”
    individus soient mutuellement compatibles,
    globalement."

        (Arrow 1974, Limited knowledge and economic analysis,
                                           AER, mars, p.1-3)
Évolutionisme | Firme+Innovation


En d'autres termes, la théorie standard s'appuie sur 2
piliers :
        la rationalité des comportements individuels - réduite à
        l'optimisation
                -- rationalité substantielle --


        la coordination des comportements individuels - réduite au
        marché
            
   
   -- marché (individu) --


        Rupture majeure grâce notamment aux travaux de Simon :

   
   
   
   rationalité limitée (procédurale, règles et satisficing)
	   	   	   	   coordination via l'organisation (collectif)
Géo-conceptualisation
          une grille de lecture
?
                                           Évolutionisme | Firme+Innovation

                                        Organisation
                                         (collectif)

                                                                       Béhavioristes


                                       Configurations         Ressources / 
                                                              compétences


                                                      Évolutionnisme
 Rationalité                                                                     Rationalité
substantielle                                                                     limitée
                   Théorie positive
                     de l'agence
                                         Williamson

                NTDP


  Producteur
 néoclassique
                                      Marché (individu)
Firme+Innovation

                                 Questions?




       Sandrine Wolff | wolff@unistra.fr
    Francis Gosselin | gosselin@unistra.fr

Introduction à la théorie de la firme

  • 1.
    Firme+Innovation Introduction Sandrine Wolff | wolff@unistra.fr Francis Gosselin | gosselin@unistra.fr
  • 2.
    Plan de laséance | Firme+Innovation Pour en finir avec la firme point Une critique des fondements microéconomiques de la firme Questions fondamentales : de Berle et Means à Coase Deux approches contractuelles : théorie de l'agence et droits de propriété L'analyse "historique" de la firme et ses configurations La firme comme organisation : cognition et comportement La théorie évolutionniste
  • 3.
    Point tout court. Firme point Une critique.
  • 4.
    La firme point| Firme+Innovation La firme type de la théorie microéconomique • fonction de production, qui achète sur un marché courant (spot market) et maximise ses profits (ou ses recettes) • c’est une théorie rigoureuse, mais rudimentaire : • elle est mathématiquement formalisable et élégante • très utile pour envisager les variations provenant de facteurs exogènes • elle permet d’analyser l’interaction entre firmes dans différents types de structures de marché (imparfait, oligopolistique, etc.) • par contre, elle est largement insuffisante : • n’explique pas l’organisation interne de la firme • silence sur la résolution de conflits entre parties prenantes • ne dit pas comment s’accomplit l’objectif de maximisation du profit • ne dit pas ce qu’est une firme ni quelles sont ses frontières...
  • 5.
    Questions & Means Coase, Berle
  • 6.
    Questions fondamentales |Firme+Innovation “ in economic theory we find that the allocation of factors of production between different uses is determined • Coase (1937) rappelle l'importance by the price mechanism. d'une définition claire de la firme afin The price of factor A de justifier le choix entre théories becomes higher in X than in Y. As a result, A moves from alternatives Y to X until the difference between the prices in X and • Si le mécanisme des prix est le seul Y, except in so far as it critère, pourquoi existe-t-il des firmes? compensates for other differential advantages, • Il réintroduit le personnage de disappears. Yet in the real world, we find that there are l'entrepreneur comme acteur significatif many areas where this does not apply. If a workman • Il y a un coût à utiliser le mécanisme moves from department Y to des prix department X, he does not go because of a change in relative prices, but because he is ordered to do so. ”
  • 7.
    Questions fondamentales |Firme+Innovation • Berle et Means (1932) s'inquiètent plutôt de la division observée entre “ The capitalist process, by propriétaires et managers substituting a mere parcel of shares for the walls of and the • La recherche de profit est mise de côté machines in a factory, takes the au profit des intérêts des directeurs life out of the idea of property. It loosens the grip that once was so • La dispersion de la propriété entraîne strong - the grip in the sense of une concentration du pouvoir the legal right and the actual ability to do as one pleases with économique : l'entreprise devient one’s own; the grip also in the institution sense that the holder of the title loses the will to fight, • La firme est donc le lieu de la genèse economically, physically, du conflit entre acteurs politically, for ‘his’ factory and his control over it, to die if ” necessary on its steps Schumpeter, 1942
  • 8.
    Deux approches Agence, propriété
  • 9.
    Deux approches |Firme+Innovation Petit graphique... approches par les droits théorie de l'agence Hart & Moore Klein, Crawford Jensen & & Alchian Grossman & Hart Meckling Institutionalistes Williamson Alchian & Demsetz Radicaux Schumpeter Chandler Simon Coase Knight Berle & Means Marshall Marx Adam Smith
  • 10.
    Firme = institution histoire, configurations
  • 11.
    La firme commeinstitution | Firme+Innovation Les deux grandes formes de Chandler Une approche basée sur l'analyse historique des entreprises américaines, Chandler arrive à deux formes : La forme unitaire, forme U, décrivant un système centralisé et une division du travail de gestion par la spécialisation des départements La forme multidivisionnelle, forme M, reposant sur la différenciation et l'intégration, la décentralisation des décisions et centralisation du pouvoir. C'est une"quasi-firme", son organisation laisse + d'autonomie aux filiales Elle est : [1] plus flexible, [2] mieux coordonné sur le plan des économies d'échelle et de variété, [3] assure une production plus efficiente par l'intégration verticale.
  • 12.
    La firme commeinstitution | Firme+Innovation La réfutation d'Aoki Le trait principal de la firme M est sa structure hiérarchique rigide Les tâches sont décrites par la hiérarchie dans un schéma classifié Chaque travailleur ‘performe’ sa tâche spécialisée selon un barème préétablit Les règles, formelles ou informelles, sont connues des parties (manuels d’instruction, directives du superviseur). La production est très efficiente, mais peu flexible... Dans la firme J (japonaise) : Les responsabilités des travailleurs ne sont pas spécifiées dans le détail Chacun occupe plusieurs postes, avec une rotation continue Chacun est familier avec l’ensemble du processus, adaptation Il y a un degré de délégation considérable des pouvoirs décisionnels Ingénieurs, réparateurs, inspecteurs, avec les travailleurs
  • 13.
    Firme = organisation ressources, coalition
  • 14.
    La firme commeorganisation | Firme+Innovation Cyert et March, une théorie comportementale la firme est une organisation complexe de Berle et Means, on sait qu'au moins deux types d'acteurs existent en ce qui concerne la gouvernance de la firme s'ajoutent les composantes internes de la bureaucratie d'entreprise (financiers, ingénieurs, commerciaux, etc.) la firme est donc une coalition, animée par le conflit (thèmes repris par March ensuite) Ils introduisent également les notions d'apprentissage, de routines et du relâchement organisationnel, qu'ils empruntent à Penrose
  • 15.
    La firme commeorganisation | Firme+Innovation Penrose, ressources et cognition une approche basée sur les compétences première à tenter d'intégrer formellement la connaissance comme un déterminant de la croissance des firmes les firmes diffèrent en fonction de leur capacité à mobiliser les ressources, et non pas à les utiliser comme de simples inputs introduit l'idée de ressources improductives (organizational slack) servant de réserve de connaissances mobilisables pour l'innovation fonde l'approche basée sur les ressources et les capacités (notamment dynamiques) de la firme : Prahalad et Hamel, Barney, Teece, Porter, etc...
  • 16.
    Évolutionisme les temps changent
  • 17.
    Évolutionisme | Firme+Innovation Nelsonet Winter, évolution et innovation la firme est un répertoire de routines liant les individus entre eux utilisent [1] les apport de Schumpeter sur l'innovation ; [2] ceux de Simon et de Penrose sur l'apprentissage, le principe de satisficing, la rationalité procédurale et les règles de décision [3] et enfin une approche biologique de la firme issue des travaux d'Alchian Trois principes empruntés à la biologie : [1] variété (mutation), [2] sélection (loi du plus fort), [3] hérédité (gènes) Les gènes sont incarnés par les routines organisationnelles, i.e. des modèles d'action et d'interaction ± répétitifs en réponse à des problèmes particuliers. Elles résultent de processus d'apprentissage (création de connaissances ± tacites) caractère cumulatif, continuité dans le changement et path dependencies actifs localisés, spécifiques, source de variété inter-entreprise Elles impliquent coordination cohérence du portefeuille d'activités de la firme trève organisationnelle entre les membres
  • 18.
    Évolutionisme | Firme+Innovation “ "Le modèle néoclassique est fondé sur 2 concepts dont la nature diffère considérablement: Le premier est la notion d'agent économique individuel, au comportement régi par un critère d'optimisation sous contraintes, lesquelles sont soit des données, propres à l'agent (par exemple la fonction de production), soit des termes de l'échange avec le système économique global. Le second est le marché : ici est pris en compte l'agrégat des décisions individuelles, et les termes de l'échange sont ajustés jusqu'à ce que les décisions des ” individus soient mutuellement compatibles, globalement." (Arrow 1974, Limited knowledge and economic analysis, AER, mars, p.1-3)
  • 19.
    Évolutionisme | Firme+Innovation End'autres termes, la théorie standard s'appuie sur 2 piliers : la rationalité des comportements individuels - réduite à l'optimisation -- rationalité substantielle -- la coordination des comportements individuels - réduite au marché -- marché (individu) -- Rupture majeure grâce notamment aux travaux de Simon : rationalité limitée (procédurale, règles et satisficing) coordination via l'organisation (collectif)
  • 20.
    Géo-conceptualisation une grille de lecture
  • 21.
    ? Évolutionisme | Firme+Innovation Organisation (collectif) Béhavioristes Configurations Ressources /  compétences Évolutionnisme Rationalité Rationalité substantielle limitée Théorie positive de l'agence Williamson NTDP Producteur néoclassique Marché (individu)
  • 22.
    Firme+Innovation Questions? Sandrine Wolff | wolff@unistra.fr Francis Gosselin | gosselin@unistra.fr