La lecture analytique 
Claire Doz EEMCP2 Lettres, zone AMSUD 
Relecture de : 
- « L’explication de texte littéraire, un exercice à revivifier » , 
Patrick Laudet, mars 2010 
- « Lectures et lecteurs », Intervention de J. JORDY, 
Inspecteur général de Lettres, à l’I.U.F.M. de DIJON, 2008 
-« La lecture analytique », Christian Mendivé – IA IPR de 
lettres, octobre 2012 
- « Faire place au sujet lecteur : quelles voies pour renouveler 
les approches de la lecture analytique au collège et au lycée 
?, intervention d’Anne Vibert, IG, mars 2011
Extraits du programme 
« La lecture analytique se définit comme une lecture 
attentive et réfléchie, cherchant à éclairer le sens des 
textes et à construire chez l’élève des compétences 
d’analyse et d’interprétation. Elle permet de 
s’appuyer sur une approche intuitive, sur les 
réactions spontanées de la classe, pour aller vers 
une interprétation raisonnée. » B.O. n°6 du 28 août 
2008 / Programmes de collège 
« La lecture analytique vise la construction 
progressive et précise de la signification d'un texte, 
quelle qu'en soit l'ampleur ; elle consiste donc en un 
travail d'interprétation que le professeur conduit avec 
ses élèves, à partir de leurs réactions et de leurs 
propositions. » BO n°9 du 30 septembre 2010 / 
Programmes de lycée général et technologique
" Elle a pour but l'examen méthodique des textes et 
constitue un travail d'observation des éléments 
constitutifs de ceux-ci, suivi d'un travail 
d'interprétation. Elle permet aux élèves de 
s'approprier progressivement les perspectives 
d'étude et de distinguer celles qui sont les plus 
pertinentes selon les textes étudiés. La lecture 
analytique est une démarche, c'est-à-dire qu'elle peut 
se réaliser sous la forme d'exercices divers ; aussi bien 
ceux qui ont pu être appelés précédemment explication 
de texte ou lecture méthodique, que l'étude d'oeuvres 
intégrales. Les élèves doivent y apprendre à formuler 
des hypothèses de sens et les confronter aux 
caractéristiques du texte. Ils ont pris l'habitude 
d'analyser des textes au collège ; au lycée, il est 
important qu'ils parviennent à les situer dans leur 
contexte. " Accompagnement des programmes, 
Français, classes de seconde et première, page 82
Interprétation du programme 
On construit progressivement le sens 
D’une lecture naïve à une lecture experte : « faire 
comprendre aux élèves l’écart qui sépare leur 
interprétation initiale de la construction finale du 
sens, et de leur faire réaliser que cet écart constitue 
un progrès » l’écart entre le « balbutiement initial » et 
l’interprétation construite collectivement. Ce passage 
« de la co-errance à la cohérence » Jordi 
Prendre en compte l’effet sur les élèves : partir de 
leur ressenti, de la réception. 
D’une expérience intime à une expérience collective 
→ « Le roman est une machine à générer des 
interprétations » H.Eco
Une démarche 
La phase de réception initiale – à l’oral ou - à 
l’écrit 
Une phase de construction progressive du 
sens :le professeur guide vers une problématique 
formulée par les élèves, il met des pistes 
élaborées collectivement au tableau, en garde et 
en rejette (on ne prétend pas à l’exhaustivité) 
Attention : la lecture analytique n’est pas que la 
simple affirmation, ou validation, par l’enseignant, 
d’un sens préconçu, elle est construction du 
sens : ne pas enfermer les élèves dans un sens 
préconstruit.
Ce qu’il faut prendre en compte 
Le choix du texte : il doit parler aux élèves. Il suscite 
des émotions, donne une représentation de l’homme et 
du monde, met en débat des idées… On le choisit pour 
sa valeur littéraire. 
Etre attentif à la singularité des textes : pourquoi l’ai-je 
choisi ? Eviter le placage mécanique et systématique de 
questionnaires, tableaux, de protocoles de lecture (à 
commencer par le nombre de lignes). Être attentif aux 
« détails » du texte. (Patrick Laudet, IGEN du groupe 
lettres). 
L’élève, tous les élèves, doivent être acteurs, faire appel 
à leur qualité de lecteur mais aussi aux individus qu’ils 
sont : partir des réactions de lecture des élèves. 
Comprendre le sens d’un texte, c’est se comprendre soi : 
« la constitution du soi et du sens d’un texte sont 
contemporaines » (Ricoeur)
Le texte doit faire réagir les élèves, les 
déstabiliser, les inquiéter au sens étymologique 
du terme 
Impliquer : S’impliquer en tant qu’enseignant cf 
« les célibataires de l’art » (Proust) 
Impliquer l ’élève et à cette occasion, solliciter 
le par coeur : « cela commence par la lecture à 
voix haute, la lecture pour les autres « ( O.Py). 
Impliquer aussi par l’engagement dans un acte 
d’écriture
La lecture 
Lecture initiale, magistrale, prise en charge par 
le professeur, il doit incarner le texte, c’est une 
1ère étape vers le sens. Autre possibilité : lecture 
silencieuse, les élèves qui écrivent leurs 
impressions ou leurs questions, puis lecture du 
professeur. 
Des moments de lecture au sein de la LA, 
travailler sur l’intonation, le rythme, les silences, 
l’expressivité du visage. Proposer une mise en 
scène de la lecture. C’est aussi une étape vers la 
compréhension de tous. La lecture des élèves est 
révélatrice. 
La relecture finale prise en charge par un élève 
ou silencieuse.
Les dérives technicistes et 
formalistes 
Notre but : : donner envie de lire, acquérir des 
principes humanistes et littéraires et non faire de la 
technique : un outil n’est pas un objectif. La quête du 
sens en est un. 
La lecture analytique est essentielle à la 
construction de soi pour nos élèves. Contre une 
conception exclusivement autoréférentielle de la 
littérature qui la prive de ses enjeux existentiels. 
Les outils au service du sens : il ne s’agit certes 
pas de proclamer que l’on peut désormais se passer 
des outils, mais de comprendre que ceux-ci ne 
trouvent leur justification que s’ils sont mis au service 
du sens, au lieu de fonctionner de manière purement 
mécaniste.
Tension entre l’approche « poétique » et celle 
soucieuse « des humanités ». Faire reconnaitre 
ces outils de lecture dans leur fonctionnement 
dans le texte. « Les diverses démarches 
d’analyse critique ainsi qu’un nécessaire 
vocabulaire technique, qui doit rester limité, ne 
constituent pas des objets d’étude en eux-mêmes 
; ils sont au service de la compréhension et de la 
réflexion sur le sens ». Les programmes.
Mises en activité : amorce 
Entrer dans le texte par une question ou une activité 
qui suscite l’engagement de l’élève : de quoi parle le 
texte (objectif) mais surtout de quoi il ME parle 
(subjectif)… » Il ne suffit pas de constater que 
l’oeuvre nous parle de quelque chose, il faut savoir ce 
qu’elle nous en dit » Jouve. Les txt parlent des 
hommes et du monde. Fonction référentielle de la 
littérature. Un lecteur moins savant qu’impliqué. 
Faire choisir un extrait du texte particulièrement 
révélateur de l’ensemble. Demander de justifier son 
choix. 
Demander de donner un titre, chacun écrit son titre, 
puis moment de partage et d’argumentation: pourquoi 
j’ai choisi ce titre ? 
À la charge du professeur de trouver une situation 
problème (cf exemple).
Mise en activité : en parcours de 
lecture ou en prolongement 
Ne pas négliger le travail de groupe (donner des rôles): 
prise en charge des parties/groupe avec restitution oral 
(parlé en continu) 
"Il ne saurait y avoir de lecture analytique efficace sans que 
les élèves, à l'oral ou à l'écrit, en classe ou chez eux, 
n'aient l'obligation de rendre compte du sens construit"(J. 
Jordy, Inspecteur Général, Colloque du 10/03/05). 
Moments d’écriture : analyse, synthèse, relevé … ou 
imaginer/créer (une phrase a été enlevée ou la chute, on 
crée une saynète, un dialogue, on imagine le passé d’un 
psa…) 
Il y a deux types d’écriture : -celle qui est recherches et 
tâtonnements (relevé, repérage…), elle n’a pas à être 
archivée 
-celle qui est à mémoriser et qui est retenue à propos 
du texte, qui rend compte d’une interprétation organisée et
La prise de notes 
Elle n’est pas essentielle, la participation à la quête du 
sens l’est. 
Elle peut être faite sous forme d’activités demandées en 
fin de LA : construction du plan, synthèse (selon les 
niveaux), mise en scène, réponse à une question, retour 
sur les 1ère impressions, réécriture d’un passage. 
En collège, juste 2/3 points sont mis en mots par l’élève 
(écarter la copie au tableau) 
Elle peut être collective sous forme de carte heuristique 
au lycée ; au collège des mots clefs doivent être 
développés.
Afin d'éviter que les élèves soient en 
permanence en train d'écrire, sans forcément 
réfléchir ou participer, la prise de notes doit 
se construire sur des temps de reprise, de 
synthèse élaborée par le professeur et la 
classe. Dissocier les temps. 
Il est également utile de demander au fil de la 
séance à quelques élèves d'oraliser les 
notes prises, et de comparer . 
Les prises de notes peuvent être parfois 
relevées et appréciées par le professeur.
La différenciation 
Ne pas négliger la lecture littérale, de même que 
la reformulation et la paraphrase. 
Pour les plus faibles, et selon les niveaux (6ème ‡ 
1ere), pensez aux activités de vignettes à 
remettre dans l’ordre, aux activités de dessin. 
D’autres idées à partager ?
En 6ème 
Une situation porblème pour rentrer dans le 
chapite 5 d’Alice 
http://app.emaze.com/912975/mtamorphose-au-lyce- 
de-bogota 
Une situation pb pour rentrer dans La barbe 
bleue
Un exemple de LA en 5ème : La 
chanson de Roland 
Travail préparatoire à la maison : Un livre 
médiéval à feuilleter à la maison 
http://expositions.bnf.fr/livres/roland/ 
En classe : Une tapisserie qui résume 
l’histoire : s’arrêter à l’embuscade. 
http://lachansonderoland.d-t-x.com/ 
Lecture de l’introduction 
Activité 1 d’amorce: faire un plan des lieux et 
des positions à partir de ce qui est écrit. 
Activité 2 d’analyse: Pourquoi sont-ils en 
danger ? mots-clefs : embuscade ; piège ; faibles, 
arrière garde
Questionnement qui suscite l’engagement : 
que feriez-vous à la place de Roland et Olivier ? Lancer 
des solutions (à l’oral). 
Lecture du texte : on analyse les choix/arguments 
des personnages 
Fermeture : auriez-vous été plutôt Roland ou plutôt 
Olivier ? Echange /débat :parler en continu.
Un exemple en 5ème : Les perdrix 
Amorce : je distribue au hasard, dans la classe, les 3 
extraits qui suivent. 
1)-La femme les retire de la broche. Hum... ! Quelle 
bonne odeur ! Elle pince un petit bout de viande rôtie, 
et la mange. Hum ! Quelle bonne saveur ! La femme 
est très gourmande/..../ Hop ! Elle attaque si ferme 
maintenant l'une des deux perdrix qu'en moins de 
deux elle en mange les deux ailes....Exquises !.... 
2)- Le mari se jette sur sa femme comme un enragé. Il 
est tellement furieux qu'il va la battre de toutes ses 
forces. Elle l'arrête : 
« C'était pour rire, voyons ! Arrière, grand diable ». 
3)-Mais voici le curé cette fois, gai comme un pinson. Il 
commence une belle phrase pour saluer la dame, 
mais elle ne le laisse pas finir. 
« Partez, messire, fuyez. Mon mari veut se venger de 
vous. Il aiguise son couteau, il veut vous couper les 
oreilles.
Consigne : mimer la situation (gestes) sans 
parole. Accentuer les réactions des 
personnages. 
Objectif : susciter le rire, permettre 
l’anticipation, attacher les élèves aux 
personnages.
Une situation problème en 1ere, le 
texte du divertissement pascalien 
On entre dans la lecture analytique en 
demandant aux élèves de décrire un moment où 
ils ont été heureux, et éventuellement un GN qui 
évoquent pour eux le malheur → volonté de leur 
montrer que le bonheur est associé au 
divertissement et inversement le malheur à la 
solitude… 
On peut « fermer » la lecture analytique avec la 
chanson de Brel qui fait l’ouverture du film Un roi 
sans divertissement : Pourquoi faut-il que les 
hommes s’ennuient ?
Une situation problème en 1ere, le 
meurtre de l’arabe dans l’Etranger 
Il s’agit par choix d’entrer dans l’oeuvre non pas 
par l’incipit mais par une scène qui peut 
donner envie de lire l ’oeuvre aux élèves. 
On fera d’abord écouter aux élèves la chanson 
de The Cure, Killing an Arab. 
http://www.youtube.com/watch?v=SdbLqOXmJ04 
On rappellera que lorsque cette chanson est 
sortie, il y a polémique et que l’auteur en concert 
à dû changer le titre plusieurs fois en 
concert Kissing an Arab / kissing another.. 
Ceci constitue une entrée intéressante pour se 
poser la question du meurtre raciste dans ce 
passage.
Une situation problème en 1ere, le 
poème de l’Albatros 
Demander aux élèves de dessiner un Albatros 
après la lecture du poème. Le dessin révèle 
leur compréhension 
On leur projette ensuite une vidéo du vol d’un 
Albatros : 
https://www.youtube.com/watch?v=1jNBTrHP 
VN4
Autre scénario, on veut aboutir au registre 
pathétique : on fait écouter la chanson de Léo 
Ferre : 
http://www.wat.tv/video/albatros-leo-ferre-video- 
3ngrv_2flc9_.html 
Autre scénario : 
On enlève la dernière strophe: de quoi parle le 
texte ? Réponse des élèves : d’un oiseau. On 
remet la dernière strophe et on repose la même 
question : réponse des élèves : du poète. Nous 
avons alors une bonne base pour travailler sur 
l’analogie Poète/Albatros comme problématique
Un exemple de prise de notes sur un 
extrait des Essais de Montaigne 
Expérience réalisée en classe : 2 élèves sont 
chargés de prendre en note pour la classe, les 
autres doivent tous intervenir au moins une fois 
dans la construction du sens. Un autre élève est 
chargé des repérages sur le texte avec un jeu de 
couleur. Les prises de notes seront mises sur 
l’ENT. 
En fin de cours est distribué le support annoté 
support Montaiegne annoté.docx 
Autre possibilité sur La Fontaine : le TBI permet 
la construction progressive du sens et apporte 
une aide visuelle dans la prise de notes. TBI La 
Fontaine.pdf
Un exemple de prise de notes sur un 
extrait de Cyrano 
Réalisation collective d’une carte heuristique pour 
le I et II, les élèves ont à finir le III 
lecture analytiqueRostand carte heuristique de la 
LA.pdf 
Les atouts d’Xmind : 
La lecture analytiquequels sont les jeux et les 
enjeux de l'énonciation masquée.xmind
Aide à la mémorisation 
La frise chronologique réalisée avec Xmind : un 
exemple sur l’entrée en scène du héros 
Un synthèse d’élèves réalisée avec Prezi 
http://prezi.com/rpjbdz9n2l_c/objet-detude-2- 
theatre-texte-et-representation-du-xvie-si/ 
Une frise chronologique 3D pour un mouvement 
littéraire
Echange de scénarios: 
-Quelles amorces / Quels déclencheurs 
efficaces avez-vous testés ? 
-Quelles activités pour engager les élèves en 
cours de lecture vous ont paru bien 
fonctionner ?

La lecture analytique

  • 1.
    La lecture analytique Claire Doz EEMCP2 Lettres, zone AMSUD Relecture de : - « L’explication de texte littéraire, un exercice à revivifier » , Patrick Laudet, mars 2010 - « Lectures et lecteurs », Intervention de J. JORDY, Inspecteur général de Lettres, à l’I.U.F.M. de DIJON, 2008 -« La lecture analytique », Christian Mendivé – IA IPR de lettres, octobre 2012 - « Faire place au sujet lecteur : quelles voies pour renouveler les approches de la lecture analytique au collège et au lycée ?, intervention d’Anne Vibert, IG, mars 2011
  • 3.
    Extraits du programme « La lecture analytique se définit comme une lecture attentive et réfléchie, cherchant à éclairer le sens des textes et à construire chez l’élève des compétences d’analyse et d’interprétation. Elle permet de s’appuyer sur une approche intuitive, sur les réactions spontanées de la classe, pour aller vers une interprétation raisonnée. » B.O. n°6 du 28 août 2008 / Programmes de collège « La lecture analytique vise la construction progressive et précise de la signification d'un texte, quelle qu'en soit l'ampleur ; elle consiste donc en un travail d'interprétation que le professeur conduit avec ses élèves, à partir de leurs réactions et de leurs propositions. » BO n°9 du 30 septembre 2010 / Programmes de lycée général et technologique
  • 4.
    " Elle apour but l'examen méthodique des textes et constitue un travail d'observation des éléments constitutifs de ceux-ci, suivi d'un travail d'interprétation. Elle permet aux élèves de s'approprier progressivement les perspectives d'étude et de distinguer celles qui sont les plus pertinentes selon les textes étudiés. La lecture analytique est une démarche, c'est-à-dire qu'elle peut se réaliser sous la forme d'exercices divers ; aussi bien ceux qui ont pu être appelés précédemment explication de texte ou lecture méthodique, que l'étude d'oeuvres intégrales. Les élèves doivent y apprendre à formuler des hypothèses de sens et les confronter aux caractéristiques du texte. Ils ont pris l'habitude d'analyser des textes au collège ; au lycée, il est important qu'ils parviennent à les situer dans leur contexte. " Accompagnement des programmes, Français, classes de seconde et première, page 82
  • 5.
    Interprétation du programme On construit progressivement le sens D’une lecture naïve à une lecture experte : « faire comprendre aux élèves l’écart qui sépare leur interprétation initiale de la construction finale du sens, et de leur faire réaliser que cet écart constitue un progrès » l’écart entre le « balbutiement initial » et l’interprétation construite collectivement. Ce passage « de la co-errance à la cohérence » Jordi Prendre en compte l’effet sur les élèves : partir de leur ressenti, de la réception. D’une expérience intime à une expérience collective → « Le roman est une machine à générer des interprétations » H.Eco
  • 6.
    Une démarche Laphase de réception initiale – à l’oral ou - à l’écrit Une phase de construction progressive du sens :le professeur guide vers une problématique formulée par les élèves, il met des pistes élaborées collectivement au tableau, en garde et en rejette (on ne prétend pas à l’exhaustivité) Attention : la lecture analytique n’est pas que la simple affirmation, ou validation, par l’enseignant, d’un sens préconçu, elle est construction du sens : ne pas enfermer les élèves dans un sens préconstruit.
  • 7.
    Ce qu’il fautprendre en compte Le choix du texte : il doit parler aux élèves. Il suscite des émotions, donne une représentation de l’homme et du monde, met en débat des idées… On le choisit pour sa valeur littéraire. Etre attentif à la singularité des textes : pourquoi l’ai-je choisi ? Eviter le placage mécanique et systématique de questionnaires, tableaux, de protocoles de lecture (à commencer par le nombre de lignes). Être attentif aux « détails » du texte. (Patrick Laudet, IGEN du groupe lettres). L’élève, tous les élèves, doivent être acteurs, faire appel à leur qualité de lecteur mais aussi aux individus qu’ils sont : partir des réactions de lecture des élèves. Comprendre le sens d’un texte, c’est se comprendre soi : « la constitution du soi et du sens d’un texte sont contemporaines » (Ricoeur)
  • 8.
    Le texte doitfaire réagir les élèves, les déstabiliser, les inquiéter au sens étymologique du terme Impliquer : S’impliquer en tant qu’enseignant cf « les célibataires de l’art » (Proust) Impliquer l ’élève et à cette occasion, solliciter le par coeur : « cela commence par la lecture à voix haute, la lecture pour les autres « ( O.Py). Impliquer aussi par l’engagement dans un acte d’écriture
  • 9.
    La lecture Lectureinitiale, magistrale, prise en charge par le professeur, il doit incarner le texte, c’est une 1ère étape vers le sens. Autre possibilité : lecture silencieuse, les élèves qui écrivent leurs impressions ou leurs questions, puis lecture du professeur. Des moments de lecture au sein de la LA, travailler sur l’intonation, le rythme, les silences, l’expressivité du visage. Proposer une mise en scène de la lecture. C’est aussi une étape vers la compréhension de tous. La lecture des élèves est révélatrice. La relecture finale prise en charge par un élève ou silencieuse.
  • 10.
    Les dérives technicisteset formalistes Notre but : : donner envie de lire, acquérir des principes humanistes et littéraires et non faire de la technique : un outil n’est pas un objectif. La quête du sens en est un. La lecture analytique est essentielle à la construction de soi pour nos élèves. Contre une conception exclusivement autoréférentielle de la littérature qui la prive de ses enjeux existentiels. Les outils au service du sens : il ne s’agit certes pas de proclamer que l’on peut désormais se passer des outils, mais de comprendre que ceux-ci ne trouvent leur justification que s’ils sont mis au service du sens, au lieu de fonctionner de manière purement mécaniste.
  • 11.
    Tension entre l’approche« poétique » et celle soucieuse « des humanités ». Faire reconnaitre ces outils de lecture dans leur fonctionnement dans le texte. « Les diverses démarches d’analyse critique ainsi qu’un nécessaire vocabulaire technique, qui doit rester limité, ne constituent pas des objets d’étude en eux-mêmes ; ils sont au service de la compréhension et de la réflexion sur le sens ». Les programmes.
  • 12.
    Mises en activité: amorce Entrer dans le texte par une question ou une activité qui suscite l’engagement de l’élève : de quoi parle le texte (objectif) mais surtout de quoi il ME parle (subjectif)… » Il ne suffit pas de constater que l’oeuvre nous parle de quelque chose, il faut savoir ce qu’elle nous en dit » Jouve. Les txt parlent des hommes et du monde. Fonction référentielle de la littérature. Un lecteur moins savant qu’impliqué. Faire choisir un extrait du texte particulièrement révélateur de l’ensemble. Demander de justifier son choix. Demander de donner un titre, chacun écrit son titre, puis moment de partage et d’argumentation: pourquoi j’ai choisi ce titre ? À la charge du professeur de trouver une situation problème (cf exemple).
  • 13.
    Mise en activité: en parcours de lecture ou en prolongement Ne pas négliger le travail de groupe (donner des rôles): prise en charge des parties/groupe avec restitution oral (parlé en continu) "Il ne saurait y avoir de lecture analytique efficace sans que les élèves, à l'oral ou à l'écrit, en classe ou chez eux, n'aient l'obligation de rendre compte du sens construit"(J. Jordy, Inspecteur Général, Colloque du 10/03/05). Moments d’écriture : analyse, synthèse, relevé … ou imaginer/créer (une phrase a été enlevée ou la chute, on crée une saynète, un dialogue, on imagine le passé d’un psa…) Il y a deux types d’écriture : -celle qui est recherches et tâtonnements (relevé, repérage…), elle n’a pas à être archivée -celle qui est à mémoriser et qui est retenue à propos du texte, qui rend compte d’une interprétation organisée et
  • 14.
    La prise denotes Elle n’est pas essentielle, la participation à la quête du sens l’est. Elle peut être faite sous forme d’activités demandées en fin de LA : construction du plan, synthèse (selon les niveaux), mise en scène, réponse à une question, retour sur les 1ère impressions, réécriture d’un passage. En collège, juste 2/3 points sont mis en mots par l’élève (écarter la copie au tableau) Elle peut être collective sous forme de carte heuristique au lycée ; au collège des mots clefs doivent être développés.
  • 15.
    Afin d'éviter queles élèves soient en permanence en train d'écrire, sans forcément réfléchir ou participer, la prise de notes doit se construire sur des temps de reprise, de synthèse élaborée par le professeur et la classe. Dissocier les temps. Il est également utile de demander au fil de la séance à quelques élèves d'oraliser les notes prises, et de comparer . Les prises de notes peuvent être parfois relevées et appréciées par le professeur.
  • 16.
    La différenciation Nepas négliger la lecture littérale, de même que la reformulation et la paraphrase. Pour les plus faibles, et selon les niveaux (6ème ‡ 1ere), pensez aux activités de vignettes à remettre dans l’ordre, aux activités de dessin. D’autres idées à partager ?
  • 18.
    En 6ème Unesituation porblème pour rentrer dans le chapite 5 d’Alice http://app.emaze.com/912975/mtamorphose-au-lyce- de-bogota Une situation pb pour rentrer dans La barbe bleue
  • 19.
    Un exemple deLA en 5ème : La chanson de Roland Travail préparatoire à la maison : Un livre médiéval à feuilleter à la maison http://expositions.bnf.fr/livres/roland/ En classe : Une tapisserie qui résume l’histoire : s’arrêter à l’embuscade. http://lachansonderoland.d-t-x.com/ Lecture de l’introduction Activité 1 d’amorce: faire un plan des lieux et des positions à partir de ce qui est écrit. Activité 2 d’analyse: Pourquoi sont-ils en danger ? mots-clefs : embuscade ; piège ; faibles, arrière garde
  • 20.
    Questionnement qui suscitel’engagement : que feriez-vous à la place de Roland et Olivier ? Lancer des solutions (à l’oral). Lecture du texte : on analyse les choix/arguments des personnages Fermeture : auriez-vous été plutôt Roland ou plutôt Olivier ? Echange /débat :parler en continu.
  • 21.
    Un exemple en5ème : Les perdrix Amorce : je distribue au hasard, dans la classe, les 3 extraits qui suivent. 1)-La femme les retire de la broche. Hum... ! Quelle bonne odeur ! Elle pince un petit bout de viande rôtie, et la mange. Hum ! Quelle bonne saveur ! La femme est très gourmande/..../ Hop ! Elle attaque si ferme maintenant l'une des deux perdrix qu'en moins de deux elle en mange les deux ailes....Exquises !.... 2)- Le mari se jette sur sa femme comme un enragé. Il est tellement furieux qu'il va la battre de toutes ses forces. Elle l'arrête : « C'était pour rire, voyons ! Arrière, grand diable ». 3)-Mais voici le curé cette fois, gai comme un pinson. Il commence une belle phrase pour saluer la dame, mais elle ne le laisse pas finir. « Partez, messire, fuyez. Mon mari veut se venger de vous. Il aiguise son couteau, il veut vous couper les oreilles.
  • 22.
    Consigne : mimerla situation (gestes) sans parole. Accentuer les réactions des personnages. Objectif : susciter le rire, permettre l’anticipation, attacher les élèves aux personnages.
  • 23.
    Une situation problèmeen 1ere, le texte du divertissement pascalien On entre dans la lecture analytique en demandant aux élèves de décrire un moment où ils ont été heureux, et éventuellement un GN qui évoquent pour eux le malheur → volonté de leur montrer que le bonheur est associé au divertissement et inversement le malheur à la solitude… On peut « fermer » la lecture analytique avec la chanson de Brel qui fait l’ouverture du film Un roi sans divertissement : Pourquoi faut-il que les hommes s’ennuient ?
  • 24.
    Une situation problèmeen 1ere, le meurtre de l’arabe dans l’Etranger Il s’agit par choix d’entrer dans l’oeuvre non pas par l’incipit mais par une scène qui peut donner envie de lire l ’oeuvre aux élèves. On fera d’abord écouter aux élèves la chanson de The Cure, Killing an Arab. http://www.youtube.com/watch?v=SdbLqOXmJ04 On rappellera que lorsque cette chanson est sortie, il y a polémique et que l’auteur en concert à dû changer le titre plusieurs fois en concert Kissing an Arab / kissing another.. Ceci constitue une entrée intéressante pour se poser la question du meurtre raciste dans ce passage.
  • 25.
    Une situation problèmeen 1ere, le poème de l’Albatros Demander aux élèves de dessiner un Albatros après la lecture du poème. Le dessin révèle leur compréhension On leur projette ensuite une vidéo du vol d’un Albatros : https://www.youtube.com/watch?v=1jNBTrHP VN4
  • 26.
    Autre scénario, onveut aboutir au registre pathétique : on fait écouter la chanson de Léo Ferre : http://www.wat.tv/video/albatros-leo-ferre-video- 3ngrv_2flc9_.html Autre scénario : On enlève la dernière strophe: de quoi parle le texte ? Réponse des élèves : d’un oiseau. On remet la dernière strophe et on repose la même question : réponse des élèves : du poète. Nous avons alors une bonne base pour travailler sur l’analogie Poète/Albatros comme problématique
  • 27.
    Un exemple deprise de notes sur un extrait des Essais de Montaigne Expérience réalisée en classe : 2 élèves sont chargés de prendre en note pour la classe, les autres doivent tous intervenir au moins une fois dans la construction du sens. Un autre élève est chargé des repérages sur le texte avec un jeu de couleur. Les prises de notes seront mises sur l’ENT. En fin de cours est distribué le support annoté support Montaiegne annoté.docx Autre possibilité sur La Fontaine : le TBI permet la construction progressive du sens et apporte une aide visuelle dans la prise de notes. TBI La Fontaine.pdf
  • 28.
    Un exemple deprise de notes sur un extrait de Cyrano Réalisation collective d’une carte heuristique pour le I et II, les élèves ont à finir le III lecture analytiqueRostand carte heuristique de la LA.pdf Les atouts d’Xmind : La lecture analytiquequels sont les jeux et les enjeux de l'énonciation masquée.xmind
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