UNIVERSITE DE POITIERS 
INSTITUT D’ADMINISTRATION DES ENTREPRISES 
MEMOIRE 
Identification de leaders d’opinion sur le Web 
& analyse de réseaux 
Maître d’apprentissage : Fanny Forgeau 
Professeur référent : Camille Alloing 
Responsable de filière : Nicolas Moinet 
Année universitaire 2013 – 2014 
Jean Baptiste Mac Luckie 
Master 2 Intelligence Economique et 
Communication Stratégique 
Note obtenue : 18,5/20
2
3 
Résumé 
Dans quelle mesure l'analyse & la visualisation de réseaux appliquées au web peuvent-elles permettre 
d'identifier de potentiels leaders d’opinions sur le Web ? C’est à cette question que ce mémoire a cherché à 
répondre. Le présent mémoire s’inscrit dans une volonté double : interroger le concept d’influence sur le 
Web, et plus précisément le concept de leader d’opinion, et proposer un cas d’étude portant sur 
l’identification de potentiels leaders d’opinions dans le domaine des droits LGBT afin de développer la 
notoriété d’Equaldex.com. 
Ce travail de recherche a été réalisé dans le cadre du Master 2 Intelligence Economique & 
Communication Stratégique de l’IAE de Poitiers et d’une année d’apprentissage au sein de l’entreprise 
Linkfluence, spécialiste du social media intelligence en France. A travers une revue de littérature sur les concepts 
d’influence, la réalisation & l’analyse d’un graphe de sites web afin d’identifier de potentiels leaders d’opinion 
au sein du réseau cartographié, nous avons souhaité déconstruire certains mythes rattachés à la notion 
d’influence. En effet, les discours des praticiens semblent parfois surévaluer le rôle des leaders d’opinion dans 
le déclenchement de dynamiques virales. A cela s’ajoute notre volonté de discuter des méthodes généralement 
utilisées pour identifier les influenceurs sur le Web et de proposer des nuances quant aux applications de 
celles-ci. 
Mots-clés : 
Influence | Leader d’opinion | Analyse de réseaux | Incertitude
4 
Remerciements 
Je souhaite vivement remercier Camille Alloing, maître de conférences en Sciences de 
l’Information et de la Communication pour la qualité de son suivi et les remarques pertinentes qu’il 
aura su me faire au long de ces deux années de Master Intelligence Economique & Communication 
Stratégique. 
Puisque ce mémoire a été réalisé dans le cadre d’une année en apprentissage, je remercie 
l’entreprise Linkfluence qui m’a accueillie le 2 octobre 2013 en tant que social media analyst. Je n’aurais 
pu rêver mieux comme lieu d’apprentissage. Merci donc à Guilhem Fouetillou, co-fondateur, à 
Fanny Forgeau, directrice du pôle Research, à Matthieu Vion, Matthieu Ponzio, Hélène Girault, 
Antoine Vaguet et tous mes collègues du pôle Research pour leur accueil, leur gentillesse et pour la 
qualité de leurs conseils. Mes remerciements vont également à Hervé Simonin, CEO, Camille 
Maussang, co-fondateur, Romain Pedron et au reste de la grande équipe Linkfluence. 
Merci également à Mariannig Le Béchec pour ses retours très instructifs sur l’analyse de 
réseau et la visualisation de graphes lors du COSSI 2014, à Caitriona Noonan de The University of 
South Wales qui a su me donner goût à la recherche, à Christian Marcon et Nicolas Moinet. 
Je souhaite également remercier Antoine H. pour son aide & sa relecture attentive, Antoine 
D., Quentin G., Ludovic C., Raphaël B. & tous les amis qui ont pu m’aider pour la rédaction de ce 
mémoire. 
Merci à Dan Leveille pour avoir accepté que je réalise ce cas d’étude sur Equaldex & pour 
avoir suscité mon intérêt pour les droits des personnes LGBT. 
Enfin, j’adresse un dernier remerciement à l’ensemble de ma famille.
5 
Afin de visualiser le graphe de site réalisé pour notre cas d’étude en 
haute qualité, merci de vous rendre à l’adresse suivante : 
http://www.jbmacluckie.net/blog/lgbt-map-642
6 
Glossaire & sigles 
Agrégat : sur le Web, ensemble de sites web connectés traitant d’une même thématique. 
Amateurisation de masse : selon Shirky (2008) il s’agit du phénomène découlant de la possibilité 
pour tout internaute d’exprimer ses opinions sur le Web 
Analyse de réseaux (ou analyse structurale) : étude des réseaux & des relations sociales, 
principalement en sociologie. 
Arc : lien entre deux noeuds dans un graphe orienté. 
Arête : lien entre deux noeuds dans un graphe non-orienté. 
Autorité : en analyse de réseaux, une autorité désigne un noeud ayant un nombre important de liens 
entrants (Kleinberg 1999). 
Cartographie du web (ou graphe de site web) : visualisation de réseau de sites web & des liens 
hypertextes qu’ils entretiennent entre eux. 
Cascade d’informations (ou cascade d’influence, dynamique virale) : lorsqu’un individu 
adopte un comportement en conformité avec le comportement des membres de son réseau (Easley 
et Kleinberg 2010). 
Centralité de degré (degree) : détermine la position d’un noeud au sein d’un réseau. La centralité de 
degré désigne le nombre de liens entrants et sortants d’un noeud. 
Centralité d’intermédiarité (betweeness centrality) : nombre de plus courts chemins du réseau 
passant par chaque noeud (Drevelle 2013). 
Centralité de proximité (closeness centrality) : degré auquel un noeud est proche des autres 
noeuds d'un réseau. 
Centralité eigenvector (eigenvector centrality) : mesure la façon dont un noeud est connecté aux 
autres noeuds très connectés du graphe (Drevelle 2013) 
Complexité : dans le cadre de notre mémoire, ensemble d’éléments entretenant une forte 
interdépendance entre eux. 
Crawl : indexation réalisée par un robot. 
Crowdsourcing : approvisionnement par la foule. Dans le cadre de notre mémoire, Equaldex.com, 
le site faisant l’objet du cas d’étude, fonctionne grâce à l’approvisionnement par la foule 
d’informations sur les droits LGBT dans le monde 
Degré : nombre de liens entrants et sortants d’un noeud au sein d’un graphe non-orienté (où les 
liens n’ont pas de sens). Dans un graphe orienté, le degré peut être entrant (liens entrants vers un 
noeud) ou sortant (liens sortants d’un noeud). 
Droits LGBT : droits des personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles et transgenres. 
EdgeRank : plgorithme de Facebook visant à gérer la mise en visibilité des informations sur le flux 
d’information des utilisateurs – Pour aller plus loin : www.whatisedgerank.com 
Equaldex : plateforme d’information sur les droits LGBT dans le monde créée par Dan Leveille. 
Elle fonctionne grâce au crowdsourcing.
7 
Expertise : savoir acquis grâce à l’expérience. Dans le cadre de notre mémoire, l’expertise sur le 
Web est comprise comme la capacité d’un individu à produire du contenu expert et à mettre en 
visibilité celui-ci (Alloing et Haikel-Elsabeh 2012). 
Gay : Utilisé, dans le cadre de ce mémoire, en tant que synonyme d’homosexuel 
Gephi : Outil d’analyse et de visualisation de graphes 
Graphe : ensemble de sommets (noeuds) et d’arcs / arêtes (liens) liant certains sommets. Dans notre 
mémoire, le terme graphe sera utilisé en tant que synonyme de réseau. 
Hexis numérique : sculpture agissante de soi dans les mondes virtuelles (Georges 2007) 
Hub : noeuds d’un graphe possédant un degré important 
Identité numérique : ensemble des traces numériques laissées par un internaute sur le Web 
(Ertzscheid 2011) 
Influence : pour Massé, Marcon et Moinet Massé, exercer une influence c’est « obtenir d’autrui qu’il 
fasse librement quelque chose qu’il n’aurait pas fait spontanément sans votre intervention » (2006, p. 
86) 
Influenceur : terme marketing utilisé comme synonyme de leader d’opinion. 
Internet : réseau informatique mondial reliant des ordinateurs entre eux. 
Loi de puissance (power law) : dans le cadre de notre mémoire, la loi de puissance s’applique 
concernant les degrés d’un graphe. Quelques noeuds concentrent la majorité des liens. 
Klout : outil en ligne permettant de computer l’activité des profils sociaux d’un internaute. Klout 
prétend pouvoir fournir un score d’influence. 
Leader d’opinion : pour Alloing et Haikel-Elsabeh, « le leader d’opinion, pris au sens de « diffuseur 
» est un amplificateur potentiel de la transmission de ce message. » Il s’agit dès lors d’une « source de 
diffusion et médiatisation sur le web plus que d’influence » (2012, p.10) 
LGBT : Lesbien, gay, bisexuel & transgenre 
Maven : utilisé comme synonyme de leader d’opinion 
Nouvelle science des réseaux (& Web science) : étude des réseaux ayant notamment émergé 
grâce aux travaux de Duncan Watts & Albert-László Barabási. 
Médias sociaux : « macro-concept » (Stenger et Coutant 2010) englobant réseaux socionumériques 
et plateformes de partage de contenu 
MOOC : Massive Online Open Course 
Mouvement LGBT : mouvement social ayant émergé depuis les années 60 visant à lutter contre 
l’homophobie, les discriminations et pour les droits LGBT (Beynon 2010). 
Netnographie : étude des communautés en ligne (Kozinets 2002). 
Noeud : sommet d’un réseau. Dans notre mémoire : site web sur le graphe. 
PageRank : algorithme de classement des pages web de Google, dérivé de l’algorithme de calcul de 
centralité eigenvector. 
Réseau : ensemble de noeuds interconnectés (Castells 1998, p. 526)
8 
Réseaux socionumériques : services web permettant de 
1. « Construire un profil public ou semi-public au sein d’un système, 
2. De gérer une liste des utilisateurs avec lesquels il partage un lien, 
3. De voir et naviguer sur leur liste de liens et ceux établis par les autres au sein du système, 
4. Fondent leur attractivité essentiellement sur les trois premiers points et non sur une activité 
particulière ». (Stenger et Coutant, p. 221) 
STEPPS : cadre d’analyse développé par Jonah Berger permettant d’identifier les facteurs clés de la 
viralité (potentielle ou avérée) d’un contenu ou d’un produit 
Two-step flow of communication (flux communicationnel en deux temps) : modèle de l’influence 
interpersonnelle selon Katz et Lazarsfeld (1955). De manière schématique : les médias de masses 
diffusent du contenu qui sera filtré puis partagé par des leaders d’opinion aux membres de leurs 
réseaux. Ce modèle est encore utilisé dans le cadre de stratégies de relations publiques & de 
communication par exemple. 
Viralité (ou contagion) : idée selon laquelle un produit, une idée, une information peuvent se 
propager telles des épidémies sociales (Gladwell 2008) 
Web (World Wide Web) : application d’Internet basée sur l’hypertextualité.
9 
Table des figures 
Figure 1 - Modèle du two-step flow of communication ________________________________________________________ 20 
Figure 2 - Le modèle du two-step flow of communication comparé au modèle du réseau d'influence de Watts et Dodds (2007) ________ 27 
Figure 3 - Le modèle STEPPS de Jonah Berger (2013) _____________________________________________________ 28 
Figure 4 - Exemple de profil sur Klout.com ______________________________________________________________ 35 
Figure 5 - Les trois couches du Web selon Ghitalla et Jacomy (2007) _____________________________________________ 37 
Figure 6 - Représentation schématique de la méthodologie d'écologie du Web par Linkfluence ______________________________ 38 
Figure 8 - Capture d'écran d'Equaldex - Frise chronologique des droits LGBT à travers le temps __________________________ 48 
Figure 9 - Capture d'écran d'Equaldex - Un lieu réticulaire de synchorisation _______________________________________ 50 
Figure 10 - Processus de réalisation de notre graphe de sites web sur les droits LGBT __________________________________ 57 
Figure 11 - Etapes de spatialisation du graphe de sites web ____________________________________________________ 58 
Figure 12 - Visualisation du graphe de sites web __________________________________________________________ 60 
Figure 14 – Répartition des sites du graphe selon leurs catégories ________________________________________________ 61 
Figure 16 - Le graphe des droits LGBT, un réseau invariant d'échelle ____________________________________________ 64 
Table des tableaux 
Tableau 1 - Typologie des émotions selon leurs potentiels de viralité selon Jonah Berger (2013) _____________________________ 29 
Tableau 2 - Comparaison entre l'approche de Linkfluence et celle des outils d'identification d'influenceurs sur le web _______________ 42 
Tableau 3 - Principaux indicateurs pour l'identification de potentiels leaders d'opinion pour Equaldex _______________________ 53 
Tableau 4 - Principaux critères retenus pour la création du graphe de sites web _______________________________________ 54 
Tableau 5 - Comparaison des sources ayant les scores les plus importants selon 3 métriques structurales _______________________ 62 
Tableau 6 - Sélection des potentiels leaders d'opinion pour Equaldex _____________________________________________ 63
10 
Table des matières 
Résumé ...................................................................................................................................... 3 
Remerciements .......................................................................................................................... 4 
Glossaire & sigles ...................................................................................................................... 6 
Table des figures ....................................................................................................................... 9 
Table des tableaux ..................................................................................................................... 9 
Introduction ............................................................................................................................. 12 
Positionnement théorique ................................................................................................................. 14 
Problématique ................................................................................................................................... 15 
Démarche méthodologique .............................................................................................................. 15 
Cadrage de l’environnement : un mémoire portant également sur les droits LGBT ....................... 16 
Présentation du plan ......................................................................................................................... 16 
Chapitre 1 - Revue de littérature sur l’influence sur le web .................................................... 18 
Introduction au chapitre 1 ....................................................................................................... 19 
I. Influence : déconstruction d’un concept .......................................................................... 19 
a. Qu’est-ce que l’influence ? ......................................................................................................... 19 
b. La métaphore de la contagion ................................................................................................... 21 
c. Le web : entre amateurisme, expertise & influence .................................................................. 22 
II. L’influence sur le web : un processus complexe ............................................................. 24 
a. Le rôle des individus et des réseaux sur le Web dans les dynamiques d’adoption virales : les 
apports de l’analyse de réseaux ......................................................................................................... 24 
b. Le rôle du contenu et le modèle STEPPS ................................................................................. 27 
c. La dépendance aux plateformes sociales & aux algorithmes ................................................... 30 
d. L’influence sur le web : complexité et biais de rétrospection ................................................... 31 
III. De l’identification à la construction des leaders d’opinion ........................................... 34 
a. Les outils d’identification de leaders d’opinion sur le Web ...................................................... 34 
b. L’identification de leaders d’opinions chez Linkfluence .......................................................... 36 
c. La construction des leaders d’opinion ....................................................................................... 42 
Chapitre 2 - Cas d’étude : identification de potentiels leaders d’opinion en ligne dans le 
domaine des droits LGBT ....................................................................................................... 44 
Introduction au chapitre 2 ....................................................................................................... 45 
I. Présentation d’Equaldex en trois points ........................................................................... 47 
a. Equaldex : un site d’information sur les droits LGBT .............................................................. 47 
b. Equaldex : Un lieu réticulaire de synchorisation ...................................................................... 49 
c. Equaldex : Un site en quête de notoriété ? ................................................................................ 50 
II. Structuration de l’écosystème informationnel d’Equaldex ............................................. 51 
a. Définition des besoins d’Equaldex & leur déclinaison en indicateurs ..................................... 52
11 
b. Constitution du corpus de sites web ......................................................................................... 53 
c. Quel statut donner aux liens hypertextes ? ................................................................................ 54 
d. La cartographie comme processus itératif ................................................................................ 56 
III. Visualisation de l’écosystème informationnel d’Equaldex ........................................... 57 
a. Spatialisation .............................................................................................................................. 57 
b. Choix des signes : de la nécessité d’un travail sémiologique ................................................... 58 
c. Visualisation & analyse de l’écosystème informationnel d’Equaldex ....................................... 59 
IV. Résultats & discussion ................................................................................................... 61 
a. Identification de potentiels leaders d’opinion ........................................................................... 61 
b. Le graphe de sites web et nos hypothèses de recherche ........................................................... 64 
c. Réflexions sur la cartographie & limites de l’approche ............................................................ 65 
Conclusion ............................................................................................................................... 67 
Bibliographie ........................................................................................................................... 71 
Articles & monographies .................................................................................................................. 71 
Articles de blogs ................................................................................................................................ 76 
Vidéo ................................................................................................................................................. 76 
Cours ayant inspiré nos travaux ........................................................................................................ 76 
Annexes ................................................................................................................................... 77 
Correspondance avec Dan Leveille (anglais) – Juillet 2014 .............................................................. 77 
Visualisation du graphe de sites web realisé (sans étiquette des noeuds) ........................................ 79
12 
Introduction 
« Le désastre de l’ère de l’information réside dans le fait que la toxicité des données augmente plus 
rapidement que leurs avantages »1 (Taleb 2010a, p. 57). 
Cette citation de Nassim Nicholas Taleb, économiste, philosophe et spécialiste de 
l’épistémologie des probabilités, semble refléter la fascination que les individus entretiennent avec les 
technologies de l’information et de la communication (TIC). Aujourd’hui, Internet, le « réseau des 
réseaux », et le World Wide Web, l’application la plus connue d’Internet, jouent un rôle important 
dans le quotidien de nos sociétés. Ainsi, en 2013 le monde comptait plus de 2,8 milliards 
d’internautes, dont plus de 55 millions en France2. En ce sens, Internet et le Web sont « ubiquitaires – 
ils sont partout – et pervasifs – ils ne peuvent être éteints »3 (Deuze 2012, p. xi). Comme le souligne 
Mark Deuze, nous vivons « dans » les TIC plutôt qu’« avec » elles. Les vies des individus connectés 
seraient ainsi dissoutes dans l’ubiquité du numérique. 
L’omniprésence de ces technologies de l’information et de la communication semble avoir 
des impacts sur nos vies et ce à plusieurs échelles. Le World Wide Web, inventé par Tim Berners- 
Lee et Robert Cailliau en 1991 (Castells 2001), est une application d’Internet basée sur un système 
d’hypertextualité permettant de naviguer d’une page web à un autre de manière non-linéaire. Le 
début des années 2000 marque l’émergence d’un nouveau stade du développement du Web : le Web 
2.0, parfois appelé Web social ou Web participatif. Popularisé par Tim O’Reilly en 2005, le Web 2.0 
désigne un ensemble de techniques, fonctionnalités et plateformes qui met les usagers « au centre du 
dispositif médiatique » (Breton et Proulx 2012, p. 314). Il est couramment admis que grâce au Web 
social « les modes de création et de distribution des contenus médiatiques connaissent des 
transformations significatives, bouleversant les modèles traditionnels des industries culturelles » 
(ibid. p. 314). Le Web 2.0 favoriserait ainsi l’émergence d’une « culture participative » (Jenkins 2006), 
de « communautés virtuelles » (Rheingold 2002) et permettrait à tout individu de devenir un medium 
(Shirky 2008). 
L’émergence du Web 2.0 semble avoir nourrit un certain nombres d’utopies liées à 
l’information et la communication. En effet, en permettant aux internautes de produire du contenu, 
d’interagir avec leurs pairs, de collaborer par l’intermédiaire de plateformes à dimension « sociales », 
1 « The calamity of the information age is that the toxicity of data increases much faster than its benefits » (Taleb 2010, p. 57) 
2 Voir www.internetworldstats.com 
3 « Media are ubiquitous – they are everwhere – and pervasive – they cannot be switched off » (Deuze 2012, p. xi)
13 
de financer des projets de manière participative grâce à des sites de crowdfunding4 ou encore de 
participer à changer la société par le biais de plateformes de pétitions en ligne5, le Web social semble 
être au coeur d’une utopie grandissante : celle d’une communication universelle permettant une 
collaboration pour le bien de la société. Il est important de noter que cette utopie est portée par 
différents profils d’individus : consultants spécialisés en technologies de l’information et de la 
communication, professionnels de la communication, mais également par des universitaires tels que 
Clay Shirky (2008) ou encore David Gauntlett (2011). 
Lorsque le Web social est évoqué, il est souvent lié aux notions de médias sociaux et de 
réseaux sociaux. Ces expressions sont d’ailleurs fréquemment utilisées dans le domaine de la 
communication et du marketing. Frédéric Cavazza, consultant dans le domaine de la communication 
et blogueur, définissait en 2009 les médias sociaux comme « un ensemble de services permettant de 
développer des conversations et des interactions sociales sur internet ou en situation de mobilité »6. 
Pour ce consultant en communication, des plateformes telles que Facebook, Twitter, Youtube, ou 
encore Tumblr sont des médias sociaux. Stenger et Coutant (2010) soulignent néanmoins que le 
concept de médias sociaux est avant tout un « macro-concept ». Il s’agirait selon les auteurs d’un 
terme englobant différentes notions, différents types de plateformes & différentes pratiques 
numériques. Pour Alloing (2013), parler de médias sociaux est un pléonasme car cela supposerait 
qu’il existe des médias non sociaux. 
Depuis l’émergence du Web 2.0 il est important de noter qu’il existe de réels discours de 
promotion des médias sociaux à destination des entreprises (Stenger et Coutant 2010). Agences de 
communication, praticiens & blogueurs en communication et en marketing font fréquemment 
l’éloge de la présence en ligne des organisations et de leurs dirigeants. A titre d’exemple, en août 
2014 Nicolas Bordas, vice président de l’agence de communication TBWAEurope, publiait sur le 
média LesEchos.fr une tribune intitulée « Pourquoi les patrons français doivent être présents sur 
Twitter »7. 
Dans cette logique de présence en ligne, organisations et marques sont encouragées à 
amplifier leur présence en ligne grâce au marketing d’influence ou marketing viral. La recherche de la 
4 Un exemple de plateforme de crowdfunding est kickstarter.com 
5 Change.org s’inscrit directement dans ce créneau : change.org 
6 Cavazza, F., 2009, « Une définition des médias sociaux », MediasSociaux.fr [En ligne] 
http://www.mediassociaux.fr/2009/06/29/une-definition-des-medias-sociaux/ 
7 Tribune en ligne : http://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/0203718074566-pourquoi-les-patrons-francais- 
doivent-etre-presents-sur-twitter-1035897.php
14 
viralité et du buzz sont caractéristiques de ces discours. De nombreux acteurs se sont positionnés sur 
ce marché et proposent leurs services pour identifier, recruter et activer des influenceurs, ou leaders 
d’opinion, qui seraient capables de diffuser à de larges audiences des informations. Si ces pratiques 
se sont peut être répandues de manière corrélée avec le Web social et les médias sociaux, elles 
prennent néanmoins leurs sources dans les recherches effectuées en media studies sur l’influence des 
médias. Par influence, nous retiendrons l’acception suivante de Massé, Marcon et Moinet (2006, p. 
86) : exercer une influence c’est « obtenir d’autrui qu’il fasse librement quelque chose qu’il n’aurait 
pas fait spontanément sans votre intervention ». 
En cherchant à évaluer l’influence des médias dans la communication de masse, des 
chercheurs américains ont décrit celle-ci en utilisant la métaphore de la « « seringue hypodermique » : 
les médias injecteraient des modèles de comportement et attitudes dans la conscience d’individus 
passifs et atomisés constituant une masse amorphe » (Breton et Proulx 2012, p. 159). Katz et 
Lazarsfeld (1955), chercheurs de l’école de Columbia, ont formulé l’hypothèse du two-step flow of 
communication (flux communicationnel en deux temps) : les messages des médias seraient filtrés par 
des leaders d’opinions et diffusés par ces derniers auprès d’audiences plus importantes. Le leader 
d’opinion, notion sur laquelle nous reviendrons plus tard, est encore aujourd’hui vu par de 
nombreux praticiens et agences de communication comme un moyen d’amplifier la communication 
des organisations sur le Web. 
Positionnement théorique 
Les travaux de recherche sur l’influence sociale, l’influence des médias et l’influence sur le 
Web sont nombreux. Notre revue de littérature sur ces différents sujets ne pourra donc être 
exhaustive. 
Le présent mémoire n’est pas, en soi, un mémoire de recherche, dans la mesure où le Master 
en Intelligence Economique & Communication Stratégique de l’IAE de Poitiers a avant tout une 
finalité professionnelle. Pourtant, celui-ci ainsi que les travaux de recherches qui ont été effectués 
pour sa réalisation s’inscrivent dans une démarche en sciences de l’information et de la 
communication (SIC). Cette discipline est caractérisée par sa relative jeunesse comparée aux autres 
disciplines des sciences humaines et sociales (SHS), mais surtout par sa complexité et son 
interdisciplinarité, à savoir sa capacité à confronter échanger des méthodes (Bourdeloie 2014). En ce 
sens, l’objet de recherche, les notions mobilisées ainsi que les méthodes utilisées dans le cadre de nos
15 
recherches proviennent de différentes disciplines que sont : les SIC, la sociologie des réseaux, la 
sémiologie, l’informatique, le marketing & la gestion, la géographie, les gender studies ainsi que la Web 
science aussi appelée la nouvelle science des réseaux. 
Problématique 
Notre mémoire cherchera à répondre à cette problématique : dans quelle mesure l'analyse & la 
visualisation de réseaux appliquées au web peuvent-elles permettre d'identifier de potentiels leaders 
d’opinions sur le Web dans le domaine des droits LGBT, ce afin de faire connaître le site 
Equaldex.com auprès d’une large audience ? Afin de répondre à cette problématique nous avons 
émis trois hypothèses que nous chercherons à vérifier grâce à l’utilisation conjointe de notre revue 
de littérature et de notre travail de recherche : 
Dans un premier temps, nous supposons que la diffusion virale d’un contenu sur le Web dépend 
de nombreux facteurs souvent non contrôlés par l’organisation. En ce sens, nous émettons 
l’hypothèse que l’identification de potentiels leaders d’opinion dans le cadre d’une stratégie de 
communication numérique ne permet pas de garantir la diffusion virale d’un contenu. 
Les hypothèses suivantes chercheront à être vérifiées à travers la réalisation d’un graphe de sites 
Web (Chapitre 2) : nous faisons ainsi l’hypothèse que le graphe de sites Web que nous réaliserons 
dans le cadre de nos recherche sera un réseau invariant d’échelle8. 
Enfin, nous supposons qu’Equaldex, en tant que site récent, s’inscrit dans un processus 
d’attachement préférentiel au sein de ce réseau9. 
Démarche méthodologique 
Afin de répondre à notre problématique et de vérifier nos hypothèses, nous allons réaliser un 
graphe de sites web traitant des droits des personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles et transgenres en 
France et aux Etats-Unis. Dans le domaine des sciences humaines et sociales, et plus 
particulièrement des SIC, nous retiendrons que l’analyse du web revient à « vouloir saisir une réalité 
techniquement complexe et socialement construite » (Monnoyer-Smith 2013, p. 13). 
8 Un réseau invariant d’échelle (scale-free network) désigne un réseau où les liens sont répartis selon une loi de 
puissance : quelques noeuds du réseau (acteurs ou sites web) concentrent la majorité des liens (liens sociaux ou liens 
hypertextes) 
9 L’attachement préférentiel désigne le principe selon lequel un nouvel acteur au sein d’un réseau va chercher à tisser des 
liens avec les acteurs les plus connectés de celui-ci.
16 
Par graphe de sites web nous entendons un ensemble de noeuds reliés entre eux par des liens 
dirigés ou non-dirigés. Dans le cadre de notre recherche, le graphe sera composé de sites web 
(noeuds) et de liens hypertextes (liens dirigés). Pour cela, nous allons nous appuyer sur plusieurs 
socles théoriques et méthodologiques : l’analyse de réseaux sociaux (Mercklé 2011, Lazega 2014, 
Scott 2000), la théorie des graphes, la nouvelle science des réseaux (Rieder 2009), la sémiologie ainsi 
que les sciences de l’information et de la communication. 
L’idée de réaliser un graphe de sites web pour notre mémoire est le résultat d’une triple 
influence : premièrement, notre année d’alternance au sein de Linkfluence, cabinet d’études & 
éditeur de logiciel de veille e-réputation connu pour ses travaux pionniers dans le domaine de la 
cartographie du Web. Puis, les enseignements du Master Intelligence Economique et 
Communication Stratégie, dispensés par Christian Marcon & Camille Alloing sur le management de 
réseau (2013-2014), par Camille Alloing sur l’e-réputation et la communication de crise (2012-2013 
et 2013-2014) et par Mariannig Le Béchec sur l’intelligence territoriale (2013-2014) et la gestion des 
connaissances (2012-2013). Et enfin, le suivi des MOOCs (cours en lignes ouverts et massifs) « Social 
Network Analysis » dispensé par Lada Adamic sur la plateforme Coursera10 et « Web science: how the web 
is changing the world » dispensé par Leslie Carr et Susan Halford sur FutureLearn.com11. 
Cadrage de l’environnement : un mémoire portant également sur les droits 
LGBT 
Notre cas d’étude portera sur les sites web traitant des droits des personnes lesbiennes, gaies, 
bisexuelles et transgenres (LGBT). Nous souhaitons, par le biais de la réalisation d’un graphe de sites 
web portant sur cette thématique, analyser et visualiser l’écosystème informationnel d’Equaldex.com, 
plateforme d’information sur les droits LGBT créée par Dan Leveille. Notre objectif est, in fine, 
d’identifier de potentiels leaders d’opinion dans ce domaine afin d’accroître la notoriété 
d’Equaldex.com auprès des publics intéressés par la question des droits LGBT. 
Présentation du plan 
Ce mémoire est divisé en deux chapitres distincts mais complémentaires : 
Le premier chapitre cherchera à présenter une revue de littérature non-exhaustive sur 
l’influence et plus particulièrement sur l’influence sur le Web. Pour ce faire nous nous baserons sur 
10 https://www.coursera.org/course/sna 
11 https://www.futurelearn.com/courses/web-science
17 
différents travaux de recherche en sciences de l’information et de la communication, en économie, 
en sociologie, en psychologie sociale, en informatique et en marketing. 
Le second chapitre portera sur notre cas d’études, à savoir la réalisation et l’analyse d’un 
graphe de sites web sur les droits LGBT afin d’identifier de potentiels leaders d’opinion pour 
accroître la notoriété d’Equaldex. Le graphe réalisé est également accessible en ligne en image haute 
définition : http://www.jbmacluckie.net/blog/lgbt-map-642
18 
Chapitre 1 - Revue de littérature sur l’influence sur le 
web
19 
Introduction au chapitre 1 
Ce chapitre vise tout d’abord à présenter la notion centrale de ce mémoire qu’est l’influence, 
ainsi que les termes qui lui sont rattachés, à savoir : le leadership d’opinion, le relai d’opinion, la 
viralité, le buzz, le Word of Mouth (trad : bouche à oreille), l’autorité ou encore l’expertise. Dans un 
second temps, ce chapitre cherche à rendre intelligible le processus d’influence sur le web grâce à 
une revue de littérature. Enfin, ce chapitre vise également à comprendre comment un relai d’opinion 
peut être identifié, voire construit, selon les besoins d’une organisation. 
I. Influence : déconstruction d’un concept 
a. Qu’est-ce que l’influence ? 
Nous allons tenter, dans un premier temps, de définir la notion d’influence. La principale 
difficulté réside dans l’équivocité de cette dernière, dans la mesure où l’influence a fait l’objet de 
nombreuses recherches en sciences humaines et sociales. Provenant du latin influentia, l’influence 
désignait alors le « pouvoir occulte attribué aux astres de modifier le destin des hommes » (Dortier 
2008, p. 343). Aujourd’hui, l’influence ne désigne plus un pouvoir occulte et céleste, la notion a fait 
son apparition dans le langage courant et n’est plus connotée à quelque chose de mystique. Ainsi, le 
Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (CNRTL) la définit comme une « action 
(généralement lente et continue) d'un agent physique (sur quelqu'un, quelque chose), suscitant des 
modifications d'ordre matériel »12. Les deux définitions ci-dessus présentent, malgré leurs 
différences, une similarité : l’influence permettrait de modifier le comportement de quelqu’un ou de 
quelque chose. C’est d’ailleurs ce que défendent Massé, Marcon et Moinet (2006, p. 86) pour qui 
exercer une influence c’est avant tout « obtenir d’autrui qu’il fasse librement quelque chose qu’il 
n’aurait pas fait spontanément sans votre intervention ». 
L’influence a fait l’objet de nombreuses recherches en sciences humaines et sociales. La 
psychologie sociale, par exemple, s’intéresse à l’influence sociale, à savoir la « façon dont les attitudes 
et les comportements des personnes changent sous l’effet d’une pression réelle ou imaginaire de la 
part d’autres personnes » (Levine et Zdaniuk 2008, p. 25). Parmi les études les plus connues sur 
12 CNRTL - http://www.cnrtl.fr/definition/influence
20 
l’influence sociale, celle de Solomon E. Ash datant de 195213 a permis de démontrer qu’un individu 
peut changer d’avis grâce à l’influence exercée par un groupe sur lui. Les travaux de Stanley Milgram 
sur la soumission à l’autorité (1963) montrent l’influence que peut avoir une personne ayant une 
autorité particulière, chez Milgram il s’agissait d’une autorité médicale, sur un autre individu. Des 
travaux plus récents de psychologie sociale mettent en avant les influences quotidiennes, ainsi que les 
techniques de manipulation et de persuasion auxquelles nous sommes exposés tous les jours 
(Cialdini 2004, Beauvois et Joule 1987, Beauvois 2011). 
Dans le domaine de la communication et des media studies, l’un des types d’influences le plus 
souvent étudié est celui de l’influence des médias sur les audiences. Cette dernière a longtemps été 
expliquée grâce à la métaphore de la « seringue hypodermique », c’est à dire que « les médias 
injecteraient modèles de comportement et attitudes dans la conscience d’individus passifs et atomisés 
constituant une masse amorphe » (Breton et Proulx 2012, p. 159). Les travaux de Katz et Lazarsfeld 
(1955) viennent remettre en question l’influence des médias sur les prises de décisions des individus, 
notamment dans un contexte d’élections, et mettent en avant le rôle de l’influence interpersonnelle. 
Katz et Lazarsfeld (ibid.) formulent ainsi l’hypothèse du « flux communicationnel en deux temps »14 
(two-step flow of communication) : 
Figure 1 - Modèle du two-step flow of communication 
L’hypothèse du two-step flow of communication s’articule comme suit : 
1. Les médias de masse délivrent un message qui est réceptionné et filtré par des leaders 
d’opinion 
2. Ces mêmes leaders d’opinion jouent le rôle de médiateurs : ils font les intermédiaires entre 
les médias de masse et les audiences qui sont en contact avec eux. 
13 Asch, S.E. (1952b). "Social psychology". Englewood Cliffs,NJ:Prentice Hall. 
14 Traduction de Breton et Proulx (2012) L’explosion de la communication
21 
Les leaders d’opinions sont définis par Katz et Lazarsfeld comme des personnes « ayant été 
influentes dans leurs environnements immédiats (2008, p. 27). L’hypothèse du two-step flow of 
communication est encore aujourd’hui utilisée, notamment dans les domaines du marketing d’influence 
et du marketing viral, comme le souligne Mellet (2009), ainsi que de la communication d’influence. 
La définition de l’influence que nous retiendrons est celle de Massé, Marcon et Moinet (2006, p. 
86) pour qui exercer une influence c’est « obtenir d’autrui qu’il fasse librement quelque chose 
qu’il n’aurait pas fait spontanément sans votre intervention ». 
b. La métaphore de la contagion 
Influence, leaders d’opinion ou encore influenceurs sont des notions utilisées par de nombreux 
acteurs (prestataires de services, éditeurs de logiciels et praticiens) de la communication, du 
marketing, des relations publiques, du lobbying ou encore de l’intelligence économique. L’une des 
métaphores les plus utilisées pour expliquer le phénomène d’influence est celle de la contagion, de la 
viralité, surtout depuis l’émergence d’Internet et des réseaux socionumériques. Cette métaphore 
prend directement ses sources dans l’hypothèse du « flux communicationnel en deux temps » de 
Katz et Lazarsfeld (1955), notamment avec la valorisation du rôle des leaders d’opinion. Elle reprend 
en effet le postulat qu’un groupe de personnes restreint, les leaders d’opinion, sera à même de 
disséminer des informations, de propager une mode ou de diffuser une innovation, auprès d’une 
audience plus large. 
La métaphore de la viralité a été principalement popularisée par Malcolm Gladwell, journaliste et 
auteur du best-seller Le Point de Bascule (The Tipping Point) paru dans sa version originale en 2000. 
Selon l’auteur, pour comprendre l’émergence des modes, leurs succès et leurs échecs, il convient de 
percevoir celles-ci comme des épidémies sociales qui se propagent notamment grâce à trois types 
d’acteurs : les connecteurs, les mavens et les vendeurs (Gladwell 2008) : 
- Les connecteurs (connectors) sont, selon l’auteur, des personnes « sociables » pour qui le 
bouche-à-oreille est l’« apanage » (ibid. p. 57 et p. 59). Ils permettent de « dissémin[er] la 
tendance » (ibid. p.59) ; 
- Les mavens (mavens), de l’hébreu mevin, désignent ceux qui « possèdent l’information 
inédite » (ibid. p. 59). Le maven a d’abord été théorisé par Feick et Price (1987) qui le 
considèrent comme un individu ayant des informations inédites sur des produits du marché 
et qui est en mesure de répondre aux demandes de son entourage. Selon Gladwell (2008, p.
22 
66), les mavens « jouent un rôle important dans le déclenchement des épidémies sociales 
puisqu’ils connaissent plus de choses que la majorité des gens » ; 
- Les vendeurs (salesmen) sont primordiaux pour le déclenchement d’une épidémie sociale. 
Un vendeur, au sens de Gladwell, « possède les compétences nécessaires pour persuader 
ceux qui hésitent encore à croire au message » (2008, p.69) ; 
Ces trois acteurs sont, selon Gladwell, des éléments clés de la propagation d’une épidémie 
sociale. Cependant, l’approche du Point de Bascule a été critiquée par plusieurs chercheurs dont Watts 
et Dodds (2007) et Berger (2013) notamment pour sa dimension réductrice manquant de preuve 
empirique. 
L’idée que des leaders d’opinion puissent exercer une influence sur une audience plus ou 
moins grande a, depuis Katz et Lazarsfeld en 1955, été réutilisée dans les domaines de la 
communication et du marketing (Mellet 2009). Les années 2000 marquent en effet le « retour en 
force dans la littérature professionnelle et académique » du leader d’opinion (Vernette 2006). Dès 
lors, quelles sont les caractéristiques propres aux leaders d’opinion qui pourraient faciliter leur 
identification ? Outre l’expertise, qui peut être définie comme l’acquisition de savoir par l’expérience, 
Vernette et Florès (2004) décrivent le leader d’opinion comme « une personne qui exerce une force 
d’attraction (physique, psychologique et/ou sociale) sur son entourage et qui dispose d’une forte 
crédibilité dans une catégorie de produit. Ses jugements et comportements influencent les attitudes 
et les choix de marques de son entourage dans ce domaine ». Cependant, comme le soulignent 
Alloing et Haikel-Elsabeh (2012) cette définition ne permet pas de distinguer les leaders d’opinion 
en ligne des leaders d’opinion hors-ligne. 
c. Le web : entre amateurisme, expertise & influence 
L’émergence du Web 2.0, conceptualisé dès 2005 par Tim O’Reilly dans l’article « What Is 
Web 2.0 »15, a favorisé l’idée que le Web est devenu social. L’apparition des fora, plateformes de 
blogging (Over-Blog, Wordpress, Ghost, Medium), de vlogging (Youtube, Vine, Vimeo), de 
microblogging (Twitter & Tumblr) ou encore les réseaux socionumériques (Facebook) a permis aux 
internautes de partager des informations, de créer des contenus et d’exprimer leurs opinions. Cette 
production d’opinions est liée à ce que Shirky (2008) appelle le phénomène d’amateurisation de 
15 O'Reilly, T., 2005, « What Is Web 2.0. Design Patterns and Business Models for the Next Generation of Software », 
O’Reilly.com [En ligne] http://oreilly.com/web2/archive/what-is-web-20.html
23 
masse (mass amateurization). Tout internaute devient ainsi un medium (« everyone is a media outlet », ibid., 
p.55) et s’adresse à une audience plus ou moins « invisible » (boyd, 2007.). Patrice Flichy (2010) va 
plus loin en établissant le postulat que le web favorise l’émergence d’un nouveau règne : celui du 
pro-am, à savoir le professionnel-amateur qui, grâce à ses passions et à ses échanges avec d’autres 
passionnés, peut frôler l’expertise sur un ou plusieurs domaines particuliers. Or, cette notion 
d’expertise est souvent considérée comme l’une des caractéristiques principales du leader d’opinion 
(Vernette et Flores 2004). Néanmoins nous retiendrons l’idée selon laquelle la notion d’expertise sur 
le Web est avant tout liée à la capacité à un individu à mettre en visibilité le contenu qu’il publie sous 
l’autorité des moteurs de recherche (Alloing et Haikel-Elsabeh 2012). 
L’identification de leaders d’opinion pour nourrir des stratégies de communication et de 
marketing sur le web apparaît souvent comme une étape importante pour les professionnels de ces 
secteurs. Ainsi, l’existence de véritables « discours de promotion » des réseaux socionumériques à 
destination des entreprises (Stenger et Coutant 2010) promeuvent l’idée que les entreprises doivent 
avoir une présence en ligne et engager le dialogue avec leurs communautés virtuelles. En outre, 
celles-ci cherchent parfois à amplifier leurs campagnes de communication numérique, notamment 
par le biais du marketing viral (Vernette 2006.), à savoir l’ensemble des « techniques incitant les 
clients d’un produit ou d’une marque à les promouvoir dans leur entourage » (Lendrévie, Lévy 2014, 
p. 414, 619). 
Afin d’accroître leurs audiences, les campagnes de marketing viral (viral marketing) tendent 
souvent à cibler les influenceurs pour augmenter le phénomène de bouche-à-oreille (Word of Mouth). 
Smith et al. (2007) expliquent le marketing viral comme l’identification « des individus influents au 
sein d’un réseau social et engager avec eux de manières à encourager le bouche-à-oreille »16 (trad., 
p.387). Selon Beauvisage et al. (2011), cette focalisation des organisations et agences de 
communication sur le marketing viral et sur la métaphore de la contagion découle d’une « figure 
idéale de la diffusion sur le Web, où les individus s’enthousiasment pour un contenu inconnu reçu 
de leurs proches et le retransmettent ensuite à leurs (autres) amis : de quelques individus passionnés, 
le contenu se diffuse de proche en proche au plus grand nombre » (p.151). Cette association entre 
diffusion et influence sur le Web est également faite par Alloing et Haikel-Elsabeh (2012) qui voient 
dans le leader d’opinion avant tout une capacité à diffuser et à amplifier la transmission d’un 
message. 
16 « identifying influential individuals in social networks and connecting with them in ways that encourage WOM 
message movement » p. 387
24 
La définition de leader d’opinion sur le Web que nous retiendrons est celle d’Alloing et Haikel- 
Elsabeh (2012), à savoir : « le leader d’opinion, pris au sens de « diffuseur » est un 
amplificateur potentiel de la transmission de ce message. » Il s’agit dès lors d’une « source de 
diffusion et médiatisation sur le web plus que d’influence » (p. 10) 
II. L’influence sur le web : un processus complexe 
La problématique de l’influence sur le web a été largement traitée dans la littérature 
professionnelle et académique depuis le début des années 2000. L’émergence de la « new science of 
networks » (Watts 2004), aussi appelée « Web science » (Hendler et al., 2008), qui s’appuie principalement 
sur la théorie des graphes17 et l’analyse de réseaux sociaux, ainsi que de nombreuses recherches 
effectuées en informatique (computer science), en sociologie, en sciences de gestion et en marketing ont 
cherché à isoler les paramètres clés de l’influence sur le Web. 
Nous ne pouvons prétendre à présenter, ici, de manière exhaustive les recherches effectuées sur 
concernant la problématique de l’influence sur le web et surtout de l’amplification de la transmission 
de contenus. C’est pourquoi nous nous focaliserons sur trois orientations de recherches que nous 
considérons comme primordiales, à savoir : l’importance des individus et des réseaux, le rôle joué 
par le contenu, ainsi que la dépendance de la diffusion de l’information aux plateformes sociales et 
aux algorithmes. 
a. Le rôle des individus et des réseaux sur le Web dans les 
dynamiques d’adoption virales : les apports de l’analyse de 
réseaux 
Quels sont les facteurs clés de transmission d’une information sur le Web ? Le rôle des 
individus et des réseaux dans le processus de diffusion et d’amplification de la transmission de 
contenus sur le Web connaît un succès particulier au sein des mondes de la communication et du 
marketing (Beauvisage et al. 2011). De nombreux travaux académiques se sont ainsi focalisés sur la 
compréhension de la « contagiosité des individus » sur le Web (ibid.), c’est à dire comment les 
17 Théorie des graphes : théorie mathématique et informatique visant à étudier les graphes, à savoir l’« [e]nsemble de 
sommets (ou points) et d'arcs (ou lignes orientées) ou d'arêtes (ou lignes non orientées) liant certains couples de points » 
- http://www.cnrtl.fr/lexicographie/graphe
25 
caractéristiques de ces derniers ainsi que leurs places au sein de réseaux peuvent être des leviers de 
diffusion d’informations. 
Une première série de travaux visant à analyser la répartition des liens sociaux sur le Web a 
permis de montrer qu’un petit groupe d’individus concentrait la majorité des liens. Ces travaux 
marquaient les prémices de ce que certains chercheurs nomment « nouvelle science des réseaux » 
(Watts 2004, Rieder 2009) ou encore la « web science » (Hendler et al. 2008). Comme le souligne Rieder 
(2009) et Plantin (2013), ces travaux de recherches s’inscrivent dans la tradition de la sociologie des 
réseaux datant des travaux de Georg Simmel pour qui « la forme sociologique la plus simple du 
point de vue méthodologique est la relation entre deux éléments » (1999, p. 116), de Moreno sur le 
sociogramme ou en encore de Barnes (1954). Les concepts de réseau et de réseau social peuvent être 
respectivement définis comme un « ensemble de noeuds interconnectés » (Castells 1998, p. 526) et 
comme « constitué d’un ensemble d’unités sociales et des relations que ces unités sociales 
entretiennent les unes avec les autres, directement, ou indirectement à travers des chaînes de 
longueurs variables » (Mercklé 2011, p. 4). Mercklé poursuit : « ces unités sociales peuvent être des 
individus, des groupes informels d’individus ou bien des organisations plus formelles, comme des 
associations, des entreprises, voire des pays » (ibid., p.4). Il souligne également que les relations 
entretenues par ces unités sociales entre elles peuvent être diverses : amitié, diffusion d’informations, 
interactions verbales ou non verbales, échanges de bien ou de services ou encore la participation à 
un même événement (ibid.). 
L’analyse de réseaux peut dès lors être perçue comme une méthode quantitative (Mercklé 
2011) qui se base notamment sur la théorie des graphes. Comme le développe Mercklé : 
« L’apport méthodologique de la théorie des graphes est double : d’une part les 
graphes donnent une représentation graphique des réseaux de relations, qui 
facilite leur visualisation, permet la mise en lumière d’un certain nombre de 
leurs propriétés structurales ; d’autre part, la théorie des graphes développe un 
corpus extrêmement riche de concepts formels permettant de mesurer un 
certain nombre de propriétés des relations entre éléments » (2011, p. 22). 
Parmi les différentes mesures structurelles évoquées par Mercklé (ibid.), Lazega (2014) et Rieder 
(2009), retenons : 
- La densité : la densité d’un graphe désigne le rapport entre le nombre d’arcs (liens orientés) 
ou d’arêtes (liens non-orientés) existants et le nombre maximum d’arcs ou d’arêtes possibles ;
26 
- La connexité : la connexité d’un graphe désigne l’absence de sommets (noeuds) isolés des 
autres ; 
- Le degré : pour un graphe non-orienté (où les arêtes, ou liens, n’ont pas de sens), il s’agit du 
nombre de liens rattachés à un noeud X. Pour un graphe orienté (où les arcs, ou liens, ont un 
sens), on parle de degré entrant pour le nombre d’arcs pointant vers un noeud Y ou de degré 
sortant pour le nombre d’arcs sortant d’un noeud Y ; 
- La centralité : la centralité permet de mesurer la « position relative des acteurs au sein d’un 
système » (Lazega 2014, p. 41). Les trois principales mesures de centralité sont : la centralité 
de degré, de proximité et d’intermédiarité (Freeman 1979). Christian Marcon résume le 
concept de centralité d’un acteur au sein d’un réseau comme celui qui « opère l’interface 
rare » (Marcon 2013-2014). 
Appliquée à l’analyse des relations sur le Web, l’analyse de réseaux a permis à Albert-László 
Barabási et Reka Albert (1999) d’identifier une propriété particulière de la toile : il s’agit d’un réseau 
sans échelle (scale free network). Cela signifie que la distribution des degrés (nombre de liens d’un 
noeud) suit une loi de puissance (power law). Bernhard Rieder résume cette propriété de la manière 
suivante : « la majorité des noeuds affichent un degré relativement bas tandis qu’un nombre restreint 
de noeuds assemble un nombre très élevé de connexions. » (2009, p. 6). Albert-László Barabási, dans 
son ouvrage Linked: The New Science of Networks paru en 2003, affirme que la structure du Web est 
dominée par ces noeuds hyper-connectés, ces hubs, et cite en exemple Yahoo! et Amazon.com. Pour 
lui, « comparé à ces hubs, le reste du Web est invisible »18 (Barabási 2009, p. 58). Les recherches de 
Barabási et Albert de 1999 ont été extrapolées par l’auteur de pop-science (ou vulgarisation scientifique) 
Malcolm Gladwell dans son ouvrage Le Point de Bascule. Celui-ci parle alors de « super-échangeurs » 
(2008, p. 187) voire de super-influentials, littéralement « super-influenceurs » (Gladwell 2002, 
Beauvisage et al. 2011) pour désigner ces hubs. 
Dès lors, suffit-il qu’un noeud au sein d’un réseau soit hyper-connecté pour faire de lui un 
influenceur ? En 2007, Watts et Dodds publient un article remettant en question le rôle des 
influenceurs, ou super-influenceurs, dans la formation de l’opinion public. Les auteurs ont utilisés les 
modèles de seuil de comportement collectif (threshold model of collective behavior), conceptualisé 
notamment par Granovetter (1978) qui stipule que l’adoption ou non d’un comportement par des 
individus au sein d’un collectif dépend du nombre d’autres individus ayant déjà adopté ce 
comportement, afin de modéliser mathématiquement la capacité des individus à provoquer des 
18 « Compared to these hubs, the rest of the Web is invisible » - p. 58
27 
« cascades d’influence » (cascades of influence), que l’on peut concevoir comme une « dynamique 
d’adoption virale » (Beauvisage et al. 2011, p. 158). Watts et Dodds (ibid.) représentent leur modèle 
de l’influence comme suit : 
Figure 2 - Le modèle du two-step flow of communication comparé au modèle du réseau d'influence de Watts et Dodds (2007) 
La partie gauche de la figure est une représentation schématique de l’hypothèse du two-step 
flow of communication de Katz et Lazarsfeld (1955). La partie droite de la figure représente le réseau 
d’influence tel que modélisé par Watts et Dodds en 2007 où l’influence est co-construite entre les 
différents membres du réseau. La modélisation mathématique effectuée par Watts et Dodds (2007) a 
donc permis de remettre en question l’hypothèse des influenceurs (« the influential hypothesis »). Pour 
les auteurs, le déclenchement d’une dynamique virale d’adoption ne peut se produire que si une 
masse critique d’individus influence un nombre important d’individus influençables (ibid., p. 445, 
Beauvisage et al. 2011, p. 158), ce qui remet en question le postulat selon lequel un petit groupe 
d’influenceurs serait à la source d’une dynamique virale d’adoption tel que le soutien Gladwell 
(2008). 
D’autres recherches visent, quant à elles, à comprendre le rôle du contenu, du message ou 
encore du produit, dans les dynamiques virales. 
b. Le rôle du contenu et le modèle STEPPS 
En parallèle des recherches effectuées sur les réseaux d’influence évoquées ci-dessus, 
plusieurs scientifiques ont cherchés à identifier les caractéristiques des contenus et des informations 
qui se diffusent de manière virale, notamment sur le Web.
28 
Plusieurs travaux se sont intéressés à la viralité en tant que focalisation de l’attention des 
internautes sur un contenu en ligne. Beauvisage et al. (2011) soulignent que ces recherches, 
notamment celles de Szabo et Huberman (2010) et Leskovec et al. (2009) ont permis de mettre en 
avant deux « effets contradictoires du temps sur l’audience » à savoir : 
- L’audience totale augmente avec le temps, ce qui a pour effet d’attirer l’attention des 
internautes car ces derniers prêtent attention à des contenus qui ont déjà reçus de 
l’attention ; 
- L’attention des internautes est également portée sur la nouveauté. 
Bien que d’autres travaux de recherches portant sur la focalisation de l’attention des internautes 
existent, tout comme sur les trajectoires virales d’audiences (Crane et Sornette 2008), notre attention 
se portera principalement sur les travaux de Jonah Berger. 
Jonah Berger est professeur de marketing à l’université de Wharton et l’auteur de plusieurs 
recherches sur la viralité et le bouche-à-oreille. Dans son ouvrage Contagious: Why Things Catch On 
(2013), Berger affirme que l’hypothèse des influenceurs telle que formulée par Malcolm Gladwell 
(2008) est non-valide et que les facteurs clés de la viralité se trouvent ailleurs. Pour lui, ce qui rend un 
message, un produit, une information ou tout autre type de contenu viral, que ce soit en ligne ou 
hors-ligne, c’est avant tout les caractéristiques intrinsèques de ces derniers. 
Les caractéristiques des contenus ou des produits capables de susciter une dynamique 
d’adoption ou de diffusion virale sont, selon Berger au nombre de six. Il s’agit du cadre d’analyse 
STEPPS (Berger 2013) : 
Social 
Currency Triggers Emotion Public Practical 
Value Stories 
Figure 3 - Le modèle STEPPS de Jonah Berger (2013) 
- Social currency (monnaie social) : selon Jonah Berger, les gens se soucient des 
représentations qu’ont leur environnement d’eux. Pour cela, un produit ou une information 
doit permettre à ces derniers de se différencier, de « trouver leur remarquabilité intérieure »
29 
(inner remarkability, p. 22), de « paraître intelligent plutôt qu’idiot, riche plutôt que pauvre, 
cool plutôt que geek »19 (ibid., p. 22) ; 
- Triggers (amorces) : afin de rappeler aux gens de parler d’un produit, d’une idée ou d’une 
information, ceux-ci doivent être conçus pour que l’environnement puisse constamment 
rappeler leur existence. Un des exemples cités par l’auteur est celui de la chanson « Friday » 
de l’artiste américaine Rebecca Black20 dont la popularité serait due au fait qu’elle renvoie à 
un contexte récurrent à savoir l’arrivée du week-end ; 
- Emotion : Berger utilise la maxime « when we care, we share » (ibid. p. 23) à savoir « quand cela 
nous importe, nous le partageons ». Selon l’auteur, les contenus et produits à forte 
contagiosité font appel aux émotions. En s’appuyant sur ses propres recherches (2011) 
Berger propose une typologie des émotions selon leurs potentiels de viralité (2013, p. 109) : 
Potentiel élevé Potentiel faible 
Emotion positive 
Emerveillement (awe) 
Excitation (excitement) 
Amusement / humour (humor) 
Satisfaction (contentment) 
Emotion négative 
Colère (anger) 
Anxiété (anxiety) 
Tristesse (sadness) 
Tableau 1 - Typologie des émotions selon leurs potentiels de viralité selon Jonah Berger (2013) 
- Public : la publicité, au sens de la mise en visibilité, la dimension publique d’un produit ou 
un contenu apparaît comme l’un des facteurs clés de viralité selon Jonah Berger ; 
- Practical value (valeur pratique) : plus des produits ou des informations seront pratiques et 
utiles, plus les individus auront tendance à les partager à leurs entourages respectifs. 
Cependant, l’auteur souligne également que face à la masse importante d’informations 
auxquels ceux-ci sont soumis, les produits et informations doivent se différencier afin 
d’attirer l’attention ; 
- Stories (narration) : selon Berger, les individus ne partagent pas juste des informations, ils 
racontent des histoires. Dès lors, les produits et informations doivent être compris au sein 
d’une véritable stratégie de storytelling ; 
Les six facteurs clés de viralité présentés par Jonah Berger sous la forme du cadre d’analyse 
STEPPS ont la particularité de ne pas être interdépendants. En effet, l’auteur signale qu’un produit 
ne peut réunir que l’une des six caractéristiques et pourtant être adopté de manière virale, idem pour 
19 « Most people would rather look smart than dumb, rich than poor and cool than geeky » - Berger 2013, p. 22 
20 En ligne : http://www.youtube.com/watch?v=kfVsfOSbJY0
30 
la diffusion d’un contenu. Cependant, existe t-il d’autres facteurs pouvant provoquer la diffusion 
virale d’un contenu sur le Web ? Et quelles sont les limites du modèle STEPPS ? 
c. La dépendance aux plateformes sociales & aux algorithmes 
Les recherches menées sur l’influence sur le Web ont permis de mieux comprendre, dans 
une certaine mesure, les éléments clés permettant le déclenchement de cascades d’influence 
(Barabási et Albert 1999, Watts et Dodds 2007, Berger 2013). Mais ces résultats peuvent-ils être 
généralisés aux médias sociaux présents sur le Web ? 
Tout d’abord il convient de définir ce que nous entendons par médias sociaux. Ce terme 
regroupe selon nous deux sous-ensembles, à savoir les réseaux socionumériques et les plateformes 
de « computation sociale »21. Bien qu’il existe de nombreuses définitions des réseaux 
socionumériques (Kaplan et Haenlein 2010, Kietzmann et al. 2011), nous retiendrons la définition 
de Stenger et Coutant (2010 p. 221) qui se base sur celle donnée par boyd et Ellison (2007), à savoir : 
les réseaux socionumériques sont des services Web permettant aux individus de : 
5. « Construire un profil public ou semi-public au sein d’un système, 
6. De gérer une liste des utilisateurs avec lesquels il partage un lien, 
7. De voir et naviguer sur leur liste de liens et ceux établis par les autres au sein du système, 
8. Fondent leur attractivité essentiellement sur les trois premiers points et non sur une activité 
particulière ». 
Par exemple, sont considérés comme des réseaux socionumériques : Facebook, LinkedIn, 
Viadeo. Dans une autre mesure, les plateformes de computation sociales telles que définies par 
Pierre Lévy participent à la construction et au partage « de manière collaborative des mémoires 
numériques collectives à l'échelle mondiale, qu'il s'agisse de photos (Flickr), de video (YouTube, 
DailyMotion), de musique (Bittorrent), de pointeurs web (Delicious, Furl, Diigo) ou bien de 
connaissances encyclopédiques (Wikipedia, Freebase) »22. Réseaux socionumériques et plateformes 
de computation sociales font ainsi partie du « macro-concept » des médias sociaux, c’est à dire une 
« notion centrale qui en utilise d’autres pour être expliquée et précisée » (Stenger et Coutant 2010, p. 
210). 
Plusieurs recherches tendent à montrer que l’influence, ou plus précisément les cascades 
d’influence, à savoir les dynamiques de diffusion virale de l’information, varient en fonction des 
21 http://entretiens-du-futur.blogspirit.com/archive/2008/10/02/la-mutation-inachevee-de-la-sphere-publique.html 
22 ibid.
31 
médias sociaux étudiés. Sur Twitter, par exemple, Cha et al. (2010) ont montré à travers leurs travaux 
que le nombre de followers d’un compte (nombre de personnes abonnées) est décorrélé de la capacité 
de ce même compte à être retweeté. Ce qui va à l’encontre de l’intuition suivante : plus un compte 
aura d’abonnés, plus ses tweets seront repris par d’autres comptes Twitter. De même sur Flickr, 
puisque Beuscart et al. (2009) ont montré que le « le nombre de favoris reçus par une photo est 
décorrélé du nombre d’amis de son auteur : le succès social de certains individus ne se traduit pas 
par celui de leurs oeuvres » (Beauvisage et al. 2011, p. 159). Plus récemment, des recherches menées 
par Chang et al. (2014) du Yahoo! Labs ont permis de mieux comprendre les dynamiques d’influence 
sur la plateforme de microblogging Tumblr. Selon les auteurs, les liens sociaux sur Tumblr (matérialisés 
par un abonnement, ou follow) sont répartis selon une loi de puissance et les cascades d’influence 
sont restreintes, dans la mesure 36,05% d’entre elles se déroulent uniquement entre deux comptes 
Tumblr. 
Dès lors, il conviendrait de ne pas généraliser les différents modèles de diffusion virale 
d’informations sur le Web aux différents médias sociaux existants. 
d. L’influence sur le web : complexité et biais de rétrospection 
L’influence sur le Web apparaît comme une notion complexe, même si plusieurs travaux de 
recherches ont tentées d’isoler les facteurs clés permettant de déclencher des dynamiques virales de 
diffusion de l’information (cascades of influence) comme nous avons pu le voir précédemment. 
Pour définir ce que nous entendons par complexité, nous allons nous appuyer sur les travaux 
d’Edgar Morin et de Nassim Nicholas Taleb. La complexité peut être caractérisée comme la variété 
des constituants d’un système et par les relations d’interactions entre ceux-ci. Reprenant la 
métaphore du tissu, Edgar Morin définit la complexité comme « un tissu de constituants hétérogènes 
inséparablement associés » qui « coïncide avec une part d’incertitude », incertitude due à des 
phénomènes particuliers ou aux limites de l’entendement humain (Morin 2005). 
Pour Nassim Nicholas Taleb (2010b), un système complexe est caractérisé par une grande 
interdépendance entre les composants de ce système d’un point de vue : temporel (un composant A 
est influencé par ses propres changements internes, qui sont survenus dans le passé), horizontal (il y 
a une interdépendance entre un composant A et un composant B d’un même système complexe) et 
diagonal (un composant A est influencé par les changements subis par un composant B, et vice-versa). 
Dès lors, toujours selon Taleb, s’installe une non-linéarité qui affecte les relations de cause à
32 
effet, en les rendant plus complexes. Cette non-linéarité affecte aussi les changements d’un système, 
en les rendant imprédictibles (Taleb 2012). 
Les recherches effectuées jusqu’à présent tendent en effet à montrer que les dynamiques de 
diffusion de l’information dépendent de nombreux facteurs : les caractéristiques intrinsèques des 
contenus & leurs contextes de diffusion (Berger 2013), la contagiosité des individus et leurs places au 
sein des réseaux (Barabási et Albert 1999, Watts et Dodds 2007), les plateformes elles-mêmes 
(Beauvisage et al. 2011, Chang et al. 2014), les dispositifs attentionnels mis en place (Beauvisage et al. 
2011) et les algorithmes qui servent à la fois de filtres et mettent en visibilité certaines informations 
ou comptes recommandés (Alloing et Haikel-Elsabeh 2012). 
La complexité du processus d’influence sur le Web est soulignée par Watts et Dodds (2007). 
Ces derniers font une analogie entre les dynamiques de diffusion d’informations en ligne et les 
systèmes complexes naturels, et plus précisément les feux de forêts : 
« Certains feux de forêts, par exemple, sont beaucoup plus importants que la 
moyenne ; pourtant personne ne peut affirmer que la taille d’un feu de forêt peut 
être attribuée aux propriétés exceptionnelles de l’étincelle qui l’a déclenchée ou 
de la taille de l’arbre qui a été le premier à brûler. Les grands feux de forêts 
nécessitent une conjuration de vent, température, faible humidité et de 
combustibles qui sont présents sur de larges étendues de terrain. Tout comme 
les cascades larges au sein de réseaux d’influence, quand la bonne combinaison 
de conditions existe, alors tout étincelle peut la déclencher ; quand ce n’est pas le 
cas, aucune étincelle ne suffira. »23 (Watts et Dodds 2007, p. 454). 
L’identification d’acteurs ou de facteurs ayant joué un rôle dans la diffusion virale 
d’information sur le Web semble donc plus aisée a posteriori qu’a priori. L’examen d’un phénomène 
après que celui-ci se soit déroulé peut être affecté par un biais important : le biais de rétrospection. 
Comme le souligne le sociologue Gérald Bronner dans l’ouvrage de Portal et Roux-Dufort (2013), le 
biais de rétrospection a été largement traité en sciences sociales et a été parfois appelé 
« « dépendance téléologique », « illusion a posteriori », « illusion rétrospective » » (ibid. p. 111). 
L’auteur l’explique comme suit : « lorsque l’on considère les événements présents, et que l’on sait 
23 Traduction de : « Some forest fires, for example, are many times larger than average; yet no one would claim that the size of a forest fire 
can be in any way attributed to the exceptional properties of the spark that ignited it or the size of the tree that was the first to burn. Major 
forest fires require a conspiracy of wind, temperature, low humidity, and combustible fuel that extends over large tracts of land. Just as for large 
cascades in social influence networks, when the right global combination of conditions exists, any spark will do; when it does not, none will 
suffice. » (Watts et Dodds 2007, p. 454)
33 
donc qu’ils sont survenus, nous avons trop facilement l’impression qu’ils étaient en fait prévisibles » 
(ibid, p. 111). 
La tendance à vouloir expliquer, voire justifier, des phénomènes passés se trouve également 
dans certains écrits sur l’influence et sur la viralité. Malcolm Gladwell (2012), par exemple, tente 
d’identifier a posteriori les facteurs de diffusion virale des chaussures Hush Puppies, le tabagisme 
chez les adolescents, la dépression ou encore le suicide dans son ouvrage Le Point de Bascule. Barabási 
dans son ouvrage Linked (2003) explique la propagation du virus du Sida au moment de son 
émergence aux Etats-Unis notamment par l’existence d’un « réseau sexuel complexe parmi les 
homosexuels » dont l’un de hubs était Gaëtan Dugas (2003, p. 123). Enfin, Berger (2013) décrit les 
mécanismes de diffusion de nombreux contenus tels que la chanson « Friday » de Rebecca Black, le 
succès des vidéos « Will it blend », des marques Abercrombie & Fitch et Victoria’s Secret à travers le 
prisme de son cadre d’analyse STEPPS. 
Pourtant, ces tentatives d’explications des phénomènes de modes et de contagions sociales 
ne sont-elles pas réductrices ou du moins simplificatrices ? Si l’influence est bien un processus 
complexe, comme souligné par Watts et Dodds (2007), quels rôles jouent la chance, le hasard, la 
volatilité et l’incertitude dans celui-ci ? La tendance des individus à vouloir simplifier les phénomènes 
complexes et à les justifier, notamment a posteriori, est ce que Nassim Nicholas Taleb nomme 
l’erreur de narration (narrative fallacy). Il s’agit du « besoin que nous avons de faire coller une histoire 
ou un modèle à une succession de faits ayant ou non un rapport entre eux » (2012, p. 390). 
Ce que nous retiendrons de cette revue de littérature est la complexité de phénomène d’influence 
sur le Web. Le déclenchement de cascades d’influence, ou de dynamiques virales de diffusion 
d’information, dépend de nombreux paramètres difficilement maîtrisables. En outre, nous 
retiendrons que le rôle des leaders d’opinion est parfois surévalué, notamment dans la littérature 
professionnelle, et que l’activité ces derniers semble n’être qu’un paramètre parmi d’autres.
34 
III. De l’identification à la construction des leaders d’opinion 
a. Les outils d’identification de leaders d’opinion sur le Web 
Bien que de nombreuses recherches aient montré les limites de l’hypothèse des influenceurs, 
celle-ci persiste au sein des communautés de professionnels de la communication, du marketing, de 
la veille ou encore des relations publiques. 
Plusieurs sociétés se sont ainsi positionnées sur ces problématiques d’identification 
d’influenceurs sur le web, à l’image d’Augure, éditeur de logiciel et prestataire de service français, qui 
a créé un moteur permettant d’identifier, selon eux, des influenceurs24, ou encore des éditeurs de 
plateformes permettant grâce à des algorithmes propriétaires et opaques de quantifier l’influence des 
individus sur le web social, à l’image de Klout.com, Kred.com, Followerwonk.com et 
PeerIndex.com. Klout.com, par exemple, définit l’influence comme « l’aptitude à conduire l’action 
»25 et prétend mesurer 400 indicateurs de réseaux socionumériques différents pour produire le Klout 
Score d’un individu ou d’une organisation. Le Klout Score est un indice exprimé sur 100 qui prend 
en compte les critères suivants : 
- Le « true reach » (portée réelle) : nombre d’abonnés, d’amis, de contacts ; 
- L ‘« amplification » : le nombre d’interactions provoquées (retweets, likes, commentaires) ; 
- Le network (réseau) : le ratio entre abonnements et abonnés (principalement sur Twitter) ; 
Klout.com, ainsi que la plupart des autres outils d’identification d’influenceurs sur le Web 
existants sur le marché, se basent ainsi sur des données quantitatives exploitées selon des 
algorithmes propriétaires. Ces données quantitatives recueillies par les outils proviennent de l’identité 
numérique, à savoir la « somme des traces numériques se rapportant à un individu ou à une 
collectivité » (Ertzscheid 2011, p. 16). Pour Olivier Ertzscheid, ces traces numériques peuvent être 
des « écrits, contenus audio ou vidéo, messages sur des forums, identifiants de connexion, etc. » 
(ibid., p. 16). 
Pour mieux comprendre la notion d’identité numérique et surtout pour comprendre d’où 
sont puisées les données quantitatives exploitées par les outils d’identification d’influenceurs tels que 
Klout.com, nous retiendrons la définition de Fanny Georges de l’hexis numérique qu’elle assimile au 
concept d’identité numérique (2007). Par hexis numérique, Fanny Georges entend « une sculpture 
agissante de soi dans le monde virtuel » (Georges 2008, p. 1). Citant Goffman, elle compare l’hexis 
24 http://www.augure.com/fr/software/influenceurs 
25 https://klout.com/corp/score
35 
numérique à une barbe-à-papa, « une substance poisseuse à laquelle se collent sans cesse de 
nouveaux détails biographiques » (ibid., p. 1). Selon Georges, l’identité numérique s’articule autour 
de trois identités (ibid.) : 
- l’identité déclarative : renseignée par l’utilisateur, il s’agit principalement des détails 
biographiques et des centres d’intérêts ; 
- l’identité agissante : activités, liens sociaux et comportements de l’utilisateur ; 
- l’identité calculée : la computation de l’identité agissante par le système ; 
Nombre des outils d’identification d’influenceurs, dont Klout.com, vont ainsi exploiter les 
données provenant de l’identité déclarative (pseudonyme, nom, prénom, activités, centres d’intérêts) 
ainsi que les données provenant de l’identité calculée (nombre d’amis, followers, followings, nombre 
d’interactions, fréquence de publication etc.) d’un ou plusieurs comptes sociaux d’un utilisateur. Sur 
Klout.com, par exemple, l’exploitation de ces données prend la forme suivante : 
Figure 4 - Exemple de profil sur Klout.com 
1) Photo de profil : identité déclarative 
2) Nom et prénom : identité déclarative 
3) Biographie (déclarée sur Twitter) : identité déclarative 
4) Score Klout : identité calculée (computation de l’identité agissante de l’utilisateur) 
5) Centres d’intérêts : identité calculée selon les sujets les plus abordés par l’utilisateur 
6) Réseaux socionumériques pris en compte par le système Klout.com pour la computation 
Bien que la mesure de l’influence d’un utilisateur sur le Web en fonction de son identité calculée, 
répartie entre un ou plusieurs réseaux socionumériques, puisse apparaître comme une solution 
pertinente pour l’identification d’influenceurs, quelles en sont les limites ? Tout d’abord, comme le 
souligne Dominique Cardon (2013), les métriques prises en compte par les systèmes que sont 
Facebook, Twitter et Google ne prennent pas en compte les mêmes éléments et chaque algorithme
36 
« impos[e] [son] ordre sur la forme du Web qu'[il] mesur[e] » (2013, p. 174), ce qui rend artificielle 
leur harmonisation. Aussi, comme le soulignent Beauvisage et al. (2011) à travers leur revue de 
littérature sur l’influence, les « métriques d’influence » ne sont pas toujours corrélées à la capacité 
d’un utilisateur à déclencher des cascades d’information sur le Web. Louise Merzeau (2013) signale 
par ailleurs que la métrique émise par Klout.com se base sur des actions déjà effectuées par 
l’utilisateur (interactions déjà provoquées, par exemple). Il s’agit donc d’une mesure a posteriori, or, si 
le déclenchement de dynamiques virales de diffusion est complexe, comme souligné par Watts et 
Dodds (2007), qu’est-ce qui permet d’affirmer qu’un individu « influent » selon Klout.com le sera 
encore à l’avenir ? Enfin, si l’influence sur le Web est phénomène complexe, à savoir résultant de la 
combinaison de multiples facteurs interdépendants, celle-ci peut elle être computable comme le font 
Klout.com, PeerIndex ou Kred ? 
b. L’identification de leaders d’opinions chez Linkfluence 
Linkfluence est l’organisation qui a permis d’orienter les réflexions de ce mémoire. Cette 
startup, créée en 2006, s’est très rapidement inscrite en tant qu’acteur de l’e-réputation et du social 
media intelligence en France puis en Europe. L’identification de leaders d’opinions pour des clients, 
annonceurs & agences de communication, est une mission récurrente effectuée par les chargés 
d’études et de veille, aussi appelés social media researchers, de l’entreprise. 
Les chargés d’études et de veille produisent, généralement, deux types de livrables. Tout d’abord, 
les rapports de veille e-réputation et/ou de social media performance. Ces derniers visent à évaluer les 
actions de communication sur le web social menées par les organisations dans le cadre de leurs 
stratégies de présence en ligne. Puis, les études, qui sont au nombre de quatre : 
- Le bilan d’image : vise à faire un audit de la présence en ligne d’une organisation, d’une 
marque ou d’un produit. Pour chaque client, ce type d’étude répond aux questions : Qui 
parle de moi ? Où, quand, comment & pourquoi parle-t-on de moi ? 
- L’engage (analyse d’écosystème) : Il s’agit d’une étude visant à analyser l’écosystème 
informationnel et réputationnel d’une organisation. Ce type d’étude a pour but d’identifier et 
de mieux comprendre les communautés en lignes qui se sont exprimées à propos d’une 
marque, d’un produit ou d’une organisation et celles auprès de qui il serait intéressant pour 
l’organisation de communiquer ; 
- L’impact : Ce type d’étude vise à évaluer les retombées d’une campagne de communication 
d’un client sur le Web. Elle s’appuie principalement sur des données quantitatives ;
37 
- Le trends (analyse de tendances) : Ce type d’études vise à comprendre la perception qu’une 
ou plusieurs communautés en ligne ont d’un type de produit, comme le parfum, le chocolat 
ou encore l’hôtellerie ; 
Au coeur de l’approche de Linkfluence se trouve une méthodologie centrale qui est celle de 
l’écologie du Web (Fouetillou 2007). Pour Linkfluence, le Web peut être perçu comme un 
écosystème (ibid.). Cette métaphore sert avant tout à appréhender la complexité de l’environnement 
numérique et des éléments qui le composent et qui sont en interaction : sites web, blogs, 
plateformes, réseaux sociaux numériques, liens hypertextes, internautes, algorithmes, données etc. La 
notion d’écologie du Web prend alors tout son sens : Linkfluence vise à étudier les relations entre 
ces éléments et de comprendre comment ils entrent en interaction entre eux et avec leur 
environnement numérique. Comme le souligne Jean-Christophe Plantin citant Franck Ghitalla 
(2002), le Web est en effet un « constitué de documents possédant une topologie qu’il est possible 
de visualiser et d’analyser » (Plantin 2013, p. 229). Les travaux de Jacomy et Ghitalla (2007) ont 
permis une représentation schématique de la structure du Web. Celle-ci serait articulée autour de 
trois couches interconnectées : 
Figure 5 - Les trois couches du Web selon Ghitalla et Jacomy (2007) 
- La « couche la plus visible » : composée de sites web et plateformes tels que Google, 
Amazon, Wikipedia, SNCF etc. ; 
- La « couche intermédiaire » : il s’agit de la couche explorée par Linkfluence dans le cadre 
de ses analyses d’écosystèmes. Elle est composée d’agrégats et de communautés en lignes. 
Comme le souligne Le Béchec (2011), la notion d’agrégats « qualifie les sites web connectés 
et traitant d’une même thématique », elle peut être résumée par l’aphorisme : « Qui se 
ressemble se connecte » (Ghitalla et Jacomy 2007, p. 4) ;
38 
- La « couche profonde » : parfois qualifiée de Web invisible, il s’agit principalement des 
bases de données ; 
Cette représentation, bien que schématique, est cohérente avec les travaux de Barabási et Albert 
(1999) concernant la répartition des liens hypertextes sur le Web selon une loi de puissance. 
Pour Guilhem Fouetillou, co-fondateur de Linkfluence, l’analyse d’un écosystème Web permet de : 
« révéler les propriétés morphologiques d’une localité du web (ensemble de 
sites en proximité tant hypertextuelle que thématique) c'est-à-dire la 
structuration hypertextuelle (partition communautaire) mais aussi de replacer 
cette localité dans son environnement (approche écologique) et d’étudier les 
principes d’organisation et d’interdépendances de la localité étudiée et de son 
environnement hypertextuel ». (Fouetillou 2007, p. 282) 
Pour ce faire, la méthodologie de Linkfluence peut être décomposée en plusieurs étapes : 
Figure 6 - Représentation schématique de la méthodologie d'écologie du Web par Linkfluence 
1. Identification des besoins du client : cette étape vise à définir les périmètres linguistiques 
& temporels de l’analyse d’écosystème ainsi qu’à permettre au client d’expliciter ses besoins 
en information et ses attentes ; 
2. Sourcing : il s’agit de créer le corpus de sites web faisant partie de l’environnement 
informationnel et réputationnel du client, à savoir : les sites qui mentionnent l’organisation, 
produit(s) ou marque (s) visés, les sites qui peuvent représenter des opportunités de 
communication pour le client et les sites qui peuvent représenter des risques pour celui-ci. La 
phase de sourcing est généralement assistée par les technologies Linkfluence, notamment : 
- Le Linkscape : un panel de sites web régulièrement mis à jour et classé par 
communautés ; 
- Le crawl exploratoire : une fois un premier corpus de sites web créé, un robot 
d’indexation va permettre d’identifier l’« environnement hypertextuel proche » de 
ce corpus (Fouetillou 2007, p. 282), à savoir les sites présents à un ou plusieurs 
clics de souris de ceux identifiés ; 
1. 
Identification 
des besoins 
2. Sourcing 3. Crawl 4. 
Cartographie 
5. Analyse & 
rédaction 
6. Rendu du 
livrable
39 
Une fois les sites identifiés, ceux-ci sont catégorisés selon les thématiques qu’ils traitent. 
3. Crawl : une fois le corpus de sites web constitué, un robot d’indexation développé par 
Linkfluence va identifier l’ensemble des liens hypertextes entrants et sortants des sites 
présents dans le corpus et ce afin de visualiser celui-ci sous la forme d’un graphe du web ; 
4. Cartographie : le fichier issu de l’indexation sera ensuite visualisé et spatialisé le logiciel de 
graphe Gephi26. Par la suite, Linkfluence réalise une visualisation interactive du graphe de 
sites web créé grâce à la technologie développée en interne. Cette visualisation fera partie du 
livrable rendu au client ; 
5. Analyse & rédaction : l’analyse est à la fois quantitative et qualitative. Il s’agit d’une 
combinaison entre analyse structurale du graphe de sites web constitué, à savoir une analyse 
des positions des sites web sur le graphe et des relations hypertextuelles existantes ou non-existantes 
entre ceux-ci (Fouetillou 2007), et une analyse netnographique, qui peut être 
définie comme « nouvelle méthode qualitative de recherche [en marketing] qui adapte les 
techniques de la recherche ethnographique à l’étude des cultures et des communautés 
émergeants à travers les communications médiées par ordinateurs »27 (Kozinets 2002, p. 2). 
6. Rendu du livrable : restitution du livrable au client et présentation orale des résultats de 
l’étude 
Comme nous l’avons souligné précédemment, Linkfluence réalise au sein de ses études une 
identification des sites web influents. L’étape du crawl (étape 3 de la figure 5) permet, outre 
l’identification de liens hypertextes entrants et sortants des sites du corpus, d’appliquer à ces derniers 
plusieurs métriques issues de l’analyse de réseaux sociaux de manière automatisée. Les principales 
métriques utilisées sont : 
- Degré entrant : les liens hypertextes étant dirigés, il s’agit du nombre de liens, ou arcs, 
pointant vers un noeud (site web) ; 
- Degré sortant : nombre de liens hypertextes sortant d’un site web ; 
- Degré : somme des liens hypertextes entrants et sortants ; 
- Linkfluence Score (ou score d’influence) : calcul d’autorité basé sur le nombre de liens 
entrants d’un site. Il s’agit du score utilisé pour identifier des sites influents. 
26 http://gephi.org 
27 « [a] new qualitative research methodology that adapts ethnographic research techniques to the study of cultures and communities emerging 
through computer-mediated communications. » - Kozinets 2002, p. 2
40 
Il convient de s’attarder sur la notion d’autorité sur le Web. Celle-ci est souvent définie comme 
le « pouvoir d’agir sur autrui »28. Comme le souligne Camille Alloing sur son blog, « Lorsque l’on 
parle d’autorité sur le web, on fait souvent référence à l’autorité cognitive (relation d’influence sur la 
pensée de quelqu’un) ou l’autorité de l’expertise liée à la crédibilité d’un individu ou d’une 
ressource »29. Il poursuit « Pour schématiser, l’autorité est la pertinence, la crédibilité dans un 
domaine particulier que confère un individu à une source web »30. Si plusieurs chercheurs ont 
travaillés sur la notion d’autorité sur le Web, tels qu’Evelyne Broudoux et l’autorité informationnelle 
(2007), Camille Alloing et l’autorité réputationnelle (2013), Louise Merzeau et l’autorité sur Twitter 
(2013) ou encore Dominique Cardon et le PageRank (2013), nous allons nous focaliser sur la notion 
d’autorité en analyse de réseaux, puisque le Linkfluence Score en est un dérivé. 
Dans le domaine de l’analyse de réseaux, la notion d’autorité peut être ramenée aux travaux de 
Jon Kleinberg (1999) qui a créé, l’algorithme HITS (Hyperkinked-Induced Topic Search). Celui-ci est 
parfois considéré comme un précurseur du PageRank de Google. L’algorithme HITS permet 
d’identifier, au sein d’un graphe de pages web, des hubs et des autorités (authorities). Les autorités sont 
des pages recevant de nombreux liens hypertextes entrants, ce qui permettrait, selon Jon Kleinberg, 
d’évaluer la qualité du contenu de celles-ci. Plus une page aura de liens entrants, plus celle-ci aura un 
score d’autorité élevé. Les hubs, quant-à-eux, désignent les pages web pointant vers de plusieurs 
pages à forte autorité. Comme le souligne Kleinberg, autorités et hubs entretiennent une « relation de 
renforcement mutuel » puisque : « un bon hub est une page qui pointe vers plusieurs bonnes 
autorités ; une bonne autorité est une page qui est pointée par plusieurs bons hubs »31 (Kleinberg 
2006, p. 611) 
Afin d’identifier un site Web ou un blog influent, Linkfluence utilise généralement plusieurs 
critères qui permettent de sélectionner les sites a priori, à savoir au moment de la constitution du 
corpus (étape 2 de la figure 5) : 
- La cohérence avec les besoins de l’organisation ou de la marque ; 
- La cohérence avec les thématiques sur lesquelles une marque ou une organisation souhaite 
communiquer ; 
28 http://www.cnrtl.fr/definition/autorite 
29 http://caddereputation.over-blog.com/article-pourquoi-mesure-t-on-la-notoriete-sur-le-web-mais-rarement-la-reputation- 
85808652.html 
30 Ibid. 
31 « Hubs and authorities exhibit what could be called a mutually reinforcing relationship: a good hub is a page that points to 
many good authorities; a good authority is a page that is pointed to many good hubs. » Kleinberg, p. 611
41 
- La cohérence avec l’audience ou les audiences visées ; 
- Le type de contenus publiés et l’engagement qu’ils génèrent ; 
- L’activité : rythme de publications, interactions avec les internautes à travers les 
commentaires ; 
- L’existence de profils sociaux liés à un site ou un blog : si il possède une audience importante 
sur Twitter, Facebook, Youtube, Instagram et autres médias sociaux, sa capacité à diffuser 
du contenu auprès de nombreux internautes représente un enjeu important ; 
Une fois le graphe de sites réalisé, à savoir après le crawl (étape 3 de la figure 5) et le calcul du 
Linkfluence Score par le robot d’indexation, les chargés d’études et de veille réalisent un filtrage des 
sites selon leur score d’influence. Ce afin d’identifier les sites considérés comme les plus influents et 
de les mettre en avant dans les études réalisées pour les clients. La méthode de Linkfluence pour 
identifier des influenceurs est donc à l’opposé de celles proposées par des outils tels que Klout, 
PeerIndex, ou Kred : 
Approche de Linkfluence 
Approche des principaux outils d’identification 
d’influenceurs 
Outils & algorithmes propriétaires 
Outils & algorithmes propriétaires 
Score d’influence basé sur l’autorité d’une source 
Score d’influence basé sur un algorithme « boîte noire » 
Le calcul du score d’influence ne prend en compte que les 
métriques structurales (nombre de liens entrants) 
Le calcul du score d’influence vise à mettre sur une même 
échelle les métriques provenant de différents médias 
sociaux (Facebook, Twitter, Instagram, LinkedIn etc.) 
Un corpus de sources est créé selon le contexte et selon 
les clients 
Une base de données unique de sources est utilisée pour 
tous les clients 
Un influenceur est un document Web : site Web, un blog, 
un profil social etc. La présence numérique d’un individu 
ou d’une organisation (ensemble de ses profils sociaux, 
sites et blogs) n’est pas unifiée. 
Un influenceur est évalué selon la commensuration de ses 
l’identités calculées (à travers différents profils sociaux) et 
donc, in fine, d’une partie de sa présence en ligne. 
Approche mêlant méthode quantitative (analyse 
structurale) et méthode qualitative (netnographie) 
Approche quantitative (analyse structurale, 
commensuration)
42 
La notion d’influence est contextuelle et 
contextualisée : Le score d’influence dépend de la 
thématique étudiée & de la position d’une source au sein 
d’un réseau, deux paramètres définis en amont de l’étude 
selon les besoins d’un client. 
L’influence est globale et décontextualisée : le score 
d’influence résulte de la commensuration de profils 
sociaux classés selon des thématiques. 
Tableau 2 - Comparaison entre l'approche de Linkfluence et celle des outils d'identification d'influenceurs sur le web 
Les deux approches comparées dans le tableau précédent peuvent être résumées de la manière 
suivante : 
- L’influenceur sur le Web, ou leader d’opinion, n’existe pas en soi, il s’agit d’une 
construction dépendant du contexte, des thématiques et des besoins d’une organisation : 
approche de Linkfluence ; 
- L’influenceur sur le Web existe en soi et ses capacités sont quantifiables, il suffit de 
l’identifier : approche des outils Klout, PeerIndex, Kred etc. 
Sans porter de jugement de valeur sur la pertinence ou non des deux approches, nous tenons à 
souligner que la première approche est celle qui a été retenue dans le cadre de l’étude de cas du 
présent mémoire. 
c. La construction des leaders d’opinion 
L’identification de leaders d’opinion sur le Web, telle que nous allons la développer au fil de 
ce mémoire, découle davantage d’une construction que d’une réelle identification. Pour ce faire, 
nous nous basons sur les travaux d’Alloing et Haikel-Elsabeh (2012) qui postulent que « le statut de 
leader d’opinion doit être un construit de l’entreprise voulant se reposer sur celui-ci pour développer 
sa stratégie marketing ou de communication sur le web, en fonction de ses objectifs et attentes ». Les 
auteurs définissent le leader d’opinion sur le web comme : 
« [Un] internaute développant une certaine expertise sur un sujet donné, 
expertise reconnue par sa capacité à diffuser et médiatiser des contenus et 
avis répondant à certains questionnements. De plus, le leader d’opinion diffuse 
de l’information aux membres de son réseau ou à son public, informations 
dont le filtrage permet ainsi à ce public non seulement de construire une 
opinion sur un sujet donné […], mais aussi de renforcer aux yeux de ce public 
la crédibilité du leader qui démontre ainsi sa capacité à connaitre de
43 
manière précise un sujet, et à se positionner comme ressource sur celui-ci. 
» (Alloing et Haikel-Elsabeh 2012, p.7) 
Trois éléments nous semblent important à retenir de cette définition, à savoir : 
- Le leader d’opinion sur le Web possède une expertise sur une thématique. 
Pour les auteurs, cette expertise est liée à la capacité au leader d’opinion de mettre en 
visibilité ces informations et ses contenus pour un public & des requêtes formulées 
sur un moteur de recherche ; 
- Le leader d’opinion collecte et diffuse de l’information qu’il met à disposition de 
son réseau et de son audience (invisible ou non) ; 
- Il existe une relation de co-construction entre le leader d’opinion, qui diffuse de 
l’information au public, et le public qui va renforcer la crédibilité du leader 
d’opinion ; 
Dès lors, comment identifier un leader d’opinion ? Alloing et Haikel-Elsabeh (2012) proposent 
trois approches complémentaires : 
- Approche structurelle : compréhension du contexte, de la thématique, du sujet, selon les 
besoins de l’organisation & analyse de réseaux sociaux (positionnement de l’internaute au 
sein d’un réseau) ; 
- Approche énonciative : capacité de l’auteur (internaute) à être reconnu comme crédible ou 
fiable selon différents critères ; 
- Approche informationnelle : interactions suscitées par la diffusion de contenus par 
l’internaute ; 
L’identification de leaders d’opinion peut être donc perçue comme une construction faite par 
l’organisation selon ses besoins et ses attentes, mais surtout ses objectifs. Alloing et Haikel-Elsabeh 
(2012) en distinguent quatre : faire connaître, faire voir, faire partager, faire réagir. 
Les auteurs proposent également une série d’indicateurs formalisés dans une matrice. Celle-ci ne 
sera pas présentée intégralement, mais elle sera adaptée à l’étude de cas que nous avons traitée dans 
le cadre de nos recherches, à savoir : l’identification de leaders d’opinion sur les droits des personnes 
lesbiennes, gaies, bisexuelles et transgenres (LGBT) sur le Web.
44 
Chapitre 2 - Cas d’étude : identification de potentiels 
leaders d’opinion en ligne dans le domaine des droits 
LGBT
45 
Introduction au chapitre 2 
Le présent chapitre a pour but de présenter le travail de recherche réalisé dans le cadre de ce 
mémoire de Master 2. Ce dernier vise à étudier la notion d’influence sur le web, et plus 
particulièrement la notion de leader d’opinion, tout en se basant sur un terrain de recherche 
spécifique que sont les droits des personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles et transgenres (LGBT) sur 
le Web. 
Le travail de recherche effectué n’a pas pour but de questionner les concepts de genre tel 
qu’étudié par les gender studies, ni de sexualité, d’homosexualité, de transsexualité. Il vise 
principalement à comprendre comment, sur le web, l’information et la revendication des droits 
LGBT se constitue. Pour ce faire, nous avons réalisé une étude de cas centrée sur l’analyse de 
l’écosystème informationnel de la plateforme Equaldex.com, créée par l’américain Dan Leveille. Le 
but de cette plateforme est de fournir aux internautes des informations concernant l’évolution des 
droits des personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles et transgenres dans le monde (que nous 
nommerons « droits LGBT » par la suite). 
Les droits LGBT sont inégaux dans le monde. Cette expression désigne, de manière non 
exclusive, un ensemble de droits : 
- Le droit d’avoir un rapport sexuel avec une personne du même sexe ; 
- La reconnaissance juridique des couples de même sexe, voire le droit au mariage entre deux 
personnes du même sexe ; 
- Le droit pour les couples à l’adoption ; 
- L’interdiction des discriminations vis-à-vis des personnes LGBT ; 
- La reconnaissance légale du changement de genre ; 
- Le droit pour les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (Men having Sex with 
Men, ou MSM) de donner leur sang ; 
Cette liste est non-exhaustive. En 2013, la France a connu un tournant particulier dans ce 
domaine puisque les personnes homosexuelles ont obtenu le droit de se marier et d’adopter des 
enfants. Pourtant, les personnes homosexuelles n’ont pas le droit de donner du sang. Aux Etats- 
Unis, à qui l’on doit l’« American gay way of life » selon Frédéric Martel (2013, p. 20), le mariage ente 
deux personnes du même sexe (same-sex marriage) n’est pas généralisé dans tous les Etats du pays. Le 
terme « gay » est ici utilisé comme synonyme d’homosexuel et comprend à la fois les dimensions 
sexuelles, sociales et culturelles (ibid.).
46 
Pour Frédéric Martel, il existe une « mondialisation de la question gay » (ibid.), fortement 
influencée par les Etats-Unis, mais qui ne se réduit pas à une uniformisation. Au contraire, l’auteur 
souligne que chaque pays possède ses spécificités tant au niveau des droits LGBT, que des pratiques, 
des cultures. L’appropriation de l’espace par les personnes LGBT dépend également des spécificités 
des pays et des villes, comme le souligne Martel (ibid.). Pour l’auteur il y a ainsi un « Global Gay » 
(une culture gay globale, mondialisée) et des « Local Gay » (des cultures et pratiques gay variant selon 
les singularités locales). L’importance des spécificités locales se retrouve également dans la notion de 
communauté LGBT. Cette expression est souvent utilisée dans les médias pour parler des personnes 
lesbiennes, gaies, bisexuelles et transgenres mais Martel souligne également l’existence des 
« communautés LGBT » nationales et locales (ibid. p. 21). 
La question des droits LGBT dans le monde est portée par de nombreux acteurs, tant à l’échelle 
internationale à l’image de l’ONU et de sa campagne Free & Equal32, qu’à l’échelle nationale et locale, 
grâce à des associations, organisations non-gouvernementales, syndicats et autres réseaux. Pour 
Frédéric Martel (2013), « partout de nouveaux acteurs […] les activistes LGBT ne sont pas les seuls à 
mener la bataille : des patrons de start-up et des gérants de cafés, des avocats, des journalistes, des 
animateurs de télévision, des diplomates, des artistes et des milliers d’anonymes agissent » en faveur 
de la reconnaissance des droits LGBT à travers le monde (p. 21). Pour l’auteur, la culture gay est 
devenue mainstream, ou grand public et les « droits des gays au niveau international sont en train de 
devenir une question des droits de l’homme » (ibid. p. 23) et Internet et le web joueraient un rôle 
crucial dans ces transformations. 
32 https://www.unfe.org
47 
I. Présentation d’Equaldex en trois points 
S’il y a bien un élément qui a motivé l’orientation de ce mémoire de fin d’études, c’est la 
découverte du site Equaldex. C’est pourquoi celui-ci est au centre de notre travail de recherche. Pour 
mieux comprendre la nature de ce site web et ses objectifs, nous proposons de l’analyser sous trois 
formes : site d’information, lieu de synchorisation réticulaire & site en quête de notoriété sur le web. 
a. Equaldex : un site d’information sur les droits LGBT 
Equaldex.com a été créé par Dan Leveille en 2009 sous 
le nom d’Equalitopia mais son lancement officiel a été 
initié en 2014. Il s’agit d’une « base collaborative de 
connaissance qui crowdsource les droits LGBT (lesbiens, 
gays, bisexuels et transgenres) par pays et par 
régions »33. Le terme crowdsourcing utilisé par Equaldex 
est un néologisme anglais provenant des mots crowd (la 
foule) et outsourcing (externalisation). Pour Brabham, le 
crowdsourcing désigne un modèle distribué & en ligne de 
résolution de problème et de production. 
Dans le cadre de la plateforme Equaldex, le crowdsourcing 
Figure 7 - Capture d'écran du site Equaldex 
se situe à plusieurs niveaux : 
- Les contributeurs d’Equaldex, des internautes volontaires, complètent les données34 
concernant l’état d’avancement des droits LGBT dans le monde ; 
- Les modérateurs d’Equaldex, des contributeurs désignés par Dan Leveille, peuvent 
également compléter les données concernant les droits LGBT dans le monde, mais leur 
mission principale est de vérifier la véracité des données déjà présentes sur le site ; 
Afin de rendre les données collectées par les contributeurs et les modérateurs intelligibles, 
Equaldex est axé autour de la visualisation de données statistiques. Le site permet ainsi aux visiteurs 
de visualiser l’état des droits LGBT dans le monde par le biais d’une représentation cartographique 
33 Description (traduite) du site en bas de page : http://equaldex.com 
34 Par donnée, nous entendons un élément d’information manipulable indépendamment de sa signification, tel que 
définit par Philippe Baumard (1991), cité par Moinet, N., 2011, Intelligence économique : Mythes et réalités, CNRS, Paris, 188 p.
48 
(cf figure 7), mais aussi d’une frise chronologique permettant de visualiser les changements de lois de 
1944 à nos jours : 
Figure 8 - Capture d'écran d'Equaldex - Frise chronologique des droits LGBT à travers le temps 
Dans un entretien par e-mail avec le créateur du site, Dan Leveille, celui-ci expliquait la 
genèse du projet et ses objectifs : 
« J’ai réalisé qu’il manquait une ressource unique et exhaustive à propos des lois 
en faveur des LGBT, donc j’ai décidé de créer un site simple qui montrerait une 
carte des droits LGBT dans le monde. Puis j’ai réalisé l’ampleur du projet et je 
savais que le seul moyen de le faire correctement serait d’en faire un site 
crowdsourcé. […]. 
Le but d’Equaldex est de devenir une ressource exhaustive pour tout ce qui est 
lié au mouvement des droits LGBT. J’ai toujours aimé les données et je pense 
que l’on peut vraiment renforcer nos arguments en les utilisant. Grâce aux 
données, les gens peuvent voir les choses d’une manière différente. Mon but en 
construisant Equaldex était d’aider à illustrer le mouvement des droits LGBT de 
manière encore plus visuelle. Equaldex a aussi pour but d’éclairer les zones 
sombres du monde. Très souvent, les gens ne pensent pas vraiment de manière 
globale et ils n’ont pas pris conscience que dans de nombreux pays on peut être 
tué car l’on est gay. »35 
Si Dan Leveille cherche à faire d’Equaldex un site de référence concernant l’information sur 
les droits LGBT, nous tenons également à analyser ce site en tant que lieu de synchorisation 
réticulaire. 
35 Traduction. Voir annexe pour l’intégralité de la correspondance.
49 
b. Equaldex : Un lieu réticulaire de synchorisation 
Un élément distinctif d’Equaldex, par rapport à d’autres sites d’information sur les droits 
LGBT, tels que celui de Human Rights Watch36, celui de l’American Civil Liberties Union37 ou 
encore des médias LGBT tels que Pink News38, c’est son fonctionnement basé sur le crowdsourcing. 
En prenant en compte la dimension controversée de cette pratique, notamment pour des raisons 
éthiques (voir par exemple Harris 2011), Equaldex nous apparaît néanmoins comme un véritable lieu 
réticulaire de synchorisation. 
Qu’est-ce qu’un lieu réticulaire de synchorisation ? Cette expression provient des travaux du 
géographe Boris Beaude (2012, 2013). Afin de la définir, il convient tout d’abord de comprendre ce 
que veulent dire : 
- La notion de lieu : il s’agit d’un « espace au sein duquel la distance n’est pas pertinente » 
(ibid., p. 250) ; 
- La notion de lieux réticulaires : ils désignent des « lieux de l’information et de la 
communication, mais aussi de coexistence, des lieux capables de créer un espace commun 
lorsque l’étendue des lieux territoriaux devient trop contraignante » (ibid., p. 63). Pour 
l’auteur, Internet ou encore le web sont des lieux réticulaires ; 
- Le concept de synchorisation : Néologisme formé de syn (commun) et chôra (espace 
existentiel), la synchorisation désigne « [le] processus social qui consiste à se donner un 
espace commun pour être et agir. » Pour l’auteur, « l’interaction suppose la synchorisation » 
(ibid., p. 250). Il oppose d’ailleurs la synchorisation à la synchronisation, qui désigne un 
« processus social qui consiste à se donner un temps commun pour être et agir » (ibid., p. 
250); 
Equaldex, en tant que site web collaboratif d’information sur les droits LGBT, apparaît comme 
un lieu réticulaire de synchorisation. En effet, les internautes-contributeurs provenant de différents 
pays partagent un même espace (le site www.equaldex.com), ils ont un profil sur la plateforme 
(l’« être » évoqué par Beaude, p. 250) et ils agissent en contribuant à l’alimentation de la base de 
données et à la vie du site : 
36 http://www.hrw.org/topic/lgbt-rights 
37 https://www.aclu.org/lgbt-rights 
38 http://www.pinknews.co.uk/2013/09/05/what-do-lgbt-people-living-each-of-the-g20-countries-face/
50 
Figure 9 - Capture d'écran d'Equaldex - Un lieu réticulaire de synchorisation 
La figure ci-dessus vient compléter l’analyse d’Equaldex en tant que lieu réticulaire de 
synchorisation. La page dont la figure est extraite est celle des changements et discussions récents. 
Celle-ci met en avant le fait qu’Equaldex n’est pas un espace de synchronisation, dans la mesure où 
les contributeurs ne sont pas obligés d’agir dans un temps commun, mais bien un lieu de 
synchorisation qui permet des actions asynchrones. Les contributeurs peuvent ainsi alimenter la base 
de données et l’éditer lorsqu’ils le souhaitent. 
Equaldex est un lieu où s’opèrent, dans une certaine mesure, des coopérations faibles. Pour 
Aguiton et Cardon (2007), se basant notamment sur les recherches de Benkler (2006), la notion de 
coopérations faibles désigne la formation individualiste de liens entre des individus dans une logique 
de coopération : il s’agit d’un mélange d’individualisme et de solidarité qui serait caractéristique des 
communautés en ligne. Dans le cadre d’Equaldex, cette notion revêt un intérêt particulier : les 
contributeurs ne se connaissaient pas forcément avant d’oeuvrer ensemble pour l’alimentation de la 
base de données, il n’existait pas de « communauté Equaldex » avant la création du site. Pourtant, la 
vie de la plateforme représente un intérêt commun pour ce collectif de personnes. Pour reprendre 
Aguiton et Cardon (2007), les liens interpersonnels entre les contributeurs se créent au fur et à 
mesure des contributions et des discussions 
c. Equaldex : Un site en quête de notoriété ? 
Equaldex est également un site web en quête de notoriété. Le CNRTL définit la notion de 
notoriété comme le « caractère de ce qui est connu ou constaté par un grand nombre de 
personnes »39. Pourtant, comme le souligne Bourre et Surraud (1995.), la notoriété s’accompagne 
d’une connotation méliorative : il s’agit de se faire connaître de manière positive. Comme le souligne 
Alloing (2013), la notoriété relève de l’identité de marque, c’est à dire « la faculté à voir un 
produit/service gagner en notoriété tout en restant en adéquation avec le message voulue par 
l’organisation (donc avantageux) » (p. 220). 
39 http://www.cnrtl.fr/definition/notori%C3%A9t%C3%A9
51 
Pour Dan Leveille, le manque de notoriété d’Equaldex apparaît comme un réel problème : 
« Toucher une audience importante est mon plus gros problème concernant 
Equaldex. Je pense que le produit est arrivé à un stade de développement décisif 
– il y aurait tellement de choses que j’aimerais y ajouter, mais je n’ai pas 
l’impression qu’il lui manque quelque chose de majeur pour le moment. Les gens 
adorent le site, mais il n’obtient pas la couverture médiatique que je souhaiterais. 
Ça se ramène aussi au temps et aux efforts que je mets dans la vie d’Equaldex : 
j’essaie de passer du temps à construire et améliorer le site, ce qui me laisse peu 
de temps pour les relations presse. Si j’avais plus de temps, j’enverrais des 
emails et des tweets à des journalistes tous les jours, ce qui peut s’avérer être 
assez efficace. Si je pouvais juste identifier quelques blogs orientés LGBT ou 
technologie majeurs, je pense que le site pourrait vraiment décoller. »40 
L’accroissement de la notoriété d’Equaldex apparaît comme cruciale pour Dan Leveille. Dès 
lors, quelles actions mettre en place ? Nous proposons, dans un premier temps, de réaliser un graphe 
de sites web traitant des droits LGBT afin de cartographier l’écosystème informationnel d’Equaldex, 
puis d’analyser celui-ci afin d’identifier les sites web les plus importants du graphe. Enfin, nous 
montrerons comment il est possible de contacter ces sites afin de leur faire connaître Equaldex. 
II. Structuration de l’écosystème informationnel d’Equaldex 
Notre travail de recherche vise à identifier de potentiels leaders d’opinion au sein de l’écosystème 
informationnel d’Equaldex. Pour ce faire, nous avons choisi de réaliser une visualisation de graphe 
de sites web francophones et anglophones liés aux droits LGBT. 
Pour rappel, nous retiendrons la définition d’Alloing et Haikel-Elsabeh du leader d’opinion qui 
« pris au sens de « diffuseur » est un amplificateur potentiel de la transmission de ce message. » Il 
s’agit dès lors d’une « source de diffusion et médiatisation sur le web plus que d’influence » (2012, p. 
10). Dans le cadre de notre travail, cette source de diffusion pourra être : un site web, un blog, un 
profil Twitter, un profil Youtube, un portail d’information ou encore un forum. 
40 Traduction. Voir annexe pour l’intégralité de la correspondance.
52 
Deux hypothèses viennent appuyer notre travail de recherche. Premièrement, nous 
supposons que le graphe de sites web réalisé par nos soins sera un réseau invariant d’échelle, à savoir 
que la répartition des liens hypertextes suivra une loi de puissance. 
Nous supposons également qu’Equaldex, en tant que site web récent (lancement officiel en 
2014), s’inscrit dans un processus d’attachement préférentiel (Barabási 2003), à savoir qu’il pointe ses 
liens hypertextes vers des sites de référence concernant les droits LGBT, ce qui contribue à 
renforcer la centralité de ces derniers. 
a. Définition des besoins d’Equaldex & leur déclinaison en 
indicateurs 
Dan Leveille souhaite voir la notoriété d’Equaldex croître. Pour ce faire, il souhaiterait 
contacter des journalistes et des blogs « majeurs » sur les questions LGBT afin de leur présenter 
Equaldex et, in fine, faire connaître le site aux audiences de ces blogueurs et journalistes. Afin de 
décliner ces besoins en indicateurs, nous nous appuierons sur matrice de détection des leaders 
d’opinion sur le web telle que formalisée par Alloing et Haikel-Elsabeh en 2012. Les auteurs 
proposent d’identifier les caractéristiques structurelles, énonciatives et informationnelles du potentiel 
leader d’opinion. 
Dans le cadre d’un objectif de notoriété, ici faire connaître Equaldex, nous avons adapté la 
matrice de la manière suivante : 
Faire connaître Faire connaître Equaldex 
Caractéristiques 
structurelles 
Volume de contacts (centralité de degré) ; 
Visibilité des profils/sources sur les moteurs de 
recherches ; 
Présence de liens faibles ; 
Maillage conséquent des sources d’expression ( 
Comparaison des scores de : 
Centralité de degré 
Centralité eigenvector41 
Volume de liens entrants (autorité) 
Caractéristiques 
énonciatives 
Notoriété du leader (cf critères d’expertise) ; 
Volume et rythme de production de contenus ; 
Nature de la source (ie. Potentiel leader 
d’opinion) : privilégier médias & blogs 
Langue de publication (anglais / français) 
Notoriété de la source 
Volume et rythme de production de contenus ; 
Caractéristiques 
informationnelles 
Volume de reprises moyen des 
contenus/informations diffusés 
Volume de reprises moyen des 
contenus/informations diffusés 
41 Centralité eigenvector : « mesure de quelle manière un noeud est connecté aux autres sommets fortement connectés du 
graphe » (Drevelle 2013) - http://groupefmr.hypotheses.org/2324
53 
Tableau 3 - Principaux indicateurs pour l'identification de potentiels leaders d'opinion pour Equaldex 
b. Constitution du corpus de sites web 
La constitution du corpus de sites web, ou sourcing, est au coeur de la réalisation du graphe. Il 
a été important de définir, en amont de notre travail, de définir les principaux critères essentiels à la 
réalisation de celui-ci. 
Que chercher à collecter ? Nous nous intéressons à la question des droits LGBT. Cette 
thématique est traitée par de nombreux acteurs sur le web et ce à l’échelle internationale : ONG, 
associations & syndicats engagés dans la défense des droits LGBT (advocacy), journalistes, blogueurs, 
microblogueurs (Twitter, Tumblr) ou encore par des vlogueurs (sur Youtube par exemple). 
Quels types de sources collecter ? Nous nous sommes focalisés, dans le cadre de notre 
travail, sur : les blogs, médias en ligne, sites web & profils sociaux d’internautes ayant explicitement 
défendu les droits LGBT au cours des 6 derniers mois. 
Quels périmètres choisir ? Le choix des périmètres de sourcing apparaît également comme 
structurant pour la réalisation du graphe de sites web. Comme nous l’avons souligné précédemment, 
la question LGBT s’est étendue à l’échelle mondiale. Dès lors, nous avons pris le parti de nous 
intéresser au web anglophone et au web francophone et de restreindre nos recherches aux sources 
françaises, nord-américaines (principalement les Etats-Unis), anglo-saxonnes & australiennes. 
Quelle catégorisation des sources ? Toute typologie d’acteurs lors de la réalisation d’une 
cartographie du web fait appel à la subjectivité du cartographe, malgré les tentatives d’objectivation 
de ce dernier (Plantin 2013). La typologie utilisée dans le cadre de ce travail de recherche est avant 
tout le résultat d’une construction. 
Critères de sélection des sites Exemples 
Types d’acteurs 
ONG, associations, syndicats, journalistes, blogueurs, éditeurs de sites web, vlogueurs 
& microblogueurs étant engagé dans la défense des droits LGBT 
Types de sources 
Blogs, médias en ligne, profils sociaux (Twitter, Youtube), pages Facebook, sites, 
communautés en ligne (forums & réseaux socionumériques dédiés) 
Périmètre linguistique 
Francophone & anglophone 
Périmètre géographique 
Sources françaises 
Sources américaines, et principales sources canadiennes, anglo-saxonnes, australiennes 
Catégorisation 
Catégorisation sur deux niveaux (séparés par un signe slash ci-dessous) : 
Langue/type d’acteur (ou de source) 
Les principaux types de sources retenues sont :
54 
- LGBT Advocacy 
- LGBT Blog 
- LGBT Media 
- LGBT Website 
- LGBT forum 
- LGBT Youtuber 
- Civil rights (Le mouvement des Civil Rights aux Etats-Unis est fortement lié 
au mouvement LGBT comme souligné par la documentariste Yoruba 
Richen42) 
Enfin, le site Equaldex, le blog éponyme et ses différents profils sociaux sont 
regroupés dans la catégorie Equaldex/Equaldex 
Tableau 4 - Principaux critères retenus pour la création du graphe de sites web 
c. Quel statut donner aux liens hypertextes ? 
Si l’analyse de réseaux sociaux cherche généralement à comprendre les relations sociales 
entre des individus, notre travail de recherche est sensiblement différent. Dans ce cadre, notre 
graphe sera composé de sources web (sites, blogs, profils sociaux) reliés entre eux par des liens 
hypertextes. Cependant, les liens hypertextes sont équivoques, complexes et nécessitent d’être 
expliqués car, comme le souligne Le Béchec citant Kleinberg, « le web est un corpus hypertexte, 
complexe et qui augmente » (Le Béchec 2010, p. 258). 
Afin de mieux comprendre la notion de lien hypertexte, nous allons l’analyser par le biais des 
deux personnalités : Tim Berners-Lee (1997), considéré comme le principal inventeur du World 
Wide Web en 1989 et Pierre Lévy (1990). Tout d’abord, pour Tim Berners-Lee (1997), un lien 
hypertexte partant d’une page web A vers une page web B ne signifie en aucun cas que : 
- La page web A soutient la page web B ; 
- La page web A a été créée par l’auteur de la page web B ; 
- La page web B fait partie de la page web A ; 
Dans cette logique, Pierre Lévy a émis en 1990 des principes qu’il nous semble pertinentes de 
souligner concernant les liens hypertextes et le web (p. 30-31) : 
42 Vidéo en ligne : 
http://www.ted.com/talks/yoruba_richen_what_the_gay_rights_movement_learned_from_the_civil_rights_movement
55 
1. Principe de métamorphose : « Le réseau hypertextuel est sans cesse en construction et en 
renégociation. Il peut rester stable un certain temps, mais cette stabilité est elle-même le fruit 
d’un travail » ; 
2. Principe d’hétérogénéité : « Les noeuds et les liens d’un réseau hypertextuel sont 
hétérogènes » ; 
3. Principe de multiplicité et d’emboîtement d’échelles : « L’hypertexte s’organise sur un 
mode « fractal », c’est à dire que n’importe quel noeud ou n’importe quel lien, à l’analyse, peut 
lui-même se révéler composé de tout un réseau, et ainsi de suite, indéfiniment, le long de 
l’échelle des degrés de précision » ; 
4. Principe d’extériorité : « Le réseau ne possède pas d’unité organique, ni de moteur interne. 
Sa croissance, et sa diminution, sa composition et sa recomposition permanente dépendent 
d’un extérieur indéterminé : adjonction de nouveaux éléments, branchements sur d’autres 
réseaux, excitation des éléments terminaux (capteurs), etc. » 
5. Principe de topologie : « Dans les hypertextes, tout fonctionne à la proximité, au voisinage. 
[…] Il n’y a pas d’espace universel homogène où les forces de liaison et de déliaison, où les 
messages pourraient circuler librement. […] Le réseau n’est pas dans l’espace, il est l’espace » 
6. Principe de mobilité des centres : « Le réseau n’a pas de centre, ou plutôt, il possède en 
permanence plusieurs centres qui sont comme autant de pointes lumineuses perpétuellement 
mobiles […] » 
Ces principes posés en 1990 par Pierre Lévy peuvent sembler parfois métaphoriques mais 
présentent de nombreuses similarités avec les travaux de Barabási et Albert (1999) et Barabási 
(2003). Ces six principes permettent de mieux interroger notre démarche. Les principes de 
métamorphose du réseau hypertextuel, de multiplicité et d’extériorité, accentuent la difficulté de 
notre travail de recherche. En effet, il nous est important de souligner que nous ne pouvons 
prétendre à l’exhaustivité en travaillant sur un réseau hypertextuel composé de sites francophones et 
anglophones sur les droits LGBT. La création du corpus a dû faire l’objet d’une sélection a priori 
(définition de critères en amont) et a posteriori (éliminations par itération). 
Quel statut donner aux liens hypertextes sur le web ? A la vue des travaux réalisés par Le 
Béchec (2010) ainsi que Plantin (i 2013), il nous semble importer d’expliciter le sens que nous 
donnerons aux liens hypertextes au sein de notre graphe de sites web. Tim Berners-Lee (1997)
56 
souligne que « l’existence d’un lien n’est pas porteuse de signification en elle-même »43. Comme le 
souligne Plantin « les pratiques de liens entre les sites web relèvent bien d’une stratégie et non du 
hasard » (2013, p. 238). Le développement du référencement naturel (Seach Engine Optimization ou 
SEO), et plus précisément de la pratique de netlinking visant à augmenter le nombre de liens entrants 
d’un site, illustre une véritable professionnalisation des pratiques de liens hypertextes sur le web. 
L’échange de liens entre deux sites web, ou liens réciproques, est un exemple de pratique visant à 
améliorer le référencement d’un site puisque comme le souligne Le Béchec, ceux-ci « augmentent la 
proximité entre les deux sites web sur un graphe » (2010, p. 258). 
Le lien hypertexte est équivoque et sa signification dépend grandement de la réflexivité du 
chercheur et du contexte. Contrairement à Fouetillou (2007, p. 293) nous ne pensons pas que la 
stratégie de lien utilisée par les sites web (voire les acteurs) traitant des droits LGBT correspondent à 
une « stratégie explicite d’occupation de territoire ». A l’inverse, notre conception du lien hypertexte 
s’inscrit dans la continuité des Digital Methods de Rogers pour qui : « faire un lien vers un autre site, 
ne pas faire de lien ou enlever un lien, peuvent être respectivement perçus, sociologiquement et 
politiquement, comme des actes d’associations, de non-association ou de dissociation »44 (Rogers 
2013, p. 44). Cette conception du lien hypertexte ne prend pas en compte de manière directe la 
dimension professionnelle des pratiques de liens hypertextes, ce qui ne nous semble pas être un 
obstacle dans la réalisation de notre graphe de sites web. En effet, la valorisation des dimensions 
sociologiques et politiques dans le cas d’un graphe de sites web portant sur les droits LGBT nous 
apparaît comme plus pertinente. 
d. La cartographie comme processus itératif 
La réalisation de notre graphe de sites web s’est faite de manière itérative. Comme l’a 
souligné Pierre Lévy, le « réseau hypertextuel est sans cesse en construction et en renégociation » 
(1990 p. 30-31). La méthode que nous avons utilisé pour cartographier l’écosystème informationnel 
d’Equaldex et, plus largement, des droits LGBT en France et sur le web anglophone, a été inspirée 
par la lecture de plusieurs ressources sur le sujet (Jacomy et Ghitalla 2007, Plantin 2013, Venturini 
2009, Lima 2011 et Fouetillou 2007). Néanmoins nous nous devons de souligner l’importance de 
l’apprentissage réalisé au sein de Linkfluence comme ayant influencé nos réflexions, notre méthode 
43 « the existence of the link itself does not carry meaning » - http://www.w3.org/DesignIssues/LinkLaw 
44 « Making a link to another site, not making a link, or removing a link, may be viewed, sociologically or politically, as acts of association, 
non-association or dissociation, respectively »
57 
et notre analyse de la cartographie. Nous sommes également reconnaissants à Linkfluence d’avoir 
mis à notre disposition son crawler pour la réalisation de notre graphe de sites web. 
Notre cartographie a été réalisée de la manière suivante : 
2) Sourcing 
manuel 
• Identification d'un 
premier corpus de 
sources (via nos 
connaissances 
personnelles & 
utilisation de listes 
déjà constituées) 
• Nous nous sommes 
focalisés sur la couche 
intermédiaire du web 
(Jacomy et Ghitalla 
2007) 
3) Crawl 
exploratoire 
• Technologie 
Linkfluence 
• Récupération des 
sites de niveau 1 
présents dans le 
corpus initial 
• 20820 sites 
récupérés 
4) Corpus final 
(1269 sites) 
• Identification des sites 
pertinents 
• Catégorisation finale 
5) Crawl 
stabilisateur 
• Technologie 
Linkfluence 
• Récupération des 
liens hypertextes 
présents dans le 
fichier de sourcing 
final 
• 1269 sites & 12134 
liens hypertextes 
identifiés 
Figure 10 - Processus de réalisation de notre graphe de sites web sur les droits LGBT 
1) Besoins 
• Identification des 
besoins 
• Critères d'identification 
des sources 
La figure ci-dessus illustre les étapes de la réalisation de notre cartographie. En gris, les étapes 
réalisées de manières manuelles (ou du moins avec nos propres grilles de lectures et des outils 
bureautiques tels que Microsoft Excel) et en bleu clair les étapes réalisées grâce à des outils 
propriétaires (crawler Linkfluence) ou open source (Gephi). 
III. Visualisation de l’écosystème informationnel d’Equaldex 
a. Spatialisation 
Nous avons précédemment décrit la constitution du corpus de sources pour la réalisation de 
notre graphe de sites web (Figure 10 – Etapes 1 à 5). Le crawler de Linkfluence nous a permis 
d’exporter un fichier de graphe que nous avons importé au sein de l’outil de visualisation Gephi. Le 
graphe importé est orienté, à savoir que les liens sont dirigés, ce qui est caractéristique des liens 
hypertextes. Le fichier comprend 1269 noeuds (sites web ou sources) 12134 liens (liens hypertextes) 
mais, comme spécifié auparavant, nous ne prétendons pas à réaliser un graphe de sites web 
exhaustif. 
Gephi permet de spatialiser le graphe importé. Il s’agit de « donner une forme » au graphe de 
manière artificielle, comme le souligne Mathieu Jacomy45, grâce à un algorithme de spatialisation 
45 http://fr.slideshare.net/medialabSciencesPo/thorie-des-graphes-mathieu-jacomy 
6) Visualisation 
via Gephi 
• Algorithmes de 
spatialisation (Open 
Ord & Force Atlas) 
• Partition par 
catégories & choix des 
couleurs 
• Classement selon le 
score d'autorité 
(Algorithme HITS de 
Kleinberg) & choix de 
la taille des noeuds 
7) Analyse & 
restitution de la 
cartographie 
• Analyse des résultats 
• Identification de 
potentiels leaders 
d'opinion pour 
Equaldex 
• Restitution (à Dan 
Leveille & au sein de 
ce mémoire) 
• Publication de la 
cartographie sur le 
web
58 
intégré dans Gephi. Dans le cadre de notre cartographie nous avons utilisé deux algorithmes de 
spatialisation : 
- OpenOrd, algorithme généralement utilisé pour la spatialisation de graphes composés de 
plusieurs milliers de noeuds, nous a permis faciliter la spatialisation ; 
- ForceAtlas, développé notamment par Mathieu Jacomy. Il s’agit d’un algorithme propre à 
Gephi qui s’appuie principalement sur des recherches empiriques46. Il fonctionne sur un 
principe de répulsion / attraction : l’algorithme repousse les noeuds du centre vers la 
périphérie tandis que les liens attirent les noeuds entre eux. C’est d’ailleurs ce principe qui a 
orienté le développement de ForceAtlas247 (Jacomy, Heymann, Venturini et Bastian 2011) ; 
Figure 11 - Etapes de spatialisation du graphe de sites web 
La figure ci-dessus illustre les étapes de spatialisation grâce aux différents algorithmes utilisés. 
1) Etat du graphe au moment de l’importation dans Gephi : les données ne sont pas mises en formes 
et le graphe est inintelligible. 2) OpenOrd : permet de distinguer les principaux clusters du graphe, 
les noeuds se chevauchent. 3) ForceAtlas : permet de visualiser les clusters tout en empêchant le 
chevauchement des noeuds sur le graphe. 
b. Choix des signes : de la nécessité d’un travail sémiologique 
La réalisation d’un graphe de sites web, et plus particulièrement sa visualisation, implique un 
travail sémiologique de choix des signes à visualiser. Comme le souligne Plantin (2013), ce travail est 
même au coeur du processus de cartographie du web. Il s’agit de s’intéresser à la « machinerie 
sémiologique » du graphe (Ghitalla 2008, p. 2) et de définir en amont de la création de la 
cartographie un « système de signe » (Jacomy 2009). La tradition sémiologique, en tant qu’étude des 
46 https://forum.gephi.org/viewtopic.php?t=926 
47 http://webatlas.fr/tempshare/ForceAtlas2_Paper.pdf
59 
signes et des systèmes de signes, définit généralement le concept de signe comme l’union d’un 
signifiant (image sensible) et d’un signifié (concept), selon les travaux de Ferdinand de Saussure. 
Nous retiendrons néanmoins la définition du signe telle qu’elle est donnée par Klinkenberg : « le 
signe institue une certaine corrélation entre portion matérielle de l’univers et une portion 
conceptuelle de l’univers conceptuel, et, ce faisant, il structure cet univers » (2000, p. 42). Dans le cas 
de la définition du système de signe de notre cartographie, nous nous situons dans ce que 
Klinkenberg appelle la sémiologie appliquée. Celle-ci vise la « structuration de l’univers » de signes 
présents sur la cartographie (ibid., p. 42). 
Le travail sémiologique réalisé pour la visualisation de notre cartographie de sites web s’est 
articulé autour de trois éléments principaux : 
- Couleurs des noeuds : Grâce à Gephi nous avons pu assigner à chaque catégorie (cf : table 
4) des couleurs. Celles-ci ont été choisies dans afin d’éviter, dans la mesure du possible, toute 
« représentation biaisée » due aux connotations rattachées à certaines couleurs (Plantin 2013, 
p. 240) ; 
- Taille des noeuds : Nous avons pris le parti de classer les noeuds par autorité (nombre de 
liens entrants). Dès lors, plus la taille d’un noeud sera importante sur le graphe, plus celui-ci 
aura un score d’autorité important. Ce calcul s’est fait grâce à l’utilisation de l’algorithme 
HITS de Kleinberg (1999) ; 
- Spatialisation : l’orientation du graphe, la distance entre les sites et entre les clusters ainsi que 
le regroupement des sites n’ayant pas de liens hypertextes entre eux résultent d’une réflexion 
en amont couplée à l’utilisation des algorithmes de spatialisation. Néanmoins, nous sommes 
conscients que la spatialisation peut induire une représentation biaisée de la cartographie que 
nous allons développer par la suite ; 
c. Visualisation & analyse de l’écosystème informationnel 
d’Equaldex 
Le graphe de sites web réalisé, une fois les signes définis & la spatialisation choisie, a été 
représenté de la manière suivante (Voir annexe pour visualisation de meilleure qualité ou l’url 
suivante pour visualiser la cartographie avec les étiquettes de noeuds 
http://www.jbmacluckie.net/blog/lgbt-map-642) :
60 
Figure 12 - Visualisation du graphe de sites web 
Le graphe présenté ci-dessus est composé de 
1269 noeuds et 12134 liens. Au total, 13 catégories ont 
été créées afin de rendre compte de la langue & du type 
de source. 
Les sources de langue anglaise dominent le 
graphe, puisqu’elles représentent 85% de celui-ci (1081 
sites / 1269 au total). Comment expliquer ce 
déséquilibre ? 
Nous supposons que ce déséquilibre entre la répartition des sources par langues résulte de 
trois facteurs : l’étendue du mouvement LGBT aux Etats-Unis par rapport à la France, qui pourrait 
induire que le nombre de sites français sur cette question est inférieur à celui du web nord-américain. 
Aussi, le déséquilibre induit par le périmètre de notre travail de recherche (web français & web 
anglophone comprenant : Etats-Unis et principales sources du Royaume-Uni, d’Australie et du 
Canada). Enfin, les limites de notre sourcing qui s’est principalement focalisé sur le web anglophone. 
Parmi les catégories les plus présentes au sein du graphe, il est important de noter que les 
cinq catégories les plus importantes représentent 85% de la part de voix : 
Anglais 
85% 
Français 
15% 
Figure 13 - Répartition du graphe par langue
61 
Répartition des sites selon leurs catégories 
5 
1% 5 
0% 1 
543 
43% 
12 
1% 
219 
17% 
0% 
en/lgbt_advocacy en/lgbt_blog en/lgbt_media 
fr/lgbt_advocacy fr/lgbt_blog en/civil_rights 
en/lgbt_website en/lgbt_youtuber fr/lgbt_media 
en/lgbt_forum fr/lgbt_website equaldex/equaldex 
fr/lgbt_forum 
Figure 14 – Répartition des sites du graphe selon leurs catégories 
13 
1% 
152 
12% 
49 
4% 
54 
4% 
83 
7% 
52 
4% 
81 
6% 
Les cinq premières catégories en matière de nombre de sources sont celles qui vont nous 
intéresser pour l’identification de potentiels leaders d’opinion pour Equaldex. Plus précisément, 
nous nous focaliserons sur les médias & blogs LGBT en tant que diffuseurs d’informations. 
IV. Résultats & discussion 
a. Identification de potentiels leaders d’opinion 
Nous allons maintenant nous intéresser à l’identification de potentiels leaders d’opinion pour 
accroître la notoriété d’Equaldex. Pour ce faire, nous allons nous focaliser sur les blogs et médias 
traitant des droits LGBT et, plus largement, de la culture LGBT. Ce choix s’explique par les 
caractéristiques énonciatives et informationnelles de ces types de sources (Alloing et Haikel-Elsabeh 
2012). Dès lors, pourquoi avoir inclus des organisations de défense des droits LGBT, des ONG, des 
profils sociaux d’activistes, des sites web statiques et des forums ? Il s’agit d’un parti pris : nous 
avons formulé l’idée que si un blog ou un média était le récepteur de nombreux liens hypertextes 
provenant de sources diverses & d’experts des droits LGBT, celui-ci pouvait être considéré comme 
un source à forte autorité au sens de Kleinberg (1999). 
Afin d’établir une liste de potentiels leaders d’opinion, nous avons décidé comparer 
différentes métriques structurales et de comparer les dix sources ayant les scores les plus élevés selon 
les métriques suivantes : la centralité de degré (nombre de liens entrants et sortants d’un noeud), la 
centralité eigenvector (la manière dont un noeud est connecté aux autres noeuds fortement 
connectés) & l’autorité (nombre de liens entrants) :
62 
Classement selon 
le score 
Centralité de degré Centralité eigenvector Autorité 
1 advocate.com advocate.com advocate.com 
2 out.com out.com out.com 
3 glaad.org glaad.org glaad.org 
4 towleroad.com pinknews.co.uk mic.com 
5 mic.com mic.com pinknews.co.uk 
6 yagg.com washingtonblade.com yagg.com 
7 pinknews.co.uk glaad.org/blog towleroad.com 
8 signorile.com gaystarnews.com gaystarnews.com 
9 bilerico.com towleroad.com washingtonblade.com 
10 gaystarnews.com queerty.com queerty.com 
Tableau 5 - Comparaison des sources ayant les scores les plus importants selon 3 métriques structurales 
Après avoir supprimé les sources en doublons entre les trois listes ci-dessus, une liste de 12 
sites a été établie. Afin de réduire celle-ci et de nous focaliser sur les sources les plus pertinentes 
pour développer la notoriété d’Equaldex, nous avons procédé à une sélection selon des critères 
quantitatifs (au 28/08/2014) et qualitatifs : 
Type de 
source 
Pays Thématiques Fans 
Facebook 
Followers 
Twitter 
Pertinence ? 
advocate.com 
Média US LGBT 
(généraliste) 
213637 138776 Oui 
out.com 
Média US Mode & 
lifestyle LGBT 
303256 91336 Non 
glaad.org 
Média & 
advocacy 
US Droits LGBT 237686 229209 Oui 
towleroad.com 
Blog US Droits LGBT 12507 46631 Oui 
mic.com 
Média US Généraliste 
avec section 
LGBT 
394881 48910 Oui 
yagg.com 
Média FR LGBT 
(généraliste) 
16756 13648 Oui 
pinknews.co.uk 
Média UK & EU LGBT 67696 58984 Oui
63 
(généraliste) 
signorile.com 
Blog US Généraliste & 
Activisme 
LGBT 
8893 28991 Oui 
bilerico.com 
Blog US Droits LGBT 17900 4945 Oui 
gaystarnews.com 
Média UK LGBT 
(généraliste) 
297263 49388 Oui 
washingtonblade.co 
m 
Média US LGBT 
(généraliste) 
31906 22049 Oui 
queerty.com 
Média US LGBT 
(généraliste) 
63066 54713 Oui 
Tableau 6 - Sélection des potentiels leaders d'opinion pour Equaldex 
Nous avons ainsi pu sélectionner 11 potentiels leaders d’opinion. Cependant après la revue 
de littérature réalisée dans le premier chapitre, pouvons-nous affirmer que faire connaître Equaldex à 
ces derniers permettra d’accroître sa notoriété ? Dans le cadre de nos recherches, nous avons 
contacté le pure-player LGBT français Yagg.com en mars 2014 (ci-après). Nous avons initié le 
contact avec @Yagg via Twitter (1). Suite à cela, le compte 
@Equaldex a également mentionné @Yagg (2) et tous les deux 
ont ensuite échangés par messages privés (3). 
Le 17 avril 2014, le média Yagg.com publiait un article 
intitulé « Equaldex: Des cartes pour voir où en sont les droits 
des LGBT dans le monde »48 suscitant 3 commentaires critiques 
(l’un d’eux critiquait d’ailleurs le manque de lisibilité de la 
visualisation de données). Le compte Twitter @Yagg a diffusé 
l’article, ce qui a suscité peu de réactions : 8 retweets (dont 1 
d’@Equaldex et 1 réalisé par nos soins) et 1 ajout en favori (par 
@Equaldex). Le média n’a pas diffusé l’article sur sa page 
Facebook. 
Figure 15 - Accroître la notoriété 
d'Equaldex en contactant Yagg.com 
Quelles conclusions tirer du peu d’interactions suscitées ? Bien qu’il nous semblerait 
pertinent de réitérer le processus de contact de potentiels leaders d’opinion dans une perspective 
d’accroissement de la notoriété d’Equaldex, nous pouvons néanmoins souligner que la diffusion 
48 « Equaldex: Des cartes pour voir où en sont les droits des LGBT dans le monde » : 
http://yagg.com/2014/04/17/equaldex-des-cartes-pour-voir-ou-on-en-est-sur-les-droits-des-lgbt-dans-le-monde/
64 
virale d’un contenu semble dépendre de nombreux facteurs contrôlables (caractéristiques 
intrinsèques du produit, activation de leaders d’opinion) et surtout des facteurs non maîtrisables : 
contexte, réception du public, temporalité, hasard, algorithmes permettant la mise en visibilité des 
informations etc. Dans ce sens, nous pouvons signaler que l’identification de potentiel leaders 
d’opinion dans le cadre d’une stratégie de communication numérique ne permet pas de garantir la 
diffusion virale d’un contenu. 
b. Le graphe de sites web et nos hypothèses de recherche 
Nous avons émis deux hypothèses concernant notre graphe de sites web : 
1. Il s’agit d’un réseau invariant d’échelle ; 
2. Equaldex s’inscrit dans un processus d’attachement préférentiel ; 
Pour rappel, un réseau à invariance d’échelle (scale-free network) est un graphe dont les degrés 
(nombre de liens entrants et sortants) suivent une loi de puissance. Il pourrait paraître logique que 
notre graphe de sites web soit à invariance d’échelle, puisque selon Barabási (2003), cette propriété 
est caractéristique du Web. Les degrés de notre graphe sont répartis comme suit : 
Une répartition des liens selon une loi de puissance 
0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 
Degré 
Figure 16 - Le graphe des droits LGBT, un réseau invariant d'échelle 
80 
70 
60 
50 
40 
30 
20 
10 
0 
Nous sommes donc en mesure de valider l’hypothèse selon laquelle notre graphe de sites 
Nombre de sites 
web serait un réseau invariant d’échelle. Les sites web ayant les degrés les plus élevés sont l’annuaire 
Gayellowpages.com : 409 liens, dont 407 liens sortants, puis le média Advocate.com : 253 liens dont 
239 entrants et enfin le site de l’ONG Human Rights Campaign : 240 liens (tous entrants).
65 
Nous avons également émis l’hypothèse qu’Equaldex, en tant que site web récent concernant 
les droits LGBT (sortie officielle en 2014), s’inscrivait dans un processus d’attachement préférentiel. 
Pour Barabási (2003, p. 85), « lorsque l’on décide [en tant qu’éditeur de site / blogueur] vers quel site 
diriger un lien, on suit un principe d’attachement préférentiel : Quand ils doivent choisir entre deux 
pages, l’une avec deux fois plus de liens que l’autre, près de deux fois plus d’individus choisissent la 
page la plus connectée »49. Ainsi, un nouvel acteur intégrant un réseau cherchera à se connecter aux 
acteurs les plus connectés de celui-ci. 
Dans quelle mesure Equaldex s’inscrit-il dans ce processus ? Le site créé par Dan Leveille a 
dirigé des liens hypertextes vers des sites ayant de fortes centralités de degré : le site de l’ONG HRC 
(240 liens entrants et sortants), les médias PinkNews (107 liens entrants et sortants) et GayStarNews 
(98 liens entrants et sortants) et le blog d’Equaldex (www.blog.equaldex.com) a dirigé un lien 
hypertexte vers le média The Advocate (253 liens entrants et sortants). Si ces éléments semblent 
confirmer le fait qu’Equaldex, à travers son site web et son blog, suit le principe d’attachement 
préférentiel tout en renforçant la centralité des sources vers lesquels il dirige ses liens hypertextes, 
nous nous devons d’apporter une certaine nuance à notre hypothèse. En effet, il serait intéressant 
d’évaluer dans le temps le nombre de liens entrants et sortants d’Equaldex.com & du blog éponyme 
afin de mesurer leur évolution. 
c. Réflexions sur la cartographie & limites de l’approche 
Au cours de notre travail de recherche, nous avons relevé plusieurs critiques et limites de 
l’approche par la réalisation de graphes de sites web, tant d’un point de vue de la méthode que de 
son application pour l’identification de potentiels leaders d’opinion sur le web. 
Tout d’abord, il nous semble important de souligner que toute réalisation de graphe de sites 
web résulte d’une construction et est donc subjective : la constitution du corpus, la spatialisation, le 
choix des signes, le choix des algorithmes de classement etc. Toutes ces étapes résultent du choix du 
cartographe. Or, tout individu est soumis à certains biais cognitifs qui peuvent fausser son jugement. 
Dans le cas de notre travail de recherche, nous sommes conscients d’avoir sélectionné des sources 
sans vouloir prétendre à l’exhaustivité de celles-ci. Cependant, nous pensons que cette sélection peut 
également résulter d’un biais de sélection et que notre graphe de sites web n’est donc pas exhaustif. 
49 « The bottom line is that when deciding where to link on the Web, we follow preferential attachment: When choosing 
between two pages, one with twice as many links as the other, about twice as many people link to the more connected 
page »
66 
La création d’une cartographie de sites web est aussi marquée par la dépendance aux outils. 
Dans le cadre de notre travail nous avons ainsi utilisé : Microsoft Excel & Libre Office (pour la 
manipulation des fichiers de graphe), le crawler propriétaire de Linkfluence (pour explorer les sites 
voisins de notre corpus initial et pour identifier les liens existants entre les sites du corpus final), 
Gephi (pour spatialiser, visualiser et analyser le réseau). Or, bien que nous ayons utilisés des 
algorithmes connus et documentés sur Gephi (OpenOrd & ForceAtlas pour la spatialisation, 
l’algorithme HITS de Kleinberg pour le classement des noeuds), nous reconnaissons le côté « boîte 
noire » de leur utilisation (Plantin 2013). En effet, si nous en connaissons les principes, nous n’avons 
pas accès aux codes sources et ne pouvons dès lors avoir une maîtrise de ceux-ci. 
L’approche utilisée pour l’identification de potentiels leaders d’opinion, à savoir l’utilisation 
des liens hypertextes et de métriques structurales, nous paraît également connaître des limites. Si elle 
présente un certain intérêt pour identifier des blogs, sites web et médias en ligne ayant une autorité 
importante, ou position centrale au sein d’un réseau, elle ne prend pas en compte les spécificités des 
médias sociaux. 
Ainsi nous avons, au sein de notre graphe, choisis d’intégrer des vlogueurs (blogueurs vidéo) 
ayant déjà parlé des droits LGBT et de leur homosexualité. Tyler Oakley, par exemple, un vlogueur 
professionnel (ses principaux revenus sont générés grâce à la rémunération reçue du visionnage de 
ses vidéos Youtube). Sa position dans le réseau est périphérique : avec un degré de 3 (3 liens 
entrants), Tyler Oakley n’est pas une autorité au sens structural du terme et ne figure donc pas parmi 
notre sélection de potentiels leaders d’opinion sur les droits LGBT. Pourtant, la prise en compte 
d’autres métriques et d’autres éléments 
qualitatifs nous semblent important. En 
effet, grâce à ses 5273683 abonnés sur 
Youtube, ses 3005639 abonnés sur Twitter 
et ses 1824579 fans sur Facebook (au 
28/08/2014) Tyler Oakley a permis de 
collecter 525679$ grâce à une campagne de 
financement participatif au profit du Trevor 
Project, une des principales organisations 
américaines pour la prévention des suicides 
Figure 17 - Capture d'écran de la campagne de financement 
des jeunes lesbiennes, gais, bisexuels et 
participatif lancée par Tyler Oakley
67 
transgenres50. Cette action fait de lui un jeune activiste LGBT et un potentiel leader d’opinion sur 
cette question, mais l’approche de l’analyse de graphe seule n’aurait pas permis de le savoir. 
Dès lors, il nous semble important de souligner les limites de l’approche en réseau, ou du 
moins de son intérêt limité dans l’identification de potentiels leaders d’opinion sur le web. Il nous 
semble pertinent, dans ce cas de figure, de combiner les approches. L’articulation des approches 
structurelles, énonciatives et informationnelles présentées par Alloing et Haikel-Elsabeh (2012) est 
une méthode intéressante mais il nous paraît également nécessaire d’accepter que le processus 
d’influence sur le web (diffusion virale) dépend de nombreux autres facteurs non maîtrisables par 
une organisation. 
Conclusion 
Le présent mémoire a cherché à présenter les concepts d’influence sur le Web, et, plus 
précisément de leader d’opinion sur le Web, à travers deux approches que nous pensons 
complémentaires à savoir une revue de littérature et travail de recherche empirique. Pour rappel, 
notre problématique était la suivante : Dans quelle mesure l'analyse & la visualisation de réseaux 
appliquées au web peuvent-elles permettre d'identifier de potentiels leaders d’opinions sur le 
Web dans le domaine des droits LGBT, ce afin de faire connaître le site Equaldex.com auprès d’une 
large audience ? 
Dans un premier chapitre, nous avons souhaité expliquer et déconstruire les concepts 
d’influence et de leaders d’opinion tels qu’ils peuvent parfois être présentés dans la littérature 
professionnelle. Pour cela, nous avons souhaité définir le concept d’influence à travers le prisme de 
différentes disciplines : psychologie sociale, sciences de l’information et de la communication et 
media studies, sciences de gestion et informatique. Nous avons pu également voir que l’influence 
faisait l’objet de nombreux mythes véhiculés à la fois par les acteurs du monde de la communication 
et du marketing, que par certains auteurs tels que Malcolm Gladwell. Nous avons souhaité en effet 
déconstruire l’idée selon laquelle un petit groupe de super-influenceurs (super-influentials) pouvait être 
à l’origine d’une dynamique virale de diffusion d’informations. 
Ce premier chapitre nous a également permis d’envisager l’influence, et plus particulièrement 
l’influence sur le Web, comme un processus complexe. Par complexité nous entendons un ensemble 
d’éléments faisant partie d’un même système & interdépendants entre eux. Dès lors, nous avons 
50 http://www.prizeo.com/prizes/tyler-oakley/an-LA-date?utm_content=tyler&utm_campaign=tyler&
68 
émis l’idée que le déclenchement d’une dynamique virale de diffusion d’informations sur le Web 
(que nous utilisons comme synonyme d’influence sur le Web) résultait d’une multitude de facteurs 
liés entre eux et qui étaient non maîtrisables. Cette approche de l’influence est cohérente avec les 
travaux des chercheurs américains Watts et Dodds (2007) qui comparent ce phénomène au 
déclenchement d’un important feu de forêt : tout comme la viralité sur le Web, le déclenchement 
d’un feu de forêt important est le résultat d’une combinaison de facteurs divers, du contexte et de 
l’incertitude. En concevant le phénomène d’influence sur le Web sous l’angle de la complexité, nous 
avons pu formuler quelques critiques envers l’idée selon laquelle il était possible d’attribuer la 
réussite d’une dynamique virale de diffusion d’information sur le Web à de quelconques 
influenceurs. 
Nous avons néanmoins cherché à examiner les méthodes d’identification de leaders 
d’opinion telles qu’elles sont pratiquées en communication. Nous avons souhaité distinguer deux 
approches : l’utilisation d’outils de commensuration tels que Klout ou Kred et l’analyse de réseaux 
telle que faite par Linkfluence. Cette comparaison nous a permis de comprendre les différences de 
ces deux approches, tant d’un point de vue des métriques observées que des enjeux. Puis, nous nous 
sommes basés sur une méthode récente conceptualisée par Alloing et Haikel-Elsabeh (2012) qui 
propose d’analyser les caractéristiques des potentiels leaders d’opinion grâce à trois approches : 
structurelle, énonciative et informationnelle. Cette méthode a servie de base théorique pour notre 
cas d’étude. 
Notre second chapitre était articulé autour de deux éléments structurants : une présentation 
du contexte et des enjeux du cas d’étude et une présentation de la méthode et des résultats. Notre 
cas d’étude portait sur l’analyse et la visualisation de graphe appliquée à l’identification de potentiels 
leaders d’opinion sur le Web afin d’augmenter la notoriété d’Equaldex. 
Pour rappel, nous avions émis deux hypothèses pour notre cas d’étude à savoir que le graphe de 
sites Web que nous allions réaliser dans le cadre de nos recherches serait un réseau invariant 
d’échelle51 et deuxièmement qu’Equaldex, en tant que site récent, s’inscrivait dans un processus 
d’attachement préférentiel au sein de ce réseau52. 
51 Un réseau invariant d’échelle (scale-free network) désigne un réseau où les liens sont répartis selon une loi de 
puissance : quelques noeuds du réseau (acteurs ou sites web) concentrent la majorité des liens (liens sociaux ou liens 
hypertextes) 
52 L’attachement préférentiel désigne le principe selon lequel un nouvel acteur au sein d’un réseau va chercher à tisser des 
liens avec les acteurs les plus connectés de celui-ci.
69 
Pour ce deuxième chapitre, il nous a été nécessaire de contextualiser notre cas d’étude en 
présentant de manière succincte le mouvement Lesbien Gay Bisexuel Transgenre (LGBT), les droits 
que ce mouvement revendiquait et le contexte global dans lequel ces revendications s’inscrivaient. 
Puis nous avons présenté Equaldex qui est au coeur de notre travail de recherche. Nous avons 
souhaité analyser ce site à travers trois prismes différents : Equaldex en tant que site d’information 
sur les droits LGBT, Equaldex en tant que lieu de synchorisation réticulaire et enfin Equaldex en 
tant que site en quête de notoriété sur le Web. 
Notre travail de recherche s’inscrit dans une logique d’accroissement de la notoriété d’Equaldex. 
Le créateur de la plateforme, Dan Leveille, nous a fait part dans une correspondance par e-mail (voir 
annexe) de son souhait de faire connaître Equaldex à une audience plus importante. C’est ce qui a 
motivé le choix de notre cas d’étude pour ce mémoire. Afin de contribuer à cette accroissement de la 
notoriété du site, nous avons réalisé un graphe de sites web traitant des droits LGBT afin d’identifier 
de potentiels leaders d’opinion au sein du réseau. 
Notre méthode a été itérative et le processus de création de la cartographie de l’écosystème Web 
s’est étendu sur plusieurs semaines. Le graphe final de sites web (voir annexe & 
http://www.jbmacluckie.net/blog/lgbt-map-642) comprend 1269 sites et 12134 liens, répartis en 13 
catégories définies au préalable. Ce travail nous a permis d’identifier 11 potentiels leaders d’opinion 
sur les droits LGBT sur lesquels Equaldex pourrait s’appuyer pour toucher une audience plus 
importante. Cette identification est le résultat de l’articulation de trois approches : structurale 
(métriques d’analyses de réseaux sociaux), énonciative et informationnelle. Parmi ces potentiels 
leaders d’opinion, nous avons contacté Yagg.com, média pure-player français dont l’audience est 
principalement constituée de personnes LGBT. Bien que le contact que nous avons initié a permis à 
Equaldex d’avoir un billet dédié sur le site de Yagg.com, celui-ci n’a suscité que très peu de réactions 
et d’interactions sur Twitter, Facebook et en commentaires. Ce résultat empirique nous permet de 
remettre en question l’hypothèse selon laquelle les leaders d’opinion sont à l’origine des dynamiques 
virales de diffusion d’information, au profit d’une conception de l’influence sous l’angle de la 
complexité. 
Ce travail de recherche nous a également permis de discuter de l’utilisation de l’analyse de 
réseaux dans le cadre de l’identification de potentiels leaders d’opinion. Pour cela, nous avons 
cherché à comparer la position du vlogueur américain Tyler Oakley, dont l’activisme pro-LGBT est 
important sur le Web et au sein de l’organisation The Trevor Project, sur notre graphe, par rapport
70 
aux résultats d’une campagne de collecte de fonds que celui-ci a organisé pour une organisation de 
défense des jeunes personnes LGBT. La position de Tyler Oakley sur notre graphe était 
périphérique, marquant ainsi un faible nombre de liens entrants et sortants, pourtant cette position 
ne s’est pas avérée être révélatrice de sa réelle capacité d’influence sur le Web. 
Ce mémoire de master 2 a été l’occasion de mettre à profit les compétences et connaissances 
acquises au sein de l’IAE de Poitiers, mais également de l’Université de Glamorgan à Cardiff et de 
l’IUT de Toulouse Paul Sabatier. Le sujet de l’influence sur le Web est vaste, complexe et prétendre 
le cerner dans le cadre d’un mémoire professionnel est impossible. Néanmoins, nous pensons que 
l’analyse de ce phénomène à travers l’angle de notre cas d’études aura permis d’amorcer certaines 
réflexions sur les méthodes utilisées pour l’identification de leaders d’opinion sur le Web, même si 
nos conclusions ne sont pas généralisables. Il nous semble que le présent travail de recherche offre 
des perspectives intéressantes pour de futurs travaux académiques. L’émergence de la nouvelle 
science des réseaux, aussi appelée Web Science, le développement des digital methods et des digital 
humanities nous confortent dans l’idée qu’étudier l’influence sur le Web apparaît comme une 
perspective pertinente pour les années à venir.
71 
Bibliographie 
Articles & monographies 
Aguiton, C., Cardon, D. The Strength of Weak Cooperation : An attempt to Understand the 
Meaning of Web2.0. Communications & Strategies, 2007, n°65, p. 51-65. 
Alloing, C., 2013, « Processus de veille par infomédiation sociale pour construire l'e- réputation 
d'une organisation. Approche par agents-facilitateurs appliquée à la DSIC de La Poste », Thèse de 
doctorat en Sciences de l’Information et de la Communication, sous la direction de Christian 
Marcon et Nicolas Moinet, Poitiers, Université de Poitiers, 570 p. [En ligne] Disponible à l’adresse : 
http://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00915004 
Alloing, C., Haikel-Elsabeh, M. Les leaders d’opinion sur les réseaux socionumériques : proposition d’indicateurs 
informationnels de mesure à l’usage des stratégies marketing des entreprises. In : M@rsouin. 10eme Séminaire 
M@rsouin. 24 et 25 mai 2012, Brest, France. [En ligne] Disponible à l’adresse : 
http://halshs.archives-ouvertes.fr/hal-00958659 
Barabási A-L, Albert R., 1999, « Emergence of scaling in random networks », Science, vol. 286, no 
5439, p. 509-512. 
Barabàsi, A-L. Linked. New York : Plume, 2003. 
Barnes, J. A. lass and committees in a Norwegian Island Parish. Human Relations, 1954, vol. 7, p. 39- 
58. 
Beaude, B. Internet. Changer l’espace, changer la société. Paris : Fyp Editions, 2012. 
Beaude, B. Logiques de synchorisation, lieux réticulaires et lieux de savoir. In : Lieux de fabrique et de 
transmission des savoirs. 2013. 
Beauvisage, T., Beuscart, J. S., Couronné, T., & Mellet, K. Le succès sur Internet repose-t-il sur la 
contagion? Une analyse des recherches sur la viralité. Tracés, 2012, no 2, p. 151-166. 
Beauvois, J-L. Les influences sournoises : Précis des manipulations ordinaires. Paris : François Bourin Editeur, 
2011. 
Benkler, Y. The wealth of networks: How social production transforms markets and freedom. Yale : Yale 
University Press, 2006. 
Berger, J. Arousal Increases Social Transmission of Information. Psychological Science, 2011, vol. 22(7), 
p.891–893. 
Berger, J., 2013, Contagious : Why things catch on. Simon & Schuster, New York, 256 p. 
Beuscart J-S., Couronné T., La distribution de la notoriété en ligne. Une analyse quantitative de 
MySpace. Terrains et travaux, 2009, no 15, p. 147-170. 
Beynon, J. Masculinities and Culture. Maidenhead : Open University Press, 2010. 
Bourdeloie, H. Postures et méthodes de recherche en question. In : Bourdeloie, H., Douyère, D. 
Méthodes de recherche sur l’information et la communication : regards croisés. Paris : Mare & Martin, 2014. 
Bourre, R., Suraud, M-G. Revues scientifiques, lectorat et notoriété, Approche méthodologique. 
Recherches en communication, 1995, Vol. 4, n° 4, pp. 37-59.
72 
boyd, D. Ellison, N. Social Network Sites: Definition, History, and Scholarship. Journal of Computer- 
Mediated Communication [en ligne], 2007, vol. 13, n° 1 (consulté le 15/08/2014). Disponible à l’adresse 
: http://jcmc.indiana.edu/vol13/issue1/boyd.ellison.html. 
boyd, D. Why Youth (Heart) Social Network Sites: The Role of Networked Publics in Teenage 
Social Life ». In : Buckingham D., Youth, Identity, and Digital Methods, 2007, New York : MIT Press, p. 
119-142. 
Brabham, D., Crowdsourcing as a Model for Problem Solving: An Introduction and Cases. 
Convergence: The International Journal of Research into New Media Technologies, 2008, vol. 14, no. 1, p. 75–90. 
Breton, P., Proulx, S. L’explosion de la communication : introduction aux théories et aux pratiques de la 
communication. 4e éd. Paris : La Découverte, 2012. 
Broudoux, E. Construction de l'autorité informationnelle sur le web. A Document (Re) turn: 
Contributions from a Research Field in Transition, 2007. [En ligne] Disponible à l’adresse : 
http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/sic_00120710_v1. 
Cardon, D. Du lien au like sur Internet. Deux mesures de la réputation, Communications, 2013, 
2013/2 n° 93, p. 173-186. 
Castells, M. La société en réseaux. Paris : Fayard, 1998. 
Castells, M., La Galaxie Internet, Paris : Fayard, 2001. 
Cha M., Haddadi H., Benevenuto F., Gummadi K. P. Measuring user influence in Twitter: the 
million follower fallacy [enligne], 2010., ICWSM’10, AAAI [consulté le 10/06/2014]. Disponible à 
l’adresse http://www.mpi-sws.org/~gummadi/papers/icwsm2010_ cha.pdf. 
Chang, Y., Tang, L., Inagaki, Y., Liu, Y. What is Tumblr: A Statistical Overview and 
Comparison. 2014. arXiv preprint arXiv:1403.5206. 
Chauvin, S., Lerch, A., 2013, Sociologie de l’homosexualité. La Découverte, Paris, 125 p. 
Cialdini, R. Influence &manipulation : Comprendre et maîtriser les mécanismes et les techniques de persuasion. 
Edition révisée et augmentée. Paris : First Editions, 2004. 
Crane R., Sornette, D. Robust dynamic classes revealed by measuring the response function of a 
social system, PNAS, 2008, vol. 105, no 41, p. 15649-15653. 
Deuze, M. Media Life. Cambridge : Polity Press, 2012. 
Dortier, J-F. Le dictionnaire des sciences humaines. Paris : Editions Sciences Humaines, 2008. 978-2- 
912601-73-5 
Easley, D., Kleinberg, J. Networks, Crowds, and Markets: Reasoning about a Highly Connected World. 
Cambridge : Cambridge University Press, 2010. 
Ertzscheid, O. Identité numérique et e-réputation. La Roche sur Yon : IUT de la Roche sur Yon, 2011. 
Feick, L.F., Price, L.L. The Market Maven: A Diffuser of Marketplace Information. Journal of 
Marketing, 1987, Vol. 51, No. 1, pp. 83-97. 
Flichy, P., 2010, Le sacre de l'amateur : Sociologie des passions ordinaires à l'ère numérique. Seuil, Paris, 96 p. 
Fouetillou, G. Le web et le traité constitutionnel européen. Ecologie d’une localité thématiqu 
compétitive. Réseaux, 2007, vol. 5, no. 144, p. 279-304.
73 
Freeman, L. C. Centrality in social networks: Conceptual clarification. Social Networks. 1979, 1 (3) 
p.215 – 239. 
Gauntlett, D. Making is Connecting: The Social Meaning of Creativity, from DIY and Knitting to YouTube and 
Web 2.0. Cambridge : Polity Press, 2011. 
Georges, F. L'identité numérique dans le web 2.0. Le mensuel de l'Université [En ligne], juin 
2008 n°27. Disponible à l’adresse : 
http://fannygeorges.free.fr/doc/georgesf_mensueluniversite.pdf 
Georges, F. Sémiotique de la représentation de soi dans les dispositifs interactifs. L’hexis numérique [En ligne]. 
Thèse de doctorat : Sciences de l’Information et de la Communication. Paris : Université Paris 1 
Panthéon-Sorbonne, 2007. [Consulté le 12/07/2014]. Disponible sur : 
http://www.omnsh.org/article.php3?id_article=144 
Ghitalla, F. L’atelier de cartographie. Pratique et enjeux des cartographies thématiques de documents 
web [En ligne]. [Consulté le 11/07/2014] Disponible à l’adresse : 
http://ateliercartographie.com/ateliercartographie.pdf 
Gladwell, M. Le Point de Bascule : Comment faire une grande différence avec de très petites choses. 2e éd. Paris : 
Flammarion, 2012. 
Gladwell, M. The Tipping Point : The Tipping Point: How Little Things Can Make a Big Difference. New 
York : Little Brown, 2002. 
Granovetter M. Threshold Models of Collective Behavior. American Journal of Sociology, 1978. vol. 83, 
p. 1420-1443. 
Harris, C. G. Dirty deeds done dirt cheap: a darker side to crowdsourcing. In : Privacy, security, risk 
and trust (passat), 2011 ieee third international conference on and 2011 ieee third international conference on social 
computing (socialcom). IEEE, 2011. p. 1314-1317.doi: 10.1109/PASSAT/SocialCom.2011.89 
Hendler J., Hall W., Shadbolt N., Berners-Lee T.,Weitzner D., 2008, « Web science : an 
interdisciplinary approach to understanding the Web », Communications of the ACM – Web Science, vol. 
51, no 7, p. 60-69. 
Jacomy, M. La carte comme système complexe. In : Plantin, J-C. Lorsque la carte géographique rencontre la 
carte des données, Dossier Ludigo, Le Hub, 2009 [En ligne]. [Consulté le 11/07/2014] Disponible à 
l’adresse : 
http://www.ludigo.net/index.php?rub=4&dossier=3&focus=212864&doc=212866&fsize=2 
Jacomy, M., Heymann, S., Venturini, T., Bastian, M. Forceatlas2, a graph layout algorithm for handy 
network visualization [en ligne]. [Consulté le 12/08/2014] Disponible à l’adresse : Paris 
http://www.medialab.sciences-po.fr/fr/publications-fr. 
Jacomy,M. Ghitalla, F. Méthodologies d'analyse de corpus en Sciences Humaines à l'aide du 
Navicrawler, Rapport final août 2007, [en ligne], p.4, disponible sur <http://www.ticm.msh-paris. 
fr/spip.php?article136>, consulté le 29 août 2014 
Jenkings, H. Fans, Bloggers and Gamers : exploring participatory culture. New York : New York University 
Press, 2006. 
Joule, R-V., Beauvois, J-L. Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens. Grenoble : PUG, 2002. 
Kaplan, A. M., Haenlein, M. Users of the world, unite! The challenges and opportunities of Social 
Media. Business Horizons, 2010, vol. 53(1), p. 59-68.
74 
Katz, E., Lazarsfeld, P., Influence personnelle, Paris: Armand Colin, 2008 (1955: Personal Influence, New 
York: The Free Press). 
Kietzmann, J., Hermkens, K., McCarthy, I., & Silvestre, B. Social media? Get serious! Understanding 
the functional building blocks of social media. Business Horizons, 2011 vol. (54), p. 241-251. 
Kleinberg, J. Authoritative Sources in a Hyperlinked Environment. In : Newman, M., Barabási, A-L., 
Watts, D. J. The Structure and Dynamics of Networks. Princeton : Princeton University Press, 2006. 
Kleinberg. J. Authoritative Sources in a Hyperlinked Environment, Journal of ACM, 1999, vol. 46, 
n°5, pp. 604-632. 
Klinkenberg, J-M. Précis de sémiotique générale. Paris : Seuil, 2000. 
Kozinets, R.V. The Field Behind the Screen: Using Netnography for Marketing Research in Online 
Communities, Journal of Marketing Research, 2002, Vol. 39, pp. 61-72. 
Lazega, E. Réseaux sociaux et structures relationnelles. 3e édition. Paris : PUF, 2014. 128 p. 
Le Béchec, M. Territoire et communication politique sur le « web régional breton » [En ligne]. Thèse de 
doctorat : Sciences de l’Information et de la Communication, sous la direction de Pierre Musso. 
Rennes : Université de Rennes 2, 2010. [Consulté le 12/08/2014] Disponible à l’adresse : 
http://tel.archives-ouvertes.fr/docs/00/55/17/46/PDF/TheseLeBechec.pdf 
Lendrevie, J., Lévy, J. Mercator: théories et nouvelles pratiques du marketing. Paris : Dunod, 2014. 
Leskovec J., Adamic L., Huberman, B. The dynamics of viral marketing. Proceedings of the 7th ACM 
Conference on Electronic Commerce (EC’06), J. Feigenbaum, J. Chuang et D. Pennock éd., New York, 
Association for Computing Machinery, p. 228-237. 
Levine, J.M., Zdaniuk, B. Conformité et obéissance. In : Moscovici, S. Psychologie sociale. Paris : 
Editions PUF, 2008. 978-2-13-053917-9 
Lévy, P. Les technologies de l'intelligence. Paris : La Découverte, 1990. 
Lima, M. Visual complexity: Mapping patternes of information. New York : Princeton Architectural 
Press, 2011. 
Martel, F. Global Gay : Comment la révolution gay change le monde. Paris : Flammarion, 2013. 
Massé, G., Marcon, C., Moinet, N. Les fondements de l'intelligence économique : Réseaux & jeu 
d'influence. Market Management, 2006/3 Vol. 6, p. 84-103. 
Mellet K. « Aux sources du marketing viral », Réseaux, 2009/5 n° 157-158, p. 267-292. 
Mercklé, P. Sociologie des réseaux sociaux. Paris : Editions La Découverte, 2011. 
Merzeau, L. Twitter, ou la machine à faire et défaire l’autorité. Médium, 2013, no. 34, p. 171-185. 
Milgram, S. Behavioral Study of Obedience. Journal of Abnormal and Social Psychology, 1963, 67 (4). 
Moinet, N. Intelligence économique : Mythes et réalités, Paris : CNRS, 2011. 
Monnoyer-Smith, L. Le web comme dispositif : comment appréhender le complexe ? In : Barats, C. 
Manuel d’analyse du Web. Paris : Armand Colin, 2013, p. 12-31. Collection U. 
Morin, E. Introduction à la pensée complexe. Paris : Seuil, 2005.
75 
O'Reilly, T. What Is Web 2.0. Design Patterns and Business Models for the Next Generation of 
Software, O’Reilly.com, 2005. [En ligne]. [Consulté le 11/08/2014] Disponible à l’adresse : 
http://oreilly.com/web2/archive/what-is- web-20.html 
Plantin, J-C. D’une carte à l’autre : le potentiel heuristique de la comparaison entre graphe du web et 
carte géographique. In : Barats, C. Manuel d’analyse du Web. Paris : Armand Colin, 2013, p. 228-245. 
Collection U. 
Portal, T., Roux-Dufort, C. Prévenir les crises : ces cassandres qu’il faut savoir écouter. Paris : Armand Colin, 
2013. 
Rheingold, H. Smart Mobs: The Next Social Revolution. New York : Basic Books, 2002. 
Rieder, B. Etudier les réseaux comme phénomènes hétérogènes : quelle place pour la 'nouvelle 
science des réseaux en sciences humaines et sociales ? Journées d’étude : dynamiques de réseaux - 
information, complexité et non-linéarité, 2009. Université de Bordeaux. [En ligne] 
http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/docs/00/37/95/26/PDF/rieder_nouvelle_science_des_reseaux.pdf 
Rogers, R. Digital methods. Cambrige : MIT Press, 2013. 
Scott, J. Social Network Analysis : A handbook. New York : SAGE Publications, 2000. 
Shirky, C. Here comes everybody: How change happens when people come together. Londres : Penguin Books, 
2008. 
Simmel, G. Sociologie. Essai sur les formes de la socialisation. Paris : PUF, 1999. 
Smith, T., Coyle, J. R., Lightfoot, E., Scott, A. Reconsidering models of influence: the relationship 
between consumer social networks and word-of-mouth effectiveness. Journal of Advertising Research, 
2007, vol. 47, no 4, p. 387. 
Stenger, T., Courant, A. Les réseaux sociaux numériques : des discours de promotion à la définition 
d’un objet et d’une méthodologie de recherche. Hermes – Journal of Language and Communication Studies, 
2010, n° 44, [En ligne]. [Consulté le 10/08/2014] Disponible à l’adresse : 
http://download2.hermes.asb.dk/archive/download/Hermes-44-stenger%26coutant.pdf. 
Szabo G., Huberman B. A. Predicting the popularity of online content. Communications of the ACM 
[en ligne] août 2010, vol. 53, no. 8, p. 80-88. [consulté le 10 août 2014]. Disponible à l’adresse : 
http://www.hpl.hp.com/research/idl/papers/predictions/predictions.pdf. 
Taleb, N. N. Antifragile: Things that Gain from Disorder, Londres : Allen Lane, 2012. 
Taleb, N. N. The Bed of Procrustes: philosophical and practical aphorisms. New York : Random House LLC, 
2010a. 
Taleb, N. N. The Black Swan: The Impact of the Highly Improbable, New York : Random House Trade 
Paperbacks, 2010b. 
Venturini, T. Diving in magma: How to explore controversies with actor-network theory. Public 
understanding of science, 2010, vol. 19, no 3, p. 258-273. 
Vernette, E. Une nouvelle vision du leader d’opinion en marketing : une approche 
phénoménologique, 5ème Congrès Tendances du Marketing, Venise, 2006. 
Vernette, E., Flores, L. Communiquer avec les leaders d’opinion en marketing, comment et avec 
quels médias. Décisions Marketing, 2004, 35.
76 
Watts D. J., 2004, « The “new” science of networks », Annual Review of Sociology, no 30, p. 243-270. 
Watts D. J., Dodds P. S., 2007, « Influentials, networks and public opinion formation », Journal of 
Consumer Research, vol. 34, no 4, p. 441-458. 
Articles de blogs 
Alloing, C. Pourquoi mesure t-on la notoriété sur le web mais rarement la réputation ? In : Alloing, 
C. Caddereputation [en ligne]. 4 octobre 2011. [Consulté le 20/08/2014] Disponible à l’adresse : 
http://caddereputation.over-blog.com/article-pourquoi-mesure-t-on-la-notoriete-sur-le-web-mais-rarement-la-reputation- 
85808652.html 
Berners-Lee, T. Links & Law. In : W3.org [en ligne]. Avril 1997. [Consulté le 23/07/2014] 
Disponible à l’adresse : http://www.w3.org/DesignIssues/LinkLaw 
Cavazza, F. Une définition des médias sociaux. In : Frédéric Cavazza. MediasSociaux [En ligne]. 26 
juin 2009. [Consulté le 28/08/2014]. Disponible à l’adresse : 
http://www.mediassociaux.fr/2009/06/29/une-definition-des-medias-sociaux/ 
Drevelle, M. C pour centralité(s). In : Groupe fmr : flux, matrices, réseaux [En ligne]. 19 juin 2013. 
Disponible à l’adresse : http://groupefmr.hypotheses.org/2324 
Lévy, P. La mutation inachevée de la sphère publique. In : Failly, D. H. Entretiens du futur [En ligne]. 
03/10/2008. [Consulté le 17/08/2014]. Disponible à l’adresse : http://entretiens-du-futur. 
blogspirit.com/archive/2008/10/02/la-mutation-inachevee-de-la-sphere-publique.html 
Vidéo 
Richen, Y. What the gay rights movement learned from the civil rights movement [En ligne]. Mars 
2014. [Consulté le 28/06/2014]. Disponible à l’adresse : 
http://www.ted.com/talks/yoruba_richen_what_the_gay_rights_movement_learned_from_the_civ 
il_rights_movement 
Cours ayant inspiré nos travaux 
Adamic, L. Social Network Analysis, 2013. [MOOC en ligne]. Disponible à l’adresse : 
http://www.coursera.org/course/sna 
Alloing, C. Communication 2.0 et e-réputation. Poitiers : IAE de Poitiers, 2012-2013. 
Alloing, C. Communication de crise. Poitiers : IAE de Poitiers, 2013-2014. 
Alloing, C. Management des réseaux d’acteurs (TD). Poitiers : IAE de Poitiers, 2013-2014. 
Carr, L., Halford, S. Web science: how the web is changing the world, 2013. [MOOC en ligne]. 
Disponible à l’adresse : http://www.futurelearn.com/courses/web-science 
Huyghe, F-B. Influence et lobbying. Poitiers : IAE de Poitiers, 2013-2014. 
Le Béchec, M. Intelligence territoriale. Poitiers : IAE de Poitiers, 2013-2014. 
Le Béchec, M. Management des connaissances. Poitiers : IAE de Poitiers, 2012-2013. 
Marcon, C. Management des réseaux d’acteurs. Poitiers : IAE de Poitiers, 2013-2014.
77 
Annexes 
Correspondance avec Dan Leveille (anglais) – Juillet 2014 
1/ Could you explain to me what are the reasons that lead you to create Equaldex? 
Back in 2009, when I was in college, I didn't really have much of an interest in LGBT rights. My 
friends were sharing news about gay marriage and other LGBT issues, and I started to pick up an 
interest in it as well. In late 2009, many states were on the brink of legalizing gay marriage, so I 
found myself always asking questions like "Is gay marriage legal in X country?" and "How many US 
states does that make now?" I realized there was a lack of a single comprehensive resource for 
LGBT laws, so I decided to build a simple website that would just be a map of the world that 
showed LGBT laws in each country. I then realized how big of a project this was, so I knew that the 
only way to do it properly would be to make it a crowdsourced site. 
2/ What are the main goals of Equaldex today? (example : to inform people, to raise 
awareness, to make people get involved in LGBT issues etc.) 
All of those, yes. Equaldex's goal is to become a comprehensive resource for everything related to 
the LGBT rights movement. I've always loved data, and I think you can make really strong 
arguments using it. Data lets people see things in a different way. I wanted to build Equaldex so that 
it could help illustrate the LGBT rights movement in a more visual way. Equaldex also aims to shine 
light in the dark areas of the world. A lot of times, people don't really think globally, and they don't 
realize that in many countries, you can be killed for being gay. 
3/ Could you explain to me what is the current strategy for Equaldex communication? What 
channels do you use to communicate & why ? 
Twitter and Facebook are the channels I use most actively. Equaldex's Tumblr blog is a more formal 
method of communication. I used it as an LGBT news blog that picked up a bit of a following 
before Equaldex even launched, so it was pretty useful to have an established audience around the 
brand. I use Google+ and LinkedIn as well, but those I would probably consider secondary. I have 
an email list as well, however, I only use that for major site announcements, as it's a little time 
consuming to do (building, testing, sending, etc.). 
4/ What are the main needs/challenges of Equaldex regarding its communication? (ex: 
would Equaldex need more online visibility? would it need to become a touch a wider 
audience?) 
One concern I had with communication was just the time it takes to be active on all of Equaldex's 
social media channels. However, this was remedied a few weeks ago after I launched LGBT News. I 
have it set up where posts to Equaldex News are automatically distributed to Equaldex's Facebook 
and Twitter accounts.
78 
Reaching a largest audience is my biggest problem with Equaldex altogether. I think the product is at 
a pretty solid point -- there's so much more I want to add to it, but it doesn't have the feeling that it's 
really lacking anything major right now. People love the site, but it just isn't getting the press 
coverage that I want it to. It also comes down to time and effort put into this -- I try to spend time 
building and improving the site, so it leaves me little time to do PR. If I had more time, I'd be 
sending emails and tweets to journalists all day, which can be pretty effective. If I could just get 
picked up my some of the major LGBT or tech blogs, I think it'd really take off. 
5/ Any idea on the next milestones for Equaldex developpment? :) 
Here are some of the features that I've been planning on building: 
• "This Day in LGBT History" -- A feature that'll show LGBT milestones of today's date in 
previous years (this one is ready to go, just need to finish the design) 
• More visualizations 
• Expanding on the "Equality Index" feature, that gives each country a "score" based on many 
different factors. 
• More demographic data, such as US Census data on same-sex couples. 
• Automatic country detection (visitors will automatically see the LGBT profile of the 
sate/country they're visiting from) 
• I've also been considering the ability to compare two countries side-by-side. 
And one of the major features I've always been planning on adding in the future is companies and 
public figures, but that is quite a large project.
79 
Visualisation du graphe de sites web realisé (sans étiquette des noeuds)

Identification de leaders d’opinion sur le Web & analyse de réseaux

  • 1.
    UNIVERSITE DE POITIERS INSTITUT D’ADMINISTRATION DES ENTREPRISES MEMOIRE Identification de leaders d’opinion sur le Web & analyse de réseaux Maître d’apprentissage : Fanny Forgeau Professeur référent : Camille Alloing Responsable de filière : Nicolas Moinet Année universitaire 2013 – 2014 Jean Baptiste Mac Luckie Master 2 Intelligence Economique et Communication Stratégique Note obtenue : 18,5/20
  • 2.
  • 3.
    3 Résumé Dansquelle mesure l'analyse & la visualisation de réseaux appliquées au web peuvent-elles permettre d'identifier de potentiels leaders d’opinions sur le Web ? C’est à cette question que ce mémoire a cherché à répondre. Le présent mémoire s’inscrit dans une volonté double : interroger le concept d’influence sur le Web, et plus précisément le concept de leader d’opinion, et proposer un cas d’étude portant sur l’identification de potentiels leaders d’opinions dans le domaine des droits LGBT afin de développer la notoriété d’Equaldex.com. Ce travail de recherche a été réalisé dans le cadre du Master 2 Intelligence Economique & Communication Stratégique de l’IAE de Poitiers et d’une année d’apprentissage au sein de l’entreprise Linkfluence, spécialiste du social media intelligence en France. A travers une revue de littérature sur les concepts d’influence, la réalisation & l’analyse d’un graphe de sites web afin d’identifier de potentiels leaders d’opinion au sein du réseau cartographié, nous avons souhaité déconstruire certains mythes rattachés à la notion d’influence. En effet, les discours des praticiens semblent parfois surévaluer le rôle des leaders d’opinion dans le déclenchement de dynamiques virales. A cela s’ajoute notre volonté de discuter des méthodes généralement utilisées pour identifier les influenceurs sur le Web et de proposer des nuances quant aux applications de celles-ci. Mots-clés : Influence | Leader d’opinion | Analyse de réseaux | Incertitude
  • 4.
    4 Remerciements Jesouhaite vivement remercier Camille Alloing, maître de conférences en Sciences de l’Information et de la Communication pour la qualité de son suivi et les remarques pertinentes qu’il aura su me faire au long de ces deux années de Master Intelligence Economique & Communication Stratégique. Puisque ce mémoire a été réalisé dans le cadre d’une année en apprentissage, je remercie l’entreprise Linkfluence qui m’a accueillie le 2 octobre 2013 en tant que social media analyst. Je n’aurais pu rêver mieux comme lieu d’apprentissage. Merci donc à Guilhem Fouetillou, co-fondateur, à Fanny Forgeau, directrice du pôle Research, à Matthieu Vion, Matthieu Ponzio, Hélène Girault, Antoine Vaguet et tous mes collègues du pôle Research pour leur accueil, leur gentillesse et pour la qualité de leurs conseils. Mes remerciements vont également à Hervé Simonin, CEO, Camille Maussang, co-fondateur, Romain Pedron et au reste de la grande équipe Linkfluence. Merci également à Mariannig Le Béchec pour ses retours très instructifs sur l’analyse de réseau et la visualisation de graphes lors du COSSI 2014, à Caitriona Noonan de The University of South Wales qui a su me donner goût à la recherche, à Christian Marcon et Nicolas Moinet. Je souhaite également remercier Antoine H. pour son aide & sa relecture attentive, Antoine D., Quentin G., Ludovic C., Raphaël B. & tous les amis qui ont pu m’aider pour la rédaction de ce mémoire. Merci à Dan Leveille pour avoir accepté que je réalise ce cas d’étude sur Equaldex & pour avoir suscité mon intérêt pour les droits des personnes LGBT. Enfin, j’adresse un dernier remerciement à l’ensemble de ma famille.
  • 5.
    5 Afin devisualiser le graphe de site réalisé pour notre cas d’étude en haute qualité, merci de vous rendre à l’adresse suivante : http://www.jbmacluckie.net/blog/lgbt-map-642
  • 6.
    6 Glossaire &sigles Agrégat : sur le Web, ensemble de sites web connectés traitant d’une même thématique. Amateurisation de masse : selon Shirky (2008) il s’agit du phénomène découlant de la possibilité pour tout internaute d’exprimer ses opinions sur le Web Analyse de réseaux (ou analyse structurale) : étude des réseaux & des relations sociales, principalement en sociologie. Arc : lien entre deux noeuds dans un graphe orienté. Arête : lien entre deux noeuds dans un graphe non-orienté. Autorité : en analyse de réseaux, une autorité désigne un noeud ayant un nombre important de liens entrants (Kleinberg 1999). Cartographie du web (ou graphe de site web) : visualisation de réseau de sites web & des liens hypertextes qu’ils entretiennent entre eux. Cascade d’informations (ou cascade d’influence, dynamique virale) : lorsqu’un individu adopte un comportement en conformité avec le comportement des membres de son réseau (Easley et Kleinberg 2010). Centralité de degré (degree) : détermine la position d’un noeud au sein d’un réseau. La centralité de degré désigne le nombre de liens entrants et sortants d’un noeud. Centralité d’intermédiarité (betweeness centrality) : nombre de plus courts chemins du réseau passant par chaque noeud (Drevelle 2013). Centralité de proximité (closeness centrality) : degré auquel un noeud est proche des autres noeuds d'un réseau. Centralité eigenvector (eigenvector centrality) : mesure la façon dont un noeud est connecté aux autres noeuds très connectés du graphe (Drevelle 2013) Complexité : dans le cadre de notre mémoire, ensemble d’éléments entretenant une forte interdépendance entre eux. Crawl : indexation réalisée par un robot. Crowdsourcing : approvisionnement par la foule. Dans le cadre de notre mémoire, Equaldex.com, le site faisant l’objet du cas d’étude, fonctionne grâce à l’approvisionnement par la foule d’informations sur les droits LGBT dans le monde Degré : nombre de liens entrants et sortants d’un noeud au sein d’un graphe non-orienté (où les liens n’ont pas de sens). Dans un graphe orienté, le degré peut être entrant (liens entrants vers un noeud) ou sortant (liens sortants d’un noeud). Droits LGBT : droits des personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles et transgenres. EdgeRank : plgorithme de Facebook visant à gérer la mise en visibilité des informations sur le flux d’information des utilisateurs – Pour aller plus loin : www.whatisedgerank.com Equaldex : plateforme d’information sur les droits LGBT dans le monde créée par Dan Leveille. Elle fonctionne grâce au crowdsourcing.
  • 7.
    7 Expertise :savoir acquis grâce à l’expérience. Dans le cadre de notre mémoire, l’expertise sur le Web est comprise comme la capacité d’un individu à produire du contenu expert et à mettre en visibilité celui-ci (Alloing et Haikel-Elsabeh 2012). Gay : Utilisé, dans le cadre de ce mémoire, en tant que synonyme d’homosexuel Gephi : Outil d’analyse et de visualisation de graphes Graphe : ensemble de sommets (noeuds) et d’arcs / arêtes (liens) liant certains sommets. Dans notre mémoire, le terme graphe sera utilisé en tant que synonyme de réseau. Hexis numérique : sculpture agissante de soi dans les mondes virtuelles (Georges 2007) Hub : noeuds d’un graphe possédant un degré important Identité numérique : ensemble des traces numériques laissées par un internaute sur le Web (Ertzscheid 2011) Influence : pour Massé, Marcon et Moinet Massé, exercer une influence c’est « obtenir d’autrui qu’il fasse librement quelque chose qu’il n’aurait pas fait spontanément sans votre intervention » (2006, p. 86) Influenceur : terme marketing utilisé comme synonyme de leader d’opinion. Internet : réseau informatique mondial reliant des ordinateurs entre eux. Loi de puissance (power law) : dans le cadre de notre mémoire, la loi de puissance s’applique concernant les degrés d’un graphe. Quelques noeuds concentrent la majorité des liens. Klout : outil en ligne permettant de computer l’activité des profils sociaux d’un internaute. Klout prétend pouvoir fournir un score d’influence. Leader d’opinion : pour Alloing et Haikel-Elsabeh, « le leader d’opinion, pris au sens de « diffuseur » est un amplificateur potentiel de la transmission de ce message. » Il s’agit dès lors d’une « source de diffusion et médiatisation sur le web plus que d’influence » (2012, p.10) LGBT : Lesbien, gay, bisexuel & transgenre Maven : utilisé comme synonyme de leader d’opinion Nouvelle science des réseaux (& Web science) : étude des réseaux ayant notamment émergé grâce aux travaux de Duncan Watts & Albert-László Barabási. Médias sociaux : « macro-concept » (Stenger et Coutant 2010) englobant réseaux socionumériques et plateformes de partage de contenu MOOC : Massive Online Open Course Mouvement LGBT : mouvement social ayant émergé depuis les années 60 visant à lutter contre l’homophobie, les discriminations et pour les droits LGBT (Beynon 2010). Netnographie : étude des communautés en ligne (Kozinets 2002). Noeud : sommet d’un réseau. Dans notre mémoire : site web sur le graphe. PageRank : algorithme de classement des pages web de Google, dérivé de l’algorithme de calcul de centralité eigenvector. Réseau : ensemble de noeuds interconnectés (Castells 1998, p. 526)
  • 8.
    8 Réseaux socionumériques: services web permettant de 1. « Construire un profil public ou semi-public au sein d’un système, 2. De gérer une liste des utilisateurs avec lesquels il partage un lien, 3. De voir et naviguer sur leur liste de liens et ceux établis par les autres au sein du système, 4. Fondent leur attractivité essentiellement sur les trois premiers points et non sur une activité particulière ». (Stenger et Coutant, p. 221) STEPPS : cadre d’analyse développé par Jonah Berger permettant d’identifier les facteurs clés de la viralité (potentielle ou avérée) d’un contenu ou d’un produit Two-step flow of communication (flux communicationnel en deux temps) : modèle de l’influence interpersonnelle selon Katz et Lazarsfeld (1955). De manière schématique : les médias de masses diffusent du contenu qui sera filtré puis partagé par des leaders d’opinion aux membres de leurs réseaux. Ce modèle est encore utilisé dans le cadre de stratégies de relations publiques & de communication par exemple. Viralité (ou contagion) : idée selon laquelle un produit, une idée, une information peuvent se propager telles des épidémies sociales (Gladwell 2008) Web (World Wide Web) : application d’Internet basée sur l’hypertextualité.
  • 9.
    9 Table desfigures Figure 1 - Modèle du two-step flow of communication ________________________________________________________ 20 Figure 2 - Le modèle du two-step flow of communication comparé au modèle du réseau d'influence de Watts et Dodds (2007) ________ 27 Figure 3 - Le modèle STEPPS de Jonah Berger (2013) _____________________________________________________ 28 Figure 4 - Exemple de profil sur Klout.com ______________________________________________________________ 35 Figure 5 - Les trois couches du Web selon Ghitalla et Jacomy (2007) _____________________________________________ 37 Figure 6 - Représentation schématique de la méthodologie d'écologie du Web par Linkfluence ______________________________ 38 Figure 8 - Capture d'écran d'Equaldex - Frise chronologique des droits LGBT à travers le temps __________________________ 48 Figure 9 - Capture d'écran d'Equaldex - Un lieu réticulaire de synchorisation _______________________________________ 50 Figure 10 - Processus de réalisation de notre graphe de sites web sur les droits LGBT __________________________________ 57 Figure 11 - Etapes de spatialisation du graphe de sites web ____________________________________________________ 58 Figure 12 - Visualisation du graphe de sites web __________________________________________________________ 60 Figure 14 – Répartition des sites du graphe selon leurs catégories ________________________________________________ 61 Figure 16 - Le graphe des droits LGBT, un réseau invariant d'échelle ____________________________________________ 64 Table des tableaux Tableau 1 - Typologie des émotions selon leurs potentiels de viralité selon Jonah Berger (2013) _____________________________ 29 Tableau 2 - Comparaison entre l'approche de Linkfluence et celle des outils d'identification d'influenceurs sur le web _______________ 42 Tableau 3 - Principaux indicateurs pour l'identification de potentiels leaders d'opinion pour Equaldex _______________________ 53 Tableau 4 - Principaux critères retenus pour la création du graphe de sites web _______________________________________ 54 Tableau 5 - Comparaison des sources ayant les scores les plus importants selon 3 métriques structurales _______________________ 62 Tableau 6 - Sélection des potentiels leaders d'opinion pour Equaldex _____________________________________________ 63
  • 10.
    10 Table desmatières Résumé ...................................................................................................................................... 3 Remerciements .......................................................................................................................... 4 Glossaire & sigles ...................................................................................................................... 6 Table des figures ....................................................................................................................... 9 Table des tableaux ..................................................................................................................... 9 Introduction ............................................................................................................................. 12 Positionnement théorique ................................................................................................................. 14 Problématique ................................................................................................................................... 15 Démarche méthodologique .............................................................................................................. 15 Cadrage de l’environnement : un mémoire portant également sur les droits LGBT ....................... 16 Présentation du plan ......................................................................................................................... 16 Chapitre 1 - Revue de littérature sur l’influence sur le web .................................................... 18 Introduction au chapitre 1 ....................................................................................................... 19 I. Influence : déconstruction d’un concept .......................................................................... 19 a. Qu’est-ce que l’influence ? ......................................................................................................... 19 b. La métaphore de la contagion ................................................................................................... 21 c. Le web : entre amateurisme, expertise & influence .................................................................. 22 II. L’influence sur le web : un processus complexe ............................................................. 24 a. Le rôle des individus et des réseaux sur le Web dans les dynamiques d’adoption virales : les apports de l’analyse de réseaux ......................................................................................................... 24 b. Le rôle du contenu et le modèle STEPPS ................................................................................. 27 c. La dépendance aux plateformes sociales & aux algorithmes ................................................... 30 d. L’influence sur le web : complexité et biais de rétrospection ................................................... 31 III. De l’identification à la construction des leaders d’opinion ........................................... 34 a. Les outils d’identification de leaders d’opinion sur le Web ...................................................... 34 b. L’identification de leaders d’opinions chez Linkfluence .......................................................... 36 c. La construction des leaders d’opinion ....................................................................................... 42 Chapitre 2 - Cas d’étude : identification de potentiels leaders d’opinion en ligne dans le domaine des droits LGBT ....................................................................................................... 44 Introduction au chapitre 2 ....................................................................................................... 45 I. Présentation d’Equaldex en trois points ........................................................................... 47 a. Equaldex : un site d’information sur les droits LGBT .............................................................. 47 b. Equaldex : Un lieu réticulaire de synchorisation ...................................................................... 49 c. Equaldex : Un site en quête de notoriété ? ................................................................................ 50 II. Structuration de l’écosystème informationnel d’Equaldex ............................................. 51 a. Définition des besoins d’Equaldex & leur déclinaison en indicateurs ..................................... 52
  • 11.
    11 b. Constitutiondu corpus de sites web ......................................................................................... 53 c. Quel statut donner aux liens hypertextes ? ................................................................................ 54 d. La cartographie comme processus itératif ................................................................................ 56 III. Visualisation de l’écosystème informationnel d’Equaldex ........................................... 57 a. Spatialisation .............................................................................................................................. 57 b. Choix des signes : de la nécessité d’un travail sémiologique ................................................... 58 c. Visualisation & analyse de l’écosystème informationnel d’Equaldex ....................................... 59 IV. Résultats & discussion ................................................................................................... 61 a. Identification de potentiels leaders d’opinion ........................................................................... 61 b. Le graphe de sites web et nos hypothèses de recherche ........................................................... 64 c. Réflexions sur la cartographie & limites de l’approche ............................................................ 65 Conclusion ............................................................................................................................... 67 Bibliographie ........................................................................................................................... 71 Articles & monographies .................................................................................................................. 71 Articles de blogs ................................................................................................................................ 76 Vidéo ................................................................................................................................................. 76 Cours ayant inspiré nos travaux ........................................................................................................ 76 Annexes ................................................................................................................................... 77 Correspondance avec Dan Leveille (anglais) – Juillet 2014 .............................................................. 77 Visualisation du graphe de sites web realisé (sans étiquette des noeuds) ........................................ 79
  • 12.
    12 Introduction «Le désastre de l’ère de l’information réside dans le fait que la toxicité des données augmente plus rapidement que leurs avantages »1 (Taleb 2010a, p. 57). Cette citation de Nassim Nicholas Taleb, économiste, philosophe et spécialiste de l’épistémologie des probabilités, semble refléter la fascination que les individus entretiennent avec les technologies de l’information et de la communication (TIC). Aujourd’hui, Internet, le « réseau des réseaux », et le World Wide Web, l’application la plus connue d’Internet, jouent un rôle important dans le quotidien de nos sociétés. Ainsi, en 2013 le monde comptait plus de 2,8 milliards d’internautes, dont plus de 55 millions en France2. En ce sens, Internet et le Web sont « ubiquitaires – ils sont partout – et pervasifs – ils ne peuvent être éteints »3 (Deuze 2012, p. xi). Comme le souligne Mark Deuze, nous vivons « dans » les TIC plutôt qu’« avec » elles. Les vies des individus connectés seraient ainsi dissoutes dans l’ubiquité du numérique. L’omniprésence de ces technologies de l’information et de la communication semble avoir des impacts sur nos vies et ce à plusieurs échelles. Le World Wide Web, inventé par Tim Berners- Lee et Robert Cailliau en 1991 (Castells 2001), est une application d’Internet basée sur un système d’hypertextualité permettant de naviguer d’une page web à un autre de manière non-linéaire. Le début des années 2000 marque l’émergence d’un nouveau stade du développement du Web : le Web 2.0, parfois appelé Web social ou Web participatif. Popularisé par Tim O’Reilly en 2005, le Web 2.0 désigne un ensemble de techniques, fonctionnalités et plateformes qui met les usagers « au centre du dispositif médiatique » (Breton et Proulx 2012, p. 314). Il est couramment admis que grâce au Web social « les modes de création et de distribution des contenus médiatiques connaissent des transformations significatives, bouleversant les modèles traditionnels des industries culturelles » (ibid. p. 314). Le Web 2.0 favoriserait ainsi l’émergence d’une « culture participative » (Jenkins 2006), de « communautés virtuelles » (Rheingold 2002) et permettrait à tout individu de devenir un medium (Shirky 2008). L’émergence du Web 2.0 semble avoir nourrit un certain nombres d’utopies liées à l’information et la communication. En effet, en permettant aux internautes de produire du contenu, d’interagir avec leurs pairs, de collaborer par l’intermédiaire de plateformes à dimension « sociales », 1 « The calamity of the information age is that the toxicity of data increases much faster than its benefits » (Taleb 2010, p. 57) 2 Voir www.internetworldstats.com 3 « Media are ubiquitous – they are everwhere – and pervasive – they cannot be switched off » (Deuze 2012, p. xi)
  • 13.
    13 de financerdes projets de manière participative grâce à des sites de crowdfunding4 ou encore de participer à changer la société par le biais de plateformes de pétitions en ligne5, le Web social semble être au coeur d’une utopie grandissante : celle d’une communication universelle permettant une collaboration pour le bien de la société. Il est important de noter que cette utopie est portée par différents profils d’individus : consultants spécialisés en technologies de l’information et de la communication, professionnels de la communication, mais également par des universitaires tels que Clay Shirky (2008) ou encore David Gauntlett (2011). Lorsque le Web social est évoqué, il est souvent lié aux notions de médias sociaux et de réseaux sociaux. Ces expressions sont d’ailleurs fréquemment utilisées dans le domaine de la communication et du marketing. Frédéric Cavazza, consultant dans le domaine de la communication et blogueur, définissait en 2009 les médias sociaux comme « un ensemble de services permettant de développer des conversations et des interactions sociales sur internet ou en situation de mobilité »6. Pour ce consultant en communication, des plateformes telles que Facebook, Twitter, Youtube, ou encore Tumblr sont des médias sociaux. Stenger et Coutant (2010) soulignent néanmoins que le concept de médias sociaux est avant tout un « macro-concept ». Il s’agirait selon les auteurs d’un terme englobant différentes notions, différents types de plateformes & différentes pratiques numériques. Pour Alloing (2013), parler de médias sociaux est un pléonasme car cela supposerait qu’il existe des médias non sociaux. Depuis l’émergence du Web 2.0 il est important de noter qu’il existe de réels discours de promotion des médias sociaux à destination des entreprises (Stenger et Coutant 2010). Agences de communication, praticiens & blogueurs en communication et en marketing font fréquemment l’éloge de la présence en ligne des organisations et de leurs dirigeants. A titre d’exemple, en août 2014 Nicolas Bordas, vice président de l’agence de communication TBWAEurope, publiait sur le média LesEchos.fr une tribune intitulée « Pourquoi les patrons français doivent être présents sur Twitter »7. Dans cette logique de présence en ligne, organisations et marques sont encouragées à amplifier leur présence en ligne grâce au marketing d’influence ou marketing viral. La recherche de la 4 Un exemple de plateforme de crowdfunding est kickstarter.com 5 Change.org s’inscrit directement dans ce créneau : change.org 6 Cavazza, F., 2009, « Une définition des médias sociaux », MediasSociaux.fr [En ligne] http://www.mediassociaux.fr/2009/06/29/une-definition-des-medias-sociaux/ 7 Tribune en ligne : http://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/0203718074566-pourquoi-les-patrons-francais- doivent-etre-presents-sur-twitter-1035897.php
  • 14.
    14 viralité etdu buzz sont caractéristiques de ces discours. De nombreux acteurs se sont positionnés sur ce marché et proposent leurs services pour identifier, recruter et activer des influenceurs, ou leaders d’opinion, qui seraient capables de diffuser à de larges audiences des informations. Si ces pratiques se sont peut être répandues de manière corrélée avec le Web social et les médias sociaux, elles prennent néanmoins leurs sources dans les recherches effectuées en media studies sur l’influence des médias. Par influence, nous retiendrons l’acception suivante de Massé, Marcon et Moinet (2006, p. 86) : exercer une influence c’est « obtenir d’autrui qu’il fasse librement quelque chose qu’il n’aurait pas fait spontanément sans votre intervention ». En cherchant à évaluer l’influence des médias dans la communication de masse, des chercheurs américains ont décrit celle-ci en utilisant la métaphore de la « « seringue hypodermique » : les médias injecteraient des modèles de comportement et attitudes dans la conscience d’individus passifs et atomisés constituant une masse amorphe » (Breton et Proulx 2012, p. 159). Katz et Lazarsfeld (1955), chercheurs de l’école de Columbia, ont formulé l’hypothèse du two-step flow of communication (flux communicationnel en deux temps) : les messages des médias seraient filtrés par des leaders d’opinions et diffusés par ces derniers auprès d’audiences plus importantes. Le leader d’opinion, notion sur laquelle nous reviendrons plus tard, est encore aujourd’hui vu par de nombreux praticiens et agences de communication comme un moyen d’amplifier la communication des organisations sur le Web. Positionnement théorique Les travaux de recherche sur l’influence sociale, l’influence des médias et l’influence sur le Web sont nombreux. Notre revue de littérature sur ces différents sujets ne pourra donc être exhaustive. Le présent mémoire n’est pas, en soi, un mémoire de recherche, dans la mesure où le Master en Intelligence Economique & Communication Stratégique de l’IAE de Poitiers a avant tout une finalité professionnelle. Pourtant, celui-ci ainsi que les travaux de recherches qui ont été effectués pour sa réalisation s’inscrivent dans une démarche en sciences de l’information et de la communication (SIC). Cette discipline est caractérisée par sa relative jeunesse comparée aux autres disciplines des sciences humaines et sociales (SHS), mais surtout par sa complexité et son interdisciplinarité, à savoir sa capacité à confronter échanger des méthodes (Bourdeloie 2014). En ce sens, l’objet de recherche, les notions mobilisées ainsi que les méthodes utilisées dans le cadre de nos
  • 15.
    15 recherches proviennentde différentes disciplines que sont : les SIC, la sociologie des réseaux, la sémiologie, l’informatique, le marketing & la gestion, la géographie, les gender studies ainsi que la Web science aussi appelée la nouvelle science des réseaux. Problématique Notre mémoire cherchera à répondre à cette problématique : dans quelle mesure l'analyse & la visualisation de réseaux appliquées au web peuvent-elles permettre d'identifier de potentiels leaders d’opinions sur le Web dans le domaine des droits LGBT, ce afin de faire connaître le site Equaldex.com auprès d’une large audience ? Afin de répondre à cette problématique nous avons émis trois hypothèses que nous chercherons à vérifier grâce à l’utilisation conjointe de notre revue de littérature et de notre travail de recherche : Dans un premier temps, nous supposons que la diffusion virale d’un contenu sur le Web dépend de nombreux facteurs souvent non contrôlés par l’organisation. En ce sens, nous émettons l’hypothèse que l’identification de potentiels leaders d’opinion dans le cadre d’une stratégie de communication numérique ne permet pas de garantir la diffusion virale d’un contenu. Les hypothèses suivantes chercheront à être vérifiées à travers la réalisation d’un graphe de sites Web (Chapitre 2) : nous faisons ainsi l’hypothèse que le graphe de sites Web que nous réaliserons dans le cadre de nos recherche sera un réseau invariant d’échelle8. Enfin, nous supposons qu’Equaldex, en tant que site récent, s’inscrit dans un processus d’attachement préférentiel au sein de ce réseau9. Démarche méthodologique Afin de répondre à notre problématique et de vérifier nos hypothèses, nous allons réaliser un graphe de sites web traitant des droits des personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles et transgenres en France et aux Etats-Unis. Dans le domaine des sciences humaines et sociales, et plus particulièrement des SIC, nous retiendrons que l’analyse du web revient à « vouloir saisir une réalité techniquement complexe et socialement construite » (Monnoyer-Smith 2013, p. 13). 8 Un réseau invariant d’échelle (scale-free network) désigne un réseau où les liens sont répartis selon une loi de puissance : quelques noeuds du réseau (acteurs ou sites web) concentrent la majorité des liens (liens sociaux ou liens hypertextes) 9 L’attachement préférentiel désigne le principe selon lequel un nouvel acteur au sein d’un réseau va chercher à tisser des liens avec les acteurs les plus connectés de celui-ci.
  • 16.
    16 Par graphede sites web nous entendons un ensemble de noeuds reliés entre eux par des liens dirigés ou non-dirigés. Dans le cadre de notre recherche, le graphe sera composé de sites web (noeuds) et de liens hypertextes (liens dirigés). Pour cela, nous allons nous appuyer sur plusieurs socles théoriques et méthodologiques : l’analyse de réseaux sociaux (Mercklé 2011, Lazega 2014, Scott 2000), la théorie des graphes, la nouvelle science des réseaux (Rieder 2009), la sémiologie ainsi que les sciences de l’information et de la communication. L’idée de réaliser un graphe de sites web pour notre mémoire est le résultat d’une triple influence : premièrement, notre année d’alternance au sein de Linkfluence, cabinet d’études & éditeur de logiciel de veille e-réputation connu pour ses travaux pionniers dans le domaine de la cartographie du Web. Puis, les enseignements du Master Intelligence Economique et Communication Stratégie, dispensés par Christian Marcon & Camille Alloing sur le management de réseau (2013-2014), par Camille Alloing sur l’e-réputation et la communication de crise (2012-2013 et 2013-2014) et par Mariannig Le Béchec sur l’intelligence territoriale (2013-2014) et la gestion des connaissances (2012-2013). Et enfin, le suivi des MOOCs (cours en lignes ouverts et massifs) « Social Network Analysis » dispensé par Lada Adamic sur la plateforme Coursera10 et « Web science: how the web is changing the world » dispensé par Leslie Carr et Susan Halford sur FutureLearn.com11. Cadrage de l’environnement : un mémoire portant également sur les droits LGBT Notre cas d’étude portera sur les sites web traitant des droits des personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles et transgenres (LGBT). Nous souhaitons, par le biais de la réalisation d’un graphe de sites web portant sur cette thématique, analyser et visualiser l’écosystème informationnel d’Equaldex.com, plateforme d’information sur les droits LGBT créée par Dan Leveille. Notre objectif est, in fine, d’identifier de potentiels leaders d’opinion dans ce domaine afin d’accroître la notoriété d’Equaldex.com auprès des publics intéressés par la question des droits LGBT. Présentation du plan Ce mémoire est divisé en deux chapitres distincts mais complémentaires : Le premier chapitre cherchera à présenter une revue de littérature non-exhaustive sur l’influence et plus particulièrement sur l’influence sur le Web. Pour ce faire nous nous baserons sur 10 https://www.coursera.org/course/sna 11 https://www.futurelearn.com/courses/web-science
  • 17.
    17 différents travauxde recherche en sciences de l’information et de la communication, en économie, en sociologie, en psychologie sociale, en informatique et en marketing. Le second chapitre portera sur notre cas d’études, à savoir la réalisation et l’analyse d’un graphe de sites web sur les droits LGBT afin d’identifier de potentiels leaders d’opinion pour accroître la notoriété d’Equaldex. Le graphe réalisé est également accessible en ligne en image haute définition : http://www.jbmacluckie.net/blog/lgbt-map-642
  • 18.
    18 Chapitre 1- Revue de littérature sur l’influence sur le web
  • 19.
    19 Introduction auchapitre 1 Ce chapitre vise tout d’abord à présenter la notion centrale de ce mémoire qu’est l’influence, ainsi que les termes qui lui sont rattachés, à savoir : le leadership d’opinion, le relai d’opinion, la viralité, le buzz, le Word of Mouth (trad : bouche à oreille), l’autorité ou encore l’expertise. Dans un second temps, ce chapitre cherche à rendre intelligible le processus d’influence sur le web grâce à une revue de littérature. Enfin, ce chapitre vise également à comprendre comment un relai d’opinion peut être identifié, voire construit, selon les besoins d’une organisation. I. Influence : déconstruction d’un concept a. Qu’est-ce que l’influence ? Nous allons tenter, dans un premier temps, de définir la notion d’influence. La principale difficulté réside dans l’équivocité de cette dernière, dans la mesure où l’influence a fait l’objet de nombreuses recherches en sciences humaines et sociales. Provenant du latin influentia, l’influence désignait alors le « pouvoir occulte attribué aux astres de modifier le destin des hommes » (Dortier 2008, p. 343). Aujourd’hui, l’influence ne désigne plus un pouvoir occulte et céleste, la notion a fait son apparition dans le langage courant et n’est plus connotée à quelque chose de mystique. Ainsi, le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (CNRTL) la définit comme une « action (généralement lente et continue) d'un agent physique (sur quelqu'un, quelque chose), suscitant des modifications d'ordre matériel »12. Les deux définitions ci-dessus présentent, malgré leurs différences, une similarité : l’influence permettrait de modifier le comportement de quelqu’un ou de quelque chose. C’est d’ailleurs ce que défendent Massé, Marcon et Moinet (2006, p. 86) pour qui exercer une influence c’est avant tout « obtenir d’autrui qu’il fasse librement quelque chose qu’il n’aurait pas fait spontanément sans votre intervention ». L’influence a fait l’objet de nombreuses recherches en sciences humaines et sociales. La psychologie sociale, par exemple, s’intéresse à l’influence sociale, à savoir la « façon dont les attitudes et les comportements des personnes changent sous l’effet d’une pression réelle ou imaginaire de la part d’autres personnes » (Levine et Zdaniuk 2008, p. 25). Parmi les études les plus connues sur 12 CNRTL - http://www.cnrtl.fr/definition/influence
  • 20.
    20 l’influence sociale,celle de Solomon E. Ash datant de 195213 a permis de démontrer qu’un individu peut changer d’avis grâce à l’influence exercée par un groupe sur lui. Les travaux de Stanley Milgram sur la soumission à l’autorité (1963) montrent l’influence que peut avoir une personne ayant une autorité particulière, chez Milgram il s’agissait d’une autorité médicale, sur un autre individu. Des travaux plus récents de psychologie sociale mettent en avant les influences quotidiennes, ainsi que les techniques de manipulation et de persuasion auxquelles nous sommes exposés tous les jours (Cialdini 2004, Beauvois et Joule 1987, Beauvois 2011). Dans le domaine de la communication et des media studies, l’un des types d’influences le plus souvent étudié est celui de l’influence des médias sur les audiences. Cette dernière a longtemps été expliquée grâce à la métaphore de la « seringue hypodermique », c’est à dire que « les médias injecteraient modèles de comportement et attitudes dans la conscience d’individus passifs et atomisés constituant une masse amorphe » (Breton et Proulx 2012, p. 159). Les travaux de Katz et Lazarsfeld (1955) viennent remettre en question l’influence des médias sur les prises de décisions des individus, notamment dans un contexte d’élections, et mettent en avant le rôle de l’influence interpersonnelle. Katz et Lazarsfeld (ibid.) formulent ainsi l’hypothèse du « flux communicationnel en deux temps »14 (two-step flow of communication) : Figure 1 - Modèle du two-step flow of communication L’hypothèse du two-step flow of communication s’articule comme suit : 1. Les médias de masse délivrent un message qui est réceptionné et filtré par des leaders d’opinion 2. Ces mêmes leaders d’opinion jouent le rôle de médiateurs : ils font les intermédiaires entre les médias de masse et les audiences qui sont en contact avec eux. 13 Asch, S.E. (1952b). "Social psychology". Englewood Cliffs,NJ:Prentice Hall. 14 Traduction de Breton et Proulx (2012) L’explosion de la communication
  • 21.
    21 Les leadersd’opinions sont définis par Katz et Lazarsfeld comme des personnes « ayant été influentes dans leurs environnements immédiats (2008, p. 27). L’hypothèse du two-step flow of communication est encore aujourd’hui utilisée, notamment dans les domaines du marketing d’influence et du marketing viral, comme le souligne Mellet (2009), ainsi que de la communication d’influence. La définition de l’influence que nous retiendrons est celle de Massé, Marcon et Moinet (2006, p. 86) pour qui exercer une influence c’est « obtenir d’autrui qu’il fasse librement quelque chose qu’il n’aurait pas fait spontanément sans votre intervention ». b. La métaphore de la contagion Influence, leaders d’opinion ou encore influenceurs sont des notions utilisées par de nombreux acteurs (prestataires de services, éditeurs de logiciels et praticiens) de la communication, du marketing, des relations publiques, du lobbying ou encore de l’intelligence économique. L’une des métaphores les plus utilisées pour expliquer le phénomène d’influence est celle de la contagion, de la viralité, surtout depuis l’émergence d’Internet et des réseaux socionumériques. Cette métaphore prend directement ses sources dans l’hypothèse du « flux communicationnel en deux temps » de Katz et Lazarsfeld (1955), notamment avec la valorisation du rôle des leaders d’opinion. Elle reprend en effet le postulat qu’un groupe de personnes restreint, les leaders d’opinion, sera à même de disséminer des informations, de propager une mode ou de diffuser une innovation, auprès d’une audience plus large. La métaphore de la viralité a été principalement popularisée par Malcolm Gladwell, journaliste et auteur du best-seller Le Point de Bascule (The Tipping Point) paru dans sa version originale en 2000. Selon l’auteur, pour comprendre l’émergence des modes, leurs succès et leurs échecs, il convient de percevoir celles-ci comme des épidémies sociales qui se propagent notamment grâce à trois types d’acteurs : les connecteurs, les mavens et les vendeurs (Gladwell 2008) : - Les connecteurs (connectors) sont, selon l’auteur, des personnes « sociables » pour qui le bouche-à-oreille est l’« apanage » (ibid. p. 57 et p. 59). Ils permettent de « dissémin[er] la tendance » (ibid. p.59) ; - Les mavens (mavens), de l’hébreu mevin, désignent ceux qui « possèdent l’information inédite » (ibid. p. 59). Le maven a d’abord été théorisé par Feick et Price (1987) qui le considèrent comme un individu ayant des informations inédites sur des produits du marché et qui est en mesure de répondre aux demandes de son entourage. Selon Gladwell (2008, p.
  • 22.
    22 66), lesmavens « jouent un rôle important dans le déclenchement des épidémies sociales puisqu’ils connaissent plus de choses que la majorité des gens » ; - Les vendeurs (salesmen) sont primordiaux pour le déclenchement d’une épidémie sociale. Un vendeur, au sens de Gladwell, « possède les compétences nécessaires pour persuader ceux qui hésitent encore à croire au message » (2008, p.69) ; Ces trois acteurs sont, selon Gladwell, des éléments clés de la propagation d’une épidémie sociale. Cependant, l’approche du Point de Bascule a été critiquée par plusieurs chercheurs dont Watts et Dodds (2007) et Berger (2013) notamment pour sa dimension réductrice manquant de preuve empirique. L’idée que des leaders d’opinion puissent exercer une influence sur une audience plus ou moins grande a, depuis Katz et Lazarsfeld en 1955, été réutilisée dans les domaines de la communication et du marketing (Mellet 2009). Les années 2000 marquent en effet le « retour en force dans la littérature professionnelle et académique » du leader d’opinion (Vernette 2006). Dès lors, quelles sont les caractéristiques propres aux leaders d’opinion qui pourraient faciliter leur identification ? Outre l’expertise, qui peut être définie comme l’acquisition de savoir par l’expérience, Vernette et Florès (2004) décrivent le leader d’opinion comme « une personne qui exerce une force d’attraction (physique, psychologique et/ou sociale) sur son entourage et qui dispose d’une forte crédibilité dans une catégorie de produit. Ses jugements et comportements influencent les attitudes et les choix de marques de son entourage dans ce domaine ». Cependant, comme le soulignent Alloing et Haikel-Elsabeh (2012) cette définition ne permet pas de distinguer les leaders d’opinion en ligne des leaders d’opinion hors-ligne. c. Le web : entre amateurisme, expertise & influence L’émergence du Web 2.0, conceptualisé dès 2005 par Tim O’Reilly dans l’article « What Is Web 2.0 »15, a favorisé l’idée que le Web est devenu social. L’apparition des fora, plateformes de blogging (Over-Blog, Wordpress, Ghost, Medium), de vlogging (Youtube, Vine, Vimeo), de microblogging (Twitter & Tumblr) ou encore les réseaux socionumériques (Facebook) a permis aux internautes de partager des informations, de créer des contenus et d’exprimer leurs opinions. Cette production d’opinions est liée à ce que Shirky (2008) appelle le phénomène d’amateurisation de 15 O'Reilly, T., 2005, « What Is Web 2.0. Design Patterns and Business Models for the Next Generation of Software », O’Reilly.com [En ligne] http://oreilly.com/web2/archive/what-is-web-20.html
  • 23.
    23 masse (massamateurization). Tout internaute devient ainsi un medium (« everyone is a media outlet », ibid., p.55) et s’adresse à une audience plus ou moins « invisible » (boyd, 2007.). Patrice Flichy (2010) va plus loin en établissant le postulat que le web favorise l’émergence d’un nouveau règne : celui du pro-am, à savoir le professionnel-amateur qui, grâce à ses passions et à ses échanges avec d’autres passionnés, peut frôler l’expertise sur un ou plusieurs domaines particuliers. Or, cette notion d’expertise est souvent considérée comme l’une des caractéristiques principales du leader d’opinion (Vernette et Flores 2004). Néanmoins nous retiendrons l’idée selon laquelle la notion d’expertise sur le Web est avant tout liée à la capacité à un individu à mettre en visibilité le contenu qu’il publie sous l’autorité des moteurs de recherche (Alloing et Haikel-Elsabeh 2012). L’identification de leaders d’opinion pour nourrir des stratégies de communication et de marketing sur le web apparaît souvent comme une étape importante pour les professionnels de ces secteurs. Ainsi, l’existence de véritables « discours de promotion » des réseaux socionumériques à destination des entreprises (Stenger et Coutant 2010) promeuvent l’idée que les entreprises doivent avoir une présence en ligne et engager le dialogue avec leurs communautés virtuelles. En outre, celles-ci cherchent parfois à amplifier leurs campagnes de communication numérique, notamment par le biais du marketing viral (Vernette 2006.), à savoir l’ensemble des « techniques incitant les clients d’un produit ou d’une marque à les promouvoir dans leur entourage » (Lendrévie, Lévy 2014, p. 414, 619). Afin d’accroître leurs audiences, les campagnes de marketing viral (viral marketing) tendent souvent à cibler les influenceurs pour augmenter le phénomène de bouche-à-oreille (Word of Mouth). Smith et al. (2007) expliquent le marketing viral comme l’identification « des individus influents au sein d’un réseau social et engager avec eux de manières à encourager le bouche-à-oreille »16 (trad., p.387). Selon Beauvisage et al. (2011), cette focalisation des organisations et agences de communication sur le marketing viral et sur la métaphore de la contagion découle d’une « figure idéale de la diffusion sur le Web, où les individus s’enthousiasment pour un contenu inconnu reçu de leurs proches et le retransmettent ensuite à leurs (autres) amis : de quelques individus passionnés, le contenu se diffuse de proche en proche au plus grand nombre » (p.151). Cette association entre diffusion et influence sur le Web est également faite par Alloing et Haikel-Elsabeh (2012) qui voient dans le leader d’opinion avant tout une capacité à diffuser et à amplifier la transmission d’un message. 16 « identifying influential individuals in social networks and connecting with them in ways that encourage WOM message movement » p. 387
  • 24.
    24 La définitionde leader d’opinion sur le Web que nous retiendrons est celle d’Alloing et Haikel- Elsabeh (2012), à savoir : « le leader d’opinion, pris au sens de « diffuseur » est un amplificateur potentiel de la transmission de ce message. » Il s’agit dès lors d’une « source de diffusion et médiatisation sur le web plus que d’influence » (p. 10) II. L’influence sur le web : un processus complexe La problématique de l’influence sur le web a été largement traitée dans la littérature professionnelle et académique depuis le début des années 2000. L’émergence de la « new science of networks » (Watts 2004), aussi appelée « Web science » (Hendler et al., 2008), qui s’appuie principalement sur la théorie des graphes17 et l’analyse de réseaux sociaux, ainsi que de nombreuses recherches effectuées en informatique (computer science), en sociologie, en sciences de gestion et en marketing ont cherché à isoler les paramètres clés de l’influence sur le Web. Nous ne pouvons prétendre à présenter, ici, de manière exhaustive les recherches effectuées sur concernant la problématique de l’influence sur le web et surtout de l’amplification de la transmission de contenus. C’est pourquoi nous nous focaliserons sur trois orientations de recherches que nous considérons comme primordiales, à savoir : l’importance des individus et des réseaux, le rôle joué par le contenu, ainsi que la dépendance de la diffusion de l’information aux plateformes sociales et aux algorithmes. a. Le rôle des individus et des réseaux sur le Web dans les dynamiques d’adoption virales : les apports de l’analyse de réseaux Quels sont les facteurs clés de transmission d’une information sur le Web ? Le rôle des individus et des réseaux dans le processus de diffusion et d’amplification de la transmission de contenus sur le Web connaît un succès particulier au sein des mondes de la communication et du marketing (Beauvisage et al. 2011). De nombreux travaux académiques se sont ainsi focalisés sur la compréhension de la « contagiosité des individus » sur le Web (ibid.), c’est à dire comment les 17 Théorie des graphes : théorie mathématique et informatique visant à étudier les graphes, à savoir l’« [e]nsemble de sommets (ou points) et d'arcs (ou lignes orientées) ou d'arêtes (ou lignes non orientées) liant certains couples de points » - http://www.cnrtl.fr/lexicographie/graphe
  • 25.
    25 caractéristiques deces derniers ainsi que leurs places au sein de réseaux peuvent être des leviers de diffusion d’informations. Une première série de travaux visant à analyser la répartition des liens sociaux sur le Web a permis de montrer qu’un petit groupe d’individus concentrait la majorité des liens. Ces travaux marquaient les prémices de ce que certains chercheurs nomment « nouvelle science des réseaux » (Watts 2004, Rieder 2009) ou encore la « web science » (Hendler et al. 2008). Comme le souligne Rieder (2009) et Plantin (2013), ces travaux de recherches s’inscrivent dans la tradition de la sociologie des réseaux datant des travaux de Georg Simmel pour qui « la forme sociologique la plus simple du point de vue méthodologique est la relation entre deux éléments » (1999, p. 116), de Moreno sur le sociogramme ou en encore de Barnes (1954). Les concepts de réseau et de réseau social peuvent être respectivement définis comme un « ensemble de noeuds interconnectés » (Castells 1998, p. 526) et comme « constitué d’un ensemble d’unités sociales et des relations que ces unités sociales entretiennent les unes avec les autres, directement, ou indirectement à travers des chaînes de longueurs variables » (Mercklé 2011, p. 4). Mercklé poursuit : « ces unités sociales peuvent être des individus, des groupes informels d’individus ou bien des organisations plus formelles, comme des associations, des entreprises, voire des pays » (ibid., p.4). Il souligne également que les relations entretenues par ces unités sociales entre elles peuvent être diverses : amitié, diffusion d’informations, interactions verbales ou non verbales, échanges de bien ou de services ou encore la participation à un même événement (ibid.). L’analyse de réseaux peut dès lors être perçue comme une méthode quantitative (Mercklé 2011) qui se base notamment sur la théorie des graphes. Comme le développe Mercklé : « L’apport méthodologique de la théorie des graphes est double : d’une part les graphes donnent une représentation graphique des réseaux de relations, qui facilite leur visualisation, permet la mise en lumière d’un certain nombre de leurs propriétés structurales ; d’autre part, la théorie des graphes développe un corpus extrêmement riche de concepts formels permettant de mesurer un certain nombre de propriétés des relations entre éléments » (2011, p. 22). Parmi les différentes mesures structurelles évoquées par Mercklé (ibid.), Lazega (2014) et Rieder (2009), retenons : - La densité : la densité d’un graphe désigne le rapport entre le nombre d’arcs (liens orientés) ou d’arêtes (liens non-orientés) existants et le nombre maximum d’arcs ou d’arêtes possibles ;
  • 26.
    26 - Laconnexité : la connexité d’un graphe désigne l’absence de sommets (noeuds) isolés des autres ; - Le degré : pour un graphe non-orienté (où les arêtes, ou liens, n’ont pas de sens), il s’agit du nombre de liens rattachés à un noeud X. Pour un graphe orienté (où les arcs, ou liens, ont un sens), on parle de degré entrant pour le nombre d’arcs pointant vers un noeud Y ou de degré sortant pour le nombre d’arcs sortant d’un noeud Y ; - La centralité : la centralité permet de mesurer la « position relative des acteurs au sein d’un système » (Lazega 2014, p. 41). Les trois principales mesures de centralité sont : la centralité de degré, de proximité et d’intermédiarité (Freeman 1979). Christian Marcon résume le concept de centralité d’un acteur au sein d’un réseau comme celui qui « opère l’interface rare » (Marcon 2013-2014). Appliquée à l’analyse des relations sur le Web, l’analyse de réseaux a permis à Albert-László Barabási et Reka Albert (1999) d’identifier une propriété particulière de la toile : il s’agit d’un réseau sans échelle (scale free network). Cela signifie que la distribution des degrés (nombre de liens d’un noeud) suit une loi de puissance (power law). Bernhard Rieder résume cette propriété de la manière suivante : « la majorité des noeuds affichent un degré relativement bas tandis qu’un nombre restreint de noeuds assemble un nombre très élevé de connexions. » (2009, p. 6). Albert-László Barabási, dans son ouvrage Linked: The New Science of Networks paru en 2003, affirme que la structure du Web est dominée par ces noeuds hyper-connectés, ces hubs, et cite en exemple Yahoo! et Amazon.com. Pour lui, « comparé à ces hubs, le reste du Web est invisible »18 (Barabási 2009, p. 58). Les recherches de Barabási et Albert de 1999 ont été extrapolées par l’auteur de pop-science (ou vulgarisation scientifique) Malcolm Gladwell dans son ouvrage Le Point de Bascule. Celui-ci parle alors de « super-échangeurs » (2008, p. 187) voire de super-influentials, littéralement « super-influenceurs » (Gladwell 2002, Beauvisage et al. 2011) pour désigner ces hubs. Dès lors, suffit-il qu’un noeud au sein d’un réseau soit hyper-connecté pour faire de lui un influenceur ? En 2007, Watts et Dodds publient un article remettant en question le rôle des influenceurs, ou super-influenceurs, dans la formation de l’opinion public. Les auteurs ont utilisés les modèles de seuil de comportement collectif (threshold model of collective behavior), conceptualisé notamment par Granovetter (1978) qui stipule que l’adoption ou non d’un comportement par des individus au sein d’un collectif dépend du nombre d’autres individus ayant déjà adopté ce comportement, afin de modéliser mathématiquement la capacité des individus à provoquer des 18 « Compared to these hubs, the rest of the Web is invisible » - p. 58
  • 27.
    27 « cascadesd’influence » (cascades of influence), que l’on peut concevoir comme une « dynamique d’adoption virale » (Beauvisage et al. 2011, p. 158). Watts et Dodds (ibid.) représentent leur modèle de l’influence comme suit : Figure 2 - Le modèle du two-step flow of communication comparé au modèle du réseau d'influence de Watts et Dodds (2007) La partie gauche de la figure est une représentation schématique de l’hypothèse du two-step flow of communication de Katz et Lazarsfeld (1955). La partie droite de la figure représente le réseau d’influence tel que modélisé par Watts et Dodds en 2007 où l’influence est co-construite entre les différents membres du réseau. La modélisation mathématique effectuée par Watts et Dodds (2007) a donc permis de remettre en question l’hypothèse des influenceurs (« the influential hypothesis »). Pour les auteurs, le déclenchement d’une dynamique virale d’adoption ne peut se produire que si une masse critique d’individus influence un nombre important d’individus influençables (ibid., p. 445, Beauvisage et al. 2011, p. 158), ce qui remet en question le postulat selon lequel un petit groupe d’influenceurs serait à la source d’une dynamique virale d’adoption tel que le soutien Gladwell (2008). D’autres recherches visent, quant à elles, à comprendre le rôle du contenu, du message ou encore du produit, dans les dynamiques virales. b. Le rôle du contenu et le modèle STEPPS En parallèle des recherches effectuées sur les réseaux d’influence évoquées ci-dessus, plusieurs scientifiques ont cherchés à identifier les caractéristiques des contenus et des informations qui se diffusent de manière virale, notamment sur le Web.
  • 28.
    28 Plusieurs travauxse sont intéressés à la viralité en tant que focalisation de l’attention des internautes sur un contenu en ligne. Beauvisage et al. (2011) soulignent que ces recherches, notamment celles de Szabo et Huberman (2010) et Leskovec et al. (2009) ont permis de mettre en avant deux « effets contradictoires du temps sur l’audience » à savoir : - L’audience totale augmente avec le temps, ce qui a pour effet d’attirer l’attention des internautes car ces derniers prêtent attention à des contenus qui ont déjà reçus de l’attention ; - L’attention des internautes est également portée sur la nouveauté. Bien que d’autres travaux de recherches portant sur la focalisation de l’attention des internautes existent, tout comme sur les trajectoires virales d’audiences (Crane et Sornette 2008), notre attention se portera principalement sur les travaux de Jonah Berger. Jonah Berger est professeur de marketing à l’université de Wharton et l’auteur de plusieurs recherches sur la viralité et le bouche-à-oreille. Dans son ouvrage Contagious: Why Things Catch On (2013), Berger affirme que l’hypothèse des influenceurs telle que formulée par Malcolm Gladwell (2008) est non-valide et que les facteurs clés de la viralité se trouvent ailleurs. Pour lui, ce qui rend un message, un produit, une information ou tout autre type de contenu viral, que ce soit en ligne ou hors-ligne, c’est avant tout les caractéristiques intrinsèques de ces derniers. Les caractéristiques des contenus ou des produits capables de susciter une dynamique d’adoption ou de diffusion virale sont, selon Berger au nombre de six. Il s’agit du cadre d’analyse STEPPS (Berger 2013) : Social Currency Triggers Emotion Public Practical Value Stories Figure 3 - Le modèle STEPPS de Jonah Berger (2013) - Social currency (monnaie social) : selon Jonah Berger, les gens se soucient des représentations qu’ont leur environnement d’eux. Pour cela, un produit ou une information doit permettre à ces derniers de se différencier, de « trouver leur remarquabilité intérieure »
  • 29.
    29 (inner remarkability,p. 22), de « paraître intelligent plutôt qu’idiot, riche plutôt que pauvre, cool plutôt que geek »19 (ibid., p. 22) ; - Triggers (amorces) : afin de rappeler aux gens de parler d’un produit, d’une idée ou d’une information, ceux-ci doivent être conçus pour que l’environnement puisse constamment rappeler leur existence. Un des exemples cités par l’auteur est celui de la chanson « Friday » de l’artiste américaine Rebecca Black20 dont la popularité serait due au fait qu’elle renvoie à un contexte récurrent à savoir l’arrivée du week-end ; - Emotion : Berger utilise la maxime « when we care, we share » (ibid. p. 23) à savoir « quand cela nous importe, nous le partageons ». Selon l’auteur, les contenus et produits à forte contagiosité font appel aux émotions. En s’appuyant sur ses propres recherches (2011) Berger propose une typologie des émotions selon leurs potentiels de viralité (2013, p. 109) : Potentiel élevé Potentiel faible Emotion positive Emerveillement (awe) Excitation (excitement) Amusement / humour (humor) Satisfaction (contentment) Emotion négative Colère (anger) Anxiété (anxiety) Tristesse (sadness) Tableau 1 - Typologie des émotions selon leurs potentiels de viralité selon Jonah Berger (2013) - Public : la publicité, au sens de la mise en visibilité, la dimension publique d’un produit ou un contenu apparaît comme l’un des facteurs clés de viralité selon Jonah Berger ; - Practical value (valeur pratique) : plus des produits ou des informations seront pratiques et utiles, plus les individus auront tendance à les partager à leurs entourages respectifs. Cependant, l’auteur souligne également que face à la masse importante d’informations auxquels ceux-ci sont soumis, les produits et informations doivent se différencier afin d’attirer l’attention ; - Stories (narration) : selon Berger, les individus ne partagent pas juste des informations, ils racontent des histoires. Dès lors, les produits et informations doivent être compris au sein d’une véritable stratégie de storytelling ; Les six facteurs clés de viralité présentés par Jonah Berger sous la forme du cadre d’analyse STEPPS ont la particularité de ne pas être interdépendants. En effet, l’auteur signale qu’un produit ne peut réunir que l’une des six caractéristiques et pourtant être adopté de manière virale, idem pour 19 « Most people would rather look smart than dumb, rich than poor and cool than geeky » - Berger 2013, p. 22 20 En ligne : http://www.youtube.com/watch?v=kfVsfOSbJY0
  • 30.
    30 la diffusiond’un contenu. Cependant, existe t-il d’autres facteurs pouvant provoquer la diffusion virale d’un contenu sur le Web ? Et quelles sont les limites du modèle STEPPS ? c. La dépendance aux plateformes sociales & aux algorithmes Les recherches menées sur l’influence sur le Web ont permis de mieux comprendre, dans une certaine mesure, les éléments clés permettant le déclenchement de cascades d’influence (Barabási et Albert 1999, Watts et Dodds 2007, Berger 2013). Mais ces résultats peuvent-ils être généralisés aux médias sociaux présents sur le Web ? Tout d’abord il convient de définir ce que nous entendons par médias sociaux. Ce terme regroupe selon nous deux sous-ensembles, à savoir les réseaux socionumériques et les plateformes de « computation sociale »21. Bien qu’il existe de nombreuses définitions des réseaux socionumériques (Kaplan et Haenlein 2010, Kietzmann et al. 2011), nous retiendrons la définition de Stenger et Coutant (2010 p. 221) qui se base sur celle donnée par boyd et Ellison (2007), à savoir : les réseaux socionumériques sont des services Web permettant aux individus de : 5. « Construire un profil public ou semi-public au sein d’un système, 6. De gérer une liste des utilisateurs avec lesquels il partage un lien, 7. De voir et naviguer sur leur liste de liens et ceux établis par les autres au sein du système, 8. Fondent leur attractivité essentiellement sur les trois premiers points et non sur une activité particulière ». Par exemple, sont considérés comme des réseaux socionumériques : Facebook, LinkedIn, Viadeo. Dans une autre mesure, les plateformes de computation sociales telles que définies par Pierre Lévy participent à la construction et au partage « de manière collaborative des mémoires numériques collectives à l'échelle mondiale, qu'il s'agisse de photos (Flickr), de video (YouTube, DailyMotion), de musique (Bittorrent), de pointeurs web (Delicious, Furl, Diigo) ou bien de connaissances encyclopédiques (Wikipedia, Freebase) »22. Réseaux socionumériques et plateformes de computation sociales font ainsi partie du « macro-concept » des médias sociaux, c’est à dire une « notion centrale qui en utilise d’autres pour être expliquée et précisée » (Stenger et Coutant 2010, p. 210). Plusieurs recherches tendent à montrer que l’influence, ou plus précisément les cascades d’influence, à savoir les dynamiques de diffusion virale de l’information, varient en fonction des 21 http://entretiens-du-futur.blogspirit.com/archive/2008/10/02/la-mutation-inachevee-de-la-sphere-publique.html 22 ibid.
  • 31.
    31 médias sociauxétudiés. Sur Twitter, par exemple, Cha et al. (2010) ont montré à travers leurs travaux que le nombre de followers d’un compte (nombre de personnes abonnées) est décorrélé de la capacité de ce même compte à être retweeté. Ce qui va à l’encontre de l’intuition suivante : plus un compte aura d’abonnés, plus ses tweets seront repris par d’autres comptes Twitter. De même sur Flickr, puisque Beuscart et al. (2009) ont montré que le « le nombre de favoris reçus par une photo est décorrélé du nombre d’amis de son auteur : le succès social de certains individus ne se traduit pas par celui de leurs oeuvres » (Beauvisage et al. 2011, p. 159). Plus récemment, des recherches menées par Chang et al. (2014) du Yahoo! Labs ont permis de mieux comprendre les dynamiques d’influence sur la plateforme de microblogging Tumblr. Selon les auteurs, les liens sociaux sur Tumblr (matérialisés par un abonnement, ou follow) sont répartis selon une loi de puissance et les cascades d’influence sont restreintes, dans la mesure 36,05% d’entre elles se déroulent uniquement entre deux comptes Tumblr. Dès lors, il conviendrait de ne pas généraliser les différents modèles de diffusion virale d’informations sur le Web aux différents médias sociaux existants. d. L’influence sur le web : complexité et biais de rétrospection L’influence sur le Web apparaît comme une notion complexe, même si plusieurs travaux de recherches ont tentées d’isoler les facteurs clés permettant de déclencher des dynamiques virales de diffusion de l’information (cascades of influence) comme nous avons pu le voir précédemment. Pour définir ce que nous entendons par complexité, nous allons nous appuyer sur les travaux d’Edgar Morin et de Nassim Nicholas Taleb. La complexité peut être caractérisée comme la variété des constituants d’un système et par les relations d’interactions entre ceux-ci. Reprenant la métaphore du tissu, Edgar Morin définit la complexité comme « un tissu de constituants hétérogènes inséparablement associés » qui « coïncide avec une part d’incertitude », incertitude due à des phénomènes particuliers ou aux limites de l’entendement humain (Morin 2005). Pour Nassim Nicholas Taleb (2010b), un système complexe est caractérisé par une grande interdépendance entre les composants de ce système d’un point de vue : temporel (un composant A est influencé par ses propres changements internes, qui sont survenus dans le passé), horizontal (il y a une interdépendance entre un composant A et un composant B d’un même système complexe) et diagonal (un composant A est influencé par les changements subis par un composant B, et vice-versa). Dès lors, toujours selon Taleb, s’installe une non-linéarité qui affecte les relations de cause à
  • 32.
    32 effet, enles rendant plus complexes. Cette non-linéarité affecte aussi les changements d’un système, en les rendant imprédictibles (Taleb 2012). Les recherches effectuées jusqu’à présent tendent en effet à montrer que les dynamiques de diffusion de l’information dépendent de nombreux facteurs : les caractéristiques intrinsèques des contenus & leurs contextes de diffusion (Berger 2013), la contagiosité des individus et leurs places au sein des réseaux (Barabási et Albert 1999, Watts et Dodds 2007), les plateformes elles-mêmes (Beauvisage et al. 2011, Chang et al. 2014), les dispositifs attentionnels mis en place (Beauvisage et al. 2011) et les algorithmes qui servent à la fois de filtres et mettent en visibilité certaines informations ou comptes recommandés (Alloing et Haikel-Elsabeh 2012). La complexité du processus d’influence sur le Web est soulignée par Watts et Dodds (2007). Ces derniers font une analogie entre les dynamiques de diffusion d’informations en ligne et les systèmes complexes naturels, et plus précisément les feux de forêts : « Certains feux de forêts, par exemple, sont beaucoup plus importants que la moyenne ; pourtant personne ne peut affirmer que la taille d’un feu de forêt peut être attribuée aux propriétés exceptionnelles de l’étincelle qui l’a déclenchée ou de la taille de l’arbre qui a été le premier à brûler. Les grands feux de forêts nécessitent une conjuration de vent, température, faible humidité et de combustibles qui sont présents sur de larges étendues de terrain. Tout comme les cascades larges au sein de réseaux d’influence, quand la bonne combinaison de conditions existe, alors tout étincelle peut la déclencher ; quand ce n’est pas le cas, aucune étincelle ne suffira. »23 (Watts et Dodds 2007, p. 454). L’identification d’acteurs ou de facteurs ayant joué un rôle dans la diffusion virale d’information sur le Web semble donc plus aisée a posteriori qu’a priori. L’examen d’un phénomène après que celui-ci se soit déroulé peut être affecté par un biais important : le biais de rétrospection. Comme le souligne le sociologue Gérald Bronner dans l’ouvrage de Portal et Roux-Dufort (2013), le biais de rétrospection a été largement traité en sciences sociales et a été parfois appelé « « dépendance téléologique », « illusion a posteriori », « illusion rétrospective » » (ibid. p. 111). L’auteur l’explique comme suit : « lorsque l’on considère les événements présents, et que l’on sait 23 Traduction de : « Some forest fires, for example, are many times larger than average; yet no one would claim that the size of a forest fire can be in any way attributed to the exceptional properties of the spark that ignited it or the size of the tree that was the first to burn. Major forest fires require a conspiracy of wind, temperature, low humidity, and combustible fuel that extends over large tracts of land. Just as for large cascades in social influence networks, when the right global combination of conditions exists, any spark will do; when it does not, none will suffice. » (Watts et Dodds 2007, p. 454)
  • 33.
    33 donc qu’ilssont survenus, nous avons trop facilement l’impression qu’ils étaient en fait prévisibles » (ibid, p. 111). La tendance à vouloir expliquer, voire justifier, des phénomènes passés se trouve également dans certains écrits sur l’influence et sur la viralité. Malcolm Gladwell (2012), par exemple, tente d’identifier a posteriori les facteurs de diffusion virale des chaussures Hush Puppies, le tabagisme chez les adolescents, la dépression ou encore le suicide dans son ouvrage Le Point de Bascule. Barabási dans son ouvrage Linked (2003) explique la propagation du virus du Sida au moment de son émergence aux Etats-Unis notamment par l’existence d’un « réseau sexuel complexe parmi les homosexuels » dont l’un de hubs était Gaëtan Dugas (2003, p. 123). Enfin, Berger (2013) décrit les mécanismes de diffusion de nombreux contenus tels que la chanson « Friday » de Rebecca Black, le succès des vidéos « Will it blend », des marques Abercrombie & Fitch et Victoria’s Secret à travers le prisme de son cadre d’analyse STEPPS. Pourtant, ces tentatives d’explications des phénomènes de modes et de contagions sociales ne sont-elles pas réductrices ou du moins simplificatrices ? Si l’influence est bien un processus complexe, comme souligné par Watts et Dodds (2007), quels rôles jouent la chance, le hasard, la volatilité et l’incertitude dans celui-ci ? La tendance des individus à vouloir simplifier les phénomènes complexes et à les justifier, notamment a posteriori, est ce que Nassim Nicholas Taleb nomme l’erreur de narration (narrative fallacy). Il s’agit du « besoin que nous avons de faire coller une histoire ou un modèle à une succession de faits ayant ou non un rapport entre eux » (2012, p. 390). Ce que nous retiendrons de cette revue de littérature est la complexité de phénomène d’influence sur le Web. Le déclenchement de cascades d’influence, ou de dynamiques virales de diffusion d’information, dépend de nombreux paramètres difficilement maîtrisables. En outre, nous retiendrons que le rôle des leaders d’opinion est parfois surévalué, notamment dans la littérature professionnelle, et que l’activité ces derniers semble n’être qu’un paramètre parmi d’autres.
  • 34.
    34 III. Del’identification à la construction des leaders d’opinion a. Les outils d’identification de leaders d’opinion sur le Web Bien que de nombreuses recherches aient montré les limites de l’hypothèse des influenceurs, celle-ci persiste au sein des communautés de professionnels de la communication, du marketing, de la veille ou encore des relations publiques. Plusieurs sociétés se sont ainsi positionnées sur ces problématiques d’identification d’influenceurs sur le web, à l’image d’Augure, éditeur de logiciel et prestataire de service français, qui a créé un moteur permettant d’identifier, selon eux, des influenceurs24, ou encore des éditeurs de plateformes permettant grâce à des algorithmes propriétaires et opaques de quantifier l’influence des individus sur le web social, à l’image de Klout.com, Kred.com, Followerwonk.com et PeerIndex.com. Klout.com, par exemple, définit l’influence comme « l’aptitude à conduire l’action »25 et prétend mesurer 400 indicateurs de réseaux socionumériques différents pour produire le Klout Score d’un individu ou d’une organisation. Le Klout Score est un indice exprimé sur 100 qui prend en compte les critères suivants : - Le « true reach » (portée réelle) : nombre d’abonnés, d’amis, de contacts ; - L ‘« amplification » : le nombre d’interactions provoquées (retweets, likes, commentaires) ; - Le network (réseau) : le ratio entre abonnements et abonnés (principalement sur Twitter) ; Klout.com, ainsi que la plupart des autres outils d’identification d’influenceurs sur le Web existants sur le marché, se basent ainsi sur des données quantitatives exploitées selon des algorithmes propriétaires. Ces données quantitatives recueillies par les outils proviennent de l’identité numérique, à savoir la « somme des traces numériques se rapportant à un individu ou à une collectivité » (Ertzscheid 2011, p. 16). Pour Olivier Ertzscheid, ces traces numériques peuvent être des « écrits, contenus audio ou vidéo, messages sur des forums, identifiants de connexion, etc. » (ibid., p. 16). Pour mieux comprendre la notion d’identité numérique et surtout pour comprendre d’où sont puisées les données quantitatives exploitées par les outils d’identification d’influenceurs tels que Klout.com, nous retiendrons la définition de Fanny Georges de l’hexis numérique qu’elle assimile au concept d’identité numérique (2007). Par hexis numérique, Fanny Georges entend « une sculpture agissante de soi dans le monde virtuel » (Georges 2008, p. 1). Citant Goffman, elle compare l’hexis 24 http://www.augure.com/fr/software/influenceurs 25 https://klout.com/corp/score
  • 35.
    35 numérique àune barbe-à-papa, « une substance poisseuse à laquelle se collent sans cesse de nouveaux détails biographiques » (ibid., p. 1). Selon Georges, l’identité numérique s’articule autour de trois identités (ibid.) : - l’identité déclarative : renseignée par l’utilisateur, il s’agit principalement des détails biographiques et des centres d’intérêts ; - l’identité agissante : activités, liens sociaux et comportements de l’utilisateur ; - l’identité calculée : la computation de l’identité agissante par le système ; Nombre des outils d’identification d’influenceurs, dont Klout.com, vont ainsi exploiter les données provenant de l’identité déclarative (pseudonyme, nom, prénom, activités, centres d’intérêts) ainsi que les données provenant de l’identité calculée (nombre d’amis, followers, followings, nombre d’interactions, fréquence de publication etc.) d’un ou plusieurs comptes sociaux d’un utilisateur. Sur Klout.com, par exemple, l’exploitation de ces données prend la forme suivante : Figure 4 - Exemple de profil sur Klout.com 1) Photo de profil : identité déclarative 2) Nom et prénom : identité déclarative 3) Biographie (déclarée sur Twitter) : identité déclarative 4) Score Klout : identité calculée (computation de l’identité agissante de l’utilisateur) 5) Centres d’intérêts : identité calculée selon les sujets les plus abordés par l’utilisateur 6) Réseaux socionumériques pris en compte par le système Klout.com pour la computation Bien que la mesure de l’influence d’un utilisateur sur le Web en fonction de son identité calculée, répartie entre un ou plusieurs réseaux socionumériques, puisse apparaître comme une solution pertinente pour l’identification d’influenceurs, quelles en sont les limites ? Tout d’abord, comme le souligne Dominique Cardon (2013), les métriques prises en compte par les systèmes que sont Facebook, Twitter et Google ne prennent pas en compte les mêmes éléments et chaque algorithme
  • 36.
    36 « impos[e][son] ordre sur la forme du Web qu'[il] mesur[e] » (2013, p. 174), ce qui rend artificielle leur harmonisation. Aussi, comme le soulignent Beauvisage et al. (2011) à travers leur revue de littérature sur l’influence, les « métriques d’influence » ne sont pas toujours corrélées à la capacité d’un utilisateur à déclencher des cascades d’information sur le Web. Louise Merzeau (2013) signale par ailleurs que la métrique émise par Klout.com se base sur des actions déjà effectuées par l’utilisateur (interactions déjà provoquées, par exemple). Il s’agit donc d’une mesure a posteriori, or, si le déclenchement de dynamiques virales de diffusion est complexe, comme souligné par Watts et Dodds (2007), qu’est-ce qui permet d’affirmer qu’un individu « influent » selon Klout.com le sera encore à l’avenir ? Enfin, si l’influence sur le Web est phénomène complexe, à savoir résultant de la combinaison de multiples facteurs interdépendants, celle-ci peut elle être computable comme le font Klout.com, PeerIndex ou Kred ? b. L’identification de leaders d’opinions chez Linkfluence Linkfluence est l’organisation qui a permis d’orienter les réflexions de ce mémoire. Cette startup, créée en 2006, s’est très rapidement inscrite en tant qu’acteur de l’e-réputation et du social media intelligence en France puis en Europe. L’identification de leaders d’opinions pour des clients, annonceurs & agences de communication, est une mission récurrente effectuée par les chargés d’études et de veille, aussi appelés social media researchers, de l’entreprise. Les chargés d’études et de veille produisent, généralement, deux types de livrables. Tout d’abord, les rapports de veille e-réputation et/ou de social media performance. Ces derniers visent à évaluer les actions de communication sur le web social menées par les organisations dans le cadre de leurs stratégies de présence en ligne. Puis, les études, qui sont au nombre de quatre : - Le bilan d’image : vise à faire un audit de la présence en ligne d’une organisation, d’une marque ou d’un produit. Pour chaque client, ce type d’étude répond aux questions : Qui parle de moi ? Où, quand, comment & pourquoi parle-t-on de moi ? - L’engage (analyse d’écosystème) : Il s’agit d’une étude visant à analyser l’écosystème informationnel et réputationnel d’une organisation. Ce type d’étude a pour but d’identifier et de mieux comprendre les communautés en lignes qui se sont exprimées à propos d’une marque, d’un produit ou d’une organisation et celles auprès de qui il serait intéressant pour l’organisation de communiquer ; - L’impact : Ce type d’étude vise à évaluer les retombées d’une campagne de communication d’un client sur le Web. Elle s’appuie principalement sur des données quantitatives ;
  • 37.
    37 - Letrends (analyse de tendances) : Ce type d’études vise à comprendre la perception qu’une ou plusieurs communautés en ligne ont d’un type de produit, comme le parfum, le chocolat ou encore l’hôtellerie ; Au coeur de l’approche de Linkfluence se trouve une méthodologie centrale qui est celle de l’écologie du Web (Fouetillou 2007). Pour Linkfluence, le Web peut être perçu comme un écosystème (ibid.). Cette métaphore sert avant tout à appréhender la complexité de l’environnement numérique et des éléments qui le composent et qui sont en interaction : sites web, blogs, plateformes, réseaux sociaux numériques, liens hypertextes, internautes, algorithmes, données etc. La notion d’écologie du Web prend alors tout son sens : Linkfluence vise à étudier les relations entre ces éléments et de comprendre comment ils entrent en interaction entre eux et avec leur environnement numérique. Comme le souligne Jean-Christophe Plantin citant Franck Ghitalla (2002), le Web est en effet un « constitué de documents possédant une topologie qu’il est possible de visualiser et d’analyser » (Plantin 2013, p. 229). Les travaux de Jacomy et Ghitalla (2007) ont permis une représentation schématique de la structure du Web. Celle-ci serait articulée autour de trois couches interconnectées : Figure 5 - Les trois couches du Web selon Ghitalla et Jacomy (2007) - La « couche la plus visible » : composée de sites web et plateformes tels que Google, Amazon, Wikipedia, SNCF etc. ; - La « couche intermédiaire » : il s’agit de la couche explorée par Linkfluence dans le cadre de ses analyses d’écosystèmes. Elle est composée d’agrégats et de communautés en lignes. Comme le souligne Le Béchec (2011), la notion d’agrégats « qualifie les sites web connectés et traitant d’une même thématique », elle peut être résumée par l’aphorisme : « Qui se ressemble se connecte » (Ghitalla et Jacomy 2007, p. 4) ;
  • 38.
    38 - La« couche profonde » : parfois qualifiée de Web invisible, il s’agit principalement des bases de données ; Cette représentation, bien que schématique, est cohérente avec les travaux de Barabási et Albert (1999) concernant la répartition des liens hypertextes sur le Web selon une loi de puissance. Pour Guilhem Fouetillou, co-fondateur de Linkfluence, l’analyse d’un écosystème Web permet de : « révéler les propriétés morphologiques d’une localité du web (ensemble de sites en proximité tant hypertextuelle que thématique) c'est-à-dire la structuration hypertextuelle (partition communautaire) mais aussi de replacer cette localité dans son environnement (approche écologique) et d’étudier les principes d’organisation et d’interdépendances de la localité étudiée et de son environnement hypertextuel ». (Fouetillou 2007, p. 282) Pour ce faire, la méthodologie de Linkfluence peut être décomposée en plusieurs étapes : Figure 6 - Représentation schématique de la méthodologie d'écologie du Web par Linkfluence 1. Identification des besoins du client : cette étape vise à définir les périmètres linguistiques & temporels de l’analyse d’écosystème ainsi qu’à permettre au client d’expliciter ses besoins en information et ses attentes ; 2. Sourcing : il s’agit de créer le corpus de sites web faisant partie de l’environnement informationnel et réputationnel du client, à savoir : les sites qui mentionnent l’organisation, produit(s) ou marque (s) visés, les sites qui peuvent représenter des opportunités de communication pour le client et les sites qui peuvent représenter des risques pour celui-ci. La phase de sourcing est généralement assistée par les technologies Linkfluence, notamment : - Le Linkscape : un panel de sites web régulièrement mis à jour et classé par communautés ; - Le crawl exploratoire : une fois un premier corpus de sites web créé, un robot d’indexation va permettre d’identifier l’« environnement hypertextuel proche » de ce corpus (Fouetillou 2007, p. 282), à savoir les sites présents à un ou plusieurs clics de souris de ceux identifiés ; 1. Identification des besoins 2. Sourcing 3. Crawl 4. Cartographie 5. Analyse & rédaction 6. Rendu du livrable
  • 39.
    39 Une foisles sites identifiés, ceux-ci sont catégorisés selon les thématiques qu’ils traitent. 3. Crawl : une fois le corpus de sites web constitué, un robot d’indexation développé par Linkfluence va identifier l’ensemble des liens hypertextes entrants et sortants des sites présents dans le corpus et ce afin de visualiser celui-ci sous la forme d’un graphe du web ; 4. Cartographie : le fichier issu de l’indexation sera ensuite visualisé et spatialisé le logiciel de graphe Gephi26. Par la suite, Linkfluence réalise une visualisation interactive du graphe de sites web créé grâce à la technologie développée en interne. Cette visualisation fera partie du livrable rendu au client ; 5. Analyse & rédaction : l’analyse est à la fois quantitative et qualitative. Il s’agit d’une combinaison entre analyse structurale du graphe de sites web constitué, à savoir une analyse des positions des sites web sur le graphe et des relations hypertextuelles existantes ou non-existantes entre ceux-ci (Fouetillou 2007), et une analyse netnographique, qui peut être définie comme « nouvelle méthode qualitative de recherche [en marketing] qui adapte les techniques de la recherche ethnographique à l’étude des cultures et des communautés émergeants à travers les communications médiées par ordinateurs »27 (Kozinets 2002, p. 2). 6. Rendu du livrable : restitution du livrable au client et présentation orale des résultats de l’étude Comme nous l’avons souligné précédemment, Linkfluence réalise au sein de ses études une identification des sites web influents. L’étape du crawl (étape 3 de la figure 5) permet, outre l’identification de liens hypertextes entrants et sortants des sites du corpus, d’appliquer à ces derniers plusieurs métriques issues de l’analyse de réseaux sociaux de manière automatisée. Les principales métriques utilisées sont : - Degré entrant : les liens hypertextes étant dirigés, il s’agit du nombre de liens, ou arcs, pointant vers un noeud (site web) ; - Degré sortant : nombre de liens hypertextes sortant d’un site web ; - Degré : somme des liens hypertextes entrants et sortants ; - Linkfluence Score (ou score d’influence) : calcul d’autorité basé sur le nombre de liens entrants d’un site. Il s’agit du score utilisé pour identifier des sites influents. 26 http://gephi.org 27 « [a] new qualitative research methodology that adapts ethnographic research techniques to the study of cultures and communities emerging through computer-mediated communications. » - Kozinets 2002, p. 2
  • 40.
    40 Il convientde s’attarder sur la notion d’autorité sur le Web. Celle-ci est souvent définie comme le « pouvoir d’agir sur autrui »28. Comme le souligne Camille Alloing sur son blog, « Lorsque l’on parle d’autorité sur le web, on fait souvent référence à l’autorité cognitive (relation d’influence sur la pensée de quelqu’un) ou l’autorité de l’expertise liée à la crédibilité d’un individu ou d’une ressource »29. Il poursuit « Pour schématiser, l’autorité est la pertinence, la crédibilité dans un domaine particulier que confère un individu à une source web »30. Si plusieurs chercheurs ont travaillés sur la notion d’autorité sur le Web, tels qu’Evelyne Broudoux et l’autorité informationnelle (2007), Camille Alloing et l’autorité réputationnelle (2013), Louise Merzeau et l’autorité sur Twitter (2013) ou encore Dominique Cardon et le PageRank (2013), nous allons nous focaliser sur la notion d’autorité en analyse de réseaux, puisque le Linkfluence Score en est un dérivé. Dans le domaine de l’analyse de réseaux, la notion d’autorité peut être ramenée aux travaux de Jon Kleinberg (1999) qui a créé, l’algorithme HITS (Hyperkinked-Induced Topic Search). Celui-ci est parfois considéré comme un précurseur du PageRank de Google. L’algorithme HITS permet d’identifier, au sein d’un graphe de pages web, des hubs et des autorités (authorities). Les autorités sont des pages recevant de nombreux liens hypertextes entrants, ce qui permettrait, selon Jon Kleinberg, d’évaluer la qualité du contenu de celles-ci. Plus une page aura de liens entrants, plus celle-ci aura un score d’autorité élevé. Les hubs, quant-à-eux, désignent les pages web pointant vers de plusieurs pages à forte autorité. Comme le souligne Kleinberg, autorités et hubs entretiennent une « relation de renforcement mutuel » puisque : « un bon hub est une page qui pointe vers plusieurs bonnes autorités ; une bonne autorité est une page qui est pointée par plusieurs bons hubs »31 (Kleinberg 2006, p. 611) Afin d’identifier un site Web ou un blog influent, Linkfluence utilise généralement plusieurs critères qui permettent de sélectionner les sites a priori, à savoir au moment de la constitution du corpus (étape 2 de la figure 5) : - La cohérence avec les besoins de l’organisation ou de la marque ; - La cohérence avec les thématiques sur lesquelles une marque ou une organisation souhaite communiquer ; 28 http://www.cnrtl.fr/definition/autorite 29 http://caddereputation.over-blog.com/article-pourquoi-mesure-t-on-la-notoriete-sur-le-web-mais-rarement-la-reputation- 85808652.html 30 Ibid. 31 « Hubs and authorities exhibit what could be called a mutually reinforcing relationship: a good hub is a page that points to many good authorities; a good authority is a page that is pointed to many good hubs. » Kleinberg, p. 611
  • 41.
    41 - Lacohérence avec l’audience ou les audiences visées ; - Le type de contenus publiés et l’engagement qu’ils génèrent ; - L’activité : rythme de publications, interactions avec les internautes à travers les commentaires ; - L’existence de profils sociaux liés à un site ou un blog : si il possède une audience importante sur Twitter, Facebook, Youtube, Instagram et autres médias sociaux, sa capacité à diffuser du contenu auprès de nombreux internautes représente un enjeu important ; Une fois le graphe de sites réalisé, à savoir après le crawl (étape 3 de la figure 5) et le calcul du Linkfluence Score par le robot d’indexation, les chargés d’études et de veille réalisent un filtrage des sites selon leur score d’influence. Ce afin d’identifier les sites considérés comme les plus influents et de les mettre en avant dans les études réalisées pour les clients. La méthode de Linkfluence pour identifier des influenceurs est donc à l’opposé de celles proposées par des outils tels que Klout, PeerIndex, ou Kred : Approche de Linkfluence Approche des principaux outils d’identification d’influenceurs Outils & algorithmes propriétaires Outils & algorithmes propriétaires Score d’influence basé sur l’autorité d’une source Score d’influence basé sur un algorithme « boîte noire » Le calcul du score d’influence ne prend en compte que les métriques structurales (nombre de liens entrants) Le calcul du score d’influence vise à mettre sur une même échelle les métriques provenant de différents médias sociaux (Facebook, Twitter, Instagram, LinkedIn etc.) Un corpus de sources est créé selon le contexte et selon les clients Une base de données unique de sources est utilisée pour tous les clients Un influenceur est un document Web : site Web, un blog, un profil social etc. La présence numérique d’un individu ou d’une organisation (ensemble de ses profils sociaux, sites et blogs) n’est pas unifiée. Un influenceur est évalué selon la commensuration de ses l’identités calculées (à travers différents profils sociaux) et donc, in fine, d’une partie de sa présence en ligne. Approche mêlant méthode quantitative (analyse structurale) et méthode qualitative (netnographie) Approche quantitative (analyse structurale, commensuration)
  • 42.
    42 La notiond’influence est contextuelle et contextualisée : Le score d’influence dépend de la thématique étudiée & de la position d’une source au sein d’un réseau, deux paramètres définis en amont de l’étude selon les besoins d’un client. L’influence est globale et décontextualisée : le score d’influence résulte de la commensuration de profils sociaux classés selon des thématiques. Tableau 2 - Comparaison entre l'approche de Linkfluence et celle des outils d'identification d'influenceurs sur le web Les deux approches comparées dans le tableau précédent peuvent être résumées de la manière suivante : - L’influenceur sur le Web, ou leader d’opinion, n’existe pas en soi, il s’agit d’une construction dépendant du contexte, des thématiques et des besoins d’une organisation : approche de Linkfluence ; - L’influenceur sur le Web existe en soi et ses capacités sont quantifiables, il suffit de l’identifier : approche des outils Klout, PeerIndex, Kred etc. Sans porter de jugement de valeur sur la pertinence ou non des deux approches, nous tenons à souligner que la première approche est celle qui a été retenue dans le cadre de l’étude de cas du présent mémoire. c. La construction des leaders d’opinion L’identification de leaders d’opinion sur le Web, telle que nous allons la développer au fil de ce mémoire, découle davantage d’une construction que d’une réelle identification. Pour ce faire, nous nous basons sur les travaux d’Alloing et Haikel-Elsabeh (2012) qui postulent que « le statut de leader d’opinion doit être un construit de l’entreprise voulant se reposer sur celui-ci pour développer sa stratégie marketing ou de communication sur le web, en fonction de ses objectifs et attentes ». Les auteurs définissent le leader d’opinion sur le web comme : « [Un] internaute développant une certaine expertise sur un sujet donné, expertise reconnue par sa capacité à diffuser et médiatiser des contenus et avis répondant à certains questionnements. De plus, le leader d’opinion diffuse de l’information aux membres de son réseau ou à son public, informations dont le filtrage permet ainsi à ce public non seulement de construire une opinion sur un sujet donné […], mais aussi de renforcer aux yeux de ce public la crédibilité du leader qui démontre ainsi sa capacité à connaitre de
  • 43.
    43 manière préciseun sujet, et à se positionner comme ressource sur celui-ci. » (Alloing et Haikel-Elsabeh 2012, p.7) Trois éléments nous semblent important à retenir de cette définition, à savoir : - Le leader d’opinion sur le Web possède une expertise sur une thématique. Pour les auteurs, cette expertise est liée à la capacité au leader d’opinion de mettre en visibilité ces informations et ses contenus pour un public & des requêtes formulées sur un moteur de recherche ; - Le leader d’opinion collecte et diffuse de l’information qu’il met à disposition de son réseau et de son audience (invisible ou non) ; - Il existe une relation de co-construction entre le leader d’opinion, qui diffuse de l’information au public, et le public qui va renforcer la crédibilité du leader d’opinion ; Dès lors, comment identifier un leader d’opinion ? Alloing et Haikel-Elsabeh (2012) proposent trois approches complémentaires : - Approche structurelle : compréhension du contexte, de la thématique, du sujet, selon les besoins de l’organisation & analyse de réseaux sociaux (positionnement de l’internaute au sein d’un réseau) ; - Approche énonciative : capacité de l’auteur (internaute) à être reconnu comme crédible ou fiable selon différents critères ; - Approche informationnelle : interactions suscitées par la diffusion de contenus par l’internaute ; L’identification de leaders d’opinion peut être donc perçue comme une construction faite par l’organisation selon ses besoins et ses attentes, mais surtout ses objectifs. Alloing et Haikel-Elsabeh (2012) en distinguent quatre : faire connaître, faire voir, faire partager, faire réagir. Les auteurs proposent également une série d’indicateurs formalisés dans une matrice. Celle-ci ne sera pas présentée intégralement, mais elle sera adaptée à l’étude de cas que nous avons traitée dans le cadre de nos recherches, à savoir : l’identification de leaders d’opinion sur les droits des personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles et transgenres (LGBT) sur le Web.
  • 44.
    44 Chapitre 2- Cas d’étude : identification de potentiels leaders d’opinion en ligne dans le domaine des droits LGBT
  • 45.
    45 Introduction auchapitre 2 Le présent chapitre a pour but de présenter le travail de recherche réalisé dans le cadre de ce mémoire de Master 2. Ce dernier vise à étudier la notion d’influence sur le web, et plus particulièrement la notion de leader d’opinion, tout en se basant sur un terrain de recherche spécifique que sont les droits des personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles et transgenres (LGBT) sur le Web. Le travail de recherche effectué n’a pas pour but de questionner les concepts de genre tel qu’étudié par les gender studies, ni de sexualité, d’homosexualité, de transsexualité. Il vise principalement à comprendre comment, sur le web, l’information et la revendication des droits LGBT se constitue. Pour ce faire, nous avons réalisé une étude de cas centrée sur l’analyse de l’écosystème informationnel de la plateforme Equaldex.com, créée par l’américain Dan Leveille. Le but de cette plateforme est de fournir aux internautes des informations concernant l’évolution des droits des personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles et transgenres dans le monde (que nous nommerons « droits LGBT » par la suite). Les droits LGBT sont inégaux dans le monde. Cette expression désigne, de manière non exclusive, un ensemble de droits : - Le droit d’avoir un rapport sexuel avec une personne du même sexe ; - La reconnaissance juridique des couples de même sexe, voire le droit au mariage entre deux personnes du même sexe ; - Le droit pour les couples à l’adoption ; - L’interdiction des discriminations vis-à-vis des personnes LGBT ; - La reconnaissance légale du changement de genre ; - Le droit pour les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (Men having Sex with Men, ou MSM) de donner leur sang ; Cette liste est non-exhaustive. En 2013, la France a connu un tournant particulier dans ce domaine puisque les personnes homosexuelles ont obtenu le droit de se marier et d’adopter des enfants. Pourtant, les personnes homosexuelles n’ont pas le droit de donner du sang. Aux Etats- Unis, à qui l’on doit l’« American gay way of life » selon Frédéric Martel (2013, p. 20), le mariage ente deux personnes du même sexe (same-sex marriage) n’est pas généralisé dans tous les Etats du pays. Le terme « gay » est ici utilisé comme synonyme d’homosexuel et comprend à la fois les dimensions sexuelles, sociales et culturelles (ibid.).
  • 46.
    46 Pour FrédéricMartel, il existe une « mondialisation de la question gay » (ibid.), fortement influencée par les Etats-Unis, mais qui ne se réduit pas à une uniformisation. Au contraire, l’auteur souligne que chaque pays possède ses spécificités tant au niveau des droits LGBT, que des pratiques, des cultures. L’appropriation de l’espace par les personnes LGBT dépend également des spécificités des pays et des villes, comme le souligne Martel (ibid.). Pour l’auteur il y a ainsi un « Global Gay » (une culture gay globale, mondialisée) et des « Local Gay » (des cultures et pratiques gay variant selon les singularités locales). L’importance des spécificités locales se retrouve également dans la notion de communauté LGBT. Cette expression est souvent utilisée dans les médias pour parler des personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles et transgenres mais Martel souligne également l’existence des « communautés LGBT » nationales et locales (ibid. p. 21). La question des droits LGBT dans le monde est portée par de nombreux acteurs, tant à l’échelle internationale à l’image de l’ONU et de sa campagne Free & Equal32, qu’à l’échelle nationale et locale, grâce à des associations, organisations non-gouvernementales, syndicats et autres réseaux. Pour Frédéric Martel (2013), « partout de nouveaux acteurs […] les activistes LGBT ne sont pas les seuls à mener la bataille : des patrons de start-up et des gérants de cafés, des avocats, des journalistes, des animateurs de télévision, des diplomates, des artistes et des milliers d’anonymes agissent » en faveur de la reconnaissance des droits LGBT à travers le monde (p. 21). Pour l’auteur, la culture gay est devenue mainstream, ou grand public et les « droits des gays au niveau international sont en train de devenir une question des droits de l’homme » (ibid. p. 23) et Internet et le web joueraient un rôle crucial dans ces transformations. 32 https://www.unfe.org
  • 47.
    47 I. Présentationd’Equaldex en trois points S’il y a bien un élément qui a motivé l’orientation de ce mémoire de fin d’études, c’est la découverte du site Equaldex. C’est pourquoi celui-ci est au centre de notre travail de recherche. Pour mieux comprendre la nature de ce site web et ses objectifs, nous proposons de l’analyser sous trois formes : site d’information, lieu de synchorisation réticulaire & site en quête de notoriété sur le web. a. Equaldex : un site d’information sur les droits LGBT Equaldex.com a été créé par Dan Leveille en 2009 sous le nom d’Equalitopia mais son lancement officiel a été initié en 2014. Il s’agit d’une « base collaborative de connaissance qui crowdsource les droits LGBT (lesbiens, gays, bisexuels et transgenres) par pays et par régions »33. Le terme crowdsourcing utilisé par Equaldex est un néologisme anglais provenant des mots crowd (la foule) et outsourcing (externalisation). Pour Brabham, le crowdsourcing désigne un modèle distribué & en ligne de résolution de problème et de production. Dans le cadre de la plateforme Equaldex, le crowdsourcing Figure 7 - Capture d'écran du site Equaldex se situe à plusieurs niveaux : - Les contributeurs d’Equaldex, des internautes volontaires, complètent les données34 concernant l’état d’avancement des droits LGBT dans le monde ; - Les modérateurs d’Equaldex, des contributeurs désignés par Dan Leveille, peuvent également compléter les données concernant les droits LGBT dans le monde, mais leur mission principale est de vérifier la véracité des données déjà présentes sur le site ; Afin de rendre les données collectées par les contributeurs et les modérateurs intelligibles, Equaldex est axé autour de la visualisation de données statistiques. Le site permet ainsi aux visiteurs de visualiser l’état des droits LGBT dans le monde par le biais d’une représentation cartographique 33 Description (traduite) du site en bas de page : http://equaldex.com 34 Par donnée, nous entendons un élément d’information manipulable indépendamment de sa signification, tel que définit par Philippe Baumard (1991), cité par Moinet, N., 2011, Intelligence économique : Mythes et réalités, CNRS, Paris, 188 p.
  • 48.
    48 (cf figure7), mais aussi d’une frise chronologique permettant de visualiser les changements de lois de 1944 à nos jours : Figure 8 - Capture d'écran d'Equaldex - Frise chronologique des droits LGBT à travers le temps Dans un entretien par e-mail avec le créateur du site, Dan Leveille, celui-ci expliquait la genèse du projet et ses objectifs : « J’ai réalisé qu’il manquait une ressource unique et exhaustive à propos des lois en faveur des LGBT, donc j’ai décidé de créer un site simple qui montrerait une carte des droits LGBT dans le monde. Puis j’ai réalisé l’ampleur du projet et je savais que le seul moyen de le faire correctement serait d’en faire un site crowdsourcé. […]. Le but d’Equaldex est de devenir une ressource exhaustive pour tout ce qui est lié au mouvement des droits LGBT. J’ai toujours aimé les données et je pense que l’on peut vraiment renforcer nos arguments en les utilisant. Grâce aux données, les gens peuvent voir les choses d’une manière différente. Mon but en construisant Equaldex était d’aider à illustrer le mouvement des droits LGBT de manière encore plus visuelle. Equaldex a aussi pour but d’éclairer les zones sombres du monde. Très souvent, les gens ne pensent pas vraiment de manière globale et ils n’ont pas pris conscience que dans de nombreux pays on peut être tué car l’on est gay. »35 Si Dan Leveille cherche à faire d’Equaldex un site de référence concernant l’information sur les droits LGBT, nous tenons également à analyser ce site en tant que lieu de synchorisation réticulaire. 35 Traduction. Voir annexe pour l’intégralité de la correspondance.
  • 49.
    49 b. Equaldex: Un lieu réticulaire de synchorisation Un élément distinctif d’Equaldex, par rapport à d’autres sites d’information sur les droits LGBT, tels que celui de Human Rights Watch36, celui de l’American Civil Liberties Union37 ou encore des médias LGBT tels que Pink News38, c’est son fonctionnement basé sur le crowdsourcing. En prenant en compte la dimension controversée de cette pratique, notamment pour des raisons éthiques (voir par exemple Harris 2011), Equaldex nous apparaît néanmoins comme un véritable lieu réticulaire de synchorisation. Qu’est-ce qu’un lieu réticulaire de synchorisation ? Cette expression provient des travaux du géographe Boris Beaude (2012, 2013). Afin de la définir, il convient tout d’abord de comprendre ce que veulent dire : - La notion de lieu : il s’agit d’un « espace au sein duquel la distance n’est pas pertinente » (ibid., p. 250) ; - La notion de lieux réticulaires : ils désignent des « lieux de l’information et de la communication, mais aussi de coexistence, des lieux capables de créer un espace commun lorsque l’étendue des lieux territoriaux devient trop contraignante » (ibid., p. 63). Pour l’auteur, Internet ou encore le web sont des lieux réticulaires ; - Le concept de synchorisation : Néologisme formé de syn (commun) et chôra (espace existentiel), la synchorisation désigne « [le] processus social qui consiste à se donner un espace commun pour être et agir. » Pour l’auteur, « l’interaction suppose la synchorisation » (ibid., p. 250). Il oppose d’ailleurs la synchorisation à la synchronisation, qui désigne un « processus social qui consiste à se donner un temps commun pour être et agir » (ibid., p. 250); Equaldex, en tant que site web collaboratif d’information sur les droits LGBT, apparaît comme un lieu réticulaire de synchorisation. En effet, les internautes-contributeurs provenant de différents pays partagent un même espace (le site www.equaldex.com), ils ont un profil sur la plateforme (l’« être » évoqué par Beaude, p. 250) et ils agissent en contribuant à l’alimentation de la base de données et à la vie du site : 36 http://www.hrw.org/topic/lgbt-rights 37 https://www.aclu.org/lgbt-rights 38 http://www.pinknews.co.uk/2013/09/05/what-do-lgbt-people-living-each-of-the-g20-countries-face/
  • 50.
    50 Figure 9- Capture d'écran d'Equaldex - Un lieu réticulaire de synchorisation La figure ci-dessus vient compléter l’analyse d’Equaldex en tant que lieu réticulaire de synchorisation. La page dont la figure est extraite est celle des changements et discussions récents. Celle-ci met en avant le fait qu’Equaldex n’est pas un espace de synchronisation, dans la mesure où les contributeurs ne sont pas obligés d’agir dans un temps commun, mais bien un lieu de synchorisation qui permet des actions asynchrones. Les contributeurs peuvent ainsi alimenter la base de données et l’éditer lorsqu’ils le souhaitent. Equaldex est un lieu où s’opèrent, dans une certaine mesure, des coopérations faibles. Pour Aguiton et Cardon (2007), se basant notamment sur les recherches de Benkler (2006), la notion de coopérations faibles désigne la formation individualiste de liens entre des individus dans une logique de coopération : il s’agit d’un mélange d’individualisme et de solidarité qui serait caractéristique des communautés en ligne. Dans le cadre d’Equaldex, cette notion revêt un intérêt particulier : les contributeurs ne se connaissaient pas forcément avant d’oeuvrer ensemble pour l’alimentation de la base de données, il n’existait pas de « communauté Equaldex » avant la création du site. Pourtant, la vie de la plateforme représente un intérêt commun pour ce collectif de personnes. Pour reprendre Aguiton et Cardon (2007), les liens interpersonnels entre les contributeurs se créent au fur et à mesure des contributions et des discussions c. Equaldex : Un site en quête de notoriété ? Equaldex est également un site web en quête de notoriété. Le CNRTL définit la notion de notoriété comme le « caractère de ce qui est connu ou constaté par un grand nombre de personnes »39. Pourtant, comme le souligne Bourre et Surraud (1995.), la notoriété s’accompagne d’une connotation méliorative : il s’agit de se faire connaître de manière positive. Comme le souligne Alloing (2013), la notoriété relève de l’identité de marque, c’est à dire « la faculté à voir un produit/service gagner en notoriété tout en restant en adéquation avec le message voulue par l’organisation (donc avantageux) » (p. 220). 39 http://www.cnrtl.fr/definition/notori%C3%A9t%C3%A9
  • 51.
    51 Pour DanLeveille, le manque de notoriété d’Equaldex apparaît comme un réel problème : « Toucher une audience importante est mon plus gros problème concernant Equaldex. Je pense que le produit est arrivé à un stade de développement décisif – il y aurait tellement de choses que j’aimerais y ajouter, mais je n’ai pas l’impression qu’il lui manque quelque chose de majeur pour le moment. Les gens adorent le site, mais il n’obtient pas la couverture médiatique que je souhaiterais. Ça se ramène aussi au temps et aux efforts que je mets dans la vie d’Equaldex : j’essaie de passer du temps à construire et améliorer le site, ce qui me laisse peu de temps pour les relations presse. Si j’avais plus de temps, j’enverrais des emails et des tweets à des journalistes tous les jours, ce qui peut s’avérer être assez efficace. Si je pouvais juste identifier quelques blogs orientés LGBT ou technologie majeurs, je pense que le site pourrait vraiment décoller. »40 L’accroissement de la notoriété d’Equaldex apparaît comme cruciale pour Dan Leveille. Dès lors, quelles actions mettre en place ? Nous proposons, dans un premier temps, de réaliser un graphe de sites web traitant des droits LGBT afin de cartographier l’écosystème informationnel d’Equaldex, puis d’analyser celui-ci afin d’identifier les sites web les plus importants du graphe. Enfin, nous montrerons comment il est possible de contacter ces sites afin de leur faire connaître Equaldex. II. Structuration de l’écosystème informationnel d’Equaldex Notre travail de recherche vise à identifier de potentiels leaders d’opinion au sein de l’écosystème informationnel d’Equaldex. Pour ce faire, nous avons choisi de réaliser une visualisation de graphe de sites web francophones et anglophones liés aux droits LGBT. Pour rappel, nous retiendrons la définition d’Alloing et Haikel-Elsabeh du leader d’opinion qui « pris au sens de « diffuseur » est un amplificateur potentiel de la transmission de ce message. » Il s’agit dès lors d’une « source de diffusion et médiatisation sur le web plus que d’influence » (2012, p. 10). Dans le cadre de notre travail, cette source de diffusion pourra être : un site web, un blog, un profil Twitter, un profil Youtube, un portail d’information ou encore un forum. 40 Traduction. Voir annexe pour l’intégralité de la correspondance.
  • 52.
    52 Deux hypothèsesviennent appuyer notre travail de recherche. Premièrement, nous supposons que le graphe de sites web réalisé par nos soins sera un réseau invariant d’échelle, à savoir que la répartition des liens hypertextes suivra une loi de puissance. Nous supposons également qu’Equaldex, en tant que site web récent (lancement officiel en 2014), s’inscrit dans un processus d’attachement préférentiel (Barabási 2003), à savoir qu’il pointe ses liens hypertextes vers des sites de référence concernant les droits LGBT, ce qui contribue à renforcer la centralité de ces derniers. a. Définition des besoins d’Equaldex & leur déclinaison en indicateurs Dan Leveille souhaite voir la notoriété d’Equaldex croître. Pour ce faire, il souhaiterait contacter des journalistes et des blogs « majeurs » sur les questions LGBT afin de leur présenter Equaldex et, in fine, faire connaître le site aux audiences de ces blogueurs et journalistes. Afin de décliner ces besoins en indicateurs, nous nous appuierons sur matrice de détection des leaders d’opinion sur le web telle que formalisée par Alloing et Haikel-Elsabeh en 2012. Les auteurs proposent d’identifier les caractéristiques structurelles, énonciatives et informationnelles du potentiel leader d’opinion. Dans le cadre d’un objectif de notoriété, ici faire connaître Equaldex, nous avons adapté la matrice de la manière suivante : Faire connaître Faire connaître Equaldex Caractéristiques structurelles Volume de contacts (centralité de degré) ; Visibilité des profils/sources sur les moteurs de recherches ; Présence de liens faibles ; Maillage conséquent des sources d’expression ( Comparaison des scores de : Centralité de degré Centralité eigenvector41 Volume de liens entrants (autorité) Caractéristiques énonciatives Notoriété du leader (cf critères d’expertise) ; Volume et rythme de production de contenus ; Nature de la source (ie. Potentiel leader d’opinion) : privilégier médias & blogs Langue de publication (anglais / français) Notoriété de la source Volume et rythme de production de contenus ; Caractéristiques informationnelles Volume de reprises moyen des contenus/informations diffusés Volume de reprises moyen des contenus/informations diffusés 41 Centralité eigenvector : « mesure de quelle manière un noeud est connecté aux autres sommets fortement connectés du graphe » (Drevelle 2013) - http://groupefmr.hypotheses.org/2324
  • 53.
    53 Tableau 3- Principaux indicateurs pour l'identification de potentiels leaders d'opinion pour Equaldex b. Constitution du corpus de sites web La constitution du corpus de sites web, ou sourcing, est au coeur de la réalisation du graphe. Il a été important de définir, en amont de notre travail, de définir les principaux critères essentiels à la réalisation de celui-ci. Que chercher à collecter ? Nous nous intéressons à la question des droits LGBT. Cette thématique est traitée par de nombreux acteurs sur le web et ce à l’échelle internationale : ONG, associations & syndicats engagés dans la défense des droits LGBT (advocacy), journalistes, blogueurs, microblogueurs (Twitter, Tumblr) ou encore par des vlogueurs (sur Youtube par exemple). Quels types de sources collecter ? Nous nous sommes focalisés, dans le cadre de notre travail, sur : les blogs, médias en ligne, sites web & profils sociaux d’internautes ayant explicitement défendu les droits LGBT au cours des 6 derniers mois. Quels périmètres choisir ? Le choix des périmètres de sourcing apparaît également comme structurant pour la réalisation du graphe de sites web. Comme nous l’avons souligné précédemment, la question LGBT s’est étendue à l’échelle mondiale. Dès lors, nous avons pris le parti de nous intéresser au web anglophone et au web francophone et de restreindre nos recherches aux sources françaises, nord-américaines (principalement les Etats-Unis), anglo-saxonnes & australiennes. Quelle catégorisation des sources ? Toute typologie d’acteurs lors de la réalisation d’une cartographie du web fait appel à la subjectivité du cartographe, malgré les tentatives d’objectivation de ce dernier (Plantin 2013). La typologie utilisée dans le cadre de ce travail de recherche est avant tout le résultat d’une construction. Critères de sélection des sites Exemples Types d’acteurs ONG, associations, syndicats, journalistes, blogueurs, éditeurs de sites web, vlogueurs & microblogueurs étant engagé dans la défense des droits LGBT Types de sources Blogs, médias en ligne, profils sociaux (Twitter, Youtube), pages Facebook, sites, communautés en ligne (forums & réseaux socionumériques dédiés) Périmètre linguistique Francophone & anglophone Périmètre géographique Sources françaises Sources américaines, et principales sources canadiennes, anglo-saxonnes, australiennes Catégorisation Catégorisation sur deux niveaux (séparés par un signe slash ci-dessous) : Langue/type d’acteur (ou de source) Les principaux types de sources retenues sont :
  • 54.
    54 - LGBTAdvocacy - LGBT Blog - LGBT Media - LGBT Website - LGBT forum - LGBT Youtuber - Civil rights (Le mouvement des Civil Rights aux Etats-Unis est fortement lié au mouvement LGBT comme souligné par la documentariste Yoruba Richen42) Enfin, le site Equaldex, le blog éponyme et ses différents profils sociaux sont regroupés dans la catégorie Equaldex/Equaldex Tableau 4 - Principaux critères retenus pour la création du graphe de sites web c. Quel statut donner aux liens hypertextes ? Si l’analyse de réseaux sociaux cherche généralement à comprendre les relations sociales entre des individus, notre travail de recherche est sensiblement différent. Dans ce cadre, notre graphe sera composé de sources web (sites, blogs, profils sociaux) reliés entre eux par des liens hypertextes. Cependant, les liens hypertextes sont équivoques, complexes et nécessitent d’être expliqués car, comme le souligne Le Béchec citant Kleinberg, « le web est un corpus hypertexte, complexe et qui augmente » (Le Béchec 2010, p. 258). Afin de mieux comprendre la notion de lien hypertexte, nous allons l’analyser par le biais des deux personnalités : Tim Berners-Lee (1997), considéré comme le principal inventeur du World Wide Web en 1989 et Pierre Lévy (1990). Tout d’abord, pour Tim Berners-Lee (1997), un lien hypertexte partant d’une page web A vers une page web B ne signifie en aucun cas que : - La page web A soutient la page web B ; - La page web A a été créée par l’auteur de la page web B ; - La page web B fait partie de la page web A ; Dans cette logique, Pierre Lévy a émis en 1990 des principes qu’il nous semble pertinentes de souligner concernant les liens hypertextes et le web (p. 30-31) : 42 Vidéo en ligne : http://www.ted.com/talks/yoruba_richen_what_the_gay_rights_movement_learned_from_the_civil_rights_movement
  • 55.
    55 1. Principede métamorphose : « Le réseau hypertextuel est sans cesse en construction et en renégociation. Il peut rester stable un certain temps, mais cette stabilité est elle-même le fruit d’un travail » ; 2. Principe d’hétérogénéité : « Les noeuds et les liens d’un réseau hypertextuel sont hétérogènes » ; 3. Principe de multiplicité et d’emboîtement d’échelles : « L’hypertexte s’organise sur un mode « fractal », c’est à dire que n’importe quel noeud ou n’importe quel lien, à l’analyse, peut lui-même se révéler composé de tout un réseau, et ainsi de suite, indéfiniment, le long de l’échelle des degrés de précision » ; 4. Principe d’extériorité : « Le réseau ne possède pas d’unité organique, ni de moteur interne. Sa croissance, et sa diminution, sa composition et sa recomposition permanente dépendent d’un extérieur indéterminé : adjonction de nouveaux éléments, branchements sur d’autres réseaux, excitation des éléments terminaux (capteurs), etc. » 5. Principe de topologie : « Dans les hypertextes, tout fonctionne à la proximité, au voisinage. […] Il n’y a pas d’espace universel homogène où les forces de liaison et de déliaison, où les messages pourraient circuler librement. […] Le réseau n’est pas dans l’espace, il est l’espace » 6. Principe de mobilité des centres : « Le réseau n’a pas de centre, ou plutôt, il possède en permanence plusieurs centres qui sont comme autant de pointes lumineuses perpétuellement mobiles […] » Ces principes posés en 1990 par Pierre Lévy peuvent sembler parfois métaphoriques mais présentent de nombreuses similarités avec les travaux de Barabási et Albert (1999) et Barabási (2003). Ces six principes permettent de mieux interroger notre démarche. Les principes de métamorphose du réseau hypertextuel, de multiplicité et d’extériorité, accentuent la difficulté de notre travail de recherche. En effet, il nous est important de souligner que nous ne pouvons prétendre à l’exhaustivité en travaillant sur un réseau hypertextuel composé de sites francophones et anglophones sur les droits LGBT. La création du corpus a dû faire l’objet d’une sélection a priori (définition de critères en amont) et a posteriori (éliminations par itération). Quel statut donner aux liens hypertextes sur le web ? A la vue des travaux réalisés par Le Béchec (2010) ainsi que Plantin (i 2013), il nous semble importer d’expliciter le sens que nous donnerons aux liens hypertextes au sein de notre graphe de sites web. Tim Berners-Lee (1997)
  • 56.
    56 souligne que« l’existence d’un lien n’est pas porteuse de signification en elle-même »43. Comme le souligne Plantin « les pratiques de liens entre les sites web relèvent bien d’une stratégie et non du hasard » (2013, p. 238). Le développement du référencement naturel (Seach Engine Optimization ou SEO), et plus précisément de la pratique de netlinking visant à augmenter le nombre de liens entrants d’un site, illustre une véritable professionnalisation des pratiques de liens hypertextes sur le web. L’échange de liens entre deux sites web, ou liens réciproques, est un exemple de pratique visant à améliorer le référencement d’un site puisque comme le souligne Le Béchec, ceux-ci « augmentent la proximité entre les deux sites web sur un graphe » (2010, p. 258). Le lien hypertexte est équivoque et sa signification dépend grandement de la réflexivité du chercheur et du contexte. Contrairement à Fouetillou (2007, p. 293) nous ne pensons pas que la stratégie de lien utilisée par les sites web (voire les acteurs) traitant des droits LGBT correspondent à une « stratégie explicite d’occupation de territoire ». A l’inverse, notre conception du lien hypertexte s’inscrit dans la continuité des Digital Methods de Rogers pour qui : « faire un lien vers un autre site, ne pas faire de lien ou enlever un lien, peuvent être respectivement perçus, sociologiquement et politiquement, comme des actes d’associations, de non-association ou de dissociation »44 (Rogers 2013, p. 44). Cette conception du lien hypertexte ne prend pas en compte de manière directe la dimension professionnelle des pratiques de liens hypertextes, ce qui ne nous semble pas être un obstacle dans la réalisation de notre graphe de sites web. En effet, la valorisation des dimensions sociologiques et politiques dans le cas d’un graphe de sites web portant sur les droits LGBT nous apparaît comme plus pertinente. d. La cartographie comme processus itératif La réalisation de notre graphe de sites web s’est faite de manière itérative. Comme l’a souligné Pierre Lévy, le « réseau hypertextuel est sans cesse en construction et en renégociation » (1990 p. 30-31). La méthode que nous avons utilisé pour cartographier l’écosystème informationnel d’Equaldex et, plus largement, des droits LGBT en France et sur le web anglophone, a été inspirée par la lecture de plusieurs ressources sur le sujet (Jacomy et Ghitalla 2007, Plantin 2013, Venturini 2009, Lima 2011 et Fouetillou 2007). Néanmoins nous nous devons de souligner l’importance de l’apprentissage réalisé au sein de Linkfluence comme ayant influencé nos réflexions, notre méthode 43 « the existence of the link itself does not carry meaning » - http://www.w3.org/DesignIssues/LinkLaw 44 « Making a link to another site, not making a link, or removing a link, may be viewed, sociologically or politically, as acts of association, non-association or dissociation, respectively »
  • 57.
    57 et notreanalyse de la cartographie. Nous sommes également reconnaissants à Linkfluence d’avoir mis à notre disposition son crawler pour la réalisation de notre graphe de sites web. Notre cartographie a été réalisée de la manière suivante : 2) Sourcing manuel • Identification d'un premier corpus de sources (via nos connaissances personnelles & utilisation de listes déjà constituées) • Nous nous sommes focalisés sur la couche intermédiaire du web (Jacomy et Ghitalla 2007) 3) Crawl exploratoire • Technologie Linkfluence • Récupération des sites de niveau 1 présents dans le corpus initial • 20820 sites récupérés 4) Corpus final (1269 sites) • Identification des sites pertinents • Catégorisation finale 5) Crawl stabilisateur • Technologie Linkfluence • Récupération des liens hypertextes présents dans le fichier de sourcing final • 1269 sites & 12134 liens hypertextes identifiés Figure 10 - Processus de réalisation de notre graphe de sites web sur les droits LGBT 1) Besoins • Identification des besoins • Critères d'identification des sources La figure ci-dessus illustre les étapes de la réalisation de notre cartographie. En gris, les étapes réalisées de manières manuelles (ou du moins avec nos propres grilles de lectures et des outils bureautiques tels que Microsoft Excel) et en bleu clair les étapes réalisées grâce à des outils propriétaires (crawler Linkfluence) ou open source (Gephi). III. Visualisation de l’écosystème informationnel d’Equaldex a. Spatialisation Nous avons précédemment décrit la constitution du corpus de sources pour la réalisation de notre graphe de sites web (Figure 10 – Etapes 1 à 5). Le crawler de Linkfluence nous a permis d’exporter un fichier de graphe que nous avons importé au sein de l’outil de visualisation Gephi. Le graphe importé est orienté, à savoir que les liens sont dirigés, ce qui est caractéristique des liens hypertextes. Le fichier comprend 1269 noeuds (sites web ou sources) 12134 liens (liens hypertextes) mais, comme spécifié auparavant, nous ne prétendons pas à réaliser un graphe de sites web exhaustif. Gephi permet de spatialiser le graphe importé. Il s’agit de « donner une forme » au graphe de manière artificielle, comme le souligne Mathieu Jacomy45, grâce à un algorithme de spatialisation 45 http://fr.slideshare.net/medialabSciencesPo/thorie-des-graphes-mathieu-jacomy 6) Visualisation via Gephi • Algorithmes de spatialisation (Open Ord & Force Atlas) • Partition par catégories & choix des couleurs • Classement selon le score d'autorité (Algorithme HITS de Kleinberg) & choix de la taille des noeuds 7) Analyse & restitution de la cartographie • Analyse des résultats • Identification de potentiels leaders d'opinion pour Equaldex • Restitution (à Dan Leveille & au sein de ce mémoire) • Publication de la cartographie sur le web
  • 58.
    58 intégré dansGephi. Dans le cadre de notre cartographie nous avons utilisé deux algorithmes de spatialisation : - OpenOrd, algorithme généralement utilisé pour la spatialisation de graphes composés de plusieurs milliers de noeuds, nous a permis faciliter la spatialisation ; - ForceAtlas, développé notamment par Mathieu Jacomy. Il s’agit d’un algorithme propre à Gephi qui s’appuie principalement sur des recherches empiriques46. Il fonctionne sur un principe de répulsion / attraction : l’algorithme repousse les noeuds du centre vers la périphérie tandis que les liens attirent les noeuds entre eux. C’est d’ailleurs ce principe qui a orienté le développement de ForceAtlas247 (Jacomy, Heymann, Venturini et Bastian 2011) ; Figure 11 - Etapes de spatialisation du graphe de sites web La figure ci-dessus illustre les étapes de spatialisation grâce aux différents algorithmes utilisés. 1) Etat du graphe au moment de l’importation dans Gephi : les données ne sont pas mises en formes et le graphe est inintelligible. 2) OpenOrd : permet de distinguer les principaux clusters du graphe, les noeuds se chevauchent. 3) ForceAtlas : permet de visualiser les clusters tout en empêchant le chevauchement des noeuds sur le graphe. b. Choix des signes : de la nécessité d’un travail sémiologique La réalisation d’un graphe de sites web, et plus particulièrement sa visualisation, implique un travail sémiologique de choix des signes à visualiser. Comme le souligne Plantin (2013), ce travail est même au coeur du processus de cartographie du web. Il s’agit de s’intéresser à la « machinerie sémiologique » du graphe (Ghitalla 2008, p. 2) et de définir en amont de la création de la cartographie un « système de signe » (Jacomy 2009). La tradition sémiologique, en tant qu’étude des 46 https://forum.gephi.org/viewtopic.php?t=926 47 http://webatlas.fr/tempshare/ForceAtlas2_Paper.pdf
  • 59.
    59 signes etdes systèmes de signes, définit généralement le concept de signe comme l’union d’un signifiant (image sensible) et d’un signifié (concept), selon les travaux de Ferdinand de Saussure. Nous retiendrons néanmoins la définition du signe telle qu’elle est donnée par Klinkenberg : « le signe institue une certaine corrélation entre portion matérielle de l’univers et une portion conceptuelle de l’univers conceptuel, et, ce faisant, il structure cet univers » (2000, p. 42). Dans le cas de la définition du système de signe de notre cartographie, nous nous situons dans ce que Klinkenberg appelle la sémiologie appliquée. Celle-ci vise la « structuration de l’univers » de signes présents sur la cartographie (ibid., p. 42). Le travail sémiologique réalisé pour la visualisation de notre cartographie de sites web s’est articulé autour de trois éléments principaux : - Couleurs des noeuds : Grâce à Gephi nous avons pu assigner à chaque catégorie (cf : table 4) des couleurs. Celles-ci ont été choisies dans afin d’éviter, dans la mesure du possible, toute « représentation biaisée » due aux connotations rattachées à certaines couleurs (Plantin 2013, p. 240) ; - Taille des noeuds : Nous avons pris le parti de classer les noeuds par autorité (nombre de liens entrants). Dès lors, plus la taille d’un noeud sera importante sur le graphe, plus celui-ci aura un score d’autorité important. Ce calcul s’est fait grâce à l’utilisation de l’algorithme HITS de Kleinberg (1999) ; - Spatialisation : l’orientation du graphe, la distance entre les sites et entre les clusters ainsi que le regroupement des sites n’ayant pas de liens hypertextes entre eux résultent d’une réflexion en amont couplée à l’utilisation des algorithmes de spatialisation. Néanmoins, nous sommes conscients que la spatialisation peut induire une représentation biaisée de la cartographie que nous allons développer par la suite ; c. Visualisation & analyse de l’écosystème informationnel d’Equaldex Le graphe de sites web réalisé, une fois les signes définis & la spatialisation choisie, a été représenté de la manière suivante (Voir annexe pour visualisation de meilleure qualité ou l’url suivante pour visualiser la cartographie avec les étiquettes de noeuds http://www.jbmacluckie.net/blog/lgbt-map-642) :
  • 60.
    60 Figure 12- Visualisation du graphe de sites web Le graphe présenté ci-dessus est composé de 1269 noeuds et 12134 liens. Au total, 13 catégories ont été créées afin de rendre compte de la langue & du type de source. Les sources de langue anglaise dominent le graphe, puisqu’elles représentent 85% de celui-ci (1081 sites / 1269 au total). Comment expliquer ce déséquilibre ? Nous supposons que ce déséquilibre entre la répartition des sources par langues résulte de trois facteurs : l’étendue du mouvement LGBT aux Etats-Unis par rapport à la France, qui pourrait induire que le nombre de sites français sur cette question est inférieur à celui du web nord-américain. Aussi, le déséquilibre induit par le périmètre de notre travail de recherche (web français & web anglophone comprenant : Etats-Unis et principales sources du Royaume-Uni, d’Australie et du Canada). Enfin, les limites de notre sourcing qui s’est principalement focalisé sur le web anglophone. Parmi les catégories les plus présentes au sein du graphe, il est important de noter que les cinq catégories les plus importantes représentent 85% de la part de voix : Anglais 85% Français 15% Figure 13 - Répartition du graphe par langue
  • 61.
    61 Répartition dessites selon leurs catégories 5 1% 5 0% 1 543 43% 12 1% 219 17% 0% en/lgbt_advocacy en/lgbt_blog en/lgbt_media fr/lgbt_advocacy fr/lgbt_blog en/civil_rights en/lgbt_website en/lgbt_youtuber fr/lgbt_media en/lgbt_forum fr/lgbt_website equaldex/equaldex fr/lgbt_forum Figure 14 – Répartition des sites du graphe selon leurs catégories 13 1% 152 12% 49 4% 54 4% 83 7% 52 4% 81 6% Les cinq premières catégories en matière de nombre de sources sont celles qui vont nous intéresser pour l’identification de potentiels leaders d’opinion pour Equaldex. Plus précisément, nous nous focaliserons sur les médias & blogs LGBT en tant que diffuseurs d’informations. IV. Résultats & discussion a. Identification de potentiels leaders d’opinion Nous allons maintenant nous intéresser à l’identification de potentiels leaders d’opinion pour accroître la notoriété d’Equaldex. Pour ce faire, nous allons nous focaliser sur les blogs et médias traitant des droits LGBT et, plus largement, de la culture LGBT. Ce choix s’explique par les caractéristiques énonciatives et informationnelles de ces types de sources (Alloing et Haikel-Elsabeh 2012). Dès lors, pourquoi avoir inclus des organisations de défense des droits LGBT, des ONG, des profils sociaux d’activistes, des sites web statiques et des forums ? Il s’agit d’un parti pris : nous avons formulé l’idée que si un blog ou un média était le récepteur de nombreux liens hypertextes provenant de sources diverses & d’experts des droits LGBT, celui-ci pouvait être considéré comme un source à forte autorité au sens de Kleinberg (1999). Afin d’établir une liste de potentiels leaders d’opinion, nous avons décidé comparer différentes métriques structurales et de comparer les dix sources ayant les scores les plus élevés selon les métriques suivantes : la centralité de degré (nombre de liens entrants et sortants d’un noeud), la centralité eigenvector (la manière dont un noeud est connecté aux autres noeuds fortement connectés) & l’autorité (nombre de liens entrants) :
  • 62.
    62 Classement selon le score Centralité de degré Centralité eigenvector Autorité 1 advocate.com advocate.com advocate.com 2 out.com out.com out.com 3 glaad.org glaad.org glaad.org 4 towleroad.com pinknews.co.uk mic.com 5 mic.com mic.com pinknews.co.uk 6 yagg.com washingtonblade.com yagg.com 7 pinknews.co.uk glaad.org/blog towleroad.com 8 signorile.com gaystarnews.com gaystarnews.com 9 bilerico.com towleroad.com washingtonblade.com 10 gaystarnews.com queerty.com queerty.com Tableau 5 - Comparaison des sources ayant les scores les plus importants selon 3 métriques structurales Après avoir supprimé les sources en doublons entre les trois listes ci-dessus, une liste de 12 sites a été établie. Afin de réduire celle-ci et de nous focaliser sur les sources les plus pertinentes pour développer la notoriété d’Equaldex, nous avons procédé à une sélection selon des critères quantitatifs (au 28/08/2014) et qualitatifs : Type de source Pays Thématiques Fans Facebook Followers Twitter Pertinence ? advocate.com Média US LGBT (généraliste) 213637 138776 Oui out.com Média US Mode & lifestyle LGBT 303256 91336 Non glaad.org Média & advocacy US Droits LGBT 237686 229209 Oui towleroad.com Blog US Droits LGBT 12507 46631 Oui mic.com Média US Généraliste avec section LGBT 394881 48910 Oui yagg.com Média FR LGBT (généraliste) 16756 13648 Oui pinknews.co.uk Média UK & EU LGBT 67696 58984 Oui
  • 63.
    63 (généraliste) signorile.com Blog US Généraliste & Activisme LGBT 8893 28991 Oui bilerico.com Blog US Droits LGBT 17900 4945 Oui gaystarnews.com Média UK LGBT (généraliste) 297263 49388 Oui washingtonblade.co m Média US LGBT (généraliste) 31906 22049 Oui queerty.com Média US LGBT (généraliste) 63066 54713 Oui Tableau 6 - Sélection des potentiels leaders d'opinion pour Equaldex Nous avons ainsi pu sélectionner 11 potentiels leaders d’opinion. Cependant après la revue de littérature réalisée dans le premier chapitre, pouvons-nous affirmer que faire connaître Equaldex à ces derniers permettra d’accroître sa notoriété ? Dans le cadre de nos recherches, nous avons contacté le pure-player LGBT français Yagg.com en mars 2014 (ci-après). Nous avons initié le contact avec @Yagg via Twitter (1). Suite à cela, le compte @Equaldex a également mentionné @Yagg (2) et tous les deux ont ensuite échangés par messages privés (3). Le 17 avril 2014, le média Yagg.com publiait un article intitulé « Equaldex: Des cartes pour voir où en sont les droits des LGBT dans le monde »48 suscitant 3 commentaires critiques (l’un d’eux critiquait d’ailleurs le manque de lisibilité de la visualisation de données). Le compte Twitter @Yagg a diffusé l’article, ce qui a suscité peu de réactions : 8 retweets (dont 1 d’@Equaldex et 1 réalisé par nos soins) et 1 ajout en favori (par @Equaldex). Le média n’a pas diffusé l’article sur sa page Facebook. Figure 15 - Accroître la notoriété d'Equaldex en contactant Yagg.com Quelles conclusions tirer du peu d’interactions suscitées ? Bien qu’il nous semblerait pertinent de réitérer le processus de contact de potentiels leaders d’opinion dans une perspective d’accroissement de la notoriété d’Equaldex, nous pouvons néanmoins souligner que la diffusion 48 « Equaldex: Des cartes pour voir où en sont les droits des LGBT dans le monde » : http://yagg.com/2014/04/17/equaldex-des-cartes-pour-voir-ou-on-en-est-sur-les-droits-des-lgbt-dans-le-monde/
  • 64.
    64 virale d’uncontenu semble dépendre de nombreux facteurs contrôlables (caractéristiques intrinsèques du produit, activation de leaders d’opinion) et surtout des facteurs non maîtrisables : contexte, réception du public, temporalité, hasard, algorithmes permettant la mise en visibilité des informations etc. Dans ce sens, nous pouvons signaler que l’identification de potentiel leaders d’opinion dans le cadre d’une stratégie de communication numérique ne permet pas de garantir la diffusion virale d’un contenu. b. Le graphe de sites web et nos hypothèses de recherche Nous avons émis deux hypothèses concernant notre graphe de sites web : 1. Il s’agit d’un réseau invariant d’échelle ; 2. Equaldex s’inscrit dans un processus d’attachement préférentiel ; Pour rappel, un réseau à invariance d’échelle (scale-free network) est un graphe dont les degrés (nombre de liens entrants et sortants) suivent une loi de puissance. Il pourrait paraître logique que notre graphe de sites web soit à invariance d’échelle, puisque selon Barabási (2003), cette propriété est caractéristique du Web. Les degrés de notre graphe sont répartis comme suit : Une répartition des liens selon une loi de puissance 0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 Degré Figure 16 - Le graphe des droits LGBT, un réseau invariant d'échelle 80 70 60 50 40 30 20 10 0 Nous sommes donc en mesure de valider l’hypothèse selon laquelle notre graphe de sites Nombre de sites web serait un réseau invariant d’échelle. Les sites web ayant les degrés les plus élevés sont l’annuaire Gayellowpages.com : 409 liens, dont 407 liens sortants, puis le média Advocate.com : 253 liens dont 239 entrants et enfin le site de l’ONG Human Rights Campaign : 240 liens (tous entrants).
  • 65.
    65 Nous avonségalement émis l’hypothèse qu’Equaldex, en tant que site web récent concernant les droits LGBT (sortie officielle en 2014), s’inscrivait dans un processus d’attachement préférentiel. Pour Barabási (2003, p. 85), « lorsque l’on décide [en tant qu’éditeur de site / blogueur] vers quel site diriger un lien, on suit un principe d’attachement préférentiel : Quand ils doivent choisir entre deux pages, l’une avec deux fois plus de liens que l’autre, près de deux fois plus d’individus choisissent la page la plus connectée »49. Ainsi, un nouvel acteur intégrant un réseau cherchera à se connecter aux acteurs les plus connectés de celui-ci. Dans quelle mesure Equaldex s’inscrit-il dans ce processus ? Le site créé par Dan Leveille a dirigé des liens hypertextes vers des sites ayant de fortes centralités de degré : le site de l’ONG HRC (240 liens entrants et sortants), les médias PinkNews (107 liens entrants et sortants) et GayStarNews (98 liens entrants et sortants) et le blog d’Equaldex (www.blog.equaldex.com) a dirigé un lien hypertexte vers le média The Advocate (253 liens entrants et sortants). Si ces éléments semblent confirmer le fait qu’Equaldex, à travers son site web et son blog, suit le principe d’attachement préférentiel tout en renforçant la centralité des sources vers lesquels il dirige ses liens hypertextes, nous nous devons d’apporter une certaine nuance à notre hypothèse. En effet, il serait intéressant d’évaluer dans le temps le nombre de liens entrants et sortants d’Equaldex.com & du blog éponyme afin de mesurer leur évolution. c. Réflexions sur la cartographie & limites de l’approche Au cours de notre travail de recherche, nous avons relevé plusieurs critiques et limites de l’approche par la réalisation de graphes de sites web, tant d’un point de vue de la méthode que de son application pour l’identification de potentiels leaders d’opinion sur le web. Tout d’abord, il nous semble important de souligner que toute réalisation de graphe de sites web résulte d’une construction et est donc subjective : la constitution du corpus, la spatialisation, le choix des signes, le choix des algorithmes de classement etc. Toutes ces étapes résultent du choix du cartographe. Or, tout individu est soumis à certains biais cognitifs qui peuvent fausser son jugement. Dans le cas de notre travail de recherche, nous sommes conscients d’avoir sélectionné des sources sans vouloir prétendre à l’exhaustivité de celles-ci. Cependant, nous pensons que cette sélection peut également résulter d’un biais de sélection et que notre graphe de sites web n’est donc pas exhaustif. 49 « The bottom line is that when deciding where to link on the Web, we follow preferential attachment: When choosing between two pages, one with twice as many links as the other, about twice as many people link to the more connected page »
  • 66.
    66 La créationd’une cartographie de sites web est aussi marquée par la dépendance aux outils. Dans le cadre de notre travail nous avons ainsi utilisé : Microsoft Excel & Libre Office (pour la manipulation des fichiers de graphe), le crawler propriétaire de Linkfluence (pour explorer les sites voisins de notre corpus initial et pour identifier les liens existants entre les sites du corpus final), Gephi (pour spatialiser, visualiser et analyser le réseau). Or, bien que nous ayons utilisés des algorithmes connus et documentés sur Gephi (OpenOrd & ForceAtlas pour la spatialisation, l’algorithme HITS de Kleinberg pour le classement des noeuds), nous reconnaissons le côté « boîte noire » de leur utilisation (Plantin 2013). En effet, si nous en connaissons les principes, nous n’avons pas accès aux codes sources et ne pouvons dès lors avoir une maîtrise de ceux-ci. L’approche utilisée pour l’identification de potentiels leaders d’opinion, à savoir l’utilisation des liens hypertextes et de métriques structurales, nous paraît également connaître des limites. Si elle présente un certain intérêt pour identifier des blogs, sites web et médias en ligne ayant une autorité importante, ou position centrale au sein d’un réseau, elle ne prend pas en compte les spécificités des médias sociaux. Ainsi nous avons, au sein de notre graphe, choisis d’intégrer des vlogueurs (blogueurs vidéo) ayant déjà parlé des droits LGBT et de leur homosexualité. Tyler Oakley, par exemple, un vlogueur professionnel (ses principaux revenus sont générés grâce à la rémunération reçue du visionnage de ses vidéos Youtube). Sa position dans le réseau est périphérique : avec un degré de 3 (3 liens entrants), Tyler Oakley n’est pas une autorité au sens structural du terme et ne figure donc pas parmi notre sélection de potentiels leaders d’opinion sur les droits LGBT. Pourtant, la prise en compte d’autres métriques et d’autres éléments qualitatifs nous semblent important. En effet, grâce à ses 5273683 abonnés sur Youtube, ses 3005639 abonnés sur Twitter et ses 1824579 fans sur Facebook (au 28/08/2014) Tyler Oakley a permis de collecter 525679$ grâce à une campagne de financement participatif au profit du Trevor Project, une des principales organisations américaines pour la prévention des suicides Figure 17 - Capture d'écran de la campagne de financement des jeunes lesbiennes, gais, bisexuels et participatif lancée par Tyler Oakley
  • 67.
    67 transgenres50. Cetteaction fait de lui un jeune activiste LGBT et un potentiel leader d’opinion sur cette question, mais l’approche de l’analyse de graphe seule n’aurait pas permis de le savoir. Dès lors, il nous semble important de souligner les limites de l’approche en réseau, ou du moins de son intérêt limité dans l’identification de potentiels leaders d’opinion sur le web. Il nous semble pertinent, dans ce cas de figure, de combiner les approches. L’articulation des approches structurelles, énonciatives et informationnelles présentées par Alloing et Haikel-Elsabeh (2012) est une méthode intéressante mais il nous paraît également nécessaire d’accepter que le processus d’influence sur le web (diffusion virale) dépend de nombreux autres facteurs non maîtrisables par une organisation. Conclusion Le présent mémoire a cherché à présenter les concepts d’influence sur le Web, et, plus précisément de leader d’opinion sur le Web, à travers deux approches que nous pensons complémentaires à savoir une revue de littérature et travail de recherche empirique. Pour rappel, notre problématique était la suivante : Dans quelle mesure l'analyse & la visualisation de réseaux appliquées au web peuvent-elles permettre d'identifier de potentiels leaders d’opinions sur le Web dans le domaine des droits LGBT, ce afin de faire connaître le site Equaldex.com auprès d’une large audience ? Dans un premier chapitre, nous avons souhaité expliquer et déconstruire les concepts d’influence et de leaders d’opinion tels qu’ils peuvent parfois être présentés dans la littérature professionnelle. Pour cela, nous avons souhaité définir le concept d’influence à travers le prisme de différentes disciplines : psychologie sociale, sciences de l’information et de la communication et media studies, sciences de gestion et informatique. Nous avons pu également voir que l’influence faisait l’objet de nombreux mythes véhiculés à la fois par les acteurs du monde de la communication et du marketing, que par certains auteurs tels que Malcolm Gladwell. Nous avons souhaité en effet déconstruire l’idée selon laquelle un petit groupe de super-influenceurs (super-influentials) pouvait être à l’origine d’une dynamique virale de diffusion d’informations. Ce premier chapitre nous a également permis d’envisager l’influence, et plus particulièrement l’influence sur le Web, comme un processus complexe. Par complexité nous entendons un ensemble d’éléments faisant partie d’un même système & interdépendants entre eux. Dès lors, nous avons 50 http://www.prizeo.com/prizes/tyler-oakley/an-LA-date?utm_content=tyler&utm_campaign=tyler&
  • 68.
    68 émis l’idéeque le déclenchement d’une dynamique virale de diffusion d’informations sur le Web (que nous utilisons comme synonyme d’influence sur le Web) résultait d’une multitude de facteurs liés entre eux et qui étaient non maîtrisables. Cette approche de l’influence est cohérente avec les travaux des chercheurs américains Watts et Dodds (2007) qui comparent ce phénomène au déclenchement d’un important feu de forêt : tout comme la viralité sur le Web, le déclenchement d’un feu de forêt important est le résultat d’une combinaison de facteurs divers, du contexte et de l’incertitude. En concevant le phénomène d’influence sur le Web sous l’angle de la complexité, nous avons pu formuler quelques critiques envers l’idée selon laquelle il était possible d’attribuer la réussite d’une dynamique virale de diffusion d’information sur le Web à de quelconques influenceurs. Nous avons néanmoins cherché à examiner les méthodes d’identification de leaders d’opinion telles qu’elles sont pratiquées en communication. Nous avons souhaité distinguer deux approches : l’utilisation d’outils de commensuration tels que Klout ou Kred et l’analyse de réseaux telle que faite par Linkfluence. Cette comparaison nous a permis de comprendre les différences de ces deux approches, tant d’un point de vue des métriques observées que des enjeux. Puis, nous nous sommes basés sur une méthode récente conceptualisée par Alloing et Haikel-Elsabeh (2012) qui propose d’analyser les caractéristiques des potentiels leaders d’opinion grâce à trois approches : structurelle, énonciative et informationnelle. Cette méthode a servie de base théorique pour notre cas d’étude. Notre second chapitre était articulé autour de deux éléments structurants : une présentation du contexte et des enjeux du cas d’étude et une présentation de la méthode et des résultats. Notre cas d’étude portait sur l’analyse et la visualisation de graphe appliquée à l’identification de potentiels leaders d’opinion sur le Web afin d’augmenter la notoriété d’Equaldex. Pour rappel, nous avions émis deux hypothèses pour notre cas d’étude à savoir que le graphe de sites Web que nous allions réaliser dans le cadre de nos recherches serait un réseau invariant d’échelle51 et deuxièmement qu’Equaldex, en tant que site récent, s’inscrivait dans un processus d’attachement préférentiel au sein de ce réseau52. 51 Un réseau invariant d’échelle (scale-free network) désigne un réseau où les liens sont répartis selon une loi de puissance : quelques noeuds du réseau (acteurs ou sites web) concentrent la majorité des liens (liens sociaux ou liens hypertextes) 52 L’attachement préférentiel désigne le principe selon lequel un nouvel acteur au sein d’un réseau va chercher à tisser des liens avec les acteurs les plus connectés de celui-ci.
  • 69.
    69 Pour cedeuxième chapitre, il nous a été nécessaire de contextualiser notre cas d’étude en présentant de manière succincte le mouvement Lesbien Gay Bisexuel Transgenre (LGBT), les droits que ce mouvement revendiquait et le contexte global dans lequel ces revendications s’inscrivaient. Puis nous avons présenté Equaldex qui est au coeur de notre travail de recherche. Nous avons souhaité analyser ce site à travers trois prismes différents : Equaldex en tant que site d’information sur les droits LGBT, Equaldex en tant que lieu de synchorisation réticulaire et enfin Equaldex en tant que site en quête de notoriété sur le Web. Notre travail de recherche s’inscrit dans une logique d’accroissement de la notoriété d’Equaldex. Le créateur de la plateforme, Dan Leveille, nous a fait part dans une correspondance par e-mail (voir annexe) de son souhait de faire connaître Equaldex à une audience plus importante. C’est ce qui a motivé le choix de notre cas d’étude pour ce mémoire. Afin de contribuer à cette accroissement de la notoriété du site, nous avons réalisé un graphe de sites web traitant des droits LGBT afin d’identifier de potentiels leaders d’opinion au sein du réseau. Notre méthode a été itérative et le processus de création de la cartographie de l’écosystème Web s’est étendu sur plusieurs semaines. Le graphe final de sites web (voir annexe & http://www.jbmacluckie.net/blog/lgbt-map-642) comprend 1269 sites et 12134 liens, répartis en 13 catégories définies au préalable. Ce travail nous a permis d’identifier 11 potentiels leaders d’opinion sur les droits LGBT sur lesquels Equaldex pourrait s’appuyer pour toucher une audience plus importante. Cette identification est le résultat de l’articulation de trois approches : structurale (métriques d’analyses de réseaux sociaux), énonciative et informationnelle. Parmi ces potentiels leaders d’opinion, nous avons contacté Yagg.com, média pure-player français dont l’audience est principalement constituée de personnes LGBT. Bien que le contact que nous avons initié a permis à Equaldex d’avoir un billet dédié sur le site de Yagg.com, celui-ci n’a suscité que très peu de réactions et d’interactions sur Twitter, Facebook et en commentaires. Ce résultat empirique nous permet de remettre en question l’hypothèse selon laquelle les leaders d’opinion sont à l’origine des dynamiques virales de diffusion d’information, au profit d’une conception de l’influence sous l’angle de la complexité. Ce travail de recherche nous a également permis de discuter de l’utilisation de l’analyse de réseaux dans le cadre de l’identification de potentiels leaders d’opinion. Pour cela, nous avons cherché à comparer la position du vlogueur américain Tyler Oakley, dont l’activisme pro-LGBT est important sur le Web et au sein de l’organisation The Trevor Project, sur notre graphe, par rapport
  • 70.
    70 aux résultatsd’une campagne de collecte de fonds que celui-ci a organisé pour une organisation de défense des jeunes personnes LGBT. La position de Tyler Oakley sur notre graphe était périphérique, marquant ainsi un faible nombre de liens entrants et sortants, pourtant cette position ne s’est pas avérée être révélatrice de sa réelle capacité d’influence sur le Web. Ce mémoire de master 2 a été l’occasion de mettre à profit les compétences et connaissances acquises au sein de l’IAE de Poitiers, mais également de l’Université de Glamorgan à Cardiff et de l’IUT de Toulouse Paul Sabatier. Le sujet de l’influence sur le Web est vaste, complexe et prétendre le cerner dans le cadre d’un mémoire professionnel est impossible. Néanmoins, nous pensons que l’analyse de ce phénomène à travers l’angle de notre cas d’études aura permis d’amorcer certaines réflexions sur les méthodes utilisées pour l’identification de leaders d’opinion sur le Web, même si nos conclusions ne sont pas généralisables. Il nous semble que le présent travail de recherche offre des perspectives intéressantes pour de futurs travaux académiques. L’émergence de la nouvelle science des réseaux, aussi appelée Web Science, le développement des digital methods et des digital humanities nous confortent dans l’idée qu’étudier l’influence sur le Web apparaît comme une perspective pertinente pour les années à venir.
  • 71.
    71 Bibliographie Articles& monographies Aguiton, C., Cardon, D. The Strength of Weak Cooperation : An attempt to Understand the Meaning of Web2.0. Communications & Strategies, 2007, n°65, p. 51-65. Alloing, C., 2013, « Processus de veille par infomédiation sociale pour construire l'e- réputation d'une organisation. Approche par agents-facilitateurs appliquée à la DSIC de La Poste », Thèse de doctorat en Sciences de l’Information et de la Communication, sous la direction de Christian Marcon et Nicolas Moinet, Poitiers, Université de Poitiers, 570 p. [En ligne] Disponible à l’adresse : http://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00915004 Alloing, C., Haikel-Elsabeh, M. Les leaders d’opinion sur les réseaux socionumériques : proposition d’indicateurs informationnels de mesure à l’usage des stratégies marketing des entreprises. In : M@rsouin. 10eme Séminaire M@rsouin. 24 et 25 mai 2012, Brest, France. [En ligne] Disponible à l’adresse : http://halshs.archives-ouvertes.fr/hal-00958659 Barabási A-L, Albert R., 1999, « Emergence of scaling in random networks », Science, vol. 286, no 5439, p. 509-512. Barabàsi, A-L. Linked. New York : Plume, 2003. Barnes, J. A. lass and committees in a Norwegian Island Parish. Human Relations, 1954, vol. 7, p. 39- 58. Beaude, B. Internet. Changer l’espace, changer la société. Paris : Fyp Editions, 2012. Beaude, B. Logiques de synchorisation, lieux réticulaires et lieux de savoir. In : Lieux de fabrique et de transmission des savoirs. 2013. Beauvisage, T., Beuscart, J. S., Couronné, T., & Mellet, K. Le succès sur Internet repose-t-il sur la contagion? Une analyse des recherches sur la viralité. Tracés, 2012, no 2, p. 151-166. Beauvois, J-L. Les influences sournoises : Précis des manipulations ordinaires. Paris : François Bourin Editeur, 2011. Benkler, Y. The wealth of networks: How social production transforms markets and freedom. Yale : Yale University Press, 2006. Berger, J. Arousal Increases Social Transmission of Information. Psychological Science, 2011, vol. 22(7), p.891–893. Berger, J., 2013, Contagious : Why things catch on. Simon & Schuster, New York, 256 p. Beuscart J-S., Couronné T., La distribution de la notoriété en ligne. Une analyse quantitative de MySpace. Terrains et travaux, 2009, no 15, p. 147-170. Beynon, J. Masculinities and Culture. Maidenhead : Open University Press, 2010. Bourdeloie, H. Postures et méthodes de recherche en question. In : Bourdeloie, H., Douyère, D. Méthodes de recherche sur l’information et la communication : regards croisés. Paris : Mare & Martin, 2014. Bourre, R., Suraud, M-G. Revues scientifiques, lectorat et notoriété, Approche méthodologique. Recherches en communication, 1995, Vol. 4, n° 4, pp. 37-59.
  • 72.
    72 boyd, D.Ellison, N. Social Network Sites: Definition, History, and Scholarship. Journal of Computer- Mediated Communication [en ligne], 2007, vol. 13, n° 1 (consulté le 15/08/2014). Disponible à l’adresse : http://jcmc.indiana.edu/vol13/issue1/boyd.ellison.html. boyd, D. Why Youth (Heart) Social Network Sites: The Role of Networked Publics in Teenage Social Life ». In : Buckingham D., Youth, Identity, and Digital Methods, 2007, New York : MIT Press, p. 119-142. Brabham, D., Crowdsourcing as a Model for Problem Solving: An Introduction and Cases. Convergence: The International Journal of Research into New Media Technologies, 2008, vol. 14, no. 1, p. 75–90. Breton, P., Proulx, S. L’explosion de la communication : introduction aux théories et aux pratiques de la communication. 4e éd. Paris : La Découverte, 2012. Broudoux, E. Construction de l'autorité informationnelle sur le web. A Document (Re) turn: Contributions from a Research Field in Transition, 2007. [En ligne] Disponible à l’adresse : http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/sic_00120710_v1. Cardon, D. Du lien au like sur Internet. Deux mesures de la réputation, Communications, 2013, 2013/2 n° 93, p. 173-186. Castells, M. La société en réseaux. Paris : Fayard, 1998. Castells, M., La Galaxie Internet, Paris : Fayard, 2001. Cha M., Haddadi H., Benevenuto F., Gummadi K. P. Measuring user influence in Twitter: the million follower fallacy [enligne], 2010., ICWSM’10, AAAI [consulté le 10/06/2014]. Disponible à l’adresse http://www.mpi-sws.org/~gummadi/papers/icwsm2010_ cha.pdf. Chang, Y., Tang, L., Inagaki, Y., Liu, Y. What is Tumblr: A Statistical Overview and Comparison. 2014. arXiv preprint arXiv:1403.5206. Chauvin, S., Lerch, A., 2013, Sociologie de l’homosexualité. La Découverte, Paris, 125 p. Cialdini, R. Influence &manipulation : Comprendre et maîtriser les mécanismes et les techniques de persuasion. Edition révisée et augmentée. Paris : First Editions, 2004. Crane R., Sornette, D. Robust dynamic classes revealed by measuring the response function of a social system, PNAS, 2008, vol. 105, no 41, p. 15649-15653. Deuze, M. Media Life. Cambridge : Polity Press, 2012. Dortier, J-F. Le dictionnaire des sciences humaines. Paris : Editions Sciences Humaines, 2008. 978-2- 912601-73-5 Easley, D., Kleinberg, J. Networks, Crowds, and Markets: Reasoning about a Highly Connected World. Cambridge : Cambridge University Press, 2010. Ertzscheid, O. Identité numérique et e-réputation. La Roche sur Yon : IUT de la Roche sur Yon, 2011. Feick, L.F., Price, L.L. The Market Maven: A Diffuser of Marketplace Information. Journal of Marketing, 1987, Vol. 51, No. 1, pp. 83-97. Flichy, P., 2010, Le sacre de l'amateur : Sociologie des passions ordinaires à l'ère numérique. Seuil, Paris, 96 p. Fouetillou, G. Le web et le traité constitutionnel européen. Ecologie d’une localité thématiqu compétitive. Réseaux, 2007, vol. 5, no. 144, p. 279-304.
  • 73.
    73 Freeman, L.C. Centrality in social networks: Conceptual clarification. Social Networks. 1979, 1 (3) p.215 – 239. Gauntlett, D. Making is Connecting: The Social Meaning of Creativity, from DIY and Knitting to YouTube and Web 2.0. Cambridge : Polity Press, 2011. Georges, F. L'identité numérique dans le web 2.0. Le mensuel de l'Université [En ligne], juin 2008 n°27. Disponible à l’adresse : http://fannygeorges.free.fr/doc/georgesf_mensueluniversite.pdf Georges, F. Sémiotique de la représentation de soi dans les dispositifs interactifs. L’hexis numérique [En ligne]. Thèse de doctorat : Sciences de l’Information et de la Communication. Paris : Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, 2007. [Consulté le 12/07/2014]. Disponible sur : http://www.omnsh.org/article.php3?id_article=144 Ghitalla, F. L’atelier de cartographie. Pratique et enjeux des cartographies thématiques de documents web [En ligne]. [Consulté le 11/07/2014] Disponible à l’adresse : http://ateliercartographie.com/ateliercartographie.pdf Gladwell, M. Le Point de Bascule : Comment faire une grande différence avec de très petites choses. 2e éd. Paris : Flammarion, 2012. Gladwell, M. The Tipping Point : The Tipping Point: How Little Things Can Make a Big Difference. New York : Little Brown, 2002. Granovetter M. Threshold Models of Collective Behavior. American Journal of Sociology, 1978. vol. 83, p. 1420-1443. Harris, C. G. Dirty deeds done dirt cheap: a darker side to crowdsourcing. In : Privacy, security, risk and trust (passat), 2011 ieee third international conference on and 2011 ieee third international conference on social computing (socialcom). IEEE, 2011. p. 1314-1317.doi: 10.1109/PASSAT/SocialCom.2011.89 Hendler J., Hall W., Shadbolt N., Berners-Lee T.,Weitzner D., 2008, « Web science : an interdisciplinary approach to understanding the Web », Communications of the ACM – Web Science, vol. 51, no 7, p. 60-69. Jacomy, M. La carte comme système complexe. In : Plantin, J-C. Lorsque la carte géographique rencontre la carte des données, Dossier Ludigo, Le Hub, 2009 [En ligne]. [Consulté le 11/07/2014] Disponible à l’adresse : http://www.ludigo.net/index.php?rub=4&dossier=3&focus=212864&doc=212866&fsize=2 Jacomy, M., Heymann, S., Venturini, T., Bastian, M. Forceatlas2, a graph layout algorithm for handy network visualization [en ligne]. [Consulté le 12/08/2014] Disponible à l’adresse : Paris http://www.medialab.sciences-po.fr/fr/publications-fr. Jacomy,M. Ghitalla, F. Méthodologies d'analyse de corpus en Sciences Humaines à l'aide du Navicrawler, Rapport final août 2007, [en ligne], p.4, disponible sur <http://www.ticm.msh-paris. fr/spip.php?article136>, consulté le 29 août 2014 Jenkings, H. Fans, Bloggers and Gamers : exploring participatory culture. New York : New York University Press, 2006. Joule, R-V., Beauvois, J-L. Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens. Grenoble : PUG, 2002. Kaplan, A. M., Haenlein, M. Users of the world, unite! The challenges and opportunities of Social Media. Business Horizons, 2010, vol. 53(1), p. 59-68.
  • 74.
    74 Katz, E.,Lazarsfeld, P., Influence personnelle, Paris: Armand Colin, 2008 (1955: Personal Influence, New York: The Free Press). Kietzmann, J., Hermkens, K., McCarthy, I., & Silvestre, B. Social media? Get serious! Understanding the functional building blocks of social media. Business Horizons, 2011 vol. (54), p. 241-251. Kleinberg, J. Authoritative Sources in a Hyperlinked Environment. In : Newman, M., Barabási, A-L., Watts, D. J. The Structure and Dynamics of Networks. Princeton : Princeton University Press, 2006. Kleinberg. J. Authoritative Sources in a Hyperlinked Environment, Journal of ACM, 1999, vol. 46, n°5, pp. 604-632. Klinkenberg, J-M. Précis de sémiotique générale. Paris : Seuil, 2000. Kozinets, R.V. The Field Behind the Screen: Using Netnography for Marketing Research in Online Communities, Journal of Marketing Research, 2002, Vol. 39, pp. 61-72. Lazega, E. Réseaux sociaux et structures relationnelles. 3e édition. Paris : PUF, 2014. 128 p. Le Béchec, M. Territoire et communication politique sur le « web régional breton » [En ligne]. Thèse de doctorat : Sciences de l’Information et de la Communication, sous la direction de Pierre Musso. Rennes : Université de Rennes 2, 2010. [Consulté le 12/08/2014] Disponible à l’adresse : http://tel.archives-ouvertes.fr/docs/00/55/17/46/PDF/TheseLeBechec.pdf Lendrevie, J., Lévy, J. Mercator: théories et nouvelles pratiques du marketing. Paris : Dunod, 2014. Leskovec J., Adamic L., Huberman, B. The dynamics of viral marketing. Proceedings of the 7th ACM Conference on Electronic Commerce (EC’06), J. Feigenbaum, J. Chuang et D. Pennock éd., New York, Association for Computing Machinery, p. 228-237. Levine, J.M., Zdaniuk, B. Conformité et obéissance. In : Moscovici, S. Psychologie sociale. Paris : Editions PUF, 2008. 978-2-13-053917-9 Lévy, P. Les technologies de l'intelligence. Paris : La Découverte, 1990. Lima, M. Visual complexity: Mapping patternes of information. New York : Princeton Architectural Press, 2011. Martel, F. Global Gay : Comment la révolution gay change le monde. Paris : Flammarion, 2013. Massé, G., Marcon, C., Moinet, N. Les fondements de l'intelligence économique : Réseaux & jeu d'influence. Market Management, 2006/3 Vol. 6, p. 84-103. Mellet K. « Aux sources du marketing viral », Réseaux, 2009/5 n° 157-158, p. 267-292. Mercklé, P. Sociologie des réseaux sociaux. Paris : Editions La Découverte, 2011. Merzeau, L. Twitter, ou la machine à faire et défaire l’autorité. Médium, 2013, no. 34, p. 171-185. Milgram, S. Behavioral Study of Obedience. Journal of Abnormal and Social Psychology, 1963, 67 (4). Moinet, N. Intelligence économique : Mythes et réalités, Paris : CNRS, 2011. Monnoyer-Smith, L. Le web comme dispositif : comment appréhender le complexe ? In : Barats, C. Manuel d’analyse du Web. Paris : Armand Colin, 2013, p. 12-31. Collection U. Morin, E. Introduction à la pensée complexe. Paris : Seuil, 2005.
  • 75.
    75 O'Reilly, T.What Is Web 2.0. Design Patterns and Business Models for the Next Generation of Software, O’Reilly.com, 2005. [En ligne]. [Consulté le 11/08/2014] Disponible à l’adresse : http://oreilly.com/web2/archive/what-is- web-20.html Plantin, J-C. D’une carte à l’autre : le potentiel heuristique de la comparaison entre graphe du web et carte géographique. In : Barats, C. Manuel d’analyse du Web. Paris : Armand Colin, 2013, p. 228-245. Collection U. Portal, T., Roux-Dufort, C. Prévenir les crises : ces cassandres qu’il faut savoir écouter. Paris : Armand Colin, 2013. Rheingold, H. Smart Mobs: The Next Social Revolution. New York : Basic Books, 2002. Rieder, B. Etudier les réseaux comme phénomènes hétérogènes : quelle place pour la 'nouvelle science des réseaux en sciences humaines et sociales ? Journées d’étude : dynamiques de réseaux - information, complexité et non-linéarité, 2009. Université de Bordeaux. [En ligne] http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/docs/00/37/95/26/PDF/rieder_nouvelle_science_des_reseaux.pdf Rogers, R. Digital methods. Cambrige : MIT Press, 2013. Scott, J. Social Network Analysis : A handbook. New York : SAGE Publications, 2000. Shirky, C. Here comes everybody: How change happens when people come together. Londres : Penguin Books, 2008. Simmel, G. Sociologie. Essai sur les formes de la socialisation. Paris : PUF, 1999. Smith, T., Coyle, J. R., Lightfoot, E., Scott, A. Reconsidering models of influence: the relationship between consumer social networks and word-of-mouth effectiveness. Journal of Advertising Research, 2007, vol. 47, no 4, p. 387. Stenger, T., Courant, A. Les réseaux sociaux numériques : des discours de promotion à la définition d’un objet et d’une méthodologie de recherche. Hermes – Journal of Language and Communication Studies, 2010, n° 44, [En ligne]. [Consulté le 10/08/2014] Disponible à l’adresse : http://download2.hermes.asb.dk/archive/download/Hermes-44-stenger%26coutant.pdf. Szabo G., Huberman B. A. Predicting the popularity of online content. Communications of the ACM [en ligne] août 2010, vol. 53, no. 8, p. 80-88. [consulté le 10 août 2014]. Disponible à l’adresse : http://www.hpl.hp.com/research/idl/papers/predictions/predictions.pdf. Taleb, N. N. Antifragile: Things that Gain from Disorder, Londres : Allen Lane, 2012. Taleb, N. N. The Bed of Procrustes: philosophical and practical aphorisms. New York : Random House LLC, 2010a. Taleb, N. N. The Black Swan: The Impact of the Highly Improbable, New York : Random House Trade Paperbacks, 2010b. Venturini, T. Diving in magma: How to explore controversies with actor-network theory. Public understanding of science, 2010, vol. 19, no 3, p. 258-273. Vernette, E. Une nouvelle vision du leader d’opinion en marketing : une approche phénoménologique, 5ème Congrès Tendances du Marketing, Venise, 2006. Vernette, E., Flores, L. Communiquer avec les leaders d’opinion en marketing, comment et avec quels médias. Décisions Marketing, 2004, 35.
  • 76.
    76 Watts D.J., 2004, « The “new” science of networks », Annual Review of Sociology, no 30, p. 243-270. Watts D. J., Dodds P. S., 2007, « Influentials, networks and public opinion formation », Journal of Consumer Research, vol. 34, no 4, p. 441-458. Articles de blogs Alloing, C. Pourquoi mesure t-on la notoriété sur le web mais rarement la réputation ? In : Alloing, C. Caddereputation [en ligne]. 4 octobre 2011. [Consulté le 20/08/2014] Disponible à l’adresse : http://caddereputation.over-blog.com/article-pourquoi-mesure-t-on-la-notoriete-sur-le-web-mais-rarement-la-reputation- 85808652.html Berners-Lee, T. Links & Law. In : W3.org [en ligne]. Avril 1997. [Consulté le 23/07/2014] Disponible à l’adresse : http://www.w3.org/DesignIssues/LinkLaw Cavazza, F. Une définition des médias sociaux. In : Frédéric Cavazza. MediasSociaux [En ligne]. 26 juin 2009. [Consulté le 28/08/2014]. Disponible à l’adresse : http://www.mediassociaux.fr/2009/06/29/une-definition-des-medias-sociaux/ Drevelle, M. C pour centralité(s). In : Groupe fmr : flux, matrices, réseaux [En ligne]. 19 juin 2013. Disponible à l’adresse : http://groupefmr.hypotheses.org/2324 Lévy, P. La mutation inachevée de la sphère publique. In : Failly, D. H. Entretiens du futur [En ligne]. 03/10/2008. [Consulté le 17/08/2014]. Disponible à l’adresse : http://entretiens-du-futur. blogspirit.com/archive/2008/10/02/la-mutation-inachevee-de-la-sphere-publique.html Vidéo Richen, Y. What the gay rights movement learned from the civil rights movement [En ligne]. Mars 2014. [Consulté le 28/06/2014]. Disponible à l’adresse : http://www.ted.com/talks/yoruba_richen_what_the_gay_rights_movement_learned_from_the_civ il_rights_movement Cours ayant inspiré nos travaux Adamic, L. Social Network Analysis, 2013. [MOOC en ligne]. Disponible à l’adresse : http://www.coursera.org/course/sna Alloing, C. Communication 2.0 et e-réputation. Poitiers : IAE de Poitiers, 2012-2013. Alloing, C. Communication de crise. Poitiers : IAE de Poitiers, 2013-2014. Alloing, C. Management des réseaux d’acteurs (TD). Poitiers : IAE de Poitiers, 2013-2014. Carr, L., Halford, S. Web science: how the web is changing the world, 2013. [MOOC en ligne]. Disponible à l’adresse : http://www.futurelearn.com/courses/web-science Huyghe, F-B. Influence et lobbying. Poitiers : IAE de Poitiers, 2013-2014. Le Béchec, M. Intelligence territoriale. Poitiers : IAE de Poitiers, 2013-2014. Le Béchec, M. Management des connaissances. Poitiers : IAE de Poitiers, 2012-2013. Marcon, C. Management des réseaux d’acteurs. Poitiers : IAE de Poitiers, 2013-2014.
  • 77.
    77 Annexes Correspondanceavec Dan Leveille (anglais) – Juillet 2014 1/ Could you explain to me what are the reasons that lead you to create Equaldex? Back in 2009, when I was in college, I didn't really have much of an interest in LGBT rights. My friends were sharing news about gay marriage and other LGBT issues, and I started to pick up an interest in it as well. In late 2009, many states were on the brink of legalizing gay marriage, so I found myself always asking questions like "Is gay marriage legal in X country?" and "How many US states does that make now?" I realized there was a lack of a single comprehensive resource for LGBT laws, so I decided to build a simple website that would just be a map of the world that showed LGBT laws in each country. I then realized how big of a project this was, so I knew that the only way to do it properly would be to make it a crowdsourced site. 2/ What are the main goals of Equaldex today? (example : to inform people, to raise awareness, to make people get involved in LGBT issues etc.) All of those, yes. Equaldex's goal is to become a comprehensive resource for everything related to the LGBT rights movement. I've always loved data, and I think you can make really strong arguments using it. Data lets people see things in a different way. I wanted to build Equaldex so that it could help illustrate the LGBT rights movement in a more visual way. Equaldex also aims to shine light in the dark areas of the world. A lot of times, people don't really think globally, and they don't realize that in many countries, you can be killed for being gay. 3/ Could you explain to me what is the current strategy for Equaldex communication? What channels do you use to communicate & why ? Twitter and Facebook are the channels I use most actively. Equaldex's Tumblr blog is a more formal method of communication. I used it as an LGBT news blog that picked up a bit of a following before Equaldex even launched, so it was pretty useful to have an established audience around the brand. I use Google+ and LinkedIn as well, but those I would probably consider secondary. I have an email list as well, however, I only use that for major site announcements, as it's a little time consuming to do (building, testing, sending, etc.). 4/ What are the main needs/challenges of Equaldex regarding its communication? (ex: would Equaldex need more online visibility? would it need to become a touch a wider audience?) One concern I had with communication was just the time it takes to be active on all of Equaldex's social media channels. However, this was remedied a few weeks ago after I launched LGBT News. I have it set up where posts to Equaldex News are automatically distributed to Equaldex's Facebook and Twitter accounts.
  • 78.
    78 Reaching alargest audience is my biggest problem with Equaldex altogether. I think the product is at a pretty solid point -- there's so much more I want to add to it, but it doesn't have the feeling that it's really lacking anything major right now. People love the site, but it just isn't getting the press coverage that I want it to. It also comes down to time and effort put into this -- I try to spend time building and improving the site, so it leaves me little time to do PR. If I had more time, I'd be sending emails and tweets to journalists all day, which can be pretty effective. If I could just get picked up my some of the major LGBT or tech blogs, I think it'd really take off. 5/ Any idea on the next milestones for Equaldex developpment? :) Here are some of the features that I've been planning on building: • "This Day in LGBT History" -- A feature that'll show LGBT milestones of today's date in previous years (this one is ready to go, just need to finish the design) • More visualizations • Expanding on the "Equality Index" feature, that gives each country a "score" based on many different factors. • More demographic data, such as US Census data on same-sex couples. • Automatic country detection (visitors will automatically see the LGBT profile of the sate/country they're visiting from) • I've also been considering the ability to compare two countries side-by-side. And one of the major features I've always been planning on adding in the future is companies and public figures, but that is quite a large project.
  • 79.
    79 Visualisation dugraphe de sites web realisé (sans étiquette des noeuds)