Riahi I (a), Jaafoura H (a), Sakli M (a), Belaid H (a), Litaiem N (b), Jones M (b), Manoubi S (a), Lahiani R (a), Ben Salah M (a).
(a) : Service d’ORL et de Chirurgie cervico-faciale, Hôpital Charles Nicolle, Tunis,
(b) : Service de Dermatologie, Hôpital Charles Nicolle, Tunis
MANIFESTATIONS ORL D’UNE MALADIE DE KAPOSI DANS
SA FORME AGRESSIVE : A PROPOS D’UN CAS
OBJECTIF :
MATERIEL ET METHODES :
DISCUSSION :
Les lésions ORL de la Maladie de Kaposi(MK)
siègent classiquement au niveau des
muqueuses buccale, pharyngée et laryngée.
Elles sont rarement isolées. On se propose par
ce travail d’analyser l’expression clinique des
lésions ORL dans la MK.
Etude rétrospective d’un cas de patient
atteint d’une maladie de kaposi agressive
avec manifestations ORL, pris en charge
conjointement par les services d’ORL et de
dermatologie de l’Hôpital Charles Nicolle
de Tunis et revue de la littérature.
Le Sarcome de Kaposi: Décrit en 1872, par Kaposi, comme
un sarcome pigmenté, multiple, idiopathique. l’HHV-8 est
identifié comme l’agent étiologique de toutes les
formes de Maladie de Kaposi.
Quatres formes de MK: Endémique, épidémique liée au
Sida, iatrogénique post transplant et sporadique. Cette
dernière dite aussi méditéranéenne touche
principalement les hommes blancs dans la sixième et
septième décennie, avec forte prédominance masculine
(15/1).
Les lésions cutanées inaugurent la maladie dans 90% des
cas. Les lésions faciales siègent préférentiellement au
niveau de la pointe du nez et des paupières. Les lésions
kaposiennes ORL sont rares et siègent classiquement au
niveau des muqueuses buccale, pharyngée et laryngée
avec des manifestations polymorphes, dépendant du
siège, à type de dysphonie et dyspnée laryngée,
dysphagie, obstruction nasale, polyadénopathies
cervicales. D’autres sites inhabituels ont été rapportés
comme le conduit auditif externe ou le cavum. Elles sont
rarement isolées et peuvent précéder la lésion cutanée
caractéristique.
L’évolution est chronique et indolente, avec peu de risque
métastatique (sauf dans 10% des cas, souvent en situation
ganglionnaire). Cette forme est associée assez
fréquemment à un état d’immunodépression. Pas
d’association avec HIV ou SIDA chez notre patient. Un
tiers des cas présente un deuxième cancer (50%
hématologique), le Kaposi s’accompagne d’un risque
accru (x 20) de pathologies lymphoréticulaires. La
symptomatologie est faite de macules, plaques
érythémateuses et violines s’infiltrant progressivement,
ne disparaissant pas à la vitropression d’aspect
ecchymotique, hémorragique ou pigmenté. Peuvent s’y
associer ou s’observer de façon isolée, des nodules
angiomateux durs, ou plus rarement des nodules
lymphangiectasiques mous bleu-rouges qui finissent par
coalescer de façon polypoïde : croissance lente avec
extension proximale, possibilité de lymphoedème +/-
phénomène de Köbner. Le diagnostic est histologique.
Les protocoles thérapeutiques varient selon les équipes et
en fonction de l’étendue des lésions. Ils reposent
classiquement sur la chimiothérapie antimitotique(et
rétrovirale si HIV+) et/ou la radiothérapie(radiosensible).
En dehors de la biopsie ou des formes obstructives, la
chirurgie est peu indiquée.
Les manifestations ORL de la maladie de Kaposi sont
diverses et non spécifiques. La symptomatologie varie
en fonction du siège et du volume de la lésion. Bien que
rares, elles doivent être cherchée devant la suspicion
de maladie de kaposi.
CONCLUSION :
Références :
 Adjoua RP, Kouassi B, Boguifo J et al. Séropositivité aux tests du sida et affections ORL à évolution chronique (à propos de 30 cas colligés dans les services ORL d’Abidjan, Côte-d’Ivoire). Pub Med Afr
1989;22(100):109-15.
 Lafeuillade A, Poizot-Martin I, Boulat O, Allegre T, De Jaureguiberry JP. Le sarcome de Kaposi de présentation extra-cutanée au cours du sida : à propos de 24 observations. Med Mal Inf1994;24:92-5.
 Koffi-Aka V, Gbery IP, Koffi EK, Hondé M, Ehouo F. Maladie de Kaposi : à propos d’une localisation ganglionnaire isolée chez un adulte à VIH inconnue. Science et Technique 2001;24(2):59-61.
 Olmo A, Vilaseca I, Moraga M et al. The laryngeal involvement in Kaposi’s sarcoma in the acquired immunodeficiency syndrome. An Otorrinolaringol Ibero Am 1993;20:(6):589-97.
 Delbrouck C, Kampouridis S, Chantrain G. An unusual localisation of Kaposi’s sarcoma: the external auditory canal. Acta Otorhinolaryngol Belg 1998; 52(1):29-35.
 Ozbudak IH1, Guney K, Mutlu D, Gelen T, Ozbilim G.Bilateral tonsillar and esophageal Kaposi sarcoma in an HIV-negative patient. Ear Nose Throat J. 2011 Jul;90(7):E23-6.
 Sikora AG1, Shnayder Y, Yee H, DeLacure MD. Oropharyngeal kaposi sarcoma in related persons negative for human immunodeficiency virus. Ann Otol Rhinol Laryngol. 2008 Mar;117(3):172-6.
 Fletcher CD, Unni KK, Mertens F. Pathology and genetics of tumours of soft tissue and bone. Lyon : IARC press, 2002.
 Weiss SW, Goldblum JR. Enzinger and Weiss’s Soft tissue tumors. 4th ed. St Louis : Mosby, 2001.
 Bisceglia M, Bosman C, Carlesimo OA, Innocenzi D, Quirke P. Kaposi’s sarcoma : a clinico-pathologic overview. Tumori 1991 ; 77(4):291-310.
 Antman K, Chang Y. Kaposi’s sarcoma. N Engl J Med 2000 ; 342(14):1027-1038.
 Safai B, Mike V, Giraldo G, Beth E, Good RA. Association of Kaposi’s sarcoma with second primary malignancies : possible etiopathogenic implications. Cancer 1980 ; 45(6):1472-1479.
RESULTATS :
Patient âgé de 77ans consulte pour
l’apparition de placards violacés des dos des
mains et des pieds avec œdème important et
d’une lésion violacée pédiculée de la pointe
du nez sans autres signes associés. L’examen
ORL objective, outre la lésion de la pointe
nasale (Fig1) de 3 cm ferme indolore, une
lésion violacée similaire du pôle supérieure de
l’amygdale palatine gauche (Fig 2) de 5 mm
de grand axe. Endoscopie nasale et
hypopharyngo-laryngée sans anomalies et pas
d’adénopathies cervicales. Une biopsie
cutanée a été réalisée mettant en évidence,
au niveau du derme, des fentes vasculaires
avec extravasations focales de globules rouges
associées à de rares cellules fusiformes avec
un immunomarquage nucléaire au HHV8 positif
concluant à une maladie de Kaposi dans sa
forme classique méditerranéenne. Les
sérologies HIV et hépatites C étaient négatives
et la radiographie du thorax normale. Devant
la multiplicité des lésions et leurs étendue, un
traitement général par Bléomycine a été
préconisé avec un shaving du nodule du nez.
Fig1
Fig 2

P25

  • 1.
    Riahi I (a),Jaafoura H (a), Sakli M (a), Belaid H (a), Litaiem N (b), Jones M (b), Manoubi S (a), Lahiani R (a), Ben Salah M (a). (a) : Service d’ORL et de Chirurgie cervico-faciale, Hôpital Charles Nicolle, Tunis, (b) : Service de Dermatologie, Hôpital Charles Nicolle, Tunis MANIFESTATIONS ORL D’UNE MALADIE DE KAPOSI DANS SA FORME AGRESSIVE : A PROPOS D’UN CAS OBJECTIF : MATERIEL ET METHODES : DISCUSSION : Les lésions ORL de la Maladie de Kaposi(MK) siègent classiquement au niveau des muqueuses buccale, pharyngée et laryngée. Elles sont rarement isolées. On se propose par ce travail d’analyser l’expression clinique des lésions ORL dans la MK. Etude rétrospective d’un cas de patient atteint d’une maladie de kaposi agressive avec manifestations ORL, pris en charge conjointement par les services d’ORL et de dermatologie de l’Hôpital Charles Nicolle de Tunis et revue de la littérature. Le Sarcome de Kaposi: Décrit en 1872, par Kaposi, comme un sarcome pigmenté, multiple, idiopathique. l’HHV-8 est identifié comme l’agent étiologique de toutes les formes de Maladie de Kaposi. Quatres formes de MK: Endémique, épidémique liée au Sida, iatrogénique post transplant et sporadique. Cette dernière dite aussi méditéranéenne touche principalement les hommes blancs dans la sixième et septième décennie, avec forte prédominance masculine (15/1). Les lésions cutanées inaugurent la maladie dans 90% des cas. Les lésions faciales siègent préférentiellement au niveau de la pointe du nez et des paupières. Les lésions kaposiennes ORL sont rares et siègent classiquement au niveau des muqueuses buccale, pharyngée et laryngée avec des manifestations polymorphes, dépendant du siège, à type de dysphonie et dyspnée laryngée, dysphagie, obstruction nasale, polyadénopathies cervicales. D’autres sites inhabituels ont été rapportés comme le conduit auditif externe ou le cavum. Elles sont rarement isolées et peuvent précéder la lésion cutanée caractéristique. L’évolution est chronique et indolente, avec peu de risque métastatique (sauf dans 10% des cas, souvent en situation ganglionnaire). Cette forme est associée assez fréquemment à un état d’immunodépression. Pas d’association avec HIV ou SIDA chez notre patient. Un tiers des cas présente un deuxième cancer (50% hématologique), le Kaposi s’accompagne d’un risque accru (x 20) de pathologies lymphoréticulaires. La symptomatologie est faite de macules, plaques érythémateuses et violines s’infiltrant progressivement, ne disparaissant pas à la vitropression d’aspect ecchymotique, hémorragique ou pigmenté. Peuvent s’y associer ou s’observer de façon isolée, des nodules angiomateux durs, ou plus rarement des nodules lymphangiectasiques mous bleu-rouges qui finissent par coalescer de façon polypoïde : croissance lente avec extension proximale, possibilité de lymphoedème +/- phénomène de Köbner. Le diagnostic est histologique. Les protocoles thérapeutiques varient selon les équipes et en fonction de l’étendue des lésions. Ils reposent classiquement sur la chimiothérapie antimitotique(et rétrovirale si HIV+) et/ou la radiothérapie(radiosensible). En dehors de la biopsie ou des formes obstructives, la chirurgie est peu indiquée. Les manifestations ORL de la maladie de Kaposi sont diverses et non spécifiques. La symptomatologie varie en fonction du siège et du volume de la lésion. Bien que rares, elles doivent être cherchée devant la suspicion de maladie de kaposi. CONCLUSION : Références :  Adjoua RP, Kouassi B, Boguifo J et al. Séropositivité aux tests du sida et affections ORL à évolution chronique (à propos de 30 cas colligés dans les services ORL d’Abidjan, Côte-d’Ivoire). Pub Med Afr 1989;22(100):109-15.  Lafeuillade A, Poizot-Martin I, Boulat O, Allegre T, De Jaureguiberry JP. Le sarcome de Kaposi de présentation extra-cutanée au cours du sida : à propos de 24 observations. Med Mal Inf1994;24:92-5.  Koffi-Aka V, Gbery IP, Koffi EK, Hondé M, Ehouo F. Maladie de Kaposi : à propos d’une localisation ganglionnaire isolée chez un adulte à VIH inconnue. Science et Technique 2001;24(2):59-61.  Olmo A, Vilaseca I, Moraga M et al. The laryngeal involvement in Kaposi’s sarcoma in the acquired immunodeficiency syndrome. An Otorrinolaringol Ibero Am 1993;20:(6):589-97.  Delbrouck C, Kampouridis S, Chantrain G. An unusual localisation of Kaposi’s sarcoma: the external auditory canal. Acta Otorhinolaryngol Belg 1998; 52(1):29-35.  Ozbudak IH1, Guney K, Mutlu D, Gelen T, Ozbilim G.Bilateral tonsillar and esophageal Kaposi sarcoma in an HIV-negative patient. Ear Nose Throat J. 2011 Jul;90(7):E23-6.  Sikora AG1, Shnayder Y, Yee H, DeLacure MD. Oropharyngeal kaposi sarcoma in related persons negative for human immunodeficiency virus. Ann Otol Rhinol Laryngol. 2008 Mar;117(3):172-6.  Fletcher CD, Unni KK, Mertens F. Pathology and genetics of tumours of soft tissue and bone. Lyon : IARC press, 2002.  Weiss SW, Goldblum JR. Enzinger and Weiss’s Soft tissue tumors. 4th ed. St Louis : Mosby, 2001.  Bisceglia M, Bosman C, Carlesimo OA, Innocenzi D, Quirke P. Kaposi’s sarcoma : a clinico-pathologic overview. Tumori 1991 ; 77(4):291-310.  Antman K, Chang Y. Kaposi’s sarcoma. N Engl J Med 2000 ; 342(14):1027-1038.  Safai B, Mike V, Giraldo G, Beth E, Good RA. Association of Kaposi’s sarcoma with second primary malignancies : possible etiopathogenic implications. Cancer 1980 ; 45(6):1472-1479. RESULTATS : Patient âgé de 77ans consulte pour l’apparition de placards violacés des dos des mains et des pieds avec œdème important et d’une lésion violacée pédiculée de la pointe du nez sans autres signes associés. L’examen ORL objective, outre la lésion de la pointe nasale (Fig1) de 3 cm ferme indolore, une lésion violacée similaire du pôle supérieure de l’amygdale palatine gauche (Fig 2) de 5 mm de grand axe. Endoscopie nasale et hypopharyngo-laryngée sans anomalies et pas d’adénopathies cervicales. Une biopsie cutanée a été réalisée mettant en évidence, au niveau du derme, des fentes vasculaires avec extravasations focales de globules rouges associées à de rares cellules fusiformes avec un immunomarquage nucléaire au HHV8 positif concluant à une maladie de Kaposi dans sa forme classique méditerranéenne. Les sérologies HIV et hépatites C étaient négatives et la radiographie du thorax normale. Devant la multiplicité des lésions et leurs étendue, un traitement général par Bléomycine a été préconisé avec un shaving du nodule du nez. Fig1 Fig 2