Traitement,
 Réadaptation,
Rétablissement,
 comment s'y
  retrouver?
  Olivier Farmer, MD
Structure de la présentation
• Rafraîchir les notions de réadaptation et de
  rétablissement, et les contraster

• Clarifier les enjeux concernant le traitement
  contre le gré en santé mentale

• Proposer un modèle d'intégration des notions
  de traitement, de réadaptation, de
  rétablissement, en clarifiant les implication
  dans le travail clinique au quotidien, pour les
  organisations, et pour le système de soin
Réadaptation
• Mouvement qui commence dans les années
  40 et 50 avec quelques programmes dans la
  communauté visant à offrir une alternative à
  l'hospitalisation long terme (peu systématisé)

• Avec l'introduction des antipsychotiques, la
  désinstitutionnalisation atteint son pic dans les
  années 70, les programmes de réadaptation
  prennent leur essor et deviennent une partie
  intégrante du système de soins
Une définition de la
     réadaptation
• Selon Leona Bachrach (1996) la réadaptation
  psychosociale est une approche thérapeutique
  qui encourage la personne atteinte d'un
  problème de santé mentale à développer son
  plein potentiel à travers l'apprentissage et un
  soutien par l'environnement
Réadaptation: les 9
 principes de Bachrach
1.   Traitement individualisé
2.   Centré sur l'environnement
3.   Centré sur les forces/compétences
4.   Vise à rétablir l'espoir
5.   Centré sur le potentiel d'emploi
6.   Services intégrés et complets
7.   Implication active du patient
8.   Continuité du suivi à long terme
9.   Fondé sur une alliance thérapeutique solide
Exemples d'interventions de réadaptation

• La psychoéducation familiale

• La réadaptation à l'emploi

• Le traitement des abus de substances

• La psychoéducation

• L'entraînement aux habiletés sociales

• La réadaptation cognitive
Exemples de services orientés vers la
                 réadaptation
• Les hôpitaux de jour et centres de jour

• Les équipes de suivi interdisciplinaire

• Le case management (dont
  l'accompagnement communautaire)

• le Suivi intensif (modèle ACT)

• Le modèle Fountainhouse (club psychosocial
  avec programme d'emploi et de support au
Le modèle Fountainhouse
• Dans les années 40, au début du mouvement
  de la réadaptation, un groupe d'ex-patients
  collabore pour constituer le modèle club
  psychosocial Fountainhouse

• Ce modèle vise à augmenter l'intégration dans
  la communauté, ainsi qu'à développer la
  dignité, l'optimisme et l'initiative

• Dans les années 50, le modèle Fountainhouse
  intègre un programme d'emploi, puis un
Limites du modèle de
     réadaptation
• La recherche sur les programmes réadaptation révèle certains
  enjeux:

• Les apprentissages faits par les personnes avec troubles
  psychiatriques graves dans des programmes de réadaptation ne
  se généralisent pas à d'autres contextes. C'est pour cette raison
  que les approches progressives, par pallier ne fonctionnent pas.

• Les apprentissages habituellement ne persistent pas au-delà de 6
  mois à 1 an sans soutien constant des acquis

• Les personnes souvent n'aiment pas les contextes
  psychiatriques, tels centres de jour, ateliers protégés, etc... et
  préfèrent être intégrés à des contextes sociaux normaux
Le rétablissement
• "Le rétablissement implique le développement
  d'un nouveau sens et une nouvelle direction
  dans sa vie lorsqu'on évolue au-delà des
  effets catastrophiques de la maladie mentale"
  (William Anthony, PhD)

• "... Se réfère au vécu réel des personnes alors
  qu'elles viennent à accepter et surmonter le
  défi de l'infirmité." (Patricia Deegan, PhD)
Origines du mouvement du rétablissement

Le mouvement des consommateurs:

• Se développe dans les années 40 en réaction au
  modèle médical qui met l'accent sur la chronicité et
  l'infirmité, sur les hôpitaux et la médication

• Les effets nocifs liés à l'hospitalisation, le traitement
  contre le gré, le statut de patient perpétuel, et le
  retrait des rôles adultes habituels est décrié

• Ce mouvement est à l'origine du concept de
  rétablissement, qui comprend le retour à des rôles
Rétablissement:
principes de Jacobson
• Conditions internes liées au rétablissement:

 • Espoir

 • Guérison

 • Reprise du pouvoir

 • Connection
Rétablissement:
principes de Jacobson
• Conditions externes liées au rétablissement:

 • Droits de la personne

 • Culture de Guérison

 • Services centrés sur le rétablissement
Critères possibles pour le rétablissement de
              la schizophrénie

 Rémission de symptômes positifs et négatifs
 Travail ou études dans milieu normal
 Vie indépendant sans supervision AVQ/AVD ou RX
 Activités sociales avec des pairs
 Relations familiales et amicales cordiales
 Activités de loisir dans milieu normal
 Résilience et débrouillardise devant les défis et sources de stress
 Satisfaction subjective avec sa vie
 Estime de soi et sentiment d'identité stables
 Participation citoyenne au vote, défense de ses droits, bon voisinage et
 autres fonctions
Rétablissement: Finalité vs Processus


Est-ce qu'on se rétabli? Qu'est-ce que ça veut dire?
L'absence de symptômes? La reprise de son
autonomie, et de rôles citoyens signifiants?
Comment mesure-t-on les progrès du
rétablissement (dans la perspective d'evaluer les
services visant le rétablissement)?

Le rétablissement est-il un processus continu, une
démarche? Est-ce un processus intra-psychique,
ou une intégration plus grande dans la société?
Quelles sont les attitudes ou actions des soignants
Le rétablissement: opinion des soignants             ...
Le concept n'est pas clair et il n'y a pas de critères bien
établis pour la mise en place de services orientés vers
le rétablissement

L'objectif de rétablissement n'est pas réaliste pour une
proportion importante de personnes avec problème de
santé mentale grave

Le rétablissement est un nouveau vocabulaire qui ne
change rien en substance, et qui est même parfois
hostile aux interventions parfois nécessaires pour
mettre en sécurité et traiter des personnes en crise
La question de la
    coercition
La question de la
          coercition


Coercition: faire céder une personne en
exerçant sur elle une pression
La question de la coercition

• Cette pression peut
  prendre la forme de
  la persuasion (seul à
  seul ou avec l'aide y
  la famille ou de
  l'environnement) ou
  des incitations
  (récompense réelle
  ou symbolique,
  renforcement positif)
La question de la coercition
Elle peut également
prendre la forme de
menace (dont de
procédures
administratives ou
légales) ou d'usage de
la force (application
des lois qui
restreignent la liberté
individuelle dans des
circonstances de
danger ou d'inaptitude)
La question de la coercition

Les soignants et les familles de personnes avec problème
de santé mentale grave sont en général en soutien de lois
permettant le traitement contre le gré en cas d'inaptitude

Les regroupements d'usagers, d'ex-patients et de
"survivants" y sont en général fortement opposé, citant que
le traitement contre le gré est une antithèse à
l'autodétermination et la réappropriation du pouvoir

L'usage de la coercition est en général considéré comme
incompatible avec la notion de rétablissement par les
auteurs principaux sur le rétablissement
La question de la coercition

• moyens de pression pour que la personne
  prenne sa Rx:
 • L'argent
 • Le logement
 • L'évitement de conséquences judiciaires
 • L'évitement de l'hospitalisation
 • Et j'ajouterai... Les liens d'attachement y
   compris le lien thérapeutique
La question de la coercition
• Curieusement, le recours à l'ordonnance de traitement
  est associé avec une plus faible perception de coercition
  et un niveau plus élevé de satisfaction que l'usage des
  autres moyens de pression.

• Dans le programme d'Assisted Outpatient Treatment
  (AOT) de l'état de NY, 75% des patients participant
  rapportent que le traitement obligatoire les a aidé à
  reprendre le contrôle de leur vie, 80% rapportaient que
  le traitement obligatoire les a aidé à regagner et
  conserver leur santé, et 90% rapportaient que le
  programme les rendait plus susceptible d'aller à leurs
  rencontres de suivi et de prendre la médication.
La question de la coercition

Les études sur la coercition MacArthur (1999-2001)

• Près de la moitié (47%) des personnes qui ont été
  hospitalisées contre le gré considérait en rétrospective
  qu'il n'y avait pas d'alternative à l'hospitalisation, et le tier
  (35%) ne considérait pas avoir été sujet à de la
  coercition

• Plus de 50% des personnes qui, initialement, avaient
  affirmé ne pas avoir besoin d'être hospitalisé,
  considéraient 1 à 2 mois après leur congé, que la
  décision d'hospitaliser était la bonne décision
La question de la coercition
Les études sur la coercition MacArthur
• Les études trouvent que le niveau perçu de coerciton es
  faible si:
   1. La persuasion et l'incitation sont utilisé, plutôt que les
      menaces ou la force
   2. D'autres, comme la famille ou les amis, sont
      impliqués dans les soins
   3. Le patient est convaincu que les gens ont agit de
      façon bienveillante à son égard
   4. Le patient considère qu'il a été traité avec respect et
      de bonne foi
   5. Le patient à eu l'opportunité d'exprimer son point de
La question de la
         coercition
Les études sur le Assisted Outpatient Treatment:
• Taux d'hospitalisation réduit de 72% (Caroline du
  Nord) à 77% (New York) chez patients avec troubles
  psychotiques
• Taux d'itinerance diminué de 74% (NY)
• Taux d'arrestations diminué de 74% (Caroline du
  Nord et Floride) à 83% (NY)
• Taux de tentatives de suicide diminués de 55% (NY)
  taux de violence envers autrui diminué de 47%, taux
  de vandalisme diminué de 46%, taux de menace
  envers autrui diminué de 43%
La question de la
         coercition
Les études sur le Assisted Outpatient Treatment:
• Taux d'acte des violence dont les patients sont
  victimes réduit de 42% à 24%
• Adhérence au suivi passe de 41% à 62%, adhérence
  à la médication passe de 34% à 69%
• 71 (Arizona) à 80% (Iowa) des patients maintiennent
  le suivi et le traitement plus de 6 mois après la fin du
  mandat
• Taux d'abus d'alcool baisse de 49%, le taux d'abus
  de drogue baisse de 48%
La question de la
    coercition
Paradigme de
          Traitement
• Particulièrement actif quand la personne est
  en crise

• Fonction d'assurer la sécurité et ramener la
  personne à la santé, puis de maintenir un état
  de santé (c'est à dire le moins de symptômes
  possibles)

• Contexte très encadré par les règles
  professionnelles et institutionnelles
Paradigme de traitement
Dans un contexte de traitement, l'intervenant détient
l'expertise, fait une évaluation, et recommande un plan
d'investigation et de traitement, qui seront discutés et
ajustés selon le contexte particulier et les préférences et
choix exprimés par la personne recevant des services,
mais à l'intérieur d'un registre restreint de possibilités,
définis par le soignant en conformité avec l'état des
connaissances, les moyens disponibles, les règles de
l'institution et de la profession.

Le vocabulaire est celui du diagnostic, du résultat
d'évaluation, de symptômes, du traitement incluant la
médication, du besoin ou non d'hospitalisation, le cas
échéant de l'application de lois en vigueurs pour protéger
Paradigme de Réadaptation

Particulièrement actif lorsque la personne n'est plus en
crise, mais vit une situation d'instabilité psychosociale
(logement, finances,...)

Vise à retrouver un équilibre et une stabilité dans la
communauté

Contexte plus souple que pour le traitement, il y a des
pratiques fondées sur l'évidence, mais l'approche et la
composition des services est plus individualisée
Paradigme de Réadaptation
Dans un contexte de réadaptation, l'intervenant détient une
expertise, mais la personne recevant des services est
beaucoup plus active dans la définition des priorités, le
choix des modalités de services et dans leur application.
Le projet d'intervention se construit ensemble. Quoique
plus flexible et large que dans le cas du traitement, la
gamme de services demeure largement définie par
l'intervenant.

Le vocabulaire est celui d'optimiser le niveau de
fonctionnement, recouvrir ou développer des habiletés,
atteindre une situation de logement stable, atteindre une
situation financière stable, faire un retour sur le marché du
Paradigme de Rétablissement

Particulièrement actif lorsque la personne connait une
certaine stabilité de sa santé et de sa situation
psychosociale

Vise... L'actualisation de soi, l'épanouissement,
l'intégrité interne, la connection avec l'environnement
par des rôles signifiants...

le contexte est très ouvert et flexible, et la démarche
est beaucoup moins codifiée que dans les autres
contextes
Paradigme de rétablissement
Dans un contexte de rétablissement, l'intervenant ne se réfère
pas à une expertise particulière, mais se met à la disponibilité
de la personne pour l'aider dans toute entreprise que celle-ci
considère prioritaire pour son rétablissement. Il n'y a plus la
notion d'une gamme de services, le contexte est très ouvert es
flexible. L'intervenant développe un savoir faire lui permettant
de stimuler chez la personne l'espoir et l'inspiration pour
élaborer des projets porteurs de sens pour elle, et connaitre
les limites appropriées de son intervention.

Le vocabulaire est celui de reprendre le fil de sa vie, reprendre
contact avec nos rêves et aspirations, assumer des rôles et
responsabilités porteurs de sens, devenir des citoyens actifs
dans notre communauté, une ressource pour les autres, etc.
Implications pour le clinicien
Être conscient de notre niveau d'intervention, selon la
situation vécue par la personne. Sommes nous dans
un paradigme de traitement, réadaptation, ou de
rétablissement. Est-ce que la nature de notre
intervention est appropriée au contexte?

Introduire la notion de rétablissement très tôt dans le
processus, afin que la personne saisisse que l'objectif
final de l'ensemble des interventions est le
rétablissement de la personne, et pas seulement la
rémission des symptômes. Le vocabulaire du
rétablissement est plus puissant pour susciter
l'engagement de la personne.
Implications pour l'organisation


Une organisation qui veut se mettre en partenariat
avec la personne afin de l'aider à cheminer dans son
rétablissement, doit bien équilibrer les ressources
attribuées au traitement, à la réadaptation et au
rétablissement.

L'implication de personnes utilisatrices de service est
essentielle pour développer une culture
organisationnelle orientée vers le rétablissement
Implications pour le système de
               soins

Pertinence de rassembler les acteurs du réseau et de
développer un vocabulaire commun, en respectant les
différentes approches, et en les situant dans le
processus de rétablissement de la personne

Opportunité d'améliorer la circulation adéquate de la
clientèle à travers les services, et améliorer le niveau
de cohérence et de complémentarité de l'approche
globale à la personne avec un problème de santé
mentale sévère
Merci
De votre attention

25 mai 2012 : Olivier Farmer

  • 1.
    Traitement, Réadaptation, Rétablissement, comments'y retrouver? Olivier Farmer, MD
  • 2.
    Structure de laprésentation • Rafraîchir les notions de réadaptation et de rétablissement, et les contraster • Clarifier les enjeux concernant le traitement contre le gré en santé mentale • Proposer un modèle d'intégration des notions de traitement, de réadaptation, de rétablissement, en clarifiant les implication dans le travail clinique au quotidien, pour les organisations, et pour le système de soin
  • 3.
    Réadaptation • Mouvement quicommence dans les années 40 et 50 avec quelques programmes dans la communauté visant à offrir une alternative à l'hospitalisation long terme (peu systématisé) • Avec l'introduction des antipsychotiques, la désinstitutionnalisation atteint son pic dans les années 70, les programmes de réadaptation prennent leur essor et deviennent une partie intégrante du système de soins
  • 4.
    Une définition dela réadaptation • Selon Leona Bachrach (1996) la réadaptation psychosociale est une approche thérapeutique qui encourage la personne atteinte d'un problème de santé mentale à développer son plein potentiel à travers l'apprentissage et un soutien par l'environnement
  • 5.
    Réadaptation: les 9 principes de Bachrach 1. Traitement individualisé 2. Centré sur l'environnement 3. Centré sur les forces/compétences 4. Vise à rétablir l'espoir 5. Centré sur le potentiel d'emploi 6. Services intégrés et complets 7. Implication active du patient 8. Continuité du suivi à long terme 9. Fondé sur une alliance thérapeutique solide
  • 6.
    Exemples d'interventions deréadaptation • La psychoéducation familiale • La réadaptation à l'emploi • Le traitement des abus de substances • La psychoéducation • L'entraînement aux habiletés sociales • La réadaptation cognitive
  • 7.
    Exemples de servicesorientés vers la réadaptation • Les hôpitaux de jour et centres de jour • Les équipes de suivi interdisciplinaire • Le case management (dont l'accompagnement communautaire) • le Suivi intensif (modèle ACT) • Le modèle Fountainhouse (club psychosocial avec programme d'emploi et de support au
  • 8.
    Le modèle Fountainhouse •Dans les années 40, au début du mouvement de la réadaptation, un groupe d'ex-patients collabore pour constituer le modèle club psychosocial Fountainhouse • Ce modèle vise à augmenter l'intégration dans la communauté, ainsi qu'à développer la dignité, l'optimisme et l'initiative • Dans les années 50, le modèle Fountainhouse intègre un programme d'emploi, puis un
  • 9.
    Limites du modèlede réadaptation • La recherche sur les programmes réadaptation révèle certains enjeux: • Les apprentissages faits par les personnes avec troubles psychiatriques graves dans des programmes de réadaptation ne se généralisent pas à d'autres contextes. C'est pour cette raison que les approches progressives, par pallier ne fonctionnent pas. • Les apprentissages habituellement ne persistent pas au-delà de 6 mois à 1 an sans soutien constant des acquis • Les personnes souvent n'aiment pas les contextes psychiatriques, tels centres de jour, ateliers protégés, etc... et préfèrent être intégrés à des contextes sociaux normaux
  • 10.
    Le rétablissement • "Lerétablissement implique le développement d'un nouveau sens et une nouvelle direction dans sa vie lorsqu'on évolue au-delà des effets catastrophiques de la maladie mentale" (William Anthony, PhD) • "... Se réfère au vécu réel des personnes alors qu'elles viennent à accepter et surmonter le défi de l'infirmité." (Patricia Deegan, PhD)
  • 11.
    Origines du mouvementdu rétablissement Le mouvement des consommateurs: • Se développe dans les années 40 en réaction au modèle médical qui met l'accent sur la chronicité et l'infirmité, sur les hôpitaux et la médication • Les effets nocifs liés à l'hospitalisation, le traitement contre le gré, le statut de patient perpétuel, et le retrait des rôles adultes habituels est décrié • Ce mouvement est à l'origine du concept de rétablissement, qui comprend le retour à des rôles
  • 12.
    Rétablissement: principes de Jacobson •Conditions internes liées au rétablissement: • Espoir • Guérison • Reprise du pouvoir • Connection
  • 13.
    Rétablissement: principes de Jacobson •Conditions externes liées au rétablissement: • Droits de la personne • Culture de Guérison • Services centrés sur le rétablissement
  • 14.
    Critères possibles pourle rétablissement de la schizophrénie Rémission de symptômes positifs et négatifs Travail ou études dans milieu normal Vie indépendant sans supervision AVQ/AVD ou RX Activités sociales avec des pairs Relations familiales et amicales cordiales Activités de loisir dans milieu normal Résilience et débrouillardise devant les défis et sources de stress Satisfaction subjective avec sa vie Estime de soi et sentiment d'identité stables Participation citoyenne au vote, défense de ses droits, bon voisinage et autres fonctions
  • 15.
    Rétablissement: Finalité vsProcessus Est-ce qu'on se rétabli? Qu'est-ce que ça veut dire? L'absence de symptômes? La reprise de son autonomie, et de rôles citoyens signifiants? Comment mesure-t-on les progrès du rétablissement (dans la perspective d'evaluer les services visant le rétablissement)? Le rétablissement est-il un processus continu, une démarche? Est-ce un processus intra-psychique, ou une intégration plus grande dans la société? Quelles sont les attitudes ou actions des soignants
  • 16.
    Le rétablissement: opiniondes soignants ... Le concept n'est pas clair et il n'y a pas de critères bien établis pour la mise en place de services orientés vers le rétablissement L'objectif de rétablissement n'est pas réaliste pour une proportion importante de personnes avec problème de santé mentale grave Le rétablissement est un nouveau vocabulaire qui ne change rien en substance, et qui est même parfois hostile aux interventions parfois nécessaires pour mettre en sécurité et traiter des personnes en crise
  • 17.
    La question dela coercition
  • 18.
    La question dela coercition Coercition: faire céder une personne en exerçant sur elle une pression
  • 19.
    La question dela coercition • Cette pression peut prendre la forme de la persuasion (seul à seul ou avec l'aide y la famille ou de l'environnement) ou des incitations (récompense réelle ou symbolique, renforcement positif)
  • 20.
    La question dela coercition Elle peut également prendre la forme de menace (dont de procédures administratives ou légales) ou d'usage de la force (application des lois qui restreignent la liberté individuelle dans des circonstances de danger ou d'inaptitude)
  • 21.
    La question dela coercition Les soignants et les familles de personnes avec problème de santé mentale grave sont en général en soutien de lois permettant le traitement contre le gré en cas d'inaptitude Les regroupements d'usagers, d'ex-patients et de "survivants" y sont en général fortement opposé, citant que le traitement contre le gré est une antithèse à l'autodétermination et la réappropriation du pouvoir L'usage de la coercition est en général considéré comme incompatible avec la notion de rétablissement par les auteurs principaux sur le rétablissement
  • 22.
    La question dela coercition • moyens de pression pour que la personne prenne sa Rx: • L'argent • Le logement • L'évitement de conséquences judiciaires • L'évitement de l'hospitalisation • Et j'ajouterai... Les liens d'attachement y compris le lien thérapeutique
  • 23.
    La question dela coercition • Curieusement, le recours à l'ordonnance de traitement est associé avec une plus faible perception de coercition et un niveau plus élevé de satisfaction que l'usage des autres moyens de pression. • Dans le programme d'Assisted Outpatient Treatment (AOT) de l'état de NY, 75% des patients participant rapportent que le traitement obligatoire les a aidé à reprendre le contrôle de leur vie, 80% rapportaient que le traitement obligatoire les a aidé à regagner et conserver leur santé, et 90% rapportaient que le programme les rendait plus susceptible d'aller à leurs rencontres de suivi et de prendre la médication.
  • 24.
    La question dela coercition Les études sur la coercition MacArthur (1999-2001) • Près de la moitié (47%) des personnes qui ont été hospitalisées contre le gré considérait en rétrospective qu'il n'y avait pas d'alternative à l'hospitalisation, et le tier (35%) ne considérait pas avoir été sujet à de la coercition • Plus de 50% des personnes qui, initialement, avaient affirmé ne pas avoir besoin d'être hospitalisé, considéraient 1 à 2 mois après leur congé, que la décision d'hospitaliser était la bonne décision
  • 25.
    La question dela coercition Les études sur la coercition MacArthur • Les études trouvent que le niveau perçu de coerciton es faible si: 1. La persuasion et l'incitation sont utilisé, plutôt que les menaces ou la force 2. D'autres, comme la famille ou les amis, sont impliqués dans les soins 3. Le patient est convaincu que les gens ont agit de façon bienveillante à son égard 4. Le patient considère qu'il a été traité avec respect et de bonne foi 5. Le patient à eu l'opportunité d'exprimer son point de
  • 26.
    La question dela coercition Les études sur le Assisted Outpatient Treatment: • Taux d'hospitalisation réduit de 72% (Caroline du Nord) à 77% (New York) chez patients avec troubles psychotiques • Taux d'itinerance diminué de 74% (NY) • Taux d'arrestations diminué de 74% (Caroline du Nord et Floride) à 83% (NY) • Taux de tentatives de suicide diminués de 55% (NY) taux de violence envers autrui diminué de 47%, taux de vandalisme diminué de 46%, taux de menace envers autrui diminué de 43%
  • 27.
    La question dela coercition Les études sur le Assisted Outpatient Treatment: • Taux d'acte des violence dont les patients sont victimes réduit de 42% à 24% • Adhérence au suivi passe de 41% à 62%, adhérence à la médication passe de 34% à 69% • 71 (Arizona) à 80% (Iowa) des patients maintiennent le suivi et le traitement plus de 6 mois après la fin du mandat • Taux d'abus d'alcool baisse de 49%, le taux d'abus de drogue baisse de 48%
  • 28.
    La question dela coercition
  • 32.
    Paradigme de Traitement • Particulièrement actif quand la personne est en crise • Fonction d'assurer la sécurité et ramener la personne à la santé, puis de maintenir un état de santé (c'est à dire le moins de symptômes possibles) • Contexte très encadré par les règles professionnelles et institutionnelles
  • 33.
    Paradigme de traitement Dansun contexte de traitement, l'intervenant détient l'expertise, fait une évaluation, et recommande un plan d'investigation et de traitement, qui seront discutés et ajustés selon le contexte particulier et les préférences et choix exprimés par la personne recevant des services, mais à l'intérieur d'un registre restreint de possibilités, définis par le soignant en conformité avec l'état des connaissances, les moyens disponibles, les règles de l'institution et de la profession. Le vocabulaire est celui du diagnostic, du résultat d'évaluation, de symptômes, du traitement incluant la médication, du besoin ou non d'hospitalisation, le cas échéant de l'application de lois en vigueurs pour protéger
  • 34.
    Paradigme de Réadaptation Particulièrementactif lorsque la personne n'est plus en crise, mais vit une situation d'instabilité psychosociale (logement, finances,...) Vise à retrouver un équilibre et une stabilité dans la communauté Contexte plus souple que pour le traitement, il y a des pratiques fondées sur l'évidence, mais l'approche et la composition des services est plus individualisée
  • 35.
    Paradigme de Réadaptation Dansun contexte de réadaptation, l'intervenant détient une expertise, mais la personne recevant des services est beaucoup plus active dans la définition des priorités, le choix des modalités de services et dans leur application. Le projet d'intervention se construit ensemble. Quoique plus flexible et large que dans le cas du traitement, la gamme de services demeure largement définie par l'intervenant. Le vocabulaire est celui d'optimiser le niveau de fonctionnement, recouvrir ou développer des habiletés, atteindre une situation de logement stable, atteindre une situation financière stable, faire un retour sur le marché du
  • 36.
    Paradigme de Rétablissement Particulièrementactif lorsque la personne connait une certaine stabilité de sa santé et de sa situation psychosociale Vise... L'actualisation de soi, l'épanouissement, l'intégrité interne, la connection avec l'environnement par des rôles signifiants... le contexte est très ouvert et flexible, et la démarche est beaucoup moins codifiée que dans les autres contextes
  • 37.
    Paradigme de rétablissement Dansun contexte de rétablissement, l'intervenant ne se réfère pas à une expertise particulière, mais se met à la disponibilité de la personne pour l'aider dans toute entreprise que celle-ci considère prioritaire pour son rétablissement. Il n'y a plus la notion d'une gamme de services, le contexte est très ouvert es flexible. L'intervenant développe un savoir faire lui permettant de stimuler chez la personne l'espoir et l'inspiration pour élaborer des projets porteurs de sens pour elle, et connaitre les limites appropriées de son intervention. Le vocabulaire est celui de reprendre le fil de sa vie, reprendre contact avec nos rêves et aspirations, assumer des rôles et responsabilités porteurs de sens, devenir des citoyens actifs dans notre communauté, une ressource pour les autres, etc.
  • 39.
    Implications pour leclinicien Être conscient de notre niveau d'intervention, selon la situation vécue par la personne. Sommes nous dans un paradigme de traitement, réadaptation, ou de rétablissement. Est-ce que la nature de notre intervention est appropriée au contexte? Introduire la notion de rétablissement très tôt dans le processus, afin que la personne saisisse que l'objectif final de l'ensemble des interventions est le rétablissement de la personne, et pas seulement la rémission des symptômes. Le vocabulaire du rétablissement est plus puissant pour susciter l'engagement de la personne.
  • 41.
    Implications pour l'organisation Uneorganisation qui veut se mettre en partenariat avec la personne afin de l'aider à cheminer dans son rétablissement, doit bien équilibrer les ressources attribuées au traitement, à la réadaptation et au rétablissement. L'implication de personnes utilisatrices de service est essentielle pour développer une culture organisationnelle orientée vers le rétablissement
  • 42.
    Implications pour lesystème de soins Pertinence de rassembler les acteurs du réseau et de développer un vocabulaire commun, en respectant les différentes approches, et en les situant dans le processus de rétablissement de la personne Opportunité d'améliorer la circulation adéquate de la clientèle à travers les services, et améliorer le niveau de cohérence et de complémentarité de l'approche globale à la personne avec un problème de santé mentale sévère
  • 43.