LA SPONDYLOLYSE ET LE
SPONDYLOLISTHESIS CHEZ L’ENFANT
R. ELBAUM
CLINIQUE EDITH CAVELL
CHU ERASME
DEFINITION
• SPONDYLOLYSE: solution de continuité au
niveau de l’isthme de la vertèbre
• SPONDYLOLYSTHESIS: « glissement en avant
d’un corps vertébral, provoqué par la rupture
de la continuité ou l’élongation des isthmes »
(TAILLARD)
Rappel Historique
Herbiniaux : 1782
« Projection du rachis en avant dans
certaines formes de dos creux »
- Meyerding 1932 : Première
classification
Arthrodèse postérieure médiane
- Jenkins 1936 : - Réduction
- Arthrodèse antérieure
- Gill 1955 : Résection arc postérieur
- Kimura 1968 : Reconstruction
isthmique
- Harrington 1976 : Instrumentation
en distraction
- Wiltse : 1976 - Classification en 5 types
Boxall : 1979 Cyphose lombo-sacrée
Newell LM. Spondylolysis, an
historical review. Spine 1995
ANATHOMOPATHOLOGIE
ANATHOMOPATHOLOGIE
La spondylolyse, entité médicale et entité
paléopathologique
Ludovic Debono (1)*, Bertrand Mafart (2)
2004
Classification de MEYERDING (1932)
GRADE 1 GRADE 2 GRADE 4GRADE 3
Classification de Wiltse et
Newmann 1976
Type 1 Forme congénital ou dysplasique avec
dysplasie des arcs postérieurs et massif articulaire
fuyant
Type 2 isthmique pur par lyse acquise avec rupture
ou allongement de l’isthme
Type 3 Dégénératif
Type 4 ,5 et 6 macrotraumatique,pathogène ou
iatrogène
Classification de Marchetti 1997
SPL
Type 1
développemental
SPL avec lyse
congenitale
surajoutée
SPL avec
allongement
isthmique
Type 2
Acquis
Traumatique Iatrogène Pathologique Dégénératif
ETHIOPATHOGENIE
• SPL et LISTHESIS sont des
lésions acquises
• Il n’existe pas de forme
néonatale (1 cas décrit chez
1 nouveau né de 3mois!)
• La spondylolyse n’apparaît
qu’après l’âge de la marche
• La plupart surviennent entre
5 et 7ans
Facteurs Favorisants
• Génétique
• Traumatique
• Trophostatique
• Dysplasique
Multifactorielle
Taillard (Clin.Orthop. 1976)
Facteurs Génétiques
-Prédominance
- Masculine dans les formes peu ou pas déplacées
- Féminine dans les formes très déplacées
Variabilité ethnique
- 5,6 % : sujets de race blanche
- 1,9 % : sujets de race noire
- 20% à 60 % : communauté eskimos
J.L Jouve
Facteurs morphologiques
Pente sacrée Incidence lombo-pelvienne
Facteurs morphologiques
Angle LS sup à 90°
pas de cyphose
couple charnière équilibré
Cyphose LS
Angle LS inf à 90°
Couple charnière déséquilibre
Sacrum horizontal Sacrum vertical
L’évolution et la gravité de la spondylolyse
est liée à la gravité de la dysplasie initiale et de la
morphologie sacrée.
Facteurs Traumatiques
 Traumatismes aigus à haute énergie
1 - UN TRAUMATISME AIGU NE GENERE PAS A LUI SEUL
DE SPONDYLOLYSE ISOLEE
2 - UN TRAUMATISME AIGU N’AGGRAVE PAS A LUI SEUL
UN SPONDYLOLISTHESIS DE BAS GRADE
-Floman Y. J Spinal Dis 1991
300 fractures thoracolombaires
7 spondylolisthésis grade 1 associés
Aucun spondylolisthésis aggravé par la
fracture sus jacente
3 - UN TRAUMATISME AIGU PEUT AGGRAVER
UN SPONDYLOLISTHESIS DE HAUT GRADE
J.L Jouve
Facteurs Traumatiques ou Fractures
de Stress?
Effet « WOODI WOOD PECKER »
Spondylolyse et activite sportive
Sur 1430 Athlètes(Rossi)
Pourcentage global:
17,7% DE LYSE ISTHMIQUE
SELON LE SPORT:
•PLONGEURS 63%
•HALTEROPHILES 36%
•GYMNASTES 33%
•LUTTEURS 33%
•AUTRES ATHLETES 22%
Les spondylolyses chez l’enfant.
quelques chiffres:
• 4% A L’AGE DE 6ANS
• 6% A L’AGE ADULTE
• EGALE DANS LES DEUX SEXES
• 15% FORMES FAMILIALES
(Winne, Davis et Scott)
• 30 à 60% CHEZ LES ESQUIMAUX
HISTOIRE NATURELLE
1 Rupture isthmique dans la petite enfance sous l’effet de facteurs
favorisants
(Age de survenue entre 3 et 12 ans)
2 Glissement vertébral significatif durant une période brève
3 Stabilisation dans une nouvelle situation d’équilibre
Formes peu ou pas déplacées Formes très déplacées
Asymptomatique
Persistance d’un glissement mineur
lié à la dégénérescence discale
(80%)
Symptomatique (20%)
J.L Jouve
HISTOIRE NATURELLE
Rupture isthmique du grand enfant parfois de l’adolescent
sous l’effet de facteurs favorisants (microtraumatismes +++)
SPONDYLOLYSE UNI OU BILATERALE
Consolidation spontanée ou
après traitement
Pérennisation de la lyse
Formes peu ou pas déplacées
« Fracture de fatigue »
J.L Jouve
TU… G
2002 2 003 2006
HISTOIRE NATURELLE
Rupture ou allongement isthmique du petit enfant
sous l’effet de facteurs favorisants (dysplasiques +++)
Glissement rapide
Formes à grand déplacement
Haut grade
Formes à sacrum horizontal
Bon pronostic
Formes à sacrum vertical
Mauvais pronostic
J.L Jouve
BEN…Z
2003 2005
Evolution du glissement
• 50 à 65% des SPL présenteront un glissement
(Congdon & Chandler)
• Glissement lent et progressif entre 12 et 17 ans
(Taillard)
• Rare après 20 ans (sauf SPL dégénératif)
• SPL Grade 1 à 2: évolutivité faible
• SPL Grade 3 à 4: Ptose possible mais jamais brutale
TABLEAU CLINIQUE
TABLEAU CLINIQUE
• Asymptomatique (80%)
• Rétraction ischio-jambiers++ (faux
Lassegue)
• Lombalgie aigue inaugurale (témoin
d’une rupture isthmique aigue)
• Lombalgie chronique ou récurrente
(+/- 1an)
• Cyphose lombo-sacrée
• Radiculalgie L5/S1(parx)
• Syndrome queue de cheval (SPL Gr4)
• Scoliose associée
SPONDYLOLISTHESIS
SPONDYLOPTOSE
Contracture des ischiojambiers
BILAN RX
BILAN RX: LE 3/4
« le collier du petit chien »
BILAN RX
Scintigraphie au Technétium
BILAN: CT SCAN
BILAN:IRM
PRISE EN CHARGE DES SPONDYLOLYSES
ET SPONDYLOLYSTHESIS
SYMPTOMATOLOGIE
GRADE
AGE
TYPE
SPONDYLOLYSES
PEU ou PAS DEPLACEES
ASYMPTOMATIQUE :
Aucun traitement
Surveillance radiologique
annuelle
Aucune contre indication
sportive
SYMPTOMATIQUE :
Traitement conservateur :
•Repos sportif
•Rééducation,Physio
•Antalgiques, AINS
•corset ou lombostat
Echec du traitement conservateur :
•Reconstrution isthmiques +++
•Arthrodése postérolatérale
(Wiltse)
 En cas de lombalgie aigue
• Soit rechercher la consolidation de l’isthme
Plâtre bermuda ou corset hémiculotte 3mois (Dubousset)
Corset en délordose 30-60% consolidation (Pagnotta)
• Soit attendre la sédation des plaintes:
-Antalgiques mineurs
- Lombostat souple
- Suspension des activités sportives
Reprise des activités sportives dès la sédation de la
douleur
 En cas de lombalgie chronique
• AINS
• Traitement fonctionnel par
programme de réeducation intensif
• Lombostat ,corset pantalon
• Sports autorisés
natation,vélo,yoga…
• Attendre une année de recul
• En cas d’échec ou de récidive
1. Reconstruction isthmique
2. Arthrodèse postérolatérale de
Wiltse
Reconstruction Isthmique
VISSAGE (Coll Bergoin)
)
Arthrodèse postérolatérale de Wiltse
Coll Nordin
– Arthrodèse intersomatique antérieure
– Arthrodèse postéro-latérale
– Arthrodèse intersomatique postérieure
– Arthrodèses combinées
– Réduction du glissement quand il est
important
– …
SPONDYLOLYSES A GRAND
DEPLACEMENT
 REDUCTION PAR HAMAC
Coll St Vincent de Paul
L’AVENIR?
CONCLUSION
• la spondylolyse de l’enfant est une anomalie
fréquente et asymptomatique dans la
majorité des cas.
• Elle nécessite une simple surveillance clinique
et radiologique.
• Elle justifie d’un traitement orthopédique ou
chirurgicale dans des indications spécifiques
ou dans les formes symptomatiques.

Spondylolyse chez l'enfant

  • 1.
    LA SPONDYLOLYSE ETLE SPONDYLOLISTHESIS CHEZ L’ENFANT R. ELBAUM CLINIQUE EDITH CAVELL CHU ERASME
  • 2.
    DEFINITION • SPONDYLOLYSE: solutionde continuité au niveau de l’isthme de la vertèbre • SPONDYLOLYSTHESIS: « glissement en avant d’un corps vertébral, provoqué par la rupture de la continuité ou l’élongation des isthmes » (TAILLARD)
  • 3.
    Rappel Historique Herbiniaux :1782 « Projection du rachis en avant dans certaines formes de dos creux » - Meyerding 1932 : Première classification Arthrodèse postérieure médiane - Jenkins 1936 : - Réduction - Arthrodèse antérieure - Gill 1955 : Résection arc postérieur - Kimura 1968 : Reconstruction isthmique - Harrington 1976 : Instrumentation en distraction - Wiltse : 1976 - Classification en 5 types Boxall : 1979 Cyphose lombo-sacrée Newell LM. Spondylolysis, an historical review. Spine 1995
  • 4.
  • 5.
    ANATHOMOPATHOLOGIE La spondylolyse, entitémédicale et entité paléopathologique Ludovic Debono (1)*, Bertrand Mafart (2) 2004
  • 6.
    Classification de MEYERDING(1932) GRADE 1 GRADE 2 GRADE 4GRADE 3
  • 7.
    Classification de Wiltseet Newmann 1976 Type 1 Forme congénital ou dysplasique avec dysplasie des arcs postérieurs et massif articulaire fuyant Type 2 isthmique pur par lyse acquise avec rupture ou allongement de l’isthme Type 3 Dégénératif Type 4 ,5 et 6 macrotraumatique,pathogène ou iatrogène
  • 8.
    Classification de Marchetti1997 SPL Type 1 développemental SPL avec lyse congenitale surajoutée SPL avec allongement isthmique Type 2 Acquis Traumatique Iatrogène Pathologique Dégénératif
  • 9.
    ETHIOPATHOGENIE • SPL etLISTHESIS sont des lésions acquises • Il n’existe pas de forme néonatale (1 cas décrit chez 1 nouveau né de 3mois!) • La spondylolyse n’apparaît qu’après l’âge de la marche • La plupart surviennent entre 5 et 7ans
  • 10.
    Facteurs Favorisants • Génétique •Traumatique • Trophostatique • Dysplasique Multifactorielle Taillard (Clin.Orthop. 1976)
  • 11.
    Facteurs Génétiques -Prédominance - Masculinedans les formes peu ou pas déplacées - Féminine dans les formes très déplacées Variabilité ethnique - 5,6 % : sujets de race blanche - 1,9 % : sujets de race noire - 20% à 60 % : communauté eskimos J.L Jouve
  • 12.
    Facteurs morphologiques Pente sacréeIncidence lombo-pelvienne
  • 13.
    Facteurs morphologiques Angle LSsup à 90° pas de cyphose couple charnière équilibré Cyphose LS Angle LS inf à 90° Couple charnière déséquilibre Sacrum horizontal Sacrum vertical
  • 14.
    L’évolution et lagravité de la spondylolyse est liée à la gravité de la dysplasie initiale et de la morphologie sacrée.
  • 15.
    Facteurs Traumatiques  Traumatismesaigus à haute énergie 1 - UN TRAUMATISME AIGU NE GENERE PAS A LUI SEUL DE SPONDYLOLYSE ISOLEE 2 - UN TRAUMATISME AIGU N’AGGRAVE PAS A LUI SEUL UN SPONDYLOLISTHESIS DE BAS GRADE -Floman Y. J Spinal Dis 1991 300 fractures thoracolombaires 7 spondylolisthésis grade 1 associés Aucun spondylolisthésis aggravé par la fracture sus jacente 3 - UN TRAUMATISME AIGU PEUT AGGRAVER UN SPONDYLOLISTHESIS DE HAUT GRADE J.L Jouve
  • 16.
    Facteurs Traumatiques ouFractures de Stress? Effet « WOODI WOOD PECKER »
  • 17.
    Spondylolyse et activitesportive Sur 1430 Athlètes(Rossi) Pourcentage global: 17,7% DE LYSE ISTHMIQUE SELON LE SPORT: •PLONGEURS 63% •HALTEROPHILES 36% •GYMNASTES 33% •LUTTEURS 33% •AUTRES ATHLETES 22%
  • 18.
    Les spondylolyses chezl’enfant. quelques chiffres: • 4% A L’AGE DE 6ANS • 6% A L’AGE ADULTE • EGALE DANS LES DEUX SEXES • 15% FORMES FAMILIALES (Winne, Davis et Scott) • 30 à 60% CHEZ LES ESQUIMAUX
  • 19.
    HISTOIRE NATURELLE 1 Ruptureisthmique dans la petite enfance sous l’effet de facteurs favorisants (Age de survenue entre 3 et 12 ans) 2 Glissement vertébral significatif durant une période brève 3 Stabilisation dans une nouvelle situation d’équilibre Formes peu ou pas déplacées Formes très déplacées Asymptomatique Persistance d’un glissement mineur lié à la dégénérescence discale (80%) Symptomatique (20%) J.L Jouve
  • 20.
    HISTOIRE NATURELLE Rupture isthmiquedu grand enfant parfois de l’adolescent sous l’effet de facteurs favorisants (microtraumatismes +++) SPONDYLOLYSE UNI OU BILATERALE Consolidation spontanée ou après traitement Pérennisation de la lyse Formes peu ou pas déplacées « Fracture de fatigue » J.L Jouve
  • 21.
  • 22.
    HISTOIRE NATURELLE Rupture ouallongement isthmique du petit enfant sous l’effet de facteurs favorisants (dysplasiques +++) Glissement rapide Formes à grand déplacement Haut grade Formes à sacrum horizontal Bon pronostic Formes à sacrum vertical Mauvais pronostic J.L Jouve
  • 23.
  • 24.
    Evolution du glissement •50 à 65% des SPL présenteront un glissement (Congdon & Chandler) • Glissement lent et progressif entre 12 et 17 ans (Taillard) • Rare après 20 ans (sauf SPL dégénératif) • SPL Grade 1 à 2: évolutivité faible • SPL Grade 3 à 4: Ptose possible mais jamais brutale
  • 25.
  • 26.
    TABLEAU CLINIQUE • Asymptomatique(80%) • Rétraction ischio-jambiers++ (faux Lassegue) • Lombalgie aigue inaugurale (témoin d’une rupture isthmique aigue) • Lombalgie chronique ou récurrente (+/- 1an) • Cyphose lombo-sacrée • Radiculalgie L5/S1(parx) • Syndrome queue de cheval (SPL Gr4) • Scoliose associée
  • 27.
  • 28.
  • 29.
  • 30.
  • 31.
    BILAN RX: LE3/4 « le collier du petit chien »
  • 32.
  • 33.
  • 34.
  • 35.
  • 36.
    PRISE EN CHARGEDES SPONDYLOLYSES ET SPONDYLOLYSTHESIS SYMPTOMATOLOGIE GRADE AGE TYPE
  • 37.
    SPONDYLOLYSES PEU ou PASDEPLACEES ASYMPTOMATIQUE : Aucun traitement Surveillance radiologique annuelle Aucune contre indication sportive SYMPTOMATIQUE : Traitement conservateur : •Repos sportif •Rééducation,Physio •Antalgiques, AINS •corset ou lombostat Echec du traitement conservateur : •Reconstrution isthmiques +++ •Arthrodése postérolatérale (Wiltse)
  • 38.
     En casde lombalgie aigue • Soit rechercher la consolidation de l’isthme Plâtre bermuda ou corset hémiculotte 3mois (Dubousset) Corset en délordose 30-60% consolidation (Pagnotta) • Soit attendre la sédation des plaintes: -Antalgiques mineurs - Lombostat souple - Suspension des activités sportives Reprise des activités sportives dès la sédation de la douleur
  • 39.
     En casde lombalgie chronique • AINS • Traitement fonctionnel par programme de réeducation intensif • Lombostat ,corset pantalon • Sports autorisés natation,vélo,yoga… • Attendre une année de recul • En cas d’échec ou de récidive 1. Reconstruction isthmique 2. Arthrodèse postérolatérale de Wiltse
  • 40.
  • 41.
  • 42.
    – Arthrodèse intersomatiqueantérieure – Arthrodèse postéro-latérale – Arthrodèse intersomatique postérieure – Arthrodèses combinées – Réduction du glissement quand il est important – … SPONDYLOLYSES A GRAND DEPLACEMENT
  • 43.
     REDUCTION PARHAMAC Coll St Vincent de Paul
  • 44.
  • 45.
    CONCLUSION • la spondylolysede l’enfant est une anomalie fréquente et asymptomatique dans la majorité des cas. • Elle nécessite une simple surveillance clinique et radiologique. • Elle justifie d’un traitement orthopédique ou chirurgicale dans des indications spécifiques ou dans les formes symptomatiques.