Cas 59 : 
Amnesty International
Synthèse 
Depuis plus de 50 ans, Amnesty dénonce publiquement des situations 
inhumaines, inacceptables et cherche à résoudre cette problématique par des 
campagnes « dérangeantes » sur des sujets graves. 
Amnesty International est une organisation non gouvernementale défendant 
les droits de l’homme dont la notoriété est mondiale. Elle utilise des moyens 
on et off line mis à sa disposition et profite des nouvelles technologies pour 
communiquer sans frontière. Elle est reconnue de tous et possède un indice 
de confiance de la part du grand public très important. 
Cependant, cette notoriété n’a été possible que par des campagnes de 
communication choc, impactantes et marquant les esprits. En effet, dans un 
contexte d’hyper médiatisation, le message ne suffit plus, même s’il est 
porteur de sens et de valeurs. De plus, en favorisant une stratégie de 
communication plus événementielle que classique, l’association a démultiplié 
son influence.
1. LE CONTEXTE ET LA DEMARCHE 
• Amnesty International (AI) est une ONG créée en 1961 qui défend les droits de 
l'homme et le respect de la Déclaration universelle des droits de l'homme. 
Cette organisation milite notamment pour la libération des prisonniers 
d'opinion, l'abolition de la peine de mort et de la torture et l'arrêt des crimes 
politiques, mais aussi pour le respect de l'ensemble des droits civils, politiques, 
économiques, sociaux et culturels. 
• Enregistrée comme organisation internationale à caractère non 
gouvernemental, Amnesty International entretient des sections dans plus de 
80 pays et se voit reconnaître le caractère d'organisme à voix consultative 
auprès de l'ONU — auprès, notamment, de son Conseil économique et social, 
de l'UNESCO, de l'Europe et de l'Organisation des États américains. Elle jouit 
également d'un statut d'observateur auprès de l'Union africaine. 
• Amnesty International tire la presque totalité des fonds dont elle dispose des 
collectes réalisées par ses membres. Elle regroupe plus de trois millions 
d'adhérents et de donateurs dans plus de 150 pays et territoires.
1. LE CONTEXTE ET LA DEMARCHE 
• Amnesty International publie chaque année un rapport rendant compte de la 
situation des droits de l'homme et de leurs violations dans l'ensemble des 
pays du monde. Elle publie également un certain nombre de rapports 
importants et documentés dénonçant les incarcérations politiques pratiquées 
par les gouvernements de pays aussi différents que l'Indonésie, la Turquie, la 
Tchécoslovaquie, l'Union soviétique, le Paraguay, les Philippines, l'Iran, 
l'Espagne, la Corée du Nord, le Brésil, etc. Ces différents rapports fournissent 
à l'opinion mondiale des renseignements chiffrés, des références aux textes 
et aux juridictions d'exception utilisés par les gouvernements et révèlent 
l'emplacement des prisons, des camps de travail, etc. (Source : Wikipedia) 
• Afin de faire connaître leurs actions, sensibiliser le public aux causes qu’elles 
défendent mais aussi de financer leurs actions, Amnesty International et les 
ONG doivent s’assurer une large couverture médiatique. Cependant, on 
constate depuis plusieurs années diverses tendances ayant impacté la 
communication des associations : 
 la fragmentation de l’audience, 
 l’internationalisation des médias, 
 l’importance croissante de la vitesse de diffusion et de réaction des 
parties prenantes, 
 la multiplicité des associations, des organismes activistes et des causes, 
 la complexité des causes locales.
1. LE CONTEXTE ET LA DEMARCHE 
• Les associations internationales sont les premières victimes de cette évolution 
et doivent redoubler d’efforts pour se faire entendre sur la scène 
internationale. 
• En effet, l’apparition des smartphones et des nouvelles technologies ont obligé 
les associations à revoir leur communication en raison de cette interconnexion. 
Les médias de masse ne suffisent plus. Les sources d’informations sont 
désormais plus nombreuses et accessibles à tous, obligeant les ONG à 
transmettre une information cohérente - unique - efficace à tous les publics. La 
vitesse de réaction des publics sur l’actualité impose donc aux organisations 
internationales de réagir de manière pertinente 24h/24h. Ainsi, lors du conflit 
en Irak, un service presse fonctionnait jour et nuit dans les bureaux nationaux 
d’AI. Cependant, cette solution n’est pas envisageable à long terme. 
• Alors que, quelques années auparavant, un simple spot de 30 secondes avant 
ou après le journal télévisé de 20 heures suffisait, il leur est dorénavant 
nécessaire de se démarquer, à travers des choix stratégiques et créatifs, pour se 
faire entendre.
2. LES CHOIX STRATEGIQUES ET CREATIFS 
• Amnesty International a choisi d’appliquer une stratégie médiatique pays par 
pays. Chacun des 80 bureaux (un bureau par pays), en lien avec les médias 
locaux, relaie les informations transmises par le siège de l’organisation. Une 
politique globale est définie puis relayée au travers de moyens de 
communication modernes et novateurs. 
• Pour pallier aux difficultés de communication des associations sur la scène 
internationale, AI a recours à de nouveaux moyens de communication comme 
en 2009, à Hambourg, avec une campagne (choc) sur les violences conjugales 
qui fut primée à Cannes par un Lion d’Argent lors du festival international de la 
publicité. Un panneau d’affichage d’abribus, classique, diffusait un visuel d’un 
homme battant sa femme. Dès lors qu’un regard se posait sur celui-ci, la scène 
de violence s’arrêtait et un visuel du couple au-dessous de tout soupçon - 
souriant et serein - apparaissait, avec comme baseline « It happens when 
nobody is watching ». Composé d’une caméra eye tracking à l’intérieur du 
panneau d’affichage, cette campagne fit très largement parler d’elle.
2. LES CHOIX STRATEGIQUES ET CREATIFS 
Investir peu en média mais avec suffisamment d’impact, de justesse et de 
nouveauté pour que la communication devienne un événement relayé par les 
médias et sources d’informations.
2. LES CHOIX STRATEGIQUES ET CREATIFS 
• On peut remarquer qu’Amnesty International a très souvent recours au 
street marketing, comme ce fut le cas dans la campagne « it happens 
when nobody is watching ». Cette technique marketing utilise la rue, le 
paysage urbain ainsi que les lieux publics afin de promouvoir une 
marque / produit. Par nature, le street marketing regroupe un large 
ensemble de techniques, pratiques variées et innovantes. 
• Ainsi, l’association démontre bien qu’elle est avant-gardiste en donnant 
à ses campagnes une dimension événementielle en créant le buzz et en 
générant de nombreuses retombées presse. Cet investissement média 
démultiplie son influence et sa notoriété. 
• Comme l’explique Jay Conrad Levinson, qui a introduit pour la 
première fois cette expression dans son ouvrage Guerilla Marketing en 
1984, « le marketing viral permet aux entreprises de promouvoir leurs 
produits et services avec de très petits budgets tout en maintenant le 
même niveau de sensibilisation que celui atteint avec les publicités 
télévisées ».
2. LES CHOIX STRATEGIQUES ET CREATIFS 
• http://vimeo.com/17296374 
• La campagne « Making the Invisible Visible » réalisée par le collectif 
allemand Mentalgassi est l’essence même du street marketing. En 
passant devant des barreaux à première vue classiques, il était 
possible aux piétons de découvrir une seconde image représentant 
Troy David, citoyen américain ayant passé 19 ans dans le couloir de 
la mort, condamné et exécuté sans preuve pour un meurtre qu’il a 
toujours nié avoir commis. 
• C’est cette étrangeté choquante et émotionnellement puissante qui 
crée l’impact auprès des médias qui vont aussi, en évoquant la 
campagne (presse, radio, TV, site …), lui donner son importance.
2. LES CHOIX STRATEGIQUES ET CREATIFS 
Troy David était un des nombreux 
oubliés de la justice que l’association 
défend.
2. LES CHOIX STRATEGIQUES ET CREATIFS 
• En 1980, AI sort une campagne controversée avec les photos de chefs 
d’État dont le pays pratique (ou a pratiqué) la peine de mort. La but 
recherché est la prise de conscience puis le passage à l’acte par la 
signature d’une pétition. 
• Afin de continuer à exister sur la scène médiatique internationale, 
l’association continue à utiliser le « shockvertising » et sort, en 2000, 
une nouvelle campagne demandant aux militants d’écrire au président 
de la Syrie, Bachar el-Assad, afin de stopper l’usage de la torture dans 
le pays. 
• Depuis 50 ans, Amnesty utilise des campagnes choquantes, cherchant à 
déranger afin de sensibiliser et faire réagir les individus.
50 ans de campagnes choc
50 ans de campagnes choc
50 ans de campagnes choc
50 ans de campagnes choc 
Lors des Jeux Olympiques de Pékin
50 ans de campagnes choc
50 ans de campagnes choc
Au travers de visuels simples et épurés, sans artifice, l’association cherche à 
faire réagir le grand public.
En détournant le mobilier urbain des lieux publics, Amnesty 
International a véritablement intégré le street marketing dans sa 
communication…
....Et surprend les 
passants sans qu’il n’y 
ait systématiquement 
de discours. 
Pour autant le 
message véhiculé est 
précis et marque les 
esprits.
2. LES CHOIX STRATEGIQUES ET CREATIFS 
Malgré des campagnes similaires sur le plan 
de l’audace et de la provocation, il faut noter 
une évolution remarquable. Si la recherche 
choc, état initialement destiné aux publics et 
aux politiques, elle est de plus en plus 
orientée vers les médias avec le désir évident, 
quasiment non dissimulé « qu’on en parle ».
2. LES CHOIX STRATEGIQUES ET CREATIFS 
• Les nouvelles technologies peuvent aider les associations à 
créer le buzz et à se faire entendre sur la scène 
internationale. En 2011, à l'occasion du 50e anniversaire de 
l’association, une application « Bulletproof » est lancée 
pour sensibiliser les utilisateurs d’iPhone à la défense des 
droits de l’Homme. Le but est d’arrêter les balles tirées par 
un peloton d’exécution sur le condamné - le joueur. 
• Conçue par l’agence La Chose et vendue au prix 
symbolique de 0,70 €, cette application a pour but de 
rappeler la mission fondamentale de l’association : la lutte 
contre la peine de mort. Un clip a également été tourné : 
• http://vimeo.com/20749384
2. LES CHOIX STRATEGIQUES ET CREATIFS 
• De plus, afin de sensibiliser les publics aux libertés qu’ils 
ont dans un pays démocratique, et qu’ils n’auraient pas 
dans un pays sous un régime totalitaire, un dispositif 
digital a été mis en place par AI : Trial By Time. 
• Il est possible, en s’enregistrant avec Facebook, de 
constater que nous serions tous condamnés à mort sous 
un régime totalitaire pour des agissements que nous 
pourrions qualifier d’ordinaire.... et que le simple fait de 
posséder un compte constitue un infraction majeure. 
• http://www.trialbytimeline.org.nz
3. LES RESULTATS 
• En 2010, AI est la plus grande organisation de défense des droits humains 
indépendante comptant plus de 3 millions de membres dans plus de 150 pays et de 
nombreux sympathisants. De plus de nombreux sondages confirment que AI est perçue 
du grand public comme une association de confiance. 
• L’association choque à travers des campagnes de communication proposant des images 
choc et des mots très durs visant à faire réagir le public. Cette volonté porte ses fruits 
puisque pour sa première campagne en ligne, également 3e campagne contre la torture 
« Pour un monde sans torture », Amnesty International obtient le « Revolution Award » 
de 2001 pour la « meilleure utilisation du courrier électronique ». 
• De plus, en 2011, la campagne publicitaire « la peine de mort est condamnée à 
disparaître » est récompensée du grand prix de de la campagne citoyenne 2011, visant 
à promouvoir les campagnes de communication dont la vocation est d'améliorer un 
comportement individuel ou collectif. Elle est aussi primée lors du grand prix de la 
publicité presse magazine et lors de plusieurs festivals publicitaires internationaux.
Les multiples récompenses professionnelles ne sont pas de l’autosatisfaction (même 
si plusieurs campagnes sont restées très confidentielles) mais la preuve de l’efficacité 
du « shockvertising » quand il conjugue l’impact et la justesse des propos. 
La campagne « La peine de mort est condamnée à 
disparaître » a été primée à de nombreuses reprises.
4. LES LENDEMAINS 
• La logique qui a historiquement inspiré Amnesty 
International se maintient au fil des ans et s’amplifie. 
En juin 2014, Amnesty International (et plus 
particulièrement son bureau belge) a fait parler d’elle 
à l’occasion de sa dernière campagne contre la torture. 
• La campagne, déclinée sous forme de 3 visuels, 
présentait Iggy Pop, Karl Lagerfeld ainsi que le Dalaï 
Lama le visage tuméfié à la suite de tortures, affirmant 
des phrases « choc » : « L’avenir du rock’n’roll c’est 
Justin Bieber », « Un homme qui n’a pas de Rolex à 50 
ans a raté sa vie ».
« Torturez un homme et il vous racontera n’importe quoi. »
4. LES LENDEMAINS 
• En recherchant à se démarquer et à créer un buzz, 
l’association semble avoir frôlé certaines limites. On peut 
donc se demander si son statut d’association, défendant des 
valeurs essentielles, lui permet de repousser à nouveau ses 
limites tolérées du monde de la communication ? 
• « La campagne a eu un succès fulgurant dans les médias et sur 
les réseaux sociaux. On a pu atteindre plus de 2 millions de 
personnes et les médias du monde entier nous ont relayés , 
explique la directrice de la communication d’Amnesty 
Belgique. Grâce à ces visuels, on a pu dénoncer le caractère 
inacceptable de la torture. »
4. LES LENDEMAINS 
• Amnesty a également détourné les nouvelles technologies et tendances 
pour les mettre au profit de sa cause. Dernière application de rencontre 
basée sur la géolocalisation à la mode (plus de 750 millions 
d’utilisateurs à travers le monde et 10 millions de rencontres 
quotidiennes), Tinder permet à l’association de sensibiliser à la 
condition des femmes, notamment lors de mariages forcés. 
• Après avoir installé l’application sur son smartphone, l’utilisateur peut 
ajouter des photos, puis aimer ou non les autres utilisateurs de 
l’application. En cas de « like » mutuel, une discussion peut être 
engagée avec l’autre partie. 
• Profitant de cet engouement, Amnesty International a créée son propre 
compte le 8 mars (journée mondiale de la femme) et a posté des photos 
reprenant son idée de base : certaines personnes n’ont pas toujours le 
choix. Cette liberté, de choisir ou non son partenaire, n’est 
malheureusement pas un choix mais un ordre pour des millions de 
femmes dans certains pays.
5. LES ENSEIGNEMENTS 
• Le système a prouvé son efficacité puisqu’il permet de diffuser une 
information et un message cohérents, et de gérer un flux d’information 
très important. Amnesty International doit donc veiller à définir de 
nouveaux modes de communication applicables par le siège mais 
également les bureaux nationaux, qui sont en relation direct avec les 
médias. 
• La stratégie de communication reste la même pour tous les bureaux, 
avoir recours à des campagnes de communication choc et créatives, 
visant à faire réagir les mentalités contre la torture et le non respect 
des droits de l’homme, et cela avec très peu de moyens tout en utilisant 
la modernité. 
• Ainsi, ces différentes campagnes et l’utilisation du street marketing 
démontrent comment l’investissement média démultiplie l’influence. 
On note également que le message en lui-même peut être évocateur, 
voir même dérangeant, afin de faire agir le grand public et évoluer les 
mentalités.
5. LES ENSEIGNEMENTS 
Le « shockadvertising » reste privilégié par les 
outsiders ou les institutions disposant de peu de 
moyens. C’est également une stratégie à l’efficacité 
redoutable comme le démontre Amnesty 
International mais qui demande aussi beaucoup de 
précautions (conférer cas n°10 Benetton).
6. Sources et bibliographie 
• http://www.marketingattitude.net/2011/09/amnesty-international-50- 
ans-d’affiches-marquantes/ 
• http://www.amnesty.fr/Informez-vous/Nos-publicites/Commerce-des-armes- 
et-matieres-premieres-et-droits-humains-1616 
• http://amnesty.org/fr/who-we-are/history 
• http://www.lesoir.be/582967/article/actualite/belgique/2014-06- 
26/meme-sous-torture-iggy-pop-veille-sur-son-image 
• http://galup.net/2013/12/04/societe-publicite-la-nouvelle-campagne-choc- 
damnesty-international/ 
• http://www.strategies.fr/actualites/marques/155138W/sur-le-tournage-du-nouveau- 
film-d-amnesty-international-france.html
• http://www.grotius.fr/amnesty-50-ans-tout-en-symboles/ 
• http://campaignblog.campaignlive.co.uk/2013/11/14/when-google-left- 
me-speechless-modern-technology-gives-print-and-ooh-a-helping-hand/ 
• http://bulletproof.amnesty.fr/ 
http://www.01net.com/editorial/532376/amnesty-international-le-dernier- 
jeu-dun-condamne-a-mort/ 
• http://www.definitions-marketing.com/ 
• http://iletaitunepub.fr/2014/03/11/amnesty-international-tinder-parce- 
quon-pas-toujours-le-choix-de-son-conjoint/ 
• J.C. Levinson, Guerilla Marketing, Secrets for Making Big Profits from 
your Small Business, New York, Houghton Muffin, 1984
Ces slides ont été réalisés dans le cadre du 
projet IONIS Brand Culture. 
Pour découvrir l'intégralité des cas étudiés, 
rendez-vous sur : 
www.ionisbrandculture.com.

Amnesty International

  • 1.
    Cas 59 : Amnesty International
  • 2.
    Synthèse Depuis plusde 50 ans, Amnesty dénonce publiquement des situations inhumaines, inacceptables et cherche à résoudre cette problématique par des campagnes « dérangeantes » sur des sujets graves. Amnesty International est une organisation non gouvernementale défendant les droits de l’homme dont la notoriété est mondiale. Elle utilise des moyens on et off line mis à sa disposition et profite des nouvelles technologies pour communiquer sans frontière. Elle est reconnue de tous et possède un indice de confiance de la part du grand public très important. Cependant, cette notoriété n’a été possible que par des campagnes de communication choc, impactantes et marquant les esprits. En effet, dans un contexte d’hyper médiatisation, le message ne suffit plus, même s’il est porteur de sens et de valeurs. De plus, en favorisant une stratégie de communication plus événementielle que classique, l’association a démultiplié son influence.
  • 3.
    1. LE CONTEXTEET LA DEMARCHE • Amnesty International (AI) est une ONG créée en 1961 qui défend les droits de l'homme et le respect de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Cette organisation milite notamment pour la libération des prisonniers d'opinion, l'abolition de la peine de mort et de la torture et l'arrêt des crimes politiques, mais aussi pour le respect de l'ensemble des droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels. • Enregistrée comme organisation internationale à caractère non gouvernemental, Amnesty International entretient des sections dans plus de 80 pays et se voit reconnaître le caractère d'organisme à voix consultative auprès de l'ONU — auprès, notamment, de son Conseil économique et social, de l'UNESCO, de l'Europe et de l'Organisation des États américains. Elle jouit également d'un statut d'observateur auprès de l'Union africaine. • Amnesty International tire la presque totalité des fonds dont elle dispose des collectes réalisées par ses membres. Elle regroupe plus de trois millions d'adhérents et de donateurs dans plus de 150 pays et territoires.
  • 4.
    1. LE CONTEXTEET LA DEMARCHE • Amnesty International publie chaque année un rapport rendant compte de la situation des droits de l'homme et de leurs violations dans l'ensemble des pays du monde. Elle publie également un certain nombre de rapports importants et documentés dénonçant les incarcérations politiques pratiquées par les gouvernements de pays aussi différents que l'Indonésie, la Turquie, la Tchécoslovaquie, l'Union soviétique, le Paraguay, les Philippines, l'Iran, l'Espagne, la Corée du Nord, le Brésil, etc. Ces différents rapports fournissent à l'opinion mondiale des renseignements chiffrés, des références aux textes et aux juridictions d'exception utilisés par les gouvernements et révèlent l'emplacement des prisons, des camps de travail, etc. (Source : Wikipedia) • Afin de faire connaître leurs actions, sensibiliser le public aux causes qu’elles défendent mais aussi de financer leurs actions, Amnesty International et les ONG doivent s’assurer une large couverture médiatique. Cependant, on constate depuis plusieurs années diverses tendances ayant impacté la communication des associations :  la fragmentation de l’audience,  l’internationalisation des médias,  l’importance croissante de la vitesse de diffusion et de réaction des parties prenantes,  la multiplicité des associations, des organismes activistes et des causes,  la complexité des causes locales.
  • 5.
    1. LE CONTEXTEET LA DEMARCHE • Les associations internationales sont les premières victimes de cette évolution et doivent redoubler d’efforts pour se faire entendre sur la scène internationale. • En effet, l’apparition des smartphones et des nouvelles technologies ont obligé les associations à revoir leur communication en raison de cette interconnexion. Les médias de masse ne suffisent plus. Les sources d’informations sont désormais plus nombreuses et accessibles à tous, obligeant les ONG à transmettre une information cohérente - unique - efficace à tous les publics. La vitesse de réaction des publics sur l’actualité impose donc aux organisations internationales de réagir de manière pertinente 24h/24h. Ainsi, lors du conflit en Irak, un service presse fonctionnait jour et nuit dans les bureaux nationaux d’AI. Cependant, cette solution n’est pas envisageable à long terme. • Alors que, quelques années auparavant, un simple spot de 30 secondes avant ou après le journal télévisé de 20 heures suffisait, il leur est dorénavant nécessaire de se démarquer, à travers des choix stratégiques et créatifs, pour se faire entendre.
  • 6.
    2. LES CHOIXSTRATEGIQUES ET CREATIFS • Amnesty International a choisi d’appliquer une stratégie médiatique pays par pays. Chacun des 80 bureaux (un bureau par pays), en lien avec les médias locaux, relaie les informations transmises par le siège de l’organisation. Une politique globale est définie puis relayée au travers de moyens de communication modernes et novateurs. • Pour pallier aux difficultés de communication des associations sur la scène internationale, AI a recours à de nouveaux moyens de communication comme en 2009, à Hambourg, avec une campagne (choc) sur les violences conjugales qui fut primée à Cannes par un Lion d’Argent lors du festival international de la publicité. Un panneau d’affichage d’abribus, classique, diffusait un visuel d’un homme battant sa femme. Dès lors qu’un regard se posait sur celui-ci, la scène de violence s’arrêtait et un visuel du couple au-dessous de tout soupçon - souriant et serein - apparaissait, avec comme baseline « It happens when nobody is watching ». Composé d’une caméra eye tracking à l’intérieur du panneau d’affichage, cette campagne fit très largement parler d’elle.
  • 7.
    2. LES CHOIXSTRATEGIQUES ET CREATIFS Investir peu en média mais avec suffisamment d’impact, de justesse et de nouveauté pour que la communication devienne un événement relayé par les médias et sources d’informations.
  • 8.
    2. LES CHOIXSTRATEGIQUES ET CREATIFS • On peut remarquer qu’Amnesty International a très souvent recours au street marketing, comme ce fut le cas dans la campagne « it happens when nobody is watching ». Cette technique marketing utilise la rue, le paysage urbain ainsi que les lieux publics afin de promouvoir une marque / produit. Par nature, le street marketing regroupe un large ensemble de techniques, pratiques variées et innovantes. • Ainsi, l’association démontre bien qu’elle est avant-gardiste en donnant à ses campagnes une dimension événementielle en créant le buzz et en générant de nombreuses retombées presse. Cet investissement média démultiplie son influence et sa notoriété. • Comme l’explique Jay Conrad Levinson, qui a introduit pour la première fois cette expression dans son ouvrage Guerilla Marketing en 1984, « le marketing viral permet aux entreprises de promouvoir leurs produits et services avec de très petits budgets tout en maintenant le même niveau de sensibilisation que celui atteint avec les publicités télévisées ».
  • 9.
    2. LES CHOIXSTRATEGIQUES ET CREATIFS • http://vimeo.com/17296374 • La campagne « Making the Invisible Visible » réalisée par le collectif allemand Mentalgassi est l’essence même du street marketing. En passant devant des barreaux à première vue classiques, il était possible aux piétons de découvrir une seconde image représentant Troy David, citoyen américain ayant passé 19 ans dans le couloir de la mort, condamné et exécuté sans preuve pour un meurtre qu’il a toujours nié avoir commis. • C’est cette étrangeté choquante et émotionnellement puissante qui crée l’impact auprès des médias qui vont aussi, en évoquant la campagne (presse, radio, TV, site …), lui donner son importance.
  • 10.
    2. LES CHOIXSTRATEGIQUES ET CREATIFS Troy David était un des nombreux oubliés de la justice que l’association défend.
  • 11.
    2. LES CHOIXSTRATEGIQUES ET CREATIFS • En 1980, AI sort une campagne controversée avec les photos de chefs d’État dont le pays pratique (ou a pratiqué) la peine de mort. La but recherché est la prise de conscience puis le passage à l’acte par la signature d’une pétition. • Afin de continuer à exister sur la scène médiatique internationale, l’association continue à utiliser le « shockvertising » et sort, en 2000, une nouvelle campagne demandant aux militants d’écrire au président de la Syrie, Bachar el-Assad, afin de stopper l’usage de la torture dans le pays. • Depuis 50 ans, Amnesty utilise des campagnes choquantes, cherchant à déranger afin de sensibiliser et faire réagir les individus.
  • 12.
    50 ans decampagnes choc
  • 13.
    50 ans decampagnes choc
  • 14.
    50 ans decampagnes choc
  • 15.
    50 ans decampagnes choc Lors des Jeux Olympiques de Pékin
  • 16.
    50 ans decampagnes choc
  • 17.
    50 ans decampagnes choc
  • 23.
    Au travers devisuels simples et épurés, sans artifice, l’association cherche à faire réagir le grand public.
  • 24.
    En détournant lemobilier urbain des lieux publics, Amnesty International a véritablement intégré le street marketing dans sa communication…
  • 25.
    ....Et surprend les passants sans qu’il n’y ait systématiquement de discours. Pour autant le message véhiculé est précis et marque les esprits.
  • 26.
    2. LES CHOIXSTRATEGIQUES ET CREATIFS Malgré des campagnes similaires sur le plan de l’audace et de la provocation, il faut noter une évolution remarquable. Si la recherche choc, état initialement destiné aux publics et aux politiques, elle est de plus en plus orientée vers les médias avec le désir évident, quasiment non dissimulé « qu’on en parle ».
  • 27.
    2. LES CHOIXSTRATEGIQUES ET CREATIFS • Les nouvelles technologies peuvent aider les associations à créer le buzz et à se faire entendre sur la scène internationale. En 2011, à l'occasion du 50e anniversaire de l’association, une application « Bulletproof » est lancée pour sensibiliser les utilisateurs d’iPhone à la défense des droits de l’Homme. Le but est d’arrêter les balles tirées par un peloton d’exécution sur le condamné - le joueur. • Conçue par l’agence La Chose et vendue au prix symbolique de 0,70 €, cette application a pour but de rappeler la mission fondamentale de l’association : la lutte contre la peine de mort. Un clip a également été tourné : • http://vimeo.com/20749384
  • 28.
    2. LES CHOIXSTRATEGIQUES ET CREATIFS • De plus, afin de sensibiliser les publics aux libertés qu’ils ont dans un pays démocratique, et qu’ils n’auraient pas dans un pays sous un régime totalitaire, un dispositif digital a été mis en place par AI : Trial By Time. • Il est possible, en s’enregistrant avec Facebook, de constater que nous serions tous condamnés à mort sous un régime totalitaire pour des agissements que nous pourrions qualifier d’ordinaire.... et que le simple fait de posséder un compte constitue un infraction majeure. • http://www.trialbytimeline.org.nz
  • 29.
    3. LES RESULTATS • En 2010, AI est la plus grande organisation de défense des droits humains indépendante comptant plus de 3 millions de membres dans plus de 150 pays et de nombreux sympathisants. De plus de nombreux sondages confirment que AI est perçue du grand public comme une association de confiance. • L’association choque à travers des campagnes de communication proposant des images choc et des mots très durs visant à faire réagir le public. Cette volonté porte ses fruits puisque pour sa première campagne en ligne, également 3e campagne contre la torture « Pour un monde sans torture », Amnesty International obtient le « Revolution Award » de 2001 pour la « meilleure utilisation du courrier électronique ». • De plus, en 2011, la campagne publicitaire « la peine de mort est condamnée à disparaître » est récompensée du grand prix de de la campagne citoyenne 2011, visant à promouvoir les campagnes de communication dont la vocation est d'améliorer un comportement individuel ou collectif. Elle est aussi primée lors du grand prix de la publicité presse magazine et lors de plusieurs festivals publicitaires internationaux.
  • 30.
    Les multiples récompensesprofessionnelles ne sont pas de l’autosatisfaction (même si plusieurs campagnes sont restées très confidentielles) mais la preuve de l’efficacité du « shockvertising » quand il conjugue l’impact et la justesse des propos. La campagne « La peine de mort est condamnée à disparaître » a été primée à de nombreuses reprises.
  • 31.
    4. LES LENDEMAINS • La logique qui a historiquement inspiré Amnesty International se maintient au fil des ans et s’amplifie. En juin 2014, Amnesty International (et plus particulièrement son bureau belge) a fait parler d’elle à l’occasion de sa dernière campagne contre la torture. • La campagne, déclinée sous forme de 3 visuels, présentait Iggy Pop, Karl Lagerfeld ainsi que le Dalaï Lama le visage tuméfié à la suite de tortures, affirmant des phrases « choc » : « L’avenir du rock’n’roll c’est Justin Bieber », « Un homme qui n’a pas de Rolex à 50 ans a raté sa vie ».
  • 32.
    « Torturez unhomme et il vous racontera n’importe quoi. »
  • 33.
    4. LES LENDEMAINS • En recherchant à se démarquer et à créer un buzz, l’association semble avoir frôlé certaines limites. On peut donc se demander si son statut d’association, défendant des valeurs essentielles, lui permet de repousser à nouveau ses limites tolérées du monde de la communication ? • « La campagne a eu un succès fulgurant dans les médias et sur les réseaux sociaux. On a pu atteindre plus de 2 millions de personnes et les médias du monde entier nous ont relayés , explique la directrice de la communication d’Amnesty Belgique. Grâce à ces visuels, on a pu dénoncer le caractère inacceptable de la torture. »
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    4. LES LENDEMAINS • Amnesty a également détourné les nouvelles technologies et tendances pour les mettre au profit de sa cause. Dernière application de rencontre basée sur la géolocalisation à la mode (plus de 750 millions d’utilisateurs à travers le monde et 10 millions de rencontres quotidiennes), Tinder permet à l’association de sensibiliser à la condition des femmes, notamment lors de mariages forcés. • Après avoir installé l’application sur son smartphone, l’utilisateur peut ajouter des photos, puis aimer ou non les autres utilisateurs de l’application. En cas de « like » mutuel, une discussion peut être engagée avec l’autre partie. • Profitant de cet engouement, Amnesty International a créée son propre compte le 8 mars (journée mondiale de la femme) et a posté des photos reprenant son idée de base : certaines personnes n’ont pas toujours le choix. Cette liberté, de choisir ou non son partenaire, n’est malheureusement pas un choix mais un ordre pour des millions de femmes dans certains pays.
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    5. LES ENSEIGNEMENTS • Le système a prouvé son efficacité puisqu’il permet de diffuser une information et un message cohérents, et de gérer un flux d’information très important. Amnesty International doit donc veiller à définir de nouveaux modes de communication applicables par le siège mais également les bureaux nationaux, qui sont en relation direct avec les médias. • La stratégie de communication reste la même pour tous les bureaux, avoir recours à des campagnes de communication choc et créatives, visant à faire réagir les mentalités contre la torture et le non respect des droits de l’homme, et cela avec très peu de moyens tout en utilisant la modernité. • Ainsi, ces différentes campagnes et l’utilisation du street marketing démontrent comment l’investissement média démultiplie l’influence. On note également que le message en lui-même peut être évocateur, voir même dérangeant, afin de faire agir le grand public et évoluer les mentalités.
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    5. LES ENSEIGNEMENTS Le « shockadvertising » reste privilégié par les outsiders ou les institutions disposant de peu de moyens. C’est également une stratégie à l’efficacité redoutable comme le démontre Amnesty International mais qui demande aussi beaucoup de précautions (conférer cas n°10 Benetton).
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    6. Sources etbibliographie • http://www.marketingattitude.net/2011/09/amnesty-international-50- ans-d’affiches-marquantes/ • http://www.amnesty.fr/Informez-vous/Nos-publicites/Commerce-des-armes- et-matieres-premieres-et-droits-humains-1616 • http://amnesty.org/fr/who-we-are/history • http://www.lesoir.be/582967/article/actualite/belgique/2014-06- 26/meme-sous-torture-iggy-pop-veille-sur-son-image • http://galup.net/2013/12/04/societe-publicite-la-nouvelle-campagne-choc- damnesty-international/ • http://www.strategies.fr/actualites/marques/155138W/sur-le-tournage-du-nouveau- film-d-amnesty-international-france.html
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    • http://www.grotius.fr/amnesty-50-ans-tout-en-symboles/ •http://campaignblog.campaignlive.co.uk/2013/11/14/when-google-left- me-speechless-modern-technology-gives-print-and-ooh-a-helping-hand/ • http://bulletproof.amnesty.fr/ http://www.01net.com/editorial/532376/amnesty-international-le-dernier- jeu-dun-condamne-a-mort/ • http://www.definitions-marketing.com/ • http://iletaitunepub.fr/2014/03/11/amnesty-international-tinder-parce- quon-pas-toujours-le-choix-de-son-conjoint/ • J.C. Levinson, Guerilla Marketing, Secrets for Making Big Profits from your Small Business, New York, Houghton Muffin, 1984
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    Ces slides ontété réalisés dans le cadre du projet IONIS Brand Culture. Pour découvrir l'intégralité des cas étudiés, rendez-vous sur : www.ionisbrandculture.com.