L’altercroissance
Pourquoi ? Comment ?
Étienne Godinot
18.07.2017
Précision
Les images présentées dans ce diaporama nous ont été fournies
par des sources diverses.
Ne pouvant nous assurer qu’elles ne sont pas soumises au régime
des droits d’auteur, nous prions leurs ayants droit éventuels de
nous préciser s’ils souhaitent que nous les retirions.
L’altercroissance
Sommaire
1 - Historique et concept
- Historique : quelques dates depuis 1962
- Concept
* Pourquoi ce mot ?
* L’empreinte écologique
2 - Une transformation globale de la société
- Une transformation collective, politique, sociale et culturelle
- Trois axes d’action
- Décroissance et démocratie
- Priorité à l’être par rapport à l’avoir
- D’autres emplois
L’altercroissance
1 - L’altercroissance :
Historique et concept
Historique
Quelques dates clefs
En Occident, la remise en cause du modèle
consumériste et productiviste date des années 1970.
- 1949 : Première constatation de décès par la
pollution au mercure (entre 1932 et 1966) par l’usine
pétrochimique Chisso à Minamata (Japon)
- 1962 : publication de Silent spring (« Le printemps
silencieux ») par la biologiste américaine Rachel
Carson, qui dénonce l’empoisonnement mortel de
l’environnement par les produits chimiques
L’altercroissance : Historique
-1971 : Club de Rome, rapport Meadows
« Halte à la croissance »
- 1974 : candidature de René Dumont aux
élections présidentielles.
Création d’un Ministère de l’environnement
dans le gouvernement après l’élection de
Valéry Giscard d’Estaing
Catastrophes chimiques et marées noires
- Catastrophes chimiques :
Minamata en 1949,
Seveso en 1976,
Bhopal en 1984
- Marées noires : Torrey-Canyon en 1967,
Olympic Bravery en 1976, Amoco Cadiz
en 1978, Ekosfisk en 1980, Exxon Valdez
en 1989, Erika en 1999, plate-forme de
forage BP en 2010,
Photos Bhopal 1984
Plateforme BP 2010
Catastrophes nucléaires et sanitaires
- Accidents et catastrophes nucléaires :
Three Mile Island en 1979,
Tchernobyl en 1986, Tomsk en 1993,
Fukushima en 2011
- Catastrophes sanitaires :
DDT, pyralène, amiante,
distilbène, « vache folle » en 1996,
Médiator de Servier en 2011
Photo du haut : Nuage de Tchernobyl 1886
Les crises économiques
- 1929-1937 : grande dépression
- 1945-1973 : « Les 30 glorieuses »
- 1973 et 1979 : 1er
et 2ème
chocs pétroliers
- Crises locales et régionales : Mexique (1994), Asie
du Sud-Est (1997), Russie (1998), Argentine (1998-
2002), Turquie (2002)
- Dégonflement de la bulle Internet (2000-2001)
- Précarisation
- Explosion des inégalités
Photos Crise de 1929
Crise en Argentine
Les crises financières
: crises du change, crises bancaires, crises
boursières, crises de la dette publique
- 1982 : dette bancaire des pays en développement
- Octobre 1987 : krach des marchés obligataires et
d’actions
- 1993 : crise du Système Monétaire Européen
- 2007 : bulle immobilière aux USA, faillite de la
banque Lehman Brothers (2008) et chute mondiale
des Bourses
- Crise de la dette publique : Grèce en 2009,
propagation au Portugal, à l’Espagne
L’altercroissance : historique
Les conférences et forums internationaux
1987 : Le rapport Brundtland
Le rapport Our common future (« Notre avenir
à tous ») a été rédigé en 1987 par la
Commission mondiale sur l’environnement et
le développement de l’ONU, présidée par la
Norvégienne Gro Harlem Brundtland.
Il définit le développement durable comme
« un mode de développement qui répond aux
besoins des générations du présent sans
compromettre la capacité des générations
futures à répondre aux leurs »
1987 : Le rapport Brundtland
Deux idées importantes :
1 - Les besoins, et notamment les besoins
essentiels des plus démunis, doivent être
satisfaits aujourd’hui et demain
2 – La capacité de la biosphère (l’environnement)
à répondre aux besoins actuels et futures impose
un nouveau mode de développement de nos
sociétés, un développement durable ou
soutenable
(« sustainable developpment »)
Le sommets, conférences, Forums sociaux
- Sommets de la Terre : Stockholm 1972,
Nairobi 1982, Rio de Janeiro 1992,
Johannesburg 2002, Rio 2012
- 1997 : Conférence de Kyoto sur les
modifications climatiques
- Forum Social Mondial : Porto Alegre 2001,
Mumbai 2004, Porto Alegre 2005, Nairobi
2007,Belem 2009, Dakar 2011, etc.
Les films de sensibilisation
destinés au grand public
Une vérité qui dérange (Al Gore, 2006),
Home (Yann Arthus-Bertrand, 2009),
Le syndrome du Titanic (Nicolas Hulot, 2009),
Solutions locales pour un désordre global (Coline
Serreau, 2010)
Les moissons du futur (Marie-Monique Robin,
2012)
Océans (Jacques Perrin, 2010)
Demain (Cyril Dion et Mélanie Laurent, 2015)
Qu’est ce qu’on attend ? (Marie-Monique Robin,
2016)
Photos : Yann Arthus Bertrand
Nicolas Hulot
Le concept d’ "altercroissance"
Pourquoi ce terme ?
Le terme de "croissance" est utilisé pour dénommer le
système actuel de production-consommation
totalement fou, fondé sur
- la publicité, qui est souvent du matraquage
- le crédit à la consommation, qui suscite
l’endettement
- et l’obsolescence programmée, ou conception des
produits afin qu’ils soient rapidement hors d’usage
Le terme de "décroissance" a l’avantage d’être
provocateur, de mettre les pieds dans le plat du
discours politique dominant et de poser la question de
la surconsommation, de la finitude des ressources
naturelles et fossiles, des capacités de la biosphère.
2 – Le concept d’ "altercroissance"
Le terme "altercroissance" est préférable à celui
de décroissance.
Le terme de croissance, en effet, caractérise le
processus du vivant.
Par ailleurs, l’altercroissance implique bel et
bien la nécessité de faire croître l’être par
rapport à l’avoir, de développer l’agriculture
biologique, l’énergie renouvelable, les
transports en commun, de relocaliser l’industrie,
de développer certains types de productions,
d’emplois, d’activités, etc.
Un concept central
L’empreinte écologique
En 1995, publication du livre de William Rees et
Mathis Wackernagel, Our ecological foodprint.
L’empreinte écologique est une mesure de la
pression qu’exerce l’homme sur la nature. C’est
un outil qui évalue la surface productive
(terrestre ou marine) nécessaire à une
population pour répondre à sa consommation
de ressources et à ses besoins d’absorption de
déchets.
Concept popularisé par le WWF,par Agora 21,
etc.
L’empreinte écologique
Il y a sur terre, par personne,
1,8 hectares disponibles de
terres et de mer
biologiquement productives.
L’empreinte écologique
moyenne de chaque Terrien
(2,23 ha) dépasse de 30 % la
capacité de la planète à se
régénérer.
Un États-unien « consomme » 9,61 ha
un Européen de l’Ouest 4,97 ha
un Européen de l’Est 3,68 ha
un Chinois 2 ha
un Africain 1,36 ha
un Indien 0,9 ha.
L’altercroissance
2 - L’altercroissance :
une transformation globale
de la société
Une transformation collective
Le mot « altercroissance », préférable au
mot « décroissance », a pour intérêt de
bien signifier que l’on se situe dans un
changement de logique, une rupture par
rapport à notre mode de croissance actuel,
et non dans un simple aménagement qui
rendrait celui-ci « durable ».
• La simplicité volontaire est une attitude
individuelle.
• L’altercroissance est un terme politique
désignant une transformation collective,
politique et sociétale.
L’altercroissance, trois axes
1) le partage des richesses :
une juste répartition des richesses
- à l’intérieur de chaque société
- et entre les sociétés de la planète.
L’altercroissance, 3 axes
2) la sobriété :
l’autolimitation par les individus, et
surtout par les sociétés elles-mêmes,
- de leurs besoins
- de leur consommation d’énergie et de
matières premières.
Ceci implique notamment
- la relocalisation de l’économie
- le développement de systèmes nouveaux
comme les circuits courts de distribution
alimentaire, le transport combiné eau-rail-
route
L’altercroissance, 3 axes
3) L’usage en commun :
la satisfaction d’un besoin ne passe pas
forcément par la possession d’un
matériel en propre.
Exemples :
les transports en commun, le co-
voiturage, les systèmes de chauffage
collectif, la mise à disposition de voitures,
de lave-linge, de motoculteurs ou de
tondeuses à gazon entre plusieurs
familles, de machines agricoles entre les
agriculteurs d’un GAEC, etc.
Altercroissance et démocratie
Face aux pénuries de ressources à venir, aux
famines, aux soulèvements sociaux, aux
catastrophes écologiques (nucléaires,
pétrolières, climatiques),
une altercroissance choisie paraît être la
seule solution pour échapper
- à des guerres d’appropriation,
- à des « dictatures vertes » et autres « éco-
fascismes » qui s’improviseraient au dernier
moment.
Altercroissance et démocratie
L’altercroissance nécessite un vrai plongeon
dans l’inconnu, mais ce plongeon réfléchi et
maîtrisé vaut mieux que l’attitude qui consiste à
reculer pour devoir finalement sauter trop tard et
n’importe comment.
Si nous n’organisons pas et ne planifions pas
cette altercroissance, nous la subirons de toute
façon en pleine figure…
Priorité à l’être par rapport à l’avoir
La simplicité de vie n’est pas un but en soi,
mais un moyen, en se libérant de trop
d’avoir, de se préoccuper davantage de
l’être, de devenir davantage libres,
conscients, ouverts, disponibles. D’où la
simplicité de vie des spirituels et mystiques
de toutes les traditions.
Le développement d’une vie intérieure
intense, d’une vie relationnelle riche,
d’une spiritualité vivante, va de pair avec
cette décroissance matérielle, avec ce
nouveau type de développement humain.
Les joies de l’intériorité sont les plus
intenses et les plus durables.
Priorité à l’être par rapport à l’avoir
« Le désir humain est illimité.
S’il est dans l’ordre de l’avoir, il génère mimétisme, frustration,
rivalités et guerres.
S’il est dans l’ordre de l’être, il peut être satisfait par l’échange, la
rencontre, la création, la culture, la spiritualité.
Le bonheur est de l’ordre de l’être : c’est l’art de vivre
en harmonie avec soi-même, avec les autres et avec
la nature »
Patrick Viveret
Quelques mesures d’un programme
d’altercroissance volontaire
• interdire tout ce qui pousse à la consommation :
- revoir totalement des règles de la publicité,
- contrôler le lobbying de l’industrie (automobile,
pharmaceutique, alimentaire), etc.
• favoriser tout ce qui va vers une diminution des
prélèvements de matière, notamment
- en favorisant le durable au détriment du
jetable, - en concevant autrement les
emballages, etc.
• relocaliser l’économie pour diminuer les coûts de
transport et d’énergie.
D’autres emplois
• Des secteurs entiers seront remis en cause et
perdront des emplois :
les grandes surfaces, l’industrie de l’armement, les
jeux de hasard, la publicité, les transports routiers
de marchandises, l’énergie nucléaire, l’armée, etc.
• D’autres secteurs connaîtront de forts besoins de
main d’œuvre :
le commerce de proximité, l’agriculture biologique,
l’artisanat, la petite industrie, le bâtiment avec les
économies d’énergie, les énergies nouvelles, le
transport en commun, l’éducation à l’environne-
ment et à la citoyenneté, la formation permanente,
etc.
Une altercroissance maîtrisée
« Mieux vaut prendre le changement par la main
avant qu’il ne nous prenne à la gorge »
Winston Churchill
■

L’altercroissance, pourquoi et comment ?

  • 1.
    L’altercroissance Pourquoi ? Comment? Étienne Godinot 18.07.2017
  • 2.
    Précision Les images présentéesdans ce diaporama nous ont été fournies par des sources diverses. Ne pouvant nous assurer qu’elles ne sont pas soumises au régime des droits d’auteur, nous prions leurs ayants droit éventuels de nous préciser s’ils souhaitent que nous les retirions.
  • 3.
    L’altercroissance Sommaire 1 - Historiqueet concept - Historique : quelques dates depuis 1962 - Concept * Pourquoi ce mot ? * L’empreinte écologique 2 - Une transformation globale de la société - Une transformation collective, politique, sociale et culturelle - Trois axes d’action - Décroissance et démocratie - Priorité à l’être par rapport à l’avoir - D’autres emplois
  • 4.
  • 5.
    Historique Quelques dates clefs EnOccident, la remise en cause du modèle consumériste et productiviste date des années 1970. - 1949 : Première constatation de décès par la pollution au mercure (entre 1932 et 1966) par l’usine pétrochimique Chisso à Minamata (Japon) - 1962 : publication de Silent spring (« Le printemps silencieux ») par la biologiste américaine Rachel Carson, qui dénonce l’empoisonnement mortel de l’environnement par les produits chimiques
  • 6.
    L’altercroissance : Historique -1971: Club de Rome, rapport Meadows « Halte à la croissance » - 1974 : candidature de René Dumont aux élections présidentielles. Création d’un Ministère de l’environnement dans le gouvernement après l’élection de Valéry Giscard d’Estaing
  • 7.
    Catastrophes chimiques etmarées noires - Catastrophes chimiques : Minamata en 1949, Seveso en 1976, Bhopal en 1984 - Marées noires : Torrey-Canyon en 1967, Olympic Bravery en 1976, Amoco Cadiz en 1978, Ekosfisk en 1980, Exxon Valdez en 1989, Erika en 1999, plate-forme de forage BP en 2010, Photos Bhopal 1984 Plateforme BP 2010
  • 8.
    Catastrophes nucléaires etsanitaires - Accidents et catastrophes nucléaires : Three Mile Island en 1979, Tchernobyl en 1986, Tomsk en 1993, Fukushima en 2011 - Catastrophes sanitaires : DDT, pyralène, amiante, distilbène, « vache folle » en 1996, Médiator de Servier en 2011 Photo du haut : Nuage de Tchernobyl 1886
  • 9.
    Les crises économiques -1929-1937 : grande dépression - 1945-1973 : « Les 30 glorieuses » - 1973 et 1979 : 1er et 2ème chocs pétroliers - Crises locales et régionales : Mexique (1994), Asie du Sud-Est (1997), Russie (1998), Argentine (1998- 2002), Turquie (2002) - Dégonflement de la bulle Internet (2000-2001) - Précarisation - Explosion des inégalités Photos Crise de 1929 Crise en Argentine
  • 10.
    Les crises financières :crises du change, crises bancaires, crises boursières, crises de la dette publique - 1982 : dette bancaire des pays en développement - Octobre 1987 : krach des marchés obligataires et d’actions - 1993 : crise du Système Monétaire Européen - 2007 : bulle immobilière aux USA, faillite de la banque Lehman Brothers (2008) et chute mondiale des Bourses - Crise de la dette publique : Grèce en 2009, propagation au Portugal, à l’Espagne
  • 11.
    L’altercroissance : historique Lesconférences et forums internationaux 1987 : Le rapport Brundtland Le rapport Our common future (« Notre avenir à tous ») a été rédigé en 1987 par la Commission mondiale sur l’environnement et le développement de l’ONU, présidée par la Norvégienne Gro Harlem Brundtland. Il définit le développement durable comme « un mode de développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs »
  • 12.
    1987 : Lerapport Brundtland Deux idées importantes : 1 - Les besoins, et notamment les besoins essentiels des plus démunis, doivent être satisfaits aujourd’hui et demain 2 – La capacité de la biosphère (l’environnement) à répondre aux besoins actuels et futures impose un nouveau mode de développement de nos sociétés, un développement durable ou soutenable (« sustainable developpment »)
  • 13.
    Le sommets, conférences,Forums sociaux - Sommets de la Terre : Stockholm 1972, Nairobi 1982, Rio de Janeiro 1992, Johannesburg 2002, Rio 2012 - 1997 : Conférence de Kyoto sur les modifications climatiques - Forum Social Mondial : Porto Alegre 2001, Mumbai 2004, Porto Alegre 2005, Nairobi 2007,Belem 2009, Dakar 2011, etc.
  • 14.
    Les films desensibilisation destinés au grand public Une vérité qui dérange (Al Gore, 2006), Home (Yann Arthus-Bertrand, 2009), Le syndrome du Titanic (Nicolas Hulot, 2009), Solutions locales pour un désordre global (Coline Serreau, 2010) Les moissons du futur (Marie-Monique Robin, 2012) Océans (Jacques Perrin, 2010) Demain (Cyril Dion et Mélanie Laurent, 2015) Qu’est ce qu’on attend ? (Marie-Monique Robin, 2016) Photos : Yann Arthus Bertrand Nicolas Hulot
  • 15.
    Le concept d’"altercroissance" Pourquoi ce terme ? Le terme de "croissance" est utilisé pour dénommer le système actuel de production-consommation totalement fou, fondé sur - la publicité, qui est souvent du matraquage - le crédit à la consommation, qui suscite l’endettement - et l’obsolescence programmée, ou conception des produits afin qu’ils soient rapidement hors d’usage Le terme de "décroissance" a l’avantage d’être provocateur, de mettre les pieds dans le plat du discours politique dominant et de poser la question de la surconsommation, de la finitude des ressources naturelles et fossiles, des capacités de la biosphère.
  • 16.
    2 – Leconcept d’ "altercroissance" Le terme "altercroissance" est préférable à celui de décroissance. Le terme de croissance, en effet, caractérise le processus du vivant. Par ailleurs, l’altercroissance implique bel et bien la nécessité de faire croître l’être par rapport à l’avoir, de développer l’agriculture biologique, l’énergie renouvelable, les transports en commun, de relocaliser l’industrie, de développer certains types de productions, d’emplois, d’activités, etc.
  • 17.
    Un concept central L’empreinteécologique En 1995, publication du livre de William Rees et Mathis Wackernagel, Our ecological foodprint. L’empreinte écologique est une mesure de la pression qu’exerce l’homme sur la nature. C’est un outil qui évalue la surface productive (terrestre ou marine) nécessaire à une population pour répondre à sa consommation de ressources et à ses besoins d’absorption de déchets. Concept popularisé par le WWF,par Agora 21, etc.
  • 18.
    L’empreinte écologique Il ya sur terre, par personne, 1,8 hectares disponibles de terres et de mer biologiquement productives. L’empreinte écologique moyenne de chaque Terrien (2,23 ha) dépasse de 30 % la capacité de la planète à se régénérer. Un États-unien « consomme » 9,61 ha un Européen de l’Ouest 4,97 ha un Européen de l’Est 3,68 ha un Chinois 2 ha un Africain 1,36 ha un Indien 0,9 ha.
  • 19.
    L’altercroissance 2 - L’altercroissance: une transformation globale de la société
  • 20.
    Une transformation collective Lemot « altercroissance », préférable au mot « décroissance », a pour intérêt de bien signifier que l’on se situe dans un changement de logique, une rupture par rapport à notre mode de croissance actuel, et non dans un simple aménagement qui rendrait celui-ci « durable ». • La simplicité volontaire est une attitude individuelle. • L’altercroissance est un terme politique désignant une transformation collective, politique et sociétale.
  • 21.
    L’altercroissance, trois axes 1)le partage des richesses : une juste répartition des richesses - à l’intérieur de chaque société - et entre les sociétés de la planète.
  • 22.
    L’altercroissance, 3 axes 2)la sobriété : l’autolimitation par les individus, et surtout par les sociétés elles-mêmes, - de leurs besoins - de leur consommation d’énergie et de matières premières. Ceci implique notamment - la relocalisation de l’économie - le développement de systèmes nouveaux comme les circuits courts de distribution alimentaire, le transport combiné eau-rail- route
  • 23.
    L’altercroissance, 3 axes 3)L’usage en commun : la satisfaction d’un besoin ne passe pas forcément par la possession d’un matériel en propre. Exemples : les transports en commun, le co- voiturage, les systèmes de chauffage collectif, la mise à disposition de voitures, de lave-linge, de motoculteurs ou de tondeuses à gazon entre plusieurs familles, de machines agricoles entre les agriculteurs d’un GAEC, etc.
  • 24.
    Altercroissance et démocratie Faceaux pénuries de ressources à venir, aux famines, aux soulèvements sociaux, aux catastrophes écologiques (nucléaires, pétrolières, climatiques), une altercroissance choisie paraît être la seule solution pour échapper - à des guerres d’appropriation, - à des « dictatures vertes » et autres « éco- fascismes » qui s’improviseraient au dernier moment.
  • 25.
    Altercroissance et démocratie L’altercroissancenécessite un vrai plongeon dans l’inconnu, mais ce plongeon réfléchi et maîtrisé vaut mieux que l’attitude qui consiste à reculer pour devoir finalement sauter trop tard et n’importe comment. Si nous n’organisons pas et ne planifions pas cette altercroissance, nous la subirons de toute façon en pleine figure…
  • 26.
    Priorité à l’êtrepar rapport à l’avoir La simplicité de vie n’est pas un but en soi, mais un moyen, en se libérant de trop d’avoir, de se préoccuper davantage de l’être, de devenir davantage libres, conscients, ouverts, disponibles. D’où la simplicité de vie des spirituels et mystiques de toutes les traditions. Le développement d’une vie intérieure intense, d’une vie relationnelle riche, d’une spiritualité vivante, va de pair avec cette décroissance matérielle, avec ce nouveau type de développement humain. Les joies de l’intériorité sont les plus intenses et les plus durables.
  • 27.
    Priorité à l’êtrepar rapport à l’avoir « Le désir humain est illimité. S’il est dans l’ordre de l’avoir, il génère mimétisme, frustration, rivalités et guerres. S’il est dans l’ordre de l’être, il peut être satisfait par l’échange, la rencontre, la création, la culture, la spiritualité. Le bonheur est de l’ordre de l’être : c’est l’art de vivre en harmonie avec soi-même, avec les autres et avec la nature » Patrick Viveret
  • 28.
    Quelques mesures d’unprogramme d’altercroissance volontaire • interdire tout ce qui pousse à la consommation : - revoir totalement des règles de la publicité, - contrôler le lobbying de l’industrie (automobile, pharmaceutique, alimentaire), etc. • favoriser tout ce qui va vers une diminution des prélèvements de matière, notamment - en favorisant le durable au détriment du jetable, - en concevant autrement les emballages, etc. • relocaliser l’économie pour diminuer les coûts de transport et d’énergie.
  • 29.
    D’autres emplois • Dessecteurs entiers seront remis en cause et perdront des emplois : les grandes surfaces, l’industrie de l’armement, les jeux de hasard, la publicité, les transports routiers de marchandises, l’énergie nucléaire, l’armée, etc. • D’autres secteurs connaîtront de forts besoins de main d’œuvre : le commerce de proximité, l’agriculture biologique, l’artisanat, la petite industrie, le bâtiment avec les économies d’énergie, les énergies nouvelles, le transport en commun, l’éducation à l’environne- ment et à la citoyenneté, la formation permanente, etc.
  • 30.
    Une altercroissance maîtrisée «Mieux vaut prendre le changement par la main avant qu’il ne nous prenne à la gorge » Winston Churchill ■