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Trombinoscope "Chercheurs d’humanité"
Chercheurs de sens
(art, religion, philosophie, spiritualité)
15 - de 1930 à 1934
É. G .19.02.2024
Engelbert Mveng
(1930-1995), prêtre jésuite camerounais, philosophe, théologien,
historien et artiste. Études de philosophie en Belgique et à Paris, thèse de
doctorat en théologie en 1964 puis d’histoire en 1970, enseigne l’histoire à
l’université de Yaoundé.
Contribue à la rédaction du texte Personnalité africaine et catho-
licisme, réflexion élaborée à l’occasion du Concile Vatican II à l’initiative
d’Alioune Diop dont il est proche. Une des premières voix à évoquer la
nécessité d’un concile africain, rendu effectif en 1994 avec le Synode sur
l’Afrique. Cofondateur d’une communauté religieuse d’inspiration africaine,
‘Les Béatitudes’. Vice-président de ‘l’Union des Écrivains du Monde Noir’,
Secrétaire général de ‘l’Association Œcuménique des Théologiens
Africains’ (AOTA).
Assassiné à son domicile le 23 avril 1995. Les circonstances de sa
mort n’ont jusque-là pas été élucidées*.
* Dans une vidéo, l’auteur et chroniqueur camerounais Arol Kechtemien explique que E.
Mveng a été attaqué et étranglé par deux assassins, sans doute commandités. Le corps est couché
dans son lit face au plafond. Une enveloppe contenant la paye du personnel, près de 2 millions de
Francs CFA, est retrouvée près du corps, ce qui tendrait à prouver que l’argent n’est pas le mobile du
meurtre.
Jean-Marc Ela, ami d’E. Mveng, prêtre et théologien qui enquêtait sur sa mort, a appris par
une indiscrétion que son propre nom figurait sur une liste noire, et a dû s’exiler au Canada.
Engelbert Mveng
Sa théologie de la libération marquée par un souci profond d’incultu-
ration (d'abord, l'africanisation du christianisme, ensuite la christianisation
de l'Afrique) est aussi une théologie de la vie qui triomphe des forces de
mort.
Dans sa médiation du Chemin de croix intitulée Si quelqu’un
(1962), crée des personnages colorés selon les motifs de l’art bamoun,
peuple des montagnes de l’Ouest du Cameroun. Tous les visages sont
des masques simplifiés. Les couleurs retenues sont le noir, couleur de la
souffrance ; le rouge, symbole de la vie ; le blanc, couleur du deuil. Le
texte s'inspire des lamentations funèbres africaines.
Balafon est un recueil de 16 poèmes.
« La spiritualité des Béatitudes célèbre le triomphe de la vie sur la
mort, de l'amour sur la haine, de la liberté sur la servitude. Elle invite au
discernement, le chrétien étant appelé à être un contestataire et un
prophète. »
« Kong-Fu-Tseu mon ami, / tu m’as ouvert toutes grandes les portes
du Levant / avec des soleils éclatés comme des fruits murs.
Roland-Roger / tu es mon Europe binaire / qui marche à droite et
regarde à gauche.
À toi Moteczuma / qui est ma double Amérique / j’envoie le salut
de l’Afrique / par delà la cloison liquide de l’Océan. »
Yves Burdelot
(1930-2005), prêtre catholique et enseignant français. Licencié
ès lettres-philosophie, professeur de philosophie en lycées privés à Saint-
Lô, puis à Cherbourg, responsable pédagogique d'un ensemble autono-
me de classes terminales pendant 25 ans, chargé de recherches dans le
domaine des nouvelles expressions de la foi.
Relit la foi chrétienne comme une proposition pour redécouvrir, en
toutes ses dimensions, ce qui fait notre chair. Quatre options de départ
caractérisent sa démarche : 1. Mettre de l’intelligence dans les démarches
croyantes ; 2. Présenter le Chrétien comme un chercheur de sens plutôt
qu’un possesseur de vérité ; 3. Jeter un regard positif sur la modernité; 4.
Considérer le fait de vivre dans un monde incroyant comme une chance.
Ce n’est que par ce chemin d’humanité que ce qu'il appelle la "proposition
chrétienne" retrouvera quelque crédibilité. Termine son livre par un "Credo
à l’envers", parce qu’il ne part pas de vérités à admettre, mais de la
démarche de la vie et de la foi elle-même.
« Je crois à la vie nouvelle que rien ne pourra détruire ni la mort, ni le
péché. Je le crois parce que je l’expérimente déjà dans le partage com-
munautaire, qui doit s’ouvrir pour réaliser l’assemblement universel des
croyants. »
« Si pour aller à Dieu, la route te manque, fais-la ! »
Alice Gombault
Née en 1930, théologienne française. Licenciée en droit, titulaire
d’une maîtrise de théologie et d’un DEA de sciences religieuses.
Enseigne la théologie pratique à l'Institut catholique de Paris (1975-
1995). Donne de nombreuses conférences à Paris, en province et à
l’étranger notamment en Italie et en Allemagne. Rédactrice en chef de la
revue Parvis de 1999 à 2006, membre active de l’association ‘Femmes
et hommes - Droits et libertés dans les Églises’. (FHDLE)
Passionnée d'arts martiaux depuis 1978, enseigne depuis 2001 à
des seniors au dojo de l'Union sportive municipale de Viroflay.
« Quand j’ai commencé à militer dans FHDLES, j’étais plutôt
partisane de l’ordination des femmes qui me semblait juste et pouvait
contribuer à l’égalité hommes/femmes. Mais au fil des années et
davantage ces derniers temps avec le rapport de la CIASE et l’injonction
du pape François à lutter contre le cléricalisme, je pense que pour
supprimer le cléricalisme, il faut supprimer les clercs. C’est pourquoi, je
suis aujourd’hui contre l’ordination des femmes comme celle des
hommes, car c’est l’ordination qui sacralise les personnes et permet tous
les abus. »
Gérard et Marie Sévérin
G. S. (1930-2015), psychanalyste français. Après des études de
philosophie, de théologie et de psychologie à Nantes et Paris, devient
religieux chez les ‘Fils de la Charité’, congrégation religieuse catholique
de religieux laïcs et de prêtres pour l'évangélisation des milieux popu-
laires. Ordonné prêtre en 1958, soutient des idées progressistes et finit
par quitter le ministère à la suite du Concile Vatican II.
Se marie avec Marie Loukakis, de nationalité grecque, et sous
l’inspiration de celle-ci, se convertit à l'orthodoxie. Suit une carrière de
psychanalyste, membre de l'école freudienne de Paris.
En 1996, ils publient une traduction intégrale des Évangiles du grec
en français effectuée par eux-mêmes sous le titre Le Christ en direct : les
quatre Évangiles. Leur livre Jésus retrouvé répond d'abord à toutes les
questions que soulèvent l’homme Jésus et les textes qui nous parlent de
lui, et commente ensuite avec rigueur et simplicité une sélection d'épi-
sodes évangéliques.
Avec Françoise Dolto, dans L’évangile au risque de la psycha-
nalyse (1977), fait une interprétation psychanalytique de quelques textes
évangéliques et montre comment Jésus enseigne le désir et y entraîne,
au lieu de prêcher une morale.
Paul Veyne
Né en 1930, historien français. Spécialiste de la Rome antique,
‘École Normale Supérieure’, agrégé de grammaire, membre de l‘’École
française de Rome’, professeur au ‘Collège de France’.
Pisté par la police après avoir publié un texte contre l'usage de la torture par
les troupes françaises dans les guerres coloniales. Quitte le PCF après l’insurrection
de Budapest en 1956 (« Je me trouvais en présence d’une secte »).
« Constantin converti perçoit le christianisme comme une religion d’avant-
garde. À un grand empereur, il faut une grande religion.(…) Des conflits de légitimité
devaient se conclure, en 394, sous le règne de Théodose, par la victoire de l’armée
chrétienne d’Orient sur le "parti païen" en sous-main agissant à Rome. Le christianis-
me devenait dès lors religion d’État (…) Si, au nom d’une exigence d’unité, Constantin
livre bataille contre les donatistes, puis les ariens, il laisse en paix les cultes païens. »
« Cette religion moderne rompt avec l’exclusivité nationale du peuple élu au
profit d’un exclusivité que l’on peut penser plus redoutable encore, mais qui fonde la
puissance de l’Église et sa durée dans les siècles : celle d’un “parti” international, celui
du Christ, qui, grâce à Constantin, commencera à s’établir comme "parti unique". (…)
Plus tard, cette religion nouvelle, enfin devenue religion coutumière de toute
une population, éloignée de l’événement fondateur qui l’inscrivait dans un tissu social
au départ hostile, ne durera qu’au prix d’une dégradation en "paganisme papiste",
selon la formule des huguenots. »
Roberto Sosa
(1930-2011), poète hondurien. Père salvadorien, mère
hondurienne. Famille pauvre, travaille dès l'âge de 6 ans, vend du pain
aux travailleurs d'une plantation de bananeraies. En 1964, se rend à
Tegucigalpa, capitale de son pays, participe au monde intellectuel,
publie une revue de poésie, Presente. Obligé de quitter son pays pour
se réfugier au Nicaragua dans les années 80. Partage ensuite son
temps entre l'université de Cincinnati (États-Unis), où il est professeur
de littératures espagnole et hispano-américaine, et son pays natal.
Ses recueils (Les murs, Les pauvres, Mal intérieur, Les
larmes des choses, ou encore Un monde divisé pour tous) disent le
pouvoir de la poésie pour éveiller la conscience du monde et dénoncer
la misère et l'oppression politique.
« Que faire ? Que faire ? Quelqu'un qui hume et sait de
quoi il parle s'écrie ou, pour mieux dire, chuchote : - Agissons
vite, mes frères, je vous en supplie, vite, très vite ! »
« J’ai décidé, doucement, mortellement, de bâtir avec toutes
mes chansons un pont interminable vers la dignité, pour qu’y puissent
passer, un par un, les hommes humiliés de la Terre. »
Paul Tihon
(1930-2022), jésuite belge, docteur en théologie de l’Université
grégorienne de Rome, professeur émérite.
Se demande s’il est pensable de débarrasser le christianisme des
formes stéréotypées prises par son langage officiel et par les institutions
dont il s'est doté au cours des siècles. Ce message est-il, aujourd'hui
encore, capable de transformer la vie des individus, et aussi d'influencer
la marche des sociétés ? Peut-on libérer l'Évangile ?
« L’apport des théologiens, c’est aussi de maintenir ouvertes des
portes qui ne sont pas manifestement closes. C’est pourquoi il vaut
mieux aussi se garder de condamner prématurément certaines
transgressions .»
« Le changement, avec l’appel à la désobéissance, c’est le fait de
déclarer publiquement et en groupe qu’on ne suivra plus les directives
de l’Église sur des points sensibles ».
Chandra Swâmi Udasin
Né en 1930 dans un village indien devenu ensuite pakistanais.
Abandonne sa maîtrise de mathématiques pour mener une vie
monastique.
Fait vœu de silence en 1984, s’installe en 1990 au Sâdhanâ
Kendra Ashram (Centre des efforts spirituels) à Haridwar, sur les bords
de la rivière sacrée Yamuna, près de la frontière chinoise.
«La relation entre l'âme et Dieu est comme la relation entre un
enfant et sa mère. L'enfant peut jouer longtemps avec des jouets, mais
vient un moment où il veut rencontrer sa mère.
Avec le changement de notre niveau de conscience, arrive un moment
où l'on jette tous les jouets et où l’on revient à Dieu, d'où nous sommes
venus. Dieu est notre pays réel, notre source et notre existence Nous
sommes, pour ainsi dire, en exil et c'est pourquoi nous souffrons ".
Éric de Rosny
(1930-2012), jésuite et anthropologue français.
S'installe dans le quartier populaire d'Akwa à Douala
(Cameroun), s'intègre à la population dont il apprend la langue et les
coutumes.
S'intéresse notamment à la sorcellerie. Au début des années
1970, avec l'accord de sa hiérarchie, initié par un guérisseur (nganga)
aux mystères du "monde invisible" et à la "double vue".
Cette "double vue" lui permet de voir plus que ce qui est visible et
notamment de voir la violence des relations entre les hommes. Analyse
la "double vue" et la compare aux exercices spirituels de saint Ignace et
aux travaux de René Girard sur la violence et le sacré.
Devient l'un des 27 "vieux sages" de Douala lorsqu'il entre la
confrérie des beyoum ba bato (hommes-souche). Au centre spirituel de
Bonamoussadi à Douala, accueille et conseille les nombreux visiteurs
qui le consultent sur leurs souffrances et leurs angoisses.
Jacques Fesch
(1930-1957), criminel et mystique français. Fils d'un riche banquier
de Saint-Germain en Laye, mène une vie oisive et dénuée de sens,
paresse en écoutant des disques de jazz et ne rêve que de construire un
voilier. Rencontre une jeune fille,Thérèse, qui en oct. 1954, donnera
naissance à un petit garçon, Gérard. Commet en fév. 1954 à Paris un vol
à main armée, suivi durant sa fuite, alors qu’il est myope et a perdu ses
lunettes, du meurtre d'un gardien de la paix.
En prison, est marqué par 3 figures spirituelles : l'aumônier de la
prison; frère Thomas, un ami de sa femme; son avocat, Me Paul Baudet,
qui a vécu lui aussi une conversion au cours d'un voyage en Terre
Sainte. Rédige de nombreux textes exprimant une volonté de repentir et
de rachat et devient un mystique chrétien. Se sent très soutenu par
Notre-Dame de Fatima et par Thérèse de Lisieux. Guillotiné dans la cour
de la prison de la Santé en oct. 1957.
Depuis 1987, est en instance de béatification par l’Église catholique.
Son fils Gérard se bat afin que son père, repenti, puisse recevoir aussi le
pardon symbolique de l’État.
« Les vérités ardentes que l’évangile renferme ne le sont que si on
les lit avec les yeux de la grâce. »
Thomas Gumbleton
Né en 1930, ecclésiastique catholique étatsunien, évêque auxi-
liaire de l'archidiocèse de Détroit, de 1968 à 2006.
Fondateur en 1972 de la branche étatsunienne du mouvement Pax
Christi.
Membre de plusieurs organisations réformistes de l’Église
catholique, dont Call to Action, Detroit Catholic Pastoral Alliance, Institute
for Public Accuracy, Nevada Desert Experience, New Ways Ministry,
Share Foundation et New Ways Ministry
Call to Action demande l'ordination des femmes, la fin du célibat sacerdotal,
un changement de l'enseignement officiel sur l'adultère, la contraception, l'avorte-
ment, l'homosexualité, l'euthanasie, ainsi qu'une meilleure diffusion de l'ecclésio-
logie* catholique.
Nevada Desert Experience dénonce l’armement nucléaire.
Institute for Public Accuracy mène des campagnes visant à encourager les
lanceurs d'alerte concernant les droits humains, les abus des entreprises, l'environ-
nement, etc.
Share Fondation promeut les droits humains et les libertés sur Internet et les
valeurs positives d'un réseau ouvert et décentralisé.
* Ecclésiologie : branche de la théologie chrétienne qui étudie les origines du christianisme
et, d'un point de vue croyant, le rôle de l'Église dans l'histoire de l’humanité.
Jacques Duquesne
(1930-2023), journaliste et écrivain français auteur d’essais,
notamment sur le christianisme, et de romans (Marie Vandamme,
Catherine Courage). Travaille pour La Croix, Panorama chrétien,
l’Express, le Point, La Vie, Ouest France.
À la lumière de l’histoire et de la réflexion*, remet en cause
plusieurs dogmes chrétiens.
« La virginité de Marie est symbolique, mais les symboles ne sont
pas négligeables. (…) La plupart des historiens et des spécialistes
sont désormais d'accord pour dire que Marie a eu d'autres enfants
après Jésus. »
« Le mal existe, bien sûr, mais le pêché originel inventé par St
Augustin n’a aucun sens. Toute la conception de l’Enfer est une
production intellectuelle chrétienne sans assurance aucune… »
« La fameuse phrase prêtée à Jésus "Tu es Pierre et sur cette
pierre, je bâtirai mon Église" est incertaine. L’absence d’allusions plus
solides et plus nombreuses dans les Évangiles est telle qu’on débat
toujours pour savoir si Jésus a vraiment souhaité fonder une Église. »
* Son livre Jésus a été relu notamment par François Refoulé, dominicain,
ex directeur de l’École Biblique de Jérusalem
../..
Jacques Duquesne
« Elle est insupportable, cette image d'un dieu comptable et
vengeur, qui aurait exigé le sacrifice sanglant de son fils pour
racheter une hypothétique faute collective imputable aux premiers
humains. »
« La création n'est pas terminée car elle suppose la
nécessaire liberté des hommes... Un Dieu-Amour ne peut créer un
homme tout fait. S'il a l'amour des hommes, cela suppose qu'ils
soient libres... L'homme doit aussi se faire par lui-même, se créer à
son tour. Si l'homme avait été créé dans un monde fini, tout fait, il ne
pourrait tout simplement pas être. Et si cette liberté existe, il y a
celle de faire le mal . »
« Un saint est d'abord une personne qui croit, un homme ou
une femme qui recherche le bonheur. »
Stan Rougier
Né en 1930, prêtre catholique, conférencier, chroniqueur et écrivain.
Éducateur, infirmier au Burkina-Faso, aumônier d’étudiants, puis prêtre
en région parisienne.
« De nombreux jeunes sont des mystiques à l'état sauvage. Ils ne
trouvent pas un visage de Dieu à la dimension de leur soif d'adorer. Mon
souci, mon obsession a été de faire tomber les fausses images de Dieu,
sources de trop d'indifférences, d'allergies, de rejets. L'Église n'est
jamais un problème lorsqu'elle est transparente à l'essentiel : la
tendresse, le non-jugement, l'accueil des exclus, la compassion,
l'ouverture aux autres. »
« Le silence de Dieu n’est pas le signe d’une indifférence ou d’un
châtiment, mais d’un immense respect ».
« Nous sommes dans un monde très dur. Notre monde est un
chaos dont il faut faire un chantier. (…) Dieu n'est pas le Tout-Puissant
que l'on dit. Comme le dit Marguerite Yourcenar, tous ces gens
qu'indigne la toute-puissance de Dieu accourraient si on leur demandait
de venir en aide à la toute-faiblesse de Dieu.»
Jacques Derrida
(1930-2004), philosophe français issu d’une famille juive* d’Algérie.
Professeur à l‘’École normale supérieure’, puis directeur d'études à
l‘’École des hautes études en sciences sociales’. Auteur d'une oeuvre
monumentale (80 livres), au centre de laquelle se trouve le concept de
"déconstruction" : réexamine les thèses métaphysiques en supprimant les
présupposés de la parole dans la philosophie occidentale. Devenu le
philosophe français le plus étudié dans le monde. Introduit une nouvelle
manière de penser les sciences humaines. Le point de départ de son
œuvre est une critique de la linguistique et de la place dominante qu'elle
occupe dans le champ des sciences humaines.
Introduit la distinction entre l’hospitalité conditionnelle qu’il appelle
"invitation", et l’hospitalité pure qu’il nomme "visitation". L’hospitalité
conditionnelle s’adresse non pas au visiteur mais à l’invité annoncé.
L’hôte accueilli est inscrit dans un cadre et un moment préparé pour lui.
L’hospitalité pure et inconditionnelle est d’avance ouverte à quiconque
n’est ni attendu ni invité, et arrive en visiteur absolument étranger,
imprévisible. L'hospitalité pure n'est pas un programme, ../..
* En 1941, un numerus clausus imposé aux élèves juifs par le régime de Vichy le contraint de
poursuivre ses études dans un établissement spécial.
Jacques Derrida
ni une règle de conduite, ni une notion politique ou juridique. Elle ne
relève pas de la morale, mais plutôt de la culture en tant qu'elle
implique une manière d'être chez soi et avec les autres.
« Pour Derrida, l’hospitalité inconditionnelle ou visitation est un
principe lié à la structure de messianité qui caractérise l'expérience
humaine de la croyance : nous sommes irréductiblement exposés à la
venue de l'autre » (Bernard Ginisty).
Pour lui, le refus de l’assignation est en effet la condition de
toute libération : « Chaque fois qu’une identité s’annonce, chaque fois
qu’une appartenance me circonscrit, quelqu’un ou quelque chose crie :
attention, le piège, tu es pris. Dégage, dégage-toi. »
Comme d’autres philosophes du judaïsme contemporain si fécond, Franz
Rosenzweig (1886-1929), Walter Benjamin (1892-1940), Gershom Scholem
(1897-1982), Emmanuel Lévinas (1905-1995), Gérard Bensussan (né en 1948),
Bernard-Henri Lévy (né en 1948), Vincent Peillon (né en 1960), plaide pour une
« messianité sans Messie », c’est-à-dire simplement pour un engagement en
direction de la recherche de bonté et de la justice entre les êtres humains.
Ignacio Ellacuría
(1930 -1989), prêtre, philosophe et théologien jésuite basque
espagnol naturalisé salvadorien. Études en Équateur, en Espagne et en
Autriche. Disciple du philosophe basque Xavier Zubiri (1898-1983).
Professeur et recteur à l'Université centre-américaine José
Simeón Cañas (UCA) au San Salvador, qu’il conçoit comme un instru-
ment au service de la libération du peuple salvadorien.
. Il ne s'agit pas seulement de la libération de la douleur, de la mala-
die ou du fétichisme, mais aussi de la libération de structures injustes
comme le néo-esclavagisme, la domination politique, l'oppression
psychologique et sociale. Dans un pays ravagé par la guerre civile, agit
en faveur du dialogue entre le gouvernement et les insurgés.
Assassiné par un commando de l'armée salvadorienne en nov.
1989 dans sa résidence avec 5 autres jésuites, leur femme de ménage
et sa fille.
« À vos ordres, mon capital ! »
« L’option préférentielle pour la pauvres est une des caractéris-
tiques de la véritable Église, du même ordre que celles que nous
entendions autrefois par les termes "une, sainte, catholique et
apostolique" ».
« Vivre selon Dieu, c’est descendre de la croix les crucifiés. »
Léon Van Hoorde
(1931-1996), belge, Père Oblat de Marie Immaculée (OMI),
cofondateur en 1958 avec le Père Aimé Robinet (OMI) et un couple
bruxellois, les époux Vanderstraeten, de la Communauté de la
Poudrière, à partir de rencontres entre des croyants et des clochards.
Le projet prévoit de mettre en commun les vies de personnes en
difficulté et d’autres qui ne le sont pas. Cela passe par des repas et un
travail en commun. Le logement est dans un même lieu (62, rue de la
Poudrière), mais avec des espaces privatifs.
5 objectifs :
1) présence dans un quartier déshérité;
2) amitié en vue d’un changement sociétal;
3) justice, partage des richesses;
4) espérance et utopie : “De chacun selon ses capacités, à chacun selon
ses besoins” ;
5) le bonheur pour tous par la simplicité de vie
4 moyens : le travail, la vie simple, la mise en commun, la fidélité
aux personnes et objectifs.
La communauté comprend aujourd’hui 5 sites géographiques
(Bruxelles, Anderlecht, Vilvorde, Peruwelz et Rummen).
Charles Taylor
Né en 1931, philosophe canadien. Professeur de science
politique et de philosophie à l'Université McGill (Montréal) de
1961 à 1997. Sa réflexion se situe au carrefour de nombreux courants
de pensée et disciplines : philosophie (politique, morale, de la religion),
phénoménologie, herméneutique, anthropologie, sociologie, histoire. A
le souci de mettre en dialogue les disciplines et de décloisonner les
savoirs.
Face à la tentation communautariste, défend l'universalisme, tant
pour l'individu moderne que pour un peuple, une nation, une commu-
nauté qui doit faire face au double enjeu d'éviter l'écueil du repli iden-
titaire et de garder son originalité.
Pour lui, la filiation chrétienne du "moi" moderne ne fait pas de
doute. À ses yeux, la grande leçon cartésienne, le Cogito ergo sum (‘Je
pense, donc je suis’) est une reformulation laïcisée du concept
d’intériorité, qui est le grand apport d’Augustin d’Hippone à la
conscience occidentale. Descartes, communément désigné comme le
fondateur de la réflexion rationnelle, est donc aussi le continuateur
d’Augustin.
Charles Wackenheim
Né en 1931, universitaire et théologien catholique français (frère
de Gérard W., prêtre et écrivain, et de Michel W., prêtre et compositeur).
Professeur à la faculté de théologie catholique de Strasbourg de 1962 à
1992. Ses recherches et ses publications concernent les rapports entre
la confession de foi chrétienne et l'étude historique et sociale des
religions. A consacré plusieurs travaux à l'analyse institutionnelle du fait
chrétien dans la société contemporaine.
« Silence et parole de Dieu s’expriment, certes, en termes de
métaphore ou d’analogie, mais est-il plus pertinent de partir d’un Dieu
qui parle ou, au contraire d’un Dieu dont ni la parole ni l’agir ne sont
immédiatement perceptibles ? » C.W.
« Au terme de son étude (Quand Dieu se tait), l’auteur constate que "la
métaphore d’un Dieu qui parle suscite quantité d’interrogations et de difficultés", ce
qui porte à se tourner vers la théologie négative qui invite l’homme à voir dans le
silence de Dieu le chiffre de sa radicale altérité et à y répondre par un silence
éloquent et adorant. (…) Le cœur même de la foi chrétienne est interpellé par
l’expérience multiforme du silence de Dieu, mais cette expérience peut conduire à
la découverte d’un Dieu humble et vulnérable, respectueux de l’autonomie de ses
créatures. Kierkegaard priait : "Seigneur, ne nous laisse jamais oublier que tu nous
parles aussi quand tu te tais". » M.-A. Houdart
Anthony de Mello
(1931-1987), prêtre jésuite indien, psychologue et psychothérapeute.
Études à Bombay, Barcelone et Puna. Maîtrise de psychologie à Chicago,
théologie à Rome.
Vers 1970, s’intéresse aux maitres spirituels orientaux anciens et
contemporains. En 1972, fonde l’Institut Sadhana. Sa recherche le conduit
vers une liberté spirituelle toujours plus grande.
Surprend, même parmi ses plus fidèles disciples. N’hésite pas à
choquer ses auditeurs, surtout lorsqu’il estime qu’ils sont installés dans des
traditions et attitudes religieuses acquises à jamais, et devenues immua-
bles. Désencombré de structures, règles et traditions, cherche toujours
plus ce qui est au cœur de toute personne. Découvre une vie de plus en
plus simple et proche de la nature.
Son œuvre est consacrée à la libération intérieure : ouvrages
populaires de spiritualité, fables ou paraboles influencées par les spiritua-
lités bouddhiste ou taoïste, traçant les voies d'une sagesse originale et
pratique.
La Congrégation pour la doctrine de la foi indique en 1998 que ses livres « ont été écrits dans un
contexte multireligieux afin d'aider dans leur quête spirituelle les adeptes d'autres religions, les
agnostiques et les athées, mais (ne sont) pas destinés à devenir des manuels d'instruction pour les
catholiques dévoués à la doctrine chrétienne et à ses dogmes. »…
Michael Lonsdale
(1931-2020). Né d'une mère française et de son amant anglais,
«enfant considéré comme une ‟honte” par sa famille », acteur français de
cinéma et de théâtre. Enfance entre la France, l'Angleterre et le Maroc,
découvre le théâtre en 1947. Dès 1956, multiplie les rôles au cinéma.
En 1972, cofonde une compagnie de théâtre musical. Prête sa voix à
la radio, à des lectures de textes littéraires et philosophiques.
En 2011, remporte le César du meilleur second rôle masculin dans le
film Des Hommes et des Dieux de Xavier Beauvois.
Catholique engagé, marqué par Raymond Régamey, dominicain
promoteur du renouveau de l’art religieux en France.
Participe au mouvement pour le renouveau charismatique
(L’Emmanuel), cofonde un groupe de prière, ‘Magnificat’, destiné aux
artistes.
« Dieu est si présent, si actif dans nos vies que tout est possible. À
n’importe quel moment, à n’importe quel âge, qu’on soit riche ou pauvre,
homme ou femme, pratiquant ou pas, bien portant ou malade, oui, tout est
encore possible. »
François Brune
(1931-2019), prêtre catholique français, devenu orthodoxe à la fin
de sa vie. Études de philosophie et de théologie à Paris, Tübingen en
Rome. Auteur de nombreux ouvrages concernant la théologie, la
spiritualité, les rapports entre la foi et la science, la vie après la mort et
le paranormal en rapport avec la foi catholique. Devient orthodoxe à la
fin de sa vie.
Le monde spirituel selon lui se comprend bien à la lumière des
principes de la physique quantique. Très hostile à la « théologie épou-
vantable et désespérante » de saint Augustin sur les masses damnées,
regrette que son influence ait été hypertrophiée en Occident au
détriment des Pères grecs beaucoup plus proches selon lui du véritable
christianisme.
« Ma croyance en Dieu est très forte, mais ce n'est pas de l'ordre
de la connaissance, tandis qu’avec tout ce que j'ai découvert peu à peu,
vraiment la survie après la mort, c'est pour moi de l'ordre de la
connaissance. »
« Le plus scandaleux est le silence, le dédain, voire la censure
exercée par la Science et l'Église à l'égard de la découverte sans
conteste la plus extraordinaire de notre temps : l'après-vie existe et
nous pouvons communiquer avec ceux que nous appelons les morts. »
John Shelby Spong
(1931-2021), théologien états-unien. Ex-évêque anglican du
diocèse de Newark (New Jersey), universitaire, critique religieux et
écrivain, auteur de 26 ouvrages. Disciple de Paul Tillich. Possède une
grande culture en exégèse qui lui permet de relire la bible juive et la
bible chrétienne d’une manière critique et non littérale. A intégré aussi
depuis longtemps, dans sa manière de penser et de croire, les connai-
ssances philosophiques et scientifiques modernes, notamment en
astrophysique, en sciences de la vie et de l’homme.
Pour lui, l’interprétation populaire et littérale des Écritures chré-
tiennes ne correspond pas à l’exigence intellectuelle des hommes
modernes. Une autre approche des Écritures, permise par l’érudition et
la compassion, peut être cohérente à la fois vis-à-vis de la tradition
chrétienne et de la compréhension moderne de l'univers.
Le principal défaut de l’Église, selon lui, est son incapacité à
adapter le langage biblique à son temps. L’homme est inévitablement
appelé à s’affranchir de ses croyances infantilisantes, fut-ce au prix d’un
chemin long et difficile, et ceci d’autant plus, dit-il, que "dans la
confrontation entre la foi et la connaissance, la connaissance prend
toujours le dessus". ../..
John Shelby Spong
Rejette par exemple les dogmes de la conception virginale et
la résurrection de la chair de Jésus.
« L'interprétation sacrificielle de la croix expiant les péchés du
monde est une idée barbare et primitive provenant d'une compréhen-
sion de Dieu qui doit être abandonnée. »
« La prière ne peut pas être une série de requêtes adressées à
une divinité céleste, pour lui demander d'intervenir de l'extérieur dans
notre histoire humaine. »
Considère « la résurrection non comme une réalité physique,
mais comme la trace profonde laissée par Jésus dans le cœur de
ses compagnons transformés par la nouvelle conscience qu’il leur
avait donnée d’eux-mêmes. La résurrection est le symbole de cette
réalité qui est d’être de Dieu et partie de son éternité ici et mainte-
nant. »
John Shelby Spong
Dans Libérer les évangiles, développe le grand
intérêt à lire les évangiles avec des lunettes juives,
en s’appuyant sur les travaux de l’exégète anglais
Michaël Goulder. Nous invite à approfondir notre
culture juive afin de découvrir les trésors cachés dans les évangiles.
Cette démarche porte un coup fatal à leur lecture littéraliste. De l’entrée
de Jésus dans sa vie publique jusqu’à l’affirmation de la Résurrection,
l’ensemble de l’ouvrage est une superbe illustration de la démarche
midrashique.
Ses livres ne s’adressent pas seulement aux Chrétiens à la
recherche d’une foi croyable dans la culture de notre temps. Ils peuvent
intéresser aussi toute personne sensible à une nouvelle vision du
christianisme.
A ordonné le premier prêtre masculin ouvertement gay de
l’Église épiscopale états-unienne, s’est fait le champion du clergé
féminin et de l’intégration des LGBT.*
« Plus je vieillis, plus je crois profondément, et moins j’ai de
croyances. »
* LGBT : L pour lesbienne, G pour gay, B pour bisexuel, T pour transgenre, Q pour
"Queen", personne qui ne se reconnaît pas dans la sexualité hétérosexuelle, ou ne se sent pas
appartenir à un genre bien défini.
Tomi Ungerer
Jean-Thomas Ungerer (1931-2019), dessinateur, auteur et illustra-
teur français alsacien, issu dune dynastie d’horlogers. Après l’annexion de
l’Alsace par le 3ème Reich, « Français à la maison, Alsacien dans la rue, et
Allemand à l’école ». De 1946 à 1955, fait le tour de France à vélo, puis
voyage, notamment en Europe, en auto-stop ou à bord de cargos comme
marin. S’installe à New York, rencontre l’éditrice Ursula Nordstrom (‘Harper
& Row’). Publie Les trois brigands en 1961.
La paix est un souci constant pour ce « pessimiste joyeux » qui dit
« haïr la haine ». Ses dessins satiriques, publiés dans la presse états-
unienne à partir des années 1950 pour dénoncer la guerre et toutes les
formes d’intolérance, n’épargnent personne.
Élevé dans un protestantisme rigoureux, longtemps proche du
catholicisme. Prie tous les soirs, sans savoir exactement à qui il s’adresse.
Simplement « pour remercier », exprimer sa « gratitude », malgré les
douleurs passées.
Chez lui, le désespoir, « essentiel à la création artistique », ne se
traduit jamais en cynisme, mais se raconte en traits légers, aphorismes
piquants, métaphores enlevées qu’il distille comme autant de maximes.
« Si la vie est une vallée de larmes, autant apprendre tout de suite
à nager ! »
Jawdat* Saïd
Né en 1931, Syrien, enseignant démis de ses fonctions. Un des
premiers penseurs musulmans à introduire la notion de non-violence
dans le monde islamique.
Montre que dans le récit de Caïn et Abel, selon la mythologie
adamique rapportée par le Coran, l’histoire n’a pas commencé par un
meurtre, mais par un acte de non-violence.
Prend clairement position dans le débat sur la question "Quels
versets du Coran doivent abroger quels autres ? ". Ne retient pas la
doctrine orthodoxe (les versets les plus récents abrogent les versets les
plus anciens), mais plaide pour que les versets qui correspondent le
mieux aux exigences de la justice abrogent ceux qui y correspondent le
moins.
Selon lui, les opprimés, par leur passivité, sont pour une large
part responsables de l’oppression qu’ils subissent. Pour affirmer cela,
se réfère à la sourate III, 165 : « Lorsqu’un malheur vous a atteints, (…)
n’avez-vous pas dit : « D’où vient cela ? » Réponds : « Cela vient de
vous ». « Ainsi, commente-t-il, le Coran est le seul livre qui réprimande
la victime davantage que le persécuteur ».
* Prononcer Jaodat Photo du bas : Caïn et Abel par Le Titien
Roland et Marcelle de Jouvenel
Roland de Jouvenel (1931-1946, photo du haut), fils de l’économiste et
philosophe Bertrand de Jouvenel et de l'écrivaine et journaliste Marcelle
Prat (1896-1971, photo du milieu). À plusieurs reprises, et dès l’âge de 4 ans,
manifeste un don de précognition sur des décès, sur la guerre en Éthiopie,
sur la future réconciliation franco-allemande, sur sa mort proche. Meurt de
la thiphoïde en mai 1946, âgé de 14 ans.
Quelque temps après, sa mère tente de mettre fin à ses jours en se
jetant par la fenêtre, mais une main invisible la retient par l’épaule. Des
phénomènes inexpliqués se succédant, elle ressent une présence autour
d'elle. Sur les conseils d’une amie, elle expérimente l'écriture automatique
(psychographie).
Pendant des années, de 1946 à 1969, Marcelle de Jouvenel écrit,
sous la dictée de son fils, des messages philosophiques et scientifiques
qui intéresseront de grands esprits contemporains.
Les messages ont été réunis en plusieurs petits volumes d'une très grande
densité spirituelle, parfois sévères mais toujours bienveillants, s'efforçant de conduire
sa mère (c'est-à-dire elle-même) mais aussi toute personne ayant perdu un être cher
dans le progrès de la connaissance de Dieu. Les messages affirment que le monde
n'est que vibrations et que les pensées et les sentiments agissent sur tout l'univers.
La puissance de la pensée, sa capacité à se propager d'âme en âme d'où découlent
les vagues d'opinion, l'efficacité de la prière sont des thèmes qui reviennent dans les
messages attribués à Roland de Jouvenel.
Jean-Claude Carrière
Né en 1931, ancien élève de ‘l’École Normale Supérieure’, écrivain,
historien, traducteur, scénariste, parolier et metteur en scène français,
également acteur et … architecte de murets de pierres sèches.
Ses points cardinaux sont la littérature, le cinéma, les étoiles et le
bouddhisme.
Spécialiste des hérésies de la religion chrétienne.
« En ma qualité d'athée non polémiste*, je me suis toujours intéressé à
l'histoire des religions. D’ailleurs, seuls les athées peuvent parler des
religions de manière calme, paisible et neutre. Résumons : les religions ne
nous disent évidemment rien sur les dieux qui n'existent pas. Mais elles
nous disent beaucoup sur nous-mêmes, sur ce que nous avons cherché à
mettre dans d'autres personnages que ceux que nous sommes, sur d'autres
entités, sur d'autres dimensions, dans d'autres fééries. »
« Les progrès de la science ne nous ont pas protégés contre le retour
de la guerre des croyances. »
« Ce dont on a besoin, ce n’est pas de la croyance, c’est de la
connaissance. »
* Cette précision ‟non polémiste” est importante. Elle explique qu’après hésitation, je n’aie pas
fait figurer dans ce trombinoscope le philosophe Michel Onfray, auteur du Traité d’athéologie (2005) ,
homme d’une prodigieuse culture, mais très sélectif sur ses sources. É. Godinot.
Michael Newton
(1931-2020), hypnothérapeute états-unien. Master en hypnothéra-
pie et doctorat en psychologie. Enseigne la psychologie dans des univer-
sités américaines, tout en donnant des consultations. Spécialisé dans les
régressions pour soigner les traumas.
Au début de sa carrière, applique parfois l'hypnose sur ses patients
afin de les guérir de graves blessures de l'enfance. Voyant que cela fonc-
tionne correctement, entreprend progressivement de faire régresser ses
patients de plus en plus loin, jusqu'à arriver à l'état de bébé, puis de fœtus
dans le ventre de la mère. Avec cette technique, à sa plus grande stupé-
faction, fait un jour régresser l'un de ses patients avant sa naissance et a
eu la surprise de l'entendre expliquer qu'il observait ses futurs parents.
Sans conviction religieuse particulière, s’intéresse alors aux
questions de la survie de l’âme, de l’au-delà et des vies antérieures, du fait
des récits troublants, sous hypnose, des patients qui l’ont sollicité pour
trouver la guérison à des traumas ou des maux persistants. Ils révèlent
des détails précis sur ce qu'ils ont ressenti et vu au moment de leur mort,
et sur les êtres qui sont venus à leur rencontre pour les accompagner
dans l'autre monde.
Par la suite, consacre une quarantaine d’années de recherche à
ces sujets. Ses livres deviennent des best-sellers.
../..
Michael Newton
Se passionne pour le thème de la réincarnation, et développe une
technique de rappel des vies antérieures grâce à l’hypnose. Dresse un
tableau de ce qui se passe "de l'autre-côté" entre deux incarnations. Affirme
que le destin n'est pas aussi arbitraire qu'on le pense, et que chaque âme
est amenée à choisir en fonction de critères très particuliers. Que la vie ne
s'arrête pas à la mort et que notre âme décide, à un moment précis, de
s’incarner dans un corps pour "expérimenter" la vie.
Les témoignages portent sur le groupe d'âmes auquel on appartient entre deux
incarnations, sur la manière dont les proches décédés essaient d'entrer en contact
avec nous, sur notre vrai nom spirituel, ou notre nom "éternel", sur le Conseil des
Anciens qui juge notre vie passée et nous guide pour choisir la nouvelle, sur la façon
dont notre vocation professionnelle peut se manifester très tôt dans notre vie, sur la
manière de transformer sa vie en prenant en compte l'aide de nos guides.
Selon lui, les âmes peuvent se spécialiser dans différents types de
travail dans le monde des esprits tout comme nous pouvons nous spécia-
liser ici sur Terre avec nos carrières et nos passe-temps. Distingue des
spécialités d’âmes : Guides enseignants, Maîtres des rêves, Rédempteurs
d’âmes perdues, Maîtres restaurateurs, Gardiens de la neutralité, Mères
incubatrices, Archivistes, Gardiens d’animaux, Directeurs musicaux,
Gardiens de jeu, Explorateurs, Puéricultrices, Éthiciens, Harmonisateurs,
Maîtres concepteurs, Maîtres du temps.
Bernard Feillet
(1932-2019), Français, prêtre catholique dissident, curé de la
chapelle St Bernard à la Gare Montparnasse à Paris de 1969 à 1978,
éditeur chez Desclée de Brouwer, chroniqueur à Panorama, écrivain,
conférencier.
Un des pionniers de la réflexion chrétienne contemporaine. Se
situe dans la postérité de Marcel Légaut et la proximité avec Jean
Sulivan.
Refuse l’enfermement des Églises et affirme la nécessité de
partir de l’homme pour aborder la question de Dieu.
« Je suis un catholique de circonstance dans la mesure où je suis
né dans une famille catholique. Mais ce qui m’intéresse, c’est la
fracture que l’invention du christianisme a apportée dans l’histoire du
monde. »
« Je ne supporte pas la prétention des Églises à parler au nom de
Dieu, sous son autorité. J’aime les tâtonnements, la souplesse, la
fragilité. Je crois qu’il y a un avenir pour une religion humble ».
../..
Bernard Feillet
« Je me sens plus profondément croyant et j'ai de moins en moins de
croyances. »
« Si je dis que Jésus est Dieu, en quoi sa vie peut-elle concerner la
mienne pour m'aider à me frayer un chemin vers le mystère de Dieu ? Mais
si Jésus, comme tout homme, est rendu au jugement et à l'appréciation des
hommes, je suis fasciné et éclairé par le peu que je sais de lui, comme
homme de la fulgurance de l'Absolu, comme celui qui s'adresse à Dieu en
l'appelant Père, par son message d'amour et de pardon, par la liberté de
ses attitudes, par cette image de l'homme qui dépasse ce que je sais de
l'homme.(…) La foi n’est pas tant de croire en Jésus que d’inventer ma foi
singulière dans le dynamisme de la foi singulière de Jésus. »
« Il est possible que les religions deviennent désuètes, que le
sacerdoce recule, que l’humanité soit faite à l’avenir de moins de fidèles et
davantage de spirituels. Alors la religion se métamorphosera, car aucune
tradition religieuse ne saurait être aux dimensions de l’univers. Toutes les
religions deviendront disponibles pour accompagner ceux qui leur en
feraient la demande. »
Bernard Feillet
« La Bible est-elle pour vous l’expression de la Parole de
Dieu, ou est-elle née de l’épreuve que constitue Son silence dans la
conscience aiguisée d’un peuple à l’écoute ? »
« De Jésus, (Marcel Légaut) disait : ‟ Il est de Dieu ” (…) Cela
lui suffisait, et il ne lui était plus nécessaire d’entrer dans les débats
(…) qui s’intitulent : création, révélation, incarnation, rédemption. »
« Il n’y a pas une parole de Dieu adressée directement à
l’homme, mais il se passe, à travers le long chemin de l’humanité
vers sa maturité, une émergence d’une parole que l’homme attribue
à Dieu, non pas parce que Dieu a parlé, mais parce que Dieu n’a
rien dit. »
« Je ne peux rien dire de Dieu qui ne soit pas inclus dans le
récit de mon humanité et dans l’immense récit de l’humanité entière.
Quand j’énonce le nom de Dieu, il s’agit toujours de l’homme; aussi
est-il souvent plus juste de parler du "divin", ce devenir qui
s’accomplit en moi et cette prophétie dont je suis le créateur. »
Bernard Quelquejeu
Né en 1932, dominicain français. École polytechnique, études
de philosophie, puis de théologie aux facultés du Saulchoir. Docteur
en philosophie, professeur d’anthropologie et d’éthique philosophi-
ques à la Faculté de philosophie de ‘l’Institut catholique de Paris’
(1970-1997). Directeur de la Revue des sciences philosophiques et
théologiques (1968-2001). Auteur de nombreuses publications en
philosophie morale et politique, en particulier sur la non-violence.
Membre du G3i (Groupe de travail Interculturel, International et
Interconvictionnel), auteur de l’article de Wikipédia sur l’interconvic-
tionnalité.
« La conviction se situe entre la certitude, l’assurance inébran-
lable, et la simple opinion. La conviction est une approbation acquise
au terme d’un examen réfléchi, assez ferme pour justifier l’engage-
ment pour une cause, mais n’excluant pas totalement toute trace de
doute ou au moins la possibilité d’une remise en question.
La conviction représente une forme élevée de la conscience. Elle suit
une difficile ligne de crête entre le préjugé et le dogmatisme. »
../..
Bernard Quelquejeu : l’interconvictionnalité
Définit les stades successifs de l’acquisition d’une compétence
interconvictionnelle :
- ignorance de la différence convictionnelle : on n’imagine même pas
que d’autres puissent croire différemment. Ex. : « Comment peut-on
être persan ? » athée, homosexuel ?
- déni des différences convictionnelles : si ces différences
commencent à être pressenties ou entrevues, elles sont
désavouées ou déniées. Ex. : Inquisition, révocation de l’édit
de Nantes, internement psychiatrique des dissidents, etc.
- dévalorisation des convictions d’autrui : attitude défensive,
fréquente. La conviction différente ou opposée à la mienne est
immédiatement interprétée comme un ‘écart’ vis-à-vis de la mienne,
érigée en norme. Ex. : en politique.
- minimisation des différences de conviction, considérées
comme de peu d’importance et donc facilement mises à
l’écart. Ex : vote à la majorité simple (50 % +1) plutôt qu’à la
majorité qualifiée (ex. : 2/3) ou même au consensus.
- reconnaissance mutuelle de la singularité des convictions.
../..
Bernard Quelquejeu : l’interconvictionnalité
La reconnaissance mutuelle de la singularité des convic-
tions est animée par :
* l’acquisition d’une certaine distance critique vis-à-vis de soi-même.
* l’empathie qui permet à chacun de passer de sa propre perspective
à celle de l’autre, des autres,
* l’aptitude à conformer son agir à cette nouvelle compréhension.
C’est l’accomplissement de cette attitude qui permet qu’elle soit
appelée ‘interconvictionnelle’.
Ex : Donner la parole et des postes à l’opposition au Conseil
municipal ou au Parlement, accepter le contre-pouvoir syndical dans
l’entreprise, mener des actions communes avec des personnes aux
convictions différentes des nôtres, etc.
Jacques Giri
(1932-2021), ingénieur français, polytechnicien, ingénieur des
Mines, concepteur de stratégies de développement, notamment pour
les questions d’énergie et d’environnement, en Afrique et en Asie.
Écrit pendant sa retraite un parcours de reconnaissance dans le
maquis d’ouvrages et d’hypothèses sur Jésus de Nazareth, à la
manière, dit-il, d’un "honnête homme" du Grand Siècle.
« Plutarque nous apprend qu’Osiris est aussi descendu aux
enfers et qu’il est ressuscité le troisième jour. »
« Comme le fait remarquer Justin dans son Apologie rédigée au
IIème siècle, la résurrection de Jésus n’a rien d’exceptionnel. Tous les
héros grecs, écrit-il, sont morts, ils sont ressuscités et ils sont montés
au ciel. »
« Les progrès de la recherche historico-critique sur le Jésus
historique dérangent certainement la vision traditionnelle des Églises et
invitent à des révisions, peut-être déchirantes. Menacent-ils pour
autant la foi et celle-ci n’est-elle pas affaire d’intime conviction plutôt
que de recherche sur les origines ? En revanche, ils pourraient
remettre en cause la prétention des monothéismes à posséder chacun
la Vérité, une prétention qui a été et qui est toujours un facteur de
grande violence dans le monde. »
Hubert Reeves
(1932-2023), astrophysicien, communicateur scientifique et
écologiste québécois naturalisé français. Directeur de recherche au
CNRS, consultant scientifique au ‘Commissariat à l’énergie atomique’ à
Saclay. Coauteur en 1971 avec deux de ses étudiants d’un article
fondamental concernant la nucléosynthèse stellaire.
Préside la ‘Ligue ROC pour la préservation de la faune sauvage’,
informe sur les dangers du réchauffement climatique et sur le risque du
nucléaire militaire et civil, prône le végétarisme.
« Dans un univers où tout change radicalement au cours du temps
– les galaxies s’éloignent les unes des autres, le densité cosmique diminue,
les étoiles naissent, vivent et meurent – quelque chose reste immuable : les
lois de la nature. »
« Je vois un pomme qui tombe. Pourquoi tombe-t-elle ? Explication
habituelle : elle est attirée par la Terre. Mais pourquoi la Terre l’attire-t-elle ?
Réponse de Newton : Parce que la masse de la Terre crée un champ de
gravité qui provoque une attraction. Mais pourquoi la masse de la Terre
engendre-t-elle une attraction ? Réponse d’Einstein : parce que la masse
déforme l’espace. Mais pourquoi la messe déforme-t-elle l’espace ? On
pourrait continuer ainsi longtemps. Toute nouvelle réponse entraînera
forcément une nouvelle question. » ../..
Hubert Reeves
« Avec la physique quantique et au prix de l’abandon du
déterminisme absolu, le monde des atomes entre dans le champ de la
connaissance avec une très grande précision. Certaines propriétés
des électrons, leur moment magnétique par exemple, sont connues
avec une précision supérieure au milliardième. »
« Dans le déroulement des ères sont apparus des êtres qui se font
du souci pour les autres et s’inquiètent de leur sort. Ils offrent leur
aide, c’est-à-dire posent des gestes altruistes. Les anthropologues
sont généralement d’accord pour affirmer que ces gestes trouvent leur
origine et leur place dans la logistique darwinienne. »
« Grâce aux connaissance scientifiques, nous savons
maintenant que le mot "pourriture", avec son association mortifère,
doit laisser place au terme "recyclage". Celui-ci nous situe dans le
contexte dynamique de la vie triomphante. Nous sommes des
poussières d’étoiles infiniment recyclées. Cela suppose mourir : se
dissoudre en molécules. (…) C’est la grande loi cosmique de la vie. »
../..
Hubert Reeves
« Entre les dogmes religieux et les certitudes athées, il y a de la
place pour les spiritualités questionneuses. »
« Je suis persuadé que nos vies jouent un rôle, même si je ne sais
ni où ni lequel. Je ne crois pas que nous soyons "de trop". (…) Je cède à
la croyance que mon savoir est une petite partie d’un vaste savoir intégré
qui tisse la toile de la biosphère toute entière, la toile de la création. »
« Cher enfant qui va naître ! Bientôt va débuter pour toi une
merveilleuse et tragique expérience. Tu es le fruit d’une longue gestation
qui se poursuit depuis près de 14 milliards d’années. (….) Tâche d’être à
la hauteur de ta destinée. Ta vie y prendra son sens. Tu y trouveras ton
bonheur ».
« Le long sentier vers l’humanisation de l’humanité est éclairé
par trois luminaires : le désir de comprendre (la science), de l’embellir
(l’art) et d’aider les êtres vivants à vivre (l’empathie). »
Jean-Jacques Sempé
(1932-2022), dit Sempé, dessinateur humoriste français. Enfance
"lugubre et un peu tragique". Petits boulots à partir de 14 ans, tout en
dessinant.
Dessins dans Sud-Ouest, puis dans journal belge Le Moustique,
illustrateur de la série Le Petit Nicolas conçue avec René Goscinny.
Dessins dans les grands hebdomadaires à partir de 1954, auteur
de plus de 40 albums de dessins chez Denoël.
Géant de l’art et de la poésie, sait capter le fond de la condition
humaine avec humour, décalage et tendresse.
Dans Quelques mystiques, se moque tendrement des travers des
croyants.
La mélancolie : « C’est la conscience profonde que nous ne
sommes que de braves petits êtres en quête d’autre chose, mais qu’on
ne saura jamais quoi. Et quand on le saura, ce sera grave. »
André Paul
Né en 1933, historien, théologien et exégète français, spécialiste
de la Bible et du judaïsme ancien et rabbinique. Docteur en théologie,
docteur ès lettres et diplômé en langues sémitiques (hébreu, éthiopien,
syriaque, araméen). Études à Toulouse, Paris, Rome. Professeur à
l’’Institut Catholique de Paris’, directeur littéraire aux éditions Desclée,
chargé de conférences à l’EHESS, conférencier chez Clio. Directeur de
l’édition scientifique française des manuscrits de la mer Morte, la
Bibliothèque de Qumrân.
Pour lui, le christianisme n’est pas une religion du livre (qu’est
l’islam), ni une religion du texte (comme le judaïsme), mais une religion
du culte. En exégèse, remet en cause un siècle de méthode historico-
critique, récusant aussi bien la coupure entre le Jésus de l’Histoire et le
Christ de la foi que l’entreprise associée de démythologisation de Rudolf
Bultmann et de ses successeurs protestants ou catholiques.
Dans la conclusion de son livre Jésus Christ, la rupture, propose
qu’on puisse dire « l’immortelle leçon de Jésus-Christ sur la vie » « avec
ou sans Dieu » et, « si c’est avec Dieu », pourquoi pas « avec aussi le
Dieu des autres ».
Jean Monbourquette
(1933-2011), prêtre et psychologue canadien québécois,
professeur agrégé de l’Université de l‘’Université Saint-Paul’
d'Ottawa.
Se passionne pour les méthodes nouvelles (analyse
transactionnelle, programmation neurolinguistique ou PNL ,
Gestalt-thérapie), mais aussi pour la pensée de Carl Gustav Jung.
Un des premiers à avoir voulu relier l’approche
psychologique et l’approche spirituelle. Ses recherches portent sur
les rapports de la psychologie et de la spiritualité, notamment en
ce qui concerne la dynamique du deuil, l'accompagnement des
mourants, le processus psycho-spirituel du pardon, l'estime de soi
et la mission personnelle dans la vie.
Se spécialise dans la thérapie de couples, ainsi que dans le
travail sur le deuil et le pardon, pour lequel il fonde des groupes de
travail intitulés Aimer, perdre, grandir.
../..
Jean Monbourquette
« Dans la vie, chacun est appelé à découvrir la mission unique
et personnelle qui donne un sens à toute son existence. Cette
mission peut revêtir diverses formes, celle d’un idéal à poursuivre,
d’un but à atteindre, d’un désir profond et persistant. Elle est une
inclination intérieure inscrite au plus profond de soi que les
contraintes sociales nous empêchent trop souvent de respecter. »
« Libéré de ses liens fusionnels avec la personne aimée,
l’endeuillé sera amené à faire l’expérience de nouveaux liens avec
le défunt sans pourtant l’oublier. La douleur occasionnée par
l’absence de la personne aimée disparaîtra et l’endeuillé se sentira
habité d’une nouvelle présence du cher défunt, présence
mystérieuse, subtile et spirituelle, mais non moins réelle que la
présence physique. »
André Gounelle
Né en 1933, pasteur français, théologien et professeur de
théologie à la ‘Faculté de théologie protestante de Montpellier’.
Spécialiste de la pensée du philosophe Paul Tillich, et théologien très
actif du protestantisme libéral francophone. Préside la revue Évangile et
Liberté, publiée par le courant du protestantisme libéral français,
collabore à la revue Théolib.
Au sein de l'International Association for Religious Freedom, est
impliqué dans le dialogue avec les bouddhistes et des shintoïstes, et
donne plusieurs conférences dans le cadre des ‘Amitiés judéo-
chrétiennes’.
« Je crois que Dieu se rend présent et agit en Jésus de
Nazareth, qu’il me rencontre et me parle à travers lui, mais pas que
Jésus soit Dieu. Si, pour moi, il y a du divin en Jésus, il n’est pas lui-
même divin ; il est uniquement - mais exemplairement - humain.
Beaucoup estiment que cette conviction va contre l’enseignement
évangélique et contre la doctrine généralement admise par les chrétiens.
Cette objection ne me paraît pas fondée ; à mon sens, aussi bien le
Nouveau Testament que les grands Conciles sont beaucoup plus
complexes, nuancés et indécis sur ce point qu’on ne le pense souvent. »
André Gounelle
« Selon la thèse de l’expiation substitutive, Dieu nous sauve parce
que Jésus lui offre sa vie. Pour la théologie du Process, Dieu nous sauve
malgré la Croix, en dépit du crime qu’elle constitue. La Croix n’entre pas
dans une froide logique que Dieu ferait respecter. Elle s’insère dans un
drame, celui de l’opposition des êtres humains à la parole divine. »
« Si Dieu est le dynamisme qui fait sans cesse surgir du nouveau, il
s’ensuit qu'il n'est pas parfait, car la perfection implique l'immobilité. »
« La violence fait partie de la vie, de l’humaine comme de la divine,
de la terrestre aussi bien que de l’éternelle, de la cosmique tout autant
que de la spirituelle. (…) La paix et l’harmonie sont toujours à inventer, à
construire, à cultiver. Elles demandent effort, combat, engagement. Elles
n’arrivent pas parce qu’on a supprimé les motifs de désaccord, mais
parce qu’on a appris à les gérer autrement que par la violence. »
Richard Bergeron
(1933-2014), théologien canadien. Professeur de théologie à l'univer-
sité de Montréal pendant plus de 25 ans. Fondateur et président du Conseil
d'administration du ‘Centre d'information sur les nouvelles religions’ (CINR).
Auteur d’une vingtaine de volumes traitant de spiritualité.
Dans son ouvrage Hors de l'Église plein de salut - Pour une théologie
dialogale et une spiritualité interreligieuse (2005), et à partir de l'histoire du
christianisme et de sa propre expérience du pluralisme, réfléchit de manière
claire et courageuse à certaines exigences fondamentales pour l'ouverture
de pistes sérieuses conduisant à une théologie dialogale.
Montre que l’identité chrétienne n’a jamais été une réalité figée : bien
au contraire, elle a toujours été encline à l’interculturalité et à l’inculturation.
Développe la notion d’"amour d’altérité" : dans nos contextes plurireligieux,
nous sommes dorénavant appelés à abandonner la voie où nous considé-
rons l’autre comme « un même qui s’ignore » pour emprunter celle d’une
nouvelle tolérance basée sur le respect et le désir de la rencontre. La théo-
logie des religions se centrera sur l’être humain.
« Passer de la complémentarité interreligieuse, qui met l’accent sur
l’incomplétude des religions, à la réciprocité qui reconnaît d’emblée que les
religions sont des totalités à rencontrer et non des vides à combler. »
Armand Abécassis
Né en 1933, écrivain français d'origine marocaine et juive séfarade.
Docteur en philosophie, professeur de philosophie générale et comparée
à l'université Michel-de-Montaigne (Bordeaux III). Président de l'Institut
universitaire européen Rachi (de Troyes), directeur du ‘Centre des Études
juives’ et spécialiste de pensée juive.
Peint Jésus qu'il s'est incarné en naissant juif, dans un pays, dans
une culture et dans un peuple : un rabbi qui fréquentait les synagogues,
connaissait l'hébreu et l'araméen, citait la Loi et les prophètes, mangeait
avec les pharisiens, enseignait la Torah, mais discutait et critiquait les
conceptions religieuses de son temps.
« La religion chrétienne a réinterprété et enrichi l'enseignement juif
de Jésus de conceptions christiques respectables mais étrangères à
l'esprit de la tradition qu'il avait reçue et dont il a quotidiennement
témoigné .(…) Jésus ne s'est jamais senti comme les dogmes de la
christologie le présentent et ne l'a jamais dit. »
Ce livre est un essai de retrouver le Jésus juif vivant dans ce
bouillonnement culturel marqué par la littérature rabbinique avant que la
théologie de l'Église n'en fasse le fils de Dieu, l'Oint, le Messie porteur du
salut universel. »
Sulak Sivaraksa
Né en 1933, bouddhiste thaïlandais, militant dans les domaines
du social, de l’écologie et des droits humains. Études en Angleterre.
Fonde en 1963 la Revue des Sciences Sociales, joue un rôle important
dans la prise de conscience du mouvement étudiant qui conduit au
renversement du régime militaire en 1973.
Fondateur, avec le Dalaï Lama et Thich Nhat Hahn, de
l’International Network of Engaged Buddhists - INEB (Réseau
international des bouddhistes engagés) et du mouvement Spirit in
Education Movement - SEM.
Ses principes sont l’écologie, le rejet de la consommation
excessive à l'occidentale et la mise en avant de la dimension spirituelle
de la vie humaine. Prix Nobel alternatif en 1996.
« Le bouddhiste engagé doit interpeller son gouvernement et
exiger de ce dernier qu’il ne consacre pas une part de son budget
à l’armement, qu’il supprime la peine de mort. Quant aux
produits toxiques, ils doivent englober toute forme d’idéologie et
la publicité. Et même le bouddhisme si cela vous empêche de
réfléchir ! »
Guy de Longeaux
Français né en 1933. Sociologue en agence d'urbanisme, puis
cadre ressources humaines en entreprise, puis enseignant à l‘’Institut
Catholique de Paris’, enfin chercheur à l‘’École Pratique des Hautes
Études’ (Sorbonne).
« En appelant Dieu son “Père”, Jésus signifie qu’il se sent
particulièrement proche de lui, et même son intime, lui, “Fils de
l’homme”, tout en associant tous les hommes à cette intimité lorsqu’il les
invite à dire “Notre Père”. Le “Fils de l’homme” est une figure biblique
évoquant un humain promis par Dieu à un destin privilégié le faisant
finalement triompher du mal auquel il serait affronté. »
« Lorsqu’il parlait de la destruction du Temple, il ne s’agissait pas
du temple de pierre, mais de la pratique religieuse légaliste qu’il repré-
sentait. »
« La spiritualité ne se situe pas dans le surnaturel, mais dans les
relations interpersonnelles. »
Jean-Claude Barreau
Né en 1933 d'une mère de culture juive et d'un père anticlérical de
souche catholique. Officier, prêtre ouvrier, conseiller politique de
François Mitterrand, président de ‘l’Office des Migrations Internatio-
nales’ puis de ‘l’Institut National d’Etudes démographiques’, conseiller
de Charles Pasqua, éditeur, journaliste, essayiste.
Ses écrits se caractérisent par un souci d'éveil des consciences.
Milite contre les dérives néolibérales du capitalisme.
Affirme que « la religion est le propre de l'homme », édicte les
critères d’une « bonne religion » : ouverture (tolérance et dialogue),
possibilité donnée aux croyants de porter sur leur hiérarchie un regard
critique ou même de plaisanter sur leur foi, action (la religion doit se
vivre au présent).
Confessant son recours à une transcendance personnelle, fait le
pari du « sens contre le non-sens ». Appelle une éthique nouvelle où la
laïcité et la transcendance ne s'excluent plus.
« Être croyant, c’est d’abord avoir une raison de vivre et de lutter
aujourd’hui, et non attendre les bienfaits futurs d’un hypothétique
paradis. »
Tahseen Said Ali Beg
(1933-2019), chef héréditaire (Mīr ou Prince) du peuple yézidi.
N’a que 11 ans lorsqu’il succède à son père à la fonction de "Prince des
Yézidis en Irak et dans le monde". Emprisonné sous le régime irakien
dans les années 1960, rejoint la révolution kurde Aylul contre le gouver-
nement irakien en 1970. Survit à 2 tentatives d'assassinat en 1992 et
2003. Œuvre pour la coexistence pacifique en Irak et dans la région du
Kurdistan.
Les Yézidis sont une communauté kurdophone adepte d’un
monothéisme dépourvu de livre sacré et vénérant notamment 7 anges,
dont le principal est l’Ange Paon. Leur religion, empreinte de syncré-
tisme, leur a valu de multiples persécutions par les extrémistes, qui les
considèrent comme des adorateurs de Satan. Leurs souffrances
atteignent un point culminant à partir de 2014, quand les djihadistes de
‘Daech’ envahissent le Sinjar, berceau des Yézidis, dans le nord monta-
gneux de l’Irak, et tuent en masse les hommes de la communauté,
embrigadent les enfants et réduisent les femmes en esclavage sexuel.
Plus de 3 000 Yézidis meurent et près de 7 000 sont enlevés.
Les Yézidis sont des gens « pacifiques, qui reconnaissent tous
les principes et valeurs humanitaires et respectent de toutes les
religions. (…) Avec votre aide, peut-être reviendrons-nous sur nos
terres. »
Photo du bas : l'archange yézidi Taous Malek
Benoît Billot
Français né en 1933. Études supérieures de biologie végétale, ex-
horticulteur, moine bénédictin du prieuré Saint-Benoît d'Etiolles (91).
Découvre le bouddhisme zen lors d’un voyage au Japon.
En 1989, après un parcours de psychanalyse et de psychothérapie,
fonde ‘La Maison de Tobie’, association qui promeut la vie spirituelle en
rapport avec le corps, le psychisme et la rencontre des autres religions,
lieu d'intériorisation et de guérison.
Affirme la sagesse du corps, la prévalence de l’expérience sur le
dogme, la relativisation des représentations de Dieu, met en avant le
silence, l’ouverture, l’importance de l’instant présent.
« Avec le bouddhisme zen, j’ai rencontré l’apophatisme, l’affirma-
tion que toutes les définitions de Dieu sont inexactes. »
« Le dialogue interreligieux est une urgence pour que les portes et
les fenêtres des différentes religions ne se referment pas ».
Jean Soler
(1933-2019), écrivain, théologien et philosophe français.
Agrégation de lettres à la Sorbonne, enseignant en lettres
classiques, puis carrière dans le milieu diplomatique et culturel*.
Se consacre ensuite à la rédaction d’ouvrages qui bouleversent notre
connaissance de la Bible et déchiffrent les origines de la croyance en un
Dieu unique. Dans Qui est Dieu ? (2012), dénonce la confusion courante
entre le monothéisme, la croyance en un Dieu unique universel, et la
monolâtrie, le culte rendu à un dieu de préférence aux autres. Explique le
passage de celle-ci à celui-là par la pression des circonstances historiques
et pourquoi, selon lui, le monothéisme incline à la violence, comme on l'a vu
avec les croisades, l'Inquisition ou les guerres de religion, et comme on le
voit de nos jours avec les conflits du Moyen-Orient. Suppose une influence,
indirecte mais bien réelle, de l'idéologie monothéiste sur le nazisme et le
communisme, ces deux fléaux du siècle passé.
« L'idée de résurrection est empruntée aux Perses, elle apparaît
au IIe siècle avant J.-C. Celle de l'immortalité de l'âme, absente de la Bible
hébraïque, est empruntée aux Grecs.»
« Les civilisations polythéistes ignorent, par nature, l’intolérance
religieuse. »
* Directeur du ‘Centre de civilisation française et d'études francophones’ à l’université de
Varsovie, conseiller culturel et scientifique à l’ambassade de France en Israël, en Iran et en Belgique.
Directeur régional des Affaires culturelles pour la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, puis secrétaire
général du ‘’Conseil national des langues et des cultures régionales’.
Albert Nolan
Né en 1934, Sud-Africain issu d’ascendants anglais, prêtre
catholique dominicain, docteur en théologie.
Élu en 1983 Maître de l'Ordre des prêcheurs, engagé contre
l’apartheid, refuse le poste qui aurait signifié le transfert au siège de
Rome de son ordre, préférant rester en Afrique du Sud pendant cette
décennie de transition politique et sociale intense.
Situant les textes évangéliques dans ce cadre culturel, cherche
des connexions, des indices et des contradictions qui peuvent éclairer
un Jésus dépouillé de toute l’aura dans laquelle la croyance chrétienne
l'a revêtu.
« La foi n’est pas l’adhésion aux ingrédients d’un Credo. La foi en
Jésus n'est pas une manière de penser ou de parler, c'est un mode de
vie. Il s'identifie à toutes les personnes et commence par la compas-
sion pour tous. (…)
Notre tâche n’est pas de théoriser sur lui, mais d’agir selon son
exemple dans notre temps et dans les circonstances qui sont les
nôtres.»
Philippe Warnier
(1934-2001), Français, commissaire national "Route" (jeunes
adultes) des ‘Scouts de France’, journaliste à La Croix et à Témoignage
Chrétien.
Auteur d’une étude sur les communautés de base (1973), fait partie
d’une communauté à Juvisy. Directeur de la revue Prier. Animateur
national du mouvement ‘La Vie Nouvelle’ créé par Emmanuel Mounier,
membre du ‘Parti Socialiste’. Diacre dans l’Église catholique à partir de
1990.
Lance avec d’autres en mai 1987 un "appel pour un débat sur
l’action non-violente", signé par un groupe de Catholiques et de Protes-
tants. Durant deux années, des dizaines de groupes, des centaines de
personnes participent à l’élaboration collective du texte Lutter autrement
(1989).
Cette première prise de position chrétienne consacrée totalement et
spécifiquement à l’action non-violente est signée par 13 évêques, de
nombreuses personnalités, et 18 mouvements, communautés ou ordres
religieux.
Paul Blanquart
(1934-2023), dominicain, philosophe et sociologue français. Thèse
sur "Prophétisme et contemporanéité". Pro-indépendance pendant son
service militaire en Algérie. Pour réconcilier marxisme, engagement révo-
lutionnaire et christianisme, intervient à Cuba et au Mali. Professeur à
l’Institut Catholique de Paris, puis à l’université de Paris XII. Cofondateur
et rédacteur en chef de Politique Hebdo et de La gueule ouverte. Dirige le
‘Centre de création industrielle’ au Centre Beaubourg. Accompagne des
mouvements d’éducation populaire (MRJC, JEC, CEMEA), consultant
indépendant, forme des « coopérateurs de démocratie sociale ».
« C’est sous l’influence d’un mouvement, alors puissant, de laïcs
chrétiens socialistes qu’en 1848 fut reconnu le statut de principe
constitutionnel au 3ème terme de la devise républicaine : fraternité. En
fidélité à ce principe, (…) ce pays pourrait (…) devenir laboratoire d’un
avenir vivant pour l’humanité et pour la planète. »
« La planète a besoin, pour ne pas mourir et pour se recomposer,
de refaire l’unité de ses différents constituants. Donc d’humains qui, au
lieu de détruire la nature par la technique et de se faire avaler à leur tour
par elle, font se coupler l’humain et le non-humain, que celui-ci soit
végétal ou animal ou bien artificiel. Cette œuvre, culturelle et écologique,
est de la responsabilité de tous. »
Paul Blanquart
« L’homme de Nazareth, il aime, il partage, il est pour les pauvres,
c’est éminemment subversif par rapport au système dominant où il y a les
maîtres, les gens "d’en haut" par rapport au gens "d’en bas". »
« Dans l’expérience que j’ai faite toute ma vie, les catholiques
officiels considéraient que j’étais athée, et les marxistes considéraient
que j’étais chrétien. (…) Finalement, le marxisme est très fort dans
l’analyse critique du capitalisme, mais ne nous donne pas les moyens
d’en sortir. »
« Le christianisme a à voir avec une transformation de la société et
une compréhension fraternelle de la foi. »
« L’existence métaphysique de Dieu et l’immortalité de l’âme ne
font pas partie de ma foi. (..) Je ne me suis jamais dit théologien de la
libération. Je me suis dit et je me dis toujours chrétien de la libération. »
« "L’entre autres" est inséparablement local, régional, national,
planétaire. C’est à chaque échelon que doit fonctionner la citoyenneté,
c’est-à-dire "égaux et différents". »
« J’espère être contemporain de la suite : du bon humus pour que
la vie renaisse sans cesse . Dans la terre, tous les âges s’entremêlent. »
Image : logo de la ‘Fondation Un monde par tous’ dont PB était Secrétaire.
Charles Juliet
Né en 1934, écrivain français. Sa mère biologique étant internée
dans un hôpital psychiatrique, est placé à l'âge de 3 mois dans une
famille de paysans suisses qu'il ne quittera plus. Enfant de troupe,
abandonne ses études de médecine pour se consacrer exclusivement
à l'écriture.
Son long travail autobiographique d’élucidation intérieure le
mène d’une profonde souffrance à une sereine lumière. Son œuvre
est "transformante" pour celui qui la côtoie. Le jugement n’a pas sa
place dans ces livres qui accueillent, au contraire, la fragilité, la souf-
france, l’espoir de l’autre.
« En dehors de toute croyance religieuse, ce mot (spirituel)
désigne pour moi : – l’aventure de la connaissance de soi, – la mutation
de la naissance à soi-même, – l’observance d’une éthique, – le besoin
de s’élever, de faire grandir le meilleur de soi. »
« Le sens de la vie n’est pas à chercher. Il s’impose comme
une évidence quand nous comprenons qu’au long de notre vie nous
aurons à travailler sur nous-mêmes, pour nous amender, développer
notre humanité, devenir humbles, devenir bons, consentir à la
nécessité d’aimer et autrui et le monde. Il n’y a pas d’autre chemin que
d’aller dans le sens de la vie. De la faire s’épanouir. Se répandre. » ■

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Chercheurs de sens. — 15. De 1930 à 1934

  • 1. Trombinoscope "Chercheurs d’humanité" Chercheurs de sens (art, religion, philosophie, spiritualité) 15 - de 1930 à 1934 É. G .19.02.2024
  • 2. Engelbert Mveng (1930-1995), prêtre jésuite camerounais, philosophe, théologien, historien et artiste. Études de philosophie en Belgique et à Paris, thèse de doctorat en théologie en 1964 puis d’histoire en 1970, enseigne l’histoire à l’université de Yaoundé. Contribue à la rédaction du texte Personnalité africaine et catho- licisme, réflexion élaborée à l’occasion du Concile Vatican II à l’initiative d’Alioune Diop dont il est proche. Une des premières voix à évoquer la nécessité d’un concile africain, rendu effectif en 1994 avec le Synode sur l’Afrique. Cofondateur d’une communauté religieuse d’inspiration africaine, ‘Les Béatitudes’. Vice-président de ‘l’Union des Écrivains du Monde Noir’, Secrétaire général de ‘l’Association Œcuménique des Théologiens Africains’ (AOTA). Assassiné à son domicile le 23 avril 1995. Les circonstances de sa mort n’ont jusque-là pas été élucidées*. * Dans une vidéo, l’auteur et chroniqueur camerounais Arol Kechtemien explique que E. Mveng a été attaqué et étranglé par deux assassins, sans doute commandités. Le corps est couché dans son lit face au plafond. Une enveloppe contenant la paye du personnel, près de 2 millions de Francs CFA, est retrouvée près du corps, ce qui tendrait à prouver que l’argent n’est pas le mobile du meurtre. Jean-Marc Ela, ami d’E. Mveng, prêtre et théologien qui enquêtait sur sa mort, a appris par une indiscrétion que son propre nom figurait sur une liste noire, et a dû s’exiler au Canada.
  • 3. Engelbert Mveng Sa théologie de la libération marquée par un souci profond d’incultu- ration (d'abord, l'africanisation du christianisme, ensuite la christianisation de l'Afrique) est aussi une théologie de la vie qui triomphe des forces de mort. Dans sa médiation du Chemin de croix intitulée Si quelqu’un (1962), crée des personnages colorés selon les motifs de l’art bamoun, peuple des montagnes de l’Ouest du Cameroun. Tous les visages sont des masques simplifiés. Les couleurs retenues sont le noir, couleur de la souffrance ; le rouge, symbole de la vie ; le blanc, couleur du deuil. Le texte s'inspire des lamentations funèbres africaines. Balafon est un recueil de 16 poèmes. « La spiritualité des Béatitudes célèbre le triomphe de la vie sur la mort, de l'amour sur la haine, de la liberté sur la servitude. Elle invite au discernement, le chrétien étant appelé à être un contestataire et un prophète. » « Kong-Fu-Tseu mon ami, / tu m’as ouvert toutes grandes les portes du Levant / avec des soleils éclatés comme des fruits murs. Roland-Roger / tu es mon Europe binaire / qui marche à droite et regarde à gauche. À toi Moteczuma / qui est ma double Amérique / j’envoie le salut de l’Afrique / par delà la cloison liquide de l’Océan. »
  • 4. Yves Burdelot (1930-2005), prêtre catholique et enseignant français. Licencié ès lettres-philosophie, professeur de philosophie en lycées privés à Saint- Lô, puis à Cherbourg, responsable pédagogique d'un ensemble autono- me de classes terminales pendant 25 ans, chargé de recherches dans le domaine des nouvelles expressions de la foi. Relit la foi chrétienne comme une proposition pour redécouvrir, en toutes ses dimensions, ce qui fait notre chair. Quatre options de départ caractérisent sa démarche : 1. Mettre de l’intelligence dans les démarches croyantes ; 2. Présenter le Chrétien comme un chercheur de sens plutôt qu’un possesseur de vérité ; 3. Jeter un regard positif sur la modernité; 4. Considérer le fait de vivre dans un monde incroyant comme une chance. Ce n’est que par ce chemin d’humanité que ce qu'il appelle la "proposition chrétienne" retrouvera quelque crédibilité. Termine son livre par un "Credo à l’envers", parce qu’il ne part pas de vérités à admettre, mais de la démarche de la vie et de la foi elle-même. « Je crois à la vie nouvelle que rien ne pourra détruire ni la mort, ni le péché. Je le crois parce que je l’expérimente déjà dans le partage com- munautaire, qui doit s’ouvrir pour réaliser l’assemblement universel des croyants. » « Si pour aller à Dieu, la route te manque, fais-la ! »
  • 5. Alice Gombault Née en 1930, théologienne française. Licenciée en droit, titulaire d’une maîtrise de théologie et d’un DEA de sciences religieuses. Enseigne la théologie pratique à l'Institut catholique de Paris (1975- 1995). Donne de nombreuses conférences à Paris, en province et à l’étranger notamment en Italie et en Allemagne. Rédactrice en chef de la revue Parvis de 1999 à 2006, membre active de l’association ‘Femmes et hommes - Droits et libertés dans les Églises’. (FHDLE) Passionnée d'arts martiaux depuis 1978, enseigne depuis 2001 à des seniors au dojo de l'Union sportive municipale de Viroflay. « Quand j’ai commencé à militer dans FHDLES, j’étais plutôt partisane de l’ordination des femmes qui me semblait juste et pouvait contribuer à l’égalité hommes/femmes. Mais au fil des années et davantage ces derniers temps avec le rapport de la CIASE et l’injonction du pape François à lutter contre le cléricalisme, je pense que pour supprimer le cléricalisme, il faut supprimer les clercs. C’est pourquoi, je suis aujourd’hui contre l’ordination des femmes comme celle des hommes, car c’est l’ordination qui sacralise les personnes et permet tous les abus. »
  • 6. Gérard et Marie Sévérin G. S. (1930-2015), psychanalyste français. Après des études de philosophie, de théologie et de psychologie à Nantes et Paris, devient religieux chez les ‘Fils de la Charité’, congrégation religieuse catholique de religieux laïcs et de prêtres pour l'évangélisation des milieux popu- laires. Ordonné prêtre en 1958, soutient des idées progressistes et finit par quitter le ministère à la suite du Concile Vatican II. Se marie avec Marie Loukakis, de nationalité grecque, et sous l’inspiration de celle-ci, se convertit à l'orthodoxie. Suit une carrière de psychanalyste, membre de l'école freudienne de Paris. En 1996, ils publient une traduction intégrale des Évangiles du grec en français effectuée par eux-mêmes sous le titre Le Christ en direct : les quatre Évangiles. Leur livre Jésus retrouvé répond d'abord à toutes les questions que soulèvent l’homme Jésus et les textes qui nous parlent de lui, et commente ensuite avec rigueur et simplicité une sélection d'épi- sodes évangéliques. Avec Françoise Dolto, dans L’évangile au risque de la psycha- nalyse (1977), fait une interprétation psychanalytique de quelques textes évangéliques et montre comment Jésus enseigne le désir et y entraîne, au lieu de prêcher une morale.
  • 7. Paul Veyne Né en 1930, historien français. Spécialiste de la Rome antique, ‘École Normale Supérieure’, agrégé de grammaire, membre de l‘’École française de Rome’, professeur au ‘Collège de France’. Pisté par la police après avoir publié un texte contre l'usage de la torture par les troupes françaises dans les guerres coloniales. Quitte le PCF après l’insurrection de Budapest en 1956 (« Je me trouvais en présence d’une secte »). « Constantin converti perçoit le christianisme comme une religion d’avant- garde. À un grand empereur, il faut une grande religion.(…) Des conflits de légitimité devaient se conclure, en 394, sous le règne de Théodose, par la victoire de l’armée chrétienne d’Orient sur le "parti païen" en sous-main agissant à Rome. Le christianis- me devenait dès lors religion d’État (…) Si, au nom d’une exigence d’unité, Constantin livre bataille contre les donatistes, puis les ariens, il laisse en paix les cultes païens. » « Cette religion moderne rompt avec l’exclusivité nationale du peuple élu au profit d’un exclusivité que l’on peut penser plus redoutable encore, mais qui fonde la puissance de l’Église et sa durée dans les siècles : celle d’un “parti” international, celui du Christ, qui, grâce à Constantin, commencera à s’établir comme "parti unique". (…) Plus tard, cette religion nouvelle, enfin devenue religion coutumière de toute une population, éloignée de l’événement fondateur qui l’inscrivait dans un tissu social au départ hostile, ne durera qu’au prix d’une dégradation en "paganisme papiste", selon la formule des huguenots. »
  • 8. Roberto Sosa (1930-2011), poète hondurien. Père salvadorien, mère hondurienne. Famille pauvre, travaille dès l'âge de 6 ans, vend du pain aux travailleurs d'une plantation de bananeraies. En 1964, se rend à Tegucigalpa, capitale de son pays, participe au monde intellectuel, publie une revue de poésie, Presente. Obligé de quitter son pays pour se réfugier au Nicaragua dans les années 80. Partage ensuite son temps entre l'université de Cincinnati (États-Unis), où il est professeur de littératures espagnole et hispano-américaine, et son pays natal. Ses recueils (Les murs, Les pauvres, Mal intérieur, Les larmes des choses, ou encore Un monde divisé pour tous) disent le pouvoir de la poésie pour éveiller la conscience du monde et dénoncer la misère et l'oppression politique. « Que faire ? Que faire ? Quelqu'un qui hume et sait de quoi il parle s'écrie ou, pour mieux dire, chuchote : - Agissons vite, mes frères, je vous en supplie, vite, très vite ! » « J’ai décidé, doucement, mortellement, de bâtir avec toutes mes chansons un pont interminable vers la dignité, pour qu’y puissent passer, un par un, les hommes humiliés de la Terre. »
  • 9. Paul Tihon (1930-2022), jésuite belge, docteur en théologie de l’Université grégorienne de Rome, professeur émérite. Se demande s’il est pensable de débarrasser le christianisme des formes stéréotypées prises par son langage officiel et par les institutions dont il s'est doté au cours des siècles. Ce message est-il, aujourd'hui encore, capable de transformer la vie des individus, et aussi d'influencer la marche des sociétés ? Peut-on libérer l'Évangile ? « L’apport des théologiens, c’est aussi de maintenir ouvertes des portes qui ne sont pas manifestement closes. C’est pourquoi il vaut mieux aussi se garder de condamner prématurément certaines transgressions .» « Le changement, avec l’appel à la désobéissance, c’est le fait de déclarer publiquement et en groupe qu’on ne suivra plus les directives de l’Église sur des points sensibles ».
  • 10. Chandra Swâmi Udasin Né en 1930 dans un village indien devenu ensuite pakistanais. Abandonne sa maîtrise de mathématiques pour mener une vie monastique. Fait vœu de silence en 1984, s’installe en 1990 au Sâdhanâ Kendra Ashram (Centre des efforts spirituels) à Haridwar, sur les bords de la rivière sacrée Yamuna, près de la frontière chinoise. «La relation entre l'âme et Dieu est comme la relation entre un enfant et sa mère. L'enfant peut jouer longtemps avec des jouets, mais vient un moment où il veut rencontrer sa mère. Avec le changement de notre niveau de conscience, arrive un moment où l'on jette tous les jouets et où l’on revient à Dieu, d'où nous sommes venus. Dieu est notre pays réel, notre source et notre existence Nous sommes, pour ainsi dire, en exil et c'est pourquoi nous souffrons ".
  • 11. Éric de Rosny (1930-2012), jésuite et anthropologue français. S'installe dans le quartier populaire d'Akwa à Douala (Cameroun), s'intègre à la population dont il apprend la langue et les coutumes. S'intéresse notamment à la sorcellerie. Au début des années 1970, avec l'accord de sa hiérarchie, initié par un guérisseur (nganga) aux mystères du "monde invisible" et à la "double vue". Cette "double vue" lui permet de voir plus que ce qui est visible et notamment de voir la violence des relations entre les hommes. Analyse la "double vue" et la compare aux exercices spirituels de saint Ignace et aux travaux de René Girard sur la violence et le sacré. Devient l'un des 27 "vieux sages" de Douala lorsqu'il entre la confrérie des beyoum ba bato (hommes-souche). Au centre spirituel de Bonamoussadi à Douala, accueille et conseille les nombreux visiteurs qui le consultent sur leurs souffrances et leurs angoisses.
  • 12. Jacques Fesch (1930-1957), criminel et mystique français. Fils d'un riche banquier de Saint-Germain en Laye, mène une vie oisive et dénuée de sens, paresse en écoutant des disques de jazz et ne rêve que de construire un voilier. Rencontre une jeune fille,Thérèse, qui en oct. 1954, donnera naissance à un petit garçon, Gérard. Commet en fév. 1954 à Paris un vol à main armée, suivi durant sa fuite, alors qu’il est myope et a perdu ses lunettes, du meurtre d'un gardien de la paix. En prison, est marqué par 3 figures spirituelles : l'aumônier de la prison; frère Thomas, un ami de sa femme; son avocat, Me Paul Baudet, qui a vécu lui aussi une conversion au cours d'un voyage en Terre Sainte. Rédige de nombreux textes exprimant une volonté de repentir et de rachat et devient un mystique chrétien. Se sent très soutenu par Notre-Dame de Fatima et par Thérèse de Lisieux. Guillotiné dans la cour de la prison de la Santé en oct. 1957. Depuis 1987, est en instance de béatification par l’Église catholique. Son fils Gérard se bat afin que son père, repenti, puisse recevoir aussi le pardon symbolique de l’État. « Les vérités ardentes que l’évangile renferme ne le sont que si on les lit avec les yeux de la grâce. »
  • 13. Thomas Gumbleton Né en 1930, ecclésiastique catholique étatsunien, évêque auxi- liaire de l'archidiocèse de Détroit, de 1968 à 2006. Fondateur en 1972 de la branche étatsunienne du mouvement Pax Christi. Membre de plusieurs organisations réformistes de l’Église catholique, dont Call to Action, Detroit Catholic Pastoral Alliance, Institute for Public Accuracy, Nevada Desert Experience, New Ways Ministry, Share Foundation et New Ways Ministry Call to Action demande l'ordination des femmes, la fin du célibat sacerdotal, un changement de l'enseignement officiel sur l'adultère, la contraception, l'avorte- ment, l'homosexualité, l'euthanasie, ainsi qu'une meilleure diffusion de l'ecclésio- logie* catholique. Nevada Desert Experience dénonce l’armement nucléaire. Institute for Public Accuracy mène des campagnes visant à encourager les lanceurs d'alerte concernant les droits humains, les abus des entreprises, l'environ- nement, etc. Share Fondation promeut les droits humains et les libertés sur Internet et les valeurs positives d'un réseau ouvert et décentralisé. * Ecclésiologie : branche de la théologie chrétienne qui étudie les origines du christianisme et, d'un point de vue croyant, le rôle de l'Église dans l'histoire de l’humanité.
  • 14. Jacques Duquesne (1930-2023), journaliste et écrivain français auteur d’essais, notamment sur le christianisme, et de romans (Marie Vandamme, Catherine Courage). Travaille pour La Croix, Panorama chrétien, l’Express, le Point, La Vie, Ouest France. À la lumière de l’histoire et de la réflexion*, remet en cause plusieurs dogmes chrétiens. « La virginité de Marie est symbolique, mais les symboles ne sont pas négligeables. (…) La plupart des historiens et des spécialistes sont désormais d'accord pour dire que Marie a eu d'autres enfants après Jésus. » « Le mal existe, bien sûr, mais le pêché originel inventé par St Augustin n’a aucun sens. Toute la conception de l’Enfer est une production intellectuelle chrétienne sans assurance aucune… » « La fameuse phrase prêtée à Jésus "Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Église" est incertaine. L’absence d’allusions plus solides et plus nombreuses dans les Évangiles est telle qu’on débat toujours pour savoir si Jésus a vraiment souhaité fonder une Église. » * Son livre Jésus a été relu notamment par François Refoulé, dominicain, ex directeur de l’École Biblique de Jérusalem ../..
  • 15. Jacques Duquesne « Elle est insupportable, cette image d'un dieu comptable et vengeur, qui aurait exigé le sacrifice sanglant de son fils pour racheter une hypothétique faute collective imputable aux premiers humains. » « La création n'est pas terminée car elle suppose la nécessaire liberté des hommes... Un Dieu-Amour ne peut créer un homme tout fait. S'il a l'amour des hommes, cela suppose qu'ils soient libres... L'homme doit aussi se faire par lui-même, se créer à son tour. Si l'homme avait été créé dans un monde fini, tout fait, il ne pourrait tout simplement pas être. Et si cette liberté existe, il y a celle de faire le mal . » « Un saint est d'abord une personne qui croit, un homme ou une femme qui recherche le bonheur. »
  • 16. Stan Rougier Né en 1930, prêtre catholique, conférencier, chroniqueur et écrivain. Éducateur, infirmier au Burkina-Faso, aumônier d’étudiants, puis prêtre en région parisienne. « De nombreux jeunes sont des mystiques à l'état sauvage. Ils ne trouvent pas un visage de Dieu à la dimension de leur soif d'adorer. Mon souci, mon obsession a été de faire tomber les fausses images de Dieu, sources de trop d'indifférences, d'allergies, de rejets. L'Église n'est jamais un problème lorsqu'elle est transparente à l'essentiel : la tendresse, le non-jugement, l'accueil des exclus, la compassion, l'ouverture aux autres. » « Le silence de Dieu n’est pas le signe d’une indifférence ou d’un châtiment, mais d’un immense respect ». « Nous sommes dans un monde très dur. Notre monde est un chaos dont il faut faire un chantier. (…) Dieu n'est pas le Tout-Puissant que l'on dit. Comme le dit Marguerite Yourcenar, tous ces gens qu'indigne la toute-puissance de Dieu accourraient si on leur demandait de venir en aide à la toute-faiblesse de Dieu.»
  • 17. Jacques Derrida (1930-2004), philosophe français issu d’une famille juive* d’Algérie. Professeur à l‘’École normale supérieure’, puis directeur d'études à l‘’École des hautes études en sciences sociales’. Auteur d'une oeuvre monumentale (80 livres), au centre de laquelle se trouve le concept de "déconstruction" : réexamine les thèses métaphysiques en supprimant les présupposés de la parole dans la philosophie occidentale. Devenu le philosophe français le plus étudié dans le monde. Introduit une nouvelle manière de penser les sciences humaines. Le point de départ de son œuvre est une critique de la linguistique et de la place dominante qu'elle occupe dans le champ des sciences humaines. Introduit la distinction entre l’hospitalité conditionnelle qu’il appelle "invitation", et l’hospitalité pure qu’il nomme "visitation". L’hospitalité conditionnelle s’adresse non pas au visiteur mais à l’invité annoncé. L’hôte accueilli est inscrit dans un cadre et un moment préparé pour lui. L’hospitalité pure et inconditionnelle est d’avance ouverte à quiconque n’est ni attendu ni invité, et arrive en visiteur absolument étranger, imprévisible. L'hospitalité pure n'est pas un programme, ../.. * En 1941, un numerus clausus imposé aux élèves juifs par le régime de Vichy le contraint de poursuivre ses études dans un établissement spécial.
  • 18. Jacques Derrida ni une règle de conduite, ni une notion politique ou juridique. Elle ne relève pas de la morale, mais plutôt de la culture en tant qu'elle implique une manière d'être chez soi et avec les autres. « Pour Derrida, l’hospitalité inconditionnelle ou visitation est un principe lié à la structure de messianité qui caractérise l'expérience humaine de la croyance : nous sommes irréductiblement exposés à la venue de l'autre » (Bernard Ginisty). Pour lui, le refus de l’assignation est en effet la condition de toute libération : « Chaque fois qu’une identité s’annonce, chaque fois qu’une appartenance me circonscrit, quelqu’un ou quelque chose crie : attention, le piège, tu es pris. Dégage, dégage-toi. » Comme d’autres philosophes du judaïsme contemporain si fécond, Franz Rosenzweig (1886-1929), Walter Benjamin (1892-1940), Gershom Scholem (1897-1982), Emmanuel Lévinas (1905-1995), Gérard Bensussan (né en 1948), Bernard-Henri Lévy (né en 1948), Vincent Peillon (né en 1960), plaide pour une « messianité sans Messie », c’est-à-dire simplement pour un engagement en direction de la recherche de bonté et de la justice entre les êtres humains.
  • 19. Ignacio Ellacuría (1930 -1989), prêtre, philosophe et théologien jésuite basque espagnol naturalisé salvadorien. Études en Équateur, en Espagne et en Autriche. Disciple du philosophe basque Xavier Zubiri (1898-1983). Professeur et recteur à l'Université centre-américaine José Simeón Cañas (UCA) au San Salvador, qu’il conçoit comme un instru- ment au service de la libération du peuple salvadorien. . Il ne s'agit pas seulement de la libération de la douleur, de la mala- die ou du fétichisme, mais aussi de la libération de structures injustes comme le néo-esclavagisme, la domination politique, l'oppression psychologique et sociale. Dans un pays ravagé par la guerre civile, agit en faveur du dialogue entre le gouvernement et les insurgés. Assassiné par un commando de l'armée salvadorienne en nov. 1989 dans sa résidence avec 5 autres jésuites, leur femme de ménage et sa fille. « À vos ordres, mon capital ! » « L’option préférentielle pour la pauvres est une des caractéris- tiques de la véritable Église, du même ordre que celles que nous entendions autrefois par les termes "une, sainte, catholique et apostolique" ». « Vivre selon Dieu, c’est descendre de la croix les crucifiés. »
  • 20. Léon Van Hoorde (1931-1996), belge, Père Oblat de Marie Immaculée (OMI), cofondateur en 1958 avec le Père Aimé Robinet (OMI) et un couple bruxellois, les époux Vanderstraeten, de la Communauté de la Poudrière, à partir de rencontres entre des croyants et des clochards. Le projet prévoit de mettre en commun les vies de personnes en difficulté et d’autres qui ne le sont pas. Cela passe par des repas et un travail en commun. Le logement est dans un même lieu (62, rue de la Poudrière), mais avec des espaces privatifs. 5 objectifs : 1) présence dans un quartier déshérité; 2) amitié en vue d’un changement sociétal; 3) justice, partage des richesses; 4) espérance et utopie : “De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins” ; 5) le bonheur pour tous par la simplicité de vie 4 moyens : le travail, la vie simple, la mise en commun, la fidélité aux personnes et objectifs. La communauté comprend aujourd’hui 5 sites géographiques (Bruxelles, Anderlecht, Vilvorde, Peruwelz et Rummen).
  • 21. Charles Taylor Né en 1931, philosophe canadien. Professeur de science politique et de philosophie à l'Université McGill (Montréal) de 1961 à 1997. Sa réflexion se situe au carrefour de nombreux courants de pensée et disciplines : philosophie (politique, morale, de la religion), phénoménologie, herméneutique, anthropologie, sociologie, histoire. A le souci de mettre en dialogue les disciplines et de décloisonner les savoirs. Face à la tentation communautariste, défend l'universalisme, tant pour l'individu moderne que pour un peuple, une nation, une commu- nauté qui doit faire face au double enjeu d'éviter l'écueil du repli iden- titaire et de garder son originalité. Pour lui, la filiation chrétienne du "moi" moderne ne fait pas de doute. À ses yeux, la grande leçon cartésienne, le Cogito ergo sum (‘Je pense, donc je suis’) est une reformulation laïcisée du concept d’intériorité, qui est le grand apport d’Augustin d’Hippone à la conscience occidentale. Descartes, communément désigné comme le fondateur de la réflexion rationnelle, est donc aussi le continuateur d’Augustin.
  • 22. Charles Wackenheim Né en 1931, universitaire et théologien catholique français (frère de Gérard W., prêtre et écrivain, et de Michel W., prêtre et compositeur). Professeur à la faculté de théologie catholique de Strasbourg de 1962 à 1992. Ses recherches et ses publications concernent les rapports entre la confession de foi chrétienne et l'étude historique et sociale des religions. A consacré plusieurs travaux à l'analyse institutionnelle du fait chrétien dans la société contemporaine. « Silence et parole de Dieu s’expriment, certes, en termes de métaphore ou d’analogie, mais est-il plus pertinent de partir d’un Dieu qui parle ou, au contraire d’un Dieu dont ni la parole ni l’agir ne sont immédiatement perceptibles ? » C.W. « Au terme de son étude (Quand Dieu se tait), l’auteur constate que "la métaphore d’un Dieu qui parle suscite quantité d’interrogations et de difficultés", ce qui porte à se tourner vers la théologie négative qui invite l’homme à voir dans le silence de Dieu le chiffre de sa radicale altérité et à y répondre par un silence éloquent et adorant. (…) Le cœur même de la foi chrétienne est interpellé par l’expérience multiforme du silence de Dieu, mais cette expérience peut conduire à la découverte d’un Dieu humble et vulnérable, respectueux de l’autonomie de ses créatures. Kierkegaard priait : "Seigneur, ne nous laisse jamais oublier que tu nous parles aussi quand tu te tais". » M.-A. Houdart
  • 23. Anthony de Mello (1931-1987), prêtre jésuite indien, psychologue et psychothérapeute. Études à Bombay, Barcelone et Puna. Maîtrise de psychologie à Chicago, théologie à Rome. Vers 1970, s’intéresse aux maitres spirituels orientaux anciens et contemporains. En 1972, fonde l’Institut Sadhana. Sa recherche le conduit vers une liberté spirituelle toujours plus grande. Surprend, même parmi ses plus fidèles disciples. N’hésite pas à choquer ses auditeurs, surtout lorsqu’il estime qu’ils sont installés dans des traditions et attitudes religieuses acquises à jamais, et devenues immua- bles. Désencombré de structures, règles et traditions, cherche toujours plus ce qui est au cœur de toute personne. Découvre une vie de plus en plus simple et proche de la nature. Son œuvre est consacrée à la libération intérieure : ouvrages populaires de spiritualité, fables ou paraboles influencées par les spiritua- lités bouddhiste ou taoïste, traçant les voies d'une sagesse originale et pratique. La Congrégation pour la doctrine de la foi indique en 1998 que ses livres « ont été écrits dans un contexte multireligieux afin d'aider dans leur quête spirituelle les adeptes d'autres religions, les agnostiques et les athées, mais (ne sont) pas destinés à devenir des manuels d'instruction pour les catholiques dévoués à la doctrine chrétienne et à ses dogmes. »…
  • 24. Michael Lonsdale (1931-2020). Né d'une mère française et de son amant anglais, «enfant considéré comme une ‟honte” par sa famille », acteur français de cinéma et de théâtre. Enfance entre la France, l'Angleterre et le Maroc, découvre le théâtre en 1947. Dès 1956, multiplie les rôles au cinéma. En 1972, cofonde une compagnie de théâtre musical. Prête sa voix à la radio, à des lectures de textes littéraires et philosophiques. En 2011, remporte le César du meilleur second rôle masculin dans le film Des Hommes et des Dieux de Xavier Beauvois. Catholique engagé, marqué par Raymond Régamey, dominicain promoteur du renouveau de l’art religieux en France. Participe au mouvement pour le renouveau charismatique (L’Emmanuel), cofonde un groupe de prière, ‘Magnificat’, destiné aux artistes. « Dieu est si présent, si actif dans nos vies que tout est possible. À n’importe quel moment, à n’importe quel âge, qu’on soit riche ou pauvre, homme ou femme, pratiquant ou pas, bien portant ou malade, oui, tout est encore possible. »
  • 25. François Brune (1931-2019), prêtre catholique français, devenu orthodoxe à la fin de sa vie. Études de philosophie et de théologie à Paris, Tübingen en Rome. Auteur de nombreux ouvrages concernant la théologie, la spiritualité, les rapports entre la foi et la science, la vie après la mort et le paranormal en rapport avec la foi catholique. Devient orthodoxe à la fin de sa vie. Le monde spirituel selon lui se comprend bien à la lumière des principes de la physique quantique. Très hostile à la « théologie épou- vantable et désespérante » de saint Augustin sur les masses damnées, regrette que son influence ait été hypertrophiée en Occident au détriment des Pères grecs beaucoup plus proches selon lui du véritable christianisme. « Ma croyance en Dieu est très forte, mais ce n'est pas de l'ordre de la connaissance, tandis qu’avec tout ce que j'ai découvert peu à peu, vraiment la survie après la mort, c'est pour moi de l'ordre de la connaissance. » « Le plus scandaleux est le silence, le dédain, voire la censure exercée par la Science et l'Église à l'égard de la découverte sans conteste la plus extraordinaire de notre temps : l'après-vie existe et nous pouvons communiquer avec ceux que nous appelons les morts. »
  • 26. John Shelby Spong (1931-2021), théologien états-unien. Ex-évêque anglican du diocèse de Newark (New Jersey), universitaire, critique religieux et écrivain, auteur de 26 ouvrages. Disciple de Paul Tillich. Possède une grande culture en exégèse qui lui permet de relire la bible juive et la bible chrétienne d’une manière critique et non littérale. A intégré aussi depuis longtemps, dans sa manière de penser et de croire, les connai- ssances philosophiques et scientifiques modernes, notamment en astrophysique, en sciences de la vie et de l’homme. Pour lui, l’interprétation populaire et littérale des Écritures chré- tiennes ne correspond pas à l’exigence intellectuelle des hommes modernes. Une autre approche des Écritures, permise par l’érudition et la compassion, peut être cohérente à la fois vis-à-vis de la tradition chrétienne et de la compréhension moderne de l'univers. Le principal défaut de l’Église, selon lui, est son incapacité à adapter le langage biblique à son temps. L’homme est inévitablement appelé à s’affranchir de ses croyances infantilisantes, fut-ce au prix d’un chemin long et difficile, et ceci d’autant plus, dit-il, que "dans la confrontation entre la foi et la connaissance, la connaissance prend toujours le dessus". ../..
  • 27. John Shelby Spong Rejette par exemple les dogmes de la conception virginale et la résurrection de la chair de Jésus. « L'interprétation sacrificielle de la croix expiant les péchés du monde est une idée barbare et primitive provenant d'une compréhen- sion de Dieu qui doit être abandonnée. » « La prière ne peut pas être une série de requêtes adressées à une divinité céleste, pour lui demander d'intervenir de l'extérieur dans notre histoire humaine. » Considère « la résurrection non comme une réalité physique, mais comme la trace profonde laissée par Jésus dans le cœur de ses compagnons transformés par la nouvelle conscience qu’il leur avait donnée d’eux-mêmes. La résurrection est le symbole de cette réalité qui est d’être de Dieu et partie de son éternité ici et mainte- nant. »
  • 28. John Shelby Spong Dans Libérer les évangiles, développe le grand intérêt à lire les évangiles avec des lunettes juives, en s’appuyant sur les travaux de l’exégète anglais Michaël Goulder. Nous invite à approfondir notre culture juive afin de découvrir les trésors cachés dans les évangiles. Cette démarche porte un coup fatal à leur lecture littéraliste. De l’entrée de Jésus dans sa vie publique jusqu’à l’affirmation de la Résurrection, l’ensemble de l’ouvrage est une superbe illustration de la démarche midrashique. Ses livres ne s’adressent pas seulement aux Chrétiens à la recherche d’une foi croyable dans la culture de notre temps. Ils peuvent intéresser aussi toute personne sensible à une nouvelle vision du christianisme. A ordonné le premier prêtre masculin ouvertement gay de l’Église épiscopale états-unienne, s’est fait le champion du clergé féminin et de l’intégration des LGBT.* « Plus je vieillis, plus je crois profondément, et moins j’ai de croyances. » * LGBT : L pour lesbienne, G pour gay, B pour bisexuel, T pour transgenre, Q pour "Queen", personne qui ne se reconnaît pas dans la sexualité hétérosexuelle, ou ne se sent pas appartenir à un genre bien défini.
  • 29. Tomi Ungerer Jean-Thomas Ungerer (1931-2019), dessinateur, auteur et illustra- teur français alsacien, issu dune dynastie d’horlogers. Après l’annexion de l’Alsace par le 3ème Reich, « Français à la maison, Alsacien dans la rue, et Allemand à l’école ». De 1946 à 1955, fait le tour de France à vélo, puis voyage, notamment en Europe, en auto-stop ou à bord de cargos comme marin. S’installe à New York, rencontre l’éditrice Ursula Nordstrom (‘Harper & Row’). Publie Les trois brigands en 1961. La paix est un souci constant pour ce « pessimiste joyeux » qui dit « haïr la haine ». Ses dessins satiriques, publiés dans la presse états- unienne à partir des années 1950 pour dénoncer la guerre et toutes les formes d’intolérance, n’épargnent personne. Élevé dans un protestantisme rigoureux, longtemps proche du catholicisme. Prie tous les soirs, sans savoir exactement à qui il s’adresse. Simplement « pour remercier », exprimer sa « gratitude », malgré les douleurs passées. Chez lui, le désespoir, « essentiel à la création artistique », ne se traduit jamais en cynisme, mais se raconte en traits légers, aphorismes piquants, métaphores enlevées qu’il distille comme autant de maximes. « Si la vie est une vallée de larmes, autant apprendre tout de suite à nager ! »
  • 30. Jawdat* Saïd Né en 1931, Syrien, enseignant démis de ses fonctions. Un des premiers penseurs musulmans à introduire la notion de non-violence dans le monde islamique. Montre que dans le récit de Caïn et Abel, selon la mythologie adamique rapportée par le Coran, l’histoire n’a pas commencé par un meurtre, mais par un acte de non-violence. Prend clairement position dans le débat sur la question "Quels versets du Coran doivent abroger quels autres ? ". Ne retient pas la doctrine orthodoxe (les versets les plus récents abrogent les versets les plus anciens), mais plaide pour que les versets qui correspondent le mieux aux exigences de la justice abrogent ceux qui y correspondent le moins. Selon lui, les opprimés, par leur passivité, sont pour une large part responsables de l’oppression qu’ils subissent. Pour affirmer cela, se réfère à la sourate III, 165 : « Lorsqu’un malheur vous a atteints, (…) n’avez-vous pas dit : « D’où vient cela ? » Réponds : « Cela vient de vous ». « Ainsi, commente-t-il, le Coran est le seul livre qui réprimande la victime davantage que le persécuteur ». * Prononcer Jaodat Photo du bas : Caïn et Abel par Le Titien
  • 31. Roland et Marcelle de Jouvenel Roland de Jouvenel (1931-1946, photo du haut), fils de l’économiste et philosophe Bertrand de Jouvenel et de l'écrivaine et journaliste Marcelle Prat (1896-1971, photo du milieu). À plusieurs reprises, et dès l’âge de 4 ans, manifeste un don de précognition sur des décès, sur la guerre en Éthiopie, sur la future réconciliation franco-allemande, sur sa mort proche. Meurt de la thiphoïde en mai 1946, âgé de 14 ans. Quelque temps après, sa mère tente de mettre fin à ses jours en se jetant par la fenêtre, mais une main invisible la retient par l’épaule. Des phénomènes inexpliqués se succédant, elle ressent une présence autour d'elle. Sur les conseils d’une amie, elle expérimente l'écriture automatique (psychographie). Pendant des années, de 1946 à 1969, Marcelle de Jouvenel écrit, sous la dictée de son fils, des messages philosophiques et scientifiques qui intéresseront de grands esprits contemporains. Les messages ont été réunis en plusieurs petits volumes d'une très grande densité spirituelle, parfois sévères mais toujours bienveillants, s'efforçant de conduire sa mère (c'est-à-dire elle-même) mais aussi toute personne ayant perdu un être cher dans le progrès de la connaissance de Dieu. Les messages affirment que le monde n'est que vibrations et que les pensées et les sentiments agissent sur tout l'univers. La puissance de la pensée, sa capacité à se propager d'âme en âme d'où découlent les vagues d'opinion, l'efficacité de la prière sont des thèmes qui reviennent dans les messages attribués à Roland de Jouvenel.
  • 32. Jean-Claude Carrière Né en 1931, ancien élève de ‘l’École Normale Supérieure’, écrivain, historien, traducteur, scénariste, parolier et metteur en scène français, également acteur et … architecte de murets de pierres sèches. Ses points cardinaux sont la littérature, le cinéma, les étoiles et le bouddhisme. Spécialiste des hérésies de la religion chrétienne. « En ma qualité d'athée non polémiste*, je me suis toujours intéressé à l'histoire des religions. D’ailleurs, seuls les athées peuvent parler des religions de manière calme, paisible et neutre. Résumons : les religions ne nous disent évidemment rien sur les dieux qui n'existent pas. Mais elles nous disent beaucoup sur nous-mêmes, sur ce que nous avons cherché à mettre dans d'autres personnages que ceux que nous sommes, sur d'autres entités, sur d'autres dimensions, dans d'autres fééries. » « Les progrès de la science ne nous ont pas protégés contre le retour de la guerre des croyances. » « Ce dont on a besoin, ce n’est pas de la croyance, c’est de la connaissance. » * Cette précision ‟non polémiste” est importante. Elle explique qu’après hésitation, je n’aie pas fait figurer dans ce trombinoscope le philosophe Michel Onfray, auteur du Traité d’athéologie (2005) , homme d’une prodigieuse culture, mais très sélectif sur ses sources. É. Godinot.
  • 33. Michael Newton (1931-2020), hypnothérapeute états-unien. Master en hypnothéra- pie et doctorat en psychologie. Enseigne la psychologie dans des univer- sités américaines, tout en donnant des consultations. Spécialisé dans les régressions pour soigner les traumas. Au début de sa carrière, applique parfois l'hypnose sur ses patients afin de les guérir de graves blessures de l'enfance. Voyant que cela fonc- tionne correctement, entreprend progressivement de faire régresser ses patients de plus en plus loin, jusqu'à arriver à l'état de bébé, puis de fœtus dans le ventre de la mère. Avec cette technique, à sa plus grande stupé- faction, fait un jour régresser l'un de ses patients avant sa naissance et a eu la surprise de l'entendre expliquer qu'il observait ses futurs parents. Sans conviction religieuse particulière, s’intéresse alors aux questions de la survie de l’âme, de l’au-delà et des vies antérieures, du fait des récits troublants, sous hypnose, des patients qui l’ont sollicité pour trouver la guérison à des traumas ou des maux persistants. Ils révèlent des détails précis sur ce qu'ils ont ressenti et vu au moment de leur mort, et sur les êtres qui sont venus à leur rencontre pour les accompagner dans l'autre monde. Par la suite, consacre une quarantaine d’années de recherche à ces sujets. Ses livres deviennent des best-sellers. ../..
  • 34. Michael Newton Se passionne pour le thème de la réincarnation, et développe une technique de rappel des vies antérieures grâce à l’hypnose. Dresse un tableau de ce qui se passe "de l'autre-côté" entre deux incarnations. Affirme que le destin n'est pas aussi arbitraire qu'on le pense, et que chaque âme est amenée à choisir en fonction de critères très particuliers. Que la vie ne s'arrête pas à la mort et que notre âme décide, à un moment précis, de s’incarner dans un corps pour "expérimenter" la vie. Les témoignages portent sur le groupe d'âmes auquel on appartient entre deux incarnations, sur la manière dont les proches décédés essaient d'entrer en contact avec nous, sur notre vrai nom spirituel, ou notre nom "éternel", sur le Conseil des Anciens qui juge notre vie passée et nous guide pour choisir la nouvelle, sur la façon dont notre vocation professionnelle peut se manifester très tôt dans notre vie, sur la manière de transformer sa vie en prenant en compte l'aide de nos guides. Selon lui, les âmes peuvent se spécialiser dans différents types de travail dans le monde des esprits tout comme nous pouvons nous spécia- liser ici sur Terre avec nos carrières et nos passe-temps. Distingue des spécialités d’âmes : Guides enseignants, Maîtres des rêves, Rédempteurs d’âmes perdues, Maîtres restaurateurs, Gardiens de la neutralité, Mères incubatrices, Archivistes, Gardiens d’animaux, Directeurs musicaux, Gardiens de jeu, Explorateurs, Puéricultrices, Éthiciens, Harmonisateurs, Maîtres concepteurs, Maîtres du temps.
  • 35. Bernard Feillet (1932-2019), Français, prêtre catholique dissident, curé de la chapelle St Bernard à la Gare Montparnasse à Paris de 1969 à 1978, éditeur chez Desclée de Brouwer, chroniqueur à Panorama, écrivain, conférencier. Un des pionniers de la réflexion chrétienne contemporaine. Se situe dans la postérité de Marcel Légaut et la proximité avec Jean Sulivan. Refuse l’enfermement des Églises et affirme la nécessité de partir de l’homme pour aborder la question de Dieu. « Je suis un catholique de circonstance dans la mesure où je suis né dans une famille catholique. Mais ce qui m’intéresse, c’est la fracture que l’invention du christianisme a apportée dans l’histoire du monde. » « Je ne supporte pas la prétention des Églises à parler au nom de Dieu, sous son autorité. J’aime les tâtonnements, la souplesse, la fragilité. Je crois qu’il y a un avenir pour une religion humble ». ../..
  • 36. Bernard Feillet « Je me sens plus profondément croyant et j'ai de moins en moins de croyances. » « Si je dis que Jésus est Dieu, en quoi sa vie peut-elle concerner la mienne pour m'aider à me frayer un chemin vers le mystère de Dieu ? Mais si Jésus, comme tout homme, est rendu au jugement et à l'appréciation des hommes, je suis fasciné et éclairé par le peu que je sais de lui, comme homme de la fulgurance de l'Absolu, comme celui qui s'adresse à Dieu en l'appelant Père, par son message d'amour et de pardon, par la liberté de ses attitudes, par cette image de l'homme qui dépasse ce que je sais de l'homme.(…) La foi n’est pas tant de croire en Jésus que d’inventer ma foi singulière dans le dynamisme de la foi singulière de Jésus. » « Il est possible que les religions deviennent désuètes, que le sacerdoce recule, que l’humanité soit faite à l’avenir de moins de fidèles et davantage de spirituels. Alors la religion se métamorphosera, car aucune tradition religieuse ne saurait être aux dimensions de l’univers. Toutes les religions deviendront disponibles pour accompagner ceux qui leur en feraient la demande. »
  • 37. Bernard Feillet « La Bible est-elle pour vous l’expression de la Parole de Dieu, ou est-elle née de l’épreuve que constitue Son silence dans la conscience aiguisée d’un peuple à l’écoute ? » « De Jésus, (Marcel Légaut) disait : ‟ Il est de Dieu ” (…) Cela lui suffisait, et il ne lui était plus nécessaire d’entrer dans les débats (…) qui s’intitulent : création, révélation, incarnation, rédemption. » « Il n’y a pas une parole de Dieu adressée directement à l’homme, mais il se passe, à travers le long chemin de l’humanité vers sa maturité, une émergence d’une parole que l’homme attribue à Dieu, non pas parce que Dieu a parlé, mais parce que Dieu n’a rien dit. » « Je ne peux rien dire de Dieu qui ne soit pas inclus dans le récit de mon humanité et dans l’immense récit de l’humanité entière. Quand j’énonce le nom de Dieu, il s’agit toujours de l’homme; aussi est-il souvent plus juste de parler du "divin", ce devenir qui s’accomplit en moi et cette prophétie dont je suis le créateur. »
  • 38. Bernard Quelquejeu Né en 1932, dominicain français. École polytechnique, études de philosophie, puis de théologie aux facultés du Saulchoir. Docteur en philosophie, professeur d’anthropologie et d’éthique philosophi- ques à la Faculté de philosophie de ‘l’Institut catholique de Paris’ (1970-1997). Directeur de la Revue des sciences philosophiques et théologiques (1968-2001). Auteur de nombreuses publications en philosophie morale et politique, en particulier sur la non-violence. Membre du G3i (Groupe de travail Interculturel, International et Interconvictionnel), auteur de l’article de Wikipédia sur l’interconvic- tionnalité. « La conviction se situe entre la certitude, l’assurance inébran- lable, et la simple opinion. La conviction est une approbation acquise au terme d’un examen réfléchi, assez ferme pour justifier l’engage- ment pour une cause, mais n’excluant pas totalement toute trace de doute ou au moins la possibilité d’une remise en question. La conviction représente une forme élevée de la conscience. Elle suit une difficile ligne de crête entre le préjugé et le dogmatisme. » ../..
  • 39. Bernard Quelquejeu : l’interconvictionnalité Définit les stades successifs de l’acquisition d’une compétence interconvictionnelle : - ignorance de la différence convictionnelle : on n’imagine même pas que d’autres puissent croire différemment. Ex. : « Comment peut-on être persan ? » athée, homosexuel ? - déni des différences convictionnelles : si ces différences commencent à être pressenties ou entrevues, elles sont désavouées ou déniées. Ex. : Inquisition, révocation de l’édit de Nantes, internement psychiatrique des dissidents, etc. - dévalorisation des convictions d’autrui : attitude défensive, fréquente. La conviction différente ou opposée à la mienne est immédiatement interprétée comme un ‘écart’ vis-à-vis de la mienne, érigée en norme. Ex. : en politique. - minimisation des différences de conviction, considérées comme de peu d’importance et donc facilement mises à l’écart. Ex : vote à la majorité simple (50 % +1) plutôt qu’à la majorité qualifiée (ex. : 2/3) ou même au consensus. - reconnaissance mutuelle de la singularité des convictions. ../..
  • 40. Bernard Quelquejeu : l’interconvictionnalité La reconnaissance mutuelle de la singularité des convic- tions est animée par : * l’acquisition d’une certaine distance critique vis-à-vis de soi-même. * l’empathie qui permet à chacun de passer de sa propre perspective à celle de l’autre, des autres, * l’aptitude à conformer son agir à cette nouvelle compréhension. C’est l’accomplissement de cette attitude qui permet qu’elle soit appelée ‘interconvictionnelle’. Ex : Donner la parole et des postes à l’opposition au Conseil municipal ou au Parlement, accepter le contre-pouvoir syndical dans l’entreprise, mener des actions communes avec des personnes aux convictions différentes des nôtres, etc.
  • 41. Jacques Giri (1932-2021), ingénieur français, polytechnicien, ingénieur des Mines, concepteur de stratégies de développement, notamment pour les questions d’énergie et d’environnement, en Afrique et en Asie. Écrit pendant sa retraite un parcours de reconnaissance dans le maquis d’ouvrages et d’hypothèses sur Jésus de Nazareth, à la manière, dit-il, d’un "honnête homme" du Grand Siècle. « Plutarque nous apprend qu’Osiris est aussi descendu aux enfers et qu’il est ressuscité le troisième jour. » « Comme le fait remarquer Justin dans son Apologie rédigée au IIème siècle, la résurrection de Jésus n’a rien d’exceptionnel. Tous les héros grecs, écrit-il, sont morts, ils sont ressuscités et ils sont montés au ciel. » « Les progrès de la recherche historico-critique sur le Jésus historique dérangent certainement la vision traditionnelle des Églises et invitent à des révisions, peut-être déchirantes. Menacent-ils pour autant la foi et celle-ci n’est-elle pas affaire d’intime conviction plutôt que de recherche sur les origines ? En revanche, ils pourraient remettre en cause la prétention des monothéismes à posséder chacun la Vérité, une prétention qui a été et qui est toujours un facteur de grande violence dans le monde. »
  • 42. Hubert Reeves (1932-2023), astrophysicien, communicateur scientifique et écologiste québécois naturalisé français. Directeur de recherche au CNRS, consultant scientifique au ‘Commissariat à l’énergie atomique’ à Saclay. Coauteur en 1971 avec deux de ses étudiants d’un article fondamental concernant la nucléosynthèse stellaire. Préside la ‘Ligue ROC pour la préservation de la faune sauvage’, informe sur les dangers du réchauffement climatique et sur le risque du nucléaire militaire et civil, prône le végétarisme. « Dans un univers où tout change radicalement au cours du temps – les galaxies s’éloignent les unes des autres, le densité cosmique diminue, les étoiles naissent, vivent et meurent – quelque chose reste immuable : les lois de la nature. » « Je vois un pomme qui tombe. Pourquoi tombe-t-elle ? Explication habituelle : elle est attirée par la Terre. Mais pourquoi la Terre l’attire-t-elle ? Réponse de Newton : Parce que la masse de la Terre crée un champ de gravité qui provoque une attraction. Mais pourquoi la masse de la Terre engendre-t-elle une attraction ? Réponse d’Einstein : parce que la masse déforme l’espace. Mais pourquoi la messe déforme-t-elle l’espace ? On pourrait continuer ainsi longtemps. Toute nouvelle réponse entraînera forcément une nouvelle question. » ../..
  • 43. Hubert Reeves « Avec la physique quantique et au prix de l’abandon du déterminisme absolu, le monde des atomes entre dans le champ de la connaissance avec une très grande précision. Certaines propriétés des électrons, leur moment magnétique par exemple, sont connues avec une précision supérieure au milliardième. » « Dans le déroulement des ères sont apparus des êtres qui se font du souci pour les autres et s’inquiètent de leur sort. Ils offrent leur aide, c’est-à-dire posent des gestes altruistes. Les anthropologues sont généralement d’accord pour affirmer que ces gestes trouvent leur origine et leur place dans la logistique darwinienne. » « Grâce aux connaissance scientifiques, nous savons maintenant que le mot "pourriture", avec son association mortifère, doit laisser place au terme "recyclage". Celui-ci nous situe dans le contexte dynamique de la vie triomphante. Nous sommes des poussières d’étoiles infiniment recyclées. Cela suppose mourir : se dissoudre en molécules. (…) C’est la grande loi cosmique de la vie. » ../..
  • 44. Hubert Reeves « Entre les dogmes religieux et les certitudes athées, il y a de la place pour les spiritualités questionneuses. » « Je suis persuadé que nos vies jouent un rôle, même si je ne sais ni où ni lequel. Je ne crois pas que nous soyons "de trop". (…) Je cède à la croyance que mon savoir est une petite partie d’un vaste savoir intégré qui tisse la toile de la biosphère toute entière, la toile de la création. » « Cher enfant qui va naître ! Bientôt va débuter pour toi une merveilleuse et tragique expérience. Tu es le fruit d’une longue gestation qui se poursuit depuis près de 14 milliards d’années. (….) Tâche d’être à la hauteur de ta destinée. Ta vie y prendra son sens. Tu y trouveras ton bonheur ». « Le long sentier vers l’humanisation de l’humanité est éclairé par trois luminaires : le désir de comprendre (la science), de l’embellir (l’art) et d’aider les êtres vivants à vivre (l’empathie). »
  • 45. Jean-Jacques Sempé (1932-2022), dit Sempé, dessinateur humoriste français. Enfance "lugubre et un peu tragique". Petits boulots à partir de 14 ans, tout en dessinant. Dessins dans Sud-Ouest, puis dans journal belge Le Moustique, illustrateur de la série Le Petit Nicolas conçue avec René Goscinny. Dessins dans les grands hebdomadaires à partir de 1954, auteur de plus de 40 albums de dessins chez Denoël. Géant de l’art et de la poésie, sait capter le fond de la condition humaine avec humour, décalage et tendresse. Dans Quelques mystiques, se moque tendrement des travers des croyants. La mélancolie : « C’est la conscience profonde que nous ne sommes que de braves petits êtres en quête d’autre chose, mais qu’on ne saura jamais quoi. Et quand on le saura, ce sera grave. »
  • 46. André Paul Né en 1933, historien, théologien et exégète français, spécialiste de la Bible et du judaïsme ancien et rabbinique. Docteur en théologie, docteur ès lettres et diplômé en langues sémitiques (hébreu, éthiopien, syriaque, araméen). Études à Toulouse, Paris, Rome. Professeur à l’’Institut Catholique de Paris’, directeur littéraire aux éditions Desclée, chargé de conférences à l’EHESS, conférencier chez Clio. Directeur de l’édition scientifique française des manuscrits de la mer Morte, la Bibliothèque de Qumrân. Pour lui, le christianisme n’est pas une religion du livre (qu’est l’islam), ni une religion du texte (comme le judaïsme), mais une religion du culte. En exégèse, remet en cause un siècle de méthode historico- critique, récusant aussi bien la coupure entre le Jésus de l’Histoire et le Christ de la foi que l’entreprise associée de démythologisation de Rudolf Bultmann et de ses successeurs protestants ou catholiques. Dans la conclusion de son livre Jésus Christ, la rupture, propose qu’on puisse dire « l’immortelle leçon de Jésus-Christ sur la vie » « avec ou sans Dieu » et, « si c’est avec Dieu », pourquoi pas « avec aussi le Dieu des autres ».
  • 47. Jean Monbourquette (1933-2011), prêtre et psychologue canadien québécois, professeur agrégé de l’Université de l‘’Université Saint-Paul’ d'Ottawa. Se passionne pour les méthodes nouvelles (analyse transactionnelle, programmation neurolinguistique ou PNL , Gestalt-thérapie), mais aussi pour la pensée de Carl Gustav Jung. Un des premiers à avoir voulu relier l’approche psychologique et l’approche spirituelle. Ses recherches portent sur les rapports de la psychologie et de la spiritualité, notamment en ce qui concerne la dynamique du deuil, l'accompagnement des mourants, le processus psycho-spirituel du pardon, l'estime de soi et la mission personnelle dans la vie. Se spécialise dans la thérapie de couples, ainsi que dans le travail sur le deuil et le pardon, pour lequel il fonde des groupes de travail intitulés Aimer, perdre, grandir. ../..
  • 48. Jean Monbourquette « Dans la vie, chacun est appelé à découvrir la mission unique et personnelle qui donne un sens à toute son existence. Cette mission peut revêtir diverses formes, celle d’un idéal à poursuivre, d’un but à atteindre, d’un désir profond et persistant. Elle est une inclination intérieure inscrite au plus profond de soi que les contraintes sociales nous empêchent trop souvent de respecter. » « Libéré de ses liens fusionnels avec la personne aimée, l’endeuillé sera amené à faire l’expérience de nouveaux liens avec le défunt sans pourtant l’oublier. La douleur occasionnée par l’absence de la personne aimée disparaîtra et l’endeuillé se sentira habité d’une nouvelle présence du cher défunt, présence mystérieuse, subtile et spirituelle, mais non moins réelle que la présence physique. »
  • 49. André Gounelle Né en 1933, pasteur français, théologien et professeur de théologie à la ‘Faculté de théologie protestante de Montpellier’. Spécialiste de la pensée du philosophe Paul Tillich, et théologien très actif du protestantisme libéral francophone. Préside la revue Évangile et Liberté, publiée par le courant du protestantisme libéral français, collabore à la revue Théolib. Au sein de l'International Association for Religious Freedom, est impliqué dans le dialogue avec les bouddhistes et des shintoïstes, et donne plusieurs conférences dans le cadre des ‘Amitiés judéo- chrétiennes’. « Je crois que Dieu se rend présent et agit en Jésus de Nazareth, qu’il me rencontre et me parle à travers lui, mais pas que Jésus soit Dieu. Si, pour moi, il y a du divin en Jésus, il n’est pas lui- même divin ; il est uniquement - mais exemplairement - humain. Beaucoup estiment que cette conviction va contre l’enseignement évangélique et contre la doctrine généralement admise par les chrétiens. Cette objection ne me paraît pas fondée ; à mon sens, aussi bien le Nouveau Testament que les grands Conciles sont beaucoup plus complexes, nuancés et indécis sur ce point qu’on ne le pense souvent. »
  • 50. André Gounelle « Selon la thèse de l’expiation substitutive, Dieu nous sauve parce que Jésus lui offre sa vie. Pour la théologie du Process, Dieu nous sauve malgré la Croix, en dépit du crime qu’elle constitue. La Croix n’entre pas dans une froide logique que Dieu ferait respecter. Elle s’insère dans un drame, celui de l’opposition des êtres humains à la parole divine. » « Si Dieu est le dynamisme qui fait sans cesse surgir du nouveau, il s’ensuit qu'il n'est pas parfait, car la perfection implique l'immobilité. » « La violence fait partie de la vie, de l’humaine comme de la divine, de la terrestre aussi bien que de l’éternelle, de la cosmique tout autant que de la spirituelle. (…) La paix et l’harmonie sont toujours à inventer, à construire, à cultiver. Elles demandent effort, combat, engagement. Elles n’arrivent pas parce qu’on a supprimé les motifs de désaccord, mais parce qu’on a appris à les gérer autrement que par la violence. »
  • 51. Richard Bergeron (1933-2014), théologien canadien. Professeur de théologie à l'univer- sité de Montréal pendant plus de 25 ans. Fondateur et président du Conseil d'administration du ‘Centre d'information sur les nouvelles religions’ (CINR). Auteur d’une vingtaine de volumes traitant de spiritualité. Dans son ouvrage Hors de l'Église plein de salut - Pour une théologie dialogale et une spiritualité interreligieuse (2005), et à partir de l'histoire du christianisme et de sa propre expérience du pluralisme, réfléchit de manière claire et courageuse à certaines exigences fondamentales pour l'ouverture de pistes sérieuses conduisant à une théologie dialogale. Montre que l’identité chrétienne n’a jamais été une réalité figée : bien au contraire, elle a toujours été encline à l’interculturalité et à l’inculturation. Développe la notion d’"amour d’altérité" : dans nos contextes plurireligieux, nous sommes dorénavant appelés à abandonner la voie où nous considé- rons l’autre comme « un même qui s’ignore » pour emprunter celle d’une nouvelle tolérance basée sur le respect et le désir de la rencontre. La théo- logie des religions se centrera sur l’être humain. « Passer de la complémentarité interreligieuse, qui met l’accent sur l’incomplétude des religions, à la réciprocité qui reconnaît d’emblée que les religions sont des totalités à rencontrer et non des vides à combler. »
  • 52. Armand Abécassis Né en 1933, écrivain français d'origine marocaine et juive séfarade. Docteur en philosophie, professeur de philosophie générale et comparée à l'université Michel-de-Montaigne (Bordeaux III). Président de l'Institut universitaire européen Rachi (de Troyes), directeur du ‘Centre des Études juives’ et spécialiste de pensée juive. Peint Jésus qu'il s'est incarné en naissant juif, dans un pays, dans une culture et dans un peuple : un rabbi qui fréquentait les synagogues, connaissait l'hébreu et l'araméen, citait la Loi et les prophètes, mangeait avec les pharisiens, enseignait la Torah, mais discutait et critiquait les conceptions religieuses de son temps. « La religion chrétienne a réinterprété et enrichi l'enseignement juif de Jésus de conceptions christiques respectables mais étrangères à l'esprit de la tradition qu'il avait reçue et dont il a quotidiennement témoigné .(…) Jésus ne s'est jamais senti comme les dogmes de la christologie le présentent et ne l'a jamais dit. » Ce livre est un essai de retrouver le Jésus juif vivant dans ce bouillonnement culturel marqué par la littérature rabbinique avant que la théologie de l'Église n'en fasse le fils de Dieu, l'Oint, le Messie porteur du salut universel. »
  • 53. Sulak Sivaraksa Né en 1933, bouddhiste thaïlandais, militant dans les domaines du social, de l’écologie et des droits humains. Études en Angleterre. Fonde en 1963 la Revue des Sciences Sociales, joue un rôle important dans la prise de conscience du mouvement étudiant qui conduit au renversement du régime militaire en 1973. Fondateur, avec le Dalaï Lama et Thich Nhat Hahn, de l’International Network of Engaged Buddhists - INEB (Réseau international des bouddhistes engagés) et du mouvement Spirit in Education Movement - SEM. Ses principes sont l’écologie, le rejet de la consommation excessive à l'occidentale et la mise en avant de la dimension spirituelle de la vie humaine. Prix Nobel alternatif en 1996. « Le bouddhiste engagé doit interpeller son gouvernement et exiger de ce dernier qu’il ne consacre pas une part de son budget à l’armement, qu’il supprime la peine de mort. Quant aux produits toxiques, ils doivent englober toute forme d’idéologie et la publicité. Et même le bouddhisme si cela vous empêche de réfléchir ! »
  • 54. Guy de Longeaux Français né en 1933. Sociologue en agence d'urbanisme, puis cadre ressources humaines en entreprise, puis enseignant à l‘’Institut Catholique de Paris’, enfin chercheur à l‘’École Pratique des Hautes Études’ (Sorbonne). « En appelant Dieu son “Père”, Jésus signifie qu’il se sent particulièrement proche de lui, et même son intime, lui, “Fils de l’homme”, tout en associant tous les hommes à cette intimité lorsqu’il les invite à dire “Notre Père”. Le “Fils de l’homme” est une figure biblique évoquant un humain promis par Dieu à un destin privilégié le faisant finalement triompher du mal auquel il serait affronté. » « Lorsqu’il parlait de la destruction du Temple, il ne s’agissait pas du temple de pierre, mais de la pratique religieuse légaliste qu’il repré- sentait. » « La spiritualité ne se situe pas dans le surnaturel, mais dans les relations interpersonnelles. »
  • 55. Jean-Claude Barreau Né en 1933 d'une mère de culture juive et d'un père anticlérical de souche catholique. Officier, prêtre ouvrier, conseiller politique de François Mitterrand, président de ‘l’Office des Migrations Internatio- nales’ puis de ‘l’Institut National d’Etudes démographiques’, conseiller de Charles Pasqua, éditeur, journaliste, essayiste. Ses écrits se caractérisent par un souci d'éveil des consciences. Milite contre les dérives néolibérales du capitalisme. Affirme que « la religion est le propre de l'homme », édicte les critères d’une « bonne religion » : ouverture (tolérance et dialogue), possibilité donnée aux croyants de porter sur leur hiérarchie un regard critique ou même de plaisanter sur leur foi, action (la religion doit se vivre au présent). Confessant son recours à une transcendance personnelle, fait le pari du « sens contre le non-sens ». Appelle une éthique nouvelle où la laïcité et la transcendance ne s'excluent plus. « Être croyant, c’est d’abord avoir une raison de vivre et de lutter aujourd’hui, et non attendre les bienfaits futurs d’un hypothétique paradis. »
  • 56. Tahseen Said Ali Beg (1933-2019), chef héréditaire (Mīr ou Prince) du peuple yézidi. N’a que 11 ans lorsqu’il succède à son père à la fonction de "Prince des Yézidis en Irak et dans le monde". Emprisonné sous le régime irakien dans les années 1960, rejoint la révolution kurde Aylul contre le gouver- nement irakien en 1970. Survit à 2 tentatives d'assassinat en 1992 et 2003. Œuvre pour la coexistence pacifique en Irak et dans la région du Kurdistan. Les Yézidis sont une communauté kurdophone adepte d’un monothéisme dépourvu de livre sacré et vénérant notamment 7 anges, dont le principal est l’Ange Paon. Leur religion, empreinte de syncré- tisme, leur a valu de multiples persécutions par les extrémistes, qui les considèrent comme des adorateurs de Satan. Leurs souffrances atteignent un point culminant à partir de 2014, quand les djihadistes de ‘Daech’ envahissent le Sinjar, berceau des Yézidis, dans le nord monta- gneux de l’Irak, et tuent en masse les hommes de la communauté, embrigadent les enfants et réduisent les femmes en esclavage sexuel. Plus de 3 000 Yézidis meurent et près de 7 000 sont enlevés. Les Yézidis sont des gens « pacifiques, qui reconnaissent tous les principes et valeurs humanitaires et respectent de toutes les religions. (…) Avec votre aide, peut-être reviendrons-nous sur nos terres. » Photo du bas : l'archange yézidi Taous Malek
  • 57. Benoît Billot Français né en 1933. Études supérieures de biologie végétale, ex- horticulteur, moine bénédictin du prieuré Saint-Benoît d'Etiolles (91). Découvre le bouddhisme zen lors d’un voyage au Japon. En 1989, après un parcours de psychanalyse et de psychothérapie, fonde ‘La Maison de Tobie’, association qui promeut la vie spirituelle en rapport avec le corps, le psychisme et la rencontre des autres religions, lieu d'intériorisation et de guérison. Affirme la sagesse du corps, la prévalence de l’expérience sur le dogme, la relativisation des représentations de Dieu, met en avant le silence, l’ouverture, l’importance de l’instant présent. « Avec le bouddhisme zen, j’ai rencontré l’apophatisme, l’affirma- tion que toutes les définitions de Dieu sont inexactes. » « Le dialogue interreligieux est une urgence pour que les portes et les fenêtres des différentes religions ne se referment pas ».
  • 58. Jean Soler (1933-2019), écrivain, théologien et philosophe français. Agrégation de lettres à la Sorbonne, enseignant en lettres classiques, puis carrière dans le milieu diplomatique et culturel*. Se consacre ensuite à la rédaction d’ouvrages qui bouleversent notre connaissance de la Bible et déchiffrent les origines de la croyance en un Dieu unique. Dans Qui est Dieu ? (2012), dénonce la confusion courante entre le monothéisme, la croyance en un Dieu unique universel, et la monolâtrie, le culte rendu à un dieu de préférence aux autres. Explique le passage de celle-ci à celui-là par la pression des circonstances historiques et pourquoi, selon lui, le monothéisme incline à la violence, comme on l'a vu avec les croisades, l'Inquisition ou les guerres de religion, et comme on le voit de nos jours avec les conflits du Moyen-Orient. Suppose une influence, indirecte mais bien réelle, de l'idéologie monothéiste sur le nazisme et le communisme, ces deux fléaux du siècle passé. « L'idée de résurrection est empruntée aux Perses, elle apparaît au IIe siècle avant J.-C. Celle de l'immortalité de l'âme, absente de la Bible hébraïque, est empruntée aux Grecs.» « Les civilisations polythéistes ignorent, par nature, l’intolérance religieuse. » * Directeur du ‘Centre de civilisation française et d'études francophones’ à l’université de Varsovie, conseiller culturel et scientifique à l’ambassade de France en Israël, en Iran et en Belgique. Directeur régional des Affaires culturelles pour la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, puis secrétaire général du ‘’Conseil national des langues et des cultures régionales’.
  • 59. Albert Nolan Né en 1934, Sud-Africain issu d’ascendants anglais, prêtre catholique dominicain, docteur en théologie. Élu en 1983 Maître de l'Ordre des prêcheurs, engagé contre l’apartheid, refuse le poste qui aurait signifié le transfert au siège de Rome de son ordre, préférant rester en Afrique du Sud pendant cette décennie de transition politique et sociale intense. Situant les textes évangéliques dans ce cadre culturel, cherche des connexions, des indices et des contradictions qui peuvent éclairer un Jésus dépouillé de toute l’aura dans laquelle la croyance chrétienne l'a revêtu. « La foi n’est pas l’adhésion aux ingrédients d’un Credo. La foi en Jésus n'est pas une manière de penser ou de parler, c'est un mode de vie. Il s'identifie à toutes les personnes et commence par la compas- sion pour tous. (…) Notre tâche n’est pas de théoriser sur lui, mais d’agir selon son exemple dans notre temps et dans les circonstances qui sont les nôtres.»
  • 60. Philippe Warnier (1934-2001), Français, commissaire national "Route" (jeunes adultes) des ‘Scouts de France’, journaliste à La Croix et à Témoignage Chrétien. Auteur d’une étude sur les communautés de base (1973), fait partie d’une communauté à Juvisy. Directeur de la revue Prier. Animateur national du mouvement ‘La Vie Nouvelle’ créé par Emmanuel Mounier, membre du ‘Parti Socialiste’. Diacre dans l’Église catholique à partir de 1990. Lance avec d’autres en mai 1987 un "appel pour un débat sur l’action non-violente", signé par un groupe de Catholiques et de Protes- tants. Durant deux années, des dizaines de groupes, des centaines de personnes participent à l’élaboration collective du texte Lutter autrement (1989). Cette première prise de position chrétienne consacrée totalement et spécifiquement à l’action non-violente est signée par 13 évêques, de nombreuses personnalités, et 18 mouvements, communautés ou ordres religieux.
  • 61. Paul Blanquart (1934-2023), dominicain, philosophe et sociologue français. Thèse sur "Prophétisme et contemporanéité". Pro-indépendance pendant son service militaire en Algérie. Pour réconcilier marxisme, engagement révo- lutionnaire et christianisme, intervient à Cuba et au Mali. Professeur à l’Institut Catholique de Paris, puis à l’université de Paris XII. Cofondateur et rédacteur en chef de Politique Hebdo et de La gueule ouverte. Dirige le ‘Centre de création industrielle’ au Centre Beaubourg. Accompagne des mouvements d’éducation populaire (MRJC, JEC, CEMEA), consultant indépendant, forme des « coopérateurs de démocratie sociale ». « C’est sous l’influence d’un mouvement, alors puissant, de laïcs chrétiens socialistes qu’en 1848 fut reconnu le statut de principe constitutionnel au 3ème terme de la devise républicaine : fraternité. En fidélité à ce principe, (…) ce pays pourrait (…) devenir laboratoire d’un avenir vivant pour l’humanité et pour la planète. » « La planète a besoin, pour ne pas mourir et pour se recomposer, de refaire l’unité de ses différents constituants. Donc d’humains qui, au lieu de détruire la nature par la technique et de se faire avaler à leur tour par elle, font se coupler l’humain et le non-humain, que celui-ci soit végétal ou animal ou bien artificiel. Cette œuvre, culturelle et écologique, est de la responsabilité de tous. »
  • 62. Paul Blanquart « L’homme de Nazareth, il aime, il partage, il est pour les pauvres, c’est éminemment subversif par rapport au système dominant où il y a les maîtres, les gens "d’en haut" par rapport au gens "d’en bas". » « Dans l’expérience que j’ai faite toute ma vie, les catholiques officiels considéraient que j’étais athée, et les marxistes considéraient que j’étais chrétien. (…) Finalement, le marxisme est très fort dans l’analyse critique du capitalisme, mais ne nous donne pas les moyens d’en sortir. » « Le christianisme a à voir avec une transformation de la société et une compréhension fraternelle de la foi. » « L’existence métaphysique de Dieu et l’immortalité de l’âme ne font pas partie de ma foi. (..) Je ne me suis jamais dit théologien de la libération. Je me suis dit et je me dis toujours chrétien de la libération. » « "L’entre autres" est inséparablement local, régional, national, planétaire. C’est à chaque échelon que doit fonctionner la citoyenneté, c’est-à-dire "égaux et différents". » « J’espère être contemporain de la suite : du bon humus pour que la vie renaisse sans cesse . Dans la terre, tous les âges s’entremêlent. » Image : logo de la ‘Fondation Un monde par tous’ dont PB était Secrétaire.
  • 63. Charles Juliet Né en 1934, écrivain français. Sa mère biologique étant internée dans un hôpital psychiatrique, est placé à l'âge de 3 mois dans une famille de paysans suisses qu'il ne quittera plus. Enfant de troupe, abandonne ses études de médecine pour se consacrer exclusivement à l'écriture. Son long travail autobiographique d’élucidation intérieure le mène d’une profonde souffrance à une sereine lumière. Son œuvre est "transformante" pour celui qui la côtoie. Le jugement n’a pas sa place dans ces livres qui accueillent, au contraire, la fragilité, la souf- france, l’espoir de l’autre. « En dehors de toute croyance religieuse, ce mot (spirituel) désigne pour moi : – l’aventure de la connaissance de soi, – la mutation de la naissance à soi-même, – l’observance d’une éthique, – le besoin de s’élever, de faire grandir le meilleur de soi. » « Le sens de la vie n’est pas à chercher. Il s’impose comme une évidence quand nous comprenons qu’au long de notre vie nous aurons à travailler sur nous-mêmes, pour nous amender, développer notre humanité, devenir humbles, devenir bons, consentir à la nécessité d’aimer et autrui et le monde. Il n’y a pas d’autre chemin que d’aller dans le sens de la vie. De la faire s’épanouir. Se répandre. » ■