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12 – La mémoire des guerres
12. g - La guerre franco-
allemande de 1870-1871
Étienne Godinot 25.04.2024
Rappel - La mémoire de guerres
jusqu’à la fin du 19ème siècle
Sommaire
1 - La mémoire de la guerre de Cent Ans (1337-1453)
2 - La mémoire de la guerre de Trente ans (1618-1648)
2 - La mémoire des guerres de Louis XIV (1635-1714)
3 - La mémoire de la guerre de Vendée (1793-1796)
4 - La mémoire des guerres de Napoléon (1805-1815)
5 - La mémoire de la guerre franco-prussienne (1870-1871)
La mémoire
de la guerre franco-allemande de 1870-71
Sommaire
Historique de la guerre franco-prussienne
Le déclenchement de la guerre
Les forces en présence
Premiers combats
La victoire allemande
Le siège et la Commune de Paris
Bilan de la guerre
Mémoire de la guerre de 1870-71
Musées
Monuments et statues
Peinture
Littérature
Chansons
Livres et revues, BD, jeux
Films
Documentaires
1 - La guerre franco-allemande de 1870-71
Historique
Déclenchée à la suite d’un démêlé diplomatique mineur, cette
guerre est considérée par Otto von Bismarck, Premier ministre
prussien - qui fait tout pour qu'elle advienne -, comme une consé-
quence de la défaite prussienne lors des batailles d'Iéna et Auertaedt
en 1806 contre l'Empire français.
Forts de cette victoire, les États allemands s’unissent en un
Empire allemand, proclamé au château de Versailles, le 18 janvier
1871.
Images :
- Les soldats français. Leur pantalon garance, couleur rouge sang, est tellement visible sur
les champs de bataille que l'ennemi ne peut pas le rater. Il provoque la mort de milliers de
soldats.
- Le traité de Francfort
La guerre franco-allemande de juillet 1870 à janvier 1871
oppose la France à une coalition d'États allemands dirigée par la
Prusse et comprenant les 21 autres États membres de la
confédération de l'Allemagne du Nord ainsi que le royaume de
Bavière, celui de Wurtemberg et le grand-duché de Bade.
Le déclenchement de la guerre
L'élément déclencheur du conflit est un démêlé diplomatique :
pour provoquer les Français, Bismarck pousse le cousin du roi de Prusse,
le prince Léopold de Hohenzollern-Sigmaringen, à se porter candidat au
trône vacant d'Espagne. Les Cortès espagnoles acceptent.
Par l’intermédiaire de son ambassadeur à Berlin, le comte Vincent
Benedetti, la France demande le retrait de cette candidature au roi de
Prusse Guillaume Ier en cure à Bad Ems. Le prince retire sa candidature
et Guillaume Ier rassure l'ambassadeur.
Mais le chancelier Bismarck, sachant que l'armée française n'est
pas prête,* envoie le 13 juillet 1870 aux chancelleries un télégramme, la
"dépê-che d’Ems", dans lequel il fait croire que l'ambassadeur de France
a été congédié de manière humiliante par le roi de Prusse.
* Grâce au baron von Werther, l'ambassadeur de Prusse à Paris, Bismarck connaît les
sentiments bellicistes d'une partie de la presse française, dont il va jouer. Il sait aussi que l’armée
française est démoralisée par le désastre de l'expédition au Mexique (1861 à 1867) destinée à
mettre en place au Mexique un régime favorable aux intérêts français.
Images :
- Otto von Bismarck (1815-1898), Chancelier de 1867 à 1890. Devenu ministre-président de
Prusse en 1862, il promet, dans son premier discours au Landtag, de parvenir à l’unité allemande :
« Ce n’est pas par des discours et des votes de majorité que les grandes questions de notre
époque seront résolues, mais par le fer et par le sang. »
- Napoléon III (1808-1873), Président de la République (1848-1852) puis Empereur (1852-1870).
Suite à la défaite de 1870 et à la proclamation de la République, le souverain déchu s'exile à
Chislehurst, en Angleterre.
Bellicisme et inconscience
Bismarck espère que les Français se sentiront outragés (« Ce
texte fera sur le taureau gaulois l'effet d'un chiffon rouge ») et qu’ils
déclareront la guerre à la Prusse.
Le 15 juillet 1870, lors du vote de la mobilisation et des crédits
de guerre, au doute de Thiers qui affirme : « Vous n’êtes pas prêts », le
maréchal Edmond Leboeuf, ministre de la Guerre et major général de
l’armée, répond « « Nous sommes prêts et archi-prêts, il ne manque
pas à notre armée un bouton de guêtre. (…) De Paris à Berlin, ce serait
une promenade la canne à la main. »
La chanson d’Antonin Louis Ces beaux Prussiens résume l’état d’esprit
d’une bonne partie de la classe politique et de la population françaises :
« Prussiens ! vous fuirez, battant la retraite,
devant nos drapeaux
et nos Chassepot,
Oui, notre aigle altier qui n’a qu’une tête
S’ra victorieux,
Et pourtant le vôtre en a deux !
Refrain Zim la la, zim la la, les beaux militaires,
Zim la la, zim la la, que ces Prussiens-là ! »
Images :
- Edmond Leboeuf (1809-1888), Ministre de la Guerre et major général de l’armée
- Antoine-Magdeleine Louis, dit Antonin Louis (1845-1915), chansonnier et compositeur
Débats au Palais Bourbon
Des maladresses politiques de l'empereur Napoléon III vis-à-vis
d'autres pays européens isolent la France, mais le régime, soutenu par
l'opinion publique, pousse à la confrontation avec la Prusse, autant pour
se défaire d'un rival dangereux que pour agrandir le territoire national.
Au Palais Bourbon, la commission chargée de statuer sur les
suites à donner à la dépêche d’Ems demande à Émile Ollivier, chef du
gouvernement, sur quels alliés la France pouvait compter en temps de
guerre. Celui-ci joue la carte du secret d’État pour faire silence.
Un député conservateur, Jules Jacquot d’Andelarre, résume cette
séance en disant : « C’est ainsi qu’une Chambre fut amenée à voter une
guerre terrible, sans armée, sans allié, sans raison, sans prétexte, ainsi
que nous le savions bien, lorsque nous demandions, sans nous lasser, la
communication des pièces qu’on nous refusait impitoyablement ».
Images :
- Émile Ollivier (1825-1913), chef du gouvernement de Napoléon III. Bien que personnelle-
ment favorable à la paix, il se laisse dépasser par le ministre des Affaires étrangères Gramont et
par les partisans de la guerre. À la suite de la dépêche d'Ems (13 juillet), et sous la pression
populaire, il annonce, le 17 juillet 1870 devant le Corps législatif, la déclaration de guerre à la
Prusse, disant maladroitement « Cette guerre, nous la déclarons d’un cœur léger »
- Antoine Alfred Agénor de Gramont (1819-1880), ministre des Affaires étrangères, pousse
Napoléon III à la guerre
La déclaration de guerre
Le 19 juillet 1870, poussé par son ministre des Affaires
étrangères, le duc Antoine de Gramont, partisan d'une politique
belliciste, Napoléon III déclare la guerre au royaume de Prusse.
‘L'Association internationale des travailleurs’ ("L’Internatio-
nale") dénonce cette guerre : « Une fois encore, sous prétexte
d'équilibre européen, d'honneur national, des ambitions politiques
menacent la paix du monde. Travailleurs français, allemands,
espagnols, que nos voix s'unissent dans un cri de réprobation contre
la guerre ! (…) La guerre ne peut être aux yeux des travailleurs
qu'une criminelle absurdité ».
Images :
- Déclaration de la guerre : proclamation de l’empereur au peuple français
- Premier congrès de l’Internationale en septembre 1864 au Saint-Martin's Hall à Londres
Les forces en présence
Les troupes françaises sont mal préparées, moins nombreuses
(265 000 contre 800 000, bien plus qu'auguré dans les états-majors
français car la Prusse réussit à s'allier avec le grand duché de Bade, le
royaume de Wurtemberg et celui de Bavière) et manquent d'une stra-
tégie militaire concertée. La mobilisation terminée, les troupes françaises
comptent 900 000 soldats contre 1 200 000 soldats prussiens et alle-
mands.
Les troupes allemandes ont une expérience récente et victo-
rieuse du feu (avec les conflits contre le Danemark en 1864* et l'Autriche
en 1866 **), une artillerie lourde et une excellente formation. Le ministre
de la Guerre, Albrecht von Roon, a rendu en 1859 le service militaire
obligatoire et universel pour une durée de 3 ans et créé une armée terri-
toriale pour les hommes de 18 à 45 ans, la Landwehr.
* La guerre des Duchés, de janv. à oct. 1864, oppose la Prusse et l'Autriche au Dane-
mark pour la possession des duchés de Schleswig, de Holstein et de Lauenburg, sur lesquels le
roi de Danemark régnait en tant que duc. Les Danois sont battus à Dybbol. Le Holstein est donné
à l'Autriche. Mais, sous prétexte que l'Autriche administre mal cette province, Bismarck la fait
envahir en juin 1866. C'est le début de la guerre austro-prussienne.
**Juillet 1866 : Bataille de Sadowa (ou Königgrätz), grande victoire du général prussien
Helmuth von Moltke, mais aussi victoire de la dynastie prussienne des Hohenzollern (protes-
tants) contre la dynastie autrichienne des Habsbourg (catholiques).
Images :
- Uniformes et équipements des soldats français et allemands
- Victoire des Prussiens contre les Danois à Dybbol ( 2 avril 1864)
- Victoire des Prussiens contre les Autrichiens à Sadowa (3 juillet 1866)
Les premiers combats
Marqué par les innovations techniques concernant le feu,
qui permet un tir plus rapide*, et le déclin important de la place
de la cavalerie, le conflit tourne rapidement à l'avantage des Allemands.
Le 4 août, ils infligent aux Français la défaite de Wissembourg et,
le 6 août, celle de Froeschwiller-Woerth au cours de laquelle les
cuirassiers français, chargés de couvrir le retrait de l'armée française,
sont écrasés lors de la charge de Reichshoffen : la cavalerie est
écrasée par le feu.
* Les soldats français sont équipés de fusils Chassepot avec munitions de 11 mm offrant
une portée de 600 mètres. Ce sont à ces fusils, particulièrement puissants, que la France doit
plus de 80 % des pertes ennemies. L'armée prussienne et allemande, quant à elle, est munie
de fusils Dreyse, moins puissants et moins précis.
Toutefois, leurs 16 corps d'armées, regroupés en 40 divisions de cavalerie et d'infanterie,
mieux organisés et mieux entraînés, permettent la victoire rapide de la Prusse et de l'Allemagne
malgré un armement plus faible.
Fusil Chassepot Fusil Dreyse
Images en bas à droite :
- Le canon à balles de Reffye, sorti des ateliers de Meudon en 1866, est une mitrailleuse, qui
tire jusqu’à 100 coups à la minute. Il est redoutable, mais le secret qui a couvert sa fabrication
fait que peu d’officiers ont été formés à son utilisation …
- La charge de Reichshoffen : les cuirassiers français sont fauchés par l’artillerie prussienne.
La victoire allemande
Alors que cette défaite oblige le général Mac Mahon à abandonner
l’Alsace aux Allemands, les Français sont aussi vaincus en Lorraine, à Forbach-
Spicheren. Les deux défaites simultanées du 6 août détruisent le prestige
militaire de la France et achèvent de convaincre Autrichiens et Italiens de ne
surtout pas entrer en guerre à ses côtés.
Le 18 août, la bataille de Saint-Privat-la-Montagne (ou de Gravelotte,
selon l’appellation internationale) se solde par une défaite française.
Le maréchal Bazaine est assiégé dans Metz à partir du 20 août 1870.
Le 2 septembre 1870, encerclé à Sedan, après une défense héroïque
des troupes de marine à Bazeilles, Napoléon III capitule avec 39 généraux, et
104 000 soldats. 509 000 combattants français sont faits prisonniers, dont
420 000 détenus en Allemagne, 4 000 en Belgique et 85 000 en Suisse.
Images :
- Tableau Le Cimetière de Saint-Privat par Alphonse de Neuville. D'une pluie drue, l'on dit encore en
France : « Ça tombe comme à Gravelotte ! », rappelant les tirs très nourris des deux armées pendant la
bataille de Saint-Privat-Gravelotte
- La défaite de Sedan
- François Achille Bazaine (1811-1888), général de division et maréchal de France. Accusé d’avoir
failli à sa tâche de commandant en chef de l'armée du Rhin et d’avoir ainsi contribué à la défaite française,
il est traduit en Conseil de Guerre en septembre 1873 et condamné à mort. Sur les instances du jury qui
vient de le condamner, le Président de la République Mac Mahon commue sa peine en 20 ans de
détention. Il s’évade du Fort royal de l'île Sainte-Marguerite, au large de Cannes, et se réfugie en
Espagne.
La proclamation de l’Empire allemand
à Versailles
Le 16 décembre 1870, une délégation du Parlement
de l’Allemagne du Nord demande à Versailles au roi de Prusse
Guillaume Ier d’accepter le titre d’empereur d’Allemagne.
La proclamation de l’Empire allemand a lieu 18 janvier 1871 dans la
galerie des Glaces à Versailles.
Un autel est établi, au centre, pour la cérémonie religieuse. Une
estrade a été installée du côté du salon de la Guerre, à l’opposé de
l’emplacement du trône de Louis XIV. 600 officiers et tous les princes
allemands sont présents sauf Louis II de Bavière. Après le Te Deum,
Bismarck, en uniforme de cuirassier, lit la proclamation. Celle-ci achevée,
le grand-duc de Bade s’écrie : "Vive Sa Majesté l’empereur Guillaume !".
Pour laver cette humiliation, et à l’initiative de Georges Clémen-
ceau, c’est dans la même Galerie des Glaces à Versailles que l’Allema-
gne, vaincue après la 1ère Guerre mondiale, devra signer le traité de paix
du 28 juin 1919, traité humiliant qui sera la cause principale de la 2ème
Guerre mondiale…
Images :
- Versailles, janv. 1871 : Wilhelm Friedrich Ludwig von Preussen, de la maison des Hohenzollern
(1871-1888), est proclamé empereur d’Allemagne sous le nom de Wilhelm der Erste (Guillaume
Ier)
- Versailles, juin 1919 : Remise aux plénipotentiaires allemands des conditions de paix des Alliés
Le siège et la Commune de Paris
La capitulation de Napoléon III provoque un soulèvement popu-
laire à Paris, la chute du Second Empire et la proclamation de la
République, le 4 septembre 1870. Le Gouvernement de la Défense
nationale décide de continuer la guerre.
Le siège de Paris par les Allemands se déroule du 17 sept. 1870
au 26 janv. 1871. Le général Louis Trochu, chef du Gouvernement de la
Défense nationale, et Léon Gambetta, ministre de l'Intérieur et de la
Guerre, tentent de réorganiser ce qu'il reste des armées françaises en
déroute. Gambetta quitte Paris assiégé en ballon et rejoint la délégation
gouvernementale de Tours d'où il organise la constitution des Armées
du Nord, de la Loire, et de l'Est pour briser le siège de Paris.
Ces armées sont vaincues en janvier 1971 successivement au
Mans, à Héricourt, à Saint-Quentin et à Buzenval.
Du 18 mars au 28 mai 1871, la Commune de Paris se soulève
contre le gouvernement à majorité monarchiste dirigé par Adolphe
Thiers. Celui-ci écrase les communards parisiens durant la Semaine
sanglante et réprime les autres insurrections jusqu'au 7 juin 1871.
Images :
- Napoléon III et Bismarck, le 2 septembre 1870 à Donchery, entrevue après la bataille de
Sedan, d'après Wilhelm Camphausen
- La Commune de Paris, gravure
Le bilan
de la guerre
Le bilan humain est de 51 000 morts, côté allemand, et
139 000, côté français. Aux pertes des combats s’ajoutent les
ravages de la variole. Cependant, les Prussiens, qui connaissent
l'efficacité du rappel antivariolique n’ont que 450 morts sur 8 500
soldats contaminés (5 %), alors que les Français, qui ne recon-
naissent pas la nécessité du rappel du vaccin, comptent 23 500
décès sur 125 000 contaminations (19 %).
La guerre aggrave la situation démographique de la France
qui a pourtant entamé depuis longtemps sa transition démogra-
phique et l’oblige à avoir recours à l'immigration.
Images :
- Blessés de l’armée française dans le village de Vouzeron (Cher)
- Les Uhlans dans une école des soeurs
- Zouave et Uhlans.
Le corps des zouaves est créé lors de la conquête de l'Algérie en 1830 par
l'incorporation de soldats de la régence d'Alger. Ces mercenaires algériens, recrutés
parmi la confédération des Zouaouas, s’illustrent en France pendant la guerre de 1870.
Le terme de Uhlans désigne des formations prussiennes de cavalerie légère,
composées de lanciers. Lors de la guerre franco-prussienne de 1870-1871, ces unités
suscitent un sentiment de terreur dans la population française, qui sera entretenu dans le
l’esprit de revanche.
L’annexion de l’Alsace-Lorraine
par l’Allemagne
Le traité de Francfort (10 mai 1871) prévoit l’annexion par
le Reich de l'Alsace (excepté le Territoire de Belfort) et d'une
grande partie de la Lorraine. La France doit également supporter
l'occupation d'un bon tiers de son territoire jusqu'en 1873, et le
paiement d'une indemnité considérable de 9 milliards de francs-or
(5 d'indemnité de guerre et 4 de frais de guerre).
La France perd 1 597 000 habitants, 14 470 km², 1 694
communes et 20 % de son potentiel minier et sidérurgique.
L’annexion de l’Alsace-Lorraine est pour Bismarck le
« retour » à l'Allemagne de ces territoires qui, dit-il, ont jadis fait
partie du Saint-Empire romain germanique. La reconquête de
l'Alsace-Lorraine, des « provinces perdues », va devenir une
obsession revanchiste qui va être l'un des motifs du déclenche-
ment de la Première Guerre mondiale.
Images
- En présence de Bismarck, le traité de Francfort est scellé par Jules Favre, ministre des
Affaires étrangères de la Troisième République
- La carte de l’Alsace-Lorraine de 1871 à 1914
- Les armes du Reichsland Elsaß-Lothringen ou Alsace-Lorraine : Bas-Rhin, Haut-Rhin
et Moselle.
1806 - 1870 - 1914 - 1939 - Guerres franco-allemandes :
le cycle des revanches
Ainsi, la 2ème Guerre Mondiale (1939-45) avait pour
cause majeure la volonté de revanche d’Hitler contre
l’humiliation subie par le traité de Versailles (juin 1919),
suite à la Première Guerre mondiale (1914-1918) qui
avait pour raison principale la volonté de revanche des Français
après l’humiliation subie par la proclamation de l’Empire
allemand à Versailles (janvier 1971), au traité de Francfort et à
l’annexion de l’Alsace-Lorraine,
suite à une guerre de 1870-71 déclenchée pour des
motifs d’ambitions nationalistes et une volonté de revanche des
Prussiens après les victoires des armées napoléoniennes à Iéna
et Auerstaedt en 1806…
Images :
- Otto von Bismarck en uniforme militaire. « Sans Iena, pas de Sedan ! » dira-t-il
- Caricature symbolisant après la défaite de 1871 la volonté de revanche des Français
(le coq gaulois) contre les Allemands (l’aigle impérial).
En France, la volonté de revanche
La défaite et la perte de l'Alsace-Moselle provoquent en France
une blessure profonde, un sentiment de frustration durable et extrême qui
contribue à la montée d'une haine anti-allemande* et d’un nationalisme
revanchard, mais également à une remise en question des élites dirigeantes*.
La République entame sa construction autour de deux piliers, l’école et
l’armée. La loi du 27 juillet 1872 rend le service militaire obligatoire en
n’exemptant plus que les ecclésiastiques et les enseignants, celle du 24 juillet
1873 réorganise le pays en 18 grandes régions militaires, et le système de
fortifications du général Séré de Rivières, du Pas-de-Calais aux Alpes, donne
au pays une nouvelle "barrière de fer".
La France parvient à se relever rapidement de la perte de l’une de ses
trois plus riches régions industrielles grâce à la richesse générée par le
Second Empire, et la constitution d'un vaste empire colonial va permettre au
pays de retrouver en partie sa puissance mise à mal.
* Les Allemands sont nommés les Boches, les Teutons, les Schleus, les Fritz ou encore les
Fridolins ou les Frisés.
** à laquelle participent de nombreux intellectuels dont Ernest Renan, Hyppolyte Taine, Émile
Littré. Elle conduit, entre autres, à la création de ‘l’École libre des sciences politiques’, en 1872, et à
celle de ‘l’École supérieure de guerre’, en 1876.
Images :
- La leçon de géographie sous la 3ème République. L’instituteur désigne l’Alsace-Moselle, en noir.
- Tourelle pour deux canons de 75 mm du fort d'Uxegney (place forte d'Épinal).
Les premiers « fusillés pour l’exemple »
Après les désastres de son armée et la débandade consécutive à la
défaite de Sedan, le gouvernement français autorise par un décret du 2
octobre 1870 l’établissement de Cours martiales qui permettent un juge-
ment rapide des soldats inculpés, en comparution quasi immédiate, la
sentence une fois rendue devenant exécutable sans possibilité de recours.
Seul un compte rendu a posteriori est demandé.
Les exécutions sont nombreuses et marquent les esprits, mais les
données historiques manquent cruellement pour donner un bilan chiffré
fiable de ces exécutions.
Lors du siège de Paris de 1870-1871, la Cour martiale de Paris est
créée le 19 septembre 1870 avant d’être instituée à Vincennes, Saint-Denis,
etc.
Images :
- Décret du 2 octobre 1870 du général Trochu, Président du gouvernement, Gouverneur de
Paris, instituant les Cours martiales
- Le général Louis-Jules Trochu (1815-1896). Gouverneur de Paris, il prend le pouvoir à la suite
de la proclamation de la République en 1870, et met en place le 4 septembre 1870 un gouvernement
de la Défense nationale. Victor Hugo, qui s‘est hasardé le 31 octobre 1870 avec Auguste Blanqui et
Charles Delescluze dans un ‘Comité de Salut public’ dispersé par le général Trochu, marquera plus
tard celui-ci d'une qualification cinglante : « Trochu, participe passé du verbe Trop Choir. »
Le 14 juin 1871 devant l'Assemblée réunie à Versailles, Trochu termine son discours par ces
mots : « Messieurs, il n'y a qu'une date qui mérite de rester dans l'exécration publique, c'est la date de
la déclaration de la guerre faite dans l'orgueil, sans préparations et sans alliances. »
Avancées du droit de la guerre
Les conséquences des combats modifient également le droit
humanitaire international. À l’initiative du tsar Alexandre II se tient à
Bruxelles, du 27 juillet au 27 août 1874, une conférence qui a pour
objet de codifier les lois et coutumes de la guerre.
Les nombreux problèmes juridiques inédits posés par l’interne-
ment de belligérants en pays neutre (retraite et passage en Suisse des
90 000 survivants de l‘armée Bourbaki) et celui de la neutralité ne
seront résolus que par des négociations bilatérales de la Suisse avec
l'Allemagne d'une part, et avec la France d'autre part.
Tout cela sera intégré dans la ‘Convention concernant les lois et
coutumes de la guerre sur terre’ adoptée à La Haye (juillet 1899) et
dans la convention adoptée lors de la seconde conférence de La Haye
(octobre 1907) "quant aux droits et devoirs des puissances et des
personnes neutres en cas de guerre sur terre".
Images : - La conférence de Bruxelles, août 1874
- Seconde conférence de la paix de La Haye, oct. 1907
2 - La mémoire de la guerre de 1870-71
La guerre franco-prussienne est commémorée de multiples façons,
par la littérature, les livres et revues d’histoire, la sculpture, la peinture, le
cinéma, les bandes dessinées, les jeux, dans les musées, par les noms de
rues, places ou avenues.
Images (dans le sens des aiguilles d’une montre) :
- L'exposition ‘1870, réinventer la guerre’ organisée par le ‘Service historique de la Défense’
présente au travers d'archives et d'objets de collection la guerre franco-prussienne de 1870-71 avec
comme angle d'approche les transformations imposées par ce conflit à l'armée française, vaincue et
à l'aube de profonds bouleversements.
- Exposition et livre sur La guerre de 1870 à Dijon en oct. 2020, à l’occasion du 150ème
anniversaire de la guerre.
- Monument aux soldats allemands morts pendant la guerre de 1870 à Ehrenthal, près de
Sarrebrück.
- Buste de Guiseppe Garibaldi (1807-1882) dans le parc du château de Pouilly à Dijon, où,
à la tête de l’armée des Vosges en 1871, il aida la France à obtenir une de ses rares victoires.
La mémoire de la guerre de 1870-71
Monuments et statues
- Monument du Lion à St Privat, érigé par les Allemands, avant sa destruction en 1818
- et, en dessous, ce qu’il en reste aujourd’hui
- Le monument aux morts de la guerre de 1870 de Montauban, par Antoine Bourdelle
- Statue du maréchal Helmuth von Molkte, vainqueur de Sedan, au Tiergarten de Berlin
- Monuments aux soldats allemands morts à Dijon pendant la guerre de 1870-71
- Cimetière militaire allemand à Gravelotte
- Monument « Aux citoyens morts pour la défense de Dijon » (1870-71) à Dijon
La mémoire de la guerre de 1870-71
Musées
Le ‘Musée de la Guerre de 1870’ de Loigny-la-Bataille (Eure-
et-Loir) retrace l'histoire de la guerre franco-prussienne de 1870 et
de la bataille de Loigny le 2 décembre 1870. Depuis sa rénovation
en 2017, il est tourné vers les jeunes publics et propose de très
nombreux contenus interactifs. Depuis 2007, un ‘Chemin de la
Mémoire’ est aménagé sur le site de la bataille, afin de guider les
visiteurs vers les monuments commémoratifs érigés sur les
lieux les plus emblématiques.
Dans un bâtiment inauguré en 2014, le ‘Musée de la
guerre de 1870 et de l'Annexion’ de Gravelotte (Moselle) est
entièrement consacré à l’histoire de la guerre de 1870 et de
l’annexion de l’Alsace et d’une partie de la Lorraine à l’Empire
allemand (1871-1918). Il aborde sous un nouvel angle les
questions soulevées par ce conflit : l’unité allemande, la vie
pendant l’annexion, les tensions à l’approche de la Première
Guerre mondiale.
Images :
- Crypte-ossuaire de Loigny : environ 1 300 soldats français et allemands y reposent.
- Musée de Gravelotte. Il possède aujourd’hui environ 6 000 objets comprenant des
collections militaires françaises et allemandes, mais aussi des collections historiques,
des œuvres d’art, des photographies, des archives, etc.
La mémoire de la guerre de 1870-71
Peinture
D’innombrables peintures ont été faites au sujet de la guerre
de 1970-71.
Les plus célèbres, le Panorama de la bataille de Rezonville et
La bataille de Champigny sont des panoramas* réalisés entre 1882
et 1883 par Alphonse de Neuville (1835-1885) et Édouard Detaille
(1848-1912). Ces huile sur toile de 120 mètres de long pour 15 de
haut représentent deux batailles de la guerre de 1870.
La peinture militaire est très en vogue sous la IIIe République, marquée par le
patriotisme et l'esprit de revanche. Les panoramas connaissent un fort succès en Europe
dans les années 1880, plusieurs capitales possédant alors des rotondes pour les exposer.
Mais le déclin du goût des spectateurs pour ce type d'attraction et les prémisses du cinéma
entrainent la disparition ou la restructuration de ces rotondes. Difficiles à exposer ailleurs et
à conserver, certains panoramas seront détruits ou découpés. En 1896, le Panorama de
Rezonville est découpé en 115 morceaux qui sont vendus aux enchères. Une vingtaine de
fragments sont exposés au musée de Gravelotte en Moselle.
La Bataille de Champigny est un panorama aux mêmes dimensions réalisé par les
deux peintres.
Images : - Extraits du Panorama de la bataille de Rezonville
- En bas, dessin représentant la moitié du Panorama peinte par Édouard Detaille
La mémoire de la guerre de 1870-71
Littérature
La guerre se raconte dans les écrits privés et la presse, offrant un témoignage
sur le conflit et le moral des Français.
Le vieil Alexandre Dumas, dans un de ses derniers romans, la Terreur prussienne
(1867), dénonce dans l’État prussien une machine de guerre implacable.
Le premier témoignage littéraire d'importance sur la guerre de 1870 est le recueil
collectif publié en 1880, Les Soirées de Médan, réunissant autour de Zola les principaux
représentants de la jeune école naturaliste. Le thème commun de ces nouvelles est la
guerre de 1870, dénoncée dans son absurdité et sa cruauté.
Du côté allemand, le grand romancier Theodor Fontane publie dès 1871 Kriegs-
gefangen, le récit de sa captivité en France.
Sedan, du Belge Camille Lemonnier, est un reportage saisissant sur l’absurdité et
la cruauté inouïes d’une guerre mal préparée et pour ainsi dire perdue d’avance.
La guerre de 1870-71 dans la littérature
Victor Hugo
« Mais ils sont monstrueux pourtant, convenez-en.
Des premiers rois venus ils ont l’aspect vulgaire ;
Mais ils viennent avec des légions de guerre.
Ils poussent sur Paris les sept peuples saxons.
Hideux, casqués, dorés, tatoués de blasons,
Il faut que chacun d’eux de meurtre se repaisse . (…)
Et ce n’est pas leur faute ; ils sont les forces noires.
Ils suivent dans la nuit toutes les sombres gloires,
Caïn, Nemrod, Rhamsès, Cyrus, Gengis, Timour.
Ils combattent le droit, la lumière, l’amour.
Ils voudraient être grands et ne sont que difformes.
Terre, ils ne veulent pas qu’heureuse, tu t’endormes. »
Images :
- Victor Hugo (1802-1885), poète, dramaturge, écrivain, romancier et dessinateur
romantique. Rêvant d'une Europe unifiée il plante symboliquement le « chêne des États-Unis
d’Europe » dans le jardin de Hauteville House à Guernesey. Le 5 septembre 1870, lendemain de
la proclamation de la République, il rentre en France où il est accueilli comme un héros. Il
participe activement à la défense de Paris assiégé.
- L'Année terrible est un recueil de poèmes publié en 1872. Hugo retrace l'année 1870-
1871, durant laquelle la France voit, à la suite de la défaite de la France lors de la guerre contre
la Prusse, le soulèvement de la classe ouvrière à Paris.
La guerre de 1870-71 dans la littérature
Erckmann-Chatrian
Durant toute la période des « territoires perdus » de l’Alsace-
Moselle, Erckmann et Chatrian et leur œuvre sont souvent perçus sous
l’angle patriotique. Eux-mêmes publient en 1874 Le Brigadier Frédéric,
histoire d’un Français chassé par les Allemands, évocation sans
concession d’un garde forestier chassé de l’arrondissement de Saverne
par l’occupation allemande de 1870.
Images :
- Erckmann-Chatrian est le pseudonyme collectif utilisé de 1847 à 1887 par Émile Erckmann
(1822-1899) et Alexandre Chatrian (1826-1890). Nés tous deux en Moselle et amis, ils ont écrit
un grand nombre de romans nationalistes d'inspiration régionale exaltant le sentiment
patriotique.
- Le brigadier Frédéric, histoire d'un Français chassé par les Allemands est paru en 1874.
- En 1922 est érigé à Phalsbourg un monument en l’honneur d’Erckmann-Chatrian, écrivain
emblématique de la 3ème République, lu par des générations d’écoliers dans le contexte de la
Revanche.
La guerre de 1870-71 dans la littérature
Guy de Maupassant
« Se réunir en troupeaux de quatre cent mille hommes, marcher
jour et nuit sans repos, pourrir de saleté, coucher dans la fange, piller
les villes, brûler les villages, ruiner les peuples, puis rencontrer une
autre agglomération de viande humaine, se ruer dessus, faire des lacs
de sang » : voici une description de la guerre selon Maupassant.
Images :
- Guy de Maupassant (1850-1893), écrivain et journaliste littéraire. Sa carrière se limite à
une décennie, de 1880 à 1890, avant qu’il ne sombre peu à peu dans la folie due à la syphillis
et ne meure peu avant l'âge de 43 ans. Reconnu de son vivant, il conserve un renom de
premier plan, renouvelé encore par les nombreuses adaptations cinématographiques de ses
œuvres.
- Boule de suif, inspirée d'un fait divers, se déroule pendant la guerre de 1870 : dix
personnes fuyant Rouen envahie par les Prussiens ont pris place dans une diligence. Parmi
elles, une prostituée surnommée jadis "Boule de Suif" à cause de son embonpoint, se donnera
à un officier prussien pour sauver les autres voyageurs qui pourtant la méprisent. L'espace
clos de la diligence fait ressortir les faiblesses de ces personnages de différents milieux
sociaux (nobles, bourgeois, commerçants, religieux, populaire) confrontés au malheur des
vaincus : fausseté et bassesse se révèlent alors. Les thèmes évoqués dans ce cadre de la
guerre sont l'obsession alimentaire, le sentiment de la liberté perdue, la crainte de l'occupant
et surtout l'hypocrisie de la société.
- L'aventure de Walter Schnaffs décrit l'aventure d'un soldat prussien, pacifique et
bienveillant, heureux d’être fait prisonnier de guerre par les Français.
La guerre de 1870-71 dans la littérature
Arthur Rimbaud
« C'est un trou de verdure où chante une rivière
accrochant follement aux herbes des haillons
d'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
sourirait un enfant malade, il fait un somme :
nature, berce-le chaudement : il a froid.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit. »
Images :
- Arthur Rimbaud (1854-1891), poète. Bien que brève, son œuvre poétique
est caractérisée par une prodigieuse densité thématique et stylistique, faisant de lui
une des figures majeures de la littérature française.
- Le dormeur du val (oct.1870) est sa poésie le plus célèbre sur la guerre
franco-allemande. Le rêve de Bismarck est un pamphlet anti-prussien de Rimbaud
publié en nov. 1870 sous le pseudonyme de Jean Baudry dans le journal Le
Progrès des Ardennes.
La guerre de 1870-71 dans la littérature
Alphonse Daudet
« Mes enfants, c’est la dernière fois que je vous fais la classe.
L’ordre est venu de Berlin de ne plus enseigner que l’allemand dans
les écoles de l’Alsace et de la Lorraine… Le nouveau maître arrive
demain. Aujourd’hui, c’est votre dernière leçon de français. Je vous
prie d’être bien attentifs. (…)
Mais quelque chose l’étouffait. Il ne pouvait pas achever sa
phrase. Alors il se tourna vers le tableau, prit un morceau de craie et,
en appuyant de toutes ses forces, il écrivit aussi gros qu’il put : "Vive
la France". Puis il resta là, la tête appuyée au mur, et, sans parler,
avec sa main, il nous faisait signe : "C’est fini… allez-vous-en !". »
Images :
- Alphonse Daudet (1840-1897), écrivain et auteur dramatique.
- Contes du lundi est un recueil de nouvelles publié en 1873 et inspiré des événements de
la guerre franco-prussienne : le peuple de Paris soumis aux privations, les événements de la
Commune et la répression des Versaillais.
Le récit le plus connu de cet ouvrage, La dernière classe est l'histoire d'un petit Alsacien,
Franz, qui assiste à l'occupation de sa patrie par les troupes prussiennes et se voit interdire
l'usage de la langue française. Désormais, seul l'allemand sera enseigné dans les écoles
publiques.
La guerre de 1870-71 dans la littérature
Paul Déroulède
« Moi, c'est l'ardeur que je voudrais nous rendre.
Je ne suis, moi, qu'un sonneur de clairon.
Je vis les yeux fixés sur la frontière ;
Et, front baissé, comme un bœuf au labour,
Je vais, rêvant à notre France entière,
Des murs de Metz au clocher de Strasbourg.
Depuis dix ans j'ai commencé ce rêve,
Tout le traverse et rien ne l'interrompt.
Dieu veuille un jour qu'un grand Français l'achève !
Je ne suis, moi, qu'un sonneur de clairon. »
« On grimpe, on court, on arrive,
Et la fusillade est vive
Et les Prussiens sont adroits,
Quand enfin le cri se jette :
« En marche ! À la baïonnette ! »
Et l’on entre sous le bois.
À la première décharge,
Le clairon sonnant la charge
Tombe frappé sans recours ;
Mais, par un effort suprême,
Menant le combat quand même
Le clairon sonne toujours. »
Images :
- Paul Déroulède ( 1846-1914), poète, auteur dramatique, romancier et militant politique. Son rôle de fondateur
de la ‘Ligue des patriotes’ et son revanchisme en font un acteur important de la droite nationaliste en France. Alors qu'il
s'affirme républicain, il tente d'effectuer un coup d'État en 1899 après la défaite cuisante des nationalistes aux élections
législatives de 1898. Il tient des déclaration antisémites.
- Chants du soldat, premier recueil de poésie patriotique paru en 1872, a un grand succès. L'auteur y chante la
patrie, l'héroïsme des soldats, les malheurs de la guerre de 1870 et la revanche sur les Prussiens.
La mémoire de la Guerre de 1870-71
Chansons
- Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine est une chanson de Gaston
Villemer et Hippolyte Nazet (paroles) et de Frédéric Bentayoux (musi-
que), écrite en 1871.
Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine,
Et malgré vous nous resterons Français ;
Vous avez pu germaniser la plaine,
Mais notre cœur, vous ne l'aurez jamais
- La chanson Le Fils de l'Allemand (1882) est créée par la chanteuse
Amiati
Une nourrice lorraine restée fidèle à la France est sollicitée par un
officier allemand dont la femme est morte en accouchant. La nourrice,
par patriotisme, rejette l'idée d'allaiter ce bébé :
Va passe ton chemin, ma mamelle est française
N'entre pas sous mon toit, emporte ton enfant
Mes garçons chanteront plus tard la Marseillaise
Je ne vends pas mon lait au fils d'un Allemand.
La mémoire de la guerre de 1870-71
Livres et revues
etc.
La mémoire de la guerre de 1870-71
Livres, bandes dessinées et jeux
La mémoire de la guerre de 1870-71
Livres pour enfants, films et documentaires
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Mémoire et reconnaissance de crimes du passé. — 12g. La guerre franco-allemande de 1870-71

  • 1. Diaporamas ‘De l’offense à la réconciliation’ Série ‘Mémoire et reconnaissance de crimes du passé’ 12 – La mémoire des guerres 12. g - La guerre franco- allemande de 1870-1871 Étienne Godinot 25.04.2024
  • 2. Rappel - La mémoire de guerres jusqu’à la fin du 19ème siècle Sommaire 1 - La mémoire de la guerre de Cent Ans (1337-1453) 2 - La mémoire de la guerre de Trente ans (1618-1648) 2 - La mémoire des guerres de Louis XIV (1635-1714) 3 - La mémoire de la guerre de Vendée (1793-1796) 4 - La mémoire des guerres de Napoléon (1805-1815) 5 - La mémoire de la guerre franco-prussienne (1870-1871)
  • 3. La mémoire de la guerre franco-allemande de 1870-71 Sommaire Historique de la guerre franco-prussienne Le déclenchement de la guerre Les forces en présence Premiers combats La victoire allemande Le siège et la Commune de Paris Bilan de la guerre Mémoire de la guerre de 1870-71 Musées Monuments et statues Peinture Littérature Chansons Livres et revues, BD, jeux Films Documentaires
  • 4. 1 - La guerre franco-allemande de 1870-71 Historique Déclenchée à la suite d’un démêlé diplomatique mineur, cette guerre est considérée par Otto von Bismarck, Premier ministre prussien - qui fait tout pour qu'elle advienne -, comme une consé- quence de la défaite prussienne lors des batailles d'Iéna et Auertaedt en 1806 contre l'Empire français. Forts de cette victoire, les États allemands s’unissent en un Empire allemand, proclamé au château de Versailles, le 18 janvier 1871. Images : - Les soldats français. Leur pantalon garance, couleur rouge sang, est tellement visible sur les champs de bataille que l'ennemi ne peut pas le rater. Il provoque la mort de milliers de soldats. - Le traité de Francfort La guerre franco-allemande de juillet 1870 à janvier 1871 oppose la France à une coalition d'États allemands dirigée par la Prusse et comprenant les 21 autres États membres de la confédération de l'Allemagne du Nord ainsi que le royaume de Bavière, celui de Wurtemberg et le grand-duché de Bade.
  • 5. Le déclenchement de la guerre L'élément déclencheur du conflit est un démêlé diplomatique : pour provoquer les Français, Bismarck pousse le cousin du roi de Prusse, le prince Léopold de Hohenzollern-Sigmaringen, à se porter candidat au trône vacant d'Espagne. Les Cortès espagnoles acceptent. Par l’intermédiaire de son ambassadeur à Berlin, le comte Vincent Benedetti, la France demande le retrait de cette candidature au roi de Prusse Guillaume Ier en cure à Bad Ems. Le prince retire sa candidature et Guillaume Ier rassure l'ambassadeur. Mais le chancelier Bismarck, sachant que l'armée française n'est pas prête,* envoie le 13 juillet 1870 aux chancelleries un télégramme, la "dépê-che d’Ems", dans lequel il fait croire que l'ambassadeur de France a été congédié de manière humiliante par le roi de Prusse. * Grâce au baron von Werther, l'ambassadeur de Prusse à Paris, Bismarck connaît les sentiments bellicistes d'une partie de la presse française, dont il va jouer. Il sait aussi que l’armée française est démoralisée par le désastre de l'expédition au Mexique (1861 à 1867) destinée à mettre en place au Mexique un régime favorable aux intérêts français. Images : - Otto von Bismarck (1815-1898), Chancelier de 1867 à 1890. Devenu ministre-président de Prusse en 1862, il promet, dans son premier discours au Landtag, de parvenir à l’unité allemande : « Ce n’est pas par des discours et des votes de majorité que les grandes questions de notre époque seront résolues, mais par le fer et par le sang. » - Napoléon III (1808-1873), Président de la République (1848-1852) puis Empereur (1852-1870). Suite à la défaite de 1870 et à la proclamation de la République, le souverain déchu s'exile à Chislehurst, en Angleterre.
  • 6. Bellicisme et inconscience Bismarck espère que les Français se sentiront outragés (« Ce texte fera sur le taureau gaulois l'effet d'un chiffon rouge ») et qu’ils déclareront la guerre à la Prusse. Le 15 juillet 1870, lors du vote de la mobilisation et des crédits de guerre, au doute de Thiers qui affirme : « Vous n’êtes pas prêts », le maréchal Edmond Leboeuf, ministre de la Guerre et major général de l’armée, répond « « Nous sommes prêts et archi-prêts, il ne manque pas à notre armée un bouton de guêtre. (…) De Paris à Berlin, ce serait une promenade la canne à la main. » La chanson d’Antonin Louis Ces beaux Prussiens résume l’état d’esprit d’une bonne partie de la classe politique et de la population françaises : « Prussiens ! vous fuirez, battant la retraite, devant nos drapeaux et nos Chassepot, Oui, notre aigle altier qui n’a qu’une tête S’ra victorieux, Et pourtant le vôtre en a deux ! Refrain Zim la la, zim la la, les beaux militaires, Zim la la, zim la la, que ces Prussiens-là ! » Images : - Edmond Leboeuf (1809-1888), Ministre de la Guerre et major général de l’armée - Antoine-Magdeleine Louis, dit Antonin Louis (1845-1915), chansonnier et compositeur
  • 7. Débats au Palais Bourbon Des maladresses politiques de l'empereur Napoléon III vis-à-vis d'autres pays européens isolent la France, mais le régime, soutenu par l'opinion publique, pousse à la confrontation avec la Prusse, autant pour se défaire d'un rival dangereux que pour agrandir le territoire national. Au Palais Bourbon, la commission chargée de statuer sur les suites à donner à la dépêche d’Ems demande à Émile Ollivier, chef du gouvernement, sur quels alliés la France pouvait compter en temps de guerre. Celui-ci joue la carte du secret d’État pour faire silence. Un député conservateur, Jules Jacquot d’Andelarre, résume cette séance en disant : « C’est ainsi qu’une Chambre fut amenée à voter une guerre terrible, sans armée, sans allié, sans raison, sans prétexte, ainsi que nous le savions bien, lorsque nous demandions, sans nous lasser, la communication des pièces qu’on nous refusait impitoyablement ». Images : - Émile Ollivier (1825-1913), chef du gouvernement de Napoléon III. Bien que personnelle- ment favorable à la paix, il se laisse dépasser par le ministre des Affaires étrangères Gramont et par les partisans de la guerre. À la suite de la dépêche d'Ems (13 juillet), et sous la pression populaire, il annonce, le 17 juillet 1870 devant le Corps législatif, la déclaration de guerre à la Prusse, disant maladroitement « Cette guerre, nous la déclarons d’un cœur léger » - Antoine Alfred Agénor de Gramont (1819-1880), ministre des Affaires étrangères, pousse Napoléon III à la guerre
  • 8. La déclaration de guerre Le 19 juillet 1870, poussé par son ministre des Affaires étrangères, le duc Antoine de Gramont, partisan d'une politique belliciste, Napoléon III déclare la guerre au royaume de Prusse. ‘L'Association internationale des travailleurs’ ("L’Internatio- nale") dénonce cette guerre : « Une fois encore, sous prétexte d'équilibre européen, d'honneur national, des ambitions politiques menacent la paix du monde. Travailleurs français, allemands, espagnols, que nos voix s'unissent dans un cri de réprobation contre la guerre ! (…) La guerre ne peut être aux yeux des travailleurs qu'une criminelle absurdité ». Images : - Déclaration de la guerre : proclamation de l’empereur au peuple français - Premier congrès de l’Internationale en septembre 1864 au Saint-Martin's Hall à Londres
  • 9. Les forces en présence Les troupes françaises sont mal préparées, moins nombreuses (265 000 contre 800 000, bien plus qu'auguré dans les états-majors français car la Prusse réussit à s'allier avec le grand duché de Bade, le royaume de Wurtemberg et celui de Bavière) et manquent d'une stra- tégie militaire concertée. La mobilisation terminée, les troupes françaises comptent 900 000 soldats contre 1 200 000 soldats prussiens et alle- mands. Les troupes allemandes ont une expérience récente et victo- rieuse du feu (avec les conflits contre le Danemark en 1864* et l'Autriche en 1866 **), une artillerie lourde et une excellente formation. Le ministre de la Guerre, Albrecht von Roon, a rendu en 1859 le service militaire obligatoire et universel pour une durée de 3 ans et créé une armée terri- toriale pour les hommes de 18 à 45 ans, la Landwehr. * La guerre des Duchés, de janv. à oct. 1864, oppose la Prusse et l'Autriche au Dane- mark pour la possession des duchés de Schleswig, de Holstein et de Lauenburg, sur lesquels le roi de Danemark régnait en tant que duc. Les Danois sont battus à Dybbol. Le Holstein est donné à l'Autriche. Mais, sous prétexte que l'Autriche administre mal cette province, Bismarck la fait envahir en juin 1866. C'est le début de la guerre austro-prussienne. **Juillet 1866 : Bataille de Sadowa (ou Königgrätz), grande victoire du général prussien Helmuth von Moltke, mais aussi victoire de la dynastie prussienne des Hohenzollern (protes- tants) contre la dynastie autrichienne des Habsbourg (catholiques). Images : - Uniformes et équipements des soldats français et allemands - Victoire des Prussiens contre les Danois à Dybbol ( 2 avril 1864) - Victoire des Prussiens contre les Autrichiens à Sadowa (3 juillet 1866)
  • 10. Les premiers combats Marqué par les innovations techniques concernant le feu, qui permet un tir plus rapide*, et le déclin important de la place de la cavalerie, le conflit tourne rapidement à l'avantage des Allemands. Le 4 août, ils infligent aux Français la défaite de Wissembourg et, le 6 août, celle de Froeschwiller-Woerth au cours de laquelle les cuirassiers français, chargés de couvrir le retrait de l'armée française, sont écrasés lors de la charge de Reichshoffen : la cavalerie est écrasée par le feu. * Les soldats français sont équipés de fusils Chassepot avec munitions de 11 mm offrant une portée de 600 mètres. Ce sont à ces fusils, particulièrement puissants, que la France doit plus de 80 % des pertes ennemies. L'armée prussienne et allemande, quant à elle, est munie de fusils Dreyse, moins puissants et moins précis. Toutefois, leurs 16 corps d'armées, regroupés en 40 divisions de cavalerie et d'infanterie, mieux organisés et mieux entraînés, permettent la victoire rapide de la Prusse et de l'Allemagne malgré un armement plus faible. Fusil Chassepot Fusil Dreyse Images en bas à droite : - Le canon à balles de Reffye, sorti des ateliers de Meudon en 1866, est une mitrailleuse, qui tire jusqu’à 100 coups à la minute. Il est redoutable, mais le secret qui a couvert sa fabrication fait que peu d’officiers ont été formés à son utilisation … - La charge de Reichshoffen : les cuirassiers français sont fauchés par l’artillerie prussienne.
  • 11. La victoire allemande Alors que cette défaite oblige le général Mac Mahon à abandonner l’Alsace aux Allemands, les Français sont aussi vaincus en Lorraine, à Forbach- Spicheren. Les deux défaites simultanées du 6 août détruisent le prestige militaire de la France et achèvent de convaincre Autrichiens et Italiens de ne surtout pas entrer en guerre à ses côtés. Le 18 août, la bataille de Saint-Privat-la-Montagne (ou de Gravelotte, selon l’appellation internationale) se solde par une défaite française. Le maréchal Bazaine est assiégé dans Metz à partir du 20 août 1870. Le 2 septembre 1870, encerclé à Sedan, après une défense héroïque des troupes de marine à Bazeilles, Napoléon III capitule avec 39 généraux, et 104 000 soldats. 509 000 combattants français sont faits prisonniers, dont 420 000 détenus en Allemagne, 4 000 en Belgique et 85 000 en Suisse. Images : - Tableau Le Cimetière de Saint-Privat par Alphonse de Neuville. D'une pluie drue, l'on dit encore en France : « Ça tombe comme à Gravelotte ! », rappelant les tirs très nourris des deux armées pendant la bataille de Saint-Privat-Gravelotte - La défaite de Sedan - François Achille Bazaine (1811-1888), général de division et maréchal de France. Accusé d’avoir failli à sa tâche de commandant en chef de l'armée du Rhin et d’avoir ainsi contribué à la défaite française, il est traduit en Conseil de Guerre en septembre 1873 et condamné à mort. Sur les instances du jury qui vient de le condamner, le Président de la République Mac Mahon commue sa peine en 20 ans de détention. Il s’évade du Fort royal de l'île Sainte-Marguerite, au large de Cannes, et se réfugie en Espagne.
  • 12. La proclamation de l’Empire allemand à Versailles Le 16 décembre 1870, une délégation du Parlement de l’Allemagne du Nord demande à Versailles au roi de Prusse Guillaume Ier d’accepter le titre d’empereur d’Allemagne. La proclamation de l’Empire allemand a lieu 18 janvier 1871 dans la galerie des Glaces à Versailles. Un autel est établi, au centre, pour la cérémonie religieuse. Une estrade a été installée du côté du salon de la Guerre, à l’opposé de l’emplacement du trône de Louis XIV. 600 officiers et tous les princes allemands sont présents sauf Louis II de Bavière. Après le Te Deum, Bismarck, en uniforme de cuirassier, lit la proclamation. Celle-ci achevée, le grand-duc de Bade s’écrie : "Vive Sa Majesté l’empereur Guillaume !". Pour laver cette humiliation, et à l’initiative de Georges Clémen- ceau, c’est dans la même Galerie des Glaces à Versailles que l’Allema- gne, vaincue après la 1ère Guerre mondiale, devra signer le traité de paix du 28 juin 1919, traité humiliant qui sera la cause principale de la 2ème Guerre mondiale… Images : - Versailles, janv. 1871 : Wilhelm Friedrich Ludwig von Preussen, de la maison des Hohenzollern (1871-1888), est proclamé empereur d’Allemagne sous le nom de Wilhelm der Erste (Guillaume Ier) - Versailles, juin 1919 : Remise aux plénipotentiaires allemands des conditions de paix des Alliés
  • 13. Le siège et la Commune de Paris La capitulation de Napoléon III provoque un soulèvement popu- laire à Paris, la chute du Second Empire et la proclamation de la République, le 4 septembre 1870. Le Gouvernement de la Défense nationale décide de continuer la guerre. Le siège de Paris par les Allemands se déroule du 17 sept. 1870 au 26 janv. 1871. Le général Louis Trochu, chef du Gouvernement de la Défense nationale, et Léon Gambetta, ministre de l'Intérieur et de la Guerre, tentent de réorganiser ce qu'il reste des armées françaises en déroute. Gambetta quitte Paris assiégé en ballon et rejoint la délégation gouvernementale de Tours d'où il organise la constitution des Armées du Nord, de la Loire, et de l'Est pour briser le siège de Paris. Ces armées sont vaincues en janvier 1971 successivement au Mans, à Héricourt, à Saint-Quentin et à Buzenval. Du 18 mars au 28 mai 1871, la Commune de Paris se soulève contre le gouvernement à majorité monarchiste dirigé par Adolphe Thiers. Celui-ci écrase les communards parisiens durant la Semaine sanglante et réprime les autres insurrections jusqu'au 7 juin 1871. Images : - Napoléon III et Bismarck, le 2 septembre 1870 à Donchery, entrevue après la bataille de Sedan, d'après Wilhelm Camphausen - La Commune de Paris, gravure
  • 14. Le bilan de la guerre Le bilan humain est de 51 000 morts, côté allemand, et 139 000, côté français. Aux pertes des combats s’ajoutent les ravages de la variole. Cependant, les Prussiens, qui connaissent l'efficacité du rappel antivariolique n’ont que 450 morts sur 8 500 soldats contaminés (5 %), alors que les Français, qui ne recon- naissent pas la nécessité du rappel du vaccin, comptent 23 500 décès sur 125 000 contaminations (19 %). La guerre aggrave la situation démographique de la France qui a pourtant entamé depuis longtemps sa transition démogra- phique et l’oblige à avoir recours à l'immigration. Images : - Blessés de l’armée française dans le village de Vouzeron (Cher) - Les Uhlans dans une école des soeurs - Zouave et Uhlans. Le corps des zouaves est créé lors de la conquête de l'Algérie en 1830 par l'incorporation de soldats de la régence d'Alger. Ces mercenaires algériens, recrutés parmi la confédération des Zouaouas, s’illustrent en France pendant la guerre de 1870. Le terme de Uhlans désigne des formations prussiennes de cavalerie légère, composées de lanciers. Lors de la guerre franco-prussienne de 1870-1871, ces unités suscitent un sentiment de terreur dans la population française, qui sera entretenu dans le l’esprit de revanche.
  • 15. L’annexion de l’Alsace-Lorraine par l’Allemagne Le traité de Francfort (10 mai 1871) prévoit l’annexion par le Reich de l'Alsace (excepté le Territoire de Belfort) et d'une grande partie de la Lorraine. La France doit également supporter l'occupation d'un bon tiers de son territoire jusqu'en 1873, et le paiement d'une indemnité considérable de 9 milliards de francs-or (5 d'indemnité de guerre et 4 de frais de guerre). La France perd 1 597 000 habitants, 14 470 km², 1 694 communes et 20 % de son potentiel minier et sidérurgique. L’annexion de l’Alsace-Lorraine est pour Bismarck le « retour » à l'Allemagne de ces territoires qui, dit-il, ont jadis fait partie du Saint-Empire romain germanique. La reconquête de l'Alsace-Lorraine, des « provinces perdues », va devenir une obsession revanchiste qui va être l'un des motifs du déclenche- ment de la Première Guerre mondiale. Images - En présence de Bismarck, le traité de Francfort est scellé par Jules Favre, ministre des Affaires étrangères de la Troisième République - La carte de l’Alsace-Lorraine de 1871 à 1914 - Les armes du Reichsland Elsaß-Lothringen ou Alsace-Lorraine : Bas-Rhin, Haut-Rhin et Moselle.
  • 16. 1806 - 1870 - 1914 - 1939 - Guerres franco-allemandes : le cycle des revanches Ainsi, la 2ème Guerre Mondiale (1939-45) avait pour cause majeure la volonté de revanche d’Hitler contre l’humiliation subie par le traité de Versailles (juin 1919), suite à la Première Guerre mondiale (1914-1918) qui avait pour raison principale la volonté de revanche des Français après l’humiliation subie par la proclamation de l’Empire allemand à Versailles (janvier 1971), au traité de Francfort et à l’annexion de l’Alsace-Lorraine, suite à une guerre de 1870-71 déclenchée pour des motifs d’ambitions nationalistes et une volonté de revanche des Prussiens après les victoires des armées napoléoniennes à Iéna et Auerstaedt en 1806… Images : - Otto von Bismarck en uniforme militaire. « Sans Iena, pas de Sedan ! » dira-t-il - Caricature symbolisant après la défaite de 1871 la volonté de revanche des Français (le coq gaulois) contre les Allemands (l’aigle impérial).
  • 17. En France, la volonté de revanche La défaite et la perte de l'Alsace-Moselle provoquent en France une blessure profonde, un sentiment de frustration durable et extrême qui contribue à la montée d'une haine anti-allemande* et d’un nationalisme revanchard, mais également à une remise en question des élites dirigeantes*. La République entame sa construction autour de deux piliers, l’école et l’armée. La loi du 27 juillet 1872 rend le service militaire obligatoire en n’exemptant plus que les ecclésiastiques et les enseignants, celle du 24 juillet 1873 réorganise le pays en 18 grandes régions militaires, et le système de fortifications du général Séré de Rivières, du Pas-de-Calais aux Alpes, donne au pays une nouvelle "barrière de fer". La France parvient à se relever rapidement de la perte de l’une de ses trois plus riches régions industrielles grâce à la richesse générée par le Second Empire, et la constitution d'un vaste empire colonial va permettre au pays de retrouver en partie sa puissance mise à mal. * Les Allemands sont nommés les Boches, les Teutons, les Schleus, les Fritz ou encore les Fridolins ou les Frisés. ** à laquelle participent de nombreux intellectuels dont Ernest Renan, Hyppolyte Taine, Émile Littré. Elle conduit, entre autres, à la création de ‘l’École libre des sciences politiques’, en 1872, et à celle de ‘l’École supérieure de guerre’, en 1876. Images : - La leçon de géographie sous la 3ème République. L’instituteur désigne l’Alsace-Moselle, en noir. - Tourelle pour deux canons de 75 mm du fort d'Uxegney (place forte d'Épinal).
  • 18. Les premiers « fusillés pour l’exemple » Après les désastres de son armée et la débandade consécutive à la défaite de Sedan, le gouvernement français autorise par un décret du 2 octobre 1870 l’établissement de Cours martiales qui permettent un juge- ment rapide des soldats inculpés, en comparution quasi immédiate, la sentence une fois rendue devenant exécutable sans possibilité de recours. Seul un compte rendu a posteriori est demandé. Les exécutions sont nombreuses et marquent les esprits, mais les données historiques manquent cruellement pour donner un bilan chiffré fiable de ces exécutions. Lors du siège de Paris de 1870-1871, la Cour martiale de Paris est créée le 19 septembre 1870 avant d’être instituée à Vincennes, Saint-Denis, etc. Images : - Décret du 2 octobre 1870 du général Trochu, Président du gouvernement, Gouverneur de Paris, instituant les Cours martiales - Le général Louis-Jules Trochu (1815-1896). Gouverneur de Paris, il prend le pouvoir à la suite de la proclamation de la République en 1870, et met en place le 4 septembre 1870 un gouvernement de la Défense nationale. Victor Hugo, qui s‘est hasardé le 31 octobre 1870 avec Auguste Blanqui et Charles Delescluze dans un ‘Comité de Salut public’ dispersé par le général Trochu, marquera plus tard celui-ci d'une qualification cinglante : « Trochu, participe passé du verbe Trop Choir. » Le 14 juin 1871 devant l'Assemblée réunie à Versailles, Trochu termine son discours par ces mots : « Messieurs, il n'y a qu'une date qui mérite de rester dans l'exécration publique, c'est la date de la déclaration de la guerre faite dans l'orgueil, sans préparations et sans alliances. »
  • 19. Avancées du droit de la guerre Les conséquences des combats modifient également le droit humanitaire international. À l’initiative du tsar Alexandre II se tient à Bruxelles, du 27 juillet au 27 août 1874, une conférence qui a pour objet de codifier les lois et coutumes de la guerre. Les nombreux problèmes juridiques inédits posés par l’interne- ment de belligérants en pays neutre (retraite et passage en Suisse des 90 000 survivants de l‘armée Bourbaki) et celui de la neutralité ne seront résolus que par des négociations bilatérales de la Suisse avec l'Allemagne d'une part, et avec la France d'autre part. Tout cela sera intégré dans la ‘Convention concernant les lois et coutumes de la guerre sur terre’ adoptée à La Haye (juillet 1899) et dans la convention adoptée lors de la seconde conférence de La Haye (octobre 1907) "quant aux droits et devoirs des puissances et des personnes neutres en cas de guerre sur terre". Images : - La conférence de Bruxelles, août 1874 - Seconde conférence de la paix de La Haye, oct. 1907
  • 20. 2 - La mémoire de la guerre de 1870-71 La guerre franco-prussienne est commémorée de multiples façons, par la littérature, les livres et revues d’histoire, la sculpture, la peinture, le cinéma, les bandes dessinées, les jeux, dans les musées, par les noms de rues, places ou avenues. Images (dans le sens des aiguilles d’une montre) : - L'exposition ‘1870, réinventer la guerre’ organisée par le ‘Service historique de la Défense’ présente au travers d'archives et d'objets de collection la guerre franco-prussienne de 1870-71 avec comme angle d'approche les transformations imposées par ce conflit à l'armée française, vaincue et à l'aube de profonds bouleversements. - Exposition et livre sur La guerre de 1870 à Dijon en oct. 2020, à l’occasion du 150ème anniversaire de la guerre. - Monument aux soldats allemands morts pendant la guerre de 1870 à Ehrenthal, près de Sarrebrück. - Buste de Guiseppe Garibaldi (1807-1882) dans le parc du château de Pouilly à Dijon, où, à la tête de l’armée des Vosges en 1871, il aida la France à obtenir une de ses rares victoires.
  • 21. La mémoire de la guerre de 1870-71 Monuments et statues - Monument du Lion à St Privat, érigé par les Allemands, avant sa destruction en 1818 - et, en dessous, ce qu’il en reste aujourd’hui - Le monument aux morts de la guerre de 1870 de Montauban, par Antoine Bourdelle - Statue du maréchal Helmuth von Molkte, vainqueur de Sedan, au Tiergarten de Berlin - Monuments aux soldats allemands morts à Dijon pendant la guerre de 1870-71 - Cimetière militaire allemand à Gravelotte - Monument « Aux citoyens morts pour la défense de Dijon » (1870-71) à Dijon
  • 22. La mémoire de la guerre de 1870-71 Musées Le ‘Musée de la Guerre de 1870’ de Loigny-la-Bataille (Eure- et-Loir) retrace l'histoire de la guerre franco-prussienne de 1870 et de la bataille de Loigny le 2 décembre 1870. Depuis sa rénovation en 2017, il est tourné vers les jeunes publics et propose de très nombreux contenus interactifs. Depuis 2007, un ‘Chemin de la Mémoire’ est aménagé sur le site de la bataille, afin de guider les visiteurs vers les monuments commémoratifs érigés sur les lieux les plus emblématiques. Dans un bâtiment inauguré en 2014, le ‘Musée de la guerre de 1870 et de l'Annexion’ de Gravelotte (Moselle) est entièrement consacré à l’histoire de la guerre de 1870 et de l’annexion de l’Alsace et d’une partie de la Lorraine à l’Empire allemand (1871-1918). Il aborde sous un nouvel angle les questions soulevées par ce conflit : l’unité allemande, la vie pendant l’annexion, les tensions à l’approche de la Première Guerre mondiale. Images : - Crypte-ossuaire de Loigny : environ 1 300 soldats français et allemands y reposent. - Musée de Gravelotte. Il possède aujourd’hui environ 6 000 objets comprenant des collections militaires françaises et allemandes, mais aussi des collections historiques, des œuvres d’art, des photographies, des archives, etc.
  • 23. La mémoire de la guerre de 1870-71 Peinture D’innombrables peintures ont été faites au sujet de la guerre de 1970-71. Les plus célèbres, le Panorama de la bataille de Rezonville et La bataille de Champigny sont des panoramas* réalisés entre 1882 et 1883 par Alphonse de Neuville (1835-1885) et Édouard Detaille (1848-1912). Ces huile sur toile de 120 mètres de long pour 15 de haut représentent deux batailles de la guerre de 1870. La peinture militaire est très en vogue sous la IIIe République, marquée par le patriotisme et l'esprit de revanche. Les panoramas connaissent un fort succès en Europe dans les années 1880, plusieurs capitales possédant alors des rotondes pour les exposer. Mais le déclin du goût des spectateurs pour ce type d'attraction et les prémisses du cinéma entrainent la disparition ou la restructuration de ces rotondes. Difficiles à exposer ailleurs et à conserver, certains panoramas seront détruits ou découpés. En 1896, le Panorama de Rezonville est découpé en 115 morceaux qui sont vendus aux enchères. Une vingtaine de fragments sont exposés au musée de Gravelotte en Moselle. La Bataille de Champigny est un panorama aux mêmes dimensions réalisé par les deux peintres. Images : - Extraits du Panorama de la bataille de Rezonville - En bas, dessin représentant la moitié du Panorama peinte par Édouard Detaille
  • 24. La mémoire de la guerre de 1870-71 Littérature La guerre se raconte dans les écrits privés et la presse, offrant un témoignage sur le conflit et le moral des Français. Le vieil Alexandre Dumas, dans un de ses derniers romans, la Terreur prussienne (1867), dénonce dans l’État prussien une machine de guerre implacable. Le premier témoignage littéraire d'importance sur la guerre de 1870 est le recueil collectif publié en 1880, Les Soirées de Médan, réunissant autour de Zola les principaux représentants de la jeune école naturaliste. Le thème commun de ces nouvelles est la guerre de 1870, dénoncée dans son absurdité et sa cruauté. Du côté allemand, le grand romancier Theodor Fontane publie dès 1871 Kriegs- gefangen, le récit de sa captivité en France. Sedan, du Belge Camille Lemonnier, est un reportage saisissant sur l’absurdité et la cruauté inouïes d’une guerre mal préparée et pour ainsi dire perdue d’avance.
  • 25. La guerre de 1870-71 dans la littérature Victor Hugo « Mais ils sont monstrueux pourtant, convenez-en. Des premiers rois venus ils ont l’aspect vulgaire ; Mais ils viennent avec des légions de guerre. Ils poussent sur Paris les sept peuples saxons. Hideux, casqués, dorés, tatoués de blasons, Il faut que chacun d’eux de meurtre se repaisse . (…) Et ce n’est pas leur faute ; ils sont les forces noires. Ils suivent dans la nuit toutes les sombres gloires, Caïn, Nemrod, Rhamsès, Cyrus, Gengis, Timour. Ils combattent le droit, la lumière, l’amour. Ils voudraient être grands et ne sont que difformes. Terre, ils ne veulent pas qu’heureuse, tu t’endormes. » Images : - Victor Hugo (1802-1885), poète, dramaturge, écrivain, romancier et dessinateur romantique. Rêvant d'une Europe unifiée il plante symboliquement le « chêne des États-Unis d’Europe » dans le jardin de Hauteville House à Guernesey. Le 5 septembre 1870, lendemain de la proclamation de la République, il rentre en France où il est accueilli comme un héros. Il participe activement à la défense de Paris assiégé. - L'Année terrible est un recueil de poèmes publié en 1872. Hugo retrace l'année 1870- 1871, durant laquelle la France voit, à la suite de la défaite de la France lors de la guerre contre la Prusse, le soulèvement de la classe ouvrière à Paris.
  • 26. La guerre de 1870-71 dans la littérature Erckmann-Chatrian Durant toute la période des « territoires perdus » de l’Alsace- Moselle, Erckmann et Chatrian et leur œuvre sont souvent perçus sous l’angle patriotique. Eux-mêmes publient en 1874 Le Brigadier Frédéric, histoire d’un Français chassé par les Allemands, évocation sans concession d’un garde forestier chassé de l’arrondissement de Saverne par l’occupation allemande de 1870. Images : - Erckmann-Chatrian est le pseudonyme collectif utilisé de 1847 à 1887 par Émile Erckmann (1822-1899) et Alexandre Chatrian (1826-1890). Nés tous deux en Moselle et amis, ils ont écrit un grand nombre de romans nationalistes d'inspiration régionale exaltant le sentiment patriotique. - Le brigadier Frédéric, histoire d'un Français chassé par les Allemands est paru en 1874. - En 1922 est érigé à Phalsbourg un monument en l’honneur d’Erckmann-Chatrian, écrivain emblématique de la 3ème République, lu par des générations d’écoliers dans le contexte de la Revanche.
  • 27. La guerre de 1870-71 dans la littérature Guy de Maupassant « Se réunir en troupeaux de quatre cent mille hommes, marcher jour et nuit sans repos, pourrir de saleté, coucher dans la fange, piller les villes, brûler les villages, ruiner les peuples, puis rencontrer une autre agglomération de viande humaine, se ruer dessus, faire des lacs de sang » : voici une description de la guerre selon Maupassant. Images : - Guy de Maupassant (1850-1893), écrivain et journaliste littéraire. Sa carrière se limite à une décennie, de 1880 à 1890, avant qu’il ne sombre peu à peu dans la folie due à la syphillis et ne meure peu avant l'âge de 43 ans. Reconnu de son vivant, il conserve un renom de premier plan, renouvelé encore par les nombreuses adaptations cinématographiques de ses œuvres. - Boule de suif, inspirée d'un fait divers, se déroule pendant la guerre de 1870 : dix personnes fuyant Rouen envahie par les Prussiens ont pris place dans une diligence. Parmi elles, une prostituée surnommée jadis "Boule de Suif" à cause de son embonpoint, se donnera à un officier prussien pour sauver les autres voyageurs qui pourtant la méprisent. L'espace clos de la diligence fait ressortir les faiblesses de ces personnages de différents milieux sociaux (nobles, bourgeois, commerçants, religieux, populaire) confrontés au malheur des vaincus : fausseté et bassesse se révèlent alors. Les thèmes évoqués dans ce cadre de la guerre sont l'obsession alimentaire, le sentiment de la liberté perdue, la crainte de l'occupant et surtout l'hypocrisie de la société. - L'aventure de Walter Schnaffs décrit l'aventure d'un soldat prussien, pacifique et bienveillant, heureux d’être fait prisonnier de guerre par les Français.
  • 28. La guerre de 1870-71 dans la littérature Arthur Rimbaud « C'est un trou de verdure où chante une rivière accrochant follement aux herbes des haillons d'argent ; où le soleil, de la montagne fière, luit : c'est un petit val qui mousse de rayons. Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue, et la nuque baignant dans le frais cresson bleu, dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue, pâle dans son lit vert où la lumière pleut. Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme sourirait un enfant malade, il fait un somme : nature, berce-le chaudement : il a froid. Les parfums ne font pas frissonner sa narine ; Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit. » Images : - Arthur Rimbaud (1854-1891), poète. Bien que brève, son œuvre poétique est caractérisée par une prodigieuse densité thématique et stylistique, faisant de lui une des figures majeures de la littérature française. - Le dormeur du val (oct.1870) est sa poésie le plus célèbre sur la guerre franco-allemande. Le rêve de Bismarck est un pamphlet anti-prussien de Rimbaud publié en nov. 1870 sous le pseudonyme de Jean Baudry dans le journal Le Progrès des Ardennes.
  • 29. La guerre de 1870-71 dans la littérature Alphonse Daudet « Mes enfants, c’est la dernière fois que je vous fais la classe. L’ordre est venu de Berlin de ne plus enseigner que l’allemand dans les écoles de l’Alsace et de la Lorraine… Le nouveau maître arrive demain. Aujourd’hui, c’est votre dernière leçon de français. Je vous prie d’être bien attentifs. (…) Mais quelque chose l’étouffait. Il ne pouvait pas achever sa phrase. Alors il se tourna vers le tableau, prit un morceau de craie et, en appuyant de toutes ses forces, il écrivit aussi gros qu’il put : "Vive la France". Puis il resta là, la tête appuyée au mur, et, sans parler, avec sa main, il nous faisait signe : "C’est fini… allez-vous-en !". » Images : - Alphonse Daudet (1840-1897), écrivain et auteur dramatique. - Contes du lundi est un recueil de nouvelles publié en 1873 et inspiré des événements de la guerre franco-prussienne : le peuple de Paris soumis aux privations, les événements de la Commune et la répression des Versaillais. Le récit le plus connu de cet ouvrage, La dernière classe est l'histoire d'un petit Alsacien, Franz, qui assiste à l'occupation de sa patrie par les troupes prussiennes et se voit interdire l'usage de la langue française. Désormais, seul l'allemand sera enseigné dans les écoles publiques.
  • 30. La guerre de 1870-71 dans la littérature Paul Déroulède « Moi, c'est l'ardeur que je voudrais nous rendre. Je ne suis, moi, qu'un sonneur de clairon. Je vis les yeux fixés sur la frontière ; Et, front baissé, comme un bœuf au labour, Je vais, rêvant à notre France entière, Des murs de Metz au clocher de Strasbourg. Depuis dix ans j'ai commencé ce rêve, Tout le traverse et rien ne l'interrompt. Dieu veuille un jour qu'un grand Français l'achève ! Je ne suis, moi, qu'un sonneur de clairon. » « On grimpe, on court, on arrive, Et la fusillade est vive Et les Prussiens sont adroits, Quand enfin le cri se jette : « En marche ! À la baïonnette ! » Et l’on entre sous le bois. À la première décharge, Le clairon sonnant la charge Tombe frappé sans recours ; Mais, par un effort suprême, Menant le combat quand même Le clairon sonne toujours. » Images : - Paul Déroulède ( 1846-1914), poète, auteur dramatique, romancier et militant politique. Son rôle de fondateur de la ‘Ligue des patriotes’ et son revanchisme en font un acteur important de la droite nationaliste en France. Alors qu'il s'affirme républicain, il tente d'effectuer un coup d'État en 1899 après la défaite cuisante des nationalistes aux élections législatives de 1898. Il tient des déclaration antisémites. - Chants du soldat, premier recueil de poésie patriotique paru en 1872, a un grand succès. L'auteur y chante la patrie, l'héroïsme des soldats, les malheurs de la guerre de 1870 et la revanche sur les Prussiens.
  • 31. La mémoire de la Guerre de 1870-71 Chansons - Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine est une chanson de Gaston Villemer et Hippolyte Nazet (paroles) et de Frédéric Bentayoux (musi- que), écrite en 1871. Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine, Et malgré vous nous resterons Français ; Vous avez pu germaniser la plaine, Mais notre cœur, vous ne l'aurez jamais - La chanson Le Fils de l'Allemand (1882) est créée par la chanteuse Amiati Une nourrice lorraine restée fidèle à la France est sollicitée par un officier allemand dont la femme est morte en accouchant. La nourrice, par patriotisme, rejette l'idée d'allaiter ce bébé : Va passe ton chemin, ma mamelle est française N'entre pas sous mon toit, emporte ton enfant Mes garçons chanteront plus tard la Marseillaise Je ne vends pas mon lait au fils d'un Allemand.
  • 32. La mémoire de la guerre de 1870-71 Livres et revues etc.
  • 33. La mémoire de la guerre de 1870-71 Livres, bandes dessinées et jeux
  • 34. La mémoire de la guerre de 1870-71 Livres pour enfants, films et documentaires ■
  • 35. La mémoire de la guerre de 1879-71 Films etc. ■
  • 36. La mémoire de la guerre de 1879-71 Documentaires etc. ■