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Figures de la résistance
à l’occupation israélienne de la Palestine
et de la recherche de paix
4 - 1941 à 1949
Étienne Godinot - 22.01.2024
Mahmoud Darwich
(1941-2008), poète palestinien. Originaire d’un village rasé par
l’armée israélienne. Profondément engagé dans la lutte de son peuple
pour son existence et son territoire, sa liberté et sa dignité. Emprisonné
plusieurs fois entre 1961 et 1970 pour ses activités politiques, n’a
pourtant jamais cessé d’espérer la paix.
« Sans doute avons-nous besoin aujourd’hui de la poésie, plus
que jamais. Afin de recouvrer notre sensibilité, la conscience de notre
humanité menacée. (…) La beauté est liberté et la liberté, beauté. C’est
ainsi que la poésie qui défend la vie devient une forme de résistance. »
« La longue occupation n’a pas réussi à effacer notre nature
humaine, ni à assécher notre langue et nos sentiments face aux bar-
rières qu’elle dresse devant nous. (…) L’espoir est la maladie incurable
des Palestiniens. »
Rafi Walden
Né en France en 1942, survit à la traque des Juifs. Émigre
en Israël avec sa famille en 1951 suite au décès de son père.
Études de médecine, médecin militaire dans une unité de para-
chutistes, termine son service militaire comme lieutenant-colonel.
Chirurgien vasculaire au Chaïm Sheba Medical Center de Tel
Hashomer, près de Tel Aviv.
Membre depuis 1992 de Physicians for Human Rights
("Médecins pour les droits de l’homme") qui intervient dans les
zones palestiniennes.
« Je me considère clairement comme un patriote israélien,
un sioniste. Mais je considère l’humanisme comme une valeur
juive essentielle. Je n’accepte pas que des gens s’affirmant
comme Juifs – ayant souffert pendant des génération de la
domination et de l’oppression des autres peuples – fassent
exactement la même chose à un peuple qui se trouve sous leur
contrôle. » ../..
Rafi Walden
« Nous assistons à une diabolisation et à une déshumanisation
de l’adversaire, principalement parce qu’il n’y a plus de rencontre avec
eux. »
« L’idée selon laquelle nous retournons dans le pays de nos
ancêtres ne correspond pas à la réalité historique. »
« Les devoirs à l’égard des étrangers sont mentionnés 36 fois
dans la Torah, beaucoup plus que l’observance du Shabbat, le respect
des règles casher, etc. »
« Les conséquences de la domination sont lourdes. Il y a deux
catastrophes parallèles : celle causée aux Arabes et la profonde
altération subie par la société israélienne. »
« Au lieu de montrer la voie en chefs avisés, nos dirigeants
alimentent nos peurs ».
Photos : Logo et photo du Chaïm Sheba Medical Center de Tel Hashomer
Daniel Barenboïm
Né en 1942 à Buenos-Aires de parents juifs d’origine russe.
Pianiste et chef d’orchestre de nationalité argentine et israélienne. Reçoit
en 2002 la nationalité espagnole, porteur d’un passeport palestinien.
Crée avec Edward Saïd la ‘Fondation publique Andalouse
Barenboïm-Saïd pour la paix au Moyen-Orient’, l’Andalousie étant un lieu
symbolique de la coexistence pacifique des cultures et des religions. Crée
aussi avec E. Saïd en 1999 un orchestre israélo-arabe, le West Eastern
Divan Orchestra.
« Il n’y a pas de solution militaire au conflit judéo-arabe, ni d'un
point de vue moral, ni d'un point de vue stratégique. Dès lors que c’est
une solution d’une autre nature qui doit être trouvée, je pose la question :
« Qu’attendons-nous ? » (…)
« Nous ne recherchons pas le consensus politique. Nous cherchons
à comprendre, surtout quand nous ne sommes pas d'accord ».
Alain Michel
Français né en 1942. Dirige pendant 15 années l’ONG
humanitaire ÉquiLibre qui agit dans 25 pays, dénonce l’embargo
meurtrier imposé pendant 10 ans à l’Irak.
Crée en 2001 la fondation suisse Hommes de Parole
destinée à renouer le dialogue entre les hommes et à agir sur les
causes des conflits. Organise des rencontres entre imams et
rabbins à Bruxelles en 2005, à Séville en 2006, à Paris en 2008.
« Mettre en présence ceux qui ne peuvent se rencontrer
dans les contextes traditionnels. Leur donner la possibilité de se
connaître, de découvrir les points communs, les besoins communs,
de solutionner les divergences, de construire et d’agir ensemble. »
« Rassembler autour des valeurs humaines n’est pas un
voeu pieux, mais au contraire le plus réalisable qui soit. Les
hommes de foi peuvent aider les négociateurs à formuler des
traités de paix justes pour tous.»
Moubarak Awad
Palestinien né en 1943. Quand sa maison se retrouve dans un
no man's land entre les belligérants en 1948, devient un réfugié
dans la vieille ville de Jérusalem. Après ses écoles secondaires, va
aux États-Unis où il obtient son doctorat de psychologie et acquiert
la nationalité américaine. Crée des programmes de soutien aux
enfants handicapés ou abusés.
En 1983, affirme que « l’action non-violente constitue la
méthode la plus efficace de résistance à l’occupant en Cisjordanie
et à Gaza ». Lors d'un voyage en Palestine en 1985, crée le
Palestinian Centre for the Study of Nonviolence. Avant la première
Intifada, donne des conférence et publie des articles sur la non-
violence comme technique de résistance face à l'occupation
israélienne. Expulsé par Israël en juin 1988, retourne aux États-
Unis.
Au Proche-Orient, est considéré comme le père de la
désobéissance civile lors de la première Intifada.
Moubarak Awad
« Mon grand-père a été tué, mon père a été tué. Ma mère
m’a dit : “ Ne tue jamais, ne blesse jamais, n’injurie jamais " ».
« Pour quiconque est sous occupation, la préoccupation
primordiale est de se libérer de l’occupation. Pour cela, il faut
rendre l’occupation coûteuse aux occupants. Quel que soit
l’occupant, vous devez lui rendre la vie impossible sur plusieurs
plans : politique, économique, psychologique et aussi moral. »
« Les Juifs d’Israël ont le sentiment que personne n’a le
droit de dire quelque chose contre eux parce qu’ils portent une
histoire de persécutés. En plus les chrétiens du monde occidental
ont du mal à indiquer le sens de la justice aux Israéliens parce que
la communauté chrétienne, dans l’Église organisée, a été la source
de la persécution des Juifs. »
« Si les Palestiniens et les Israéliens ne peuvent pas
s’entretuer complètement, il faudra bien arriver à une issue. Cette
issue ne sera pas de s’aimer les uns les autres, ni même de se
faire confiance, mais de survivre en travaillant ensemble. »
« S’il y a quelqu’un qui doive nous sauver ou nous aider,
c’est nous-mêmes ! »
Ilan Halevi
(1943-2013), journaliste et homme politique juif, français et palesti-
nien. Né en France dans une famille juive yéménite qui résista à l'occu-
pation nazie de la France, est à l'état civil Alain Albert, après son adoption
par le second mari de sa mère. Au départ journaliste, connu pour la
pertinence de ses analyses, ses qualités intellectuelles, son engagement
en faveur de la cause palestinienne, s'intéresse tôt à la politique. Non
religieux, se décrit comme « 100 % juif et 100 % arabe ».
Émigre en Israël en 1967 et rejoint le Fatah, l'organisation politique
et militaire de Yasser Arafat. Membre de Matzpen (‘Boussole’), organe
israélien d'extrême-gauche, révolutionnaire, internationaliste et antisio-
niste (1962-1983), et de Maavak (‘Lutte’), petit groupe radical israélien
antisioniste, au début des années 1970. Représentant officiel de ‘l'Orga-
nisation de libération de la Palestine’ (OLP) en Europe et pour ‘l'Interna-
tionale socialiste’, vice-ministre des Affaires étrangères de l'OLP dans le
gouvernement de Mahmoud Abbas entre 2003 et 2005.
A dû abattre un double mur, celui de l'opprobe et de la haine de la
part des Israéliens, celui de l'extrême méfiance de la part des Palesti-
niens dont ils rejoignaient la cause.
Michael Lerner
Né en 1943, activiste politique et rabbin étatsunien. Doctorats en
philosophie et en psychologie clinique et sociale. Rédacteur en chef de
Tikkun, magazine interconfessionnel juif progressiste basé à Berkeley en
Californie, lancé avec l’intention de défier la gauche pour son incapacité à
comprendre les préoccupations spirituelles dans la vie des Américains
ordinaires. Après 1995, rabbin de la synagogue Beyt Tikkun à Berkeley,
membre d'Ohalah, l'organisation des rabbins du renouveau juif. Rejette les
interprétations ethnocentriques de la Torah. En 2005, président du Network
of Spiritual Progressives dont la mission est de « défier le matérialisme et
l'égoïsme dans la société américaine et de promouvoir une philosophie
d'amour, de générosité, de respect et d'émerveillement devant la grandeur
de l'univers ».
En avril 2002, déclare : « Les organisations juives exigent la loyauté
vis-à-vis d'Israël et dissuadent les Juifs d'exprimer leur dégoût à propos des
agissements israéliens. Je voudrais que les gens sortent au grand jour et
disent ouvertement ce qu'ils pensent. Ce qui les en empêche, c'est l'écrasant
pouvoir de l'AIPAC* et les forces inhérentes au conservatisme juif qui étran-
glent tout dialogue et rendent impossible aux voix juives de se faire entendre
pour réclamer la justice. »
* L'AIPAC, American Israel Public Affairs Committee (‘Comité des Affaires publiques
américano-israéliennes’) est un lobby créé en 1963 aux États-Unis visant à soutenir Israël. L'AIPAC
soutient fortement la droite israélienne, et est réputé proche du Likoud.
Rafiq Khoury
Né en 1943, prêtre catholique palestinien, théologien de la
libération. Vicaire patriarcal de Jérusalem. Secrétaire général de la
pastorale catholique. Ex-consultant du Conseil pour le dialogue
interreligieux avec les Musulmans et pendant 5 ans également pour le
dialogue avec les Juifs.
Coauteur du document Kairos Palestine 2009 : un groupe de
leaders religieux, représentant les principales confessions chrétiennes
demande aux théologiens de ne pas légitimer les injustices faites aux
Palestiniens. Ils rappellent le devoir des fidèles de résister au mal et les
appellent en particulier à participer au boycott des produits israéliens.
En outre, ils dénoncent la définition juive de l’État d’Israël et appellent
au respect de tous.
« Les trois religions peuvent utiliser les réponses aux questions
"Qui est Dieu, Qui est l’autre, Qui suis-je ?" pour développer une
perspective qui favorise la paix, la réconciliation et la compréhension. »
Uri Davis
Né en 1943 à Jérusalem de parents juifs, anglais du côté
de son père, tchécoslovaque de celui de sa mère. Universitaire
israélien, militant de la cause palestinienne. Cofondateur du
Movement Against Israeli Apartheid in Palestine (MAIAP, ‘Mouve-
ment contre l'apartheid israélien en Palestine’), conférencier en
Science de la paix à l'Université de Bradford.
Épouse une militante palestinienne, se convertit à l’islam,
élu en août 2009 au conseil du Fatah. Partisan d'un État
binational, dans lequel tous les citoyens auraient des droits
égaux.
« Le racisme est une forme populaire de xénophobie, et
Israël n'est pas à cet égard plus raciste que les États-Unis ou la
Grande-Bretagne… L'apartheid est une régulation par la loi des
différences raciales. Israël est simplement beaucoup plus astu-
cieux que l'Afrique du Sud : il n'y a pas de ces lois ridicules de
ségrégation. Tout est plus subtil…»
Tanya Reinhart
(1943-2007), linguiste israélienne. Professeure de linguistique
aux universités de Tel-Aviv et d'Utrecht. Militante anti-sioniste, prend
position sur le conflit israélo-palestinien dans divers journaux israéliens.
Dispose d'une chronique régulière dans le quotidien israélien Yediot
Aharonot.
Distingue deux grandes lignes dans la stratégie des autorités
israéliennes vis-à-vis des territoires occupés : l’expulsion finale des
Palestiniens, dans la continuation de ce qui s’est fait en 1948, ou
l’instauration d’un système d’apartheid, qui a été commencé à travers
le "processus de paix" d’Oslo.
« Je continue à croire que non seulement le terrorisme (qui
est profondément erroné moralement), mais aussi la lutte armée contre
l’armée occupante est un choix erroné et qu’elle ne doit pas être
choisie par la société palestinienne. La seule espérance, dans ces
conditions, face à toutes les options qui se sont fermées, reste
toujours la lente, douloureuse et patiente voie de la désobéissance
civile, la lutte de toute la société. »
Maired Corrigan-Maguire
Née en 1944. Militante non-violente de l’Ulster. En août 1976,
une voiture de militants de l’Irish Republican Army (IRA) poursuivie par
des soldats britanniques écrase les 3 enfants de sa sœur. Avec Betty
Williams, témoin de l’accident, organise le Women’sPeace Movement
pour dénoncer les violences des 2 bords. 35 000 femmes des 2
communautés manifestent dans les rues de Belfast. Prix Nobel de la
paix 1976 avec Betty Williams pour ses efforts de réconciliation en
Ulster.
En avril 2007, soutient la résistance non-violente des Palesti-
niens de Bil’in. Fait partie de la flottille de paix contre le blocus maritime
de Gaza interceptée par l’armée israélienne en mai 2010.
« Je crois que ce pays connaîtra un jour la paix, mais seulement
si Israël met un terme à l’apartheid et au nettoyage ethnique du peuple
palestinien ».
David Forman
(1945-2010), dramaturge, rabbin états-unien engagé dans la
lutte des Noirs pour les droits civiques et contre la guerre du
Vietnam. Après son installation en Israël en 1972, est consterné par
le fait que les rabbins israéliens soient préoccupés par les questions
rituelles et non par les questions éthiques.
Fondateur en 1988 de l’organisation Rabbis for human rights
("rabbins pour les droits de l'homme" partout dans le monde).
Protège notamment les agriculteurs palestiniens contre les colons
israéliens, lutte contre les démolitions de maisons palestiniennes.
L’association regroupe aujourd’hui plus de 100 rabbins israéliens.
« Il a agi d'abord et avant tout à partir d'un attachement juif
profond et passionné aux droits de l'homme, issu de l'idée que nous
avons tous été créés à l'image de Dieu. »
Rabbi Arik Asherman, directeur exécutif deRabbis for human rights
Ami Ayalon
Né en 1945, amiral israélien, ancien commandant de la flotte
militaire, directeur du Shin Beth (services de renseignement israéliens) de
1996 à 2000, puis député travailliste à la Knesset.
Promeut avec le philosophe palestinien Sari Nusseibeh (photo du bas)
l’initiative pacifique The people’s Voice ("La voix des peuples") : elle
propose deux États, Jérusalem capitale des deux États, le retrait israélien
des Territoires occupés, et le retour des réfugiés limité aux territoires
occupés. La pétition soutenant ce projet est signée par 400 000 Israéliens
et Palestiniens.
« Je ne divise pas les prisonniers entre ceux qui ont du sang sur les
mains et ceux qui n’en ont pas. Je les divise entre ceux avec lesquels je
suis parvenu à un accord et ceux avec lesquels je n’y suis pas parvenu.
(..) Sur un bateau, quand on veut voir si l’on avance, on ne se met pas à la
proue mais à l’arrière et l’on regarde le sillage que l’on laisse derrière soi.
Quand je vois que nos idées font aujourd’hui parte du consensus national,
alors je me rends compte qu’on avance. »
Tzvia Greenfeld
Née en 1945, Israélienne. Études d’histoire, docteur en
philosophie politique, a vécu 11 ans aux États-Unis. A travaillé 4 ans
à Yad Vashem, mémorial de la Shoah, a dirigé un institut spécialisé
dans l’enseignement du judaïsme, puis Machon Mifne, un institut
d’éduca-tion à la démocratie destiné aux jeunes religieux.
Femme politique, membre du parti Meretz à la Knesset,
signataire de l’Accord de Genève. Milite, au nom de ses convictions
religieuses, contre l’occupation et la colonisation.
« Nous sommes seuls responsables de notre morale et de nos
actes. (…) Il y a ici un groupe important d’êtres humains qui
souffrent énormément à cause de notre domination. (…) En fin de
compte, je pense que le miracle qui nous fera lever et partir sera la
résultante de pressions internes et externes. »
Photo du bas : logo du parti Meretz (sioniste de gauche, laïc, soutient le
principe : 2 peuples, 2 États)
Zahira Kamal
Palestinienne née en 1945, ex-professeure de physique et
chimie à l’École de formation des professeurs. En détention adminis-
trative pendant 6 mois en 1979, assignée à résidence pendant 7 ans
et ½ pour ses activités politiques. Secrétaire générale du Palestinian
Democratic Union Party. Ex-directrice générale du Palestinian
Women’s Research and Documentation Centre, projet UNESCO, ex-
ministre des Affaires féminines au sein du gouver-nement palestinien.
Cofondatrice de La Chaîne de Jérusalem, coordination
d’associations de femmes pour une paix juste.
« La population appelle de ses vœux une solution à deux États,
en Palestine comme en Israël, car l’occupation tue physiquement en
Palestine et mentalement en Israël. (…) Je suis réaliste, c’est-à-dire
que je peux composer avec la réalité et y réagir. »
Amram Mitzna
Né en 1945, de parents juifs émigrés d’Allemagne. Militaire et
homme politique israélien. Général, puis maire de la ville de Haïfa de
1993 à 2003, dirige le ‘Parti travailliste’ de 2002 à 2003. En décem-
bre 2012, rejoint le nouveau parti centriste Hatnuah (logo ci-des-
sous). A participé à l’élaboration de l’Accord de Genève dont il est
signataire.
« Comment en sommes-nous arrivés à nous comporter
comme une société violente, cynique, qui ne fait plus attention à
personne ? La souffrance des autres ne nous intéresse plus, ce qui
finit par atteindre la sécurité du pays.
(…) Je disais toujours à Yitzhak Shamir qu’on pouvait sans
difficulté réprimer l’Intifada, mais qu’on n’en viendrait jamais à bout.
(…) Je disais à mes soldats qu’ils devaient voir leur propre mère en
chaque femme palestinienne manifestant. (…) Nous sommes
responsables parce que c’est nous qui détenons le pouvoir. »
Charles Enderlin
Né en 1945, journaliste, reporter et auteur franco-israélien. De 1981
à 2015, correspondant à Jérusalem de la chaîne de télévision française
‘France 2’. Victime de menaces de mort de la part de divers organismes
ultra-sionistes, a reçu le soutien de nombreux journalistes, ainsi que de
personnalités juives dont Théo Klein, ancien président du ‘Conseil
représentatif des institutions juives de France’ (CRIF).
« Netanyahou maintient le blocus de Gaza, mais en autorisant le
financement du Hamas par le Qatar. Régulièrement, un émissaire qatari
arrive à l’aéroport Ben Gourion avec des valises de billets. La police
israélienne l’escorte jusqu’au poste-frontière d’Erez où la somme est
remise au Hamas. »
« En France, on hurle quand est prononcé le mot ‘apartheid’ à
propos de ce qui se passe en Cisjordanie. Pourtant, en Israël, c’est l’an-
cien patron du Mossad, Tamir Pardo, qui prononce ce mot d’apartheid, et
personne ne l’accuse d’être antisémite. »
« Contre un régime raciste, discriminatoire, injuste, qui entraîne le
peuple israélien dans le désastre, la lutte doit être radicale. Toute per-
sonne qui a soutenu la politique de colonisation de Netanyahou soutenait
de fait le renforcement du Hamas. »
Danny Rothschild
Né en 1946, général de réserve israélien. Chef du renseignement
militaire puis administrateur militaire des territoires occupés. Directeur de
l’Institute for Policy and Strategy (IPS), groupe de réflexion, président de la
Herzliya Conference, conférence annuelle sur la sécurité en Israël.
A créé le Council for Peace and Security ("Conseil Paix et Sécurité"),
cercle de réflexion composé d’officiers de réserve préconisant une solution
politique au conflit, sur la base de deux États.
« La paix est la meilleure garantie de sécurité, mais il y a des empê-
cheurs (…) Pendant les sept dernières années, le Hamas a tiré plus de 3 800
roquettes sur le sud d'Israël. »
Défend l’opération ‘Plomb durci’ (bombardements sur Gaza en déc. 2008 et
offensive terrestre en janv. 2009). L'objectif déclaré des Israéliens était de mettre fin aux
tirs de roquettes Qassam du Hamas lancés depuis la bande de Gaza, en particulier sur la
ville voisine de Sderot : Cette opération militaire a suscité une large réprobation dans
l'opinion internationale, en raison du caractère jugé disproportionné de la riposte
israélienne, du nombre de victimes civiles parmi les Palestiniens, et de l'utilisation par
l'armée israélienne d'armes dont l'usage est restreint ou limité par le droit international
humanitaire.
Photo du bas : Roquette Qassam
Gila Svirsky
Née en 1946, militante israélienne. Fille d’immigrants aux États-
Unis, élevée au New-Jersey dans une communauté juive orthodoxe.
Déménage en Israël à l'âge de 19 ans, retourne brièvement aux États-
Unis pour terminer l'université à Brandeis. Membre d’organisations pour la
paix et les droits humains en Israël : New Israel Fund, B'Tselem et Bat
Shalom.
En réponse à la première Intifada en décembre 1987, participe aux
veillées organisées par Women in Black (‘Les femmes en noir’), un groupe
de femmes qui s'oppose à l'occupation israélienne.
Lorsque commence la deuxième Intifada, cofonde en novembre 2000
la Coalition of Women for Peace, qui rassemble des femmes juives et
palestiniennes indépendantes et des organisations de femmes israélien-
nes pour la paix. La coalition organise des rassemblements de masse, des
campagnes de défense des droits de l'homme, des activités de sensibi-
lisation et de plaidoyer, y compris des rassemblements appelant à la fin de
l'occupation et mettant en vedette des milliers de femmes israéliennes et
palestiniennes portant des banderoles affirmant : «Nous refusons d'être
des ennemis !»
« Le seul moyen de mettre fin à la violence est d’arriver à une
solution politique juste.»
Jeff Halper
Né en 1946, anthropologue juif états-unien, auteur,
conférencier et militant politique, installé en Israël en 1973.
Cofondateur et coordinateur du Israeli Committee Against House
Demolitions (ICAHD), pour résister à la politique israélienne de
démolition systématique de maisons palestiniennes dans les
territoires occupés.
Les militants font de l’obstruction devant les bulldozers et
récoltent de l’argent pour reconstruire au même endroit les maison
démolies.
« Sur 28 000 maisons détruites depuis 1997 à Jérusalem-
Est et dans la vallée du Jourdain, il y en a peut-être 600 seulement
qui ont été détruites pour des raisons de sécurité. (…) La situation
empire, mais nous avons fait de la Palestine une question qui
concerne le monde entier. Je crois à la possibilité d’un État
binational.»
Shlomo Sand
Né en 1946 en Autriche de parents juifs. Passe ses deux
premières années de vie dans des camps de réfugiés juifs polonais, en
Allemagne. Grandit en Israël où ses parents ont émigré. Pendant la
‘Guerre des Six Jours’ (1967) à laquelle il participe comme soldat, est le
témoin, à Jéricho, d’un acte de barbarie, commis par son armée sur un
vieillard arabe. Milite dans l'extrême gauche israélienne favorable à deux
Républiques différentes (israélienne et palestinienne) dans la perspective
d'une confédération. Complète ses études universitaires à Paris.
Historien israélien spécialisé dans l'histoire contemporaine,
professeur à l’université de Tel Aviv. Défend l'idée que la construction
nationale israélienne s'est appuyée sur un récit fondateur mythique,
faisant des populations juives un peuple, uni par une même origine et
possédant une histoire nationale commune. Partisan d’un État binational
à la mode belge.
« En réalité, jusqu'à l'avènement du sionisme, ces populations ne
se définissaient qu'à travers leur appartenance religieuse en commun et
ne se percevaient pas comme un peuple. Contrairement à l’idée reçue, la
diaspora n’est pas née de l’expulsion des Hébreux de Palestine, mais de
conversions successives en Afrique du Nord, en Europe du Sud et au
Proche-Orient ». ../..
Shlomo Sand
« Il existe un lien étroit entre l’identification des Juifs en tant
qu’ethnie ou peuple-race éternel et la politique d’Israël à l’égard de
ceux de ses citoyens considérés comme non-juifs, à l’égard égale-
ment des travailleurs immigrés venus de contrées lointaines, et bien
évidemment de ses voisins privés de droits et soumis à un régime
d’occupation depuis bientôt cinquante ans. »
« Il faut commencer à construire pas à pas les conditions
historiques d’un État fédéral (ou fédération). Rappelons que presque
tous les États fédéraux dans l’histoire sont nés du conflit et par la
violence. Il est difficile de s’en convaincre aujourd’hui et même de
l’imaginer, mais je pense que nous n’avons pas d’autre choix qu’une
coexistence pacifique dans une fédération israélo-palestinienne. »
« Avant de déboucher sur un compromis historique et sur la
paix, il y aura encore, malheureusement, des catastrophes, car ce qui
est grave dans notre monde actuel, c’est cette « symbiose » entre
religion et nationalisme. De l’Inde jusqu’à l’Iran, de Gaza jusqu’à
Jérusalem, le tandem religion et nationalisme et leur instrumenta-
lisation sont la pire des choses. »
Shlomo Sand
« La création d’un État binational où Israéliens et Palestiniens
seraient citoyens du même État a jadis été l’aspiration de nombreux
intellectuels juifs critiques, de gauche comme de droite. Les prises de
position en faveur du binationalisme, d’Ahad Haam dès la fin du xıxème
siècle à Léon Magnes en passant par Hannah Arendt et beaucoup
d’autres, pour qui le désir de créer un État juif exclusif sur une terre
peuplée en majorité par des Arabes entraînerait un conflit violent et
insoluble, se sont révélées tout à fait exactes. Avec l’arrivée aux affaires
de l’extrême droite en Israël, les massacres perpétrés par le Hamas et les
bombardements de la bande de Gaza, la question d’un État binational est
devenue une urgence pour toute la région. Lui tourner le dos n’y
changera rien.
Le binationalisme ne relève pas seulement du vœu pieux, mais
aussi de la réalité présente : 7,5 millions d’Israéliens-juifs dominent, par
une politique d’expulsion, de déplacement, de répression et
d’enfermement, un peuple palestinien-arabe de 7,5 millions de
personnes, dont une grande partie est privée de droits civiques et des
libertés politiques élémentaires. Il est évident qu’une telle situation ne
pourra pas durer éternellement. »
Elias Sanbar
Né en 1947, historien, poète et essayiste palestinien. A 15 mois
lorsque sa famille s'installe au Liban après la proclamation de l'État d'Israël.
En 1969, poursuit ses études à Paris. Par la suite, enseigne le droit
international à l'université Paris VII, au Liban puis aux États-Unis à
l'université de Princeton. En 1981, participe à la fondation à Paris, de la
Revue d’études palestiniennes. Ambassadeur de la Palestine auprès de
l'Unesco. Commissaire de l’exposition "Ce que la Palestine apporte au
monde", à ‘l’Institut du Monde Arabe’ (IMA).
« ll y a, chez les Palestiniens, une véritable obsession de la culture,
alliée à une créativité permanente et à une énergie vitale, dont cette
exposition est le reflet. Cet espace apparaît aujourd’hui d’autant plus
essentiel face au déni d’humanité terrifiant revendiqué par Israël, qui se
vante de bombarder des "animaux" à Gaza. »
« Les ennemis de la paix ont passé leur temps à dire que celle-ci était
impossible, à cause des extrémistes des deux bords, qu’ils renvoient dos à
dos. Nous ne sommes pas dos à dos, nous sommes face à face. Ce débat
masque le noyau fondamental de ce conflit, qui est l’absence d’égalité. Il
n’y aura pas de paix s’il n’y a pas d’égalité de droits. »
« Le Hamas véhicule une idéologie, avec une vision de l’islam qui
n’est pas celle de la majorité des Palestiniens. »
« La solution à deux États est enterrée parce que la réalité du terrain
ne le permet plus. Deux États, ce n’est pas seulement une idée, c’est un
territoire, ce sont des lieux et une configuration géographique. »
Émile Shoufani
Né en 1947, théologien et éducateur chrétien arabe, de nationalité
israélienne. Expulsé avec sa famille en 1948. Études de théologie en
France. Prêtre et directeur du Collège Saint Joseph à Nazareth.
Pour promouvoir la réconciliation et enseigner la Shoah, organise
en 2003 le premier voyage judéo-arabe à Auschwitz-Birkenau (500
personnes). Archimandrite de l'Église grecque-catholique melkite de la
Terre Sainte.
« Cet acte de mémoire signifiera notre refus radical d’une telle
humanité, il témoignera de notre capacité à comprendre la blessure de
l’autre. (…) Ce détour par les abîmes les plus sombres de la mémoire de
l’humanité ne peut relativiser en aucune façon les souffrances d’autres
populations, en d’autres lieux et en d’autres temps. Il ne peut au contraire
que nous renvoyer chacun à nos responsabilités du présent, et à notre
vocation d’êtres humains en marche vers un Vivre ensemble ».
David Chemla
Français d’origine juive né en Tunisie en 1948. Consultant en informa-
tique et écrivain, a vécu 10 ans en Israël, a fait son service militaire à
Tsahal. Réside à Paris, président pour la France de l’association Shalom
Akhshav - "La Paix Maintenant"
Très attachée à l’existence de l’État israélien, cette association
fondée en 1978 par 348 officiers de réserve et soldats israéliens, affirme la
nécessité impérative d’aboutir à une solution de compromis avec les
Palestiniens et le monde arabe. Elle refuse la poursuite de l’occupation et
de la domination de la population palestinienne, dont la prolongation
corrompt la société israélienne.
A parcouru Israël et la Palestine en 2004-2005 pour rencontrer des
hommes et femmes profondément enracinés dans leurs société, favora-
bles à un compromis pour mettre fin au conflit, reconnaissant l’existence
de l’autre, conscients de la nécessité de renoncer à une part des rêves de
leur propre camp, opposés aux extrémistes de leur camp.
../..
David Chemla
« Depuis 1967, les lieux permanents de rencontre entre les
deux sociétés sont ceux de leur confrontation : le champ de bataille
ou la prison. »
« Il ne s’agit pas d’un simple conflit frontalier (…). Celui-ci
confronte chacun des deux peuples à son identité, l’obligeant à
définir - ou à redéfinir - son projet collectif national. Et, dans les deux
cas, celui-ci se construit en référence au passé respectif de
chacun. (…) L’enjeu, pour les uns comme pour les autres, est de
réussir à s’inscrire dans le temps et l’espace. »
« Chacun doit abandonner une part de ses rêves et penser
l’effet de sa position sur l’autre. Penser l’avenir, affronter ensemble
les problèmes communs, trouver comment partager les ressources
trop rares dans cette région – la terre et l’eau – tels sont les
véritables enjeux de demain ».
Photo : le Jourdain près de sa source, à Banyas
Saman Khoury
Palestinien, né en 1948. Emprisonné 2 ans en 1977 pour son
activité politique au FDPLP, puis 4 ans en 1988 comme une des
dirigeant de la 1ère Intifada. Fondateur de la télévision palestinienne.
Signataire de l’Accord de Genève, Directeur général du Peace
and Democracy Forum, co-président du Palestinian Israeli Peace ONG
Forum, membre de la rédaction de Radio All for Peace et du Palestine-
Israel Journal.
« J’ai noué des liens avec le FDPLP parce que je n’ai jamais cru
en un mouvement armé, à la lutte armée. Se tenir debout face à
l’occupation est plus productif. Cela rassemble plus de gens autour de
vous. Les armes, elles, ne mènent nulle part.
(…) La fin de l’occupation libérerait les Palestiniens et les
Israéliens d’un fardeau et de son cortège de déshumanisation,
d’animosité. (…) Une armée peut parfois gagner ou perdre, le
peuple, lui, ne peut pas perdre. »
Yasser Abd Rabbo et Yossi Beilin
Y. A.R., né en 1944, homme politique palestinien, ancien membre
du comité exécutif de l'OLP. Ex-ministre dans le gouvernement de
Mahmoud Abbas. Ses condamnations des attentats suicides pendant
la seconde Intifada lui ont donné l'image d'un modéré.
Y.B., né en 1948, homme politique israélien de gauche.
Parlementaire à la Knesset et ancien ministre de la Justice, dirige le
parti Meretz-Yachad. Impliqué dans les accords d'Oslo de 1993, très
critiqués, aux pourparlers de Taba en 2001, à l'initiative de Genève
(2003) et au processus de paix israélo-palestinien en général.
Principaux négociateurs des Accords de Genève (1er déc. 2003)
Sari Nusseibeh
Né en 1949, Palestinien, docteur en philosophie à l’université
de Harvard, professeur à l’université de Bir-Zeit. En 1987, rencontre
Moshe Amirav, membre du Likoud (parti de la droite israélienne), qui
sera exclu pour cette raison de son parti... Chef politique et militaire
au Fatah pendant la première Intifada, emprisonné 2 ans par Israël.
Avec ‘La Paix Maintenant’, condamne en 1990 les tirs de missiles sur
Tel Aviv. Membre du comité directeur de la conférence de Madrid.
Représentant de l’OLP à Jérusalem en 2001.
En septembre 2001, appelle de ses vœux "la conclusion d’une
paix définitive entre les deux peuples" sur la base de la coexistence
de « deux États voisins, mais distincts".
En 2002, prend position contre la prise des armes lors de la 2ème
Intifada, condamne les attentats-suicides et se prononce la
désobéissance civile et pour un État palestinien démilitarisé.
../..
Sari Nusseibeh
Rédige et diffuse en 2002 -2003, avec l’Israélien Ami Ayalon,
l’appel The people’s Voice ("La voix des peuples"). *
En 2010, opte pour un État binational, en en 2012 pour un
condominium, étape vers un État fédéral israélo-palestinien.
« Il sera difficile de dépasser les souffrances que nous nous
sommes infligées. Mais l’expérience est toujours formatrice. Les
gens qui ont souffert une perte sont les mieux placés pur savoir ce
que cela signifie. Ils sont donc également les mieux préparés pour
faire un monde un lieu où nul n’aurait plus à souffrir aucune perte. »
* qui propose deux États, Jérusalem capitale des deux États, le retrait
israélien des Territoires occupés, et le retour des réfugiés limité aux territoires
occupés. La pétition soutenant ce projet est signée par 400 000 Israéliens et
Palestiniens.
Photo du haut : Ami Ayalon et Sari Nusseibeh
Lynn Gottlieb
Née en 1949, États-unienne. Première femme rabbin dans le Jewish
Renewal Movement. À l’âge de 17 ans, se rend en Israël dans le cadre
d’un échange d’étudiants, est confrontée aux schémas racistes de
ségrégation, de discrimination et d’incarcération massive de personnes,
sur la base de leur identité.
Durant 45 ans, profondément impliquée dans toutes sortes d’efforts
en vue de la paix entre Israéliens et Palestiniens : dialogue, éducation,
délégations, action directe. Soutient l’action BDS. Membre de l’Interna-
tional Fellowship for Réconciliation (IFOR).
« Des montagnes de témoignages crédibles ainsi que des milliers de
témoins oculaires incluant au cours de 6 décennies des Palestiniens, des
Juifs israéliens, des internationaux et des organisations pour les droits
humains ne laissent aucun doute quant à la poursuite par Israël de
politiques qui sont une insulte à l’histoire juive. »
Michel Warschawski
Né en 1949, fils du Grand rabbin de Strasbourg. Journaliste,
chroniqueur, conférencier et militant israélien (parti et revue Matzpen
(‘La boussole’). Cofondateur en 1984 et ex-président du Alternative
Information Center (AIC) qui rassemble plusieurs organisations de paix
israéliennes et palestiniennes. Son engagement pour la cause
palestinienne lui a valu d’être condamné en 1989 à 20 mois de prison
ferme.
L’AIC a reçu en 2012 le "Prix des Droits de l’Homme de la
République Française" décerné par la Commission nationale consulta-
tive des droits de l’homme. Membre du comité de parrainage du Tribunal
Russell sur la Palestine.
« C’est soit la discrimination ethnique pratiquée par des Juifs, soit
la démocratie. Ou bien les colonies, ou l’espérance pour deux peuples.
Ou bien l’illusion d’un rempart de barbelés, des barrages routiers et des
kamikazes, ou bien une frontière internationale consentie mutuellement,
et Jérusalem capitale commune de deux États. »
../..
Michel Warschawski
« L’ensemble des institutions de ce régime colonial, et je dirais
même presque tous les partis politiques, sont non seulement
complices mais aussi impliqués sans même le savoir. »
Israël est « sur une mer agitée, de plus en plus agitée, sur un
bateau finalement assez frêle, avec un capitaine qui ne sait pas lire
les cartes, qui ne sait pas se servir d’une boussole, et qui en plus est
complètement ivre. (…) Je suis préoccupé de l’aveuglement de ce
gouvernement et de sa politique à court, court, court terme. »
« Que doit on faire pour permettre aux Palestiniens,
aujourd’hui, de mieux résister, et, demain, de reprendre l’offensive ?
Pour moi, la réponse se décline en trois lettres : BDS. Moi, j’aime
dire en fait SBD : Sanctions, sanctions, sanctions, et sinon Boycott et
Désinvestissement. »
Leïla Shahid
Palestinienne née en 1949. Études de sociologie et d'anthropo-
logie à l’Université Américaine de Beyrouth (UAB). De 1994 à 2005,
Déléguée générale de ‘l'Autorité palestinienne’ en France. Depuis la
reconnaissance de la Palestine par l’Assemblée Générale de l'ONU en
tant qu'État observateur, ambassadrice de la Palestine auprès de
l'Union européenne à Bruxelles. Une des trois promoteurs du Tribunal
Russell sur la Palestine.
« Suite à l’admission de la Palestine à l’AG de l’ONU, la décision
d’Israël de construire 3 000 logements supplémentaires en territoire
palestinien - en Cisjordanie, ainsi qu'à Jérusalem-Est - rend encore
plus hypothétique la viabilité sur le terrain d'un futur État palestinien, la
Cisjordanie se retrouvant de fait coupée en deux. Cette décision ne fait
que prouver l'arrogance et le mépris d'Israël à l'encontre de la
communauté internationale. Rien ne changera tant que celle-ci ne
décidera pas de sanctions. »
Leïla Shahid
Ceux qui diffusent « l’idée d’une impossible coexistence sont
un grand danger pour les Palestiniens qui risquent de perdre
définitivement cette caractéristique si précieuse de la société
palestinienne la pluralité. Or, le projet de deux États vivant côte à
côte en Israël et Palestine est le meilleur antidote à la montée du
racisme, de la peur de l’autre et de son rejet. C’est la base de la
coexistence et du vivre ensemble au Moyen-Orient, et par delà dans
le monde. »
« Je vais m’investir dans des actions qui peuvent contribuer,
avec mes compatriotes et leurs amis dans le monde, à renforcer la
résilience, la créativité, l’humanisme et la vitalité extraordinaire de la
société civile palestinienne où qu’elle se trouve, en Palestine comme
dans la diaspora. Je suis persuadée que mon peuple a assez de
ressources et de foi dans la vie pour triompher un jour ; mais je
serais moins en colère et moins peinée si je savais qu’il sera soutenu
dans cette tâche immense. »
Photo du haut : avec Michel Warshawski
Richard Wagman
Né en 19??, militant antisioniste et pro-palestinien français. Origine
juive, père polonais, mère roumaine. Grands parents émigrés au Canada
pour échapper aux persécutions antisémites, reste de la famille exterminé à
Auschwitz. Licence en lettres de l’université York à Toronto, études en
sciences politiques et économie, émigre en France en 1990. Ouvrier
métallurgiste, militant syndical, typographe. Aujourd’hui traducteur « qui n’a
pas la langue dans sa poche » à Paris, parle le yiddish, l'hébreu, le français,
l’anglais. Juif athée, militant politique de gauche, journaliste amateur, écrivain
et « cycliste qui ne tourne pas en rond ».
Crée en avril 1994 l’association ‘Union juive française pour la paix’
(UJFP), section parisienne puis française de ‘l'Union juive internationale pour
la paix’, avec pour objectif de soutenir le peuple palestinien.
En 2002, l’UJFP participe à Amsterdam à la fondation du ‘Réseau de
Juifs européens pour une paix juste’ (JEPJ), comprenant 17 pays.
Signataire en avril 2003 de l'appel Une autre voix juive.
Directeur de publication de la revue de l’UJFP, De l'autre côté.
« Traduire et interpréter le monde. Mais comme disait Marx, il s'agit
surtout de le changer. »
Nurit Peled-Elhanan
Israélienne née en 1949, fille du général Matti Peled, professeure
de sciences de l’éducation à l’Université hébraïque de Jérusalem. En
1997, sa fille Samarder, âgée de 14 ans, est tuée dans un attentat
suicide perpétré par un Palestinien à Jérusalem. Interdit à Benjamin
Netanyahou de venir aux obsèques et déclare : « Ces attentats sont la
conséquence directe de l’oppression, de l’esclavage, des humiliations et
de l’état de siège imposé par Israël au peuple palestinien. Ces attaques
sont des réponses à nos actes ». Dénonce « une politique myope qui
refuse de reconnaître les droits de l'autre et fomente la haine et les
conflits. »
Membre du Parents Circle Families Forum (PCFF, Cercle des
Familles Endeuillées pour la Paix), organisation israélo-palestinienne qui
réunit des parents qui ont en commun le deuil et la volonté de
transformer leur tragédie personnelle en combat pour la paix.
Promotrice du Tribunal Russel sur la Palestine, prix
Sakharov pour les droits de l’homme en 2001.
Vivian Silver
Née en 1949, militante canado-israélienne pour la paix et pour les
droits des femmes. Visite Israël pour la première fois en 1968, étudie la
psychologie et la littérature anglaise à l'Université hébraïque de Jérusalem.
Est alors fortement impliquée dans le Réseau des étudiants juifs nord-
américains, où elle dirige le Jewish Student Press Service.
Devient en 1974 membre du kibboutz Gezer. S’intéresse aux droits
des femmes et aux disparités entre les sexes dans la société israélienne,
fonde en 1981 le département du Mouvement des Kibboutz unis pour
promouvoir l’égalité des sexes.
S’installe en 1990 à Beeri, un kibboutz près de la frontière avec Gaza,
avec son mari et ses deux fils. Apprend à mieux connaître la communauté
bédouine locale et les habitants de Gaza. À partir de 1998, Directrice
exécutive du Negev Institute for Strategies of Peace and Development
(NISPED), travaille au sein du kibboutz pour organiser des programmes, tels
que des formations professionnelles, destinés à aider les Gazaouis, et veille
à ce que les ouvriers du bâtiment gazaouis du kibboutz soient payés
équitablement.
En 1999, cofonde avec Amal Elsana Alh'jooj au sein du NISPED l’Arab-
Jewish Center for Equality, Empowerment and Cooperation (AJEEC). ../..
Photo du bas : avec Amal Elsana, femme bédouine (arabe israélienne) née en 1972
Vivian Silver
Le centre mène des projets en Israël, à Gaza et en Cisjordanie.
Avant la fermeture de la frontière de Gaza en 2007, travaille avec les
résidents de Gaza dans des projets interculturels. Un groupe qu'elle fonde,
Creating Peace, s‘attache à la promotion des relations commerciales entre
les artisans palestiniens et israéliens.
Après sa retraite et la guerre de Gaza en 2014, cofonde Women
Wage Peace, une organisation interconfessionnelle locale. Fait du bénévolat
auprès de The Road to Recovery et du Rozana Project pour transporter les
patients gazaouis qui se rendent à Jérusalem pour y être soignés. En 2011,
le journal Haaretz la désigne comme l'un des "10 immigrants anglo-saxons
les plus influents" en Israël. Est alors membre du conseil d’administration de
B’Tselem, une organisation de défense des droits humains basée à Jéru-
salem.
Le 4 octobre 2023, contribue à Jérusalem à l'organisation d'un
rassemblement pour la paix qui attire 1 500 femmes israéliennes et
palestiniennes.
Portée disparue depuis le 7 octobre 2023, suite à l’invasion par le
Hamas de son kibboutz, Be’eri.
■

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Le conflit Israël-Palestine. — 04. Figures de la résistance à l'occupation israélienne de la Palestine et de la recherche de paix entre 1941 et 1949

  • 1. Figures de la résistance à l’occupation israélienne de la Palestine et de la recherche de paix 4 - 1941 à 1949 Étienne Godinot - 22.01.2024
  • 2. Mahmoud Darwich (1941-2008), poète palestinien. Originaire d’un village rasé par l’armée israélienne. Profondément engagé dans la lutte de son peuple pour son existence et son territoire, sa liberté et sa dignité. Emprisonné plusieurs fois entre 1961 et 1970 pour ses activités politiques, n’a pourtant jamais cessé d’espérer la paix. « Sans doute avons-nous besoin aujourd’hui de la poésie, plus que jamais. Afin de recouvrer notre sensibilité, la conscience de notre humanité menacée. (…) La beauté est liberté et la liberté, beauté. C’est ainsi que la poésie qui défend la vie devient une forme de résistance. » « La longue occupation n’a pas réussi à effacer notre nature humaine, ni à assécher notre langue et nos sentiments face aux bar- rières qu’elle dresse devant nous. (…) L’espoir est la maladie incurable des Palestiniens. »
  • 3. Rafi Walden Né en France en 1942, survit à la traque des Juifs. Émigre en Israël avec sa famille en 1951 suite au décès de son père. Études de médecine, médecin militaire dans une unité de para- chutistes, termine son service militaire comme lieutenant-colonel. Chirurgien vasculaire au Chaïm Sheba Medical Center de Tel Hashomer, près de Tel Aviv. Membre depuis 1992 de Physicians for Human Rights ("Médecins pour les droits de l’homme") qui intervient dans les zones palestiniennes. « Je me considère clairement comme un patriote israélien, un sioniste. Mais je considère l’humanisme comme une valeur juive essentielle. Je n’accepte pas que des gens s’affirmant comme Juifs – ayant souffert pendant des génération de la domination et de l’oppression des autres peuples – fassent exactement la même chose à un peuple qui se trouve sous leur contrôle. » ../..
  • 4. Rafi Walden « Nous assistons à une diabolisation et à une déshumanisation de l’adversaire, principalement parce qu’il n’y a plus de rencontre avec eux. » « L’idée selon laquelle nous retournons dans le pays de nos ancêtres ne correspond pas à la réalité historique. » « Les devoirs à l’égard des étrangers sont mentionnés 36 fois dans la Torah, beaucoup plus que l’observance du Shabbat, le respect des règles casher, etc. » « Les conséquences de la domination sont lourdes. Il y a deux catastrophes parallèles : celle causée aux Arabes et la profonde altération subie par la société israélienne. » « Au lieu de montrer la voie en chefs avisés, nos dirigeants alimentent nos peurs ». Photos : Logo et photo du Chaïm Sheba Medical Center de Tel Hashomer
  • 5. Daniel Barenboïm Né en 1942 à Buenos-Aires de parents juifs d’origine russe. Pianiste et chef d’orchestre de nationalité argentine et israélienne. Reçoit en 2002 la nationalité espagnole, porteur d’un passeport palestinien. Crée avec Edward Saïd la ‘Fondation publique Andalouse Barenboïm-Saïd pour la paix au Moyen-Orient’, l’Andalousie étant un lieu symbolique de la coexistence pacifique des cultures et des religions. Crée aussi avec E. Saïd en 1999 un orchestre israélo-arabe, le West Eastern Divan Orchestra. « Il n’y a pas de solution militaire au conflit judéo-arabe, ni d'un point de vue moral, ni d'un point de vue stratégique. Dès lors que c’est une solution d’une autre nature qui doit être trouvée, je pose la question : « Qu’attendons-nous ? » (…) « Nous ne recherchons pas le consensus politique. Nous cherchons à comprendre, surtout quand nous ne sommes pas d'accord ».
  • 6. Alain Michel Français né en 1942. Dirige pendant 15 années l’ONG humanitaire ÉquiLibre qui agit dans 25 pays, dénonce l’embargo meurtrier imposé pendant 10 ans à l’Irak. Crée en 2001 la fondation suisse Hommes de Parole destinée à renouer le dialogue entre les hommes et à agir sur les causes des conflits. Organise des rencontres entre imams et rabbins à Bruxelles en 2005, à Séville en 2006, à Paris en 2008. « Mettre en présence ceux qui ne peuvent se rencontrer dans les contextes traditionnels. Leur donner la possibilité de se connaître, de découvrir les points communs, les besoins communs, de solutionner les divergences, de construire et d’agir ensemble. » « Rassembler autour des valeurs humaines n’est pas un voeu pieux, mais au contraire le plus réalisable qui soit. Les hommes de foi peuvent aider les négociateurs à formuler des traités de paix justes pour tous.»
  • 7. Moubarak Awad Palestinien né en 1943. Quand sa maison se retrouve dans un no man's land entre les belligérants en 1948, devient un réfugié dans la vieille ville de Jérusalem. Après ses écoles secondaires, va aux États-Unis où il obtient son doctorat de psychologie et acquiert la nationalité américaine. Crée des programmes de soutien aux enfants handicapés ou abusés. En 1983, affirme que « l’action non-violente constitue la méthode la plus efficace de résistance à l’occupant en Cisjordanie et à Gaza ». Lors d'un voyage en Palestine en 1985, crée le Palestinian Centre for the Study of Nonviolence. Avant la première Intifada, donne des conférence et publie des articles sur la non- violence comme technique de résistance face à l'occupation israélienne. Expulsé par Israël en juin 1988, retourne aux États- Unis. Au Proche-Orient, est considéré comme le père de la désobéissance civile lors de la première Intifada.
  • 8. Moubarak Awad « Mon grand-père a été tué, mon père a été tué. Ma mère m’a dit : “ Ne tue jamais, ne blesse jamais, n’injurie jamais " ». « Pour quiconque est sous occupation, la préoccupation primordiale est de se libérer de l’occupation. Pour cela, il faut rendre l’occupation coûteuse aux occupants. Quel que soit l’occupant, vous devez lui rendre la vie impossible sur plusieurs plans : politique, économique, psychologique et aussi moral. » « Les Juifs d’Israël ont le sentiment que personne n’a le droit de dire quelque chose contre eux parce qu’ils portent une histoire de persécutés. En plus les chrétiens du monde occidental ont du mal à indiquer le sens de la justice aux Israéliens parce que la communauté chrétienne, dans l’Église organisée, a été la source de la persécution des Juifs. » « Si les Palestiniens et les Israéliens ne peuvent pas s’entretuer complètement, il faudra bien arriver à une issue. Cette issue ne sera pas de s’aimer les uns les autres, ni même de se faire confiance, mais de survivre en travaillant ensemble. » « S’il y a quelqu’un qui doive nous sauver ou nous aider, c’est nous-mêmes ! »
  • 9. Ilan Halevi (1943-2013), journaliste et homme politique juif, français et palesti- nien. Né en France dans une famille juive yéménite qui résista à l'occu- pation nazie de la France, est à l'état civil Alain Albert, après son adoption par le second mari de sa mère. Au départ journaliste, connu pour la pertinence de ses analyses, ses qualités intellectuelles, son engagement en faveur de la cause palestinienne, s'intéresse tôt à la politique. Non religieux, se décrit comme « 100 % juif et 100 % arabe ». Émigre en Israël en 1967 et rejoint le Fatah, l'organisation politique et militaire de Yasser Arafat. Membre de Matzpen (‘Boussole’), organe israélien d'extrême-gauche, révolutionnaire, internationaliste et antisio- niste (1962-1983), et de Maavak (‘Lutte’), petit groupe radical israélien antisioniste, au début des années 1970. Représentant officiel de ‘l'Orga- nisation de libération de la Palestine’ (OLP) en Europe et pour ‘l'Interna- tionale socialiste’, vice-ministre des Affaires étrangères de l'OLP dans le gouvernement de Mahmoud Abbas entre 2003 et 2005. A dû abattre un double mur, celui de l'opprobe et de la haine de la part des Israéliens, celui de l'extrême méfiance de la part des Palesti- niens dont ils rejoignaient la cause.
  • 10. Michael Lerner Né en 1943, activiste politique et rabbin étatsunien. Doctorats en philosophie et en psychologie clinique et sociale. Rédacteur en chef de Tikkun, magazine interconfessionnel juif progressiste basé à Berkeley en Californie, lancé avec l’intention de défier la gauche pour son incapacité à comprendre les préoccupations spirituelles dans la vie des Américains ordinaires. Après 1995, rabbin de la synagogue Beyt Tikkun à Berkeley, membre d'Ohalah, l'organisation des rabbins du renouveau juif. Rejette les interprétations ethnocentriques de la Torah. En 2005, président du Network of Spiritual Progressives dont la mission est de « défier le matérialisme et l'égoïsme dans la société américaine et de promouvoir une philosophie d'amour, de générosité, de respect et d'émerveillement devant la grandeur de l'univers ». En avril 2002, déclare : « Les organisations juives exigent la loyauté vis-à-vis d'Israël et dissuadent les Juifs d'exprimer leur dégoût à propos des agissements israéliens. Je voudrais que les gens sortent au grand jour et disent ouvertement ce qu'ils pensent. Ce qui les en empêche, c'est l'écrasant pouvoir de l'AIPAC* et les forces inhérentes au conservatisme juif qui étran- glent tout dialogue et rendent impossible aux voix juives de se faire entendre pour réclamer la justice. » * L'AIPAC, American Israel Public Affairs Committee (‘Comité des Affaires publiques américano-israéliennes’) est un lobby créé en 1963 aux États-Unis visant à soutenir Israël. L'AIPAC soutient fortement la droite israélienne, et est réputé proche du Likoud.
  • 11. Rafiq Khoury Né en 1943, prêtre catholique palestinien, théologien de la libération. Vicaire patriarcal de Jérusalem. Secrétaire général de la pastorale catholique. Ex-consultant du Conseil pour le dialogue interreligieux avec les Musulmans et pendant 5 ans également pour le dialogue avec les Juifs. Coauteur du document Kairos Palestine 2009 : un groupe de leaders religieux, représentant les principales confessions chrétiennes demande aux théologiens de ne pas légitimer les injustices faites aux Palestiniens. Ils rappellent le devoir des fidèles de résister au mal et les appellent en particulier à participer au boycott des produits israéliens. En outre, ils dénoncent la définition juive de l’État d’Israël et appellent au respect de tous. « Les trois religions peuvent utiliser les réponses aux questions "Qui est Dieu, Qui est l’autre, Qui suis-je ?" pour développer une perspective qui favorise la paix, la réconciliation et la compréhension. »
  • 12. Uri Davis Né en 1943 à Jérusalem de parents juifs, anglais du côté de son père, tchécoslovaque de celui de sa mère. Universitaire israélien, militant de la cause palestinienne. Cofondateur du Movement Against Israeli Apartheid in Palestine (MAIAP, ‘Mouve- ment contre l'apartheid israélien en Palestine’), conférencier en Science de la paix à l'Université de Bradford. Épouse une militante palestinienne, se convertit à l’islam, élu en août 2009 au conseil du Fatah. Partisan d'un État binational, dans lequel tous les citoyens auraient des droits égaux. « Le racisme est une forme populaire de xénophobie, et Israël n'est pas à cet égard plus raciste que les États-Unis ou la Grande-Bretagne… L'apartheid est une régulation par la loi des différences raciales. Israël est simplement beaucoup plus astu- cieux que l'Afrique du Sud : il n'y a pas de ces lois ridicules de ségrégation. Tout est plus subtil…»
  • 13. Tanya Reinhart (1943-2007), linguiste israélienne. Professeure de linguistique aux universités de Tel-Aviv et d'Utrecht. Militante anti-sioniste, prend position sur le conflit israélo-palestinien dans divers journaux israéliens. Dispose d'une chronique régulière dans le quotidien israélien Yediot Aharonot. Distingue deux grandes lignes dans la stratégie des autorités israéliennes vis-à-vis des territoires occupés : l’expulsion finale des Palestiniens, dans la continuation de ce qui s’est fait en 1948, ou l’instauration d’un système d’apartheid, qui a été commencé à travers le "processus de paix" d’Oslo. « Je continue à croire que non seulement le terrorisme (qui est profondément erroné moralement), mais aussi la lutte armée contre l’armée occupante est un choix erroné et qu’elle ne doit pas être choisie par la société palestinienne. La seule espérance, dans ces conditions, face à toutes les options qui se sont fermées, reste toujours la lente, douloureuse et patiente voie de la désobéissance civile, la lutte de toute la société. »
  • 14. Maired Corrigan-Maguire Née en 1944. Militante non-violente de l’Ulster. En août 1976, une voiture de militants de l’Irish Republican Army (IRA) poursuivie par des soldats britanniques écrase les 3 enfants de sa sœur. Avec Betty Williams, témoin de l’accident, organise le Women’sPeace Movement pour dénoncer les violences des 2 bords. 35 000 femmes des 2 communautés manifestent dans les rues de Belfast. Prix Nobel de la paix 1976 avec Betty Williams pour ses efforts de réconciliation en Ulster. En avril 2007, soutient la résistance non-violente des Palesti- niens de Bil’in. Fait partie de la flottille de paix contre le blocus maritime de Gaza interceptée par l’armée israélienne en mai 2010. « Je crois que ce pays connaîtra un jour la paix, mais seulement si Israël met un terme à l’apartheid et au nettoyage ethnique du peuple palestinien ».
  • 15. David Forman (1945-2010), dramaturge, rabbin états-unien engagé dans la lutte des Noirs pour les droits civiques et contre la guerre du Vietnam. Après son installation en Israël en 1972, est consterné par le fait que les rabbins israéliens soient préoccupés par les questions rituelles et non par les questions éthiques. Fondateur en 1988 de l’organisation Rabbis for human rights ("rabbins pour les droits de l'homme" partout dans le monde). Protège notamment les agriculteurs palestiniens contre les colons israéliens, lutte contre les démolitions de maisons palestiniennes. L’association regroupe aujourd’hui plus de 100 rabbins israéliens. « Il a agi d'abord et avant tout à partir d'un attachement juif profond et passionné aux droits de l'homme, issu de l'idée que nous avons tous été créés à l'image de Dieu. » Rabbi Arik Asherman, directeur exécutif deRabbis for human rights
  • 16. Ami Ayalon Né en 1945, amiral israélien, ancien commandant de la flotte militaire, directeur du Shin Beth (services de renseignement israéliens) de 1996 à 2000, puis député travailliste à la Knesset. Promeut avec le philosophe palestinien Sari Nusseibeh (photo du bas) l’initiative pacifique The people’s Voice ("La voix des peuples") : elle propose deux États, Jérusalem capitale des deux États, le retrait israélien des Territoires occupés, et le retour des réfugiés limité aux territoires occupés. La pétition soutenant ce projet est signée par 400 000 Israéliens et Palestiniens. « Je ne divise pas les prisonniers entre ceux qui ont du sang sur les mains et ceux qui n’en ont pas. Je les divise entre ceux avec lesquels je suis parvenu à un accord et ceux avec lesquels je n’y suis pas parvenu. (..) Sur un bateau, quand on veut voir si l’on avance, on ne se met pas à la proue mais à l’arrière et l’on regarde le sillage que l’on laisse derrière soi. Quand je vois que nos idées font aujourd’hui parte du consensus national, alors je me rends compte qu’on avance. »
  • 17. Tzvia Greenfeld Née en 1945, Israélienne. Études d’histoire, docteur en philosophie politique, a vécu 11 ans aux États-Unis. A travaillé 4 ans à Yad Vashem, mémorial de la Shoah, a dirigé un institut spécialisé dans l’enseignement du judaïsme, puis Machon Mifne, un institut d’éduca-tion à la démocratie destiné aux jeunes religieux. Femme politique, membre du parti Meretz à la Knesset, signataire de l’Accord de Genève. Milite, au nom de ses convictions religieuses, contre l’occupation et la colonisation. « Nous sommes seuls responsables de notre morale et de nos actes. (…) Il y a ici un groupe important d’êtres humains qui souffrent énormément à cause de notre domination. (…) En fin de compte, je pense que le miracle qui nous fera lever et partir sera la résultante de pressions internes et externes. » Photo du bas : logo du parti Meretz (sioniste de gauche, laïc, soutient le principe : 2 peuples, 2 États)
  • 18. Zahira Kamal Palestinienne née en 1945, ex-professeure de physique et chimie à l’École de formation des professeurs. En détention adminis- trative pendant 6 mois en 1979, assignée à résidence pendant 7 ans et ½ pour ses activités politiques. Secrétaire générale du Palestinian Democratic Union Party. Ex-directrice générale du Palestinian Women’s Research and Documentation Centre, projet UNESCO, ex- ministre des Affaires féminines au sein du gouver-nement palestinien. Cofondatrice de La Chaîne de Jérusalem, coordination d’associations de femmes pour une paix juste. « La population appelle de ses vœux une solution à deux États, en Palestine comme en Israël, car l’occupation tue physiquement en Palestine et mentalement en Israël. (…) Je suis réaliste, c’est-à-dire que je peux composer avec la réalité et y réagir. »
  • 19. Amram Mitzna Né en 1945, de parents juifs émigrés d’Allemagne. Militaire et homme politique israélien. Général, puis maire de la ville de Haïfa de 1993 à 2003, dirige le ‘Parti travailliste’ de 2002 à 2003. En décem- bre 2012, rejoint le nouveau parti centriste Hatnuah (logo ci-des- sous). A participé à l’élaboration de l’Accord de Genève dont il est signataire. « Comment en sommes-nous arrivés à nous comporter comme une société violente, cynique, qui ne fait plus attention à personne ? La souffrance des autres ne nous intéresse plus, ce qui finit par atteindre la sécurité du pays. (…) Je disais toujours à Yitzhak Shamir qu’on pouvait sans difficulté réprimer l’Intifada, mais qu’on n’en viendrait jamais à bout. (…) Je disais à mes soldats qu’ils devaient voir leur propre mère en chaque femme palestinienne manifestant. (…) Nous sommes responsables parce que c’est nous qui détenons le pouvoir. »
  • 20. Charles Enderlin Né en 1945, journaliste, reporter et auteur franco-israélien. De 1981 à 2015, correspondant à Jérusalem de la chaîne de télévision française ‘France 2’. Victime de menaces de mort de la part de divers organismes ultra-sionistes, a reçu le soutien de nombreux journalistes, ainsi que de personnalités juives dont Théo Klein, ancien président du ‘Conseil représentatif des institutions juives de France’ (CRIF). « Netanyahou maintient le blocus de Gaza, mais en autorisant le financement du Hamas par le Qatar. Régulièrement, un émissaire qatari arrive à l’aéroport Ben Gourion avec des valises de billets. La police israélienne l’escorte jusqu’au poste-frontière d’Erez où la somme est remise au Hamas. » « En France, on hurle quand est prononcé le mot ‘apartheid’ à propos de ce qui se passe en Cisjordanie. Pourtant, en Israël, c’est l’an- cien patron du Mossad, Tamir Pardo, qui prononce ce mot d’apartheid, et personne ne l’accuse d’être antisémite. » « Contre un régime raciste, discriminatoire, injuste, qui entraîne le peuple israélien dans le désastre, la lutte doit être radicale. Toute per- sonne qui a soutenu la politique de colonisation de Netanyahou soutenait de fait le renforcement du Hamas. »
  • 21. Danny Rothschild Né en 1946, général de réserve israélien. Chef du renseignement militaire puis administrateur militaire des territoires occupés. Directeur de l’Institute for Policy and Strategy (IPS), groupe de réflexion, président de la Herzliya Conference, conférence annuelle sur la sécurité en Israël. A créé le Council for Peace and Security ("Conseil Paix et Sécurité"), cercle de réflexion composé d’officiers de réserve préconisant une solution politique au conflit, sur la base de deux États. « La paix est la meilleure garantie de sécurité, mais il y a des empê- cheurs (…) Pendant les sept dernières années, le Hamas a tiré plus de 3 800 roquettes sur le sud d'Israël. » Défend l’opération ‘Plomb durci’ (bombardements sur Gaza en déc. 2008 et offensive terrestre en janv. 2009). L'objectif déclaré des Israéliens était de mettre fin aux tirs de roquettes Qassam du Hamas lancés depuis la bande de Gaza, en particulier sur la ville voisine de Sderot : Cette opération militaire a suscité une large réprobation dans l'opinion internationale, en raison du caractère jugé disproportionné de la riposte israélienne, du nombre de victimes civiles parmi les Palestiniens, et de l'utilisation par l'armée israélienne d'armes dont l'usage est restreint ou limité par le droit international humanitaire. Photo du bas : Roquette Qassam
  • 22. Gila Svirsky Née en 1946, militante israélienne. Fille d’immigrants aux États- Unis, élevée au New-Jersey dans une communauté juive orthodoxe. Déménage en Israël à l'âge de 19 ans, retourne brièvement aux États- Unis pour terminer l'université à Brandeis. Membre d’organisations pour la paix et les droits humains en Israël : New Israel Fund, B'Tselem et Bat Shalom. En réponse à la première Intifada en décembre 1987, participe aux veillées organisées par Women in Black (‘Les femmes en noir’), un groupe de femmes qui s'oppose à l'occupation israélienne. Lorsque commence la deuxième Intifada, cofonde en novembre 2000 la Coalition of Women for Peace, qui rassemble des femmes juives et palestiniennes indépendantes et des organisations de femmes israélien- nes pour la paix. La coalition organise des rassemblements de masse, des campagnes de défense des droits de l'homme, des activités de sensibi- lisation et de plaidoyer, y compris des rassemblements appelant à la fin de l'occupation et mettant en vedette des milliers de femmes israéliennes et palestiniennes portant des banderoles affirmant : «Nous refusons d'être des ennemis !» « Le seul moyen de mettre fin à la violence est d’arriver à une solution politique juste.»
  • 23. Jeff Halper Né en 1946, anthropologue juif états-unien, auteur, conférencier et militant politique, installé en Israël en 1973. Cofondateur et coordinateur du Israeli Committee Against House Demolitions (ICAHD), pour résister à la politique israélienne de démolition systématique de maisons palestiniennes dans les territoires occupés. Les militants font de l’obstruction devant les bulldozers et récoltent de l’argent pour reconstruire au même endroit les maison démolies. « Sur 28 000 maisons détruites depuis 1997 à Jérusalem- Est et dans la vallée du Jourdain, il y en a peut-être 600 seulement qui ont été détruites pour des raisons de sécurité. (…) La situation empire, mais nous avons fait de la Palestine une question qui concerne le monde entier. Je crois à la possibilité d’un État binational.»
  • 24. Shlomo Sand Né en 1946 en Autriche de parents juifs. Passe ses deux premières années de vie dans des camps de réfugiés juifs polonais, en Allemagne. Grandit en Israël où ses parents ont émigré. Pendant la ‘Guerre des Six Jours’ (1967) à laquelle il participe comme soldat, est le témoin, à Jéricho, d’un acte de barbarie, commis par son armée sur un vieillard arabe. Milite dans l'extrême gauche israélienne favorable à deux Républiques différentes (israélienne et palestinienne) dans la perspective d'une confédération. Complète ses études universitaires à Paris. Historien israélien spécialisé dans l'histoire contemporaine, professeur à l’université de Tel Aviv. Défend l'idée que la construction nationale israélienne s'est appuyée sur un récit fondateur mythique, faisant des populations juives un peuple, uni par une même origine et possédant une histoire nationale commune. Partisan d’un État binational à la mode belge. « En réalité, jusqu'à l'avènement du sionisme, ces populations ne se définissaient qu'à travers leur appartenance religieuse en commun et ne se percevaient pas comme un peuple. Contrairement à l’idée reçue, la diaspora n’est pas née de l’expulsion des Hébreux de Palestine, mais de conversions successives en Afrique du Nord, en Europe du Sud et au Proche-Orient ». ../..
  • 25. Shlomo Sand « Il existe un lien étroit entre l’identification des Juifs en tant qu’ethnie ou peuple-race éternel et la politique d’Israël à l’égard de ceux de ses citoyens considérés comme non-juifs, à l’égard égale- ment des travailleurs immigrés venus de contrées lointaines, et bien évidemment de ses voisins privés de droits et soumis à un régime d’occupation depuis bientôt cinquante ans. » « Il faut commencer à construire pas à pas les conditions historiques d’un État fédéral (ou fédération). Rappelons que presque tous les États fédéraux dans l’histoire sont nés du conflit et par la violence. Il est difficile de s’en convaincre aujourd’hui et même de l’imaginer, mais je pense que nous n’avons pas d’autre choix qu’une coexistence pacifique dans une fédération israélo-palestinienne. » « Avant de déboucher sur un compromis historique et sur la paix, il y aura encore, malheureusement, des catastrophes, car ce qui est grave dans notre monde actuel, c’est cette « symbiose » entre religion et nationalisme. De l’Inde jusqu’à l’Iran, de Gaza jusqu’à Jérusalem, le tandem religion et nationalisme et leur instrumenta- lisation sont la pire des choses. »
  • 26. Shlomo Sand « La création d’un État binational où Israéliens et Palestiniens seraient citoyens du même État a jadis été l’aspiration de nombreux intellectuels juifs critiques, de gauche comme de droite. Les prises de position en faveur du binationalisme, d’Ahad Haam dès la fin du xıxème siècle à Léon Magnes en passant par Hannah Arendt et beaucoup d’autres, pour qui le désir de créer un État juif exclusif sur une terre peuplée en majorité par des Arabes entraînerait un conflit violent et insoluble, se sont révélées tout à fait exactes. Avec l’arrivée aux affaires de l’extrême droite en Israël, les massacres perpétrés par le Hamas et les bombardements de la bande de Gaza, la question d’un État binational est devenue une urgence pour toute la région. Lui tourner le dos n’y changera rien. Le binationalisme ne relève pas seulement du vœu pieux, mais aussi de la réalité présente : 7,5 millions d’Israéliens-juifs dominent, par une politique d’expulsion, de déplacement, de répression et d’enfermement, un peuple palestinien-arabe de 7,5 millions de personnes, dont une grande partie est privée de droits civiques et des libertés politiques élémentaires. Il est évident qu’une telle situation ne pourra pas durer éternellement. »
  • 27. Elias Sanbar Né en 1947, historien, poète et essayiste palestinien. A 15 mois lorsque sa famille s'installe au Liban après la proclamation de l'État d'Israël. En 1969, poursuit ses études à Paris. Par la suite, enseigne le droit international à l'université Paris VII, au Liban puis aux États-Unis à l'université de Princeton. En 1981, participe à la fondation à Paris, de la Revue d’études palestiniennes. Ambassadeur de la Palestine auprès de l'Unesco. Commissaire de l’exposition "Ce que la Palestine apporte au monde", à ‘l’Institut du Monde Arabe’ (IMA). « ll y a, chez les Palestiniens, une véritable obsession de la culture, alliée à une créativité permanente et à une énergie vitale, dont cette exposition est le reflet. Cet espace apparaît aujourd’hui d’autant plus essentiel face au déni d’humanité terrifiant revendiqué par Israël, qui se vante de bombarder des "animaux" à Gaza. » « Les ennemis de la paix ont passé leur temps à dire que celle-ci était impossible, à cause des extrémistes des deux bords, qu’ils renvoient dos à dos. Nous ne sommes pas dos à dos, nous sommes face à face. Ce débat masque le noyau fondamental de ce conflit, qui est l’absence d’égalité. Il n’y aura pas de paix s’il n’y a pas d’égalité de droits. » « Le Hamas véhicule une idéologie, avec une vision de l’islam qui n’est pas celle de la majorité des Palestiniens. » « La solution à deux États est enterrée parce que la réalité du terrain ne le permet plus. Deux États, ce n’est pas seulement une idée, c’est un territoire, ce sont des lieux et une configuration géographique. »
  • 28. Émile Shoufani Né en 1947, théologien et éducateur chrétien arabe, de nationalité israélienne. Expulsé avec sa famille en 1948. Études de théologie en France. Prêtre et directeur du Collège Saint Joseph à Nazareth. Pour promouvoir la réconciliation et enseigner la Shoah, organise en 2003 le premier voyage judéo-arabe à Auschwitz-Birkenau (500 personnes). Archimandrite de l'Église grecque-catholique melkite de la Terre Sainte. « Cet acte de mémoire signifiera notre refus radical d’une telle humanité, il témoignera de notre capacité à comprendre la blessure de l’autre. (…) Ce détour par les abîmes les plus sombres de la mémoire de l’humanité ne peut relativiser en aucune façon les souffrances d’autres populations, en d’autres lieux et en d’autres temps. Il ne peut au contraire que nous renvoyer chacun à nos responsabilités du présent, et à notre vocation d’êtres humains en marche vers un Vivre ensemble ».
  • 29. David Chemla Français d’origine juive né en Tunisie en 1948. Consultant en informa- tique et écrivain, a vécu 10 ans en Israël, a fait son service militaire à Tsahal. Réside à Paris, président pour la France de l’association Shalom Akhshav - "La Paix Maintenant" Très attachée à l’existence de l’État israélien, cette association fondée en 1978 par 348 officiers de réserve et soldats israéliens, affirme la nécessité impérative d’aboutir à une solution de compromis avec les Palestiniens et le monde arabe. Elle refuse la poursuite de l’occupation et de la domination de la population palestinienne, dont la prolongation corrompt la société israélienne. A parcouru Israël et la Palestine en 2004-2005 pour rencontrer des hommes et femmes profondément enracinés dans leurs société, favora- bles à un compromis pour mettre fin au conflit, reconnaissant l’existence de l’autre, conscients de la nécessité de renoncer à une part des rêves de leur propre camp, opposés aux extrémistes de leur camp. ../..
  • 30. David Chemla « Depuis 1967, les lieux permanents de rencontre entre les deux sociétés sont ceux de leur confrontation : le champ de bataille ou la prison. » « Il ne s’agit pas d’un simple conflit frontalier (…). Celui-ci confronte chacun des deux peuples à son identité, l’obligeant à définir - ou à redéfinir - son projet collectif national. Et, dans les deux cas, celui-ci se construit en référence au passé respectif de chacun. (…) L’enjeu, pour les uns comme pour les autres, est de réussir à s’inscrire dans le temps et l’espace. » « Chacun doit abandonner une part de ses rêves et penser l’effet de sa position sur l’autre. Penser l’avenir, affronter ensemble les problèmes communs, trouver comment partager les ressources trop rares dans cette région – la terre et l’eau – tels sont les véritables enjeux de demain ». Photo : le Jourdain près de sa source, à Banyas
  • 31. Saman Khoury Palestinien, né en 1948. Emprisonné 2 ans en 1977 pour son activité politique au FDPLP, puis 4 ans en 1988 comme une des dirigeant de la 1ère Intifada. Fondateur de la télévision palestinienne. Signataire de l’Accord de Genève, Directeur général du Peace and Democracy Forum, co-président du Palestinian Israeli Peace ONG Forum, membre de la rédaction de Radio All for Peace et du Palestine- Israel Journal. « J’ai noué des liens avec le FDPLP parce que je n’ai jamais cru en un mouvement armé, à la lutte armée. Se tenir debout face à l’occupation est plus productif. Cela rassemble plus de gens autour de vous. Les armes, elles, ne mènent nulle part. (…) La fin de l’occupation libérerait les Palestiniens et les Israéliens d’un fardeau et de son cortège de déshumanisation, d’animosité. (…) Une armée peut parfois gagner ou perdre, le peuple, lui, ne peut pas perdre. »
  • 32. Yasser Abd Rabbo et Yossi Beilin Y. A.R., né en 1944, homme politique palestinien, ancien membre du comité exécutif de l'OLP. Ex-ministre dans le gouvernement de Mahmoud Abbas. Ses condamnations des attentats suicides pendant la seconde Intifada lui ont donné l'image d'un modéré. Y.B., né en 1948, homme politique israélien de gauche. Parlementaire à la Knesset et ancien ministre de la Justice, dirige le parti Meretz-Yachad. Impliqué dans les accords d'Oslo de 1993, très critiqués, aux pourparlers de Taba en 2001, à l'initiative de Genève (2003) et au processus de paix israélo-palestinien en général. Principaux négociateurs des Accords de Genève (1er déc. 2003)
  • 33. Sari Nusseibeh Né en 1949, Palestinien, docteur en philosophie à l’université de Harvard, professeur à l’université de Bir-Zeit. En 1987, rencontre Moshe Amirav, membre du Likoud (parti de la droite israélienne), qui sera exclu pour cette raison de son parti... Chef politique et militaire au Fatah pendant la première Intifada, emprisonné 2 ans par Israël. Avec ‘La Paix Maintenant’, condamne en 1990 les tirs de missiles sur Tel Aviv. Membre du comité directeur de la conférence de Madrid. Représentant de l’OLP à Jérusalem en 2001. En septembre 2001, appelle de ses vœux "la conclusion d’une paix définitive entre les deux peuples" sur la base de la coexistence de « deux États voisins, mais distincts". En 2002, prend position contre la prise des armes lors de la 2ème Intifada, condamne les attentats-suicides et se prononce la désobéissance civile et pour un État palestinien démilitarisé. ../..
  • 34. Sari Nusseibeh Rédige et diffuse en 2002 -2003, avec l’Israélien Ami Ayalon, l’appel The people’s Voice ("La voix des peuples"). * En 2010, opte pour un État binational, en en 2012 pour un condominium, étape vers un État fédéral israélo-palestinien. « Il sera difficile de dépasser les souffrances que nous nous sommes infligées. Mais l’expérience est toujours formatrice. Les gens qui ont souffert une perte sont les mieux placés pur savoir ce que cela signifie. Ils sont donc également les mieux préparés pour faire un monde un lieu où nul n’aurait plus à souffrir aucune perte. » * qui propose deux États, Jérusalem capitale des deux États, le retrait israélien des Territoires occupés, et le retour des réfugiés limité aux territoires occupés. La pétition soutenant ce projet est signée par 400 000 Israéliens et Palestiniens. Photo du haut : Ami Ayalon et Sari Nusseibeh
  • 35. Lynn Gottlieb Née en 1949, États-unienne. Première femme rabbin dans le Jewish Renewal Movement. À l’âge de 17 ans, se rend en Israël dans le cadre d’un échange d’étudiants, est confrontée aux schémas racistes de ségrégation, de discrimination et d’incarcération massive de personnes, sur la base de leur identité. Durant 45 ans, profondément impliquée dans toutes sortes d’efforts en vue de la paix entre Israéliens et Palestiniens : dialogue, éducation, délégations, action directe. Soutient l’action BDS. Membre de l’Interna- tional Fellowship for Réconciliation (IFOR). « Des montagnes de témoignages crédibles ainsi que des milliers de témoins oculaires incluant au cours de 6 décennies des Palestiniens, des Juifs israéliens, des internationaux et des organisations pour les droits humains ne laissent aucun doute quant à la poursuite par Israël de politiques qui sont une insulte à l’histoire juive. »
  • 36. Michel Warschawski Né en 1949, fils du Grand rabbin de Strasbourg. Journaliste, chroniqueur, conférencier et militant israélien (parti et revue Matzpen (‘La boussole’). Cofondateur en 1984 et ex-président du Alternative Information Center (AIC) qui rassemble plusieurs organisations de paix israéliennes et palestiniennes. Son engagement pour la cause palestinienne lui a valu d’être condamné en 1989 à 20 mois de prison ferme. L’AIC a reçu en 2012 le "Prix des Droits de l’Homme de la République Française" décerné par la Commission nationale consulta- tive des droits de l’homme. Membre du comité de parrainage du Tribunal Russell sur la Palestine. « C’est soit la discrimination ethnique pratiquée par des Juifs, soit la démocratie. Ou bien les colonies, ou l’espérance pour deux peuples. Ou bien l’illusion d’un rempart de barbelés, des barrages routiers et des kamikazes, ou bien une frontière internationale consentie mutuellement, et Jérusalem capitale commune de deux États. » ../..
  • 37. Michel Warschawski « L’ensemble des institutions de ce régime colonial, et je dirais même presque tous les partis politiques, sont non seulement complices mais aussi impliqués sans même le savoir. » Israël est « sur une mer agitée, de plus en plus agitée, sur un bateau finalement assez frêle, avec un capitaine qui ne sait pas lire les cartes, qui ne sait pas se servir d’une boussole, et qui en plus est complètement ivre. (…) Je suis préoccupé de l’aveuglement de ce gouvernement et de sa politique à court, court, court terme. » « Que doit on faire pour permettre aux Palestiniens, aujourd’hui, de mieux résister, et, demain, de reprendre l’offensive ? Pour moi, la réponse se décline en trois lettres : BDS. Moi, j’aime dire en fait SBD : Sanctions, sanctions, sanctions, et sinon Boycott et Désinvestissement. »
  • 38. Leïla Shahid Palestinienne née en 1949. Études de sociologie et d'anthropo- logie à l’Université Américaine de Beyrouth (UAB). De 1994 à 2005, Déléguée générale de ‘l'Autorité palestinienne’ en France. Depuis la reconnaissance de la Palestine par l’Assemblée Générale de l'ONU en tant qu'État observateur, ambassadrice de la Palestine auprès de l'Union européenne à Bruxelles. Une des trois promoteurs du Tribunal Russell sur la Palestine. « Suite à l’admission de la Palestine à l’AG de l’ONU, la décision d’Israël de construire 3 000 logements supplémentaires en territoire palestinien - en Cisjordanie, ainsi qu'à Jérusalem-Est - rend encore plus hypothétique la viabilité sur le terrain d'un futur État palestinien, la Cisjordanie se retrouvant de fait coupée en deux. Cette décision ne fait que prouver l'arrogance et le mépris d'Israël à l'encontre de la communauté internationale. Rien ne changera tant que celle-ci ne décidera pas de sanctions. »
  • 39. Leïla Shahid Ceux qui diffusent « l’idée d’une impossible coexistence sont un grand danger pour les Palestiniens qui risquent de perdre définitivement cette caractéristique si précieuse de la société palestinienne la pluralité. Or, le projet de deux États vivant côte à côte en Israël et Palestine est le meilleur antidote à la montée du racisme, de la peur de l’autre et de son rejet. C’est la base de la coexistence et du vivre ensemble au Moyen-Orient, et par delà dans le monde. » « Je vais m’investir dans des actions qui peuvent contribuer, avec mes compatriotes et leurs amis dans le monde, à renforcer la résilience, la créativité, l’humanisme et la vitalité extraordinaire de la société civile palestinienne où qu’elle se trouve, en Palestine comme dans la diaspora. Je suis persuadée que mon peuple a assez de ressources et de foi dans la vie pour triompher un jour ; mais je serais moins en colère et moins peinée si je savais qu’il sera soutenu dans cette tâche immense. » Photo du haut : avec Michel Warshawski
  • 40. Richard Wagman Né en 19??, militant antisioniste et pro-palestinien français. Origine juive, père polonais, mère roumaine. Grands parents émigrés au Canada pour échapper aux persécutions antisémites, reste de la famille exterminé à Auschwitz. Licence en lettres de l’université York à Toronto, études en sciences politiques et économie, émigre en France en 1990. Ouvrier métallurgiste, militant syndical, typographe. Aujourd’hui traducteur « qui n’a pas la langue dans sa poche » à Paris, parle le yiddish, l'hébreu, le français, l’anglais. Juif athée, militant politique de gauche, journaliste amateur, écrivain et « cycliste qui ne tourne pas en rond ». Crée en avril 1994 l’association ‘Union juive française pour la paix’ (UJFP), section parisienne puis française de ‘l'Union juive internationale pour la paix’, avec pour objectif de soutenir le peuple palestinien. En 2002, l’UJFP participe à Amsterdam à la fondation du ‘Réseau de Juifs européens pour une paix juste’ (JEPJ), comprenant 17 pays. Signataire en avril 2003 de l'appel Une autre voix juive. Directeur de publication de la revue de l’UJFP, De l'autre côté. « Traduire et interpréter le monde. Mais comme disait Marx, il s'agit surtout de le changer. »
  • 41. Nurit Peled-Elhanan Israélienne née en 1949, fille du général Matti Peled, professeure de sciences de l’éducation à l’Université hébraïque de Jérusalem. En 1997, sa fille Samarder, âgée de 14 ans, est tuée dans un attentat suicide perpétré par un Palestinien à Jérusalem. Interdit à Benjamin Netanyahou de venir aux obsèques et déclare : « Ces attentats sont la conséquence directe de l’oppression, de l’esclavage, des humiliations et de l’état de siège imposé par Israël au peuple palestinien. Ces attaques sont des réponses à nos actes ». Dénonce « une politique myope qui refuse de reconnaître les droits de l'autre et fomente la haine et les conflits. » Membre du Parents Circle Families Forum (PCFF, Cercle des Familles Endeuillées pour la Paix), organisation israélo-palestinienne qui réunit des parents qui ont en commun le deuil et la volonté de transformer leur tragédie personnelle en combat pour la paix. Promotrice du Tribunal Russel sur la Palestine, prix Sakharov pour les droits de l’homme en 2001.
  • 42. Vivian Silver Née en 1949, militante canado-israélienne pour la paix et pour les droits des femmes. Visite Israël pour la première fois en 1968, étudie la psychologie et la littérature anglaise à l'Université hébraïque de Jérusalem. Est alors fortement impliquée dans le Réseau des étudiants juifs nord- américains, où elle dirige le Jewish Student Press Service. Devient en 1974 membre du kibboutz Gezer. S’intéresse aux droits des femmes et aux disparités entre les sexes dans la société israélienne, fonde en 1981 le département du Mouvement des Kibboutz unis pour promouvoir l’égalité des sexes. S’installe en 1990 à Beeri, un kibboutz près de la frontière avec Gaza, avec son mari et ses deux fils. Apprend à mieux connaître la communauté bédouine locale et les habitants de Gaza. À partir de 1998, Directrice exécutive du Negev Institute for Strategies of Peace and Development (NISPED), travaille au sein du kibboutz pour organiser des programmes, tels que des formations professionnelles, destinés à aider les Gazaouis, et veille à ce que les ouvriers du bâtiment gazaouis du kibboutz soient payés équitablement. En 1999, cofonde avec Amal Elsana Alh'jooj au sein du NISPED l’Arab- Jewish Center for Equality, Empowerment and Cooperation (AJEEC). ../.. Photo du bas : avec Amal Elsana, femme bédouine (arabe israélienne) née en 1972
  • 43. Vivian Silver Le centre mène des projets en Israël, à Gaza et en Cisjordanie. Avant la fermeture de la frontière de Gaza en 2007, travaille avec les résidents de Gaza dans des projets interculturels. Un groupe qu'elle fonde, Creating Peace, s‘attache à la promotion des relations commerciales entre les artisans palestiniens et israéliens. Après sa retraite et la guerre de Gaza en 2014, cofonde Women Wage Peace, une organisation interconfessionnelle locale. Fait du bénévolat auprès de The Road to Recovery et du Rozana Project pour transporter les patients gazaouis qui se rendent à Jérusalem pour y être soignés. En 2011, le journal Haaretz la désigne comme l'un des "10 immigrants anglo-saxons les plus influents" en Israël. Est alors membre du conseil d’administration de B’Tselem, une organisation de défense des droits humains basée à Jéru- salem. Le 4 octobre 2023, contribue à Jérusalem à l'organisation d'un rassemblement pour la paix qui attire 1 500 femmes israéliennes et palestiniennes. Portée disparue depuis le 7 octobre 2023, suite à l’invasion par le Hamas de son kibboutz, Be’eri. ■