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Le conflit Israël-Palestine. — 03. Figures depuis 1950

Pour en savoir plus sur la non-violence et sur la résolution non-violente de conflits Pour en savoir plus sur les « chercheurs d’humanité » (non-violence, alternatives économiques, écologie, changement sociétal, spiritualité) : www.irnc.org, rubrique « Diaporamas » Ce diaporama présente des figures, principalement israéliennes et palestiniennes, de la résistance à l'occupation de la Palestine par l'armée et les colons israéliens, et de la recherche d'une solution politique pacifique à ce conflit

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Figures de la résistance
à l’occupation israélienne de la Palestine
et de la recherche de paix
3 - Depuis 1950
Étienne Godinot - 19.10.2023
Wendy Pearlman
Née en 19??, enseignante étatsunienne. Professeure de
sciences politiques à la Northwestern University (Evanston près de
Chicago, Illinois), titulaire la chaire d'études sur le Moyen-Orient. A
étudié ou mené des recherches en Espagne, en Allemagne, au Maroc,
en Égypte, au Liban, en Jordanie, en Turquie, en Israël, en Cisjordanie
et dans la bande de Gaza.
Ses recherches portent sur la politique comparée du Moyen-
Orient, les mouvements sociaux, la violence politique, les réfugiés et la
migration, les émotions et la mobilisation, et le conflit arabo-israélien.
Son livre Violence, Nonviolence, and the Palestinian National
Movement (2011) pose la question : Où est le "Gandhi palestinien" ?
Enquête sur les raisons pour lesquelles des stratégies non-violentes et
violentes ont été utilisées à différents moments. Cherche à découvrir
comment le degré d'unité ou de fragmentation interne détermine la
décision d'utiliser une stratégie violente ou non-violente. Montre que la
cohésion interne d’un mouvement est une condition nécessaire mais
pas suffisante pour l'utilisation de la revendication non-violente.
Étudie l'histoire du mouvement national palestinien depuis la
période du mandat britannique.
Dominique Vidal
Né en 1950, père rescapé d’Auschwitz, mère "porteuse de valise"
pendant la guerre d’Algérie. Historien, journaliste et essayiste français,
spécialiste du Moyen-Orient et du conflit Israël-Palestine. En 1995,
rejoint l'équipe permanente du Monde diplomatique : rédacteur en chef
adjoint, puis responsable des éditions internationales et du
développement.
Spécialiste du Proche-Orient et notamment du conflit israélo-
palestinien et auteur d'une synthèse des travaux des nouveaux
historiens allemands sur la Shoah.
« Depuis 1947, date où la Palestine a été reconnue par l’ONU
comme un État à part entière, la négociation seuls à seuls entre
Palestiniens et Israéliens échoue : le dialogue n’est pas possible entre
un pot de terre et un pot de fer. Il faut une volonté internationale de
rendre possible et d’encadrer cette négociation. »
Amos Gvirtz
Né en 19??, fondateur de l’association Israelis and
Palestinians for Non-Violence, ancien représentant israélien de
l'International Fellowship of Reconciliation (IFOR) et président du
Israeli Committee Against Housing Demolitions. Défend notamment
les droits des Bédouins israéliens autochtones dans le Néguev.
Chaque semaine, adresse à un public international ses informations
" Ne dites pas que nous ne savions pas" sur des événements non
publiés affectant les communautés palestiniennes et bédouines.
« Le gouvernement de droite en Israël préfère la lutte violente,
qu’il est sûr de gagner haut la main. Nous, les citoyens d’Israël,
avons le choix entre une guerre sans fin avec tout ce qu’elle entraîne
de souffrances et de morts, et une lutte qui ne met pas en danger
nos vies, ni notre sécurité. Par son essence même, la lutte non-
violente consiste à respecter les vies et l’existence de l’adversaire.
En d’autres termes, à partir du moment où le Hamas abandonne la
violence au profit de la non-violence dans sa poursuite de la justice
pour le peuple palestinien, il abandonne aussi le désir de nous
détruire.»
Amos Gitaï
Né en 1950, cinéaste israélien, réalisateur de 80 titres. Études
d’architecture à Haïfa puis à Berkeley (Californie). Adolescent engagé et
critique contre la politique de son pays, jeune soldat envoyé sur le théâtre
des opérations dans le Golan en 1973, exilé en France de 1983 à 1993
après l’interdiction de son film House.
« Des accords imparfaits sont toujours mieux qu’une guerre parfaite.
(…) Regardez, l’Europe commémore les 100 ans de la Première Guerre
mondiale. Il a fallu deux guerres sauvages avant de former un continent
ouvert et en paix. Pourquoi n’y arriverions-nous pas ? (…) Rabin est le
premier homme politique qui a reconnu dans ses Mémoires qu’Israël avait
chassé les Arabes en 1948. Il a fait ce qu’un vrai leader politique doit faire
avec son peuple : lui parler sans mentir. (…) Il faut reconnaître le fait
historique, puis chercher des solutions politiques. »
Pierre Stambul
Né en 1950, militant juif pro-palestinien français. Parents juifs de
Bessarabie.Professeur retraité de mathématiques à Marseille, co-
président de ‘l’Union Juive Française pour la Paix’ (UJFP)
« Le sionisme est une idéologie. C’est une théorie de la séparation
qui considère que Juifs et non-Juifs ne peuvent pas vivre ensemble.
C’est un colonialisme qui vise à expulser le peuple autochtone, les
Palestiniens. C’est un nationalisme qui a inventé le peuple, la langue, la
terre. C’est une gigantesque manipulation de l’histoire, de la mémoire et
des identités juives. Pour les sionistes, les Juifs ont vécu 2000 ans en
exil et retournent dans leur pays. Cette histoire est entièrement inventée.
La plupart des fondateurs du sionisme n’étaient pas croyants, mais ils
ont utilisé la Bible comme un livre de conquête coloniale. Le sionisme
s’est construit contre le judaïsme, qu’il soit laïc ou religieux. »
« Parce que souvent le génocide nazi et l’antisémitisme sont notre
histoire familiale et intime, nous pouvons plus facilement dénoncer le
caractère obscène du sionisme quand il considère comme antisémite
toute critique d’Israël. L’idéologie sioniste n’est pas seulement criminelle
contre le peuple palestinien, elle est totalement suicidaire pour les Juifs,
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« La paix, c’est la fin de cette conception meurtrière qui vise à
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  • 1. Figures de la résistance à l’occupation israélienne de la Palestine et de la recherche de paix 3 - Depuis 1950 Étienne Godinot - 19.10.2023
  • 2. Wendy Pearlman Née en 19??, enseignante étatsunienne. Professeure de sciences politiques à la Northwestern University (Evanston près de Chicago, Illinois), titulaire la chaire d'études sur le Moyen-Orient. A étudié ou mené des recherches en Espagne, en Allemagne, au Maroc, en Égypte, au Liban, en Jordanie, en Turquie, en Israël, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Ses recherches portent sur la politique comparée du Moyen- Orient, les mouvements sociaux, la violence politique, les réfugiés et la migration, les émotions et la mobilisation, et le conflit arabo-israélien. Son livre Violence, Nonviolence, and the Palestinian National Movement (2011) pose la question : Où est le "Gandhi palestinien" ? Enquête sur les raisons pour lesquelles des stratégies non-violentes et violentes ont été utilisées à différents moments. Cherche à découvrir comment le degré d'unité ou de fragmentation interne détermine la décision d'utiliser une stratégie violente ou non-violente. Montre que la cohésion interne d’un mouvement est une condition nécessaire mais pas suffisante pour l'utilisation de la revendication non-violente. Étudie l'histoire du mouvement national palestinien depuis la période du mandat britannique.
  • 3. Dominique Vidal Né en 1950, père rescapé d’Auschwitz, mère "porteuse de valise" pendant la guerre d’Algérie. Historien, journaliste et essayiste français, spécialiste du Moyen-Orient et du conflit Israël-Palestine. En 1995, rejoint l'équipe permanente du Monde diplomatique : rédacteur en chef adjoint, puis responsable des éditions internationales et du développement. Spécialiste du Proche-Orient et notamment du conflit israélo- palestinien et auteur d'une synthèse des travaux des nouveaux historiens allemands sur la Shoah. « Depuis 1947, date où la Palestine a été reconnue par l’ONU comme un État à part entière, la négociation seuls à seuls entre Palestiniens et Israéliens échoue : le dialogue n’est pas possible entre un pot de terre et un pot de fer. Il faut une volonté internationale de rendre possible et d’encadrer cette négociation. »
  • 4. Amos Gvirtz Né en 19??, fondateur de l’association Israelis and Palestinians for Non-Violence, ancien représentant israélien de l'International Fellowship of Reconciliation (IFOR) et président du Israeli Committee Against Housing Demolitions. Défend notamment les droits des Bédouins israéliens autochtones dans le Néguev. Chaque semaine, adresse à un public international ses informations " Ne dites pas que nous ne savions pas" sur des événements non publiés affectant les communautés palestiniennes et bédouines. « Le gouvernement de droite en Israël préfère la lutte violente, qu’il est sûr de gagner haut la main. Nous, les citoyens d’Israël, avons le choix entre une guerre sans fin avec tout ce qu’elle entraîne de souffrances et de morts, et une lutte qui ne met pas en danger nos vies, ni notre sécurité. Par son essence même, la lutte non- violente consiste à respecter les vies et l’existence de l’adversaire. En d’autres termes, à partir du moment où le Hamas abandonne la violence au profit de la non-violence dans sa poursuite de la justice pour le peuple palestinien, il abandonne aussi le désir de nous détruire.»
  • 5. Amos Gitaï Né en 1950, cinéaste israélien, réalisateur de 80 titres. Études d’architecture à Haïfa puis à Berkeley (Californie). Adolescent engagé et critique contre la politique de son pays, jeune soldat envoyé sur le théâtre des opérations dans le Golan en 1973, exilé en France de 1983 à 1993 après l’interdiction de son film House. « Des accords imparfaits sont toujours mieux qu’une guerre parfaite. (…) Regardez, l’Europe commémore les 100 ans de la Première Guerre mondiale. Il a fallu deux guerres sauvages avant de former un continent ouvert et en paix. Pourquoi n’y arriverions-nous pas ? (…) Rabin est le premier homme politique qui a reconnu dans ses Mémoires qu’Israël avait chassé les Arabes en 1948. Il a fait ce qu’un vrai leader politique doit faire avec son peuple : lui parler sans mentir. (…) Il faut reconnaître le fait historique, puis chercher des solutions politiques. »
  • 6. Pierre Stambul Né en 1950, militant juif pro-palestinien français. Parents juifs de Bessarabie.Professeur retraité de mathématiques à Marseille, co- président de ‘l’Union Juive Française pour la Paix’ (UJFP) « Le sionisme est une idéologie. C’est une théorie de la séparation qui considère que Juifs et non-Juifs ne peuvent pas vivre ensemble. C’est un colonialisme qui vise à expulser le peuple autochtone, les Palestiniens. C’est un nationalisme qui a inventé le peuple, la langue, la terre. C’est une gigantesque manipulation de l’histoire, de la mémoire et des identités juives. Pour les sionistes, les Juifs ont vécu 2000 ans en exil et retournent dans leur pays. Cette histoire est entièrement inventée. La plupart des fondateurs du sionisme n’étaient pas croyants, mais ils ont utilisé la Bible comme un livre de conquête coloniale. Le sionisme s’est construit contre le judaïsme, qu’il soit laïc ou religieux. » « Parce que souvent le génocide nazi et l’antisémitisme sont notre histoire familiale et intime, nous pouvons plus facilement dénoncer le caractère obscène du sionisme quand il considère comme antisémite toute critique d’Israël. L’idéologie sioniste n’est pas seulement criminelle contre le peuple palestinien, elle est totalement suicidaire pour les Juifs, laïcs ou religieux. » « La paix, c’est la fin de cette conception meurtrière qui vise à séparer les Juifs du reste de l’humanité en expulsant les Palestiniens. »
  • 7. Michèle Sibony Née en 1951, militante française pour les droits des Palestiniens. Issue d’une famille juive marocaine, vit en Israël où elle fait des études de lettres et de cinéma à l’université de Haïfa dans les années 1972-1977. Le fait d’habiter pendant quelques années en Israël et de côtoyer des Palestiniens lui permet d’effectuer ce qu’elle appelle un « détricotage » idéologique et déclenche chez elle la volonté de s’engager en faveur de la cause palestinienne. Maintient en Israël des contacts étroits avec des amis opposés à l'occupation militaire. Œuvre en faveur du processus de paix israélo- palestinien au sein de ‘l‘Union des Juifs Français pour la Paix’ (UJFP) dont elle est vice-présidente. Membre du bureau de l’Alternative Information Center (Jérusalem Beit Sahour). « Je pouvais comprendre que les Juifs aient besoin de souverai- neté, mais je ne pouvais pas accepter que ça se fasse en écrasant un autre peuple qui n’avait rien à voir avec la tragédie des Juifs en Europe ». « La loi "État-Nation du peuple juif" a déclassé l’arabe, qui n’est plus une langue officielle, et prévoit que l’implantation juive doit se poursuivre sur l’ensemble du territoire situé entre la mer et le fleuve Jourdain. Cette loi met en évidence la société de discrimination et d’apartheid qui se crée sur le territoire israélien de 1948. »
  • 8. Radi Jaraï Palestinien né en 1951, études d’agronomie, ex-instituteur. Membre du Fatah, emprisonné de 1974 à 1985, puis à deux reprises pour ses liens avec la direction de la 1ère Intifada, au total 12 ans et demi. Membre de la délégation palestinienne à la conférence de Madrid en octobre 1991, signataire de l’Accord de Genève. Directeur d’un programme de réinsertion des détenus politiques. Professeur de science politique à l’université Al-Quds. « Nous n’aurions pas dû militariser l’Intifada, nous aurions dû mobiliser le peuple pour montrer au monde et aux Israéliens que nous demandons notre liberté, simplement, sans fusils ni explosifs. (…) Nous devons trouver une solution parce qu’aucun des deux peuples ne peut détruire l’autre. Je ne veux pas que mes enfants passent par les chemins où je suis passé. (…) Il est stupide de rester dans la haine et la violence les uns envers les autres. Si la paix prévaut en Palestine, les frontières n’auront plus beaucoup de sens, comme aujourd’hui en Europe. »
  • 9. Pierre Abécassis Né en 1951, militant juif antisioniste français. Né dans une famille juive d’Algérie, qui s’installe en France en 1962. Médecin du travail, puis médecin de santé publique à Dijon, retraité. Membre du Bureau de ‘l’Union Juive Française pour la Paix’ (UJPF). « Depuis toujours, j’étais juif, né dans une famille juive, vague- ment pratiquante, surtout communautaire. À 13 ans, j’avais fait ma bar- mitsvah. Et déjà, pas vraiment croyant, perplexe, doutant de vérités assénées, non vérifiables. (…) La Guerre des Six Jours fut une victoire totale pour Israël. J’en ressentais de la joie et de la fierté. (…) En juillet 1971, le voyage initiatique en Israël fut la récompense du concours de médecine. (…) La première guerre du Liban et les massacres des camps palestiniens de Sabra et Chatila ont produit sur moi le même ébranlement que le Nuit et Brouillard du ciné-club. Les "De quel droit ?" ont commencé à fuser : La Palestine n’était pas une terre sans peuple ; un peuple qui en opprime un autre ne saurait être libre ; le sionisme n’est pas la solution, mais le problème ; ses crimes sont commis en mon nom. Je suis devenu un Juif antisioniste. »
  • 10. Jonathan Kuttab Né en 1952, avocat et militant palestinien. Grandit à Jérusalem et à Bethléem. Études aux États-Unis, diplôme en histoire du Messiah College et en droit de l'Université de Virginie. Avocat à New-York jusqu'en 1980. Retourne en Palestine, ouvre un cabinet privé à Jérusalem, travaille comme avocat et défenseur des droits humains en Israël, en Palestine et aux États-Unis. Fondateur et co-directeur de l’organisation indépendante de défense des droits de l'homme Al-Haq à Ramallah. Cofondateur en 1984-85, avec Mubarak Awad et Hisham Sharabi, du ‘Centre palestinien pour l'étude de la non-violence’ basé à Jérusalem. Cofondateur en 1989 avec Mubarak Awad de Nonviolence International, association basée à Washington, ONG dotée du statut consultatif spécial auprès du ‘Conseil économique et social de l’ONU’. Codirige en 1994 le comité juridique négociant l'accord du Caire entre Israël et l'OLP. Rédige la loi palestinienne sur l'environnement. Enseigne à la faculté de droit de l'Université Al-Quds, conseiller juridique pour diverses organisations comme le YMCA et le YWCA . Membre de Sabeel et du Théâtre national palestinien (Al-Hakawati). ../..
  • 11. Jonathan Kuttab Dans son livre Beyound the Two-State Solution, explique que la solution à deux États n'est pas viable. Suggère que toute solution politique au conflit soit fondée sur les besoins existentiels fondamentaux des deux parties, besoins qu'il expose avec beaucoup de des détails. Propose comme voie à suivre une solution à un État qui défie à la fois le sionisme et le nationalisme palestinien. Invite à constater une évidence basée sur la réalité : deux peuples devront vivre ensemble dans un État binational. Explique en détail comment un État palestinien et juif unique et partagé pourrait être structuré – depuis l'apprentissage des langues dans les écoles jusqu’aux rôles dans l'administration et l’armée – et comment il répond aux besoins urgents de justice, d'égalité et de sécurité. Cette cohabitation pacifique et cette réconciliation peuvent sembler à beaucoup impossibles et utopiques. Qu’on pense pourtant à la haine et aux guerres qui ont opposé pendant des siècles la France et l’Allemagne, deux pays aujourd’hui amis et piliers de la construction européenne.
  • 12. Gideon Levy Né en 1953, journaliste et écrivain israélien, membre de la direction du quotidien Haaretz. Rédige une chronique hebdomadaire sur des activités de l'armée Israélienne sous le titre de Twilight Zone ("zone grise"). Se définit comme un patriote israélien. « Quiconque s’inquiète réellement de l’avenir du pays doit mainte- nant être en faveur du boycott économique. Le boycott est le moindre mal et il pourrait avoir des effets bénéfiques de portée historique. C’est l’option la moins violente et celle qui a le moins de chances d’aboutir à un bain de sang. Elle serait douloureuse, comme les autres, mais les autres seraient pires. (…) Tant que les Israéliens ne paient pas le prix de l’occupation, ou tout du moins ne font pas le lien entre la cause et l’effet, ils n’ont aucune raison d’y mettre fin. (…) Parallèlement à la déshumanisation et à la diabolisation des Palestiniens et des Arabes, les gens ici sont trop soumis à un lavage de cerveau nationaliste pour retrouver leurs esprits.»
  • 13. Susan Nathan Née en 1953 en Angleterre dans une famille juive. Une des rares Juives à habiter Tamra, au milieu de 30 000 musulmans, ville gérée par une municipalité islamiste. Dénonce la ségrégation qui existe entre les Juifs et les citoyens pales- tiniens d’Israël (un million), descendants des Palestiniens restés en Israël après que l’énorme majorité d’entre eux ait été chassée, au cours de la guerre de 1948. « On ne peut pas tout simplement pas chasser des centaines de milliers de Palestiniens de chez eux, comme nous l’avons fait en 1948, et puis décider d’oublier. Comme en Afrique du Sud, il nous faut une Commission de la Vérité et de la Réconciliation. (…) La gauche juive est totalement imbue de l’idée de deux pays, pour deux peuples. Ce que je fais, en démontrant que les Juifs et les Arabes peuvent vivre ensemble, ça leur casse la baraque ! (…) Il doit y avoir un seul État, binational. Cela finira bien par arriver un jour. »
  • 14. Norman Finkelstein Né en 1953, fils de Juifs survivants du ghetto de Varsovie, politologue et enseignant états-unien. Études à Binghamton University à New York, puis à l’École Pratique des Hautes Études à Paris, doctorat en science politique de l’Université de Princeton. Dénonce des généralisations hâtives et des accusations d'antisémitisme proférées par certaines organisations juives à l'encontre des opposants à la politique de l'État d'Israël. Membre du comité de parrainage du Tribunal Russell sur la Palestine. « Quand un conflit s’étend sur une période de temps aussi longue, un très grand nombre d’individus et d’institutions développent un intérêt direct non pas à sa résolution, mais plutôt à sa perpétuation. (…) Pour que quelque chose se produise, tout doit commencer parmi les Palestiniens dans les Territoires occupés. »
  • 15. Yitzhak Frankenthal Né en I9??, Israélien, juif orthodoxe. En juillet 1994, son fils Arik, 19 ans, jeune appelé dans l’armée israélienne, est capturé et tué par le Hamas. Homme d’affaires florissant, liquide sa société et utilise les fonds pour créer en 1995 Parents Circle – Families Forum. Cette association de parents endeuillés, palestiniens et israéliens, vouée à la réconciliation entre les deux peuples, regroupe aujourd’hui plus de 500 familles. Crée ensuite l’Arik Institut for tolerance, reconciliation and peace qui demande la fin de l’occupation militaire des territoires palestiniens par Israël. « Tant que nous ne verrons pas que l’occupation des terres palestiniennes est une forme de terrorisme, nous ne comprendrons pas les Palestiniens. Et si nous ne les comprenons pas, nous n’aurons pas la paix avec eux, que le terrorisme et la guerre".
  • 16. Mustafa Barghouti Né en 1954, homme politique palestinien. Candidat à la présidence de l'Autorité palestinienne en 2005, à laquelle il arrive deuxième après Mahmoud Abbas. A sans cesse critiqué l'Organi- sation de Libération de la Palestine et l'Autorité palestinienne pour leur corruption et leur acceptation du terrorisme. Considère la résistance non-violente comme la manière la plus efficace de mettre fin à l'occupation israélienne. Défend une paix avec Israël basée sur la solution des deux états dont un État Palestinien sur tout le territoire occupé par Israël durant la Guerre des Six Jours, une capitale dans Jérusalem-Est et le droit de retour pour les réfugiés concrétisé de la manière qui convient aux deux parties. En 2005, la liste "Palestine indépendante", dont il est le premier candidat, promet de combattre la corruption et le népotisme, d'exiger le démantèlement du "mur d'apartheid", et de fournir « une troisième voie réellement démocratique et indépendante pour la large majorité des électeurs palestiniens silencieux et non représentés, qui ne favorise ni l'autocratie et la corruption du parti au pouvoir, le Fatah, ni le fondamentalisme du Hamas. »
  • 17. Meron Rapoport, Eliaz Cohen et Awni al-Mashni M. Rapoport, né en 1954, journaliste et écrivain israélien, prix de Naples de journalisme grâce à une enquête qu’il a réalisée sur le vol d’oliviers à leurs propriétaires palestiniens. Ancien directeur du service d’informa-tions du journal Haaretz, aujourd’hui journaliste indépendant. Awni al-Mashni, né en 1957, Palestinien né dans un camp de réfugiés à Bethléem, membre du Fatah. Cofondateurs avec d’autres, dont le poète Eliaz Cohen, de l’orga- nisation Two States, One homeland – Together and Separate ("Deux États, un territoire - Vivre ensemble et séparément") qui prône la création de deux États souverains, Israël et Palestine, avec deux citoyennetés, des frontières ouvertes permettant à chaque habitant de conserver son lieu de résidence, et de vivre où bon lui semble. « Eretz Israël-Palestine est une patrie partagée pour deux peuples - les Juifs et les Palestiniens, et les deux peuples sont attachés à la terre par de profonds liens historiques, religieux et culturels. Une nouvelle vision s'impose; une vision qui doit être fondée sur l'égalité dans une terre commune et sur le respect mutuel et la reconnaissance de l'identité, des espaces et des droits politiques des deux peuples.
  • 18. Meron Rapoport Awni al-Mashni Eliaz Cohen Dans ces États, les deux nations réaliseront leur droit à l'autodétermination et la frontière entre elles sera basée sur les lignes du 4 juin 1967 et la cessation totale de l'occupation. L'État de Palestine sera libre de naturaliser les réfugiés palestiniens comme il l'entend et l'État d'Israël sera libre de naturaliser les Juifs de la diaspora comme il l'entend. Les résidents permanents israéliens en Palestine exerceront leur droit de vote pour le parlement en Israël et les résidents permanents palestiniens en Israël exerceront leur droit de vote pour le parlement en Palestine. Jérusalem servira de capitale pour les deux États (…) Jérusalem sera une ville partagée et ouverte aux citoyens des deux États; un régime municipal spécial sera établi pour administrer la ville conjointement et également entre les deux peuples, avec les représentants des religions monothéistes et de la communauté internationale. Photo du bas : le poète Eliaz Cohen
  • 19. Ilan Pappé Né en 1954, historien israélien, ex-maître de conférences en sciences politiques à l'Université de Haïfa (1984-2007). A dû s’exiler en Angleterre. Professeur à la Faculté des sciences sociales et des études internationales de l'Université d'Exeter. Fait partie des "nouveaux historiens" qui ont réexaminé de façon critique l'histoire d'Israël et du sionisme. Considère que l'exode palestinien peut être comparé à un "nettoyage ethnique" qui fut le résultat d'une politique "planifiée" par David Ben Gourion et voulue depuis toujours par le mouvement sioniste. Défend la solution d'un seul État binational pour les Palestiniens et les Israéliens. « Rendre la vie impossible, restreindre les possibilités économiques, réduire la capacité de développement : ces nouvelles stratégies fonctionnent d’autant mieux qu’elles se conjuguent avec le refus d’une véritable négociation avec les Palestiniens ».
  • 20. David Grossman Né en 1954, père juif réfugié de Pologne. Écrivain israélien, parmi plus célèbres. Études de philosophie et de théâtre, ex-journaliste à la radio, auteur de romans, d'essais et de livres pour la jeunesse.. Son livre Le vent jaune, qui décrit les souffrances imposées aux Palestiniens par l'occupation de l'armée israélienne, lui vaut l'accusation de trahison par le premier ministre de l'époque, Yitzhak Shamir. Signataire de l’Accord de Genève. Parle arabe. En août 2006, avec les écrivains Amos Oz et Avraham Yehoshua, lance un appel au gouvernement israélien pour qu'il accepte un cessez-le- feu. En juin 2010, dénonce l'arraisonnement par la marine israélienne de bateaux pro-palestiniens au large de Gaza. « L’occupation est un poison qui pénètre tous les systèmes. Quelles sont les conséquences sur les personnes, sur leurs relations, sur leur estime d’eux-mêmes ? (…) Il est très facile de ne pas vouloir savoir. » ../..
  • 21. David Grossman « Quand on a la possibilité d’abuser de son autorité sur quelqu’un, il faut être muni d’une conscience morale supérieure pour ne pas prendre avantage de ce pouvoir, de cet arbitraire. Il y a une force de tentation diabolique dans ce mal qui te pousse à l’exercer à l’encontre d’un plus faible. » Pour le dominé, « il est très facile de fondre cette angoisse en haine ». « Pour ne pas collaborer avec un système du mal et avec une réalité de malheur, pour ne pas devenir un rouage de ce système, un homme doit se protéger de la routine du mal.(…) Chaque décision prise, liée à l’arbitraire ou au malheur, il doit la remettre en question, chaque fois sous un angle différent. Il doit vérifier si elle répond à des objectifs valables, ou si elle est le fruit de cette routine. » « La majorité silencieuse des deux peuples est prête au com- promis, mais elle est l’otage de ses extrémistes de chaque côté. »
  • 22. Eran Riklis Né en 1954, cinéaste, scénariste et réalisateur israélien, élevé aux États-Unis, au Canada et au Brésil. Diplômé en 1982 de la National Film School de Beaconsfield, en Angleterre. Dans son fils Les Citronniers (2008), une Palestinienne obstinée lutte contre un ministre de la défense désireux de faire couper ses arbres centenaires. Dans son film Le deuxième fils, montre la vie des Arabes d'Israël, intégrés à la population juive, mais victimes d'une ségrégation et d’un ostracisme quotidiens. Son film Zaytoun (2013) montre la rencontre inattendue entre un jeune réfugié palestinien et un pilote de chasse israélien. Son film Mon fils (2014) évoque aussi la vie complexe des Arabes Israéliens. « Il n'y a pas de films où tout est noir ou tout est blanc. En tout cas, si jamais le public cherche un film qui soit tout noir ou tout blanc, moi je revendique d'être technicolor. S'il y a un parti que je prends, c'est celui de l'humain. Même si les hommes ont fait des choix extrêmes, parce que je pense qu'il y a toujours, chez tout le monde, de l'humain. »
  • 23. Izzeldin Abuelaïsh Palestinien né en 1955, obstétricien-gynécologue titulaire d’une maîtrise de santé publique à l’université de Harvard, installé à Toronto. Parle l’hébreu. Premier médecin palestinien ayant eu un poste dans un hôpital israélien. En 2009, trois de ses filles et sa nièce sont tuées à Gaza par une frappe israélienne lors de l’opération ‘Plomb durci’. Refusant de sombrer dans la haine, choisit de continuer, au nom de ses filles, son combat pour la paix, et crée la fondation Daughters for life qui promeut l’éducation des filles au Moyen-Orient. « Nous sommes des frères siamois. Toute violence faite à l’un atteint l’autre. Je suis contre toute forme de violence, d’où qu’elle vienne, des soldats et des colons israéliens comme des Palestiniens. Car la violence n’amène jamais la justice. »
  • 24. Nazmi Al-Jubeh Palestinien né en 1955. Emprisonné au total durant 5 ans par Israël pour avoir tenté de créer un syndicat d’étudiants, pour avoir participé à des manifestations ou à des échanges avec les Israéliens des kibboutz. Historien and archéologue palestinien, professeur à l’université de Bir Zeit (Ramallah), co-directeur de Riwaq, Center for Architectural Conservation. Travaille actuellement à la restauration de bâtiments anciens en Cisjordanie, datant des époques musulmane et ottomane. Expert des négociations sur Jérusalem, a participé au processus d’Oslo puis à la rédaction de l’Initiative de Genève. « En continuant à construire des implantations, on rend le conflit plus complexe. (…)J’espère que les deux peuples vont réfléchir avec leur tête, et se mettre à la place l’un de l’autre. Les Israéliens doivent penser ce qu’ils accepteraient et ce qu’ils refuseraient à la place des Palestiniens. Les Palestiniens doivent faire de même. Si chacun y arrivait, tout serait plus simple. » Photo du bas : logo de Riwaq
  • 25. Avraham Burg Né en 1955, homme politique israélien, président de la Knesset de 1999 à 2003. Son objectif est de dé-sioniser Israël. Soutient que le peuple juif n’est pas l’"élu" du Seigneur, ce qui reviendrait à dire que les autres nations appartiennent aux "races inférieures". En juillet 2010, crée un nouveau parti politique israélien judéo- arabe, Shiyan Yisrael (Israël Égalité) qui "demande la pleine égalité pour tous les citoyens d'Israël, le genre d'égalité que nous exigeons pour les Juifs de la Diaspora, où qu'ils vivent". « Le cancer du racisme nous dévore.(…) La définition d'Israël en tant qu'État juif mène à sa perte. Un État juif est explosif. C'est de la dynamite. (…) « Pour moi, la construction de l'Union européenne, c'est l'utopie biblique dans sa quintessence. Je ne sais pas combien de temps cela tiendra, mais l'idée est incroyablement juive. » Le sous-titre de son livre Vaincre Hitler est Pour un judaïsme plus humaniste et universaliste.
  • 26. Ron Pundak Israélien né en 1955 de parents juifs danois, historien (doctorat à Londres) spécialiste du Moyen-Orient, ex-journaliste. A joué un rôle important dans le démarrage du processus de paix d’Oslo en 1993, et dans les Accords de Genève en 2003. Initie au sein de l’association Economic Cooperation Foundation des projets de coopération économique avec les Palestiniens. Depuis 2001, Directeur du Peres Center for Peace ("Centre Shimon Peres pour la paix") de Tel Aviv, créé en 1997. « La situation au quotidien se dégrade, mais les gens compren- nent la situation bien mieux qu’avant, les litiges, les réfugiés, les colonies, etc. Il faut faire exploser les mythes ! L’espoir que j’exprime s’appuie sur une réalité profonde, aujourd’hui refoulée par un quotidien gouverné par les extrémistes. Photo : Peres Center for Peace à Tel Aviv : aide aux soins médicaux aux enfants palestiniens, au développement de projets agricoles, activités culturelles et sportives d’éducation à la paix
  • 27. Jamal Zahalka Né en 1955, homme politique arabe israélien, membre du parti Balad et député à la Knesset. Accuse les dirigeants de l'État d'Israël d'avoir un discours encourageant l'idée de séparation avec les Arabes israéliens, voire de transfert. Accuse également Israël de pratiquer un système d'apartheid envers les Palestiniens en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza. « Nous sommes en train de devenir une minorité de sous- citoyens, nous vivons une situation de une minorité en danger. Il y a de plus en plus de lois votées contre nous. Les politiques que nous subissons, comme les destructions de maisons, les confiscations de terrains, la discrimination qui nous touche, la pauvreté… tout cela est extrêmement choquant . Nous faisons pleinement partie de la solution globale au conflit. Seule l'opinion publique internationale peut être un frein réel aux excès. »
  • 28. Avi Mograbi Né en 1956, réalisateur et acteur israélien. Issu d'une famille sioniste, rompt assez tôt avec les positions familiales. Suit des études d'art à l'École d'art de Ramat Ha-Sharon et de philosophie à l'Université de Tel Aviv de 1979 à 1982. Assistant de Claude Lelouch. Pendant la guerre contre le Liban, porte-parole d'un groupe de soldats qui refusent l'incorporation, ce qui lui vaut quelques jours de prison. Rejoint plus tard une organisation de parents de jeunes gens qui refusent de faire leur service militaire et travaille pour une autre qui recueille et diffuse des témoignages non officiels de soldats. Dans son film Les 54 premières années - Manuel abrégé d’occupation militaire* (2021, durée : 1 h 50 mn), des soldats israéliens interviewés par l’association Breaking the silence témoignent des mécanismes d’oppression des Palestiniens dans les territoires occupés, Cisjordanie et Gaza, depuis 1967. L’auteur dissèque la mainmise de l’État hébreu, les méthodes, procédures et pratiques quotidiennes de l’occu- pant. ../.. * diffusé en 2 émissions par la chaîne européenne ‘Arte’ en mai et juin 2022
  • 29. Avi Mograbi Les soldats, haut gradés à conscrits, racontent les exactions qu’ils ont commises sous l’uniforme de Tsahal ou auxquelles ils ont assisté, encouragés ou couverts par leurs supérieurs : arrestations arbitraires, matraquages jusqu’à briser les os, tortures, perquisitions sans mandat, punitions collectives, vexations inutiles, expropriations, destructions de maisons, arrachage d’oliviers, etc. Des images d’archives recoupent ces témoignages et dévoilent les dessous d’une occupation qui perdure depuis 54 ans. Dans le film Entre les frontières (2017), Avi Mograbi et Chen Alon partent à la rencontre de demandeurs d’asile africains que l’État d’Israël retient dans un camp en plein désert du Néguev.
  • 30. Nafez Assaily Palestinien né en 1956. Musulman soufi, études dans des écoles chrétiennes puis à l’université de Naplouse (anglais et sociologie), thèse à Washington. Famille expulsée par la colonie israélienne de Givat Arsina. Perd l'usage de l’oeil droit en 1990, suite à sa participation à un rassemblement de protestation devant mosquée Al Aqsa, contre la mort de Palestiniens la veille à cet endroit. Créateur à Hébron de la Library on Wheels for Non-violence an Peace (LOWNP) ou bibliobus de la non-violence et de la Maison de la non-violence. Préconise l’alimentation en produits locaux pour développer l’économie palestinienne, la réconciliation dans les familles. « Il n'y a pas d’autre choix pour les Palestiniens que la lutte non- violente ».
  • 31. Amira Hass Israélienne née en 1956, fille de deux survivants de la Shoah, journaliste et auteure, écrit dans le quotidien Ha'aretz. Vit à Ramallah (Cisjordanie) après avoir habité à Gaza. Décrit les tracasseries administratives israéliennes, les interdictions de circuler, les difficultés pour travailler normalement. Critique à l'encontre de la politique israélienne envers les Palestiniens, mais aussi envers les dirigeants palestiniens. Durant les années d'Intifada, publie plusieurs articles sur le chaos et le désordre provoqués par les milices associées au parti Fatah de Yasser Arafat et la guerre sanglante entre factions palestiniennes à Naplouse. « Lancer des pierres est une action concrète de résistance en même temps qu’un acte symbolique. (…) Je pense qu'au final les Juifs – ma communauté juive – paieront un prix très lourd si nous ne mettons pas rapidement un terme à cette discrimination. »
  • 32. Ibrahim Khreishi Palestinien né en 1956, famille en Jordanie. Études de médecine puis de sciences politiques et relations internationales en Yougoslavie. Membre du Conseil du Fatah et du Conseil central de l’OLP. Après 1989, en Tunisie, président de l'association qui représente la jeunesse palestinienne. Après 1994, en Palestine, directeur du département des syndicats de l’OLP. Signataire de l’Accord de Genève. « Le retour de tous les réfugiés en Israël signifierait la fin d’Israël. Il n’est ni réaliste ni acceptable de ramener 4 millions et ½ de Palestiniens en Israël : il faudrait pour cela jeter les Israéliens à la mer. J’essaye de convaincre les Palestiniens que la solution à deux États est notre but politique. Elle implique qu’Israël continue à exister. À partir de là, cherchons une solution réaliste.(…) ../.. Photo du bas : logo de l’OLP, Organisation de Libération de la Palestine
  • 33. Ghassan Andoni Neta Golan Ghassan Andoni, Palestinien chrétien né en 1956, professeur de physique à l’université Bir Zeit, prône la résistance non-violente contre l’occupation israélienne de la Palestine. Cofondateur en 2001 avec l’israélienne Neta Golan et la palestino-étatsunienne Huweida Arraf de l’International Solidarity Movement (ISM). Fondateur de l’International Middle East Media Centre et directeur du Palestinian Center for Rapprochement between Peoples (PCR). Pendant la Première Intifada, emprisonné pour avoir participé à la révolte fiscale de Beit Sahour. En 2006 nominé pour le Prix ​​Nobel de la Paix par l’American Friends Service Committee avec Jeff Halper de l’Israeli Committee Against House Demolitions (ICAHD). La Palestino-états-unienne Huwaida Arraf et le Juif états- unien Adam Shapiro ont rejoint le mouvement en 2002. « L'ISM cherche à mettre fin à la violence en résistant activement à l'occupation par des moyens non-violents. Le gouvernement israélien a longtemps travaillé pour écraser la résistance pacifique, rendant très difficile pour les Palestiniens d'agir de manière non-violente à grande échelle. » Photo du bas : Neta Golan
  • 34. Ofer Bronchtein Franco-Israélien né en 1957. Dans les années 1990, conseiller du secrétaire général du ‘Parti travailliste’ israélien et des vice-premiers ministres. Ancien collaborateur du Premier ministre Itzhak Rabin, envoyé spécial à Tunis pour la préparation et le suivi des accords d'Oslo. Cofondateur en 2001 de l’International forum for Peace ( FIP, "Forum International pour la Paix" (Logo ci-contre) avec Anis Al Qaq, alors représe- ntant de l'Autorité palestinienne en Suisse. L’objectif du FIP est de soutenir toutes mesures concrètes visant à mettre en place les fondements d'une coopération future et durable entre les deux peuples. « On connaît parfaitement les paramètres de sortie : la création d'un État palestinien, Jérusalem comme capitale de la Palestine et d'Israël, une solution équitable, juste et négociée sur les réfugiés, des frontières franchissables entre les deux pays. » ../..
  • 35. Ofer Bronchtein Il faut que sur les 5 % des territoires palestiniens occupés par Israël en 1967, il y ait des échanges de territoire. La majorité des Colons vit sur ces 5 % de territoires occupés. Il faut donc permettre à une partie de ces personnes de rester là où elles vivent, mais qu’Israël puisse échanger une quantité de territoire égale et de même valeur aux Palestiniens, soit dans le Sud d’Israël pour agrandir la bande de Gaza, soit dans le Nord pour agrandir la Cisjordanie. Ce choix serait fort puisqu’il signifiera que près de 450 000 Colons entreront dans l’illégalité internationale. » « Un État binational n’est pas possible aujourd’hui. La solution me semble être à long terme une confédération israélo-palestinienne, qui pourrait inclure la Jordanie, mais elle doit passer par le stade de deux États. » ../.. Photo : La Palestine et la Jordanie de 1923 à 1947
  • 36. Ofer Bronchtein « Il y a 500 000 Palestiniens en Amérique latine. Ils ne veulent pas revenir : ce qui leur importe, c’est d’obtenir le passeport palestinien. » « Si nous avons une paix réelle, deux États et des frontières ouvertes, on peut imaginer une confédération entre la Palestine et Israël, peut-être avec la Jordanie. C’est la voie du futur. » « La Palestine est totalement dévastée. Et en Israël, quelque chose à l’intérieur des Israéliens est abîmé : la sécurité, la vision des autres, le respect. Nous avons donc beaucoup à reconstruire de chaque côté pour un avenir meilleur. » « Les attentats suicides sont absolument inacceptables et, qui plus est, totalement inutiles. » Photos : passeport honorifique palestinien de Ofer Bronchtein, Israélien, ancien collaborateur d'Itzhak Rabin, remis en avril 2011 par Mahmoud Abbas, Président de l’Autorité Palestinienne
  • 37. Anis Al-Qaq Palestinien né en 19??. Formation de chirurgien dentiste en Syrie et en Angleterre, exerce pendant 20 ans à Jérusalem-Est. Fondateur en 1984 du 1er théâtre national palestinien et en 1989 de l’ONG Health Services Council. Coordinateur des ONG palestiniennes, puis Secrétaire d’État à la Coopération internationale en charge des relations de l’Autorité palestinienne avec les organisations internationales. Avec Ofer Bronchtein, avec qui il s’était lié d’amitié après les accords d’Oslo en 1993, initiateur du ‘Forum parlementaire israélo- palestinien’ puis en 2002 de l’International Peace Forum ("Forum International pour la Paix"). En 2003, ambassadeur de l’Autorité Palestinienne à Bern. « Je crois que la Palestine et l'ensemble du monde arabe ont besoin d'étudier l'Holocauste, et par conséquent ce sujet devrait être inclus dans les programmes scolaires . » Photo : La Shoah ("la catastrophe", l’holocauste)
  • 38. Mazin Qumsiyeh Palestinien né en 1957, chercheur en biologie et génétique, professeur aux Universités de Bethléem et de Birzeit, après avoir enseigné aux États-Unis. Président du Center for Rapprochment Between Peoples ("Centre pour le rapprochement entre les peuples"). Figure importante de la résistance populaire où il prend une part active et qu'il organise, colla- bore avec de nombreux mouvements de paix de la société civile. Son livre Une histoire populaire de la résistance palestinienne synthétise d’innombrables informations provenant de sources variées et originales afin de présenter l’étude la plus complète de la résistance civile en Palestine. « Un livre édifiant et fort, qui révèle la souffrance humaine provo- quée par la destruction du peuple palestinien (… dont) les méthodes de résistance, basées sur la non-violence active, méritent d’être mieux connues de la communauté internationale. » Mairead Maguire
  • 39. Marwan Barghouti Né en 1959, homme politique palestinien. À 18 ans, arrêté par Israël pour son engagement militant dans des groupes pro-palestiniens, apprend l’hébreu en prison. Licence d'histoire et de sciences politiques et maîtrise de relations internationales. Un des principaux meneurs de la première Intifada ("soulève- ment") en 1987. Élu au Conseil législatif de Palestine en 1996, y défend la nécessité d'une paix avec Israël. Secrétaire général du Fatah pour la Cisjordanie, mène des campagnes contre la corruption et pour les droits de l’homme au sein du Fatah. Chef du Tanzim, branche armée du Fatah, lors de la 2ème Infitada. Échappe en 2001 à une tentative d'assassinat par les services secrets israéliens. Arrêté et emprisonné en 2002. Condamné en juin 2004 à 5 peines de prison à perpétuité pour le meurtre de cinq civils israéliens. Incarcéré depuis 2002 dans la prison de haute-sécurité israélienne de Hadarim (photo du bas). ../..
  • 40. Marwan Barghouti A toujours condamné les attentats contre des civils. Depuis sa cellule, invite les Palestiniens à la réconciliation nationale et initie le Document des prisonniers palestiniens, proposant de former un gouvernement de coalition, appelle également à un cessez-le-feu et à la négociation avec Israël sur la base des frontières de 1967. En avril 2012, sanctionné par les autorités pénitentiaires pour avoir lancé un appel à la "résistance populaire pacifique". Souvent comparé à Nelson Mandela. En avril 2017, lance une grève de la faim d’environ 1 000 prisonniers politiques palestiniens en Israël. Grandes manifestations en Palestine, y compris grève générale massive. Au 29ème jour de la grève, le 15 mai, appelle le peuple palestinien à lancer un grand mouvement de désobéissance civile. Au bout de 40 jours, avec l’entremise de la Croix Rouge Internationale, Israël accepte quelques unes des requêtes. En même temps, une manifestation de 15 000 personnes organisée par "La paix maintenant" demande la fin de l’occupation. ../.. Portrait de M. Barghouti sur le mur de séparation à Kalandia
  • 41. Marwan Barghouti « J’appelle le peuple palestinien à lancer un vaste mouvement de désobéissance civile contre l’occupation israélienne » (15 mai 2017) « L’apartheid n’a pas survécu en Afrique du sud et l’apartheid ne survivra pas en Palestine. » « Faire la grève de la faim est la forme la plus pacifique de résistance disponible. Elle n’inflige de souffrances qu’à ceux qui y participent et à ceux qui leur sont chers, dans l’espoir que leur estomac vide et leur sacrifice permettront à leur message de trouver un écho au-delà des murs de leurs sombres cellules. » « Un homme qui, de sa prison, joue et jouera, c'est certain, une fois libéré, un rôle majeur pour bouger les lignes et ouvrir de nouvelles relations avec Israël. » Isabelle Durant, Vice-présidente du Parlement Européen
  • 42. Ameer Mackhoul et Janan Abdu A.M., né en 1959, Palestinien chrétien, citoyen d’Israël, directeur de Ittijah, Union of Arab Community-Based Associations. Arrêté en mai 2010 par la police israélienne. Condamné en janvier 2011 à 9 ans de prison pour "collaboration avec les terroristes" car il apportait un soutien aux villages non reconnus du Néguev et travaillait à l’union des Pales- tiniens contre l’occupation. Après une grève de la faim, transféré de la prison de Gilboa à celle de Megiddo près de Haïfa. J. A., épouse d’A.M., précédemment assistante sociale, en études de droit afin de défendre les prisonniers politiques. Coordinatrice du projet "Droits des prisonniers" à l’Arab Association for Human Rights. Cette association sensibilise l’opinion sur la situation des 4 700 prisonniers politiques et suscite, à l’échelle locale et internationale, des actions de solidarité avec eux.
  • 43. Orly Noy Née en 19?? en Iran, émigre en Israël avec sa famille pendant la révolution islamique de 1979. Militante politique israélienne, juive orientale, journaliste, traductrice de poésie et de prose farsi et éditrice. Travaille pendant 3 ans en tant que présentatrice, rédactrice en chef et productrice d'une émission quotidienne d'informations sur la radio Kol HaShalom, et contributrice régulière à Ha'aretz , Ynet , Walla et autres plateformes d'information. Ex-porte-parole d'Ir Amim et de l'organisa-tion de surveillance des médias Keshev. Ex-membre de la Coalition of Women for Peace et de la Mizrahi Democratic Rainbow Coalition. Cofondatrice de l’Orientale Commune, membre du front national démocratique Tajamo/Balad, rédactrice en chef de Local Call. Présidente de B’Tselem, centre d’information israélien pour les droits de l’homme dans les territoires occupés. « Malgré le rythme effrayant des meurtres commis par l’armée israélienne, la violence de l’occupation en Cisjordanie et l’apartheid dans lequel sont maintenus les Palestiniens sont les angles morts de la mobilisation (de début 2023 contre un projet de réforme de la justice porté par la coalition de droite et d’extrême droite dirigée par le Premier ministre Benyamin Netanyahou). Israël annonce la légalisation nouvelles colonies en Cisjordanie. »
  • 44. Sylvain Cypel Né en 19??, journaliste français. Son père, Jacques Cypel, était le directeur du dernier quotidien en langue yiddish Unzer Wort ("Notre Parole"), jusqu'à sa fermeture à Paris en 1996. Diplômes en relations internationales, sociologie et histoire contemporaine. Vit en Israël pendant 12 ans dans sa jeunesse, étudie à l'Université hébra- ïque de Jérusalem. En 1998, quitte l'hebdomadaire Courrier interna- tional, où il a travaillé pendant 5 ans comme directeur de la rédaction, et intègre Le Monde en tant que chef adjoint de la section internatio- nale puis rédacteur en chef. Depuis février 2014, écrit pour Orient XXI, un média consacré au Moyen-Orient dirigé par Alain Gresh (dont la mère est née de parents russes juifs), des articles concernant majoritairement Israël et le sionisme. Dans Les emmurés - La société israélienne dans l'impasse, décrit une société israélienne en crise, engagée dans une impasse dont le " mur de protection " que construit par Israël en Cisjordanie est la manifestation la plus visible. Il apparaît alors que les "emmurés" ne sont pas seulement ceux qu'on croit. Montre comment deux sociétés imbriquées en viennent à s'ignorer alors même que leurs destins sont inextricablement liés. ../..
  • 45. Sylvain Cypel « Imagine-t-on en France une loi qui établirait deux catégories de citoyens : par exemple, les " Français de souche " et les autres, qui ne bénéficieraient pas de droits égaux ? Une loi ségrégationniste de ce type, le Parlement israélien l'a votée en 2018, au bénéfice des seuls citoyens juifs. Comment s'étonner que, de Trump à l'Indien Modi, du Hongrois Orbán au Brésilien Bolsonaro, les nouveaux dirigeants dits "illibéraux", dont certains cultivent leurs franges antisémites, plébiscitent désormais Israël ? Ce qui les fascine, c'est la capacité de cet État à imposer sa politique "identitaire", à multiplier les lois anti-démocratiques, à faire taire les critiques et à promouvoir un modèle où la "guerre au terrorisme", la xénophobie et l'islamophobie assumées jouissent d'un soutien massif au sein de l'ethnie majoritaire. En France, le CRIF, représentant du judaïsme qui fait aussi office de lobby pro-israélien, entraîne ses adhérents dans un soutien sans faille aux actions des gouvernants d'Israël. Aux États-Unis, la loi ségrégation- niste et de multiples actes du même ordre sont vivement critiqués par des responsables juifs de premier plan et plus encore dans la jeunesse juive. Ceux-là dénoncent l'occupation indigne des Territoires palestiniens et les dangers de l'idéologie identitaire qui l'accompagne. Israël, clament- ils, est devenu "mauvais pour les Juifs". »
  • 46. Eitan Bronstein Aparicio et Éléonore Merza Bronstein Eitan B. A., né en Argentine en 1960, émigre en Israël à l’âge de 5 ans. Sert dans l'armée israélienne et refuse 3 fois de servir comme soldat de réserve au Liban et en Cisjordanie. Maîtrise en herméneutique de l’université Bar Ilan. En 2001, fonde Zochrot (en hébreu, "Elles se souviennent") organisation basée à Tel Aviv et dédiée à la mémoire de la Nakba ("catastrophe" en arabe, exode en 1948 de 750 000 Palestiniens chassés de leurs terres et de leurs villages). Éléonore M. B., française, de mère juive algéro-alsacienne et de père syrien, chassé du Golan par l’armée israélienne. Anthropologue du politique. Fondent en 2015 De-Colonizer, centre de recherche alternatif, laboratoire virtuel trilingue (français, anglais, hébreu) qui contourne les frontières politiques et symboliques afin de fournir un nouvel espace extraterritorial accueillant différentes sortes d'outils et de projets, destiné à tou-te-s celles-ceux qui souhaitent vivre ensemble et dans une égalité réelle en Palestine-Israël. Estiment qu'Israël doit reconnaître sa responsabilité historique dans l'expulsion des Palestiniens, et réparer cette injustice en accordant à tous les réfugiés leur inaliénable droit au retour. ../..
  • 47. Eitan Bronstein Aparicio et Éléonore Merza Bronstein Auteurs d’une carte intitulée "Colonialisme en destru(a)ction", qui recense l’ensemble des localités palestiniennes, juives et syriennes détruites depuis les premières vagues de migration sioniste (fin du 19ème siècle) : 750 000 Palestiniens et 130 000 Syriens déplacés. Les localités détruites avant 1948 sont en bleu, les destructions pendant l’année 1948 en rouge et les destructions de 1967 à 2016 en vert. En tout, 801 localités palestiniennes, 194 localités syriennes et 44 localités juives ont été détruites depuis le début du 19ème siècle. Grâce à une collaboration étroite avec la chercheuse Ariella Azoulay, cette carte recense pour la première fois les initiatives de non-agression qui existaient entre villages juifs et villages palestiniens, ce type de solidarité qui existait avant 1948 et a été détruit par le sionisme. En 2012, pour la première fois, une commémoration publi- que de la Nakba est organisée à l’université de Tel Aviv par des étudiants juifs et palestiniens, malgré la loi israélienne de 2011 qui interdit la commémoration de la Nakba.
  • 48. Dror Moreh Né en 1961, cinéaste et réalisateur israélien . Son film The Gatekeepers (2012) a été nominé comme meilleur documentaire aux 85èmes Academy Awards. Il est composé d'entretiens avec six anciens directeurs des services secrets israéliens qui évoquent leur expérience à la tête du Shin Beth : Ami Ayalon, Avi Dichter, Yuval Diskin, Carmi Gillon, Yaakov Peri et Avraham Shalom. Très critiques vis-à-vis des politiques menées par leurs gouvernements (à l'exception de celui d'Yitzhak Rabin), ils racontent les bavures, tortures, méthodes iniques de renseignements et de recrutement d’indicateurs qui amplifient la haine de l’occupé. Ils défendent tous un changement radical de politique en Israël : la recherche de la paix et la reconnaissance au plus tôt de l’État palestinien. « On a gagné toutes les batailles, mais on a perdu la guerre ! » Ami Ayalon « Quand vous quittez le Shin Beth, vous devenez gauchiste…» Yaakov Peri
  • 49. Gadi Algazi Né en 1961. Refuznik, emprisonné pendant 10 mois pour avoir refusé de servir dans les territoires occupés en 1979, libéré de prison grâce à une campagne citoyenne en sa faveur. Docteur de la faculté d'histoire de l'université de Göttingen (Allemagne), professeur d'histoire médiévale à l'Université de Tel-Aviv. Cofondateur et animateur du mouvement judéo-arabe Taayoush (ou Ta'ayush, "vivre ensemble" en arabe) créé en 2000. Ce mouve- ment, réseau de plusieurs organisations palestiniennes et israéliennes, allie actions non-violentes et réflexions afin de lutter contre l’occupation israélienne de la Palestine et les escalades de violence en Israël et en Palestine. Taayoush amène parfois des groupes d'Israéliens pour aider des Palestiniens à récolter les olives et pour les protéger. Il aide les Pales- tiniens à contacter des avocats, des journalistes, tente d'alerter l'opinion internationale sur les exactions commises par des colons, offre du matériel vidéo à des Palestiniens afin qu'ils puissent témoigner d'éventuels abus.
  • 50. Miko Peled Israélien né 1961, fils du général Mattityahu Peled (1923-1995), qui était militant de la paix et un des principaux partisans du dialogue israélo avec l'OLP et du retrait total des territoires occupés. L’accès de Miko aux archives d’Israël lui permet de publier en 2012 un livre dénonçant les crimes de guerre commis par son pays. Instructeur de karaté à San Diego (USA), forme au leadership et à la résolution des conflits non-violents à travers les arts martiaux, enseigne le karaté aux enfants palestiniens dans les camps de réfugiés. Cofondateur de la Fondation Elbanna-Peled, basée à Coronado (Californie), qui soutient les organisations de base qui travaillent à une résolution non-violente du conflit. Soutient le mouvement Boycott, Désinvestissement Sanctions (BDS) contre l’occupation israëlienne. « Pour le bien des deux nations, le mur de séparation doit être détruit, le contrôle israélien sur la vie des Palestiniens doit cesser, une démocratie laïque où tous les Israéliens et les Palestiniens vivent en égaux doit être établie dans notre patrie commune.»
  • 51. Alexis Keller Suisse né 1962, docteur en sciences politiques, professeur à la faculté de droit de Genève. Formation à l’université de Cambridge (Royaume-Uni), invité à la Kennedy School of Government de l’université Harvard et à Sciences Po Paris. Un des principaux artisans suisses des Accords de Genève (1er décembre 2003) pour un rapprochement entre Israéliens et Palestiniens, complémentaire à la ‘Feuille de route’ définie par le ‘Quartette’ (ONU, UE, Etats-Unis, Russie) sur la base d'une solution à deux États. « En juillet-août 2003, j'ai eu l'impression que les négociations n'aboutiraient pas. Les deux parties continuaient à buter sur les mêmes problèmes, tels que le retour des réfugiés ou le tracé des frontières. Je leur ai confié mes doutes et les ai prévenus que je me retirerais sous peu si aucun pas décisif n'était franchi. »
  • 52. Mitri Raheb Né en 1962, chrétien palestinien, docteur en théologie de l’université de Marbourg (Allemagne). Pasteur de l'Église évangélique luthérienne et le fondateur et président de le consortium Diyar, un groupe d'institutions luthériennes à vocation œcuménique desservant la région de Bethléem (Dar Annadwa Addawliyya, centre international de rencontre; centre de santé; collège supérieur artistique Dar Al-Kalima). Doctorat honorifique de la Concordia University de Chicago (2003) pour sa «contribution exceptionnelle à l'éducation chrétienne par la recherche et la publication» et pour son «travail interreligieux en faveur de l’établissement de la paix en Israël et en Palestine». Prix Olof Palme 2015 « pour son combat courageux et infatigable contre l'occupation et la violence et pour un futur Moyen-Orient caracté- risé par la coexistence pacifique et l'égalité pour tous. » En 2012, prix allemand des médias pour «son travail inlassable dans la création d'espaces d'espoir pour son peuple qui vit sous l'occupation israélienne, en fondant et en construisant des institutions d'excellence en matière d'éducation, de culture et de santé».
  • 53. Qadora Fares Palestinien né en 1962, membre du Fatah, arrêté en 1980 pour fait de résistance armée. 14 ans de prison. Ministre sans portefeuille du gouvernement d'Ahmed Qoreï, responsable du bureau de coordination chargé de régler avec les Israéliens le retrait des villes palestiniennes. Élu en 1996 au Parlement palestinien. Haut responsable du Fatah, a participé à l'élaboration de l’Accord de Genève. Parle couramment hébreu. Proche de Marwan Barghouti. Longtemps désigné comme le leader du Palestinian prisoners of Israel (‘Club des prisonniers palestiniens’) « Exiger le retour* de tous les réfugiés sur le territoire de la Pales- tine historique, c'est remettre en question l'existence même de l'État d'Israël. (…) » « Pendant un demi-siècle, nous avons agité des slogans irréalistes et mené notre peuple d'abîme en abîme. (…) » « Prenez l'exemple d'un Palestinien qui vit dans le camp Aïn el- Héloué (près de Saïda, au Liban), qui n'a pas de travail fixe et qui, pour réparer sa douche, doit solliciter une multitude d'autorisations. * Le droit au retour des Palestiniens ne signifie pas le retour réel de tous les Palestiniens – NDLR ../..
  • 54. Qadora Fares Si vous lui demandez d'abandonner son droit au retour contre la possibilité d'une émigration au Canada (avec un passeport palestinien, une compensation financière conséquente, une option pour la nationalité canadienne), pensez-vous qu'il s'attachera encore à une chimère qui s'appelle droit au retour ? » « Un peuple sans espoir peut se frapper la tête contre le mur. (…) Établir une relation, même négative, nous fait comprendre que notre ennemi est un être humain. (…) Israël ne peut pas nous faire disparaître, pas plus que nous ne pouvons le faire disparaître. » L'Initiative de Genève, ou Accord de Genève, est un plan de paix alternatif signée le 1er décembre 2003 à Genève. Les principaux artisans de cet accord sont l'ancien ministre israélien Yossi Beilin et l'ancien ministre palestinien Yasser Abd Rabbo, sous l'impulsion du juriste suisse Alexis Keller : - partage de la souveraineté sur Jérusalem qui serait la capitale des deux États, - évacuation par Israël de 98 % de la Cisjordanie (dont la plupart des colonies) , - concernant le droit de retour des Palestiniens, une indemnisation des réfugiés qui auraient le choix entre plusieurs options : installation dans le futur État Palestinien, rester définitivement dans le pays d'accueil, aller s'installer dans un pays tiers, ou retour en Israël .
  • 55. Ariella Azoulay Née en 1962, auteure israélienne, commissaire d'art, photographe, cinéaste et théoricienne de la photographie et de la culture visuelle. Diplômée de l'université Paris VIII, de ‘l'École des Hautes Études en Sciences Sociales’ et de l'Université de Tel Aviv. Professeure adjointe de littérature comparée et de culture et médias modernes au Watson Institute for International and Public Affairs de l'Université Brown (USA). Analyse plus de 200 photographies de la période 1947-1950, dont la plupart étaient conservées dans les archives de l'État israélien, pour montrer l’expulsion des Palestiniens et les origines du conflit. « Le régime en place ici conduit ses opérations sur deux fronts : Avec des armes modernes sophistiquées, il tire sur les Arabes. Simulta- nément il nous prend aussi pour cibles, ses citoyens privilégiés, avec une arme désuète mais tout aussi sophistiquée, la propagande. (…) Voilà 60 ans maintenant qu'on autorise les expulsions, les destructions, les assassinats. Et voilà 60 ans que tous répètent comme des perroquets les mots du régime en place, qui fait des Palestiniens les responsables de leurs propres souffrances. »
  • 56. David Neuhaus Né en 1962, jésuite israélien. Né en Afrique du Sud dans une famille juive ayant fui l’Allemagne nazie, immigre à Jérusalem à 15 ans, docteur en sciences politiques de l’université hébraïque de Jérusalem. Au moment de son service militaire obligatoire, il refuse de prendre les armes « contre des hommes et des femmes qui ont le même droit que moi de vivre sur cette terre ». Comme objecteur de conscience, est détenu pendant plusieurs semaines dans une prison militaire. Pendant 12 ans vicaire patriarcal pour les catholiques d’expression hébraïque en Israël. Représente les Chrétiens de Terre sainte (2 % de la population d’Israël et de la Palestine), pris entre un « nationalisme juif qui les marginalise et leur impose des discriminations » et un « nationalisme arabe dont ils ne cautionnent pas l’expression de plus en plus islami- que ». Affable et généreux, figure incontournable du dialogue judéo- chrétien. « Le défi actuel consiste à créer des oasis de foi, de prière, d'enga- gement envers la justice et la paix pour tous sans exception. »
  • 57. Jamal Khader Né en 1964, Palestinien, docteur en théologie de ‘l'Université Pontificale Grégorienne de Rome’, membre du ‘Comité de Réflexion Théologique du Patriarcat Latin’ et du ‘Comité de Dialogue avec les Juifs’. Enseigne au séminaire de Beit Jala, à l'université de Bethléem, au ‘Centre Emmaüs de Beit Sahour’ et au collège Mar Elias d'Ibillin. Enseigne également les études sur la paix et les stratégies de résolution de conflits pour le programme de ‘Maîtrise en coopération internationale et développement’ (MICAD). Coauteur de la déclaration Kairos Palestine 2009, appel à une lutte non-violente pour mettre fin à l'injustice de l'occupation « Nous ne voyons aucun effort sérieux de la part de la communauté internationale pour mettre fin à l'occupation des terres palestiniennes. Cette injustice est un terreau fertile pour toutes sortes d'extrémismes, y compris religieux. » « Il y a beaucoup de Juifs qui cherchent la paix, et nous pouvons travailler ensemble, mais les rabbins fondamentalistes représentent une menace réelle pour tout futur de coexistence et de paix. »
  • 58. Khalil Alamour Né en 1965, Bédouin arabe, citoyen israélien, professeur de mathématiques devenu juriste pour l’association Adala. Il y a 200 000 bédouins en Israël. La moitié vit dans 7 villes construites pas Israël pour les sortir de leurs terres. L’autre moitié vit dans 46 villages, 11 en procédure de reconnaissance, 35 non reconnus. Défend notamment le village de Alsira : 70 maisons vouées à la destruction. Détient un titre de propriété, un acte d’achat de terre en 1921, authentifié par l’empire ottoman puis par l’empire britannique. Les villageois n’ont pas d’adresse, pas de moyen de transport, pas de conseil élu, pas l’eau courante (ils recueillent l’eau de pluie), de l’électricité du réseau (ils ont des installations photovoltaïques), pas de soins médicaux. « Une famille a vu sa maison détruite 62 fois, et l’a reconstruite 62 fois… »
  • 59. Suleiman Baraka Palestinien né en 1965 dans la bande de Gaza. Astrophysicien soufi. Attiré par la physique à partir de son entrée à l’université d’Abu Dis à Jérusalem. Master en physique théorique à l’Université Islami- que de Gaza, doctorat en astrophysique à l’Université Pierre et Marie Curie en France. Professeur en Libye. Rentre à Gaza, arrêté par les Israéliens, mis dans une prison connue sous le nom de ‟l’abattoir”, y passe 64 jours d’agonie insupportable. Après les accords d’Oslo en 1993, travaille dans le domaine des relations internationales auprès de l’Autorité Palestinienne. Quand le Hamas arrive au pouvoir, part aux États-Unis, obtient un poste important à l’Institut National Aérospatial de la NASA. Quand l’armée israélienne pénètre dans la bande de Gaza en 2008, son fils Ibrahim, 11 ans (photo du bas), meurt dans le bombardement de la maison familiale. Malgré son confinement dans Gaza, continue à travailler avec des membres de la NASA, de l’ESA et de Roscosmos (agence spatiale russe), montre les étoiles aux enfants. « Je crois en la solution d’un seul État pour les Palestiniens et les Israéliens »
  • 60. Bassem Tamimi Instituteur palestinien né en 1967. Un des leaders de la résistance populaire non-violente en Cisjordanie, et plus précisément dans le village de Nabi Saleh. Organise des marches et actions non-violentes de protes- tation contre la construction du mur en Cisjordanie et des colonies israéliennes. Condamné par la Cour militaire israélienne pour ses actions en 2011, passe plus de 3 ans en prison pour "raisons administratives", sans qu’aucun jugement ne soit rendu. Sa maison est mise à sac lors de plusieurs raids, sa femme est arrêtée deux fois, et deux de ses enfants sont blessés. Déclaré "défenseur des droits de l’Homme" par l’Union européenne et "prisonnier d’opinion" par Amnesty International. « Nous voulons démasquer le grand mensonge israélien, selon lequel la Palestine serait une terre sans peuple, alors que nous sommes un peuple privé de sa terre. (…) La 3ème Intifada sera non-violente ».
  • 61. Gabriel Hagaï Né en 1967, rabbin orthodoxe séfarade franco-israélien, confé- rencier, linguiste, philologue, paléographe-codicologue, herboriste, médiateur, poète, calligraphe et chanteur. Formé à Jérusalem et à Boston, enseignant-chercheur et chargé de cours dans diverses univer- sités et instituts supérieurs parisiens. Co-dirige depuis dix ans un ensemble judéo-musulman de musi- que arabo-andalouse, La Rose et l’Olivier, et co-anime (avec le poète Khaled Roumo et la pasteure Mireille Akouala) un trio interspirituel de conférenciers, Le Temps de la Miséricorde. Très investi dans le dialogue interreligieux et membre actif de plusieurs associations françaises et internationales promouvant la paix. Membre de ‘l’Union Juive Française pour la Paix’ (UJFP) « Le sionisme est un projet politique séculaire d’origine europé- enne qui usurpe l’identité juive pour la transformer en nationalisme primaire. C’est donc par définition un mouvement raciste, exclusiviste et hégémoniste, de facto faiseur d’apartheid. C’est cette idéologie toxique qui a donné naissance à l’État d’Israël. Or, avant cela, les Juifs n’ont jamais été nationalistes, ni par leur histoire, ni par leur religion. Notre Torah est basée sur la justice, l’amour, l’humilité, l’inclusion. Tout le contraire des « valeurs » du sionisme construites sur l’orgueil, l’oppres- sion, la haine et l’exclusion.» ../..
  • 62. Gabriel Hagaï « Fonder un pays sur l’exclusion des non-juifs et sur le racisme nationaliste entraîne tôt ou tard l’engagement dans l’épuration eth- nique. Sous couvert d’un discours sécuritaire, l’État d’Israël continue de violer les droits de l’homme envers les Palestiniens. D’abord l’occu- pation armée des territoires, puis la suppression des droits civiques, et enfin la répression meurtrière. » « Tout au long de l’histoire, malgré quelques aléas anecdo- tiques circonstanciels (parfois douloureux), la cohabitation judéo- musulmane s’est faite sans heurts, et même dans un auto-enrichis- sement réciproque. L’idéologie haineuse n’a pas sa place dans la religion. Le vrai judaïsme n’est pas du nationalisme. » « C’est pourquoi soutenir la paix c’est soutenir les deux camps – pas les discours politiques, bien sûr, ni les gouvernements, mais les habitants eux-mêmes –, et servir de médiateur afin qu’ils trouvent d’eux-mêmes leur propres solutions à tous leurs problèmes. Je pense que dès la reconnaissance par le gouvernement israélien de ses erreurs, l’abandon de l’occupation armée et l’octroi de leur droits aux Palestiniens, il n’y aura alors plus de problèmes (car plus de sionisme). »
  • 63. Dror Etkes Israélien né en 1968. Grands-parents exterminés pendant la Shoah. Études d’histoire. Pendant son service militaire au sein au sein de Tsahal, refuse de brûler les pieds des Palestiniens avec un briquet. Responsable, entre 2002 et 2007, au sein de Shalom Akhshav ("La paix maintenant"), de l’Observatoire de la colonisation (études des publications officielles, observation directe terrestre ou aérienne). Dirige ensuite, au sein de l’organisation, le programme Yesh Din (“Il y a une justice”) : lutte juridique contre la politique de colonisation. « Il est possible que nous ayons occupé les Territoires en 1967 parce que nous étions en danger. Mais la question des colonies est totalement différente. Elles sont le résultat d’une convoitise, et n’ont aucun lien avec une détresse juive. » ../..
  • 64. Dror Etkes « Plus les Colons construisent, plus ils nous éloignent de la solution du conflit dans le cadre de deux États distincts. (…) Si la France a réussi à rapatrier un million de Pieds-noirs, nous pouvons ramener les Colons dans les frontières de l’accord de Genève. (…) Je ne dis pas que l’évacuation des colonies entraînera la fin du conflit. C’est un premier pas, un des plus difficiles, une condition indispensable mais non suffisante pour un accord. » « Bientôt, la moitié de la population d’Israël sera arabe ! N’importe qui aurait pu le prédire dès 1967. C’est pathétique et cela montre à quel point la politique israélienne est immature. » Photos : - Logo du mouvement La paix maintenant - La colonie israélienne Har Homa, construite au Sud-Est de Jérusalem dans le quartier arabe du Mont Abu Ghneim.
  • 65. Jawad Siyam Né en 1969, enseignant et travailleur social palestinien, habite le quartier de Silwan (Siloé) dans Jérusalem-Est, dont les Israéliens, en raison du passé du lieu ("City of David") et des fouilles archéologiques qu’ils y mènent, veulent chasser les habitants palestiniens. Il y a 250 000 Palestiniens à Jérusalem-Est et 50 000 à Silwan, dont 50 % de jeunes. Fondateur et directeur du Wadi Hilweh Information Center, association culturelle (musique, danse, activités artistiques) qui défend dans la non-violence l’identité palestinienne (informa-tion sur les violations des droits humains, conseil et assistance juridique). Organise des sit-in de protestation contre les arrestations. « Nous avons été colonisés par les Romains, les Turcs, les Anglais, aujourd’hui par les Israéliens, mais nous gardons l’espoir. Nous n’avons pas le droit de perdre l’espoir. »
  • 66. Rami Elhanan et Ghazi Briegeith R.E. : Né en 19??, Israélien, graphiste à Jérusalem. En 1997, sa fille Smadar meurt dans un attentat-suicide causé par un kamikaze palestinien. Prend conscience avec sa femme que cet attentat est le résultat de l’occupation, décide de pardonner et adhère à l’association israélo-palestinienne de familles endeuillées Parents Circle. En septembre 2010, fait partie de l’équipage du catamaran Irene qui dénonce le blocus maritime de Gaza. G.B. : électricien palestinien vivant à Hébron. Son frère est tué en 2000 par une jeune soldat israélien à un poste de contrôle. Adhère à Parents Circle. « Il n’est pas besoin de s'aimer pour construire un pont entre les deux nations : il est besoin de respect », dit-il. Les deux font aussi partie de l’association Forgiveness Project
  • 67. Daoud et Jihan Nassar Né en 1970, Palestinien luthérien, études de théologie à Linz (Autriche), master d‘administration d‘entreprise. Avec quelques uns de ses frères et soeurs, sa femme Jihan et leurs 3 enfants, fait vivre la Ferme de l‘Espérance, encerclée de 5 colonies israéliennes illégales à Nahalin en Cisjordanie (9 km au sud-ouest de Bethléem). Munis de titres de propriété depuis 1916, résistent dans la non- violence à toutes les initiatives et menaces de démolition des constructions (abris pour animaux, réservoir d‘eau, toilettes sèches, Grotte de la paix, etc.), replantent des oliviers pour remplacer ceux coupés par les colons israéliens. Fondateur en 2000 et animateur du projet de paix "Tent of Nations" (‘Tente des nations‘), destiné à promouvoir la compréhension entre les peuples et les cultures. Des jeunes visiteurs du monde entier sont hébergés sous des tentes. ../..
  • 68. Daoud Nassar La déclaration « Nous refusons d‘être ennemis » qui inspire l‘action de la Tent of Nations est inscrite sur un rocher à l‘entrée de la propriété (photo du haut). Le 19 mai 2014, des bulldozers israéliens arrivent dans la vallée fertile de la ferme où la famille Nassar a planté des arbres fruitiers il ya 10 ans, et détruisent les terrasses et tous les arbres : plus de 1500 abricotiers, pommiers et plants de vigne sont arrachés et enterrés (photo du bas). L’avocat de la famille prépare les documents pour porter plainte. La protestation internationale s’organise.
  • 69. Murad Alkhufash Nasser Abufarha M. A. : Palestinien né en 1970. Avec le centre de développement palestinien indépendant MA’AN, développe en 1992 une première ferme en permaculture à Marda. En 2000, la seconde Intifada y met fin brutalement. Pendant 6 années, approfondit ses connaissances en permaculture en travaillant régulièrement dans une ferme du Tennessee (USA). Le Global Ecovillage Network (GEN), réseau international d’initiatives écologiques et sociales, l’aide financièrement à concevoir son propre projet pour sa ville natale. De retour à Marda en 2006, monte un site de démonstration pour la permaculture en Palestine, Marda Permaculture Farm, affilié au GEN. N. A. F. : Palestinien-états-unien né en 1964, directeur de Canaan, entreprise palestinienne créée en 2005 qui commercialise de l’huile d’olive. Propose aux producteurs le double du prix du marché pour acheter leur huile d’olive en échange d’une production sans pesticide, qui respecte les règles de l’agriculture biologique (ECOCERT). Regroupe les petits producteurs d’huile d’olive en coopératives fédérées dans la Palestinian Fair Trade Association (PFTA) : 55 coopératives et plus de 1 500 paysans.
  • 70. Ziad Medoukh Né en 1970, Palestinien, DEA en didactique de Français Langue Étrangère (FLE) de l'Université de Grenoble, Docteur en sciences du langage de l’université Paris VIII. Responsable du département de français de l’université Al-Aqsa de Gaza depuis 2006 et fondateur du Centre de la paix de cette université en 2007. Nommé Ambassadeur de paix par le Cercle Universel des Ambassadeurs de la Paix *. Lauréat du prix Bajaj International 2017 pour la promotion des valeurs gandhiennes. Conférencier sur Gaza et la Palestine, et sur l’oppression exercée sur la population par Israël, préconise la résistance non-violente et multiplie en France et en Europe les rencontres avec les associations et les réseaux de jeunes. « Aujourd'hui, vivre à Gaza, organiser sa vie, l'éducation des enfants, c'est déjà une forme de résistance non-violente, choisie spontanément par la population civile : 94 % des enfants sont scolarisés, ce qui témoigne de la force de résistance des familles palestiniennes. » * Créé en 2004 en France et en Suisse, ce Cercle qui regroupe 100 person- nalités du monde a pour but de "créer un lien universel de paix" entre acteurs, artisans, organisations et familles internationales de paix.
  • 71. Younes Arar Palestinien né en 1971. Emprisonné 6 mois à l’âge de 17 ans pour avoir jeté des pierres sur l’armée israélienne. Études de gestion hôtelière, travaille à Dubaï, mais, "hanté" par son pays, retourne dans son village de Beit Ommar où il est agriculteur et dirigeant d’une coopérative agricole. Passe quotidiennement 4 check-points pour se rendre au travail. Études en 2007 au département pour la paix de l’Université pontificale de Rome. Cofondateur en septembre 2001 de la Popular Resistance High Follow Up Commission, HFUC, ("Haute commission de suivi de la résistance populaire" ), qui regroupe des comités populaires de résistance. « On peut vivre en paix avec l’autre, on doit faire avec ! (…) Si on craint la mort, on ne tiendra jamais tête. Mais je tiens à ma vie ! C’est justement parce que je l’aime que je résiste. »
  • 72. Musa Abu Maria Palestinien né en 19??. Prisonnier politique de 1999 à 2003, torturé, hospitalisé à la suite de ces mauvais traitements. De nouveau arrêté en 2009, libéré grâce à l’action d’Amnesty International et des associations israéliennes de défense des droits humains. Coordonnateur de la résistance populaire en Cisjordanie. Fondateur de Palestine Solidarity Project (PSP). Cette association, fondée en 2006 dans le village de Beit Ommar (Cisjordanie sud), s’oppose par l’action directe non-violente à l’occupation israélienne des terres palestiniennes. « Nous croyons dans le concept de "fermeté" comme une forme de résistance. Pour beaucoup de communautés avec lesquelles nous travaillons, rester sur leurs terres face à l’intimidation, la violence, l’étranglement économique et les tentatives de déplacements forcés, c’est un acte de résistance. »
  • 73. Yonatan Shapira Né en 1972 ?, Israélien, ex-officier de l’armée de l’air. En septembre 2003, fait partie des 27 pilotes de l’armée de l’air qui déclarent refuser d’effectuer des missions dans les territoires occupés. Licencié de l’armée. Dénonce les crimes de guerre israéliens *. Fondateur, avec le Palestinien Souliman Khatib, de l’association israélo-palestinienne Combatants for Peace, qui mène une lutte non- violente contre l’occupation israélienne de la Palestine et pour une solution pacifique entre les 2 peuples. Appelle au boycott et aux sanctions internationales contre Israël, participe aux flottilles vers Gaza pour dénoncer le blocus maritime de cette zone palestinienne. * En juillet 2002, pour tuer un dirigeant du Hamas à Gaza, un F 16 israélien largue une bombe et tue 14 personnes, dont 9 enfants. Lors de l’opération Plomb durci (22 jours de bombardements en déc. 2008 - janv. 2009), 1 400 Palestiniens sont tués. etc.
  • 74. Abdel Kader Al-Husseini Palestinien né en 1972. Études de droit des affaires, travaille dans une banque de 1996 à 1999. À la mort de son père, Fayçal Al-Husseini, crée et dirige la Faisal Al-Husseini Foundation pour s’occuper de problèmes sociaux, d’éducation et de santé des Palestiniens de Jérusalem. Membre du Fatah, signataire de l’accord de Genève. Après l’assassinat du cheick Ahmed Yassine, appelle les Palestiniens à ne pas riposter par la violence. « Quand vous manifestez pacifiquement, le monde ne peut fermer les yeux et laisser les Israéliens faire ce qu’ils veulent. (…) S’il y a la paix un jour, les Israéliens auront leur armée et des impôts pour la payer. Nous, nous n’aurons pas d’armée, nous reconstruirons notre économie et nous pourrons vendre moins cher ! Une nouvelle sorte de compétition s’installera. »
  • 75. Ali Abu Awwad Né en 1972, militant de paix palestinien. Ancien militant armé de la cause palestinienne, découvre la non-violence en prison, obtient son transfert après une grève de la faim de 17 jours. Fonde Taghyeer (‘Change’), un mouvement national palestinien non-violent, dans la conviction que la non-violence est le seul moyen de ramener la paix dans la région et mettre fin à l'occupation israélienne. Fin 2014, crée le centre non-violent palestinien "Karama" (‘Dignité’), sur les terres de sa famille situé dans une zone située entre Bethléem et Hébron. Vit dans sa “cabane de la non-violence” à Beit Ummar, dans les territoires palestiniens occupés. Crée Roots (Racines) avec l’Israélien Shaul Judelman, et Leaders Leading for Peace avec des activistes israéliens locaux pour engager les deux communautés et leurs dirigeants à trouver une solution juste au conflit. Parcourt le monde avec Robi Damelin (photo du bas), une femme juive ayant perdu un fils en tué par un sniper palestinien, et avec le rabbin Hanan Schlesinger. « Vous ne pouvez pas pratiquer la non-violence sans écouter la version de l'autre côté. Mais d'abord vous devez renoncer à être victime. Les Juifs ne sont pas mes ennemis, leur peur, oui.»
  • 76. Ramzy Baroud Journaliste, écrivain et analyste politique étatsunien-pales- tinien. Né à dans un camp de réfugiés à Gaza en 1972, après que son père ait été chassé de son village lors de la Nakba. A enseigné la communication de masse à l'Université de technologie Curtin en Australie et en Malaisie. Ancien producteur d'Al-Jazeera, rédacteur en chef depuis 1999 du site Internet The Palestine Chronicle, source irremplaçable d’informations et d’analyses sur le conflit israélo-palestinien. A notamment travaillé sur l’assaut par l’armée israélienne du camp de réfugiés de Jénine en avril 2002 en réaction aux attentats palestiniens. « Les organisations de la résistance palestinienne doivent s’abstenir de prendre pour cibles des civils israéliens. (…) Cette décision est impérative si la lutte des Palestiniens veut sauvegarder ses valeurs historiques et conserver sa supériorité morale. » ../..
  • 77. Ramzy Baroud « La résistance palestinienne a principalement pris la forme d’un mouvement non-violent et populaire. Celui-ci se poursuivra aussi longtemps que resteront en place les circonstances qui ont contribué à son apparition. » « Les Palestiniens ne sont pas les victimes d’une catastrophe naturelle mais bien d’un siège, qui résulte d’une décision politique du gouvernement israélien. Pour les Palestiniens, les négociations n’ont mené nulle part. La campagne ‘Boycott Désinvestissement Sanctions’ est bien plus efficace que n’importe quel projet humanitaire. BDS est une stratégie non-violente, d’où son efficacité. Elle doit être accompagnée par une autre campagne, une campagne d’information, afin de toucher le public le plus large possible »
  • 78. Abdullah Abu Rahma Né en 1973 ?, Palestinien, habitant de Bil’in, village de 1800 habitants en Cisjordanie privé de ses terres par la construction du mur. Coordinateur du Comité Populaire de Bil'in contre le Mur de séparation et les Colonies. Depuis janvier 2005, le village a organisé des manifestations non- violentes hebdomadaires tous les vendredis contre la construction du mur avec des Israéliens et des internationaux. Il a obtenu en 2007 de la Cour Suprême israélienne le déplacement du mur. Arrêté en décembre 2009 pour détention d’armes israéliennes usagées après avoir organisé une exposition de grenades utilisées contre les manifestants. 25 comités de résistance populaire ont adopté des méthodes d’action similaires. « Notre seul ennemi est l’occupation (…) La non-violence est efficace. C’est quelque chose dont nous sommes fiers. Notre Intifada est pacifique, est c’est pourquoi elle est forte ».
  • 79. Mohammed Khatib Né en 1974, militant palestinien, porte-parole du Comité populaire de Bil'in. Ce village palestinien de 1600 habitants, à 16 km de Ramallah, a vu plus de la moitié de ses terres confisquées pour la construction de nouvelles colonies. Étranglé par le mur, Bil'in connaît le sort de dizaines d'autres villages palestiniens enclavés, comme Kharbata, Safa, Deir Qadis, dont les habitants sont réduits à la misère ou à l'exil. Des citoyens israéliens et palestiniens y débattent et y luttent ensemble contre le mur et la colonisation en général dans le cadre de l'association Tayyush ("Ensemble"). « Nous manifestons tous les vendredis. Le sens profond de notre action, c’est la lutte contre l’occupation israélienne, mais pas contre le peuple israélien. Nos distribuons des tracts aux soldats en leur disant que nous ne sommes pas contre eux en tant qu’individus, mais contre ce qu’ils représentent, c’est-à-dire l’occupation. Chaque mois, nous avons une rencontre avec les représentants des groupes israéliens de la "Coalition israélienne contre le mur". De même avec les internationaux. Le combat doit être triangulaire. »
  • 80. Antony Loewenstein Né en 1974, journaliste d'investigation, auteur et cinéaste indépendant allemand, à l’origine juif athée australien. Apparaît régu- lièrement à la télévision, à la radio, en public et dans les universités du monde entier pour discuter d'actualité et de politique. Son livre sur le conflit israélo-palestinien, My Israel Question (1ère édition en 2006), qui examine les perspectives du processus de paix au Moyen-Orient dans le nouveau contexte géopolitique, est décrit par Ilan Pappé comme « l'un des meilleurs traités qui présente de la manière la plus lucide possible pourquoi l'antisionisme ne peut pas être assimilé à l'antisémitisme ». Coéditeur avec Ahmed Moor du livre de 2012 Après le sionisme : un État pour Israël et la Palestine, qui comprend des essais d' Omar Barghouti, de John Mearsheimer, d' Ilan Pappé, de Sara Roy et de Jonathan Cook. Cofondateur d' Independent Australian Jewish Voices (IAJV). Partisan du mouvement ‘Boycott, Désinvestissement et Sanctions’ (BDS). Lauréat du prix de la paix 2019 à Jérusalem (Al Quds), l'un des plus importants prix de la paix en Australie, pour son travail en Israël- Palestine.
  • 81. Hillel Kogan et Adi Boutros H.K. : Né en 1974, de parents ayant quitté l’Union soviétique. Assistant chorégraphe de Ohad Naharin au sein du Batsheva Ensemble. Crée des œuvres de danse depuis 1996. En 2013, crée le spectacle We Love Arabs : un chorégraphe israélien choisit un danseur arabe pour créer une pièce porteuse d’un message de coexistence et de paix. Au fil de cette parodie décapante mêlant clichés chorégraphiques et racistes, le créateur auto-glorifié se trouve piégé par les idées fausses qu'il prétend combattre. Après une heure de rires, les acteurs dansent dans la même communion autour d’un plat de houmous partagé. Ce spectacle diffusé en trois langues (hébreu, anglais et français) tourne dans le monde entier et lui vaut plusieurs prix et une reconnaissance internationale. A. B. : danseur palestinien de nationalité israélienne « J’avais besoin de parler avec humour des relations délicates entre nos deux peuples et surtout du racisme sous-jacent qui en découle. Ma pièce est une satire et une parodie. L'approche comique nous permet d'examiner les questions avec moins d'émotions pesantes, avec moins de lourdeur. Et le plus important, cela offre l'occasion de rire de nous- mêmes. »
  • 82. Mira Awad Née en 1975, native de Rama, village de Galilée, de nationalité israélienne. Fille d’un père médecin d’origine arabe palestinienne et de confession chrétienne, et d’une mère bulgare, spécialiste en langues slaves. Diplômée de l’école de musique Rimon (à Ramat Ha Sharon). Mène de front une carrière dans la chanson et un parcours d’actrice. En 2009, première chanteuse arabe à concourir pour Israël lors de l’Eurovision, aux côtés de la chanteuse juive israélo états-unienne d’origine yéménite Achinoam Nini, dite Noa. Les deux artistes ne ratent jamais une occasion de se produire ensemble… (Photo du bas) N’a jamais renoncé à son engagement en faveur de la tolérance et de la compréhension mutuelle et du dialogue des deux commu- nautés. Dans Mona, une série écrite par Mira Awad pour la télévision publique israélienne, une Arabe palestinienne d’Israël, résidant à Tel- Aviv, file le parfait amour avec un Juif israélien de Sdérot, jusqu’à ce que l’opération militaire ‘Bordure protectrice’ à Gaza vienne interrompre leur idylle… « L’hymne national, Hatikva, ne me fait pas spécialement vibrer. Et par ailleurs, je crois qu’il est encore nécessaire de se battre pour la paix et la coexistence entre Israéliens et Palestiniens ».
  • 83. Tsahi Halevi et Lucy Aharish Tsahi Halevi, né en 1975, acteur israélien. Joue notamment le rôle de Naor dans la série israélienne Fauda. En octobre 2018, épouse Lucy Aharish, journaliste arabe israélienne, née en 1981, la première arabe israélienne à présenter un journal d'information en hébreu sur une chaîne de télévision israélienne, ‘Channel 10’. Ce mariage vaut à leur couple des critiques d'ultraconser- vateurs israéliens, y compris au sein du gouvernement. Le ministre ultra-orthodoxe de l'Intérieur Arie Dery estime sur une station de radio militaire que leur mariage "n’est pas une bonne chose". Il s’inquiète pour leurs futurs enfants, invite la mariée à se convertir au judaïsme et conclut sur les méfaits de "l'assimilation qui consume le peuple juif". Bentzi Gopstein, chef de l'organisation d'extrême droite Lehava ("La Flamme") connue pour ses campagnes contre les relations mixtes, réprouve le mariage et appelle le marié à "préserver la dignité du peuple juif". Ces propos provoquent une vague de soutien envers les mariés. "Félicitations et bonheur à ce couple magnifique", déclare la députée travailliste Shelly Yachimovich (née en 1960, photo du bas), journaliste, présentatrice de radio et de télévision
  • 84. Vittorio Arrigoni (1975-2011), reporter et militant italien. Membre de l'ONG International Solidarity Movement, s’installe à Gaza en 2008. Empri- sonné par les Israéliens après son embarcation sur les flottilles, colla- bore à Il Manifesto. Avec la même maison d'édition, publie son livre Restiamo umani, synthèse de ses reportages à Gaza. Au cours de l'opération ‘Plomb durci’, acquiert une renommée internationale pour son blog Radio Guerrilla, seule source de l'Ouest pour informer sur Gaza à un moment où aucun journaliste n'a accès à la bande. En janvier 2011, publie sur son blog le manifeste des jeunes de Gaza. Assassiné par les salafistes du Jahafil Al-Tawhid Wal-Jihad fi Filastin, qui l'avaient pris en otage pour essayer d'obtenir du Hamas la libération de plusieurs de leurs membres, dont le cheikh Hicham al- Soueïdani. Décrit le gouvernement israélien comme l'un des pires régimes d'apartheid au monde, affirme que le blocus israélien sur Gaza est criminel. N'aime pas du tout non plus le Hamas dont il affirme qu’il a considérablement limité les droits humains.
  • 85. Nadav Lapid Né en 1975, réalisateur, scénariste, écrivain et critique littéraire israélien, installé à Paris. Né dans une famille d'artistes, suit des études d'histoire et de philosophie à l'université de Tel Aviv et à l'université Paris VIII. Dans ses films Policier (2011), Le genou d’Ahed* (2021), dresse un constat souvent effarant de la société israélienne. « Je suis dans un désespoir qui dépasse le politique, c’est un désespoir existentiel que je vis depuis longtemps. Israël est un pays où l’horizon n’existe pas. Un pays sans avenir. Un État profondément malade, qui a perverti nos âmes et celles de nos voisins. » « C’est d’une logique terrifiante. On a rendu Gaza monstrueux, il n’est donc pas étonnant que des monstres aient poussé là-bas. Que le Hamas et Netanyahou se soient accordés pendant des années, c’est évident, cela ne fait même plus débat. Mais le plus inquiétant, c’est qu’ils expriment l’essence collective de leur peuple, à savoir un désir meurtrier. On ne peut pas espérer trouver de solution ainsi. On ne peut pas attendre du malade ou du pervers qu’il se soigne tout seul. Et, en même temps, on a toujours cette foi que l’humain ait une âme et qu’il puisse échapper à son déterminisme social comme historique. » * Ahed Tamimi, jeune militante palestinienne opposé à l’occupation militaire, gifle en décembre 2017 un soldat de Tsahal. Condamnée à 8 mois de prison, elle devient une icône de la résistance à la colonisation. Le député israélien d’extrême droite Bezalel Smotrich déplore que les soldats ne lui aient pas tiré dessus, « au moins dans le genou », de sorte que son assignation à résidence soit définitive.
  • 86. Abou Alaa Mansour Né en 1978 ?, militant palestinien, membre du Comité populaire de Bil'in. Lutte contre l’accaparement des terres par Israël et contre le mur, "barrière" contestée pas seulement par les Palestiniens, puisqu'en septembre 2007, la Cour Suprême israélienne a jugé à l’unanimité que le tracé du mur portait préjudice aux habitants de Bil’in et qu’il devait être modifié. « La stratégie israélienne vise l’avortement et l’échec de la méthode non-violente, étant donné le rôle de cette méthode dans le dévoilement de l’occupation et la réfutation du roman trompeur sur ce qui se passe en Palestine. Bil’in est à la fois le symbole de la non-violence, mais aussi le symbole de l’assassinat cible par l’armée israélienne qui tue un jeune homme, Bassem Abu Rahma qui s’adressait aux soldats et leur demandant de ne pas tirer des coups de feu car la marche était pacifique. À Ni’lin, en un an et demi, 5 manifestants sont tombés en martyrs, la plupart étaient des jeunes garçons. » Photo du bas : Un jeune franchit le mur de séparation. Au fond, la colonie israélienne de Modiin Illit, l’une des plus importantes de Cisjordanie. Michael Sfard, avocat israélien, cofondateur de Yesh Din, une organisation de défense des droits humains, réussit à prouver que le tracé n’avait pas été établi pour des raisons de sécurité, mais pour permettre l’extension de cette colonie.
  • 87. Bassem et Jawaher Abu Rahma Basem A. R., né en 1978, militant palestinien. Un des princi- paux responsables de la résistance populaire dans le village de Bil’in. Le 7 avril 2009, pendant une marche de protestation contre le mur, demande aux soldats de ne pas tirer car la marche est pacifique. Mort à l’hôpital à l'âge de 31 ans, après qu’un soldat israélien lui ait tiré à bout portant une grenade de gaz lacrymogène à grande vitesse directement dans la poitrine, Les enquêteurs militaires israéliens ont fermé leur enquête sur ce décès sans inculpation, invoquant un manque de preuves malgré le fait que l'incident ait été enregistré par trois caméras séparées. Sa sœur, Jawaher Abu Rahma , est asphyxiée à mort, le 1er janvier 2011, après que les soldats aient tiré des dizaines de grenades à gaz sur des manifestants non-violents.
  • 88. Rachel Corrie (1979-2003), militante états-unienne d’origine juive, volontaire du International Solidarity Movement (ISM). Morte le 16 mars 2003 dans la bande de Gaza, durant la Seconde Intifada, écrasée par un bulldozer israélien alors qu'elle essaye avec d'autres membres de son organisation d'arrêter pacifiquement la démolition de la maison d'un médecin palestinien. Des membres d'ISM présents sur les lieux lors des faits affir- ment que le conducteur du bulldozer a délibérément tué Rachel en l'écrasant deux fois avec son bulldozer. La jeune femme s'était placée face à l'engin, dans le but de se faire voir par le conducteur et ainsi l'inciter à ne pas poursuivre son chemin vers la démolition. Selon l’armée israélienne, le conducteur de l’engin ne l’aurait pas vue, car elle était dans un angle mort. A travers le destin tragique de Rachel, qui tenait un journal de voyage sous forme d'e-mails qu'elle envoyait à sa famille et à ses amis aux États-Unis, le film Rachel de Simone Bitton (2009) médite sur les thèmes de l'idéalisme, de l'engagement, de l'utopie politique.
  • 89. Fathy Khdirat Né en 19??, Palestinien, membre fondateur et coordi- nateur de l’association Jordan Valley Solidarity. Cette asso- ciation, appuyée par des volontaires internationaux qui viennent du monde entier, défend le droit des Palestiniens à exister sur leur terre. « La vallée du Jourdain représente environ 30 % du territoire de la Cisjordanie, et 95 % de ces terres sont dans la zone occupée. Notre groupe décide de se battre, de construire, de résister, d'aider les gens à exister dans leur pays d'origine parce que nous nous rendons compte qu’Israël a un plan pour expulser tout le monde de cette zone. S'il n'y a pas d'eau, il n’y a pas de vie. Donc, empêcher les gens d'utiliser les ressources en eau, c’est les forcer à quitter leur terre. »
  • 90. Anna Baltzer Née en 1979, Juive états-unienne , coordinatrice de la US Campaign for Palestinan Rights aux USA), conférencière, auteure. Depuis 2000, se rend régulièrement en Cisjordanie en tant que bénévole pour le ‘Service international des femmes pour la paix’ afin de faire connaître les violations des droits humains et soutenir la résistance non-violente palestinienne. Dénonce la neutralité des bien-pensants qui ne veulent pas prendre parti dans ce conflit, alors qu’il s’agit, comme du temps du mouvements des droits civiques aux États-Unis, du combat d’un peuple opprimé contre une situation d’oppression caractérisée. A fait plus de 500 conférences à travers le monde pour parler des colonies, du Mur, de la censure, de la Nakba de 1948, des réfugiés palestiniens, de Gaza, de l'activisme israélien, du mouve- ment de résistance non-violent palestinien. Insiste sur les manifes- tations non-violentes, sur l'éducation, encourage le dialogue pour trouver des solutions.
  • 91. Fatima Khaldi Née en 19??, activiste et travailleuse sociale palestinienne. Avec l'Union des femmes palestiniennes, elle a créé des jardins d'enfants qui fonctionnaient comme école pour les enfants pendant la journée, et un lieu de rencontre pour les femmes palestiniennes l'après-midi. Actuellement, travaille avec le International Woomen Peace Service (IWPS), et animatrice de Women for Life à Salfit. Après un camp d'été de 2 semaines en juillet 2004, crée avec d’autres le groupe Flowers Against the Occupation, groupe de jeunes filles qui vivent en Cisjordanie occupée. Ce groupe se réunit une fois par semaine pour des ateliers sur des sujets tels que l'anglais, l'art, la danse, la musique, la santé des filles, la confiance des filles et la violence contre les filles. « Nous voulons montrer au monde entier que nous rejetons la violence et le racisme israéliens, nous croyons que la justice de notre cause et notre détermination sont plus fortes que n'importe quelle arme israélienne et que, pour une vie meilleure, les femmes palestiniennes sont capables d'accomplir ce qui semble impossible. »
  • 92. Issa Amro Palestinien né en 1980. En janvier 2003, proteste contre la fermeture par l’armée israélienne de l’université polytechnique de Palestine (où il est en dernière année d’études d’ingénieur), consi- dérée comme étant en zone militaire. Avec d’autres étudiants, orga- nise des actions de désobéissance civile. Responsable de l'organisation Youth against settlements ("La jeunesse contre les colonies"), une des figures du combat palestinien contre l'occupation israélienne. Documente les violations des droits de l’homme dans les territoires occupés, fournit des caméras aux familles palestiniennes pour qu’elles puissent mettre en exergue la violence quotidienne qu’elles subissent. En 2010, déclaré "défenseur des droits de l'homme de l'année en Palestine" par le ‘Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme’, initiative pour sa sécurité en raison de nombreux témoignages de harcèlement de la part de soldats et de colons israéliens et d'une série d'arrestations arbitraires. En 2015, dissuade les jeunes Palestiniens de commettre des attaques au couteau, et préconise une approche non-violente de la résistance. Arrêté et inculpé en 2016 après avoir manifesté pour la libre circulation à Hébron.