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Étienne Godinot
09.02.2024
Série ‘Vers une politique de sécurité et de paix au XXIème siècle’
Sous-série 3 - ‘Préparer une défense civile non-violente’
Diaporama n° 8
8 - Définition et schéma
d’une défense civile non-violente
Définition et schéma
d’une défense civile non-violente (DCNV)
Sommaire
- Rappel : Quels risques, quels adversaires aujourd’hui ?
Le rôle déterminant des sociétés civiles
- Une approche globale de la sécurité et de la paix
- La recherche sur la défense civile non-violente
- Une défense démocratique de la démocratie
- Définition de la défense civile non-violente
- Les deux fronts de lutte : 1- Les institutions politiques, les pouvoirs locaux, l’administration;
2 - Les forces vives de la société
- Les objectifs de la DCNV : 1 - Rendre la société insaisissable,
2 - Rendre nos volontés inflexibles,
3 - Survivre sans être exploitable
- Role de la DCNV par rapport à la défense militaire
- Préparer la société à faire face aux crises à venir
- Quelques points de vue sur l’ouvrage La dissuasion civile, notamment de militaires
- Une initiative d’organisations de pays européens pour le désarmement nucléaire
et les alternatives non-violentes
Rappel : ce diaporama fait partie de la sous-série
3 - ‘Préparer une défense civile non-violente’
qui fait elle-même partie de la série ‘Vers une politique de
sécurité et de paix au XXIème siècle’ sur irnc.org
Quels risques,
quels adversaires aujourd’hui ?
Dans l’étude La dissuasion civile en 1985, l’agresseur potentiel
désigné était l’Union soviétique où régnait la dictature communiste.
L’agression de l’Ukraine par la Russie de Vladimir Poutine le 24 février
2022, la volonté de Xi Jinping d’intégrer Taïwan dans la République
populaire de Chine montrent que les guerres réelles ou potentielles sont
d’abord le fait de dictateurs ou de dirigeants autoritaires.
On savait cela au 20ème siècle avec Hitler, Mussolini, le Japon
impérialiste et militariste de l’ère Showa, auparavant avec Napoléon ou
Louis XIV, et même depuis Jules César…
L’agression militaire décidée en 2022 reposait sur l’affirmation
par Poutine que l’Ukraine fait partie de la "Russie éternelle" et qu’il était
hors de question qu’elle adhère à l’OTAN. Il est donc tout à fait improba-
ble que la Russie, ou ce qu’elle sera devenue après la chute de Poutine,
déploie un jour ses chars vers les pays de l’Union européenne.
Toutefois, une défense civile non-violente (DCNV) doit imaginer
le pire et donc inclure aussi l’hypothèse d’une agression de l’Europe et
de la France par une armée conventionnelle.
Photo du haut : Vladimir Poutine annonçant « l’opération militaire spéciale » contre
l’Ukraine le 24 février 2022
Le rôle déterminant des sociétés civiles
La leçon principale de la guerre en Ukraine en 2022 est que
les sociétés civiles auront, de plus en plus, un rôle déterminant à
jouer pour résister à l’oppression et combattre contre la guerre :
- la société civile du pays agressé, pour résister à l’invasion
ou à la déstabilisation, en parallèle avec la résistance militaire, ou
comme alternative à la défense armée chaque fois que c’est
possible.
- la société civile du pays agresseur, pour se dresser contre
la dictature et dénoncer l’agression, encourager l’objection de
conscience et la désertion des soldats ;
- les sociétés civiles des pays tiers, pour soutenir indirecte-
ment les agressés : manifester par milliers pour montrer leur
solidarité, accueillir les réfugiés, accepter les conséquences des
sanctions économiques décidées contre le pays agresseur, etc.
Photos :
- Manifestants russes à Moscou contre la guerre en Ukraine embarqués par la police du
régime
- Panneaux d’interdiction de stationner à l’effigie de Poutine, diffusés en Ukraine par
l’agence nationale chargée de la signalisation
- Drapeaux ukrainiens sur les bâtiments publics en Europe
Quels risques,
quels adversaires aujourd’hui ?
Aujourd’hui, les risques d’agression, de déstabilisation ou
de contrôle de notre société sont nombreux et divers :
- attentats sur le sol national par une organisation terroriste,
- risques de coup d’État ou d’arrivée au pouvoir par la voie
électorale d’un régime très autoritaire ou dictatorial, fondé sur
une idéologie d’exclusion ou de xénophobie, par exemple à la
suite d’une grave crise alimentaire, économique, financière,
sociale et/ou écologique.
Photos : - L’attentat contre les Twin Towers à New-York le 11 septembre 2001
- La crise du système économique actuel ne fait que commencer
Quelle défense
face à des menaces nouvelles ?
- Conséquences du repli sur soi identitaire et de la volonté de
revanche : terrorisme, fanatisme, nationalisme et xénophobie,
impérialisme de certains pays (expansionisme économique et
militaire chinois, revendications russes sur l’Arctique, turques en
Méditerranée)
- et, selon une approche de ces menaces qui s’efforce d’être globale
et systémique, le risque d’effondrement qu’analysent les collapso-
logues.
Une approche globale de la sécurité et de la paix
Écologie et sécurité
Par exemple, la politique de défense - française et
européenne - doit prendre en charge le réchauffement climatique.
1) La sénatrice Leila Aïchi, secrétaire de la commission des
Affaires étrangères et de la défense du Sénat, parle ainsi de la piraterie
somalienne, à laquelle on répond par une approche extrêmement
sécuritaire, en augmentant le nombre de navires militaires :
« Mais on ne solutionnera pas le problème si l’on ne
comprend pas que 95 % des pirates sont d’anciens pêcheurs
paupérisés par la raréfaction des ressources halieutiques. Et c’est la
conséquence de la crise écologique, que ce soit par le biais de
l’acidification des océans engendrée par le réchauffement climatique,
par le problème de la surpêche ou bien encore par la pollution des
eaux. »
Photos : - Pirates somaliens
- Livre vert de la Défense, éditions du Sénat, publié en 2014 sous la direction de
Leila Aïchi (photo du haut)
Une approche globale de la sécurité et de la paix
Réchauffement climatique, énergie et sécurité
2 ) « Le changement climatique non maîtrisé peut être
l’étincelle qui met le feu aux poudres entre les communautés. Les Etats-
Unis, et notamment les militaires, ont conscience que le changement
climatique est probablement le facteur majeur d’instabilité. (…)
Par exemple, en Syrie, le conflit a été, sinon déclenché, en tous cas
amplifié par un facteur climatique. C’est, en effet, un phénomène de
désertification accru par le changement climatique qui a amené un
million et demi de personnes à se déplacer et à passer du nord au sud
de la Syrie.
3) Dès lors que les Etats, grands ou petits, pourront produire
de l’énergie à l’intérieur de leurs frontières et s’affranchir ainsi de toute
dépendance, des conditions de stabilité, d’équité et donc de paix seront
rétablies. »
Nicolas Hulot (La Vie, 26.02.2015)
La défense civile non-violente,
un concept né à l’âge des armes nucléaires
En 1958, un officier supérieur britannique, le major Stephen
King Hall préconise dans son livre Defence in the nuclear age la
renonciation unilatérale de la Grande-Bretagne à l’armement
nucléaire et la mise en place d’une défense civile non-violente.
En 1964, Alastair Buchan, Directeur de l’International Institute
for Strategic Studies (IISS), écrit : « Il est essentiel que nous
accordions une attention de plus en plus grande aux stratégies
indirectes pour préserver nos sociétés de la domination étrangère. Il
est possible que ce soit dans des concepts comme celui de la
défense non-violente que réside la clé de la sauvegarde de la
société ».
Photos : - Le livre de Stephen King Hall
- IISS, Arundel House, Londres
La recherche sur la DCNV
en Europe et aux USA
Des chercheurs travaillent sur ce sujet, surtout pendant la
période de la "guerre froide" :
- en Norvège (Johann Galtung),
- en Angleterre (Stephen King Hall, Adam Roberts, Michael Randle),
- en Allemagne (Theodor Ebert),
- en Belgique (Yohann Niezing, Jean Van Lierde, Robert Polet),
- en Espagne (Gonzalo Arias),
- aux Pays-Bas (Hylke Tromp, Alex Schmid),
- aux États-Unis (Gene Sharp), etc.
Photo : - Gene Sharp, professeur de sciences politiques à l’université du
Massachussets, auteur de livres sur l’action non- violente et sur la défense civile
- et un de ses livres, « La guerre civilisée »
La recherche sur la DCNV en France
Des études sont menées en France
- en 1975 par un groupe de civils et de militaires
animé par Olivier Maurel,
- en 1982 par le ‘Mouvement pour une Alternative
Non-violente’ (MAN),
- en 1984 par Jean-Marie Muller dans son livre
Vous avez dit « Pacifisme » ? De la menace
nucléaire à la défense civile non-violente,
- à partir de 1985 par ‘l’Institut de recherche sur la
Résolution Non-violente des Confits’ (IRNC) en
lien avec des chercheurs à l’étranger.
La recherche sur la DCNV en France
Des chercheurs qui trouvent, on en trouve…
En France, l’ouvrage de référence est le livre
La dissuasion civile - Principes et méthodes de la résistance non-
violente dans la stratégie française
écrit en 1985 par Christian Mellon, Jean-Marie Muller et Jacques
Sémelin ** (photos).
Le livre comprend 3 parties :
1 - Clarification conceptuelle
2 - Apports de la recherche historique
3 – Quelques mesures pouvant préparer la société française à une
dissuasion par défense civile non-violente.
* à la demande du ministre de la Défense, Charles Hernu. (éd. Fondation pour les Études de
Défense Nationale, 1985. Le meilleur tirage dans la ‘Collection des 7 épées’ de la FEDN…
Une recherche internationale
Des colloques internationaux ont lieu sur le thème de
la défense et de la dissuasion non-violentes à Oxford (1964),
Munich (1967), Uppsala (1972), Oslo (1978), Anvers (1980),
Strasbourg (1985).
Photos, de haut en bas :
- le chercheur norvégien Johann Galtung
- le chercheur états-unien Gene Sharp
- le chercheur allemand Theodor Ebert
- le chercheur anglais Adam Roberts
- le général Jacques de Bollardière, cofondateur du ‘MAN’
- le colloque organisé par l’IRNC à Strasbourg en nov. 1985
Le principe de non-collaboration
appliqué à la défense
La mainmise d’un agresseur extérieur ou d’un dictateur interne
sur un peuple ne peut durer que si l’oppresseur bénéficie de la
collaboration active ou passive de la majorité de la population.
Pour priver le pouvoir de ce soutien, il faut organiser la non-
collaboration collective, qui va jusqu’à la désobéissance civile de
masse :
- Si le pouvoir laisse faire, le mouvement s’étend.
- S’il réprime, la répression développe la solidarité populaire et
augmente le nombre de trangresseurs.
Photos :
- Étienne de la Boétie, auteur du traité De la servitude volontaire
- Henry David Thoreau, auteur du traité sur la désobéissance civile
- Mohandas Gandhi, qui le premier a conduit des campagnes de désobéissance civile
Une défense démocratique
de la démocratie
L’objet de la défense : la démocratie.
L’acteur de la défense : le citoyen.
La défense de l’État de droit ne repose pas d’abord sur la
mobilisation des militaires, mais sur celle des citoyens.
Si la technologie militaire précède, supplante et finit par
évacuer la réflexion politique, ce n’est plus le citoyen qui est
l’acteur de la défense, mais l’instrument technique, la machine
militaire, le système d’armes.
Définition
de la défense civile non-violente
L’objectif ultime de tout pouvoir illégitime qui veut prendre le
contrôle d’une société est d’obtenir, par la conjugaison de moyens de
persuasion, de pression, de contrainte et de répression, la collabora-
tion et la complicité objective des citoyens, du moins du plus grand
nombre d’entre eux.
Dès lors, l’axe central d’une stratégie de défense civile est
l’organisation du refus généralisé, mais sélectif et ciblé, de cette
collaboration.
La défense civile non-violente* est une politique de défense
contre toute tentative de déstabilisation, de contrôle ou d'occupation
de notre société,
conjuguant, de manière préparée et organisée, des actions non-
violentes collectives de non-coopération et de confrontation avec
l'adversaire,
en sorte que celui-ci soit mis dans l'incapacité d'atteindre les
objectifs, avoués ou non, de son agression : l’influence idéologique,
la domination politique, l’exploitation économique.
* en abrégé « DCNV » dans la suite du diaporama
La défense civile non-violente :
rendre la société insaisissable
En d'autres termes, il s'agit de rendre la société
insaisissable (comme une anguille) ou "indigérable" (comme un os)
par un agresseur :
- incontrôlable politiquement,
- insoumettable idéologiquement,
- inexploitable économiquement.
Il s’agit aussi de dissuader l'agresseur de s'attaquer à
cette société,
- car les coûts qu'il risquerait de subir seraient supérieurs aux
gains qu'il pourrait espérer,
- et parce qu’il prendrait des risques pour son propre pouvoir :
c'est la dissuasion civile.
Une dissuasion qui ne menace
la sécurité de personne
Premier intérêt d’une DCNV et d’une dissuasion civile :
c’est un système de défense purement défensif qui ne menace
matériellement la sécurité de qui que ce soit.
Au contraire, les armes nucléaires dissuasives - de la
France par exemple - peuvent être perçues par un État comme
un danger, ou par une organisation terroriste comme une cible,
et appeler en cas de tension grave une frappe préventive.
Photo : Comme celui du hérisson face à ses prédateurs potentiels, la DCNV est un
système de défense sans attaque.
La population
actrice de sa défense
La défense ne repose plus alors sur un seul homme
(le chef d'État dans la dissuasion nucléaire),
ni sur un corps de spécialistes (les militaires, hommes
bien portants d'une tranche d'âge limitée).
Elle devient l'affaire de toute la population, hommes et
femmes, de toutes tranches d’âge, quelle que soit leur
condition physique.
1 – Rendre la société incontrôlable
Les deux fronts de lutte
La dissuasion civile et la DCNV s’exercent sur deux fronts :
● Un front institutionnel
- État : constitution, pouvoir exécutif, législatif, justice, services
publics (police, gendarmerie, douanes, écoles, université, postes,
télécommunications, énergie, transports, etc.
- Collectivités locales (régions, départements, communes)
● Un front des forces vives du pays, la société civile : partis et
mouvements politiques, associations, entreprises, syndicats de
salariés et organisations professionnelles, mouvement associatif
(associations, clubs, mutuelles), Églises, etc.
Deux fronts de lutte
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Au sommet de l’État,
maintenir une autorité légitime …
La constitution doit garantir que les dirigeants légitimes
de l’État refuseront de coopérer avec l’agresseur ou le pouvoir
insurrectionnel, ou qu’ils perdraient alors leur légitimité.
Des dispositions spécifient quels actes doivent, en toute
hypothèse, être tenus pour illégaux, quelles que soient les
apparences de légalité qu’ils pourraient présenter,
par ex. la modification de la constitution, la suppression ou la
limitation des droits fondamentaux, la persécution de catégo-
ries de la population, l’appel à cesser la résistance, etc.
Photos : - Pétain et Hitler à Montoire, le 24 octobre 1940
- Lois contre les Juifs sous le régime de Vichy
… une autorité politique légitime,
mais aussi efficace
Une sorte de « gouvernement d’union nationale » est très
souhaitable pour diriger politiquement la résistance de la
population.
Prévoir avec précision, dans la composition des organes
politiques, les personnes qui doivent entrer dans la clandestinité
en cas de menace d’occupation du pays ou de dictature interne.
Prévoir le maintien d’une activité parlementaire*, même
clandestine et intermittente.
* pour rappeler à la population et à l’opinion internationale la légitimité
démocratique du pouvoir résistant. Réduire préventivement le nombre de
parlementaires appelés à siéger en cas de crise grave, en maintenant la
même composition politique.
Photo du bas
- Disparaître dans la foule, une des formes de la clandestinité
Le fonctionnement des pouvoirs locaux
Les instances politiques régionales, départementales,
intercommunales et communales doivent être préparées à
exercer leur pouvoir dans des conditions exceptionnelles.
La clandestinité de ces responsables peut prendre des
formes très diverses selon les risques encourus.
La décentralisation réduit la vulnérabilité de l’ensemble
des pouvoirs locaux aux tentatives de prise de contrôle.
Se préparer à des circonstances exceptionnelles
De très nombreuses mesures de délégations vers le bas
doivent entrer en vigueur dès que le titulaire normal du pouvoir
ne peut plus l’exercer.
La décentralisation ne doit pas nuire à la coordination
des actions de résistance.
- Prévoir des mesures concernant les supports de cette
coordination : radio, Internet, etc.
- Dresser des organigrammes permettant de situer clairement
les relations de concertation, d’exécution et d’information entre
les diverses instances qui ont des responsabilités dans la
résistance.
Photos : - Radio pendant la 2ème Guerre mondiale
- Organigramme de délégation
Mettre l’appareil administratif
en état de résistance
L’objectif de la DCNV n’est pas seulement de guider les
fonctionnaires dans leurs choix individuels difficiles (démissionner
ou rester en place, obéir ou non à tel ordre, détruire ou non tel
fichier, etc.),
mais de mettre l’appareil administratif en état de résistance comme
élément d’un rapport de force avec l’ennemi, pour empêcher celui-
ci d’atteindre ses buts de domination ou d’exploitation.
Les agents publics doivent être formés à obéir au pouvoir de
droit, et savoir discerner qui a autorité légitime (même dans la
clandestinité) et qui ne l’a pas.
Photo : Claude Bourdet, coordinateur du Noyautage des Administrations Publiques (NAP)
dans le sens de la Résistance pendant l’occupation allemande
Une formation à l’initiative et à l’éthique
L’initiative individuelle sera donc très souvent
nécessaire pour contrer certaines mesures ordonnées
par le pouvoir de fait. Il faut donc développer dans
l’administration l’habitude du jugement critique à l’égard
de tout ordre reçu, ainsi que l’esprit d’initiative.
Une formation à la responsabilité personnelle ne va pas
sans une réflexion collective, au sein de chaque service ou
équipe de travail, sur les exigences générales d’une résistance.
La formation devra inclure une réflexion systématique sur
les conditions de légitimité de l’obéissance et donc sur le devoir
de désobéissance lorsque ces conditions ne sont pas remplies.
Comment faire le tri entre les ordres ?
Pour priver d’exécutants un pouvoir illégitime, il faut prévoir des
critères permettant de trier entre les ordres et directives reçus :
lesquels peuvent être exécutés, lesquels doivent être ignorés,
lesquels sabotés par des erreurs délibérées, etc.
Il faut donc élaborer des instructions officielles sur les
obligations des agents publics en cas de perturbations graves de
l’exercice du pouvoir légitime normal.
Elles doivent énoncer quelques critères simples permettant aux
personnes et au groupes de prendre des décisions sur des points qui,
en temps normal, ne relèvent pas de leur compétence.
Un exemple : les forces de police
1) Dispositions réglementaires et juridiques : que doit être, en
situation d’occupation, de dictature ou de coup d’État, l’attitude
générale de la police ?
2) Dispositions concernant la formation des personnels de police :
quand le droit de désobéissance devient-il un devoir profess-
sionnel ? *
3) Dispositions pratiques : s’assurer qu’en aucun cas les fichiers de
police ne puissent être utilisés par l’occupant ou ses agents.
* Quelle attitude adopter, par ex., si l’ordre est reçu d’arrêter des personnes définies par
leur seule appartenance raciale, politique, religieuse ?
Le tissu associatif
Rôle éducatif : pour préparer une
DCNV, il importe de développer les
activités où les citoyens peuvent
prendre des responsabilités et
apprendre la solidarité.
Plus le tissu associatif est vivant, plus
la société est en état de résister.
Rôle pratique : la vie associative crée des
réseaux extrêmement ramifiés, difficiles à
détruire ou à contrôler, qui peuvent constituer
pour la résistance
- des structures d’organisation
- et des canaux de diffusion de l’information.
2 - Rendre nos volontés inflexibles
Que le conflit soit militaire* ou non, c’est le choc des volontés
qui, en fin de compte, en constitue l’enjeu ultime et le lieu central.
Tout ce qui contribue à manifester l’attachement d’une
population à la démocratie, aux droits humains et aux libertés
augmente sa sécurité.
La dissuasion est efficace si la volonté de résistance est
largement répandue parmi les citoyens.
* « La guerre est un acte de violence destiné à contraindre
l’adversaire à exécuter notre volonté ». Clausewitz
Photos : - Carl von Clausewitz (1780-1831), théoricien de la guerre
- Le plateau des Glières, un lieu de résistance hier et aujourd’hui
La contagion démocratique,
un risque pour l’agresseur
Pour l’agresseur potentiel, la contagion de notre idéal démocratique
dans son peuple constitue un risque pour son propre pouvoir *.
La démocratie est un héritage que nous voulons défendre, mais aussi une
force de libération que nous pourrions répandre.
* « On dit parfois que c’est la bombe atomique qui empêcha les
Russes de submerger l’Europe dans les années qui suivirent la 2ème
Guerre mondiale. Cet argument ne me convainc pas. (…) Les
Russes avaient une force militaire très supérieure (…) Les États-
Unis à cette époque avaient peu de bombes atomiques (…). Ce qui
dissuada les Russes, ce fut l’idée que leurs troupes allaient se
mêler à la population occidentale. »
Basil Liddell Hart
Photo : Basil Liddell Hart (1895-970 ), officier d'infanterie britannique, historien et stratège
militaire.
L’esprit de défense de la population
1) Conscience des enjeux de la défense (patrie, démocratie, libertés,
etc.) et des menaces sur ces enjeux,
2) Sentiment, chez chaque citoyen, d’une responsabilité réelle dans
la défense des enjeux et d’un rôle à remplir en cas d’agression,
3) Acceptation des risques, personnels et collectifs, pour défendre
les valeurs auxquelles on tient *.
La formation aux techniques de résistance non-violente aura pour
résultat l’acceptation lucide de certains risques par des secteurs de
plus en plus larges de la population
Un coût humain incomparablement moins lourd
qu’en cas de défense armée
En effet, il est probable que la répression exercée par
l’agresseur ou le dictateur fera des victimes dans la population.
Mais ces victimes seront infiniment moins nombreuses
que dans une guérilla, une guerre classique ou une guerre
nucléaire.
Photos : - Cimetière militaire de la 2ème guerre mondiale
- Nagasaki, 9 août 1945
Le rôle des autorités morales
Par leurs paroles ou leurs attitudes, les "autorités morales"
(journalistes, responsables d’Églises, intellectuels connus,
artistes, enseignants, leaders politiques, syndicaux, associatifs,
etc.) peuvent exercer une forte influence sur les choix de millions
de citoyens :
- légitimation de la résistance,
- maintien du moral au cours de la lutte,
- facilitation du consensus sur la forme non-violente de la
lutte. *
* par ex. : sans attenter à leur vie, isoler les collaborateurs, les mettre hors
d’état de nuire.
Photos : - Stéphane Hessel, Résistant en 1939-45, ex-ambassadeur, auteur du texte
Indignez-vous !
-Simone Veil (1927-2017), ancienne deportee à Auschwitz, Présidente du
Parlement européen, académicienne
La cohésion sociale nécessaire au consensus
Le consensus stratégique des forces vives de la nation,
nécessaire en temps de crise (et d’ailleurs créé par l’agresseur lui-
même quand sa menace devient concrète…), n’implique pas un
consensus idéologique en temps de paix, qui n’est ni possible, ni
souhaitable.
La cohésion sociale est nécessaire pour créer le consensus
de défense de la société. Les exclus n’ont aucune raison de se
sentir solidaires d’une société qui les marginalise.
Le sentiment d’injustice sociale, les doctrines inégalitaires, les
comportements racistes, les apologies de la loi du plus fort sont des
atteintes majeures à la capacité de défense.
Photos : - Jeunes des banlieues, "lieux mis au ban" de la société
- Le chômage, symptôme d’un système économique où les
hommes sont une "variable d’ajustement".
Des citoyens motivés et préparés
Le meilleur moyen de préparer la défense de la
démocratie en temps de crise est de la renforcer et de la
rendre plus efficace en temps de paix.
Plus les citoyens d’un pays auront le sentiment de
vivre dans une société qui leur rend justice et leur donne la
parole, plus ils seront motivés pour défendre cette société
contre les menaces qui pèsent sur elle.
Plus ils participeront à la gestion politique et écono-
mique du pays, plus ils seront préparés à défendre la société
contre une éventuelle agression.
La meilleure préparation…
La meilleure préparation à une défense civile non-violente
contre un pouvoir dictatorial ou autoritaire, c’est le combat non-
violent mené ici et maintenant par les Français pour la justice, pour
le respect des libertés, pour l’égalité des chances, pour la défense
de l’environnement.
Les luttes non-violentes menées naguère par les paysans
du Larzac et leurs alliés,
les luttes de Plogoff
et de Notre-Dame des Landes,
les immenses manifestations de 2015 contre le terrorisme,
les actions menées plus récemment contre le réchauffement
climatique et pour l’environnement par ‘Alternatiba’, ‘Youth for
climate’ ou ‘Extinction Rebellion’ en sont des exemples.
3 – Survivre sans être exploitable
Il faut en même temps
- empêcher l’agresseur ou le dictateur de tirer parti de nos
richesses,
ou éviter qu’une grave crise ne permette pas à des larges
secteurs de la population de satisfaire ses besoins vitaux.
- et maintenir une activité économique suffisante pour que la
population survive dans de bonnes conditions :
* que son moral ne soit pas atteint,
* que l’essentiel de ses énergies ne soit pas consacré à
chercher des solutions individuelles aux besoins élémentaires
(alimentation, chauffage, etc.)
Les principales formes
de non-collaboration économique
La grève partielle, le travail sans collaboration
- plan de dispersion rapide dans la clandestinité de quelques milliers
de personnes travaillant dans des secteurs clés, de destruction ou de
camouflage de certains matériels,
- travail lent ou très lent, "erreurs" ou "oublis" volontaires, exécution
de travers, etc.
Les sabotages non-violents *
- paralysie des machines sans les détruire, en enlevant une pièce
vitale, en modifiant un programme informatique, etc.
* pour ne pas faire peur à l’adversaire et ne pas justifier une répression violente,
pour limiter le coût matériel de la résistance,
et pour pouvoir remettre en marche les systèmes le plus facilement possible à
la fin du conflit.
Résister et survivre
Comme la défense armée, la DCNV doit prévoir à
l’avance des infrastructures en état de marche et des
approvisionnements, et donc des mesures dans le domaine
de l’alimentation, des transports, de la communication, de
l’énergie, etc. :
- diversifier les sources d’approvisionnement en matières
premières et en produits que nous ne fabriquons pas,
- chercher des matières premières de substitution et des
produits de remplacement (ersatz*)
- constituer des stocks décentralisés,
* Produit de consommation destiné à remplacer
un produit naturel devenu rare
L’agriculture :
se libérer peu à peu du pétrole
- Produire de façon plus autonome
Réduire la dépendance par rapport au pétrole (tracteurs et
machines, engrais, chauffage des serres et locaux d’élevage,
transport, etc.)
Mieux utiliser l’énergie du bois et de la biomasse
Organiser un large retour à la terre pour substituer en partie le
travail de l’homme à celui de la machine, développer la traction
animale partout où elle est pertinente.
- Acheminer les produits alimentaires vers les lieux de
consommation : favoriser les circuits courts.
L’électricité : décentraliser
Les infrastructures sont très vulnérables (centrales de
production, notamment nucléaires, câbles de transport de
l’électricité, postes d’interconnexion) : disposer de générateurs et
groupes électrogènes, développer les énergies renouvelables
décentralisées (photovoltaïque, hydrauliennes, éoliennes, etc.).
Le fonctionnement du réseau est très difficile à contrôler
par des non-professionnels.
La résistance, en fonction du contexte, doit déterminer les
secteurs ou zones à alimenter en priorité, et ceux à priver
d’électricité.
Photos : - Le nucléaire, vulnérabilité et centralisation maximales
- Le photovoltaïque, invulnérabilité et décentralisation
Rôle de la DCNV
par rapport à la défense militaire
Trois scénarios sont envisageables :
1) Complément : la DCNV est mise en place en
même temps que la défense militaire.
- L'adjonction de formes non-violentes de
résistance renforce l'efficacité de la défense
militaire.
- Des actions armées ponctuelles nuisent à
l'efficacité d'une résistance globalement non-
violente.
../..
Photo : un complément pour la santé
Rôle de la DCNV
par rapport à la défense militaire (suite)
2) Recours : la DCNV est mise en œuvre après l'échec, ou
au moins l'arrêt de la défense militaire, comme solution de
secours.
C'est l'hypothèse la plus défavorable, mais c'est la seule
possibilité de faire émerger au sein de la population une
nouvelle volonté de lutte : « Tout n'est pas perdu... »
3) Option : la DCNV est choisie à la place de la défense
militaire.
La dissuasion globale (par ex. nucléaire) a échoué, n'a pas
fait peur à l'adversaire, et il apparaît que tout emploi des
armes serait vain ou suicidaire. La DCNV est l'hypothèse la
plus raisonnable pour se défendre sans se détruire.
Photos : Roue de secours
Alternative
Préparer notre société
à faire face aux crises à venir
L’organisation politique, psychologique et économique d’une
défense civile non-violente contre un pouvoir non démocratique est aussi
– et peut-être surtout – de nature à préparer la société toute entière à
faire face aux crises à venir :
- crises économiques et financières, et donc sociales,
- crises énergétiques,
- pénuries alimentaires (particulièrement suite à des crises énergé-
tiques),
- canicules et autres conséquences du réchauffement climatique, séismes
et catastrophes naturelles,
- catastrophes industrielles et écologiques,
- épidémies et pandémies, etc.
Prévenir les crises
Il faut faire face à ces crises, mais aussi et surtout les
prévenir, autant que faire se peut, par une action citoyenne
puissante.
En effet, la défense civile non-violente met en œuvre des
grandes ressources d’imagination, de créativité, de solidarité, les
mêmes que nous avons constatées face au terrorisme depuis
2015, à la crise sanitaire en 2020, à l’agression de l’Ukraine en
2022.
La solidarité européenne est
un atout majeur pour faire face
en France à de telles crises et
pour aider éventuellement nos
voisins à y faire face.
Quelques points de vue
sur l’ouvrage La dissuasion civile
La revue trimestrielle Alternatives non-violentes, en
avril 1986, publie des points de vue de diverses person-
nalités après la publication de l’ouvrage La dissuasion civile
de Christian Mellon, Jean-Marie Muller et Jacques
Sémelin, saluée par certains comme « un évènement ».
Politiques : Charles Hernu, ministre de la Défense nationale; les
députés Yves Lancien (RPR), Jean-Marie Daillet, Bernard Stasi
(CDS-UDF), Louis Le Pensec, Louis Darinot, Christian Perret (PS)
Militaires : général Dominique Chavanat, général Claude Le
Borgne, général Georges Buis, général Étienne Copel, général Jean
Delaunay, contre-amiral Olivier Sevaistre
Religieux : P. Jacques Jullien, archevêque de Rennes; P. Joseph
Rozier, évêque de Poitiers; P. Eugène Ernoult, évêque de Sens-
Auxerre; Pasteur Jacques Maury, président de la Fédération
protestante de France; P. Pierre Toulat, secrétaire de la ‘commis-
sion Justice et Paix’ de la Conférence des évêques de France
Universitaires : Jean Klein (CNRS, IFRI, Pax Christi), Henri
Burgelin (professeur d’histoire, Assemblée de l’Union de l’Europe
Occidentale)
Général Dominique Chavanat :
1) « Élargir les bases de la défense civile »
Le général Dominique Chavanat, alors Directeur général de l’École
Polytechnique, écrit :
« La thèse développée dans La dissuasion civile est capitale et
restera sans doute un jalon essentiel de la réflexion sur la défense, pour
deux raisons.
D’abord parce qu’elle contribuera à faire prendre conscience de la
nécessité d’élargir les bases de la défense civile : dans un affronte-
ment global, où les ressorts comme les enjeux sont essentiellement
psychologiques, une défense civile ne peut plus seulement reposer sur
des mesures techniques élaborées et mises en œuvre par des
administrations : il faut que le peuple entier soit prêt à participer, même
sans armes, à la résistance. Si sa détermination est suffisamment forte
et évidente, elle peut avoir une valeur dissuasive.
Photo : Général Dominique Chavanat, né en 1931. Après St Cyr et Saumur, sert en
Algérie, en France et en Allemagne et dans différents postes d’état-major. Directeur général de
l’École Polytechnique (1985-1988). A beaucoup œuvré depuis de nombreuses années pour la
diffusion d’un esprit de défense fondé sur l’information, la réflexion éthique et le dialogue entre
tenants et critiques de la doctrine.
Général Dominique Chavanat :
2 - « Rechercher ensemble toutes les voies
permettant de sauvegarder le bien commun »
Certes les auteurs, doutant de l’efficacité du système de
défense armée, présentent la dissuasion civile comme une
alternative souhaitable à aussi court terme que possible. Cette
attitude apparaîtra évidemment utopique aux militaires et plus
généralement aux hommes responsables hic et nunc de la conduite
des affaires dans un monde dur et violent. Par ces hommes-là, la
dissuasion civile sera considérée comme un complément capital,
capable de valoriser la défense globale, et non comme une
alternative. Il reste que malgré - ou à cause des difficultés -
beaucoup de pistes proposées pour améliorer la défense civile
doivent être explorées. ../..
Photo :
- Le général Régis Colcombet, ex-intervenant sur le thème des Opex à la 2è formation
‘Intervention civile de paix’ à Lyon en 2001 quand il était commandant.
Général Dominique Chavanat :
2 - « Rechercher ensemble toutes les voies
permettant de sauvegarder le bien commun »
Mais cette étude marquera une étape dans la réflexion
sur la guerre pour une autre raison majeure : elle prouve qu’un
changement de climat est intervenu et qu’il est désormais
possible de voir les tenants de thèses considérées jusqu’ici
comme inconciliables dialoguer sans polémiquer, rechercher
ensemble ou conjointement toutes les voies permettant de
sauvegarder le bien commun, au lieu de s’affronter au nom de
leurs divergences sans autre résultat que d’affaiblir la valeur de
l’ensemble.
Cette excellente étude doit permettre l’élargissement
des réflexions sur la défense civile (…). »
Photos : - Pierre Dufour, né en 1934, ex-ingénieur mécanicien de l'École de l'Air,
membre du MAN, cofondateur de Balkan Peace Team, vérificateur du cessez le feu
dans les Balkan en 1988 pour l’OSCE.
Autres points de vue de militaires
Général Georges Buis : « Une résistance civile est
nécessaire. Elle doit prendre la forme de la désobéissance, du
refus de l’autorité politique du vainqueur. (…)
L’adversaire doit avoir qu’elle est dans les esprits et dans
les cœurs. Il faut éduquer les volontés dans le sens d’un refus
d’accepter la défaite ».
Photo :
- Le général de corps d’armée Gorges Buis (1912-1998), Résistant, Compagnon de la
Libération, Directeur de l’IHEDN, premier président de la FEDN, membre de l’
L'International Institute for Strategic Studies (IISS) de Londres
Autres points de vue de militaires
Général Étienne Copel : « Les récits historiques de résistance civile
sous la domination nazie m’ont fait découvrir une somme de faits, une
quantité de possibilités d’action que je n’imaginais pas. De même, les
propositions d’action pour rendre la société insaisissable me sont apparues
plus concrètes que je le prévoyais. (…)
Pour moi, accepter l’hypothèse d’un échec de la dissuasion nucléaire,
ce n’est pas favoriser cet échec, mais au contraire améliorer la dissuasion
globale en prévenant l’adversaire que, même si la dissuasion nucléaire
échoue, il aura beaucoup à perdre (défense classique) ou peu à gagner
(dissuasion civile).
Entre la dissuasion nucléaire et la dissuasion civile, il y a aussi la
dissuasion par les armes conventionnelles. Il faut l’améliorer. »
Photo :
- Le général Étienne Copel, né en 1935. Démissionne de son poste de Sous-chef d'état-major de
l'Armée de l'air, afin de pouvoir exprimer librement sa conception de la politique de défense de la
France.
Autres points de vue de militaires
Général Claude Le Borgne : « L’ouvrage relate les
tentatives non-violentes faites dans le cadre de la Seconde Guerre
mondiale et de la résistance au nazisme, mais ne cache pas qu’il
n’existe aucune expérience historique d’un succès de la non-
violence face à une agression extérieure. Aussi bien les mesures
préconisées pour notre défense sont-elles modestes et l’on ne peut
qu’y souscrire : que l’on étudie enfin en haut lieu les possibilités de
stratégie complémentaire qu’offre la non-violence; et que faute de
pouvoir dès maintenant conclure, on "maintienne ouverte" l’option
que les auteurs recommandent. »
Photos :
- Claude Le Borgne (1921-2022), général de division. Plus de 40 ans au sein des troupes
de Marine. A écrit de nombreux articles sur la stratégie, la fonction militaire, l’islam, et
publié une dizaine de livres.
Autres points de vue de militaires
Général Jean Delaunay : « Étude sérieuse qui fait des propo-
sitions concrètes et réalisables pour développer chez nous l’esprit
de défense. (…) Je crie moi aussi que la dissua-sion nucléaire
n’est pas la panacée. (…) La dissuasion civile nécessite le
consensus gouvernement- administration-"élites diverses" et
corps intermédiaires. Cela réclame le dévelop-pement de l’esprit
d’initiative des fonctionnaires. Les autorités morales ont une
grande importance. La police ne doit pas exécuter d’ordre
illégaux. (…)
Bravo pour ce que vous avez fait, mais de grâce,
rappelez-vous que notre adversaire, qui est capable d’anéantir
des tribus entières en Afghanistan, n’est guère accessible aux
scrupules moraux.* »
* L’agression de l’’Ukraine par Vladimir Poutine en 2022 et les crimes de guerre commis
alors par les troupes russes illustrent bien cet exhortation du général Delaunay
Photos :
- Jean Delaunay (1923-2019), chef d'état-major de l'armée de Terre française d’oct.
1980 à mars 1983. Démissionne de ses fonctions pour faire entendre son opposition à
la réduction des effectifs et du budget de l'armée de Terre.
Une initiative d’organisations de pays européens pour le
désarmement nucléaire et les alternatives non-violentes
Le 10 mars 2020, une trentaine d’organisations de divers pays européens (UE et
hors UE) ont demandé à David Sassoli, alors président du Parlement européen, et aux
eurodéputés :
1 - une action en vue de la signature par le maximum d'États européens du ‘Traité
sur l’interdiction des armes nucléaires’ (TIAN) voté par 122 pays à l’ONU en juillet 2017, et
un rôle moteur de l’UE dans les processus internationaux de désarmement ;
2 - l’affectation de 10 % du futur budget européen de la défense à la formation et à
l’envoi par l'UE de missions d'intervention civile de paix dans le cadre de sa politique de
sécurité et de paix ; ../..
Une initiative d’organisations de pays européens
pour le désarmement nucléaire et les alternatives non-violentes
3 - sur le long terme, une action de l’UE en vue de l'information des députés, des
gouvernants et des citoyens européens sur les stratégies non-violentes de défense face à
un agresseur externe ou à un pouvoir illégitime et face à des dangers non militaires.
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Préparer la défense civile non-violente. — 08. Définition et schéma d’une défense civile non-violente

  • 1. Étienne Godinot 09.02.2024 Série ‘Vers une politique de sécurité et de paix au XXIème siècle’ Sous-série 3 - ‘Préparer une défense civile non-violente’ Diaporama n° 8 8 - Définition et schéma d’une défense civile non-violente
  • 2. Définition et schéma d’une défense civile non-violente (DCNV) Sommaire - Rappel : Quels risques, quels adversaires aujourd’hui ? Le rôle déterminant des sociétés civiles - Une approche globale de la sécurité et de la paix - La recherche sur la défense civile non-violente - Une défense démocratique de la démocratie - Définition de la défense civile non-violente - Les deux fronts de lutte : 1- Les institutions politiques, les pouvoirs locaux, l’administration; 2 - Les forces vives de la société - Les objectifs de la DCNV : 1 - Rendre la société insaisissable, 2 - Rendre nos volontés inflexibles, 3 - Survivre sans être exploitable - Role de la DCNV par rapport à la défense militaire - Préparer la société à faire face aux crises à venir - Quelques points de vue sur l’ouvrage La dissuasion civile, notamment de militaires - Une initiative d’organisations de pays européens pour le désarmement nucléaire et les alternatives non-violentes Rappel : ce diaporama fait partie de la sous-série 3 - ‘Préparer une défense civile non-violente’ qui fait elle-même partie de la série ‘Vers une politique de sécurité et de paix au XXIème siècle’ sur irnc.org
  • 3. Quels risques, quels adversaires aujourd’hui ? Dans l’étude La dissuasion civile en 1985, l’agresseur potentiel désigné était l’Union soviétique où régnait la dictature communiste. L’agression de l’Ukraine par la Russie de Vladimir Poutine le 24 février 2022, la volonté de Xi Jinping d’intégrer Taïwan dans la République populaire de Chine montrent que les guerres réelles ou potentielles sont d’abord le fait de dictateurs ou de dirigeants autoritaires. On savait cela au 20ème siècle avec Hitler, Mussolini, le Japon impérialiste et militariste de l’ère Showa, auparavant avec Napoléon ou Louis XIV, et même depuis Jules César… L’agression militaire décidée en 2022 reposait sur l’affirmation par Poutine que l’Ukraine fait partie de la "Russie éternelle" et qu’il était hors de question qu’elle adhère à l’OTAN. Il est donc tout à fait improba- ble que la Russie, ou ce qu’elle sera devenue après la chute de Poutine, déploie un jour ses chars vers les pays de l’Union européenne. Toutefois, une défense civile non-violente (DCNV) doit imaginer le pire et donc inclure aussi l’hypothèse d’une agression de l’Europe et de la France par une armée conventionnelle. Photo du haut : Vladimir Poutine annonçant « l’opération militaire spéciale » contre l’Ukraine le 24 février 2022
  • 4. Le rôle déterminant des sociétés civiles La leçon principale de la guerre en Ukraine en 2022 est que les sociétés civiles auront, de plus en plus, un rôle déterminant à jouer pour résister à l’oppression et combattre contre la guerre : - la société civile du pays agressé, pour résister à l’invasion ou à la déstabilisation, en parallèle avec la résistance militaire, ou comme alternative à la défense armée chaque fois que c’est possible. - la société civile du pays agresseur, pour se dresser contre la dictature et dénoncer l’agression, encourager l’objection de conscience et la désertion des soldats ; - les sociétés civiles des pays tiers, pour soutenir indirecte- ment les agressés : manifester par milliers pour montrer leur solidarité, accueillir les réfugiés, accepter les conséquences des sanctions économiques décidées contre le pays agresseur, etc. Photos : - Manifestants russes à Moscou contre la guerre en Ukraine embarqués par la police du régime - Panneaux d’interdiction de stationner à l’effigie de Poutine, diffusés en Ukraine par l’agence nationale chargée de la signalisation - Drapeaux ukrainiens sur les bâtiments publics en Europe
  • 5. Quels risques, quels adversaires aujourd’hui ? Aujourd’hui, les risques d’agression, de déstabilisation ou de contrôle de notre société sont nombreux et divers : - attentats sur le sol national par une organisation terroriste, - risques de coup d’État ou d’arrivée au pouvoir par la voie électorale d’un régime très autoritaire ou dictatorial, fondé sur une idéologie d’exclusion ou de xénophobie, par exemple à la suite d’une grave crise alimentaire, économique, financière, sociale et/ou écologique. Photos : - L’attentat contre les Twin Towers à New-York le 11 septembre 2001 - La crise du système économique actuel ne fait que commencer
  • 6. Quelle défense face à des menaces nouvelles ? - Conséquences du repli sur soi identitaire et de la volonté de revanche : terrorisme, fanatisme, nationalisme et xénophobie, impérialisme de certains pays (expansionisme économique et militaire chinois, revendications russes sur l’Arctique, turques en Méditerranée) - et, selon une approche de ces menaces qui s’efforce d’être globale et systémique, le risque d’effondrement qu’analysent les collapso- logues.
  • 7. Une approche globale de la sécurité et de la paix Écologie et sécurité Par exemple, la politique de défense - française et européenne - doit prendre en charge le réchauffement climatique. 1) La sénatrice Leila Aïchi, secrétaire de la commission des Affaires étrangères et de la défense du Sénat, parle ainsi de la piraterie somalienne, à laquelle on répond par une approche extrêmement sécuritaire, en augmentant le nombre de navires militaires : « Mais on ne solutionnera pas le problème si l’on ne comprend pas que 95 % des pirates sont d’anciens pêcheurs paupérisés par la raréfaction des ressources halieutiques. Et c’est la conséquence de la crise écologique, que ce soit par le biais de l’acidification des océans engendrée par le réchauffement climatique, par le problème de la surpêche ou bien encore par la pollution des eaux. » Photos : - Pirates somaliens - Livre vert de la Défense, éditions du Sénat, publié en 2014 sous la direction de Leila Aïchi (photo du haut)
  • 8. Une approche globale de la sécurité et de la paix Réchauffement climatique, énergie et sécurité 2 ) « Le changement climatique non maîtrisé peut être l’étincelle qui met le feu aux poudres entre les communautés. Les Etats- Unis, et notamment les militaires, ont conscience que le changement climatique est probablement le facteur majeur d’instabilité. (…) Par exemple, en Syrie, le conflit a été, sinon déclenché, en tous cas amplifié par un facteur climatique. C’est, en effet, un phénomène de désertification accru par le changement climatique qui a amené un million et demi de personnes à se déplacer et à passer du nord au sud de la Syrie. 3) Dès lors que les Etats, grands ou petits, pourront produire de l’énergie à l’intérieur de leurs frontières et s’affranchir ainsi de toute dépendance, des conditions de stabilité, d’équité et donc de paix seront rétablies. » Nicolas Hulot (La Vie, 26.02.2015)
  • 9. La défense civile non-violente, un concept né à l’âge des armes nucléaires En 1958, un officier supérieur britannique, le major Stephen King Hall préconise dans son livre Defence in the nuclear age la renonciation unilatérale de la Grande-Bretagne à l’armement nucléaire et la mise en place d’une défense civile non-violente. En 1964, Alastair Buchan, Directeur de l’International Institute for Strategic Studies (IISS), écrit : « Il est essentiel que nous accordions une attention de plus en plus grande aux stratégies indirectes pour préserver nos sociétés de la domination étrangère. Il est possible que ce soit dans des concepts comme celui de la défense non-violente que réside la clé de la sauvegarde de la société ». Photos : - Le livre de Stephen King Hall - IISS, Arundel House, Londres
  • 10. La recherche sur la DCNV en Europe et aux USA Des chercheurs travaillent sur ce sujet, surtout pendant la période de la "guerre froide" : - en Norvège (Johann Galtung), - en Angleterre (Stephen King Hall, Adam Roberts, Michael Randle), - en Allemagne (Theodor Ebert), - en Belgique (Yohann Niezing, Jean Van Lierde, Robert Polet), - en Espagne (Gonzalo Arias), - aux Pays-Bas (Hylke Tromp, Alex Schmid), - aux États-Unis (Gene Sharp), etc. Photo : - Gene Sharp, professeur de sciences politiques à l’université du Massachussets, auteur de livres sur l’action non- violente et sur la défense civile - et un de ses livres, « La guerre civilisée »
  • 11. La recherche sur la DCNV en France Des études sont menées en France - en 1975 par un groupe de civils et de militaires animé par Olivier Maurel, - en 1982 par le ‘Mouvement pour une Alternative Non-violente’ (MAN), - en 1984 par Jean-Marie Muller dans son livre Vous avez dit « Pacifisme » ? De la menace nucléaire à la défense civile non-violente, - à partir de 1985 par ‘l’Institut de recherche sur la Résolution Non-violente des Confits’ (IRNC) en lien avec des chercheurs à l’étranger.
  • 12. La recherche sur la DCNV en France Des chercheurs qui trouvent, on en trouve… En France, l’ouvrage de référence est le livre La dissuasion civile - Principes et méthodes de la résistance non- violente dans la stratégie française écrit en 1985 par Christian Mellon, Jean-Marie Muller et Jacques Sémelin ** (photos). Le livre comprend 3 parties : 1 - Clarification conceptuelle 2 - Apports de la recherche historique 3 – Quelques mesures pouvant préparer la société française à une dissuasion par défense civile non-violente. * à la demande du ministre de la Défense, Charles Hernu. (éd. Fondation pour les Études de Défense Nationale, 1985. Le meilleur tirage dans la ‘Collection des 7 épées’ de la FEDN…
  • 13. Une recherche internationale Des colloques internationaux ont lieu sur le thème de la défense et de la dissuasion non-violentes à Oxford (1964), Munich (1967), Uppsala (1972), Oslo (1978), Anvers (1980), Strasbourg (1985). Photos, de haut en bas : - le chercheur norvégien Johann Galtung - le chercheur états-unien Gene Sharp - le chercheur allemand Theodor Ebert - le chercheur anglais Adam Roberts - le général Jacques de Bollardière, cofondateur du ‘MAN’ - le colloque organisé par l’IRNC à Strasbourg en nov. 1985
  • 14. Le principe de non-collaboration appliqué à la défense La mainmise d’un agresseur extérieur ou d’un dictateur interne sur un peuple ne peut durer que si l’oppresseur bénéficie de la collaboration active ou passive de la majorité de la population. Pour priver le pouvoir de ce soutien, il faut organiser la non- collaboration collective, qui va jusqu’à la désobéissance civile de masse : - Si le pouvoir laisse faire, le mouvement s’étend. - S’il réprime, la répression développe la solidarité populaire et augmente le nombre de trangresseurs. Photos : - Étienne de la Boétie, auteur du traité De la servitude volontaire - Henry David Thoreau, auteur du traité sur la désobéissance civile - Mohandas Gandhi, qui le premier a conduit des campagnes de désobéissance civile
  • 15. Une défense démocratique de la démocratie L’objet de la défense : la démocratie. L’acteur de la défense : le citoyen. La défense de l’État de droit ne repose pas d’abord sur la mobilisation des militaires, mais sur celle des citoyens. Si la technologie militaire précède, supplante et finit par évacuer la réflexion politique, ce n’est plus le citoyen qui est l’acteur de la défense, mais l’instrument technique, la machine militaire, le système d’armes.
  • 16. Définition de la défense civile non-violente L’objectif ultime de tout pouvoir illégitime qui veut prendre le contrôle d’une société est d’obtenir, par la conjugaison de moyens de persuasion, de pression, de contrainte et de répression, la collabora- tion et la complicité objective des citoyens, du moins du plus grand nombre d’entre eux. Dès lors, l’axe central d’une stratégie de défense civile est l’organisation du refus généralisé, mais sélectif et ciblé, de cette collaboration. La défense civile non-violente* est une politique de défense contre toute tentative de déstabilisation, de contrôle ou d'occupation de notre société, conjuguant, de manière préparée et organisée, des actions non- violentes collectives de non-coopération et de confrontation avec l'adversaire, en sorte que celui-ci soit mis dans l'incapacité d'atteindre les objectifs, avoués ou non, de son agression : l’influence idéologique, la domination politique, l’exploitation économique. * en abrégé « DCNV » dans la suite du diaporama
  • 17. La défense civile non-violente : rendre la société insaisissable En d'autres termes, il s'agit de rendre la société insaisissable (comme une anguille) ou "indigérable" (comme un os) par un agresseur : - incontrôlable politiquement, - insoumettable idéologiquement, - inexploitable économiquement. Il s’agit aussi de dissuader l'agresseur de s'attaquer à cette société, - car les coûts qu'il risquerait de subir seraient supérieurs aux gains qu'il pourrait espérer, - et parce qu’il prendrait des risques pour son propre pouvoir : c'est la dissuasion civile.
  • 18. Une dissuasion qui ne menace la sécurité de personne Premier intérêt d’une DCNV et d’une dissuasion civile : c’est un système de défense purement défensif qui ne menace matériellement la sécurité de qui que ce soit. Au contraire, les armes nucléaires dissuasives - de la France par exemple - peuvent être perçues par un État comme un danger, ou par une organisation terroriste comme une cible, et appeler en cas de tension grave une frappe préventive. Photo : Comme celui du hérisson face à ses prédateurs potentiels, la DCNV est un système de défense sans attaque.
  • 19. La population actrice de sa défense La défense ne repose plus alors sur un seul homme (le chef d'État dans la dissuasion nucléaire), ni sur un corps de spécialistes (les militaires, hommes bien portants d'une tranche d'âge limitée). Elle devient l'affaire de toute la population, hommes et femmes, de toutes tranches d’âge, quelle que soit leur condition physique.
  • 20. 1 – Rendre la société incontrôlable Les deux fronts de lutte La dissuasion civile et la DCNV s’exercent sur deux fronts : ● Un front institutionnel - État : constitution, pouvoir exécutif, législatif, justice, services publics (police, gendarmerie, douanes, écoles, université, postes, télécommunications, énergie, transports, etc. - Collectivités locales (régions, départements, communes) ● Un front des forces vives du pays, la société civile : partis et mouvements politiques, associations, entreprises, syndicats de salariés et organisations professionnelles, mouvement associatif (associations, clubs, mutuelles), Églises, etc.
  • 21. Deux fronts de lutte ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !
  • 22. Au sommet de l’État, maintenir une autorité légitime … La constitution doit garantir que les dirigeants légitimes de l’État refuseront de coopérer avec l’agresseur ou le pouvoir insurrectionnel, ou qu’ils perdraient alors leur légitimité. Des dispositions spécifient quels actes doivent, en toute hypothèse, être tenus pour illégaux, quelles que soient les apparences de légalité qu’ils pourraient présenter, par ex. la modification de la constitution, la suppression ou la limitation des droits fondamentaux, la persécution de catégo- ries de la population, l’appel à cesser la résistance, etc. Photos : - Pétain et Hitler à Montoire, le 24 octobre 1940 - Lois contre les Juifs sous le régime de Vichy
  • 23. … une autorité politique légitime, mais aussi efficace Une sorte de « gouvernement d’union nationale » est très souhaitable pour diriger politiquement la résistance de la population. Prévoir avec précision, dans la composition des organes politiques, les personnes qui doivent entrer dans la clandestinité en cas de menace d’occupation du pays ou de dictature interne. Prévoir le maintien d’une activité parlementaire*, même clandestine et intermittente. * pour rappeler à la population et à l’opinion internationale la légitimité démocratique du pouvoir résistant. Réduire préventivement le nombre de parlementaires appelés à siéger en cas de crise grave, en maintenant la même composition politique. Photo du bas - Disparaître dans la foule, une des formes de la clandestinité
  • 24. Le fonctionnement des pouvoirs locaux Les instances politiques régionales, départementales, intercommunales et communales doivent être préparées à exercer leur pouvoir dans des conditions exceptionnelles. La clandestinité de ces responsables peut prendre des formes très diverses selon les risques encourus. La décentralisation réduit la vulnérabilité de l’ensemble des pouvoirs locaux aux tentatives de prise de contrôle.
  • 25. Se préparer à des circonstances exceptionnelles De très nombreuses mesures de délégations vers le bas doivent entrer en vigueur dès que le titulaire normal du pouvoir ne peut plus l’exercer. La décentralisation ne doit pas nuire à la coordination des actions de résistance. - Prévoir des mesures concernant les supports de cette coordination : radio, Internet, etc. - Dresser des organigrammes permettant de situer clairement les relations de concertation, d’exécution et d’information entre les diverses instances qui ont des responsabilités dans la résistance. Photos : - Radio pendant la 2ème Guerre mondiale - Organigramme de délégation
  • 26. Mettre l’appareil administratif en état de résistance L’objectif de la DCNV n’est pas seulement de guider les fonctionnaires dans leurs choix individuels difficiles (démissionner ou rester en place, obéir ou non à tel ordre, détruire ou non tel fichier, etc.), mais de mettre l’appareil administratif en état de résistance comme élément d’un rapport de force avec l’ennemi, pour empêcher celui- ci d’atteindre ses buts de domination ou d’exploitation. Les agents publics doivent être formés à obéir au pouvoir de droit, et savoir discerner qui a autorité légitime (même dans la clandestinité) et qui ne l’a pas. Photo : Claude Bourdet, coordinateur du Noyautage des Administrations Publiques (NAP) dans le sens de la Résistance pendant l’occupation allemande
  • 27. Une formation à l’initiative et à l’éthique L’initiative individuelle sera donc très souvent nécessaire pour contrer certaines mesures ordonnées par le pouvoir de fait. Il faut donc développer dans l’administration l’habitude du jugement critique à l’égard de tout ordre reçu, ainsi que l’esprit d’initiative. Une formation à la responsabilité personnelle ne va pas sans une réflexion collective, au sein de chaque service ou équipe de travail, sur les exigences générales d’une résistance. La formation devra inclure une réflexion systématique sur les conditions de légitimité de l’obéissance et donc sur le devoir de désobéissance lorsque ces conditions ne sont pas remplies.
  • 28. Comment faire le tri entre les ordres ? Pour priver d’exécutants un pouvoir illégitime, il faut prévoir des critères permettant de trier entre les ordres et directives reçus : lesquels peuvent être exécutés, lesquels doivent être ignorés, lesquels sabotés par des erreurs délibérées, etc. Il faut donc élaborer des instructions officielles sur les obligations des agents publics en cas de perturbations graves de l’exercice du pouvoir légitime normal. Elles doivent énoncer quelques critères simples permettant aux personnes et au groupes de prendre des décisions sur des points qui, en temps normal, ne relèvent pas de leur compétence.
  • 29. Un exemple : les forces de police 1) Dispositions réglementaires et juridiques : que doit être, en situation d’occupation, de dictature ou de coup d’État, l’attitude générale de la police ? 2) Dispositions concernant la formation des personnels de police : quand le droit de désobéissance devient-il un devoir profess- sionnel ? * 3) Dispositions pratiques : s’assurer qu’en aucun cas les fichiers de police ne puissent être utilisés par l’occupant ou ses agents. * Quelle attitude adopter, par ex., si l’ordre est reçu d’arrêter des personnes définies par leur seule appartenance raciale, politique, religieuse ?
  • 30. Le tissu associatif Rôle éducatif : pour préparer une DCNV, il importe de développer les activités où les citoyens peuvent prendre des responsabilités et apprendre la solidarité. Plus le tissu associatif est vivant, plus la société est en état de résister. Rôle pratique : la vie associative crée des réseaux extrêmement ramifiés, difficiles à détruire ou à contrôler, qui peuvent constituer pour la résistance - des structures d’organisation - et des canaux de diffusion de l’information.
  • 31. 2 - Rendre nos volontés inflexibles Que le conflit soit militaire* ou non, c’est le choc des volontés qui, en fin de compte, en constitue l’enjeu ultime et le lieu central. Tout ce qui contribue à manifester l’attachement d’une population à la démocratie, aux droits humains et aux libertés augmente sa sécurité. La dissuasion est efficace si la volonté de résistance est largement répandue parmi les citoyens. * « La guerre est un acte de violence destiné à contraindre l’adversaire à exécuter notre volonté ». Clausewitz Photos : - Carl von Clausewitz (1780-1831), théoricien de la guerre - Le plateau des Glières, un lieu de résistance hier et aujourd’hui
  • 32. La contagion démocratique, un risque pour l’agresseur Pour l’agresseur potentiel, la contagion de notre idéal démocratique dans son peuple constitue un risque pour son propre pouvoir *. La démocratie est un héritage que nous voulons défendre, mais aussi une force de libération que nous pourrions répandre. * « On dit parfois que c’est la bombe atomique qui empêcha les Russes de submerger l’Europe dans les années qui suivirent la 2ème Guerre mondiale. Cet argument ne me convainc pas. (…) Les Russes avaient une force militaire très supérieure (…) Les États- Unis à cette époque avaient peu de bombes atomiques (…). Ce qui dissuada les Russes, ce fut l’idée que leurs troupes allaient se mêler à la population occidentale. » Basil Liddell Hart Photo : Basil Liddell Hart (1895-970 ), officier d'infanterie britannique, historien et stratège militaire.
  • 33. L’esprit de défense de la population 1) Conscience des enjeux de la défense (patrie, démocratie, libertés, etc.) et des menaces sur ces enjeux, 2) Sentiment, chez chaque citoyen, d’une responsabilité réelle dans la défense des enjeux et d’un rôle à remplir en cas d’agression, 3) Acceptation des risques, personnels et collectifs, pour défendre les valeurs auxquelles on tient *. La formation aux techniques de résistance non-violente aura pour résultat l’acceptation lucide de certains risques par des secteurs de plus en plus larges de la population
  • 34. Un coût humain incomparablement moins lourd qu’en cas de défense armée En effet, il est probable que la répression exercée par l’agresseur ou le dictateur fera des victimes dans la population. Mais ces victimes seront infiniment moins nombreuses que dans une guérilla, une guerre classique ou une guerre nucléaire. Photos : - Cimetière militaire de la 2ème guerre mondiale - Nagasaki, 9 août 1945
  • 35. Le rôle des autorités morales Par leurs paroles ou leurs attitudes, les "autorités morales" (journalistes, responsables d’Églises, intellectuels connus, artistes, enseignants, leaders politiques, syndicaux, associatifs, etc.) peuvent exercer une forte influence sur les choix de millions de citoyens : - légitimation de la résistance, - maintien du moral au cours de la lutte, - facilitation du consensus sur la forme non-violente de la lutte. * * par ex. : sans attenter à leur vie, isoler les collaborateurs, les mettre hors d’état de nuire. Photos : - Stéphane Hessel, Résistant en 1939-45, ex-ambassadeur, auteur du texte Indignez-vous ! -Simone Veil (1927-2017), ancienne deportee à Auschwitz, Présidente du Parlement européen, académicienne
  • 36. La cohésion sociale nécessaire au consensus Le consensus stratégique des forces vives de la nation, nécessaire en temps de crise (et d’ailleurs créé par l’agresseur lui- même quand sa menace devient concrète…), n’implique pas un consensus idéologique en temps de paix, qui n’est ni possible, ni souhaitable. La cohésion sociale est nécessaire pour créer le consensus de défense de la société. Les exclus n’ont aucune raison de se sentir solidaires d’une société qui les marginalise. Le sentiment d’injustice sociale, les doctrines inégalitaires, les comportements racistes, les apologies de la loi du plus fort sont des atteintes majeures à la capacité de défense. Photos : - Jeunes des banlieues, "lieux mis au ban" de la société - Le chômage, symptôme d’un système économique où les hommes sont une "variable d’ajustement".
  • 37. Des citoyens motivés et préparés Le meilleur moyen de préparer la défense de la démocratie en temps de crise est de la renforcer et de la rendre plus efficace en temps de paix. Plus les citoyens d’un pays auront le sentiment de vivre dans une société qui leur rend justice et leur donne la parole, plus ils seront motivés pour défendre cette société contre les menaces qui pèsent sur elle. Plus ils participeront à la gestion politique et écono- mique du pays, plus ils seront préparés à défendre la société contre une éventuelle agression.
  • 38. La meilleure préparation… La meilleure préparation à une défense civile non-violente contre un pouvoir dictatorial ou autoritaire, c’est le combat non- violent mené ici et maintenant par les Français pour la justice, pour le respect des libertés, pour l’égalité des chances, pour la défense de l’environnement. Les luttes non-violentes menées naguère par les paysans du Larzac et leurs alliés, les luttes de Plogoff et de Notre-Dame des Landes, les immenses manifestations de 2015 contre le terrorisme, les actions menées plus récemment contre le réchauffement climatique et pour l’environnement par ‘Alternatiba’, ‘Youth for climate’ ou ‘Extinction Rebellion’ en sont des exemples.
  • 39. 3 – Survivre sans être exploitable Il faut en même temps - empêcher l’agresseur ou le dictateur de tirer parti de nos richesses, ou éviter qu’une grave crise ne permette pas à des larges secteurs de la population de satisfaire ses besoins vitaux. - et maintenir une activité économique suffisante pour que la population survive dans de bonnes conditions : * que son moral ne soit pas atteint, * que l’essentiel de ses énergies ne soit pas consacré à chercher des solutions individuelles aux besoins élémentaires (alimentation, chauffage, etc.)
  • 40. Les principales formes de non-collaboration économique La grève partielle, le travail sans collaboration - plan de dispersion rapide dans la clandestinité de quelques milliers de personnes travaillant dans des secteurs clés, de destruction ou de camouflage de certains matériels, - travail lent ou très lent, "erreurs" ou "oublis" volontaires, exécution de travers, etc. Les sabotages non-violents * - paralysie des machines sans les détruire, en enlevant une pièce vitale, en modifiant un programme informatique, etc. * pour ne pas faire peur à l’adversaire et ne pas justifier une répression violente, pour limiter le coût matériel de la résistance, et pour pouvoir remettre en marche les systèmes le plus facilement possible à la fin du conflit.
  • 41. Résister et survivre Comme la défense armée, la DCNV doit prévoir à l’avance des infrastructures en état de marche et des approvisionnements, et donc des mesures dans le domaine de l’alimentation, des transports, de la communication, de l’énergie, etc. : - diversifier les sources d’approvisionnement en matières premières et en produits que nous ne fabriquons pas, - chercher des matières premières de substitution et des produits de remplacement (ersatz*) - constituer des stocks décentralisés, * Produit de consommation destiné à remplacer un produit naturel devenu rare
  • 42. L’agriculture : se libérer peu à peu du pétrole - Produire de façon plus autonome Réduire la dépendance par rapport au pétrole (tracteurs et machines, engrais, chauffage des serres et locaux d’élevage, transport, etc.) Mieux utiliser l’énergie du bois et de la biomasse Organiser un large retour à la terre pour substituer en partie le travail de l’homme à celui de la machine, développer la traction animale partout où elle est pertinente. - Acheminer les produits alimentaires vers les lieux de consommation : favoriser les circuits courts.
  • 43. L’électricité : décentraliser Les infrastructures sont très vulnérables (centrales de production, notamment nucléaires, câbles de transport de l’électricité, postes d’interconnexion) : disposer de générateurs et groupes électrogènes, développer les énergies renouvelables décentralisées (photovoltaïque, hydrauliennes, éoliennes, etc.). Le fonctionnement du réseau est très difficile à contrôler par des non-professionnels. La résistance, en fonction du contexte, doit déterminer les secteurs ou zones à alimenter en priorité, et ceux à priver d’électricité. Photos : - Le nucléaire, vulnérabilité et centralisation maximales - Le photovoltaïque, invulnérabilité et décentralisation
  • 44. Rôle de la DCNV par rapport à la défense militaire Trois scénarios sont envisageables : 1) Complément : la DCNV est mise en place en même temps que la défense militaire. - L'adjonction de formes non-violentes de résistance renforce l'efficacité de la défense militaire. - Des actions armées ponctuelles nuisent à l'efficacité d'une résistance globalement non- violente. ../.. Photo : un complément pour la santé
  • 45. Rôle de la DCNV par rapport à la défense militaire (suite) 2) Recours : la DCNV est mise en œuvre après l'échec, ou au moins l'arrêt de la défense militaire, comme solution de secours. C'est l'hypothèse la plus défavorable, mais c'est la seule possibilité de faire émerger au sein de la population une nouvelle volonté de lutte : « Tout n'est pas perdu... » 3) Option : la DCNV est choisie à la place de la défense militaire. La dissuasion globale (par ex. nucléaire) a échoué, n'a pas fait peur à l'adversaire, et il apparaît que tout emploi des armes serait vain ou suicidaire. La DCNV est l'hypothèse la plus raisonnable pour se défendre sans se détruire. Photos : Roue de secours Alternative
  • 46. Préparer notre société à faire face aux crises à venir L’organisation politique, psychologique et économique d’une défense civile non-violente contre un pouvoir non démocratique est aussi – et peut-être surtout – de nature à préparer la société toute entière à faire face aux crises à venir : - crises économiques et financières, et donc sociales, - crises énergétiques, - pénuries alimentaires (particulièrement suite à des crises énergé- tiques), - canicules et autres conséquences du réchauffement climatique, séismes et catastrophes naturelles, - catastrophes industrielles et écologiques, - épidémies et pandémies, etc.
  • 47. Prévenir les crises Il faut faire face à ces crises, mais aussi et surtout les prévenir, autant que faire se peut, par une action citoyenne puissante. En effet, la défense civile non-violente met en œuvre des grandes ressources d’imagination, de créativité, de solidarité, les mêmes que nous avons constatées face au terrorisme depuis 2015, à la crise sanitaire en 2020, à l’agression de l’Ukraine en 2022. La solidarité européenne est un atout majeur pour faire face en France à de telles crises et pour aider éventuellement nos voisins à y faire face.
  • 48. Quelques points de vue sur l’ouvrage La dissuasion civile La revue trimestrielle Alternatives non-violentes, en avril 1986, publie des points de vue de diverses person- nalités après la publication de l’ouvrage La dissuasion civile de Christian Mellon, Jean-Marie Muller et Jacques Sémelin, saluée par certains comme « un évènement ». Politiques : Charles Hernu, ministre de la Défense nationale; les députés Yves Lancien (RPR), Jean-Marie Daillet, Bernard Stasi (CDS-UDF), Louis Le Pensec, Louis Darinot, Christian Perret (PS) Militaires : général Dominique Chavanat, général Claude Le Borgne, général Georges Buis, général Étienne Copel, général Jean Delaunay, contre-amiral Olivier Sevaistre Religieux : P. Jacques Jullien, archevêque de Rennes; P. Joseph Rozier, évêque de Poitiers; P. Eugène Ernoult, évêque de Sens- Auxerre; Pasteur Jacques Maury, président de la Fédération protestante de France; P. Pierre Toulat, secrétaire de la ‘commis- sion Justice et Paix’ de la Conférence des évêques de France Universitaires : Jean Klein (CNRS, IFRI, Pax Christi), Henri Burgelin (professeur d’histoire, Assemblée de l’Union de l’Europe Occidentale)
  • 49. Général Dominique Chavanat : 1) « Élargir les bases de la défense civile » Le général Dominique Chavanat, alors Directeur général de l’École Polytechnique, écrit : « La thèse développée dans La dissuasion civile est capitale et restera sans doute un jalon essentiel de la réflexion sur la défense, pour deux raisons. D’abord parce qu’elle contribuera à faire prendre conscience de la nécessité d’élargir les bases de la défense civile : dans un affronte- ment global, où les ressorts comme les enjeux sont essentiellement psychologiques, une défense civile ne peut plus seulement reposer sur des mesures techniques élaborées et mises en œuvre par des administrations : il faut que le peuple entier soit prêt à participer, même sans armes, à la résistance. Si sa détermination est suffisamment forte et évidente, elle peut avoir une valeur dissuasive. Photo : Général Dominique Chavanat, né en 1931. Après St Cyr et Saumur, sert en Algérie, en France et en Allemagne et dans différents postes d’état-major. Directeur général de l’École Polytechnique (1985-1988). A beaucoup œuvré depuis de nombreuses années pour la diffusion d’un esprit de défense fondé sur l’information, la réflexion éthique et le dialogue entre tenants et critiques de la doctrine.
  • 50. Général Dominique Chavanat : 2 - « Rechercher ensemble toutes les voies permettant de sauvegarder le bien commun » Certes les auteurs, doutant de l’efficacité du système de défense armée, présentent la dissuasion civile comme une alternative souhaitable à aussi court terme que possible. Cette attitude apparaîtra évidemment utopique aux militaires et plus généralement aux hommes responsables hic et nunc de la conduite des affaires dans un monde dur et violent. Par ces hommes-là, la dissuasion civile sera considérée comme un complément capital, capable de valoriser la défense globale, et non comme une alternative. Il reste que malgré - ou à cause des difficultés - beaucoup de pistes proposées pour améliorer la défense civile doivent être explorées. ../.. Photo : - Le général Régis Colcombet, ex-intervenant sur le thème des Opex à la 2è formation ‘Intervention civile de paix’ à Lyon en 2001 quand il était commandant.
  • 51. Général Dominique Chavanat : 2 - « Rechercher ensemble toutes les voies permettant de sauvegarder le bien commun » Mais cette étude marquera une étape dans la réflexion sur la guerre pour une autre raison majeure : elle prouve qu’un changement de climat est intervenu et qu’il est désormais possible de voir les tenants de thèses considérées jusqu’ici comme inconciliables dialoguer sans polémiquer, rechercher ensemble ou conjointement toutes les voies permettant de sauvegarder le bien commun, au lieu de s’affronter au nom de leurs divergences sans autre résultat que d’affaiblir la valeur de l’ensemble. Cette excellente étude doit permettre l’élargissement des réflexions sur la défense civile (…). » Photos : - Pierre Dufour, né en 1934, ex-ingénieur mécanicien de l'École de l'Air, membre du MAN, cofondateur de Balkan Peace Team, vérificateur du cessez le feu dans les Balkan en 1988 pour l’OSCE.
  • 52. Autres points de vue de militaires Général Georges Buis : « Une résistance civile est nécessaire. Elle doit prendre la forme de la désobéissance, du refus de l’autorité politique du vainqueur. (…) L’adversaire doit avoir qu’elle est dans les esprits et dans les cœurs. Il faut éduquer les volontés dans le sens d’un refus d’accepter la défaite ». Photo : - Le général de corps d’armée Gorges Buis (1912-1998), Résistant, Compagnon de la Libération, Directeur de l’IHEDN, premier président de la FEDN, membre de l’ L'International Institute for Strategic Studies (IISS) de Londres
  • 53. Autres points de vue de militaires Général Étienne Copel : « Les récits historiques de résistance civile sous la domination nazie m’ont fait découvrir une somme de faits, une quantité de possibilités d’action que je n’imaginais pas. De même, les propositions d’action pour rendre la société insaisissable me sont apparues plus concrètes que je le prévoyais. (…) Pour moi, accepter l’hypothèse d’un échec de la dissuasion nucléaire, ce n’est pas favoriser cet échec, mais au contraire améliorer la dissuasion globale en prévenant l’adversaire que, même si la dissuasion nucléaire échoue, il aura beaucoup à perdre (défense classique) ou peu à gagner (dissuasion civile). Entre la dissuasion nucléaire et la dissuasion civile, il y a aussi la dissuasion par les armes conventionnelles. Il faut l’améliorer. » Photo : - Le général Étienne Copel, né en 1935. Démissionne de son poste de Sous-chef d'état-major de l'Armée de l'air, afin de pouvoir exprimer librement sa conception de la politique de défense de la France.
  • 54. Autres points de vue de militaires Général Claude Le Borgne : « L’ouvrage relate les tentatives non-violentes faites dans le cadre de la Seconde Guerre mondiale et de la résistance au nazisme, mais ne cache pas qu’il n’existe aucune expérience historique d’un succès de la non- violence face à une agression extérieure. Aussi bien les mesures préconisées pour notre défense sont-elles modestes et l’on ne peut qu’y souscrire : que l’on étudie enfin en haut lieu les possibilités de stratégie complémentaire qu’offre la non-violence; et que faute de pouvoir dès maintenant conclure, on "maintienne ouverte" l’option que les auteurs recommandent. » Photos : - Claude Le Borgne (1921-2022), général de division. Plus de 40 ans au sein des troupes de Marine. A écrit de nombreux articles sur la stratégie, la fonction militaire, l’islam, et publié une dizaine de livres.
  • 55. Autres points de vue de militaires Général Jean Delaunay : « Étude sérieuse qui fait des propo- sitions concrètes et réalisables pour développer chez nous l’esprit de défense. (…) Je crie moi aussi que la dissua-sion nucléaire n’est pas la panacée. (…) La dissuasion civile nécessite le consensus gouvernement- administration-"élites diverses" et corps intermédiaires. Cela réclame le dévelop-pement de l’esprit d’initiative des fonctionnaires. Les autorités morales ont une grande importance. La police ne doit pas exécuter d’ordre illégaux. (…) Bravo pour ce que vous avez fait, mais de grâce, rappelez-vous que notre adversaire, qui est capable d’anéantir des tribus entières en Afghanistan, n’est guère accessible aux scrupules moraux.* » * L’agression de l’’Ukraine par Vladimir Poutine en 2022 et les crimes de guerre commis alors par les troupes russes illustrent bien cet exhortation du général Delaunay Photos : - Jean Delaunay (1923-2019), chef d'état-major de l'armée de Terre française d’oct. 1980 à mars 1983. Démissionne de ses fonctions pour faire entendre son opposition à la réduction des effectifs et du budget de l'armée de Terre.
  • 56. Une initiative d’organisations de pays européens pour le désarmement nucléaire et les alternatives non-violentes Le 10 mars 2020, une trentaine d’organisations de divers pays européens (UE et hors UE) ont demandé à David Sassoli, alors président du Parlement européen, et aux eurodéputés : 1 - une action en vue de la signature par le maximum d'États européens du ‘Traité sur l’interdiction des armes nucléaires’ (TIAN) voté par 122 pays à l’ONU en juillet 2017, et un rôle moteur de l’UE dans les processus internationaux de désarmement ; 2 - l’affectation de 10 % du futur budget européen de la défense à la formation et à l’envoi par l'UE de missions d'intervention civile de paix dans le cadre de sa politique de sécurité et de paix ; ../..
  • 57. Une initiative d’organisations de pays européens pour le désarmement nucléaire et les alternatives non-violentes 3 - sur le long terme, une action de l’UE en vue de l'information des députés, des gouvernants et des citoyens européens sur les stratégies non-violentes de défense face à un agresseur externe ou à un pouvoir illégitime et face à des dangers non militaires. ■