En l'ado, le bébé

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En l'ado, le bébé

  1. 1. En l’adolescent, le bébé. Amine Benjelloun DU Marseille ; Juin 2012 1
  2. 2. « Quelque soit le contenu de ce que vous transmettiez, si vous le donnez dans la laideur, celle ci restera et le contenu s’évanouira, laissant place à la violence ; si vous l’accouchez dans la beauté la transmission passera, le contenu demeurera, et cette exigence belle, en se propageant, permet à tous de vivre alentour. Voilà ce que j’appelle enchantement.» Michel Serres. DU Marseille ; Juin 2012 2
  3. 3. « Rahan:Apprendre & Comprendre, tel était son destin » DU Marseille ; Juin 2012 3
  4. 4. Apprendre:• Sommairement:• stocker des connaissances,• des propositions,• à la limite des mécanismes – Ce qui pousse à revoir le concept DU Marseille ; Juin 2012 4
  5. 5. Comprendre:• Une faculté plus qualitative , permettant d’atteindre une clairvoyance, portant sur n’importe quel type objet .• Se déroule dans un temps plus difficile à cerner que l’apprendre, qui lui, a un contenu repérable et explicite.• Est-ce que comprendre est un processus actif? DU Marseille ; Juin 2012 5
  6. 6. Apprendre:• Surement une modalité de l’existence, une façon d’être, nécessitant accueil & passivité.• Avec deux mécanismes qui s’inter- pénétrent et se succèdent: l’interprétation et l’explicitation. DU Marseille ; Juin 2012 6
  7. 7. Apprendre: pour Heidegger• « Naviguer de façon pertinente »• Etre bien adapté a quelque chose, témoigner silencieusement, sans verbalisations, sans applications de règles, être « à son affaire avec une activité », par rapport à une situation, à un enjeu.• S’ouvrir à son pro-jet• = Pas de différence entre le possible et le comprendre. DU Marseille ; Juin 2012 7
  8. 8. Artificiellement,• (1)Une approche phénoménologique.• (2)Une approche psychanalytique.• (3)En l’adolescent, le bébé. DU Marseille ; Juin 2012 8
  9. 9. (1) Une approche phénoménologique• In initio, le CORPS ( P.Jeamnet & M.Corcos) – Comme lieu d’expression de transformations récentes ; – Comme lieu de concrétisation de l’héritage parental, des ressemblances; – Qui n’est plus l’écran protecteur derrière l’ex enfant pouvait se cacher. – De façon paradoxal, ce corps qui change rapidement est le garant même de la continuité de l’histoire du sujet. DU Marseille ; Juin 2012 9
  10. 10. (1) Fonctions du corps :• Le corps est uni au Moi mais en même temps différent de lui, zone d’échange entre le dedans et le dehors; – les zones érogènes posent cette problématique en l’amplifiant (moi / l’autre ; dedans /dehors)• Fonction carrefour du corps entre un monde interne psychique et la réalité extérieure • (« La réalité est ce qui résiste », Jaspers)• Le corps assure une continuité, base de toutes les assises, mais en même temps: – Intime et étranger et inconnu à la fois; – Limite, frontière aux souhaits mégalo de la pensée. DU Marseille ; Juin 2012 10
  11. 11. (1)En clinique:∀ ⇒Nécessaire besoin de se l’approprier, de se le ré approprier , avec , souvent, des fantasmes d’auto engendrement sous jacents.• Marquage du corps, piercings, cicatrices, tatouages, lacérations, une « auto violence », d’autant plus forte, plus agie, que les besoins d’attachement et d’insécurité interne sont forts. DU Marseille ; Juin 2012 11
  12. 12. (1)Exp:Les scarifications:-D.Anzieu : le Moi Peau-X. Pommerau: une feuille du quotidien , de « bien dans sa peau » à « risquer sa peau »-P. Duverger: attention à n’en faire qu’une problématique sociale. Un pas de sens , un non sens, qui paradoxalement vient baisser la tension psychique pré existante; - la panne de sens est court circuité par un autre mal, maîtrisable, auto applicable.-R.Roussillon: le retour du clivé. DU Marseille ; Juin 2012 12
  13. 13. (1)Le corps et la distance:• « Épaississement » de l’ambiance• Quelle est la bonne distance?• Les parents ont un corps sexuel.• Une sensorialité nouvelle, exacerbée, dérangeante.• Recherche d’un espace privé. DU Marseille ; Juin 2012 13
  14. 14. (1)Le corps et le relationnel-Attraction /répulsion+++ d autant que les rapports étaient pulsionnels+++-Le rapproché affectif est intolérable.-Une identité en négatif:les traumatophiles, les preneurs de risque , les autodestructeurs. DU Marseille ; Juin 2012 14
  15. 15. (1)Le corps et les sentiments de passivité:• Vis à vis des transformations pubertaires: – Si transformations +++// conflits de passivité et de dépendance . – Qqf dissociation psyché (maîtrisable) & le corps (qui échappe) :il devient éprouvable , focalisable, niable, amputable.• Conflits, délitement du Moi, honte: érotisation de la relation… soumission masochiste… et passage à l’acte (auto ou hétéro agressif). DU Marseille ; Juin 2012 15
  16. 16. (1)Le corps, enfin :• Modifie le statut psychosocial, assure autonomie et place symbolique dans le groupe.• Sollicite identité et processus d’identification. DU Marseille ; Juin 2012 16
  17. 17. (2)/ Une approche psychanalytique: le deuil de l’enfance & la répétition• L’adolescence révèle le refoulé, les avatars de la petite enfance et de l’organisation de la personnalité.• Certaines enclaves du Moi , clivées, font retour, souvent sur un mode projectif.• Le corps adolescent est vécu comme le représentant du corps parental incestueux, donc dangereux, attaquable (laufer; Ladame) DU Marseille ; Juin 2012 17
  18. 18. (2)• Seconde phase de séparation/individuation – Maturation, difficile identification sexuelle. – Phase de deuil et de désinvestissement des objets de l’enfance.• Entre anciens et nouveaux investissements: – La Libido est flottante, perdue, revenant sur le Moi – Vide, vacuité, spleen, depréssibilité plus grande – Rarement, une dépersonnalisation même. DU Marseille ; Juin 2012 18
  19. 19. (2)Des solutions :• Difficiles et pénibles :Le deuil d’objets internes archaïques abîmés se fait alors par les attaques et la destruction de ces objets: hétéro & auto agressivité.• Plus réussies: à travers le déplacement sur d’autres figures d’attachement, des allers retours souples ,entre anciennes et nouvelles, sans attaque des objets internes. DU Marseille ; Juin 2012 19
  20. 20. (2) Quid de la dépendance ?• Deux axes s’opposent: – Intériorisation suffisante des objets internes: • Processus identificatoires possibles. – Accès à différenciation et à la subjectivation • Sentiment de pleine identité et de pleine continuité, autonomie, un narcissisme correctement nourri.• Chaque niveau peut être lésé: – Limites internes et externes – Affects indifférenciés ambivalents, non mentalisables. – Maîtrise des objets internes impossibles. ⇒Seule la maîtrise des objets2012 DU Marseille ; Juin externes est possible. 20
  21. 21. (2)La maîtrise « possible » des objets externes• Le travail d’intériorisation et de satisfaction sur un mode hallucinatoire ⇒ ∅• A:Mode perceptivo moteur surinvesti+++• B:Objets externes+++// objets internes défaillants – Passions, sentiments extérieurs= dangers = atteinte du Moi = désubjectivation ⇒ Violence. ⇒ Violence : motrice, neuro végétative, psychosomatique, délirante (objet trop investi). DU Marseille ; Juin 2012 21
  22. 22. (2)La maîtrise « possible » des objets externes• C: Le masochisme +++ – Tout soignant doit faire attention a ne pas l’alimenter. • Retournement contre soi & renversement dans le contraire. • Le Moi est lui même pris comme objet. • Des lors,la violence contre le moi est une défense :l identité menacée ne s’effondre pas. DU Marseille ; Juin 2012 22
  23. 23. (2)Chez l’ado dépendant• ’’ Failles narcissiques, échec d’élaboration de la position dépressive et de l’absence, échec de la relation d’étayage, échec de contournements de conflits identificatoires évolués’’ Roger Mises et les DE• ’’Confusion entre le moi, la pulsion, et son objet’’ A.Green DU Marseille ; Juin 2012 23
  24. 24. (3) En l’adolescent , le bébé…• Le concept « d’originaire » , ou une mise en perspective des premiers processus psychiques .(Bernard Golse & René Roussillon).• L’originaire: – Comme matériau socle, – Comme matériel de réactivation, – Comme travail psychique. DU Marseille ; Juin 2012 24
  25. 25. (3)A/ L’originaire comme matériausocle: – 1/Les processus originaires : (Pierra Aulagnier) – Originaires // mise en forme. (rêves, sommeil paradoxal) – Primaires // mise en mots . – Secondaires // mise en scène. • L’activité traductrice de l’adulte: (Laplanche) – Vraie pour le bébé, vraie pour l’adolescent. – Traductions et retraductions, par un adulte parlant, pensant, structurant, historisant. DU Marseille ; Juin 2012 25
  26. 26. – 2/Les « îlots autistiques » & leurs destins à l’adolescence. • Processus originaires non traduits, non primarisés. Soit, – Encryptage inerte. – Entrave fonctionnelle, de type schizoïde. – Source d’ une créativité artistique. • A l’adolescence : – entre retrait dans l’inaction, la solitude, les sensations & créativité physique ou psychique. DU Marseille ; Juin 2012 26
  27. 27. (3)B/ L’originaire, comme matériel deréactivation: – L’adhésivité; • Des identifications adhésives? (l’habillement, les bandes) – La communication analogique; (comme dans la dyade M/E) // nature de l’accordage affectif • En dépend le destin de la relation avec le thérapeute. – Les processus d’attachement; • Réfléchir en terme de réactivations de schèmes d’attachement plutôt qu en termes transférentiels? DU Marseille ; Juin 2012 27
  28. 28. (3)C/ L’originaire, comme travailpsychique: – 1/Entre position dépressive et situation schizoparanoide; – 2/Une narrativité préverbale, analogique, une « syntaxe du sentir »; (cf le corps) • Une narrativité sensorielle=syntaxe du sentir = une logique des enveloppes, monadique. • Une narrativité comportementale=logique des liens primitifs, binaires, dans l accès a une intersubjectivité. • Une narrativité verbale: entre être & avoir, dans le registre de la triangulation. DU Marseille ; Juin 2012 28
  29. 29. – 3/Entre deuil de l’objet et accès à l’intersubjectivité; • Europe: gradient progressif vers la mise en place d’une intersubjectivité. – Psychanalyse:dynamique progressive lente de différenciation extra psychique et intra psychique • USA:intersubjectivité primaire génétiquement programmée (Stern, Trevarthen) – Stern: le bébé mémorise d’emblée, apte représenter, à se ressentir • Une autre voie:entre moments d’intersubjectivité et moments d’indifférenciation (cf.D.Meltzer) ⇒ • Re-jeu: l’amour;les bandes; les expériences esthétiques;mystiques; • A l’adolescence entre affirmation narcissique et phénomènes de bande. DU Marseille ; Juin 2012 29
  30. 30. – 4 / Entre dépendance et autonomie. • Ou « le syndrome corse »(P.Jeamnet) • Ou la parabole du porc-épic. • Bébé: passage de la dépendance absolue à la dépendance relative (Winnicott), non sans douleur • L’Ado: persécuté par ce dont précisément il a besoin (par l’objet , ou par le lien de dépendance lui même) DU Marseille ; Juin 2012 30
  31. 31. – 5 / La bisexualité psychique. • In initio, se joue au niveau des enveloppes corporelles et psychiques – Holding & contenance féminine maternelle. – Limites & régulation masculine paternelle. • Passage des enveloppes aux relations d’objet partiel ou total • Entre théorie des pulsion et théorie de la relation d’objet DU Marseille ; Juin 2012 31
  32. 32. Remarques• Des éléments facilement identifiables en clinique quotidienne. A reprendre, plus particulièrement avec : – Les adolescents dits « difficiles » ; – Les ados incarcérés ; – La maladie chronique et son vécue: • Exp : Carson Mac Cullers et son RAA.• Quelques éléments protecteurs , oubliés: – Un peu de distance . – Beaucoup de pudeur. – Aller vers, avec bienveillance. – Des mots qui valorisent, encouragent, au quotidien DU Marseille ; Juin 2012 32
  33. 33. En vous remerciant,Pour votre écoute  . DU Marseille ; Juin 2012 33

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