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THEME 2 : L’INVENTION DE LA CITOYENNETE DANS LE MONDE ANTIQUE
Rappel
Introduction :
Au Vème siècle av. J.C., la cité d’Athènes donne une dimension très forte à la notion de citoyenneté par l’instauration d’un
régime politique original qui établit l’égale participation des citoyens à la vie de la cité : c’est la démocratie.
Au début de notre ère, dans un régime politique différent, l’empire romain développe et diffuse une autre conception de la
citoyenneté.
Problématique :
Quelles sont les caractéristiques des citoyennetés antiques et sont-elles pour autant des modèles politiques ?
Question 1 : Citoyenneté et démocratie à Athènes (Vème-IVème siècles av. J.C.)
Quels sont les liens entre citoyenneté et démocratie à Athènes ?
I. Citoyens, non-citoyens dans la démocratie athénienne.
1) Le citoyen évolue dans le cadre de la cité.
Carte p 38-39 :
- A partir de l’exemple d’Athènes, définissez ce qu’est une cité-Etat.
- Quelles sont les particularités d’Athènes à cette époque ?
Cité-Etat : ville entourée de terres agricoles délimitée par des frontières, elle est indépendante et possède son propre système
politique, une armée et sa propre monnaie.
Territoire organisé autour de 2 espaces : l’asty (la cité) et la chora (espaces ruraux et littoral)
Rayonnement culturel très fort d’Athènes à cette époque (architecture, théâtre…) mais lutte d’influences à l’échelle du monde
grec avec d’autres cités-Etat, notamment Sparte qui repose sur un système monarchique.
On compte ainsi de très nombreuses guerres entre cités (un Grec passe une année de sa vie sur trois à combattre).
2) Etre citoyen à Athènes.
Doc 1 (Aristote):
- A quelles conditions devient-on citoyen athénien ?
Peut-être citoyen un homme qui est né de père et de mères athéniens (double-filiation imposée par Périclès en 451 av J-C) et
qui a effectué un service militaire de deux ans (l’éphébie) au cours duquel il apprend les valeurs de la cité. Ces conditions très
restrictives d’accès à la citoyenneté font que l’on compte seulement 40 000 citoyens sur un ensemble de 400 000 habitants.
3) Les exclus de la démocratie athénienne. (Question : Qui ?)
Sont ainsi exclus de la citoyenneté : les étrangers («métèques»), les « nothoï » (enfants nés hors mariage), les esclaves
(considérés comme de simples « outils animés » par Aristote) et les femmes (considérées comme des « éternelles
mineures »). Cependant certaines fêtes civiques et religieuses intégraient également les femmes, les enfants, les métèques et
les esclaves.
Doc 5 p 43 :
- En quoi les métèques sont-ils indispensables à la cité ?
Même si les métèques et les esclaves ne disposent pas de droits civiques, ils sont cependant indispensables à l’économie
athénienne. Exceptionnellement, la citoyenneté pouvait être accordée à des métèques (doc 1 p 42)
II. Pratiquer la démocratie à Athènes.
1 – Les droits et les devoirs du citoyen athénien.
Doc 2 (Aristote) + doc 3 + Vase hoplite :
- Quels sont les devoirs du citoyen athénien ?
 Le citoyen doit participer à la vie politique de la cité quel que soit son métier. Depuis les réformes de Solon au VIème
siècle, les citoyens sont égaux devant la loi : c’est l’isonomie. Tout citoyen peut être amené, par tirage au sort, à
devenir magistrat. Le misthos (indemnité) permet aux citoyens les plus pauvres d’accomplir leur devoir civique.
 Tout citoyen doit également combattre pour la cité. Un citoyen est forcément un soldat et vice-versa. Le combat
d’hoplite impose un entraînement régulier et une connaissance très poussée de ses compagnons d’armes. Les citoyens
les plus riches combattent comme cavaliers alors que le plus pauvres rament sur les trières. Le combat hoplitique est
le plus valorisé par les Grecs alors que le rôle des rameurs est souvent moqué par les aristocrates.
 La participation aux cérémonies religieuses collectives est absolument incontournable pour chaque citoyen : les
sacrifices, libations, recours à des oracles, banquets scandent tous les moments importants de la vie de la cité.
 En échange de ces devoirs, les lois de la cité protègent le citoyen de toute décision arbitraire (ne peut être torturé ou
vendu comme esclave…).
2 – Une démocratie directe.
 Organigramme p 45 :
1) Pourquoi peut-on parler de « démocratie directe » ?
Athènes pratique une démocratie directe car ce sont les citoyens qui prennent directement toutes les décisions importantes :
ainsi l’assemblée des citoyens (Ecclesia) vote les décisions majeures comme la guerre, les 6000 juges de l’Héliée, qui sont tous
tirés au sort, détiennent le pouvoir judiciaire, 500 autre citoyens tirés au sort préparent les lois et les séances de l’Ecclesia à la
Boulé.
2) Que peut signifier le tirage au sort des juges ou des membres de la Boulé ?
Ce tirage montre la confiance qui est faite en chaque citoyen pour exercer des tâches parfois assez difficiles mais elle montre
aussi que les citoyens athéniens sont très croyants (ils remettent leur sort entre les mains des Dieux).
Doc 1 p 44 + 2 p 49 :
En quoi ces deux objets renforcent-ils l’idée d’une souveraineté de chaque citoyen ?
Après une procédure prévue par la constitution chaque citoyen peut décider ou non d’ostraciser un citoyen qu’on soupçonne
de tyrannie. De même chacun des 6000 héliastes décide d’inculper (tige creuse) ou d’acquitter (tige pleine) un accusé.
3) Les lieux de la démocratie.
Docs lieux de la démocratie
Doc 3 p 45 :
1) Relevez les différents engagements de l’héliaste et classez-les en plusieurs catégories.
- Agora : centre politique, commerçant et social de la cité.
- Héliée : tribunal populaire. 6000 citoyens tirés au sort pour 1 an. Siège 200 jours/an
- Boulè : Conseil des 500 prytanes tirés au sort.
- Pnyx : Ecclesia se réunit 10 fois/an.
4 – La participation aux activités civiques à travers l’exemple des Panathénées.
Docs 4, 5, 6
La fête des Panathénées est une fête religieuse en l’honneur de la déesse poliade de la cité.
C’est aussi une fête civique qui permet aux Athéniens de renforcer la cohésion sociale et leur sentiment d’appartenir à la plus
puissante des cités grecques qui possède le meilleur gouvernement : la démocratie.
III. La démocratie : un régime politique en débat.
1) La démocratie débattue.
Doc 4 p 49 :
- Résumez en quelques lignes la position de chacun des intervenants.
- Comment peut-on nommer chacun des régimes politiques évoqués ?
Les Athéniens sont conscients des limites de leur système politique et n’hésitent pas à le critiquer. Les débats ont lieu à
l’Ecclésia, au théâtre ou au travers des écrits des philosophes et des historiens et opposent les partisans d’une démocratie
directe la plus large possible à un système gouverné par les magistrats les plus sages. Certains sont favorables à une oligarchie
ou même une monarchie, comme à Sparte.
2) La démocratie critiquée.
Doc 3 p 49 (Belin) + doc 7 :
- Quel portrait Aristophane dresse-t-il de la démocratie athénienne ?
Doc 8 :
- Quel est la position de Platon au sujet de la démocratie ?
Doc 2 p 57 :
- Que pense Xénophon au sujet des régimes politiques de Sparte et d’Athènes ?
En 411 puis en 404 dans un contexte d’affaiblissement de la cité face à Sparte (guerre du Péloponnèse), deux coups d’Etat
conduisent à des tentatives d’instauration d’une oligarchie réduisant considérablement le pouvoir du « démos» (mesures
contre les métèques également). A cette occasion, les débats et les critiques de la démocratie sont fréquents de la part des
philosophes.
Ainsi Aristophane est très critique en ce qui concerne l’exercice de la démocratie par les assemblées populaires (corruption,
cupidité…). De même Platon est un adversaire de la démocratie : il affiche un profond mépris pour les classes populaires (les
rameurs notamment) et souhaiterait réserver l’exercice du pouvoir aux philosophes tandis que Xénophon souhaiterait limiter
l’exercice de la démocratie aux citoyens les plus aisés en s’inspirant du modèle spartiate.
Conclusion :
La démocratie athénienne est associée conception restreinte, fermée et sélective de la citoyenneté. Seul un petit nombre
d’habitants dispose de droits civiques et peut participer à la vie de la cité.
Par ailleurs, la démocratie évolue aux Vème et IVème siècles vers une participation plus égale de tous les citoyens au pouvoir,
au détriment des familles aristocratiques. Cependant la guerre du Péloponnèse semble être un tournant vers une remise en
cause de la démocratie au profit d’autres modèles (oligarchie, monarchie, tyrannie…)
Question 2 : Citoyenneté et empire à Rome (Ier-IIIème siècles)
En quoi la conception de la citoyenneté à Rome diffère-t-elle de celle d’Athènes ?
Introduction :
Rappel conquêtes romaines => diapo animé
Carte p 60-61 :
1) Quels sont les bénéfices de la conquête dans les provinces de l’empire ?
Contexte spatial, politique et institutionnel très différent de celui d’Athènes :
- Spatialement, nous avons envisagé la citoyenneté dans le cadre très restreint et fermé de la cité. A Rome, le cadre est celui
d’un empire vaste de 3 millions de Km2 qui englobe tout le pourtour méditerranéen.
- Politiquement, distinction cités indépendantes et variété des régimes politiques/pouvoir central monarchique. Vision
universaliste et intégratrice du pouvoir romain => diffusion de la culture et du droit romains (romanisation).
A partir de la fin du Ier siècle av. J.C. (27), le Principat (l’Empire) succède à la République avec Auguste.
Mise en place d’un pouvoir de type monarchie absolue héréditaire et autoritaire (l’Empereur romain) après la victoire
d’Actium.
Il faut donc distinguer l’acception géographique du terme empire, de l’acception politique (l’Empire). La République romaine
(jusqu’à Auguste) était un empire au sens géographique mais pas au sens politique.
- Institutionnellement, les institutions républicaines demeurent mais vidées de leur pouvoir au profit de celui de l’Empereur.
Citoyenneté très prestigieuse fondée sur la naissance et la richesse (Athènes : fondée sur l’égalité politique). Les citoyens
n’ont plus la réalité du pouvoir politique. Volonté d’étendre la citoyenneté aux élites locales de l’empire.
Etude de cas :
Citoyenneté et romanisation à Glanum
Carte p 65 + cartes de situation + Carte de Peutinger :
Glanum est un oppidum (cité gauloise) de droit latin situé dans la province de Gaule Narbonnaise créée en 118 av. J.C. Elle est
située à proximité de colonies romaines (Arles, Orange) et de colonies latines fortement romanisées comme Nîmes, mais
surtout de la voie domitienne, voie romaine qui relie l’Espagne à Rome qui contribue à son développement.
I. Qu’est-ce qu’être citoyen romain ?
1) Les droits et les devoirs du citoyen.
 Des droits :
 Droit de vote dans les assemblées du peuple romain, droit de participer à la vie politique de la cité (tombe en
désuétude au Ier s avec le changement de régime)
 Accès aux magistratures (cursus honorum)
 Droit de contracter un mariage légal (connubium)
 Droit de posséder, de vendre, de rédiger un testament
 Droit de faire appel d’un jugement devant l’assemblée des Comices
 Droit de porter la toge et la tria nomina : praenomen (prénom), nomen (nom de famille ou gentilice),
cognomen (surnom). Ex : Caius Julius Caesar.
 Des devoirs :
 Payer l’impôt
 Servir la cité (droit de se présenter aux magistratures, évergétisme)
 Le service militaire dans la légion romaine
 Participer au culte impérial (cf photo maison carrée)
Seul le citoyen romain bénéficiait de la pleine capacité juridique.
Privilèges fiscaux : grâce aux conquêtes, les citoyens romains sont exemptés de l’impôt direct (tributum) mais restent soumis
aux impôts indirects (affranchissements, succession…)
Privilèges juridiques : ex de Paul mais aussi de ces colons d’un domaine impérial africain qui portèrent plainte auprès de
l’empereur Commode contre un procurateur accusé d’avoir fait battre et enchaîner des citoyens => ces paysans connaissaient
les implications de leur statut.
La jouissance du droit privé romain justifiait la recherche de la citoyenneté.
Citoyenneté romaine était prestigieuse : c’est une dignité découlant de l’appartenance au peuple dominant le monde civilisé.
Etre promu citoyen romain abolissait l’infériorité de la subordination née de la conquête.
La citoyenneté romaine était supérieure à toutes les autres. Conscience d’appartenir à la romanité => très prestigieux.
2) Une citoyenneté inégale.
Doc 1 et 2
1) Que réclament les plébéiens ?
2) Comment justifient-ils leur revendication ?
Contrairement à la citoyenneté athénienne, la citoyenneté romaine n’est pas fondée sur l’égalité mais sur la naissance et la
richesse => ce n’est pas une démocratie.
On distingue donc les patriciens (les honestiores) des plébéiens (les humiliores). Déjà sous la République, les patriciens
détenaient l’essentiel des droits civiques et la réalité du pouvoir : droit de vote, charge de magistrat, sénateur…
Sous l’empire, les fonctions les plus prestigieuses au service de l’empereur restent aux mains des patriciens : préfets,
gouverneurs de provinces, procurateurs, proconsuls, sénateurs…
Doc 2 p 63 :
1) Quels sont les droits attachés au statut de citoyen romain
2) En quoi ces droits sont-ils inégaux ?
Si, à l’époque républicaine, les peines infamantes et la torture ne peuvent être appliquées qu’aux non-citoyens,
progressivement, elles sont appliquées aux humiliores. Seuls les honestiores y échappent. Par exemple, dès Auguste et Tibère,
les travaux forcés sont limités aux plébéiens. De même le droit d’appel est de plus en plus réservé aux honestiores.
Néanmoins cette distinction n’apparaît pas dans les sources juridiques, de manière formelle, avant le IIIe
siècle.
3) Les exclus de la citoyenneté.
Les pérégrins sont exclus de la citoyenneté mais peuvent exercer des charges civiques dans les cités pérégrines de l’empire.
Les esclaves n’ont aucun droit, mais certains ont pu avoir une grande influence en exerçant des fonctions importantes auprès
de leur maître (ex : César…).
Les femmes possèdent la citoyenneté mais aucun des droits politiques qui y sont attachés.
II. Une citoyenneté ouverte et intégratrice.
1) Qui devient citoyen ?
Doc 3, 4 + Zegrenses.
1) Qui peut recevoir la citoyenneté romaine à Glanum ? Comment ?
2) Qui accorde la citoyenneté ? Pourquoi ?
Par la naissance => enfants dont les parents étaient citoyens romains.
La citoyenneté pouvait aussi être accordée par l’empereur pour services exceptionnels. C’est la concession viritane =>
procédure exceptionnelle destiné à des notables pérégrins.
Ex de Pline le Jeune qui a demandé à Trajan de donner la citoyenneté à son médecin Postumus Marinus et sa famille ou de
l’empereur Marc Aurèle qui a accordé la citoyenneté à une famille de notables de la tribu des Zegrenses pour sa grande
loyauté (doc 1 p 74). La citoyenneté s’ajoute au droit local (ex : un citoyen athénien qui devient citoyen romain reste aussi
citoyen athénien).
Par affranchissement : en affranchissant son esclave, un citoyen romain en faisait un homme de sa famille et un citoyen (cf
gentilice). Mais citoyenneté incomplète.
Dans les colonies ou municipes de droit latin comme Glanum, la citoyenneté pouvait être accordée à des notables indigènes
après l’exercice d’une magistrature municipale.
Qui est citoyen romain ?
Dans les colonies de droit romain Tous les hommes libres
Dans les colonies ou municipes de droit latin Les anciens magistrats
+ octroi à titre individuel
Dans les cités pérégrines Octroi à titre individuel
Par le service militaire (auxiliaires). A Glanum, la famille des Iulii a érigé un monumental mausolée pour témoigner de sa
puissance et rappeler qu’elle doit sa citoyenneté aux exploits guerriers de l’un de ses membres durant la guerre des Gaules
aux côtés de Jules César. (doc 5)
Devenus citoyens, les habitants de l’empire affichent leur appartenance à une aire culturelle marquée par l’adoption du latin
(ou du grec pour les plus cultivés) comme langue commune, la romanisation de leur nom, de celui des dieux, du port de la
toge…
2) La vie civique à Glanum
Doc 6 :
1) Comment se manifeste la romanisation de la cité ?
Thermes : lieu de détente et de rencontre politique.
Curie /Bouleutérion : Siège du sénat municipal (décurions).
Basilique : Espace public couvert. Activités judicaires et bancaires. Marché.
Forum : Ancienne agora. Centre politique.
Temples du culte impérial : culte officiel, obligatoire de l’empereur.
Doc 8 :
1) Qui est à l’origine de la construction des monuments de la cité ?
2) Au-delà de leur utilité pratique, quelle est la fonction symbolique de ces monuments ?
Dans les cités romaines, la vie civique est intense. Les rassemblements collectifs obligatoires autour des cultes impériaux
cimentent la vie locale. C'est pourquoi les temples, forum, théâtre ou amphithéâtre apparaissent comme les lieux de la
citoyenneté romaine. Leur vocation est à la fois civile et religieuse.
Les riches citoyens et les magistrats mettaient leur richesse au service de la cité en construisant des édifices et en offrant des
plaisirs collectifs, fêtes civiques, bains et spectacles : c’est l’évergétisme qui peut être considéré comme une forme de
mécénat civique.
Derrière ces pratiques on trouve une profonde motivation sociale : le riche montre et légitime sa richesse en la donnant et
une authentique motivation civique de son attachement à sa cité et à l’empire : il ne s’agit pas d’un devoir formel comme
l’impôt mais d’une obligation morale.
De plus, à travers l’évergétisme, on perçoit des rivalités entre cités et une âpre compétition entre notables à la recherche
d’une reconnaissance par tous.
3) L’extension de la citoyenneté dans l’empire comme condition de l’intégration.
Doc 3 p 67 :
1) Comment l’empereur Claude justifie-t-il sa décision ?
La citoyenneté est accordée largement car elle constitue un moyen très efficace pour intégrer et romaniser les peuples
conquis. La citoyenneté fait des élites des peuples conquis des vecteurs de la romanisation et peuvent se mettre au service de
l’Empire en servant dans l’armée ou l’administration.
A partir du Ier siècle, la citoyenneté est accordée à des provinces entières (Gaule cisalpine).
En Gaule (Narbonnaise conquise en 121 av, gaule chevelue en 58-51 av), les élites se montrent désireuses d’acquérir la
citoyenneté et d’accéder au Sénat de Rome.
En 48, l’empereur Claude autorise les élites gauloises à suivre le cursus honorum (carrière des honneurs) et donc d’accéder au
Sénat de Rome.
 Discours de Claude retrouvé gravé sur la « Table claudienne ».
Les sénateurs romains, comme Sénèque, critiquent cette décision.
Au Ier siècle, la diffusion de la citoyenneté romaine se poursuit. L’empereur Vespasien octroie le droit latin à toutes les cités
d’Espagne.
Avec Trajan, pour la 1ère
fois un provincial est empereur.
Docs 1 p 70 et 5 p 71 :
1) Quelle décision est prise par l’empereur Caracalla ?
2) Pourquoi Dion Cassius s’y oppose-t-il ?
Le nombre de citoyens romains augmente très largement jusqu’à ce que l’empereur Caracalla, en 212, décide d’accorder la
citoyenneté à tous les hommes libres de l’Empire.
Cependant, certains contemporains, tel Dion Cassius, critiquent cette décision et avancent des considérations fiscales pour
l’expliquer.
Conclusion :
Contrairement à la citoyenneté athénienne, la citoyenneté romaine n’est pas fermée. La citoyenneté est accordée largement
car elle constitue un moyen très efficace pour intégrer et romaniser les peuples conquis. La citoyenneté fait des élites des
peuples conquis des vecteurs de la romanisation et peuvent se mettre au service de l’Empire en servant dans l’armée ou
l’administration.
Sous l'Empire, les habitants des provinces manifestent leur volonté d'intégration ; la citoyenneté progresse partout mais à des
rythmes différents (cf Tables claudiennes). En 212 l'empereur Caracalla octroie la citoyenneté à tous les hommes libres de
l'Empire. Cette décision est donc l'aboutissement d'une longue évolution entamée depuis 3 siècles. Désormais la citoyenneté
n'est plus réservée à une élite.
L'empire c'est donc expansion et intégration.
Le gouvernement impérial, le princeps, est garant du maintien de la cohésion entre les peuples et de la préservation de
l'étendue territoriale. La citoyenneté, c'est un des moyens d'attacher les peuples aux institutions de l'empire.

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  • 1. THEME 2 : L’INVENTION DE LA CITOYENNETE DANS LE MONDE ANTIQUE Rappel Introduction : Au Vème siècle av. J.C., la cité d’Athènes donne une dimension très forte à la notion de citoyenneté par l’instauration d’un régime politique original qui établit l’égale participation des citoyens à la vie de la cité : c’est la démocratie. Au début de notre ère, dans un régime politique différent, l’empire romain développe et diffuse une autre conception de la citoyenneté. Problématique : Quelles sont les caractéristiques des citoyennetés antiques et sont-elles pour autant des modèles politiques ? Question 1 : Citoyenneté et démocratie à Athènes (Vème-IVème siècles av. J.C.) Quels sont les liens entre citoyenneté et démocratie à Athènes ? I. Citoyens, non-citoyens dans la démocratie athénienne. 1) Le citoyen évolue dans le cadre de la cité. Carte p 38-39 : - A partir de l’exemple d’Athènes, définissez ce qu’est une cité-Etat. - Quelles sont les particularités d’Athènes à cette époque ? Cité-Etat : ville entourée de terres agricoles délimitée par des frontières, elle est indépendante et possède son propre système politique, une armée et sa propre monnaie. Territoire organisé autour de 2 espaces : l’asty (la cité) et la chora (espaces ruraux et littoral) Rayonnement culturel très fort d’Athènes à cette époque (architecture, théâtre…) mais lutte d’influences à l’échelle du monde grec avec d’autres cités-Etat, notamment Sparte qui repose sur un système monarchique. On compte ainsi de très nombreuses guerres entre cités (un Grec passe une année de sa vie sur trois à combattre). 2) Etre citoyen à Athènes. Doc 1 (Aristote): - A quelles conditions devient-on citoyen athénien ? Peut-être citoyen un homme qui est né de père et de mères athéniens (double-filiation imposée par Périclès en 451 av J-C) et qui a effectué un service militaire de deux ans (l’éphébie) au cours duquel il apprend les valeurs de la cité. Ces conditions très restrictives d’accès à la citoyenneté font que l’on compte seulement 40 000 citoyens sur un ensemble de 400 000 habitants. 3) Les exclus de la démocratie athénienne. (Question : Qui ?) Sont ainsi exclus de la citoyenneté : les étrangers («métèques»), les « nothoï » (enfants nés hors mariage), les esclaves (considérés comme de simples « outils animés » par Aristote) et les femmes (considérées comme des « éternelles mineures »). Cependant certaines fêtes civiques et religieuses intégraient également les femmes, les enfants, les métèques et les esclaves. Doc 5 p 43 : - En quoi les métèques sont-ils indispensables à la cité ? Même si les métèques et les esclaves ne disposent pas de droits civiques, ils sont cependant indispensables à l’économie athénienne. Exceptionnellement, la citoyenneté pouvait être accordée à des métèques (doc 1 p 42)
  • 2. II. Pratiquer la démocratie à Athènes. 1 – Les droits et les devoirs du citoyen athénien. Doc 2 (Aristote) + doc 3 + Vase hoplite : - Quels sont les devoirs du citoyen athénien ?  Le citoyen doit participer à la vie politique de la cité quel que soit son métier. Depuis les réformes de Solon au VIème siècle, les citoyens sont égaux devant la loi : c’est l’isonomie. Tout citoyen peut être amené, par tirage au sort, à devenir magistrat. Le misthos (indemnité) permet aux citoyens les plus pauvres d’accomplir leur devoir civique.  Tout citoyen doit également combattre pour la cité. Un citoyen est forcément un soldat et vice-versa. Le combat d’hoplite impose un entraînement régulier et une connaissance très poussée de ses compagnons d’armes. Les citoyens les plus riches combattent comme cavaliers alors que le plus pauvres rament sur les trières. Le combat hoplitique est le plus valorisé par les Grecs alors que le rôle des rameurs est souvent moqué par les aristocrates.  La participation aux cérémonies religieuses collectives est absolument incontournable pour chaque citoyen : les sacrifices, libations, recours à des oracles, banquets scandent tous les moments importants de la vie de la cité.  En échange de ces devoirs, les lois de la cité protègent le citoyen de toute décision arbitraire (ne peut être torturé ou vendu comme esclave…). 2 – Une démocratie directe.  Organigramme p 45 : 1) Pourquoi peut-on parler de « démocratie directe » ? Athènes pratique une démocratie directe car ce sont les citoyens qui prennent directement toutes les décisions importantes : ainsi l’assemblée des citoyens (Ecclesia) vote les décisions majeures comme la guerre, les 6000 juges de l’Héliée, qui sont tous tirés au sort, détiennent le pouvoir judiciaire, 500 autre citoyens tirés au sort préparent les lois et les séances de l’Ecclesia à la Boulé. 2) Que peut signifier le tirage au sort des juges ou des membres de la Boulé ? Ce tirage montre la confiance qui est faite en chaque citoyen pour exercer des tâches parfois assez difficiles mais elle montre aussi que les citoyens athéniens sont très croyants (ils remettent leur sort entre les mains des Dieux). Doc 1 p 44 + 2 p 49 : En quoi ces deux objets renforcent-ils l’idée d’une souveraineté de chaque citoyen ? Après une procédure prévue par la constitution chaque citoyen peut décider ou non d’ostraciser un citoyen qu’on soupçonne de tyrannie. De même chacun des 6000 héliastes décide d’inculper (tige creuse) ou d’acquitter (tige pleine) un accusé. 3) Les lieux de la démocratie. Docs lieux de la démocratie Doc 3 p 45 : 1) Relevez les différents engagements de l’héliaste et classez-les en plusieurs catégories. - Agora : centre politique, commerçant et social de la cité. - Héliée : tribunal populaire. 6000 citoyens tirés au sort pour 1 an. Siège 200 jours/an - Boulè : Conseil des 500 prytanes tirés au sort. - Pnyx : Ecclesia se réunit 10 fois/an.
  • 3. 4 – La participation aux activités civiques à travers l’exemple des Panathénées. Docs 4, 5, 6 La fête des Panathénées est une fête religieuse en l’honneur de la déesse poliade de la cité. C’est aussi une fête civique qui permet aux Athéniens de renforcer la cohésion sociale et leur sentiment d’appartenir à la plus puissante des cités grecques qui possède le meilleur gouvernement : la démocratie. III. La démocratie : un régime politique en débat. 1) La démocratie débattue. Doc 4 p 49 : - Résumez en quelques lignes la position de chacun des intervenants. - Comment peut-on nommer chacun des régimes politiques évoqués ? Les Athéniens sont conscients des limites de leur système politique et n’hésitent pas à le critiquer. Les débats ont lieu à l’Ecclésia, au théâtre ou au travers des écrits des philosophes et des historiens et opposent les partisans d’une démocratie directe la plus large possible à un système gouverné par les magistrats les plus sages. Certains sont favorables à une oligarchie ou même une monarchie, comme à Sparte. 2) La démocratie critiquée. Doc 3 p 49 (Belin) + doc 7 : - Quel portrait Aristophane dresse-t-il de la démocratie athénienne ? Doc 8 : - Quel est la position de Platon au sujet de la démocratie ? Doc 2 p 57 : - Que pense Xénophon au sujet des régimes politiques de Sparte et d’Athènes ? En 411 puis en 404 dans un contexte d’affaiblissement de la cité face à Sparte (guerre du Péloponnèse), deux coups d’Etat conduisent à des tentatives d’instauration d’une oligarchie réduisant considérablement le pouvoir du « démos» (mesures contre les métèques également). A cette occasion, les débats et les critiques de la démocratie sont fréquents de la part des philosophes. Ainsi Aristophane est très critique en ce qui concerne l’exercice de la démocratie par les assemblées populaires (corruption, cupidité…). De même Platon est un adversaire de la démocratie : il affiche un profond mépris pour les classes populaires (les rameurs notamment) et souhaiterait réserver l’exercice du pouvoir aux philosophes tandis que Xénophon souhaiterait limiter l’exercice de la démocratie aux citoyens les plus aisés en s’inspirant du modèle spartiate. Conclusion : La démocratie athénienne est associée conception restreinte, fermée et sélective de la citoyenneté. Seul un petit nombre d’habitants dispose de droits civiques et peut participer à la vie de la cité. Par ailleurs, la démocratie évolue aux Vème et IVème siècles vers une participation plus égale de tous les citoyens au pouvoir, au détriment des familles aristocratiques. Cependant la guerre du Péloponnèse semble être un tournant vers une remise en cause de la démocratie au profit d’autres modèles (oligarchie, monarchie, tyrannie…)
  • 4. Question 2 : Citoyenneté et empire à Rome (Ier-IIIème siècles) En quoi la conception de la citoyenneté à Rome diffère-t-elle de celle d’Athènes ? Introduction : Rappel conquêtes romaines => diapo animé Carte p 60-61 : 1) Quels sont les bénéfices de la conquête dans les provinces de l’empire ? Contexte spatial, politique et institutionnel très différent de celui d’Athènes : - Spatialement, nous avons envisagé la citoyenneté dans le cadre très restreint et fermé de la cité. A Rome, le cadre est celui d’un empire vaste de 3 millions de Km2 qui englobe tout le pourtour méditerranéen. - Politiquement, distinction cités indépendantes et variété des régimes politiques/pouvoir central monarchique. Vision universaliste et intégratrice du pouvoir romain => diffusion de la culture et du droit romains (romanisation). A partir de la fin du Ier siècle av. J.C. (27), le Principat (l’Empire) succède à la République avec Auguste. Mise en place d’un pouvoir de type monarchie absolue héréditaire et autoritaire (l’Empereur romain) après la victoire d’Actium. Il faut donc distinguer l’acception géographique du terme empire, de l’acception politique (l’Empire). La République romaine (jusqu’à Auguste) était un empire au sens géographique mais pas au sens politique. - Institutionnellement, les institutions républicaines demeurent mais vidées de leur pouvoir au profit de celui de l’Empereur. Citoyenneté très prestigieuse fondée sur la naissance et la richesse (Athènes : fondée sur l’égalité politique). Les citoyens n’ont plus la réalité du pouvoir politique. Volonté d’étendre la citoyenneté aux élites locales de l’empire. Etude de cas : Citoyenneté et romanisation à Glanum Carte p 65 + cartes de situation + Carte de Peutinger : Glanum est un oppidum (cité gauloise) de droit latin situé dans la province de Gaule Narbonnaise créée en 118 av. J.C. Elle est située à proximité de colonies romaines (Arles, Orange) et de colonies latines fortement romanisées comme Nîmes, mais surtout de la voie domitienne, voie romaine qui relie l’Espagne à Rome qui contribue à son développement.
  • 5. I. Qu’est-ce qu’être citoyen romain ? 1) Les droits et les devoirs du citoyen.  Des droits :  Droit de vote dans les assemblées du peuple romain, droit de participer à la vie politique de la cité (tombe en désuétude au Ier s avec le changement de régime)  Accès aux magistratures (cursus honorum)  Droit de contracter un mariage légal (connubium)  Droit de posséder, de vendre, de rédiger un testament  Droit de faire appel d’un jugement devant l’assemblée des Comices  Droit de porter la toge et la tria nomina : praenomen (prénom), nomen (nom de famille ou gentilice), cognomen (surnom). Ex : Caius Julius Caesar.  Des devoirs :  Payer l’impôt  Servir la cité (droit de se présenter aux magistratures, évergétisme)  Le service militaire dans la légion romaine  Participer au culte impérial (cf photo maison carrée) Seul le citoyen romain bénéficiait de la pleine capacité juridique. Privilèges fiscaux : grâce aux conquêtes, les citoyens romains sont exemptés de l’impôt direct (tributum) mais restent soumis aux impôts indirects (affranchissements, succession…) Privilèges juridiques : ex de Paul mais aussi de ces colons d’un domaine impérial africain qui portèrent plainte auprès de l’empereur Commode contre un procurateur accusé d’avoir fait battre et enchaîner des citoyens => ces paysans connaissaient les implications de leur statut. La jouissance du droit privé romain justifiait la recherche de la citoyenneté. Citoyenneté romaine était prestigieuse : c’est une dignité découlant de l’appartenance au peuple dominant le monde civilisé. Etre promu citoyen romain abolissait l’infériorité de la subordination née de la conquête. La citoyenneté romaine était supérieure à toutes les autres. Conscience d’appartenir à la romanité => très prestigieux.
  • 6. 2) Une citoyenneté inégale. Doc 1 et 2 1) Que réclament les plébéiens ? 2) Comment justifient-ils leur revendication ? Contrairement à la citoyenneté athénienne, la citoyenneté romaine n’est pas fondée sur l’égalité mais sur la naissance et la richesse => ce n’est pas une démocratie. On distingue donc les patriciens (les honestiores) des plébéiens (les humiliores). Déjà sous la République, les patriciens détenaient l’essentiel des droits civiques et la réalité du pouvoir : droit de vote, charge de magistrat, sénateur… Sous l’empire, les fonctions les plus prestigieuses au service de l’empereur restent aux mains des patriciens : préfets, gouverneurs de provinces, procurateurs, proconsuls, sénateurs… Doc 2 p 63 : 1) Quels sont les droits attachés au statut de citoyen romain 2) En quoi ces droits sont-ils inégaux ? Si, à l’époque républicaine, les peines infamantes et la torture ne peuvent être appliquées qu’aux non-citoyens, progressivement, elles sont appliquées aux humiliores. Seuls les honestiores y échappent. Par exemple, dès Auguste et Tibère, les travaux forcés sont limités aux plébéiens. De même le droit d’appel est de plus en plus réservé aux honestiores. Néanmoins cette distinction n’apparaît pas dans les sources juridiques, de manière formelle, avant le IIIe siècle. 3) Les exclus de la citoyenneté. Les pérégrins sont exclus de la citoyenneté mais peuvent exercer des charges civiques dans les cités pérégrines de l’empire. Les esclaves n’ont aucun droit, mais certains ont pu avoir une grande influence en exerçant des fonctions importantes auprès de leur maître (ex : César…). Les femmes possèdent la citoyenneté mais aucun des droits politiques qui y sont attachés.
  • 7. II. Une citoyenneté ouverte et intégratrice. 1) Qui devient citoyen ? Doc 3, 4 + Zegrenses. 1) Qui peut recevoir la citoyenneté romaine à Glanum ? Comment ? 2) Qui accorde la citoyenneté ? Pourquoi ? Par la naissance => enfants dont les parents étaient citoyens romains. La citoyenneté pouvait aussi être accordée par l’empereur pour services exceptionnels. C’est la concession viritane => procédure exceptionnelle destiné à des notables pérégrins. Ex de Pline le Jeune qui a demandé à Trajan de donner la citoyenneté à son médecin Postumus Marinus et sa famille ou de l’empereur Marc Aurèle qui a accordé la citoyenneté à une famille de notables de la tribu des Zegrenses pour sa grande loyauté (doc 1 p 74). La citoyenneté s’ajoute au droit local (ex : un citoyen athénien qui devient citoyen romain reste aussi citoyen athénien). Par affranchissement : en affranchissant son esclave, un citoyen romain en faisait un homme de sa famille et un citoyen (cf gentilice). Mais citoyenneté incomplète. Dans les colonies ou municipes de droit latin comme Glanum, la citoyenneté pouvait être accordée à des notables indigènes après l’exercice d’une magistrature municipale. Qui est citoyen romain ? Dans les colonies de droit romain Tous les hommes libres Dans les colonies ou municipes de droit latin Les anciens magistrats + octroi à titre individuel Dans les cités pérégrines Octroi à titre individuel Par le service militaire (auxiliaires). A Glanum, la famille des Iulii a érigé un monumental mausolée pour témoigner de sa puissance et rappeler qu’elle doit sa citoyenneté aux exploits guerriers de l’un de ses membres durant la guerre des Gaules aux côtés de Jules César. (doc 5) Devenus citoyens, les habitants de l’empire affichent leur appartenance à une aire culturelle marquée par l’adoption du latin (ou du grec pour les plus cultivés) comme langue commune, la romanisation de leur nom, de celui des dieux, du port de la toge…
  • 8. 2) La vie civique à Glanum Doc 6 : 1) Comment se manifeste la romanisation de la cité ? Thermes : lieu de détente et de rencontre politique. Curie /Bouleutérion : Siège du sénat municipal (décurions). Basilique : Espace public couvert. Activités judicaires et bancaires. Marché. Forum : Ancienne agora. Centre politique. Temples du culte impérial : culte officiel, obligatoire de l’empereur. Doc 8 : 1) Qui est à l’origine de la construction des monuments de la cité ? 2) Au-delà de leur utilité pratique, quelle est la fonction symbolique de ces monuments ? Dans les cités romaines, la vie civique est intense. Les rassemblements collectifs obligatoires autour des cultes impériaux cimentent la vie locale. C'est pourquoi les temples, forum, théâtre ou amphithéâtre apparaissent comme les lieux de la citoyenneté romaine. Leur vocation est à la fois civile et religieuse. Les riches citoyens et les magistrats mettaient leur richesse au service de la cité en construisant des édifices et en offrant des plaisirs collectifs, fêtes civiques, bains et spectacles : c’est l’évergétisme qui peut être considéré comme une forme de mécénat civique. Derrière ces pratiques on trouve une profonde motivation sociale : le riche montre et légitime sa richesse en la donnant et une authentique motivation civique de son attachement à sa cité et à l’empire : il ne s’agit pas d’un devoir formel comme l’impôt mais d’une obligation morale. De plus, à travers l’évergétisme, on perçoit des rivalités entre cités et une âpre compétition entre notables à la recherche d’une reconnaissance par tous.
  • 9. 3) L’extension de la citoyenneté dans l’empire comme condition de l’intégration. Doc 3 p 67 : 1) Comment l’empereur Claude justifie-t-il sa décision ? La citoyenneté est accordée largement car elle constitue un moyen très efficace pour intégrer et romaniser les peuples conquis. La citoyenneté fait des élites des peuples conquis des vecteurs de la romanisation et peuvent se mettre au service de l’Empire en servant dans l’armée ou l’administration. A partir du Ier siècle, la citoyenneté est accordée à des provinces entières (Gaule cisalpine). En Gaule (Narbonnaise conquise en 121 av, gaule chevelue en 58-51 av), les élites se montrent désireuses d’acquérir la citoyenneté et d’accéder au Sénat de Rome. En 48, l’empereur Claude autorise les élites gauloises à suivre le cursus honorum (carrière des honneurs) et donc d’accéder au Sénat de Rome.  Discours de Claude retrouvé gravé sur la « Table claudienne ». Les sénateurs romains, comme Sénèque, critiquent cette décision. Au Ier siècle, la diffusion de la citoyenneté romaine se poursuit. L’empereur Vespasien octroie le droit latin à toutes les cités d’Espagne. Avec Trajan, pour la 1ère fois un provincial est empereur. Docs 1 p 70 et 5 p 71 : 1) Quelle décision est prise par l’empereur Caracalla ? 2) Pourquoi Dion Cassius s’y oppose-t-il ? Le nombre de citoyens romains augmente très largement jusqu’à ce que l’empereur Caracalla, en 212, décide d’accorder la citoyenneté à tous les hommes libres de l’Empire. Cependant, certains contemporains, tel Dion Cassius, critiquent cette décision et avancent des considérations fiscales pour l’expliquer. Conclusion : Contrairement à la citoyenneté athénienne, la citoyenneté romaine n’est pas fermée. La citoyenneté est accordée largement car elle constitue un moyen très efficace pour intégrer et romaniser les peuples conquis. La citoyenneté fait des élites des peuples conquis des vecteurs de la romanisation et peuvent se mettre au service de l’Empire en servant dans l’armée ou l’administration. Sous l'Empire, les habitants des provinces manifestent leur volonté d'intégration ; la citoyenneté progresse partout mais à des rythmes différents (cf Tables claudiennes). En 212 l'empereur Caracalla octroie la citoyenneté à tous les hommes libres de l'Empire. Cette décision est donc l'aboutissement d'une longue évolution entamée depuis 3 siècles. Désormais la citoyenneté n'est plus réservée à une élite. L'empire c'est donc expansion et intégration. Le gouvernement impérial, le princeps, est garant du maintien de la cohésion entre les peuples et de la préservation de l'étendue territoriale. La citoyenneté, c'est un des moyens d'attacher les peuples aux institutions de l'empire.