Attitude pratique en face d’une
         endophtalmie
Une des rares vraies urgences !
• Post chirurgicale :
  – Aigue : Cataracte en premier (SNP, vitrectomie,
    IVT…)
  Chronique post chirurgicale
• Post traumatique
• Endogène : infection périphérique,
  endocardite, inoculation...
Une des rares vraies urgences !
• Post chirurgicale :
  – Aigue : Cataracte en premier (SNP, vitrectomie,
    IVT…)
  – Retardée aigue : surtout sur bulle de filtration
  – Chronique post chirurgicale
• Post traumatique
• Endogène : infection périphérique,
  endocardite, inoculation...
Endophtalmie post-chirurgicale
• Aigue : J1 à J8
• A plus de 90% par BGP (Staph. Epi surtout puis
  S. aureus, Strepto, Entero)
• A moins de 10 % par BGN, jamais fongique
• 100% des staph epi sont sensibles à la Vanco, très
  souvent à l’amikacine, un peu moins à la
  Ceftazidime
• Au moins 90% des BGN sensibles à l’Amikacine
  et la Ceftazidime
Diagnostic

• Le patient prévenu consulte pour :
  – BAV brutale dans les heures ou jours postop
    pratiquement constante mais variable
  – Douleur aigue dans 75 % “seulement”
  – Larmoiement, photophobie, œil rouge
• Intérêt de la prévention par information
  préalable, surtout sur BAV
Diagnostic
• A l’examen
  – Acuité visuelle
     • Conservée
     • Chiffrable
     • Non chiffrable
  – Oedème palpébral ?
  – Secrétions, chémosis ?
Diagnostic
– Cornée variable :
   • Plis systématiques, mêmes minimes
   • Elément important en cas de Tyndall après chirurgie
     réglée sans problèmes
– PIO variable
– Tyndall CA et hypopion
– Membrane pupillaire, souvent avec extension
  vers une kératotomie
– Trouble du vitré : si absent sur œil
  inflammatoire, diagnostic douteux
Conduite à tenir
• Diagnostic certain :
  – Prélèvement et IVT en urgence
  – Antibiotique IV
  – Hospitalisation
Conduite à tenir
• Diagnostic certain :
  – Prélèvement et IVT en urgence
  – Antibiotique IV
  – Hospitalisation
• Diagnostic douteux :
  – Prélèvement et IVT en urgence
  – Revoir le lendemain
Conduite à tenir
• Le prélèvement :
  – PCA le plus facile, le moins “rentable”
  – Ponction du vitré : facile mais pas toujours
    possible :
     • Ponction à 3-4 mm du limbe (s/c Xylo 1%)
     • Aiguille 30 ou 27 G sur seringue de 2cc (pas de
       risque d’incarcération si sortie sans aspiration)
     • Aspirer fort
  – En même temps que l’IVT
Conduite à tenir
• Que faire du prélèvement ?
• Labo disponible : examen direct
• Pas de labo (et de toutes façons IVT faite)
  – Mis sur flacon d’hémoculture aérobie (anaérobie si on
    a assez de prélèvement)
  – Etuve et culture puis antibiogramme
• PCR : possible et efficace mais chère et utile
  seulement en cas de doute diagnostic et de
  traitement initial inefficace
Conduite à tenir
• IVT :
  – Systématique Vancomycine (1mg/0,1 ml BSS)
  – Toujours associée
     • Ceftazidime (Fortum) ++++ (2 à 2,25 mg/0,1 ml)
     • Amikacine : le moins rétino-toxique des aminosides
       mais reste quand même un peu dangereux en cas
       d’erreur de dilution (0,2 mg/0,1 ml)
  – Discuté : 200 à 400 µg de Dexaméthasone en
    même temps, ablation membrane pupillaire si
    conditions chirurgicales
Conduite à tenir
• Vitrectomie :
  – En urgence en cas d’acuité non chiffrable (EVS) ou
    abcedation du vitré
  – Biopsie du vitré (25 gauges)
  – Vitrectomie centrale élargie après ablation membrane
    pupillaire sous visco-élastique
  – Ne jamais essayer de faire une vitrectomie complète
  – En pratique : impossible à réaliser. Différer de
    quelques heures après prélèvement et IVT
  – Tamponnement par silicone si DR ou en cas de CEIO
Conduite à tenir
• Où et quand ?
  – Le plus vite possible car évolution parfois
    foudroyante
  – Salle dédiée aux urgences
  – Au lit du patient
  – Au bloc opératoire mais ne pas attendre la fin
    de programme (sauf diagnostic douteux)
Conduite à tenir
• En même temps :
  – Traitement antibiotique IV (à poser aux
    urgences si nécessaire)
     • Pas indispensable selon EVRS mais choix des
       antibiotiques discutable (Amikacine et Ceftazidime :
       spectre pas idéal et pharmacocinétique mauvaise)
     • Au mieux : fluoroquinolone, fosfomycine,
       Imipénème
  – Corticothérapie en flash après 24 ou 48 heures
Secondairement
• Patient souvent soulagé en 24 heures
• En fonction de l’évolution clinique
  – Rien de plus : parfois une IVT sans réinjection
    suffit
  – Antibiothérapie IV puis per-os 10 jours
  – Re-IVT (guidée par antibiogramme éventuel) à
    J3 si FO non visible
  – Vitrectomie selon évolution
Pronostic
• Rapidité du diagnostic
• Rapidité du traitement
• Germe en cause (Streptocoque et BGN)
• Qualité de la prise en charge
• Parallélisme certain entre état initial et
  résultat thérapeutique
• Pas d’autre facteur pronostic absolu : 20 à
  30% auront mieux que 5/10...
Prévention
• Bétadine
• Bouleversement en cours avec les injections
  en CA de Céfuroxime
• Prévenir les patients
• Etre disponible pour les recevoir en urgence

[DES1 Urgences] Endophtalmie / Dr Y.LeMer (17 mars 2012)

  • 1.
    Attitude pratique enface d’une endophtalmie
  • 2.
    Une des raresvraies urgences ! • Post chirurgicale : – Aigue : Cataracte en premier (SNP, vitrectomie, IVT…) Chronique post chirurgicale • Post traumatique • Endogène : infection périphérique, endocardite, inoculation...
  • 3.
    Une des raresvraies urgences ! • Post chirurgicale : – Aigue : Cataracte en premier (SNP, vitrectomie, IVT…) – Retardée aigue : surtout sur bulle de filtration – Chronique post chirurgicale • Post traumatique • Endogène : infection périphérique, endocardite, inoculation...
  • 4.
    Endophtalmie post-chirurgicale • Aigue: J1 à J8 • A plus de 90% par BGP (Staph. Epi surtout puis S. aureus, Strepto, Entero) • A moins de 10 % par BGN, jamais fongique • 100% des staph epi sont sensibles à la Vanco, très souvent à l’amikacine, un peu moins à la Ceftazidime • Au moins 90% des BGN sensibles à l’Amikacine et la Ceftazidime
  • 5.
    Diagnostic • Le patientprévenu consulte pour : – BAV brutale dans les heures ou jours postop pratiquement constante mais variable – Douleur aigue dans 75 % “seulement” – Larmoiement, photophobie, œil rouge • Intérêt de la prévention par information préalable, surtout sur BAV
  • 6.
    Diagnostic • A l’examen – Acuité visuelle • Conservée • Chiffrable • Non chiffrable – Oedème palpébral ? – Secrétions, chémosis ?
  • 7.
    Diagnostic – Cornée variable: • Plis systématiques, mêmes minimes • Elément important en cas de Tyndall après chirurgie réglée sans problèmes – PIO variable – Tyndall CA et hypopion – Membrane pupillaire, souvent avec extension vers une kératotomie – Trouble du vitré : si absent sur œil inflammatoire, diagnostic douteux
  • 10.
    Conduite à tenir •Diagnostic certain : – Prélèvement et IVT en urgence – Antibiotique IV – Hospitalisation
  • 11.
    Conduite à tenir •Diagnostic certain : – Prélèvement et IVT en urgence – Antibiotique IV – Hospitalisation • Diagnostic douteux : – Prélèvement et IVT en urgence – Revoir le lendemain
  • 12.
    Conduite à tenir •Le prélèvement : – PCA le plus facile, le moins “rentable” – Ponction du vitré : facile mais pas toujours possible : • Ponction à 3-4 mm du limbe (s/c Xylo 1%) • Aiguille 30 ou 27 G sur seringue de 2cc (pas de risque d’incarcération si sortie sans aspiration) • Aspirer fort – En même temps que l’IVT
  • 13.
    Conduite à tenir •Que faire du prélèvement ? • Labo disponible : examen direct • Pas de labo (et de toutes façons IVT faite) – Mis sur flacon d’hémoculture aérobie (anaérobie si on a assez de prélèvement) – Etuve et culture puis antibiogramme • PCR : possible et efficace mais chère et utile seulement en cas de doute diagnostic et de traitement initial inefficace
  • 14.
    Conduite à tenir •IVT : – Systématique Vancomycine (1mg/0,1 ml BSS) – Toujours associée • Ceftazidime (Fortum) ++++ (2 à 2,25 mg/0,1 ml) • Amikacine : le moins rétino-toxique des aminosides mais reste quand même un peu dangereux en cas d’erreur de dilution (0,2 mg/0,1 ml) – Discuté : 200 à 400 µg de Dexaméthasone en même temps, ablation membrane pupillaire si conditions chirurgicales
  • 15.
    Conduite à tenir •Vitrectomie : – En urgence en cas d’acuité non chiffrable (EVS) ou abcedation du vitré – Biopsie du vitré (25 gauges) – Vitrectomie centrale élargie après ablation membrane pupillaire sous visco-élastique – Ne jamais essayer de faire une vitrectomie complète – En pratique : impossible à réaliser. Différer de quelques heures après prélèvement et IVT – Tamponnement par silicone si DR ou en cas de CEIO
  • 17.
    Conduite à tenir •Où et quand ? – Le plus vite possible car évolution parfois foudroyante – Salle dédiée aux urgences – Au lit du patient – Au bloc opératoire mais ne pas attendre la fin de programme (sauf diagnostic douteux)
  • 18.
    Conduite à tenir •En même temps : – Traitement antibiotique IV (à poser aux urgences si nécessaire) • Pas indispensable selon EVRS mais choix des antibiotiques discutable (Amikacine et Ceftazidime : spectre pas idéal et pharmacocinétique mauvaise) • Au mieux : fluoroquinolone, fosfomycine, Imipénème – Corticothérapie en flash après 24 ou 48 heures
  • 19.
    Secondairement • Patient souventsoulagé en 24 heures • En fonction de l’évolution clinique – Rien de plus : parfois une IVT sans réinjection suffit – Antibiothérapie IV puis per-os 10 jours – Re-IVT (guidée par antibiogramme éventuel) à J3 si FO non visible – Vitrectomie selon évolution
  • 20.
    Pronostic • Rapidité dudiagnostic • Rapidité du traitement • Germe en cause (Streptocoque et BGN) • Qualité de la prise en charge • Parallélisme certain entre état initial et résultat thérapeutique • Pas d’autre facteur pronostic absolu : 20 à 30% auront mieux que 5/10...
  • 21.
    Prévention • Bétadine • Bouleversementen cours avec les injections en CA de Céfuroxime • Prévenir les patients • Etre disponible pour les recevoir en urgence