Dysfonctionnements thyroïdiens
Dr Alain SCHEIMANN
Endocrinologue-Diabétologue (Paris)
Hypothyroïdies basses
 Hypothyroïdie auto-immune
 Hypothyroïdie post-infectieuse
 Hypothyroïdie post-chirurgicale
 Hypothyroïdie post-radique
 Hypothyroïdie iatrogène
 Hypothyroïdie idiopathique
Réduction des réactions énergétiques cellulaires (anabolisme, catabolisme)
Etiologie à évoquer pour un traitement adapté
Hypothyroïdies:
Orientations diagnostiques – Interrogatoire
1. Antécédents familiaux :
Thyroïdite, nodules, prises de Lévothyrox, cancers NEM, iode….
2. Antécédents personnels :
Hépatites, HIV, insuffisance cardiaque, épisode fébrile, algie cou,
AEG (altération état général), dépression (lithium)…
3. Prises médicamenteuses :
Amiodarone, interféron, ATS (neomercazole, …)
Hypothyroïdies
Orientations diagnostiques – Examen
clinique
● Examen clinique de la thyroïde
Goitre ? Nodules ? Adénopathies satellites ?
Points sensibles ?
● Retentissement clinique (épisodes récents)?
Asthénie psychique / physique - Prise de poids,
Chutes des cheveux / Troubles du transit / Frilosité
Hypothyroïdies
Orientations diagnostiques – Bilan à réaliser
● Bilan biologique :
TSHus, T4l / T3l (AEG)
Ac anti-thyroperoxydase (Ac-anti TPO)
Thyroglobuline (Tg) : non . Ac-anti Tg : non
Ac anti-récepteur TSH (TRAK) : oui, si antécédent de Basedow
● Examens complémentaires
Echographie thyroïdienne : ancienne disponible?
Thyroïdite suspectée ? Nodule associé ? Basedow associé ?
Hypothyroïdies
Orientations diagnostiques
Bilan à réaliser
. Conséquences sur le métabolisme
Tolérance glucidique abaissée (glycémie augmentée)
Hypercholestérolémie - Anémie (avec hémodilution) - CPK élevée
[Masse musculaire protéique réduite - Consommation O2 réduite
Précipitation calcique osseuse élevée - Hypothermie
- Baisse du métabolisme basal → prise de poids]
Causes des hypothyroïdies
Thyroïdites lymphocytaires :
- postménopausique
- post-partum
– du post-partum
- Thyroïdite de Riedel (thyr chronique sclérosante, rare)
- Thyroïdite de De Quervain
Iatrogènes :
- post-iode radioactif
- postradiothérapie
Causes des hypothyroïdies
Iatrogènes :
– antithyroïdiens et lithium
– surcharge iodée
– cytokines
Congénitale : ectopie et athyréose
Congénitale : anomalie de l’hormonosynthèse
Insuffisance thyréotrope
Carence en iode - Syndrome de résistance à la TSH - Infiltration
métastatique
Hypothyroïdies basses- Diagnostic positif
Avérées : TSHus élevée (>10microUi/ml - donc non haute); T4l basse
Débutantes, frustes : TSU us élevée ; T4l normale
1.Thyroïdite d'Hashimoto
goitre ferme, Ac anti-TPO +++, Ac anti-thyroglobuline ++
antécédents familiaux ; maladies auto-immunes (insuff. surrénalienne, Biermer)
CAT si TSHus Nle et Ac anti-TPO + ? Grossesse - asthénie - …
2. Hypothyroïdies médicamenteuses (amiodarone, interféron, lithium, ATS)
Iodémie élevée; T4l et T3l effondrées ; Fixation I131 nulle
3. Hypothyroïdies post-chirurgie / post iode-radioactive
4. Hypothyroïdies par involution
marqueurs - ; écho : petite thyroïde ; médicaments iatrogènes =0
5. Hypothyroïdies par non-observance / erreurs de posologie
Hypothyroïdies - Traitements
. Traitement de la cause
. Traitement de substitution : besoin 1,6 µg/kg/j
Levothyroxine (Lévothyrox)- cp 25 à 200 µg
L-thyroxine goutte (1gtte = 5 µg)
Liothyronine (Cynomel, cp de L-T3 : 25 µg)
L-T3 + L-T4 (Euthyral 20/100)
. Effets secondaires
Aggravation possible de troubles cardiaques.
Rarement : réaction allergique cutanée.
Surdosage : tachycardie, insomnie, excitabilité, sueurs, amaigrissement rapide,
diarrhée.
. Générique : efficacité variable si traitement avec fortes doses (lié à l’adjuvant)?
Hypothyroïdies - Objectifs & Suivi
. Objectifs
Femme enceinte : TSHus < 2,5 mUI/ml
Sujets non- cardiaques : TSHus < 4,5 UI/ml
Sujets cardiaques, âgés : TSHus < 7 Ui/ml
. Suivi
Amélioration des symptômes
Surveillance clinique (goitre, involution, ...)
Traitement ponctuel / chronique ( le rappeler)
Doser : TSHus 1 fois/an quand objectif atteint
Ac anti-peroxydase: non, si ac anti-TPO + au dg
Echo thyroïdienne : si nodule(s) / GHN associé(s)
Scintigraphie : pas d’indication
Hypothyroïdie - Traitements nécessitant
l’augmentation de la lévothyroxine
– Interférences avec l’absorption intestinale de la T4
sulfate de fer (attention chez la femme enceinte), carbonate de calcium,
hydroxyde d’alumine,
• cholestyramine ;
– Augmentation de la clairance de la T4
phénobarbital, carbamazépine, rifampicine, phénytoïne, sertraline,
chloroquine ;
– Augmentation de la liaison aux protéines porteuses (TBG)
traitement œstrogénique
(instauration ou à l’arrêt du traitement hormonal de la ménopause).
Hypothyroïdie
Education thérapeutique
 Le patient sait ce qu’est une hypothyroïdie et les conséquences sur sa santé en
l’absence de prise en charge médicale efficace.
 Le patient connaît les manifestations qui doivent l’inciter à consulter pour
suspicion de sur ou de sous-dosages.
 Le patient est l’acteur actif avec son médecin du suivi de sa maladie : délai
d’efficacité, rappel des examens de contrôle, les adaptations thérapeutiques et
les critères de stabilisation /guérison.
Hypothyroïdie - Points clés
• Le diagnostic de dysthyroïdie est fait par le dosage de la TSHus
• Les signes cliniques de l’hypothyroïdie sont nombreux, variés, non spécifiques et
inconstants : demander «facilement » le dosage de la TSH.
Les autres examens demandés en seconde intention ne sont utiles qu’au diagnostic
étiologique: les anticorps anti-TPO, l’échographie.
• Le dosage de la T3L et la scintigraphie ne sont d’aucune utilité.
Dans la thyroïdite d’Hashimoto, les taux d’anticorps anti-TPO sont souvent très élevés et on
retrouve un goitre ferme, nodulaire.
La présence d’autres maladies auto-immunes est à rechercher dans la famille du patient.
Hypothyroïdie
Points clés
• La thyroïdite atrophique, après 50 ans, est une étiologie
fréquente, d’évolution lente, avec présence fréquente d’anticorps
anti-TPO à des taux modérés.
• L’existence de thyroïdites iatrogènes par médicaments iodés
(amiodarone, interféron, etc.), après thyroïdectomie, après
traitement par l’iode 131 ou radiothérapie cervicale justifie le
contrôle annuel de la TSH.
Hypothyroïdie - Points clés
• Le traitement repose sur la lévothyroxine à visée substitutive, avec un suivi de la
TSH à 4-8 semaines jusqu’à obtention de l’euthyroïdie, puis un suivi annuel :
patience avant d’augmenter Lévothyroxine.
• L'hypothyroïdie périphérique est le dysfonctionnement thyroïdien le plus fréquent.
Sa prévalence est environ de 2 %. L'hypothyroïdie est plus fréquente chez la femme
que chez l'homme. Sa prévalence augmente avec l'âge pour atteindre 1,9 % chez les
sujets de plus de 65 ans.
• L'hypothyroïdie est le plus souvent due:
– à une thyroïdite auto-immune (54 %);
– à une cause médicamenteuse (15 %), en particulier au décours d'une surcharge en
iode (surtout chez les patients ayant un apport iodé suffisant).
• Le coma myxœdémateux est rare alors que l'hypothyroïdie subclinique est
fréquente. En revanche, l’hypothyroïdie centrale (d’origine hypohysaire, au niveau du
cerveau) est rare et représente moins de 5 % des hypothyroïdies diagnostiquées.
Dysfonctionnements thyroïdiens
Références bibliographiques :
 Société Française d’Endocrinologie
 Haute Autorité de Santé (HAS)
 Amelie-sante.fr
Dysfonctionnements thyroïdiens
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Dr Alain SCHEIMANN
Endocrinologue-Diabétologue (Paris)

Hypothyroïdie validée

  • 1.
    Dysfonctionnements thyroïdiens Dr AlainSCHEIMANN Endocrinologue-Diabétologue (Paris)
  • 2.
    Hypothyroïdies basses  Hypothyroïdieauto-immune  Hypothyroïdie post-infectieuse  Hypothyroïdie post-chirurgicale  Hypothyroïdie post-radique  Hypothyroïdie iatrogène  Hypothyroïdie idiopathique Réduction des réactions énergétiques cellulaires (anabolisme, catabolisme) Etiologie à évoquer pour un traitement adapté
  • 3.
    Hypothyroïdies: Orientations diagnostiques –Interrogatoire 1. Antécédents familiaux : Thyroïdite, nodules, prises de Lévothyrox, cancers NEM, iode…. 2. Antécédents personnels : Hépatites, HIV, insuffisance cardiaque, épisode fébrile, algie cou, AEG (altération état général), dépression (lithium)… 3. Prises médicamenteuses : Amiodarone, interféron, ATS (neomercazole, …)
  • 4.
    Hypothyroïdies Orientations diagnostiques –Examen clinique ● Examen clinique de la thyroïde Goitre ? Nodules ? Adénopathies satellites ? Points sensibles ? ● Retentissement clinique (épisodes récents)? Asthénie psychique / physique - Prise de poids, Chutes des cheveux / Troubles du transit / Frilosité
  • 5.
    Hypothyroïdies Orientations diagnostiques –Bilan à réaliser ● Bilan biologique : TSHus, T4l / T3l (AEG) Ac anti-thyroperoxydase (Ac-anti TPO) Thyroglobuline (Tg) : non . Ac-anti Tg : non Ac anti-récepteur TSH (TRAK) : oui, si antécédent de Basedow ● Examens complémentaires Echographie thyroïdienne : ancienne disponible? Thyroïdite suspectée ? Nodule associé ? Basedow associé ?
  • 6.
    Hypothyroïdies Orientations diagnostiques Bilan àréaliser . Conséquences sur le métabolisme Tolérance glucidique abaissée (glycémie augmentée) Hypercholestérolémie - Anémie (avec hémodilution) - CPK élevée [Masse musculaire protéique réduite - Consommation O2 réduite Précipitation calcique osseuse élevée - Hypothermie - Baisse du métabolisme basal → prise de poids]
  • 7.
    Causes des hypothyroïdies Thyroïditeslymphocytaires : - postménopausique - post-partum – du post-partum - Thyroïdite de Riedel (thyr chronique sclérosante, rare) - Thyroïdite de De Quervain Iatrogènes : - post-iode radioactif - postradiothérapie
  • 8.
    Causes des hypothyroïdies Iatrogènes: – antithyroïdiens et lithium – surcharge iodée – cytokines Congénitale : ectopie et athyréose Congénitale : anomalie de l’hormonosynthèse Insuffisance thyréotrope Carence en iode - Syndrome de résistance à la TSH - Infiltration métastatique
  • 9.
    Hypothyroïdies basses- Diagnosticpositif Avérées : TSHus élevée (>10microUi/ml - donc non haute); T4l basse Débutantes, frustes : TSU us élevée ; T4l normale 1.Thyroïdite d'Hashimoto goitre ferme, Ac anti-TPO +++, Ac anti-thyroglobuline ++ antécédents familiaux ; maladies auto-immunes (insuff. surrénalienne, Biermer) CAT si TSHus Nle et Ac anti-TPO + ? Grossesse - asthénie - … 2. Hypothyroïdies médicamenteuses (amiodarone, interféron, lithium, ATS) Iodémie élevée; T4l et T3l effondrées ; Fixation I131 nulle 3. Hypothyroïdies post-chirurgie / post iode-radioactive 4. Hypothyroïdies par involution marqueurs - ; écho : petite thyroïde ; médicaments iatrogènes =0 5. Hypothyroïdies par non-observance / erreurs de posologie
  • 10.
    Hypothyroïdies - Traitements .Traitement de la cause . Traitement de substitution : besoin 1,6 µg/kg/j Levothyroxine (Lévothyrox)- cp 25 à 200 µg L-thyroxine goutte (1gtte = 5 µg) Liothyronine (Cynomel, cp de L-T3 : 25 µg) L-T3 + L-T4 (Euthyral 20/100) . Effets secondaires Aggravation possible de troubles cardiaques. Rarement : réaction allergique cutanée. Surdosage : tachycardie, insomnie, excitabilité, sueurs, amaigrissement rapide, diarrhée. . Générique : efficacité variable si traitement avec fortes doses (lié à l’adjuvant)?
  • 11.
    Hypothyroïdies - Objectifs& Suivi . Objectifs Femme enceinte : TSHus < 2,5 mUI/ml Sujets non- cardiaques : TSHus < 4,5 UI/ml Sujets cardiaques, âgés : TSHus < 7 Ui/ml . Suivi Amélioration des symptômes Surveillance clinique (goitre, involution, ...) Traitement ponctuel / chronique ( le rappeler) Doser : TSHus 1 fois/an quand objectif atteint Ac anti-peroxydase: non, si ac anti-TPO + au dg Echo thyroïdienne : si nodule(s) / GHN associé(s) Scintigraphie : pas d’indication
  • 12.
    Hypothyroïdie - Traitementsnécessitant l’augmentation de la lévothyroxine – Interférences avec l’absorption intestinale de la T4 sulfate de fer (attention chez la femme enceinte), carbonate de calcium, hydroxyde d’alumine, • cholestyramine ; – Augmentation de la clairance de la T4 phénobarbital, carbamazépine, rifampicine, phénytoïne, sertraline, chloroquine ; – Augmentation de la liaison aux protéines porteuses (TBG) traitement œstrogénique (instauration ou à l’arrêt du traitement hormonal de la ménopause).
  • 13.
    Hypothyroïdie Education thérapeutique  Lepatient sait ce qu’est une hypothyroïdie et les conséquences sur sa santé en l’absence de prise en charge médicale efficace.  Le patient connaît les manifestations qui doivent l’inciter à consulter pour suspicion de sur ou de sous-dosages.  Le patient est l’acteur actif avec son médecin du suivi de sa maladie : délai d’efficacité, rappel des examens de contrôle, les adaptations thérapeutiques et les critères de stabilisation /guérison.
  • 14.
    Hypothyroïdie - Pointsclés • Le diagnostic de dysthyroïdie est fait par le dosage de la TSHus • Les signes cliniques de l’hypothyroïdie sont nombreux, variés, non spécifiques et inconstants : demander «facilement » le dosage de la TSH. Les autres examens demandés en seconde intention ne sont utiles qu’au diagnostic étiologique: les anticorps anti-TPO, l’échographie. • Le dosage de la T3L et la scintigraphie ne sont d’aucune utilité. Dans la thyroïdite d’Hashimoto, les taux d’anticorps anti-TPO sont souvent très élevés et on retrouve un goitre ferme, nodulaire. La présence d’autres maladies auto-immunes est à rechercher dans la famille du patient.
  • 15.
    Hypothyroïdie Points clés • Lathyroïdite atrophique, après 50 ans, est une étiologie fréquente, d’évolution lente, avec présence fréquente d’anticorps anti-TPO à des taux modérés. • L’existence de thyroïdites iatrogènes par médicaments iodés (amiodarone, interféron, etc.), après thyroïdectomie, après traitement par l’iode 131 ou radiothérapie cervicale justifie le contrôle annuel de la TSH.
  • 16.
    Hypothyroïdie - Pointsclés • Le traitement repose sur la lévothyroxine à visée substitutive, avec un suivi de la TSH à 4-8 semaines jusqu’à obtention de l’euthyroïdie, puis un suivi annuel : patience avant d’augmenter Lévothyroxine. • L'hypothyroïdie périphérique est le dysfonctionnement thyroïdien le plus fréquent. Sa prévalence est environ de 2 %. L'hypothyroïdie est plus fréquente chez la femme que chez l'homme. Sa prévalence augmente avec l'âge pour atteindre 1,9 % chez les sujets de plus de 65 ans. • L'hypothyroïdie est le plus souvent due: – à une thyroïdite auto-immune (54 %); – à une cause médicamenteuse (15 %), en particulier au décours d'une surcharge en iode (surtout chez les patients ayant un apport iodé suffisant). • Le coma myxœdémateux est rare alors que l'hypothyroïdie subclinique est fréquente. En revanche, l’hypothyroïdie centrale (d’origine hypohysaire, au niveau du cerveau) est rare et représente moins de 5 % des hypothyroïdies diagnostiquées.
  • 17.
    Dysfonctionnements thyroïdiens Références bibliographiques:  Société Française d’Endocrinologie  Haute Autorité de Santé (HAS)  Amelie-sante.fr
  • 18.
    Dysfonctionnements thyroïdiens MERCI pourvotre lecture Dr Alain SCHEIMANN Endocrinologue-Diabétologue (Paris)