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RougeoleMise à jour de la fiche
02/2011
Agent pathogène
Descriptif de l'agent pathogène
Réservoir et principales sources d'infection
Viabilité et infectiosité
Données épidémiologiques
Population générale
Milieu professionnel
Nom :
Morbillivirus
Synonyme(s) :
Virus de la rougeole.
Type d'agent Virus
Groupe de classement 2
Descriptif de l'agent :
Morbillivirus, virus à ARN enveloppé, famille des Paramyxoviridae.
Type de réservoir Homme
Strictement humain.
Vecteur :
Pas de vecteur.
Viabilité, résistance physico-chimique :
- persistance de l'infectiosité des aérosols au moins 30 minutes ;
- survie < ou = à 2 heures sur les surfaces inertes ;
- inactivé par la chaleur : 56 °C pendant 30 minutes ; inactivé par la lumière ;
- sensible à de nombreux désinfectants : hypochlorite de sodium à 1 %, éthanol à 70 %, glutaraldéhyde, formaldéhyde.
Infectiosité :
Maladie virale extrêmement contagieuse.
Taux de contamination des professionnels de santé non immuns après exposition évalué à 75 % en Grande-Bretagne en 1999.
- De survenue endémique saisonnière à la fin de l'hiver et au printemps, et à recrudescence épidémique cyclique, c'est une maladie de l'enfant, de l'adolescent et de
l'adulte jeune chez les populations non vaccinées ;
- D'évolution souvent grave dans les pays en voie de développement, à l'origine d'un million de décès d'enfants par an, selon l'OMS. La vaccination a eu un effet très
sensible sur la mortalité rougeoleuse. Dans l'ensemble, la mortalité rougeoleuse a diminué de 68 % entre 2000 et 2006 ;
- La déclaration obligatoire (DO) de la rougeole a été réintroduite en juillet 2005 dans le cadre du plan national d'élimination de la rougeole et de la rubéole
congénitale. L'incidence des cas de rougeole a diminué de 331 000 cas/an en 1986 à 40 cas/an en 2007. Bien qu'une amélioration de la couverture vaccinale contre la
rougeole à 24 mois ait été observée ces dernières années, elle restait insuffisante en 2007 (90 % pour 1ère dose), car inférieure au niveau fixé par le plan national de
2005 (95 %) nécessaire à l'interruption de la circulation du virus de la rougeole. Ainsi, depuis 2008, on assiste à une nette augmentation du nombre de cas avec une
intensification en début d'année 2010 : 3 000 cas entre janvier et août avec 34 % des cas hospitalisés et 4 décès (atteintes neurologiques pour 2 cas et pulmonaires
pour les 2 autres cas).
Réceptivité à la rougeole des personnels de santé évaluée entre 4 et 10 % aux USA en 1994 et 1998, à 1,5 % au Japon en 2004, < 10 % en Italie en 2007.
En France, 2 cas de rougeole chez des soignants ont été signalés en 2005-2007 (dont un médecin), le lieu probable de contamination étant l'hôpital.
Depuis 2008, 42 épisodes de transmission nosocomiale ont été notifiés à l'InVS (Santé Publique France) (3 en 2008, 10 en 2009 et 29 depuis janvier 2010) : 30 (72 %) ont
impliqué au moins un personnel soignant.
D'autres cas de contamination professionnelle ont été rapportés parmi des soignants (Grande-Bretagne en 2000 - Austalie en 2002 - USA en 2008 - Slovénie en 2010).
En laboratoire :
Cas en laboratoire d'analyses (médicales, vétérinaires...) publiés depuis 1985 : Aucun cas de contamination professionnelle en laboratoire d’analyses n’a été publié.
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Pathologie
Nom de la maladie
Transmission
La maladie
Populations à risque particulier
Cas en laboratoire d'analyses (médicales, vétérinaires...) publiés depuis 1985 : Aucun cas de contamination professionnelle en laboratoire d’analyses n’a été publié.
Cas en laboratoire de recherche publiés depuis 1985 : Pas de cas publié.
Cas historiques publiés avant 1985 : Néant.
Rougeole
Mode de transmission :
- le plus souvent par l'intermédiaire de gouttelettes provenant des voies aériennes supérieures, générées lors de la toux, les éternuements ou la parole d'une
personne infectée.
- par inhalation d'aérosols contaminés : cas documentés d'infections survenues dans des endroits clos jusqu'à 2 heures après le départ du patient source
(transmission aéroportée) .
- plus rarement, par contact avec des mains souillées ou des surfaces contaminées par des sécrétions oropharyngées.
Période de contagiosité :
La période de contagiosité commence la veille de l'apparition des premiers symptômes (3 à 5 jours avant l'éruption) et persiste jusqu'au 5 jour après le début de
celle-ci.
e
Incubation :
De 7 à 18 jours, en moyenne 10 jours du moment de l'exposition au début de la fièvre, l'éruption apparaissant à 14 jours.
Clinique :
La période d'invasion correspond à une phase virémique avec présence de virus dans les sécrétions nasopharyngées et l'urine, l'atteinte de l'épithélium respiratoire
étant prédominante :
- les signes cliniques comportent un catarrhe oculo-respiratoire, une fièvre jusque 39,5 °C - 40 °C et une altération de l'état général ;
- le signe de Köplick, inconstant, est pathognomonique, apparaissant à la 36 heure et persistant jusqu'à l'éruption (petites taches blanc-bleuâtres sur fond
érythémateux au niveau de la muqueuse jugale).
L'éruption débute au niveau de la tête et du visage ; son extension est descendante en 3 à 4 jours : cou, épaules, thorax et membres supérieurs, puis abdomen,
cuisses et généralisation ; il s'agit de maculo-papules, de 1 à plusieurs mm, non prurigineuses, s'effaçant à la pression, de contours irréguliers et confluentes mais avec
intervalles de peau saine, disparaissant au bout d'une semaine.
Les complications peuvent être :
- des surinfections bactériennes fréquentes : otite (7 à 9 %), laryngite, pneumopathie (1 à 6 %) ;
- des atteintes respiratoires mécaniques : atélectasie, emphysème ;
- des atteintes neurologiques : encéphalite aiguë précoce de la période éruptive (1/2 000 rougeoles) de pronostic grave, encéphalite immuno-allergique survenant 1 à
2 semaines après l'infection de meilleur pronostic et panencéphalite sclérosante subaiguë survenant 5 à 10 ans après la rougeole (180 cas en France en 10 ans,
d'évolution toujours létale) ;
- pneumonie interstitielle notamment chez l'immunodéprimé (d'évolution fatale) ;
- rougeole " maligne ", exceptionnelle en France (d'évolution fatale également).
e
Diagnostic :
- Sérologie (technique de référence pour le diagnostic de rougeole) : présence d'IgM spécifiques ; ascension d'au moins 4 fois du taux d'anticorps totaux sur deux
prélèvements à 10 jours d'intervalle.
- Détection d'IgM salivaires (kit de prélèvement salivaire disponible au niveau des ARS, cf. : circulaire du 4 novembre 2009) : les IgM apparaissant dans la salive à
peu près en même temps que dans le sang, il est recommandé d'effectuer le prélèvement de salive à partir du 3 jour de l'éruption. Si le prélèvement est plus
précoce et si la recherche d'IgM est négative, une PCR pour la détection du génome viral sera effectuée. Fiche de renseignements pour le diagnostic de la
rougeole 1 à partir d'un prélèvement salivaire.
1 http://invs.santepubliquefrance.fr/%20fr/content/download/11798/72454/version/3/file/confirmation_bio_cas_rougeole.pdf
- RT-PCR : détecte l'ARN viral sur échantillons de sang, salive ou rhino-pharyngé, de 5 jours avant l'éruption jusqu'à 12 jours après.
e
Traitement :
Pas de traitement spécifique de la forme commune de la rougeole.
Traitement antibiotique des complications pulmonaires.
Terrain à risque accru d'acquisition :
Personnes non vaccinées.
Terrain à risque accru de forme grave :
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Immunité et prévention vaccinale
Immunité naturelle
Prévention vaccinale
Que faire en cas d'exposition ?
Définition d'un sujet exposé
Conduite à tenir immédiate
Evaluation du risque
Selon les caractéristiques de la source et le type d'exposition
Selon les caractéristiques du sujet exposé
- Malnutrition.
- Immunodépression.
- Nourrisson de moins de 1 an.
- Adulte et adolescent non-immuns.
- Femmes enceintes.
Cas particulier de la grossesse :
La rougeole survenant chez la femme enceinte peut entraîner des formes graves pour la mère et être source de complications de la grossesse (interruption précoce)
et de rougeole congénitale.
Vaccination contre-indiquée tout au long de la grossesse (comme tout vaccin à virus vivant atténué) ; toutefois les études menées chez des femmes vaccinées
accidentellement juste avant ou pendant une grossesse ne concluent pas en faveur d'une interruption de grossesse.
Naturelle définitive.
Vaccin disponible oui
Vaccin à virus vivant atténué sous forme monovalente, trivalente : associé aux vaccins contre les oreillons et la rubéole ou quadrivalente : vaccin combiné rougeole-
oreillons-rubéole-varicelle.
NB : parution en février 2011 d'un avis relatif à l'actualisation des reccommandations vaccinales contre la rougeole pour les adultes (cf Éléments de référence).
Consultez le calendrier vaccinal 2017 2
2 http://social-sante.gouv.fr/IMG/pdf/calendrier_vaccinations_2017.pdf
Immunite vaccinale :
Acquise dans les 4 jours suivant la vaccination avec un taux de séroconversion de 97 % à 100 %, et persistance de l'immunité de très longue durée (> 20 ans), même
après disparition des anticorps sériques.
Sujet ayant été en contact (y compris de façon indirecte s'il s'agit de locaux confinés) avec une personne infectée depuis la veille de l'apparition de la fièvre et jusqu'à
5 jours après le début de l'éruption.
Principales professions concernées :
- Contacts fréquents et rapprochés avec des communautés infantiles (crèches, garderies, écoles...) ;
- Services de soins pédiatriques.
Isolement strict ou éviction du sujet source.
Evaluation du risque de transmission secondaire à des personnes à risque, immunodéprimés ou nourrissons, dans l'entourage d'un sujet exposé.
Produits biologiques : la salive, les larmes, les sécrétions des voies aériennes supérieures et bronchiques sont riches en particules virales infectantes.
Type d'exposition :
Transmission inter-humaine favorisée par le catarrhe oculo-nasal et la toux. La contamination est d'autant plus favorisée que le contact est rapproché, fréquent et
prolongé.
Pas de risque en cas d'immunité antérieurement acquise par infection naturelle ou vaccination (intérêt d'une évaluation systématique du statut immunitaire vis-à-vis
de la rougeole, à la prise de fonction des professionnels à risque : personnels de pédiatrie, crèches... Dosage des anticorps si pas d'antécédent de rougeole et
vaccination absente ou incomplète).
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Prise en charge du sujet exposé
Mesures prophylactiques
Suivi médical
Pour l'entourage du sujet exposé
Démarche médico-légale
Déclaration / signalement
Liste des maladies à DO
Réparation
Accident du travail
Maladie professionnelle
Non
Non
Eléments de référence
En l'absence de contre-indication, il est recommandé l'administration d'une dose de vaccin trivalent à tous les personnels susceptibles d'être ou d'avoir
été exposés pour lesquels il n'existe pas de preuve biologique de rougeole antérieure ou qui n'ont pas reçu auparavant 2 doses de vaccin. Cette vaccination, si elle est
réalisée dans les 72 heures qui suivent un contact avec un cas, peut éviter la survenue de la maladie. La mise à jour du statut vaccinal reste préconisée même si ce
délai est dépassé.
Exposition de moins de 6 jours à un cas confirmé : immunoglobulines polyvalentes IV : indications au cas par cas (pas d'AMM dans cette indication). Le CSHPF les
recommande pour la femme enceinte, le sujet immunodéprimé et les enfants de moins de 6 mois.
- Sujet contact immunisé : aucun suivi.
- Sujet contact non-immun ou de statut inconnu : mise à jour des vaccinations (selon le calendrier vaccinal), suivi clinique.
En cas de grossesse :
Si sujet non-immun, immunoglobulines possibles.
Anamnèse clinique, antécédents vaccinaux documentés + ou - dosage sérologique.
Déclaration obligatoire oui
Consultez le site Santé Publique France 3
3 http://invs.santepubliquefrance.fr/Espace-professionnels/Maladies-a-declaration-obligatoire/Liste-des-maladies-a-declaration-obligatoire
Déclaration d'AT selon les circonstances d'exposition.
Tableau Régime Général
Tableau Régime Agricole
Maladie hors tableau et fonction publique : selon expertise.
CNR
Centre national de référence Virus de la rougeole, de la rubéole et des oreillons
CNR Coordinateur
CHU de Caen
Laboratoire de Virologie
Avenue Georges Clémenceau
14 033 CAEN CEDEX 9
Nom du responsable : Pr Astrid VABRET
Tél. : 02 31 27 25 54 (secrétariat) - 02 31 27 20 14
Fax : 02 31 27 25 57
Courriel : vabret-a@chu-caen.fr - cnr-roug-para@chu-caen.fr
CNR Laboratoire associé
AP-HP Paul Brousse
Laboratoire de Virologie
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Textes de référence
Circulaire N° DGS/RI1/2009/334 du 4 novembre 2009 relative à la transmission obligatoire de données individuelles à l'autorité sanitaire en cas de rougeole 5 et la mise
en œuvre des mesures préventives autour d'un cas ou de cas groupés. Ministère chargé de la santé, 2009.
5 http://circulaires.legifrance.gouv.fr/index.php?action=afficherCirculaire&hit=1&r=29931
Bibliographie
Accès à la liste des CNR
Laboratoire de Virologie
Hôpital Paul Brousse
12 avenue Paul Vaillant-Couturier
94 804 Villejuif
Nom du repsonsable : Dr Christelle VAULOUP-FELLOUS
Tél. : 01 45 59 33 14 - secrétariat : 01 45 59 37 21
Fax : 01 45 59 37 24
Courriel : christelle.vauloup@aphp.fr
Site CNR Virus de la rougeole, de la rubéole et des oreillons : http://www.chu-
caen.fr/service-129.html
Consultez le site Santé Publique France 4
4 http://invs.santepubliquefrance.fr/Espace-professionnels/Centres-nationaux-de-
reference/Liste-et-coordonnees-des-CNR
6 http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=198
7 http://www.hcsp.fr/Explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=306
8 http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs286/fr/index.html
9 http://invs.santepubliquefrance.fr//Dossiers-thematiques/Maladies-infectieuses/Maladies-a-declaration-obligatoire/Rougeole
10 http://www.cclinparisnord.org/Guides/FT6_Rougeole.pdf
1 | Recommandations vaccinales contre la rougeole pour les adultes 6. Haut Conseil de la santé publique (HCSP), 2011.
2 | Mendelson GM, Roth CE, Wreghitt TG, Brown NM et al. - Nosocomial transmission of measles to healthcare workers. Time for a national screening and
immunization policy for NHS staff ? J Hosp Infect. 2000 ; 44 (2) : 154-55.
3 | Fedeli U, Zanetti C, Saia B - Susceptibility of healthcare workers to measles, mumps rubella and varicella. J Hosp Infect. 2002 ; 51 (2) : 133-35.
4 | Lebon P - Virus de la rougeole. In : Pozzetto B (Ed) - Infections nosocomiales virales et à agents transmissibles non conventionnels. Montrouge : Edition John Libbey
Eurotext ; 2001 : 183-91, 554 p.
5 | Denis F - Virus de la rougeole. In : Denis F (Ed) - Les virus transmissibles de la mère à l'enfant. Médecine/Sciences Sélection. Montrouge : John Libbey
Eurotext ; 1999 : 337-44, 461 p.
6 | Survenue de maladies infectieuses dans une collectivité. 7 Conduites à tenir. Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP), 2012.
7 | Rougeole 8. Aide-mémoire n° 286. OMS, 2017.
8 | Rougeole 9. Dossier thématique. Santé Publique France, 2012.
9 | Numéro thématique. Rougeole : données sur une épidémie en France et en Europe en 2008. Bull Épidémiol Hebd. 2009 ; 39-40 : 413-40.
10 | Parent du Châtelet I, Thiolet JM - La rougeole en France : implications pour la prise en charge dans les établissements de santé et la vaccination des
professionnels. Bull Inf CClin Sud-Est. 2009 ; 42 : 6-8.
11 | Parent du Châtelet I, Antona D, Freymuth F, Muscat M et al. - Spotlight on measles 2010 : Update on the ongoing measles outbreak in France, 2008-2010. Euro
Surveill. 2010 ; 15 (36) : 1-4.
12 | Parent du Châtelet I, Floret D, Thiolet JM, Lévy-Bruhl D - Authors’ reply. Spotlight on measles 2010 : Measles in healthcare workers. Vaccination should be
revisited. Euro Surveill. 2010 ; 15 (41) : 1.
13 | Mesures pour la prévention et la maîtrise de la diffusion de la rougeole dans les établissements de santé 10. Fiche technique n°6. CCLIN Paris-Nord, 2009.
14 | Botelho-Nevers E, Cassir N, Minodier P, Laporte R et al. - Measles among healthcare workers : a potential for nosocomial outbreaks. Euro Surveill. 2011 ; 16 (2) : 1-5.
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Rouget du porcMise à jour de la fiche
11/2016
Agent pathogène
Descriptif de l'agent pathogène
Réservoir et principales sources d'infection
Viabilité et infectiosité
Données épidémiologiques
Population générale
Milieu professionnel
Nom :
Erysipelothrix rhusiopathiae.
Synonyme(s) :
Bacille du Rouget
Type d'agent Bactérie
Groupe de classement 2
Descriptif de l'agent :
Bacille à gram positif, anaérobie ou aérobie facultatif, non sporulé présentant parfois une microcapsule.
Type de réservoir Animal
Environnement
Anthropozoonose.
Réservoir principal : le porc (30-40 % des porcs sains). De très nombreuses espèces sont également porteuses, dont les ovins et autres ruminants, poissons, crustacés,
plus rarement oiseaux, volailles, rongeurs.
Animaux souvent porteurs sains.
Contamination du milieu extérieur : sol et eau.
Principale(s) source(s) :
Souvent os ou arêtes (à l’occasion de blessures), parfois simple contact avec animal contaminé (divers poissons et crustacés sont porteurs de germes dans le mucus
qui les recouvre).
Vecteur :
Pas de vecteur
Viabilité, résistance physico-chimique :
Le germe survit jusqu'à 5 semaines dans les eaux environnementales, le sol, plusieurs mois dans la matière organique, cadavre, salaisons.
Résistant à la dessiccation, au froid, et même à la congélation.
Tué par chauffage 10 minutes à 70 °C, sensible aux désinfectants usuels (soude 0,5 % et phénol à 3,5 %) mais survit dans 0,0001 % de cristal violet et 0,1 % d'azide de
sodium.
Infectiosité :
Dose infectieuse inconnue mais semble élevée.
Rare.
Pas de cas décrit en laboratoire d'analyse médicale.
Cas décrits principalement en abattoirs, boucheries, poissonneries, industries alimentaires, éleveurs de porcs. Plus rarement personnel de cuisine et chez les
vétérinaires.
Actuellement entre 5 et 10 cas reconnus par an en maladie professionnelle.
En laboratoire :
Cas en laboratoire d'analyses (médicales, vétérinaires...) publiés depuis 1985 : Pas de donnée.
Cas en laboratoire de recherche publiés depuis 1985 : Pas de donnée.
Cas historiques publiés avant 1985 : Plus de 50 cas rapportés entre 1940 et 1976.
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Pathologie
Nom de la maladie
Transmission
La maladie
Populations à risque particulier
Immunité et prévention vaccinale
Immunité naturelle
Prévention vaccinale
Que faire en cas d'exposition ?
Définition d'un sujet exposé
Rouget (du porc)
Synonyme(s) :
Erysipéloïde de Baker-Rosenbach ; érysipélotrichose ; maladie des poissonniers.
Mode de transmission :
Concerne le milieu vétérinaire ou de restauration : blessure par esquille d’os ou arête de poisson, ou écailles. Souillure d’ une plaie existante.
Risque très faible voire inexistant en laboratoire de biologie médical.
Pas de transmission interhumaine.
Période de contagiosité :
Sans objet.
Incubation :
12 à 48 heures (maximum 10 jours).
Clinique :
Plaque érythémateuse violacée (erysipeloïde), douleur, brûlure, prurit au site d’inoculation. Résolutif en 2 à 4 semaines.
Arthrite ou septicémie, endocardite si terrain immuno-déprimé ou absence de traitement.
Diagnostic :
Avant tout clinique si infection locale.
Isolement du germe difficile mais possible sur biopsie cutanée ; hémocultures si sepsis, culture de liquide articulaire… en cas de forme disséminée. Culture sur gélose
au sang sous CO et identification en spectrométrie de masse. PCR possible.2
Traitement :
β-lactamine (pénicilline A ou G) pendant une semaine si infection locale, 1 mois si endocardite. Ou doxycycline ou macrolide en cas d’allergie aux b -lactamines.
Terrain à risque accru d'acquisition :
Néant.
Terrain à risque accru de forme grave :
Immuno-dépression, diabète, alcool, dénutrition...
Cas particulier de la grossesse :
Pas de spécificité.
Non.
Vaccin disponible non
Pas de vaccin disponible
Blessure au contact d’un animal infecté : essentiellement par os (porc) ou arêtes (poissons).
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Conduite à tenir immédiate
Evaluation du risque
Selon les caractéristiques de la source et le type d'exposition
Selon les caractéristiques du sujet exposé
Prise en charge du sujet exposé
Mesures prophylactiques
Suivi médical
Pour l'entourage du sujet exposé
Démarche médico-légale
Déclaration / signalement
Réparation
Accident du travail
Maladie professionnelle
Eléments de référence
Blessure au contact d’un animal infecté : essentiellement par os (porc) ou arêtes (poissons).
Principales professions concernées :
Travail en présence d’animaux infectés ou de leur environnement souillé (litières, locaux, véhicules).
Manipulation de viande, abats, poissons, crustacés : personnels d’abattoir, bouchers-charcutiers, équarrisseurs, naturalistes, poissonniers, écailleurs, pêcheurs,
vétérinaires, éleveurs et personnels de laboratoire vétérinaire.
Se laver les mains après exposition.
En cas de plaie, désinfecter et couvrir avec un pansement imperméable.
Produits biologiques : mucus ou arêtes de poisson, os, esquilles de porcs.
Type d'exposition :
Blessure ou contact d’une plaie préexistante avec des produits biologiques contaminés.
Formes graves sur terrain fragile.
Pas d’indication à un traitement prophylactique.
Surveiller la plaie surtout les premières 48 heures et jusqu’à 10 jours pour un traitement curatif précoce.
En cas de grossesse :
Pas de spécificité.
Pas de transmission interhumaine mais vigilance dans l’entourage professionnel exposé à une même source.
Déclaration obligatoire non
Déclaration d'AT selon les circonstances d'exposition.
Tableau Régime Général RG 88
Tableau Régime Agricole RA 51
Maladie hors tableau et fonction publique : selon expertise.
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Textes de référence
Pas de texte de référence.
Bibliographie
1 | Bricaire F - Infection à " Erysipelothrix rhusiopathiae". Encyclopédie médico-chirurgicale. Maladies infectieuses 8-017-S10. Paris : Editions scientifiques et médicales
Elsevier ; 2001 : 3 p.
2 | Érysipèles animaux et érysipéloïde humaine. In : Acha PN, Szyfres B - Zoonoses et maladies transmissibles communes à l’homme et aux animaux. Volume 1 :
bactérioses et mycoses. 3 édition. Paris : Office International des Épizooties, Organisation mondiale de la santé animale ; 2005 : 85-92, 382 p.e
3 | Renaud F, Bille J, Hanser W - Erysiplothrix. In : Freney J, Renaud F, Leclercq R, Riegel P (Eds) - Précis de bactériologie clinique. 2 édition. Paris : Éditions ESKA ;
2007 : 1219-25, 1764 p.
ème
4 | Reboli AC, Farrar WE - Erysipelothrix rhusiopathiae : an occupational pathogen. Clin Microbiol Rev. 1989 ; 2 (4) : 354-59.
5 | Chaillon A, Besnier JM, Choutet P - Pathologie d’inoculation. Rev Prat. 2008 ; 58 (2) : 213-21.
6 | Wang Q, Change BJ, Riley TV - Erysipelothrix rhusiopathiae. Vet Microbiol. 2010 ; 140 (3-4) : 405-17.
7 | Volard B, Mignot L, Piednoir E, De Champ C et al. - Systemic rysipelothrix rhusiopathiae infection not associated with endocarditis highlighting bacteriological
diagnosis difficulties Case report an literature review. Ann Biol Clin. 2016 ; 74 (3) : 306-12.
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RubéoleMise à jour de la fiche
11/2013
Agent pathogène
Descriptif de l'agent pathogène
Réservoir et principales sources d'infection
Viabilité et infectiosité
Données épidémiologiques
Population générale
Milieu professionnel
Nom :
Rubivirus
Type d'agent Virus
Groupe de classement 2
Descriptif de l'agent :
Rubivirus, virus à ARN enveloppé, famille des Togaviridae.
Type de réservoir Homme
Strictement humain.
Principale(s) source(s) :
Urines des nouveaux-nés atteints de rubéole congénitale ou voie transplacentaire (rubéole congénitale)
Vecteur :
Pas de vecteur
Viabilité, résistance physico-chimique :
- Courte survie à l'extérieur de l'hôte ;
- Inactivé par la chaleur : 56 °C pendant 30 minutes, 70 °C pendant 4 minutes, 100 °C pendant 2 minutes ;
- Sensible aux rayons U.V. ;
- Sensible à de nombreux désinfectants et antiseptiques : hypochlorite de sodium à 1 %, éthanol à 70 %, glutaraldéhyde, formaldéhyde, solvants lipidiques.
Infectiosité :
Maladie hautement contagieuse.
De survenue endémique saisonnière à la fin de l'hiver et au printemps, et à recrudescence épidémique cyclique, c'est une maladie dont le pic de prévalence se situe
au cours de l'enfance dans les populations non vaccinées ; des formes sporadiques, voire des épidémies (armée française en 1996-97) sont possibles chez les vaccinés
n'ayant pas eu de rappel.
Le nombre d'infections rubéoleuses diagnostiquées durant la grossesse recensées par Renarub est en baisse depuis 2000, diminuant de 80 % entre 2001 (39 cas) et
2006 (6 cas) et est stable depuis avec moins de 10 cas annuels conduisant à un ration "nombre d'infections maternelles / nombre de naissances vivantes" inférieur à
2/100 000.
Le nombre d'infections congénitales recensées est inférieur à 5 depuis 2006.
Le ration "nouveaux-nés atteints de rubéole congénitale malformative (RCM) recensés par Rénarub / nombre de naissances vivantes (NV)" en France métropolitaine
était de 0,13/100 000 en 2011.
Depuis 2006, le nombre de grossesse interrompues dans un contexte d'infection maternelle est inférieur à 5 et était de 2 en 2011.
Données françaises :
Réceptivité à la rubéole des professionnels de santé évaluée à 7 % en France en 1996. Néanmoins, ce taux a certainement diminué du fait de la recommandation de
vaccination avec deux doses pour les personnes nées avant 1980.
Données internationales :
- 8,6 % des soignants réceptifs à la rubéole au Japon (2004),
- 11 % des soignants réceptifs à la rubéole en Italie (2007).
Des cas de transmission soignant-soigné ont été documentés.
En laboratoire :
Cas en laboratoire d'analyses (médicales, vétérinaires...) publiés depuis 1985 : Aucun cas de contamination professionnelle en laboratoire d’analyses n’a été
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Pathologie
Nom de la maladie
Transmission
La maladie
Populations à risque particulier
Cas en laboratoire d'analyses (médicales, vétérinaires...) publiés depuis 1985 : Aucun cas de contamination professionnelle en laboratoire d’analyses n’a été
publié.
Cas en laboratoire de recherche publiés depuis 1985 : Pas de cas publié.
Cas historiques publiés avant 1985 : Néant.
Rubéole
Mode de transmission :
Par l'intermédiaire de gouttelettes provenant des voies aériennes supérieures et générées par la toux, les éternuements ou la parole d'une personne infectée.
Par contact des muqueuses avec des mains, des objets ou des surfaces fraîchement contaminés par des sécrétions d'un sujet infecté ou l'urine d'un nouveau-né
atteint de rubéole congénitale très contagieux pour l'entourage car excrétant du virus pendant plusieurs mois.
Voie transplacentaire pour la rubéole congénitale.
Période de contagiosité :
La contagiosité dure pendant tout le portage :
- chez les personnes atteintes de rubéole : depuis une semaine avant l'éruption à une semaine après, pouvant se prolonger jusqu'à 15 à 21 jours après l'éruption,
notamment chez l'immunodéprimé ;
- chez les nouveaux-nés atteints de rubéole congénitale, l'excrétion du virus se prolonge au moins 6 mois (notamment dans l'urine).
La virémie est brève : de quelques jours avant l'éruption à 1 à 2 jours après.
Incubation :
De 12 à 23 jours, le plus souvent entre 14 et 18 jours.
Clinique :
Fréquence des formes inapparentes ou frustes, limitées à une éruption fugace, peu visible.
La phase d'invasion, souvent muette chez l'enfant, peut être plus marquée chez l'adolescent et l'adulte avec fièvre modérée, céphalées, arthromyalgies et douleurs
pharyngées dans les 5 jours précédant l'éruption. Les adénopathies cervicales sont constantes, parfois tendues et un peu douloureuses, de localisations
caractéristiques (rétro- auriculaires, cervicales postérieures et surtout sous occipitales).
L'éruption inconstante débute au visage et s'étend en moins de 24 heures au tronc puis aux membres, en respectant les extrêmités ; d'aspect morbilliforme le 1
jour avec éléments maculeux ou maculo-papuleux (visage), elle devient parfois scarlatiniforme le 2 jour (fesses et cuisses) et disparaît au 3 jour, généralement sans
desquamation +/- énanthème très discret +/- splénomégalie modérée.
La fièvre reste modérée et disparait au 2 ou 3 jour de l'éruption.
Les adénopathies généralisées persistent plusieurs semaines.
Les complications sont rares : polyarthrites contemporaines de l'éruption chez l'adolescent ou l'adulte, purpura thrombopénique post éruptif chez l'enfant (1/3 000),
méningo-encéphalite plus rare que celle de la rougeole (1/5 000 à 1/25 000).
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Diagnostic :
Le diagnostic clinique ne peut être certain que grâce au diagnostic biologique :
Sérologie avec titrage sérique des anticorps : les IgM et IgG sont d'apparition simultanée et concomitante à l'éruption, avec disparition rapide des IgM en 3 à 6
semaines, et persistance des IgG " en plateau " à des taux et pendant une durée très variables d'un sujet à l'autre. En l'absence d'IgM, l'argument décisif
d'infection récente est donc le comparatif entre deux examens successifs : séroconversion ou élévation significative du taux d'IgG (taux x 4) entre un examen
précoce et un examen plus tardif (dans le même laboratoire) ; on peut aussi mesurer l'avidité des anticorps de classe IgG (les anticorps sont d'autant plus avides
qu'ils sont anciens : taux < 50 % en faveur d'une primo infection récente, taux > 70 % infection ancienne datant probablement de plus de deux mois). Celle-ci et
une recherche d'IgA (si elle est négative, la primo-infection est exclue) peuvent être pratiquées dans les laboratoires spécialisés afin de différencier les primo-
infections des ré-infections.
La connaissance des résultats d'examens sérologiques antérieurs aide à l'interprétation et peut permettre d'éviter la pratique d'examens inutiles.
Recherche du virus de la rubéole : elle n'est réalisée que dans les laboratoires de virologie de haute technologie et limitée au diagnostic anténatal, effectuée soit
par isolement sur cultures cellulaires, soit par des techniques RT-PCR simple ou multiplex.
A l'hémogramme = leuconeutropénie avec plasmocytose (5 à 10 %).
Traitement :
Pas de traitement spécifique de la rubéole acquise.
Terrain à risque accru d'acquisition :
Personnes non vaccinées.
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Immunité et prévention vaccinale
Immunité naturelle
Prévention vaccinale
Que faire en cas d'exposition ?
Définition d'un sujet exposé
Conduite à tenir immédiate
Evaluation du risque
Selon les caractéristiques de la source et le type d'exposition
Cas particulier de la grossesse :
Risque tératogène :
- risque d'embryopathie avec syndrome malformatif en cas de contamination jusqu'à la 20 semaine : 85 % de malformations pendant les 8 premières semaines
(atteintes multiviscérales), 52 % de 9 à 12 semaines (incluant les cardiopathies), 16 % de 13 à 20 semaines (atteinte cérébrale et oreille interne) ;
- risque de fœtopathie à évolution viscérale en cas d'atteinte après 20 semaines, qui, du fait de la longue persistance du virus dans l'organisme, peut s'associer à
l'embryopathie : hypotrophie constante et lésions pluriviscérales évolutives à type de purpura thrombopénique, hépatosplénomégalie et ictère, méningite
lymphocytaire, myocardite, pneumopathie interstitielle, lésions osseuses ; risque létal dans 1 cas sur 5 avec persistance du virus dans les viscères et le pharynx avec
contagiosité massive pendant 6 mois.
Vaccination : contre-indiquée tout au long de la grossesse ; toutefois des études portant sur le pronostic de grossesses menées à terme suite à une vaccination
accidentelle ne concluent pas en faveur d'une interruption de grossesse en cas de vaccination pratiquée juste avant ou pendant une grossesse.
Diagnostic virologique au cours de la grossesse :
- examen sérologique chez la mère (IgM et IgG sur au moins 2 sérums) ;
- recherche du virus par amplification génique dans le liquide amniotique (après amniocentèse) ;
- recherche d'anticorps dans le sang fœtal après la 22 semaine d'aménorrhée.
Ces examens doivent se faire sous la responsabilité d'un biologiste spécialisé.
e
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Naturellement acquise = définitive.
La ré-infection des sujets immuns ne provoque ni manifestation clinique ni virémie mais une éventuelle ré-ascension des anticorps ; elle ne présente aucun risque
pour le fœtus au cours de la grossesse.
Vaccin disponible oui
Vaccin à virus atténué disponible sous forme monovalente, trivalente ou quadrivalente, associant les valences rougeole-rubéole-oreillons +/- varicelle.
Suivant le calendrier vaccinal 2013, la vaccination est recommandée chez les personnels de santé et les professionnels travaillant au contact des enfants.
Consultez le calendrier vaccinal 2017 1
1 http://social-sante.gouv.fr/IMG/pdf/calendrier_vaccinations_2017.pdf
Immunite vaccinale :
Acquise en 2 à 4 semaines après l'injection, avec un taux de séroconversion de près de 100 %, pour une durée d'au moins 10 à 20 ans ; la réponse immunitaire à cette
vaccination n'est pas assez rapide pour prévenir la maladie après exposition.
Sujet ayant été en contact direct et rapproché (1 à 2 mètres) avec une personne infectée, depuis 7 jours avant son éruption et jusqu'à une semaine après (sauf
immunodéprimé et enfant atteint de rubéole congénitale chez lesquels le portage est plus prolongé).
Principales professions concernées :
Personnels travaillant au contact des enfants : crèches, garderies, écoles, services de pédiatrie...
Eviction du sujet source et/ou isolement.
Identification du statut immunitaire des femmes enceintes ou susceptibles de l'être, parmi les sujets exposés ; pour les femmes non-immunes ou en l'attente du
résultat de la sérologie, proscrire tout contact avec le sujet source.
Evaluation du risque de transmission secondaire à des femmes enceintes non-immunisées par un sujet exposé non-immun.
Produit biologique : salive, sécrétions nasopharyngées dans le cas habituel de contamination interhumaine directe, matériel biologique infectieux provenant d'un enfant
atteint de rubéole congénitale, notamment urine.
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Selon les caractéristiques du sujet exposé
Prise en charge du sujet exposé
Mesures prophylactiques
Suivi médical
Pour l'entourage du sujet exposé
Démarche médico-légale
Déclaration / signalement
Réparation
Accident du travail
Maladie professionnelle
Non
Non
Eléments de référence
Type d'exposition :
Contacts rapprochés avec le sujet infecté, transmission majorée si contacts fréquents et prolongés ou toux génératrice de projections.
Statut immunitaire : risque nul en cas d'immunité antérieurement acquise (ré-infections possibles se traduisant seulement par une ré-augmentation du taux d'IgG),
risque à évaluer en cas de statut immunitaire négatif ou inconnu.
Les données actuelles ne permettent pas de conclure à l'efficacité des immunoglobulines polyvalentes.
- Sujet immunisé : aucun suivi.
- Sujet à statut sérologique inconnu : sérologie initiale.
- Sujet non-immun, hors contexte de grossesse : suivi clinique + contrôle sérologique à distance.
- Femme non-immune avec grossesse débutante possible : test de grossesse immédiat.
- Femme non-immune avec grossesse en cours : sérologie initiale comportant la recherche des IgM et des IgG anti-rubéole et prise en charge en milieu spécialisé.
En cas de grossesse :
- Evaluation systématique du statut immunitaire vis-à-vis de la rubéole, en particulier en médecine du travail ;
- Incitation vaccinale à toutes les femmes non-immunes en âge de procréer sous couvert d'une contraception et à tous les sujets non-immuns dont l'activité
professionnelle consiste à prodiguer des soins aux femmes enceintes (personnels d'obstétrique notamment).
Eviter le contact avec les femmes enceintes non immunisées.
Déclaration obligatoire non
Déclaration d'AT selon les circonstances d'exposition.
Tableau Régime Général
Tableau Régime Agricole
Maladie hpors tableau et fonction publique : selon expertise.
CNR
Centre national de référence Virus de la rougeole, de la rubéole et des oreillons
CNR Coordinateur
CHU de Caen
Laboratoire de Virologie
Avenue Georges Clémenceau
14 033 CAEN CEDEX 9
Nom du responsable : Pr Astrid VABRET
Tél. : 02 31 27 25 54 (secrétariat) - 02 31 27 20 14
Fax : 02 31 27 25 57
Courriel : vabret-a@chu-caen.fr - cnr-roug-para@chu-caen.fr
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Textes de référence
Article L. 1225-12 à 1225-15 visant à promouvoir l'amélioration de la sécurité et de la santé des travailleuses enceintes 3, accouchées ou allaitantes au travail. In :
Légifrance. Code du travail.
3 http://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do;jsessionid=23F0307BAE3783339C9B69DE30111015.tpdila09v_1?
idSectionTA=LEGISCTA000006198527&cidTexte=LEGITEXT000006072050&dateTexte=20170330
Article R. 1225-4 relatif à la protection des travailleuses enceintes ou allaitant 4 contre les risques résultant de leur exposition à des agents chimiques, biologiques et
physiques. In : Légifrance. Code du travail.
4 http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do;jsessionid=0609BFD40CBFC4B378FF9E944B6AEBF0.tpdila22v_1?
idArticle=LEGIARTI000018537824&cidTexte=LEGITEXT000006072050&categorieLien=id&dateTexte=20110113
Articles L. 333-1 à 333-3 visant à promouvoir l'amélioration de la sécurité et de la santé des travailleuses enceintes 5, accouchées ou allaitantes au travail. In :
Légifrance. Code de la sécurité sociale.
5 http://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do;jsessionid=378C289E3B6393A3FF2A1ECEBFB46B03.tpdila14v_3?
idSectionTA=LEGISCTA000006156367&cidTexte=LEGITEXT000006073189&dateTexte=20170330
Bibliographie
Accès à la liste des CNR
Courriel : vabret-a@chu-caen.fr - cnr-roug-para@chu-caen.fr
CNR Laboratoire associé
AP-HP Paul Brousse
Laboratoire de Virologie
Hôpital Paul Brousse
12 avenue Paul Vaillant-Couturier
94 804 Villejuif
Nom du repsonsable : Dr Christelle VAULOUP-FELLOUS
Tél. : 01 45 59 33 14 - secrétariat : 01 45 59 37 21
Fax : 01 45 59 37 24
Courriel : christelle.vauloup@aphp.fr
Site CNR Virus de la rougeole, de la rubéole et des oreillons : http://www.chu-
caen.fr/service-129.html
Consultez le site Santé Publique France 2
2 http://invs.santepubliquefrance.fr/Espace-professionnels/Centres-nationaux-de-
reference/Liste-et-coordonnees-des-CNR
6 http://invs.santepubliquefrance.fr//Dossiers-thematiques/Maladies-infectieuses/Maladies-a-prevention-vaccinale/Rubeole/Aide-memoire
1 | Rubéole. In : Launay O, Piroth L, Yazdanpanah Y (Eds) - E. Pilly 2012. Maladies infectieuses et tropicales. 23 édition. Paris : Vivaldi Plus ; 2012 : 411-12, 607 p.e
2 | Parent du Châtelet I, Bouraoui L, Grangeot-Keros L, Six C et al. - Bilan de 10 années de surveillance des infections rubéoleuses durant la grossesse à travers le
réseau de laboratoires Rénarub en France métropolitaine, 1997-2006. Bull Epidémiol Hebd. 2008 ; 14-15 : 102-06.
3 | Touche S, Fessard C, Carquin J, Ingrand D et al. - Rubéole et varicelle : statuts immunitaires et données des carnets de santé de 1 806 adultes en milieu de soins.
Concours Méd. 1999 ; 121 (11) : 823-30.
4 | Grangeot-Keros L - Virus de la rubéole. In : Pozzetto B (Ed) - Infections nosocomiales virales et à agents transmissibles non conventionnels. Montrouge : Edition John
Libbey Eurotext ; 2001 : 200-04, 554 p.
5 | Rubéole 6. Aide-mémoire. Santé Publique France, 2012.
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TuberculoseMise à jour de la fiche
12/2015
Agent pathogène
Descriptif de l'agent pathogène
Réservoir et principales sources d'infection
Viabilité et infectiosité
Données épidémiologiques
Population générale
Milieu professionnel
Nom :
Mycobacterium tuberculosis
Synonyme(s) :
Bacille de Koch, BK
Type d'agent Bactérie
Groupe de classement 3
Descriptif de l'agent :
Mycobacterium complexe tuberculosis : le principal est Mycobacterium tuberculosis.
Ne seront pas traités ici les autres mycobactéries du complexe tuberculosis : Mycobacterium africanum et Mycobacterium bovis vu leur rareté en France.
Type de réservoir Homme
Le réservoir exclusif est l'homme atteint de tuberculose active des voies respiratoires (poumon, larynx, cordes vocales, bronche).
Vecteur :
Pas de vecteur
Viabilité, résistance physico-chimique :
Le bacille de la tuberculose est très résistant : il reste virulent un mois dans les crachats desséchés et plusieurs mois dans la terre. Il est sensible à la chaleur humide
(121°C pendant au moins 15 minutes). Les mycobactéries sont très résistantes aux désinfectants en raison de la structure de leur paroi riche en lipides : le
glutaraldéhyde, l'hypochlorite de sodium, l'éthanol à 70°, l'acide peracétique sont bactéricides vis-à-vis des mycobactéries mais avec des temps de contact plus longs
qu'avec les autres bactéries.
Infectiosité :
Un micro-organisme est suffisant pour provoquer une infection.
Après exposition à un aérosol infecté : 30 % des sujets, en moyenne, s'infectent, ce qui se manifeste le plus souvent uniquement par un virage des réactions cutanées
tuberculiniques et/ou une positivité des tests Interferon Gamma Release Assays ou IGRA (cf. diagnostic).
Une personne non traitée et atteinte de tuberculose pulmonaire active contamine en moyenne 10 à 15 personnes par an.
En France, en 2013, 4 934 cas de tuberculose maladie ont été déclarés dont 73 % de formes pulmonaires. 53 % des formes pulmonaires s'accompagnent d'une
présence de BK à l'examen direct de l'expectoration. Ces chiffres reflètent une incidence annuelle de 7,5 pour 100 000 au niveau national.
Il existe une grande hétérogénéité géographique : incidence à Paris et en Ile-de-France très supérieure à la moyenne nationale. L'incidence, estimée à partir de la DO
(déclaration obligatoire) est de 14,7 pour 100 000 en Ile-de-France et inférieure à 8 pour 100 000 hors Ile-de-France. Dans les DOM, les incidences les plus élevées sont
relevées en Guyane : 18,1/10 et à Mayotte : 13,8/10 . Ce taux varie également selon le pays de naissance : 10 fois plus important chez les personnes nées à l'étranger
(35,6/10 ) que chez celles nées en France (3,5/10 ).
On ne dispose pas de donnée sur les infections récentes (ITL).
La proportion de tuberculoses multi-résistantes (MDR et XDR) aux antibiotiques reste rare en France malgré une augmentation récente (cf. : traitement).
5 5
5 5
Un risque de tuberculose chez les personnels de santé environ deux fois supérieur à celui de la population générale de même âge a été objectivé dans deux revues
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Pathologie
Nom de la maladie
Transmission
La maladie
Un risque de tuberculose chez les personnels de santé environ deux fois supérieur à celui de la population générale de même âge a été objectivé dans deux revues
de la littérature dans les pays de faible incidence. Néanmoins ces données sont anciennes, datant d'avant la diffusion des mesures de protection autour des patients
contagieux. L'efficacité des mesures de prévention (isolement et traitement précoce, ventilation, port de masques de protection respiratoire, postes de sécurité
microbiologique en laboratoire...) a entraîné une diminution du risque d'infection chez les soignants.
En France, parmi les 4 934 cas de tuberculose maladies déclarés en 2013, 345 cas ont une profession de caractère sanitaire et social dont 114 en établissement de
santé, soit une incidence estimée à environ 9/100 000. Une enquête a été récemment menée auprès des services de médecine du travail de 41 établissements. Au
total, 27 cas de tuberculose ont été découverts entre 2010 et 2012, pour 218 835 personnels non médicaux, soit une incidence annuelle à 4,1/10 .
Concernant l'ITL, une enquête menée dans 14 hôpitaux universitaires et chez 807 personnels de santé travaillant dans des services à haut risque, maladies
infectieuses ou pneumologie : le taux de conversion de l'IDR a été mesuré à 2,5
% en un an.
Il existe également un risque d'exposition avéré pour d'autres professions : personnels de l'administration pénitentiaire, personnes travaillant auprès des groupes à
risque (foyers de migrants...). Cependant, il y a très peu de données épidémiologiques concernant ces groupes professionnels.
5
En laboratoire :
Cas en laboratoire d'analyses (médicales, vétérinaires...) publiés depuis 1985 : Les infections des personnels de laboratoire par Mycobacterium tuberculosis, ne sont pas
rares puisqu’on dénombre dans la littérature de ces vingt dernières années pas moins de trente-trois cas, survenus pour la plupart dans des laboratoires de
microbiologie (spécialisés ou non dans le domaine des mycobactéries) ou dans des laboratoires d’anatomo-pathologie, dont les plus récents ont été publiés en 1999. Il
s’agit soit de tuberculose maladie soit de simple virage des tests tuberculiniques. La contamination est survenue soit par aérosols soit par inoculation avec du matériel
souillé. Vu le délai d’ incubation de la maladie et son caractère communautaire ces chiffres ne reflètent certainement pas la réalité du risque.
Cas en laboratoire de recherche publiés depuis 1985 : Pas de cas publié.
Cas historiques publiés avant 1985 : Très fréquent avant les PSM (plusieurs centaines de cas).
Tuberculose
Mode de transmission :
Essentiellement respiratoire par inhalation d'aérosols de fines particules (mesurant en moyenne 1 µm de diamètre) qui véhiculent le BK et pénètrent dans les
alvéoles pulmonaires.
Période de contagiosité :
En cas de tuberculose pulmonaire, une période de contagiosité de 3 mois avant le diagnostic est retenue de façon consensuelle, qui peut être prolongée en cas de
toux plus ancienne. Après la mise sous traitement adapté, aucun essai prospectif ne permet de connaître précisément la durée de la contagiosité. Elle varie selon :
- le degré de contagiosité initiale (examen direct des prélèvements respiratoires positif, toux, caverne),
- la sensibilité de la souche aux antituberculeux.
On sait qu'en cas de souche sensible, la négativation de la culture n'est obtenue que dans 75 % des cas à 30 jours, 90 % à 60 jours et 95 % à 90 jours.
En pratique si la souche est sensible et le traitement bien conduit, une moyenne de 15 jours d'isolement respiratoire est nécessaire. Les personnes atteintes de
tuberculose MDR et XDR restent contagieuses plus longtemps du fait d'un traitement souvent retardé et d'un délai de négativation des examens bactériologiques de
plusieurs mois.
Incubation :
L'incubation de l'infection (délai entre l'exposition et l'infection), c'est-à-dire le délai de positivation des tests tuberculiniques est de 4 à 12 semaines, délai qui est
également retenu pour les tests IGRA.
L'incubation de la maladie (délai entre l'infection et la maladie) est très variable. Elle varie de 2 mois minimum (en particulier en cas d'inoculum massif et de personne
immunodéprimée ou enfant) à 50 ans ou plus. De plus, il est important de rappeler que 90 % des sujets infectés par le bacille de la tuberculose ne feront pas la
maladie.
Clinique :
1 | La primo-infection est en général asymptomatique. Elle ne se traduit que par le virage de l'intradermoréaction à la tuberculine (IDR) (positivation ou variation de
plus de 10 mm) ou une positivation d'un test IGRA, témoignant d'une infection tuberculeuse latente (ITL). Dans certains cas elle peut se manifester par une fièvre
modérée avec petite altération de l'état général. D'autres symptômes peuvent s'y associer : érythème noueux, kérato- conjonctivite...
5 à 10 % des sujets infectés feront une tuberculose maladie soit dans les 2 ans (5 %) après l'exposition, soit tardivement lors d'un déficit immunitaire ou à un âge
avancé. Les facteurs qui favorisent l'évolution vers la tuberculose maladie après infection sont l'importance de l'inoculum, l'existence d'un déficit immunitaire par
traitement corticoïdes chez la personne exposée, l'âge élevé, le diabète, l'infection par le VIH et l'absence de BCG. Le risque d'évoluer vers la tuberculose diminue avec
le temps. On considère que chez un sujet sain, non immunodéprimé, le risque de survenue de tuberculose maladie après exposition devient quasi nul après 2 ans.
2 | La tuberculose maladie dans sa forme respiratoire, qui est de loin la plus fréquente, se manifeste cliniquement par une altération de l'état général : fièvre surtout
vespérale, sueurs nocturnes, amaigrissement, fatigue, et des signes respiratoires persistants : toux non ou peu productive, expectoration hémoptoïque, douleur
thoracique. Le diagnostic est en général facilement évoqué par la radiographie pulmonaire qui montre des images caractéristiques prédominant aux sommets,
nodules excavés, infiltrats, cavernes, miliaire, adénopathies médiastinales, atteinte pleurale.
Diagnostic :
1. Le diagnostic de tuberculose maladie repose sur la mise en évidence de la bactérie dans les prélèvements respiratoires (crachats, tubages, liquide de lavage
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Populations à risque particulier
Immunité et prévention vaccinale
Immunité naturelle
Prévention vaccinale
Que faire en cas d'exposition ?
Définition d'un sujet exposé
1. Le diagnostic de tuberculose maladie repose sur la mise en évidence de la bactérie dans les prélèvements respiratoires (crachats, tubages, liquide de lavage
broncho-alvéolaire), voire extra-respiratoires (LCR, tissu, ganglion).
Par le frottis : mise en évidence du bacille acido-alcoolo résistant (BAAR) à l'examen direct des prélèvements. La présence de BAAR à l'examen direct est presque
synonyme de tuberculose pulmonaire ; cependant la culture doit confirmer le diagnostic de tuberculose et éliminer une infection à mycobactérie atypique.
La culture des prélèvements respiratoires ou d'autres prélèvements (LCR, tissu, ganglion) peut se faire sur milieu solide de Löwenstein - Jensen ou Coletsos (elle
prend alors 3 à 6 voire 8 semaines) soit sur milieu liquide plus rapide (7 à 10 jours).
NB : En cas d'examen direct négatif, la culture peut être positive. Il s'agit alors d'une tuberculose prouvée à moindre contagiosité. Sur 3 511 cas de tuberculose
pulmonaire déclarés en 2010 en France, 911 avaient une culture positive et un examen direct négatif (26 % des cas). Dans un nombre équivalent de cas, le diagnostic
de tuberculose pulmonaire a cependant été retenu malgré l'absence de preuve bactériologique.
La technique de la PCR n'est pas recommandée actuellement pour le diagnostic de tuberculose dans les pays de faible prévalence où la culture est disponible. Elle
doit en revanche être utilisée pour identifier la mycobactérie en cas de culture positive et évaluer le profil de résistance génotypique à l'isoniazide (INH) et
à la rifampicine (RMP).
2. Le diagnostic de l'infection tuberculeuse peut se faire :
soit par les tests cutanés tuberculiniques (IDR) dont la spécificité est diminuée chez les personnes vaccinées par le BCG,
soit par les tests IGRA (Interferon Gamma Release Assay) de mesure de la sécrétion d'interféron gamma (test quantiféron QuantiFERON-TB GoldTM IT ou T-
SPOT.TB ). Leur positivité témoigne de l'apparition d'une réaction cellulaire spécifique à certains antigènes de mycobacterium tuberculosis. Leur spécificité est
meilleure que celle de l'IDR.
®
®
Traitement :
Traitement standard de la tuberculose maladie : isoniazide (RIMIFON ) et rifampicine (RIFADINE ) pendant 6 mois associés à pyrazinamide (PIRILENE ) et
éthambutol (DEXAMBUTOL ou MYAMBUTOL ) les 2 premiers mois.
NB : Les fluoroquinolones (moxifloxacine et levofloxacine) ont une bonne activité anti-tuberculeuse. Elles ne doivent cependant pas être utilisées dans le
traitement standard mais réservées pour le traitement des tuberculoses multi-résistantes ou en cas d'intolérance afin de préserver leur efficacité.
La multi-résistance (MDR pour multidrug-resistance) est définie par une souche résistante à l'isoniazide (INH) et à la rifampicine (RMP). Leur proportion a doublé en
2012-2013 en France, passant d'une quarantaine de cas entre 2006 et 2011 à 92 cas en 2012 et 83 en 2013.
L'ultra-résistance (XDR, extensively drug-resistance) est définie par une souche résistante aux fluoroquinolones et à au moins un antituberculeux injectable de 2
ligne. Les cas de tuberculose XDR ont également augmenté de 0 à 2 cas jusqu'en 2008 à 17 cas en 2012 et 22 en 2013.
Traitement de l'ITL : il n'y a pas à l'heure actuelle de consensus sur le meilleur schéma : le plus populaire en France est [isoniazide + rifampicine] pendant 3 mois.
En cas de contact avec un cas de tuberculose MDR, XDR, le traitement est à discuter au cas par cas avec les spécialistes.
® ® ®
® ®
ème
Terrain à risque accru d'acquisition :
Migrants récents en provenance des zones de prévalence élevée (Afrique, Asie, Europe de l'Est), SDF.
Terrain à risque accru de forme grave :
A risque d'évolution vers la tuberculose maladie après infection : immunodéprimés (infection par le VIH, traitement immunosuppresseur, anti-TNF- α, enfants de
moins de 5 ans).
Cas particulier de la grossesse :
La grossesse n'aggrave pas la tuberculose qui peut passer inaperçue. Le risque est essentiellement celui de la contamination de l'enfant à la naissance ou en fin de
grossesse.
La tuberculose du nouveau-né peut être gravissime car disséminée.
Immunité cellulaire incomplètement protectrice.
Vaccin disponible oui
BCG (primo-vaccination obligatoire pour les professions de santé).
Consultez le calendrier vaccinal 2017 1
1 http://social-sante.gouv.fr/IMG/pdf/calendrier_vaccinations_2017.pdf
Immunite vaccinale :
Chez les sujets non immunodéprimés, l'efficacité protectrice du BCG est estimée à 50 % pour toutes formes de tuberculose et à 80 % pour les formes graves
(méningites, miliaires chez l'enfant).
Avoir été en contact avec un cas de tuberculose contagieuse.
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Conduite à tenir immédiate
Evaluation du risque
Selon les caractéristiques de la source et le type d'exposition
Selon les caractéristiques du sujet exposé
Prise en charge du sujet exposé
Mesures prophylactiques
Suivi médical
Pour l'entourage du sujet exposé
Avoir été en contact avec un cas de tuberculose contagieuse.
Principales professions concernées :
Personnel soignant en particulier dans les services de pneumologie, de maladies infectieuses, personnel de laboratoire, personnes travaillant dans les foyers de
migrants et en établissement pénitentiaire.
Il n'y a rien à faire dans l'immédiat mis à part : isoler et traiter le patient-source si cela n'était pas fait.
En milieu de soins, vérifier que les mesures d'isolement respiratoire sont prises.
Produit biologique : crachats essentiellement.
Contagiosité de la personne source :
Importance de la toux, existence d'une caverne, absence de traitement.
Présence de BAAR à l'examen direct : quantification de l'inoculum = nombre de bacilles par lame ou par champ. En cas d'examen direct négatif avec culture positive, la
contagiosité est moindre mais ne peut être éliminée (13 à 22 % des cas de tuberculose succèdent à un contact avec un sujet atteint de tuberculose avec un frottis négatif
au direct, selon les études).
Type d'exposition :
Tenir compte de la durée du contact et de la proximité du cas.
Les facteurs qui favorisent l'infection sont : un contact prolongé ou des contacts répétés avec la source, la promiscuité, la pratique de manœuvres expiratoires chez la
source, l'insuffisance d'aération de la pièce, et en milieu hospitalier l'existence d'une pression positive dans la chambre du patient... A titre indicatif, en cas d'examen
direct positif, on peut retenir une durée moyenne de contact de 8 heures à réduire à une heure en cas de contacts rapprochés en milieu de soins. Il n'y a pas de délai
minimum en cas de contact très proche : actes générant des aérosols (intubation, kinésithérapie respiratoire...), examen d'un patient qui tousse et dont
l'expectoration est riche en bacilles.
Spécificité de l'exposition au laboratoire :
Les milieux des cultures, et tout notamment les cultures en milieu liquide sont particulièrement à risque.
Immunité : immunodépression (déficit immunitaire, infection VIH, chimiothérapie, corticothérapie) ; alcoolisme, toxicomanie.
En milieu de soins : absence de port de masque de protection respiratoire.
Pas de traitement prophylactique mais traitement en cas de dépistage d'une infection récente.
Surveillance de la personne exposée :
- T 0 :
examen clinique
information sur la tuberculose
IDR (si IDR de référence < 10 mm) ou test IGRA si, et uniquement si, le premier contage date de moins de 3 semaines. Au delà, attendre 3 mois (cf. T 3 mois)
radiographie de thorax si la précédente date de plus de 3 mois : l'indication de la radiographie est à discuter en fonction de l'épidémiologie de la tuberculose dans
le groupe professionnel considéré sauf si le contage a duré plusieurs mois.
- T 3 mois :
examen clinique
IDR ou IGRA. Si le test IGRA est négatif, le risque d'infection est quasiment nul, la radiographie en l'absence de symptôme n'est plus indiquée et aucun suivi
ultérieur n'est nécessaire.
En cas de grossesse :
Suivi clinique particulièrement rigoureux.
Pas de risque de contamination de l'entourage d'un sujet exposé non symptomatique.
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Démarche médico-légale
Déclaration / signalement
Liste des maladies à DO
Réparation
Accident du travail
Maladie professionnelle
Non
Eléments de référence
Déclaration obligatoire oui
Signalement obligatoire du cas index à l' ARS 2 par le médecin qui a posé le diagnostic clinique et/ou biologique (Art. R 11-3 du Code de la Santé Publique), et ce dans
les meilleurs délais pour l'identification et la prise en charge des sujets contacts dans l'entourage personnel du patient.
L'enquête autour d'un cas doit se dérouler en coordination étroite avec le CLAT (Centre de lutte antituberculeuse) et en milieu hospitalier avec l'équipe
opérationnelle d'hygiène.
2 https://www.ars.sante.fr/
Consultez le site Santé Publique France 3
3 http://invs.santepubliquefrance.fr/Espace-professionnels/Maladies-a-declaration-obligatoire/Liste-des-maladies-a-declaration-obligatoire
Déclaration d'AT selon les circonstances d'exposition, notamment si piqûres ou coupures avec du matériel contaminé.
Tableau Régime Général RG 40
Tableau Régime Agricole
Maladie hors tableau et fonction publique : selon expertise.
CNR
Accès à la liste des CNR
Centre national de référence Mycobactéries et résistance aux
antituberculeux
CNR Coordonnateur
AP-HP Pitié-Salpêtrière
Laboratoire de Bactériologie - Hygiène
47-83 boulevard de l'Hôpital
75 634 PARIS CEDEX 13
Nom du responsable : Pr Vincent JARLIER
Tél. : 01 42 16 20 70 ou 71 ou 83 (secrétariat)
Fax : 01 42 16 21 27 ou 20 72
Email : vincent.jarlier@aphp.fr 4 // cnr.myctb.psl@aphp.fr
4 mailto:vincent.jarlier@psl.aphp.fr
CNR Laboratoire associé
AP-HP Lariboisière
Laboratoire de Bactériologie - Virologie
Hôpital Lariboisière
2 rue Ambroise Paré
75 475 PARIS CEDEX 10
Nom du responsable : Pr Emmanuelle CAMBAU
Tél. : 01 49 95 85 39 ou 65 51 (secrétariat)
Fax : 01 49 95 85 37
Email : emmanuelle.cambau@aphp.fr 5 // faiza.mougari@aphp.fr //
emmanuel.lecorche@aphp.fr
5 mailto:emmanuelle.cambau@lrb.aphp.fr
Site CNR Mycobactéries et résistance aux antituberculeux :
http://cnrmyctb.free.fr/
Consultez le site Santé Publique France 6
6 http://invs.santepubliquefrance.fr/Espace-professionnels/Centres-nationaux-de-
reference/Liste-et-coordonnees-des-CNR
www.inrs.fr/eficatt EFICATT - Tuberculose Page 6 / 6
Textes de référence
Avis du Conseil Supérieur d'Hygiène Publique de France relatif à la revaccination par le BCG et aux modalités de surveillance des professionnels exposés à la
tuberculose 7 (séance du 15 novembre 2002). Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP), 2002.
7 http://www.hcsp.fr/Explore.cgi/Telecharger?NomFichier=a_mt_151102_tuberculose.pdf
Enquête autour d'un cas de tuberculose. Recommandations pratiques 8. Rapport du 25 octobre 2013. Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP), 2013.
8 http://www.hcsp.fr/Explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=391
Tuberculose et tests de détection de l'interféron gamma 9. Avis et Rapport du 01 Juillet 2011. Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP), 2011.
9 http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=221
Bibliographie
10 http://www.invs.sante.fr/fr/Dossiers-thematiques/Maladies-infectieuses/Infections-respiratoires/Tuberculose
11 https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000250839&fastPos=1&fastReqId=1510737456&categorieLien=id&oldAction=rechTexte
12 http://circulaires.legifrance.gouv.fr/index.php?action=afficherCirculaire&hit=1&r=4938
13 http://invs.santepubliquefrance.fr/publications/2005/tuberculose_030205/rapport_tuberculose.pdf
1 | Tuberculose 10. Dossier thématique. Santé Publique France, 2017.
2 | Aït Belghiti F, Antoine D - L'épidémiologie de la tuberculose en France en 2013. Bull Epidémiol Hebd. 2015 ; 9-10 : 164-71.
3 | Décret n° 2004-635 du 30 juin 2004 relatif à la vaccination par le vaccin antituberculeux BCG et modifiant les articles R. 3112-2 et R. 3112-4 du code de la santé
publique (deuxième partie : Décrets en Conseil d'Etat). J Off Répub Fr. 2004 ; 152, 2 juillet 2004 : 12061-62.
4 | Arrêté du 13 juillet 2004 relatif à la pratique de la vaccination par le vaccin antituberculeux BCG et aux tests tuberculiniques 11. Ministère chargé de la
santé, 2004.
5 | Circulaire DGS/SD5C n° 2004-373 du 11 octobre 2004 relative à la pratique de la vaccination par le vaccin antituberculeux BCG, et à la pratique des tests
tuberculiniques 12. Ministère chargé de la Santé, 2004.
6 | Tostmann A, Kik SV, Kalisvaart NA, Sebek MM et al. - Tuberculosis transmission by patients with smear-negative pulmonary tuberculosis in a large cohort in the
Netherlands. Clin Infect Dis. 2008 ; 47 (9) : 1135-42.
7 | Tattevin P, Carcelain G, Fournier A, Antoun F et al. - Tuberculose et santé au travail. Grand angle TC 142. Réf Santé Trav. 2012 ; 132 : 15-31.
8 | Prévention et prise en charge de la tuberculose en France 13. Synthèse et recommandations du groupe de travail du conseil supérieur d'hygiène publique de
France (2002-2003). Santé Publique France, 2004.
9 | Gehanno JF, Abiteboul D, Rollin L - Is tuberculosis still a risk for healthcare workers in a low-incidence country ? Infect Control Hosp Epidemiol. (à paraître).
10 |
Surveillance des personnels de santé vis-à-vis du risque de tuberculose. Place des tests IGRA et des autres examens complémentaires. Propositions de
recommandations pour les médecins du travail. Paris : GERES ; 2014 : 39 p.
Ressources INRS http://inrs.fr/publication/essentiels/port-masques-soignants.html
TC 142
ED 4413
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Varicelle - ZonaMise à jour de la fiche
12/2015
Agent pathogène
Descriptif de l'agent pathogène
Réservoir et principales sources d'infection
Viabilité et infectiosité
Données épidémiologiques
Population générale
Milieu professionnel
Pathologie
Nom de la maladie
Nom :
Varicellovirus
Synonyme(s) :
Varicelle Zona Virus (VZV).
Type d'agent Virus
Groupe de classement 2
Descriptif de l'agent :
Virus à ADN de la famille des Herpesviridae.
Type de réservoir Homme
Vecteur :
Pas de vecteur
Viabilité, résistance physico-chimique :
Survie possible à l'extérieur de l'hôte pendant de courtes périodes, dans des sécrétions, dans des aérosols ou sur des surfaces inertes.
Bien qu'on dispose de peu d'information sur les désinfectants spécifiques pour le VZV, la plupart des virus herpétiques sont sensibles à l'éthanol à 30 %, au propanol
à 20 %, à 200 ppm d'hypochlorite de sodium, au biphényl-2-ol à 0,12 % et au glutaraldéhyde à 0,04 %.
Moyens physiques : c'est un virus très fragile qui peut être facilement inactivé par un chauffage à 60 °C.
Infectiosité :
Transmissibilité élevée : le taux d'attaque chez un sujet réceptif est de 86,6 % après un contact intra-familial ou "dans une communauté d'enfants non-immuns", de 10
à 35 % après contact moins intime au sein d'une collectivité et jusqu'à 25 % autour d'un cas de zona.
Infection "obligatoire" de l'enfance : 90 % des enfants contractant l'infection avant l'âge de 12 ans.
D'après les données du réseau "Sentinelles" le nombre de cas de varicelle symptomatique en 2014 est estimé à 648 607 cas avec une incidence annuelle estimée à
1010 cas / 100 000 habitants. Environ 5 % des cas surviennent après l'âge de 20 ans, cette proportion ayant tendance à augmenter ces dernières années. Des
complications sont présentes dans 2,5-4 % des cas, chiffre probablement sous-estimé.
D'après une étude conduite sur un échantillon représentatif de la population française en 2005, le nombre de personnes immunisées à l'âge de 20 ans serait de 90 %
environ pour atteindre 95 % à l'âge de 30 ans.
De nombreuses épidémies de varicelle nosocomiale impliquant des soignants ont été décrites. En effet, un certain nombre de ces personnels n'est pas immunisé.
En France, 1 à 8,5 % des soignants seraient réceptifs au virus VZV.
En laboratoire :
Cas en laboratoire d'analyses (médicales, vétérinaires...) publiés depuis 1985 : Aucun cas de contamination professionnelle en laboratoire d'analyses n’a été
publié.
Cas en laboratoire de recherche publiés depuis 1985 : Pas de cas publié.
Cas historiques publiés avant 1985 : Néant.
Varicelle - Zona
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Transmission
La maladie
Populations à risque particulier
Varicelle - Zona
Mode de transmission :
La transmission est avant tout respiratoire à partir d'un sujet atteint de varicelle clinique par inhalation d'aérosols de fines particules infectieuses, et plus rarement
par contact des muqueuses avec des mains souillées par le liquide des vésicules cutanées, tant que celles-ci sont actives et non croûteuses. La possibilité que la
transmission respiratoire se fasse par aérosols explique que des personnels aient pu être contaminés dans un local peu après qu'un patient infecté y ait séjourné,
sans contact direct avec celui-ci.
La transmission du virus VZV peut aussi se faire à partir d'un patient source atteint de zona essentiellement par l'intermédiaire des vésicules cutanées.
Période de contagiosité :
Varicelle : de 5 à 7 jours, commençant 2 à 4 jours avant l'éruption jusqu'à la fin des lésions actives.
Zona : pendant 48 heures.
Incubation :
10 à 21 jours. (en moyenne : 14 jours).
Clinique :
Varicelle :- phase prodromique avec fièvre, céphalées et éventuelles douleurs abdominales pendant 24 à 48 heures.
- phase d'état associant une fièvre modérée et une éruption vésiculeuse avec des éléments en nombre très variable (10 à 2 000), d'âges différents, prurigineux,
disséminés sur tout le corps et en particulier le cuir chevelu, la face, le tronc. L'atteinte des muqueuses est habituelle. Le diagnostic peut être plus difficile lorsque le
nombre de vésicules est faible (à rechercher sur le cuir chevelu, dans la bouche, les espaces inter-digitaux). 5 % des formes sont inapparentes.
2 à 4 % des cas de varicelle font des complications :
- surinfections cutanées bactériennes (18 %) surtout chez le jeune enfant et/ou en cas d'eczéma et/ou de corticothérapie,
- bronchopneumopathies (16 %) surtout chez le jeune enfant et chez l'adulte, la femme enceinte, en cas d'asthme, de tabagisme ou de corticothérapie,
- atteintes neurologiques : le plus souvent bénignes, plus rarement graves sous forme de méningoencéphalites (nourrisson), voire gravissimes (syndrome de Reye),
- hépatite cytolytique le plus souvent bénigne, thrombopénie...
Le zona est une complication tardive de la varicelle correspondant à la réactivation des VZV restés latents dans les ganglions sensitifs annexés à la moelle épinière. Il
s'exprime sous forme de lésions érythémateuses puis vésiculeuses siégeant sur le trajet d'une racine nerveuse : un métamère ou plusieurs métamères contigus. La
localisation unilatérale et l'aspect vésiculeux sont caractéristiques, avec groupement en bouquet puis en bulles polycycliques confluentes des vésicules. Ces éléments
cicatrisent en 2 semaines. Les principales complications sont des douleurs névralgiques, dont l'incidence augmente avec l'âge.
Diagnostic :
Le diagnostic est essentiellement clinique.
Le diagnostic biologique peut être fait rapidement par PCR sur liquide de vésicule mais surtout sur le LCR en cas de signes neurologiques et sur le liquide amniotique
en cas de varicelle maternelle.
Le diagnostic sérologique de la primo-infection doit détecter la séroconversion avec présence d'IgM spécifiques. La réactivation (zona) peut s'accompagner d'une
présence transitoire d'IgM. La présence d'IgG isolée est le témoin d'une infection ancienne.
Traitement :
Traitement symptomatique chez le sujet immunocompétent :
- antipyrétiques : paracétamol (l'aspirine est formellement contre-indiquée car incriminée dans la survenue du syndrome de Reye) ;
- antihistaminiques, bains quotidiens suivis de l'application d'une solution antiseptique.
Traitements antiviraux : prescrits en cas de terrains à risques de formes graves ou compliquées (immunodéprimés...).
Terrain à risque accru d'acquisition :
- personnes sans antécédent de varicelle réceptives (titre d'anticorps inférieur au seuil défini par le laboratoire) ;
- sujets originaires des pays tropicaux dont la réceptivité à l'âge adulte est plus élevée qu'en France métropolitaine.
Terrain à risque accru de forme grave :
- femmes enceintes : risque accru de pneumopathie et risque fœtal particulier (cf. : ci dessous cas particulier de la grossesse) ;
- nouveau-nés : risque accru de complications cutanées, pulmonaires et neurologiques ;
- immunodéprimés : en particulier enfants leucémiques non-immuns (risque létal › 20 %) et VIH (formes cutanées atypiques et zona très fréquent) ;
- adultes : risque général de formes plus sévères (fièvre élevée, éruption profuse) avec un taux de complications plus élevé (en particulier pneumonies, complications
neurologiques et surinfections). 69 % des décès et 26 % des hospitalisations surviennent chez les plus de 15 ans qui ne représentent qu'environ 10 % des cas de
varicelle.
Cas particulier de la grossesse :
Femme enceinte : environ 500 femmes infectées par le VZV par an en France. Atteinte pulmonaire serait plus grave mais pas plus fréquente. Rappelons que la
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Immunité et prévention vaccinale
Immunité naturelle
Prévention vaccinale
Que faire en cas d'exposition ?
Définition d'un sujet exposé
Conduite à tenir immédiate
Evaluation du risque
Selon les caractéristiques de la source et le type d'exposition
Selon les caractéristiques du sujet exposé
Femme enceinte : environ 500 femmes infectées par le VZV par an en France. Atteinte pulmonaire serait plus grave mais pas plus fréquente. Rappelons que la
vaccination contre la varicelle est conseillée chez les femmes en âge de procréer et n'ayant pas eu la varicelle.
Enfant à naître : si la mère présente une varicelle ou une séroconversion pendant la grossesse :
1 | avortement et mort fœtale : risque de transmission de 3 à 6 % en cas de contamination avant la 24 semaine d'aménorrhée ;e
2 | syndrome de varicelle congénitale : risque de 1 à 2 % en cas de contamination surtout entre la 13 et la 20 semaine de grossesse (anomalies cutanées, oculaires,
neurologiques, musculo-squelettiques...) ; après la 20 semaine d'aménorrhée, risque d'épisodes de zona du nouveau-né pendant les premières années de vie ;
e e
e
3 | varicelle néonatale : risque de 25 % en cas d'éruption maternelle du peri-partum (de 5 jours avant l'accouchement à 2 jours après) avec forme polyviscérale grave,
pouvant être létale : 30 % de décès néo-nataux en l'absence de traitement (risque d'autant plus élevé que l'éruption maternelle est proche de l'accouchement).
- la varicelle représente la primo-infection par le virus VZV (elle est immunisante),
- le zona est l'expression clinique de la réactivation du VZV.
Vaccin disponible oui
Vaccin à virus vivant atténué disponible en France sous forme monovalent (Varivax®, Varilrix®).
Vaccin contre le zona (Zostavax®), recommandé à partir de 65 ans depuis 2013).
Consultez le calendrier vaccinal 2017 1
1 http://social-sante.gouv.fr/IMG/pdf/calendrier_vaccinations_2017.pdf
Immunite vaccinale :
- 99 % à 100 % de séroconversions chez les adultes et des adolescents de plus de 13 ans ayant reçu deux doses de vaccin ;
- la durée de protection par le vaccin est inconnue (persistance des anticorps estimée à au moins 7 ans, mais l'exposition au virus sauvage circulant peut être en partie
responsable du maintien de l'immunité).
Sujet ayant été en contact (y compris de façon indirecte s'il s'agit de locaux confinés) avec un cas de varicelle contagieux dans les 2 à 4 jours précédant l'éruption
et tant que des vésicules sont présentes.
Principales professions concernées :
- personnels de soins et assimilés, d'entretien... en contact avec des malades présentant une varicelle ou un zona (secteur pédiatrique en particulier) ou en contact
avec leurs prélèvements (laboratoires) ;
- autres professionnels travaillant avec les enfants (enseignants...).
S'assurer de l'isolement du cas source (précautions "air" et "contact") avant la phase croûteuse en milieu de soins ou de son éviction.
Repérer rapidement les sujets à risque : immunodépression, grossesse chez le sujet exposé et dans son entourage.
Produit biologique : les sécrétions pharyngées et respiratoires et le liquide des vésicules des sujets malades.
Type d'exposition :
Exposition aux sécrétions respiratoires et plus rarement au liquide des vésicules cutanées (varicelle, zona).
Contact à risque, surtout si :
- contact dans l'entourage familial,
- en vis-à-vis pendant 5 minutes,
- dans un endroit fermé ≥ à 1 heure.
Immunité : pas de risque en cas d'immunité antérieurement acquise par infection naturelle ou vaccination (intérêt d'une évaluation systématique du statut
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Prise en charge du sujet exposé
Mesures prophylactiques
Suivi médical
Pour l'entourage du sujet exposé
Démarche médico-légale
Déclaration / signalement
Réparation
Accident du travail
Maladie professionnelle
Non
Immunité : pas de risque en cas d'immunité antérieurement acquise par infection naturelle ou vaccination (intérêt d'une évaluation systématique du statut
immunitaire vis-à-vis de la varicelle, à la prise de fonction des professionnels à risque : personnels de pédiatrie, crèches...
Dosage des anticorps si pas d'antécédent de varicelle et vaccination absente ou incomplète : les résultats doivent être obtenus rapidement car cela ne doit pas
retarder l'administration d'une prophylaxie.
Risques particuliers :
- personnes à risque d'infection grave : femme enceinte avec risque pour le fœtus, immunodéprimés, en particulier enfants leucémiques non-immuns...
- adultes qui font des formes plus sévères (fièvre élevée, éruption profuse) avec un taux de complications plus élevé (en particulier pneumonies, complications
neurologiques et surinfections).
3 types de produits sont utilisables :
- vaccin,
- Aciclovir,
- immunoglobulines spécifiques.
Vaccin
(VARILRIX® et VARIVAX®) : la vaccination post-exposition est recommandée dans les 3 jours qui suivent l'exposition (possède l'AMM dans cette indication) à un
patient avec éruption, chez l'adulte (à partir de l'âge de 18 ans) immunocompétent sans antécédent de varicelle (ou dont l'histoire est douteuse), le contrôle de la
négativité de la sérologie étant facultatif. La vaccination est efficace pour prévenir les varicelles post-exposition chez les sujets non-immuns à plus de 90 % mais est
contre-indiquée chez la femme enceinte.
Traitement antiviral (aciclovir ou valaciclovir) : des études faites chez l'enfant montrent une réduction du taux d'attaque de 100 % à 16 % chez les enfants traités par
Aciclovir (ZOVIRAX®). Traitement à débuter pendant la 2 semaine post-exposition. Avantage de traiter la 2 semaine : acquisition d'une immunité chez 75 % des
enfants (pas d'AMM dans cette indication).
Immunoglobulines spécifiques : Immunoglobulines anti-VZV intra-veineuses (VARITEC®) administrées dans les 4 jours suivant le contage : disponibles en France en
ATU (autorisation temporaire d'utilisation) et ne confèrant qu'une protection transitoire et partielle.
e e
Cas particulier du laboratoire :
Pas de risque spécifique identifié.
Surveillance clinique + sérologique chez les professionnels non-immuns exposés (dosage IgM).
En cas de grossesse :
En cas de grossesse :
- si femme immunisée --> rien.
- si femme dont le statut vis-à-vis du VZV est inconnu : demander en urgence la sérologie (réponse en 24-48 heures). Anticorps anti-VZV de type IgG retrouvés avant
10 jours après le contact témoignent d'une immunisation ancienne.
- si femme non immunisée --> éviction du contage + prise en charge et suivi en milieu spécialisé en concertation avec l'obstétricien (discussion d'une prophylaxie par
immunoglobulines anti-VZV et/ou antivirale).
Evaluation du risque de transmission secondaire à un sujet non-immun à risque dans l'entourage du professionnel exposé (nourrissons, immunodéprimés...).
Déclaration obligatoire non
Déclaration d'AT selon les circonstances d'exposition.
Tableau Régime Général RG 76
Tableau Régime Agricole
Maladie hors tableau et fonction publique : selon expertise.
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Eléments de référence
Textes de référence
Avis du Conseil supérieur d'hygiène publique de France (section des maladies transmissibles) relatif à la vaccination contre la varicelle 2. Séance du 19 mars 2004. Haut
Conseil de la Santé Publique (HCSP), 2004.
2 http://www.hcsp.fr/Explore.cgi/Telecharger?NomFichier=a_mt_190304_varicelle_def.pdf
Bibliographie
3 http://websenti.u707.jussieu.fr/sentiweb/?rub=39
4 http://www.phac-aspc.gc.ca/lab-bio/res/psds-ftss/var-zo-fra.php
5 http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=306
6 http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=5
7 http://www.hcsp.fr/Explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=389
1 | Bilan annuel 2014 3. Réseau Sentinelles, 2014.
2 | Porru S, Campagna M, Arici C, Carta A - Suscettibilita per varicella, morbillo, rosolia e parotite negli operatori sanitari di un ospedale del Nord Italia. G Ital Med Lav
Ergon. 2007 ; 29 (Suppl 3) : 407-09.
3 | Touche S, Fesard C, Carquin J, Ingrand D et al. - Rubéole et varicelle : statuts immunitaires et données des carnets de santé de 1 806 adultes en milieu de soins.
Concours Méd. 1999 ; 121 (11) : 823-30.
4 | Poissonnet CM, Véron M, Rohban P, Fillet AM - Immunité du personnel soignant vis-à-vis du virus varicelle zona (VZV). Arch Mal Prof. 2001 ; 62 (5) : 359-61.
5 | Fillet AM - Virus varicelle zona. In : Pozzetto B (Ed) - Infections nosocomiales virales et à agents transmissibles non conventionnels. Montrouge : Edition John Libbey
Eurotext ; 2001 : 102-12, 554 p.
6 | Macé G, Gallot V, Vauloup-Fellous C, Picone O - Varicelle pendant la grossesse : mise au point. J Gynécol Obstet Biol Reprod. 2008 ; 37 (Suppl 1) : 22-28.
7 | Virus Varicelle-Zona. Fiche technique santé-sécurité. Agents pathogènes 4. Agence de la santé publique du Canada, 2012.
8 | Survenue de maladies infectieuses dans une collectivité 5. Conduites à tenir. Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP), 2012.
9 | Vaccination contre la varicelle. Ré-évaluation des recommandations relatives à la vaccination contre la varicelle avec l'arrivée de vaccins quadrivalents
Rougeole-Oreillons-Rubéole. 6 Avis et Rapport du HCSP du 5 juillet 2007. Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP), 2007.
10 | Vaccination des adultes contre le zona avec le vaccin Zostavax®. 7 Avis et Rapport. Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP), 2013.
11 | Burns SM, Mitchell-Heggs N, Carrington D - Occupational and infection control aspects of varicella. A review prepared for the UK Advisory Group on Chickenpox
on behalf of the British Society for the Study of Infection. J Infect. 1998 ; 36 (Suppl 1) : 73-78.
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ZIKAMise à jour de la fiche
01/2017
Agent pathogène
Descriptif de l'agent pathogène
Réservoir et principales sources d'infection
Viabilité et infectiosité
Données épidémiologiques
Population générale
Nom :
Virus Zika
Synonyme(s) :
ZIKV, VZIK
Type d'agent Virus
Groupe de classement 2
Descriptif de l'agent :
Arbovirus, famille des Flaviviridae, du genre Flavivirus.
Le virus Zika est un virus à ARN simple brin.
Présent sous forme de 2 lignées (Afrique et Asie), il est phylogénétiquement très proche du virus Spondweni, avec qui il forme un clade au sein du genre Flavivirus.
Les autres membres du genre proches sont les virus Ilheus, Rocio et de l'encéphalite de Saint-Louis.
Type de réservoir Animal
Homme
Réservoir humain : en milieu urbain et en période épidémique.
Réservoir animal :
Moustiques (transmission transovarienne)
Primates non humain (Forêt). Cycles naturels : transmission singe-moustique
Principale(s) source(s) :
Le sang est le principal produit biologique où le virus circule mais ce dernier peut aussi être retrouvé dans d'autres liquides biologiques, notamment le sperme, la
salive, les urines, le lait, le liquide cérébro-spinal (LCS), le liquide lacrymal.
Vecteur :
Moustique femelle du genre Aedes, principalement A. aegypti et A. albopictus (aussi appelé "moustique tigre"), ce dernier étant présent en France métropolitaine.
Le moustique joue à la fois le rôle de vecteur et de réservoir : n'étant pas significativement affecté par le virus, il reste infecté et donc infectant toute sa vie. Il acquiert le
virus en piquant une personne infectée et devient infectant pour une transmission virale après quelques jours.
Il peut également transmettre le virus à la génération suivante par voie transovarienne.
Les œufs résistent plusieurs mois dans le milieu extérieur. S'ils sont infectés, leur éclosion peut être le point de départ d'une nouvelle circulation du virus.
Viabilité, résistance physico-chimique :
Le virus Zika, comme les autres Flavivirus, est sensible à la plupart des désinfectants usuels, à la chaleur (>60°) et à un pH bas. Il résiste 3 jours à la dessication ( 1).
Infectiosité :
Dose infectante inconnue.
Le virus Zika a été isolé pour la première fois en 1947 chez des singes en Ouganda (dans la forêt Zika). Peu après (1952), des infections chez les humains ont été
détectées en Ouganda et en Tanzanie, cas restés sporadiques jusqu'en 2007, date de la première grande éclosion d'infection par le virus Zika sur l'île de Yap
(Micronésie).
Entre 2013 et 2015, d'autres éclosions sont survenues sur les îles et les archipels du Pacifique, notamment une importante éclosion en Polynésire française et archipel
du Cap-Vert. En 2014, le premier cas de transmission locale dans les Amériques a été signalé sur l'île de Pâques. Le virus Zika s'est depuis propagé dans de
nombreuses régions des Amériques. Des épidémies sont actuellement décrites en Asie du Sud-Est, mais ce virus circule depuis de nombreuses années dans cette
région du monde. Une épidémie a sévi dans les Antilles françaises en 2016.
En France métropolitaine, entre le 1er janvier et le 24 novembre 2016, 1 109 cas importés et 11 cas par transmission sexuelle ont été confirmés biologiquement ( 2).
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Milieu professionnel
Pathologie
Nom de la maladie
Transmission
La maladie
Aucun cas décrit hors laboratoire (cf. rubrique laboratoires) ( 3,4).
En laboratoire :
Cas en laboratoire d'analyses (médicales, vétérinaires...) publiés depuis 1985 : Avant l'épidémie de 2015-2016, 4 cas d'infection à virus Zika acquis en laboratoire
ont été décrits. Le mode de transmission n'a pas été clairement établi pour ces cas (source : http://www.cdc.gov/zika/transmission/).
Cas en laboratoires de recherches publiés depuis 1985 : En juin 2015, il y a eu un cas rapporté d'infection à virus Zika en laboratoire au cours d'une
expérimentation aux USA (source : http://www.who.int/emergencies/zika-virus/situation-report/23-june-2016/en/).
Cas historiques publiés avant 1985 : Inconnu.
Zika
Synonyme(s) :
Fièvre Zika ou Infection au virus Zika
Mode de transmission :
par transfusion et greffe : 1 cas décrit par transfusion de plaquettes ( 9) ;
1 cas a été décrit aux USA de transmission inter-humaine où la seule exposition retrouvée est un contact avec les larmes et la sueur d'une personne infectée avec
charge virale très élevée ( 10) ;
Le virus a été isolé dans la salive et le lait maternel sans que des transmissions à partir de ces liquides biologiques n'aient été formellement prouvées à ce jour ( 11).
1 | Transmission vectorielle :
Par piqûre de moustiques appartenant au genre Aedes dont Aedes aegypti et Aedes albopictus. Lors d'une piqûre, le moustique se contamine en prélevant le virus dans
le sang d'une personne infectée. Le virus se multiplie ensuite dans le moustique, qui pourra, à l'occasion d'une autre piqûre, transmettre le virus à une nouvelle
personne.
2 | Transmission par voie sexuelle ( 5,6,7) :
Elle est avérée, bien documentée en 2016. Dans tous les cas rapportés, il s'agissait de transmission à partir d'un homme infecté, lors de rapports hétéro ou
homosexuels non protégés jusqu'à plusieurs semaines après le début de l'infection. En effet, le virus a été détecté dans le sperme jusqu'à 6 mois après les premiers
symptômes.
Un premier cas de transmission sexuelle de Zika à partir d'une femme a été publié en 2016 et une équipe française a mis en évidence pour la première fois de l'ARN
viral Zika, par PCR, dans le tractus génital féminin. De nombreuses inconnues persistent néanmoins et de nouvelles données sont nécessaires pour préciser ce risque
et son ampleur.
3 | Transmission de la mère à l'enfant ( 8) : au cours de la grossesse, si la mère est contaminée pendant sa grossesse.
4 | Autres modes de transmission possibles :
Période de contagiosité :
Une personne infectée est dite "contaminante pour les moustiques" au moment où le virus est présent dans son sang, soit 1 à 2 jours avant l'apparition des
symptômes et jusqu'à 7 jours après. Pendant cette période, il faut éviter qu'une personne infectée ne se fasse piquer et qu'elle transmettre ainsi le virus à d'autres
moustiques.
Une transmission sexuelle peut se produire jusqu'à plusieurs semaines après le début de l'infection. En effet, le virus a été détecté dans le sperme jusqu'à 6 mois
après les premiers symptômes.
Incubation :
3 à 12 jours.
Clinique :
Formes simples : fièvre modérée ou absente, éruption cutanée, conjonctivite, douleurs musculaires et articulaires, malaise, céphalées.
Formes graves : forme neurologique à type d'encéphalite, méningo-encéphalite, syndrome de Guillain-Barré.
À noter que près de 50 % des formes sont asymptomatiques.
Diagnostic :
Le diagnostic repose à la phase aiguë sur des méthodes directes ou indirectes, d'intérêt différent selon la date de début de la maladie :
Recherche du génome (ARN) du virus dans le sang, les urines et d'autres liquides biologiques (examen direct par RT-PCR) jusqu'à J5 dans le sang et J10 pour les
urines. À noter qu'une RT-PCR négative n'infirme pas un cas.
Sérologie sur un prélèvement de sang, détection des anticorps spécifiques de la maladie Zika (IgM et IgG anti-Zika). S'ils restent négatifs 4 semaines après la fin de
l'exposition au virus, absence d'infection. Il peut y avoir réactivité croisée entre le virus Zika et d'autres Flavivirus, comme les virus de la dengue, du Nil occidental
et de la fièvre jaune (y compris chez des patients ayant été vaccinés).
Traitement :
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Populations à risque particulier
Immunité et prévention vaccinale
Immunité naturelle
Prévention vaccinale
Que faire en cas d'exposition ?
Définition d'un sujet exposé
Conduite à tenir immédiate
Evaluation du risque
Traitement :
Il n'existe pas de traitement spécifique. Le traitement est avant tout symptomatique : repos et antalgiques (comme le paracétamol) en évitant les salicylés du fait de la
coexistence de la dengue dans les zones où circule le virus avec risque induit de saignement.
Terrain à risque accru d'acquisition :
Néant.
Terrain à risque accru de forme grave :
Facteurs prédictifs de gravité encore insuffisamment connus.
Cas particulier de la grossesse :
Risque d'atteintes congénitales neurologiques graves à type de microcéphalies, dysfonctionnements néonataux du tronc cérébral et malformations neurologiques
fœtales en cas d'infection de la mère pendant la grossesse.
Des anticorps neutralisants anti-virus Zika sont détectables après l'infection, de sorte que l'on peut présumer, en extrapolant à partir d'autres Flavivirus, que
l'immunité est de longue durée après l'infection.
Vaccin disponible non
Pas de vaccin disponible
Personne victime d'une piqûre de moustique, soit à l'occasion d'une mission en zone d'endémo-épidémie, soit dans un laboratoire de recherche.
Personne victime d'un accident exposant au sang ou à d'autres liquides biologiques : contact accidentel avec du sang potentiellement contaminant (patient
présentant un tableau clinique évocateur de Zika et potentiellement en phase virémique), suite à une effraction cutanée (piqûre, coupure...) ou une projection sur
une muqueuse (conjonctive, bouche) ou sur une peau lésée (plaie, crevasse, dermatose...).
Plus rarement, personne victime d'un accident exposant aux fluides biologiques d'un moustique infecté en laboratoire de recherche, suite à une effraction cutanée.
Principales professions concernées :
Activités en contact avec des moustiques et/ou des liquides biologiques infectés ;
Missions en zone d'endémo-épidémie pour le virus Zika ;
Soins à des patients infectés en milieu familial ou de soins ;
Personnels des laboratoires de biologie médicale manipulant des prélèvements sanguins de patients potentiellement virémiques ou d'autres types de prélèvements
(sperme, etc) ;
Personnels de laboratoires de recherche manipulant des prélèvements sanguins virémiques, ou d'autres types de prélèvements, ou des moustiques infectés.
Soins immédiats
En cas de piqûre, blessure :
Ne pas faire saigner ;
Nettoyage immédiat de la zone cutanée lésée à l'eau et au savon puis rinçage ;
Antisepsie avec dérivé chloré (Dakin ou eau de Javel à 2,6 % de chlore actif dilué au 1/5) ou polyvidone iodée en solution dermique ou, à défaut, alcool à 70° (au
moins 5 min).
En cas de contact direct du liquide biologique sur peau lésée :
Même protocole.
En cas de projection sur muqueuses et yeux :
Rincer abondamment à l'eau ou au sérum physiologique (au moins 5 minutes).
Prendre rapidement un avis médical : contacter un médecin référent ou un médecin de garde aux urgences le plus tôt possible.
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Selon les caractéristiques de la source et le type d'exposition
Selon les caractéristiques du sujet exposé
Prise en charge du sujet exposé
Mesures prophylactiques
Suivi médical
Pour l'entourage du sujet exposé
Démarche médico-légale
Déclaration / signalement
Liste des maladies à DO
Réparation
1. Caractéristiques de la source ( R1, R2, 2) :
Vérifier que le sujet source est bien atteint d'une infection à virus Zika :
cas suspect : une personne présentant depuis moins de 7 jours un exantème maculo-papuleux avec ou sans fièvre et au moins deux signes parmi les suivants :
hyperhémie conjonctivale, arthralgies, myalgies en l'absence d'autre étiologie ;
cas confirmé, cliniquement évocateur : défini par une PCR Zika positive sur sang, urine ou autres prélèvements (LCS, liquide amniotique, produits d'avortement...)
OU sérologie positive IgM anti-Zika OU séroconversion OU augmentation de 4 fois du titre des IgG spécifiques.
Évaluer la contagiosité de la source : un sujet est habituellement virémique en moyenne 1 à 2 jours avant et pendant 7 jours après l'apparition des symptômes. Le virus
est présent jusqu'à 15 jours dans les urines.
2. Produits biologiques à l'origine de l'exposition :
sang, sperme, urine, LCS ;
fluide biologique d'un moustique infecté.
Type d'exposition :
Par analogie avec d'autres virus, le risque de transmission est plus important en cas de blessure profonde, de piqûre avec une aiguille creuse et notamment avec une
aiguille ayant servi à un geste en intra-veineux ou intra-artériel.
Compte-tenu de la virémie pendant la phase aiguë de l'infection, une projection de sang sur peau lésée ou sur une muqueuse représente une circonstance
potientiellement suffisante pour transmettre l'infection.
Le port d'équipements de protection individuelle (gants, lunettes...) permet de diminuer le risque de transmission.
Pas de médicament prophylactique disponible.
Au plan du risque collectif, en cas d'exposition avérée et d'habitat dans la zone d'implantation de l'espèce de moustique Aedes albopictus, mesures de protection
personnelles anti-vectorielle (moustiquaire, vêtements longs, répulsifs) pour limiter le risque de transmission à des moustiques vecteurs locaux, particulièrement en
période estivale et automnale.
Un suivi clinique et biologique (RT-PCR et/ou sérologie) doit être proposé à la personne exposée pendant 4 semaines.
En cas de grossesse :
Toute femme enceinte suspecte d'une infection par le virus Zika doit être adressée à la consultation d'urgence obstétricale ou consulter un gynécologue de ville et/ou
infectiologue, pour un bilan étiologique complet, notamment biologique pour confirmer ou infirmer le diagnostic.
En cas de biométries céphaliques fœtales inférieures au cinquième percentile, qu'il y ait ou non un retard de croissance intra-utérin associé, un avis en Centre
Pluridisciplinaire de Diagnostic PréNatal (CPDPN) est recommandé pour étude du cerveau fœtal. En dessous du troisième percentile, la réalisation d'une IRM
systématique après 26 semaines d'aménorrhée (SA) et une demande d'avis spécialisé en CPDPN est préconisée. Si la première échographie de dépistage est normale
chez une femme enceinte infectée par le virus Zika, une surveillance échographique rapprochée est préconisée.
Prévention de la transmission sexuelle par rapport protégé par préservatif jusqu'à infirmation du diagnostic ou jusqu'à 6 mois si le diagnostic se confirme chez un
homme exposé.
Déclaration obligatoire oui
En France métropolitaine, tout cas confirmé d'infection à virus Zika doit faire l'objet d'un signalement à l' ARS 1 sans délai et par tout moyen approprié (téléphone,
télécopie...) puis d'une notification complète du cas effectuée à l'aide d'une fiche de notification spécifique à envoyer à l'ARS.
1 https://www.ars.sante.fr/
Dans les départements d'Outre-Mer, la surveillance est adaptée en fonction du niveau de circulation virale.
Consultez le site Santé Publique France 2
2 http://invs.santepubliquefrance.fr/Espace-professionnels/Maladies-a-declaration-obligatoire/Liste-des-maladies-a-declaration-obligatoire
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Accident du travail
Maladie professionnelle
Non
Non
Eléments de référence
Textes de référence
Recommandations sur la prise en charge et la prévention des infections cutanées liées aux SARM Co 5. Rapport de décembre 2009. Haut Conseil de la Santé Publique
(HCSP), 2009.
5 http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=102
Personnes atteintes par le virus Zika 6. Actualisation des modalités de prise en charge. Avis du 5 janvier 2016. Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP), 2016 (
www.hcsp.fr/Explore.cgi/avisrapportsdomaine ?clefr=532 6).
6 http://www.hcsp.fr/Explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=532
Déclaration d'AT selon les circonstances d'exposition.
Tableau Régime Général
Tableau Régime Agricole
Maladie hors tableau et fonction publique : selon expertise.
CNR
Accès à la liste des CNR
Centre national de référence Arbovirus
CNR Coordonnateur
Institut de Recherche Biomédicale des Armées (IRBA)
Équipe résidente de recherche en infectiologie tropicale (ERRIT)
Unité des Arbovirus
HIA Laveran
CS 50004
13 384 MARSEILLE Cedex 13
Nom du responsable : Dr Isabelle LEPARC-GOFFART
Tél. : 04 91 61 79 00 - Secrétariat : 04 91 61 79 10 - Fax : 04 91 61 75 53
Courriel : isabelle.leparcgoffart@gmail.com - CNRarbovirus@irba.fr
CNR Laboratoires Associés
Institut Pasteur de la Guyane
Laboratoire de virologie
23 avenue Pasteur
BP 6010
97 306 CAYENNE Cedex
Nom du responsable : Dr Dominique ROUSSET
Tél. : 05 94 29 26 09 - Laboratoire : 05 94 29 58 27 - Secrétariat : 05 94 29 58 16 - Fax : 05 94
29 58 09
Courriel : drousset@pasteur-cayenne.fr
CHU Saint Denis de la Réunion
Laboratoire de Microbiologie
CHU Felix Guyon
Allée des Topazes
CS 11021
97 405 SAINT-DENIS Cedex
Nom du responsable : Dr Marie-Christine JAFFAR-BANDJEE
Tél. : 02 62 90 59 34 - Secrétariat : 02 62 90 62 60 - Fax : 02 62 90 53 38 ou 50 54
Courriel : marie-christine.jaffarbandjee@chu-reunion.fr 3
3 mailto:marie-christine.jaffarbandjee@chr-reunion.fr
Site CNR Arbovirus : http://www.ecole-
valdegrace.sante.defense.gouv.fr/rubriques-complementaires/irba-cnr/arbovirus
Consultez le site Santé Publique France 4
4 http://invs.santepubliquefrance.fr/Espace-professionnels/Centres-nationaux-de-
reference/Liste-et-coordonnees-des-CNR
Rea infectiologie suite num 3

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Rea infectiologie suite num 3

  • 1. www.inrs.fr/eficatt EFICATT - Rougeole Page 1 / 5 RougeoleMise à jour de la fiche 02/2011 Agent pathogène Descriptif de l'agent pathogène Réservoir et principales sources d'infection Viabilité et infectiosité Données épidémiologiques Population générale Milieu professionnel Nom : Morbillivirus Synonyme(s) : Virus de la rougeole. Type d'agent Virus Groupe de classement 2 Descriptif de l'agent : Morbillivirus, virus à ARN enveloppé, famille des Paramyxoviridae. Type de réservoir Homme Strictement humain. Vecteur : Pas de vecteur. Viabilité, résistance physico-chimique : - persistance de l'infectiosité des aérosols au moins 30 minutes ; - survie < ou = à 2 heures sur les surfaces inertes ; - inactivé par la chaleur : 56 °C pendant 30 minutes ; inactivé par la lumière ; - sensible à de nombreux désinfectants : hypochlorite de sodium à 1 %, éthanol à 70 %, glutaraldéhyde, formaldéhyde. Infectiosité : Maladie virale extrêmement contagieuse. Taux de contamination des professionnels de santé non immuns après exposition évalué à 75 % en Grande-Bretagne en 1999. - De survenue endémique saisonnière à la fin de l'hiver et au printemps, et à recrudescence épidémique cyclique, c'est une maladie de l'enfant, de l'adolescent et de l'adulte jeune chez les populations non vaccinées ; - D'évolution souvent grave dans les pays en voie de développement, à l'origine d'un million de décès d'enfants par an, selon l'OMS. La vaccination a eu un effet très sensible sur la mortalité rougeoleuse. Dans l'ensemble, la mortalité rougeoleuse a diminué de 68 % entre 2000 et 2006 ; - La déclaration obligatoire (DO) de la rougeole a été réintroduite en juillet 2005 dans le cadre du plan national d'élimination de la rougeole et de la rubéole congénitale. L'incidence des cas de rougeole a diminué de 331 000 cas/an en 1986 à 40 cas/an en 2007. Bien qu'une amélioration de la couverture vaccinale contre la rougeole à 24 mois ait été observée ces dernières années, elle restait insuffisante en 2007 (90 % pour 1ère dose), car inférieure au niveau fixé par le plan national de 2005 (95 %) nécessaire à l'interruption de la circulation du virus de la rougeole. Ainsi, depuis 2008, on assiste à une nette augmentation du nombre de cas avec une intensification en début d'année 2010 : 3 000 cas entre janvier et août avec 34 % des cas hospitalisés et 4 décès (atteintes neurologiques pour 2 cas et pulmonaires pour les 2 autres cas). Réceptivité à la rougeole des personnels de santé évaluée entre 4 et 10 % aux USA en 1994 et 1998, à 1,5 % au Japon en 2004, < 10 % en Italie en 2007. En France, 2 cas de rougeole chez des soignants ont été signalés en 2005-2007 (dont un médecin), le lieu probable de contamination étant l'hôpital. Depuis 2008, 42 épisodes de transmission nosocomiale ont été notifiés à l'InVS (Santé Publique France) (3 en 2008, 10 en 2009 et 29 depuis janvier 2010) : 30 (72 %) ont impliqué au moins un personnel soignant. D'autres cas de contamination professionnelle ont été rapportés parmi des soignants (Grande-Bretagne en 2000 - Austalie en 2002 - USA en 2008 - Slovénie en 2010). En laboratoire : Cas en laboratoire d'analyses (médicales, vétérinaires...) publiés depuis 1985 : Aucun cas de contamination professionnelle en laboratoire d’analyses n’a été publié.
  • 2. www.inrs.fr/eficatt EFICATT - Rougeole Page 2 / 5 Pathologie Nom de la maladie Transmission La maladie Populations à risque particulier Cas en laboratoire d'analyses (médicales, vétérinaires...) publiés depuis 1985 : Aucun cas de contamination professionnelle en laboratoire d’analyses n’a été publié. Cas en laboratoire de recherche publiés depuis 1985 : Pas de cas publié. Cas historiques publiés avant 1985 : Néant. Rougeole Mode de transmission : - le plus souvent par l'intermédiaire de gouttelettes provenant des voies aériennes supérieures, générées lors de la toux, les éternuements ou la parole d'une personne infectée. - par inhalation d'aérosols contaminés : cas documentés d'infections survenues dans des endroits clos jusqu'à 2 heures après le départ du patient source (transmission aéroportée) . - plus rarement, par contact avec des mains souillées ou des surfaces contaminées par des sécrétions oropharyngées. Période de contagiosité : La période de contagiosité commence la veille de l'apparition des premiers symptômes (3 à 5 jours avant l'éruption) et persiste jusqu'au 5 jour après le début de celle-ci. e Incubation : De 7 à 18 jours, en moyenne 10 jours du moment de l'exposition au début de la fièvre, l'éruption apparaissant à 14 jours. Clinique : La période d'invasion correspond à une phase virémique avec présence de virus dans les sécrétions nasopharyngées et l'urine, l'atteinte de l'épithélium respiratoire étant prédominante : - les signes cliniques comportent un catarrhe oculo-respiratoire, une fièvre jusque 39,5 °C - 40 °C et une altération de l'état général ; - le signe de Köplick, inconstant, est pathognomonique, apparaissant à la 36 heure et persistant jusqu'à l'éruption (petites taches blanc-bleuâtres sur fond érythémateux au niveau de la muqueuse jugale). L'éruption débute au niveau de la tête et du visage ; son extension est descendante en 3 à 4 jours : cou, épaules, thorax et membres supérieurs, puis abdomen, cuisses et généralisation ; il s'agit de maculo-papules, de 1 à plusieurs mm, non prurigineuses, s'effaçant à la pression, de contours irréguliers et confluentes mais avec intervalles de peau saine, disparaissant au bout d'une semaine. Les complications peuvent être : - des surinfections bactériennes fréquentes : otite (7 à 9 %), laryngite, pneumopathie (1 à 6 %) ; - des atteintes respiratoires mécaniques : atélectasie, emphysème ; - des atteintes neurologiques : encéphalite aiguë précoce de la période éruptive (1/2 000 rougeoles) de pronostic grave, encéphalite immuno-allergique survenant 1 à 2 semaines après l'infection de meilleur pronostic et panencéphalite sclérosante subaiguë survenant 5 à 10 ans après la rougeole (180 cas en France en 10 ans, d'évolution toujours létale) ; - pneumonie interstitielle notamment chez l'immunodéprimé (d'évolution fatale) ; - rougeole " maligne ", exceptionnelle en France (d'évolution fatale également). e Diagnostic : - Sérologie (technique de référence pour le diagnostic de rougeole) : présence d'IgM spécifiques ; ascension d'au moins 4 fois du taux d'anticorps totaux sur deux prélèvements à 10 jours d'intervalle. - Détection d'IgM salivaires (kit de prélèvement salivaire disponible au niveau des ARS, cf. : circulaire du 4 novembre 2009) : les IgM apparaissant dans la salive à peu près en même temps que dans le sang, il est recommandé d'effectuer le prélèvement de salive à partir du 3 jour de l'éruption. Si le prélèvement est plus précoce et si la recherche d'IgM est négative, une PCR pour la détection du génome viral sera effectuée. Fiche de renseignements pour le diagnostic de la rougeole 1 à partir d'un prélèvement salivaire. 1 http://invs.santepubliquefrance.fr/%20fr/content/download/11798/72454/version/3/file/confirmation_bio_cas_rougeole.pdf - RT-PCR : détecte l'ARN viral sur échantillons de sang, salive ou rhino-pharyngé, de 5 jours avant l'éruption jusqu'à 12 jours après. e Traitement : Pas de traitement spécifique de la forme commune de la rougeole. Traitement antibiotique des complications pulmonaires. Terrain à risque accru d'acquisition : Personnes non vaccinées. Terrain à risque accru de forme grave :
  • 3. www.inrs.fr/eficatt EFICATT - Rougeole Page 3 / 5 Immunité et prévention vaccinale Immunité naturelle Prévention vaccinale Que faire en cas d'exposition ? Définition d'un sujet exposé Conduite à tenir immédiate Evaluation du risque Selon les caractéristiques de la source et le type d'exposition Selon les caractéristiques du sujet exposé - Malnutrition. - Immunodépression. - Nourrisson de moins de 1 an. - Adulte et adolescent non-immuns. - Femmes enceintes. Cas particulier de la grossesse : La rougeole survenant chez la femme enceinte peut entraîner des formes graves pour la mère et être source de complications de la grossesse (interruption précoce) et de rougeole congénitale. Vaccination contre-indiquée tout au long de la grossesse (comme tout vaccin à virus vivant atténué) ; toutefois les études menées chez des femmes vaccinées accidentellement juste avant ou pendant une grossesse ne concluent pas en faveur d'une interruption de grossesse. Naturelle définitive. Vaccin disponible oui Vaccin à virus vivant atténué sous forme monovalente, trivalente : associé aux vaccins contre les oreillons et la rubéole ou quadrivalente : vaccin combiné rougeole- oreillons-rubéole-varicelle. NB : parution en février 2011 d'un avis relatif à l'actualisation des reccommandations vaccinales contre la rougeole pour les adultes (cf Éléments de référence). Consultez le calendrier vaccinal 2017 2 2 http://social-sante.gouv.fr/IMG/pdf/calendrier_vaccinations_2017.pdf Immunite vaccinale : Acquise dans les 4 jours suivant la vaccination avec un taux de séroconversion de 97 % à 100 %, et persistance de l'immunité de très longue durée (> 20 ans), même après disparition des anticorps sériques. Sujet ayant été en contact (y compris de façon indirecte s'il s'agit de locaux confinés) avec une personne infectée depuis la veille de l'apparition de la fièvre et jusqu'à 5 jours après le début de l'éruption. Principales professions concernées : - Contacts fréquents et rapprochés avec des communautés infantiles (crèches, garderies, écoles...) ; - Services de soins pédiatriques. Isolement strict ou éviction du sujet source. Evaluation du risque de transmission secondaire à des personnes à risque, immunodéprimés ou nourrissons, dans l'entourage d'un sujet exposé. Produits biologiques : la salive, les larmes, les sécrétions des voies aériennes supérieures et bronchiques sont riches en particules virales infectantes. Type d'exposition : Transmission inter-humaine favorisée par le catarrhe oculo-nasal et la toux. La contamination est d'autant plus favorisée que le contact est rapproché, fréquent et prolongé. Pas de risque en cas d'immunité antérieurement acquise par infection naturelle ou vaccination (intérêt d'une évaluation systématique du statut immunitaire vis-à-vis de la rougeole, à la prise de fonction des professionnels à risque : personnels de pédiatrie, crèches... Dosage des anticorps si pas d'antécédent de rougeole et vaccination absente ou incomplète).
  • 4. www.inrs.fr/eficatt EFICATT - Rougeole Page 4 / 5 Prise en charge du sujet exposé Mesures prophylactiques Suivi médical Pour l'entourage du sujet exposé Démarche médico-légale Déclaration / signalement Liste des maladies à DO Réparation Accident du travail Maladie professionnelle Non Non Eléments de référence En l'absence de contre-indication, il est recommandé l'administration d'une dose de vaccin trivalent à tous les personnels susceptibles d'être ou d'avoir été exposés pour lesquels il n'existe pas de preuve biologique de rougeole antérieure ou qui n'ont pas reçu auparavant 2 doses de vaccin. Cette vaccination, si elle est réalisée dans les 72 heures qui suivent un contact avec un cas, peut éviter la survenue de la maladie. La mise à jour du statut vaccinal reste préconisée même si ce délai est dépassé. Exposition de moins de 6 jours à un cas confirmé : immunoglobulines polyvalentes IV : indications au cas par cas (pas d'AMM dans cette indication). Le CSHPF les recommande pour la femme enceinte, le sujet immunodéprimé et les enfants de moins de 6 mois. - Sujet contact immunisé : aucun suivi. - Sujet contact non-immun ou de statut inconnu : mise à jour des vaccinations (selon le calendrier vaccinal), suivi clinique. En cas de grossesse : Si sujet non-immun, immunoglobulines possibles. Anamnèse clinique, antécédents vaccinaux documentés + ou - dosage sérologique. Déclaration obligatoire oui Consultez le site Santé Publique France 3 3 http://invs.santepubliquefrance.fr/Espace-professionnels/Maladies-a-declaration-obligatoire/Liste-des-maladies-a-declaration-obligatoire Déclaration d'AT selon les circonstances d'exposition. Tableau Régime Général Tableau Régime Agricole Maladie hors tableau et fonction publique : selon expertise. CNR Centre national de référence Virus de la rougeole, de la rubéole et des oreillons CNR Coordinateur CHU de Caen Laboratoire de Virologie Avenue Georges Clémenceau 14 033 CAEN CEDEX 9 Nom du responsable : Pr Astrid VABRET Tél. : 02 31 27 25 54 (secrétariat) - 02 31 27 20 14 Fax : 02 31 27 25 57 Courriel : vabret-a@chu-caen.fr - cnr-roug-para@chu-caen.fr CNR Laboratoire associé AP-HP Paul Brousse Laboratoire de Virologie
  • 5. www.inrs.fr/eficatt EFICATT - Rougeole Page 5 / 5 Textes de référence Circulaire N° DGS/RI1/2009/334 du 4 novembre 2009 relative à la transmission obligatoire de données individuelles à l'autorité sanitaire en cas de rougeole 5 et la mise en œuvre des mesures préventives autour d'un cas ou de cas groupés. Ministère chargé de la santé, 2009. 5 http://circulaires.legifrance.gouv.fr/index.php?action=afficherCirculaire&hit=1&r=29931 Bibliographie Accès à la liste des CNR Laboratoire de Virologie Hôpital Paul Brousse 12 avenue Paul Vaillant-Couturier 94 804 Villejuif Nom du repsonsable : Dr Christelle VAULOUP-FELLOUS Tél. : 01 45 59 33 14 - secrétariat : 01 45 59 37 21 Fax : 01 45 59 37 24 Courriel : christelle.vauloup@aphp.fr Site CNR Virus de la rougeole, de la rubéole et des oreillons : http://www.chu- caen.fr/service-129.html Consultez le site Santé Publique France 4 4 http://invs.santepubliquefrance.fr/Espace-professionnels/Centres-nationaux-de- reference/Liste-et-coordonnees-des-CNR 6 http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=198 7 http://www.hcsp.fr/Explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=306 8 http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs286/fr/index.html 9 http://invs.santepubliquefrance.fr//Dossiers-thematiques/Maladies-infectieuses/Maladies-a-declaration-obligatoire/Rougeole 10 http://www.cclinparisnord.org/Guides/FT6_Rougeole.pdf 1 | Recommandations vaccinales contre la rougeole pour les adultes 6. Haut Conseil de la santé publique (HCSP), 2011. 2 | Mendelson GM, Roth CE, Wreghitt TG, Brown NM et al. - Nosocomial transmission of measles to healthcare workers. Time for a national screening and immunization policy for NHS staff ? J Hosp Infect. 2000 ; 44 (2) : 154-55. 3 | Fedeli U, Zanetti C, Saia B - Susceptibility of healthcare workers to measles, mumps rubella and varicella. J Hosp Infect. 2002 ; 51 (2) : 133-35. 4 | Lebon P - Virus de la rougeole. In : Pozzetto B (Ed) - Infections nosocomiales virales et à agents transmissibles non conventionnels. Montrouge : Edition John Libbey Eurotext ; 2001 : 183-91, 554 p. 5 | Denis F - Virus de la rougeole. In : Denis F (Ed) - Les virus transmissibles de la mère à l'enfant. Médecine/Sciences Sélection. Montrouge : John Libbey Eurotext ; 1999 : 337-44, 461 p. 6 | Survenue de maladies infectieuses dans une collectivité. 7 Conduites à tenir. Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP), 2012. 7 | Rougeole 8. Aide-mémoire n° 286. OMS, 2017. 8 | Rougeole 9. Dossier thématique. Santé Publique France, 2012. 9 | Numéro thématique. Rougeole : données sur une épidémie en France et en Europe en 2008. Bull Épidémiol Hebd. 2009 ; 39-40 : 413-40. 10 | Parent du Châtelet I, Thiolet JM - La rougeole en France : implications pour la prise en charge dans les établissements de santé et la vaccination des professionnels. Bull Inf CClin Sud-Est. 2009 ; 42 : 6-8. 11 | Parent du Châtelet I, Antona D, Freymuth F, Muscat M et al. - Spotlight on measles 2010 : Update on the ongoing measles outbreak in France, 2008-2010. Euro Surveill. 2010 ; 15 (36) : 1-4. 12 | Parent du Châtelet I, Floret D, Thiolet JM, Lévy-Bruhl D - Authors’ reply. Spotlight on measles 2010 : Measles in healthcare workers. Vaccination should be revisited. Euro Surveill. 2010 ; 15 (41) : 1. 13 | Mesures pour la prévention et la maîtrise de la diffusion de la rougeole dans les établissements de santé 10. Fiche technique n°6. CCLIN Paris-Nord, 2009. 14 | Botelho-Nevers E, Cassir N, Minodier P, Laporte R et al. - Measles among healthcare workers : a potential for nosocomial outbreaks. Euro Surveill. 2011 ; 16 (2) : 1-5.
  • 6. www.inrs.fr/eficatt EFICATT - Rouget du porc Page 1 / 4 Rouget du porcMise à jour de la fiche 11/2016 Agent pathogène Descriptif de l'agent pathogène Réservoir et principales sources d'infection Viabilité et infectiosité Données épidémiologiques Population générale Milieu professionnel Nom : Erysipelothrix rhusiopathiae. Synonyme(s) : Bacille du Rouget Type d'agent Bactérie Groupe de classement 2 Descriptif de l'agent : Bacille à gram positif, anaérobie ou aérobie facultatif, non sporulé présentant parfois une microcapsule. Type de réservoir Animal Environnement Anthropozoonose. Réservoir principal : le porc (30-40 % des porcs sains). De très nombreuses espèces sont également porteuses, dont les ovins et autres ruminants, poissons, crustacés, plus rarement oiseaux, volailles, rongeurs. Animaux souvent porteurs sains. Contamination du milieu extérieur : sol et eau. Principale(s) source(s) : Souvent os ou arêtes (à l’occasion de blessures), parfois simple contact avec animal contaminé (divers poissons et crustacés sont porteurs de germes dans le mucus qui les recouvre). Vecteur : Pas de vecteur Viabilité, résistance physico-chimique : Le germe survit jusqu'à 5 semaines dans les eaux environnementales, le sol, plusieurs mois dans la matière organique, cadavre, salaisons. Résistant à la dessiccation, au froid, et même à la congélation. Tué par chauffage 10 minutes à 70 °C, sensible aux désinfectants usuels (soude 0,5 % et phénol à 3,5 %) mais survit dans 0,0001 % de cristal violet et 0,1 % d'azide de sodium. Infectiosité : Dose infectieuse inconnue mais semble élevée. Rare. Pas de cas décrit en laboratoire d'analyse médicale. Cas décrits principalement en abattoirs, boucheries, poissonneries, industries alimentaires, éleveurs de porcs. Plus rarement personnel de cuisine et chez les vétérinaires. Actuellement entre 5 et 10 cas reconnus par an en maladie professionnelle. En laboratoire : Cas en laboratoire d'analyses (médicales, vétérinaires...) publiés depuis 1985 : Pas de donnée. Cas en laboratoire de recherche publiés depuis 1985 : Pas de donnée. Cas historiques publiés avant 1985 : Plus de 50 cas rapportés entre 1940 et 1976.
  • 7. www.inrs.fr/eficatt EFICATT - Rouget du porc Page 2 / 4 Pathologie Nom de la maladie Transmission La maladie Populations à risque particulier Immunité et prévention vaccinale Immunité naturelle Prévention vaccinale Que faire en cas d'exposition ? Définition d'un sujet exposé Rouget (du porc) Synonyme(s) : Erysipéloïde de Baker-Rosenbach ; érysipélotrichose ; maladie des poissonniers. Mode de transmission : Concerne le milieu vétérinaire ou de restauration : blessure par esquille d’os ou arête de poisson, ou écailles. Souillure d’ une plaie existante. Risque très faible voire inexistant en laboratoire de biologie médical. Pas de transmission interhumaine. Période de contagiosité : Sans objet. Incubation : 12 à 48 heures (maximum 10 jours). Clinique : Plaque érythémateuse violacée (erysipeloïde), douleur, brûlure, prurit au site d’inoculation. Résolutif en 2 à 4 semaines. Arthrite ou septicémie, endocardite si terrain immuno-déprimé ou absence de traitement. Diagnostic : Avant tout clinique si infection locale. Isolement du germe difficile mais possible sur biopsie cutanée ; hémocultures si sepsis, culture de liquide articulaire… en cas de forme disséminée. Culture sur gélose au sang sous CO et identification en spectrométrie de masse. PCR possible.2 Traitement : β-lactamine (pénicilline A ou G) pendant une semaine si infection locale, 1 mois si endocardite. Ou doxycycline ou macrolide en cas d’allergie aux b -lactamines. Terrain à risque accru d'acquisition : Néant. Terrain à risque accru de forme grave : Immuno-dépression, diabète, alcool, dénutrition... Cas particulier de la grossesse : Pas de spécificité. Non. Vaccin disponible non Pas de vaccin disponible Blessure au contact d’un animal infecté : essentiellement par os (porc) ou arêtes (poissons).
  • 8. www.inrs.fr/eficatt EFICATT - Rouget du porc Page 3 / 4 Conduite à tenir immédiate Evaluation du risque Selon les caractéristiques de la source et le type d'exposition Selon les caractéristiques du sujet exposé Prise en charge du sujet exposé Mesures prophylactiques Suivi médical Pour l'entourage du sujet exposé Démarche médico-légale Déclaration / signalement Réparation Accident du travail Maladie professionnelle Eléments de référence Blessure au contact d’un animal infecté : essentiellement par os (porc) ou arêtes (poissons). Principales professions concernées : Travail en présence d’animaux infectés ou de leur environnement souillé (litières, locaux, véhicules). Manipulation de viande, abats, poissons, crustacés : personnels d’abattoir, bouchers-charcutiers, équarrisseurs, naturalistes, poissonniers, écailleurs, pêcheurs, vétérinaires, éleveurs et personnels de laboratoire vétérinaire. Se laver les mains après exposition. En cas de plaie, désinfecter et couvrir avec un pansement imperméable. Produits biologiques : mucus ou arêtes de poisson, os, esquilles de porcs. Type d'exposition : Blessure ou contact d’une plaie préexistante avec des produits biologiques contaminés. Formes graves sur terrain fragile. Pas d’indication à un traitement prophylactique. Surveiller la plaie surtout les premières 48 heures et jusqu’à 10 jours pour un traitement curatif précoce. En cas de grossesse : Pas de spécificité. Pas de transmission interhumaine mais vigilance dans l’entourage professionnel exposé à une même source. Déclaration obligatoire non Déclaration d'AT selon les circonstances d'exposition. Tableau Régime Général RG 88 Tableau Régime Agricole RA 51 Maladie hors tableau et fonction publique : selon expertise.
  • 9. www.inrs.fr/eficatt EFICATT - Rouget du porc Page 4 / 4 Textes de référence Pas de texte de référence. Bibliographie 1 | Bricaire F - Infection à " Erysipelothrix rhusiopathiae". Encyclopédie médico-chirurgicale. Maladies infectieuses 8-017-S10. Paris : Editions scientifiques et médicales Elsevier ; 2001 : 3 p. 2 | Érysipèles animaux et érysipéloïde humaine. In : Acha PN, Szyfres B - Zoonoses et maladies transmissibles communes à l’homme et aux animaux. Volume 1 : bactérioses et mycoses. 3 édition. Paris : Office International des Épizooties, Organisation mondiale de la santé animale ; 2005 : 85-92, 382 p.e 3 | Renaud F, Bille J, Hanser W - Erysiplothrix. In : Freney J, Renaud F, Leclercq R, Riegel P (Eds) - Précis de bactériologie clinique. 2 édition. Paris : Éditions ESKA ; 2007 : 1219-25, 1764 p. ème 4 | Reboli AC, Farrar WE - Erysipelothrix rhusiopathiae : an occupational pathogen. Clin Microbiol Rev. 1989 ; 2 (4) : 354-59. 5 | Chaillon A, Besnier JM, Choutet P - Pathologie d’inoculation. Rev Prat. 2008 ; 58 (2) : 213-21. 6 | Wang Q, Change BJ, Riley TV - Erysipelothrix rhusiopathiae. Vet Microbiol. 2010 ; 140 (3-4) : 405-17. 7 | Volard B, Mignot L, Piednoir E, De Champ C et al. - Systemic rysipelothrix rhusiopathiae infection not associated with endocarditis highlighting bacteriological diagnosis difficulties Case report an literature review. Ann Biol Clin. 2016 ; 74 (3) : 306-12.
  • 10. www.inrs.fr/eficatt EFICATT - Rubéole Page 1 / 5 RubéoleMise à jour de la fiche 11/2013 Agent pathogène Descriptif de l'agent pathogène Réservoir et principales sources d'infection Viabilité et infectiosité Données épidémiologiques Population générale Milieu professionnel Nom : Rubivirus Type d'agent Virus Groupe de classement 2 Descriptif de l'agent : Rubivirus, virus à ARN enveloppé, famille des Togaviridae. Type de réservoir Homme Strictement humain. Principale(s) source(s) : Urines des nouveaux-nés atteints de rubéole congénitale ou voie transplacentaire (rubéole congénitale) Vecteur : Pas de vecteur Viabilité, résistance physico-chimique : - Courte survie à l'extérieur de l'hôte ; - Inactivé par la chaleur : 56 °C pendant 30 minutes, 70 °C pendant 4 minutes, 100 °C pendant 2 minutes ; - Sensible aux rayons U.V. ; - Sensible à de nombreux désinfectants et antiseptiques : hypochlorite de sodium à 1 %, éthanol à 70 %, glutaraldéhyde, formaldéhyde, solvants lipidiques. Infectiosité : Maladie hautement contagieuse. De survenue endémique saisonnière à la fin de l'hiver et au printemps, et à recrudescence épidémique cyclique, c'est une maladie dont le pic de prévalence se situe au cours de l'enfance dans les populations non vaccinées ; des formes sporadiques, voire des épidémies (armée française en 1996-97) sont possibles chez les vaccinés n'ayant pas eu de rappel. Le nombre d'infections rubéoleuses diagnostiquées durant la grossesse recensées par Renarub est en baisse depuis 2000, diminuant de 80 % entre 2001 (39 cas) et 2006 (6 cas) et est stable depuis avec moins de 10 cas annuels conduisant à un ration "nombre d'infections maternelles / nombre de naissances vivantes" inférieur à 2/100 000. Le nombre d'infections congénitales recensées est inférieur à 5 depuis 2006. Le ration "nouveaux-nés atteints de rubéole congénitale malformative (RCM) recensés par Rénarub / nombre de naissances vivantes (NV)" en France métropolitaine était de 0,13/100 000 en 2011. Depuis 2006, le nombre de grossesse interrompues dans un contexte d'infection maternelle est inférieur à 5 et était de 2 en 2011. Données françaises : Réceptivité à la rubéole des professionnels de santé évaluée à 7 % en France en 1996. Néanmoins, ce taux a certainement diminué du fait de la recommandation de vaccination avec deux doses pour les personnes nées avant 1980. Données internationales : - 8,6 % des soignants réceptifs à la rubéole au Japon (2004), - 11 % des soignants réceptifs à la rubéole en Italie (2007). Des cas de transmission soignant-soigné ont été documentés. En laboratoire : Cas en laboratoire d'analyses (médicales, vétérinaires...) publiés depuis 1985 : Aucun cas de contamination professionnelle en laboratoire d’analyses n’a été
  • 11. www.inrs.fr/eficatt EFICATT - Rubéole Page 2 / 5 Pathologie Nom de la maladie Transmission La maladie Populations à risque particulier Cas en laboratoire d'analyses (médicales, vétérinaires...) publiés depuis 1985 : Aucun cas de contamination professionnelle en laboratoire d’analyses n’a été publié. Cas en laboratoire de recherche publiés depuis 1985 : Pas de cas publié. Cas historiques publiés avant 1985 : Néant. Rubéole Mode de transmission : Par l'intermédiaire de gouttelettes provenant des voies aériennes supérieures et générées par la toux, les éternuements ou la parole d'une personne infectée. Par contact des muqueuses avec des mains, des objets ou des surfaces fraîchement contaminés par des sécrétions d'un sujet infecté ou l'urine d'un nouveau-né atteint de rubéole congénitale très contagieux pour l'entourage car excrétant du virus pendant plusieurs mois. Voie transplacentaire pour la rubéole congénitale. Période de contagiosité : La contagiosité dure pendant tout le portage : - chez les personnes atteintes de rubéole : depuis une semaine avant l'éruption à une semaine après, pouvant se prolonger jusqu'à 15 à 21 jours après l'éruption, notamment chez l'immunodéprimé ; - chez les nouveaux-nés atteints de rubéole congénitale, l'excrétion du virus se prolonge au moins 6 mois (notamment dans l'urine). La virémie est brève : de quelques jours avant l'éruption à 1 à 2 jours après. Incubation : De 12 à 23 jours, le plus souvent entre 14 et 18 jours. Clinique : Fréquence des formes inapparentes ou frustes, limitées à une éruption fugace, peu visible. La phase d'invasion, souvent muette chez l'enfant, peut être plus marquée chez l'adolescent et l'adulte avec fièvre modérée, céphalées, arthromyalgies et douleurs pharyngées dans les 5 jours précédant l'éruption. Les adénopathies cervicales sont constantes, parfois tendues et un peu douloureuses, de localisations caractéristiques (rétro- auriculaires, cervicales postérieures et surtout sous occipitales). L'éruption inconstante débute au visage et s'étend en moins de 24 heures au tronc puis aux membres, en respectant les extrêmités ; d'aspect morbilliforme le 1 jour avec éléments maculeux ou maculo-papuleux (visage), elle devient parfois scarlatiniforme le 2 jour (fesses et cuisses) et disparaît au 3 jour, généralement sans desquamation +/- énanthème très discret +/- splénomégalie modérée. La fièvre reste modérée et disparait au 2 ou 3 jour de l'éruption. Les adénopathies généralisées persistent plusieurs semaines. Les complications sont rares : polyarthrites contemporaines de l'éruption chez l'adolescent ou l'adulte, purpura thrombopénique post éruptif chez l'enfant (1/3 000), méningo-encéphalite plus rare que celle de la rougeole (1/5 000 à 1/25 000). er e e e e Diagnostic : Le diagnostic clinique ne peut être certain que grâce au diagnostic biologique : Sérologie avec titrage sérique des anticorps : les IgM et IgG sont d'apparition simultanée et concomitante à l'éruption, avec disparition rapide des IgM en 3 à 6 semaines, et persistance des IgG " en plateau " à des taux et pendant une durée très variables d'un sujet à l'autre. En l'absence d'IgM, l'argument décisif d'infection récente est donc le comparatif entre deux examens successifs : séroconversion ou élévation significative du taux d'IgG (taux x 4) entre un examen précoce et un examen plus tardif (dans le même laboratoire) ; on peut aussi mesurer l'avidité des anticorps de classe IgG (les anticorps sont d'autant plus avides qu'ils sont anciens : taux < 50 % en faveur d'une primo infection récente, taux > 70 % infection ancienne datant probablement de plus de deux mois). Celle-ci et une recherche d'IgA (si elle est négative, la primo-infection est exclue) peuvent être pratiquées dans les laboratoires spécialisés afin de différencier les primo- infections des ré-infections. La connaissance des résultats d'examens sérologiques antérieurs aide à l'interprétation et peut permettre d'éviter la pratique d'examens inutiles. Recherche du virus de la rubéole : elle n'est réalisée que dans les laboratoires de virologie de haute technologie et limitée au diagnostic anténatal, effectuée soit par isolement sur cultures cellulaires, soit par des techniques RT-PCR simple ou multiplex. A l'hémogramme = leuconeutropénie avec plasmocytose (5 à 10 %). Traitement : Pas de traitement spécifique de la rubéole acquise. Terrain à risque accru d'acquisition : Personnes non vaccinées.
  • 12. www.inrs.fr/eficatt EFICATT - Rubéole Page 3 / 5 Immunité et prévention vaccinale Immunité naturelle Prévention vaccinale Que faire en cas d'exposition ? Définition d'un sujet exposé Conduite à tenir immédiate Evaluation du risque Selon les caractéristiques de la source et le type d'exposition Cas particulier de la grossesse : Risque tératogène : - risque d'embryopathie avec syndrome malformatif en cas de contamination jusqu'à la 20 semaine : 85 % de malformations pendant les 8 premières semaines (atteintes multiviscérales), 52 % de 9 à 12 semaines (incluant les cardiopathies), 16 % de 13 à 20 semaines (atteinte cérébrale et oreille interne) ; - risque de fœtopathie à évolution viscérale en cas d'atteinte après 20 semaines, qui, du fait de la longue persistance du virus dans l'organisme, peut s'associer à l'embryopathie : hypotrophie constante et lésions pluriviscérales évolutives à type de purpura thrombopénique, hépatosplénomégalie et ictère, méningite lymphocytaire, myocardite, pneumopathie interstitielle, lésions osseuses ; risque létal dans 1 cas sur 5 avec persistance du virus dans les viscères et le pharynx avec contagiosité massive pendant 6 mois. Vaccination : contre-indiquée tout au long de la grossesse ; toutefois des études portant sur le pronostic de grossesses menées à terme suite à une vaccination accidentelle ne concluent pas en faveur d'une interruption de grossesse en cas de vaccination pratiquée juste avant ou pendant une grossesse. Diagnostic virologique au cours de la grossesse : - examen sérologique chez la mère (IgM et IgG sur au moins 2 sérums) ; - recherche du virus par amplification génique dans le liquide amniotique (après amniocentèse) ; - recherche d'anticorps dans le sang fœtal après la 22 semaine d'aménorrhée. Ces examens doivent se faire sous la responsabilité d'un biologiste spécialisé. e e Naturellement acquise = définitive. La ré-infection des sujets immuns ne provoque ni manifestation clinique ni virémie mais une éventuelle ré-ascension des anticorps ; elle ne présente aucun risque pour le fœtus au cours de la grossesse. Vaccin disponible oui Vaccin à virus atténué disponible sous forme monovalente, trivalente ou quadrivalente, associant les valences rougeole-rubéole-oreillons +/- varicelle. Suivant le calendrier vaccinal 2013, la vaccination est recommandée chez les personnels de santé et les professionnels travaillant au contact des enfants. Consultez le calendrier vaccinal 2017 1 1 http://social-sante.gouv.fr/IMG/pdf/calendrier_vaccinations_2017.pdf Immunite vaccinale : Acquise en 2 à 4 semaines après l'injection, avec un taux de séroconversion de près de 100 %, pour une durée d'au moins 10 à 20 ans ; la réponse immunitaire à cette vaccination n'est pas assez rapide pour prévenir la maladie après exposition. Sujet ayant été en contact direct et rapproché (1 à 2 mètres) avec une personne infectée, depuis 7 jours avant son éruption et jusqu'à une semaine après (sauf immunodéprimé et enfant atteint de rubéole congénitale chez lesquels le portage est plus prolongé). Principales professions concernées : Personnels travaillant au contact des enfants : crèches, garderies, écoles, services de pédiatrie... Eviction du sujet source et/ou isolement. Identification du statut immunitaire des femmes enceintes ou susceptibles de l'être, parmi les sujets exposés ; pour les femmes non-immunes ou en l'attente du résultat de la sérologie, proscrire tout contact avec le sujet source. Evaluation du risque de transmission secondaire à des femmes enceintes non-immunisées par un sujet exposé non-immun. Produit biologique : salive, sécrétions nasopharyngées dans le cas habituel de contamination interhumaine directe, matériel biologique infectieux provenant d'un enfant atteint de rubéole congénitale, notamment urine.
  • 13. www.inrs.fr/eficatt EFICATT - Rubéole Page 4 / 5 Selon les caractéristiques du sujet exposé Prise en charge du sujet exposé Mesures prophylactiques Suivi médical Pour l'entourage du sujet exposé Démarche médico-légale Déclaration / signalement Réparation Accident du travail Maladie professionnelle Non Non Eléments de référence Type d'exposition : Contacts rapprochés avec le sujet infecté, transmission majorée si contacts fréquents et prolongés ou toux génératrice de projections. Statut immunitaire : risque nul en cas d'immunité antérieurement acquise (ré-infections possibles se traduisant seulement par une ré-augmentation du taux d'IgG), risque à évaluer en cas de statut immunitaire négatif ou inconnu. Les données actuelles ne permettent pas de conclure à l'efficacité des immunoglobulines polyvalentes. - Sujet immunisé : aucun suivi. - Sujet à statut sérologique inconnu : sérologie initiale. - Sujet non-immun, hors contexte de grossesse : suivi clinique + contrôle sérologique à distance. - Femme non-immune avec grossesse débutante possible : test de grossesse immédiat. - Femme non-immune avec grossesse en cours : sérologie initiale comportant la recherche des IgM et des IgG anti-rubéole et prise en charge en milieu spécialisé. En cas de grossesse : - Evaluation systématique du statut immunitaire vis-à-vis de la rubéole, en particulier en médecine du travail ; - Incitation vaccinale à toutes les femmes non-immunes en âge de procréer sous couvert d'une contraception et à tous les sujets non-immuns dont l'activité professionnelle consiste à prodiguer des soins aux femmes enceintes (personnels d'obstétrique notamment). Eviter le contact avec les femmes enceintes non immunisées. Déclaration obligatoire non Déclaration d'AT selon les circonstances d'exposition. Tableau Régime Général Tableau Régime Agricole Maladie hpors tableau et fonction publique : selon expertise. CNR Centre national de référence Virus de la rougeole, de la rubéole et des oreillons CNR Coordinateur CHU de Caen Laboratoire de Virologie Avenue Georges Clémenceau 14 033 CAEN CEDEX 9 Nom du responsable : Pr Astrid VABRET Tél. : 02 31 27 25 54 (secrétariat) - 02 31 27 20 14 Fax : 02 31 27 25 57 Courriel : vabret-a@chu-caen.fr - cnr-roug-para@chu-caen.fr
  • 14. www.inrs.fr/eficatt EFICATT - Rubéole Page 5 / 5 Textes de référence Article L. 1225-12 à 1225-15 visant à promouvoir l'amélioration de la sécurité et de la santé des travailleuses enceintes 3, accouchées ou allaitantes au travail. In : Légifrance. Code du travail. 3 http://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do;jsessionid=23F0307BAE3783339C9B69DE30111015.tpdila09v_1? idSectionTA=LEGISCTA000006198527&cidTexte=LEGITEXT000006072050&dateTexte=20170330 Article R. 1225-4 relatif à la protection des travailleuses enceintes ou allaitant 4 contre les risques résultant de leur exposition à des agents chimiques, biologiques et physiques. In : Légifrance. Code du travail. 4 http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do;jsessionid=0609BFD40CBFC4B378FF9E944B6AEBF0.tpdila22v_1? idArticle=LEGIARTI000018537824&cidTexte=LEGITEXT000006072050&categorieLien=id&dateTexte=20110113 Articles L. 333-1 à 333-3 visant à promouvoir l'amélioration de la sécurité et de la santé des travailleuses enceintes 5, accouchées ou allaitantes au travail. In : Légifrance. Code de la sécurité sociale. 5 http://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do;jsessionid=378C289E3B6393A3FF2A1ECEBFB46B03.tpdila14v_3? idSectionTA=LEGISCTA000006156367&cidTexte=LEGITEXT000006073189&dateTexte=20170330 Bibliographie Accès à la liste des CNR Courriel : vabret-a@chu-caen.fr - cnr-roug-para@chu-caen.fr CNR Laboratoire associé AP-HP Paul Brousse Laboratoire de Virologie Hôpital Paul Brousse 12 avenue Paul Vaillant-Couturier 94 804 Villejuif Nom du repsonsable : Dr Christelle VAULOUP-FELLOUS Tél. : 01 45 59 33 14 - secrétariat : 01 45 59 37 21 Fax : 01 45 59 37 24 Courriel : christelle.vauloup@aphp.fr Site CNR Virus de la rougeole, de la rubéole et des oreillons : http://www.chu- caen.fr/service-129.html Consultez le site Santé Publique France 2 2 http://invs.santepubliquefrance.fr/Espace-professionnels/Centres-nationaux-de- reference/Liste-et-coordonnees-des-CNR 6 http://invs.santepubliquefrance.fr//Dossiers-thematiques/Maladies-infectieuses/Maladies-a-prevention-vaccinale/Rubeole/Aide-memoire 1 | Rubéole. In : Launay O, Piroth L, Yazdanpanah Y (Eds) - E. Pilly 2012. Maladies infectieuses et tropicales. 23 édition. Paris : Vivaldi Plus ; 2012 : 411-12, 607 p.e 2 | Parent du Châtelet I, Bouraoui L, Grangeot-Keros L, Six C et al. - Bilan de 10 années de surveillance des infections rubéoleuses durant la grossesse à travers le réseau de laboratoires Rénarub en France métropolitaine, 1997-2006. Bull Epidémiol Hebd. 2008 ; 14-15 : 102-06. 3 | Touche S, Fessard C, Carquin J, Ingrand D et al. - Rubéole et varicelle : statuts immunitaires et données des carnets de santé de 1 806 adultes en milieu de soins. Concours Méd. 1999 ; 121 (11) : 823-30. 4 | Grangeot-Keros L - Virus de la rubéole. In : Pozzetto B (Ed) - Infections nosocomiales virales et à agents transmissibles non conventionnels. Montrouge : Edition John Libbey Eurotext ; 2001 : 200-04, 554 p. 5 | Rubéole 6. Aide-mémoire. Santé Publique France, 2012.
  • 15. www.inrs.fr/eficatt EFICATT - Tuberculose Page 1 / 6 TuberculoseMise à jour de la fiche 12/2015 Agent pathogène Descriptif de l'agent pathogène Réservoir et principales sources d'infection Viabilité et infectiosité Données épidémiologiques Population générale Milieu professionnel Nom : Mycobacterium tuberculosis Synonyme(s) : Bacille de Koch, BK Type d'agent Bactérie Groupe de classement 3 Descriptif de l'agent : Mycobacterium complexe tuberculosis : le principal est Mycobacterium tuberculosis. Ne seront pas traités ici les autres mycobactéries du complexe tuberculosis : Mycobacterium africanum et Mycobacterium bovis vu leur rareté en France. Type de réservoir Homme Le réservoir exclusif est l'homme atteint de tuberculose active des voies respiratoires (poumon, larynx, cordes vocales, bronche). Vecteur : Pas de vecteur Viabilité, résistance physico-chimique : Le bacille de la tuberculose est très résistant : il reste virulent un mois dans les crachats desséchés et plusieurs mois dans la terre. Il est sensible à la chaleur humide (121°C pendant au moins 15 minutes). Les mycobactéries sont très résistantes aux désinfectants en raison de la structure de leur paroi riche en lipides : le glutaraldéhyde, l'hypochlorite de sodium, l'éthanol à 70°, l'acide peracétique sont bactéricides vis-à-vis des mycobactéries mais avec des temps de contact plus longs qu'avec les autres bactéries. Infectiosité : Un micro-organisme est suffisant pour provoquer une infection. Après exposition à un aérosol infecté : 30 % des sujets, en moyenne, s'infectent, ce qui se manifeste le plus souvent uniquement par un virage des réactions cutanées tuberculiniques et/ou une positivité des tests Interferon Gamma Release Assays ou IGRA (cf. diagnostic). Une personne non traitée et atteinte de tuberculose pulmonaire active contamine en moyenne 10 à 15 personnes par an. En France, en 2013, 4 934 cas de tuberculose maladie ont été déclarés dont 73 % de formes pulmonaires. 53 % des formes pulmonaires s'accompagnent d'une présence de BK à l'examen direct de l'expectoration. Ces chiffres reflètent une incidence annuelle de 7,5 pour 100 000 au niveau national. Il existe une grande hétérogénéité géographique : incidence à Paris et en Ile-de-France très supérieure à la moyenne nationale. L'incidence, estimée à partir de la DO (déclaration obligatoire) est de 14,7 pour 100 000 en Ile-de-France et inférieure à 8 pour 100 000 hors Ile-de-France. Dans les DOM, les incidences les plus élevées sont relevées en Guyane : 18,1/10 et à Mayotte : 13,8/10 . Ce taux varie également selon le pays de naissance : 10 fois plus important chez les personnes nées à l'étranger (35,6/10 ) que chez celles nées en France (3,5/10 ). On ne dispose pas de donnée sur les infections récentes (ITL). La proportion de tuberculoses multi-résistantes (MDR et XDR) aux antibiotiques reste rare en France malgré une augmentation récente (cf. : traitement). 5 5 5 5 Un risque de tuberculose chez les personnels de santé environ deux fois supérieur à celui de la population générale de même âge a été objectivé dans deux revues
  • 16. www.inrs.fr/eficatt EFICATT - Tuberculose Page 2 / 6 Pathologie Nom de la maladie Transmission La maladie Un risque de tuberculose chez les personnels de santé environ deux fois supérieur à celui de la population générale de même âge a été objectivé dans deux revues de la littérature dans les pays de faible incidence. Néanmoins ces données sont anciennes, datant d'avant la diffusion des mesures de protection autour des patients contagieux. L'efficacité des mesures de prévention (isolement et traitement précoce, ventilation, port de masques de protection respiratoire, postes de sécurité microbiologique en laboratoire...) a entraîné une diminution du risque d'infection chez les soignants. En France, parmi les 4 934 cas de tuberculose maladies déclarés en 2013, 345 cas ont une profession de caractère sanitaire et social dont 114 en établissement de santé, soit une incidence estimée à environ 9/100 000. Une enquête a été récemment menée auprès des services de médecine du travail de 41 établissements. Au total, 27 cas de tuberculose ont été découverts entre 2010 et 2012, pour 218 835 personnels non médicaux, soit une incidence annuelle à 4,1/10 . Concernant l'ITL, une enquête menée dans 14 hôpitaux universitaires et chez 807 personnels de santé travaillant dans des services à haut risque, maladies infectieuses ou pneumologie : le taux de conversion de l'IDR a été mesuré à 2,5 % en un an. Il existe également un risque d'exposition avéré pour d'autres professions : personnels de l'administration pénitentiaire, personnes travaillant auprès des groupes à risque (foyers de migrants...). Cependant, il y a très peu de données épidémiologiques concernant ces groupes professionnels. 5 En laboratoire : Cas en laboratoire d'analyses (médicales, vétérinaires...) publiés depuis 1985 : Les infections des personnels de laboratoire par Mycobacterium tuberculosis, ne sont pas rares puisqu’on dénombre dans la littérature de ces vingt dernières années pas moins de trente-trois cas, survenus pour la plupart dans des laboratoires de microbiologie (spécialisés ou non dans le domaine des mycobactéries) ou dans des laboratoires d’anatomo-pathologie, dont les plus récents ont été publiés en 1999. Il s’agit soit de tuberculose maladie soit de simple virage des tests tuberculiniques. La contamination est survenue soit par aérosols soit par inoculation avec du matériel souillé. Vu le délai d’ incubation de la maladie et son caractère communautaire ces chiffres ne reflètent certainement pas la réalité du risque. Cas en laboratoire de recherche publiés depuis 1985 : Pas de cas publié. Cas historiques publiés avant 1985 : Très fréquent avant les PSM (plusieurs centaines de cas). Tuberculose Mode de transmission : Essentiellement respiratoire par inhalation d'aérosols de fines particules (mesurant en moyenne 1 µm de diamètre) qui véhiculent le BK et pénètrent dans les alvéoles pulmonaires. Période de contagiosité : En cas de tuberculose pulmonaire, une période de contagiosité de 3 mois avant le diagnostic est retenue de façon consensuelle, qui peut être prolongée en cas de toux plus ancienne. Après la mise sous traitement adapté, aucun essai prospectif ne permet de connaître précisément la durée de la contagiosité. Elle varie selon : - le degré de contagiosité initiale (examen direct des prélèvements respiratoires positif, toux, caverne), - la sensibilité de la souche aux antituberculeux. On sait qu'en cas de souche sensible, la négativation de la culture n'est obtenue que dans 75 % des cas à 30 jours, 90 % à 60 jours et 95 % à 90 jours. En pratique si la souche est sensible et le traitement bien conduit, une moyenne de 15 jours d'isolement respiratoire est nécessaire. Les personnes atteintes de tuberculose MDR et XDR restent contagieuses plus longtemps du fait d'un traitement souvent retardé et d'un délai de négativation des examens bactériologiques de plusieurs mois. Incubation : L'incubation de l'infection (délai entre l'exposition et l'infection), c'est-à-dire le délai de positivation des tests tuberculiniques est de 4 à 12 semaines, délai qui est également retenu pour les tests IGRA. L'incubation de la maladie (délai entre l'infection et la maladie) est très variable. Elle varie de 2 mois minimum (en particulier en cas d'inoculum massif et de personne immunodéprimée ou enfant) à 50 ans ou plus. De plus, il est important de rappeler que 90 % des sujets infectés par le bacille de la tuberculose ne feront pas la maladie. Clinique : 1 | La primo-infection est en général asymptomatique. Elle ne se traduit que par le virage de l'intradermoréaction à la tuberculine (IDR) (positivation ou variation de plus de 10 mm) ou une positivation d'un test IGRA, témoignant d'une infection tuberculeuse latente (ITL). Dans certains cas elle peut se manifester par une fièvre modérée avec petite altération de l'état général. D'autres symptômes peuvent s'y associer : érythème noueux, kérato- conjonctivite... 5 à 10 % des sujets infectés feront une tuberculose maladie soit dans les 2 ans (5 %) après l'exposition, soit tardivement lors d'un déficit immunitaire ou à un âge avancé. Les facteurs qui favorisent l'évolution vers la tuberculose maladie après infection sont l'importance de l'inoculum, l'existence d'un déficit immunitaire par traitement corticoïdes chez la personne exposée, l'âge élevé, le diabète, l'infection par le VIH et l'absence de BCG. Le risque d'évoluer vers la tuberculose diminue avec le temps. On considère que chez un sujet sain, non immunodéprimé, le risque de survenue de tuberculose maladie après exposition devient quasi nul après 2 ans. 2 | La tuberculose maladie dans sa forme respiratoire, qui est de loin la plus fréquente, se manifeste cliniquement par une altération de l'état général : fièvre surtout vespérale, sueurs nocturnes, amaigrissement, fatigue, et des signes respiratoires persistants : toux non ou peu productive, expectoration hémoptoïque, douleur thoracique. Le diagnostic est en général facilement évoqué par la radiographie pulmonaire qui montre des images caractéristiques prédominant aux sommets, nodules excavés, infiltrats, cavernes, miliaire, adénopathies médiastinales, atteinte pleurale. Diagnostic : 1. Le diagnostic de tuberculose maladie repose sur la mise en évidence de la bactérie dans les prélèvements respiratoires (crachats, tubages, liquide de lavage
  • 17. www.inrs.fr/eficatt EFICATT - Tuberculose Page 3 / 6 Populations à risque particulier Immunité et prévention vaccinale Immunité naturelle Prévention vaccinale Que faire en cas d'exposition ? Définition d'un sujet exposé 1. Le diagnostic de tuberculose maladie repose sur la mise en évidence de la bactérie dans les prélèvements respiratoires (crachats, tubages, liquide de lavage broncho-alvéolaire), voire extra-respiratoires (LCR, tissu, ganglion). Par le frottis : mise en évidence du bacille acido-alcoolo résistant (BAAR) à l'examen direct des prélèvements. La présence de BAAR à l'examen direct est presque synonyme de tuberculose pulmonaire ; cependant la culture doit confirmer le diagnostic de tuberculose et éliminer une infection à mycobactérie atypique. La culture des prélèvements respiratoires ou d'autres prélèvements (LCR, tissu, ganglion) peut se faire sur milieu solide de Löwenstein - Jensen ou Coletsos (elle prend alors 3 à 6 voire 8 semaines) soit sur milieu liquide plus rapide (7 à 10 jours). NB : En cas d'examen direct négatif, la culture peut être positive. Il s'agit alors d'une tuberculose prouvée à moindre contagiosité. Sur 3 511 cas de tuberculose pulmonaire déclarés en 2010 en France, 911 avaient une culture positive et un examen direct négatif (26 % des cas). Dans un nombre équivalent de cas, le diagnostic de tuberculose pulmonaire a cependant été retenu malgré l'absence de preuve bactériologique. La technique de la PCR n'est pas recommandée actuellement pour le diagnostic de tuberculose dans les pays de faible prévalence où la culture est disponible. Elle doit en revanche être utilisée pour identifier la mycobactérie en cas de culture positive et évaluer le profil de résistance génotypique à l'isoniazide (INH) et à la rifampicine (RMP). 2. Le diagnostic de l'infection tuberculeuse peut se faire : soit par les tests cutanés tuberculiniques (IDR) dont la spécificité est diminuée chez les personnes vaccinées par le BCG, soit par les tests IGRA (Interferon Gamma Release Assay) de mesure de la sécrétion d'interféron gamma (test quantiféron QuantiFERON-TB GoldTM IT ou T- SPOT.TB ). Leur positivité témoigne de l'apparition d'une réaction cellulaire spécifique à certains antigènes de mycobacterium tuberculosis. Leur spécificité est meilleure que celle de l'IDR. ® ® Traitement : Traitement standard de la tuberculose maladie : isoniazide (RIMIFON ) et rifampicine (RIFADINE ) pendant 6 mois associés à pyrazinamide (PIRILENE ) et éthambutol (DEXAMBUTOL ou MYAMBUTOL ) les 2 premiers mois. NB : Les fluoroquinolones (moxifloxacine et levofloxacine) ont une bonne activité anti-tuberculeuse. Elles ne doivent cependant pas être utilisées dans le traitement standard mais réservées pour le traitement des tuberculoses multi-résistantes ou en cas d'intolérance afin de préserver leur efficacité. La multi-résistance (MDR pour multidrug-resistance) est définie par une souche résistante à l'isoniazide (INH) et à la rifampicine (RMP). Leur proportion a doublé en 2012-2013 en France, passant d'une quarantaine de cas entre 2006 et 2011 à 92 cas en 2012 et 83 en 2013. L'ultra-résistance (XDR, extensively drug-resistance) est définie par une souche résistante aux fluoroquinolones et à au moins un antituberculeux injectable de 2 ligne. Les cas de tuberculose XDR ont également augmenté de 0 à 2 cas jusqu'en 2008 à 17 cas en 2012 et 22 en 2013. Traitement de l'ITL : il n'y a pas à l'heure actuelle de consensus sur le meilleur schéma : le plus populaire en France est [isoniazide + rifampicine] pendant 3 mois. En cas de contact avec un cas de tuberculose MDR, XDR, le traitement est à discuter au cas par cas avec les spécialistes. ® ® ® ® ® ème Terrain à risque accru d'acquisition : Migrants récents en provenance des zones de prévalence élevée (Afrique, Asie, Europe de l'Est), SDF. Terrain à risque accru de forme grave : A risque d'évolution vers la tuberculose maladie après infection : immunodéprimés (infection par le VIH, traitement immunosuppresseur, anti-TNF- α, enfants de moins de 5 ans). Cas particulier de la grossesse : La grossesse n'aggrave pas la tuberculose qui peut passer inaperçue. Le risque est essentiellement celui de la contamination de l'enfant à la naissance ou en fin de grossesse. La tuberculose du nouveau-né peut être gravissime car disséminée. Immunité cellulaire incomplètement protectrice. Vaccin disponible oui BCG (primo-vaccination obligatoire pour les professions de santé). Consultez le calendrier vaccinal 2017 1 1 http://social-sante.gouv.fr/IMG/pdf/calendrier_vaccinations_2017.pdf Immunite vaccinale : Chez les sujets non immunodéprimés, l'efficacité protectrice du BCG est estimée à 50 % pour toutes formes de tuberculose et à 80 % pour les formes graves (méningites, miliaires chez l'enfant). Avoir été en contact avec un cas de tuberculose contagieuse.
  • 18. www.inrs.fr/eficatt EFICATT - Tuberculose Page 4 / 6 Conduite à tenir immédiate Evaluation du risque Selon les caractéristiques de la source et le type d'exposition Selon les caractéristiques du sujet exposé Prise en charge du sujet exposé Mesures prophylactiques Suivi médical Pour l'entourage du sujet exposé Avoir été en contact avec un cas de tuberculose contagieuse. Principales professions concernées : Personnel soignant en particulier dans les services de pneumologie, de maladies infectieuses, personnel de laboratoire, personnes travaillant dans les foyers de migrants et en établissement pénitentiaire. Il n'y a rien à faire dans l'immédiat mis à part : isoler et traiter le patient-source si cela n'était pas fait. En milieu de soins, vérifier que les mesures d'isolement respiratoire sont prises. Produit biologique : crachats essentiellement. Contagiosité de la personne source : Importance de la toux, existence d'une caverne, absence de traitement. Présence de BAAR à l'examen direct : quantification de l'inoculum = nombre de bacilles par lame ou par champ. En cas d'examen direct négatif avec culture positive, la contagiosité est moindre mais ne peut être éliminée (13 à 22 % des cas de tuberculose succèdent à un contact avec un sujet atteint de tuberculose avec un frottis négatif au direct, selon les études). Type d'exposition : Tenir compte de la durée du contact et de la proximité du cas. Les facteurs qui favorisent l'infection sont : un contact prolongé ou des contacts répétés avec la source, la promiscuité, la pratique de manœuvres expiratoires chez la source, l'insuffisance d'aération de la pièce, et en milieu hospitalier l'existence d'une pression positive dans la chambre du patient... A titre indicatif, en cas d'examen direct positif, on peut retenir une durée moyenne de contact de 8 heures à réduire à une heure en cas de contacts rapprochés en milieu de soins. Il n'y a pas de délai minimum en cas de contact très proche : actes générant des aérosols (intubation, kinésithérapie respiratoire...), examen d'un patient qui tousse et dont l'expectoration est riche en bacilles. Spécificité de l'exposition au laboratoire : Les milieux des cultures, et tout notamment les cultures en milieu liquide sont particulièrement à risque. Immunité : immunodépression (déficit immunitaire, infection VIH, chimiothérapie, corticothérapie) ; alcoolisme, toxicomanie. En milieu de soins : absence de port de masque de protection respiratoire. Pas de traitement prophylactique mais traitement en cas de dépistage d'une infection récente. Surveillance de la personne exposée : - T 0 : examen clinique information sur la tuberculose IDR (si IDR de référence < 10 mm) ou test IGRA si, et uniquement si, le premier contage date de moins de 3 semaines. Au delà, attendre 3 mois (cf. T 3 mois) radiographie de thorax si la précédente date de plus de 3 mois : l'indication de la radiographie est à discuter en fonction de l'épidémiologie de la tuberculose dans le groupe professionnel considéré sauf si le contage a duré plusieurs mois. - T 3 mois : examen clinique IDR ou IGRA. Si le test IGRA est négatif, le risque d'infection est quasiment nul, la radiographie en l'absence de symptôme n'est plus indiquée et aucun suivi ultérieur n'est nécessaire. En cas de grossesse : Suivi clinique particulièrement rigoureux. Pas de risque de contamination de l'entourage d'un sujet exposé non symptomatique.
  • 19. www.inrs.fr/eficatt EFICATT - Tuberculose Page 5 / 6 Démarche médico-légale Déclaration / signalement Liste des maladies à DO Réparation Accident du travail Maladie professionnelle Non Eléments de référence Déclaration obligatoire oui Signalement obligatoire du cas index à l' ARS 2 par le médecin qui a posé le diagnostic clinique et/ou biologique (Art. R 11-3 du Code de la Santé Publique), et ce dans les meilleurs délais pour l'identification et la prise en charge des sujets contacts dans l'entourage personnel du patient. L'enquête autour d'un cas doit se dérouler en coordination étroite avec le CLAT (Centre de lutte antituberculeuse) et en milieu hospitalier avec l'équipe opérationnelle d'hygiène. 2 https://www.ars.sante.fr/ Consultez le site Santé Publique France 3 3 http://invs.santepubliquefrance.fr/Espace-professionnels/Maladies-a-declaration-obligatoire/Liste-des-maladies-a-declaration-obligatoire Déclaration d'AT selon les circonstances d'exposition, notamment si piqûres ou coupures avec du matériel contaminé. Tableau Régime Général RG 40 Tableau Régime Agricole Maladie hors tableau et fonction publique : selon expertise. CNR Accès à la liste des CNR Centre national de référence Mycobactéries et résistance aux antituberculeux CNR Coordonnateur AP-HP Pitié-Salpêtrière Laboratoire de Bactériologie - Hygiène 47-83 boulevard de l'Hôpital 75 634 PARIS CEDEX 13 Nom du responsable : Pr Vincent JARLIER Tél. : 01 42 16 20 70 ou 71 ou 83 (secrétariat) Fax : 01 42 16 21 27 ou 20 72 Email : vincent.jarlier@aphp.fr 4 // cnr.myctb.psl@aphp.fr 4 mailto:vincent.jarlier@psl.aphp.fr CNR Laboratoire associé AP-HP Lariboisière Laboratoire de Bactériologie - Virologie Hôpital Lariboisière 2 rue Ambroise Paré 75 475 PARIS CEDEX 10 Nom du responsable : Pr Emmanuelle CAMBAU Tél. : 01 49 95 85 39 ou 65 51 (secrétariat) Fax : 01 49 95 85 37 Email : emmanuelle.cambau@aphp.fr 5 // faiza.mougari@aphp.fr // emmanuel.lecorche@aphp.fr 5 mailto:emmanuelle.cambau@lrb.aphp.fr Site CNR Mycobactéries et résistance aux antituberculeux : http://cnrmyctb.free.fr/ Consultez le site Santé Publique France 6 6 http://invs.santepubliquefrance.fr/Espace-professionnels/Centres-nationaux-de- reference/Liste-et-coordonnees-des-CNR
  • 20. www.inrs.fr/eficatt EFICATT - Tuberculose Page 6 / 6 Textes de référence Avis du Conseil Supérieur d'Hygiène Publique de France relatif à la revaccination par le BCG et aux modalités de surveillance des professionnels exposés à la tuberculose 7 (séance du 15 novembre 2002). Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP), 2002. 7 http://www.hcsp.fr/Explore.cgi/Telecharger?NomFichier=a_mt_151102_tuberculose.pdf Enquête autour d'un cas de tuberculose. Recommandations pratiques 8. Rapport du 25 octobre 2013. Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP), 2013. 8 http://www.hcsp.fr/Explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=391 Tuberculose et tests de détection de l'interféron gamma 9. Avis et Rapport du 01 Juillet 2011. Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP), 2011. 9 http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=221 Bibliographie 10 http://www.invs.sante.fr/fr/Dossiers-thematiques/Maladies-infectieuses/Infections-respiratoires/Tuberculose 11 https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000250839&fastPos=1&fastReqId=1510737456&categorieLien=id&oldAction=rechTexte 12 http://circulaires.legifrance.gouv.fr/index.php?action=afficherCirculaire&hit=1&r=4938 13 http://invs.santepubliquefrance.fr/publications/2005/tuberculose_030205/rapport_tuberculose.pdf 1 | Tuberculose 10. Dossier thématique. Santé Publique France, 2017. 2 | Aït Belghiti F, Antoine D - L'épidémiologie de la tuberculose en France en 2013. Bull Epidémiol Hebd. 2015 ; 9-10 : 164-71. 3 | Décret n° 2004-635 du 30 juin 2004 relatif à la vaccination par le vaccin antituberculeux BCG et modifiant les articles R. 3112-2 et R. 3112-4 du code de la santé publique (deuxième partie : Décrets en Conseil d'Etat). J Off Répub Fr. 2004 ; 152, 2 juillet 2004 : 12061-62. 4 | Arrêté du 13 juillet 2004 relatif à la pratique de la vaccination par le vaccin antituberculeux BCG et aux tests tuberculiniques 11. Ministère chargé de la santé, 2004. 5 | Circulaire DGS/SD5C n° 2004-373 du 11 octobre 2004 relative à la pratique de la vaccination par le vaccin antituberculeux BCG, et à la pratique des tests tuberculiniques 12. Ministère chargé de la Santé, 2004. 6 | Tostmann A, Kik SV, Kalisvaart NA, Sebek MM et al. - Tuberculosis transmission by patients with smear-negative pulmonary tuberculosis in a large cohort in the Netherlands. Clin Infect Dis. 2008 ; 47 (9) : 1135-42. 7 | Tattevin P, Carcelain G, Fournier A, Antoun F et al. - Tuberculose et santé au travail. Grand angle TC 142. Réf Santé Trav. 2012 ; 132 : 15-31. 8 | Prévention et prise en charge de la tuberculose en France 13. Synthèse et recommandations du groupe de travail du conseil supérieur d'hygiène publique de France (2002-2003). Santé Publique France, 2004. 9 | Gehanno JF, Abiteboul D, Rollin L - Is tuberculosis still a risk for healthcare workers in a low-incidence country ? Infect Control Hosp Epidemiol. (à paraître). 10 | Surveillance des personnels de santé vis-à-vis du risque de tuberculose. Place des tests IGRA et des autres examens complémentaires. Propositions de recommandations pour les médecins du travail. Paris : GERES ; 2014 : 39 p. Ressources INRS http://inrs.fr/publication/essentiels/port-masques-soignants.html TC 142 ED 4413
  • 21. www.inrs.fr/eficatt EFICATT - Varicelle - Zona Page 1 / 5 Varicelle - ZonaMise à jour de la fiche 12/2015 Agent pathogène Descriptif de l'agent pathogène Réservoir et principales sources d'infection Viabilité et infectiosité Données épidémiologiques Population générale Milieu professionnel Pathologie Nom de la maladie Nom : Varicellovirus Synonyme(s) : Varicelle Zona Virus (VZV). Type d'agent Virus Groupe de classement 2 Descriptif de l'agent : Virus à ADN de la famille des Herpesviridae. Type de réservoir Homme Vecteur : Pas de vecteur Viabilité, résistance physico-chimique : Survie possible à l'extérieur de l'hôte pendant de courtes périodes, dans des sécrétions, dans des aérosols ou sur des surfaces inertes. Bien qu'on dispose de peu d'information sur les désinfectants spécifiques pour le VZV, la plupart des virus herpétiques sont sensibles à l'éthanol à 30 %, au propanol à 20 %, à 200 ppm d'hypochlorite de sodium, au biphényl-2-ol à 0,12 % et au glutaraldéhyde à 0,04 %. Moyens physiques : c'est un virus très fragile qui peut être facilement inactivé par un chauffage à 60 °C. Infectiosité : Transmissibilité élevée : le taux d'attaque chez un sujet réceptif est de 86,6 % après un contact intra-familial ou "dans une communauté d'enfants non-immuns", de 10 à 35 % après contact moins intime au sein d'une collectivité et jusqu'à 25 % autour d'un cas de zona. Infection "obligatoire" de l'enfance : 90 % des enfants contractant l'infection avant l'âge de 12 ans. D'après les données du réseau "Sentinelles" le nombre de cas de varicelle symptomatique en 2014 est estimé à 648 607 cas avec une incidence annuelle estimée à 1010 cas / 100 000 habitants. Environ 5 % des cas surviennent après l'âge de 20 ans, cette proportion ayant tendance à augmenter ces dernières années. Des complications sont présentes dans 2,5-4 % des cas, chiffre probablement sous-estimé. D'après une étude conduite sur un échantillon représentatif de la population française en 2005, le nombre de personnes immunisées à l'âge de 20 ans serait de 90 % environ pour atteindre 95 % à l'âge de 30 ans. De nombreuses épidémies de varicelle nosocomiale impliquant des soignants ont été décrites. En effet, un certain nombre de ces personnels n'est pas immunisé. En France, 1 à 8,5 % des soignants seraient réceptifs au virus VZV. En laboratoire : Cas en laboratoire d'analyses (médicales, vétérinaires...) publiés depuis 1985 : Aucun cas de contamination professionnelle en laboratoire d'analyses n’a été publié. Cas en laboratoire de recherche publiés depuis 1985 : Pas de cas publié. Cas historiques publiés avant 1985 : Néant. Varicelle - Zona
  • 22. www.inrs.fr/eficatt EFICATT - Varicelle - Zona Page 2 / 5 Transmission La maladie Populations à risque particulier Varicelle - Zona Mode de transmission : La transmission est avant tout respiratoire à partir d'un sujet atteint de varicelle clinique par inhalation d'aérosols de fines particules infectieuses, et plus rarement par contact des muqueuses avec des mains souillées par le liquide des vésicules cutanées, tant que celles-ci sont actives et non croûteuses. La possibilité que la transmission respiratoire se fasse par aérosols explique que des personnels aient pu être contaminés dans un local peu après qu'un patient infecté y ait séjourné, sans contact direct avec celui-ci. La transmission du virus VZV peut aussi se faire à partir d'un patient source atteint de zona essentiellement par l'intermédiaire des vésicules cutanées. Période de contagiosité : Varicelle : de 5 à 7 jours, commençant 2 à 4 jours avant l'éruption jusqu'à la fin des lésions actives. Zona : pendant 48 heures. Incubation : 10 à 21 jours. (en moyenne : 14 jours). Clinique : Varicelle :- phase prodromique avec fièvre, céphalées et éventuelles douleurs abdominales pendant 24 à 48 heures. - phase d'état associant une fièvre modérée et une éruption vésiculeuse avec des éléments en nombre très variable (10 à 2 000), d'âges différents, prurigineux, disséminés sur tout le corps et en particulier le cuir chevelu, la face, le tronc. L'atteinte des muqueuses est habituelle. Le diagnostic peut être plus difficile lorsque le nombre de vésicules est faible (à rechercher sur le cuir chevelu, dans la bouche, les espaces inter-digitaux). 5 % des formes sont inapparentes. 2 à 4 % des cas de varicelle font des complications : - surinfections cutanées bactériennes (18 %) surtout chez le jeune enfant et/ou en cas d'eczéma et/ou de corticothérapie, - bronchopneumopathies (16 %) surtout chez le jeune enfant et chez l'adulte, la femme enceinte, en cas d'asthme, de tabagisme ou de corticothérapie, - atteintes neurologiques : le plus souvent bénignes, plus rarement graves sous forme de méningoencéphalites (nourrisson), voire gravissimes (syndrome de Reye), - hépatite cytolytique le plus souvent bénigne, thrombopénie... Le zona est une complication tardive de la varicelle correspondant à la réactivation des VZV restés latents dans les ganglions sensitifs annexés à la moelle épinière. Il s'exprime sous forme de lésions érythémateuses puis vésiculeuses siégeant sur le trajet d'une racine nerveuse : un métamère ou plusieurs métamères contigus. La localisation unilatérale et l'aspect vésiculeux sont caractéristiques, avec groupement en bouquet puis en bulles polycycliques confluentes des vésicules. Ces éléments cicatrisent en 2 semaines. Les principales complications sont des douleurs névralgiques, dont l'incidence augmente avec l'âge. Diagnostic : Le diagnostic est essentiellement clinique. Le diagnostic biologique peut être fait rapidement par PCR sur liquide de vésicule mais surtout sur le LCR en cas de signes neurologiques et sur le liquide amniotique en cas de varicelle maternelle. Le diagnostic sérologique de la primo-infection doit détecter la séroconversion avec présence d'IgM spécifiques. La réactivation (zona) peut s'accompagner d'une présence transitoire d'IgM. La présence d'IgG isolée est le témoin d'une infection ancienne. Traitement : Traitement symptomatique chez le sujet immunocompétent : - antipyrétiques : paracétamol (l'aspirine est formellement contre-indiquée car incriminée dans la survenue du syndrome de Reye) ; - antihistaminiques, bains quotidiens suivis de l'application d'une solution antiseptique. Traitements antiviraux : prescrits en cas de terrains à risques de formes graves ou compliquées (immunodéprimés...). Terrain à risque accru d'acquisition : - personnes sans antécédent de varicelle réceptives (titre d'anticorps inférieur au seuil défini par le laboratoire) ; - sujets originaires des pays tropicaux dont la réceptivité à l'âge adulte est plus élevée qu'en France métropolitaine. Terrain à risque accru de forme grave : - femmes enceintes : risque accru de pneumopathie et risque fœtal particulier (cf. : ci dessous cas particulier de la grossesse) ; - nouveau-nés : risque accru de complications cutanées, pulmonaires et neurologiques ; - immunodéprimés : en particulier enfants leucémiques non-immuns (risque létal › 20 %) et VIH (formes cutanées atypiques et zona très fréquent) ; - adultes : risque général de formes plus sévères (fièvre élevée, éruption profuse) avec un taux de complications plus élevé (en particulier pneumonies, complications neurologiques et surinfections). 69 % des décès et 26 % des hospitalisations surviennent chez les plus de 15 ans qui ne représentent qu'environ 10 % des cas de varicelle. Cas particulier de la grossesse : Femme enceinte : environ 500 femmes infectées par le VZV par an en France. Atteinte pulmonaire serait plus grave mais pas plus fréquente. Rappelons que la
  • 23. www.inrs.fr/eficatt EFICATT - Varicelle - Zona Page 3 / 5 Immunité et prévention vaccinale Immunité naturelle Prévention vaccinale Que faire en cas d'exposition ? Définition d'un sujet exposé Conduite à tenir immédiate Evaluation du risque Selon les caractéristiques de la source et le type d'exposition Selon les caractéristiques du sujet exposé Femme enceinte : environ 500 femmes infectées par le VZV par an en France. Atteinte pulmonaire serait plus grave mais pas plus fréquente. Rappelons que la vaccination contre la varicelle est conseillée chez les femmes en âge de procréer et n'ayant pas eu la varicelle. Enfant à naître : si la mère présente une varicelle ou une séroconversion pendant la grossesse : 1 | avortement et mort fœtale : risque de transmission de 3 à 6 % en cas de contamination avant la 24 semaine d'aménorrhée ;e 2 | syndrome de varicelle congénitale : risque de 1 à 2 % en cas de contamination surtout entre la 13 et la 20 semaine de grossesse (anomalies cutanées, oculaires, neurologiques, musculo-squelettiques...) ; après la 20 semaine d'aménorrhée, risque d'épisodes de zona du nouveau-né pendant les premières années de vie ; e e e 3 | varicelle néonatale : risque de 25 % en cas d'éruption maternelle du peri-partum (de 5 jours avant l'accouchement à 2 jours après) avec forme polyviscérale grave, pouvant être létale : 30 % de décès néo-nataux en l'absence de traitement (risque d'autant plus élevé que l'éruption maternelle est proche de l'accouchement). - la varicelle représente la primo-infection par le virus VZV (elle est immunisante), - le zona est l'expression clinique de la réactivation du VZV. Vaccin disponible oui Vaccin à virus vivant atténué disponible en France sous forme monovalent (Varivax®, Varilrix®). Vaccin contre le zona (Zostavax®), recommandé à partir de 65 ans depuis 2013). Consultez le calendrier vaccinal 2017 1 1 http://social-sante.gouv.fr/IMG/pdf/calendrier_vaccinations_2017.pdf Immunite vaccinale : - 99 % à 100 % de séroconversions chez les adultes et des adolescents de plus de 13 ans ayant reçu deux doses de vaccin ; - la durée de protection par le vaccin est inconnue (persistance des anticorps estimée à au moins 7 ans, mais l'exposition au virus sauvage circulant peut être en partie responsable du maintien de l'immunité). Sujet ayant été en contact (y compris de façon indirecte s'il s'agit de locaux confinés) avec un cas de varicelle contagieux dans les 2 à 4 jours précédant l'éruption et tant que des vésicules sont présentes. Principales professions concernées : - personnels de soins et assimilés, d'entretien... en contact avec des malades présentant une varicelle ou un zona (secteur pédiatrique en particulier) ou en contact avec leurs prélèvements (laboratoires) ; - autres professionnels travaillant avec les enfants (enseignants...). S'assurer de l'isolement du cas source (précautions "air" et "contact") avant la phase croûteuse en milieu de soins ou de son éviction. Repérer rapidement les sujets à risque : immunodépression, grossesse chez le sujet exposé et dans son entourage. Produit biologique : les sécrétions pharyngées et respiratoires et le liquide des vésicules des sujets malades. Type d'exposition : Exposition aux sécrétions respiratoires et plus rarement au liquide des vésicules cutanées (varicelle, zona). Contact à risque, surtout si : - contact dans l'entourage familial, - en vis-à-vis pendant 5 minutes, - dans un endroit fermé ≥ à 1 heure. Immunité : pas de risque en cas d'immunité antérieurement acquise par infection naturelle ou vaccination (intérêt d'une évaluation systématique du statut
  • 24. www.inrs.fr/eficatt EFICATT - Varicelle - Zona Page 4 / 5 Prise en charge du sujet exposé Mesures prophylactiques Suivi médical Pour l'entourage du sujet exposé Démarche médico-légale Déclaration / signalement Réparation Accident du travail Maladie professionnelle Non Immunité : pas de risque en cas d'immunité antérieurement acquise par infection naturelle ou vaccination (intérêt d'une évaluation systématique du statut immunitaire vis-à-vis de la varicelle, à la prise de fonction des professionnels à risque : personnels de pédiatrie, crèches... Dosage des anticorps si pas d'antécédent de varicelle et vaccination absente ou incomplète : les résultats doivent être obtenus rapidement car cela ne doit pas retarder l'administration d'une prophylaxie. Risques particuliers : - personnes à risque d'infection grave : femme enceinte avec risque pour le fœtus, immunodéprimés, en particulier enfants leucémiques non-immuns... - adultes qui font des formes plus sévères (fièvre élevée, éruption profuse) avec un taux de complications plus élevé (en particulier pneumonies, complications neurologiques et surinfections). 3 types de produits sont utilisables : - vaccin, - Aciclovir, - immunoglobulines spécifiques. Vaccin (VARILRIX® et VARIVAX®) : la vaccination post-exposition est recommandée dans les 3 jours qui suivent l'exposition (possède l'AMM dans cette indication) à un patient avec éruption, chez l'adulte (à partir de l'âge de 18 ans) immunocompétent sans antécédent de varicelle (ou dont l'histoire est douteuse), le contrôle de la négativité de la sérologie étant facultatif. La vaccination est efficace pour prévenir les varicelles post-exposition chez les sujets non-immuns à plus de 90 % mais est contre-indiquée chez la femme enceinte. Traitement antiviral (aciclovir ou valaciclovir) : des études faites chez l'enfant montrent une réduction du taux d'attaque de 100 % à 16 % chez les enfants traités par Aciclovir (ZOVIRAX®). Traitement à débuter pendant la 2 semaine post-exposition. Avantage de traiter la 2 semaine : acquisition d'une immunité chez 75 % des enfants (pas d'AMM dans cette indication). Immunoglobulines spécifiques : Immunoglobulines anti-VZV intra-veineuses (VARITEC®) administrées dans les 4 jours suivant le contage : disponibles en France en ATU (autorisation temporaire d'utilisation) et ne confèrant qu'une protection transitoire et partielle. e e Cas particulier du laboratoire : Pas de risque spécifique identifié. Surveillance clinique + sérologique chez les professionnels non-immuns exposés (dosage IgM). En cas de grossesse : En cas de grossesse : - si femme immunisée --> rien. - si femme dont le statut vis-à-vis du VZV est inconnu : demander en urgence la sérologie (réponse en 24-48 heures). Anticorps anti-VZV de type IgG retrouvés avant 10 jours après le contact témoignent d'une immunisation ancienne. - si femme non immunisée --> éviction du contage + prise en charge et suivi en milieu spécialisé en concertation avec l'obstétricien (discussion d'une prophylaxie par immunoglobulines anti-VZV et/ou antivirale). Evaluation du risque de transmission secondaire à un sujet non-immun à risque dans l'entourage du professionnel exposé (nourrissons, immunodéprimés...). Déclaration obligatoire non Déclaration d'AT selon les circonstances d'exposition. Tableau Régime Général RG 76 Tableau Régime Agricole Maladie hors tableau et fonction publique : selon expertise.
  • 25. www.inrs.fr/eficatt EFICATT - Varicelle - Zona Page 5 / 5 Eléments de référence Textes de référence Avis du Conseil supérieur d'hygiène publique de France (section des maladies transmissibles) relatif à la vaccination contre la varicelle 2. Séance du 19 mars 2004. Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP), 2004. 2 http://www.hcsp.fr/Explore.cgi/Telecharger?NomFichier=a_mt_190304_varicelle_def.pdf Bibliographie 3 http://websenti.u707.jussieu.fr/sentiweb/?rub=39 4 http://www.phac-aspc.gc.ca/lab-bio/res/psds-ftss/var-zo-fra.php 5 http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=306 6 http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=5 7 http://www.hcsp.fr/Explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=389 1 | Bilan annuel 2014 3. Réseau Sentinelles, 2014. 2 | Porru S, Campagna M, Arici C, Carta A - Suscettibilita per varicella, morbillo, rosolia e parotite negli operatori sanitari di un ospedale del Nord Italia. G Ital Med Lav Ergon. 2007 ; 29 (Suppl 3) : 407-09. 3 | Touche S, Fesard C, Carquin J, Ingrand D et al. - Rubéole et varicelle : statuts immunitaires et données des carnets de santé de 1 806 adultes en milieu de soins. Concours Méd. 1999 ; 121 (11) : 823-30. 4 | Poissonnet CM, Véron M, Rohban P, Fillet AM - Immunité du personnel soignant vis-à-vis du virus varicelle zona (VZV). Arch Mal Prof. 2001 ; 62 (5) : 359-61. 5 | Fillet AM - Virus varicelle zona. In : Pozzetto B (Ed) - Infections nosocomiales virales et à agents transmissibles non conventionnels. Montrouge : Edition John Libbey Eurotext ; 2001 : 102-12, 554 p. 6 | Macé G, Gallot V, Vauloup-Fellous C, Picone O - Varicelle pendant la grossesse : mise au point. J Gynécol Obstet Biol Reprod. 2008 ; 37 (Suppl 1) : 22-28. 7 | Virus Varicelle-Zona. Fiche technique santé-sécurité. Agents pathogènes 4. Agence de la santé publique du Canada, 2012. 8 | Survenue de maladies infectieuses dans une collectivité 5. Conduites à tenir. Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP), 2012. 9 | Vaccination contre la varicelle. Ré-évaluation des recommandations relatives à la vaccination contre la varicelle avec l'arrivée de vaccins quadrivalents Rougeole-Oreillons-Rubéole. 6 Avis et Rapport du HCSP du 5 juillet 2007. Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP), 2007. 10 | Vaccination des adultes contre le zona avec le vaccin Zostavax®. 7 Avis et Rapport. Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP), 2013. 11 | Burns SM, Mitchell-Heggs N, Carrington D - Occupational and infection control aspects of varicella. A review prepared for the UK Advisory Group on Chickenpox on behalf of the British Society for the Study of Infection. J Infect. 1998 ; 36 (Suppl 1) : 73-78.
  • 26. www.inrs.fr/eficatt EFICATT - ZIKA Page 1 / 6 ZIKAMise à jour de la fiche 01/2017 Agent pathogène Descriptif de l'agent pathogène Réservoir et principales sources d'infection Viabilité et infectiosité Données épidémiologiques Population générale Nom : Virus Zika Synonyme(s) : ZIKV, VZIK Type d'agent Virus Groupe de classement 2 Descriptif de l'agent : Arbovirus, famille des Flaviviridae, du genre Flavivirus. Le virus Zika est un virus à ARN simple brin. Présent sous forme de 2 lignées (Afrique et Asie), il est phylogénétiquement très proche du virus Spondweni, avec qui il forme un clade au sein du genre Flavivirus. Les autres membres du genre proches sont les virus Ilheus, Rocio et de l'encéphalite de Saint-Louis. Type de réservoir Animal Homme Réservoir humain : en milieu urbain et en période épidémique. Réservoir animal : Moustiques (transmission transovarienne) Primates non humain (Forêt). Cycles naturels : transmission singe-moustique Principale(s) source(s) : Le sang est le principal produit biologique où le virus circule mais ce dernier peut aussi être retrouvé dans d'autres liquides biologiques, notamment le sperme, la salive, les urines, le lait, le liquide cérébro-spinal (LCS), le liquide lacrymal. Vecteur : Moustique femelle du genre Aedes, principalement A. aegypti et A. albopictus (aussi appelé "moustique tigre"), ce dernier étant présent en France métropolitaine. Le moustique joue à la fois le rôle de vecteur et de réservoir : n'étant pas significativement affecté par le virus, il reste infecté et donc infectant toute sa vie. Il acquiert le virus en piquant une personne infectée et devient infectant pour une transmission virale après quelques jours. Il peut également transmettre le virus à la génération suivante par voie transovarienne. Les œufs résistent plusieurs mois dans le milieu extérieur. S'ils sont infectés, leur éclosion peut être le point de départ d'une nouvelle circulation du virus. Viabilité, résistance physico-chimique : Le virus Zika, comme les autres Flavivirus, est sensible à la plupart des désinfectants usuels, à la chaleur (>60°) et à un pH bas. Il résiste 3 jours à la dessication ( 1). Infectiosité : Dose infectante inconnue. Le virus Zika a été isolé pour la première fois en 1947 chez des singes en Ouganda (dans la forêt Zika). Peu après (1952), des infections chez les humains ont été détectées en Ouganda et en Tanzanie, cas restés sporadiques jusqu'en 2007, date de la première grande éclosion d'infection par le virus Zika sur l'île de Yap (Micronésie). Entre 2013 et 2015, d'autres éclosions sont survenues sur les îles et les archipels du Pacifique, notamment une importante éclosion en Polynésire française et archipel du Cap-Vert. En 2014, le premier cas de transmission locale dans les Amériques a été signalé sur l'île de Pâques. Le virus Zika s'est depuis propagé dans de nombreuses régions des Amériques. Des épidémies sont actuellement décrites en Asie du Sud-Est, mais ce virus circule depuis de nombreuses années dans cette région du monde. Une épidémie a sévi dans les Antilles françaises en 2016. En France métropolitaine, entre le 1er janvier et le 24 novembre 2016, 1 109 cas importés et 11 cas par transmission sexuelle ont été confirmés biologiquement ( 2).
  • 27. www.inrs.fr/eficatt EFICATT - ZIKA Page 2 / 6 Milieu professionnel Pathologie Nom de la maladie Transmission La maladie Aucun cas décrit hors laboratoire (cf. rubrique laboratoires) ( 3,4). En laboratoire : Cas en laboratoire d'analyses (médicales, vétérinaires...) publiés depuis 1985 : Avant l'épidémie de 2015-2016, 4 cas d'infection à virus Zika acquis en laboratoire ont été décrits. Le mode de transmission n'a pas été clairement établi pour ces cas (source : http://www.cdc.gov/zika/transmission/). Cas en laboratoires de recherches publiés depuis 1985 : En juin 2015, il y a eu un cas rapporté d'infection à virus Zika en laboratoire au cours d'une expérimentation aux USA (source : http://www.who.int/emergencies/zika-virus/situation-report/23-june-2016/en/). Cas historiques publiés avant 1985 : Inconnu. Zika Synonyme(s) : Fièvre Zika ou Infection au virus Zika Mode de transmission : par transfusion et greffe : 1 cas décrit par transfusion de plaquettes ( 9) ; 1 cas a été décrit aux USA de transmission inter-humaine où la seule exposition retrouvée est un contact avec les larmes et la sueur d'une personne infectée avec charge virale très élevée ( 10) ; Le virus a été isolé dans la salive et le lait maternel sans que des transmissions à partir de ces liquides biologiques n'aient été formellement prouvées à ce jour ( 11). 1 | Transmission vectorielle : Par piqûre de moustiques appartenant au genre Aedes dont Aedes aegypti et Aedes albopictus. Lors d'une piqûre, le moustique se contamine en prélevant le virus dans le sang d'une personne infectée. Le virus se multiplie ensuite dans le moustique, qui pourra, à l'occasion d'une autre piqûre, transmettre le virus à une nouvelle personne. 2 | Transmission par voie sexuelle ( 5,6,7) : Elle est avérée, bien documentée en 2016. Dans tous les cas rapportés, il s'agissait de transmission à partir d'un homme infecté, lors de rapports hétéro ou homosexuels non protégés jusqu'à plusieurs semaines après le début de l'infection. En effet, le virus a été détecté dans le sperme jusqu'à 6 mois après les premiers symptômes. Un premier cas de transmission sexuelle de Zika à partir d'une femme a été publié en 2016 et une équipe française a mis en évidence pour la première fois de l'ARN viral Zika, par PCR, dans le tractus génital féminin. De nombreuses inconnues persistent néanmoins et de nouvelles données sont nécessaires pour préciser ce risque et son ampleur. 3 | Transmission de la mère à l'enfant ( 8) : au cours de la grossesse, si la mère est contaminée pendant sa grossesse. 4 | Autres modes de transmission possibles : Période de contagiosité : Une personne infectée est dite "contaminante pour les moustiques" au moment où le virus est présent dans son sang, soit 1 à 2 jours avant l'apparition des symptômes et jusqu'à 7 jours après. Pendant cette période, il faut éviter qu'une personne infectée ne se fasse piquer et qu'elle transmettre ainsi le virus à d'autres moustiques. Une transmission sexuelle peut se produire jusqu'à plusieurs semaines après le début de l'infection. En effet, le virus a été détecté dans le sperme jusqu'à 6 mois après les premiers symptômes. Incubation : 3 à 12 jours. Clinique : Formes simples : fièvre modérée ou absente, éruption cutanée, conjonctivite, douleurs musculaires et articulaires, malaise, céphalées. Formes graves : forme neurologique à type d'encéphalite, méningo-encéphalite, syndrome de Guillain-Barré. À noter que près de 50 % des formes sont asymptomatiques. Diagnostic : Le diagnostic repose à la phase aiguë sur des méthodes directes ou indirectes, d'intérêt différent selon la date de début de la maladie : Recherche du génome (ARN) du virus dans le sang, les urines et d'autres liquides biologiques (examen direct par RT-PCR) jusqu'à J5 dans le sang et J10 pour les urines. À noter qu'une RT-PCR négative n'infirme pas un cas. Sérologie sur un prélèvement de sang, détection des anticorps spécifiques de la maladie Zika (IgM et IgG anti-Zika). S'ils restent négatifs 4 semaines après la fin de l'exposition au virus, absence d'infection. Il peut y avoir réactivité croisée entre le virus Zika et d'autres Flavivirus, comme les virus de la dengue, du Nil occidental et de la fièvre jaune (y compris chez des patients ayant été vaccinés). Traitement :
  • 28. www.inrs.fr/eficatt EFICATT - ZIKA Page 3 / 6 Populations à risque particulier Immunité et prévention vaccinale Immunité naturelle Prévention vaccinale Que faire en cas d'exposition ? Définition d'un sujet exposé Conduite à tenir immédiate Evaluation du risque Traitement : Il n'existe pas de traitement spécifique. Le traitement est avant tout symptomatique : repos et antalgiques (comme le paracétamol) en évitant les salicylés du fait de la coexistence de la dengue dans les zones où circule le virus avec risque induit de saignement. Terrain à risque accru d'acquisition : Néant. Terrain à risque accru de forme grave : Facteurs prédictifs de gravité encore insuffisamment connus. Cas particulier de la grossesse : Risque d'atteintes congénitales neurologiques graves à type de microcéphalies, dysfonctionnements néonataux du tronc cérébral et malformations neurologiques fœtales en cas d'infection de la mère pendant la grossesse. Des anticorps neutralisants anti-virus Zika sont détectables après l'infection, de sorte que l'on peut présumer, en extrapolant à partir d'autres Flavivirus, que l'immunité est de longue durée après l'infection. Vaccin disponible non Pas de vaccin disponible Personne victime d'une piqûre de moustique, soit à l'occasion d'une mission en zone d'endémo-épidémie, soit dans un laboratoire de recherche. Personne victime d'un accident exposant au sang ou à d'autres liquides biologiques : contact accidentel avec du sang potentiellement contaminant (patient présentant un tableau clinique évocateur de Zika et potentiellement en phase virémique), suite à une effraction cutanée (piqûre, coupure...) ou une projection sur une muqueuse (conjonctive, bouche) ou sur une peau lésée (plaie, crevasse, dermatose...). Plus rarement, personne victime d'un accident exposant aux fluides biologiques d'un moustique infecté en laboratoire de recherche, suite à une effraction cutanée. Principales professions concernées : Activités en contact avec des moustiques et/ou des liquides biologiques infectés ; Missions en zone d'endémo-épidémie pour le virus Zika ; Soins à des patients infectés en milieu familial ou de soins ; Personnels des laboratoires de biologie médicale manipulant des prélèvements sanguins de patients potentiellement virémiques ou d'autres types de prélèvements (sperme, etc) ; Personnels de laboratoires de recherche manipulant des prélèvements sanguins virémiques, ou d'autres types de prélèvements, ou des moustiques infectés. Soins immédiats En cas de piqûre, blessure : Ne pas faire saigner ; Nettoyage immédiat de la zone cutanée lésée à l'eau et au savon puis rinçage ; Antisepsie avec dérivé chloré (Dakin ou eau de Javel à 2,6 % de chlore actif dilué au 1/5) ou polyvidone iodée en solution dermique ou, à défaut, alcool à 70° (au moins 5 min). En cas de contact direct du liquide biologique sur peau lésée : Même protocole. En cas de projection sur muqueuses et yeux : Rincer abondamment à l'eau ou au sérum physiologique (au moins 5 minutes). Prendre rapidement un avis médical : contacter un médecin référent ou un médecin de garde aux urgences le plus tôt possible.
  • 29. www.inrs.fr/eficatt EFICATT - ZIKA Page 4 / 6 Selon les caractéristiques de la source et le type d'exposition Selon les caractéristiques du sujet exposé Prise en charge du sujet exposé Mesures prophylactiques Suivi médical Pour l'entourage du sujet exposé Démarche médico-légale Déclaration / signalement Liste des maladies à DO Réparation 1. Caractéristiques de la source ( R1, R2, 2) : Vérifier que le sujet source est bien atteint d'une infection à virus Zika : cas suspect : une personne présentant depuis moins de 7 jours un exantème maculo-papuleux avec ou sans fièvre et au moins deux signes parmi les suivants : hyperhémie conjonctivale, arthralgies, myalgies en l'absence d'autre étiologie ; cas confirmé, cliniquement évocateur : défini par une PCR Zika positive sur sang, urine ou autres prélèvements (LCS, liquide amniotique, produits d'avortement...) OU sérologie positive IgM anti-Zika OU séroconversion OU augmentation de 4 fois du titre des IgG spécifiques. Évaluer la contagiosité de la source : un sujet est habituellement virémique en moyenne 1 à 2 jours avant et pendant 7 jours après l'apparition des symptômes. Le virus est présent jusqu'à 15 jours dans les urines. 2. Produits biologiques à l'origine de l'exposition : sang, sperme, urine, LCS ; fluide biologique d'un moustique infecté. Type d'exposition : Par analogie avec d'autres virus, le risque de transmission est plus important en cas de blessure profonde, de piqûre avec une aiguille creuse et notamment avec une aiguille ayant servi à un geste en intra-veineux ou intra-artériel. Compte-tenu de la virémie pendant la phase aiguë de l'infection, une projection de sang sur peau lésée ou sur une muqueuse représente une circonstance potientiellement suffisante pour transmettre l'infection. Le port d'équipements de protection individuelle (gants, lunettes...) permet de diminuer le risque de transmission. Pas de médicament prophylactique disponible. Au plan du risque collectif, en cas d'exposition avérée et d'habitat dans la zone d'implantation de l'espèce de moustique Aedes albopictus, mesures de protection personnelles anti-vectorielle (moustiquaire, vêtements longs, répulsifs) pour limiter le risque de transmission à des moustiques vecteurs locaux, particulièrement en période estivale et automnale. Un suivi clinique et biologique (RT-PCR et/ou sérologie) doit être proposé à la personne exposée pendant 4 semaines. En cas de grossesse : Toute femme enceinte suspecte d'une infection par le virus Zika doit être adressée à la consultation d'urgence obstétricale ou consulter un gynécologue de ville et/ou infectiologue, pour un bilan étiologique complet, notamment biologique pour confirmer ou infirmer le diagnostic. En cas de biométries céphaliques fœtales inférieures au cinquième percentile, qu'il y ait ou non un retard de croissance intra-utérin associé, un avis en Centre Pluridisciplinaire de Diagnostic PréNatal (CPDPN) est recommandé pour étude du cerveau fœtal. En dessous du troisième percentile, la réalisation d'une IRM systématique après 26 semaines d'aménorrhée (SA) et une demande d'avis spécialisé en CPDPN est préconisée. Si la première échographie de dépistage est normale chez une femme enceinte infectée par le virus Zika, une surveillance échographique rapprochée est préconisée. Prévention de la transmission sexuelle par rapport protégé par préservatif jusqu'à infirmation du diagnostic ou jusqu'à 6 mois si le diagnostic se confirme chez un homme exposé. Déclaration obligatoire oui En France métropolitaine, tout cas confirmé d'infection à virus Zika doit faire l'objet d'un signalement à l' ARS 1 sans délai et par tout moyen approprié (téléphone, télécopie...) puis d'une notification complète du cas effectuée à l'aide d'une fiche de notification spécifique à envoyer à l'ARS. 1 https://www.ars.sante.fr/ Dans les départements d'Outre-Mer, la surveillance est adaptée en fonction du niveau de circulation virale. Consultez le site Santé Publique France 2 2 http://invs.santepubliquefrance.fr/Espace-professionnels/Maladies-a-declaration-obligatoire/Liste-des-maladies-a-declaration-obligatoire
  • 30. www.inrs.fr/eficatt EFICATT - ZIKA Page 5 / 6 Accident du travail Maladie professionnelle Non Non Eléments de référence Textes de référence Recommandations sur la prise en charge et la prévention des infections cutanées liées aux SARM Co 5. Rapport de décembre 2009. Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP), 2009. 5 http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=102 Personnes atteintes par le virus Zika 6. Actualisation des modalités de prise en charge. Avis du 5 janvier 2016. Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP), 2016 ( www.hcsp.fr/Explore.cgi/avisrapportsdomaine ?clefr=532 6). 6 http://www.hcsp.fr/Explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=532 Déclaration d'AT selon les circonstances d'exposition. Tableau Régime Général Tableau Régime Agricole Maladie hors tableau et fonction publique : selon expertise. CNR Accès à la liste des CNR Centre national de référence Arbovirus CNR Coordonnateur Institut de Recherche Biomédicale des Armées (IRBA) Équipe résidente de recherche en infectiologie tropicale (ERRIT) Unité des Arbovirus HIA Laveran CS 50004 13 384 MARSEILLE Cedex 13 Nom du responsable : Dr Isabelle LEPARC-GOFFART Tél. : 04 91 61 79 00 - Secrétariat : 04 91 61 79 10 - Fax : 04 91 61 75 53 Courriel : isabelle.leparcgoffart@gmail.com - CNRarbovirus@irba.fr CNR Laboratoires Associés Institut Pasteur de la Guyane Laboratoire de virologie 23 avenue Pasteur BP 6010 97 306 CAYENNE Cedex Nom du responsable : Dr Dominique ROUSSET Tél. : 05 94 29 26 09 - Laboratoire : 05 94 29 58 27 - Secrétariat : 05 94 29 58 16 - Fax : 05 94 29 58 09 Courriel : drousset@pasteur-cayenne.fr CHU Saint Denis de la Réunion Laboratoire de Microbiologie CHU Felix Guyon Allée des Topazes CS 11021 97 405 SAINT-DENIS Cedex Nom du responsable : Dr Marie-Christine JAFFAR-BANDJEE Tél. : 02 62 90 59 34 - Secrétariat : 02 62 90 62 60 - Fax : 02 62 90 53 38 ou 50 54 Courriel : marie-christine.jaffarbandjee@chu-reunion.fr 3 3 mailto:marie-christine.jaffarbandjee@chr-reunion.fr Site CNR Arbovirus : http://www.ecole- valdegrace.sante.defense.gouv.fr/rubriques-complementaires/irba-cnr/arbovirus Consultez le site Santé Publique France 4 4 http://invs.santepubliquefrance.fr/Espace-professionnels/Centres-nationaux-de- reference/Liste-et-coordonnees-des-CNR