SlideShare une entreprise Scribd logo
Page 1
Leptospirose
Introduction/Epidémiologie
Les leptospiroses sont des zoonoses dues à des spirochètes du genre Leptospira et de l’espèce interrogans,
mobiles et de forme spiralée, mesurant 6 à 20 microns de longueur sur 0,3 micron de diamètre. Ils ne sont pas
différentiables sur le plan morphologique. On compte 230 sérovars rassemblés en 23 sérotypes, parmi lesquels
ictèro-hémorragie, le plus connu, grippotyphosa, bataviae, australis, pomona, canicola…
Actuellement, il existe aussi une classification génotypique.
La répartition géographique des leptospiroses est mondiale mais elles sont plus fréquentes en zone tropicale
dont l’humidité et la chaleur favorisent la survie des bactéries dans le milieu extérieur. L’Asie du Sud et du Sud-Est,
l’Océanie, les îles du Pacifique et de l’Océan Indien (La Réunion) sont les régions les plus endémiques.
Les rongeurs (rat, souris, mangouste…) sont le principal réservoir, mais les chiens, les animaux d’élevage
(Suidés, bovidés, ovidés, équidés) peuvent aussi être des
réservoirs de leptospires (figure 1). Les animaux infectés,
souvent porteurs sains, éliminent les leptospires par leurs urines.
Ceux-ci peuvent survivre deux semaines dans l’eau douce, les
sols humides ou la boue. Il n’existe pas de correspondances
étroites entre animaux et sérogroupes.
La transmission à l’homme se fait de façon indirecte au
contact de l’eau douce stagnante (mares, rivières, rizières) et de
boues souillées. La pénétration transcutanée au niveau d’une
excoriation est la plus habituelle. L’infection humaine peut aussi
résulter de la pénétration muqueuse des leptospires au niveau
conjonctival, aérien (inhalation d’aérosols) ou digestif (ingestion d’eau ou d’aliments contaminés). La transmission
est moins souvent directe par morsure, léchage ou manipulation d’animaux infectés.
Les contacts avec des eaux polluées, les déplacements et les travaux en zones immergées expliquent que les
agriculteurs, en particulier les riziculteurs, les coupeurs de canne, les éleveurs, les égoutiers, les vétérinaires, les
baigneurs et les pêcheurs des eaux douces soient les plus exposés.
Des épidémies sont observées en période de mousson ou lors des cyclones et des inondations. Des cas
sporadiques peuvent survenir aussi lors de certaines activités récréatives (pêche, activité nautique en eau douce).
Physiopathologie
Chez l’homme, après leur pénétration cutanée ou muqueuse, les leptospires se multiplient localement avant
d’envahir le sang (phase septicémique d’une durée moyenne de 5 jours). Puis ils peuvent envahir le foie, les reins, les
méninges ou les poumons, créant alors une hépatite, une néphrite tubulo-interstitielle, une méningite ou une
pneumopathie.
Page 2
Du point de vue histologique, une atteinte capillaire avec vasodilatation et microhémorragies en partie
d’origine toxinique est observée dans ces organes et au niveau cutané. Les leptospires entraînent des lésions de
vascularite avec atteintes endothéliales et infiltrats inflammatoires. Il s’y associe des lésions toxiniques (hémolysines,
hyaluronidase, phospholipase, lipase, glycoprotéines toxiques) responsables des lésions endothéliales directes et de
la nécrose tubulaire rénale, hépatocytaire etc. Les leptospires au cours de la 2e
et 3e
semaine d’infection sont
excrétés dans les urines vers le milieu extérieur.
Clinique
 Les symptômes initiaux peu spécifiques handicapent le dépistage rapide de la maladie
 Incubation 7 à 13 jours
 Début pseudo grippal peu évocateur, d’où un retard diagnostic pour le médecin traitant ignorant le contexte.
 Manque d’information et polymorphisme clinique explique un traitement retardé et moins efficace
Au cours de la leptospirose il nous est possible d’enregistrer ces signes :
 Fièvre élevée, céphalées intenses, myalgies, parfois nausées, vomissements
 Signes caractéristiques au bout de 5 à 10 jours: ictère, syndrome hémorragique, méningé
 En fonction de la diffusion: atteinte rénale, pulmonaire, cardiaque, oculaire.
Les différentes formes cliniques de la leptospirose :
a- Maladie de Weil ou Forme ictéro-hémorragique :
- C’est une urgence diagnostique et thérapeutique.
- Elle est diphasique
 Phase initiale: tableau septicémique (céphalées, fièvre élevée, prostration, troubles de la conscience)
Défervescence vers le 5èjour
 Deuxième phase: insuffisance rénale, hémorragies diffuses, atteinte hépatique (ictère flamboyant), rash
cutané, signes méningés et myocardiques
L’ictère disparaît entre le 15è et 25è jour avec une remontée thermique
- Mortalité 15% à 40%
b- Forme bénigne anictérique pseudo-grippale :
 Syndrome infectieux isolé 3 à 7 jours, rémission de 1 à 3 jours, puis phase d’état de 4 à 30 jours avec fièvre
modérée, asthénie marquée.
 évolution sévère possible à tout moment, viscérale isolée ou poly-viscérale
c- Formes pulmonaires: Pneumopathie interstitielle diffuse avec hémoptysies et dyspnées sévères.
d- Formes cardiaques: Myocardites hémorragiques et troubles du rythme.
e- Formes neurologiques: Syndrome méningé fébrile avec encéphalite.
Diagnostic biologique :
 Recherche de leptospires en hémoculture, dans les urines (difficile et inconstamment positif)
 Recherche de leptospires dans le liquide céphalorachidien
 Sérologie: en technique Elisa puis en sérodiagnostic de Martin et Petit
Page 3
Diagnostic Différentiel :
La symptomatologie clinique des leptospiroses peut faire évoquer, selon les localisations géographiques, un
paludisme, une hépatite virale, une fièvre jaune, une dengue hémorragique (DHF), une infection à Hantavirus, une
rickettsiose, une borréliose, une fièvre typhoïde ou une fièvre hémorragique à Filovirus ou Arénavirus.
Traitement
Pour avoir une pleine efficacité, le traitement antibiotique devrait être administré dans les trois premiers
jours de la maladie.
Il fait appel, sur une durée d’administration de 10 jours, à la pénicilline G par voie intraveineuse à la dose de
6 à 12 millions d’unités par jour par voie intraveineuse chez l’adulte (200 000 unités/kg/jour chez l’enfant) ou à la
doxycycline par voie orale (200 mg par jour) en l’absence d’une insuffisance rénale ou d’une contre-indication liée à
l’âge, pendant les trois premiers jours.
L’amoxicilline 50 à 100 mg/kg/j ou la ceftriaxone (1 g par jour en IM ou IV), pendant 10 jours, sont également
actives.
Une réaction de Jarisch-Herxheimer peut survenir lors de l’instauration du traitement antibiotique.
Le traitement symptomatique fait appel à la réanimation, en particulier en cas d’insuffisance rénale ou
respiratoire.
Prévention
La lutte contre les rongeurs, indispensable dans les villes, est difficile dans les zones rurales. Il existe des
vaccins pour les chiens et les animaux d’élevage. Il faut en contrôler les effluents.
La protection humaine consiste à éviter les contacts avec les eaux stagnantes et à porter des bottes, des
gants et des vêtements couvrants en cas de travaux exposés. La vaccination pour les professions exposées n’est pas
universelle. Le vaccin ne protège que contre le sérotype ictèro-hémorragie. La vaccination consiste en deux
injections à 15 jours d’intervalle avec une troisième injection six mois plus tard et rappel tous les deux ans.

Contenu connexe

Tendances

Paludisme (vue de l'Algérie)
Paludisme (vue de l'Algérie)Paludisme (vue de l'Algérie)
Paludisme (vue de l'Algérie)Elias Akhamouk
 
Leishmaniose cours 2011_fin_2
Leishmaniose cours 2011_fin_2Leishmaniose cours 2011_fin_2
Leishmaniose cours 2011_fin_2killua zoldyck
 
Tuberculose pulmonaire-commune
Tuberculose pulmonaire-communeTuberculose pulmonaire-commune
Tuberculose pulmonaire-communebelaibzino
 
7 leishmanies tripanozomess
7 leishmanies tripanozomess7 leishmanies tripanozomess
7 leishmanies tripanozomesskillua zoldyck
 
Traitement de la leishmaniose 2014
Traitement de la leishmaniose 2014Traitement de la leishmaniose 2014
Traitement de la leishmaniose 2014jihene11
 
Lyme
LymeLyme
LymeMKV58
 
La tuberculose de l'enfant
La tuberculose de l'enfant La tuberculose de l'enfant
La tuberculose de l'enfant Nouhoum L Traore
 
Filarioses humaines asiatiques Épidémiologie, Diagnostic, traitement et Préve...
Filarioses humaines asiatiques Épidémiologie, Diagnostic, traitement et Préve...Filarioses humaines asiatiques Épidémiologie, Diagnostic, traitement et Préve...
Filarioses humaines asiatiques Épidémiologie, Diagnostic, traitement et Préve...thidachanh Soukhasem
 
Plal (leishmaniose)
Plal (leishmaniose)Plal (leishmaniose)
Plal (leishmaniose)Mehdi Razzok
 
Traitement de la tuberculose
Traitement de la tuberculoseTraitement de la tuberculose
Traitement de la tuberculosehind henzazi
 
Physiopathologie diagnostic et prise en charge de l'accès pernicieux
Physiopathologie diagnostic et prise en charge de l'accès pernicieuxPhysiopathologie diagnostic et prise en charge de l'accès pernicieux
Physiopathologie diagnostic et prise en charge de l'accès pernicieuxInstitut Pasteur de Madagascar
 
Programme national de lutte contre les maladies lépreuses
Programme national de lutte contre les maladies lépreusesProgramme national de lutte contre les maladies lépreuses
Programme national de lutte contre les maladies lépreusesMehdi Razzok
 
4. dermatoses bulleuses
4. dermatoses bulleuses4. dermatoses bulleuses
4. dermatoses bulleusesPatou Conrath
 
Protozoaires opportunistes au cours du sida
Protozoaires opportunistes au cours du sidaProtozoaires opportunistes au cours du sida
Protozoaires opportunistes au cours du sidakarimabdk
 

Tendances (20)

La coqueluche
La coquelucheLa coqueluche
La coqueluche
 
Paludisme
PaludismePaludisme
Paludisme
 
Corynébactéries
CorynébactériesCorynébactéries
Corynébactéries
 
Paludisme (vue de l'Algérie)
Paludisme (vue de l'Algérie)Paludisme (vue de l'Algérie)
Paludisme (vue de l'Algérie)
 
Leishmaniose cours 2011_fin_2
Leishmaniose cours 2011_fin_2Leishmaniose cours 2011_fin_2
Leishmaniose cours 2011_fin_2
 
Tuberculose pulmonaire-commune
Tuberculose pulmonaire-communeTuberculose pulmonaire-commune
Tuberculose pulmonaire-commune
 
7 leishmanies tripanozomess
7 leishmanies tripanozomess7 leishmanies tripanozomess
7 leishmanies tripanozomess
 
Traitement de la leishmaniose 2014
Traitement de la leishmaniose 2014Traitement de la leishmaniose 2014
Traitement de la leishmaniose 2014
 
Lyme
LymeLyme
Lyme
 
La tuberculose de l'enfant
La tuberculose de l'enfant La tuberculose de l'enfant
La tuberculose de l'enfant
 
Filarioses humaines asiatiques Épidémiologie, Diagnostic, traitement et Préve...
Filarioses humaines asiatiques Épidémiologie, Diagnostic, traitement et Préve...Filarioses humaines asiatiques Épidémiologie, Diagnostic, traitement et Préve...
Filarioses humaines asiatiques Épidémiologie, Diagnostic, traitement et Préve...
 
Plal (leishmaniose)
Plal (leishmaniose)Plal (leishmaniose)
Plal (leishmaniose)
 
Traitement de la tuberculose
Traitement de la tuberculoseTraitement de la tuberculose
Traitement de la tuberculose
 
Arthrite juvenile ic
Arthrite juvenile icArthrite juvenile ic
Arthrite juvenile ic
 
Leishmanioses
LeishmaniosesLeishmanioses
Leishmanioses
 
Physiopathologie diagnostic et prise en charge de l'accès pernicieux
Physiopathologie diagnostic et prise en charge de l'accès pernicieuxPhysiopathologie diagnostic et prise en charge de l'accès pernicieux
Physiopathologie diagnostic et prise en charge de l'accès pernicieux
 
Programme national de lutte contre les maladies lépreuses
Programme national de lutte contre les maladies lépreusesProgramme national de lutte contre les maladies lépreuses
Programme national de lutte contre les maladies lépreuses
 
4. dermatoses bulleuses
4. dermatoses bulleuses4. dermatoses bulleuses
4. dermatoses bulleuses
 
Immunité du paludisme: bien naître ou apprendre ?
Immunité du paludisme: bien naître ou apprendre ?Immunité du paludisme: bien naître ou apprendre ?
Immunité du paludisme: bien naître ou apprendre ?
 
Protozoaires opportunistes au cours du sida
Protozoaires opportunistes au cours du sidaProtozoaires opportunistes au cours du sida
Protozoaires opportunistes au cours du sida
 

En vedette

Rhumatisme articulaire aigu
Rhumatisme articulaire aiguRhumatisme articulaire aigu
Rhumatisme articulaire aigukillua zoldyck
 
La prostate expliquée aux patients adenome de la prostate et le cancer de la...
La prostate expliquée aux patients adenome de la prostate et le cancer de la...La prostate expliquée aux patients adenome de la prostate et le cancer de la...
La prostate expliquée aux patients adenome de la prostate et le cancer de la...Vincent H. Hupertan
 
Cancer du rectum
Cancer du rectumCancer du rectum
Cancer du rectumOukaour
 
La paludisme powerpoint
La paludisme powerpointLa paludisme powerpoint
La paludisme powerpointCeleneDiaz
 
2.endocadite inféctieuse tizi dim 29 09-2013
2.endocadite inféctieuse tizi dim 29 09-20132.endocadite inféctieuse tizi dim 29 09-2013
2.endocadite inféctieuse tizi dim 29 09-2013killua zoldyck
 
Rhumatisme articulaire aigu
Rhumatisme articulaire aiguRhumatisme articulaire aigu
Rhumatisme articulaire aiguAmel Ammar
 

En vedette (7)

Rhumatisme articulaire aigu
Rhumatisme articulaire aiguRhumatisme articulaire aigu
Rhumatisme articulaire aigu
 
La prostate expliquée aux patients adenome de la prostate et le cancer de la...
La prostate expliquée aux patients adenome de la prostate et le cancer de la...La prostate expliquée aux patients adenome de la prostate et le cancer de la...
La prostate expliquée aux patients adenome de la prostate et le cancer de la...
 
Cancer du rectum
Cancer du rectumCancer du rectum
Cancer du rectum
 
La paludisme powerpoint
La paludisme powerpointLa paludisme powerpoint
La paludisme powerpoint
 
071 hausfater
071 hausfater071 hausfater
071 hausfater
 
2.endocadite inféctieuse tizi dim 29 09-2013
2.endocadite inféctieuse tizi dim 29 09-20132.endocadite inféctieuse tizi dim 29 09-2013
2.endocadite inféctieuse tizi dim 29 09-2013
 
Rhumatisme articulaire aigu
Rhumatisme articulaire aiguRhumatisme articulaire aigu
Rhumatisme articulaire aigu
 

Similaire à Leptospirose

Brucellose
BrucelloseBrucellose
Brucelloseadel41
 
Giardia intestinalis (protozoaire parasite d'homme)
Giardia intestinalis (protozoaire parasite d'homme)Giardia intestinalis (protozoaire parasite d'homme)
Giardia intestinalis (protozoaire parasite d'homme)abir
 
Lessentiel En Maladies InféCtieuses
Lessentiel En Maladies InféCtieusesLessentiel En Maladies InféCtieuses
Lessentiel En Maladies InféCtieusesMede Space
 
Cestodes à l'état larvaire.pptx
Cestodes à l'état larvaire.pptxCestodes à l'état larvaire.pptx
Cestodes à l'état larvaire.pptxMohamedHatraf1
 
Accès graves de paludisme : espèces autres que P. falciparum
Accès graves de paludisme : espèces autres que P. falciparumAccès graves de paludisme : espèces autres que P. falciparum
Accès graves de paludisme : espèces autres que P. falciparumInstitut Pasteur de Madagascar
 
PARASITOLOGIE_1.pptx
PARASITOLOGIE_1.pptxPARASITOLOGIE_1.pptx
PARASITOLOGIE_1.pptxBaraaOssman
 
Rea infectiologie suite num 3
Rea infectiologie suite num 3Rea infectiologie suite num 3
Rea infectiologie suite num 3Patou Conrath
 
Le Syndrome Post Polio
Le Syndrome Post PolioLe Syndrome Post Polio
Le Syndrome Post PolioSandrine Boult
 
Brochure "Infections virales et bactériennes, mieux les connaître pour les p...
 Brochure "Infections virales et bactériennes, mieux les connaître pour les p... Brochure "Infections virales et bactériennes, mieux les connaître pour les p...
Brochure "Infections virales et bactériennes, mieux les connaître pour les p...soshepatites
 
Action Polio+ / Rotary International / Andikado
Action Polio+ / Rotary International / AndikadoAction Polio+ / Rotary International / Andikado
Action Polio+ / Rotary International / Andikadoandikado
 
Aspergillose bronchopulmonaire allergique
Aspergillose bronchopulmonaire allergiqueAspergillose bronchopulmonaire allergique
Aspergillose bronchopulmonaire allergiquehind henzazi
 
Les maladies transmissibles ip
Les maladies transmissibles ipLes maladies transmissibles ip
Les maladies transmissibles ipRabiaa El Khantach
 
Tuberculose pulmonaire commune
Tuberculose pulmonaire commune Tuberculose pulmonaire commune
Tuberculose pulmonaire commune Dr. Kerfah Soumia
 
Les Anthropozoonoses Vr 12 05 09
Les Anthropozoonoses Vr 12 05 09Les Anthropozoonoses Vr 12 05 09
Les Anthropozoonoses Vr 12 05 09raymondteyrouz
 

Similaire à Leptospirose (20)

Brucellose
BrucelloseBrucellose
Brucellose
 
Giardia intestinalis (protozoaire parasite d'homme)
Giardia intestinalis (protozoaire parasite d'homme)Giardia intestinalis (protozoaire parasite d'homme)
Giardia intestinalis (protozoaire parasite d'homme)
 
Lessentiel En Maladies InféCtieuses
Lessentiel En Maladies InféCtieusesLessentiel En Maladies InféCtieuses
Lessentiel En Maladies InféCtieuses
 
Le devenir de l'infection palustre
Le devenir de l'infection palustreLe devenir de l'infection palustre
Le devenir de l'infection palustre
 
Présentation1.pptx
Présentation1.pptxPrésentation1.pptx
Présentation1.pptx
 
Polio cours (1)
Polio cours (1)Polio cours (1)
Polio cours (1)
 
Cestodes à l'état larvaire.pptx
Cestodes à l'état larvaire.pptxCestodes à l'état larvaire.pptx
Cestodes à l'état larvaire.pptx
 
Accès graves de paludisme : espèces autres que P. falciparum
Accès graves de paludisme : espèces autres que P. falciparumAccès graves de paludisme : espèces autres que P. falciparum
Accès graves de paludisme : espèces autres que P. falciparum
 
Visna maedi
Visna maediVisna maedi
Visna maedi
 
PARASITOLOGIE_1.pptx
PARASITOLOGIE_1.pptxPARASITOLOGIE_1.pptx
PARASITOLOGIE_1.pptx
 
Rea infectiologie suite num 3
Rea infectiologie suite num 3Rea infectiologie suite num 3
Rea infectiologie suite num 3
 
Le Syndrome Post Polio
Le Syndrome Post PolioLe Syndrome Post Polio
Le Syndrome Post Polio
 
infectiologie
infectiologie infectiologie
infectiologie
 
Brochure "Infections virales et bactériennes, mieux les connaître pour les p...
 Brochure "Infections virales et bactériennes, mieux les connaître pour les p... Brochure "Infections virales et bactériennes, mieux les connaître pour les p...
Brochure "Infections virales et bactériennes, mieux les connaître pour les p...
 
Action Polio+ / Rotary International / Andikado
Action Polio+ / Rotary International / AndikadoAction Polio+ / Rotary International / Andikado
Action Polio+ / Rotary International / Andikado
 
Aspergillose bronchopulmonaire allergique
Aspergillose bronchopulmonaire allergiqueAspergillose bronchopulmonaire allergique
Aspergillose bronchopulmonaire allergique
 
Les maladies transmissibles ip
Les maladies transmissibles ipLes maladies transmissibles ip
Les maladies transmissibles ip
 
Tuberculose pulmonaire commune
Tuberculose pulmonaire commune Tuberculose pulmonaire commune
Tuberculose pulmonaire commune
 
La goute 2
La goute 2La goute 2
La goute 2
 
Les Anthropozoonoses Vr 12 05 09
Les Anthropozoonoses Vr 12 05 09Les Anthropozoonoses Vr 12 05 09
Les Anthropozoonoses Vr 12 05 09
 

Dernier

Decret-n°19-10-du-23-janvier-2019-reglementant-lexportation-des-déchets-spéci...
Decret-n°19-10-du-23-janvier-2019-reglementant-lexportation-des-déchets-spéci...Decret-n°19-10-du-23-janvier-2019-reglementant-lexportation-des-déchets-spéci...
Decret-n°19-10-du-23-janvier-2019-reglementant-lexportation-des-déchets-spéci...zidani2
 
EL KATRY Reem: Proposition de Programme Artistique et Exposition pour les Écoles
EL KATRY Reem: Proposition de Programme Artistique et Exposition pour les ÉcolesEL KATRY Reem: Proposition de Programme Artistique et Exposition pour les Écoles
EL KATRY Reem: Proposition de Programme Artistique et Exposition pour les ÉcolesSOLIANAEvelyne
 
MARTYRS DE TURQUIE – une histoire de persécution chrétienne en Anatolie.pptx
MARTYRS DE TURQUIE – une histoire de persécution chrétienne en Anatolie.pptxMARTYRS DE TURQUIE – une histoire de persécution chrétienne en Anatolie.pptx
MARTYRS DE TURQUIE – une histoire de persécution chrétienne en Anatolie.pptxMartin M Flynn
 
Gestion des flux de trésorerie dans les entreprises
Gestion des flux de trésorerie dans les entreprisesGestion des flux de trésorerie dans les entreprises
Gestion des flux de trésorerie dans les entreprisesHamdConseil
 
Système National de Santé au- Maroc-(2017)."pdf"
Système National de Santé au- Maroc-(2017)."pdf"Système National de Santé au- Maroc-(2017)."pdf"
Système National de Santé au- Maroc-(2017)."pdf"tachakourtzineb
 
Présentation sur les Risques Électriques et Leur Prévention en Algérie
Présentation sur les Risques Électriques et Leur Prévention en AlgériePrésentation sur les Risques Électriques et Leur Prévention en Algérie
Présentation sur les Risques Électriques et Leur Prévention en AlgérieSeifTech
 
Quitter la nuit. pptx
Quitter        la             nuit.   pptxQuitter        la             nuit.   pptx
Quitter la nuit. pptxTxaruka
 
Fiche - Accompagnement du travail coopératif au sein d’une équipe d’enseignan...
Fiche - Accompagnement du travail coopératif au sein d’une équipe d’enseignan...Fiche - Accompagnement du travail coopératif au sein d’une équipe d’enseignan...
Fiche - Accompagnement du travail coopératif au sein d’une équipe d’enseignan...Pedago Lu
 
Comment enseigner la langue française en Colombie?
Comment enseigner la langue française en Colombie?Comment enseigner la langue française en Colombie?
Comment enseigner la langue française en Colombie?sashaflor182
 
Webinaire Technologia | DAX : nouvelles fonctions
Webinaire Technologia | DAX : nouvelles fonctionsWebinaire Technologia | DAX : nouvelles fonctions
Webinaire Technologia | DAX : nouvelles fonctionsTechnologia Formation
 
Présentation Webinaire Cohésion - Concevoir et mettre en place une CMDB, comm...
Présentation Webinaire Cohésion - Concevoir et mettre en place une CMDB, comm...Présentation Webinaire Cohésion - Concevoir et mettre en place une CMDB, comm...
Présentation Webinaire Cohésion - Concevoir et mettre en place une CMDB, comm...Technologia Formation
 
PLANNING HEBDO ET CR LYCEE COUDON 21 MAI2024
PLANNING HEBDO ET CR LYCEE COUDON 21 MAI2024PLANNING HEBDO ET CR LYCEE COUDON 21 MAI2024
PLANNING HEBDO ET CR LYCEE COUDON 21 MAI2024frizzole
 

Dernier (12)

Decret-n°19-10-du-23-janvier-2019-reglementant-lexportation-des-déchets-spéci...
Decret-n°19-10-du-23-janvier-2019-reglementant-lexportation-des-déchets-spéci...Decret-n°19-10-du-23-janvier-2019-reglementant-lexportation-des-déchets-spéci...
Decret-n°19-10-du-23-janvier-2019-reglementant-lexportation-des-déchets-spéci...
 
EL KATRY Reem: Proposition de Programme Artistique et Exposition pour les Écoles
EL KATRY Reem: Proposition de Programme Artistique et Exposition pour les ÉcolesEL KATRY Reem: Proposition de Programme Artistique et Exposition pour les Écoles
EL KATRY Reem: Proposition de Programme Artistique et Exposition pour les Écoles
 
MARTYRS DE TURQUIE – une histoire de persécution chrétienne en Anatolie.pptx
MARTYRS DE TURQUIE – une histoire de persécution chrétienne en Anatolie.pptxMARTYRS DE TURQUIE – une histoire de persécution chrétienne en Anatolie.pptx
MARTYRS DE TURQUIE – une histoire de persécution chrétienne en Anatolie.pptx
 
Gestion des flux de trésorerie dans les entreprises
Gestion des flux de trésorerie dans les entreprisesGestion des flux de trésorerie dans les entreprises
Gestion des flux de trésorerie dans les entreprises
 
Système National de Santé au- Maroc-(2017)."pdf"
Système National de Santé au- Maroc-(2017)."pdf"Système National de Santé au- Maroc-(2017)."pdf"
Système National de Santé au- Maroc-(2017)."pdf"
 
Présentation sur les Risques Électriques et Leur Prévention en Algérie
Présentation sur les Risques Électriques et Leur Prévention en AlgériePrésentation sur les Risques Électriques et Leur Prévention en Algérie
Présentation sur les Risques Électriques et Leur Prévention en Algérie
 
Quitter la nuit. pptx
Quitter        la             nuit.   pptxQuitter        la             nuit.   pptx
Quitter la nuit. pptx
 
Fiche - Accompagnement du travail coopératif au sein d’une équipe d’enseignan...
Fiche - Accompagnement du travail coopératif au sein d’une équipe d’enseignan...Fiche - Accompagnement du travail coopératif au sein d’une équipe d’enseignan...
Fiche - Accompagnement du travail coopératif au sein d’une équipe d’enseignan...
 
Comment enseigner la langue française en Colombie?
Comment enseigner la langue française en Colombie?Comment enseigner la langue française en Colombie?
Comment enseigner la langue française en Colombie?
 
Webinaire Technologia | DAX : nouvelles fonctions
Webinaire Technologia | DAX : nouvelles fonctionsWebinaire Technologia | DAX : nouvelles fonctions
Webinaire Technologia | DAX : nouvelles fonctions
 
Présentation Webinaire Cohésion - Concevoir et mettre en place une CMDB, comm...
Présentation Webinaire Cohésion - Concevoir et mettre en place une CMDB, comm...Présentation Webinaire Cohésion - Concevoir et mettre en place une CMDB, comm...
Présentation Webinaire Cohésion - Concevoir et mettre en place une CMDB, comm...
 
PLANNING HEBDO ET CR LYCEE COUDON 21 MAI2024
PLANNING HEBDO ET CR LYCEE COUDON 21 MAI2024PLANNING HEBDO ET CR LYCEE COUDON 21 MAI2024
PLANNING HEBDO ET CR LYCEE COUDON 21 MAI2024
 

Leptospirose

  • 1. Page 1 Leptospirose Introduction/Epidémiologie Les leptospiroses sont des zoonoses dues à des spirochètes du genre Leptospira et de l’espèce interrogans, mobiles et de forme spiralée, mesurant 6 à 20 microns de longueur sur 0,3 micron de diamètre. Ils ne sont pas différentiables sur le plan morphologique. On compte 230 sérovars rassemblés en 23 sérotypes, parmi lesquels ictèro-hémorragie, le plus connu, grippotyphosa, bataviae, australis, pomona, canicola… Actuellement, il existe aussi une classification génotypique. La répartition géographique des leptospiroses est mondiale mais elles sont plus fréquentes en zone tropicale dont l’humidité et la chaleur favorisent la survie des bactéries dans le milieu extérieur. L’Asie du Sud et du Sud-Est, l’Océanie, les îles du Pacifique et de l’Océan Indien (La Réunion) sont les régions les plus endémiques. Les rongeurs (rat, souris, mangouste…) sont le principal réservoir, mais les chiens, les animaux d’élevage (Suidés, bovidés, ovidés, équidés) peuvent aussi être des réservoirs de leptospires (figure 1). Les animaux infectés, souvent porteurs sains, éliminent les leptospires par leurs urines. Ceux-ci peuvent survivre deux semaines dans l’eau douce, les sols humides ou la boue. Il n’existe pas de correspondances étroites entre animaux et sérogroupes. La transmission à l’homme se fait de façon indirecte au contact de l’eau douce stagnante (mares, rivières, rizières) et de boues souillées. La pénétration transcutanée au niveau d’une excoriation est la plus habituelle. L’infection humaine peut aussi résulter de la pénétration muqueuse des leptospires au niveau conjonctival, aérien (inhalation d’aérosols) ou digestif (ingestion d’eau ou d’aliments contaminés). La transmission est moins souvent directe par morsure, léchage ou manipulation d’animaux infectés. Les contacts avec des eaux polluées, les déplacements et les travaux en zones immergées expliquent que les agriculteurs, en particulier les riziculteurs, les coupeurs de canne, les éleveurs, les égoutiers, les vétérinaires, les baigneurs et les pêcheurs des eaux douces soient les plus exposés. Des épidémies sont observées en période de mousson ou lors des cyclones et des inondations. Des cas sporadiques peuvent survenir aussi lors de certaines activités récréatives (pêche, activité nautique en eau douce). Physiopathologie Chez l’homme, après leur pénétration cutanée ou muqueuse, les leptospires se multiplient localement avant d’envahir le sang (phase septicémique d’une durée moyenne de 5 jours). Puis ils peuvent envahir le foie, les reins, les méninges ou les poumons, créant alors une hépatite, une néphrite tubulo-interstitielle, une méningite ou une pneumopathie.
  • 2. Page 2 Du point de vue histologique, une atteinte capillaire avec vasodilatation et microhémorragies en partie d’origine toxinique est observée dans ces organes et au niveau cutané. Les leptospires entraînent des lésions de vascularite avec atteintes endothéliales et infiltrats inflammatoires. Il s’y associe des lésions toxiniques (hémolysines, hyaluronidase, phospholipase, lipase, glycoprotéines toxiques) responsables des lésions endothéliales directes et de la nécrose tubulaire rénale, hépatocytaire etc. Les leptospires au cours de la 2e et 3e semaine d’infection sont excrétés dans les urines vers le milieu extérieur. Clinique  Les symptômes initiaux peu spécifiques handicapent le dépistage rapide de la maladie  Incubation 7 à 13 jours  Début pseudo grippal peu évocateur, d’où un retard diagnostic pour le médecin traitant ignorant le contexte.  Manque d’information et polymorphisme clinique explique un traitement retardé et moins efficace Au cours de la leptospirose il nous est possible d’enregistrer ces signes :  Fièvre élevée, céphalées intenses, myalgies, parfois nausées, vomissements  Signes caractéristiques au bout de 5 à 10 jours: ictère, syndrome hémorragique, méningé  En fonction de la diffusion: atteinte rénale, pulmonaire, cardiaque, oculaire. Les différentes formes cliniques de la leptospirose : a- Maladie de Weil ou Forme ictéro-hémorragique : - C’est une urgence diagnostique et thérapeutique. - Elle est diphasique  Phase initiale: tableau septicémique (céphalées, fièvre élevée, prostration, troubles de la conscience) Défervescence vers le 5èjour  Deuxième phase: insuffisance rénale, hémorragies diffuses, atteinte hépatique (ictère flamboyant), rash cutané, signes méningés et myocardiques L’ictère disparaît entre le 15è et 25è jour avec une remontée thermique - Mortalité 15% à 40% b- Forme bénigne anictérique pseudo-grippale :  Syndrome infectieux isolé 3 à 7 jours, rémission de 1 à 3 jours, puis phase d’état de 4 à 30 jours avec fièvre modérée, asthénie marquée.  évolution sévère possible à tout moment, viscérale isolée ou poly-viscérale c- Formes pulmonaires: Pneumopathie interstitielle diffuse avec hémoptysies et dyspnées sévères. d- Formes cardiaques: Myocardites hémorragiques et troubles du rythme. e- Formes neurologiques: Syndrome méningé fébrile avec encéphalite. Diagnostic biologique :  Recherche de leptospires en hémoculture, dans les urines (difficile et inconstamment positif)  Recherche de leptospires dans le liquide céphalorachidien  Sérologie: en technique Elisa puis en sérodiagnostic de Martin et Petit
  • 3. Page 3 Diagnostic Différentiel : La symptomatologie clinique des leptospiroses peut faire évoquer, selon les localisations géographiques, un paludisme, une hépatite virale, une fièvre jaune, une dengue hémorragique (DHF), une infection à Hantavirus, une rickettsiose, une borréliose, une fièvre typhoïde ou une fièvre hémorragique à Filovirus ou Arénavirus. Traitement Pour avoir une pleine efficacité, le traitement antibiotique devrait être administré dans les trois premiers jours de la maladie. Il fait appel, sur une durée d’administration de 10 jours, à la pénicilline G par voie intraveineuse à la dose de 6 à 12 millions d’unités par jour par voie intraveineuse chez l’adulte (200 000 unités/kg/jour chez l’enfant) ou à la doxycycline par voie orale (200 mg par jour) en l’absence d’une insuffisance rénale ou d’une contre-indication liée à l’âge, pendant les trois premiers jours. L’amoxicilline 50 à 100 mg/kg/j ou la ceftriaxone (1 g par jour en IM ou IV), pendant 10 jours, sont également actives. Une réaction de Jarisch-Herxheimer peut survenir lors de l’instauration du traitement antibiotique. Le traitement symptomatique fait appel à la réanimation, en particulier en cas d’insuffisance rénale ou respiratoire. Prévention La lutte contre les rongeurs, indispensable dans les villes, est difficile dans les zones rurales. Il existe des vaccins pour les chiens et les animaux d’élevage. Il faut en contrôler les effluents. La protection humaine consiste à éviter les contacts avec les eaux stagnantes et à porter des bottes, des gants et des vêtements couvrants en cas de travaux exposés. La vaccination pour les professions exposées n’est pas universelle. Le vaccin ne protège que contre le sérotype ictèro-hémorragie. La vaccination consiste en deux injections à 15 jours d’intervalle avec une troisième injection six mois plus tard et rappel tous les deux ans.