La conflictualité sociale :
pathologie, facteur de cohésion
ou moteur du changement
social ?
Chapitre 7 - TES 4 - 2014/2015 - PhW
Manuel Sciences Economiques et Sociales Tle ES éd. 2012 Hatier
pages 256 à 279
Thèmes et questionnements Notions Indications complémentaires
2.2 La conflictualité
sociale : pathologie,
facteur de cohésion ou
moteur du changement
social ?
Conflits sociaux,
mouvements sociaux,
régulation des conflits,
syndicat.
On montrera que les conflits peuvent
être appréhendés à partir de grilles de
lecture contrastées : comme pathologie
de l'intégration ou comme facteur de
cohésion ; comme moteur du
changement social ou comme
résistance au changement. En
s'appuyant sur quelques exemples, on
s'interrogera sur la pertinence
respective de ces différents cadres
d'analyse en fonction de la nature des
conflits et des contextes historiques. On
s'intéressera plus particulièrement aux
mutations des conflits du travail et des
conflits sociétaux en mettant en
évidence la diversité des acteurs, des
enjeux, des formes et des finalités de
l'action collective.
2. Intégration, conflit, changement social
Acquis de première :
groupe d'intérêt, conflit
Pourquoi nous
mobilisons nous ?
Sanitation workers protest in Memphis during their 1968 strike for better working conditions. Photo © Ernest Withers,
Faites une liste des différents
motifs de conflits sociaux que
vous pouvez connaitre
Petit exercice d’imagination…
Vous êtes membre d’une association de
défense de l’environnement (“L’Orge propre”)
et vous voulez protester contre un projet de
papeterie qui risquerait de polluer fortement
la rivière.
Comment allez vous organiser votre action ?
Quels moyens pouvez vous utiliser ?
Comment allez vous organiser votre action ?
Quels moyens pouvez vous utiliser ?
1° La diversité de la conflictualité
I- Diversité des conflits
A- Conflits et mouvements sociaux
Divers types de manifestations (vidéo)
Page
Page
Mouvemen
t social
Conflit avec
un adversaire
Dimension
sociétale ou
culturelle
Un mouvement social désigne une « forme d'action
collective concertée en faveur d'une cause »
(Erik Neveu, Sociologie des mouvements sociaux, La Découverte, 1996)
Cela suppose l'identification d'un adversaire (employeur,
administration, gouvernement)...
En cela, un mouvement social se distingue a priori du
groupe de pression et du lobbying .
Tous les conflits sociaux ne peuvent être considérés
comme étant des mouvements sociaux.
Cela dépend de l'ampleur et de la finalité du conflit
2° Les conditions d'émergence d'un conflit
I- Diversité des conflits
A- Conflits et mouvements sociaux
Page
259
5 conditions + une...
• sentiment d'injustice
• adversaire commun
• partager des intérêts communs et en
avoir conscience
• disposer d'une capacité d'organisation
collective
• militants actifs et expérimentés
✓la victoire doit être perçue comme
possible...
Conditions ?
Frustration relative ?
La théorie de la frustration relative
Selon la théorie de la frustration relative, formulée par des
psychosociologues dans les années 60, ce n'est pas la paupérisation
qui pousse à se révolter comme le prétend la vulgate marxiste, mais
le décalage entre ses conditions réelles de vie et le niveau qu'on
s'estime en droit d'attendre à un moment donné.
❝Ce n’est pas toujours en allant de mal en pis que l’on
tombe en révolution. Il arrive le plus souvent qu’un peuple
qui avait supporté sans se plaindre et comme s’il ne les
sentait pas les lois les plus accablantes, les rejette
violemment dès que le poids s’en allège. Le régime qu’une
révolution détruit vaut presque toujours mieux que celui qui
l’avait immédiatement précédé et l’expérience apprend que
le moment le plus dangereux pour un mauvais
gouvernement est d’ordinaire celui où il commence à se
réformer. Il n’y a qu’un grand génie qui puisse sauver un
prince qui entreprend de sauver ses sujets après une
oppression longue. Le mal qu’on souffrait patiemment
comme inévitable semble insupportable dès qu’on conçoit
l’idée de s’y soustraire. ❞
Alexis de Tocqueville L’ancien Régime et la Révolution. 1856
1° L'évolution des conflits du travail
I- Diversité des conflits
B- Les formes de conflits évoluent
Campagne CGT de 1919
Page
259
Chronologie
Les mouvements sociaux ont pour effet, par le conflit, de
créer des institutions sociales. Ils créent des acteurs
reconnus comme légitimes (par exemple, les syndicats)
pour négocier de tel ou tel sujet.
L'évolution des conflits sociaux dans le monde du travail
est donc marquée par l'institutionnalisation de ces
conflits.
Les conflits antérieurs et les négociations successives ont
donc amené les employeurs et les syndicats, et souvent
l'État, à s’entendre pour édicter des règles qui régissent
les situations de conflits potentiels.
De ce point de vue, les entreprises ressemblent de plus en
plus à la société, qui se civilise en remettant la charge de
la résolution des conflits à une institution judiciaire
indépendante.
Régulation des conflits: ensemble de règles
qui encadrent l’expression des conflits et les
manières de les résoudre.
2° Le répertoire d'actions change
I- Diversité des conflits
B- Les formes de conflits évoluent
Répertoire d’action collective: ensemble des
moyens d’actions collectives à la disposition des
mouvements contestataires à une époque don née,
dans un lieu donné.
Page
1er décembre 1999
Campagne d'Act-up Place de la Concorde à Paris
Génération précaire
Flash Mob devant LVMH novembre 2006
Autres modes d'action...
Le concept de répertoire d’actions collectives
désigne le stock limité de moyens d’action à la
disposition des groupes contestataires, à chaque
époque et dans chaque lieu.
Charles Tilly, à qui l’on doit ce concept, le définit comme
« une série limitée de routines qui sont apprises,
partagées et exécutées à travers un processus de choix
relativement délibéré »
1° L'évolution du syndicalisme
I- Diversité des conflits
C- Les acteurs des mouvements sociaux
Plickers
Un petit QCM…
Mettre vers le
haut
la réponse
que vous
choisissez
Qu'est ce qu'un syndicat ?
Un syndicat est un groupement de personnes physiques
ou morales pour la défense ou la gestion d'intérêts
communs.
Le terme a de nombreuses acceptions mais plus
communément il désigne les organisations de défense
de l'intérêt des salariés (ouvriers, employés ou cadres),
souvent désignées sous le sigle « OS » (organisations
syndicales) et protégées par une législation particulière
(liberté syndicale, droit de grève, ...). (Fiche Wikipedia)
5 confédérations
reconnues
CGT
CFDT
FO
CFTC
CFE-CGC
UNSA
Solidaires
Chronologie Syndicalisme
1791 : promulgation du décret d'Allarde, les 2 et 17 mars, qui supprime les corporations et
de la « loi le Chapelier » le 14 juin, qui interdit le droit de coalition des métiers et les
grèves.
1864 : Le 25 mai, suppression du délit de coalition et de grève (loi Ollivier). Cette loi met
un terme à la Loi Le Chapelier. Les syndicats sont toujours interdits, mais en constituer un
n'est plus considéré comme un délit.
1884 : Le 21 mars, vote de la loi légalisant les syndicats professionnels ouvriers et
patronaux à l'initiative de Waldeck-Rousseau.
1886 1er mai : grèves des ouvriers à Chicago pour une journée de travail de 8h. Une
sévère répression s'ensuit.
1891 : première célébration française et internationale de la journée d'action du 1er mai.
Le 1er mai 1891, à Fourmies (Nord) la troupe tire sur des grévistes : neuf morts, 35
blessés.
1891 : Publication de l'encyclique Rerum Novarum par le pape Léon XIII.
1895 : Congrès constitutif de la Confédération générale du travail CGT à Limoges
1906 : Charte d'Amiens : cette charte adoptée au congrès de la CGT, donne au
syndicalisme confédéral de la CGT son orientation (lutte des classes, indépendance vis-à-
vis des partis politiques.
1919 : Création de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC).
1919 : loi sur les conventions collectives
1936 Front Populaire : accords de Matignon
1940 : le gouvernement de Vichy dissout les syndicats.
1944 Programme du Conseil National de la Résistance, création de la CGC (cadres)
1947 Scission au sein de la CGT avec création de la CGT-Force Ouvrière
1964 Création de la CFDT issue de la déconfessionnalisation de la CFTC (maintien d’une mino
1968 Grève générale en mai. Accords de Grenelle
1988 Des militants démissionnaires de la CFDT créent Sud
1992 scission dans les syndicats de l’Éducation Nationale et création de la FSU
1994 Création de l’UNSA
2008 : "Position commune", signée le 9 avril par la CGT, la CFDT, le MEDEF et la CGPME, vis
Chronologie Syndicalisme
En vertu des règles légales et réglementaires antérieures
à la promulgation de la loi du 20 août 2008, d'une part,
seuls ces syndicats pouvaient signer des accords à
l'échelle nationale ou inter-professionnelle, et d'autre
part, au sein d'une entreprise, tout syndicat professionnel
affilié à l'une de ces organisations représentatives au
niveau national était considéré comme représentatif.
Ces cinq organisations sont présumées représentatives
jusqu'en aout 2013 data à partir de laquelle les nouvelles
lois sur la représentativité entreront en vigueur.
Seuls les syndicats qui dépasseront 10 % dans les
entreprises et 8 % dans les branches et au niveau
national seront représentatifs en 2013.
La loi de 2008 sur la
représentativité syndicale
D'autres syndicats (fédérations et
confédérations)
La structure d'un syndicat
Un exemple d'organigramme : la CGT
Un autre exemple : la CFDT
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262
Le
syndicalisme
est il en crise
?
Page 272
Source : Dares (Ministère du Travail)
Taux de syndicalisation depuis 1892, en % des actifs
Alternatives Economiques Hors-série n° 089 - avril
Les facteurs de la
désyndicalisation
• Chômage (“armée industrielle de réserve”)
• évolution des emplois (précarité, tertiarisation,...)
• l'éclatement des “collectifs de travail”
• individualisme (“passager clandestin”)
• divisions syndicales et moindre efficacité
• institutionnalisation des syndicats (coupure avec la
base ?)
Mais..le syndicalisme
reste incontournable• si les syndicats sont peu présents dans les
PME, ils restent présents dans les grandes
entreprises et la Fonction publique
• présence des syndicats dans de
nombreuses instances
(“Institutionnalisation”)
• leur rôle reste essentiel dans les
négociations globales (la législation du
travail les rend obligatoires)
• La capacité de mobilisation reste forte
(sympathisants)
La faiblesse du taux de syndicalisation en France (l’un
des plus bas d’Europe) incite à parler de déclin, mais
la présence syndicale augmente et les syndicats
conservent une grande capacité à mobiliser et à
exprimer les revendications des salariés.
Les établissements où les syndicats sont présents
connaissent plus de conflits du travail et de grèves et
les syndicats sont capables de mobiliser bien au-delà
de leurs adhérents (cf. la mobilisation contre la réforme
des retraites en 2010)
2° De nouveaux acteurs des mouvements sociaux
I- Diversité des conflits
C- Les acteurs des mouvements sociaux
Page
263
Alain Touraine
(né en 1925)
D’après lui, un mouvement social se
définit par un principe d’identité
(définition de l’acteur par lui-même), un
principe d’opposition et un principe de
totalité, car aucun mouvement social ne
se définit seulement par le conflit, mais
tous aspirent à contrôler le mouvement
de l’histoire.
Les acteurs des conflits et des mouvements sociaux
sont avant tout les personnes concernées par les
conflits : salariés des entreprises, victimes (les «
sans », les malades du sida...). Ces personnes
n’agissent pas seules, des organisations (syndicat,
association, coordination, comité....) et leurs
militants encadrent les contestations et les font
également émerger.
Les organisations peuvent s’appuyer sur des «
personnes ressources » (personnalités connues ou
experts) qui contribuent à la médiatisation des
conflits et apportent leurs compétences pour faire
aboutir les revendications. Victimes, personnes
ressources et experts sont de nouveaux acteurs des
mouvements sociaux.
1° Pathologie sociale ?
II- Les effets des conflits
A- Les conflits sociaux sont-ils favorables à
l'intégration sociale ?
Page
Page
Les émeutes des banlieues en 2005 peuvent être
considérées comme une pathologie de l’intégration:
d’une part, parce que le mouvement s’est traduit par des
destructions d’équipements publics utiles aux jeunes
casseurs eux-mêmes (école, gymnase ... ) ; d’autre part,
les jeunes répondaient, à travers la violence, à la
stigmatisation et au harcèlement policier à l’encontre
d’une population considérée comme non intégrée. Mais
ce fut un mouvement sans organisation, sans porte-
parole, sans projet de société très défini.
2° Conflit et intégration sociale ?
II- Les effets des conflits
A- Les conflits sociaux sont-ils favorables à
l'intégration sociale ?
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266
Les fonctionnalistes perçoivent les conflits sociaux comme
des signes de dysfonctionnement, comme des pathologies,
car pour eux. a priori, la société est bien intégrée et ajustée.
On peut aussi ranger Durkheim dans ce courant de pensée.
En revanche pour des auteurs comme Simmel ou
Dahrendorf, si l’origine du conflit est ce qui sépare (la
haine, l’envie, la misère ... ), le conflit rassemble, il est
créateur de lien et d’intégration sociale dans le groupe
mobilisé. C’est le conflit qui assure la pérennité des
groupes ou des associations.
1° Conflits et changement social
II- Les effets des conflits
B- Les conflits sociaux : résistance ou
modernisation de la société ?
7 Avril 1971
❝Un million de femmes se font avorter chaque année en
France. Elles le font dans des conditions dangereuses en
raison de la clandestinité à laquelle elles sont condamnées
alors que cette opération, pratiquée sous contrôle médical,
est des plus simples. On a fait le silence sur ces milliers de
femmes. Je déclare que je suis l'une d'elles. Je déclare avoir
avorté. De même que nous réclamons le libre accès aux
moyens anticonceptionnels, nous réclamons l'avortement
libre.❞
C'est la couverture de Charlie Hebdo du 12 avril 1971
qui a transformé le "Manifeste pour l'avortement" en
"Manifeste des 343 salopes"...
Page
268
Page
268
Les normes sociales, en général évoluent
plus vite que les normes juridiques..
Normes sociales
Normes
juridiques
Déviants
innovateurs
Conflits
sociaux"Entrepreneurs
de morale"
Mais les normes juridiques font aussi
évoluer les comportements...!
Normes sociales
Normes
juridiques
Des exemples ?
Mais on s'éloigne de notre sujet...
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270
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269
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271
Pour Marx, les conflits sociaux sont le moteur du
changement social. Ils sont économiques (la production)
et aussi sociaux: ils concernent les rapports de pouvoir
et de domination dans la société et sont porteurs d'un
projet de société.
Pour Alain Touraine. l'information et la connaissance
sont les enjeux des mouvements sociaux de la seconde
moitié du XXe siècle.
Cependant, si les conflits étaient offensifs dans la
décennie 1960, l’objectif étant d'obtenir de nouveaux
droits ou avantages. ils sont aujourd’hui plus souvent
défensifs. Il s'agit plus souvent de préserver des acquis:
l’emploi, les services publics, la protection sociale, le
droit à l'avortement ... et donc de préserver un modèle
de société et un type d'intégration
2° Les conflits : facteur de résistance
II- Les effets des conflits
A- Les conflits sociaux : résistance ou
modernisation de la société ?
NIMBY...?
[pas dans mon arrière-cour...]
Il existe aussi des mouvements de refus du
changement, sans que ceux-ci soient inscrits dans un
projet de société. Ainsi les mouvements anti-éoliens se
soucient plus de préservation des paysages que de
développement durable.
Ils sont qualifiés de NIMBY(Not In My Back Yard “pas
dans mon jardin”), dans le sens où les acteurs ne
s’opposeraient pas aux éoliennes, si elles n’étaient pas
dans leur environnement.
Ces mouvements apparaissent de plus en plus et
peuvent être reliés au développement de
l’individualisme évoqué dans le chapitre précédent.
Déjà les romains...

2015 diapo chap 7-conflictualité

  • 1.
    La conflictualité sociale: pathologie, facteur de cohésion ou moteur du changement social ? Chapitre 7 - TES 4 - 2014/2015 - PhW Manuel Sciences Economiques et Sociales Tle ES éd. 2012 Hatier pages 256 à 279
  • 5.
    Thèmes et questionnementsNotions Indications complémentaires 2.2 La conflictualité sociale : pathologie, facteur de cohésion ou moteur du changement social ? Conflits sociaux, mouvements sociaux, régulation des conflits, syndicat. On montrera que les conflits peuvent être appréhendés à partir de grilles de lecture contrastées : comme pathologie de l'intégration ou comme facteur de cohésion ; comme moteur du changement social ou comme résistance au changement. En s'appuyant sur quelques exemples, on s'interrogera sur la pertinence respective de ces différents cadres d'analyse en fonction de la nature des conflits et des contextes historiques. On s'intéressera plus particulièrement aux mutations des conflits du travail et des conflits sociétaux en mettant en évidence la diversité des acteurs, des enjeux, des formes et des finalités de l'action collective. 2. Intégration, conflit, changement social Acquis de première : groupe d'intérêt, conflit
  • 8.
  • 9.
    Sanitation workers protestin Memphis during their 1968 strike for better working conditions. Photo © Ernest Withers,
  • 10.
    Faites une listedes différents motifs de conflits sociaux que vous pouvez connaitre
  • 11.
    Petit exercice d’imagination… Vousêtes membre d’une association de défense de l’environnement (“L’Orge propre”) et vous voulez protester contre un projet de papeterie qui risquerait de polluer fortement la rivière. Comment allez vous organiser votre action ? Quels moyens pouvez vous utiliser ?
  • 12.
    Comment allez vousorganiser votre action ? Quels moyens pouvez vous utiliser ?
  • 13.
    1° La diversitéde la conflictualité I- Diversité des conflits A- Conflits et mouvements sociaux
  • 14.
    Divers types demanifestations (vidéo)
  • 15.
  • 16.
  • 17.
    Mouvemen t social Conflit avec unadversaire Dimension sociétale ou culturelle
  • 18.
    Un mouvement socialdésigne une « forme d'action collective concertée en faveur d'une cause » (Erik Neveu, Sociologie des mouvements sociaux, La Découverte, 1996) Cela suppose l'identification d'un adversaire (employeur, administration, gouvernement)... En cela, un mouvement social se distingue a priori du groupe de pression et du lobbying . Tous les conflits sociaux ne peuvent être considérés comme étant des mouvements sociaux. Cela dépend de l'ampleur et de la finalité du conflit
  • 19.
    2° Les conditionsd'émergence d'un conflit I- Diversité des conflits A- Conflits et mouvements sociaux
  • 20.
  • 21.
    5 conditions +une... • sentiment d'injustice • adversaire commun • partager des intérêts communs et en avoir conscience • disposer d'une capacité d'organisation collective • militants actifs et expérimentés ✓la victoire doit être perçue comme possible...
  • 22.
  • 24.
    La théorie dela frustration relative Selon la théorie de la frustration relative, formulée par des psychosociologues dans les années 60, ce n'est pas la paupérisation qui pousse à se révolter comme le prétend la vulgate marxiste, mais le décalage entre ses conditions réelles de vie et le niveau qu'on s'estime en droit d'attendre à un moment donné.
  • 25.
    ❝Ce n’est pastoujours en allant de mal en pis que l’on tombe en révolution. Il arrive le plus souvent qu’un peuple qui avait supporté sans se plaindre et comme s’il ne les sentait pas les lois les plus accablantes, les rejette violemment dès que le poids s’en allège. Le régime qu’une révolution détruit vaut presque toujours mieux que celui qui l’avait immédiatement précédé et l’expérience apprend que le moment le plus dangereux pour un mauvais gouvernement est d’ordinaire celui où il commence à se réformer. Il n’y a qu’un grand génie qui puisse sauver un prince qui entreprend de sauver ses sujets après une oppression longue. Le mal qu’on souffrait patiemment comme inévitable semble insupportable dès qu’on conçoit l’idée de s’y soustraire. ❞ Alexis de Tocqueville L’ancien Régime et la Révolution. 1856
  • 26.
    1° L'évolution desconflits du travail I- Diversité des conflits B- Les formes de conflits évoluent
  • 27.
  • 30.
  • 31.
  • 32.
    Les mouvements sociauxont pour effet, par le conflit, de créer des institutions sociales. Ils créent des acteurs reconnus comme légitimes (par exemple, les syndicats) pour négocier de tel ou tel sujet. L'évolution des conflits sociaux dans le monde du travail est donc marquée par l'institutionnalisation de ces conflits. Les conflits antérieurs et les négociations successives ont donc amené les employeurs et les syndicats, et souvent l'État, à s’entendre pour édicter des règles qui régissent les situations de conflits potentiels. De ce point de vue, les entreprises ressemblent de plus en plus à la société, qui se civilise en remettant la charge de la résolution des conflits à une institution judiciaire indépendante.
  • 33.
    Régulation des conflits:ensemble de règles qui encadrent l’expression des conflits et les manières de les résoudre.
  • 34.
    2° Le répertoired'actions change I- Diversité des conflits B- Les formes de conflits évoluent
  • 35.
    Répertoire d’action collective:ensemble des moyens d’actions collectives à la disposition des mouvements contestataires à une époque don née, dans un lieu donné.
  • 36.
  • 37.
    1er décembre 1999 Campagned'Act-up Place de la Concorde à Paris
  • 38.
    Génération précaire Flash Mobdevant LVMH novembre 2006
  • 40.
  • 41.
    Le concept derépertoire d’actions collectives désigne le stock limité de moyens d’action à la disposition des groupes contestataires, à chaque époque et dans chaque lieu. Charles Tilly, à qui l’on doit ce concept, le définit comme « une série limitée de routines qui sont apprises, partagées et exécutées à travers un processus de choix relativement délibéré »
  • 42.
    1° L'évolution dusyndicalisme I- Diversité des conflits C- Les acteurs des mouvements sociaux
  • 43.
  • 44.
    Mettre vers le haut laréponse que vous choisissez
  • 45.
    Qu'est ce qu'unsyndicat ?
  • 46.
    Un syndicat estun groupement de personnes physiques ou morales pour la défense ou la gestion d'intérêts communs. Le terme a de nombreuses acceptions mais plus communément il désigne les organisations de défense de l'intérêt des salariés (ouvriers, employés ou cadres), souvent désignées sous le sigle « OS » (organisations syndicales) et protégées par une législation particulière (liberté syndicale, droit de grève, ...). (Fiche Wikipedia)
  • 47.
  • 48.
  • 49.
    Chronologie Syndicalisme 1791 :promulgation du décret d'Allarde, les 2 et 17 mars, qui supprime les corporations et de la « loi le Chapelier » le 14 juin, qui interdit le droit de coalition des métiers et les grèves. 1864 : Le 25 mai, suppression du délit de coalition et de grève (loi Ollivier). Cette loi met un terme à la Loi Le Chapelier. Les syndicats sont toujours interdits, mais en constituer un n'est plus considéré comme un délit. 1884 : Le 21 mars, vote de la loi légalisant les syndicats professionnels ouvriers et patronaux à l'initiative de Waldeck-Rousseau. 1886 1er mai : grèves des ouvriers à Chicago pour une journée de travail de 8h. Une sévère répression s'ensuit. 1891 : première célébration française et internationale de la journée d'action du 1er mai. Le 1er mai 1891, à Fourmies (Nord) la troupe tire sur des grévistes : neuf morts, 35 blessés. 1891 : Publication de l'encyclique Rerum Novarum par le pape Léon XIII. 1895 : Congrès constitutif de la Confédération générale du travail CGT à Limoges 1906 : Charte d'Amiens : cette charte adoptée au congrès de la CGT, donne au syndicalisme confédéral de la CGT son orientation (lutte des classes, indépendance vis-à- vis des partis politiques. 1919 : Création de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC). 1919 : loi sur les conventions collectives 1936 Front Populaire : accords de Matignon
  • 50.
    1940 : legouvernement de Vichy dissout les syndicats. 1944 Programme du Conseil National de la Résistance, création de la CGC (cadres) 1947 Scission au sein de la CGT avec création de la CGT-Force Ouvrière 1964 Création de la CFDT issue de la déconfessionnalisation de la CFTC (maintien d’une mino 1968 Grève générale en mai. Accords de Grenelle 1988 Des militants démissionnaires de la CFDT créent Sud 1992 scission dans les syndicats de l’Éducation Nationale et création de la FSU 1994 Création de l’UNSA 2008 : "Position commune", signée le 9 avril par la CGT, la CFDT, le MEDEF et la CGPME, vis Chronologie Syndicalisme
  • 51.
    En vertu desrègles légales et réglementaires antérieures à la promulgation de la loi du 20 août 2008, d'une part, seuls ces syndicats pouvaient signer des accords à l'échelle nationale ou inter-professionnelle, et d'autre part, au sein d'une entreprise, tout syndicat professionnel affilié à l'une de ces organisations représentatives au niveau national était considéré comme représentatif. Ces cinq organisations sont présumées représentatives jusqu'en aout 2013 data à partir de laquelle les nouvelles lois sur la représentativité entreront en vigueur. Seuls les syndicats qui dépasseront 10 % dans les entreprises et 8 % dans les branches et au niveau national seront représentatifs en 2013. La loi de 2008 sur la représentativité syndicale
  • 54.
  • 55.
  • 56.
  • 57.
  • 58.
  • 59.
    Le syndicalisme est il encrise ? Page 272
  • 62.
    Source : Dares(Ministère du Travail)
  • 64.
    Taux de syndicalisationdepuis 1892, en % des actifs Alternatives Economiques Hors-série n° 089 - avril
  • 65.
    Les facteurs dela désyndicalisation • Chômage (“armée industrielle de réserve”) • évolution des emplois (précarité, tertiarisation,...) • l'éclatement des “collectifs de travail” • individualisme (“passager clandestin”) • divisions syndicales et moindre efficacité • institutionnalisation des syndicats (coupure avec la base ?)
  • 66.
    Mais..le syndicalisme reste incontournable•si les syndicats sont peu présents dans les PME, ils restent présents dans les grandes entreprises et la Fonction publique • présence des syndicats dans de nombreuses instances (“Institutionnalisation”) • leur rôle reste essentiel dans les négociations globales (la législation du travail les rend obligatoires) • La capacité de mobilisation reste forte (sympathisants)
  • 67.
    La faiblesse dutaux de syndicalisation en France (l’un des plus bas d’Europe) incite à parler de déclin, mais la présence syndicale augmente et les syndicats conservent une grande capacité à mobiliser et à exprimer les revendications des salariés. Les établissements où les syndicats sont présents connaissent plus de conflits du travail et de grèves et les syndicats sont capables de mobiliser bien au-delà de leurs adhérents (cf. la mobilisation contre la réforme des retraites en 2010)
  • 68.
    2° De nouveauxacteurs des mouvements sociaux I- Diversité des conflits C- Les acteurs des mouvements sociaux
  • 69.
  • 70.
    Alain Touraine (né en1925) D’après lui, un mouvement social se définit par un principe d’identité (définition de l’acteur par lui-même), un principe d’opposition et un principe de totalité, car aucun mouvement social ne se définit seulement par le conflit, mais tous aspirent à contrôler le mouvement de l’histoire.
  • 71.
    Les acteurs desconflits et des mouvements sociaux sont avant tout les personnes concernées par les conflits : salariés des entreprises, victimes (les « sans », les malades du sida...). Ces personnes n’agissent pas seules, des organisations (syndicat, association, coordination, comité....) et leurs militants encadrent les contestations et les font également émerger. Les organisations peuvent s’appuyer sur des « personnes ressources » (personnalités connues ou experts) qui contribuent à la médiatisation des conflits et apportent leurs compétences pour faire aboutir les revendications. Victimes, personnes ressources et experts sont de nouveaux acteurs des mouvements sociaux.
  • 72.
    1° Pathologie sociale? II- Les effets des conflits A- Les conflits sociaux sont-ils favorables à l'intégration sociale ?
  • 73.
  • 74.
  • 75.
    Les émeutes desbanlieues en 2005 peuvent être considérées comme une pathologie de l’intégration: d’une part, parce que le mouvement s’est traduit par des destructions d’équipements publics utiles aux jeunes casseurs eux-mêmes (école, gymnase ... ) ; d’autre part, les jeunes répondaient, à travers la violence, à la stigmatisation et au harcèlement policier à l’encontre d’une population considérée comme non intégrée. Mais ce fut un mouvement sans organisation, sans porte- parole, sans projet de société très défini.
  • 77.
    2° Conflit etintégration sociale ? II- Les effets des conflits A- Les conflits sociaux sont-ils favorables à l'intégration sociale ?
  • 78.
  • 79.
    Les fonctionnalistes perçoiventles conflits sociaux comme des signes de dysfonctionnement, comme des pathologies, car pour eux. a priori, la société est bien intégrée et ajustée. On peut aussi ranger Durkheim dans ce courant de pensée. En revanche pour des auteurs comme Simmel ou Dahrendorf, si l’origine du conflit est ce qui sépare (la haine, l’envie, la misère ... ), le conflit rassemble, il est créateur de lien et d’intégration sociale dans le groupe mobilisé. C’est le conflit qui assure la pérennité des groupes ou des associations.
  • 82.
    1° Conflits etchangement social II- Les effets des conflits B- Les conflits sociaux : résistance ou modernisation de la société ?
  • 83.
    7 Avril 1971 ❝Unmillion de femmes se font avorter chaque année en France. Elles le font dans des conditions dangereuses en raison de la clandestinité à laquelle elles sont condamnées alors que cette opération, pratiquée sous contrôle médical, est des plus simples. On a fait le silence sur ces milliers de femmes. Je déclare que je suis l'une d'elles. Je déclare avoir avorté. De même que nous réclamons le libre accès aux moyens anticonceptionnels, nous réclamons l'avortement libre.❞
  • 84.
    C'est la couverturede Charlie Hebdo du 12 avril 1971 qui a transformé le "Manifeste pour l'avortement" en "Manifeste des 343 salopes"...
  • 85.
  • 86.
  • 87.
    Les normes sociales,en général évoluent plus vite que les normes juridiques.. Normes sociales Normes juridiques Déviants innovateurs Conflits sociaux"Entrepreneurs de morale"
  • 88.
    Mais les normesjuridiques font aussi évoluer les comportements...! Normes sociales Normes juridiques Des exemples ? Mais on s'éloigne de notre sujet...
  • 89.
  • 90.
  • 91.
  • 92.
    Pour Marx, lesconflits sociaux sont le moteur du changement social. Ils sont économiques (la production) et aussi sociaux: ils concernent les rapports de pouvoir et de domination dans la société et sont porteurs d'un projet de société. Pour Alain Touraine. l'information et la connaissance sont les enjeux des mouvements sociaux de la seconde moitié du XXe siècle. Cependant, si les conflits étaient offensifs dans la décennie 1960, l’objectif étant d'obtenir de nouveaux droits ou avantages. ils sont aujourd’hui plus souvent défensifs. Il s'agit plus souvent de préserver des acquis: l’emploi, les services publics, la protection sociale, le droit à l'avortement ... et donc de préserver un modèle de société et un type d'intégration
  • 93.
    2° Les conflits: facteur de résistance II- Les effets des conflits A- Les conflits sociaux : résistance ou modernisation de la société ?
  • 94.
  • 95.
    [pas dans monarrière-cour...]
  • 96.
    Il existe aussides mouvements de refus du changement, sans que ceux-ci soient inscrits dans un projet de société. Ainsi les mouvements anti-éoliens se soucient plus de préservation des paysages que de développement durable. Ils sont qualifiés de NIMBY(Not In My Back Yard “pas dans mon jardin”), dans le sens où les acteurs ne s’opposeraient pas aux éoliennes, si elles n’étaient pas dans leur environnement. Ces mouvements apparaissent de plus en plus et peuvent être reliés au développement de l’individualisme évoqué dans le chapitre précédent.
  • 97.