Dr. Yassine BEZZIANE | Généralités sur les lésions traumatiques des articulations (les entorses). 1
Module de soins en Traumatologie
GENERALITES SUR LES LESIONS TRAUMATIQUES DES ARTICULATIONS
- LES ENTORSES -
Cours destiné aux élèves en formation aide-soignante
Dr. Yassine BEZZIANE
E-mail : yassine.bezziane@gmail.com
Dr. Yassine BEZZIANE | Généralités sur les lésions traumatiques des articulations (les entorses). 2
Une entorse, qu'est-ce que c'est ?
 Une entorse est un étirement ou une déchirure d’un ou de plusieurs ligaments d’une articulation.
 Rappel : les ligaments sont les faisceaux de bandes de tissus fibreux, très résistants et peu extensibles, qui unissent les os
entre eux. Ils donnent une stabilité aux articulations
Degrés de gravité d’une entorse
A. Entorse légère : un étirement des ligaments, souvent appelé foulure. À ce stade, l’articulation est encore fonctionnelle.
B. Entorse modérée : un étirement des ligaments accompagné d’une déchirure partielle.
C. Entorse grave : une rupture complète du ou des ligaments. Il se peut aussi que le tendon se détache de l’os entraînant
avec lui un petit morceau d’os.
Dr. Yassine BEZZIANE | Généralités sur les lésions traumatiques des articulations (les entorses). 3
Les causes des entorses
La majorité des entorses résulte d’ :
 Une flexion, une extension ou une torsion de l’articulation au-delà de son amplitude normale;
 Une tension extrême sur une articulation;
 Un coup direct à une articulation.
Entorse : les symptômes
A. Entorse légère
 Une douleur à l’articulation. Les mouvements sont possibles;
 Un gonflement de l’articulation dans les heures qui suivent ou le lendemain;
 L’absence d’ecchymose (bleu).
B. Entorse modérée
 Une douleur à l’articulation. Les mouvements sont limités, mais possibles;
 Un gonflement de l’articulation en moins de 4 heures;
 Une ecchymose.
C. Entorse grave
 La perception d’un craquement ou d’une sensation de déchirure;
 Une douleur le plus souvent intense, avec difficulté à bouger l’articulation;
 Il est souvent impossible de mettre son poids sur le membre blessé;
 Un gonflement rapide, en quelques minutes;
 Une ecchymose.
Dr. Yassine BEZZIANE | Généralités sur les lésions traumatiques des articulations (les entorses). 4
Entorse : les personnes à risque
Certaines personnes sont plus à risque de développer une entorse. Aussi, des facteurs de risque favorisent son apparition.
 Les athlètes professionnels, les athlètes amateurs et les gens qui suivent un programme d’entraînement physique;
 Les personnes qui ont déjà eu une entorse (ou d’autres blessures aux articulations);
 Les gens qui ont un surplus de poids ou qui sont en mauvaise condition physique;
 Les personnes âgées (les réflexes sont plus lents en vieillissant, de sorte que les faux pas – et les entorses – gagnent en
fréquence avec l’âge).
Entorse : les facteurs de risque
 Un manque d’échauffement;
 Un entraînement mal conduit;
 La fatigue musculaire (la tension sur l’articulation est plus importante lorsque les muscles sont fatigués);
 Un équipement inapproprié (par exemple, durant une randonnée en terrain accidenté);
Entorse : les mesures de prévention
A. Mesures préventives de base
 Pratiquer régulièrement une activité physique
 S’échauffer avant l’activité physique
 Respecter un temps de repos pour récupérer suffisamment après les entraînements et les compétitions
 Prévoir un bon équipement, et surtout, des chaussures adaptées à l’activité physique pratiquée
Dr. Yassine BEZZIANE | Généralités sur les lésions traumatiques des articulations (les entorses). 5
B. Mesures pour prévenir les récidives : traiter l’entorse sans tarder et entreprendre une réadaptation complète de
l’articulation (force, souplesse et agilité) est la meilleure façon de prévenir les récidives.
Entorse : les traitements
A. Phase aiguë
 Au cours des 3 jours (72 heures) qui suivent le traumatisme, le traitement de l'entorse repose sur le principe RGCÉ
(repos, glace, compression, élévation). Le but de ce traitement est d'arrêter l'hémorragie typique de l’entorse modérée
et grave.
 N.B : toute application de chaleur et tout massage sont formellement proscrits. Le massage, et même la palpation,
risque d'augmenter la douleur, d'aggraver les lésions et de provoquer une hémorragie.
1) Le RGCÉ
a) Repos
 Si la douleur est importante, il convient de reposer le membre blessé, mais pas plus de 48 à 72 heures.
 La douleur est le meilleur guide : mettre juste le poids qu’on peut endurer sans trop de douleur et augmenter
cette mise en charge graduellement. Au besoin, utiliser des béquilles pour diminuer la douleur durant la marche
lorsqu’il s’agit d’une entorse du genou ou de la cheville.
b) Glace
 Appliquer de la glace le plus tôt possible afin de minimiser l’enflure. La glace soulage la douleur, réduit
l'inflammation et diminue l’enflure en resserrant les vaisseaux sanguins.
 Cela peut également diminuer le saignement s’il y a eu déchirure des ligaments.
c) Compression
 Envelopper la région atteinte à l’aide d’un bandage élastique afin de réduire l’enflure et les ecchymoses et de
soutenir les ligaments blessés.
 Ne pas serrer trop fort pour ne pas couper la circulation sanguine.
Dr. Yassine BEZZIANE | Généralités sur les lésions traumatiques des articulations (les entorses). 6
d) Élévation
 Maintenir le membre blessé en position surélevée. Le membre blessé doit être élevé de 10 cm plus haut que le
cœur (être assis le pied déposé sur un tabouret n’est pas efficace).
 Si possible, maintenir l’élévation pendant 2 à 3 heures chaque jour, jusqu’à ce que la douleur et l’enflure
diminuent.
 L'élévation favorise le retour du sang dans les veines et limite l'accumulation de liquide d’inflammation autour
de la zone blessée.
2) Conseils pour l’application de glace
 La glace doit être appliquée de manière à bien épouser la forme de la zone blessée. Elle doit être placée dans un
sac maintenu avec un bandage, sans trop serrer pour ne pas arrêter la circulation sanguine, mais suffisamment
pour permettre une compression qui arrêtera le saignement.
 Laisser la glace en place durant 10 à 12 minutes.
 Répéter ainsi toutes les 2 heures en gardant continuellement l’articulation en élévation.
 Continuer ensuite l’application de glace de 3 à 4 fois par jour, jusqu’à ce que la douleur soit disparue, au repos
comme à l’exercice.
3) Médicaments
 Les médicaments anti-inflammatoires, comme l’ibuprofène (Ibuprofène Beker®), sont classiquement employés
dans la phase aiguë (pendant 2 ou 3 jours), en complément à la compression et à l’application de glace.
 Ils aident à soulager la douleur.
 Les personnes qui prennent des anti-inflammatoires doivent faire attention à leurs effets sur l’estomac, qui peuvent
être majeurs (douleurs à l’estomac, hémorragie digestive, ulcères, etc.).
4) Immobilisation
 Si le coude ou l’épaule est touché, soutenir le bras à l’aide d’une écharpe, mais éviter de l’immobiliser plus de 2 ou
3 jours, car ces articulations s’ankylosent très rapidement.
 En cas d’entorse grave, on peut considérer l’immobilisation à l’aide d’un plâtre durant une dizaine de jours.
Dr. Yassine BEZZIANE | Généralités sur les lésions traumatiques des articulations (les entorses). 7
5) Chirurgie
Elle est parfois envisagée en cas d’entorse grave, surtout chez les personnes qui utilisent l’articulation endommagée
de façon intensive, comme les athlètes, ou en cas d’instabilité persistante de l’articulation.
B. Période de réadaptation
 La reprise des activités habituelles se fait de façon progressive. Des exercices de proprioception, des exercices avec
des bandes élastiques et sur des planches d’équilibre favorisent la récupération et réduisent le risque de récidive.
 Ils aident les ligaments à retrouver toute leur capacité, diminuent la raideur et renforcent la musculature qui s’est
souvent atrophiée par la limitation des activités.
 Un thérapeute en réadaptation (physiothérapeute ou kinésithérapeute du sport) est en mesure de suggérer de tels
exercices adaptés, à pratiquer chez soi.
 Les traitements de physiothérapie (massages, ultrasons, mobilisations, etc.) peuvent faire partie du traitement, mais ne
sont habituellement pas essentiels pour bien récupérer.

Généralités sur les entorses

  • 1.
    Dr. Yassine BEZZIANE| Généralités sur les lésions traumatiques des articulations (les entorses). 1 Module de soins en Traumatologie GENERALITES SUR LES LESIONS TRAUMATIQUES DES ARTICULATIONS - LES ENTORSES - Cours destiné aux élèves en formation aide-soignante Dr. Yassine BEZZIANE E-mail : yassine.bezziane@gmail.com
  • 2.
    Dr. Yassine BEZZIANE| Généralités sur les lésions traumatiques des articulations (les entorses). 2 Une entorse, qu'est-ce que c'est ?  Une entorse est un étirement ou une déchirure d’un ou de plusieurs ligaments d’une articulation.  Rappel : les ligaments sont les faisceaux de bandes de tissus fibreux, très résistants et peu extensibles, qui unissent les os entre eux. Ils donnent une stabilité aux articulations Degrés de gravité d’une entorse A. Entorse légère : un étirement des ligaments, souvent appelé foulure. À ce stade, l’articulation est encore fonctionnelle. B. Entorse modérée : un étirement des ligaments accompagné d’une déchirure partielle. C. Entorse grave : une rupture complète du ou des ligaments. Il se peut aussi que le tendon se détache de l’os entraînant avec lui un petit morceau d’os.
  • 3.
    Dr. Yassine BEZZIANE| Généralités sur les lésions traumatiques des articulations (les entorses). 3 Les causes des entorses La majorité des entorses résulte d’ :  Une flexion, une extension ou une torsion de l’articulation au-delà de son amplitude normale;  Une tension extrême sur une articulation;  Un coup direct à une articulation. Entorse : les symptômes A. Entorse légère  Une douleur à l’articulation. Les mouvements sont possibles;  Un gonflement de l’articulation dans les heures qui suivent ou le lendemain;  L’absence d’ecchymose (bleu). B. Entorse modérée  Une douleur à l’articulation. Les mouvements sont limités, mais possibles;  Un gonflement de l’articulation en moins de 4 heures;  Une ecchymose. C. Entorse grave  La perception d’un craquement ou d’une sensation de déchirure;  Une douleur le plus souvent intense, avec difficulté à bouger l’articulation;  Il est souvent impossible de mettre son poids sur le membre blessé;  Un gonflement rapide, en quelques minutes;  Une ecchymose.
  • 4.
    Dr. Yassine BEZZIANE| Généralités sur les lésions traumatiques des articulations (les entorses). 4 Entorse : les personnes à risque Certaines personnes sont plus à risque de développer une entorse. Aussi, des facteurs de risque favorisent son apparition.  Les athlètes professionnels, les athlètes amateurs et les gens qui suivent un programme d’entraînement physique;  Les personnes qui ont déjà eu une entorse (ou d’autres blessures aux articulations);  Les gens qui ont un surplus de poids ou qui sont en mauvaise condition physique;  Les personnes âgées (les réflexes sont plus lents en vieillissant, de sorte que les faux pas – et les entorses – gagnent en fréquence avec l’âge). Entorse : les facteurs de risque  Un manque d’échauffement;  Un entraînement mal conduit;  La fatigue musculaire (la tension sur l’articulation est plus importante lorsque les muscles sont fatigués);  Un équipement inapproprié (par exemple, durant une randonnée en terrain accidenté); Entorse : les mesures de prévention A. Mesures préventives de base  Pratiquer régulièrement une activité physique  S’échauffer avant l’activité physique  Respecter un temps de repos pour récupérer suffisamment après les entraînements et les compétitions  Prévoir un bon équipement, et surtout, des chaussures adaptées à l’activité physique pratiquée
  • 5.
    Dr. Yassine BEZZIANE| Généralités sur les lésions traumatiques des articulations (les entorses). 5 B. Mesures pour prévenir les récidives : traiter l’entorse sans tarder et entreprendre une réadaptation complète de l’articulation (force, souplesse et agilité) est la meilleure façon de prévenir les récidives. Entorse : les traitements A. Phase aiguë  Au cours des 3 jours (72 heures) qui suivent le traumatisme, le traitement de l'entorse repose sur le principe RGCÉ (repos, glace, compression, élévation). Le but de ce traitement est d'arrêter l'hémorragie typique de l’entorse modérée et grave.  N.B : toute application de chaleur et tout massage sont formellement proscrits. Le massage, et même la palpation, risque d'augmenter la douleur, d'aggraver les lésions et de provoquer une hémorragie. 1) Le RGCÉ a) Repos  Si la douleur est importante, il convient de reposer le membre blessé, mais pas plus de 48 à 72 heures.  La douleur est le meilleur guide : mettre juste le poids qu’on peut endurer sans trop de douleur et augmenter cette mise en charge graduellement. Au besoin, utiliser des béquilles pour diminuer la douleur durant la marche lorsqu’il s’agit d’une entorse du genou ou de la cheville. b) Glace  Appliquer de la glace le plus tôt possible afin de minimiser l’enflure. La glace soulage la douleur, réduit l'inflammation et diminue l’enflure en resserrant les vaisseaux sanguins.  Cela peut également diminuer le saignement s’il y a eu déchirure des ligaments. c) Compression  Envelopper la région atteinte à l’aide d’un bandage élastique afin de réduire l’enflure et les ecchymoses et de soutenir les ligaments blessés.  Ne pas serrer trop fort pour ne pas couper la circulation sanguine.
  • 6.
    Dr. Yassine BEZZIANE| Généralités sur les lésions traumatiques des articulations (les entorses). 6 d) Élévation  Maintenir le membre blessé en position surélevée. Le membre blessé doit être élevé de 10 cm plus haut que le cœur (être assis le pied déposé sur un tabouret n’est pas efficace).  Si possible, maintenir l’élévation pendant 2 à 3 heures chaque jour, jusqu’à ce que la douleur et l’enflure diminuent.  L'élévation favorise le retour du sang dans les veines et limite l'accumulation de liquide d’inflammation autour de la zone blessée. 2) Conseils pour l’application de glace  La glace doit être appliquée de manière à bien épouser la forme de la zone blessée. Elle doit être placée dans un sac maintenu avec un bandage, sans trop serrer pour ne pas arrêter la circulation sanguine, mais suffisamment pour permettre une compression qui arrêtera le saignement.  Laisser la glace en place durant 10 à 12 minutes.  Répéter ainsi toutes les 2 heures en gardant continuellement l’articulation en élévation.  Continuer ensuite l’application de glace de 3 à 4 fois par jour, jusqu’à ce que la douleur soit disparue, au repos comme à l’exercice. 3) Médicaments  Les médicaments anti-inflammatoires, comme l’ibuprofène (Ibuprofène Beker®), sont classiquement employés dans la phase aiguë (pendant 2 ou 3 jours), en complément à la compression et à l’application de glace.  Ils aident à soulager la douleur.  Les personnes qui prennent des anti-inflammatoires doivent faire attention à leurs effets sur l’estomac, qui peuvent être majeurs (douleurs à l’estomac, hémorragie digestive, ulcères, etc.). 4) Immobilisation  Si le coude ou l’épaule est touché, soutenir le bras à l’aide d’une écharpe, mais éviter de l’immobiliser plus de 2 ou 3 jours, car ces articulations s’ankylosent très rapidement.  En cas d’entorse grave, on peut considérer l’immobilisation à l’aide d’un plâtre durant une dizaine de jours.
  • 7.
    Dr. Yassine BEZZIANE| Généralités sur les lésions traumatiques des articulations (les entorses). 7 5) Chirurgie Elle est parfois envisagée en cas d’entorse grave, surtout chez les personnes qui utilisent l’articulation endommagée de façon intensive, comme les athlètes, ou en cas d’instabilité persistante de l’articulation. B. Période de réadaptation  La reprise des activités habituelles se fait de façon progressive. Des exercices de proprioception, des exercices avec des bandes élastiques et sur des planches d’équilibre favorisent la récupération et réduisent le risque de récidive.  Ils aident les ligaments à retrouver toute leur capacité, diminuent la raideur et renforcent la musculature qui s’est souvent atrophiée par la limitation des activités.  Un thérapeute en réadaptation (physiothérapeute ou kinésithérapeute du sport) est en mesure de suggérer de tels exercices adaptés, à pratiquer chez soi.  Les traitements de physiothérapie (massages, ultrasons, mobilisations, etc.) peuvent faire partie du traitement, mais ne sont habituellement pas essentiels pour bien récupérer.