III. Les espaces maritimes,
des espaces géostratégiques
En quoi la mondialisation influe-t-elle sur la
géostratégie des espaces maritimes ?
INTRODUCTION
La planète océan
• 70% surface de la Terre
• 361 milliards de km²
• 97% volume eau sur Terre
• 76% des océans = plaines abyssales [ 3000 à
6000 m de profondeur + étroites fosses
océaniques dont profondeur maximum =
fosse des Mariannes ( 11 034 m) ]
• Uniquement 2% explorés par scientifiques
A. DES ESPACES VITAUX POUR
LA MONDIALISATION
Notions clé
• Littoralisation :
concentration des populations et des activités humaines le
long ou à proximité des littoraux (phénomène ancien mais
accentué dans la 2ème moitié du XXème siècle)
• Maritimisation :
processus d'accroissement des échanges internationaux par
voie maritime mais aussi de plus en plus exploitation des
ressources, prise de contrôle des mers et océans
• ZIP : Zone Industrialo-portuaire
• Façade maritime :
Bande de quelques dizaines à plusieurs centaines de kilomètres de large à
partir du littoral comportant un ensemble de ports faisant interface entre
un avant-pays maritime et un arrière-pays terrestre.
Système du « hub and
spoke »
Mer
du Nord
Rotterdam, porte d’entrée
mondialisée de l’Europe
Un port ouvert au monde Un port relié au cœur économique de l’Union européenne
2 km
Oostvoorne
Rockanje
Hoek van Holland
Brielle
Spijkenisse
Hoogvliet
Vlaardingen
Maassluis
Den Hoorn
Vers Rotterdam
Massvlakte 1
Massvlakte 2
Europoort
Botlek
Mer
du Nord
N
Terminal de conteneurs et entrepôts
Terminal de conteneurs en projet
Terminal pétrolier, réservoirs, industries
Zone industrielle et de services
Port de voyageurs (ferry)
Zone urbanisée
Zone de distribution
Principales voies routières Voies ferrées
Vers Tokyo
Centre historique de Yokohama
Centre
urbain
tertiaire
Activités portuaires
Quais à conteneurs
Industrie lourde, énergie
Tertiarisation du front de mer
Source:Googleearth/Documentationphotographique
La littoralisation de
Yokohama
Les principales routes
maritimes
Des points de passage
stratégiques
Le canal de Panama
La Manche : un trafic saturé
Le premier espace maritime
mondial (en densité du trafic)
• Northern Range, près de 20
% du trafic maritime
mondial → 700 à 800
bateaux par jour.
• Transit annuel de 275
millions de tonnes de
produits dangereux dont 85
% d’hydrocarbures
• Trafic transmanche : près
de 22 millions de passagers
entre le Royaume-Uni et le
continent par voie
maritime chaque année,
soit environ 70 000
passagers par jour (plus de
15 millions de personnes
Calais / Douvres) .
• Tunnel sous la Manche (13,5
millions de voyageurs
transportés)
Les routes du pétrole
Le détroit d’Ormuz
détroit
canal
couloir
Axes géostratégiques
maritimes mondiaux
détroit
canal
Gibraltar
Madagascar
Aden
Ormuz
Malacca
Corée
Suez
Panama
couloir
Cap de Bonne
espéranceDétroit de
Magellan
Corne
d’or
Points géostratégiques
maritimes mondiaux
La saturation des routes
maritimes mondiales
B. DES ESPACES CONVOITÉES
Les richesses des espaces
maritimes
L’appropriation des espaces
maritimes
Le zonage des espaces
maritimes
Les ressources en bref
• Convention de Montego Bay, 1982
• ZEE : 200 miles (possibilité d’extension à
350 miles)
• Autorité internationale des fonds marins
• Hydrocarbures
• Nodules et sulfures polymétalliques
• Ressources halieutiques
Ressources minérales des
grands fonds
Les hydrocarbures
Les hydrocarbures
L’offshore représente 30% de la production mondiale de pétrole, 27% de celle
de gaz et 20% des réserves mondiales de pétrole et 30% de celles de gaz.
Environ 450 champs ont été découverts dont 38% dans le golfe du Mexique
aux États-Unis, 26% dans le golfe de Guinée en Afrique et 18% au Brésil. C’est
en mer profonde que se situent les plus grandes zones non explorées. La
production offshore devrait se poursuivre : près de 30 nouveaux champs
situés sous plus de 1000 m d’eau devraient être mis en exploitation tous les
ans d’ici à 2020, soit plus du double de la décennie 2000-2010.
Au-delà de 200m, l’exploration ne se fait plus avec des plateformes mais
avec des installations flottantes, et l’intervention humaine n’est plus
possible. Même si la technologie a fait d’énormes progrès, cela reste une
production complexe et coûteuse, avec des défis technologiques majeurs.
Les compagnies pétrolières occidentales s’intéressent à l’offshore car les
réserves terrestres sont le plus souvent exploitées par les sociétés nationales
des États producteurs. L’exploitation offshore permet aussi de se protéger
des conflits à terre comme par exemple dans le golfe de Guinée où il est plus
sûr de produire en mer qu’à terre. Le prix du baril élevé a aussi favorisé ce
développement, l’exploitation des gisements en mer étant devenue
rentable. Enfin, l’exploitation en offshore profond exige une haute
technologie et d’énormes investissements que seules les « majors » ou
certaines compagnies nationales comme Petrobras peuvent fournir.
D’après le site internet de l’IFP (Institut Français du Pétrole
Les ressources halieutiques
Le différend anglo-argentin
Dessin du caricaturiste
brésilien Simanca, 2010
Le contentieux Chili-Pérou
Les rivalités en mer de
Chine orientale
Lesrivalitésenmer
deChineméridionale
La stratégie du « collier de
perles »
Les enjeux de l’Arctique
Ce jeudi matin, un bathyscaphe russe a planté un drapeau en titane inoxydable à la verticale
du pôle Nord... à 4 261 mètres de profondeur ! L’expédition « Arctique 2007 », qui mobilise, à
bord du vaisseau Akademik Fedorov, une centaine de scientifiques russes, est une formidable
aventure scientifique. […] Mais derrière l’aspect scientifique se cachent d’autres intentions.
L’objectif des scientifiques […] est de démontrer que la dorsale de Lomonossov, une ride
montagneuse qui relie la Russie au Groenland, est le prolongement du plateau continental
russe. Moscou affirme que 1,2 millions de km² de l’océan Arctique lui appartiennent. Avec le
réchauffement climatique, une grande partie des glaces de la région est en train de fondre.
Ce qui faciliterait l’accès vers d’importantes réserves d’hydrocarbures.
[…] D’où la « course » qui se joue entre les Etats-Unis, le Canada, la Russie, la Norvège, le
Danemark et la Finlande.
« Ce sont des régions très riches, confirme Jean Malaury, directeur des études arctiques à
l’EHESS et au CNRS, président d’honneur de l’Académie polaire d’Etat de Saint-
Pétersbourg. Certains scientifiques affirment que 20 % des richesses pétrolières mondiales
pourraient se trouver dans l’Océan glacial. De mon côté, je ne me hasarderais pas à faire de
tels pronostics. Mais il est certain que l’Arctique est appelé à jouer un rôle géopolitique
considérable pour notre génération et les générations à venir. »
Le célèbre explorateur poursuit : « Nous entrons dans une nouvelle ère, dans celle que
j’appellerais postglaciaire. Du point de vue des transports, déjà, on peut pronostiquer un
renversement des voies du shipping. Certains passages qui ont hanté les explorateurs, comme
le détroit de Lancaster, passage du nord-ouest canadien, pourront être fréquentés par des
navires, d’ici 20 ou 30 ans, avec une fréquence qui sera peut-être celle du canal de Suez ! »
« La Russie plante son drapeau au fond de l’océan Arctique », Virginie Pironon, 02/08/2007,
http://www1.rfi.fr/sciencefr/articles/092/article_54765.asp
La piraterie maritime
Les puissances navales
1. Les principales routes maritimes :
Les routes principales (vrac et conteneurs) les routes secondaires
Les hypothétiques passages arctiques
Les principaux seuils stratégiques : détroits et isthmes
2. Les grandes façades maritimes :
Les principales façades des façades en devenir
3. Les richesses des océans.
Les principales zones d'exploitation d'hydrocarbures
Quelques réserves d'HC
Les zones de pêche
I. Les océans au cœur de la
mondialisation
1. Les grandes zones à risques.
Le risque environnemental lié à l'exploitation des hydrocarbures
Le risque économique : une piraterie active
Le risque politique : la fermeture d'un seuil vital, Ormuz
Zones disputées (eaux territoriales, ZEE, extension de la ZEE) pour la
ressource halieutique et énergétique
les deux grandes zones de migrations clandestines
2. Les puissances maritimes.
Les EUA, première puissance maritime du monde
Les « seconds » : les puissances européennes (France, Royaume-Uni)
Les BRIC : des ambitions géopolitiques maritimes fortes...
… illustrées par la stratégie chinoise dans l'océan indien :
les bases militaires du « collier de perles ».
II. Des espaces maritimes
sous tension
Enjeux géostratégiques des
espaces maritimes
Panama
Gibraltar
Suez
Bab-el-Mandeb
Ormuz
Malacca
Océan Arctique
Océan Indien
Océan
Atlantique
Océan Pacifique
Cap
Horn
Cap de Bonne Espérance
USA
BRESIL
INDE
CHINE
RUSSIE
FRANCE
R-UNI

Iii

  • 1.
    III. Les espacesmaritimes, des espaces géostratégiques En quoi la mondialisation influe-t-elle sur la géostratégie des espaces maritimes ?
  • 2.
  • 3.
    La planète océan •70% surface de la Terre • 361 milliards de km² • 97% volume eau sur Terre • 76% des océans = plaines abyssales [ 3000 à 6000 m de profondeur + étroites fosses océaniques dont profondeur maximum = fosse des Mariannes ( 11 034 m) ] • Uniquement 2% explorés par scientifiques
  • 4.
    A. DES ESPACESVITAUX POUR LA MONDIALISATION
  • 6.
    Notions clé • Littoralisation: concentration des populations et des activités humaines le long ou à proximité des littoraux (phénomène ancien mais accentué dans la 2ème moitié du XXème siècle) • Maritimisation : processus d'accroissement des échanges internationaux par voie maritime mais aussi de plus en plus exploitation des ressources, prise de contrôle des mers et océans • ZIP : Zone Industrialo-portuaire • Façade maritime : Bande de quelques dizaines à plusieurs centaines de kilomètres de large à partir du littoral comportant un ensemble de ports faisant interface entre un avant-pays maritime et un arrière-pays terrestre.
  • 7.
    Système du «hub and spoke »
  • 8.
    Mer du Nord Rotterdam, ported’entrée mondialisée de l’Europe
  • 9.
    Un port ouvertau monde Un port relié au cœur économique de l’Union européenne 2 km Oostvoorne Rockanje Hoek van Holland Brielle Spijkenisse Hoogvliet Vlaardingen Maassluis Den Hoorn Vers Rotterdam Massvlakte 1 Massvlakte 2 Europoort Botlek Mer du Nord N Terminal de conteneurs et entrepôts Terminal de conteneurs en projet Terminal pétrolier, réservoirs, industries Zone industrielle et de services Port de voyageurs (ferry) Zone urbanisée Zone de distribution Principales voies routières Voies ferrées
  • 10.
    Vers Tokyo Centre historiquede Yokohama Centre urbain tertiaire Activités portuaires Quais à conteneurs Industrie lourde, énergie Tertiarisation du front de mer Source:Googleearth/Documentationphotographique La littoralisation de Yokohama
  • 11.
  • 12.
    Des points depassage stratégiques Le canal de Panama
  • 13.
    La Manche :un trafic saturé
  • 14.
    Le premier espacemaritime mondial (en densité du trafic) • Northern Range, près de 20 % du trafic maritime mondial → 700 à 800 bateaux par jour. • Transit annuel de 275 millions de tonnes de produits dangereux dont 85 % d’hydrocarbures • Trafic transmanche : près de 22 millions de passagers entre le Royaume-Uni et le continent par voie maritime chaque année, soit environ 70 000 passagers par jour (plus de 15 millions de personnes Calais / Douvres) . • Tunnel sous la Manche (13,5 millions de voyageurs transportés)
  • 15.
    Les routes dupétrole
  • 16.
  • 17.
  • 18.
  • 19.
    La saturation desroutes maritimes mondiales
  • 20.
    B. DES ESPACESCONVOITÉES
  • 21.
    Les richesses desespaces maritimes
  • 22.
  • 23.
    Le zonage desespaces maritimes
  • 24.
    Les ressources enbref • Convention de Montego Bay, 1982 • ZEE : 200 miles (possibilité d’extension à 350 miles) • Autorité internationale des fonds marins • Hydrocarbures • Nodules et sulfures polymétalliques • Ressources halieutiques
  • 25.
  • 26.
  • 27.
    Les hydrocarbures L’offshore représente30% de la production mondiale de pétrole, 27% de celle de gaz et 20% des réserves mondiales de pétrole et 30% de celles de gaz. Environ 450 champs ont été découverts dont 38% dans le golfe du Mexique aux États-Unis, 26% dans le golfe de Guinée en Afrique et 18% au Brésil. C’est en mer profonde que se situent les plus grandes zones non explorées. La production offshore devrait se poursuivre : près de 30 nouveaux champs situés sous plus de 1000 m d’eau devraient être mis en exploitation tous les ans d’ici à 2020, soit plus du double de la décennie 2000-2010. Au-delà de 200m, l’exploration ne se fait plus avec des plateformes mais avec des installations flottantes, et l’intervention humaine n’est plus possible. Même si la technologie a fait d’énormes progrès, cela reste une production complexe et coûteuse, avec des défis technologiques majeurs. Les compagnies pétrolières occidentales s’intéressent à l’offshore car les réserves terrestres sont le plus souvent exploitées par les sociétés nationales des États producteurs. L’exploitation offshore permet aussi de se protéger des conflits à terre comme par exemple dans le golfe de Guinée où il est plus sûr de produire en mer qu’à terre. Le prix du baril élevé a aussi favorisé ce développement, l’exploitation des gisements en mer étant devenue rentable. Enfin, l’exploitation en offshore profond exige une haute technologie et d’énormes investissements que seules les « majors » ou certaines compagnies nationales comme Petrobras peuvent fournir. D’après le site internet de l’IFP (Institut Français du Pétrole
  • 28.
  • 29.
  • 30.
  • 31.
  • 32.
    Les rivalités enmer de Chine orientale
  • 33.
  • 34.
    La stratégie du« collier de perles »
  • 35.
    Les enjeux del’Arctique Ce jeudi matin, un bathyscaphe russe a planté un drapeau en titane inoxydable à la verticale du pôle Nord... à 4 261 mètres de profondeur ! L’expédition « Arctique 2007 », qui mobilise, à bord du vaisseau Akademik Fedorov, une centaine de scientifiques russes, est une formidable aventure scientifique. […] Mais derrière l’aspect scientifique se cachent d’autres intentions. L’objectif des scientifiques […] est de démontrer que la dorsale de Lomonossov, une ride montagneuse qui relie la Russie au Groenland, est le prolongement du plateau continental russe. Moscou affirme que 1,2 millions de km² de l’océan Arctique lui appartiennent. Avec le réchauffement climatique, une grande partie des glaces de la région est en train de fondre. Ce qui faciliterait l’accès vers d’importantes réserves d’hydrocarbures. […] D’où la « course » qui se joue entre les Etats-Unis, le Canada, la Russie, la Norvège, le Danemark et la Finlande. « Ce sont des régions très riches, confirme Jean Malaury, directeur des études arctiques à l’EHESS et au CNRS, président d’honneur de l’Académie polaire d’Etat de Saint- Pétersbourg. Certains scientifiques affirment que 20 % des richesses pétrolières mondiales pourraient se trouver dans l’Océan glacial. De mon côté, je ne me hasarderais pas à faire de tels pronostics. Mais il est certain que l’Arctique est appelé à jouer un rôle géopolitique considérable pour notre génération et les générations à venir. » Le célèbre explorateur poursuit : « Nous entrons dans une nouvelle ère, dans celle que j’appellerais postglaciaire. Du point de vue des transports, déjà, on peut pronostiquer un renversement des voies du shipping. Certains passages qui ont hanté les explorateurs, comme le détroit de Lancaster, passage du nord-ouest canadien, pourront être fréquentés par des navires, d’ici 20 ou 30 ans, avec une fréquence qui sera peut-être celle du canal de Suez ! » « La Russie plante son drapeau au fond de l’océan Arctique », Virginie Pironon, 02/08/2007, http://www1.rfi.fr/sciencefr/articles/092/article_54765.asp
  • 37.
  • 38.
  • 39.
    1. Les principalesroutes maritimes : Les routes principales (vrac et conteneurs) les routes secondaires Les hypothétiques passages arctiques Les principaux seuils stratégiques : détroits et isthmes 2. Les grandes façades maritimes : Les principales façades des façades en devenir 3. Les richesses des océans. Les principales zones d'exploitation d'hydrocarbures Quelques réserves d'HC Les zones de pêche I. Les océans au cœur de la mondialisation
  • 40.
    1. Les grandeszones à risques. Le risque environnemental lié à l'exploitation des hydrocarbures Le risque économique : une piraterie active Le risque politique : la fermeture d'un seuil vital, Ormuz Zones disputées (eaux territoriales, ZEE, extension de la ZEE) pour la ressource halieutique et énergétique les deux grandes zones de migrations clandestines 2. Les puissances maritimes. Les EUA, première puissance maritime du monde Les « seconds » : les puissances européennes (France, Royaume-Uni) Les BRIC : des ambitions géopolitiques maritimes fortes... … illustrées par la stratégie chinoise dans l'océan indien : les bases militaires du « collier de perles ». II. Des espaces maritimes sous tension
  • 41.
    Enjeux géostratégiques des espacesmaritimes Panama Gibraltar Suez Bab-el-Mandeb Ormuz Malacca Océan Arctique Océan Indien Océan Atlantique Océan Pacifique Cap Horn Cap de Bonne Espérance USA BRESIL INDE CHINE RUSSIE FRANCE R-UNI