LA CORROSION
Université Badji Mokhtar -
ANNABA -
Faculté de Médecine
Département de Chirurgie
Dentaire
Service de prothèse
Préparé par : Supervisé par:
les Rts de 1ère année. Pr: TABI ANNENI
Pr: L.Merdes
Le plan de travail :
introduction
I Définitions.
II Principales formes de Corrosion.
II.1 Corrosion généralisée ou uniforme.
II.2 Corrosion localisée.
III- Les Méthodes d'Evaluation de la Résistance a la
Corrosion.
III. 1 Matériel électrochimique.
III.2 Principales méthodes électrochimiques.
IV Propriétés Electrochimiques des Métaux et
Alliages utilisés en Odontologie(comportement
électrochimiques des alliages dentaires)
V Manifestations Pathologiques Buccales.
V.1 Pathologie dentaire locale.
V.2 Pathologie dentaire loco régionale.
V.3 Pathologie nerveuse locorégionale.
VI Recommandations Pratiques.
conclusion
INTRODUCTION
Toutes les restaurations et prothèses
métalliques sont amenées à être exposées dans
la cavité buccale à un environnement corrosif.
Le principal électrolyte du milieu buccal est
la salive, qui est un milieu très variable en
fonction:
1-de la nature du bol alimentaire ingéré,
2-des variations de température intra-orale
3-des différences d'aération selon les zones
considérées,
4-de la présence et de la composition de la plaque
dentaire ou du tartre,
5-de certains états physiologiques (grossesse) et/ou
pathologiques (diabète).
Les liquides physiologiques (et tout ce que l'on
regroupe sous l'appellation générale de fluides
extra-cellulaires) peuvent constituer, dans certains
cas, un second électrolyte agissants sur les
reconstitutions dentaires, particulièrement dans les
zones plus ou moins anaérobie (sillons gingivo-
dentaires).
Il y aura dans ces zones davantage d'acides,
mais aussi davantage de protéines, ce qui d'un
autre côté peut augmenter la passivation des
alliages.
Enfin, le sang, qui peut être présent dans
la cavité buccale au niveau des zones
tissulaires inflammatoires ou traumatisées,
constitue également un électrolyte
particulièrement agressif.
Cette extrême variabilité du milieu explique que
les phénomènes et les manifestations de la
corrosion endobuccale sont très différents d'un
patient à l'autre, bien que le mécanisme des
réactions soit toujours identique.
De ce fait, en clinique, il est nécessaire
d'avoir mie attitude prudente et raisonnée
afin de limiter les risques de corrosion.
DÉFINITIONS
La corrosion est une réaction chimique ou
électrochimique entre un matériau,
généralement un métal, et son environnement
qui entraîne une dégradation du matériau et de
ses propriétés.
II existe trois types de corrosion : la corrosion
chimique, la corrosion électrochimique et la
corrosion bactérienne.
Anode = électrode où se produit la réaction
d'oxydation (dissolution du métal), où le
courant passe du métal vers la solution.
Cathode = électrode où se produit la réaction de
réduction (déposition à la surface du métal), où
le courant passe de la solution vers le métal.
Elles peuvent :
- prendre naissance simultanément en
différents points dans un même métal ou d'un
alliage
- être deux métaux ou alliages différents
(corrosion galvanique).
Les réactions électrochimiques sont des
réactions d'oxydoréduction avec transfert
d'électrons.
• Corrosion chimique
L'environnement buccal crée un certain nombre de
dégradations des alliages non précieux qu'il faut bien
qualifier de " chimiques ", puisqu'elles résultent soit de la
dissolution de composants des alliages, soit de la formation
d'une couche superficielle plus ou moins protectrice d'oxyde
de chrome.
Ce genre de dépôt qui peut entraîner une coloration
de surface, une altération du lustre et une perte de
l'éclat métallique, est généralement l'apanage des
alliages à base de nickel. Les alliages de cobalt sont
plus résistants à cette forme de ternissement.
• Mais ces manifestations ne sont gênantes que sur
le plan esthétique, ce qui est loin d'être le cas
avec la dissolution de composants de l'alliage. Il
est toutefois difficile de séparer clairement ici ce
qui relève de la corrosion chimique pure et ce qui
est dû, dans ce type de dissolution, à la corrosion
électrochimique.
Corrosion électrochimique
Cette question est fortement débattue à cause des
différences considérables observées dans le
comportement électrochimique des alliages non
nobles.
La résistance à la corrosion est obtenue
principalement par des adjonctions massives de
chrome et dans une moindre mesure, de molybdène.
Seuls les alliages contenant du molybdène peuvent résister de
façon satisfaisante aux attaques corrosives en milieu
contenant des chlorures. Sur cette base, la classification
suivante des alliages Ni-Cr a été proposée :
- classe I : 20 % de chrome ou plus ;
- classe II : 16 % de chrome ou plus, plus de 3 % de
molybdène ;
- classe III : moins de 16 % de chrome, avec du molybdène ;
- classe IV : moins de 16 % de chrome, sans molybdène ;
- classe V : alliages ternaires Ni-Co-Cr.
Les mesures électrochimiques effectuées au
laboratoire dans une salive artificielle montrent
clairement que les alliages appartenant par leur
composition aux classes II et III (avec du molybdène)
résistent mieux à la corrosion.
uniquement la corrosion électrochimique qui
intervient de façon très majoritaire dans le
domaine biomédical.
Appelée aussi corrosion humide, elle se
produit lorsqu'il y a hétérogénéité soit dans le
métal ou l'alliage métallique soit dans le
milieu. Il y a formation d'une pile avec passage
d'un courant.
Toute réaction d'oxydoréduction se compose de
deux réactions :
-Une réaction d'oxydation
M —> Mz+ + ze- = réaction anodique, pôle (-),
avec perte d'électrons
- Une réaction de réduction
Ox + ze- —> Red = réaction cathodique, pôle (+),
avec gain d'électrons
Les deux réactions se produisent
simultanément de sorte que le
courant électrique total est en
apparence nul : il existe néanmoins
réellement. Il est nommé courant de
corrosion.
De très nombreux paramètres tels
que la composition, la structure
cristallographique, la mise en œuvre
des matériaux métalliques ont une
influence sur les processus de
corrosion.
PRINCIPALES FORMES DE
CORROSION
CORROSION GENERALISEE OU UNIFORME
La corrosion uniforme ou généralisée se
manifeste avec la même vitesse en tous les
points du métal entraînant une diminution
régulière de l'épaisseur de celui-ci ou
simplement un changement de coloration
(terrassement).
CORROSION LOCALISÉE
• Corrosion par piqûre
Dans certaines conditions d'environnement
les métaux et alliages protégés par un film
passif peuvent subir une attaque par
piqûration, lorsqu'il se produit mie rupture
localisée du film.
Ces piqûres se localisent en certains points de
la surface métallique, elles développent de
façon insidieuse et s'auto propagent : au fond
de la cavité créée, l'hydrolyse des ions
métalliques dissous ,entraine une
augmentation du degré d'acidité, ce qui
entretient le phénomène de corrosion.
• Corrosion intergranulaire
C'est une attaque sélective aux joints de grains, par
suite d'hétérogénéités locales : appauvrissement
de l'un des constituants ou au contraire,
enrichissement par suite de précipitation lors d'un
traitement thermique par exemple.
Il y a alors création de piles locales avec dissolution
des zones anodiques.
• Corrosion par crevasse
Appelée aussi corrosion caverneuse, elle
est due à une différence d'accessibilité de
l'oxygène entre deux zones d'une
structure métallique. Il y a alors une
attaque des parties métalliques les moins
accessibles à l'oxygène.
• Corrosion galvanique
Il s'agit de l'attaque préférentielle de la phase
la moins noble d'un alliage comportant deux
phases ou de la corrosion pouvant exister
entre au moins deux matériaux métalliques
placés dans le même environnement.
Il y a formation d'une pile. En cas de couplage,
plus les métaux en présence sont éloignés sur
l'échelle galvanique, plus la pile formée
dispose d'énergie pour provoquer les
transformations. Les phénomènes de corrosion
sont amplifiés à la fois dans la cinétique de
dégradation et dans la génération d'ions dans
le milieu biologique.
La partie la moins noble est l’anode et la plus noble est la
cathode. Le rapport de surface anode/ cathode joue un rôle
très important.
Il faut retenir que, plus l'anode est de petite taille, plus la
vitesse de dissolution est élevée. Ce fait a une grande
importance dans la pratique clinique en odontologie, en
particulier lors du choix des alliages utilisés pour les
réalisations prothétiques.
La corrosion galvanique ou « électrogalvanisme buccal »
est une réaction électrochimique qui peut survenir entre
des métaux ou alliages hétérogènes insérés dans la
cavité buccale et se traduire par une symptomatologie
clinique et des effets pathologiques
Ces métaux vont, en effet, présenter des potentiels
électriques différents qui conduisent à la formation
d'un courant galvanique et à la libération d'ions
métalliques. Il s'agit généralement d'un courant
électrique de très basse tension (découvert par Galvani,
1737-1798)
• Le premier article scientifique à avoir décrit « officiellement
» le galvanisme buccal date de 1754 et c'est vers la fin du
XIXe siècle que l'amalgame est désigné comme le
responsable de l'apparition d'un phénomène « d'électricité
buccale ».
• C'est à l'interface entre le métal et la solution que vont se
dérouler des réactions de nature électrochimique, en milieu
aqueux, le phénomène est semblable à celui qui apparaît
dans une pile élémentaire
• Corrosion et dissolution sélective
C'est l'oxydation d'un composant de
l'alliage, conduisant à la formation d'une
structure métallique poreuse.
• Corrosion par frottement
C'est la détérioration qui se produit à
l'interface entre des surfaces en contact,
suite à la conjugaison de la corrosion et
d'un faible glissement réciproque des
deux surfaces.
• Corrosion sous contrainte et fatigue-corrosion
C'est une fissuration du métal qui résulte de
l'action commune d'une contrainte
mécanique (force de traction) et d'une
réaction électrochimique. La corrosion sous
l'effet de la fatigue est due à l'application
répétée des contraintes.
LES MÉTHODES D'ÉVALUATION DE LA
RÉSISTANCE À LA CORROSION
L'évaluation de la résistance à la corrosion des
matériaux est réalisée au moyen de plusieurs
méthodes qui apportent des informations
complémentaires. Les principales sont les
méthodes électrochimiques, elles sont souvent
associées à des analyses de surface et à des
mesures du relargage ionique dans les milieux
MATERIEL ELECTROCHIMIQUE
Les essais se font dans un milieu artificiel dont la
composition peut être variable. Le plus souvent il
s'agit d'une salive artificielle dont le seul élément
organique est l'urée.
La cellule électrochimique à double paroi est
maintenue, par l'intermédiaire d'un bain
thermostaté, à une température constante et définie
(37°C)
Classiquement trois électrodes sont utilisées:
1-l'électrode de travail : il s'agit de l'échantillon à
étudier, entouré d'un cylindre en
polytétrafluoroéthyléne. L'ensemble échantillon-
cylindre constitue l'embout de l'électrode à disque
tournant afin de travailler sous un régime d'agitation
dynamique reproductible assurant
l'homogénéisation de la solution.
2- l'électrode de référence : les tensions sont
mesurées par rapport à une électrode de
référence. Celle la plus souvent utilisée en
laboratoire est saturée en chlorure de potassium
(ECS). Elle est immergée dans une allonge qui
communique avec l'électrolyte de la cellule par
l'intermédiaire d'un fritte.
3-l'électrode auxiliaire : un fil de platine est utilisé comme
contre-électrode dans les études où des perturbations en
tension ou en courant sont imposées au système.
Le montage fait intervenir un potentiostat qui permet
d'imposer un potentiel à l'électrode de travail, géré par des
microprocesseurs. Des logiciels spécifiques assurent le
pilotage des séquences expérimentales, l'acquisition et le
traitement des données numériques.
PRINCIPALES METHODES ELECTROCHIMIQUES
A l'exclusion du potentiel de corrosion qui
peut également être mesuré in vivo, les
mesures sont réalisées in vitro.
La validité des résultats obtenus est fortement
dépendante des conditions expérimentales dans
lesquelles les matériaux dentaires sont testés et il est
nécessaire d'en tenir compte dans l'interprétation
des résultats.
Potentiel de corrosion
La potentiométrie est une méthode qui
consiste à suivre l'évolution du potentiel à
l'abandon (ou potentiel de corrosion :
Ecorr) en fonction du temps.
C'est la tension d'un métal ou d‘un alliage
métallique mesruée par rapport à une
électrode de référence lorsque aucun
courant ne s'écoule de ou vers cet
échantillon. L'unité de mesure est le V/réf.
Le barotraumatisme estime réponse
pathologique au changement de pression
atmosphérique survenant au cours d'un
vol ou d'un passage en caisson hypobare .
Vol et corrosion
L’augmentation du taux d'oxygène. L'oxydation
lors de l'inhalation d'oxygène pur peut
théoriquement entraîner une corrosion
électrochimique des amalgames dentaires
Néanmoins, aucune modification n'a été
relevée sur des dents extraites après les avoir
soumises in vitro à des modifications de
pression atmosphérique et les avoir exposées
à de l'oxygène pur
PROPRIETES ELECTROCHIMIQUES DES
METAUX ET ALLIAGES
En ce qui concerne les alliages à base de métaux précieux
il faut lors des traitements au laboratoire, respecter une
mise en œuvre rigoureuse pour ne pas modifier la teneur
ou la localisation des éléments d'additions non précieux
qu'ils contiennent.
-Les principaux métaux contenus dans les
alliages précieux sont résistants à la
corrosion.
-La présence de cuivre ou d'argent dans
l'alliage peut entraîner une corrosion à
chaud de l'alliage (ternissure).
- Les additions mineures destinées à modifier
les propriétés mécaniques ou physiques ont
une influence réelle sur la résistance à la
corrosion de l'alliage.
- Il est donc nécessaire de vérifier le sérieux
des contrôles réalisés par le fabricant
-Le chrome est le principal responsable de la passivité des
alliages nickel-chrome en milieu buccal.
A partir d'une teneur suffisante (13 %), c'est le
recouvrement complet de la surface de l'alliage par une
fine pellicule d'oxyde qui lui confère cette propriété .
La présence de molybdène augmente la résistance du
nickel à la corrosion dans des solutions d'acides
(chlorhydrique et sulfurique) ou dans des solutions salines
(chlorures de sodium) ou salivaires artificielles .
De façon générale, les alliages Co-Cr ont
une résistance à la corrosion plus élevée
que celle des alliages Ni-Cr, l'addition de
molybdène (Mo) améliore les propriétés
électrochimiques alors que celle de
béryllium (Be) les diminue.
En ce qui concerne les matériaux à base
titane, il a été démontré que du fait de la
formation d'une couche passive à la
surface, ils présentent une grande
résistance à la corrosion.
Cependant il faut être très vigilant car les ions
fluorures, présents dans certains dentifrices et
bains de bouche peuvent provoquer des
phénomènes de corrosion par piqûres, tant au
niveau des implants que des éléments prothétiques
en titane.
La biocompatibilité du matériau dans lequel est
usiné l'implant est indispensable à une bonne
tolérance par l'organisme.
D'après Brânemark, le titane est «commercialement
pur » car il contient moins de 0,25 % d'impuretés.
D'après de nombreuses études, le titane ne serait ni
cancérigène, ni allergène, ni toxique pour l'organisme.
Une couche d'oxyde très tenace issue d'une corrosion
primaire le protégerait d'une corrosion en profondeur.
La couche d'oxyde de surface de l'implant en titane
détermine sa biocompatibilité et sa résistance à la corrosion.
Alliages passivables:
Parmi les métaux passivables utilisés en odontologie, le titane
et ses alliages sont réputés pour leur excellent comportement
électrochimique.
Le potentiel standard du titane est franchement négatif , ce
qui indique une forte tendance naturelle à l'oxydation.
Cependant, il possède la capacité de développer une
couche de passivation très isolante du point de vue
électrochimique et chimique, ce qui justifie en particulier
son utilisation étendue en implantologie ; en outre, cette
couche passivante constituée principalement de Ti. dont
l'épaisseur est estimée entre 10 et 20 nm, conditionne le
processus d'ostéo-intégration des implants.
Alliages « actifs » ou corrodables : amalgame dentaire
Par opposition aux métaux passifs, les métaux actifs sont au
contact direct avec la solution. Résultant de la combinaison
du mercure avec une poudre d'alliage composée
principalement d'argent, d’étain et de cuivre, mais aussi en
proportion mineure, de zinc, de palladium ou d'indium, l'un
des principaux inconvénients de l'amalgame demeure sa
corrosion en milieu buccal.
Ce phénomène est inévitable si l'on considère
qu'on est en présence d'un alliage constitué de
métaux réactifs, présentant en outre une
hétérogénéité chimique et structurale.
il est maintenant bien établi que la nature de
l'alliage (composition, structure) constitue un
facteur prépondérant quant à sa résistance vis-
à-vis de la corrosion en milieu humide.
La meilleure prévention des phénomènes de corrosion
intrabuccale consisterait, sans nul doute, à ne pas
introduire de métal en bouche. Des mesures de prévention
efficaces et optimales devraient conduire à éviter
l'apparition de caries actives.
Des lésions traitées à leur stade initial pourraient
bénéficier de restaurations adhésives moins mutilantes et
non corrodables à l'aide de biomatériaux composites.
Cependant, il existe bon nombre de situations cliniques
où le métal s'impose, en particulier en prothèse et en
‘implantologie’.
La compréhension des mécanismes de corrosion, de l'influence du
bimétallisme et des couplages ainsi que des effets de confinement,
doit permettre au praticien de choisir ses alliages et de réaliser des
restaurations dont la durée de vie peut excéder plusieurs dizaines
d'années.
L'intégration des propriétés électrochimiques des différents alliages
utilisés en odontologie, associée à l'éducation du patient et au
respect de protocoles cliniques rigoureux, contribue à atteindre cet
objectif.
F Toumelin-Chemla. Propriétés électrochimiques des alliages métalliques utilisés en odontologie;EMC 23-063-C-10
Enfin, il est satisfaisant de constater que les liens
et les travaux conjoints pluridisciplinaires des
métallurgistes et des laboratoires de recherche
aboutissent à la mise en place d'alliages toujours
plus performants.
F Toumelin-Chemla. Propriétés électrochimiques des alliages métalliques utilisés en odontologie;EMC 23-063-C-10
MANIFESTATIONS PATHOLOGIQUES BUCCALES
Les phénomènes corrosifs entraînent la libération d'ions
métalliques provoquant ainsi des lésions au niveau de la
dent et des tissus environnants, mais aussi à distance.
Ceci a pour conséquence des manifestations soit de type
toxique, soit de type allergique. Le polymorphisme de
cette pathologie a longtemps fait, et fait encore, parfois
douter de son étiologie réelle.
PATHOLOGIE DENTAIRE LOCALE
Il est décrit des chocs électriques pulpaires, des
fractures radiculaires (liés au bimétallisme),
apparition de caries dentaires (adjacent à des
reconstitutions métalliques), le ternissement des
alliages (au niveau des pièces métalliques
cathodiques s'agissant de surcharges) et des
tatouages gingivaux (dus au relargage des ions
argent).
PATHOLOGIE DENTAIRE LOCOREGIONALE
Elles sont essentiellement représentées par des
altérations de la muqueuse buccale et de la
fibromuqueuse, mais ne sont toutefois pas
spécifiques de l'électrogalvanisme.
Il s'agit de toutes les inflammations que l'on peut
observer dans la sphère buccale : érythème,
érosion, ulcération, gingivite, stomatite, glossite,
chéilite, perlèche et kératoses.
PATHOLOGIE NERVEUSE LOCOREGIONALE
Il s'agit essentiellement du dysfonctionnement des
glandes salivaires (hypersialie et hypertrophie
glandulaire).
Un exemple clinique d'hypersalivation après la
mise en place et le scellement d'un bridge
RECOMMANDATIONS PRATIQUES
Pour prévenir l'apparition des phénomènes de corrosion :
- Le fabricant doit veiller à l'uniformité du ou des alliages :
contrôle rigoureux des compositions, éviter les ajouts d'éléments
d'alliage peu nobles. Il doit également fournir des informations
sur la résistance à la corrosion des biomatériaux
Bien que la procédure ne soit pas obligatoire, la résistance à la
corrosion de certains alliages est évaluée selon la norme NF EN
ISO 10271, ce qui assure que les propriétés électrochimiques de
ces alliages sont satisfaisantes. Par ailleurs, certains fabricants
indiquent dans leur documentation commerciale la valeur de
certains paramètres (Rp, Ecorr ...). Il est nécessaire d'encourager
ces démarches.
- Le prothésiste doit assurer une mise en
œuvre irréprochable (éviter les défauts de
fonderie, contrôles précis des températures de
coulée, utiliser des creusets en fonction de
l'alliage utilisé,
ne pas réutiliser d'anciennes masselottes,
maîtriser les procédures de
refroidissement, polir parfaitement les
surfaces pour supprimer toute oxydation
superficielle, prévoir un traitement
thermique final de ré-homogénéisation).
conclusion
Les phénomènes de corrosion en milieu buccal sont
très complexes.
Pour ces raisons, les alliages utilisés en odontologie
doivent résister à l'action corrosive de la salive,
électrolyte complexe contenant de l'oxygène
dissous (élément participant au processus de
réduction de la corrosion) mais aussi des ions
chlorures (agents altérant la passivité des alliages)
et d'autres substances organiques, minérales et des
enzymes.
Bien que les vitesses de corrosion des alliages usuels
dans la cavité buccale restent très faibles, elles peuvent
suffire à provoquer, non seulement des effets
indésirables sur les obturations et reconstitutions
métalliques mais aussi une accumulation d'ions
métalliques dans les tissus vivants et des sensations
douloureuses dues aux courants électriques d'origine
galvanique.
La symptomatologie qui accompagne ces manifestations
est variée et non spécifique.
BIBLIOGRAPHIE
1-BENARD J, MICHELA, PHILIBERT J, TALBOT J. : Métallurgie générale.
Masson, Paris, 1991.
2-ELIADES G, ELIADES T, BRANTLEY W, WATTS D. : Dental materials in
vivo. Quintessence Book, Carol Stream, 2003
3-GROSGOGEAT B, BRLIGIRARD J. : Les essais de corrosion des
biomatériaux : leurs usages, leurs limites, leurs fondements. Matériaux et
Techniques 5-6:15-27, 2001.
4-GUYONNET JJ., GREGOIRE G., JONIOT-CHAMPION S. et al. :
Electrogalvanisme buccal et sa pathologie. Moyens et protocoles
d'expérimentation. Encyclopédie Médico-Chirurgicale 23063D10 : 6p, 1993.
5-LANDOLT D. : Traité des matériaux .12. Corrosion et chimie de surfaces des
métaux. Presses polytechniques et universitaires romandes, Lausanne, 1997
6-NORMAND B, PEBERE N, RICHARD C, WERY M. : Prévention et lutte
contre la corrosion. Presses polytechniques et universitaires romandes, Lausanne,
2004
7-TOLIMELIN-CHEMLA F. : Propriétés électrochimiques des alliages utilisés en
Odontologie. Encyclopédie Médico-Chirurgicale 23-0636-10 (Odontologie): 7p,
1998.

la Corrosion

  • 1.
    LA CORROSION Université BadjiMokhtar - ANNABA - Faculté de Médecine Département de Chirurgie Dentaire Service de prothèse Préparé par : Supervisé par: les Rts de 1ère année. Pr: TABI ANNENI Pr: L.Merdes
  • 2.
    Le plan detravail :
  • 3.
    introduction I Définitions. II Principalesformes de Corrosion. II.1 Corrosion généralisée ou uniforme. II.2 Corrosion localisée. III- Les Méthodes d'Evaluation de la Résistance a la Corrosion. III. 1 Matériel électrochimique. III.2 Principales méthodes électrochimiques.
  • 4.
    IV Propriétés Electrochimiquesdes Métaux et Alliages utilisés en Odontologie(comportement électrochimiques des alliages dentaires) V Manifestations Pathologiques Buccales. V.1 Pathologie dentaire locale. V.2 Pathologie dentaire loco régionale. V.3 Pathologie nerveuse locorégionale. VI Recommandations Pratiques. conclusion
  • 5.
  • 6.
    Toutes les restaurationset prothèses métalliques sont amenées à être exposées dans la cavité buccale à un environnement corrosif. Le principal électrolyte du milieu buccal est la salive, qui est un milieu très variable en fonction:
  • 7.
    1-de la naturedu bol alimentaire ingéré, 2-des variations de température intra-orale 3-des différences d'aération selon les zones considérées, 4-de la présence et de la composition de la plaque dentaire ou du tartre, 5-de certains états physiologiques (grossesse) et/ou pathologiques (diabète).
  • 8.
    Les liquides physiologiques(et tout ce que l'on regroupe sous l'appellation générale de fluides extra-cellulaires) peuvent constituer, dans certains cas, un second électrolyte agissants sur les reconstitutions dentaires, particulièrement dans les zones plus ou moins anaérobie (sillons gingivo- dentaires).
  • 9.
    Il y auradans ces zones davantage d'acides, mais aussi davantage de protéines, ce qui d'un autre côté peut augmenter la passivation des alliages.
  • 10.
    Enfin, le sang,qui peut être présent dans la cavité buccale au niveau des zones tissulaires inflammatoires ou traumatisées, constitue également un électrolyte particulièrement agressif.
  • 11.
    Cette extrême variabilitédu milieu explique que les phénomènes et les manifestations de la corrosion endobuccale sont très différents d'un patient à l'autre, bien que le mécanisme des réactions soit toujours identique.
  • 12.
    De ce fait,en clinique, il est nécessaire d'avoir mie attitude prudente et raisonnée afin de limiter les risques de corrosion.
  • 13.
  • 14.
    La corrosion estune réaction chimique ou électrochimique entre un matériau, généralement un métal, et son environnement qui entraîne une dégradation du matériau et de ses propriétés. II existe trois types de corrosion : la corrosion chimique, la corrosion électrochimique et la corrosion bactérienne.
  • 15.
    Anode = électrodeoù se produit la réaction d'oxydation (dissolution du métal), où le courant passe du métal vers la solution. Cathode = électrode où se produit la réaction de réduction (déposition à la surface du métal), où le courant passe de la solution vers le métal.
  • 16.
    Elles peuvent : -prendre naissance simultanément en différents points dans un même métal ou d'un alliage - être deux métaux ou alliages différents (corrosion galvanique). Les réactions électrochimiques sont des réactions d'oxydoréduction avec transfert d'électrons.
  • 17.
    • Corrosion chimique L'environnementbuccal crée un certain nombre de dégradations des alliages non précieux qu'il faut bien qualifier de " chimiques ", puisqu'elles résultent soit de la dissolution de composants des alliages, soit de la formation d'une couche superficielle plus ou moins protectrice d'oxyde de chrome.
  • 18.
    Ce genre dedépôt qui peut entraîner une coloration de surface, une altération du lustre et une perte de l'éclat métallique, est généralement l'apanage des alliages à base de nickel. Les alliages de cobalt sont plus résistants à cette forme de ternissement.
  • 19.
    • Mais cesmanifestations ne sont gênantes que sur le plan esthétique, ce qui est loin d'être le cas avec la dissolution de composants de l'alliage. Il est toutefois difficile de séparer clairement ici ce qui relève de la corrosion chimique pure et ce qui est dû, dans ce type de dissolution, à la corrosion électrochimique.
  • 20.
    Corrosion électrochimique Cette questionest fortement débattue à cause des différences considérables observées dans le comportement électrochimique des alliages non nobles. La résistance à la corrosion est obtenue principalement par des adjonctions massives de chrome et dans une moindre mesure, de molybdène.
  • 21.
    Seuls les alliagescontenant du molybdène peuvent résister de façon satisfaisante aux attaques corrosives en milieu contenant des chlorures. Sur cette base, la classification suivante des alliages Ni-Cr a été proposée : - classe I : 20 % de chrome ou plus ; - classe II : 16 % de chrome ou plus, plus de 3 % de molybdène ; - classe III : moins de 16 % de chrome, avec du molybdène ; - classe IV : moins de 16 % de chrome, sans molybdène ; - classe V : alliages ternaires Ni-Co-Cr.
  • 22.
    Les mesures électrochimiqueseffectuées au laboratoire dans une salive artificielle montrent clairement que les alliages appartenant par leur composition aux classes II et III (avec du molybdène) résistent mieux à la corrosion.
  • 23.
    uniquement la corrosionélectrochimique qui intervient de façon très majoritaire dans le domaine biomédical. Appelée aussi corrosion humide, elle se produit lorsqu'il y a hétérogénéité soit dans le métal ou l'alliage métallique soit dans le milieu. Il y a formation d'une pile avec passage d'un courant.
  • 24.
    Toute réaction d'oxydoréductionse compose de deux réactions : -Une réaction d'oxydation M —> Mz+ + ze- = réaction anodique, pôle (-), avec perte d'électrons - Une réaction de réduction Ox + ze- —> Red = réaction cathodique, pôle (+), avec gain d'électrons
  • 25.
    Les deux réactionsse produisent simultanément de sorte que le courant électrique total est en apparence nul : il existe néanmoins réellement. Il est nommé courant de corrosion.
  • 26.
    De très nombreuxparamètres tels que la composition, la structure cristallographique, la mise en œuvre des matériaux métalliques ont une influence sur les processus de corrosion.
  • 28.
  • 29.
    CORROSION GENERALISEE OUUNIFORME La corrosion uniforme ou généralisée se manifeste avec la même vitesse en tous les points du métal entraînant une diminution régulière de l'épaisseur de celui-ci ou simplement un changement de coloration (terrassement).
  • 30.
    CORROSION LOCALISÉE • Corrosionpar piqûre Dans certaines conditions d'environnement les métaux et alliages protégés par un film passif peuvent subir une attaque par piqûration, lorsqu'il se produit mie rupture localisée du film.
  • 31.
    Ces piqûres selocalisent en certains points de la surface métallique, elles développent de façon insidieuse et s'auto propagent : au fond de la cavité créée, l'hydrolyse des ions métalliques dissous ,entraine une augmentation du degré d'acidité, ce qui entretient le phénomène de corrosion.
  • 33.
    • Corrosion intergranulaire C'estune attaque sélective aux joints de grains, par suite d'hétérogénéités locales : appauvrissement de l'un des constituants ou au contraire, enrichissement par suite de précipitation lors d'un traitement thermique par exemple. Il y a alors création de piles locales avec dissolution des zones anodiques.
  • 35.
    • Corrosion parcrevasse Appelée aussi corrosion caverneuse, elle est due à une différence d'accessibilité de l'oxygène entre deux zones d'une structure métallique. Il y a alors une attaque des parties métalliques les moins accessibles à l'oxygène.
  • 38.
    • Corrosion galvanique Ils'agit de l'attaque préférentielle de la phase la moins noble d'un alliage comportant deux phases ou de la corrosion pouvant exister entre au moins deux matériaux métalliques placés dans le même environnement.
  • 39.
    Il y aformation d'une pile. En cas de couplage, plus les métaux en présence sont éloignés sur l'échelle galvanique, plus la pile formée dispose d'énergie pour provoquer les transformations. Les phénomènes de corrosion sont amplifiés à la fois dans la cinétique de dégradation et dans la génération d'ions dans le milieu biologique.
  • 40.
    La partie lamoins noble est l’anode et la plus noble est la cathode. Le rapport de surface anode/ cathode joue un rôle très important. Il faut retenir que, plus l'anode est de petite taille, plus la vitesse de dissolution est élevée. Ce fait a une grande importance dans la pratique clinique en odontologie, en particulier lors du choix des alliages utilisés pour les réalisations prothétiques.
  • 43.
    La corrosion galvaniqueou « électrogalvanisme buccal » est une réaction électrochimique qui peut survenir entre des métaux ou alliages hétérogènes insérés dans la cavité buccale et se traduire par une symptomatologie clinique et des effets pathologiques
  • 44.
    Ces métaux vont,en effet, présenter des potentiels électriques différents qui conduisent à la formation d'un courant galvanique et à la libération d'ions métalliques. Il s'agit généralement d'un courant électrique de très basse tension (découvert par Galvani, 1737-1798)
  • 45.
    • Le premierarticle scientifique à avoir décrit « officiellement » le galvanisme buccal date de 1754 et c'est vers la fin du XIXe siècle que l'amalgame est désigné comme le responsable de l'apparition d'un phénomène « d'électricité buccale ». • C'est à l'interface entre le métal et la solution que vont se dérouler des réactions de nature électrochimique, en milieu aqueux, le phénomène est semblable à celui qui apparaît dans une pile élémentaire
  • 46.
    • Corrosion etdissolution sélective C'est l'oxydation d'un composant de l'alliage, conduisant à la formation d'une structure métallique poreuse. • Corrosion par frottement C'est la détérioration qui se produit à l'interface entre des surfaces en contact, suite à la conjugaison de la corrosion et d'un faible glissement réciproque des deux surfaces.
  • 47.
    • Corrosion souscontrainte et fatigue-corrosion C'est une fissuration du métal qui résulte de l'action commune d'une contrainte mécanique (force de traction) et d'une réaction électrochimique. La corrosion sous l'effet de la fatigue est due à l'application répétée des contraintes.
  • 48.
    LES MÉTHODES D'ÉVALUATIONDE LA RÉSISTANCE À LA CORROSION
  • 49.
    L'évaluation de larésistance à la corrosion des matériaux est réalisée au moyen de plusieurs méthodes qui apportent des informations complémentaires. Les principales sont les méthodes électrochimiques, elles sont souvent associées à des analyses de surface et à des mesures du relargage ionique dans les milieux
  • 50.
    MATERIEL ELECTROCHIMIQUE Les essaisse font dans un milieu artificiel dont la composition peut être variable. Le plus souvent il s'agit d'une salive artificielle dont le seul élément organique est l'urée. La cellule électrochimique à double paroi est maintenue, par l'intermédiaire d'un bain thermostaté, à une température constante et définie (37°C)
  • 52.
    Classiquement trois électrodessont utilisées: 1-l'électrode de travail : il s'agit de l'échantillon à étudier, entouré d'un cylindre en polytétrafluoroéthyléne. L'ensemble échantillon- cylindre constitue l'embout de l'électrode à disque tournant afin de travailler sous un régime d'agitation dynamique reproductible assurant l'homogénéisation de la solution.
  • 53.
    2- l'électrode deréférence : les tensions sont mesurées par rapport à une électrode de référence. Celle la plus souvent utilisée en laboratoire est saturée en chlorure de potassium (ECS). Elle est immergée dans une allonge qui communique avec l'électrolyte de la cellule par l'intermédiaire d'un fritte.
  • 54.
    3-l'électrode auxiliaire :un fil de platine est utilisé comme contre-électrode dans les études où des perturbations en tension ou en courant sont imposées au système. Le montage fait intervenir un potentiostat qui permet d'imposer un potentiel à l'électrode de travail, géré par des microprocesseurs. Des logiciels spécifiques assurent le pilotage des séquences expérimentales, l'acquisition et le traitement des données numériques.
  • 56.
    PRINCIPALES METHODES ELECTROCHIMIQUES Al'exclusion du potentiel de corrosion qui peut également être mesuré in vivo, les mesures sont réalisées in vitro.
  • 57.
    La validité desrésultats obtenus est fortement dépendante des conditions expérimentales dans lesquelles les matériaux dentaires sont testés et il est nécessaire d'en tenir compte dans l'interprétation des résultats.
  • 58.
    Potentiel de corrosion Lapotentiométrie est une méthode qui consiste à suivre l'évolution du potentiel à l'abandon (ou potentiel de corrosion : Ecorr) en fonction du temps.
  • 59.
    C'est la tensiond'un métal ou d‘un alliage métallique mesruée par rapport à une électrode de référence lorsque aucun courant ne s'écoule de ou vers cet échantillon. L'unité de mesure est le V/réf.
  • 60.
    Le barotraumatisme estimeréponse pathologique au changement de pression atmosphérique survenant au cours d'un vol ou d'un passage en caisson hypobare . Vol et corrosion
  • 61.
    L’augmentation du tauxd'oxygène. L'oxydation lors de l'inhalation d'oxygène pur peut théoriquement entraîner une corrosion électrochimique des amalgames dentaires Néanmoins, aucune modification n'a été relevée sur des dents extraites après les avoir soumises in vitro à des modifications de pression atmosphérique et les avoir exposées à de l'oxygène pur
  • 62.
  • 63.
    En ce quiconcerne les alliages à base de métaux précieux il faut lors des traitements au laboratoire, respecter une mise en œuvre rigoureuse pour ne pas modifier la teneur ou la localisation des éléments d'additions non précieux qu'ils contiennent.
  • 64.
    -Les principaux métauxcontenus dans les alliages précieux sont résistants à la corrosion. -La présence de cuivre ou d'argent dans l'alliage peut entraîner une corrosion à chaud de l'alliage (ternissure).
  • 65.
    - Les additionsmineures destinées à modifier les propriétés mécaniques ou physiques ont une influence réelle sur la résistance à la corrosion de l'alliage. - Il est donc nécessaire de vérifier le sérieux des contrôles réalisés par le fabricant
  • 66.
    -Le chrome estle principal responsable de la passivité des alliages nickel-chrome en milieu buccal. A partir d'une teneur suffisante (13 %), c'est le recouvrement complet de la surface de l'alliage par une fine pellicule d'oxyde qui lui confère cette propriété . La présence de molybdène augmente la résistance du nickel à la corrosion dans des solutions d'acides (chlorhydrique et sulfurique) ou dans des solutions salines (chlorures de sodium) ou salivaires artificielles .
  • 67.
    De façon générale,les alliages Co-Cr ont une résistance à la corrosion plus élevée que celle des alliages Ni-Cr, l'addition de molybdène (Mo) améliore les propriétés électrochimiques alors que celle de béryllium (Be) les diminue.
  • 68.
    En ce quiconcerne les matériaux à base titane, il a été démontré que du fait de la formation d'une couche passive à la surface, ils présentent une grande résistance à la corrosion.
  • 69.
    Cependant il fautêtre très vigilant car les ions fluorures, présents dans certains dentifrices et bains de bouche peuvent provoquer des phénomènes de corrosion par piqûres, tant au niveau des implants que des éléments prothétiques en titane.
  • 70.
    La biocompatibilité dumatériau dans lequel est usiné l'implant est indispensable à une bonne tolérance par l'organisme. D'après Brânemark, le titane est «commercialement pur » car il contient moins de 0,25 % d'impuretés.
  • 71.
    D'après de nombreusesétudes, le titane ne serait ni cancérigène, ni allergène, ni toxique pour l'organisme. Une couche d'oxyde très tenace issue d'une corrosion primaire le protégerait d'une corrosion en profondeur. La couche d'oxyde de surface de l'implant en titane détermine sa biocompatibilité et sa résistance à la corrosion.
  • 72.
    Alliages passivables: Parmi lesmétaux passivables utilisés en odontologie, le titane et ses alliages sont réputés pour leur excellent comportement électrochimique. Le potentiel standard du titane est franchement négatif , ce qui indique une forte tendance naturelle à l'oxydation.
  • 73.
    Cependant, il possèdela capacité de développer une couche de passivation très isolante du point de vue électrochimique et chimique, ce qui justifie en particulier son utilisation étendue en implantologie ; en outre, cette couche passivante constituée principalement de Ti. dont l'épaisseur est estimée entre 10 et 20 nm, conditionne le processus d'ostéo-intégration des implants.
  • 74.
    Alliages « actifs» ou corrodables : amalgame dentaire Par opposition aux métaux passifs, les métaux actifs sont au contact direct avec la solution. Résultant de la combinaison du mercure avec une poudre d'alliage composée principalement d'argent, d’étain et de cuivre, mais aussi en proportion mineure, de zinc, de palladium ou d'indium, l'un des principaux inconvénients de l'amalgame demeure sa corrosion en milieu buccal.
  • 75.
    Ce phénomène estinévitable si l'on considère qu'on est en présence d'un alliage constitué de métaux réactifs, présentant en outre une hétérogénéité chimique et structurale. il est maintenant bien établi que la nature de l'alliage (composition, structure) constitue un facteur prépondérant quant à sa résistance vis- à-vis de la corrosion en milieu humide.
  • 76.
    La meilleure préventiondes phénomènes de corrosion intrabuccale consisterait, sans nul doute, à ne pas introduire de métal en bouche. Des mesures de prévention efficaces et optimales devraient conduire à éviter l'apparition de caries actives. Des lésions traitées à leur stade initial pourraient bénéficier de restaurations adhésives moins mutilantes et non corrodables à l'aide de biomatériaux composites.
  • 77.
    Cependant, il existebon nombre de situations cliniques où le métal s'impose, en particulier en prothèse et en ‘implantologie’.
  • 78.
    La compréhension desmécanismes de corrosion, de l'influence du bimétallisme et des couplages ainsi que des effets de confinement, doit permettre au praticien de choisir ses alliages et de réaliser des restaurations dont la durée de vie peut excéder plusieurs dizaines d'années. L'intégration des propriétés électrochimiques des différents alliages utilisés en odontologie, associée à l'éducation du patient et au respect de protocoles cliniques rigoureux, contribue à atteindre cet objectif. F Toumelin-Chemla. Propriétés électrochimiques des alliages métalliques utilisés en odontologie;EMC 23-063-C-10
  • 79.
    Enfin, il estsatisfaisant de constater que les liens et les travaux conjoints pluridisciplinaires des métallurgistes et des laboratoires de recherche aboutissent à la mise en place d'alliages toujours plus performants. F Toumelin-Chemla. Propriétés électrochimiques des alliages métalliques utilisés en odontologie;EMC 23-063-C-10
  • 80.
    MANIFESTATIONS PATHOLOGIQUES BUCCALES Lesphénomènes corrosifs entraînent la libération d'ions métalliques provoquant ainsi des lésions au niveau de la dent et des tissus environnants, mais aussi à distance. Ceci a pour conséquence des manifestations soit de type toxique, soit de type allergique. Le polymorphisme de cette pathologie a longtemps fait, et fait encore, parfois douter de son étiologie réelle.
  • 81.
    PATHOLOGIE DENTAIRE LOCALE Ilest décrit des chocs électriques pulpaires, des fractures radiculaires (liés au bimétallisme), apparition de caries dentaires (adjacent à des reconstitutions métalliques), le ternissement des alliages (au niveau des pièces métalliques cathodiques s'agissant de surcharges) et des tatouages gingivaux (dus au relargage des ions argent).
  • 83.
    PATHOLOGIE DENTAIRE LOCOREGIONALE Ellessont essentiellement représentées par des altérations de la muqueuse buccale et de la fibromuqueuse, mais ne sont toutefois pas spécifiques de l'électrogalvanisme. Il s'agit de toutes les inflammations que l'on peut observer dans la sphère buccale : érythème, érosion, ulcération, gingivite, stomatite, glossite, chéilite, perlèche et kératoses.
  • 85.
    PATHOLOGIE NERVEUSE LOCOREGIONALE Ils'agit essentiellement du dysfonctionnement des glandes salivaires (hypersialie et hypertrophie glandulaire).
  • 86.
    Un exemple cliniqued'hypersalivation après la mise en place et le scellement d'un bridge
  • 87.
    RECOMMANDATIONS PRATIQUES Pour prévenirl'apparition des phénomènes de corrosion : - Le fabricant doit veiller à l'uniformité du ou des alliages : contrôle rigoureux des compositions, éviter les ajouts d'éléments d'alliage peu nobles. Il doit également fournir des informations sur la résistance à la corrosion des biomatériaux
  • 88.
    Bien que laprocédure ne soit pas obligatoire, la résistance à la corrosion de certains alliages est évaluée selon la norme NF EN ISO 10271, ce qui assure que les propriétés électrochimiques de ces alliages sont satisfaisantes. Par ailleurs, certains fabricants indiquent dans leur documentation commerciale la valeur de certains paramètres (Rp, Ecorr ...). Il est nécessaire d'encourager ces démarches.
  • 89.
    - Le prothésistedoit assurer une mise en œuvre irréprochable (éviter les défauts de fonderie, contrôles précis des températures de coulée, utiliser des creusets en fonction de l'alliage utilisé,
  • 90.
    ne pas réutiliserd'anciennes masselottes, maîtriser les procédures de refroidissement, polir parfaitement les surfaces pour supprimer toute oxydation superficielle, prévoir un traitement thermique final de ré-homogénéisation).
  • 91.
  • 92.
    Les phénomènes decorrosion en milieu buccal sont très complexes. Pour ces raisons, les alliages utilisés en odontologie doivent résister à l'action corrosive de la salive, électrolyte complexe contenant de l'oxygène dissous (élément participant au processus de réduction de la corrosion) mais aussi des ions chlorures (agents altérant la passivité des alliages) et d'autres substances organiques, minérales et des enzymes.
  • 93.
    Bien que lesvitesses de corrosion des alliages usuels dans la cavité buccale restent très faibles, elles peuvent suffire à provoquer, non seulement des effets indésirables sur les obturations et reconstitutions métalliques mais aussi une accumulation d'ions métalliques dans les tissus vivants et des sensations douloureuses dues aux courants électriques d'origine galvanique. La symptomatologie qui accompagne ces manifestations est variée et non spécifique.
  • 94.
    BIBLIOGRAPHIE 1-BENARD J, MICHELA,PHILIBERT J, TALBOT J. : Métallurgie générale. Masson, Paris, 1991. 2-ELIADES G, ELIADES T, BRANTLEY W, WATTS D. : Dental materials in vivo. Quintessence Book, Carol Stream, 2003 3-GROSGOGEAT B, BRLIGIRARD J. : Les essais de corrosion des biomatériaux : leurs usages, leurs limites, leurs fondements. Matériaux et Techniques 5-6:15-27, 2001. 4-GUYONNET JJ., GREGOIRE G., JONIOT-CHAMPION S. et al. : Electrogalvanisme buccal et sa pathologie. Moyens et protocoles d'expérimentation. Encyclopédie Médico-Chirurgicale 23063D10 : 6p, 1993.
  • 95.
    5-LANDOLT D. :Traité des matériaux .12. Corrosion et chimie de surfaces des métaux. Presses polytechniques et universitaires romandes, Lausanne, 1997 6-NORMAND B, PEBERE N, RICHARD C, WERY M. : Prévention et lutte contre la corrosion. Presses polytechniques et universitaires romandes, Lausanne, 2004 7-TOLIMELIN-CHEMLA F. : Propriétés électrochimiques des alliages utilisés en Odontologie. Encyclopédie Médico-Chirurgicale 23-0636-10 (Odontologie): 7p, 1998.