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                                      MCI PART TIME 2010/2011




 THÈSE PROFESSIONNELLE


          Sébastien JEHLEN




L’ENSEIGNEMENT / APPRENTISSAGE DES
 LANGUES ÉTRANGÈRES A L’HEURE DU
   WEB 2.0 ET DES RÉSEAUX SOCIAUX
L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN




L’ENSEIGNEMENT /
APPRENTISSAGE DES
LANGUES ÉTRANGERES
A L’HEURE DU WEB 2.0
ET DES RÉSEAUX
SOCIAUX


Sébastien JEHLEN
MCI Part-Time 2010 | 2011




THÈSE
PROFESSIONNELLE
JANVIER 2012
L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN




 remerciements                                                                                     M
  Giedo CUSTERS, pour ses conseils formateurs
  Professeur Agrégé de Français Langue Étrangère (F.L.E.) et Chef de Projet à l’Université
  Catholique de Louvain, Belgique

  Christophe JAEGLIN, pour son expertise
                                                                                                   E
  Professeur Agrégé d’allemand, Formateur T.I.C.E.

  Carmen VERA PEREZ, pour son éclairage avisé sur les T.I.C.E.
  Docteur en Philologie française, Professeur Agrégé de Français Langue Étrangère (F.L.E.)

  Arnaud PORTANELLI, pour son expérience
                                                                                                   R
  Co-fondateur et Directeur Marketing de Lingueo et PolyglotParty

  Guillaume de MENTHON, pour ses réponses éclairantes
  Directeur Général de goFluent France

  Stéphanie DUPUIS, pour sa passion
                                                                                                   C
  Professeur d’anglais au collège Matisse, ISSY-LES-MOULINEAUX

  Marie HOCHET, pour son aide précieuse
  Commerciale chez Learnship

  Diane PEDRO, pour son suivi de tous les jours et son sourire
                                                                                                   I
  Assistante pédagogique à l’Institut Léonard de Vinci

  Mathilde HOFFMANN, pour sa disponibilité
  Assistante pédagogique à l’Institut Léonard de Vinci



  Gabriel, pour son soutien précieux

  Dominique, pour ses conseils et son soutien indéfectible
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                                             TABLE DES MATIÈRES
RÉSUMÉ……………………………………………………………………………………..P. 1

INTRODUCTION…………………………………………………………………………....P. 2

SYNTHÈSE DES RECOMMANDATIONS……………………………………………….P. 4

PART APPLICATIVE - PARTIE 1……………………………………………………….. P. 5

I. Panorama de l’e-formation, le médium digital de la connaissance……………P. 6

   A. La formation digitale s’impose peu à peu………………………………………………………P.                                                               6

      1.   L’e-learning, apprendre et enseigner grâce aux outils numériques……………………………………………P.                                      6

      2.   Les T.I.C.E., l’école du XXIème siècle………………………………………………………………………………. …P.                                                9

      3.   La formation ouverte d’hier à aujourd’hui…………………………………………………………………………..P.                                                10

   B. Les « vieilles » et les « nouvelles » technologies…………………………………………….P.                                                        13

      1.   La radio et la télévision scolaires, le savoir au service des masses………………………………………......P.                              14

      2.   L’informatique, nouvel environnement pédagogique…………………………………………………….………P.                                               14

      3.   Le magnétoscope et la V.H.S., l’image à l’infini…………………………..........................................................P.   15

      4.   Le multimédia où la conjonction de vecteurs pour une pédagogie dynamique…………………………….P.                                   15

      5.   Internet, la connaissance n’a plus de frontière ni de limite dans le temps…………………………………..P.                              16

   C. La pédagogie en trois dimensions : l’éducation nationale, la formation continue,

      l’apprentissage autonome………………………………………………………………………...P.                                                                      17

      1.   La formation initiale, l’école de Jules Ferry et Napoléon…………………………………………………….....P.                                     17

      2.   La formation continue ou comment démultiplier ses compétences………………………………………….P.                                         18

      3.   L’apprentissage autonome : apprendre tout au long de son existence………………………………….......P.                                 19

   D. État des lieux des T.I.C.E. en milieu scolaire : un usage contrasté………………………P.                                                20

      1.   Une distorsion notable entre les moyens et les usages………………………………………………………...P.                                          20

      2.   Les Espaces Numériques de Travail, la systémique des ressources………………………………………..P.                                   28

   E. L’e-formation est désormais bien installée dans l’enseignement extrascolaire………P.                                         28

   F. L’enseignement des langues a très vite succombé aux sirènes du Web……………….P.                                               33

      1.   Les leaders n’occupent pas une position dominante sur le marché………………………………………...P.                                  33
L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN



        2.   Une nébuleuse d’acteurs de l’e-formation linguistique…………………………………………………………P.                                                           38

   G. Les théories de l’apprentissage, quelles méthodes pour bien apprendre ?……………P.                                                                 39

        1.   Le connectivisme : une synthèse salutaire des grandes théories ?.…………………………………………P.                                                     39

        2.   L’apprentissage linguistique, en théorie ça donne quoi ?...........................................................................P.   43

II. Le Web 2.0 ou l’interaction partout, tout le temps………………………………P. 45

   A. Définition et tour d’horizon du Web de deuxième génération…….…..............................P.                                                 45

   B. La force de frappe des réseaux sociaux et de l’intelligence collective…….…...............P.                                                    48

   C. Le social learning en phase de lancement………………………………..............................P.                                                           50

   D. Do you speak Web 2.0 ?.........................................................................................................P.              51

        1.   L’expression et la compréhension orales……………………………..............................................................P.                      51

        2.   L’expression et la compréhension écrites………………………………………………………………………...P.                                                                53

   E. Sur le Web, les outils linguistiques performants ne manquent pas……………………...P.                                                                  63

        1.   Les outils généralistes made in Web 2.0…………………………………………………………………………..P.                                                                 65

        2.   Les outils spécifiques à la pédagogie linguistique………………………………………….............................P.                                       67

III. L’efficacité comme problématique centrale de l’e-formation………………...P. 69

SOLUTIONS PROPOSÉES - PARTIE 2………………………………........................P. 70

        1.   Quelle peut être et doit être la place du formateur pour une e-formation efficiente ?..............................P.                   71

                   Parmi les professeurs, deux populations s’opposent……………………………………………………..P.                                                        71

                   L’apprenant ne doit pas se sentir seul face à son programme de formation………………………....P.                                           72

                   Qui dit formateur en langue(s) dit échanges linguistiques…………………………………………….....P.                                                 73

        2.   Comment conserver l’implication et la constance de l’apprenant et éviter l’isolement ?........................P.                        76

                   La motivation, la clé de voûte de l’e-apprentissage………………………………………………………..P.                                                      76

                   Qui dit stimulation dit échanges fructueux…………………………………………………………………..P.                                                           77

                   Les échanges fructueux sont-ils possibles via les réseaux sociaux ?...............................................P.              77

        3.   Comment gérer les échanges différés pour la maîtrise du « vertige asynchrone » ?...............................P.                       78

                   L’approche asynchrone génère de l’autonomie…………………………................................................P.                           78

                   Mais l’autonomie n’est pas une condition sine qua non dans la réussite d’une e-formation……....P.                                  78
L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN



      4.   Comment sélectionner ses outils pour une pédagogie dynamique ?........................................................P.       79

                En entreprise, il faut capitaliser sur les échanges entre salariés………………………………………..P.                                     79

                A l’école, il est nécessaire d’effectuer la synthèse du ludique et de l’éducatif…………………….....P.                           80

                En autonomie, il est primordial de multiplier les interactions sociales..............................................P.   81

      5.   Comment éviter l’appauvrissement des contenus du, entre autres, à une offre pléthorique ?...............P.                     82

      6.   Comment appréhender le social learning mais aussi le flux apprenant/apprenant ?.........………….…...P.                            83

                Le feedback, clé de voûte de l’apprentissage d’une langue………………………………………….......P.                                        83

                Qui dit social learning dit toutes les nationalités, tous les profils, tous les niveaux………….……..P.                        84

RECOMMANDATIONS DETAILLÉES – PARTIE 3…………………………………..P. 85

CRITIQUE ET QUESTIONNEMENT – PARTIE 4…………………………………..…P. 99

      1.   L’avenir de l’e-formation sociale pourrait passer par le social rich learning………………………………..P.                                  102

      2.   L’e-learning va muter pour devenir le we-learning…………………………………….....................................P.                         102

      3.   L’e-learning linguistique sera une expérience grâce à la réalité augmentée………...................................P.             103

CONCLUSION……………………………………………………………………………..P. 107

SOURCES………………………………………………………………………………….P. 109

GLOSSAIRE………………………………………………………………………………..P. 114

ANNEXES………………………………………………………………………………......P. 118

                Interviews……………………………………………………………………………………………………….….P.                                                                    119

                Enquête Profetic……………………………………………………………….……………………………….....P.                                                              127

                Quiz……………………………………………………………………………………………………………….....P.                                                                     138

                Pour aller plus loin………………………………………………………………………………………………..P.                                                              139
résumé / abstract / resumen / riassunto                                                                      E
Cette étude, dont le sujet est l’enseignement/apprentissage des langues à l’heure du Web 2.0 et des
réseaux sociaux, se propose de vous conduire dans l’écosystème de l’e-formation linguistique, à l’école,




                                                                                                              N
en entreprise et en autonomie pour mieux cerner les enjeux et problématiques en termes d’efficacité
mais aussi préconiser des axes d’optimisation. L’approche ludo-éducative, l’alternance des contextes, la
place de l’oral et de l’écrit, le social language learning, le m-learning, entre autres, sont des leviers que
nous mettons en exergue. Outre ce panorama domestique de l’e-apprentissage des langues, nous nous
interrogeons sur des points de développement, comme par exemple, le social rich learning. Cette
réflexion est également l’opportunité de démontrer l’aspect majeur des langues secondes qui mettent en
relief des cultures, des liens humains à une époque où les médias sociaux vont révolutionner les
échanges et le partage pour une société collaborative au modèle économique largement ouvert sur le




                                                                                                              R
monde.

Mots-clés : langues, Internet, Web 2.0, e-formation, social learning, m-learning, efficacité

This study, which subject is the Web 2.0 and social media’s contributions to the e-language learning,
focuses on the e-learning ecosystem for foreign languages at school, in the professional field and at
home. It is an opportunity to highlight challenges and issues in terms of efficiency and to make
recommendations for the purpose of optimisation. Edutainment, context alternation, oral and writing
dimensions, social language learning, m-learning are some of the levers that I would recommend.
Beyond this national panorama, some prospective paths can be drawn as, for example, the social rich
learning. This study also demonstrates the major dimension of foreign languages in terms of culture and
human bonds at a time social media are about to revolutionise our civilisation through increased
worldwide exchanges and collaborative sharing.

Key words: languages, Internet, Web 2.0, e-learning, social learning, m-learning, efficiency
                                                                                                              É
Este estudio, cuyo sujeto es el aprendizaje de idiomas con la Web 2.0 y las redes sociales, enfoca en el




                                                                                                              S
ecosistema del e-learning en escuela, en empresa y en autonomía para delimitar los desafíos y las
problemáticas en términos de eficacia y también recomendar ejes de optimización. El enfoque ludo-
educativo, la alternancia de los contextos, la utilización del oral y del escrito, el social language learning,
el m-learning son, entre otros, unos puntos clave que ponemos de manifiesto. Más allá de este
panorama nacional del aprendizaje digital de los idiomas, nos interrogamos en cuanto a las
oportunidades de desarrollo como, por ejemplo, el social rich learning. Esta reflexión es también la
ocasión de demostrar el aspecto mayor de los idiomas que resaltan con las culturas, los enlaces
humanos en un periodo en el que las redes sociales van a revolucionar los intercambios y el compartir




                                                                                                              U
en una sociedad de colaboración con un sistema económico muy abierto al mundo.

Palabras claves: idiomas, Internet, Web 2.0, e-learning, social learning, m-learning, eficacia

Questo studio, il quale soggetto è l’insegnamento/apprendimento delle lingue straniere nell’epoca del
Web 2.0 e dei social networks, si focalizza sull’ecosistema dell’e-learning linguistico a scuola, in azienda
ed da casa per capire meglio le sfide e le problematiche in termini di efficacia e per proporre metodi di
ottimizzazione. L’edutainment, l’alternanza dei contesti, l’utilizzazione dell’orale e dello scritto, il social
language learning, l’m-learning, tra gli altri, sono alcuni degli strumentisu cui proponiamo di far leva. Al di
la di questo panorama nazionale dell’insegnamento/apprendimento delle lingue straniere, ci
interroghiamo su punti da sviluppare come, ad esempio, il social rich learning. Questo studio si propone
inoltre di dimostrare l’aspetto prevalente delle lingue in termini di valorizzazione di culture e legami
interpersonali in un’epoca in cui social networks stanno per rivoluzionare gli scambi e la condivisione in
vista di una società il cui modello sia largamente aperto sul mondo.
                                                                                                              M
Parole chiavi: lingue, Internet, Web 2.0, e-learning, social learning, m-learning, efficacia




                                                                                                              É
                                                         1
I
EN INTRODUCTION


                                   N
QUE VAIS-JE
                                   T
APPRENDRE ?

                                   R
                                   O
Je parle italien aux femmes,
français aux hommes et
allemand à mon cheval
Charles QUINT


                               2
L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN



Maîtriser une ou plusieurs langue(s) étrangère(s) est devenu un critère distinctif. A commencer
par l’entreprise où il y a ceux qui parlent anglais, ceux qui font du mieux qu’ils peuvent et ceux
qui ne le parlent pas. Nous avons tous entendu des connaissances se lamenter de leur faible
niveau en langues – quand nous ne faisons pas partie nous-mêmes des « laissés pour compte
linguistiques » - et désespérant de pouvoir combler leurs lacunes héritées d’un enseignement
scolaire perçu, au choix, comme inadapté, peu probant voire dramatique. Il est donc naturel
que les langues aient toujours été des disciplines plébiscitées dans la formation à distance.
Combien de salariés français réclament une formation linguistique lors de leur entretien annuel
avec l’espoir d’enfin pouvoir maîtriser la langue ciblée à moyen terme ?

                                            L’arrivée d’Internet, entre autres source universelle
                                            de la connaissance, et de sa batterie d’outils variés
                                            a amplifié ce désir d’apprendre ou perfectionner sa
                                            maîtrise d’une ou plusieurs langues secondes. Mais,
                                            la résistance, volontaire ou inconsciente, aux
                                            nouvelles technologies, la pluralité des outils, des
                                            supports, des approches pédagogiques peuvent en
                                            décourager plus d’un. C’est d’autant plus le cas pour
                                            les apprenants autonomes qui ne sont ni des
                                            scolaires ni immergés dans une formation
                                            professionnelle. Pourtant, apprendre une langue
                                            étrangère n’a jamais été aussi facilité. Le Web 2.0,
via sa dimension participative et collaborative, bouscule les usages et revitalise l’enseignement
linguistique.

A l’école, en entreprise ou en autonomie, apprendre une langue seconde n’est plus le
cheminement long et coûteux, tout autant émotionnellement que matériellement, d’antan. Mais
cela vaut si les indicateurs établis sont clairs et réalistes, les leviers actionnés source de
motivation, et les outils employés adéquats et engageants. Dans ce rapport, nous dresserons
un panorama national de l’e-formation linguistique, en 2012, que ce soit en milieu scolaire,
professionnel ou privé, avant de cerner la problématique de l’enseignement/apprentissage des
langues à l’heure du Web 2.0 et des réseaux sociaux, pour y répondre avec les
recommandations et solutions que nous estimons probantes, puis nous nous interrogerons de
manière plus prospective sur les futurs axes de développement de l’e-formation linguistique.

Via ce travail, nous ouvrirons une fenêtre sur les nouvelles technologies dans le vaste domaine
de la formation tout en nous glissant dans la peau d’un apprenant lambda projeté dans
l’écosystème digital bouillonnant et mutant. Cette étude, nous l’espérons, sera également
l’opportunité de transmettre notre passion pour les cultures étrangères mais aussi Internet, une
révolution pour l’Humanité.

Suivez-nous dans les arcanes de la formation linguistique numérique et de ses thématiques,
passionnantes et d’actualité, telles qu’entre autres le devenir du professeur, les échanges
synchrones et asynchrones, le social language learning, le mobile learning ou encore le
connectivisme. Levons hic et nunc1 le voile sur l’enseignement/apprentissage des langues
étrangères à l’heure du Web 2.0 et des réseaux sociaux.



1
    Locution latine. « Ici et sans délai »

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L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN




     synthèse des recommandations
                                                                                                        R
                                                                                                        E
1    Désigner au moins un référent pour le guidage du parcours pédagogique
     Le facteur humain ne peut être exclu de l’e-formation linguistique

2    Privilégier un apprentissage ludo-éducatif pour une motivation maximale

     La pédagogie 2.0 doit savoir provoquer l’engagement et optimiser la motivation des
     apprenants




                                                                                                        C
3    Diversifier les contextes pour alterner les registres de langue et les situations

     La langue parlée est différente de la langue écrite. L’anglais professionnel n’est pas l’anglais
     des pubs londoniens

4    Rythmer la motivation par la correction, la gratification et l’évaluation
     Corriger, orienter, apporter du feedback qualitatif mais aussi savoir récompenser sont des




                                                                                                        O
     points essentiels de la pédagogie

5    Combiner l’oral à l’écrit tout au long du parcours pédagogique
     Parler une langue, c’est aussi savoir l’écrire et la lire

6    Multiplier les échanges et le partage

     Les interactions collaboratives sont les passerelles du rich learning

7    Encourager l’apprentissage par affinités
     Apprendre main dans la main avec ceux qui partagent nos intérêts, nos passions est un
     tremplin pédagogique
                                                                                                        S
8    Favoriser le recours au social language learning

     Savoir tisser des liens avec ses alter-égos digitaux pour apprendre ensemble, c’est optimiser
     ses connaissances

9    Exploiter la complémentarité du m-learning
     Utiliser son mobile ou sa tablette entretient la valuable knowledge
10
     Permettre un continuum dans l’apprentissage délivré
     La motivation et l’autonomie acquise durant le parcours pédagogique doivent être
     entretenues au-delà de la classe

     Découvrez le contenu exhaustif de ces recommandations dès la page 85.



                                                        4
P
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  PART
  APPLICATIVE                                                                                      A
                                                                                                   R
  PANORAMA DU
  SUJET                                                                                            T
                                                                                                   I
                                                                                                   E
  Je ne puis apprendre à parler à
  qui ne s’efforce pas de parler                                                                   1
  Confucius

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L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN



Ce sujet s’inscrit pleinement dans le vaste domaine de la formation des individus avec, pour
fers de lance, la pédagogie linguistique et les vecteurs numériques. Ce rapport limitera son
périmètre au marché français afin de brosser le plus exhaustivement possible un portrait de la
situation domestique. En préambule, il est important de poser une dichotomie notable : en
entreprise et dans la sphère privée, on parlera d’e-learning ; lorsqu’il s’agira des instances
scolaires françaises, c’est l’expression T.I.C.E. (Technologies de l’Information et de la
Communication appliquées à l’Enseignement) qui sera retenue.




A. La formation digitale s’impose à peu à peu

1. L’e-learning, apprendre et enseigner grâce aux outils numériques

L’e-learning propose l’exploitation des technologies de l’information et de la communication
pour un enrichissement des apprentissages via l’accès à distance à des ressources et services
mais aussi par la collaboration et l’échange (Source : Educsol, e-formation et e-learning). En
France, l’e-learning, est le terme retenu pour les formations digitales dispensées dans le cadre
de la formation continue ou souscrites en autonomie par les particuliers.

En parallèle de l’instruction brick and mortar, l’e-learning affiche une forte progression ces
dernières années de par les gains de temps, économique et d’intelligence que ce système
induit.




                                                                                          s




Dans une perspective économique, l’e-learning a généré un chiffre d’affaires de 144 millions
d’euros et a bénéficié d’une croissance annuelle de 25%, en 2010, soit une hausse de 66% par
rapport à 2008, année lors de laquelle un décollage a été constaté.

                                                   6
L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN



En septembre 2010, le cabinet spécialisé Féfaur a publié les résultats de son étude « L’offre
professionnelle e-learning en France ». Celle-ci met en relief la segmentation du marché, à
savoir :

>Les contenus sur-mesure, soit 44% du marché

>Les contenus sur étagère pour 26%

>Les learning management systems (L.M.S.) pour 21%

>Les outils et services d’auteurs avec 4%

>Le serious gaming avec 3%

>Les autres types de modules pour 2%

Les contenus sur-mesure sont basés sur le cahier des charges et les pré-requis des
entreprises pour une analyse des besoins et objectifs poursuivis avec pour finalité la création
de modules pédagogiques adaptés.

Les contenus sur étagère sont, a contrario, des modules standard proposés par l’offreur.

Les learning management systems sont des systèmes logiciels mettant à disposition des
enseignants un contrôle des accès, la gestion des cours et des outils de communication dans
le cadre d’une démarche collaborative et work in progress. Sur le plan technique, on peut les
rapprocher des C.M.S. (Content Management Systems).

Les outils d’auteurs sont des logiciels open source qui peuvent être personnalisés.

Les serious games conjuguent le ludique au technologique pour livrer un contenu pédagogique
basé sur un environnement de type jeu vidéo et, ainsi, permettre une démarche ludoéducative
plus impliquante (simulation de cas réels, 3D, …).
                             Source : Rapport « L’e-transformation de la formation », Institut Léonard de Vinci, juin 2011




                  Le marché de l’e-learning en France en bref - 2010

 C.A. généré : 144M. €

 +25% par rapport à 2009

 65% des grandes entreprises ont déjà recours à l’e-learning

 44% des salariés ont déjà bénéficié d’une formation faisant appel à l’e-learning




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L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN



Afin de mieux appréhender la pénétration de l’e-learning dans le vaste domaine de la
formation, le diagnostique stratégique suivant dresse un portrait succinct de ce jeune marché
en devenir :




L’e-learning, vocable désormais bien connu des masses, se démocratise peu à peu puisque
les français, que ce soit dans le cadre d’une démarche professionnelle ou privée, sont de plus
en plus nombreux à se renseigner sur les possibilités offertes par l’e-learning. Cependant, « e-
learning » étant un terme générique pour l’enseignement en ligne, ils lui préfèrent des
recherches plus précises sur la base de leurs besoins spécifiques, comme en attestent les
index de Google Tendance des Recherches.

                                                                      Du côté du search
                                                                    L’occurrence « e-
                                                                    learning » tend à voir
                                                                    sa volumétrie se
                                                                    réduire ces dernières
                                                                    années puisque les
                                                                    utilisateurs lui
                                                                    préfèrent des
                                                                    recherches moins
                                                                    larges telles que « e-
                                                                    learning anglais ».




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L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN




Lorsque l’e-learning est associé aux cours classiques en face à face et que, de fait, le
présentiel et le distantiel sont conjoints, on parle de blended learning, « blended » signifiant
« mélange ». Il s’agit donc d’un enseignement mixte combinant, par exemple, des cours par
téléphone à des cours en salle et par Internet. La démocratisation des smartphones voit
aujourd’hui l’essor du m-learning ou mobile learning pour un accès à des contenus
pédagogiques en toute mobilité.



2. Les T.I.C.E., l’école du XXIème siècle

                      L’acronyme T.I.C.E. désigne et regroupe toutes les techniques utilisées
                      principalement pour la création, la diffusion et le traitement d’informations
                      pédagogiques. Avec l’essor de la société de l’information, au cours du
                      vingtième siècle, l’usage des télécommunications, de l’informatique puis
                      d’internet a tendu à largement se développer pour la formation des
                      individus que ce soit en milieu scolaire ou dans le cadre d’une formation
                      autonome ou continue. Les principales techniques usitées sont
                      l’informatique, la microélectronique, les télécommunications et réseaux,
                      le multimédia, les logiciels et tous les médias électroniques. Les
                      applications des T.I.C.E. consistent en la production, le traitement, le
                      stockage, la classification et l’échange de contenus numériques pour
                      l’enseignement et l’apprentissage d’une discipline.

Les T.I.C.E. sont communément regroupées sous trois grands pôles applicatifs qui tendent
parfois à se chevaucher, à savoir :




                                                   9
L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN



1 | Le pôle audiovisuel, à savoir le traitement de l’image et du son.

2 | Le pôle informatique : l’ordinateur devient un outil intellectuel puisque la connaissance n’est
plus uniquement transmise mais également inductive via les diverses expériences vécues par
les apprenants au contact de la machine. Le professeur cohabite désormais avec celle-ci.

3 | Le pôle des télécommunications qui regroupe la télédiffusion, à savoir la télécommunication
unilatérale vers un grand nombre de destinataires disposant du matériel de réception adéquat
(radiodiffusion, vidéographie, etc.), la télématique qui est la symbiose des télécommunications
et de l’informatique (le Minitel en étant l’exemple le plus probant) et les télécommunications qui
sont l’ensemble des moyens de communication à distance (téléphone, fax, télévision, …).

Ces trois pôles sont amenés à se chevaucher car ils forment le multimédia qui, on le verra
postérieurement, a pris son essor à l’issue des années 80 pour un enseignement multicanal.
En 2011, les T.I.C.E. font partie intégrante du paysage scolaire. Professeurs et élèves
apprennent ensemble à multiplier les activités numériques pour une pédagogie plus
dynamique. D’autant que les élèves doivent désormais obtenir le Brevet Informatique et
Internet (B2i). Créé en 2000, le B2i établit les compétences informatiques que les élèves
doivent maîtriser à l’issue du collège. Reçu sous la forme d’une attestation, le B2i est
nécessaire à l’obtention du brevet des collèges.

La création du B2i prouve l’importance accordée par l’Éducation Nationale à l’usage tout autant
autonome que collectif des technologies de l’information et de la communication. Cependant,
les disparités sont nombreuses et la situation française, au sein des pays de l’O.C.D.E., est
sujette à plusieurs interrogations comme nous allons le voir dans ce rapport.



L’e-learning et les T.I.C.E. ont pour creuset l’enseignement ouvert, ou à distance, dont les
grandes étapes historiques sont mises en exergue dans le chapitre suivant.



3. La formation ouverte d’hier à aujourd’hui




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L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN



1849/1919 | L’enseignement par correspondance prend son envol

1860          Deuxième partie du dix-huitième siècle : les cours par correspondance se
              développent grâce à l’essor de l’imprimerie et des services postaux, notamment
              en Allemagne et au Royaume-Uni puis en France (1877, Cours HATTEMER).

1920/1945 | Les prémices du multimédia, déjà…

1920/1930     Développement du cinéma et enregistrement et diffusion de cours de langues
              sur disques 78 Tours.

1936          Essor de la radio scolaire.

1939          Création du Centre National du Télé-enseignement (C.N.T.E.) suite à l’exode
              des populations du Nord et de l’Est vers la zone libre. Le C.N.T.E. deviendra en
              1986 le C.N.E.D. (Centre National d’Enseignement à Distance) qui dispense
              aujourd’hui environ 300 000 formations.

1945          Création de la télévision française à vocation pédagogique via l’O.R.T.F. (Office
              de Radio Télévision Français).

1946/1971 | Le paysage de la formation à distance est remanié

1946/1947     Réorganisation des associations professionnelles et mise en place de la
              formation professionnelle.

1950          Développement du microsillon et du magnétophone, nouveaux supports
              d’enseignement.

1963          Télé-CNAM est lancée

1969          Développement et soutien de la télévision scolaire dans les pays en voie de
              développement sur la volonté de l’UNESCO.

1970/1994 | déclin puis reprise de la télévision éducative, essor de l’enseignement à
distance à l’échelle internationale

Années 70     Création du Conseil International de l’Enseignement à Distance et du
              Consortium International Francophone de Formation à Distance (C.I.F.F.A.D.).

1974          Dissolution de l’O.R.T.F. pour favoriser la concurrence télévisuelle ; sur le petit
              écran la formation s’incline face au divertissement.

1982          Les magnétoscopes et la V.H.S. se généralisent peu à peu.

1984          L’ordinateur personnel s’impose, notamment grâce au Macintosh d’APPLE.

1985          Lancement du plan Informatique Pour Tous (I.P.T.) (voir ci-après).

1988          Les logiciels à vocation pédagogique fleurissent dans la distribution spécialisée.

1994          Lancement de la Cinquième (désormais France 5), la télévision de la
              connaissance et du savoir.

                                                 11
L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN




FOCUS SUR LE PLAN INFORMATIQUE POUR TOUS (I.P.T.)

Le 25 janvier 1985, le gouvernement français, soucieux d’équiper les 50 000 écoles, collèges
et lycées nationaux en matériel informatique, annonce la mise en place d’un plan de 1.8
milliard de francs pour l’installation de 120 000 ordinateurs et l’accès à l’informatique des 11
millions d’élèves français. Ce plan très ambitieux a permis une vulgarisation de l’informatique
auprès de la population scolaire. Cependant, celui-ci est considéré comme un échec puisque la
programmation a été privilégiée au détriment de l’utilisation de logiciels mais aussi car les
professeurs n’étaient que peu formés et le matériel souvent obsolète. D’ailleurs, par
protectionnisme, ce sont des sociétés françaises qui ont été sélectionnées telles que
THOMSON et BULL. Or, très vite, se sont imposés les équipementiers américains APPLE et
IBM.



1995/2011 | la montée en puissance du multimédia

1995          Les particuliers découvrent Internet et ses ressources universelles. Création de
              l’A.R.F.E. (Anneau des Ressources Francophones de l’Education) par des
              enseignants, chercheurs et étudiants. De nombreux documents éducatifs
              téléchargeables y sont implémentés.

1996          Plusieurs académies scolaires proposent leur site internet et les établissements
              scolaires commencent à souscrire des connexions Internet.

1997          Lancement du plan national pour l’équipement et la connexion de tous les
              établissements de l’enseignement public, de la maternelle à l’université, d’ici l’an
              2000. Généralisation du D.V.D.

2000          Tous les lycéens métropolitains et ultramarins sont équipés, les écoles et
              collèges accusent un certain retard.

2003          Le Web 2.0, concept défini par Dale DOUGHERTY et Tim O’REILLY, transforme
              les usages d’Internet.

2010          En France, on dénombre 1 P.C. pour 4 lycéens, 1 pour 6 collégiens, 1 pour 10
              élèves de primaire. A peine 20% des établissements proposent une connexion
              Wi-Fi.

2011          Adoption du plan France Numérique 2012 pour l’économie numérique.


FOCUS SUR LE MULTIMÉDIA

Le multimédia se caractérise par la conjonction digitale d’au moins deux médias distincts parmi
le texte, le son, l’image fixe ou l’image animée. C’est dès 1978 que François BILLETDOUX,
auteur et romancier français, invente ce néologisme qui deviendra peu à peu le terme
désignant toute l’industrie des éditions numériques que ce soit en termes de contenant
(consoles, ordinateurs, tablettes, …) et de contenus (l’information créée puis transmise et
diffusée).

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Sur le plan de l’apprentissage, le multimédia se caractérise par le regroupement de médias sur
un même support (logiciel, internet) favorisant l’interactivité (navigation, hyper navigation,
recherche d’informations, aide en ligne) avec l’apprenant. C’est donc la logique L.M.S.
(Learning Management System, système d’apprentissage web pour accompagner toute
personne dans son processus d’apprentissage et la gestion personnalisée de son parcours) qui
prédomine via l’évaluation, le cheminement (laisser des traces de sa progression) et la
communication synchrone et asynchrone (facteur temps) avec ses pairs et/ou un enseignant.



Cette chronologie démontre combien l’évolution de l’enseignement à distance et, plus
globalement, des T.I.C.E. a été rythmée par l’introduction de technologies innovantes. La partie
suivante s’attachera donc à présenter ces vecteurs pédagogiques et, ainsi, mettre en relief les
progrès dans le domaine de l’e-formation.



B. Les « vieilles » et les « nouvelles » technologies




Sur la frise ci-dessus est illustrée de façon synthétique les diverses grandes technologies ayant
concouru à façonner l’enseignement ouvert.




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1. La radio et la télévision scolaires, le savoir au service des masses

A la fin des années vingt, l’Etat prend en compte l’enseignement et la formation à distance et
encourage l’introduction de technologies dans l’enseignement notamment par l’usage de la
radio et du téléphone. Cependant, le téléphone est un support vite abandonné car coûteux et
encore peu généralisé. En 1926, Radio Luxembourg est la première radio à transmettre un
programme éducatif. Puis, en 1936, les premiers grands projets de formation par l’utilisation du
support radiophonique soutenus par l’Etat sont opérationnels. Radio Sorbonne, par exemple,
voit le jour en 1937.

Plusieurs radios publiques comme privées diffusent des émissions éducatives à grande échelle
pour les personnes désireuses d’accroître leurs connaissances. Le succès est au rendez-vous,
notamment dans les zones rurales.

En parallèle de la radio, la télévision s’intéresse très vite à l’éducation des masses. Dès 1957,
de courts programmes pédagogiques sont diffusés. En 1963, c’est outre-manche que la
télévision éducative trouve ses lettres de noblesse avec le lancement d’une chaîne dédiée aux
adultes par la B.B.C. En France, Télé-CNAM est lancée. Dès 1965, la Radio Télévision
Scolaire (R.T.S.) encourage de multiples émissions éducatives majoritairement à destination
des adultes. Les Pays-Bas, l’Allemagne, la Pologne, le Québec suivent.

Aujourd’hui, BBC Learning et BBC Schools font toujours office de références. Dans le monde
francophone c’est R.F.I., pour la radio, et France 5 et certaines de ses jumelles nationales
(Radio Canada), pour la télévision, qui sont actuellement les principaux vecteurs éducatifs. Ces
deux médias tendent à s’effacer devant Internet.

2. L’informatique, nouvel environnement pédagogique

Suite au colloque de l’O.C.D.E. à Sèvres, en 1970, la France, qui est en pleine période de
développement, introduit l’informatique dans l’enseignement secondaire. On fait le choix
d’introduire l’informatique en tant que support et non en tant que discipline indépendante. Se
pose alors le problème de l’équipement qui est coûteux et volumineux. Seuls 58 lycées sont
équipés entre 1972 et 1976.

D’un lycée à l’autre, les initiatives et pratiques sont très diverses : club informatique, cours de
programmation, enseignement assisté par ordinateur (E.A.O.). C’est cette dernière initiative qui
prend le dessus et tend à plus largement se développer à l’orée des années 80 bien qu’en
1978 le rapport Simon insiste sur l’importance de finalement définir l’informatique comme une
discipline à part entière. En 1979, l’opération « 10 000 micro-ordinateurs » est validée.

Les professeurs étant très peu voire mal formés, on établit des stages d’un an dans chaque
académie pour palier à cette problématique. En parallèle, on crée l’option informatique pour les
secondes, premières et terminales. En 1983, le gouvernement entérine le projet « 100 000
micro-ordinateurs» qui sera renforcé par le plan Informatique Pour Tous (I.P.T.) déjà cité.
Aujourd’hui, informatique et multimédia sont presque indissociable, Internet étant devenu un
outil logiciel important au sein des classes.




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FOCUS SUR L’E.A.O. OU ENSEIGNEMENT ASSISTÉ PAR ORDINATEUR

Lorsqu’un apprenant utilise un logiciel sur micro-ordinateur pour apprendre, on parle
d’Enseignement Assisté par Ordinateur. L’E.A.O. s’appuie sur des didacticiels (contraction de
logiciels didactiques), à savoir des logiciels à portée pédagogique, articulés autour du triptyque
stimulus/réponse/évaluation, notamment dans le cas des didacticiels exerciseurs qui
consolident une notion par le phénomène de répétition (behaviorisme, notion que nous
développerons par la suite). Les didacticiels se distinguent par leurs fonctions interactives. Se
superposent les tutoriels qui ont pour unique but de dispenser un contenu pour offrir et/ou
renforcer la connaissance d’un sujet précis.

L’E.A.O., choix des gouvernements français successifs, bénéficie de nombre d’intérêts mais
souffre aussi de lacunes évidentes. L’E.A.O. apporte de nombreux stimuli à la motivation des
élèves et leur propose des activités interactives et ludiques qu’un enseignant ne peut pas
toujours créer ni effectuer. En revanche, ces programmes manquent parfois d’empathie et ne
peuvent pas toujours apporter une réponse à des cas spécifiques où l’accompagnement
humain est important. Bien évidemment, l’E.A.O. suscite également des réserves de par sa
substitution à l’enseignant, le facteur humain étant considéré comme déterminant dans
l’apprentissage.



Ce que l’on désigne désormais par l’acronyme T.I.C.E. est essentiellement le fruit de la
synthèse de l’E.A.O. et du multimédia.

3. Le magnétoscope et la V.H.S., l’image à l’infini

Avec l’enregistrement du son et de l’image sur bande magnétique, la vidéo s’impose très vite
comme un excellent vecteur pédagogique, au cours des années 80. Les possibilités sont
immenses : illustration de cas, descriptions pédagogiques, insertion de photographies, plan
rapprochés, division de l’image, ralentis, retours en arrière, passage accéléré à la séquence
suivante, etc. En tant que support peu encombrant et facile d’utilisation, la V.H.S. devient vite
un outil pédagogique incontournable que ce soit en classe ou en autoformation, par exemple.

Cependant, la vidéo est parfois décriée pour son manque d’implication réelle de l’apprenant, le
fait qu’elle ne soit pas forcément adaptée à l’auditoire et, de plus, non modifiable mais
également pour sa couverture parfois très superficielle d’un sujet derrière de divertissants
atours.

C’est pourtant une technologie désormais universelle et qui a su se renouveler dès 1997 avec
le lancement du Digital Versatile Disc (D.V.D.) qui truste toujours une place importante dans les
méthodes pédagogiques.

4. Le multimédia ou la conjonction de vecteurs pour une pédagogie dynamique

Les bases du multimédia pédagogiques ont été jetées par l’E.A.O. et la vidéo éducative. A la
fin des années 70, avec l’essor du multimédia, la formation à distance commence à être perçue
comme une sphère éducative indépendante par les pouvoirs publics qui appréhendent plus
aisément ses enjeux, ses expériences, ses caractéristiques et ses problématiques propres.



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Cela se double d’une réelle empathie pour le public apprenant. On mène des études de
comportement à la fois sur les formateurs et les formés et la recherche technologique dans
l’éducation est plus largement encouragée. Avec pour conséquence une assimilation du
concept d’individualisation. Dès 1987, le Ministère du Travail lance un appel à projets
« systèmes de formation multimédia individualisés ». A l’échelon européen, le programme
D.E.L.T.A. voit le jour, en 1991, avec pour objectif la recherche et le développement
d’applications basées sur les nouvelles technologies d’information et de communication dans
l’éducation. Sur le plan national, le programme F.O.R.E. (Formation Ouverte et Ressources
Éducatives) permet la généralisation de formations à distance dans les entreprises et les
centres de formation.

Dès 1988, avec la généralisation des micro-ordinateurs, tout un chacun peut désormais
acquérir des logiciels pour se former ou renforcer ses compétences. L’école, de son côté, n’est
pas en reste avec la constitution de logithèques.

5. Internet, la connaissance n’a plus de frontière ni de limite dans le temps

En 1995, une révolution technologique voit le jour, à savoir Internet. Les instances
européennes, bientôt relayées par leurs pendants nationaux et régionaux multiplient les
initiatives mettant le multimédia au cœur de l’éducation. On l’a vu précédemment, les
établissements français se dotent relativement rapidement d’une connexion pour tirer partie de
ce nouvel outil mettant à portée de clic la connaissance universelle.

On commence à numériser les ouvrages, on publie divers travaux et recherches. Les Campus
Numériques Universitaires sont mis sur pied ; le concept d’e-université est né. L’e-learning
prolonge cette notion à toutes les classes d’âge, à tous les niveaux scolaires. On parle de
Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (N.T.I.C.) puis, les
développements étant particulièrement fulgurants, de T.I.C. L’enseignement qui, comme on l’a
vu sait tout le potentiel qu’offrent ces technologies, définit très rapidement le concept de
T.I.C.E.

En 2003/2004, le Web vit sa première grande révolution. Le Web 2.0 prend le relais. D’un
Internet aux contenus pratiquement figés et peu interactifs, on passe à l’implémentation d’outils
en cascade pour un recentrage sur l’internaute et, de fait, une plus grande horizontalité. La
vidéo, les plug-ins, les podcasts et A.P.I. se généralisent sur la Toile. Autant d’attributs
particulièrement adaptés pour faire d’Internet une formidable source éducative. Les contenus
numériques publiés ne sont plus uniquement l’apanage d’experts puisque tout un chacun peut
interagir avec les internautes. Outre la multiplication des sources et l’aplanissement du facteur
temporel, on se connecte sur différents devices (ordinateurs, tablettes, téléphones mobiles)
pour un accès extrêmement facilité à l’information qui se régénère constamment.

En parallèle du flux logique et bien établi enseignant/apprenant, se développe les flux
enseignant/enseignant et apprenant/apprenant qui sont particulièrement encouragés avec
l’apparition des réseaux sociaux. Ces plateformes d’échanges planétaires, au succès croissant
depuis 2006, sont certainement le principal catalyseur de la notion d’individualisation de
l’enseignement dans la lignée des logiciels. Le paysage pédagogique est, une nouvelle fois,
bousculé et les vérités d’hier ne sont pas forcément celles d’aujourd’hui. Le « décor » de la
formation ouverte étant planté, il me paraît essentiel à ce niveau de passer en revue la
situation des T.I.C.E. dans l’Hexagone à l’école mais aussi de l’e-learning en entreprise et à la
maison, en 2012.
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              Synchrone/Asynchrone                    Apprentissage                Learner2Learner
  Evaluation 2.0                  Formation




                                                                                                E.A.O.
    Ludique           Education 2.0 Blogs                                     e-learning
 Partage desAutonomie
               données      Motivation Tâches                                    Interactivité
                                                                              E.N.T. Widgets
           T.I.C.E.
               Classes Virtuelles         Chat Wikis
                 Web 2.0
                         Encadrement        Syndication
   Pédagogie 2.0                 Multimédia


C. La pédagogie en trois dimensions : l’éducation nationale, la formation
continue, l’apprentissage autonome

Lorsque l’on évoque le vaste domaine de l’éducation des personnes, on distingue deux grands
« compartiments », à savoir l’éducation scolaire, sous la houlette de l’éducation nationale et du
ministère du même nom et la formation continue qui s’exerce au cours de la carrière
professionnelle. On parle de formation initiale par opposition à la formation continue.
Cependant, lorsque l’on évoque l’éducation, il ne faut pas minorer l’importance de
l’apprentissage autonome, à savoir les démarches personnelles des individus souhaitant se
former à une ou plusieurs discipline(s) ou approfondir leurs connaissances. A contrario des
formations précédentes, il n’y a pas forcément de structure encadrante.

1. La formation initiale, l’école de Jules Ferry et de Napoléon

Il s’agit de l’éducation intellectuelle et morale d’une personne obtenue au terme d’un cycle
d’étude.

C’est via l’école, dans toutes ses composantes, qu’est donc dispensée la formation initiale,
généralement sanctionnée par un ou plusieurs diplôme(s). Sont considérés en formation initiale
les individus qui :

>N’ont pas interrompu leurs études au-delà de deux ans

>Travaillent en temps partiel en parallèle de leurs études

Le système scolaire français, qui se base sur une instruction obligatoire de 6 à 16 ans,
s’articule en trois grandes périodes que sont :

>L’enseignement primaire, de 2 à 10 ans, et qui rassemble les écoles maternelle et primaire.

>L’enseignement secondaire, en moyenne de 11 à 18 ans, qui est la synthèse du collège et du
lycée.

>L’enseignement supérieur qui revêt diverses formes selon l’orientation choisie ou subie à
l’issue du collège et pendant les années lycée.




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2. La formation continue ou comment démultiplier ses compétences

La formation continue est l’éducation concernant les apprenants qui ont quitté la formation
initiale et sont donc entrés dans la vie active. Elle désigne de fait les apprenants adultes. La
formation continue revêt deux formes :

>la reprise d’études avec des modalités proches de la formation initiale
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>la formation professionnelle continue (F.P.C.)

Dès 1946, la république inscrit la formation professionnelle dans la constitution française. En
1949, l’A.F.P.A. (Association pour la Formation Professionnelle des Adultes) voit le jour. A
partir de 1959, la loi Debré permet aux centres de formation de dispenser des cours du soir. On
considère que la formation est un effort personnel récompensable par une promotion
professionnelle. La reconversion professionnelle est prise en compte, en 1963, via le Fonds
National pour l’Emploi (F.N.E.) qui participe à la restructuration du secteur industriel et de ses
moyens humains. Suite à mai 68 et, après de profondes négociations, les partenaires sociaux
font entrer la formation professionnelle au cœur du droit du travail via l’accord national
interprofessionnel (A.N.I.), permettant ainsi de corriger les inégalités du système éducatif, la
réponse aux besoins en main d’œuvre et aux aspirations individuelles à la promotion. Tous les
salariés, excepté ceux du secteur public, sont concernés.

Depuis la loi du 16 juillet 1971, la F.P.C est dispensées par des organismes reconnus aux
statuts très divers. L’Etat, les collectivités et les cotisations patronales sont les sources de
financement de la F.P.C. qui jouit aujourd’hui d’un budget annuel avoisinant les 30 milliards
d’euros. En 1984, le congé individuel de formation (C.I.F.) voit le jour suivi, en 1989, par le
crédit formation.

Une rationalisation des organismes de formation est menée en 1991 suite à certaines dérives.
Des labels sont délivrés. En 1993, c’est le financement qui est assaini : les O.P.C.A.
(Organismes Paritaires de Collecte Agréés) sont instaurés. Le capital temps formation voit le
jour et permet aux salariés de profiter de formations inscrites au plan de formation de leur
entreprise pendant leur temps de travail. 2004 signe l’instauration du droit à la formation
professionnelle tout au long de la vie de l’individu. Depuis 2007, certaines branches de la
fonction publique bénéficient également de ce système. C’est ainsi que le droit individuel à la
formation (D.I.F.) est créé : le salarié dispose de vingt heures de formation par an, des heures
cumulables sur plusieurs années.

Avec le D.I.F., les services Web prennent de l’ampleur, comme nous le verrons plus largement
dans la suite de ce rapport, et le salarié est parfois directement sollicité par les offreurs du
marché de l’e-learning.

3. L’apprentissage autonome : apprendre tout au long de son existence

Nous avons précédemment souligné l’importance de l’individualisation. Au cours du vingtième
siècle, la notion d’apprentissage autonome s’est largement développée en parallèle de
l’évolution des techniques pédagogiques. En effet, l’apprentissage en autonomie jouit d’une
batterie d’avantages pour un apprenant désireux de se former ou d’approfondir ses
connaissances par lui-même, à savoir :

>Une autonomie permettant une gestion personnelle des efforts et du temps consacré

>Un apprentissage basé sur les besoins et attentes spécifiques de l’apprenant

>Un apprentissage décentralisé par rapport aux personnels et locaux disponibles

>Une souplesse dans la progression et une pression moindre par rapport aux objectifs

>Un coût maîtrisé, notamment à l’ère numérique

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En 2011, c’est l’ordinateur qui très majoritairement est choisi par les individus. Cependant,
selon l’appétence à l’informatique, l’âge ou encore les ressources, certains privilégient encore
la formation par les livres, cassettes audio et vidéo ou D.V.D. Ces choix tendent à se
marginaliser devant la force de frappe des logiciels et d’Internet. En effet, l’apprentissage
autonome via ces outils conventionnels souffre notamment des points faibles suivants :

>Pas ou peu de contact avec d’autres apprenants

>Moins de possibilités d’échange

>Un partage d’expériences peu favorisé

>Une évaluation rare ou inexistante des progrès accomplis

Il est difficile de quantifier l’apprentissage autonome qui est un choix personnel qui s’exerce en
dehors des structures scolaires et professionnelles. Si la France se positionne comme la
championne du soutien scolaire, avec 2.2 milliards € et une croissance annuelle de 10%, quid
du « marché adulte » de l’apprentissage autonome ? D’autant qu’avec Internet, les démarches
sont grandement facilitées.



FOCUS SUR LE SOUTIEN SCOLAIRE

La France étant l’un des rares pays où le soutien scolaire bénéficie d’une réduction fiscale, les
cours de soutien connaissent une envolée ces dernières années. En surimpression de ce coup
de pouce, la culture typiquement française de l’élite, où l’échec est très mal vécu, est un
paramètre à prendre en compte.

D’autre part, le développement des technologies numériques permet désormais une très
grande flexibilité en termes horaires, pécuniaires, organisationnels et de motivation. Prof
Express, Educastream, Maxicours, Teacheo et consorts ont su tirer partie du Web 2.0 en
implémentant des outils variés pour un parcours personnalisé des élèves. Acadomia, leader du
cours à domicile, s’est récemment lancé dans les cours de langue en ligne selon les niveaux
reconnus par le C.E.C.R. que nous expliciterons ultérieurement.




D. État des lieux des T.I.C.E. en milieu scolaire : un usage contrasté

1. Une distorsion notable entre les moyens et les usages

Bien que parmi les pays de l’OC.D.E. la France ne soit pas des plus en avance, le recours aux
nouvelles technologies s’est grandement accéléré ces dernières années. Il est pour autant
nécessaire de souligner que cette progression est très logique voire urgente puisque notre
pays accuse un lourd retard en la matière.




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                                                              L.P.

                                                              Lycées Professionnels

                                                              L.E.G.T.

                                                              Lycées d’Enseignement
                                                              Général & Technologique




                                                             Source : Éducnet, Débit de l’accès à Internet, 2010

En 2010, parmi les pays de l’Union Européenne, la France arrive en huitième position en
termes d’équipement informatique. Bien que notre pays soit la deuxième économie de cette
zone, il s’agit d’un rang somme toute honorable et qui est le fruit d’efforts continus, ces
dernières années, de nos gouvernants pour équiper les établissements nationaux et ultra-
marins. Cependant, le taux d’équipement subit de regrettables variations d’une académie à
l’autre, un déséquilibre qui pourrait s’aggraver avec les récentes lois de décentralisation.




                                                        Source : Éducnet, Nombre d’élèves par ordinateur, 2010

Le graphe ci-après, qui s’attarde sur les matériels technologiques utilisés est édifiant. Hormis
les photocopieurs, tous les autres outils sont majoritairement fournis par les enseignants qui
doivent très souvent mobiliser leurs ressources personnelles pour permettre un accès facilité et
multi-supports de leurs élèves aux T.I.C.E. Pour l’usage d’un simple ordinateur de salon, cinq
fois sur dix, c’est l’ordinateur personnel de l’enseignant qui est mis à contribution.




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                                                      Source : Éducnet, Équipements à la disposition des enseignants, 2010




               Source : IPSOS, Etude sur les TICE et les enseignants, Utilisation des équipements à titre professionnel, 2010




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                              Source : IPSOS, Etude sur les TICE et les enseignants, Utilisation des équipements, 2010

Le recours aux équipements permettant une utilisation d’Internet s’est accéléré. Pourtant, les
enseignants restent prudents dans leurs usages en favorisant des matériels classiques dont ils
maîtrisent parfaitement l’utilisation. Les tableaux blancs, les classes mobiles et les tablettes,
notamment, suscitent même des freins notables. Le tableau blanc interactif dispose d’un écran
tactile, d’un stylet et d’un capteur suivant les mouvements de l’utilisateur. Il est généralement
relié à la Wi-Fi. La classe mobile permet de favoriser les travaux en réseau. Ces résultats
dénotent de la frilosité de certains professeurs envers ces outils technologiques révolutionnant
l’approche pédagogique.

En ce qui concerne la place des T.I.C.E. à l’école, les résultats sont édifiants : sur les 27 pays
que compte l’U.E., notre pays se classe au vingt-quatrième rang pour l’usage de ces
technologies dans la classe. Ce déséquilibre a pour résultante une distorsion entre les
capacités et les usages. L’accès des élèves aux ressources est désormais généralisé mais
ceux-ci ne bénéficient que très peu des dernières innovations ou pour des tâches encore très
basiques. Outre les moyens financiers et techniques, il est nécessaire de prendre en
considération « l’évangélisation des enseignants » pour clarifier ce retard inquiétant.

Depuis le Plan Informatique pour Tous de 1985, la formation et, en préambule, la
sensibilisation des professeurs a bien souvent été le parent pauvre des programmes et
politiques décidées par le Ministère de l’Éducation. En conséquence, il n’y a pas dans notre
pays de véritable « coaching » et donc d’adhésion pleine et entière des enseignants autour des
multiples possibilités des T.I.C.E. A contrario de certains de ses alter-egos, l’enseignant
français reste donc timoré dans son approche et dans son usage des T.I.C.E., sauf exception,
et n’explore que très peu de méthodes et travaux en dehors de ceux mis en exergue par les
instances éducatives.

Les conséquences sont les suivantes :

>La défiance vis-à-vis des T.I.C.E. est encore notable

>Le recours spontané au T.I.C.E. est donc faible

>La créativité pédagogique est minorée

>La « veille techno-pédagogique » est rare parmi le corps enseignant peu sensibilisé

L’étude sur les T.I.C.E. et les enseignants, menée en 2010 par l’IPSOS, donne un éclairage
très parlant sur la perception des outils numériques par les professeurs. L’histogramme ci-
après démontre que ces techniques sont plus largement vues comme des leviers du savoir-
être avant d’être de probants vecteurs du savoir. 87% des enseignants jugent les T.I.C.E.
comme un moyen de permettre un usage raisonné d’Internet par les élèves et apportant une
certaine maîtrise de l’information et de la communication. L’aide à la pratique d’une langue
étrangère (52%), à la rédaction (44%) et à la maîtrise du français (41%) ou bien encore à la


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maîtrise des mathématiques et des sciences et technologies (38%), qui se situe sur le plan du
savoir, sont des critères cités par moins d’un enseignant sur deux.




                    Source : IPSOS, Etude sur les TICE et les enseignants, Compétences développées par les TICE, 2010

On constate, à la lecture des réponses données, que le corps enseignant appréhende encore
très largement les T.I.C.E. comme un moyen plus que comme un faisceau de sources de la
connaissance. Pour preuve, le graphique suivant qui aborde les bénéfices des T.I.C.E.
ressentis par les professeurs. Les mentions « apprendre de manière interactive et ludique »
et/ou « consolider les savoirs », par exemple, ne figurent pas parmi les résultats proposés par
le ministère. Pour la grande majorité des enseignants, les T.I.C.E. sont le moyen idoine de
préparer des supports de cours et de réaliser des tâches administratives. Ils ne sont que 66% à
plébisciter l’item « faire cours ». Et seuls 49% sont tout à fait d’accord avec l’affirmation
« réaliser un suivi personnalisé des élèves et leur évaluation, en dehors de la classe ». Les
T.I.C.E. sont considérées comme des techniques organisationnelles pratiques pour les
professeurs et qui, lorsqu’elles sont utilisées avec les apprenants, le sont essentiellement en
classe.




                                       Source : IPSOS, Etude sur les TICE et les enseignants, Bénéfices des TICE, 2010

Devant cette perception encore très classique, les réponses à la question « quelles actions
pour généraliser l’usage des T.I.C.E. ? » sont éloquentes : 8 professeurs sur 10 réclament des

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formations et une aide à la gestion de la maintenance. 57% demandent l’adaptation des
programmes et ils sont 40% à souhaiter que les instances scolaires communiquent bien plus
sur les bénéfices que les T.I.C.E. peuvent apporter aux enseignants, ce qui illustre clairement
le manque « d’éducation » du corps enseignant à ces technologies. D’ailleurs, le fait qu’ils
soient 71% à estimer qu’il est important de prendre en compte le fait que l’usage des T.I.C.E.
nécessite un temps de préparation plus long prouve la méconnaissance des pédagogues
puisque les T.I.C.E. sont censées, entre autres, permettre une gestion facilitée et donc plus
rapide des cours. Seuls 2% répondent qu’ils ne voient aucun intérêt aux T.I.C.E., ce qui
souligne la prise de conscience relative à l’importance et à l’impact de ces outils par la
communauté scolaire.




            Source : IPSOS, Etude sur les TICE et les enseignants, Quelles actions pour généraliser l’usage des TICE ?, 2010




                                                                 Disciplines et T.I.C.E.
                                                  >Les sciences et technologies sont logiquement en tête

                                                  >Les maths trustent la seconde place avec plus de 20%

                                                  >Le rédactionnel (lettres, sciences humaines et langues)
                                                  peinent encore à « se digitaliser »

                                                  >Les technologies complexes accusent un fort retard




Les deux tableaux ci-après listent les types d’actions principalement menées par les
enseignants lorsqu’ils ont recours aux technologies de l’information et de la communication
dans l’enseignement. Le premier tableau concerne le cycle primaire, le suivant le secondaire.




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A la lecture de ces indices, on constate que c’est étonnamment en maternelle que l’on fait le
plus appel aux ressources pédagogiques en ligne. Suivent les lycées avec 71%, les collèges et
écoles primaires avec 64% et les lycées professionnels avec 53%. En France, les nouvelles
technologies à l’école semblent être essentiellement synonymes de praticité et gain de temps
dans l’approche organisationnelle : on délivre les emplois du temps, les notes et actualités
scolaires avec Internet pour appui.




                              Source : IPSOS, Etude sur les TICE et les enseignants, Moyens d’évaluation utilisés, 2010

Cependant, les enseignants se convertissent peu à peu l’évaluation 2.0 pour une interactivité
plus forte, comme le démontrent les indices ci-dessus. Les tâches multimédia sont encore
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disparates mais les formateurs ont intégré l’aspect facilitateur de la notation grâce aux outils
numériques. Pour les devoirs sur table, les exercices ou encore les interrogations écrites et
orales, les moyens d’évaluation numériques sont de plus en plus utilisés par les enseignants.
Cependant, dans le cadre des devoirs à la maison ou préparations d’exposés, les professeurs
appliquent rarement une évaluation basée sur les outils digitaux en mode asynchrone donc à
distance.

A l’heure du Web 2.0, il est surprenant de constater que les outils digitaux employés par le
corps enseignant demeurent relativement conventionnels, comme en atteste le graphique ci-
dessous à gauche. Le rédactionnel reste majoritaire avec l’utilisation et l’entretien d’un blog
pour 27% des répondants. Facebook et Twitter, largement utilisés par les élèves en tant
qu’agréments, ne sont que peu exploités (9% Vs. 2%) en classe.

Sur le chapitre des réseaux sociaux (graphique de droite), la méconnaissance est
malheureusement criante : 31% des sondés ont opté pour l’item « Ne sait pas » à l’affirmation
« Les réseaux sociaux peuvent servir de vecteur pédagogique » et pratiquement 2 professeurs
sur 10 ne sont pas d’accord avec cette affirmation.




                                                    Source : IPSOS, Etude sur les TICE et les enseignants, 2010

Le social learning, qui s’appuie sur le mode collaboratif induit par les médias sociaux et que
nous aborderons plus loin dans ce rapport, n’a pas encore les faveurs du corps enseignant.
Pourtant, l’installation et le renforcement inévitable des T.I.C.E. dans le paysage scolaire
français vont amener les instructeurs à optimiser leurs usages en ce domaine et, surtout, à
travailler en mode systémique, comme le résume l’infographie ci-après.

Outre les supports papier classiques, les professeurs devront s’adonner à la gestion d’outils
                                                électroniques divers (wikis, blogs, réseaux
                                                sociaux, vidéoconférence, webinars, etc.)
                                                tout en gérant l’approfondissement de leurs
                                                rapports avec les familles, leurs collègues
                                                (best practices, …), leur hiérarchie mais
                                                aussi et surtout avec leurs élèves bien plus
                                                informés et exigeants. L’interdépendance et
                                                le partage vont prendre une autre dimension
                                                à l’école sous la houlette de professeurs bien
                                                plus aguerris aux nouvelles technologies.



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                                                      Le prof dans l’œil du cyclone
                                                  >Il est connecté

                                                  >Il doit constamment se former

                                                  >Il connaît la valeur de la collaboration

                                                  >Il est la porte d’entrée vers le réseau

                                                  >Il est le nœud des échanges

                                                  >Il connecte les intelligences

                                                  >Il lie le tangible au virtuel


                                                         Source : The networked teacher, Alec COUROSA, 2010


2. Les Espaces Numériques de Travail, la systémique des ressources

Cependant, l’Etat a réagi en instaurant les E.N.T. (Espaces de Travail Numérique) dans les
établissements secondaires puis universitaires. Il s’agit de fournir aux utilisateurs (élèves,
professeurs, chercheurs) un accès aux ressources liées à leur(s) activité(s). Ce point d’entrée
est constitué d’un socle de services applicatifs pour des recherches profondes de données. Les
E.N.T. ont permis de donner un accès en dehors des structures scolaires aux bénéficiaires
pour un partage collectif de l’information, de moderniser la scolarité en encourageant
l’utilisation de ressources pédagogiques au sein des familles, permettre aux scolaires la
gestion de l’information et donc de mieux appréhender la société de l’information et, enfin de
rendre possible par tous et pour tous l’utilisation de formes alternatives d’enseignement et
d’apprentissage. Les E.N.T. sont les équivalents nationaux des L.M.S anglo-saxons, soit des
centres de ressources.



E. L’e-formation est désormais bien installée dans l’enseignement extrascolaire

Selon une étude de Cegos (« La formation professionnelle, aujourd’hui et demain »), en 2010,
24% des salariés français ont suivi un cours en e-learning contre 51% en Espagne et 47% au
Royaume-Uni. Cependant, ce retard devrait être comblé d’ici 2012 puisque on observe une
accélération du recours à l’e-learning au sein de nos entreprises. Les employeurs incluent
désormais plus facilement un volet e-learning à leur plan de formation. Les causes en sont
essentiellement la flexibilité et la réduction de certains coûts, à une époque où les dépenses
sont étudiées à la loupe.

L’enquête CEGOS met en avant 7 tendances lourdes encourageant la conversion des
ressources humaines à l’e-learning.




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                              Source : BISEUL Xavier, « E-learning : la France en cours de rattrapage », 15 janvier 2010

L’étude « e-transformation de la formation » conduite par les étudiants de l’Institut Léonard de
Vinci (I.L.V.), en 2011, met en exergue le potentiel de l’e-learning dont la part budgétaire ne
représente qu’un pourcent du budget total de la formation quand celle-ci atteint les 11% au
niveau mondial. Ce sont logiquement les grandes entreprises et les multinationales qui
génèrent 73% du chiffre d’affaires de ce secteur. Selon Philippe GIL, de DEMOS E-Learning,
« les entreprises du CAC 40 estiment que la part de l’e-learning sera en augmentation ou en
forte augmentation dans les deux ans à venir. Aucune ne prévoit de réduire l’effort
d’investissement ». Le potentiel de croissance est donc vaste. D’autant que 85% de ces
sociétés font de l’outsourcing pour la réalisation de modules de formation.

Il s’agit donc essentiellement de contenus sur mesure, à savoir répondant à un cahier des
charges établi selon les besoins du donneur d’ordre. Suivent les contenus sur étagère, ou
standard, désormais majoritairement liés aux thématiques managériales. Outre ces deux
segments désormais largement exploités, le serious gaming fait une percée remarquable ces
derniers mois. Le plan France Numérique 2012, pour le développement et l’offre de contenus
numériques, dispose d’un budget de 20 millions d’euros pour le soutien de 48 projets de
serious gaming. Ce segment de l’e-learning génère 1.5 milliard d’euros et atteindra les 10
milliards en 2015. Le potentiel est donc considérable et les entreprises se laissent désormais
séduire par cette pédagogie ludique très réaliste permettant une forte implication et donc une
adhésion de leurs salariés. Ces « jeux sérieux » combinant le ludique à l’interactivité peuvent
être de six natures :

>Les advergames ou jeux publicitaires pour la promotion d’une marque

>Les jeux ludo-éducatifs pour apprendre tout en s’amusant


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>Les jeux de marché qui servent la stratégie de communication et les enjeux sociaux

>Les jeux engagés pour la dénonciation de problèmes généralement d’ordre éco-politique

>Les jeux de simulation permettant la reproduction d’une tâche ou manœuvre

>Les jeux expérimentaux généralement à dimension scientifique

Bien évidemment, les sociétés sont bien plus enclines à mettre en place les jeux ludo-éducatifs
et de simulation. Cependant, les autres types sont parfois utilisés par les marques auprès du
marché donc de leurs consommateurs, notamment les advergames. A noter que L’OREAL a,
par exemple, recruté un tiers de ses stagiaires via le jeu Reveal, en 2010.

L’étude de DEMOS E-Learning démontre également que 30% de ces entreprises du CAC 40
offrent la possibilité à leurs salariés de suivre leurs modules d’e-formation à domicile. On
constate une accélération de la délinéarisation de la formation professionnelle par le recours
renforcé aux solutions digitales. Six entreprises sur dix, pour parer à la solitude de l’apprenant
mais également stimuler sa motivation, ont mis en place un système d’accompagnement tel
que le tutorat. En effet, si le distantiel, soit l’apprentissage à distance, a des nombreux
avantages, les employeurs sont soucieux d’entretenir la motivation de leurs ouailles.

A l’instar d’autres enquêtes, celle-ci démontre une nouvelle fois la montée en puissance du
blended learning ou mélange des modalités pédagogiques relatives au présentiel et au
distantiel. 44% des sociétés renforçant leur formation autour du blended learning ont réduit le
présentiel. Il s’agit, désormais, de bien préparer son mix learning pour effectuer un savant
dosage entre le présentiel et le distantiel mais aussi, en termes de vecteurs, savoir quels outils
sélectionner et quelle part leur donner dans la stratégie globale du plan de formation
professionnelle.

Car si le blended learning est très prometteur, il s’agit de bien préparer en amont les contenus
et leur séquençage en choisissant la durée, les outils, l’interface et l’ergonomie les plus à
mêmes d’engendrer une efficacité pédagogique si possible zéro défaut pour enseigner mais
aussi motiver et entretenir l’attention tout en mesurant les progrès accomplis et mettant en
exergue les mesures correctrices à mener au fur et à mesure que se déploie l’apprentissage.
D’une offre plutôt standard, on est passé à une offre affinée selon les besoins des entreprises
et de leurs effectifs. Le blended learning va certainement connaître un développement majeur
dans les prochaines années.



FOCUS SUR LE BLENDED LEARNING

Le blended learning permet une formation multimodale pour offrir à l’apprenant la formation la
plus complète et flexible possible. Le blended learning s’appuie sur un savant mix learning
pouvant s’appuyer pêle-mêle sur le face à face, le téléphone, l’e-mail, la visioconférence et
bien évidement tous les outils digitaux pédagogiques connus. Bien que le blended learning
puisse être employé dans divers domaines, c’est dans la formation linguistique que ce concept
serait le plus efficient. TELELANGUE, leader des cours de langue à distance, quantifie entre 30
et 50% le gain d’efficacité engendré par le blended learning pour, de plus, un coût inférieur par
rapport aux cours classiques. 64% des formations en blended learning sont des cours de
langue.
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Le blended learning, concept probant pour apprendre une langue

Trois motifs justifient la forte efficacité de blended learning dans la formation linguistique :

>L’assimilation : grammaire, orthographe, vocabulaire sont acquis au rythme de l’apprenant via
les outils digitaux utilisés. Mais la restitution des acquis est assurée par le professeur, seul
capable de faire travailler efficacement les réflexes.

>La rapidité : l’apprenant progresse deux fois plus vite grâce à un enseignement disponible
anytime anywhere et parfaitement calibré à ses besoins et à son niveau.

>La double flexibilité : l’employeur tout comme son salarié bénéficient d’une flexibilité dans
l’enseignement/apprentissage puisque les contenus peuvent être accessibles 24/24h, en
entreprise ou à l’extérieur.




                                             Source : DEMOS E-Learning, Enquête “Blended learning et tutorat”, 2009




Avec la montée en puissance des smartphones, certains anticipent déjà la croissance logique
du m-learning ou mobile learning. Certains acteurs commencent à investir le micro marché de
la pédagogie nomade. C’est le cas, par exemple, de MICROPOLE et 4N MEDIA. Les salariés
étant amenés à souvent se déplacer, tels les visiteurs médicaux ou les commerciaux, vont
donc être amenés à de plus en plus bénéficier de modules pédagogiques via leurs
smartphones. Sans pour autant ne concerner que les geeks, le m-learning induit une adhésion
forte des utilisateurs aux nouvelles technologies, bien plus encore que dans le cas de l’e-
learning conventionnel. De plus, le fond et la forme des contenus pédagogiques doivent être
adaptés à l’usage sur mobile. Selon le blog Innovative Learning Technologies, 5 raisons
majeures illustrent les prémices du succès du m-learning :

>L’exploitation optimale du Web 2.0 dans une logique communautaire

>Le support idéal pour des exercices d’entraînement

>Le développement de nouvelles tâches (utilisation des flashcodes, par exemple)

>Permettre des formations d’un nouveau genre sur un appareil du quotidien

>La dématérialisation des frontières de l’espace de formation

On entrevoit combien l’e-learning originel cède peu à peu la place à un e-learning 2.0. car
désormais les particuliers n’hésitent pas à aller à la source pédagogique pour se former par

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eux-mêmes, c’est-à-dire approfondir leurs connaissances ou développer de nouvelles
compétences. L’écueil principal étant de savoir piocher parmi les gigantesques ressources
d’Internet. Les critères observés sont majoritairement le coût, la qualité des contenus et
l’interface graphique et l’ergonomie. Notons qu’avec Internet, il est souvent possible de faire
son menu e-formation gratuitement ou, à tout le moins, pour un faible coût. Cependant, la
qualité sera très variable.

La capture d’écran ci-dessous nous donne un aperçu des référencements gratuit et payant
lorsqu’il s’agit de l’occurrence « cours en e-learning ».




Comme souligné précédemment, les recherches relatives à l’e-learning sont désormais plus
pointues : face à la largeur de l’offreur mais aussi sur la base d’une exigence plus forte, les
Français tapent désormais « cours d’anglais », « cours d’italien », « e-learning langues », etc.
Le graphe ci-après, issu de Google Tendance des Recherches, prouve l’essor des recherches
plus profondes à partir de 2004.

Ce graphe établi à partir de l’occurrence « cours d’anglais » illustre également le fait qu’Internet
soit désormais un vecteur de choix dans la recherche d’une pédagogie adaptée par des
apprenants de plus en plus séduits par la Toile pour répondre à leurs besoins, que ce soit en
mode présentiel ou distantiel.




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Outre les professionnels et les scolaires, les particuliers sont désormais une cible de choix pour
les acteurs de l’e-learning qui ont constaté l’importance du phénomène et tirent partie
notamment du droit individuel à la formation (D.I.F.). Le marché de la formation linguistique se
caractérise par une offre très atomisée rassemblant un grand nombre d’organismes, d’individus
et d’entreprises de toutes tailles, avec des statuts et des offres de formations très variés,
exerçant une activité dans le domaine des cours de langue.



F. L’enseignement des langues a très vite succombé aux sirènes du Web

 A l’heure où la mondialisation régit l’économie et la géopolitique
internationales, la maîtrise de langues étrangères devient déterminante. Les
marchés domestiques étant saturés, dans de nombreux secteurs d’activité,
les P.M.E./P.M.I. emboîtent le pas aux grandes entreprises en se lançant à
l’export afin d’obtenir des débouchés commerciaux. Outre l’anglais qui est
bien souvent impératif dans le recrutement de talents, les langues secondes prennent une plus
grande importance. Et la progression des B.R.I.C.S. (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du
Sud) et du Moyen-Orient amène les entreprises à rechercher des locuteurs de langues plus
ardues telles que l’arabe, le mandarin ou le japonais.

C’est pourquoi les perspectives pour les offreurs sont placées sous les meilleurs auspices.
Passons désormais en revue les sociétés référentes sur ce marché.

1. Les leaders n’occupent pas une position dominante sur le marché

Dans son édition du 29 novembre 2010, le Journal du Net a remis les conclusions de son étude
« L’anglais en e-learning : les formations au banc d’essai ». Quatre leaders sont isolés de la
masse toujours plus importante des offreurs.




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L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN



>Notation des méthodes pour l’évaluation du niveau du requérant :




>Notation des modules d’e-learning proposés :




Ces quatre entreprises occupent 30% du marché et ont su tirer partie du booster qu’a été l’e-
learning dans la formation en langues. TELELANGUE bénéficie d’une croissance d’environ
26% sur les derniers exercices grâce à des investissements massifs dans son concept
Cyberteachers (10 millions d’euros) qui combine blended learning, téléphone, modules e-
learning, cours en présentiel et outil de gestion LMS. Cette stratégie lui permet aujourd’hui de
fortement concurrencer les pure players GOFLUENT et PROFORMATION. De même,
BERLITZ, via son concept Virtual Classroom, a su se renouveler et, surtout, se redresser suite
à des années 2003 et 2004 difficiles.

L’étude du JDN démontre que, sur ce marché, ce sont étonnamment encore les click and
mortar qui tiennent le haut du pavé. En effet, seul GOFLUENT est un pure player.

                                                                    Parts de marché

                                                           Seuls 60% du marché sont
                                                           détenus par les spécialistes du
                                                           secteur.




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L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN




  1 370€ H.T. pour
    20 heures de
   téléphone et 20
 heures multimédia




 1 450€ H.T. pour
 20h de téléphone
    et un accès
 multimédia illimité




 1 790€ pour 30h
  de cours (18h
multimédia, 12h de
    téléphone)




  1 669€ H.T. pour
    21 heures de
   téléphone et 21
 heures multimédia




 79€ par mois pour
  un engagement
      d’un an




     Sur devis




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                                                                                                                             l’offre Private
                                                                                                                                Teacher




                                                                                                                                  Sur devis




                                                                                                                                      89€

                                                                                                                                pour 6 mois




                                                                                                                                  Sur devis




TELELANGUE passe sous pavillon Américain [E-learning-infos.com, 8 septembre 2011]

Un coup de tonnerre dans le ciel de la formation linguistique… Berlitz accélère son développement en rachetant Telelangue


La fin - ou le début ? - d'une belle aventure pour Jean-Michel Dubedout qui a su faire de Telelangue, l'un des leaders européens de la formation
linguistique à distance.


La mariée est belle : pionnier de la formation à distance, avec notamment la création des cours de langue par téléphone, éditeur de solutions e-
learning spécialisées, présent en France à travers une trentaine de centres, Telelangue a formé plus d'un million d'apprenants et sert plus de 15,000
entreprises clientes de par le monde. Quant à Berlitz, il est un acteur global de la formation linguistique et des services interculturels avec plus de 550
centres dans 70 pays.


Les motifs du rapprochement sont raisonnables. La complémentarité géographique, et celle surtout des approches de la formation, permettra au
nouvel ensemble de peser plus que la seule somme des parties. Les clients de Berlitz devraient être les premiers bénéficiaires des innovations
pédagogiques et de la technologie développée par Telelangue, facteurs de renforcement de la formation et d'optimisation des coûts. "Ce qui est en
jeu, explique Jean-Michel Dubedout, c'est notre capacité à répondre à de grands appels d'offre internationaux. La compétition est devenue mondiale,
et les acteurs susceptibles d'y participer en très petit nombre. En se rapprochant de Berlitz, Telelangue fait mieux que de rester dans la course".


                                                                              36
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L'Enseignement des langues à l'heure du Web 2.0 & des réseaux sociaux

  • 1. MBA Spécialisé Marketing Commerce sur Internet MCI PART TIME 2010/2011 THÈSE PROFESSIONNELLE Sébastien JEHLEN L’ENSEIGNEMENT / APPRENTISSAGE DES LANGUES ÉTRANGÈRES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RÉSEAUX SOCIAUX
  • 2. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN L’ENSEIGNEMENT / APPRENTISSAGE DES LANGUES ÉTRANGERES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RÉSEAUX SOCIAUX Sébastien JEHLEN MCI Part-Time 2010 | 2011 THÈSE PROFESSIONNELLE JANVIER 2012
  • 3. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN remerciements M Giedo CUSTERS, pour ses conseils formateurs Professeur Agrégé de Français Langue Étrangère (F.L.E.) et Chef de Projet à l’Université Catholique de Louvain, Belgique Christophe JAEGLIN, pour son expertise E Professeur Agrégé d’allemand, Formateur T.I.C.E. Carmen VERA PEREZ, pour son éclairage avisé sur les T.I.C.E. Docteur en Philologie française, Professeur Agrégé de Français Langue Étrangère (F.L.E.) Arnaud PORTANELLI, pour son expérience R Co-fondateur et Directeur Marketing de Lingueo et PolyglotParty Guillaume de MENTHON, pour ses réponses éclairantes Directeur Général de goFluent France Stéphanie DUPUIS, pour sa passion C Professeur d’anglais au collège Matisse, ISSY-LES-MOULINEAUX Marie HOCHET, pour son aide précieuse Commerciale chez Learnship Diane PEDRO, pour son suivi de tous les jours et son sourire I Assistante pédagogique à l’Institut Léonard de Vinci Mathilde HOFFMANN, pour sa disponibilité Assistante pédagogique à l’Institut Léonard de Vinci Gabriel, pour son soutien précieux Dominique, pour ses conseils et son soutien indéfectible
  • 4. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN TABLE DES MATIÈRES RÉSUMÉ……………………………………………………………………………………..P. 1 INTRODUCTION…………………………………………………………………………....P. 2 SYNTHÈSE DES RECOMMANDATIONS……………………………………………….P. 4 PART APPLICATIVE - PARTIE 1……………………………………………………….. P. 5 I. Panorama de l’e-formation, le médium digital de la connaissance……………P. 6 A. La formation digitale s’impose peu à peu………………………………………………………P. 6 1. L’e-learning, apprendre et enseigner grâce aux outils numériques……………………………………………P. 6 2. Les T.I.C.E., l’école du XXIème siècle………………………………………………………………………………. …P. 9 3. La formation ouverte d’hier à aujourd’hui…………………………………………………………………………..P. 10 B. Les « vieilles » et les « nouvelles » technologies…………………………………………….P. 13 1. La radio et la télévision scolaires, le savoir au service des masses………………………………………......P. 14 2. L’informatique, nouvel environnement pédagogique…………………………………………………….………P. 14 3. Le magnétoscope et la V.H.S., l’image à l’infini…………………………..........................................................P. 15 4. Le multimédia où la conjonction de vecteurs pour une pédagogie dynamique…………………………….P. 15 5. Internet, la connaissance n’a plus de frontière ni de limite dans le temps…………………………………..P. 16 C. La pédagogie en trois dimensions : l’éducation nationale, la formation continue, l’apprentissage autonome………………………………………………………………………...P. 17 1. La formation initiale, l’école de Jules Ferry et Napoléon…………………………………………………….....P. 17 2. La formation continue ou comment démultiplier ses compétences………………………………………….P. 18 3. L’apprentissage autonome : apprendre tout au long de son existence………………………………….......P. 19 D. État des lieux des T.I.C.E. en milieu scolaire : un usage contrasté………………………P. 20 1. Une distorsion notable entre les moyens et les usages………………………………………………………...P. 20 2. Les Espaces Numériques de Travail, la systémique des ressources………………………………………..P. 28 E. L’e-formation est désormais bien installée dans l’enseignement extrascolaire………P. 28 F. L’enseignement des langues a très vite succombé aux sirènes du Web……………….P. 33 1. Les leaders n’occupent pas une position dominante sur le marché………………………………………...P. 33
  • 5. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN 2. Une nébuleuse d’acteurs de l’e-formation linguistique…………………………………………………………P. 38 G. Les théories de l’apprentissage, quelles méthodes pour bien apprendre ?……………P. 39 1. Le connectivisme : une synthèse salutaire des grandes théories ?.…………………………………………P. 39 2. L’apprentissage linguistique, en théorie ça donne quoi ?...........................................................................P. 43 II. Le Web 2.0 ou l’interaction partout, tout le temps………………………………P. 45 A. Définition et tour d’horizon du Web de deuxième génération…….…..............................P. 45 B. La force de frappe des réseaux sociaux et de l’intelligence collective…….…...............P. 48 C. Le social learning en phase de lancement………………………………..............................P. 50 D. Do you speak Web 2.0 ?.........................................................................................................P. 51 1. L’expression et la compréhension orales……………………………..............................................................P. 51 2. L’expression et la compréhension écrites………………………………………………………………………...P. 53 E. Sur le Web, les outils linguistiques performants ne manquent pas……………………...P. 63 1. Les outils généralistes made in Web 2.0…………………………………………………………………………..P. 65 2. Les outils spécifiques à la pédagogie linguistique………………………………………….............................P. 67 III. L’efficacité comme problématique centrale de l’e-formation………………...P. 69 SOLUTIONS PROPOSÉES - PARTIE 2………………………………........................P. 70 1. Quelle peut être et doit être la place du formateur pour une e-formation efficiente ?..............................P. 71 Parmi les professeurs, deux populations s’opposent……………………………………………………..P. 71 L’apprenant ne doit pas se sentir seul face à son programme de formation………………………....P. 72 Qui dit formateur en langue(s) dit échanges linguistiques…………………………………………….....P. 73 2. Comment conserver l’implication et la constance de l’apprenant et éviter l’isolement ?........................P. 76 La motivation, la clé de voûte de l’e-apprentissage………………………………………………………..P. 76 Qui dit stimulation dit échanges fructueux…………………………………………………………………..P. 77 Les échanges fructueux sont-ils possibles via les réseaux sociaux ?...............................................P. 77 3. Comment gérer les échanges différés pour la maîtrise du « vertige asynchrone » ?...............................P. 78 L’approche asynchrone génère de l’autonomie…………………………................................................P. 78 Mais l’autonomie n’est pas une condition sine qua non dans la réussite d’une e-formation……....P. 78
  • 6. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN 4. Comment sélectionner ses outils pour une pédagogie dynamique ?........................................................P. 79 En entreprise, il faut capitaliser sur les échanges entre salariés………………………………………..P. 79 A l’école, il est nécessaire d’effectuer la synthèse du ludique et de l’éducatif…………………….....P. 80 En autonomie, il est primordial de multiplier les interactions sociales..............................................P. 81 5. Comment éviter l’appauvrissement des contenus du, entre autres, à une offre pléthorique ?...............P. 82 6. Comment appréhender le social learning mais aussi le flux apprenant/apprenant ?.........………….…...P. 83 Le feedback, clé de voûte de l’apprentissage d’une langue………………………………………….......P. 83 Qui dit social learning dit toutes les nationalités, tous les profils, tous les niveaux………….……..P. 84 RECOMMANDATIONS DETAILLÉES – PARTIE 3…………………………………..P. 85 CRITIQUE ET QUESTIONNEMENT – PARTIE 4…………………………………..…P. 99 1. L’avenir de l’e-formation sociale pourrait passer par le social rich learning………………………………..P. 102 2. L’e-learning va muter pour devenir le we-learning…………………………………….....................................P. 102 3. L’e-learning linguistique sera une expérience grâce à la réalité augmentée………...................................P. 103 CONCLUSION……………………………………………………………………………..P. 107 SOURCES………………………………………………………………………………….P. 109 GLOSSAIRE………………………………………………………………………………..P. 114 ANNEXES………………………………………………………………………………......P. 118 Interviews……………………………………………………………………………………………………….….P. 119 Enquête Profetic……………………………………………………………….……………………………….....P. 127 Quiz……………………………………………………………………………………………………………….....P. 138 Pour aller plus loin………………………………………………………………………………………………..P. 139
  • 7. résumé / abstract / resumen / riassunto E Cette étude, dont le sujet est l’enseignement/apprentissage des langues à l’heure du Web 2.0 et des réseaux sociaux, se propose de vous conduire dans l’écosystème de l’e-formation linguistique, à l’école, N en entreprise et en autonomie pour mieux cerner les enjeux et problématiques en termes d’efficacité mais aussi préconiser des axes d’optimisation. L’approche ludo-éducative, l’alternance des contextes, la place de l’oral et de l’écrit, le social language learning, le m-learning, entre autres, sont des leviers que nous mettons en exergue. Outre ce panorama domestique de l’e-apprentissage des langues, nous nous interrogeons sur des points de développement, comme par exemple, le social rich learning. Cette réflexion est également l’opportunité de démontrer l’aspect majeur des langues secondes qui mettent en relief des cultures, des liens humains à une époque où les médias sociaux vont révolutionner les échanges et le partage pour une société collaborative au modèle économique largement ouvert sur le R monde. Mots-clés : langues, Internet, Web 2.0, e-formation, social learning, m-learning, efficacité This study, which subject is the Web 2.0 and social media’s contributions to the e-language learning, focuses on the e-learning ecosystem for foreign languages at school, in the professional field and at home. It is an opportunity to highlight challenges and issues in terms of efficiency and to make recommendations for the purpose of optimisation. Edutainment, context alternation, oral and writing dimensions, social language learning, m-learning are some of the levers that I would recommend. Beyond this national panorama, some prospective paths can be drawn as, for example, the social rich learning. This study also demonstrates the major dimension of foreign languages in terms of culture and human bonds at a time social media are about to revolutionise our civilisation through increased worldwide exchanges and collaborative sharing. Key words: languages, Internet, Web 2.0, e-learning, social learning, m-learning, efficiency É Este estudio, cuyo sujeto es el aprendizaje de idiomas con la Web 2.0 y las redes sociales, enfoca en el S ecosistema del e-learning en escuela, en empresa y en autonomía para delimitar los desafíos y las problemáticas en términos de eficacia y también recomendar ejes de optimización. El enfoque ludo- educativo, la alternancia de los contextos, la utilización del oral y del escrito, el social language learning, el m-learning son, entre otros, unos puntos clave que ponemos de manifiesto. Más allá de este panorama nacional del aprendizaje digital de los idiomas, nos interrogamos en cuanto a las oportunidades de desarrollo como, por ejemplo, el social rich learning. Esta reflexión es también la ocasión de demostrar el aspecto mayor de los idiomas que resaltan con las culturas, los enlaces humanos en un periodo en el que las redes sociales van a revolucionar los intercambios y el compartir U en una sociedad de colaboración con un sistema económico muy abierto al mundo. Palabras claves: idiomas, Internet, Web 2.0, e-learning, social learning, m-learning, eficacia Questo studio, il quale soggetto è l’insegnamento/apprendimento delle lingue straniere nell’epoca del Web 2.0 e dei social networks, si focalizza sull’ecosistema dell’e-learning linguistico a scuola, in azienda ed da casa per capire meglio le sfide e le problematiche in termini di efficacia e per proporre metodi di ottimizzazione. L’edutainment, l’alternanza dei contesti, l’utilizzazione dell’orale e dello scritto, il social language learning, l’m-learning, tra gli altri, sono alcuni degli strumentisu cui proponiamo di far leva. Al di la di questo panorama nazionale dell’insegnamento/apprendimento delle lingue straniere, ci interroghiamo su punti da sviluppare come, ad esempio, il social rich learning. Questo studio si propone inoltre di dimostrare l’aspetto prevalente delle lingue in termini di valorizzazione di culture e legami interpersonali in un’epoca in cui social networks stanno per rivoluzionare gli scambi e la condivisione in vista di una società il cui modello sia largamente aperto sul mondo. M Parole chiavi: lingue, Internet, Web 2.0, e-learning, social learning, m-learning, efficacia É 1
  • 8. I EN INTRODUCTION N QUE VAIS-JE T APPRENDRE ? R O Je parle italien aux femmes, français aux hommes et allemand à mon cheval Charles QUINT 2
  • 9. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN Maîtriser une ou plusieurs langue(s) étrangère(s) est devenu un critère distinctif. A commencer par l’entreprise où il y a ceux qui parlent anglais, ceux qui font du mieux qu’ils peuvent et ceux qui ne le parlent pas. Nous avons tous entendu des connaissances se lamenter de leur faible niveau en langues – quand nous ne faisons pas partie nous-mêmes des « laissés pour compte linguistiques » - et désespérant de pouvoir combler leurs lacunes héritées d’un enseignement scolaire perçu, au choix, comme inadapté, peu probant voire dramatique. Il est donc naturel que les langues aient toujours été des disciplines plébiscitées dans la formation à distance. Combien de salariés français réclament une formation linguistique lors de leur entretien annuel avec l’espoir d’enfin pouvoir maîtriser la langue ciblée à moyen terme ? L’arrivée d’Internet, entre autres source universelle de la connaissance, et de sa batterie d’outils variés a amplifié ce désir d’apprendre ou perfectionner sa maîtrise d’une ou plusieurs langues secondes. Mais, la résistance, volontaire ou inconsciente, aux nouvelles technologies, la pluralité des outils, des supports, des approches pédagogiques peuvent en décourager plus d’un. C’est d’autant plus le cas pour les apprenants autonomes qui ne sont ni des scolaires ni immergés dans une formation professionnelle. Pourtant, apprendre une langue étrangère n’a jamais été aussi facilité. Le Web 2.0, via sa dimension participative et collaborative, bouscule les usages et revitalise l’enseignement linguistique. A l’école, en entreprise ou en autonomie, apprendre une langue seconde n’est plus le cheminement long et coûteux, tout autant émotionnellement que matériellement, d’antan. Mais cela vaut si les indicateurs établis sont clairs et réalistes, les leviers actionnés source de motivation, et les outils employés adéquats et engageants. Dans ce rapport, nous dresserons un panorama national de l’e-formation linguistique, en 2012, que ce soit en milieu scolaire, professionnel ou privé, avant de cerner la problématique de l’enseignement/apprentissage des langues à l’heure du Web 2.0 et des réseaux sociaux, pour y répondre avec les recommandations et solutions que nous estimons probantes, puis nous nous interrogerons de manière plus prospective sur les futurs axes de développement de l’e-formation linguistique. Via ce travail, nous ouvrirons une fenêtre sur les nouvelles technologies dans le vaste domaine de la formation tout en nous glissant dans la peau d’un apprenant lambda projeté dans l’écosystème digital bouillonnant et mutant. Cette étude, nous l’espérons, sera également l’opportunité de transmettre notre passion pour les cultures étrangères mais aussi Internet, une révolution pour l’Humanité. Suivez-nous dans les arcanes de la formation linguistique numérique et de ses thématiques, passionnantes et d’actualité, telles qu’entre autres le devenir du professeur, les échanges synchrones et asynchrones, le social language learning, le mobile learning ou encore le connectivisme. Levons hic et nunc1 le voile sur l’enseignement/apprentissage des langues étrangères à l’heure du Web 2.0 et des réseaux sociaux. 1 Locution latine. « Ici et sans délai » 3
  • 10. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN synthèse des recommandations R E 1 Désigner au moins un référent pour le guidage du parcours pédagogique Le facteur humain ne peut être exclu de l’e-formation linguistique 2 Privilégier un apprentissage ludo-éducatif pour une motivation maximale La pédagogie 2.0 doit savoir provoquer l’engagement et optimiser la motivation des apprenants C 3 Diversifier les contextes pour alterner les registres de langue et les situations La langue parlée est différente de la langue écrite. L’anglais professionnel n’est pas l’anglais des pubs londoniens 4 Rythmer la motivation par la correction, la gratification et l’évaluation Corriger, orienter, apporter du feedback qualitatif mais aussi savoir récompenser sont des O points essentiels de la pédagogie 5 Combiner l’oral à l’écrit tout au long du parcours pédagogique Parler une langue, c’est aussi savoir l’écrire et la lire 6 Multiplier les échanges et le partage Les interactions collaboratives sont les passerelles du rich learning 7 Encourager l’apprentissage par affinités Apprendre main dans la main avec ceux qui partagent nos intérêts, nos passions est un tremplin pédagogique S 8 Favoriser le recours au social language learning Savoir tisser des liens avec ses alter-égos digitaux pour apprendre ensemble, c’est optimiser ses connaissances 9 Exploiter la complémentarité du m-learning Utiliser son mobile ou sa tablette entretient la valuable knowledge 10 Permettre un continuum dans l’apprentissage délivré La motivation et l’autonomie acquise durant le parcours pédagogique doivent être entretenues au-delà de la classe Découvrez le contenu exhaustif de ces recommandations dès la page 85. 4
  • 11. P L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN PART APPLICATIVE A R PANORAMA DU SUJET T I E Je ne puis apprendre à parler à qui ne s’efforce pas de parler 1 Confucius 5
  • 12. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN Ce sujet s’inscrit pleinement dans le vaste domaine de la formation des individus avec, pour fers de lance, la pédagogie linguistique et les vecteurs numériques. Ce rapport limitera son périmètre au marché français afin de brosser le plus exhaustivement possible un portrait de la situation domestique. En préambule, il est important de poser une dichotomie notable : en entreprise et dans la sphère privée, on parlera d’e-learning ; lorsqu’il s’agira des instances scolaires françaises, c’est l’expression T.I.C.E. (Technologies de l’Information et de la Communication appliquées à l’Enseignement) qui sera retenue. A. La formation digitale s’impose à peu à peu 1. L’e-learning, apprendre et enseigner grâce aux outils numériques L’e-learning propose l’exploitation des technologies de l’information et de la communication pour un enrichissement des apprentissages via l’accès à distance à des ressources et services mais aussi par la collaboration et l’échange (Source : Educsol, e-formation et e-learning). En France, l’e-learning, est le terme retenu pour les formations digitales dispensées dans le cadre de la formation continue ou souscrites en autonomie par les particuliers. En parallèle de l’instruction brick and mortar, l’e-learning affiche une forte progression ces dernières années de par les gains de temps, économique et d’intelligence que ce système induit. s Dans une perspective économique, l’e-learning a généré un chiffre d’affaires de 144 millions d’euros et a bénéficié d’une croissance annuelle de 25%, en 2010, soit une hausse de 66% par rapport à 2008, année lors de laquelle un décollage a été constaté. 6
  • 13. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN En septembre 2010, le cabinet spécialisé Féfaur a publié les résultats de son étude « L’offre professionnelle e-learning en France ». Celle-ci met en relief la segmentation du marché, à savoir : >Les contenus sur-mesure, soit 44% du marché >Les contenus sur étagère pour 26% >Les learning management systems (L.M.S.) pour 21% >Les outils et services d’auteurs avec 4% >Le serious gaming avec 3% >Les autres types de modules pour 2% Les contenus sur-mesure sont basés sur le cahier des charges et les pré-requis des entreprises pour une analyse des besoins et objectifs poursuivis avec pour finalité la création de modules pédagogiques adaptés. Les contenus sur étagère sont, a contrario, des modules standard proposés par l’offreur. Les learning management systems sont des systèmes logiciels mettant à disposition des enseignants un contrôle des accès, la gestion des cours et des outils de communication dans le cadre d’une démarche collaborative et work in progress. Sur le plan technique, on peut les rapprocher des C.M.S. (Content Management Systems). Les outils d’auteurs sont des logiciels open source qui peuvent être personnalisés. Les serious games conjuguent le ludique au technologique pour livrer un contenu pédagogique basé sur un environnement de type jeu vidéo et, ainsi, permettre une démarche ludoéducative plus impliquante (simulation de cas réels, 3D, …). Source : Rapport « L’e-transformation de la formation », Institut Léonard de Vinci, juin 2011 Le marché de l’e-learning en France en bref - 2010 C.A. généré : 144M. € +25% par rapport à 2009 65% des grandes entreprises ont déjà recours à l’e-learning 44% des salariés ont déjà bénéficié d’une formation faisant appel à l’e-learning 7
  • 14. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN Afin de mieux appréhender la pénétration de l’e-learning dans le vaste domaine de la formation, le diagnostique stratégique suivant dresse un portrait succinct de ce jeune marché en devenir : L’e-learning, vocable désormais bien connu des masses, se démocratise peu à peu puisque les français, que ce soit dans le cadre d’une démarche professionnelle ou privée, sont de plus en plus nombreux à se renseigner sur les possibilités offertes par l’e-learning. Cependant, « e- learning » étant un terme générique pour l’enseignement en ligne, ils lui préfèrent des recherches plus précises sur la base de leurs besoins spécifiques, comme en attestent les index de Google Tendance des Recherches. Du côté du search L’occurrence « e- learning » tend à voir sa volumétrie se réduire ces dernières années puisque les utilisateurs lui préfèrent des recherches moins larges telles que « e- learning anglais ». 8
  • 15. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN Lorsque l’e-learning est associé aux cours classiques en face à face et que, de fait, le présentiel et le distantiel sont conjoints, on parle de blended learning, « blended » signifiant « mélange ». Il s’agit donc d’un enseignement mixte combinant, par exemple, des cours par téléphone à des cours en salle et par Internet. La démocratisation des smartphones voit aujourd’hui l’essor du m-learning ou mobile learning pour un accès à des contenus pédagogiques en toute mobilité. 2. Les T.I.C.E., l’école du XXIème siècle L’acronyme T.I.C.E. désigne et regroupe toutes les techniques utilisées principalement pour la création, la diffusion et le traitement d’informations pédagogiques. Avec l’essor de la société de l’information, au cours du vingtième siècle, l’usage des télécommunications, de l’informatique puis d’internet a tendu à largement se développer pour la formation des individus que ce soit en milieu scolaire ou dans le cadre d’une formation autonome ou continue. Les principales techniques usitées sont l’informatique, la microélectronique, les télécommunications et réseaux, le multimédia, les logiciels et tous les médias électroniques. Les applications des T.I.C.E. consistent en la production, le traitement, le stockage, la classification et l’échange de contenus numériques pour l’enseignement et l’apprentissage d’une discipline. Les T.I.C.E. sont communément regroupées sous trois grands pôles applicatifs qui tendent parfois à se chevaucher, à savoir : 9
  • 16. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN 1 | Le pôle audiovisuel, à savoir le traitement de l’image et du son. 2 | Le pôle informatique : l’ordinateur devient un outil intellectuel puisque la connaissance n’est plus uniquement transmise mais également inductive via les diverses expériences vécues par les apprenants au contact de la machine. Le professeur cohabite désormais avec celle-ci. 3 | Le pôle des télécommunications qui regroupe la télédiffusion, à savoir la télécommunication unilatérale vers un grand nombre de destinataires disposant du matériel de réception adéquat (radiodiffusion, vidéographie, etc.), la télématique qui est la symbiose des télécommunications et de l’informatique (le Minitel en étant l’exemple le plus probant) et les télécommunications qui sont l’ensemble des moyens de communication à distance (téléphone, fax, télévision, …). Ces trois pôles sont amenés à se chevaucher car ils forment le multimédia qui, on le verra postérieurement, a pris son essor à l’issue des années 80 pour un enseignement multicanal. En 2011, les T.I.C.E. font partie intégrante du paysage scolaire. Professeurs et élèves apprennent ensemble à multiplier les activités numériques pour une pédagogie plus dynamique. D’autant que les élèves doivent désormais obtenir le Brevet Informatique et Internet (B2i). Créé en 2000, le B2i établit les compétences informatiques que les élèves doivent maîtriser à l’issue du collège. Reçu sous la forme d’une attestation, le B2i est nécessaire à l’obtention du brevet des collèges. La création du B2i prouve l’importance accordée par l’Éducation Nationale à l’usage tout autant autonome que collectif des technologies de l’information et de la communication. Cependant, les disparités sont nombreuses et la situation française, au sein des pays de l’O.C.D.E., est sujette à plusieurs interrogations comme nous allons le voir dans ce rapport. L’e-learning et les T.I.C.E. ont pour creuset l’enseignement ouvert, ou à distance, dont les grandes étapes historiques sont mises en exergue dans le chapitre suivant. 3. La formation ouverte d’hier à aujourd’hui 10
  • 17. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN 1849/1919 | L’enseignement par correspondance prend son envol 1860 Deuxième partie du dix-huitième siècle : les cours par correspondance se développent grâce à l’essor de l’imprimerie et des services postaux, notamment en Allemagne et au Royaume-Uni puis en France (1877, Cours HATTEMER). 1920/1945 | Les prémices du multimédia, déjà… 1920/1930 Développement du cinéma et enregistrement et diffusion de cours de langues sur disques 78 Tours. 1936 Essor de la radio scolaire. 1939 Création du Centre National du Télé-enseignement (C.N.T.E.) suite à l’exode des populations du Nord et de l’Est vers la zone libre. Le C.N.T.E. deviendra en 1986 le C.N.E.D. (Centre National d’Enseignement à Distance) qui dispense aujourd’hui environ 300 000 formations. 1945 Création de la télévision française à vocation pédagogique via l’O.R.T.F. (Office de Radio Télévision Français). 1946/1971 | Le paysage de la formation à distance est remanié 1946/1947 Réorganisation des associations professionnelles et mise en place de la formation professionnelle. 1950 Développement du microsillon et du magnétophone, nouveaux supports d’enseignement. 1963 Télé-CNAM est lancée 1969 Développement et soutien de la télévision scolaire dans les pays en voie de développement sur la volonté de l’UNESCO. 1970/1994 | déclin puis reprise de la télévision éducative, essor de l’enseignement à distance à l’échelle internationale Années 70 Création du Conseil International de l’Enseignement à Distance et du Consortium International Francophone de Formation à Distance (C.I.F.F.A.D.). 1974 Dissolution de l’O.R.T.F. pour favoriser la concurrence télévisuelle ; sur le petit écran la formation s’incline face au divertissement. 1982 Les magnétoscopes et la V.H.S. se généralisent peu à peu. 1984 L’ordinateur personnel s’impose, notamment grâce au Macintosh d’APPLE. 1985 Lancement du plan Informatique Pour Tous (I.P.T.) (voir ci-après). 1988 Les logiciels à vocation pédagogique fleurissent dans la distribution spécialisée. 1994 Lancement de la Cinquième (désormais France 5), la télévision de la connaissance et du savoir. 11
  • 18. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN FOCUS SUR LE PLAN INFORMATIQUE POUR TOUS (I.P.T.) Le 25 janvier 1985, le gouvernement français, soucieux d’équiper les 50 000 écoles, collèges et lycées nationaux en matériel informatique, annonce la mise en place d’un plan de 1.8 milliard de francs pour l’installation de 120 000 ordinateurs et l’accès à l’informatique des 11 millions d’élèves français. Ce plan très ambitieux a permis une vulgarisation de l’informatique auprès de la population scolaire. Cependant, celui-ci est considéré comme un échec puisque la programmation a été privilégiée au détriment de l’utilisation de logiciels mais aussi car les professeurs n’étaient que peu formés et le matériel souvent obsolète. D’ailleurs, par protectionnisme, ce sont des sociétés françaises qui ont été sélectionnées telles que THOMSON et BULL. Or, très vite, se sont imposés les équipementiers américains APPLE et IBM. 1995/2011 | la montée en puissance du multimédia 1995 Les particuliers découvrent Internet et ses ressources universelles. Création de l’A.R.F.E. (Anneau des Ressources Francophones de l’Education) par des enseignants, chercheurs et étudiants. De nombreux documents éducatifs téléchargeables y sont implémentés. 1996 Plusieurs académies scolaires proposent leur site internet et les établissements scolaires commencent à souscrire des connexions Internet. 1997 Lancement du plan national pour l’équipement et la connexion de tous les établissements de l’enseignement public, de la maternelle à l’université, d’ici l’an 2000. Généralisation du D.V.D. 2000 Tous les lycéens métropolitains et ultramarins sont équipés, les écoles et collèges accusent un certain retard. 2003 Le Web 2.0, concept défini par Dale DOUGHERTY et Tim O’REILLY, transforme les usages d’Internet. 2010 En France, on dénombre 1 P.C. pour 4 lycéens, 1 pour 6 collégiens, 1 pour 10 élèves de primaire. A peine 20% des établissements proposent une connexion Wi-Fi. 2011 Adoption du plan France Numérique 2012 pour l’économie numérique. FOCUS SUR LE MULTIMÉDIA Le multimédia se caractérise par la conjonction digitale d’au moins deux médias distincts parmi le texte, le son, l’image fixe ou l’image animée. C’est dès 1978 que François BILLETDOUX, auteur et romancier français, invente ce néologisme qui deviendra peu à peu le terme désignant toute l’industrie des éditions numériques que ce soit en termes de contenant (consoles, ordinateurs, tablettes, …) et de contenus (l’information créée puis transmise et diffusée). 12
  • 19. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN Sur le plan de l’apprentissage, le multimédia se caractérise par le regroupement de médias sur un même support (logiciel, internet) favorisant l’interactivité (navigation, hyper navigation, recherche d’informations, aide en ligne) avec l’apprenant. C’est donc la logique L.M.S. (Learning Management System, système d’apprentissage web pour accompagner toute personne dans son processus d’apprentissage et la gestion personnalisée de son parcours) qui prédomine via l’évaluation, le cheminement (laisser des traces de sa progression) et la communication synchrone et asynchrone (facteur temps) avec ses pairs et/ou un enseignant. Cette chronologie démontre combien l’évolution de l’enseignement à distance et, plus globalement, des T.I.C.E. a été rythmée par l’introduction de technologies innovantes. La partie suivante s’attachera donc à présenter ces vecteurs pédagogiques et, ainsi, mettre en relief les progrès dans le domaine de l’e-formation. B. Les « vieilles » et les « nouvelles » technologies Sur la frise ci-dessus est illustrée de façon synthétique les diverses grandes technologies ayant concouru à façonner l’enseignement ouvert. 13
  • 20. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN 1. La radio et la télévision scolaires, le savoir au service des masses A la fin des années vingt, l’Etat prend en compte l’enseignement et la formation à distance et encourage l’introduction de technologies dans l’enseignement notamment par l’usage de la radio et du téléphone. Cependant, le téléphone est un support vite abandonné car coûteux et encore peu généralisé. En 1926, Radio Luxembourg est la première radio à transmettre un programme éducatif. Puis, en 1936, les premiers grands projets de formation par l’utilisation du support radiophonique soutenus par l’Etat sont opérationnels. Radio Sorbonne, par exemple, voit le jour en 1937. Plusieurs radios publiques comme privées diffusent des émissions éducatives à grande échelle pour les personnes désireuses d’accroître leurs connaissances. Le succès est au rendez-vous, notamment dans les zones rurales. En parallèle de la radio, la télévision s’intéresse très vite à l’éducation des masses. Dès 1957, de courts programmes pédagogiques sont diffusés. En 1963, c’est outre-manche que la télévision éducative trouve ses lettres de noblesse avec le lancement d’une chaîne dédiée aux adultes par la B.B.C. En France, Télé-CNAM est lancée. Dès 1965, la Radio Télévision Scolaire (R.T.S.) encourage de multiples émissions éducatives majoritairement à destination des adultes. Les Pays-Bas, l’Allemagne, la Pologne, le Québec suivent. Aujourd’hui, BBC Learning et BBC Schools font toujours office de références. Dans le monde francophone c’est R.F.I., pour la radio, et France 5 et certaines de ses jumelles nationales (Radio Canada), pour la télévision, qui sont actuellement les principaux vecteurs éducatifs. Ces deux médias tendent à s’effacer devant Internet. 2. L’informatique, nouvel environnement pédagogique Suite au colloque de l’O.C.D.E. à Sèvres, en 1970, la France, qui est en pleine période de développement, introduit l’informatique dans l’enseignement secondaire. On fait le choix d’introduire l’informatique en tant que support et non en tant que discipline indépendante. Se pose alors le problème de l’équipement qui est coûteux et volumineux. Seuls 58 lycées sont équipés entre 1972 et 1976. D’un lycée à l’autre, les initiatives et pratiques sont très diverses : club informatique, cours de programmation, enseignement assisté par ordinateur (E.A.O.). C’est cette dernière initiative qui prend le dessus et tend à plus largement se développer à l’orée des années 80 bien qu’en 1978 le rapport Simon insiste sur l’importance de finalement définir l’informatique comme une discipline à part entière. En 1979, l’opération « 10 000 micro-ordinateurs » est validée. Les professeurs étant très peu voire mal formés, on établit des stages d’un an dans chaque académie pour palier à cette problématique. En parallèle, on crée l’option informatique pour les secondes, premières et terminales. En 1983, le gouvernement entérine le projet « 100 000 micro-ordinateurs» qui sera renforcé par le plan Informatique Pour Tous (I.P.T.) déjà cité. Aujourd’hui, informatique et multimédia sont presque indissociable, Internet étant devenu un outil logiciel important au sein des classes. 14
  • 21. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN FOCUS SUR L’E.A.O. OU ENSEIGNEMENT ASSISTÉ PAR ORDINATEUR Lorsqu’un apprenant utilise un logiciel sur micro-ordinateur pour apprendre, on parle d’Enseignement Assisté par Ordinateur. L’E.A.O. s’appuie sur des didacticiels (contraction de logiciels didactiques), à savoir des logiciels à portée pédagogique, articulés autour du triptyque stimulus/réponse/évaluation, notamment dans le cas des didacticiels exerciseurs qui consolident une notion par le phénomène de répétition (behaviorisme, notion que nous développerons par la suite). Les didacticiels se distinguent par leurs fonctions interactives. Se superposent les tutoriels qui ont pour unique but de dispenser un contenu pour offrir et/ou renforcer la connaissance d’un sujet précis. L’E.A.O., choix des gouvernements français successifs, bénéficie de nombre d’intérêts mais souffre aussi de lacunes évidentes. L’E.A.O. apporte de nombreux stimuli à la motivation des élèves et leur propose des activités interactives et ludiques qu’un enseignant ne peut pas toujours créer ni effectuer. En revanche, ces programmes manquent parfois d’empathie et ne peuvent pas toujours apporter une réponse à des cas spécifiques où l’accompagnement humain est important. Bien évidemment, l’E.A.O. suscite également des réserves de par sa substitution à l’enseignant, le facteur humain étant considéré comme déterminant dans l’apprentissage. Ce que l’on désigne désormais par l’acronyme T.I.C.E. est essentiellement le fruit de la synthèse de l’E.A.O. et du multimédia. 3. Le magnétoscope et la V.H.S., l’image à l’infini Avec l’enregistrement du son et de l’image sur bande magnétique, la vidéo s’impose très vite comme un excellent vecteur pédagogique, au cours des années 80. Les possibilités sont immenses : illustration de cas, descriptions pédagogiques, insertion de photographies, plan rapprochés, division de l’image, ralentis, retours en arrière, passage accéléré à la séquence suivante, etc. En tant que support peu encombrant et facile d’utilisation, la V.H.S. devient vite un outil pédagogique incontournable que ce soit en classe ou en autoformation, par exemple. Cependant, la vidéo est parfois décriée pour son manque d’implication réelle de l’apprenant, le fait qu’elle ne soit pas forcément adaptée à l’auditoire et, de plus, non modifiable mais également pour sa couverture parfois très superficielle d’un sujet derrière de divertissants atours. C’est pourtant une technologie désormais universelle et qui a su se renouveler dès 1997 avec le lancement du Digital Versatile Disc (D.V.D.) qui truste toujours une place importante dans les méthodes pédagogiques. 4. Le multimédia ou la conjonction de vecteurs pour une pédagogie dynamique Les bases du multimédia pédagogiques ont été jetées par l’E.A.O. et la vidéo éducative. A la fin des années 70, avec l’essor du multimédia, la formation à distance commence à être perçue comme une sphère éducative indépendante par les pouvoirs publics qui appréhendent plus aisément ses enjeux, ses expériences, ses caractéristiques et ses problématiques propres. 15
  • 22. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN Cela se double d’une réelle empathie pour le public apprenant. On mène des études de comportement à la fois sur les formateurs et les formés et la recherche technologique dans l’éducation est plus largement encouragée. Avec pour conséquence une assimilation du concept d’individualisation. Dès 1987, le Ministère du Travail lance un appel à projets « systèmes de formation multimédia individualisés ». A l’échelon européen, le programme D.E.L.T.A. voit le jour, en 1991, avec pour objectif la recherche et le développement d’applications basées sur les nouvelles technologies d’information et de communication dans l’éducation. Sur le plan national, le programme F.O.R.E. (Formation Ouverte et Ressources Éducatives) permet la généralisation de formations à distance dans les entreprises et les centres de formation. Dès 1988, avec la généralisation des micro-ordinateurs, tout un chacun peut désormais acquérir des logiciels pour se former ou renforcer ses compétences. L’école, de son côté, n’est pas en reste avec la constitution de logithèques. 5. Internet, la connaissance n’a plus de frontière ni de limite dans le temps En 1995, une révolution technologique voit le jour, à savoir Internet. Les instances européennes, bientôt relayées par leurs pendants nationaux et régionaux multiplient les initiatives mettant le multimédia au cœur de l’éducation. On l’a vu précédemment, les établissements français se dotent relativement rapidement d’une connexion pour tirer partie de ce nouvel outil mettant à portée de clic la connaissance universelle. On commence à numériser les ouvrages, on publie divers travaux et recherches. Les Campus Numériques Universitaires sont mis sur pied ; le concept d’e-université est né. L’e-learning prolonge cette notion à toutes les classes d’âge, à tous les niveaux scolaires. On parle de Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (N.T.I.C.) puis, les développements étant particulièrement fulgurants, de T.I.C. L’enseignement qui, comme on l’a vu sait tout le potentiel qu’offrent ces technologies, définit très rapidement le concept de T.I.C.E. En 2003/2004, le Web vit sa première grande révolution. Le Web 2.0 prend le relais. D’un Internet aux contenus pratiquement figés et peu interactifs, on passe à l’implémentation d’outils en cascade pour un recentrage sur l’internaute et, de fait, une plus grande horizontalité. La vidéo, les plug-ins, les podcasts et A.P.I. se généralisent sur la Toile. Autant d’attributs particulièrement adaptés pour faire d’Internet une formidable source éducative. Les contenus numériques publiés ne sont plus uniquement l’apanage d’experts puisque tout un chacun peut interagir avec les internautes. Outre la multiplication des sources et l’aplanissement du facteur temporel, on se connecte sur différents devices (ordinateurs, tablettes, téléphones mobiles) pour un accès extrêmement facilité à l’information qui se régénère constamment. En parallèle du flux logique et bien établi enseignant/apprenant, se développe les flux enseignant/enseignant et apprenant/apprenant qui sont particulièrement encouragés avec l’apparition des réseaux sociaux. Ces plateformes d’échanges planétaires, au succès croissant depuis 2006, sont certainement le principal catalyseur de la notion d’individualisation de l’enseignement dans la lignée des logiciels. Le paysage pédagogique est, une nouvelle fois, bousculé et les vérités d’hier ne sont pas forcément celles d’aujourd’hui. Le « décor » de la formation ouverte étant planté, il me paraît essentiel à ce niveau de passer en revue la situation des T.I.C.E. dans l’Hexagone à l’école mais aussi de l’e-learning en entreprise et à la maison, en 2012. 16
  • 23. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN e-twinning Synchrone/Asynchrone Apprentissage Learner2Learner Evaluation 2.0 Formation E.A.O. Ludique Education 2.0 Blogs e-learning Partage desAutonomie données Motivation Tâches Interactivité E.N.T. Widgets T.I.C.E. Classes Virtuelles Chat Wikis Web 2.0 Encadrement Syndication Pédagogie 2.0 Multimédia C. La pédagogie en trois dimensions : l’éducation nationale, la formation continue, l’apprentissage autonome Lorsque l’on évoque le vaste domaine de l’éducation des personnes, on distingue deux grands « compartiments », à savoir l’éducation scolaire, sous la houlette de l’éducation nationale et du ministère du même nom et la formation continue qui s’exerce au cours de la carrière professionnelle. On parle de formation initiale par opposition à la formation continue. Cependant, lorsque l’on évoque l’éducation, il ne faut pas minorer l’importance de l’apprentissage autonome, à savoir les démarches personnelles des individus souhaitant se former à une ou plusieurs discipline(s) ou approfondir leurs connaissances. A contrario des formations précédentes, il n’y a pas forcément de structure encadrante. 1. La formation initiale, l’école de Jules Ferry et de Napoléon Il s’agit de l’éducation intellectuelle et morale d’une personne obtenue au terme d’un cycle d’étude. C’est via l’école, dans toutes ses composantes, qu’est donc dispensée la formation initiale, généralement sanctionnée par un ou plusieurs diplôme(s). Sont considérés en formation initiale les individus qui : >N’ont pas interrompu leurs études au-delà de deux ans >Travaillent en temps partiel en parallèle de leurs études Le système scolaire français, qui se base sur une instruction obligatoire de 6 à 16 ans, s’articule en trois grandes périodes que sont : >L’enseignement primaire, de 2 à 10 ans, et qui rassemble les écoles maternelle et primaire. >L’enseignement secondaire, en moyenne de 11 à 18 ans, qui est la synthèse du collège et du lycée. >L’enseignement supérieur qui revêt diverses formes selon l’orientation choisie ou subie à l’issue du collège et pendant les années lycée. 17
  • 24. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN 2. La formation continue ou comment démultiplier ses compétences La formation continue est l’éducation concernant les apprenants qui ont quitté la formation initiale et sont donc entrés dans la vie active. Elle désigne de fait les apprenants adultes. La formation continue revêt deux formes : >la reprise d’études avec des modalités proches de la formation initiale 18
  • 25. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN >la formation professionnelle continue (F.P.C.) Dès 1946, la république inscrit la formation professionnelle dans la constitution française. En 1949, l’A.F.P.A. (Association pour la Formation Professionnelle des Adultes) voit le jour. A partir de 1959, la loi Debré permet aux centres de formation de dispenser des cours du soir. On considère que la formation est un effort personnel récompensable par une promotion professionnelle. La reconversion professionnelle est prise en compte, en 1963, via le Fonds National pour l’Emploi (F.N.E.) qui participe à la restructuration du secteur industriel et de ses moyens humains. Suite à mai 68 et, après de profondes négociations, les partenaires sociaux font entrer la formation professionnelle au cœur du droit du travail via l’accord national interprofessionnel (A.N.I.), permettant ainsi de corriger les inégalités du système éducatif, la réponse aux besoins en main d’œuvre et aux aspirations individuelles à la promotion. Tous les salariés, excepté ceux du secteur public, sont concernés. Depuis la loi du 16 juillet 1971, la F.P.C est dispensées par des organismes reconnus aux statuts très divers. L’Etat, les collectivités et les cotisations patronales sont les sources de financement de la F.P.C. qui jouit aujourd’hui d’un budget annuel avoisinant les 30 milliards d’euros. En 1984, le congé individuel de formation (C.I.F.) voit le jour suivi, en 1989, par le crédit formation. Une rationalisation des organismes de formation est menée en 1991 suite à certaines dérives. Des labels sont délivrés. En 1993, c’est le financement qui est assaini : les O.P.C.A. (Organismes Paritaires de Collecte Agréés) sont instaurés. Le capital temps formation voit le jour et permet aux salariés de profiter de formations inscrites au plan de formation de leur entreprise pendant leur temps de travail. 2004 signe l’instauration du droit à la formation professionnelle tout au long de la vie de l’individu. Depuis 2007, certaines branches de la fonction publique bénéficient également de ce système. C’est ainsi que le droit individuel à la formation (D.I.F.) est créé : le salarié dispose de vingt heures de formation par an, des heures cumulables sur plusieurs années. Avec le D.I.F., les services Web prennent de l’ampleur, comme nous le verrons plus largement dans la suite de ce rapport, et le salarié est parfois directement sollicité par les offreurs du marché de l’e-learning. 3. L’apprentissage autonome : apprendre tout au long de son existence Nous avons précédemment souligné l’importance de l’individualisation. Au cours du vingtième siècle, la notion d’apprentissage autonome s’est largement développée en parallèle de l’évolution des techniques pédagogiques. En effet, l’apprentissage en autonomie jouit d’une batterie d’avantages pour un apprenant désireux de se former ou d’approfondir ses connaissances par lui-même, à savoir : >Une autonomie permettant une gestion personnelle des efforts et du temps consacré >Un apprentissage basé sur les besoins et attentes spécifiques de l’apprenant >Un apprentissage décentralisé par rapport aux personnels et locaux disponibles >Une souplesse dans la progression et une pression moindre par rapport aux objectifs >Un coût maîtrisé, notamment à l’ère numérique 19
  • 26. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN En 2011, c’est l’ordinateur qui très majoritairement est choisi par les individus. Cependant, selon l’appétence à l’informatique, l’âge ou encore les ressources, certains privilégient encore la formation par les livres, cassettes audio et vidéo ou D.V.D. Ces choix tendent à se marginaliser devant la force de frappe des logiciels et d’Internet. En effet, l’apprentissage autonome via ces outils conventionnels souffre notamment des points faibles suivants : >Pas ou peu de contact avec d’autres apprenants >Moins de possibilités d’échange >Un partage d’expériences peu favorisé >Une évaluation rare ou inexistante des progrès accomplis Il est difficile de quantifier l’apprentissage autonome qui est un choix personnel qui s’exerce en dehors des structures scolaires et professionnelles. Si la France se positionne comme la championne du soutien scolaire, avec 2.2 milliards € et une croissance annuelle de 10%, quid du « marché adulte » de l’apprentissage autonome ? D’autant qu’avec Internet, les démarches sont grandement facilitées. FOCUS SUR LE SOUTIEN SCOLAIRE La France étant l’un des rares pays où le soutien scolaire bénéficie d’une réduction fiscale, les cours de soutien connaissent une envolée ces dernières années. En surimpression de ce coup de pouce, la culture typiquement française de l’élite, où l’échec est très mal vécu, est un paramètre à prendre en compte. D’autre part, le développement des technologies numériques permet désormais une très grande flexibilité en termes horaires, pécuniaires, organisationnels et de motivation. Prof Express, Educastream, Maxicours, Teacheo et consorts ont su tirer partie du Web 2.0 en implémentant des outils variés pour un parcours personnalisé des élèves. Acadomia, leader du cours à domicile, s’est récemment lancé dans les cours de langue en ligne selon les niveaux reconnus par le C.E.C.R. que nous expliciterons ultérieurement. D. État des lieux des T.I.C.E. en milieu scolaire : un usage contrasté 1. Une distorsion notable entre les moyens et les usages Bien que parmi les pays de l’OC.D.E. la France ne soit pas des plus en avance, le recours aux nouvelles technologies s’est grandement accéléré ces dernières années. Il est pour autant nécessaire de souligner que cette progression est très logique voire urgente puisque notre pays accuse un lourd retard en la matière. 20
  • 27. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN Vocabulaire L.P. Lycées Professionnels L.E.G.T. Lycées d’Enseignement Général & Technologique Source : Éducnet, Débit de l’accès à Internet, 2010 En 2010, parmi les pays de l’Union Européenne, la France arrive en huitième position en termes d’équipement informatique. Bien que notre pays soit la deuxième économie de cette zone, il s’agit d’un rang somme toute honorable et qui est le fruit d’efforts continus, ces dernières années, de nos gouvernants pour équiper les établissements nationaux et ultra- marins. Cependant, le taux d’équipement subit de regrettables variations d’une académie à l’autre, un déséquilibre qui pourrait s’aggraver avec les récentes lois de décentralisation. Source : Éducnet, Nombre d’élèves par ordinateur, 2010 Le graphe ci-après, qui s’attarde sur les matériels technologiques utilisés est édifiant. Hormis les photocopieurs, tous les autres outils sont majoritairement fournis par les enseignants qui doivent très souvent mobiliser leurs ressources personnelles pour permettre un accès facilité et multi-supports de leurs élèves aux T.I.C.E. Pour l’usage d’un simple ordinateur de salon, cinq fois sur dix, c’est l’ordinateur personnel de l’enseignant qui est mis à contribution. 21
  • 28. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN Source : Éducnet, Équipements à la disposition des enseignants, 2010 Source : IPSOS, Etude sur les TICE et les enseignants, Utilisation des équipements à titre professionnel, 2010 22
  • 29. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN Source : IPSOS, Etude sur les TICE et les enseignants, Utilisation des équipements, 2010 Le recours aux équipements permettant une utilisation d’Internet s’est accéléré. Pourtant, les enseignants restent prudents dans leurs usages en favorisant des matériels classiques dont ils maîtrisent parfaitement l’utilisation. Les tableaux blancs, les classes mobiles et les tablettes, notamment, suscitent même des freins notables. Le tableau blanc interactif dispose d’un écran tactile, d’un stylet et d’un capteur suivant les mouvements de l’utilisateur. Il est généralement relié à la Wi-Fi. La classe mobile permet de favoriser les travaux en réseau. Ces résultats dénotent de la frilosité de certains professeurs envers ces outils technologiques révolutionnant l’approche pédagogique. En ce qui concerne la place des T.I.C.E. à l’école, les résultats sont édifiants : sur les 27 pays que compte l’U.E., notre pays se classe au vingt-quatrième rang pour l’usage de ces technologies dans la classe. Ce déséquilibre a pour résultante une distorsion entre les capacités et les usages. L’accès des élèves aux ressources est désormais généralisé mais ceux-ci ne bénéficient que très peu des dernières innovations ou pour des tâches encore très basiques. Outre les moyens financiers et techniques, il est nécessaire de prendre en considération « l’évangélisation des enseignants » pour clarifier ce retard inquiétant. Depuis le Plan Informatique pour Tous de 1985, la formation et, en préambule, la sensibilisation des professeurs a bien souvent été le parent pauvre des programmes et politiques décidées par le Ministère de l’Éducation. En conséquence, il n’y a pas dans notre pays de véritable « coaching » et donc d’adhésion pleine et entière des enseignants autour des multiples possibilités des T.I.C.E. A contrario de certains de ses alter-egos, l’enseignant français reste donc timoré dans son approche et dans son usage des T.I.C.E., sauf exception, et n’explore que très peu de méthodes et travaux en dehors de ceux mis en exergue par les instances éducatives. Les conséquences sont les suivantes : >La défiance vis-à-vis des T.I.C.E. est encore notable >Le recours spontané au T.I.C.E. est donc faible >La créativité pédagogique est minorée >La « veille techno-pédagogique » est rare parmi le corps enseignant peu sensibilisé L’étude sur les T.I.C.E. et les enseignants, menée en 2010 par l’IPSOS, donne un éclairage très parlant sur la perception des outils numériques par les professeurs. L’histogramme ci- après démontre que ces techniques sont plus largement vues comme des leviers du savoir- être avant d’être de probants vecteurs du savoir. 87% des enseignants jugent les T.I.C.E. comme un moyen de permettre un usage raisonné d’Internet par les élèves et apportant une certaine maîtrise de l’information et de la communication. L’aide à la pratique d’une langue étrangère (52%), à la rédaction (44%) et à la maîtrise du français (41%) ou bien encore à la 23
  • 30. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN maîtrise des mathématiques et des sciences et technologies (38%), qui se situe sur le plan du savoir, sont des critères cités par moins d’un enseignant sur deux. Source : IPSOS, Etude sur les TICE et les enseignants, Compétences développées par les TICE, 2010 On constate, à la lecture des réponses données, que le corps enseignant appréhende encore très largement les T.I.C.E. comme un moyen plus que comme un faisceau de sources de la connaissance. Pour preuve, le graphique suivant qui aborde les bénéfices des T.I.C.E. ressentis par les professeurs. Les mentions « apprendre de manière interactive et ludique » et/ou « consolider les savoirs », par exemple, ne figurent pas parmi les résultats proposés par le ministère. Pour la grande majorité des enseignants, les T.I.C.E. sont le moyen idoine de préparer des supports de cours et de réaliser des tâches administratives. Ils ne sont que 66% à plébisciter l’item « faire cours ». Et seuls 49% sont tout à fait d’accord avec l’affirmation « réaliser un suivi personnalisé des élèves et leur évaluation, en dehors de la classe ». Les T.I.C.E. sont considérées comme des techniques organisationnelles pratiques pour les professeurs et qui, lorsqu’elles sont utilisées avec les apprenants, le sont essentiellement en classe. Source : IPSOS, Etude sur les TICE et les enseignants, Bénéfices des TICE, 2010 Devant cette perception encore très classique, les réponses à la question « quelles actions pour généraliser l’usage des T.I.C.E. ? » sont éloquentes : 8 professeurs sur 10 réclament des 24
  • 31. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN formations et une aide à la gestion de la maintenance. 57% demandent l’adaptation des programmes et ils sont 40% à souhaiter que les instances scolaires communiquent bien plus sur les bénéfices que les T.I.C.E. peuvent apporter aux enseignants, ce qui illustre clairement le manque « d’éducation » du corps enseignant à ces technologies. D’ailleurs, le fait qu’ils soient 71% à estimer qu’il est important de prendre en compte le fait que l’usage des T.I.C.E. nécessite un temps de préparation plus long prouve la méconnaissance des pédagogues puisque les T.I.C.E. sont censées, entre autres, permettre une gestion facilitée et donc plus rapide des cours. Seuls 2% répondent qu’ils ne voient aucun intérêt aux T.I.C.E., ce qui souligne la prise de conscience relative à l’importance et à l’impact de ces outils par la communauté scolaire. Source : IPSOS, Etude sur les TICE et les enseignants, Quelles actions pour généraliser l’usage des TICE ?, 2010 Disciplines et T.I.C.E. >Les sciences et technologies sont logiquement en tête >Les maths trustent la seconde place avec plus de 20% >Le rédactionnel (lettres, sciences humaines et langues) peinent encore à « se digitaliser » >Les technologies complexes accusent un fort retard Les deux tableaux ci-après listent les types d’actions principalement menées par les enseignants lorsqu’ils ont recours aux technologies de l’information et de la communication dans l’enseignement. Le premier tableau concerne le cycle primaire, le suivant le secondaire. 25
  • 32. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN Source : Éducnet, Services en lignes à l’école A la lecture de ces indices, on constate que c’est étonnamment en maternelle que l’on fait le plus appel aux ressources pédagogiques en ligne. Suivent les lycées avec 71%, les collèges et écoles primaires avec 64% et les lycées professionnels avec 53%. En France, les nouvelles technologies à l’école semblent être essentiellement synonymes de praticité et gain de temps dans l’approche organisationnelle : on délivre les emplois du temps, les notes et actualités scolaires avec Internet pour appui. Source : IPSOS, Etude sur les TICE et les enseignants, Moyens d’évaluation utilisés, 2010 Cependant, les enseignants se convertissent peu à peu l’évaluation 2.0 pour une interactivité plus forte, comme le démontrent les indices ci-dessus. Les tâches multimédia sont encore 26
  • 33. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN disparates mais les formateurs ont intégré l’aspect facilitateur de la notation grâce aux outils numériques. Pour les devoirs sur table, les exercices ou encore les interrogations écrites et orales, les moyens d’évaluation numériques sont de plus en plus utilisés par les enseignants. Cependant, dans le cadre des devoirs à la maison ou préparations d’exposés, les professeurs appliquent rarement une évaluation basée sur les outils digitaux en mode asynchrone donc à distance. A l’heure du Web 2.0, il est surprenant de constater que les outils digitaux employés par le corps enseignant demeurent relativement conventionnels, comme en atteste le graphique ci- dessous à gauche. Le rédactionnel reste majoritaire avec l’utilisation et l’entretien d’un blog pour 27% des répondants. Facebook et Twitter, largement utilisés par les élèves en tant qu’agréments, ne sont que peu exploités (9% Vs. 2%) en classe. Sur le chapitre des réseaux sociaux (graphique de droite), la méconnaissance est malheureusement criante : 31% des sondés ont opté pour l’item « Ne sait pas » à l’affirmation « Les réseaux sociaux peuvent servir de vecteur pédagogique » et pratiquement 2 professeurs sur 10 ne sont pas d’accord avec cette affirmation. Source : IPSOS, Etude sur les TICE et les enseignants, 2010 Le social learning, qui s’appuie sur le mode collaboratif induit par les médias sociaux et que nous aborderons plus loin dans ce rapport, n’a pas encore les faveurs du corps enseignant. Pourtant, l’installation et le renforcement inévitable des T.I.C.E. dans le paysage scolaire français vont amener les instructeurs à optimiser leurs usages en ce domaine et, surtout, à travailler en mode systémique, comme le résume l’infographie ci-après. Outre les supports papier classiques, les professeurs devront s’adonner à la gestion d’outils électroniques divers (wikis, blogs, réseaux sociaux, vidéoconférence, webinars, etc.) tout en gérant l’approfondissement de leurs rapports avec les familles, leurs collègues (best practices, …), leur hiérarchie mais aussi et surtout avec leurs élèves bien plus informés et exigeants. L’interdépendance et le partage vont prendre une autre dimension à l’école sous la houlette de professeurs bien plus aguerris aux nouvelles technologies. 27
  • 34. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN Le prof dans l’œil du cyclone >Il est connecté >Il doit constamment se former >Il connaît la valeur de la collaboration >Il est la porte d’entrée vers le réseau >Il est le nœud des échanges >Il connecte les intelligences >Il lie le tangible au virtuel Source : The networked teacher, Alec COUROSA, 2010 2. Les Espaces Numériques de Travail, la systémique des ressources Cependant, l’Etat a réagi en instaurant les E.N.T. (Espaces de Travail Numérique) dans les établissements secondaires puis universitaires. Il s’agit de fournir aux utilisateurs (élèves, professeurs, chercheurs) un accès aux ressources liées à leur(s) activité(s). Ce point d’entrée est constitué d’un socle de services applicatifs pour des recherches profondes de données. Les E.N.T. ont permis de donner un accès en dehors des structures scolaires aux bénéficiaires pour un partage collectif de l’information, de moderniser la scolarité en encourageant l’utilisation de ressources pédagogiques au sein des familles, permettre aux scolaires la gestion de l’information et donc de mieux appréhender la société de l’information et, enfin de rendre possible par tous et pour tous l’utilisation de formes alternatives d’enseignement et d’apprentissage. Les E.N.T. sont les équivalents nationaux des L.M.S anglo-saxons, soit des centres de ressources. E. L’e-formation est désormais bien installée dans l’enseignement extrascolaire Selon une étude de Cegos (« La formation professionnelle, aujourd’hui et demain »), en 2010, 24% des salariés français ont suivi un cours en e-learning contre 51% en Espagne et 47% au Royaume-Uni. Cependant, ce retard devrait être comblé d’ici 2012 puisque on observe une accélération du recours à l’e-learning au sein de nos entreprises. Les employeurs incluent désormais plus facilement un volet e-learning à leur plan de formation. Les causes en sont essentiellement la flexibilité et la réduction de certains coûts, à une époque où les dépenses sont étudiées à la loupe. L’enquête CEGOS met en avant 7 tendances lourdes encourageant la conversion des ressources humaines à l’e-learning. 28
  • 35. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN Source : BISEUL Xavier, « E-learning : la France en cours de rattrapage », 15 janvier 2010 L’étude « e-transformation de la formation » conduite par les étudiants de l’Institut Léonard de Vinci (I.L.V.), en 2011, met en exergue le potentiel de l’e-learning dont la part budgétaire ne représente qu’un pourcent du budget total de la formation quand celle-ci atteint les 11% au niveau mondial. Ce sont logiquement les grandes entreprises et les multinationales qui génèrent 73% du chiffre d’affaires de ce secteur. Selon Philippe GIL, de DEMOS E-Learning, « les entreprises du CAC 40 estiment que la part de l’e-learning sera en augmentation ou en forte augmentation dans les deux ans à venir. Aucune ne prévoit de réduire l’effort d’investissement ». Le potentiel de croissance est donc vaste. D’autant que 85% de ces sociétés font de l’outsourcing pour la réalisation de modules de formation. Il s’agit donc essentiellement de contenus sur mesure, à savoir répondant à un cahier des charges établi selon les besoins du donneur d’ordre. Suivent les contenus sur étagère, ou standard, désormais majoritairement liés aux thématiques managériales. Outre ces deux segments désormais largement exploités, le serious gaming fait une percée remarquable ces derniers mois. Le plan France Numérique 2012, pour le développement et l’offre de contenus numériques, dispose d’un budget de 20 millions d’euros pour le soutien de 48 projets de serious gaming. Ce segment de l’e-learning génère 1.5 milliard d’euros et atteindra les 10 milliards en 2015. Le potentiel est donc considérable et les entreprises se laissent désormais séduire par cette pédagogie ludique très réaliste permettant une forte implication et donc une adhésion de leurs salariés. Ces « jeux sérieux » combinant le ludique à l’interactivité peuvent être de six natures : >Les advergames ou jeux publicitaires pour la promotion d’une marque >Les jeux ludo-éducatifs pour apprendre tout en s’amusant 29
  • 36. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN >Les jeux de marché qui servent la stratégie de communication et les enjeux sociaux >Les jeux engagés pour la dénonciation de problèmes généralement d’ordre éco-politique >Les jeux de simulation permettant la reproduction d’une tâche ou manœuvre >Les jeux expérimentaux généralement à dimension scientifique Bien évidemment, les sociétés sont bien plus enclines à mettre en place les jeux ludo-éducatifs et de simulation. Cependant, les autres types sont parfois utilisés par les marques auprès du marché donc de leurs consommateurs, notamment les advergames. A noter que L’OREAL a, par exemple, recruté un tiers de ses stagiaires via le jeu Reveal, en 2010. L’étude de DEMOS E-Learning démontre également que 30% de ces entreprises du CAC 40 offrent la possibilité à leurs salariés de suivre leurs modules d’e-formation à domicile. On constate une accélération de la délinéarisation de la formation professionnelle par le recours renforcé aux solutions digitales. Six entreprises sur dix, pour parer à la solitude de l’apprenant mais également stimuler sa motivation, ont mis en place un système d’accompagnement tel que le tutorat. En effet, si le distantiel, soit l’apprentissage à distance, a des nombreux avantages, les employeurs sont soucieux d’entretenir la motivation de leurs ouailles. A l’instar d’autres enquêtes, celle-ci démontre une nouvelle fois la montée en puissance du blended learning ou mélange des modalités pédagogiques relatives au présentiel et au distantiel. 44% des sociétés renforçant leur formation autour du blended learning ont réduit le présentiel. Il s’agit, désormais, de bien préparer son mix learning pour effectuer un savant dosage entre le présentiel et le distantiel mais aussi, en termes de vecteurs, savoir quels outils sélectionner et quelle part leur donner dans la stratégie globale du plan de formation professionnelle. Car si le blended learning est très prometteur, il s’agit de bien préparer en amont les contenus et leur séquençage en choisissant la durée, les outils, l’interface et l’ergonomie les plus à mêmes d’engendrer une efficacité pédagogique si possible zéro défaut pour enseigner mais aussi motiver et entretenir l’attention tout en mesurant les progrès accomplis et mettant en exergue les mesures correctrices à mener au fur et à mesure que se déploie l’apprentissage. D’une offre plutôt standard, on est passé à une offre affinée selon les besoins des entreprises et de leurs effectifs. Le blended learning va certainement connaître un développement majeur dans les prochaines années. FOCUS SUR LE BLENDED LEARNING Le blended learning permet une formation multimodale pour offrir à l’apprenant la formation la plus complète et flexible possible. Le blended learning s’appuie sur un savant mix learning pouvant s’appuyer pêle-mêle sur le face à face, le téléphone, l’e-mail, la visioconférence et bien évidement tous les outils digitaux pédagogiques connus. Bien que le blended learning puisse être employé dans divers domaines, c’est dans la formation linguistique que ce concept serait le plus efficient. TELELANGUE, leader des cours de langue à distance, quantifie entre 30 et 50% le gain d’efficacité engendré par le blended learning pour, de plus, un coût inférieur par rapport aux cours classiques. 64% des formations en blended learning sont des cours de langue. 30
  • 37. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN Le blended learning, concept probant pour apprendre une langue Trois motifs justifient la forte efficacité de blended learning dans la formation linguistique : >L’assimilation : grammaire, orthographe, vocabulaire sont acquis au rythme de l’apprenant via les outils digitaux utilisés. Mais la restitution des acquis est assurée par le professeur, seul capable de faire travailler efficacement les réflexes. >La rapidité : l’apprenant progresse deux fois plus vite grâce à un enseignement disponible anytime anywhere et parfaitement calibré à ses besoins et à son niveau. >La double flexibilité : l’employeur tout comme son salarié bénéficient d’une flexibilité dans l’enseignement/apprentissage puisque les contenus peuvent être accessibles 24/24h, en entreprise ou à l’extérieur. Source : DEMOS E-Learning, Enquête “Blended learning et tutorat”, 2009 Avec la montée en puissance des smartphones, certains anticipent déjà la croissance logique du m-learning ou mobile learning. Certains acteurs commencent à investir le micro marché de la pédagogie nomade. C’est le cas, par exemple, de MICROPOLE et 4N MEDIA. Les salariés étant amenés à souvent se déplacer, tels les visiteurs médicaux ou les commerciaux, vont donc être amenés à de plus en plus bénéficier de modules pédagogiques via leurs smartphones. Sans pour autant ne concerner que les geeks, le m-learning induit une adhésion forte des utilisateurs aux nouvelles technologies, bien plus encore que dans le cas de l’e- learning conventionnel. De plus, le fond et la forme des contenus pédagogiques doivent être adaptés à l’usage sur mobile. Selon le blog Innovative Learning Technologies, 5 raisons majeures illustrent les prémices du succès du m-learning : >L’exploitation optimale du Web 2.0 dans une logique communautaire >Le support idéal pour des exercices d’entraînement >Le développement de nouvelles tâches (utilisation des flashcodes, par exemple) >Permettre des formations d’un nouveau genre sur un appareil du quotidien >La dématérialisation des frontières de l’espace de formation On entrevoit combien l’e-learning originel cède peu à peu la place à un e-learning 2.0. car désormais les particuliers n’hésitent pas à aller à la source pédagogique pour se former par 31
  • 38. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN eux-mêmes, c’est-à-dire approfondir leurs connaissances ou développer de nouvelles compétences. L’écueil principal étant de savoir piocher parmi les gigantesques ressources d’Internet. Les critères observés sont majoritairement le coût, la qualité des contenus et l’interface graphique et l’ergonomie. Notons qu’avec Internet, il est souvent possible de faire son menu e-formation gratuitement ou, à tout le moins, pour un faible coût. Cependant, la qualité sera très variable. La capture d’écran ci-dessous nous donne un aperçu des référencements gratuit et payant lorsqu’il s’agit de l’occurrence « cours en e-learning ». Comme souligné précédemment, les recherches relatives à l’e-learning sont désormais plus pointues : face à la largeur de l’offreur mais aussi sur la base d’une exigence plus forte, les Français tapent désormais « cours d’anglais », « cours d’italien », « e-learning langues », etc. Le graphe ci-après, issu de Google Tendance des Recherches, prouve l’essor des recherches plus profondes à partir de 2004. Ce graphe établi à partir de l’occurrence « cours d’anglais » illustre également le fait qu’Internet soit désormais un vecteur de choix dans la recherche d’une pédagogie adaptée par des apprenants de plus en plus séduits par la Toile pour répondre à leurs besoins, que ce soit en mode présentiel ou distantiel. 32
  • 39. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN Outre les professionnels et les scolaires, les particuliers sont désormais une cible de choix pour les acteurs de l’e-learning qui ont constaté l’importance du phénomène et tirent partie notamment du droit individuel à la formation (D.I.F.). Le marché de la formation linguistique se caractérise par une offre très atomisée rassemblant un grand nombre d’organismes, d’individus et d’entreprises de toutes tailles, avec des statuts et des offres de formations très variés, exerçant une activité dans le domaine des cours de langue. F. L’enseignement des langues a très vite succombé aux sirènes du Web A l’heure où la mondialisation régit l’économie et la géopolitique internationales, la maîtrise de langues étrangères devient déterminante. Les marchés domestiques étant saturés, dans de nombreux secteurs d’activité, les P.M.E./P.M.I. emboîtent le pas aux grandes entreprises en se lançant à l’export afin d’obtenir des débouchés commerciaux. Outre l’anglais qui est bien souvent impératif dans le recrutement de talents, les langues secondes prennent une plus grande importance. Et la progression des B.R.I.C.S. (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) et du Moyen-Orient amène les entreprises à rechercher des locuteurs de langues plus ardues telles que l’arabe, le mandarin ou le japonais. C’est pourquoi les perspectives pour les offreurs sont placées sous les meilleurs auspices. Passons désormais en revue les sociétés référentes sur ce marché. 1. Les leaders n’occupent pas une position dominante sur le marché Dans son édition du 29 novembre 2010, le Journal du Net a remis les conclusions de son étude « L’anglais en e-learning : les formations au banc d’essai ». Quatre leaders sont isolés de la masse toujours plus importante des offreurs. 33
  • 40. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN >Notation des méthodes pour l’évaluation du niveau du requérant : >Notation des modules d’e-learning proposés : Ces quatre entreprises occupent 30% du marché et ont su tirer partie du booster qu’a été l’e- learning dans la formation en langues. TELELANGUE bénéficie d’une croissance d’environ 26% sur les derniers exercices grâce à des investissements massifs dans son concept Cyberteachers (10 millions d’euros) qui combine blended learning, téléphone, modules e- learning, cours en présentiel et outil de gestion LMS. Cette stratégie lui permet aujourd’hui de fortement concurrencer les pure players GOFLUENT et PROFORMATION. De même, BERLITZ, via son concept Virtual Classroom, a su se renouveler et, surtout, se redresser suite à des années 2003 et 2004 difficiles. L’étude du JDN démontre que, sur ce marché, ce sont étonnamment encore les click and mortar qui tiennent le haut du pavé. En effet, seul GOFLUENT est un pure player. Parts de marché Seuls 60% du marché sont détenus par les spécialistes du secteur. 34
  • 41. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN 1 370€ H.T. pour 20 heures de téléphone et 20 heures multimédia 1 450€ H.T. pour 20h de téléphone et un accès multimédia illimité 1 790€ pour 30h de cours (18h multimédia, 12h de téléphone) 1 669€ H.T. pour 21 heures de téléphone et 21 heures multimédia 79€ par mois pour un engagement d’un an Sur devis 35
  • 42. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN 99€ par mois pour l’offre Private Teacher Sur devis 89€ pour 6 mois Sur devis TELELANGUE passe sous pavillon Américain [E-learning-infos.com, 8 septembre 2011] Un coup de tonnerre dans le ciel de la formation linguistique… Berlitz accélère son développement en rachetant Telelangue La fin - ou le début ? - d'une belle aventure pour Jean-Michel Dubedout qui a su faire de Telelangue, l'un des leaders européens de la formation linguistique à distance. La mariée est belle : pionnier de la formation à distance, avec notamment la création des cours de langue par téléphone, éditeur de solutions e- learning spécialisées, présent en France à travers une trentaine de centres, Telelangue a formé plus d'un million d'apprenants et sert plus de 15,000 entreprises clientes de par le monde. Quant à Berlitz, il est un acteur global de la formation linguistique et des services interculturels avec plus de 550 centres dans 70 pays. Les motifs du rapprochement sont raisonnables. La complémentarité géographique, et celle surtout des approches de la formation, permettra au nouvel ensemble de peser plus que la seule somme des parties. Les clients de Berlitz devraient être les premiers bénéficiaires des innovations pédagogiques et de la technologie développée par Telelangue, facteurs de renforcement de la formation et d'optimisation des coûts. "Ce qui est en jeu, explique Jean-Michel Dubedout, c'est notre capacité à répondre à de grands appels d'offre internationaux. La compétition est devenue mondiale, et les acteurs susceptibles d'y participer en très petit nombre. En se rapprochant de Berlitz, Telelangue fait mieux que de rester dans la course". 36