3èmes rencontres eAtlas FAO
                  25, 26, 27 octobre 2011
                          Cotonou

              «La promotion et le développement des usages »
                                  Atelier 3
                          Mercredi 26 après-midi  




Participatif / collaboratif ? Retour d’expérience sur la co-construction d’un site
web collaboratif à l’échelle d’une banlieue dakaroise
Françoise Desbordes, Université de Toulouse


                                                                             1
Participatif, collaboratif, contributif, des termes souvent employés pour les
outils TIC et plus particulièrement depuis le développement du web2.0

            La compréhension donné à ces termes varie suivi l’angle
            d ’approche, monde de l’ entreprise, de l’éducation, associatif,
            approche outil ou démarche

La collaboration : participation à l’élaboration d’une œuvre commune
     • Le collaboratif : ce qui dans un environnement informatisé ou en ligne vise à
     favoriser la collaboration entre pairs, permet l’échange et le partage des
     compétences pour mieux réussir un projet commun.

     • Dans le travail collaboratif : il y a négociation, conflit, coopération et réalisation
     d’un produit fini.
     « Chacun participe à tout pour un enrichissement mutuel ».
    Alors que dans le travail contributif : chacun réalise sa partie, concourant à la
    production finale, dont les contributeurs sont au final dépossédés.

Le collaboratif et le contributif sont des termes développés essentiellement dans
le monde de l’entreprise et de l’éducation

                                                                                        2
La participation : une action, une façon de conduire l’action et le résultat de
cette action

        Ensemble de mesures destinées à associer les citoyens au pouvoir, les citoyens
        au développement, intéresser les personnels à leur entreprise …

        La participation c’est la collaboration mais au delà des pairs, associant les
        différents niveaux hiérarchiques pour la définition négociée d’un cadre
        commun et de règles du jeu

        Un processus participatif sous-tend un implication active des protagonistes
        dans une action ou une activité.



        Si le partage d’information renforce la participation
        il pose la question de l’outil de communication approprié ;
        le but n’est pas de diffuser de l’information, mais de soutenir un processus de
        communication, de susciter le débat au sein d’une communauté.

        Le partage des points de vue et des opinions sont essentiels à la participation.


                                                                                    3
Des outils collaboratifs pour renforcer la participation de tous les
acteurs à la gestion d’une ville ?

                        des pratiques participatives des citoyens garantes de la
                        production et de l’usage d’outils collaboratifs ?



Des recouvrements, des glissements, des mécompréhensions dans l’usage de
ces termes, des réajustements de fait


         • dresser un bilan des attentes, apports et déceptions dans la réalisation et
         l’usage de cet objet
         « portail collaboratif pour la e-gouvernance et le développement local » devenu
         « portail de la ville de Guediawaye »

          vers un défrichage de bonnes et mauvaises pratiques en tirant ce fil des
         glissements participatif/collaboratif




                                                                                 4
Pourquoi le choix de portail collaboratif pour améliorer la gouvernance locale ?


   Le projet de portail est né du constat de difficultés :

   Difficulté à accéder aux informations disponibles sur la ville,
         projets d’aménagement, équipements à jour,
         OSC actives,
         information regroupées sur la création d’activité, le micro crédit …
         capitalisation des différents diagnostics réalisés sur la ville
         programmes de développement engagés


   Et de l’engagement initial de plusieurs catégories d’acteurs à favoriser une
   bonne gouvernance de la ville

        Acteurs municipaux
        Membres d’OCS
        Administratifs
        Universitaires



                                                                                  5
pour répondre à ces attentes
   archiver et gérer des contenus,
   gérer des droits d’accès publics, privés,
   ouvrir des forums de discussion
   permettre à chacun de proposer une contribution à faire valider avant
   publication
   que la publication d’information et le chargement de documents soit
   facile pour un public peu formé à la pratique du web.




une solution technique a été proposée par l’équipe universitaire pour initier
l’expérimentation, dans l’attente d’une solution correspondant aux compétences
locales, solution web opensource (Plone/zope),

     Solution très complète
     relativement complexe à installer et à administrer (partie assurée dans un
         premier temps par l’équipe universitaire)
     d’abord facile pour la consultation et la contribution


                                                                            6
Mise en place d’une démarche participative par la ville

  Une méthode qui a fait ses preuves, contrat de ville, agenda 21local :
     • identification et sensibilisation aux enjeux des partenaires
     potentiels( élus locaux, techniciens municipaux, responsables d’ONG
     locales, membres d’associations communautaires de base,
     représentants de services de l’état) ,
     • Séminaire de lancement afin d’impliquer les acteurs qui devaient
     préciser leurs attentes
     • Réalisation d’un pré diagnostic technique : les équipements existants,
     ce qui se fait déjà, ce qui est en projet, les besoins émergents
     • Définition des engagements

  Un premier groupe de travail se constitue :
  Un coordinateur, des acteurs s’engageant à animer des secteurs : éducation,
  société civile, collectivités locales, secteur privé.
  Le secrétaire général de la mairie soutient vigoureusement le projet


 Un schéma d’organisation de la maquette du portail est choisi :
 « espaces » dédiés à des secteurs : éducation, société civile, collectivités locales,
 secteur privé. Un animateur volontaire bénévole est affecté à chaque espace.

   Plan de formation à l’utilisation de l’outil est mis en place
                                                                                 7
Un usage « consultatif » du site
• Les premières contributions ont été mises en ligne par l’équipe universitaire
dans un objectif d’animation (documents d’archive sur la ville, rapports
d’études, annuaire des associations …)
• une forme de contribution s’est peu à peu engagée :
des informations numériques ont été fournies au webmaster pour qu’il les mette
en ligne
     Procès verbaux des conseils municipaux,
     budgets de la ville communiqués par la municipalité,
     récapitulatif des formalités pour la création d’entrepris fournis par l’antenne
     de locale de la CCIA.
Ces informations sont consultées, mais elles ne font l’objet d’aucun commentaires
ou compléments
Des verrous classiques identifiés

La formation et l’accès à l’internet, le manque de disponibilité des formés
L’épuisement des bénévoles animateurs qui n’obtiennent pas de «facilitations» à
leur action (bureau, connexion gratuite, …)
Des rugosités liées à la gouvernance: territoire de la municipalité, territoire des
OSC, une articulation difficile (cf JJG)

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L’évolution de fait d’un portail communal vers un portail municipal
sous la conjonction de plusieurs éléments
         - Constat de la difficulté à produire des contenus même en ciblant des projets
         démonstratifs proposés par les acteurs eux même
         - cependant refus de renoncement au projet
         - Evolution des équipes municipales :
              - population rajeunie plus sensibilisée aux enjeux du web
              - investissements individuels dans la formation à la création et la gestion
              de site web
Renouvellement du comité de pilotage

       Composé de personnes formées à l’utilisation du web associant des
       responsables de services, la production de contenu faisant partie de leur
       mission, travaillant en liaison avec les webmaster des sites de communes
       d’arrondissement

Evolution vers un site contributif

      Recueil et mise en ligne d’informations préformatées confiés à personnel
      dédié


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Des questions qui se posaient dans le contexte des entreprises ayant
introduit les outils de travail collaboratif au début des années 2000


« Une politique d’introduction de ces outils se heurte en priorité à deux
problèmes : la motivation des troupes et l’absence de formation. »
« qui - dans une entreprise - a intérêt à dépenser du temps pour aider des personnes
qu'il ne connaît pas - ou presque ? Qui a intérêt à communiquer aux autres son savoir
ou son expertise qui font sa valeur aux yeux de l'entreprise ? »

L’introduction des outils de travail collaboratifs destiné à améliorer la productivité dans
un environnement de travail bouscule les habitudes, faut-il bouleverser les habitudes de
travail ou y coller au plus prés ?
S’il a pu être envisagé par certains de rémunérer les contributions à un forum pour
imposer l’utilisation de certains outils de travail collaboratif, il est plus souvent admis que
pour ce qui est de la publication de contenus elle doit faire clairement partie des
attributions de chacun.

Plus récemment l’expérimentation des réseaux sociaux d’entreprise a réactivé les
enjeux générationnels entre ceux qui sont nés avant les « digital natives », et la
génération qui agrandi avec les technologies de l’information.


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Une ambition basée sur une volonté partagée d’innovation dans les usages
des outils collaboratifs à l’échelle d’une communauté ville

Un glissement progressif vers une solution plus « banale » de construction
de site web d’information pour les usagers de la ville

Un site d’information qui pourrait jouer un rôle d’appui à la participation à la
gouvernance de la ville si son usage est renforcé :
    • formation des usagers finaux,
    • promotion de l’utilisation par les élus, les OSC, les associations
    • actualisation de l’information


Sans animation les réseaux de contributeurs ne peuvent pas se développer,
quel que soit l’outil retenu, ce qui se traduit par une faiblesse des contenus et
l’absence de partage des points de vue et des opinions essentiels à la
participation.




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Co-construction d'un site web collaboratif à Dakar

  • 1.
    3èmes rencontres eAtlasFAO 25, 26, 27 octobre 2011 Cotonou «La promotion et le développement des usages » Atelier 3 Mercredi 26 après-midi   Participatif / collaboratif ? Retour d’expérience sur la co-construction d’un site web collaboratif à l’échelle d’une banlieue dakaroise Françoise Desbordes, Université de Toulouse 1
  • 2.
    Participatif, collaboratif, contributif,des termes souvent employés pour les outils TIC et plus particulièrement depuis le développement du web2.0 La compréhension donné à ces termes varie suivi l’angle d ’approche, monde de l’ entreprise, de l’éducation, associatif, approche outil ou démarche La collaboration : participation à l’élaboration d’une œuvre commune • Le collaboratif : ce qui dans un environnement informatisé ou en ligne vise à favoriser la collaboration entre pairs, permet l’échange et le partage des compétences pour mieux réussir un projet commun. • Dans le travail collaboratif : il y a négociation, conflit, coopération et réalisation d’un produit fini. « Chacun participe à tout pour un enrichissement mutuel ». Alors que dans le travail contributif : chacun réalise sa partie, concourant à la production finale, dont les contributeurs sont au final dépossédés. Le collaboratif et le contributif sont des termes développés essentiellement dans le monde de l’entreprise et de l’éducation 2
  • 3.
    La participation :une action, une façon de conduire l’action et le résultat de cette action Ensemble de mesures destinées à associer les citoyens au pouvoir, les citoyens au développement, intéresser les personnels à leur entreprise … La participation c’est la collaboration mais au delà des pairs, associant les différents niveaux hiérarchiques pour la définition négociée d’un cadre commun et de règles du jeu Un processus participatif sous-tend un implication active des protagonistes dans une action ou une activité. Si le partage d’information renforce la participation il pose la question de l’outil de communication approprié ; le but n’est pas de diffuser de l’information, mais de soutenir un processus de communication, de susciter le débat au sein d’une communauté. Le partage des points de vue et des opinions sont essentiels à la participation. 3
  • 4.
    Des outils collaboratifspour renforcer la participation de tous les acteurs à la gestion d’une ville ? des pratiques participatives des citoyens garantes de la production et de l’usage d’outils collaboratifs ? Des recouvrements, des glissements, des mécompréhensions dans l’usage de ces termes, des réajustements de fait • dresser un bilan des attentes, apports et déceptions dans la réalisation et l’usage de cet objet « portail collaboratif pour la e-gouvernance et le développement local » devenu « portail de la ville de Guediawaye » vers un défrichage de bonnes et mauvaises pratiques en tirant ce fil des glissements participatif/collaboratif 4
  • 5.
    Pourquoi le choixde portail collaboratif pour améliorer la gouvernance locale ? Le projet de portail est né du constat de difficultés : Difficulté à accéder aux informations disponibles sur la ville, projets d’aménagement, équipements à jour, OSC actives, information regroupées sur la création d’activité, le micro crédit … capitalisation des différents diagnostics réalisés sur la ville programmes de développement engagés Et de l’engagement initial de plusieurs catégories d’acteurs à favoriser une bonne gouvernance de la ville Acteurs municipaux Membres d’OCS Administratifs Universitaires 5
  • 6.
    pour répondre àces attentes archiver et gérer des contenus, gérer des droits d’accès publics, privés, ouvrir des forums de discussion permettre à chacun de proposer une contribution à faire valider avant publication que la publication d’information et le chargement de documents soit facile pour un public peu formé à la pratique du web. une solution technique a été proposée par l’équipe universitaire pour initier l’expérimentation, dans l’attente d’une solution correspondant aux compétences locales, solution web opensource (Plone/zope), Solution très complète relativement complexe à installer et à administrer (partie assurée dans un premier temps par l’équipe universitaire) d’abord facile pour la consultation et la contribution 6
  • 7.
    Mise en placed’une démarche participative par la ville Une méthode qui a fait ses preuves, contrat de ville, agenda 21local : • identification et sensibilisation aux enjeux des partenaires potentiels( élus locaux, techniciens municipaux, responsables d’ONG locales, membres d’associations communautaires de base, représentants de services de l’état) , • Séminaire de lancement afin d’impliquer les acteurs qui devaient préciser leurs attentes • Réalisation d’un pré diagnostic technique : les équipements existants, ce qui se fait déjà, ce qui est en projet, les besoins émergents • Définition des engagements Un premier groupe de travail se constitue : Un coordinateur, des acteurs s’engageant à animer des secteurs : éducation, société civile, collectivités locales, secteur privé. Le secrétaire général de la mairie soutient vigoureusement le projet Un schéma d’organisation de la maquette du portail est choisi : « espaces » dédiés à des secteurs : éducation, société civile, collectivités locales, secteur privé. Un animateur volontaire bénévole est affecté à chaque espace. Plan de formation à l’utilisation de l’outil est mis en place 7
  • 8.
    Un usage « consultatif »du site • Les premières contributions ont été mises en ligne par l’équipe universitaire dans un objectif d’animation (documents d’archive sur la ville, rapports d’études, annuaire des associations …) • une forme de contribution s’est peu à peu engagée : des informations numériques ont été fournies au webmaster pour qu’il les mette en ligne Procès verbaux des conseils municipaux, budgets de la ville communiqués par la municipalité, récapitulatif des formalités pour la création d’entrepris fournis par l’antenne de locale de la CCIA. Ces informations sont consultées, mais elles ne font l’objet d’aucun commentaires ou compléments Des verrous classiques identifiés La formation et l’accès à l’internet, le manque de disponibilité des formés L’épuisement des bénévoles animateurs qui n’obtiennent pas de «facilitations» à leur action (bureau, connexion gratuite, …) Des rugosités liées à la gouvernance: territoire de la municipalité, territoire des OSC, une articulation difficile (cf JJG) 8
  • 9.
    L’évolution de faitd’un portail communal vers un portail municipal sous la conjonction de plusieurs éléments - Constat de la difficulté à produire des contenus même en ciblant des projets démonstratifs proposés par les acteurs eux même - cependant refus de renoncement au projet - Evolution des équipes municipales : - population rajeunie plus sensibilisée aux enjeux du web - investissements individuels dans la formation à la création et la gestion de site web Renouvellement du comité de pilotage Composé de personnes formées à l’utilisation du web associant des responsables de services, la production de contenu faisant partie de leur mission, travaillant en liaison avec les webmaster des sites de communes d’arrondissement Evolution vers un site contributif Recueil et mise en ligne d’informations préformatées confiés à personnel dédié 9
  • 10.
    Des questions quise posaient dans le contexte des entreprises ayant introduit les outils de travail collaboratif au début des années 2000 « Une politique d’introduction de ces outils se heurte en priorité à deux problèmes : la motivation des troupes et l’absence de formation. » « qui - dans une entreprise - a intérêt à dépenser du temps pour aider des personnes qu'il ne connaît pas - ou presque ? Qui a intérêt à communiquer aux autres son savoir ou son expertise qui font sa valeur aux yeux de l'entreprise ? » L’introduction des outils de travail collaboratifs destiné à améliorer la productivité dans un environnement de travail bouscule les habitudes, faut-il bouleverser les habitudes de travail ou y coller au plus prés ? S’il a pu être envisagé par certains de rémunérer les contributions à un forum pour imposer l’utilisation de certains outils de travail collaboratif, il est plus souvent admis que pour ce qui est de la publication de contenus elle doit faire clairement partie des attributions de chacun. Plus récemment l’expérimentation des réseaux sociaux d’entreprise a réactivé les enjeux générationnels entre ceux qui sont nés avant les « digital natives », et la génération qui agrandi avec les technologies de l’information. 10
  • 11.
    Une ambition baséesur une volonté partagée d’innovation dans les usages des outils collaboratifs à l’échelle d’une communauté ville Un glissement progressif vers une solution plus « banale » de construction de site web d’information pour les usagers de la ville Un site d’information qui pourrait jouer un rôle d’appui à la participation à la gouvernance de la ville si son usage est renforcé : • formation des usagers finaux, • promotion de l’utilisation par les élus, les OSC, les associations • actualisation de l’information Sans animation les réseaux de contributeurs ne peuvent pas se développer, quel que soit l’outil retenu, ce qui se traduit par une faiblesse des contenus et l’absence de partage des points de vue et des opinions essentiels à la participation. 11