La société numérique

Nouveaux risques d’exclusion ou
 nouvelle chance pour la lutte
     contre l’illettrisme ?


       Frédéric Haeuw
    16 mars 2012, Colombe
Plan de l’intervention…

   L’illettrisme en France
   La société numérique et le web 2.0
   Des compétences numériques au PKM
   Vous avez-dit fracture numérique ?
   Les TIC, une chance pour la formation
   Quelques conditions de réussite …
Illettrisme, de quoi parle-t-on ?
Pour en finir avec les confusions
   Pour un adulte qui a été scolarisé : il s’agit de réapprendre, de
    renouer avec les formations de base lire, écrire, compter
    C’est la lutte contre l’illettrisme.

   Pour un adulte qui n’a jamais été scolarisé : il s’agit d’apprendre.
    C’est l’alphabétisation.

   Pour un nouvel arrivant en France : il s’agit d’ un problème
    linguistique , c’est l’ apprentissage du Français langue
    étrangère.

                     www.anlci.gouv.fr
Il s’agit donc de permettre à tous, à
tous les âges de la vie de réacquérir,
de consolider la base de la base …

Un socle fonctionnel qui regroupe les
compétences de base :
lecture, écriture, calcul, numérique, néce
ssaires pour faire face, de manière
autonome à des situations simples de la
vie courante :
circuler, faire ses courses, prendre un médicament, utiliser un
appareil, suivre la scolarité de son enfant, entrer dans la lecture
d’un livre, retirer de l’argent d’un distributeur automatique, lire
un schéma, une consigne de travail ou de sécurité, un planning
des horaires de travail, calculer des quantités, communiquer avec
son entourage au travail (clients, collègues, etc.) …
Combien de personnes sont
concernées ?
Un chiffre impressionnant : 3 100 000 personnes,
soit 9% de la population âgée de 18 à 65 ans, ayant
  été scolarisées en France, sont en situation d’illettrisme
  en métropole


Les chiffres de la JDC (ex JAPD) :
  5,1 % des jeunes de 17 ans
sont en situation d’illettrisme
(JDC 2010, Ministère de la Défense)
Qui sont les personnes en
situation d’illettrisme ?

   53 % ont plus de 45 ans, les difficultés augmentent
    avec l’âge
   les femmes représentent 41 %, les hommes 59 %
 49 % vivent dans des zones rurales ou faiblement
  peuplées soit 1.500.000 personnes

 10% vivent dans les zones urbaines sensibles (ZUS)
  mais le pourcentage d’illettrés est de 18% dans les ZUS
Qui sont les personnes en
situation d’illettrisme ?

 57 % travaillent soit près de 1.700.000 personnes,
        - 15% des demandeurs d’emploi sont en situation
  d’illettrisme
        - 8% des personnes dans l’emploi sont en
  situation d’illettrisme

 5 % sont bénéficiaires du RMI mais 26% des
  allocataires du RMI sont en situation d’illettrisme

 74 % parlaient uniquement le Français à la maison à
  l’âge de 5 ans
La société numérique …
 Une société fondée sur le
 lien, l’ouverture, la
 liberté, l’accessibilité à l’information
 et au savoir pour tous, la
 solidarité, l’expression politique …


                  Une société du zapping, qui rend
                  addictif à la connexion
                  permanente, aux communications et
                  aux échanges sommaires, aux
                  contenus peu fiables, un univers
                  dangereux, fragilisant les libertés
                  individuelles et la vie privée.
Le web 2.0 une évolution sans
retour
Le Web 2.0 est une transition de l’univers isolé des sites
Web vers des flux de contenus libres et des services
ouverts. Se définissant comme interactif, social et
collaboratif, il permet une interaction totale entre
l’internaute, le site en lui-même et les internautes entre
eux.

En d’autres mots, le Web 2.0 est un socle d’échanges entre
des utilisateurs et des applications en ligne. Il fait référence
à la fois aux usages sociaux, tels que les interactions entre
internautes, et aux technologies, telles que les plateformes
sociales et collaboratives, permettant d’échanger et de
partager des connaissances.
Le web 2.O
• Permet le passage de données isolées vers la mise à
  disposition, l’organisation et la gestion collective des
  données dispersées à travers le Web
• Un lieu virtuel composé de services numériques, dont le
  centre est l’utilisateur (exemple : Netvibes …)
• Un lieu dans lequel les contributions des membres sont
  visibles, persistantes et disponibles en permanence
  (exemple : blog…)
• Basé sur le partage, la transparence et la collaboration
  entre les membres (exemple : j’aime, j’aime pas de
  facebook)
Le web 2.O
• Permet l’intelligence collective i.e. la capacité d’une
  communauté à générer un résultat plus grand que la
  sommation des capacités individuelles (exemple :
  wikipédia)
• Propose des technologies ouvertes permettant le
  développement d’applications sur mesure et l’intégration
  de services externes (exemple : profil…)
• Permet d’accéder et utiliser le même service
  indépendamment du support (exemple : mobile, tablette
  numérique …)
• Construit des interfaces plus riches, conçues par et pour
  les utilisateurs (ergonomie …)
En résumé, le web 2.O change :
• les habitudes de consommations (achats en ligne, prise
  en compte de l’avis des autres consommateurs …)
• les relations aux savoirs (de consommateur à producteur
  de savoirs)
• les           modes              de          communication
  (multicanalité, instantanéité)
• les modes de travail (plus grande autonomie des
  collaborateurs,                 organisation            du
  travail,   management,        gestion    des   compétences
  individuelles et collectives, )
• les modes de recrutement (e-reputation…)
• les relations avec les administrations publiques (e-
  administration)
• les rapports au temps et à l’espace(ubiquité), à soi et
  aux autres (avatar)
Les compétences clés            pour l'éducation
     et la formation tout au long de la vie
 • la communication dans la langue maternelle
 • la communication en langues étrangères
 • la compétence mathématique et les compétences de
   base en sciences et technologies
 • la compétence numérique qui implique l'usage sûr
   et critique des technologies de la société de
   l'information (TSI) et, donc, la maîtrise des
   technologies de l'information et de communication
   (TIC)
 • apprendre à apprendre
 • les compétences sociales et civiques.
 • l'esprit d'initiative et d'entreprise
 • la sensibilité et l'expression culturelles
           Recommandation 2006/962/CE du Parlement européen et du Conseil, du
           18 décembre 2006, sur les compétences clés pour l'éducation et la formation
           tout au long de la vie [Journal officiel L 394 du 30.12.2006].
Les compétences numériques
 • les compétences instrumentales : manipulation des
 logiciels et du matériel informatique ;

 • les compétences structurelles : nouvelles façons de
 chercher, de comprendre et d’évaluer l’information.
 Elles sont nécessaires pour utiliser des
 hypertextes, des moteurs de recherche, des flux
 RSS, etc. ;

 • les compétences stratégiques : rechercher
 l’information de manière dynamique, l’utiliser dans la
 vie de tous les jours et de prendre des décisions à
 caractère personnel et professionnel.
Des compétences numériques au Personal
    Knowledge Management (PKM) ?
               3 compétences de base



  • Savoir éditer : créer à partir de nombreux type de fichier
    multimédias

  • Intégrer : faire des annotations digitales

  • Faire des corrélations : souligner la connexion entre divers
    sujets, dessiner des diagrammes, etc.

  • S'assurer des problématiques de sécurité : vérifier la
    propriété intellectuelle, faire attention à la vie
    privée, nétiquette …
Des compétences numériques au Personal
    Knowledge Management (PKM) ?
               3 compétences de base


• Chercher et trouver : faire des recherches avec des
  moteurs de recherche, savoir utiliser les bons termes pour
  chercher, etc.

• Garder l'information : archivage

• Catégoriser/classifier : utiliser la taxinomie

• Evaluer : sortir le sens d'un texte

• S'assurer du niveau de confiance de la source
Des compétences numériques au Personal
    Knowledge Management (PKM) ?
              3 compétences de base


 • Publier : présenter l'information pertinente

 • Maîtriser l'échange d'informations : être concis, utiliser
   le langage approprié, etc.

 • Gérer ses contacts : gérer ses profils et contacts

 • se mettre en relation avec les autres : comprendre ses
   pairs, utiliser de nouveaux langages, etc.

 • Collaborer : partager un but commun, se diviser les
   tâches, etc.
Des compétences numériques au Personal
    Knowledge Management (PKM) ?

           4 compétences supérieures

La connectivité : connecté aux autres et collaborer aux
réseaux sociaux

L'habileté à être souple : passer facilement d'un contexte
informel à un contexte formel

L'esprit critique : reconnaître les "limites" de l’internet comme
source d’informations

La créativité : faire des liens, sortir des sentiers
battus, produire du sens et contribuer à l'amélioration des
ressources
Fracture ou fossé numérique

Une idée fausse : l’existence d’un fossé
géographique :

• Présence d’un ordinateur à domicile : 69,4 % urbain contre
  65 % rural
• Connexion à Internet : 65,4 % urbain contre 58,7 % rural.




                      Donc, pas de différence
                      marquée selon le lieu
                      d’habitation … sauf la vitesse
                      de connexion !
Fracture ou fossé numérique
• un fossé générationnel : seulement 16,9 % des plus de 75
ans disposent à leur domicile d’un ordinateur et 15 % ont une
connexion Internet, tandis que 90,8 % des 15-24 ans ont accès
à un ordinateur et 83,73 % ont Internet à la maison ;

• un fossé social : 34 % des personnes aux plus faibles
revenus ont un ordinateur à domicile et 28,2 % une connexion
Internet contre respectivement 91 % et 87,1 % pour les revenus
les plus élevés ;

• un fossé culturel : les personnes les moins diplômées ont un
moindre accès à domicile à un ordinateur (56 %) et à Internet
(50,5 %). 31,5 % et 39,6 % des personnes ayant la plus faible
instruction n’ont jamais utilisé un ordinateur ou Internet, contre
3,2 % et 6 % pour les diplômés de l’enseignement supérieur.
Raisons invoquées
   l’absence de besoin (43,6 % des ménages
    interrogés)
   le coût des équipements (41,7 %) et de l’accès lui-
    même (37,3 %)
   le manque de compétence supposé (35 %)
   les réticences devant les contenus (32 %)
   l’existence d’un accès à Internet hors du domicile
    (21,2 %),
   des raisons « autres » (17,2 %)
   les craintes liées à la vie privée et à la sécurité (13,1
    %)
   le handicap physique (3,8 %).

                             Rapport Centre Analyse Stratégique 2011
Quelques pistes pour résoudre la
question des accès
  • une plus grande diversité de l’offre et
    l’abaissement du coût d’accès à l’Internet
    (internet social)

  • le déploiement d’un réseau d’espaces publics
    numériques (EPN)

  • la mise en place dans les logements sociaux
    d’ordinateurs connectés

  • la mise à disposition d’ordinateurs pour les
    familles défavorisées
L’arobase, St-Quentin-Fallavier

Maison des habitants – Centre Social et Culturel de l’Ile du Battoir, Beaurepaire

Point Information Jeunesse – Point Cyb, Villefontaine

Cyber-Espace Intercommunal, Sassenage

Centre social du Rousssillonnais, Roussillon

Espace multimédia Fontaine et Seyssinet-Pariset, Fontaine

Cybercentre – Centre Socioculturel Anna Genin, Charvieu-Chavagneux

Bibliothèque Kateb Yacine – Grand’Place, Grenoble

Point Cyb, Echirolles

CYPIEE, Pierre-Châtel
                                                                   http://epnisere.org/
Mais attention …
 La fracture est autant dans
 les accès que dans les
 usages !
Les Tic, une chance pour la lutte
contre l’illettrisme
 « Utiliser les TIC revient à gagner deux fois :
 replacer la personne au cœur de la communication
 de son temps tout en développant les compétences
 de bases du lire et de l’écrire »

 Y. Ardourel
 Distance et savoirs, 2008
Les TIC enrichissent l’ingénierie
pédagogique
- l’élargissement du champ visuel
- l’introduction de la multi-canalité (image, son, texte
- l’interactivité (aide à la résolution des problèmes,
  évaluation simultanée …)
- la simulation, pour des situations professionnelles
  délicates
- la rupture avec le « traumatisme » de la relation au
  crayon
- la « qualité sociale » et la valorisation des productions
  des apprenants
- le changement de statut de l’erreur
- la neutralité de l’outil
- la pédagogie différenciée ou individualisée
- la formation Ouverte et A Distance
Les TIC améliorent l’acte cognitif

  Développement de certaines capacités cognitives :
   abstraction des repères spatio-temporel, projection
   dans l’avenir, planification, apprentissage de
   nouveaux codes (ascenseur, lecture d’écrans …)

  La formation en groupe, notamment en FOAD, qui
   facilite le « conflit sociocognitif » par l’interactivité, la
   traçabilité, le travail collaboratif ou coopératif

  L’autonomie dans la recherche de l’information et la
   transformation en connaissance (autoformation)
Les TIC lèvent les obstacles de la
distance et de l’isolement

   Mail, messagerie
   instantanée, forums, chat, classe virtuelle …

   Téléphonie sur Internet (Skype …)

   Téléphonie mobile

   Serious game, social game …
Les TIC facilitent l’insertion et
valorise l’image de soi
 Etre en phase avec les attentes des milieux professionnels en
 terme d’évolution des compétences

 Travailler ses représentations des métiers et des
 professions, intégrer une image professionnelle

 Travailler son image (CV en ligne, e-porfolio, blog, réseaux
 sociaux et être en phase avec les modalités de recrutement

 Communiquer avec les administrations

 Se déplacer plus facilement (réservation billets, consultation
 horaires, programmation du GPS …)
Cependant, un premier constat …
 Les TIC sont loin d’être massivement mobilisées par les
 organismes de formation, en particulier ceux de la Lutte
 contre l’Illettrisme, pour des raisons de :

 -   Cout ?
 -   Manque d’équipement ?
 -   Manque de soutien politique ?
 -   Frilosité des gestionnaires ?
 -   Attente de la génération suivante ?
 -   Faiblesse de la demande, y compris des prescripteurs ?
 -   Inadaptation des cadres administratifs et d’organisation de
     la formation ?
 -   hiérarchisation des compétences de base ?
 -   manque de professionnalisation des formateurs ?
 -   prégnance des modèles traditionnels ?
 -   …
Des pratiques diversifiées
Un modèle « historique » : celui de la
ressource numérique d’apprentissage
(didacticiel, exerciseur, évaluateur …)



                       Un modèle en émergence :
                       l’utilisation des TIC du quotidien
                       en de l’internet


          Un modèle d’avenir :
          l’entreprise apprenante
Quelques exemples …

 La cyber base de Salviac

 L’accompagnement à la scolarité
 de Chevilly Larue

 Le Restaurant social de Nantes
Quelques conditions de réussite
• Un ancrage territorial clair
• De nouveaux partenariats, ce qui suppose une connaissance
  réciproque et une vision des apports de chacun
• Une implication des acteurs publics
• Un porteur de projet identifié et une organisation en mode
  projet
• Une utilisation des lieux habituels, au plus près des
  bénéficiaires
• Une approche fonctionnelle et pragmatique, sans surenchère
  technologique
• Une triple alternance présence/distance, individuel/collectif,
  théorie/pratique

                Une confiance absolue dans l’éducabilité
                de chaque être humain !
Références
ANLCI www.anlci.gouv.fr

Yves Ardourel, 2008, Rôles et enjeux de la formation à
distance dans la lutte contre l’illettrisme (revue D&S)

Centre d’Analyse Stratégique, 2011, le fossé numérique
en France

CEFRIO, 2011, Livre Blanc sur les usages du web 2.0 dans
les organisations, oct. 2011

THOT-CURSUS, 2011, Livre Blanc sur la systématisation
des apprentissages informels

Isabelle Compiegne, 2011, la société numérique en
question (s), Ed. sciences humaines
Merci de votre attention !

         Frédéric Haeuw

mail : consulting@haeuw.com

site : www.haeuw.com

tél : 06 37 00 41 16

Conférence colombe fh

  • 1.
    La société numérique Nouveauxrisques d’exclusion ou nouvelle chance pour la lutte contre l’illettrisme ? Frédéric Haeuw 16 mars 2012, Colombe
  • 2.
    Plan de l’intervention…  L’illettrisme en France  La société numérique et le web 2.0  Des compétences numériques au PKM  Vous avez-dit fracture numérique ?  Les TIC, une chance pour la formation  Quelques conditions de réussite …
  • 3.
    Illettrisme, de quoiparle-t-on ? Pour en finir avec les confusions  Pour un adulte qui a été scolarisé : il s’agit de réapprendre, de renouer avec les formations de base lire, écrire, compter C’est la lutte contre l’illettrisme.  Pour un adulte qui n’a jamais été scolarisé : il s’agit d’apprendre. C’est l’alphabétisation.  Pour un nouvel arrivant en France : il s’agit d’ un problème linguistique , c’est l’ apprentissage du Français langue étrangère. www.anlci.gouv.fr
  • 4.
    Il s’agit doncde permettre à tous, à tous les âges de la vie de réacquérir, de consolider la base de la base … Un socle fonctionnel qui regroupe les compétences de base : lecture, écriture, calcul, numérique, néce ssaires pour faire face, de manière autonome à des situations simples de la vie courante : circuler, faire ses courses, prendre un médicament, utiliser un appareil, suivre la scolarité de son enfant, entrer dans la lecture d’un livre, retirer de l’argent d’un distributeur automatique, lire un schéma, une consigne de travail ou de sécurité, un planning des horaires de travail, calculer des quantités, communiquer avec son entourage au travail (clients, collègues, etc.) …
  • 5.
    Combien de personnessont concernées ? Un chiffre impressionnant : 3 100 000 personnes, soit 9% de la population âgée de 18 à 65 ans, ayant été scolarisées en France, sont en situation d’illettrisme en métropole Les chiffres de la JDC (ex JAPD) : 5,1 % des jeunes de 17 ans sont en situation d’illettrisme (JDC 2010, Ministère de la Défense)
  • 6.
    Qui sont lespersonnes en situation d’illettrisme ?  53 % ont plus de 45 ans, les difficultés augmentent avec l’âge  les femmes représentent 41 %, les hommes 59 %  49 % vivent dans des zones rurales ou faiblement peuplées soit 1.500.000 personnes  10% vivent dans les zones urbaines sensibles (ZUS) mais le pourcentage d’illettrés est de 18% dans les ZUS
  • 7.
    Qui sont lespersonnes en situation d’illettrisme ?  57 % travaillent soit près de 1.700.000 personnes, - 15% des demandeurs d’emploi sont en situation d’illettrisme - 8% des personnes dans l’emploi sont en situation d’illettrisme  5 % sont bénéficiaires du RMI mais 26% des allocataires du RMI sont en situation d’illettrisme  74 % parlaient uniquement le Français à la maison à l’âge de 5 ans
  • 8.
    La société numérique… Une société fondée sur le lien, l’ouverture, la liberté, l’accessibilité à l’information et au savoir pour tous, la solidarité, l’expression politique … Une société du zapping, qui rend addictif à la connexion permanente, aux communications et aux échanges sommaires, aux contenus peu fiables, un univers dangereux, fragilisant les libertés individuelles et la vie privée.
  • 9.
    Le web 2.0une évolution sans retour Le Web 2.0 est une transition de l’univers isolé des sites Web vers des flux de contenus libres et des services ouverts. Se définissant comme interactif, social et collaboratif, il permet une interaction totale entre l’internaute, le site en lui-même et les internautes entre eux. En d’autres mots, le Web 2.0 est un socle d’échanges entre des utilisateurs et des applications en ligne. Il fait référence à la fois aux usages sociaux, tels que les interactions entre internautes, et aux technologies, telles que les plateformes sociales et collaboratives, permettant d’échanger et de partager des connaissances.
  • 10.
    Le web 2.O •Permet le passage de données isolées vers la mise à disposition, l’organisation et la gestion collective des données dispersées à travers le Web • Un lieu virtuel composé de services numériques, dont le centre est l’utilisateur (exemple : Netvibes …) • Un lieu dans lequel les contributions des membres sont visibles, persistantes et disponibles en permanence (exemple : blog…) • Basé sur le partage, la transparence et la collaboration entre les membres (exemple : j’aime, j’aime pas de facebook)
  • 11.
    Le web 2.O •Permet l’intelligence collective i.e. la capacité d’une communauté à générer un résultat plus grand que la sommation des capacités individuelles (exemple : wikipédia) • Propose des technologies ouvertes permettant le développement d’applications sur mesure et l’intégration de services externes (exemple : profil…) • Permet d’accéder et utiliser le même service indépendamment du support (exemple : mobile, tablette numérique …) • Construit des interfaces plus riches, conçues par et pour les utilisateurs (ergonomie …)
  • 12.
    En résumé, leweb 2.O change : • les habitudes de consommations (achats en ligne, prise en compte de l’avis des autres consommateurs …) • les relations aux savoirs (de consommateur à producteur de savoirs) • les modes de communication (multicanalité, instantanéité) • les modes de travail (plus grande autonomie des collaborateurs, organisation du travail, management, gestion des compétences individuelles et collectives, ) • les modes de recrutement (e-reputation…) • les relations avec les administrations publiques (e- administration) • les rapports au temps et à l’espace(ubiquité), à soi et aux autres (avatar)
  • 13.
    Les compétences clés pour l'éducation et la formation tout au long de la vie • la communication dans la langue maternelle • la communication en langues étrangères • la compétence mathématique et les compétences de base en sciences et technologies • la compétence numérique qui implique l'usage sûr et critique des technologies de la société de l'information (TSI) et, donc, la maîtrise des technologies de l'information et de communication (TIC) • apprendre à apprendre • les compétences sociales et civiques. • l'esprit d'initiative et d'entreprise • la sensibilité et l'expression culturelles Recommandation 2006/962/CE du Parlement européen et du Conseil, du 18 décembre 2006, sur les compétences clés pour l'éducation et la formation tout au long de la vie [Journal officiel L 394 du 30.12.2006].
  • 14.
    Les compétences numériques • les compétences instrumentales : manipulation des logiciels et du matériel informatique ; • les compétences structurelles : nouvelles façons de chercher, de comprendre et d’évaluer l’information. Elles sont nécessaires pour utiliser des hypertextes, des moteurs de recherche, des flux RSS, etc. ; • les compétences stratégiques : rechercher l’information de manière dynamique, l’utiliser dans la vie de tous les jours et de prendre des décisions à caractère personnel et professionnel.
  • 15.
    Des compétences numériquesau Personal Knowledge Management (PKM) ? 3 compétences de base • Savoir éditer : créer à partir de nombreux type de fichier multimédias • Intégrer : faire des annotations digitales • Faire des corrélations : souligner la connexion entre divers sujets, dessiner des diagrammes, etc. • S'assurer des problématiques de sécurité : vérifier la propriété intellectuelle, faire attention à la vie privée, nétiquette …
  • 16.
    Des compétences numériquesau Personal Knowledge Management (PKM) ? 3 compétences de base • Chercher et trouver : faire des recherches avec des moteurs de recherche, savoir utiliser les bons termes pour chercher, etc. • Garder l'information : archivage • Catégoriser/classifier : utiliser la taxinomie • Evaluer : sortir le sens d'un texte • S'assurer du niveau de confiance de la source
  • 17.
    Des compétences numériquesau Personal Knowledge Management (PKM) ? 3 compétences de base • Publier : présenter l'information pertinente • Maîtriser l'échange d'informations : être concis, utiliser le langage approprié, etc. • Gérer ses contacts : gérer ses profils et contacts • se mettre en relation avec les autres : comprendre ses pairs, utiliser de nouveaux langages, etc. • Collaborer : partager un but commun, se diviser les tâches, etc.
  • 18.
    Des compétences numériquesau Personal Knowledge Management (PKM) ? 4 compétences supérieures La connectivité : connecté aux autres et collaborer aux réseaux sociaux L'habileté à être souple : passer facilement d'un contexte informel à un contexte formel L'esprit critique : reconnaître les "limites" de l’internet comme source d’informations La créativité : faire des liens, sortir des sentiers battus, produire du sens et contribuer à l'amélioration des ressources
  • 19.
    Fracture ou fossénumérique Une idée fausse : l’existence d’un fossé géographique : • Présence d’un ordinateur à domicile : 69,4 % urbain contre 65 % rural • Connexion à Internet : 65,4 % urbain contre 58,7 % rural. Donc, pas de différence marquée selon le lieu d’habitation … sauf la vitesse de connexion !
  • 20.
    Fracture ou fossénumérique • un fossé générationnel : seulement 16,9 % des plus de 75 ans disposent à leur domicile d’un ordinateur et 15 % ont une connexion Internet, tandis que 90,8 % des 15-24 ans ont accès à un ordinateur et 83,73 % ont Internet à la maison ; • un fossé social : 34 % des personnes aux plus faibles revenus ont un ordinateur à domicile et 28,2 % une connexion Internet contre respectivement 91 % et 87,1 % pour les revenus les plus élevés ; • un fossé culturel : les personnes les moins diplômées ont un moindre accès à domicile à un ordinateur (56 %) et à Internet (50,5 %). 31,5 % et 39,6 % des personnes ayant la plus faible instruction n’ont jamais utilisé un ordinateur ou Internet, contre 3,2 % et 6 % pour les diplômés de l’enseignement supérieur.
  • 21.
    Raisons invoquées  l’absence de besoin (43,6 % des ménages interrogés)  le coût des équipements (41,7 %) et de l’accès lui- même (37,3 %)  le manque de compétence supposé (35 %)  les réticences devant les contenus (32 %)  l’existence d’un accès à Internet hors du domicile (21,2 %),  des raisons « autres » (17,2 %)  les craintes liées à la vie privée et à la sécurité (13,1 %)  le handicap physique (3,8 %). Rapport Centre Analyse Stratégique 2011
  • 22.
    Quelques pistes pourrésoudre la question des accès • une plus grande diversité de l’offre et l’abaissement du coût d’accès à l’Internet (internet social) • le déploiement d’un réseau d’espaces publics numériques (EPN) • la mise en place dans les logements sociaux d’ordinateurs connectés • la mise à disposition d’ordinateurs pour les familles défavorisées
  • 23.
    L’arobase, St-Quentin-Fallavier Maison deshabitants – Centre Social et Culturel de l’Ile du Battoir, Beaurepaire Point Information Jeunesse – Point Cyb, Villefontaine Cyber-Espace Intercommunal, Sassenage Centre social du Rousssillonnais, Roussillon Espace multimédia Fontaine et Seyssinet-Pariset, Fontaine Cybercentre – Centre Socioculturel Anna Genin, Charvieu-Chavagneux Bibliothèque Kateb Yacine – Grand’Place, Grenoble Point Cyb, Echirolles CYPIEE, Pierre-Châtel http://epnisere.org/
  • 24.
    Mais attention … La fracture est autant dans les accès que dans les usages !
  • 25.
    Les Tic, unechance pour la lutte contre l’illettrisme « Utiliser les TIC revient à gagner deux fois : replacer la personne au cœur de la communication de son temps tout en développant les compétences de bases du lire et de l’écrire » Y. Ardourel Distance et savoirs, 2008
  • 26.
    Les TIC enrichissentl’ingénierie pédagogique - l’élargissement du champ visuel - l’introduction de la multi-canalité (image, son, texte - l’interactivité (aide à la résolution des problèmes, évaluation simultanée …) - la simulation, pour des situations professionnelles délicates - la rupture avec le « traumatisme » de la relation au crayon - la « qualité sociale » et la valorisation des productions des apprenants - le changement de statut de l’erreur - la neutralité de l’outil - la pédagogie différenciée ou individualisée - la formation Ouverte et A Distance
  • 27.
    Les TIC améliorentl’acte cognitif  Développement de certaines capacités cognitives : abstraction des repères spatio-temporel, projection dans l’avenir, planification, apprentissage de nouveaux codes (ascenseur, lecture d’écrans …)  La formation en groupe, notamment en FOAD, qui facilite le « conflit sociocognitif » par l’interactivité, la traçabilité, le travail collaboratif ou coopératif  L’autonomie dans la recherche de l’information et la transformation en connaissance (autoformation)
  • 28.
    Les TIC lèventles obstacles de la distance et de l’isolement Mail, messagerie instantanée, forums, chat, classe virtuelle … Téléphonie sur Internet (Skype …) Téléphonie mobile Serious game, social game …
  • 29.
    Les TIC facilitentl’insertion et valorise l’image de soi Etre en phase avec les attentes des milieux professionnels en terme d’évolution des compétences Travailler ses représentations des métiers et des professions, intégrer une image professionnelle Travailler son image (CV en ligne, e-porfolio, blog, réseaux sociaux et être en phase avec les modalités de recrutement Communiquer avec les administrations Se déplacer plus facilement (réservation billets, consultation horaires, programmation du GPS …)
  • 30.
    Cependant, un premierconstat … Les TIC sont loin d’être massivement mobilisées par les organismes de formation, en particulier ceux de la Lutte contre l’Illettrisme, pour des raisons de : - Cout ? - Manque d’équipement ? - Manque de soutien politique ? - Frilosité des gestionnaires ? - Attente de la génération suivante ? - Faiblesse de la demande, y compris des prescripteurs ? - Inadaptation des cadres administratifs et d’organisation de la formation ? - hiérarchisation des compétences de base ? - manque de professionnalisation des formateurs ? - prégnance des modèles traditionnels ? - …
  • 31.
    Des pratiques diversifiées Unmodèle « historique » : celui de la ressource numérique d’apprentissage (didacticiel, exerciseur, évaluateur …) Un modèle en émergence : l’utilisation des TIC du quotidien en de l’internet Un modèle d’avenir : l’entreprise apprenante
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    Quelques exemples … La cyber base de Salviac L’accompagnement à la scolarité de Chevilly Larue Le Restaurant social de Nantes
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    Quelques conditions deréussite • Un ancrage territorial clair • De nouveaux partenariats, ce qui suppose une connaissance réciproque et une vision des apports de chacun • Une implication des acteurs publics • Un porteur de projet identifié et une organisation en mode projet • Une utilisation des lieux habituels, au plus près des bénéficiaires • Une approche fonctionnelle et pragmatique, sans surenchère technologique • Une triple alternance présence/distance, individuel/collectif, théorie/pratique Une confiance absolue dans l’éducabilité de chaque être humain !
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    Références ANLCI www.anlci.gouv.fr Yves Ardourel,2008, Rôles et enjeux de la formation à distance dans la lutte contre l’illettrisme (revue D&S) Centre d’Analyse Stratégique, 2011, le fossé numérique en France CEFRIO, 2011, Livre Blanc sur les usages du web 2.0 dans les organisations, oct. 2011 THOT-CURSUS, 2011, Livre Blanc sur la systématisation des apprentissages informels Isabelle Compiegne, 2011, la société numérique en question (s), Ed. sciences humaines
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    Merci de votreattention ! Frédéric Haeuw mail : consulting@haeuw.com site : www.haeuw.com tél : 06 37 00 41 16