Intégrer le numérique en formation et faire évoluer
ses pratiques pédagogiques
Frédéric Haeuw
Déroulé de la journée
1ère partie : Evolution de la société et enjeux liés à
l’introduction du numérique
2ème partie : Quelles pistes d’action pour repenser la
formation avec le numérique ?
3ème partie : Qu’est ce que cela change pour le
formateur ?
1ère partie : Evolution de la société et enjeux
liés à l’introduction du numérique
Un petit détour pour identifier ce que l’on
entend par « société numérique »
Usage d’Internet en France en 2018
 Un accès démocratisé : 88% des Français ont accès à Internet (57,29 millions
de personnes, +0,9% entre janvier 2017 et janvier 2018).
 Un accès permanent : 74% y accèdent tous les jours, et 95% des 18-24 ans
58% des Français sont des utilisateurs actifs de réseaux sociaux (38 millions
de personnes, +6% entre janvier 2017 et janvier 2018).
 Un accès mobile et multi-équipement : 93% des Français ont un mobile, 71%
un smartphone, 81% un ordinateur, 41% une tablette.
Étude CREDOC 2018
http://www.blogdumoderateur.com/chiffres-internet/
La vidéo devient le support le plus utilisé
En 2018, le 1er Youtuber français
(Squeeezie) comptait 10.765.940
abonnés et 5.004.014.446 de vues sur
l’année
« chaque jour, les utilisateurs de You Tube
totalisent 46.000 années passées à regarder
des vidéos »
http://www.alexitauzin.com
Les réseaux sociaux s‘inscrivent durablement
dans le paysage
Chiffres 2018
Du côté des jeux vidéos
53% de français (entre 10 et 65 ans) jouent régulièrement et 74% de
français occasionnellement, que ce soit pour une partie de cinq minutes
sur son mobile dans les transports en commun qu’une session de quatre
heures sur consoles ou PC.
La France est un pays de gamers !
Du web 1.0 au web 4.0
1990-2000
2000-2012
2012
Web
traditionnel
Distribution
d’informations
Web social
Partage,
échange de
contenus,
communauté
Web
sémantique
Personnalisation
des informations
en fonction du
contexte et des
besoins de
chaque
internaute
Web 4.0
Web intelligent,
Immersion de
l’internaute dans
un
environnement
(web) de plus en
plus prégnant.
2018
Ne nous voilons pas la face
Chaque pratique contient la force et son côté obscur …
Du côté de la Force
Accès à des sources d’information
disponibles en permanence et en tout lieu
Démocratisation de l’accès et de
la production du savoir
Multiplication des moyens de se
former tout au long de la vie
Solidarité, expression politique, être acteur
social, rompre l’isolement …
Nouveaux outils de « production de soi »
Du côté obscur…
5 % des jeunes de 17 ans joueraient entre
cinq et dix heures par jour. Sur l’échantillon
de 1 693 joueurs hebdomadaires (qui jouent
au moins une fois par semaine), 14 %
répondent à au moins quatre critères
d’addiction aux jeux vidéo (modification de
l’humeur, symptômes de manque, conflit,
négliger d’autres activités pour jouer…)
Le ministère estime à 383.830 le nombre de
victimes de harcèlement sévère du CE2 au
lycée, et à 700.000 si l'on inclut les victimes de
harcèlement modéré, tandis que 4,5% des
collégiens subissent du cyber-harcèlement.
Du côté obscur…
L’infobésité (ou surcharge informationnelle)
désigne l'excès d'informations reçues par une
personne
Elle peut avoir des effets néfastes physiques,
émotionnelles (stress, anxiété
informationnelle) et intellectuelles (syndrome
de débordement cognitif et d’épuisement
professionnel, cyberdépendance,
désengagement, déficit d'attention et de
créativité, perte de mémoire, altération du
jugement, indécision)
« la zone d’ombre de l’ère digitale, si féconde par ailleurs en opportunités, est
qu’elle sollicite notre attention à un niveau sans précédent dans l’histoire de
l’humanité. Sous l’effet de cette hyper-sollicitation, elle tend à se dégrader, ce qui
pénalise notre productivité et notre bien-être » (Neurolearning 2017)
X Y et Z sont dans le même bateau…
La génération X regroupe les personnes qui sont nées entre 1960 et 1980.
Ces membres n’étaient pas ou peu connectés et restaient relativement
stables sur le marché de l’emploi… jusqu’à ce que la crise les rattrape.
La génération Y regroupe les personnes nées entre 1980 et 1995. C’est la
génération des « digital natives » qui ont grandi au même rythme que le
réseau internet et l’accès aux ordinateurs. Cette génération remet en cause
les modèles de management, la vie politique, la manière de consommer et
elle privilégie l’entreprenariat au salariat.
La génération Z regroupe les personnes nées après 1995. Elle est aussi
appelée génération C (Communication, Collaboration et Création). Ces
membres ont grandi avec la technologie, mais surtout avec le Web Social.
C’est une génération connectée en permanence, qui ne comprend pas la
« communication verticale » qui existe au sein de l’entreprise.
Dans l’entreprise, les jeunes de la génération Z
• Sont hyper-connectés, mais les interactions médiatisées sont plus aisées que les
interactions en direct
• Partagent naturellement l’information et veulent produire ensemble
• Sont lucides, bien informés, mais parfois cyniques
• Croient en la valeur travail plus qu’à la réussite professionnelle : travailler par
passion, pour s’épanouir personnellement
• Recherchent un équilibre entre vie privée et vie professionnelle
• Seront mobiles (38% d’entre eux en France se voient bien changer 5 fois de poste
durant leur carrière) et polyvalents (multi-activités)
• Ne croient plus aux diplômes et souhaitent court-circuiter l’école
• Privilégient le statut d’indépendant sur le salariat, mais peuvent être fidèles à une
entreprise dans laquelle ils ont confiance et où s’instaure un rapport « donnant-
donnant »
• Attendent de leurs supérieurs un accompagnement et un sens, et non plus d’avoir
affaire à des donneurs d'ordres
En résumé, l’entreprise de demain sera « flexible, hyper-connectée,
horizontale, fun et porteur de sens »
Les sept paradoxes de l’éducation des
générations Y et Z
Les sept paradoxes de la formation des jeunes de la
génération Z
1. Préparer des jeunes à des organisations du travail qui n’existent pas encore
partout et dont on ne connait pas encore les lignes puisque ce sont ces mêmes
jeunes qui vont les inventer demain
2. Préparer des jeunes à une gestion souple des lieux et des temps sociaux
(formation, travail, vie privée…) dans une organisation par nature contrainte et
rigide
3. Fixer et faire respecter des règles et des règlements tout en développant
l’autonomie et l’esprit d’autoentreprise auxquelles sont condamné les nouvelles
générations pour survivre dans le monde du travail
4. Accompagner les jeunes des générations Y et Z à se projeter dans un métier alors
qu’ils en changeront un grand nombre de fois au cours de leurs vies et que
l’entreprise ne les fait plus rêver
5. Donner du sens à l’apprentissage et à l’effort pour apprendre dans un monde où
tout le savoir est à portée de main et semble accessible d’un seul clic
6. Inciter les jeunes à apprendre sur des temps longs, dans une société numérique
où priment les temps courts (zapping)
7. Et enfin confier à des formateurs de la génération X le soin de former des jeunes
de la génération Y et Z, sans travailler à une reconnaissance des codes sociaux
des uns et des autres
Les enjeux majeurs du numérique pour les CFA
• Zapping vs multitâches ?
• Manque de concentration vs
gestion de la complexité ?
• Défaut de mémorisation vs
organisation de l’info ?
• Individualisme vs réseau
d’apprentissage et social ?
• Futilité vs identité multiple ?
1. Revisiter la pédagogie pour les générations Z
2. Rendre la formation plus attractive pour lutter
contre la concurrence
3. Lutter contre les inégalités en terme de
littératie numérique
4. Prendre en compte l’hétérogénéité croissante
des apprentis
5. Prendre en compte l’évolution des
référentiels de formation et de certification
6. Anticiper l’évolution des secteurs
professionnels
7. Préparer les publics aux nouveaux modes de
recrutement
Un enjeu majeur : accompagner l’usage des
technologies en développant la « littératie numérique »
Aptitude à comprendre et à utiliser le numérique dans la vie
courante, à la maison, au travail et dans la collectivité en
vue d’atteindre des buts personnels et d’étendre ses
compétences et capacités (OCDE, 2000)
Article de la fondation Travail Université (FTU) de juin 2014
• les compétences instrumentales de base nécessaires pour manipuler de
manière fonctionnelle les équipements et les interfaces numériques.
• les compétences numériques avancées nécessaires pour utiliser les TIC de
manière active dans les domaines liés à l’éducation et à la formation – y
compris dans ses contextes informels – la vie professionnelle, la
communication, la participation à la société, les loisirs et les réseaux
sociaux ;
• les attitudes personnelles nécessaires pour développer une utilisation à la
fois critique, responsable, créative et productive de ces technologies
numériques.
La pensée critique
La créativité
La collaboration
La résolution de
problèmes
https://margaridaromero.wordpress.com/2016/03/28/5c21-5-competences-cles-pour-le-21e-siecle/
Usage du numérique pour apprendre
La réforme de l’apprentissage …
Afin de lutter contre les ruptures de contrat en cours de route, les
apprentis pourront continuer leur formation pendant six mois afin de
ne « pas perdre une année ». Les entrées pourront également se faire
tout au long de l'année.
https://create.kahoot.it/#quiz/e0c26763-278f-41d7-aa36-932b405f1be7
Un petit test avec Kahoot
2ème partie : Quelles pistes d’action pour
repenser la formation avec le numérique ?
Cinq entrées possibles pour intégrer le
numérique dans un CFA
Interactivité
Activités
Production
Gestion des
actions UNITE DE LIEUX
DE TEMPS ET D’ACTION
Revisiter l’organisation « traditionnelle » de la formation
Gestion des
temps
Gestion des
espaces
1ère entrée - Repenser l’organisation des lieux de la
formation
Vers les « learning labs » espace modulaire, salle de cours 3.0
La salle de classe du XXIème siècle ?
Bien qu’un TBI ait été installé, cet outil se contente de remplacer le tableau
traditionnel vers lequel a toujours convergé l’attention. De plus, cette
technologie – tout comme le tableau – ne suscite qu’une participation
périphérique et perpétue le modèle classique de l’environnement
pédagogique centré sur le professeur
La salle de classe du XXIème siècle ?
Exemple d'espace pédagogique conçu comme un environnement propice à
l'apprentissage. Son aménagement reflète une approche intégrée, dans
laquelle les élèves peuvent soit s'entraider, soit se concentrer sur leur
propre apprentissage, et où le professeur joue un rôle de facilitateur en
guidant les élèves, mais aussi en définissant les orientations du processus
d'apprentissage et des matières étudiées
OCDE 2010, L’environnement physique peut-il avoir un impact sur l’environnement
pédagogique ? CELE Échanges 2010/13 ISSN 2072-7933
Le " Future Classroom Lab "au lycée innovant
international de Poitiers
La place des équipements personnels
BYOD (Bring Your Own Device, ou « Apportez votre appareil
personnel ») incarne la tendance selon laquelle les frontières entre
sphère privée et sphère professionnelle sont de plus en plus floues :
l’explosion des appareils mobiles, ainsi que l’émergence de la
génération Y (18-30 ans) très à l’aise avec les outils mobiles, le web 2.0
et la connectivité permanente, font qu’inéluctablement les appareils
informatiques personnels pénètrent dans l’entreprise (smartphones,
tablettes, netbooks, etc.).
Selon Serge Tisseron « les enfants seront
toujours en avance sur l'institution dans ce
domaine. Ils auront toujours des machines plus
performantes et mieux maîtrisées que celles
achetées deux ou trois ans plus tôt par l'école.
C'est pour cela qu'il ne faut surtout pas que les
institutions scolaires achètent ces équipements
http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pag
es/2012/06/15062012Article6347534358372068
82.aspx
2ème entrée - Repenser l’interactivité dans la
classe
• Kahoot, dispositif en ligne qui permet aux apprenants de répondre
instantanément avec leur téléphone portable à un QCM
• Plickers pour créer des votes avec des QR codes papier
• …
Utiliser des outils d’interactivité pour « varier le
rythme »
• C’est avant tout un tableau
- Sur lequel on peut écrire, surligner, annoter des pages déjà
créées en amont ou que je crée en direct …
- Sur lequel on peut afficher des images, des dessins, des
photos, des vidéos, des textes … et les annoter devant la classe
- Sur lequel ce que j’écris en manuscrit peut se transformer en
texte
Mais surtout qui garde des traces, même
si j’efface !
• C’est aussi un outil interactif
En fonction des activités que j’ai produit, les élèves sont invités à
manipuler des objets, à discuter en petits groupes, à formuler des
hypothèses …
Utiliser un tableau blanc interactif
• Socrative …
• La Quiziniere
• experquiz
Utiliser des outils d’interactivité pour évaluer : avant,
pendant ou après la séance
Un exemple de test avec La Quiziniere
Produire des diaporamas plus dynamiques…
Avec Powerpoint, mais aussi avec d’autres outils, tel que Prezi ou Genial.ly
Gérer sa classe comme un jeu vidéo
3ème entrée :
Proposer des activités différentes
En proposant des activités ludiques produites avec
des outils simples, tels que Learning apps ou Quizlet
ou plus complexe, tel que OPALE
Un exemple avec Learning apps : « une
histoire de timbre »
https://learningapps.org/watch?v=ppvx2pdq218
Les fiches à réviser de Quizlet
En « jouant » avec les serious
game, plus ou moins élaborés
Lien vers les sites de serious game « développement durable »
• Serious game (en français Jeu Sérieux)
« outil utilisant les nouvelles
technologies dans l’intention spécifique
de faire passer un message de manière
attractive. Ce message peut être de
d’ordre pédagogique, informatif,
publicitaire, communicatif ou
d’entraînement, tout en ayant l’aspect
ludique tiré du jeu vidéo classique ou
utilisant la simulation »
Liste des jeux sérieux gratuits (site de Thot)
• En s’immergeant dans des
environnements numériques complexes
• En créant escape games pédagogiques
• En utilisant des MOOC voir
par exemple les MOOC
Bâtiment durable
4ème entrée- Faire produire les apprenants
Avec des réseaux sociaux …exemple :
comprendre la guerre 14-18 avec Twitter
Avec des tableaux comme padlet …
Avec des outils de production de textes,
comme par exemple l’écriture d’un
ouvrage suite à une sortie
Voire, comme l’exemple de WIKI TP
faire produire des ressources
pédagogiques
Avec des cartes mentales
Avec les RSN : Utilisation de Pinterest en
formation
En produisant des « tutos » avec et pour les
apprentis
La chaine Youtube du BTP CFA Métropole lilloise
5ème entrée - Repenser l’organisation des temps de la
formation
« afin d’optimiser le temps de classe en centrant l’accompagnement
sur les besoins de chacun et l’individualisation, les cours sont
enregistrés, déposés sur une plate-forme de type Youtube et les élèves
les visionnent avant le cours »
Les classes inversées
• Formation ouverte et à distance :
• actions de formation qui s’appuient, pour tout ou partie, sur des
apprentissages non présentiel, en autoformation ou avec tutorat, à domicile,
dans l’entreprise ou en centre de formation » DFP, 1992
• Dispositif organisé, finalisé, reconnu comme tels par les acteurs, qui prend en
compte la singularité des personnes dans leurs dimensions individuelle et
collective et qui repose sur des situations d’apprentissage complémentaire et
plurielles en terme de temps, de lieux, de médiations pédagogiques humaines
et technologiques, et de ressources (Collectif de Chasseneuil, 2000)
• Reconnaissance officielle de la FOAD en juillet 2014
• Décret du 8 novembre 2017 sur l’apprentissage
La Formation ouverte et à distance
Voir le document de Fromont Briens
• La formation multimodale « permet de prendre des chemins différenciés
pour arriver d’un point A à un point B, et ces chemins sont une
combinaison :
 de moments passés en centre de formation
 de cours disponibles en ligne, à partir de n'importe quel lieu
 d’apprentissages s’appuyant sur des ressources numériques ou
papier
 d’apprentissages s’appuyant sur une équipe pédagogique et des
échanges entre participants »
La formation multimodale
La formation multimodale
La combinaison présentiel/distance avec l'utilisation du numérique démultiplie les
occasions pour se former. Ainsi, les apprentissages pourront se dérouler au centre
de formation ou à l'extérieur :
• de façon synchrone : sur le modèle du face à face pédagogique traditionnel où
l'apprenant se forme en présence du formateur
• de façon asynchrone : où l'apprenant est en autoformation, avec des
interactions et un accompagnement du formateur qui ont lieu en "différé".
3ème partie : Qu’est ce que cela change pour le
formateur ?
La technologie ne modifie pas nécessairement
la pratique
D’après Marcel lebrun (http://lebrunremy.be/WordPress/)
Tous des petites poucettes ?
La révolution numérique en cours aura des
effets au moins aussi considérables qu’en
leur temps l’invention de l’écriture puis
celle de l’imprimerie. Les notions de
temps et d’espace en sont totalement
transformées. Les façons d’accéder à la
connaissance profondément modifiées.
A cet égard, chaque grande rupture dans l’histoire de l’humanité conduit à
priver l’homme de facultés ("l’homme perd") mais chaque révolution lui en
apporte de nouvelles ("l’homme gagne"). A la part de mémoire et de capacité
mentale de traitement de l’information qu’il perd avec la diffusion
généralisée des technologies numériques, l’homme gagne une possibilité
nouvelle de mise en relation (d’individus, de groupes et de réseaux, de
savoirs) mais aussi une faculté décuplée d’invention et de création.
http://www.francetv.fr/culturebox/michel-serres-et-la-generation-petite-poucette-91905
Une citation en débat …
« Si elle a consulté au préalable un bon site
sur la toile, petite poucette, nom de code pour
l’étudiante, le patient, l’employée,
l’administrée, le voyageur, l’électrice, le senior
ou l’ado, que dis-je, l’enfant, le consommateur,
bref l’anonyme de la place publique, celui que
l‘on nommait citoyen ou citoyenne, peut en
savoir autant ou plus, sur le sujet traité, la
décision à prendre, l’information annoncée, le
soin de soi … qu’un maitre, un directeur, un
journaliste, un grand patron, un élu, un
président même […] il y a présomption de
compétences »
pour peu qu’on y réfléchisse …
Qu’est ce que change l’introduction du
numérique ?
Le triangle
pédagogique
s’enrichit !
Faire ensemble, proposer des solutions, expérimenter,
se tromper, construire, fabriquer, recommencer
ENSEIGNANT APPRENANT
SAVOIR
Processus
« enseigner »
Processus
« apprendre »
Processus
« former»
D’après Jean Houssaye, 1996
Un détour du côté du triangle pédagogique
Enseigner
Axe privilégié : enseignant-savoir
Postulat épistémologique : la réalité existe indépendamment
des observateurs (positivisme)
Postulat pédagogique: la connaissance se transmet
Modèle pédagogique dominant : empreinte
Modalités pédagogique : instruction, exposé
Posture de l’enseignant : « au dessus »
Activités de l’apprenant : décoder, mémoriser, imiter
Apprendre
Axe privilégié : apprenant-savoir
Postulat épistémologique : la réalité existe indépendamment des
observateurs (positivisme)
Postulat pédagogique : la connaissance s’acquiert progressivement
(empirisme)
Modèle pédagogique dominant : conditionnement
Modalités pédagogiques : pédagogie par objectif, enseignement
programmé, béhaviorisme.
Posture de l’enseignant : « derrière»
Activités de l’apprenant : exécuter, répéter
Former
Axe privilégié : apprenant-enseignant
Postulat épistémologique : la connaissance d’un objet est
inséparable de l’observateur (phénoménologie)
Postulat pédagogique : la connaissance se construit
Modèle pédagogique dominant : construction
Modalités pédagogiques : situations-problèmes, études de
cas, formation par projets
Posture de l’enseignant : « à côté »
Activités de l’apprenant : rechercher, confronter, résoudre
Avec le numérique, le triangle prend du volume…
Les ressources
Les autres
La technologie
Le formateur
L’apprenant
Le savoir
L’approche « constructiviste » devient
incontournable
66
Informations
Savoir
Dessin inspiré de Henri Boudreault Ph.D
Le formateur « architecte pédagogique »
Le formateur contribue à l’agencement des espaces de formation (au
sein du CFA) et maitrise l’agencement de son propre espace de
formation (salle de classe, atelier …)
• Les locaux sont le reflet de la pédagogie (cf. Montessori)
• La flexibilité du mobilier est indispensable pour permettre au formateur de
proposer des modalités différentiées et aux apprenants de s’approprier les
lieux
• Les locaux intègrent des ressources variées (notamment numériques), des
équipements adaptés (TBI) et des accès à Internet via les équipements
mobiles des apprenants (Wifi)
À terme : agencement des supports
dématérialisés (LMS …)
Le formateur « ingénieur de formation »
Le formateur contribue à la production de dispositifs de
formation :
• modulables (capable de s’adapter aux fluctuations de l’activité)
• modularisés (ensemble cohérent de modules autour d’un objectif de
formation)
• multimodaux (différentes modalités pour l’atteinte d’un objectif de
formation)
• individualisables (proposition de parcours adapté aux besoins et aux
conditions de chaque apprenant)
• Augmentation des temps d’ingénierie en amont des
formations
• Notion de « sur mesure » et d’offres de service
• Analyse de besoins (entreprises)
Le formateur « ingénieur pédagogique »
Le formateur contribue à la production d’une base de ressources
pédagogiques numériques mutualisées
• Il prend en compte l’existant avant de produire
• Il sait intégrer des ressources numériques existantes dans sa progression, même
s’il ne les a pas produit lui-même
• Il prend en compte la plus-value du numérique sur les processus d’apprentissage
et conçoit les ressources adéquates
• Il produit des ressources numériques avec des outils simples, organisées autour
d’un objectif pédagogique, proposant des activités formatives diversifiées et
interactives
• Le cas échéant, il sait rédiger un story board et travailler avec un producteur de
contenu
• Il connait la notion de granularisation et comprend l’organisation globale du
dispositif et sait intégrer ses ressources dans un parcours (LMS, Scorm…)
• Il connait et accepte les conditions de sessions de droits d’auteur
Le formateur « accompagnateur et guide
pédagogique »
Le formateur est garant de la progression de chaque
apprenant
• Il évalue les besoins, les pré acquis et les modalités d’apprentissage privilégiées par
l’apprenant avec des outils de positionnement numériques adaptés
• Il propose et contractualise un parcours individualisé en agençant les modalités et les
activités (y compris les activités réalisées dans l’entreprise) adaptées à chaque
apprenant et visible à distance par le maitre d’apprentissage
• Il propose des « situations problèmes mobilisatrices » au bon moment, afin d’aider
l’apprenant à sortir de sa zone de confort ou de certitude
• Il suit les progressions (y compris les activités qui sont faites en asynchrone, au CRAF,
à domicile, en entreprise ou dans les tiers lieux)
• Il évalue les résultats et valide le travail tout au long du parcours
• il apporte un soutien organisationnel et motivationnel, en alternant le tutorat réactif
et proactif, afin de rendre l’apprenant plus autonome dans le repérage des stratégies
les plus efficaces pour lui, dans son accès aux sources de savoirs, dans l’organisation de
sa base de données personnelle (ENT), dans la capitalisation et la mise en valeur de
ces acquis (eporfolio, eréputation …)
Connaitre la ZPD pour proposer des
« défis réalistes »
La zone proximale de développement se situe entre la zone d’autonomie et la zone de
rupture. La ZPD se définit comme la zone où l’élève, à l’aide de ressources, est capable
d’exécuter une tâche. Une tâche qui s’inscrit dans la ZPD permet à l’apprenant de se
mobiliser, car il sent le défi réaliste.
Selon Lev Vigotsky
Le formateur « animateur »
Le formateur anime des activités collectives (synchrone et
asynchrone)
• Il conçoit des séquences de travail en privilégiant l’interaction et la
production
• Il choisit et/ou produit les supports pédagogiques les mieux adaptés à son
objectif
• Il anime la séquence selon le plan établi, tout en s’adaptant afin de prendre
en compte les aléas et la dynamique du groupe
• Il utilise à bon escient les outils d’interactivité pour rendre la séquence
dynamique
• Il intègre l’utilisation des équipements personnels dans les animations
proposées pour favoriser les recherches personnelles
• Il gère la dynamique de groupe, l’alternance entre individuel et collectif, le
recours aux pairs, le travail collaboratif
Nuage de mots…
un dernier exercice pour la route …
Lister trois mots que vous inspire cette journée de sensibilisation à
l’usage du numérique en formation
https://www.nuagesdemots.fr/
Merci de votre attention
Frédéric Haeuw
consulting@haeuw.com
Blog : www.haeuw.com
Cette œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative
Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de
Modification 3.0 France.

Btp cfa vienne mars 2019

  • 1.
    Intégrer le numériqueen formation et faire évoluer ses pratiques pédagogiques Frédéric Haeuw
  • 2.
    Déroulé de lajournée 1ère partie : Evolution de la société et enjeux liés à l’introduction du numérique 2ème partie : Quelles pistes d’action pour repenser la formation avec le numérique ? 3ème partie : Qu’est ce que cela change pour le formateur ?
  • 3.
    1ère partie :Evolution de la société et enjeux liés à l’introduction du numérique
  • 4.
    Un petit détourpour identifier ce que l’on entend par « société numérique »
  • 5.
    Usage d’Internet enFrance en 2018  Un accès démocratisé : 88% des Français ont accès à Internet (57,29 millions de personnes, +0,9% entre janvier 2017 et janvier 2018).  Un accès permanent : 74% y accèdent tous les jours, et 95% des 18-24 ans 58% des Français sont des utilisateurs actifs de réseaux sociaux (38 millions de personnes, +6% entre janvier 2017 et janvier 2018).  Un accès mobile et multi-équipement : 93% des Français ont un mobile, 71% un smartphone, 81% un ordinateur, 41% une tablette. Étude CREDOC 2018 http://www.blogdumoderateur.com/chiffres-internet/
  • 6.
    La vidéo devientle support le plus utilisé En 2018, le 1er Youtuber français (Squeeezie) comptait 10.765.940 abonnés et 5.004.014.446 de vues sur l’année « chaque jour, les utilisateurs de You Tube totalisent 46.000 années passées à regarder des vidéos »
  • 7.
    http://www.alexitauzin.com Les réseaux sociauxs‘inscrivent durablement dans le paysage Chiffres 2018
  • 8.
    Du côté desjeux vidéos 53% de français (entre 10 et 65 ans) jouent régulièrement et 74% de français occasionnellement, que ce soit pour une partie de cinq minutes sur son mobile dans les transports en commun qu’une session de quatre heures sur consoles ou PC. La France est un pays de gamers !
  • 10.
    Du web 1.0au web 4.0 1990-2000 2000-2012 2012 Web traditionnel Distribution d’informations Web social Partage, échange de contenus, communauté Web sémantique Personnalisation des informations en fonction du contexte et des besoins de chaque internaute Web 4.0 Web intelligent, Immersion de l’internaute dans un environnement (web) de plus en plus prégnant. 2018
  • 11.
    Ne nous voilonspas la face Chaque pratique contient la force et son côté obscur …
  • 12.
    Du côté dela Force Accès à des sources d’information disponibles en permanence et en tout lieu Démocratisation de l’accès et de la production du savoir Multiplication des moyens de se former tout au long de la vie Solidarité, expression politique, être acteur social, rompre l’isolement … Nouveaux outils de « production de soi »
  • 13.
    Du côté obscur… 5% des jeunes de 17 ans joueraient entre cinq et dix heures par jour. Sur l’échantillon de 1 693 joueurs hebdomadaires (qui jouent au moins une fois par semaine), 14 % répondent à au moins quatre critères d’addiction aux jeux vidéo (modification de l’humeur, symptômes de manque, conflit, négliger d’autres activités pour jouer…) Le ministère estime à 383.830 le nombre de victimes de harcèlement sévère du CE2 au lycée, et à 700.000 si l'on inclut les victimes de harcèlement modéré, tandis que 4,5% des collégiens subissent du cyber-harcèlement.
  • 14.
    Du côté obscur… L’infobésité(ou surcharge informationnelle) désigne l'excès d'informations reçues par une personne Elle peut avoir des effets néfastes physiques, émotionnelles (stress, anxiété informationnelle) et intellectuelles (syndrome de débordement cognitif et d’épuisement professionnel, cyberdépendance, désengagement, déficit d'attention et de créativité, perte de mémoire, altération du jugement, indécision) « la zone d’ombre de l’ère digitale, si féconde par ailleurs en opportunités, est qu’elle sollicite notre attention à un niveau sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Sous l’effet de cette hyper-sollicitation, elle tend à se dégrader, ce qui pénalise notre productivité et notre bien-être » (Neurolearning 2017)
  • 15.
    X Y etZ sont dans le même bateau… La génération X regroupe les personnes qui sont nées entre 1960 et 1980. Ces membres n’étaient pas ou peu connectés et restaient relativement stables sur le marché de l’emploi… jusqu’à ce que la crise les rattrape. La génération Y regroupe les personnes nées entre 1980 et 1995. C’est la génération des « digital natives » qui ont grandi au même rythme que le réseau internet et l’accès aux ordinateurs. Cette génération remet en cause les modèles de management, la vie politique, la manière de consommer et elle privilégie l’entreprenariat au salariat. La génération Z regroupe les personnes nées après 1995. Elle est aussi appelée génération C (Communication, Collaboration et Création). Ces membres ont grandi avec la technologie, mais surtout avec le Web Social. C’est une génération connectée en permanence, qui ne comprend pas la « communication verticale » qui existe au sein de l’entreprise.
  • 16.
    Dans l’entreprise, lesjeunes de la génération Z • Sont hyper-connectés, mais les interactions médiatisées sont plus aisées que les interactions en direct • Partagent naturellement l’information et veulent produire ensemble • Sont lucides, bien informés, mais parfois cyniques • Croient en la valeur travail plus qu’à la réussite professionnelle : travailler par passion, pour s’épanouir personnellement • Recherchent un équilibre entre vie privée et vie professionnelle • Seront mobiles (38% d’entre eux en France se voient bien changer 5 fois de poste durant leur carrière) et polyvalents (multi-activités) • Ne croient plus aux diplômes et souhaitent court-circuiter l’école • Privilégient le statut d’indépendant sur le salariat, mais peuvent être fidèles à une entreprise dans laquelle ils ont confiance et où s’instaure un rapport « donnant- donnant » • Attendent de leurs supérieurs un accompagnement et un sens, et non plus d’avoir affaire à des donneurs d'ordres En résumé, l’entreprise de demain sera « flexible, hyper-connectée, horizontale, fun et porteur de sens »
  • 18.
    Les sept paradoxesde l’éducation des générations Y et Z
  • 19.
    Les sept paradoxesde la formation des jeunes de la génération Z 1. Préparer des jeunes à des organisations du travail qui n’existent pas encore partout et dont on ne connait pas encore les lignes puisque ce sont ces mêmes jeunes qui vont les inventer demain 2. Préparer des jeunes à une gestion souple des lieux et des temps sociaux (formation, travail, vie privée…) dans une organisation par nature contrainte et rigide 3. Fixer et faire respecter des règles et des règlements tout en développant l’autonomie et l’esprit d’autoentreprise auxquelles sont condamné les nouvelles générations pour survivre dans le monde du travail 4. Accompagner les jeunes des générations Y et Z à se projeter dans un métier alors qu’ils en changeront un grand nombre de fois au cours de leurs vies et que l’entreprise ne les fait plus rêver 5. Donner du sens à l’apprentissage et à l’effort pour apprendre dans un monde où tout le savoir est à portée de main et semble accessible d’un seul clic 6. Inciter les jeunes à apprendre sur des temps longs, dans une société numérique où priment les temps courts (zapping) 7. Et enfin confier à des formateurs de la génération X le soin de former des jeunes de la génération Y et Z, sans travailler à une reconnaissance des codes sociaux des uns et des autres
  • 20.
    Les enjeux majeursdu numérique pour les CFA • Zapping vs multitâches ? • Manque de concentration vs gestion de la complexité ? • Défaut de mémorisation vs organisation de l’info ? • Individualisme vs réseau d’apprentissage et social ? • Futilité vs identité multiple ? 1. Revisiter la pédagogie pour les générations Z 2. Rendre la formation plus attractive pour lutter contre la concurrence 3. Lutter contre les inégalités en terme de littératie numérique 4. Prendre en compte l’hétérogénéité croissante des apprentis 5. Prendre en compte l’évolution des référentiels de formation et de certification 6. Anticiper l’évolution des secteurs professionnels 7. Préparer les publics aux nouveaux modes de recrutement
  • 21.
    Un enjeu majeur: accompagner l’usage des technologies en développant la « littératie numérique » Aptitude à comprendre et à utiliser le numérique dans la vie courante, à la maison, au travail et dans la collectivité en vue d’atteindre des buts personnels et d’étendre ses compétences et capacités (OCDE, 2000) Article de la fondation Travail Université (FTU) de juin 2014 • les compétences instrumentales de base nécessaires pour manipuler de manière fonctionnelle les équipements et les interfaces numériques. • les compétences numériques avancées nécessaires pour utiliser les TIC de manière active dans les domaines liés à l’éducation et à la formation – y compris dans ses contextes informels – la vie professionnelle, la communication, la participation à la société, les loisirs et les réseaux sociaux ; • les attitudes personnelles nécessaires pour développer une utilisation à la fois critique, responsable, créative et productive de ces technologies numériques.
  • 22.
    La pensée critique Lacréativité La collaboration La résolution de problèmes https://margaridaromero.wordpress.com/2016/03/28/5c21-5-competences-cles-pour-le-21e-siecle/ Usage du numérique pour apprendre
  • 23.
    La réforme del’apprentissage … Afin de lutter contre les ruptures de contrat en cours de route, les apprentis pourront continuer leur formation pendant six mois afin de ne « pas perdre une année ». Les entrées pourront également se faire tout au long de l'année.
  • 24.
  • 25.
    2ème partie :Quelles pistes d’action pour repenser la formation avec le numérique ?
  • 26.
    Cinq entrées possiblespour intégrer le numérique dans un CFA Interactivité Activités Production Gestion des actions UNITE DE LIEUX DE TEMPS ET D’ACTION Revisiter l’organisation « traditionnelle » de la formation Gestion des temps Gestion des espaces
  • 27.
    1ère entrée -Repenser l’organisation des lieux de la formation Vers les « learning labs » espace modulaire, salle de cours 3.0
  • 28.
    La salle declasse du XXIème siècle ? Bien qu’un TBI ait été installé, cet outil se contente de remplacer le tableau traditionnel vers lequel a toujours convergé l’attention. De plus, cette technologie – tout comme le tableau – ne suscite qu’une participation périphérique et perpétue le modèle classique de l’environnement pédagogique centré sur le professeur
  • 29.
    La salle declasse du XXIème siècle ? Exemple d'espace pédagogique conçu comme un environnement propice à l'apprentissage. Son aménagement reflète une approche intégrée, dans laquelle les élèves peuvent soit s'entraider, soit se concentrer sur leur propre apprentissage, et où le professeur joue un rôle de facilitateur en guidant les élèves, mais aussi en définissant les orientations du processus d'apprentissage et des matières étudiées OCDE 2010, L’environnement physique peut-il avoir un impact sur l’environnement pédagogique ? CELE Échanges 2010/13 ISSN 2072-7933
  • 31.
    Le " FutureClassroom Lab "au lycée innovant international de Poitiers
  • 33.
    La place deséquipements personnels BYOD (Bring Your Own Device, ou « Apportez votre appareil personnel ») incarne la tendance selon laquelle les frontières entre sphère privée et sphère professionnelle sont de plus en plus floues : l’explosion des appareils mobiles, ainsi que l’émergence de la génération Y (18-30 ans) très à l’aise avec les outils mobiles, le web 2.0 et la connectivité permanente, font qu’inéluctablement les appareils informatiques personnels pénètrent dans l’entreprise (smartphones, tablettes, netbooks, etc.). Selon Serge Tisseron « les enfants seront toujours en avance sur l'institution dans ce domaine. Ils auront toujours des machines plus performantes et mieux maîtrisées que celles achetées deux ou trois ans plus tôt par l'école. C'est pour cela qu'il ne faut surtout pas que les institutions scolaires achètent ces équipements http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pag es/2012/06/15062012Article6347534358372068 82.aspx
  • 34.
    2ème entrée -Repenser l’interactivité dans la classe
  • 35.
    • Kahoot, dispositifen ligne qui permet aux apprenants de répondre instantanément avec leur téléphone portable à un QCM • Plickers pour créer des votes avec des QR codes papier • … Utiliser des outils d’interactivité pour « varier le rythme »
  • 36.
    • C’est avanttout un tableau - Sur lequel on peut écrire, surligner, annoter des pages déjà créées en amont ou que je crée en direct … - Sur lequel on peut afficher des images, des dessins, des photos, des vidéos, des textes … et les annoter devant la classe - Sur lequel ce que j’écris en manuscrit peut se transformer en texte Mais surtout qui garde des traces, même si j’efface ! • C’est aussi un outil interactif En fonction des activités que j’ai produit, les élèves sont invités à manipuler des objets, à discuter en petits groupes, à formuler des hypothèses … Utiliser un tableau blanc interactif
  • 37.
    • Socrative … •La Quiziniere • experquiz Utiliser des outils d’interactivité pour évaluer : avant, pendant ou après la séance
  • 38.
    Un exemple detest avec La Quiziniere
  • 39.
    Produire des diaporamasplus dynamiques… Avec Powerpoint, mais aussi avec d’autres outils, tel que Prezi ou Genial.ly
  • 40.
    Gérer sa classecomme un jeu vidéo
  • 41.
    3ème entrée : Proposerdes activités différentes
  • 42.
    En proposant desactivités ludiques produites avec des outils simples, tels que Learning apps ou Quizlet ou plus complexe, tel que OPALE
  • 43.
    Un exemple avecLearning apps : « une histoire de timbre » https://learningapps.org/watch?v=ppvx2pdq218
  • 44.
    Les fiches àréviser de Quizlet
  • 45.
    En « jouant» avec les serious game, plus ou moins élaborés Lien vers les sites de serious game « développement durable » • Serious game (en français Jeu Sérieux) « outil utilisant les nouvelles technologies dans l’intention spécifique de faire passer un message de manière attractive. Ce message peut être de d’ordre pédagogique, informatif, publicitaire, communicatif ou d’entraînement, tout en ayant l’aspect ludique tiré du jeu vidéo classique ou utilisant la simulation » Liste des jeux sérieux gratuits (site de Thot)
  • 46.
    • En s’immergeantdans des environnements numériques complexes • En créant escape games pédagogiques • En utilisant des MOOC voir par exemple les MOOC Bâtiment durable
  • 47.
    4ème entrée- Faireproduire les apprenants Avec des réseaux sociaux …exemple : comprendre la guerre 14-18 avec Twitter Avec des tableaux comme padlet … Avec des outils de production de textes, comme par exemple l’écriture d’un ouvrage suite à une sortie Voire, comme l’exemple de WIKI TP faire produire des ressources pédagogiques Avec des cartes mentales Avec les RSN : Utilisation de Pinterest en formation
  • 48.
    En produisant des« tutos » avec et pour les apprentis La chaine Youtube du BTP CFA Métropole lilloise
  • 49.
    5ème entrée -Repenser l’organisation des temps de la formation
  • 50.
    « afin d’optimiserle temps de classe en centrant l’accompagnement sur les besoins de chacun et l’individualisation, les cours sont enregistrés, déposés sur une plate-forme de type Youtube et les élèves les visionnent avant le cours » Les classes inversées
  • 52.
    • Formation ouverteet à distance : • actions de formation qui s’appuient, pour tout ou partie, sur des apprentissages non présentiel, en autoformation ou avec tutorat, à domicile, dans l’entreprise ou en centre de formation » DFP, 1992 • Dispositif organisé, finalisé, reconnu comme tels par les acteurs, qui prend en compte la singularité des personnes dans leurs dimensions individuelle et collective et qui repose sur des situations d’apprentissage complémentaire et plurielles en terme de temps, de lieux, de médiations pédagogiques humaines et technologiques, et de ressources (Collectif de Chasseneuil, 2000) • Reconnaissance officielle de la FOAD en juillet 2014 • Décret du 8 novembre 2017 sur l’apprentissage La Formation ouverte et à distance Voir le document de Fromont Briens
  • 53.
    • La formationmultimodale « permet de prendre des chemins différenciés pour arriver d’un point A à un point B, et ces chemins sont une combinaison :  de moments passés en centre de formation  de cours disponibles en ligne, à partir de n'importe quel lieu  d’apprentissages s’appuyant sur des ressources numériques ou papier  d’apprentissages s’appuyant sur une équipe pédagogique et des échanges entre participants » La formation multimodale
  • 54.
  • 55.
    La combinaison présentiel/distanceavec l'utilisation du numérique démultiplie les occasions pour se former. Ainsi, les apprentissages pourront se dérouler au centre de formation ou à l'extérieur : • de façon synchrone : sur le modèle du face à face pédagogique traditionnel où l'apprenant se forme en présence du formateur • de façon asynchrone : où l'apprenant est en autoformation, avec des interactions et un accompagnement du formateur qui ont lieu en "différé".
  • 56.
    3ème partie :Qu’est ce que cela change pour le formateur ?
  • 57.
    La technologie nemodifie pas nécessairement la pratique D’après Marcel lebrun (http://lebrunremy.be/WordPress/)
  • 58.
    Tous des petitespoucettes ? La révolution numérique en cours aura des effets au moins aussi considérables qu’en leur temps l’invention de l’écriture puis celle de l’imprimerie. Les notions de temps et d’espace en sont totalement transformées. Les façons d’accéder à la connaissance profondément modifiées. A cet égard, chaque grande rupture dans l’histoire de l’humanité conduit à priver l’homme de facultés ("l’homme perd") mais chaque révolution lui en apporte de nouvelles ("l’homme gagne"). A la part de mémoire et de capacité mentale de traitement de l’information qu’il perd avec la diffusion généralisée des technologies numériques, l’homme gagne une possibilité nouvelle de mise en relation (d’individus, de groupes et de réseaux, de savoirs) mais aussi une faculté décuplée d’invention et de création. http://www.francetv.fr/culturebox/michel-serres-et-la-generation-petite-poucette-91905
  • 59.
    Une citation endébat … « Si elle a consulté au préalable un bon site sur la toile, petite poucette, nom de code pour l’étudiante, le patient, l’employée, l’administrée, le voyageur, l’électrice, le senior ou l’ado, que dis-je, l’enfant, le consommateur, bref l’anonyme de la place publique, celui que l‘on nommait citoyen ou citoyenne, peut en savoir autant ou plus, sur le sujet traité, la décision à prendre, l’information annoncée, le soin de soi … qu’un maitre, un directeur, un journaliste, un grand patron, un élu, un président même […] il y a présomption de compétences »
  • 60.
    pour peu qu’ony réfléchisse … Qu’est ce que change l’introduction du numérique ? Le triangle pédagogique s’enrichit ! Faire ensemble, proposer des solutions, expérimenter, se tromper, construire, fabriquer, recommencer
  • 61.
    ENSEIGNANT APPRENANT SAVOIR Processus « enseigner» Processus « apprendre » Processus « former» D’après Jean Houssaye, 1996 Un détour du côté du triangle pédagogique
  • 62.
    Enseigner Axe privilégié :enseignant-savoir Postulat épistémologique : la réalité existe indépendamment des observateurs (positivisme) Postulat pédagogique: la connaissance se transmet Modèle pédagogique dominant : empreinte Modalités pédagogique : instruction, exposé Posture de l’enseignant : « au dessus » Activités de l’apprenant : décoder, mémoriser, imiter
  • 63.
    Apprendre Axe privilégié :apprenant-savoir Postulat épistémologique : la réalité existe indépendamment des observateurs (positivisme) Postulat pédagogique : la connaissance s’acquiert progressivement (empirisme) Modèle pédagogique dominant : conditionnement Modalités pédagogiques : pédagogie par objectif, enseignement programmé, béhaviorisme. Posture de l’enseignant : « derrière» Activités de l’apprenant : exécuter, répéter
  • 64.
    Former Axe privilégié :apprenant-enseignant Postulat épistémologique : la connaissance d’un objet est inséparable de l’observateur (phénoménologie) Postulat pédagogique : la connaissance se construit Modèle pédagogique dominant : construction Modalités pédagogiques : situations-problèmes, études de cas, formation par projets Posture de l’enseignant : « à côté » Activités de l’apprenant : rechercher, confronter, résoudre
  • 65.
    Avec le numérique,le triangle prend du volume… Les ressources Les autres La technologie Le formateur L’apprenant Le savoir
  • 66.
    L’approche « constructiviste» devient incontournable 66 Informations Savoir Dessin inspiré de Henri Boudreault Ph.D
  • 67.
    Le formateur «architecte pédagogique » Le formateur contribue à l’agencement des espaces de formation (au sein du CFA) et maitrise l’agencement de son propre espace de formation (salle de classe, atelier …) • Les locaux sont le reflet de la pédagogie (cf. Montessori) • La flexibilité du mobilier est indispensable pour permettre au formateur de proposer des modalités différentiées et aux apprenants de s’approprier les lieux • Les locaux intègrent des ressources variées (notamment numériques), des équipements adaptés (TBI) et des accès à Internet via les équipements mobiles des apprenants (Wifi) À terme : agencement des supports dématérialisés (LMS …)
  • 68.
    Le formateur «ingénieur de formation » Le formateur contribue à la production de dispositifs de formation : • modulables (capable de s’adapter aux fluctuations de l’activité) • modularisés (ensemble cohérent de modules autour d’un objectif de formation) • multimodaux (différentes modalités pour l’atteinte d’un objectif de formation) • individualisables (proposition de parcours adapté aux besoins et aux conditions de chaque apprenant) • Augmentation des temps d’ingénierie en amont des formations • Notion de « sur mesure » et d’offres de service • Analyse de besoins (entreprises)
  • 69.
    Le formateur «ingénieur pédagogique » Le formateur contribue à la production d’une base de ressources pédagogiques numériques mutualisées • Il prend en compte l’existant avant de produire • Il sait intégrer des ressources numériques existantes dans sa progression, même s’il ne les a pas produit lui-même • Il prend en compte la plus-value du numérique sur les processus d’apprentissage et conçoit les ressources adéquates • Il produit des ressources numériques avec des outils simples, organisées autour d’un objectif pédagogique, proposant des activités formatives diversifiées et interactives • Le cas échéant, il sait rédiger un story board et travailler avec un producteur de contenu • Il connait la notion de granularisation et comprend l’organisation globale du dispositif et sait intégrer ses ressources dans un parcours (LMS, Scorm…) • Il connait et accepte les conditions de sessions de droits d’auteur
  • 70.
    Le formateur «accompagnateur et guide pédagogique » Le formateur est garant de la progression de chaque apprenant • Il évalue les besoins, les pré acquis et les modalités d’apprentissage privilégiées par l’apprenant avec des outils de positionnement numériques adaptés • Il propose et contractualise un parcours individualisé en agençant les modalités et les activités (y compris les activités réalisées dans l’entreprise) adaptées à chaque apprenant et visible à distance par le maitre d’apprentissage • Il propose des « situations problèmes mobilisatrices » au bon moment, afin d’aider l’apprenant à sortir de sa zone de confort ou de certitude • Il suit les progressions (y compris les activités qui sont faites en asynchrone, au CRAF, à domicile, en entreprise ou dans les tiers lieux) • Il évalue les résultats et valide le travail tout au long du parcours • il apporte un soutien organisationnel et motivationnel, en alternant le tutorat réactif et proactif, afin de rendre l’apprenant plus autonome dans le repérage des stratégies les plus efficaces pour lui, dans son accès aux sources de savoirs, dans l’organisation de sa base de données personnelle (ENT), dans la capitalisation et la mise en valeur de ces acquis (eporfolio, eréputation …)
  • 71.
    Connaitre la ZPDpour proposer des « défis réalistes » La zone proximale de développement se situe entre la zone d’autonomie et la zone de rupture. La ZPD se définit comme la zone où l’élève, à l’aide de ressources, est capable d’exécuter une tâche. Une tâche qui s’inscrit dans la ZPD permet à l’apprenant de se mobiliser, car il sent le défi réaliste. Selon Lev Vigotsky
  • 72.
    Le formateur «animateur » Le formateur anime des activités collectives (synchrone et asynchrone) • Il conçoit des séquences de travail en privilégiant l’interaction et la production • Il choisit et/ou produit les supports pédagogiques les mieux adaptés à son objectif • Il anime la séquence selon le plan établi, tout en s’adaptant afin de prendre en compte les aléas et la dynamique du groupe • Il utilise à bon escient les outils d’interactivité pour rendre la séquence dynamique • Il intègre l’utilisation des équipements personnels dans les animations proposées pour favoriser les recherches personnelles • Il gère la dynamique de groupe, l’alternance entre individuel et collectif, le recours aux pairs, le travail collaboratif
  • 73.
    Nuage de mots… undernier exercice pour la route … Lister trois mots que vous inspire cette journée de sensibilisation à l’usage du numérique en formation https://www.nuagesdemots.fr/
  • 74.
    Merci de votreattention Frédéric Haeuw consulting@haeuw.com Blog : www.haeuw.com Cette œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 France.

Notes de l'éditeur

  • #16 La génération y est parfois surnommée Génération Peter Pan, qui, en l’absence de rites de passage à l’âge adulte, ne construit pas d’identité ou de culture d’adulte spécifique.
  • #21 Littératie numérique : Aptitude à comprendre et à utiliser le numérique dans la vie courante, à la maison, au travail et dans la collectivité en vue d’atteindre des buts personnels et d’étendre ses compétences et capacités (OCDE, 2000)
  • #28 Tables et chaises à roulette, tableau bans numériques, espace de coproduction, murs effaçables … Retour des pédagogies actives (Montessori, Freinet…) Posture du formateur : architecte pédagogique, créer des occasions d’apprendre, accompagner l’autonomie