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Histoire et figures de la non-violence. — 04. De 1910 à 1929

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I
Institut de recherche sur la Résolution Non-violente des ConflitsInstitut de recherche sur la Résolution Non-violente des Conflits

Histoire et figures de la non-violence. — 04. De 1910 à 1929

Histoire et figures de la non-violence. — 04. De 1910 à 1929

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Trombinoscope historique de la non-violence
De 1910 à 1929
É. G. 10.02.2023
Gilbert Lesage
(1910-1989), objecteur de conscience et membre actif des
Quakers durant sa jeunesse.
En fév. 1941, chef de l’important ‘Service Social des Étrangers’
(SSE) qui intervient directement dans les camps d’étrangers en France.
En août 1942, quand les autorités françaises dans le sud de la France
commencent les rafles de Juifs et les remettent aux Allemands, fait partie
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Désobéit aux ordres et prévient secrètement des familles juives et
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nombreux enfants qui devaient être déportés.
Quand Bousquet supprime toutes les exceptions de déportation,
Lesage ignore aussi cet ordre et envoie aux fonctionnaires chargés de la
sélection une note d’instruction exemptant tout enfant âgé de moins de
15 ans. Dirige personnellement le processus de sélection au camp de
Vénissieux près de Lyon et libère 108 enfants juifs.
Arrêté en avril 1944 par la Gestapo. Le SSE est supprimé en juin.
Reste en prison jusqu’à la Libération. Selon Robert Nodot, a porté
secours à 100 000 réfugiés.
August Landmesser
(1910-1944), ouvrier allemand. Adhère au parti nazi National Sozia-
listische Deutsche Arbeiter Partei (NSDAP) pour avoir un emploi. Exclu du
parti après son mariage en 1935 avec une Juive allemande, Irma Eckler.
En juin 1936, sur le chantier naval Blohm & Voss de Hambourg,
refuse d'effectuer le salut nazi (photo du bas) lors du lancement d'un navire-
école, le Horst Wessel. Condamné à 2 ans et demi d'internement au
camp de concentration de Börgermoor* pour avoir « déshonoré la race ».
En février 1944, incorporé dans un bataillon disciplinaire où il est déclaré
disparu en mission et présumé tué en Croatie en octobre 1944.
Irma Eckler est envoyée au camp de concentration d'Oranienburg,
puis de Lichtenburg et enfin de Ravensbrück, puis au centre d’eutha-
nasie de Bernburg en février 1942, où elle est tuée par gaz parmi
les 14.000 victimes de ce centre.
Leur fille Irène raconte leur histoire dans un livre, contri-
buant à faire de ce cliché le symbole du « courage de dire Non ».
* Sont internés à Börgermoor des opposants politiques du régime. Les prisonniers
doivent effectuer des travaux agricoles dans les environs marécageux du camp.
Y sont aussi internés le pacifiste allemand Carl von Ossietzky (1889-1938), prix Nobel
de la paix en 1935, de même que Wolfgang Langhoff (1901-1966) et Rudi Goguel
(1908-1976), coauteurs du Chant des marais.
Josef Mayr-Nusser
(1910-1945), originaire du Tyrol du Sud (alors en Autriche),
président des jeunesses catholiques du Trentin. Après l’entrée des
armées allemandes, choisit de rester (Dableiber) et rejoint le cercle
clandestin de résistance Andreas Hofer Bund *. Incorporé de force
dans l’armée allemande, affecté à la Waffen SS.
À Konitz (en Prusse, aujourd’hui Chojnice, en Pologne), le 4
octobre 1944, fortement marqué par les lettres de prison de Thomas
More qu’il avait lues chez lui, refuse pour raisons de conscience de
prêter serment d’allégeance à Hitler. Condamné à mort, affaibli par la
faim et la dyssenterie, meurt dans un wagon à bestiaux en route vers
Dachau.
Une des figures de proue de la résistance en Tyrol du Sud
contre la domination du nazisme. Citoyen d'honneur de sa ville
natale, vénéré comme bienheureux par l'Église catholique.
« Si personne n’a jamais le courage de dire non au national-
socialisme, ce système ne finira jamais. »
* Andreas Hofer (1767-1810), aubergiste, instigateur de la rébellion tyrolienne
contre les armées de l'Empire français et du Royaume de Bavière, fusillé à
Mantoue.
Georges-Dominique Pire
(1910-1969). Dominicain belge.
Professeur de sciences sociales et politiques, de philosophie
morale et de sociologie au couvent de la Sarte à Huy.
Aumônier de la Résistance pendant la 2ème Guerre
Mondiale.
Crée après la guerre le ‘Service d’entraide familiale pour les
familles en difficulté’, et l’’Aide aux personnes déplacées pour le
relogement des réfugiés’ en Allemagne et en Autriche.
Prix Nobel de la paix en 1958.
Crée en 1960 l’’Université de paix’ de Namur qui assure
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conflits,
puis ‘Îles de paix’, qui aide les populations rurales du Sud.
Leonidas Proaño
(1910-1988). Équatorien, évêque de Riobamba et de la
province de Chimborazo, nommé “l’évêque des Indiens” pour son
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Arrêté le 12 août 1976 lors d’une conférence pastorale. Le
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  • 1. Trombinoscope historique de la non-violence De 1910 à 1929 É. G. 10.02.2023
  • 2. Gilbert Lesage (1910-1989), objecteur de conscience et membre actif des Quakers durant sa jeunesse. En fév. 1941, chef de l’important ‘Service Social des Étrangers’ (SSE) qui intervient directement dans les camps d’étrangers en France. En août 1942, quand les autorités françaises dans le sud de la France commencent les rafles de Juifs et les remettent aux Allemands, fait partie de ceux chargés de sélectionner les personnes dites "déportables" selon les directives du Secrétaire général de la police, René Bousquet. Désobéit aux ordres et prévient secrètement des familles juives et d’autres organisations de rafles imminentes, permettant de cacher de nombreux enfants qui devaient être déportés. Quand Bousquet supprime toutes les exceptions de déportation, Lesage ignore aussi cet ordre et envoie aux fonctionnaires chargés de la sélection une note d’instruction exemptant tout enfant âgé de moins de 15 ans. Dirige personnellement le processus de sélection au camp de Vénissieux près de Lyon et libère 108 enfants juifs. Arrêté en avril 1944 par la Gestapo. Le SSE est supprimé en juin. Reste en prison jusqu’à la Libération. Selon Robert Nodot, a porté secours à 100 000 réfugiés.
  • 3. August Landmesser (1910-1944), ouvrier allemand. Adhère au parti nazi National Sozia- listische Deutsche Arbeiter Partei (NSDAP) pour avoir un emploi. Exclu du parti après son mariage en 1935 avec une Juive allemande, Irma Eckler. En juin 1936, sur le chantier naval Blohm & Voss de Hambourg, refuse d'effectuer le salut nazi (photo du bas) lors du lancement d'un navire- école, le Horst Wessel. Condamné à 2 ans et demi d'internement au camp de concentration de Börgermoor* pour avoir « déshonoré la race ». En février 1944, incorporé dans un bataillon disciplinaire où il est déclaré disparu en mission et présumé tué en Croatie en octobre 1944. Irma Eckler est envoyée au camp de concentration d'Oranienburg, puis de Lichtenburg et enfin de Ravensbrück, puis au centre d’eutha- nasie de Bernburg en février 1942, où elle est tuée par gaz parmi les 14.000 victimes de ce centre. Leur fille Irène raconte leur histoire dans un livre, contri- buant à faire de ce cliché le symbole du « courage de dire Non ». * Sont internés à Börgermoor des opposants politiques du régime. Les prisonniers doivent effectuer des travaux agricoles dans les environs marécageux du camp. Y sont aussi internés le pacifiste allemand Carl von Ossietzky (1889-1938), prix Nobel de la paix en 1935, de même que Wolfgang Langhoff (1901-1966) et Rudi Goguel (1908-1976), coauteurs du Chant des marais.
  • 4. Josef Mayr-Nusser (1910-1945), originaire du Tyrol du Sud (alors en Autriche), président des jeunesses catholiques du Trentin. Après l’entrée des armées allemandes, choisit de rester (Dableiber) et rejoint le cercle clandestin de résistance Andreas Hofer Bund *. Incorporé de force dans l’armée allemande, affecté à la Waffen SS. À Konitz (en Prusse, aujourd’hui Chojnice, en Pologne), le 4 octobre 1944, fortement marqué par les lettres de prison de Thomas More qu’il avait lues chez lui, refuse pour raisons de conscience de prêter serment d’allégeance à Hitler. Condamné à mort, affaibli par la faim et la dyssenterie, meurt dans un wagon à bestiaux en route vers Dachau. Une des figures de proue de la résistance en Tyrol du Sud contre la domination du nazisme. Citoyen d'honneur de sa ville natale, vénéré comme bienheureux par l'Église catholique. « Si personne n’a jamais le courage de dire non au national- socialisme, ce système ne finira jamais. » * Andreas Hofer (1767-1810), aubergiste, instigateur de la rébellion tyrolienne contre les armées de l'Empire français et du Royaume de Bavière, fusillé à Mantoue.
  • 5. Georges-Dominique Pire (1910-1969). Dominicain belge. Professeur de sciences sociales et politiques, de philosophie morale et de sociologie au couvent de la Sarte à Huy. Aumônier de la Résistance pendant la 2ème Guerre Mondiale. Crée après la guerre le ‘Service d’entraide familiale pour les familles en difficulté’, et l’’Aide aux personnes déplacées pour le relogement des réfugiés’ en Allemagne et en Autriche. Prix Nobel de la paix en 1958. Crée en 1960 l’’Université de paix’ de Namur qui assure aujourd’hui des formations à la résolution non-violente des conflits, puis ‘Îles de paix’, qui aide les populations rurales du Sud.
  • 6. Leonidas Proaño (1910-1988). Équatorien, évêque de Riobamba et de la province de Chimborazo, nommé “l’évêque des Indiens” pour son action constante en faveur des populations indigènes. Refuse l’érection dispendieuse d’une nouvelle cathédrale, redistribue aux indigènes des terres appartenant à l’Église. Crée un ‘Centre d’études et d’action sociale’ pour promouvoir la conscientisation et l’organisation des paysans. Arrêté le 12 août 1976 lors d’une conférence pastorale. Le ministre de l’Intérieur fait longuement état devant la télévision d’un texte prouvant “des activités subversives à caractère politique” saisi lors de la réunion, relatif à l’action non-violente. « Le dossier authentiquement subversif n’a pas été emporté : ils ont oublié l’Évangile ! »
  • 7. Guy-Marie Riobé (1911-1979), Français, évêque catholique d’Orléans de 1963 à 1979. Découvre le christianisme avec le jésuite Prosper Monier en 1945, marqué par la spiritualité de Charles de Foucauld. En 1969, témoigne au procès de 3 Orléanais qui revendiquent un statut d’objecteurs de conscience et préconisent une défense non- violente. Proteste avec Helder Camara contre les ventes d’armes françaises au Brésil. Prend position en été 1973 contre les essais nucléaires français dans le Pacifique (est renvoyé "à ses oignons" par l’amiral Marc de Joybert), contre le racisme, la peine de mort, les régimes dictatoriaux, et l’immobilisme de l’Église catholique. « L’une des affirmations centrales de l’espérance chrétienne, c’est que la violence n’est pas une fatalité, et que, par conséquent, l’histoire peut devenir non-violente.»
  • 8. Bayard Rustin (1912-1987), militant états-unien du mouvement des droits civiques, marqué par Richard Gregg. Militant dès la fin des années 1930, purge une peine de 28 mois d'emprisonnement pour objection de conscience. Conseiller de Martin Luther King sur la stratégie de résistance non- violente. Son rôle est capital dans la construction du mouvement qui nait en 1955 à Montgomery. Coordinateur hors pair, un des principaux organisateurs de la March on Washington for Jobs and Freedom ("Marche sur Washington pour l'emploi et la liberté") qui rassemble 250 000 personnes en août 1963 et au cours de laquelle M. L. King prononce son discours "I Have a dream" (photo du bas). Ouvertement homosexuel, milite jusqu'à la fin de sa vie pour les droits des gays et lesbiennes. « Lorsqu'un individu proteste contre le refus de la société de reconnaître sa dignité d'être humain, son acte même de protestation lui confère de la dignité. » « Le vrai radical est cette personne qui a une vision d'égalité et qui est prête à faire les choses qui rapprocheront la réalité de cette vision.» « La seule arme que nous ayons, c’est notre corps. »
  • 9. Jean Goss (1912-1991), Français, né d’un père anarchiste et d’une mère catholique. Cheminot, prisonnier de guerre pendant 5 ans. Renvoie en 1948 ses papiers militaires et décorations. Entre en 1946 au ‘Mouvement international de la Réconciliation’ (MIR) et en devient vite secrétaire itinérant. Avec Hildegard Mayr, qu’il épouse en 1958, parcourt le monde et conscientise notamment les milieux chrétiens lors de rencontres et de sessions de formation à la non-violence : Brésil (1964-1965), Mexique (1970-1971), Irlande du Nord (dès 1963), Balkans (dès 1972), Afrique australe (dès 1973), Liban (1974-1975 et 1980), Salvador (1979), Philippines (dès 1984), Thaïlande, Bangladesh, Hong Kong, Zaïre (1990). ../..
  • 10. Jean Goss Contribue de manière déterminante à faire surgir, dans des pays sous dictature, sous oppression ou en guerre, des groupes et des mouvements de résistance non-violente : Amérique latine (SERPAJ), Liban, Philippines (AKKAPKA), R.D. du Congo (GANVE-Lubumbashi, Amos-Kin). « La non-violence est présente dans chaque personne et dans chaque peuple. Nous sommes comme des sages-femmes qui essayent de découvrir, nourrir et organiser cette force vivante, et de l’aider à émerger dans la lutte pour une libération ou une réconciliation. » Photo du haut : Jean et Hildegard Goss
  • 11. Jacques Ellul (1912-1994), sociologue français, théologien protestant. Professeur d’histoire du droit à Bordeaux, pionnier de l’écologie, de la critique de la civilisation technicienne et d’un christianisme engagé pour la transformation sociale. Son œuvre d’une soixantaine de livres est centrée sur la notion de liberté : « Exister, c’est résister ». Dans son ouvrage Contre les violents (1972), s’inscrit en faux contre toute justification, notamment chrétienne, de la violence. La théorie de la guerre juste repose pour lui sur des critères irrecevables. N’est pas convaincu de l’efficacité suffisante de la non-violence, (il évoluera sur ce point) et considère la violence parfois nécessaire, à défaut d’être légitime. 1) La violence est toujours continue : celui qui commence à en user ne s’arrêtera jamais; 2) elle est toujours identique : il n’y a pas une violence juste et ne violence injuste; 3) elle est toujours réciproque : il est absurde de se demander qui a commencé; 4) elle n’engendre que la violence : les moyens violents conduisent à des fins violentes; 5) elle cherche toujours à se justifier. Critique l’idéalisme révolutionnaire, l’idéalisme pacifiste et l’idéalisme chrétien qui conduisent tous les trois à prendre une position fausse et dangereuse à l’égard de la violence. Voir aussi J. Ellul dans les trombinoscopes Changement societal, Écologie et Sens
  • 12. Paul Ricoeur (1913-2005), philosophe protestant français, professeur à l’université de Strasbourg puis de Nanterre. Traite de la philosophie morale et politique, de l’éthique sociale, de la justice comme vertu et comme institution, du concept de la vérité en histoire, du devoir de mémoire et de la juste représentation du passé, de la réconciliation, du dialogue entre la philosophie et la religion. En février 1949, publie dans la revue Esprit un article intitulé « L’homme non-violent et sa présence à l’histoire » dont l’analyse va plus loin que celle de Jacques Maritain et Emmanuel Mounier. « En certaines circonstances favorables, sous la pression de personnalités exceptionnelles, la non-violence peut prendre les dimensions d’un mouvement de résistance non-violente, avec une efficacité massive : elle peut alors opérer une véritable percée historique. Aussi inimitable qu’il soit lui-même, Gandhi figure en notre temps plus qu’une espérance, une démonstration. (…) La non-violence fut pour Gandhi une méthode et même une technique détaillée de la résistance et de la désobéissance.(…) On a tort de ne pas étudier le mécanisme froidement prémédité et méticuleuse- ment exécuté de ses campagnes en Afrique du Sud et aux Indes. (…) Il me semble qu’aujourd’hui les non-violents doivent être le noyau prophétique de mouvements proprement politiques, c’est-à-dire axés sur une technique de la révolution, de la réforme ou du pouvoir ».
  • 13. Rosa Parks (1913-2005), née McCauley, Noire états-unienne, couturière puis aide-soignante. Le Ku Klux Klan brûle à 2 reprises l'école qu'elle fréquente, la Montgomery Industrial School for Girls. En décembre 1955, à Montgomery (Alabama), refuse de céder sa place à un passager blanc dans un autobus. Arrêtée par la police, se voit infliger une amende de 15 dollars ; fait appel de ce jugement. Un jeune pasteur noir de 26 ans, Martin Luther King, avec le concours de Ralph Abernathy, lance alors une campagne de boycott de la compagnie de bus, qui durera 380 jours. En novembre 1956, la Cour suprême des États-Unis déclare anticonstitutionnelles les lois ségrégationnistes dans les bus. Se joint à l'équipe du représentant démocrate du Michigan, l'Afro-états-unien John Conyers à la Chambre des représentants, pour qui elle travaille de 1965 à 1988. « J’ai appris au fil du temps que lorsque nous sommes ferme- ment résolus, la peur diminue. Savoir ce qui doit être fait, cela fait disparaître la peur. (…) Vous ne devez jamais avoir peur de ce que vous faites quand vous faites ce qui est juste. » Photo : Rosa Parks (au 2ème plan, M.L. King)
  • 14. Felipe Mac Gregor Felipe Estanislao Mac Gregor Rolino (1914-2004), jésuite péruvien. Entre dans la ‘Compagnie de Jésus’ en 1931 à Cordoba, en Argentine. Docteur en philosophie à l'Université de Fordham (New York). Professeur au département des sciences humaines de l‘’Université pontificale catholique du Pérou’ (PUCP) dont il sera aussi Recteur de 1963 à1977. Recteur de l‘’Université des Nations Unies’. Crée en 1983 la Associacion Peruana de Estudios para la Paz (APEP). Créateur en 1986 du concept de culture de paix (cultura de paz). Après 1990, président de l‘’Institut pour la paix’. Président de la ‘Commission nationale péruvienne d’éducation permanente à la paix’. Défenseur des droits humains, lauréat en 2000 du prix Gandhi attribué par l’UNESCO. « La culture de la paix est un ensemble de valeurs, d'atti- tudes et de comportements reflétant le respect de la vie, des êtres humains et de leur dignité. La culture de la paix donne la priorité aux droits de l'homme, au rejet de la violence sous toutes ses formes et au respect des principes de liberté, de justice, de solidarité et de tolérance, ainsi que de la compréhension entre les peuples, les groupes et les peuples. »
  • 15. Thomas Merton (1915-1968), écrivain, moine trappiste et militant social états- unien. Marqué par sa correspondance avec Dorothy Day Écrit de nombreux livres sur la spiritualité, des poèmes et aussi des essais, notamment sur les questions du racisme et des droits civiques, de la guerre, de l’arme nucléaire. Spécialiste du zen et ami de Daisetz Teitaro Suzuki, artisan du dialogue inter-religieux, dialogue avec le Dalaï-lama, Thich Nhat Hanh. Promoteur de la paix entre les peuples et les religions? La non-violence est « la seule philosophie politique contemporaine remontant directement à l’Évangile. (…) L’idéal non-violent ne renferme pas toutes les réponses, qui devront être recherchées et résolues au mileu des risques et de l’angoisse de la politique quotidienne. Mais elles ne le seront jamais si l’on ne tient pas sérieusement compte de la non-violence. » Voir aussi T.M. dans le trombinoscope des chercheurs de sens
  • 16. Jean Toulat (1915-1994). Prêtre catholique français. Le 15 juin 1940, rédige le tract intitulé Espoir quand même ! lequel, comme l'appel lancé trois jours plus tard par le général de Gaulle à Londres, met l'accent sur les ressources des empires français et britannique et croit en la victoire finale des Alliés sur « le colosse nazi aux pieds d'argile ». Résistant, journaliste à partir de 1950 pour des hebdomadaires catholiques. Participe en 1973 avec Jean-Marie Muller, Jacques de Bollar- dière et Brice Lalonde à l’action de protestation contre les essais nucléaires à Mururoa. Auteur de 29 livres sur la non-violence et la paix (La bombe ou la vie; Les grévistes de la guerre; Combattants de la non-violence; Oser la paix; Pour une Marseillaise de la fraternité), le respect de la vie (L’avortement, crime ou libération ?), l’action caritative et sociale (Raoul Follereau, Helder Camara), la spiritualité (Les forces de la foi ; Les forces de l’espoir ; Les forces de l’amour). Son frère Pierre Toulat (1922-2018) a été Secrétaire de la ‘Commission Justice et Paix’ de l’épiscopat français. En 1983, le texte des évêques Gagner la paix, écrit sans consultation de la Commission, justifie la dissuasion nucléaire. « Il est arrivé comme une bombe… », déclare P. Toulat. Auteur du livre Des Évêques face au problème des armes.
  • 17. Michel Grenier (1915-1997), pasteur protestant suisse, Secrétaire de la branche suisse romande du ‘Mouvement International de la Réconciliation’ (MIR). Initiateur en 1968 à Lausanne du ‘Centre Martin Luther King’, devenu en 2004 le ‘Centre pour l’action non-violente’ (CENAC). Le CENAC agit dans 4 axes principaux : formation (programme annuel ou à la carte), documentation (outils, catalogue d’articles en ligne), information (journal), édition. « La non-violence, c’est d’abord le respect de soi, d’autrui et de l’environnement. C’est aussi ne pas rester les bras croisés devant les injustices . « Ni hérisson, ni paillasson » : ne pas blesser, ne pas se laisser piétiner. ».
  • 18. George Houser (1916 -2015), pasteur méthodiste étatsunien. Condamné à un an de prison pour objection de conscience en 1940. Membre de Fellow- ship of Reconciliation (FOR). Militant des droits civiques et militant pour l'indépendance des nations africaines. Avec James Farmer, Bayard Rustin et Bernice Fisher, fonde le Congress of Racial Equality (CORE) en 1942 à Chicago. Avec Bayard Rustin, anime le Journey of Reconciliation, un voyage en bus interracial de deux semaines défiant la ségrégation, modèle pour les Freedom Rides de 1961 que CORE a organisera plus tard dans le Grand Sud. En 1952, cofonde Americans for South African Resistance (AFSAR) pour organiser le soutien aux États-Unis à la campagne de défi de l‘African National Congress contre l'apartheid en Afrique du Sud. Cofondateur en 1953 de l’American Committee on Africa (ACOA), issu de l'AFSAR. De 1955 à 1981, Directeur général de l'ACOA, dirige de nombreuses campagnes de soutien aux luttes africaines pour la libération et l'indépendance, de l' Algérie au Zimbabwe. À l’âge de la retraite, a la grande consolation de voir son ami Nelson Mandela élu Président de l’Afrique du Sud.
  • 19. Robert Aitken (1917-2010). États-unien, pionnier du bouddhisme zen auquel il s’intéresse quand il est prisonnier de guerre au Japon pendant la 2ème Guerre mondiale. Reconnu comme enseignant au sein de l’école zen Sambö Kyôdan, la “Société des trois trésors”. S’implique dans l’engagement sociétal qu’il considère inséparable de sa pratique bouddhiste. Milite contre les essais nucléaires états-uniens dans les années 1950, puis contre la guerre du Vietnam dans les années 60 en refusant de payer ses impôts pour la financer. Fonde à Hawaï avec sa femme Anne le Buddhist Peace Fellowship, une des organisations états-uniennes les plus actives en matière d’écologie, de désarmement et de droits de l’homme.
  • 20. Oscar Romero (1917-1980). Salvadorien, archevêque catholique de San Salvador. L’assassinat de son ami jésuite Rutilio Grande par les Escadrons de la mort en 1977 change son orientation politique et pastorale. Le 23 mars 1980, lance un appel aux soldats face aux exactions de l’armée. Le lendemain, est tué par un coup de fusil alors qu’il célèbre une messe dans la chapelle d’un hôpital. « La libération arrivera (…) quand les pauvres seront les acteurs de leur propre lutte et de leur libération, en démasquant ainsi la racine des faux paternalismes, même ceux de l’Église” « Un soldat n’est pas obligé d’obéir à un ordre qui va contre la loi de Dieu. (…) Je vous prie, je vous suplie, je vous l’ordonne, au nom de Dieu : arrêtez la répression ! » O.R. figure aussi dans le trombinoscope des chercheurs de sens
  • 21. Inge, Hans et Sophie Scholl Alexander Schmorell, Willy Graf, Christoph Probst, Kurt Huber Inge S. (1917-1998), Hans S. (1918-1943), Sophie S. (1921-1943), Alexander Schmorrell (1917-1943), Willi Graf (1918-1943), Christof Probst (1919-1943), étudiants allemands pendant la Seconde Guerre mondiale. Discutent de la situation politique avec Kurt Huber (1893- 1943), professeur de philosophie à l’université de Munich, réputé pour ses cours. Kurt, d'abord opposé à l'idée de révolte envers un pays qu'il aime, finit par appuyer totalement ses élèves qui fondent début 1942 le réseau Die Weisse Rose (La Rose blanche). Résistants au nazisme, affirment la primauté de l’être humain face aux régimes politiques et dénoncent la Shoah en diffusant des tracts envoyés par la poste ou distribués dans les grandes villes et à l’université de Munich. ../.. Photos : Hans et Sophie Scholl, Kurt Huber
  • 22. Inge, Hans et Sophie Scholl Alexander Schmorell, Willy Graf, Christoph Probst, Kurt Huber Le 18 février 1943, décident de distribuer ouvertement les tracts qu’ils diffusaient jusque là dans la clandestinité. Hans, Sophie et Christof sont décapités à la hache le 22 février 1943 à Munich. Alexander, Willi et le professeur Huber sont décapités quelques mois plus tard. Au total, 16 membres du réseau paient de leur vie, soit par exécution, soit par mauvais traitements dans les camps. L'écrivain allemand en exil Thomas Mann leur rend hommage sur les ondes de la BBC tandis que durant l'été 1943, l'aviation anglaise jette sur le pays un million d'exemplaires du dernier tract rédigé par le profes- seur Huber. « Ce que nous avons dit et écrit, beaucoup le pensent. Mais ils n’osent pas l’exprimer ». Sophie Scholl Inge, libérée, deviendra militante de la non-violence et des droits de l’homme. En 1985, arrêtée pour avoir participé à un sit-in à la base américaine de missiles nucléaires américains Pershing II à Mutlangen. Photo du haut : Alexander Schmorell
  • 23. Mario Carvalho de Jesus (1919-1995), avocat et militant non-violent brésilien. En 1942, intègre les mouvements JUC, Juventude Universitária Católica et JOC, Juventude Operária Católica. Diplômé en droit, avocat du travail, obtient une bourse et part vivre en France. Travaille en usine, découvre le syndicalisme français, le mouvement des prêtres ouvriers (au Brésil, Movimento dos Padres Operários), la théologie de la libération et le dominicain Louis-Joseph Lebret. Revenu au Brésil, décide de consacrer sa vie à des causes ouvrières, défendant les intérêts des travailleurs et des organisations syndicales. Approché par le ‘Syndicat des travailleurs de l'industrie de la chaux et du ciment de gypse de São Paulo’ en lutte contre la Companhia Brasiliera de Cimento Portland Perus SA (située dans la ville de Cajamar et dans le quartier de Perus, dans l’agglomération de São Paulo) pour les défendre contre les pratiques de l'homme d'affaires et député Jose Joao Abdalla. Avec des syndicalistes, dont Joao Breno Pinto (photo du bas), fonde en 1960 le Frente Nacional do Trabalho (FNT, ‘Front National du Travail’) ../..
  • 24. Mario Carvalho de Jesus, Joao Breno Pinto, et la grève de Perus Se familiarise en 1962 avec la stratégie de l’action non-violente - dont la firmeza permanente (fermeté permanente dans les conflits) de Helder Camara -, lorsqu'il reçoit, avec les travailleurs de Perus, la visite de Jean et Hildegard Goss, militants et formateurs du Mouvement International de Réconciliation (MIR-IFOR). Débutée en mai 1962 mais avec des antécédents (une grève de 46 jours en 1958), la grève de Perus dure 8 ans, jusqu’en 1969. Le FNT organise le mouvement Queixadas*. L'Union poursuit la grève, mène plusieurs campagnes de collecte de fonds et de sensibilisation du public, dont une grève de la faim (Noël 1962 - Nouvel An 1963), et donne lieu à un mouvement ouvrier qui envahit les rues de la ville de São Paulo et les couloirs du Tribunal Régional du Travail. * Le queixada ou pécari est une espèce de sanglier, plus redoutée par les chasseurs que le jaguar. Lorsqu'ils se sentent menacés, les queixadas se regroupent et avancent sur l'ennemi. Faibles seuls, lorsqu'ils sont unis, ils sont capables d'affronter les prédateurs les plus voraces.
  • 25. Mario Carvalho de Jesus, Joao Breno Pinto, et la grève de Perus Le FNT est présent dans des mouvements de grève dans plu- sieurs usines : Usina Miranda à Pirajuí, Companhia Melhoramentos de Papel, Companhia Paulista de Celulose à ​​Cajamar, Biscoitos Aymoré, Tecelagem Japy et Fábrica de Papel Carioca à Jundiaí, Rhodia, Tecelagem Santo Andre, etc. Face à la répression pendant la dictature militaire, est le principal auteur du processus qui conduit à la fondation du Secreta- riado Nacional Justiça e Não-Violência, (‘Secrétariat national pour la justice et la non-violence’), en 1978. Participe au projet de transformation de la cimenterie de Perus, fermée en 1986 et classée au patrimoine historique de São Paulo, en centre culturel municipal. Photo du bas : Dirigeants syndicaux tenant une affiche avec la photo de Gandhi : Claudio Soares de Azevedo, Sidnei Fernandez Cruz, João Breno Pinto et Mario Carvalho de Jesus.
  • 26. Alexandre Soljenitsyne (1918-2008). Écrivain russe. Emprisonné de 1945 à 1953 par le régime stalinien, réhabilité en 1957 pendant la période Krouchtchev. Son oeuvre toute entière (Une journée d’Yvan Denissovitch, Le pavillon des cancéreux, L’archipel du Goulag, Le chêne et le veau, etc.) dénonce la dictature et le système de pensée sur laquelle elle est fondée. Prix Nobel de littérature en 1970. Expulsé d’URSS en 1974, pendant l’ère Brejnev. Se réfugie en Suisse, puis réside aux États-Unis après 1976. Revient en Russie en 1994 après l’effondrement du communisme. Jusqu’à sa mort, dénonce la maffia, le clientélisme, le néolibéra- lisme échevelé. Désapprouve la 1ère guerre de Tchétchénie, mais approuve la seconde. ../..
  • 27. Alexandre Soljenitsyne « La violence ne peut se cacher que derrière le mensonge. Le mensonge ne peut vivre que par la violence. La violence ne met pas tous les jours sa main lourde sur toutes les épaules : elle n'exige de nous que l'obéissance au mensonge, la participation quotidienne au mensonge – c'est la seule loyauté qui est exigée de nous. La clef la plus simple et la plus accessible de notre libération que nous avons négligée jusqu’à présent, se trouve dans la non-participation person- nelle au mensonge. » « Si nous restons prisonniers de notre peur, nous devrons cesser de nous plaindre qu'ils nous étouffent, car c'est nous-mêmes qui le faisons. » « On ne peut accepter l’idée que le cours de l’histoire soit inexorable, et que l’esprit confiant en lui-même ne puisse agir sur la force la plus puissante du monde. L’expérience des dernières générations me prouve abondamment que seule l’inflexibilité de l’esprit humain, fermement dressé sur le front mouvant des violences qui le menacent, et prêt au sacrifice et à la mort en proclamant "Pas un pas de plus !", seule cette inflexibilité de l’esprit assure la véritable défense de la paix de l’individu, la paix de tous et de toute l’humanité. »
  • 28. Desmond Doss (1919-2006), objecteur de conscience états-unien. Caporal dans l'United States Army lors de la Seconde Guerre mondiale. Enrôlé volontaire en avril 1942, mais Adventiste du septième jour, refuse de tuer ou de porter une arme au combat en raison de ses convictions religieuses. Affecté au détachement médical du 307e régiment de la 77e division d'infanterie. À plusieurs reprises, prend des risques énormes pour secourir des blessés. En mai 1945, contribue à sauver la vie de 75 de ses camarades en les descendant un à un de la falaise d'Okinawa. Blessé par l'ennemi 3 fois au cours de la guerre, ce qui lui vaut trois Purple Heart. Peu de temps avant de quitter l’armée, on lui diagnostique une tuberculose qui lui coûte un poumon. Démobilisé de l'armée en 1946, passe 5 années sous traitement médical pour ses blessures et sa maladie. Premier objecteur états-unien à recevoir la Medal of Honor, un des trois seuls honorés (les deux autres sont Thomas W. Bennett et Joseph G. LaPointe, Jr.) Le film de guerre australo-étatsunien Tu ne tueras point (Hacksaw Ridge) réalisé par Mel Gibson en 2016 relate ces exploits.
  • 29. Aline Sitoé Diatta (1920-1944), née en Casamance, région du Sud du Sénégal (Afrique-Occidentale Française). Docker à Ziguinchor, bonne à tout faire à Dakar. Devient peu à peu prêtresse : pratique le rite du ‟bœuf noir”, destiné à amener la pluie. Reçoit la révélation de sa mission de libérer son peuple de l’administra- tion coloniale. Revient en Casamance, y entraîne la population dans un mouve- ment de désobéissance civile : refus des normes agricoles imposées par les colons (cultures vivrières au lieu de l’arachide), refus du paiement des impôts et de l'embrigadement dans l'armée coloniale. Préconise l’égalité hommes-femmes, la solidarité intergénérationnelle. Qualifiée d'insurgée, arrêtée, ainsi que son époux, en 1943, con- damnée à 10 ans de prison. Passant de prisons sénégalaises à gambiennes, meurt du scorbut à Tombouctou (Mali) à l’âge de 24 ans, victime de mauvais traitements et de privations. Célèbre figure historique, religieuse et politique de Casamance. Son nom a été donné notamment au ferry qui relie Dakar à Ziguinchor depuis 2008 (photo du haut).
  • 30. Antonio Fragoso (1920-2006). Brésilien, évêque catholique de Crateus au Nordeste, une des régions les plus pauvres du pays, de 1964 à 1998. Son action s’exerce envers les plus déshérités, notamment vers les centaines de prostituées de Crateus dont il soutient le mouvement de libération et qu’il invite dans la basilique pour la messe de minuit. Dénonce le scandale des immenses latifundias et de la misère, soutient l’organisation des paysans pauvres en coopératives. Traité par le pouvoir d’ "agitateur socialiste". Proche de Jean et Hildegard Goss et de Fredy Kuntz, participe aux actions du mouvement non-violent Servicio Paz y Justicia.
  • 31. Ludwig Baumann Né en 1921, soldat allemand, quartier-maître pendant la 2ème guerre mondiale. Avec son collègue Kurt Oldenburg, est profondément ébranlé par les souffrances qu’endurent les populations, notamment en Russie. Désertent leur compagnie sise à Bordeaux. Capturés, condamnés à mort, peine commuée en 12 ans de prison. Incorporés dans un bataillon disciplinaire en Ukraine, où Oldenbourg succombe. Revient du front brisé, sombre dans l’alcoolisme, se ressaisit en 1966. En 1990, fonde avec 36 camarades ‘l’Association fédérale des victimes de la justice militaire nazie’ qui a pour but l’invalidation des décisions prises par les tribunaux spéciaux et l’obtention d’une rente pour les 300 survivants ou leurs parents. Pendant la période nazie, 23 000 déserteurs allemands furent fusillés, décapités ou pendus, de même que 10 000 objecteurs, insoumis, soldats ayant "porté atteinte au moral des troupes". Stèle aux déserteurs allemands anti-nazis à Hanovre
  • 32. Joseph Lowery (1921-2020), pasteur états-unien. Quand il a 11 ans, est maltraité et frappé par un policier blanc pour ne pas être descendu du trottoir alors qu'un Blanc passait. Docteur en théologie de ‘l'Institut œcuménique de Chicago’. Leader non-violent surnommé le « doyen du mouvement des droits civiques ». Après l'arrestation de Rosa Parks en 1955, aide Martin Luther King à organiser le boycott des bus de Montgomery. En 1950, directeur de l'Alabama Civic Affairs Association, qui milite pour la déségrégation des bus, des logements sociaux et des services publics. À la demande de King, participe à la marche Selma à Montgomery de 1965. Cofondateur et président du Black Leadership Forum, un collectif de groupes de défense de Noirs qui proteste contre l'apartheid en Afrique du Sud. Lieutenant de Martin Luther King, l'aide à fonder la Southern Christian Leadership Conference, dont il est vice-président puis président de 1977 à 1997. Pasteur de l’'Église méthodiste unie’ à Atlanta de 1986 à 1992. Reçoit la ‘Médaille présidentielle de la liberté’ par Barack Obama en juillet 2009 (photo).
  • 33. Andrei Sakharov (1921-1989). Physicien russe. Père de la bombe atomique à hydrogène soviétique, honoré et gratifié par le régime. Repenti à partir de 1958, s’efforce de faire annuler les essais nucléaires atmosphériques. Devient après 1966 défenseur des droits humains contre la dictature communiste. Avec son épouse Elena Bonner, appelle les pays, notam- ment les USA et l’URSS, à résoudre les principaux problèmes mondiaux : faim, racisme, militarisme, gaspillage des ressources naturelles. Privé de son travail. Prix Nobel de la paix en 1975. Assigné à résidence à Gorki de 1980 à 1986. Élu député en 1989, s’insurge contre la guerre en Afghanistan.
  • 34. Raymond Hunthausen Né en 1921, ingénieur chimiste états-unien, pilote de chasse de l’US Air Force. Ordonné prêtre en 1946, professeur de chimie, entraîneur de sport. Évêque de Helena puis archevêque de Seattle de 1975 à 1991 (État de Washington, en bordure de l’océan Pacifique). Connu et contesté en raison de ses prises de position sur la justice et la paix, les droits des homosexuels, le rôle des femmes dans l’Église, et de son engagement auprès des plus pauvres et démunis. En 1982, retient la moitié de ses impôts pour protester contre la construction de la base sous-marine de Kitsap-Bangor sur le Puget Sound, destinée à abriter des sous-marins lanceurs de missiles nucléaires Trident. « Quand des crimes se préparent en notre nom, nous nous devons de parler haut et fort. J’affirme, en pleine conscience des mots que j’utilise : Trident est l’Auschwitz de notre temps. (…) ../..
  • 35. Raymond Hunthausen Il est clair qu’il faut agir et trouver des formes de résistance non-violentes.(...) J’aimerais partager la vision d’une autre action qui pourrait être entreprise : un nombre important de gens de l’État de Washington, 5 000, 10 000, un demi million de gens refusant de payer 50 % de leur impôt en signe de résistance au meurtre et au suicide nucléaire. Le formulaire (fiscal) 1040 est le point où nous laissons le Pentagone entrer dans notre vie et demander notre coopération irréfléchie avec l’idole de la destruction nucléaire. Je pense que l’enseignement de Jésus nous demande de rendre à un César bardé d’armes nucléaires ce qu’il mérite : le refus de l’impôt. (…) Certains appelleraient désobéissance civile ce que je vous presse de faire. Je préfère l’appeler obéissance à Dieu. » Lettre pastorale, juin 1981
  • 36. Daniel Berrigan (1921-2016), jésuite, poète et militant non-violent états-unien. Constate au Vietnam les effets des bombardements américains. Son frère Philip, également jésuite, avait aspergé de sang en 1967 à Baltimore les registres des appelés à cette guerre. En mai 1968, avec 7 autres personnes, les 2 frères brûlent au napalm 378 fichiers dans le bureau d’incorporation de Catonsville. En septembre 1980, au sein d’un groupe de 8 protestataires, ils endommagent avec des marteaux (Isaïe, 2, 4) des enveloppes de têtes nucléaires destinées à des missiles dans l’usine ‘King of Prussia’ de ‘General Electric’. Passe 2 années de sa vie en prison suite à ses engagements. « Nos excuses pour la transgression de l’ordre, la combustion de papiers au lieu d’enfants …»
  • 37. Marie Laffranque (1921-2006), militante libertaire et non-violente française, atteinte par une poliomyélite qui l’oblige à circuler en chaise roulante. Licences de philosophie et d’espagnol. Chercheuse au CNRS à Toulouse, spécialiste de Féderico Garcia Lorca, traductrice d’auteurs espagnols, dont la philosophe Maria Zambrano (1904-1991). Athée, comme ses parents, profondément généreuse et spirituelle. Se forge une opinion socio-politique au fil des événements publics, notamment au contact des réfugiés espagnols en 1936. Hantée par la volonté de réduire l’exploitation de l’homme par l’homme. Entre marxistes dissidents et militants chrétiens ou libertaires, découvre l’action de Gandhi, puis l’’Action Civique Non-violente’. Responsable du groupe de Toulouse, s’engage dans un soutien actif aux objecteurs de conscience français. Après l’obtention d’un statut de l’objection en France, continue aux côtés de ceux qui en demandent un en Espagne. Refuse son impôt pour l’arme nucléaire. « Marie, tu n’as pas de jambes, mais tu as des ailes ! Tu continues à vivre en nous par tout ce que tu nous a donné ! » (Claude Voron, Compagnon de l’Arche, à ses obsèques)
  • 38. John Rawls (1921-2002), philosophe et professeur d’université états-unien, auteur majeur de philosophie politique au XXème siècle. Élabore sa théorie durant une période marquée par la guerre du Viêt Nam et la lutte pour les droits civiques. Axée sur les notions d'éthique et de justice, son œuvre renoue avec une tradition contractualiste délaissée, et cherche à articuler rationnellement liberté individuelle et solidarité sociale. Dans Théorie de la justice (1971), justifie la désobéissance civile dans le cadre d’un État démocratique comme une action citoyenne de nature à renforcer la démocratie. «La désobéissance civile exprime la désobéissance à la loi dans le cadre de la fidélité à la loi. (…) Si elle “semble menacer la concorde civique, la responsabilité n’en revient pas à ceux qui protestent, maisà ceux dont les abus d’autorité et de pouvoir justifient une telle opposition.»
  • 39. Juan Jose Gerardi Conodera (1922-1998), Guatémaltèque, ascendants italiens, défenseur des langues mayas, créateur de 2 radios en langue maya, évêque auxiliaire de l’archidiocèse de Guatemala. Coresponsable du projet Recuperación de la Memoria Histórica (REMHI) sur les crimes commis pendant la dictature militaire des années 1960-1996 (150 000 morts, 1 million de réfugiés et exilés). Le rapport en 4 volumes "Guatemala : Nunca mas" (Jamais plus) remis le 24 avril 1998 présente 54 000 violations documen- tées : massacres, tortures, viols de masse, disparitions forcées, mutilations. Deux jours plus tard, le 26 avril, est battu à mort dans le garage de son presbytère, crâne écrasé par des blocs de béton. En juin 2001, trois officiers de l'armée ont été reconnus coupables de son assassinat et condamnés à des peines de prison de 30 ans.
  • 40. Howard Zinn (1922-2010), historien et politologue états-unien, fils d’une famille juive immigrée d’Autriche-Hongrie. Pendant la 2ème Guerre mondiale, s'engage dans l'armée de l’air, est nommé lieutenant bombardier navigant. Effectue des bombar- dements sur Berlin, la Tchécoslovaquie, la Hongrie, sur Royan. Dans ses livres The politics of history et The Zinn reader, décrit comment le bombardement de Royan au napalm fut décidé par la hiérarchie militaire pour des raisons qui tenaient plus à des considérations carriéristes qu'à des objectifs militaires légitimes. Par la suite, sa réflexion politique élève la désobéissance civile au rang de devoir. Professeur au département de science politique de l'univer- sité de Boston durant 24 ans (1964-1988). Acteur de premier plan du mouvement des droits civiques et du mouvement de paix aux États- Unis. Auteur de vingt livres dont les thèmes (monde ouvrier, désobéissance civile et ‟guerre juste” notamment) sont à la croisée de ses travaux de chercheur et de son engagement politique. ../..
  • 41. Howard Zinn Son expérience en tant que pilote d’avion bombardier, combinée à ses recherches sur la cause et les effets du bombardement de Royan, le sensibilise aux dilemmes moraux associés à toute intervention armée mais surtout aux atrocités commises au nom de la défense d'intérêts militaires incertains. Dans son texte Hiroshima : breaking the silence, questionne notamment les justifications d'opérations militaires affectant les civils ; s'il dénonce en particulier les bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki, son propos vise aussi les bombardements effectués par les Alliés sur l'Allemagne (Dresde, Essen, etc.), le Japon (Tokyo) et sur la France*, durant la 2ème Guerre mondiale. « La désobéissance civile n’est pas un problème. Notre problème, c’est l’obéissance civile ! » * En France, (Dunkerque, Rouen, Le Havre, Nantes, St Étienne, Royan, etc.), entre 1940 et 1945, 518 000 tonnes de bombes larguées par les Alliés, 57 000 tués, 74 000 blessés, 300 000 logements détruits.
  • 42. Simone de Bollardière (1922-2020), née Ertaud, mère de famille et militante française de la non-violence. Joue un rôle central dans la vie de son mari, le général Jacques Pâris de Bollardière. C’est elle qui lui fait découvrir la non-violence en l’emmenant à une conférence de Jean-Marie Muller, à Lorient en 1970. Avec simplicité, bienveillance et détermination, se mobilise dans divers combats, comme la défense des paysans du Larzac, la cause des femmes, le soutien au peuple palestinien victime d'une occupation militaire, contre la centrale nucléaire de Plogoff, pour le maintien de la desserte ferroviaire de Quimperlé (photo), contre la guerre en Irak. Milite avec l’association ‘Eaux et rivières’, soutient une liste 'Les Verts' lors d’une campagne électorale et l'association 'Anciens d'Algérie contre la guerre'. Aime à répéter « désobéir est parfois un devoir. » Devenue veuve en 1986, tient à promouvoir la non-violence, en aidant le MAN, en soutenant la revue Alternatives Non-Violentes et 'Non-Violence XXI' dont elle est membre. « Toute ma vie je me suis battue !»
  • 43. René Coste (1922-2018), théologien catholique et universitaire français. Docteur en théologie, en droit civil et en droit canonique, enseignant à l’Institut catholique de Toulouse. Auteur de plusieurs dizaines d’ouvrages. Engagé très tôt au sein du mouvement Pax Christi, fondé après la Deuxième Guerre mondiale, délégué général, puis président de Pax Christi-France, de la fin des années 1980 jusqu’en 1997. Collabore avec le Vatican comme consulteur au ‘Conseil pontifical Justice et Paix’. S’investit également dans l’œcuménisme et le dialogue interreligieux. Dans son ouvrage Théologie de la paix (1997), esquisse une anthropologie de la guerre, dresse l’histoire de la paix et de la guerre dans l’Ancien et le Nouveau Testaments et dans la doctrine sociale de l’Église et traite 6 thèmes : signification éthique de la paix; problématique de la guerre; dynamique de la paix; culture de la paix et éducation à la paix; pastorale de la paix; spiritualité de la paix. Conclut par une invitation pressante à incarner l’esprit de l’évangile dans les données de notre époque et à reconnaître la pertinence de la non- violence « comme effort prioritaire et dans toute la mesure du possible compatible avec la justice. »
  • 44. Bernard Boudouresques (1923-2013), Français, polytechnicien, Résistant, prêtre de la ‘Mission de France’. Ingénieur au CEA, s'oppose à la construction de bombes atomiques. Pendant la guerre d’Algérie, aide le FLN et le ‘réseau Jeanson’, est arrêté par la ‘Direction de Surveillance du Territoire’ (DST). Continue ensuite son combat contre la force de dissuasion nucléaire française, fait partie du ‘Mouvement pour le Désarmement, la Paix et la Liberté’ (MDPL). Milite à Amnesty International, à l’ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture), à l’’Association France-Palestine Solidarité’ (AFPS) et à Pax Christi. Signataire en janvier 2012 de l’appel en faveur du désarmement nucléaire unilatéral de la France.
  • 45. Clemens Kapuuo (1923-1978) instituteur puis homme politique du Sud-Ouest africain- Namibie, chef des 50 000 membres de l'ethnie Herero. Dès 1945, se bat contre l’annexion de la Namibie par l’Afrique du Sud, appelant au boycott du référendum organisé pour entériner cette annexion. Multiplie les meetings, les pétitions à l’ONU, les campagnes de conscientisation auprès des populations. En 1959, organise les boycott des autobus et bars européens pour éviter l’expulsion des Hereros de leurs lieux d’habitation par le pouvoir blanc. Refuse de siéger à un Conseil consultatif des Bantoustans (faux États noirs que Pretoria tente de mettre sous sa coupole). Se réclame de la non-violence et d’un humanisme africain. Premier président de la Democratic Turnhalle Alliance (DTA)*. Assassiné en mars 1978 par des inconnus, probablement des membres de la South-West African People's Organisation (SWAPO) qui préconisait la lutte armée. * Parti politique fondé dans un vieux hall d’entraînement (Turnhalle) à Windhoek
  • 46. René Girard (1923-2015), philosophe français, docteur en histoire, chrétien. Effectue la totalité de sa carrière aux États-Unis. Travaille sur le caractère mimétique du désir, le sacrifice, le mécanisme victimaire et celui du bouc émissaire. Jette les bases d’une nouvelle anthropologie. Parce que nos désirs sont par nature instables, flottants et incertains, nous avons besoin d’un tiers pour désirer : un médiateur, une personne qui va éclairer et désigner l’objet de notre désir. Nous voulons alors l’imiter. Mais quand deux personnes désirent le même objet, il y a conflit, rivalité mimétique, crise mimétique, source de querelles de voisinage, de bureau, aussi bien que de guerres sanglantes. Nous avons besoin de "boucs émissaires", victimes que l’on charge de tous les maux pour résoudre la crise mimétique universelle. ../..
  • 47. René Girard L’Évangile de Jésus de Nazareth affirme clairement l’innocence de la victime et remet en cause l’ordre sacrificiel sur lequel reposent les sociétés. Jésus meurt « parce qu’il refuse de se soumettre à la loi de la violence ». « Il n’y a rien, dans les Évangiles, pour suggérer que la mort de Jésus est un sacrifice, quelle que soit la définition qu’on donne de ce sacrifice, expiation, substitution, etc. ». La lecture sacrificielle de sa mort est « le malentendu le plus paradoxal et le plus colossal de toute l’histoire ». Tous les efforts déployés par les théologiens pour expliquer le pacte sacrificiel qui aurait été conclu entre le Père et le Fils, « n’aboutissent qu’à des absurdités. (…) Ce postulat a plus fait que tout autre chose, sans doute, pour discréditer le christianisme aux yeux des hommes de bonne volonté dans le monde moderne ». R. G. figure aussi dans le trombinoscope des spirituels
  • 48. Ira Sandperl (1923-2013), formateur et militant non-violent états-unien. Issu d’une famille juive, très marqué par Gandhi. Université de Stanford. Part au Mexique, revient après la Seconde Guerre mondiale à Palo Alto. Premier employé en 1955 de la librairie Kepler, centre alternatif à Menlo Park, en Californie. Enseigne la méditation, exhorte les citoyens à refuser le paiement des impôts pour la guerre du Vietnam. "Figure nationale" dans le mouvement anti-guerre des années 1960, selon le journaliste du New York Times John Markoff, son ami de longue date. Travaille avec des dirigeants du mouvement pour la liberté d'expression à l'Université de Californie à Berkeley, et avec le mouve- ment des droits civiques. En 1965, cofonde avec Joan Baez l’Institute for the Study of Nonviolence à Carmel Valley et en est le premier Président. Martin Luther King envoie les membres de son organisation, la Southern Christian Leadership Conference (SCLC) se former dans l’Institute for training in nonviolent organizing tactics. Participe aux campagne de déségrégation dans les écoles. En 1977-78, avec sa troisième épouse Molly Black, vit à la fois en Irlande du Nord et en République d'Irlande, travaillant avec les Irish Peace People. Célèbre par son sens de l'humour : « Gandhi, le rat ! Il a ruiné ma vie ! » Photo du bas : I. S. devant le Resource Center for Nonviolence
  • 49. Grégoire Haddad Né en 1924. Libanais, évêque grec-catholique de Beyrouth, destitué en 1975 en raison de ses prises de position évangéliques. Apôtre de la non-violence, du dialogue islamo-chrétien, notamment pendant la guerre civile, et de la laïcité dans un pays où cohabitent 18 confessions. Fondateur en 1961 du ‘Mouvement Social Libanais’ (coopératives, centres sociaux, aide aux handicapés, etc.) qui aujourd’hui travaille à l’éducation à la citoyenneté. « Nous soutenons cette résistance civile des citoyens qui consiste à demander la suppression de la mention de la confession sur l’extrait d’état-civil ».
  • 50. Cordy Tindell Vivian (1924-2020), pasteur et militant non-violent états-unien. ‘Université Western Illinois’ à Macomb. Directeur d’un centre de loisirs, participe aux premiers sit-in contre la ségrégation raciale. En 1959, rencontre James Lawson, qui enseigne la stratégie gandhienne de l'action directe non-violente au ‘Mouvement des étudiants’ de Nashville . Avec d’autres, organise une campagne systématique de sit- in dans les restaurants. Cofonde la Nashville Christian Leadership Conference, coorganise la première marche des droits civiques en 1961, participe aux Freedom Rides. Travaille aux côtés de Martin Luther King comme Directeur national de la Southern Christian Leadership Conference (SCLC). En 1977, fonde à Atlanta le Black Action Strategies and Informa- tion Center (BASIC), cabinet de conseil sur le multiculturalisme et les relations raciales sur le lieu de travail. En 1979, cofonde avec Anne Braden (1924-2006), le Center for Democratic Renewal, organisation où les Noirs et les Blancs travaillent ensemble en réponse à l'activité suprémaciste blanche. En 2008, fonde le CT Vivian Leadership Institute, Inc. (CTVLI) pour « créer une culture et un modèle de leadership. Reçoit la ‘Médaille de la liberté’ du Président Barack Obama. En 2018, fait don de sa collection de 6000 volumes de livres en grande partie sur l'expérience noire et écrits par des auteurs noirs à la National Monuments Foundation.
  • 51. Danilo Dolci (1924-1997). Militant politique non-violent, sociologue, écrivain, éducateur et poète italien. En octobre 1952, s’installe à Trappeto, un village de Sicile à 30 kilomètres de Palerme, qu'il considère comme "l'endroit le plus pauvre qu'il ait jamais connu". Avec Vincenzina Mangano, la veuve d'un pécheur, mère de cinq enfants qu'il adopte, y construit un orphelinat. Entame la première de ses nombreuses grèves de la faim, sur le lit d'un enfant mort de malnutrition. Devient alors connu comme le "Gandhi de Sicile". Sa grève prend fin lorsque les autorités s'engagent publiquement à réaliser quelques projets urgents, comme la construction d'un réseau d'égouts. ../..
  • 52. Danilo Dolci En novembre 1955, fait une grève de la faim pour obtenir la construction d'un barrage destiné à irriguer la vallée. En janvier 1956, plus de mille personnes font une grève de la faim pour protester contre la pêche frauduleuse qui prive les pêcheurs de leur moyen de subsistance. Le 2 février 1956, organise à Partinico une "grève inversée", fondée sur travail bénévole. Des centaines de chômeurs réparent une route de campagne abandonnée. La police met un terme à l’action, la qualifiant d’ "obstruction". Dolci est arrêté. Libéré, recommence sa campagne visant à la construction du barrage et au développement économique de cette région misérable. En 1958, fonde le ‘Centre d'études et d'initiatives pour le plein emploi’, à Partinico. Ce centre autogéré devient un lieu d'entraînement à la non-violence pour des générations de militants. ../..
  • 53. Danilo Dolci Dix ans plus tard, lutte pour aider les victimes du tremblement de terre dans la vallée du Belice. Les fonds gouvernementaux alloués aux victimes ayant été détournés par des politiciens corrompus, dénonce la corruption et la mafia. À partir des années 70, approfondit son étude de la méthode socratique, c'est-à-dire d'une manière coopérative de débattre, d'étudier, d’expérimenter et de rechercher en commun la vérité. « Si nous considérons les objections faites aux possibilités de l’action révolutionnaire non-violente (l’histoire du passé, le doute que les hommes puissent se perfectionner, l’accusation d’inefficacité et d’utopie, etc.), nous constatons combien non seulement elles sont insuffisantes, mais combien elles portent la marque typique des réactions conservatrices. »
  • 54. Kenneth Kaunda Né en 1924 en Rhodésie du Nord, actuelle Zambie. Instituteur, expulsé d’une bibliothèque réservée aux Blancs. En 1953, emprisonné 2 mois pour avoir évoqué la possibilité d’une résistance non-violente. Séjour en Angleterre, puis en Inde, est marqué par le modèle de Gandhi. Crée en 1960 l'UNIP (United National Independance Party), préconise la résistance non-violente. L'UNIP en 1964 remporte 55 sièges sur 88. Devient Premier ministre de la Rhodésie du Nord, négocie l'indépendance, proclamée en octobre 1964. Premier président de la République de Zambie. Instaure une dictature à parti unique au motif d'éviter l'éclatement du pays. Collectivise les fermes, d’où déclin de la production agricole. Donne priorité à l’enseignement.
  • 55. Azucena Villaflor, María Ponce de Bianco, Esther Ballestrino A.V. (1924-1977, originaire d’une famille péroniste), M.P.B. (1924-1977, militante de l’Église du Tiers-monde), E.B. (1918-1977, biochimiste d’origine paraguayenne). Fondatrices, en avril 1977, avec 11 autres femmes, de l’Asociación Madres de la Plaza de Mayo (Association des Mères de la place de Mai). Manifestent tous les jeudis après-midis dans le centre de Buenos Aires, en face du palais du gouvernement, la Casa Rosada, contre la disparition de leur(s) enfants(s) enlevés par la junte du général Jorge Videla. Les militaires leur ayant ordonné de circuler en raison de l’état de siège, les mères tournent en rond sur la place pendant une demi-heure, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. ../..
  • 56. Les mères de la place de Mai Elles remontent ainsi symboliquement le temps et critiquent l’impunité des militaires responsables des massacres et des tortures. Enlevées le 10 décembre 1977, en même temps que 9 autres mères et que les religieuses françaises Léonie Duquet et Alice Domon, et jetées d’un hélicoptère. Leurs corps ont été identifiés plus tard. À partir de 1981, les Mères commencent, en pleine dictature, les "Marches de la Résistance" réclamant le respect des droits de l'homme. 11 000 disparus ont été formellement identifiés par l’État argentin, mais les historiens et les Mères de la place de Mai évaluent à 30 000 le nombre total de disparus.
  • 57. Jean-Pierre Lanvin (1924-1997). Français, Résistant, rejoint les troupes de ‘la France Libre’. L’expérience de la guerre le fait basculer dans la non- violence. Restera toujours un fidèle ami de l’Arche (de Lanza del Vasto), tout en étant sans relâche un militant sur le terrain. Jeûne contre la torture en Algérie en 1957. Volontaire à l’internement dans les camps pour "suspects" algériens emprisonnés arbitrairement. Se contente d’un poste de représentant de commerce dans la maison familiale de chocolat, pour pouvoir circuler et prendre des contacts militants. Cofondateur du ‘Groupe d’Action et de Résistance à la Militarisation’ (GARM) à Lyon en 1970. En janvier 1971 et 1972, avec des amis, occupe par surprise le PC atomique du Mont Verdun en construction près de Lyon. ../..
  • 58. Jean-Pierre Lanvin Coorganise une marche contre le PC atomique (5000 participants) de Lyon au Mont Verdun, menée en juin 1971 par Théodore Monod. Participe à la lutte du Larzac et contre le surgénérateur Superphénix de Malville. Premier président du groupe de Lyon du MAN*. De 1989 à 1997, prend part, avec ‘EquiLibre’ notamment, à une vingtaine de convois humanitaires et voyages pour la paix : Kazakhstan, Kanaky, ex-Yougoslavie en guerre, Israël, Palestine, Gaza, Hongrie et Voïvodine, Irak... « Ma vie, un roman que tout cela ? Je ne sais. J’ai seulement tenté de me laisser guider par plus grand que moi. » * MAN : Mouvement pour une Alternative Non-violente, fondé en 1974
  • 59. Samuel Ruiz Garcia (1924-2011). Mexicain, évêque du diocèse de San Cristobal de Las Casas de 1959 à 1999. Affirme "l’option préférentielle pour les pauvres et pour la libération des opprimés", défend la théologie de la libération. Pasteur itinérant, met en avant un modèle d’Église assurant la participation et le développement de tous. Accusé par les grands propriétaires de soutenir la guérilla (“le commandant Sam”), surnommé affectueusement "Tatic" par la population, en langue tzotzile "père de tous". Dénonce la dureté du néolibéralisme mis en oeuvre dans le traité de libre commerce de l’ALENA. Principale figure de la ‘Commission nationale d’intermédiation’ (CONAI) entre le gouvernement fédéral mexicain et ‘l’Armée zapatiste de libération nationale’ (EZLN). En décembre 1994, alors que la reprise des hostilités paraît imminente, commence un jeûne illimité en faveur de la paix, qui oblige le gouvernement à reconnaître la Commission comme une instance partenaire. Signe en 2005 le ‘Manifeste de Porto Allegre’ affirmant les droits humains face aux intérêts financiers.
  • 60. Pierre Weil (1924-2008), universitaire français. Grandit à Strasbourg dans une famille composée de trois religions en conflit et de deux cultures elles aussi en opposition, la française et la germanique. Ce contexte contri- bue à faire de lui un « chercheur de paix ». À 14 ans, écrit dans son journal intime : « Ma patrie n’est pas seulement la France, c’est surtout la Terre ». Docteur en psychologie de l’université de Paris VII. Effectue des recherches sur l’émotivité neurovégétative, sur les facteurs culturels et scolaires de l’intelligence, et sur différents aspects de la personnalité. Occupe une chaire de psychologie sociale à l’Université Fédérale de Belo Horizonte (Brésil), puis une chaire de psychologie transpersonnelle, matière dont il est l’un des pionniers dans le monde. Dénonce la "normose", maladie sociale qui consiste à entrer dans les moules. Vit une crise existentielle accompagnée d’un cancer et d’une perte du sens de l’existence, trouve des réponses dans une synthèse entre l’Orient et l’Occident, entre la pratique du yoga et de la psychanalyse. En 1986, est invité par le gouverneur de Brasilia à créer et gérer l’Université Internationale de Brasilia, ‘Unipaz’, basée à Sao Paulo. Jeunes et adultes peuvent suivre des cours pour réveiller la paix en eux, et faire les prises de conscience nécessaires pour conserver cet état et le transmet- tre aux autres. Unipaz abrite également une école maternelle accueillant 250 enfants.
  • 61. Alain Richard (1924-2021), ingénieur agronome français, franciscain. Aumônier de la Faculté des Sciences d’Orsay, travailleur temporaire à la journée dans l’industrie et habitant un quartier populaire de Chicago pendant 6 ans, puis vit aux côtés des gens de la rue à Las Vegas. Participe aux équipes des Peace Brigades International au Guatemala en 1983-86 et au Sri Lanka en 1990. Crée le centre franciscain sur la non-violence Pace e Bene à Las Vegas, ville des jeux de hasard et des essais nucléaires... En 2003, fait partie des militants qui jeûnent devant l’ONU pour que le Conseil de sécurité se prononce contre l’intervention armée en Irak. Initie en 2007 à Toulouse le premier ‘Cercle de silence’ pour attirer l’attention sur la situation des étrangers sans papier dont l’humanité est violée par leur enfermement dans les centres de rétention administra- tive. Plus de 170 cercles de silence se réunissent en France et en Europe. « Nous voulons clamer notre indignation de façon non-violente contre les conditions d’enfermement inhumaines imposées aux parents et enfants étrangers sans papiers de séjour. » « La vie est un cadeau impressionnant, elle n’a rien d’automa- tique ni d’évident. Il est vital d’accueillir l’émerveillement et essentiel de refuser le mensonge ».
  • 62. Patrice Lumumba (1925-1961). Homme politique congolais. Fondateur en 1958 d’un parti supra-ethnique, le ‘Mouvement National Congolais’. En lien avec le parti régionaliste Abako, dirigé par Kasa- Vubu, et la minorité progressiste belge, notamment Jean Van Lierde, se bat pour l’indépendance du Zaïre. Boycott des institutions belges, mise en place d’une administration et d’une justice parallèles, refus de payer l’impôt. Arrêté en novembre 1959 et condamné à 6 mois de prison. Des dizaines de milliers de Noirs manifestent pour sa libération devant le roi Beaudoin. ../..
  • 63. Patrice Lumumba En deux ans, le peuple congolais obtient l’indépendance sans violence. Premier ministre en 1960, s’oppose à la sécession du Katanga. Destitué par Kasa-Vubu, transféré au Katanga, est assassiné. Des agents secrets belges, avec la complicité probable de la CIA, font disparaître dans l’acide son corps découpé en morceaux. « Tant qu’un pays n’est pas indépendant, tant qu’il n’a pas assumé don destin, il lui manque l’essentiel. Et ceci reste vrai quel que soit le niveau de vie des colonisés, quels que soient les aspects positifs d’un système colonial. Nous devons opposer aux ennemis de la liberté la coalition des hommes libres. »
  • 64. Gonzalo Arias (1926-2008). Espagnol andalou, traducteur dans des organisations internationales et pour l’UNESCO. Engagé dans la lutte contre le régime de Franco, fondateur du mouvement de "non-violence active". Le 20 octobre 1968, descend dans une rue de Madrid porteur d’une pancarte demandant que des élections libres soient organisées pour le poste de chef de l’État. Condamné à sept mois de prison et 10 000 pesetas d’amende pour "s’être livré à des actes visant à abolir ou modifier les lois constitutionnelles" du régime franquiste. Auteur de livres sur la non-violence (1973), sur Gibraltar (1975), sur la défense civile non-violente (1995), traducteur de livres sur la non-violence en espagnol. « Le refus d’obéissance à l’usurpateur devrait être un article de tous les règlements du personnel et une clause de tout engagement au service de l’État, quel que soit le niveau du poste.»
  • 65. Pierre Karli Né en 1926, professeur de neurophysiologie à la Faculté de Médecine de Strasbourg, membre de l’Académie des sciences. Fondateur de l’Institut pour la promotion du lien social. Affirme que l'homme est avant toute chose un être de relations, un être social. Définit le comportement agressif comme « un moyen d'action susceptible d'être mis en œuvre en vue des fins les plus diverses, et non pas la simple projection vers l'extérieur d'une quelconque "agressivité" qui serait inéluctablement générée par le cerveau ». S'insurge contre la vision selon laquelle la violence d'un individu tiendrait à des dérèglements biochimiques du système nerveux central, vision qu'il qualifie de "darwinisme social". Affirme que le gêne de l’agressivité n’existe pas. L'agressivité intervient comme une stratégie dont les buts sont soit l'affirmation de soi et la satisfaction des besoins et des désirs, soit la défense contre tout ce qui menace l'intégrité de soi ou du groupe. ../..
  • 66. Pierre Karli Analyse les violences, extrêmement diverses (familiales, scolaires, urbaines, politiques, etc.), comme des attitudes et des comportements qui ont en commun de blesser l'autre, de porter atteinte à son intégrité physique et/ou psychique. « Aucune fatalité d'ordre biologique ne saurait jamais être tenue pour responsable de ce que des hommes se servent de certaines idées pour asservir et avilir d'autres hommes, et de ce que des idées, potentiellement génératrices de promotion individuelle et de progrès collectif, deviennent des dogmes défendus avec intolérance et fanatisme, devenant par là même potentiellement - ou même effectivement - génératrices des pires déferlements de violence. »
  • 67. Sunderlal et Vimla Bahuguna Né en 1927, militant indien et gandhien de l’environnement. Dès l’âge de 13 ans, s’engage dans les luttes non-violentes pour l’indépendance de l’Inde. Lutte aussi contre l’Intouchabilité, puis organise les femmes dans la campagne anti-alcool de 1965 à 1970. Épouse sa femme Vimla à la condition qu'ils vivent parmi les populations rurales et établissent un ashram dans un village. Dans les années 1970, traverse les forêts et les collines himalayen- nes, couvrant plus de 4700 kilomètres à pied et observe les dommages causés par les mégaprojets de développement sur l'écosystème fragile de l'Himalaya. Lance en mars 1974 le mouvement Chipko* dans l'Uttar Pradesh, dans le but de sauver les forêts des coupes abusives des entrepreneurs forestiers. Dirige le mouvement contre le barrage de Tehri** à partir des années 1980, jusqu'au début de 2004. Un des les premiers écologistes de l'Inde. * En hindi, Chipko signifie "bâton" : les militants se collent aux arbres pour éviter qu’ils soient coupés. Le mouvement Chipko a ensuite inspiré le mouvement Appiko dans le Karnataka. ** sur la rivière Bhagirathi dans l' Uttarakhand et sur une zone de faille géologique majeure.
  • 68. Ramjee Singh Indien né en 1927. Prend part à 13 ans aux campagnes de désobéissance civile menées par Gandhi, et plus tard aux campagnes de Vinoba Bhave et de JayPrakash Narayan, est emprisonné durant 21 mois. Spécialiste de Gandhi et auteur de plusieurs livres sur le Mahatma, fondateur et chef du ‘Département de pensée gandhienne’ à l'Université de Bhagalpur . Vice-président de l’Indian Society of Gandhian Studies (Varanasi), organise 70 sessions de la formation de jeunes. Intervenant au World Congress of Philosophy (Brighton) et au Parliament of the World's Religions (Chicago, 1993, et Le Cap, 2001). Député du Janata Party de J.P. Narayan en 1977, vice- chancelier de l’Université Jain Vishva Bharati. « Les dirigeants du Congress n’ont pas poursuivi dans la voie tracée par Gandhi, celle de la politique fondée sur l’éthique. La politique de Nehru a échoué dans les affaires intérieures, la politique, l’économie, la vie sociale. »
  • 69. Cesar Chavez (1927-1993). États-unien d’origine mexicaine ("Chicano"), formé par Saul Alisnky. Dans les années 1960-70, mène en Californie et aux États- Unis une lutte non-violente pour l’organisation des syndicats agricoles face aux maîtres de l’agribusiness : création d’un syndicat, la National Farm Workers Association (NFWA), grèves dans les vignobles, boycott du raisin, marche Delano-Sacramento en 1966, jeûne de 25 jours pour maintenir l’unité de son mouvement dans la non-violence. « Nous sommes non-violents parce que nous voulons obtenir la justice sociale pour les ouvriers. Qu’importe aux pauvres que l’on construise d’étranges philosophies de la non-violence si cela ne leur donne pas de pain ! »
  • 70. Jo(seph) Pyronnet (1927-2010), Compagnon français de l’Arche de Lanza del Vasto. Animateur de ‘l’Action Civique Non-violente’ pendant la guerre d’Algérie : dénonciation de la torture en Algérie, des internements en France, demande d’un statut pour les objecteurs de conscience. Jeûne public de 7 jours en juin 1960, enchaînements, prison. Jeûne public pendant la concile Vatican II au sujet de l’arme nucléaire. Ordonné prêtre catholique gandhien en 1981 après le décès de son épouse Christiane. « Notre civilisation est avancée. On utilise aussi ce terme pour parler de la viande ... » « Si vous ne voulez pas mourir pour quelque chose, eh bien vous mourrez pour rien ! »
  • 71. Chandrashekhar Shankar Dharmadhikari et Sibi Kollapallil Joseph C.S.D. : né en 1927, Indien, militant indépendantiste gandhien, juge à la Haute Cour de Justice de Bombay. Président de l’Institute for Gandhian Studies situé à Wharda (Maharastra), ville où se situait le dernier ashram de Gandhi. S.K.J. : Indien, Directeur de l’Institute for Gandhian Studies. Cet institut, fondé en 1987 et financé par la Fondation Jamalal Bajaj, a pour objet d’étudier, promouvoir et actualiser la pensée de Gandhi. Il offre un cursus de formation longue (2 ans) à des universitaires, syndicalistes, militants, accueille des colloques internationaux, publie des ouvrages. L'Institut développe son campus comme un modèle écologique (énergie, eau).
  • 72. Gene Sharp (1928-2018), politologue états-unien. Emprisonné comme objecteur de conscience en 1953. Passe 10 ans de sa vie 10 ans en Angleterre, où est l’éditeur de Peace News, et en Norvège. Fondateur et Président d’honneur de l'Albert Einstein Institution, qui se consacre à la recherche, aux études méthodologiques et à l’enseignement sur la lutte non-violente pour la liberté et la démocratie et promeut la résistance non-violente dans les zones actuelles de conflits. Ex-Directeur du programme Sanctions non- violentes appliquées aux conflits et à la défense à l’université de Harvard. Auteur d’ouvrages sur la défense civile non-violente. ../..
  • 73. Gene Sharp Son livre le plus connu, The Politics of Nonviolent Action (1973), offre une analyse politique pragmatique de l'action non-violente comme méthode utilisant le pouvoir dans un conflit. Son manuel From Dictatorship to Democracy a servi de base aux les campagnes des mouvements Otpor en Serbie, Kmara en Géorgie, Pora en Ukraine, Kelkel au Kirghizistan et Zubr en Biélorussie. En 2012, reçoit le Right Livelihood Award pour "avoir développé et articulé les principes fondamentaux et les stratégies de résistances non-violentes et les avoir diffusés dans des zones en conflit."
  • 74. Reuven Moskovitz Juif né en 1928 en Roumanie, survit à la Shoah. Émigre en 1947 en Palestine, cofonde un kibboutz. Dès 1967, dénonce la politique israélienne de mépris, d’expropriation et d’enfermement des Palestiniens. En 1970, participe avec Bruno Hussar à la création du village Neve Shalom / Wahat al-Salam (Oasis de paix) qui regroupe et Juifs et des Arabes palestiniens, tous citoyens d’Israël et mène un travail éducatif pour la paix, l’égalité et la compréhension entre les deux peuples. Coorganisateur de l‘association ‘Juifs européens pour une paix juste’, réseau de 18 organisations juives de 10 pays européens qui demande la fin de l’occupation israélienne. Participe en septembre 2010 à l’action du catamaran Irene contre le blocus maritime de Gaza.
  • 75. James Lawson Né en 1928, militant et professeur d'université états-unien. Alors étudiant à la Baldwin Wallace University, rejoint l’International Fellowship of Reconciliation (IFOR) et le Congress of Racial Equality (CORE). Passe une année en prison à cause de son engagement comme objecteur de conscience et de son refus de la conscription pour la guerre de Corée, et trois ans comme missionnaire méthodiste à Nagpur (Inde). De son voyage en Inde, s'inspire de M. K. Gandhi. De retour aux États-Unis, entre à l'Oberlin College. Introduit au sein du mouvement afro-américain des droits civiques par Martin Luther King. Participe notamment à la politique des Freedom Rides* et des sit- in. Un des théoriciens de la non-violence au sein du Mouvement afro- états-unien des droits civiques. Soutient activement la grève de 9 semaines des éboueurs de Memphis en 1968. Entre par la suite à la Vanderbilt University en s'impliquant également dans la Southern Christian Leadership Conference (SCLC). À Nashville, forme de nombreux étudiants à la non-violence dont Diane Nash, James Bevel, Bernard Lafayette, Marion Barry et John Lewis. Exclu de l'université Vanderbilt pour ses activités * Les Freedom Rides ("voyages de la liberté") sont les actions de militants du mouvement des droits civiques aux États-Unis qui utilisaient des bus inter-États afin de tester l'arrêt de la Cour suprême ‘Boynton contre Virginie’ qui rendait illégale la ségrégation dans les transports.
  • 76. Augustin Navrátil (1928-2003), citoyen catholique tchèque. Ébéniste, menuisier, ouvrier en usine, puis agent des chemins de fer, père de 9 enfants issus de son mariage avec sa femme Augustina. En 1977, signataire de la ‘Charte 77’, qu'il diffuse. Envoyé dans une clinique psychiatrique de Kroměříž pour « agitation ». Rédige en juillet 1978 une pétition dans laquelle il appelle les autorités de l'État à respecter la liberté religieuse. Enfermé 8 mois en hôpital psychiatrique. Écrit ensuite 22 lettres ouvertes dans lesquelles il attire l'attention sur diverses pratiques et actions illégales du pouvoir communiste. En 1985, puis 1987, lance deux autres pétitions pour le respect des droits des croyants des citoyens et de la liberté religieuse. La dernière, surnommée "Le défi morave", en 31 points, est diffusée par le magazine samizdat Křesťanské obzory, et signée par 600 000 person- nes. Interné à plusieurs reprises pour paranoïa querulans*, passe 2 ans en détention dans des cliniques psychiatriques à Prague et à Kromeriz. Fondateur de l'association Mír na Zemi (‘Paix sur Terre’) visant créer un espace de confiance, de coopération et de bon voisinage entre les États du Pacte de Varsovie et les États de l'OTAN. * La quérulence est, en psychiatrie, un délire de revendication qui amène à multiplier les actions en justice pour redresser un dommage réel ou fictif.
  • 77. Wyatt Tee Walker (1928-2018), pasteur afro-états-unien, surnommé "le précheur de Harlem". Pasteur de la Gillfield Baptist Churh à Petersburg (Virginie), s’engage dans le mouvement des droits civiques. Pendant 37 ans, pasteur principal à Canaan Baptist Church of Christ à Harlem, New York , co-fonde le Religious Action Network of Africa Action pour s'opposer à l' apartheid en Afrique du Sud, préside la Central Harlem Local Development Corporation. Très impliqué en 1958 dans le Congress of Racial Equality (Congrès pour l'égalité raciale, CORE, crée en 1942) Proche assistant de Martin Luther King Jr., Directeur exécutif de la Southern Christian Leadership Conference (SCLC) de 1960 à 1964. Aide en 1963 M.L. King à organiser la ‘Marche de Washington pour l'emploi et la liberté’, terminée par le discours "I have a dream ! " . Très impliqué dans Project Confrontation (ou campagne de Birmingham), série de boycotts et de manifestations contre la ségrégation dans la ville : marches, sit-in, agenouillements dans des églises blanches par des manifestants noirs. Joue un rôle déterminant pour faire connaître au monde la "Lettre de la prison de Birmingham" que M. L. King écrit en avril 1963.
  • 78. Francisco Claver (1929-2010). Jésuite philippin, anthropologue, évêque, président de la ‘commission Justice et Paix’ de la conférence épiscopale. Surnommé "le Camara des Philippines", un des plus engagés contre la dictature de Ferdinand Marcos. Parmi les Chrétiens engagés contre la dictature Marcos, il faut citer aussi - Jose Blanco, jésuite, fondateur avec une mère de famille, Tess Ramiro, du mouvement non-violent Akkapka, - et le cardinal Jaime Sin, archevêque de Manille, qui a invité les habitants à entourer le camp Aguinaldo pour empêcher les troupes gouverne-mentales d’attaquer les militaires démocrates.* - Francisco Claver - Le logo du mouvement Akkapka * Voir le diaporama « DCNV 05. La résistance civile contre les dictatures (1974-2014) »
  • 79. Subba Rao Salem Nanjundaiah Subba Rao, né en 1929, militant non-violent indien connu sous le nom de Bhaiji. En 1942, passe plusieurs mois en prison après avoir boycotté des cours avec d'autres élèves et participé au mouvement Quit India lancé par Gandhi. Sous la bannière d'une organi- sation locale Gandhi Sahitya Sangha, conduit les jeunes à organiser un programme d'éducation dans des groupes d'ouvriers. Après ses études de droit, organise des camps de jeunes dans toute l'Inde avec un succès et une popularité immenses. En 1968-69, est Directeur du Gandhi Darshan Train : 2 trains équipés de matériel audiovisuel font un périple d'un an à travers le pays jusqu'aux villages les plus reculés pour présenter la vie et l’action de Gandhi à l’occasion du centenaire de la naissance du Mahatma. En 1970, fonde le Mahatma Gandhi Sewa Ashram dans la vallée de Chambal (Madhya Pradesh). Cet ashram accueille en avril 1972 la reddition historique de plus de 600 dacoïts (bandits) du Chambal Ghati et œuvre pour la réhabilitation des familles de ces dacoïts et de leurs victimes. Comme Vinoba Bhave et J.P. Narayan, a profondément marqué Rajagopal PV, fondateur d’Ekta Parishad et initiateur de Jaï Jagat 2020.
  • 80. Karlheinz Koppe Né en 1929, chercheur allemand. Très impliqué dans la mise en place de la recherche sur la paix et les conflits, en Allemagne après la deuxième Guerre Mondiale, soulignant la responsabilité historique de ce pays, puis coordinateur des recherches au niveau international. Président de la ‘Société Allemande pour la Recherche sur la Paix et les Conflits’ (DGFK) fondée en 1970 par le Président de la République fédérale Gustav Heinemann (1899-1976), puis directeur d’un nouvel organisme, l’Arbeitsstelle Friedensforschung Bonn - AFB (‘Centre de recherche sur la paix’ de Bonn). Secrétaire de l’EuPRA (European Peace Research Association), secrétaire général de l’IPRA (International Peace Research Associa- tion) et vice-président de Pax Christi. Souligne l’impératif de mieux connaître les causes de la paix et recommande de s’approcher d’une situation « pauvre en violences » entre les sociétés et entre les hommes et leur environnement. Insiste sur l’impératif « Si vis pacem, para pacem : si tu veux la paix, prépare la paix » s’opposant à l’affirmation couramment admise : « Si vis pacem, para bellum : si tu veux la paix, prépare la guerre ». ../..
  • 81. Karlheinz Koppe Dans son ouvrage La paix oubliée - Des idées de paix de l'Antiquité à nos jours examine le phénomène de la paix directement et non, comme c'est souvent le cas, à travers son pôle opposé, la guerre. Sa thèse est que l'idée de paix est aussi vieille que la civilisation humaine. Il présente les preuves montrant comment les gens de chacune des cultures documentées pensaient à la paix. La présentation de l'histoire du concept de paix est suivie d'une documentation des études de paix au 20ème siècle. « On a aimé citer une phrase célèbre d’Héraclite ( 544 - 480 av. J.-C.) : "La guerre est mère de toutes choses". Mais le terme grec (πόλεμος / polemos) a une double signification, il désigne aussi la dispute*. La traduction unilatérale a beaucoup servi à glorifier une culture de guerre. La sentence peut aussi bien être comprise différemment : la dispute est un facteur crucial dans le progrès de la civilisation. C’est le bon fonctionnement d’une culture de conflit qui rend possible une culture de paix – une culture où les intérêts contradictoires peuvent s’opposer dans un cadre où des solutions sont cherchées par des efforts non-violents. » *du latin disputatio : débat argumenté dans le respect des thèses et de la personne de l’adversaire
  • 82. Glenn D. Paige Glenn Durland Paige (1929-2017), politologue états-unien. Combattant et officier (1950-52) durant la guerre de Corée. Diplômé de Princeton, Harvard, Professeur de sciences politiques aux universités de Séoul, Princeton puis Hawaï. Introduit de nouveaux cours et séminaires sur le leadership politique (1967-92) et sur les alternatives politiques non- violentes (1978-92). Développe le concept de Nonkilling ("non-meurtre"). Fondateur et président du C.A. du Center for Global Nonkilling (CGNK). Observateur et évaluateur participant du premier programme de leadership de l‘United Nations University / International Leadership Academy de l'Université de Jordanie (en Jordanie, en Israël, en Palestine et en Égypte en 1997). Le Nonkilling englobe les concepts de paix (absence de guerre et des conditions propices à la guerre), de non-violence (psychologique, physique et structurelle) et d'ahimsa (non-nuisance en pensée, en paroles et en actes). Le CGNK a pour mission de promouvoir le changement en vue d'atteindre l'objectif mesurable d'un monde sans meurtre, respectueux de la vie. Il fédère des groupes de recherche rassemblant plus de 700 universitaires issus de plus de 300 universités. ../..
  • 83. Glenn D. Paige et le CGNK Le CGNK organise des colloques où le non-meurtre est lié à un grand éventail de domaines et de sujets : éducation, économie, santé, environnement, médias, arts, sécurité, religions, futur, leadership, genre, neurosciences, espaces sacrés, rôle de l'armée et de la police dans la transformation sociale non-meurtrière, etc. Correspondants du CGNK dans le monde : Asian World Nonkilling Consortium, Centre Caraïbéen pour la Non-Violence Globale et le Développement Durable, Center for Global Nonviolence - Nigeria, Nonkilling Balkans Forum, Philippine Institute for Global Nonkilling, Zentrum zur Förderung des Nichttötens - Deutschland, Brazilian Institute for Nonkilling, Gandhian Nonkilling Movement in India, etc. « Le non-meurtre prédomine sur le meurtre dans la nature humaine. La plupart des humains n'ont pas tué et ne tuent pas. En outre, des expériences et des connaissances non-meurtrières existent déjà dans l'expérience humaine mondiale qui, si elles sont combinées et développées de manière créative dans toute société, promettent des progrès en vue de rendre les sociétés non-meurtrières universellement possibles. Le non-meurtre est la mesure du progrès humain.» ../..
  • 84. Glenn D. Paige, UNESCO, Sommet mondial des prix Nobel L’objectif de l’UNESCO est de « construire la paix dans l’esprit des hommes et des femmes ». Lancé en 1992, le ‘Programme UNITWIN / Chaires UNESCO’, qui rassemble plus de 700 établissements de 116 pays, encourage la coopération et la création de réseaux entre les universités au niveau international pour renforcer les capacités institutionnelles par le partage de connaissances et la collaboration. Il existe un ‘réseau UNESCO Unitwin pour la recherche non meurtrière’. Le ‘8ème Sommet mondial des lauréats du prix Nobel de la paix’ (Rome, 15 déc. 2007) a produit une "Charte pour un monde sans violence" : « Nous encourageons la recherche scientifique dans les domaines de l’interaction et du dialogue humains et nous invitons les communautés académiques, scientifiques et religieuses à participer à la transition vers des sociétés non-violentes et non- meurtrières. »
  • 85. Anna Walentynowicz (1929-2010), syndicaliste polonaise. Ouvrière des chantiers navals de Gdańsk, travaille comme opératrice des grues et commence des activités de syndicats libres en faveur des ouvriers dans les années 1970. Pour son appartenance aux syndicats libres, est licenciée par mesure disciplinaire en août 1980, ce qui la prive définitivement de tout droit à pension alors même qu’il ne lui restait que 5 mois de travail avant la retraite. La décision de la direction entraîne une grève massive à l’origine du syndicat NSZZ Solidarność, dont elle est la cofondatrice avec Lech Wałęsa. Figure de proue de ce syndicat, y joue un rôle essentiel, et en subit les conséquences : condamnée à 20 ans de prison pour ses activités, est incarcérée pendant de nombreux mois. En 2006, Volker Schlöndorff lui rend hommage dans son film L'Héroïne de Gdansk (photo du bas). Décédée en avril 2010 lors de la chute de l’avion qui emmenait la délégation polonaise aux cérémonies d’anniversaire du massacre de Katyn.* * Le massacre de Katyń est l'assassinat de masse, par la police politique de l’Union soviétique (le NKVD), au printemps 1940 dans la forêt de Katyń, de plusieurs milliers de Polonais, essentiellement des officiers d'active et de réserve et de divers autres membres des élites polonaises considérées comme hostiles à l’idéologie communiste.
  • 86. Jürgen Habermas Né en 1929, théoricien allemand en philosophie et en sciences sociales. Études aux universités de Göttingen, Zürich et de Bonn, s’inté- resse à la philosophie, l’histoire, la psychologie, la littérature allemande et l’économie. Cofondateur du ‘Collegium international éthique, politique et scien- tifique’, association qui souhaite apporter des réponses intelligentes et appropriées qu'attendent les peuples du monde face aux nouveaux défis de notre temps. . S'intéresse aux différents intérêts de connaissances qui animent la recherche scientifique. A influencé l’évolution de la philosophie morale et sociale, en déve- loppant une théorie de la discussion en morale et en droit. Pour lui, l'espace public permet une revitalisation de l'État de droit par la délibé- ration constante et publique des individus, la démocratie délibérative. « Au lieu d’imposer à tous les autres une maxime dont je veux qu’elle soit une loi universelle*, je dois soumettre ma maxime à tous les autres afin d’examiner par la discussion sa prétention à l’universalité. Ainsi s’opère un glissement : le centre de gravité ne réside plus dans ce que chacun souhaite faire valoir, sans être contredit, comme étant une loi universelle, mais dans ce que tous peuvent unanimement reconnaître comme une norme universelle. » *J.H. fait ici référence à Emmanuel Kant ../..
  • 87. Jürgen Habermas Développe, dans ses écrits politiques des années 1980 et 1990, le thème de la désobéissance civile et y fait aussi des allusions répétées dans ses œuvres importantes, Droit et Morale (1986), De l’éthique de la discussion (1991), Droit et démocratie (1992), L’intégration républicaine (1996). Dans son ouvrage Droit et démocratie, considéré comme une référence pour toute théorie normative de la démocratie, juge la désobéissance civile comme tout à fait légitime dans les États de droit démocratique. : « Lorsque certains principes ou droits fondamentaux sont en jeu et semblent être contredits gravement par une législation ou un acte gouvernemental, la désobéissance civile est légitime - plus, elle est souhaitable, voire nécessaire -, et la possibilité d’y avoir recours doit en tout état de cause être valorisée positivement. » N’encourage toutefois que les actions de désobéissance civile qui répondent à des conditions strictes : cette forme de contestation populaire ne peut se justifier qu’en cas de violation d’un ou plusieurs principes fondamentaux qui établissent l’ordre légal.
  • 88. Les pirates de l’Edelweiss (Edelweißpiraten), groupes de jeunes peu organisés dans l'Allemagne nazie. Émergent à la fin des années 1930 en réponse à la réglementation stricte et à l’endoctrinement de la ‘Jeunesse hitlérienne’ (Hitler-jugend). Un peu semblables aux Leipzig Meuten, sont composés de jeunes, principalement âgés de 14 à 17 ans, qui ont échappé à la ‘Jeunesse hitlérienne’ en quittant l'école (ce qui est autorisé à 14 ans) et assez jeunes pour éviter la conscription militaire, obligatoire à partir de 17 ans. Identifiables par leurs chemises à carreaux, leur badge en forme d’édelweiss, leurs chansons, et par leur opposition à la nature paramilitaire de la ‘Jeunesse hitlérienne’. Les sous-groupes comprennent les Navajos (Cologne) , les Kittelbachpiraten (Oberhausen et Düsseldorf), et les Dudes itinérants d' Essen, etc. Pendant la guerre, de nombreux Edelweißpiraten taguent des slogans antinazis, hébergent des Juifs, soutiennent les Alliés, aident des déserteurs de la Wehrmacht. Certains groupes collectent des tracts de propagande largués par les avions alliés et les distribuent dans des boîtes aux lettres. Heinrich Himmler ordonne la répression : le 10 novembre 1944, un groupe de 13 personnes, les chefs du Ehrenfelder Gruppe, dont 6 jeunes, sont pendus publiquement à Cologne. ■