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2 Le Parisien
2 LUNDI 14 DÉCEMBRE 2020*
PARSYLVIEDEMACEDO
ETODILEPLICHON
LES FRUITS et légumes bio
sont 44 % plus cher que les
autres ! C’est ce qui ressort
d’une enquête de l’association
ConsommationLogementCa-
dredevie(CLCV)quenouspu-
blions en exclusivité. « Le bio
est loin d’être à la portée de
tous », déplore Lisa Faulet,
chargée de mission à la CLCV
dontlesbénévolesont,entrele
17 et le 28 octobre, relevé les
prix de sept fruits et légumes
(banane, orange, pomme gol-
den,raisinblanc,courgette,ca-
rotte et tomate ronde) dans
370pointsdevente,desgran-
dessurfacecommedesmaga-
sinsspécialisés.
Certes,l’écartseresserre.«Il
yaquelquesannées,onparlait
d’une différence de 70 % »,
rappellePatrickdeRonne,pré-
sident de Biocoop. Il est vrai
quelafilières’estbeaucoupdé-
veloppée. Aujourd’hui, le bio
représente 8 % des achats de
fruitsetlégumesfrais(+6%de
ventes en un an). Mais « le bio
n’a pas vocation à être au mê-
meprixqueleconventionnel»,
insistePatrickdeRonne.«Ilya
unsurcoûtliéaumodedepro-
duction, admet Lisa Faulet,
maisilyauntelunmanquede
transparence que le consom-
mateuradumalàcomprendre
quelestlevraiprixdubio.»
Lesgrandessurfaces
nesontpasmoinschères
Ainsi, la banane bio n’est que
20%pluschèrequelaconven-
tionnelle, mais l’écart est de
71 % pour la tomate ronde. La
CLCV s’en inquiète, évoquant
des produits « inaccessibles
pour les familles les plus mo-
destes».PourMatthieuLovery,
responsable de la filière fruits
etlégumesàCarrefour,«c’est
normalquecesoitvariableen
fonction des fruits et légu-
mes.Certainssontplusdiffici-
les à cultiver en bio que
d’autres alors que pour la ba-
nane, le mode de production
en bio et en conventionnel est
assezproche».Parailleurs,les
promos concernant moins le
bio que les produits conven-
tionnels,«celapeutaussijouer
surl’écartdeprix»,explique-t-
il.S’yajoutel’éterneldébatsur
les marges. Ne seraient-elles
pasplusimportantessurlebio
qu’en conventionnel ? « C’est
faux»,affirmeundistributeur.
« Pour les pommes, notre
margebrute(NDLR:avantre-
trait des charges) est de 45 %
en conventionnel et de 47 %
sur le bio. A l’inverse pour les
carottes,notremargebruteest
de40%enbiomaisde41,97%
enconventionnel.»Carrefour
abonde : « On ne fait pas de
distinction entre le bio et le
conventionnel. Nous partons
du prix qui convient le mieux
aux clients, en observant ce
quefaitlaconcurrence.»
L’enquêtedelaCLCVmon-
tre enfin que le prix moyen
proposé en grandes surfaces
(3,71€)n’estpaspluscompéti-
tifsurlebioqueceluidesma-
gasinsspécialisés(3,48€).«Si
on prend en compte la marge
d’erreur(NDLR:de6%pourla
grande distribution et 10 %
pour les magasins spéciali-
sés), les grandes surfaces ne
sontpasmoinschères»,sou-
ligneLisaFaulet.
PasétonnantselonMarieEs-
tangoy,acheteusefruitsetlégu-
mes chez Naturalia. « Nos
acheteurs sont spécialistes en
fruitsetlégumesbioetontdonc
uneexcellenteconnaissancedu
marché. Nous sommes enga-
géssurdulongtermeavecdes
partenairespourmonterdesfi-
lièresetnoustravaillonsendi-
rectproducteur,cequilimiteles
intermédiaires.»
Carrefour préfère évoquer
les…emballages.Pouréviterle
mélange avec les produits
conventionnels, « la régle-
mentationnouspousseàpro-
poserdesproduitsbioembal-
lés. Cela représente un vrai
surcoût », signale Matthieu
Lovery. Là où Carrefour pro-
poselebioenvrac,poursuit-il,
« nos prix de vente sont infé-
rieursde5à10%».
Al’avenir,lesprixdubiode-
vraientbaisserdansunpaysoù
la surface agricole dévolue au
bioadoubléencinqans.«Ilya
plus de producteurs bio en
France. C’est une bonne nou-
velle,souligneMarieEstangoy,
car plus il y a de producteurs,
pluslesfilièressestructurentet
permettent des économies
d’échelle. Les prix sont donc
plus compétitifs et se rappro-
chentdesprixdesimportations
historiquementplusbas.» n
Prixmoyen
Pomme
Banane
Orange
Raisin
Tomate
Carotte
Courgette
... en hyper/
supermarchés
... en magasins
spécialisés bio
3,36 €
1,96 €
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4,72 €
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Prix moyen du kilo des produits bio...
RÉMY DESSARTS
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Tomate
2,59 € 4,44 €
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Banane
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+ 20 %
Raisin
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+ 49 %
Carotte
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Courgette
3,28 € 4,16 €
+ 27 %
2,90 € 3,61 €
+ 24 %
Orange
Le bio toujours plus cher
Prix moyen au kilo
PRODUIT CONVENTIONNEL
PRODUIT BIO
FRUITS ET LÉGUMES BIO
Une note
encore
trop salée
Révolution
enmarche
Etudeaprèsétude,
latendanceseconfirme:
lesproduitsbiorestent
sensiblementpluschers
quelesautres.Ausortir
dupremierconfinement,
«Linéaires»,unmagazine
spécialisédansladistribution,
avaitcalculé
queleurprixmoyenétait
supérieurde75%.
Selonl’association
deconsommateursCLCV,
dontnouspublionsles
conclusionsenexclusivité,
ilfautpayer44%depluspour
acheterdesfruitsetlégumes
cultivésselonlesrèglesd’une
agriculturequiprotègela
planète.Certes,9Français
sur10déclarentacheterplus
deproduitsbiodepuisle
premierconfinement;mais
cettetendanceseheurteàun
principederéalité:l’offrereste
insuffisantepourrépondreà
touteslesattentes,poussant
lesprixverslehaut.Et,bien
souvent,c’estencorehorsde
Francequ’ilfautsetourner
pourqu’iln’yaitpasdetrous
danslesrayons.Lecircuitcourt
quifaitlapartbelleàl’ultra-
local,etdontl’empreinte
carboneestprochedezéro,
demeurehélasmarginal.
Larévolutionestpourtant
enmarcheetnes’arrêtera
plus.Lesagriculteursqui
seconvertissentaux
productionspropressont
deplusenplusnombreux,
malgréleseffortsetla
patiencequecelaleur
demande.Ilsysontfortement
incités,etparfoismêmeaidés
financièrement,parles
grandesenseignes.Selonune
logiquevertueuse:ellesont
besoinderemplirdesrayons
consacrésaubioqu’elles
agrandissentàmarcheforcée.
Pourlesadeptesdeformats
demagasinspluscompacts
etplusproches,leschaînes
spécialiséescommeBiocoop
ouNaturaliasedéveloppent
égalementtrèsrapidement.
Aquelmomentlesvolumes
missurlemarchéseront-ils
suffisantspourquelesprix
deviennentplusattractifs?
C’estprobablementune
questiond’années.Unjour,
lebioneseraplusréservé
auxriches.
SelonuneétudedelaCLCVquenousdévoilons
enexclusivité,lesfruitsetlégumesbio
restentpluschersqueceuxissusdel’agriculture
classique,ycomprisdanslesgrandessurfaces.
Le Parisien 3LUNDI 14 DÉCEMBRE 2020 3
gumes comme la courgette
sont peut-être plus faciles à
réussirenbio.
Lebion’estpasmoinscher
danslesgrandessurfaces.
Commentl’expliquez-vous?
Lesréseauxspécialisésontun
historique plus grand en fruits
et légumes. Ils ont réussi à ra-
tionaliser tout leur approvi-
sionnement sans pénaliser le
consommateur. N’oublions
pas aussi que les grandes sur-
faces ont des contraintes sup-
plémentaires : il faut que les
fruits et légumes en bio soient
bien séparés du convention-
nel, avec donc souvent des
emballagesdefaçonàpouvoir
s’assurerdelaprovenance.
Avotreconnaissance,
cetécartdeprixentrelebio
etleconventionnel
est-ilpropreàlaFrance
oucommunàtoutel’Europe?
Impossible de répondre. Je ne
crois pas qu’il y ait eu des étu-
des à ce sujet à l’échelle euro-
péenne. Toujours est-il que
parcequeleschargessociales,
et la main-d’œuvre pèsent
moins lourd qu’en France, ça
revient moins cher de produi-
reenbiodanscertainspaysdu
sud ou de l’est de l’Europe.
Mais c’est vrai aussi pour le
conventionnel. On peut donc
penser que l’écart serait à peu
prèséquivalent.
PROPOSRECUEILLISPAR
SYLVIEDEMACEDO
fait — ou est-ce parce que les
marges appliquées par les
différents réseaux de distri-
bution sont supérieures ?
C’est l’éternel débat. Cela fait
des années que nous deman-
dons une transparence à ce
sujet. Mais impossible de ré-
cupérerdeschiffres.
Concrètement,pourquoi
lebiorevient-ilpluscher
àproduire?
Nous n’avons pas du tout les
mêmes rendements qu’en
conventionnels puisque nous
ne boostons pas la production
avec des engrais. Nous utili-
sons aussi plus de main-
d’œuvrecarilyadavantagede
travail manuel et mécanique,
ça prend plus du temps. Sans
compter le transport, la livrai-
son. Et comme nous sommes
sur des volumes moindres —
le bio représente 8,5 % de la
surface agricole utile —, ces
chargessontpluslourdes.
L’écartdeprixestde71%
surlatomate,etseulement
de27%surlacourgette.
Pourquoi?
Sur la tomate en convention-
nel, les serres sont chauffées,
ils produisent donc toute l’an-
née et peuvent ainsi mieux
répartir leurs charges alors
quenous,enbio,nousnepro-
duisions qu’à la saison. Les
charges ne sont pas réparties
sur les mêmes volumes. Par
ailleurs, certains fruits et lé-
INTERVIEW
Ilfautplus
detransparence
surlesmarges
a
STÉPHANIE PAGEOT
SECRÉTAIRE NATIONALE DE
LA FÉDÉRATION NATIONALE
D’AGRICULTURE BIOLOGIQUE
STÉPHANIEPAGEOTnousdé-
taille les coûts supplémentai-
res pour produire des fruits et
légumesenbioparrapportau
modeconventionnel.
Etes-voussurprise
parcetécartdeprixde44%
entrelesfruitsetlégumes
bioetlesconventionnels?
Est-ce que cet écart corres-
pondsimplementaumodede
production en bio qui revient
en effet plus cher — c’est un
DR
PARVINCENTVÉRIER
DANSLARUEdelaConvention
(Paris XVe), les magasins bio
sont presque aussi nombreux
que les boulangeries. Une di-
versité que l’on retrouve dans
les prix. Chez Naturalia, le kilo
de courgettes bio s’affiche à
3,49 € contre 4,79 € sur les
étalsdel’Intermarchétoutpro-
che,quiproposedescourgettes
classiques à 2,19 €/kg. Chez
Carrefour Market, la banane
bio (1,99 €) rivalise avec celle
deBiocoop,vendue1,95€/kg.
A l’entrée de la Vie claire,
dans une rue adjacente, Ar-
thur, sacs en toile de jute en
bandoulière, tire un diable.
Dessus,unpleincartondeba-
nanesdeRépubliquedomini-
caineà2,50€/kg.«Jen’aipas
payé ce prix, j’ai négocié des
réductions,confielejeunepè-
redefamille.Alanaissancede
son premier enfant, plein de
culot,lenouveaupapaestallé
voirlemanageurdumagasin.
«Jeluiaiditquej’avaisbesoin
d’une caisse de bananes tou-
teslessemainesetjeluiaide-
mandé de me faire un prix. »
Un deal accepté. 10 % au dé-
part, les réductions ont aug-
menté,15%,20%,etdesbais-
ses de prix sur d’autres
produits lui ont été accordées
au rythme des naissances de
sesdeuxautresenfants.
«J’achèteengrossequanti-
té,justifieArthur.Etdébourser
pluspourdesproduitsbio,ce-
la me paraît normal. Je paye
pournepasmangerdespesti-
cides et des additifs comme
lescolorants.»MaissiArthur
est un papa bio convaincu, il
est aussi un consommateur
averti : « Plus de 20 % à 25 %
d’écart entre bio et conven-
tionnel, c’est trop. Au-delà, je
pensequ’ilyadesabus.»
Acheterdesproduits
endatelimite
deconsommation
Alors,pourfaireencorebaisser
safacturebioau-delàdesprix
négociés, le quadragénaire
nous livre quelques astuces.
«Lesprixdesfruitsetlégume
baissent pour les fins de car-
tons. C’est le cas pour le raisin
blanc.Ilestcertesunpeumar-
ron, mais je le préfère comme
ça,ilestplussucré.Mêmecho-
se pour les champignons, ils
peuvent être un peu fripés.
Maisrestentexcellents.»Autre
trucdecettefamille,quidépen-
seenviron1 000€parmoisen
alimentation, « j’achète des
produitsendatelimitedecon-
sommationquisontenpromo-
tion».Arthursortalorsdeson
cabas des nems bio. Sur l’em-
ballage, un gros rond orange
fluoestampillé-30%consom-
mablejusqu’aulendemain.
Une astuce bien connue de
Goulnaz, qui sort de l’Inter-
marché du quartier. Dans le
sac de cette jeune femme de
36 ans, pas de produits bio.
«C’esttrèscher,regrette-t-el-
le.Sijeveuxenacheter,j’utili-
se Phénix. » Une application
qui propose à prix cassés les
invendus des commerces
partenairesdontladatelimite
deconsommationestproche.
« Il y a parfois des produits
bio»,affirmeGoulnaz.
Leursastucespour
payermoinscher
Des consommateurs avertis
de produits bio nous expliquent
comment faire baisser la facture
Paris (XVe), hier. Arthur, gros consommateur de produits bio, a réussi
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Aujourd’hui, le bio
représente 8 %
des achats de fruits
et légumes frais
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Fruits et Legumes BIO - Une note encore trop salee

  • 1. 2 Le Parisien 2 LUNDI 14 DÉCEMBRE 2020* PARSYLVIEDEMACEDO ETODILEPLICHON LES FRUITS et légumes bio sont 44 % plus cher que les autres ! C’est ce qui ressort d’une enquête de l’association ConsommationLogementCa- dredevie(CLCV)quenouspu- blions en exclusivité. « Le bio est loin d’être à la portée de tous », déplore Lisa Faulet, chargée de mission à la CLCV dontlesbénévolesont,entrele 17 et le 28 octobre, relevé les prix de sept fruits et légumes (banane, orange, pomme gol- den,raisinblanc,courgette,ca- rotte et tomate ronde) dans 370pointsdevente,desgran- dessurfacecommedesmaga- sinsspécialisés. Certes,l’écartseresserre.«Il yaquelquesannées,onparlait d’une différence de 70 % », rappellePatrickdeRonne,pré- sident de Biocoop. Il est vrai quelafilières’estbeaucoupdé- veloppée. Aujourd’hui, le bio représente 8 % des achats de fruitsetlégumesfrais(+6%de ventes en un an). Mais « le bio n’a pas vocation à être au mê- meprixqueleconventionnel», insistePatrickdeRonne.«Ilya unsurcoûtliéaumodedepro- duction, admet Lisa Faulet, maisilyauntelunmanquede transparence que le consom- mateuradumalàcomprendre quelestlevraiprixdubio.» Lesgrandessurfaces nesontpasmoinschères Ainsi, la banane bio n’est que 20%pluschèrequelaconven- tionnelle, mais l’écart est de 71 % pour la tomate ronde. La CLCV s’en inquiète, évoquant des produits « inaccessibles pour les familles les plus mo- destes».PourMatthieuLovery, responsable de la filière fruits etlégumesàCarrefour,«c’est normalquecesoitvariableen fonction des fruits et légu- mes.Certainssontplusdiffici- les à cultiver en bio que d’autres alors que pour la ba- nane, le mode de production en bio et en conventionnel est assezproche».Parailleurs,les promos concernant moins le bio que les produits conven- tionnels,«celapeutaussijouer surl’écartdeprix»,explique-t- il.S’yajoutel’éterneldébatsur les marges. Ne seraient-elles pasplusimportantessurlebio qu’en conventionnel ? « C’est faux»,affirmeundistributeur. « Pour les pommes, notre margebrute(NDLR:avantre- trait des charges) est de 45 % en conventionnel et de 47 % sur le bio. A l’inverse pour les carottes,notremargebruteest de40%enbiomaisde41,97% enconventionnel.»Carrefour abonde : « On ne fait pas de distinction entre le bio et le conventionnel. Nous partons du prix qui convient le mieux aux clients, en observant ce quefaitlaconcurrence.» L’enquêtedelaCLCVmon- tre enfin que le prix moyen proposé en grandes surfaces (3,71€)n’estpaspluscompéti- tifsurlebioqueceluidesma- gasinsspécialisés(3,48€).«Si on prend en compte la marge d’erreur(NDLR:de6%pourla grande distribution et 10 % pour les magasins spéciali- sés), les grandes surfaces ne sontpasmoinschères»,sou- ligneLisaFaulet. PasétonnantselonMarieEs- tangoy,acheteusefruitsetlégu- mes chez Naturalia. « Nos acheteurs sont spécialistes en fruitsetlégumesbioetontdonc uneexcellenteconnaissancedu marché. Nous sommes enga- géssurdulongtermeavecdes partenairespourmonterdesfi- lièresetnoustravaillonsendi- rectproducteur,cequilimiteles intermédiaires.» Carrefour préfère évoquer les…emballages.Pouréviterle mélange avec les produits conventionnels, « la régle- mentationnouspousseàpro- poserdesproduitsbioembal- lés. Cela représente un vrai surcoût », signale Matthieu Lovery. Là où Carrefour pro- poselebioenvrac,poursuit-il, « nos prix de vente sont infé- rieursde5à10%». Al’avenir,lesprixdubiode- vraientbaisserdansunpaysoù la surface agricole dévolue au bioadoubléencinqans.«Ilya plus de producteurs bio en France. C’est une bonne nou- velle,souligneMarieEstangoy, car plus il y a de producteurs, pluslesfilièressestructurentet permettent des économies d’échelle. Les prix sont donc plus compétitifs et se rappro- chentdesprixdesimportations historiquementplusbas.» n Prixmoyen Pomme Banane Orange Raisin Tomate Carotte Courgette ... en hyper/ supermarchés ... en magasins spécialisés bio 3,36 € 1,96 € 3,39 € 4,72 € 4,10 € 2,38 € 4,43 € 3,72 € 2,09 € 3,74 € 5,35 € 4,70 € 2,30 € 4,07 € 3,71 € 3,48 € Prix moyen du kilo des produits bio... RÉMY DESSARTS L’ÉDITO Tomate 2,59 € 4,44 € + 71 % Pomme 2,21 € 3,63 € + 64 % Banane 1,72 € 2,06 € + 20 % Raisin 3,27 € 5,07 €+ 55 % + 49 % Carotte 1,58 € 2,35 € Courgette 3,28 € 4,16 € + 27 % 2,90 € 3,61 € + 24 % Orange Le bio toujours plus cher Prix moyen au kilo PRODUIT CONVENTIONNEL PRODUIT BIO FRUITS ET LÉGUMES BIO Une note encore trop salée Révolution enmarche Etudeaprèsétude, latendanceseconfirme: lesproduitsbiorestent sensiblementpluschers quelesautres.Ausortir dupremierconfinement, «Linéaires»,unmagazine spécialisédansladistribution, avaitcalculé queleurprixmoyenétait supérieurde75%. Selonl’association deconsommateursCLCV, dontnouspublionsles conclusionsenexclusivité, ilfautpayer44%depluspour acheterdesfruitsetlégumes cultivésselonlesrèglesd’une agriculturequiprotègela planète.Certes,9Français sur10déclarentacheterplus deproduitsbiodepuisle premierconfinement;mais cettetendanceseheurteàun principederéalité:l’offrereste insuffisantepourrépondreà touteslesattentes,poussant lesprixverslehaut.Et,bien souvent,c’estencorehorsde Francequ’ilfautsetourner pourqu’iln’yaitpasdetrous danslesrayons.Lecircuitcourt quifaitlapartbelleàl’ultra- local,etdontl’empreinte carboneestprochedezéro, demeurehélasmarginal. Larévolutionestpourtant enmarcheetnes’arrêtera plus.Lesagriculteursqui seconvertissentaux productionspropressont deplusenplusnombreux, malgréleseffortsetla patiencequecelaleur demande.Ilsysontfortement incités,etparfoismêmeaidés financièrement,parles grandesenseignes.Selonune logiquevertueuse:ellesont besoinderemplirdesrayons consacrésaubioqu’elles agrandissentàmarcheforcée. Pourlesadeptesdeformats demagasinspluscompacts etplusproches,leschaînes spécialiséescommeBiocoop ouNaturaliasedéveloppent égalementtrèsrapidement. Aquelmomentlesvolumes missurlemarchéseront-ils suffisantspourquelesprix deviennentplusattractifs? C’estprobablementune questiond’années.Unjour, lebioneseraplusréservé auxriches. SelonuneétudedelaCLCVquenousdévoilons enexclusivité,lesfruitsetlégumesbio restentpluschersqueceuxissusdel’agriculture classique,ycomprisdanslesgrandessurfaces.
  • 2. Le Parisien 3LUNDI 14 DÉCEMBRE 2020 3 gumes comme la courgette sont peut-être plus faciles à réussirenbio. Lebion’estpasmoinscher danslesgrandessurfaces. Commentl’expliquez-vous? Lesréseauxspécialisésontun historique plus grand en fruits et légumes. Ils ont réussi à ra- tionaliser tout leur approvi- sionnement sans pénaliser le consommateur. N’oublions pas aussi que les grandes sur- faces ont des contraintes sup- plémentaires : il faut que les fruits et légumes en bio soient bien séparés du convention- nel, avec donc souvent des emballagesdefaçonàpouvoir s’assurerdelaprovenance. Avotreconnaissance, cetécartdeprixentrelebio etleconventionnel est-ilpropreàlaFrance oucommunàtoutel’Europe? Impossible de répondre. Je ne crois pas qu’il y ait eu des étu- des à ce sujet à l’échelle euro- péenne. Toujours est-il que parcequeleschargessociales, et la main-d’œuvre pèsent moins lourd qu’en France, ça revient moins cher de produi- reenbiodanscertainspaysdu sud ou de l’est de l’Europe. Mais c’est vrai aussi pour le conventionnel. On peut donc penser que l’écart serait à peu prèséquivalent. PROPOSRECUEILLISPAR SYLVIEDEMACEDO fait — ou est-ce parce que les marges appliquées par les différents réseaux de distri- bution sont supérieures ? C’est l’éternel débat. Cela fait des années que nous deman- dons une transparence à ce sujet. Mais impossible de ré- cupérerdeschiffres. Concrètement,pourquoi lebiorevient-ilpluscher àproduire? Nous n’avons pas du tout les mêmes rendements qu’en conventionnels puisque nous ne boostons pas la production avec des engrais. Nous utili- sons aussi plus de main- d’œuvrecarilyadavantagede travail manuel et mécanique, ça prend plus du temps. Sans compter le transport, la livrai- son. Et comme nous sommes sur des volumes moindres — le bio représente 8,5 % de la surface agricole utile —, ces chargessontpluslourdes. L’écartdeprixestde71% surlatomate,etseulement de27%surlacourgette. Pourquoi? Sur la tomate en convention- nel, les serres sont chauffées, ils produisent donc toute l’an- née et peuvent ainsi mieux répartir leurs charges alors quenous,enbio,nousnepro- duisions qu’à la saison. Les charges ne sont pas réparties sur les mêmes volumes. Par ailleurs, certains fruits et lé- INTERVIEW Ilfautplus detransparence surlesmarges a STÉPHANIE PAGEOT SECRÉTAIRE NATIONALE DE LA FÉDÉRATION NATIONALE D’AGRICULTURE BIOLOGIQUE STÉPHANIEPAGEOTnousdé- taille les coûts supplémentai- res pour produire des fruits et légumesenbioparrapportau modeconventionnel. Etes-voussurprise parcetécartdeprixde44% entrelesfruitsetlégumes bioetlesconventionnels? Est-ce que cet écart corres- pondsimplementaumodede production en bio qui revient en effet plus cher — c’est un DR PARVINCENTVÉRIER DANSLARUEdelaConvention (Paris XVe), les magasins bio sont presque aussi nombreux que les boulangeries. Une di- versité que l’on retrouve dans les prix. Chez Naturalia, le kilo de courgettes bio s’affiche à 3,49 € contre 4,79 € sur les étalsdel’Intermarchétoutpro- che,quiproposedescourgettes classiques à 2,19 €/kg. Chez Carrefour Market, la banane bio (1,99 €) rivalise avec celle deBiocoop,vendue1,95€/kg. A l’entrée de la Vie claire, dans une rue adjacente, Ar- thur, sacs en toile de jute en bandoulière, tire un diable. Dessus,unpleincartondeba- nanesdeRépubliquedomini- caineà2,50€/kg.«Jen’aipas payé ce prix, j’ai négocié des réductions,confielejeunepè- redefamille.Alanaissancede son premier enfant, plein de culot,lenouveaupapaestallé voirlemanageurdumagasin. «Jeluiaiditquej’avaisbesoin d’une caisse de bananes tou- teslessemainesetjeluiaide- mandé de me faire un prix. » Un deal accepté. 10 % au dé- part, les réductions ont aug- menté,15%,20%,etdesbais- ses de prix sur d’autres produits lui ont été accordées au rythme des naissances de sesdeuxautresenfants. «J’achèteengrossequanti- té,justifieArthur.Etdébourser pluspourdesproduitsbio,ce- la me paraît normal. Je paye pournepasmangerdespesti- cides et des additifs comme lescolorants.»MaissiArthur est un papa bio convaincu, il est aussi un consommateur averti : « Plus de 20 % à 25 % d’écart entre bio et conven- tionnel, c’est trop. Au-delà, je pensequ’ilyadesabus.» Acheterdesproduits endatelimite deconsommation Alors,pourfaireencorebaisser safacturebioau-delàdesprix négociés, le quadragénaire nous livre quelques astuces. «Lesprixdesfruitsetlégume baissent pour les fins de car- tons. C’est le cas pour le raisin blanc.Ilestcertesunpeumar- ron, mais je le préfère comme ça,ilestplussucré.Mêmecho- se pour les champignons, ils peuvent être un peu fripés. Maisrestentexcellents.»Autre trucdecettefamille,quidépen- seenviron1 000€parmoisen alimentation, « j’achète des produitsendatelimitedecon- sommationquisontenpromo- tion».Arthursortalorsdeson cabas des nems bio. Sur l’em- ballage, un gros rond orange fluoestampillé-30%consom- mablejusqu’aulendemain. Une astuce bien connue de Goulnaz, qui sort de l’Inter- marché du quartier. Dans le sac de cette jeune femme de 36 ans, pas de produits bio. «C’esttrèscher,regrette-t-el- le.Sijeveuxenacheter,j’utili- se Phénix. » Une application qui propose à prix cassés les invendus des commerces partenairesdontladatelimite deconsommationestproche. « Il y a parfois des produits bio»,affirmeGoulnaz. Leursastucespour payermoinscher Des consommateurs avertis de produits bio nous expliquent comment faire baisser la facture Paris (XVe), hier. Arthur, gros consommateur de produits bio, a réussi à négocier des réductions hebdomadaires sur des cartons de bananes. Aujourd’hui, le bio représente 8 % des achats de fruits et légumes frais (+ 6 % de ventes en un an).