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« Urbanisme : le défi post-moderne »

     Annick Germain et Jean-Paul Guay
     Continuité, n° 29, 1985, p. 24-27.




Pour citer cet article, utiliser l'information suivante :
http://id.erudit.org/iderudit/18112ac

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                                                                                                    Document téléchargé le 16 March 2013 03:06
DOSSIER

                                                            Urbanisme

                   LE DÉFI POST-MODERNE
                                L'urbanisme progressiste a laissé des quartiers éventrés,
                                des banlieues sans fin et des centres-villes abandonnés.
                                     Que nous réserve l'urbanisme post-moderne?
                                                         par Annick Germain
                                                          et Jean-Paul Guay



     S        i le post-modernisme est
              d ' a b o r d une critique d u
              mouvement moderne, c'est
     aussi essentiellement une architec-
     ture de la ville, et il est tout à fait
     légitime de parler d'«urbanisme post-
     moderne». Cette dernière expression
     est cependant inusitée, car l'urba-
     nisme qui se fait n'est pas né d'un
     projet théorique ou esthétique. C'est
     d'abord un urbanisme issu d'un
     contexte de crise. C'est aussi, au
     Québec, un urbanisme qui se définit
     parfois bien loin de l'architecture.
24   Pour comprendre les nouveaux rap-
     ports au patrimoine bâti dont il est
     porteur, retraçons premièrement la
     critique à partir de laquelle il s'est
     constitué.

     L'URBANISME
     «PROGRESSISTE»
        L'urbanisme d'après la dernière
     guerre, qu'il soit moderniste ou pavil-
     lonnaire, délibéré ou improvisé, a un
     seul fondement: la condamnation de
     la ville traditionnelle. Moderniste, il la
     démolit, et y substitue ses geometries
     de tours et de barres. Pavillonnaire, il
     la fait dépérir en la délaissant. Dans
     les deux cas, l'automobile peut triom-
     pher et le piéton est ignoré. En Améri-
     que, c'est la deuxième formule qui a
     prévalu. On lui doit l'étalement ur-
     bain, la multiplication des centres
     commerciaux, la zone industrielle et
     l'autoroute urbaine. Pendant que se
     bâtissait ainsi la «ville à la cam-
     pagne», l'urbanisme progressiste ap-
     pliquait à la ville centrale sa médecine
     favorite: l'amputation des quartiers
     populaires et, sous le nom de rénova-
     tion urbaine, leur remplacement par
     d'imposantes prothèses, les «en-             Projet d'aménagement de la rue commerciale Hériot, a Orummondville par Daniel
                                                  Arbour et Associés. Le retour du piéton «urbain» et de la boutique sur rue. Ici, les
     sembles» de logements publics                trottoirs de béton sont rythmés par deux bandes de granite qui marquent l'implantation
     (HLM). La rénovation urbaine a ici           des arbres, (photo: D. Arbour et Associés)


                                                           Continuité automne 1985
surtout démoli et peu construit. Ses        préserver les avantages et pour en
plus fameux exploits restent, à Mont-       tirer des leçons d'avenir. Celle-ci était,                                    DOSSIER
réal, la démolition des quelque sept        entre autres, plurifonctionnelle, fami-
cents logements d'un quartier popu-         lière, transformable, éminemment                 entendue partout! — demeure l'idée
laire et leur remplacement par la tour      appropriable. Elle favorisait le bras-           que le centre historique n'est pas seu-
solitaire de la radio-télévision d'État,    sage social et l'intégration des immi-           lement un ensemble immobilier mais
et, à Québec, l'opération «Colline          grants. Les équipements de base y                aussi un milieu de vie; sans sa popu-
parlementaire».                             étaient accessibles à pied. Elle était           lation et ses activités traditionnelles, il
    Dans une ère d'expansion écono-         frugale en énergie. Bref, le terrain             n'est plus qu'un simulacre de lui-
mique, d'accroissement rapide de la         était prêt pour que germe l'idée de              même et risque à terme de dépérir.
population et d'urbanisation plus ra-       patrimoine urbain.                               Mais Bologne, c'est aussi l'idée d'un
pide encore, l'extension continue des                                                        urbanisme de consolidation, appuyé
villes aux dépens de leur frange rurale     LA LEÇON DE BOLOGNE                              sur une hypothèse de croissance zé-
paraissait inévitable. Ceux qui s'en in-                                                     ro, idée somme toute éminemment
quiétaient faisaient figure de pessi-           Ayant pour ambition déclarée de              opportune dans un contexte de crise
mistes. Mais on se souviendra que           produire de toutes pièces un environ-            économique!
dès 1961, Jane Jacobs (dans Death           nement complet et historiquement                     C'est un peu dans cet esprit que
a n d Life of Great American Cities)        homogène, l'urbanisme moderne                    l'idée de réappropriation, non plus
dénonçait avec virulence les certi-         n'était pas béotien au point de récla-           seulement des centres historiques
tudes de l'urbanisme moderne. Elle          mer la suppression de toute trace du             proprement dits, mais aussi des
s'en prenait avec un acharnement            passé. Mais il n'admettait l'édifice an-         quartiers anciens, est sortie des cé-
particulier aux méfaits de la rénova-       cien que comme échantillon d'archi-              nacles spécialisés de défense et de
tion urbaine à l'américaine. Son atta-      tecture exemplaire (l'idée même de               restauration du patrimone, pour pas-
que contre le rêve banlieusard était        m o n u m e n t historique), dans un             ser dans l'urbanisme quotidien. C'est
moins convaincante; mais surtout —          cadre susceptible, lui, d'être entière-          par le biais de nouvelles pratiques,
et c'est ce qui finira par s'imposer —      ment renouvelé. Les seuls ensembles              comme les tentatives de revitalisation
elle se livrait à un éloquent plaidoyer     urbains qui trouvaient grâce à ses               des artères commerciales ou les di-
pour la ville traditionnelle, et pour la    yeux étaient les villes historiques de           vers programmes d'interprétation en
rue new-yorkaise en particulier.            première grandeur comme Venise.                  quartiers anciens et de consolidation
                                            En renouant avec la ville tradition-             du tissu résidentiel, que s'est concré-
   L'urbanisme progressiste n'avait
                                            nelle, le virage «anti-moderne» mar-             tisée la notion si prisée par nos
cependant pas dit son dernier mot. Il
                                            que la redécouverte de l'héritage du             hommes politiques montréalais de
fallait relancer la verticalité, tout en
                                            passé proche et lointain comme tota-              «regénérescence de la ville tradition-
renonçant au super-ilot et à ses coûts
                                            lité valable, mais surtout récupérable           n e l l e » . L ' o p é r a t i o n P1QA ( p r o -
de remembrement prohibitifs. Les
                                            à des fins actuelles. L'illustre précé-          gramme d'intervention en quartiers
responsables de cette forme de re-
                                            dent de Bologne 1 a été l'étendard du            anciens), lancée par la Ville de Mont-
tour à la ville étaient assez lucides
                                            vaste mouvement de sauvetage des                 réal en 1979, est à cet égard exem-
pour savoir qu'elle exigeait la relance
                                            centres historiques et plus largement            plaire. Elle vise un requalification de
du transport en c o m m u n . Mais
                                            d'un renouvellement des principes                l'espace public au moyen d'interven-
comment contenir l'afflux des voi-
                                            de la planification urbaine. La leçon            tions ponctuelles attrayantes (jardins
tures? Ou fallait-il plutôt le favoriser,
                                            de Bologne — on doute qu'elle ait été            publics, assainissement des ruelles,
en multipliant les parcs de stationne-
ment et en faisant pénétrer l'auto-
route au coeur même de la ville? Pour
passer ainsi de la périphérie au
centre, il fallait traverser d'abord les
quartiers anciens, comme Hochela-
ga et Maisonneuve à Montréal, et
Saint-Roch à Québec, au prix de ca-
tastrophiques destructions.
   C'en était assez pour donner prise
au mouvement de contestation qui
se développait en Amérique comme
en Europe. On ne parlait pas encore
de post-modernisme, mais la critique
à laquelle furent soumis l'architecture
moderne et l'urbanisme progressiste
marqua un tournant. L'arrêt de la
croissance démographique, la mon-
tée des nuisances, et, bientôt, la crise
de l'énergie et de l'économie en gé-
néral disaient à l'unisson que c'était      Le zonage négocié a su «Inspirer» au complexe Guy-Favreau des formes extérieures
                                            conciliantes avec la rue (arcades, étage supérieurs en retrait, fenestration traditionnelle,
plutôt vers la ville traditionnelle qu'il   etc.) ainsi qu'un Jardin intérieur autour duquel cohabitent assez bien logements et locaux
fallait se tourner, à la fois pour en       administratifs, (photo: R. Hébert II)


                                                     Continuité automne 1985
DOSSIER

diversification du mobilier urbain,
etc.). En privilégiant le «cadre de
rue», ce ne sont plus seulement les
bâtiments que l'on cherche à restau-
rer et conserver, mais l'ensemble du
tissu urbain. Cela n'empêche pas les
PIQA d'avoir aussi pour objectif de
stimuler la rénovation des logements
vétustés. On est bien sûr à cent lieues
des grandes opérations-bulldozer de
rénovation intégrale des années cin-
quante et soixante. On peut cepen-
dant se demander quelles seront les
conséquences de ces opérations
«délicates» sur la composition éco-
nomique et sociale des vieux quar-
tiers ouvriers auxquels elles s'atta-
quent. Dans quelle mesure, par
exemple, n'induisent-elles pas une                 Â Montréal, l'aménagement de la petite rue Sainte-Rose, sans exclure l'automobile,
éviction des populations relativement              affirme et protège le caractère résidentiel du vieux quartier Sainte-Marie menacé par son
démunies au profit de catégories so-               envahissant voisin, Radio-Canada, (photo: R. Hébert II)
ciales moyennes, ce qui ne serait pas
s a n s r a p p e l e r la r é n o v a t i o n -   d'actualiser la notion de patrimoine,         que anglais (AT. Edwards, 1924) a
déportation des années cinquante et                l'aurait-on p e r d u e de vue? Le            appelé la courtoisie en architecture! A
soixante. Si tel était le cas, on ne pour-         concept de ville traditionnelle est de-       Montréal et à Québec, on a recom-
rait guère parler de restauration «à la            venu un concept de relance écono-             mencé à construire en quartier an-
Bolognaise»!                                       mique, ce qui prévient les dangers de         cien, que ce soit pour obturer de
    C'est tout autant à partir de l'« exis-        «muséification», mais non l'appau-            simples brèches dans les aligne-
tant» qu'on pense la revitalisation ou             vrissement de la notion de patri-             ments ou pour occuper les terrains
la relance des artères commerciales.               moine!                                        vacants. Il suffit de citer l'opération 20
La politique urbanistique et les pro-                                                            000 logements pour évoquer une
grammes de subventions ad hoc                      LE TISSUS URBAIN                              riche collection d'ensembles neufs,
sont sans doute pour beaucoup dans                                                               dont q u e l q u e s - u n s offrent d e s
ce nouvel exercice, dont la mode at-                  Voilà donc à l'oeuvre un courant           exemples intéressants de solutions
teint les petites villes comme les                 passéiste dont les nombreux mérites           nouvelles «servies à l'ancienne»,
grandes. Cette mode vient d'ailleurs à             comprennent, comme on vient de le             c'est-à-dire dans le cadre de la grille
point, après trente ans de proliféra-              voir, la redécouverte de la ville tradi-      de rues traditionnelle.
tion des centres commerciaux. La                   tionnelle. La rue n'est cependant pas            Le retour à l'intégration des fonc-
qualité des réalisations laisse parfois            indépendante des autres formes tra-           tions urbaines représente une autre
à désirer, mais au moins on est reve-              ditionnelles, et notamment de l'îlot          nouveauté dans le programme de
nu à la boutique sur rue. Le piéton                qu'elle circonscrit et du parcellaire         l'urbanisme actuel. À l'échelle d'une
«urbain», la foule des trottoirs y                 qu'elle dessert. Le mépris des moder-         rue, cela donne un mélange généra-
trouve son compte, et le contact avec              nistes pour ces formes a souvent              lement instable de commerces et de
la ville s'en trouve d'autant valorisé.            laissé un héritage de tissu urbain dé-        logements, mélange qui ne fait pas
Le type de commerce que ces rues                   sarticulé: Ilots incomplets ou am-            infailliblement le bonheur des rési-
réaménagées retiennent ou attirent a               putés, alignements «édentés» par les          dants. Au centre-ville de Montréal, à
aussi le mérite de demeurer d'échelle              démolitions, espaces résiduels de             une échelle plus grande, cela donne
modeste et de ne pas produire de                   toutes sortes. Si on veut recoudre            le complexe Guy-Favreau. Voilà un
discontinuités aberrantes dans le tis-             tout cela, on ne peut que recourir à la       édifice qui, au moins, rompt avec la
su des quartiers. La diversité de l'acti-          construction neuve. Se pose alors le          séparation des fonctions qui, depuis
vité, y compris de l'activité artisanale,          problème de l'insertion. Faut-il se           la place Ville-Marie, a banni l'habita-
est favorisée par la variété des locaux,           contenter de copier ou de pasticher           tion du centre-ville au profit du
par la structure diversifiée de la pro-            les constructions anciennes? Tel              commerce et des bureaux. Quant au
priété et par les disparités de loyer. Ce          n'est pas le projet post-moderne, qui         reste, la construction de ce complexe
type d'opération, qui a des effets posi-           n'est pas un refus de l'innovation ar-        s'est faite dans la meilleure tradition
tifs indéniables sur la conservation               chitecturale, mais bien plutôt un sou-        moderniste, au prix notamment de la
active des quartiers traditionnels, se             ci d'adaptation au contexte, de res-          démolition d'une partie du quartier
traduit souvent par une conservation               pect de l'échelle du voisinage et de          chinois. Il perpétue de plus la «cité
douteuse de la qualité historique de               soumission aux règles du rapport à            verticale», qui emprisonne en un seul
certains édifices. À force d'élargir et            l'espace public: un peu ce qu'un criti-       édifice ce que la ville traditionnelle


                                                           Continuité automne 1985
déployait le long d'espaces publics.
   Le p o s t - m o d e r n i s m e n o r d -
                                                                                                                                        DOSSIER
américain réussit rarement à dépas-
ser la tentation de faire du projet ar-
chitectural une oeuvre d'art auto-
n o m e , qui se démarque de son
contexte comme une figure sur fond
de nature ou de ville. Dans ce sens, le
fameux monument post-moderne
qu'est l'immeuble de l'A.T.&T. à
New-York, de l'architecte Philip John-
son, est typiquement «moderne»: à
part l'emprunt néo-classique stylisé
en façade, rien n'est changé, ni la
relation à la ville, ni le v o l u m e
construit, ni le rapport des occupants
aux surfaces utiles. Dans le cas mon-
tréalais du siège social de l'Alcan,
l'ensemble constitué est encore, du
point de vue urbanistique, un en-
semble moderne, mais la concession
à la ville ancienne est néanmoins plus           Une première phase de la revitalisation du centre-ville de Beauharnols, débute a
q u ' u n e s i m p l e c o u r b e t t e : un   l'automne 1985. Dans un deuxième temps, un parc sera aménagé en bordure des chûtes
fragment de celle-ci est en effet incor-         de la Rivière Saint-Louis. L'ouverture sur les plans d'eau (fleuve, rivière, lac) redevient
poré au nouvel ensemble et la forme              une priorité, (photo: D. Arbour et Associés)
de l'atrium évoque agréablement
certains espaces traditionnels. Si l'es-         Ou peut-on conclure à une conquête              routes désormais interdites à proxi-
pace moderne continue d'avaler l'es-             de valeurs patrimoniales authenti-              mité du centre. Le rejet de la pauvreté
pace ancien, il préfère désormais le             ques, qui survivront à la classe                loin des quartiers anciens centraux, à
faire en catimini.                                moyenne qui les a mises au goût du             l'instar de certaines villes euro-
                                                 jour? Doit-on parler de protection du           péennes, pourrait constituer un autre
                                                  patrimoine urbain dans son sens le             exemple de ce que peut induire une
                                                  plus large, ou de nouvelle exploita-           politique «conservatrice» des quar-
                                                 tion? Le succès de la ville comme               tiers anciens, qui ferait l'économie de
                                                  place de marché, n'est-ce pas en effet         toute innovation urbanistique.
                                                  dans l'ordre des choses, même pour                 Le retour à la ville ancienne ne peut
                                                 la ville ancienne? L'histoire fait-elle         s'accompagner d'un retour intégral à
                                                 partie à présent de notre vie quoti-            la proximité des activités dans l'es-
                                                 dienne, ou en est-elle au contraire             pace, comme le réclament certains
                                                 bannie insidieusement, si la coexis-            architectes post-modernes euro-
                                                 tence de styles d'époques différentes           péens (Maurice Culot, par exemple).
                                                 se solde par un aplatissement du                Le principal défi de l'urbanisme post-
                                                 temps, par une négation de la dyna-             moderne (si un jour il y en a un!) sera
                                                  mique de l'histoire? Et sur le plan            de combiner le respect du patrimoine
                                                 fonctionnel, ne convient-il pas de              urbain et les solutions d'aménage-
                                                  s'inquiéter des répercussions sur la           ment inventives, sans tourner le dos à
                                                 ville entière du soin dont on entoure           la ville telle qu'elle est dans sa globa-
                                                 les quartiers anciens? En nous re-              lité. •
Un des «exploits» de l'urbanisme                 pliant douillettement au creux de ces
progressiste: la démolition de quelque           quartiers, ne sommes-nous pas en                1 ) La Ville de Bologne (Italie) décide en 1960 de renoncer a la
700 logements, remplacés par la tour             passe d'évacuer vers la périphérie              création d'un nouveau centre directionnel qui aurait accéléré
solitaire de Radio-Canada, (photo: R.                                                            l'affectation du centre historique aux fonctions commerciales
                                                 certains problèmes urbains, ou à tout           et administratives. Elle stabilise au contraire la croissance de la
Hébert II)                                                                                       ville et prépare un nouveau plan d'ensemble misant, entre
                                                 le moins de les ignorer? Par exemple,           autres, sur le sauvetage du centre historique (restauration des
                                                 l'usage de l'automobile continue de             îlots dégradés, avec maintien des habitants, création d'équipe-
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                                                  la lourdeur de ses équipements et de           commun pour réduire la circulation automobile).
                                                                                                     Michel Régnier a consacré a cette expérience un film de la
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roger sérieusement sur les enjeux et             figure de solution d'avenir. Le trans-          déclenché tout un débat sur les différences entre l'expérience
                                                                                                 de Bologne et celle de la Place Royale à Québec.
sur les significations de ces nouvelles          port post-moderne reste encore à in-
tendances. S'agit-il simplement de               venter. Impasse aussi du côté de la             Annick Germain et Jean-Paul Guay
pragmatisme opportuniste porté par               décentralisation des industries indé-           sont respectivement sociologue et ur-
un contexte de crise, profitant d'un             sirables — c'est-à-dire polluantes —            baniste. Ils enseignent actuellement à
temps d'arrêt dans le mouvement sé-              qu'on a pu reléguer à la périphérie             l'Institut d'urbanisme de l'Université
culaire du progrès technologique?                parce qu'on y multipliait les auto-             de Montréal.


                                                          Continuité automne 1985

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urbanisme

  • 1. Article « Urbanisme : le défi post-moderne » Annick Germain et Jean-Paul Guay Continuité, n° 29, 1985, p. 24-27. Pour citer cet article, utiliser l'information suivante : http://id.erudit.org/iderudit/18112ac Note : les règles d'écriture des références bibliographiques peuvent varier selon les différents domaines du savoir. Ce document est protégé par la loi sur le droit d'auteur. L'utilisation des services d'Érudit (y compris la reproduction) est assujettie à sa politique d'utilisation que vous pouvez consulter à l'URI http://www.erudit.org/apropos/utilisation.html Érudit est un consortium interuniversitaire sans but lucratif composé de l'Université de Montréal, l'Université Laval et l'Université du Québec à Montréal. Il a pour mission la promotion et la valorisation de la recherche. Érudit offre des services d'édition numérique de documents scientifiques depuis 1998. Pour communiquer avec les responsables d'Érudit : erudit@umontreal.ca Document téléchargé le 16 March 2013 03:06
  • 2. DOSSIER Urbanisme LE DÉFI POST-MODERNE L'urbanisme progressiste a laissé des quartiers éventrés, des banlieues sans fin et des centres-villes abandonnés. Que nous réserve l'urbanisme post-moderne? par Annick Germain et Jean-Paul Guay S i le post-modernisme est d ' a b o r d une critique d u mouvement moderne, c'est aussi essentiellement une architec- ture de la ville, et il est tout à fait légitime de parler d'«urbanisme post- moderne». Cette dernière expression est cependant inusitée, car l'urba- nisme qui se fait n'est pas né d'un projet théorique ou esthétique. C'est d'abord un urbanisme issu d'un contexte de crise. C'est aussi, au Québec, un urbanisme qui se définit parfois bien loin de l'architecture. 24 Pour comprendre les nouveaux rap- ports au patrimoine bâti dont il est porteur, retraçons premièrement la critique à partir de laquelle il s'est constitué. L'URBANISME «PROGRESSISTE» L'urbanisme d'après la dernière guerre, qu'il soit moderniste ou pavil- lonnaire, délibéré ou improvisé, a un seul fondement: la condamnation de la ville traditionnelle. Moderniste, il la démolit, et y substitue ses geometries de tours et de barres. Pavillonnaire, il la fait dépérir en la délaissant. Dans les deux cas, l'automobile peut triom- pher et le piéton est ignoré. En Améri- que, c'est la deuxième formule qui a prévalu. On lui doit l'étalement ur- bain, la multiplication des centres commerciaux, la zone industrielle et l'autoroute urbaine. Pendant que se bâtissait ainsi la «ville à la cam- pagne», l'urbanisme progressiste ap- pliquait à la ville centrale sa médecine favorite: l'amputation des quartiers populaires et, sous le nom de rénova- tion urbaine, leur remplacement par d'imposantes prothèses, les «en- Projet d'aménagement de la rue commerciale Hériot, a Orummondville par Daniel Arbour et Associés. Le retour du piéton «urbain» et de la boutique sur rue. Ici, les sembles» de logements publics trottoirs de béton sont rythmés par deux bandes de granite qui marquent l'implantation (HLM). La rénovation urbaine a ici des arbres, (photo: D. Arbour et Associés) Continuité automne 1985
  • 3. surtout démoli et peu construit. Ses préserver les avantages et pour en plus fameux exploits restent, à Mont- tirer des leçons d'avenir. Celle-ci était, DOSSIER réal, la démolition des quelque sept entre autres, plurifonctionnelle, fami- cents logements d'un quartier popu- lière, transformable, éminemment entendue partout! — demeure l'idée laire et leur remplacement par la tour appropriable. Elle favorisait le bras- que le centre historique n'est pas seu- solitaire de la radio-télévision d'État, sage social et l'intégration des immi- lement un ensemble immobilier mais et, à Québec, l'opération «Colline grants. Les équipements de base y aussi un milieu de vie; sans sa popu- parlementaire». étaient accessibles à pied. Elle était lation et ses activités traditionnelles, il Dans une ère d'expansion écono- frugale en énergie. Bref, le terrain n'est plus qu'un simulacre de lui- mique, d'accroissement rapide de la était prêt pour que germe l'idée de même et risque à terme de dépérir. population et d'urbanisation plus ra- patrimoine urbain. Mais Bologne, c'est aussi l'idée d'un pide encore, l'extension continue des urbanisme de consolidation, appuyé villes aux dépens de leur frange rurale LA LEÇON DE BOLOGNE sur une hypothèse de croissance zé- paraissait inévitable. Ceux qui s'en in- ro, idée somme toute éminemment quiétaient faisaient figure de pessi- Ayant pour ambition déclarée de opportune dans un contexte de crise mistes. Mais on se souviendra que produire de toutes pièces un environ- économique! dès 1961, Jane Jacobs (dans Death nement complet et historiquement C'est un peu dans cet esprit que a n d Life of Great American Cities) homogène, l'urbanisme moderne l'idée de réappropriation, non plus dénonçait avec virulence les certi- n'était pas béotien au point de récla- seulement des centres historiques tudes de l'urbanisme moderne. Elle mer la suppression de toute trace du proprement dits, mais aussi des s'en prenait avec un acharnement passé. Mais il n'admettait l'édifice an- quartiers anciens, est sortie des cé- particulier aux méfaits de la rénova- cien que comme échantillon d'archi- nacles spécialisés de défense et de tion urbaine à l'américaine. Son atta- tecture exemplaire (l'idée même de restauration du patrimone, pour pas- que contre le rêve banlieusard était m o n u m e n t historique), dans un ser dans l'urbanisme quotidien. C'est moins convaincante; mais surtout — cadre susceptible, lui, d'être entière- par le biais de nouvelles pratiques, et c'est ce qui finira par s'imposer — ment renouvelé. Les seuls ensembles comme les tentatives de revitalisation elle se livrait à un éloquent plaidoyer urbains qui trouvaient grâce à ses des artères commerciales ou les di- pour la ville traditionnelle, et pour la yeux étaient les villes historiques de vers programmes d'interprétation en rue new-yorkaise en particulier. première grandeur comme Venise. quartiers anciens et de consolidation En renouant avec la ville tradition- du tissu résidentiel, que s'est concré- L'urbanisme progressiste n'avait nelle, le virage «anti-moderne» mar- tisée la notion si prisée par nos cependant pas dit son dernier mot. Il que la redécouverte de l'héritage du hommes politiques montréalais de fallait relancer la verticalité, tout en passé proche et lointain comme tota- «regénérescence de la ville tradition- renonçant au super-ilot et à ses coûts lité valable, mais surtout récupérable n e l l e » . L ' o p é r a t i o n P1QA ( p r o - de remembrement prohibitifs. Les à des fins actuelles. L'illustre précé- gramme d'intervention en quartiers responsables de cette forme de re- dent de Bologne 1 a été l'étendard du anciens), lancée par la Ville de Mont- tour à la ville étaient assez lucides vaste mouvement de sauvetage des réal en 1979, est à cet égard exem- pour savoir qu'elle exigeait la relance centres historiques et plus largement plaire. Elle vise un requalification de du transport en c o m m u n . Mais d'un renouvellement des principes l'espace public au moyen d'interven- comment contenir l'afflux des voi- de la planification urbaine. La leçon tions ponctuelles attrayantes (jardins tures? Ou fallait-il plutôt le favoriser, de Bologne — on doute qu'elle ait été publics, assainissement des ruelles, en multipliant les parcs de stationne- ment et en faisant pénétrer l'auto- route au coeur même de la ville? Pour passer ainsi de la périphérie au centre, il fallait traverser d'abord les quartiers anciens, comme Hochela- ga et Maisonneuve à Montréal, et Saint-Roch à Québec, au prix de ca- tastrophiques destructions. C'en était assez pour donner prise au mouvement de contestation qui se développait en Amérique comme en Europe. On ne parlait pas encore de post-modernisme, mais la critique à laquelle furent soumis l'architecture moderne et l'urbanisme progressiste marqua un tournant. L'arrêt de la croissance démographique, la mon- tée des nuisances, et, bientôt, la crise de l'énergie et de l'économie en gé- néral disaient à l'unisson que c'était Le zonage négocié a su «Inspirer» au complexe Guy-Favreau des formes extérieures conciliantes avec la rue (arcades, étage supérieurs en retrait, fenestration traditionnelle, plutôt vers la ville traditionnelle qu'il etc.) ainsi qu'un Jardin intérieur autour duquel cohabitent assez bien logements et locaux fallait se tourner, à la fois pour en administratifs, (photo: R. Hébert II) Continuité automne 1985
  • 4. DOSSIER diversification du mobilier urbain, etc.). En privilégiant le «cadre de rue», ce ne sont plus seulement les bâtiments que l'on cherche à restau- rer et conserver, mais l'ensemble du tissu urbain. Cela n'empêche pas les PIQA d'avoir aussi pour objectif de stimuler la rénovation des logements vétustés. On est bien sûr à cent lieues des grandes opérations-bulldozer de rénovation intégrale des années cin- quante et soixante. On peut cepen- dant se demander quelles seront les conséquences de ces opérations «délicates» sur la composition éco- nomique et sociale des vieux quar- tiers ouvriers auxquels elles s'atta- quent. Dans quelle mesure, par exemple, n'induisent-elles pas une  Montréal, l'aménagement de la petite rue Sainte-Rose, sans exclure l'automobile, éviction des populations relativement affirme et protège le caractère résidentiel du vieux quartier Sainte-Marie menacé par son démunies au profit de catégories so- envahissant voisin, Radio-Canada, (photo: R. Hébert II) ciales moyennes, ce qui ne serait pas s a n s r a p p e l e r la r é n o v a t i o n - d'actualiser la notion de patrimoine, que anglais (AT. Edwards, 1924) a déportation des années cinquante et l'aurait-on p e r d u e de vue? Le appelé la courtoisie en architecture! A soixante. Si tel était le cas, on ne pour- concept de ville traditionnelle est de- Montréal et à Québec, on a recom- rait guère parler de restauration «à la venu un concept de relance écono- mencé à construire en quartier an- Bolognaise»! mique, ce qui prévient les dangers de cien, que ce soit pour obturer de C'est tout autant à partir de l'« exis- «muséification», mais non l'appau- simples brèches dans les aligne- tant» qu'on pense la revitalisation ou vrissement de la notion de patri- ments ou pour occuper les terrains la relance des artères commerciales. moine! vacants. Il suffit de citer l'opération 20 La politique urbanistique et les pro- 000 logements pour évoquer une grammes de subventions ad hoc LE TISSUS URBAIN riche collection d'ensembles neufs, sont sans doute pour beaucoup dans dont q u e l q u e s - u n s offrent d e s ce nouvel exercice, dont la mode at- Voilà donc à l'oeuvre un courant exemples intéressants de solutions teint les petites villes comme les passéiste dont les nombreux mérites nouvelles «servies à l'ancienne», grandes. Cette mode vient d'ailleurs à comprennent, comme on vient de le c'est-à-dire dans le cadre de la grille point, après trente ans de proliféra- voir, la redécouverte de la ville tradi- de rues traditionnelle. tion des centres commerciaux. La tionnelle. La rue n'est cependant pas Le retour à l'intégration des fonc- qualité des réalisations laisse parfois indépendante des autres formes tra- tions urbaines représente une autre à désirer, mais au moins on est reve- ditionnelles, et notamment de l'îlot nouveauté dans le programme de nu à la boutique sur rue. Le piéton qu'elle circonscrit et du parcellaire l'urbanisme actuel. À l'échelle d'une «urbain», la foule des trottoirs y qu'elle dessert. Le mépris des moder- rue, cela donne un mélange généra- trouve son compte, et le contact avec nistes pour ces formes a souvent lement instable de commerces et de la ville s'en trouve d'autant valorisé. laissé un héritage de tissu urbain dé- logements, mélange qui ne fait pas Le type de commerce que ces rues sarticulé: Ilots incomplets ou am- infailliblement le bonheur des rési- réaménagées retiennent ou attirent a putés, alignements «édentés» par les dants. Au centre-ville de Montréal, à aussi le mérite de demeurer d'échelle démolitions, espaces résiduels de une échelle plus grande, cela donne modeste et de ne pas produire de toutes sortes. Si on veut recoudre le complexe Guy-Favreau. Voilà un discontinuités aberrantes dans le tis- tout cela, on ne peut que recourir à la édifice qui, au moins, rompt avec la su des quartiers. La diversité de l'acti- construction neuve. Se pose alors le séparation des fonctions qui, depuis vité, y compris de l'activité artisanale, problème de l'insertion. Faut-il se la place Ville-Marie, a banni l'habita- est favorisée par la variété des locaux, contenter de copier ou de pasticher tion du centre-ville au profit du par la structure diversifiée de la pro- les constructions anciennes? Tel commerce et des bureaux. Quant au priété et par les disparités de loyer. Ce n'est pas le projet post-moderne, qui reste, la construction de ce complexe type d'opération, qui a des effets posi- n'est pas un refus de l'innovation ar- s'est faite dans la meilleure tradition tifs indéniables sur la conservation chitecturale, mais bien plutôt un sou- moderniste, au prix notamment de la active des quartiers traditionnels, se ci d'adaptation au contexte, de res- démolition d'une partie du quartier traduit souvent par une conservation pect de l'échelle du voisinage et de chinois. Il perpétue de plus la «cité douteuse de la qualité historique de soumission aux règles du rapport à verticale», qui emprisonne en un seul certains édifices. À force d'élargir et l'espace public: un peu ce qu'un criti- édifice ce que la ville traditionnelle Continuité automne 1985
  • 5. déployait le long d'espaces publics. Le p o s t - m o d e r n i s m e n o r d - DOSSIER américain réussit rarement à dépas- ser la tentation de faire du projet ar- chitectural une oeuvre d'art auto- n o m e , qui se démarque de son contexte comme une figure sur fond de nature ou de ville. Dans ce sens, le fameux monument post-moderne qu'est l'immeuble de l'A.T.&T. à New-York, de l'architecte Philip John- son, est typiquement «moderne»: à part l'emprunt néo-classique stylisé en façade, rien n'est changé, ni la relation à la ville, ni le v o l u m e construit, ni le rapport des occupants aux surfaces utiles. Dans le cas mon- tréalais du siège social de l'Alcan, l'ensemble constitué est encore, du point de vue urbanistique, un en- semble moderne, mais la concession à la ville ancienne est néanmoins plus Une première phase de la revitalisation du centre-ville de Beauharnols, débute a q u ' u n e s i m p l e c o u r b e t t e : un l'automne 1985. Dans un deuxième temps, un parc sera aménagé en bordure des chûtes fragment de celle-ci est en effet incor- de la Rivière Saint-Louis. L'ouverture sur les plans d'eau (fleuve, rivière, lac) redevient poré au nouvel ensemble et la forme une priorité, (photo: D. Arbour et Associés) de l'atrium évoque agréablement certains espaces traditionnels. Si l'es- Ou peut-on conclure à une conquête routes désormais interdites à proxi- pace moderne continue d'avaler l'es- de valeurs patrimoniales authenti- mité du centre. Le rejet de la pauvreté pace ancien, il préfère désormais le ques, qui survivront à la classe loin des quartiers anciens centraux, à faire en catimini. moyenne qui les a mises au goût du l'instar de certaines villes euro- jour? Doit-on parler de protection du péennes, pourrait constituer un autre patrimoine urbain dans son sens le exemple de ce que peut induire une plus large, ou de nouvelle exploita- politique «conservatrice» des quar- tion? Le succès de la ville comme tiers anciens, qui ferait l'économie de place de marché, n'est-ce pas en effet toute innovation urbanistique. dans l'ordre des choses, même pour Le retour à la ville ancienne ne peut la ville ancienne? L'histoire fait-elle s'accompagner d'un retour intégral à partie à présent de notre vie quoti- la proximité des activités dans l'es- dienne, ou en est-elle au contraire pace, comme le réclament certains bannie insidieusement, si la coexis- architectes post-modernes euro- tence de styles d'époques différentes péens (Maurice Culot, par exemple). se solde par un aplatissement du Le principal défi de l'urbanisme post- temps, par une négation de la dyna- moderne (si un jour il y en a un!) sera mique de l'histoire? Et sur le plan de combiner le respect du patrimoine fonctionnel, ne convient-il pas de urbain et les solutions d'aménage- s'inquiéter des répercussions sur la ment inventives, sans tourner le dos à ville entière du soin dont on entoure la ville telle qu'elle est dans sa globa- les quartiers anciens? En nous re- lité. • Un des «exploits» de l'urbanisme pliant douillettement au creux de ces progressiste: la démolition de quelque quartiers, ne sommes-nous pas en 1 ) La Ville de Bologne (Italie) décide en 1960 de renoncer a la 700 logements, remplacés par la tour passe d'évacuer vers la périphérie création d'un nouveau centre directionnel qui aurait accéléré solitaire de Radio-Canada, (photo: R. l'affectation du centre historique aux fonctions commerciales certains problèmes urbains, ou à tout et administratives. Elle stabilise au contraire la croissance de la Hébert II) ville et prépare un nouveau plan d'ensemble misant, entre le moins de les ignorer? Par exemple, autres, sur le sauvetage du centre historique (restauration des l'usage de l'automobile continue de îlots dégradés, avec maintien des habitants, création d'équipe- ments, relance des activités artisanales et coopératives ainsi LE DEFI «POST-MODERNISTE» prévaloir et le transport de masse, par que piétonnisation et politique audacieuse de transport en la lourdeur de ses équipements et de commun pour réduire la circulation automobile). Michel Régnier a consacré a cette expérience un film de la En terminant, il convient de s'inter- ses infrastructures ne fait plus guère série Clrbanose, produite par l'Office national du film, qui a roger sérieusement sur les enjeux et figure de solution d'avenir. Le trans- déclenché tout un débat sur les différences entre l'expérience de Bologne et celle de la Place Royale à Québec. sur les significations de ces nouvelles port post-moderne reste encore à in- tendances. S'agit-il simplement de venter. Impasse aussi du côté de la Annick Germain et Jean-Paul Guay pragmatisme opportuniste porté par décentralisation des industries indé- sont respectivement sociologue et ur- un contexte de crise, profitant d'un sirables — c'est-à-dire polluantes — baniste. Ils enseignent actuellement à temps d'arrêt dans le mouvement sé- qu'on a pu reléguer à la périphérie l'Institut d'urbanisme de l'Université culaire du progrès technologique? parce qu'on y multipliait les auto- de Montréal. Continuité automne 1985