L’appropriation des dispositifs d’écriture numérique en questionsHélène BourdeloieUniversité Paris 13, LabSic et chercheur associé à Costech (UTC)     9e séminaire M@rsouin26 et 27 mai 2011 - Bénodet
La communication prend appui sur:Projet sur les PRatiques d’éCriture Interactive en Picardie (PRECIP)
Projet déposé auprès de la Région Picardie sur les enjeux des dispositifs d’écriture numérique dans l’Appropriation du Territoire et la constitution d’une Identité PICcarde (ATIPIC)
 Enquête qualitative conduite sur les usages de l’encyclopédie collaborative Wikipédia
Point d’entrée: fracture numériqueObjectifs de l’interventionInterroger les implications méthodologiques et théoriques que pose la question de l’analyse de l’appropriation d’un dispositif d’écriture numériqueInterroger la question de l’appropriation d’un dispositif d’écriture numérique au regard de sa complexité d’un point de vue technique, sémiotique et socialVisée exploratoireComplexité du dispositif d’écriture numérique: niveau techniqueD’un point de vue technique:
Propriétés spécifiques du numérique (manipulabilité, abstraction, adressabilité, universalité, clonabilité) qui permettent:
des possibles techniques (interativité, transformation, etc.)
des possibles applicatifs (traitement automatique, génération automatique, etc.)Complexité du dispositif d’écriture numérique: niveau sémiotiqueD’un point de vue sémiotique:« écrit d’écran »: objet dynamique qui n’a pas de matérialité (Souchier, 1996)
Dimension supplémentaire:
« écrit d’écran participatif »: le dispositif prend sens à partir du moment où les usagers y contribuent Enjeux des pratiques d’écriture numériqueIntersémiotisation des médiasÉcriture hypermédia….Importance du terme d’« écriture »: espaces de prise de parole (usagers interagissent avec le contenu) et espaces éditoriaux (informationnels, documentaires…)
Hétérogènes, supports au service de pratiques relationnelles, culturelles, médiatiques… ils s’offrent à des usages multiples Questions méthodologiques Objectif du projet PRECIP: former aux fondamentaux d’une littératie numérique en vue de faire émerger des lettrés du numérique Enseignement de séquences pédagogiques dans 3 types de terrains : collège, université et espace public numérique (EPN) début de la phase d’enquête en février 2011Méthodes: questionnaires, entretiens, analyse sémiotique, analyse des traces d’activités
Questions méthodologiques et analytiquesAu niveau méthodologique:
Mise en œuvre du dispositif méthodologique: complexité de la grille d’entretien (p. ex. catégorisation des thématiques)
Au niveau analytique:
Entrelacement des pratiques (notamment du fait de la convergence des supports) rend difficile l’analyse des usages et l’appréciation des compétences mobilisées (dispersion et mobilité des supports et donc des pratiques) Entrelacement des supports et des pratiquesPhénomène de multi-taskinget d’ubiquité d’activité (Mallein, 2008) rend difficile la contextualisation des pratiques et leur inscription dans le budget-temps des activités p. ex. 67,5 % des 11-20 ans déclarent utiliser régulièrement plusieurs médias en même temps (strategie.gouv, 2010)Imbrication (entrelacement) des pratiques: continuum entre pratiques en ligne et hors ligne p. ex. usagers de cédéroms et sites web de musée sont généralement des individus déjà publics de musées ou fort intéressés par la culture muséale et artistique (Vidal, 1999 ; Bourdeloie, 2007). Pratiques numériques et pratiques traditionnelles: continuumles « pratiques de l’usager demandent à être interprétées dans leur dimension sociétale globale » (Jouët, 2011, p. 81)pour comprendre les pratiques d’écriture numérique, il faut les articuler avec les pratiques traditionnelles (sociales, culturelles, scripturales, etc.) dans lesquelles elles s’inscrivent
Implications méthodologiques et analytiquesPléthore de données (p. ex. méthode des carnets de contacts)
« trop de nuances, trop de renseignements. Trop de vies individuelles pourrait-on dire » (Gribaudi, 1998)
Nécessité de faire appel à plusieurs méthodes (sociologique, sémiotique, ethnographique, analyse des traces d’activités, etc.) pour analyser les compétences déployées par l’usager afin de s’approprier un dispositif d’écriture numérique  Implications théoriquesRecourir à différents cadres d’interprétation:Dans la littérature, l’accent est parfois mis sur le rôle « expressiviste » qu’endosseraient ces technologies numériques (Allard, 2009)
Approche valorisant un modèle « participatif » où l’usager qui, de simple consommateur, se muerait en un « générateur de contenus »
D’autres approches, plus « sociologisantes », prennent davantage acte des dispositions individuelles (Le Douarin, 2007; Granjon, 2005)  Relativiser la subversion des pratiques Le « modèle expressiviste » semble peu pertinent pour des individus « ordinaires » produisant peu de contenus et entretenant un rapport utilitaire et relationnel au dispositifLa majorité des internautes ne développe pas d’usages créatifs
« si le Web 2.0 témoigne d’un tournant dans les usages grand public, seule une minorité des internautes est réellement investie dans la création numérique dont une petite partie est de grande qualité, rendant la frontière entre amateurisme et professionnalisme de plus en plus poreuse » (Jouët, 2011, p. 71)Pratiques créatives vs processus d’aliénation?« Les formes des pratiques de production émanant des internautes peuvent parfois être subversives et critiques dans certains produits éditorialisés, la production amateur par exemple, mais dans la majorité des cas elles témoignent d’une innovation sociale qui ne relève pas de contre-cultures ou de sous-cultures (subculture) mais d’une innovation sociale ordinaire qui se greffe sur l’imprégnation croissante par le public de la culture médiatique et de la culture numérique » (Jouët, 2011, p. 73)
Avec les réseaux sociaux, J. Jouët se demande si les « thèses de l’École de Francfort sur l’évasion des masses (escapism) dans le divertissement des médias  ne pourraient être à nouveau convoquées ; mais cette fois-ci il s’agirait d’une manipulation non plus orchestrée par les médias, mais d’une participation active des individus à leur propre aliénation » (Jouët, 2011, p. 72).Remise en cause du modèle de la légitimité culturelleLittérature souvent dominée par l’idée que le modèle de la légitimité culturelle est devenu inopérant pour étudier les pratiques culturelles et numériques contemporainesLes dispositifs d’écriture numérique contribuent en effet à désenclaver la culture légitime et à changer les catégories de perception des hiérarchies culturelles en brouillant les classifications traditionnelle (p. ex. encyclopédie Wikipédia)
Si l’analyse des dispositifs numériques échappe en partie au modèle de la légitimité culturelle, doit-on pour autant se départir d’une sociologie dispositionnaliste qui permet de nous éclairer sur les prérequis nécessaires à l’appropriation et de mettre à jour les usages différenciés au regard de facteurs culturels et sociaux ?L’appropriation : les compétences en questionsLes pratiques numériques occupent aujourd’hui une place significative dans le système des pratiques culturelles et sociales des individusSelon la dernière enquête Conditions de vie et Aspirations des Français du CREDOC de juin 2010, plus de 15 % de la population de 12 ans et + passe plus de 21h par semaine sur internet contre 28% pour la télévision
Les Français consacrent en moyenne 31 heures par semaine aux divers écrans installés à la maison (télévisions, ordinateurs, consoles de jeux, etc.) selon la dernière enquête sur les pratiques culturelles des Français (Donnat O., 2009)« Natifs numériques »: déficit d’alphabétisation au numérique« Natifs numériques »: pratiques d’écriture numérique constituent aujourd’hui – pour beaucoup –, le ferment de leurs pratiques sociales et culturelles: 74,9 % des jeunes discutent sur internet, 9 lycéens sur 10 ont un compte Facebook, leurs trois sites préférés sont Facebook, Youtube et MSN (Kredens et Fontar, 2010)
Malgré tout, il existe un déficit de compétences sur un plan de l’alphabétisation au numérique
Plusieurs études montrent que d’un point de vue théorique, les « natifs numériques » n’appréhendent pas les principes de fonctionnement et d’organisation de l’internet (p. ex.Brotcorne et al., 2009). Culture technique, informationnelle, numériquePremiers résultats: Leur culture technique (c.-à-d. computer literacy et digital literacy) semble se limiter à un savoir-faire opératoire, c’est-à-dire à des compétences assimilables à des habiletés techniques et pratiques (très peu de connaissances de la théorie du numérique qui n’est d’ailleurs pas enseignée dans les certifications traditionnelles type B2i ou C2i)
Leur culture informationnelle (information literacy) semble circonscrite à la localisation et la gestion de l’information Culture technique et culture numérique: la ruptureIls seraient plutôt dotés d’une « culture numérique » qui se distingue bien de la culture informatique:« (…) l’évolution des technologies informatiques s’est accompagnée du passage de la culture informatique – centrée sur l’apprentissage des codes de la technique et les modes de faire – à la culture numérique. (…) avec la convivialité accrue des ordinateurs et des interfaces d’écran qui encourage une manipulation intuitive d’Internet, la dimension technicienne (est) gommée au profit d’une ‘culture numérique’ qui témoigne d’un désenclavement de l’usage de la sphère informatique et de son glissement vers les sphères culturelles et médiatiques.  » (Jouët, 2011, p. 67)Compétences opératoires et communicationnellesLa culture numérique serait plus proche de la culture grand public que de la culture technique proprement dite:
« la culture numérique, dans sa dimension profane, permet à la fois d’élargir le champ de la culture en y incluant une dimension technique, et de faire sortir l’informatique de l'étroitesse de la spécialisation en la faisant pénétrer dans la sphère des références culturelles communes » (Jouët, 2011, p. 27)
Les compétences mobilisées sont d’ordre opératoire et communicationnel (cf. travaux de J. Jouët sur les usagers du minitel témoignaient  de compétences à la fois opératoires et communicationnelles », Jouët, 2011, p. 68)
Dans le cas des dispositifs d’écriture numérique, il faut en effet des compétences communicationnelles tant un déficit d’engagement peut contrarier l’appropriationCompétences opératoiresPauvreté de leurs pratiques informationnelles et de leurs connaissances du numérique tout comme de leurs usages, fort éloignés de la figure de l’usager actif et participatif Pratiques loin de faire le lit de l’idéologie du « do ityourself » (Liquète, 2010) Les usagers ne se soumettent pas forcément à la tyrannie de la sociabilité qu’exerce le web social ni à la « tyrannie de la visibilité » (Aubert et Haroche (dir.), 2011)
Usages peu participatifs: déviance?La non-adhésion ou non-participation (absence de visibilité…)  est une forme de déviance par rapport à une norme dominantePeut-on interpréter cette déviance comme l’expression d’une non appropriation, comme le signe d’une stratégie distinctive ou, au contraire, comme le signe d’une exclusion?
Appropriation, compétences et translittératieCompétences acquises par de multiples canaux : savoirs formels enseignés dans un cadre scolaire (type B2i ou C2i), savoir-faire non formels acquis de manière autodidacte ou via les capitaux sociaux (réseaux) des individus

approchesinterculturelles1

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    L’appropriation des dispositifsd’écriture numérique en questionsHélène BourdeloieUniversité Paris 13, LabSic et chercheur associé à Costech (UTC) 9e séminaire M@rsouin26 et 27 mai 2011 - Bénodet
  • 2.
    La communication prendappui sur:Projet sur les PRatiques d’éCriture Interactive en Picardie (PRECIP)
  • 3.
    Projet déposé auprèsde la Région Picardie sur les enjeux des dispositifs d’écriture numérique dans l’Appropriation du Territoire et la constitution d’une Identité PICcarde (ATIPIC)
  • 4.
    Enquête qualitativeconduite sur les usages de l’encyclopédie collaborative Wikipédia
  • 5.
    Point d’entrée: fracturenumériqueObjectifs de l’interventionInterroger les implications méthodologiques et théoriques que pose la question de l’analyse de l’appropriation d’un dispositif d’écriture numériqueInterroger la question de l’appropriation d’un dispositif d’écriture numérique au regard de sa complexité d’un point de vue technique, sémiotique et socialVisée exploratoireComplexité du dispositif d’écriture numérique: niveau techniqueD’un point de vue technique:
  • 6.
    Propriétés spécifiques dunumérique (manipulabilité, abstraction, adressabilité, universalité, clonabilité) qui permettent:
  • 7.
    des possibles techniques(interativité, transformation, etc.)
  • 8.
    des possibles applicatifs(traitement automatique, génération automatique, etc.)Complexité du dispositif d’écriture numérique: niveau sémiotiqueD’un point de vue sémiotique:« écrit d’écran »: objet dynamique qui n’a pas de matérialité (Souchier, 1996)
  • 9.
  • 10.
    « écrit d’écran participatif »:le dispositif prend sens à partir du moment où les usagers y contribuent Enjeux des pratiques d’écriture numériqueIntersémiotisation des médiasÉcriture hypermédia….Importance du terme d’« écriture »: espaces de prise de parole (usagers interagissent avec le contenu) et espaces éditoriaux (informationnels, documentaires…)
  • 11.
    Hétérogènes, supports auservice de pratiques relationnelles, culturelles, médiatiques… ils s’offrent à des usages multiples Questions méthodologiques Objectif du projet PRECIP: former aux fondamentaux d’une littératie numérique en vue de faire émerger des lettrés du numérique Enseignement de séquences pédagogiques dans 3 types de terrains : collège, université et espace public numérique (EPN) début de la phase d’enquête en février 2011Méthodes: questionnaires, entretiens, analyse sémiotique, analyse des traces d’activités
  • 12.
    Questions méthodologiques etanalytiquesAu niveau méthodologique:
  • 13.
    Mise en œuvredu dispositif méthodologique: complexité de la grille d’entretien (p. ex. catégorisation des thématiques)
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    Entrelacement des pratiques(notamment du fait de la convergence des supports) rend difficile l’analyse des usages et l’appréciation des compétences mobilisées (dispersion et mobilité des supports et donc des pratiques) Entrelacement des supports et des pratiquesPhénomène de multi-taskinget d’ubiquité d’activité (Mallein, 2008) rend difficile la contextualisation des pratiques et leur inscription dans le budget-temps des activités p. ex. 67,5 % des 11-20 ans déclarent utiliser régulièrement plusieurs médias en même temps (strategie.gouv, 2010)Imbrication (entrelacement) des pratiques: continuum entre pratiques en ligne et hors ligne p. ex. usagers de cédéroms et sites web de musée sont généralement des individus déjà publics de musées ou fort intéressés par la culture muséale et artistique (Vidal, 1999 ; Bourdeloie, 2007). Pratiques numériques et pratiques traditionnelles: continuumles « pratiques de l’usager demandent à être interprétées dans leur dimension sociétale globale » (Jouët, 2011, p. 81)pour comprendre les pratiques d’écriture numérique, il faut les articuler avec les pratiques traditionnelles (sociales, culturelles, scripturales, etc.) dans lesquelles elles s’inscrivent
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    Implications méthodologiques etanalytiquesPléthore de données (p. ex. méthode des carnets de contacts)
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    « trop de nuances,trop de renseignements. Trop de vies individuelles pourrait-on dire » (Gribaudi, 1998)
  • 18.
    Nécessité de faireappel à plusieurs méthodes (sociologique, sémiotique, ethnographique, analyse des traces d’activités, etc.) pour analyser les compétences déployées par l’usager afin de s’approprier un dispositif d’écriture numérique Implications théoriquesRecourir à différents cadres d’interprétation:Dans la littérature, l’accent est parfois mis sur le rôle « expressiviste » qu’endosseraient ces technologies numériques (Allard, 2009)
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    Approche valorisant unmodèle « participatif » où l’usager qui, de simple consommateur, se muerait en un « générateur de contenus »
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    D’autres approches, plus« sociologisantes », prennent davantage acte des dispositions individuelles (Le Douarin, 2007; Granjon, 2005)  Relativiser la subversion des pratiques Le « modèle expressiviste » semble peu pertinent pour des individus « ordinaires » produisant peu de contenus et entretenant un rapport utilitaire et relationnel au dispositifLa majorité des internautes ne développe pas d’usages créatifs
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    « si le Web2.0 témoigne d’un tournant dans les usages grand public, seule une minorité des internautes est réellement investie dans la création numérique dont une petite partie est de grande qualité, rendant la frontière entre amateurisme et professionnalisme de plus en plus poreuse » (Jouët, 2011, p. 71)Pratiques créatives vs processus d’aliénation?« Les formes des pratiques de production émanant des internautes peuvent parfois être subversives et critiques dans certains produits éditorialisés, la production amateur par exemple, mais dans la majorité des cas elles témoignent d’une innovation sociale qui ne relève pas de contre-cultures ou de sous-cultures (subculture) mais d’une innovation sociale ordinaire qui se greffe sur l’imprégnation croissante par le public de la culture médiatique et de la culture numérique » (Jouët, 2011, p. 73)
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    Avec les réseauxsociaux, J. Jouët se demande si les « thèses de l’École de Francfort sur l’évasion des masses (escapism) dans le divertissement des médias  ne pourraient être à nouveau convoquées ; mais cette fois-ci il s’agirait d’une manipulation non plus orchestrée par les médias, mais d’une participation active des individus à leur propre aliénation » (Jouët, 2011, p. 72).Remise en cause du modèle de la légitimité culturelleLittérature souvent dominée par l’idée que le modèle de la légitimité culturelle est devenu inopérant pour étudier les pratiques culturelles et numériques contemporainesLes dispositifs d’écriture numérique contribuent en effet à désenclaver la culture légitime et à changer les catégories de perception des hiérarchies culturelles en brouillant les classifications traditionnelle (p. ex. encyclopédie Wikipédia)
  • 23.
    Si l’analyse desdispositifs numériques échappe en partie au modèle de la légitimité culturelle, doit-on pour autant se départir d’une sociologie dispositionnaliste qui permet de nous éclairer sur les prérequis nécessaires à l’appropriation et de mettre à jour les usages différenciés au regard de facteurs culturels et sociaux ?L’appropriation : les compétences en questionsLes pratiques numériques occupent aujourd’hui une place significative dans le système des pratiques culturelles et sociales des individusSelon la dernière enquête Conditions de vie et Aspirations des Français du CREDOC de juin 2010, plus de 15 % de la population de 12 ans et + passe plus de 21h par semaine sur internet contre 28% pour la télévision
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    Les Français consacrenten moyenne 31 heures par semaine aux divers écrans installés à la maison (télévisions, ordinateurs, consoles de jeux, etc.) selon la dernière enquête sur les pratiques culturelles des Français (Donnat O., 2009)« Natifs numériques »: déficit d’alphabétisation au numérique« Natifs numériques »: pratiques d’écriture numérique constituent aujourd’hui – pour beaucoup –, le ferment de leurs pratiques sociales et culturelles: 74,9 % des jeunes discutent sur internet, 9 lycéens sur 10 ont un compte Facebook, leurs trois sites préférés sont Facebook, Youtube et MSN (Kredens et Fontar, 2010)
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    Malgré tout, ilexiste un déficit de compétences sur un plan de l’alphabétisation au numérique
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    Plusieurs études montrentque d’un point de vue théorique, les « natifs numériques » n’appréhendent pas les principes de fonctionnement et d’organisation de l’internet (p. ex.Brotcorne et al., 2009). Culture technique, informationnelle, numériquePremiers résultats: Leur culture technique (c.-à-d. computer literacy et digital literacy) semble se limiter à un savoir-faire opératoire, c’est-à-dire à des compétences assimilables à des habiletés techniques et pratiques (très peu de connaissances de la théorie du numérique qui n’est d’ailleurs pas enseignée dans les certifications traditionnelles type B2i ou C2i)
  • 27.
    Leur culture informationnelle(information literacy) semble circonscrite à la localisation et la gestion de l’information Culture technique et culture numérique: la ruptureIls seraient plutôt dotés d’une « culture numérique » qui se distingue bien de la culture informatique:« (…) l’évolution des technologies informatiques s’est accompagnée du passage de la culture informatique – centrée sur l’apprentissage des codes de la technique et les modes de faire – à la culture numérique. (…) avec la convivialité accrue des ordinateurs et des interfaces d’écran qui encourage une manipulation intuitive d’Internet, la dimension technicienne (est) gommée au profit d’une ‘culture numérique’ qui témoigne d’un désenclavement de l’usage de la sphère informatique et de son glissement vers les sphères culturelles et médiatiques.  » (Jouët, 2011, p. 67)Compétences opératoires et communicationnellesLa culture numérique serait plus proche de la culture grand public que de la culture technique proprement dite:
  • 28.
    « la culture numérique,dans sa dimension profane, permet à la fois d’élargir le champ de la culture en y incluant une dimension technique, et de faire sortir l’informatique de l'étroitesse de la spécialisation en la faisant pénétrer dans la sphère des références culturelles communes » (Jouët, 2011, p. 27)
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    Les compétences mobiliséessont d’ordre opératoire et communicationnel (cf. travaux de J. Jouët sur les usagers du minitel témoignaient de compétences à la fois opératoires et communicationnelles », Jouët, 2011, p. 68)
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    Dans le casdes dispositifs d’écriture numérique, il faut en effet des compétences communicationnelles tant un déficit d’engagement peut contrarier l’appropriationCompétences opératoiresPauvreté de leurs pratiques informationnelles et de leurs connaissances du numérique tout comme de leurs usages, fort éloignés de la figure de l’usager actif et participatif Pratiques loin de faire le lit de l’idéologie du « do ityourself » (Liquète, 2010) Les usagers ne se soumettent pas forcément à la tyrannie de la sociabilité qu’exerce le web social ni à la « tyrannie de la visibilité » (Aubert et Haroche (dir.), 2011)
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    Usages peu participatifs:déviance?La non-adhésion ou non-participation (absence de visibilité…) est une forme de déviance par rapport à une norme dominantePeut-on interpréter cette déviance comme l’expression d’une non appropriation, comme le signe d’une stratégie distinctive ou, au contraire, comme le signe d’une exclusion?
  • 32.
    Appropriation, compétences ettranslittératieCompétences acquises par de multiples canaux : savoirs formels enseignés dans un cadre scolaire (type B2i ou C2i), savoir-faire non formels acquis de manière autodidacte ou via les capitaux sociaux (réseaux) des individus