Le Projet Garki:
   Historique et conséquences




Joseph FAYE, UE, Institut Pasteur de Dakar SENEGAL
PLAN


1/ Projets pilotes entrepris en Afrique tropicale avant le projet Garki.
2/ Historique du projet Garki.
3/ Objectifs du projet Garki.
4/ Les différentes phases du projet Garki.
5/ Conséquences immédiates et à long terme du projet Garki.
    • sur la lutte antipaludique
    • sur la planification de la lutte antipaludique
Projets pilotes entrepris en Afrique tropicale
                      avant le projet Garki (1)

  Recommandations de la 1ère conférence du paludisme, Kampala 1950.


   Divers projet pilotes (pulvérisations intradomiciliaires d’insecticides à
effet rémanent, administrations massives de médicaments (A.M.M)) dans
différentes situations épidémiologiques.


  Projet de Sokoto et de Kankiya (DDT et Diéldrine, Chloroquine et
pyriméthamine)


     Ecarts considérables entre prévision du modèle et résultats terrain.
Historique du projet Garki. (1)

 Conclusions de la réunion d’un groupe consultatif à Genève en
Mai 1969:
        Un projet sur le terrain est un complément essentiel de l’actuelle
       politique d’amélioration des services sanitaires de base.


         Projet consacré essentiellement à des activités de recherche et
       d’observation.


         Construction de modèles mathématiques permettant d’identifier
       et de quantifier les facteurs jouant un rôle important dans la lutte
       antipaludique.
Historique du projet Garki.(suite) (1)

  Au vu de ces conclusions, a été organisé le projet Garki.
        Etude longitudinale pluridisciplinaire sur l’épidémiologie du
       paludisme et la lutte antipaludique dans une zone de savane
       soudanienne du Nigéria septentrional


         Initié par l’OMS et le gouvernement nigérian qui ont dépensé
       plus de 6 millions de dollars pour essayer d’éradiquer le paludisme
       dans 164 villages. (5)


  Février 1975 : un autre groupe consultatif pour recenser et analyser
les résultats obtenus par le projet et délibérer sur la suite à lui
donner.
Objectifs du projet Garki. (1)

   Mesure de l’effet des pulvérisations de propoxur seul ou associé à
l’administration massive de médicaments (A.M.M) (Sulfalène et de
pyriméthamine)


  Etudier l’épidémiologie du paludisme dans les zones rurales de la
savane soudanienne de plaine. Mesurer les variations entomologiques,
parasitologiques et sérologiques et en déterminer les relations.


  Construire et essayer un modèle mathématique pour établir un rapport
entre les variables entomologiques et parasitologiques en particulier
entre la capacité vectorielle et la prévalence de P. falciparum.
Les différentes phases du projet Garki. (2)
Phase préparatoire, Septembre 1969 à Septembre 1970:
  Enquêtes entomologiques et
  Enquêtes parasitologiques préliminaires.


Phase de référence, d’Octobre 1970 à Mars 1972:
  Collecte de données de référence dans les grappes de villages étudiés;
  Exécution des essais préliminaires d’insecticides et de médicaments.


Phase d’intervention, d’Avril 1972 à Octobre 1973:
  Application des stratégies d’intervention;
   Poursuite de l’étude épidémiologique dans les grappes de villages traités et non
 traités.
(2)




         ZONE A1

                   ZONE A2

ZONE B
Les différentes phases du projet Garki:
                             Intervention (2)


Zone Traitement          Nb de        Population Superficie      Fréquence
                         villages                                du TMM
B     Propoxur seul      104          32. 828    550
A2    Propoxur + TMM     54           14. 129    350             10 Sem
      à faible
      fréquence
A1    Propoxur + TMM     6            1. 810     12              2 Sem / SP
      à haute                                                    10 Sem
      fréquence                                                  /SS


TMM = Traitement médicamenteux de masse               SP = Saison des pluies
Sem = Semaine                                         SS = Saison sèche
Conséquences du projet Garki. (3)

Conséquences immédiates sur la lutte antipaludique 1
  Utilisation d’insecticides à effet rémanent
       Projets            Effets sur la     Causes de
                          transmission      l’échec
       Sokoto (1954-      Ralentie mais     Inconnues :
       1964)              non arrêtée       hypothèses
       Garki (1969-       Ralentie mais     Connues :
       1976)              non arrêtée       -niveau de
                                            transmission
                                            élevé
                                            -vecteurs
                                            partiellement
                                            exophiles
Conséquences du projet Garki.(suite) (3)

Conséquences immédiates sur la lutte antipaludique 2
                                é
     é


         Projets         Effets sur la   Morbidité/Mortalité
                         transmission
         Sokoto (1954-   Ralentie mais   ?
         1964)           non arrêtée
         Garki (1969-    Ralentie mais   Regression chez
         1976)           non arrêtée     les enfants
Conséquences du projet Garki.(suite) (3)

Conséquences à long terme sur la lutte antipaludique
   Dans l’avenir les pulvérisations à effet rémanent et A.M.M ne
 doivent pas être recommandées comme méthode de lutte
 antipaludique dans les zones rurales de savane soudanienne
 d’Afrique.
Conséquences du projet Garki.(suite) (3)

  Conséquences immédiates sur la planification de la lutte
antipaludique


     Le modèle mathématique simulant assez fidèlement
   l’épidémiologie de P. falciparum peut calculer les conséquences
   parasitologiques de modifications déterminées de la capacité
   vectorielle, du traitement médicamenteux de masse.


    Grâce au projet le modèle a été mis à l’épreuve en comparant
   ses résultats aux observations faites sur le terrain.
Conséquences du projet Garki.(suite) (3)


  Conséquences à long terme sur la planification de la lutte
antipaludique


     A l’avenir on peut grâce au modèle comparer les résultats de
   différents plans d’intervention.


      Le modèle peut servir d’instrument pour comprendre et enseigner
   l’épidémiologie du paludisme et pour planifier la lutte antipaludique.
Conclusions


  L’utilisation de médicaments et d’insecticides pourrait
réduire l’incidence du paludisme à court terme mais n’était pas
assez pour réaliser un succès à long terme. (5)
Bibliographie

1- L. Molineaux et G. Gramiccia. Chapitre 1: Introduction. Genève, OMS, 1980. le
22/03/2005.
2- L. Molineaux et G. Gramiccia. Chapitre 2: Conception de l’étude et caractéristiques
de sa zone d’éxécution. Genève, OMS, 1980. le 22/03/2005
3- L. Molineaux et G. Gramiccia. Chapitre 11: Conclusions pratiques pour l’avenir de la
lutte antipaludique. Genève, OMS, 1980. le 22/03/2005
4- John Luke Gallup, Jeffrey D. Sachs. The economic burden of malaria.Center for
International Development at Harvard, October 1998. 21/03/2005.
http://www.winterthurhealthforum.ch/PDF/economicburden.pdf
5- Hamish Robertson. History of malaria.
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Le projet : Garki, historique et conséquences

  • 1.
    Le Projet Garki: Historique et conséquences Joseph FAYE, UE, Institut Pasteur de Dakar SENEGAL
  • 2.
    PLAN 1/ Projets pilotesentrepris en Afrique tropicale avant le projet Garki. 2/ Historique du projet Garki. 3/ Objectifs du projet Garki. 4/ Les différentes phases du projet Garki. 5/ Conséquences immédiates et à long terme du projet Garki. • sur la lutte antipaludique • sur la planification de la lutte antipaludique
  • 3.
    Projets pilotes entreprisen Afrique tropicale avant le projet Garki (1) Recommandations de la 1ère conférence du paludisme, Kampala 1950. Divers projet pilotes (pulvérisations intradomiciliaires d’insecticides à effet rémanent, administrations massives de médicaments (A.M.M)) dans différentes situations épidémiologiques. Projet de Sokoto et de Kankiya (DDT et Diéldrine, Chloroquine et pyriméthamine) Ecarts considérables entre prévision du modèle et résultats terrain.
  • 4.
    Historique du projetGarki. (1) Conclusions de la réunion d’un groupe consultatif à Genève en Mai 1969: Un projet sur le terrain est un complément essentiel de l’actuelle politique d’amélioration des services sanitaires de base. Projet consacré essentiellement à des activités de recherche et d’observation. Construction de modèles mathématiques permettant d’identifier et de quantifier les facteurs jouant un rôle important dans la lutte antipaludique.
  • 5.
    Historique du projetGarki.(suite) (1) Au vu de ces conclusions, a été organisé le projet Garki. Etude longitudinale pluridisciplinaire sur l’épidémiologie du paludisme et la lutte antipaludique dans une zone de savane soudanienne du Nigéria septentrional Initié par l’OMS et le gouvernement nigérian qui ont dépensé plus de 6 millions de dollars pour essayer d’éradiquer le paludisme dans 164 villages. (5) Février 1975 : un autre groupe consultatif pour recenser et analyser les résultats obtenus par le projet et délibérer sur la suite à lui donner.
  • 6.
    Objectifs du projetGarki. (1) Mesure de l’effet des pulvérisations de propoxur seul ou associé à l’administration massive de médicaments (A.M.M) (Sulfalène et de pyriméthamine) Etudier l’épidémiologie du paludisme dans les zones rurales de la savane soudanienne de plaine. Mesurer les variations entomologiques, parasitologiques et sérologiques et en déterminer les relations. Construire et essayer un modèle mathématique pour établir un rapport entre les variables entomologiques et parasitologiques en particulier entre la capacité vectorielle et la prévalence de P. falciparum.
  • 7.
    Les différentes phasesdu projet Garki. (2) Phase préparatoire, Septembre 1969 à Septembre 1970: Enquêtes entomologiques et Enquêtes parasitologiques préliminaires. Phase de référence, d’Octobre 1970 à Mars 1972: Collecte de données de référence dans les grappes de villages étudiés; Exécution des essais préliminaires d’insecticides et de médicaments. Phase d’intervention, d’Avril 1972 à Octobre 1973: Application des stratégies d’intervention; Poursuite de l’étude épidémiologique dans les grappes de villages traités et non traités.
  • 9.
    (2) ZONE A1 ZONE A2 ZONE B
  • 10.
    Les différentes phasesdu projet Garki: Intervention (2) Zone Traitement Nb de Population Superficie Fréquence villages du TMM B Propoxur seul 104 32. 828 550 A2 Propoxur + TMM 54 14. 129 350 10 Sem à faible fréquence A1 Propoxur + TMM 6 1. 810 12 2 Sem / SP à haute 10 Sem fréquence /SS TMM = Traitement médicamenteux de masse SP = Saison des pluies Sem = Semaine SS = Saison sèche
  • 11.
    Conséquences du projetGarki. (3) Conséquences immédiates sur la lutte antipaludique 1 Utilisation d’insecticides à effet rémanent Projets Effets sur la Causes de transmission l’échec Sokoto (1954- Ralentie mais Inconnues : 1964) non arrêtée hypothèses Garki (1969- Ralentie mais Connues : 1976) non arrêtée -niveau de transmission élevé -vecteurs partiellement exophiles
  • 12.
    Conséquences du projetGarki.(suite) (3) Conséquences immédiates sur la lutte antipaludique 2 é é Projets Effets sur la Morbidité/Mortalité transmission Sokoto (1954- Ralentie mais ? 1964) non arrêtée Garki (1969- Ralentie mais Regression chez 1976) non arrêtée les enfants
  • 13.
    Conséquences du projetGarki.(suite) (3) Conséquences à long terme sur la lutte antipaludique Dans l’avenir les pulvérisations à effet rémanent et A.M.M ne doivent pas être recommandées comme méthode de lutte antipaludique dans les zones rurales de savane soudanienne d’Afrique.
  • 14.
    Conséquences du projetGarki.(suite) (3) Conséquences immédiates sur la planification de la lutte antipaludique Le modèle mathématique simulant assez fidèlement l’épidémiologie de P. falciparum peut calculer les conséquences parasitologiques de modifications déterminées de la capacité vectorielle, du traitement médicamenteux de masse. Grâce au projet le modèle a été mis à l’épreuve en comparant ses résultats aux observations faites sur le terrain.
  • 15.
    Conséquences du projetGarki.(suite) (3) Conséquences à long terme sur la planification de la lutte antipaludique A l’avenir on peut grâce au modèle comparer les résultats de différents plans d’intervention. Le modèle peut servir d’instrument pour comprendre et enseigner l’épidémiologie du paludisme et pour planifier la lutte antipaludique.
  • 16.
    Conclusions L’utilisationde médicaments et d’insecticides pourrait réduire l’incidence du paludisme à court terme mais n’était pas assez pour réaliser un succès à long terme. (5)
  • 17.
    Bibliographie 1- L. Molineauxet G. Gramiccia. Chapitre 1: Introduction. Genève, OMS, 1980. le 22/03/2005. 2- L. Molineaux et G. Gramiccia. Chapitre 2: Conception de l’étude et caractéristiques de sa zone d’éxécution. Genève, OMS, 1980. le 22/03/2005 3- L. Molineaux et G. Gramiccia. Chapitre 11: Conclusions pratiques pour l’avenir de la lutte antipaludique. Genève, OMS, 1980. le 22/03/2005 4- John Luke Gallup, Jeffrey D. Sachs. The economic burden of malaria.Center for International Development at Harvard, October 1998. 21/03/2005. http://www.winterthurhealthforum.ch/PDF/economicburden.pdf 5- Hamish Robertson. History of malaria. !"! # $ % !! & ! ! ! $ ' ( ( $
  • 18.
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