MEFB


  MINISTERE DE L’ECONOMIE,
 DES FINANCES ET DU BUDGET




 GUIDE POUR L’APPLICATION
 DES TECHNIQUES
 PROSPECTIVES




       Par Andriamarosandy Masoandro Razafimandimby
                    Consultant National

                             Août 2006
SOMMAIRE
Contexte général                                         3
Introduction                                             4
Définition et objectifs des techniquesProspectives       6
Méthodologies d’approche                                 7
Apports des techniques prospectives                      8
NLTPS                                                   11
Matrice de diagnostic stratégique                       13
Construction de scénarii                                15
Vision                                                  15
Stratégie                                               15
Les questions stratégiques                              16
La planification stratégique par scénarios              17
Les étapes d’un atelier de PS                        21-25
Schéma déroulement des ateliers PS                      26
Trames atelier de PS                                 27-51
Déroulement détaillé d’un atelier de PS              52-83
Techniques d’animation                               84-98
Conclusion
Glossaire
ANNEXES
Annexes 1 : Technique du groupe nominal
Annexe 2 : Le brainstorming
Annexe 3 : L’étude de cas




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CONTEXTE GENERAL

Vers le milieu des années 90, le PNUD avait lancé l’idée de la nécessité de formuler de
nouvelles perspectives d’avenir pour les populations des pays en développement déjà
astreints à de grands sacrifices au nom de réforme économique. Par ailleurs, à l’instar de
la communauté internationale, Madagascar a adhéré aux OMD. En conséquence, il met en
œuvre actuellement un programme à moyen terme visant à réduire la pauvreté, défini dans
le DSRP, lequel se réfère notamment aux OMD à l’horizon 2015.

Les enjeux du développement rapide et surtout durable dans lequel s’engage Madagascar
lui imposent alors de se doter d’une stratégie de développement permettant de définir un
cadre macroéconomique viable et faciliter l’articulation du court et du long terme dans la
conception et la mise en œuvre des politiques et stratégies de développement. En
particulier, en vue de la réalisation des OMD, Madagascar se doit de disposer d’un cadre
stratégique à long terme qui couvre l’horizon des objectifs du millénaire auxquels il a
souscrit.

Ainsi, et suite à la sortie de la Vision « Madagascar Naturellement » (VINA) et ce, dans la
perspective de la consolidation du DSRP, l’élaboration d’une stratégie nationale de
développement à long terme doit s’inscrire dans les grands objectifs visés par
Madagascar. En effet, le pays s’est doté du DSRP qui en dépit des résultats qu’il a
apportés présente cependant ses limites car conçu dans une optique de réduction de la
pauvreté à moyen terme.

On rappelle que suite à l’initiative du PNUD, en 1997, le gouvernement malagasy en
collaboration avec cette institution avait déjà initié une approche nouvelle axée sur la
nécessité d’une vision à long terme du développement. Pour ce faire, des Ateliers de
formation sur les « Etudes Prospectives à Long Terme »’(National Long Term Prospective
Studies- NLTPS) furent organisés. Cette formation visait principalement à créer et
impulser un réseau national de partenariat NLTPS.

Le contexte actuel apparaît très favorable à la réactualisation de ce programme qui aiderait
à conforter et compléter les actions déployées par le pays dans la lutte contre la pauvreté.
La Direction Générale de la Planification par le biais de la Direction de la Planification
Globale prévoit ainsi de renforcer les acquis en la matière en organisant des Ateliers de
formation de formateurs sur les techniques prospectives.
L’objectif final est de disposer d’un réseau national de stratégie de développement à long
terme opérationnel. Ainsi pour la période 2005 à 2007, il est prévu de former 400
personnes au total en techniques prospectives. Pour ce faire, une première formation de
formateurs en techniques prospectives a eu lieu en 2005, et une autre aux logiciels de
techniques prospectives tout dernièrement. Il s’est avéré indispensable d’élaborer un guide
pour l’application des techniques prospectives qui viendra compléter les manuels de
formation Tomes 1 et 2. Ce guide doit permettre aux formateurs d’assurer pleinement la
formation qu’ils vont dispenser à leur tour. En particulier, après leur formation et muni de
ce manuel, ils doivent être capables de maîtriser le sujet.




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INTRODUCTION

Aperçu général

Les principes directeurs pour les techniques prospectives et le déroulement d’un atelier de
prospective ont pour objet de présenter, sous une forme simple et accessible, les concepts
de base, les processus et les modalités de la prospective stratégique et, les étapes du
déroulement de l’atelier de prospective proprement dit.
Ce guide dégage les points les plus importants et définit les différentes étapes à suivre
(processus), sans prétendre les expliquer en détail. Il s’agit d’un catalogue de suggestions
et, les techniques y sont présentées sous forme condensée et simplifiée de manière à vous
permettre de les consulter facilement et rapidement. Vous êtes invité(e) s à compléter les
informations contenues dans ce guide par vos propres lectures et/ou des échanges de vues
plus poussées avec des experts ou formateurs en prospective.
Vous pourrez facilement modifier et adapter le guide en fonction de vos impératifs
particuliers…et de votre vocabulaire habituel.

Auditoire principal

Ce guide est établit avant tout à l’intention des participants des ateliers de formation de
formateurs sur les techniques prospectives. On vous propose des suggestions destinées à
vous guider dans la préparation de l’atelier de formation, de l’organisation et de la
conduite d’un atelier de prospective.
Ce guide vous aidera dans les tâches que vous aurez à acquitter en tant que formateur/trice
en techniques prospectives et animation d’atelier, mais il faut bien comprendre qu’aucun
texte ne saurait remplacer l’expérience vécue en matière de formation. Et vous ne
tarderez pas à l’acquérir dans les ateliers que vous dirigerez.

Auditoire secondaire

Le guide peut aussi être utile aux dirigeants d’entreprise ou de l’administration publique,
qui néanmoins sauront tirer parti d’une revue et d’un résumé schématique régissant le
déroulement d’un atelier de prospective et explicitant les différents concepts de base et
méthodes d’application.

Objectifs

Vous devriez être capable de :
- s’approprier les concepts de base et pratique
- maîtriser les démarches et attitudes prospectives
- maîtriser les différentes phases du processus NLTPS
- préciser les priorités, les objectifs, les calendriers et la méthode à suivre pour une
   réflexion de prospective stratégique
- s’approprier complètement et efficacement la pensée prospective au service de l’action
   stratégique
- animer un atelier de formation




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TRANSITION : La date de l’atelier que vous avez à organiser et animer approche. Si c’est
la première fois que vous êtes amenés à conduire et animer un atelier de formation sur les
techniques prospectives, vous vous demanderez sans doute ce que vous devez faire, par quoi
commencer, comment commencer ? Ce guide répondra, espérons-le, à la plupart de vos
questions et vous indiquera le moins que vous ne connaissiez déjà.


Lisez, et en avant ! A l’horizon se profile un atelier pleinement réussi.




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DEFINITION ET OBJECTIFS DES TECHNIQUES PROSPECTIVES

DEFINITION
Ensemble des activités ayant pour but d’examiner systématiquement les facteurs clés
qui peuvent influencer le futur afin de réaliser un futur souhaitable.

Ce n’est pas un exercice de prédiction du futur mais identifie et examine les futurs alternatifs,
les facteurs clés et les évènements qui sont précurseurs de futurs particuliers.

En caractérisant et en appréciant les degrés d’incertitude associée à chaque futur alternatif,
elle constitue un instrument très utile pour éclairer l’action présente à la lumière du futur
possible.

Les techniques de prospectives se rapportent donc aux techniques utilisées dans l’examen de
l’ensemble des facteurs fondamentaux pouvant influencer le futur afin de permettre de réaliser
un futur souhaitable.
Ces techniques doivent s’inscrire dans un processus qui met l’accent sur la nécessité de
comprendre les mécanismes qui sont à la base des changements (la nature de ces
changements, les raisons, les mécanismes qui génèrent, supportent ou contrarient les
changements ainsi que leurs conséquences).

Remarque :
Les techniques et méthodes utilisées dans la prospective relèvent de la science, en opposition
aux méthodes mystiques. Ces techniques et ces méthodes portent sur l’examen systématique
des facteurs pouvant influencer l’avenir et aussi pour l’exploration des futurs possibles sur la
base de l’interaction de ces facteurs dans le cadre des scénarii à construire. Cet examen doit
permettre d’élaborer des stratégies et des plans d’actions en vue de réaliser le futur désiré.

CHAMP D’ETUDE

Cela concerne l’exploration des futurs possibles plutôt que la description d’un avenir
prédéterminé, englobant l’exploration des futurs alternatifs, basée sur l’imagination et
l’invention de nouvelles idées et la formulation d’options et objectifs entraînant
l’avènement de ces futurs alternatifs.
Dans les études prospectives, les aspects culturels, sociologiques, philosophiques,
scientifiques, technologiques et économiques…sont globalement pris en compte avec leurs
interactions, leur dynamique, ainsi que leurs impacts sur l’évolution du système que constitue
un pays, une société ou une organisation.

OBJECTIFS

Eclairage du long terme, à travers des études à réaliser et des activités de réflexion
stratégique, afin d’acquérir une vision globale, permettant de faire l’arbitrage entre le
court terme et le long terme et de construire l’avenir, des maintenant, selon des
stratégies pertinentes élaborées à partir des conclusions de ces études.
Il ressort, en effet, des différentes études prospectives réalisées dans beaucoup de pays, que
les problèmes lancinants d’actualité qu’on rencontre généralement dans différents domaines,
résultent de l’absence dans le passé, de vision globale, de continuité dans les actions et de
l’inexistence de stratégies appropriées intégrant les horizons du court, moyen et long terme.



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L’horizon auquel s’intéressent les études prospectives est, en général de 20-25-35 ans. C’est,
en effet, l’horizon des ruptures, le temps d’une génération, le temps nécessaire pour
reconstituer et réhabiliter, et enfin le temps nécessaire pour engager des actions en
profondeur.


METHODOLOGIE D’APPROCHE EN TECHNIQUES PROSPECTIVES

La méthodologie d’approche utilisée dans les techniques prospectives, procède de la prise en
compte de la nécessité d’avoir une vision claire du futur pour revenir sur le présent
selon un cheminement itératif qui tient compte des expériences du passé.

Pour construire l’avenir, il faut réfléchir sur le passé et avoir une vision de ce que l’on
souhaite, et ce, en envisageant les futurs possibles et alternatifs élaborés à partir de
scénarii reposant sur des hypothèses ainsi que sur les aspirations, les facteurs et les
enjeux qui font partie du système que constitue l’organisation ou la société dont il est
question.

Cette méthodologie d’approche s’inscrit, en fait, dans l’attitude prospective qui ne consiste
pas à gérer uniquement le présent, le court terme ou une situation de crise à laquelle on fait
face, mais implique que l’on agisse en vue de sa transformation.
Il s’agit en fait, à élaborer, selon un processus progressif, que l’on souhaite voir se réaliser.
Autrement dit, l’efficacité de toute action repose sur une vision claire du futur où l’on
souhaite s’engager.

L’accent est mis dans le cadre de cette méthodologie sur le fait qu’il ne faut pas considérer
l’avenir comme devant être une extrapolation du passé, ni non plus, comme étant
prédéterminé, mais qu’il doit être construit. L’attitude prospective qui est le fondement de
cette méthodologie, s’oppose à l’attitude passive en ce sens qu’elle englobe la double notion
de préactivité et de proactivité expliquée par Michel Godet comme suit : « La préactivité
c’est se préparer à un changement anticipé, tandis que la proactivité c’est agir pour
provoquer un changement souhaitable ».

L’élaboration de cette vision du futur souhaitable, ou de ce projet de société, dans le cadre de
cette méthodologie d’approche, se fait sur une longue période (par exemple de 30 ans), le
temps d’une génération pour changer fondamentalement les mentalités, les comportements et
les méthodes de travail. Cette période peut être fractionnée en sous périodes de 10 ans, en
vue de mieux quadriller les contours de cet avenir souhaitable et de permettre les rétroactions
nécessaires, au fur et à mesure de l’analyse des résultats des actions engagées et des
changements inévitables qui apparaissent au niveau du contexte et de l’environnement global
dans laquelle on se situe. C’est à travers ce cheminement stratégique de la réflexion, dans le
cadre de cette méthodologie, que l’on peut assurer la rationalisation permanente des actions
engagées et l’amélioration conséquente des performances obtenue.




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APPORTS DES TECHNIQUES PROSPECTVES

De nouveaux concepts de base pour l’exploration du futur et l’élaboration de l’action.

. De nouveaux concepts de base et une approche innovante, utiles pour la planification
stratégique à long terme1, constituent un des apports importants des techniques
prospectives. Il convient tout d’abord de préciser que l’expression « prospective
stratégique » est réservée aux exercices de prospective ayant des ambitions et des
finalités stratégiques pour l’acteur qui l’entreprend. Deux notions fondamentales méritent, à
ce sujet, d’être soulignées :
    • le temps de l’anticipation, c’est-à-dire de la prospective des changements possibles
         et souhaitables ;
    • le temps de la préparation de l’action, c’est-à-dire l’élaboration et l’évaluation des
         choix stratégiques possibles pour se préparer aux changements attendus
         (préactivité) et provoquer les changements souhaitables (proactivité).

Cette dichotomie entre l’exploration et la préparation de l’action inhérente à l’approche
prospective, conduit à mentionner cinq questions fondamentales :

    •    que peut-il advenir ? (Q1) ;
    •    que puis-je faire ? (Q2) ;
    •    que vais-je faire ? (Q3), ;
    •    comment le faire ? (Q4) ;
    •    et une question préalable essentielle (Q0), qui suis-je ?

 La cinquième question préalable sur l’identité de l’entreprise ou de l’organisation, trop
souvent négligée, est le point de départ de la démarche stratégique. Elle impose un retour
aux sources sur ses racines de compétences, ses forces et ses faiblesses, qui n’est pas
sans rappeler le fameux « connais-toi toi-même » des Grecs anciens.

 Il convient d’ajouter que la prospective seule est centrée sur le “que peut-il advenir ?” (Q1).
Elle devient stratégique quand une organisation s’appuie sur “qui suis-je ? ” (Q0) et
s’interroge sur le “que puis-je faire ?” (Q2). Une fois ces deux questions traitées, la stratégie
part du “que puis-je faire ?” (Q2) pour s’en poser deux autres : “que vais-je faire ?” (Q3) et
comment le faire ? (Q4). D’où le chevauchement entre la prospective et la stratégie.2

 Par ailleurs, parmi les attitudes possibles face à l’avenir, l’approche prospective préconise
trois attitudes qui s’inscrivent dans la nécessité de bouleverser les facteurs d’inertie et les
habitudes, de maîtriser le changement et ne pas le subir et de faire preuve de flexibilité
stratégique, c’est-à-dire, réagir avec souplesse tout en gardant son cap. En effet, « c’est bien
en raison du défaut d’anticipation d’hier que le présent est encombré de question hier
insignifiantes, mais aujourd’hui urgentes qu’il faut bien régler vite, quitte à sacrifier le
développement à long terme en installant d’illusoires coupe-feu 3 ». Ainsi, face à l’avenir,
cinq attitudes sont possibles :

    •    l’attitude de l’autruche, passive qui subit le changement ;

    •   celle du pompier, réactif qui attend que le feu soit déclaré pour le combattre ;


1
  Qui sera présentée de façon plus explicite, plus loin.
2
  Source : Les cahiers de LIPSOR N° 5 – la boîte à outils
3
  Source : Les cahiers de LIPSOR N° 5 – la boîte à outils


                                                                                               8
•    celle de l’assureur, préactif, qui se prépare aux changements prévisibles car il sait
           que la réparation coûte plus cher que la prévention ;

      •    celle du conspirateur, proactif, qui agit pour provoquer les changements souhaités ;

      •    et la cinquième attitude plus subtile faite d’urgence, de précaution et
           d’ambition.

 Les trois dernières attitudes relèvent de l’attitude prospective et principalement celles de
préactivité et de proactivité. Bien entendu, dans un contexte de crise, la réactivité
l’emporte sur le reste et, dans un contexte de croissance, il faut anticiper les
changements et les provoquer notamment par l’innovation, c’est ce que préconise
l’attitude prospective.


Les cinq idées clefs de la prospective
. L’efficacité de toute action - en vue de la construction du futur qui n’est pas prédéterminé
mais ouvert à toute une grande variété de possibilités - dépend de cinq idées clefs qui
constituent aussi, un des apports importants de la prospective. Ces idées clefs sont
les suivantes4 :


     Le monde change mais les problèmes demeurent. Le constat qui s’impose
généralement est que « Les hommes ont la mémoire courte ; ils méconnaissent le temps
long et ses enseignements. L’histoire ne se répète pas mais les comportements se
reproduisent ». Ainsi les problèmes que l’on avait rencontrés, il y a une vingtaine d’années,
sont encore les mêmes que l’on rencontre actuellement tels par exemple : l’énergie, le
transport dans les grandes villes, ainsi que les enjeux des sociétés modernes comme
l’emploi ou la formation. L’homme de la réflexion doit donc tenir compte du fait qu’il y a dans
le passé des leçons oubliées, riches d’enseignements pour l’avenir et qu’il suffit d’actualiser
par des données récentes la plupart des mécanismes et constats antérieurs pour pouvoir
appliquer de manière efficace, les solutions appropriées aux problèmes actuels.


      Des acteurs clefs aux points de bifurcation. Le monde réel est beaucoup trop
complexe, et l’incertitude inhérente à toute mesure surtout sociale, élargit encore l’éventail
des futurs possibles. Face à une telle situation, il faut « faire comme si rien n’était joué,
comme si la révolte de la volonté pouvait à elle seule renverser la tyrannie du hasard et de la
nécessité » Comment reconnaître les points de bifurcations ? « Quels événements, quelles
innovations vont rester sans conséquence, quelles autres sont susceptibles d’affecter le
régime global, de déterminer irréversiblement le choix d’une évolution, quelles sont les zones
de choix, les zones de stabilité ? 5» Ce sont des questions qui procèdent de la nécessité
d’identifier l’éventail des futurs possibles par les scénarios afin de reconnaître le diagramme
des bifurcations qui constituent des variables clés de l’analyse prospective. Et, l’auto
organisation qui est un concept permettant l’adaptation au « nouveau » et la création de
nouveau, implique implicitement que l’on doive placer des acteurs clefs aux points de
bifurcation.




4
    Source : idem….
5
    Questions posées par Ilya Prigorine (1990)


                                                                                                  9
Halte à la complication du complexe. Il faut trouver des lois relativement simples
pour comprendre la complexité de l’univers. Comme disait Maurice Allais (1989), un des plus
grands économistes mathématiciens de ce temps : « Une théorie dont ni les hypothèses ni
les conséquences ne peuvent être confrontées avec le réel est dépourvue de tout intérêt
scientifique » Il n’y aura jamais de modèles parfaits, mais seulement des modèles
approximatifs de la réalité, ainsi de deux modèles, le « meilleur sera toujours celui qui pour
une approximation donnée représentera le plus simplement les données de l’observation »
Le défi à relever est donc ambitieux, car s’il est facile de faire compliqué, il est difficile de
faire simple.


      Se poser les bonnes questions et se méfier des idées reçues. « La réponse est oui,
mais quelle est la question ? ». Telle a été la fameuse réplique de l’acteur Woody Allen.
« Trop souvent, en effet, on oublie de s’interroger sur le bien fondé des questions posées et
l’on se précipite comme des moutons de Panurge dans la quête illusoire de réponses à des
fausses questions ». Or, il n’y a pas de bonne réponse à une mauvaise question. Mais
comment se poser les bonnes questions ? Les idées reçues et à la mode, qui dominent
l’actualité, doivent être regardées avec méfiance car elles sont généralement source
d’erreurs d’analyse et de prévision. Maurice Allais figure parmi les alliés objectifs de ce
combat ; il dénonce, lui aussi, « la tyrannie des idées dominantes ». L’information est
souvent bâillonnée par le conformisme du consensus qui pousse à se reconnaître dans
l’opinion dominante et à rejeter l’avis minoritaire.6 Cette observation ne donne, évidemment,
aucun crédit supplémentaire aux prédictions farfelues, mais rend suspectes nombre de
conjectures et d’idées reçues. En ce sens, remettre en cause le confort d’esprit, réveiller
les consciences endormies sur de fausses certitudes est indispensable en
prospective.


       De l’anticipation à l’action par l’appropriation. La vision globale est nécessaire pour
l’action locale et chacun à son niveau doit pouvoir comprendre le sens de ses actions, c’est-
à-dire les resituer dans le projet plus global dans lequel elles s’insèrent. La mobilisation de
l’intelligence est d’autant plus efficace qu’elle s’inscrit dans le cadre d’un projet explicite et
connu de tous. Motivation interne et stratégie externe sont donc deux objectifs indissociables
qui ne peuvent être atteints séparément. C’est par l’appropriation que passe la réussite du
projet. En raison de sa transparence, la mobilisation collective ne peut porter directement sur
les choix stratégiques, par nature confidentiels. C’est donc la réflexion prospective
collective sur les menaces et opportunités de l’environnement qui donne un contenu à
la mobilisation et permet l’appropriation de la stratégie. L’appropriation intellectuelle et
affective constitue un point de passage obligé pour que l’anticipation se cristallise en action
efficace. On retrouve ainsi les trois composantes du triangle grec : “logos” (la pensée, la
rationalité, le discours), “Epithumia” (le désir dans tous les aspects nobles et moins nobles),
“Erga” (les actions, les réalisations). Le mariage de la passion et de la raison, du cœur et de
l’esprit est la clef du succès de l’action et de l’épanouissement des individus (le corps). On
peut aussi donner le même message en couleur : le bleu de la raison froide associé au jaune
des sensations chaudes produit le vert de l’action éclatante7




6
    Source : Les cahiers de LIPSOR
7
    Source : Les Cahiers de LIPSOR N°5 – La boîte à outils




                                                                                               10
LE NLTPS

Le NLTPS est un exercice (ou plutôt un processus) initié par le PNUD dans un certain
nombre de pays africains, dans le cadre de l’exécution du mandat qui lui a été donné, à la
suite de la conférence des Ministres du Plan, de pays africains qui s'est tenue à Lomé sous
l'égide du PNUD en 1988, ainsi que celle de Maastricht en 1990, qui avait réuni des
responsables gouvernementaux de pays africains ainsi que leurs partenaires au
développement dont, en particulier, le PNUD, la Banque Mondiale, la Banque Africaine de
Développement et la Commission Economique pour l'Afrique.

En vue du lancement de cet exercice, le projet régional "Futurs Africains", basé à
Abidjan, a été ainsi mis sur pied par le PNUD, afin d'assister les pays africains dans la
réalisation des Etudes Nationales de Perspectives à Long Terme, visant l’inscription dans un
cadre de long terme de leurs différentes politiques conçues pour le court et le moyen termes.

Le NLTPS utilise les techniques et méthodes des études prospectives pour concevoir une
nouvelle approche de la gestion du développement. Ses éléments clés sont :
   - La réflexion stratégique à long terme ;
   - La vision partagée ;
   - La participation ;
   - La planification par scénarii ;
   - La gestion stratégique ;
   - L’organisation apprenante (National learning).


   LES DIFFERENTES PHASES DE L’APPROCHE NLTPS

   L’approche NLTPS qui est un instrument permettant la conception et la mise en œuvre de
   stratégies de développement à long terme, devant conduire à la réalisation des objectifs du
   Développement Humain Durable, se déroule selon les cinq (5) phases interactives
   suivantes :

   - phase 1 : L’identification de la problématique
   Qui se traduit par la détermination des principaux problèmes auxquels le pays est
   confronté ainsi que les défis majeurs avec leur ordre de priorité.
   Cette phase doit aboutir également à l’identification des aspirations nationales et du
   champ de l’étude.
   Cette phase revêt une importance capitale car elle doit permettre en même temps
   d’identifier les fonctions essentielles que l’Etat doit remplir. Certes, les aspirations ont un
   caractère trop général pour constituer des objectifs de développement. Mais c’est à partir
   de leur analyse qu’il est possible de procéder de façon rigoureuse à la détermination des
   thèmes, des questions et des secteurs qui participent à la définition du contexte dans lequel
   doivent se faire la fixation des objectifs à long terme et l’élaboration de la vision.

   - phase 2 : La construction de la base de l’étude
   Doit permettre de comprendre le passé et le présent, d’analyser les enjeux et rôle des
   acteurs, d’identifier les dynamiques les plus importantes de la société, les variables et
   les facteurs clés, les tendances lourdes et leur impact, les forces et les faiblesses, les
   opportunités et les menaces que rencontre le pays dans ses efforts de construction
   d’un futur désiré.



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Cette phase constitue la base de la recherche sur la conception et la mise en œuvre de la
   stratégie nationale de développement.
   Les résultats des études déjà entreprises ou à entreprendre doivent conduire à
   l’identification des facteurs critiques permettant de déterminer les scénarii futurs
   alternatifs et les stratégies pour la réalisation de la vision dont l’élaboration est faite
   au cours de phase 3.
   Pour ce faire, ces études doivent embrasser les domaines économiques, sociaux,
   politiques, environnementaux, culturels et technologiques et porter une attention
   particulière à l’environnement interne et externe du pays, afin de jeter les bases solides
   d’une stratégie de développement efficace.

   - phase 3 : Construction des scénarii
   Cette phase consiste essentiellement en la construction des scénarii multiples à partir
   de l’identification des incertitudes critiques et de la formulation d’hypothèses sur ces
   dernières, ainsi que de la prise en considération de la vision holistique du futur
   laquelle est fondée sur les aspirations collectives des populations et de l’analyse de ce
   qui est possible. Elle met en exergue le fait qu’il existe des futurs alternatifs et non un
   futur unique pour le pays.
   Le choix du scénario acceptable conduit à l’élaboration de la vision nationale du futur
   désiré.

   - phase 4 : Formulation de stratégies
   C’est au cours de cette phase que l’élaboration de stratégies et de politiques générales
   fondées sur l’analyse de la situation du pays et l’identification des questions
   stratégiques à résoudre, s’effectue.
   La mise en œuvre de ces stratégies doit permettre la réalisation de la vision nationale du
   futur désiré.
   Cette phase doit donc mettre en relief les options stratégiques résultant de l’analyse
   des conclusions des phases précédentes : la phase 1 qui doit déboucher sur la
   connaissance de ce qui est désiré, la phase 2 qui doit permettre de déterminer ce qui est
   faisable, et la phase 3 qui conduit à l’identification des objectifs ou vision à long
   terme.

   -   phase 5 : Etablissement d’un plan d’action

Cette phase consiste en la préparation, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation des plans
et programmes à court et moyen terme.
L’exécution de ces plans et programmes qui sont intégrés dans un cadre de long terme
doit se faire par étapes successives afin de faciliter les rétroactions nécessaires et de
favoriser la réalisation efficace de la vision désirée.
Si les phases 1 à 4 constituent la quintessence du processus de la planification stratégique, la
phase 5, combinée avec les précédentes, forme le processus de gestion stratégique.
Elle est donc toute aussi importante car c’est de son succès que dépend la réalisation effective
des objectifs à long terme et de la vision souhaitée.




                                                                                             12
LA MATRICE DE DIAGNOSTIC STRATEGIQUE

La MDS est un cadre d’analyse permettant de structurer la collecte d’informations
pluridimensionnelles et couvrant plusieurs aspects relatifs aux faits et aux éléments de
diagnostic.

Il facilite aussi la synthèse de ces informations. La collecte et l’analyse des informations
sont assurées notamment en appliquant les techniques du groupe nominal (TGM) qui
favorisent la génération des idées, leur regroupement et leur hiérarchisation.
Elle se présente suivant un tableau (cf. manuel de formation tome 2, page2)
Il apparaît sur le tableau que la MDS est établi pour chaque thème à étudier selon les faits et
le tableau SWOT et pour chaque domaine.

Cet outil est utilisé pour faire émerger les aspects les plus pertinents d’un phénomène et
de faciliter leur exploitation, leur analyse et leur synthèse en vue de la construction de
scénarii ainsi que la vision.
C’est à partir de l’utilisation de cet outil que l’on peut dégager les questions et les options
stratégiques clés nécessaires pour la détermination des axes stratégiques.

Une réflexion stratégique, à partir des résultats et s’appuyant notamment sur les TGM permet
de faire émerger les éléments du tableau « SWOT ».

LES ELEMENTS DU SOUS TABLEAU « SWOT »

Les forces
Premier élément du sous tableau « SWOT », sont les atouts internes dont dispose le pays
dans divers domaines et sur lesquels on pourra s’appuyer dans la mise en œuvre des
stratégies.
Ces éléments constituent des atouts et donc, par conséquent des forces sur lesquelles on peut
compter dans la mise en œuvre de la stratégie, dans la mesure où ils devraient favoriser
l’efficience des actions s’intégrant dans les axes stratégiques.

Les faiblesses
En ce qui concerne les faiblesses (deuxième élément du tableau « SWOT »), qui sont des
handicaps internes décelés au sein de la société, dans les divers domaines des activités
économiques, politiques et sociales, on peut, en particulier relever celles qui constituent des
freins.

Les opportunités
Les opportunités (troisième élément du tableau « SWOT ») sont des chances qui se
présentent au pays et qui facilitent la réalisation des objectifs.
La détermination de ces opportunités résulte de l’analyse objective de l’actualité nationale
et internationale ainsi qu’en particulier, de l’examen des résultats d’enquête sur le
domaine.

Les menaces
Les menaces (dernier élément) sont les risques susceptibles d’entraver pour le pays, la
réalisation de ses objectifs.


                                                                                            13
Les forces, les faiblesses, les opportunités et les menaces identifiées, permettent de constituer
le tableau d’analyse « SWOT » qui se présente comme suit :


                                OPPORTUNITES                 MENACES
FORCES                          Comment utiliser nos forces Comment utiliser nos forces
                                pour       exploiter     les pour faire face aux menaces
                                opportunités
FAIBLESSES                      Comment       pallier   nos Comment         pallier   nos
                                faiblesses pour tirer profit faiblesses pour ne pas être
                                des opportunités             désarmé par les menaces




LES FAITS

Les faits porteurs d’avenir

Au titre des faits figurant dans le MDS, on relève en premier , les faits porteurs d’avenir qui
sont, dans l’acceptation « prospective » des évènements récents, susceptibles d’entraîner
des transformations, ou en d’autres termes, d’infléchir ou de renforcer les principales
tendances ayant des impacts sur le développement.

Les diversités des acteurs
La diversité des acteurs qui sont, par définition, l’ensemble des forces porteuses de projets
à la poursuite de leurs intérêts économiques, sociaux, politiques etc… fait partie
intégrante de la problématique du développement.
Des acteurs qui doivent être pris en considération dans la mise en œuvre de la stratégie.

Les incertitudes critiques
Désignent des phénomènes dont l’impact est considéré comme décisif et structurant pour
le futur du pays et dont l’évolution peut prendre plusieurs directions possibles avec leurs
impacts.

Les tendances majeures
Sont des mécanismes pouvant affecter le phénomène sur une longue période, ou des
tendances qui se sont manifestées dans le passé lointain ou récent et qui risquent encore
d’avoir des répercussions.


Lorsque tous les éléments constituant la Matrice de Diagnostic Stratégique ont été présentés
et explicités, il importe de montrer comment ils doivent être utilisés pour construire les
scénarii et la vision et déterminer les questions et les options stratégiques ainsi que les
axes stratégiques de la stratégie.




                                                                                              14
CONSTRUCTION DE SCENARII

Une réflexion stratégique doit être organisée collectivement de manière rationnelle, à
partir des éléments de la MDS en vue du choix des hypothèses pour la construction des
scénarii.

Remarque : Il est à noter, qu’il faut exploiter pleinement les possibilités offertes par
l’utilisation des logiciels de prospective stratégique : MICMAC, MACTOR, MORPHOL,
SMIC-PROB…récemment créés, dans la formulation des scénarii.

Les hypothèses retenues
Ce sont les incertitudes critiques qui ont été retenues comme les plus significatives, avec
également les résultats des diverses enquêtes.
Ce sont ces hypothèses qui vont engendrer les 3 scénarii, qui à titre de rappel, sont une
succession d’évènements logiques faisant évoluer de la situation présente à des situations
futures. Ces scénarii ont pour but de donner plus d’éclairage quant à la démarche prospective
à entreprendre pour aboutir à la vision. Ils doivent être présentés avec les hypothèses y
afférentes.


LA VISION

C’est le futur désiré. La réalisation de cette vision implique que des objectifs soient atteints.
C’est une expression qualitative des buts que le pays ou une société souhaite atteindre en
vue de la réalisation des objectifs fixés à l’horizon de l’étude prospective à long terme.
C’est aussi l’expression de la façon dont les différentes composantes de la société voient
la Nation à l’horizon de l’étude.
C’est enfin, une conviction de ce que la Nation doit devenir, compte tenu des aspirations
nationales qui ont été formulées, des éléments d’information contenus dans le diagnostic
stratégique ainsi que des contenus des scénarii.


STRATEGIE

Une stratégie peut se définir à partir des éléments explicatifs qui la composent, à
savoir :

   •   l'art de conduire une force afin de gagner une guerre ;

   •   un plan qui intègre les principaux objectifs, les politiques et actions dans un ensemble
       cohérent ;

   •   un ensemble d'orientations pour contrôler les situations, les domaines et les secteurs
       clés dans le but d'atteindre les objectifs fixés ;

   •   un mariage judicieux des fins et des moyens.

. Une stratégie suppose donc l'existence de buts et d'objectifs à atteindre et elle
définit les voies et moyens permettant de réagir sur l'évolution de l'environnement


                                                                                              15
pour maintenir la direction dans le sens souhaité. Elle doit aussi tenir compte des forces
et faiblesses internes en même temps que des opportunités et menaces externes.

. Une bonne stratégie,      doit permettre d'assurer que la pertinence et la cohérence des
actions à entreprendre, s'inscrivent dans la durée, et en même temps,         que leur impact à
long terme puisse être identifié. Elle doit aussi recevoir l'acceptabilité et l'engagement de
tous les acteurs. Elle doit enfin être consistante avec les ressources financières, les
ressources humaines et les capacités institutionnelles.

. La Stratégie Nationale de Développement se rapporte évidemment à la réalisation de
la vision nationale. Le processus de sa formulation se déroule selon neuf étapes qui sont
les suivantes :

   •   évaluation de la situation (analyse des scenarii, analyse des aspirations, analyse des
       forces, des faiblesses, des opportunités, des menaces) ;

   •   analyse approfondie de la vision ;

   •   identification des questions stratégiques, lesquelles sont les problèmes
       fondamentaux qui pourraient avoir une influence significative sur la capacité du pays
       à réaliser sa vision ou ses objectifs ;

   •   choix des questions stratégiques les plus importantes ;

   •   identification des options stratégiques qui sont élaborées en s'appuyant sur les
       forces, en tenant compte des faiblesses, en utilisant les opportunités et en minimisant
       les menaces ;

   •   évaluation des options stratégiques ;

   •   choix des options stratégiques ;

   •   élaboration de la stratégie de développement à partir des résultats des étapes
       précédentes ;

   •   mise en oeuvre, suivi et évaluation de la stratégie.



LES QUESTIONS STRATEGIQUES
. Afin de dégager les questions stratégiques qui servent dans l’élaboration de la
Stratégie Nationale de Développement, on utilise, en particulier, le tableau « SWOT »
abréviation en anglais de Strenght, Weaknesses, Opportunities, Threats, et ce, à partir
des forces ; des faiblesses ; des opportunités et des menaces - les 4 premiers éléments de
la MDS, déjà décrits.
. L’analyse combinée des résultats de l’examen de ce tableau SWOT, avec les scenarii et la
vision, permet de dégager les questions stratégiques qui sont fondamentales dans
l'élaboration de la Stratégie
. La consolidation des différentes réponses à ces questions stratégiques a permis de
choisir les options stratégiques et d'élaborer la Stratégie.




                                                                                            16
Dans la pratique, une réflexion stratégique sur les scénarii doit être organisée afin de
déterminer les conditions nécessaires à la réalisation de la vision souhaitée. Cette réflexion
doit s’appuyer sur une analyse croisée des éléments de MDS à savoir : les faits, le sous
tableau « SWOT » ainsi que les résultats des stratégies passées et présentes.

Ce travail de réflexion et d’analyse doit faire émerger un certain nombre de questions
stratégiques s’articulant globalement sur :
    - comment pallier les faiblesses pour annihiler les menaces et les conséquences néfastes
        des tendances lourdes ;
    - comment utiliser nos forces pour exploiter les opportunités et les faits porteurs
        d’avenir ;
    - comment contrer, dans une approche prospective, les effets des comportements de
        certains acteurs.

Ces questions stratégiques peuvent être explicitées de la façon suivante :
           • Comment assurer le renforcement des capacités des acteurs, en matière de
               maîtrise du mode opératoire, de façon à assurer une parfaite coordination et
               une forte synergie entre les différentes actions à entreprendre afin de
               maximiser les résultats attendus ?
           • Comment assurer la mise en place effective des mécanismes et des procédures
               appropriées de management stratégique qui puissent, dans la durée, encadrer
               les actions ?
           • Comment renforcer notre capacité à adopter l’attitude prospective appropriée,
               consistant en la PREACTIVITE c'est-à-dire : savoir se préparer aux
               changements anticipés, et la PROACTIVITE c'est-à-dire : savoir agir pour
               provoquer des changements souhaités.
           • Comment renforcer notre capacité à exploiter les faits porteurs d’avenir
               identifiés ?
La consolidation des différentes réponses à ces questions stratégiques permettra de choisir
les options stratégiques et d’élaborer la stratégie


La planification stratégique par scénarios

La prospective stratégique met l’anticipation au service de l’action et elle poursuit son
essor en se diffusant dans les entreprises et les administrations.
Les années 80 et 90 ont ainsi été marquées par le développement de la planification
stratégique par scénarios notamment dans les grandes entreprises du secteur énergétique
(Shell, EDF, Elf) sans doute en raison des chocs pétroliers passés et à venir.
Depuis le début des années 80, nous nous sommes attachés à développer les fortes synergies
potentielles entre prospective et stratégie.
La synthèse recherchée se présente sous la forme d'une approche intégrée de
planification stratégique par scénarios.
5 Pour en savoir plus, le lecteur pourra se reporter au Manuel de prospective stratégique en deux Tomes publié
chez Dunod en 1997. Le premier, Une indiscipline intellectuelle présente les concepts et idées clés de la
prospective et propose un autre regard sur le monde. Le second, L’art et la méthode expose notamment la boîte à
outils de prospective stratégique ainsi que les principes essentiels du management qui mettent les hommes au
coeur de la différence entre les entreprises qui gagnent et celles qui perdent.




                                                                                                            17
L'objectif de cette approche est de proposer des orientations et des actions stratégiques
s’appuyant sur les compétences de l'entreprise en fonction des scénarios de son
environnement général et concurrentiel.

La prospective avec ses tendances et ses risques de rupture bouleverse le présent et
interpelle la stratégie. De son côté, la stratégie s'interroge sur les choix possibles et les
risques d'irréversibilité et se réfère depuis les années 80 aux scénarios de la prospective
comme en témoignent notamment les travaux de Michael Porter (1986). Il n'empêche que les
approches et les outils restent souvent séparés. Nous les avons rapprochés depuis 1989, en
partant des arbres de compétences développés par Marc Giget (1998).
Tout naturellement, la démarche stratégique, définie à partir des arbres de compétences,
ressentait le besoin d’une prospective de l’environnement concurrentiel. On comprend donc
que le mariage entre la prospective et la stratégie passait par un rapprochement : la méthode
des scénarios et celle des arbres de compétences.

Avant de présenter le schéma de la planification stratégique par scénarios en neuf étapes, il
convient de rappeler la définition et les origines de la méthode des scénarios.

Un scénario est un ensemble formé par la description d’une situation future et du
cheminement des événements qui permettent de passer de la situation origine à la
situation future. Le mot scénario est souvent utilisé de manière abusive pour qualifier
n’importe quel jeu d’hypothèses.

Rappelons que les hypothèses d’un scénario doivent remplir simultanément cinq
conditions : la pertinence, la cohérence, la vraisemblance, l’importance et la
transparence.

On distingue en fait deux grands types de scénarios :

- exploratoires : partant des tendances passées et présentes et conduisant à des futurs
vraisemblables,

- d’anticipation ou normatifs : construits à partir d’images alternatives du futur, ils pourront
être souhaités ou au contraire redoutés. Ils sont conçus de manière rétro-projective.

Ces scénarios exploratoires ou d’anticipation peuvent par ailleurs, selon qu’ils prennent en
compte les évolutions les plus probables ou les plus extrêmes, être tendanciels ou contrastés.

À vrai dire, il n’existe pas d’approche unique en matière de scénarios ; ceux-ci ont été
introduits en prospective par Herman Kahn aux États-Unis et par la Datar en France.
Aujourd’hui, la méthode des scénarios que nous avons développée à la Sema puis au Cnam
d’une part et la méthode SRI (du nom du cabinet américain de conseil) d’autre part, sont les
démarches les plus fréquemment adoptées. Les différentes étapes de ces deux méthodes ne
diffèrent guère.

Les principales étapes de la méthode des scénarios sont les suivantes :

   - identifier les variables-clés, c’est notamment l’objet de l’analyse structurelle ;
   - analyser les jeux d’acteurs afin de poser les questions clés pour l’avenir ;
   - réduire l’incertitude sur les questions clés et dégager les scénarios
d’environnement les plus probables grâce aux méthodes d’experts.

                                                                                             18
On retrouve, telles quelles, ces étapes dans la partie gauche du schéma ci-après
(n° 1, 3, 4 et 5).

En effet, la première étape a pour objectif d’analyser le problème posé et de délimiter le
système étudié. Il s’agit ici de situer la démarche prospective dans son contexte socio-
organisationnel afin d’initier et de simuler l’ensemble du processus à l’aide d’ateliers de
prospective.

L’étape n° 2 est fondée sur une radioscopie complète de l’entreprise, des savoir-faire aux
lignes de produits, matérialisée par l’arbre des compétences.

L’étape n°3 identifie les variables clés de l’entreprise et de son environnement à l’aide de
l’analyse structurelle.

L'étape n°4 entend appréhender la dynamique de la rétrospective de l’entreprise dans son
environnement, son évolution passée, ses forces et faiblesses par rapport aux principaux
acteurs de son environnement stratégique. L’analyse des champs de bataille et des enjeux
stratégiques permet de repérer les questions clés pour le futur.

L’étape n° 5 cherche à réduire l’incertitude qui pèse sur les questions clés pour le futur. On
utilise éventuellement les méthodes d’enquête auprès d’experts pour mettre en évidence les
tendances lourdes, les risques de rupture et finalement dégager les scénarios
d’environnement les plus probables.

L’étape n°6 met en évidence les projets cohérents, c’est-à-dire les options stratégiques
compatibles à la fois avec l’identité de l’entreprise et les scénarios les plus probables de son
environnement.


L’étape n° 7 est consacrée à l’évaluation des options stratégiques ; une approche rationnelle
inciterait à s’appuyer sur une méthode de choix multicritères mais c’est rarement le cas ; avec
cette étape s’achève la phase de réflexion préalable avant la décision et l’action.

L’étape n° 8 du projet aux choix stratégiques est crucial puisqu’il s’agit de passer de la
réflexion à la décision. Les choix stratégiques et la hiérarchisation des objectifs sont du
ressort d’un comité de direction ou de son équivalent.

L’étape n° 9 est tout entière dévolue à la mise en œuvre du plan d’action ; elle implique des
contrats d’objectifs (négociés ou suscités), la mise en place d’un système de coordination et
de suivi et de développement d’une veille stratégique (externe).

Précisons que le déroulement de cette approche n’est pas totalement linéaire. Elle comprend
plusieurs boucles de rétroaction possibles, notamment de l’étape 9 à l’étape 4. La mise en
œuvre du plan d’action et les résultats de la veille stratégique peuvent conduire, dans certains
cas, à reconsidérer la dynamique de l’entreprise dans son environnement.

Dans ce schéma de planification stratégique par scénarios, l’ossature rationnelle n’empêche
pas la moelle irrationnelle de circuler. L’appropriation collective prépare l’action efficace
sans pour autant s’opposer au caractère restreint et en partie confidentielle des décisions
stratégiques.


                                                                                             19
LES ETAPES D’UN ATELIER DE PROSPECTIVE


                                         20
FACTEURS DE CHANGEMENT ET D’INERTIE

Face à la montée des incertitudes, il apparaît nécessaire de tenir compte de deux phénomènes
– l’accélération des changements et la résistance au changement provenant des inerties.
L’objectif de cet atelier est de repérer les principaux enjeux.


       ETAPE 1
  Repérage des CH&I qui
 vont marquer l’avenir des                                               15 à 20 min
  activités et des métiers                                            Identification des
   ( techn,pô,cult,org…)                                                    CH&I




       ETAPE 2
                                                             N : Nombre des facteurs
  Hiérarchisation de ces                                     N/2 : Points des participants
 CH&I en fonction de leur                                    0 à 5 : Points par facteurs
       importance




                                                                                    Facteurs
                                                                                    critiques
       ETAPE 3
   Analyse du degré de
  maîtrise actuelle sur les   Cibler les facteurs les plus
    principaux CH&I           importants et les moins maîtrisés




                                                FACTEUR CRITIQUE
        ETAPE 4                            Formulation des enjeux futurs :
  Identification des enjeux                      En terme de gains/perte
                                                 selon la position stratégique
                                                 En terme de dynamique du
                                                 développement des activités
                                                 et des métiers des




                                                                                             21
LA CHASSE AUX IDEES RECUES
Une idée reçue fondée ou non, est généralement admise sans qu’il soit nécessaire d ‘argumenter ou de la
justifier. L’objectif de cet atelier consiste à faire un inventaire des idées reçues qui sont sensées circuler sur la
filière et leur devenir (leurs activités, leurs valeurs, leurs façons de travailler, leurs produits, les relations avec
leurs clients.
L’intérêt de cette approche réside dans le fait qu’elle permet de relever « les croyances » et « non-dit » qui
tendent à façonner les attitudes et stratégies et donc influencer les jeux des acteurs.

         ETAPE 1

Repérage des idées                                                              15 à 20 min
reçues par les
participants




       ETAPE 2
                                                                                N : Nombre des facteurs
Hiérarchisation des IR
                                                                                N/2 : Points des participants
en fonction de son
                                                                                0 à 5 : Points par facteurs
importance et de leur
impact




           ETAPE 3

Evaluation qualitative des
                                                                          Utilisation matrice
degrés d’inertie actuels
                                                                          Importance x Inertie
des principales idées
                                                                           PRINCIPALES IR
reçues




            ETAPE 4                                             Elément qui Elément qui
                                                                confirme    infirme
Analyse des principales IR
                                                                Conséquence Conséquences
                                                                positive    négatives




             ENJEUX


                                                                                                                      22
JEU DES ACTEURS Méthode MACTOR)
L’objectif de l’atelier permet d’identifier les acteurs selon le rôle importants dans les secteurs et d’analyser la
confrontation de leurs projets, l’examen de leurs rapports de force pour mettre en évidence l’évolution des
enjeux et se poser les questions-clé pour l’avenir (issue et conséquences des conflits prévisibles)



                 ETAPE 1
                                                                                      15 à 20 min
     Identification des acteurs                                                       Acteurs identifiés par les
     susceptibles de jouer un rôle                                                    participants
     important dans le
     développement du secteur




                                                                                 N : Nombre des facteurs
                 ETAPE 2                                                         N/2 : Points des participants
      Hiérarchisation des principaux                                             0 à 5 : Points par acteurs
     acteurs




               ETAPE 3                                                  OBJECTIFS/                MOYENS D’ACTION
                                                       ACTEUR            MISSIONS                  /CONTRAINTE
       Remplissage du tableau des                      S
        stratégies des principaux
       acteurs (objectifs, moyens,
               contraintes)




               ETAPE 4                                                           2 : influence forte
                                                                                 1 : influence faible
             Matrice ActxAct                                                     0 : sans influence
          Influence /dépendance

                                                                  Influence
                                                                                    Acteurs             Acteurs relais
                                                                      forte        dominants

                                                                                   Acteurs            Acteurs dominés
               ETAPE 5                                               faible       autonomes
     Positionnement des acteurs
     dans le plan des influences et                                                   Faible        Forte Dépendance
     dépendances


                                                                                                                      23
ANALYSER LES ENJEUX CLES ET REPERER LES DEFIS


                                       CHASSER LES
   FACTEURS DE
                                      IDEES RECUES                      JEU DES ACTEURS
CHANGEMENT ET




                        LES ENJEUX




              ANALYSE DES ENJEUX
   •    Diagnostic de la situation passée et actuelle
   •    Identification des attentes aux besoins des opérateurs
   •    Repérage des atouts et obstacles
   •    Identification des défis majeurs (ACT, MT, LT)




       ETAPE 1               ETAPE 2                ETAPE 3              ETAPE 4


 Analyse existant,         Attentes et les
     diagnostic             besoins des         Atouts et obstacles   Formulation défis
Connaître le passé et        opérateurs           (15 à 20 min)
  le présent pour          (15 à 20 min)
 envisager le futur
   (15 à 20 min)




 Chaque participant      Listing des besoins     Tableau atouts et       Formulation
    procède au                et attentes           obstacles             1 à n défis
    diagnostic




                                                                                          24
IDENTIFICATION DES ACTIONS



    FACTEURS DE                        CHASSER LES
                                      IDEES RECUES                         JEU DES ACTEURS
  CHANGEMENT ET




                        LES ENJEUX




                      ANALYSE DES ENJEUX

                                                                    Réflexion stratégique :
                                                                    - Quelles sont les initiatives
                             DEFIS                                      pertinentes et les actions à
                                                                        entreprendre ?
                                                                    - Quels sont les leviers
                                                                        d’actions mobilisables ?
           Identification des actions à entreprendre pour
                            chaque défi



    ETAPE 1                   ETAPE 2                ETAPE 3


Identification des           Identification        Identification
     actions à                des actions               des
entreprendre pour             prioritaires          partenaires
   chaque défi
  (10 à 15 min)




 Identification des            Matrice              TABLEAU
     actions à                Facilité de          Actions x
entreprendre pour              mise en             acteurs
   chaque défi,                œuvre et            (partenaires)
Hiérarchisation des              coût
principales actions




                                                                                               25
Phase 1                                                                  Phase 3
                                          Phase 2                         Identification
 Identification                        Identification
des enjeux clés                                                            des actions
                                         des défis                         prioritaires
                                          majeurs

  Sous-groupes                                                            Sous-groupes
       A&B                                                                 A, B, C, D
   anticiper les                       Sous-groupes




                                                                                              Synthèse et évaluation
  changements                            A, B, C                         lister les actions
                       Restitution                         Restitution      à mettre en
  et les inerties




                                                                                                  du séminaire
                       Validation         atentes          Validation       oeuvre pour
                       des enjeux            x              des défis         répondre
                          clés        atouts / leviers      majeurs           aux défis
 Sous-groupe C
   chasser les                         et obstacles
  idées reçues          séance                                              Evaluer les
                                                            séance
                        plénière                                           actions selon
                                                            plénière
                                                                         plusieurs critères

                                      Sous-groupe D                      Acteurs x actions
 Sous-groupe D                          analyser le
 analyser le jeu                      positionnement
  des acteurs                        concurrentiel de la                    Restitution
                                           filière                          en séance
                                                                             plénière

                    Schéma du déroulement des ateliers de prospective
                                     stratégique


                                                                                                                       26
ATELIER DE
PROSPECTIVE
STRATEGIQUE
 Anticiper les facteurs de
 changement et les inerties dans
 l’environnement globale et
 concurrentiel
 Chasser les idées reçues sur les
 opérateurs de la filière et leur
 environnement
 Analyser le jeu des acteurs de la
 filière
 Analyser les enjeux clés et
 identifier les défis à relever par les
 acteurs de la filière
 Identifier et hiérarchiser les actions
 à mettre en œuvre pour répondre
 aux défis de la filière




                                          27
Anticiper les
     changements et les
     inerties
      Lister les changements
      techniques, politiques,
      économiques, culturels,
      sociaux et organisationnels
     Qui vont marquer les 5 ans à
      venir
      L’environnement de la filière
      Ses activités et ses métiers
     Changement pressentis,
      souhaités et redoutés par
      chacun




28
Suite…

      Repérer les inerties
      L’atelier se déroule de la manière
      suivante : chacun établit
      séparément sa propre liste ( 15 à 20
      min), ensuite les idées sont
      recueillies et organisées grâce à
      plusieurs tours de table .
      Un système simple d’agrégation des
      points de vue permet de dégager les
      cinq à dix principaux facteurs de
      changement ou d’inertie, enjeux du
      futur .




29
Suite…
       Positionner les principaux facteurs
       de changement et d’inertie dans le
       plan importance x maîtrise
     Importance
     Importance
     Des ch &I

     FORTE

     FAIBLE


                  FB       F+ Maîtrise
                              actuelle




30
suite …

     Changement et inertie critiques :
     Comment réduire leur
      importance
     Comment accroître leur maîtrise
      Repérer les enjeux stratégiques
      pour les opérateurs de la filière
       LISTE DES   Enjeux en terme   Enjeux en terme
       FACTEURS    de gain           de perte
       CRITIQUES

       ITEM 1
       ITEM 2

       ……….




31
Chasser les idées
     reçues sur les
     opérateurs de la
     filière et leur
     environnement
      Une idée reçue, fondée ou non, est
       généralement admise sans qu’il soit
       nécessaire d’argumenter
       LISTER LES IDEES RECUES
       QUI CIRCULENT LE PLUS
       FREQUEMMENT DANS LE
       SECTEUR CONCERNANT:
     Les activités, les façons de travailler,
       les produits l’environnement
     Les relations avec les autres acteurs




32
Suite…

     En distinguant :
      Les idées reçues des opérateurs
      de la filière sur eux-mêmes
      Les idées reçues des autres
      acteurs/ externes ( concurrents,
      partenaires institutionnels,
      clients, …) sur les opérateurs
      de la filière
      Les idées reçues des opérateurs
      de la filière sur les autres




33
Suite…
     AUJOURD’HUI ET D’ICI 5 ans.
     L’atelier se déroule de la manière
       suivante : chacun établit
       séparément sa propre liste ( 15 à 20
       min), ensuite les idées sont
       recueillies et organisées grâce à
       plusieurs tours de table .
     Un système simple d’agrégation des
       points de vue permet de dégager les
       cinq à dix principales idées reçues
       qui influenceront les
       comportements des acteurs internes
       /externes dans le futurs.




34
Suite…
      POSITIONNER CES IDEES
      RECUES SUR LE PLAN
      IMPORTANCE X INERTIE

     Importance

     FORTE


     FAIBLE
              FAIBLE FORTE DEGRE
                        D’INERTIE
          Idées reçues critiques




35
Suite…
       CES IDEES RECUES
       PEUVENT-ELLES, AU
       MOINS PARTIELLEMENT
       CONSIDEREES COMME
       FONDEES
     Identifier ce qui confirme ou
       infirme chacune des
       principales idées reçues
       «pour » et « contre » sur deux
       colonnes
       QUELLES SONT LES
       CONSEQUENCES DE
       L’EXISTENCE DE TELLES
       IDEEES RECUES SUR LES
       OPERATEURS DE LA
       FILIERE ?




36
Suite…
     Tableau
      Conséquences Conséquences
      positives    négatives




     QUELLES LECONS PEUT-ON
     TIRER DE CETTE ANALYSE
     EN TERMES D’ENJEUX
     STRATEGIQUES POUR LES
     OPERATEURS DE LA
     FILIERE ?




37
Analyser le jeu des
     acteurs de la filière
      IDENTIFIER LES
      PRINCIPAUX ACTEURS
      SUSCEPTIBLES DE JOUER
      UN ROLE DETERMINANT
      DANS L’EVOLUTION DE LA
      FILIERE.
      L’atelier se déroule de la manière
      suivante: chacun établit séparément
      sa propre liste d’acteurs ( 15 à 20
      min), ensuite les propositions sont
      recueillies et organisées grâce à
      plusieurs tours de table de façon à
      sélectionner les dix à quinze acteurs
      jouant un rôle moteur important .




38
Suite…
      CARACTERISER
      CHACUN DE CES
      ACTEURS ( OBJECTIFS,
      MOYENS,CONTRAINTES )
      EN REMPLISSANT LE
      TABLEAU DES
      STRATEGIES DES
      ACTEURS SUIVANTS :
      MATRICE ACTXACT
        Acteurs     Act.1 Act.2   Influence
                                   directe
         Act.1


         Act.2

       Dépendance
         directe                     N




39
Suite…
       ANALYSER LES
       INTERACTIONS DES
       ACTEURS
     Chaque acteur cherche à défendre ses
       intérêts et à parvenir à ses propres
       fins en exerçant une influence sur
       les autres acteurs, à travers ses
       attitudes, ses comportements et ses
       actions
            - Dans un premier temps, pour
       chaque acteurs, identifier ses
       influences ( attitudes,
       comportements, actions
       éventuelles)
           - Dans un second temps, évaluer
       les influences des acteurs de la
       filières selon l’échelle suivante:




40
Suite …

     2 , lorsque un acteur a une
       influence forte sur un autre
       acteur,
     1, lorsque un acteur a une
       influence faible sur un autre
       acteur ,
     0, lorsque un acteur n’a aucune
       influence( ou une influence
       négligeable) sur un autre
       acteur.




41
Suite…

       REPERER LA POSITION
       DES ACTEURS VIS A VIS
       DES ENJEUX
         Qualifier les influences (
       attitudes, comportements,
       actions éventuelles) de chaque
       acteur sur les autres acteurs en
       remplissant le tableau suivant
       de positionnement des acteurs
       vis-à-vis des enjeux :




42
Suite…
      MATRICE ACT X ENJEUX
     INFLUENCE
                   ACTEURS     ACTEURS RELAIS
         Forte    DOMINANTS



                   ACTEURS    ACTEURS
         Faible   DOMINANTS   DOMINES


                     Faible   Forte DEPENDANCE


      Le remplissage du tableau de
        positionnement des acteurs sur les
        enjeux s’effectuera en précisant
        l’accord ou le désaccord de chaque
        acteur par rapport à l’enjeu à l’aide
        de la convention suivante :




43
Suite…
     (+1) si un acteur est favorable à
       un enjeu
     (-1) si un acteur est défavorable à
       un enjeu
     (0) si un acteur n’est pas
       concerné par un enjeu




44
Analyser les enjeux
     clés et identifier les
     défis à relever par les
     acteurs de la filière
       CARACTERISER
       CHACUN DES
       PRINCIPAUX ENJEUX DU
       FUTUR EN TERMES DE
       RISQUES ET
       D’OPPORTUNITES POUR
       LA FILIERE .
     Pour chacun de ces enjeux :
     - quels sont les atouts des
       opérateurs de la filière ?
     - Quels sont les obstacles
       internes à la filière ?




45
Suite…
     Pour faciliter le traitement des
      réponses appropriées, on
      pourra avoir recours à la
      grille suivantes:
        Risque pour       Opportunités
        la filière        pour la filière



                      X
       Atouts des    Obstacle de
       opérateurs de la filière
       la filière




46
Suite…
      QUELLES CONCLUSIONS
      PEUT ON EN TIRER EN
      TERMES DE DEFIS A
      RELEVER PAR LES
      OPERATEURS DE LA
      FILIERE ?




47
Identifier et
     hiérarchiser les
     actions a mettre en
     œuvre pour répondre
     aux défis de la filière
       IDENTIFIER LES ACTIONS A
       METTRE EN ŒUVRE POUR
       REPONDRE AUX DEFIS DE
       LA FILIERE
     Face à chacun des défis, identifier :
     - les actions en cours à poursuivre/ à
       améliorer
     - Les nouvelles actions à
       entreprendre




48
Suite..
       En matière de formation, de
         conseil, d’information, de
         promotion commerciale,…
       Pour faciliter le traitement des
         réponses appropriées, on
         pourra avoir recours au tableau
         suivant :
     Défis     Action en cours à   Action
               poursuivre/à        nouvelles à
               améliorer           entreprendre
     Défis 1
     Défis 2
     Défis 3




49
Suite…
        HIERARCHISER LES
        ACTIONS EN FONCTION DE
        LEUR IMPORTANCE POUR
        LE DEVELOPPEMENT DE
        LA FILIERE

     Facilité de mise en oeuvre

                                     ZONE DES ACTIONS
                                     PRIORITAIRES




     Facile

     Difficile


                            Faible          élevé       coût




50
•SUITE
     La zone des actions prioritaires regroupe les
     actions les mieux placées selon les trois
     critères ( importance/urgence, facilité de mise
     en œuvre , coût de réalisation)
     TABLEAU actions x acteurs
     un travail collectif a permis
     d’identifier les principaux
     « partenariats » pour chaque
     action en fonction du rôle et des
     compétences attendus par les
     acteurs de la filière

        ACTIONS            ACTEURS




51
DEROULEMENT EFFECTIF DETAILLE D’UN
          ATELIER DE PROSPECTIVE




          Identifier les enjeux stratégiques




52
Tenter d’identifier les enjeux stratégiques du secteur, c’est à la fois anticiper ce qui pourrait
changer et transformer de façon irréversible un secteur prometteur pour l’économie malgache,
sans oublier de recenser ce qui, de toute façon, a de grandes chances de rester immobile.
Cette première journée en ateliers de prospective prépare les participants aux futurs enjeux du
secteur et permet de structurer une réflexion collective ouverte sur l’avenir, indispensable à
l’action stratégique.
S’appuyant sur son expérience, l’équipe de consultants a proposé trois ateliers originaux :


         Anticiper les changements et les inerties dans l’environnement interne et externe –
         (groupes A et B)
     Les participants de ces deux ateliers ont identifié les changements et les inerties, d’ordre

     politique, économique, social, technologique, organisationnel et culturel, … qu’ils

     pressentaient, souhaitaient ou bien redoutaient pour l’avenir des activités dans les 5 ans à

     venir.


         Se méfier des idées reçues qui circulent et leur devenir – (groupe C)
     Cet atelier, en complément du précédent, s’est efforcé de repérer l’ensemble des idées reçues
     ou rumeurs – fondées ou non – et leur devenir, qui influencent les comportements et les
     stratégies des acteurs internes et externes . Cet exercice de « reengineering » mental conduit à
     identifier les « non dits » tacitement acceptés par l’opinion collective et ignorés le plus
     souvent dans les stratégies de développement.

         Comprendre le jeu des acteurs – (groupe D)
     Un autre atelier avait pour objectif de repérer les principaux acteurs de et d’identifier leurs
     principales relations d’influence et de dépendance. L’avenir ne dépend pas seulement
     d’enjeux externes, il est aussi le fruit de la volonté et des multiples projets d’acteurs
     favorables ou non au développement du secteur.

Chacun de ces ateliers devrait être co-animé par un participant désigné de manière consensuelle

au sein de chacun des groupes de réflexion. L’animation des ateliers s’est appuyée sur une

méthode facilement appropriable, mais rigoureuse, permettant tout à la fois la production d’idées

et les échanges entre les différents participants.

Le compte-rendu du travail de cette première journée, présenté ci-après, ne met pas en évidence
toute la richesse des débats ; mais il propose une vision synthétique et hiérarchisée des différents
points de vue.




53
La restitution en séance plénière à la fin de cette première journée et la synthèse présentée le

lendemain matin à l’ouverture des travaux, ont contribué à identifier les enjeux prioritaires des

cinq prochaines années.




                                                    




54
L’anticipation des facteurs de changement et
d’inertie dans l’environnement interne et externe
              dans les 5 ans à venir

                 (Groupe A & B)




55
Anticiper les facteurs d’évolution
                                dans l’environnement
                                 dans les 5 ans à venir
                                    - GROUPE A -
Face à la montée des incertitudes, il apparaît nécessaire de tenir compte de deux phénomènes –

l’accélération des changements et la résistance au changement provenant des inerties. L’objectif

de cet atelier est de repérer les principaux enjeux auxquels nous seront confrontés dans les 5 ans

à venir. Il comporte les étapes suivantes :

Etape 1 – repérage des changements et des inerties de toute nature (économique, technologique,
…) et de tous ordres (interne/externe) qui vont marquer l’avenir des activités d’ici les cinq
prochaines années.
Etape 2 – classement (hiérarchisation) de ces changements et inerties en fonction de leur
importance pour l’avenir.
Etape 3 – analyse du degré de maîtrise actuelle sur les principaux changements et inerties.
Etape 4 – identification des enjeux du futur pour les acteurs.



1) Le repérage des facteurs de changement et d’inertie dans
   L’environnement interne et externe d’ici les cinq prochaines années

Point Méthode :

     •   Pendant 15 à 20 minutes, chaque participant établit en silence et par écrit la liste des
         facteurs de changement et d’inerties techniques, économiques, politiques, culturelles,
         sociales, organisationnelles (…), qui vont marquer l’avenir des activités du secteur dans
         les 5 ans à venir (changements pressentis, souhaités et redoutés par chacun).

     •   Tous ces facteurs sont ensuite recueillis et organisés grâce à plusieurs tours de table.

Exemples:
     1) Les problèmes de financement
     2) L’absence d’équipements consommables adéquats
     3) Les problèmes législatifs et administratifs (difficultés d’application des lois et lourdeur
        administrative)
     4) Le manque de compétences techniques




56
2) Les dix principaux facteurs de changement et d’inertie dans
   L’environnement dans les 5 ans à venir
Point Méthode :

     •   Après avoir procédé à la mise à plat et au balayage des facteurs d’évolution de
         l’environnement global et concurrentiel synthétisés sous la forme d’une liste de n
         facteurs, le groupe a classé toutes ces variables en fonction de leur importance pour
         l’avenir - et ce quelle que soit la nature de cet impact (positif/négatif).
     •   Chaque participant s’est ainsi vu attribué des notes (ou droits de vote). La règle du
         classement est la suivante : chacun note les facteurs items (leur affecte un certain nombre
         de points) en fonction, selon lui, de l’importance de leurs impacts possibles sur les
         activités et métiers dans les 5 ans à venir. Le nombre de points pouvant être accordé à un
         seul facteur est compris entre 0 et 5.
                   0 = aucune importance ou négligeable
                   1 = importance très faible
                   2 = importance faible
                   3 = importance moyenne
                   4 = importance forte
                   5 = importance très forte

     •   On procède ensuite à la somme des votes des participants sur chaque facteur.
         Certains regroupements entre items peuvent être effectués à cette étape pour
         « agréger » les points de deux ou trois facteurs jugés sémantiquement très proches,
         et ainsi mieux apprécier leur caractère incontournable et structurant sur l’avenir
         des activités.

     liste des dix principaux facteurs


3) Le degré de maîtrise actuelle sur les principaux facteurs d’évolution de leur
environnement
Point Méthode :
Les principaux facteurs de changement et d’inertie, identifiés précédemment, sont positionnés
sur un plan dont les axes mesurent leur importance (ordonnée) et leur degré de maîtrise actuelle
par les acteurs (abscisse), c’est-à-dire la capacité à maîtriser soit l’émergence soit les
conséquences de ces facteurs ou encore leur capacité à les valoriser au service de leurs propres
intérêts.
Le positionnement des facteurs dans le plan importance x maîtrise présenté ci-après est à lire de
manière systémique (position de chaque facteur par rapport aux autres).

On obtient la figure suivante :




57
Plan importance x maîtrise des principaux facteurs de changement et
            d’inertie dans l’environnement de la filière dans les 5 ans à venir
      IMPORTANCE DES
      FACTEURS



      F
      O
      R                   ZONE DES
      T                  ENJE UX CLES
      E                   DU FUTUR




     F
     A
     I
     B
     L
     E




                        FAIBLE                                   FORTE             MAÎTRISE
                                                                                   ACTUELLE
4) L’identification des enjeux du futur

Point Méthode :
      •   La lecture du plan importance x maîtrise fait apparaître une zone des enjeux clés du futur,
          qui regroupe les facteurs critiques, c’est-à-dire ceux qui sont à la fois importants et
          assez mal maîtrisés par les acteurs aujourd’hui.
      •   Pour chacun de ces facteurs critiques, les participants formulent les deux ou quatre
          enjeux du futur, c’est-à-dire ceux qui interpellent fortement la dynamique du
          développement des activités et qui sont susceptibles de provoquer des gains ou des
          pertes selon la position stratégique qu’adopteront les acteurs à leur égard.


   La liste des enjeux

Exemple:

                                                  Facteur critique
          Le gain de plus-value pour la filière

          Le label de qualité internationale
 Enjeux




          L’optimisation des matières premières

          L’amélioration des revenus

58
La chasse aux idées reçues
     et leur devenir d’ici 5 ans
             (Groupe C)




59
La chasse aux idées reçues

et leur devenir d’ici 5 ans

- GROUPE C -



Une idée reçue fondée ou non, est généralement admise sans qu’il soit nécessaire d’argumenter
ou de la justifier.
L’objet de cet atelier consiste à faire un inventaire des idées reçues qui sont sensées circuler et leur devenir (leurs activités, leurs valeurs,
leurs façons de travailler, leurs produits, les relations avec leurs clients …)
L’intérêt de cette approche réside dans le fait qu’elle permet de révéler les « croyances » et « non dits » qui tendent à façonner les
attitudes et stratégies et donc à influencer les jeux des acteurs.



L’atelier se déroule en quatre étapes :
Etape 1 – repérage des idées reçues qui circulent le plus fréquemment et leur devenir
aujourd’hui et d’ici 5 ans.
Etape 2 – classement (hiérarchisation) de ces idées reçues en fonction de l’importance de leur
impact sur les comportements et les stratégies futures des acteurs internes et externes.
Etape 3 – évaluation qualitative du degré d’inertie actuel des principales idées reçues sur le
développement.
Etape 4 – analyse des principales idées reçues : sont-elles fondées ? Quelles sont leurs
conséquences ? Quelles leçons peut-on en tirer en termes d’enjeux pour les cinq prochaines
années?



1) Le repérage des idées reçues et leur devenir d' ici 5 ans
Point Méthode :
     •     Pendant 15 à 20 minutes, chaque participant établit en silence et par écrit la liste des idées
           reçues qui circulent le plus fréquemment aujourd’hui et d’ici 5 ans.

     •     Toutes ces idées reçues sont ensuite recueillies et organisées grâce à plusieurs tours de
           table.

     •     L’objectif n’est pas de trouver un consensus mais de récolter les idées de tous sans forme
           de censure ou d’autocensure ; ainsi, si deux idées contraires sont émises, elles sont toutes
           les deux notées sans donner lieu à un débat.


     la liste des idées reçues




60
2) Les principales idées reçues et leur devenir d' ici 5 ans

Point Méthode :
     •   Lors d’une deuxième étape, par un système d’agrégation des points de vue, les idées
         reçues les plus importantes pour l’avenir sont sélectionnées. Chaque participant détenait
         n points qu’il a attribué aux idées reçues qu’il considérait comme allant impacter le plus
         fortement dans le futur les comportements et stratégies des acteurs internes et externes.
         Le nombre de points pouvant être accordé à un seul facteur est compris entre 0 et 5.
                   0 = aucune importance ou négligeable
                   1 = importance très faible
                   2 = importance faible
                   3 = importance moyenne
                   4 = importance forte
                   5 = importance très forte

     •   On procède ensuite à la somme des votes des participants sur chaque idée reçue.
         Certains regroupements peuvent être effectués à cette étape pour « agréger » les
         points de deux ou trois idées reçues jugées très proches (soit du point de vue
         sémantique, soit de part la nature des enjeux qu’elles recouvrent) et ainsi mieux
         apprécier leur caractère incontournable et structurant pour le devenir.  .

     •   A ce stade, il s’agit uniquement de classer les idées reçues précédemment collectées en
         fonction de l’importance de leur impact sur l’avenir, quelle que soit la nature (positive ou
         négative) de cet impact.

  Le groupe C a ainsi obtenu la liste des n principales idées reçues

3) Le degré d’inertie des principales idées reçues sur le développement
Point Méthode :
Les principales idées reçues identifiées sont positionnées sur un plan dont les axes mesurent leur
importance (ordonnée) et leur degré d’inertie actuelle, c’est-à-dire leur rôle de frein au
développement.
Le positionnement des idées reçues dans le plan importance x inertie présenté ci-après est à lire
de manière systémique (position de chaque idée reçue par rapport aux autres).

On obtient la figure présentée ci-après.

La lecture du plan importance x inertie fait apparaître une zone des enjeux clés du futur, qui

regroupe les idées reçues critiques, c’est-à-dire celles qui sont à la fois importantes pour le

devenir et qui constituent un frein majeur au développement.




61
Plan importance x inertie des principales idées reçues sur la
                    filière et leur devenir d’ ici 5 ans

  IMPO R TAN CE DES
  IDÉES RE Ç UES



  F
  O                                                               Z ONE DES
  R                                                            ENJE UX CLES D U
  T                                                                 FUT UR
  E


  F
  A
  I
  B
  L
  E


                      FAIBLE                                FORTE              INERTIE
                                                                               ACTUELLE
4) L’analyse des principales idées reçues et leur devenir d’ici 5 ans

Point Méthode :

   •   Il s’agit dans cette étape d’évaluer la vraisemblance des principales idées reçues
       précédemment identifiées.
  Ces idées reçues peuvent-elles être, au moins partiellement, considérées comme fondées ?
  Pour répondre à cette question, le groupe de travail à recenser les arguments qui confirment
  ou infirment chacune des principales idées reçues.

   •   Ensuite, les conséquences (positives et/ou négatives) de l’existence de ces principales
       idées reçues sont identifiées.

   •   A l’issue de ces deux inventaires, le groupe de travail est amené à tirer les leçons de cette
       analyse en termes d’enjeux.


Idée reçue

            Les éléments qui confirment                      Les éléments qui infirment



             Les conséquences positives                      Les conséquences négatives


La lecture du plan importance x inertie ainsi que l’analyse des idées reçues critiques permettent
de formuler une première liste d’enjeux
62
Le jeu des acteurs d’ici 5 ans
               (Groupe D)




63
Le jeu des acteurs

D’ici 5 ans

- GROUPE D -



L’avenir n’est jamais totalement déterminé. Quel que soit le poids des tendances issues du passé,
il reste ouvert à plusieurs futurs possibles. Les acteurs du système étudié disposent de multiples
degrés de liberté qu’ils vont pouvoir exercer au travers d’actions stratégiques pour parvenir aux
buts qu’ils se sont fixés afin de réaliser leur projet.

Dès lors, l’analyse du jeu de ces acteurs, la confrontation de leurs projets, l’examen de leurs
rapports de force sont essentiels pour mettre en évidence l’évolution des enjeux stratégiques et se
poser les questions-clés pour l’avenir (issues et conséquences des conflits prévisibles).

Tel est l’objet de la méthode MACTOR, à laquelle ont pu s’initier les participants de ce
quatrième atelier de réflexion de prospective stratégique sur l’avenir dans les 5 ans à venir. Il
comporte les étapes suivantes :
Etape 1 : identification des principaux acteurs susceptibles de jouer un rôle déterminant dans
l’évolution d’ici à 5 ans.
Etape 2 : remplissage du tableau des stratégies des principaux acteurs (objectifs, moyens,

contraintes).

Etape 3 : repérage des influences directes des acteurs les uns sur les autres (c’est la matrice

acteurs/acteurs).

Etape 4 : positionnement des acteurs dans le plan des influences et dépendances directes.




1) L’identification des principaux acteurs susceptibles de jouer un rôle déterminant
dans l’évolution d' ici 5 ans

Le jeu d’acteurs dépend en partie du pouvoir des acteurs, de leur capacité à s’influencer les uns
sur les autres.

Point Méthode :

     •   Pendant 15 à 20 minutes, chaque participant établit en silence et par écrit la liste des
         acteurs, qui vont jouer un rôle dans l’évolution de la filière dans les cinq prochaines
         années.

     •   Tous ces acteurs sont ensuite recueillis et organisés grâce à plusieurs tours de table.

64
•   Un système simple d’agrégation des points de vue permet de sélectionner les dix à quinze
         acteurs jouant un rôle moteur important dans l’évolution d’ici 5 ans.

     liste des acteurs

A l’issue de la somme des votes des participants, le groupe a obtenu une liste des acteurs qui
jouent ou joueront un rôle majeur dans l’évolution au cours des cinq prochaines années

2) Le tableau des stratégies des principaux acteurs

Point Méthode :

     •   Cette étape consiste à caractériser chacun des principaux acteurs en identifiant ses
         objectifs, ses moyens et ses contraintes.

     •   Les résultats de cette analyse sont présentés sous la forme d’un tableau appelé « tableau
         des stratégies des acteurs » (cases diagonales de la matrice acteurs x acteurs).

     •   Une lecture collective et réfléchie du tableau des stratégies des acteurs permet de mettre
         en évidence les enjeux stratégiques, c’est-à-dire les champs de bataille sur lesquels les
         acteurs vont s’affronter.




Le tableau des stratégies des acteurs


             Acteurs                    Objectifs / missions         Moyens d’action /contraintes




3) Les interactions directes entre les acteurs (matrice acteurs x acteurs)

Point Méthode :
Chaque acteur cherche à défendre ses intérêts et à parvenir à ses propres fins en exerçant une
influence sur les autres acteurs, à travers ses attitudes, ses comportements et ses actions.

     •   Dans un premier temps, pour chaque acteur, les participants identifient ses influences
         (attitudes, comportements, actions éventuelles) sur les autres acteurs.

     •   Dans un second temps, le groupe évalue les influences des acteurs selon l’échelle
         suivante :
         2, lorsque un acteur a une influence forte sur un autre acteur,
         1, lorsque un acteur a une influence faible sur un autre acteur,
         0, lorsque un acteur n’a aucune influence (ou une influence négligeable)
            sur un autre acteur.
65
On obtient ainsi une matrice acteurs x acteurs, où sont représentées les capacités d’influence
directe de chaque acteur sur chacun des autres.




66
Matrice Acteurs x Acteurs

           ACTEURS          1   2    3   4    .   .    .   .   .     .   .   .   .   .   .   n
                                                                                                 Influence
                                                                                                  directe
                                2    0   2    0   2    1   1   2     2   0   0   1   0   2   0      15
Acteur 1
            Acteur 2        0        1   1    0   1    0   0   2     1   0   0   0   0   0   0       6
            Acteur 3        0   2        0    0   0    0   0   0     0   0   0   0   0   0   0       2
            Acteur 4        0   2    1        0   2    0   0   2     1   0   0   0   0   0   0       8
                .           1   1    0   0        0    0   0   1     0   0   0   0   0   1   0       4
                .           0   2    1   0    0        0   0   2     2   0   0   0   0   0   0       7
                .           1   1    0   0    0   0        0   2     0   0   0   1   0   0   0       5
                .           2   0    2   2    0   2    0       1     0   1   0   0   0   0   0      10
                .           0   2    0   1    0   2    1   0         0   0   0   1   0   0   0       7
                .           0   2    1   2    0   1    0   0   1         0   0   0   0   0   0       7
                .           0   1    2   1    0   2    0   0   2     0       0   0   0   0   0       8
                .           0   1    0   0    1   0    0   0   0     0   0       0   0   0   0       2
                .           0   0    1   1    0   2    0   0   2     0   0   0       0   0   0       6
                .           2   1    0   0    0   0    2   2   1     0   1   0   0       1   0      10
                .           0   1    0   1    1   0    0   1   0     0   0   0   0   0       0       4
            Acteur n        0   0    0   0    0   0    2   0   2     1   0   0   2   0   0           7
       Dépendance directe   6   18   9   11   2   14   6   4   20    7   2   0   5   0   4   0      108




67
4) Le positionnement des acteurs dans le plan des influences et des dépendances
directes

Point Méthode :

     •   La matrice acteurs x acteurs, qui indique les influences directes entre chaque couple
         d’acteurs, permet de faire les sommes de l’influence globale (en ligne) et de la
         dépendance globale (en colonne) de chaque acteur dans le jeu.

     •   Le positionnement des principaux acteurs peut ainsi être visualisé sur un plan dont les
         axes mesurent leur influence (ordonnée) et leur dépendance (abscisse) dans le système.




68
Plan des influences et dépendances directes entre les acteurs de la filière

          16
          15
          14
                             ACTEURS DOMINANTS                              ACTEURS RELAIS
          13
          12
          11
     i    10
     n    9
     fl
     u    8                                                                                                               Acteurs de la
     e                                                                                                                filière
          7
     n
     c    6
     e    5
          4
          3
                                                                             ACTEURS DOMINES
          2               ACTEURS AUTONOMES
          1
          0
               0    1    2    3    4    5    6   7    8    9  10 11 12        13   14   15   16   17   18   19   20
                                                           dépendance




69
Les enjeux
               Dans les 5 ans à venir
     (Synthèse de la première journée du séminaire)




70
Sur la base des principaux résultats obtenus dans les quatre ateliers (interprétation des
plans importance x maîtrise, importance x inertie et influence x dépendance ; premières
formulations des enjeux), les consultants de la MDE ont proposé, en guise de synthèse de
la première journée du séminaire, une liste des enjeux, à valider par l’ensemble des
participants à l’occasion de la séance plénière de la deuxième journée.

Après validation, chaque participant s’est vu attribué 6 points qu’il a affecté aux enjeux
qu’il considérait comme les plus importants pour le devenir des activités au cours des
cinq prochaines années.
La somme des votes des participants a ainsi permis d’obtenir un classement
(hiérarchisation) des enjeux clés dans les 5 ans à venir.




                         Les enjeux clés dans les 5 ans à venir



                                              




71
Identifier les défis majeurs


     à relever d’ici 5 ans




72
La conclusion des travaux de la première journée a permis d’identifier les enjeux clés
présentés en fonction de l’importance accordée par les participants de ce séminaire :

Sur la base de ces premières conclusions, les participants à cette réflexion prospective ont
cherché à préciser ce qu’ils souhaitaient devenir (défis). Cette deuxième étape du processus
est essentielle : l’analyse critique du mode de développement et d’organisation passé et
présent, la mise à jour des points de blocage et des atouts conduit à s’interroger sur les
questions suivantes : « quel est le bilan de la situation actuelle ? » ; « quels sont nos atouts,
nos faiblesses et nos problèmes ? » ; « qui veut-on être et que veut-on faire à l’horizon
des cinq ans à venir ? » ; « que faut-il changer, faire évoluer ou transformer pour se
rapprocher de nos ambitions ? ».

Concrètement la méthode de travail proposée par l’équipe de consultants s’est appuyée sur
une analyse prospective et stratégique de chaque enjeu clé, articulée autour des quatre points
suivants :
       Le diagnostic de la situation passée et actuelle,
       L’identification des attentes et/ou des besoins,
       Le repérage des atouts et des obstacles,
       L’identification des défis majeurs à relever d’ici 5 ans.


A l’identique de la première journée, a été co-animé par un participant désigné de manière

consensuelle au sein de chaque groupe de réflexion. L’animation de ces ateliers s’est appuyée

sur une méthode facilement appropriable, mais rigoureuse, permettant tout à la fois la

production d’idées et les échanges entre les différents participants.

Le compte-rendu du travail de cette deuxième journée, présenté ci-après, ne met pas en

évidence toute la richesse des débats ; mais il propose une vision synthétique et hiérarchisée

des différents points de vue.


La restitution en séance plénière à la fin de cette deuxième journée et la synthèse présentée le
lendemain matin à l’ouverture des travaux, ont contribué à identifier les défis majeurs à
relever d’ici 5 ans.




                                                     



73
Des enjeux aux défis à relever
              d’ici 5 ans




74
Des enjeux aux défis à relever
                                    d’ici 5 ans
L’objectif de cet atelier est de repérer les principaux défis auxquels nous devront répondre

d’ici les cinq prochaines années. Il comporte les étapes suivantes :

Etape 1 – diagnostic de la situation passée et actuelle.
Etape 2 – identification des attentes et/ou besoins
Etape 3 – repérage des obstacles et des atouts ou leviers d’actions.
Etape 4 – identification des défis majeurs à relever d’ici 5 ans.



1) Le diagnostic de la situation actuelle

Point Méthode :

     •   Pendant 10 à 15 minutes, les participants procèdent collectivement au diagnostic de la
         situation passée et actuelle. Pour l’enjeu concerné, ils passent ainsi en revue la
         problématique et les pratiques actuelles.



2) L’identification des attentes

Point Méthode :

     •   Pendant 15 à 20 minutes, chaque participant établit en silence et par écrit la liste des
         attentes et/ou besoins.

     •   Toutes ces attentes sont ensuite recueillies et organisées grâce à plusieurs tours de
         table.

     •   Un système simple d’agrégation des points de vue permet de hiérarchiser ces attentes.
         Chaque participant détenait n points qu’il a attribué aux attentes ou besoins qu’il
         considérait comme les plus importants ou urgents à satisfaire. La somme des votes
         individuels permet ainsi d’identifier les attentes prioritaires en matière de formation.

     liste des attentes
A l’issue de la somme des votes des participants et après avoir procédé aux regroupements
des attentes jugées proches, le groupe a obtenu la liste des n besoins à satisfaire
prioritairement d’ici 5 ans




75
3) Le repérage des atouts et des obstacles
Point Méthode :

     •   Pendant 15 à 20 minutes, les participants établissent, en binôme, la liste des obstacles
         (faiblesses, contraintes, points de blocage…) et des atouts ou leviers d’action
         (capacités, ressources, dispositifs existants…)

     •   Tous les arguments sont ensuite recueillis et organisés grâce à plusieurs tours de table,
         et présentés sous la forme d’un tableau à deux colonnes.

     •   Une lecture collective et réfléchie du tableau atouts x obstacles permet de repérer les
         éléments sur le chemin critique, c’est-à-dire les conditions nécessaires pour répondre
         aux attentes. Cette analyse prépare ainsi la formulation des défis majeurs à relever sur
         cet enjeu clé, et permet de suggérer des objectifs de progrès à poursuivre.

      Attentes prioritaires        Leviers d’action existants                Obstacles
                                     ou à mettre en place




4) L’identification des défis à relever de la filière d’ici 5 ans

Point Méthode :
     •   Au vue des résultats des précédentes étapes, les participants formulent les deux ou
         quatre défis majeurs à relever d’ici 5 ans, c’est-à-dire ceux qui traduisent leur volonté
         d’agir ou leur ambition à réaliser.

     Les défis majeurs à relever



Sur la base des principaux résultats obtenus dans les cinq ateliers et d’une première
formulation des défis identifiés par les participants, les consultants ont proposé, en guise de
synthèse de la deuxième journée du séminaire, une liste de dix défis majeurs à relever d’ici 5
ans.
Cette liste, devrait être validée par l’ensemble des participants à l’occasion des échanges et
débats lors la séance plénière.

     Les dix défis majeurs à relever d’ici 5 ans



                                                   

76
Identifier les actions prioritaires
      à mettre en œuvre d’ici 5 ans




77
Le travail d’analyse effectué à l’occasion du second jour du séminaire a débouché sur
l’identification de dix défis majeurs d’ici 5 ans :
Dans le processus d’élaboration d’une réflexion stratégique, il est important de distinguer
deux types de questions :
         Quelles sont les initiatives pertinentes repérables à l’intérieur et quelles sont les
         actions nouvelles à entreprendre ?
     Cette approche contribue à prolonger la réflexion et préciser d’une part le potentiel local à

     dynamiser, et d’autre part les actions élémentaires à mettre en valeur.

         Quels sont les leviers d’actions mobilisables ?
     Au vue d’un premier bilan, il devient possible d’évaluer les moyens disponibles, d’estimer

     les capacités de mise en œuvre et d’identifier les groupes porteurs de projets. L’objectif de

     ce travail permet le plus souvent de dégager les pistes d’actions stratégiques souhaitables

     de développement et d’exprimer clairement les aspirations et les priorités d’action.


L’équipe de consultants s’est appuyée sur une méthode de travail ayant pour objectifs :
         d’identifier pour chaque défi les principales actions à entreprendre – (étape 1) ;
         d’établir une priorité des actions en évaluant la facilité de mise en œuvre et le
         coût de réalisation de chaque action principale – (étape 2) ;
         de repérer les principaux acteurs internes et/ou externes susceptibles d’être
         impliqués sur chaque action – (étape 3).

Chacun de ces ateliers, a été animé avec la même rigueur et les mêmes principes

méthodologiques que ceux des deux journées précédentes. Cette dernière partie présente de

façon synthétique et hiérarchisée les principaux résultats des groupes de travail.

Cette réflexion stratégique a donné lieu à une restitution en séance plénière et à une évaluation
sur l’ensemble des travaux de ce séminaire à la fin de cette troisième journée.



                                                      




78
Les actions à mettre en œuvre d’ici 5 ans

L’objectif de cet atelier de stratégie est d’identifier les actions prioritaires à entreprendre d’ici

5 ans pour répondre au défi. Il comporte les étapes suivantes :

Etape 1 – identifier les principales actions à mettre en œuvre pour répondre au défi.
Etape 2 – évaluer les principales actions en termes de facilité de mise en œuvre et de coût de

réalisation.

Etape 3 – repérer les principaux acteurs internes et/ou externes, susceptibles d’être impliqués
sur chaque action.

1) Les principales actions à entreprendre d’ici 5 ans

Point Méthode :

     •   Pendant 10 à 15 minutes, le groupe identifie collectivement la liste des actions à
         mettre en œuvre pour répondre au défi.

     •   Un système simple d’agrégation des points de vue permet de hiérarchiser ces actions.
         Chaque participant détenait n points qu’il a attribué aux actions qu’il considérait
         comme les plus importantes et urgentes à mettre en œuvre pour le développement. La
         somme des votes individuels permet ainsi d’identifier les principales actions à
         entreprendre d’ici 5 ans.


     Liste des actions recensées par le groupe
A l’issue de la somme des votes des participants, les principales actions à entreprendre sont
identifiées


2) Les actions prioritaires à mettre en œuvre

Point Méthode :
     •   Les principales actions sont positionnées sur un plan dont les axes évaluent leur
         facilité de mise en œuvre (ordonnée) et leur coût de réalisation (abscisse).
     •   Le positionnement de ces actions dans le plan « facilité de mise en oeuvre x coût de
         réalisation » présenté ci-après permet de repérer les actions à mettre en œuvre en
         priorité.



79
Nota : les chiffres indiqués entre parenthèses renvoient au classement des actions réalisé lors
de l’étape 1.

Le plan ci-après fait apparaître une zone des actions prioritaires, qui regroupe les actions
qui sont les mieux placées au regard des trois critères retenus (importance/urgence pour le
développement, facilité de mise en œuvre, coût de réalisation).

         Plan d’évaluation des actions à mettre en oeuvre d’ici 5 ans




     FACILITE DE MISE
     EN OEUVRE



     F                                              ZONE DES
     A                                               ACTIONS
     C                                             PRIORITAIRES
     I
     L
     E


     D
     I
     F
     F
     I
     C
     I
     L
     E




                     FAIBLE                              ELEVE                  COÛT




80
3) Les principaux acteurs internes/externes                   impliqués dans la mise en
œuvre des actions

Point Méthode :

     •   Un dernier travail collectif a permis d’identifier les principaux « partenariats » (groupe
         d’acteurs) pour chaque action, en fonction du rôle et des compétences attendus par les
         acteurs.

     •   Les résultats sont présentés sous la forme d’un tableau actions x acteurs.


Tableau actions x acteurs
                     Actions                                          Acteurs




                                                    




81
Les actions prioritaires à entreprendre
            pour répondre aux défis

     (Synthèse de la troisième journée du séminaire)




82
Les travaux réalisés dans les ateliers de cette troisième journée du séminaire ont permis,
à l’issue d’une analyse multicritères, d’identifier les actions prioritaires à mettre en
œuvre pour relever les défis dans les 5 ans à venir.
Les actions prioritaires sont celles qui sont les mieux classées au regard des trois critères
retenus pour l’évaluation des actions :
           - l’importance et l’urgence de l’action pour le développement,
           - la facilité de mise en œuvre de l’action,
           - le coût de réalisation de l’action.
Le tableau ci-dessous permet de visualiser de manière synthétique les résultats obtenus.

Des défis majeurs à relever             … aux actions prioritaires à mettre en œuvre
d’ici 5 ans …                             sur chacun des défis




83
TECHNIQUES D’ANIMATION

LES COMPOSANTES D’UNE BONNE COMMUNICATION


     avoir la facilité dans la parole
     avoir une parole convaincante
     être bref et précis
     utiliser les langages simples et compréhensibles par la
     population cible
     avoir une écoute attentive
     bien choisir les mots et contenu de la parole
     savoir gérer ou éviter les interférences
     savoir coordonner la parole avec les gestes



LES 4 CODES D’UNE BONNE FACILITATION


CODE D’ACTIVITES

     La façon de parler
     Méthode d’approche
     La prestance / impression




CODE ACCESSOIRES

     Environnement de l’individu
     Les objets dont il se sert


CODE SPATIO–TEMPOREL

     Façon de combler les distances par des gestes
     Utilisation de l’espace




84
CODE MEDIAS

        Tout ce que par quoi les individus peuvent communiquer quelque chose
        Support audio-visuel



OUTIL D’OBSERVATION GUIDEE



      Critères                              OUI   NON         Observations
  1. Technique de facilitation
 A-t-il fait participer les gens ?




  A-t-il utilisé des techniques variées ?               Lesquelles ?




  Communication verbale
        - Parfaite
        - Assez bonne
        - Acceptable
  Communication gestuelle
        - Parfaite
        - Assez bonne
        - Acceptable

     Mimique adaptée ?




85
Critères                            OUI   NON      Observations
     2. Environnement du facilitateur

     Tenue adaptée ?




   Utilise-t-il un ou des objets,                       Comment ?
accessoires ?

    3. Gestion du temps et de l’espace
    A-t-il respecté le temps alloué à
l’activité ?




   A-t-il suffisamment fait des
déplacements ?




  A-t-il tourné le dos aux participants ?

     4. Utilisation d’aides visuelles
      Bonne gestion du flipchart




     Bonne utilisation du
rétroprojecteur et des transparents




    Bonne utilisation d’autres
matériels




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COMPOSANTES DE LA COMMUNICATION
INTERPERSONNELLE


Schéma général de la communication :




                      (Canal)
Emetteur----------------message------------------------Récepteur
                      (Canal)




                     RETRO - ACTION



Emetteur : C’est celui qui transmet le message dans le but d’informer, de sensibiliser, de
motiver, et de donner des conseils.

Message : Contenu de l’information à faire passer
Canal       : Moyen ou méthode utilisée pour transmettre le message
Récepteur : C’est celui qui reçoit le message ; une personne ou une groupe à qui le message
est destiné
Rétro- action : La réponse du récepteur à l’émetteur



OBSTACLES A LA COMMUNICATION



Emetteur :
             -   Non maîtrise du sujet
             -   Timidité
             -   Mauvaise diction
             -   Méconnaissance du public cible
             -   Impatience…

Récepteur :
           -     Impatience
           -     Refus du message
           -     Méfiance
           -     Mauvaise perception du message…



87
Message :
            -   Confus
            -   Compliqué
            -   Mal formulé
            -   Non testé…

Canal :
            -   Inapproprié…

Rétroaction :
           - Pas de changement de comportement
           - Critique non constructive.




LES FACTEURS QUI INFLUENCENT LA CIP




Facteurs qui favorisent
    1. Emetteur :
disponibilité, bonne écoute, discrétion, respect des autres, maîtrise du sujet, bon accueil,
patience, bonne diction, bonne attitude (verbale et non verbale), désir de bien communiquer…
    2. Message :
Clair, précis, concis, intéressant, inclut des aides visuelles
    3. Canal :
Approprié, adapté, direct, attirant, accessible intellectuellement et économiquement.
   4. Récepteur :
Disponibilité, discipline, patience, bonne écoute, intérêt, attention
    5. Rétroaction :
Spécifique, descriptif, une demande de clarification, un sourire, un regard attentif.




FACTEURS QUI BLOQUENT
     1. Emetteur :
Non maîtrise du sujet, timidité, mauvaise diction, méconnaissance du public, mauvaise
attitude, impatience…
     2. Message :
Confus, compliqué, inapproprié, mal formulé, trop long ou trop court, non testé, imprécis
     3. Canal :
Indirect, inapproprié, inadapté.
     4. Récepteur :
Impatience, indiscipline, refus du message, mauvaise perception du message,
     5. Rétroaction
Pas de changement de comportement, critique non constructive.




88
L’APPROCHE PARTICIPATIVE

EFFETS ESCOMPTES


     •   Les participants peuvent s’exprimer librement
     •   La communication est facilitée et efficace
     •   La créativité des participants est favorisée
     •   Les participants décident et prennent leurs responsabilités


PRINCIPES DE BASE :


         Les participants se trouvent au centre en tant que personne actives et responsables, et
         non comme des bénéficiaires passifs. Chacun est participant au même titre, pas de
         hiérarchie, respect des idées de chacun, libre expression.
         Partir des intérêts et / ou des problèmes des participants.
         Se baser sur les expériences des participants car « personne ne sait tout mais chacun
         sait quelque chose »       Echange d’expériences : Recevoir et donner
         Former un groupe interactif en exploitant les divergences.


CONDITION D’UNE TELLE APPROCHE :

Eviter les relations :
   1. professeur/élève
   2. patron /employé
   3. chef/subalterne


LES COMPORTEMENTS D’UN ANIMATEUR

Etre un bon animateur, c’est :


         être accueillant, patient et calme, objectif, compréhensif, encourageant
         avoir une personnalité chaleureuse, positive, ouverte et tolérante
         développer une habilité sociale, capable de rassembler un groupe, de le contrôler sans
         lui nuire
         avoir une manière d’enseigner qui génère et utilise les idées et les compétences des
         apprenants
         montrer des compétences organisationnelles afin d’assurer une bonne logistique pour
         des sessions d’animation


89
avoir l’enthousiasme pour le sujet traité et des compétences pour le proposer de façon
         intéressante
         posséder une souplesse pour s’adapter et répondre aux besoins changeants des
         participants
         avoir une connaissance ad hoc de la matière enseignée
         être facilitateur (centré sur l’apprenant) et non un manipulateur (centré sur lui même)
         encourager à la créativité et la réflexion des participants, vers des modifications
         d’attitudes et de pensées
         savoir poser les questions correctement



Ce n’est pas ce que l’animateur qui anime qui compte, c’est ce que
l’apprenant a compris


 QUELQUES REGLES ESSENTIELLES DE LA COMMUNICATION


1- ETRE :     - Simple : mots, expressions, phrases
              - Structurer : logique, plan, étapes
              - Bref : unique, individuel, varié

2- un bon communicateur doit avant tout apprendre à écouter, et à gérer cette écoute :


                   •   Ecoute passive : rester silencieux, communiquer son intérêt de façon
                       non verbal.
                   •   Ouverture de portes : sans questions directes, inviter la personne à
                       poursuivre ou préciser sa pensée. On encourage la personne à parler
                   •   Paraphrases ou reformulation
                   •   Ecoute active
                   •   Ne pas laisser libre cours à ses émotions


ATTENTION ; les freins typiques à la communication


     -   S’afficher comme le détenteur absolu du savoir
     -   Donner des ordres
     -   Proférer des menaces
     -   Etre moralisateur
     -   Faire preuve de criticisme
     -   Donner dans la flatterie
     -   S’obstiner dans ses propres questionnements




90
FORMATION ET ANIMATION

Plus souvent qu’autrement, la confusion règne entre les mots formation et animation. Le
formateur est-il un animateur ? L’animateur est-il un formateur ? Y a-t-il une différence entre
l’animation et la formation ?


A première vue, les distinctions entre animation et formation sont nombreuses mais pas
nécessairement claires et bien définies. On peut comparer des institutions, on peut comparer
des intervenants, on peut aussi analyser les convergences des phénomènes sociaux qui
réunissent ces expressions. Il s’agit de champs d’intervention différents qui maintiennent une
relation de formation et d’animation.

Même le formateur qui se sert du groupe pour animer des activités de recherche, de réflexion,
de discussion et de création aura parfois tendance à se demander s’il n’est pas plutôt un
animateur. En pratique, il existe une confusion pour tout formateur qui utilise la dynamique
de groupe afin d’atteindre ses objectifs de formation.
Cette confusion peut provoquer des frictions entre formateur et participants de même que des
frustrations pour tout le monde.

Regardons brièvement les différences entre formation et animation de même qu’entre
formateur et animateur en fonction des activités d’un groupe en formation

La formation :
Il s’agit d’un processus d’apprentissage et d’enseignement structuré en fonction d’objectifs
précis. Ces objectifs répondent aux besoins de l’organisme demandeur (source d’une demande
de formation). Le processus de la formation a ses méthodes et techniques qui lui sont propres
où qu’il emprunte de la psychologie, de la philosophie…

C’est une démarche pendant laquelle le formateur et les participants travaillent de façon
structurée, planifiée, organisée. Elle vise des objectifs précis qu’il faut atteindre à court et à
moyen terme.

Parfois les formateurs utilisent des techniques ou approches propres à l’animation. Ceci ne
veut pas dire qu’ils font de l’ « animation » ou qu’ils sont des animateurs.


L’animation :
L’animation est tantôt une méthode, tantôt un ensemble de techniques permettant à un groupe
d’atteindre par lui-même les objectifs qu’il s’est fixé. La présence de l’animateur est requise
afin d’aider le groupe dans sa démarche. Il canalise l’énergie et oriente le travail dans la
direction que le groupe s’est lui-même donné. L’animateur est un catalyseur : il déclenche une
réaction. Par exemple : l’animateur évitera à une discussion de tourner en rond en la remettant
sur la voie de départ. L’animateur orientera la discussion du groupe afin de cerner le sujet,
analyser les problèmes sous tous les aspects et trouver les moyens d’action susceptibles
d’apporter une solution.



91
L’animation se fait toujours à partir d’un groupe en situation qui possède la connaissance de
son milieu, peut prendre une décision et entreprendre les actions nécessaires avec la présence
et l’aide de l’animateur.

L’animation es obligatoirement une méthode inductive, c'est-à-dire une méthode qui part
toujours de choses connues, de situations particulières et concrètes, pour aller vers l’inconnu,
vers des situations générales, vers la théorie.

Les techniques de l’animation ont été mises au point par la psychologie, pour étudier et
utilisera dynamique d’un groupe. O n peut en signaler quelques unes : jeu de rôle, analyse
d’observations, discussions, brainstorming.

Toutefois, la formation peut aussi utiliser les techniques d’animation et l’animation a, des
objectifs de formation ? Mais le formateur forme et l’animateur anime.

Formateur                                          Animateur
1. Il planifie l’ensemble du processus de          1. Il anime la participation du groupe
formation

2. Tout en structurant une situation               2. Il joue le rôle de catalyseur à l’intérieur du
d’apprentissage, il identifie les objectifs,       groupe. Mais, c’est le groupe qui, de façon
détermine le contenu, choisit les méthodes et      autonome, organise son travail, détermine la
les techniques à utiliser… ; il suscite, oriente   démarche, structure son propre cheminement
et facilite l’apprentissage.                       et défini le produit qu’il veut obtenir.
3. Le formateur participe à la formation ; il      3. L’animateur est attentif au déroulement de
communique son expérience, son vécu, ses           la discussion : c’est le vécu du groupe qui est
connaissances, il amène les autres à le suivre     partagé, ses expériences et ses connaissances.
afin d’optimaliser leur apprentissage.             L’animateur voit à ce que l’échange se fasse
                                                   bien, il est attentif à la mécanique, à la
                                                   dynamique de groupe.
4. Le formateur a une maîtrise du contenu          4. Animateur n’a pas nécessairement une
enseigné. Il le connaît aussi bien en théorie      connaissance très poussée du contenu du
qu’en pratique.                                    sujet sur lequel le groupe travaille. Il connaît
                                                   surtout la mécanique et les comportements
                                                   des groupes. Il saura en posant des questions,
                                                   faire avancer le travail, éviter les accrochages
                                                   inutiles, etc.
5. Le formateur évalue les objectifs               5. L’animateur aide le groupe à faire sa
d’enseignement et d’apprentissage par le           propre évaluation ou se base sur les critères
processus de formation pré-établi. Il évalue       fixés par le groupe.
la pertinence et la portée de sa méthode. Ceci
ne signifie pas qu’il peut mettre une note !


Il y a donc une différence entre le rôle du formateur et celui de l’animateur. Celui du
formateur est plus étendu, plus englobant : il s’occupe de tout le processus de formation ? A
certains moments, il fait aussi de l’animation, comme il utilisera aussi d’autres techniques (les
exposés, les jeux de rôle, les films, etc), toujours en gardant à l’esprit l’objet de son travail de
formation et ses objectifs. Par ailleurs, un bon animateur est celui qui, tout en ayant une



92
expérience pertinente en animation, en arrive à connaître et à faire travailler harmonieusement
chaque groupe qui demande sa collaboration.


LE GROUPE EN FORMATION
Avez-vous remarqué que presque toutes les activités de formation se fait en groupe ? De plus
en plus, on utilise le groupe comme acteur principal. Il devient le sujet et aussi l’objet du
processus de formation ? Le groupe, dans ce sens, est considéré comme un ensemble
d’individus qui se donne un objectif et une démarche commune de formation.

Deux raisons principales justifient cette tendance : les recherches ont démontré que le niveau
relatif d’apprentissage est supérieur chez un individu quand il travaille en groupe : il apprend
plus et mieux en groupe que seul ; la motivation à l’apprentissage est plus grande si l’individu
fait partie d’un groupe uni et si les participants sont heureux et satisfaits d’en faire partie. La
situation contraire n’est pas impossible. Si le groupe est tendu, mécontent et désorganisé, on
n’apprend pas.


L’efficacité de la formation en groupe :

La réflexion ou la formation en groupe signifie que chacun apporte sa part d’expérience et
d’information. Le vieux dicton « deux têtes valent mieux qu’une » s’avère exact ; plusieurs
têtes ont plus d’idées pour aborder un problème. C’est aussi plus facile d’étudier un problème
en groupe que d’avoir à le résoudre seul. Il y a moins de tension, les participants s’habituent
graduellement aux idées nouvelles, ils sont plus ouverts, ils ont plus « d’espace » pour
participer…

Le travail intellectuel en groupe donne de meilleurs résultats que le ferait seul un membre du
groupe d’intelligence moyenne. On apprend habituellement en groupe que seul.


Un groupe n’est pas une addition d’individus
Au tout début de la session, avant l’ouverture des cours, les participants ne sont que des
individus assis les uns à côté des autres.
Après la première heure, une fois les contacts établis, l’objectif précisé et le programme de la
formation accepté par tout le monde, les individus commencent à former un groupe.

Un groupe est plus qu’une addition d’individus : il s’agit d’un ensemble d’individus liés par
un même objectif. Ils ont les mêmes besoins de formation. Il s’établit ensuite un réseau de
communication entre chacun des individus. Les membres du groupe ont des fonctions, des
rôles, des tâches qu’ils s’attribuent d’eux-mêmes ou que le groupe leur distribue
formellement. Le groupe a aussi sa vie affective propre.




93
Les conditions d’efficacité

Même lorsque certaines personnes ont l’habitude de travailler ensemble, elles peuvent mal
travailler en groupe. Un groupe n’est pas nécessairement efficace parce qu’il est un groupe ; il
y a des conditions à respecter pour assurer son bon fonctionnement.

La composition du groupe :

Il ne doit être ni trop petit, ni trop grand, ceci afin de permettre que les échanges et
l’interaction de ses membres enrichissent et facilitent le travail du groupe ; un groupe de deux
échangera moins d’idées qu’un groupe de six. En augmentant le groupe, on ajoute au volume
des contributions possibles ainsi qu’à la quantité des informations à procéder. Si le groupe
devient trop grand, le rendement diminue : il y a trop de monde, le groupe a tendance à se
diviser et chacun n’obtient plus un « espace temps » de parole suffisant. C’est moins efficace
et frustrant pour ceux qui ont des choses à apporter.

On estime qu’un petit groupe peut compter de 3 à 6 personnes et qu’un grand groupe (pour un
travail plus général) devrait être limité à 15 ou 25 personnes.

Un groupe doit être équilibré. Il fonctionnera efficacement si les membres ont des objectifs
identiques, si la confiance règne, si la coopération est de rigueur, si le désaccord n’effraie pas
et si l’entente est maintenue par la discussion. Un point important à retenir : un groupe
fonctionne au rythme du plus lent de ses membres.


Fonctionnement du groupe

Le groupe doit avoir un projet bien défini et accepté par chacun des membres. Par exemple :
franchir les étapes d’un programma de formation proposé par le formateur (ainsi, le groupe
entreprendra la session en pleine connaissance des exigences du formateur et du programme).

La démarche du groupe doit suivre la même direction que celle donnée au projet ; le groupe
doit visualiser le pourquoi d’une activité de formation et le bénéfice qu’il en retirera. Les
consignes, les règles données par le formateur et établies par les membres doivent être claires
et précises. Sinon, on court le risque de malentendus et de conflits inutiles qui nuiraient à la
démarche du groupe.

Pour bien fonctionner, le groupe a besoin d’un climat de collaboration et de démocratie.
Chacun des membres a les mêmes droits et les mêmes obligations et il faut en tenir compte.
Sinon, le travail du groupe sera plus laborieux, certains membres se décourageront et l’esprit
d’équipe s’en ressentira.


A ne pas oublier
Le formateur a un rôle important à jouer pour amener les participants à se regrouper. La
première heure est essentielle à la réussite de cette opération laquelle, à ce moment là, dépend
uniquement du formateur. Mais son rôle ne s’arrête pas là ! Sa vigilance durant toute la


94
démarche de la formation lui permettra de détecter la moindre erreur de parcours (par
exemple, l’absence de démocratie dans le groupe, la confusion, etc.) et d’intervenir auprès des
membres afin de les aider à résoudre les problèmes qui ralentissent leur travail.

DEMONSTRATION ET MANIPULATION
Principe

On considère ici que démonstration (approche passive) et manipulation (approche active) vont
en fait de pair pour devenir à elles deux une technique active. Le formateur exécute d’abord
devant les apprenants la manipulation qu’ils devront être capables de faire ensuite.
L’application est faite immédiatement après la démonstration par chaque apprenant,
individuellement ou par groupe. Le formateur passe de l’un à l’autre pour les guider.

Cette technique convient bien à la formation technique. Elle permet de commencer un
apprentissage par la pratique, et de faciliter la compréhension de la théorie par la suite.

Avantages                                       Inconvénients
. motive l’apprenant en le plaçant dans         . exige du temps et un encadrement
l’action et en contact avec la réalité          important, surtout si l’auditoire est nombreux
. technique « naturelle » et spontanée          . nécessite une certaine logistique
                                                (organisation, coût…)
. développe un sentiment de confiance en soi
chez l’apprenant
. réduit la part théorique
. « magie » de la découverte



A faire

. préparer et vérifier le matériel à l’avance (pas de mauvaises surprises)
. disposer le matériel avant le cours
. fragmenter la démonstration en paliers si l’opération est longue
. préciser l’objet de la démonstration et commenter tous les gestes effectués en expliquant leur
pourquoi
. veiller à ce que chacun puisse bien voir et entendre (prévoir des démonstrations par petits
groupes si nécessaire)
. répéter la démonstration lorsqu’elle ne semble pas bien comprise
. résumer et poser des questions à la fin de la démonstration
. faire manipuler un ou deux participants devant les autres en commentant ce qui se passe,
avant que chacun manipule de son côté
. laisser les apprenants découvrir et manipuler à leur aise, et surmonter la peur de l’inconnu
. prévoir une marge de temps suffisamment large pour les exercices de manipulation (compter
facilement 2 à 3 fois le temps que met le formateur selon l’opération)




95
LA PEDAGOGIE ET L’ANDRAGOGIE


La pédagogie : Science de l’éducation des enfants / adolescents

L’andragogie : Science de l’éducation des adultes. On parle aussi de PEDAGOGIE DES
ADULTES


                               LA PEDAGOGIE                      L’ANDRAGOGIE
Concept                        L’élève dépend de                 L’adulte prend ses propres
                               l’enseignant. Il est guidé par    décisions, il est autonome.
                               lui. L’enseignement est plus      Le formateur est un
                               directif                          facilitateur.
Les ressources                 L’expérience de l’élève est       L’adulte a ses expériences de
d’instruction                  limitée. Ce seront les            la vie. Donc ses expériences
                               expériences de l’enseignant       seront des riches ressources
                               qui seront ses ressources         d’instructions.
                               d’instructions.
Le plan de formation           Le plan de formation de           L’adulte sait ce qu’il veut
                               l’élève est tracé par le corps    apprendre.
                               enseignant : quoi, quand et       Le facilitateur n’est que son
                               comment apprendre ?               aide dans l’identification de
                               L’élève est alors conditionné.    ses besoins en formation.
Orientation de l’instruction   L’élève apprend pour le           L’adulte veut appliquer les
                               futur.                            acquis et améliorer sa vie/son
                               Et l’instruction est centrée      travail.
                               sur des sujets bien définis.      Ainsi, l’instruction est
                                                                 centrée sur les problèmes
                                                                 rencontrés, les besoins.
Motivation                     Elle est externe : notes, rang,   Elle est interne :
                               appréciations, prix,…             reconnaissance, distinction,
                                                                 crédibilité.
                                                                 L’estime de soi est le
                                                                 principal motivateur.



LES SIX CONDITIONS D’APPRENTISSAGE


CONDITION D’APPRENTISSAGE                       QUE FAIRE POUR LA RESPECTER ?
…S’il comprend                                  Annoncer le programme sous forme de
                                                schéma reprenant les étapes.
                                                Utiliser un vocabulaire adapté au niveau et
                                                au métier des participants.
…Si la formation est en relation directe        Choisir des exercices et des exemples en

96
avec son quotidien.                              relation avec la vie quotidienne personnelle
                                                 ou professionnelle des formés.
…S’il perçoit, accepte et comprend les           Faire exprimer les attentes, annoncer les
objectifs pédagogiques (en liaison avec le       objectifs.
quotidien)                                       Annoncer les objectifs de chaque module et
                                                 de chaque activité.
…S’il agit et s’engage.                          Utiliser la progression pédagogique en trois
                                                 étapes : 2/3 d’action pour les stagiaires, 1/3
                                                 d’action pour les formateurs.
…S’il se sent intégré dans un groupe.            Créer des groupes de travail.
…S’il est dans un climat de participation.       Inciter, par les activités choisies, à la prise de
                                                 parole et l’implication individuelle.



CONCLUSION

Vous voici parvenu(e) s au terme du guide. Il vous a fourni des repères fondamentaux simples
pour vous aider. Cet ensemble n’est pas complet loin de là, il doit être pour chacun de vous
l’occasion de poursuivre votre réflexion. Certes, il est vrai qu’aucun texte ne saurait se
substituer à l’expérience vécue (qui sera bientôt la vôtre), mais ce guide est pour vous un bon
début et une bonne base. Nous aurions atteint notre objectif si ce guide vous permettait de :

     -   De lire d’autres ouvrages approfondissant tel ou tel point en sachant que la vie ne se
         coupe pas en tranches et qu’il est nécessaire d’avoir une vision globale des choses afin
         de situer dans le tout, le détail.
    - De confronter vos réflexions entre vous afin que la discussion devienne un dialogue
         enrichissant.
    - Mais comme toute pensée doit être liée à l’action, nous souhaitons que nos
         suggestions vous aident dans la pratique à assumer pleinement votre rôle.
    - Que de la synthèse de votre pensée et de votre action vous arriviez à dégager une
         pensée personnelle qui vous permette de vous situer en permanence dans la réalité
         mouvante de la vie.
    - Que cette pensée personnelle soit mise au service de tous afin que vos richesses
         profitent à vos semblables, et qu’à l’inverse la richesse des autres puisse vous être
         utile.
 Mais comme dans toute discussion véritable il doit y avoir échange, nous serions heureux si
vous accepteriez de perfectionner cet outil, de le rendre un peu plus complet et un peu plus
clair si quelques obscurités étaient perçues dans l’expression.

Pour finir, avant de vous quitter en vous souhaitant bonne chance dans vos atelier voici une
dernière recommandation : n’oubliez pas qu’il n’y a pas de meilleure formation que la mise en
pratique de ce qui a été appris ! Un petit poème qui résume notre pensée :




97
L’EXCEPTION DE LA REGLE


Ainsi se termine l’histoire d’un ouvrage
Vous avez vu et entendu
Vous avez vu un évènement ordinaire
Un évènement comme il s’en produit chaque jour
Et cependant, nous vous en prions,
Sous le familier, découvrez l’insolite,
Sous le quotidien, décelez l’inexplicable
Puisse toute chose dite habituelle vous inquiéter.
Dans la règle découvrez l’abus
Et partout où l’abus s’est montré,
Trouvez le remède.

BONNE CHANCE ET BONNES FORMATIONS !!!




98
GLOSSAIRE


QUELQUES MOTS CLES DE LA PROSPECTIVE ET DE LA
STRATEGIE


Acteurs
Ceux qui jouent un rôle important dans le système par l’intermédiaire des variables qui
caractérisent leurs projets et qu’ils contrôlent plus ou moins (les pays consommateurs, les
pays producteurs, les compagnies multinationales…sont des acteurs du jeu de l’énergie).

Sont l’ensemble des forces porteuses de projet à la poursuite de leurs intérêts économiques,
sociaux, politiques, etc… Les acteurs ne sont pas définis à priori, mais par rapport à la
problématique posée. Ils doivent être pertinents du double point de vue de leur homogénéité
par rapport à la problématique et de leurs objectifs, stratégies et moyens d’actions. Ils peuvent
être des acteurs individuels ou collectifs (ex Etat, collectivités locales, organisations
professionnelles,…).

L’analyse des acteurs est importante, car la vision qu’ils produisent, les moyens qu’ils se
donnent pour parvenir à leurs fins, leurs relations (coopération/confrontation) conditionnent
les stratégies actuelles et à venir.


Anticipation

Action d’anticiper, de faire par avance.

Aspiration

C’est un processus psychosociologique par lequel un individu ou un groupe est poussé vers un
objet proche ou éloigné dont il prend conscience à travers des images, des représentations ou
des symboles. Cet objet peut se rapporter à son environnement, à un changement de la
condition de vie, à des transformations politiques ou à des idéaux lointains.
Les aspirations renvoient à un désir (de mieux être, d’un meilleur avenir pour nous et pour nos
descendants).
Elles dépendent du milieu, du contexte historique, des valeurs de la société et du flux
d’informations disponibles. Elles sont dynamiques : elles naissent, se développent, dépérissent
ou disparaissent suivant le contexte historique.
Cette étape d’identification des aspirations s’explique par la nécessité de connaître les valeurs,
les raisons motrices des populations, voire leur conception du développement.
De l’identification des aspirations découle la détermination des problèmes de développement,
des enjeux et défis auxquels elles renvoient sous forme de problématique/thèmes majeurs à
étudier.
Les aspirations vont également servir, par un rapprochement avec les scénarii, à la
formulation de la vision du futur souhaité du pays à l’horizon de l’étude.


99
Atout

Moyen de succès (avantage comparatif).

Changement

Modification par rapport à une situation antérieure.

Défi

Ce que l’on se prépare à affronter, à combattre. Acte qui définit une obligation et/ou une
volonté d’agir sur un ou plusieurs enjeux.

Enjeu

Ce que l’on risque de gagner ou de perdre dans une entreprise ou une compétition.
Question clé qui interpelle fortement les acteurs sur le développement d’une organisation,
d’une filière… (AGOA…).

Facteur de changement

Qui est de nature à faire évoluer un phénomène. Il peut être interne, externe, présent ou bien à
venir.

Faits porteurs d’avenir

(Faits pouvant influencer l’avenir) : sont des évènements récents porteurs de transformations,
facteurs d’évolution perceptibles actuellement, ils peuvent à long terme infléchir ou renforcer
les principales tendances. Ils sont souvent liés à l’émergence de nouvelles forces (de
nouveaux acteurs ou d’anciens acteurs reconvertis) ou/et une nouvelle conjoncture
(exemples : émergences de mouvements associatifs, création OMC) ;

Les forces

Sont les atouts internes dont dispose le pays dans tous les domaines (économie, social,
politique, environnement, culture, technologie, etc.…) et sur lesquels il pourra s’appuyer pour
élaborer ses stratégies (exemple : existence d’une langue nationale, disponibilité de ressources
naturelles).

Les faiblesses

Sont des handicaps internes décelés dans la société dans tous les domaines (exemples :
inadaptation du système éducatif, faiblesse de l’épargne, etc.…).

Identifier ses atouts et ses contraintes ne suffit pas. Il faut aussi apprécier leur importance au
travers des menaces et des opportunités qui proviennent de l’environnement extérieur.




100
Germes

Facteurs de changements, à peine perceptibles aujourd’hui mais qui constitueront des
tendances lourdes de demain.

Idée reçue

Une idée reçue est une opinion exagérée, qui a pour origine une information fondée ou non,
généralisée à l’ensemble d’une population et admise sans qu’il soit nécessaire d’argumenter.
Elle est l’expression d’une vision caricaturale des choses et reflète souvent une
méconnaissance du sujet. (Les fonctionnaires ne travaillent pas assez ; les français ne sont pas
doués pour les langues ; la sécurité des touristes n’est pas assurée à Madagascar…).

Inertie

Résistance passive au changement. Exprime un blocage, un frein non nécessairement
volontaire (interne ou externe) au changement ou à l’action (résistance culturelle).

Incertitude critique

Désigne un phénomène dont l’impact est considéré comme décisif, structurant pour le futur
du pays et dont l’évolution peut prendre plusieurs directions possibles qu’on ne peut ni
contrôler, ni influencer, ni prévoir. Ce sont les hypothèses sur les issues possibles de ces
incertitudes qui sont utilisées comme axes de construction des scénarii. Une incertitude
critique est souvent d’ordre politique (exemple : évolution du processus démocratique) ou liée
à l’environnement international (évolution de l’économie mondiale, impact du développement
des nouvelles technologies).

Management stratégique

Concept lancé au milieu des années soixante-dix ( Igor ANSOFF) pour mettre en avant les
conditions qui permettent aux structures et aux organisations de s’adapter dans un monde de
plus en plus turbulent.

Menace

Indice laissant prévoir quelque chose de fâcheux ou de dangereux.

Obstacle

Ce qui s’oppose à la progression, ce à quoi on se heurte.

Opportunité

Occasion favorable.

Passif (ive)

Qui subit sans agir ; qui n’agit pas. Comme l’autruche qui suit l’évènement.



101
Planification

La planification consiste à concevoir un futur désiré ainsi que les moyens réels d’y parvenir.

Planification stratégique

Concept apparu à la fin des années soixante (Igor ANSOFF) pour traduire le fait que la
planification d’entreprise devait de plus en plus tenir compte des turbulences de
l’environnement (dit stratégique) et adapter ses objectifs en conséquence.

Pré actif (ive)

Comme l’assureur qui se prépare aux changements prévisibles car il sait que la réparation
coûte plus cher que la prévention.

Prévision

Estimation sur le futur assortie d’un degré de confiance.

Proactif (ive)

Comme le conspirateur qui agit pour provoquer les changements souhaités.

Projection

Prolongement ou inflexion dans le futur de tendances passées.

Prospectif (ive)

Anticipation pour éclairer l’action (loin, large, profond, autrement, ensemble).

Prospective stratégique

Concept des années quatre-vingt-dix où l’anticipation de la prospective est mise au service de
l’action stratégique et du projet d’entreprise.

Réactif (ive)

Qui réagit. Comme le pompier qui attend que le feu soit déclaré pour le combattre.

Scénarii

Jeux cohérents d’hypothèses conduisant d’une situation d’origine à une situation future.

Stratégie

Art de combiner des opérations pour atteindre un objectif. Ensemble des règles de conduite
d’un acteur lui permettant d’atteindre des objectifs et/ou de mettre en œuvre son projet.

Tactique (s)


102
Presque toujours au pluriel, puisqu’il s’agit des voies et moyens pour parvenir aux objectifs de
la stratégie en fonction des circonstances.

Tendance lourde

Mouvement affectant un phénomène sur une longue période (démographie, urbanisation). Un
phénomène qui s’est manifesté dans le passé lointain ou récent et dont les mécanismes qui les
sous-tendent continuera encore à agir dans la société de demain au moins pendant un temps
suffisamment long pour être pris en considération.




103
ANNEXES




104
ANNEXE 1      LA TECHNIQUE DU GROUPE NOMINAL
Elle fait partie de la famille Delphique. Elle permet à un groupe existant « nominalement » de
se centrer sur la tâche de déterminer, dans le cas qui nous occupe, le besoin d’une population
préalablement définie.
Cette technique est utilisée en générale de façon analogue à la technique Delphique. Voici les
étapes :

1. Préparatifs : clarifier les objectifs, formuler la question de départ

2. Présentation des consignes (05 minutes) : Qu’est ce qu’on va faire, comment, avec qui … le
responsable présente les consignes, remet la feuille de travail où se trouve la question, la lit à
haute voix et demande aux participants d’écrire des énoncés concis et précis. Il indique qu’on
travaille en silence pour une durée d’au moins cinq minutes.

3. Début de l’étude (15 minutes)
Chaque participant rédige individuellement ses idées sur la question. Il travaille en silence.

4. Le responsable recueille au tableau les idées de chaque participant (15 minutes).
Il procède de la façon suivante : il présente l’objectif de l’étape (recueillir les idées et les
transmettre au groupe) ; il indique le déroulement : chacun donne à tour de rôle un énoncé,
qui est écrit au tableau par le responsable ; aucune discussion n’est alors accepté.

5. Clarification des énoncés (20-30 minutes)
Démarche similaire à la démarche antérieure. Le responsable invite le groupe à clarifier les
énoncés sans juger de leur pertinence.

6. Détermination de l’importance relative des énoncés (20-30 minutes).
Démarche : le responsable
-Présente les objectifs de l’étape (déterminer individuellement puis en groupe l’importance
des énoncés)
-Détermine le nombre d’énoncés à sélectionner (05,10…)
-Explique la façon de les consigner. D’abord sur une fiche par énoncé et par ordre de priorité.
Le participant ordonne ses fiches. Celle qui a l’énoncé le plus important se range au début, le
moins important à la fin. Un pointage de 01 à 10 est accordé aux énoncés.
-Le responsable ramasse les fiches et place au tableau les énoncés avec leur pointage. Il garde
les 05 ou 10 pointages les plus élevés. Il établit un rang (de 01 à 10) pour chaque énoncé.

7. Analyse en petit groupe des énoncés retenus (10 minutes)
Le responsable présente l’objectif de cette étape (examiner en groupe la consistance des
résultats). Il analyse avec le groupe les résultats. Il les soumet à une brève discussion en petit
groupe. Chaque sous-groupe assigne une valeur à chaque item. S’il y a des divergences, on
vote.

8. Le résultat final (20minutes)
Le résultat du travail en petits groupes est inscrit au tableau. Le responsable soumet les
divergences au vote et dégage un accord final.

Quelques conseils pratiques :
1. Surveiller vos consignes

105
2. Exiger le respect des directives
3. Formuler une question univoque, précise
4. Eviter les jugements de pertinence des énoncés
5. Ecriver tout ce que les participants vous dictent, sans résumer.
6. Accepter tout nouvel énoncé avant le vote final, s’il y a lieu.
7. Travailler avec des groupes de 10 à 15 personnes
Cette technique peut être utilisée pour différentes opérations :
-Identifier les composantes d’un problème
-Rechercher des solutions
-Etablir des priorités




106
ANNEXE 2 LE        BRAINSTORMING
Principe

Le brainstorming est une technique utilisée pour collecter rapidement des idées ou des
éléments de solution à un problème. Plus que de stimuler la pensée créative, il part de
l’expérience des participants.

L’animateur propose un thème ou un problème à un groupe de personnes. Celles ci expriment
spontanément les idées qui leur viennent à l’esprit par rapport au sujet posé. Au fur et à
mesure qu’elles sont émises, les idées sont notées telles quelles par l’animateur, soit sur des
cartes, soit sur une feuille de flip-chart, et visualisées. L’affichage des idées permet d’en
générer de nouvelles, par association ou par analogie. Les idées doivent se limiter à des mots,
non des phrases. Le brainstorming doit se dérouler en un temps très limité (10-15 minutes)

A la fin du brainstorming, on demande à leur auteur d’expliciter les idées qui ne seraient pas
bien comprises. Une systématisation des idées peut suivre (triage et regroupage) ; elle favorise
une appropriation par le groupe.

Une variante muette du brainstorming est utilisée dans la réflexion en groupe : chacun note
ses idées sur des cartes qui sont visualisées ensuite. Cette technique diminue la spontanéité et
la stimulation réciproque d’idées.

AVANTAGES                                       INCONVENIENTS
iGénère le maximum d’idées sans porter          i Technique demandant une forte
de jugement sur celles-ci (aucune censure)      abstraction et une capacité à être pointu dans
iPermet de travailler avec des groupes de       les idées
dimension même large                            iRisque que certains prennent difficilement
iFournit rapidement une bonne base pour         la parole étant donné le rythme imposé
poursuivre et approfondir des réflexions        iLe produit fourni est un produit brut
iEvite que les bavards monopolisent la          iRisque de non-dits si l’exercice s’arrête là
parole avec de long discours

A faire

•   Contrôler le temps imparti : éviter les prolongations et les digressions
•   Veiller à ce que chacun prenne la parole

A ne pas faire

•   Laisser les participants s’exprimer en phrases ou partir dans des explications (celles-ci
    viennent après)
•   Commenter de suite les idées ou refuser d’en noter certaines (ceci peut se faire après)




107
ANNEXE 3     L’ETUDE DE CAS
Principe

L’étude de cas est une technique dérivée de la stimulation. Le formateur commence par
exposer un évènement ou situation réelle présentant une problématique. Après cette
confrontation des apprenants au cas, il leur fournit toutes les données et informations
nécessaires sur un support écrit. Les apprenants sont invités à se pencher sur le cas et
d’envisager les solutions qu’on pourrait apporter aux problèmes posés. Le travail est
généralement réalisé en groupes. Chaque groupe mènera sa dynamique propre pour tenter de
résoudre les problèmes du cas étudié. Il présentera aux autres groupes les résultats de son
travail, qui seront commentés et critiqués. Le formateur intervient le moins possible dans les
travaux de groupe ; il anime par contre l’exposition et l’explication du cas, ainsi que les
débats à la suite de la présentation du travail des groupes.


                 AVANTAGES                                  INCONVENIENTS
iMéthode active, partant d’une situation         iNécessite une bonne préparation et une
réelle, stimulant dès lors la motivation         connaissance parfaite du cas de la part du
iConfronte l’apprenant à des situations          formateur
qu’il rencontrera dans la vie, ou similaires à   iConsomme du temps
celles qu’il peut déjà vivre
iFavorise la réflexion prospective et
l’utilisation de ses connaissances, ainsi que
le contrôle de celles-ci
iStimule la réflexion par avantages
comparatifs
A faire

•  Choisir un cas en relation directe avec l’objectif de formation, en tenant compte du niveau
   (connaissances) et de l’expérience des apprenants
• Donner des informations simples, mais essentielles
• Donner des consignes très claires et par écrit pour les travaux de groupe (ce qu’on va
   faire, comment, où, en combien de temps, pour produire quel travail…)
• Connaître très bien le cas et son environnement : le formateur doit pouvoir anticiper le
   genre de questions que pourront lui poser les apprenants
• Laisser les groupes travailler suivant leur propre dynamique ; ne les appuyer qu’en cas de
   blocage
A ne pas faire

•   Choisir un cas en fonction de l’intérêt ou le hobby unique du formateur




108

Guide technique prospective

  • 1.
    MEFB MINISTEREDE L’ECONOMIE, DES FINANCES ET DU BUDGET GUIDE POUR L’APPLICATION DES TECHNIQUES PROSPECTIVES Par Andriamarosandy Masoandro Razafimandimby Consultant National Août 2006
  • 2.
    SOMMAIRE Contexte général 3 Introduction 4 Définition et objectifs des techniquesProspectives 6 Méthodologies d’approche 7 Apports des techniques prospectives 8 NLTPS 11 Matrice de diagnostic stratégique 13 Construction de scénarii 15 Vision 15 Stratégie 15 Les questions stratégiques 16 La planification stratégique par scénarios 17 Les étapes d’un atelier de PS 21-25 Schéma déroulement des ateliers PS 26 Trames atelier de PS 27-51 Déroulement détaillé d’un atelier de PS 52-83 Techniques d’animation 84-98 Conclusion Glossaire ANNEXES Annexes 1 : Technique du groupe nominal Annexe 2 : Le brainstorming Annexe 3 : L’étude de cas 2
  • 3.
    CONTEXTE GENERAL Vers lemilieu des années 90, le PNUD avait lancé l’idée de la nécessité de formuler de nouvelles perspectives d’avenir pour les populations des pays en développement déjà astreints à de grands sacrifices au nom de réforme économique. Par ailleurs, à l’instar de la communauté internationale, Madagascar a adhéré aux OMD. En conséquence, il met en œuvre actuellement un programme à moyen terme visant à réduire la pauvreté, défini dans le DSRP, lequel se réfère notamment aux OMD à l’horizon 2015. Les enjeux du développement rapide et surtout durable dans lequel s’engage Madagascar lui imposent alors de se doter d’une stratégie de développement permettant de définir un cadre macroéconomique viable et faciliter l’articulation du court et du long terme dans la conception et la mise en œuvre des politiques et stratégies de développement. En particulier, en vue de la réalisation des OMD, Madagascar se doit de disposer d’un cadre stratégique à long terme qui couvre l’horizon des objectifs du millénaire auxquels il a souscrit. Ainsi, et suite à la sortie de la Vision « Madagascar Naturellement » (VINA) et ce, dans la perspective de la consolidation du DSRP, l’élaboration d’une stratégie nationale de développement à long terme doit s’inscrire dans les grands objectifs visés par Madagascar. En effet, le pays s’est doté du DSRP qui en dépit des résultats qu’il a apportés présente cependant ses limites car conçu dans une optique de réduction de la pauvreté à moyen terme. On rappelle que suite à l’initiative du PNUD, en 1997, le gouvernement malagasy en collaboration avec cette institution avait déjà initié une approche nouvelle axée sur la nécessité d’une vision à long terme du développement. Pour ce faire, des Ateliers de formation sur les « Etudes Prospectives à Long Terme »’(National Long Term Prospective Studies- NLTPS) furent organisés. Cette formation visait principalement à créer et impulser un réseau national de partenariat NLTPS. Le contexte actuel apparaît très favorable à la réactualisation de ce programme qui aiderait à conforter et compléter les actions déployées par le pays dans la lutte contre la pauvreté. La Direction Générale de la Planification par le biais de la Direction de la Planification Globale prévoit ainsi de renforcer les acquis en la matière en organisant des Ateliers de formation de formateurs sur les techniques prospectives. L’objectif final est de disposer d’un réseau national de stratégie de développement à long terme opérationnel. Ainsi pour la période 2005 à 2007, il est prévu de former 400 personnes au total en techniques prospectives. Pour ce faire, une première formation de formateurs en techniques prospectives a eu lieu en 2005, et une autre aux logiciels de techniques prospectives tout dernièrement. Il s’est avéré indispensable d’élaborer un guide pour l’application des techniques prospectives qui viendra compléter les manuels de formation Tomes 1 et 2. Ce guide doit permettre aux formateurs d’assurer pleinement la formation qu’ils vont dispenser à leur tour. En particulier, après leur formation et muni de ce manuel, ils doivent être capables de maîtriser le sujet. 3
  • 4.
    INTRODUCTION Aperçu général Les principesdirecteurs pour les techniques prospectives et le déroulement d’un atelier de prospective ont pour objet de présenter, sous une forme simple et accessible, les concepts de base, les processus et les modalités de la prospective stratégique et, les étapes du déroulement de l’atelier de prospective proprement dit. Ce guide dégage les points les plus importants et définit les différentes étapes à suivre (processus), sans prétendre les expliquer en détail. Il s’agit d’un catalogue de suggestions et, les techniques y sont présentées sous forme condensée et simplifiée de manière à vous permettre de les consulter facilement et rapidement. Vous êtes invité(e) s à compléter les informations contenues dans ce guide par vos propres lectures et/ou des échanges de vues plus poussées avec des experts ou formateurs en prospective. Vous pourrez facilement modifier et adapter le guide en fonction de vos impératifs particuliers…et de votre vocabulaire habituel. Auditoire principal Ce guide est établit avant tout à l’intention des participants des ateliers de formation de formateurs sur les techniques prospectives. On vous propose des suggestions destinées à vous guider dans la préparation de l’atelier de formation, de l’organisation et de la conduite d’un atelier de prospective. Ce guide vous aidera dans les tâches que vous aurez à acquitter en tant que formateur/trice en techniques prospectives et animation d’atelier, mais il faut bien comprendre qu’aucun texte ne saurait remplacer l’expérience vécue en matière de formation. Et vous ne tarderez pas à l’acquérir dans les ateliers que vous dirigerez. Auditoire secondaire Le guide peut aussi être utile aux dirigeants d’entreprise ou de l’administration publique, qui néanmoins sauront tirer parti d’une revue et d’un résumé schématique régissant le déroulement d’un atelier de prospective et explicitant les différents concepts de base et méthodes d’application. Objectifs Vous devriez être capable de : - s’approprier les concepts de base et pratique - maîtriser les démarches et attitudes prospectives - maîtriser les différentes phases du processus NLTPS - préciser les priorités, les objectifs, les calendriers et la méthode à suivre pour une réflexion de prospective stratégique - s’approprier complètement et efficacement la pensée prospective au service de l’action stratégique - animer un atelier de formation 4
  • 5.
    TRANSITION : Ladate de l’atelier que vous avez à organiser et animer approche. Si c’est la première fois que vous êtes amenés à conduire et animer un atelier de formation sur les techniques prospectives, vous vous demanderez sans doute ce que vous devez faire, par quoi commencer, comment commencer ? Ce guide répondra, espérons-le, à la plupart de vos questions et vous indiquera le moins que vous ne connaissiez déjà. Lisez, et en avant ! A l’horizon se profile un atelier pleinement réussi. 5
  • 6.
    DEFINITION ET OBJECTIFSDES TECHNIQUES PROSPECTIVES DEFINITION Ensemble des activités ayant pour but d’examiner systématiquement les facteurs clés qui peuvent influencer le futur afin de réaliser un futur souhaitable. Ce n’est pas un exercice de prédiction du futur mais identifie et examine les futurs alternatifs, les facteurs clés et les évènements qui sont précurseurs de futurs particuliers. En caractérisant et en appréciant les degrés d’incertitude associée à chaque futur alternatif, elle constitue un instrument très utile pour éclairer l’action présente à la lumière du futur possible. Les techniques de prospectives se rapportent donc aux techniques utilisées dans l’examen de l’ensemble des facteurs fondamentaux pouvant influencer le futur afin de permettre de réaliser un futur souhaitable. Ces techniques doivent s’inscrire dans un processus qui met l’accent sur la nécessité de comprendre les mécanismes qui sont à la base des changements (la nature de ces changements, les raisons, les mécanismes qui génèrent, supportent ou contrarient les changements ainsi que leurs conséquences). Remarque : Les techniques et méthodes utilisées dans la prospective relèvent de la science, en opposition aux méthodes mystiques. Ces techniques et ces méthodes portent sur l’examen systématique des facteurs pouvant influencer l’avenir et aussi pour l’exploration des futurs possibles sur la base de l’interaction de ces facteurs dans le cadre des scénarii à construire. Cet examen doit permettre d’élaborer des stratégies et des plans d’actions en vue de réaliser le futur désiré. CHAMP D’ETUDE Cela concerne l’exploration des futurs possibles plutôt que la description d’un avenir prédéterminé, englobant l’exploration des futurs alternatifs, basée sur l’imagination et l’invention de nouvelles idées et la formulation d’options et objectifs entraînant l’avènement de ces futurs alternatifs. Dans les études prospectives, les aspects culturels, sociologiques, philosophiques, scientifiques, technologiques et économiques…sont globalement pris en compte avec leurs interactions, leur dynamique, ainsi que leurs impacts sur l’évolution du système que constitue un pays, une société ou une organisation. OBJECTIFS Eclairage du long terme, à travers des études à réaliser et des activités de réflexion stratégique, afin d’acquérir une vision globale, permettant de faire l’arbitrage entre le court terme et le long terme et de construire l’avenir, des maintenant, selon des stratégies pertinentes élaborées à partir des conclusions de ces études. Il ressort, en effet, des différentes études prospectives réalisées dans beaucoup de pays, que les problèmes lancinants d’actualité qu’on rencontre généralement dans différents domaines, résultent de l’absence dans le passé, de vision globale, de continuité dans les actions et de l’inexistence de stratégies appropriées intégrant les horizons du court, moyen et long terme. 6
  • 7.
    L’horizon auquel s’intéressentles études prospectives est, en général de 20-25-35 ans. C’est, en effet, l’horizon des ruptures, le temps d’une génération, le temps nécessaire pour reconstituer et réhabiliter, et enfin le temps nécessaire pour engager des actions en profondeur. METHODOLOGIE D’APPROCHE EN TECHNIQUES PROSPECTIVES La méthodologie d’approche utilisée dans les techniques prospectives, procède de la prise en compte de la nécessité d’avoir une vision claire du futur pour revenir sur le présent selon un cheminement itératif qui tient compte des expériences du passé. Pour construire l’avenir, il faut réfléchir sur le passé et avoir une vision de ce que l’on souhaite, et ce, en envisageant les futurs possibles et alternatifs élaborés à partir de scénarii reposant sur des hypothèses ainsi que sur les aspirations, les facteurs et les enjeux qui font partie du système que constitue l’organisation ou la société dont il est question. Cette méthodologie d’approche s’inscrit, en fait, dans l’attitude prospective qui ne consiste pas à gérer uniquement le présent, le court terme ou une situation de crise à laquelle on fait face, mais implique que l’on agisse en vue de sa transformation. Il s’agit en fait, à élaborer, selon un processus progressif, que l’on souhaite voir se réaliser. Autrement dit, l’efficacité de toute action repose sur une vision claire du futur où l’on souhaite s’engager. L’accent est mis dans le cadre de cette méthodologie sur le fait qu’il ne faut pas considérer l’avenir comme devant être une extrapolation du passé, ni non plus, comme étant prédéterminé, mais qu’il doit être construit. L’attitude prospective qui est le fondement de cette méthodologie, s’oppose à l’attitude passive en ce sens qu’elle englobe la double notion de préactivité et de proactivité expliquée par Michel Godet comme suit : « La préactivité c’est se préparer à un changement anticipé, tandis que la proactivité c’est agir pour provoquer un changement souhaitable ». L’élaboration de cette vision du futur souhaitable, ou de ce projet de société, dans le cadre de cette méthodologie d’approche, se fait sur une longue période (par exemple de 30 ans), le temps d’une génération pour changer fondamentalement les mentalités, les comportements et les méthodes de travail. Cette période peut être fractionnée en sous périodes de 10 ans, en vue de mieux quadriller les contours de cet avenir souhaitable et de permettre les rétroactions nécessaires, au fur et à mesure de l’analyse des résultats des actions engagées et des changements inévitables qui apparaissent au niveau du contexte et de l’environnement global dans laquelle on se situe. C’est à travers ce cheminement stratégique de la réflexion, dans le cadre de cette méthodologie, que l’on peut assurer la rationalisation permanente des actions engagées et l’amélioration conséquente des performances obtenue. 7
  • 8.
    APPORTS DES TECHNIQUESPROSPECTVES De nouveaux concepts de base pour l’exploration du futur et l’élaboration de l’action. . De nouveaux concepts de base et une approche innovante, utiles pour la planification stratégique à long terme1, constituent un des apports importants des techniques prospectives. Il convient tout d’abord de préciser que l’expression « prospective stratégique » est réservée aux exercices de prospective ayant des ambitions et des finalités stratégiques pour l’acteur qui l’entreprend. Deux notions fondamentales méritent, à ce sujet, d’être soulignées : • le temps de l’anticipation, c’est-à-dire de la prospective des changements possibles et souhaitables ; • le temps de la préparation de l’action, c’est-à-dire l’élaboration et l’évaluation des choix stratégiques possibles pour se préparer aux changements attendus (préactivité) et provoquer les changements souhaitables (proactivité). Cette dichotomie entre l’exploration et la préparation de l’action inhérente à l’approche prospective, conduit à mentionner cinq questions fondamentales : • que peut-il advenir ? (Q1) ; • que puis-je faire ? (Q2) ; • que vais-je faire ? (Q3), ; • comment le faire ? (Q4) ; • et une question préalable essentielle (Q0), qui suis-je ? La cinquième question préalable sur l’identité de l’entreprise ou de l’organisation, trop souvent négligée, est le point de départ de la démarche stratégique. Elle impose un retour aux sources sur ses racines de compétences, ses forces et ses faiblesses, qui n’est pas sans rappeler le fameux « connais-toi toi-même » des Grecs anciens. Il convient d’ajouter que la prospective seule est centrée sur le “que peut-il advenir ?” (Q1). Elle devient stratégique quand une organisation s’appuie sur “qui suis-je ? ” (Q0) et s’interroge sur le “que puis-je faire ?” (Q2). Une fois ces deux questions traitées, la stratégie part du “que puis-je faire ?” (Q2) pour s’en poser deux autres : “que vais-je faire ?” (Q3) et comment le faire ? (Q4). D’où le chevauchement entre la prospective et la stratégie.2 Par ailleurs, parmi les attitudes possibles face à l’avenir, l’approche prospective préconise trois attitudes qui s’inscrivent dans la nécessité de bouleverser les facteurs d’inertie et les habitudes, de maîtriser le changement et ne pas le subir et de faire preuve de flexibilité stratégique, c’est-à-dire, réagir avec souplesse tout en gardant son cap. En effet, « c’est bien en raison du défaut d’anticipation d’hier que le présent est encombré de question hier insignifiantes, mais aujourd’hui urgentes qu’il faut bien régler vite, quitte à sacrifier le développement à long terme en installant d’illusoires coupe-feu 3 ». Ainsi, face à l’avenir, cinq attitudes sont possibles : • l’attitude de l’autruche, passive qui subit le changement ; • celle du pompier, réactif qui attend que le feu soit déclaré pour le combattre ; 1 Qui sera présentée de façon plus explicite, plus loin. 2 Source : Les cahiers de LIPSOR N° 5 – la boîte à outils 3 Source : Les cahiers de LIPSOR N° 5 – la boîte à outils 8
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    celle de l’assureur, préactif, qui se prépare aux changements prévisibles car il sait que la réparation coûte plus cher que la prévention ; • celle du conspirateur, proactif, qui agit pour provoquer les changements souhaités ; • et la cinquième attitude plus subtile faite d’urgence, de précaution et d’ambition. Les trois dernières attitudes relèvent de l’attitude prospective et principalement celles de préactivité et de proactivité. Bien entendu, dans un contexte de crise, la réactivité l’emporte sur le reste et, dans un contexte de croissance, il faut anticiper les changements et les provoquer notamment par l’innovation, c’est ce que préconise l’attitude prospective. Les cinq idées clefs de la prospective . L’efficacité de toute action - en vue de la construction du futur qui n’est pas prédéterminé mais ouvert à toute une grande variété de possibilités - dépend de cinq idées clefs qui constituent aussi, un des apports importants de la prospective. Ces idées clefs sont les suivantes4 : Le monde change mais les problèmes demeurent. Le constat qui s’impose généralement est que « Les hommes ont la mémoire courte ; ils méconnaissent le temps long et ses enseignements. L’histoire ne se répète pas mais les comportements se reproduisent ». Ainsi les problèmes que l’on avait rencontrés, il y a une vingtaine d’années, sont encore les mêmes que l’on rencontre actuellement tels par exemple : l’énergie, le transport dans les grandes villes, ainsi que les enjeux des sociétés modernes comme l’emploi ou la formation. L’homme de la réflexion doit donc tenir compte du fait qu’il y a dans le passé des leçons oubliées, riches d’enseignements pour l’avenir et qu’il suffit d’actualiser par des données récentes la plupart des mécanismes et constats antérieurs pour pouvoir appliquer de manière efficace, les solutions appropriées aux problèmes actuels. Des acteurs clefs aux points de bifurcation. Le monde réel est beaucoup trop complexe, et l’incertitude inhérente à toute mesure surtout sociale, élargit encore l’éventail des futurs possibles. Face à une telle situation, il faut « faire comme si rien n’était joué, comme si la révolte de la volonté pouvait à elle seule renverser la tyrannie du hasard et de la nécessité » Comment reconnaître les points de bifurcations ? « Quels événements, quelles innovations vont rester sans conséquence, quelles autres sont susceptibles d’affecter le régime global, de déterminer irréversiblement le choix d’une évolution, quelles sont les zones de choix, les zones de stabilité ? 5» Ce sont des questions qui procèdent de la nécessité d’identifier l’éventail des futurs possibles par les scénarios afin de reconnaître le diagramme des bifurcations qui constituent des variables clés de l’analyse prospective. Et, l’auto organisation qui est un concept permettant l’adaptation au « nouveau » et la création de nouveau, implique implicitement que l’on doive placer des acteurs clefs aux points de bifurcation. 4 Source : idem…. 5 Questions posées par Ilya Prigorine (1990) 9
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    Halte à lacomplication du complexe. Il faut trouver des lois relativement simples pour comprendre la complexité de l’univers. Comme disait Maurice Allais (1989), un des plus grands économistes mathématiciens de ce temps : « Une théorie dont ni les hypothèses ni les conséquences ne peuvent être confrontées avec le réel est dépourvue de tout intérêt scientifique » Il n’y aura jamais de modèles parfaits, mais seulement des modèles approximatifs de la réalité, ainsi de deux modèles, le « meilleur sera toujours celui qui pour une approximation donnée représentera le plus simplement les données de l’observation » Le défi à relever est donc ambitieux, car s’il est facile de faire compliqué, il est difficile de faire simple. Se poser les bonnes questions et se méfier des idées reçues. « La réponse est oui, mais quelle est la question ? ». Telle a été la fameuse réplique de l’acteur Woody Allen. « Trop souvent, en effet, on oublie de s’interroger sur le bien fondé des questions posées et l’on se précipite comme des moutons de Panurge dans la quête illusoire de réponses à des fausses questions ». Or, il n’y a pas de bonne réponse à une mauvaise question. Mais comment se poser les bonnes questions ? Les idées reçues et à la mode, qui dominent l’actualité, doivent être regardées avec méfiance car elles sont généralement source d’erreurs d’analyse et de prévision. Maurice Allais figure parmi les alliés objectifs de ce combat ; il dénonce, lui aussi, « la tyrannie des idées dominantes ». L’information est souvent bâillonnée par le conformisme du consensus qui pousse à se reconnaître dans l’opinion dominante et à rejeter l’avis minoritaire.6 Cette observation ne donne, évidemment, aucun crédit supplémentaire aux prédictions farfelues, mais rend suspectes nombre de conjectures et d’idées reçues. En ce sens, remettre en cause le confort d’esprit, réveiller les consciences endormies sur de fausses certitudes est indispensable en prospective. De l’anticipation à l’action par l’appropriation. La vision globale est nécessaire pour l’action locale et chacun à son niveau doit pouvoir comprendre le sens de ses actions, c’est- à-dire les resituer dans le projet plus global dans lequel elles s’insèrent. La mobilisation de l’intelligence est d’autant plus efficace qu’elle s’inscrit dans le cadre d’un projet explicite et connu de tous. Motivation interne et stratégie externe sont donc deux objectifs indissociables qui ne peuvent être atteints séparément. C’est par l’appropriation que passe la réussite du projet. En raison de sa transparence, la mobilisation collective ne peut porter directement sur les choix stratégiques, par nature confidentiels. C’est donc la réflexion prospective collective sur les menaces et opportunités de l’environnement qui donne un contenu à la mobilisation et permet l’appropriation de la stratégie. L’appropriation intellectuelle et affective constitue un point de passage obligé pour que l’anticipation se cristallise en action efficace. On retrouve ainsi les trois composantes du triangle grec : “logos” (la pensée, la rationalité, le discours), “Epithumia” (le désir dans tous les aspects nobles et moins nobles), “Erga” (les actions, les réalisations). Le mariage de la passion et de la raison, du cœur et de l’esprit est la clef du succès de l’action et de l’épanouissement des individus (le corps). On peut aussi donner le même message en couleur : le bleu de la raison froide associé au jaune des sensations chaudes produit le vert de l’action éclatante7 6 Source : Les cahiers de LIPSOR 7 Source : Les Cahiers de LIPSOR N°5 – La boîte à outils 10
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    LE NLTPS Le NLTPSest un exercice (ou plutôt un processus) initié par le PNUD dans un certain nombre de pays africains, dans le cadre de l’exécution du mandat qui lui a été donné, à la suite de la conférence des Ministres du Plan, de pays africains qui s'est tenue à Lomé sous l'égide du PNUD en 1988, ainsi que celle de Maastricht en 1990, qui avait réuni des responsables gouvernementaux de pays africains ainsi que leurs partenaires au développement dont, en particulier, le PNUD, la Banque Mondiale, la Banque Africaine de Développement et la Commission Economique pour l'Afrique. En vue du lancement de cet exercice, le projet régional "Futurs Africains", basé à Abidjan, a été ainsi mis sur pied par le PNUD, afin d'assister les pays africains dans la réalisation des Etudes Nationales de Perspectives à Long Terme, visant l’inscription dans un cadre de long terme de leurs différentes politiques conçues pour le court et le moyen termes. Le NLTPS utilise les techniques et méthodes des études prospectives pour concevoir une nouvelle approche de la gestion du développement. Ses éléments clés sont : - La réflexion stratégique à long terme ; - La vision partagée ; - La participation ; - La planification par scénarii ; - La gestion stratégique ; - L’organisation apprenante (National learning). LES DIFFERENTES PHASES DE L’APPROCHE NLTPS L’approche NLTPS qui est un instrument permettant la conception et la mise en œuvre de stratégies de développement à long terme, devant conduire à la réalisation des objectifs du Développement Humain Durable, se déroule selon les cinq (5) phases interactives suivantes : - phase 1 : L’identification de la problématique Qui se traduit par la détermination des principaux problèmes auxquels le pays est confronté ainsi que les défis majeurs avec leur ordre de priorité. Cette phase doit aboutir également à l’identification des aspirations nationales et du champ de l’étude. Cette phase revêt une importance capitale car elle doit permettre en même temps d’identifier les fonctions essentielles que l’Etat doit remplir. Certes, les aspirations ont un caractère trop général pour constituer des objectifs de développement. Mais c’est à partir de leur analyse qu’il est possible de procéder de façon rigoureuse à la détermination des thèmes, des questions et des secteurs qui participent à la définition du contexte dans lequel doivent se faire la fixation des objectifs à long terme et l’élaboration de la vision. - phase 2 : La construction de la base de l’étude Doit permettre de comprendre le passé et le présent, d’analyser les enjeux et rôle des acteurs, d’identifier les dynamiques les plus importantes de la société, les variables et les facteurs clés, les tendances lourdes et leur impact, les forces et les faiblesses, les opportunités et les menaces que rencontre le pays dans ses efforts de construction d’un futur désiré. 11
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    Cette phase constituela base de la recherche sur la conception et la mise en œuvre de la stratégie nationale de développement. Les résultats des études déjà entreprises ou à entreprendre doivent conduire à l’identification des facteurs critiques permettant de déterminer les scénarii futurs alternatifs et les stratégies pour la réalisation de la vision dont l’élaboration est faite au cours de phase 3. Pour ce faire, ces études doivent embrasser les domaines économiques, sociaux, politiques, environnementaux, culturels et technologiques et porter une attention particulière à l’environnement interne et externe du pays, afin de jeter les bases solides d’une stratégie de développement efficace. - phase 3 : Construction des scénarii Cette phase consiste essentiellement en la construction des scénarii multiples à partir de l’identification des incertitudes critiques et de la formulation d’hypothèses sur ces dernières, ainsi que de la prise en considération de la vision holistique du futur laquelle est fondée sur les aspirations collectives des populations et de l’analyse de ce qui est possible. Elle met en exergue le fait qu’il existe des futurs alternatifs et non un futur unique pour le pays. Le choix du scénario acceptable conduit à l’élaboration de la vision nationale du futur désiré. - phase 4 : Formulation de stratégies C’est au cours de cette phase que l’élaboration de stratégies et de politiques générales fondées sur l’analyse de la situation du pays et l’identification des questions stratégiques à résoudre, s’effectue. La mise en œuvre de ces stratégies doit permettre la réalisation de la vision nationale du futur désiré. Cette phase doit donc mettre en relief les options stratégiques résultant de l’analyse des conclusions des phases précédentes : la phase 1 qui doit déboucher sur la connaissance de ce qui est désiré, la phase 2 qui doit permettre de déterminer ce qui est faisable, et la phase 3 qui conduit à l’identification des objectifs ou vision à long terme. - phase 5 : Etablissement d’un plan d’action Cette phase consiste en la préparation, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation des plans et programmes à court et moyen terme. L’exécution de ces plans et programmes qui sont intégrés dans un cadre de long terme doit se faire par étapes successives afin de faciliter les rétroactions nécessaires et de favoriser la réalisation efficace de la vision désirée. Si les phases 1 à 4 constituent la quintessence du processus de la planification stratégique, la phase 5, combinée avec les précédentes, forme le processus de gestion stratégique. Elle est donc toute aussi importante car c’est de son succès que dépend la réalisation effective des objectifs à long terme et de la vision souhaitée. 12
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    LA MATRICE DEDIAGNOSTIC STRATEGIQUE La MDS est un cadre d’analyse permettant de structurer la collecte d’informations pluridimensionnelles et couvrant plusieurs aspects relatifs aux faits et aux éléments de diagnostic. Il facilite aussi la synthèse de ces informations. La collecte et l’analyse des informations sont assurées notamment en appliquant les techniques du groupe nominal (TGM) qui favorisent la génération des idées, leur regroupement et leur hiérarchisation. Elle se présente suivant un tableau (cf. manuel de formation tome 2, page2) Il apparaît sur le tableau que la MDS est établi pour chaque thème à étudier selon les faits et le tableau SWOT et pour chaque domaine. Cet outil est utilisé pour faire émerger les aspects les plus pertinents d’un phénomène et de faciliter leur exploitation, leur analyse et leur synthèse en vue de la construction de scénarii ainsi que la vision. C’est à partir de l’utilisation de cet outil que l’on peut dégager les questions et les options stratégiques clés nécessaires pour la détermination des axes stratégiques. Une réflexion stratégique, à partir des résultats et s’appuyant notamment sur les TGM permet de faire émerger les éléments du tableau « SWOT ». LES ELEMENTS DU SOUS TABLEAU « SWOT » Les forces Premier élément du sous tableau « SWOT », sont les atouts internes dont dispose le pays dans divers domaines et sur lesquels on pourra s’appuyer dans la mise en œuvre des stratégies. Ces éléments constituent des atouts et donc, par conséquent des forces sur lesquelles on peut compter dans la mise en œuvre de la stratégie, dans la mesure où ils devraient favoriser l’efficience des actions s’intégrant dans les axes stratégiques. Les faiblesses En ce qui concerne les faiblesses (deuxième élément du tableau « SWOT »), qui sont des handicaps internes décelés au sein de la société, dans les divers domaines des activités économiques, politiques et sociales, on peut, en particulier relever celles qui constituent des freins. Les opportunités Les opportunités (troisième élément du tableau « SWOT ») sont des chances qui se présentent au pays et qui facilitent la réalisation des objectifs. La détermination de ces opportunités résulte de l’analyse objective de l’actualité nationale et internationale ainsi qu’en particulier, de l’examen des résultats d’enquête sur le domaine. Les menaces Les menaces (dernier élément) sont les risques susceptibles d’entraver pour le pays, la réalisation de ses objectifs. 13
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    Les forces, lesfaiblesses, les opportunités et les menaces identifiées, permettent de constituer le tableau d’analyse « SWOT » qui se présente comme suit : OPPORTUNITES MENACES FORCES Comment utiliser nos forces Comment utiliser nos forces pour exploiter les pour faire face aux menaces opportunités FAIBLESSES Comment pallier nos Comment pallier nos faiblesses pour tirer profit faiblesses pour ne pas être des opportunités désarmé par les menaces LES FAITS Les faits porteurs d’avenir Au titre des faits figurant dans le MDS, on relève en premier , les faits porteurs d’avenir qui sont, dans l’acceptation « prospective » des évènements récents, susceptibles d’entraîner des transformations, ou en d’autres termes, d’infléchir ou de renforcer les principales tendances ayant des impacts sur le développement. Les diversités des acteurs La diversité des acteurs qui sont, par définition, l’ensemble des forces porteuses de projets à la poursuite de leurs intérêts économiques, sociaux, politiques etc… fait partie intégrante de la problématique du développement. Des acteurs qui doivent être pris en considération dans la mise en œuvre de la stratégie. Les incertitudes critiques Désignent des phénomènes dont l’impact est considéré comme décisif et structurant pour le futur du pays et dont l’évolution peut prendre plusieurs directions possibles avec leurs impacts. Les tendances majeures Sont des mécanismes pouvant affecter le phénomène sur une longue période, ou des tendances qui se sont manifestées dans le passé lointain ou récent et qui risquent encore d’avoir des répercussions. Lorsque tous les éléments constituant la Matrice de Diagnostic Stratégique ont été présentés et explicités, il importe de montrer comment ils doivent être utilisés pour construire les scénarii et la vision et déterminer les questions et les options stratégiques ainsi que les axes stratégiques de la stratégie. 14
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    CONSTRUCTION DE SCENARII Uneréflexion stratégique doit être organisée collectivement de manière rationnelle, à partir des éléments de la MDS en vue du choix des hypothèses pour la construction des scénarii. Remarque : Il est à noter, qu’il faut exploiter pleinement les possibilités offertes par l’utilisation des logiciels de prospective stratégique : MICMAC, MACTOR, MORPHOL, SMIC-PROB…récemment créés, dans la formulation des scénarii. Les hypothèses retenues Ce sont les incertitudes critiques qui ont été retenues comme les plus significatives, avec également les résultats des diverses enquêtes. Ce sont ces hypothèses qui vont engendrer les 3 scénarii, qui à titre de rappel, sont une succession d’évènements logiques faisant évoluer de la situation présente à des situations futures. Ces scénarii ont pour but de donner plus d’éclairage quant à la démarche prospective à entreprendre pour aboutir à la vision. Ils doivent être présentés avec les hypothèses y afférentes. LA VISION C’est le futur désiré. La réalisation de cette vision implique que des objectifs soient atteints. C’est une expression qualitative des buts que le pays ou une société souhaite atteindre en vue de la réalisation des objectifs fixés à l’horizon de l’étude prospective à long terme. C’est aussi l’expression de la façon dont les différentes composantes de la société voient la Nation à l’horizon de l’étude. C’est enfin, une conviction de ce que la Nation doit devenir, compte tenu des aspirations nationales qui ont été formulées, des éléments d’information contenus dans le diagnostic stratégique ainsi que des contenus des scénarii. STRATEGIE Une stratégie peut se définir à partir des éléments explicatifs qui la composent, à savoir : • l'art de conduire une force afin de gagner une guerre ; • un plan qui intègre les principaux objectifs, les politiques et actions dans un ensemble cohérent ; • un ensemble d'orientations pour contrôler les situations, les domaines et les secteurs clés dans le but d'atteindre les objectifs fixés ; • un mariage judicieux des fins et des moyens. . Une stratégie suppose donc l'existence de buts et d'objectifs à atteindre et elle définit les voies et moyens permettant de réagir sur l'évolution de l'environnement 15
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    pour maintenir ladirection dans le sens souhaité. Elle doit aussi tenir compte des forces et faiblesses internes en même temps que des opportunités et menaces externes. . Une bonne stratégie, doit permettre d'assurer que la pertinence et la cohérence des actions à entreprendre, s'inscrivent dans la durée, et en même temps, que leur impact à long terme puisse être identifié. Elle doit aussi recevoir l'acceptabilité et l'engagement de tous les acteurs. Elle doit enfin être consistante avec les ressources financières, les ressources humaines et les capacités institutionnelles. . La Stratégie Nationale de Développement se rapporte évidemment à la réalisation de la vision nationale. Le processus de sa formulation se déroule selon neuf étapes qui sont les suivantes : • évaluation de la situation (analyse des scenarii, analyse des aspirations, analyse des forces, des faiblesses, des opportunités, des menaces) ; • analyse approfondie de la vision ; • identification des questions stratégiques, lesquelles sont les problèmes fondamentaux qui pourraient avoir une influence significative sur la capacité du pays à réaliser sa vision ou ses objectifs ; • choix des questions stratégiques les plus importantes ; • identification des options stratégiques qui sont élaborées en s'appuyant sur les forces, en tenant compte des faiblesses, en utilisant les opportunités et en minimisant les menaces ; • évaluation des options stratégiques ; • choix des options stratégiques ; • élaboration de la stratégie de développement à partir des résultats des étapes précédentes ; • mise en oeuvre, suivi et évaluation de la stratégie. LES QUESTIONS STRATEGIQUES . Afin de dégager les questions stratégiques qui servent dans l’élaboration de la Stratégie Nationale de Développement, on utilise, en particulier, le tableau « SWOT » abréviation en anglais de Strenght, Weaknesses, Opportunities, Threats, et ce, à partir des forces ; des faiblesses ; des opportunités et des menaces - les 4 premiers éléments de la MDS, déjà décrits. . L’analyse combinée des résultats de l’examen de ce tableau SWOT, avec les scenarii et la vision, permet de dégager les questions stratégiques qui sont fondamentales dans l'élaboration de la Stratégie . La consolidation des différentes réponses à ces questions stratégiques a permis de choisir les options stratégiques et d'élaborer la Stratégie. 16
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    Dans la pratique,une réflexion stratégique sur les scénarii doit être organisée afin de déterminer les conditions nécessaires à la réalisation de la vision souhaitée. Cette réflexion doit s’appuyer sur une analyse croisée des éléments de MDS à savoir : les faits, le sous tableau « SWOT » ainsi que les résultats des stratégies passées et présentes. Ce travail de réflexion et d’analyse doit faire émerger un certain nombre de questions stratégiques s’articulant globalement sur : - comment pallier les faiblesses pour annihiler les menaces et les conséquences néfastes des tendances lourdes ; - comment utiliser nos forces pour exploiter les opportunités et les faits porteurs d’avenir ; - comment contrer, dans une approche prospective, les effets des comportements de certains acteurs. Ces questions stratégiques peuvent être explicitées de la façon suivante : • Comment assurer le renforcement des capacités des acteurs, en matière de maîtrise du mode opératoire, de façon à assurer une parfaite coordination et une forte synergie entre les différentes actions à entreprendre afin de maximiser les résultats attendus ? • Comment assurer la mise en place effective des mécanismes et des procédures appropriées de management stratégique qui puissent, dans la durée, encadrer les actions ? • Comment renforcer notre capacité à adopter l’attitude prospective appropriée, consistant en la PREACTIVITE c'est-à-dire : savoir se préparer aux changements anticipés, et la PROACTIVITE c'est-à-dire : savoir agir pour provoquer des changements souhaités. • Comment renforcer notre capacité à exploiter les faits porteurs d’avenir identifiés ? La consolidation des différentes réponses à ces questions stratégiques permettra de choisir les options stratégiques et d’élaborer la stratégie La planification stratégique par scénarios La prospective stratégique met l’anticipation au service de l’action et elle poursuit son essor en se diffusant dans les entreprises et les administrations. Les années 80 et 90 ont ainsi été marquées par le développement de la planification stratégique par scénarios notamment dans les grandes entreprises du secteur énergétique (Shell, EDF, Elf) sans doute en raison des chocs pétroliers passés et à venir. Depuis le début des années 80, nous nous sommes attachés à développer les fortes synergies potentielles entre prospective et stratégie. La synthèse recherchée se présente sous la forme d'une approche intégrée de planification stratégique par scénarios. 5 Pour en savoir plus, le lecteur pourra se reporter au Manuel de prospective stratégique en deux Tomes publié chez Dunod en 1997. Le premier, Une indiscipline intellectuelle présente les concepts et idées clés de la prospective et propose un autre regard sur le monde. Le second, L’art et la méthode expose notamment la boîte à outils de prospective stratégique ainsi que les principes essentiels du management qui mettent les hommes au coeur de la différence entre les entreprises qui gagnent et celles qui perdent. 17
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    L'objectif de cetteapproche est de proposer des orientations et des actions stratégiques s’appuyant sur les compétences de l'entreprise en fonction des scénarios de son environnement général et concurrentiel. La prospective avec ses tendances et ses risques de rupture bouleverse le présent et interpelle la stratégie. De son côté, la stratégie s'interroge sur les choix possibles et les risques d'irréversibilité et se réfère depuis les années 80 aux scénarios de la prospective comme en témoignent notamment les travaux de Michael Porter (1986). Il n'empêche que les approches et les outils restent souvent séparés. Nous les avons rapprochés depuis 1989, en partant des arbres de compétences développés par Marc Giget (1998). Tout naturellement, la démarche stratégique, définie à partir des arbres de compétences, ressentait le besoin d’une prospective de l’environnement concurrentiel. On comprend donc que le mariage entre la prospective et la stratégie passait par un rapprochement : la méthode des scénarios et celle des arbres de compétences. Avant de présenter le schéma de la planification stratégique par scénarios en neuf étapes, il convient de rappeler la définition et les origines de la méthode des scénarios. Un scénario est un ensemble formé par la description d’une situation future et du cheminement des événements qui permettent de passer de la situation origine à la situation future. Le mot scénario est souvent utilisé de manière abusive pour qualifier n’importe quel jeu d’hypothèses. Rappelons que les hypothèses d’un scénario doivent remplir simultanément cinq conditions : la pertinence, la cohérence, la vraisemblance, l’importance et la transparence. On distingue en fait deux grands types de scénarios : - exploratoires : partant des tendances passées et présentes et conduisant à des futurs vraisemblables, - d’anticipation ou normatifs : construits à partir d’images alternatives du futur, ils pourront être souhaités ou au contraire redoutés. Ils sont conçus de manière rétro-projective. Ces scénarios exploratoires ou d’anticipation peuvent par ailleurs, selon qu’ils prennent en compte les évolutions les plus probables ou les plus extrêmes, être tendanciels ou contrastés. À vrai dire, il n’existe pas d’approche unique en matière de scénarios ; ceux-ci ont été introduits en prospective par Herman Kahn aux États-Unis et par la Datar en France. Aujourd’hui, la méthode des scénarios que nous avons développée à la Sema puis au Cnam d’une part et la méthode SRI (du nom du cabinet américain de conseil) d’autre part, sont les démarches les plus fréquemment adoptées. Les différentes étapes de ces deux méthodes ne diffèrent guère. Les principales étapes de la méthode des scénarios sont les suivantes : - identifier les variables-clés, c’est notamment l’objet de l’analyse structurelle ; - analyser les jeux d’acteurs afin de poser les questions clés pour l’avenir ; - réduire l’incertitude sur les questions clés et dégager les scénarios d’environnement les plus probables grâce aux méthodes d’experts. 18
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    On retrouve, tellesquelles, ces étapes dans la partie gauche du schéma ci-après (n° 1, 3, 4 et 5). En effet, la première étape a pour objectif d’analyser le problème posé et de délimiter le système étudié. Il s’agit ici de situer la démarche prospective dans son contexte socio- organisationnel afin d’initier et de simuler l’ensemble du processus à l’aide d’ateliers de prospective. L’étape n° 2 est fondée sur une radioscopie complète de l’entreprise, des savoir-faire aux lignes de produits, matérialisée par l’arbre des compétences. L’étape n°3 identifie les variables clés de l’entreprise et de son environnement à l’aide de l’analyse structurelle. L'étape n°4 entend appréhender la dynamique de la rétrospective de l’entreprise dans son environnement, son évolution passée, ses forces et faiblesses par rapport aux principaux acteurs de son environnement stratégique. L’analyse des champs de bataille et des enjeux stratégiques permet de repérer les questions clés pour le futur. L’étape n° 5 cherche à réduire l’incertitude qui pèse sur les questions clés pour le futur. On utilise éventuellement les méthodes d’enquête auprès d’experts pour mettre en évidence les tendances lourdes, les risques de rupture et finalement dégager les scénarios d’environnement les plus probables. L’étape n°6 met en évidence les projets cohérents, c’est-à-dire les options stratégiques compatibles à la fois avec l’identité de l’entreprise et les scénarios les plus probables de son environnement. L’étape n° 7 est consacrée à l’évaluation des options stratégiques ; une approche rationnelle inciterait à s’appuyer sur une méthode de choix multicritères mais c’est rarement le cas ; avec cette étape s’achève la phase de réflexion préalable avant la décision et l’action. L’étape n° 8 du projet aux choix stratégiques est crucial puisqu’il s’agit de passer de la réflexion à la décision. Les choix stratégiques et la hiérarchisation des objectifs sont du ressort d’un comité de direction ou de son équivalent. L’étape n° 9 est tout entière dévolue à la mise en œuvre du plan d’action ; elle implique des contrats d’objectifs (négociés ou suscités), la mise en place d’un système de coordination et de suivi et de développement d’une veille stratégique (externe). Précisons que le déroulement de cette approche n’est pas totalement linéaire. Elle comprend plusieurs boucles de rétroaction possibles, notamment de l’étape 9 à l’étape 4. La mise en œuvre du plan d’action et les résultats de la veille stratégique peuvent conduire, dans certains cas, à reconsidérer la dynamique de l’entreprise dans son environnement. Dans ce schéma de planification stratégique par scénarios, l’ossature rationnelle n’empêche pas la moelle irrationnelle de circuler. L’appropriation collective prépare l’action efficace sans pour autant s’opposer au caractère restreint et en partie confidentielle des décisions stratégiques. 19
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    LES ETAPES D’UNATELIER DE PROSPECTIVE 20
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    FACTEURS DE CHANGEMENTET D’INERTIE Face à la montée des incertitudes, il apparaît nécessaire de tenir compte de deux phénomènes – l’accélération des changements et la résistance au changement provenant des inerties. L’objectif de cet atelier est de repérer les principaux enjeux. ETAPE 1 Repérage des CH&I qui vont marquer l’avenir des 15 à 20 min activités et des métiers Identification des ( techn,pô,cult,org…) CH&I ETAPE 2 N : Nombre des facteurs Hiérarchisation de ces N/2 : Points des participants CH&I en fonction de leur 0 à 5 : Points par facteurs importance Facteurs critiques ETAPE 3 Analyse du degré de maîtrise actuelle sur les Cibler les facteurs les plus principaux CH&I importants et les moins maîtrisés FACTEUR CRITIQUE ETAPE 4 Formulation des enjeux futurs : Identification des enjeux En terme de gains/perte selon la position stratégique En terme de dynamique du développement des activités et des métiers des 21
  • 22.
    LA CHASSE AUXIDEES RECUES Une idée reçue fondée ou non, est généralement admise sans qu’il soit nécessaire d ‘argumenter ou de la justifier. L’objectif de cet atelier consiste à faire un inventaire des idées reçues qui sont sensées circuler sur la filière et leur devenir (leurs activités, leurs valeurs, leurs façons de travailler, leurs produits, les relations avec leurs clients. L’intérêt de cette approche réside dans le fait qu’elle permet de relever « les croyances » et « non-dit » qui tendent à façonner les attitudes et stratégies et donc influencer les jeux des acteurs. ETAPE 1 Repérage des idées 15 à 20 min reçues par les participants ETAPE 2 N : Nombre des facteurs Hiérarchisation des IR N/2 : Points des participants en fonction de son 0 à 5 : Points par facteurs importance et de leur impact ETAPE 3 Evaluation qualitative des Utilisation matrice degrés d’inertie actuels Importance x Inertie des principales idées PRINCIPALES IR reçues ETAPE 4 Elément qui Elément qui confirme infirme Analyse des principales IR Conséquence Conséquences positive négatives ENJEUX 22
  • 23.
    JEU DES ACTEURSMéthode MACTOR) L’objectif de l’atelier permet d’identifier les acteurs selon le rôle importants dans les secteurs et d’analyser la confrontation de leurs projets, l’examen de leurs rapports de force pour mettre en évidence l’évolution des enjeux et se poser les questions-clé pour l’avenir (issue et conséquences des conflits prévisibles) ETAPE 1 15 à 20 min Identification des acteurs Acteurs identifiés par les susceptibles de jouer un rôle participants important dans le développement du secteur N : Nombre des facteurs ETAPE 2 N/2 : Points des participants Hiérarchisation des principaux 0 à 5 : Points par acteurs acteurs ETAPE 3 OBJECTIFS/ MOYENS D’ACTION ACTEUR MISSIONS /CONTRAINTE Remplissage du tableau des S stratégies des principaux acteurs (objectifs, moyens, contraintes) ETAPE 4 2 : influence forte 1 : influence faible Matrice ActxAct 0 : sans influence Influence /dépendance Influence Acteurs Acteurs relais forte dominants Acteurs Acteurs dominés ETAPE 5 faible autonomes Positionnement des acteurs dans le plan des influences et Faible Forte Dépendance dépendances 23
  • 24.
    ANALYSER LES ENJEUXCLES ET REPERER LES DEFIS CHASSER LES FACTEURS DE IDEES RECUES JEU DES ACTEURS CHANGEMENT ET LES ENJEUX ANALYSE DES ENJEUX • Diagnostic de la situation passée et actuelle • Identification des attentes aux besoins des opérateurs • Repérage des atouts et obstacles • Identification des défis majeurs (ACT, MT, LT) ETAPE 1 ETAPE 2 ETAPE 3 ETAPE 4 Analyse existant, Attentes et les diagnostic besoins des Atouts et obstacles Formulation défis Connaître le passé et opérateurs (15 à 20 min) le présent pour (15 à 20 min) envisager le futur (15 à 20 min) Chaque participant Listing des besoins Tableau atouts et Formulation procède au et attentes obstacles 1 à n défis diagnostic 24
  • 25.
    IDENTIFICATION DES ACTIONS FACTEURS DE CHASSER LES IDEES RECUES JEU DES ACTEURS CHANGEMENT ET LES ENJEUX ANALYSE DES ENJEUX Réflexion stratégique : - Quelles sont les initiatives DEFIS pertinentes et les actions à entreprendre ? - Quels sont les leviers d’actions mobilisables ? Identification des actions à entreprendre pour chaque défi ETAPE 1 ETAPE 2 ETAPE 3 Identification des Identification Identification actions à des actions des entreprendre pour prioritaires partenaires chaque défi (10 à 15 min) Identification des Matrice TABLEAU actions à Facilité de Actions x entreprendre pour mise en acteurs chaque défi, œuvre et (partenaires) Hiérarchisation des coût principales actions 25
  • 26.
    Phase 1 Phase 3 Phase 2 Identification Identification Identification des enjeux clés des actions des défis prioritaires majeurs Sous-groupes Sous-groupes A&B A, B, C, D anticiper les Sous-groupes Synthèse et évaluation changements A, B, C lister les actions Restitution Restitution à mettre en et les inerties du séminaire Validation atentes Validation oeuvre pour des enjeux x des défis répondre clés atouts / leviers majeurs aux défis Sous-groupe C chasser les et obstacles idées reçues séance Evaluer les séance plénière actions selon plénière plusieurs critères Sous-groupe D Acteurs x actions Sous-groupe D analyser le analyser le jeu positionnement des acteurs concurrentiel de la Restitution filière en séance plénière Schéma du déroulement des ateliers de prospective stratégique 26
  • 27.
    ATELIER DE PROSPECTIVE STRATEGIQUE Anticiperles facteurs de changement et les inerties dans l’environnement globale et concurrentiel Chasser les idées reçues sur les opérateurs de la filière et leur environnement Analyser le jeu des acteurs de la filière Analyser les enjeux clés et identifier les défis à relever par les acteurs de la filière Identifier et hiérarchiser les actions à mettre en œuvre pour répondre aux défis de la filière 27
  • 28.
    Anticiper les changements et les inerties Lister les changements techniques, politiques, économiques, culturels, sociaux et organisationnels Qui vont marquer les 5 ans à venir L’environnement de la filière Ses activités et ses métiers Changement pressentis, souhaités et redoutés par chacun 28
  • 29.
    Suite… Repérer les inerties L’atelier se déroule de la manière suivante : chacun établit séparément sa propre liste ( 15 à 20 min), ensuite les idées sont recueillies et organisées grâce à plusieurs tours de table . Un système simple d’agrégation des points de vue permet de dégager les cinq à dix principaux facteurs de changement ou d’inertie, enjeux du futur . 29
  • 30.
    Suite… Positionner les principaux facteurs de changement et d’inertie dans le plan importance x maîtrise Importance Importance Des ch &I FORTE FAIBLE FB F+ Maîtrise actuelle 30
  • 31.
    suite … Changement et inertie critiques : Comment réduire leur importance Comment accroître leur maîtrise Repérer les enjeux stratégiques pour les opérateurs de la filière LISTE DES Enjeux en terme Enjeux en terme FACTEURS de gain de perte CRITIQUES ITEM 1 ITEM 2 ………. 31
  • 32.
    Chasser les idées reçues sur les opérateurs de la filière et leur environnement Une idée reçue, fondée ou non, est généralement admise sans qu’il soit nécessaire d’argumenter LISTER LES IDEES RECUES QUI CIRCULENT LE PLUS FREQUEMMENT DANS LE SECTEUR CONCERNANT: Les activités, les façons de travailler, les produits l’environnement Les relations avec les autres acteurs 32
  • 33.
    Suite… En distinguant : Les idées reçues des opérateurs de la filière sur eux-mêmes Les idées reçues des autres acteurs/ externes ( concurrents, partenaires institutionnels, clients, …) sur les opérateurs de la filière Les idées reçues des opérateurs de la filière sur les autres 33
  • 34.
    Suite… AUJOURD’HUI ET D’ICI 5 ans. L’atelier se déroule de la manière suivante : chacun établit séparément sa propre liste ( 15 à 20 min), ensuite les idées sont recueillies et organisées grâce à plusieurs tours de table . Un système simple d’agrégation des points de vue permet de dégager les cinq à dix principales idées reçues qui influenceront les comportements des acteurs internes /externes dans le futurs. 34
  • 35.
    Suite… POSITIONNER CES IDEES RECUES SUR LE PLAN IMPORTANCE X INERTIE Importance FORTE FAIBLE FAIBLE FORTE DEGRE D’INERTIE Idées reçues critiques 35
  • 36.
    Suite… CES IDEES RECUES PEUVENT-ELLES, AU MOINS PARTIELLEMENT CONSIDEREES COMME FONDEES Identifier ce qui confirme ou infirme chacune des principales idées reçues «pour » et « contre » sur deux colonnes QUELLES SONT LES CONSEQUENCES DE L’EXISTENCE DE TELLES IDEEES RECUES SUR LES OPERATEURS DE LA FILIERE ? 36
  • 37.
    Suite… Tableau Conséquences Conséquences positives négatives QUELLES LECONS PEUT-ON TIRER DE CETTE ANALYSE EN TERMES D’ENJEUX STRATEGIQUES POUR LES OPERATEURS DE LA FILIERE ? 37
  • 38.
    Analyser le jeudes acteurs de la filière IDENTIFIER LES PRINCIPAUX ACTEURS SUSCEPTIBLES DE JOUER UN ROLE DETERMINANT DANS L’EVOLUTION DE LA FILIERE. L’atelier se déroule de la manière suivante: chacun établit séparément sa propre liste d’acteurs ( 15 à 20 min), ensuite les propositions sont recueillies et organisées grâce à plusieurs tours de table de façon à sélectionner les dix à quinze acteurs jouant un rôle moteur important . 38
  • 39.
    Suite… CARACTERISER CHACUN DE CES ACTEURS ( OBJECTIFS, MOYENS,CONTRAINTES ) EN REMPLISSANT LE TABLEAU DES STRATEGIES DES ACTEURS SUIVANTS : MATRICE ACTXACT Acteurs Act.1 Act.2 Influence directe Act.1 Act.2 Dépendance directe N 39
  • 40.
    Suite… ANALYSER LES INTERACTIONS DES ACTEURS Chaque acteur cherche à défendre ses intérêts et à parvenir à ses propres fins en exerçant une influence sur les autres acteurs, à travers ses attitudes, ses comportements et ses actions - Dans un premier temps, pour chaque acteurs, identifier ses influences ( attitudes, comportements, actions éventuelles) - Dans un second temps, évaluer les influences des acteurs de la filières selon l’échelle suivante: 40
  • 41.
    Suite … 2 , lorsque un acteur a une influence forte sur un autre acteur, 1, lorsque un acteur a une influence faible sur un autre acteur , 0, lorsque un acteur n’a aucune influence( ou une influence négligeable) sur un autre acteur. 41
  • 42.
    Suite… REPERER LA POSITION DES ACTEURS VIS A VIS DES ENJEUX Qualifier les influences ( attitudes, comportements, actions éventuelles) de chaque acteur sur les autres acteurs en remplissant le tableau suivant de positionnement des acteurs vis-à-vis des enjeux : 42
  • 43.
    Suite… MATRICE ACT X ENJEUX INFLUENCE ACTEURS ACTEURS RELAIS Forte DOMINANTS ACTEURS ACTEURS Faible DOMINANTS DOMINES Faible Forte DEPENDANCE Le remplissage du tableau de positionnement des acteurs sur les enjeux s’effectuera en précisant l’accord ou le désaccord de chaque acteur par rapport à l’enjeu à l’aide de la convention suivante : 43
  • 44.
    Suite… (+1) si un acteur est favorable à un enjeu (-1) si un acteur est défavorable à un enjeu (0) si un acteur n’est pas concerné par un enjeu 44
  • 45.
    Analyser les enjeux clés et identifier les défis à relever par les acteurs de la filière CARACTERISER CHACUN DES PRINCIPAUX ENJEUX DU FUTUR EN TERMES DE RISQUES ET D’OPPORTUNITES POUR LA FILIERE . Pour chacun de ces enjeux : - quels sont les atouts des opérateurs de la filière ? - Quels sont les obstacles internes à la filière ? 45
  • 46.
    Suite… Pour faciliter le traitement des réponses appropriées, on pourra avoir recours à la grille suivantes: Risque pour Opportunités la filière pour la filière X Atouts des Obstacle de opérateurs de la filière la filière 46
  • 47.
    Suite… QUELLES CONCLUSIONS PEUT ON EN TIRER EN TERMES DE DEFIS A RELEVER PAR LES OPERATEURS DE LA FILIERE ? 47
  • 48.
    Identifier et hiérarchiser les actions a mettre en œuvre pour répondre aux défis de la filière IDENTIFIER LES ACTIONS A METTRE EN ŒUVRE POUR REPONDRE AUX DEFIS DE LA FILIERE Face à chacun des défis, identifier : - les actions en cours à poursuivre/ à améliorer - Les nouvelles actions à entreprendre 48
  • 49.
    Suite.. En matière de formation, de conseil, d’information, de promotion commerciale,… Pour faciliter le traitement des réponses appropriées, on pourra avoir recours au tableau suivant : Défis Action en cours à Action poursuivre/à nouvelles à améliorer entreprendre Défis 1 Défis 2 Défis 3 49
  • 50.
    Suite… HIERARCHISER LES ACTIONS EN FONCTION DE LEUR IMPORTANCE POUR LE DEVELOPPEMENT DE LA FILIERE Facilité de mise en oeuvre ZONE DES ACTIONS PRIORITAIRES Facile Difficile Faible élevé coût 50
  • 51.
    •SUITE La zone des actions prioritaires regroupe les actions les mieux placées selon les trois critères ( importance/urgence, facilité de mise en œuvre , coût de réalisation) TABLEAU actions x acteurs un travail collectif a permis d’identifier les principaux « partenariats » pour chaque action en fonction du rôle et des compétences attendus par les acteurs de la filière ACTIONS ACTEURS 51
  • 52.
    DEROULEMENT EFFECTIF DETAILLED’UN ATELIER DE PROSPECTIVE Identifier les enjeux stratégiques 52
  • 53.
    Tenter d’identifier lesenjeux stratégiques du secteur, c’est à la fois anticiper ce qui pourrait changer et transformer de façon irréversible un secteur prometteur pour l’économie malgache, sans oublier de recenser ce qui, de toute façon, a de grandes chances de rester immobile. Cette première journée en ateliers de prospective prépare les participants aux futurs enjeux du secteur et permet de structurer une réflexion collective ouverte sur l’avenir, indispensable à l’action stratégique. S’appuyant sur son expérience, l’équipe de consultants a proposé trois ateliers originaux : Anticiper les changements et les inerties dans l’environnement interne et externe – (groupes A et B) Les participants de ces deux ateliers ont identifié les changements et les inerties, d’ordre politique, économique, social, technologique, organisationnel et culturel, … qu’ils pressentaient, souhaitaient ou bien redoutaient pour l’avenir des activités dans les 5 ans à venir. Se méfier des idées reçues qui circulent et leur devenir – (groupe C) Cet atelier, en complément du précédent, s’est efforcé de repérer l’ensemble des idées reçues ou rumeurs – fondées ou non – et leur devenir, qui influencent les comportements et les stratégies des acteurs internes et externes . Cet exercice de « reengineering » mental conduit à identifier les « non dits » tacitement acceptés par l’opinion collective et ignorés le plus souvent dans les stratégies de développement. Comprendre le jeu des acteurs – (groupe D) Un autre atelier avait pour objectif de repérer les principaux acteurs de et d’identifier leurs principales relations d’influence et de dépendance. L’avenir ne dépend pas seulement d’enjeux externes, il est aussi le fruit de la volonté et des multiples projets d’acteurs favorables ou non au développement du secteur. Chacun de ces ateliers devrait être co-animé par un participant désigné de manière consensuelle au sein de chacun des groupes de réflexion. L’animation des ateliers s’est appuyée sur une méthode facilement appropriable, mais rigoureuse, permettant tout à la fois la production d’idées et les échanges entre les différents participants. Le compte-rendu du travail de cette première journée, présenté ci-après, ne met pas en évidence toute la richesse des débats ; mais il propose une vision synthétique et hiérarchisée des différents points de vue. 53
  • 54.
    La restitution enséance plénière à la fin de cette première journée et la synthèse présentée le lendemain matin à l’ouverture des travaux, ont contribué à identifier les enjeux prioritaires des cinq prochaines années.  54
  • 55.
    L’anticipation des facteursde changement et d’inertie dans l’environnement interne et externe dans les 5 ans à venir (Groupe A & B) 55
  • 56.
    Anticiper les facteursd’évolution dans l’environnement dans les 5 ans à venir - GROUPE A - Face à la montée des incertitudes, il apparaît nécessaire de tenir compte de deux phénomènes – l’accélération des changements et la résistance au changement provenant des inerties. L’objectif de cet atelier est de repérer les principaux enjeux auxquels nous seront confrontés dans les 5 ans à venir. Il comporte les étapes suivantes : Etape 1 – repérage des changements et des inerties de toute nature (économique, technologique, …) et de tous ordres (interne/externe) qui vont marquer l’avenir des activités d’ici les cinq prochaines années. Etape 2 – classement (hiérarchisation) de ces changements et inerties en fonction de leur importance pour l’avenir. Etape 3 – analyse du degré de maîtrise actuelle sur les principaux changements et inerties. Etape 4 – identification des enjeux du futur pour les acteurs. 1) Le repérage des facteurs de changement et d’inertie dans L’environnement interne et externe d’ici les cinq prochaines années Point Méthode : • Pendant 15 à 20 minutes, chaque participant établit en silence et par écrit la liste des facteurs de changement et d’inerties techniques, économiques, politiques, culturelles, sociales, organisationnelles (…), qui vont marquer l’avenir des activités du secteur dans les 5 ans à venir (changements pressentis, souhaités et redoutés par chacun). • Tous ces facteurs sont ensuite recueillis et organisés grâce à plusieurs tours de table. Exemples: 1) Les problèmes de financement 2) L’absence d’équipements consommables adéquats 3) Les problèmes législatifs et administratifs (difficultés d’application des lois et lourdeur administrative) 4) Le manque de compétences techniques 56
  • 57.
    2) Les dixprincipaux facteurs de changement et d’inertie dans L’environnement dans les 5 ans à venir Point Méthode : • Après avoir procédé à la mise à plat et au balayage des facteurs d’évolution de l’environnement global et concurrentiel synthétisés sous la forme d’une liste de n facteurs, le groupe a classé toutes ces variables en fonction de leur importance pour l’avenir - et ce quelle que soit la nature de cet impact (positif/négatif). • Chaque participant s’est ainsi vu attribué des notes (ou droits de vote). La règle du classement est la suivante : chacun note les facteurs items (leur affecte un certain nombre de points) en fonction, selon lui, de l’importance de leurs impacts possibles sur les activités et métiers dans les 5 ans à venir. Le nombre de points pouvant être accordé à un seul facteur est compris entre 0 et 5. 0 = aucune importance ou négligeable 1 = importance très faible 2 = importance faible 3 = importance moyenne 4 = importance forte 5 = importance très forte • On procède ensuite à la somme des votes des participants sur chaque facteur. Certains regroupements entre items peuvent être effectués à cette étape pour « agréger » les points de deux ou trois facteurs jugés sémantiquement très proches, et ainsi mieux apprécier leur caractère incontournable et structurant sur l’avenir des activités. liste des dix principaux facteurs 3) Le degré de maîtrise actuelle sur les principaux facteurs d’évolution de leur environnement Point Méthode : Les principaux facteurs de changement et d’inertie, identifiés précédemment, sont positionnés sur un plan dont les axes mesurent leur importance (ordonnée) et leur degré de maîtrise actuelle par les acteurs (abscisse), c’est-à-dire la capacité à maîtriser soit l’émergence soit les conséquences de ces facteurs ou encore leur capacité à les valoriser au service de leurs propres intérêts. Le positionnement des facteurs dans le plan importance x maîtrise présenté ci-après est à lire de manière systémique (position de chaque facteur par rapport aux autres). On obtient la figure suivante : 57
  • 58.
    Plan importance xmaîtrise des principaux facteurs de changement et d’inertie dans l’environnement de la filière dans les 5 ans à venir IMPORTANCE DES FACTEURS F O R ZONE DES T ENJE UX CLES E DU FUTUR F A I B L E FAIBLE FORTE MAÎTRISE ACTUELLE 4) L’identification des enjeux du futur Point Méthode : • La lecture du plan importance x maîtrise fait apparaître une zone des enjeux clés du futur, qui regroupe les facteurs critiques, c’est-à-dire ceux qui sont à la fois importants et assez mal maîtrisés par les acteurs aujourd’hui. • Pour chacun de ces facteurs critiques, les participants formulent les deux ou quatre enjeux du futur, c’est-à-dire ceux qui interpellent fortement la dynamique du développement des activités et qui sont susceptibles de provoquer des gains ou des pertes selon la position stratégique qu’adopteront les acteurs à leur égard. La liste des enjeux Exemple: Facteur critique Le gain de plus-value pour la filière Le label de qualité internationale Enjeux L’optimisation des matières premières L’amélioration des revenus 58
  • 59.
    La chasse auxidées reçues et leur devenir d’ici 5 ans (Groupe C) 59
  • 60.
    La chasse auxidées reçues et leur devenir d’ici 5 ans - GROUPE C - Une idée reçue fondée ou non, est généralement admise sans qu’il soit nécessaire d’argumenter ou de la justifier. L’objet de cet atelier consiste à faire un inventaire des idées reçues qui sont sensées circuler et leur devenir (leurs activités, leurs valeurs, leurs façons de travailler, leurs produits, les relations avec leurs clients …) L’intérêt de cette approche réside dans le fait qu’elle permet de révéler les « croyances » et « non dits » qui tendent à façonner les attitudes et stratégies et donc à influencer les jeux des acteurs. L’atelier se déroule en quatre étapes : Etape 1 – repérage des idées reçues qui circulent le plus fréquemment et leur devenir aujourd’hui et d’ici 5 ans. Etape 2 – classement (hiérarchisation) de ces idées reçues en fonction de l’importance de leur impact sur les comportements et les stratégies futures des acteurs internes et externes. Etape 3 – évaluation qualitative du degré d’inertie actuel des principales idées reçues sur le développement. Etape 4 – analyse des principales idées reçues : sont-elles fondées ? Quelles sont leurs conséquences ? Quelles leçons peut-on en tirer en termes d’enjeux pour les cinq prochaines années? 1) Le repérage des idées reçues et leur devenir d' ici 5 ans Point Méthode : • Pendant 15 à 20 minutes, chaque participant établit en silence et par écrit la liste des idées reçues qui circulent le plus fréquemment aujourd’hui et d’ici 5 ans. • Toutes ces idées reçues sont ensuite recueillies et organisées grâce à plusieurs tours de table. • L’objectif n’est pas de trouver un consensus mais de récolter les idées de tous sans forme de censure ou d’autocensure ; ainsi, si deux idées contraires sont émises, elles sont toutes les deux notées sans donner lieu à un débat. la liste des idées reçues 60
  • 61.
    2) Les principalesidées reçues et leur devenir d' ici 5 ans Point Méthode : • Lors d’une deuxième étape, par un système d’agrégation des points de vue, les idées reçues les plus importantes pour l’avenir sont sélectionnées. Chaque participant détenait n points qu’il a attribué aux idées reçues qu’il considérait comme allant impacter le plus fortement dans le futur les comportements et stratégies des acteurs internes et externes. Le nombre de points pouvant être accordé à un seul facteur est compris entre 0 et 5. 0 = aucune importance ou négligeable 1 = importance très faible 2 = importance faible 3 = importance moyenne 4 = importance forte 5 = importance très forte • On procède ensuite à la somme des votes des participants sur chaque idée reçue. Certains regroupements peuvent être effectués à cette étape pour « agréger » les points de deux ou trois idées reçues jugées très proches (soit du point de vue sémantique, soit de part la nature des enjeux qu’elles recouvrent) et ainsi mieux apprécier leur caractère incontournable et structurant pour le devenir. . • A ce stade, il s’agit uniquement de classer les idées reçues précédemment collectées en fonction de l’importance de leur impact sur l’avenir, quelle que soit la nature (positive ou négative) de cet impact. Le groupe C a ainsi obtenu la liste des n principales idées reçues 3) Le degré d’inertie des principales idées reçues sur le développement Point Méthode : Les principales idées reçues identifiées sont positionnées sur un plan dont les axes mesurent leur importance (ordonnée) et leur degré d’inertie actuelle, c’est-à-dire leur rôle de frein au développement. Le positionnement des idées reçues dans le plan importance x inertie présenté ci-après est à lire de manière systémique (position de chaque idée reçue par rapport aux autres). On obtient la figure présentée ci-après. La lecture du plan importance x inertie fait apparaître une zone des enjeux clés du futur, qui regroupe les idées reçues critiques, c’est-à-dire celles qui sont à la fois importantes pour le devenir et qui constituent un frein majeur au développement. 61
  • 62.
    Plan importance xinertie des principales idées reçues sur la filière et leur devenir d’ ici 5 ans IMPO R TAN CE DES IDÉES RE Ç UES F O Z ONE DES R ENJE UX CLES D U T FUT UR E F A I B L E FAIBLE FORTE INERTIE ACTUELLE 4) L’analyse des principales idées reçues et leur devenir d’ici 5 ans Point Méthode : • Il s’agit dans cette étape d’évaluer la vraisemblance des principales idées reçues précédemment identifiées. Ces idées reçues peuvent-elles être, au moins partiellement, considérées comme fondées ? Pour répondre à cette question, le groupe de travail à recenser les arguments qui confirment ou infirment chacune des principales idées reçues. • Ensuite, les conséquences (positives et/ou négatives) de l’existence de ces principales idées reçues sont identifiées. • A l’issue de ces deux inventaires, le groupe de travail est amené à tirer les leçons de cette analyse en termes d’enjeux. Idée reçue Les éléments qui confirment Les éléments qui infirment Les conséquences positives Les conséquences négatives La lecture du plan importance x inertie ainsi que l’analyse des idées reçues critiques permettent de formuler une première liste d’enjeux 62
  • 63.
    Le jeu desacteurs d’ici 5 ans (Groupe D) 63
  • 64.
    Le jeu desacteurs D’ici 5 ans - GROUPE D - L’avenir n’est jamais totalement déterminé. Quel que soit le poids des tendances issues du passé, il reste ouvert à plusieurs futurs possibles. Les acteurs du système étudié disposent de multiples degrés de liberté qu’ils vont pouvoir exercer au travers d’actions stratégiques pour parvenir aux buts qu’ils se sont fixés afin de réaliser leur projet. Dès lors, l’analyse du jeu de ces acteurs, la confrontation de leurs projets, l’examen de leurs rapports de force sont essentiels pour mettre en évidence l’évolution des enjeux stratégiques et se poser les questions-clés pour l’avenir (issues et conséquences des conflits prévisibles). Tel est l’objet de la méthode MACTOR, à laquelle ont pu s’initier les participants de ce quatrième atelier de réflexion de prospective stratégique sur l’avenir dans les 5 ans à venir. Il comporte les étapes suivantes : Etape 1 : identification des principaux acteurs susceptibles de jouer un rôle déterminant dans l’évolution d’ici à 5 ans. Etape 2 : remplissage du tableau des stratégies des principaux acteurs (objectifs, moyens, contraintes). Etape 3 : repérage des influences directes des acteurs les uns sur les autres (c’est la matrice acteurs/acteurs). Etape 4 : positionnement des acteurs dans le plan des influences et dépendances directes. 1) L’identification des principaux acteurs susceptibles de jouer un rôle déterminant dans l’évolution d' ici 5 ans Le jeu d’acteurs dépend en partie du pouvoir des acteurs, de leur capacité à s’influencer les uns sur les autres. Point Méthode : • Pendant 15 à 20 minutes, chaque participant établit en silence et par écrit la liste des acteurs, qui vont jouer un rôle dans l’évolution de la filière dans les cinq prochaines années. • Tous ces acteurs sont ensuite recueillis et organisés grâce à plusieurs tours de table. 64
  • 65.
    Un système simple d’agrégation des points de vue permet de sélectionner les dix à quinze acteurs jouant un rôle moteur important dans l’évolution d’ici 5 ans. liste des acteurs A l’issue de la somme des votes des participants, le groupe a obtenu une liste des acteurs qui jouent ou joueront un rôle majeur dans l’évolution au cours des cinq prochaines années 2) Le tableau des stratégies des principaux acteurs Point Méthode : • Cette étape consiste à caractériser chacun des principaux acteurs en identifiant ses objectifs, ses moyens et ses contraintes. • Les résultats de cette analyse sont présentés sous la forme d’un tableau appelé « tableau des stratégies des acteurs » (cases diagonales de la matrice acteurs x acteurs). • Une lecture collective et réfléchie du tableau des stratégies des acteurs permet de mettre en évidence les enjeux stratégiques, c’est-à-dire les champs de bataille sur lesquels les acteurs vont s’affronter. Le tableau des stratégies des acteurs Acteurs Objectifs / missions Moyens d’action /contraintes 3) Les interactions directes entre les acteurs (matrice acteurs x acteurs) Point Méthode : Chaque acteur cherche à défendre ses intérêts et à parvenir à ses propres fins en exerçant une influence sur les autres acteurs, à travers ses attitudes, ses comportements et ses actions. • Dans un premier temps, pour chaque acteur, les participants identifient ses influences (attitudes, comportements, actions éventuelles) sur les autres acteurs. • Dans un second temps, le groupe évalue les influences des acteurs selon l’échelle suivante : 2, lorsque un acteur a une influence forte sur un autre acteur, 1, lorsque un acteur a une influence faible sur un autre acteur, 0, lorsque un acteur n’a aucune influence (ou une influence négligeable) sur un autre acteur. 65
  • 66.
    On obtient ainsiune matrice acteurs x acteurs, où sont représentées les capacités d’influence directe de chaque acteur sur chacun des autres. 66
  • 67.
    Matrice Acteurs xActeurs ACTEURS 1 2 3 4 . . . . . . . . . . . n Influence directe 2 0 2 0 2 1 1 2 2 0 0 1 0 2 0 15 Acteur 1 Acteur 2 0 1 1 0 1 0 0 2 1 0 0 0 0 0 0 6 Acteur 3 0 2 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 2 Acteur 4 0 2 1 0 2 0 0 2 1 0 0 0 0 0 0 8 . 1 1 0 0 0 0 0 1 0 0 0 0 0 1 0 4 . 0 2 1 0 0 0 0 2 2 0 0 0 0 0 0 7 . 1 1 0 0 0 0 0 2 0 0 0 1 0 0 0 5 . 2 0 2 2 0 2 0 1 0 1 0 0 0 0 0 10 . 0 2 0 1 0 2 1 0 0 0 0 1 0 0 0 7 . 0 2 1 2 0 1 0 0 1 0 0 0 0 0 0 7 . 0 1 2 1 0 2 0 0 2 0 0 0 0 0 0 8 . 0 1 0 0 1 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 2 . 0 0 1 1 0 2 0 0 2 0 0 0 0 0 0 6 . 2 1 0 0 0 0 2 2 1 0 1 0 0 1 0 10 . 0 1 0 1 1 0 0 1 0 0 0 0 0 0 0 4 Acteur n 0 0 0 0 0 0 2 0 2 1 0 0 2 0 0 7 Dépendance directe 6 18 9 11 2 14 6 4 20 7 2 0 5 0 4 0 108 67
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    4) Le positionnementdes acteurs dans le plan des influences et des dépendances directes Point Méthode : • La matrice acteurs x acteurs, qui indique les influences directes entre chaque couple d’acteurs, permet de faire les sommes de l’influence globale (en ligne) et de la dépendance globale (en colonne) de chaque acteur dans le jeu. • Le positionnement des principaux acteurs peut ainsi être visualisé sur un plan dont les axes mesurent leur influence (ordonnée) et leur dépendance (abscisse) dans le système. 68
  • 69.
    Plan des influenceset dépendances directes entre les acteurs de la filière 16 15 14 ACTEURS DOMINANTS ACTEURS RELAIS 13 12 11 i 10 n 9 fl u 8 Acteurs de la e filière 7 n c 6 e 5 4 3 ACTEURS DOMINES 2 ACTEURS AUTONOMES 1 0 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 dépendance 69
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    Les enjeux Dans les 5 ans à venir (Synthèse de la première journée du séminaire) 70
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    Sur la basedes principaux résultats obtenus dans les quatre ateliers (interprétation des plans importance x maîtrise, importance x inertie et influence x dépendance ; premières formulations des enjeux), les consultants de la MDE ont proposé, en guise de synthèse de la première journée du séminaire, une liste des enjeux, à valider par l’ensemble des participants à l’occasion de la séance plénière de la deuxième journée. Après validation, chaque participant s’est vu attribué 6 points qu’il a affecté aux enjeux qu’il considérait comme les plus importants pour le devenir des activités au cours des cinq prochaines années. La somme des votes des participants a ainsi permis d’obtenir un classement (hiérarchisation) des enjeux clés dans les 5 ans à venir. Les enjeux clés dans les 5 ans à venir  71
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    Identifier les défismajeurs à relever d’ici 5 ans 72
  • 73.
    La conclusion destravaux de la première journée a permis d’identifier les enjeux clés présentés en fonction de l’importance accordée par les participants de ce séminaire : Sur la base de ces premières conclusions, les participants à cette réflexion prospective ont cherché à préciser ce qu’ils souhaitaient devenir (défis). Cette deuxième étape du processus est essentielle : l’analyse critique du mode de développement et d’organisation passé et présent, la mise à jour des points de blocage et des atouts conduit à s’interroger sur les questions suivantes : « quel est le bilan de la situation actuelle ? » ; « quels sont nos atouts, nos faiblesses et nos problèmes ? » ; « qui veut-on être et que veut-on faire à l’horizon des cinq ans à venir ? » ; « que faut-il changer, faire évoluer ou transformer pour se rapprocher de nos ambitions ? ». Concrètement la méthode de travail proposée par l’équipe de consultants s’est appuyée sur une analyse prospective et stratégique de chaque enjeu clé, articulée autour des quatre points suivants : Le diagnostic de la situation passée et actuelle, L’identification des attentes et/ou des besoins, Le repérage des atouts et des obstacles, L’identification des défis majeurs à relever d’ici 5 ans. A l’identique de la première journée, a été co-animé par un participant désigné de manière consensuelle au sein de chaque groupe de réflexion. L’animation de ces ateliers s’est appuyée sur une méthode facilement appropriable, mais rigoureuse, permettant tout à la fois la production d’idées et les échanges entre les différents participants. Le compte-rendu du travail de cette deuxième journée, présenté ci-après, ne met pas en évidence toute la richesse des débats ; mais il propose une vision synthétique et hiérarchisée des différents points de vue. La restitution en séance plénière à la fin de cette deuxième journée et la synthèse présentée le lendemain matin à l’ouverture des travaux, ont contribué à identifier les défis majeurs à relever d’ici 5 ans.  73
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    Des enjeux auxdéfis à relever d’ici 5 ans 74
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    Des enjeux auxdéfis à relever d’ici 5 ans L’objectif de cet atelier est de repérer les principaux défis auxquels nous devront répondre d’ici les cinq prochaines années. Il comporte les étapes suivantes : Etape 1 – diagnostic de la situation passée et actuelle. Etape 2 – identification des attentes et/ou besoins Etape 3 – repérage des obstacles et des atouts ou leviers d’actions. Etape 4 – identification des défis majeurs à relever d’ici 5 ans. 1) Le diagnostic de la situation actuelle Point Méthode : • Pendant 10 à 15 minutes, les participants procèdent collectivement au diagnostic de la situation passée et actuelle. Pour l’enjeu concerné, ils passent ainsi en revue la problématique et les pratiques actuelles. 2) L’identification des attentes Point Méthode : • Pendant 15 à 20 minutes, chaque participant établit en silence et par écrit la liste des attentes et/ou besoins. • Toutes ces attentes sont ensuite recueillies et organisées grâce à plusieurs tours de table. • Un système simple d’agrégation des points de vue permet de hiérarchiser ces attentes. Chaque participant détenait n points qu’il a attribué aux attentes ou besoins qu’il considérait comme les plus importants ou urgents à satisfaire. La somme des votes individuels permet ainsi d’identifier les attentes prioritaires en matière de formation. liste des attentes A l’issue de la somme des votes des participants et après avoir procédé aux regroupements des attentes jugées proches, le groupe a obtenu la liste des n besoins à satisfaire prioritairement d’ici 5 ans 75
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    3) Le repéragedes atouts et des obstacles Point Méthode : • Pendant 15 à 20 minutes, les participants établissent, en binôme, la liste des obstacles (faiblesses, contraintes, points de blocage…) et des atouts ou leviers d’action (capacités, ressources, dispositifs existants…) • Tous les arguments sont ensuite recueillis et organisés grâce à plusieurs tours de table, et présentés sous la forme d’un tableau à deux colonnes. • Une lecture collective et réfléchie du tableau atouts x obstacles permet de repérer les éléments sur le chemin critique, c’est-à-dire les conditions nécessaires pour répondre aux attentes. Cette analyse prépare ainsi la formulation des défis majeurs à relever sur cet enjeu clé, et permet de suggérer des objectifs de progrès à poursuivre. Attentes prioritaires Leviers d’action existants Obstacles ou à mettre en place 4) L’identification des défis à relever de la filière d’ici 5 ans Point Méthode : • Au vue des résultats des précédentes étapes, les participants formulent les deux ou quatre défis majeurs à relever d’ici 5 ans, c’est-à-dire ceux qui traduisent leur volonté d’agir ou leur ambition à réaliser. Les défis majeurs à relever Sur la base des principaux résultats obtenus dans les cinq ateliers et d’une première formulation des défis identifiés par les participants, les consultants ont proposé, en guise de synthèse de la deuxième journée du séminaire, une liste de dix défis majeurs à relever d’ici 5 ans. Cette liste, devrait être validée par l’ensemble des participants à l’occasion des échanges et débats lors la séance plénière. Les dix défis majeurs à relever d’ici 5 ans  76
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    Identifier les actionsprioritaires à mettre en œuvre d’ici 5 ans 77
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    Le travail d’analyseeffectué à l’occasion du second jour du séminaire a débouché sur l’identification de dix défis majeurs d’ici 5 ans : Dans le processus d’élaboration d’une réflexion stratégique, il est important de distinguer deux types de questions : Quelles sont les initiatives pertinentes repérables à l’intérieur et quelles sont les actions nouvelles à entreprendre ? Cette approche contribue à prolonger la réflexion et préciser d’une part le potentiel local à dynamiser, et d’autre part les actions élémentaires à mettre en valeur. Quels sont les leviers d’actions mobilisables ? Au vue d’un premier bilan, il devient possible d’évaluer les moyens disponibles, d’estimer les capacités de mise en œuvre et d’identifier les groupes porteurs de projets. L’objectif de ce travail permet le plus souvent de dégager les pistes d’actions stratégiques souhaitables de développement et d’exprimer clairement les aspirations et les priorités d’action. L’équipe de consultants s’est appuyée sur une méthode de travail ayant pour objectifs : d’identifier pour chaque défi les principales actions à entreprendre – (étape 1) ; d’établir une priorité des actions en évaluant la facilité de mise en œuvre et le coût de réalisation de chaque action principale – (étape 2) ; de repérer les principaux acteurs internes et/ou externes susceptibles d’être impliqués sur chaque action – (étape 3). Chacun de ces ateliers, a été animé avec la même rigueur et les mêmes principes méthodologiques que ceux des deux journées précédentes. Cette dernière partie présente de façon synthétique et hiérarchisée les principaux résultats des groupes de travail. Cette réflexion stratégique a donné lieu à une restitution en séance plénière et à une évaluation sur l’ensemble des travaux de ce séminaire à la fin de cette troisième journée.  78
  • 79.
    Les actions àmettre en œuvre d’ici 5 ans L’objectif de cet atelier de stratégie est d’identifier les actions prioritaires à entreprendre d’ici 5 ans pour répondre au défi. Il comporte les étapes suivantes : Etape 1 – identifier les principales actions à mettre en œuvre pour répondre au défi. Etape 2 – évaluer les principales actions en termes de facilité de mise en œuvre et de coût de réalisation. Etape 3 – repérer les principaux acteurs internes et/ou externes, susceptibles d’être impliqués sur chaque action. 1) Les principales actions à entreprendre d’ici 5 ans Point Méthode : • Pendant 10 à 15 minutes, le groupe identifie collectivement la liste des actions à mettre en œuvre pour répondre au défi. • Un système simple d’agrégation des points de vue permet de hiérarchiser ces actions. Chaque participant détenait n points qu’il a attribué aux actions qu’il considérait comme les plus importantes et urgentes à mettre en œuvre pour le développement. La somme des votes individuels permet ainsi d’identifier les principales actions à entreprendre d’ici 5 ans. Liste des actions recensées par le groupe A l’issue de la somme des votes des participants, les principales actions à entreprendre sont identifiées 2) Les actions prioritaires à mettre en œuvre Point Méthode : • Les principales actions sont positionnées sur un plan dont les axes évaluent leur facilité de mise en œuvre (ordonnée) et leur coût de réalisation (abscisse). • Le positionnement de ces actions dans le plan « facilité de mise en oeuvre x coût de réalisation » présenté ci-après permet de repérer les actions à mettre en œuvre en priorité. 79
  • 80.
    Nota : leschiffres indiqués entre parenthèses renvoient au classement des actions réalisé lors de l’étape 1. Le plan ci-après fait apparaître une zone des actions prioritaires, qui regroupe les actions qui sont les mieux placées au regard des trois critères retenus (importance/urgence pour le développement, facilité de mise en œuvre, coût de réalisation). Plan d’évaluation des actions à mettre en oeuvre d’ici 5 ans FACILITE DE MISE EN OEUVRE F ZONE DES A ACTIONS C PRIORITAIRES I L E D I F F I C I L E FAIBLE ELEVE COÛT 80
  • 81.
    3) Les principauxacteurs internes/externes impliqués dans la mise en œuvre des actions Point Méthode : • Un dernier travail collectif a permis d’identifier les principaux « partenariats » (groupe d’acteurs) pour chaque action, en fonction du rôle et des compétences attendus par les acteurs. • Les résultats sont présentés sous la forme d’un tableau actions x acteurs. Tableau actions x acteurs Actions Acteurs  81
  • 82.
    Les actions prioritairesà entreprendre pour répondre aux défis (Synthèse de la troisième journée du séminaire) 82
  • 83.
    Les travaux réalisésdans les ateliers de cette troisième journée du séminaire ont permis, à l’issue d’une analyse multicritères, d’identifier les actions prioritaires à mettre en œuvre pour relever les défis dans les 5 ans à venir. Les actions prioritaires sont celles qui sont les mieux classées au regard des trois critères retenus pour l’évaluation des actions : - l’importance et l’urgence de l’action pour le développement, - la facilité de mise en œuvre de l’action, - le coût de réalisation de l’action. Le tableau ci-dessous permet de visualiser de manière synthétique les résultats obtenus. Des défis majeurs à relever … aux actions prioritaires à mettre en œuvre d’ici 5 ans … sur chacun des défis 83
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    TECHNIQUES D’ANIMATION LES COMPOSANTESD’UNE BONNE COMMUNICATION avoir la facilité dans la parole avoir une parole convaincante être bref et précis utiliser les langages simples et compréhensibles par la population cible avoir une écoute attentive bien choisir les mots et contenu de la parole savoir gérer ou éviter les interférences savoir coordonner la parole avec les gestes LES 4 CODES D’UNE BONNE FACILITATION CODE D’ACTIVITES La façon de parler Méthode d’approche La prestance / impression CODE ACCESSOIRES Environnement de l’individu Les objets dont il se sert CODE SPATIO–TEMPOREL Façon de combler les distances par des gestes Utilisation de l’espace 84
  • 85.
    CODE MEDIAS Tout ce que par quoi les individus peuvent communiquer quelque chose Support audio-visuel OUTIL D’OBSERVATION GUIDEE Critères OUI NON Observations 1. Technique de facilitation A-t-il fait participer les gens ? A-t-il utilisé des techniques variées ? Lesquelles ? Communication verbale - Parfaite - Assez bonne - Acceptable Communication gestuelle - Parfaite - Assez bonne - Acceptable Mimique adaptée ? 85
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    Critères OUI NON Observations 2. Environnement du facilitateur Tenue adaptée ? Utilise-t-il un ou des objets, Comment ? accessoires ? 3. Gestion du temps et de l’espace A-t-il respecté le temps alloué à l’activité ? A-t-il suffisamment fait des déplacements ? A-t-il tourné le dos aux participants ? 4. Utilisation d’aides visuelles Bonne gestion du flipchart Bonne utilisation du rétroprojecteur et des transparents Bonne utilisation d’autres matériels 86
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    COMPOSANTES DE LACOMMUNICATION INTERPERSONNELLE Schéma général de la communication : (Canal) Emetteur----------------message------------------------Récepteur (Canal) RETRO - ACTION Emetteur : C’est celui qui transmet le message dans le but d’informer, de sensibiliser, de motiver, et de donner des conseils. Message : Contenu de l’information à faire passer Canal : Moyen ou méthode utilisée pour transmettre le message Récepteur : C’est celui qui reçoit le message ; une personne ou une groupe à qui le message est destiné Rétro- action : La réponse du récepteur à l’émetteur OBSTACLES A LA COMMUNICATION Emetteur : - Non maîtrise du sujet - Timidité - Mauvaise diction - Méconnaissance du public cible - Impatience… Récepteur : - Impatience - Refus du message - Méfiance - Mauvaise perception du message… 87
  • 88.
    Message : - Confus - Compliqué - Mal formulé - Non testé… Canal : - Inapproprié… Rétroaction : - Pas de changement de comportement - Critique non constructive. LES FACTEURS QUI INFLUENCENT LA CIP Facteurs qui favorisent 1. Emetteur : disponibilité, bonne écoute, discrétion, respect des autres, maîtrise du sujet, bon accueil, patience, bonne diction, bonne attitude (verbale et non verbale), désir de bien communiquer… 2. Message : Clair, précis, concis, intéressant, inclut des aides visuelles 3. Canal : Approprié, adapté, direct, attirant, accessible intellectuellement et économiquement. 4. Récepteur : Disponibilité, discipline, patience, bonne écoute, intérêt, attention 5. Rétroaction : Spécifique, descriptif, une demande de clarification, un sourire, un regard attentif. FACTEURS QUI BLOQUENT 1. Emetteur : Non maîtrise du sujet, timidité, mauvaise diction, méconnaissance du public, mauvaise attitude, impatience… 2. Message : Confus, compliqué, inapproprié, mal formulé, trop long ou trop court, non testé, imprécis 3. Canal : Indirect, inapproprié, inadapté. 4. Récepteur : Impatience, indiscipline, refus du message, mauvaise perception du message, 5. Rétroaction Pas de changement de comportement, critique non constructive. 88
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    L’APPROCHE PARTICIPATIVE EFFETS ESCOMPTES • Les participants peuvent s’exprimer librement • La communication est facilitée et efficace • La créativité des participants est favorisée • Les participants décident et prennent leurs responsabilités PRINCIPES DE BASE : Les participants se trouvent au centre en tant que personne actives et responsables, et non comme des bénéficiaires passifs. Chacun est participant au même titre, pas de hiérarchie, respect des idées de chacun, libre expression. Partir des intérêts et / ou des problèmes des participants. Se baser sur les expériences des participants car « personne ne sait tout mais chacun sait quelque chose » Echange d’expériences : Recevoir et donner Former un groupe interactif en exploitant les divergences. CONDITION D’UNE TELLE APPROCHE : Eviter les relations : 1. professeur/élève 2. patron /employé 3. chef/subalterne LES COMPORTEMENTS D’UN ANIMATEUR Etre un bon animateur, c’est : être accueillant, patient et calme, objectif, compréhensif, encourageant avoir une personnalité chaleureuse, positive, ouverte et tolérante développer une habilité sociale, capable de rassembler un groupe, de le contrôler sans lui nuire avoir une manière d’enseigner qui génère et utilise les idées et les compétences des apprenants montrer des compétences organisationnelles afin d’assurer une bonne logistique pour des sessions d’animation 89
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    avoir l’enthousiasme pourle sujet traité et des compétences pour le proposer de façon intéressante posséder une souplesse pour s’adapter et répondre aux besoins changeants des participants avoir une connaissance ad hoc de la matière enseignée être facilitateur (centré sur l’apprenant) et non un manipulateur (centré sur lui même) encourager à la créativité et la réflexion des participants, vers des modifications d’attitudes et de pensées savoir poser les questions correctement Ce n’est pas ce que l’animateur qui anime qui compte, c’est ce que l’apprenant a compris QUELQUES REGLES ESSENTIELLES DE LA COMMUNICATION 1- ETRE : - Simple : mots, expressions, phrases - Structurer : logique, plan, étapes - Bref : unique, individuel, varié 2- un bon communicateur doit avant tout apprendre à écouter, et à gérer cette écoute : • Ecoute passive : rester silencieux, communiquer son intérêt de façon non verbal. • Ouverture de portes : sans questions directes, inviter la personne à poursuivre ou préciser sa pensée. On encourage la personne à parler • Paraphrases ou reformulation • Ecoute active • Ne pas laisser libre cours à ses émotions ATTENTION ; les freins typiques à la communication - S’afficher comme le détenteur absolu du savoir - Donner des ordres - Proférer des menaces - Etre moralisateur - Faire preuve de criticisme - Donner dans la flatterie - S’obstiner dans ses propres questionnements 90
  • 91.
    FORMATION ET ANIMATION Plussouvent qu’autrement, la confusion règne entre les mots formation et animation. Le formateur est-il un animateur ? L’animateur est-il un formateur ? Y a-t-il une différence entre l’animation et la formation ? A première vue, les distinctions entre animation et formation sont nombreuses mais pas nécessairement claires et bien définies. On peut comparer des institutions, on peut comparer des intervenants, on peut aussi analyser les convergences des phénomènes sociaux qui réunissent ces expressions. Il s’agit de champs d’intervention différents qui maintiennent une relation de formation et d’animation. Même le formateur qui se sert du groupe pour animer des activités de recherche, de réflexion, de discussion et de création aura parfois tendance à se demander s’il n’est pas plutôt un animateur. En pratique, il existe une confusion pour tout formateur qui utilise la dynamique de groupe afin d’atteindre ses objectifs de formation. Cette confusion peut provoquer des frictions entre formateur et participants de même que des frustrations pour tout le monde. Regardons brièvement les différences entre formation et animation de même qu’entre formateur et animateur en fonction des activités d’un groupe en formation La formation : Il s’agit d’un processus d’apprentissage et d’enseignement structuré en fonction d’objectifs précis. Ces objectifs répondent aux besoins de l’organisme demandeur (source d’une demande de formation). Le processus de la formation a ses méthodes et techniques qui lui sont propres où qu’il emprunte de la psychologie, de la philosophie… C’est une démarche pendant laquelle le formateur et les participants travaillent de façon structurée, planifiée, organisée. Elle vise des objectifs précis qu’il faut atteindre à court et à moyen terme. Parfois les formateurs utilisent des techniques ou approches propres à l’animation. Ceci ne veut pas dire qu’ils font de l’ « animation » ou qu’ils sont des animateurs. L’animation : L’animation est tantôt une méthode, tantôt un ensemble de techniques permettant à un groupe d’atteindre par lui-même les objectifs qu’il s’est fixé. La présence de l’animateur est requise afin d’aider le groupe dans sa démarche. Il canalise l’énergie et oriente le travail dans la direction que le groupe s’est lui-même donné. L’animateur est un catalyseur : il déclenche une réaction. Par exemple : l’animateur évitera à une discussion de tourner en rond en la remettant sur la voie de départ. L’animateur orientera la discussion du groupe afin de cerner le sujet, analyser les problèmes sous tous les aspects et trouver les moyens d’action susceptibles d’apporter une solution. 91
  • 92.
    L’animation se faittoujours à partir d’un groupe en situation qui possède la connaissance de son milieu, peut prendre une décision et entreprendre les actions nécessaires avec la présence et l’aide de l’animateur. L’animation es obligatoirement une méthode inductive, c'est-à-dire une méthode qui part toujours de choses connues, de situations particulières et concrètes, pour aller vers l’inconnu, vers des situations générales, vers la théorie. Les techniques de l’animation ont été mises au point par la psychologie, pour étudier et utilisera dynamique d’un groupe. O n peut en signaler quelques unes : jeu de rôle, analyse d’observations, discussions, brainstorming. Toutefois, la formation peut aussi utiliser les techniques d’animation et l’animation a, des objectifs de formation ? Mais le formateur forme et l’animateur anime. Formateur Animateur 1. Il planifie l’ensemble du processus de 1. Il anime la participation du groupe formation 2. Tout en structurant une situation 2. Il joue le rôle de catalyseur à l’intérieur du d’apprentissage, il identifie les objectifs, groupe. Mais, c’est le groupe qui, de façon détermine le contenu, choisit les méthodes et autonome, organise son travail, détermine la les techniques à utiliser… ; il suscite, oriente démarche, structure son propre cheminement et facilite l’apprentissage. et défini le produit qu’il veut obtenir. 3. Le formateur participe à la formation ; il 3. L’animateur est attentif au déroulement de communique son expérience, son vécu, ses la discussion : c’est le vécu du groupe qui est connaissances, il amène les autres à le suivre partagé, ses expériences et ses connaissances. afin d’optimaliser leur apprentissage. L’animateur voit à ce que l’échange se fasse bien, il est attentif à la mécanique, à la dynamique de groupe. 4. Le formateur a une maîtrise du contenu 4. Animateur n’a pas nécessairement une enseigné. Il le connaît aussi bien en théorie connaissance très poussée du contenu du qu’en pratique. sujet sur lequel le groupe travaille. Il connaît surtout la mécanique et les comportements des groupes. Il saura en posant des questions, faire avancer le travail, éviter les accrochages inutiles, etc. 5. Le formateur évalue les objectifs 5. L’animateur aide le groupe à faire sa d’enseignement et d’apprentissage par le propre évaluation ou se base sur les critères processus de formation pré-établi. Il évalue fixés par le groupe. la pertinence et la portée de sa méthode. Ceci ne signifie pas qu’il peut mettre une note ! Il y a donc une différence entre le rôle du formateur et celui de l’animateur. Celui du formateur est plus étendu, plus englobant : il s’occupe de tout le processus de formation ? A certains moments, il fait aussi de l’animation, comme il utilisera aussi d’autres techniques (les exposés, les jeux de rôle, les films, etc), toujours en gardant à l’esprit l’objet de son travail de formation et ses objectifs. Par ailleurs, un bon animateur est celui qui, tout en ayant une 92
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    expérience pertinente enanimation, en arrive à connaître et à faire travailler harmonieusement chaque groupe qui demande sa collaboration. LE GROUPE EN FORMATION Avez-vous remarqué que presque toutes les activités de formation se fait en groupe ? De plus en plus, on utilise le groupe comme acteur principal. Il devient le sujet et aussi l’objet du processus de formation ? Le groupe, dans ce sens, est considéré comme un ensemble d’individus qui se donne un objectif et une démarche commune de formation. Deux raisons principales justifient cette tendance : les recherches ont démontré que le niveau relatif d’apprentissage est supérieur chez un individu quand il travaille en groupe : il apprend plus et mieux en groupe que seul ; la motivation à l’apprentissage est plus grande si l’individu fait partie d’un groupe uni et si les participants sont heureux et satisfaits d’en faire partie. La situation contraire n’est pas impossible. Si le groupe est tendu, mécontent et désorganisé, on n’apprend pas. L’efficacité de la formation en groupe : La réflexion ou la formation en groupe signifie que chacun apporte sa part d’expérience et d’information. Le vieux dicton « deux têtes valent mieux qu’une » s’avère exact ; plusieurs têtes ont plus d’idées pour aborder un problème. C’est aussi plus facile d’étudier un problème en groupe que d’avoir à le résoudre seul. Il y a moins de tension, les participants s’habituent graduellement aux idées nouvelles, ils sont plus ouverts, ils ont plus « d’espace » pour participer… Le travail intellectuel en groupe donne de meilleurs résultats que le ferait seul un membre du groupe d’intelligence moyenne. On apprend habituellement en groupe que seul. Un groupe n’est pas une addition d’individus Au tout début de la session, avant l’ouverture des cours, les participants ne sont que des individus assis les uns à côté des autres. Après la première heure, une fois les contacts établis, l’objectif précisé et le programme de la formation accepté par tout le monde, les individus commencent à former un groupe. Un groupe est plus qu’une addition d’individus : il s’agit d’un ensemble d’individus liés par un même objectif. Ils ont les mêmes besoins de formation. Il s’établit ensuite un réseau de communication entre chacun des individus. Les membres du groupe ont des fonctions, des rôles, des tâches qu’ils s’attribuent d’eux-mêmes ou que le groupe leur distribue formellement. Le groupe a aussi sa vie affective propre. 93
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    Les conditions d’efficacité Mêmelorsque certaines personnes ont l’habitude de travailler ensemble, elles peuvent mal travailler en groupe. Un groupe n’est pas nécessairement efficace parce qu’il est un groupe ; il y a des conditions à respecter pour assurer son bon fonctionnement. La composition du groupe : Il ne doit être ni trop petit, ni trop grand, ceci afin de permettre que les échanges et l’interaction de ses membres enrichissent et facilitent le travail du groupe ; un groupe de deux échangera moins d’idées qu’un groupe de six. En augmentant le groupe, on ajoute au volume des contributions possibles ainsi qu’à la quantité des informations à procéder. Si le groupe devient trop grand, le rendement diminue : il y a trop de monde, le groupe a tendance à se diviser et chacun n’obtient plus un « espace temps » de parole suffisant. C’est moins efficace et frustrant pour ceux qui ont des choses à apporter. On estime qu’un petit groupe peut compter de 3 à 6 personnes et qu’un grand groupe (pour un travail plus général) devrait être limité à 15 ou 25 personnes. Un groupe doit être équilibré. Il fonctionnera efficacement si les membres ont des objectifs identiques, si la confiance règne, si la coopération est de rigueur, si le désaccord n’effraie pas et si l’entente est maintenue par la discussion. Un point important à retenir : un groupe fonctionne au rythme du plus lent de ses membres. Fonctionnement du groupe Le groupe doit avoir un projet bien défini et accepté par chacun des membres. Par exemple : franchir les étapes d’un programma de formation proposé par le formateur (ainsi, le groupe entreprendra la session en pleine connaissance des exigences du formateur et du programme). La démarche du groupe doit suivre la même direction que celle donnée au projet ; le groupe doit visualiser le pourquoi d’une activité de formation et le bénéfice qu’il en retirera. Les consignes, les règles données par le formateur et établies par les membres doivent être claires et précises. Sinon, on court le risque de malentendus et de conflits inutiles qui nuiraient à la démarche du groupe. Pour bien fonctionner, le groupe a besoin d’un climat de collaboration et de démocratie. Chacun des membres a les mêmes droits et les mêmes obligations et il faut en tenir compte. Sinon, le travail du groupe sera plus laborieux, certains membres se décourageront et l’esprit d’équipe s’en ressentira. A ne pas oublier Le formateur a un rôle important à jouer pour amener les participants à se regrouper. La première heure est essentielle à la réussite de cette opération laquelle, à ce moment là, dépend uniquement du formateur. Mais son rôle ne s’arrête pas là ! Sa vigilance durant toute la 94
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    démarche de laformation lui permettra de détecter la moindre erreur de parcours (par exemple, l’absence de démocratie dans le groupe, la confusion, etc.) et d’intervenir auprès des membres afin de les aider à résoudre les problèmes qui ralentissent leur travail. DEMONSTRATION ET MANIPULATION Principe On considère ici que démonstration (approche passive) et manipulation (approche active) vont en fait de pair pour devenir à elles deux une technique active. Le formateur exécute d’abord devant les apprenants la manipulation qu’ils devront être capables de faire ensuite. L’application est faite immédiatement après la démonstration par chaque apprenant, individuellement ou par groupe. Le formateur passe de l’un à l’autre pour les guider. Cette technique convient bien à la formation technique. Elle permet de commencer un apprentissage par la pratique, et de faciliter la compréhension de la théorie par la suite. Avantages Inconvénients . motive l’apprenant en le plaçant dans . exige du temps et un encadrement l’action et en contact avec la réalité important, surtout si l’auditoire est nombreux . technique « naturelle » et spontanée . nécessite une certaine logistique (organisation, coût…) . développe un sentiment de confiance en soi chez l’apprenant . réduit la part théorique . « magie » de la découverte A faire . préparer et vérifier le matériel à l’avance (pas de mauvaises surprises) . disposer le matériel avant le cours . fragmenter la démonstration en paliers si l’opération est longue . préciser l’objet de la démonstration et commenter tous les gestes effectués en expliquant leur pourquoi . veiller à ce que chacun puisse bien voir et entendre (prévoir des démonstrations par petits groupes si nécessaire) . répéter la démonstration lorsqu’elle ne semble pas bien comprise . résumer et poser des questions à la fin de la démonstration . faire manipuler un ou deux participants devant les autres en commentant ce qui se passe, avant que chacun manipule de son côté . laisser les apprenants découvrir et manipuler à leur aise, et surmonter la peur de l’inconnu . prévoir une marge de temps suffisamment large pour les exercices de manipulation (compter facilement 2 à 3 fois le temps que met le formateur selon l’opération) 95
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    LA PEDAGOGIE ETL’ANDRAGOGIE La pédagogie : Science de l’éducation des enfants / adolescents L’andragogie : Science de l’éducation des adultes. On parle aussi de PEDAGOGIE DES ADULTES LA PEDAGOGIE L’ANDRAGOGIE Concept L’élève dépend de L’adulte prend ses propres l’enseignant. Il est guidé par décisions, il est autonome. lui. L’enseignement est plus Le formateur est un directif facilitateur. Les ressources L’expérience de l’élève est L’adulte a ses expériences de d’instruction limitée. Ce seront les la vie. Donc ses expériences expériences de l’enseignant seront des riches ressources qui seront ses ressources d’instructions. d’instructions. Le plan de formation Le plan de formation de L’adulte sait ce qu’il veut l’élève est tracé par le corps apprendre. enseignant : quoi, quand et Le facilitateur n’est que son comment apprendre ? aide dans l’identification de L’élève est alors conditionné. ses besoins en formation. Orientation de l’instruction L’élève apprend pour le L’adulte veut appliquer les futur. acquis et améliorer sa vie/son Et l’instruction est centrée travail. sur des sujets bien définis. Ainsi, l’instruction est centrée sur les problèmes rencontrés, les besoins. Motivation Elle est externe : notes, rang, Elle est interne : appréciations, prix,… reconnaissance, distinction, crédibilité. L’estime de soi est le principal motivateur. LES SIX CONDITIONS D’APPRENTISSAGE CONDITION D’APPRENTISSAGE QUE FAIRE POUR LA RESPECTER ? …S’il comprend Annoncer le programme sous forme de schéma reprenant les étapes. Utiliser un vocabulaire adapté au niveau et au métier des participants. …Si la formation est en relation directe Choisir des exercices et des exemples en 96
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    avec son quotidien. relation avec la vie quotidienne personnelle ou professionnelle des formés. …S’il perçoit, accepte et comprend les Faire exprimer les attentes, annoncer les objectifs pédagogiques (en liaison avec le objectifs. quotidien) Annoncer les objectifs de chaque module et de chaque activité. …S’il agit et s’engage. Utiliser la progression pédagogique en trois étapes : 2/3 d’action pour les stagiaires, 1/3 d’action pour les formateurs. …S’il se sent intégré dans un groupe. Créer des groupes de travail. …S’il est dans un climat de participation. Inciter, par les activités choisies, à la prise de parole et l’implication individuelle. CONCLUSION Vous voici parvenu(e) s au terme du guide. Il vous a fourni des repères fondamentaux simples pour vous aider. Cet ensemble n’est pas complet loin de là, il doit être pour chacun de vous l’occasion de poursuivre votre réflexion. Certes, il est vrai qu’aucun texte ne saurait se substituer à l’expérience vécue (qui sera bientôt la vôtre), mais ce guide est pour vous un bon début et une bonne base. Nous aurions atteint notre objectif si ce guide vous permettait de : - De lire d’autres ouvrages approfondissant tel ou tel point en sachant que la vie ne se coupe pas en tranches et qu’il est nécessaire d’avoir une vision globale des choses afin de situer dans le tout, le détail. - De confronter vos réflexions entre vous afin que la discussion devienne un dialogue enrichissant. - Mais comme toute pensée doit être liée à l’action, nous souhaitons que nos suggestions vous aident dans la pratique à assumer pleinement votre rôle. - Que de la synthèse de votre pensée et de votre action vous arriviez à dégager une pensée personnelle qui vous permette de vous situer en permanence dans la réalité mouvante de la vie. - Que cette pensée personnelle soit mise au service de tous afin que vos richesses profitent à vos semblables, et qu’à l’inverse la richesse des autres puisse vous être utile. Mais comme dans toute discussion véritable il doit y avoir échange, nous serions heureux si vous accepteriez de perfectionner cet outil, de le rendre un peu plus complet et un peu plus clair si quelques obscurités étaient perçues dans l’expression. Pour finir, avant de vous quitter en vous souhaitant bonne chance dans vos atelier voici une dernière recommandation : n’oubliez pas qu’il n’y a pas de meilleure formation que la mise en pratique de ce qui a été appris ! Un petit poème qui résume notre pensée : 97
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    L’EXCEPTION DE LAREGLE Ainsi se termine l’histoire d’un ouvrage Vous avez vu et entendu Vous avez vu un évènement ordinaire Un évènement comme il s’en produit chaque jour Et cependant, nous vous en prions, Sous le familier, découvrez l’insolite, Sous le quotidien, décelez l’inexplicable Puisse toute chose dite habituelle vous inquiéter. Dans la règle découvrez l’abus Et partout où l’abus s’est montré, Trouvez le remède. BONNE CHANCE ET BONNES FORMATIONS !!! 98
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    GLOSSAIRE QUELQUES MOTS CLESDE LA PROSPECTIVE ET DE LA STRATEGIE Acteurs Ceux qui jouent un rôle important dans le système par l’intermédiaire des variables qui caractérisent leurs projets et qu’ils contrôlent plus ou moins (les pays consommateurs, les pays producteurs, les compagnies multinationales…sont des acteurs du jeu de l’énergie). Sont l’ensemble des forces porteuses de projet à la poursuite de leurs intérêts économiques, sociaux, politiques, etc… Les acteurs ne sont pas définis à priori, mais par rapport à la problématique posée. Ils doivent être pertinents du double point de vue de leur homogénéité par rapport à la problématique et de leurs objectifs, stratégies et moyens d’actions. Ils peuvent être des acteurs individuels ou collectifs (ex Etat, collectivités locales, organisations professionnelles,…). L’analyse des acteurs est importante, car la vision qu’ils produisent, les moyens qu’ils se donnent pour parvenir à leurs fins, leurs relations (coopération/confrontation) conditionnent les stratégies actuelles et à venir. Anticipation Action d’anticiper, de faire par avance. Aspiration C’est un processus psychosociologique par lequel un individu ou un groupe est poussé vers un objet proche ou éloigné dont il prend conscience à travers des images, des représentations ou des symboles. Cet objet peut se rapporter à son environnement, à un changement de la condition de vie, à des transformations politiques ou à des idéaux lointains. Les aspirations renvoient à un désir (de mieux être, d’un meilleur avenir pour nous et pour nos descendants). Elles dépendent du milieu, du contexte historique, des valeurs de la société et du flux d’informations disponibles. Elles sont dynamiques : elles naissent, se développent, dépérissent ou disparaissent suivant le contexte historique. Cette étape d’identification des aspirations s’explique par la nécessité de connaître les valeurs, les raisons motrices des populations, voire leur conception du développement. De l’identification des aspirations découle la détermination des problèmes de développement, des enjeux et défis auxquels elles renvoient sous forme de problématique/thèmes majeurs à étudier. Les aspirations vont également servir, par un rapprochement avec les scénarii, à la formulation de la vision du futur souhaité du pays à l’horizon de l’étude. 99
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    Atout Moyen de succès(avantage comparatif). Changement Modification par rapport à une situation antérieure. Défi Ce que l’on se prépare à affronter, à combattre. Acte qui définit une obligation et/ou une volonté d’agir sur un ou plusieurs enjeux. Enjeu Ce que l’on risque de gagner ou de perdre dans une entreprise ou une compétition. Question clé qui interpelle fortement les acteurs sur le développement d’une organisation, d’une filière… (AGOA…). Facteur de changement Qui est de nature à faire évoluer un phénomène. Il peut être interne, externe, présent ou bien à venir. Faits porteurs d’avenir (Faits pouvant influencer l’avenir) : sont des évènements récents porteurs de transformations, facteurs d’évolution perceptibles actuellement, ils peuvent à long terme infléchir ou renforcer les principales tendances. Ils sont souvent liés à l’émergence de nouvelles forces (de nouveaux acteurs ou d’anciens acteurs reconvertis) ou/et une nouvelle conjoncture (exemples : émergences de mouvements associatifs, création OMC) ; Les forces Sont les atouts internes dont dispose le pays dans tous les domaines (économie, social, politique, environnement, culture, technologie, etc.…) et sur lesquels il pourra s’appuyer pour élaborer ses stratégies (exemple : existence d’une langue nationale, disponibilité de ressources naturelles). Les faiblesses Sont des handicaps internes décelés dans la société dans tous les domaines (exemples : inadaptation du système éducatif, faiblesse de l’épargne, etc.…). Identifier ses atouts et ses contraintes ne suffit pas. Il faut aussi apprécier leur importance au travers des menaces et des opportunités qui proviennent de l’environnement extérieur. 100
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    Germes Facteurs de changements,à peine perceptibles aujourd’hui mais qui constitueront des tendances lourdes de demain. Idée reçue Une idée reçue est une opinion exagérée, qui a pour origine une information fondée ou non, généralisée à l’ensemble d’une population et admise sans qu’il soit nécessaire d’argumenter. Elle est l’expression d’une vision caricaturale des choses et reflète souvent une méconnaissance du sujet. (Les fonctionnaires ne travaillent pas assez ; les français ne sont pas doués pour les langues ; la sécurité des touristes n’est pas assurée à Madagascar…). Inertie Résistance passive au changement. Exprime un blocage, un frein non nécessairement volontaire (interne ou externe) au changement ou à l’action (résistance culturelle). Incertitude critique Désigne un phénomène dont l’impact est considéré comme décisif, structurant pour le futur du pays et dont l’évolution peut prendre plusieurs directions possibles qu’on ne peut ni contrôler, ni influencer, ni prévoir. Ce sont les hypothèses sur les issues possibles de ces incertitudes qui sont utilisées comme axes de construction des scénarii. Une incertitude critique est souvent d’ordre politique (exemple : évolution du processus démocratique) ou liée à l’environnement international (évolution de l’économie mondiale, impact du développement des nouvelles technologies). Management stratégique Concept lancé au milieu des années soixante-dix ( Igor ANSOFF) pour mettre en avant les conditions qui permettent aux structures et aux organisations de s’adapter dans un monde de plus en plus turbulent. Menace Indice laissant prévoir quelque chose de fâcheux ou de dangereux. Obstacle Ce qui s’oppose à la progression, ce à quoi on se heurte. Opportunité Occasion favorable. Passif (ive) Qui subit sans agir ; qui n’agit pas. Comme l’autruche qui suit l’évènement. 101
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    Planification La planification consisteà concevoir un futur désiré ainsi que les moyens réels d’y parvenir. Planification stratégique Concept apparu à la fin des années soixante (Igor ANSOFF) pour traduire le fait que la planification d’entreprise devait de plus en plus tenir compte des turbulences de l’environnement (dit stratégique) et adapter ses objectifs en conséquence. Pré actif (ive) Comme l’assureur qui se prépare aux changements prévisibles car il sait que la réparation coûte plus cher que la prévention. Prévision Estimation sur le futur assortie d’un degré de confiance. Proactif (ive) Comme le conspirateur qui agit pour provoquer les changements souhaités. Projection Prolongement ou inflexion dans le futur de tendances passées. Prospectif (ive) Anticipation pour éclairer l’action (loin, large, profond, autrement, ensemble). Prospective stratégique Concept des années quatre-vingt-dix où l’anticipation de la prospective est mise au service de l’action stratégique et du projet d’entreprise. Réactif (ive) Qui réagit. Comme le pompier qui attend que le feu soit déclaré pour le combattre. Scénarii Jeux cohérents d’hypothèses conduisant d’une situation d’origine à une situation future. Stratégie Art de combiner des opérations pour atteindre un objectif. Ensemble des règles de conduite d’un acteur lui permettant d’atteindre des objectifs et/ou de mettre en œuvre son projet. Tactique (s) 102
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    Presque toujours aupluriel, puisqu’il s’agit des voies et moyens pour parvenir aux objectifs de la stratégie en fonction des circonstances. Tendance lourde Mouvement affectant un phénomène sur une longue période (démographie, urbanisation). Un phénomène qui s’est manifesté dans le passé lointain ou récent et dont les mécanismes qui les sous-tendent continuera encore à agir dans la société de demain au moins pendant un temps suffisamment long pour être pris en considération. 103
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    ANNEXE 1 LA TECHNIQUE DU GROUPE NOMINAL Elle fait partie de la famille Delphique. Elle permet à un groupe existant « nominalement » de se centrer sur la tâche de déterminer, dans le cas qui nous occupe, le besoin d’une population préalablement définie. Cette technique est utilisée en générale de façon analogue à la technique Delphique. Voici les étapes : 1. Préparatifs : clarifier les objectifs, formuler la question de départ 2. Présentation des consignes (05 minutes) : Qu’est ce qu’on va faire, comment, avec qui … le responsable présente les consignes, remet la feuille de travail où se trouve la question, la lit à haute voix et demande aux participants d’écrire des énoncés concis et précis. Il indique qu’on travaille en silence pour une durée d’au moins cinq minutes. 3. Début de l’étude (15 minutes) Chaque participant rédige individuellement ses idées sur la question. Il travaille en silence. 4. Le responsable recueille au tableau les idées de chaque participant (15 minutes). Il procède de la façon suivante : il présente l’objectif de l’étape (recueillir les idées et les transmettre au groupe) ; il indique le déroulement : chacun donne à tour de rôle un énoncé, qui est écrit au tableau par le responsable ; aucune discussion n’est alors accepté. 5. Clarification des énoncés (20-30 minutes) Démarche similaire à la démarche antérieure. Le responsable invite le groupe à clarifier les énoncés sans juger de leur pertinence. 6. Détermination de l’importance relative des énoncés (20-30 minutes). Démarche : le responsable -Présente les objectifs de l’étape (déterminer individuellement puis en groupe l’importance des énoncés) -Détermine le nombre d’énoncés à sélectionner (05,10…) -Explique la façon de les consigner. D’abord sur une fiche par énoncé et par ordre de priorité. Le participant ordonne ses fiches. Celle qui a l’énoncé le plus important se range au début, le moins important à la fin. Un pointage de 01 à 10 est accordé aux énoncés. -Le responsable ramasse les fiches et place au tableau les énoncés avec leur pointage. Il garde les 05 ou 10 pointages les plus élevés. Il établit un rang (de 01 à 10) pour chaque énoncé. 7. Analyse en petit groupe des énoncés retenus (10 minutes) Le responsable présente l’objectif de cette étape (examiner en groupe la consistance des résultats). Il analyse avec le groupe les résultats. Il les soumet à une brève discussion en petit groupe. Chaque sous-groupe assigne une valeur à chaque item. S’il y a des divergences, on vote. 8. Le résultat final (20minutes) Le résultat du travail en petits groupes est inscrit au tableau. Le responsable soumet les divergences au vote et dégage un accord final. Quelques conseils pratiques : 1. Surveiller vos consignes 105
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    2. Exiger lerespect des directives 3. Formuler une question univoque, précise 4. Eviter les jugements de pertinence des énoncés 5. Ecriver tout ce que les participants vous dictent, sans résumer. 6. Accepter tout nouvel énoncé avant le vote final, s’il y a lieu. 7. Travailler avec des groupes de 10 à 15 personnes Cette technique peut être utilisée pour différentes opérations : -Identifier les composantes d’un problème -Rechercher des solutions -Etablir des priorités 106
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    ANNEXE 2 LE BRAINSTORMING Principe Le brainstorming est une technique utilisée pour collecter rapidement des idées ou des éléments de solution à un problème. Plus que de stimuler la pensée créative, il part de l’expérience des participants. L’animateur propose un thème ou un problème à un groupe de personnes. Celles ci expriment spontanément les idées qui leur viennent à l’esprit par rapport au sujet posé. Au fur et à mesure qu’elles sont émises, les idées sont notées telles quelles par l’animateur, soit sur des cartes, soit sur une feuille de flip-chart, et visualisées. L’affichage des idées permet d’en générer de nouvelles, par association ou par analogie. Les idées doivent se limiter à des mots, non des phrases. Le brainstorming doit se dérouler en un temps très limité (10-15 minutes) A la fin du brainstorming, on demande à leur auteur d’expliciter les idées qui ne seraient pas bien comprises. Une systématisation des idées peut suivre (triage et regroupage) ; elle favorise une appropriation par le groupe. Une variante muette du brainstorming est utilisée dans la réflexion en groupe : chacun note ses idées sur des cartes qui sont visualisées ensuite. Cette technique diminue la spontanéité et la stimulation réciproque d’idées. AVANTAGES INCONVENIENTS iGénère le maximum d’idées sans porter i Technique demandant une forte de jugement sur celles-ci (aucune censure) abstraction et une capacité à être pointu dans iPermet de travailler avec des groupes de les idées dimension même large iRisque que certains prennent difficilement iFournit rapidement une bonne base pour la parole étant donné le rythme imposé poursuivre et approfondir des réflexions iLe produit fourni est un produit brut iEvite que les bavards monopolisent la iRisque de non-dits si l’exercice s’arrête là parole avec de long discours A faire • Contrôler le temps imparti : éviter les prolongations et les digressions • Veiller à ce que chacun prenne la parole A ne pas faire • Laisser les participants s’exprimer en phrases ou partir dans des explications (celles-ci viennent après) • Commenter de suite les idées ou refuser d’en noter certaines (ceci peut se faire après) 107
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    ANNEXE 3 L’ETUDE DE CAS Principe L’étude de cas est une technique dérivée de la stimulation. Le formateur commence par exposer un évènement ou situation réelle présentant une problématique. Après cette confrontation des apprenants au cas, il leur fournit toutes les données et informations nécessaires sur un support écrit. Les apprenants sont invités à se pencher sur le cas et d’envisager les solutions qu’on pourrait apporter aux problèmes posés. Le travail est généralement réalisé en groupes. Chaque groupe mènera sa dynamique propre pour tenter de résoudre les problèmes du cas étudié. Il présentera aux autres groupes les résultats de son travail, qui seront commentés et critiqués. Le formateur intervient le moins possible dans les travaux de groupe ; il anime par contre l’exposition et l’explication du cas, ainsi que les débats à la suite de la présentation du travail des groupes. AVANTAGES INCONVENIENTS iMéthode active, partant d’une situation iNécessite une bonne préparation et une réelle, stimulant dès lors la motivation connaissance parfaite du cas de la part du iConfronte l’apprenant à des situations formateur qu’il rencontrera dans la vie, ou similaires à iConsomme du temps celles qu’il peut déjà vivre iFavorise la réflexion prospective et l’utilisation de ses connaissances, ainsi que le contrôle de celles-ci iStimule la réflexion par avantages comparatifs A faire • Choisir un cas en relation directe avec l’objectif de formation, en tenant compte du niveau (connaissances) et de l’expérience des apprenants • Donner des informations simples, mais essentielles • Donner des consignes très claires et par écrit pour les travaux de groupe (ce qu’on va faire, comment, où, en combien de temps, pour produire quel travail…) • Connaître très bien le cas et son environnement : le formateur doit pouvoir anticiper le genre de questions que pourront lui poser les apprenants • Laisser les groupes travailler suivant leur propre dynamique ; ne les appuyer qu’en cas de blocage A ne pas faire • Choisir un cas en fonction de l’intérêt ou le hobby unique du formateur 108