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Trombinoscope "Chercheurs d’humanité"
Penseurs et acteurs
de l’écologie et de l’altercroissance
1 - de l’Antiquité à 1909
Étienne Godinot 08.01.2024
Rappel
Trombinoscopes "Chercheurs d’humanité"
Parmi les diaporamas en ligne sur ce site Internet figurent 7 familles
(et quelques sous-familles) de "trombinoscopes" ou galeries de portraits :
1 - Eco* - Penseurs et acteurs d’alternatives économiques
2 - Sté* - Penseurs et acteurs d’un changement sociétal (éducation, droits humains,
urbanisme, santé, politique, etc.)
3 - NV* - Penseurs et acteurs de la non-violence et de la résolution
non-violente des conflits
3 - Jus* - "Justes" ayant protégé des personnes persécutées
4 - Alter* - Penseurs et acteurs de l’écologie et de l’altercroissance
5 - Sci* - Chercheurs de connaissance, science et technique
6 - San* - Chercheurs de connaissance, science et pratique que dans
le domaine de la santé physique et psychique
7 - Sens* - Chercheurs de sens (art, religion, philosophie, spiritualité).
*Abréviation dans le répertoire alphabétique
Voir le diaporama « Présentation générale et mode d’emploi »
../..
Virgile
Publius Vergilius Maro (- 70, - 19) poète latin. Auteur de trois
œuvres, les Bucoliques (- 37), les Géorgiques (- 37 à - 30) et l'Énéide
( - 29 à - 19).
Les Géorgiques (‘Les travaux de la terre’) sont un long poème
didactique et traité d’agriculture de 2 188 vers. Il se présente en 4 livres,
les 2 premiers consacrés à l'agriculture (céréales, essentiellement
culture du blé, techniques culturales, outils, semences, météorologie,
observation des oiseaux; vie végétale, arbres, bouturage, greffage,
soins à la vigne), les 2 suivants à l'élevage (vie animale et l'élevage,
chaque partie se concluant par une méditation, l'une sur l'amour, l'autre
sur l'épidémie et la maladie mortelle ; abeilles, métaphore de la cité
humaine idéale).
Loin d'être un simple traité d'agriculture, le poème aborde des
thèmes beaucoup plus profonds (guerre, paix, mort, résurrection) et
s'élargit à une vaste réflexion sur la beauté mais aussi la fragilité du
monde, sur ces "biens" inestimables que sont la vie au rythme des
saisons, la chance de « pouvoir apprendre à connaître les causes » et
de toucher au sacré. Il s'intéresse aux liens entre les hommes et les
animaux, sauvages et domestiques, soulignant la fraternité qui existe
entre tous les êtres vivants,
O fortunatos nimium sua si bona norint agricolas ! O trop
chanceux, les paysans, s'ils savaient les biens qu'ils ont !
Jambeshwar Bhagavan
ou Jambaji (1451-1536), fondateur du courant hindou bishnoï, une
des formes du vaishnavisme (dévotion envers Vishnou). Issu de la caste
des Rajputs, berger, puis maître spirituel.
Édicte 29 principes (en hindi, bish : 20; noï : 9) : hygiène de vie du
corps et de l’esprit; refus de l’alcool, du tabac, de la drogue; compassion,
pardon, contrôle de ses paroles, jeûne; refus du vol, du mensonge, de la
médisance, de la convoitise; protection des animaux; refus de couper les
arbres vivants (utilisation du seul bois mort) et de déraciner les plantes;
mise des morts en terre en faisant l'économie du bois pour la crémation
ou le cercueil; refus de castrer les taureaux; fourniture d’un abri commun
aux animaux abandonnés; construction de réservoirs d’eau partout où
cela est nécessaire; ne rien attendre du gouvernement, ne compter que
sur la communauté.
Crée la première écotaxe de l’histoire : chaque Bishnoï doit
réserver un dixième de ses récoltes céréalières (blé et millet) pour
l’alimentation de la faune locale. Déclare qu'il se réincarnera indéfini-
ment en chinkara (gazelle) après sa mort, d’où la vénération de cet
animal par les Bishnoï.
La communauté bishnoï est surtout présente dans l'État du
Rajasthan (Jodhpur et Bîkâner), et dans l'Haryana.
Photo du bas : Depuis 1973, ce Bishnoï a planté et entretenu 30 000 arbres partout dans
le Rajasthan
Jean-Baptiste de La Quintinie
(1626-1688), avocat, jardinier et agronome français. Étudie la
philosophie et le droit, avocat au Parlement de Paris, puis maître des
requêtes de la Reine.
À son retour d’un voyage en Italie, abandonne le barreau pour se
consacrer au jardinage. Chargé par Nicolas Fouquet de gérer les jardins de
son château de Vaux-le-Vicomte, puis par Louis XIV de créer le potager de
Versailles et de fournir en fruits et légumes la table de la cour. En mars
1670, est nommé « directeur des jardins fruitiers et potagers de toutes les
maisons royales ».
Ne cesse d’améliorer les productions de ses jardins : acclimatation
des espèces fragiles (figuiers, melons, etc.), culture des orangers en pleine
terre, culture sous châssis vitrés et sous cloches de verre, culture des
arbres fruitiers en espalier, mise en évidence de l’importance de la greffe
pour l’amélioration des plantes, etc.
En 1690, deux ans après sa mort, paraît son Instruction pour les
jardins fruitiers et potagers qui rassemble son expérience et ses réflexions,
notamment sur les méthodes de forçage des légumes et de taille des arbres
fruitiers.
Image : statue de J.-B de la Q. surplombant le grand carré central du Potager du roi à
Versailles, un greffon dans la main gauche et une serpette dans la main droite.
Amrita Devi
(1700 ? - 1730), femme indienne bishnoï, mère de 3 filles, Asu,
Ratni et Bhagu.
En 1730, le Maharaja Abhay Singh, souverain du État de
Jodhpur, veut abattre des arbres verts khejri (Prosopis cineraria) afin
de brûler de la chaux pour la construction de son nouveau palais.
Amrita et ses filles disent aux hommes de Giridhar Bhandari qu'elles
préféreraient donner leur vie pour sauver les arbres verts. Les hommes
coupent les arbres et les têtes des 4 femmes.
83 villages Bishnoï décident de la suite à donner. Comme le
sacrifice suprême de ces 4 femmes n’a pas dissuadé le souverain de
continuer à abattre des arbres, il est décidé que, pour chaque arbre
vert à couper, un volontaire Bishnoï sacrifierait sa vie. Au total, 363
Bishnoïs, jeunes et vieux, hommes et femmes, riches ou pauvres sont
tués par les hommes de Bhandari. Informé, le Maharaja ordonne l'arrêt
de l'abattage des arbres.
Aujourd’hui, le ‘prix Amrita Devi Vishnoï Smriti’ récompense les
acteurs de la protection et de la conservation de la nature et des
animaux sauvages.
Photo du bas : Monument à la gloire des 363 martyrs bishnoï à Khejarli (district de
Jodhpur, Rajasthan)
Henri-Louis Duhamel du Monceau
(1700-1782), physicien, chimiste, botaniste et agronome français.
Forcé par son père à faire des études de droit, s'oriente ensuite vers ce
qui deviendra la physiologie végétale. S’intéresse à la solubilisation et la
purification des sels de tartre, à la fabrication de l’éther diéthylique, aux
sels d'ammonium, sépare la soude et la potasse. S’intéresse aux arbres
fruitiers, à la sylviculture, à la botanique et aux techniques forestières, à
l'industrie et au commerce du bois, crée un arboretum et une station de
recherche sylvicole à Vrigny (Loiret). Écrit un Traité des pêches, un
Traité de la culture des terres en 6 tomes (est le premier à réaliser
méthodiquement des expérimentations agricoles pluriannuelles et
multisites), un Traité de la conservation des grains. Dix ans avant
Antoine Parmentier, s'intéresse à la pomme de terre dont il décrit la
plante et la culture. Rédige les Éléments d'architecture navale.
Élu trois fois Président de ‘l'Académie royale des sciences’, laisse
une œuvre importante comme écrivain scientifique dans des domaines
aussi variés que la construction et le service des vaisseaux, la pêche, la
culture et la conservation du froment, la gestion des forêts. Son goût
pour les problèmes concrets, l'expérimentation et la vulgarisation en font
l'un des fondateurs de l'agronomie et de la sylviculture modernes.
Pons Augustin Alletz
(1703-1785), écrivain français. Vit quelques années dans une
communauté catholique appartenant à l'Oratoire Saint Philippe Néri, puis
avocat, puis s'installe à Paris pour se consacrer entièrement à l'écriture.
Ses ouvrages ont pour objet la religion, la morale, l'histoire et l'éducation.
Son ouvrage L’Agronome ou le Dictionnaire portatif du Cultivateur,
contenant toutes les connaissances nécessaires pour gouverner les biens
de campagne et les faire valoir utilement, pour soutenir ses droits, conser-
ver sa santé et rendre gracieuse la vie champêtre, paru en 1760 en deux
volumes, est l'un des meilleurs manuels de l'époque sur la vie à la campa-
gne. Il est réimprimé jusqu'au 19ème siècle.
Outre des conseils sur le jardinage, l'élevage, la médecine vétérinaire,
la chasse, il contient un grand nombre de recettes de cuisine pratique,
propres à satisfaire un gentilhomme campagnard gastronome. La partie
consacrée à la vigne et au vin est importante : choix des vins, anecdotes
curieuses, auteurs qui ont traité du vin, types de vins (rouge, clairet, gris,
blanc, vins liquoreux, malvoisie, etc.), recettes pour guérir des vins,
recettes de vins aromatiques (absinthe, aneth, anis, fenouil, hysope,
sauge, roses, sureau), recettes de vinaigres.
Jean-Baptiste de Lamarck
(1744-1829), naturaliste français. Professeur de zoologie des
invertébrés au ‘Muséum d’histoire naturelle’. Réalise la classification des
invertébrés, qui regroupent environ 80 % des animaux. Un de ceux qui
ont pour la première fois utilisé le terme de biologie pour désigner la
science qui étudie les êtres vivants. Élabore une théorie transformiste de
leur apparition par évolution naturelle.
« L'homme par son égoïsme trop peu clairvoyant pour ses propres
intérêts, par son penchant à jouir de tout ce qui est à sa disposition, en
un mot par son insouciance pour l'avenir et pour ses semblables, semble
travailler à l'anéantissement de ses moyens de conservation et à la
destruction même de sa propre espèce. En détruisant partout les grands
végétaux qui protégeaient le sol, pour des objets qui satisfont son avidité
du moment, il amène progressivement à la stérilité ce sol qu'il habite,
donne lieu au tarissement des sources, en écarte les animaux qui y
trouvaient leur subsistance, et fait que de grandes parties, autrefois
fertiles et très peuplées à tous égards, sont maintenant stériles, inhabita-
bles et désertes. (…)
On dirait que l’homme est destiné à s’exterminer lui-même après
avoir rendu le globe inhabitable ».
Karl Drais
Karl Friedrich Christian Ludwig, baron Drais von Sauerbronn,
dit Karl Drais (1785-1851), employé de l'administration des eaux et
forêts du Grand Duché de Bade, puis professeur de mécanique et
géomètre.
Présente en 1812 une machine qui transcrit directement sur
la partition les notes de piano, et en 1813 un engin à quatre roues
propulsé par l'énergie musculaire humaine.
Invente, en 1817, une machine à courir (Laufmaschine),
engin à deux roues avec un siège et une roue avant comportant
une direction à pivot. L’engin est breveté, en France, par Louis-
Joseph Dineur sous le nom de vélocipède, appelé aussi
draisienne, premier ancêtre de la bicyclette.
Invente et construit une machine à écrire sténographique
à 16 caractères.
Chef Seattle
Seattle ou Sealth (v. 1786 - 1866), chef amérindien de la tribu des
Duwamish. Chef et guerrier redoutable. Après la mort d'un de ses fils, se
fait baptiser selon le rite catholique, probablement en 1848 près d'Olym-
pia, dans l'État de Washington. Sa conversion marque son émergence en
tant que porte-parole de son peuple, cherchant à coopérer et à négocier
avec les colons blancs états-uniens.
En janvier 1854, répond à un discours du gouverneur Isaac Stevens,
Commissaire aux affaires indiennes. La retranscription, 32 ans plus tard,
du discours de Seattle rédigée par le Dr Henry Smith, physiquement
présent lors de la rencontre, n'est qu'une version inexacte du discours du
chef, basée sur des souvenirs subjectifs. Le discours est devenu célèbre
car il dénonce les exactions commises par les colons sur les Amérin-
diens, et, plus globalement, la responsabilité humaine dans la destruction
de l'environnement.
« (L'homme blanc) traite sa mère la terre, et son frère le ciel,
comme des choses à acheter, piller, vendre, comme les moutons ou les
perles brillantes. Son appétit dévorera la terre et ne laissera derrière lui
d’un désert. […] La Terre n’appartient pas à l’homme, l’homme appartient
à la Terre. (…) Tout ce qui arrive à la Terre, arrive au fils de la Terre. »
Jeanne Villepreux-Power
(1794-1871), naturaliste française. Brodeuse à Paris, épouse
James Power, marchand d’origine irlandaise. Le couple s'établit en
Sicile où Jeanne se consacre à l’étude et notamment à l'histoire
naturelle de l'île.
Autodidacte passionnée, s’intéresse aux coquillages actuels
ou fossiles, et notamment à l’argonaute. Tranche une question
scientifique en suspens à son époque : l'argonaute sécrète sa coquille
et ne l'habite pas à la manière d'un bernard-l'ermite. Pour mieux les
étudier, construit les cages "à la Power" qui deviendront plus tard les
aquariums. Détermine aussi le mode de reproduction de l'espèce qui
présente un grand dimorphisme sexuel.
Première femme membre de l’Académie des sciences de
Catane, correspondante de la Zoological Society de Londres’ et de
seize autres sociétés savantes.
Ses collections, son cabinet d'histoire naturelle et ses
manuscrits disparaissent en mer avec le bateau qui les transportait à
Londres en 1838 dans le naufrage du Bramley.
Pionnière de la biologie marine, précurseure des stations de
biologie marine et d’aquariologie.
George Perkins Marsh
(1801-1882), diplomate et philologue états-unien, considéré
comme le premier écologiste d’Amérique. Avocat, élu au Congrès, puis
ambassadeur des États-Unis en Turquie, en Grèce, en Italie. Linguiste,
parle couramment une demi-douzaine de langues dont le suédois et
l’islandais.
Stimule l’opposition de ses concitoyens à la politique d’aména-
gement du territoire du gouvernement des États-Unis, suscite la création
des réserves forestières et des parcs nationaux, contribue à l’établis-
sement du réseau forestier national.
Man and Nature, Physical Geography as Modified by Human
Action (1864) constitue un des premiers ouvrages sur l’écologie et joue
un rôle majeur dans la création du parc Adirondack. Affirme que la
déforestation conduit à la désertification. Citant comme exemple les
résultats de la déforestation autour de la Méditerranée, écrit que l’action
de l’homme pourrait conduire à un environnement aussi désolé que
celui de la lune.
« (L'homme) a abattu les forêts dont l'enchevêtrement de racines
fibreuses reliait l'humus au squelette rocheux de la terre, alors que s’il
avait permis çà et là à une région boisée de se reproduire par propaga-
tion spontanée, la plupart des dommages que sa destruction irréfléchie
de la protection naturelle du sol a occasionnés aurait été évitée. »
Alphonse de Candolle
Alphonse Louis Pierre Pyrame de Candolle (1806-1893), botaniste
suisse originaire d’une famille de Français huguenots ayant fui les
persécutions. Après des études de droit, finit par se consacrer à la
botanique. Titulaire de la chaire d'histoire naturelle créée pour lui à
l'Académie de Genève. Continue l'immense œuvre de son père,
Augustin, Prodromus systematis naturalis regni vegetabilis. Coauteur,
avec son fils Casimir, de l'ouvrage Monographiae phanerogamarum.
Auteur de 55 ouvrages et articles scientifiques sur la géographie
botanique et l'origine des espèces.
S'intéresse à l'origine des plantes cultivées et à leur domestica-
tion par l'homme à partir d'espèces sauvages. Adopte pour cela une
approche pluridisciplinaire utilisant principalement l'archéologie
(datation grossière des lieux et dates de première culture des plantes),
la linguistique (indication de la provenance supposée des végétaux
cultivés) et la botanique (comparaison des plantes domestiques aux
végétaux sauvages que des collègues lui envoient). Prouve le premier
l'origine américaine du haricot et du maïs.
À l'origine des ‘Lois de la nomenclature botanique’ adoptées lors
du Congrès international de botanique de 1867 à Paris.
Pierre et Ernest Michaux
Pierre Michaux, (1813-1883), artisan serrurier et charron
français. Son fils Ernest, âgé alors de 19 ans, ayant trouvé fatigant
pour les jambes l'usage d'une draisienne, a l'idée d'adapter un
repose-pieds sur la roue avant. Il en parle à son père qui lui conseille
d'adapter plutôt une manivelle qui permettrait de faire tourner la roue.
Ernest (1842-1882) ajoute une manivelle à la roue avant d'une
draisienne, et crée ainsi la pédale. Il s’associe avec les frères René et
Aimé Olivier et crée sous son propre nom, "Michaux et Cie", la
première entreprise de construction de vélocipèdes à pédale (les
michaudines). D'autres modifications suivent également : l'ajout d'un
frein, d’une selle suspendue, puis le doublement du diamètre de la
roue avant.
Bien que le Suisse Hans Renold (1852-1943) soit crédité de
l'invention de la chaîne à rouleaux, en 1880, des croquis de Léonard
de Vinci au I6ème siècle montrent une chaîne avec roulement à
rouleaux.
Paul de Vivie (1853-1930), améliore en 1889 le dérailleur qui
permet à la chaîne de changer de pignon, et qui existait déjà en
Angleterre.
Photos : - Ernest Michaux. - Vélocipède sans chaîne – Dérailleur actuel
Charles Baltet
(1830-1908), horticulteur-pépiniériste français, écrivain, homme
de terrain, observateur et travailleur infatigable, issu d’une lignée de 10
horticulteurs pépiniéristes.
Plante des arbres fruitiers partout, le long des routes, des lignes
de chemins de fer, des murs. Sauve des vignes japonaises des parasites
qui les rongeaient. Se préoccupe dès 1869 de la lutte contre le phylloxéra
qui ravage le vignoble français : propagateur du greffage des vignes
françaises phylloxérées sur les vignes américaines résistantes. Sa
méthode participe à la reconstitution du vignoble français.
Auteur de nombreuses instructions traitant des façons de greffer
et faire pousser les arbres fruitiers. Inventeur et propagateur, avec son
frère Ernest, de nouvelles obtentions variétales dites "bourgeoises",
primées et reconnues, créateur d'une centaine de variétés de fruits,
notamment pommes et poires, raisins, pêches et brugnons, et de fleurs.
Conseiller municipal de Troyes, et départemental de l’Aube.
Auteur d’une trentaine d’ouvrages et d’études.
Eugène Poubelle
(1831-1907), juriste, administrateur et diplomate français.
Préfet de la Seine de 1883 à 1896.
Par des arrêtés de nov. 1883 et de mars 1884, oblige les
propriétaires d'immeubles à mettre à disposition de leurs locataires des
récipients communs, munis d'un couvercle et d'une capacité suffisante
pour contenir les déchets ménagers. La dimension et la contenance de
ces récipients sont alors strictement contrôlées : 40 à 120 litres. Les
arrêtés prévoient également le tri des déchets : trois boîtes sont
obligatoires, une pour les matières putrescibles, une pour les papiers et
les chiffons et une dernière pour le verre, la faïence et les coquilles
d'huîtres, améliorant de manière considérable l'hygiène des foyers de
la capitale.
Les ordures sont maîtrisées et enfermées. L’exemple de
Paris se répand dans les villes de province. Ce n'est toutefois qu'après
la seconde Guerre Mondiale que les poubelles deviennent d'un usage
courant. L'enlèvement des ordures est dès lors organisé avec régularité
par les municipalités.
Également instigateur du tout-à-l'égout, concept qui, à la
suite de la dernière résurgence du choléra en 1892, est un outil de
santé publique.
Charles Beauquier
(1833-1916), député, historien et écologiste français. Études à
‘l'École impériale des chartes’, thèse sur l’agriculture au temps des
Francs. Député du Doubs (radical-socialiste) de 1880 à 1914, farouche
défenseur de la libre-pensée, fondateur de la ‘Société pour la liberté
des enterrements civils’.
À 32 ans, publie Philosophie de la musique, où il dresse un
parallèle entre la promotion de la musique instrumentale par rapport à
la musique vocale, et la promotion du paysage en peinture par rapport
au portrait.
Cofondateur de la ‘Société de protection des paysages et de
l’esthétique de la France’ (SPPEF). Membre de la ‘Ligue pour la
protection des oiseaux’ (LPO). Suggère la création dans chaque
département d'une commission des sites pittoresques.
À la suite du procès pour préserver la source du Lison face à la
menace de la destruction de ses cascades au profit d’une conduite
forcée, fait voter le 21 avril 1906 la première loi de protection de
l'environnement, dite loi Beauquier - prémisse de la future loi de 1930.
« Il est plus que temps de défendre les beautés naturelles de
notre pays contre le vandalisme utilitaire de nos manufacturiers et de
nos ingénieurs. »
Ernst Hæckel
Ernst Heinrich Philipp August Hæckel (1834-1919), biologiste,
philosophe et libre penseur allemand. Médecin, puis professeur
d’anatomie comparée et de zoologie à Iena. Fait connaître les théories
de Charles Darwin en Allemagne et développe une théorie des origines
de l’homme. Introduit certaines notions de la biologie moderne comme
celles d’"embranchement" ou d‘ "écologie". Introduit l'arbre phylogéné-
tique pour la représentation de l'évolution dans la biologie. Émet l’idée
que l’origine de la vie a été déterminée par des facteurs physiques et
chimiques comme la lumière, la présence d’oxygène, l’eau et le
méthane.
Considéré comme le père de l'écologie, discipline qui cherche à
étudier les rapports entre un organisme et son environnement et le
créateur du terme écologie en 1866. Ce mot vient du grec oikos
signifiant demeure, maison, milieu. Pour lui, l’œcologie désigne l’étude
des relations unissant les organismes vivants.
Les idéologues nazis ont utilisé des extraits de ses écrits comme
justification de leurs théories racistes et du darwinisme social, mais en même
temps déclaré que des éléments essentiels de la vision du monde de Haeckel
étaient incompatibles avec le point de vue du national-socialisme.
John Muir
(1838-1914), écrivain états-unien, né en Écosse. Ingénieur dans
l’industrie, puis conducteur de ferry, berger, gardien de troupeau,
ouvrier en scierie, arboriculteur et viticulteur, escaladeur. Parcourt à
pied 1500 km en Amérique du Nord.
Un des premiers naturalistes modernes, militant de la protection
de la nature. Acquiert à raison, contre l’avis d’un scientifique, la
conviction que les glaciers ont sculpté la Yosemite Valley et ses
environs.
Obtient pour cette région le statut de parc national. Observe les
plantes, les arbres, les animaux, les écosystèmes, voyage dans
l’Alaska et l’Arctique, écoute et veut préserver "le chant du monde".
Fonde en 1892 le Sierra Club, qui est à ce jour une des plus
importantes organisations de protection de l'environnement aux États-
Unis.
« Prenez n’importe quelle chose dans la nature, vous verrez
qu’elle est reliée au reste du monde. »
Ernst Rudorff
(1840-1916), compositeur allemand, pianiste, pédagogue et
défenseur de la nature. Étudie au Conservatoire de Leipzig, professeur
de piano au Conservatoire de Cologne.
En raison de son travail pour le patrimoine et la protection de la
nature, reçoit en 1910 le doctorat honorifique en sciences de
l'Université de Tübingen.
Achète les ruines du château de Lauenstein avec la colline
alentour, sur laquelle un débit de bière devait être construit, ceci pour
préserver et maintenir l’environnement. Sauve 44 vieux chênes le long
d'un chemin, empêche que l'on aménage des clôtures dans les prairies
et met en place des haies le long du ruisseau.
En 1897, invente le mot "Protection de la terre natale"
(Heimatschutz) dans un exposé détaillé de ses idées et des exigences
qui en découlent.
Fonde en 1904 à Dresde le Deutsche Bundes Heimatschutz
(Confédération allemande de la protection de la patrie).
Shōzō Tanaka
(1841-1913), homme politique et militant écologiste japonais. Chef
de village, imprégné du principe confucéen de bienveillance, partisan
d’une démocratie libérale, s’élève contre les méfaits de l’industrialisation à
marche forcée pendant l’ère Meiji. Son engagement dans le ‘Mouvement
pour la liberté et les droits du peuple’ lui vaut plusieurs années de prison
(1857-61 et 1869-71)
Libéré, s’engage pour la défense des droits des ouvriers victimes
de la pollution de la mine de cuivre d'Ashio. Les dépôts toxiques charriés
par les crues de la rivière Watarase ruinent toute l’économie de la vallée,
la riziculture, la pêche, la santé des hommes et du bétail. Élu en 1890
député aux première élections de la ‘Chambre des représentants’, réélu 6
fois, se fait le porte-parole des paysans dont les pétitions restent sans
réponse. En 1901, interpelle l’empereur sur le sort des paysans, dont une
manifestation à Tokyo a été violemment réprimée. Arrêté, est vite libéré
en raison du tollé de la presse. En 1907, perd son combat contre la
décision du gouvernement de détourner les eaux de la Watarase : des
villages sont noyés, des paysans ruinés émigrent. Se retire de la vie
politique pour écrire. 50 000 paysans participent à ses obsèques.
« Une vraie civilisation ne ravage pas les montagnes, ne ravage
pas les rivières, ne détruit pas les villages, ne tue pas les hommes. »
Julius Hensel
(1844-1903), chimiste, agronome, médecin et pharmacien
allemand.
En 1894, publie l’ouvrage Brot aus Steinen (Bread from Stones, Le
pain issu des pierres) exposant les effets bienfaisants de la fertilisation
par la poudre de roche, un sous- produit du cailloutis métallifère des
revêtements routiers. Ce livre, qui fait peser un danger sur l’industrie
naissante des engrais chimiques, disparaît rapidement, acheté et détruit
par ceux qui craignent sa concurrence.
Cette poudre, obtenue par un excellent procédé de broyage à froid
qui en préserve les énergies intrinsèques, est composée en majorité de
roches éruptives (granit, basalte, etc.) présentant un large spectre
minéral. Lorsqu’ils sont répandus, oligo-éléments et sels favorisent une
riche vie bactérienne.
La poudre de roche a été utilisée ensuite avec des résultats
impressionnants par John D. Hamaker (1914-1994) et Donald A. Weaver
aux Etats-Unis (The survival of civilisation, 1975), puis par Barry Oldfield
en Australie pour la plantation d’arbres.
Paul Sarasin
et Steivan Brunies
P. S.,(1856-1929), naturaliste, biologiste et anthropologue suisse.
Études de médecine à l'université de Bâle, puis de zoologie à celle de
Würtzburg. Effectue avec son cousin Fritz Sarasin en 1893 et en 1903 des
expéditions scientifiques sur l’île Salawesi (ou Célèbes), au nord de l’Indo-
nésie, où ils découvrent de nombreuses espèces, ainsi que la culture
préhistorique toalienne (chasseurs-cueilleurs de 7 500 à 2 000 ans avant
notre ère)*. Promeut la constitution de musées d’objets préhistoriques.
Premier président de la ‘Ligue suisse pour la protection de la nature’
(LSPN), fondée en 1906, soutient avec le botaniste Steivan Brunies (1877-
1953), la création du ‘Parc national suisse’. En août 1914, le premier parc
national d’Europe centrale est ainsi créé dans le Val Cluozza (dans les
Dolomites de l'Engadine entre l'Inn et la frontière italienne, canton des
Grisons). La LSPN fonde ensuite des réserves et parcs régionaux en
Suisse (réserves de la forêt d’Aletsch, du Grimsel), s’engage aussi pour
une protection globale de la nature.
Fonde la ‘Fédération internationale pour la protection de la nature’,
qui se réunit pour la première fois à Berne en 1913, sous le patronage du
Conseil fédéral.
* mais une peinture préhistorique représentant une scène de chasse, découverte en 2017
dans une grotte sur le site de Leang Bulu Sipong dans cette île, serait vieille d'au moins 43 900 ans.
Johann Künzle
(1857-1945), prêtre, herboriste et naturopathe suisse. Benjamin
d’une fratrie de 12 enfants, parents agriculteurs. Petit séminaire à St-
Gall, diplômé du Collège bénédictin d’Einsiedeln, études de théologie* et
de philosophie à Louvain (Belgique), curé à Wangs.
Sa préoccupation pour le bien-être physique des paroissiens ne
cessant de croître, achète aux enchères le livre des plantes médicinales
du professeur de médecine Jakob Theodor Tabernæmontanus (1525-
1590), s’intéresse aux travaux de Hildegarde de Bingen.
En 1911 paraît son le guide Bonnes et mauvaises herbes (Chrut
und Uchrut), qui sera vendu à 2 millions d’exemplaires. En 1914,
organise à Wangs un marché aux herbes qui connaît un beau succès.
En 1919, offre de l'absinthe (artemisia absinthium) associée à la
sauge à tous les habitants de Wangs : aucun de ses patients ne décède
de la grippe espagnole. À titre de comparaison, au village de Vaulion, sur
1 450 habitants, 1 100 décèdent de ce virus.
* En théologie, antimoderniste; en politique, sympathise avec les régimes autoritaires de
son temps. ../..
Johann Künzle
Suite à son dénigrement par le médecin de Wangs, et après que
l'Église lui ait ordonné d'abandonner cette activité, quitte la prêtrise en
1920 pour se consacrer entièrement à sa passion, déménage à Zizers et
se tourne complètement vers la médecine naturelle. Son officine de
Zizers, spécialisée en plantes sauvages indigènes, devient une entre-
prise importante. Le corps médical obtient l'interdiction judiciaire de cette
pratique, qui est cependant plébiscitée en 1922 par toute la région lors
d'un vote autorisant l'exercice de la médecine naturelle dans les Grisons
(loi Künzle).
Doit passer à Coire un examen organisé par le département des
affaires sanitaires. Peut ensuite se consacrer à ses patients, à ses
études, à ses activités d’éditeur ainsi qu’à sa production de plantes
médicinales.
En 1939, fonde à Zizers la société ‘Kräuterpfarrer Künzle AG’.
Rassemble toutes les expériences qu’il a faites dans Das grosse
Kräuterheilbuch, ouvrage sur la phytothérapie paru en 1944. Est
considéré aujourd'hui comme le pionnier de la phytothérapie moderne.
Theodore Roosevelt
(ou Teddy, 1858-1919), homme d'État étatsunien. Exerce divers métiers
avant et après son engagement politique, aussi variés que conservateur de
musée, chef de la police de New-York, écrivain, essayiste, historien, colonel,
naturaliste, ornithologiste. Membre du Parti républicain, président des États-
Unis de 1901 à 1909. Les négociations pour mettre fin à la guerre russo-
japonaise lui valent le prix Nobel de la Paix en 1906. Premier président à
monter dans un avion, à aller dans un sous-marin, à conduire une auto-
mobile.
Depuis son premier séjour dans le Dakota du Nord en 1883, se fait un
défenseur de la conservation de la nature, met à son agenda un programme
de conservation. Ne voit pas cette action d’un point de vue uniquement
environnemental, mais également comme une manière de protéger équita-
blement tous les Américains.
Crée 5 parcs nationaux supplémentaires* (parcs de Crater Lake dans
l'Oregon en 1902, de Wind Cave dans le Dakota du Sud en 1903, de Mesa
Verde dans le Colorado et du Grand Canyon en Arizona en 1906, de Glacier
dans le Montana en 1910). ../..
* Les premiers parcs nationaux datent de 1872 pour le parc de Yellowstone (à cheval sur le
Wyoming, le Montana et l'Idaho) et de 1890 pour le parc de Yosemite (Californie)
Theodore Roosevelt
Fait voter le Newlands Reclamation Act, qui met en place une
pratique d'irrigation et d'arrosage régulier des forêts, favorise la créa-
tion de 150 forêts nationales, crée également 51 réserves ornitho-
logiques. En 1906, fait voter l'Antiquities Act qui permet au gouverne-
ment fédéral de déclarer comme monuments nationaux des sites
importants.
En 1908, réunit tous les gouverneurs à une conférence à la
Maison-Blanche pour lancer des programmes de conservation au
niveau des États, et y déclare : « Le moment est venu d’examiner
sérieusement ce qui se passera lorsque nos forêts disparaîtront,
lorsque le charbon, le fer, le pétrole et le gaz seront épuisés, lorsque
les sols s’appauvriront encore davantage et se déverseront dans les
cours d’eau, polluant les rivières, dénudant les champs et perturbant la
navigation. »
Met sur pied une commission d'enquête chargée de faire un
inventaire sur l'état des ressources naturelles du pays.
« Theodore Roosevelt est le premier président et peut-être le seul à avoir eu une
conscience écologiste » affirme Valérie Chansigaud, historienne spécialiste de l'environnement.
D’autres auteurs, comme GreenwashingEconomy, rappellent que Teddy Roosevelt
était aussi un chasseur d’éléphants, un riche héritier qui n’a jamais eu besoin de travailler pour
gagner sa vie, un aristocrate suffisant et raciste qui a œuvré à la destruction des cultures
amérindiennes, un suprémaciste blanc qui considérait les peuples indigènes comme des êtres
inférieurs et méprisait les Noirs…
William Phelps Eno
(1858-1945), homme d'affaires états-unien. Marqué à l’âge
de 9 ans par un gros embouteillage de voitures à chevaux. Diplômé de
l’université de Yale.
Responsable des premières innovations en matière de
sécurité routière et de contrôle de la circulation : panneau d'arrêt,
passage piétons, rue à sens unique, station de taxis, refuges de
sécurité pour piétons, ronds-points de circulation, etc.
En 1903, supervise les premières mesures de police
destinées à réguler les trajectoires des véhicules (attelages, tramways,
automobiles...). Crée en 1921 l’Eno Foundation for Highway Traffic
Regulation.
« 1. Nous devons avoir des règles concises, simples et justes, faciles à
comprendre, obligatoires en vertu de la loi.
2. Ces règles doivent être diffusées pour qu'il n'y ait aucune excuse
pour ne pas les connaître.
3. La police doit les faire respecter, et ses hommes doivent être formés
à cette fin. »
Svante Arrhenius
(1859-1927), chimiste suédois. Apprend à lire tout seul, devient
rapidement un prodige en arithmétique. Après 5 ans d’études en physique,
mathématiques et chimie à l’université d'Uppsala, fait une thèse sur la
conductivité des électrolytes, après avoir constaté que ni les sels purs ni
l'eau pure ne sont conducteurs, mais qu’une solution de sels est conduc-
trice. Ce travail lui vaudra le prix Nobel de chimie en 1903. Professeur de
chimie à l’université de Stockholm, membre de ‘l’Académie royale des
sciences de Suède’ en 1901. Formule en 1889 la loi d'Arrhenius qui décrit
la variation de la vitesse d'une réaction chimique en fonction de la tempé-
rature.
Précurseur en matière de modélisation de la diversité biologique.
S’intéresse à la géophysique, l’immunochimie, la géologie, la paléoclima-
tologie, l’astronomie et l’astrophysique.
En 1896, calcule qu’une augmentation de la concentration de CO2
dans l’atmosphère augmenterait l’effet de serre et provoquerait une
hausse des températures. Estime qu'un doublement du taux de CO2
causerait un réchauffement d'environ 5 °C*
Mais aussi membre du CA de la ‘Société suédoise d'hygiène raciale’
fondée en 1909, qui conduira à la stérilisation forcée de près de 63 000
personnes handicapées dans ce pays entre 1930 et 1970…
* soit un peu plus que les prévisions de 2 à 4,5 °C faites par le GIEC plus de 100 ans plus
tard, en 2007
Vladimir Vernadsky
(1863-1945), minéralogiste et chimiste russe, un des fondateurs
de la géochimie moderne (avec le chimiste norvégien d’origine suisse
Victor Goldschmidt -1888-1981).
Termine à Paris ses études sur la chimie minérale et la
cristallographie. Utilise des équipements modernes pour analyser les
propriétés optiques, thermiques, élastiques, magnétiques et électriques
des cristaux. Professeur de minéralogie à l'Université d'État de Moscou,
Travaille sur les effets des radiations solaires et cosmiques sur
l'ensemble des organismes vivants.
Fondateur de la géochimie, étudie les cycles géochimiques,
comme celui du carbone, ou l'activité géochimique d’origine humaine.
Définit en 1926 la notion de biosphère, dans une optique bio-
géologique et écologique, posant comme hypothèse que la vie est une
force géologique qui transforme la Terre.
Premier à envisager scientifiquement l'impact de l'activité
humaine sur le climat, est cependant peu écouté à une époque où l'on
pense que la nature était dotée de capacités de régénération
inépuisables. ../..
Vladimir Vernadsky
Le modèle que Vernadski propose pour notre planète se
compose de cinq différentes couches en interaction :
- la lithosphère, noyau de roche et d'eau ;
- la biosphère constituée par la vie ;
- l'atmosphère, enveloppe gazeuse constituant l'air ;
- la technosphère résultant de l'activité humaine ;
- la noosphère ou sphère de la pensée.
La notion de noosphère a marqué ensuite Teilhard de
Chardin et James Lovelock.
Raoul de Clermont
(1863-1942), ingénieur agronome français, devenu avocat. Franc-
Comtois issu d'une famille ayant contribué à la révolution scientifique et
industrielle, précurseur de l’écologie. Observe la nature en naturaliste, la
perçoit comme un artiste, la défend en juriste.
S'engage d'abord dans la protection internationale des œuvres
littéraires et artistiques, puis se consacre avec détermination à la
protection de la nature et de l'environnement. Appelle de ses vœux une
unification internationale des lois sur la protection des paysages,
souhaite la création de réserves naturelles destinées à préserver les
espèces végétales et animales.
Initiateur en 1923 à Paris du Premier Congrès international pour
la protection des sites et des monuments naturels. Un an plus tard, du
31 mai au 3 juin 1923, la ‘Société Nationale d’Acclimatation’, ancêtre de
la ‘Société Nationale de la Protection de la Nature’ (SNPN), réunit plus
de 300 savants, artistes et fonctionnaires pour réfléchir aux actions à
mettre en œuvre pour protéger la nature. Véritable succès, ce Congrès
marque le début de l’institutionnalisation et de l’internationalisation de la
protection du vivant.
« La nature est de toutes parts menacée par les progrès de
l’industrie. L’activité de l’homme gagne des régions jusqu’ici inacces-
sibles à ses entreprises ; son caprice ou son utilitarisme imprévoyant
mettent en péril l’existence d’un grand nombre d’espèces animales et
végétales. »
Arthur Tansley
Sir Arthur George Tansley (1871-1955), botaniste britannique.
Études au Working Men's College puis au Trinity College à Cambridge.
Professeur de botanique Sherardian à l'université d'Oxford (1927-1937).
Pionnier dans l'écologie des plantes. Enseignant-chercheur à
l'University College de Londres (1893-1907).
Créé le terme d’ ‘écosystème’* en 1935 et celui d’ ‘écotope’ en
1939. Un des fondateurs de la British Ecological Society et rédacteur en
chef du Journal of Ecology durant 20 ans.
Écosystème : ensemble formé par une communauté d'êtres vivants en
interaction (biocénose) avec son environnement (biotope). Les composants de
l'écosystème développent un dense réseau de dépendances, d'échanges
d'énergie, d'information et de matière permettant le maintien et le développement
de la vie.
Biotope (du grec : bíos : vie, et tópos : lieu ) : lieu de vie défini par des
caractéristiques physiques et chimiques déterminées relativement uniformes. Ce
milieu héberge un ensemble de formes de vie composant la biocénose : flore,
faune, fonge (champignons), et des populations de micro-organismes.
Écotope : seconde plus petite unité écologique après l'écoélément, sa taille peut
varier de 2500 m² à 1,5 hectare (15000 m²)
Bertrand Russell
(1872-1970), mathématicien britannique, logicien, philosophe,
épistémologue, homme politique, moraliste agnostique.
Dans son essai In Praise of Idleness (Éloge de l'oisiveté -1932),
affirme que l'homme voue au travail un culte non raisonnable qui
l'amène à travailler toujours plus, que 4 heures de travail par jour
suffiraient à faire vivre toute la population dans un confort suffisant
tandis que le reste du temps serait consacré au loisir et à la culture.
« Si le salarié ordinaire travaillait 4 heures par jour, il y aurait
assez de tout pour tout le monde et pas de chômage, en supposant
qu’on ait recours à un minimum d’organisation . Cette idée choque les
nantis car ils sont convaincus que les pauvres ne sauraient comment
organiser leurs loisirs. (…)
Les méthodes modernes de production nous ont donné la
possibilité de permettre à tous de vivre dans l’aisance et la sécurité.
Nous avons choisi, à la place, le surmenage pour les uns et la misère
pour les autres. En cela, nous nous sommes montrés bêtes, mais il
n’y a pas de raison pour persévérer indéfiniment dans notre bêtise. »
Albert Howard
(1873-1947), agronome et botaniste anglais, considéré comme l'un
des pères de l'agriculture biologique (organic farming). Mène une partie
de sa carrière en Inde où il observe et apprécie les pratiques tradition-
nelles des paysans. Préoccupé en premier lieu par les questions de
fertilité des sols en lien avec leur teneur en matière organique,
développe notamment des procédés de recueil et de compostage des
matières organiques.
Établit le lien entre fertilité des sols, qualité des aliments et santé
des populations. Craint notamment que l'usage d'engrais synthétiques
associés aux pesticides ne nuise à terme à la fertilité des sols aussi bien
qu'à la santé des populations humaines.
« Les futurs travaux de recherche devront être placés entre les
mains d'un petit nombre d'hommes et femmes, qui se sont constitué une
véritable expérience de terrain, qui ont reçu une éducation scientifique
de première classe, et qui ont acquis une aptitude particulière à
l'agriculture pratique. (...) L’approche des problèmes agricoles doit se
faire à partir du terrain, pas à partir du laboratoire. »
Albert Chappellier
(1873-1949), ingénieur agronome, docteur ès sciences
naturelles, directeur de la station de zoologie agricole au Centre
national de recherches agronomiques (Versailles).
En 1912, avec le lieutenant Hemery et quelques "ornithophiles" ,
dénonce le massacre des macareux moines à Perros-Guirrec et
persuade le Préfet des Côtes d'Armor de prendre un arrêté afin
d'interdire ces pratiques. Initiateur de la Réserve ornithologique des
Sept-Îles (1912).
Administrateur (1914-1949) de la Société nationale
d’acclimatation de France (devenue ensuite Société nationale de
Protection de la Nature - SNPN) dont il crée une section, la Ligue pour
la protection des oiseaux (LPO), co-organisateur du 1er Congrès
international de protection de la nature (1923).
La LPO a pour objectif « la protection des oiseaux et des
écosystèmes dont ils dépendent et, en particulier, la faune et la flore
qui y sont associées ». Elle est le représentant officiel de BirdLife
International en France depuis 1993.
Joseph Russell Smith
(1874-1966), économiste, géographe et agronome états-unien. Grandit
dans les forêts de châtaigniers de Virginie. Étudie et enseigne l'économie à
l'Université de Pennsylvanie et à la Wharton School of Business, passe à la
Columbia University Business School. Y dirige le programme de géographie
économique, domaine qu'il initie, définit et développe.
Publie en 1929 son livre Tree Crops, A permanent agriculture (Culture
d’arbres : une agriculture permanente). Y résume sa longue expérience en
préconisant les légumes, fruits et les noix comme cultures pour l’alimentation
humaine et la nourriture animale. Voit le monde comme un ensemble inter-
connecté et suggère des systèmes mixtes d’arbres et de cultures en-des-
sous des arbres.
S’inspire, entre autres, des châtaigneraies françaises (Massif central,
massif des Maures, Corse et massif armoricain) pour élaborer sa théorie
développée dans son livre, car la châtaigne a longtemps servi de nourriture
de base dans plusieurs régions des États-Unis.
L'échec de l'agriculture industrielle tient à ce qu'elle est le produit d'une
organisation économique qui dans sa simplification, son uniformisation et sa
centralisation à prétendu pouvoir régir des processus naturels complexes et
fragiles, résultat de millions d'années d'évolution.
Charles-Jean Bernard
(1876-1967), Suisse, docteur ès-sciences physiques et naturelles
de l’Université de Genève.
Conservateur à l’Herbier de Leyden, aux Pays-Bas, chef des
laboratoires botaniques du jardin de Buitenzorg (1905-1937) dans la
ville de Bogor à Java (ex-Indes néerlandaises). Président de la Ligue
suisse pour la protection de la nature (1935-1955).
Fondateur et président (1948-1954) de l’Union internationale
pour la protection de la nature, créée en juillet 1948 par convention
internationale signée à Fontainebleau sous les auspices du
gouvernement français et de l’UNESCO, et devenue l’Union
Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN).
L’UICN, observateur auprès de l’AG de l’ONU, représente plus
de 1 200 organisations membres dans 140 pays dont 800
organisations non gouvernementales et près de 11 000 scientifiques
et spécialistes volontaires au sein de six Commissions, plus de 1 000
professionnels travaillant dans 45 bureaux dans le monde entier.
Richard Gregg
Richard Bartlett Gregg (1885-1974), philosophe états-unien,
diplômé de Harvard. En 1925, fait un voyage en Inde pour connaître
Gandhi. Le premier philosophe social à avoir développé une théorie
substantielle sur la résistance par la non-violence au XXe siècle.
Suite à la rencontre de Gandhi, auteur de la phrase célèbre "Vivre
simplement pour que les autres puissent simplement vivre", utilise pour la
première fois en 1936 le concept de "simplicité volontaire" . Dans les
années 1940, s'intéresse à l'écologie et à l'agriculture biologique et passe
plusieurs années dans une ferme.
« L’essence de la simplicité volontaire est de vivre d’une manière
qui est extérieurement simple et intérieurement riche : frugalité de la
consommation, fort sentiment de l’urgence environnementale, désir de
retourner dans les milieux de vie et de travail à échelle plus humaine,
intention de réaliser notre potentiel humain psychologique et spirituel en
communauté avec les autres? »
Fairfield Osborn jr
(1887-1969), naturaliste et protecteur de la nature états-unien.
Formation en biologie aux universités de Princeton et de Cambridge.
En plein succès dans une carrière financière, commence à
s'impliquer la New York Zoological Society comme administrateur
(1923) puis Président (1940-1969) : aujourd'hui Wildlife Conservation
Society -WCS, l'une des plus importantes ONG internationales de
protection de la nature.
En 1948, aide à établir le parc Jackson Hole Wildlife dans le
Wyoming, et fait paraître un essai demeuré célèbre, Our Plundered
Planet ("La planète au pillage"), qui dresse un réquisitoire sans appel
contre l'utilisation abusive de la planète Terre qui est faite par
l'humanité.
« L’humanité risque de consommer sa ruine par sa lutte
incessante et universelle contre la nature plus que par n’importe
quelles guerres »
« Le moment ne serait-il pas venu de reconnaître qu'aucune
stabilité politique n'est possible si les besoins alimentaires fondamen-
taux d'un peuple ne peuvent être satisfaits ? »
Aldo Leopold
(1887-1948), forestier, écologue et écologiste états-unien.
Maîtrise de sylviculture. Forestier, puis consultant en environnement.
Pratique la pêche et la chasse tout au long de sa vie.
Ayant rejoint ‘l'Office américain des forêts’, devient
responsable des 500.000 hectares de la Kit Carson National Forest.
En 1933, nommé à la toute nouvelle chaire de gestion du gibier de
l'université du Wisconsin. Obtient que la forêt de Gila devienne en
1924 le premier espace naturel officialisé par le gouvernement.
Influence le développement de l'éthique environnementale
moderne et le mouvement pour la protection des espaces naturels.
Un des pères de la gestion de la protection de l'environnement aux
États-Unis.
Envisage une éthique de la gestion de la planète incluant les
êtres vivants qu’elle abrite, les océans, les terres émergées, le sous-
sol. Publié en 1949, son Almanach d'un comté des sables est une
combinaison d'histoire naturelle et philosophie.
../..
Aldo Leopold
« Nous abusons de la Terre parce que nous la considérons
comme une commodité qui nous appartient. Si nous la considérons au
contraire comme un ensemble auquel nous appartenons, nous pouvons
commencer à l'utiliser avec amour et respect. Il n'y a pas d'autre moyen
si nous voulons que la Terre survive à l'impact de l'homme mécanisé. »
« Notre faculté de percevoir la nature commence comme un art,
par le plaisir des yeux ».
« Je ne me fais pas d'illusions sur la rapidité avec laquelle une
conscience écologique peut porter ses fruits. Il a fallu 19 siècles pour
définir un code éthique à même de régir la conduite des hommes entre
eux, et rien n'est encore parfait. L'élaboration d'un code de conduite
portant sur les relations entre l'homme et la Terre pourrait bien prendre
autant de temps. »
« Examinez chaque question en termes de ce qui est éthique-
ment et esthétiquement juste autant qu'en termes de ce qui est
économiquement avantageux. Une chose est juste lorsqu'elle tend à
préserver l'intégrité, la stabilité et la beauté de la communauté biotique.
Elle est injuste lorsqu'elle tend à l'inverse. »
Nikolaï Vavilov
(1887-1943), botaniste et généticien russe et soviétique. Études à
l'Institut agronomique de Moscou. Travaille dans les départements de
botanique appliquée, mycologie, phytopathologie. Organise des expéditions
botaniques et agronomiques à travers le monde afin de fournir des
arguments à sa théorie sur l'origine des plantes cultivées, qui détermine 7
"berceaux" de végétaux dans le monde.
Crée en 1926 la plus grande collection de semences, l‘’Institut
pansoviétique de culture des plantes’. Effectue 200 missions dans 64 pays
sur les 5 continents, organise un réseau de 115 stations d’essai. En étu-
diant l'histoire évolutive du seigle, met au point la théorie du "mimétisme des
plantes cultivées". Préoccupé par les risques de famine, se consacre en
particulier à l’amélioration de la production de céréales, blé et maïs.
Un des premiers scientifiques à avoir saisi l’importance du lien entre
diversité biologique et sécurité alimentaire des sociétés.
Adversaire du pseudo-généticien stalinien Trofim Lyssenko (1898-
1976), est arrêté en 1940. Meurt en prison trois ans plus tard.
Photo : l’institut Vavilov à St Pétersbourg. 500 chercheurs scientifiques de haut vol y
travaillent encore. L'institut possède 12 stations dont un terrain de 500 ha. La collection abrite
aujourd’hui les graines et semences d'environ 400 000 variétés végétales dont 43 000 légumes, 5 000
petits fruits et près de 400 variétés de chanvre, faisant d'elle la quatrième banque de semence au
monde. Selon les connaisseurs, 90 % des collections de cette « banque » ne se trouvent dans aucun
autre établissement comparable.
Alexander Chayanov
(1888-1937), économiste agraire soviétique. Diplômé de
l’'Institut agronomique de Moscou’, enseigne et publie alors des travaux
sur le thème de l'agriculture, puis travaille pour différentes institutions
gouvernementales.
Après la Révolution d'Octobre 1917, siège dans plusieurs
comités soviétiques pour la réforme agraire. Spécialiste de la sociologie
rurale, défend l'agrarisme et les coopératives agricoles, est sceptique
quant à l'efficacité des grandes exploitations agricoles. Préconise un
mode de vie du paysan idéologiquement opposé au capitalisme : la
famille travaille pour vivre et pas pour un profit.
En 1930, arrêté dans le cadre de l'affaire du ‘Parti ouvrier
paysan’, fabriquée par le NKVD, police politique du régime, condamné à
5 ans de camp de travail et exilé à Alma-Ata. En octobre 1937, arrêté à
nouveau, "jugé" et fusillé le même jour.
Son travail est redécouvert par les Occidentaux au milieu des
années 1960. Les sociologues agricoles, les anthropologues et les
ethnologues travaillant dans les pays en développement, où l'économie
paysanne reste un facteur prédominant, appliquent sa théorie pour
mieux comprendre la nature de la ferme familiale.
Ehrenfried Pfeiffer
(1899-1961), chimiste, ingénieur en électricité et agronome
allemand. Prend contact puis collabore étroitement avec Rudolf Steiner
au Goetheanum de Dornach (Suisse), où se trouve le centre des
anthroposophes. Met en place un laboratoire de recherche biochimique à
Dornach.
Dans les années 1930, participe en Angleterre à de nombreuses
conférences sur l’agriculture biologique, rencontre notamment sir Albert
Howard et lord Northbourne.
À la demande d’un groupe d’anthroposophes américains de Spring
Valley, se rend aux États-Unis en 1933 afin de promouvoir la biodynamie.
Fonde un institut de recherche et invente un procédé très novateur
de compostage des déchets urbains et industriels.
Met au point deux techniques, la cristallisation sensible du
chlorure de cuivre et la morpho-chromatographie, censées permettre de
visualiser les "forces formatrices éthérées" et la "vitalité" des aliments
cultivés en agriculture biodynamique.
Charles Elton
Charles Sutherland Elton (1900-1991), écologue et zoologiste
britannique. Mène des recherches systématiques sur la dynamique des
populations animales et précisé les mécanismes régissant la chaîne
trophique. S’intéresse notamment aux fluctuations des populations de
rongeurs et de leurs prédateurs.
Dans son livre Animal Ecology (1927), décrit les communautés
biotiques en tant qu'associations d'espèces organisées autour de rela-
tions alimentaires existant en leur sein et d'interactions entre les
animaux sauvages. De ses travaux fondateurs sur les cycles alimen-
taires découlent les notions de « chaîne alimentaire », de « pyramide
alimentaire » et de « réseau trophique ».
Réseau trophique : ensemble de chaînes alimentaires reliées entre elles
au sein d'un écosystème et par lesquelles l'énergie et la biomasse circulent
(échanges d'éléments tels que le flux de carbone et d'azote entre les différents
niveaux de la chaîne alimentaire, échange de carbone entre les végétaux
autotrophes et les hétérotrophes).
Chaîne alimentaire : suite d'êtres vivants de différents niveaux trophiques
dans laquelle chacun mange des organismes de niveau trophique inférieur dans le
but d'acquérir de l'énergie.
Joseph Lanza del Vasto
(1901-1981). Écrivain, poète, artiste, philosophe et militant, de
père sicilien et de mère flamande.
En 1936, passe plusieurs mois près de Gandhi en Inde.
Fonde en 1948 les ‘communautés de l’Arche’, axées sur la
simplicité de vie, la révision des besoins, le travail des mains, la
solidarité, la quête spirituelle et la non-violence.
Dans ce qu’il appelle le "péché originel", discerne "l’esprit de
profit, de lucre et de domination". Au milieu des "Trente Glorieuses",
affirme que "la croissance des pays modernes est incompatible (…)
avec la survie".
Penseur et praticien de la simplicité volontaire, de la libération
intérieure et de la joie de vivre.
A concrètement expérimenté la décroissance et la non-violence
: les communautés de l’Arche constituent un véritable laboratoire pour
un vivre ensemble respectueux de la singularité de chacun, soucieux
de l’impact minimal sur l’écosystème, préventif des tensions entre les
peuples.
René Dubos
(1901-1982), agronome, biologiste et écologue états-unien
d'origine française. ‘Institut national agronomique’ de Paris. Poste à
Rome auprès de l‘’Institut international d'agriculture’, un organisme
dépendant alors de la ‘Société des Nations’.
Chercheur à l‘’Université Rutgers’ (New Jersey) puis à l’’Université
Rockefeller’ (New York). Découvre l’action spécifique d’une enzyme
bactérienne qui décompose la capsule des pneumocoques. Cette découverte
le met sur la voie de la découverte de la gramicidine, premier antibiotique
commercialisé. Découvre que les microbes développent des ferments
"constitutifs" et des ferments "adaptatifs" qui permettent la réaction
appelée "adaptation créatrice". Cela l’amène à découverte de la tyrothricine.
Brevète en janvier 1940 les antibiotiques.
Vers la fin de sa vie, se réoriente vers l'écologie et notamment
l'écologie globale. Prépare en 1972, avec Barbara Ward, le rapport
de base de la première Conférence des Nations unies sur l'environ-
nement de Stockholm (CNUE ou "Sommet de la Terre"), qui a pour
titre Nous n'avons qu'une Terre.
En 1977, est le premier à formuler le célèbre mot d’ordre
« Penser globalement, agir localement ». Il est ensuite à l'origine de
la création du ‘Programme des Nations unies pour l'environnement’.
Hans Jonas
(1903-1993), philosophe allemand d’origine juive. En 1933, fuit
l’Allemagne nazie pour Londres, puis la Palestine. Combat avec les
Alliés, enseigne à l’Université hébraïque de Jérusalem, puis à la New
School for Social Research à New-York.
En 1979, publie Le principe responsabilité, en réponse au
Principe espérance de Ernst Bloch. Affirme que l’homme est en passe
de devenir le pire ennemi de l’homme et que le pouvoir énorme
conféré à l’homme par la technoscience appelle une nouvelle forme de
responsabilité.
Doit être interdite toute technologie qui comporte le risque de
détruire l’humanité. La responsabilité n’est plus conçue dans ses
termes juridiques classiques, elle est une idée morale et
métaphysique.
« Nous sommes en danger permanent d’autodestruction
collective. »
« Agis de telle sorte que les effets de ton action soient
compatibles avec la permanence d’une vie authentiquement humaine
sur Terre le plus longtemps possible ».
Marion King Hubbert
(1903-1989), géophysicien états-unien. Travaille notamment
dans les laboratoires de recherche de ‘Shell’ à Houston. Apporte de
nombreuses contributions dans les domaines de la géologie et de la
géophysique.
En 1956, lors d'une rencontre de l'American Petroleum Institute
à San Antonio, au Texas, fait la prédiction que la production globale
de pétrole aux États-Unis atteindra son maximum aux alentours de
1970, avant de commencer à décroître. Devient célèbre
quand on s'aperçoit qu'il a raison, en 1970. La courbe qu'il a
employée dans son analyse est connue sous le nom de courbe
de Hubbert, et le moment où elle atteint son maximum le pic de
Hubbert.
Bertrand de Jouvenel
(1903-1987), écrivain et journaliste français, également juriste,
politologue et économiste. Après des études scientifiques et juridiques,
devient correspondant diplomatique, puis correspondant pour divers
journaux, avant d'entamer une carrière universitaire.
Penseur libéral, est, avec Gaston Berger, l'un des pionniers et
théoriciens de la prospective en France. Fonde en 1974 la revue
Futuribles, consacrée à la réflexion sur les futurs possibles
Un des premiers à appeler dans son pays à une prise de cons-
cience écologique. En 1957, emploie pour la première fois l’expression
‘écologie politique’ dans un texte intitulé « De l’économie politique à
l’écologie politique »
Son questionnement procède de ses réflexions sur l’économie,
les sociétés industrielles, le regard porté sur la croissance, ses limites et
son sens, problèmes indissolublement liés à celui des réserves
naturelles, de leur emploi et de leur épuisement. Halte à la croissance
est des titres-phares du ‘Club de Rome’ aux travaux duquel il participe.
Sans catastrophisme ni remise en cause de principe des progrès
technologiques, s’emploie à rechercher les voies pour concilier
croissance durable et bien-être. S’interroge dès 1957 sur « les
conditions physiques de la croissance économique ».
René Dumont
(1904-2001) agronome français. Auteur prolifique avec
près de 70 ouvrages dont L'Afrique noire est mal partie en 1962
et L'Utopie ou la mort ! en 1973.
Montre que le développement est le résultat de plusieurs
facteurs qui interagissent : argent, engrais, semences, relations
sociales, statut des femmes. Dénonce avant tout le monde les
dégâts de la « révolution verte » à base de chimie et de
monoculture intensive.
Pronostique que le litre de pétrole à la pompe ne
cesserait pas d’augmenter, est un des premier à entrevoir les
dégâts écologiques et sociaux de la mondialisation libérale.
Premier candidat écologiste aux élections présidentielles
en 1974, joue un rôle-pivot entre une écologie de pensée et
une écologie politique. Il faut, selon lui, s’élever contre « la
religion de la croissance », imposée par « l’oligarchie des
riches », ceux-là mêmes qui gaspillent le plus.
Günther Schwab
(1904-2006) écrivain, essayiste, scénariste et environnementaliste
autrichien. Études de commerce, puis de sylviculture. Garde forestier en
Basse-Autriche et en Styrie. Membre du parti nazi en 1930, puis lieute-
nant dans la Wehrmacht.
À partir de 1951, invité à écrire un article pour l'office allemand de
Protection de la Nature. Ce qu'il découvre en préparant cet article
l'impressionne tellement qu'il décide d'y consacrer un livre. Sa prise de
conscience est telle qu'il craint une menace pour l'humanité elle-même.
Abandonne par la suite sa profession et dédie sa vie à l'écriture.
En 1958, fonde avec Linus Pauling le Weltbund zur Rettung des
Lebens (WRL), devenu en 1963 ‘Union Mondiale pour la Protection de la
Vie’, World Union for Protection of Life. Auteur la même année de Der
Tanz mit dem Teufel ("La Danse avec le diable"), roman visionnaire et
engagé empreint des idées écologistes, vitalistes, hygiénistes,
malthusiennes. Dénonce le DDT, le lindane (HCH), le bromure de
méthyle, le P4000, le borax et l’hexamine et les entreprises qui les
produisent, notamment Du Pont, mais aussi la nourriture industrielle, les
centrales nucléaires et la pollution sonore.
Percival Alfred Yeomans
(1905-1984), agriculteur et inventeur australien. Issu de l'ingénierie
minière du terrassement, développe un sens aigu de l'observation
hydrologique et topographique.
Considère que l’érosion, les feux sauvages, l’assèchement des
terres ne sont que le résultat d’une mauvaise planification agricole et
d’une incompréhension de la topographie.
Après la mort de son beau-frère dans un incendie de prairie,
reprend la gestion d'un grand domaine en Nouvelle-Galles du Sud qu'il
nomma plus tard Nevallan. Sur ces terres, déterminé à en développer et
augmenter la fertilité, invente la méthode keyline (lignes clefs) en
l'expérimentant pour la culture de pâturages. Invente un mode de
conception et de gestion des paysages agricoles faisant un usage
optimal de l’eau.
Chaque paysage présente des particularités climatiques et
topographiques. Le keyline design est à appliquer à chaque ferme ou
terrain de façon personnalisée. Il contribue à la régénération des sols, à
la bonne gestion des eaux de ruissellement, à la séquestration de
carbone.
Ses idées contribueront de façon décisive au développement de
la permaculture.
Nicholas Georgescu-Roegen
(1906-1994), mathématicien et économiste roumain. Études à Bucarest, à
Paris et à Londres. Professeur à Bucarest, Nashville et Strasbourg.
Demande une réforme profonde de la science économique,
jusqu’alors trop mécaniste, pour l’intégrer dans les enseignements de la
physique thermodynamique et de la biologie évolutionniste. Ouvre la voie
à la bioéconomie, pont entre les sciences biologiques et économiques.
La thermodynamique éclaire le processus économique en
démontrant que les ressources naturelles s’épuisent, la biologie aussi en
révélant la vraie nature du processus économique.
Les sociétés industrielles sont condamnées à la
décroissance en raison de la loi physique de l’entropie. Elles
auront opté pour une existence excitante, mais brève…
Préconise la promotion de l’énergie solaire, de l’agriculture
biologique, la réorientation des dépenses publiques, etc.
Jacques Tati
Jacques Tatischeff, dit Jacques Tati (1907-1982), réalisateur,
acteur et scénariste français, d'origine franco-russo-néerlando-italienne.
Abandonne les études à 16 ans, apprenti dans l'entreprise familiale, puis
joueur de rugby, encadreur, acteur de cinéma. Cinéaste à partir de 1946,
célèbre par les films Les vacances de Monsieur Hulot (1953), Mon oncle
(1958), Playtime (1967), incarne le renouveau du burlesque français.
Parodie la société contemporaine en sociologue souriant : se moque
beaucoup du monde moderne, en particulier de la technique, mais le regard
qu'il porte sur l'humanité est toujours bienveillant
Son film Trafic*, projeté en salle en 1971, montre les effets pervers de
l’invasion de la société par les automobiles
« Avant de faire le film, j'étais resté un dimanche matin pendant deux
heures sur un petit pont de l'autoroute de l‘Ouest. J'ai vu partir tous ces
Parisiens qui allaient à la campagne. Et pendant ces deux heures, je n'ai
pas vu un seul conducteur sourire. Pour un dimanche matin, dans le fond,
c'est tout de même assez grave ! »
* Monsieur Hulot (Jacques Tati) est dessinateur chez Altra, petite société parisienne de
fabrication automobile. Il est chargé d'assurer le convoyage d'une Renault 4L aménagée en voiture de
camping révolutionnaire de son invention, dotée de nombreux gadgets, pour une présentation au
salon automobile d'Amsterdam. Maria (Kimberly), chargée des relations publiques d'Altra, très
inquiète d'un retard initial, déchaîne, par ses initiatives, une série de contretemps et de catastrophes.
Paul-Émile Victor
(1907-1995), né de parents français immigrés d'origine juive
d'Europe centrale. Ingénieur de l’’École centrale de Paris’, pilote d’avion.
Explorateur polaire, scientifique, ethnologue, écrivain français.
En 1934, embarque sur le navire Pourquoi-Pas ? du commandant
Charcot : au cours de sa première année passée avec les Inuits, apprend
à parler couramment leur langue. En 1936, traverse le Groenland en
traîneaux à chiens. Fondateur et chef des expéditions polaires françaises
de 1947 à1976.
À partir de 1962, s'intéresse puis se passionne pour la défense de
l'homme et de son environnement , devient en 1968 délégué général de
la ‘Fondation pour la Sauvegarde de la Nature’, créée par Louis Armand.
En 1974, crée le ‘Groupe Paul-Émile Victor pour la défense de
l'homme et de son environnement’.
« La situation de ce continent extrêmement fragile, et très sensible
à l'ensemble des pollutions planétaires, est exemplaire de tout ce qui
pèse sur la tête des générations futures.»
Alexander King et Aurelio Peccei
Alexander King (1909-2007), scientifique chimiste britannique.
Travaille dans les administrations britanniques en tant que scientifique.
En 1960, rejoint ‘l'OCDE’ et dirige la section Éducation et science.
Aurelio Peccei (1908-1984), industriel italien
En 1968, cofondateurs du ‘Club de Rome’, groupe de réflexion
réunissant des scientifiques, des économistes, des fonctionnaires
nationaux et internationaux, ainsi que des industriels de 52 pays,
préoccupés des problèmes complexes auxquels doivent faire face toutes
les sociétés, tant industrialisées qu'en développement.
L'organisation acquiert une notoriété mondiale à l'occasion de la
publication de l’ouvrage Les Limites à la croissance en 1972, aussi connu
sous le nom de ‘rapport Meadows’, qui constitue la première étude
importante mettant en exergue les dangers, pour l’environnement et donc
l'humanité, de la croissance économique et démographique que connaît
alors le monde.
Le ‘Club de Rome’ adopte un programme d’action thématique
autour des cinq points suivants : 1 - Plan d’action d’urgence pour la
planète, 2 - Recadrer l’économie, 3 - Repenser la finance, 4 - Faire
émerger une nouvelle civilisation grâce à la révolution humaine, 5 -
Donner le leadership à la jeunesse et favoriser les dialogues
intergénérationnels pour façonner l’avenir. ■

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Penseurs et acteurs de l’écologie et de l’altercroissance. — 01. De 1450 à 1935

  • 1. Trombinoscope "Chercheurs d’humanité" Penseurs et acteurs de l’écologie et de l’altercroissance 1 - de l’Antiquité à 1909 Étienne Godinot 08.01.2024
  • 2. Rappel Trombinoscopes "Chercheurs d’humanité" Parmi les diaporamas en ligne sur ce site Internet figurent 7 familles (et quelques sous-familles) de "trombinoscopes" ou galeries de portraits : 1 - Eco* - Penseurs et acteurs d’alternatives économiques 2 - Sté* - Penseurs et acteurs d’un changement sociétal (éducation, droits humains, urbanisme, santé, politique, etc.) 3 - NV* - Penseurs et acteurs de la non-violence et de la résolution non-violente des conflits 3 - Jus* - "Justes" ayant protégé des personnes persécutées 4 - Alter* - Penseurs et acteurs de l’écologie et de l’altercroissance 5 - Sci* - Chercheurs de connaissance, science et technique 6 - San* - Chercheurs de connaissance, science et pratique que dans le domaine de la santé physique et psychique 7 - Sens* - Chercheurs de sens (art, religion, philosophie, spiritualité). *Abréviation dans le répertoire alphabétique Voir le diaporama « Présentation générale et mode d’emploi » ../..
  • 3. Virgile Publius Vergilius Maro (- 70, - 19) poète latin. Auteur de trois œuvres, les Bucoliques (- 37), les Géorgiques (- 37 à - 30) et l'Énéide ( - 29 à - 19). Les Géorgiques (‘Les travaux de la terre’) sont un long poème didactique et traité d’agriculture de 2 188 vers. Il se présente en 4 livres, les 2 premiers consacrés à l'agriculture (céréales, essentiellement culture du blé, techniques culturales, outils, semences, météorologie, observation des oiseaux; vie végétale, arbres, bouturage, greffage, soins à la vigne), les 2 suivants à l'élevage (vie animale et l'élevage, chaque partie se concluant par une méditation, l'une sur l'amour, l'autre sur l'épidémie et la maladie mortelle ; abeilles, métaphore de la cité humaine idéale). Loin d'être un simple traité d'agriculture, le poème aborde des thèmes beaucoup plus profonds (guerre, paix, mort, résurrection) et s'élargit à une vaste réflexion sur la beauté mais aussi la fragilité du monde, sur ces "biens" inestimables que sont la vie au rythme des saisons, la chance de « pouvoir apprendre à connaître les causes » et de toucher au sacré. Il s'intéresse aux liens entre les hommes et les animaux, sauvages et domestiques, soulignant la fraternité qui existe entre tous les êtres vivants, O fortunatos nimium sua si bona norint agricolas ! O trop chanceux, les paysans, s'ils savaient les biens qu'ils ont !
  • 4. Jambeshwar Bhagavan ou Jambaji (1451-1536), fondateur du courant hindou bishnoï, une des formes du vaishnavisme (dévotion envers Vishnou). Issu de la caste des Rajputs, berger, puis maître spirituel. Édicte 29 principes (en hindi, bish : 20; noï : 9) : hygiène de vie du corps et de l’esprit; refus de l’alcool, du tabac, de la drogue; compassion, pardon, contrôle de ses paroles, jeûne; refus du vol, du mensonge, de la médisance, de la convoitise; protection des animaux; refus de couper les arbres vivants (utilisation du seul bois mort) et de déraciner les plantes; mise des morts en terre en faisant l'économie du bois pour la crémation ou le cercueil; refus de castrer les taureaux; fourniture d’un abri commun aux animaux abandonnés; construction de réservoirs d’eau partout où cela est nécessaire; ne rien attendre du gouvernement, ne compter que sur la communauté. Crée la première écotaxe de l’histoire : chaque Bishnoï doit réserver un dixième de ses récoltes céréalières (blé et millet) pour l’alimentation de la faune locale. Déclare qu'il se réincarnera indéfini- ment en chinkara (gazelle) après sa mort, d’où la vénération de cet animal par les Bishnoï. La communauté bishnoï est surtout présente dans l'État du Rajasthan (Jodhpur et Bîkâner), et dans l'Haryana. Photo du bas : Depuis 1973, ce Bishnoï a planté et entretenu 30 000 arbres partout dans le Rajasthan
  • 5. Jean-Baptiste de La Quintinie (1626-1688), avocat, jardinier et agronome français. Étudie la philosophie et le droit, avocat au Parlement de Paris, puis maître des requêtes de la Reine. À son retour d’un voyage en Italie, abandonne le barreau pour se consacrer au jardinage. Chargé par Nicolas Fouquet de gérer les jardins de son château de Vaux-le-Vicomte, puis par Louis XIV de créer le potager de Versailles et de fournir en fruits et légumes la table de la cour. En mars 1670, est nommé « directeur des jardins fruitiers et potagers de toutes les maisons royales ». Ne cesse d’améliorer les productions de ses jardins : acclimatation des espèces fragiles (figuiers, melons, etc.), culture des orangers en pleine terre, culture sous châssis vitrés et sous cloches de verre, culture des arbres fruitiers en espalier, mise en évidence de l’importance de la greffe pour l’amélioration des plantes, etc. En 1690, deux ans après sa mort, paraît son Instruction pour les jardins fruitiers et potagers qui rassemble son expérience et ses réflexions, notamment sur les méthodes de forçage des légumes et de taille des arbres fruitiers. Image : statue de J.-B de la Q. surplombant le grand carré central du Potager du roi à Versailles, un greffon dans la main gauche et une serpette dans la main droite.
  • 6. Amrita Devi (1700 ? - 1730), femme indienne bishnoï, mère de 3 filles, Asu, Ratni et Bhagu. En 1730, le Maharaja Abhay Singh, souverain du État de Jodhpur, veut abattre des arbres verts khejri (Prosopis cineraria) afin de brûler de la chaux pour la construction de son nouveau palais. Amrita et ses filles disent aux hommes de Giridhar Bhandari qu'elles préféreraient donner leur vie pour sauver les arbres verts. Les hommes coupent les arbres et les têtes des 4 femmes. 83 villages Bishnoï décident de la suite à donner. Comme le sacrifice suprême de ces 4 femmes n’a pas dissuadé le souverain de continuer à abattre des arbres, il est décidé que, pour chaque arbre vert à couper, un volontaire Bishnoï sacrifierait sa vie. Au total, 363 Bishnoïs, jeunes et vieux, hommes et femmes, riches ou pauvres sont tués par les hommes de Bhandari. Informé, le Maharaja ordonne l'arrêt de l'abattage des arbres. Aujourd’hui, le ‘prix Amrita Devi Vishnoï Smriti’ récompense les acteurs de la protection et de la conservation de la nature et des animaux sauvages. Photo du bas : Monument à la gloire des 363 martyrs bishnoï à Khejarli (district de Jodhpur, Rajasthan)
  • 7. Henri-Louis Duhamel du Monceau (1700-1782), physicien, chimiste, botaniste et agronome français. Forcé par son père à faire des études de droit, s'oriente ensuite vers ce qui deviendra la physiologie végétale. S’intéresse à la solubilisation et la purification des sels de tartre, à la fabrication de l’éther diéthylique, aux sels d'ammonium, sépare la soude et la potasse. S’intéresse aux arbres fruitiers, à la sylviculture, à la botanique et aux techniques forestières, à l'industrie et au commerce du bois, crée un arboretum et une station de recherche sylvicole à Vrigny (Loiret). Écrit un Traité des pêches, un Traité de la culture des terres en 6 tomes (est le premier à réaliser méthodiquement des expérimentations agricoles pluriannuelles et multisites), un Traité de la conservation des grains. Dix ans avant Antoine Parmentier, s'intéresse à la pomme de terre dont il décrit la plante et la culture. Rédige les Éléments d'architecture navale. Élu trois fois Président de ‘l'Académie royale des sciences’, laisse une œuvre importante comme écrivain scientifique dans des domaines aussi variés que la construction et le service des vaisseaux, la pêche, la culture et la conservation du froment, la gestion des forêts. Son goût pour les problèmes concrets, l'expérimentation et la vulgarisation en font l'un des fondateurs de l'agronomie et de la sylviculture modernes.
  • 8. Pons Augustin Alletz (1703-1785), écrivain français. Vit quelques années dans une communauté catholique appartenant à l'Oratoire Saint Philippe Néri, puis avocat, puis s'installe à Paris pour se consacrer entièrement à l'écriture. Ses ouvrages ont pour objet la religion, la morale, l'histoire et l'éducation. Son ouvrage L’Agronome ou le Dictionnaire portatif du Cultivateur, contenant toutes les connaissances nécessaires pour gouverner les biens de campagne et les faire valoir utilement, pour soutenir ses droits, conser- ver sa santé et rendre gracieuse la vie champêtre, paru en 1760 en deux volumes, est l'un des meilleurs manuels de l'époque sur la vie à la campa- gne. Il est réimprimé jusqu'au 19ème siècle. Outre des conseils sur le jardinage, l'élevage, la médecine vétérinaire, la chasse, il contient un grand nombre de recettes de cuisine pratique, propres à satisfaire un gentilhomme campagnard gastronome. La partie consacrée à la vigne et au vin est importante : choix des vins, anecdotes curieuses, auteurs qui ont traité du vin, types de vins (rouge, clairet, gris, blanc, vins liquoreux, malvoisie, etc.), recettes pour guérir des vins, recettes de vins aromatiques (absinthe, aneth, anis, fenouil, hysope, sauge, roses, sureau), recettes de vinaigres.
  • 9. Jean-Baptiste de Lamarck (1744-1829), naturaliste français. Professeur de zoologie des invertébrés au ‘Muséum d’histoire naturelle’. Réalise la classification des invertébrés, qui regroupent environ 80 % des animaux. Un de ceux qui ont pour la première fois utilisé le terme de biologie pour désigner la science qui étudie les êtres vivants. Élabore une théorie transformiste de leur apparition par évolution naturelle. « L'homme par son égoïsme trop peu clairvoyant pour ses propres intérêts, par son penchant à jouir de tout ce qui est à sa disposition, en un mot par son insouciance pour l'avenir et pour ses semblables, semble travailler à l'anéantissement de ses moyens de conservation et à la destruction même de sa propre espèce. En détruisant partout les grands végétaux qui protégeaient le sol, pour des objets qui satisfont son avidité du moment, il amène progressivement à la stérilité ce sol qu'il habite, donne lieu au tarissement des sources, en écarte les animaux qui y trouvaient leur subsistance, et fait que de grandes parties, autrefois fertiles et très peuplées à tous égards, sont maintenant stériles, inhabita- bles et désertes. (…) On dirait que l’homme est destiné à s’exterminer lui-même après avoir rendu le globe inhabitable ».
  • 10. Karl Drais Karl Friedrich Christian Ludwig, baron Drais von Sauerbronn, dit Karl Drais (1785-1851), employé de l'administration des eaux et forêts du Grand Duché de Bade, puis professeur de mécanique et géomètre. Présente en 1812 une machine qui transcrit directement sur la partition les notes de piano, et en 1813 un engin à quatre roues propulsé par l'énergie musculaire humaine. Invente, en 1817, une machine à courir (Laufmaschine), engin à deux roues avec un siège et une roue avant comportant une direction à pivot. L’engin est breveté, en France, par Louis- Joseph Dineur sous le nom de vélocipède, appelé aussi draisienne, premier ancêtre de la bicyclette. Invente et construit une machine à écrire sténographique à 16 caractères.
  • 11. Chef Seattle Seattle ou Sealth (v. 1786 - 1866), chef amérindien de la tribu des Duwamish. Chef et guerrier redoutable. Après la mort d'un de ses fils, se fait baptiser selon le rite catholique, probablement en 1848 près d'Olym- pia, dans l'État de Washington. Sa conversion marque son émergence en tant que porte-parole de son peuple, cherchant à coopérer et à négocier avec les colons blancs états-uniens. En janvier 1854, répond à un discours du gouverneur Isaac Stevens, Commissaire aux affaires indiennes. La retranscription, 32 ans plus tard, du discours de Seattle rédigée par le Dr Henry Smith, physiquement présent lors de la rencontre, n'est qu'une version inexacte du discours du chef, basée sur des souvenirs subjectifs. Le discours est devenu célèbre car il dénonce les exactions commises par les colons sur les Amérin- diens, et, plus globalement, la responsabilité humaine dans la destruction de l'environnement. « (L'homme blanc) traite sa mère la terre, et son frère le ciel, comme des choses à acheter, piller, vendre, comme les moutons ou les perles brillantes. Son appétit dévorera la terre et ne laissera derrière lui d’un désert. […] La Terre n’appartient pas à l’homme, l’homme appartient à la Terre. (…) Tout ce qui arrive à la Terre, arrive au fils de la Terre. »
  • 12. Jeanne Villepreux-Power (1794-1871), naturaliste française. Brodeuse à Paris, épouse James Power, marchand d’origine irlandaise. Le couple s'établit en Sicile où Jeanne se consacre à l’étude et notamment à l'histoire naturelle de l'île. Autodidacte passionnée, s’intéresse aux coquillages actuels ou fossiles, et notamment à l’argonaute. Tranche une question scientifique en suspens à son époque : l'argonaute sécrète sa coquille et ne l'habite pas à la manière d'un bernard-l'ermite. Pour mieux les étudier, construit les cages "à la Power" qui deviendront plus tard les aquariums. Détermine aussi le mode de reproduction de l'espèce qui présente un grand dimorphisme sexuel. Première femme membre de l’Académie des sciences de Catane, correspondante de la Zoological Society de Londres’ et de seize autres sociétés savantes. Ses collections, son cabinet d'histoire naturelle et ses manuscrits disparaissent en mer avec le bateau qui les transportait à Londres en 1838 dans le naufrage du Bramley. Pionnière de la biologie marine, précurseure des stations de biologie marine et d’aquariologie.
  • 13. George Perkins Marsh (1801-1882), diplomate et philologue états-unien, considéré comme le premier écologiste d’Amérique. Avocat, élu au Congrès, puis ambassadeur des États-Unis en Turquie, en Grèce, en Italie. Linguiste, parle couramment une demi-douzaine de langues dont le suédois et l’islandais. Stimule l’opposition de ses concitoyens à la politique d’aména- gement du territoire du gouvernement des États-Unis, suscite la création des réserves forestières et des parcs nationaux, contribue à l’établis- sement du réseau forestier national. Man and Nature, Physical Geography as Modified by Human Action (1864) constitue un des premiers ouvrages sur l’écologie et joue un rôle majeur dans la création du parc Adirondack. Affirme que la déforestation conduit à la désertification. Citant comme exemple les résultats de la déforestation autour de la Méditerranée, écrit que l’action de l’homme pourrait conduire à un environnement aussi désolé que celui de la lune. « (L'homme) a abattu les forêts dont l'enchevêtrement de racines fibreuses reliait l'humus au squelette rocheux de la terre, alors que s’il avait permis çà et là à une région boisée de se reproduire par propaga- tion spontanée, la plupart des dommages que sa destruction irréfléchie de la protection naturelle du sol a occasionnés aurait été évitée. »
  • 14. Alphonse de Candolle Alphonse Louis Pierre Pyrame de Candolle (1806-1893), botaniste suisse originaire d’une famille de Français huguenots ayant fui les persécutions. Après des études de droit, finit par se consacrer à la botanique. Titulaire de la chaire d'histoire naturelle créée pour lui à l'Académie de Genève. Continue l'immense œuvre de son père, Augustin, Prodromus systematis naturalis regni vegetabilis. Coauteur, avec son fils Casimir, de l'ouvrage Monographiae phanerogamarum. Auteur de 55 ouvrages et articles scientifiques sur la géographie botanique et l'origine des espèces. S'intéresse à l'origine des plantes cultivées et à leur domestica- tion par l'homme à partir d'espèces sauvages. Adopte pour cela une approche pluridisciplinaire utilisant principalement l'archéologie (datation grossière des lieux et dates de première culture des plantes), la linguistique (indication de la provenance supposée des végétaux cultivés) et la botanique (comparaison des plantes domestiques aux végétaux sauvages que des collègues lui envoient). Prouve le premier l'origine américaine du haricot et du maïs. À l'origine des ‘Lois de la nomenclature botanique’ adoptées lors du Congrès international de botanique de 1867 à Paris.
  • 15. Pierre et Ernest Michaux Pierre Michaux, (1813-1883), artisan serrurier et charron français. Son fils Ernest, âgé alors de 19 ans, ayant trouvé fatigant pour les jambes l'usage d'une draisienne, a l'idée d'adapter un repose-pieds sur la roue avant. Il en parle à son père qui lui conseille d'adapter plutôt une manivelle qui permettrait de faire tourner la roue. Ernest (1842-1882) ajoute une manivelle à la roue avant d'une draisienne, et crée ainsi la pédale. Il s’associe avec les frères René et Aimé Olivier et crée sous son propre nom, "Michaux et Cie", la première entreprise de construction de vélocipèdes à pédale (les michaudines). D'autres modifications suivent également : l'ajout d'un frein, d’une selle suspendue, puis le doublement du diamètre de la roue avant. Bien que le Suisse Hans Renold (1852-1943) soit crédité de l'invention de la chaîne à rouleaux, en 1880, des croquis de Léonard de Vinci au I6ème siècle montrent une chaîne avec roulement à rouleaux. Paul de Vivie (1853-1930), améliore en 1889 le dérailleur qui permet à la chaîne de changer de pignon, et qui existait déjà en Angleterre. Photos : - Ernest Michaux. - Vélocipède sans chaîne – Dérailleur actuel
  • 16. Charles Baltet (1830-1908), horticulteur-pépiniériste français, écrivain, homme de terrain, observateur et travailleur infatigable, issu d’une lignée de 10 horticulteurs pépiniéristes. Plante des arbres fruitiers partout, le long des routes, des lignes de chemins de fer, des murs. Sauve des vignes japonaises des parasites qui les rongeaient. Se préoccupe dès 1869 de la lutte contre le phylloxéra qui ravage le vignoble français : propagateur du greffage des vignes françaises phylloxérées sur les vignes américaines résistantes. Sa méthode participe à la reconstitution du vignoble français. Auteur de nombreuses instructions traitant des façons de greffer et faire pousser les arbres fruitiers. Inventeur et propagateur, avec son frère Ernest, de nouvelles obtentions variétales dites "bourgeoises", primées et reconnues, créateur d'une centaine de variétés de fruits, notamment pommes et poires, raisins, pêches et brugnons, et de fleurs. Conseiller municipal de Troyes, et départemental de l’Aube. Auteur d’une trentaine d’ouvrages et d’études.
  • 17. Eugène Poubelle (1831-1907), juriste, administrateur et diplomate français. Préfet de la Seine de 1883 à 1896. Par des arrêtés de nov. 1883 et de mars 1884, oblige les propriétaires d'immeubles à mettre à disposition de leurs locataires des récipients communs, munis d'un couvercle et d'une capacité suffisante pour contenir les déchets ménagers. La dimension et la contenance de ces récipients sont alors strictement contrôlées : 40 à 120 litres. Les arrêtés prévoient également le tri des déchets : trois boîtes sont obligatoires, une pour les matières putrescibles, une pour les papiers et les chiffons et une dernière pour le verre, la faïence et les coquilles d'huîtres, améliorant de manière considérable l'hygiène des foyers de la capitale. Les ordures sont maîtrisées et enfermées. L’exemple de Paris se répand dans les villes de province. Ce n'est toutefois qu'après la seconde Guerre Mondiale que les poubelles deviennent d'un usage courant. L'enlèvement des ordures est dès lors organisé avec régularité par les municipalités. Également instigateur du tout-à-l'égout, concept qui, à la suite de la dernière résurgence du choléra en 1892, est un outil de santé publique.
  • 18. Charles Beauquier (1833-1916), député, historien et écologiste français. Études à ‘l'École impériale des chartes’, thèse sur l’agriculture au temps des Francs. Député du Doubs (radical-socialiste) de 1880 à 1914, farouche défenseur de la libre-pensée, fondateur de la ‘Société pour la liberté des enterrements civils’. À 32 ans, publie Philosophie de la musique, où il dresse un parallèle entre la promotion de la musique instrumentale par rapport à la musique vocale, et la promotion du paysage en peinture par rapport au portrait. Cofondateur de la ‘Société de protection des paysages et de l’esthétique de la France’ (SPPEF). Membre de la ‘Ligue pour la protection des oiseaux’ (LPO). Suggère la création dans chaque département d'une commission des sites pittoresques. À la suite du procès pour préserver la source du Lison face à la menace de la destruction de ses cascades au profit d’une conduite forcée, fait voter le 21 avril 1906 la première loi de protection de l'environnement, dite loi Beauquier - prémisse de la future loi de 1930. « Il est plus que temps de défendre les beautés naturelles de notre pays contre le vandalisme utilitaire de nos manufacturiers et de nos ingénieurs. »
  • 19. Ernst Hæckel Ernst Heinrich Philipp August Hæckel (1834-1919), biologiste, philosophe et libre penseur allemand. Médecin, puis professeur d’anatomie comparée et de zoologie à Iena. Fait connaître les théories de Charles Darwin en Allemagne et développe une théorie des origines de l’homme. Introduit certaines notions de la biologie moderne comme celles d’"embranchement" ou d‘ "écologie". Introduit l'arbre phylogéné- tique pour la représentation de l'évolution dans la biologie. Émet l’idée que l’origine de la vie a été déterminée par des facteurs physiques et chimiques comme la lumière, la présence d’oxygène, l’eau et le méthane. Considéré comme le père de l'écologie, discipline qui cherche à étudier les rapports entre un organisme et son environnement et le créateur du terme écologie en 1866. Ce mot vient du grec oikos signifiant demeure, maison, milieu. Pour lui, l’œcologie désigne l’étude des relations unissant les organismes vivants. Les idéologues nazis ont utilisé des extraits de ses écrits comme justification de leurs théories racistes et du darwinisme social, mais en même temps déclaré que des éléments essentiels de la vision du monde de Haeckel étaient incompatibles avec le point de vue du national-socialisme.
  • 20. John Muir (1838-1914), écrivain états-unien, né en Écosse. Ingénieur dans l’industrie, puis conducteur de ferry, berger, gardien de troupeau, ouvrier en scierie, arboriculteur et viticulteur, escaladeur. Parcourt à pied 1500 km en Amérique du Nord. Un des premiers naturalistes modernes, militant de la protection de la nature. Acquiert à raison, contre l’avis d’un scientifique, la conviction que les glaciers ont sculpté la Yosemite Valley et ses environs. Obtient pour cette région le statut de parc national. Observe les plantes, les arbres, les animaux, les écosystèmes, voyage dans l’Alaska et l’Arctique, écoute et veut préserver "le chant du monde". Fonde en 1892 le Sierra Club, qui est à ce jour une des plus importantes organisations de protection de l'environnement aux États- Unis. « Prenez n’importe quelle chose dans la nature, vous verrez qu’elle est reliée au reste du monde. »
  • 21. Ernst Rudorff (1840-1916), compositeur allemand, pianiste, pédagogue et défenseur de la nature. Étudie au Conservatoire de Leipzig, professeur de piano au Conservatoire de Cologne. En raison de son travail pour le patrimoine et la protection de la nature, reçoit en 1910 le doctorat honorifique en sciences de l'Université de Tübingen. Achète les ruines du château de Lauenstein avec la colline alentour, sur laquelle un débit de bière devait être construit, ceci pour préserver et maintenir l’environnement. Sauve 44 vieux chênes le long d'un chemin, empêche que l'on aménage des clôtures dans les prairies et met en place des haies le long du ruisseau. En 1897, invente le mot "Protection de la terre natale" (Heimatschutz) dans un exposé détaillé de ses idées et des exigences qui en découlent. Fonde en 1904 à Dresde le Deutsche Bundes Heimatschutz (Confédération allemande de la protection de la patrie).
  • 22. Shōzō Tanaka (1841-1913), homme politique et militant écologiste japonais. Chef de village, imprégné du principe confucéen de bienveillance, partisan d’une démocratie libérale, s’élève contre les méfaits de l’industrialisation à marche forcée pendant l’ère Meiji. Son engagement dans le ‘Mouvement pour la liberté et les droits du peuple’ lui vaut plusieurs années de prison (1857-61 et 1869-71) Libéré, s’engage pour la défense des droits des ouvriers victimes de la pollution de la mine de cuivre d'Ashio. Les dépôts toxiques charriés par les crues de la rivière Watarase ruinent toute l’économie de la vallée, la riziculture, la pêche, la santé des hommes et du bétail. Élu en 1890 député aux première élections de la ‘Chambre des représentants’, réélu 6 fois, se fait le porte-parole des paysans dont les pétitions restent sans réponse. En 1901, interpelle l’empereur sur le sort des paysans, dont une manifestation à Tokyo a été violemment réprimée. Arrêté, est vite libéré en raison du tollé de la presse. En 1907, perd son combat contre la décision du gouvernement de détourner les eaux de la Watarase : des villages sont noyés, des paysans ruinés émigrent. Se retire de la vie politique pour écrire. 50 000 paysans participent à ses obsèques. « Une vraie civilisation ne ravage pas les montagnes, ne ravage pas les rivières, ne détruit pas les villages, ne tue pas les hommes. »
  • 23. Julius Hensel (1844-1903), chimiste, agronome, médecin et pharmacien allemand. En 1894, publie l’ouvrage Brot aus Steinen (Bread from Stones, Le pain issu des pierres) exposant les effets bienfaisants de la fertilisation par la poudre de roche, un sous- produit du cailloutis métallifère des revêtements routiers. Ce livre, qui fait peser un danger sur l’industrie naissante des engrais chimiques, disparaît rapidement, acheté et détruit par ceux qui craignent sa concurrence. Cette poudre, obtenue par un excellent procédé de broyage à froid qui en préserve les énergies intrinsèques, est composée en majorité de roches éruptives (granit, basalte, etc.) présentant un large spectre minéral. Lorsqu’ils sont répandus, oligo-éléments et sels favorisent une riche vie bactérienne. La poudre de roche a été utilisée ensuite avec des résultats impressionnants par John D. Hamaker (1914-1994) et Donald A. Weaver aux Etats-Unis (The survival of civilisation, 1975), puis par Barry Oldfield en Australie pour la plantation d’arbres.
  • 24. Paul Sarasin et Steivan Brunies P. S.,(1856-1929), naturaliste, biologiste et anthropologue suisse. Études de médecine à l'université de Bâle, puis de zoologie à celle de Würtzburg. Effectue avec son cousin Fritz Sarasin en 1893 et en 1903 des expéditions scientifiques sur l’île Salawesi (ou Célèbes), au nord de l’Indo- nésie, où ils découvrent de nombreuses espèces, ainsi que la culture préhistorique toalienne (chasseurs-cueilleurs de 7 500 à 2 000 ans avant notre ère)*. Promeut la constitution de musées d’objets préhistoriques. Premier président de la ‘Ligue suisse pour la protection de la nature’ (LSPN), fondée en 1906, soutient avec le botaniste Steivan Brunies (1877- 1953), la création du ‘Parc national suisse’. En août 1914, le premier parc national d’Europe centrale est ainsi créé dans le Val Cluozza (dans les Dolomites de l'Engadine entre l'Inn et la frontière italienne, canton des Grisons). La LSPN fonde ensuite des réserves et parcs régionaux en Suisse (réserves de la forêt d’Aletsch, du Grimsel), s’engage aussi pour une protection globale de la nature. Fonde la ‘Fédération internationale pour la protection de la nature’, qui se réunit pour la première fois à Berne en 1913, sous le patronage du Conseil fédéral. * mais une peinture préhistorique représentant une scène de chasse, découverte en 2017 dans une grotte sur le site de Leang Bulu Sipong dans cette île, serait vieille d'au moins 43 900 ans.
  • 25. Johann Künzle (1857-1945), prêtre, herboriste et naturopathe suisse. Benjamin d’une fratrie de 12 enfants, parents agriculteurs. Petit séminaire à St- Gall, diplômé du Collège bénédictin d’Einsiedeln, études de théologie* et de philosophie à Louvain (Belgique), curé à Wangs. Sa préoccupation pour le bien-être physique des paroissiens ne cessant de croître, achète aux enchères le livre des plantes médicinales du professeur de médecine Jakob Theodor Tabernæmontanus (1525- 1590), s’intéresse aux travaux de Hildegarde de Bingen. En 1911 paraît son le guide Bonnes et mauvaises herbes (Chrut und Uchrut), qui sera vendu à 2 millions d’exemplaires. En 1914, organise à Wangs un marché aux herbes qui connaît un beau succès. En 1919, offre de l'absinthe (artemisia absinthium) associée à la sauge à tous les habitants de Wangs : aucun de ses patients ne décède de la grippe espagnole. À titre de comparaison, au village de Vaulion, sur 1 450 habitants, 1 100 décèdent de ce virus. * En théologie, antimoderniste; en politique, sympathise avec les régimes autoritaires de son temps. ../..
  • 26. Johann Künzle Suite à son dénigrement par le médecin de Wangs, et après que l'Église lui ait ordonné d'abandonner cette activité, quitte la prêtrise en 1920 pour se consacrer entièrement à sa passion, déménage à Zizers et se tourne complètement vers la médecine naturelle. Son officine de Zizers, spécialisée en plantes sauvages indigènes, devient une entre- prise importante. Le corps médical obtient l'interdiction judiciaire de cette pratique, qui est cependant plébiscitée en 1922 par toute la région lors d'un vote autorisant l'exercice de la médecine naturelle dans les Grisons (loi Künzle). Doit passer à Coire un examen organisé par le département des affaires sanitaires. Peut ensuite se consacrer à ses patients, à ses études, à ses activités d’éditeur ainsi qu’à sa production de plantes médicinales. En 1939, fonde à Zizers la société ‘Kräuterpfarrer Künzle AG’. Rassemble toutes les expériences qu’il a faites dans Das grosse Kräuterheilbuch, ouvrage sur la phytothérapie paru en 1944. Est considéré aujourd'hui comme le pionnier de la phytothérapie moderne.
  • 27. Theodore Roosevelt (ou Teddy, 1858-1919), homme d'État étatsunien. Exerce divers métiers avant et après son engagement politique, aussi variés que conservateur de musée, chef de la police de New-York, écrivain, essayiste, historien, colonel, naturaliste, ornithologiste. Membre du Parti républicain, président des États- Unis de 1901 à 1909. Les négociations pour mettre fin à la guerre russo- japonaise lui valent le prix Nobel de la Paix en 1906. Premier président à monter dans un avion, à aller dans un sous-marin, à conduire une auto- mobile. Depuis son premier séjour dans le Dakota du Nord en 1883, se fait un défenseur de la conservation de la nature, met à son agenda un programme de conservation. Ne voit pas cette action d’un point de vue uniquement environnemental, mais également comme une manière de protéger équita- blement tous les Américains. Crée 5 parcs nationaux supplémentaires* (parcs de Crater Lake dans l'Oregon en 1902, de Wind Cave dans le Dakota du Sud en 1903, de Mesa Verde dans le Colorado et du Grand Canyon en Arizona en 1906, de Glacier dans le Montana en 1910). ../.. * Les premiers parcs nationaux datent de 1872 pour le parc de Yellowstone (à cheval sur le Wyoming, le Montana et l'Idaho) et de 1890 pour le parc de Yosemite (Californie)
  • 28. Theodore Roosevelt Fait voter le Newlands Reclamation Act, qui met en place une pratique d'irrigation et d'arrosage régulier des forêts, favorise la créa- tion de 150 forêts nationales, crée également 51 réserves ornitho- logiques. En 1906, fait voter l'Antiquities Act qui permet au gouverne- ment fédéral de déclarer comme monuments nationaux des sites importants. En 1908, réunit tous les gouverneurs à une conférence à la Maison-Blanche pour lancer des programmes de conservation au niveau des États, et y déclare : « Le moment est venu d’examiner sérieusement ce qui se passera lorsque nos forêts disparaîtront, lorsque le charbon, le fer, le pétrole et le gaz seront épuisés, lorsque les sols s’appauvriront encore davantage et se déverseront dans les cours d’eau, polluant les rivières, dénudant les champs et perturbant la navigation. » Met sur pied une commission d'enquête chargée de faire un inventaire sur l'état des ressources naturelles du pays. « Theodore Roosevelt est le premier président et peut-être le seul à avoir eu une conscience écologiste » affirme Valérie Chansigaud, historienne spécialiste de l'environnement. D’autres auteurs, comme GreenwashingEconomy, rappellent que Teddy Roosevelt était aussi un chasseur d’éléphants, un riche héritier qui n’a jamais eu besoin de travailler pour gagner sa vie, un aristocrate suffisant et raciste qui a œuvré à la destruction des cultures amérindiennes, un suprémaciste blanc qui considérait les peuples indigènes comme des êtres inférieurs et méprisait les Noirs…
  • 29. William Phelps Eno (1858-1945), homme d'affaires états-unien. Marqué à l’âge de 9 ans par un gros embouteillage de voitures à chevaux. Diplômé de l’université de Yale. Responsable des premières innovations en matière de sécurité routière et de contrôle de la circulation : panneau d'arrêt, passage piétons, rue à sens unique, station de taxis, refuges de sécurité pour piétons, ronds-points de circulation, etc. En 1903, supervise les premières mesures de police destinées à réguler les trajectoires des véhicules (attelages, tramways, automobiles...). Crée en 1921 l’Eno Foundation for Highway Traffic Regulation. « 1. Nous devons avoir des règles concises, simples et justes, faciles à comprendre, obligatoires en vertu de la loi. 2. Ces règles doivent être diffusées pour qu'il n'y ait aucune excuse pour ne pas les connaître. 3. La police doit les faire respecter, et ses hommes doivent être formés à cette fin. »
  • 30. Svante Arrhenius (1859-1927), chimiste suédois. Apprend à lire tout seul, devient rapidement un prodige en arithmétique. Après 5 ans d’études en physique, mathématiques et chimie à l’université d'Uppsala, fait une thèse sur la conductivité des électrolytes, après avoir constaté que ni les sels purs ni l'eau pure ne sont conducteurs, mais qu’une solution de sels est conduc- trice. Ce travail lui vaudra le prix Nobel de chimie en 1903. Professeur de chimie à l’université de Stockholm, membre de ‘l’Académie royale des sciences de Suède’ en 1901. Formule en 1889 la loi d'Arrhenius qui décrit la variation de la vitesse d'une réaction chimique en fonction de la tempé- rature. Précurseur en matière de modélisation de la diversité biologique. S’intéresse à la géophysique, l’immunochimie, la géologie, la paléoclima- tologie, l’astronomie et l’astrophysique. En 1896, calcule qu’une augmentation de la concentration de CO2 dans l’atmosphère augmenterait l’effet de serre et provoquerait une hausse des températures. Estime qu'un doublement du taux de CO2 causerait un réchauffement d'environ 5 °C* Mais aussi membre du CA de la ‘Société suédoise d'hygiène raciale’ fondée en 1909, qui conduira à la stérilisation forcée de près de 63 000 personnes handicapées dans ce pays entre 1930 et 1970… * soit un peu plus que les prévisions de 2 à 4,5 °C faites par le GIEC plus de 100 ans plus tard, en 2007
  • 31. Vladimir Vernadsky (1863-1945), minéralogiste et chimiste russe, un des fondateurs de la géochimie moderne (avec le chimiste norvégien d’origine suisse Victor Goldschmidt -1888-1981). Termine à Paris ses études sur la chimie minérale et la cristallographie. Utilise des équipements modernes pour analyser les propriétés optiques, thermiques, élastiques, magnétiques et électriques des cristaux. Professeur de minéralogie à l'Université d'État de Moscou, Travaille sur les effets des radiations solaires et cosmiques sur l'ensemble des organismes vivants. Fondateur de la géochimie, étudie les cycles géochimiques, comme celui du carbone, ou l'activité géochimique d’origine humaine. Définit en 1926 la notion de biosphère, dans une optique bio- géologique et écologique, posant comme hypothèse que la vie est une force géologique qui transforme la Terre. Premier à envisager scientifiquement l'impact de l'activité humaine sur le climat, est cependant peu écouté à une époque où l'on pense que la nature était dotée de capacités de régénération inépuisables. ../..
  • 32. Vladimir Vernadsky Le modèle que Vernadski propose pour notre planète se compose de cinq différentes couches en interaction : - la lithosphère, noyau de roche et d'eau ; - la biosphère constituée par la vie ; - l'atmosphère, enveloppe gazeuse constituant l'air ; - la technosphère résultant de l'activité humaine ; - la noosphère ou sphère de la pensée. La notion de noosphère a marqué ensuite Teilhard de Chardin et James Lovelock.
  • 33. Raoul de Clermont (1863-1942), ingénieur agronome français, devenu avocat. Franc- Comtois issu d'une famille ayant contribué à la révolution scientifique et industrielle, précurseur de l’écologie. Observe la nature en naturaliste, la perçoit comme un artiste, la défend en juriste. S'engage d'abord dans la protection internationale des œuvres littéraires et artistiques, puis se consacre avec détermination à la protection de la nature et de l'environnement. Appelle de ses vœux une unification internationale des lois sur la protection des paysages, souhaite la création de réserves naturelles destinées à préserver les espèces végétales et animales. Initiateur en 1923 à Paris du Premier Congrès international pour la protection des sites et des monuments naturels. Un an plus tard, du 31 mai au 3 juin 1923, la ‘Société Nationale d’Acclimatation’, ancêtre de la ‘Société Nationale de la Protection de la Nature’ (SNPN), réunit plus de 300 savants, artistes et fonctionnaires pour réfléchir aux actions à mettre en œuvre pour protéger la nature. Véritable succès, ce Congrès marque le début de l’institutionnalisation et de l’internationalisation de la protection du vivant. « La nature est de toutes parts menacée par les progrès de l’industrie. L’activité de l’homme gagne des régions jusqu’ici inacces- sibles à ses entreprises ; son caprice ou son utilitarisme imprévoyant mettent en péril l’existence d’un grand nombre d’espèces animales et végétales. »
  • 34. Arthur Tansley Sir Arthur George Tansley (1871-1955), botaniste britannique. Études au Working Men's College puis au Trinity College à Cambridge. Professeur de botanique Sherardian à l'université d'Oxford (1927-1937). Pionnier dans l'écologie des plantes. Enseignant-chercheur à l'University College de Londres (1893-1907). Créé le terme d’ ‘écosystème’* en 1935 et celui d’ ‘écotope’ en 1939. Un des fondateurs de la British Ecological Society et rédacteur en chef du Journal of Ecology durant 20 ans. Écosystème : ensemble formé par une communauté d'êtres vivants en interaction (biocénose) avec son environnement (biotope). Les composants de l'écosystème développent un dense réseau de dépendances, d'échanges d'énergie, d'information et de matière permettant le maintien et le développement de la vie. Biotope (du grec : bíos : vie, et tópos : lieu ) : lieu de vie défini par des caractéristiques physiques et chimiques déterminées relativement uniformes. Ce milieu héberge un ensemble de formes de vie composant la biocénose : flore, faune, fonge (champignons), et des populations de micro-organismes. Écotope : seconde plus petite unité écologique après l'écoélément, sa taille peut varier de 2500 m² à 1,5 hectare (15000 m²)
  • 35. Bertrand Russell (1872-1970), mathématicien britannique, logicien, philosophe, épistémologue, homme politique, moraliste agnostique. Dans son essai In Praise of Idleness (Éloge de l'oisiveté -1932), affirme que l'homme voue au travail un culte non raisonnable qui l'amène à travailler toujours plus, que 4 heures de travail par jour suffiraient à faire vivre toute la population dans un confort suffisant tandis que le reste du temps serait consacré au loisir et à la culture. « Si le salarié ordinaire travaillait 4 heures par jour, il y aurait assez de tout pour tout le monde et pas de chômage, en supposant qu’on ait recours à un minimum d’organisation . Cette idée choque les nantis car ils sont convaincus que les pauvres ne sauraient comment organiser leurs loisirs. (…) Les méthodes modernes de production nous ont donné la possibilité de permettre à tous de vivre dans l’aisance et la sécurité. Nous avons choisi, à la place, le surmenage pour les uns et la misère pour les autres. En cela, nous nous sommes montrés bêtes, mais il n’y a pas de raison pour persévérer indéfiniment dans notre bêtise. »
  • 36. Albert Howard (1873-1947), agronome et botaniste anglais, considéré comme l'un des pères de l'agriculture biologique (organic farming). Mène une partie de sa carrière en Inde où il observe et apprécie les pratiques tradition- nelles des paysans. Préoccupé en premier lieu par les questions de fertilité des sols en lien avec leur teneur en matière organique, développe notamment des procédés de recueil et de compostage des matières organiques. Établit le lien entre fertilité des sols, qualité des aliments et santé des populations. Craint notamment que l'usage d'engrais synthétiques associés aux pesticides ne nuise à terme à la fertilité des sols aussi bien qu'à la santé des populations humaines. « Les futurs travaux de recherche devront être placés entre les mains d'un petit nombre d'hommes et femmes, qui se sont constitué une véritable expérience de terrain, qui ont reçu une éducation scientifique de première classe, et qui ont acquis une aptitude particulière à l'agriculture pratique. (...) L’approche des problèmes agricoles doit se faire à partir du terrain, pas à partir du laboratoire. »
  • 37. Albert Chappellier (1873-1949), ingénieur agronome, docteur ès sciences naturelles, directeur de la station de zoologie agricole au Centre national de recherches agronomiques (Versailles). En 1912, avec le lieutenant Hemery et quelques "ornithophiles" , dénonce le massacre des macareux moines à Perros-Guirrec et persuade le Préfet des Côtes d'Armor de prendre un arrêté afin d'interdire ces pratiques. Initiateur de la Réserve ornithologique des Sept-Îles (1912). Administrateur (1914-1949) de la Société nationale d’acclimatation de France (devenue ensuite Société nationale de Protection de la Nature - SNPN) dont il crée une section, la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), co-organisateur du 1er Congrès international de protection de la nature (1923). La LPO a pour objectif « la protection des oiseaux et des écosystèmes dont ils dépendent et, en particulier, la faune et la flore qui y sont associées ». Elle est le représentant officiel de BirdLife International en France depuis 1993.
  • 38. Joseph Russell Smith (1874-1966), économiste, géographe et agronome états-unien. Grandit dans les forêts de châtaigniers de Virginie. Étudie et enseigne l'économie à l'Université de Pennsylvanie et à la Wharton School of Business, passe à la Columbia University Business School. Y dirige le programme de géographie économique, domaine qu'il initie, définit et développe. Publie en 1929 son livre Tree Crops, A permanent agriculture (Culture d’arbres : une agriculture permanente). Y résume sa longue expérience en préconisant les légumes, fruits et les noix comme cultures pour l’alimentation humaine et la nourriture animale. Voit le monde comme un ensemble inter- connecté et suggère des systèmes mixtes d’arbres et de cultures en-des- sous des arbres. S’inspire, entre autres, des châtaigneraies françaises (Massif central, massif des Maures, Corse et massif armoricain) pour élaborer sa théorie développée dans son livre, car la châtaigne a longtemps servi de nourriture de base dans plusieurs régions des États-Unis. L'échec de l'agriculture industrielle tient à ce qu'elle est le produit d'une organisation économique qui dans sa simplification, son uniformisation et sa centralisation à prétendu pouvoir régir des processus naturels complexes et fragiles, résultat de millions d'années d'évolution.
  • 39. Charles-Jean Bernard (1876-1967), Suisse, docteur ès-sciences physiques et naturelles de l’Université de Genève. Conservateur à l’Herbier de Leyden, aux Pays-Bas, chef des laboratoires botaniques du jardin de Buitenzorg (1905-1937) dans la ville de Bogor à Java (ex-Indes néerlandaises). Président de la Ligue suisse pour la protection de la nature (1935-1955). Fondateur et président (1948-1954) de l’Union internationale pour la protection de la nature, créée en juillet 1948 par convention internationale signée à Fontainebleau sous les auspices du gouvernement français et de l’UNESCO, et devenue l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). L’UICN, observateur auprès de l’AG de l’ONU, représente plus de 1 200 organisations membres dans 140 pays dont 800 organisations non gouvernementales et près de 11 000 scientifiques et spécialistes volontaires au sein de six Commissions, plus de 1 000 professionnels travaillant dans 45 bureaux dans le monde entier.
  • 40. Richard Gregg Richard Bartlett Gregg (1885-1974), philosophe états-unien, diplômé de Harvard. En 1925, fait un voyage en Inde pour connaître Gandhi. Le premier philosophe social à avoir développé une théorie substantielle sur la résistance par la non-violence au XXe siècle. Suite à la rencontre de Gandhi, auteur de la phrase célèbre "Vivre simplement pour que les autres puissent simplement vivre", utilise pour la première fois en 1936 le concept de "simplicité volontaire" . Dans les années 1940, s'intéresse à l'écologie et à l'agriculture biologique et passe plusieurs années dans une ferme. « L’essence de la simplicité volontaire est de vivre d’une manière qui est extérieurement simple et intérieurement riche : frugalité de la consommation, fort sentiment de l’urgence environnementale, désir de retourner dans les milieux de vie et de travail à échelle plus humaine, intention de réaliser notre potentiel humain psychologique et spirituel en communauté avec les autres? »
  • 41. Fairfield Osborn jr (1887-1969), naturaliste et protecteur de la nature états-unien. Formation en biologie aux universités de Princeton et de Cambridge. En plein succès dans une carrière financière, commence à s'impliquer la New York Zoological Society comme administrateur (1923) puis Président (1940-1969) : aujourd'hui Wildlife Conservation Society -WCS, l'une des plus importantes ONG internationales de protection de la nature. En 1948, aide à établir le parc Jackson Hole Wildlife dans le Wyoming, et fait paraître un essai demeuré célèbre, Our Plundered Planet ("La planète au pillage"), qui dresse un réquisitoire sans appel contre l'utilisation abusive de la planète Terre qui est faite par l'humanité. « L’humanité risque de consommer sa ruine par sa lutte incessante et universelle contre la nature plus que par n’importe quelles guerres » « Le moment ne serait-il pas venu de reconnaître qu'aucune stabilité politique n'est possible si les besoins alimentaires fondamen- taux d'un peuple ne peuvent être satisfaits ? »
  • 42. Aldo Leopold (1887-1948), forestier, écologue et écologiste états-unien. Maîtrise de sylviculture. Forestier, puis consultant en environnement. Pratique la pêche et la chasse tout au long de sa vie. Ayant rejoint ‘l'Office américain des forêts’, devient responsable des 500.000 hectares de la Kit Carson National Forest. En 1933, nommé à la toute nouvelle chaire de gestion du gibier de l'université du Wisconsin. Obtient que la forêt de Gila devienne en 1924 le premier espace naturel officialisé par le gouvernement. Influence le développement de l'éthique environnementale moderne et le mouvement pour la protection des espaces naturels. Un des pères de la gestion de la protection de l'environnement aux États-Unis. Envisage une éthique de la gestion de la planète incluant les êtres vivants qu’elle abrite, les océans, les terres émergées, le sous- sol. Publié en 1949, son Almanach d'un comté des sables est une combinaison d'histoire naturelle et philosophie. ../..
  • 43. Aldo Leopold « Nous abusons de la Terre parce que nous la considérons comme une commodité qui nous appartient. Si nous la considérons au contraire comme un ensemble auquel nous appartenons, nous pouvons commencer à l'utiliser avec amour et respect. Il n'y a pas d'autre moyen si nous voulons que la Terre survive à l'impact de l'homme mécanisé. » « Notre faculté de percevoir la nature commence comme un art, par le plaisir des yeux ». « Je ne me fais pas d'illusions sur la rapidité avec laquelle une conscience écologique peut porter ses fruits. Il a fallu 19 siècles pour définir un code éthique à même de régir la conduite des hommes entre eux, et rien n'est encore parfait. L'élaboration d'un code de conduite portant sur les relations entre l'homme et la Terre pourrait bien prendre autant de temps. » « Examinez chaque question en termes de ce qui est éthique- ment et esthétiquement juste autant qu'en termes de ce qui est économiquement avantageux. Une chose est juste lorsqu'elle tend à préserver l'intégrité, la stabilité et la beauté de la communauté biotique. Elle est injuste lorsqu'elle tend à l'inverse. »
  • 44. Nikolaï Vavilov (1887-1943), botaniste et généticien russe et soviétique. Études à l'Institut agronomique de Moscou. Travaille dans les départements de botanique appliquée, mycologie, phytopathologie. Organise des expéditions botaniques et agronomiques à travers le monde afin de fournir des arguments à sa théorie sur l'origine des plantes cultivées, qui détermine 7 "berceaux" de végétaux dans le monde. Crée en 1926 la plus grande collection de semences, l‘’Institut pansoviétique de culture des plantes’. Effectue 200 missions dans 64 pays sur les 5 continents, organise un réseau de 115 stations d’essai. En étu- diant l'histoire évolutive du seigle, met au point la théorie du "mimétisme des plantes cultivées". Préoccupé par les risques de famine, se consacre en particulier à l’amélioration de la production de céréales, blé et maïs. Un des premiers scientifiques à avoir saisi l’importance du lien entre diversité biologique et sécurité alimentaire des sociétés. Adversaire du pseudo-généticien stalinien Trofim Lyssenko (1898- 1976), est arrêté en 1940. Meurt en prison trois ans plus tard. Photo : l’institut Vavilov à St Pétersbourg. 500 chercheurs scientifiques de haut vol y travaillent encore. L'institut possède 12 stations dont un terrain de 500 ha. La collection abrite aujourd’hui les graines et semences d'environ 400 000 variétés végétales dont 43 000 légumes, 5 000 petits fruits et près de 400 variétés de chanvre, faisant d'elle la quatrième banque de semence au monde. Selon les connaisseurs, 90 % des collections de cette « banque » ne se trouvent dans aucun autre établissement comparable.
  • 45. Alexander Chayanov (1888-1937), économiste agraire soviétique. Diplômé de l’'Institut agronomique de Moscou’, enseigne et publie alors des travaux sur le thème de l'agriculture, puis travaille pour différentes institutions gouvernementales. Après la Révolution d'Octobre 1917, siège dans plusieurs comités soviétiques pour la réforme agraire. Spécialiste de la sociologie rurale, défend l'agrarisme et les coopératives agricoles, est sceptique quant à l'efficacité des grandes exploitations agricoles. Préconise un mode de vie du paysan idéologiquement opposé au capitalisme : la famille travaille pour vivre et pas pour un profit. En 1930, arrêté dans le cadre de l'affaire du ‘Parti ouvrier paysan’, fabriquée par le NKVD, police politique du régime, condamné à 5 ans de camp de travail et exilé à Alma-Ata. En octobre 1937, arrêté à nouveau, "jugé" et fusillé le même jour. Son travail est redécouvert par les Occidentaux au milieu des années 1960. Les sociologues agricoles, les anthropologues et les ethnologues travaillant dans les pays en développement, où l'économie paysanne reste un facteur prédominant, appliquent sa théorie pour mieux comprendre la nature de la ferme familiale.
  • 46. Ehrenfried Pfeiffer (1899-1961), chimiste, ingénieur en électricité et agronome allemand. Prend contact puis collabore étroitement avec Rudolf Steiner au Goetheanum de Dornach (Suisse), où se trouve le centre des anthroposophes. Met en place un laboratoire de recherche biochimique à Dornach. Dans les années 1930, participe en Angleterre à de nombreuses conférences sur l’agriculture biologique, rencontre notamment sir Albert Howard et lord Northbourne. À la demande d’un groupe d’anthroposophes américains de Spring Valley, se rend aux États-Unis en 1933 afin de promouvoir la biodynamie. Fonde un institut de recherche et invente un procédé très novateur de compostage des déchets urbains et industriels. Met au point deux techniques, la cristallisation sensible du chlorure de cuivre et la morpho-chromatographie, censées permettre de visualiser les "forces formatrices éthérées" et la "vitalité" des aliments cultivés en agriculture biodynamique.
  • 47. Charles Elton Charles Sutherland Elton (1900-1991), écologue et zoologiste britannique. Mène des recherches systématiques sur la dynamique des populations animales et précisé les mécanismes régissant la chaîne trophique. S’intéresse notamment aux fluctuations des populations de rongeurs et de leurs prédateurs. Dans son livre Animal Ecology (1927), décrit les communautés biotiques en tant qu'associations d'espèces organisées autour de rela- tions alimentaires existant en leur sein et d'interactions entre les animaux sauvages. De ses travaux fondateurs sur les cycles alimen- taires découlent les notions de « chaîne alimentaire », de « pyramide alimentaire » et de « réseau trophique ». Réseau trophique : ensemble de chaînes alimentaires reliées entre elles au sein d'un écosystème et par lesquelles l'énergie et la biomasse circulent (échanges d'éléments tels que le flux de carbone et d'azote entre les différents niveaux de la chaîne alimentaire, échange de carbone entre les végétaux autotrophes et les hétérotrophes). Chaîne alimentaire : suite d'êtres vivants de différents niveaux trophiques dans laquelle chacun mange des organismes de niveau trophique inférieur dans le but d'acquérir de l'énergie.
  • 48. Joseph Lanza del Vasto (1901-1981). Écrivain, poète, artiste, philosophe et militant, de père sicilien et de mère flamande. En 1936, passe plusieurs mois près de Gandhi en Inde. Fonde en 1948 les ‘communautés de l’Arche’, axées sur la simplicité de vie, la révision des besoins, le travail des mains, la solidarité, la quête spirituelle et la non-violence. Dans ce qu’il appelle le "péché originel", discerne "l’esprit de profit, de lucre et de domination". Au milieu des "Trente Glorieuses", affirme que "la croissance des pays modernes est incompatible (…) avec la survie". Penseur et praticien de la simplicité volontaire, de la libération intérieure et de la joie de vivre. A concrètement expérimenté la décroissance et la non-violence : les communautés de l’Arche constituent un véritable laboratoire pour un vivre ensemble respectueux de la singularité de chacun, soucieux de l’impact minimal sur l’écosystème, préventif des tensions entre les peuples.
  • 49. René Dubos (1901-1982), agronome, biologiste et écologue états-unien d'origine française. ‘Institut national agronomique’ de Paris. Poste à Rome auprès de l‘’Institut international d'agriculture’, un organisme dépendant alors de la ‘Société des Nations’. Chercheur à l‘’Université Rutgers’ (New Jersey) puis à l’’Université Rockefeller’ (New York). Découvre l’action spécifique d’une enzyme bactérienne qui décompose la capsule des pneumocoques. Cette découverte le met sur la voie de la découverte de la gramicidine, premier antibiotique commercialisé. Découvre que les microbes développent des ferments "constitutifs" et des ferments "adaptatifs" qui permettent la réaction appelée "adaptation créatrice". Cela l’amène à découverte de la tyrothricine. Brevète en janvier 1940 les antibiotiques. Vers la fin de sa vie, se réoriente vers l'écologie et notamment l'écologie globale. Prépare en 1972, avec Barbara Ward, le rapport de base de la première Conférence des Nations unies sur l'environ- nement de Stockholm (CNUE ou "Sommet de la Terre"), qui a pour titre Nous n'avons qu'une Terre. En 1977, est le premier à formuler le célèbre mot d’ordre « Penser globalement, agir localement ». Il est ensuite à l'origine de la création du ‘Programme des Nations unies pour l'environnement’.
  • 50. Hans Jonas (1903-1993), philosophe allemand d’origine juive. En 1933, fuit l’Allemagne nazie pour Londres, puis la Palestine. Combat avec les Alliés, enseigne à l’Université hébraïque de Jérusalem, puis à la New School for Social Research à New-York. En 1979, publie Le principe responsabilité, en réponse au Principe espérance de Ernst Bloch. Affirme que l’homme est en passe de devenir le pire ennemi de l’homme et que le pouvoir énorme conféré à l’homme par la technoscience appelle une nouvelle forme de responsabilité. Doit être interdite toute technologie qui comporte le risque de détruire l’humanité. La responsabilité n’est plus conçue dans ses termes juridiques classiques, elle est une idée morale et métaphysique. « Nous sommes en danger permanent d’autodestruction collective. » « Agis de telle sorte que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d’une vie authentiquement humaine sur Terre le plus longtemps possible ».
  • 51. Marion King Hubbert (1903-1989), géophysicien états-unien. Travaille notamment dans les laboratoires de recherche de ‘Shell’ à Houston. Apporte de nombreuses contributions dans les domaines de la géologie et de la géophysique. En 1956, lors d'une rencontre de l'American Petroleum Institute à San Antonio, au Texas, fait la prédiction que la production globale de pétrole aux États-Unis atteindra son maximum aux alentours de 1970, avant de commencer à décroître. Devient célèbre quand on s'aperçoit qu'il a raison, en 1970. La courbe qu'il a employée dans son analyse est connue sous le nom de courbe de Hubbert, et le moment où elle atteint son maximum le pic de Hubbert.
  • 52. Bertrand de Jouvenel (1903-1987), écrivain et journaliste français, également juriste, politologue et économiste. Après des études scientifiques et juridiques, devient correspondant diplomatique, puis correspondant pour divers journaux, avant d'entamer une carrière universitaire. Penseur libéral, est, avec Gaston Berger, l'un des pionniers et théoriciens de la prospective en France. Fonde en 1974 la revue Futuribles, consacrée à la réflexion sur les futurs possibles Un des premiers à appeler dans son pays à une prise de cons- cience écologique. En 1957, emploie pour la première fois l’expression ‘écologie politique’ dans un texte intitulé « De l’économie politique à l’écologie politique » Son questionnement procède de ses réflexions sur l’économie, les sociétés industrielles, le regard porté sur la croissance, ses limites et son sens, problèmes indissolublement liés à celui des réserves naturelles, de leur emploi et de leur épuisement. Halte à la croissance est des titres-phares du ‘Club de Rome’ aux travaux duquel il participe. Sans catastrophisme ni remise en cause de principe des progrès technologiques, s’emploie à rechercher les voies pour concilier croissance durable et bien-être. S’interroge dès 1957 sur « les conditions physiques de la croissance économique ».
  • 53. René Dumont (1904-2001) agronome français. Auteur prolifique avec près de 70 ouvrages dont L'Afrique noire est mal partie en 1962 et L'Utopie ou la mort ! en 1973. Montre que le développement est le résultat de plusieurs facteurs qui interagissent : argent, engrais, semences, relations sociales, statut des femmes. Dénonce avant tout le monde les dégâts de la « révolution verte » à base de chimie et de monoculture intensive. Pronostique que le litre de pétrole à la pompe ne cesserait pas d’augmenter, est un des premier à entrevoir les dégâts écologiques et sociaux de la mondialisation libérale. Premier candidat écologiste aux élections présidentielles en 1974, joue un rôle-pivot entre une écologie de pensée et une écologie politique. Il faut, selon lui, s’élever contre « la religion de la croissance », imposée par « l’oligarchie des riches », ceux-là mêmes qui gaspillent le plus.
  • 54. Günther Schwab (1904-2006) écrivain, essayiste, scénariste et environnementaliste autrichien. Études de commerce, puis de sylviculture. Garde forestier en Basse-Autriche et en Styrie. Membre du parti nazi en 1930, puis lieute- nant dans la Wehrmacht. À partir de 1951, invité à écrire un article pour l'office allemand de Protection de la Nature. Ce qu'il découvre en préparant cet article l'impressionne tellement qu'il décide d'y consacrer un livre. Sa prise de conscience est telle qu'il craint une menace pour l'humanité elle-même. Abandonne par la suite sa profession et dédie sa vie à l'écriture. En 1958, fonde avec Linus Pauling le Weltbund zur Rettung des Lebens (WRL), devenu en 1963 ‘Union Mondiale pour la Protection de la Vie’, World Union for Protection of Life. Auteur la même année de Der Tanz mit dem Teufel ("La Danse avec le diable"), roman visionnaire et engagé empreint des idées écologistes, vitalistes, hygiénistes, malthusiennes. Dénonce le DDT, le lindane (HCH), le bromure de méthyle, le P4000, le borax et l’hexamine et les entreprises qui les produisent, notamment Du Pont, mais aussi la nourriture industrielle, les centrales nucléaires et la pollution sonore.
  • 55. Percival Alfred Yeomans (1905-1984), agriculteur et inventeur australien. Issu de l'ingénierie minière du terrassement, développe un sens aigu de l'observation hydrologique et topographique. Considère que l’érosion, les feux sauvages, l’assèchement des terres ne sont que le résultat d’une mauvaise planification agricole et d’une incompréhension de la topographie. Après la mort de son beau-frère dans un incendie de prairie, reprend la gestion d'un grand domaine en Nouvelle-Galles du Sud qu'il nomma plus tard Nevallan. Sur ces terres, déterminé à en développer et augmenter la fertilité, invente la méthode keyline (lignes clefs) en l'expérimentant pour la culture de pâturages. Invente un mode de conception et de gestion des paysages agricoles faisant un usage optimal de l’eau. Chaque paysage présente des particularités climatiques et topographiques. Le keyline design est à appliquer à chaque ferme ou terrain de façon personnalisée. Il contribue à la régénération des sols, à la bonne gestion des eaux de ruissellement, à la séquestration de carbone. Ses idées contribueront de façon décisive au développement de la permaculture.
  • 56. Nicholas Georgescu-Roegen (1906-1994), mathématicien et économiste roumain. Études à Bucarest, à Paris et à Londres. Professeur à Bucarest, Nashville et Strasbourg. Demande une réforme profonde de la science économique, jusqu’alors trop mécaniste, pour l’intégrer dans les enseignements de la physique thermodynamique et de la biologie évolutionniste. Ouvre la voie à la bioéconomie, pont entre les sciences biologiques et économiques. La thermodynamique éclaire le processus économique en démontrant que les ressources naturelles s’épuisent, la biologie aussi en révélant la vraie nature du processus économique. Les sociétés industrielles sont condamnées à la décroissance en raison de la loi physique de l’entropie. Elles auront opté pour une existence excitante, mais brève… Préconise la promotion de l’énergie solaire, de l’agriculture biologique, la réorientation des dépenses publiques, etc.
  • 57. Jacques Tati Jacques Tatischeff, dit Jacques Tati (1907-1982), réalisateur, acteur et scénariste français, d'origine franco-russo-néerlando-italienne. Abandonne les études à 16 ans, apprenti dans l'entreprise familiale, puis joueur de rugby, encadreur, acteur de cinéma. Cinéaste à partir de 1946, célèbre par les films Les vacances de Monsieur Hulot (1953), Mon oncle (1958), Playtime (1967), incarne le renouveau du burlesque français. Parodie la société contemporaine en sociologue souriant : se moque beaucoup du monde moderne, en particulier de la technique, mais le regard qu'il porte sur l'humanité est toujours bienveillant Son film Trafic*, projeté en salle en 1971, montre les effets pervers de l’invasion de la société par les automobiles « Avant de faire le film, j'étais resté un dimanche matin pendant deux heures sur un petit pont de l'autoroute de l‘Ouest. J'ai vu partir tous ces Parisiens qui allaient à la campagne. Et pendant ces deux heures, je n'ai pas vu un seul conducteur sourire. Pour un dimanche matin, dans le fond, c'est tout de même assez grave ! » * Monsieur Hulot (Jacques Tati) est dessinateur chez Altra, petite société parisienne de fabrication automobile. Il est chargé d'assurer le convoyage d'une Renault 4L aménagée en voiture de camping révolutionnaire de son invention, dotée de nombreux gadgets, pour une présentation au salon automobile d'Amsterdam. Maria (Kimberly), chargée des relations publiques d'Altra, très inquiète d'un retard initial, déchaîne, par ses initiatives, une série de contretemps et de catastrophes.
  • 58. Paul-Émile Victor (1907-1995), né de parents français immigrés d'origine juive d'Europe centrale. Ingénieur de l’’École centrale de Paris’, pilote d’avion. Explorateur polaire, scientifique, ethnologue, écrivain français. En 1934, embarque sur le navire Pourquoi-Pas ? du commandant Charcot : au cours de sa première année passée avec les Inuits, apprend à parler couramment leur langue. En 1936, traverse le Groenland en traîneaux à chiens. Fondateur et chef des expéditions polaires françaises de 1947 à1976. À partir de 1962, s'intéresse puis se passionne pour la défense de l'homme et de son environnement , devient en 1968 délégué général de la ‘Fondation pour la Sauvegarde de la Nature’, créée par Louis Armand. En 1974, crée le ‘Groupe Paul-Émile Victor pour la défense de l'homme et de son environnement’. « La situation de ce continent extrêmement fragile, et très sensible à l'ensemble des pollutions planétaires, est exemplaire de tout ce qui pèse sur la tête des générations futures.»
  • 59. Alexander King et Aurelio Peccei Alexander King (1909-2007), scientifique chimiste britannique. Travaille dans les administrations britanniques en tant que scientifique. En 1960, rejoint ‘l'OCDE’ et dirige la section Éducation et science. Aurelio Peccei (1908-1984), industriel italien En 1968, cofondateurs du ‘Club de Rome’, groupe de réflexion réunissant des scientifiques, des économistes, des fonctionnaires nationaux et internationaux, ainsi que des industriels de 52 pays, préoccupés des problèmes complexes auxquels doivent faire face toutes les sociétés, tant industrialisées qu'en développement. L'organisation acquiert une notoriété mondiale à l'occasion de la publication de l’ouvrage Les Limites à la croissance en 1972, aussi connu sous le nom de ‘rapport Meadows’, qui constitue la première étude importante mettant en exergue les dangers, pour l’environnement et donc l'humanité, de la croissance économique et démographique que connaît alors le monde. Le ‘Club de Rome’ adopte un programme d’action thématique autour des cinq points suivants : 1 - Plan d’action d’urgence pour la planète, 2 - Recadrer l’économie, 3 - Repenser la finance, 4 - Faire émerger une nouvelle civilisation grâce à la révolution humaine, 5 - Donner le leadership à la jeunesse et favoriser les dialogues intergénérationnels pour façonner l’avenir. ■