2011                                                                                Poster 79
                                                                                           Microbiologie
                                                                                           Microbiology



  Séroprévalence de l’infection par le Virus
 West-Nile chez la population humaine dans la
          région de Kenitra au Maroc

 El Rhaffouli H1*, El Harrak M2, Lotfi C2, El Boukhrissi F3, Bajjou T1, Laraqui A1, Hilali F1,
Kenfaoui M4, Lahlou-Amine I1

* elrhaffoulihicham@live.fr
1- Laboratoire de Recherche et de Biosécurité P-3, Hôpital Militaire d’Instruction Mohammed V, Université
Mohammed V-Souissi, Rabat, Maroc.
2- Laboratoire de Production Biologique et Pharmaceutique Vétérinaire, Rabat, Maroc.
3- Laboratoire de biochimie et de toxicologie, Hôpital Militaire Moulay Ismail, Meknès, Maroc.
4- Laboratoire d’Analyse Médicale Maamora, Kenitra, Maroc.
Introduction
       Le Maroc a rapporté 3 épizooties de
           Virus West Nile (VWN) en 1996, 2003 et
           2010 mais seul un cas d'infection
           humaine a été rapporté en 1996 [1].

       Une étude sérologique menée chez les
           oiseaux sauvages a démontré la
           circulation du VWN au sein des juvéniles
           nés dans le pays ce qui confirmait la
           circulation du VWN à bas bruit [2].

       Actuellement,           aucune    donnée
           concernant l'infection humaine par le                                                                        Distribution géographique du VWN
                                                                                                                     (source: http://www.cdc.gov/ncidod/dvbid/westnile/map.htm)
           VWN n'est disponible au Maroc et
           aucune étude n'a été réalisée.

1- El Harrak ME, Le Guenno B, Le Gounon P. Isolement du virus West Nile au Maroc. Virologie. 1997;1:248–9.
2- Figuerola, J., Baouab, R.E., Sorguer, R., Fassi-Fihri, O., Llorente, F. & Jimenez-Clavero, M.A. (2010) West Nile virus antibodies in wild birds, Morocco, 2008. Emerg Infect Dis. 2009 ;15:
                                                                                                                                                                                     2
1651-1653.
Objectif
 Déterminer la séroprévalence de l’infection par le VWN chez la
population humaine dans la région de Kenitra, située au Nord-Ouest du
Maroc et connue pour être une zone d’épizootie à WNV.




        Zone d'épizootie
        équine



        Zone de l'étude




                           Carte des cas équins de VWN Septembre 2010
                                           (Source Invs)
Matériels & Méthodes

       Cent sérums ont été recueillis de façon
           anonyme dans un laboratoire d’analyse
           médicale de la ville de Kenitra.



       Les       sérums ont été testés par
           séroneutralisation sur microplaque vis-
           à-vis de 100 TCID50 (calculated 50%
           tissue culture infective doses) de la
           souche marocaine «Morocco 1996-EQ                                                                            Manipulation sous poste de sécurité
           96-11» sur cellules Vero          (cellules                                                                          microbiologique
           rénales de singe vert africain) [3].


                                                                                                                                                         4
3- Schuffenecker I, Peyrefitte CN, El Harrak M, Murri S, Leblond A, Zeller H. West Nile virus in Morocco, 2003. Emerg Infect Dis. 2005;11:306–9.
Matériels & Méthodes                                                          (suite)

   Des dilutions sériques de facteur 3 (1:6
        à1:1458) ont été réalisées dans un milieu
        de culture cellulaire (Dulbecco’s Minimum
        Eagle medium). Le titre exact en anticorps
        neutralisants est calculé selon la méthode
        de Spearman-Kärber [4]. Tout résultat
        supérieur ou égal à 1:18 est considéré
        comme positif

   Des sérums positifs et négatifs (de                                                                                Microplaque de séroneutralisation
        chevaux) ont été testés ainsi qu'un titrage
        de la 100 TCID50 a été réalisé pour le
        contrôle des conditions expérimentales

                                                                                                                                                           5
4- Karber, G. Beitrag zur kollektiven Behandlung pharmakologischer 181 Reihenversuche [in German]. Path. u. Pharmakol. 1931; 162, 480-483.
Résultats
                    Nombre      Age moyen     Positif (%)     Titre
                                                             médian
      Homme            27          48 18          11        1:87   30
      Femme            73          47 17          27        1:98   31
        total         100          47 17          23        1:95   31


   Les titres en anticorps séro-neutralisants variaient de 1:31 à 1:2630

   La séroprévalence chez les sujets âgés de plus de 30 ans (24%) est
    statistiquement plus élevée que celle des patients de moins de 30 ans
    (13%)

   La séroprévalence du VWN chez les femmes est significativement plus
    élevée que chez les hommes

                                                                            6
Résultats       (suite)




         Tapis cellulaire intact après        Destruction du tapis cellulaire par le VWN
  séroneutralisation du VWN (sérum positif)                (sérum négatif)
      (Coloration May-Grünwald Giemsa)            (Coloration May-Grünwald Giemsa)




                                                                                           7
Discussion et conclusion
    La région de Kenitra est l’une des zones les plus humides du royaume. Elle
   présente un écosystème favorable à la circulation du VWN.
    Cette enquête nous a permis d’obtenir une séroprévalence supérieure à
   celle rapportée en Tunisie (13,7%)[5] mais qui reste inférieure à celles
   rapportées par des pays endémiques tel que l’Egypte (35%)[6].
    Le taux d’infection augmente avec l’âge des patients en raison du contact
   répété avec le VWN.
    La séroprévalence élevée chez les femmes pourrait être due à une
   surexposition aux moustiques dans leurs foyers en raison de la proximité
   des poulaillers.
    Cette étude préliminaire est la première preuve de la circulation du WNV
   au sein de la population humaine au Maroc. Des études complémentaires
   sont en cours afin d’améliorer les connaissances épidémiologiques de cette
   arbovirose émergente dans notre pays.

5- S. Riabi et al. Prevalence of IgG antibodies against West Nile virus in blood donors during the 2003 outbreak in TunisiaTransactions of the Royal Society of Tropical Medicine and Hygiene
104 (2010) 507–509
6- A. Soliman et al. Studies on West Nile virus infection in Egypt. Journal of Infection and Public Health (2010) 3, 54—59                                                             8

Poster 79 microbiologie

  • 1.
    2011 Poster 79 Microbiologie Microbiology Séroprévalence de l’infection par le Virus West-Nile chez la population humaine dans la région de Kenitra au Maroc El Rhaffouli H1*, El Harrak M2, Lotfi C2, El Boukhrissi F3, Bajjou T1, Laraqui A1, Hilali F1, Kenfaoui M4, Lahlou-Amine I1 * elrhaffoulihicham@live.fr 1- Laboratoire de Recherche et de Biosécurité P-3, Hôpital Militaire d’Instruction Mohammed V, Université Mohammed V-Souissi, Rabat, Maroc. 2- Laboratoire de Production Biologique et Pharmaceutique Vétérinaire, Rabat, Maroc. 3- Laboratoire de biochimie et de toxicologie, Hôpital Militaire Moulay Ismail, Meknès, Maroc. 4- Laboratoire d’Analyse Médicale Maamora, Kenitra, Maroc.
  • 2.
    Introduction  Le Maroc a rapporté 3 épizooties de Virus West Nile (VWN) en 1996, 2003 et 2010 mais seul un cas d'infection humaine a été rapporté en 1996 [1].  Une étude sérologique menée chez les oiseaux sauvages a démontré la circulation du VWN au sein des juvéniles nés dans le pays ce qui confirmait la circulation du VWN à bas bruit [2].  Actuellement, aucune donnée concernant l'infection humaine par le Distribution géographique du VWN (source: http://www.cdc.gov/ncidod/dvbid/westnile/map.htm) VWN n'est disponible au Maroc et aucune étude n'a été réalisée. 1- El Harrak ME, Le Guenno B, Le Gounon P. Isolement du virus West Nile au Maroc. Virologie. 1997;1:248–9. 2- Figuerola, J., Baouab, R.E., Sorguer, R., Fassi-Fihri, O., Llorente, F. & Jimenez-Clavero, M.A. (2010) West Nile virus antibodies in wild birds, Morocco, 2008. Emerg Infect Dis. 2009 ;15: 2 1651-1653.
  • 3.
    Objectif  Déterminer laséroprévalence de l’infection par le VWN chez la population humaine dans la région de Kenitra, située au Nord-Ouest du Maroc et connue pour être une zone d’épizootie à WNV. Zone d'épizootie équine Zone de l'étude Carte des cas équins de VWN Septembre 2010 (Source Invs)
  • 4.
    Matériels & Méthodes  Cent sérums ont été recueillis de façon anonyme dans un laboratoire d’analyse médicale de la ville de Kenitra.  Les sérums ont été testés par séroneutralisation sur microplaque vis- à-vis de 100 TCID50 (calculated 50% tissue culture infective doses) de la souche marocaine «Morocco 1996-EQ Manipulation sous poste de sécurité 96-11» sur cellules Vero (cellules microbiologique rénales de singe vert africain) [3]. 4 3- Schuffenecker I, Peyrefitte CN, El Harrak M, Murri S, Leblond A, Zeller H. West Nile virus in Morocco, 2003. Emerg Infect Dis. 2005;11:306–9.
  • 5.
    Matériels & Méthodes (suite)  Des dilutions sériques de facteur 3 (1:6 à1:1458) ont été réalisées dans un milieu de culture cellulaire (Dulbecco’s Minimum Eagle medium). Le titre exact en anticorps neutralisants est calculé selon la méthode de Spearman-Kärber [4]. Tout résultat supérieur ou égal à 1:18 est considéré comme positif  Des sérums positifs et négatifs (de Microplaque de séroneutralisation chevaux) ont été testés ainsi qu'un titrage de la 100 TCID50 a été réalisé pour le contrôle des conditions expérimentales 5 4- Karber, G. Beitrag zur kollektiven Behandlung pharmakologischer 181 Reihenversuche [in German]. Path. u. Pharmakol. 1931; 162, 480-483.
  • 6.
    Résultats Nombre Age moyen Positif (%) Titre médian Homme 27 48 18 11 1:87 30 Femme 73 47 17 27 1:98 31 total 100 47 17 23 1:95 31  Les titres en anticorps séro-neutralisants variaient de 1:31 à 1:2630  La séroprévalence chez les sujets âgés de plus de 30 ans (24%) est statistiquement plus élevée que celle des patients de moins de 30 ans (13%)  La séroprévalence du VWN chez les femmes est significativement plus élevée que chez les hommes 6
  • 7.
    Résultats (suite) Tapis cellulaire intact après Destruction du tapis cellulaire par le VWN séroneutralisation du VWN (sérum positif) (sérum négatif) (Coloration May-Grünwald Giemsa) (Coloration May-Grünwald Giemsa) 7
  • 8.
    Discussion et conclusion  La région de Kenitra est l’une des zones les plus humides du royaume. Elle présente un écosystème favorable à la circulation du VWN.  Cette enquête nous a permis d’obtenir une séroprévalence supérieure à celle rapportée en Tunisie (13,7%)[5] mais qui reste inférieure à celles rapportées par des pays endémiques tel que l’Egypte (35%)[6].  Le taux d’infection augmente avec l’âge des patients en raison du contact répété avec le VWN.  La séroprévalence élevée chez les femmes pourrait être due à une surexposition aux moustiques dans leurs foyers en raison de la proximité des poulaillers.  Cette étude préliminaire est la première preuve de la circulation du WNV au sein de la population humaine au Maroc. Des études complémentaires sont en cours afin d’améliorer les connaissances épidémiologiques de cette arbovirose émergente dans notre pays. 5- S. Riabi et al. Prevalence of IgG antibodies against West Nile virus in blood donors during the 2003 outbreak in TunisiaTransactions of the Royal Society of Tropical Medicine and Hygiene 104 (2010) 507–509 6- A. Soliman et al. Studies on West Nile virus infection in Egypt. Journal of Infection and Public Health (2010) 3, 54—59 8