Vasculites
Nathalie Gagnon MD, FRCP
Interniste
Centre des maladies vasculaires
CHUQ- Hôpital Saint-François d’Assise
Objectifs
 Définir le groupe hétérogène de maladies
appelées vasculites
 Classifier les différentes vasculites selon la
nomenclature internationale
 Approfondir la description clinique des vasculites
les plus fréquentes
 Décrire la thérapeutique pharmacologique
appropriée selon la présentation clinique
Déclaration conflit d’intérêt
 Aucun conflit d’intérêt
Plan de la présentation
 Classification des vasculites
 Vasculites des gros vaisseaux
 Artérite à cellules géantes
 Artérite de Takayasu
 Pharmacothérapie
 Vasculite des moyens vaisseaux
 Périartérite noueuse
 Pharmacothérapie
 Vasculites des petits vaisseaux
 Maladie de Wegener
 Pharmacothérapie
Qu’est-ce qu’une vasculite?
 Groupe hétérogène de syndromes cliniques
multisystémiques ayant en commun
l’inflammation vasculaire, la destruction du mur
vasculaire et la nécrose tissulaire.
 Chaque syndrome clinique possède un tropisme
particulier pour la localisation et la taille des
vaisseaux touchés.
Est-ce que tous ces symptômes
pourraient s’expliquer par …
Wegener?
PMR?
Périart...
Non,
Polyar…
NON!
C’est quoi
donc?
Takayasu ou
c’était
Kawasaki?
Churg
et
Strauss? À réviser
!!
Interniste ou
rhumatologue
Classification
 Deux classifications principales:
 Chapel Hill 1992
 Consensus d’experts
(rhumatologues, néphrologues, anatomo-
pathologistes) dans le but de clarifier la nosologie.
 American College of Rheumatology 1990
 Critères définis par l’étude de 807 cas et définissant 7
vasculites distinctives.
 L’objectif étant d’utiliser des critères validés pour la
recherche.
Chapel Hill
Chapel Hill
 Vasculite des vaisseaux de gros calibre
 Artérite à cellules géantes
 Artérite de Takayasu
 Vasculite des vaisseaux de moyen calibre
 Périartérite noueuse
 Maladie de Kawasaki
 Vasculite des vaisseaux de petit calibre
 Granulomatose de Wegener
 Syndrome de Churg and Strauss
 Polyangéite microscopique
 Purpura rhumatoïde de Henoch-Schönlein
 Cryoglobulinémie mixte essentielle
 Vasculites cutanées leucocytoclasiques
Classification de l’ACR
 Vasculites définies:
 Artérite à cellules géantes
 Artérite de Takayasu
 Granulomatose de Wegener
 Syndrome de Churg-Strauss
 Périartérite noueuse (polyartéritisnodosa)
 Purpura de Henoch-Schönlein
 Vasculite d’hypersensibilité
Vasculite des gros vaisseaux
 Artérite à cellule géante
 Artérite de Takayasu
Critères ACR
 Artérite à cellules géantes
 Âge au début de la maladie ≥ 50 ans
 Céphalée nouvelle ou changement de localisation
d’une céphalée
 Anomalie de l’artère temporale
 Vitesse de sédimentation élevée
 Biopsie artérielle anormale
 > 3 critères sur 5
 Sensibilité 93.5% et spécificité de 91.2%
Artérite cellules géantes
 Prévalence estimée à 200 cas par 100000
habitants de plus de 50 ans
 Artérite non nécrosante touchant les vaisseaux
de moyen et de gros calibre
 Âge > 50 ans
 Associée ou non avec la
polymyalgiarheumatica
Artérite à cellules géantes
 Symptômes généraux
 Chez 90% des patients
 Fatigue, amaigrissement, hyperthermie
légère, anorexie
 Atteinte du système carotidien externe
 Occlusion et rétrécissement de la lumière des
vaisseaux
 Céphalée uni ou bi-temporale intolérable
 Douleur au cuir chevelu, palais, gencive
 Claudication de la mâchoire
Artérite à cellules géantes
 Atteinte de l’artère ophtalmique
 Prévalence de la cécité 7 à 15 %
 Atteinte intracérébrale
 Encéphalite, ACV-ICT
 Atteinte aortique
 Anévrisme aortique thoracique ou abdominal
 Claudication des membres
 Phénomène de Raynaud
Artérite à cellules géantes
 Diagnostic
 Biochimique
 Inflammation sanguine (VS-PCR)
 Fibrinogène abaissé
 Anémie inflammatoire
 Thrombocytose
 Biopsie
Artérite de Takayasu
 Épidémiologie
 « Maladie de la femme sans pouls »
 Prévalence plus élevée
 Japon, Asie du Sud-Est, Mexique, Amérique Latine et
Afrique
 80-90% jeune femme 20-30 ans
 Pathologie
 Inflammation de l’ensemble de la paroi artérielle
 Fibrose en phase chronique, parfois dilatation
 Présence de cellules géantes (rare)
Critères ACR
 Artérite de Takayasu
 Âge au début de la maladie < 40 ans
 Claudication des extrémités
 Diminution du pouls artériel brachial
 Anisotension de 10 mmHg entre les bras
 Souffle artériel sous-clavier ou aortique
 Anomalie à l’artériographie
 > 3 sur 6 critères
 Sensibilité 90.5% et spécificité 97.8%
Artérite de Takayasu
 Artérite inflammatoire chronique
 Atteint de façon caractéristique l’aorte
ascendante et les branches principales
 Pulmonaires
 Coronaires
 Carotides
 Sous-clavières
 Vertébrales
 Rénales
 Iliaques
Artérite de Takayasu
 Étiologie encore inconnue à ce jour
 Hypothèse auto-immune
 Aucun anticorps spécifique
 Hypothèse infectieuse
Artérite de Takayasu
 Clinique
 Phase préocclusive (frustre)
 Symptômes généraux
 Fièvre, douleur sur trajet
artériel, arthralgie, myalgie
 Signes cutanés
 Pyodermagangrenosum, érythème noueux
 Signes oculaires
 Épisclérite, uvéite antérieure
Artérite de Takayasu
 Phase occlusive
 Atteinte axillaire et sous-clavière
 Claudication du membre supérieur, asymétrie de
tension artérielle, souffle vasculaire, Raynaud
 Parfois symptômes neurologiques sur bas débit
cérébral
 Atteinte thoraco-abdominale
 Hypertension artérielle, angine mésentérique
 Atteinte pulmonaire
 Atteinte coronaire
 Insuffisance valve aortique
Pharmacothérapie
Vasculites des gros vaisseaux
 Induction
 Corticostéroïdes à haute dose
 PO: 40 à 60 mg ID pour 4 semaines
 IV: 1g ID pour 3 jours puis passage PO
 Entretien
 Corticostéroïdes
 Sevrage jusqu’à 10-15 mg ID sur 3 mois puis de
1mg/mois
 Agents épargnant les corticostéroïdes
 Methotrexate 7.5-15 mg par semaine
 Diminue la dose cumulative de corticostéroïde
 Réduit le risque de la première et deuxième rechute
 Azathioprine
 2-2.5 mg/kg/j
 Diminue dose cumulative de corticostéroïde
 Etanercept (autres études à venir)
Artérite des moyens vaisseaux
 Périartérite noueuse
 Une des plus anciennes vasculites décrites
 Atteint les artères de moyen calibre parfois de petit
calibre
 Homme = femme
 Âge de 40-60 ans
 Cause infectieuse fréquente
 Infection VHB
 Cause néoplasique
 Tumeur maligne ou hémopathie
Critères ACR
 Périartérite noueuse
 Livedo reticularis
 Perte de poids > 4 kg
 Douleur testiculaire
 Myalgie, faiblesse ou sensibilité aux membres inférieurs
 Mononeuropathie ou polyneuropathie
 Tension artérielle diastolique > 90 mmHg
 Élévation urée ou créatinine
 Virus de l’hépatite B
 Anomalie artériographique
 Biopsie artère petit ou moyen calibre montrant
polymorphonucléaires
 > 3 sur 10 critères
 Sensibilité 82.2% et spécificité 86.6%
Périartérite noueuse
 Vasculite nécrosante segmentaire avec des
lésions d’âges différents
 Inflammation périvasculaire avec nécrose
fibrinoïde
 Formation de micro-anévrisme
 Signes généraux
 Perte de poids, fièvre
 Myalgie (50%)
 CK normaux ou légèrement augmentés
Périartérite noueuse
 Atteinte neurologique
 Neuropathie périphérique (50-75%)
 Mononévrite multiple
 Système nerveux central (rare)
 Encéphalopathie, épilepsie, AVC, hémorragie
 Atteinte cutané
 Purpura palpable, nodules sous-cutanés
 Atteinte rénale
 Sténose et anévrisme dans les artères rénales
 Hypertension artérielle rénovasculaire
Périartérite noueuse
 Atteinte cardiaque
 Infarctus du myocarde, myocardite…insuffisance
cardiaque
 Atteinte digestive
 Première cause de décès à 1 an
 Fréquente chez les PAN-VHB
 Ischémie vasculaire
 Perforation intestinale, hémorragie
Périartérite noueuse
 Histoire naturelle
 Taux de survie augmenté de 12% à 75-80% avec
immunosuppresseurs
 Peu de rechute
 Diagnostic
 Biochimique
 Inflammation sanguine
 Leucocytose
 Hyperéosinophilie (1500/mm3)
 VHB à faire
 Pas d’anticorps spécifique
Périartérite noueuse
 Biopsie
 Inflammation périvasculaire
 Nécrose fibrinoïde de la média
 Atteinte de l’endothelium
 Puis fibrose…
 Musculaire permet diagnostic dans 60 %
 Rénale déconseillée
 Cutanée
 Vasculiteleucocytoclasiquenon-spécifique
Score pronostique
 Score 5 facteurs pronostiques:
 Créatinine ≥ 140 μmol/l
 Protéinurie > 1 g/ 24h
 Atteinte gastrointestinale
 Cardiomyopathie
 Atteinte neurologique centrale spécifique
 Taux de survie à 5 ans
 Aucun critère = 88 %
 Un critère = 74 %
 Deux critères et plus = 54 %
Pharmacothérapie
Périartérite noueuse
 Induction
 Corticostéroïdes
 Prednisone: 1mg/kg/j pour 1 mois puis sevrage sur 3
mois jusqu’à dose de 15 mg/j
 Methylprednisolone: 15 mg/kg/j bolus iv (1 à 3)
 Débuter sevrage après 1 mois de traitement
 Cyclophosphamide
 Étude 6 vs 12 injections IV avec corticostéroïdes
 Durée de rémission plus prolongée avec 12 injections
 Entretien
 Peu de données pour cette vasculite
 Extrapolation du traitement des vasculites des
petits vaisseaux
 Azathioprine pour un total de 12 mois
 Surtout chez les patients avec atteinte sévère ou
rechute
 Échange plasmatique
 Utilité dans la PAN-VHB
 Immunoglobuline peu efficace
Vasculite des petits vaisseaux
 Granulomatose avec polyangéite
Granulomatose avec polyangéite
 Vasculite systémique nécrosante caractérisée
par:
 Inflammation granulomateuse de la paroi des
vaisseaux
 Atteinte des petits vaisseaux (artériole-capillaire-
veinule)
 Présence d’auto-anticorps dirigés contre le
cytoplasme des polynucléaires neutrophiles
 Âge 45-60 ans
 Étiologie demeure inconnue de nos jours
• Les ANCA interagissent avec les polymorphonucléaires
•Activation et dégranulation
•Favorisent l’adhérence et la lyse des cellules
endothéliales
•Ils sont « aidés » par des cytokines dont le TNF-α
Anticorps ciblant la
protéinase-3 (PR3) et la MPO
présents dans les
polymorphonucléaires.
Critères ACR
 Granulomatose avec polyangéite
 Inflammation nasale ou orale
 Anomalie radiographie pulmonaire
 Micro-hématurie
 Inflammation granulomateuse sur la biopsie
 > 2 sur 6 critères positifs
 Sensibilité 88.2% et spécificité 92%
Granulomatose avec polyangéite
 Homme = femme
 Plus fréquent chez les caucasiens
 Prévalence de 24 à 157 cas par million
d’habitants
 Histoire naturelle
 Mortelle dans sa forme systémique sans traitement
 Rémission 80% des patients
 Mortalité globale de 10-15% à 5 ans
 Rechute chez près de 50% patients avec traitement
d’entretien
Granulomatose avec polyangéite
 Signes généraux
 Plus frustre que d’autres vasculites
 Asthénie, fièvre, arthralgies, arthrites
symétriques, myalgies, amaigrissement
 Atteinte ORL
 70% des patients
 Obstruction nasale persistante
 Sinusite à répétition, croûteuse, hémorragique
 Otite moyenne séreuse, hypoacousie
 Atteinte des cartilages du visage
 Pseudotumeur orbitaire, exophtalmie
 Sténose sous-glottique
Granulomatose avec polyangéite
 Atteinte pulmonaire
 Multiples présentations
 Nodules souvent excavés avec paroi épaisse
 Infiltrats pulmonaires
 Sténose bronchioles
 Hémorragies intra-alvéolaires 8-30%
 Atteinte rénale
 Glomérulonéphrite pauci-immune
 Pas de dépôts immuns identifiable en
immunofluorescence
 Peu se dégrader de jours en semaines
 Atteintes urétérales décrites
Granulomatose avec polyangéite
 Atteinte neurologique
 Périphérique
 Multinévrite
 Polyneuropathiesensitivo-motrice
 Système nerveux central (rare)
 Atteinte granulomateuse ou vasculite franche
 Atteinte cutané
 Purpura palpable
 Ulcération buccale, hypertrophie gingivale
Pharmacothérapie
Vasculites des petits vaisseaux
 EUVAS classification des vasculites à ANCA
 Localisée
 voies respiratoires supérieures ou inférieures
 Systémique précoce
 Sans atteinte menaçant la vie
 Généralisée
 Rénale ou autre atteinte d’organe
 Créatinine < 500 μmol/L
 Sévère
 Rénale ou autre atteinte d’organe
 Créatinine > 500μmol/L
 Réfractaire
 Maladie progressive ne répondant pas au traitement
par glucocorticoïde et cyclophosphamide
Pharmacothérapie
Vasculites des petits vaisseaux
 INDUCTION
 Maladie généralisée
 Corticostéroïdes
 Prednisone:
 1 mg/kg/j pour 1 mois puis 0.4 mg/kg/j pour 2 mois puis
sevrage progressif
 Methylprednisolone
 Agent cytotoxique
 Cyclophosphamide:
 15 mg/kg (max 1.2 g) aux deux semaines pour 3 doses puis
aux 3 semaines pour 3 à 6 autres doses
 Rituximab
 INDUCTION
 Localisée ou systémique précoce
 Methotrexate: 20-25 mg/semaine
 Prednisone
 Sévère
 Ajout échanges plasmatiques si atteinte rénale
> 500 μmol/L
 Entretien (18 ou 24 mois)
 Prednisone: sevrage ad 10 mg/j et tenter de le
cesser
 Azathioprine: 2 mg/kg/j pour 18 mois
 Methotrexate: 20-25 mg/semaine
 Bactrim DS BID ou 3x/sem ou ID
 Diminue le risque de rechute 40 % supplémentaire à 1
an avec ou sans Staph Aureus
Conclusion
 Maladie hétérogène
 Multisystémique
 Mauvais pronostic
 Traitements basés sur immunosuppression
Bibliographique
 Guillevin L, Meyer O, Sibilia J, Traité des maladies
et syndromes systémiques 5e Édition:
Flammarion, Paris 2008
 EuropeanVasculitisStudy Group, EULAR
recommandations for the management of
primarysmall and medium vesselvasculitis, Ann
Rheum Dis 2009 68: 310-317
 Chan M, Luqmani R, Pharmacotherapy of
vasculitis, Expert Opin. Pharmacoth. 2009 10:
1273-1289

2013session1 4

  • 1.
    Vasculites Nathalie Gagnon MD,FRCP Interniste Centre des maladies vasculaires CHUQ- Hôpital Saint-François d’Assise
  • 2.
    Objectifs  Définir legroupe hétérogène de maladies appelées vasculites  Classifier les différentes vasculites selon la nomenclature internationale  Approfondir la description clinique des vasculites les plus fréquentes  Décrire la thérapeutique pharmacologique appropriée selon la présentation clinique
  • 3.
    Déclaration conflit d’intérêt Aucun conflit d’intérêt
  • 4.
    Plan de laprésentation  Classification des vasculites  Vasculites des gros vaisseaux  Artérite à cellules géantes  Artérite de Takayasu  Pharmacothérapie  Vasculite des moyens vaisseaux  Périartérite noueuse  Pharmacothérapie  Vasculites des petits vaisseaux  Maladie de Wegener  Pharmacothérapie
  • 5.
    Qu’est-ce qu’une vasculite? Groupe hétérogène de syndromes cliniques multisystémiques ayant en commun l’inflammation vasculaire, la destruction du mur vasculaire et la nécrose tissulaire.  Chaque syndrome clinique possède un tropisme particulier pour la localisation et la taille des vaisseaux touchés.
  • 6.
    Est-ce que tousces symptômes pourraient s’expliquer par … Wegener? PMR? Périart... Non, Polyar… NON! C’est quoi donc? Takayasu ou c’était Kawasaki? Churg et Strauss? À réviser !! Interniste ou rhumatologue
  • 7.
    Classification  Deux classificationsprincipales:  Chapel Hill 1992  Consensus d’experts (rhumatologues, néphrologues, anatomo- pathologistes) dans le but de clarifier la nosologie.  American College of Rheumatology 1990  Critères définis par l’étude de 807 cas et définissant 7 vasculites distinctives.  L’objectif étant d’utiliser des critères validés pour la recherche.
  • 8.
  • 9.
    Chapel Hill  Vasculitedes vaisseaux de gros calibre  Artérite à cellules géantes  Artérite de Takayasu  Vasculite des vaisseaux de moyen calibre  Périartérite noueuse  Maladie de Kawasaki  Vasculite des vaisseaux de petit calibre  Granulomatose de Wegener  Syndrome de Churg and Strauss  Polyangéite microscopique  Purpura rhumatoïde de Henoch-Schönlein  Cryoglobulinémie mixte essentielle  Vasculites cutanées leucocytoclasiques
  • 10.
    Classification de l’ACR Vasculites définies:  Artérite à cellules géantes  Artérite de Takayasu  Granulomatose de Wegener  Syndrome de Churg-Strauss  Périartérite noueuse (polyartéritisnodosa)  Purpura de Henoch-Schönlein  Vasculite d’hypersensibilité
  • 11.
    Vasculite des grosvaisseaux  Artérite à cellule géante  Artérite de Takayasu
  • 12.
    Critères ACR  Artériteà cellules géantes  Âge au début de la maladie ≥ 50 ans  Céphalée nouvelle ou changement de localisation d’une céphalée  Anomalie de l’artère temporale  Vitesse de sédimentation élevée  Biopsie artérielle anormale  > 3 critères sur 5  Sensibilité 93.5% et spécificité de 91.2%
  • 13.
    Artérite cellules géantes Prévalence estimée à 200 cas par 100000 habitants de plus de 50 ans  Artérite non nécrosante touchant les vaisseaux de moyen et de gros calibre  Âge > 50 ans  Associée ou non avec la polymyalgiarheumatica
  • 14.
    Artérite à cellulesgéantes  Symptômes généraux  Chez 90% des patients  Fatigue, amaigrissement, hyperthermie légère, anorexie  Atteinte du système carotidien externe  Occlusion et rétrécissement de la lumière des vaisseaux  Céphalée uni ou bi-temporale intolérable  Douleur au cuir chevelu, palais, gencive  Claudication de la mâchoire
  • 15.
    Artérite à cellulesgéantes  Atteinte de l’artère ophtalmique  Prévalence de la cécité 7 à 15 %  Atteinte intracérébrale  Encéphalite, ACV-ICT  Atteinte aortique  Anévrisme aortique thoracique ou abdominal  Claudication des membres  Phénomène de Raynaud
  • 17.
    Artérite à cellulesgéantes  Diagnostic  Biochimique  Inflammation sanguine (VS-PCR)  Fibrinogène abaissé  Anémie inflammatoire  Thrombocytose  Biopsie
  • 19.
    Artérite de Takayasu Épidémiologie  « Maladie de la femme sans pouls »  Prévalence plus élevée  Japon, Asie du Sud-Est, Mexique, Amérique Latine et Afrique  80-90% jeune femme 20-30 ans  Pathologie  Inflammation de l’ensemble de la paroi artérielle  Fibrose en phase chronique, parfois dilatation  Présence de cellules géantes (rare)
  • 20.
    Critères ACR  Artéritede Takayasu  Âge au début de la maladie < 40 ans  Claudication des extrémités  Diminution du pouls artériel brachial  Anisotension de 10 mmHg entre les bras  Souffle artériel sous-clavier ou aortique  Anomalie à l’artériographie  > 3 sur 6 critères  Sensibilité 90.5% et spécificité 97.8%
  • 21.
    Artérite de Takayasu Artérite inflammatoire chronique  Atteint de façon caractéristique l’aorte ascendante et les branches principales  Pulmonaires  Coronaires  Carotides  Sous-clavières  Vertébrales  Rénales  Iliaques
  • 23.
    Artérite de Takayasu Étiologie encore inconnue à ce jour  Hypothèse auto-immune  Aucun anticorps spécifique  Hypothèse infectieuse
  • 24.
    Artérite de Takayasu Clinique  Phase préocclusive (frustre)  Symptômes généraux  Fièvre, douleur sur trajet artériel, arthralgie, myalgie  Signes cutanés  Pyodermagangrenosum, érythème noueux  Signes oculaires  Épisclérite, uvéite antérieure
  • 26.
    Artérite de Takayasu Phase occlusive  Atteinte axillaire et sous-clavière  Claudication du membre supérieur, asymétrie de tension artérielle, souffle vasculaire, Raynaud  Parfois symptômes neurologiques sur bas débit cérébral  Atteinte thoraco-abdominale  Hypertension artérielle, angine mésentérique  Atteinte pulmonaire  Atteinte coronaire  Insuffisance valve aortique
  • 27.
    Pharmacothérapie Vasculites des grosvaisseaux  Induction  Corticostéroïdes à haute dose  PO: 40 à 60 mg ID pour 4 semaines  IV: 1g ID pour 3 jours puis passage PO  Entretien  Corticostéroïdes  Sevrage jusqu’à 10-15 mg ID sur 3 mois puis de 1mg/mois
  • 28.
     Agents épargnantles corticostéroïdes  Methotrexate 7.5-15 mg par semaine  Diminue la dose cumulative de corticostéroïde  Réduit le risque de la première et deuxième rechute  Azathioprine  2-2.5 mg/kg/j  Diminue dose cumulative de corticostéroïde  Etanercept (autres études à venir)
  • 29.
    Artérite des moyensvaisseaux  Périartérite noueuse  Une des plus anciennes vasculites décrites  Atteint les artères de moyen calibre parfois de petit calibre  Homme = femme  Âge de 40-60 ans  Cause infectieuse fréquente  Infection VHB  Cause néoplasique  Tumeur maligne ou hémopathie
  • 30.
    Critères ACR  Périartéritenoueuse  Livedo reticularis  Perte de poids > 4 kg  Douleur testiculaire  Myalgie, faiblesse ou sensibilité aux membres inférieurs  Mononeuropathie ou polyneuropathie  Tension artérielle diastolique > 90 mmHg  Élévation urée ou créatinine  Virus de l’hépatite B  Anomalie artériographique  Biopsie artère petit ou moyen calibre montrant polymorphonucléaires  > 3 sur 10 critères  Sensibilité 82.2% et spécificité 86.6%
  • 31.
    Périartérite noueuse  Vasculitenécrosante segmentaire avec des lésions d’âges différents  Inflammation périvasculaire avec nécrose fibrinoïde  Formation de micro-anévrisme  Signes généraux  Perte de poids, fièvre  Myalgie (50%)  CK normaux ou légèrement augmentés
  • 32.
    Périartérite noueuse  Atteinteneurologique  Neuropathie périphérique (50-75%)  Mononévrite multiple  Système nerveux central (rare)  Encéphalopathie, épilepsie, AVC, hémorragie  Atteinte cutané  Purpura palpable, nodules sous-cutanés  Atteinte rénale  Sténose et anévrisme dans les artères rénales  Hypertension artérielle rénovasculaire
  • 35.
    Périartérite noueuse  Atteintecardiaque  Infarctus du myocarde, myocardite…insuffisance cardiaque  Atteinte digestive  Première cause de décès à 1 an  Fréquente chez les PAN-VHB  Ischémie vasculaire  Perforation intestinale, hémorragie
  • 36.
    Périartérite noueuse  Histoirenaturelle  Taux de survie augmenté de 12% à 75-80% avec immunosuppresseurs  Peu de rechute  Diagnostic  Biochimique  Inflammation sanguine  Leucocytose  Hyperéosinophilie (1500/mm3)  VHB à faire  Pas d’anticorps spécifique
  • 37.
    Périartérite noueuse  Biopsie Inflammation périvasculaire  Nécrose fibrinoïde de la média  Atteinte de l’endothelium  Puis fibrose…  Musculaire permet diagnostic dans 60 %  Rénale déconseillée  Cutanée  Vasculiteleucocytoclasiquenon-spécifique
  • 38.
    Score pronostique  Score5 facteurs pronostiques:  Créatinine ≥ 140 μmol/l  Protéinurie > 1 g/ 24h  Atteinte gastrointestinale  Cardiomyopathie  Atteinte neurologique centrale spécifique  Taux de survie à 5 ans  Aucun critère = 88 %  Un critère = 74 %  Deux critères et plus = 54 %
  • 39.
    Pharmacothérapie Périartérite noueuse  Induction Corticostéroïdes  Prednisone: 1mg/kg/j pour 1 mois puis sevrage sur 3 mois jusqu’à dose de 15 mg/j  Methylprednisolone: 15 mg/kg/j bolus iv (1 à 3)  Débuter sevrage après 1 mois de traitement  Cyclophosphamide  Étude 6 vs 12 injections IV avec corticostéroïdes  Durée de rémission plus prolongée avec 12 injections
  • 40.
     Entretien  Peude données pour cette vasculite  Extrapolation du traitement des vasculites des petits vaisseaux  Azathioprine pour un total de 12 mois  Surtout chez les patients avec atteinte sévère ou rechute  Échange plasmatique  Utilité dans la PAN-VHB  Immunoglobuline peu efficace
  • 41.
    Vasculite des petitsvaisseaux  Granulomatose avec polyangéite
  • 42.
    Granulomatose avec polyangéite Vasculite systémique nécrosante caractérisée par:  Inflammation granulomateuse de la paroi des vaisseaux  Atteinte des petits vaisseaux (artériole-capillaire- veinule)  Présence d’auto-anticorps dirigés contre le cytoplasme des polynucléaires neutrophiles  Âge 45-60 ans  Étiologie demeure inconnue de nos jours
  • 43.
    • Les ANCAinteragissent avec les polymorphonucléaires •Activation et dégranulation •Favorisent l’adhérence et la lyse des cellules endothéliales •Ils sont « aidés » par des cytokines dont le TNF-α Anticorps ciblant la protéinase-3 (PR3) et la MPO présents dans les polymorphonucléaires.
  • 44.
    Critères ACR  Granulomatoseavec polyangéite  Inflammation nasale ou orale  Anomalie radiographie pulmonaire  Micro-hématurie  Inflammation granulomateuse sur la biopsie  > 2 sur 6 critères positifs  Sensibilité 88.2% et spécificité 92%
  • 45.
    Granulomatose avec polyangéite Homme = femme  Plus fréquent chez les caucasiens  Prévalence de 24 à 157 cas par million d’habitants  Histoire naturelle  Mortelle dans sa forme systémique sans traitement  Rémission 80% des patients  Mortalité globale de 10-15% à 5 ans  Rechute chez près de 50% patients avec traitement d’entretien
  • 46.
    Granulomatose avec polyangéite Signes généraux  Plus frustre que d’autres vasculites  Asthénie, fièvre, arthralgies, arthrites symétriques, myalgies, amaigrissement  Atteinte ORL  70% des patients  Obstruction nasale persistante  Sinusite à répétition, croûteuse, hémorragique  Otite moyenne séreuse, hypoacousie  Atteinte des cartilages du visage  Pseudotumeur orbitaire, exophtalmie  Sténose sous-glottique
  • 48.
    Granulomatose avec polyangéite Atteinte pulmonaire  Multiples présentations  Nodules souvent excavés avec paroi épaisse  Infiltrats pulmonaires  Sténose bronchioles  Hémorragies intra-alvéolaires 8-30%  Atteinte rénale  Glomérulonéphrite pauci-immune  Pas de dépôts immuns identifiable en immunofluorescence  Peu se dégrader de jours en semaines  Atteintes urétérales décrites
  • 49.
    Granulomatose avec polyangéite Atteinte neurologique  Périphérique  Multinévrite  Polyneuropathiesensitivo-motrice  Système nerveux central (rare)  Atteinte granulomateuse ou vasculite franche  Atteinte cutané  Purpura palpable  Ulcération buccale, hypertrophie gingivale
  • 51.
    Pharmacothérapie Vasculites des petitsvaisseaux  EUVAS classification des vasculites à ANCA  Localisée  voies respiratoires supérieures ou inférieures  Systémique précoce  Sans atteinte menaçant la vie  Généralisée  Rénale ou autre atteinte d’organe  Créatinine < 500 μmol/L  Sévère  Rénale ou autre atteinte d’organe  Créatinine > 500μmol/L  Réfractaire  Maladie progressive ne répondant pas au traitement par glucocorticoïde et cyclophosphamide
  • 52.
    Pharmacothérapie Vasculites des petitsvaisseaux  INDUCTION  Maladie généralisée  Corticostéroïdes  Prednisone:  1 mg/kg/j pour 1 mois puis 0.4 mg/kg/j pour 2 mois puis sevrage progressif  Methylprednisolone  Agent cytotoxique  Cyclophosphamide:  15 mg/kg (max 1.2 g) aux deux semaines pour 3 doses puis aux 3 semaines pour 3 à 6 autres doses  Rituximab
  • 53.
     INDUCTION  Localiséeou systémique précoce  Methotrexate: 20-25 mg/semaine  Prednisone  Sévère  Ajout échanges plasmatiques si atteinte rénale > 500 μmol/L
  • 54.
     Entretien (18ou 24 mois)  Prednisone: sevrage ad 10 mg/j et tenter de le cesser  Azathioprine: 2 mg/kg/j pour 18 mois  Methotrexate: 20-25 mg/semaine  Bactrim DS BID ou 3x/sem ou ID  Diminue le risque de rechute 40 % supplémentaire à 1 an avec ou sans Staph Aureus
  • 55.
    Conclusion  Maladie hétérogène Multisystémique  Mauvais pronostic  Traitements basés sur immunosuppression
  • 56.
    Bibliographique  Guillevin L,Meyer O, Sibilia J, Traité des maladies et syndromes systémiques 5e Édition: Flammarion, Paris 2008  EuropeanVasculitisStudy Group, EULAR recommandations for the management of primarysmall and medium vesselvasculitis, Ann Rheum Dis 2009 68: 310-317  Chan M, Luqmani R, Pharmacotherapy of vasculitis, Expert Opin. Pharmacoth. 2009 10: 1273-1289