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Trombinoscope "Chercheurs d’humanité"
Chercheurs de sens
(art, religion, philosophie, spiritualité)
10 - de 1888 à 1900
É. G .18.04.2022
Toyohiko Kagawa
(1888-1960), réformateur japonais, militant chrétien, social et écolo-
giste. Fils d'un homme d'affaires et d'une danseuse qui meurent pendant
son enfance. Se convertit au christianisme, ce qui lui vaut d’être rejeté par
sa famille. Étudie au Tokyo Presbyterian College, puis au Kobe Theological
Seminary.
Pour épouser la pauvreté, abandonne, le jour de Noël 1909, le
séminaire presbytérien pour le sordide quartier de Shenkawa à Osaka, et
choisit une maison qu'un assassinat avait rendue maudite. Y agit comme
missionnaire, travailleur social et sociologue.
De 1914 à 1916, étudie aux États-Unis au Princeton Theological
Seminary. En plus de la théologie, y étudie l'embryologie, la génétique,
l'anatomie comparée et la paléontologie. Affirme que le christianisme est
une éthique d’action et non l’adhésion à des doctrines.
En 1916, publie Recherches sur la psychologie des pauvres, où il
décrit différents aspects de la pauvreté dans la société.
Arrêté en 1921 puis en 1922 pour son rôle dans l'activisme ouvrier
pendant les grèves. Aide à organiser les secours à Tokyo suite au grand
tremblement de terre de 1923 et lutte pour le suffrage universel masculin
en 1925. ../..
Toyohiko Kagawa
Anime la ‘Fédération japonaise du travail’ ainsi que la ‘Ligue nationale
anti-guerre’ en 1928, continue son travail auprès des plus pauvres, préco-
nise le suffrage des femmes et appelle à une politique étrangère pacifique.
Précurseur de l'agriculture forestière moderne et de la plantation
d'arbres fruitiers et de noix sur les terres agricoles, convainc durant les
années 1930 les fermiers japonais situés dans les hauteurs que la solution
à leur problème d'érosion des sols est de planter de nombreux arbres. La
plantation d'arbres fruitiers ou à coques protège le sol, procure de la
nourriture aux hommes et du fourrage aux animaux, les trois "dimensions"
de son système.
Sa théorie économique, exposée dans son livre Économies frater-
nelles, préconise l’action coordonnée de l'Église chrétienne, de l'économie
sociale et du mouvement pacifiste en une « puissante synthèse de travail »
pour fournir une alternative viable au capitalisme, au socialisme d'État et au
fascisme.
En 1940, demande pardon à la République de Chine pour l'occupation
du Japon par la Chine, est de nouveau arrêté pour cet acte.
Parfois appelé "le Gandhi du Japon" ou "le St François japonais",
auteur de plus de 150 livres, nominé pour le prix Nobel de littérature en
1947 et 1948, et pour le prix Nobel de la paix en 1954 et 1955.
Georges Bernanos
(1888-1948), écrivain français. Catholique fervent, monarchiste
passionné, rompt ensuite avec Maurras et ‘l’Action Française’ en 1932.
Fustige un patriotisme perverti qui humilie l'ennemi allemand dans
la défaite, s’engage contre la dictature de Franco en Espagne. Dans Les
grands cimetières sous la lune (1938), fulmine une colère flamboyante
contre les évêques franquistes bénisseurs de canons. Installé au Brésil,
soutient ‘la France Libre’ en 1940. Écoeuré par l’épuration.
Dans les dernières années de sa vie, dénonce l'inconséquence
de l'homme face aux progrès techniques effrénés qu'il ne pourra
maîtriser, les perversions du capitalisme industriel, ne cesse de
protester contre la bombe atomique et contre "la civilisation de la bombe
atomique". Dans La France contre les robots, dépeint la vie moderne
comme une sorte de grand complot contre la vie intérieure, contre la
réflexion, contre l’affermissement de l’âme.
« 24 heures de doute… mais une minute d’espérance. »
« À un monde de violence et d’injustice, au monde de la bombe
atomique, on ne saurait déjà plus rien opposer que la révolte des
consciences, du plus grand nombre de consciences possible .»
« La barbarie polytechnique menaçante n’a plus devant elle que
des consciences. » ../..
Georges Bernanos
Le légionnaire au curé de campagne : « L’État, qui nous arme nos habille et nous
nourrit prend aussi notre conscience. Défense de juger, défense même de comprendre !
Et vos théologiens approuvent, comme de juste. (…) Allons donc ! Le pauvre diable qui
bouscule sa bonne amie sur la mousse, un soir de printemps, est tenu par vous en état
de péché mortel, et le tueur de villes, alors que les gosses qu’il vient d’empoisonner
achèveront de vomir leurs poumons dans le giron de leur mère, n’aura qu’à changer de
culotte et ira donner le pain béni ! Farceurs que vous êtes ! »
« Le spectacle de l’injustice m’accable, mais c’est probablement parce qu’il éveille
en moi la conscience de la part d’injustice dont je suis capable. »
« L'avenir est quelque chose qui se surmonte. On ne subit pas l'avenir, on le
fait. »
« La science ne saurait être rendue responsable de l'illusion des imbéciles qui
prétendent, on ne sait pourquoi, qu'elle doit assurer leur bonheur. »
G.Bernanos figure aussi dans le trombinoscope de la non-violence
Fernando Pessoa
(1888-1935), écrivain, critique, polémiste et poète portugais
trilingue (portugais, anglais et un peu français). Vit une partie de son
enfance à Durban (Afrique du Sud). Typographe, journaliste, correspon-
dant étranger, éditeur, vit de son métier de traducteur indépendant pour
des entreprises d’import-export à Lisbonne. Rêve d’être le chef de file
d’un mouvement d’avant-garde, l’intersectionnisme.
Publie surtout sous une multitude de pseudonymes. Théoricien
de la littérature engagée dans une époque troublée par la guerre et les
dictatures, auteurs de vers mystiques et de prose poétique. Homme
solitaire et triste, voué aux tourments métaphysiques d’une existence
placée sous le signe du désespoir. Meurt des suites de son alcoolisme.
« La valeur des choses n'est pas dans la durée, mais dans l'inten-
sité où elles arrivent. C'est pour cela qu'il existe des moments inoublia-
bles, des choses inexplicables et des personnes incomparables. »
« Un bateau semble fait pour naviguer ; mais son but véritable, ce
n'est pas de naviguer : c'est d'arriver au port. Nous voilà tous en train de
naviguer, sans la moindre idée du port auquel nous devrions arriver. »
« La seule façon de faire qu'il y ait des choses nouvelles, et de
sentir des choses nouvelles, c'est de faire du nouveau dans ta façon de
les sentir. »
Gabriel Marcel
(1889-1973), dramaturge, critique littéraire et musicien
français. Agrégé de philosophie,
Représentatif d’un "socratisme chrétien", hanté par le mystère
du mal, méfiant envers les abstractions.
Pour lui, c'est dans le dialogue entre deux toi que l'homme se
découvre et s'affirme comme personne. Le chemin de soi à soi
passe par autrui.
« Le problème est quelque chose qui barre la route. Il est tout
entier devant moi. Au contraire, le mystère est quelque chose où je
me trouve engagé, dont l'essence est, par conséquent, de n'être pas
tout entier devant moi. »
« Le seul problème essentiel est posé par le conflit de l'amour
et de la mort. S'il y a en moi une certitude inébranlable, c'est qu'un
monde déserté par l'amour ne peut que s'engloutir dans la mort,
mais c'est aussi que là où l'amour persiste, la mort ne peut pas ne
pas être en définitive vaincue. »
Jean Cocteau
(1889-1963), poète, graphiste, dessinateur, peintre, dramaturge et
cinéaste français, "touche-à-tout" de génie. Son père se suicide alors
qu’il a 9 ans. Ambulancier pendant la Première Guerre mondiale, se lie
d’amitié avec Apollinaire.
Après la mort de son ami Raymond Radiguet, dépression et
consommation d’opium, cure de désintoxication, écrit des poèmes,
tourne son premier film puis écrit de nombreuses pièces de théâtre.
« Jeunes hommes avides, croyez-moi. Il n’existe que deux
manières de gagner la partie : jouer cœur ou tricher. Tricher est difficile ;
un tricheur pris est battu. Jouer cœur est simple. Il faut en avoir, voilà
tout. Vous vous croyez sans cœur. Vous regardez mal vos cartes. »
« La mode, c’est ce qui se démode. »
« L’amour peut faire aussi qu’un homme laid devienne beau. »
« Faites semblant de pleurer, mes amis, car les poètes ne font que
semblant de mourir. »
« Rien d’audacieux n’existe sans la désobéissance à des règles. »
Arnold Joseph Toynbee
(1889-1975), historien britannique, professeur de recherche
d'histoire internationale à l'Université de Londres.
Produit une théorie générale de l'histoire et de la civilisation : son
analyse en douze volumes de l'essor et de la chute des civilisations,
Étude de l'histoire, parue entre 1934 et 1961, est une synthèse de
l'histoire mondiale, une "métahistoire" basée sur les rythmes
universels de la croissance, de l'épanouissement et du déclin.
Participe aux pourparlers de paix après les deux guerres
mondiales.
« L’homme s’est créé des problèmes qui menacent de le détruire
et qu’il ne pourra résoudre qu’en acceptant de rompre totalement avec
tout un système d’habitudes profondément enracinées en lui.
Contrairement aux instincts, les habitudes peuvent être changées.»
« Le seul moyen d’obtenir l’établissement d’autorités mondiales
est de gagner le consentement et la coopération des pouvoirs
existants, les peuples et les gouvernements des États locaux. »
../..
Arnold Joseph Toynbee
« Si l’on reconnait que la similitude de la quête spirituelle est
plus importante que la diversité des chemins, les adhérents des
différentes religions peuvent, sans aucun préjudice, coopérer les
uns avec les autres pour aider les êtres humains à accomplir leur
passage dans la vie. »
« La diversité des voix avec lesquelles s’expriment les diffé-
rentes religions nous avertit qu’aucune d’entre elles ne doit être
suivie dogmatiquement. »
« Le choix individuel remplacera l’héritage presque automa-
tique de la religion de sa famille et de son pays natal. Et, au fur et à
mesure que se produira ce changement, toutes les religions et
spiritualités seront entremêlées en tous points de la planète ».
Lucien Jacques
(1891-1961), poète, éditeur, peintre, dessinateur, graveur et
danseur. Né dans la Meuse, apprenti à Paris, petits boulots, secrétaire de
la danseuse états-unienne Isadora Duncan. Brancardier pendant la 1ère
Guerre mondiale, blessé, en ressort profondément pacifiste. Démobilisé,
rejoint Paris et ouvre une boutique de produits divers qu'il élabore.
En 1922, pour des raisons de santé, quitte Paris pour Grasse
(Côte d'Azur), se lie à Jean Giono, collabore à différentes revues culturelles
et littéraires. Après la 2ème Guerre mondiale, s'installe à Montjustin, près
de Manosque, qu'il veut transformer en village d'artistes, voyage, expose,
crée et édite beaucoup. Passe les 6 dernières années de sa vie à Gréoux-
les-Bains (Provence).
« Je crois en l'homme, cette ordure. Je crois en l'homme, ce
fumier, ce sable mouvant, cette eau morte. Je crois en l'homme, ce tordu,
cette vessie de vanité. (…) Je crois en l'homme, ce lèche sang. Malgré tout
ce qu'il a pu faire de mortel et d'irréparable. Je crois en lui pour la sûreté de
sa main, pour son goût de la liberté, pour le jeu de sa fantaisie. Pour son
vertige devant l'étoile. Je crois en lui pour le sel de son amitié, pour l'eau de
ses yeux, pour son rire, pour son élan et ses faiblesses. Je crois à tout
jamais en lui pour une main qui s'est tendue, pour un regard qui s'est offert.
Et puis surtout et avant tout, pour le simple accueil d'un berger. »
Edith Stein
(1891-1942), philosophe, théologienne et carmélite allemande. Née
dans une famille juive, études de psychologie, lettres, histoire et philoso-
phie. Passe par une phase d'athéisme radical. « Passionnée par les
événements politiques du présent considérés comme l'histoire en
devenir », première femme à présenter une thèse de philosophie en
Allemagne, collaboratrice du philosophe allemand Edmund Husserl. Une
longue évolution intellectuelle et spirituelle la conduit au catholicisme
auquel elle se convertit en 1921. Enseigne et donne des conférences en
Allemagne, développant une théologie de la femme.
Interdite d'enseignement par le régime hitlérien, demande à entrer
au Carmel de Cologne-Lindenthal, où elle devient religieuse en 1934
sous le nom de sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix. Se réfugie en 1939
au carmel d’Echt (Pays-Bas). Arrêtée en août 1942 par la SS, déportée à
Westerborck puis gazée à Auschwitz-Birkenau.
« Nous sommes sur Terre pour être au service de l'humanité (...)
Pour s'y employer du mieux possible, il faut faire ce à quoi l'on incline. »
« Le chemin de la foi nous mène plus loin que celui de la connais-
sance philosophique : au Dieu personnel et proche, à Celui qui est le tout
aimant, le miséricordieux, à une certitude que nulle connaissance
naturelle ne peut donner. »
Cécile et Pierre Monnier
P. M. (1891-1915), soldat français. Fils de Louis Monnier et de
Cécile Thuret-Monnier (1866-1956), son épouse de tradition protestante.
École des Roches à Verneuil-sur-Avre, faculté de droit de ‘l’École des
Hautes Études Commerciales’ de Paris.
Sous-lieutenant au 46ème régiment d'infanterie, en 1915, pendant la
1ère Guerre mondiale. Blessé d’une balle à l’épaule en Argonne, évacué
vers Paris pour y être soigné, reprend le combat comme lieutenant. Tué le
8 janvier 1915 au ravin des Meurissons pendant un assaut allemand. Le 5
août 1918, plus de 3 ans après, sa mère perçoit intérieurement un ordre
que son fils lui donne : « Ne pense à rien ! Écris ! » Elle cherche un crayon,
prend un petit carnet de comptes et note : « Oui, c’est moi qui t’ai demandé
d’écrire. Je crois que par ce moyen nous arriverons à communiquer bien
plus facilement. Je suis si heureux de pouvoir te parler comme autre-
fois… » Les communications s’arrêtent le 19 janvier 1937.
En 1920, sa mère Cécile Monnier publie un livre intitulé Je suis
vivant : lettres de Pierre, soldat de France, soldat du Christ, dans lequel
elle affirme avoir retranscrit des messages que le jeune militaire lui aurait
envoyé par psychographie. Au cours de cette période 1920-1937, Cécile
Monnier publie 7 livres regroupant les informations théologiques transmi-
ses par son fils.
Étienne Souriau
(1892-1979), philosophe français. ‘École Normale Supérieure’,
prisonnier au fort Prinz Karl à Ingolstadt pendant la 1ère Guerre mondiale,
agrégation de philosophie, professeur de philosophie à Aix-en-Provence,
à Lyon, puis à la Sorbonne.
Spécialiste d’esthétique mais surtout métaphysicien de génie qui le
premier, selon Bruno Latour, théorise le « multi-réalisme », une multipli-
cité du réel fondée sur la multiplicité des « modes d’existence », c’est-à-
dire des manières d’être. Les êtres, c’est-à-dire tous les êtres humains et
non humains, matériels ou imaginaires : des sujets, des choses, des
corps, des âmes, des montagnes, des arbres, des bactéries, des fils
électriques, des réseaux virtuels…
L’ouvrage (1943) défend méthodiquement la thèse d’un pluralisme
existentiel : il y a, en effet, différentes manières d’exister et même de
"sur-exister", ou de "sous-exister". L’existence est polyphonique. Notre
vision du monde s’en trouve radicalement transformée. Sans activité,
sans inquiétude, sans main d’œuvre, il n’y pas d’œuvre, pas d’être. Mais
s’ils sont instaurés par le savant ou par l’artiste, alors les faits comme les
œuvres tiennent, résistent, obligent.
« Nous croirions assez volontiers que la véritable foi s'exprime, non
en "Dieu pour moi », mais en "moi pour Dieu".»
József Mindszenty
né József Pehm (1892-1975), ecclésiastique catholique hongrois.
Curé, change en 1941 son nom en Mindszenty reprenant le patronage
Mindszent ("Toussaint") de son village natal.
Nommé évêque de Veszprém, proteste contre les arrestations
des Juifs et s'oppose ouvertement au régime fasciste hongrois du ‘Parti
des Croix fléchées’. Accusé de trahison, arrêté avec 26 prêtres et sémina-
ristes, et emprisonné à Sopron. Créé cardinal en 1946, lance un mouve-
ment de prière à travers toute la Hongrie.
Accusé d’avoir été collaborateur des nazis, arrêté en décembre
1948, inculpé de trahison, conspiration et non-respect des lois du régime.
Interrogatoires et tortures, forcé de rester debout parfois pendant plus de
82 heures, condamné en 1949 à la perpétuité (image du bas).
En octobre 1956, Budapest se révolte contre le régime. Les auto-
rités cèdent à la pression et libèrent le cardinal. Dissout le mouvement des
‘Prêtres de la paix’, collaborateurs du régime, prononce à la radio un
discours appelant à la réconciliation nationale. Quand les troupes
soviétiques interviennent en Hongrie, obtient l'asile à l'ambassade des
États-Unis en Hongrie. Recherché par la police politique hongroise, ne
peut quitter l'ambassade pendant 15 ans. S’installe à Vienne en 1971. En
1991, sa dépouille est rapatriée en Hongrie à la demande du gouver-
nement nouvellement élu démocratiquement.
Martin Niemöller
(1892-1984), pasteur luthérien et théologien allemand. Officier
sous-marinier pendant la 1ère guerre mondiale. Ordonné pasteur en
1924.
En 1933, appelle les pasteurs hostiles aux mesures antisémites à
s'unir au sein d'une nouvelle organisation, le Pfarrernotbund, ("Alliance
d’urgence des pasteurs") respectueuse des principes de tolérance
énoncés par la Bible.
À la fin de l'année 1933, 6 000 pasteurs, soit plus d’1/3 des
pasteurs protestants, ont rejoint ce groupe dissident.
Déchu de ses fonctions de pasteur en novembre 1933.
En automne 1934, rejoint Karl Barth, Dietrich Bonhoeffer, etc.
pour fonder l'Église confessante (Bekennende Kirche), groupe
protestant opposé à l’idéologie nazie.
Photos : - Niemöller en officier sous-marinier
- Évêques catholiques lors d’une rencontre de jeunes organisée par le parti nazi
au stade de Berlin-Neukölln en août 1933
Voir la fiche complète sur M.N. dans le trombinoscope de la non-violence
Paul Diel
(1893-1972), né en Autriche de mère allemande et de père inconnu.
Acteur, romancier, philosophe et poète, se tourne définitivement vers la
psychologie. Ami d’Einstein. Réfugié en France en 1938.
Fonde la psychologie de la motivation, travaille sur l’éducation, sur le
symbolisme dans la mythologie grecque et les textes bibliques. Selon lui,
l’exégèse symbolique dévoile le sens caché du mystère de la mort et de
la vie.
Procède à l'analyse symbolique de trois parties essentielles de la
Bible : la Genèse (mythe de la chute), prologue de l'évangile de Jean
(mythe de la rédemption), épîtres de Paul (mythe de la résurrection), jette
un éclairage nouveau sur ces textes.
« La vie humaine est une aventure éthique. (…) Les mythes et les
dogmes dramatisent ou conceptualisent les conflits intimes de l’homme et
transfèrent à des réalités extérieures à lui-même une existence qui
n’appartient qu’aux forces immanentes de son psychisme. Ils n’ont donc
de sens que si on les interprète comme des symboles. »
Maximilien Kolbe
Rajmund Kolbe (1894-1941), frère franciscain conventuel
polonais. Fonde en 1917, à Rome, la ‘Mission de l’Immaculée’, puis en
1927, près de Varsovie, la ‘Cité de l’Immaculée’.
Arrêté en février 1941 par la Gestapo, transféré en mai au camp
de concentration d’Auschwitz. En juillet, suite à la disparition d’un
homme dans le bloc 14, les nazis sélectionnent 10 hommes qui seront
exécutés. S'offre de mourir à la place d'un père de famille, Franciszek
Gajowniczek.
Après deux semaines de famine, seul le père Kolbe, qui a
soutenu et vu mourir tous ses compagnons, est encore en vie. Il est
exécuté le 14 août d'une injection de phénol dans le bras. Son corps
est brûlé dans un four crématoire le lendemain. Canonisé comme
martyr en 1982.
« Seul l’amour est une force de création. »
« Celui qui aime Dieu quand tout va bien ne peut pas affirmer
avec certitude qu’il aime Dieu. »
Aldous Huxley
(1894-1963), écrivain, romancier et philosophe britannique.
DansThe Perennial Philosophy (‘La philosophie éternelle’),
publié en 1945, cite les Upanishads, Adi Shankara, Lao Tseu, Johann
Eckhart, William Law, rapproche les religions, les traditions d'Orient et
d'Occident, à la recherche d'une pensée mondiale, à mi-chemin de la
science et de la mystique.
« Philosophie éternelle : l'expression a été trouvée par Leibniz.
Mais la chose, cette métaphysique qui reconnaît qu'il y a une réalité
qui est la substance même des choses matérielles, de la vie et de
l'esprit, cette psychologie qui voit dans l'âme quelque chose de
semblable ou même d'identique à la réalité divine, cette éthique qui
place les buts de l'homme dans la connaissance d'un fondement
transcendant et immanent à tous les êtres, cette chose est universelle
et immémoriale.
Les rudiments de la philosophie éternelle peuvent être trouvés
dans les savoirs des peuples primitifs de toutes les régions du
monde, et, sous sa forme la plus développée, elle a une place dans
les plus grandes religions. » ../..
Aldous Huxley
Dans les Upanishad, un père enseigne à son fils Swetaketu.
L’essence de l’arbre, que tu ne vois pas, explique-t-il, est dans la graine.
Le sel dans l’eau disparaît en apparence. Mais l’essence du sel ne
disparaît pas. « De même, ici, dans ton corps qui est le tien, mon fils, tu
ne perçois pas le Vrai; mais il y est en réalité. Dans ce qui est l’essence
subtile, tout ce qui existe a son soi. C’est là le Vrai, c’est là le Soi, et toi,
Swetaketu, tu es Cela. »
« Dans l’Inde, les Écritures étaient considérées non point comme
des révélations faites à quelque moment donné de l’histoire, mais
comme des évangiles éternels, existant depuis toujours jusqu’à tout
jamais, en tant que contemporains de l’homme, ou, en vérité, de
n’importe quel être corporel ou incorporel doué de raison. »
« La philosophie nous enseigne à douter de ce qui nous paraît
évident. La propagande, au contraire, nous enseigne à accepter pour
évident ce dont il serait raisonnable de douter. »
Pierre-Marie Théas
et Marthe Dortel-Claudot
M. D.-C (1907-19), professeur de lettres française. Se sent appelée
en nov. 1944 à Agen à lancer "une croisade de prières pour la
conversion de l'Allemagne". Avec l’appui du chanoine Joseph Dessorbès
et des évêques français P.-M. Théas et Maurice Feltin et d’Allemands
(Joseph Probst, Conrad Grober, Manfred Hörhammer, Johannes-Joseph
Van der Velden, etc.), le groupe qu’elle constitue devient en mars 1945 le
mouvement Pax Christi pour la réconciliation avec l’Allemagne.
P.-M. T.(1894-1977), évêque français de Montauban pendant la 2ème
Guerre mondiale. Un des rares évêques à protester publiquement
contre les mesures antisémites du gouvernement de Vichy : publie une
lettre sur le respect de la personne humaine qu'il fait lire à la messe du
30 août 1942, s'engage dans le camouflage de Juifs dans les couvents
du diocèse et chez les particuliers. Arrêté par la Gestapo en juin 1944,
interné à Toulouse puis près de Compiègne, libéré par la 28th US
Infantry Division en septembre 1944.
Pax Christi, devenu "mouvement catholique international pour la
paix", prend un nouveau départ en déc. 1950 : éducation à la paix pour
tous, respect des droits de l’homme, dialogue, liberté religieuse, puis plus
tard désarmement, développement solidaire et écologie.
Aujourd'hui présent dans plus de 60 pays.
Jiddu Krishnamurti
(1895-1986), philosophe indien. Adopté et éduqué par Annie
Besant, présidente de la ‘Société théosophique’.
Après avoir été propulsé par elle World Teacher (guide spirituel
mondial), prend distance avec les religions et les gurus (maîtres
spirituels).
Promoteur aux États-Unis d’une éducation alternative.
Les mutations fondamentales de la société, affirme-t-il, ne
peuvent aboutir qu’au prix d’une transformation de la conscience
individuelle, de la connaissance de soi et du déconditionnement des
appartenances sociales, nationales, religieuses.
« La vérité est un pays sans chemins. »
« Ce monde est chacun de nous ; le sentir, être véritablement
imprégné de cette compréhension entraîne un sentiment de grande
responsabilité et une action qui doit être non pas fragmentaire, mais
globale. »
William Griffith Wilson
Robert Holbrook Smith
(W. G. W., 1895-1971, dit Bill W.) (R. H. S., 1879-1950, dit Dr Bob)
Fondateurs états-uniens des ‘Alcooliques Anomymes’ (AA) et de la
méthode de libération des dépendances en 12 étapes, efficace pour le
rétablissement des drogués, joueurs, boulimiques, obsédés sexuels, etc.
Ont l’intuition que les groupes d’entraide, de parole et de soutien
doivent reposer sur l’identification à une problématique et une souffrance
communes.
Les AA sont présents dans 162 pays et plus de 100 000 groupes
rassemblent environ 2 millions de membres.
« 1 - Nous avons admis que nous étions impuissants devant l’alcool et que
nous avions perdu la maîtrise de notre vie.
2 - Nous en sommes venus à croire qu’une Puissance supérieure à nous-
mêmes pouvait nous rendre la raison. »
Marcel Pagnol
(1895-1974), écrivain, dramaturge, cinéaste et producteur français.
Professeur de lettres et d’anglais à Aix-en-Provence, enseigne ensuite au
lycée Condorcet à Paris. Écrit un drame et des pièces, dont Topaze.
Devient célèbre par la trilogie Marius, Fanny, César, pièce représen-
tée au théâtre en 1929, et transformée en 3 films après 1932. Fonde à
Marseille en 1934 sa propre société de production et ses studios de
cinéma. Au septième art, donne entre autres : Merlusse, Cigalon, Le
Schpountz, La Fille du puisatier, La Belle meunière, Manon des sources,
ainsi que plusieurs films inspirés de l’œuvre d’un autre provençal, Jean
Giono : Angèle, Regain, La Femme du boulanger. Élu à l’Académie
française en 1946.
« Soyez vous-même, c’est votre seule chance d’être original ! »
« De mourir, ça ne me fait rien. Mais ça me fait de la peine de quitter
la vie. (…) Qu'est-ce qu'ils ont à pleurer autour de mon lit... C'est déjà bien
assez triste de mourir... S'il faut encore voir pleurer les autres ! »
« Telle est la vie des hommes. Quelques joies, très vite effacées par
d'inoubliables chagrins. Il n'est pas nécessaire de le dire aux enfants. »
« Tout le monde savait que c'était impossible. Il est venu un imbécile
qui ne le savait pas et qui l'a fait. »
« Le châtiment de l'incroyant, ce sera peut-être le pardon de Dieu. »
Jules Monchanin
(1895-1957), moine et ermite catholique français. À l'époque de sa
fréquentation du petit séminaire Saint-Jean à Lyon, découvre le
bouddhisme par la lecture d'un livre que son père lui avait acheté chez un
bouquiniste des quais de la Seine.
Découvre à Roanne un fonds considérable de littérature indienne et
s'en imprègne. Souffrant d'une double broncho-pneumonie, fait le vœu de
consacrer sa vie à la conversion de l'Inde s'il recouvre la santé.
S’installe en Inde en 1939, se met à vivre et à se vêtir à l’indienne.
Après la fondation d’un ermitage avec Henri Le Saux, prend le nom
sanskrit de ("celui qui met sa joie dans l’Être sans forme").
Paramarubnayanda
Intervient à des conférences, des congrès, prêche des retraites.
Promoteur du dialogue interreligieux entre Chrétiens et Hindous.
« La foi prédomine dans l’islam, l’espérance dans le judaïsme, l’amour
dans le christianisme : ces vertus ne sont pas possibles les unes sans les
autres. »
« Il faut être pour donner. Plus on est, plus on est capable de donner.»
(sur son lit de mort à l’hôpital St Antoine à Paris)
Marie-Dominique Chenu
Marcel Chenu (1895-1990), théologien dominicain. Études de
philosophie, de théologie, d’histoire et d’exégèse à l’Angelicum de Rome.
Instigateur du renouvellement du thomisme ou néothomisme.
Convoqué à Rome en février 1938, doit signer dix propositions qui
attestent sa fidélité à saint Thomas. Fulmine contre les faux dualismes :
âme-corps, esprit-matière, nature-grâce, temporel-spirituel.
En février 1942, son livre Une école de théologie, le Saulchoir est
mis à l’Index. Démis de ses fonctions de régent et de recteur, privé de son
enseignement et assigné au couvent parisien Saint-Jacques.
Proche du mouvement des prêtres ouvriers, signataire de l’appel des
chrétiens contre l’arme atomique en 1950, rédacteur du journal catholique
progressiste La Quinzaine (1950-1955).
En février 1954, avec ses amis dominicains Boisselot, Congar et
Féret, privé de ses privilèges de maître en théologie, interdit d’enseigne-
ment à l’’École Pratique des Hautes Études’, soumis à censure romaine et
assigné au couvent de Rouen avec interdiction de revenir à Paris plus
d’une semaine par mois.
Un des experts en théologie du concile Vatican II. Signe en 1969 la
pétition de la revue Concilium pour la liberté de travail du théologien au
sein de l’Église.
Karlfried Graf Dürckheim
(1896-1988), diplomate, psychothérapeute et philosophe
allemand. Officier pendant la Ière guerre mondiale. Étudie l’économie
politique, puis se réoriente en philosophie et psychologie.
Découvre le bouddhisme zen en 1935. En 1937, chargé de
mission culturelle au Japon pour étudier les bases spirituelles de
l'éducation japonaise. En octobre 1945, arrêté par les Américains.
Pendant son emprisonnement de 16 mois, pratique le zazen. De
retour en Allemagne en 1947, met au point les base spirituelles de sa
« thérapie initiatique ».
Conçoit et construit à Rütte, en Forêt Noire, un Centre de
formation et de rencontres de psychologie existentielle. Appelle
chacun à être attentif en permanence au sens de ce qu’il fait, de ce
qu’il vit.
« Il manque à nos contemporains le silence intérieur, une
disposition qui les rende capables, même dans la vacarme et
l’agitation extérieurs, d’éprouver, de garder et de rayonner le calme.
Seule la sérénité, qui révèle la présence de l’Être au delà des
contraires, apporte la force, la profondeur et le rayonnement. »
../..
Karlfried Graf Dürckheim
« Être soi-même maintenant intégralement là. »
« Sur le chemin spirituel , il ne faut rien chercher qui serait
extraordinaire ; l'extraordinaire est dans la profondeur de l'ordinaire. »
« L’homme est majeur dans la mesure où il retrouve toujours le
courage de traverser les périodes sombres de la vie. (…) Il se défie de
lui-même et se garde des idées arrêtées sur le monde, sur son prochain
et sur Dieu. »
« Si la feuille n’a de sa condition de feuille qu’une représentation
où elle se distingue de l’arbre, elle sera effrayée quand viendra
l’automne. Elle craindra de se dessécher, de tomber et de devenir
poussière. Mais si elle saisit réellement qu’elle est elle-même l’arbre
dans sa modalité de feuille, et que la vie et la mort annuelles de la feuille
font partie de la nature de l’arbre, elle aura une autre vision de la vie ».
Mâ Ananda Moyî
Nirmalâ Sundari Devî (1896-1982) - nommée Mâ Ananda Moyî ("Mère
pénétrée de béatitude") par Jyotish Chandra Ray - grande sainte de l'Inde
du 20ème siècle, appelée familièrement Mataji.
Pour toute formation scolaire, va à l'école primaire durant 2 ans. N'a
jamais acquis aucune connaissance des écritures sacrées, aucune
pratique spirituelle ne lui a jamais été enseignée. Malgré cela, semble
connaître toutes les voies.
Sillonne toute l'Inde pendant des dizaines d'années pour apporter aide
et réconfort spirituel. De nombreux ashrams sont construits, à Dacca,
Dehradun, Calcutta, Bénarès, etc.
Ne mange presque pas : son entourage craint pour sa santé, ce qui
l'amuse beaucoup.
Pose à son interlocuteurs les questions, claires, précises, allant droit
au cœur des choses, qui lui permettent d’avancer.
../..
Mâ Ananda Moyî
« Je suis hindoue, musulmane, chrétienne... tout ce que vous
voulez (…) Je n'ai aucun sens de l'ego ni de la séparation. En moi,
chacun de vous a dans une égale mesure la hauteur et la profondeur
de l'éternité ».
« Ne voyez-vous pas que ce monde n'est qu'une auberge de
passage ? Nous y rencontrons d'autre pèlerins. Le but de la réunion
finale est le Soi (Atman). Mais cela, vous l'oubliez ; vous vous identifiez
à votre corps et vous forgez ainsi le premier maillon de la chaîne de
toutes les misères de la vie. »
« Soyez véridique, en paroles et en actions. Soyez toujours de
bonne humeur. Parlez avec calme, fermeté, sérénité et avec une
considération égale pour tous. Ne chérissez que ce qui touche à la
Quête suprême (Paramartha). Votre recherche de la vérité doit se
poursuivre à chaque instant. »
« C'est l'être le plus étonnant qu'il m'ait jamais été donné de
rencontrer ! » Arnaud Desjardins
Henri de Lubac
Henri Sonier de Lubac (1896-1991), jésuite, théologien catholique
français. Blessé à la tête pendant la guerre en 1917 : l'expérience des
tranchées le hantera toute sa vie, y compris le dialogue avec des non-
croyants. Professeur de théologie fondamentale à la ‘Faculté catholique de
Lyon’, proche de Maurice Blondel et de Jules Montchanin.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, s'engage dans la Résistan-
ce en participant à la création des Cahiers du Témoignage chrétien et en
dénonçant, dans ses cours comme dans ses écrits, l'idéologie nazie. En
1946, suite à son ouvrage Surnaturel - Études historiques, est soupçonné
par le Saint Office de modernisme. Le livre porte sur la reconnaissance de
l’unité et de la distinction de la raison et de la foi. L'encyclique Humani
Generis de 1950 semblant le viser directement, est interdit d'enseignement
par le général des jésuites, ses livres sont retirés des écoles et instituts de
formation sans qu'il puisse se défendre. Est contraint de quitter Lyon pour
Paris où il continue d'écrire.
En 1960, nommé par Jean XXIII consultant de la commission
préparatoire des théologiens à Vatican II. Expert du concile puis cardinal.
« Dire quelque chose qui compte pour l’homme d’aujourd’hui qui ne
croit pas. »
Maurice Zundel
(1897-1975), prêtre et théologien catholique suisse. Ordonné
prêtre dans le diocèse de Lausanne-Genève en 1919, passe quelques
années à Rome, y obtient en 1927 un doctorat en théologie à l'Université
pontificale Saint Thomas d'Aquin, l’Angelicum.
Curieux insatiable sur tout ce qui fait la culture de son temps, de
la sociologie à la philosophie en passant par la psychanalyse et la
littérature, la science et les arts. Mène ensuite une vie itinérante de
conférencier (Suisse, France, Palestine, Égypte, Liban).
Se situe au croisement des théologies protestante et catholique,
de la philosophie existentielle et du personnalisme. Auteur d’une
oeuvre mystique, éthique et politique. L’originalité de sa pensée
théologique est de prêcher un Dieu humble, pauvre, fragile et discret.
Fonde une morale de la libération qui consiste en un
dépassement de soi par le don infini de soi, un acte joyeux de
communion et non un renoncement triste.
Ses intuitions spirituelles novatrices ne sont pas comprises et lui
valent d’être relégué aux marges de l’institution ecclésiale.
«Notre honneur suprême est d’avoir à nous créer nous-même. De ne
pas subir notre vie, mais de la faire jaillir dans un pur élan d’amour.»
Georges Bataille
(1897-1962), écrivain français. Son œuvre multiforme s'aventure
à la fois dans les champs de la littérature, l'anthropologie, la philoso-
phie, l'économie, la sociologie et l'histoire de l'art. Érotisme et
transgression sont communément attachés à son nom.
Mystique athée. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, influen-
cé par Heidegger, Hegel, et Nietzsche, écrit La Somme athéologique
(le titre se réfère à la Somme théologique de Thomas d'Aquin) qui
comporte ses travaux L'Expérience intérieure, Le Coupable et sur
Nietzsche.
« J’entends par expérience intérieure ce que d’habitude on
nomme expérience mystique : les états d’extase, de ravissement, au
moins d’émotion méditée. »
« Qui pourrait supprimer la mort ? Je mets le feu au bois, les
flammes du rire y pétillent ».
« Je désignerai par le mot "mystère" ce que d'ordinaire on
appelle Dieu. »
Gershom Scholem
(1897-1982), historien et philosophe juif allemand, spécialiste
de la kabbale et de la mystique juive. Étudie l'hébreu, les mathémati-
ques et la philosophie. Passe en 1922 sa thèse à Munich sur le Séfer
ha-Bahir, texte de la kabbale provençale.
Arrivé à Jérusalem en 1923, devient responsable de la section
juive et hébraïque de la bibliothèque de la future université hébraïque
de Jérusalem. Membre de ‘l'Académie israélienne des sciences et
lettres’ à partir de 1960.
Figure de l'histoire de l'État d'Israël, prend position sur tous les
sujets touchant le pays. Toujours attentif à ce que le sionisme ne
sombre ni dans le nationalisme, ni dans le populisme, préserve entre
le rationalisme et l'orthodoxie un judaïsme de la liberté ouvert vers
l'utopie.
Son œuvre immense fait entrer l'étude de la kabbale* dans le
champ académique des sciences humaines.
* La kabbale (de l'hébreu Qabbala, "réception") est ensemble de
spéculations métaphysiques sur Dieu, l'homme et l'univers, prenant racine dans
les traditions ésotériques du judaïsme. Le mot kabbale ne désigne pas un
dogme, mais un courant à l'intérieur du judaïsme, né dans l’Antiquité, et un état
d'esprit. Elle se voudrait à la fois un outil de travail sur soi et un moyen d'appré-
hender d'autres systèmes de pensée.
Federico García Lorca
(1898-1936), poète et dramaturge espagnol, également peintre,
pianiste et compositeur. Études de lettres et de droit. Vers la fin des
année 1920, dépression exacerbée par une angoisse due à la difficulté
de cacher son homosexualité à ses amis et sa famille.
En 1931, directeur de la société de théâtre étudiante subven-
tionnée La Barraca, fait des tournées dans les provinces rurales pour
présenter le répertoire classique. Puise une grande partie de son
inspiration poétique et musicale dans la tradition folklorique andalouse.
Fusillé le 19 août 1936 par des milices franquistes.
« Toutes les choses ont leur mystère, et la poésie, c'est le
mystère de toutes les choses. »
« Le théâtre, c'est la poésie qui sort du livre pour descendre
dans la rue. »
« En ces moments dramatiques que vit le monde, l’artiste doit
pleurer et vivre avec son peuple. Il faut laisser là le bouquet de lys et se
plonger dans la boue jusqu’à la ceinture pour aider ceux qui cherchent
les lys. »
Magdeleine Hutin
(1898-1989) en religion Petite Sœur Magdeleine de Jésus,
religieuse catholique. La guerre de 1914 la marque profondément :
son village est détruit par les bombardements, sa grand-mère est
fusillée par les Allemands, ses 2 frères meurent au front. Son père
risque sa vie et compromet sa carrière pour sauver un petit Tunisien
malade de la diphtérie. Découvre avec lui la vie de Charles de
Foucauld en 1921, grâce au livre de René Bazin.
Part en Algérie pour soigner une arthrite déformante qui
nécessite un climat sec. Fonde en 1939 à Toggourt la congrégation
religieuse des ‘Petites Sœurs de Jésus’. Crée des fraternités
ouvrières, gitanes, bergères, nomades. Visite les 5 continents à la
recherche des milieux les plus pauvres, les plus délaissés pour y
planter des fraternités. Travaille auprès des réfugiés palestiniens, des
Pygmées, établit de petites communautés dans les favelas de Rio,
dans des tribus amazoniennes, à Bénarès, etc.
« Restez calmes et paisibles dans la barque du monde actuel.
Soyez un "sourire" sur ce monde, c'est mon plus grand souhait.
Souriez à tous ceux qui souffrent : ceux qui souffrent dans leur chair,
dans leur cœur, dans leur âme. »
Michel Riquet
(1898-1993), prêtre jésuite français, théologien et prédicateur, docteur
en théologie. Pendant ses études, élabore une théorie du droit de résistance
aux lois injustes (Sa Majesté la Loi, 1925).
Dès 1940, prend part importante à la Résistance dans 3 réseaux. En
chaire à l'église Saint-Séverin, interpelle la conscience allemande. Arrêté en
janv. 1944, déporté à Mauthausen puis à Dachau. Garde de cette période de
solides amitiés avec des compagnons de captivité communistes, juifs,
francs-maçons.
Aumônier des écrivains catholiques (1972-1981), milite dans les
‘Amitiés judéo-chrétiennes’. Participe à la fondation de la ‘Fraternité
d'Abraham’ qui travaille à la réconciliation des trois religions abrahamiques.
Dialogue avec les Francs-Maçons et agit pour un rapprochement
entre l'Église et eux. Dans la ligne de son confrère jésuite Joseph Berteloot,
distingue un courant maçonnique anticlérical et politicien d'un courant
maçonnique spirituel et politique qu'il juge seul authentique et digne d'intérêt.
Vice-président de la ‘Ligue internationale contre le racisme et
l'antisémitisme’ (LICRA).
Edmond Michelet
(1899-1970), homme politique français. Représentant de
commerce, militant de ‘l’Action catholique’. Mène une action en faveur
des Juifs allemands persécutés par le nazisme. Chef du mouvement
de Résistance ‘Combat’ en Limousin, déporté en septembre 1943 à
Dachau.
Pendant 20 mois terribles, a un comportement exemplaire de
générosité et de courage dans le camp, réunit toutes les hommes de
toutes tendances politiques au sein du camp afin d’organiser la
solidarité.
Député, ministre gaulliste des Armées, de la Justice*. Démissionne
en 1961 du gouvernement de Michel Debré par opposition à sa
politique algérienne.
Se fait enterrer dans son costume de déporté et fait inscrire sur sa
tombe cette citation de Jean-Marie Vianney, le curé d’Ars : « Il nous
demandera si nous avons employé nos forces à rendre service au
prochain. »
* Rétablit en 1960 la peine de mort pour raison politique, abolie depuis
1848, et la réclame pour les généraux Challe et Zeller, auteurs du putsch d’Alger.
Ceci est à prendre en compte par les partisans de sa béatification.
Jean Girette
(1899-1976), Français, Ingénieur de l’’École polytechnique’ et de
l’’École des Ponts et Chaussées’, directeur de la région Sud-Ouest de la
SNCF (1955-1958).
Après la mort de son épouse, décide de démissionner, de
travailler comme ouvrier en usine et de rejoindre une équipe de frères
ouvriers du Prado. Découvre le monde ouvrier et exprime l'angoisse qu'il
éprouve devant les opposions fondamentales au sein des entreprises.
Muté dans une paroisse populaire d’Aubervilliers.
Dans les dernières années de sa vie, épuisé, se réfugie chez les
Petites soeurs des pauvres à Paris, où il exerce l’humble fonction de
portier.
« Un monde où le travail manuel sera tenu en honneur; où les
inégalités sociales iront en s’atténuant; où les chances à l’entrée dans la
vie tendront à s’équilibrer en fonction des aptitudes; où l’on
s’acheminera vers la réduction progressive des journées de
travail; où les personnes âgées pourront avoir une retraite
décente; où l’autorité nécessaire saura se dépouiller de tout ce
qui blesse et humilie le subordonné sans nécessité. »
Howard Thurman
(1899-1981), pasteur baptiste, philosophe, théologien, enseignant
états-unien, auteur de 21 livres. Le premier Afro-étatsunien à rencontrer
Gandhi en février 1936 à Bartoli, près de Bombay. Dès cette époque,
tente de traduire, en pensée et en actes, la philosophie du Satyagraha
dans le contexte du christianisme noir étatsunien.
Premier afro-étatsunien à occuper la charge de doyen de l'univer-
sité de Boston (pendant plus de deux décennies). Condisciple et ami du
père de Martin Luther Jr. Sa théologie marque énormément le futur
leader de la lutte non-violente pour les droits civiques..
Contribue en 1944 à fonder à San Francisco, avec l’International
Fellowship of Reconciliation (IFOR-MIR), la première communauté
ecclésiale multiraciale et multiculturelle des États-Unis, la Church for
the Fellowship of All Peoples .
Leader dans la lutte pour les droits civiques, conseiller et ami des
pasteurs Martin Luther King senior et junior.
« Ne vous demandez pas ce dont le monde a besoin. Demandez-
vous ce qui vous éveille à la vie. Puis faites-le. Car ce dont le monde a
besoin, c’est d’êtres qui s’éveillent à la vie. »
Cette citation de Howard Thurman est souvent attribuée à tort à un certain
Harold Whitman, nom fictif.
Henri Michaux
(1899-1984), écrivain, poète et peintre d'origine belge, naturalisé
français en 1955. Fait de nombreux voyages pour découvrir les peuples
du monde.
Contemporain des surréalistes, cherche comme eux dans la poésie
et dans l'art une aventure spirituelle comparable à certains égards à
l'expérience mystique. Exprime ses sentiments d'angoisse et de révolte,
raconte ses rêves, imagine des histoires fantastiques, rend compte
d'expériences psychologiques.
Affirme la force du libre arbitre chez l'individu, présente l'existence
comme une suite de choix individuels et volontaires.
Souvent considéré comme mystique athée cherchant son chemin
selon un parcours taoïste.
« Je ne peux me reposer, ma vie est une insomnie... car, cherchant
et cherchant, c'est dans tout indifféremment que j'ai la chance de trouver
ce que je cherche, puisque ce que je cherche, je ne le sais ».
« Et c’est ma vie, ma vie par le vide. S’il disparaît, ce vide, je me
cherche, je m’affole, et c’est encore pis. Je me suis bâti sur une colonne
absente. »
Henri Roser
(1899-1981), pasteur protestant français. En janvier 1923,
tandis que l’armée française occupe la Ruhr, renvoie ses papiers
militaires au nom de l'Évangile.
Révoqué de sa charge d'officier, se déclare objecteur de
conscience. En 1925, année de son mariage, devient secrétaire du
‘Mouvement International de la Réconciliation’ (MIR) pour la France,
puis pour l'Europe.
En 1939, opposé à la guerre, condamné à 4 ans de prison
pour refus d'obéissance et insoumission, en sort après la défaite
1940.
Sauvetage d’enfants juifs d’Aubervilliers, contact avec les
émissaires du général de Gaulle.
Prend position contre la répression à Madagascar en 1947,
contre la guerre d’Indochine, contre la guerre d’Algérie et la torture,
contre le réarmement de l’Europe et les essais nucléaires.
Préside pendant 25 ans ‘La Croix Bleue’, une association
nationale consacrée à l’aide et à la guérison des alcooliques.
H.R. est aussi dans le trombinoscope de la NV
Édouard Froidure
(1899-1971) prêtre catholique belge. Fondateur d'œuvres sociales
dont ‘Les Petits sapins’, les ‘Stations de Plein-air’ (centres sociaux et
d’animation). En 1936, démarre une activité de tri et de distribution
d'objets de seconde main pour fournir du travail et un toit à des hommes
démunis. En 1939, fonde à Bruxelles un centre de formation d'éduca-
teurs.
Durant la guerre, à partir de juillet 1941, cache des enfants juifs
dans ses centres de loisirs. Arrêté par la Gestapo, rescapé du camp de
concentration de Dachau.
En décembre 1952, fait visiter des taudis au Roi Baudouin : l'écho
suscité dans la presse aboutit à la promulgation d'une loi pour la
liquidation des taudis. Ces activités se déploient ensuite dans d'autres
villes de Belgique au service des personnes sans-abri et des familles en
difficultés.
En 1955, crée l'association ‘Les Petits Riens’ et devient ainsi un
pionnier de l'économie sociale et solidaire.
« C’est la solidarité qui sauve. On arrive à trouver des amis, on
parle, on reprend courage en se disant : je ne suis pas seul dans cet
enfer, on va tâcher de tenir le coup. »
Theodosius Dobzhansky
(1900-1975), biologiste ukrainien, généticien et théoricien de
l'évolution. Émigre en 1927 aux États-Unis.
Son ouvrage Genetics and the origin of species (1937) est la
synthèse la plus ambitieuse depuis Darwin, par l'importance des données
scientifiques qu'il apporte et par l'audace des propositions théoriques
qu'on y trouve. Un des principaux contributeurs et promoteurs de ce qui
va devenir la théorie synthétique de l'évolution, tente tout au long ses
recherches de comprendre le sens du monde et de la vie au regard de
cette théorie. Renouvelle le concept d’ "espèce" qu'il définit comme unité
biologique, étudie la génétique des populations.
Pour répondre aux grandes questions de l'évolution (l'émergence
du vivant et de la conscience), élabore une conception philosophique du
monde. L’évolution est une séquence linéaire d'étapes - matière inerte,
vie biologique, conscience humaine - dont chacune transcende la
précédente. L'homme, avec sa conscience et sa culture, représente alors
une forme ultime de transcendance.
« Rien en biologie n'a de sens, si ce n'est à la lumière de
l'évolution. » ../..
Theodosius Dobzhansky
L’évolution universelle est caractérisée par quelques principes :
- L'univers est en progrès et tend vers ce que l'homme qualifierait
d'amélioration ;
- L'évolution de l'univers est un processus toujours actif et dont le futur
est indéterminé ;
- L'évolution de l'univers est marquée par la croissance de la liberté ;
- Les trois phases évolutives auxquelles l'univers a été soumis sont
irréversibles : il est impossible pour le monde organique de retourner à
son état d'origine inorganique, ni pour l'homme de revenir à son état
antérieur d'organisme biologique ;
- Le rythme des transformations majeures de l'univers s'accélère avec
le temps.
« Aucune espèce avant l'homme ne pouvait choisir sa destinée
évolutive. Doté de connaissances, l'homme peut le faire. Il peut amener
l'évolution de l'espèce humaine dans la direction qu'il considère bonne
et souhaitable, ou il peut choisir de se laisser dériver par les forces
biologiques aveugles comme la sélection naturelle, oublieux des
conséquences. (…) L'homme peut acquérir suffisamment de
connaissances pour diriger sa propre évolution et celle des autres
espèces, et en fin de compte peut-être, celle de l'univers entier. »
Marion Milner
Nina Marion Blackett (1900-1998), psychanalyste britannique
écrivaine, peintre et mystique, épouse de l’avocat Dennis Milner.
Diplôme de psychologie à l'université de Londres, formée par Mélanie
Klein et par Donald Winnicott, s'intéresse à l'éducation, étudie en
psychanalyse les processus de séparation et de symbolisation.
À partir de 26 ans, tient un journal intime, découvre qu’une
manière nouvelle d’observer la vie autrement qu’avec sa tête lui
apporte une profondeur de champ et la rend heureuse. Apprend peu
à peu à changer d’état d’âme : la fonction de la volonté peut être
aussi de se tenir en retrait pour observer les émotions et les
évènements, pour passer d’une attention étroite à une attention large.
Découvre qu’elle doit faire confiance à cette force qui la fait
vivre. Reconnaît et respecte la nécessité d'un "espace vide" à
l'intérieur de soi, où les forces créatrices trouvent leur source.
« Quelque chose qui n’était pas moi vivait en moi, quelque
chose en quoi je pouvais avoir confiance, quelque chose qui savait
mieux que moi où j’allais (…), qui pouvait être une force directrice
dans la vie. Mais je pensais qu’il serait insolent d’appeler cela Dieu. »
Les 4 aumôniers militaires
du Dorchester
John Washington, né en 1908, prêtre catholique; George Fox, né en
1900, pasteur méthodiste; Clark Poling, né en 1910, pasteur de l’Église
réformée; Alexander Goode, né en 1911, rabbin, docteur en études arabes,
désire travailler à la paix entre Juifs et Arabes.
Tous les 4 aumôniers militaires états-uniens sur le navire de trans-
port de troupes Dorchester, transportant 900 passagers, torpillé par un
sous-marin allemand le 3 février 1943 dans les eaux glacées de l’Atlantique
nord.
Alors que le navire sombre, les 4 aumôniers s’occupent calmement
des personnes paniquées et des blessés, aident les soldats et les autres à
embarquer dans les canots de sauvetage, exhortent tous les passagers au
courage, distribuent des gilets de sauvetage jusqu’à ce qu’il n’en reste plus,
y compris les leurs.
Chantent des cantiques, debout sur le pont incliné, les bras entre-
lacés, alors que le navire s’enfonce sous les vagues. Font partie des 670
passagers qui trouvent la mort ce jour-là.
L’héroïsme et le témoignage interreligieux des « quatre aumôniers
immortels » est célébré aux États-Unis et dans les aumôneries militaires du
monde entier.
« En donnant leurs gilets de sauvetage, ils se sont défaits de leur
seul espoir de survie. C’était la foi en action. »
Timothy Broglio, archevêque de l’Archdiocese for Military Services, lors de leurs obsèques
Antoine de Saint-Exupéry
(1900-1944), aviateur, journaliste, dessinateur, écrivain, poète et
Résistant français.
Directeur de l’exploitation des lignes de la compagnie Latécoère
(future Aéropostale), chef d’escale, puis pilote d’essai.
Disparu en mer le 31 juillet 1944.
« Être homme, c’est précisément être responsable. C’est
connaître la honte en face d’une misère qui ne semblait pas dépendre
de soi. C’est être fier d’une victoire que les camarades ont remportée.
C’est sentir, en posant sa pierre, que l’on contribue à bâtir le monde ».
« La grandeur d’un métier est peut-être, avant tout, d’unir les
hommes : il n’est qu’un luxe véritable, c’est celui des relations
humaines. En travaillant pour les seuls biens matériels, nous bâtissons
nous-mêmes notre prison. »
« Il nous faut dans la nuit lancer des passerelles. »
« Nous n'héritons pas de la Terre de nos parents, nous l'emprun-
tons à nos enfants. »
../..
Antoine de Saint-Exupéry
« On ne voit bien qu'avec le cœur. L'essentiel est invisible pour
les yeux. (…) Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as
apprivoisé. (…) C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta
rose si importante. »
« Où voyez-vous qu’il y ait lieu de désespérer ? Il n’est jamais
que perpétuelle naissance. Et certes il existe, l’irréparable, mais il y a
rien là qui soit triste ou gai, c’est l’essence même de ce qui fut. Est
irréparable ma naissance puisque me voici. Le passé est irréparable,
mais le présent vous est fourni comme matériaux en vrac aux pieds
du bâtisseur, et c’est à vous d’en forger l’avenir. »
« Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir, mais
de le rendre possible. »
« ll n’y a pas de solution miracle, il y a des forces en marche.
Créons ces forces, et les solutions suivront. »
« Il n’y a qu’un problème, un seul de par le monde. Rendre aux
hommes une signification spirituelle, des inquiétudes spirituelles. »
« Il nous semble, à nous, bien au contraire, que notre
ascension n'est pas achevée, que la vérité d’aujourd’hui se nourrit de
l’erreur d’hier, et les contradictions à surmonter sont le terreau même
de notre croissance. »
Pierre Chaillet
(1900-1972), jésuite français, Résistant, théologien et enseignant.
Réunit autour de lui d'autres Chrétiens (Henri de Lubac, Pierre
Bockel, etc.) et organise un groupe de Résistants dont il devient le
rassembleur et l'inspirateur. Responsable principal d'une organisation
interconfessionnelle d'assistance, ‘L'Amitié chrétienne’, tournée vers
l’aide aux Juifs.
Publie à Lyon en novembre 1941 le premier des Cahiers du
Témoignage chrétien. De 1941 à 1944, paraissent 15 numéros de ces
brochures. Maître de la résistance spirituelle face aux nazis. Agent de
renseignement, puis chef dans la Résistance française. En 1944, élu
président du ‘Comité des œuvres sociales de la Résistance’ (COSOR).
En 1945, crée les éditions du Témoignage chrétien. Ses
supérieurs de la ‘Compagnie de Jésus’ lui demandent d’en quitter la
présidence en 1956, jugeant incompatibles les opinions du journal avec
la ligne de sa congrégation.
Vit ses dernières années dans le silence et le renoncement.
Jean Rodhain
(1900-1977), prêtre catholique français. Vicaire puis curé dans les
Vosges, responsabilités dans la JOC. Pendant la 2nde guerre mondiale,
prisonnier, évadé, fonde l’aumônerie des prisonniers de guerre.
Organise à Lourdes, en sept.1946, le "pèlerinage du retour" pour les
prisonniers et déportés. À cette occasion est célébrée la fondation, en juin
1946, du ‘Secours Catholique’ dont il est nommé Secrétaire général.
S’appuyant sur le réseau développé durant la guerre, l’association choisit
une pédagogie très concrète et explore toutes les formes de misère dans
des campagnes thématiques (vieillesse, mal-logement, réfugiés, etc.)
En 1954, initie à Paris la première cité-secours qui sera rejointe par
d'autres cités dans l‘’Association des cités du Secours catholique’ en 1990.
Elle accompagne vers l'autonomie et l'insertion socio-professionnelle des
personnes vivant en situation de précarité, d'exclusion ou de handicap.
En 1954 aussi naît le réseau Caritas internationalis, présent
aujourd’hui dans 164 pays.
« Le temps passé à rencontrer l’autre est plus important que le colis
distribué. »
Willem Visser 't Hooft
(1900-1985), pasteur et théologien réformé néerlandais. Études
de théologie et de droit. Pionnier du mouvement œcuménique durant
sa jeunesse.
À Genève lorsque la guerre éclate, aide les réfugiés fuyant
l’Allemagne nazie et travaille à maintenir des liens entre les Églises
des zones occupées et le monde extérieur.
Prend l'initiative de la réunion de Pomeyrol (16 et 17 septembre
1941) où 13 pasteurs ou théologiens et 3 laïcs de la zone sud
dénoncent les persécutions anti-juives et inscrivent le protestantisme
dans la résistance au nazisme.
Premier Secrétaire général du ‘Conseil œcuménique des
Églises’ de 1948 à 1966.
Crée également la revue The Ecumenical Review.
« (…) l'Église affirme qu'on ne saurait présenter l'inévitable
soumission au vainqueur comme un acte de libre adhésion. Tout en
acceptant les conditions matérielles de la défaite, elle considère
comme une nécessité spirituelle la résistance à toute influence
totalitaire et idolâtre. »
8ème thèse de Pomeyrol
Armand Marquiset
(1900-1981). Crée en 1932 l'association ‘Pour que l'Esprit vive’,
pour l'aide aux artistes et aux intellectuels, et en 1936 ‘Les amis de la
banlieue’, pour les enfants défavorisés de la région parisienne.
Mène tout au long de la 2ème guerre mondiale des actions en faveur
des populations déplacées et des enfants.
Fonde en 1946 l'association ‘Les petits frères des pauvres’ pour
les personnes âgées, qui sont, dans le contexte économique et social
de l'époque, les plus démunis.
Fonde en 1965 l’association ‘Frères des Hommes’, une des
premières ONG tiers-mondiste française.
Fonde en 1969 ‘Les Frères du Ciel et de la Terre’, destinée à lutter
contre l'isolement et la solitude.
« Avons-nous donné des fleurs avant le pain ? ».
Jacques Prévert
(1900-1977), poète français, écrivain (scénarios, théâtre, livres pour
enfants), parolier et artiste (chansons, collages). Dans la tradition anarchi-
sante du début du siècle, son non-conformisme exhale une révolte du cœur
plus que l’espoir d’une révolution.
Hostile à toutes les formes d’oppression sociale, sa poésie, destinée
à un très large public, célèbre les thèmes de la liberté, de la justice et du
bonheur. Elle donne beaucoup d’efficacité burlesque aux techniques de
l’énumération, de l’inventaire et des jeux de langage. Dialoguiste dans les
films de Marcel Carné.
« La mère fait du tricot / Le fils fait la guerre / Elle trouve ça tout
naturel la mère »
« Il dit non avec la tête / mais il dit oui avec le cœur / Il dit oui à ce
qu’il aime / il dit non au professeur »
« La liberté, ce n'est pas un cadeau, c'est un flambeau, et un
fardeau / Ce n'est pas la faiblesse, c'est la sagesse, et la noblesse. »
« Mais ne prenez pas le deuil / c’est moi qui vous le dis /
Ça noircit le blanc de l’œil / et puis ça enlaidit / Les histoires de cercueils /
c’est triste et pas joli / Reprenez vos couleurs / les couleurs de la vie »
Erich Fromm
(1900-1980), psychanalyste humaniste états-unien
d’origine juive allemande. Fuit en 1934 les persécutions nazies
et émigre aux États-Unis.
Marqué par les prophètes de la Bible, par le souci
humaniste de Karl Marx, et par Freud dont il se démarque.
Orienté vers la tradition mystique orientale, participe à
l’élaboration des thérapies corporelles et familiales et aux
théories de la communication dans l’approche écosystémique.
Travaille sur la nature et l’origine des tendances destruc-
trices de l’homme, et notamment sur l’agressivité maligne,
ensemble des perversions qui tiennent aux conditionnements de
l’éducation et au système socio-économique et culturel.
Erich Fromm
« Plus la division du travail est forte dans une société, plus elle
est guerrière. Les sociétés où règne un système de classes sont les
plus guerrières de toutes.(…)
Plus l’aspiration à la vie est brimée, plus l’aspiration à la destruction
sera forte. Plus la vie se réalisera, plus la force de destruction sera
faible. »
« La révolution de l’amour est l’unique alternative à la
destruction de l’humanité. »
« Le développement spirituel et intellectuel de l’homme n’a été
possible que parce que des hommes ont osé dire Non aux puissants
au nom de leur foi ou de leur conscience. »
« La 2ème guerre mondiale et la bombe atomique montrent aux
hommes combien ils sont vulnérables. C’est par un choix conscient
et une politique délibérée que l’humanité pourra survivre. »
Julien Green
Julian Hartridge Green (1900-1998), écrivain étatsunien de
langue française. Se convertit au catholicisme en 1916, à la suite de son
père et de toutes ses sœurs. Sous-lieutenant dans l’artillerie française
en 1918. Trois ans d'études à l’université de Virginie. Rencontre Robert
de Saint Jean en 1924 : ils resteront liés durant 60 ans. Toute sa vie, est
tiraillé entre ses désirs homosexuels et la morale catholique. Pendant la
2ème Guerre mondiale, envoyé à New York pour servir au Bureau
américain de l'information de guerre, s'adresse à la France dans
l'émission de radio Voice of America.
Auteur d'une soixantaine d'ouvrages, dont un Journal monumen-
tal et le fameux Frère François (1983), magnifique biographie de
François d'Assise. Premier membre étranger de l’Académie française en
1971.
« Le poète est essentiellement un homme qui a gardé au fond de
lui-même le sens du mystère et la faculté de s'étonner. »
« Tout ce qui est triste me paraît suspect. »
« Il faut quelquefois se promener au fond de l'abîme. Même si je
descends jusqu'en enfer, le bras de Dieu est assez long pour m'en
retirer. »
« Le grand péché du monde moderne, c'est le refus de l'invi-
sible. » ■

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Chercheurs de sens. — 10. De 1888 à 1900

  • 1. Trombinoscope "Chercheurs d’humanité" Chercheurs de sens (art, religion, philosophie, spiritualité) 10 - de 1888 à 1900 É. G .18.04.2022
  • 2. Toyohiko Kagawa (1888-1960), réformateur japonais, militant chrétien, social et écolo- giste. Fils d'un homme d'affaires et d'une danseuse qui meurent pendant son enfance. Se convertit au christianisme, ce qui lui vaut d’être rejeté par sa famille. Étudie au Tokyo Presbyterian College, puis au Kobe Theological Seminary. Pour épouser la pauvreté, abandonne, le jour de Noël 1909, le séminaire presbytérien pour le sordide quartier de Shenkawa à Osaka, et choisit une maison qu'un assassinat avait rendue maudite. Y agit comme missionnaire, travailleur social et sociologue. De 1914 à 1916, étudie aux États-Unis au Princeton Theological Seminary. En plus de la théologie, y étudie l'embryologie, la génétique, l'anatomie comparée et la paléontologie. Affirme que le christianisme est une éthique d’action et non l’adhésion à des doctrines. En 1916, publie Recherches sur la psychologie des pauvres, où il décrit différents aspects de la pauvreté dans la société. Arrêté en 1921 puis en 1922 pour son rôle dans l'activisme ouvrier pendant les grèves. Aide à organiser les secours à Tokyo suite au grand tremblement de terre de 1923 et lutte pour le suffrage universel masculin en 1925. ../..
  • 3. Toyohiko Kagawa Anime la ‘Fédération japonaise du travail’ ainsi que la ‘Ligue nationale anti-guerre’ en 1928, continue son travail auprès des plus pauvres, préco- nise le suffrage des femmes et appelle à une politique étrangère pacifique. Précurseur de l'agriculture forestière moderne et de la plantation d'arbres fruitiers et de noix sur les terres agricoles, convainc durant les années 1930 les fermiers japonais situés dans les hauteurs que la solution à leur problème d'érosion des sols est de planter de nombreux arbres. La plantation d'arbres fruitiers ou à coques protège le sol, procure de la nourriture aux hommes et du fourrage aux animaux, les trois "dimensions" de son système. Sa théorie économique, exposée dans son livre Économies frater- nelles, préconise l’action coordonnée de l'Église chrétienne, de l'économie sociale et du mouvement pacifiste en une « puissante synthèse de travail » pour fournir une alternative viable au capitalisme, au socialisme d'État et au fascisme. En 1940, demande pardon à la République de Chine pour l'occupation du Japon par la Chine, est de nouveau arrêté pour cet acte. Parfois appelé "le Gandhi du Japon" ou "le St François japonais", auteur de plus de 150 livres, nominé pour le prix Nobel de littérature en 1947 et 1948, et pour le prix Nobel de la paix en 1954 et 1955.
  • 4. Georges Bernanos (1888-1948), écrivain français. Catholique fervent, monarchiste passionné, rompt ensuite avec Maurras et ‘l’Action Française’ en 1932. Fustige un patriotisme perverti qui humilie l'ennemi allemand dans la défaite, s’engage contre la dictature de Franco en Espagne. Dans Les grands cimetières sous la lune (1938), fulmine une colère flamboyante contre les évêques franquistes bénisseurs de canons. Installé au Brésil, soutient ‘la France Libre’ en 1940. Écoeuré par l’épuration. Dans les dernières années de sa vie, dénonce l'inconséquence de l'homme face aux progrès techniques effrénés qu'il ne pourra maîtriser, les perversions du capitalisme industriel, ne cesse de protester contre la bombe atomique et contre "la civilisation de la bombe atomique". Dans La France contre les robots, dépeint la vie moderne comme une sorte de grand complot contre la vie intérieure, contre la réflexion, contre l’affermissement de l’âme. « 24 heures de doute… mais une minute d’espérance. » « À un monde de violence et d’injustice, au monde de la bombe atomique, on ne saurait déjà plus rien opposer que la révolte des consciences, du plus grand nombre de consciences possible .» « La barbarie polytechnique menaçante n’a plus devant elle que des consciences. » ../..
  • 5. Georges Bernanos Le légionnaire au curé de campagne : « L’État, qui nous arme nos habille et nous nourrit prend aussi notre conscience. Défense de juger, défense même de comprendre ! Et vos théologiens approuvent, comme de juste. (…) Allons donc ! Le pauvre diable qui bouscule sa bonne amie sur la mousse, un soir de printemps, est tenu par vous en état de péché mortel, et le tueur de villes, alors que les gosses qu’il vient d’empoisonner achèveront de vomir leurs poumons dans le giron de leur mère, n’aura qu’à changer de culotte et ira donner le pain béni ! Farceurs que vous êtes ! » « Le spectacle de l’injustice m’accable, mais c’est probablement parce qu’il éveille en moi la conscience de la part d’injustice dont je suis capable. » « L'avenir est quelque chose qui se surmonte. On ne subit pas l'avenir, on le fait. » « La science ne saurait être rendue responsable de l'illusion des imbéciles qui prétendent, on ne sait pourquoi, qu'elle doit assurer leur bonheur. » G.Bernanos figure aussi dans le trombinoscope de la non-violence
  • 6. Fernando Pessoa (1888-1935), écrivain, critique, polémiste et poète portugais trilingue (portugais, anglais et un peu français). Vit une partie de son enfance à Durban (Afrique du Sud). Typographe, journaliste, correspon- dant étranger, éditeur, vit de son métier de traducteur indépendant pour des entreprises d’import-export à Lisbonne. Rêve d’être le chef de file d’un mouvement d’avant-garde, l’intersectionnisme. Publie surtout sous une multitude de pseudonymes. Théoricien de la littérature engagée dans une époque troublée par la guerre et les dictatures, auteurs de vers mystiques et de prose poétique. Homme solitaire et triste, voué aux tourments métaphysiques d’une existence placée sous le signe du désespoir. Meurt des suites de son alcoolisme. « La valeur des choses n'est pas dans la durée, mais dans l'inten- sité où elles arrivent. C'est pour cela qu'il existe des moments inoublia- bles, des choses inexplicables et des personnes incomparables. » « Un bateau semble fait pour naviguer ; mais son but véritable, ce n'est pas de naviguer : c'est d'arriver au port. Nous voilà tous en train de naviguer, sans la moindre idée du port auquel nous devrions arriver. » « La seule façon de faire qu'il y ait des choses nouvelles, et de sentir des choses nouvelles, c'est de faire du nouveau dans ta façon de les sentir. »
  • 7. Gabriel Marcel (1889-1973), dramaturge, critique littéraire et musicien français. Agrégé de philosophie, Représentatif d’un "socratisme chrétien", hanté par le mystère du mal, méfiant envers les abstractions. Pour lui, c'est dans le dialogue entre deux toi que l'homme se découvre et s'affirme comme personne. Le chemin de soi à soi passe par autrui. « Le problème est quelque chose qui barre la route. Il est tout entier devant moi. Au contraire, le mystère est quelque chose où je me trouve engagé, dont l'essence est, par conséquent, de n'être pas tout entier devant moi. » « Le seul problème essentiel est posé par le conflit de l'amour et de la mort. S'il y a en moi une certitude inébranlable, c'est qu'un monde déserté par l'amour ne peut que s'engloutir dans la mort, mais c'est aussi que là où l'amour persiste, la mort ne peut pas ne pas être en définitive vaincue. »
  • 8. Jean Cocteau (1889-1963), poète, graphiste, dessinateur, peintre, dramaturge et cinéaste français, "touche-à-tout" de génie. Son père se suicide alors qu’il a 9 ans. Ambulancier pendant la Première Guerre mondiale, se lie d’amitié avec Apollinaire. Après la mort de son ami Raymond Radiguet, dépression et consommation d’opium, cure de désintoxication, écrit des poèmes, tourne son premier film puis écrit de nombreuses pièces de théâtre. « Jeunes hommes avides, croyez-moi. Il n’existe que deux manières de gagner la partie : jouer cœur ou tricher. Tricher est difficile ; un tricheur pris est battu. Jouer cœur est simple. Il faut en avoir, voilà tout. Vous vous croyez sans cœur. Vous regardez mal vos cartes. » « La mode, c’est ce qui se démode. » « L’amour peut faire aussi qu’un homme laid devienne beau. » « Faites semblant de pleurer, mes amis, car les poètes ne font que semblant de mourir. » « Rien d’audacieux n’existe sans la désobéissance à des règles. »
  • 9. Arnold Joseph Toynbee (1889-1975), historien britannique, professeur de recherche d'histoire internationale à l'Université de Londres. Produit une théorie générale de l'histoire et de la civilisation : son analyse en douze volumes de l'essor et de la chute des civilisations, Étude de l'histoire, parue entre 1934 et 1961, est une synthèse de l'histoire mondiale, une "métahistoire" basée sur les rythmes universels de la croissance, de l'épanouissement et du déclin. Participe aux pourparlers de paix après les deux guerres mondiales. « L’homme s’est créé des problèmes qui menacent de le détruire et qu’il ne pourra résoudre qu’en acceptant de rompre totalement avec tout un système d’habitudes profondément enracinées en lui. Contrairement aux instincts, les habitudes peuvent être changées.» « Le seul moyen d’obtenir l’établissement d’autorités mondiales est de gagner le consentement et la coopération des pouvoirs existants, les peuples et les gouvernements des États locaux. » ../..
  • 10. Arnold Joseph Toynbee « Si l’on reconnait que la similitude de la quête spirituelle est plus importante que la diversité des chemins, les adhérents des différentes religions peuvent, sans aucun préjudice, coopérer les uns avec les autres pour aider les êtres humains à accomplir leur passage dans la vie. » « La diversité des voix avec lesquelles s’expriment les diffé- rentes religions nous avertit qu’aucune d’entre elles ne doit être suivie dogmatiquement. » « Le choix individuel remplacera l’héritage presque automa- tique de la religion de sa famille et de son pays natal. Et, au fur et à mesure que se produira ce changement, toutes les religions et spiritualités seront entremêlées en tous points de la planète ».
  • 11. Lucien Jacques (1891-1961), poète, éditeur, peintre, dessinateur, graveur et danseur. Né dans la Meuse, apprenti à Paris, petits boulots, secrétaire de la danseuse états-unienne Isadora Duncan. Brancardier pendant la 1ère Guerre mondiale, blessé, en ressort profondément pacifiste. Démobilisé, rejoint Paris et ouvre une boutique de produits divers qu'il élabore. En 1922, pour des raisons de santé, quitte Paris pour Grasse (Côte d'Azur), se lie à Jean Giono, collabore à différentes revues culturelles et littéraires. Après la 2ème Guerre mondiale, s'installe à Montjustin, près de Manosque, qu'il veut transformer en village d'artistes, voyage, expose, crée et édite beaucoup. Passe les 6 dernières années de sa vie à Gréoux- les-Bains (Provence). « Je crois en l'homme, cette ordure. Je crois en l'homme, ce fumier, ce sable mouvant, cette eau morte. Je crois en l'homme, ce tordu, cette vessie de vanité. (…) Je crois en l'homme, ce lèche sang. Malgré tout ce qu'il a pu faire de mortel et d'irréparable. Je crois en lui pour la sûreté de sa main, pour son goût de la liberté, pour le jeu de sa fantaisie. Pour son vertige devant l'étoile. Je crois en lui pour le sel de son amitié, pour l'eau de ses yeux, pour son rire, pour son élan et ses faiblesses. Je crois à tout jamais en lui pour une main qui s'est tendue, pour un regard qui s'est offert. Et puis surtout et avant tout, pour le simple accueil d'un berger. »
  • 12. Edith Stein (1891-1942), philosophe, théologienne et carmélite allemande. Née dans une famille juive, études de psychologie, lettres, histoire et philoso- phie. Passe par une phase d'athéisme radical. « Passionnée par les événements politiques du présent considérés comme l'histoire en devenir », première femme à présenter une thèse de philosophie en Allemagne, collaboratrice du philosophe allemand Edmund Husserl. Une longue évolution intellectuelle et spirituelle la conduit au catholicisme auquel elle se convertit en 1921. Enseigne et donne des conférences en Allemagne, développant une théologie de la femme. Interdite d'enseignement par le régime hitlérien, demande à entrer au Carmel de Cologne-Lindenthal, où elle devient religieuse en 1934 sous le nom de sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix. Se réfugie en 1939 au carmel d’Echt (Pays-Bas). Arrêtée en août 1942 par la SS, déportée à Westerborck puis gazée à Auschwitz-Birkenau. « Nous sommes sur Terre pour être au service de l'humanité (...) Pour s'y employer du mieux possible, il faut faire ce à quoi l'on incline. » « Le chemin de la foi nous mène plus loin que celui de la connais- sance philosophique : au Dieu personnel et proche, à Celui qui est le tout aimant, le miséricordieux, à une certitude que nulle connaissance naturelle ne peut donner. »
  • 13. Cécile et Pierre Monnier P. M. (1891-1915), soldat français. Fils de Louis Monnier et de Cécile Thuret-Monnier (1866-1956), son épouse de tradition protestante. École des Roches à Verneuil-sur-Avre, faculté de droit de ‘l’École des Hautes Études Commerciales’ de Paris. Sous-lieutenant au 46ème régiment d'infanterie, en 1915, pendant la 1ère Guerre mondiale. Blessé d’une balle à l’épaule en Argonne, évacué vers Paris pour y être soigné, reprend le combat comme lieutenant. Tué le 8 janvier 1915 au ravin des Meurissons pendant un assaut allemand. Le 5 août 1918, plus de 3 ans après, sa mère perçoit intérieurement un ordre que son fils lui donne : « Ne pense à rien ! Écris ! » Elle cherche un crayon, prend un petit carnet de comptes et note : « Oui, c’est moi qui t’ai demandé d’écrire. Je crois que par ce moyen nous arriverons à communiquer bien plus facilement. Je suis si heureux de pouvoir te parler comme autre- fois… » Les communications s’arrêtent le 19 janvier 1937. En 1920, sa mère Cécile Monnier publie un livre intitulé Je suis vivant : lettres de Pierre, soldat de France, soldat du Christ, dans lequel elle affirme avoir retranscrit des messages que le jeune militaire lui aurait envoyé par psychographie. Au cours de cette période 1920-1937, Cécile Monnier publie 7 livres regroupant les informations théologiques transmi- ses par son fils.
  • 14. Étienne Souriau (1892-1979), philosophe français. ‘École Normale Supérieure’, prisonnier au fort Prinz Karl à Ingolstadt pendant la 1ère Guerre mondiale, agrégation de philosophie, professeur de philosophie à Aix-en-Provence, à Lyon, puis à la Sorbonne. Spécialiste d’esthétique mais surtout métaphysicien de génie qui le premier, selon Bruno Latour, théorise le « multi-réalisme », une multipli- cité du réel fondée sur la multiplicité des « modes d’existence », c’est-à- dire des manières d’être. Les êtres, c’est-à-dire tous les êtres humains et non humains, matériels ou imaginaires : des sujets, des choses, des corps, des âmes, des montagnes, des arbres, des bactéries, des fils électriques, des réseaux virtuels… L’ouvrage (1943) défend méthodiquement la thèse d’un pluralisme existentiel : il y a, en effet, différentes manières d’exister et même de "sur-exister", ou de "sous-exister". L’existence est polyphonique. Notre vision du monde s’en trouve radicalement transformée. Sans activité, sans inquiétude, sans main d’œuvre, il n’y pas d’œuvre, pas d’être. Mais s’ils sont instaurés par le savant ou par l’artiste, alors les faits comme les œuvres tiennent, résistent, obligent. « Nous croirions assez volontiers que la véritable foi s'exprime, non en "Dieu pour moi », mais en "moi pour Dieu".»
  • 15. József Mindszenty né József Pehm (1892-1975), ecclésiastique catholique hongrois. Curé, change en 1941 son nom en Mindszenty reprenant le patronage Mindszent ("Toussaint") de son village natal. Nommé évêque de Veszprém, proteste contre les arrestations des Juifs et s'oppose ouvertement au régime fasciste hongrois du ‘Parti des Croix fléchées’. Accusé de trahison, arrêté avec 26 prêtres et sémina- ristes, et emprisonné à Sopron. Créé cardinal en 1946, lance un mouve- ment de prière à travers toute la Hongrie. Accusé d’avoir été collaborateur des nazis, arrêté en décembre 1948, inculpé de trahison, conspiration et non-respect des lois du régime. Interrogatoires et tortures, forcé de rester debout parfois pendant plus de 82 heures, condamné en 1949 à la perpétuité (image du bas). En octobre 1956, Budapest se révolte contre le régime. Les auto- rités cèdent à la pression et libèrent le cardinal. Dissout le mouvement des ‘Prêtres de la paix’, collaborateurs du régime, prononce à la radio un discours appelant à la réconciliation nationale. Quand les troupes soviétiques interviennent en Hongrie, obtient l'asile à l'ambassade des États-Unis en Hongrie. Recherché par la police politique hongroise, ne peut quitter l'ambassade pendant 15 ans. S’installe à Vienne en 1971. En 1991, sa dépouille est rapatriée en Hongrie à la demande du gouver- nement nouvellement élu démocratiquement.
  • 16. Martin Niemöller (1892-1984), pasteur luthérien et théologien allemand. Officier sous-marinier pendant la 1ère guerre mondiale. Ordonné pasteur en 1924. En 1933, appelle les pasteurs hostiles aux mesures antisémites à s'unir au sein d'une nouvelle organisation, le Pfarrernotbund, ("Alliance d’urgence des pasteurs") respectueuse des principes de tolérance énoncés par la Bible. À la fin de l'année 1933, 6 000 pasteurs, soit plus d’1/3 des pasteurs protestants, ont rejoint ce groupe dissident. Déchu de ses fonctions de pasteur en novembre 1933. En automne 1934, rejoint Karl Barth, Dietrich Bonhoeffer, etc. pour fonder l'Église confessante (Bekennende Kirche), groupe protestant opposé à l’idéologie nazie. Photos : - Niemöller en officier sous-marinier - Évêques catholiques lors d’une rencontre de jeunes organisée par le parti nazi au stade de Berlin-Neukölln en août 1933 Voir la fiche complète sur M.N. dans le trombinoscope de la non-violence
  • 17. Paul Diel (1893-1972), né en Autriche de mère allemande et de père inconnu. Acteur, romancier, philosophe et poète, se tourne définitivement vers la psychologie. Ami d’Einstein. Réfugié en France en 1938. Fonde la psychologie de la motivation, travaille sur l’éducation, sur le symbolisme dans la mythologie grecque et les textes bibliques. Selon lui, l’exégèse symbolique dévoile le sens caché du mystère de la mort et de la vie. Procède à l'analyse symbolique de trois parties essentielles de la Bible : la Genèse (mythe de la chute), prologue de l'évangile de Jean (mythe de la rédemption), épîtres de Paul (mythe de la résurrection), jette un éclairage nouveau sur ces textes. « La vie humaine est une aventure éthique. (…) Les mythes et les dogmes dramatisent ou conceptualisent les conflits intimes de l’homme et transfèrent à des réalités extérieures à lui-même une existence qui n’appartient qu’aux forces immanentes de son psychisme. Ils n’ont donc de sens que si on les interprète comme des symboles. »
  • 18. Maximilien Kolbe Rajmund Kolbe (1894-1941), frère franciscain conventuel polonais. Fonde en 1917, à Rome, la ‘Mission de l’Immaculée’, puis en 1927, près de Varsovie, la ‘Cité de l’Immaculée’. Arrêté en février 1941 par la Gestapo, transféré en mai au camp de concentration d’Auschwitz. En juillet, suite à la disparition d’un homme dans le bloc 14, les nazis sélectionnent 10 hommes qui seront exécutés. S'offre de mourir à la place d'un père de famille, Franciszek Gajowniczek. Après deux semaines de famine, seul le père Kolbe, qui a soutenu et vu mourir tous ses compagnons, est encore en vie. Il est exécuté le 14 août d'une injection de phénol dans le bras. Son corps est brûlé dans un four crématoire le lendemain. Canonisé comme martyr en 1982. « Seul l’amour est une force de création. » « Celui qui aime Dieu quand tout va bien ne peut pas affirmer avec certitude qu’il aime Dieu. »
  • 19. Aldous Huxley (1894-1963), écrivain, romancier et philosophe britannique. DansThe Perennial Philosophy (‘La philosophie éternelle’), publié en 1945, cite les Upanishads, Adi Shankara, Lao Tseu, Johann Eckhart, William Law, rapproche les religions, les traditions d'Orient et d'Occident, à la recherche d'une pensée mondiale, à mi-chemin de la science et de la mystique. « Philosophie éternelle : l'expression a été trouvée par Leibniz. Mais la chose, cette métaphysique qui reconnaît qu'il y a une réalité qui est la substance même des choses matérielles, de la vie et de l'esprit, cette psychologie qui voit dans l'âme quelque chose de semblable ou même d'identique à la réalité divine, cette éthique qui place les buts de l'homme dans la connaissance d'un fondement transcendant et immanent à tous les êtres, cette chose est universelle et immémoriale. Les rudiments de la philosophie éternelle peuvent être trouvés dans les savoirs des peuples primitifs de toutes les régions du monde, et, sous sa forme la plus développée, elle a une place dans les plus grandes religions. » ../..
  • 20. Aldous Huxley Dans les Upanishad, un père enseigne à son fils Swetaketu. L’essence de l’arbre, que tu ne vois pas, explique-t-il, est dans la graine. Le sel dans l’eau disparaît en apparence. Mais l’essence du sel ne disparaît pas. « De même, ici, dans ton corps qui est le tien, mon fils, tu ne perçois pas le Vrai; mais il y est en réalité. Dans ce qui est l’essence subtile, tout ce qui existe a son soi. C’est là le Vrai, c’est là le Soi, et toi, Swetaketu, tu es Cela. » « Dans l’Inde, les Écritures étaient considérées non point comme des révélations faites à quelque moment donné de l’histoire, mais comme des évangiles éternels, existant depuis toujours jusqu’à tout jamais, en tant que contemporains de l’homme, ou, en vérité, de n’importe quel être corporel ou incorporel doué de raison. » « La philosophie nous enseigne à douter de ce qui nous paraît évident. La propagande, au contraire, nous enseigne à accepter pour évident ce dont il serait raisonnable de douter. »
  • 21. Pierre-Marie Théas et Marthe Dortel-Claudot M. D.-C (1907-19), professeur de lettres française. Se sent appelée en nov. 1944 à Agen à lancer "une croisade de prières pour la conversion de l'Allemagne". Avec l’appui du chanoine Joseph Dessorbès et des évêques français P.-M. Théas et Maurice Feltin et d’Allemands (Joseph Probst, Conrad Grober, Manfred Hörhammer, Johannes-Joseph Van der Velden, etc.), le groupe qu’elle constitue devient en mars 1945 le mouvement Pax Christi pour la réconciliation avec l’Allemagne. P.-M. T.(1894-1977), évêque français de Montauban pendant la 2ème Guerre mondiale. Un des rares évêques à protester publiquement contre les mesures antisémites du gouvernement de Vichy : publie une lettre sur le respect de la personne humaine qu'il fait lire à la messe du 30 août 1942, s'engage dans le camouflage de Juifs dans les couvents du diocèse et chez les particuliers. Arrêté par la Gestapo en juin 1944, interné à Toulouse puis près de Compiègne, libéré par la 28th US Infantry Division en septembre 1944. Pax Christi, devenu "mouvement catholique international pour la paix", prend un nouveau départ en déc. 1950 : éducation à la paix pour tous, respect des droits de l’homme, dialogue, liberté religieuse, puis plus tard désarmement, développement solidaire et écologie. Aujourd'hui présent dans plus de 60 pays.
  • 22. Jiddu Krishnamurti (1895-1986), philosophe indien. Adopté et éduqué par Annie Besant, présidente de la ‘Société théosophique’. Après avoir été propulsé par elle World Teacher (guide spirituel mondial), prend distance avec les religions et les gurus (maîtres spirituels). Promoteur aux États-Unis d’une éducation alternative. Les mutations fondamentales de la société, affirme-t-il, ne peuvent aboutir qu’au prix d’une transformation de la conscience individuelle, de la connaissance de soi et du déconditionnement des appartenances sociales, nationales, religieuses. « La vérité est un pays sans chemins. » « Ce monde est chacun de nous ; le sentir, être véritablement imprégné de cette compréhension entraîne un sentiment de grande responsabilité et une action qui doit être non pas fragmentaire, mais globale. »
  • 23. William Griffith Wilson Robert Holbrook Smith (W. G. W., 1895-1971, dit Bill W.) (R. H. S., 1879-1950, dit Dr Bob) Fondateurs états-uniens des ‘Alcooliques Anomymes’ (AA) et de la méthode de libération des dépendances en 12 étapes, efficace pour le rétablissement des drogués, joueurs, boulimiques, obsédés sexuels, etc. Ont l’intuition que les groupes d’entraide, de parole et de soutien doivent reposer sur l’identification à une problématique et une souffrance communes. Les AA sont présents dans 162 pays et plus de 100 000 groupes rassemblent environ 2 millions de membres. « 1 - Nous avons admis que nous étions impuissants devant l’alcool et que nous avions perdu la maîtrise de notre vie. 2 - Nous en sommes venus à croire qu’une Puissance supérieure à nous- mêmes pouvait nous rendre la raison. »
  • 24. Marcel Pagnol (1895-1974), écrivain, dramaturge, cinéaste et producteur français. Professeur de lettres et d’anglais à Aix-en-Provence, enseigne ensuite au lycée Condorcet à Paris. Écrit un drame et des pièces, dont Topaze. Devient célèbre par la trilogie Marius, Fanny, César, pièce représen- tée au théâtre en 1929, et transformée en 3 films après 1932. Fonde à Marseille en 1934 sa propre société de production et ses studios de cinéma. Au septième art, donne entre autres : Merlusse, Cigalon, Le Schpountz, La Fille du puisatier, La Belle meunière, Manon des sources, ainsi que plusieurs films inspirés de l’œuvre d’un autre provençal, Jean Giono : Angèle, Regain, La Femme du boulanger. Élu à l’Académie française en 1946. « Soyez vous-même, c’est votre seule chance d’être original ! » « De mourir, ça ne me fait rien. Mais ça me fait de la peine de quitter la vie. (…) Qu'est-ce qu'ils ont à pleurer autour de mon lit... C'est déjà bien assez triste de mourir... S'il faut encore voir pleurer les autres ! » « Telle est la vie des hommes. Quelques joies, très vite effacées par d'inoubliables chagrins. Il n'est pas nécessaire de le dire aux enfants. » « Tout le monde savait que c'était impossible. Il est venu un imbécile qui ne le savait pas et qui l'a fait. » « Le châtiment de l'incroyant, ce sera peut-être le pardon de Dieu. »
  • 25. Jules Monchanin (1895-1957), moine et ermite catholique français. À l'époque de sa fréquentation du petit séminaire Saint-Jean à Lyon, découvre le bouddhisme par la lecture d'un livre que son père lui avait acheté chez un bouquiniste des quais de la Seine. Découvre à Roanne un fonds considérable de littérature indienne et s'en imprègne. Souffrant d'une double broncho-pneumonie, fait le vœu de consacrer sa vie à la conversion de l'Inde s'il recouvre la santé. S’installe en Inde en 1939, se met à vivre et à se vêtir à l’indienne. Après la fondation d’un ermitage avec Henri Le Saux, prend le nom sanskrit de ("celui qui met sa joie dans l’Être sans forme"). Paramarubnayanda Intervient à des conférences, des congrès, prêche des retraites. Promoteur du dialogue interreligieux entre Chrétiens et Hindous. « La foi prédomine dans l’islam, l’espérance dans le judaïsme, l’amour dans le christianisme : ces vertus ne sont pas possibles les unes sans les autres. » « Il faut être pour donner. Plus on est, plus on est capable de donner.» (sur son lit de mort à l’hôpital St Antoine à Paris)
  • 26. Marie-Dominique Chenu Marcel Chenu (1895-1990), théologien dominicain. Études de philosophie, de théologie, d’histoire et d’exégèse à l’Angelicum de Rome. Instigateur du renouvellement du thomisme ou néothomisme. Convoqué à Rome en février 1938, doit signer dix propositions qui attestent sa fidélité à saint Thomas. Fulmine contre les faux dualismes : âme-corps, esprit-matière, nature-grâce, temporel-spirituel. En février 1942, son livre Une école de théologie, le Saulchoir est mis à l’Index. Démis de ses fonctions de régent et de recteur, privé de son enseignement et assigné au couvent parisien Saint-Jacques. Proche du mouvement des prêtres ouvriers, signataire de l’appel des chrétiens contre l’arme atomique en 1950, rédacteur du journal catholique progressiste La Quinzaine (1950-1955). En février 1954, avec ses amis dominicains Boisselot, Congar et Féret, privé de ses privilèges de maître en théologie, interdit d’enseigne- ment à l’’École Pratique des Hautes Études’, soumis à censure romaine et assigné au couvent de Rouen avec interdiction de revenir à Paris plus d’une semaine par mois. Un des experts en théologie du concile Vatican II. Signe en 1969 la pétition de la revue Concilium pour la liberté de travail du théologien au sein de l’Église.
  • 27. Karlfried Graf Dürckheim (1896-1988), diplomate, psychothérapeute et philosophe allemand. Officier pendant la Ière guerre mondiale. Étudie l’économie politique, puis se réoriente en philosophie et psychologie. Découvre le bouddhisme zen en 1935. En 1937, chargé de mission culturelle au Japon pour étudier les bases spirituelles de l'éducation japonaise. En octobre 1945, arrêté par les Américains. Pendant son emprisonnement de 16 mois, pratique le zazen. De retour en Allemagne en 1947, met au point les base spirituelles de sa « thérapie initiatique ». Conçoit et construit à Rütte, en Forêt Noire, un Centre de formation et de rencontres de psychologie existentielle. Appelle chacun à être attentif en permanence au sens de ce qu’il fait, de ce qu’il vit. « Il manque à nos contemporains le silence intérieur, une disposition qui les rende capables, même dans la vacarme et l’agitation extérieurs, d’éprouver, de garder et de rayonner le calme. Seule la sérénité, qui révèle la présence de l’Être au delà des contraires, apporte la force, la profondeur et le rayonnement. » ../..
  • 28. Karlfried Graf Dürckheim « Être soi-même maintenant intégralement là. » « Sur le chemin spirituel , il ne faut rien chercher qui serait extraordinaire ; l'extraordinaire est dans la profondeur de l'ordinaire. » « L’homme est majeur dans la mesure où il retrouve toujours le courage de traverser les périodes sombres de la vie. (…) Il se défie de lui-même et se garde des idées arrêtées sur le monde, sur son prochain et sur Dieu. » « Si la feuille n’a de sa condition de feuille qu’une représentation où elle se distingue de l’arbre, elle sera effrayée quand viendra l’automne. Elle craindra de se dessécher, de tomber et de devenir poussière. Mais si elle saisit réellement qu’elle est elle-même l’arbre dans sa modalité de feuille, et que la vie et la mort annuelles de la feuille font partie de la nature de l’arbre, elle aura une autre vision de la vie ».
  • 29. Mâ Ananda Moyî Nirmalâ Sundari Devî (1896-1982) - nommée Mâ Ananda Moyî ("Mère pénétrée de béatitude") par Jyotish Chandra Ray - grande sainte de l'Inde du 20ème siècle, appelée familièrement Mataji. Pour toute formation scolaire, va à l'école primaire durant 2 ans. N'a jamais acquis aucune connaissance des écritures sacrées, aucune pratique spirituelle ne lui a jamais été enseignée. Malgré cela, semble connaître toutes les voies. Sillonne toute l'Inde pendant des dizaines d'années pour apporter aide et réconfort spirituel. De nombreux ashrams sont construits, à Dacca, Dehradun, Calcutta, Bénarès, etc. Ne mange presque pas : son entourage craint pour sa santé, ce qui l'amuse beaucoup. Pose à son interlocuteurs les questions, claires, précises, allant droit au cœur des choses, qui lui permettent d’avancer. ../..
  • 30. Mâ Ananda Moyî « Je suis hindoue, musulmane, chrétienne... tout ce que vous voulez (…) Je n'ai aucun sens de l'ego ni de la séparation. En moi, chacun de vous a dans une égale mesure la hauteur et la profondeur de l'éternité ». « Ne voyez-vous pas que ce monde n'est qu'une auberge de passage ? Nous y rencontrons d'autre pèlerins. Le but de la réunion finale est le Soi (Atman). Mais cela, vous l'oubliez ; vous vous identifiez à votre corps et vous forgez ainsi le premier maillon de la chaîne de toutes les misères de la vie. » « Soyez véridique, en paroles et en actions. Soyez toujours de bonne humeur. Parlez avec calme, fermeté, sérénité et avec une considération égale pour tous. Ne chérissez que ce qui touche à la Quête suprême (Paramartha). Votre recherche de la vérité doit se poursuivre à chaque instant. » « C'est l'être le plus étonnant qu'il m'ait jamais été donné de rencontrer ! » Arnaud Desjardins
  • 31. Henri de Lubac Henri Sonier de Lubac (1896-1991), jésuite, théologien catholique français. Blessé à la tête pendant la guerre en 1917 : l'expérience des tranchées le hantera toute sa vie, y compris le dialogue avec des non- croyants. Professeur de théologie fondamentale à la ‘Faculté catholique de Lyon’, proche de Maurice Blondel et de Jules Montchanin. Pendant la Seconde Guerre mondiale, s'engage dans la Résistan- ce en participant à la création des Cahiers du Témoignage chrétien et en dénonçant, dans ses cours comme dans ses écrits, l'idéologie nazie. En 1946, suite à son ouvrage Surnaturel - Études historiques, est soupçonné par le Saint Office de modernisme. Le livre porte sur la reconnaissance de l’unité et de la distinction de la raison et de la foi. L'encyclique Humani Generis de 1950 semblant le viser directement, est interdit d'enseignement par le général des jésuites, ses livres sont retirés des écoles et instituts de formation sans qu'il puisse se défendre. Est contraint de quitter Lyon pour Paris où il continue d'écrire. En 1960, nommé par Jean XXIII consultant de la commission préparatoire des théologiens à Vatican II. Expert du concile puis cardinal. « Dire quelque chose qui compte pour l’homme d’aujourd’hui qui ne croit pas. »
  • 32. Maurice Zundel (1897-1975), prêtre et théologien catholique suisse. Ordonné prêtre dans le diocèse de Lausanne-Genève en 1919, passe quelques années à Rome, y obtient en 1927 un doctorat en théologie à l'Université pontificale Saint Thomas d'Aquin, l’Angelicum. Curieux insatiable sur tout ce qui fait la culture de son temps, de la sociologie à la philosophie en passant par la psychanalyse et la littérature, la science et les arts. Mène ensuite une vie itinérante de conférencier (Suisse, France, Palestine, Égypte, Liban). Se situe au croisement des théologies protestante et catholique, de la philosophie existentielle et du personnalisme. Auteur d’une oeuvre mystique, éthique et politique. L’originalité de sa pensée théologique est de prêcher un Dieu humble, pauvre, fragile et discret. Fonde une morale de la libération qui consiste en un dépassement de soi par le don infini de soi, un acte joyeux de communion et non un renoncement triste. Ses intuitions spirituelles novatrices ne sont pas comprises et lui valent d’être relégué aux marges de l’institution ecclésiale. «Notre honneur suprême est d’avoir à nous créer nous-même. De ne pas subir notre vie, mais de la faire jaillir dans un pur élan d’amour.»
  • 33. Georges Bataille (1897-1962), écrivain français. Son œuvre multiforme s'aventure à la fois dans les champs de la littérature, l'anthropologie, la philoso- phie, l'économie, la sociologie et l'histoire de l'art. Érotisme et transgression sont communément attachés à son nom. Mystique athée. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, influen- cé par Heidegger, Hegel, et Nietzsche, écrit La Somme athéologique (le titre se réfère à la Somme théologique de Thomas d'Aquin) qui comporte ses travaux L'Expérience intérieure, Le Coupable et sur Nietzsche. « J’entends par expérience intérieure ce que d’habitude on nomme expérience mystique : les états d’extase, de ravissement, au moins d’émotion méditée. » « Qui pourrait supprimer la mort ? Je mets le feu au bois, les flammes du rire y pétillent ». « Je désignerai par le mot "mystère" ce que d'ordinaire on appelle Dieu. »
  • 34. Gershom Scholem (1897-1982), historien et philosophe juif allemand, spécialiste de la kabbale et de la mystique juive. Étudie l'hébreu, les mathémati- ques et la philosophie. Passe en 1922 sa thèse à Munich sur le Séfer ha-Bahir, texte de la kabbale provençale. Arrivé à Jérusalem en 1923, devient responsable de la section juive et hébraïque de la bibliothèque de la future université hébraïque de Jérusalem. Membre de ‘l'Académie israélienne des sciences et lettres’ à partir de 1960. Figure de l'histoire de l'État d'Israël, prend position sur tous les sujets touchant le pays. Toujours attentif à ce que le sionisme ne sombre ni dans le nationalisme, ni dans le populisme, préserve entre le rationalisme et l'orthodoxie un judaïsme de la liberté ouvert vers l'utopie. Son œuvre immense fait entrer l'étude de la kabbale* dans le champ académique des sciences humaines. * La kabbale (de l'hébreu Qabbala, "réception") est ensemble de spéculations métaphysiques sur Dieu, l'homme et l'univers, prenant racine dans les traditions ésotériques du judaïsme. Le mot kabbale ne désigne pas un dogme, mais un courant à l'intérieur du judaïsme, né dans l’Antiquité, et un état d'esprit. Elle se voudrait à la fois un outil de travail sur soi et un moyen d'appré- hender d'autres systèmes de pensée.
  • 35. Federico García Lorca (1898-1936), poète et dramaturge espagnol, également peintre, pianiste et compositeur. Études de lettres et de droit. Vers la fin des année 1920, dépression exacerbée par une angoisse due à la difficulté de cacher son homosexualité à ses amis et sa famille. En 1931, directeur de la société de théâtre étudiante subven- tionnée La Barraca, fait des tournées dans les provinces rurales pour présenter le répertoire classique. Puise une grande partie de son inspiration poétique et musicale dans la tradition folklorique andalouse. Fusillé le 19 août 1936 par des milices franquistes. « Toutes les choses ont leur mystère, et la poésie, c'est le mystère de toutes les choses. » « Le théâtre, c'est la poésie qui sort du livre pour descendre dans la rue. » « En ces moments dramatiques que vit le monde, l’artiste doit pleurer et vivre avec son peuple. Il faut laisser là le bouquet de lys et se plonger dans la boue jusqu’à la ceinture pour aider ceux qui cherchent les lys. »
  • 36. Magdeleine Hutin (1898-1989) en religion Petite Sœur Magdeleine de Jésus, religieuse catholique. La guerre de 1914 la marque profondément : son village est détruit par les bombardements, sa grand-mère est fusillée par les Allemands, ses 2 frères meurent au front. Son père risque sa vie et compromet sa carrière pour sauver un petit Tunisien malade de la diphtérie. Découvre avec lui la vie de Charles de Foucauld en 1921, grâce au livre de René Bazin. Part en Algérie pour soigner une arthrite déformante qui nécessite un climat sec. Fonde en 1939 à Toggourt la congrégation religieuse des ‘Petites Sœurs de Jésus’. Crée des fraternités ouvrières, gitanes, bergères, nomades. Visite les 5 continents à la recherche des milieux les plus pauvres, les plus délaissés pour y planter des fraternités. Travaille auprès des réfugiés palestiniens, des Pygmées, établit de petites communautés dans les favelas de Rio, dans des tribus amazoniennes, à Bénarès, etc. « Restez calmes et paisibles dans la barque du monde actuel. Soyez un "sourire" sur ce monde, c'est mon plus grand souhait. Souriez à tous ceux qui souffrent : ceux qui souffrent dans leur chair, dans leur cœur, dans leur âme. »
  • 37. Michel Riquet (1898-1993), prêtre jésuite français, théologien et prédicateur, docteur en théologie. Pendant ses études, élabore une théorie du droit de résistance aux lois injustes (Sa Majesté la Loi, 1925). Dès 1940, prend part importante à la Résistance dans 3 réseaux. En chaire à l'église Saint-Séverin, interpelle la conscience allemande. Arrêté en janv. 1944, déporté à Mauthausen puis à Dachau. Garde de cette période de solides amitiés avec des compagnons de captivité communistes, juifs, francs-maçons. Aumônier des écrivains catholiques (1972-1981), milite dans les ‘Amitiés judéo-chrétiennes’. Participe à la fondation de la ‘Fraternité d'Abraham’ qui travaille à la réconciliation des trois religions abrahamiques. Dialogue avec les Francs-Maçons et agit pour un rapprochement entre l'Église et eux. Dans la ligne de son confrère jésuite Joseph Berteloot, distingue un courant maçonnique anticlérical et politicien d'un courant maçonnique spirituel et politique qu'il juge seul authentique et digne d'intérêt. Vice-président de la ‘Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme’ (LICRA).
  • 38. Edmond Michelet (1899-1970), homme politique français. Représentant de commerce, militant de ‘l’Action catholique’. Mène une action en faveur des Juifs allemands persécutés par le nazisme. Chef du mouvement de Résistance ‘Combat’ en Limousin, déporté en septembre 1943 à Dachau. Pendant 20 mois terribles, a un comportement exemplaire de générosité et de courage dans le camp, réunit toutes les hommes de toutes tendances politiques au sein du camp afin d’organiser la solidarité. Député, ministre gaulliste des Armées, de la Justice*. Démissionne en 1961 du gouvernement de Michel Debré par opposition à sa politique algérienne. Se fait enterrer dans son costume de déporté et fait inscrire sur sa tombe cette citation de Jean-Marie Vianney, le curé d’Ars : « Il nous demandera si nous avons employé nos forces à rendre service au prochain. » * Rétablit en 1960 la peine de mort pour raison politique, abolie depuis 1848, et la réclame pour les généraux Challe et Zeller, auteurs du putsch d’Alger. Ceci est à prendre en compte par les partisans de sa béatification.
  • 39. Jean Girette (1899-1976), Français, Ingénieur de l’’École polytechnique’ et de l’’École des Ponts et Chaussées’, directeur de la région Sud-Ouest de la SNCF (1955-1958). Après la mort de son épouse, décide de démissionner, de travailler comme ouvrier en usine et de rejoindre une équipe de frères ouvriers du Prado. Découvre le monde ouvrier et exprime l'angoisse qu'il éprouve devant les opposions fondamentales au sein des entreprises. Muté dans une paroisse populaire d’Aubervilliers. Dans les dernières années de sa vie, épuisé, se réfugie chez les Petites soeurs des pauvres à Paris, où il exerce l’humble fonction de portier. « Un monde où le travail manuel sera tenu en honneur; où les inégalités sociales iront en s’atténuant; où les chances à l’entrée dans la vie tendront à s’équilibrer en fonction des aptitudes; où l’on s’acheminera vers la réduction progressive des journées de travail; où les personnes âgées pourront avoir une retraite décente; où l’autorité nécessaire saura se dépouiller de tout ce qui blesse et humilie le subordonné sans nécessité. »
  • 40. Howard Thurman (1899-1981), pasteur baptiste, philosophe, théologien, enseignant états-unien, auteur de 21 livres. Le premier Afro-étatsunien à rencontrer Gandhi en février 1936 à Bartoli, près de Bombay. Dès cette époque, tente de traduire, en pensée et en actes, la philosophie du Satyagraha dans le contexte du christianisme noir étatsunien. Premier afro-étatsunien à occuper la charge de doyen de l'univer- sité de Boston (pendant plus de deux décennies). Condisciple et ami du père de Martin Luther Jr. Sa théologie marque énormément le futur leader de la lutte non-violente pour les droits civiques.. Contribue en 1944 à fonder à San Francisco, avec l’International Fellowship of Reconciliation (IFOR-MIR), la première communauté ecclésiale multiraciale et multiculturelle des États-Unis, la Church for the Fellowship of All Peoples . Leader dans la lutte pour les droits civiques, conseiller et ami des pasteurs Martin Luther King senior et junior. « Ne vous demandez pas ce dont le monde a besoin. Demandez- vous ce qui vous éveille à la vie. Puis faites-le. Car ce dont le monde a besoin, c’est d’êtres qui s’éveillent à la vie. » Cette citation de Howard Thurman est souvent attribuée à tort à un certain Harold Whitman, nom fictif.
  • 41. Henri Michaux (1899-1984), écrivain, poète et peintre d'origine belge, naturalisé français en 1955. Fait de nombreux voyages pour découvrir les peuples du monde. Contemporain des surréalistes, cherche comme eux dans la poésie et dans l'art une aventure spirituelle comparable à certains égards à l'expérience mystique. Exprime ses sentiments d'angoisse et de révolte, raconte ses rêves, imagine des histoires fantastiques, rend compte d'expériences psychologiques. Affirme la force du libre arbitre chez l'individu, présente l'existence comme une suite de choix individuels et volontaires. Souvent considéré comme mystique athée cherchant son chemin selon un parcours taoïste. « Je ne peux me reposer, ma vie est une insomnie... car, cherchant et cherchant, c'est dans tout indifféremment que j'ai la chance de trouver ce que je cherche, puisque ce que je cherche, je ne le sais ». « Et c’est ma vie, ma vie par le vide. S’il disparaît, ce vide, je me cherche, je m’affole, et c’est encore pis. Je me suis bâti sur une colonne absente. »
  • 42. Henri Roser (1899-1981), pasteur protestant français. En janvier 1923, tandis que l’armée française occupe la Ruhr, renvoie ses papiers militaires au nom de l'Évangile. Révoqué de sa charge d'officier, se déclare objecteur de conscience. En 1925, année de son mariage, devient secrétaire du ‘Mouvement International de la Réconciliation’ (MIR) pour la France, puis pour l'Europe. En 1939, opposé à la guerre, condamné à 4 ans de prison pour refus d'obéissance et insoumission, en sort après la défaite 1940. Sauvetage d’enfants juifs d’Aubervilliers, contact avec les émissaires du général de Gaulle. Prend position contre la répression à Madagascar en 1947, contre la guerre d’Indochine, contre la guerre d’Algérie et la torture, contre le réarmement de l’Europe et les essais nucléaires. Préside pendant 25 ans ‘La Croix Bleue’, une association nationale consacrée à l’aide et à la guérison des alcooliques. H.R. est aussi dans le trombinoscope de la NV
  • 43. Édouard Froidure (1899-1971) prêtre catholique belge. Fondateur d'œuvres sociales dont ‘Les Petits sapins’, les ‘Stations de Plein-air’ (centres sociaux et d’animation). En 1936, démarre une activité de tri et de distribution d'objets de seconde main pour fournir du travail et un toit à des hommes démunis. En 1939, fonde à Bruxelles un centre de formation d'éduca- teurs. Durant la guerre, à partir de juillet 1941, cache des enfants juifs dans ses centres de loisirs. Arrêté par la Gestapo, rescapé du camp de concentration de Dachau. En décembre 1952, fait visiter des taudis au Roi Baudouin : l'écho suscité dans la presse aboutit à la promulgation d'une loi pour la liquidation des taudis. Ces activités se déploient ensuite dans d'autres villes de Belgique au service des personnes sans-abri et des familles en difficultés. En 1955, crée l'association ‘Les Petits Riens’ et devient ainsi un pionnier de l'économie sociale et solidaire. « C’est la solidarité qui sauve. On arrive à trouver des amis, on parle, on reprend courage en se disant : je ne suis pas seul dans cet enfer, on va tâcher de tenir le coup. »
  • 44. Theodosius Dobzhansky (1900-1975), biologiste ukrainien, généticien et théoricien de l'évolution. Émigre en 1927 aux États-Unis. Son ouvrage Genetics and the origin of species (1937) est la synthèse la plus ambitieuse depuis Darwin, par l'importance des données scientifiques qu'il apporte et par l'audace des propositions théoriques qu'on y trouve. Un des principaux contributeurs et promoteurs de ce qui va devenir la théorie synthétique de l'évolution, tente tout au long ses recherches de comprendre le sens du monde et de la vie au regard de cette théorie. Renouvelle le concept d’ "espèce" qu'il définit comme unité biologique, étudie la génétique des populations. Pour répondre aux grandes questions de l'évolution (l'émergence du vivant et de la conscience), élabore une conception philosophique du monde. L’évolution est une séquence linéaire d'étapes - matière inerte, vie biologique, conscience humaine - dont chacune transcende la précédente. L'homme, avec sa conscience et sa culture, représente alors une forme ultime de transcendance. « Rien en biologie n'a de sens, si ce n'est à la lumière de l'évolution. » ../..
  • 45. Theodosius Dobzhansky L’évolution universelle est caractérisée par quelques principes : - L'univers est en progrès et tend vers ce que l'homme qualifierait d'amélioration ; - L'évolution de l'univers est un processus toujours actif et dont le futur est indéterminé ; - L'évolution de l'univers est marquée par la croissance de la liberté ; - Les trois phases évolutives auxquelles l'univers a été soumis sont irréversibles : il est impossible pour le monde organique de retourner à son état d'origine inorganique, ni pour l'homme de revenir à son état antérieur d'organisme biologique ; - Le rythme des transformations majeures de l'univers s'accélère avec le temps. « Aucune espèce avant l'homme ne pouvait choisir sa destinée évolutive. Doté de connaissances, l'homme peut le faire. Il peut amener l'évolution de l'espèce humaine dans la direction qu'il considère bonne et souhaitable, ou il peut choisir de se laisser dériver par les forces biologiques aveugles comme la sélection naturelle, oublieux des conséquences. (…) L'homme peut acquérir suffisamment de connaissances pour diriger sa propre évolution et celle des autres espèces, et en fin de compte peut-être, celle de l'univers entier. »
  • 46. Marion Milner Nina Marion Blackett (1900-1998), psychanalyste britannique écrivaine, peintre et mystique, épouse de l’avocat Dennis Milner. Diplôme de psychologie à l'université de Londres, formée par Mélanie Klein et par Donald Winnicott, s'intéresse à l'éducation, étudie en psychanalyse les processus de séparation et de symbolisation. À partir de 26 ans, tient un journal intime, découvre qu’une manière nouvelle d’observer la vie autrement qu’avec sa tête lui apporte une profondeur de champ et la rend heureuse. Apprend peu à peu à changer d’état d’âme : la fonction de la volonté peut être aussi de se tenir en retrait pour observer les émotions et les évènements, pour passer d’une attention étroite à une attention large. Découvre qu’elle doit faire confiance à cette force qui la fait vivre. Reconnaît et respecte la nécessité d'un "espace vide" à l'intérieur de soi, où les forces créatrices trouvent leur source. « Quelque chose qui n’était pas moi vivait en moi, quelque chose en quoi je pouvais avoir confiance, quelque chose qui savait mieux que moi où j’allais (…), qui pouvait être une force directrice dans la vie. Mais je pensais qu’il serait insolent d’appeler cela Dieu. »
  • 47. Les 4 aumôniers militaires du Dorchester John Washington, né en 1908, prêtre catholique; George Fox, né en 1900, pasteur méthodiste; Clark Poling, né en 1910, pasteur de l’Église réformée; Alexander Goode, né en 1911, rabbin, docteur en études arabes, désire travailler à la paix entre Juifs et Arabes. Tous les 4 aumôniers militaires états-uniens sur le navire de trans- port de troupes Dorchester, transportant 900 passagers, torpillé par un sous-marin allemand le 3 février 1943 dans les eaux glacées de l’Atlantique nord. Alors que le navire sombre, les 4 aumôniers s’occupent calmement des personnes paniquées et des blessés, aident les soldats et les autres à embarquer dans les canots de sauvetage, exhortent tous les passagers au courage, distribuent des gilets de sauvetage jusqu’à ce qu’il n’en reste plus, y compris les leurs. Chantent des cantiques, debout sur le pont incliné, les bras entre- lacés, alors que le navire s’enfonce sous les vagues. Font partie des 670 passagers qui trouvent la mort ce jour-là. L’héroïsme et le témoignage interreligieux des « quatre aumôniers immortels » est célébré aux États-Unis et dans les aumôneries militaires du monde entier. « En donnant leurs gilets de sauvetage, ils se sont défaits de leur seul espoir de survie. C’était la foi en action. » Timothy Broglio, archevêque de l’Archdiocese for Military Services, lors de leurs obsèques
  • 48. Antoine de Saint-Exupéry (1900-1944), aviateur, journaliste, dessinateur, écrivain, poète et Résistant français. Directeur de l’exploitation des lignes de la compagnie Latécoère (future Aéropostale), chef d’escale, puis pilote d’essai. Disparu en mer le 31 juillet 1944. « Être homme, c’est précisément être responsable. C’est connaître la honte en face d’une misère qui ne semblait pas dépendre de soi. C’est être fier d’une victoire que les camarades ont remportée. C’est sentir, en posant sa pierre, que l’on contribue à bâtir le monde ». « La grandeur d’un métier est peut-être, avant tout, d’unir les hommes : il n’est qu’un luxe véritable, c’est celui des relations humaines. En travaillant pour les seuls biens matériels, nous bâtissons nous-mêmes notre prison. » « Il nous faut dans la nuit lancer des passerelles. » « Nous n'héritons pas de la Terre de nos parents, nous l'emprun- tons à nos enfants. » ../..
  • 49. Antoine de Saint-Exupéry « On ne voit bien qu'avec le cœur. L'essentiel est invisible pour les yeux. (…) Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. (…) C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante. » « Où voyez-vous qu’il y ait lieu de désespérer ? Il n’est jamais que perpétuelle naissance. Et certes il existe, l’irréparable, mais il y a rien là qui soit triste ou gai, c’est l’essence même de ce qui fut. Est irréparable ma naissance puisque me voici. Le passé est irréparable, mais le présent vous est fourni comme matériaux en vrac aux pieds du bâtisseur, et c’est à vous d’en forger l’avenir. » « Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible. » « ll n’y a pas de solution miracle, il y a des forces en marche. Créons ces forces, et les solutions suivront. » « Il n’y a qu’un problème, un seul de par le monde. Rendre aux hommes une signification spirituelle, des inquiétudes spirituelles. » « Il nous semble, à nous, bien au contraire, que notre ascension n'est pas achevée, que la vérité d’aujourd’hui se nourrit de l’erreur d’hier, et les contradictions à surmonter sont le terreau même de notre croissance. »
  • 50. Pierre Chaillet (1900-1972), jésuite français, Résistant, théologien et enseignant. Réunit autour de lui d'autres Chrétiens (Henri de Lubac, Pierre Bockel, etc.) et organise un groupe de Résistants dont il devient le rassembleur et l'inspirateur. Responsable principal d'une organisation interconfessionnelle d'assistance, ‘L'Amitié chrétienne’, tournée vers l’aide aux Juifs. Publie à Lyon en novembre 1941 le premier des Cahiers du Témoignage chrétien. De 1941 à 1944, paraissent 15 numéros de ces brochures. Maître de la résistance spirituelle face aux nazis. Agent de renseignement, puis chef dans la Résistance française. En 1944, élu président du ‘Comité des œuvres sociales de la Résistance’ (COSOR). En 1945, crée les éditions du Témoignage chrétien. Ses supérieurs de la ‘Compagnie de Jésus’ lui demandent d’en quitter la présidence en 1956, jugeant incompatibles les opinions du journal avec la ligne de sa congrégation. Vit ses dernières années dans le silence et le renoncement.
  • 51. Jean Rodhain (1900-1977), prêtre catholique français. Vicaire puis curé dans les Vosges, responsabilités dans la JOC. Pendant la 2nde guerre mondiale, prisonnier, évadé, fonde l’aumônerie des prisonniers de guerre. Organise à Lourdes, en sept.1946, le "pèlerinage du retour" pour les prisonniers et déportés. À cette occasion est célébrée la fondation, en juin 1946, du ‘Secours Catholique’ dont il est nommé Secrétaire général. S’appuyant sur le réseau développé durant la guerre, l’association choisit une pédagogie très concrète et explore toutes les formes de misère dans des campagnes thématiques (vieillesse, mal-logement, réfugiés, etc.) En 1954, initie à Paris la première cité-secours qui sera rejointe par d'autres cités dans l‘’Association des cités du Secours catholique’ en 1990. Elle accompagne vers l'autonomie et l'insertion socio-professionnelle des personnes vivant en situation de précarité, d'exclusion ou de handicap. En 1954 aussi naît le réseau Caritas internationalis, présent aujourd’hui dans 164 pays. « Le temps passé à rencontrer l’autre est plus important que le colis distribué. »
  • 52. Willem Visser 't Hooft (1900-1985), pasteur et théologien réformé néerlandais. Études de théologie et de droit. Pionnier du mouvement œcuménique durant sa jeunesse. À Genève lorsque la guerre éclate, aide les réfugiés fuyant l’Allemagne nazie et travaille à maintenir des liens entre les Églises des zones occupées et le monde extérieur. Prend l'initiative de la réunion de Pomeyrol (16 et 17 septembre 1941) où 13 pasteurs ou théologiens et 3 laïcs de la zone sud dénoncent les persécutions anti-juives et inscrivent le protestantisme dans la résistance au nazisme. Premier Secrétaire général du ‘Conseil œcuménique des Églises’ de 1948 à 1966. Crée également la revue The Ecumenical Review. « (…) l'Église affirme qu'on ne saurait présenter l'inévitable soumission au vainqueur comme un acte de libre adhésion. Tout en acceptant les conditions matérielles de la défaite, elle considère comme une nécessité spirituelle la résistance à toute influence totalitaire et idolâtre. » 8ème thèse de Pomeyrol
  • 53. Armand Marquiset (1900-1981). Crée en 1932 l'association ‘Pour que l'Esprit vive’, pour l'aide aux artistes et aux intellectuels, et en 1936 ‘Les amis de la banlieue’, pour les enfants défavorisés de la région parisienne. Mène tout au long de la 2ème guerre mondiale des actions en faveur des populations déplacées et des enfants. Fonde en 1946 l'association ‘Les petits frères des pauvres’ pour les personnes âgées, qui sont, dans le contexte économique et social de l'époque, les plus démunis. Fonde en 1965 l’association ‘Frères des Hommes’, une des premières ONG tiers-mondiste française. Fonde en 1969 ‘Les Frères du Ciel et de la Terre’, destinée à lutter contre l'isolement et la solitude. « Avons-nous donné des fleurs avant le pain ? ».
  • 54. Jacques Prévert (1900-1977), poète français, écrivain (scénarios, théâtre, livres pour enfants), parolier et artiste (chansons, collages). Dans la tradition anarchi- sante du début du siècle, son non-conformisme exhale une révolte du cœur plus que l’espoir d’une révolution. Hostile à toutes les formes d’oppression sociale, sa poésie, destinée à un très large public, célèbre les thèmes de la liberté, de la justice et du bonheur. Elle donne beaucoup d’efficacité burlesque aux techniques de l’énumération, de l’inventaire et des jeux de langage. Dialoguiste dans les films de Marcel Carné. « La mère fait du tricot / Le fils fait la guerre / Elle trouve ça tout naturel la mère » « Il dit non avec la tête / mais il dit oui avec le cœur / Il dit oui à ce qu’il aime / il dit non au professeur » « La liberté, ce n'est pas un cadeau, c'est un flambeau, et un fardeau / Ce n'est pas la faiblesse, c'est la sagesse, et la noblesse. » « Mais ne prenez pas le deuil / c’est moi qui vous le dis / Ça noircit le blanc de l’œil / et puis ça enlaidit / Les histoires de cercueils / c’est triste et pas joli / Reprenez vos couleurs / les couleurs de la vie »
  • 55. Erich Fromm (1900-1980), psychanalyste humaniste états-unien d’origine juive allemande. Fuit en 1934 les persécutions nazies et émigre aux États-Unis. Marqué par les prophètes de la Bible, par le souci humaniste de Karl Marx, et par Freud dont il se démarque. Orienté vers la tradition mystique orientale, participe à l’élaboration des thérapies corporelles et familiales et aux théories de la communication dans l’approche écosystémique. Travaille sur la nature et l’origine des tendances destruc- trices de l’homme, et notamment sur l’agressivité maligne, ensemble des perversions qui tiennent aux conditionnements de l’éducation et au système socio-économique et culturel.
  • 56. Erich Fromm « Plus la division du travail est forte dans une société, plus elle est guerrière. Les sociétés où règne un système de classes sont les plus guerrières de toutes.(…) Plus l’aspiration à la vie est brimée, plus l’aspiration à la destruction sera forte. Plus la vie se réalisera, plus la force de destruction sera faible. » « La révolution de l’amour est l’unique alternative à la destruction de l’humanité. » « Le développement spirituel et intellectuel de l’homme n’a été possible que parce que des hommes ont osé dire Non aux puissants au nom de leur foi ou de leur conscience. » « La 2ème guerre mondiale et la bombe atomique montrent aux hommes combien ils sont vulnérables. C’est par un choix conscient et une politique délibérée que l’humanité pourra survivre. »
  • 57. Julien Green Julian Hartridge Green (1900-1998), écrivain étatsunien de langue française. Se convertit au catholicisme en 1916, à la suite de son père et de toutes ses sœurs. Sous-lieutenant dans l’artillerie française en 1918. Trois ans d'études à l’université de Virginie. Rencontre Robert de Saint Jean en 1924 : ils resteront liés durant 60 ans. Toute sa vie, est tiraillé entre ses désirs homosexuels et la morale catholique. Pendant la 2ème Guerre mondiale, envoyé à New York pour servir au Bureau américain de l'information de guerre, s'adresse à la France dans l'émission de radio Voice of America. Auteur d'une soixantaine d'ouvrages, dont un Journal monumen- tal et le fameux Frère François (1983), magnifique biographie de François d'Assise. Premier membre étranger de l’Académie française en 1971. « Le poète est essentiellement un homme qui a gardé au fond de lui-même le sens du mystère et la faculté de s'étonner. » « Tout ce qui est triste me paraît suspect. » « Il faut quelquefois se promener au fond de l'abîme. Même si je descends jusqu'en enfer, le bras de Dieu est assez long pour m'en retirer. » « Le grand péché du monde moderne, c'est le refus de l'invi- sible. » ■