Gloria Origgi – CNRS – Institut Nicod
LE DEFIS DES MOOCS EUROPEENNES ET LE FUTUR DE
L’UNIVERSITE GLOBALE
Les origines du phenomene mooc




    •    Dans l’automne 2011, deux professeurs de l’université de Stanford proposent un
         cours en ligne gratuit d’intelligence artificielle. Les inscriptions au cours dépassent les
         160,000 étudiants. Sebastian Thrun et Peter Norvig décident de fonder Udacity.com
    •    En mai 2012, Daphne Koller et Andrew Ng lancent COURSERA, qui devient au cours
         de l’année 2012 la plus grande MOOC mondiale, avec 217 courses, 33 parternariats
         avec des universités prestigieuses aux Etats-Unis et ailleurs (Asie, Israel, Europe).
    •    En 2012, le MIT et l’université de Harvard lancent Edx.org. Pour l’instant, Edx offre 9
         cours des universités de Harvard, Mit et Berkeley. En automne 2013 ils vont intégrer
         des cours de Wellesley et GeorgeTown




2
What’s new ?

    •    Pourquoi les MOOCS sont considérées comme une révolution majeure dans le
         domaine de l’enseignement supérieur ?




                                   http://www.nytimes.com/2012/11/04/
                                   education/edlife/massive-open-online-
                                   courses-are-multiplying-at-a-rapid-
                                   pace.html




3
connectivité




    •    A la différence des cours traditionnels en ligne, les MOOCS tirent profit de la
         connectivité des réseaux sociaux.
    •    La connectivité de la communauté constitue une forme d’ intelligence collective et
         collaborative, impensable dans des structures de communication moins connectives,
         comme par exemple la télévision.
    •    La communauté d’apprentissage s’auto-organise, partage des ressources et joue un
         rôle crucial dans le processus de validation.
    •    Autres facteurs techno-sociaux :

          –  Coûts réduits du “cloud computing”
          –  Coûts réduits du “video-streaming”
          –  Facilité à créer du contenu “user-friendly” (exercices en ligne, forums, etc.)
          –  Génération de « cyber-natives » qui rentre aujourd’hui dans les études supérieures




4
Quel business model ?

    Le modèle varie selon la MOOC :




        –  Cours gratuits, universités payantes (les universités signent un contrat pour développer leurs
           cours en ligne à travers ces plateformes)
        –  Cours gratuits, certificats payants (par exemple Edx)
        –  Cours payants Udemy



        Levée des fonds (16 millions pour Udacity, 22 millions pour Coursera) par des investisseurs.




5
Ce qui change…



        -Les contenus
        -L’échelle
        -La façon de communiquer




6
L’universite de demain




7
Deconstruire l’université




    •    Déconstruire l’espace de travail
    •    Décloisonner les disciplines
    •    Délocaliser les expériences
    •    Démanteler les « effets de réseaux » élitistes liés à l’entrée dans les grandes
         universités
    •    Décomposer d’une façon nouvelle les briques constitutifs de l’enseignement
         supérieur :

          –    Cours
          –    Classe
          –    Enseignant
          –    Etudiant
          –    Matériel – livres - laboratoire




8
Reconstruire l’universite

    •    Nouveaux espaces de rencontre étudiants
    •    Nouvelles compositions de savoir (à la demande, ou votées par un groupe de travail
         sur un thème)
    •    Universités « distribuées » sur plusieurs lieux, dans lesquelles des expériences
         locales d’entraînement et initiation à la recherche peuvent se développer (en gardant
         un « style » local, régional/national de discussion et de travail)
    •    Programmes à différents niveau d’élitisme : on peut suivre un cours en ligne
         Coursera et le valider à Stanford ou le suivre et le valider à l’université de Milan
    •    Repenser aux « building blocs » nécessaires pour créer une communauté de savoir :
          –  Espaces communs de travail
          –  Facilitateurs locaux
          –  Evénements/réunions
          –    Conférences sur place
          –    Conférences en ligne
          –    Prix de participation étudiante
          –    Nouvelles plateformes d’accès universitaire au niveau des villes ou des médias (espaces
               communs dans les bibliothèques, mairies, cafés, lieux publiques, sites des journaux)




9
Une mooc europeenne

     •    Les styles d’enseignement et de pensée ne doivent pas risquer de se perdre à
          l’heure de l’université numérique
     •    L’enseignement en ligne doit être une occasion de multiplier les points de vue et les
          formes de pensée, afin de pouvoir contribuer à la construction d’un espace de savoir
          véritablement multiculturel et global
     •    L’exigence de multiplier les expériences au niveau européen est évidente :



           –  L’Europe est un espace multilingue, qui a besoin de cultiver cette différence
           –  La francophonie est, par exemple, un espace distribué sur plusieurs continents qu’une
              MOOC utilisant la langue française pourrait faire vivre d’une façon nouvelle
           –  L’Europe a une tradition universitaire « délocalisée »: surtout dans les grandes villes, les
              universités sont éparpillées sur plusieurs espaces, avec des accords et des formes
              d’association différentes. Cette délocalisation pourrait jouer en faveur des MOOCS
              européennes.
           –  L’université européenne est déjà intégrée à travers les programmes d’échange ERASMUS
              entre d’autres. La présence de cours en ligne partagés par différentes universités
              européennes pourrait faciliter ces échanges ainsi que leur donner un nouveau contenu




10
Tout a repenser :

     •    Nouvelles compétences :



           –    Conception des cours
           –    Vidéo et mise en scène
           –    Animation
           –    Facilitation
           –    System Design
           –    Software development
           –    Pédagogie
           –    Urbanisme
           –  Design des espaces d’apprentissage
           –  Structures administratives




11

Moocs

  • 1.
    Gloria Origgi –CNRS – Institut Nicod LE DEFIS DES MOOCS EUROPEENNES ET LE FUTUR DE L’UNIVERSITE GLOBALE
  • 2.
    Les origines duphenomene mooc •  Dans l’automne 2011, deux professeurs de l’université de Stanford proposent un cours en ligne gratuit d’intelligence artificielle. Les inscriptions au cours dépassent les 160,000 étudiants. Sebastian Thrun et Peter Norvig décident de fonder Udacity.com •  En mai 2012, Daphne Koller et Andrew Ng lancent COURSERA, qui devient au cours de l’année 2012 la plus grande MOOC mondiale, avec 217 courses, 33 parternariats avec des universités prestigieuses aux Etats-Unis et ailleurs (Asie, Israel, Europe). •  En 2012, le MIT et l’université de Harvard lancent Edx.org. Pour l’instant, Edx offre 9 cours des universités de Harvard, Mit et Berkeley. En automne 2013 ils vont intégrer des cours de Wellesley et GeorgeTown 2
  • 3.
    What’s new ? •  Pourquoi les MOOCS sont considérées comme une révolution majeure dans le domaine de l’enseignement supérieur ? http://www.nytimes.com/2012/11/04/ education/edlife/massive-open-online- courses-are-multiplying-at-a-rapid- pace.html 3
  • 4.
    connectivité •  A la différence des cours traditionnels en ligne, les MOOCS tirent profit de la connectivité des réseaux sociaux. •  La connectivité de la communauté constitue une forme d’ intelligence collective et collaborative, impensable dans des structures de communication moins connectives, comme par exemple la télévision. •  La communauté d’apprentissage s’auto-organise, partage des ressources et joue un rôle crucial dans le processus de validation. •  Autres facteurs techno-sociaux : –  Coûts réduits du “cloud computing” –  Coûts réduits du “video-streaming” –  Facilité à créer du contenu “user-friendly” (exercices en ligne, forums, etc.) –  Génération de « cyber-natives » qui rentre aujourd’hui dans les études supérieures 4
  • 5.
    Quel business model? Le modèle varie selon la MOOC : –  Cours gratuits, universités payantes (les universités signent un contrat pour développer leurs cours en ligne à travers ces plateformes) –  Cours gratuits, certificats payants (par exemple Edx) –  Cours payants Udemy Levée des fonds (16 millions pour Udacity, 22 millions pour Coursera) par des investisseurs. 5
  • 6.
    Ce qui change… -Les contenus -L’échelle -La façon de communiquer 6
  • 7.
  • 8.
    Deconstruire l’université •  Déconstruire l’espace de travail •  Décloisonner les disciplines •  Délocaliser les expériences •  Démanteler les « effets de réseaux » élitistes liés à l’entrée dans les grandes universités •  Décomposer d’une façon nouvelle les briques constitutifs de l’enseignement supérieur : –  Cours –  Classe –  Enseignant –  Etudiant –  Matériel – livres - laboratoire 8
  • 9.
    Reconstruire l’universite •  Nouveaux espaces de rencontre étudiants •  Nouvelles compositions de savoir (à la demande, ou votées par un groupe de travail sur un thème) •  Universités « distribuées » sur plusieurs lieux, dans lesquelles des expériences locales d’entraînement et initiation à la recherche peuvent se développer (en gardant un « style » local, régional/national de discussion et de travail) •  Programmes à différents niveau d’élitisme : on peut suivre un cours en ligne Coursera et le valider à Stanford ou le suivre et le valider à l’université de Milan •  Repenser aux « building blocs » nécessaires pour créer une communauté de savoir : –  Espaces communs de travail –  Facilitateurs locaux –  Evénements/réunions –  Conférences sur place –  Conférences en ligne –  Prix de participation étudiante –  Nouvelles plateformes d’accès universitaire au niveau des villes ou des médias (espaces communs dans les bibliothèques, mairies, cafés, lieux publiques, sites des journaux) 9
  • 10.
    Une mooc europeenne •  Les styles d’enseignement et de pensée ne doivent pas risquer de se perdre à l’heure de l’université numérique •  L’enseignement en ligne doit être une occasion de multiplier les points de vue et les formes de pensée, afin de pouvoir contribuer à la construction d’un espace de savoir véritablement multiculturel et global •  L’exigence de multiplier les expériences au niveau européen est évidente : –  L’Europe est un espace multilingue, qui a besoin de cultiver cette différence –  La francophonie est, par exemple, un espace distribué sur plusieurs continents qu’une MOOC utilisant la langue française pourrait faire vivre d’une façon nouvelle –  L’Europe a une tradition universitaire « délocalisée »: surtout dans les grandes villes, les universités sont éparpillées sur plusieurs espaces, avec des accords et des formes d’association différentes. Cette délocalisation pourrait jouer en faveur des MOOCS européennes. –  L’université européenne est déjà intégrée à travers les programmes d’échange ERASMUS entre d’autres. La présence de cours en ligne partagés par différentes universités européennes pourrait faciliter ces échanges ainsi que leur donner un nouveau contenu 10
  • 11.
    Tout a repenser: •  Nouvelles compétences : –  Conception des cours –  Vidéo et mise en scène –  Animation –  Facilitation –  System Design –  Software development –  Pédagogie –  Urbanisme –  Design des espaces d’apprentissage –  Structures administratives 11