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Cahier des charges des
matériaux de restauration utilisés
en technique directe
Société Francophone de Biomatériaux Dentaires
P. COLON, M. BOLLA ET E. LEFORESTIER
Date de création du document 2009-2010
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Table des matières
I Introduction...................................................................................................................................... 4
II Propriétés mécaniques et physiques..............................................................................................5
II.1 Propriétés mécaniques.............................................................................................................5
II.1.1 Dureté................................................................................................................................ 5
II.1.2 Résistance à la traction ................................................................................................... 6
II.1.3 Résistance à la compression.............................................................................................6
II.1.4 Résistance à la flexion...................................................................................................... 6
II.1.5 Résistance au cisaillement................................................................................................7
II.1.6 Résistance au fluage......................................................................................................... 7
II.1.7 Fatigue...............................................................................................................................7
II.1.8 Résistance à l’abrasion.....................................................................................................8
II.2 Propriétés physiques ...............................................................................................................8
II.2.1 Coefficient de conductibilité thermique......................................................................... 8
II.2.2 Coefficient de conductivité électrique.............................................................................8
II.2.3 Coefficient de dilatation thermique................................................................................9
III Étanchéité.....................................................................................................................................10
III.1 L’adaptation marginale....................................................................................................... 10
III.2 La stabilité dimensionnelle.................................................................................................. 10
III.3 Les propriétés visco-élastiques............................................................................................ 10
III.4 L'adhérence...........................................................................................................................11
IV Longévité...................................................................................................................................... 11
V Comportement biologique............................................................................................................12
VI Esthétique.....................................................................................................................................13
VII Facilité d’emploi et de mise en Oeuvre.................................................................................... 13
VIII Compatibilité avec les autres matériaux................................................................................ 15
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IX Coût...............................................................................................................................................15
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I INTRODUCTION
Un matériau de restauration coronaire doit permettre la réalisation d’une restauration
fonctionnelle, comblant la perte de substance, limitant les risques de lésion carieuse
secondaire, sans agresser le tissu pulpaire ni les tissus de la sphère buccale environnante. Il
peut s’agir d’une restauration permanente dont la longévité dépendra des qualités
intrinsèques du matériau mais aussi des indications et des conditions de mise en œuvre
clinique. Il peut s’agir d’un matériau de restauration temporaire mis en place pour une
durée allant de quelques jours à plusieurs mois.
Les matériaux de restauration coronaire peuvent appartenir à la famille des :
● alliages métalliques, tels que : amalgames, alliages de métaux précieux ou non
précieux.
● matériaux minéraux comme les céramiques.
● matériaux organo-minéraux, tels que les composites, les compomères, les ciments
verres ionomères (CVI), ou les ciments verres ionomères modifiés par adjonction de
résine (CVIMAR).
Figure 1 : Facteurs influençant le comportement biologique des matériaux de restauration
Un matériau de restauration coronaire doit bien entendu être dépourvu d’effets biologiques
néfastes sur l’organisme. On peut regrouper ces éléments du cahier des charges sous
l’appellation « comportement biologique du matériau ». Le schéma de la figure 1 représente
les trois propriétés qui vont influencer ce comportement biologique et leurs interrelations.
Pour des raisons didactiques, nous choisirons d’aborder successivement : les propriétés
mécaniques et physiques, l’étanchéité, et enfin la longévité. Enfin nous aborderons les autres
exigences auxquelles doivent répondre les matériaux de restauration coronaires : mise en
œuvre, coût, esthétique, possibilité de réfection, facilité de dépose, compatibilité avec les autres
matériaux.
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II PROPRIÉTÉS MÉCANIQUES ET PHYSIQUES
II.1 PROPRIÉTÉS MÉCANIQUES
Les propriétés mécaniques sont directement en relation avec la résistance des matériaux et
donc sur leur longévité mais également avec leur capacité à transmettre des contraintes aux
tissus dentaires calcifiés de la dent traitée mais aussi des dents proximales ou
antagonistes.Les valeurs de contrainte durant la fonction s’élèvent à environ 220 N pour les
incisives, 450N pour les prémolaires et 665N pour les molaires (Craig 1996).
Ces propriétés mécaniques vont également influencer les paramètres de la mise en œuvre
(possibilité de brunissage d’un inlay métallique, aptitude au polissage).
Les différents essais mécaniques sont expliqués dans le chapitre sur les propriétés
mécaniques)
II.1.1 Dureté
C’est la capacité de la surface d’un matériau à résister à une déformation plastique.
Les tests de dureté les plus utilisés en odontologie sont les mesures de microdureté Vickers
ou Knoop. Le principe de ces tests consiste à mesurer l’empreinte réalisée par un
pénétrateur en diamant à base carrée (Vickers) ou losange (Knoop) sur la surface d’un
matériau sous une charge définie.
La dureté va influencer la résistance à l’abrasion, la transmission des contraintes occlusales
au sein du matériau et à la dent traitée de même qu’aux dents antagonistes, et l’aptitude au
polissage.
Tableau 1 : Dureté Knoop des tissus durs dentaires
Dureté Knoop
(kg/mm2)
Email 340
Dentine 60
Même si la dureté est une propriété de surface, sa mesure peut parfois donner des
renseignements sur la structure globale du matériau : ainsi, le degré de conversion d’une
résine composite après polymérisation peut être approché par des mesures de dureté.
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II.1.2 Résistance à la traction
Le test de traction permet de caractériser plusieurs aspects du comportement mécanique
d’un matériau qui vont influencer directement son aptitude à restaurer une perte de
substance dentaire.
La rigidité du matériau définit par son module d’élasticité longitudinal (ou module
d’Young) l’existence ou non d’un domaine de déformation plastique ; la valeur de la
contrainte à la rupture définit la résistance à la rupture du matériau.
Tableau 2 : Module d’élasticité et résistance à la rupture des tissus durs dentaires
Module d’élasticité
(module d’Young) (GPa)
Résistance à la rupture (MPa)
Email 84 10,3
Dentine 18 98,7
La réalisation d’un essai de traction nécessite la réalisation d’une éprouvette dont la
géométrie et la calibration doit être rigoureuse. Pour certains matériaux, il est difficile voire
impossible de réaliser ces éprouvettes. Dans ce cas, un test de tension diamétrale est réalisé
à partir d’un échantillon cylindrique. Ce test ne permet d’enregistrer que la valeur à la
rupture du matériau testé. C’est un test couramment réalisé sur les matériaux plastiques
utilisés en restauration coronaire.
II.1.3 Résistance à la compression
Il s’agit de la valeur de résistance maximale enregistrée lors de la rupture d’un échantillon
cylindrique soumis à une contrainte uni-axiale en compression.
Tableau 3 : Résistance à la compression des tissus durs dentaires
Résistance à la compression (MPa)
Email 384
Dentine 297
Les contraintes en compression s’exercent essentiellement lors de la mastication sur les faces
occlusales des molaires et des prémolaires.
II.1.4 Résistance à la flexion
Les contraintes en flexion s’exercent essentiellement lors de la mastication sur le groupe
incisivo-canin.
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II.1.5 Résistance au cisaillement
Les contraintes en cisaillement s’exercent essentiellement à l’interface tissu
dentaire/matériau de restauration des reconstitutions collées. C’est la raison pour laquelle
ce test est fréquemment utilisé pour évaluer les valeurs d’adhésion des différents matériaux
même si ce n’est pas la seule approche possible.
Tableau 4 : Résistance au cisaillement des tissus durs dentaires
Résistance au cisaillement (MPa)
Email 90
Dentine 138
II.1.6 Résistance au fluage
Le fluage correspond à une déformation d’ensemble du matériau sous l’action de
contraintes constantes ou variables qui se produit dans le temps. Il s’agit d’une déformation
plastique qui aura pour conséquence une décohésion des bords de la restauration et donc
une dégradation de l’adaptation marginale. Le fluage est dépendant de la température, de
la contrainte appliquée et de la durée d’application de cette contrainte.
Cette valeur de fluage est particulièrement importante pour caractériser le comportement
des amalgames dentaires.
II.1.7 Fatigue
Les contraintes exercées sur les restaurations dentaires ne sont pas constantes, mais varient
en fonction du temps. Il s’agit en fait de cycles de contraintes qui vont induire la
propagation de fissures au sein du matériau. C’est la raison pour laquelle on peut observer
des phénomènes de rupture en relation avec des contraintes relativement limitées,
simplement parce que le matériau aura au préalable été fragilisé par la progression de
fissures en son sein.
Ces contraintes peuvent s’exercer en compression, flexion, cisaillement ou associer
plusieurs types de contraintes. C’est une des raisons qui rend difficile la modélisation de ce
type de dégradation in vitro.
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Figure 2 : Fatigue de l’obturation sous une sollicitation occlusale
II.1.8 Résistance à l’abrasion
Lors de la fonction masticatrices (ou lors de parafonctions telles que le bruxisme), les
surfaces dentaires vont être soumises à des forces de frottement générant une perte de
matériau à partir de la surface, une dégradation de l’état de surface du matériau, et une
altération de la forme de la restauration. Dans le cas où la résistance à l’abrasion du
matériau est plus faible que celle des tissus dentaires, une « marche » au niveau marginal de
l’obturation peut être créée.
II.2 PROPRIÉTÉS PHYSIQUES
II.2.1 Coefficient de conductibilité thermique
Le matériau de restauration qui présente un coefficient élevé va permettre une transmission
rapide des variations thermiques au tissu dentinaire et générer des sensibilités. D’une façon
générale, les valeurs de ce coefficient pour les biomatériaux devraient approcher celles des
tissus dentaires calcifiés.
Tableau 5 : Conductibilité thermique des tissus durs dentaires
Conductibilité thermique Cal. cm-1. sec-1. °C-1
Email 2,2. 10-3
Dentine 1,5. 10-3
II.2.2 Coefficient de conductivité électrique
La conductivité électrique est la grandeur caractérisant l'aptitude pour un matériau de
permettre le passage du courant électrique, c’est-à-dire de permettre aux charges électriques
de se déplacer librement en son sein. Ce déplacement de charges électriques au sein du
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matériau peut générer des phénomènes de sensibilité. C’est l’exemple du papier métallique
d’emballage d’un chocolat placé au contact d’un amalgame d’argent.
La conductivité électrique est l'inverse de la résistivité. Elle correspond à la conductance
d'une portion de matériau de 1 mètre de longueur et de 1 m2 de section. Les meilleurs
conducteurs sont les métaux pour lesquels les porteurs de charge sont les électrons libres, et
les solutions d'électrolytes.
La conductivité électrique représente le rapport de la densité de courant par l'intensité du
champ électrique. C'est l'inverse du champ électrique. C'est l'inverse de celle de la
résistivité.
II.2.3 Coefficient de dilatation thermique
La température buccale est susceptible de varier dans une fourchette comprise entre 5 et
55°C en fonction de l’alimentation. Cette variation de température entraîne des phénomènes
de dilatation ou de rétraction des matériaux de restauration et des tissus dentaires. Si le
matériau présente un coefficient élevé par rapport à celui des tissus dentaires, les joints
dent/restauration seront fortement sollicités en traction et/ou en compression lors des
variations de température. Bien entendu, cette sollicitation sera d’autant plus forte que le
volume du matériau sera important.
Tableau 6 : Coefficient linéaire de dilatation thermique linéaire des tissus durs dentaires
Coefficient linéaire de dilatation thermique linéaire x 10-6/°C
Email 11,4
Dentine 8,6
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III ÉTANCHÉITÉ
L’étanchéité d’une restauration, c'est-à-dire l’herméticité du joint tissu dentaire/matériau
de restauration a pour objectif principal d’éviter une contamination bactérienne en direction
pulpaire au travers des canalicules dentinaires. La pénétration bactérienne peut être source
de douleurs chroniques ou de lésion carieuse récurrente (secondaire) se développant au
niveau des bords de la restauration. Le deuxième objectif est d’éviter le passage de fluides
au niveau de ce joint afin d’éviter une coloration inesthétique de ce joint.
L’étanchéité d’une restauration dépend de plusieurs facteurs :
III.1 L’ADAPTATION MARGINALE
Lors de la mise en place d’une restauration, elle est maximale en cas de restauration
adhésive (absence totale de hiatus) ou laisse apparaître un hiatus d’environ 10 microns avec
un amalgame. Par contre, elle peut atteindre 100 microns en cas de détérioration marginale
d’une restauration.
III.2 LA STABILITÉ DIMENSIONNELLE
Les variations dimensionnelles du matériau peuvent être en relation avec la mise en place
du matériau lors de la réalisation de la restauration ou peuvent survenir durant la fonction
de façon intermittente ou permanente.
Pendant la phase de prise (retrait, expansion), la phase de durcissement d’un matériau
plastique peut revêtir des formes différentes : cristallisation d’un amalgame, polymérisation
d’une résine composite, réaction acide base d’un ciment verre-ionomère. Dans tous les cas,
des variations dimensionnelles vont intervenir durant cette phase, la contraction du
matériau étant toujours un facteur négatif sur l’étanchéité lors de l’obturation d’une cavité.
Après la prise (coefficient de dilatation thermique, absorption hydrique secondaire), le
matériau va être soumis à des variations de températures qui vont engendrer des
phénomènes de contraction et de dilatation susceptibles de solliciter les joints. La perte
d’étanchéité peut survenir au niveau marginal sur une portion ou la totalité de la ligne de
contour. Certains matériaux sont sujets à des phénomènes d’imbibition hydrique secondaire
(ciments verres ionomères, compomères) qui vont entraîner une augmentation permanente
du volume du matériau.
III.3 LES PROPRIÉTÉS VISCO-ÉLASTIQUES
Certains matériaux, et en particulier les polymères adhésifs, présentent la capacité de se
déformer légèrement lorsqu’ils sont soumis à une contrainte mécanique. Cette capacité de
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déformation peut permettre de préserver l’intégrité du joint périphérique en présence de
variations dimensionnelles du matériau.
III.4 L'ADHÉRENCE
Certains matériaux adhèrent directement aux tissus dentaires calcifiés tandis que d’autres
nécessitent la mise en place d’un ou plusieurs matériaux intermédiaires. La nature des
liaisons mises en jeu peut être d’ordre mécanique (microclavetage), physicochimique
(liaisons faibles de type liaisons hydrogène ou liaisons de Van der Walls) ou chimique
(ionique ou covalente).
IV LONGÉVITÉ
La longévité d’une restauration est liée aux respects de certains critères énoncés par
Anusavice et par Ryge et Cvar en 1971 : les critères de l’U.S.P.H.S.c Ces critères, présentés
en annexe, sont au nombre de 9 et sont évalués selon des notes allant de Alpha pour la
meilleure à Delta pour la plus mauvaise.
En pratique, la résistance à la dégradation dans le milieu buccal sera liée au comportement
du matériau en terme de résistance mécanique, résistance en milieu hydrique, résistance à
la corrosion, résistance aux variations de température et résistance à la combinaison de
toutes ces contraintes. Pour la résistance mécanique, il s’agira essentiellement de résistance
à l’usure, de résistance au fluage, de résistance en fatigue. La résistance en milieu hydrique
concernera la résistance à l’hydrolyse et la solubilité. La résistance à la corrosion concerne
les matériaux métalliques et donc plus spécifiquement les amalgames. Ces matériaux sont
soumis à des phénomènes de corrosion sélective, de corrosion sous l’action de piles
galvaniques puisque ces amalgames seront toujours des anodes dans le milieu buccal par
rapport aux autres alliages métalliques utilisés, phénomènes de corrosion sous l’action de
piles de concentration entre zones aérées et zones non aérées (point de contact
interproximal) qui se corrodera préférentiellement. Les variations de température vont sous
l’action d’un cycle de contraction et dilatation successives solliciter les joints en traction et
en compression.
Enfin, l’association de ces différentes sollicitations (fatigue-corrosion, hydrothermocyclage)
va toujours dans le sens d’une accélération de la cinétique de dégradation du biomatériau.
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V COMPORTEMENT BIOLOGIQUE
Le comportement biologique d’un matériau découle logiquement des propriétés évoquées
précédemment. La longévité d’un matériau permet de limiter le nombre de réinterventions,
toujours dommageables pour l’organe pulpaire. La résistance mécanique des matériaux
limite les phénomènes de dégradation et participe à la longévité tout en permettant
d’assurer la fonction. L’étanchéité d’une restauration, en évitant la contamination
bactérienne, permet de diminuer le risque d’apparition d’une lésion carieuse secondaire et
limite les phénomènes inflammatoires chroniques. Bien entendu, le comportement
biologique spécifique du matériau doit être pris en compte dans ses différentes expressions.
Pour être biocompatible, le matériau doit s’intégrer dans son environnement et ne pas
causer de nuisances.
La biocompatibilité peut être définie comme la propriété du matériau à agir avec une
réponse appropriée de l’hôte dans une situation spécifique, en fonction du site ou de l’usage
auquel il est destiné. Un matériau biocompatible est donc capable de remplir sa fonction
sans effets adverses sur l’environnement dans lequel il est appelé à fonctionner. Les risques
associés peuvent être de nature infectieuse, toxique, allergique ou mutagène.
Le lieu de l’interaction entre un biomatériau et son environnement de travail étant
représenté par l’interface tissu/matériau, la composition superficielle et les propriétés et
état de surface d’un biomatériau sont des paramètres importants de sa biocompatibilité.
La toxicité du matériau est en rapport direct avec la présence d’éléments libres pouvant
migrer dans les structures sous-jacentes perméables. Les produits de dégradation peuvent
provenir de phénomènes d’usures auquel cas on retrouvera dans les produits de
dégradation la composition du matériau d’origine. Ils peuvent également provenir de
phénomènes de dégradation électrochimique comme la corrosion et donner naissance à des
composés spécifiques.
Un matériau peut également être irritant pour le parodonte marginal en raison d’un simple
état de surface irrégulier ou en raison de l’existence de porosités qui permettront de retenir
des bactéries de la plaque dentaire. Il peut également être irritant en rapport avec l’existence
de monomères résiduels consécutive à une polymérisation insuffisante.
Certains matériaux peuvent exercer une activité antibactérienne. C’est le cas des produits de
corrosion des amalgames, de matériaux qui libèrent du fluor, et plus récemment de certains
systèmes adhésifs.
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VI ESTHÉTIQUE
Les qualités esthétiques d’un matériau sont aujourd’hui une qualité importante qui répond
à la demande des patients. Cependant, l’esthétique ne doit en aucun cas être un facteur
prioritaire par rapport aux critères évoqués précédemment.
Tableau 7 : Approche en fonction du secteur concerné et du degré d’exigence des patients
Demande modérée Demande
habituelle
Demande très élevée
Secteur
antérieur
Choix de teintes,
reconstitution
monoteinte
Stratification
esthétique avec
plusieurs opacités
Stratification esthétique avec
plusieurs opacités et caractérisation
Secteur
prémolaire
Teinte universelle Choix de teinte,
reconstitution
monoteinte
Stratification esthétique avec
plusieurs opacités avec ou sans
caractérisation
Secteur
molaire
Matériau de
couleur clair
Ou matériau
métallique
Teinte
universelle ou
choix de teinte,
reconstitution
monoteinte
Stratification esthétique avec
plusieurs opacités avec ou sans
caractérisation
Le tableau 7 illustre schématiquement l’approche esthétique du choix des matériaux et des
protocoles cliniques en fonction du secteur concerné et du degré d’exigence des patients.
VII FACILITÉ D’EMPLOI ET DE MISE EN OEUVRE
Le cahier des charges d’un biomatériau de reconstitution directe s’exprime également en
termes de facilités d’emploi et de mise en œuvre. Ces caractéristiques sont représentées par
le stockage, des aptitudes au modelage ou au polissage, un temps de prise adapté à la
situation clinique, des facilités de réfection ou de dépose, et par la traçabilité.
● Stockage
Le matériau doit être facilement stockable (durée de conservation, conditions de
température et/ou d’humidité, conditionnement.)
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● Tolérance de mise en œuvre
Il peut s’agir d’un contrôle strict des proportions d’un mélange à réaliser, de l’homogénéité
d’une spatulation, de la tolérance face à une éventuelle contamination hydrique (salivaire),
d’un solvant s’évaporant plus ou moins rapidement, d’une réaction de prise s’initiant plus
ou moins progressivement. Certains matériaux verront leurs qualités intrinsèques diminuer
rapidement en cas d’écart, même minime, aux paramètres de mise en œuvre, d’autres
seront plus tolérants. Il faut noter que certains matériaux sensibles à la technique de mise en
œuvre, peuvent être proposés par les fabricants dans des conditionnements adaptés
(capsules prédosées, unidose…) Sur le plan clinique, cette tolérance de mise en œuvre peut
devenir un critère de choix prépondérant lorsqu’il s’agit d’intervenir dans des situations
spécifiques (faible accessibilité) ou chez des patients plus difficiles à traiter (certains enfants
ou certaines personnes âgées, patients nauséeux ou très anxieux)
● Aptitude au modelage
Un matériau de restauration coronaire doit être facilement modelable pour rétablir
l’anatomie dentaire. Il ne doit pas coller aux instruments, sa viscosité doit être adaptée pour
éviter la présence de porosités ou de défauts aux interfaces.
● Temps de prise
Le temps de prise doit être compatible avec l’utilisation clinique : rapide pour un ciment de
scellement tout en permettant le retrait des excès, plus lent pour un matériau de
restauration pour permettre le modelage, mais suffisamment rapide pour autoriser une
dépose rapide de la matrice.
● Aptitude au polissage
L’état de surface après polissage conditionne le résultat esthétique, le risque de récidive
carieuse, la résistance à la corrosion des amalgames, le confort du patient. Il est important
que cet état de surface soit obtenu rapidement, en utilisant une séquence instrumentale
limitée, sans échauffement source d’inflammation pulpaire et qu’il soit durable.
● Possibilité de réfection
Le cumul des agressions à l’égard de la pulpe dentaire diminue progressivement la capacité
de cette dernière à faire face à de nouvelles agressions. Cette agression est particulièrement
importante lorsque l’on expose la dentine profonde lors d’un retraitement (bactéries,
dessiccation, agression thermique, vibrations…). Il est par ailleurs établi que la dépose
complète d’une restauration s’accompagne inévitablement d’une perte de tissu dentaire
sain. Permettre une réfection partielle de la restauration est donc devenu une exigence pour
les matériaux modernes, lorsque bien sûr la partie profonde est indemne. Les marges de la
restauration sont plus souvent concernées et cette possibilité s’adresse plus spécifiquement
aux restaurations adhésives.
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● Facilité de dépose
Il importe qu’un matériau de restauration temporaire puisse être déposé rapidement,
éventuellement sans avoir recours aux instruments rotatifs s’il s’agit de matériaux
temporaires placés en inter séance pour la réalisation d’une restauration indirecte. Dans le
cas d’un matériau de restauration permanente, sa dépose ne doit pas générer de perte de
tissu dentaire sain ce qui n’est pas toujours facile à obtenir lors de la dépose de
restaurations esthétiques.
● Traçabilité
Il convient de pouvoir indiquer facilement le type de matériau et son numéro de lot sur la
fiche du patient. L’outil informatique s’avère indispensable pour réaliser cette traçabilité. Ce
sera à l’avenir le seul moyen de renseigner correctement une fiche de pharmacovigilance
auprès de l’Afssaps (agence française de sécurité sanitaire des produits de santé).
VIII COMPATIBILITÉ AVEC LES AUTRES MATÉRIAUX
Une restauration par matériau plastique peut ne faire intervenir qu’un seul matériau
(amalgame). Cependant, afin de bénéficier des avantages respectifs de différents matériaux
de restauration, le praticien est de plus en plus souvent amené à conjuguer l’emploi de
plusieurs matériaux pour une même restauration. Par ailleurs, au sein d’une même cavité
buccale peuvent siéger plusieurs types de matériaux de restauration, qu’ils soient issus de
techniques directes ou indirectes. Il convient alors de s’assurer de la compatibilité chimique
et électrochimique de ces différents matériaux avant d’en poser l’indication.
IX COÛT
Le coût d’un matériau ne se limite pas au prix de vente du produit. Il faut tenir compte plus
précisément du coût de la restauration, ce dernier paramètre faisant intervenir le temps
passé au fauteuil, le coût de l’instrumentation annexe nécessaire à la mise en œuvre du
produit, sa durée de conservation, le volume de matériau qui sera souvent détruit (teintes
peu usitées arrivées à leur date de péremption).
Le coût de l’utilisation d’un biomatériau doit être, en terme de santé publique rapporté au
bénéfice obtenu (rapport coût-bénéfice) pour le patient : pérennité, esthétique, qualité de la
restauration sur le plan fonctionnel, possibilité de réparation…
Il faut également faire intervenir à ce niveau le « coût tissulaire » comme, par exemple, la
nécessité ou non d’une mise en forme cavitaire mutilante (rétention, recouvrements…).
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ANNEXE
Tableau 8 : critères de l’U.S.P.H.S.
Critère Note Restauration
Forme
anatomique
Alpha
Bravo
Charlie
La restauration est en continuité avec les formes anatomiques
existantes.
La restauration est en discontinuité avec les formes
anatomiques existantes, mais le manque de matériau est
insuffisant pour exposer la dentine ou la base.
Perte suffisante de matériau pour exposer la dentine ou la
base.
Adaptation
marginale
Alpha
Bravo
Charlie
Delta
Cliniquement, la restauration semble présenter une bonne
adaptation marginale, la sonde n’accroche pas, il n’y a pas de
hiatus visible
La sonde accroche ; présence d’un hiatus ; pas d’exposition
dentinaire
La sonde pénètre dans un hiatus, il y a une exposition
dentinaire.
La restauration est fracturée, elle est mobile ou il y a un
manque de matériau
Coloration
marginale
- ligne de
contour
- état de
surface
- teinte
Alpha
Bravo
Charlie
Alpha
Pas de coloration du joint dent restauration
Coloration marginale superficielle
Coloration marginale profonde
La surface de la restauration est lisse
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Etat de surface
Teinte
Forme de
Contour axial
Contact
interproximal
Carie
secondaire
Sensibilité
CONCLUSION
Le cahier des charges d’un matériau de restauration est de plus en plus lourd en terme
d’esthétique et de compatibilité biologique. La diversité des matériaux proposés doit
conduire le praticien à une analyse de l’ensemble des critères de choix avant de poser
l’indication d’un matériau de restauration.
Les études cliniques permettent de valider des critères de mise en œuvre d’une restauration
et son comportement dans le milieu buccal. La traçabilité, aujourd’hui peu répandue, va
devenir un élément prépondérant dans les prochaines années car c’est le seul moyen
d’identifier un matériau qui ne répondrait pas à l’usage aux critères évoqués
précédemment.
Même si beaucoup de propriétés (propriétés physiques, chimiques, étanchéité, …) peuvent
être évaluées en laboratoire, seules les études épidémiologiques longitudinales permettent
de valider la pérennité d’un matériau ou d’une restauration. Ces études ne sont cependant
jamais disponibles lors de la commercialisation des nouveaux matériaux.

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Cahier des charges des matériaux de restauration utilisés

  • 1. - Support de Cours (Version PDF) - Cahier des charges des matériaux de restauration utilisés en technique directe Société Francophone de Biomatériaux Dentaires P. COLON, M. BOLLA ET E. LEFORESTIER Date de création du document 2009-2010
  • 2. - Support de Cours (Version PDF) - Table des matières I Introduction...................................................................................................................................... 4 II Propriétés mécaniques et physiques..............................................................................................5 II.1 Propriétés mécaniques.............................................................................................................5 II.1.1 Dureté................................................................................................................................ 5 II.1.2 Résistance à la traction ................................................................................................... 6 II.1.3 Résistance à la compression.............................................................................................6 II.1.4 Résistance à la flexion...................................................................................................... 6 II.1.5 Résistance au cisaillement................................................................................................7 II.1.6 Résistance au fluage......................................................................................................... 7 II.1.7 Fatigue...............................................................................................................................7 II.1.8 Résistance à l’abrasion.....................................................................................................8 II.2 Propriétés physiques ...............................................................................................................8 II.2.1 Coefficient de conductibilité thermique......................................................................... 8 II.2.2 Coefficient de conductivité électrique.............................................................................8 II.2.3 Coefficient de dilatation thermique................................................................................9 III Étanchéité.....................................................................................................................................10 III.1 L’adaptation marginale....................................................................................................... 10 III.2 La stabilité dimensionnelle.................................................................................................. 10 III.3 Les propriétés visco-élastiques............................................................................................ 10 III.4 L'adhérence...........................................................................................................................11 IV Longévité...................................................................................................................................... 11 V Comportement biologique............................................................................................................12 VI Esthétique.....................................................................................................................................13 VII Facilité d’emploi et de mise en Oeuvre.................................................................................... 13 VIII Compatibilité avec les autres matériaux................................................................................ 15
  • 3. - Support de Cours (Version PDF) - IX Coût...............................................................................................................................................15
  • 4. - Support de Cours (Version PDF) - I INTRODUCTION Un matériau de restauration coronaire doit permettre la réalisation d’une restauration fonctionnelle, comblant la perte de substance, limitant les risques de lésion carieuse secondaire, sans agresser le tissu pulpaire ni les tissus de la sphère buccale environnante. Il peut s’agir d’une restauration permanente dont la longévité dépendra des qualités intrinsèques du matériau mais aussi des indications et des conditions de mise en œuvre clinique. Il peut s’agir d’un matériau de restauration temporaire mis en place pour une durée allant de quelques jours à plusieurs mois. Les matériaux de restauration coronaire peuvent appartenir à la famille des : ● alliages métalliques, tels que : amalgames, alliages de métaux précieux ou non précieux. ● matériaux minéraux comme les céramiques. ● matériaux organo-minéraux, tels que les composites, les compomères, les ciments verres ionomères (CVI), ou les ciments verres ionomères modifiés par adjonction de résine (CVIMAR). Figure 1 : Facteurs influençant le comportement biologique des matériaux de restauration Un matériau de restauration coronaire doit bien entendu être dépourvu d’effets biologiques néfastes sur l’organisme. On peut regrouper ces éléments du cahier des charges sous l’appellation « comportement biologique du matériau ». Le schéma de la figure 1 représente les trois propriétés qui vont influencer ce comportement biologique et leurs interrelations. Pour des raisons didactiques, nous choisirons d’aborder successivement : les propriétés mécaniques et physiques, l’étanchéité, et enfin la longévité. Enfin nous aborderons les autres exigences auxquelles doivent répondre les matériaux de restauration coronaires : mise en œuvre, coût, esthétique, possibilité de réfection, facilité de dépose, compatibilité avec les autres matériaux.
  • 5. - Support de Cours (Version PDF) - II PROPRIÉTÉS MÉCANIQUES ET PHYSIQUES II.1 PROPRIÉTÉS MÉCANIQUES Les propriétés mécaniques sont directement en relation avec la résistance des matériaux et donc sur leur longévité mais également avec leur capacité à transmettre des contraintes aux tissus dentaires calcifiés de la dent traitée mais aussi des dents proximales ou antagonistes.Les valeurs de contrainte durant la fonction s’élèvent à environ 220 N pour les incisives, 450N pour les prémolaires et 665N pour les molaires (Craig 1996). Ces propriétés mécaniques vont également influencer les paramètres de la mise en œuvre (possibilité de brunissage d’un inlay métallique, aptitude au polissage). Les différents essais mécaniques sont expliqués dans le chapitre sur les propriétés mécaniques) II.1.1 Dureté C’est la capacité de la surface d’un matériau à résister à une déformation plastique. Les tests de dureté les plus utilisés en odontologie sont les mesures de microdureté Vickers ou Knoop. Le principe de ces tests consiste à mesurer l’empreinte réalisée par un pénétrateur en diamant à base carrée (Vickers) ou losange (Knoop) sur la surface d’un matériau sous une charge définie. La dureté va influencer la résistance à l’abrasion, la transmission des contraintes occlusales au sein du matériau et à la dent traitée de même qu’aux dents antagonistes, et l’aptitude au polissage. Tableau 1 : Dureté Knoop des tissus durs dentaires Dureté Knoop (kg/mm2) Email 340 Dentine 60 Même si la dureté est une propriété de surface, sa mesure peut parfois donner des renseignements sur la structure globale du matériau : ainsi, le degré de conversion d’une résine composite après polymérisation peut être approché par des mesures de dureté.
  • 6. - Support de Cours (Version PDF) - II.1.2 Résistance à la traction Le test de traction permet de caractériser plusieurs aspects du comportement mécanique d’un matériau qui vont influencer directement son aptitude à restaurer une perte de substance dentaire. La rigidité du matériau définit par son module d’élasticité longitudinal (ou module d’Young) l’existence ou non d’un domaine de déformation plastique ; la valeur de la contrainte à la rupture définit la résistance à la rupture du matériau. Tableau 2 : Module d’élasticité et résistance à la rupture des tissus durs dentaires Module d’élasticité (module d’Young) (GPa) Résistance à la rupture (MPa) Email 84 10,3 Dentine 18 98,7 La réalisation d’un essai de traction nécessite la réalisation d’une éprouvette dont la géométrie et la calibration doit être rigoureuse. Pour certains matériaux, il est difficile voire impossible de réaliser ces éprouvettes. Dans ce cas, un test de tension diamétrale est réalisé à partir d’un échantillon cylindrique. Ce test ne permet d’enregistrer que la valeur à la rupture du matériau testé. C’est un test couramment réalisé sur les matériaux plastiques utilisés en restauration coronaire. II.1.3 Résistance à la compression Il s’agit de la valeur de résistance maximale enregistrée lors de la rupture d’un échantillon cylindrique soumis à une contrainte uni-axiale en compression. Tableau 3 : Résistance à la compression des tissus durs dentaires Résistance à la compression (MPa) Email 384 Dentine 297 Les contraintes en compression s’exercent essentiellement lors de la mastication sur les faces occlusales des molaires et des prémolaires. II.1.4 Résistance à la flexion Les contraintes en flexion s’exercent essentiellement lors de la mastication sur le groupe incisivo-canin.
  • 7. - Support de Cours (Version PDF) - II.1.5 Résistance au cisaillement Les contraintes en cisaillement s’exercent essentiellement à l’interface tissu dentaire/matériau de restauration des reconstitutions collées. C’est la raison pour laquelle ce test est fréquemment utilisé pour évaluer les valeurs d’adhésion des différents matériaux même si ce n’est pas la seule approche possible. Tableau 4 : Résistance au cisaillement des tissus durs dentaires Résistance au cisaillement (MPa) Email 90 Dentine 138 II.1.6 Résistance au fluage Le fluage correspond à une déformation d’ensemble du matériau sous l’action de contraintes constantes ou variables qui se produit dans le temps. Il s’agit d’une déformation plastique qui aura pour conséquence une décohésion des bords de la restauration et donc une dégradation de l’adaptation marginale. Le fluage est dépendant de la température, de la contrainte appliquée et de la durée d’application de cette contrainte. Cette valeur de fluage est particulièrement importante pour caractériser le comportement des amalgames dentaires. II.1.7 Fatigue Les contraintes exercées sur les restaurations dentaires ne sont pas constantes, mais varient en fonction du temps. Il s’agit en fait de cycles de contraintes qui vont induire la propagation de fissures au sein du matériau. C’est la raison pour laquelle on peut observer des phénomènes de rupture en relation avec des contraintes relativement limitées, simplement parce que le matériau aura au préalable été fragilisé par la progression de fissures en son sein. Ces contraintes peuvent s’exercer en compression, flexion, cisaillement ou associer plusieurs types de contraintes. C’est une des raisons qui rend difficile la modélisation de ce type de dégradation in vitro.
  • 8. - Support de Cours (Version PDF) - Figure 2 : Fatigue de l’obturation sous une sollicitation occlusale II.1.8 Résistance à l’abrasion Lors de la fonction masticatrices (ou lors de parafonctions telles que le bruxisme), les surfaces dentaires vont être soumises à des forces de frottement générant une perte de matériau à partir de la surface, une dégradation de l’état de surface du matériau, et une altération de la forme de la restauration. Dans le cas où la résistance à l’abrasion du matériau est plus faible que celle des tissus dentaires, une « marche » au niveau marginal de l’obturation peut être créée. II.2 PROPRIÉTÉS PHYSIQUES II.2.1 Coefficient de conductibilité thermique Le matériau de restauration qui présente un coefficient élevé va permettre une transmission rapide des variations thermiques au tissu dentinaire et générer des sensibilités. D’une façon générale, les valeurs de ce coefficient pour les biomatériaux devraient approcher celles des tissus dentaires calcifiés. Tableau 5 : Conductibilité thermique des tissus durs dentaires Conductibilité thermique Cal. cm-1. sec-1. °C-1 Email 2,2. 10-3 Dentine 1,5. 10-3 II.2.2 Coefficient de conductivité électrique La conductivité électrique est la grandeur caractérisant l'aptitude pour un matériau de permettre le passage du courant électrique, c’est-à-dire de permettre aux charges électriques de se déplacer librement en son sein. Ce déplacement de charges électriques au sein du
  • 9. - Support de Cours (Version PDF) - matériau peut générer des phénomènes de sensibilité. C’est l’exemple du papier métallique d’emballage d’un chocolat placé au contact d’un amalgame d’argent. La conductivité électrique est l'inverse de la résistivité. Elle correspond à la conductance d'une portion de matériau de 1 mètre de longueur et de 1 m2 de section. Les meilleurs conducteurs sont les métaux pour lesquels les porteurs de charge sont les électrons libres, et les solutions d'électrolytes. La conductivité électrique représente le rapport de la densité de courant par l'intensité du champ électrique. C'est l'inverse du champ électrique. C'est l'inverse de celle de la résistivité. II.2.3 Coefficient de dilatation thermique La température buccale est susceptible de varier dans une fourchette comprise entre 5 et 55°C en fonction de l’alimentation. Cette variation de température entraîne des phénomènes de dilatation ou de rétraction des matériaux de restauration et des tissus dentaires. Si le matériau présente un coefficient élevé par rapport à celui des tissus dentaires, les joints dent/restauration seront fortement sollicités en traction et/ou en compression lors des variations de température. Bien entendu, cette sollicitation sera d’autant plus forte que le volume du matériau sera important. Tableau 6 : Coefficient linéaire de dilatation thermique linéaire des tissus durs dentaires Coefficient linéaire de dilatation thermique linéaire x 10-6/°C Email 11,4 Dentine 8,6
  • 10. - Support de Cours (Version PDF) - III ÉTANCHÉITÉ L’étanchéité d’une restauration, c'est-à-dire l’herméticité du joint tissu dentaire/matériau de restauration a pour objectif principal d’éviter une contamination bactérienne en direction pulpaire au travers des canalicules dentinaires. La pénétration bactérienne peut être source de douleurs chroniques ou de lésion carieuse récurrente (secondaire) se développant au niveau des bords de la restauration. Le deuxième objectif est d’éviter le passage de fluides au niveau de ce joint afin d’éviter une coloration inesthétique de ce joint. L’étanchéité d’une restauration dépend de plusieurs facteurs : III.1 L’ADAPTATION MARGINALE Lors de la mise en place d’une restauration, elle est maximale en cas de restauration adhésive (absence totale de hiatus) ou laisse apparaître un hiatus d’environ 10 microns avec un amalgame. Par contre, elle peut atteindre 100 microns en cas de détérioration marginale d’une restauration. III.2 LA STABILITÉ DIMENSIONNELLE Les variations dimensionnelles du matériau peuvent être en relation avec la mise en place du matériau lors de la réalisation de la restauration ou peuvent survenir durant la fonction de façon intermittente ou permanente. Pendant la phase de prise (retrait, expansion), la phase de durcissement d’un matériau plastique peut revêtir des formes différentes : cristallisation d’un amalgame, polymérisation d’une résine composite, réaction acide base d’un ciment verre-ionomère. Dans tous les cas, des variations dimensionnelles vont intervenir durant cette phase, la contraction du matériau étant toujours un facteur négatif sur l’étanchéité lors de l’obturation d’une cavité. Après la prise (coefficient de dilatation thermique, absorption hydrique secondaire), le matériau va être soumis à des variations de températures qui vont engendrer des phénomènes de contraction et de dilatation susceptibles de solliciter les joints. La perte d’étanchéité peut survenir au niveau marginal sur une portion ou la totalité de la ligne de contour. Certains matériaux sont sujets à des phénomènes d’imbibition hydrique secondaire (ciments verres ionomères, compomères) qui vont entraîner une augmentation permanente du volume du matériau. III.3 LES PROPRIÉTÉS VISCO-ÉLASTIQUES Certains matériaux, et en particulier les polymères adhésifs, présentent la capacité de se déformer légèrement lorsqu’ils sont soumis à une contrainte mécanique. Cette capacité de
  • 11. - Support de Cours (Version PDF) - déformation peut permettre de préserver l’intégrité du joint périphérique en présence de variations dimensionnelles du matériau. III.4 L'ADHÉRENCE Certains matériaux adhèrent directement aux tissus dentaires calcifiés tandis que d’autres nécessitent la mise en place d’un ou plusieurs matériaux intermédiaires. La nature des liaisons mises en jeu peut être d’ordre mécanique (microclavetage), physicochimique (liaisons faibles de type liaisons hydrogène ou liaisons de Van der Walls) ou chimique (ionique ou covalente). IV LONGÉVITÉ La longévité d’une restauration est liée aux respects de certains critères énoncés par Anusavice et par Ryge et Cvar en 1971 : les critères de l’U.S.P.H.S.c Ces critères, présentés en annexe, sont au nombre de 9 et sont évalués selon des notes allant de Alpha pour la meilleure à Delta pour la plus mauvaise. En pratique, la résistance à la dégradation dans le milieu buccal sera liée au comportement du matériau en terme de résistance mécanique, résistance en milieu hydrique, résistance à la corrosion, résistance aux variations de température et résistance à la combinaison de toutes ces contraintes. Pour la résistance mécanique, il s’agira essentiellement de résistance à l’usure, de résistance au fluage, de résistance en fatigue. La résistance en milieu hydrique concernera la résistance à l’hydrolyse et la solubilité. La résistance à la corrosion concerne les matériaux métalliques et donc plus spécifiquement les amalgames. Ces matériaux sont soumis à des phénomènes de corrosion sélective, de corrosion sous l’action de piles galvaniques puisque ces amalgames seront toujours des anodes dans le milieu buccal par rapport aux autres alliages métalliques utilisés, phénomènes de corrosion sous l’action de piles de concentration entre zones aérées et zones non aérées (point de contact interproximal) qui se corrodera préférentiellement. Les variations de température vont sous l’action d’un cycle de contraction et dilatation successives solliciter les joints en traction et en compression. Enfin, l’association de ces différentes sollicitations (fatigue-corrosion, hydrothermocyclage) va toujours dans le sens d’une accélération de la cinétique de dégradation du biomatériau.
  • 12. - Support de Cours (Version PDF) - V COMPORTEMENT BIOLOGIQUE Le comportement biologique d’un matériau découle logiquement des propriétés évoquées précédemment. La longévité d’un matériau permet de limiter le nombre de réinterventions, toujours dommageables pour l’organe pulpaire. La résistance mécanique des matériaux limite les phénomènes de dégradation et participe à la longévité tout en permettant d’assurer la fonction. L’étanchéité d’une restauration, en évitant la contamination bactérienne, permet de diminuer le risque d’apparition d’une lésion carieuse secondaire et limite les phénomènes inflammatoires chroniques. Bien entendu, le comportement biologique spécifique du matériau doit être pris en compte dans ses différentes expressions. Pour être biocompatible, le matériau doit s’intégrer dans son environnement et ne pas causer de nuisances. La biocompatibilité peut être définie comme la propriété du matériau à agir avec une réponse appropriée de l’hôte dans une situation spécifique, en fonction du site ou de l’usage auquel il est destiné. Un matériau biocompatible est donc capable de remplir sa fonction sans effets adverses sur l’environnement dans lequel il est appelé à fonctionner. Les risques associés peuvent être de nature infectieuse, toxique, allergique ou mutagène. Le lieu de l’interaction entre un biomatériau et son environnement de travail étant représenté par l’interface tissu/matériau, la composition superficielle et les propriétés et état de surface d’un biomatériau sont des paramètres importants de sa biocompatibilité. La toxicité du matériau est en rapport direct avec la présence d’éléments libres pouvant migrer dans les structures sous-jacentes perméables. Les produits de dégradation peuvent provenir de phénomènes d’usures auquel cas on retrouvera dans les produits de dégradation la composition du matériau d’origine. Ils peuvent également provenir de phénomènes de dégradation électrochimique comme la corrosion et donner naissance à des composés spécifiques. Un matériau peut également être irritant pour le parodonte marginal en raison d’un simple état de surface irrégulier ou en raison de l’existence de porosités qui permettront de retenir des bactéries de la plaque dentaire. Il peut également être irritant en rapport avec l’existence de monomères résiduels consécutive à une polymérisation insuffisante. Certains matériaux peuvent exercer une activité antibactérienne. C’est le cas des produits de corrosion des amalgames, de matériaux qui libèrent du fluor, et plus récemment de certains systèmes adhésifs.
  • 13. - Support de Cours (Version PDF) - VI ESTHÉTIQUE Les qualités esthétiques d’un matériau sont aujourd’hui une qualité importante qui répond à la demande des patients. Cependant, l’esthétique ne doit en aucun cas être un facteur prioritaire par rapport aux critères évoqués précédemment. Tableau 7 : Approche en fonction du secteur concerné et du degré d’exigence des patients Demande modérée Demande habituelle Demande très élevée Secteur antérieur Choix de teintes, reconstitution monoteinte Stratification esthétique avec plusieurs opacités Stratification esthétique avec plusieurs opacités et caractérisation Secteur prémolaire Teinte universelle Choix de teinte, reconstitution monoteinte Stratification esthétique avec plusieurs opacités avec ou sans caractérisation Secteur molaire Matériau de couleur clair Ou matériau métallique Teinte universelle ou choix de teinte, reconstitution monoteinte Stratification esthétique avec plusieurs opacités avec ou sans caractérisation Le tableau 7 illustre schématiquement l’approche esthétique du choix des matériaux et des protocoles cliniques en fonction du secteur concerné et du degré d’exigence des patients. VII FACILITÉ D’EMPLOI ET DE MISE EN OEUVRE Le cahier des charges d’un biomatériau de reconstitution directe s’exprime également en termes de facilités d’emploi et de mise en œuvre. Ces caractéristiques sont représentées par le stockage, des aptitudes au modelage ou au polissage, un temps de prise adapté à la situation clinique, des facilités de réfection ou de dépose, et par la traçabilité. ● Stockage Le matériau doit être facilement stockable (durée de conservation, conditions de température et/ou d’humidité, conditionnement.)
  • 14. - Support de Cours (Version PDF) - ● Tolérance de mise en œuvre Il peut s’agir d’un contrôle strict des proportions d’un mélange à réaliser, de l’homogénéité d’une spatulation, de la tolérance face à une éventuelle contamination hydrique (salivaire), d’un solvant s’évaporant plus ou moins rapidement, d’une réaction de prise s’initiant plus ou moins progressivement. Certains matériaux verront leurs qualités intrinsèques diminuer rapidement en cas d’écart, même minime, aux paramètres de mise en œuvre, d’autres seront plus tolérants. Il faut noter que certains matériaux sensibles à la technique de mise en œuvre, peuvent être proposés par les fabricants dans des conditionnements adaptés (capsules prédosées, unidose…) Sur le plan clinique, cette tolérance de mise en œuvre peut devenir un critère de choix prépondérant lorsqu’il s’agit d’intervenir dans des situations spécifiques (faible accessibilité) ou chez des patients plus difficiles à traiter (certains enfants ou certaines personnes âgées, patients nauséeux ou très anxieux) ● Aptitude au modelage Un matériau de restauration coronaire doit être facilement modelable pour rétablir l’anatomie dentaire. Il ne doit pas coller aux instruments, sa viscosité doit être adaptée pour éviter la présence de porosités ou de défauts aux interfaces. ● Temps de prise Le temps de prise doit être compatible avec l’utilisation clinique : rapide pour un ciment de scellement tout en permettant le retrait des excès, plus lent pour un matériau de restauration pour permettre le modelage, mais suffisamment rapide pour autoriser une dépose rapide de la matrice. ● Aptitude au polissage L’état de surface après polissage conditionne le résultat esthétique, le risque de récidive carieuse, la résistance à la corrosion des amalgames, le confort du patient. Il est important que cet état de surface soit obtenu rapidement, en utilisant une séquence instrumentale limitée, sans échauffement source d’inflammation pulpaire et qu’il soit durable. ● Possibilité de réfection Le cumul des agressions à l’égard de la pulpe dentaire diminue progressivement la capacité de cette dernière à faire face à de nouvelles agressions. Cette agression est particulièrement importante lorsque l’on expose la dentine profonde lors d’un retraitement (bactéries, dessiccation, agression thermique, vibrations…). Il est par ailleurs établi que la dépose complète d’une restauration s’accompagne inévitablement d’une perte de tissu dentaire sain. Permettre une réfection partielle de la restauration est donc devenu une exigence pour les matériaux modernes, lorsque bien sûr la partie profonde est indemne. Les marges de la restauration sont plus souvent concernées et cette possibilité s’adresse plus spécifiquement aux restaurations adhésives.
  • 15. - Support de Cours (Version PDF) - ● Facilité de dépose Il importe qu’un matériau de restauration temporaire puisse être déposé rapidement, éventuellement sans avoir recours aux instruments rotatifs s’il s’agit de matériaux temporaires placés en inter séance pour la réalisation d’une restauration indirecte. Dans le cas d’un matériau de restauration permanente, sa dépose ne doit pas générer de perte de tissu dentaire sain ce qui n’est pas toujours facile à obtenir lors de la dépose de restaurations esthétiques. ● Traçabilité Il convient de pouvoir indiquer facilement le type de matériau et son numéro de lot sur la fiche du patient. L’outil informatique s’avère indispensable pour réaliser cette traçabilité. Ce sera à l’avenir le seul moyen de renseigner correctement une fiche de pharmacovigilance auprès de l’Afssaps (agence française de sécurité sanitaire des produits de santé). VIII COMPATIBILITÉ AVEC LES AUTRES MATÉRIAUX Une restauration par matériau plastique peut ne faire intervenir qu’un seul matériau (amalgame). Cependant, afin de bénéficier des avantages respectifs de différents matériaux de restauration, le praticien est de plus en plus souvent amené à conjuguer l’emploi de plusieurs matériaux pour une même restauration. Par ailleurs, au sein d’une même cavité buccale peuvent siéger plusieurs types de matériaux de restauration, qu’ils soient issus de techniques directes ou indirectes. Il convient alors de s’assurer de la compatibilité chimique et électrochimique de ces différents matériaux avant d’en poser l’indication. IX COÛT Le coût d’un matériau ne se limite pas au prix de vente du produit. Il faut tenir compte plus précisément du coût de la restauration, ce dernier paramètre faisant intervenir le temps passé au fauteuil, le coût de l’instrumentation annexe nécessaire à la mise en œuvre du produit, sa durée de conservation, le volume de matériau qui sera souvent détruit (teintes peu usitées arrivées à leur date de péremption). Le coût de l’utilisation d’un biomatériau doit être, en terme de santé publique rapporté au bénéfice obtenu (rapport coût-bénéfice) pour le patient : pérennité, esthétique, qualité de la restauration sur le plan fonctionnel, possibilité de réparation… Il faut également faire intervenir à ce niveau le « coût tissulaire » comme, par exemple, la nécessité ou non d’une mise en forme cavitaire mutilante (rétention, recouvrements…).
  • 16. - Support de Cours (Version PDF) - ANNEXE Tableau 8 : critères de l’U.S.P.H.S. Critère Note Restauration Forme anatomique Alpha Bravo Charlie La restauration est en continuité avec les formes anatomiques existantes. La restauration est en discontinuité avec les formes anatomiques existantes, mais le manque de matériau est insuffisant pour exposer la dentine ou la base. Perte suffisante de matériau pour exposer la dentine ou la base. Adaptation marginale Alpha Bravo Charlie Delta Cliniquement, la restauration semble présenter une bonne adaptation marginale, la sonde n’accroche pas, il n’y a pas de hiatus visible La sonde accroche ; présence d’un hiatus ; pas d’exposition dentinaire La sonde pénètre dans un hiatus, il y a une exposition dentinaire. La restauration est fracturée, elle est mobile ou il y a un manque de matériau Coloration marginale - ligne de contour - état de surface - teinte Alpha Bravo Charlie Alpha Pas de coloration du joint dent restauration Coloration marginale superficielle Coloration marginale profonde La surface de la restauration est lisse
  • 17. - Support de Cours (Version PDF) - Etat de surface Teinte Forme de Contour axial Contact interproximal Carie secondaire Sensibilité CONCLUSION Le cahier des charges d’un matériau de restauration est de plus en plus lourd en terme d’esthétique et de compatibilité biologique. La diversité des matériaux proposés doit conduire le praticien à une analyse de l’ensemble des critères de choix avant de poser l’indication d’un matériau de restauration. Les études cliniques permettent de valider des critères de mise en œuvre d’une restauration et son comportement dans le milieu buccal. La traçabilité, aujourd’hui peu répandue, va devenir un élément prépondérant dans les prochaines années car c’est le seul moyen d’identifier un matériau qui ne répondrait pas à l’usage aux critères évoqués précédemment. Même si beaucoup de propriétés (propriétés physiques, chimiques, étanchéité, …) peuvent être évaluées en laboratoire, seules les études épidémiologiques longitudinales permettent de valider la pérennité d’un matériau ou d’une restauration. Ces études ne sont cependant jamais disponibles lors de la commercialisation des nouveaux matériaux.