Investigation d'un épisode epidémique

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Investigation d'un épisode epidémique - Conférence du 6e édition du Cours international « Atelier Paludisme » - RICHARD Vincent - Madagascar - vrichard@pasteur.mg

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Investigation d'un épisode epidémique

  1. 1. INVESTIGATION D’UN EPISODE EPIDEMIQUE ©Photo: IPM Vincent RICHARD Institut Pasteur de Madagascar Unité d’épidémiologie
  2. 2. Pourquoi s’intéresser aux épidémies? Impact important en terme de morbidité et mortalité Mobilisation des moyens sanitaires Coûts économiques Risque de diffusion au niveau régional, national et international
  3. 3. COMMENT S’ORGANISER POUR MIEUX CIRCONSCRIRE UNE EPIDEMIE détection précoce des cas suspects investigation épidémiologique rapide confirmation biologique rapide du diagnostic la mise en oeuvre de mesures de contrôles adaptées
  4. 4. OBJECTIFS DE L’INVESTIGATION Confirmer ou infirmer l’épidémie Formuler des hypothèses sur son origine Prendre des mesures curatives ou préventives
  5. 5. INVESTIGATION 2 phases 10 étapes
  6. 6. WHO/CDS/CSR/EDC/2000.4 Guidelines for the collection of clinical specimens during field investigation of outbreaksIdentifications rapides de l’agent causal et de lasource ou du mode probable de transmission sontessentielles.Dans cette perspective, l’investigation initiales’appuie sur deux tâches importantes: collecte d’information sur les cas suspects; collecte de prélèvements pour le diagnostic de laboratoire.
  7. 7. PHASE DESCRIPTIVE1. Affirmer l’épisode épidémique2. Définir et compter les cas3. Confirmer le diagnostic4. Organiser les données selon les facteurs: temps, lieu, personnes5. Déterminer la population à risque source, mode de contamination, personnes à risque  Mesures de contrôle
  8. 8. PHASE ANALYTIQUE6. Formuler des hypothèses à tester expliquant l’exposition7. Confronter l’hypothèse avec les faits établis8. Etude analytique complémentaire9. Rédaction d’un rapport10.Mettre en place des mesures
  9. 9. EN AMONT DE L’INVESTIGATION L’ALERTE (exemple de l’épidémie de paludisme à Madagascar en 1986)MorbiditéMortalité
  10. 10. 1. AFFIRMER L’EPIDEMIE
  11. 11. EPIDEMIE ≠CAS SPORADIQUE ≠ ENDEMIE
  12. 12. EPIDEMIE ? Augmentation du nombre de cas d’une maladie  Nombre « habituel »? Seuil?Cas survenus pendant une taux d’incidence }période de temps délimitée(limite dans le temps) =Au sein d’une populationdonnée taux d’attaque(limite dans l’espace)
  13. 13. Comparer aux données antérieuresCollecter les donnéeslorsqu’elles existentpour comparer : registres d’hôpitaux de laboratoires, contacter les médecins.Source : Baomar AT, Mohamed AG / Public Health 2000,114,480-83
  14. 14. 2.A - DEFINIR LES CASDEFINITION OFFICIELLEDEFINITION PROPRE Cas certains Cas probables Cas possibles
  15. 15. Définitions officielles WHO/CDS/CSR/ISR/99.2 Normes recommandées par lOMS pour la surveillance Exemple de la Dengue: Maladie fébrile aiguë d’une durée comprise entre deux et sept jours et s’accompagnant d’au moins 2 des symptômes suivants : céphalées, douleurs rétro-orbitaires, myalgies, arthralgies, éruption cutanée, manifestations hémorragiques, leucopénie. Et Critères de laboratoire pour le diagnostic Isolement du virus de la dengue à partir du sérum, du plasma, des leucocytes ou de prélèvements d’autopsie Multiplication au moins par quatre du titre des anticorps IgG ou IgM réciproques contre au moins un des antigènes viraux dans des échantillons de sérum appariés
  16. 16. Définir des cas La mise au point d’une définition de cas est une étape fondamentale. critères cliniques Notion de lieu critères Notion de Caractéristiques biologiques temps personnellesSource : Baomar AT, Mohamed AG / Public Health 2000,114,480-83
  17. 17.  Les cas certains : le diagnostic repose sur l’isolement de l’agent causal ou sur des tests sérologiques spécifiques. EXEMPLES :  pour le paludisme: cas clinique et TDR ou GE positifs  pour la dengue : cas répondant à la description clinique et confirmé par le laboratoire.
  18. 18.  Les cas probables : ensemble de critères cliniques ou biologiques de présomption  Exemple dengue: Cas répondant à la description clinique et à au moins un des critères suivants :  sérologie conforme  apparition en même temps et au même endroit que d’autres cas de dengue confirmés.
  19. 19.  Les cas possibles : à exclure le plus souvent de l’analyse s’ils ne sont pas confirmés  Exemple de la Dengue : Cas répondant à la description clinique : Maladie fébrile aiguë d’une durée comprise entre deux et sept jours et s’accompagnant d’au moins 2 des symptômes suivants : céphalées, douleurs rétro-orbitaires, myalgies, arthralgies, éruption cutanée, manifestations hémorragiques.
  20. 20. RISQUES A CE STADE Définition trop large :  inclure trop de cas - faux positifs - biais Définition trop restrictive :  exclure des cas réels - faux négatifs - manque de puissance
  21. 21. SOLUTIONSSélectionner des critères simples et précisPrivilégier les définitions officielles
  22. 22. 2.B - COMPTER LES CAS FORMES SYMPTOMATIQUES
  23. 23. Collecte d’informationSur la maladie : signes, date de début, durée, sévérité, traitements reçusDonnées démographiques : âge, sexe, adresse, catégorie socio-économique, profession…Dénominateur : taille de la population d’où sont issus les cas
  24. 24. 3. CONFIRMERLE DIAGNOSTIC
  25. 25. PRELEVEMENTS Selon l’orientation diagnostique  Sérologie  Isolement de l’agent causal:  Selles, pus, sang…  Recherche de toxiques  Prélèvements environnementaux
  26. 26. Matériels Matériels pour les prélèvements Gants, alcool, coton, aiguilles, tubes, flacons, pipettes … Identification Etiquettes, feutres indélébiles… Matériels pour le transport et la conservation Glacières, container d’azote…
  27. 27. 4.ORGANISER LES DONNEES
  28. 28. TEMPS  Courbe épidémiqueSource : Baomar AT, Mohamed AG / Public Health 2000,114,480-83
  29. 29. LIEU Cartographie
  30. 30. POPULATION  Caractéristiques individuellesSource : Baomar AT, Mohamed AG / Public Health 2000,114,480-83
  31. 31. POPULATIONSource : Baomar AT, Mohamed AG / Public Health 2000,114,480-83
  32. 32. 5.DETERMINER LAPOPULATION A RISQUE
  33. 33. Source : Baomar AT, Mohamed AG / Public Health 2000,114,480-83Source : Sam Crowe. Malaria outbreak hits refugees in Tanzania Lancet 1997; 350: 41
  34. 34. 6. FORMULER DES HYPOTHESES exemple : malarial outbreak amongst a British military force deployed to Sierra Leone in May 2000Source : J.J.H. Tuck*, A.D. Green, K.I. Roberts A malaria outbreak following a British military deployment toSierra Leone. Journal of Infection (2003) 47, 225–230
  35. 35. 7. CONFRONTER LESHYPOTHESES AVEC LES FAITS exemple :Les malades ne suivaient pas lesmesures de prévention prescrites
  36. 36. 8. ETUDE ANALYTIQUE
  37. 37. Objectif expliquer l’exposition spécifiqueprésumée responsable de l’épisode épidémique.
  38. 38. Approche cas-témoins : comparer un groupe de cas à un groupe de témoins en ce qui concerne leur exposition à un facteur. Exemple Objectives. To describe a malarial outbreak amongst a British military force deployed to Sierra Leone in May 2000. Methods. A case–control study was conducted that investigated possible risk or protective factors affecting the population. Source : J.J.H. Tuck*, A.D. Green, K.I. Roberts A malaria outbreak following a British military deployment to Sierra Leone. Journal of Infection (2003) 47, 225–230
  39. 39. The use of insecticide-treated clothes and bed nets appeared to offer an excellent degree of protection. There is a cumulative protective effect when using multiple protective measures.Source : J.J.H. Tuck*, A.D. Green, K.I. Roberts A malaria outbreak following a British military deployment toSierra Leone. Journal of Infection (2003) 47, 225–230
  40. 40. Approche de cohorte rétrospective repose sur le calcul du taux d’attaque parmi les personnes exposées à un facteur, en comparaison des personnes non exposées.
  41. 41. 9. REDIGER UN RAPPORT
  42. 42.  Document pour l’action : les mesures de lutte ne seront prises qu’après la lecture du rapport par les autorités locales Elément d’appréciation de la qualité du travail effectué : rédaction soigneuse Valeur légale Référence pour des investigations ultérieures
  43. 43. 10. MESURES DE PREVENTION
  44. 44.  Relève des autorités administratives et sanitaires Utilisent ou non les recommandations formulées dans le rapport Orientées par l’investigation, même si la source et le véhicule ne sont pas identifiés : temps – lieu – personnes
  45. 45. EN PRATIQUE
  46. 46. LES QUESTIONS ESSENTIELLES Qui a alerté les services de santé publique ? Qui doit être informé ? Motivations de la demande d’investigation ? Autorisations officielles ? Composition de l’équipe, collaborations requises assurées ? Qui dirige l’investigation, qui fait l’analyse, qui archive, qui diffuse les résultats, qui fait le rapport, qui est le porte-parole ?
  47. 47. Phase préparatoire ESSENTIELLE

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